• Smic : pas de coup de pouce, mais un revenu en hausse.

    Avec de nombreuses infos sur ces #miettes, ce « Smic qui augmente sans rien coûter aux employeurs »
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/12/11/smic-pas-de-coup-de-pouce-mais-un-revenu-en-hausse_5395702_823448.html

    Pour répondre au mouvement des « gilets jaunes », l’exécutif a décidé d’augmenter la prime d’activité de 80 euros et d’intégrer à son calcul l’exonération des cotisations salariales.

    De telles orientations sont discutables parce que « la prime d’activité ne crée aucun droit, contrairement au salaire qui, lui, en crée, notamment pour la retraite et l’assurance-chômage », décrypte Eric Heyer, de l’Observatoire français des conjonctures économiques. En outre, une hausse du smic se propage aux échelons de rémunérations situés juste au-dessus, dans le public et dans le privé : ces « effets de diffusion » ne se produiront pas avec la mesure présentée lundi par M. Macron.

    Smic et prime d’activité : les annonces d’Emmanuel Macron en 8 questions, Samuel Laurent, Gary Dagorn et Adrien Sénécat, L’iMonde (article pas si pire à part quelques détails occultés, dont l’exclusion de nombreux étrangers, ndc)
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/12/11/smic-et-prime-d-activite-les-annonces-d-emmanuel-macron-en-8-questions_53958

    Avec un graphique présentant ce Dénombrement au niveau national des foyers #allocataires ayant un droit versable à la #PPA par situation familiale http://data.caf.fr/dataset/foyers-allocataires-percevant-la-prime-d-activite-ppa-niveau-national/resource/2e3cc82e-8224-47a2-9563-d0943990c786

    Que faut-il comprendre lorsque le chef de l’Etat parle de « 100 euros par mois » de plus pour un salarié en 2019 ?

    « Cent euros par mois » en plus pour les travailleurs rémunérés au salaire minimal : c’était l’une des annonces phares de l’intervention télévisée d’Emmanuel Macron, lundi 10 décembre. Mais cette formule, destinée à répondre aux revendications des « #gilets_jaunes », soulève de nombreuses questions. Qui pourra réellement prétendre à cette hausse de pouvoir d’achat ? S’agit-il d’une hausse du salaire minimal ou d’une aide de l’Etat ? Nos précisions en huit questions.
    Un salarié au smic verra-t-il ses revenus augmenter de 100 euros par mois ?
    Les salariés qui gagnent un peu plus que le smic en bénéficieront-ils aussi ?
    Et les salariés à temps partiel ?
    La hausse sera-t-elle automatique ?
    Est-ce l’Etat qui paiera ?
    La hausse de la prime d’activité peut-elle rendre imposable ?
    La prime d’activité est-elle écartée du calcul des droits au chômage et à la retraite ?
    La hausse du smic en 2019 sera-t-elle la plus importante depuis plus de dix ans ?

    1. Un salarié au smic verra-t-il ses revenus augmenter de 100 euros par mois ? C’EST PLUS COMPLIQUÉ

    « Le salaire d’un travailleur au smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur », a affirmé Emmanuel Macron, lundi 10 décembre. Derrière cette formule simple se cachent en fait des situations variables. Le chiffre de 100 euros englobe deux mesures différentes, explique une source gouvernementale au Monde : la baisse des cotisations salariales en 2018, qui représente un peu plus de 20 euros par mois pour un salarié au smic à temps plein ; la hausse du montant maximal de la prime d’activité de 80 euros net. Cette aide devait initialement augmenter quatre fois de 20 euros, de 2018 à 2021. Elle devrait finalement augmenter d’environ 60 euros au début de 2019 après une première hausse de 20 euros en octobre 2018.

    Tout le monde ne gagnera pas « 100 euros par mois »
    Selon la même source, le calcul d’Emmanuel Macron ne tenait pas compte de la revalorisation légale du smic de 1,8 % au 1er janvier 2018 (soit environ 20 euros net de plus). Ce qui fait que, dans le meilleur des cas, un salarié au smic pourrait prétendre à un revenu mensuel net d’environ 1 430 euros en 2019 en comptant la prime d’activité, contre 1 307 euros à la fin de décembre 2017.

    Attention, en revanche : si la baisse des cotisations salariales concerne tous les salariés, la prime d’activité est versée sous conditions de revenus, et c’est l’ensemble du foyer qui est pris en compte. Ainsi, un salarié au smic peut ne pas pouvoir prétendre à la prime d’activité à cause des revenus de son conjoint.
    De même, le chiffre de « 80 euros » d’augmentation de la prime d’activité correspond à un montant maximal théorique. Mais celui-là peut être moindre selon la situation réelle des salariés. Il faudra en réalité attendre de connaître les détails des règles de calcul retenues par le gouvernement pour estimer réellement qui gagnera combien en janvier 2019.

    Parmi les pistes évoquées revient également l’idée d’intégrer la prime d’activité à un futur « revenu universel d’activité » souhaité par Emmanuel Macron, dont les contours restent à déterminer. C’est probablement ce qu’évoquait le premier ministre, Edouard Philippe, à l’Assemblée nationale mardi 11 décembre, lorsqu’il a affirmé vouloir verser la prime d’activité à un plus large public que celui actuellement concerné.

    Note : les #étrangers doivent justifier de 5 ans de séjour légal sur le territoire pour ouvrir droit à la prime d’activité ; rien pour les #auto_entrepreneurs ; report de la « négociations » de l’#assurance_chômage et de la #réforme des #retraites

    #sans_papiers #fiscalité #droits_sociaux #annonces #Smic #salaires #prime_d'activité #non recours #revenu #chômeuses #travailleuses_à_temps_partiel #travailleurs_pauvres #précarisation

    https://seenthis.net/messages/742902


  • Pour la liberté de choisir son avenir professionnel, euh j’ai relu cette phrase plusieurs fois en pensant que s’était une erreur où une blague. Et non, cette loi est le mode d’emploi trouvé par ces cons de technocrates pour sabrer dans la masse des chômeurs, chômeuses, précaires ... J’ai trouvé ce tract, aujourd’hui, dans un #pôle-emploi à Rennes.

    Amorcée avec la loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » passée en septembre, la réforme de l’assurance chômage entre dans son dernier acte. Depuis mi-octobre les partenaires sociaux, syndicats de travailleurs et représentants du patronat qui gèrent actuellement l’assurance chômage, se sont mis autour de la table afin de négocier les nouvelles conditions « d’accompagnement » et d’indemnisation des chômeurs et chômeuses.

    Leur discussion est encadrée par un document de travail transmis par le gouvernement qui fixe les objectifs à atteindre et les axes de la réforme.

    S’ils ne trouvent pas d’accord d’ici la fin du mois de janvier, le gouvernement tranchera.

    https://contrelareformechomage.noblogs.org

    Ce qui est déjà en place
    LE RENFORCEMENT DU CONTRÔLE
    Avant même la réforme en cours, le contrôle des chômeur-euses a déjà été largement renforcé. Depuis 2015, des agents spécialisés sont chargés de « vérifier la recherche d’emploi » de certain des inscrit-es à Pôle emploi, choisis au hasard ou dénoncés par un conseiller zélé. L’État a fait passer son armée de contrôleurs de 215 à 600 cette année, et veut les passer à 1000 d’ici 2020.

    En parallèle, comme à la CAF d’ailleurs, la dématerialisation s’accélère : les agences sont progressivement fermées au public, les échanges avec Pôle emploi se font par le 3949 et le site internet, ce qui réduit drastiquement les possibilités de se défendre, de connaître ses droits, de faire face à des sanctions, mais aussi nous met des bâtons dans les roues pour nous rencontrer et nous organiser.

    Pour nous, usager-es de la CAF et de Pôle emploi, le contrôle c’est toujours la menace de la suspension de nos revenus, c’est toujours une attaque directe contre nos conditions de vie. Contrôler les #chômeur·euses, comme toutes les formes de contrôle social, est une manière de les trier, les séparer, les renvoyer chacun à leur situation individuelle : il s’agit d’opposer deux figures mythologiques, celle du « demandeur d’emploi modèle » prêt à tout pour retrouver sa place sur le marché du travail et celle du prétendu « parasite ».

    Cette opposition permet de faire oublier que cet « État social » ne fait que redistribuer les miettes de la richesse produite par notre propre exploitation.

    Pour les gestionnaires de Pôle emploi, contrôler les inscrit-es à l’assurance chômage c’est faire d’une pierre deux coups : régner sur tout le monde par une discipline basée sur la culpabilisation et la peur (volet prévention), tout en réduisant les coûts en sanctionnant une partie d’entre-nous (volet répression).

    En effet, un contrôle peut donner lieu à une suspension des revenus, entre 15 jours et 6 mois. Quand il ou elle ne subit pas une telle sanction, un chômeur ou une chômeuse, selon le terme de Pôle emploi, peut être « remobilisé », autant dire subir serrage de vis et leçon de morale.

    LE PORTE-FEUILLE DE COMPÉTENCES OU LA LOGIQUE DU CHÔMEUR « ENTREPRENEUR DE LUI-MÊME »
    Il faut désormais remplir un porte-feuille de Compétences dans son espace personnel : sur le site internet de Pôle emploi sont apparues des vidéos et rubriques valorisant la mise en avant de ses compétences afin de se donner « plus de chances » pour retrouver un emploi.

    D’ailleurs, le mot « compétence » ne fleurit pas que dans le discours de Pôle emploi, il se diffuse aussi dans d’autres secteurs comme l’éducation, la formation, le monde du travail…

    On nous explique que les employeurs recherchent avant tout des qualités personnelles : être disponible à tout moment, flexible en permanence et capable d’adaptation à toutes les tâches. Et aussi, qu’il vaut mieux rechercher un emploi par le biais des compétences et non plus par les qualifications ou le métier de chacun-e, car cela ouvre d’autres opportunités que l’on n’aurait pas imaginées.

    La volonté du gouvernement, derrière cette notion de « Compétence », est double : remettre les chômeur-euses au travail via des emplois non-qualifiés, plus flexibles et plus précaires en faisant planer la menace permanente d’une sanction ou d’une radiation.

    Mais aussi faire adhérer les individus en leur faisant adopter le langage, l’imaginaire entrepreneurial ; et par conséquent, faire d’un chômeur « un capital de compétences » prêt à se lancer sur le marché des auto-entrepreneurs, où en plus de n’avoir aucune protection sociale, il sortirait de lui-même des chiffres du chômage sans que Pôle Emploi n’ait besoin de le radier.

    Ce qu’ils nous réservent
    LA PERMITTENCE, QU’EST CE QUE C’EST ? VOUS PERMITTEZ ?
    Le terme de « permittence » est central dans le document qui encadre les discussions autour de l’Assurance chômage. Il fait référence à la fois à l’intermittence (statut de celles et ceux qui travaillent dans le milieu de l’art et du spectacle) et à la notion de permanence. Un permittent serait donc quelqu’un qui alterne, sur la durée, périodes de travail et de chômage.

    Or, pour inciter au « retour à l’emploi », les dernières conventions UNEDIC ont autorisé le cumul d’un salaire et d’une allocation chômage pour les salariés précaires. Le but était de garantir partiellement aux demandeurs d’emploi de ne pas perdre leurs droits au chômage lorsqu’ils acceptaient un travail, même s’il s’agissait d’un contrat de très courte durée et/ou moins bien rémunéré que leur précédent emploi.

    Ce dispositif a d’abord permis à l’assurance chômage de réduire ses dépenses à court terme, puisque Pôle emploi ne versait qu’un petit complément au salaire à la place de l’Allocation de Retour à l’Emploi. L’opération, destinée à remettre les allocataires sur des postes précaires en échange de ce complément de Pôle emploi, visait aussi à faire baisser rapidement les chiffres du chômage.

    Mais en définitive, ce système s’est révélé être avant tout une aubaine pour les employeurs, qui ont profité de ce complément de salaire fourni par Pôle emploi pour multiplier les contrats mal payés et temporaires : l’Assurance chômage complétait des salaires faibles et assurait les périodes sans activité pour les intérimaires et les précaires qui cumulaient les CDD et les petits boulots.

