• South China Sea: Malaysia, Indonesia, And Vietnam Beat China At Its Own Game
    https://www.forbes.com/sites/panosmourdoukoutas/2020/01/10/south-china-sea-malaysia-indonesia-and-vietnam-beat-china-at-its-own-game

    This isn’t the first time Malaysia appealed to the UN to protect its territories. Back in 2009, it joined Vietnam to submit for an extension of CLCS beyond 200 nautical miles (nm) in 2009, a year after, had submitted its petition for an extension of CLCS beyond 200 nm in the northwest area of Sumatra Island on June 16, 2008.

    “This move is a departure from earlier protests notes issued by Malaysia on China’s activities including the presence of its coast guards near Malaysian territorial waters,” adds Goswami. “Protests notes were never made public though. Therefore, to submit to the UN on its continental shelf claim is strategic escalation, and beating China on its own game; the use of lawfare to settle disputes.”

    For years, China has made a reputation for using UN lawfare to advance its South China Sea agenda. Now Malaysia and its neighbors have “turned the tables” on Beijing. They, too, have been using the UN to advance their own South China Sea agenda.

    #mer_de_Chine #droit_maritime #droit_international

  • Malte permet à des garde-côtes libyens d’entrer dans sa zone de sauvetage pour intercepter des migrants

    Une embarcation de migrants a été interceptée vendredi dernier dans la zone de recherche et de sauvetage maltaise par une patrouille de garde-côtes libyens. Les 50 personnes qui se trouvaient à bord ont été ramenées en Libye. Pour la première fois, Alarm phone a pu documenter cette violation du #droit_maritime_international. Le HCR a ouvert une #enquête.

    L’agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé mardi 22 octobre l’ouverture d’une enquête après que les autorités maltaises ont laissé des garde-côtes libyens intercepter une embarcation de migrants en détresse qui se trouvait dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR) maltaise.

    Alarm phone, une organisation qui permet aux bateaux de migrants en difficultés de demander de l’aide, a retracé mercredi 23 octobre, dans un communiqué, le déroulé des événements qui ont conduit à l’emprisonnement des 50 migrants dans le centre de #Tarik_al_Sika, à #Tripoli.

    Tout commence le vendredi 18 octobre, en début d’après-midi, quand Alarm phone reçoit un appel de détresse d’un bateau surchargé. Environ 50 personnes, dont des femmes et des enfants, se trouvent à bord de ce rafiot en bois. Les coordonnées GPS que les migrants envoient à Alarm Phone indiquent qu’ils se trouvent dans la SAR zone maltaise.

    La plateforme téléphonique transmet alors la position de l’embarcation aux centres de coordination des secours en mer de Malte (#RCC) et de Rome (#MRCC). Malte ne tarde pas à répondre : “Nous avons reçu votre email. Nous nous occupons de tout", indique un officier maltais.

    Enfermement à Tripoli

    Dans les heures qui suivent, Alarm phone tente de garder le contact avec le RCC de Malte et le MRCC de Rome mais ne reçoit plus de réponse. À bord, les migrants donnent de nouvelles coordonnées GPS à l’organisation : ils se trouvent toujours dans la SAR zone maltaise. Le dernier contact entre Alarm phone et l’embarcation a lieu à 17h40.

    Quelques heures plus tard, le #PB_Fezzan, un navire appartenant aux garde-côtes libyens, a intercepté l’embarcation de migrants dans la zone de recherche et sauvetage de Malte. Les équipes d’Alarm phone apprennent, par un officier du RCC de Malte, qu’un hélicoptère des Forces armées maltaises avait été impliqué dans l’opération, en "supervisant la situation depuis les airs".

    Le PB Fezzan est ensuite rentré à Tripoli avec les migrants à son bord. Tous ont été placés dans le centre de détention de Tarik al Sika.

    Violation des conventions internationales et du principe de non-refoulement

    En ne portant pas secours à cette embarcation, le RCC de Malte a violé à la fois le droit de la mer et le principe de non-refoulement établi dans la Convention européenne des droits de l’Homme et celle relative au statut international de réfugiés.

    Le HCR a ouvert une enquête afin de déterminer pour quelles raisons Malte n’a pas porté secours à l’embarcation, a indiqué mardi Vincent Cochetel, l’envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée centrale, à l’agence Associated press (AP).

    Selon lui, "des preuves existent que Malte a demandé à des garde-côtes libyens d’intervenir" dans sa propre zone de recherche et sauvetage le 18 octobre. "Le problème est que les migrants ont été débarqués en Libye. Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une violation des lois maritimes. Il est clair que la Libye n’est pas un port sûr", a-t-il ajouté.

    Vincent Cochetel a également affirmé qu’il ne s’agissait pas de la première fois que Malte se rendait coupable d’une telle non-assistance.

    "Malte est particulièrement peu coopérant"

    Contacté par InfoMigrants, Maurice Stierl, membre d’Alarm phone, rappelle qu’il n’est pas rare que les garde-côtes européens ne remplissent pas leurs obligations. "Ce cas est particulièrement dramatique mais ce n’est pas une surprise pour nous tant nous avons vu [des autorités européennes] se dérober à leurs responsabilités", assure-t-il.

    "Malte est particulièrement peu coopérant ces dernières semaines. Quand nous les appelons, soit ils sont injoignables, soit ils ne nous communiquent pas d’informations sur les modalités de la mission de sauvetage qu’ils vont lancer", s’agace l’activiste.

    Malte n’est pas le seul pays européen à rechigner à secourir des migrants en Méditerranée centrale, précise Maurice Stierl. "Nous avons aussi eu de mauvaises expériences avec d’autres États membres dont le MRCC de Rome […] C’est un problème européen."

    https://twitter.com/alarm_phone/status/1187265157937991680?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E11

    https://www.infomigrants.net/fr/post/20377/malte-permet-a-des-garde-cotes-libyens-d-entrer-dans-sa-zone-de-sauvet
    #migrations #réfugiés #zone_SAR #SAR #gardes-côtes_libyens #sauvetage #asile #migrations #réfugiés #frontières #Méditerranée #pull-back #Mer_Méditerranée

  • Peut-on contrôler les contrôles de #Frontex ?

    À la veille des élections européennes, Bruxelles s’est empressée de voter le renforcement de Frontex. Jamais l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes n’a été aussi puissante. Aujourd’hui, il est devenu presque impossible de vérifier si cette autorité respecte les #droits_fondamentaux des migrants, et si elle tente vraiment de sauver des vies en mer. Mais des activistes ne lâchent rien. Une enquête de notre partenaire allemand Correctiv.

    Berlin, le 18 juin 2017. Arne Semsrott écrit à Frontex, la police des frontières de l’UE. « Je souhaite obtenir la liste de tous les bateaux déployés par Frontex en Méditerranée centrale et orientale. »

    Arne Semsrott est journaliste et activiste spécialisé dans la liberté de l’information. On pourrait dire : « activiste de la transparence ».

    Trois semaines plus tard, le 12 juillet 2017, Luisa Izuzquiza envoie depuis Madrid une requête similaire à Frontex. Elle sollicite des informations sur un meeting entre le directeur de l’agence et les représentants de l’Italie, auquel ont également participé d’autres pays membres de l’UE. Luisa est elle aussi activiste pour la liberté de l’information.

    Cet été-là, Arne et Luisa sont hantés par la même chose : le conflit entre les sauveteurs en mer privés et la #surveillance officielle des frontières en Méditerranée, qu’elle soit assurée par Frontex ou par les garde-côtes italiens. En juillet dernier, l’arrestation de la capitaine allemande Carola Rackete a déclenché un tollé en Europe ; en 2017, c’était le bateau humanitaire allemand Iuventa, saisi par les autorités italiennes.

    Notre enquête a pour ambition de faire la lumière sur un grave soupçon, une présomption dont les sauveteurs parlent à mots couverts, et qui pèse sur la conscience de l’Europe : les navires des garde-frontières européens éviteraient volontairement les secteurs où les embarcations de réfugiés chavirent, ces zones de la Méditerranée où des hommes et des femmes se noient sous nos yeux. Est-ce possible ?

    Frontex n’a de cesse d’affirmer qu’elle respecte le #droit_maritime_international. Et les sauveteurs en mer n’ont aucune preuve tangible de ce qu’ils avancent. C’est bien ce qui anime Arne Semsrott et Luisa Izuzquiza : avec leurs propres moyens, ils veulent sonder ce qui se trame en Méditerranée, rendre les événements plus transparents. De fait, lorsqu’un bateau de réfugiés ou de sauvetage envoie un SOS, ou quand les garde-côtes appellent à l’aide, les versions diffèrent nettement une fois l’incident terminé. Et les personnes extérieures sont impuissantes à démêler ce qui s’est vraiment passé.

    Luisa et Arne refusent d’accepter cette réalité. Ils sont fermement convaincus que les informations concernant les mouvements et les positions des bateaux, les rapports sur la gestion et les opérations de Frontex, ou encore les comptes rendus des échanges entre gouvernements sur la politique migratoire, devraient être accessibles à tout un chacun. Pour pouvoir contrôler les contrôleurs. Ils se sont choisi un adversaire de taille. Ce texte est le récit de leur combat.

    Frontex ne veut pas entendre le reproche qui lui est fait de négliger les droits des migrants. Interviewé par l’émission « Report München », son porte-parole Krzysztof Borowski déclare : « Notre agence attache beaucoup d’importance au respect des droits humains. Il existe chez Frontex différents mécanismes permettant de garantir que les droits des individus sont respectés au cours de nos opérations. »

    En 2011, au moment où les « indignados » investissent les rues de Madrid, Luisa vit encore dans la capitale espagnole. Ébranlé par la crise économique, le pays est exsangue, et les « indignés » règlent leurs comptes avec une classe politique qu’ils accusent d’être corrompue, et à mille lieues de leurs préoccupations. Luisa se rallie à la cause. L’une des revendications phares du mouvement : exiger plus de transparence. Cette revendication, Luisa va s’y vouer corps et âme. « La transparence est cruciale dans une démocratie. C’est l’outil qui permet de favoriser la participation politique et de demander des comptes aux dirigeants », affirme-t-elle aujourd’hui.

    Luisa Izuzquiza vit à deux pas du bureau de l’organisation espagnole Access Info, qui lutte pour améliorer la transparence dans le pays. Début 2014, la jeune femme tente sa chance et va frapper à leur porte. On lui donne du travail.

    En 2015, alors que la population syrienne est de plus en plus nombreuse à se réfugier en Europe pour fuir la guerre civile, Luisa s’engage aussi pour lui venir en aide. Elle travaille comme bénévole dans un camp de réfugiés en Grèce, et finit par faire de la lutte pour la transparence et de son engagement pour les réfugiés un seul et même combat.

