• La pensée essentielle de Murray Bookchin, fondateur de l’écologie sociale
    https://reporterre.net/La-pensee-essentielle-de-Murray-Bookchin-fondateur-de-l-ecologie-sociale

    Le projet d’écologie sociale élaboré par Murray Bookchin s’appuie sur la conviction qu’aucun des problèmes écologiques ne sera résolu sans un profond changement social. Pas plus que l’écologiste benêt, enthousiasmé par la merveilleuse harmonie de la nature mais incapable d’appréhender l’homme social qui produit, l’économiste arrogant, pour qui les ressources humaines et naturelles ne sont que des forces productives, ne trouve grâce à ses yeux.

    Son discours se veut d’emblée subversif afin de déranger l’ordre économique et politique responsable du saccage de la planète et de la désarticulation des rapports humains. Il perçoit très vite que l’évolution du capitalisme sera entravée par des contradictions internes (sur lesquelles Marx avait déjà insisté) mais aussi et surtout par des limites écologiques : « Quel que puisse être le destin du capitalisme en tant que système économique ayant des "limites internes", nous pouvons maintenant hautement affirmer qu’il a des limites externes, celle de l’écologie. »

    Au cœur de sa réflexion sur l’écologie sociale apparaît clairement et de manière récurrente la notion de domination : « L’obligation faite à l’humain de dominer la nature découle directement de la domination de l’humain sur l’humain. » Une domination sur les jeunes, sur les femmes, sur les pauvres.

    Puisque, selon Bookchin, la domination de l’homme précède la domination de la nature, une issue enthousiasmante est envisageable : la ré-harmonisation des rapports humains, à laquelle nous devons nous atteler, favorisera la ré-harmonisation des relations que les hommes entretiennent avec la nature. « Si une communauté écologique se réalise jamais, précise t-il, la vie sociale suscitera une diversification subtile du monde humain comme du monde naturel et les réunira en un tout harmonieux et équilibré. »

    #écologie_sociale


  • Pour le philosophe Serge Audier, la gauche n’est pas très écolo - Idées - Télérama.fr
    https://www.telerama.fr/idees/pour-le-philosophe-serge-audier,-la-gauche-nest-pas-tres-ecolo,n6141758.php

    Dans “L’âge productiviste”, le philosophe Serge Audier montre que la gauche, pourtant porteuse d’un projet alternatif au capitalisme, ne s’est pas souciée d’écologie. Parce qu’elle est depuis toujours fascinée par le productivisme.

    L’écologie, ses occasions perdues, ses virages manqués… En dépit de quelques éclairs de lucidité de penseurs politiques pour la plupart oubliés, le culte de la production et de la croissance industrielle a toujours pris le dessus sur le souci écologique, y compris dans le camp progressiste. La gauche, notamment, en intériorisant l’apologie de l’industrialisme capitaliste, a montré son incapacité à inventer un imaginaire politique propre, opposé à ce productivisme. Dans L’Age productiviste, une nouvelle somme historique érudite qui prolonge La Société écologique et ses ennemis, le philosophe Serge Audier explore de fond en comble les logiciels anti-écologiques de la gauche et de la droite modernes, du début du xixe siècle à nos jours. Et dessine la généalogie d’une impuissance générale aujourd’hui dénoncée, mais favorisée par la résistance tenace d’un productivisme atavique.

    En tant qu’historien des idées politiques, quelle approche spécifique défendez-vous sur le péril écologique ?
    On parle généralement du péril écologique d’un point de vue scientifique, climatologique ou éthique ; on envisage des pratiques alternatives. La tendance dominante me semble manquer d’un questionnement politique et idéologique. J’ai voulu le réhabiliter pour comprendre les sources, toujours actives, de la crise écologique — à droite, bien sûr, mais aussi à gauche. Mon précédent livre, La Société écologique et ses ennemis, montrait que, dès le début du xixe siècle, bien des penseurs avaient vu la gravité des problèmes écologiques. Cette approche articulait déjà une critique à la fois sociale, écologique et même esthétique. Mais une hégémonie industrialiste et productiviste s’est imposée jusque dans le camp progressiste. Elle a pris le dessus sur le souci écologique. C’est au fond l’histoire d’une défaite politique et idéologique que je raconte : des voies alternatives ont existé, mais elles ont été piétinées et oubliées par le récit dominant.

    La critique écologiste est longtemps restée indexée à une critique radicale de la modernité. Etait-ce le cas chez les précurseurs de l’écologie politique ?
    La critique de l’industrialisme va effectivement souvent de pair avec un procès généralisé de la modernité, y compris du rationalisme et des droits de l’Homme. Mais toutes les figures conscientes de la crise écologique n’appartenaient pas à une nébuleuse anti-moderne, anti-Lumières ou anti-libérale. On trouve ainsi une grande sensibilité à la question chez le philosophe utilitariste et libéral John Stuart Mill, qui anticipe la problématique de la décroissance. La critique anti-industrielle a certes été portée par des courants conservateurs, mais aussi par des courants rationalistes héritiers des Lumières. Pensons à Franz Schrader, géographe qui opposait aux folies destructrices de l’âge industriel la préservation rationnelle des forêts vierges, ou encore à Edmond Perrier, pilier du Muséum d’histoire naturelle, qui prévoyait l’épuisement des ressources, lui aussi dès le début du xxe siècle. Les anarchistes, comme Elisée Reclus, développèrent également une critique écologique de l’industrialisme au nom de la liberté, mais aussi de la rationalité scientifique.

    Comment comprendre l’incapacité de la gauche à prendre au sérieux le péril écologique, alors même qu’elle prétend favoriser le progrès ?
    Etant porteuse d’une critique du capitalisme et d’un projet alternatif, la gauche aurait dû en effet prendre davantage en charge le péril écologique. Or elle l’a fait mal, peu ou pas du tout. Le culte des forces productives fut un facteur décisif. Si le communisme s’est montré si attrayant, c’est aussi parce qu’une large partie de la gauche avait intériorisé cet impératif de développement scientifique et industriel. Ce qui confirme d’ailleurs que le productivisme n’est pas intrinsèquement lié au « libéralisme ».

    Pourquoi l’écologie politique est-elle toujours restée minoritaire dans le logiciel de la gauche socialiste ?
    Le pôle écologique est presque partout resté dominé, même après la prise de conscience des années 1970. On ne peut l’expliquer seulement par certains travers du mouvement écologique. Il y a certes une tendance écologique dans la « deuxième gauche » des années 1970, mais dès que celle-ci se « normalise », au début des années 1980, cette orientation s’étiole. Même après l’effondrement du communisme, si fortement anti-écologique, persiste l’hégémonie des figures diverses du productivisme, depuis le productivisme souverainiste jusqu’à celui du centre-gauche « social-libéral » qui, épousant les mutations du capitalisme et de la mondialisation, a encore pour horizon la relance de la croissance. Tout cela me semble remonter à une fascination compréhensible pour la société industrielle, facteur de progrès, d’abondance et d’emploi. On peut la repérer même dans le socialisme originaire, divisé par des tendances contradictoires. Les milieux fouriéristes et anarchistes avaient certes esquissé une sorte de ­socialisme jardinier qui entendait se ­réconcilier avec la nature. Mais, à côté de ce socialisme naturaliste, s’imposait un autre pré-socialisme, venu du comte de Saint-Simon, fasciné par l’industrie, les ingénieurs et la science, qui a inventé le néologisme « industrialisme ». Le saint-simonisme a exercé une influence colossale dans l’histoire de la gauche, en posant que l’avenir du monde appartient aux industriels. On trouve là également une des sources aussi bien du marxisme dogmatique que du discours technocratique. L’imaginaire dominant de gauche a été « phagocité » par cette vision saint-simonienne, elle-même dominée par une apologie diffuse de l’industrialisme capitaliste. L’histoire de la gauche, même anticapitaliste — et même marxiste ! — a été marquée par une intériorisation de la nécessité historique du capitalisme industriel, et de l’apport grandiose de ce dernier, tout en le condamnant plus ou moins. A cet égard, cette histoire est aussi celle d’une impuissance à développer un imaginaire propre.

    Quid de la tradition libérale et de l’histoire de la droite sur cette question ?
    Le libéralisme en soi n’est pas de droite ou de gauche. Et, à partir du XIXe siècle, il ne célèbre pas toujours l’industrialisme — Tocqueville s’en méfiait. Reste que la tendance à cette célébration est majoritaire à droite depuis Benjamin Constant, qui construit un discours apologétique du progrès industriel, foyer de liberté et de prospérité. Et puis se constitue l’école d’économie politique, autour de figures comme Vilfredo Pareto, qui détestait les critiques écologiques et esthétiques du capitalisme. On retrouve cette tendance dans le néo-libéralisme contemporain.

    Des « brèches » écologiques ont pourtant aussi existé à droite…
    Une certaine critique, de droite et antilibérale, du capitalisme industriel, a pu revêtir une portée écologique jusqu’à nos jours. Cette tendance « verte » est présente dans la mouvance conservatrice réactionnaire, dans la « Révolution conservatrice » sous l’Allemagne de Weimar, voire dans le fascisme et le nazisme. Avant d’être avancée par le pape François, la formule de « l’écologie intégrale », qui relie la question écologique et la question sociale, fut lancée par Alain de Benoist, le père de la « Nouvelle Droite ». Le pôle conservateur a également développé dès les années 1930 une dénonciation du productivisme, du taylorisme et du fordisme, comblant le vide de la gauche. Le fait même que cette critique passe alors à droite contribue d’ailleurs à la décrédibiliser auprès des progressistes. Même le néolibéralisme fut clivé à l’origine, dans les années 1930 : une sensibilité à la destruction industrielle de la nature y existe, mais ce pôle, minoritaire, sera, toujours plus, dominé par un pôle anti-écologique et climato-sceptique.