    Le gouvernement, qui cherche aujourd’hui à faire des économies par tous les moyens, veut donc limiter le recours à cette « permittence » qui lui coûterait trop cher (5 milliards nous dit-il). Sa solution : aligner le calcul du complément de salaire par Pôle emploi pour quelqu’un qui alterne des contrats courts à temps plein sur celui de quelqu’un qui travaille en CDI à temps partiel.

    Par exemple : 2 personnes ont travaillé 15 jours par mois pendant 10 mois avec un salaire brut de 60 euros par jour. Avec le système actuel, la première personne qui a enchaîné les contrats de courte durée (type interim) se verra attribuer une allocation de 34 euros pendant 150 jours. La seconde qui a un CDD de 10 mois à temps partiel ne touchera que 16 euros mais pendant 304 jours.

    Avec le nouveau système de calcul basé sur une moyenne des jours travaillés et des jours sans boulot, l’intérimaire qui faisait ses journées à temps plein se retrouve avec le même chômage que celui qui est en CDD à temps partiel : il passe de 34 euros par jour pendant 150 jours à 16 euros pendant 304 jours.

    Cet « étirement » des droits permet de réduire le montant des allocations versées. Avec la multiplication des contrôles et la pression exercée sur les allocataires, on comprend bien la stratégie du gouvernement pour gratter d’avantage sur le dos des précaires : si votre durée d’indemnisation se rallonge, que vos droits sont réduits par rapport à votre niveau de rémunération habituel, et qu’on vous met la pression pour accepter n’importe quel boulot, vous avez beaucoup moins de chance de toucher la totalité de vos droits.

    LA DÉGRESSIVITÉ DES ALLOCATIONS CHÔMAGE
    Celle-ci n’est plus « taboue » pour le 1er ministre et la ministre du travail depuis cet été puisque le MEDEF l’a évoquée. Le principe est simple, plus on reste longtemps au chômage, plus l’allocation que l’on touche est réduite (par exemple, diminution de 25 % de l’allocation après 6 mois de chômage). La dégressivité a pourtant été abandonnée en 2001 car elle s’avérait inefficace en terme de « lutte contre le chômage ». Son seul intérêt est de contraindre les chômeur-euses a reprendre rapidement un emploi !

    Le Collectif des précaires s’est recréé au printemps 2018 quand le gouvernement a lancé sa procédure accélérée pour faire passer la réforme de l’Assurance Chômage, il se transforme en novembre 2018 en Collectif contre la Réforme Chômage. Il est composé de chômeur-euses, de travailleur-euses précaires, d’étudiant-es et de personnes travaillant à Pôle Emploi (syndiqué-es ou non).

    Nous appelons à nous organiser contre le chantage au travail et le flicage généralisé des précaires, qui se met en place aujourd’hui sous couvert d’un « plan pauvreté ».

    Nous refusons la mise en concurrence de tous contre tous, et l’opposition entre travailleur-euses et chômeurs-euses, entre allocataires des minimas sociaux (RSA, AAH, aide au logement, prime d’activité…) et ceux touchant un salaire indirect (chômeur-euses, retraité-es).

    Parce qu’il est difficile de s’organiser lorsqu’on est isolé ou dans des espaces de plus en plus dématérialisés (CAF, Pôle Emploi, sécurité sociale), nous appelons à nous réunir et former une coordination large, ouverte, regroupant toutes les personnes, les groupes et les organisations déterminées à bloquer et empêcher la mise en place des mesures du gouvernement contre les précaires et les chômeur-euses.

    Collectif contre la Réforme Chômage

    #assurance-chômage #réforme #précarité @colporteur

    • À propos du droit au chômage (n’ai pas encore lu le texte que tu proposes @vanderling)

      UNÉDIC. Le patronat provoque les #chômeurs (Huma)
      https://www.humanite.fr/unedic-le-patronat-provoque-les-chomeurs-664725

      Un sentiment de déconnexion totale. Hier, lors de la quatrième séance de négociation de la convention d’#assurance-chômage, le patronat a donné de multiples pistes de baisses massives des droits des chômeurs et #précaires. Une tonalité offensive faisant fi du contexte social tendu, avec le mouvement des gilets jaunes et leurs revendications de hausse du pouvoir d’achat.

      Les négociations sur l’assurance chômage électrisées par les "Gilets jaunes", REUTERS•05/12/2018
      https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/les-negociations-sur-l-assurance-chomage-electrisees-par-les-gilets-jaun

      Pour avoir droit à l’indemnisation, il est ainsi proposé que le demandeur d’emploi ait travaillé quatre mois dans les douze derniers plutôt que dans les 28 derniers. La durée d’allocation serait également calculée en fonction du travail effectué dans les 24 derniers mois et non plus 28. Ces mesures permettraient de réaliser 360 millions d’euros, selon le patronat.

      La deuxième proposition est de verser une allocation identique chaque mois, équivalente à 30 jours d’indemnisation. Les allocations des jours manquants seraient reportées en fin de droits. Cette mesure permettrait, en régime de croisière d’économiser, « un peu moins de 400 millions d’euros d’économie ».

      Le patronat propose également de moduler les indemnités en fonction de « l’intensité de travail ». Les personnes qui cumulent donc courtes périodes de chômage et emploi verraient leurs indemnités étalées sur une plus longue période, façon d’éviter que la situation ne perdure. Cette mesure rapporterait entre 800 et 900 millions d’économies au régime.

      Il propose par ailleurs de revoir la formule de calcul des indemnisations pour introduire une forme de dégressivité des allocations pour les hauts salaires. (...)
      Pour le négociateur de la CGT, Denis Gravouil, ces propositions sont « totalement irresponsables au regard de la situation sociale dans le pays, des revendications des Gilets jaunes » et des « travailleurs précaires » de « vivre dignement ».

      Pour le négociateur de la CFDT, Eric Courpotin, et Michel Beaugas de FO, « c’était maladroit » de la part du patronat. ( faudrait confier à la CFDT le gvt et l’organisation des patrons, ils ont des idées, ndc )

      Un des aspects intéressants des questions fiscales soulevées actuellement c’est que cela impose de mettre en cause les mythos (de gauche et syndicaux) sur la cotisation sociale qui serait le seul financement légitime et (soit disant…) démocratique possible, alors que, depuis le reflux des mouvements de chômeurs et précaires des années 90 et l’avénement du Pare, les bêtises de Friot font sur ces enjeux office de tisane dormitive, y compris dans des secteurs s’affirmant révolutionnaires

      Ce serait quoi de tenir sur " cotisation sociale (réinstaurée et sans exemptions généralisées) mais pas seulement » ?

      Pour mémoire lors des mouvements de chômeurs et précaires de 97/98, la CGT refusait d’inclure la hausse du RMI et son extension aux moins de 25 ans (le "c’est vrai quoi, on est contre l’assistanat » interne à « la gauche » - cf Jospin- n’épargne pas le syndicat et élargit tous les boulevard des politiques de #précarisation), préférant s’en tenir à l’allocation Unedic. La force du mvt (et d’AC !, à l’époque…) avait fait tomber ce verrou idéologique : la CGT avait du accepter d’intégrer un cadre unitaire qui posait aussi ces exigences, subsumant (provisoirement) le travaillisme structurel du syndical

      Aujourd’hui, depuis ce que portent « les gilets jaunes » et à propos du droit au chômage (RSA inclus) à la formation (avec par exemple l’arrivée en grand par la porte xénophobe de la fac payante avec des frais d’inscription quintuplés ou décuplés pour les étrangers non communautaires) et à la retraite (minimum vieillesse inclus) il y aurait de quoi poser bien des problèmes qui viendraient bousculer/ moduler les présupposés et énoncés actuels en ouvrant de nouvelles questions par scandalisation, interruptions, et ce malgré le prévisible regain de ronron syndical, para syndical et gauchiste sur ces enjeux.

      Les discours contre les assistés, sous jacent ou explicites parmi des gilets jaunes, ont reculés avec la durée de mobilisation (les assistés sont-ils ces "autres" à blâmer, ce n’est plus évident) et ils peuvent être délégitimés plus radicalement encore. Et cela serait une bonne nouvelle pour tous les précaires pas trop "gaulois", exploités ++ dans des conditions qui en font aussi les premiers des "assistés".

      #politisation #xénophobie #fiscalité #droits_sociaux


  • Du #droit_à_l’éducation ; de l’#éducation_aux_droits

    Débutée en 2008 suite à la rédaction d’un mémoire de Master 2 intitulé Le droit à l’éducation. Contribution à l’étude de la réception des droits-créances par le juge administratif, ma thèse a consisté à retracer l’émergence de ce droit à, envisagé comme un discours, dans le contexte des laïcités françaises ; je l’ai réalisée sous la direction de Xavier Dupré de Boulois et soutenue le 8 décembre 2017 à la faculté de droit de l’Université Grenoble Alpes (UGA), au sein de laquelle je suis rattaché au Centre de Recherches Juridiques (CRJ, EA 1965).

    Peu de temps après le commencement de mon parcours dans le cadre de l’Ecole Doctorale Sciences Juridiques (EDSJ), le Conseil d’Etat a rendu un important arrêt, le 8 avril 2009 (Laruelle, n° 311434). Je lui ai consacré des observations dans la revue Droit de la famille (juillet 2009, n° 7, comm. 97) puis une note, plus détaillée, à la Revue du droit public et de la science politique en France et à l’étranger (RDP 2010, n° 1, p. 197, intitulée « Education des enfants handicapés : droit-créance et carence de l’Etat »). Concluant sur la « contribution de l’action en responsabilité à la réalisation d’un droit-créance », je terminais en tissant un lien avec le « droit au logement opposable » (DALO).

    La réflexion a pu être prolongée à l’occasion d’une intervention d’Hafida Belrhali devant le Groupe de Recherches en Droit de la Famille (GRDF) le 8 juillet 2011 – « Suivi des enfants autistes : quelle responsabilité de l’Etat ? » –, à propos de l’arrêt qu’elle venait d’annoter à l’AJDA (CE, 16 mai 2011, Mme Beaufils, n° 318501). Largement renouvelée, l’analyse proposée dans ma thèse de ces deux arrêts doit beaucoup à ces échanges, tout comme à ceux consécutifs à deux autres manifestations : le 13 décembre 2011, une conférence sur le droit à l’éducation des personnes en situation de #handicap (disponible en ligne : http://videos.univ-grenoble-alpes.fr/video/1057-le-droit-a-leducation-des-personnes-en-situation-de-), à l’initiative de la mission « Université non discriminante » de Grenoble ; le 23 mai 2012, sur l’invitation de son responsable, Yann Echinard, une intervention relative au handicap à l’école lors d’une rencontre à l’antenne valentinoise de la Faculté de droit, avec des professionnels de l’Éducation nationale.
    #autisme

    En 2010, j’ai contribué au rapport réalisé sous la direction de Diane Roman pour la Mission de recherche Droit et Justice, « Droits des pauvres, Pauvres droits ? ». Recherches sur la justiciabilité des #droits_sociaux. Sortant de mon domaine de prédilection – l’éducation –, mon étude jurisprudentielle s’intitule « Comparaison du contentieux des droits de retrait et au respect de la vie personnelle en droit du travail » ; elle a été republiée par La Revue des Droits de l’Homme (juin 2012, n° 1, p. 371), sous le titre « Section 2-2. La protection juridictionnelle des droits sociaux comparée à celle des droits civils : existe-t-il une réelle différence de mise en œuvre des droits ? » (disponible en ligne). Le 19 décembre 2011, j’ai animé avec mon directeur de thèse un débat filmé entre Diane Roman et Philippe Warin (directeur de recherche au CNRS et de l’ODENORE, l’Observatoire DEs NOn-REcours aux droits et services) : intitulée « L’effectivité des droits sociaux », la vidéo est en ligne (http://www.revuedlf.com/videos/leffectivite-des-droits-sociaux-2) sur le site de la Revue des droits et libertés fondamentaux (RDLF).

