• Intel Officially Introduces Pay-As-You-Go Chip Licensing | Tom’s Hardware
    https://www.tomshardware.com/news/intel-officially-introduces-pay-as-you-go-chip-licensing

    Formidable.
    Le produit peut faire des choses (donc tous les coûts de fabrication complexes sont incorporés) mais ces fonctions ne sont ouvertes que si le client paye.
    Les Tesla étaient ainsi bridées en distance parcouru, ce que Musk lui-même a révélé lors de l’ouragan permettant à ses propriétaires d’aller plus loin.
    Le nouveau mode de fonctionnement, qui distingue le valeur de création d’un produit et sa valeur d’échange... mais augment la valeur de pouvoir du fabricant : pourquoi ce modèle ne pourrait être renversé : vous pouvez utiliser le produit tant que vous payez... au fait, c’est déjà à l’oeuvre pour les logiciels « dans le cloud ».
    L’air de rien, le numérique change profondément les modèles économiques.

    Intel has officially revealed its Intel On Demand program (opens in new tab) that will activate select accelerators and features of the company’s upcoming Xeon Scalable Sapphire Rapids processor. The new pay-as-you-go program will allow Intel to reduce the number of SKUs it ships while still capitalizing on the technologies it has to offer. Furthermore, its clients will be able to upgrade their machines without replacing actual hardware or offering additional services to their clients.

    Intel’s upcoming Intel’s 4th Generation Xeon Scalable Sapphire Rapids processors are equipped with various special-purpose accelerators and security technologies that all customers do not need at all times. To offer such end-users additional flexibility regarding investments, Intel will deliver them to buy its CPUs with those capabilities disabled but turn them on if they are needed at some point. The Software Defined Silicon (SDSi) technology will also allow Intel to sell fewer CPU models and then enable its clients or partners to activate certain features if needed (to use them on-prem or offer them as a service).

    The list of technologies that Intel wants to make available on demand includes Software Guard Extensions, Dynamic Load Balancer (DLB), Intel Data Streaming Accelerator (DSA), Intel In-Memory Analytics Accelerator (IAA), Intel In-Memory Analytics Accelerator, and Intel QuickAssist Technology (QAT) to accelerate specific workloads.

    #Intel #Economie_numérique

    • Message de André Sintzoff sur Mastodon en réponse :
      Beaucoup de monde semble découvrir ce mode de commercialisation alors que ce n’est pas récent dans le domaine du semi-conducteur.
      Dans le cas évoqué dans l’article, il ne s’agit pas de chip binning. Lors des tests en sortie de production, les puces sont triées. Si une partie de la puce ne fonctionne pas correctement, cette partie est isolée et la puce est vendue par exemple avec un coprocesseur graphique en moins. Ou plus connu, en fonction de la fréquence maximale atteignable (dans la plage de température de fonctionnement), la puce sera vendue plus ou moins chère.
      En effet dans le cas d’Intel, la puce est complètement fonctionnelle mais des parties ne sont pas disponibles pour le client sans déverrouillage fait par le fabricant. Il y a déjà au moins une vingtaine d’années que ce système existe.
      Certaines puces pour de l’embarqué (comprenant aussi de l’EEPROM et/ou Flash NOR) ont des tailles de mémoire différentes pour le client même si il n’y a qu’un seul modèle fabriqué. L’accès à une partie de la mémoire est simplement interdit par une configuration accessible uniquement par le fabricant.
      En fonction des besoins du client et des modèles commerciaux, la taille mémoire accessible pouvait éventuellement être augmentée ultérieurement (moyennant finances).

  • Paris sportifs : tous perdants, sauf les opérateurs | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/paris-sportifs-perdants-sauf-operateurs/00103292

    Le marché des paris sportifs en ligne a battu des records de croissance en 2021, malgré des dégâts sanitaires et sociaux de plus en plus évidents.

    Par Jérôme Latta

    C’est un secteur qui connaît la crise… au sens où il semble en profiter. Malgré la pandémie et l’arrêt de nombreuses compétitions, le marché des paris sportifs en ligne avait poursuivi en 2020 sa croissance, ininterrompue depuis son ouverture à la concurrence dix ans plus tôt. Et 2021 aura été une année exceptionnelle pour ce marché que se disputent une quinzaine d’opérateurs agréés, presque tous domiciliés à Malte.

    L’an passé, indique le dernier rapport de l’Autorité nationale des jeux (ANJ), ils ont enregistré 600 000 nouveaux comptes joueurs actifs. Les mises ont bondi de 47,4 % pour atteindre 7,84 milliards d’euros, et le chiffre d’affaires (produit brut des jeux, PBJ) de 44,1 % à hauteur de 1,35 milliard – une progression record. Selon les données agrégées par Christian Kalb, consultant spécialiste du marché, la France pointe désormais à la quatrième place mondiale des paris sportifs, derrière la Chine, les États-Unis et la Turquie.
    Paris sportifs : une croissance ininterrompue depuis l’ouverture à la concurrence
    Montant des mises de paris sportifs en France, en milliards d’euros
    Source : Autorité nationale des jeux

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    Le pic est-il derrière nous ? Peut-être pas encore. Les investissements publicitaires devraient augmenter de 7 % en 2022, estime l’ANJ, accentuant l’omniprésence des bookmakers dans le monde sportif. Impossible, en effet, d’assister à la retransmission d’un match de football sans voir défiler les spots des opérateurs, dont les logos s’affichent aussi sur les maillots et les panneaux de bord de terrain. Depuis une douzaine d’années, ce secteur représente une manne considérable pour les clubs et les ligues professionnelles, mais aussi les médias spécialisés et les diffuseurs.
    A lire Alternatives Economiques n°428 - 11/2022
    Retraites : pourquoi il est absurde de reporter l’âge de départ
    Cible : les hommes jeunes de milieux populaires

    Si tous les voyants économiques sont au vert, l’alerte sur les risques sociaux et sanitaires tourne en revanche au rouge. Les publicités des opérateurs sont la cible de critiques croissantes, et même l’objet de la désapprobation de l’ANJ. Celle-ci a ainsi ordonné à Winamax, le 17 mars, de cesser la diffusion de son spot télé « Tout pour la daronne », au motif qu’il « véhicule le message selon lequel les paris sportifs peuvent contribuer à la réussite sociale, entendue comme une ascension sociale ou un changement de statut social ».

