• Devenir une « #ville_éponge » : la solution de #Berlin face à la #sécheresse

    Face aux extrêmes climatiques, Berlin accélère sa mutation en « ville éponge », mêlant #végétalisation, #rétention_des_eaux et #mobilisation_citoyenne. Une ambition politique inédite qui essaime.

    Il est rare qu’une activiste environnementale se retrouve mandatée par ses « adversaires » pour mener la politique qu’elle défend. C’est pourtant ce qui est arrivé à la géographe Lisa Junghans dans le cadre du projet de transformation de la ville de Berlin en « ville éponge ».

    Après avoir travaillé pour une ONG spécialisée sur les questions d’#eau, elle a participé à l’initiative populaire #BaumEntscheid, en corédigeant une proposition de loi d’#adaptation de Berlin au #changement_climatique. « Nous comptions appeler les Berlinois à se prononcer via un référendum sur la question en septembre 2026. Mais, contre toute attente, le Sénat de Berlin a décidé de reprendre notre projet à 99 % et d’en faire une loi qui a été votée fin 2025 ! » raconte la jeune femme.

    Elle a depuis été nommée à la direction de l’Agence pour l’eau de pluie du Land de Berlin (Regenwasseragentur), un organisme assez récent qui joue un rôle important en tant qu’agence-conseil sur la gestion des #eaux_de_pluie pour les particuliers et les entreprises. « Ma nomination était pour le moins inhabituelle. Pour ma part, j’y vois une volonté politique de faire avancer les choses », explique-t-elle.

    Sur le papier, le concept de ville éponge est simple. Il s’agit de transformer le #piège_à_chaleur qu’est une ville classique, colonisée par la voiture, les routes et les nombreux espaces bétonnés, en un #piège_à_fraîcheur et à eau. Et ceci avec des moyens vieux comme le monde : la végétalisation du tissu urbain et la rétention maximale de l’eau. « Berlin est une ville assez verte irriguée par une rivière. On pense que la capitale et sa région s’en sortent bien. Mais ce n’est pas le cas et la situation se détériore. D’où notre réaction », précise Lisa Junghans.

    Comparé à Paris, et si l’on ne tient pas compte de leurs histoires très différentes dans cette mise en parallèle, Berlin pourrait faire figure de havre de verdure, avec 28 % de sa surface couverte par des espaces verts (12 %) et des bois (16 %) ! Pendant que seulement 5,6 % de la surface de Paris est recouverte d’espaces verts.

    Récupérer l’eau

    En réalité, la région Berlin-Brandebourg est en situation de #stress_hydrique important. Le réchauffement climatique, associé à une pluviométrie naturellement faible, renforce la succession dévastatrice d’épisodes de sécheresse et de pluies violentes. Par ailleurs, la #consommation_d’eau est poussée par de nouvelles implantations industrielles, telle la Gigafactory de Tesla et ses sous-traitants.

    « L’arrêt de l’extraction du charbon des mines à ciel ouvert de lignite de la Lusace, au sud de la capitale, est aussi une raison majeure », ajoute Lisa Junghans.

    Pour être parfaitement exploitées, les couches de lignite doivent en effet être sèches et libres des eaux souterraines. Pour cela, et depuis le XIXe siècle, des milliers de pompes ont évacué près de 58 milliards de m3 d’eau dans la #Spree, explique un rapport de l’Agence fédérale pour l’environnement (UBA) qui a fait grand bruit lors de sa publication en 2023 : « Une bonne moitié de l’eau qui coule aujourd’hui dans la Spree près de Cottbus provient d’eaux souterraines pompées. Pendant les mois chauds d’été, cette proportion augmente jusqu’à 75 %. » Or, avec la « sortie » totale du charbon d’ici à 2038 et l’arrêt progressif des mines, le pompage sera bientôt complètement stoppé. Berlin tire pourtant de 50 à 75 % de son #eau_potable de la Spree !

    La même année, Berlin a commencé à mettre en place un #Masterplan_Wasser (Schéma directeur de l’eau) qui prévoit la construction de nouvelles #stations_d’épuration, ainsi que le forage de nouvelles sources. Par ailleurs, tout nouveau projet immobilier doit « végétaliser » une partie de ses toits et conserver les eaux de pluie. Libre au promoteur de construire des bassins, d’irriguer des espaces verts ou d’opter pour l’infiltration dans le sol.

    Plusieurs projets de taille ont enfin été lancés. La construction d’un vaste système de #récupération d’eau par rigoles sous la prestigieuse place du Gendarmenmarkt au cœur de Berlin. Ou celle d’un bassin de 16 750 m3 pour éviter que le trop-plein d’eaux usées ne se déverse dans les rivières en cas d’orages violents. Mais tout ceci est insuffisant.

    Désimperméabiliser Berlin

    D’où la mise en œuvre du concept de ville éponge : « La nouvelle loi a pour objectif que 200 000 arbres soient plantés par la ville et ses habitants dans les prochaines années, détaille Lisa Junghans. Il est aussi prévu de créer des #îlots_verts tous les 150 mètres. Et surtout, 50 % des #espaces_publics doivent être déconnectés du réseau d’assainissement d’ici à 2040, avec une #désimperméabilisation des #sols en conséquence. C’est très ambitieux. »

    L’administration municipale a dix-huit mois pour se préparer avec un lancement des grandes manœuvres à partir de 2027. Mais les quartiers de Berlin, cheville ouvrière du processus, sont déjà sur la brèche, comme dans celui de Charlottenburg-Wilmersdorf.

    « Dans la Sömmeringstrasse, par exemple, nous avons renforcé les #pistes_cyclables puis désimperméabilisé et végétalisé une partie des trottoirs. Ce qui nous a conduits à supprimer pas mal de #places_de_parkings. Et quand on supprime des places, c’est le #conflit garanti », explique Jochen Flenker, responsable des #espaces_verts de ce quartier de l’ouest peuplé de 350 000 habitants. Charlottenburg est le seul quartier de Berlin qui possède encore une pépinière municipale qui alimente ses espaces verts et permet au quartier de fournir des plants gratuits aux habitants qui le demandent.

    La mairie de quartier s’est fixé entre 1 000 et 5 000 m² de désimperméabilisation par an. Cela paraît peu. Mais c’est beaucoup : « Un égout végétalisé de quelques mètres carrés conduit 20 % de l’eau dans les canalisations, mais en infiltre 80 % dans la terre et peut drainer une surface de plus de 500 m2 », précisent les services de l’Agence pour l’#eau_de_pluie.

    Les voisins acteurs d’initiatives

    Ingénieur agronome, Jochen Flenker croit dur en l’avenir de la capitale-éponge. Mais il sait que Berlin en est à ses débuts : « C’est un combat incessant qui doit conduire à un changement de perspective à tous les niveaux. Prenez la question de la maintenance des sols de l’espace public. Mon quartier reçoit de la ville 3 euros par an pour 1 m² d’asphalte ou de béton, mais seulement 0,72 euro pour 1 m² d’espace vert. Ce devrait être l’inverse. Heureusement qu’il y a de nombreuses associations locales qui nous facilitent la tâche et ouvrent parfois le chemin », explique-t-il.

    Il évoque notamment l’initiative #Fritschestrasse, lancée par deux voisins et copains hauts en couleur : Jörg Winners, producteur de films, et Hans Jürgen Zschäbitz, corniste retraité de l’orchestre du Deutsches Oper.

    Coupée en deux par le grand boulevard de la Bismarckstrasse, le segment nord de la Fritschestrasse, où l’on retrouve quelques immeubles wilhelminiens, est un microcosme bien rafraîchissant. « Notre projet est parti de rien, pendant le Covid. Nous avons décidé de verdir les parterres d’arbres de la rue, de les entourer avec des pierres et d’installer des bancs ici et là. Mais aussi un “mini-parc” dégoulinant de verdure qui occupe deux places de parking », se rappelle Jörg Winners.

    Puis le groupe de voisins a grandi et l’action s’est structurée : « Chaque #arbre a un parrain ou une marraine qui veille au grain. C’est essentiel pour la pérennité du projet et de l’engagement. En 2023, nous avons installé plusieurs réservoirs le long des murs qui récupèrent une partie de l’eau de pluie. Chacun peut ainsi arroser à son gré », explique Hans Jürgen Zschäbitz en montrant un grand monolithe doté d’un robinet et devant lequel attendent des arrosoirs.

    Mais les deux compères, qui travaillent depuis activement avec Jochen Flenker et ses services, ne se sont pas arrêtés là. « Nous avons conçu un parterre entouré de branchages, d’une haie sèche, bordée de deux grosses pierres faites pour les chiens et qui évitent que l’urine ne tombe sur les plantes. Cela marche tellement bien qu’il y en a maintenant une cinquantaine et le quartier a officiellement adopté le modèle pour tous les futurs parterres du quartier », ajoute Jörg Winners.

    Il évoque ainsi le passage fréquent de journalistes, mais aussi de délégations d’autres villes, au point que l’initiative, déjà primée, est désormais reprise dans plusieurs autres villes, dont Hamburg, sous le nom du modèle berlinois. « Notre prochain objectif est d’augmenter les espaces verts en réduisant le nombre de voitures via la mise en place un système d’autopartage pour le voisinage », disent les deux amis avant de partir arroser leur rue.

    https://reporterre.net/Devenir-une-ville-eponge-le-combat-de-Berlin-contre-la-secheresse
    #urbanisme #aménagement_du_territoire #pluie

  • Mégaferme à #saumons : le projet contesté est autorisé par la préfecture de #Gironde

    Par un arrêté du 4 août, la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a accordé l’#autorisation_environnementale au projet très contesté de méga-usine terrestre de saumons, au #Verdon-sur-Mer. Ce projet porté par la société #Pure_Salmon, financé par un fonds d’investissement singapourien, prévoit la construction d’une usine sur 14 hectares au bout de l’estuaire de la Gironde, pour produire 10 000 tonnes de saumons par an.

    « Ce projet présente un grand intérêt économique et industriel pour le territoire. Il est encadré par des prescriptions environnementales particulièrement exigeantes, que les services de l’État veilleront à faire respecter », affirme la préfète dans un communiqué.

    « Cette décision est irresponsable »

    Pas de quoi rassurer les habitants, associations et élus opposés à la construction de l’usine. « Cette décision est irresponsable, surtout dans le contexte de mégafeux et de sécheresse que connaît la Gironde en ce moment même », réagit Marc Porcheron, élu à Saint-Vivien-de-Médoc, une autre commune de l’estuaire. Plus de 2 millions de m3 d’#eau devront être prélevés dans les nappes souterraines chaque année pour alimenter l’installation, dont les eaux d’élevage et de refroidissement seraient ensuite rejetées dans l’estuaire.

    Le coanimateur du collectif #Usine_de_saumons_non_merci voit dans cette décision « un déni scientifique et démocratique ». Il pointe notamment l’avis défavorable rendu par le Conseil scientifique de l’estuaire de la Gironde, mais aussi la participation inédite à l’enquête publique, au cours de laquelle une grande majorité d’avis défavorables a été exprimée. Le commissaire enquêteur avait malgré tout rendu un avis favorable, de même que le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst).

    Cette #autorisation intervient alors qu’une proposition de loi soutenue par une centaine de députés, déposée en mars 2025 mais qui n’a pas été examinée depuis à l’Assemblée nationale, réclame un moratoire de dix ans sur ces #fermes-usines de saumons. Plusieurs associations ont d’ores et déjà annoncé leur intention de déposer un recours auprès du tribunal administratif de Bordeaux contre l’autorisation préfectorale.

    https://reporterre.net/Megaferme-a-saumons-le-projet-conteste-est-autorise-par-la-prefecture-de
    #poissons #France #élevage #pisciculture #industrie_agro-alimentaire #résistance

  • [Info « Splann ! »] #Pollutions d’Imerys #Glomel : la #préfecture oblige l’industriel à revoir sa gestion des eaux minières
    https://splann.org/imerys-glomel-prefecture-gestion-eaux

    Après plusieurs déversements d’eaux contaminées hors de la #mine d’andalousite de Glomel (22), l’État somme #Imerys de revoir son système de gestion des eaux. Les associations jugent la décision insuffisante. L’article [Info « Splann ! »] Pollutions d’Imerys Glomel : la préfecture oblige l’industriel à revoir sa gestion des eaux minières est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Artificialisation_des_terres #acide_sulfurique #Andalousite #centre-bretagne #Côtes_d'Armor #crazius #Douar_Bev #dreal #eau #eau_et_rivières_de_bretagne #écologie #effluents_acides #ellé #environnement #hydrologie #icpe #industrie #jean-yves_jégo #minerais #mines #multinationale #Nicolas_Forray #parquet_de_saint-brieuc #pollution #risques_industriels #rivière

  • Qui protège notre eau ?

    Les femmes sont celles qui vont chercher l’eau et qui en veillent à la préservation, mais elles ne jouent qu’un rôle limité dans la gouvernance de l’eau

    L’eau est un droit humain fondamental, reconnu par les Nations unies en 2010. Mais bien avant cette date, les femmes étaient souvent à la tête de mouvements de résistance pour défendre le droit à l’eau potable au sein de leurs communautés. Certaines l’ont payé de leur vie.

    C’est peut-être en Amérique latine que ce phénomène est le plus flagrant. C’est la région la plus meurtrière au monde pour les défenderesses de la terre et de l’eau, et c’est là que les femmes se trouvent souvent en première ligne des conflits environnementaux.

    Au Honduras, cela fait une décennie que Berta Cáceres, une dirigeante autochtone qui militait contre la construction d’un barrage dans sa communauté, a été assassinée pour son engagement. Peu après son assassinat en mars 2016, j’ai discuté avec Olivia Zuniga, la fille de Berta Cáceres, qui m’a confié que sa mère était considérée comme un « obstacle » et une « nuisance » par les promoteurs du projet. Elle a suivi les traces de sa mère et continue d’honorer son héritage à travers un militantisme de terrain.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2016/03/19/mission-internationale-justice-pour-berta-caceres/#comment-75200

    #eau

  • Le silence troublant de la France face au rôle des Émirats Arabes Unis au Soudan

    Combien de massacres faudra-t-il au Soudan pour que la France rompe le silence face au soutien des Emirats Arabes Unis aux Forces de Soutien Rapide ? Trois ans après le début du conflit entre les FSR et l’armée soudanaise, la perspective de nouvelles atrocités de masse se profile. La France devrait suspendre ses livraisons d’armes aux EAU et soutenir des sanctions européennes.

    Par Jean-Baptiste Gallopin, Conseiller principal, division crises, conflits et armes, Human Rights Watch

    Combien de massacres faudra-t-il au Soudan pour que la France rompe le silence face au soutien des Emirats Arabes Unis aux Forces de Soutien Rapide ? Trois ans après le début du conflit entre les FSR et l’armée soudanaise, la perspective de nouvelles atrocités de masse se profile. Les FSR, une force militaire autonome héritière des janjawid qui avaient dévasté le Darfour dans les années 2000 et qui a commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité à travers le Soudan, tentent aujourd’hui d’encercler El-Obeid, la plus grande ville de la région du Kordofan, qui abrite des centaines de milliers de déplacés.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/07/23/le-silence-troublant-de-la-france-face-au-role

    #france #soudan #eau

  • Les #prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023

    En 2023, 29,4 milliards de m3 d’eau douce ont été prélevés en France (hors production #hydroélectrique). Ce volume est comparable à celui de 2022 (29,3 milliards de m3).
    Parmi ces prélèvements, 81 % proviennent des eaux de surface, et 19 % des eaux souterraines. L’eau est prélevée pour différents usages : 45 % du volume est destiné au refroidissement des #centrales_électriques, 20 % pour l’alimentation des canaux de navigation, 18 % pour la production d’#eau_potable, 10 % pour l’#agriculture et 7 % pour les autres activités économiques. Depuis 2008, le volume total des prélèvements a nettement baissé (- 16 %), principalement sous l’effet de la baisse des usages industriels et du refroidissement des centrales électriques.

    https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/les-prelevements-deau-douce-par-usage-en-france-en-2023

    #visualisation #statistiques #chiffres #eau #France #eau_douce #usage #usages #électricité #nucléaire #énergie_nucléaire

  • Et si, #Grenoble se réconciliait (enfin) avec l’#eau ?