    Elle ne tardera pas à entendre parler de Frontex. À l’époque, l’agence de protection des frontières, qui siège à Varsovie, loin du tumulte de Bruxelles, n’est pas connue de grand monde. Luisa se souvient : « Frontex sortait du lot : le nombre de demandes était très faible, et les réponses de l’agence, très floues. Ils rédigeaient leurs réponses sans faire valoir le moindre argument juridique. »

    L’Union européenne étend la protection de ses frontières en toute hâte, et l’agence Frontex constitue la pierre angulaire de ses efforts. Depuis sa création en 2004, l’agence frontalière se développe plus rapidement que toute autre administration de l’UE. Au départ, Frontex bénéficie d’un budget de 6 millions d’euros. Il atteindra 1,6 milliard d’euros en 2021. Si l’agence employait à l’origine 1 500 personnes, son effectif s’élève désormais à 10 000 – 10 000 employés pouvant être détachés à tout moment pour assurer la protection des frontières. Frontex avait organisé l’expulsion de 3 500 personnes au cours de l’année 2015. En 2017, ce sont 13 000 personnes qui ont été reconduites aux frontières.

    Il est difficile de quantifier le pouvoir, à plus forte raison avec des chiffres. Mais l’action de Frontex a des conséquences directes sur la vie des personnes en situation de détresse. À cet égard, l’agence est sans doute la plus puissante administration ayant jamais existé au sein de l’UE.

    « Frontex a désormais le droit de se servir d’armes à feu »

    Et Frontex continue de croître, tout en gagnant de plus en plus d’indépendance par rapport aux États membres. L’agence achète des bateaux, des avions, des véhicules terrestres. Évolution récente, ses employés sont désormais habilités à mener eux-mêmes des contrôles aux frontières et à recueillir des informations personnelles sur les migrants. Frontex signe en toute autonomie des traités avec des pays tels que la Serbie, le Nigeria ou le Cap-Vert, et dépêche ses agents de liaison en Turquie. Si les missions de cette administration se cantonnaient initialement à l’analyse des risques ou des tâches similaires, elle est aujourd’hui active le long de toutes les frontières extérieures de l’UE, coordonnant aussi bien les opérations en Méditerranée que le traitement des réfugiés arrivant dans les États membres ou dans d’autres pays.

    Et pourtant, force est de constater que Frontex ne fait pas l’objet d’un véritable contrôle parlementaire. Le Parlement européen ne peut contrôler cette institution qu’indirectement – par le biais de la commission des budgets, en lui allouant tout simplement moins de fonds. « Il faut renforcer le contrôle parlementaire, déclare Erik Marquardt, député vert européen. L’agence Frontex a désormais le droit de se servir d’armes à feu. »

    En Europe, seul un petit vivier d’activistes lutte pour renforcer la liberté de l’information. Tôt ou tard, on finit par se croiser. Début 2016, l’organisation de Luisa Izuzquiza invite des militants issus de dix pays à un rassemblement organisé à Madrid. Arne Semsrott sera de la partie.

    Aujourd’hui, Arne a 31 ans et vit à Berlin. Une loi sur la liberté de l’information a été votée en 2006 outre-Rhin. Elle permet à chaque citoyen – et pas seulement aux journalistes – de solliciter des documents officiels auprès des ministères et des institutions fédérales. Arne travaille pour la plateforme « FragDenStaat » (« Demande à l’État »), qui transmet les demandes de la société civile aux administrations concernées.

    Dans le sillage du rassemblement de Madrid, Arne lance une « sollicitation de masse ». Le principe : des activistes invitent l’ensemble de la sphère publique à adresser à l’État des demandes relevant de la liberté de l’information, afin d’augmenter la pression sur ces institutions qui refusent souvent de fournir des documents alors même que la loi l’autorise.

    Arne Semsrott crée alors le mouvement « FragDenBundestag » (« Demande au Parlement »), et réussit à obtenir du Bundestag qu’il publie dorénavant les expertises de son bureau scientifique.

    « J’étais impressionnée qu’une telle requête puisse aboutir à la publication de ces documents », se souvient Luisa Izuzquiza. Elle écrit à Arne pour lui demander si ces expertises ont un lien avec la politique migratoire. Ils restent en contact.

    Les journalistes aussi commencent à soumettre des demandes en invoquant la liberté d’informer. Mais tandis qu’ils ont l’habitude de garder pour eux les dossiers brûlants, soucieux de ne pas mettre la puce à l’oreille de la concurrence, les activistes de la trempe de Luisa, eux, publient systématiquement leurs requêtes sur des plateformes telles que « Demande à l’État » ou « AsktheEU.org ». Et ce n’est pas tout : ils parviennent même à obtenir que des jugements soient prononcés à l’encontre d’institutions récalcitrantes. Jugements auxquels citoyennes et citoyens pourront dorénavant se référer. Ce sont les pionniers de la transparence.

    En septembre 2017, Luisa Izuzquiza et Arne Semsrott finissent par conjuguer leurs efforts : ils demandent à obtenir les positions des bateaux d’une opération Frontex en Méditerranée.

    Ce qu’ils veulent savoir : les équipes de l’agence de garde-côtes s’appliqueraient-elles à tourner en rond dans une zone de calme plat ? Éviteraient-elles à dessein les endroits où elles pourraient croiser des équipages en détresse qu’elles seraient forcées de sauver et de conduire jusqu’aux côtes de l’Europe ?

    Frontex garde jalousement les informations concernant ses navires. En prétextant que les passeurs pourraient échafauder de nouvelles stratégies si l’agence révélait trop de détails sur ses opérations.

    Frontex rejette leur demande. Les activistes font opposition.

    Arne Semsrott est en train de préparer une plainte au moment où son téléphone sonne. Au bout du fil, un employé de Frontex. « Il m’a dit que si nous retirions notre demande d’opposition, il se débrouillerait pour nous faire parvenir les informations qu’on réclamait », se rappelle Arne.

    Mais les deux activistes ne se laissent pas amadouer. Ils veulent qu’on leur livre ces informations par la voie officielle. Pour tenter d’obtenir ce que l’employé de l’agence, en leur proposant une « fuite », cherchait manifestement à éviter : un précédent juridique auquel d’autres pourront se référer à l’avenir. Ils portent plainte. C’est la toute première fois qu’une action en justice est menée contre Frontex pour forcer l’agence à livrer ses informations.

    Pendant que Luisa et Arne patientent devant la Cour de justice de l’Union européenne à Luxembourg, le succès les attend ailleurs : Frontex a inscrit à sa charte l’obligation de respecter les droits fondamentaux des migrants.

    Une « officière aux droits fondamentaux » recrutée par Frontex est censée s’en assurer. Elle n’a que neuf collaborateurs. En 2017, l’agence a dépensé 15 fois plus pour le travail médiatique que pour la garantie des droits humains. Même l’affranchissement des lettres lui a coûté plus cher.

    Mais la garante des droits humains chez Frontex sert quand même à quelque chose : elle rédige des rapports. L’ensemble des incidents déclarés par les équipes de Frontex aux frontières de l’Europe sont examinés par son service. Elle en reçoit une dizaine par an. L’officière en fait état dans ses « rapports de violation des droits fondamentaux ». Luisa Izuzquiza et Arne Semsrott vont tous les recevoir, un par un. Il y en a 600.

    Ces documents offrent une rare incursion dans la philosophie de l’agence européenne.

    Au printemps 2017, l’officière aux droits fondamentaux, qui rend directement compte au conseil d’administration de Frontex – lequel est notamment composé de membres du gouvernement allemand –, a ainsi fait état de conflits avec la police hongroise. Après avoir découvert dix réfugiés âgés de 10 à 17 ans dans la zone frontalière de Horgoš, petite ville serbe, les policiers auraient lancé leur chien sur les garçons. L’officière rapporte que trois d’entre eux ont été mordus.

    La police serait ensuite entrée sur le territoire serbe, avant d’attaquer les membres du petit groupe à la matraque et en utilisant des sprays au poivre. Quatre réfugiés auraient alors été interpellés et passés à tabac, jusqu’à perdre connaissance. Frontex, qui coopère avec la police frontalière hongroise, a attiré l’attention des autorités sur l’affaire – mais peine perdue.

    Ce genre de débordement n’est pas inhabituel. L’année précédente, l’officière rapportait le cas d’un Marocain arrêté et maltraité le 8 février 2016, toujours par des policiers hongrois, qui lui auraient en outre dérobé 150 euros. Frontex a transmis les déclarations « extrêmement crédibles » du Marocain aux autorités hongroises. Mais « l’enquête est ensuite interrompue », écrit la garante des droits de Frontex (lire ici, en anglais, le rapport de Frontex).

    Ses rapports documentent d’innombrables cas de migrants retrouvés morts par les agents chargés de surveiller les frontières, mais aussi des viols constatés dans les camps de réfugiés, ou encore des blessures corporelles commises par les policiers des pays membres.

    Luisa Izuzquiza et Arne Semsrott décident de rencontrer l’officière aux droits fondamentaux : elle est allemande, elle s’appelle Annegret Kohler et a été employée par intérim chez Frontex. Sa prédécesseure est en arrêt maladie. Luisa écrit à Annegret Kohler.

    Et, miracle, l’officière accepte de les rencontrer. Luisa est surprise. « Je croyais qu’elle était nouvelle à ce poste. Mais peut-être qu’elle n’a tout bonnement pas vérifié qui on était », dit la jeune femme.

    La même année, en janvier, les deux activistes se rendent à Varsovie. Les drames qui assombrissent la Méditerranée ont fait oublier Frontex : à l’origine, l’agence était surtout censée tenir à l’œil les nouvelles frontières orientales de l’UE, dont le tracé venait d’être redéfini. C’est le ministère de l’intérieur polonais qui offre à l’agence son quartier général de Varsovie, bien loin des institutions de Bruxelles et de Strasbourg, mais à quelques encablures des frontières de la Biélorussie, de l’Ukraine et de la Russie.

    Luisa Izuzquiza et Arne Semsrott ont rendez-vous avec Annegret Kohler au neuvième étage du gratte-ciel de Frontex, une tour de verre qui domine la place de l’Europe, en plein centre de Varsovie. C’est la première fois qu’ils rencontrent une employée de l’agence en chair et en os. « La discussion s’est avérée fructueuse, bien plus sincère que ce à quoi je m’attendais », se rappelle Luisa.

    Ils évoquent surtout la Hongrie. Annegret Kohler s’est cassé les dents sur la police frontalière de Victor Orbán. « Actuellement, je me demande quelle sorte de pression nous pouvons exercer sur eux », leur confie-t-elle au cours de la discussion.

    Luisa ne s’attendait pas à pouvoir parler si ouvertement avec Annegret Kohler. Celle-ci n’est accompagnée d’aucun attaché de presse, comme c’est pourtant le cas d’habitude.

    En réponse aux critiques qui lui sont adressées, Frontex brandit volontiers son « mécanisme de traitement des plaintes », accessible aux réfugiés sur son site Internet. Mais dans la pratique, cet outil ne pèse en général pas bien lourd.