    Pourquoi la plupart des grands intellectuels du xxe siècle en France ont-ils négligé la question écologique ?
    L’existentialisme et le structuralisme y furent indifférents. Sartre et Beauvoir sont des philosophes de la liberté du sujet. Ils refusent toute idée d’« essence » humaine et la nature n’est pas un principe explicatif ni un objet autonome dans leur pensée de la liberté. La seconde dira même que la nature est « de droite ». Si la vague structuraliste, et « post-structuraliste », déboulonna ensuite cette approche « humaniste », elle n’en resta pas moins largement aveugle, elle aussi, à la question de la nature. Michel Foucault n’y prêta aucune attention sérieuse, tant il se méfiait des discours « naturalisant » les institutions et les individus. Plus tard, son adversaire de toujours, Marcel Gauchet, couvrira de sarcasmes les écologistes. Il y eut bien sûr des exceptions, en particulier Claude Lévi-Strauss. Mais ce sont surtout des voix ultra minoritaires qui transmirent la flamme écologique. Ainsi de Jacques Ellul et Bernard Charbonneau, amoureux de la nature et critiques de la « méga-­machine » technologique. Après une longue traversée du désert, ils ont influencé l’écologie politique naissante. André Gorz ou Serge Moscovici furent d’autres exceptions, soucieux de la manière dont le capitalisme appuyé par l’Etat privait les individus du contrôle de leur propre vie et de leur milieu vital.

    Peut-on enfin envisager la possibilité d’une sortie de cet âge productiviste ?
    Le capitalisme a muté. Mais la droite, comme l’extrême droite, entretient le credo de la croissance à tout prix et le déni de la crise écologique. Et, à gauche, on est dans un entre-deux indécis. Le populisme de gauche, incarné par Jean-Luc Mélenchon, se réclame d’un « éco-socialisme », mais l’ambiguïté demeure, car en privilégiant le thème du clivage entre le peuple et les élites, il tend à gommer l’urgence écologique. Une autre gauche, portée notamment par Benoît Hamon, a compris que le ­logiciel productiviste était une impasse ; elle cherche du côté de l’allocation universelle ou d’un modèle éco­logiquement soutenable, mais peine à construire un discours cohérent et à trouver une base sociale.

    Le modèle « éco-républicaniste » que vous défendez peut-il nous sauver du péril écologique ?
    Je parle moins de modèles que de rapprochements politiques possibles, entre le libéralisme, le conservatisme, l’anarchisme, le féminisme, le socialisme ou le républicanisme. La tradition républicaine telle que je la conçois est une philosophie de la vie civique, fondée sur une conception de l’homme comme citoyen plus que comme producteur et consommateur. Or la crise écologique est aussi liée à une crise civique, à une vision étriquée de la liberté, celle des entreprises et des consommateurs. Corrélativement, la tradition républicaine est hantée par l’impératif du bien commun et de l’intérêt général — d’où aussi sa philosophie du service public. Et l’intérêt général a une dimension intergénérationnelle, il se déploie dans l’horizon du temps. Cette exigence de solidarité entre les générations est au cœur de la philosophie ­républicaine comme de l’écologie politique. Elle ne se fera pas sans d’âpres luttes.

    #Ecologie_politique #Gauche #Serge_Audier #Communs


  • La collapsologie ou la critique scientiste du capitalisme - Perspectives Printanières
    https://perspectives-printanieres.info/index.php/2019/03/17/la-collapsologie-ou-la-critique-scientiste-du-capitalism

    Comme un écho aux « alertes » de nombreux-ses scientifiques concernant l’extinction de la biodiversité, les dérèglements climatiques ou la raréfaction de l’eau potable à la surface du globe (entre autres), les théories de l’effondrement se diffusent rapidement dans la société, notamment grâce à un important relais médiatique où est prodigué le discours persuasif qui caractérise ce mouvement. Une communauté « effondriste » s’est progressivement constituée autour de ces théories, notamment en France après la parution d’un livre qui a fait date : Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes de Pablo Servigne – ingénieur agronome et docteur en biologie – et Raphaël Stevens – éco-conseiller. Les collapsologistes – ou collapsologues comme iels s’autodésignent, nous discuterons d’ailleurs du nom qu’il nous faut leur donner – semblent se poser en héritier-ères du mouvement pour la décroissance, dont iels reprennent nombre d’analyses et de travers. La collapsologie, la nouvelle « discipline » qu’iels pratiquent, s’avère également être une traduction politique parmi d’autres du concept d’Anthropocène, en reprenant là-aussi ses défauts et son absence de raisonnement politique critique.

    • A rajouter à la liste des articles qui critiquent un aspect de la collapsologie, mais dont j’ai parfois l’impression qu’ils jettent le bébé avec l’eau du bain. Sous prétexte que Pablo Servigne ne parle pas assez de capitalisme, on en vient presque à défendre que le monde ne va pas si mal que ça...

      Jusqu’ici, ce billet était plutôt vindicatif vis-à-vis de la collapsologie puisqu’il visait à détricoter et critiquer certaines analyses formulées (ou non-formulées) au sein de cette mouvance. Cependant, malgré un manque évident d’analyse politique et sociale, un grand nombre de bilans que dresse la collapsologie sont tout à fait dignes d’intérêt. En effet, qu’ils concernent le(s) changement(s) climatique(s), l’extinction massive de la biodiversité ou encore l’appauvrissement accéléré des sols, des constats scientifiques sont repris et les traduire dans la sphère politique est intéressant. Cependant, il semble nécessaire d’assumer le discours politique qui découle de la collapsologie. A première vue, ce travail s’avère plutôt compliqué puisque les collapsologistes semblent « rejeter les idéologies » (sic) dont iels ont des visions souvent caricaturales. Quoiqu’on pense de ce mouvement, il faut également rester prudent-es quant aux récupérations de la collapsologie par certaines personnalités politiques.

      La prédiction d’un effondrement inévitable d’ici quelques années procède d’une logique proprement historiciste, qui n’est pas sans rappeler la rhétorique marxiste d’il y a quelques décennies qui annonçait l’effondrement du système capitaliste sous le poids de ses propres contradictions ou encore qui véhiculait une marche en avant du progrès social (attention, le propos n’est pas de faire du marxisme dans son ensemble un historicisme, simplement ces idées-ci). Au moins deux aspects de l’analyse collapsologiste illustrent cet écueil.

      #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène
      quand même pour la troisième compilation :
      https://seenthis.net/messages/680147


  • Bernard Charbonneau : Précurseur de l’écologie politique - Daniel Cérézuelle
    https://www.youtube.com/watch?v=j_Z92b_Iu_M

    Bernard Charbonneau (1910-1996) a eu dès sa jeunesse la conviction que son siècle serait en même temps et pour les mêmes raisons celui du totalitarisme et du saccage de la nature. Pas de liberté sans puissance d’agir ; mais dans un monde fini le développement indéfini de la puissance matérielle et de l’organisation sociale risque d’anéantir la liberté de l’homme. A partir des années trente et jusqu’à sa mort, Charbonneau a réfléchi sur les dangers qui résultent, pour la nature et pour la liberté de ce qu’il appelait la Grande mue, c’est-à-dire de la montée en puissance de plus en plus rapide du progrès technique, scientifique et industriel. Mais on se fourvoierait en réduisant l’œuvre de Charbonneau à une réflexion sur l’écologie politique. Il ne s’est pas intéressé seulement à la question écologique ; son œuvre nous propose une analyse plus vaste des coûts de la modernisation et des contradictions du monde moderne. Pendant longtemps cette préoccupation a fait de lui un marginal dans le monde intellectuel. Cependant, Charbonneau voyait juste lorsqu’il annonçait la crise écologique, l’aggravation de la bureaucratisation de l’existence et la technocratisation de la vie sociale. Plus le temps passe et plus son œuvre s’avère pertinente et actuelle.
    _________________________

    Une conférence présentée par Daniel Cérézuelle, dans le cadre de notre cycle Ecologie(s) critique(s).

    #Bernard_Charbonneau #écologie #écologie_politique #liberté #philosophie #personnalisme #université_populaire #UPB


  • Justice sociale, justice climatique : c’est un changement de cap qu’il faut imposer - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2018/12/06/justice-sociale-justice-climatique-c-est-un-changement-de-cap-qu-il-faut-

    A l’initiative d’Attac et de la Fondation Copernic, syndicalistes, responsables associatifs et politiques, chercheur·es, universitaires ou artistes appellent à manifester pacifiquement dans la rue massivement le 8 décembre, journée de mobilisation internationale pour la justice climatique, en convergence avec la quatrième journée de mobilisation des gilets jaunes.

    J’ai signé cette tribune, et je m’y trouve en bonne compagnie...

    Tribune. Le mouvement des gilets jaunes met dans le débat public l’ensemble de la politique sociale du gouvernement. Plus largement ce sont les politiques néolibérales mises en œuvre par les gouvernements successifs depuis des décennies qui sont en cause. Fins de mois de plus en plus difficiles, précarisation toujours accrue du travail, injustice fiscale, conditions de vie qui se détériorent, telle est la situation subie par la majorité de la population. Ce qui touche en particulier les femmes, très nombreuses à se mobiliser dans ce mouvement. Dans le même temps, l’évasion fiscale n’a jamais été aussi importante et les plus riches se sont vu offrir de multiples allègements d’impôts : suppression de l’ISF, flat tax de 30 % pour les revenus du capital qui ne sont plus soumis à l’impôt progressif, baisse de l’impôt sur les sociétés… Dans ces conditions, l’augmentation des taxes sur les carburants est apparue comme « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ».