    Dans cet épisode, habitant-es, associations, professionnel-les interrogent notre rapport à l’eau et imaginent comment Grenoble pourrait renouer avec ses cours d’eau à horizon 2040. À travers les expériences de baignade urbaine dans l’Isère et le Drac, les #initiatives_citoyennes ou encore les réflexions autour de l’urbanisme et de l’#aménagement, les intervenant-es questionnent la place que nous accordons aujourd’hui à l’eau dans la ville.

    Comment transformer des rivières longtemps perçues comme dangereuses ou repoussantes en espaces de fraîcheur, de #santé et de #lien_social ?
    Cet épisode explore aussi les grands enjeux climatiques, sociaux et politiques liés au partage de l’eau : adaptation aux canicules, gestion des crues, accès gratuit à la fraîcheur, justice sociale ou reconnexion au vivant.

    Au fil des témoignages, une conviction émerge : renouer avec l’eau, c’est aussi transformer nos imaginaires et notre manière d’habiter la ville.

    Entre culture du risque, gouvernance collective et désir de réappropriation des rivières, cet épisode esquisse le futur d’une ville où l’eau redevient un bien commun, vivant et accessible à toutes et tous.

    https://podcast.ausha.co/ville-de-grenoble/et-si-grenoble-se-reconciliait-enfin-avec-l-eau
    #baignade_urbaine #réconciliation #rivière #gouvernance_de_l'eau #baignade_citoyenne #collectif_des_gens_qui_ont_chaud #les_gens_qui_ont_chaud #Drac #Isère #chaleur #fraîcheur #canicule #villes #urbanisme #urban_matter #qualité_de_l'eau #podcast #audio

  • Sans eau, les forêts arrêtent de capter du CO₂
    https://theconversation.com/sans-eau-les-forets-arretent-de-capter-du-co-286708

    La surface des feuilles est en partie couverte de stomates, de minuscules fentes qui peuvent s’ouvrir et se fermer. C’est par ces pores que le #CO2 pénètre dans l’#arbre. Ce déplacement du CO2 ne nécessite pas d’énergie à l’arbre. Il se fait naturellement du milieu où le CO2 est plus abondant – l’atmosphère – vers le milieu où il l’est moins, ici l’intérieur de la feuille.

    Mais l’ouverture des stomates ne permet pas seulement au CO2 d’entrer. Elle entraîne aussi une perte en #eau pour l’arbre, car les cellules de l’intérieur des feuilles sont bien plus riches en vapeur d’eau que l’atmosphère, et ce, même dans les régions les plus humides. C’est ce qu’on appelle la #transpiration des arbres. En moyenne, pour chaque molécule de CO2 absorbée par un stomate, environ 400 molécules d’eau s’échappent simultanément.

    Cette transpiration est nécessaire à la croissance et au métabolisme des plantes. Elle peut représenter jusqu’à plusieurs centaines de litres d’eau – l’équivalent de plusieurs baignoires – par jour selon la taille de l’arbre en saison de croissance, et plusieurs dizaines de milliers de litres par jour pour un hectare de #forêt. Ces grandes quantités d’eau sont puisées dans le #sol par les racines de l’arbre.

    Pour acheminer l’eau des racines jusqu’aux feuilles, les plantes ont besoin d’un système hydraulique performant. Le moteur de ce transport, à contre-courant de la gravité, est l’évaporation de l’eau au niveau des stomates. Celle-ci crée une tension qui « tire » les colonnes d’eau vers le haut, comme une paille géante, grâce à la forte cohésion des molécules d’eau entre elles.

    Ce principe a été formulé à la fin du XIXᵉ siècle par le botaniste irlandais Henry Horatio Dixon, et a ainsi été appelé « tension-cohésion ». Il explique comment la transpiration est un mécanisme passif, sans coût énergétique pour l’arbre.

    Pourtant, la tension nécessaire pour élever l’eau jusqu’à la cime des arbres est colossale. Imaginez que l’eau est aspirée comme à travers une paille de plusieurs dizaines de mètres, mais que cette paille est remplie d’obstacles : les parois des vaisseaux, les cellules… Résultat ? La force nécessaire pour faire monter l’eau jusqu’au sommet de l’arbre équivaut à celle qu’il faudrait pour pomper de l’eau d’un puits de plusieurs centaines de mètres de profondeur !

    Dans ces conditions extrêmes, l’eau se trouve dans un état dit « métastable », c’est-à-dire qu’elle peut brusquement passer à l’état gazeux si la tension augmente encore : si c’est le cas, c’est la #cavitation. Lorsque la cavitation survient, cela génère des bulles d’air dans ce réseau qu’on appelle le système hydraulique de l’arbre. Des embolies gazeuses empêchent alors la circulation de l’eau et le système hydraulique défaille. Les feuilles ainsi que les autres tissus de l’arbre se déshydratent progressivement, jusqu’à se dessécher de manière irréversible.

    La cavitation est un phénomène irréversible qui intervient lors des sécheresses extrêmes, souvent liées au manque de pluie combiné aux vagues de chaleur. Dans ces situations, d’une part, l’eau du sol est de plus en plus difficile à extraire au fur et à mesure que celui-ci s’assèche, on parle de sécheresse du sol. D’autre part, lorsque l’atmosphère chauffe, l’air devient plus desséchant et le moteur de l’évaporation au niveau des feuilles s’emballe, ce qui augmente la tension dans la plante et accélère la vidange du sol. On parle de sécheresse atmosphérique.

  • L’Autorité environnementale désapprouve le projet de l’État de déclasser les monts d’Arrée des zones vulnérables aux #nitrates
    https://splann.org/monts-darree-nitrates-autorite-environnementale

    Un « risque environnemental » : c’est ainsi que l’Autorité environnementale (AE) qualifie le projet de déclassement de neuf communes des #monts_d'arrée des zones vulnérables aux nitrates. Son avis vient conforter les inquiétudes exprimées par les élus et les associations face à cette possible déréglementation voulue par l’État. L’article L’Autorité environnementale désapprouve le projet de l’État de déclasser les monts d’Arrée des zones vulnérables aux nitrates est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Pollutions #aappma #agriculture #algues_vertes #aulne #bassin_loire-bretagne #Berrien #Botmeur #Brasparts #Brennilis #bretagne_vivante #claire_desmares #conseil_régional_de_bretagne #eau #eau_et_rivières_de_bretagne #effluents #élevage #epaga #épandage #Huelgoat #La_Feuillée #loïg_chesnais-girard #Lopérec #mélanie_thomin #pêcheurs #Plouyé_et_Saint-Rivoal #pollution #région_bretagne #terrarade

  • Les canicules plus précoces et plus intenses poussent à intensifier la baignade dans le #Grand_Paris

    Dès samedi 4 juillet et jusqu’à la rentrée, il sera possible de se baigner dans le bassin de #la_Villette, à Bercy au niveau du bras Marie, et à quelques centaines de mètres de la tour Eiffel, a annoncé la Mairie de Paris.

    Que les personnes en quête de #fraîcheur mais reparties bredouilles en s’approchant des pontons installés à Paris, ces derniers jours, se rassurent : il sera de nouveau possible de plonger dans la #Seine à partir du samedi 4 juillet, et pendant a minima deux mois. La saison officielle de baignade dans la capitale est lancée. Pendant près de dix ans, celle-ci était cantonnée au #bassin_de_la_Villette, dans le nord de la ville.
    Désormais, et pour la deuxième année, il est aussi possible de plonger dans le fleuve à Bercy, au niveau du #bras_Marie, et à quelques centaines de mètres de la Tour Eiffel. La possibilité de nager dans le #canal_Saint-Martin, sur une zone de 100 mètres, avait été exceptionnellement autorisée, les après-midi et en soirée, depuis le 16 juin, en raison des chaleurs étouffantes qui ont frappé la France et l’Europe. Les autres sites ouvrants, celui-ci doit, dès ce week-end, retrouver son rythme dominical d’avant canicule.
    Il y avait un certain satisfecit sur le visage des trois adjoints au maire (PS) de Paris venus détailler ces modalités à la presse, lundi 29 juin, sur les planches du ponton de Grenelle. Que n’ont-ils pas entendu, ces dernières années, au sujet du projet de rendre à nouveau la Seine baignable un peu plus d’un siècle après son interdiction.

    L’équivalent de dix piscines

    « Les dernières semaines ont prouvé que l’#accès_à_l’eau, et la baignade surtout, y compris en ville, sont nécessaires. Il répond à un #besoin_fondamental de se rafraîchir », a insisté Antoine Guillou, l’adjoint chargé notamment de l’axe Seine et des canaux sous cette nouvelle mandature, après avoir suivi l’#assainissement et la #propreté sous la précédente. « Plus personne ne remet le sujet en question », assure-t-il. « L’ouverture de ces sites extérieurs équivaut à la construction de dix piscines en dur », complète Maxime Sauvage, l’adjoint chargé du sport. Au vu des foules qui ont convergé vers les berges du canal Saint-Martin au plus fort de la vague de #chaleur, des réflexions émergent sur la possibilité d’aller plus loin. Pendant la campagne, Emmanuel Grégoire, désormais maire, a déjà promis d’ouvrir, d’ici à quelques années, une quatrième plage, à #Bastille, dans le #bassin_de_l’Arsenal, ont-ils rappelé.

    Quelques ajustements ont eu lieu par rapport à la première saison, dont la Ville assure qu’elle a attiré près de 100 000 personnes. Le site du bras Marie, aménagé initialement au pied de l’Ile-Saint-Louis, a été déplacé près du pont Louis-Philippe. La localisation d’origine crispait un certain nombre d’usagers économiques du fleuve, notamment les bateaux de promenade. Cent cinquante nageurs en simultané peuvent désormais être accueillis, chaque jour, de 8 heures à 18 heures. Plus à l’ouest, dans le bras Grenelle, la pataugeoire a disparu – trop sujette à la présence de bactéries –, mais la jauge grimpe à 200 personnes (dont 150 nageurs). Le site de Bercy, avec ses deux bassins, reste le plus important : 600 personnes, dont 300 à l’eau. Les plus jeunes sont accueillis partout, à condition qu’ils mesurent plus d’1,20 mètre. Les tout-petits ont leur espace à la Villette.

    Ces trois sites de baignade, comme ceux ouverts dans la #Marne, en amont, et les autres à l’étude ou en chantier sur les deux principaux cours d’eau franciliens, sont un héritage direct des Jeux de Paris 2024. L’ultimatum posé par la tenue d’épreuves dans la Seine a servi de puissant accélérateur à la réalisation de travaux d’#assainissement exigés depuis fort longtemps par la législation européenne, mais maintes fois reportés. Deux #stations_d’épuration ont été modernisées. Des ouvrages pharaoniques ont été réalisés en amont pour stocker les eaux de pluie. La chasse aux mauvais branchements des particuliers - dont les #eaux_usées sont rejetées dans les cours d’eau - se poursuit. Sur les 23 000 identifiés, il en reste près de 11 000 à traiter. En attendant, les campagnes de mesures de la #qualité ont repris. En juin, sur la vingtaine de journées étudiées, seules deux étaient impropres à la baignade.

    « Une année de transition »

    Les vagues de chaleur étant amenées à être plus précoces et à s’étirer dans la saison, en raison du réchauffement climatique lié à l’activité humaine, la question se pose de multiplier les sites de baignade en ville, de pouvoir les activer plus facilement, mais aussi d’imaginer d’autres cadres. Cette réflexion fait écho à ce qui se pratique par exemple en Suisse ou encore au Danemark. « L’année 2026 sera une année de transition pour aller vers un #modèle d’accès à l’eau plus libre », veut croire Clément Brun, docteur en urbanisme et aménagement et auteur d’une thèse sur la baignade à Copenhague. « En réponse à l’explosion de la fréquentation dans le port, une marge de tolérance est laissée à la population dans les endroits considérés comme non dangereux. Les contrôles de police ont lieu dans les endroits critiques. »

    En France, le sujet est notamment juridique, en plus de celui de devoir concilier différents usages (économiques, loisirs). Quand en Suisse, les baigneurs nagent dans le courant à leurs risques et péril, ici, le régime reste celui de l’#autorisation_avec_surveillance, ou de l’#interdiction. « La troisième voie, celle du “risques et périls”, existe mais elle peut malgré tout se retourner contre la collectivité », explique Antoine Guillou. Peut-on imaginer un nouveau #régime national où la baignade serait, à certains endroits, sécurisée mais non surveillée ? « En pleine canicule, ne pas pouvoir se baigner est un #risque. Ouvrir un site sécurisé non surveillé en est un autre. Cela mérite débat. » En attendant, l’ouverture d’autres sites est à l’étude, notamment au nord de la capitale, en Seine-Saint-Denis, sur le canal Saint-Denis et le canal de l’Ourcq.

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/06/30/les-canicules-plus-precoces-et-plus-intenses-poussent-a-intensifier-la-baign
    #canicule #baignade #Paris #France #rivière

  • Israele spinge il vino del Negev. Negando l’acqua ai palestinesi

    Anche l’enoturismo alla scoperta delle cantine del deserto è uno strumento del governo per perpetrare e normalizzare l’#apartheid. In Italia arriva la proposta di legge per fermare l’import

    La normalizzazione della pratica di apartheid da parte del governo israeliano passa anche per comunicati all’apparenza banali, diffusi in Italia da professionisti che lavorano al servizio dell’Ufficio nazionale del turismo di Tel Aviv occupandosi di ufficio stampa e pubbliche relazioni in lingua italiana.

    L’ultima notizia è il riconoscimento di un’indicazione geografica per i vini prodotti nell’area del Negev, dove sono censite oltre una trentina di cantine costruite nel deserto: l’agricoltura dipende dall’irrigazione e -come evidenzia la mappa pubblicata sul sito di Negev desert wine– in alcuni casi le aziende sono proprio a ridosso della Striscia di Gaza sotto assedio, in un territorio in cui l’acqua negata alla popolazione palestinese è un’arma. Secondo un rapporto di Medici senza frontiere pubblicato a fine aprile sono 2,1 milioni le persone colpite da scarsità idrica.

    Ecco allora che il titolo del comunicato stampa, quello che le agenzie sperano sempre di veder copia-incollato sui media, è grottesco: “Il Negev sulla mappa mondiale del vino”.

    La notizia è stata rilanciata a fine maggio anche dall’account social del governo israeliano e da quello del ministero del Turismo: “Let’s raise a glass to a new chapter in Israeli wine tourism” è il messaggio del reel. “In alto i calici per un nuovo capitolo per l’enoturismo in Israele”. Il copy si chiude con l’espressione “L’Chaim”, il tradizionale brindisi ebraico che si traduce letteralmente con “alla vita”. A quasi tre anni dall’inizio di una guerra che ha fatto almeno 70mila vittime suona grottesco.