    L’Observatoire des jeux définit le profil-type des parieurs sportifs comme « appartenant à des milieux sociaux modestes, ayant un niveau d’éducation et des revenus inférieurs à ceux des autres joueurs »

    Les ressorts mobilisés par les opérateurs sont assez invariables, et flirtent en effet avec les interdits : promesse de gains faciles, paris présentés comme un adjuvant au spectacle sportif (« No Bet, No Game »1, résume le slogan de Betclic), éloge décomplexé du caractère addictif du pari (« Bascule dans le game » – Betclic encore) et ciblage explicite des jeunes des milieux populaires en mobilisant l’imagerie des cultures urbaines et des « quartiers ».

    Et pour cause : 85 % des parieurs sont des hommes, les 18-24 ans et les 25-34 ans en représentent plus d’un tiers chacun, et 90 % des mises sont faites sur terminal mobile. L’Observatoire des jeux (ODJ) définit le profil-type des parieurs sportifs comme « appartenant à des milieux sociaux modestes, ayant un niveau d’éducation et des revenus inférieurs à ceux des autres joueurs, (…) moins actifs que l’ensemble des joueurs et plus fréquemment chômeurs ». Les risques d’endettement et d’appauvrissement ont par exemple été documentés le Bondy Blog.

    Avec le recours massif aux réseaux sociaux et à leurs influenceurs, « les politiques marketing axées sur le numérique ne sont pas sans risque, d’une part du point de vue de l’exposition des mineurs, d’autre part en raison de leur impact non négligeable sur des publics vulnérables, tels que les jeunes de moins de 25 ans et les joueurs excessifs ou pathologiques », s’inquiète l’ANJ. Une étude de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies estime que quatre jeunes de 17 ans sur dix avaient parié au moins une fois en 2019…
    Un arsenal de techniques de manipulation
    « On a fait parier des gens qui ne devraient pas parier », résume Christian Kalb. L’ODJ ne disait pas autre chose, en 2019, en estimant que deux tiers des mises sur le sport sont le fait de joueurs classés « problématiques » (« jeu à risque modéré » et « jeu excessif »), une proportion très supérieure à celle constatée dans les autres jeux de hasard.

    Cette dimension addictive est clairement encouragée par les opérateurs, dans la mesure où ils créent ce que Christian Kalb appelle des « marchés artificiels » dopés par un recrutement intensif. A cette stratégie s’ajoute un effet de contexte : les confinements auraient accru les phénomènes d’addiction, selon plusieurs études.
    Les joueurs à risque sur-représentés dans les paris sportifs
    Part du chiffre d’affaires des paris sportifs en France attribuable aux joueurs problématiques, en %
    Source : Baromètre de Santé publique France 2019 / Observatoire des jeux

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    « Les jeux d’argent sont devenus la référence en matière d’addiction comportementale fabriquée par l’homme », avance le sociologue Thomas Andrieu dans La Fabrique de l’addiction aux jeux d’argent (éd. du Bord de l’eau, 2021). Pour susciter « un désir de jouer sans s’arrêter, en dépit des pertes qui s’accumulent, et entretenir l’espoir de gain », les designers de jeux ont « développé une expertise dans la manipulation cognitive et comportementale des clients ».

    Des enquêtes de Libération et Mediapart ont établi que certains opérateurs repèrent et écartent les parieurs qui gagnent « trop », quand ceux qui perdent beaucoup reçoivent des freebets

    Le chercheur décrit cet « arsenal de techniques » : ciblage et sur-sollicitation des joueurs problématiques via (notamment) les notifications des applications ; incitation à « surévaluer les gains à faible probabilité ou sous-évaluer les pertes à forte probabilité », en particulier avec les paris combinés, trompeusement plus attractifs ; illusion du « quasi-gain » qui incite le parieur à jouer quand il croit passer près du banco ; mise en avant exclusive des gagnants.

    Ajoutons l’illusion d’avoir prise sur le hasard avec la connaissance d’un sport, mais aussi les bonus offerts à l’inscription, jusqu’à 200 euros. Des enquêtes de Libération et Mediapart ont établi que certains opérateurs repèrent et écartent les parieurs qui gagnent « trop », quand ceux qui perdent beaucoup reçoivent des freebets (sommes offertes pour parier). Dans les paris sportifs, seuls les opérateurs peuvent vraiment gagner.

    En dépit d’un cadre réglementaire très dense, qui soumet les opérateurs à agréments, certifications, homologations et obligations, la bataille de la régulation semble perdue d’avance face au pouvoir de séduction du produit et à la puissance de sa promotion. « Inviter le joueur à modérer sa pratique2ou à se montrer raisonnable n’a pas grand sens si dans le même temps tout est mis en œuvre pour l’inciter à jouer toujours plus », relève Thomas Andrieu.
    Une régulation limitée, un marché essoré ?

    En devenant l’ANJ en 2020, l’ex-Arjel a certes gagné des prérogatives, notamment pour invalider les stratégies de communication et les messages publicitaires, mais l’exemple de Winamax en montre les limites : il a fallu attendre que l’Autorité publie en février ses « lignes directrices » pour qu’elle réexamine la communication des opérateurs et décide d’interdire le spot après huit mois de diffusion.

    Taxant les mises à hauteur de 7,5 %, l’Etat récupère plusieurs dizaines de millions d’euros par an, fléchés pour partie vers l’Agence nationale du sport (de quoi assurer 50 % de son budget)

    L’ANJ est plutôt vertueuse par comparaison avec ses homologues d’autres pays, en raison d’un encadrement règlementaire assez étroit, mais sa défense d’un jeu exclusivement « récréatif » ne va pas sans contradictions. Le positionnement des régulateurs est ambigu quand ils se félicitent implicitement des chiffres de croissance du marché, estime Christian Kalb : « Ils ne devraient gérer que l’offre et la demande, pas les intérêts des opérateurs. Une bonne régulation doit parvenir à un équilibre entre l’offre, la demande et les risques, ce qui n’est pas compatible avec une conception extensive de l’offre. »

    L’État est lui-même dans une position ambivalente. Taxant les mises à hauteur de 7,5 %, il récupère fiscalement plusieurs dizaines de millions d’euros par an, qui sont fléchés pour partie vers l’Agence nationale du sport (de quoi assurer 50 % de son budget), et pour partie vers le budget général. Une manne qu’il est tentant de garder…ou de voir grossir encore.

