#eau_douce

  • Sécheresse : « Des risques de rupture d’eau potable à l’échelle d’un département, je n’avais jamais vu ça » - Basta !
    https://basta.media/Secheresse-la-plus-intense-risque-rupture-eau-potable-etat-des-lieux-entret

    On a notamment des assecs (pas d’eau visible) en rivière sur les têtes de bassins. On soupçonne que beaucoup de ces assecs sont aggravés par des prélèvements en nappe [pompage de l’eau souterraine via un forage par exemple pour répondre à divers besoins comme l’irrigation] ou des aménagements [comme les plans d’eau qui favorisent les pertes par évaporation]. Or, ces petites rivières qui sont moins polluées et plus fraiches sont riches en biodiversité aquatique.

    • Ces précipitations orageuses ne vont donc pas arrêter la sécheresse. Pour cela, il faudrait des volumes de pluie qui soient relativement conséquents. On considère que la sécheresse va s’arrêter quand les débits vont reprendre. Cela implique que les sols soient déjà un peu humides, ce qui nécessitera déjà pas mal de pluie.

      C’est donc inquiétant : les sols sont tellement secs qu’il va falloir beaucoup de pluie pour arriver à les humidifier. C’est seulement une fois qu’ils seront bien humides que les nappes phréatiques (en sous-sol) commenceront à se recharger. Là, on s’attend à avoir une recharge très tardive, à moins qu’il tombe vraiment des volumes de pluies incroyables, mais ce n’est pas vraiment ce qui est prévu pour l’instant.

      Or, il y a déjà des régions en France où la recharge des nappes a été très faible cette année. Si l’on ajoute à cette sécheresse une recharge faible, car tardive, cela ne va pas améliorer les choses et on commencera l’année 2027 dans une configuration défavorable.

      #eau_potable #eau_douce #sécheresse #sécheresse_climatique #sécheresse_anthropique #hydroclimatologie #Florence_Habets

  • Cet été, l’irrigation a bu plus que toute l’Alsace, Guillaume Barjot, @hydrolooney.bsky.social
    https://blogs.mediapart.fr/hydrolooney/blog/240826/cet-ete-lirrigation-bu-plus-que-toute-lalsace

    En 2022, une année sèche, l’irrigation agricole du Bas-Rhin et du Haut-Rhin a prélevé plus d’eau que l’alimentation en eau potable des deux départements. Et sur deux à trois mois d’été seulement, quand la nappe est au plus bas. D’où vient cette eau, pourquoi 98 % des forages échappent à l’enquête publique, et ce que ce chiffre dit d’un modèle qu’on sécurise au lieu de le faire changer.

    Le dossier complet, la carte interactive des 5 000 forages et les sources
    https://hydrolooney.fr/decider-de-l-eau/irrigation-plus-que-toute-l-alsace

    #eau_douce #irrigation #agriculture #maïs

  • « Personne n’était au courant » : une bassine construite en catimini en Normandie
    https://reporterre.net/Une-bassine-construite-en-catimini-en-Normandie-Agriculteur-et-maire-il-

    L’agriculteur à l’origine de cette construction se trouve être aussi le maire de la commune.

    Depuis le 14 août, la petite commune de Pierrefitte-en-Cinglais a été placée par la préfecture du Calvados en crise sécheresse, comme tout l’ouest du département. Hasard du calendrier (ou non), Samuel Courvallet, un agriculteur du village, qui en est également le maire (sans étiquette), construit depuis le début de l’été l’une des premières #bassines_agricoles de Normandie. Si le terme mégabassine serait exagéré, l’ouvrage affiche de belles dimensions et permettra de stocker 40 000 m3 d’eau. Un tel bassin est inédit dans la région.

    « On m’a alertée de ce projet de retenue d’eau collinaire, puis nous avons découvert le détail au travers d’un article de presse, explique Aurélie [1], paysanne maraîchère dans une commune voisine. Dans le reportage, il est notamment dit qu’il n’y a pas eu de problème de concertation et que ce serait pour arroser des pommiers. En fait, personne n’était au courant et les pommiers sont des arbres qui vivent bien en Normandie, sans besoin particulier d’eau. À l’heure actuelle, des maraîchers sont en train de perdre leur récolte ici ! »

    [...]

    C’était avant que cinq associations environnementales [2] n’adressent un courrier à la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), à l’Office français de la biodiversité, au préfet et au procureur de la République de Caen, questionnant la légalité même du chantier, le 7 août. Le document, que Reporterre a pu consulter, dénonce plusieurs « infractions majeures urgentes » au Code de l’environnement et demande une intervention rapide des services de l’État pour stopper le chantier.

    En clair, les volumes des travaux seraient déclarés sous leur taille réelle, échappant ainsi à davantage de contraintes administratives. « Il a tout faux, sa demande est sous-dimensionnée, assure Christian Michel, du Groupement régional des associations de protection de l’environnement. Dans la notice d’incidence du projet, le barrage est notamment annoncé à 10,8 m de haut, cela ne correspond pas au statut demandé de ses travaux. » Contactées, la DDTM et la préfecture n’ont pas donné suite aux sollicitations de Reporterre.

    #eau_douce #Code_de_l’environnement #agriculture

  • 40 °C, bâti inadapté : la Bretagne n’est pas le refuge climatique qu’on croit
    https://reporterre.net/40-oC-bati-inadapte-la-Bretagne-n-est-pas-le-refuge-climatique-qu-on-cro

    Sol granitique qui stocke peu l’#eau, bâti inadapté... Longtemps considérée comme un territoire refuge, la Bretagne se trouve aujourd’hui particulièrement peu préparée aux effets du réchauffement climatique.

    [...]

    Pourtant, l’image d’une Bretagne qui serait préservée du réchauffement climatique semble avoir la dent dure. D’après un sondage mené par Ici et Odoxa en septembre 2025, 3 Français sur 10 se disent prêts à déménager de leur commune en raison du dérèglement climatique. 37 % d’entre eux envisagent la Bretagne comme destination. La pluviométrie, plus élevée ici que dans le reste de l’Hexagone y est sans doute pour quelque chose : longtemps la Bretagne a d’ailleurs été moquée pour celle-ci. Pour le bassin rennais, on compte 700 mm de précipitations par an, et jusqu’ à 1 300 mm de précipitations pour le Finistère, contre 500 mm en moyenne à l’échelle de la France métropolitaine.

    Un imaginaire façonné par la presse

    Mais la presse participe aussi, d’une certaine manière, à façonner cet imaginaire de territoire « refuge ». À titre d’exemple, Le Figaro Immobilier parle, dans un article paru en juin, de la Bretagne comme d’une région « qui pourrait devenir un vrai refuge climatique ». Le 11 juillet, Le Parisien présente une partie de la côte nord du Finistère comme un refuge contre la canicule, où il ne fait « que » 30 °C « pendant que Brest suffoque sous 38 °C ».

    On a noté 40° à Brocéliande cet été...

  • Stockage de l’eau « hors sol » : la soit disant adaptation de l’agriculture au #réchauffement_climatique n’est qu’un mirage de plus du #techno-solutionnisme

    Sainte-Soline à sec : le modèle des mégabassines à l’épreuve des canicules
    https://reporterre.net/Sainte-Soline-sechee-par-les-canicules-prouve-la-fragilite-du-systeme-de

    La réserve d’eau de Sainte-Soline a vu ses stocks intégralement évaporés par les fortes chaleurs de cet été. Un signe de fragilité qui questionne sur la capacité des mégabassines à aider l’agriculture face au changement climatique.

    • Sainte-Soline : où est passée l’eau de la mégabassine ?
      https://www.ouest-france.fr/environnement/eau/mega-bassine/sainte-soline-ou-est-passee-leau-de-la-megabassine-d8034a6c-9b07-11f1-b

      Selon des estimations de France Stratégie, un milliard de mètres cubes d’eau disparaît par #évapotranspiration chaque année avec les retenues françaises, soit l’équivalent de 20 % de la consommation d’eau du pays [r_eally ?]. La #loi_d’urgence_agricole, votée le 21 juillet à l’Assemblée, prévoit le doublement de ce type de stockage à l’horizon 2035.

      « Il n’y a pas de solution parfaite »

      « Dans l’équilibre technico-économique des réserves, le paramètre d’évaporation va être plus important cette année_, reconnaît François Geay, directeur de l’Établissement public du Marais poitevin, qui a pour charge la gestion de l’eau sur le territoire. Ça va de 2, voire 8 à 10 % dans les années les plus sévères ».

      Mais il défend le modèle des retenues de substitution compte tenu de la spécificité de son territoire : « Dans le Marais poitevin, nos nappes sont très petites, très réactives, et donc elles débordent. L’hiver, c’est l’inondation généralisée. En tout cas, tout le marais mouillé [_oh là là, ndc] cet hiver, était sous l’eau. » Un quart de l’eau prélevée l’hiver est utilisée pour remplir les 28 retenues de substitution du territoire. « Ces 25 % ne créent pas de déficit », assure le directeur.

      « Notre territoire est l’un des plus secs de France donc effectivement, la dimension évaporation, il va falloir la prendre en compte encore plus sérieusement à l’avenir parce qu’on peut avoir des années comme celle-ci avec des canicules qui sont très exceptionnelles_, note François Geay.Il n’y a pas de solution parfaite. Ce qu’il faut, c’est toutes les additionner, dans la mesure où elles ne se contredisent pas. »

      La légalité même d’un prélèvement est contestée

      Autre volet de cette affaire : les prélèvements avancés par la Coop de l’eau 79 pourraient être illégaux. Dans son arrêté rendu le 18 décembre 2024, la cour administrative d’appel de Bordeaux a suspendu l’autorisation de remplissage de la réserve, car cette dernière menace la survie d’une espèce d’oiseau protégée, l’outarde canepetière. L’arrêté précise que « cette suspension ne fait pas obstacle à l’utilisation, par les agriculteurs d’ores et déjà raccordés à la réserve SVE15 située à Sainte-Soline […], de la quantité d’eau stockée à la date de sa décision ». Or l’eau potentiellement utilisée s’est accumulée après cette décision (il restait moins de 7 000 m³ d’eau dans la réserve le 11 octobre 2025)…

      « Cette décision a été motivée par la dégradation du milieu d’espèces animales protégées par les cultures irriguées : c’est bien l’irrigation qui est en cause, d’après Marie Bomare, juriste pour Nature Environnement Charente-Maritime, qui a porté le contentieux à la cour administrative d’appel de Bordeaux, interrogée par Reporterre. La légalité de cette pratique est très incertaine. »

      Malgré la décision de justice, entre le 19 et le 22 décembre 2024, 32 572 m³ d’eau avaient déjà été prélevés illégalement. Soit la consommation annuelle de 592 personnes.

      Le seul rapport de France stratégie sur l’eau que j’ai trouvé
      L’eau en 2050 : graves tensions sur les écosystèmes et les usages
      https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-06-25%20-%20NA%20156%20-%20L%27eau%20en%202050/HCSP-2025-NA156-Eau-25juin.pdf
      n’évoque l’évapotranspiration qu’en note. Donc soit je n’ai pas trouvé la bonne source, ce qui est tout à fait possible, soit le journal relaie une éxagération propagandiste - une telle quantité parait absolument phénoménale - qui ferait de la surenchère quant à l’impact des bassines, en plus de citer Françoise Habets. La FNSEA doit être colère. Bientôt des déversements de lisier devant les locaux du journal ?
      https://justpaste.it/g87g2

      edit sur l’ampleur de l’évapotranspiration, l’article indique explicitement que la Coop de l’eau 79 ment effrontément

      #mégabassines #eau_douce

    • Juste une anecdote pour se faire une idée de l’évaporation. Je me suis absenté deux semaines (très fortes chaleurs et pic à 40 °C pendant la période) et j’avais laissé à disposition des animaux de passage près du logis 4 seaux de 10 litres remplis d’eau (seau de couleur noire de surcroît). A mon retour, les seaux avait perdu plus de la moitié de leur contenu.

