• Deux mois après le début du mouvement des Gilets Jaunes, j’ai terminé une revue de presse sur la question (dans le but d’écrire un article à l’attention de mes ami.e.s anglophones du Canada, mais je ne sais pas si ça arrivera un jour). Je sais que d’autres se sont déjà essayés à une telle revue de presse, mais tant pis, voici la mienne qui n’essaye pas du tout d’être exhaustive :

    (1) Prémices :

    Cette guerre de basse intensité contre toute forme de révolte
    Gaspard d’Allens, Reporterre, le 13 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/735614

    (2) Effets sur le commerce :
    https://seenthis.net/messages/737657
    https://seenthis.net/messages/737900
    https://seenthis.net/messages/739837
    https://seenthis.net/messages/743897

    (3) Répression policière et judiciaire :
    https://seenthis.net/messages/740633
    https://seenthis.net/messages/741161
    https://seenthis.net/messages/742416
    https://seenthis.net/messages/744081
    https://seenthis.net/messages/744104
    https://seenthis.net/messages/745931
    https://seenthis.net/messages/745953
    https://seenthis.net/messages/747535
    https://seenthis.net/messages/748646
    https://seenthis.net/messages/748751
    https://seenthis.net/messages/749045
    https://seenthis.net/messages/749187
    https://seenthis.net/messages/749847
    https://seenthis.net/messages/750174
    https://seenthis.net/messages/750538
    https://seenthis.net/messages/751050
    https://seenthis.net/messages/753445

    (4) Soutien et répression des lycéen.ne.s et étudiant.e.s :
    https://seenthis.net/messages/737434
    https://seenthis.net/messages/741687
    https://seenthis.net/messages/741773
    https://seenthis.net/messages/741813
    https://seenthis.net/messages/741924
    https://seenthis.net/messages/741959
    https://seenthis.net/messages/744912
    https://seenthis.net/messages/746449

    (5) Évolution du traitement syndical et médiatique :

    Gilets jaunes : ça bouge chez les syndicats
    Arthur Brault-Moreau, Regards, le 30 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/740147

    Les directions syndicales répondent à l’appel de Macron pour maintenir l’ordre contre les gilets jaunes
    Damien Bernard, Révolution Permanente, le 6 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741895

    Le traitement médiatique des Gilets Jaunes : un mois de propagande pro-Macron
    Marion Beauvalet, Le Vent se Lève, le 29 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/748043

    (6) Tentatives d’enquêtes sociologiques :

    « Gilets jaunes » : une enquête pionnière sur la « révolte des revenus modestes »
    Collectif, Le Monde, le 11 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/743069

    Enquête. Les gilets jaunes ont-ils une couleur politique  ?
    Collectif "Quantité critique", L’Humanité, le 19 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/746021

    « Le mouvement des “gilets jaunes” n’est pas un rassemblement aux revendications hétéroclites »
    Jean-Yves Dormagen et Geoffrey Pion, Le Monde, le 27 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/747411

    (7) Analyses (pas le plus intéressant, mais c’est pour savoir ce que pensent les "intellectuel.le.s") :

    La couleur des gilets jaunes
    Aurélien Delpirou, La vie des idées, le 23 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/738152

    Qui sont et que veulent les « gilets jaunes » ?
    Benoît Coquard, Contretemps, le 23 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/738152

    De quelle couleur sont les gilets jaunes ?
    Rafik Chekkat, Etat d’exception, le 24 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/738152

    Omar Slaouti : « Nous organiser »
    Ballast, le 28 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/739537

    Deux ou trois choses dont je suis presque certain à propos des « gilets jaunes »
    Laurent Mucchielli, The Conversation, le 4 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741173

    QUELQUES REFLEXIONS SUR LE MOUVEMENT DES GILETS JAUNES, SUR SON IMPORTANCE, ET SUR LE MÉPRIS ET L’EXTRÊME VIOLENCE À LAQUELLE ON ASSISTE AUJOURD’HUI A L’ÉGARD DES CLASSES POPULAIRES
    Edouard Louis, Facebook, le 4 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741160

    Les Gilets Jaunes, l’économie morale et le pouvoir
    Samuel Hayat, le 5 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741622

    Au sujet des « gilets jaunes », je ne sais sur quel pied danser
    Titiou Lecoq, Slate, le 7 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741978

    Gilets jaunes : le sens du face à face
    Etienne Balibar, Médiapart, le 13 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/743887

    Les Gilets jaunes et la question démocratique
    Samuel Hayat, le 24 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/746854

    « Les “gilets jaunes” veulent rompre avec le sentiment de dépossession »
    Ivan Bruneau et Julian Mischi, Le Monde, le 2 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/748665

    Des « gilets jaunes » composites et des gauches embrumées
    Philippe Corcuff, Médiapart, le 3 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/752160

    Les vertus de l’inexplicable – à propos des « gilets jaunes »
    Jacques Rancière, AOC, le 8 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/749921

    Eric Fassin : « Quand on rejette l’opposition gauche/droite et la représentation politique, ça finit rarement à gauche »
    Pierre JacquemainRegard, le 14 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/752279

    (8) En anglais :

    The mass protests in France : A new stage in the international class struggle
    Le Comité de rédaction du World Socialist Web Site, le 3 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/740828

    The undead centre meets the shitstorm
    Richard Seymour, Patreon, le 7 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741895

    To Understand France’s Crisis, You Must First Understand Its Cheese
    Karl Sharro, BuzzFeed, le 20 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/746836

    Popular Uprising in Paris and Left’s Fear of Populism
    Ranabir Samaddar, Alternatives international, le 14 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/752711

    (9) Audio-visuel :

    ELO#351 - Gilets Jaunes et Musique
    Dror, Entre Les Oreilles, le 12 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/743558

    Des images du Siné Mensuel de décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741364

    #Gilets_Jaunes #France #Violence_policière #Violences_policières #brutalité_policière #répression #universités #lycées #syndicats #média #sociologues #intellectuels #enquêtes #analyses #droite #gauche #recension


  • Das Foto, dass wir gerne drucken würden - B.Z. Berlin


    Décidément ce journal de droite n’apprécie pas du tout le sénateur de la culture du gouvernement de Berlin.

    Das Landgericht Berlin droht Senator Lederer mit Ordnungshaft ...
    25. Nov. 2018 ... Der Direktor der Gedenkstätte Hohenschönhausen, Hubertus Knabe, darf an seinen Arbeitsplatz zurückkehren.

    Ce gros titre fait croire aux lecteurs moins avertis que le le sénateur risque une peine de prison à cause de sa politique. Bien entendu ce n’est pas le cas.

    Après la réunion commémorative à l’occasion du centenaire de la fondation du parti communiste allemand (KPD) la droite crie au scandale et essaye de ridiculiser les figure de proue de la gauche. Klaus Lederer est le politicien le plus populaire de la ville et voilà une belle occasion pour le présenter dans une pose typique pour l’ère de Staline.

    Il est vrai que la tête d’Ernst « Teddy » Thälmann est plus réussie que celle du beau Klaus.

    Enfin pour compléter voici une petite collection de gros titres du journal B.Z.

    „Kriminelle Energie!“ CDU-Vize fordert Rücktritt von Lederer
    29. Nov. 2018 ... CDU-Politiker Arnold Vaatz wirft Kultursenator Klaus Lederer (Die Linke) schwere Rechtsverstöße im Fall Knabe vor.

    Hat Lederer in Hohenschönhausen doch ein falsches Spiel gespielt ...
    25. Okt. 2018 ... 9. von Klaus Lederer (Linke) gefeuert: Hubertus Knabe, Leiter der Gedenkstätte Hohenschönhausen

    Kultursenator Lederer sperrt das Mauermuseum auf Twitter
    27. Aug. 2018 ... Kultursenat gegen Mauermuseum – Klaus Lederer (44, Linke) gegen Alexandra Hildebrandt (59

    Ex-Gedenkstätten-Leiter Hubertus Knabe klagt sich vorerst ...
    24. Nov. 2018 ... Berlins Kultursenator Klaus Lederer will dagegen vorgehen. Wegen Sexismus- Vorwürfen gegen seinen Stellvertreter musste Hubertus Knabe, ...