    En dépit d’une tentative de mainmise de l’extrême droite sur le mouvement, celui-ci se caractérise par son auto-organisation horizontale et pose l’exigence d’une démocratie réelle contre une présidence autoritaire et méprisante. A l’heure où se déroule la COP 24 en Pologne et où la lutte contre le réchauffement climatique est urgente, ce mouvement met également en évidence le lien entre la question sociale et les impératifs écologiques : les plus grands pollueurs sont exonérés de tout effort, les principales causes du réchauffement climatique ne sont pas traitées, la casse des services publics et des commerces de proximité et l’étalement urbain se poursuivent, les alternatives en matière de transport en commun ne sont pas développées. Le modèle du logement social en France est en mis en péril par sa marchandisation au profit des grands groupes privés. Dans ces conditions, ce n’est certainement pas aux classes moyennes et populaires de payer la transition écologique.

    La politique du gouvernement ne répond ni à la colère sociale ni aux impératifs écologiques. Le gouvernement laisse les multinationales et les lobbys productivistes n’en faire qu’à leur tête en privilégiant toujours plus leur intérêt propre et celui de leurs actionnaires au détriment du plus grand nombre et de l’avenir de la planète. Pendant des jours, le gouvernement a campé sur une posture intransigeante, refusant le moindre geste et clamant qu’il maintenait le cap et ce, malgré le fait qu’une énorme majorité de la population soutenait ce mouvement. Cette attitude a entraîné une exaspération croissante qui a conduit à des actes de violence dont le gouvernement pouvait espérer tirer parti. Cela n’a pas été le cas et le soutien de la population est resté massif.

    Le gouvernement vient d’annoncer, entre autres, le gel, puis l’annulation de l’augmentation des taxes sur les carburants. C’est un premier recul mais c’est trop peu, trop tard, car c’est de toute la politique sociale et de ses conséquences économiques et écologiques qu’il faut discuter. Alors même que la jeunesse a décidé de se mettre en mouvement pour contester les choix éducatifs du pouvoir, c’est un changement de cap qu’il faut imposer. Pour commencer, il faut répondre aux revendications syndicales en augmentant le smic et en revenant sur le plafonnement de l’augmentation des retraites à 0,3 %, rétablir l’ISF et taxer les multinationales, dont Total, les Gafa et les banques qui financent les énergies fossiles pour investir massivement dans l’isolation thermique des bâtiments et les énergies renouvelables.

    C’est pourquoi, les soussigné·es, syndicalistes, responsables associatifs et politiques, chercheur·es, universitaires, artistes, etc., soutiennent les revendications de justice fiscale et sociale portées par le mouvement des gilets jaunes. Ils appellent la population à se mobiliser pour imposer une politique qui permette de mieux vivre, et à manifester pacifiquement dans la rue massivement le 8 décembre, journée de mobilisation internationale pour la justice climatique, en convergence avec la quatrième journée de mobilisation des gilets jaunes.

    #Gilets_jaunes #Ecologie_politique


  • « Et si les gilets jaunes étaient des écologistes qui s’ignorent ? »
    https://www.nouvelobs.com/societe/20181116.OBS5549/et-si-les-gilets-jaunes-etaient-des-ecologistes-qui-s-ignorent.html

    Cessons donc d’opposer la colère des gilets jaunes et la bataille contre le réchauffement climatique ! Telle est la proposition de Jean-Baptiste Comby, sociologue à l’université Paris 2, auteur de « la Question climatique. Genèse et dépolitisation d’un problème public » (Raisons d’Agir, 2015). Celui-ci nous invite à voir, dans la mobilisation de samedi, un appel à appréhender les défis climatiques et énergétiques en tenant compte des réalités des fractions fragilisées de la population.
    Transports en commun hors des villes, fret, rythmes des déplacements… « Il est donc urgent de revenir à une écologie proprement politique et ce faisant de mettre en œuvre les mesures structurelles seules à même de nous rendre durablement, massivement et équitablement moins dépendants de l’automobile », estime le chercheur. Tribune.

    #écologie_politique (vs écologie punitive) #inégalités #écotaxes


  • Chère essence | L’économie par terre ou sur terre ? | Jean-Marie Harribey | Les blogs d’Alternatives Économiques
    https://blogs.alternatives-economiques.fr/harribey/2018/11/15/chere-essence

    par Jean-Marie Harribey

    Chère essence…,

    J’ai longtemps hésité à m’adresser à toi pour te faire part de mon embarras, de mon inquiétude, et aussi, je te l’avoue, de mon malaise devant l’agitation et la colère qui sourdent dans la société à ton sujet. Si je m’y résous aujourd’hui, c’est parce que la lettre que j’avais écrite à ton père, le pétrole[1], il y a juste dix ans, et dont je te joins une copie, est restée lettre morte. Il est vrai que je l’avais lancée à la mer dans un baril vide à la dérive, espérant qu’elle finirait bien par échouer aux pieds de quelque gouvernant plus éclairé que la moyenne, par exemple par cette fée nucléaire, ta concurrente mais, nous dit-on, ô combien salutaire.

    Las ! Il ne se passa rien. Depuis ce moment, dix nouvelles COP se sont succédé, avec, parmi elles, un tapage aussi tonitruant que sans lendemain lors de la vingt-et-unième.

    Tu es tellement au centre des préoccupations du moment que, d’un côté, tu es saisie par les forces réactionnaires pour délégitimer un peu plus l’impôt, et, de l’autre tu mets dans un imbroglio politique et stratégique ceux qui, à gauche, prétendent défendre les intérêts des pauvres et des exploités. Tu as peut-entendu comme moi tel responsable politique progressiste déclarer qu’« il ne fallait pas se pincer le nez devant la colère populaire ». Il vaut mieux en effet ouvrir les yeux que de se pincer le nez. Il ne t’a pas échappé non plus qu’une association amie a publié un communiqué disant que la taxe sur les carburants servait à « boucher les trous du budget de l’État ». Bien sûr, il n’en est rien, car c’est confondre le comblement du déficit public – qui se fait, par définition, hors impôt (sinon, il n’y aurait pas de déficit) – avec une mauvaise affectation du produit de l’impôt, puisque seuls 7,2 milliards seront destinés à financer la transition écologique en 2019.

    Chère essence, la question de ton prix nous met en face de la contradiction insurmontée jusqu’ici entre la soutenabilité sociale et la soutenabilité écologique. Contradiction qui n’est pas intrinsèque au social ni à l’écologie, ni à leur rencontre, mais qui est engendrée par la logique d’accumulation du capital : d’un côté, celle-ci pressure toujours davantage le travail et donc les couches populaires ; de l’autre elle (é)puise sans retenue la nature.

    En attendant la remise en cause de cette logique, la colère populaire gronde. Elle est compréhensible. Est-elle légitime ? Si elle est l’occasion d’aller à la racine des choses, oui. Si les forces conservatrices et réactionnaires prennent le dessus et agrègent ceux qui n’ont strictement rien à faire ni des pauvres ni de l’écologie, un pas de plus sera fait pour délégitimer l’impôt, la régulation par l’État et, au-delà, un coup de canif de plus sera donné au contrat social qui lie les citoyens de notre pays, ceux d’ailleurs et ceux de demain.

    #Impôts #Ecologie_politique


  • Bure : malfaiteurs ? Alors j’en suis ! – Manif’Est
    https://manif-est.info/Bure-malfaiteurs-Alors-j-en-suis-790.html

    L’Association de Malfaiteurs fige les opposant·e·s dans un ensemble homogène présumé coupable. Et il n’y a qu’à entendre le procureur stigmatiser à chaque occasion qui lui est donnée l’archétype qui serait celui des « gens de Bure » pour saisir à quel point l’ignorance volontaire, indifférente ou inconsciente a rempli les fosses communes de l’histoire des révoltes, fusillées par les préjugés.

    #bure #écologie_politique #nucléaire #cigéo


  • Écologie politique et écoféminisme
    https://www.presages.fr/blog/2018/emilie-hache

    Emilie Hache est philosophe, maîtresse de conférences à l’université de Nanterre, et travaille sur l’écologie politique. Elle questionne les concepts et leurs effets, comme ceux d’anthropocène et d’effondrement, ces grandes notions anxiogènes qui nous placent sur des échelles donnant un sentiment d’impuissance. Elle invite à penser l’avenir sans la notion de progrès, à sortir de l’ensorcellement du capitalisme et de ses rapports de domination. La question du récit et des émotions est aussi au cœur du mouvement écoféministe, dont Émilie Hache est une des spécialistes en France. Durée : 55 min. Source : Présages

    https://feeds.soundcloud.com/stream/512227839-presages-podcast-emilie-hache.mp3


  • Non, l’humanité n’a pas toujours détruit l’environnement
    https://reporterre.net/Non-l-humanite-n-a-pas-toujours-detruit-l-environnement

    De plus en plus d’individus hissés au rang de personnalités du mouvement écologiste par le système médiatique propagent une vision particulièrement réductrice et nuisible de l’espèce humaine. De l’astrophysicien Aurélien Barrau à Vincent Mignerot et son association Adrastia, l’idée selon laquelle l’être humain a toujours été un destructeur (« L’homme, ce tueur en série », ainsi que le titre Le Point) ne cesse de gagner en popularité. S’ils n’en tirent pas exactement les mêmes conclusions, il n’en reste pas moins que ce que cela suggère est problématique pour de multiples raisons.