  • Évolution récente et projection future de la ressource mondiale en eau souterraine, Maya Costantini ; Bertrand Decharme ; Jeanne Colin - La Météorologie, 129, 39-45, 2025 (publication : May 01, 2025)
    https://lameteorologie.fr/issues/2025/129/meteo_2025_129_39

    Résumé
    Cet article analyse l’évolution des ressources en eau souterraine à l’échelle mondiale, en se basant sur des simulations de modèles climatiques. Une méthode simple est proposée pour estimer les prélèvements non renouvelables d’eau souterraine utilisée pour l’irrigation. Les résultats montrent que dans des régions clés comme l’Inde, la Chine et les États-Unis, une grande partie de l’eau utilisée est non renouvelable, aggravant la dette hydrique mondiale. Cette étude souligne que la combinaison de la diminution de la recharge sous l’effet du changement climatique et de l’augmentation des prélèvements anthropiques menace la durabilité de la ressource en eau souterraine dans les aquifères de plusieurs régions du monde.

    [...]

    L’eau, source de vie, est omniprésente sur notre planète et recouvre environ 71 % de sa surface. Toutefois, cette ressource précieuse est loin d’être équitablement répartie : 97 % de l’eau terrestre est concentrée dans les océans et seulement 3 % sous forme d’eau douce sur les continents. L’eau douce continentale est donc rare sur Terre. La plus grosse partie de cette eau douce continentale, environ 70 %, n’est pas exploitable directement, car elle est stockée sous forme de glace dans les glaciers continentaux et les calottes polaires groenlandaises et antarctiques. Près de 29 % sont difficilement accessibles car localisés en profondeur dans les aquifères. Finalement, seule une infime partie de l’eau douce continentale, environ 1 %, est facilement accessible : elle se trouve dans les lacs naturels ou artificiels, les rivières, les marais et les couches superficielles du sol, tous ces réservoirs constituant les eaux de surface.

    (...) On estime que 70 % de l’eau douce prélevée est dédiée à l’agriculture, majoritairement pour l’irrigation, ensuite pour l’élevage. L’industrie utilise 20 % de cette eau et les 10 % restants servent à notre usage domestique.

    [...]

    Depuis le début du XXIe siècle, la demande en eau par secteur (agriculture, industrie, usage domestique) augmente dans toutes les régions du monde, si bien que la consommation d’eau présente une croissance 1,7 fois plus forte que la croissance démographique. Une grosse partie de cette augmentation est due au secteur agricole avec l’irrigation des cultures.

    #eau #eau_douce #climat #changement_climatique #eaux_souterraines #nappes_phréatiques #nappes_fossiles #réservoirs_continentaux #agriculture #irrigation #élevage #stress_hydrique #hydrologie #écologie

    • « L’usage des grands réservoirs artificiels témoigne d’une méconnaissance des cycles de l’eau et des causes de leur dégradation », Samuel Bonvoisin (Ingénieur agronome), Charlène Descollonges (Ingénieure hydrologue) et Simon Ricard (Ingénieur hydrologue)
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/19/l-usage-des-grands-reservoirs-artificiels-temoigne-d-une-meconnaissance-des-

      Face aux sécheresses intensifiées par le changement climatique, trois spécialistes de l’eau appellent, dans une tribune au « Monde », à renforcer la résilience hydrique en développant des pratiques agroécologiques et en stockant l’eau de pluie dans les nappes phréatiques et la végétation.

      L ’année 2026 est marquée par des extrêmes hydriques, #crues majeures survenues en hiver et sécheresse de l’été, qui dépasse désormais le record de 2022. En passant d’un extrême à un autre en seulement quelques mois, la situation pose la question du #stockage_de_l’eau pour l’agriculture : pourquoi ne pas prélever et stocker une partie des excédents de l’hiver afin d’irriguer quand elle vient à manquer l’été ? Si l’idée semble relever du bon sens, des confusions subsistent et peuvent conduire, de manière contre-intuitive, à une aggravation des pénuries.

      En quête d’exemple transposable à la France, le monde agricole se tourne vers le modèle espagnol. Depuis 1950, l’Espagne a abondamment investi dans la construction de #réservoirs_artificiels, réutilisant les eaux usées traitées et dessalant l’eau de mer. En dépit de ces lourds investissements, la sécheresse historique ayant touché la péninsule Ibérique entre 2021 et 2024 a provoqué une chute du niveau d’eau dans ces réservoirs artificiels. Face à un taux de remplissage critique (inférieur à 16 %), les autorités ont dû prendre des mesures de restrictions drastiques, entraînant des pertes agricoles considérables. Mais cette « catastrophe naturelle » et les impacts économiques qui lui sont associés sont-ils uniquement imputables au manque de pluie ?

      D’après une étude parue en mai dans Nature, l’Espagne figure parmi les régions du monde où le stockage artificiel destiné à l’irrigation ne protège pas nécessairement d’une pénurie d’eau – il peut même l’aggraver. Les scientifiques appellent cela l’« effet réservoir » ou le « paradoxe du développement sûr », lorsque « le renforcement des mesures de sécurité entraîne, paradoxalement, une aggravation des dégâts en cas de pénurie ».

      Cette étude révèle que les grands réservoirs destinés à l’irrigation sont les plus à risque parce que les sécheresses compromettent leur alimentation et que, en confortant l’« offre », ils soutiennent une forte demande en eau. Avec des sécheresses qui s’intensifient sous l’effet du changement climatique et une demande croissante pour l’irrigation, les scientifiques soulèvent une question cruciale : ces réservoirs resteront-ils viables s’ils deviennent de plus en plus vulnérables ?

      Une solution de « bon sens » en apparence s’avère moins évidente que prévu et requiert une analyse critique. Outre les enjeux écologiques, l’usage de ces grands réservoirs artificiels témoigne d’une méconnaissance des cycles de l’eau et des causes de leur dégradation. Nous peinons à faire les liens entre les catastrophes dites « naturelles » que sont les inondations, les coulées de boue, les incendies, les sécheresses, et leurs causes structurelles d’origine anthropique que sont l’appauvrissement des sols agricoles, l’assèchement des milieux humides, l’exploitation intensive des forêts, l’artificialisation des sols et des hydrosystèmes.
      En clair, nous héritons de systèmes rendus vulnérables aux extrêmes hydriques tandis que ces aléas sont amenés à s’intensifier avec le dérèglement climatique. Plutôt que de poursuivre un investissement sans limite dans des réservoirs dont la viabilité n’est plus assurée, peut-être devrions-nous nous orienter vers des voies plus robustes.

      Des territoires pionniers

      En s’attaquant aux causes profondes de l’assèchement, l’hydrologie régénérative vise la résilience hydrique des territoires. Dans la pratique, elle fédère un ensemble de techniques suivant des principes d’aménagement : ralentir, infiltrer, stocker l’eau de pluie en priorité dans les paysages, c’est-à-dire dans les sols et les nappes, mais aussi dans la végétation (forêts et zones humides) plus dense et diversifiée.
      Ces principes s’articulent autour d’un triptyque sol-arbre-eau, qui se décline dans les milieux aquatiques, agricoles, forestiers et urbains. En contexte agricole par exemple, ces approches combinent des pratiques agroécologiques (sol), de l’agroforesterie (arbre) et des micro-ouvrages hydrauliques (eau) afin de répartir et d’infiltrer l’eau dans les parcelles, ce qui permettrait de réduire – dans une certaine mesure – la dépendance à l’irrigation. Adaptées aux contextes locaux, ces pratiques contribuent non seulement à régénérer la fertilité des sols, mais aussi à renforcer la résilience des cultures face aux vagues de chaleur, aux manques comme aux excès d’eau.

      Dans l’Ain, la Drôme et l’Ardèche, des territoires pionniers ont fait le choix de soutenir des dizaines d’agricultrices et d’agriculteurs pour implémenter et tester des pratiques d’hydrologie régénérative dans leurs parcelles. Forts des premiers retours d’expérience, ces territoires souhaitent aller plus loin, en soutenant d’autres exploitants et en élargissant le périmètre d’action aux forêts, aux rivières et aux espaces urbains. Par ailleurs, l’association Pour une hydrologie régénérative souhaite poursuivre ces démarches pilotes dans toute la France.

      La nécessité de stocker plus d’eau pour l’agriculture offre aussi l’occasion de fédérer un ensemble d’acteurs autour de projets locaux dans une recherche des bénéfices mutuels, tant pour les activités humaines que pour les milieux naturels. Ces projets pilotes ont montré qu’il était possible de dépasser les clivages autour du stockage en choisissant des alternatives aux grandes réserves de substitution. Loin d’être antinomique avec l’irrigation, l’hydrologie régénérative s’inscrit dans une vision plus large de résilience hydrique des territoires dont font partie les agrosystèmes.

      Si le stockage artificiel doit être envisagé, il est pensé comme un complément à la régénération des capacités de rétention naturelle des paysages tout en composant avec les limites des hydrosystèmes et la réalité économique des exploitations agricoles. Cette nouvelle perspective intéresse aussi bien les chambres d’agriculture que les exploitants en vue de sortir de l’impasse implacable que représente la sécheresse historique que nous vivons.

      Plus globalement, l’hydrologie régénérative nous exhorte à changer nos représentations, nos organisations et nos postures pour développer des modèles plus robustes dans un monde fluctuant. Puissent ces événements tragiques nous conduire, au-delà des seules logiques d’adaptation, vers la régénération hydrique des territoires afin de mieux les préparer aux prochaines fluctuations.

      #cycles_de_l’eau #hydrologie_régénérative #agroforesterie #agroécologie

    • « un milliard de mètres cubes d’eau disparaît par #évapotranspiration chaque année avec les retenues françaises, soit l’équivalent de 20% de la consommation d’eau du pays [ ! ?]. La loi d’urgence agricole prévoit le doublement de ce type de stockage à l’horizon 2035

      https://www.ouest-france.fr/environnement/eau/mega-bassine/sainte-soline-ou-est-passee-leau-de-la-megabassine-d8034a6c-9b07-11f1-b

      C’est sous paywall, et je trouve pas le rapport de France stratégie qui citerait cette proportion himalayenne, seulement
      L’eau en 2050 : graves tensions sur les écosystèmes et les usages
      https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-06-25%20-%20NA%20156%20-%20L%27eau%20en%202050/HCSP-2025-NA156-Eau-25juin.pdf
      qui n’évoque l’évapotranspiration qu’en note.

      edit trouvé l’article de O-F :
      https://justpaste.it/g87g2

      #loi_d’urgence_agricole #LUA #Florence_Habets

    • dans le résumé de la Note d’analyse, n°134, d’avril 2024 de France Stratégie
      Prélèvements et consommations d’eau : quels enjeux et usages ? | Haut-commissariat à la stratégie et au plan
      https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/prelevements-consommations-deau-enjeux-usages

      Passer des prélèvements aux consommations nécessite de faire des hypothèses sur les « facteurs de consommation », réexaminés ici. En 2020, les consommations sont estimées à plus de 4,4 milliards de m3, l’irrigation agricole en représentant près des deux tiers (irrigation des cultures destinées à l’alimentation humaine et animale notamment, principalement concentrée dans le sud et l’ouest de la France). Les stockages d’eau artificiels – hydroélectricité, retenues agricoles, plans d’eau d’agrément, etc. – ne sont aujourd’hui pas considérés comme consommateurs. Une première estimation du phénomène d’évaporation montre que ces stockages pourraient engendrer des consommations de l’ordre d’un milliard de m3 par an, élevant donc la consommation annuelle à 5,4 milliards de m3.

      note :

      Les opinions exprimées engagent leurs auteurs et n’ont pas vocation à refléter la position du gouvernement.

      (la lecture du document lui-même est dense…)

    • « Notre principal défi est d’abord de renoncer à l’illusion de l’abondance de l’eau », Sara Fernandez, géographe
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/26/secheresse-notre-principal-defi-est-d-abord-de-renoncer-a-l-illusion-de-l-ab

      Nous sommes confrontés à un changement de régime hydroclimatique, face auquel nos systèmes de régulation des usages et de répartition de l’eau ne sont plus adaptés. Nos instruments de planification et de financement, comme nos infrastructures, sont fondés sur une stabilité hydrologique historique qui ne se vérifie plus. Les normes de qualité des cours d’eau et d’encadrement des rejets s’appuient sur des débits passés que l’on observe plus difficilement aujourd’hui.