    Ist Klaus Lederer ein guter Senator oder ein ...
    14. Juni 2018 ... Der Eigentümer wollte das Radialsystem veräußern und Kultursenator Klaus Lederer machte sich für den Ankauf stark. Die rot-rot-grüne ...

    #Allemagne #politique #presse #communisme #droite #histoire #rofl


  • Bolsonaro s’attaque aux fonctionnaires de gauche et aux populations indigènes
    https://www.bastamag.net/Bolsonaro-s-attaque-aux-fonctionnaires-de-gauche-et-aux-populations-indige

    Le 1er janvier, le nouveau président du Brésil Jair Bolsonaro a officiellement été investi lors d’une cérémonie au Planalto, le palais présidentiel, à Brasilia. Tout juste en poste, il a immédiatement décrété des mesures qui s’attaquent directement aux populations indigènes et aux droits des travailleurs. Le président d’extrême droite a ainsi décidé de transférer la compétence de la démarcation des terres indigènes au ministère de l’Agriculture. Cette démarcation était auparavant du ressort d’un organisme (...)

    En bref

    / #Droites_extrêmes, #Politique, #Amériques, #Droits_fondamentaux


  • Macron, Hitler, Marx, Staline, Trump, Lincoln, Jean-Baptiste et Le Monde... (quand l’Absente tue le game !)

    Branle bas de combat ! #Le_Monde aurait osé « la #caricature de trop » ! Comme l’explique brillamment #André_Gunthert sur son « carnet de recherches d’image sociale », cette #Une, grandiloquente et #en_même_temps irrévérencieuse, « vient clore l’impressionnante dégringolade du président Macron »
    http://imagesociale.fr/6975
    seenthissé par @colporteur : https://seenthis.net/messages/747820

    Le récit, commencé en fanfare et qui se clôt sur un champ de bataille, est illustré en couverture du magazine par un photomontage du graphiste Jean-Baptiste Talbourdet

    Mais bien qu’elle contienne toutes les références nécessaires, je ne partage pas les conclusions de cette note, qui prête à l’auteur #Jean-Baptiste_Talbourdet une intension volontairement malveillante sans l’avoir questionné.

    Suite, donc, à cette couverture pour le moins « audacieuse », une shitstorm s’est installée, sur les limites de la représentation du #Chef de l’#État, on croirait presque à un blasphème tant la bronca est générale. #Luc_Bronner, directeur de la rédaction du Monde, oppose un petit justificatif, et c’est là, selon moi, que se joue une couardise dommageable pour tou-te-s :
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2018/12/29/a-nos-lecteurs-a-propos-de-la-une-de-m-le-magazine-du-monde_5403549_4500055.
    Il avait tous les éléments pour faire une démonstration historique avec un filage magistral et ... non, il se réfugie derrière une rapide référence de l’Histoire de l’Art, en bon #sachant, et prend pour exemple... d’autres couvertures du Monde ! En bref, il lâche le choix politique pour une excuse graphique, esthétisante... alors qu’elle-même est issue d’une tradition politique !

    #Hubert_de_Jenlis, en bon chevalier de #Macron, pense porter un coup de grâce par la preuve irréfutable d’un #plagiat de #Lincols_Agnew qui portraitise #Hitler :
    https://twitter.com/HubertdeJenlis/status/1079143667724627968

    Hors, cet portrait a servi pour illustrer un essai ô combien intéressant paru dans le Harpers en juillet 2017 : The Reichstag Fire Next Time, The coming crackdown par #Masha_Gessen :
    https://harpers.org/archive/2017/07/the-reichstag-fire-next-time
    Le portrait, donc, est signé #Lincoln_Agnew et fait partie d’un diptyque où on retrouve donc Hitler :

    Illustrations by Lincoln Agnew. Source photographs: Adolf Hitler © Hulton Archive/Getty Images; crowd saluting Hitler © Visual Studies Workshop/Getty Images

    Mais aussi #Trump, #Putin, #Obama, #Bush :

    Source photographs: Donald Trump © JB Lacroix/WireImage; Vladimir Putin © Mikhail Svetlov/Getty Images; Barack Obama © Ron Sachs-Pool/Getty Images; George W. Bush © Luke Frazza/AFP/Getty Images; protest © Creative Touch Imaging Ltd./NurPhoto/Getty Images; drone © Erik Simonsen/Getty Images

    Ce qui semblait de toute évidence être une copie se révèle, si on prend le temps de lire l’article, puis de chercher les sources d’inspiration de Lincoln Agnew, être un hommage, dans le fil d’une tradition de représentation de la #Puissance et du #Pouvoir de figures d’autorité, dans la _#Droite ligne de #Gauche_ de l’#iconographie #Russe.
    Et il se trouve que Agnew lui-même s’inspire de #Gustav_Klutsis qui portraitise #Marx, #Engels, #Lenine et #Staline de la même manière en... 1933 !

    Gustav Klutsis, Raise Higher the Banner of Marx, Engels, Lenin and Stalin ! 1933

    (L’année même de l’incendie du du Reichstag dont il est question plus haut.) Portrait qu’on peut retrouver dans la superbe exposition de nov 2017 à février 2018 au musée #Tate : Red Star Over Russia at Tate Modern
    https://www.tate.org.uk/whats-on/tate-modern/exhibition/red-star-over-russia
    Il est vraiment intéressant de regarder la vidéo faite par le Tate Modern pour l’exposition : https://youtu.be/Kd_GHlMkwpQ

    qui revient sur

    the story behind graphic designer #David_King's collection of 250,000 artworks, photographs and documents from the Soviet Union.

    Et cette histoire, derrière la collection, c’est le point de départ sur une #Disparition, une #Invisibilisation. Celle de Léon #Trotski. C’est donc l’histoire de la construction de l’image de la Puissance, du Pouvoir, et la représentation de l’Homme Fort, et comment celle-ci écrase tout sur son passage. Pas grand chose à voir donc avec un parti politique particulier, mais bien plus avec une #oppression_systémique, la plus rependue au monde...

    L’affiche de l’expo est peut-être même la première inspiration de la série, et il est troublant de la mettre à côté du portrait de Macron tant les deux visages se répondent ! Elle est datée de 1923 et signée #Strakhov (Braslavsky) Adolf Yosypovych :

    Elle est issue d’une campagne de propagande pour... l’émancipation féminine ! Et ... combien avez-vous vu de #femmes dans cette suite de portraits, jusqu’à présent ? Hein ?!

    Quel dommage ! Quel dommage que les gonades qui s’expriment contre la pseudo-insulte faite au Chef de la France soient quasiment, uniquement, masculines ou assimilées. Quel dommage aussi que pour défendre un choix, d’autres gonades masculines n’osent aller au bout de la filiation. Je n’irait pas jusqu’à dire quel dommage que si peu soient encore #Charlie, mais ceci dit, ça a quand même son sens. L’année 2018 a vu augmenter, terriblement, la pression du #patriarcat, du #masculinisme même, et la #répression, partout : cette fin d’année est maculée de sang sous les coups frénétiques d’un service régalien qui ne fait que protéger un président fantoche dont quasi plus personne ne veut. Et quand, enfin, arrive une occasion de justifier le maintien de leur chef au Pouvoir, la meute de déchaine, écrasant, une fois de plus la continuité des leçons de l’Histoire, de sa contextualisation globale nécessaire, et participe ainsi, encore plus, au #confusionnisme plutôt qu’à l’#éducation_populaire...
    Quelle misère !