    Le fatalisme démobilisateur de la #collapsologie versus l’#écologie_politique

    en lien avec cette autre discussion : https://seenthis.net/messages/723372


  • Pour l’écologie, la majorité politique introuvable - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/300818/pour-l-ecologie-la-majorite-politique-introuvable

    par Jade Lindgaard

    Le drame de l’inaction gouvernementale ne peut pas se résumer à l’effet des lobbies, aussi délétère soit-il. Aucun parti écologiste n’a jusqu’ici gagné d’élections nationales importantes, celles qui font accéder au niveau d’exercice du pouvoir nécessaire au changement de système de production, d’organisation sociale et de mode de vie requis pour réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre. Ce n’est pas qu’un problème français : le même blocage électoral s’observe aux États-Unis, au Canada, en Europe, en Amérique latine. Les sociétés démocratiques occidentales ne portent pas au pouvoir les forces écologistes.

    Des raisons profondes expliquent cette situation : la prédominance de la lecture économique du monde, le matérialisme hédoniste forgé par la croissance d’après la Seconde Guerre mondiale et la société de consommation, la peur du changement et de perdre ce qu’on a – surtout quand on possède peu –, le conservatisme des représentations culturelles, la montée des xénophobies et du chacun-pour-soi, la piètre offre politique des écolos.

    Mais pendant ce temps, l’écosystème se dégrade à un rythme accéléré. À quelques semaines de la parution d’un nouveau rapport du GIEC, début octobre, les preuves de la catastrophe climatique s’accumulent. La situation est aujourd’hui pire que ce que l’on pouvait prévoir il y a quelques années.

    Le constat sur la gravité des destructions irréversibles en cours et l’explication de ses causes sont à portée d’yeux et de mains pour toute personne qui veut se donner la peine d’y accéder. De nombreux médias les relaient. Mais il ne suffit pas de savoir pour agir. Longue est l’histoire de la dissonance cognitive sur le climat. Le foisonnant article publié cet été par le New York Times Magazine, Losing Earth : the decade we almost stopped climate change, en offre la démonstration : dès les années 80, des conseillers de la présidence des États-Unis étudiaient les causes et les effets du dérèglement climatique. Résultat sur la politique américaine ? Rien, ou presque.

    Dans ces conditions, comment réconcilier la réalité des faits, des atteintes irréversibles et en chaîne à notre milieu de vie, et la mise en marche démocratique de nos sociétés vers la justice climatique ?

    C’est cette discussion que nous devrions avoir aujourd’hui : quels modes d’action imaginer pour être à la hauteur de la brutalité des événements climatiques en cours ? Ils doivent être radicaux, au sens étymologique : prendre les problèmes à leurs racines. Ils ne peuvent être uniquement pensés sur le mode de la contrainte : les discours sur la décroissance, la réduction de l’empreinte écologique, les limites de consommation sont inaudibles pour les pauvres et les précaires. Ils doivent aller dans le sens de la justice sociale et contre les inégalités de genre et de race supposée, sinon ils ne pourront que contribuer à l’accroissement des injustices. La révolution énergétique à mener entraînerait un tel bouleversement du cadre économique qu’elle doit être totalement redistributive afin d’être acceptable socialement.

    #Climat #Ecologie_politique

    • C’est pas mal. Mais au-delà de

      la piètre offre politique des écolos

      (ce qui n’est pas faux), il ne faut pas oublier le bouclage politique et la captivité de l’électorat, soit les problèmes spécifiques que pose le gouvernement représentatif, en particulier français majoritaire. Dans l’interview de Hulot, Demorand ou une autre rappelle en passant que les élections européennes sont celles où l’écologie est la plus présente dans le débat. C’est pas un hasard, c’est parce que c’est la seule élection proportionnelle qu’il reste, c’est à dire celle qui permet à de petites formations de compter, avec leurs idées différentes (neuves ou rancies).


  • Le problème de la collapsologie — Nicolas CASAUX
    https://www.legrandsoir.info/le-probleme-de-la-collapsologie.html

    Reprenons l’examen de la collapsologie. Une des raisons pour lesquelles les médias grand public s’autorisent à la promouvoir, c’est qu’elle considère l’effondrement de la civilisation industrielle comme une « catastrophe », un drame, une terrible nouvelle. Du point de vue de la culture dominante, qui détruit les biomes et les espèces du monde entier pour satisfaire sa frénésie de croissance et de progrès, cette perspective est logique. Mais pour tous ceux qui se sont défaits de l’aliénation qu’elle impose, pour les peuples autochtones du monde entier, menacés de destruction (et non pas d’extinction) à l’instar de toutes les espèces vivantes, pour les rivières, les saumons, les ours, les lynx, les loups, les bisons, pour les forêts, pour les coraux, et ainsi de suite, la catastrophe est la civilisation industrielle, et son effondrement, lui, constitue la fin d’un désastre destructeur qui accable la planète depuis bien trop longtemps.

    Considérer l’effondrement de la civilisation industrielle comme la catastrophe, c’est perpétuer le paradigme destructeur qui le précipite. Si la culture dominante, la civilisation industrielle, se dirige vers son effondrement, si elle détruit les écosystèmes du monde entier, c’est entre autres parce qu’elle ne considère pas le monde naturel et ses équilibres et ses dynamiques comme primordial. Au contraire, ce qu’elle considère comme primordial, c’est elle-même, son propre fonctionnement, sa croissance, son développement, ses industries, etc.

    C’est précisément parce que la civilisation industrielle est profondément et fondamentalement narcissique, qu’elle ne se soucie que d’elle-même, qu’elle est amenée à détruire tous les autres (les autres espèces et les autres cultures), tout ce qui n’est pas elle.

    Ainsi, considérer l’effondrement de la civilisation industrielle comme la catastrophe, c’est perpétuer le paradigme destructeur qui le précipite, c’est perpétuer le narcissisme qui est au cœur de ses pulsions destructrices.

    • Dans le même temps, je trouve ce positionnement très « grand sage qui se pense au-dessus des contingences de la vie occidentale » alors qu’il est écrit par une personne qui vit en plein dedans. La société industrielle, c’est désormais la majorité du monde entier en terme de surface et de population surtout, faut quand même le dire, c’est des milliards de personnes (y compris donc en plein désert du moyen orient, au fond de la Chine, ou au cœur de l’Afrique), et son effondrement, ça signifie très concrètement des guerres et des famines pour ces milliards de personnes. À assez court terme.

    • Pareil, j’ai hésite à écrire parce que... mais on ne peut pas dire : « Qu’elle crève ! » Trop de personnes sont en plein dedans, c’est des décennies de seigneurs de guerre qui peuvent être attendues en cas de faillite totale des États.

    • Dans le même temps, je trouve ce positionnement très « grand sage qui se pense au-dessus des contingences de la vie occidentale » alors qu’il est écrit par une personne qui vit en plein dedans.

      @rastapopoulos certes, mais dans ce cas on ne peut plus discuter de rien si sa position personnelle permet d’invalider ses idées.
      @aude_v
      Je n’ai pas entendu son discours de la même oreille, mais plutôt comme une critique pour se secouer les méninges et sortir de la position de spectacteurices. Car à contrario on nous sert une soupe d’angoisse du futur et ses solutions durables d’agriculture raisonnée de poudre aux yeux. Pour nous faire croire encore à la société industrielle qui permet de repousser les méchantes décisions drastique par des faux semblants (genre choisir de ralentir individuellement sur le périph). Je pense qu’on est en pleine catastrophe, c’est pas demain qu’elle adviendra, on y est présentement dans le mur. L’administration du désastre est devenue une stratégie industrielle, exemple de l’indexion du pôle nord qui n’en a absolument rien à foutre de l’écologie.

    • En France des anarchistes naturiens de la fin du XIXe siècle à de nombreux écologistes du 20ème siècle (on peut penser à ceux du journal La Gueule Ouverte), en passant par les situationnistes, les auteurs de l’Encyclopédie des Nuisances, et bien d’autres (Bernard Charbonneau, Jacques Ellul, Ivan Illich, etc.), beaucoup nous ont averti et nous avertissent depuis longtemps de l’insoutenabilité de la civilisation industrielle.

      Ainsi #Pierre_Fournier écrivait dans le journal Hara-Kiri Hebdo du 28 avril 1969 :

      « Pendant qu’on nous amuse avec des guerres et des révolutions qui s’engendrent les unes les autres en répétant toujours la même chose, l’homme est en train, à force d’exploitation technologique incontrôlée, de rendre la terre inhabitable, non seulement pour lui mais pour toutes les formes de vie supérieures. Le paradis concentrationnaire qui s’esquisse et que nous promettent ces cons de technocrates ne verra jamais le jour parce que leur ignorance et leur mépris des contingences biologiques le tueront dans l’œuf. »

      sinon @loutre a posté une superbe itw de Samir Amin décédé
      ces jours-ci (un économiste lucide que je découvre)
      https://seenthis.net/messages/714783#message714800


      Sur la crise. Sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise (2009)

      Les premiers monopoles apparaissent comme réponse à cette crise du capitalisme. Ils sont analysés par les sociaux-démocrates Hilferding et Hobson, et Lénine en tire les conclusions : nous sommes entrés dans l’ère de la possibilité des révolutions socialistes. Cette sénilité du système signifie que nous sommes dans un monde, non plus de destruction créatrice à la Schumpeter, mais de destruction destructrice. L’écologie le montre, mais elle n’en est que l’un des aspects.

    • C’est un problème des écolos en général : ne pas accompagner des mesures d’administration du désastre ni les personnes qui les imposent et proposer autre chose, vraiment. Parce que les conditions de vie sur Terre, leurs copains s’en branlent, ils s’inquiètent seulement du profit qui peut être fait pour s’adapter à ces conditions, seraient-elles désastreuses pour la plupart.

      N’empêche, je ne crois pas que tous les collapsologues soient sur cette ligne. Ceux de la Nasa sûrement, mais pas des gens comme Pablo Servigne.

      PS : On s’est croisé.

    • Quand les riches conspirent pour nous laisser derrière.