      [...]

      En moyenne, un agriculteur en zone vulnérable aux nitrates agricoles est contrôlé tous les quatre-vingts ans. Une station d’épuration l’est tous les dix ans.

      [...]
      [La LUA qui va] Accélérer le développement de ces nouveaux usages [irrigation, nucléaire, data centers] et des infrastructures associées ne peut être une réponse à un #cycle_de_l’eau qui s’accélère, avec des étés de plus en plus chauds et des niveaux qui baissent de plus en plus. De telles politiques de l’offre, fondées sur le mythe d’une eau abondante que l’on pourrait diriger et apporter où l’on veut, sont une impasse.

      Notre principal défi est d’abord de renoncer à l’illusion de l’abondance pour être plus attentifs aux limites environnementales. Non pas seulement en se focalisant sur les indicateurs de débit des rivières, mais aussi en questionnant l’utilité des usages et leur capacité à aggraver les phénomènes extrêmes – par leurs émissions de gaz à effet de serre, les pollutions ou l’artificialisation des sols – ou à les atténuer, par exemple par la façon dont ils ralentissent le cycle de l’eau ou limitent les pollutions diffuses. Contenir le réchauffement climatique et les événements extrêmes qui vont avec passe d’abord par une politique d’atténuation.

    • Sécheresse : les limites des retenues d’eau défendues par la ministre de l’Agriculture
      https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/debout-la-terre/debout-la-terre-du-jeudi-27-aout-2026-3557028
      https://www.radiofrance.fr/pikapi/images/70a62267-8edc-42d0-9810-dc55d6a90e5a/1200x680

      Ont-elles fait leurs preuves alors ces retenues d’eau face à la #sécheresse ? Beaucoup sont déjà à sec ou pas loin, comme dans les Pays de Loire, berceau des bassines. Si je prends la plus ancienne, Mauzé sur le Mignon, écoutez bien : elle était à 240.000m3 d’eau en mars, à la sortie de l’hiver, après pompage dans les #nappes_phréatiques. Et la voilà aujourd’hui à 1000m3. Donc en gros tout a été utilisé, et la saison n’est évidemment pas terminée. Pour la plus récente cette fois, Priaires, c’est pire : on part de 160.000m3 en mars et on est à ZERO depuis.... le 7 aout !!! Tout est parti avant même la fin de l’été.

      La seule qui a encore un stock digne de ce nom aujourd’hui c’est Sainte Gemme La Plaine, avec il faut le dire un bon gros 870.000m3 à la sortie de l’hiver, mais on a dix fois moins aujourd’hui, 89.000, et là encore, saison pas terminée.

      D’ailleurs la filière #maïs (pour laquelle cette eau est très utilisée) désespère : 35% de production en baisse attendus cette année.

      Quant à la célèbre retenue de Sainte-Soline, elle a été jugée illégale en décembre 2024. Donc à part les 400.000m3 qui étaient déjà dedans et que les douze agriculteurs raccordés ont eu le droit d’utiliser dans la foulée (donc en gros l’an dernier), interdiction de la remplir ou de l’utiliser. Mais devinez quoi ? Les niveaux indiquaient 56.000m3 d’eau à la fin de l’hiver. L’eau de pluie, tombée à l’intérieur car elle n’a toujours pas été démontée. Et le 21 juillet : Nada. Plus rien, zéro, bassine à sec.

      Revoir les systèmes agricoles et les priorités d’usages de l’eau

      Des opposants avancent l’#évaporation. Phénomène documenté, un milliard de mètres cube d’eau s’évaporent chaque année des retenues françaises (l’équivalent de 20 % de la consommation d’eau du pays, c’est beaucoup).

      Mais les gestionnaires de Sainte Soline assurent que là, si la bassine est vide, c’est que l’eau a été utilisée par deux agriculteurs, avec autorisation de la préfecture début mai. Sauf que la préfecture m’écrivait hier soir par mail :

      « La préfecture des Deux-Sèvres n’a pas délivré d’autorisation de prélèvement. »

      Quoi qu’il en soit, ces retenues d’eau sont « un pari risqué sur l’avenir et une fuite en avant » comme le dit au Nouvel Obs l’hydrologue Yves Tremblay de l’Institut de recherche et développement.

      Peut-être que la question de vie ou de mort serait plutôt de revoir les systèmes agricoles, et les priorités des usages de l’eau.

      #bassines #mégabassines

  • « On a rayé des cartes les petits cours d’eau, et la #sécheresse s’est répandue »
    https://reporterre.net/On-a-gomme-les-petits-cours-d-eau-des-cartes-et-la-secheresse-s-est-repa

    La France a longtemps été un pays de rivières mais aussi de « petits chevelus » qui irriguaient merveilleusement les paysages, rechargeaient les nappes phréatiques, nourrissaient les zones humides et les grandes vallées. Aujourd’hui, ce réseau fin de milliers de petits ruisseaux — rus, béals, filets d’eau de tête de bassin versant — se défait silencieusement, et alimente la terrible sécheresse que nous connaissons, tout autant que le déficit de pluie.

    [...]

    Pour comprendre cette disparition des petits cours d’eau, remontons un peu le temps. Le 30 décembre 2006, une loi sur l’#eau et les milieux aquatiques (Lema) était adoptée en France, qui transposait dans le droit une directive européenne visant à restaurer l’état écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici à 2015.

    Certains syndicats agricoles n’ont pas vu cette ambition d’un bon œil, notamment la #FNSEA, représentant majoritaire de l’#agriculture productiviste, désormais contrainte d’interdire les rejets de nitrates dans les cours d’eau. L’Union européenne condamnera d’ailleurs plusieurs fois l’État français pour son laxisme vis-à-vis de ces pratiques.

    Mais grâce au gouvernement socialiste de l’époque (Reporterre l’a raconté en 2017), un tour de passe-passe résolut le dilemme : de cours d’eau, les petits ruisseaux devinrent des « fossés », « canaux » ou « ravines », privés de la protection instaurée par la loi de 2006. Résultat : plus de bandes-tampons obligatoires pour les préserver des constructions et autres barrages hydrauliques, plus d’encadrement des épandages de pesticides. Sortis du droit, ils furent aussi effacés des cartes administratives hydrologiques que l’on commençait alors à réaliser. Dans certains départements, la moitié d’entre eux ont tout simplement été rayés des cartes.

    edit c’est assez général, on pense flux et stock, au mépris des trames.

    #hydrologie (et Lumières éteintes) #eau_douce #petits_chevelus

  • Les #prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023

    En 2023, 29,4 milliards de m3 d’eau douce ont été prélevés en France (hors production #hydroélectrique). Ce volume est comparable à celui de 2022 (29,3 milliards de m3).
    Parmi ces prélèvements, 81 % proviennent des eaux de surface, et 19 % des eaux souterraines. L’eau est prélevée pour différents usages : 45 % du volume est destiné au refroidissement des #centrales_électriques, 20 % pour l’alimentation des canaux de navigation, 18 % pour la production d’#eau_potable, 10 % pour l’#agriculture et 7 % pour les autres activités économiques. Depuis 2008, le volume total des prélèvements a nettement baissé (- 16 %), principalement sous l’effet de la baisse des usages industriels et du refroidissement des centrales électriques.

    https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/les-prelevements-deau-douce-par-usage-en-france-en-2023

    #visualisation #statistiques #chiffres #eau #France #eau_douce #usage #usages #électricité #nucléaire #énergie_nucléaire

  • « La promenade de Biscarrosse a fini par tomber. Tant que le futur n’a pas de prise perceptible sur le présent, il reste sans effet sur les pratiques », Marie Stutzmann, anthropologue
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/09/la-promenade-de-biscarrosse-a-fini-par-tomber-tant-que-le-futur-n-a-pas-de-p

    En janvier, une partie de la promenade de la station balnéaire landaise Biscarrosse a disparu. Pas progressivement, mais d’un seul coup. Pourtant, l’#érosion du #trait_de_côte était connue. Le #littoral reculait de 1 à 2 mètres par an. Les projections existaient. Les panneaux aussi. Tout le monde savait. Malgré cela, rien – ou presque – n’a vraiment changé.

    Quelques mois avant la tempête, j’observais les habitants face à la dune. Ils lisaient les informations, acquiesçaient – puis enjambaient les clôtures pour rejoindre la plage. Ce geste, anodin en apparence, dit quelque chose d’essentiel : il ne relève ni de la défiance ni du déni ; il révèle un décalage plus profond entre ce que nous savons et ce que nous faisons.

    On explique souvent ce décalage par un manque de volonté ou par une forme d’aveuglement collectif. Pourtant, ce diagnostic est insuffisant. Dans la plupart des situations, les faits sont connus, les alertes entendues, les risques reconnus. Face aux transformations de notre écosystème notamment, ce qui manque n’est pas l’information mais la transformation des conditions concrètes de notre action.
    Les comportements humains ne se réorganisent pas à partir d’idées. Ils se structurent à partir d’habitudes, d’attachements, de repères sensibles – tout ce qui rend nos gestes évidents sans que nous y pensions. L’anthropologie désigne cela sous le terme « habitus » : une manière incorporée d’habiter le monde. L’humain change par micro-adaptations, rarement par rupture.

    Partout, le même paradoxe

    A Biscarrosse, les habitants ne contestaient pas les données. Mais leur expérience sensible contredisait encore les projections. Les villas jumelles, symbole de la station, certes menacées, tenaient. Le paysage semblait stable. Et, dans l’économie ordinaire de l’action, ce qui est vu et éprouvé l’emporte sur ce qui est anticipé.

    #paywall #submersion #climat #océans

    • J’adore la conclusion de la vidéo. Faut de la résilience braves gens ! (Avec en image de fond des camions roulant au gasoil qui apportent du sable dont on ne dit pas la provenance).

    • accès à l’article :
      https://archive.is/6ZkFU

      C’est pourquoi l’information, si nécessaire soit-elle, reste structurellement insuffisante. Elle opère au niveau rationnel, mais peine à transformer les représentations incorporées, alors que le changement se joue d’abord au niveau des pratiques. Cette distinction est décisive. Elle permet de comprendre pourquoi tant de politiques publiques échouent : elles visent à convaincre, là où il faudrait rendre possible – et progressivement familier – autre chose.
      La question n’est donc pas : comment convaincre les gens de changer ? Elle est : de quoi sont faits leurs usages, et où la nouveauté peut-elle se frayer une place ? C’est le propre du travail de l’anthropologue. Avant toute intervention, il s’agit de cartographier finement ce qui existe : les gestes quotidiens, les trajectoires, les attachements. Non pour les respecter passivement, mais pour identifier les points d’accroche : là où une pratique nouvelle peut se greffer sur une ancienne, s’y hybrider, sans la heurter de front.

    • En définitive, la mer ne monte pas à cause du fracas des tempêtes, mais du travail patient de deux forces invisibles : un océan qui gonfle en chauffant et des glaces qui glissent lentement vers les flots.

      https://sciencepost.fr/tout-le-monde-regarde-fondre-les-glaciers-pour-expliquer-la-montee-des-o

      Or j’entends une hydrologue (non identifiée : https://bsky.app/profile/kuntavandenkinte.bsky.social/post/3mt24ttsobk2t) dire que de récentes données Nasa montrent que le pillage des réservoirs continentaux, superficiels ou fossiles, est le premier facteur de la montée des eaux. Mais je ne trouve rien de plus précis et sourcé. @simplicissimus ?

      edit
      – merci pour l’article accessible !
      – l’hydrologue en question cite aussi la possibilité de stocker de l’eau dans les nappes aquifères existantes (plutôt qu’en bassines ; ) lorsque le niveau des fleuves est haut, ce qui est expérimenté avec la Garonne et qui foncitonnerait déjà.