    Le 12 juillet 2013, en binôme dans le cadre du Centre d’Études et de Recherches sur le Droit, l’Histoire et l’Administration Publique (CERDHAP), nous sommes intervenus à propos du colloque Le service public de l’Association Française pour la recherche en Droit Administratif (AFDA), avec Philippe Yolka et Xavier Dupré de Boulois pour discutants. Le titre 1 de ma thèse est précisément consacré au service public de l’enseignement, celle-ci ayant évolué au regard du lien entre éducation et laïcité(s) dans le contexte français ; au fil de la recherche, son sous-titre a changé (sachant que l’une des propositions formulées est l’abandon de la catégorie doctrinale des droits-créances) : Le droit à l’éducation. L’émergence d’un discours dans le contexte des laïcités françaises, thèse de l’Université Grenoble Alpes, 2017.

    http://www.thomasbompard.fr
    #éducation #droits #Thomas_Bompard

    Livret de #méthodologie :
    http://www.thomasbompard.fr/livret-methodologie

    • Journée des #droits_de_l’enfant

      « Le droit à l’éducation, c’est aussi le droit à un personnel enseignant qualifié ». Tel était le thème d’un rappel conjoint adressé « à la communauté internationale », le 5 octobre ; ce jour-là, « depuis 1994, la Journée mondiale des enseignant(e)s commémore la signature de la Recommandation OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant de 1966 ».

      Le message est-il bien reçu partout, en France ? En Seine-Saint-Denis, par exemple, il est permis d’en douter (plus largement, v. l’« appel au secours » lancé depuis le tribunal de Bobigny, « La grande misère de la protection de l’enfance en Seine-Saint-Denis », Le Monde 6 nov. 2018, p. 22 : « des enfants mal protégés, ce seront davantage d’adultes vulnérables » ; en ligne sur le site de Laurent Mucchielli). Le 15 novembre, il a été répété que la question de l’absentéisme enseignant « constitue une priorité majeure du ministère de l’éducation nationale puisqu’elle touche à la continuité et à la qualité du service public » ; dans cette réaffirmation volontariste (« notamment de pallier les absences prévisibles, comme celles liées aux stages de formation continue »), l’absence de référence au droit à l’éducation peut être relevée.


      http://www.thomasbompard.fr/journee-convention-droits-des-enfants
      #enfance #enfants


  • Un coursier est-il employé d’une startup de livraison ? La Cour de Cassation reconnaît un lien de subordination
    https://www.numerama.com/business/443473-un-coursier-est-il-employe-dune-startup-de-livraison-la-cour-de-cas

    L’arrêt n°1737 de la Cour de cassation souligne le lien de subordination entre un livreur de Take It Easy et son ancien employeur. Le dossier de requalification de son emploi en salariat est ainsi renvoyé à la Cour d’appel de Paris En avril 2016, un coursier qui travaillait pour la société de livraison de nourriture Take It Eas comme travailleur indépendant avait demandé la requalification de son contrat en contrat de travail. 4 mois plus tard, le concurrent de Deliveroo cessait toute activité. Mais (...)

    #Deliveroo #travail #géolocalisation #procès #TakeItEasy

    //c1.lestechnophiles.com/www.numerama.com/content/uploads/2016/07/take-eat-easy-office.jpg



  • Pourquoi dit-on l’allocataire de la Caf du Loiret plus honnête qu’un autre... - Orléans - La République du Centre
    https://www.larep.fr/orleans/social/2018/11/26/pourquoi-dit-on-l-allocataire-de-la-caf-du-loiret-plus-honnete-qu-un-autre_130

    Sur les 120.000 allocataires de la Caisse d’allocations familiales du Loiret (Caf), en 2017, 75.000 auront fait l’objet d’un #contrôle, pour seulement 301 cas avérés de #fraudes. Décryptage.
    Le doute n’est plus permis. L’allocataire du Loiret compte bien parmi les plus honnêtes de France. C’est tout du moins ce qui ressort du bilan, pour l’année 2017, de la Caisse d’allocations familiales 45.

    Pourquoi ?
    Car sur 120.000 personnes percevant, qui le #RSA, qui une #prime_d'activité, qui des allocations logements ou familiales... entre autres, seuls 301 ont été prises la main dans le sac, à frauder. C’est n’est pas faute d’avoir pourtant contrôlé près de 75.000 bénéficiaires desdites aides [sic] sociales cette année-là.

    « Cela représente 0,25 % de la population des allocataires, souligne le directeur de la Caf, Jean-Yves Prévotat. Alors que la moyenne à l’échelle nationale est de 0,36 %. » 

    Si le Loiret de « l’alloc » fait ainsi figure de département plus vertueux que les autres, reste que quand on tente sa chance à la fraude, on se sent parfois pousser des ailes. La moyenne d’une tentative locale portant sur 8.600 euros, contre 6.400 ailleurs en France. Bien essayé...

    Les contrôleurs Caf font le tour de la terre
    Reste que, toujours en 2017, la Caf du Loiret a, comme tous les ans, encore « injecté près de 750 millions d’euros dans l’économie du département, précise son directeur. C’est de l’argent public, on doit donc bien veiller à ce qu’il soit distribué dans les règles ». Le directeur de la Caf du Loiret, Jean-Yves Prévotat.

    D’où les contrôles sur place, au nombre de 1.200. Soit moult déplacements, effectués par six agents assermentés tout au long de l’année qui, mis bout à bout, ont représenté, en 2017, près de 40.000 km. L’équivalent d’un tour de la terre... C’est que, quand on est basé à Orléans (au 2, place Saint-Charles), Courtenay, ce n’est pas la porte d’à côté !

    Une Orléanaise de 32 ans condamnée en 2017 pour avoir escroqué la Caf et une compagnie d’assurance

    Châtelain et prostituée brésilienne
    Et à part ça ? On pourrait dire - au nom de l’humour, précisons - qu’on s’est un peu ennuyé en 2017 à la Caf du Loiret. En ce sens qu’il n’y a pas eu de dossiers frauduleux aussi spectaculaires que par le passé.

    Il a donc fallu se contenter de vivre dans le souvenir. « Tu te rappelles de ce châtelain qui avait demandé le RSA ? Et du propriétaire de chenil qui vendait ses chiens au black ? » Lui gagnait 90.000 euros par an, et ayant oublié de le déclarer, touchait aussi le revenu de solidarité active (RSA)... Ou, en 2017, de cette prostituée brésilienne émargeant à 3.000 euros par mois et bénéficiaire des minimas sociaux, car ne déclarant rien...

    On est là bien loin des gens dans le besoin, notamment des près de 14% d’allocataires (sur 120.000 donc) qui n’ont aujourd’hui pour seule ressource que les aides de la #Caf du Loiret. C’est dire l’importance de son rôle...

    #droits_sociaux


  • Artistes plasticien·nes : toute œuvre mérite-t-elle salaire ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-a-moudre/artistes-plasticiens-toute-oeuvre-merite-t-elle-salaire

    A l’ombre de quelques artistes-stars très reconnus et exposés dans de grandes institutions, de nombreu·seux plasticien·nes ont aujourd’hui beaucoup de mal à vivre de leur art. Quelles sont les difficultés rencontrées et pourquoi ? Peut-on vivre décemment aujourd’hui en tant qu’artiste-plasticien·nes ?

    #radio #art #revenus
    18/10/2017
    après écoute la réponse est non et il y a besoin de supprimer des artistes.

    • Débrouille et petits jobs : les artistes débutants entre coups de bol et ras-le-bol
      https://www.lemonde.fr/campus/article/2018/11/18/debrouille-et-petits-jobs-les-artistes-debutants-entre-coups-de-bol-et-ras-l

      Galerie La Forest Divonne, un vendredi de novembre, à Paris. Elsa et Johanna présentent leur premier « solo show » (exposition individuelle). Deux ans à peine après leur sortie de l’Ecole nationale des arts décoratifs (Ensad) et de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris (ENSBA), ces deux photographes de 27 ans ont le privilège d’exposer leur travail à quelques pas des Beaux-Arts, là où Johanna Benaïnous a été formée pendant cinq ans à « pousser son univers ». Un univers troublant où son duo avec Elsa Parra entre dans la peau de personnages qui semblent familiers, mais étranges, et interrogent le spectateur sur leurs identités : femmes ou hommes ? Déguisés ou travestis ?

      Le succès de ce travail, qui n’est pas sans rappeler celui de l’artiste américaine Cindy Sherman, contraste avec le parcours semé d’embûches de nombreux jeunes artistes. Comédiens, danseurs, musiciens, peintres, sculpteurs, et tant d’autres qui ont répondu à un appel à témoignages diffusé sur le site du Monde. Le nombre et la diversité des réponses permettent de dresser, par petites touches, le portrait d’une génération de jeunes aspirants artistes. Une génération tiraillée entre l’impératif de faire des études supérieures, de s’accommoder avec le monde du travail et de s’insérer dans l’univers de la culture et du spectacle.
      Après le diplôme, le grand vide

      Parmi ces témoignages, de nombreux artistes plasticiens déplorent l’absence de professionnalisation dans les écoles d’art, même si ces dernières revendiquent la création de modules préparant à l’emploi, de séminaires ou de conférences. « Après les Beaux-Arts, personne ne t’attend, et personne ne t’a préparé non plus à ce qui t’attend. Dans les écoles, c’est un sujet un peu tabou. Vivre de son art, c’est lointain », témoigne cette jeune diplômée de l’Ecole européenne supérieure d’art de Bretagne (EESAB) qui vit – pour l’instant – de son travail de régisseuse.

      Même si, évidemment, les jeunes qui s’engagent dans cette voie savent que cette filière, du point de vue de l’insertion professionnelle, est plus complexe que d’autres. « Finalement la seule chose que l’école à su me prédire, c’est la précarité inhérente à tout artiste ! Nul n’en vit décemment, et on ne peut pas prendre les quelques contre-exemples d’artistes businessmen à la Jeff Koons comme représentant de notre cause. Une fois l’école finie, j’ai pris un job alimentaire, conscient que mon diplôme ne m’ouvrirait aucune porte », explique avec amertume un diplômé des Beaux-Arts de Paris de 25 ans (qui préfère conserver l’anonymat).
      Exposer « dans un grand musée tout en étant au RSA »

      « On a à la fois le statut le plus valorisé dans notre société, créateur, et le plus méprisé, assisté » – Diane Bertrand

      Pour les artistes plasticiens, il n’y a pas d’équivalence du statut d’intermittent, qui garantit une relative sécurité dans les « périodes creuses ». Des dizaines de jeunes artistes racontent ainsi, à travers l’appel à témoignages, qu’ils touchent le revenu de solidarité active (RSA). « J’ai toujours eu du mal à vivre de mon travail, et j’alterne entre enseignement, résidences d’artistes, quelques ventes d’œuvres et des petits boulots, explique Diane Bertrand, sculptrice et céramiste, diplômée en 2008 de l’école supérieure des métiers d’art d’Arras. Concrètement, je ne pourrais pas vivre sans les minima sociaux, et je crois que c’est ce qui m’a le plus étonnée au début de ma carrière : voir que l’on pouvait avoir ses œuvres exposées dans un grand musée tout en étant au RSA. Psychologiquement, cela crée une situation étrange, car on a à la fois le statut le plus valorisé dans notre société – créateur – et le plus méprisé – assisté. »

      C’est un milieu particulier que celui de l’art, un milieu où « on est choisi plus qu’on ne choisit », résume Jean-Baptiste Boyer, jeune peintre figuratif de 28 ans, uniquement diplômé d’un bac professionnel artisanat et métiers d’art. « On ne sait pas toujours pourquoi on devient cet élu. Moi, j’ai toujours peint et puis le moment est venu. Ceux qui n’auraient jamais jeté un œil à mon travail m’ont trouvé tout à coup intéressant », raconte le peintre, qui doit sa percée fulgurante à l’œil averti d’Henri van Melle, collectionneur, commissaire et ancien directeur international des événements et expositions de la maison Hermès.