    Ceci étant, devant l’évidence croissante des effets néfastes, plusieurs Etats européens ont décidé de siffler plusieurs arrêts de jeu. Le sponsoring des maillots de club a ainsi été interdit en Espagne et en Italie, il est discuté au Royaume-Uni où des restrictions existent déjà quant à la diffusion des publicités. En France, on ne s’embarrasse pas encore de tels scrupules : la Ligue du football professionnel en 2020 et la Fédération française de football, l’année suivante, ont conclu un partenariat de sponsoring avec Betclic…

    Faut-il se donc se résoudre à un raz-de-marée définitivement incontrôlable ? Christian Kalb en doute. Pour lui, les opérateurs « ont essoré la demande » et le marché français va subir une contraction dans les années à venir. Mais les exemples venus de l’étranger n’ont pas de quoi rassurer : les clubs de football en quête de sponsors se tournent déjà vers le nouvel « Eldorado » des cryptomonnaies et des NFT, quasiment pas régulé, et qui risque de faire au moins autant de perdants.
    Jérôme Latta

    #paris_sportifs #santé_publique #addiction #economie_numérique

  • Interview de Anne Cordier - Régulation d’Internet en Californie : « Sous prétexte de protéger les enfants, on autorise un fichage permanent"
    https://www.20minutes.fr/by-the-web/4008611-20221104-regulation-internet-californie-sous-pretexte-proteger-enf
    https://img.20mn.fr/Z6GazKFORS6v5cFwfl1Hhyk/1200x768_mexico-city-mexico-august-25-a-young-woman-takes-online-classes-fr

    INTERVIEW « 20 Minutes » a tenté avec Anne Cordier, spécialiste des usages du numérique dans l’éducation, d’imaginer une transposition en France de la loi californienne sur la régulation d’Internet, et notamment dans l’accès aux mineurs
    Propos recueillis par Laure Gamaury

    Une loi particulièrement stricte sur la régulation d’Internet, et notamment l’accès des mineurs à des contenus sensibles, a été votée en Californie et s’appliquera au 1er juillet 2024.
    Est-il possible et souhaitable de la transposer en France ? Anne Cordier, spécialiste des usages du numérique dans l’éducation, répond aux questions de 20 Minutes.
    « Sous prétexte de protéger les enfants, on autorise un fichage permanent, en considérant que l’accès à leurs profils, leurs données personnelles est possible, et même souhaitable. C’est quand même compliqué d’imaginer une société où les individus préfèrent déléguer à un dispositif sa propre régulation », analyse-t-elle.

    Alors que la France peine à régler la question de la vérification de l’âge des mineurs pour les contenus en ligne, et notamment ce qui concerne l’accès à la pornographie, la Californie vient d’adopter une législation très stricte pour protéger les plus jeunes. Elle sera effective au 1er juillet 2024 et doit pallier le manque de vigilance d’Internet qui ne parvient pas à déterminer de manière sûre et définitive si l’internaute est majeur ou mineur quand il se connecte à des contenus potentiellement sensibles.

    La nouvelle loi impose que « toute entreprise qui propose un service en ligne dédié aux moins de 18 ans ou susceptible d’être utilisé par des mineurs doit tenir compte de l’intérêt supérieur des enfants lors de la conception, du développement et de la fourniture de ses services. En cas de conflit entre les intérêts commerciaux et l’intérêt supérieur des enfants, les entreprises doivent donner la priorité à la vie privée, à la sécurité et au bien-être des enfants sur les intérêts commerciaux. » Bien plus intrusive que le RGPD, cette nouvelle loi pose une multitude de questions, dont la principale est de savoir si cette législation applicable et surtout souhaitable en France. Éléments de réponse avec Anne Cordier, spécialiste des usages du numérique dans l’éducation.

    Est-il possible de voir une telle législation en France ? Est-ce même souhaitable ?

    Dans son aspect très rigide, il me paraît difficile d’envisager un transfert tel quel, c’est effrayant. Mais le DSA, voté par le Parlement européen, et sa déclinaison en France qui est la loi sur les services numériques, reprend certains aspects de cette législation, notamment sur le plan de la régulation. Elle est moins rigide et heureusement, ne serait-ce qu’en termes de faisabilité.

    Je ne pense pas que cette législation soit souhaitable en France, car on prête à la loi dans ce cas une valeur et un pouvoir éducatifs. Ce n’est pas son rôle. Elle peut néanmoins aider, comme le RGPD avant elle, à mettre en place des processus éducatifs. Mais une loi aussi rigide ne peut se substituer à l’accompagnement, la prévention et l’émancipation éducative. Et puis, sous prétexte de protéger les enfants, on autorise un fichage permanent, en considérant que l’accès à leurs profils et à leurs données personnelles est possible, et même souhaitable. C’est quand même compliqué d’imaginer une société où les individus préfèrent déléguer à un dispositif sa propre régulation.

    Devant la difficulté de l’Arcom à faire appliquer la législation européenne, n’est-il pas tentant d’aller vers ce type de loi bien plus restrictive ?

    Hélas oui ! Mais la tentation est vraiment très mauvaise. La difficulté de la mise en place en France est en grande partie liée à des cadres très peu clairs et à un manque de solutions pratiques. Il paraît difficile d’imposer les mêmes contrôles à des plateformes qui n’ont pas les mêmes moyens techniques et technologiques à leur disposition. A mon sens, on s’intéresse plus au pansement qu’au véritable problème derrière. La question n’est pas de savoir comment mieux surveiller ou contrôler, mais bien de traiter les dérives à la racine en éduquant et en prévenant. On a une responsabilité sociale et sociétale dans l’accès des mineurs à des contenus inappropriés en ligne et on tente de le résoudre à grands coups d’arsenal juridique et non pas en améliorant le vivre-ensemble.

    Y a-t-il quand même des éléments à retenir dans cette législation californienne ?

    Il y a bien l’analyse de risques en amont de la mise en ligne d’un service, qui pourrait être intéressante. Mais étant donné que les résultats n’ont pas vocation à être communiqués, on rencontre un souci de transparence qui me gêne. Comment va-t-elle être effectuée ? Comment les experts vont-ils être choisis ?

    Concernant la surveillance des algorithmes, j’ai l’impression que c’est impossible à mettre en pratique. Comment imaginer que les plateformes laissent l’accès à des algorithmes qu’elles gardent jalousement secrets ? J’ai l’impression d’un effet d’annonce avec ce type de mesure, pour rassurer les gens, les prendre en charge. Sauf que pour moi, c’est un somnifère. Comment va-t-on pouvoir réellement contrôler ce genre de choses ?

    #Anne_Cordier #Régulation #Economie_numérique #Enfants #DSA

  • Europe prepares to rewrite the rules of the Internet | Ars Technica
    https://arstechnica.com/tech-policy/2022/10/europe-prepares-to-rewrite-the-rules-of-the-internet

    Next week, a law takes effect that will change the Internet forever—and make it much more difficult to be a tech giant. On November 1, the European Union’s Digital Markets Act comes into force, starting the clock on a process expected to force Amazon, Google, and Meta to make their platforms more open and interoperable in 2023. That could bring major changes to what people can do with their devices and apps, in a new reminder that Europe has regulated tech companies much more actively than the US.