    Com’è grottesco il tentativo in corso di collocare Israele nella mappa globale del vino: “Questo riconoscimento è destinato a rafforzare in modo significativo il posizionamento internazionale dei vini israeliani, grazie alla combinazione di una storia affascinante, sapori distintivi e innovazione agricola all’avanguardia. Con questo traguardo il Negev diventa la seconda regione vinicola in Israele a ottenere uno status ufficiale di denominazione, affiancandosi alla Giudea che ha aperto la strada alcuni anni fa. Questa denominazione colloca il Negev accanto ad alcune delle regioni vinicole più prestigiose al mondo, come Champagne, Chianti, Bordeaux e Napa Valley”, spiega il comunicato stampa.

    L’iniziativa è stata guidata dalla Merage foundation Israel, che ha promosso gli sforzi per affermare il Negev come destinazione internazionale per l’enoturismo: si tratta di un processo che ha richiesto circa quattro anni e si è concluso con il riconoscimento ufficiale della regione che si estende da Kiryat Gat, a Nord, fino a Eilat, a Sud. È sempre la fondazione Merage ad aver lavorato per la creazione di un consorzio tra le aziende attive nella regione desertica.

    Il comunicato cita le parole di Nicole Hod Stroh, direttrice dell’organizzazione: “Come persona che ha fatto Aliyah dalla Colombia (il ritorno degli ebrei in Israele, ndr) e che da molti anni si occupa dello sviluppo regionale e della crescita economica del Negev, considero l’enoturismo un’espressione moderna e significativa del sionismo contemporaneo -dice-. Non ho dubbi che nei prossimi anni il Negev diventerà una meta enoturistica ambita, al pari delle principali regioni vinicole del mondo”.

    Amnesty international in un report pubblicato a metà giugno sottolinea come “all’interno di Israele, le autorità hanno demolito circa cinquemila abitazioni dei villaggi beduini nella Regione desertica del Negev/Naqab, nel Sud di Israele, secondo il Comitato di governo avanzato per gli arabi del Naqab, un gruppo rappresentativo locale. Le località ebraiche in espansione erano amministrate da autorità separate. Oltre sessanta case sono state demolite nel villaggio di al-Sir, nel Nord-Est del Negev/Naqab, durante i mesi più caldi, lasciando per strada circa 1.500 persone beduine palestinesi con cittadinanza israeliana o sfollandole con la forza in alloggi inadeguati in township per soli beduini prive dei servizi essenziali”. Quello che accade viene definito non a caso apartheid.

    A metà maggio anche in Italia è stata intanto depositata una proposta di legge “finalizzata, in linea con il diritto internazionale, all’adozione di misure volte ad impedire l’importazione di beni e la fornitura di servizi provenienti dagli insediamenti israeliani situati nel Territorio palestinese occupato (Tpo), allo scopo di non favorire il consolidamento della presenza illegale israeliana nel suddetto territorio”, spiega l’articolo 1.

    E il vino è uno dei prodotti più esportati, evidenzia il report della campagna Stop al commercio con gli insediamenti illegali, da cui discende l’iniziativa di legge grazie all’impegno di una coalizione di 20 organizzazioni della società civile.

    “Non è stupefacente il fatto che Israele abbia un sistema di denominazioni d’origine e che le usi per aumentare la colonizzazione dei Territori occupati -spiega Michele Antonio Fino, professore di Fondamenti del diritto europeo, food law ed ecologia giuridica all’Università di scienze gastronomiche di Pollenzo-. Le denominazioni di origine nascono sempre all’interno di uno Stato perché è lì che si forma il primo nucleo di una reputazione: ovviamente il loro riconoscimento internazionale dipende da altro ma la strategia dietro a questa operazione è abbastanza chiara. A me non risulta che ci sia alcuna forma di riconoscimento internazionale, però, per come è scritto il testo dell’accordo Trips (Trade-related aspects of intellectual property rights), il meccanismo è quello di un mutuo riconoscimento delle indicazioni di origine tra gli Stati che hanno aderito all’Organizzazione mondiale del commercio. Se ne deduce che Israele può procedere da sola e poi pretendere il riconoscimento di questa denominazione negli altri Paesi ma questo non è la stessa cosa di dire che Negev è riconosciuta a livello internazionale”. È, insomma, una fuffa sionista.

    https://altreconomia.it/israele-spinge-il-vino-del-negev-negando-lacqua-ai-palestinesi
    #vin #Israël #eau #Palestine #désert_du_Néguev #écotourisme #tourisme #Néguev #irrigation #agriculture #vitictulture #tourisme_viticole #Merage_foundation_Israel #Tourisme_gastronomique #Kiryat_Gat #Eilat #Nicole_Hod_Stroh #sionisme

  • Projet « #Crimson_Thread » : Le nouveau #mur_de_séparation israélien qui traverse le « grenier de la Palestine »

    Le dernier mur érigé par Israël dans le nord de la #vallée_du_Jourdain coupe les agriculteurs palestiniens de leurs terres, détruit leurs récoltes et accélère leur déplacement.

    Khairallah Bani Odeh a l’impression de vivre dans une immense prison.

    Contraint de quitter ses terres dans le village d’#Atouf, au nord de la vallée du Jourdain, il s’est installé dans la ville de Tammoun, au sud de Tubas, après que les attaques des colons, les pénuries d’#eau et les #expropriations massives menées par Israël eurent rendu sa vie insupportable.

    Comme de nombreux Palestiniens du nord de la vallée du Jourdain, Bani Odeh vivait de l’#élevage de #moutons et de l’agriculture.

    Mais depuis qu’Israël a entamé la construction d’un nouveau mur de séparation et d’une route qui traverseront la #plaine_de_Buqe’aa, de vastes étendues de terres ont été englouties, bouleversant la vie quotidienne des habitants.

    Israël a baptisé ce projet « Crimson Thread ». Il prévoit la construction d’un mur de séparation de 22 kilomètres de long et 50 mètres de large, ainsi que d’une route parallèle, le long des terres situées à l’est de #Tubas.

    Le projet laissera de vastes portions de la plaine de Buqe’aa et de l’est de l’#Atouf derrière la route et le mur, empêchant ainsi les agriculteurs et les éleveurs d’accéder à leurs #terres_agricoles et à leurs #pâturages.

    Bani Odeh a déclaré à Middle East Eye que, dès le début des travaux, les colons israéliens avaient utilisé des bulldozers pour détruire les #canalisations_d’eau alimentant des centaines d’hectares de terres agricoles dans la plaine, causant ainsi des dégâts aux cultures et privant le #bétail d’eau.

    Pour de nombreuses familles, cela a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

    « Ils nous ont coupé l’eau, j’ai donc dû en acheter dans les villages voisins pour le bétail. Je devais parcourir de longues distances à pied pour aller chercher de l’eau. Puis ils ont brûlé l’orge et nous ont rendu la vie insupportable, si bien que nous avons été contraints de partir », a-t-il ajouté.

    Des dizaines de familles, dont celle de Bani Odeh, vivaient de l’élevage à Atouf, tandis que des centaines d’autres dépendaient de l’agriculture dans la plaine. Les habitants affirment que ces deux sources de revenus ont été anéanties par le nouveau projet.

    Trois mois après avoir quitté Atouf, Bani Odeh dit qu’il se sent toujours pris au #piège. Il peine à trouver des pâturages pour son bétail et rêve chaque jour de rentrer chez lui.

    Des cultures laissées à l’abandon

    Selon des estimations locales, plus de 20 000 dunams (2 000 hectares) sont menacés par la #sécheresse ou endommagés en raison des #pénuries_d’eau.

    De nombreuses familles d’Atouf et de #Ras_al-Ahmar dépendent de l’élevage. À mesure que les pâturages rétrécissent et que l’#accès_à_l’eau se restreint, les agriculteurs craignent une baisse du cheptel et une hausse des coûts de production.

    Anis Bisharat entretenait autrefois avec soin ses champs de melons, de gombos, de concombres et de courgettes. Mais après la coupure des conduites d’eau, ses cultures ont commencé à dépérir, l’#irrigation étant devenue impossible, ce qui a entraîné des pertes importantes.

    « En plus de la coupure d’eau, ils ont fermé la #route que nous empruntions pour rejoindre la plaine. Désormais, nous devons parcourir deux fois la distance et payer deux fois le prix du carburant », a-t-il déclaré à MEE.

    Muhammad Gharaibeh, un autre agriculteur, affirme qu’un colon a établi un avant-poste au sommet d’une colline surplombant la plaine de Buqe’aa et qu’il s’en est pris à plusieurs reprises à l’agriculture locale.

    « Cette plaine est le grenier de la Palestine, et la plupart des #fruits et #légumes distribués en Cisjordanie proviennent d’ici », a-t-il déclaré.

    « Mais aujourd’hui, ils ont un projet de grande envergure qui prévoit non seulement la construction d’une route, mais aussi l’expropriation de plus de 70 000 dunams. Nos pertes sont énormes, car les cultures ont besoin d’irrigation et d’entretien, et on les a laissées se dépérir », a-t-il ajouté.

    Les agriculteurs tentent de sauver les cultures situées à proximité avec le peu d’eau dont ils disposent, mais les champs plus éloignés ont pour la plupart été laissés à l’#abandon et se dessèchent.

    « Plus de 40 000 dunams de cultures sont désormais privés d’eau. Mes cultures n’ont pas été arrosées depuis deux semaines, et ce n’est que le début de la saison estivale caniculaire, ce qui signifie que toute la récolte sera perdue », a-t-il déploré.

    Selon les données préliminaires du conseil du village d’Atouf, 24 000 dunams appartenant à environ 300 agriculteurs sont menacés par la sécheresse et subissent des dégâts en raison des opérations de déblaiement en cours.

    La zone touchée représente environ un quart de la plaine de Buqe’aa, qui s’étend sur 96 000 dunams.

    « Il ne reste plus rien »

    En novembre dernier, le journal israélien Haaretz a révélé les détails du projet « Crimson Thread », le décrivant comme une #route_militaire et un mur de séparation s’étendant à travers les terres palestiniennes, du village d’#Ein_Shibli, dans la vallée centrale du Jourdain, jusqu’au poste de contrôle militaire de #Tayasir.

    À la suite de cet article, les autorités israéliennes ont émis des ordres de #saisie_militaire portant sur 1 042 dunams de terres palestiniennes situées le long du tracé de la barrière prévue.

    Depuis le début de cette année, des bulldozers travaillent sans relâche sur ce projet qui, selon les habitants et les experts, isolera de vastes étendues de terres et rendra des milliers de dunams supplémentaires inaccessibles aux Palestiniens.

    L’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem a indiqué dans un rapport publié en avril que la vallée du Jourdain figurait parmi les zones où la présence palestinienne est la plus fortement restreinte, bien qu’elle représente environ 30 % de la #Cisjordanie occupée.

    Selon ce rapport, 62 communautés palestiniennes des zones B et C, où vivent plus de 4 100 Palestiniens, avaient été déplacées en avril en raison à la fois des violences commises par les colons et des restrictions imposées par Israël.

    L’organisation de défense des droits humains a également indiqué que 53,4 % de la vallée du Jourdain ont été classés en « #terres_d’État », 45,7 % en zones militaires de tir et d’entraînement, et environ 20 % en réserves naturelles.

    Mu’taz Bisharat, spécialiste des colonies, a déclaré à MEE que les développements dans la vallée du Jourdain s’apparentent à un renforcement du contrôle israélien sur de vastes zones et menacent la présence continue des communautés palestiniennes dans cette région.

    Il a indiqué que de nombreuses familles avaient déjà été déplacées et a qualifié la destruction des infrastructures hydrauliques d’attaque contre les fondements mêmes de la vie dans la région.

    « Il n’y a plus d’agriculture », a-t-il déclaré.

    « Aujourd’hui, 70 % des terres de cette région ont été perdues en raison des crimes cumulés commis par l’occupation israélienne contre le peuple palestinien, la présence palestinienne et l’agriculture palestinienne. Il ne reste plus rien pour les citoyens palestiniens », a-t-il ajouté.

    M. Bisharat estime que cette nouvelle route vise à établir de nouvelles frontières dans la vallée du Jourdain et à isoler davantage la région du reste de la Cisjordanie occupée.

    « Aujourd’hui, le processus d’#annexion se déroule sur le terrain sous les yeux du monde entier », a-t-il déclaré.

    « Il a été suspendu dans les médias, mais il ne s’est pas arrêté sur le terrain. »

    https://www.france-palestine.org/Projet-Crimson-Thread-Le-nouveau-mur-de-separation-israelien-qui-t

    #murs #barrières_frontalières #Israël #Palestine #Cisjordanie #terres #agriculture #Plaine_de_la_Bekaa #émigration

  • 1700 rivières sous pression : la carte inédite de la pollution chimique des cours d’eau en France

    Alors que la France va à nouveau rater en 2027 l’objectif européen de bon état de ses cours d’eau, une enquête de Mediacités et Reporterre permet de visualiser pour la première fois l’ampleur de la pression exercée par les #micropolluants sur le territoire.

    Elles courent tantôt à travers champs, tantôt à travers bois. Sur 16 kilomètres, les eaux tranquilles de la Launette longent un château du XVIIIe siècle, une abbaye royale et même le tombeau de Jean‐Jacques Rousseau. Mais la carte postale ne montre pas tout. Elle masque les nombreuses substances invisibles que charrie la petite rivière de l’Oise. #PFOS, #diflufénicanil et autres #pesticides, et même un médicament : entre 2022 et 2024, la station de surveillance installée sur ce cours d’eau a relevé 16 molécules au‐dessus des seuils de risque européens et français en vigueur. La Launette est un cas d’école, elle arrive en tête de notre classement des rivières subissant la plus forte pression des micropolluants.

    Ce triste palmarès est le fruit de plusieurs mois d’enquête et d’une plongée dans les millions de données des agences de l’eau. Mediacités et le média de l’écologie Reporterre se sont associés aux collectifs We Report et Mémoire Vive pour produire une carte inédite de la pollution chimique des cours d’eau en France. Établie à partir des données publiques des stations de surveillance [consulter notre méthodologie], notre carte montre les dépassements annuels des seuils de risque par famille de substance et par micropolluant entre 2022 et 2024.

    Le constat est inquiétant. Pesticides, métaux et autres #produits_chimiques toxiques voyagent allègrement dans nos rivières : 1 691 cours d’eau en France ont enregistré au moins un dépassement pour un polluant sur la période étudiée. Soit les trois quarts des rivières pour lesquelles une mesure est disponible.

    Cette pollution est nationale : près de huit stations sur dix mesurant ces substances sur les cours d’eau en France présentent au moins un dépassement. Elle est aussi multiple : sur les 189 substances retenues dans notre enquête, 79 dépassent la valeur seuil au moins une fois. Notre analyse, qui porte sur les moyennes annuelles, permet de mettre en évidences les pollutions chroniques et le cumul des pressions toxiques exercés sur les cours d’eau. Avec le risque d’un« effet cocktail  » [lire plus bas], qui pèse de plus en plus sur l’avenir de nos rivières.