    En 2018, alors que Frontex avait été en contact avec des centaines de milliers de personnes, l’agence reçoit tout juste dix plaintes. Rares sont ceux qui osent élever la voix. Les individus concernés refusent de donner leur nom, concède Annegret Kohler au fil de la discussion, « parce qu’ils craignent d’être cités dans des documents et de se voir ainsi refuser l’accès aux procédures de demande d’asile ».

    Qui plus est, la plupart des réfugiés ignorent qu’ils ont le droit de se plaindre directement auprès de Frontex, notamment au sujet du processus d’expulsion par avion, également coordonné par l’agence frontalière. Il serait très difficile, toujours selon Kohler, de trouver le bon moment pour sensibiliser les migrants à ce mécanisme de traitement des plaintes : « À quel stade leur en parler ? Avant qu’ils soient reconduits à la frontière, à l’aéroport, ou une fois qu’on les a assis dans l’avion ? »

    Mais c’est bien l’avion qui serait le lieu le plus indiqué. Selon un rapport publié en mars 2019 par les officiers aux droits fondamentaux de Frontex, les employés de l’agence transgresseraient très fréquemment les normes internationales relatives aux droits humains lors de ces « vols d’expulsion » – mais aussi leurs propres directives. Ce document précise que des mineurs sont parfois reconduits aux frontières sans être accompagnés par des adultes, alors qu’une telle procédure est interdite. Le rapport fustige en outre l’utilisation des menottes : « Les bracelets métalliques n’ont pas été employés de manière réglementaire. La situation ne l’exigeait pas toujours. »

    La base juridique de l’agence Frontex lui permet de suspendre une opération lorsque des atteintes aux droits de la personne sont constatées sur place. Mais son directeur, Fabrice Leggeri, ne considère pas que ce soit nécessaire dans le cas de la Hongrie. Car la simple présence de l’agence suffirait à dissuader les policiers hongrois de se montrer violents, a-t-il répondu dans une lettre adressée à des organisations non gouvernementales qui réclamaient un retrait des équipes présentes en Hongrie. Sans compter qu’avoir des employés de Frontex sur place pourrait au moins permettre de documenter certains incidents.

    Même une procédure en manquement lancée par la Commission européenne contre la Hongrie et un jugement de la Cour européenne des droits de l’homme n’ont rien changé à la position de Frontex. Les lois hongroises en matière de demande d’asile et les expulsions pratiquées dans ce pays ont beau être contraires à la Convention européenne des droits de l’homme, l’agence n’accepte pas pour autant d’interrompre ses opérations sur place.

    Et les garde-frontières hongrois se déchaînent sous l’œil indifférent de Frontex.

    Surveiller pour renvoyer

    Le débat sur les sauvetages en Méditerranée et la répartition des réfugiés entre les pays membres constitue une épreuve de vérité pour l’UE. Les négociations censées mener à une réforme du système d’asile commun stagnent depuis des années. Le seul point sur lequel la politique européenne est unanime : donner à Frontex plus d’argent et donc plus d’agents, plus de bateaux, plus d’équipements.

    Voilà ce qui explique que l’UE, un mois avant le scrutin européen de mai 2019, ait voté en un temps record, via ses institutions, une réforme du règlement relatif à la base juridique de Frontex. Il aura fallu à la Commission, au Parlement et au Conseil à peine six mois pour s’accorder sur une ordonnance longue de 245 pages, déterminante pour les questions de politique sécuritaire et migratoire. Rappelons en comparaison que la réforme du droit d’auteur et le règlement général sur la protection des données, deux chantiers si ardemment controversés, n’avaient pu être adoptés qu’au bout de six ans, du début des concertations à leur mise en œuvre.

    « Au vu des nouvelles habilitations et du contrôle direct qu’exerce Frontex sur son personnel et ses équipements, il est plus important que jamais de forcer l’agence à respecter les lois », affirme Mariana Gkliati, chercheuse en droit européen à l’université de Leyde. « Petit à petit, le mandat des officiers aux droits fondamentaux s’est élargi, mais tant qu’ils n’auront pas à leur disposition suffisamment de personnel et de ressources, ils ne seront pas en mesure de remplir leur rôle. »

    Frontex récuse cette critique.

    « Le bureau des officiers aux droits fondamentaux a été considérablement renforcé au cours des dernières années. Cela va de pair avec l’élargissement de notre mandat, et il est bien évident que cette tendance ne fera que s’accroître au cours des années à venir, déclare Krzysztof Borowski, porte-parole de l’agence. Le bureau prend de l’ampleur à mesure que Frontex grandit. »

    Mais le travail des officiers aux droits fondamentaux s’annonce encore plus épineux. Car Frontex s’efforce de réduire le plus possible tout contact direct avec les migrants aux frontières extérieures de l’Europe. En suivant cette logique : si Frontex n’est pas présente sur place, personne ne pourra lui reprocher quoi que ce soit dans le cas où des atteintes aux droits humains seraient constatées. Ce qui explique que l’agence investisse massivement dans les systèmes de surveillance, et notamment Eurosur, vaste programme de surveillance aérienne.

    Depuis l’an dernier, Frontex, non contente de recevoir des images fournies par ses propres satellites de reconnaissance et par le constructeur aéronautique Airbus, en récolte aussi grâce à ses drones de reconnaissance.

    Eurosur relie Frontex à l’ensemble des services de garde-frontières des 28 États membres de l’UE. De concert avec l’élargissement d’autres banques de données européennes, comme celle de l’agence de gestion informatique eu-Lisa, destinée à collecter les informations personnelles de millions de voyageurs, l’UE met ainsi en place une banque de données qu’elle voudrait infaillible.

    Son but : aucun passage de frontière aux portes de l’Europe – et à plus forte raison en Méditerranée – ne doit échapper à Frontex. Or, la surveillance depuis les airs permet d’appréhender les réfugiés là où la responsabilité de Frontex n’est pas encore engagée. C’est du moins ce dont est persuadé Matthias Monroy, assistant parlementaire du député de gauche allemand Andrej Hunko, qui scrute depuis des années le comportement de Frontex en Méditerranée. « C’est là que réside à mon sens l’objectif de ces missions : fournir aux garde-côtes libyens des coordonnées permettant d’intercepter ces embarcations le plus tôt possible sur leur route vers l’Europe. »

    Autre exemple, cette fois-ci dans les Balkans : depuis mai 2019, des garde-frontières issus de douze pays de l’UE sont déployés dans le cadre d’une mission Frontex le long de la frontière entre l’Albanie et la Grèce – mais côté albanais. Ce qui leur permet de bénéficier de l’immunité contre toute poursuite civile et juridique en Grèce.

    Forte de ses nouvelles habilitations, Frontex pourrait bientôt poster ses propres agents frontaliers au Niger, en Tunisie ou même en Libye. L’agence collaborerait alors avec des pays où les droits humains ont une importance quasi nulle.

    Qu’à cela ne tienne : Luisa Izuzquiza va tout faire pour suivre cette évolution, en continuant à envoyer ses demandes d’information au contrôleur Frontex. Même s’il faut le contrôler jusqu’en Afrique. Et même si le combat doit être encore plus féroce.

    Mais de petits succès se font sentir : en mars 2016, l’UE négocie une solution avec la Turquie pour endiguer les flux de réfugiés en mer Égée. La Turquie se chargera de bloquer les migrants ; en contrepartie, l’UE lui promet des aides de plusieurs milliards d’euros pour s’occuper des personnes échouées sur son territoire.

    Cet accord entre l’UE et la Turquie a suscité de nombreuses critiques. Mais peut-être faut-il rappeler qu’il ne s’agit pas d’un accord en bonne et due forme, et que l’UE n’a rien signé. Ce que les médias ont qualifié de « deal » a simplement consisté en une négociation entre le Conseil de l’Europe, c’est-à-dire les États membres, et la Turquie. Le fameux accord n’existe pas, seul un communiqué officiel a été publié.

    Cela veut dire que les réfugiés expulsés de Grèce pour être ensuite acheminés vers la Turquie, en vertu du fameux « deal », n’ont presque aucun moyen de s’opposer à cet accord fantôme. Grâce à une demande relevant de la liberté de l’information, Luisa Izuzquiza est tout de même parvenue à obtenir l’expertise juridique sur laquelle s’est fondée la Commission européenne pour vérifier, par précaution, la validité légale de son « accord ». Ce qui s’est révélé avantageux pour les avocats de deux demandeurs d’asile ayant déposé plainte contre le Conseil de l’Europe.

    Luisa Izuzquiza et Arne Semsrott auront attendu un an et demi. En juillet dernier, l’heure a enfin sonné. Dans la « salle bleue » de la Cour de justice européenne, à Luxembourg, va avoir lieu la première négociation portant sur le volume d’informations que Frontex sera tenue de fournir au public sur son action.

    Il y a quelques années, Frontex rejetait encore les demandes relevant de la liberté de l’information sans invoquer aucun argument juridique. Ce jour-là, Frontex se présente au tribunal avec cinq avocats, secondés par un capitaine des garde-côtes finnois. « Il s’agit pour nous de sauver des vies humaines », plaide l’un des avocats à la barre, face au banc des juges, dans un anglais mâtiné d’accent allemand. Et justement, pour protéger des vies humaines, il est nécessaire de garder secrètes les informations qui touchent au travail de Frontex. L’avocat exige que la plainte soit rejetée.

    Après la séance de juillet, la Cour a maintenant quelques mois pour statuer sur l’issue de l’affaire. Si les activistes sortent vainqueurs, ils sauront quels bateaux l’agence Frontex a déployés en Méditerranée deux ans plus tôt, dans le cadre d’une mission qui n’existe plus. Dans le cas d’une décision défavorable à Frontex, l’agence redoute de devoir révéler des informations sur ses navires en activité, ce qui permettrait de suivre leurs mouvements. Mais rien n’est moins vrai. Car la flotte de Frontex a tout bonnement pour habitude de couper les transpondeurs permettant aux navires d’indiquer leur position et leur itinéraire par satellite.

    Mais c’est une autre question qui est en jeu face à la cour de Luxembourg : l’agence européenne devra-t-elle rendre des comptes à l’opinion publique, ou pourra-t-elle garder ses opérations sous le sceau du secret ? Frontex fait l’objet de nombreuses accusations, et il est très difficile de déterminer lesquelles d’entre elles sont justifiées.

    « Pour moi, les demandes relevant de la liberté de l’information constituent une arme contre l’impuissance, déclare Arne Semsrott. L’une des seules armes que les individus peuvent brandir contre la toute-puissance des institutions, même quand ils ont tout perdu. »

    https://www.mediapart.fr/journal/international/160819/peut-controler-les-controles-de-frontex
    #frontières #migrations #réfugiés #asile #sauvetage #Méditerranée #mer_Méditerranée #droits_humains #pouvoir #Serbie #Nigeria #Cap-Vert #externalisation #agents_de_liaison #Turquie #contrôle_parlementaire

    ping @karine4 @isskein @reka

  • Militarisation des frontières en #Mer_Egée

    En Mer Egée c’est exactement la même stratégie qui se met en place, et notamment à #Samos, où une #zeppelin (#zeppelin_de_surveillance) de #Frontex surveillera le détroit entre l’île et la côte turque, afin de signaler tout départ de bateaux. L’objectif est d’arrêter « à temps » les embarcations des réfugiés en les signalant aux garde-corps turques. Comme l’a dit le vice-ministre de l’immigration Koumoutsakos « on saura l’heure de départ de l’embarcation, on va en informer les turques, on s’approcher du bateau... »
    S’approcher pourquoi faire, sinon, pour le repousser vers la côte turque ?
    Le fonctionnement de la montgolfière sera confié aux garde-cotes et à la police grecque, l’opération restant sous le contrôle de Frontex.