    “We expect the consequences to be significant,” says Gerard de Graaf, a veteran EU official who helped pass the DMA early this year. Last month, he became director of a new EU office in San Francisco, established in part to explain the law’s consequences to Big Tech companies. De Graaf says they will be forced to break open their walled gardens.

    “If you have an iPhone, you should be able to download apps not just from the App Store but from other app stores or from the Internet,” de Graaf says in a conference room with emerald-green accents at the Irish consulate in San Francisco, where the EU’s office is initially located. The DMA requires dominant platforms to let in smaller competitors and could also compel Meta’s WhatsApp to receive messages from competing apps like Signal or Telegram, or prevent Amazon, Apple, and Google from preferencing their own apps and services.

    #Economie_numérique #régulation #DMA #DSA

  • Opinion | We Should Try to Prevent Another Alex Jones - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2022/10/16/opinion/alex-jones-sandy-hook.html?te=1&nl=zeynep-tufekci&emc=edit_ntzt_20221016

    par Zeynep Tufekci

    Alex Jones achieved the epitome of despicability and now has been ordered to pay for it. His lies — that parents of children killed at Sandy Hook Elementary School in 2012 had been actors taking part in a government plot to manufacture a pretext for stricter gun control — were blatant. He did not subtly deceive through misleading framing or cherry-picked facts. He targeted parents of murdered little children, who faced a barrage of threats; at least one family had to flee, moving away from where their child was buried.

    Now a Connecticut jury has ordered Jones to pay $965 million in damages to several families for his egregious cruelty, adding to a Texas jury award of $49 million in August to another Sandy Hook family.

    Defamation lawsuits can provide some relief to victims of horrendous lies, but they cannot fully repair the damage that has already been done.

    But the key issue is, the current media ecology makes it lucrative to lie outrageously.

    Jones got his start in talk radio peddling 9/11 conspiracies to great success. In later years, beyond his own webpage hosting his show, he found a home on platforms like YouTube and Facebook, where he could not only broaden his reach, but benefit from being recommended and amplified by the algorithms that prioritize “engagement” — which has often meant pushing inflammatory, tribalizing or conspiratorial content. Many supporters of Donald Trump were — and are — great fans. One comprehensive study from the Harvard Berkman Klein Center (where I’m a faculty associate) found that before the 2016 election, he was the 13th most shared source on Twitter among then-candidate Trump’s supporters. Between 2015 and 2018, his show averaged about $53 million in revenue annually.

    In 2018, after outrage over the way social media sites amplified such content, Facebook, YouTube and Spotify, among other major sites, removed his show. But by then, his machinery was in place and, based on witness testimony and Free Speech Systems’ bankruptcy filing, his company continued making millions of dollars each year.

    From what, you might wonder? In 2014, most of his then $20 million revenue came from selling supplements like “Super Male Vitality,” according to testimony Jones gave in a court case. After he was banned from major social media platforms in 2018, he expanded his sales, offering a 50 percent discount for at least one of his alleged testosterone boosters to “push back in the fight against globalist agenda” — a bargain at $34.95. Also available at the time was “Survival Shield X-2 — Nascent Iodine,” which Jones’s website describes as having been developed using “Thermodynamic Pressure Sensitive High Energy Sound Pulse Nano-Emulsion Technology.” A newer version of the product is described as derived from “ancient sea salts” found “thousands of feet below the Earth’s surface” and formulated “with our fellow patriots in mind.” Really, it’s a steal at $19.95, all major credit cards accepted.

    A recent study in Nature found that areas with higher levels of Fox News viewership had lower Covid vaccination rates, which are associated with higher hospitalization and death rates. This impact of Fox News was independent of local health care capacity or even partisanship. Plus, much of this effect was concentrated on people younger than 65, who might have thought they were safer from Covid, the study authors noted, and perhaps more open to messages of vaccine hesitancy and refusal.

    Even foot soldiers of the movement who sincerely bought into the antivax nonsense, suffered. According to a report from The Boston Globe, at least five conservative radio talk show hosts who campaigned against the vaccines died from Covid-19 over just a few months in 2021.

    It’s become so easy to lucratively lie to so many people, and we have few realistic and effective defenses against the harms of deceptions like these, not just to individuals but to our society.

    There have been campaigns to get major social media platforms to act more aggressively to get rid of liars, but why should we trust them to decide who should be banned? What if political winds shift?

    What’s the solution? No society can be constantly pulled at its seams like this and escape unscathed. The recent Jones verdict certainly did some damage to the industry of lucrative lying, and perhaps few are as deserving of this result than he is. But laws written for a different era cannot resolve the problems of our current media ecology.

    There are no easy, quick solutions, but perhaps a starting point would be to make it harder and less lucrative to lie to huge audiences. Rather than pursuing legally dubious and inadvisable efforts to ban speech or define and target misinformation, regulations should target the incentives for and the speed with which lies can be spread, amplified and monetized.

    One part of the solution might be to target reckless data surveillance online, by greatly limiting how much data can be collected, how long it can be retained, what it can be used for, and how it can be traded. Among other benefits, this could make chasing engagement less attractive as a business model.

    The work of civilization is not just discovering and unleashing new and powerful technologies, it is also regulating and shaping them, and crafting norms and values through education and awareness, that make societies healthier and function better. We are late to grapple with all of this, but late is better than never.

    #Médias #Social_medias #Zeynep_Tufekci #Complotisme #Economie_numerique

  • F.T.C. Chair Lina Khan Upends Antitrust Standards by Suing Meta - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2022/07/28/technology/ftc-lina-khan-meta.html

    WASHINGTON — Early in her tenure as chair of the Federal Trade Commission, Lina Khan declared that she would rein in the power of the largest technology companies in a dramatically new way.

    “We’re trying to be forward looking, anticipating problems and taking fast action,’’ Ms. Khan said in an interview last month. She promised to focus on “next-generation technologies,” and not just on areas where tech behemoths were already well established.

    This week, Ms. Khan took her first step toward stopping the tech monopolies of the future when she sued to block a small acquisition by Meta, the company formerly known as Facebook, of the virtual-reality fitness start-up Within. The deal was significant for Meta’s development of the so-called metaverse, which is a nascent technology and far from mainstream.

    In doing so, Ms. Khan upended decades of antitrust standards, potentially setting off a wholesale shift in the way Washington enforces competition across corporate America. At the heart of the F.T.C.’s lawsuit is the idea that regulators can apply antitrust law without waiting for a market to mature to the point where it is clear which companies hold the most power. The F.T.C. said such early action was justified because Meta’s deal would probably eliminate competition in the young virtual-reality market.