      L’année dernière, j’ai été invité à donner une conférence dans un complexe hôtelier d’hyper-luxe face à ce que je pensais être un groupe d’une centaine de banquiers spécialisés dans l’investissement. On ne m’avait jamais proposé une somme aussi importante pour une intervention - presque la moitié de mon salaire annuel de professeur - et délivrer mes visions sur « l’avenir de la technologie ».

      https://seenthis.net/messages/715011


  • En Guadeloupe, les ouvriers de la banane malades d’un pesticide dévastateur et oubliés de l’État français
    https://www.bastamag.net/En-Guadeloupe-les-ouvriers-de-la-banane-malades-d-un-pesticide-devastateur

    Pendant plus de deux décennies, le chlordécone, un insecticide ravageur, a contaminé la quasi totalité de la population antillaise. Malgré son interdiction définitive il y a 25 ans, ce puissant perturbateur endocrinien utilisé dans les bananeraies ne disparaîtra pas des sols de Guadeloupe et de Martinique avant plusieurs siècles. Les premiers touchés sont les ouvriers agricoles. Ils sont pourtant les grands laissés pour compte de ce scandale sanitaire. Certains ont décidé de lever le voile sur leurs (...)

    #Résister

    / #Syndicalisme, Quelle #Agriculture pour demain ?, #Menaces_sur_la_santé_publique, #Reportages, Agriculture, #Pesticides, #Toxiques, #Conditions_de_travail, #Néo-colonialisme, Santé , A la (...)

    #Quelle_agriculture_pour_demain_ ? #Santé_
    https://www.bastamag.net/IMG/pdf/capture_d_e_cran_2018-07-05_a_20.44.50.pdf


    • Aaah mais naan, "La banane française parrain du tour de france par équipe"
      ça leur aurait fait mal d’écrire en français correct ? d’accorder le féminin de banane ? ne dit-on pas une entreprise ou au pire écrire la banane parraine le tour … tour réservé aux hommes et à leur vélo à moteur évidemment …
      Les tenants de la tradition colonialiste, machiste, raciste et cycliste qu’on les jette par dessus bord une bonne fois pour toutes.

    • Quelques minutes plus tôt, une femme avait rompu le silence. Elle s’était avancée, le regard fixe et déterminé, pour raconter son histoire. Le récit d’une vie d’ouvrière de la banane : 32 ans au service de la plus grosse plantation de l’île, la SA Bois Debout, dirigée aujourd’hui par Guillaume Block de Friberg, l’héritier des Dormoy, grande famille de propriétaires, installée en Guadeloupe depuis 1870. Pendant 20 ans, Marie-Anne Georges a épandu à la main, « sans masque, avec juste un gant et un seau », plusieurs types d’insecticides extrêmement toxiques, dont le Képone et le Kurlone, les deux formules du chlordécone utilisées aux Antilles. Jusqu’à ce qu’elle tombe malade, d’un #cancer du sang.

      #écologie_politique #chlordécone

    • La quasi-totalité des Guadeloupéens et des Martiniquais sont contaminés par le chlordécone, un pesticide ultra toxique, utilisé de 1972 à 1993 dans les bananeraies. Un scandale sanitaire unique au monde.

      Tout commence en 1972. Cette année-là, la commission des toxiques qui dépend du ministère de l’agriculture, accepte la demande d’homologation du chlordécone, présenté par les propriétaires des bananeraies (les « békés », descendants des maîtres des esclaves) comme « remède miracle » contre le charançon du bananier, un insecte qui détruisait les cultures. Alors même que la toxicité était déjà connue, notamment aux États-Unis… La dite commission des toxiques avait pourtant rejetée en 1969 cette homologation à cause de la toxicité de la molécule constatée sur des rats, et de sa persistance dans l’environnement. Mais la pression des propriétaires était trop forte et l’autorisation fut rétablie. Les bananeraies de Guadeloupe et Martinique seront aspergées massivement pendant plus de vingt ans pour préserver la filière, pilier de l’économie antillaise, avec 270 000 tonnes produites chaque année, dont 70% pour la métropole.
      La France finit par interdire le produit en 1990, treize ans après les États-Unis. Il est toutefois autorisé aux Antilles jusqu’en septembre 1993 par deux dérogations successives signées sous François Mitterrand par les ministres de l’agriculture de l’époque, Louis Mermaz puis Jean-Pierre Soisson. Des années après, on découvre que le produit s’est répandu bien au-delà des bananeraies. Aujourd’hui encore, le chlordécone, qui passe dans la chaîne alimentaire, distille son poison un peu partout. Pas seulement dans les sols, mais aussi dans les rivières, une partie du littoral marin, le bétail, les volailles, les poissons, les crustacés, les légumes, les racines… et la population elle-même. Une étude de Santé publique France, lancée pour la première fois à grande échelle en octobre 2017, fait un constat alarmant : la quasi-totalité des Guadeloupéens (95%) et des Martiniquais (92%) sont contaminés au chlordécone. Leur niveau d’imprégnation est comparable : 0,13 et 0,14 microgrammes par litre de sang ; avec des taux grimpant jusqu’à 18,53 microgrammes ! Or, le chlordécone étant un perturbateur endocrinien, même à très faible dose il peut y avoir des effets sanitaires graves. Des générations d’Antillais vont devoir vivre avec cette pollution dont l’ampleur et la persistance - jusqu’à sept cents ans selon les sols - en font un cas unique au monde, et un véritable laboratoire à ciel ouvert. Une étude publiée en 2012, conduite et menée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) montre que le chlordécone augmente non seulement le risque de prématurité, mais qu’il a aussi des effets négatifs sur le développement cognitif et moteur des nourrissons.
      Ce pesticide est aussi fortement soupçonné d’augmenter le risque de cancer de la prostate, dont le nombre en Martinique lui vaut le record du monde –et de loin -, avec 227,2 nouveaux cas pour 100 000 hommes chaque année. C’est justement la fréquence de cette maladie en Guadeloupe qui avait alerté le professeur Pascal Blanchet, chef du service d’urologie au centre hospitalier universitaire (CHU) de Pointe-à-Pitre, à son arrivée. Le cancer de la prostate est deux fois plus grave en Guadeloupe et Martinique qu’en Métropole, avec plus de 500 nouveaux cas par an sur chaque île.

      Ce qui se joue : la crainte de l’Ėtat français…
      Oui, ce qui se joue derrière l’affaire du chlordécone, c’est bien la crainte de l’État d’avoir un jour à indemniser les victimes - même si prouver le lien, au niveau individuel, entre les pathologies et la substance - sera sans doute difficile. Pour l’heure, les autorités refusent - ce qui produit une véritable colère populaire - de reconnaître un lien formel entre le cancer de la prostate et l’exposition au chlordécone. Une étude lancée en 2013 en Martinique devait permettre de confirmer - ou non - les observations probantes faites en Guadeloupe. Mais elle a été arrêtée au bout d’un an. L’Institut national du cancer (INCA), qui l’avait financée, lui a coupé les fonds, mettant en cause sa faisabilité. Chercher pourquoi… En dire aussi peu que possible, de peur de créer la panique et d’attiser la colère des populations. Mais le manque de transparence, l’évitement du problème pourtant gravissime produit l’effet inverse. La suspicion est partout quand elle ne vire pas à la psychose. Il est plus qu’urgent et impératif que l’État français reconnaisse enfin et solennellement sa responsabilité, en ayant cédé aux pressions des gros propriétaires, en ayant tant tardé à mener les études et les analyses qui s’imposaient dès les années 1970. Une négligence gravement coupable. On peut parler d’un scandale d’État. Et d’un traitement néocolonial de ce problème gravissime. Nous devons appuyer les revendications en matière de vérité et de réparations des populations martiniquaises et guadeloupéennes.

      http://www.ciip.fr/spip.php?article1699


  • SOUTENEZ LA REVUE INDÉPENDANTE SILENCE ! | Zeste - Le crowdfunding par la Nef
    https://www.zeste.coop/fr/decouvrez-les-projets/detail/soutenez-la-revue-independante-silence

    L’importance de la revue Silence dans le mouvement écologiste n’est plus à prouver, tant elle a permis depuis 35 ans de faire connaître, de diffuser des idées majeures (comme la décroissance), et de présenter de nombreuses alternatives concrètes pour vivre autrement.

    À l’heure où la dynamique de l’écologie sociale et politique devrait structurer la vie de nos sociétés, la place d’une revue engagée porteuse depuis 1982 de ces valeurs est indispensable.

    Mais, face aux nouvelles technologies, à la dilution des valeurs écologistes en produits marketing et face à la disparition de nombreux points de vente, la revue peine à toucher un public plus large. Ce contexte est accentué par des politiques publiques minimalistes en matière de soutien aux médias alternatifs.

    Alors, aujourd’hui, Silence a besoin de vous !

    #écologie_politique #médias


  • Le dossier “Environnement, savoirs, société” que j’ai dirigé dans Questions de communication n° 32 est sorti.

    https://www.cairn.info/revue-questions-de-communication-2017-2.htm

    Résumé : Prenant acte de l’échec des sociétés industrialisées à préserver leur milieu et de la crise environnementale qui en résulte, ce dossier invite à se libérer des cadres dualistes (nature/culture, humains/animaux, sujet/objet…) qui organisent encore la pensée scientifique, les représentations sociales et les cadres institutionnels. Il ouvre la voie à d’autres méthodes de construction, de confrontation et de légitimation des savoirs qui permettraient de modifier en profondeur ces derniers comme leur appropriation par les corps politiques et sociaux”.

    Avec les textes de Igor Babou (Université Paris Diderot), Claudio Broitman (Universidad de Santiago de Chile), Emilie kohlmann (Université Grenoble Alpes), Joelle Le Marec (Université Paris-Sorbonne), Aurélie Zwang (Muséum national d’histoire naturelle) et William R. Catton Jr. † et Riley Dunlap (Washington State University).