    Épilogue : Toute #oppression crée un état de #guerre.
    #Simone_de_Beauvoir, in Le Deuxième #sexe, t.2, L’expérience vécue


  • Les Gilets jaunes et la question démocratique | Samuel Hayat - Science politique - Mouvement ouvrier, démocratie, socialisme
    https://samuelhayat.wordpress.com/2018/12/24/les-gilets-jaunes-et-la-question-democratique

    Face à ce mouvement citoyenniste, qui ira défendre la vieille politique, celle des partis et des élu.e.s ? A part ceux qui sont payés pour, gageons qu’il y aura peu de monde. C’est que la #politique_partisane se trouve déjà fortement affaiblie, et ce de longue date. D’abord, le conflit partisan s’est émoussé : vu du dehors du monde des professionnel.le.s, il n’y a plus, depuis longtemps, de différence significative entre la #droite et la #gauche, qu’il s’agisse de l’origine sociale des candidat.e.s ou de la nature des politiques menées. Partout, avec quelques nuances indéchiffrables pour le plus grand nombre, on trouve la même marchandisation des services publics, les mêmes manœuvres de séduction adressées aux capitalistes pour attirer leurs précieux investissements, le même zèle à limiter les #libertés_publiques, surarmer les forces de l’ordre, enfermer les #pauvres et expulser les #étranger.e.s. A cette neutralisation du conflit politique s’ajoute le dépérissement des partis comme moyens d’inclusion de la masse des citoyen.ne.s dans la politique partisane : le nombre d’adhérent.e.s des partis ne cesse de chuter, comme celui des syndicats ou de tous les outils habituels (comme la presse militante) de socialisation à la politique partisane. Dans ces conditions, qu’est-ce qui pourrait s’opposer à la démonétisation de cette conception de la politique ? Les tenants mêmes du pouvoir, les professionnel.le.s de la politique, semblent ne plus croire aux possibilités de l’action politique, et répètent avec diverses modulations qu’il n’y a pas d’alternative au néolibéralisme. Pourquoi alors défendre leur jeu, si de leur propre aveu, il n’a plus d’enjeu ? Cette perte de sens de la politique partisane a permis à un simple conseiller économique, un technicien ignorant des usages de la politique partisane, Emmanuel Macron, de devenir ministre puis président, en répétant à l’envi transcender les clivages et en refusant de s’appuyer sur les partis existants – il préfère en créer un, portant ses initiales, un artifice marketing bouffon qui aurait dû immédiatement lui enlever tout crédit si le système partisan avait gardé un tant soit peu de sens de sa dignité. Comment Emmanuel Macron pourrait-il, lui qui s’enorgueillissait hier d’avoir mis à genoux l’ancien système, le vieux monde, en appeler aujourd’hui à la mobilisation pour sauver ce même système et ses affrontements désormais vides de sens ? D’où son silence, la position impossible dans laquelle il est, et l’usage disproportionné de la répression face à un mouvement qui lui doit tant et qui, par bien des aspects, en est comme le reflet inversé[8].

     

    #Citoyennisme et #néolibéralisme

    Car c’est bien là qu’est le problème : la politique citoyenniste puise sa force dans le mécontentement justifié vis-à-vis de la politique partisane et dans une longue histoire de l’aspiration démocratique, mais aussi dans la montée en puissance des cadres de pensée du #gouvernement_des_expert.e.s, de tous ceux qui veulent remplacer la politique (politics) par une série de mesures techniques (policies), néolibéraux en tête. Le mouvement des #Gilets_jaunes s’oppose aux technocrates, mais il en reprend largement la conception péjorative de la politique partisane et la manière de penser l’action publique. Le #référendum est le pendant démocratique du macronisme qui nous disent tous les deux qu’il faut en finir avec les idéologies : l’un comme l’autre réduisent la politique à une suite de problèmes à résoudre, de questions auxquelles répondre. Certes, il n’est pas équivalent de dire que ces questions doivent être résolues par des experts ou par les citoyens ; le citoyennisme propose bien une démocratisation, mais c’est la démocratisation d’une conception de la politique qu’il partage avec les néolibéraux. Le monde des citoyennistes est un monde homogène, peuplé d’individus qui ressemblent à s’y méprendre à ceux des économistes néoclassiques : on les imagine aller lors des référendums exprimer leurs préférences politiques comme les économistes imaginent les consommateurs aller sur le marché exprimer leurs préférences, sans considération pour les rapports de pouvoir dans lesquels ils sont pris, les antagonismes sociaux qui les façonnent.

     

    Mais comme chez les économistes, cette représentation de la citoyenneté est un mythe – agissant mais trompeur, agissant parce que trompeur. L’image du peuple décidant par référendum ou par le biais de délégué.e.s tiré.e.s au sort vient recouvrir l’aspect irréductiblement conflictuel de la politique, sa possibilité guerrière. Il n’y a rien ici de nouveau : l’historienne Nicole Loraux a déjà montré comment ce type de discours, dans l’Athènes démocratique, glorifiant l’unanimité du peuple et le caractère réglé de ses institutions, venait masquer l’autre aspect de la politique démocratique, le conflit (statis), faisant toujours courir le risque de la guerre civile et devant par là être oublié, refoulé[9]. Loin d’être une anomalie de la #démocratie, le conflit en était une possibilité toujours présente, et s’il apparaissait, il était obligatoire pour les citoyens de choisir un parti – l’abstention, signe de passivité et d’indifférence, valait retrait de ses droits politiques. En voulant se débarrasser des partis, au sens des organisations en compétition pour le pouvoir, le citoyennisme met aussi à mal la possibilité d’expression des divisions au sein de la cité. Or l’antagonisme politique, le conflit, est aussi nécessaire à la démocratie, même authentique et déprofessionnalisée, que ne l’est l’inclusion directe de tou.te.s les citoyen.ne.s.

    • Je republie ici un commentaire publié sur un fil FB en défense de ce texte et en réponse à une critique (visiblement d’orientation FI) qui y voyait une "cochonnerie" (sic) "social-démocrate".
      ______________

      Si Samuel Hayat ne s’avance sur le terrain de la définition d’un projet politique qu’indirectement (par référence notamment à 1848), c’est (indirectement donc mais sans équivoque) le projet et l’histoire socialistes qui forment l’arrière-plan (et la « culture » ou l’environnement de pensée) de son analyse.

      Sa critique d’une revendication « démocratique » (le #RIC) fondée sur une conception non-conflictuelle ou consensuelle de la « démocratie » est liée à l’idée selon laquelle il faudrait (et il est possible) d’assumer la conflictualité de classes qui existe bel et bien au sein du mouvement des #GiletsJaunes — conflictualité que « Chouard et ses amis », mais aussi une partie de FI, entendent évacuer.

      La position social-démocrate, du moins telle qu’elle se redéfinit après la fin des Trente Glorieuses, est fondée sur l’abandon de la classe ouvrière, qui s’apprête à partir du milieu des années 80 à recevoir de plein fouet le choc de la réorganisation du travail, de la modernisation de l’appareil de production et de la mondialisation des échanges. Cet abandon est aussi celui des générations qui suivront, marquées par le chômage de masse et la relégation urbaine (et, pour les enfants de l’immigration d’après-guerre et les descendants de l’histoire coloniale, par la discrimination et les violences policières). De cet abandon, la montée régulière du FN depuis 1983 est la principale traduction politique. (Du côté social-démocrate, cet abandon prend la forme idéologique de la surenchère droitière sur les questions d’immigration et sur la gestion policière des habitant.e.s de banlieues ; sur le plan économique, par le rôle-clef joué par les formations social-démocrates dans l’application des plans d’austérité.)

      Le type d’alliances de classes promu aujourd’hui sous l’appellation de « populisme » est notamment fondé sur l’alliance entre classes populaires « nationales » (imaginairement intégrées à l’Etat-Nation) et parties de la classe moyenne, de la petite bourgeoisie, de la petite entreprise menacées par la mondialisation, pour des raisons rappelées notamment ici : https://carbureblog.com/2018/12/23/sur-le-fil-le-ric-la-gauche-et-les-gilets-jaunes.