    • je pense que le mot qui va bien (qui répond à ta question) est #subsidence. Et ça dépend largement de où ça se passe.

      Qu’est-ce que la subsidence, ce phénomène qui fait s’affaisser de nombreuses villes côtières du monde ? - Geo.fr
      https://www.geo.fr/environnement/quest-ce-que-la-subsidence-ce-phenomene-qui-fait-saffaisser-de-nombreuses-villes

      Qu’est-ce que la subsidence ?

      La subsidence est un lent affaissement de la surface de la croûte terrestre. Elle offre ainsi un espace pour le dépôt progressif et la préservation de sédiments sur de grandes épaisseurs. Phénomène naturel, une subsidence peut aussi être causée par les activités humaines qui provoquent un affaissement accéléré des sols.

      Une nouvelle étude parue le 1er janvier dans la revue Science vient de calculer que le tassement du sol affectera 635 millions de personnes d’ici 2040, soit 19 % de la population mondiale. Les zones les plus concernées sont celles qui connaissent une importante pression démographique avec une urbanisation croissante, ainsi que celles sujettes à une faible pluviométrie et nécessitant une irrigation importante. Entre 2010 et 2040, le risque sera ainsi accru de 80 % aux Philippines, en Irak, en Indonésie, en Israël ou en Algérie. En Europe, le phénomène est particulièrement marqué dans le nord de l’Italie et aux Pays-Bas, touchés un peu plus chaque année.

      Sur la thématique exacte de ce que tu cites :

      Ce n’est pas la montée des eaux : ce qui aggrave les inondations dans nos villes se joue sous nos pieds, millimètre par millimètre
      https://sciencepost.fr/ce-nest-pas-la-montee-des-eaux-ce-qui-aggrave-les-inondations-dans-nos-v

      On imagine toujours la menace venir de l’horizon, cette ligne bleue qui grimpe lentement à mesure que les glaciers fondent. Pourtant, le véritable danger pour de nombreuses villes côtières ne tombe pas du ciel ni ne déferle depuis le large : il se joue à la verticale, sous le bitume, dans un mouvement si lent qu’aucun œil humain ne pourrait le percevoir. Pendant que nous scrutons la montée des océans, le plancher de nos métropoles s’enfonce discrètement, millimètre après millimètre. Ce phénomène porte un nom peu connu du grand public, la subsidence, et il pourrait bien rebattre les cartes de notre vulnérabilité face aux inondations. Car dans cette course entre l’eau qui monte et la terre qui descend, il arrive que le sol perde la partie plus vite qu’on ne le croyait.

      Ceci dit, chez moi, c’est bien l’élévation du niveau marin qui est la cause de la submersion à venir ; pratiquement pas de subsidence.

      Un autre effet « secondaire » qui peut s’avérer dramatique (d’autant plus s’il y a conjonction des deux phénomènes évoqués ci-dessus) c’est la salinisation des nappes phréatiques. Avec d’un côté une mer qui monte et de l’autre des nappes qui baissent, il y a forcément transfert de l’une vers les autres…

    • côté subsidence, un des endroits les plus terrifiants, c’est Djakarta…

      Jakarta, the Sinking Metropolis Where Millions Still Struggle to Access Piped Water – The Diplomat
      https://thediplomat.com/2026/07/jakarta-the-sinking-metropolis-where-millions-still-struggle-to-access-

      Excessive groundwater extraction by households and industry is one of the primary reasons for the city’s subsidence.
      […]
      Scientists say excessive groundwater extraction in Jakarta, rather than rising sea levels, is the primary reason parts of the city are sinking by up to 15 centimeters a year, with some studies recording even faster rates. Some neighborhoods have already subsided by as much as four meters since the 1970s.

      C’était, avec la catastrophe que représente la question des déplacements dans la capitale, la motivation principale du transfert de la capitale indonésienne à Nusantara, à Bornéo.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Nusantara_(ville)

      Aux dernières nouvelles, après les grandes manœuvres foncières dans la jungle de Bornéo (et quelques enrichissements illicites plus que probables), il semblerait que l’affaire ne soit plus à l’ordre du jour…

      Apparemment, tout le monde s’en bat le sarong…

    • The Guardian, décembre 2025, via Courrier international

      Nusantara, la future capitale de l’Indonésie : un projet déjà enterré ?
      https://www.courrierinternational.com/article/amenagement-nusantara-la-future-capitale-de-l-indonesie-un-pr


      Vue du monument Nusantara Protective Wings et du palais présidentiel à l’arrière-plan, tous les deux dessinés par l’artiste indonésien Nyoman Nuarta.
      PHOTO NICK HANNES/PANOS/REA

      Cité utopique créée de toutes pièces pour remplacer Jakarta comme capitale de l’Indonésie, Nusantara accuse de sérieux retards. Pis, elle est clairement délaissée par l’actuel président, au point de devenir une ville fantôme, explique ce reportage du “Guardian”, qui a suscité une vive controverse dans l’archipel.

    • BRGM, septembre 2024, première cartographie de la subsidence à l’échelle de l’Europe

      Première évaluation de la subsidence côtière à l’échelle de l’Europe | BRGM
      https://www.brgm.fr/fr/actualite/communique-presse/premiere-evaluation-subsidence-cotiere-echelle-europe


      Les diagrammes rouges, blancs et bleus indiquent respectivement la proportion, par pays, de la zone de plaine côtière inondable qui est, en moyenne, en élévation (> 1 mm/an), stable (entre -1 mm/an et 1 mm/an) et en affaissement (< -1 mm/an).
      © BRGM

      Le BRGM et des collaborateurs français et européens ont mené une étude qui présente la première cartographie à l’échelle de l’Europe de la subsidence côtière. L’élévation du niveau de la mer est une conséquence du réchauffement climatique. Localement, le sol peut s’enfoncer (subsidence) et amplifier ce phénomène et les risques de submersion marine. L’étude a mis en évidence une cartographie fine de la subsidence côtière sur tout le littoral européen grâce au système d’observation Copernicus EGMS (European Ground Motion Service).

      L’élévation du niveau de la mer et son accélération menacent d’ores et déjà les populations et infrastructures situées dans les zones littorales de basse altitude. Le niveau marin global mesuré par satellite depuis 1993 fait état, sur les 30 dernières années, d’une élévation de 3,6 mm / an. Les causes de cette élévation sont bien comprises et quantifiées. L’expansion thermique des océans et la fonte des glaciers terrestres et des calottes polaires sont causées par le réchauffement climatique, dû aux émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine. Localement, l’élévation du niveau marin d’origine climatique peut-être amplifiée par un affaissement du sol. C’est ce que cette nouvelle étude du BRGM et de ses collaborateurs a quantifié à l’échelle européenne.

      Près de la moitié des zones côtières de basse altitude en Europe, impactée par la subsidence côtière

      Cartographier les mouvements verticaux du sol à l’échelle suprarégionale a longtemps été empêché par le manque de données et de services adaptés. Pour lever ce verrou, un consortium de chercheurs européens a combiné deux méthodes de caractérisation des mouvements du sol, l’interférométrie radar (InSAR) et le système de positionnement par satellites (GNSS), et fait naître le service Copernicus EGMS. Cette nouvelle étude s’est basée sur le produit d’EGMS qui fournit l’estimation à haute résolution de la vitesse des mouvements du sol avec une précision millimétrique par an, et ce sur la période contemporaine (2016-2021).

      Les résultats montrent que près de la moitié des zones côtières de basse altitude en Europe connaît actuellement une subsidence supérieure à 1 mm / an en moyenne. Celle-ci est aussi plus importante dans les zones plus densément peuplées, les centres urbains et là où sont situées les infrastructures critiques.

      Par exemple, les zones portuaires enregistrent une subsidence de l’ordre de 1,5 mm / an en moyenne. L’étude identifie des zones côtières où la subsidence est sévère, avec des vitesses dépassant les 5 mm / an. L’outil cartographique est accessible depuis le site du service européen Copernicus European Ground Motion Service (EGMS).

      Cette étude suscite des inquiétudes quant au fait que l’affaissement des côtes, et donc l’élévation relative du niveau de la mer, tendent à être peu considérées en Europe et dans de nombreuses autres régions du monde.

      très peu d’info dans ce communiqué…

    • … un peu plus dans la publication…

      Assessing Current Coastal Subsidence at Continental Scale: Insights From Europe Using the European Ground Motion Service - Thiéblemont - 2024 - Earth’s Future - Wiley Online Library
      https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2024EF004523
      https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/cms/asset/615a9005-73a8-473c-b035-8769cfbd14fe/eft21703-fig-0001-m.jpg
      Location of coastal flood plains in Europe as defined in this study.

      Abstract
      Beside climate-change-induced sea-level rise (SLR), land subsidence can strongly amplify coastal risk in flood-prone areas. Mapping and quantifying contemporary vertical land motion (VLM) at continental scales has long been a challenge due to the absence of gridded observational products covering these large domains. Here, we fill this gap by using the new European Ground Motion Service (EGMS) to assess the current state of coastal VLM in Europe. First, we compare the InSAR-based EGMS Ortho (Level 3) with nearby global navigation satellite systems (GNSS) vertical velocity estimates and show that the geodetic reference frame used to calibrate EGMS strongly influences coastal vertical land velocity estimates at the millimeter per year level and this needs to be considered with caution. After adjusting the EGMS vertical velocity estimates to a more updated and accurate International Terrestrial Reference Frame (ITRF2014), we performed an assessment of VLM in European low elevation coastal flood plains (CFPs). We find that nearly half of the European CFP area is, on average, subsiding at a rate faster than 1 mm/yr. More importantly, we find that urban areas and populations located in the CFP experience a near −1 mm/yr VLM on average (excluding the uplifting Fennoscandia region). For harbors, the average VLM is even larger and increases to −1.5 mm/yr on average. This demonstrates the widespread importance of continental-scale assessments based on InSAR and GNSS to better identify areas at higher risk from relative SLR due to coastal subsidence.

      avec un GROS focus sur le bassin d’Arcachon
      https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/cms/asset/07eddef0-1a1d-44e0-ae21-0fb6b3b52812/eft21703-fig-0004-m.jpg
      Sketch illustrating the method developed to calculate the coastal flood plains (CFPs) average vertical land velocity from European Ground Motion Service (EGMS) data. (a) EGMS pixels and its associated VEGMS (100 m × 100 m resolution), and corresponding spatial coverage of EGMS pixels within each CFP (in percent of CFP area). (b) 𝑉𝐸⁢𝐺⁡𝑀⁢𝑆, that is, mean VEGMS over all EGMS pixels within each CFP. (c) 𝑉𝐸⁢𝐺⁡𝑀⁢𝑆/𝐴⁢𝐷⁢𝐽, that is, same as (b) but adjusted to the ITRF2014 reference frame.

    • Merci pour ces infos @simplicissimus. J’avais remarqué que N-Y à force de s’enfoncer sous le poids de son bâti tendait à finir dans l’Hudson river mais pas saisi ce phénomène de subsidence, tout autre [edit plus globalement]. Sauf que rien de tout cela ne parait correspondre à ce qu’évoque cette hydrologue qui parle, elle, d’un autre apport en eau d’origine humaine à l’élévation du niveau des océans :

      _"On est actuellement en train de perdre nos réservoirs continentaux, et, d’ailleurs, un chiffre me semble absolument incroyable, qui est fourni par une étude menée par la Nasa [?] avec de nouvelles formes [mesures ?] de satellite qui permettent de mieux comprendre ces jeux de bascule entre les réservoirs, nous montre que, aujourd’hui, la surélévation des océans est beaucoup plus liée au fait d’avoir pillé toutes les nappes souterraines, qu’elles soient superficielles ou qu’elles soient fossiles, et que cette eau, qui ne peut plus re-rentrer par des sols artificialisés, eh bien elle finit en mer, ce niveau de surélévation est supérieur à [celui causé par] la fonte de l’Antarctique, de l’Arctique et du Groenland. Donc il faut se poser cette question, on est en train de perdre nos eaux continentales, c’est le cas partout, les sols s’assèchent, c’est le cas en France, nos petits cours d’eau sont complétement à sec, ces petits chevelus, c’est ce qui permet de tenir toute la vie des territoires et c’est pas avec de la désalinisation et des gros réservoirs qu’on va leur permettre d’avoir de l’eau (…)"_

      (en bonne logique, elle plaide ensuite pour ne pas laisser l’eau filer à la mer n’importe comment et évoque le stockage des hautes eaux dans les nappes (contre les bassines, qu’elle carbonise), manière de remédier, partiellement, à l’artificialisation des sols..., ce qui pourrait laisser suspecter un point de vue intéressé, « vendeuse de solutions » pour l’agriculture et les villes)

      Stupéfait par l’ordre de grandeur de ce facteur là, j’ai cherché un peu, sans résultat.