    The F.T.C.’s lawsuit against Meta in the budding virtual-reality market is a “deliberately experimental case that seeks to extend the boundaries of merger enforcement,” said William Kovacic, a former chair of the agency. “Such cases are certainly harder to win.”

    The F.T.C.’s action immediately caused a ruckus within antitrust circles and across the tech industry. Silicon Valley tech executives said that moving to block a deal in an embryonic area of technology might stifle innovation and spook technologists from taking bold leaps in new areas.

    For Ms. Khan, winning the lawsuit may be less of a priority than showing it’s possible to file against a tech deal while it is still early. She has said regulators were too cautious in the past about intervening in mergers for fear of harming innovation, allowing a wave of deals between tech giants and start-ups that eventually cemented their dominance.

    “What we can see is that inaction after inaction after inaction can have severe costs,” she said in an interview with The New York Times and CNBC in January. “And that’s what we’re really trying to reverse.”

    The F.T.C. accused Meta of building a virtual reality “empire,” beginning in 2014 with its purchase of Oculus, the maker of the Quest virtual-reality headset. Since then, Meta has acquired around 10 virtual-reality app makers, such as the maker of a Viking combat game, Asgard’s Wrath, and several first-person shooter and sports games.

    By buying Within and its Supernatural virtual-reality fitness app, the F.T.C. said, Meta wouldn’t create its own app to compete and would scare potential rivals from trying to create alternative apps. That would hobble competition and consumers, the agency said.

    “This acquisition poses a reasonable probability of eliminating both present and future competition,” according to the lawsuit. “And Meta would be one step closer to its ultimate goal of owning the entire ‘Metaverse.’”

    The F.T.C. is reviewing other tech deals, including Microsoft’s $70 billion acquisition of the gaming company Activision and Amazon’s $3.9 billion merger with One Medical, a national chain of primary care clinics. In addition, the agency has been investigating Amazon on claims of monopoly abuses in its marketplace of third-party sellers.

    Ms. Khan appears to be prepared for long legal battles with the tech giants even if the cases do not end up going the F.T.C.’s way.

    In her earlier interview with The Times and CNBC, she said, “Even if it’s not a slam-dunk case, even if there is a risk you might lose, there can be enormous benefits from taking that risk.”

    #Lina_Khan #Federal_Trade_Commission #Etats-Unis #Concurrence #Economie_numérique

  • « L’addiction aux jeux vidéo entretenue par des algorithmes mérite l’attention du législateur »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/07/27/l-addiction-aux-jeux-video-entretenue-par-des-algorithmes-merite-l-attention

    « L’addiction aux jeux vidéo entretenue par des algorithmes mérite l’attention du législateur »
    Tribune

    Perrine Pelletier

    Avocate

    Il faut préserver le secteur du jeu français des dérives des manipulations, notamment financières, rendues possibles par la collecte de données, estime Perrine Pelletier, avocate spécialisée dans les nouvelles technologies, dans une tribune au « Monde ».

    Publié aujourd’hui à 06h26 Temps de Lecture 3 min.

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    « Oops ! Vous n’avez pas assez de potion. Pour continuer le jeu, achetez une loot box et voyez ce que la chance vous réserve ! » « La partie s’arrête maintenant pour vous. Tentez votre chance et achetez une loot box pour gagner des vies supplémentaires ! » Première industrie culturelle en France, les jeux vidéo déchaînent les passions. Risques d’addiction, déconnexion avec le monde réel, autant de griefs souvent mentionnés pour diaboliser un monde virtuel captivant – pour plus de 3,2 milliards de joueurs dans le monde.

    Les clés du succès ? La qualité graphique et créative, les nombreuses références culturelles, les multiples options de jeu conjuguées à des scénarios remarquablement ficelés pour augmenter l’effet ludique… et retenir l’engagement des joueurs. Sans compter l’effet de réseau qui, comme en dehors de l’univers du gaming, a pour résultat de maintenir les joueurs connectés.

    D’abord réservé aux jeux vidéo mobiles, gratuits pour le joueur – du moins tant qu’il le souhaite –, un nouvel outil nommé « loot box » s’est développé dans les jeux à gros budget. Une loot box, ou « coffre à butin », contient plusieurs objets virtuels apparentés à des récompenses aléatoires susceptibles d’offrir au joueur des améliorations, allant de la personnalisation des personnages à l’acquisition de nouvelles options, parfois rares, lui permettant d’avancer dans le jeu.
    Lire aussi : « Loot boxes » dans les jeux vidéo : où en est leur régulation en France ?

    A première vue, il ne s’agit là que d’une simple fonctionnalité qui doit permettre à un joueur de maximiser son expérience ludique. Mais dès lors que ces loot boxes sont payantes, elles se révèlent finalement plus problématiques. Génératrices de gains incertains, fondées sur le hasard, en contrepartie d’une somme d’argent, les loot boxes ont les caractéristiques pour être assimilées à des loteries payantes en ligne, prohibées en France (hors Française des jeux). Car les jeux d’argent et de hasard sont réglementés, dans le monde réel comme dans le monde numérique, afin d’endiguer notamment les risques d’addiction – ce pourquoi les jeux de hasard sont généralement interdits aux personnes mineures en France.

    Les achats intégrés aux jeux vidéo représentent environ 15 milliards de dollars de gains (environ 14,69 milliards d’euros) pour l’industrie (en 2020), et en France, 4,78 millions de joueurs sont mineurs. Vu l’ampleur du phénomène et dès lors que ces achats intégrés produisent des effets aléatoires, à l’instar d’une loterie, faut-il les réglementer ou les interdire dans l’Hexagone, comme les jeux d’argent et de hasard en ligne en 2010 ?
    Lire aussi les témoignages : Article réservé à nos abonnés Une affaire de famille : « La génération actuelle a grandi avec une vraie culture jeu vidéo, qu’elle peut transmettre aux enfants »

    Aujourd’hui, les loot boxes sont encadrées à la marge par certains pays seulement. La Belgique et les Pays-Bas ont fait le choix de les interdire, les assimilant à des jeux de hasard, la Suède souhaite également modifier sa législation en ce sens. Plus récemment, le Norwegian Consumer Council publiait un rapport intitulé « Comment l’industrie du jeu exploite les consommateurs à l’aide de boîtes à butin », auquel 20 associations de consommateurs issues 18 pays européens, dont la France, ont décidé d’apporter leur soutien. Elles soulignent un besoin évident de réglementation prônant l’interdiction des conceptions trompeuses au moyen de méthodes marketing, la protection des mineurs compte tenu de leur vulnérabilité, notamment en ligne, mais aussi la transparence des transactions. Une législation protectrice du consommateur, du joueur vulnérable, mais peut-être surtout une législation qui responsabilise les éditeurs de jeux ?