      Les résistances ou propositions alternatives à cette stratégie tiennent notamment au fait que la stratégie populiste repose sur / opère une fracture au sein même des classes populaires (entre blancs et racisés, nationaux et non-nationaux, voire selon des critères religieux : la charge de plus en plus agressive et exclusive de la thématique laïque en France au cours de ces dernières années est indicative de ce processus).

      Tout ce qui s’oppose à la stratégie populiste n’est pas forcément « social-démocrate ». D’autres alliances peuvent être promues et avancées, intégrant ces « segments de classe » qui ne peuvent être représentés par / se reconnaître dans les symboles nationaux, comme l’a prouvé l’initiative du Comité Adama. Cette dimension était aussi présente en Grèce avant 2015 (mais tend depuis, significativement, à céder le pas, ici comme ailleurs, à une logique nationale / nationaliste).

      Contrairement à ce que prétendent certains anarchistes grecs (notamment ici : https://agitationautonome.com/2018/12/15/gilets-jaunes-discussion-entre-la-grece-et-la-france, le mouvement des places en Grèce n’a pas été unifié / hégémonisé par un discours de type national-populiste mais par un discours social, ce qui explique que les discours d’extrême-droite aient été largement battus en brèche (jusqu’à disparaître presque complètement) au moment du référendum sur le « Non » (juillet 2015).

      Si l’auteur ne parle ici qu’indirectement de « socialisme » (comme si ce terme recouvrait plus un héritage et une toile de fond qu’un discours effectivement réactualisable, au moins sous sa forme classique : socialisation des moyens de production, dictature du prolétariat... — quelque chose pourtant qui, ne serait-ce qu’en toile de fond, demeure agissant et a une actualité propre), c’est probablement d’avoir conscience que les alliances de classes qui permettraient de résister au rouleau compresseur néo-libéral ne peuvent avoir un caractère purement ouvrier ou populaire (mais passent par une alliance avec cette classe moyenne menacée, présente dès le départ du mouvement des Gilets Jaunes et qui était aussi présente à Syntagma ; en atteste notamment le fait que des Gilets Jaunes qui appartiennent à cette classe moyenne précarisée et menacée s’expriment parfois comme s’ils étaient déjà passés de l’autre côté, comme s’ils avaient déjà décroché : « On crève »).

      Pour le dire autrement : impossible de faire l’économie d’une critique de l’UE et de contourner comme si de rien n’était la question du « retour » à une forme de redistribution garantie par l’Etat-nation.

      La situation actuelle en France montre bien que c’est d’une certaine façon dans le cadre même du processus populiste que nous sommes amené.e.s à redéfinir et à avancer des stratégies de résistance et d’alliances (et pas en extériorité à ce mouvement, comme a tenté de le faire la #CGT). Il ne s’agit pas de faire comme si la gauche n’avait pas perdu l’initiative.

      De ce point de vue, on peut peut-être dire que le moment, oui, est qu’on le veuille ou non « populiste », indéniablement marqué notamment par l’opposition « peuple » / « élites », mais que ça n’interdit pas (au contraire) de faire usage de la critique et d’ouvrir des pistes : orienter le mouvement dans un sens qui « nous » permette de « nous » y intégrer (« nous » minoritaire, notamment sur les orientations sexuelles ou religieuses, racisé, non-national) ; retraduire l’ensemble du processus en termes d’alliances de classe (contre la "simplification" de l’opposition des "99%" contre les "1%").

      La dualité des modes d’action qui caractérisent le mouvement des Gilets Jaunes (occupation des ronds-points en semaine, séquence émeutière le samedi) correspond peu ou prou (j’ai bien conscience de simplifier, mais il me semble qu’il y a quand même là "une part de vérité") à cette composition de classes et à cette alliance effective (entre prolétariat et "classe moyenne" précarisée ou en passe de l’être).

      On voit bien que l’impossibilité de contourner la question de l’Etat-Nation, par les traductions idéologiques quelle induit, se dresse aujourd’hui en face de ce « nous » comme un roc contre lequel « nous » risquons de nous fracasser. C’est pour cette raison que je parlais dans le texte que j’ai publié ces jours-ci (https://oulaviesauvage.blog/2018/12/23/on-vous-attend-notes-sur-les-gilets-jaunes) de « position défensive ». Cette position défensive n’induit pas nécessairement une position de repli (CGT) : elle peut trouver à s’exprimer politiquement par une sorte de contre-offensive au nom d’intérêts de classe communs (position du #Comité_Adama et de la Plateforme d’enquêtes militantes, parmi d’autres).


  • Espagne : percée de l’extrême-droite, désillusion à gauche et abstention record des classes populaires
    https://www.bastamag.net/Espagne-percee-de-l-extreme-droite-desillusion-a-gauche-et-abstention-reco

    Des élections régionales anticipées se sont déroulées en Andalousie, dans le sud de l’Espagne. Pour la première fois depuis la fin de la dictature franquiste, des élus d’extrême-droite, issus du parti de droite classique, vont siéger dans un parlement régional. Ni Podemos, ni le Parti socialiste espagnol n’ont réussi à générer « de l’envie et de l’espérance ». Décryptage. Le parti d’extrême droite Vox s’est imposé comme la grande surprise des élections régionales anticipées en Andalousie début décembre. Avec (...)

    #Décrypter

    / #Droites_extrêmes, #Europe, Élections , #Politique

    #Élections_


  • #UDC : ceux qui toujours disent non

    Au moment où l’UDC perd sur une initiative identitaire, la retraite de la politique de #Toni_Brunner signe symboliquement la fin d’une période, écrit notre chroniqueur Yves Petignat.

    Toni Brunner aura été un vrai bonheur pour l’UDC. Carré de propos, jovial et nature, porte-parole fidèle de la pensée de Christoph Blocher, le paysan aubergiste d’Ebnat-Kappel aura présidé, durant huit ans, de 2008 à 2016, une #droite nationale-conservatrice à laquelle tout réussissait : élections, votations, initiatives populaires. Au moment où l’UDC perd sur une #initiative identitaire pour elle, la souveraineté et l’autodétermination, sa retraite de la politique à 44 ans signe symboliquement la fin d’une période. Celle où son parti dictait l’agenda politique grâce à l’immigration, à la crise de l’asile, à la peur de l’islam. Celle aussi où l’agressivité hargneuse, étrangère aux mœurs helvétiques, divisait le pays jusqu’au sein du gouvernement.

    Réadaptation du contenu

    Reconquête du deuxième siège au Conseil fédéral, renvoi des étrangers criminels, interdiction des minarets, frein à l’immigration, l’UDC n’a pas seulement atteint un sommet aux élections de 2015 avec 29,5% des voix, elle a surtout imposé sa vision isolationniste au reste du pays. Il lui suffisait alors d’être le parti qui toujours dit non. Toni Brunner jette l’éponge tandis que l’échec programmé des négociations européennes va contraindre tous les dirigeants politiques, y compris ceux de la droite isolationniste, à repenser leur stratégie. Alors que l’UDC, avec l’appui libéral-radical, ne peut plus échapper aux responsabilités du pouvoir. Au moment encore où, dans les cantons et plus particulièrement en Suisse romande et dans les zones périurbaines de Zurich ou d’Argovie, l’UDC enregistre ses premiers revers. Certes, il ne faut pas s’attendre à un brusque affaissement électoral en 2019. Mais cela nécessitera une réadaptation du contenu et du style politiques. La tentative de sobriété de la campagne du 25 novembre en était un avant-goût. Raté.