      Ça semble intéressant de pas limiter la réflexion aux stocks et/ou aux fluxs, de les inclure dans une optique de « trame » (avec ses petits chevelus).

      #eau #eau_douce

    • OK, j’avais pas compris…
      (je vois d’ailleurs que tu parlais de subsidence, déjà, il y a 3 mois https://seenthis.net/messages/1173392 )

      Je crois, cette fois-ci, qu’il s’agit des changes in terrestrial water storages (TWS)
      (lien pointé par @kassem, il y a un an, lors de la sortie de l’article https://seenthis.net/messages/1131323 et étoilé par personne…)
      Unprecedented continental drying, shrinking freshwater availability, and increasing land contributions to sea level rise | Science Advances
      https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.adx0298

      Abstract
      Changes in terrestrial water storage (TWS) are a critical indicator of freshwater availability. We use NASA GRACE/GRACE-FO data to show that the continents have undergone unprecedented TWS loss since 2002. Areas experiencing drying increased by twice the size of California annually, creating “mega-drying” regions across the Northern Hemisphere. While most of the world’s dry/wet areas continue to get drier/wetter, dry areas are now drying faster than wet areas are wetting. Changes in TWS are driven by high-latitude water losses, intense Central American/European droughts, and groundwater depletion, which accounts for 68% of TWS loss over non-glaciated continental regions. “Continental drying” is having profound global impacts. Since 2002, 75% of the population lives in 101 countries that have been losing freshwater water. Furthermore, the continents now contribute more freshwater to sea level rise than the ice sheets, and drying regions now contribute more than land glaciers and ice caps. Urgent action is required to prepare for the major impacts of results presented.

      où je trouve ce graphique
      https://www.science.org/cms/10.1126/sciadv.adx0298/asset/5f83dde4-2731-4726-9387-fdf2bbf11963/assets/images/large/sciadv.adx0298-f6.jpg
      Fig. 6. Global water mass contributions to sea level rise.
      (A) Time series of water mass anomalies of the major global water reservoirs (Ocean, Antarctica, Greenland, and TWS on the continents) from GRACE/FO from April 2002 to April 2024, in mm SLE. (B) Left: Corresponding trends (in mm SLE year−1) for the ocean (OCN), Antarctica (ANT), Greenland (GRL), and TWS time series in (A). Water mass contributions that increase sea level are shown as positive. Right: TWS trend decomposed into its non-glaciated drying (NGIC-DRY), glaciated drying (GIC), and non-glaciated wetting (NGIC-WET) components. NGIC-DRY is further decomposed into groundwater (GW), surface water (SW), soil moisture (SM), and snow water equivalent (SWE), on the basis of their contributions to the TWS trend. See also figs. S1 and S6.

      note qu’il s’agit du changement de masse total de l’océan et de sa décomposition en fonction de la source (total et composantes sur le même graphique, le B :-(
      et donc hors dilatation thermique

    • et cette étude de 2023 qui trouve une confirmation de l’importance de la disparition des stockages d’eau continentaux par sa contribution au déplacement de l’axe de rotation de la terre

      Drift of Earth’s Pole Confirms Groundwater Depletion as a Significant Contributor to Global Sea Level Rise 1993–2010 - Seo - 2023 - Geophysical Research Letters - Wiley Online Library
      https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2023GL103509

      Abstract
      Climate model estimates show significant groundwater depletion during the 20th century, consistent with global mean sea level (GMSL) budget analysis. However, prior to the Argo float era, in the early 2000’s, there is little information about steric sea level contributions to GMSL, making the role of groundwater depletion in this period less certain. We show that a useful constraint is found in observed polar motion (PM). In the period 1993–2010, we find that predicted PM excitation trends estimated from various sources of surface mass loads and the estimated glacial isostatic adjustment agree very well with the observed. Among many contributors to the PM excitation trend, groundwater storage changes are estimated to be the second largest (4.36 cm/yr) toward 64.16°E. Neglecting groundwater effects, the predicted trend differs significantly from the observed. PM observations may also provide a tool for studying historical continental scale water storage variations.

      Plain Language Summary*
      *Melting of polar ice sheets and mountain glaciers has been understood as a main cause of sea level rise associated with contemporary climate warming. It has been proposed that an important anthropogenic contribution is sea level rise due to groundwater depletion resulting from irrigation. A climate model estimate for the period 1993–2010 gives total groundwater depletion of 2,150 GTon, equivalent to global sea level rise of 6.24 mm. However, direct observational evidence supporting this estimate has been lacking. In this study, we show that the model estimate of water redistribution from aquifers to the oceans would result in a drift of Earth’s rotational pole, about 78.48 cm toward 64.16°E. In combination with other well-understood sources of water redistribution, such as melting of polar ice sheets and mountain glaciers, good agreement with PM observations serves as an independent confirmation of the groundwater depletion model estimate.

    • La question est abordée marginalement dans l’article WP

      Élévation du niveau de la mer — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89l%C3%A9vation_du_niveau_de_la_mer

      Causes de l’élévation actuelle


      Principales contributions à l’élévation du niveau de la mer, 2006-2015.

      dans le graphique synthétique sur les causes de l’élévation du niveau, la contribution des eaux terrestres y est même négative.

      Alors que plus bas, sous Autres contributions, on trouve la référence à une étude de 2011 sur le sujet qui nous occupe

      Surexploitation des aquifères
      De nombreux aquifères dans le monde sont exploités au-delà de leur capacité de renouvellement, ou ne se renouvellent pas du tout (eau fossile). Cette surexploitation des ressources d’eau souterraine contribue à l’élévation du niveau de la mer, en transférant de l’eau vers l’océan. Une étude de 2011 s’est attachée à quantifier cette contribution : il en ressort qu’au cours des années 2000, 145 km3 d’eau ont ainsi été ajoutés annuellement à l’océan de cette façon, contribuant pour 13 % à la hausse observée du niveau des océans. La surexploitation des ressources d’eau souterraine est une réalité mondiale, mais elle est particulièrement importante en Inde et au Moyen-Orient, où l’agriculture est largement irriguée par ce moyen.

      Selon une série de scénarios considérés dans une publication de 2012, l’épuisement des réserves d’eau souterraines, qui a déjà apporté 25 mm d’élévation du niveau de la mer par rapport au niveau pré-industriel, contribuerait pour 70 à 90 mm de plus d’ici 2100. Ces estimations se basent sur un prolongement des tendances historiques prenant en compte, région par région, l’estimation des besoins en eau futurs, selon l’évolution de la population et de la pluviométrie.

    • Merci ! L’article signalé par @kassem confirme les propos de cette hydrologue :

      “Continental drying” is having profound global impacts. Since 2002, 75% of the population lives in 101 countries that have been losing freshwater water. Furthermore, the continents now contribute more freshwater to sea level rise than the ice sheets (...)

      Je finirais sans doute par me souvenir de la subsidence, notion géologique qui inclut désormais des effets de l’activité productive, dont l’exploitation des nappes aquifères.

      Aux États-Unis, la cause principale de subsidence dans les paysages est le pompage de l’eau des nappes ce qui réduit la porosité de roches. La subsidence a ainsi atteint 8,5 mètres dans la vallée de San Joaquin en Californie, principalement à cause de l’exploitation ancienne des aquifères souterrains[7].

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Subsidence_(g%C3%A9ologie)

      #nappes_fossiles #réservoirs_continentaux #apprentis_sorciers

    • Cet article ne montre en fait pas que les prélèvements d’eau, superficielle ou profonde, contribueraient davantage à l’élévation du niveau de la mer que la fonte de la calotte groenlandaise, de la calotte antarctique ou du reste des glaciers.

      La vulgarisation qui en a été faite peut laisser penser à un rôle prépondérant des prélèvements d’eau.
      https://www.propublica.org/article/water-aquifers-groundwater-rising-ocean-levels
      Mais en fait non.

      Les données satellite (GRACE) utilisées dans l’article de Science Advances mesurent les variations de masse de la Terre entre 2003 et 2024. On peut en déduire, en chaque point de la surface terrestre, les variations du stock total d’eau.
      Certaines régions continentales gagnent de l’eau, d’autres en perdent. Les données montrent que sur la période considérée, c’est la perte qui domine. Et le gros du papier consiste à analyser l’ampleur, l’étendue et la localisation de ces pertes d’eau continentales.

      Les auteurs comparent aussi les variations d’eau continentales moyennées sur chacune des deux calottes polaires, sur le reste des glaciers continentaux (GICs dans l’article) et sur le reste des surfaces continentales ("non glaciated TWS" - TWS, pour Terrestrial Water Storage).

      Ces variations des différents réservoirs d’eau continentale, exprimées en unités de masse par année, peuvent être converties en « équivalent de variation du niveau de la mer », exprimées en millimètres par année, et être ainsi interprétées comme des contributions à l’élévation du niveau de la mer.
      C’est ce que font les auteurs vers la fin du papier. Les résultats sont présentés dans le tableau 3 et la figure 6. 
      L’élévation du niveau de la mer due à la température (effet stérique) est exclu, ils ne s’intéressent qu’à la partie dite « massique ».

      Il en ressort que la perte de masse d’eau de la calotte groenlandaise équivaut à 36.5% du gain de masse océanique, celle de la calotte antarctique à 19%, celle des autres glaciers à 33.5%, et celle du reste des surfaces continentales à 11%.

      Les auteurs décomposent ensuite la variation globale d’eau continentales, hors calottes et glaciers ("non glaciated TWS"), en moyennant les variations d’eau uniquement sur les régions qui s’assèchent (drying) et uniquement sur celles qui s’humidifient (wetting).
      Puis à l’aide d’un modèle, ils décomposent encore la quantité d’eau perdue dans les régions qui s’assèchent, en eau de surface (SW - Surface Water), eau du sol superficiel (SM - Soil Moisture), eau souterraine (GW - GroundWater) et neige (SWE - Snow Water Equivalent).
      Et enfin, ils convertissent toutes les quantités issues de ces deux décompositions en contributions à l’élévation du niveau de la mer.

      Evidemment, la perte d’eau continentale moyennée seulement sur les régions qui s’assèchent est supérieure à la perte d’eau totale (toujours hors glaciers et calottes). Donc mécaniquement, sa traduction en contribution à l’élévation du niveau des mers est plus importante. On passe ainsi de 11% à ~50%…
      Et c’est ainsi que les auteurs concluent que l’assèchement des continents contribue plus à l’élévation (massique) du niveau de la mer que la fonte de chacune des calottes polaires ou de celle des autres glaciers continentaux.

      J’ai quelques réserves sur la traduction de cette décomposition en contribution à l’élévation (massique) du niveau de la mer.
      Faire un bilan d’eau à l’échelle globale pour dire que toute l’eau perdue annuellement sur continents est gagnée par la mer, OK. Je suis plus dubitative sur le fait de conduire cette analyse en ne considérant que les régions qui s’assèchent.
      Il me semble bien que ça revient à considérer que toute l’eau perdue au cours d’une année dans les régions qui s’assèchent va directement dans les océans, et que toute l’eau gagnée au cours d’une année dans les régions qui s’humidifient vient directement des océans, et qu’il n’y a donc aucun recyclage d’eau sur continents... ce qui est faux.