    Finalement, ce n’est pas tant les achats intégrés susceptibles d’être accessibles à des mineurs qui sont au cœur du sujet – ils doivent pouvoir être encadrés par des règles d’accès à des jeux réservés à leur âge, un contrôle parental, des règles de modération des écrans et des limites financières – comme pour toute autre activité sur Internet en somme.

    Ce qui est davantage en cause, c’est l’usage massif des loot boxes au moyen de techniques marketing de manipulation grâce aux données collectées pendant les sessions de jeu et, in fine, l’instauration d’un dark pattern [une interface conçue pour manipuler l’utilisateur] qui pousse à la consommation malgré soi. Ce qui mérite l’attention du législateur, ce sont les schémas implacables d’addiction entretenus par des algorithmes.

    Le jeu vidéo est un formidable levier de croissance et de rayonnement culturel pour la France dans le monde, fort de véritables pépites reconnues internationalement. Permettons à ce secteur de poursuivre son essor, en préservant l’art et le divertissement des risques d’addictions par le pay to win [« payer pour gagner »].

    Perrine Pelletier est une avocate intervenant en propriété intellectuelle, médias et nouvelles technologies.

    #Jeux #Jeux_vidéos #Economie_numérique #Culture_numérique #Dark_patterns

    • C’est con, à force de naviguer en mode privé, je ne retrouve plus un lien survolé aujourd’hui (mais derrière paywall) qui parlait de la collecte des données personnelles dans les jeux vidéo et de son rôle méconnu mais essentiel.

    • D’une part, les loot boxes sont apparues il y a quelque quinze ans (notamment avec Team Fortress 2). D’autre part, les jeux vidéo français sont rarement connus pour intégrer des coffres à butins. Enfin, l’addiction aux jeux vidéo ne fait pas consensus auprès de la communauté scientifique.

  • How Covid Tracking Apps Are Pivoting for Commercial Profit | WIRED
    https://www.wired.com/story/covid-19-data-switch/?bxid=61d2146d06833d7e0c58d56a&cndid=67944061&esrc=profile-page&mbid=CRMWIR09

    Spector sees this current version of the Zoe app as a giant citizen science project. Users can sign up to different studies, which involve answering questions through the app. Current studies include investigations into the gut microbiome, early signs of dementia, and the role of immune health in heart disease. Before the pandemic, recruiting hundreds of thousands of people for a study would be nearly impossible, but the Zoe app is now a huge potential resource for new research. “I’d love to see what happens when 100,000 people skip breakfast for two weeks,” says Spector.

    People who reported Covid symptoms aren’t automatically included in these new studies. Some 800,000 people have agreed to track their health beyond Covid through the Zoe app, while a smaller proportion of people have signed up to specific trials. But it’s hard to imagine these huge sign-up figures without the app having played such a prominent role during the pandemic.

    “These emergency situations become catalysts and create a very unique environment,” says Angeliki Kerasidou, an ethics professor at the University of Oxford. “Something we need to be thinking a bit more carefully about is how we use these situations and what we do with them.”

    There’s also a question about the line between providing care and conducting research, Kerasidou says. At the height of the pandemic, the National Health Services of Wales and Scotland directed people to track their symptoms through the Zoe app. Tracking Covid symptoms that way might have seemed like the socially responsible thing to do, but now that the app’s emphasis is on wider health tracking and clinical studies, should people feel the same obligation to take part?

    Phil Booth, coordinator at activist group MedConfidential, says it was inevitable that businesses and projects that provided services through the pandemic would try to parlay that prominence into post-pandemic success. “Everyone’s seeing that there is opportunity here,” he says. But government-backed apps can also blur the line between public health and private profit. “The NHS is chronically commercially naive,” he says, pointing to the example of Evergreen Life—an app that lets people in the UK book appointments with doctors and organize prescriptions but also sells private DNA tests. Booth calls for clearer signposting about how people’s data is used in all of these situations and says that the purpose for data collection should be made clear at the very beginning of each project.

    #Covid_trackers #Economie_numérique

  • Apple’s Zipped Lips on Chips - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2022/04/19/technology/apple-computer-chips.html

    Intéressant cet article sur la géopolitique des puces et les délais d’autonomie des entreprises et des Etats.

    U.S. and European officials talk incessantly about making more of the world’s advanced computer chips anywhere other than Taiwan, which they consider vulnerable to Chinese invasion or influence. They’re on a mission to make more chips in the U.S. and Europe and want to spend taxpayer dollars to do so.

    Apple doesn’t seem so worried. For years to come, Apple has planned for devices rolling off assembly lines to continue relying on chips made largely in Taiwan.

    Apple has a track record of bending global technology manufacturing to its will, and the company has lobbied for more computer chips to be made in America. But Apple and other big buyers of chips do not seem to have made it a priority and are not seriously using their influence over suppliers to speed up the building of chip factories in the U.S., Japan or Europe.

    “The industry is not raising this as something that they need to see some action on immediately,” said Brett Simpson, a computer chip specialist and partner at the investment firm Arete Research.

    The apparent disconnect between Western governments and the biggest buyers of chips, like Apple, raises a question for both companies and policymakers: Who is right about the urgency of the economic and geopolitical risks of concentrating chip-making in Taiwan — the people who need votes or the companies that vote with their wallets?

    Government officials might be overstating the risks of concentrating chip-making in Taiwan, or chip buyers like Apple might be underestimating them. Or maybe these companies find it too daunting to shift more quickly away from the expertise of Taiwan’s chip factories. Whatever the reason, it’s as if elected leaders and the companies that need chips the most are working from a different sense of what is possible and necessary for the future of this essential industry.

    Let me recap why big businesses and big governments want to keep computer chips flowing but aren’t moving in lock step on how and how quickly to achieve that.

    Many important products — including smartphones, medical devices and fighter jets — need computer chips to function as their brains or memory. Some of us have become keenly aware of these teeny components because the manufacturing of computer chips hasn’t kept up with the demand of people who have wanted to buy cars, computers and other goods during the pandemic.

    The shortages of some products, and the increasing tensions between the U.S. and China, have turned the spotlight onto the Taiwan Semiconductor Manufacturing Company, or TSMC. It makes most of the world’s cutting-edge computer chips, including for Apple’s products, almost entirely in factories in Taiwan.
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    TSMC is expanding into other places, including Arizona, but it takes years to get new factories up and running. It’s in everyone’s interest to keep factories churning out computer chips without interruption, because the global economy sputters otherwise. The Biden administration and many tech experts also say that it’s strategically important to preserve America’s know-how in chip-making and counter China’s ambitions in chip-making and other essential tech areas.