      Peu après leur rencontre, Jean-Baptiste Boyer signe avec la galerie Laure Roynette, qui organise sa première exposition, en novembre 2017. Ce fut un succès : « Toutes ses toiles sont vendues la première semaine », se rappelle Laure Roynette, et une prolongation a été organisée jusqu’en janvier. Mais l’histoire de Jean-Baptiste Boyer, artiste qui « peint pour continuer à vivre », est singulière. Les chiffres attestent d’une autre réalité. Trois ans après l’obtention d’un diplôme supérieur, un diplômé en arts plastiques sur quatre n’est pas parvenu à s’insérer dans son domaine de formation, rappelle une étude d’Anne Daras sur l’insertion professionnelle de formations artistiques et culturelles supérieures, réalisée par le ministère de la culture en 2011.
      « Soit vous êtes comédien, soit vous mourez »

      Nicolas Romain n’a jamais renoncé à devenir comédien, même s’il a cédé à un DUT technique de commercialisation pour rassurer ses parents cadres, qui l’avaient mis en garde contre un métier de « crève-la-faim ». Il a ensuite décidé de financer entièrement le cours Florent et sa chambre de bonne à Paris. Pendant sa formation, il partage son temps entre les cours de théâtre et son travail alimentaire de régisseur à l’Ecole du Louvre. Puis il suit les cours de Jean-Laurent Cochet, ancien pensionnaire de la Comédie-Française et metteur en scène, qui a formé, notamment, Isabelle Huppert, Daniel Auteuil, Emmanuelle Béart, Carole Bouquet, Fabrice Luchini, Gérard Depardieu…

      « J’ai fait du porte-à-porte pour vendre des contrats de gaz » – Nicolas Romain

      « J’y ai appris les fondamentaux. Depuis que j’ai terminé ma formation, j’ai multiplié les courts-métrages pour les écoles de cinéma. J’ai rencontré et travaillé avec l’équipe de Jean-Pierre Mocky. J’ai aussi fait un travail de metteur en scène de théâtre pendant un an », détaille le jeune comédien. Mais, en parallèle, il n’a jamais cessé d’avoir un « boulot alimentaire » : « J’ai fait du porte-à-porte pour vendre des contrats de gaz, donné des cours de théâtre à des enfants, eu un CDI dans une entreprise d’accueil à la Défense. Il me restait parfois sept euros pour manger à la fin du mois. Sept euros, c’est une baguette ou un cheeseburger par jour pendant une semaine. » Nicolas Romain se souvient de cette phrase de Jean-Laurent Cochet : « Soit vous êtes comédien, soit vous mourez. » « J’aime l’idée de mérite. Je pense qu’il est très important d’être confronté à la réalité de la vie pour devenir un bon comédien. La perception de cette réalité est, selon moi, sûrement faussée dès lors que l’on vit aux crochets des autres », conclut-il.

      Et pourtant, la famille, ça aide énormément. Mélanie Charvy, diplômée d’un master 2 de droit de l’université de Nanterre, remarque qu’elle n’a pas souvent croisé des fils et filles d’immigrés ou d’ouvriers pendant sa formation théâtrale au studio de Vitry (Val-de-Marne). « Le théâtre est un milieu bourgeois où règne l’entre-soi. Il faut avoir des parents qui vous soutiennent financièrement pour faire des études dans des écoles privées, sinon c’est très dur de se concentrer sur son apprentissage », explique cette jeune comédienne et metteuse en scène. Une étude du ministère de la culture publiée en 2014 lui donne raison. Ainsi presque un artiste des spectacles sur deux (47 %) est un enfant de cadre.
      Des voies royales

      Parmi tous ces aspirants comédiens, seul un infime pourcentage emprunte la « voie royale », l’une des treize écoles supérieures d’art dramatique. Blanche Ripoche, admise en 2013 au Théâtre national de Strasbourg (TNS), l’une des formations les plus prestigieuses, n’a pas eu encore à se soucier de son avenir. « J’ai la chance de pouvoir surfer sur ce réseau d’écoles nationales », explique la jeune femme, qui souligne que le rêve d’intégrer ces formations peut faire « beaucoup de mal » aux recalés de ces concours ultra-sélectifs. En 2013, elle avait été sélectionnée avec onze autres élèves parmi huit cents candidats.

      « Tous les jours, tout est remis en question : talent, aptitudes, valeur de nos expériences » – une plasticienne

      « Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées », écrivait Arthur Rimbaud dans son célèbre poème Ma bohème. Un vers qui semble correspondre à la vie que mènent certains artistes « vivotant » à coups de RSA, d’enseignement, de travail alimentaire et même de mécénat. « La vie d’un artiste n’est pas un long fleuve tranquille. Tous les jours, tout est remis en question : talent, aptitudes, valeur de nos expériences. Il faut un moral d’acier pour supporter ce doute perpétuel, et ne jamais perdre l’envie d’avancer, de se surpasser », appuie, avec un peu plus de recul, une artiste plasticienne quadragénaire. Et se rappeler, sans cesse, une évidence : « On est artiste parce qu’on ne peut pas être autre chose », suggère avec modestie Jean-Baptiste Boyer.
      Les réseaux sociaux, une aubaine pour les jeunes artistes
      « Disco Palmyre ».
      « Disco Palmyre ». FLORENT GROC

      « Je n’avais jamais imaginé être artiste », confie Florent Groc, diplômé de l’école d’art, de design et d’animation d’Aix-en-Provence en 2009. Quand il commence à poster des photos de son travail sur Instagram en 2012, Florent Groc confond le réseau social avec un logiciel de retouches de photos, sans avoir conscience de la dimension « sociale » de l’application. Il est rapidement remarqué par un jeune critique et commissaire d’art, qui lui propose de participer à sa première vente aux enchères organisée par la maison Piasa. « J’ai vendu deux œuvres. Ce n’était pas énorme, mais ça m’a donné confiance dans ma pratique », explique l’artiste, qui compte 2 500 abonnés sur son compte, et poursuit son travail à Marseille.

      Silvère Jarrosson a suivi le même chemin. Ancien élève de l’école de danse de l’Opéra de Paris, il avait l’habitude de publier « spontanément des posts sur Facebook ». Ce jeune homme de 23 ans s’est mis à peindre après un accident qui lui a coûté sa carrière de danseur classique. « J’ai commencé à vendre mes premières toiles en 2013 », explique-t-il. C’est toujours à travers Facebook qu’il est contacté par un « ami » virtuel, qui lui révèle être galeriste et s’intéresser à son travail depuis un an. En janvier 2014, sa première exposition est organisée par la galerie Hors-Champ. « Cela a été comme un signal donné. Mon travail a été accrédité. »

      Selon le rapport Hiscox sur le marché de l’art en ligne publié en 2016, Facebook et Instagram sont devenus les réseaux sociaux préférés des acheteurs d’art au cours de ces deux dernières années. Laure Roynette, qui dirige la galerie qui porte son nom, confirme : « C’est très important pour une galerie de regarder ce qui se fait sur les réseaux sociaux. Cette génération des 25-35 ans vit naturellement avec Instagram et Facebook. On arrive à découvrir des artistes comme ça. » Néanmoins, le passage en galerie reste incontournable, « les collectionneurs ont toujours besoin d’un rapport physique à l’œuvre », estime Laure Roynette.

    • « Parmi les jeunes diplômés en art, seule une petite minorité vit de ses créations »

      https://www.lemonde.fr/campus/article/2018/11/18/parmi-les-jeunes-diplomes-en-art-seule-une-petite-minorite-vit-de-ses-creati

      Si je me base sur les travaux que l’on a à notre disposition, on sait que la plupart des artistes ne vivront pas de leur expression artistique de manière principale. Dans les cinq à dix ans suivant la sortie de la formation, une petite minorité seulement va pouvoir vivre de son art de manière principale en suivant son idéal artistique. Pour les autres, l’insertion professionnelle passe soit par une reconversion en dehors du monde de l’art, soit par une pluriactivité, parfois dans son monde de l’art, parfois non, la pratique artistique mue par la passion étant alors doublée d’un emploi alimentaire ou d’emplois artistiques « utilitaires ».

      Il y a bien sûr des différences selon les univers, un musicien ou un comédien aura, par exemple, plus d’opportunités à occuper des emplois artistiques, même peu valorisés, qu’un artiste plasticien. La seule étude statistique solide sur de jeunes musiciens professionnels, menée par Philippe Coulangeon en 2004, montre qu’au bout de dix ans plus de la moitié des artistes avaient arrêté toute activité musicale professionnelle.
      Lire les témoignages : Coups de bol, débrouille et petits jobs : les galères des jeunes artistes

      Cette difficulté d’insertion professionnelle dans la vie d’artiste n’est pas occultée par les écoles d’art, qui tentent de préparer leurs étudiants à affronter le monde du travail. Elles développent des ateliers en ce sens pour les former à d’autres emplois artistiques « utilitaires », comme comédien en hôpital, graphiste ou enseignant, en insistant sur l’utilité des réseaux sociaux ou en leur apprenant à faire un book. Ou encore à passer un entretien, une audition. D’ailleurs, cette façon de faire entrer des techniques de l’entreprise dans les écoles d’art ou de les former à des emplois moins valorisés sur le plan artistique est parfois critiquée par les étudiants eux-mêmes, plus intéressés par la recherche de leur voie artistique.
      Existe-t-il une voie royale ? Des formations qui permettent de mieux s’en sortir ?

      Il est évident que le fait de passer par une école réputée augmente les chances d’accéder à des emplois valorisés. C’est un cercle vertueux, on rencontre des professeurs qui sont des professionnels réputés, qui peuvent vous choisir et vous offrir vos premières opportunités. Dans ces formations, des réseaux efficaces peuvent être constitués. L’école fonctionne aussi comme preuve de votre légitimité, et renforce votre réputation lors des rencontres ou des auditions. Pour autant, la vie de ces jeunes artistes issus des écoles réputées n’est pas non plus un long fleuve tranquille, et beaucoup peinent à trouver un chemin. Les mondes de l’art sont des mondes compétitifs et saturés, les places sont rares, et beaucoup se joue au travers des réseaux et des affinités.
      Peut-on dire que « le talent n’est qu’un élément parmi d’autres » ?

      Si on ne s’intéresse qu’aux personnes qui réussissent, il peut paraître évident que tout arrive grâce à leur talent. Mais, en réalité, il y a très peu d’emplois disponibles qui correspondent à l’idéal artistique, et le talent n’est qu’un élément parmi d’autres. Pour accéder à ces emplois, il faut un ensemble de savoirs et de connaissances, mais aussi des liens sociaux efficaces.

      Si vous avez fait une école prestigieuse, que vous venez d’une famille d’artistes qui vous aura appris à vous comporter, que vous connaissez des gens du milieu et si vous êtes un homme, ce sera plus facile. Pour autant, on peut être comédien et faire de l’art-thérapie, ou être valorisé pour sa créativité sur d’autres modes, et être finalement plus épanoui qu’un comédien « en haut de l’affiche ».

      La réussite par les réseaux est toujours considérée comme une injustice, car on estime que le professionnalisme doit être le premier critère de jugement. C’est une constante dans tous les milieux professionnels. Mais les réseaux sociaux, les affinités, et parfois même le physique jouent un rôle démesurément important dans les mondes de l’art. Et dans l’art, cette réalité est vécue de manière douloureuse, car c’est une activité vécue sur le mode de la vocation, où seul le talent devrait compter. Cela dit, quand on interroge les personnes qui ont choisi ces parcours, elles ne découvrent pas la difficulté de l’insertion en école ou à sa sortie. Elles ont été mises en garde et se sont engagées dans cette voie par passion ou par vocation, et veulent « tenter leur chance » quand même.
      Lire aussi Les réseaux sociaux, une aubaine pour les jeunes artistes
      Les inégalités entre hommes et femmes sont aussi très criantes. Les femmes sont moins représentées dans les galeries, leurs films sont moins sélectionnés dans les festivals.

      Ce n’est pas plus criant dans les mondes de l’art que dans les autres environnements professionnels masculins, mais comme on part du présupposé que les mondes de l’art sont ouverts, tolérants, et à l’avant-garde, on s’étonne qu’ils fonctionnent de la même façon.

      Il y a évidemment des milieux plus masculins, comme la réalisation de films, où les femmes ont d’emblée plus de difficultés que les hommes. Dans le jazz, elles sont confrontées à l’entre-soi masculin, à des stéréotypes féminins péjoratifs ou des normes de fonctionnement masculines. Difficile alors pour elles de se projeter dans ce monde et de s’y maintenir.

      Dans la danse, le théâtre ou les arts plastiques, qui sont pourtant des mondes plus féminisés, la situation n’est pas tellement plus facile, dès lors qu’elles souhaitent grimper en haut de la pyramide. La compétition entre femmes est féroce, et celles-ci doivent adopter des codes masculins pour réussir.