    Le discours monomaniaque sur l’#immigration a servi. Il fait de moins en moins effet. Les Suisses ont d’autres soucis, comme l’indiquent les sondages et le baromètre CS des préoccupations des Suisses. La hausse continue des coûts de la #santé et des #primes_maladie ainsi que la #prévoyance_vieillesse viennent largement en tête, y compris chez les jeunes. Seuls les électeurs de l’UDC continuent à placer la migration avant, même si les chiffres de l’#asile et ceux de l’immigration ont chuté. Or, bien que parti de gouvernement, l’UDC n’a pas de proposition sur l’#assurance_maladie ou la stabilisation de l’#AVS. Contrairement aux partis populistes européens, comme le Rassemblement national en France, l’UDC n’a pas de #discours_social. Ni environnemental ou économique d’ailleurs. Sinon celui, ultralibéral, de la #responsabilité_individuelle et du #moins-d’Etat.

    Cesser d’être à l’image de son maître

    Ce parti va devoir aussi réviser sa rhétorique anti-européenne. Certes, dans un premier temps, il baignera dans l’euphorie de l’échec inévitable des négociations avec l’#UE sur l’accord institutionnel. Mais, selon les effets politiques et économiques, face au risque de marginalisation des universités et chercheurs suisses, devant les difficultés d’#exportation des entreprises sur le marché européen, il lui faudra offrir aux Suisses d’autres solutions créatives. Abandonner le jeu de l’#opposition_systématique pour redéfinir nos relations avec l’UE. A défaut, même majoritaire, il continuera à se plaindre d’ostracisme. Mais un parti protestataire peut-il, sans se renier, cesser d’être à l’image de son maître à penser, « der Geist, der stets verneint », l’esprit qui toujours dit non ?

    https://www.letemps.ch/opinions/udc-toujours-disent-non
    #Suisse #populisme #extrême_droite #migrations #réfugiés #anti-Europe #université


  • Ultra-libéral, pro-pesticides et climatosceptique : le nouveau gouvernement brésilien de Bolsonaro
    https://www.bastamag.net/Ultra-liberal-pro-pesticides-et-climatosceptique-le-nouveau-gouvernement

    Élu avec 55 % des voix le 28 octobre, le nouveau président du Brésil, Jair Bolsonaro entrera officiellement en fonction le 1er janvier prochain. Il a commencé à composer son gouvernement. Des généraux s’occuperont des ministères de la Défense et de l’Intérieur, un ultra-libéral, issu des « Chicago boys », siègera à l’Economie, une pro-pesticide, liée aux intérêts de l’agro-business, héritera de l’agriculture, un climato-sceptique pro-Trump dirigera la diplomatie… Panorama du futur gouvernement d’extrême-droite. (...)

    #Décrypter

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  • Que propose vraiment le Pacte mondial sur les #Migrations de l’Onu, qui fait tant peur aux partis xénophobes ?
    https://www.bastamag.net/Que-propose-vraiment-le-Pacte-mondial-sur-les-migrations-de-l-Onu-qui-fait

    192 pays membres des Nations Unies ont adopté un pacte mondial sur les migrations. Le texte, non-contraignant, doit permettre une coopération internationale sur la question des migrations, et rappelle un minimum de principes fondamentaux concernant le respect des droits humains. Des États dirigés par des gouvernements xénophobes comme la Hongrie et la Pologne ont annoncé qu’ils ne signeraient pas ce texte, et des partis d’extrême-droite multiplient les mensonges sur le sujet. L’accord final doit (...)

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    / #Droites_extrêmes, Migrations, #Guerres_et_résolution_des_conflits, #Droits_fondamentaux, A la (...)


  • 1000 km de murs ont été érigés en #Europe contre la libre-circulation des gens
    https://www.bastamag.net/1000-km-de-murs-et-clotures-ont-ete-eriges-en-Europe-contre-la-libre

    Il y a 29 ans, le mur de Berlin tombait, et le « rideau de fer » qui coupait l’Europe en deux avec lui. C’était alors le symbole d’une liberté nouvelle pour l’Allemagne et pour l’Europe de l’Est. Depuis, se son construits en Europe l’équivalent de six murs de Berlin, rappelle un rapport de l’ONG néerlandaise TNI publié le 9 novembre, date de la chute du Mur« Les États membres de l’Union européenne et de l’espace Schengen ont construit près de 1000 km de murs depuis les années 1990 pour empêcher les exilés de (...)

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  • University alerts students to danger of leftwing essay

    Prevent critics slam Reading for labelling ‘mainstream’ academic text as extremist.
    An essay by a prominent leftwing academic that examines the ethics of socialist revolution has been targeted by a leading university using the government’s counter-terrorism strategy.

    Students at the University of Reading have been told to take care when reading an essay by the late Professor Norman Geras, in order to avoid falling foul of Prevent.

    Third-year politics undergraduates have been warned not to access it on personal devices, to read it only in a secure setting, and not to leave it lying around where it might be spotted “inadvertently or otherwise, by those who are not prepared to view it”. The alert came after the text was flagged by the university as “sensitive” under the Prevent programme.

    The essay, listed as “essential” reading for the university’s Justice and Injustice politics module last year, is titled Our Morals: The Ethics of Revolution. Geras was professor emeritus of government at the University of Manchester until his death in 2013. He rejected terrorism but argued that violence could be justified in the case of grave social injustices.

    Waqas Tufail, a senior lecturer in criminology at Leeds Beckett University who wrote a report about Prevent last year, described the case at Reading as “hugely concerning”. Another Prevent expert, Fahid Qurashi of Staffordshire University, said the move showed how anti-terrorism legislation is “being applied far beyond its purview”.
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    Ilyas Nagdee, black students’ officer for the National Union of Students, said the case again highlighted “misunderstanding of the [counter-terrorism guidance].”

    The strategy, itself controversial, is meant to divert people before they offend, and requires universities to monitor students’ and academics’ access to material that could be considered extremist. The scheme has repeatedly come under fire since its remit was expanded by the coalition government in 2011. Critics argue that it has curtailed academic freedom by encouraging universities to cancel appearances by extremist speakers and for fostering a “policing culture” in higher education.

    Tufail added: “This text was authored by a mainstream, prominent academic who was well-regarded in his field, who was a professor at Manchester for many years and whose obituary was published in the Guardian. This case raises huge concerns about academic freedom and students’ access to material, and it raises wider questions about the impact of Prevent.” The text was identified as potentially sensitive by an academic convening the course. “This is almost worse because it means academics are now engaging in self-censorship,” Tufail said.

    Nagdee said: “Prevent fundamentally alters the relationship between students and educators, with those most trusted with our wellbeing and development forced to act as informants. As this case shows, normal topics that are discussed as a matter of course in our educational spaces are being treated as criminal”.

    The University of Reading said: “Lecturers must inform students in writing if their course includes a text deemed security-sensitive, and then list which students they expect will have to access the material.

    “As laid out in the Counter-Terrorism and Security Act 2015, the University of Reading has put policies in place to take steps to prevent students being drawn into terrorism.” One aspect of this is to safeguard staff and students who access security-sensitive materials legitimately and appropriately used for study or research.”

    https://www.theguardian.com/education/2018/nov/11/reading-university-warns-danger-left-wing-essay
    #université #it_has_begun #UK #Angleterre #surveillance #censure #gauche #droite #Reading #Prevent_programme #terrorisme #anti-terrorisme #violence #liberté_d'expression #liberté_académique #extrémisme #Norman_Geras


  • L’Amazonie, convoitée par l’agrobusiness et l’industrie minière, en danger imminent avec l’élection de Bolsonaro
    https://www.bastamag.net/Amazonie-Bresil-Bolsonaro-agrobusiness-amerindiens-ecologie-deforetsation

    Le nouveau président brésilien élu ce 28 octobre a multiplié les annonces visant directement l’Amazonie, les défenseurs de l’environnement et les communautés autochtones. Jair Bolsonaro veut la fin des démarcations de terres indigènes et ouvrir de larges zones de forêts à l’exploitation minière et à l’agrobusiness, des secteurs économiques qui ont appuyé sa candidature. Si l’élection de Bolsonaro, et la violence qu’il attise par ses discours, constituent une menace directe pour la vie des communautés locales, (...)