    –-> reçu via la mailing-list de Migreurop, le 30.07.2017

    #militarisation_des_frontières #frontières #contrôles_frontaliers #Turquie #Grèce #migrations #réfugiés #asile #police #gardes-côtes #surveillance

    –-----------

    Commentaire de Martin Clavey sur twitter :

    Cynisme absolu : Frontex utilise des drones pour surveiller les migrants en méditerranée ce qui permet à l’Union européenne de ne pas utiliser de bateau de surveillance et donc ne pas être soumis au #droit_maritime et à avoir à les sauver

    https://twitter.com/mart1oeil/status/1158396604648493058

    • Σε δοκιμαστική λειτουργία το αερόσταστο της FRONTEX

      Σε δοκιμαστική λειτουργία τίθεται από σήμερα για 28 ημέρες το αερόστατο της FRONTEX στη Σάμο, μήκους 35 μέτρων, προσδεμένο στο έδαφος, εξοπλισμένο με ραντάρ, θερμική κάμερα και σύστημα αυτόματης αναγνώρισης, το οποίο θα επιτηρεί αδιάλειπτα και σε πραγματικό χρόνο το θαλάσσιο πεδίο.

      Σύμφωνα με ανακοίνωση του Λιμενικού, στόχος είναι η αστυνόμευση του θαλάσσιου πεδίου και η καταπολέμηση του διασυνοριακού εγκλήματος. Δημιουργείται ωστόσο το ερώτημα αν οι πληροφορίες που θα συλλέγει το αερόστατο θα χρησιμοποιούνται για την αναχαίτιση ή την αποτροπή των πλεούμενων των προσφύγων που ξεκινούν από τα τουρκικά παράλια για να ζητήσουν διεθνή προστασία στην Ευρώπη.

      « Πρώτα απ’ όλα ξέρεις τι ώρα φεύγει από τους διακινητές το σκάφος, ενημερώνεις την τουρκική πλευρά, πηγαίνεις εσύ κοντά, δηλαδή είναι ένα σύνολο ενεργειών » σημείωνε την περασμένη εβδομάδα σε συνέντευξή του στον ΑΝΤ1 ο αναπληρωτής υπουργός Μεταναστευτικής Πολιτικής Γιώργος Κουμουτσάκος, μιλώντας για τα αποτελέσματα που αναμένεται να έχει το αερόστατο στην ενίσχυση της επιτήρησης των συνόρων.

      Το Λιμενικό είναι η πρώτη ακτοφυλακή κράτους-μέλους της Ε.Ε. που χρησιμοποιεί αερόστατο για την επιτήρηση της θάλασσας, δέκα μήνες μετά την πρώτη παρόμοια πανευρωπαϊκή χρήση μη επανδρωμένου αεροσκάφους μεσαίου ύψους μακράς εμβέλειας.

      « Αυτό καταδεικνύει την ισχυρή και ξεκάθαρη βούληση του Λ.Σ.-ΕΛ.ΑΚΤ. να καταβάλει κάθε δυνατή προσπάθεια, χρησιμοποιώντας τη διαθέσιμη τεχνολογία αιχμής, για την αποτελεσματική φύλαξη των εξωτερικών θαλάσσιων συνόρων της Ευρωπαϊκής Ενωσης, την πάταξη κάθε μορφής εγκληματικότητας καθώς και την προστασία της ανθρώπινης ζωής στη θάλασσα », σημειώνει το Λιμενικό.

      Η λειτουργία του αερόστατου εντάσσεται στην επιχείρηση « Ποσειδών » που συντονίζουν το Λιμενικό και η ΕΛ.ΑΣ. υπό την επιτήρηση της FRONTEX.

      Παράλληλα, στο νησί θα τεθεί σε λειτουργία φορτηγό εξοπλισμένο με παρόμοια συστήματα, προκειμένου να μπορούν να συγκριθούν τα αποτελέσματα και η λειτουργία του επίγειου και του εναέριου συστήματος.

      https://www.efsyn.gr/ellada/koinonia/205553_se-dokimastiki-leitoyrgia-aerostasto-tis-frontex

    • Zeppelin over the island of Samos to monitor migrants trafficking

      Greek authorities and the Frontex will release a huge surveillance Zeppelin above the island of Samos to monitor migrants who illegally try to reach Greece and Europe. The installation of the ominous balloon will be certainly a grotesque attraction for the tourists who visit the island in the East Aegean Sea.

      Deputy Minister of Migration Policy Giorgos Koumoutsakos told private ANT1 TV that the Zeppelin will go in operation next week.

      “In Samos, at some point, I think it’s a matter of days or a week, a Zeppelin balloon will be installed in cooperation with FRONTEX, which will take a picture of a huge area. What does that mean? First of all, you know what time the ship moves away from the traffickers, inform the Turkish side, you go near, that is a set of actions,” Koumoutsakos said.

      The Zeppelin will be monitored by the GNR radar unit of the Frontext located at the port of Karlovasi, samiakienimerosi notes adding “It will give a picture of movements between the Turkish coast to Samos for the more effective guarding of our maritime borders.”

      The Deputy Minister did not elaborate on what exactly can the Greek Port Authority do when it comes “near” to the refugee and migrants boats.

      According to daily efimerida ton syntakton, the Norwegian NGO, Aegean Boat Report, revealed a video shot on July 17. The video shows how a Greek Coast Guard vessel approaches a boat with 34 people on board and leaves them at the open sea to be “collected” by Turkish authorities, while the passengers, among them 14 children, desperately are shouting “Not to Turkey!”

      It is not clear, whether the Greek Coast Guard vessel is in international waters as such vessels do not enter Turkish territorial waters. According to international law, the passengers ought to be rescued. The Greek Coast Guard has so far not taken position on the issue, saying it will need to evaluate the video first, efsyn notes.

      “There is no push backs. Everything will be done in accordance with the international law. Greece will do nothing beyond the international law,” Koumoutsakos stressed.

      PS I suppose, tourists will be cheered to have their vacation activities monitored by a plastic Big Brother. Not?

      https://www.keeptalkinggreece.com/2019/07/26/zeppelin-samos-migrants-refugees

    • Once migrants on Mediterranean were saved by naval patrols. Now they have to watch as #drones fly over
      https://i.guim.co.uk/img/media/8a92adecf247b04c801a67a612766ee753738437/0_109_4332_2599/master/4332.jpg?width=605&quality=85&auto=format&fit=max&s=c0051d5e4fff6aff063c70

      Amid the panicked shouting from the water and the smell of petrol from the sinking dinghy, the noise of an approaching engine briefly raises hope. Dozens of people fighting for their lives in the Mediterranean use their remaining energy to wave frantically for help. Nearly 2,000 miles away in the Polish capital, Warsaw, a drone operator watches their final moments via a live transmission. There is no ship to answer the SOS, just an unmanned aerial vehicle operated by the European border and coast guard agency, Frontex.

      This is not a scene from some nightmarish future on Europe’s maritime borders but a present-day probability. Frontex, which is based in Warsaw, is part of a £95m investment by the EU in unmanned aerial vehicles, the Observer has learned.

      This spending has come as the EU pulls back its naval missions in the Mediterranean and harasses almost all search-and-rescue charity boats out of the water. Frontex’s surveillance drones are flying over waters off Libya where not a single rescue has been carried out by the main EU naval mission since last August, in what is the deadliest stretch of water in the world.

      The replacement of naval vessels, which can conduct rescues, with drones, which cannot, is being condemned as a cynical abrogation of any European role in saving lives.

      “There is no obligation for drones to be equipped with life-saving appliances and to conduct rescue operations,” said a German Green party MEP, Erik Marquardt. “You need ships for that, and ships are exactly what there is a lack of at the moment.” This year the death rate for people attempting the Mediterranean crossing has risen from a historical average of 2% to as high as 14% last month. In total, 567 of the estimated 8,362 people who have attempted it so far this year have died.

      Gabriele Iacovino, director of one of Italy’s leading thinktanks, the Centre for International Studies, said the move into drones was “a way to spend money without having the responsibility to save lives”. Aerial surveillance without ships in the water amounted to a “naval mission without a naval force”, and was about avoiding embarrassing political rows in Europe over what to do with rescued migrants.

      Since March the EU’s main naval mission in the area, Operation Sophia, has withdrawn its ships from waters where the majority of migrant boats have sunk. While Sophia was not primarily a search-and-rescue mission, it was obliged under international and EU law to assist vessels in distress. The switch to drones is part of an apparent effort to monitor the Mediterranean without being pulled into rescue missions that deliver migrants to European shores.

      Marta Foresti, director of the Human Mobility Initiative at the Overseas Development Institute, an influential UK thinktank, said Europe had replaced migration policy with panic, with potentially lethal consequences. “We panicked in 2015 and that panic has turned into security budgets,” she said. “Frontex’s budget has doubled with very little oversight or design. It’s a knee-jerk reaction.”

      The strategy has seen Frontex, based in Warsaw, and its sister agency, the European Maritime Safety Agency, based in Lisbon, invest in pilotless aerial vehicles. The Observer has found three contracts – two under EMSA and one under Frontex – totalling £95m for drones that can supply intelligence to Frontex.

      The models include the Hermes, made by Elbit Systems, Israel’s biggest privately owned arms manufacturer, and the Heron, produced by Israel Aerospace Industries, a state-owned company. Both models were developed for use in combat missions in the occupied Palestinian territory of Gaza. Frontex said its drone suppliers met all “EU procurement rules and guidelines”.

      There is mounting concern both over how Frontex is spending EU taxpayers’ money and how it can be held accountable. The migration panic roiling Europe’s politics has been a boon for a once unfashionable EU outpost that coordinated national coastal and border guards. Ten years ago Frontex’s budget was £79m. In the latest budget cycle it has been awarded £10.4bn.

      Demand from member states for its services have largely been driven by its role in coordinating and carrying out deportations. The expansion of the deportation machine has caused concern among institutions tasked with monitoring the forced returns missions: a group of national ombudsmen, independent watchdogs appointed in all EU member states to safeguard human rights, has announced plans to begin its own independent monitoring group. The move follows frustration with the way their reports on past missions have been handled by Frontex.