    Changing the world’s reliance on chips made in Taiwan won’t be easy, and industry officials told me that Apple has been working behind the scenes to support legislation to manufacture more chips in America.

    Some big chip buyers also have said that they’re helping TSMC pay for its chip factories outside Taiwan and will buy chips manufactured there. The question is whether all this could move faster if influential customers put more of their muscle into it.

    Simpson told me that if Apple and other big customers such as Qualcomm and Nvidia wanted to more quickly spread manufacturing away from Taiwan, they could press TSMC to get new factories ready to go all at once rather than in phases, as TSMC has been doing. They could also commit to buying more chips from other manufacturers such as Samsung and Intel with factories outside Taiwan. Instead, Apple and others have mostly been doubling down on contracts with TSMC.

    When Washington and Silicon Valley don’t seem to share the same sense of urgency, it’s tough for all of us to know if it’s worth the collective effort to create a new world order in computer chips.

    #Puces #Géopolitique #Economie_numérique

  • Facebook, les failles de l’empire
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/03/24/les-failles-de-l-empire-facebook_6118865_3234.html?xtor=EPR-33281062-[la-let

    Parmi les documents internes à Facebook qu’a fait fuiter, en octobre 2021, la lanceuse d’alerte Frances Haugen, un élément est passé relativement inaperçu : la peur du réseau social et de sa filiale Instagram d’être dépassés auprès des jeunes et de se faire ringardiser par TikTok, le réseau social champion des vidéos courtes. « Sur Instagram, le contenu n’est pas aussi drôle et intéressant que sur TikTok. Ce qu’on y trouve est souvent assez basique et moins amusant, et il y a beaucoup de contenus copiés », assenait un adolescent, figurant parmi les 35 utilisateurs interrogés dans le cadre d’une étude, parue en avril 2021.
    Lire aussi Article réservé à nos abonnés « Facebook Files » : pour le réseau social, deux mois de tourmente médiatique et politique

    Dans un autre document, daté de mars 2021, les auteurs relevaient des tendances « préoccupantes » : « TikTok a doublé [en 2020] son temps par utilisateur et les ados y passent deux à trois fois plus de temps que sur Instagram » ; « La migration d’ados d’Instagram vers Facebook est minimale » ; les utilisateurs de Facebook nés après 2000 effectuent des visites plus fréquentes, mais « plus courtes et superficielles »…

    Le 2 février, ces tourments confidentiels sont devenus une réalité publique. Pour la première fois depuis sa création, en 2004, le réseau social Facebook a annoncé avoir, au quatrième trimestre 2021, perdu des utilisateurs quotidiens (un million de personnes). Une goutte d’eau parmi son 1,93 milliard d’usagers ou les 2,82 milliards combinés de Facebook, Instagram et WhatsApp. Toutefois, le spectre du recul plane aussi sur les trois réseaux de l’entreprise, qui a été renommée Meta : ils n’ont gagné que 10 millions d’utilisateurs en trois mois.
    Lire aussi Article réservé à nos abonnés Facebook perd des utilisateurs, pour la première fois de son histoire

    Conjugués à des résultats publicitaires jugés décevants (+ 37 % de chiffre d’affaires total, à 118 milliards de dollars, soit 107 milliards d’euros, pour 2021, mais + 20 % au quatrième trimestre), ces chiffres ont valu à Meta de perdre 26 % de sa valeur en une séance et de voir ainsi 251 milliards de dollars de capitalisation boursière partir en fumée. Un record dans l’histoire de la Bourse.

    « Facebook est en train de mourir », écrivait le site d’information Protocol, début février 2022. Attaquée sur le terrain de l’éthique depuis l’élection de Donald Trump, en novembre 2016, l’entreprise de Mark Zuckerberg montre aujourd’hui des failles dans le business. « Son modèle économique s’est pris un uppercut », résume Daniel Ives, analyste chez Wedbush Securities.
    La menace TikTok

    Pour Meta, le premier front est lié à TikTok : que faire face à l’explosion des vidéos courtes, de quelques secondes, popularisées par le réseau chinois ? Face aux analystes, Mark Zuckerberg se veut rassurant. « Nous avons déjà vécu avec succès des transitions : le passage du Web au mobile, puis du fil d’actualité [qui classe les contenus sur la page d’accueil d’un utilisateur Facebook] aux stories », affirme-t-il. Constatant l’essor d’Instagram, puis de WhatsApp, Facebook les avait rachetés. Puis, confronté au succès des « stories » de Snapchat, le groupe avait copié ce format de vidéos verticales de quelques dizaines de secondes. Pour contrer TikTok, Mark Zuckerberg compte dorénavant sur Reels, sa réplique maison des vidéos courtes, déployée sur tout Facebook en février, et présente sur Instagram depuis 2020.

    Cette stratégie défensive peut-elle de nouveau fonctionner ? Les analystes sont partagés. TikTok est plus puissant que ne l’était Snapchat. En effet, le réseau revendique un milliard d’utilisateurs mensuels et, aux Etats-Unis, il propose aux annonceurs davantage de prospects de 18-24 ans qu’Instagram, relève le cabinet d’analyse financière MoffettNathanson.

    À ce stade, les vidéos TikTok seraient particulièrement adaptées pour faire connaître et apprécier une marque

    De plus, reconnaît Meta, ses nouvelles vidéos courtes se vendent pour l’instant moins bien auprès des annonceurs que les formats classiques. MoffettNathanson estime ce manque à gagner à 7 % de ses revenus publicitaires, comme au début des stories. Selon Morgan Stanley, ce trou atteindra 11 milliards de dollars en 2023. Mais l’un comme l’autre croient Meta capable de bien « monétiser » les Reels à terme.

    « Facebook et Instagram sont des médias vieillissants, mais ils restent pour l’heure dominants d’un point de vue publicitaire », relativise Thomas Jamet, PDG de Mediabrands France et vice-président de l’Union des entreprises de conseil et d’achat média. A ce stade, les vidéos TikTok seraient particulièrement adaptées pour faire connaître et apprécier une marque. Néanmoins, Instagram et Facebook pourraient, de leur côté, compter sur la résilience de millions de PME dépensant des petits budgets de marketing direct, à l’image d’une pizzeria ciblant les habitants de la ville dans laquelle elle est implantée.