    Rendez‐vous manqué

    Un bilan «  très mauvais  », lâche la députée écologiste Julie Ozenne, co‐rapporteure d’une mission d’information de l’Assemblée nationale sur l’état des cours d’eau en France. «  On n’atteindra jamais les objectifs qu’on s’était fixés avec l’Europe  », constate‐t‐elle. Depuis la mise en place de la #directive_cadre_sur_l’eau (#DCE) en 2000, le cadre de référence pour tous les pays de l’Union européenne, Bruxelles a fixé un calendrier à ses États membres pour restaurer le «  bon état  » de leurs cours d’eau. L’objectif, ambitieux, était initialement fixé pour 2015 avant d’être maintes fois repoussé. En 2027, date de la prochaine échéance, le rendez‐vous sera encore raté pour la plupart des pays européens. Contacté, le ministère de la Transition écologique n’a pas répondu à nos questions.

    En France, l’état des cours d’eau a même régressé dans plusieurs bassins depuis 2019. Pour le seul bassin Loire‐Bretagne, 21 % des cours d’eau présentent un bon état écologique, trois fois moins que l’objectif initialement fixé pour 2027. Un tiers de ses rivières ne sont pas en bon état chimique. Certes, l’urbanisation, qui altère fortement la morphologie des cours d’eau, est l’une des principales causes du mauvais état écologique des cours d’eau. Les nitrates, issus principalement des engrais agricoles, contribuent aussi fortement à cette dégradation.

    Mais l’impact de la #pollution_chimique reste très important sur l’état de nos rivières. Surtout pour les petits cours d’eau, dont le faible débit ne permet pas de diluer les polluants. À l’image de la Launette. «  Le problème, c’est que dès sa source, là où ce n’est encore qu’un tout petit petit cours d’eau, il y a déjà le gros de la pollution qui arrive  », explique Clara Morvan, directrice technique du syndicat de rivières local. «  Tout le pluvial va dans la rivière  », et avec ce ruissellement, «  beaucoup de choses arrivent, comme les #hydrocarbures_aromatiques_polycycliques (#HAP) ou les pesticides  ».

    HAP, métaux, #métalloïdes et #minéraux, pesticides, substances industrielles et #médicaments : notre carte de France offre un aperçu des molécules dépassant le plus souvent les seuils applicables, que nous avons classées par grandes familles.

    #Métaux_lourds : des #mines aux #engrais

    #Arsenic, #cuivre, #zinc… Les métaux et métalloïdes arrivent largement en tête de notre classement par substance. Tout sauf une surprise : en 2021, une vaste étude menée par Santé publique France montrait que la quasi‐totalité de la population française est exposée à ces métaux, essentiellement via l’#alimentation. Naturellement présentes dans la nature – on parle alors de fond géochimique – ces substances proviennent aussi largement des activités humaines : activité minière [lire par ailleurs notre enquête sur le retour des mines de cuivre dans le Beaujolais] ou encore utilisation agricole. Elles peuvent avoir des effets néfastes sur la #santé, notamment sur les reins, les os, le système cardiovasculaire ou favoriser certains types de cancer. A l’image de l’arsenic, de loin celle qui affiche le plus de dépassements dans notre jeu de données (3082 dépassements, plus de 60 % des mesures pour ce polluant).

    Très médiatisé ces derniers mois, après la parution en mars 2026 d’une étude de l’Anses mettant en évidence une «  imprégnation forte et croissante  » de la population française, le #cadmium apparaît également dans nos données, avec un taux de dépassement proche de 1 %. Ce métal lourd est cancérogène et augmente les risques d’#ostéoporose. Il est notamment présent dans les #engrais_phosphatés utilisés par les agriculteurs. Début juin, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi abaissant les teneurs en cadmium dans ces engrais.

    #Hydrocarbures : des cheminées aux rivières

    Notre carte met aussi en évidence l’omniprésence des substances de la famille des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ces composés organiques sont des polluants persistants, toxiques pour les humains et s’accumulant dans les tissus vivants. Ils sont issus principalement des opérations de combustion, d’usines ou de particuliers, comme le chauffage au bois.

    Selon Marina Coquery, directrice de recherche en chimie environnementale à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), les HAP ont comme particularité d’être émis parfois à une grande distance des cours d’eau. «  Ce sont des apports atmosphériques diffus, souvent urbains, qui vont être redéposés par temps de pluie sur des surfaces imperméabilisées et ruisseler jusqu’aux cours d’eau  », explique la scientifique.

    Parmi la centaine de molécules de cette famille, le benzo(a)pyrène apparaît le plus fréquemment sur notre carte, avec 1181 dépassements (30 % des mesures pour ce polluant). Le #benzo(a)pyrène a été classé comme cancérogène certain pour l’homme par le Centre international de recherche sur le #cancer.

    Pesticides : champ libre pour le #diflufénicanil

    Avec son «  sentier ludique  » parcourant la forêt dans le site naturel sensible des Deux Vallons, à quelques kilomètres au nord de Lyon, le ruisseau des Échets a de quoi séduire les familles en quête de fraîcheur. Ce petit cours d’eau, qui se jette dans la Saône, est pourtant l’un des plus pollués de la région. Métazachlore, nicosulfuron, cyprodinil… Son contenu offre un petit catalogue des #fongicides et #herbicides utilisés par les agriculteurs locaux. Au total, neuf substances ont dépassé les seuils sur au moins une année dans la station de Fleurieu‐sur‐Saône.

    Ces dépassements ne sont que la face visible d’une pollution plus large : entre 2022 et 2024, l’agence de l’eau Rhône Méditerranée a identifié plus d’une centaine de pesticides dans le ruisseau. «  C’est un petit cours d’eau situé dans une zone agricole où les cultures dominantes sont les céréales et le maraîchage. Pour le #maraîchage en particulier, de nombreux traitements phytosanitaires sont appliqués  », explique Cécile Dubois‐Coli, cheffe du service données techniques de l’agence. Sollicitée, la métropole de Lyon précise que ce ruisseau peut être asséché les deux tiers du temps certaines années, entraînant une faible dilution et une concentration des polluants.

    Sur les dix molécules les plus souvent au‐dessus des seuils sur notre carte, 4 sont des pesticides. Parmi les produits phytosanitaires à surnager, le #diflufénicanil, aussi connu sous le nom de #Diflufenican, se démarque avec plus de 765 dépassements, soit 16 % des mesures au‐dessus des seuils. Cet herbicide, considéré comme «  très toxique pour les organismes aquatiques  », est utilisé pour le désherbage dans les grandes cultures céréalières, notamment de #colza.

    Le diflufénicanil a la particularité de faire partie également de la famille des #PFAS [lire plus bas], comme une trentaine d’autres produits autorisés en France. Déjà interdit depuis 2018 en République tchèque, le diflufénicanil a été intégré à une liste de substances actives présentes dans 23 pesticides interdits en juillet 2025 par l’Agence de protection de l’environnement du Danemark. La même année, lors de l’examen de la loi Duplomb, des députés écologistes avaient défendu un amendement pour interdire le diflufénicanil à la vente. Sans succès.

    «  Dans notre bassin, le diflufénicanil est la principale cause de déclassement de masses d’eau par des pesticides  », indique Luc Pereira‐Ramos, à l’agence de l’eau Seine‐Normandie. «  On observe une hausse des ventes de diflufénicanil à partir de 2022. Au fur et à mesure des interdictions ou limitations de certains pesticides, les agriculteurs se reportent sur des molécules encore autorisées  », analyse‐t‐il.

    Même en cas de durcissement de la réglementation, l’herbicide se maintiendrait dans les cours d’eau pendant de nombreuses années, rappelle le scientifique. «  Ce n’est pas parce qu’on interdit une molécule qu’elle disparaît rapidement des milieux. L’#atrazine est interdit depuis près de vingt‐cinq ans et on commence seulement à observer une décrue  », souligne‐t‐il.

    Et d’autres molécules prennent la place des anciennes. Après l’interdiction de l’atrazine, les agriculteurs se sont notamment tournés vers le #S‑Métolachlore. Utilisé pour le #désherbage du #maïs, il est devenu en quinze ans l’un des plus prisés en France. Cette substance figure également en bonne place dans notre classement, avec 115 dépassements des seuils (6 % des mesures). Cet herbicide est interdit à la vente depuis 2023, mais son utilisation a été autorisée jusqu’en 2024, le temps d’écouler les stocks.

    Un autre pesticide tient une place importante dans nos données : le #chlordécone. Nous comptons 36 dépassements de cet #insecticide particulièrement utilisé dans les bananeraies jusqu’au début des années 1990, tous situés dans le département de La Martinique. Face à une absence de mesures exploitables, nous n’avons pas pu visualiser les données de la Guadeloupe, de la Guyane et de Mayotte.

    Substances chimiques industrielles : l’invasion du #PFOS

    C’est tout le paradoxe des PFAS : alors que cette famille de milliers de polluants dits «  éternels  » est devenue l’un des sujets d’inquiétude majeur de ces dernières années, seulement 6 de ces composés font l’objet d’une surveillance dans les eaux de surfaces. Un chiffre qui passera à 25 à partir de fin 2027, en application de la révision de la directive cadre sur l’eau décidée par l’Union européenne.

    Parmi les substances chimiques industrielles suivies sur le terrain, le PFOS arrive largement en tête. Dans notre base de données, il dépasse le plafond retenu presque une fois toutes les trois mesures (1 128 dépassements de seuil sur 3 580 mesures, soit 31,5 %). Pour le seul bassin Rhône‐Méditerranée‐Corse, le PFOS est responsable du déclassement de 143 stations, soit 62 % des stations en mauvais état chimique.

    «  Cela ne m’étonne vraiment pas. Le PFOS est un composé emblématique de la famille des PFAS, parce qu’il a été très largement utilisé, plus que d’autres et pendant longtemps. C’est aussi le produit de transformation de plein d’autres PFAS  », détaille Pierre Labadie, chercheur en chimie de l’environnement au CNRS.

    Selon le spécialiste, la présence de cette molécule, «  l’un des PFAS avec le potentiel de bioaccumulation le plus élevé  », est plus marqué à proximité de sources de pollutions industrielles, mais aussi domestiques, par exemple des stations d’assainissement. «  Cela veut dire que dans les produits du quotidien qu’on a utilisés pendant des décennies, il y avait du PFOS  », explique‐t‐il. Depuis 2023, le PFOS est classé comme cancérogène probable pour l’humain.

    Médicaments : une épidémie encore mal mesurée

    Dernière famille de polluants recensée sur notre carte, les résidus de médicaments proviennent très majoritairement des rejets des stations de traitement des eaux usées urbaines qui ne sont pas conçues pour les traiter. Antidiabétiques, anti‐inflammatoires, analgésiques, anxiolytiques… les médicaments consommés par les Français font partie des substances «  d’intérêt émergent  » mesurés depuis quelques années seulement par les organismes de surveillance.

    Mais bon nombre de ces molécules ne disposent pas de seuil de quantification exploitables. Parmi celles qui en possède un, le Diclofénac, un anti‐inflammatoire, affiche un taux de dépassement de 2,7 % sur notre carte. La toxicité du Diclofénac a été démontrée, notamment sur les reins des truites, mais les effets des résidus médicamenteux sur l’environnement restent mal mesurés.

    «  Les médicaments, on arrive tout doucement dessus, explique Luc Pereira‐Ramos, pour l’agence Seine‐Normandie. On en cherche depuis une dizaine d’années seulement. Il est clair que nous allons augmenter le nombre de substances recherchées au fur et à mesure.  »
    Effet cocktail

    D’autant que les seuils de risque ne concernent aujourd’hui que quelques centaines de molécules, alors que plus de 110 000 substances sont enregistrées au titre de la réglementation chimique européenne. «  C’est la face immergée de l’iceberg  », explique Pierre‐François Staub, chargé de mission Pollution des écosystèmes et métrologie à l’Office français de la biodiversité (OFB).

    L’autre écueil du cadre de surveillance actuel, c’est de ne pas considérer l’impact toxique du cumul de molécules. «  On minimise l’évaluation du risque à travers l’approche substance par substance  », précise Pierre‐François Staub. On parle d’effet de mélange lorsque l’effet de deux molécules s’additionne, et «  d’#effet_cocktail  » lorsqu’elles interagissent entre elles et que leur #toxicité est amplifiée. «  Il y a de gros débats actuellement pour faire entrer cette notion dans la définition des #seuils, explique Arnaud Chaumot, directeur de recherche au laboratoire d’écotoxicologie de l’Inrae. Mais c’est très difficile à modéliser. On a parfois des mélanges très diversifiés et on ne peut pas regarder toutes les interactions entre toutes les molécules, la possibilité de combinaison est folle.  »

    Cette pression toxique cumulée pèse sur tous les écosystèmes, mais aussi sur l’#eau_potable. En France, environ un tiers des volumes d’eau prélevée pour la potabilisation vient des eaux de surface. Et même lorsque le captage se trouve en nappe souterraine, la qualité de l’eau peut être impactée par la pollution des rivières. «  Cela implique des traitements de plus en plus coûteux pour l’eau potable, pointe Marina Coquery. Et cela crée des inégalités, car les grandes villes ont la chance de pouvoir se les payer, mais pour les petites agglomérations, c’est plus difficile.  » En France, des captages d’eau potable ferment chaque année à cause d’une pollution diffuse. «  L’#eau est un bien commun, il faut la gérer comme tel  », estime la chercheuse.

    Sur la Launette, c’est bien la philosophie qui motive tous les travaux lancés par le syndicat mixte qui gère la rivière. «  Il y a encore une trentaine d’années, elle était dans un état encore pire qu’aujourd’hui parce que toutes les stations d’épuration des eaux usées n’étaient pas aux normes et rejetaient directement dans la rivière, mais de gros efforts ont été faits  », positive Clara Morvan.

    Pourtant, une autre épée de Damoclès menace tous les efforts pour la protection des rivières : le réchauffement climatique. La succession des années sèches affaiblit les débits des cours d’eau, et donc leur capacité de dilution, comme l’explique Marina Coquery. «  A l’autre extrême, on va avoir des crues beaucoup plus intenses, irrégulières et fréquentes  » et donc une hausse des polluants amenés par la pluie.

    «  Chaque progrès obtenu sert d’abord à compenser les effets climatiques, démographiques et économiques à l’œuvre  », analyse Cécile Dubois‐Coli, cheffe du service des données techniques pour l’agence de l’eau Rhône‐Méditerranée‐Corse : «  Nous avançons sur un tapis roulant qui recule  ».

    https://www.mediacites.fr/enquete/national/2026/06/29/1700-rivieres-sous-pression-la-carte-inedite-de-la-pollution-chimique-des
    #rivières #France #pollution #pollution_chimique #cours_d'eau #visualisation #cartographie #changement_climatique

  • La lutte pour la baignade
    https://lundi.am/La-lutte-pour-la-baignade

    La lutte pour la baignade

    ou le mépris de la gauche pour une jouissance populaire

    La récente canicule a ouvert des questions politiques et pratiques nouvelles, parmi elles, celle de l’usage des cours d’eau et donc de la possibilité même de se baigner et de se rafraîchir. La bataille du canal Saint-Martin a forcé le pouvoir à accepter des usages nouveaux (mais en réalité ancien), pendant qu’un peu plus loin sur les bords de la Marne, les autorités ont mobilisé des drones pour surveiller et réprimer les baigneurs. Depuis son expérience politico-aquatique danoise Jens Philip Yazdani propose de réinventer une politique communiste anticapitaliste et sauvage de la baignade.