      J’en viens maintenant (enfin !) à la contribution des prélèvements anthropiques d’eau à l’élévation du niveau de la mer.
      Dans le papier, les auteurs se gardent d’écrire que les prélèvements d’eau souterraines (les nappes) dominent la contribution à l’élévation (massique) du niveau de la mer.
      Ils disent simplement que dans les régions où les continents perdent de l’eau (hors calottes et glaciers), c’est la perte d’eau souterraine qui domine le signal ( elle compte pour 68%). Et c’est déjà un résultat fort, je trouve.

      Dans l’article de vulgarisation cité plus haut, il n’est pas dit non plus explicitement que les prélèvements humains dominent la contribution à l’élévation du niveau des mers. A part dans le titre, il est toujours précisé que ça domine la perte d’eau dans les régions qui s’assèchent.
      Mais on peut facilement à côté de cette précision. D’autant qu’il y a aussi tout un développement - manifestement validé par un des auteurs de l’article de Science Advances - pour expliquer que l’eau pompée dans les nappes part en ruissellement de surface pour finir dans les oécans.
      Ce développement est à mon avis discutable, pour des raisons qui rejoignent d’ailleurs mes doutes quant à la pertinence de traduire en « contribution à l’élévation du niveau de la mer » des quantités d’eau perdue moyennées seulement sur les régions où les continents s’assèchent.
      Affirmer que l’eau prélevée dans les nappes n’étant pas ré-infiltrée localement en profondeur, elle partirait presque entièrement en ruissellement, cela laisse de côté l’humidication des sols superficiels et l’évapotranspiration. Pourtant, le gros des prélèvements est destiné à l’irrigation. C’est assez osé de considérer que presque toute l’eau d’irrigation ruisselle en surface. A moins que toute l’eau d’irrigation qui évapotranspire ou s’infiltre dans les sols superficiels finisse par précipiter uniquement au-dessus des océans, il y a bien une partie qui retourne aux surfaces continentales.

      Dernier point : dans l’article comme dans sa vulgarisation, la perte d’eau souterraine est considérée comme entièrement due aux prélèvements humains. Or il y a aussi une partie de la perte due à la diminution de la recharge et/ou l’augmentation de l’évapotranspiration, surtout pour les nappes peu profondes. Mais d’autres études montrent que ce sont bien les prélèvements humains qui dominent la perte d’eau souterraine.

      En résumé : Non, cet article ne permet pas de dire que les prélèvements d’eau sont le plus gros contributeur à l’élévation (massique) du niveau de la mer. Mais il n’est pas rassurant pour autant.
      Il montre que :
      – Les réservoirs d’eau continentale, hors calottes et glaciers, s’assèchent en moyenne sur le globe,
      – La fonte des glaciers continentaux, ajoutée à l’assèchement des continents, contribuent désormais plus à l’élévation du niveau de la mer que la fonte de chacune des calottes polaires.
      – Dans les régions où les continents s’assèchent (hors glaciers et calottes), c’est la perte d’eau souterraine qui contribue plus à la diminution du stock d’eau, et cette perte est dominée par les prélèvements humains.

      Pour finir, je précise que çe serait à mon avis assez injuste de reprocher à l’hydrologue s’exprimant sur l’extrait vidéo d’avoir compris de cet article et/ou de sa vulgarisation que les prélèvements d’eau dominent la contribution à l’élévation niveau de la mer. Car c’est bien le message qui est passé à la sortie de cet article. Et au vu de la façon dont les résultats sont présentés dans l’article et commentés par l’un des auteurs dans la vulgarisation citée plus haut, c’était à mon sens assez logique que ce raccourci soit fait.

    • bienvenue, @jeanne_c !

      et un grand merci d’avoir pris le temps d’analyser l’article et de partager ici cette analyse. L’article est dense et technique et aborde les faits sous un angle très spécifique, ce qui fait qu’il est très difficile d’en retenir quelque chose de clair.

      Une remarque :

      Cet article ne montre en fait pas que les prélèvements d’eau, superficielle ou profonde, contribueraient davantage à l’élévation du niveau de la mer que la fonte de la calotte groenlandaise, de la calotte antarctique ou du reste des glaciers.

      La vulgarisation qui en a été faite peut laisser penser à un rôle prépondérant des prélèvements d’eau.

      ce n’est pas que la vulgarisation qui en a été faite qui laisse à penser… ; de mon point de vue, par exemple, le graphique que j’ai retenu dans mon commentaire est précisément conçu pour amener à cette conclusion erronée. C’est le message qu’on en retient lors d’une lecture rapide.

      C’est parce que les choses paraissent bien floues (beaucoup moins, maintenant, encore merci !) que je ne l’ai pas commenté en ce sens. Ce qui a provoqué ma réserve provenait largement du fait que l’effet de la dilatation thermique était écarté, sans même indiquer d’ordre de grandeur à titre de comparaison éventuelle. Du coup, ne parler systématiquement que de la contribution massique, alors que l’effet est, tout aussi systématiquement, évalué en équivalent élévation du niveau marin, forcément globalisant, ça finit par attirer l’attention sur le fait que l’angle d’attaque est vraiment très spécifique.

    • Merci pour l’accueil !
      Je galère encore un peu avec l’interface. Je vais tenter une citation :

      ce n’est pas que la vulgarisation qui en a été faite qui laisse à penser… ; de mon point de vue, par exemple, le graphique que j’ai retenu dans mon commentaire est précisément conçu pour amener à cette conclusion erronée. C’est le message qu’on en retient lors d’une lecture rapide.

      Je suis d’accord que la présentation des résultats dans l’article est trompeuse à cet égard, mais il n’y a pas nécessairement une intention piégeuse de la part des auteurs. C’est ce que je voulais dire dans le dernier paragraphe de mon précédent commentaire.

    • En réponse à cette partie du message de @colporteur :

      (en bonne logique, elle plaide ensuite pour ne pas laisser l’eau filer à la mer n’importe comment et évoque le stockage des hautes eaux dans les nappes

      Je complète avec un lien expliquant l’expérimentation « R-Garonne » consistant à recharger la nappe alluviale de la Garonne en hiver avec des eaux de surface prise dans le canal de Saint-Martory.
      https://www.brgm.fr/fr/actualite/communique-presse/projet-r-garonne-premiere-experimentation-recharge-maitrisee-nappe

    • Merci @jeanne_c pour ces précieux éclaircissements. Je me suis permis de publier un article auquel vous avez contribué (https://seenthis.net/messages/1186483) qui apporte un éclairage plus détaillé sur l’étude des eaux souterraines car j’ai pensé que vous ne vous citeriez pas alors que nombre de seenthissien.nes sont probablement intéressé.es par cet état de la question (d’autant plus que vous ignorez le tag qui va bien avec ce type de geste : #shameless_autopromo : ).

  • La guerre de l’#eau, un conflit explosif dans les #Pyrénées-Orientales

    Face à la #sécheresse dans les Pyrénées-Orientales, les pouvoirs publics misent sur l’#irrigation. Au risque de provoquer une #guerre_de_l’eau. #Omerta, #pressions politiques, maraîchers inquiets... Le sujet est explosif.

    « Vous voulez nous piquer notre eau ! » Ce mercredi de novembre, l’élégante salle des fêtes de #Latour-de-France bruisse d’indignation. Jardiniers ou paysans, ils sont venus en nombre exprimer leurs craintes. En face, représentants de la #FNSEA, le syndicat agricole majoritaire et productiviste, et services de l’État peinent à cacher leur impatience. « C’est une des premières guerres de l’eau du département », commente un des participants.

    Au cœur de la discorde hydraulique : un #tuyau de 10 km qui permettrait d’amener davantage d’or bleu aux #vignes et #abricotiers de la plaine de #Rivesaltes. « Un projet qui va bénéficier à toute la vallée », selon Jean Bertrand, salarié de la chambre d’agriculture catalane, dirigée par la FNSEA. Mais pour les habitants de l’amont, chez qui la précieuse ressource va être puisée, l’inquiétude est palpable : « Avec le peu d’eau que vous allez nous laisser, c’est la mort pour nous. »

    Tous les ingrédients sont réunis pour rendre le sujet explosif. Une ressource en chute libre et une demande en eau qui explose, des agriculteurs exsangues et des petits jardiniers inquiets... Le tout saupoudré d’omerta et enrobé de #pressions_politiques.

    La #rivière disparaît sous terre

    Pour bien comprendre le problème, il faut remonter deux ans en arrière. Les Pyrénées-Orientales traversaient alors une sécheresse historique. Entre avril 2023 et mars 2024, le déficit de pluie a atteint jusqu’à 70 % dans l’est du département. Avec des conséquences catastrophiques pour l’#agriculture : des abricotiers morts sur pied, des vignes desséchées… En pleine mobilisation agricole, l’État a redouté une crise potentiellement explosive. Il fallait répondre, vite et fort.

    Le 22 mai 2024, le ministre de la Transition écologique de l’époque, #Christophe_Béchu, lançait en grande pompe un #plan_de_résilience pour l’eau, assorti d’un chèque de 10 millions d’euros. Dans la foulée, il annonçait soutenir « sept projets concrets faisant consensus » dans le département, dont plusieurs portés par la chambre d’agriculture. Parmi eux, la « priorité des priorités », selon la directrice du plan eau, #Christine_Portero-Espert : « La sécurisation de l’alimentation des #réseaux_d’irrigation de l’#Agly aval. » Notre fameux tuyau.

    S’il y a urgence, c’est que la #vallée_de_l’Agly est la zone la plus affectée par la sécheresse. À Rivesaltes, les habitants n’ont pas vu couler le fleuve de décembre 2022 à octobre 2024. Une situation exceptionnelle, mais pas surprenante : en un demi-siècle, « le débit des fleuves côtiers méditerranéens a diminué de 30 à 40 %, dont au moins 20 % directement lié au changement climatique », explique l’hydrologue Wolfgang Ludwig, qui prévoit la quasi-disparition de ces #cours_d’eau d’ici la fin du siècle, dans les pires scénarios climatiques.

    Un séisme hydrologique au pays catalan. « Historiquement, il y a de l’eau dans les Pyrénées-Orientales, grâce à la fonte des neiges, rappelle le chercheur. Il y a donc ici une #culture_de_l’irrigation très développée, qui a été une chance, mais qui est aujourd’hui une grande vulnérabilité. » Car l’abondance hydrique a retardé l’adaptation au #changement_climatique — et poussé une partie des agriculteurs du Rivesaltais à miser sur l’#abricot, une culture très gourmande en eau.

    Dans la vallée de l’Agly, le #fleuve alimente tout un #réseau_d’irrigation, dont une partie héritée du Moyen-Âge. Autour de Latour-de-France et d’#Estagel, quelque 280 hectares — de petits potagers comme des exploitations viticoles — sont ainsi arrosés. À Rivesaltes, près de 400 hectares en bénéficient.

    Cerise sur le gâteau aride, le cours d’eau traverse — entre Latour-de-France et Rivesaltes — une zone rocheuse comparable à un gruyère : le #karst des #Corbières. En clair, une grande partie de la rivière disparaît sous terre. En période de sécheresse, le karst pourrait absorber jusqu’à 3 000 litres par seconde, selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Résultat, en aval, les canaux d’irrigation alimentés par l’Agly sont régulièrement vides.

    Jusqu’ici, la parade consistait à lâcher d’importantes quantités d’eau depuis le #barrage_de_Caramany, à 30 km en amont, pour « passer le karst ». Sauf que la réserve se vidait à vue d’œil. D’où l’idée — apparemment simple — des élus de la chambre d’agriculture : court-circuiter la zone poreuse grâce à un tuyau. « On aura besoin de lâcher moins d’eau en période sèche pour assurer les besoins agricoles », se réjouit Jean Bertrand.

    Selon les calculs du cabinet BRL Ingénierie — mandaté pour étudier le projet —, entre 1 et 4 millions de m3 seraient ainsi « économisés » les années sèches, sauvegardés dans le barrage. Et le tour est joué ! Pas si simple, mettent en garde plusieurs experts — qui souhaitent tous rester anonymes, signe que le sujet est tendu. Car le karst alimente les nappes du #Roussillon — précieuses réserves d’eau douce pour le littoral catalan, menacées par l’intrusion saline —, mais également l’étang de #Salses-Leucate. Pour « sécuriser » son #accès_à_l’eau, la métropole de #Perpignan projette aussi de multiplier par quatre ses prélèvements dans cette zone calcaire décidément très convoitée.