      En arts plastiques, elles se trouvent confrontées aux mêmes mécanismes négatifs que dans le jazz ou le cinéma. En théâtre et en danse, les femmes sont sursélectionnées, souvent enfermées dans des normes physiques contraignantes, et elles doivent se plier aux règles de la séduction. En effet, elles sont bien plus nombreuses que les hommes, alors même qu’on recrute autant, si ce n’est plus, de rôles masculins et de danseurs hommes que de rôles féminins ou de danseuses.
      On observe aussi que l’ouverture sociale s’est réduite dans le milieu artistique. Pourquoi ?

      Les personnes d’origine sociale favorisée et qui n’appartiennent pas aux « minorités visibles » sont privilégiées à toutes les étapes : elles ont été plus souvent formées aux pratiques artistiques dans leur famille, elles disposent plus souvent de comportements et de physiques proches des normes attendues, elles sont plus souvent aidées financièrement dans les cinq à dix ans après la sortie de formation… Les enfants d’origine sociale défavorisée ou appartenant aux minorités visibles, à l’inverse, ressemblent moins aux normes attendues, ont moins de ressources financières et ont un réseau moins efficace. C’est en jouant sur ces mécanismes que les écoles de formation artistiques peuvent essayer de compenser ces inégalités.

    • Merci pour les précisions @colporteur

      –-------

      Le travail doit être une souffrance. Un travail qui ne fait pas souffrir ne mérite pas de rémunération.
      Les artistes sont sensé·es prendre du plaisir dans leur activité, illes ne méritent donc pas de rémunération.

    • Ma fille est entrée dans une seconde générale, mais contingenté → création et culture design. Alors qu’elle est au lycée du Mirail, avec toute sa diversité, sa classe (dite des artistes) est composée presque exclusivement de filles blanches. Ce qui est vraiment frappant.
      Sur l’origine sociale, pour l’instant, ça a l’air assez varié, mais je pense que la donne change profondément après le bac.

    • Au niveau sociale il y a des chances qu’après le bac ca change en pire.
      J’étais en bac arts plastiques mais dans un lycée catho non mixte ce qui fait que c’etait 100% féminin, bouge et très très blanc.
      De mon souvenir des beaux-arts il y avait surtout des blanc·hes et des classes favorisées. J’avais pas pu faire de comptage du ratio femmes/hommes, mais les profs étaient surtout des hommes. Un atelier était « interdit aux connasses du MLF (ce qui voulait dire femmes) et a ceux qui parlent une langue de metèques (ce qui désignait un élève italien) ». L’école a justifié ces propos en disant que ce prof prennait sa retraite l’année prochaine. Ca faisait donc plus de 20 ans que cet ordure pratiquait ce mode de recrutement avec la bienveillance de l’institution et c’était en 2001. Un de mes prof se ventais aussi de choisir ses étudiantes sur des critères physiques et de faire faire son travail d’artiste par ses élèves.
      Les femmes sont majoritaires dans ce cursus mais ne sont pas exposées, pas achetés, pas valorisées, pas cités. On les retrouve par contre en majorité sous le seuil de pauvreté.

      J’avais trouvé une étude sur le milieu de la danse, très très féminisé chez les enfants et la pratique amatrice et majoritairement masculine dans la professionnalisation, avec des très fortes discriminations sur les grossesses et une mise au placard très jeune et plafond de verre. J’avais mis ca sur seenthis je vais voire si je retrouve.

    • J’ai une copine qui vit de son métier (ou à peu près) et justement je voulais vous montrer ça @odilon et @mad_meg et les autres.

      Galerie Alain Gutharc
      7 rue Saint Claude - 75003 Paris - T 00 33 (1) 47 00 32 10 - F 00 33 (1)
      40 21 72 74
      http://alaingutharc.com

      SUZANNE HUSKY

      KHLORIS, CLOROX

      Vernissage le samedi 24 novembre 2018
      Exposition du 24 novembre au 12 janvier 2019

      (Ici normalement une tapisserie inspirée par la Dame à la licorne et la ZAD.)
      La noble pastorale, 203 x 247 cm, Tapisserie, 2017 © Suzanne Huksy

      « Les Déesses et les Dieux ne sont pas de simples entités psychologiques,
      existant dans l’âme comme si l’âme était une grotte retirée du monde ; aux
      aussi sont réels, ils sont les moyens de penser-en-choses des forces
      réelles, des expériences réelles. »

      Starhawk – Rêver l’obscur (1982)

      Dans la mythologie grecque, Khloris (ou Chloris) est la nymphe des fleurs,
      aimée de Zéphyr, le dieu du vent. Au XVe siècle, Sandro Botticelli lui
      attribue une représentation devenue célèbre à la fois dans Le Printemps
      (1478-1482) et dans La Naissance de Vénus (1484-1485). Entourée de fleurs,
      elle incarne le monde végétal. Le prénom mythologique est choisi par
      Suzanne Husky pour sa première exposition personnelle à la galerie Alain
      Gutharc. Un choix qui s’inscrit pleinement dans un engagement politique qui
      prend ses racines dans l’écoféminisme. Alors, le prénom convoque une
      histoire, non seulement celle d’une femme qui a pris soin de la nature,
      mais aussi celle des sorcières d’hier et d’aujourd’hui. Une histoire où le
      care et l’activisme forment une alliance. Khloris est l’un des visages du
      panthéon de l’immanence (une pensée vivante, en mouvement) incarnée la
      Déesse, une entité plurielle, un cercle qui réunit les mythologies, les
      croyances et les savoirs. L’histoire ancestrale de la Déesse est fondée sur
      un ensemble de luttes et de contre-pouvoirs. Starhawk, figure iconique de
      l’écoféminisme, écrit : « Oui, le pouvoir-du-dedans est le pouvoir du bas,
      de l’obscur, de la terre ; le pouvoir qui vient de notre sang, de nos vies
      et de notre désir passionné pour le corps vivant de l’autre. »
      Suzanne Husky donne des formes et des matériaux au pouvoir-du-dedans. Ses
      œuvres traduisent une attention inquiète envers un ensemble de
      comportements, de décisions politiques et de dérives menant à la
      destruction du Vivant. Ces dérives, structurées par le système patriarcal
      et néolibéral, sont activées par des choix et des gestes quotidiens : faire
      ses courses au supermarché, conduire une voiture, faire la lessive, faire
      le ménage, acheter des vêtements, construire une maison ou partir en
      vacances.
      La manière dont nous agissons et consommons au quotidien comporte un
      ensemble de conséquences dont l’impact est plus ou moins visible, plus ou
      moins pérenne sur notre environnement. En ce sens, Suzanne Husky travaille
      à partir de bouteilles de détergent (lessives, eau de javel) et produits
      alimentaires (huiles). En respectant les objets originaux (formes,
      couleurs, textes, motifs), elle réalise ainsi des vases en faïence
      émaillée. Parce qu’elle utilise des terres locales, des teintures et des
      couleurs naturelles, l’artiste manifeste une conscience des enjeux éthiques
      et politiques de sa réflexion plastique. Chaque vase accueille des bouquets
      de fleurs sauvages qui exacerbent les paradoxes. Le champ lexical, les
      motifs floraux et les couleurs participent d’une séduction trompeuse :
      promesse d’exotisme, de senteurs rares, de bien-être, de santé et de
      voyage. Les représentations florales et végétales subliment les ingrédients
      chimiques. Le packaging truffé de contradictions mêle l’exotisme aux
      principes de précautions. Les logos noirs, rouges et orange présentent des
      flammes, des têtes de mort et autres signes de danger auxquels la grande
      majorité des consommateurs ne prêtent pas attention.
      Lorsque Suzanne Husky revisite la tapisserie historique de La Dame à la
      Licorne pour représenter une scène de destruction de la forêt, elle
      manipule à son tour la stratégie de la sublimation (La Noble Pastorale).
      L’œuvre nous séduit, puis nous amène à réfléchir à la brutalité de la
      pensée dominante.
      Il en est de même avec les tapis Jérôme et Mars Bitches, qui pour l’un
      raconte l’histoire de Jérôme Laronze, un paysan abattu par un gendarme le
      20 mai 2017 ; et pour l’autre traite de la violence des classes à San
      Francisco. Les œuvres de Suzanne Husky attestent ainsi de la conscience
      d’un rôle et d’une responsabilité en tant que citoyenne, en tant que
      qu’artiste, en tant que femme. L’artiste dénonce une banalisation de la
      dérive, une indifférence généralisée et une participation paresseuse et
      aveugle à un système mortifère. Sa pratique nous invite au sursaut et à la
      résistance. En investissant les champs ancestraux de l’art en pratiquant
      notamment la céramique et l’art tissé, l’artiste tend à fabriquer de
      nouveaux récits, de nouvelles images, de nouvelles pratiques visant à
      célébrer le pouvoir-du-dedans dont nous sommes les acteurs et les actrices.

      Julie Crenn



  • Crainte et vanité ? La soumission des universitaires à la gestion néolibérale

    En 2014, Yves Dupont, socioanthropologue spécialiste du monde rural, a publié un essai qui mérite à nos yeux d’être présenté sous forme de tribune. Son questionnement essentiel est le suivant : comment se fait-il que les universitaires, disposant pourtant des outils intellectuels et de la protection statutaire pour résister aux sirènes néolibérales, acceptent presque silencieusement de se soumettre au processus de #gestionnarisation de l’Université française, c’est-à-dire à une logique basée sur la #productivité et la #rentabilité contrôlées par des procédures normées et des indicateurs chiffrés de #performance.

    Autrement dit, comment se fait-il que les chercheurs consacrent de moins en moins de temps à des questions proprement scientifiques et de plus en plus à la rédaction de « #projets » dont beaucoup n’aboutissent jamais ? Comment se fait-il que les assemblées générales de laboratoire s’éternisent souvent en brainstormings d’agence de communication à la recherche de la meilleure rhétorique pour s’inscrire dans des réseaux, des structures, des axes, des appels ? Comment se fait-il que ceux qui hier étaient voués à critiquer, au sens noble, les innovations rutilantes de la modernité se présentent aujourd’hui comme de simples accompagnateurs du changement social ?

    On l’aura compris, L’Université en miettes est un essai qui prend pour point de départ le constat négatif de la #libéralisation et de la gestionnarisation du modèle universitaire français : diminution des fonds fixes et développement du #financement_par_projets, multiplication des instances de décision et d’#évaluation, dissociation et opposition de l’enseignement et de la recherche, soumission à des impératifs chiffrables d’inscription pour les uns et de publications pour les autres… Ces restructurations sont en effet peu compatibles avec la poursuite des manières d’enseigner et de « faire de la science » telles qu’elles pouvaient exister jusqu’ici. Le recul critique ou les temporalités longues nécessaires à l’#éducation ou à la #recherche fondamentale sont, par exemple, directement opposés aux impératifs de rentabilité et d’#utilité immédiates.

    Si tout ceci est bien connu et documenté, l’originalité de l’ouvrage d’Yves Dupont repose plus particulièrement sur le parallèle entre ce processus de disparition d’une « #université_humaniste » au profit d’une « #université_néolibérale » et la destruction de la paysannerie par le modèle productiviste et l’économie capitaliste.

    De cette comparaison que nous allons développer émerge une réflexion qui ne serait qu’une boutade si elle n’avait pas, dans le quotidien de l’université, une puissance explicative troublante : c’est la peur de la mort qui pousse les universitaires à une #servitude volontaire face à l’idéologie néolibérale. Nous parlons bien sûr ici d’une peur de la #mort_symbolique, d’une #insécurité névrotique qui se transforme en pulsion de puissance : désir de reconnaissance, désir de jouissance, narcissisme, admiration immature de figures mythiques (grandes revues, pontes, et aujourd’hui critères d’évaluation des publications ou labels d’excellence), et tous les avatars de l’hubris, cette ambition démesurée par laquelle les humains cherchent vainement à s’éloigner de leur propre finitude.

    https://sms.hypotheses.org/8471
    #université #fac #néolibéralisme #gestion_néolibérale #restructuration #science

    • Sciences humaines : les jeunes chercheurs à l’épreuve du néolibéralisme académique

      La recherche en #sciences_sociales n’échappe pas à la logique de marché, où la compétition accroît les #inégalités et encourage le #conformisme. Un danger pour les doctorants, de plus en plus précaires, et pour l’université elle-même, en tant qu’institution.