    […]

    J’ai parfois l’impression que les parisiens d’aujourd’hui ont un peu perdu le fil de l’histoire. Est-ce qu’à tout hasard on aurait pas fondé cette ville ici du fait même qu’y passait un très gros cours d’eau ? Ou c’était juste pour le joli paysage ? Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de remonter si loin dans le temps. Il suffit de suivre le canal de l’Ourcq au-delà de la proche banlieue pour retrouver les traces d’un passé beaucoup plus récent et qui raconte une toute autre histoire.

    À Sevran, plusieurs panneaux présentent d’anciennes photographies en noir et blanc montrant les habitants qui se baignaient dans le canal pendant l’été : on y voit des cyclistes, des enfants, ils ont l’air heureux, soulagés, profitant pleinement de la vie commune et des possibilités plus ou moins naturelles de l’endroit (c’est Napoléon 1er qui fit creuser, à d’autres, le canal).

    En remontant le cours d’eau jusqu’à l’écluse de Vignely, on tombe sur un autre panneau installé par la Ville de Paris(qui reste la propriétaire de tout le canal). Son titre : « La vie autour du canal au XIXᵉ siècle » et a pour légende : « Le dimanche, la pêche et la baignade font oublier le dur labeur de la semaine. »

    #eau #baignade #canicule #politique #biopolitique #gauche #urbanisme #urban_matters #villes_fluviales #Paris #Copenhague

  • [Info « Splann ! »] Nouvelle #pollution de la mine #Imerys à #Glomel : 15 millions de litres d’effluents acides dans le ruisseau
    https://splann.org/pollution-imerys-glomel-acides-ruisseau

    Un nouvel incident environnemental fragilise un peu plus Imerys auprès des élus du centre Bretagne. Déjà alertés par nos révélations sur un déversements de 3.000 litres de #Produits_chimiques, ils ont appris, le 23 juin, que 15 millions de litres d’effluents acides pollués par des métaux lourds avaient été déversés en amont de la #réserve_naturelle de Glomel. L’article [Info « Splann ! »] Nouvelle pollution de la mine Imerys à Glomel : 15 millions de litres d’effluents acides dans le ruisseau est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Pollutions #acide_sulfurique #allier #Andalousite #arsenic #Association_de_mise_en_valeur #cadmium #centre-bretagne #Côtes_d'Armor #Douar_Bev #dreal #eau_et_rivières_de_bretagne #emmanuel_macron #Gilles_Benveniste #le_faouët #lithium #loïg_chesnais-girard #magoar_penvern #mellionnec #mines #murielle_lepvraud #Refracterre #Sandra_Le_Nouvel #toxicité

  • #Colonialité toxique : dans les paysages radioactifs du #Sahara

    De 1960 à 1966, avant et après l’indépendance de l’#Algérie, l’État français a expérimenté au Sahara dit algérien dix-sept bombes atomiques et autres essais chimiques. Ce sujet a longtemps été #tabou en France, dans la presse, dans les discours politiques aussi bien que dans le cadre académique où enquêtes, témoignages, littérature et recherches sur ce thème ont été invisibilisés. Seul le réseau associatif et militant a soutenu les travaux abordant ce domaine – comme par exemple le livre de Raphaël Granvaud, Areva en Afrique, Une face cachée du nucléaire français3. Brisant frontalement la confidentialité de ces faits – presque trois décennies après l’ouvrage de Gabriele Hecht sur l’histoire nucléaire de la France, Le rayonnement de la France4, plusieurs publications récentes issues du monde anglo-saxon abordent la violence coloniale française illustrée dans ses modalités extrêmes par les expérimentations atomiques.

    C’est le cas du nouveau livre de Samia Henni, Toxicité coloniale. Documenter le paysage radioactif dans le Sahara. Paru d’abord en anglais5, il est associé à une exposition6 qui réverbère d’une autre manière les éléments de preuve de l’usage violent d’un territoire colonisé. L’autrice, architecte, historienne et théoricienne de l’architecture, enseigne actuellement à l’Université McGill de Montréal. Elle donne à penser la colonisation et ses effets dévastateurs sur le très long terme. Son point de départ est l’espace et sa gestion en période de guerre, sa réorganisation ou ce que le langage colonial a souvent appelé sa « mise en valeur ». Sensible aux narrations « cosmétiques » qui masquent les réalités de la domination coloniale, Samia Henni évoque en ce sens les euphémismes utilisés pour dire les faits qui ne sont pas seulement des « essais » nucléaires ou de la « radioactivité », mais bien des bombes atomiques à part entière et une toxicité sans limite produite par la colonisation.

    « Saharanisme »

    Faisant écho à cette question, Brahim El Guabli, professeur de pensée et littérature comparées à l’Université Johns Hopkins (USA), explore dans son dernier ouvrage, Desert Imaginations, la représentation des « déserts » à travers une variété de sources littéraires et historiques plurilingues (amazigh, arabe, français, anglais)7. Il montre que dans les productions culturelles majoritaires, les déserts apparaissent comme terra nullius, inhabitée, improductive, inutile et menaçante. La fiction mondialisée d’un désert vide et sans vie a permis de légitimer des projets d’exploitation brutaux et destructifs8. Brahim El Guabli propose d’appeler « saharanisme » ou encore « désertisme » cet imaginaire dominant dont il retrace les origines lointaines et la construction, en particulier dans les écrits politiques et littéraires français du XIXe siècle à aujourd’hui. Il fait de ces notions un outil conceptuel permettant d’approcher à plusieurs niveaux les usages et mésusages du désert, quelles que soient les parties du monde concernées. L’auteur distingue divers secteurs – spirituel, extractif, instrumental, sexuel – où s’exerce le saharanisme. En contrepoint de cette idéologie inhérente aux intérêts coloniaux, Brahim El Guabli montre le rapport intime que des écrivains et artistes autochtones manifestent dans leurs œuvres envers leur environnement, tangible et intangible, humain et non humain, une posture écologique sensible qu’il appelle ecocare ou encore éthique autochtone de la conscience environnementale. Cette attitude m’évoque une maxime touarègue Amaḍal amadal, « la terre est ce qui protège », mise en relation au Sahara avec la nécessité d’être nomade pour ne pas « peser sur le dos de la terre ». Comment une terre confisquée pour être mutilée, blessée, amputée, pourrait-elle continuer à protéger ses enfants ? Telle est la question que se posaient les Touaregs après les interventions violentes menées sur leur sol telles que les explosions atomiques, le creusement des puits de pétrole et des mines d’uranium, ou le réaménagement étrange de l’Afrique saharo-sahélienne en petits territoires enclos sur eux-mêmes, bardés de fils de fer barbelés9.
    La notion de saharanisme parait très utile pour approcher au présent divers types de faits, des plus anodins aux plus dommageables, tous fondés sur une hiérarchisation implicite des savoirs. Par exemple, l’obsession – a priori bienveillante – des organismes de développement ou d’aide qui interviennent en pays nomade pour creuser des puits, comme si le problème en zone aride était l’eau et non la gestion de l’eau. Pourtant, le piétinement animal intense autour des points d’eau, comme le disent bien les intéressés, détruit tous les pâturages alentour. Avec la multiplication des puits, aucune des stratégies nomades pour régénérer la flore ou conserver les plantes fourragères résistant au vent et permettant d’étager la consommation des pâturages ne peut plus s’exercer. Mais rien n’arrête ces politiques sédentaires du territoire couplées à la restriction de la mobilité qui ont finalement conduit à l’incapacité croissante de faire face aux sécheresses – pire, elles les ont aggravées.

    Au sujet des essais nucléaires français au Sahara, les approches des deux ouvrages cités se croisent et se complètent. Comment sortir du secret ? Comment rendre compte de la nuisance impalpable et occultée de ces explosions ? Comment documenter ce programme secret et ses lourdes conséquences, alors que la majorité des archives les concernant sont jusqu’à présent classées « secret-défense » ? Comment rendre audibles les voix des habitants sur la violence mortifère infligée à leurs vies et à leur terre par les gouvernements français et algérien qui ne les ont ni consultés ni avertis ?

    Trouver des voies et des voix pour répondre à ces interrogations fait partie des objectifs clairement énoncés par Samia Henni. Contestant « l’obsession coloniale et néolibérale de la “nouveauté”, la volonté d’être “le premier” à dire ou faire quelque-chose » (p. 37), l’autrice met à la disposition de ses lecteurs et lectrices les informations et les sources dont elle dispose, c’est-à-dire une centaine de documents d’archives (photos, textes) et la reproduction des témoignages de victimes (travailleurs et population d’Algérie, vétérans français) pour servir de socle à de futures recherches.

    Ce livre généreux et militant est fondé sur le partage des documents assemblés en étroite collaboration avec l’Observatoire des armements à Lyon. Il est destiné à « donner corps au silence des archives institutionnelles » et appelle à continuer le travail de mémoire et d’investigation permettant une autre narration des faits et un examen des responsabilités pour, à terme, exiger la décontamination des sites, l’ouverture totale des archives et la perspective de réparations.

    Car ces déflagrations nucléaires, décidées depuis Paris et prolongées en 1962 par les Accords d’Evian avec le gouvernement provisoire d’Algérie, ont eu de multiples répercussions sur les corps, sur l’environnement, sur le bâti, sur les paysages, sur les sols. Le matériel contaminé a été enseveli dans l’urgence au départ du personnel français en 1967, puis déterré par les puissants vents sahariens.

    Temps et espace du désastre atomique

    À partir de documents visuels et d’archives arrachées au secret, Samia Henni retrace les caractéristiques techniques et humaines des deux sites où les explosions ont été menées : d’un côté, Reggane, où furent lancées quatre bombes atmosphériques et de l’autre, In Ekker, émetteur de treize bombes souterraines, certaines échappant au confinement, et cinq expériences supplémentaires de dispersion atmosphérique de plutonium. Elle propose ensuite un corpus visuel composé d’extraits de documentaires et de reportages télévisés, et la reproduction de témoignages des victimes françaises.

    Dans le procédé éditorial choisi, les images impactent efficacement le regard en anticipant le texte. Ainsi, au début de l’introduction, onze photos aux tons jaune-sépia nous plongent dans la matérialité du secret, avec en première page un panneau d’interdiction de prise de vue et de menaces de sanctions contre tout contrevenant, planté sur l’un des sites d’expérimentation. Les images suivantes élargissent la focale, de la localisation des sites à l’emplacement des zones de tirs, du croquis topographique des infrastructures à une manifestation à Accra au Ghana contre ces expériences. Jusqu’à la photo de la « gerboisite », un terme qui conceptualise la matière radioactive anthropogénique produite par les explosions atmosphériques baptisées Gerboises par le pouvoir colonial. Enfin, une image satellite captant les mouvements intercontinentaux de la poussière radioactive du Sahara met immédiatement en évidence la nécessité d’un changement d’échelle pour l’analyse de ces faits.

    L’ouvrage restitue la situation géographique précise des deux sites d’expérimentation : Reggane dans la plaine de la Tanezrouft et In Ekker sur le mont Taourirt tan Afalla (littéralement en langue locale « Colline du haut » ou du « nord ») et aussi Taourirt tan Ataram (« Colline de l’ouest ») dans le massif de l’Ahaggar (nom utilisé dans l’ouvrage sous sa forme arabisée, Hoggar). Remarquons que les toponymes mentionnés sont tous amazighs. Ce qui donne une résonance particulière au choix de ces lieux situés à plus de 1000 km d’Alger et révèle une autre invisibilité qui n’est pas manifeste dans l’ouvrage, celle des habitants ancestraux de ces terres, les Imuhagh10, appelés « Touaregs » par les étrangers. L’invention de l’Algérie comme État colonial puis postcolonial les fera dénommer ensuite « Algériens » (comme dans la légende du 3e cahier photo où ils sont appelés « habitants algériens ») ou encore, selon les recensements sur leurs terres d’ancrage à la saison sèche, les assignera à d’autres identités nationales et territoriales : « Libyens », « Maliens », « Nigériens », « Burkinabè ». Les pouvoirs coloniaux ont en effet redessiné la carte de l’Afrique selon leurs intérêts, divisant le pays touareg par cinq frontières et transformant en peuple sans terre les nomades dont les parcours réguliers ont rendu le désert nourricier en préservant ses ressources végétales et hydriques.

    Samia Henni situe son propos dans le cadre national de l’Algérie. Elle montre cependant que le temps et l’espace de la toxicité nucléaire ne sont pas à l’échelle de la géopolitique humaine. Des témoins évoquent la violence monstrueuse des explosions ressentie non seulement à proximité, à Tamanrasset, mais aussi à 600 km à l’est à Djanet et à plus de 1 000 kilomètres au sud-ouest à Gao (p. 42), ou encore au sud-est dans l’Aïr11, englobant l’espace de référence de la mobilité nomade des Touaregs. Et bien au-delà encore.

    La toxicité invisible, impérissable, inquantifiable, irréversible, circule et s’infiltre partout où la diffusent les vents du globe. Elle contamine non seulement les lieux décrétés vides et sans importance par les autorités coloniales puis postcoloniales – notamment les territoires nomades –, mais également les pays et les continents des décideurs de la mise à feu des bombes atomiques. Elle s’étend à la terre entière et restitue, au-delà de l’approche spatialement fragmentée des événements, la perception géographique nomade qui au Sahara relie directement l’Ahaggar (actuelle Algérie), l’Ajjer (entre l’Algérie et la Libye), l’Aïr (actuel Niger), la Tademekkat (entre le Mali et le Burkina Faso) et la Tagaraygarayt (actuel Niger).

    Je rajouterai une information donnée par les Touaregs qui circulent entre l’Ahaggar et l’Aïr. Selon eux, l’abandon en 1967 des sites nucléaires français du côté algérien aurait été suivi par le transfert entre l’Ahaggar et l’Aïr d’une partie des anciens engins de chantier ainsi que du personnel pour mener des opérations de prospection à Madawela dans la vallée de Tin Marsoy. Cette partie du territoire touareg se trouvait rattachée depuis 1960 à l’État du Niger. Les nomades se souviennent des déplacements incessants et extrêmement dérangeants de camions énormes équipés de sondes qui sillonnaient les terres pastorales et creusaient le sol, faisant parfois jaillir de l’eau sans reboucher leurs forages en quittant les lieux.

    Ces travaux de prospection terrestres mais aussi aériens ont abouti à la mise en œuvre de l’exploitation d’un immense gisement d’uranium à Arlit, à environ 15 kilomètres de Madawela, ce dernier site étant laissé inactif, mais gardé par l’armée nigérienne. Comme ce fut le cas du côté algérien dans les années 1950 en pleine période coloniale, deux décennies plus tard, dans un État indépendant, les autorités françaises s’accaparèrent brutalement des terres touarègues de l’Aïr pour créer les infrastructures géantes d’une première mine à ciel ouvert (Arlit), puis d’une mine souterraine (Akokan), et d’une ville qui compte à présent plus de 100 000 habitants, détruisant toutes les ressources pastorales locales et interdisant aux nomades de poursuivre leur vie sur leurs propres terres. C’est à cette période que les contrôles et les détentions arbitraires de civils touaregs s’intensifièrent au nord du Niger, au point de transformer le seul fait d’être enturbanné en délit menant automatiquement à l’arrestation et à la confiscation des marchandises pour les caravaniers.

    Des vies qui ne comptent pas ?