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    / #Droites_extrêmes, Indignés de tous les pays..., #Amériques, #Eviter_le_dépôt_de_bilan_planétaire, #Le_défi_du_réchauffement_climatique, #Climat, #Epuisement_des_ressources, #Néo-colonialisme, #Multinationales, #Droit_à_la_terre, A la (...)

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  • Brésil : ce que réserve Bolsonaro aux femmes, aux travailleurs, aux homos et aux noirs
    https://www.bastamag.net/Bresil-ce-que-reserve-Bolsonaro-aux-femmes-aux-travailleurs-aux-homos-et-a

    Le miracle que les Brésiliens humanistes espéraient encore la veille du second tour ne s’est pas produit : le candidat d’extrême-droite Jair Bolsonaro a été élu président avec 55 % des voix. Si son programme de gouvernement et les mesures concrètes qu’il prendra demeurent encore flous, sa vision du Brésil – et du monde – ne l’est pas : il l’a déclinée tout au long de sa carrière #Politique, depuis trois décennies, par de multiples déclarations et provocations, que nous vous présentons ici. Le Brésil selon (...)

    #Décrypter

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    #Élections_ #Droits_fondamentaux


  • Au Brésil, vague de répression dans les universités à la veille du second tour
    https://www.bastamag.net/Au-Bresil-vague-de-repression-dans-les-universites-a-la-veille-du-second-t

    Quelques jours avant le second tour de l’élection présidentielle brésilienne, qui voit s’affronter le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro et le candidat du Parti des travailleurs (PT) Fernando Haddad, les campus universitaires du pays ont fait face à une vague inédite de répression de la liberté d’expression. Jeudi 25 octobre, la police a investi 27 universités, à la demande des tribunaux électoraux, dont les juges sont chargés de faire respecter les règles de communication et de propagande (...)

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    #Démocratie_ !


  • Un influent actionnaire de Carrefour finance des candidats du parti d’extrême-droite de Bolsonaro
    https://www.bastamag.net/Un-important-actionnaire-de-Carrefour-finance-des-candidats-du-parti-d-ext

    Qui connaît le nom d’Abílio Diniz en France ? Cet homme est pourtant l’un des magnats des affaires du Brésil, ancien patron d’un grand groupe de supermarchés du pays, le groupe Pão de Açúcar, racheté en 2012 par le groupe français Casino. Abílio Diniz figure parmi les 700 milliardaires les plus riches du monde selon le magazine états-unien Forbes. Il est devenu en 2016 l’un des principaux actionnaires de la multinationale française Carrefour. À travers sa société Stanhore International Trading, Abílio (...)

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  • Soumission et parjure Sébastien Ricard - 24 Octobre 2018 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/539715/soumission-et-parjure-arretons-de-jurer-fidelite-a-la-reine-et-voyons-voir

    C’est avec des airs entendus, sourires en coin, que les députés solidaires se sont présentés au Salon rouge, mercredi dernier, pour affirmer solennellement leur loyauté au peuple du Québec et à sa constitution. La bonne blague qu’ils venaient de faire, c’était de jurer vraie allégeance à la reine du Canada, juste avant, dans les chiottes, à l’abri des regards des journalistes et des amis, « […] pour vous épargner cet exercice archaïque et franchement désagréable », d’expliquer Manon Massé https://www.ledevoir.com/manon-masse ensuite. C’est qu’à Québec solidaire, https://www.ledevoir.com/Quebec+solidaire on fait les choses différemment. Les colonnes du temple en frémissent encore aujourd’hui !


    Photo : Jacques Boissinot La Presse canadienne « Défier les rites et règlements iniques exige du courage, mais quand même pas davantage que celui demandé à Rosa Park, par exemple », estime l’auteur. 

    Ce qu’il y a de moins drôle, c’est que la députation solidaire, comme celle de tous les autres partis à l’Assemblée nationale depuis 150 ans, reconduise ce #parjure obligé de l’élu qui n’est autre chose qu’un rituel d’#humiliation du peuple, devenu au fil du temps une formalité dont on s’acquitte selon notre humeur, de bonne ou de mauvaise grâce, ce qui ne change rien au fond de l’affaire.

    Depuis 150 ans, depuis l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, on s’est assuré en haut lieu de faire de ce serment d’#allégeance le passage obligé pour siéger, question d’en finir une fois pour toutes avec le patriotisme et les velléités républicaines, avec la démocratie régicide, et de rappeler en sourdine ce qui en coûte à ceux qui voudraient redonner dans cette aventure.

    C’est ça, un symbole, à ça que ça sert, et la couronne en est un — je le rappelle pour ceux qui n’en ont que pour le #crucifix à l’Assemblée nationale, où la couronne est pourtant partout présente, sur le siège du président, par exemple, sculptée dans l’acajou massif, et au faîte de l’hôtel présidentiel où elle trône, surmontant les armoiries anglaises, le lion, la licorne et la devise « Dieu et mon droit », comme quoi y’a pas que chez les solidaires qu’on croit aux animaux fabuleux !

    Et ça marche ! « Le secrétaire général [de l’Assemblée nationale] a été clair : “Vous ne le faites pas, vous ne siégez pas” », rappela la porte-parole de QS. Ce qui ne l’est pas, clair, c’est comment on peut justifier une pareille soumission. Dans la bouche de Manon Massé, comme dans celle de bien d’autres avant elle, ce #rituel est tantôt antidémocratique, tantôt une farce… s’il faut absolument s’y soumettre pour entrer dans la « maison du peuple », que penser de ce qui s’y déroule ensuite ? Et si le cynisme, dont on nous rabat les oreilles et qui serait la cause du désenchantement pour la politique, si le cynisme débutait tout simplement là, dans ce premier reniement de la parole donnée ? Et si la confusion et le désintérêt du « monde ordinaire », dont Guy Nantel fait ses choux gras, procédaient d’abord de ce comportement ? Élu par le peuple, il faut d’abord lui tourner le dos pour ensuite lui déclarer solennellement sa loyauté, à lui et à sa constitution (laquelle, au fait ?) : une chatte y perdrait ses petits !

    Défier les rites et règlements iniques exige du courage, mais quand même pas davantage que celui demandé à Rosa Park, par exemple. Et pourtant, le geste est de même nature parce que la soumission est toujours abjecte, fondée sur des critères de races, de langues, de religions…

    Je crois que le racisme est au fondement de ce système parlementaire, qu’il est, ici, proprement systémique. Pas besoin de commission d’enquête pour le révéler : arrêtons de jurer fidélité à la reine et voyons voir ce qui va se produire.

    Je le dis pour que vraiment nous arrivions à ce qui commence, au lieu de sans cesse revenir pour revenir.


  • D’importantes manifestations dénoncent la menace fasciste au Brésil
    https://www.bastamag.net/D-importantes-manifestations-denoncent-la-menace-fasciste-au-Bresil

    Ce 20 octobre, d’importantes manifestations contre Jair Bolsonaro, le candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle brésilienne, se sont déroulées dans plus d’une vingtaine de grandes villes au Brésil. Un million de personnes ont ainsi défilé à Fortaleza, dans le Nord-Est du pays. Jair Boslonaro a multiplié pendant sa campagne les déclarations violentes à l’encontre de la gauche, des femmes, des LGBT et des peuples autochtones vivant dans des zones protégées en Amazonie. Il a également assuré que, (...)

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    #Indignés_de_tous_les_pays...


  • Non au fascisme au Brésil : appel à un rassemblement le 20 octobre
    https://www.bastamag.net/Non-au-fascisme-au-Bresil-appel-a-un-rassemblement-le-20-octobre

    Alors qu’un candidat d’extrême-droite, avec une claire tonalité fascisante, est aux portes du pouvoir au Brésil, des initiatives de solidarités émergent en Europe. Un rassemblement antifasciste est appelé à Paris le 20 octobre, une semaine avant le second tour, avec le soutien d’associations, de syndicats et de partis politiques en France. La veille, un débat est organisé à la Maison de l’Amérique latine (toujours à Paris), en présence d’une journaliste de Basta !, pour comprendre ce qui se joue au (...)