    Au sommaire :

    – Igor Babou, « L’atelier politique de la nature. Des grands partages à l’expérience sensible » ;
    – Claudio Broitman, « Quand les voix se répondent. Transformations énonciatives dans le cadre du conflit socio-environnemental d’Hidro Aysén » ;
    – Émilie Kohlmann, « Gérer/aimer. Communication et nature dans le parc naturel régional du Pilat » ;
    – Joëlle Le Marec, « Les pratiques de visite au zoo. S’inspirer du public pour une réflexion contemporaine sur les rapports aux savoirs » ;
    – Aurélie Zwang, « La communication environnementale légitimée pour éduquer au développement durable. De l’attente envers l’autorité éditoriale comme rapport de l’École à la trivialité » ;
    – William R. Catton Jr., Riley E. Dunlap, « Un nouveau paradigme écologique pour une sociologie post-abondance ».

    #environnement #écologie_politique #sociologie #sciences #communication #parc_naturel #zoo #exposition #controverse #sciences_sociales #conservation #grands_partages #Latour #Descola #Tim_Ingold #Eduardo_Kohn #Igor_Babou #Joëlle_Le_Marec #Aurélie_Zwang #Emilie_Kohlmann #Claudio_Broitman #Riley_Dunlap #William_Catton #NEP #New_environmental_paradigm


  • SOUTENEZ LA REVUE INDÉPENDANTE SILENCE ! | Zeste - Le crowdfunding par la Nef
    https://www.zeste.coop/fr/decouvrez-les-projets/detail/soutenez-la-revue-independante-silence

    L’importance de la revue Silence dans le mouvement écologiste n’est plus à prouver, tant elle a permis depuis 35 ans de faire connaître, de diffuser des idées majeures (comme la décroissance), et de présenter de nombreuses alternatives concrètes pour vivre autrement.

    À l’heure où la dynamique de l’écologie sociale et politique devrait structurer la vie de nos sociétés, la place d’une revue engagée porteuse depuis 1982 de ces valeurs est indispensable.

    Mais, face aux nouvelles technologies, à la dilution des valeurs écologistes en produits marketing et face à la disparition de nombreux points de vente, la revue peine à toucher un public plus large. Ce contexte est accentué par des politiques publiques minimalistes en matière de soutien aux médias alternatifs.

    Alors, aujourd’hui, Silence a besoin de vous !

    #écologie_politique



  • Le vrai scandale Hulot.
    Analyse de Vincent Cheynet, rédacteur en chef de La Décroissance, pour le journal des objecteurs de croissance belges Kairos.


    « Je propose d’élever #Nicolas_Hulot au rang de père de la Nation, et même, profitant des bonnes relations qu’entretient le président de la République avec le pape, de le canoniser. Il serait en effet prudent de le mettre à l’abri de la justice, qui risque de lui demander un jour des comptes : car c’est bien l’argent des grands spéculateurs les plus pollueurs qu’il blanchit, ou verdit, dans sa fondation ! »
    Une déclaration de Jean Lassalle, député de centre droit le 9 octobre 2008 à l’Assemblée nationale.
    http://www.kairospresse.be/article/le-vrai-scandale-hulot
    http://www.decroissance.org
    #écologie_politique #La_Décroissance #Vincent_Cheynet


  • Les oubliés de l’histoire | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/054775-002-A/les-oublies-de-l-histoire

    Une traversée de l’histoire européenne du XXe siècle à travers les destins extraordinaires d’hommes et de femmes étonnamment peu connus. Agronome et tiers-mondiste, #René_Dumont, l’un des fondateurs de l’écologie politique en France, se présente en 1974 à l’élection présidentielle, quand la #décroissance n’est pas encore à l’honneur.
    27 min.
    Disponible du 13/01/2018 au 13/03/2018
    Disponible en direct : Oui
    Prochaine diffusion : vendredi 9 février à 03h30

    #écologie_politique


  • Égologie. Rencontre à La Gryffe
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Egologie-La-Gryffe

    Super échange avec les lyonnais pour Égologie

    La Gryffe est une librairie associative qui propose des analyses et critiques anticapitalistes et anti-autoritaires ou qui rend compte des luttes sociales. Je suis donc très heureuse d’y avoir été invitée le samedi 20 janvier pour présenter Égologie et discuter avec les libraires et le public.

    https://archive.org/details/2018.01.20EgologieLaGryffe

    #Aude_Vidal #écologie_politique #écologie #égologie #libéralisme #individualisme #Lyon


  • Cyril Dion : coli-briseur de l’écologie radicale
    http://labrique.net/index.php/thematiques/politicaille/954-cyril-dion-coli-briseur-de-l-ecologie-radicale

    En matière d’écologie, certain.es affichent sans honte leur médiocrité. Par exemple, Cyril Dion, réalisateur avec Mélanie Laurent du film Demain, mais aussi fondateur du mouvement Les Colibris et de la revue Kaizen. Profitant de sa campagne promotionnelle qui passait près de chez nous en octobre dernier, on a voulu débattre avec lui des fameux « Colibris » et de sa vision de l’écologie. Le Colibri étant peu à l’écoute des oiseaux de mauvais augures, on se contente donc de nos colonnes pour s’expliquer.

    #En_vedette #Politicaille

    • D’accord pour lier impact environnemental et revenus.
      « Jean-Baptiste Comby, sociologue, rappelle dans son ouvrage4 que la pression qu’exerce un foyer sur l’environnement dépend de ses revenus et non pas de son niveau de conscience écologique. Bah oui, tous les éco-gestes mis bout à bout ne compenseront jamais la semaine de vacances passée sous les tropiques »

      Mais si on peut dire que les choix individuel ne suffise pas et qu’il faut des politiques nationales et des choix de politiques industrielles et sectorielles pour orienter les incitations et le choix individuel il ne faut pas oublier que l’ensemble de ces activités ont pour objectif de satisfaire la demande de l’ensemble de la population (toujours proportionnellement à la consommation, évidemment) :

      « Un quart seulement du total de l’énergie produite est utilisée par les particuliers (résidence, voiture, etc.). Pour l’eau, seulement 10 % est utilisée par les usagers domestiques et les municipalités. Le reste est consommé par les industries, les entreprises, le BTP, l’agro-industrie... Quant aux déchets, seuls 3 % proviennent des ménages. »

    • En quoi peut-on affirmer de manière claire que les 97% restant des déchets ou les 90% restant de la consommation d’eau (et ça vaut pour les autres, l’énergie etc), sont issus d’activités ayant pour but de satisfaire la demande de la population ?

      La population ne demandent pas à bétonner le territoire, la population ne demande pas à changer de smartphone ou de voiture tous les 6 mois, la population ne demande pas à avoir des emballages plastiques autour de tous les produits, la population n’a jamais demandé à avoir des objets allumés électriquement en permanence et connectés en permanence à internet, etc, etc. La plupart des « demandes » sont issues directement du besoin permanent du capitalisme de vendre plus, d’étendre des marchés, de transformer 1€ en 2€ (que ce soit pour des grosses industries ou des petites industries peu importe).

    • On croit rêver lorsqu’on l’entend parler de l’aliénation aux écrans, sujet qu’il doit bien connaître, vu le nombre de profils qu’il possède sur #Instagram, #Facebook, #Twitter et consorts. S’il utilise ces réseaux sociaux ce n’est pas uniquement pour diffuser la bonne parole, il en profite aussi pour faire sa communication sur ses différentes publications chez Actes Sud dans la collection « Domaine du possible »... qu’il dirige, et dont l’ancienne directrice, Françoise Nyssen, est l’actuelle ministre de la culture.

      Cyril Dion un colibri qui à l’art de diffusé la bonne parole à celleux qui sont connecté ou qui ont de quoi se payer une place de cinoche.

      Vous avez sans doute vu (ou refusé de voir...) son film, ce chef d’œuvre dont la presse, la radio et la téloche se sont unanimement fait l’écho. Soutenu par le ministère de l’environnement, diffusé en ouverture de la COP 21, Demain a été couronné du César du meilleur documentaire en 2016 – rien que ça.

      Rien que pour ça je fais demi-tour !

    • @rastapopoulos
      En fait le bétonnage c’est souvent pour acceuilllir des quartiers résidentiels, des autoroutes... que bcp de gens empruntent (après on peut parler politique industrielle et ferroviaire par ex. je suis d’accord on peut faire mieux, mais sera probablement pas un changement de paradigme). les emballages plastiques, le gâchi alimentaire (réductible facilement à faible coût), les bâtiments allumés la nuit sont une exception et ne représentent pas une part énorme de la conso (la plupart des villes de faible densité ont des système d’éclairages public demandé par les habitant, idem pour décorations de noël, le maire le fait pour se faire réélir, mais in fine c’est à mon avis une demande, certes indirect, de la population).

      & je pense que les usagers de seen this sont les premiers à être connecté à internet en continu... ;-]

      grosses et petite industries n’alimentent (globalement) que des consommateurs... Donc l’approche individuelle de réduction de l’empreinte écologique peut avoir à mon avis un impact massif.

      @odillon, en effet et même si ce n’est pas pour lutter contre l’insécurité alimentaire (!) ce n’est pas non plus (encore) dans le cas de l’europe pour faire de biofuels et alimenter des yachts

    • @rastapopoulos « la population ne demande pas à changer de smartphone » idem on peut limiter l’osolescence programmée, mais je doute que bcp de gens sur le forum soit sur linux, sur un ordi de 2002 (ce qui peut probablement se faire techniquement), avec un processeur de l’époque et une disquette, et les nokia 3310 se font rares aussi. c’est bien qu’il y a une demande non ? Après faire du bien de consommation durable robuste, et du bien périssable sans emballage changerait déjà bcp de choses on est d’accord, mais probablement pas tout !