    Comme l’écrit Samia Henni, après les explosions nucléaires des années 1960, les nomades, les oasiens et les citadins de la région de Reggane et de la vallée du Touat ont été directement affectés. Entre 1960 et 2008, la démographie chuta de moitié, passant de 40 000 à quelque 20 000 habitants (p. 93). La description détaillée des chantiers menés pour les opérations nucléaires et l’accueil du personnel à Reggane, Hamoudia et au point zéro des expérimentations – 82 000 m2 de bâtiments, 7000 m2 d’ouvrages souterrains, 100 km de routes, 3 centrales électriques, etc. (p. 96) – donne une idée du gigantisme de ces infrastructures (laboratoires, appareils de mesures, base avancée, ville nouvelle), au prix d’un labeur humain démesuré, diurne autant que nocturne. La recension des constructions techniques du second site dégage la même impression de démesure et de captation sans merci des terres (170 570 hectares) et des ressources locales. Non seulement l’eau et l’air de l’oued Amguel, mais la main d’œuvre autochtone, à laquelle s’ajoutaient sur le site la main d’œuvre importée d’autres régions de l’Ouest africain, ainsi que les militaires, appelés, techniciens et ingénieurs français, soit environ 9000 personnes sur le site au moment des explosions.

    Dans les années 1960, les procédés de décontamination des corps humains et des engins au jet d’eau (p. 114) paraissent dérisoires, irresponsables et même cyniques dans la mesure où l’eau n’a vraisemblablement pas échappé à la pollution. Pas plus les multiples échecs du confinement des bombes dans les galeries souterraines que l’indépendance de l’Algérie en 1962 n’ont empêché la continuation des essais par la France qui a également poursuivi de 1964 à 1966 ses expériences de dispersion du plutonium (nom de code Pollen) en bafouant le Traité d’interdiction des essais nucléaires atmosphériques signé en 1963. Pire, les expériences biologiques conduites lors de la bombe Gerboise blanche auraient concerné non seulement des animaux (dont des cages et cadavres ont été retrouvés abandonnés sur le site), mais aussi des corps humains, morts ou vivants, ou des « cobayes humains » comme le formule Bruno Barillot dans son ouvrage, Essais nucléaires français : l’héritage empoisonné12, cité par Samia Henni (pp. 107-108).

    Un travailleur local, interrogé trois décennies plus tard, rapporte qu’après les déflagrations, « la plupart des gens qui sont tombés malades sont ceux des campements qui habitent la montagne » (p. 156), autrement dit les habitants invisibilisés d’un désert décrété « vide » par les autorités françaises et algériennes. Le photographe et sociologue Bruno Hadjih a documenté le ravage sanitaire et létal (17 décès survenus immédiatement) des habitants du village de Mertoutek et la destruction durable de leur environnement après la bombe non maîtrisée de Béryl en 1962.

    Le gouvernement français est resté inactif sans mener d’étude de suivi après l’explosion, pas plus qu’il n’a proposé de réparation. Par ailleurs, il n’a fourni aucun descriptif technique des décharges toxiques qu’il a laissées au Sahara et qui continuent d’affecter la santé des êtres vivants. Comme si finalement, tout cela n’avait jamais existé et n’avait eu aucune conséquence pour personne. Jusqu’à quand ?

    ’avance à travers les entrailles de la fournaise
    Je les entends
    sécheresse de leur cœur
    Et ils me roulent dans le nuage
    champignon nuée
    brouhaha atomique
    Et ils aboient
    Toi, tu n’existes pas,
    tu n’as jamais existé

    Hawad, Irradiés13

    L’investigation sans fin

    Au final, on comprend à quel point le projet nécessaire de « documenter le paysage radioactif dans le Sahara » comme le propose Samia Henni est un programme collaboratif à long terme. La constitution de « contre-archives » dans ce domaine est une tâche ardue et ouverte qui appelle à d’autres enquêtes pour sortir le désert de l’oubli. Par exemple, comment faire résonner la mémoire et le présent de ceux qui sont effacés de la carte ? Quelles constellations d’expériences et de géographies peuvent être retracées en dehors des cadres restrictifs de la cartographie coloniale ? Comment mettre en dialogue les expériences vécues par les habitants des différents territoires sacrifiés lors des mises à feu nucléaires réalisées par la France, mais aussi par les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la Chine entre 1945 et 1980 ? Quels sont les formes de survie et de résistance qui ont émergé face à la catastrophe ? Comment faire entendre la voix des écrivains et des artistes qui mobilisent un imaginaire créatif capable de submerger le saharanisme, alors même qu’eux et leurs peuples subissent jusqu’à aujourd’hui la confiscation, la dévastation et la pollution nucléaire ou minière de leurs terres ? Le « Saharanisme expérimental » va en effet de pair avec le « Saharanisme extractif » pour reprendre les concepts de Brahim El Guabli. Quelles relations établir entre d’un côté la manne minérale concentrée au Sahara central sur les territoires nomades (pétrole et gaz en Algérie et Libye, uranium, charbon, or au Niger, or au Mali) et, de l’autre côté, la répression brutale qui touche leurs habitants, privés de leurs droits fonciers, jusqu’à nier et éradiquer leur nom, leur langue, leur mode de vie, leur société et leur histoire ? Le travail d’investigation à venir est immense, il réservera probablement des surprises, autant que l’étude des conséquences, impensées et impensables, de la radioactivité.

    https://www.terrestres.org/2026/06/08/colonialite-toxique-dans-les-paysages-radioactifs-du-sahara
    #radioactivité #colonialisme #pollution #violence_coloniale #territoire_colonialisé #colonisation #euphémismes #radioactivité #vocabulaire #mots #bombes_atomiques #désert #géographie_du_vide #vide #terra_nullius #saharanisme #désertisme #imaginaire #ecocare #conscience_environnementale #Touaregs #nomadisme #aide_au_développement #puits #développement #secret-défense #Accords_d’Evian #paysage #environnement #Reggane #In_Ekker #plutonium #images #secret #gerboisite #Gerboises #France_coloniale #mont_Taourirt_tan_Afalla #Taourirt_tan_Ataram #toponymie #invisibilisation #Imuhagh #violence #Tamanrasset #Ahaggar #Aïr #Madawela #Niger #vallée_de_Tin_Marsoy #Arlit #uranium #mines #Akokan #Arlit #pâturages #vallée_du_Touat #eau #sols #air #décontamination #montagne #destruction #Mertoutek #Béryl #réparation #santé #paysage_radioactif #mémoire #contre-archive #contre-récit #expérience_vécue #territoires_sacrifiés #Saharanisme_expérimental #Saharanisme_extractif #extractivisme

    ping @reka

    –—

    A mettre en lien avec le #film_documentaire #At(h)ome (#athome) :
    https://seenthis.net/messages/819398

    • #Areva en Afrique. Une face cachée du nucléaire français

      L’indépendance énergétique de la France grâce au nucléaire est un mythe : l’uranium qui alimente le nucléaire civil et militaire provient pour une large part du sous-sol africain. Raphaël Granvaud détaille les conditions dans lesquelles la France et Areva se le procurent au meilleur coût, au prix d’ingérences politiques et de conséquences environnementales, sanitaires et sociales catastrophiques pour les populations locales.
      Comme au Niger, fournisseur historique, pourtant en dernière position du classement des pays selon leur indice de développement humain. Dans un contexte international d’intensification de la concurrence sur le continent africain, mondialisation capitaliste oblige, Areva a toujours pu compter sur l’aide active des représentants officiels de l’État français et des réseaux les moins ragoûtants de la Françafrique pour sauvegarder son droit de pillage. L’auteur dévoile enfin les efforts considérables d’Areva pour que les différents éléments de cette réalité et de sa stratégie de dissémination nucléaire ne ternissent pas une image de marque qu’elle voudrait immaculée.

      https://agone.org/livre/arevaenafrique
      #livre

    • TOXICITÉ COLONIALE. DOCUMENTER LE PAYSAGE RADIOACTIF DANS LE SAHARA

      Toxicité coloniale revient sur les programmes nucléaires français menés entre 1960 et 1966 dans le Sahara algérien. Ce programme secret, qui s’est déroulé pendant et après la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), a permis au régime colonial français de mettre à feu quatre bombes atomiques atmosphériques, treize souterraines et de mener d’autres expériences nucléaires dans le désert. Alors que la grande majorité des documents d’archives sont toujours classés secret aujourd’hui, Toxicité coloniale rassemble une variété de sources permettant de documenter l’histoire violente des activités de la France en Algérie. Le livre constitue un corpus de choix à l’intersection de la justice spatiale, sociale et environnementale pour ceux et celles qui s’intéressent à l’architecture, au paysage et aux pratiques d’archivage dans une démarche décoloniale.
      Alors que ces bombes ont eu des conséquences durables pour les populations et les environnements locaux ainsi que pour les vétérans français, le manque de contrôle des explosions, les lacunes de sécurité et l’utilisation des Algériens comme main- d’œuvre sur des chantiers particulièrement dangereux apparaissent comme des faits coloniaux d’une importance majeure.

      https://editions-b42.com/produit/toxicite-coloniale

    • Deserts Are Not Empty

      Colonial and imperial powers have often portrayed arid lands as “empty” spaces ready to be occupied, exploited, extracted, and polluted. Despite the undeniable presence of human and nonhuman lives and forces in desert territories, the “regime of emptiness” has thus inhabited, and is still inhabiting, many imaginaries. Deserts Are Not Empty challenges this colonial tendency, questions its roots and ramifications, and remaps the representations, theories, histories, and stories of arid lands—which comprise approximately one-third of the Earth’s land surface. The volume brings together poems in original languages, conversations with collectives, and essays by scholars and professionals from the fields of architecture, architectural history and theory, curatorial studies, comparative literature, film studies, landscape architecture, and photography. These different approaches and diverse voices draw on a framework of decoloniality to unsettle and unlearn the desert, opening up possibilities to see, think, imagine it otherwise.

      https://www.arch.columbia.edu/books/catalog/998-deserts-are-not-empty

  • 13 millions de victimes et plus de 3 000 morts en 2025 : l’Afrique paie un lourd tribut aux événements climatiques extrêmes

    L’agence onusienne, qui fait autorité pour les questions relatives à l’atmosphère terrestre, au climat et à l’eau, recommande aux pays africains de renforcer leurs systèmes d’alerte précoce, et d’investir davantage dans l’adaptation au changement climatique et la préparation aux catastrophes.

    Les #phénomènes_extrêmes liés au #climat ont sinistré au moins 13 millions de personnes et entraîné plus de 3 000 décès recensés en #Afrique en 2025, avec des répercussions sur l’ensemble des secteurs de l’économie et les moyens de subsistance des populations, selon un rapport publié le jeudi 18 juin par l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Intitulé « State of the Climate in Africa 2025 », le rapport révèle que les #inondations et #sécheresses ont constitué les #catastrophes_météorologiques les plus importantes sur le continent durant l’année écoulée, les inondations représentant plus de la moitié de tous les événements extrêmes signalés.

    L’#Afrique_de_l’Est a été particulièrement touchée, avec plus de 8,5 millions de personnes affectées par la sécheresse, alors que des conditions de sécheresse prolongées ont aggravé l’#insécurité_alimentaire et les pénuries d’#eau dans la #Corne_de_l’Afrique et les régions voisines. En #Afrique_de_l’Ouest, le #Nigeria a connu en mai des inondations dévastatrices qui ont fait plus de 200 #morts, tandis que les inondations en #République_démocratique_du_Congo (#RDC) ont coûté la vie à plus de 160 personnes en avril, soulignant l’intensité croissante des #précipitations saisonnières extrêmes.

    Le #Sahel a enregistré des précipitations supérieures à la moyenne, prolongeant une tendance observée ces dernières années, tandis qu’une grande partie de l’Afrique de l’Est et de la Corne de l’Afrique est restée plus sèche que d’habitude. En Afrique australe, les précipitations ont été marquées par une forte #variabilité, avec des épisodes intenses qui ont provoqué des inondations. En #Afrique_de_Nord, les #vagues_de_chaleur et les sécheresses prolongées ont causé des dégâts considérables à la #production_agricole, menaçant la #sécurité_alimentaire et les #moyens_de_subsistance.

    Le rapport précise également que l’Afrique se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale. La #température moyenne annuelle de l’air en surface enregistrée à l’échelle continentale s’est classée entre le troisième et le septième rang des valeurs les plus élevées jamais enregistrées en fonction des données utilisées, avec une anomalie positive de 0,51 °C par rapport à la moyenne de la période 1991-2020.

    C’est l’Afrique du Nord qui a connu la plus forte anomalie de #températures en 2025 comparativement aux autres sous-régions africaines, soit +0,76 °C par rapport à la moyenne de la période 1991-2020. À l’inverse, l’Afrique australe a enregistré l’anomalie de températures la plus faible, soit +0,21 °C par rapport à la même période de référence.

    40 % des pays africains disposent de systèmes d’alerte précoce multi-dangers

    Au-delà des inondations et des sécheresses, le rapport met en évidence des changements climatiques à long terme qui sont déjà en train de remodeler le continent.

    Les #glaciers africains ont perdu plus de 90 % de leur superficie depuis la fin du XIXe siècle. La couverture glaciaire du #mont_Kilimandjaro est passée de 11,4 km2 en 1900 à 0,98 km2 ces dernières années. La superficie des glaces du #mont_Kenya et des #montagnes du #Ruwenzori (une chaîne de montagnes d’Afrique centrale, située à la frontière entre l’#Ouganda et la RDC) a aussi diminué, passant respectivement de 1,64 km² à 0,07 km², et de 6,51 km² à seulement 0,38 km².

    D’autre part, l’élévation du niveau de la mer le long des côtes africaines entre 1999 et 2025 dépasse la moyenne mondiale (estimée à environ 3,6 mm par an) dans plusieurs régions, atteignant environ 4,2 mm par an le long de la côte atlantique, 5,2 mm par an le long de la côte de l’océan Indien, et 5,6 mm par an en mer Rouge. Parallèlement, le réchauffement et l’#acidification croissante des océans endommagent les écosystèmes marins et menacent les moyens de subsistance des communautés qui dépendent de la #pêche. La température de la mer en surface (SST) a augmenté de 0,14 °C en moyenne en Afrique par décennie depuis la fin du 19e siècle, tandis que le PH de surface de l’océan a diminué de 0,017 unité par décennie.

    Malgré la fréquence et la gravité croissantes de ces changements qui favorisent des phénomènes météorologiques extrêmes plus destructeurs et exercent une pression croissante sur des communautés déjà vulnérables, seulement 40 % des pays africains disposent de systèmes d’alerte précoce multi-dangers, privant ainsi des millions de personnes d’#alertes en temps utile qui pourraient contribuer à sauver des vies et à réduire les dégâts, surtout dans les zones rurales particulièrement affectées.

    Alors que les coûts associés aux changements climatiques dans les pays africains peuvent atteindre jusqu’à 5 % de leur produit intérieur brut (PIB) et représenter ainsi un obstacle considérable à leur développement ainsi qu’à leur capacité à réduire la #pauvreté, l’OMM les appelle eux et leurs partenaires au développement, à renforcer les #mesures_d'adaptation au changement climatique, à améliorer la préparation aux catastrophes et à accroître les #investissements dans les infrastructures d’alerte précoce, afin de protéger les communautés contre des événements climatiques de plus en plus fréquents et intenses.

    https://www.agenceecofin.com/actualites/2306-139549-13-millions-de-victimes-et-plus-de-3-000-morts-en-2025-laf
    #changement_climatique #Sud_global

    • State of the Climate in Africa 2025

      Key messages

      Extreme weather wreaks heavy economic and human cost
      – Floods are most common reported hazard
      - African glaciers – including iconic Mt #Kilimanjaro - are vanishing
      - Sea level rise along some African coasts outpaced the global average since 1999
      - Africa faces critical gap in early warning systems but is making progress

      –-

      he African continent is warming faster than the global average, and the rate of warming across the continent since 1991 is substantially higher than in any of the previous 30-year periods. The annual mean surface air temperature averaged over land areas in 2025 ranked between the third and seventh warmest on record, depending on the dataset used, according to the report.