    ça bouge !

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    #ça_bouge_ ! #Élections_ #Démocratie_ !


  • Brésil : vague d’agressions homophobes et contre les électeurs de gauche
    https://www.bastamag.net/Bresil-vague-d-agressions-contre-les-electeurs-de-gauche-et-les-personnes

    Tué de douze coups de couteau dans un café pour avoir déclaré qu’il avait voté pour le candidat de gauche. C’est le soir du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne, le 7 octobre, que Romoaldo Rosário da Costa, 63 ans, activiste culturel de Salvador, dans le nord-est du pays, a perdu la vie. L’auteur du crime, de 36 ans, confesse à la police avoir une motivation #Politique : il est partisan du candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro. Après que le sexagénaire ait déclaré avoir voté pour le (...)

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  • Si può parlare di “patria” anche a sinistra

    Alcuni esponenti della sinistra radicale hanno partecipato alla costituzione dell’associazione politica “#Patria_e_Costituzione”. Ne è seguita una reazione fredda, quando non apertamente critica. L’impressione è che il riferimento alla Patria sia percepito come “estraneo” e “innaturale” rispetto alla tradizione della sinistra.
    Il rapporto tra la sinistra e l’idea di Patria richiederebbe l’analisi approfondita di uno storico, di un politologo, di un sociologo. Questo articolo non può arrivare a tanto. Tuttavia, siamo persone di sinistra, conosciamo i nostri valori, e riconosciamo l’esigenza di evitare malintesi al nostro interno. Perciò, possiamo e dobbiamo dare il nostro contributo al dibattito. E nella nostra ingenuità, non riusciamo a convincerci che il sentimento patriottico sia incompatibile con la sinistra.

    In teoria (e purtroppo, spesso, anche in pratica), il nazionalismo viola alcuni dei valori fondamentali della sinistra: la pace tra i popoli, e quindi tra gli Stati; l’accoglienza degli stranieri e l’uguaglianza tra persone di culture diverse in uno stesso Paese; la cooperazione tra i Paesi del mondo. A questo proposito, sappiamo che il dialogo internazionale è una necessità dettata dalla realtà, dalla consapevolezza che non siamo da soli sulla Terra, dai guadagni che possono arrivare – per tutti – se il commercio internazionale è inserito in un sistema equo e non fraudolento, dall’esigenza di affrontare multinazionali private più forti dei singoli Stati. (Per inciso, quest’ultima esigenza non richiede, per forza, la scomparsa degli attuali Stati: è sufficiente, appunto, che gli Stati collaborino).
    Eppure, dal punto di vista logico, il patriottismo non ci sembra affatto in contraddizione con tutti questi valori. Quando una Patria si trasforma in uno Stato sovrano, questo Stato può ripudiare la guerra; può ospitare gli immigrati sul suo territorio e può garantire la loro dignità; può collaborare con gli altri Stati per promuovere gli scambi commerciali e culturali o per combattere le ingiustizie in tutto il pianeta. Questa è la definizione di “internazionalismo”: non è la distruzione degli Stati nazionali, ma l’esistenza di relazioni pacifiche e costruttive fra tutti gli Stati.
    Insomma, lo Stato può anche corrispondere a una Patria: ciò che conta, per noi, è che sia governato secondo i valori del socialismo democratico; in questo caso, non sarà mai costruito su base etnica, e non si consoliderà mai nell’esclusione del diverso, ma proprio nella sua inclusione in un sistema armonico di sviluppo.

    Se quel che abbiamo scritto sin qui è condivisibile, allora si può ammettere che il sentimento patriottico, che è parte integrante della vita di molte persone, possa esserlo anche per molte persone di sinistra.
    Naturalmente, questo sentimento ci spaventa se è interpretato da un punto di vista etnico; rifiutiamo un’Italia che esclude chi non è italiano di sangue, una patria che diventa razzista e disumana.
    Però, non sono incoerenti quei compagni che riconoscono l’importanza della storia e delle tradizioni di un popolo, all’interno di uno Stato sovrano (e anche, in modo diverso, all’interno di un’autonomia locale: si tratta di questione complessa, ma collegata con una delle possibili declinazioni del concetto chiave della sinistra e cioè quello dell’ “autodeterminazione”). E non lo sono nemmeno quando riconoscono, in ogni Stato sovrano nato da una Patria, una comunità di persone, con il diritto a compiere liberamente le scelte politiche che la riguardano, nel rispetto della sovranità degli altri Stati.

    In questo modo, si possono rassicurare anche quei compagni che vedono nella riscoperta della sovranità nazionale una rottura con l’Unione Europea. A questo proposito, bisogna ammettere che alcuni compagni più sensibili al sentimento patriottico hanno contribuito a generare un equivoco, concentrandosi su temi economicistici come quello della moneta unica, considerata un male in sé, e non per il meccanismo che genera.
    Attualmente, è un dato di fatto che i Trattati dell’Unione e l’attuale sistema della moneta unica impediscano agli Stati membri di intervenire a favore dei lavoratori e dei deboli: la spesa pubblica è vincolata; non esistono trasferimenti di risorse a vantaggio degli Stati più poveri. Questa è un’emergenza. Finché non sarà risolta, ogni programma di sinistra è destinato a non essere realizzato.
    In sé, la soluzione non è uscire dall’Unione Europea, così come non lo è rinunciare (anche solo in parte) alla sovranità degli Stati per dare vita agli Stati Uniti d’Europa. Infatti, l’Italia è uno Stato, come lo sarebbe un’eventuale Federazione Europea: uno Stato può aumentare la spesa pubblica, come ridurla; può schierarsi a favore del capitale, come del lavoro. Si può avere uno Stato nel quale compiere scelte politiche di sinistra, liberi dai vincoli dell’austerità, ma il problema resta: lo Stato, come ci ricorda Marx, non è un’entità statica e neutra, ma l’espressione di rapporti di forza sociali, e a nulla serve “tornare allo Stato” se poi esso è amministrato e governato a favore dei pochi, delle élites finanziarie, delle oligarchie anche politiche. Del resto, se il Governo italiano (come ci sembra) non è in grado di affrontare i problemi reali dell’Italia che lavora, la colpa non può essere scaricata interamente sull’Europa. Peraltro, è utile ricordare che gli attuali vincoli europei sono stati adottati da Stati sovrani, legittimamente e volontariamente: ad esempio, la Gran Bretagna scelse di non sottoscrivere il fiscal compact, segno che l’adesione alle politiche di austerità è stata anch’essa espressione di una volontà nazionale forte.
    Di conseguenza, un conto è la lotta contro i vincoli europei, che è la priorità assoluta per qualsiasi forza socialista e democratica; un altro conto sono i sentimenti patriottici e la sovranità nazionale.
    Sicuramente, nessuno Stato europeo può essere “sovrano”, finché le norme dell’Unione impediranno una politica economica diversa dall’austerità. Inoltre, il problema primario in Europa è – di nuovo – proprio l’autodeterminazione, dal momento che non possono convivere pacificamente e nello sviluppo comune sistemi produttivi così diversi ed eterogenei; anche se potessero farlo, noi non crediamo che l’uniformità sia desiderabile: ciascun popolo ha diritto a pensare una via al proprio sviluppo.
    Eppure, si può invocare maggiore sovranità nazionale contro l’Europa che ci impedisce la spesa pubblica, anche senza proporre l’uscita dalla moneta unica, o dall’Unione Europea. Infatti, si tratta di problemi specifici, che richiedono rimedi specifici, modifiche di specifiche disposizioni contenute nei Trattati, introduzione di specifici istituti fiscali. Questi rimedi ridurrebbero solo in parte la sovranità degli Stati membri; quindi, consentirebbero un compromesso accettabile tra l’autodeterminazione dei popoli europei e la loro permanenza in un’Unione che ne assicura la collaborazione pacifica.

