• #Semences_paysannes, les #graines de la #résistance

    C’est l’histoire de l’#agriculture : depuis des millénaires, les paysans échangent et sèment leurs semences. Mais ces pratiques ancestrales sont en péril.

    Avec #Elise_Demeulenaere, socio-anthropologue au CNRS. Elle travaille sur les mutations contemporaines des rapports au vivant en agriculture pour principaux terrains, les mouvements pour la réappropriation paysanne des semences, et les dynamiques de défense du fromage au lait cru.

    Le #Réseau_Semences_Paysannes organise du 1er au 5 octobre, des rencontres internationales "Sème ta résistance", sur une semaine, avec une journée ouverte au public, le 5 octobre à Antibes.

    Pour Elise Demeulenaere « Ce sera l’occasion d’insister sur le souhait, depuis le départ, de mettre en lien des agriculteurs du monde entier, pour qu’ils partagent d’abord leurs expériences à la ferme avec les plantes, et également leurs luttes pour le droit à cultiver les semences et variétés de leur choix. »

    La #modernisation_agricole et la disparition des semences paysannes

    Au XIXe siècle, les paysans français sélectionnaient et échangeaient librement leurs semences, créant ainsi des variétés adaptées à leurs terroirs. Elise Demeulenaere explique que l’#industrialisation_de_l'agriculture au XXe siècle a bouleversé cet équilibre, favorisant des variétés homogènes et productives, dépendantes des #intrants_chimiques. Cette évolution a entraîné une perte de #biodiversité et une #dépendance accrue des agriculteurs envers les #entreprises_semencières.

    La résistance s’organise : vers une #réappropriation des semences

    Des mouvements de résistance ont émergé dès la fin des années 1980 en France, mais aussi à l’échelle internationale. L’on entend par exemple dans l’émission #Vandana_Shiva, qui milite pour la libération des semences. Elise Demeulenaere : "Vandana Shiva est associée à la lutte contre les #OGM dans les années 1990. Et donc il y a son ONG, #Navdanya, qui s’est beaucoup illustrée à l’époque et qui a porté des campagnes importantes pour la libération des semences."

    En France, des collectifs comme la #Confédération_Paysanne se sont mobilisés contre les OGM et pour la liberté de semer. Elise Demeulenaere : "L’utilisation des OGM oblige l’agriculteur à travailler sous licence privée avec des entreprises. Et les OGM sont protégés par un autre système de #protection_intellectuelle que le #COV (le #certificat_d'obtention_végétale), c’est le #brevet. Le brevet est beaucoup plus intrusif, beaucoup plus contraignant. Donc c’était vraiment la pierre d’achoppement pour la Confédération." Il y a eu aussi l’association #Kokopelli, qui vend des semences, principalement à des jardiniers amateurs, et des semences de variétés non inscrites au catalogue, engagée dans la libération des semences et de l’humus, qui était très médiatisée parce qu’il y a eu des procès aussi contre des professionnels semenciers.

    Le réseau Semences Paysannes : un espoir pour l’avenir

    Le réseau Semences Paysannes œuvre pour la #réappropriation_collective des savoirs de #sélection et la défense des #droits_des_paysans. Grâce à la mobilisation de ce réseau, la loi française a évolué en 2011, reconnaissant les semences paysannes et le droit des agriculteurs à ressemer leur récolte pour 20 espèces, avec une taxe à payer en contrepartie.

    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mardi-24-septembre-2024-7892551

    #semences
    #audio #podcast

  • La Via Campesina pousse à la concrétisation d’une Déclaration internationale des droits des paysans au sein du Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies.
    http://farmlandgrab.org/post/view/25338-la-via-campesina-pousse-a-la-concretisation-dune-declaration-int

    Une délégation de paysannes et paysans de La Via Campesina d’Afrique, d’Asie, d’Amérique Latine et d’Europe était à Genève à l’occasion de la 30ème session du Conseil des Droits de l’Homme qui votera prochainement pour la poursuite du travail menant à l’élaboration d’une « Déclaration internationale sur les #droits_des_paysans et autres personnes travaillant en zone rurale ». Depuis de nombreuses années, La Via Campesina, avec le soutien d’ONG (notamment FIAN et Cetim) a présenté devant cette instance de l’ONU les violations des droits élémentaires dont les populations paysannes et rurales sont victimes sur tous les continents tels que les accaparements des terres, les règlementations excluantes, les répressions des leaders paysans ou les atteintes à la santé par les produits chimiques.

    #terres #paysannerie

  • Un nouveau droit des #semences pour protéger la biodiversité et notre alimentation
    http://lemonde.fr/idees/article/2013/11/19/un-nouveau-droit-des-semences-pour-proteger-la-biodiversite-et-notre-aliment

    C’est cette menace constante de poursuite en contrefaçon qui a conduit les agriculteurs américains à cultiver en moins de dix ans plus de 90% de leurs champs de soja et de maïs avec des OGM brevetés et qui a condamné à la faillite ceux qui ont voulu résister. Rappelons que 10 entreprises multinationales concentrent 73 % du marché mondial des semences. Ce sont elles qui font pression dans ce sens.

    L’interdiction des semences paysannes est la conséquence du verrouillage progressif de la propriété intellectuelle sur le vivant au travers des certificats d’obtention végétale (COV) et des brevets. Cette rupture très récente entre le métier d’agriculteur et la sélection des plantes monopolisée par l’industrie semencière contribue à l’appauvrissement de la biodiversité.

    C’est une menace pour l’humanité. Il faut préserver ce qui a constitué la base de la sélection des plantes pendant des siècles : la reproduction et l’échange entre agriculteurs de leurs propres semences.

    Les semences de ferme et paysannes ne peuvent pas être considérées comme des contrefaçons, ni l’échange entre agriculteurs comme un acte commercial, qui induit une toute autre réglementation. Il est vital pour la préservation de la biodiversité cultivée que le choix demeure possible entre les semences de ferme ou paysannes et les semences certifiées du commerce.

    En l’état, le brevet unitaire européen, voté à Strasbourg fin 2012 et qui doit aujourd’hui être retranscrit dans chaque pays de l’UE, n’autorise l’utilisation libre de plantes brevetées uniquement dans le cadre de travaux de recherche.

    #on_fait_tous_de_la_recherche #confiscation #droits_des_paysans_inaliénables (#DPI).