      Extreme weather is hitting the continent hard. Floods accounted for more than half of reported events – for instance severe flooding in Nigeria in May led to over 200 deaths, and flooding in the Democratic Republic of the Congo in April led to over 160 deaths. The 2024/2025 tropical cyclone season was particularly active in the South Indian Ocean. Drought affected more than 8.5 million people in East Africa.

      https://www.youtube.com/watch?v=MMwJ4-LQz5I

      https://wmo.int/resources/publication-series/state-of-climate-africa/state-of-climate-africa-2025
      #climat #rapport

  • JO d’hiver 2030 : les atteintes à l’environnement planifiées par le comité d’organisation

    Défrichements de zones forestières, #terrassements, artificialisations, et des #remontées_mécaniques hors du temps, le comité d’organisation des JO d’hiver 2030 envisage de dégrader durement la #montagne pour le business du #ski.

    « Je ne comprends pas comment on peut sacrifier un site pareil », se désole Anna*, habitante pendant vingt-cinq ans des #Confins, le plateau censé accueillir le « #pôle_nordique » des JO 2030, sur les hauteurs de #La_Clusaz (Haute-Savoie). Ça me dépasse, ça m’atteint profondément. Je suis heurtée par ce qu’ils projettent d’y faire. »

    Sur un plan de masse du futur site, on mesure l’étendue des #travaux projetés. Les #pistes_de_ski courent le long de la zone #Natura_2000 des combes des #Aravis, puis descendent vers le futur #stade, sa tribune de 1 500 places, les différentes « #surfaces_JO » – sport, fédération internationale, famille olympique, médias, organisation, parking. Des triangles et des ronds signalent aussi un peu partout sur ce plan la présence d’oiseaux, de crapauds, d’écureuils roux, de vipères aspics, et l’Azuré du serpolet, un papillon présent dans la zone, comme dans plusieurs #zones_humides.

    Sur ce site, des terrassements colossaux sont prévus notamment pour la « sécurisation du réseau de #neige » – l’approvisionnement en #eau de plusieurs dizaines de #canons_à_neige – par un circuit souterrain possiblement relié à l’une des #retenues_d’eau du #domaine_skiable. La facture des travaux, estimée en décembre 2025 à 13,5 millions d’euros, pourrait encore grimper avec l’ajout récent sur ce site des épreuves paralympiques de ski de fond et de biathlon, le centre nordique existant ne disposant ni de pas de tir ni d’équipements adaptés au #handicap.

    Vendredi 19 juin, le bureau exécutif du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (#Cojop) des #Alpes_françaises 2030 a validé sa carte des sites, et la localisation de ses quatre grands pôles : la glace à #Lyon, le freestyle à #Briançon (Hautes-Alpes), l’alpin à Val-d’Isère et à #Courchevel (Savoie), et le nordique au #Grand-Bornand et à La Clusaz (Haute-Savoie) en vue de sa présentation à la 146e session extraordinaire du Comité international olympique (CIO) à Lausanne (Suisse), mercredi 24 et jeudi 25 juin. Mais c’est lors de l’assemblée générale du Cojop que ces décisions doivent être adoptées, le 29 juin.

    Des terrassements considérables

    La première version de la #feuille_de_route_environnementale élaborée par le Cojop et le secrétariat général à la planification écologique (SGPE), le 13 avril 2026, promet de « limiter l’#empreinte_environnementale des jeux » et de « minimiser l’impact des aménagements des pistes sur les espaces naturels ». Mais elle intègre déjà une possible « #compensation_volontaire » de ces dégâts, « via des projets locaux de conservation et restauration d’écosystèmes » à hauteur de 100 hectares.

    Dans un avis récent, le groupe régional d’expertise sur le climat (Grec) Alpes-Auvergne alerte sur les effets des JOP 2030 dans le contexte « d’un environnement montagnard déjà fragilisé par le réchauffement climatique auquel les émissions de gaz à effet de serre liées aux JOP contribuent ». Et sur la faune et flore « déjà sous pression » notamment du fait de la fréquentation humaine accrue.

    Dans sa feuille de route, le Cojop annonce vouloir réutiliser à hauteur de 90 % des #infrastructures existantes « pour les sites de compétition », et aussi limiter à 30 hectares l’artificialisation « sur l’ensemble des projets pérennes ».

    Mais certains « points d’attention » révèlent sa parfaite connaissance des atteintes à l’environnement les plus sévères : « potentiel terrassement à La Clusaz », « parkings éventuels à #Montgenèvre », « nouvelle piste impliquant défrichement à Montgenèvre », « impact pour les prairies permanentes et les #forêts et la #biodiversité de l’aménagement des fronts de neige ».

    À Montgenèvre (Hautes-Alpes), station du Briançonnais, 3,2 hectares de mélèzes de la #forêt du Prairial doivent en effet être défrichés pour y créer des pistes de snowboardcross et de skicross nécessitant un parcours de bosses et de virages relevés. « Il n’y a rien, il faut créer ces pistes de toutes pièces, ça implique des terrassements considérables, après ce déboisement », commente un membre du Collectif citoyen JOP 2030.

    Absence d’enquête environnementale

    L’ajout d’épreuves de ski-alpinisme, plus en altitude, sur le massif du #Chenaillet, à partir du site du rocher de l’Aigle, inquiète aussi les associations qui portent un projet de protection de la zone depuis quarante ans, et poussent à son classement en réserve naturelle régionale (RNR).

    « C’est un site géologique mondialement connu, ce n’est pas une bonne idée de faire du ski-alpinisme sur ce site », déplore Bernadette, habitante de la commune voisine de Cervières.

    « Il y a des laves en coussins dans un état extraordinaire, comparables à ce que l’on peut observer à 2 400 mètres sous l’océan Atlantique, et tout le cortège de roches qui l’accompagne, explique Claude Rémy, de l’association Arnica Montana. Mais vous y trouvez aussi des plantes protégées, endémiques comme l’Aethionema de Thomas, une petite plante extrêmement rare, et des lichens. »

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    Des maires des JO sous l’œil de la justice

    #Xavier_Mattis, le maire de Val-d’Isère, dont la commune accueillera les épreuves techniques de ski alpin, a vu son élection invalidée par le tribunal administratif le 22 mai. Son entreprise, la SARL #L’Avalain, étant chargée du déneigement de Val-d’Isère, par contrat renouvelé depuis 2020, il n’avait pas le droit de se présenter – en vertu de l’article L231 du Code électoral. Il a fait appel, le 23 juin, en annonçant crânement avoir « posé un genou à terre mais pas deux ».

    #Jean-Luc_Boch, le maire de La Plagne-Tarentaise, et président de l’association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM), lui aussi concerné par d’importants travaux liés aux JO (ascenseur valléen, et piste de bobsleigh), fait l’objet d’une enquête judiciaire pour « #prise_illégale_d’intérêts » entre les mains d’une juge lyonnaise après une plainte d’Anticor. Son entreprise, #Boch_et_Frères, a aussi déneigé La Plagne jusqu’en 2016, mais le maire a surtout introduit un promoteur, #Pelletier, acheteur de terrains à la mairie, en 2017, pour une opération immobilière, #Lodges_des_Alpages, dont Boch et Frères a effectué le terrassement. Il est présumé innocent.

    #Jean-Yves_Pachod, le maire de Courchevel, haut lieu de la future compétition, s’est vu reprocher par la chambre régionale des comptes la mise à disposition irrégulière d’un véhicule par l’office du tourisme. Plus récemment, des investigations sont en cours à la suite du déclassement du rez-de-chaussée du bâtiment de l’office du tourisme, en cœur de la station, afin de le louer à un bijoutier, représentant exclusif de la marque Rolex. Dans ce dossier, la brigade de recherches de Chambéry a perquisitionné la mairie et l’office du tourisme en décembre.

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    880 espèces de #plantes dites supérieures y ont été inventoriées. Sans être « opposé par principe aux JO », le scientifique demande « la protection urgente » du #Chenaillet. Il s’étonne aussi de l’absence d’enquête environnementale s’agissant du défrichement de la #forêt_du_Prairial qui héberge « une chouette forestière protégée », la #chouette_de_Tengmalm.

    Au nord de Briançon, sur le domaine skiable de #Serre-Chevalier, la future piste de ski à bosses est aussi « à construire entièrement », sur des zones boisées.

    Un « Monopoly » géant

    Le « Monopoly » géant auquel se livre le Cojop sur la montagne ne fait que commencer. Trois maires des stations emblématiques de La Plagne, Courchevel et Briançon poussent des projets d’#ascenseurs_valléens, respectivement chiffrés à 101, 74,8 et 26 millions d’euros.

    À Briançon, le maire a convaincu le Cojop d’installer un #village_olympique au #fort_des_Trois_Têtes, une fortification militaire du XVIIIe siècle à l’abandon – sans eau, ni éclairage ni aucun réseau. Ce fort a été inscrit parmi les réalisations de Vauban sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 2008.

    Initialement évaluée à 295 millions, désormais « réduite » à 133 millions d’euros, cette opération immobilière hors norme vise à réhabiliter puis à commercialiser, en logements, commerces et hôtel, 17 000 mètres carrés de plancher sur un périmètre de 41 hectares entourés par 4,5 kilomètres de remparts à entretenir, en y incluant une usine abandonnée située en contrebas.

    Estimé à 51,84 millions d’euros, le village des athlètes promet de peser lourd aussi en Haute-Savoie, à #Saint-Jean-de-Sixt, à 3 kilomètres de La Clusaz. Mais un bâtiment de 41,67 millions d’euros sera aussi construit au #Grand-Bornand, à 3 kilomètres de là, pour y être mis à disposition du Cojop. Si l’on ajoute un « #pôle_indoor » prévu au village de La Clusaz, pour 21,7 millions, l’addition qui s’élève à 115 millions construits en dur place le département au niveau de ses voisines.

    En Savoie, 78,5 millions d’euros doivent être investis pour le futur village olympique de #Bozel, qui n’accueillera finalement que les athlètes du site de Courchevel, situé à 18 kilomètres – les épreuves techniques de ski alpin ayant échappé à Méribel au profit de #Val-d’Isère. Mais en Savoie, des fonds importants sont aussi prévus pour la remise à niveau de la piste de bobsleigh de La Plagne, soit 43 millions d’euros, et une prolongation du tremplin de saut à ski de Courchevel, pour 43,6 millions d’euros.

    Le fait accompli

    Ce ruissellement de #fonds_publics au prétexte des JO est ouvertement attendu par certains maires pour soutenir la #promotion_immobilière dans leurs stations. Pour la population, c’est encore l’incertitude, notamment sur la réelle contribution des communes. L’information n’a été donnée qu’au compte-goutte, et des consultations débutent, selon des modalités diverses et variées, au moment où les appels d’offres sont déjà passés.

    Constatant les « démarches lancées en parallèle, voire en amont », le Grec Alpes-Auvergne pointe aussi le « risque évident » de voir la feuille de route environnementale « établie pour tenir compte du fait accompli plutôt que pour permettre aux décideurs en charge d’en intégrer les préconisations dans leurs prises de décisions et initiatives ».

    Après avoir été assignée par plusieurs ONG devant les juridictions administratives pour lui enjoindre « d’organiser une mesure de participation du public », la #Société_de_livraison_des_ouvrages_olympiques (#Solideo) a saisi d’elle-même, le 22 avril, la Commission nationale du débat public (CNDP) pour qu’elle désigne des garants de plusieurs « concertations préalables » : pour l’aménagement du site de ski de fond de La Clusaz, le projet d’ascenseur valléen de La Grande Plagne et l’aménagement du site de compétition de Montgenèvre.

    Réunions publiques prévues

    Mais l’établissement public a entrepris d’organiser ses propres réunions de concertation, hors CNDP, sur les autres sites à Briançon, à Saint-Jean-de-Sixt (Haute-Savoie), au Grand-Bornand et ailleurs.

    Le 9 juin, les deux garants désignés par la CNDP ont demandé au Cojop et à la Solideo d’expliquer cette différence de traitement.

    À La Clusaz, le maire, #Didier_Thévenet, un proche du président du Cojop, #Edgar_Grospiron, a formalisé l’engagement de sa commune en faisant voter, en décembre 2025, le transfert de la maîtrise d’ouvrage des aménagements du site des Confins à la Solideo. « Tout a été décidé en cinq minutes, relève Anna*. On n’a jamais été consultés pour ces JO. » Questionné durant l’automne, le maire prétendait n’avoir « aucune information ». En décembre, il a salué « les nombreuses relations de travail déjà établies » avec la Solideo.

    Sans trop attendre, l’établissement a lancé ses premiers appels d’offres en mars pour l’assistance à maître d’ouvrage de l’aménagement du « pôle nordique » des Confins.

    Dans leur note du 9 juin, les garants de la CNDP ont rappelé que la concertation devait « débattre d’abord de l’opportunité du projet », « des alternatives » et intégrer « l’option zéro », à charge pour la Solideo et le Cojop de préciser « ce que le projet apporte au public et aux territoires ». À ce stade de « la concertation préalable », la décision de faire le projet « n’est pas encore prise » et il importe de laisser « les champs ouverts aux débats ».

    La réunion publique prévue par la commune de La Clusaz, fin septembre, devrait intégrer ces préconisations, et non pas seulement annoncer les gagnants des appels d’offres.

    À Briançon, le même scénario s’est mis en place pour les rénovations du fort des Trois Têtes et de l’usine de la Schappe. L’appel à candidatures ayant été lancé dès juillet 2025, l’annonce du choix des « lauréats » pour le fort – #Linkcity (#Bouygues_Construction), les promoteurs #Edifim et #Elegia ainsi que l’architecte #Philippe_Prost – et l’usine – #Icade_Promotion et les architectes #Jean-Michel_Wilmotte et #Nathalie_d’Artigues – a précédé les réunions de « concertation » de la Solideo et du maire, #Arnaud_Murgia, un ancien secrétaire national de l’UMP élu pour la première fois à Briançon en 2020.

    Ironie de l’histoire, le projet actuel reprend les grandes lignes d’un #aménagement soutenu par l’ancien maire socialiste et vendu par un promoteur depuis mis en examen pour #escroquerie.