    • le bouquin d’Aude est à 4€ moitié moins cher qu’une place de ciné

      #Aude_Vidal
      Égologie
      Écologie, individualisme et course au bonheur
      Dessins de Nardo
      ISBN 979-10-91772-19-8
      Octobre 2017
      10x14cm, 120 pages, 4 euros

      Développement personnel, habitats groupés, jardins partagés... : face au désastre capitaliste, l’écologie se présente comme une réponse globale et positive, un changement de rapport au monde appuyé par des gestes au quotidien. Comme dans la fable du #colibri, « chacun fait sa part ».
      Mais en considérant la société comme un agrégat d’individus, et le changement social comme une somme de gestes individuels, cette vision de l’écologie ne succombe-t-elle pas à la logique libérale dominante, signant le triomphe de l’individualisme ?

      https://seenthis.net/messages/642012#message642507
      https://seenthis.net/messages/660144

    • À propos de l’interview de Gorz dans le précédent lien, il dit bien pareil : non ce n’est pas une demande de la population.

      C’est par lui, par la critique du modèle de consommation opulent que je suis devenu écologiste avant la lettre. Mon point de départ a été un article paru dans un hebdomadaire américain vers 1954. Il expliquait que la valorisation des capacités de production américaines exigeait que la consommation croisse de 50% au moins dans les huit années à venir, mais que les gens étaient bien incapables de définir de quoi seraient faits leur 50% de consommation supplémentaire. Il appartenait aux experts en publicité et en marketing de susciter des besoins, des désirs, des fantasmes nouveaux chez les consommateurs, de charger les marchandises même les plus triviales de symboles qui en augmenteraient la demande. Le capitalisme avait besoin que les gens aient de plus grands besoins. Bien mieux : il devait pouvoir façonner et développer ces besoins de la façon la plus rentable pour lui, en incorporant un maximum de superflu dans le nécessaire, en accélérant l’obsolescence des produits, en réduisant leur durabilité, en obligeant les plus petits besoins à se satisfaire par la plus grande consommation possible, en éliminant les consommations et services collectifs (trams et trains par exemple) pour leur substituer des consommations individuelles. Il faut que la consommation soit individualisée et privée pour pouvoir être soumise aux intérêts du capital.

    • on a aujourd’hui plus de recul, on connait ces mécanismes, et pourtant la plupart des gens (je dirais 80%) continue largement à consommer exactement de la même manière (sans contrainte dans la plupart des cas de biens industriels dont la consommation n’est pas toujours nécessaire).

      Les publicitaires créent des symboles mais il nous reviens de conserver un esprit critique et de partager notre opinion. La vigilance et les actions individuelles justifiées par une réflexion personnelle semble de mise, qu’elles soient au sein d’actions collectives ou en dehors, selon l’avis de chacun. J’entends les discours critiques, utile à la construction d’alternatives, mais il me semble qu’ils faille qu’il soient un minimum constructifs pour pouvoir servir à progresser. Reste que les résultats d’initiatives personnelles ou collectives (que montre le film demain, parfois avec bcp de naïveté et souvent un manque de vision globale), sont à mon avis la meilleure façon de convaincre de la voie à emprunter pour réduire notre empreinte écologique.

    • @ant1 semblent de mise ? constructif ? réduire notre empreinte ?
      Nan, sérieux ?
      Mieux vaudrait passer du temps à démontrer d’où vient l’usage de ce vocabulaire, déconstruire la pensée, reprendre là où se sent le discours tout fait des marchands, le refuser, éviter les écueils qui nous sont donnés en patûre quand le mot écologie rime avec savon sous les bras.
      Nan, franchement, évacuer le politique à ce point pour se persuader de la suite de mots que tu emploies, je salue le DRH du ministère du marketing.

      C’est justement toute la critique sur laquelle ce texte porte : ce n’est pas tant les avis personnels mis bout à bout, ni l’entrepreunariat volontaire et moralisateur fait de bonnes intentions juxtaposées qui vont changer par exemple le fait que l’armée est le premier pollueur. Non plus qu’en nous disant de mettre un glaçon dans son congélateur pour reconstruire la banquise. Il y a un mot interdit à se réapproprier, un peu comme le terme féministe : #écologie_politique, tiens, une deuxième fois puisque ça ne mange pas de pain et que les hirondelles ne font pas le printemps
      #écologie_politique

    • À titre d’exemple, la fondation créée par N. Hulot est liée dès son origine au chimiste Rhône-Poulenc puis sera rejointe par EDF, Véolia, l’Oréal, TF1... on est loin des ONG écolos.

      fait tout à fait écho à la récupération féministe d’ici

      https://seenthis.net/messages/660314

      Programme EVE

      LES 7 POINTS FORTS DU PROGRAMME EVE

      1. L’interentreprise

      Un programme international, conçu par Danone et en partenariat avec L’Oréal, Orange, le groupe Caisse des Dépôts, SNCF, Crédit Agricole et KPMG.

      L’inter-entreprise favorise le lâcher prise et contribue à rendre les échanges plus essentiels.

    • Entièrement d’accord (même si les termes utilisé me semblent pas hyper choquants, j’ai essayé d’être consensuel, c’est pas ma force), mais j’essaie de pas rentrer trop ds le lard qd je suis pas direct et en face à face : pour le dire plus franchement, je suis le premier à critiquer l’individualisme et la petitesse de l’argument que tout est tiré par la demande et les consommateurs, qui ont souvent un choix limité et qu votent tous les 5 ans pour le moins pire.

      MAIS

    • je pense qu’on arrivera nulle part si on sort pas des grand discours et que l’on essaie pas de comparer et de quantifier. Or, on est tous, plus ou moins décisionnaires de nos choix de vie, et de consommation (et cela représente une bonne partie de la production agricole, industrielle, ... certes la politique d’EDF et de la SNCF va jouer aussi un rôle sur les choix d’investissement sur le long terme, mais ce n’est pas plus de, disons 20%)... & qd on compare les niveaux (en monnaie, PIB ou en impact environnemental, empreinte ou je ne sais comment vous voulez l’appeler),

      [je suis d’accord avec Camus, nommons les choses proprement, mais ca passe à mon avis après les choix principaux (ca reste à discuter) et ce n’est surtout pas mon domaine... en plus du fait que je ne passe pas forcement une heure sur la rédaction de chaque commentaire, même si je respecte bcp celui qui le fera]

      la consommation finale (donc des ménages), qui consomme elle même bcp de consommations intermédiaires pour leur production, représente une très large part de nos impacts environnementaux... il est donc complètement hypocrite de toujours remettre la faute sur une entité, souvent mal définie, que j’appellerai ici (sans me méprendre sur mes déboires terminologiques et sémantiques potentiels ;-]) le système, est encore plus démagogique que toute l’hypocrisie et les pb déontologiques et éthiques pointés dans les discours et actes de l’ennemi... C’est tout !

    • pour revenir à l’argument principal, on peut simplifier et penser le système simplement (disons avec un modèle économique à la Keynes) Y = C+I+G [+ (X-M)], donc la production est répartie entre consommation, investissement et dépenses publiques (+ importations - importations), donc on peut le tourner dans tous les sens, on ne produit (globalement) que pour consommer... (même si sans changer les choix d’investissments des 10% les plus riches, difficile de changer la direction prise, la production est quasiment entièrement dédié à la consommation)

      en reprenant le tableau de l’insee en 2015
      https://www.insee.fr/fr/statistiques/2856119

      Le PIB et les opérations sur biens et services

      En milliards d’euros

      Produit intérieur brut (PIB) 2 228,9
      Importations 695,6
      Total des emplois finals 2 924,4
      Consommation effective des ménages 1 576,5 dont : dépense de consommation
      – des ménages 1 186,1
      – individualisable des administrations 343,6
      Consommation collective des administrations publiques 183,1
      Formation brute de capital fixe (investissement), dont : 489,4
      – entreprises non financières 276,7
      – ménages 111,6
      – administrations publiques 76,1
      Variations de stocks 23,3
      Exportations 652,2

      Donc 1 576,5 / 2 228,9 (70%) de la production est à destination des ménages... il semble donc bizarre de dire :

      « Un quart seulement du total de l’énergie produite est utilisée par les particuliers (résidence, voiture, etc.). Pour l’eau, seulement 10 % est utilisée par les usagers domestiques et les municipalités. Le reste est consommé par les industries, les entreprises, le BTP, l’agro-industrie... Quant aux déchets, seuls 3 % proviennent des ménages. » alors que le reste est dédié à 70% à leur (notre) consommation

    • @touti Donc peut-être que si on consommait un peu plus frugalement chaque jour où on se réapproprie un mot, notre astre pourrait tenir 100 ans de plus... ca permettrait de se réapproprier plein de mot à l’avenir (et pleins d’autres choses).