    « Qui pourra se payer l’eau ? »

    Interrogés par Reporterre quant aux incidences de ce projet sur l’alimentation en #eau_douce du territoire, les acteurs locaux bottent en touche. La métropole ne nous a pas répondu. Le syndicat de l’étang de Leucate indique qu’« à ce stade, la commission locale de l’eau [qui réunit élus et usagers] n’a pas été consultée sur ce dossier ». Pour le syndicat du bassin de l’Agly, « de nombreux points techniques et opérationnels doivent encore être étudiés et précisés » avant qu’il puisse « s’exprimer publiquement ». Rien d’officiel donc, mais en coulisses, plusieurs acteurs publics de l’eau nous ont fait part de leur « vive inquiétude ».

    « Il s’agit d’un système complexe et fragile, qui n’a pas du tout été pris en compte dans sa globalité », nous indique un connaisseur du dossier. Les interactions du karst avec les #nappes et des cours d’eau catalans sont encore mal connues. « On joue aux apprentis sorciers. »

    Côté préfecture et chambre d’agriculture, on se veut rassurant : si le besoin s’en fait sentir, on lâchera davantage d’eau du #barrage pour renflouer les réseaux souterrains. Circulez, il n’y a rien à voir.

    Mais le problème ne s’arrête pas là. Car construire un #adducteur — et toutes les infrastructures autour — coûte cher, très cher. Entre 12 et 18 millions d’euros selon BRL Ingénierie. Sans oublier quelque 200 000 euros annuels pour faire fonctionner l’ouvrage. Un #prix potentiellement insoutenable pour les quelque 1 400 propriétaires reliés aux différents canaux et organisés en Association syndicale autorisée (ASA).

    D’où la volonté des porteurs du projet d’étendre le réseau d’irrigation. 250 hectares supplémentaires — de la vigne principalement, selon la chambre d’agriculture — pourraient ainsi être reliés et abreuvés. Ainsi qu’une centaine d’hectares, notamment des abricotiers, aujourd’hui arrosés grâce à des forages. « Pour atteindre la soutenabilité économique, il est en effet nécessaire d’ouvrir le réseau à de nouveaux enjeux et à un plus grand nombre d’agriculteurs pour augmenter le nombre de cotisants », indique Jean Bertrand.

    Mais même dans ce scénario, il est probable que le prix de l’eau s’envole de plusieurs centaines d’euros : qui pourra encore se la payer ? « Le risque, c’est que seuls les plus grands arboriculteurs ou viticulteurs puissent avoir accès à l’irrigation », craint Jacques de Chancel, vigneron et membre de la Confédération paysanne.

    Et c’est là que le bât blesse. « Tant qu’il s’agissait de soutenir les réseaux existants, pourquoi pas, mais là, on a l’impression d’un projet qui va profiter surtout à l’agriculture industrielle », soulève-t-il. D’autant que pour pouvoir satisfaire tous les besoins, les porteurs du projet envisagent également de réduire le robinet des petits agriculteurs et des jardiniers en amont du tuyau.

    C’est le cas de Luc, maraîcher installé depuis cinq ans à Estagel. Il cultive aujourd’hui 3 hectares de légumes, vendus ensuite localement, via une Amap. Pour arroser ses parcelles, il utilise notamment l’eau du canal voisin — qui pourrait donc diminuer voire disparaître en période sèche. « Avec ce projet, je risque de fermer boutique », alerte-t-il.

    Côté chambre d’agriculture et services de l’État, on fait valoir un projet « global », qui consiste également à moderniser les réseaux, colmater les fuites, automatiser la distribution d’eau… Autant d’économies qui « bénéficieront à tout le monde », assure Christine Portero-Espert. Pour elle, 250 hectares irrigués en plus — comparés aux 1 100 ha déjà reliés aux canaux — ce n’est pas « déraisonnable », surtout si ça permet de « sécuriser des filières », et donc de préserver des emplois.

    Omerta

    Face au flou, les relations se tendent entre habitants de l’amont et de l’aval. Rares sont les personnes qui acceptent de prendre publiquement position pour ou contre le projet. Nous avons pu contacter un des viticulteurs qui pourrait être raccordé au tuyau — aujourd’hui, il n’irrigue pas. « On touche aux limites de ce qu’on peut faire sans arroser, raconte-t-il de manière anonyme. Alors je me dis qu’avec un peu d’eau, on pourrait retrouver un équilibre économique. » S’il accueille le projet avec un œil plutôt bienveillant — « il a le mérite d’exister » —, il met aussi en garde : « Au-delà de 500 euros par hectare et par an, le prix de l’irrigation sera trop cher. »

    Interrogée sur le prix final pour les usagers, la chambre d’agriculture élude — les calculs sont toujours en cours. Mais une chose paraît certaine : « Ce sera de l’eau chère, reconnaît Jean Bertrand. La part du #coût de l’eau dans les budgets des exploitations augmente et va augmenter, il ne faut pas ignorer cette réalité. » Façon d’admettre que certains seront laissés sur le bas-côté de l’adducteur ? « C’est le risque des #solutions_techniques, souvent coûteuses, souligne Wolfgang Ludwig. Elles peuvent favoriser une #agriculture_intensive, très spécialisée, seule capable de produire les ressources financières pour payer cette eau. »

    Les questions s’accumulent, mais le projet progresse, coûte que coûte. Une des chevilles ouvrières du projet nous a fait part de « grosses pressions pour que le dossier avance vite ». « Il faut bien que les services de l’État et la chambre parviennent à sortir quelque chose pour montrer qu’ils agissent », remarque Joseph Genebrier, de la #Frene_66, une association environnementale. Quitte à prendre des décisions avant que toutes les études ne soient réalisées. Quitte à établir un « rapport de force » avec les plus réfractaires, selon les participants de la réunion publique.

    Des arguments qui ne convainquent pas les opposants, dont certains pointent une « #mal_adaptation ». Comme l’expliquait l’économiste Marielle Montginoul à propos d’un autre mégaprojet de tuyau occitan, « on assiste à une sécurisation de l’accès à la ressource plus qu’à une réflexion sur un nouveau modèle plus économe en eau ». Une « #course_en_avant, sans se poser les bonnes questions, comme le choix du type de cultures qu’on irrigue ». On se retrouve ainsi à arroser des vignes, en pleine crise de surproduction du #vin. Ou à faire perdurer la culture d’abricots, très exigeante en eau.

    « Si les #solutions_techniques permettent de se protéger contre les aléas, un peu comme le camion de pompiers qu’on ne sort qu’en cas d’urgence, pourquoi pas, indique Wolfgang Ludwig. Mais si on les utilise pour développer des #pratiques_agricoles, alors on augmente notre #dépendance et notre #vulnérabilité. » Le risque, pour le chercheur, est de louper le coche essentiel de l’adaptation : « Tant qu’on se repose sur des #outils_techniques, on ne s’adapte pas à la ressource qui baisse. »

    Penser la #transition_agricole vers des cultures de climat semi-aride, diversifier les fermes pour les rendre plus résilientes, encourager le travail des sols… Autant de pistes « explorées aussi par la chambre d’agriculture », assure Jean Bertrand. Mais qui ne font pas partie des sept projets « prioritaires » du plan de résilience pour l’eau.

    https://reporterre.net/La-guerre-de-l-eau-un-conflit-explosif-dans-les-Pyrenees-Orientales

  • L’#eau, une question politique

    La #gestion_de_l’eau et son partage sont longtemps restés dans le champ des questions techniques. Le changement climatique, les sécheresses répétées ou encore les mobilisations contre les méga-bassines ont fait de l’eau une question politique centrale.

    Lors de la grande sécheresse de 2022, 700 communes ont été privées d’eau pour des durées plus ou moins longues. Cet épisode démarre dans l’un de ces villages, dans le Var, et fait d’abord le constat d’un véritable paradoxe : l’eau est présente partout dans nos vies, indispensable à notre subsistance et elle est l’objet d’une grande ignorance collective. Ainsi l’hydrologue Charlène Descollonges nous apprend : “Moins de 1 % d’#eau_douce disponible sur Terre est accessible aux hommes. Il y a 97,5 % d’eau salée et 2,5 % d’eau douce, et la majeure partie de cette eau douce est emprisonnée dans les glaces ou dans des nappes très profondes, peu accessibles. Donc on partage avec l’ensemble du vivant moins de 1 % d’eau douce.”

    Et savons-nous réellement ce qu’est la #sécheresse ? L’hydrologue Agnès Ducharne explique : “Une sécheresse, ça se définit par rapport à une situation qui revient régulièrement à la moyenne des années, comme une anomalie sèche. Depuis 2017, on est dans une situation où les sécheresses sont plus fréquentes que les alternances auxquelles on avait l’habitude et qui définissaient notre moyenne. Et c’est très probablement la conséquence du réchauffement climatique et du changement climatique qui l’accompagne, qui, du point de vue du cycle de l’eau, a tendance à intensifier les événements extrêmes, aussi bien secs, qu’humides.”

    Avons-nous encore une marge de manœuvre pour l’endiguer ? Connaissons-nous les cycles de l’eau ? Avec des climatologues, hydrologue et spécialistes des politiques de l’eau, nous refaisons le niveau de nos connaissances et dessinons, avec des élus, philosophes et citoyens engagés les pistes d’une réappropriation de l’eau dans nos vies.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/l-eau-une-question-politique-6084938

    #audio #podcast

  • L’irrigation du maïs représente-t-elle un quart de l’eau douce consommée en France ?
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2023/04/24/l-irrigation-du-mais-represente-t-elle-un-quart-de-l-eau-douce-consommee-en-

    La députée Aurélie Trouvé (LFI) a provoqué de vives réactions en affirmant que le maïs irrigué consommait 25 % de l’eau douce. Si le chiffre exact est difficile à estimer, l’ordre de grandeur est correct.

  • #État_d'urgence dans la #plaine_du_Pô

    Le Pô, le plus long fleuve d’Italie, approche des niveaux d’étiage records après des mois sans #précipitations significatives.

    S’étendant des Alpes au nord-ouest à la mer Adriatique sur la côte est, le Pô est une source d’eau vitale pour de nombreuses régions. Il est utilisé pour l’#eau potable, pour irriguer de grandes zones agricoles et pour produire de l’énergie hydroélectrique dans tout le nord de l’Italie.

    Les #niveaux_d'eau dans la vallée du Pô ont désormais chuté à des niveaux records : cela est dû en premier lieu au déficit de précipitations dans tout le nord de l’Italie depuis cet hiver, mais également aux températures élevées depuis juin ainsi que au manque de neige en montagne, dont la fonte alimente généralement le fleuve au printemps et en début d’été. Selon l’Observatoire du Pô , bon nombre des régions traversées n’ont pas connu de pluie depuis plus de 110 jours.

    Un #fleuve quasiment à sec

    Le Pô est normalement une large étendue d’eau, mais il s’est maintenant asséché en partie, laissant émerger de grandes étendues de sable comme le montre l’animation ci-dessous :

    La plaine du Pô est la zone agricole la plus importante d’Italie. Elle produit environ 40 % des aliments de la péninsule, notamment le #blé, le #riz et les #tomates. Avec la #sécheresse actuelle, les agriculteurs ont du mal à maintenir les cultures irriguées et de nombreuses villes du nord de l’Italie ont été invitées à rationner l’eau pendant la nuit.

    Benjamin Koetz, chef du bureau des initiatives durables de l’ESA (agence spatiale européenne), a déclaré : "Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO ), l’#agriculture consomme jusqu’à 70 % de l’#eau_douce. Compte tenu de la #raréfaction de cette ressource essentielle, l’utilisation de l’eau doit être rationnalisée dans ce secteur. À cette fin, l’ESA prépare une mission de surveillance de la température de surface de la Terre, laquelle permettra de surveiller l’évapotranspiration des cultures et de soutenir ainsi des pratiques d’#irrigation durables.