      Andreas Pottakis, Greece’s ombudsman, is among those calling for an end to the agency policing itself: “Internal monitoring of Frontex by Frontex cannot substitute for the need for external monitoring by independent bodies. This is the only way the demand for transparency can be met and that the EU administration can effectively be held into account.”
      Acting to extradite helpless civilians to the hands of Libyan militias may amount to criminal liability

      The Frontex Consultative Forum, a body offering strategic advice to Frontex’s management board on how the agency can improve respect for fundamental rights, has also severely criticised it for a sloppy approach to accountability. An online archive of all Frontex operations, which was used by independent researchers, was recently removed.

      The switch to drones in the Mediterranean has also led to Frontex being accused of feeding intelligence on the position of migrant boats to Libya’s coast guards so they can intercept and return them to Libya. Although it receives EU funds, the Libyan coast guard remains a loosely defined outfit that often overlaps with smuggling gangs and detention centre owners.

      “The Libyan coast guard never patrols the sea,” said Tamino Böhm of the German rescue charity Sea-Watch. “They never leave port unless there is a boat to head to for a pullback. This means the information they have comes from the surveillance flights of Italy, Frontex and the EU.”

      A Frontex spokesperson said that incidents related to boats in distress were passed to the “responsible rescue coordination centre and to the neighbouring ones for situational awareness and potential coordination”. Thus the maritime rescue coordination centre in Rome has begun to share information with its Libyan counterpart in Tripoli, under the instructions of Italy’s far-right interior minister, Matteo Salvini.

      The EU is already accused of crimes against humanity in a submission before the International Criminal Court for “orchestrating a policy of forced transfer to concentration camp-like detention facilities [in Libya] where atrocious crimes are committed”.

      The case, brought by lawyers based in Paris, seeks to demonstrate that many of the people intercepted have faced human rights abuses ranging from slavery to torture and murder after being returned to Libya.

      Omer Shatz, an Israeli who teaches at Sciences Po university in Paris, and one of the two lawyers who brought the ICC case, said Frontex drone operators could be criminally liable for aiding pullbacks. “A drone operator that is aware of a migrant boat in distress is obliged to secure fundamental rights to life, body integrity, liberty and dignity. This means she has to take actions intended to search, rescue and disembark those rescued at safe port. Acting to extradite helpless vulnerable civilians to the hands of Libyan militias may amount to criminal liability.”

      Under international law, migrants rescued at sea by European vessels cannot be returned to Libya, where conflict and human rights abuses mean the UN has stated there is no safe port. Under the UN convention on the law of the sea (Unclos) all ships are obliged to report an encounter with a vessel in distress and offer assistance. This is partly why EU naval missions that were not mandated to conduct rescue missions found themselves pitched into them regardless.

      Drones, however, operate in a legal grey zone not covered by Unclos. The situation for private contractors to EU agencies, as in some of the current drone operations, is even less clear.

      Frontex told the Observer that all drone operators, staff or private contractors are subject to EU laws that mandate the protection of human life. The agency said it was unable to share a copy of the mission instructions given to drone operators that would tell them what to do in the event of encountering a boat in distress, asking the Observer to submit a freedom of information request. The agency said drones had encountered boats in distress on only four occasions – all in June this year – in the central Mediterranean, and that none had led to a “serious incident report” – Frontex jargon for a red flag. When EU naval vessels were deployed in similar areas in previous years, multiple serious incidents were reported every month, according to documents seen by the Observer.

      https://amp.theguardian.com/world/2019/aug/04/drones-replace-patrol-ships-mediterranean-fears-more-migrant-deaths

      #Méditerranée #mer_Méditerranée #Libye

    • L’uso dei droni per guardare i migranti che affogano mette a nudo tutta la disumanità delle pratiche di controllo sui confini

      In troppi crediamo al mito di una frontiera dal volto umano, solo perché ci spaventa guardare in faccia la realtà macchiata di sangue.

      “Se avessi ignorato quelle grida di aiuto, non avrei mai più trovato il coraggio di affrontare il mare”.

      Con queste parole il pescatore siciliano Carlo Giarratano ha commentato la sua decisione di sfidare il “decreto sicurezza” del Governo italiano, che prevede sanzioni o l’arresto nei confronti di chiunque trasporti in Italia migranti soccorsi in mare.

      La sua storia è un esempio della preoccupante tensione che si è creata ai confini della “Fortezza Europa” in materia di leggi e regolamenti. Secondo il diritto internazionale, il capitano di un’imbarcazione in mare è tenuto a fornire assistenza alle persone in difficoltà, “a prescindere dalla nazionalità o dalla cittadinanza delle persone stesse”. Al contempo, molti paesi europei, e la stessa UE, stanno cercando di limitare questo principio e queste attività, malgrado il tragico bilancio di morti nel Mediterraneo, in continua crescita.

      L’Agenzia di Confine e Guardia Costiera Europea, Frontex, sembra aver escogitato una soluzione ingegnosa: i droni. L’obbligo legale di aiutare un’imbarcazione in difficoltà non si applica a un veicolo aereo senza pilota (UAV, unmanned aerial vehicle). Si può aggirare la questione, politicamente calda, su chi sia responsabile di accogliere i migranti soccorsi, se questi semplicemente non vengono proprio soccorsi. Questo principio fa parte di una consolidata tendenza a mettere in atto politiche finalizzate a impedire che i migranti attraversino il Mediterraneo. Visto l’obbligo di soccorrere le persone che ci chiedono aiuto, la soluzione sembra essere questa: fare in modo di non sentire le loro richieste.

      Jean-Claude Juncker sostiene che le politiche europee di presidio ai confini sono concepite per “stroncare il business dei trafficanti”, perché nella moralità egocentrica che ispira la politica di frontiera europea, se non ci fossero trafficanti non ci sarebbero migranti.

      Ma non ci sono trafficanti che si fabbricano migranti in officina. Se le rotte ufficiali sono bloccate, le persone vanno a cercare quelle non ufficiali. Rendere la migrazione più difficile, ha fatto aumentare la richiesta di trafficanti e scafisti, certamente non l’ha fermata. Invece che stroncare il loro business, queste politiche lo hanno creato.

      Secondo la logica della foglia di fico, l’UE sostiene di non limitarsi a lasciare affogare i migranti, ma di fornire supporto alla guardia costiera libica perché intercetti le imbarcazioni che tentano la traversata e riporti le persone nei campi di detenzione in Libia.

      Ma il rapporto del Global Detention Project, a proposito delle condizioni in questi campi, riferisce: “I detenuti sono spesso sottoposti a gravi abusi e violenze, compresi stupri e torture, estorsioni, lavori forzati, schiavitù, condizioni di vita insopportabili, esecuzioni sommarie.” Human Rights Watch, in un rapporto intitolato Senza via di fuga dall’Inferno, descrive situazioni di sovraffollamento e malnutrizione e riporta testimonianze di bambini picchiati dalle guardie.

      L’Irish Times ha riportato accuse secondo cui le milizie associate con il GNA (Governo Libico di Alleanza Nazionale, riconosciuto dall’ONU), starebbero immagazzinando munizioni in questi campi e userebbero i rifugiati come “scudi umani”. Sembra quasi inevitabile, quindi, la notizia che il 3 luglio almeno 53 rifugiati sono stati uccisi durante un attacco dei ribelli appartenenti all’Esercito Nazionale Libico, nel campo di detenzione di Tajura, vicino a Tripoli.

      Secondo una testimonianza riportata dall’Associated Press, a Tajura i migranti erano costretti a pulire le armi delle milizie fedeli al GNA, armi che erano immagazzinate nel campo. Secondo i racconti di testimoni oculari dell’attacco, riportati dalle forze ONU, le guardie del campo avrebbero aperto il fuoco su chi tentava di scappare.

      Nel mondo occidentale, quando parliamo di immigrazione, tendiamo a focalizzarci sul cosiddetto “impatto sulle comunità” causato dai flussi di nuovi arrivati che si muovono da un posto all’altro.

      Nelle nostre discussioni, ci chiediamo se i migranti portino un guadagno per l’economia oppure intacchino risorse già scarse. Raramente ci fermiamo a guardare nella sua cruda e tecnica realtà la concreta applicazione del controllo alle frontiere, quando si traduce davvero in fucili e filo spinato.

      Ci ripetiamo che i costi vanno tutti in un’unica direzione: secondo la nostra narrazione preferita, i controlli di confine sono tutti gratis, è lasciare entrare i migranti la cosa che costa. Ma i costi da pagare ci sono sempre: non solo il tributo di morti che continua a crescere o i budget multimilionari e sempre in aumento delle nostre agenzie di frontiera, ma anche i costi morali e sociali che finiamo con l’estorcere a noi stessi.

      L’ossessione per la sicurezza dei confini deve fare i conti con alcune delle più antiche e radicate convinzioni etiche proprie delle società occidentali. Prendersi cura del più debole, fare agli altri quello che vogliamo sia fatto a noi, aiutare chi possiamo. Molti uomini e donne che lavorano in mare, quando soccorrono dei naufraghi non sono spinti solo da una legge che li obbliga a prestare aiuto, ma anche da un imperativo morale più essenziale. “Lo facciamo perché siamo gente di mare”, ha detto Giarratano al Guardian, “in mare, se ci sono persone in pericolo, le salviamo”.

      Ma i nostri governi hanno deciso che questo non vale per gli europei. Come se fosse una perversa sfida lanciata a istinti morali vecchi di migliaia di anni, nell’Europa moderna un marinaio che salva un migrante mentre sta per affogare, deve essere punito.

      Infrangere queste reti di reciproche responsabilità fra gli esseri umani, ha dei costi: divisioni e tensioni sociali. Ed è un amaro paradosso, perché proprio argomenti di questo genere sono in testa alle nostre preoccupazioni percepite quando si parla di migrazioni. E mentre l’UE fa di tutto per respingere un fronte del confine verso i deserti del Nord Africa, cercando di tenere i corpi dei rifugiati abbastanza lontani da non farceli vedere da vicino, intanto l’altro fronte continua a spingere verso di noi. L’Europa diventa un “ambiente ostile” e quindi noi diventiamo un popolo ostile.

      Ci auto-ingaggiamo come guardie di confine al nostro interno. Padroni di casa, infermiere, insegnanti, manager – ogni relazione sociale deve essere controllata. Il nostro regime di “frontiera quotidiana” crea “comunità sospette” all’interno della nostra società: sono persone sospette per il solo fatto di esistere e, nei loro confronti, si possono chiamare le forze dell’ordine in ogni momento, “giusto per dare un’occhiata”.

      Il confine non è solo un sistema per tenere gli estranei fuori dalla nostra società, ma per marchiare per sempre le persone come estranee, anche all’interno e per legittimare ufficialmente il pregiudizio, per garantire che “l’integrazione” – il Sacro Graal della narrazione progressista sull’immigrazione – resti illusoria e irrealizzabile, uno scherzo crudele giocato sulla pelle di persone destinate a rimanere etichettate come straniere e sospette. La nostra società nel suo insieme si mette al servizio di questo insaziabile confine, fino a definire la sua vera e propria identità nella capacità di respingere le persone.