    Persino il nesso tra il patriottismo e il fascismo è più complesso di quanto siamo abituati a pensare. Fabio Vander, ne L’estetizzazione della politica, ha ricostruito il legame tra il fascismo e la tradizione futurista, proseguito a lungo durante il Ventennio; il fascismo ha utilizzato il sentimento nazionale come strumento di propaganda, ma le sue radici si trovano in un movimento che intendeva rompere con l’Italia dei secoli precedenti, con la sua storia e la sua cultura, a iniziare dall’Umanesimo.
    Del resto, la sinistra che vuole davvero contrastare il fascismo e la sua eredità dovrebbe iniziare a riconoscere la caratteristica principale di quell’ideologia: non tanto la presenza di un “capo” in diretta relazione con il “popolo”, e nemmeno tanto l’odio verso il “diverso”, quanto la volontà di distruggere la vita delle persone, in nome di un continuo “cambiamento” che non lascia alcuno spazio alla dignità umana. Può trattarsi di perseguitare gli ebrei e di deportarli ad Auschwitz, o di inviare i giovani italiani a morire in guerra, o di mantenere le donne italiane in stato di servitù, ma può trattarsi anche di realizzare il principale obiettivo del fascismo degli inizi, nonostante le sue pretese protezionistiche: impedire con la forza le lotte dei lavoratori per essere pagati di più, per lavorare di meno, per avere più ferie o la malattia pagata. In questo senso, sarebbe sicuramente “fascista” (anche se questo non è avvenuto sotto il regime di Mussolini) una forza politica che emargina il patriottismo, magari con lo scopo di scoraggiare (o addirittura di eliminare), in nome della libertà dell’individuo, le identità e i sentimenti collettivi, come temeva Pasolini negli Scritti corsari.

    Patria e sovranità nazionale non hanno a che vedere con la guerra e con il razzismo. Non hanno a che fare neanche con uno Stato che si isola, condannando i suoi cittadini a essere più deboli e più poveri in un mondo sempre più interconnesso. E non ci obbligano neppure a dare l’addio all’Unione Europea, ai suoi vantaggi pratici, alla sua insostituibile missione storica di collaborazione internazionale. Almeno, non necessariamente.
    Per noi, socialisti e democratici, il valore principale resta la difesa della dignità umana e il sostegno alla classe lavoratrice. Finché questo valore non è in discussione, i sentimenti patriottici possono essere un bene prezioso anche per chi sta a sinistra: inoltre, non rappresentano solo un fatto privato, perché a ogni Patria corrisponde una comunità che ha il diritto di autodeterminarsi.
    A voler ampliare l’orizzonte, questo singolo tema offre lo spunto per affrontare la reale difficoltà della sinistra, in questa fase in cui, dal nostro punto di vista, tutto sembra disperato. Nessuno dice che la sinistra si debba fondare sul patriottismo, perché non è la sua ragione di esistere: quel che conta è saper accogliere anche chi crede ancora in alcune identità collettive (come la Patria), verso le quali la sinistra degli ultimi anni è stata troppo diffidente. Allo stesso modo, del resto, tutti devono impegnarsi a difendere la libertà e la dignità di chi non crede nella Patria: non solo nel partito della sinistra che verrà (se verrà), ma anche in quelle realtà sociali nelle quali questo valore è imposto con la forza violenta dell’intolleranza e del conformismo.
    Al di là di questo singolo tema, un partito deve saper trovare il compromesso fra i propri valori e i bisogni emotivi delle persone, quando è possibile. Altrimenti, è destinato a non fare egemonia e a lasciare il campo libero ai suoi avversari, ai suoi opposti. È destinato a rinunciare alla sua funzione di includere le persone, che è qualcosa di diverso (e di più) rispetto al semplice “imitare la destra per portarle via i voti”. È destinato a non scendere in quel terreno di gioco nel quale si può almeno provare quell’impresa culturale, oggi così urgente. In altri termini, è destinato a cantarsela e suonarsela da sé. Mentre la Lega di Salvini conquista a tavolino il potere politico e le coscienze degli italiani.

    https://ipettirossi.wordpress.com/2018/09/26/si-puo-parlare-di-patria-anche-a-sinistra
    #patrie #mots #vocabulaire #terminologie #droite #gauche #idéologie #UE #Union_européenne #EU #Etat-nation #nationalisme #fascisme #souveraineté_nationale
    via @wizo


  • « Nous assistons en direct à la fascisation du Brésil »
    https://www.bastamag.net/Nous-assistons-en-direct-a-la-fascisation-du-Bresil

    Où va le Brésil ? 50 millions d’électeurs brésiliens ont soutenu, au premier tour, le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, arrivé largement en tête avec 46 % des voix, dans le cadre d’une campagne marquée par sa violence verbale et la diffusion massive de fausses infos. « Ce n’est pas seulement un vote lié à la désinformation, ni uniquement un vote de colère et de rejet, c’est aussi un vote d’adhésion à un discours ultra-conservateur qui vise à rétablir les hiérarchies sociales », analyse l’historienne (...)

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  • Présidentielle au Brésil : une radicalisation de la droite et des classes dominantes
    https://www.bastamag.net/Presidentielle-au-Bresil-une-radicalisation-de-la-droite-et-des-classes

    Après le premier tour de l’élection présidentielle brésilienne, le 7 octobre, la droite « classique » a été littéralement rayée de la carte dans le pays. Son candidat, Geraldo Alckmin, dont le parti (PSDB) affrontait traditionnellement la gauche au second tour de l’élection présidentielle, n’a même pas dépassé la barre des 5 %. Son électorat – les classes aisées et moyennes des grandes agglomérations du sud et sud-est du pays (notamment São Paulo et Rio de Janeiro) – ont cette fois massivement apporté leur (...)

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  • #Élections_au Brésil : les marchés, l’industrie et l’agrobusiness soutiennent l’extrême-droite
    https://www.bastamag.net/EleNao-Bresil-election-presidentielle-Bolsonaro-extreme-droite-finance-agr

    Le premier tour de l’élection présidentielle brésilienne se tient ce dimanche 7 octobre. Dans les derniers sondages, le candidat d’extrême droite et nostalgique de la dictature militaire, Jair Bolsonaro, arrive toujours en tête, progressant même de 28 à 32 % dans les intentions de vote. Le candidat gauche du Parti de travailleurs, Fernando Haddad, arrive deuxième dans les sondages, avec 21 %. Juste après l’annonce de ces dernières enquêtes d’opinion, la bourse de São Paulo a enregistré une hausse de (...)

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    • Au Brésil les salauds ont préferé mettre Lula en prison et faire élire un type d’extrême droite en croyant que le chantage à la peur ferait élire leur propre pourri. Évidemment la direction politique de France 2 interroge sa « correspondante » qui dit que la « population est fatiguée par 14 ans de gauche » alors que c’est la droite corrompue qui gouverne depuis trois ans ! Ne manquait qu’un petit coup de Venezuela pour finir le champagne chez ces médias voyous

      Jlm


  • Brésil : vers un duel entre gauche et extrême-droite à la présidentielle ?
    https://www.bastamag.net/Bresil-vers-un-duel-entre-gauche-et-extreme-droite-a-la-presidentielle

    Le candidat de gauche Fernando Haddad pourrait affronter celui de l’extrême-droite, Jair Bolsonaro, au second tour de l’élection présidentielle brésilienne, selon le scénario le plus probable. Un duel inédit au Brésil, alors que le candidat néolibéral, soutenu par une partie du secteur financier, tente de rattraper son retard avant le premier tour qui se déroule le 7 octobre. Décryptage. Le 7 octobre, les 150 millions d’électeurs brésiliens choisiront leur nouveau président de la République, les (...)

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