      Après les responsabilités sont à la hauteur des revenus (on est d’accord je pense là dessus et mon discours n’est pas une injonction à la population, plus une relativisation d’un discours un peu déresponsabilisant), tout est plus facile qd on a le temps, l’argent et l’information pour y accéder...

      pour ce qui est du détail : « changer par exemple le fait que l’armée est le premier pollueur. Non plus qu’en nous disant de mettre un glaçon dans son congélateur pour reconstruire la banquise. »

      Ce raisonnement est fallacieux je pense. L’aviation civile et le chauffage des bâtiments représente une très large partie du bilan carbone français (avec les industries cimentières etc. qui je le rappelle servent à construire des pavillons dans lesquels la population a fait le choix de vivre...).
      Les glaçons, non, nos émissions, oui ; le secteur militaire emet bcp de gaz à effets de serre, mais NOUS sommes parmi les plus riches de la planète et nous en consommons BCP plus que la plupart de ses habitants, donc nos émissions de gaz à effet de serre sont majeures (65e rang mondial en 2009 et ce avec 72% de nucléaire dans le mix énergétique).

      deux chiffres :

      – « En 2015, le niveau total de l’empreinte (678 Mt de CO2e) est supérieur de 11,4 % à celui de 1995 (425 Mt CO2e). Les émissions liées aux importations ont augmenté de 87 % sur cette même période. »
      www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/.../chiffres-cles-d...

      or ce n’est ni l’armée, ni la démographie qui sont responsables mais simplement l’augmentation de la consommation et de sa structure.

      – « Globalement le ministère de la Défense émet dans l’atmosphère un peu plus de cinq millions de tonnes de CO2. Le principal contributeur est le fret (63%). Les exercices d’entraînement avec la logistique associée (prise en compte dans le poste fret) sont de très loin le poste principal d’émissions, la consommation de kérosène et de gazole marine représentant à eux seuls plus de la moitié des émissions totales du ministère.
      Si on ne considère que les émissions soumises à l’obligation réglementaire, le ministère de la Défense émet moins de 700 000 tonnes de CO2. »
      https://www.defense.gouv.fr/sga/le-sga-en-action/developpement-durable/bilan-carbone/la-defense-publie-son-premier-bilan-carbone

      même si on considère ce chiffre comme une limite basse de la fourchette d’estimation (on peut multiplier par deux, ou meme par 10 pour prendre en compte toutes les consommations indirectes et les triches comptables)

      Donc 1 à 20 millions de tonnes sur 678 Millions de tonnes de CO2e émises par la france en 2015... on n’arrive même pas au 1/3 du niveau de l’augmentation de 11% (soit plus de 70 millions de tonnes) en 20 ans (entre 1995 et 2005) qui correspond à la croissance et à l’intensité énergétique par unité de production.

      on peut le tourner dans tous les sens, nous sommes presque tous responsable (avec nos ancêtres) des pb environnementaux... je ne soutien pas les colibri ni Mr dion, mais ne nous mentons pas pour autant.


  • Bruno Latour : « Défendre la nature : on bâille. Défendre les territoires : on se bouge »
    https://reporterre.net/Bruno-Latour-Defendre-la-nature-on-baille-Defendre-les-territoires-on-se

    C’était la politique issue du traité de Westphalie en 1648. Fondée sur les nations, les États…

    Oui, des États et des ressources. Ce qui est nouveau, c’est qu’il y a une dispute sur l’échiquier lui-même : quelle est sa forme ? Les États-Unis sont dans un monde où il n’y a pas de problèmes écologiques. Évidemment il y en a un, mais il est considéré comme n’appartenant pas au territoire sur lequel les États-Unis prennent leurs décisions. Donc, entre eux et les gens qui prennent leurs décisions en fonction de ce que j’appelle le nouveau régime climatique — qui est plus vaste que le climat, il intègre aussi les animaux et la biodiversité —, il n’y a pas de monde commun, de métrique commune.

    Est-ce seulement entre les États-Unis de Trump et le reste du monde ? Ou n’est-ce pas une fracture au sein de chaque société ?

    Oui, cela partage toutes les sociétés et tous les individus. Les questions écologiques sont des sujets bouleversants. Il y a un problème émotionnel : quand on a lu trois numéros de Reporterre ou qu’on a vu trois reportages à la télévision, sur les scandales des OGM, sur le blanchiment des coraux et sur M. Trump, on se demande : « Mais que faire de tout cela ? » Il n’y a pas une politique qui absorbe la déréliction dans laquelle on se trouve. Si on ne met pas cette affaire de déréliction au centre de la discussion, on ne comprend pas à quel point on est désorienté.

    Que voulez-vous dire par « déréliction » ?

    La version dramatisée de cette idée est le « catastrophisme », qui est à la fois exact — si on suit les scientifiques — et exagéré. Il y a une souffrance de la question écologique. Si on n’en comprend pas la profondeur, on ne comprend pas la réaction de ceux qui nient. C’est le sens de la « dénégation » : on sait, mais on dit « je ne peux pas vivre avec cela ». Si on ne comprend pas que ceux qui refusent d’agir sont aussi troublés que ceux qui agissent, on perd l’occasion d’établir des alliances possibles.

    Qu’entendez-vous par ce terme de classes « géo-sociales » ?

    Ce sont les différentes parties prenantes qui se trouvent sur un territoire. Cela peut être des humains. Mais aussi des humains avec les semences qu’ils préfèrent avoir, les loups avec lesquels ils sont prêts à cohabiter ou pas, les éoliennes avec lesquelles ils sont prêts à vivre ou pas, etc. Les classes géo-sociales sont des alliances entre des groupes sociaux qui ne sont plus définis par leur position dans le système de production, mais par leur cohabitation choisie sur un territoire.

    Toutes ces questions ont un rapport avec la notion de ressources. Mais elles n’ont pas fait l’objet d’une mise en politique par la gauche. Dans les années 1950-1960, les partis de gauche ont continué à définir les classes sociales d’une façon qui ne correspondait plus aux changements en cours. Les partis écologistes et féministes se sont développés avec beaucoup de peine pour essayer de faire entrer les nouvelles questions dans les questions d’injustice sociale, mais cela n’a jamais pris dans le cas des écologistes. Pourquoi ? Parce que cela avait l’air de ressembler à la nature, donc leur demande restait radicalement extérieure au social. Et, tant que le social est défini par des relations entre les humains, la politique de défense des autres intérêts reste abstraite. On aura beau dire qu’il faut défendre les espèces, cela ne vous concerne pas directement, ce n’est pas vous. Alors que si l’on dit que nous sommes des territoires, les territoires cela se défend, on n’hésite pas. Défendre la nature : on bâille. Défendre les territoires : on se bouge. C’est cette variation-là qu’il faut capter. Quelle est la différence entre la nature et un territoire ? Et de quoi se compose le territoire ?

    Vous continuez à employer le terme de « nature » ?

    Je le fais pour être entendu. Mais ce n’est pas la nature dont il s’agit, c’est de Gaïa.

    Mais alors, c’est quoi la « nature » ?

    Il ne faut pas utiliser le mot parce que « nature » oriente aussitôt vers une vision apolitique. Elle a été inventée pour dépolitiser les rapports entre les humains et les objets à utiliser comme ressources. Mais, si je dis « Gaïa », on rencontre une autre difficulté. Tous ces sujets sont difficiles et nous restons dans un énorme retard intellectuel sur ces questions. C’est pour cela que le terme de « zones critiques » me va très bien, « zones critiques » comme zones à défendre. Cela signifie qu’on reterritorialise les questions politiques. La notion de territoire, que la gauche française a toujours associée à des positions réactionnaires, redevient le centre de l’attention. Évidemment avec les dangers que cela pose : « se reterritorialiser », « se réenraciner » sont des termes toxiques. Mais en même temps, c’est bien de cela dont il s’agit dans l’écologie.

    En quoi l’encyclique Laudato Si est-elle importante ?

    Elle est capitale. C’est LE grand texte qui fait une liaison entre la question de la pauvreté et la question écologique. C’est le texte qu’aurait dû écrire un ou une écologiste en position de pouvoir. C’est la première fois qu’on entend dans un langage simple que la question de la pauvreté et la question écologique sont la même question. C’est très important et cela a un peu bougé, malheureusement pas beaucoup, les chrétiens.

    #Ecologie_politique #Gaia #Bruno_Latour


  • Les promesses oubliées de l’écologie politique
    http://www.laviedesidees.fr/Les-promesses-oubliees-de-l-ecologie-politique.html

    L’écologie politique ne date pas des années 1970, elle est née au XIXe siècle, de la conviction de penseurs progressistes qu’il ne saurait y avoir d’émancipation sans respect de la #nature — être de gauche, c’était alors nécessairement être écologiste.

    Livres & études

    / nature, #écologie, #socialisme, #émancipation

    #Livres_&_études

    • À propos de : #Serge_Audier, La société écologique et ses ennemis. Pour une histoire alternative de l’émancipation, par #François_Jarrige.

      Contre la thèse erronée selon laquelle les préoccupations écologiques seraient nées tardivement dans la seconde moitié du XXe siècle, S. Audier donne à voir, après d’autres, une nébuleuse très vaste qui, entre socialisme et anarchisme, a dessiné les contours d’une « société écologique » dès le XIXe siècle.

      [...] En s’intéressant aux ravages de l’industrie, à la beauté des paysages, ces auteurs offrent une forme de « pré-écologisme » oublié, entre critique romantique de la modernité et mouvement démocratique d’émancipation. En bref, l’ouvrage démontre qu’il existe au XIXe siècle une tradition d’écologie politique de gauche, radicale, républicaine, socialiste et anarchiste.



  • Trier, manger bio, prendre son vélo… ce n’est pas comme ça qu’on sauvera la planète - Bibliobs - L’Obs
    http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20161229.OBS3181/trier-manger-bio-prendre-son-velo-ce-n-est-pas-comme-ca-qu-on-sa

    Le capitalisme ne se définit-il pas justement par le mépris des dommages collatéraux ? Dans une logique où seul le profit importe, les dégâts écologiques ne sont pas inclus dans les coûts de production et sont en principe ignorés. Même les tentatives de taxation des pollueurs ou de mise à prix des ressources naturelles (y compris l’air) sont vouées à l’échec. Pour établir un nouveau mode d’interaction avec notre environnement, il faut un changement politico-économique radical, ce que Sloterdijk appelle « la domestication de la bête sauvage Culture ».