      Malgrado arrivino continuamente immagini e notizie di tragedie e di morti, i media evitano di collegarle con le campagne di opinione che amplificano le cosiddette “legittime preoccupazioni” della gente e le trasformano in un inattaccabile “comune buon senso”.

      I compromessi che reggono le politiche di controllo dei confini non vengono messi in luce. Questo ci permette di guardare da un’altra parte, non perché siamo crudeli ma perché non possiamo sopportare di vedere quello che stiamo facendo. Ci sono persone e gruppi che, come denuncia Adam Serwer in un articolo su The Atlantic, sono proprio “Focalizzati sulla Crudeltà”. E anche se noi non siamo così, viviamo comunque nel loro stesso mondo, un mondo in cui degli esseri umani annegano e noi li guardiamo dall’alto dei nostri droni senza pilota, mentre lo stato punisce chi cerca di salvarli.

      In troppi crediamo nel mito di una frontiera dal volto umano, solo perché ci spaventa guardare in faccia la tragica e insanguinata realtà del concreto controllo quotidiano sui confini. E comunque, se fosse possibile, non avremmo ormai risolto questa contraddizione? Il fatto che non lo abbiamo fatto dovrebbe portarci a pensare che non ne siamo capaci e che ci si prospetta una cruda e desolante scelta morale per il futuro.

      D’ora in poi, il numero dei migranti non può che aumentare. I cambiamenti climatici saranno determinanti. La scelta di non respingerli non sarà certamente gratis: non c’è modo di condividere le nostre risorse con altri senza sostenere dei costi. Ma se non lo facciamo, scegliamo consapevolmente i naufragi, gli annegamenti, i campi di detenzione, scegliamo di destinare queste persone ad una vita da schiavi in zone di guerra. Scegliamo l’ambiente ostile. Scegliamo di “difendere il nostro stile di vita” semplicemente accettando di vivere a fianco di una popolazione sempre in aumento fatta di rifugiati senza patria, ammassati in baracche di lamiera e depositi soffocanti, sfiniti fino alla disperazione.

      Ma c’è un costo che, alla fine, giudicheremo troppo alto da pagare? Per il momento, sembra di no: ma, … cosa siamo diventati?

      https://dossierlibia.lasciatecientrare.it/luso-dei-droni-per-guardare-i-migranti-che-affogano-m

    • Et aussi... l’utilisation de moins en moins de #bateaux et de plus en plus de #avions a le même effet...

      Sophia : The EU naval mission without any ships

      Launched in 2015 to combat human smuggling in the Mediterranean, the operation has been all but dismantled, symbolizing European division on immigration policy.


      The Italian air base of Sigonella extends its wire fencing across the green and yellow fields of Sicily, 25 kilometers inland from the island’s coastline. Only the enormous cone of Mount Etna, visible in the distance, stands out over this flat land. Posters depicting a sniper taking aim indicate that this is a restricted-access military zone with armed surveillance.

      Inside, there is an enormous city with deserted avenues, runways and hangars. This is the departure point for aircraft patrolling the Central Mediterranean as part of EU Naval Force Mediterranean Operation Sophia, Europe’s military response to the human smuggling rings, launched in 2015. But since March of this year, the planes have been a reflection of a mutilated mission: Sophia is now a naval operation without any ships.

      The Spanish detachment in #Sigonella has just rotated some of its personnel. A group of newly arrived soldiers are being trained in a small room inside one of the makeshift containers where the group of 39 military members work. The aircraft that they use is standing just a few meters away, on a sun-drenched esplanade that smells of fuel. The plane has been designed for round-the-clock maritime surveillance, and it has a spherical infrared camera fitted on its nose that allows it to locate and identify seagoing vessels, as well as to detect illegal trafficking of people, arms and oil.

      If the EU had systematically shown more solidarity with Italy [...] Italian voters would not have made a dramatic swing to the far right

      Juan Fernando López Aguilar, EU Civil Liberties Committee

      This aircraft was also made to assist in sea rescues. But this activity is no longer taking place, now that there are no ships in the mission. Six aircraft are all that remain of Operation Sophia, which has been all but dismantled. Nobody would venture to say whether its mandate will be extended beyond the current deadline of September 30.

      The planes at Sigonella continue to patrol the Central Mediterranean and collect information to meet the ambitious if vague goal that triggered the mission back at the height of the refugee crisis: “To disrupt the business of human and weapons smuggling.” The operation’s most controversial task is still being carried out as well: training Libya’s Coast Guard so they will do the job of intercepting vessels filled with people fleeing Libyan war and chaos, and return them to the point of departure. Even official sources of Europe’s diplomatic service admitted, in a written reply, that the temporary suspension of naval assets “is not optimal,” and that the mission’s ability to fulfill its mandate “is more limited.”

      In these four years, the mission has had some tangible achievements: the arrest of 151 individuals suspected of human trafficking and smuggling, and the destruction of 551 boats used by criminal networks. Operation Sophia has also inspected three ships and seized banned goods; it has made radio contact with 2,462 vessels to check their identity, and made 161 friendly approaches. For European diplomats, the mission has been mainly useful in “significantly reducing smugglers’ ability to operate in high seas” and has generally contributed to “improving maritime safety and stability in the Central Mediterranean.”

      Sophia’s main mission was never to rescue people at sea, yet in these last years it has saved 45,000 lives, following the maritime obligation to aid people in distress. The reason why it has been stripped of its ships – a move that has been strongly criticized by non-profit groups – can be found 800 kilometers north of Sicily, in Rome, and also in the offices of European politicians. Last summer, Italy’s far-right Interior Minister Matteo Salvini began to apply a closed-port policy for ships carrying rescued migrants unless a previous relocation agreement existed with other countries. Salvini first targeted the non-profit groups performing sea rescues, and then he warned his European colleagues that Italy, which is leading the EU mission, would refuse to take in all the rescued migrants without first seeing a change in EU policy. A year later, no European deal has emerged, and every time a rescue is made, the issue of who takes in the migrants is negotiated on an ad hoc basis.

      Operation Sophia has saved 45,000 lives

      Although arrivals through this route have plummeted, Salvini insists that “Italy is not willing to accept all the migrants who arrive in Europe.” Political division among member states has had an effect on the European military mission. “Sophia has not been conducting rescues since August 2018,” says Matteo Villa, a migration expert at Italy’s Institute for International Policy Studies (ISPI). “Nobody in the EU wanted to see a mission ship with migrants on board being refused port entry, so the ‘solution’ was to suspend Sophia’s naval tasks.”

      The decision to maintain the operation without any ships was made at the last minute in March, in a move that prevented the dismantling of the mission just ahead of the European elections. “Operation Sophia has helped save lives, although that was not its main objective. It was a mistake for [the EU] to leave it with nothing but airplanes, without the ships that were able to save lives,” says Matteo de Bellis, a migration and refugee expert at Amnesty International. “What they are doing now, training the Libyans, only serves to empower the forces that intercept refugees and migrants and return them to Libya, where they face arbitrary detention in centers where there is torture, exploitation and rape.”

      Ever since the great maritime rescue operation developed by Italy in 2013, the Mare Nostrum, which saved 150,000 people, its European successors have been less ambitious in scope and their goals more focused on security and border patrolling. This is the case with Sophia, which by training the Libyan Coast Guard is contributing to the increasingly clear strategy of outsourcing EU migratory control, even to a country mired in chaos and war. “If Europe reduces search-and-rescue operations and encourages Libya to conduct them in its place, then it is being an accomplice to the violations taking place in Libya,” says Catherine Wollard, secretary general of the non-profit network integrated in the European Council of Refugees and Exiles (ECRE).

      Training the Libyans only serves to empower the forces that intercept refugees and migrants and return them to Libya, where they face torture, exploitation and rape

      Matteo de Bellis, Amnesty International

      The vision offered by official European sources regarding the training of the Libyan Coast Guard, and about Operation Sophia in general, is very different when it comes to reducing mortality on the Mediterranean’s most deadly migration route. “Operation Sophia was launched to fight criminal human smuggling networks that put lives at risk in the Central Mediterranean,” they say in a written response. European officials are aware of what is going on in Libya, but their response to the accusations of abuse perpetrated by the Libyan Coast Guard and the situation of migrants confined in detention centers in terrible conditions, is the following: “Everything that happens in Libyan territorial waters is Libya’s responsibility, not Europe’s, yet we are not looking the other way. […] Through Operation Sophia we have saved lives, fought traffickers and trained the Libyan Coast Guard […]. We are performing this last task because substantial loss of life at sea is taking place within Libyan territorial waters. That is why it is very important for Libya’s Coast Guard and Navy to know how to assist distressed migrants in line with international law and humanitarian standards. Also, because the contribution of Libya’s Coast Guard in the fight against traffickers operating in their waters is indispensable.”

      Criticism of Operation Sophia is also coming from the European Parliament, which funded the trip that made this feature story possible. Juan Fernando López Aguilar, president of the parliament’s Committee on Civil Liberties, Justice and Home Affairs, attacks the decision to strip Sophia of its naval resources. The Socialist Party (PSOE) politician says that this decision was made “in the absolute absence of a global approach to the migration phenomenon that would include cooperative coordination of all the resources at member states’ disposal, such as development aid in Africa, cooperation with origin and transit countries, hirings in countries of origin and the creation of legal ways to access the EU. Now that would dismantle [the mafias’] business model,” he says.

      López Aguilar says that the EU is aware of Italy’s weariness of the situation, considering that “for years it dealt with a migratory pressure that exceeded its response capacity.” Between 2014 and 2017, around 624,000 people landed on Italy’s coasts. “If they EU had systematically shown more solidarity with Italy, if relocation programs for people in hotspots had been observed, very likely Italian voters would not have made a dramatic swing giving victory to the far right, nor would we have reached a point where a xenophobic closed-port narrative is claimed to represent the salvation of Italian interests.”

      Miguel Urbán, a European Member of Parliament for the Spanish leftist party Unidas Podemos, is highly critical of the way the EU has been managing immigration. He talks about a “militarization of the Mediterranean” and describes European policy as bowing to “the far right’s strategy.” He blames Italy’s attitude for turning Sophia into “an operation in the Mediterranean without a naval fleet. What the Italian government gets out of this is to rid itself of its humanitarian responsibility to disembark migrants on its coasts.”

      For now, no progress has been made on the underlying political problem of disembarkation and, by extension, on the long-delayed reform of the Dublin Regulation to balance out frontline states’ responsibility in taking in refugees with solidarity from other countries. Sophia will continue to hobble along until September after being all but given up for dead in March. After that, everything is still up in the air.

      https://elpais.com/elpais/2019/08/29/inenglish/1567088519_215547.html
      #Sophie #Opération_Sophia #Sicile

    • L’uso dei droni per guardare i migranti che affogano mette a nudo tutta la disumanità delle pratiche di controllo sui confini

      In troppi crediamo al mito di una frontiera dal volto umano, solo perché ci spaventa guardare in faccia la realtà macchiata di sangue.