      Les sciences humaines et sociales sont essentielles à une société. Elles permettent de trouver des réponses aux questions qui surviennent sans cesse, de régénérer les savoirs, d’assurer leur transmission, d’en garder la mémoire. Cependant, nous assistons à une dévalorisation progressive de ce champ du savoir, avec des conséquences néfastes à long terme. L’effectif des #doctorants est en baisse continue depuis dix ans, avec -21% de doctorants en sciences de la société et -13% en sciences humaines et humanités. Il se trouve que ce sont également les disciplines les moins financées. Une majorité écrasante de doctorants (70%) ne bénéficie pas d’un contrat doctoral les reliant à l’institution à laquelle ils appartiennent.

      Ces jeunes chercheurs doivent acheter le temps consacré à leurs thèses par le biais d’un autre travail. Ils ne travaillent plus pour s’assurer une existence, mais pour pouvoir travailler. Ils sont, en dehors des laboratoires, des amphithéâtres et des colloques, serveurs, surveillants de lycée, bibliothécaires, baby-sitters, enseignants à domicile, guides touristiques. Plus tragique encore, 10% des doctorants, toute disciplines confondues, n’ont aucune activité rémunérée. Il s’agit de presque 7 500 jeunes chercheurs en France.

      Les doctorants et le #travail_gratuit

      Ce que les statistiques ignorent c’est l’immensité de chaque monde individuel. Ce type de travail « à côté » empêche toute projection vers le futur, car il est sans lien avec la recherche. Les études sociologiques lui opposent le #travail_d’anticipation. Mais les jeunes chercheurs s’inscrivant dans cette dernière catégorie n’ont pas un meilleur sort. A titre d’exemple, ceux qui assurent une charge de cours à l’université en tant que #vacataires sont payés à l’heure, pour un salaire annuel qui équivaut, dans le meilleur des cas, à deux ou trois mois de smic. Même dans ce dernier cas, il arrive trop souvent qu’on ne leur fasse pas signer de contrat. Ils se voient ainsi dans l’impossibilité de fournir une preuve formelle quant à la réalité de leur travail. Ils ne peuvent enseigner qu’à titre secondaire et sont obligés d’avoir un emploi « principal ». Ils cumulent ainsi trois activités professionnelles : le travail de recherche (gratuit), l’enseignement (deux ou trois mois de smic par an) et un emploi principal (précaire).

      Cette situation est permise par le flou dans les textes de loi concernant le #doctorat. D’un côté, les jeunes chercheurs sont considérés comme des étudiants, de l’autre le doctorat est reconnu comme étant une expérience professionnelle. C’est le détail qui ouvre la voie royale vers la précarité. Ce qui est particulier à la situation des doctorants c’est que l’écart entre l’âge social et l’âge biologique est très important. Non seulement ils ne bénéficient plus d’aucun avantage « jeune » (bourses sur critères sociaux, logements, réductions), mais ce statut les exclut également de la plupart des #droits_sociaux. Si les #contractuels sont considérés comme des salariés, par rapport à un même type de travail de recherche les non-contractuels sont des étudiants. Autrement dit, leur travail est gratuit et bénévole.

      Le travail d’un doctorant n’est pas uniquement un investissement de forces et ressources personnelles dans une activité par le biais de laquelle il ou elle se réalise individuellement, il est également une réalisation collective. C’est l’université elle-même, en tant qu’institution, qui se réalise à travers son travail. Un exemple concret concerne ce que le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation appelle la « #production_scientifique ». Quand on évalue la #performance d’une université, on regarde le nombre de #publications. Combien d’articles ont été écrits par des jeunes chercheurs-étudiants et combien le seront encore ?

      La reproduction des inégalités

      La recherche est aujourd’hui évaluée en termes de production et de #performance. Dans cette logique de #capitalisme_académique, le doctorant doit terminer sa thèse le plus rapidement possible et être productif. Plus il s’attarde sur son doctorat, moins il publie, plus il se dirige vers les marges du système. Mais sa production et sa performance sont conditionnées par les ressources disponibles, ce qui trace un premier cercle vicieux. Indifféremment du contenu de la thèse, des arguments défendus dans le travail de recherche ou de la qualité de ce travail, dans ce type de système il n’y a « pas de vérité sans argent », comme le notait déjà Lyotard dans la Condition postmoderne. Ceux qui ont eu des ressources auront raison de leur vérité car elle pèsera plus sur le marché du travail et sur le marché des biens symboliques, tandis que le précariat verra ses vérités diminuées par ce même marché.

      De nombreuses études indiquent que l’accès aux ressources dépend des éléments comme l’origine sociale, la nationalité ou le sexe. En France, presque la moitié des doctorants (41%) est de nationalité étrangère. Une diversité qui pourrait entraîner une immense effervescence intellectuelle. Mais ils sont encore plus touchés par la précarité et ont bien moins de chances de se voir attribuer un contrat. Les raisons sont multiples : absence de capital social, manque de familiarité au régime des concours, rareté des ressources. En ce qui concerne la parité dans la recherche, en 2015, les femmes représentaient 27% des chercheurs. Quand les ressources sont rares, on favorise les acteurs qui savent se plier au mieux au savoir et à l’ordre dominant. Dans une logique de marché, la compétition accroît les inégalités et encourage le conformisme. L’université, au lieu de se régénérer en permanence en permettant l’invention, le renouveau et les divergences critiques, se pétrifie.

      Les sciences humaines et sociales ont un rôle primordial dans une société démocratique. Elles pensent le progrès et empêchent les dérives. Elles sont les garants d’un équilibre sain entre des forces critiques contraires. Elles sont l’expression même de la démocratie et le révélateur de l’état de santé d’une société. La précarité dans les sciences humaines et sociales atteint gravement à cet équilibre présent et futur. La contractualisation à terme de tous les jeunes chercheurs est l’unique mesure capable de diminuer les inégalités causées et perpétuées par le sous-financement dans ces disciplines. Quand l’université repose sur un travail gratuit, invisible, aliéné, ce sont ses propres forces qu’elle s’aliène.

      https://www.liberation.fr/debats/2018/11/02/sciences-humaines-les-jeunes-chercheurs-a-l-epreuve-du-neoliberalisme-aca

      #précarité #précarisation



  • Plan pauvreté : Buzyn promet des moyens supplémentaires
    http://www.europe1.fr/politique/plan-pauvrete-buzyn-promet-des-moyens-supplementaires-3751154

    « Il y aura de la dépense pour accompagner mieux les personnes vers leur émancipation », a déclaré sur France 3 la ministre des Solidarités et de la Santé.

    Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, a promis dimanche que le plan pauvreté comprendrait des moyens financiers supplémentaires, relevant qu’"il y aura de la #dépense pour accompagner mieux les personnes vers leur émancipation". Comme on lui demandait sur France 3 si le plan pauvreté, qui doit être dévoilé jeudi prochain, comprendrait des moyens financiers supplémentaires, elle a répondu : « Il y en aura, bien sûr ».

    Vers la fusion des aides sociales ? « Il y aura de la dépense pour accompagner mieux les personnes vers leur émancipation », a-t-elle ajouté. La ministre a également indiqué qu’une éventuelle fusion des prestations sociales ne figurerait pas dans ce plan. « C’est une idée à explorer. Elle n’est pas simple techniquement et donc, je pense que nous aurons un travail de réflexion autour de cette fusion des aides sociales », a réagi la ministre. « De toutes façons, ça ne peut pas se faire avant plusieurs années, même par étapes », a insisté la ministre. « On peut ouvrir une réflexion, mais pour l’instant, nous n’avons pris aucune décision », a-t-elle encore expliqué.

    « Mieux lutter contre la pauvreté tout en maîtrisant davantage les dépenses publiques. » La députée LREM Christine Cloarec et l’économiste #Julien_Damon ont remis mercredi un rapport sur « le juste niveau de prestation » sociale, pour « mieux lutter contre la pauvreté tout en maîtrisant davantage les dépenses publiques ». Avant une possible fusion des prestations sociales, qui prendrait la forme d’une « allocation sociale unique » - une piste de travail déjà évoquée par le gouvernement -, les rapporteurs proposent une « homogénéisation » de leur mode de calcul.

    Des mécanismes de réinsertion à travers du « travail rémunéré » pour les bénéficiaires du RSA. Pour les bénéficiaires du #RSA, le #plan_pauvreté va prévoir, entre autres, des mécanismes de réinsertion à travers du « travail rémunéré », « mais pas » à travers le bénévolat, a précisé la ministre. Plus généralement, la ministre a expliqué à propos du plan qu’on « ne transforme pas une société, dans laquelle il y a une proportion de Français très #pauvres depuis des années, en une année ».

    Le gouvernement parie sur une réforme du RSA. Emmanuel Macron présentera jeudi le « plan pauvreté », principal chantier social de son début de quinquennat, très attendu par l’aile gauche [sic] de sa majorité alors que la popularité de l’exécutif est au plus bas. Plutôt que de continuer à dépenser « un pognon de dingue » - la formule présidentielle avait fait jaser - sans résultats probants sur le retour à l’#emploi des plus pauvres, le gouvernement parie sur une réforme du revenu de solidarité active (RSA) pour permettre une sortie « plus efficace » de la précarité.

    À durer, se ramifier, s’approfondir, la segmentation, l’aléa et la crainte générale on usé le mantra socialiste 80’ de l’insertion (RMI). Il n’y a désormais plus d’intégration à promettre, celle ci étant l’affaire de chacun, appelé à se libérer du néant (les ceusses « qui ne sont rien » de la Station F), de la dépendance à l’assistanat (ah ce Darmon, et tant d’autres socio experts occupés à organiser la vie sociale... des autres), dans l’"activité" (RSA, auto entreprise, et tout le reste de la gamme des ponts de passage de l’actif, jusqu’au retraité sans ou à faible droit). Renversement partout, liberté nulle part, maintenant c’est leur « émancipation » contre la nôtre.

    #Agnès_Buzyn #précarité #aide_sociale ou #droits_sociaux


  • Occupation du groupe Ecran Total le lundi 4 juin à l’agence Pôle emploi de Villeurbanne
    https://rebellyon.info/Occupation-du-groupe-Ecran-Total-le-lundi-19335

    Rendez-vous était donné à 10h où un groupe d’une quinzaine de personnes composé de membres du collectif Ecran total et leurs soutiens ont investi l’agence. La volonté était de discuter avec les chômeu.rs.ses et les salarié.e.s en distribuant un texte de 4 pages et un tract d’une page (ci-joint) ; fruits d’une enquête de plusieurs mois sur la « dématérialisation » made in Pôle emploi.

    #Infos_locales

    / #Salariat_-_précariat, #Droits_sociaux_-_santé_-_services_publics, Informatique - Sécurité, Une

    #Informatique_-_Sécurité


  • Situation des 9 familles hébergées au foyer « Entraide protestante Pierre Valdo » à Bron : rassemblement les 12 et 14 juin
    https://rebellyon.info/Situation-des-9-familles-hebergees-au-19343

    Après la caserne Chabal, la résidence de la Sarra, c’est au tour du foyer de Bron de "sortir" les résident.es ! Un tri entre les 15 familles logées depuis novembre dans le foyer à été fait la direction du foyer sur décision préfectorale a demandé aux 9 familles « hors critères » de quitter les lieux sans proposition de logement. Les habitant-es et collectifs présents ce jour (Jamais Sans Toit, Secours Populaire, RESF Bron, MRAP Lyon1/4) vous invitent à 2 rendez-vous les mardi 12 et Jeudi 14 juin

    #Infos_locales

    / #Droits_sociaux_-_santé_-_services_publics, Une


  • Contre les violences et pour plus de moyens humains en psychiatrie, manif devant l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu le 12 juin
    https://rebellyon.info/Manif-devant-l-hopital-psy-St-Jean-de-19333

    Rendez-vous mardi 12 juin à 13h devant Saint-Jean-de-Dieu suite à la récente agression très violente à l’encontre de trois infirmières. Assez de violences à l’hôpital due au manque de moyens ! De l’humain pour faire du soin en psychiatrie !

    #Infos_locales

    / #Droits_sociaux_-_santé_-_services_publics, Une


  • A Vaulx-en-Velin, le commissariat municipale attaqué après l’annonce d’une série de mesures sécuritaires
    https://rebellyon.info/A-Vaulx-en-Velin-le-commissariat-19326

    Hélène Geoffroy, la maire de Vaulx-en-Velin, a saisi l’occasion d’une série d’incidents dans la ville sans lien entre eux a priori, pour annoncer jeudi 31 mai une série de mesures répressives pour plus d’un million d’€. Alors même que le manque de budgets sociaux ou éducatifs sont régulièrement dénoncés. Réaction immédiate : près de 100 personnes ont attaqué le commissariat municipal le lendemain.