    Etat d’urgence

    Récemment, le gouvernement italien a déclaré l’état d’urgence dans cinq régions du nord de l’Italie et annoncé le déblocage d’un fonds de 36,5 millions d’euros pour faire face à la pire sécheresse depuis 70 ans. L’état d’urgence vise à accorder « des moyens et des pouvoirs extraordinaires » afin d’assurer la mise en oeuvre des interventions urgentes nécessaires pour garantir la sécurité publique, la réparation des dommages subis par les biens publics et privés et les conditions de vie normales de la population.

    Le projet #CAREheat

    Selon les nouveaux résultats d’un projet financé par l’ESA appelé CAREHeat , la mer Méditerranée connaît actuellement une vague de chaleur, avec des températures en mai 2022 dépassant de 4°C la moyenne 1985-2005. Selon ces résultats, les températures des eaux de surface ont atteint des pics de plus de 23°C.

    Le projet - auquel participent des organismes de recherche italiens tels que l’Agence nationale pour les nouvelles technologies, l’énergie et le développement économique durable (ENEA) et le Conseil national de la recherche (CNR) - vise à élaborer des stratégies pour identifier les vagues de chaleur marines et déterminer leurs effets sur les écosystèmes marins et les activités économiques telles que la pêche.

    https://www.meteosuisse.admin.ch/home/actualite/meteosuisse-blog.subpage.html/fr/data/blogs/2022/7/un-po---tanto--in-secca.html
    # #rivière #Italie #sécheresse

  • En Gambie, la lutte s’organise contre l’invasion du sel dans les rizicultures
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/01/03/en-gambie-la-lutte-s-organise-contre-l-invasion-du-sel-dans-les-rizicultures

    « Je vendais une partie de mon #riz pour payer la scolarité de mes enfants et je gardais le reste pour nourrir toute la famille », se souvient Awa Ceesay, 60 ans et mère de huit enfants. Mais l’élévation du niveau de la mer liée au changement climatique a rendu ces champs incultivables : l’eau salée remonte dans le fleuve #Gambie et s’infiltre jusqu’à 200 kilomètres à l’intérieur des terres. La baisse de la pluviométrie contribue à accentuer le phénomène car le débit d’eau fraîche, beaucoup plus faible, peine à repousser l’eau salée vers l’océan.

    #climat

  • Quelle gouvernance des #eaux pour quelle construction étatique dans les territoires palestiniens ? : l’étude des constellations hydropolitiques des eaux douces et usées entre #adaptation, #fragmentation et #colonialité

    Cette thèse propose d’étudier la coproduction de la #gestion_de_l'eau et de l’#agriculture et des processus de formations étatiques en #Cisjordanie. Elle associe l’étude des discours, des constellations d’acteurs et des processus de #territorialisation qui façonnent et résultent de la gouvernance de la #terre et de l’eau. Elle se fonde sur des travaux de terrains en Cisjordanie et des concepts de la #critical_political_ecology. L’objectif de notre recherche est de comprendre les transformations socio-politiques des territoires investis par les discours sur l’efficience pour caractériser la fragmentation du pouvoir politique en Cisjordanie. Les alliances politico-économiques dans certains territoires jouent un rôle important dans la fabrication par le haut d’une structure étatique palestinienne, ignorant et fragilisant l’organisation sociale et politique traditionnelle. Dans le même temps, les territoires délaissés par l’#Autorité_palestinienne, les bailleurs et les investissements privés s’organisent autour de nouvelles formes de tenure de l’eau et de la terre. Cette thèse contribue ainsi à éclairer les effets des politiques et projets d’amélioration de l’efficience de l’#irrigation et leurs implications dans la formation d’une structure étatique en Cisjordanie.

    http://www.theses.fr/2020MON30008

    #Palestine #eau #eau_douce #eaux_usées #écologie_politique #thèse #doctorat #Jeanne_Perrier
    –—

    Pour info, l’autrice de cette thèse n’a pas obtenu la qualif :
    https://twitter.com/Thesard_es/status/1370789575094849544

    ping @nepthys @reka

    • Les lois palestiniennes de l’eau : entre #centralisation, #décentralisation et mise en #invisibilité

      Cet article explore les processus de #réformes des lois palestiniennes de l’eau, en particulier la dernière loi de l’eau promulguée en 2014. Ces réformes législatives s’inscrivent dans un contexte international de modernisation des lois de l’eau, et dans un contexte national palestinien d’une réforme de la gestion de l’eau entamée en 2008. Celles-ci reprennent les idées clés formulées dans les Principes de Dublin en 1992. L’État et le concept d’efficience se retrouvent au cœur des dispositions des lois modernes de l’eau, et s’accommodent parfaitement du contexte conflictuel entre Israël et l’Autorité palestinienne.
      L’objectif de cet article est de déconstruire le processus de réformes de la gestion de l’eau palestinienne pour comprendre les véritables enjeux de pouvoir. Pour y parvenir, nous analyserons le contexte politique et discursif de production de la loi de l’eau palestinienne de 2014. Celle-ci a pour objectif de mettre en place une gestion plus démocratique des ressources en eau, notamment à travers un processus de décentralisation de l’Autorité palestinienne de l’eau vers de nouveaux acteurs, tels que les fournisseurs régionaux ou encore les associations d’usagers de l’eau. Cependant sa mise en œuvre s’avère un échec. Cet article montre comment elle a ignoré les constellations hydropolitiques locales et les enjeux de pouvoir entre les différents acteurs de cette gestion de l’eau.
      Le pouvoir de l’Autorité palestinienne de l’eau reste limité. Il se heurte à la réalité du pluralisme juridique, en pratique dans la gestion de l’eau palestinienne. L’occupation israélienne accentue ces difficultés. Cependant, les outils législatifs, tels que la loi de l’eau de 2014 et les récentes réglementations, permettent d’avancer petit à petit les pions d’une centralisation de la gestion des ressources en eau. Ainsi, les discours de décentralisation promus par les bailleurs de fonds et repris par l’Autorité palestinienne de l’eau pour justifier les réformes sur l’eau cachent une dynamique d’intégration verticale de la gestion des ressources en eau. Le règlement sur les associations d’usagers de l’eau en est exemple frappant. L’analyse des documents législatifs couplés aux stratégies palestiniennes et aux dynamiques internes nous permet de révéler ces dynamiques de centralisation qui menacent les pratiques locales de la gestion de l’eau.

      https://www.afd.fr/fr/ressources/les-lois-palestiniennes-de-leau-entre-centralisation-decentralisation-et-mise-en

    • Water driven Palestinian agricultural frontiers: the global ramifications of transforming local irrigation

      Water-driven Palestinian agricultural frontiers:the global ramifications of transforming local irrigation Julie Trottier1Jeanne PerrierCNRS, FranceUniversité Paul Valéry, FranceAbstractIn agricultural transformations, small scale farmer driven processes interact with globally driven processes. Donor-led or foreign investor-led irrigation development systematically interacts with local, farmer-led irrigation development. This article harnesses Kopytoff’s concept of ’interstitial frontier’to study such interactions. It discusses the shape an agricultural frontier may have and its interactions with local forms of water and land tenure. It discusses the manner in which changing access to water may spur the development of agricultural pioneer fronts. It distinguishes surface water driven, groundwater driven and wastewater driven agricultural frontiers. It then explores the manner such frontiers are transforming water tenure in the West Bank. This is an important aspect of the globalization of Palestinian society. The method this article develops is applicable elsewhere. Within interstitial frontiers, investors, whether local farmers or outsiders, enroll a globally maintained scientific discourse of efficient water use to secure donor funding. Meanwhile, they try developing clientelist ties with the authorities to secure their new access to water. The impacts on neighbouring, peasant-run irrigated systems, food security, housing security and many other mechanisms that sustain a society, are important and too often neglected

      https://halshs.archives-ouvertes.fr/hal-02103773v1

  • Cuba Prioritises Sustainable Water Management in the Face of Climate Challenges | Inter Press Service
    http://www.ipsnews.net/2021/02/cuba-prioritises-sustainable-water-management-face-climate-challenges

    With the construction of aqueducts, water purification and desalination plants, and investments to upgrade hydraulic infrastructure, #Cuba is seeking to manage the impacts of droughts and floods that are intensifying with climate change.

    #eau #eau_douce #eau_potable #infrastructures #désalinisation #climat

  • Les pressions environnementales progressent en #Nouvelle-Zélande - OCDE
    http://www.oecd.org/fr/nouvellezelande/les-pressions-environnementales-progressent-en-nouvelle-zelande.htm

    ‌L’#agriculture est à l’origine de 49 % des émissions, un record dans l’#OCDE. [...]
     
    Du fait de l’expansion de la production laitière intensive, les concentrations d’#azote dans les #sols et les #eaux de surface et souterraines ont progressé. Entre 2000 et 2010, le bilan azoté (écart entre les éléments nutritifs entrant dans le système et ceux qui en sortent) s’est détérioré dans des proportions plus importantes que dans tous les autres pays de l’OCDE.
     
    Consciente du besoin de protéger la qualité de l’#eau, la Nouvelle-Zélande a engagé un processus de réforme de la politique nationale sur l’#eau_douce en publiant en février un programme pour la propreté de l’eau, dont les propositions répondent à certaines des recommandations de l’OCDE. L’administration centrale devra accroître son soutien pour aider les autorités locales à fixer des objectifs rigoureux et à accélérer la mise en œuvre.

    Why are New Zealand’s waters so polluted? | New Zealand | Al Jazeera
    http://www.aljazeera.com/blogs/asia/2017/08/zealand-waters-polluted-170831090454283.html

    Every litre of milk produced requires about 1,000 litres of water. The most irrigated region of New Zealand is Canterbury, on the east coast of the country’s South Island. It has seen significant economic growth on the back of dairy farming but, over the same period of time, has also seen a drastic decline in the quality of its waterways.

    #co2 #lobby

  • Nestlé et Coca-Cola en concurrence au #Brésil pour s’accaparer les ressources de l’immense aquifère #Guaraní

    L’aquifère Guarani, situé sous le Brésil, le #Paraguay, l’#Uruguay et l’#Argentine, est la plus importante ressource en #eau_douce souterraine du monde. La région est marquée par une histoire de #dépossession violente de ses populations traditionnelles - notamment les indigènes Guarani - au profit de l’#agrobusiness.


    http://www.partagedeseaux.info/Nestle-et-Coca-Cola-en-concurrence-au-Bresil-pour-s-accaparer-les-r

    #eau #multinationales #privatisation #Nestlé #Coca-Cola #peuples_autochtones

  • En Russie, la biodiversité du #lac_Baïkal est assaillie par les algues
    http://www.novethic.fr/empreinte-terre/pollution/isr-rse/en-russie-la-biodiversite-du-lac-baikal-est-assaillie-par-les-algues-142999

    A l’origine de cette pollution : les eaux usées. Les chercheurs pointent du doigt, entre autres, une station d’épuration dans la région de Severobaïkalsk. Initialement conçue pour les déchets ménagers, elle traite les eaux usées provenant du lavage des wagons de la RZD, les Chemins de fer russes. En 2010, la compagnie a changé de fournisseur au profit de détergents plus efficaces, mais plus dangereux, « un puissant cocktail de produits chimiques synthétiques, alcalins et même désinfectants », d’après Oleg Timochkine, biologiste à l’Institut de limnologie.

    En amont, d’autres industries contribuent à ce phénomène en rejetant leurs eaux dans les affluents du lac. Sans oublier l’accroissement des flux de touristes face à des systèmes d’assainissement qui, quand ils existent, ne sont pas adaptés. Ni les eaux usées rejetées par les navires de la région… Selon Marina Rikhvanova, présidente de l’association Vague écologique du Baïkal, seules 1600 tonnes des 25000 tonnes d’eaux usées produites par les bateaux de la région d’Irkoutsk chaque année sont traitées.

    #pollution #produits_chimiques #eau_douce