      “Se avessi ignorato quelle grida di aiuto, non avrei mai più trovato il coraggio di affrontare il mare”.

      Con queste parole il pescatore siciliano Carlo Giarratano ha commentato la sua decisione di sfidare il “decreto sicurezza” del Governo italiano, che prevede sanzioni o l’arresto nei confronti di chiunque trasporti in Italia migranti soccorsi in mare.

      La sua storia è un esempio della preoccupante tensione che si è creata ai confini della “Fortezza Europa” in materia di leggi e regolamenti. Secondo il diritto internazionale, il capitano di un’imbarcazione in mare è tenuto a fornire assistenza alle persone in difficoltà, “a prescindere dalla nazionalità o dalla cittadinanza delle persone stesse”. Al contempo, molti paesi europei, e la stessa UE, stanno cercando di limitare questo principio e queste attività, malgrado il tragico bilancio di morti nel Mediterraneo, in continua crescita.

      L’Agenzia di Confine e Guardia Costiera Europea, Frontex, sembra aver escogitato una soluzione ingegnosa: i droni. L’obbligo legale di aiutare un’imbarcazione in difficoltà non si applica a un veicolo aereo senza pilota (UAV, unmanned aerial vehicle). Si può aggirare la questione, politicamente calda, su chi sia responsabile di accogliere i migranti soccorsi, se questi semplicemente non vengono proprio soccorsi. Questo principio fa parte di una consolidata tendenza a mettere in atto politiche finalizzate a impedire che i migranti attraversino il Mediterraneo. Visto l’obbligo di soccorrere le persone che ci chiedono aiuto, la soluzione sembra essere questa: fare in modo di non sentire le loro richieste.

      Jean-Claude Juncker sostiene che le politiche europee di presidio ai confini sono concepite per “stroncare il business dei trafficanti”, perché nella moralità egocentrica che ispira la politica di frontiera europea, se non ci fossero trafficanti non ci sarebbero migranti.

      Ma non ci sono trafficanti che si fabbricano migranti in officina. Se le rotte ufficiali sono bloccate, le persone vanno a cercare quelle non ufficiali. Rendere la migrazione più difficile, ha fatto aumentare la richiesta di trafficanti e scafisti, certamente non l’ha fermata. Invece che stroncare il loro business, queste politiche lo hanno creato.

      Secondo la logica della foglia di fico, l’UE sostiene di non limitarsi a lasciare affogare i migranti, ma di fornire supporto alla guardia costiera libica perché intercetti le imbarcazioni che tentano la traversata e riporti le persone nei campi di detenzione in Libia.

      Ma il rapporto del Global Detention Project, a proposito delle condizioni in questi campi, riferisce: “I detenuti sono spesso sottoposti a gravi abusi e violenze, compresi stupri e torture, estorsioni, lavori forzati, schiavitù, condizioni di vita insopportabili, esecuzioni sommarie.” Human Rights Watch, in un rapporto intitolato Senza via di fuga dall’Inferno, descrive situazioni di sovraffollamento e malnutrizione e riporta testimonianze di bambini picchiati dalle guardie.

      L’Irish Times ha riportato accuse secondo cui le milizie associate con il GNA (Governo Libico di Alleanza Nazionale, riconosciuto dall’ONU), starebbero immagazzinando munizioni in questi campi e userebbero i rifugiati come “scudi umani”. Sembra quasi inevitabile, quindi, la notizia che il 3 luglio almeno 53 rifugiati sono stati uccisi durante un attacco dei ribelli appartenenti all’Esercito Nazionale Libico, nel campo di detenzione di Tajura, vicino a Tripoli.

      Secondo una testimonianza riportata dall’Associated Press, a Tajura i migranti erano costretti a pulire le armi delle milizie fedeli al GNA, armi che erano immagazzinate nel campo. Secondo i racconti di testimoni oculari dell’attacco, riportati dalle forze ONU, le guardie del campo avrebbero aperto il fuoco su chi tentava di scappare.

      Nel mondo occidentale, quando parliamo di immigrazione, tendiamo a focalizzarci sul cosiddetto “impatto sulle comunità” causato dai flussi di nuovi arrivati che si muovono da un posto all’altro.

      Nelle nostre discussioni, ci chiediamo se i migranti portino un guadagno per l’economia oppure intacchino risorse già scarse. Raramente ci fermiamo a guardare nella sua cruda e tecnica realtà la concreta applicazione del controllo alle frontiere, quando si traduce davvero in fucili e filo spinato.

      Ci ripetiamo che i costi vanno tutti in un’unica direzione: secondo la nostra narrazione preferita, i controlli di confine sono tutti gratis, è lasciare entrare i migranti la cosa che costa. Ma i costi da pagare ci sono sempre: non solo il tributo di morti che continua a crescere o i budget multimilionari e sempre in aumento delle nostre agenzie di frontiera, ma anche i costi morali e sociali che finiamo con l’estorcere a noi stessi.

      L’ossessione per la sicurezza dei confini deve fare i conti con alcune delle più antiche e radicate convinzioni etiche proprie delle società occidentali. Prendersi cura del più debole, fare agli altri quello che vogliamo sia fatto a noi, aiutare chi possiamo. Molti uomini e donne che lavorano in mare, quando soccorrono dei naufraghi non sono spinti solo da una legge che li obbliga a prestare aiuto, ma anche da un imperativo morale più essenziale. “Lo facciamo perché siamo gente di mare”, ha detto Giarratano al Guardian, “in mare, se ci sono persone in pericolo, le salviamo”.

      Ma i nostri governi hanno deciso che questo non vale per gli europei. Come se fosse una perversa sfida lanciata a istinti morali vecchi di migliaia di anni, nell’Europa moderna un marinaio che salva un migrante mentre sta per affogare, deve essere punito.

      Infrangere queste reti di reciproche responsabilità fra gli esseri umani, ha dei costi: divisioni e tensioni sociali. Ed è un amaro paradosso, perché proprio argomenti di questo genere sono in testa alle nostre preoccupazioni percepite quando si parla di migrazioni. E mentre l’UE fa di tutto per respingere un fronte del confine verso i deserti del Nord Africa, cercando di tenere i corpi dei rifugiati abbastanza lontani da non farceli vedere da vicino, intanto l’altro fronte continua a spingere verso di noi. L’Europa diventa un “ambiente ostile” e quindi noi diventiamo un popolo ostile.

      Ci auto-ingaggiamo come guardie di confine al nostro interno. Padroni di casa, infermiere, insegnanti, manager – ogni relazione sociale deve essere controllata. Il nostro regime di “frontiera quotidiana” crea “comunità sospette” all’interno della nostra società: sono persone sospette per il solo fatto di esistere e, nei loro confronti, si possono chiamare le forze dell’ordine in ogni momento, “giusto per dare un’occhiata”.

      Il confine non è solo un sistema per tenere gli estranei fuori dalla nostra società, ma per marchiare per sempre le persone come estranee, anche all’interno e per legittimare ufficialmente il pregiudizio, per garantire che “l’integrazione” – il Sacro Graal della narrazione progressista sull’immigrazione – resti illusoria e irrealizzabile, uno scherzo crudele giocato sulla pelle di persone destinate a rimanere etichettate come straniere e sospette. La nostra società nel suo insieme si mette al servizio di questo insaziabile confine, fino a definire la sua vera e propria identità nella capacità di respingere le persone.

      Malgrado arrivino continuamente immagini e notizie di tragedie e di morti, i media evitano di collegarle con le campagne di opinione che amplificano le cosiddette “legittime preoccupazioni” della gente e le trasformano in un inattaccabile “comune buon senso”.

      I compromessi che reggono le politiche di controllo dei confini non vengono messi in luce. Questo ci permette di guardare da un’altra parte, non perché siamo crudeli ma perché non possiamo sopportare di vedere quello che stiamo facendo. Ci sono persone e gruppi che, come denuncia Adam Serwer in un articolo su The Atlantic, sono proprio “Focalizzati sulla Crudeltà”. E anche se noi non siamo così, viviamo comunque nel loro stesso mondo, un mondo in cui degli esseri umani annegano e noi li guardiamo dall’alto dei nostri droni senza pilota, mentre lo stato punisce chi cerca di salvarli.

      In troppi crediamo nel mito di una frontiera dal volto umano, solo perché ci spaventa guardare in faccia la tragica e insanguinata realtà del concreto controllo quotidiano sui confini. E comunque, se fosse possibile, non avremmo ormai risolto questa contraddizione? Il fatto che non lo abbiamo fatto dovrebbe portarci a pensare che non ne siamo capaci e che ci si prospetta una cruda e desolante scelta morale per il futuro.

      D’ora in poi, il numero dei migranti non può che aumentare. I cambiamenti climatici saranno determinanti. La scelta di non respingerli non sarà certamente gratis: non c’è modo di condividere le nostre risorse con altri senza sostenere dei costi. Ma se non lo facciamo, scegliamo consapevolmente i naufragi, gli annegamenti, i campi di detenzione, scegliamo di destinare queste persone ad una vita da schiavi in zone di guerra. Scegliamo l’ambiente ostile. Scegliamo di “difendere il nostro stile di vita” semplicemente accettando di vivere a fianco di una popolazione sempre in aumento fatta di rifugiati senza patria, ammassati in baracche di lamiera e depositi soffocanti, sfiniti fino alla disperazione.

      Ma c’è un costo che, alla fine, giudicheremo troppo alto da pagare? Per il momento, sembra di no: ma, … cosa siamo diventati?

      https://dossierlibia.lasciatecientrare.it/luso-dei-droni-per-guardare-i-migranti-che-affogano-m

    • Grèce : le gouvernement durcit nettement sa position et implique l’armée à la gestion de flux migratoire en Mer Egée

      Après deux conférences intergouvernementales ce we., le gouvernement Mitsotakis a décidé la participation active de l’Armée et des Forces Navales dans des opérations de dissuasion en Mer Egée. En même temps il a décidé de poursuivre les opérations de ’désengorgement’ des îlses, de renfoncer les forces de garde-côte en effectifs et en navires, et de pousser plus loin la coopération avec Frontex et les forces de l’Otan qui opèrent déjà dans la région.

      Le durcissement net de la politique gouvernementale se traduit aussi par le retour en force d’un discours ouvertement xénophobe. Le vice-président du gouvernement grec, Adonis Géorgiadis, connu pour ses positions à l’’extrême-droite de l’échiquier politique, a déclaré que parmi les nouveaux arrivants, il y aurait très peu de réfugiés, la plupart seraient des ‘clandestins’ et il n’a pas manqué de qualifier les flux d’ ‘invasion’.

      source – en grec - Efimerida tôn Syntaktôn : https://www.efsyn.gr/politiki/kybernisi/211786_kybernisi-sklirainei-ti-stasi-tis-sto-prosfygiko

      Il va de soi que cette militarisation de la gestion migratoire laisse craindre le pire dans la mesure où le but évident de l’implication de l’armée ne saurait être que la systématisation des opérations de push-back en pleine mer, ce qui est non seulement illégal mais ouvertement criminel.