    #Infos_locales

    / #Répression_-_prisons, #Droits_sociaux_-_santé_-_services_publics, #Manchette


  • Répression syndicale chez Descours et Cabaud à St Fons : appel à rassemblement le jeudi 7 juin
    https://rebellyon.info/Repression-syndicale-chez-Descours-et-19329

    Après le licenciement abusif de notre camarade Norddine ce samedi, un nouveau camarade de l’entreprise qui était en grève lundi pour dénoncer les mauvaises conditions de travail et la répression qui sévit dans l’entreprise vient d’apprendre aujourd’hui sa mise à pied à titre conservatoire. C’est pourquoi l’Union Locale CGT de Vénissieux appelle l’ensemble des organisations et militants à participer au rassemblement devant l’entreprise le Jeudi 07 juin 2018 à 11h30 à Descours & Cabaud au 24 rue Fos-sur-Mer à Saint-Fons (Port Edouard Herriot)

    #Infos_locales

    / #Droits_sociaux_-_santé_-_services_publics, Une



  • Darmanin relance l’idée du versement social unique - Boursorama
    https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/darmanin-relance-l-idee-du-versement-social-unique-c972b512ecf90adce4e11

    PARIS (Reuters) - Gérald Darmanin a évoqué mardi la création d’une allocation sociale unique, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, dans le but d’améliorer l’efficacité du système français de protection sociale.

    « Il faut faire une aide sociale unique et il faut, une fois qu’on a cette aide sociale unique, avoir cette différence avec le salaire » afin d’éviter les « trappes à inactivité » et la multiplication d’allocations « parfois contradictoires dans leurs objectifs », a déclaré le ministre de l’Action et des Comptes publics sur RTL.

    #Réforme qui vient. Un ensemble de #droits_sociaux : des « aides sociales individualisées ». #RSA #APL

    • La refonte des aides sociales, chantier miné pour Macron
      https://lemonde.fr/politique/article/2018/05/30/la-refonte-des-aides-sociales-chantier-mine-pour-macron_5306914_823448.html

      C’est désormais un nouveau chantier que le président de la République veut ouvrir, pour parfaire cette démarche : celui des aides sociales. « Il ne s’agit pas de toucher aux aides sociales comme les allocations handicapé, parent isolé ou minimum vieillesse, trois aides que nous avons décidé d’augmenter », se dépêche-t-on de préciser à l’Elysée. « Ni à leur montant, il a été voté », ajoute Benjamin Griveaux. « En revanche, il faut se demander : est-ce que les aides sociales ciblent les bonnes personnes ? Faut-il les simplifier ? », poursuit le porte-parole du gouvernement.

      Avant le séminaire de mercredi, plusieurs membres du gouvernement ont abordé le sujet, de manière parfois désordonnée, à l’image des divergences apparues entre le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, et son collègue du budget, Gérald Darmanin. Reste que, au-delà de ces « couacs » de communication, le dossier est bel et bien sur la table du gouvernement. « Le nombre d’allocataires du RSA a augmenté de 50 % en dix ans. Et 50 % d‘entre eux sont au RSA depuis plus de quatre ans. Beaucoup d’entre eux attendent plus de six mois un rendez-vous pour pouvoir être accompagnés vers le retour à une activité. C’est absurde », a ainsi confié Edouard Philippe au JDD. Pour le premier ministre, « on a trop longtemps cru qu’il suffisait d’indemniser des personnes sans ressources pour les réinsérer ».

      « L’OBJECTIF, CE N’EST PAS DE FAIRE DES ÉCONOMIES POUR FAIRE DES ÉCONOMIES », AGNÈS BUZYN
      Sur RTL, mardi 29 mai, Gérald Darmanin a estimé qu’il y avait « trop » d’aides sociales en France, et qu’« elles sont parfois contradictoires ». Il faut, a poursuivi le ministre des comptes publics, « revoir » certains dispositifs censés favoriser le retour à l’emploi, qu’il juge trop peu « incitatifs ». Et de citer la prime d’activité attribuée aux travailleurs modestes qui, a-t-il argué, coûte à l’Etat 6 milliards d’euros par an contre 4 milliards en 2016, alors que la croissance est de retour. Une prime que le candidat Macron avait pourtant promis de revaloriser de 50 % et qui est censée augmenter de 20 euros par mois à compter d’octobre…

      Lire aussi : Darmanin recadre Le Maire, avec la bénédiction de l’Elysée et de Matignon

      La transformation du modèle social français voulue par le chef de l’Etat devrait aussi être l’occasion de faire des économies. Certes, les comptes publics se sont améliorés depuis un an, mais c’est avant tout grâce à une conjoncture favorable aux recettes, et cela ne permet pas à la France de respecter ses engagements européens.

      Emmanuel Macron s’est engagé à baisser de trois à quatre points, d’ici à la fin du quinquennat, le taux de dépenses publiques rapportées au produit intérieur brut. « L’efficacité de l’action publique sera un sujet du séminaire », dit-on à Matignon. En s’inspirant des conclusions du comité d’experts CAP (Comité action publique) 2022, qui doit être remis en juin, et des propositions des différents ministres, le gouvernement souhaite décider rapidement des mesures qu’il retiendra dans son budget 2019.

      « L’objectif, ce n’est pas de faire des économies pour faire des économies, mais de faire des économies sur ce qui ne marche pas et d’investir sur ce qui fonctionne », a avancé Agnès Buzyn, dimanche 27 mai. Pas question de refaire l’erreur des APL, lorsque l’exécutif a décidé, à l’été 2017, de le réduire de 5 euros par mois pour des raisons purement budgétaires alors qu’au même moment il allégeait l’impôt sur la fortune. Ce qui a contribué à l’époque à faire d’Emmanuel Macron, pour une partie des Français, le « président des riches ».

      « Depuis vingt ans, les majorités successives ont saupoudré, subventionné, multiplié les plans et organisé méthodiquement l’aumône républicaine d’un Etat-providence sans boussole », écrit le porte-parole du gouvernement dans une tribune dans Le Parisien du dimanche 27 mai, « à ceux qui chaque jour interpellent le gouvernement sur sa jambe sociale et qui voudraient que nous traitions par une dépense publique pavlovienne les symptômes d’un profond malaise social, je veux dire que nous attaquons les inégalités à la racine ». Reste à convaincre les Français.

    • 7 milliards d’euros économie en deux ans sur les drois sociaux : "Les minima sociaux sous la guillotine de Bercy", Canard Enchainé

      Une erreur dans l’article, ce ne sont pas 2,6 millions mais 6,5 millions de ménages qui ont vu leur aide au logement baisser de 5€/mois.

      Selon le Canard, Buzyn - après 1,3 milliard en moins pour les hôpitaux, 30.000 infirmières supprimées et rien pour les EHPAD - aurait refusé par écrit de réaliser de telles coupes.
      Et, suite à la publication, Buzyn dément l’existence de ce projet d’amputation là... à suivre, bien que lon sache déjà comment se feront - très classiquement (cf gvt PS successifs) une part des économies : "le gel en 2019 des prestations, dites « légalement indexées » (allocations familiales, retraites…), « pourrait rapporter 3,5 milliards d’euros »"
      https://seenthis.net/messages/695279

      Par ailleurs, ça brasse au ministère

    • Aides sociales : « pas question de faire des économies sur les plus vulnérables », assure [sans honte] Agnès Buzyn
      « Personne ne m’a demandé de trouver 7 milliards d’euros ».

      https://www.huffingtonpost.fr/2018/06/06/agnes-buzyn-dement-devoir-faire-des-economies-sur-les-aides-sociales_

      Difficile d’y voir clair dans les intentions du gouvernement concernant les aides sociales. Alors que le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérard Darmanin, juge qu’il en existe trop, et que l’hypothèse d’une réduction circule dans les couloirs de Bercy, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a démenti ce mercredi 6 juin devoir tailler dans ces aides à la demande de l’exécutif.

      Invitée sur RTL, la ministre a assuré qu’il n’était « pas question de faire des économies sur les plus vulnérables ». Dans son édition de ce mercredi, le Canard enchaîné affirme qu’Agnès Buzyn a été sommée par l’Elysée et Matignon d’économiser 7 milliards en deux ans sur les aides sociales. Un objectif que la ministre a démenti sans détour : « Personne ne m’a demandé de trouver 7 milliards d’euros ». Et d’insister : « je ne sais absolument pas d’où vient ce chiffre. Ça n’a jamais été envisagé ».

      [ Ça n’est pas du tout la stratégie du mé .. dit-elle sur RTL, avant de dire gouvernement] « La stratégie du gouvernement, c’est de s’intéresser aux personnes, pas au budget » [ sic ], a encore assuré la ministre, disant agir « pour éviter ce déterminisme social spécifique à la France [ sic ] ».

      Alors, comment expliquer cette cacophonie qui semble s’installer sur le sujet au sein du gouvernement ? « Chacun parle de son ministère, c’est normal que le ministre du Budget parle avec un prisme économique », a-t-elle assuré, tout en se disant ouverte à une réflexion sur l’organisation des prestations sociales en raison de leur illisibilité. « Notre système est devenu illisible et peut engendrer le non recours aux droits : c’est pour y remédier que nous avons le droit de le questionner », a-t-elle affirmé.

      Si elle n’est pas opposée à la mise en place d’une aide sociale unique, Agnès Buzyn a toutefois précisé qu’une telle idée reste, pour le moment, « extrêmement complexe à monter ».

      Une nouvelle aide à la garde d’enfant

      La ministre de la Santé a également évoqué le plan pauvreté que le gouvernement doit présenter au mois de juillet. Et selon Agnès Buzyn, celui-ci comprendra une nouvelle aide sociale, destinée aux femmes « qui n’ont pas les moyens de débourser un mois de garde d’enfant et qui, de fait, renoncent à un emploi ».

      « Ce tiers payant permettrait d’avancer le premier ou le deuxième mois de cette garde d’enfant et permettrait à ces femmes de retrouver un emploi », a-t-elle précisé, avant d’ajouter : « nous avons écouté des personnes (...) notamment des femmes seules qui disent ’je voudrais travailler, il faut que je débourse 600 euros pour une assistante maternelle le premier mois, et même si je gagne le Smic je n’ai pas ces 600 euros à mettre sur la table pendant un mois ou deux’ ».

      Emballage philanthropique : « éviter le non recours » ; « féministe », 600 euros de garde d’enfant offert un mois ou deux aux pauvresses pour la reprise d’un emploi. Sur ce dernier point, le cynisme se laisse lire, gagner le SMIC pour pouvoir ensuite payer 600 euros de garde d’enfant...

      #aristocrates_à_la_lanterne

    • « Toutes les allocations peuvent être discutées », annonce la ministre de la Santé, France intox
      https://www.francetvinfo.fr/sante/politique-de-sante/toutes-les-allocations-peuvent-etre-discutees-annonce-la-ministre-de-la

      « On ne doit pas s’acheter une bonne conscience avec les minima sociaux. Ils sont un filet de sécurité indispensable mais ils ne permettent plus de sortir de la pauvreté », « notre modèle social est grippé »


  • « Le secret de papier » concert de soutien au collectif #Jamais_Sans_Toit le mardi 29 mai
    https://rebellyon.info/Le-secret-de-papier-concert-de-soutien-au-19234

    Le mardi 29 mai à 19 h aura lieu un concert de soutien aux collectifs Jamais Sant Toit aura lieu salle Paul Garcin à Lyon. Les bénéfices iront soutenir les aides aux familles suivies par les collectifs des différentes écoles concernées.

    #Infos_locales

    / #Droits_sociaux_-_santé_-_services_publics, Une, Jamais Sans Toit, #Luttes_dans_les_écoles_pour_le_logement


  • Conseils en manif - Mai 2018
    https://rebellyon.info/Conseils-en-manif-Mai-2018-15935

    Prenons nos précautions quand on sort pour une manif, une action, ou autre. Face à la police, face à la justice... réduisons les risques ! Mise à jour du tract (dispo en pdf à la fin de l’article) de Témoins - la Caisse de solidarité.