    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/250626/jo-d-hiver-2030-les-atteintes-l-environnement-planifiees-par-le-comite-d-o
    #jeux_olympiques #Alpes #JO2030 #environnement #forêt #déforestation #artificialisation_des_sols #coût

  • How Beavers Are Bringing America’s Dead Deserts Back to Life

    Every day, scientists, engineers, communities, and ordinary people are quietly fixing the planet. Forests are being replanted. Rivers are running clean again. Species we thought were gone are coming back. Whole technologies are pulling carbon out of the sky.This channel tells stories of the people, the projects, and the breakthroughs that are actually making Earth better.

    https://www.youtube.com/watch?v=exsCSUdjQX8

    #castors #écologie #désert #USA #Etats-Unis #eau #rivière #renaturation #histoire #chasse #végétation #Oregon #Hudson's_bay_company #George_Simpson #fur_desert #Peter_Skene_Ogden #élevage #bovins #sécheresse #restauration #inondations #beaver_dam_analogue (#BDA) #poissons #faune #coût #Bridge_Creek #John_Day_River

    John Day (rivière)


    https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Day_(rivi%C3%A8re)

    • Beaver Dam Analogs (BDA)

      Revitalisation method

      The Beaver Dam Analog revitalisation method uses simple, nature-inspired techniques to initiate the beneficial long-term effects caused by natural beaver dams in streams. The BDAs are built cost-effectively using simple tools – usually an axe, shovel, chainsaw and pile driver. No heavy construction machinery is needed. The building materials are sourced from the immediate surroundings.

      BDAs are among the most sustainable measures in stream revitalisation. Their construction and maintenance initiates ecological restoration processes leading to the recovery of small and medium-sized streams to a near-natural state.

      https://www.beaverdamanalogs.ch

    • Ecosystem experiment reveals benefits of natural and simulated beaver dams to a threatened population of steelhead (Oncorhynchus mykiss)

      Beaver have been referred to as ecosystem engineers because of the large impacts their dam building activities have on the landscape; however, the benefits they may provide to fluvial fish species has been debated. We conducted a watershed-scale experiment to test how increasing beaver dam and colony persistence in a highly degraded incised stream affects the freshwater production of steelhead (Oncorhynchus mykiss). Following the installation of beaver dam analogs (BDAs), we observed significant increases in the density, survival and production of juvenile steelhead without impacting upstream and downstream migrations. The steelhead response occurred as the quantity and complexity of their habitat increased. This study is the first large-scale experiment to quantify the benefits of beavers and BDAs to a fish population and its habitat. Beaver mediated restoration may be a viable and efficient strategy to recover ecosystem function of previously incised streams and to increase the production of imperiled fish populations.

      https://www.nature.com/articles/srep28581

  • [Vidéo] Le #gouvernement interpellé sur le déversement de produits chimiques chez #Imerys #Glomel : « Entre l’andalousite et l’eau, que choisit-on ? »
    https://splann.org/pollution-imerys-glomel-gouvernement

    La députée LFI-NFP de Guingamp a interrogé le gouvernement au sujet du contrôle des installations minières, le 16 juin 2026, à l’Assemblée nationale. #murielle_lepvraud rebondissait sur nos révélations concernant un déversement de produits chimiques au sein du site Imerys de Glomel, dans le sud des Côtes-d’Armor. L’article [Vidéo] Le gouvernement interpellé sur le déversement de produits chimiques chez Imerys Glomel : « Entre l’andalousite et l’eau, que choisit-on ? » est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Pollutions #allier #Andalousite #anne_le_hénanff #assemblée_nationale #biodiversité #Côtes_d'Armor #eau #échassières #écosystème #emmanuel_macron #environnement #icpe #industrie_minière #inspection #installations_classées #lithium #mine #mines #pollution #relance_minière #sébastien_lecornu

  • Nous cherchons 1 500 soutiens mensuels pour enquêter sur les #pesticides en Bretagne
    https://splann.org/campagne-pesticides-bretagne

    Pour produire des enquêtes sur les pesticides en Bretagne, nous avons besoin de vous. Nous cherchons à rassembler 1 500 donatrices et donateurs mensualisés. Soutenez un média prêt à se mouiller pour la protection de l’environnement et de notre santé. L’article Nous cherchons 1 500 soutiens mensuels pour enquêter sur les pesticides en Bretagne est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #biodiversité #campagne_de_dons #eau_potable #environnement #financement_participatif #herbicides #insecticides #journalisme #levée_de_fonds #néonicotinoïdes #pollution #sage_vilaine #santé #santé_publique

  • Tous les empires ne se ressemblent pas

    Bien que les Émirats arabes unis n’occupent aucun territoire, ils arment des milices, contrôlent des ports et dissimulent la violence sous le couvert du développement. C’est le Soudan qui en paie le prix.

    L’empire n’a jamais été uniquement une question d’occupation coloniale. Si les États-Unis et la Grande-Bretagne restent les architectes les plus visibles de la mort et de la destruction à grande échelle, les Émirats arabes unis (EAU) incarnent un modèle différent, et à certains égards plus insidieux : un modèle qui s’exerce par l’acquisition de capitaux, l’armement de forces par procuration et le contrôle des infrastructures plutôt que par une domination territoriale directe.

    L’alliance entre l’Occident et le Golfe s’appuie sur la puissance militaire, le secret financier et les investissements extractifs. Sa caractéristique principale est l’externalisation de la violence — blanchie par le langage du développement, de la logistique et de la diplomatie humanitaire, et dissimulée derrière l’architecture du luxe.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/06/16/tous-les-empires-ne-se-ressemblent-pas

    #EAU

  • « Tout converge pour faire de la société civile l’observateur impuissant de la dégradation d’un bien commun irremplaçable, l’#eau »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/14/tout-converge-pour-faire-de-la-societe-civile-l-observateur-impuissant-de-la

    Comment réagiront les populations qui ne recevront plus d’#eau_potable à leur robinet ou dont l’accès à l’eau sera régulièrement interrompu ? Cette question n’est plus tout à fait théorique. L’été 2025, des #arrêtés_sécheresse ont été pris dans près de 95 % des départements et quelque 2 000 communes ont été privées d’eau courante. Non seulement un nombre croissant de territoires et de foyers sont concernés, mais les textes réglementaires et législatifs adoptés depuis deux à trois ans – ainsi que d’autres en cours d’examen – construisent avec constance, pièce par pièce, les conditions d’une dégradation inéluctable de la disponibilité et de la #qualité_de_l’eau.

    Sur cette question, le détricotage du droit de l’environnement ne consiste pas seulement à affaiblir les normes, il démantèle aussi, peu à peu, le cadre d’exercice de la démocratie locale en ôtant à la société civile et aux collectivités le peu de moyens légaux dont elles disposent pour ralentir ou entraver un désastre déjà bien engagé.
    Le projet de loi d’urgence agricole , adopté le 2 juin par l’Assemblée nationale, est à cet égard emblématique. Il prévoit par exemple de modifier la composition des commissions locales de l’eau, ces petits parlements chargés de décider de la gestion, des usages et de la protection des #ressources_hydriques à l’échelle des territoires. L’équilibre des forces y serait rompu, réduisant le poids des collectivités au profit de l’Etat et des usagers (au nombre desquels les agriculteurs et les industriels).

    https://justpaste.it/6sij7

    #loi_d’urgence_agricole #agriculture #industrie

    • Si tu as moins de 20 ans tu risques de ne pas connaitre la longue histoire d’accaparement des ressources par vivendi et messier. Sache que 25 ans après l’eau à toulouse c’est bolloré via veolia masqué derrière eau-toulouse-metropole.
      #clientelisme

  • L’eau, source de vie, précieux #commun

    #Somhack_Limphakdy est enseignante-chercheuse en philosophie du #droit. Elle se préoccupe – entre autres – de la théorie des communs et plus spécifiquement de la question de la #renouvelabilité de la ressource en eau. Elle répond à nos questions sur l’hydrologie, l’état de l’eau en France et l’importance de la gestion de cette ressource.

    Du droit à l’hydrologie : rencontrez Somhack Limphakdy

    Somhack Limphakdy : “Je suis philosophe du droit et j’ai beaucoup travaillé sur la question des Communs – comment le droit peut être une outil et un levier de préservation, voire de restauration des Communs. Plus spécifiquement, je me suis préoccupée de la question de la renouvelabilité de la ressource en eau.

    À l’origine, je suis pénaliste. J’ai travaillé sur le Tribunal pénal international (TPIY) qui s’est occupé de la situation de l’ex-Yougoslavie où s’est tenu le dernier génocide du XXe siècle sur le sol européen. Mon prisme d’analyse est le suivant : comment faire pour prévenir les conflits et les guerres ?

    En Occident, nous travaillons généralement sur le curatif – beaucoup plus que sur le préventif. Je suis d’origine asiatique : la question de la prévention – notamment en termes de santé – est centrale dans cette culture depuis plusieurs millénaires !

    C’est en travaillant sur ce sujet du TPIY que la question de l’eau est rapidement apparue. Elle s’avère vite incontournable vu qu’elle innerve tous les pans de la vie humaine : hygiène, alimentation (agriculture, transformation) mais aussi énergie, aménagement du territoire, transport…

    Hydrologie : la science dédiée à la gestion de l’eau

    L’hydrologie est une science complexe qui s’intéresse au(x) cycle(s) de l’eau, c’est-à-dire aux échanges entre l’atmosphère, la surface terrestre et son sous-sol. Les hydrologues sont des ingénieurs qui permettent de garantir une arrivée d’eau potable sur un territoire et de traiter les eaux usées avant restitution dans le milieu naturel. L’hydrologie est communément utilisée sur les questions d’#aménagement_du_territoire.

    Focus sur la gestion de l’eau en France

    Les hydrologues pensent en bassins versants – la surface qui reçoit les eaux qui circulent vers un même cours d’eau ou vers une même nappe d’eau souterraine ; ils conçoivent donc la gestion de l’eau depuis la source jusqu’à son embouchure.

    En France, il y a six grands fleuves qui se pensent en interconnexion. Nous avons donc six agences de l’eau qui ont pour missions d’aider collectivités, industriels, agriculteurs, associations de pêche, de protection de la nature et de consommateurs dans le financement, l’accompagnement et la valorisation de leurs projets et initiatives pour agir sur la santé, le cadre de vie, la préservation de la ressource en eau et la biodiversité.

    Il y a également des comités de bassin où siègent plusieurs parties prenantes, dont des particuliers.

    Les problématiques liées à la gestion de l’eau varient selon les territoires : cela dépend de leur géographie. En montagne par exemple, il y a généralement un fort taux de précipitation ; en été, la fonte des neiges éternelles et des glaciers restitue de l’eau ; c’est un terrain sur lequel il y a donc de nombreux ruissellements. En plaine, en revanche, il y a des espaces – comme le long du Rhin où l’on trouve l’une des plus grandes nappes phréatiques de France et d’Europe – où l’eau est accessible plus directement de façon affleurante à la surface du sol. On ne gère donc pas cette ressource de la même façon en fonction du territoire sur laquelle on habite.

    L’accès à l’eau est indispensable, encore faut-il que sa qualité soit préservée

    La qualité de l’eau est une dimension fondamentale. Évidemment, on parle beaucoup de sécheresse – ou d’inondation – parce que les dernières années ont mis en exergue la tension autour de la quantité d’eau disponible et de sa disponibilité dans le temps.

    Mais la qualité de l’eau n’est pas moins importante : elle a un impact considérable sur l’environnement et la santé humaine. Nous avons de plus en plus de problèmes liés à des polluants – les perturbateurs endocriniens – qui peuvent provoquer des cancers et des maladies incurables. Et qui pire est, certains de ces produits sont éternels : nous sommes dans l’incapacité de les traiter (tels que les polychlorures qui sont présents aujourd’hui dans l’eau potable). Sans compter les pluies acides qui abîment nos bâtis ou les écosystèmes naturels.

    Rapide historique de la gestion de l’eau sur notre territoire

    Pendant longtemps, nous avions des régies strictement publiques, historiquement gérées par des municipalités. Et puis, des “géants” de l’eau ont émergé, encadrés par trois lois majeures, celles de 1964, 1992, et 2006.

    Contrairement aux régies publiques, il a pu arriver aux régies privées de tirer profit de leur activité. En fonction du sérieux de leur gestion ou de la qualité de l’eau à la source, les Français ne sont pas égaux en termes d’accessibilité de l’eau ; le prix peut ainsi varier d’un facteur allant de 1 à 7 !

    De fait, ces régies privées ne favorisent pas toujours une gestion adéquate : en cas de fuite, la ressource est dilapidée sans gêne, les régies faisant payer aux usagers ce gaspillage lié à leur mauvaise gestion des canalisations. Mécanisme économique clairement contre-productif…

    Voilà pourquoi beaucoup de mairies sont revenues sur la délégation à un acteur privé de la gestion de cette ressource vitale qu’est l’eau, ce qui est une excellente nouvelle.

    Le(s) cycle(s) de l’eau

    Le cycle de l’eau est généralement enseigné à l’école. La macrostructure du cycle hydrologique est la suivante : évaporation, condensation, précipitations et ruissellement (sous-terrain et dans les fleuves). Mais il existe d’autres microcycles. Par exemple, le microcycle artificiel qui nous fait prélever l’eau dans la nappe phréatique, que nous restituons, une fois l’eau usée passée par des stations d’épuration.

    Les systèmes naturels créent également des microcycles. Ainsi, par exemple, les forêts sont en capacité d’”appeler” la pluie et donc de maintenir une partie de l’eau plus longtemps sur un territoire, grâce à ce que l’on appelle les “rivières volantes“.

    L’eau, cette ressource rare et précieuse

    Seulement 2 % de l’eau disponible sur Terre est de l’eau douce. Tout le reste de l’eau disponible n’est pas directement consommable par les humains. L’eau douce inclue l’eau courante, celle des lacs et des rivières, des nappes phréatiques, des neiges éternelles, de la banquise… Au final, l’eau accessible à l’homme ne représente que 10 à 15 % de ces 2,5 % d’eau douce.

    Ces chiffres permettent de comprendre à quel point cette ressource est précieuse et rare…

    Les communs : source d’inspiration pour bien gérer l’eau

    Les travaux d’Elinor Ostrom, politologue et économiste américaine qui a reçu un prix Nobel en 2009 pour sa réflexion sur les communs, sont une belle source d’inspiration. Elle définit les communs comme un dispositif pensé simultanément sur un triptyque : la ressource, la communauté et les parties prenantes qui en bénéficient et les règles et modalités de gouvernance autour de cette ressource.

    Ce dispositif permet donc de prendre soin des personnes tout en prenant en compte l’impact environnemental et le renouvellement de la ressource. Ce fonctionnement est particulièrement intéressant car il tient compte des intérêts de chaque partie prenante selon son activité – habitants, personnes qui vivent de cette ressource, industriels, agriculteurs, collectivités territoriales, État…

    Comment se saisir de la question de l’eau ?

    Il est parfois difficile de savoir ce que l’on peut faire, concrètement, pour préserver la ressource en haut, à une échelle individuelle.

    Il y a la réponse évidente qui consiste à éviter le gaspillage.

    Mais d’autres possibilités s’offrent aux particuliers : en France, les associations protectrices de l’environnement sont déjà parties prenantes des comités de bassin, mais il manque encore de citoyens pour s’y investir et veiller de près à cette précieuse ressource. Nous sommes trop peu informés et ne connaissons pas tous les dispositifs existants ; c’est pourtant une étape essentielle. Renseignez-vous auprès de votre Agence de l’Eau locale pour mieux comprendre la complexité de ces enjeux.

    Il ne faut pas hésiter une seconde à participer à la reconstruction écologique de notre monde : la tâche est immense ! Et mettre en place des règles d’usage appropriées servira à construire les conditions de la paix sur le moyen et long terme…

    Engageons-nous et participons à la création d’un futur désirable !”

    https://www.ecologiehumaine.eu/leau-source-de-vie-precieux-commun
    #eau #communs #gestion_de_l'eau