      Reçu de Vicky Skoumbi via la mailing-list Migreurop, 23.09.2019

  • Le port d’Ostende fustige un projet de parc éolien français qui pourrait couper des lignes maritimes. 8 Juillet 2019 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_le-port-d-ostende-fustige-un-projet-de-parc-eolien-francais-qui-pourrait

    Le parc éolien que la France prévoit d’ériger au large de Dunkerque, à la limite des eaux territoriales de la Belgique, se trouve sur les routes maritimes reliant Ostende au Royaume-Uni. C’est en tout cas le constat dressé par le port d’Ostende. Le port risque de ne plus être accessible pour les ferrys à destination ou en provenance de Grande-Bretagne. Les responsables du port ostendais tirent donc la sonnette d’alarme et vont adresser ce lundi un avis juridique aux autorités françaises. « Ce parc éolien risque de mettre à mal les services de ferry que le Royaume-Uni entend relancer à la suite du Brexit », ajoute Dirk Declerck, l’administrateur délégué du Port d’Ostende au journal De Tijd. "Douvres et Ramsgate seront inaccessibles. Si le projet se poursuit, la route maritime classique, utilisée également par les autres navires, sera complètement bloquée."

    Un parc de 45 éoliennes à 10 kilomètres des côtes
    Les autorités françaises ont accordé le mois dernier au groupe EDF le développement d’un nouveau parc éolien à 10 kilomètres au large de Dunkerque. Ce parc, d’une superficie de 70 kilomètres carrés, se situera à la limite des eaux territoriales belges. Quarante-cinq turbines doivent s’y dresser d’ici 2026. C’est le groupement EDF renouvelables, Innogy et Enbridge qui a été retenu pour la construction et l’exploitation de ce parc qui fournit en électricité 500.000 foyers.

    D’autres démarches juridiques pourraient être envisagées
    L’administration du port d’Ostende a à plusieurs reprises depuis le début de cette année mis en garde le ministre en charge de la Mer du Nord, Philippe De Backer, et le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders. Les autorités belges ont pris contact avec la France mais sans réaction officielle jusqu’ici. « Le fait qu’actuellement aucun service de ferry ne soit opérationnel n’est pas important dans cette affaire », selon le professeur gantois en Droit maritime, Eric Van Hooydonk, qui épaule le port d’Ostende dans ce dossier. « Les Etats côtiers ne peuvent pas exécuter, dans leur zone de 12 milles, de constructions susceptibles d’entraver l’accès des ports de pays voisins. C’est inscrit dans la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, signée par la Belgique et la France notamment. » Sans réaction de la part de la France, d’autres démarches juridiques pourraient être envisagées a ajouté l’administrateur délégué du port d’Ostende dans De Tijd.

    #navires #car_ferry #Brexit #énergie #éoliennes #électricité #éolien #énergie_éolienne #environnement #énergie_renouvelable #écologie #éolienne #Droit_maritime #EDF #ue #union_européenne

  • Cinq ans d’atteintes au droit maritime

    Depuis 2014, selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), près de 20 000 personnes sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée sur des embarcations impropres à la navigation - une catastrophe humanitaire qui perdure et aurait pu être évitée si les Etats européens s’en étaient donné les moyens. A la veille des élections européennes, SOS MEDITERRANEE revient sur cinq ans de détérioration et d’atteintes au droit maritime international et au droit humanitaire en Méditerranée centrale.

    2013-2014 : MARE NOSTRUM, une opération de la marine italienne torpillée par l’Union européenne

    A la suite d’un terrible naufrage au large de Lampedusa, l’Italie lance l’opération de recherche et de sauvetage Mare Nostrum le 18 octobre 2013 afin de « prêter assistance à quiconque est trouvé en péril en mer ». Plus de 150 000 vies sont sauvées. Mais le 31 octobre 2014, l’Italie met fin à l’opération en raison du manque de soutien de l’Union européenne. Mare Nostrum est remplacée par Triton, dont le but premier n’est plus de sauver des vies mais de contrôler les frontières. Malgré l’absence de navires de secours en mer, les gens continuent à fuir la Libye. Résultat : plusieurs milliers d’hommes, de femmes et d’enfants meurent noyés en tentant la traversée.

    Voir la vidéo - épisode 1 :
    https://www.youtube.com/watch?v=4X6nrVELQ00

    Depuis février 2017 : renforcement des garde-côtes libyens et création d’une zone de recherche et de sauvetage gérée depuis Tripoli

    En février 2017, les chefs d’Etat européens réunis à Malte adoptent la Déclaration de Malte prévoyant la formation, l’équipement et le financement des garde-côtes libyens afin qu’ils puissent intercepter les embarcations en détresse et les ramener de force vers la Libye. Au regard de la situation de chaos qui prévaut en Libye, ceci est totalement contraire au droit maritime et au droit des réfugiés.

    En juin 2018, une région de recherche et de sauvetage libyenne est créée dans les eaux internationales, ce qui provoque une grande confusion dans les opérations de sauvetage. Des milliers de personnes interceptées sont refoulées illégalement en Libye ; d’autres ne sont pas secourues car les garde-côtes libyens ne peuvent assurer des sauvetages efficaces et sûrs. Les rescapés sont ramenés dans des camps où ils sont soumis à des violations systématiques de leurs droits fondamentaux, à la torture, au viol, au travail forcé, à des exécutions arbitraires. L’obligation légale de conduire les survivants des sauvetages vers un « lieu sûr » est bafouée. A terre comme en mer, des milliers de personnes périssent.

    Voir la vidéo - épisode 2 :
    https://www.youtube.com/watch?v=Z9Lb--g2_s0

    Depuis 2017 : graves entraves à l’action des navires civils de sauvetage

    Créées en 2014 et 2015 par des citoyens européens pour combler le vide laissé par leurs gouvernements, les ONG de recherche et de sauvetage deviennent la cible de harcèlement administratif, politique et judiciaire qui les empêche de sauver des vies. Depuis 2017, plusieurs enquêtes sont lancées contre les navires et leurs équipages, sans que les accusateurs ne puissent prouver la moindre action illégale. Des navires tels que l’Aquarius de SOS MEDITERRANEE sont privés de pavillon suite à des pressions politiques. Alors que les sauveteurs sont entravés dans leur action, le devoir d’assistance en mer est bafoué, les témoins écartés.

    Voir la vidéo - épisode 3 :
    https://www.youtube.com/watch?v=eLfO5it4uPQ

    Depuis juin 2018 : fermeture des ports, les rescapés bloqués en mer

    Juin 2018 : après la fermeture des ports italiens aux navires de sauvetage, l’odyssée de l’Aquarius, contraint de débarquer à Valence en Espagne les 630 rescapés à son bord, inaugure une longue série de blocages en mer. Les navires, quels qu’ils soient, sont bloqués des jours voire des semaines avant qu’une solution de débarquement ad hoc ne soit proposée par quelques Etats européens, avec une répartition des rescapés par quotas. Le droit maritime prévoit pourtant que les navires doivent être relevés de la responsabilité du sauvetage aussi vite que possible et traiter les survivants humainement. En mer, les navires immobilisés ne peuvent secourir d’autres personnes en détresse. La capacité de sauvetage est encore réduite et la mortalité explose.

    Vidéo à venir.

    http://www.sosmediterranee.fr/journal-de-bord/5-ans-d-atteintes-au-droit-maritime
    #ONG #histoire #chronologie #Méditerranée #naufrages #sauvetages #mourir_en_mer #migrations #asile #réfugiés #frontières #mer_Méditerranée #vidéo #droit_maritime #Mare_Nostrum #Triton

    ping @reka

  • Chèr·es tou·tes,

    j’ai donc fait un peu d’ordre et mis les liens et textes à la bonne place.

    J’essaie de faire une petite #métaliste des listes.

    #métaliste
    #ONG #sauvetage #Méditerranée #asile #migrations #réfugiés #mourir_en_mer #sauvetages

    En général, quelques autres liens à droite et à gauche à retrouver avec les tags #Méditerranée #ONG #sauvetage :
    https://seenthis.net/recherche?recherche=%23ong+%23m%C3%A9diterran%C3%A9e+%23sauvetage

    Et un résumé + vidéos de SOS Méditerranée sur les 5 ans d’atteinte au #droit_maritime :
    https://seenthis.net/messages/780857

    cc @reka @isskein

  • #marins privés de Sécu : ils ont gagné, mais n’ont plus de salaire
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/230916/marins-prives-de-secu-ils-ont-gagne-mais-n-ont-plus-de-salaire

    Depuis plus de 18 mois, deux matelots qui assuraient la liaison entre Saint-Malo et les îles Anglo-Normandes se battent pour avoir le droit à la Sécurité sociale et à la retraite. Le 1er janvier, ils auront gain de cause. Mais depuis le début du mois, leur employeur #Condor_ferries a suspendu le paiement de leur salaire.

    #Economie #CGT #droit_maritime #droit_socia #Jersey #l_entreprises #prud'hommes #social

  • Wasted Lives. Borders and the Right to Life of People Crossing Them

    States are obliged to protect the right to life by law. This paper analyses the way in which states do this in the field of aviation law, maritime law, and the law on migrant smuggling . A comparative description of these fields of law shows that states differentiate in protecting the right to life. Regular travelers benefit from extensive positive obligations to safeguard their right to life, whereas the lives of irregularized travelers are protected first and foremost by combating irregularized migration and, if the worst come s to pass, by search and rescue. The right of states to exclude aliens from the their territories leads to exclusion of irregularized travelers from their main positive obligations under the right to life. This situation is analyzed through Zygmunt Bauman’s notion of ‘wasted lives’. The contrast with aviation and maritime law makes clear that this situation is the outcome of human choice, which can be changed.

    http://thomasspijkerboer.eu/wp-content/uploads/2016/08/Wasted-Lives-DEF.pdf
    #droit_à_la_vie #vie #mort #étrangers #migrations #asile #réfugiés #droit_maritime
    cc @reka

  • #Mer_de_Chine : Pékin pas prêt à lâcher, quel que soit l’#arbitrage de #La_Haye
    http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20160711-verdict-mer-chine-pekin-philippines-manille

    Selon un sondage, 88% des Chinois se disent favorables au refus de leur gouvernement de respecter le verdict que la Cour d’arbitrage doit rendre ce mardi 12 juillet dans le conflit territorial avec les #Philippines. Elle doit trancher si Pékin enfreint la loi maritime dans cette mer, que l’Etat chinois considère comme étant cruciale pour ses intérêts stratégiques.

    « C’est une mer riche en ressources naturelles, en poissons et en hydrocarbures », détaille Yanmei Xie. « Mais c’est aussi une voie de navigation, essentielle pour le commerce et la sécurité de la #Chine. Pékin considère cette mer comme son avant-poste militaire ». Pékin y fait patrouiller ses navires et construit des ports militaires.

    #droit_international #droit_maritime