    #Infos_locales

    / #Caisse_de_Solidarité_-_Témoins, #Répression_-_prisons, #Droits_sociaux_-_santé_-_services_publics, Une, #Fichage_-_ADN, #Loi_travail


  • Famille remise à la rue : nouvelle occupation de l’école Robert Doisneau
    https://rebellyon.info/Famille-remise-a-la-rue-nouvelle-19249

    Suite à la remise à la rue ce mardi 22 mai d’une famille sans abri, l’école Robert Doisneau (rue du Sergent Blandan) sert à nouveau de refuge. Le collectif Jamais sant Toit de l’école déjà fortement mobilisé en novembre poursuit sa volonté de faire entendre le droit inconditionnel au logement.

    #Infos_locales

    / #Droits_sociaux_-_santé_-_services_publics, Une, #Jamais_Sans_Toit, #Luttes_dans_les_écoles_pour_le_logement


  • Conseils en manif - Mai 2018
    https://rebellyon.info/Conseils-en-manif-mars-2016-15935

    Prenons nos précautions quand on sort pour une manif, une action, ou autre. Face à la police, face à la justice... réduisons les risques ! Mise à jour du tract (dispo en pdf à la fin de l’article) de Témoins - la Caisse de solidarité.

    #Infos_locales

    / #Caisse_de_Solidarité_-_Témoins, #Répression_-_prisons, #Droits_sociaux_-_santé_-_services_publics, Une, #Fichage_-_ADN, #Loi_travail


  • Sans « changement de situation » ni APL d’août 2017 à avril 2018 - La #CAF, un sévice social ? – Dijoncter.info
    https://dijoncter.info/?la-caf-un-sevice-social-262

    L’histoire arrivée à un étudiant messin est édifiante. En juillet 2017, il reçoit un mail de la CAF lui demandant un justificatif de domicile, donc il scanne et envoie par l’application Internet « Mon compte CAF » (pas vraiment très pratique) les factures de gaz et d’électricité prouvant qu’il occupe toujours son appartement. En octobre, aucune allocation logement n’est versée. Il envoie donc un mail à la CAF qui, bien qu’ayant reçu les factures de gaz et d’électricité, demande à présent un justificatif de domicile pour juillet et août. Il renvoie donc les mêmes factures scannées, pour l’été cette fois-ci.
    Arrive le mois de novembre : toujours aucun versement. La CAF, contactée par mail, demande à présent la quittance de loyer du mois de juillet pour réévaluer « les droits à allocation, notamment si le loyer a augmenté ». Comme il est peu probable qu’il ait diminué, il semblerait logique de maintenir l’allocation logement de l’année précédente (diminuée de 5 euros grâce à Micron).
    L’étudiant contacte l’agence immobilière et renvoie la quittance de loyer de juillet, par courrier, et aussi par mail, scannée en espérant toucher enfin ses cinq mois de retard d’allocation logement…
    Nous voici maintenant en 2018, au mois de janvier. Toujours rien. La CAF, relancée, répond par mail : « Nous avons contacté votre bailleur pour avoir des informations complémentaires pour la régularisation de votre dossier. » Et, bien entendu, ce n’est jamais la même personne qui répond au téléphone ou par mail, il y a seulement un prénom.
    Même par téléphone, il est impossible de savoir quelles sont les informations qui manquent.

    #APL #droits_sociaux


  • Les pistes explosives de Bercy pour réduire les aides sociales, Bertrand Bissuel, Le Monde, 18.05.2018
    Dans une note interne, que « Le Monde » s’est procurée, la direction du budget préconise de revoir le niveau de plusieurs prestations.

    Si le gouvernement ne sait pas comment s’y prendre pour réduire les dépenses publiques, il dispose d’une administration, prestigieuse mais crainte – voire honnie, parfois –, qui saura toujours lui souffler des idées : la direction du budget. Celle-ci a récemment formulé de « premières pistes d’économies » portant sur des dispositifs d’aide aux ménages, en général, et aux personnes démunies. Synthétisées dans un document qui s’intitule « Transformer les prestations sociales », que Le Monde s’est procuré, ces propositions seraient susceptibles – pour plusieurs d’entre elles – de provoquer un tollé si elles étaient mises en œuvre. Il ne s’agit que de « travaux techniques », qui ne se situent pas du tout au « niveau politique », fait-on valoir dans l’entourage du ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin. Mais l’inventivité des hauts fonctionnaires de Bercy pour alléger le montant de la facture peut cependant nourrir quelques inquiétudes.

    La direction du budget part du constat que les prestations sociales constituent « un poids croissant », représentant 26 % des dépenses publiques en 2016 (soit près de cinq points supplémentaires en une quinzaine d’années). « Plusieurs approches [sont] possibles pour maîtriser la dynamique », écrit-elle : ne plus indexer (totalement ou partiellement) la progression des aides à l’évolution des prix, « revoir les règles d’éligibilité », mieux prendre en compte le patrimoine des personnes dans le calcul de l’allocation, encourager le retour à l’emploi – par exemple en conditionnant l’octroi de certains minima sociaux « à des démarches actives de recherche » d’un poste, etc.

    Lire aussi : La hausse des dépenses sociales difficilement soutenable
    http://lemonde.fr/politique/article/2017/10/18/une-hausse-des-depenses-sociales-difficilement-soutenable_5202571_823448.htm

    Le document ne précise pas le montant d’économies induites par les diverses options esquissées, sauf dans un cas : le gel en 2019 des prestations, dites « légalement indexées » (allocations familiales, retraites…), « pourrait rapporter 3,5 milliards d’euros », sans que soient remises en cause les « revalorisations exceptionnelles » de certaines aides, décidées par le gouvernement d’Edouard Philippe (par exemple pour la prime d’activité). La direction du budget ne se place pas dans une optique strictement comptable : sa démarche vise également à améliorer le fonctionnement de dispositifs, dont elle rappelle les imperfections, à ses yeux.

    Allocation adultes handicapés (AAH)
    Des « disparités fortes » sont relevées entre départements dans l’octroi de cette aide. Il est, du coup, proposé de « maîtriser les flux d’entrée en [révisant] les critères d’attribution » et d’« uniformiser (…) les pratiques de prescription ». Les hauts fonctionnaires de Bercy suggèrent par ailleurs de « revoir plus périodiquement le stock » de bénéficiaires de l’AAH et d’« inciter effectivement à la reprise d’activité ».
    Allocation personnalisée pour l’autonomie (APA)
    Destinée aux personnes âgées qui ont de la peine à accomplir des gestes de la vie quotidienne, cette prestation est jugée « trop diluée et insuffisamment redistributive ». Il convient donc de la « recentrer (…) sur les publics prioritaires (…) pour garantir [sa] soutenabilité (…) dans un contexte de vieillissement démographique ». Les « plans d’aide » doivent également être modulés « en fonction du patrimoine » de la personne, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle, et non des seuls revenus. Les budgétaires de Bercy recommandent, par ailleurs, de se pencher sur « l’articulation de la prestation » avec les avantages fiscaux existants, par exemple l’abattement de 10 % sur les pensions dans le cadre de la déclaration d’impôt sur le revenu.

    Aides personnelles au logement (APL)
    Le dispositif comporte plusieurs limites, aux yeux de Bercy. Parmi elles, le fait que « les APL favorisent (…) les personnes inactives », à niveau égal de ressources. En outre, les « APL étudiants sont peu ciblées et ont trop peu d’effet redistributif », car le montant de la prestation « dépend très peu des ressources réelles (salaires et transferts intrafamiliaux) » des bénéficiaires. Dès lors, une réforme serait la bienvenue, en prévoyant le « non-cumul part fiscal et APL étudiants » – ce qui signifie que les intéressés devraient choisir : soit être rattachés au foyer fiscal de leurs parents, soit percevoir l’aide. Une idée maintes fois évoquée, mais jamais mise en œuvre, à ce stade, de crainte de provoquer des manifestations monstres d’étudiants. Le document formule d’autres pistes « à compter de 2020 », dont l’une est d’intégrer les minima sociaux et les prestations familiales dans la « base ressources » servant au calcul des APL.

    Bourses sur critères sociaux (BCS)
    Accordées aux étudiants « issus de foyers modestes », ces aides ont vu leur montant s’envoler (+ 60 % en dix ans), du fait du dynamisme de la démographie dans l’enseignement supérieur et d’un « rythme de revalorisation discrétionnaire, supérieur à l’inflation ». Le dispositif est « faiblement ciblé », pour la direction du budget, qui souligne que « le nombre de bénéficiaires (…) atteint désormais 27 % des étudiants ». Du coup, plusieurs solutions sont énoncées : « accroître le ciblage », par exemple en abaissant les plafonds de ressources ; geler les revalorisations des barèmes ou, « a minima, en limiter la progression » ; « renforcer le contrôle d’assiduité » – les jeunes qui ne vont pas en cours étant susceptibles de perdre l’aide.

    Des recommandations sont faites également au sujet du revenu de solidarité active (RSA), de l’allocation de solidarité spécifique (pour les chômeurs en fin de droits), le minimum-vieillesse, la prime d’activité et les prestations familiales. Le fait que la direction du budget phosphore sur le sujet n’est nullement une surprise. Dans un entretien accordé au Parisien, M. Darmanin avait déclaré, le 27 avril, que, parmi les sources d’économies, « il y a bien sûr le champ social, qui (…) doit être audité ». Le comité d’experts CAP22, chargé de remettre prochainement un rapport sur la réforme de l’Etat, explore cette thématique.

    Toute la question, désormais, est de savoir si les pistes développées par Bercy seront retenues ou non. Certaines d’entre elles ont peu de chance de prospérer, notamment celles consistant à étaler, voire à annuler les revalorisations exceptionnelles décidées en 2017 par le gouvernement d’Edouard Philippe. Dans l’entourage de M. Darmanin, on affirme que ce sont aux ministères concernés de faire des propositions pour rénover les dispositifs sociaux, tout en reconnaissant que celles-ci ont vocation à être confrontées à « l’expertise » de la direction du budget. Les arbitrages interviendront au cours de l’été, ajoute-t-on. Ils seront guettés avec une bonne dose d’appréhension dans l’opinion.

    #AAH #APL #APA #Bourses #Austérité #inégalités #revenu #guerre_aux_pauvres

    • Darmanin ne se contente pas d’abuser de son pouvoir à l’encontre de femmes de son entourage. Il est aussi en charge d’écraser d’autres faibles, les #pauvres.
      Ici, c’est le traditionnel ballon d’essai de la fuite organisée (une collaboration État/media, et nul hasard à ce que le détails du rapport soit très sommairement résumé quant au #RSA par exemple) pour tester les réactions, qui sera suivi de mesures estivales. Avant de faire l’objet de nouvelles mesures.
      Un des éléments de langage : « 26% des dépenses publiques vont aux dépenses sociales » masque totalement la dépendance partielle de nombreux non pauvres à ces dépenses sociales (allocations familiales, prestation d’aide au jeune enfant, par exemple) pour les imputer aux losers et autres parasites.
      Sous couvert de rationalisation, une des dispositions clé sera sans doute d’intégrer une prise en compte rigoureuse de « l’épargne » dans le calcul des droits, ce qui n’intervient qu’à la marge aujourd’hui.

      Leurs premiers de cordées de la haute fonction publique, je les voit tenant chacun plusieurs cordes auxquelles sont suspendues par le cou des grappes de mères célibataires, d’étudiants sans le sou, de chômeurs en activité à temps réduit ou pas, de vieux et vieilles et d’une foule d’autres riens.
      #brutes #abus_de_faiblesse #verrou #épargne #minstère_du_budget #prime_d'activité #minimum_vieillesse #droits_sociaux (et pas « aides » comme on nous le répète sans cesse pour ancrer l’idée que c’est « facultatif »).


  • Journée d’action unitaire de la fonction publique le mardi 22 mai
    https://rebellyon.info/Journee-d-action-unitaire-de-la-fonction-19205

    Grande journée de lutte contre la casse des services publics par le gouvernement à travers le projet CAP 2022. Tou·tes les agent·es de la fonction publique sont appelé·es à la grève. Manifestation à 10h, nous partirons de la place Bellecour pour rejoindre la Préfecture. Appel de la CGT

    #Infos_locales

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