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    Le brouillage d’Apple

    La tornade TikTok n’est toutefois pas le seul « vent contraire » auquel Meta se dit confronté. Le 2 février, l’entreprise a dû reconnaître que des changements opérés par Apple avaient eu sur son chiffre d’affaires un impact, qui, pour 2022, devrait se chiffrer à 10 milliards de dollars. En effet, depuis avril 2021, le fabricant des iPhone oblige les applications à demander aux utilisateurs s’ils autorisent le « traçage » de leur activité sur d’autres services (70 % refuseraient). Cela empêche Facebook ou Instagram de voir si un utilisateur qui a cliqué sur une publicité pour le jeu Candy Crush, par exemple, l’a ultérieurement ouvert ou y a dépensé de l’argent. Et pose un problème pour mesurer l’efficacité de la publicité et la cibler.

    « Apple a réussi ce que Bruxelles ou Washington voulaient faire en régulant », ironise Daniel Ives. Le « désastre » serait d’autant plus grand que Google souhaite aussi limiter, d’ici deux ans, le traçage sur les smartphones Android.
    Lire aussi Article réservé à nos abonnés Publicités ciblées : Facebook attaque ouvertement Apple

    D’autres sont plus nuancés. La précision de la mesure de l’efficacité des publicités avait baissé de 15 % à la suite du changement d’Apple ; Meta a ramené ce déficit à 8 %, relève MoffetNathanson. Ses ingénieurs utilisent pour cela des « données agrégées » sur un groupe d’utilisateurs ayant vu une publicité, afin d’estimer la part qui a consulté la page d’un produit ou procédé à un achat. Une méthode lente (soixante-douze heures) et moins efficace pour les PME, mais prometteuse, selon MoffettNathanson. Plus largement, Meta dit tester des techniques de ciblage « plus respectueuses de la vie privée », comme le « calcul multipartite sécurisé », inspiré de la cryptographie et censé limiter les données visibles par la plate-forme.

    Du bricolage ? « Les gagnants de demain seront ceux qui réussiront à faire de la publicité avec moins de données », souligne la fondatrice du cabinet d’études Creative Strategies, Carolina Milanesi, estimant que Meta pourrait en faire partie. « Pour l’entreprise, c’est une question à 500 milliards de dollars de valorisation boursière », sourit un ancien employé.
    Les fragilités du commerce

    Dans cette course destinée à sauver son modèle, Meta s’agite encore sur un autre front : le commerce. En effet, si, après avoir cliqué sur une publicité, l’internaute achète directement le produit sur Instagram ou Facebook, le problème est résolu. Et les marques incitées à davantage annoncer. Meta compte donc sur son 1,2 million de « Shops », des espaces sur lesquels les marchands peuvent, depuis deux ans, exposer leur catalogue de produits. Le groupe a aussi positionné WhatsApp, sa puissante messagerie chiffrée sans publicité, comme un outil de relation client, avec une version payante pour les entreprises.
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    Meta vante quelques résultats, dont le fait que 150 millions d’utilisateurs voient un catalogue de produits sur WhatsApp chaque mois. En outre, les publicités « click to messaging » – qui ouvrent une fenêtre de discussion avec l’entreprise sur Instagram, WhatsApp ou Messenger (autre filiale) – génèrent « plusieurs milliards de dollars de chiffre d’affaires ».

    Cependant, l’entreprise livre peu de détails, et cette diversification reste limitée. Dans Shops, la possibilité de payer directement sur Instagram ou Facebook n’est pour l’instant accessible qu’aux Etats-Unis. Un avantage encore loin d’être décisif face à Amazon, Google ou Apple, qui, eux aussi, cherchent à rentabiliser leur gigantesque base d’utilisateurs, dans une logique de « jardin fermé ».
    Le lointain métavers

    Au-delà de la fortification de son empire contesté, Mark Zuckerberg mène aussi une stratégie offensive. En pleine polémique sur les révélations de Frances Haugen, il a renommé Facebook « Meta », en référence au « métavers » : dans une longue vidéo du 28 octobre 2021, il y a exposé son rêve d’un monde virtuel total, permettant de socialiser, travailler, se divertir, jouer, faire du commerce, etc. On y voyait un loft en 3D sur une île tropicale, l’avatar d’un ami en robot métallique, une réunion de télétravail avec un collègue en hologramme…
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    « L’enjeu, pour Meta, est de tenter de maîtriser sa propre plate-forme pour ne plus dépendre d’Apple ou de Google », juge un ex-employé. Pour l’heure, Meta dispose de sa filiale Oculus, leader des casques de réalité virtuelle, et de son magasin d’applications (où est prélevée une commission de 30 %). Le groupe a lancé sa plate-forme de réalité virtuelle Horizon, disponible aux Etats-Unis et bientôt sur smartphone, sans casque. Mais aussi un outil de création d’avatars. Ou encore les lunettes connectées Ray-Ban Stories, capables de filmer ou de téléphoner, et commandées à la voix. Mais il faudra des années pour voir ses lunettes de réalité augmentée « Nazare », avec des écrans dans les verres.

    La rentabilisation semble lointaine. « Renommer toute l’entreprise “Meta” aujourd’hui est risqué. C’est comme si une pizzeria se rebaptisait “La Maison du hamburger”, mais ne vendait pas de hamburgers avant trois ans », observe M. Ives. La branche métavers affiche une perte de 10 milliards de dollars en 2021 (sur 56 milliards de résultat brut).

    De plus, comme le rachat d’Instagram et WhatsApp, le métavers attire déjà les régulateurs antitrust, qui s’intéressent au prix très bas des casques Oculus ou à l’obligation de créer un compte Facebook pour les utiliser. Conséquence : Meta envisage déjà d’y renoncer. M. Zuckerberg, pour sa part, affirme vouloir un métavers ouvert, avec des normes communes, afin que les avatars et les biens virtuels soient utilisables chez ses concurrents Microsoft, Roblox ou Epic Games, l’éditeur du jeu Fortnite. Toutefois, Meta est moins en phase qu’Epic avec cet esprit de coopération, car son « ADN » de « jardin fermé » la pousse à vouloir « dominer » le métavers, pense Michael Pachter, spécialiste du secteur chez Wedbush Securities.
    Lire aussi Article réservé à nos abonnés Il faut réguler les métavers avant qu’ils existent

    Le grand dessein de Mark Zuckerberg suscite enfin des doutes plus profonds. Le journaliste David Gerard y voit un parallèle avec le projet de monnaie numérique que Facebook a dû abandonner en raison de l’hostilité de nombreux Etats : « Comme Libra, le métavers est le symptôme d’une entreprise qui ne sait plus quoi faire pour croître. Or, il n’y a pas de demande », estime l’auteur du livre Libra Shrugged : How Facebook Tried to Take Over the Money (autoédition, novembre 2020, 182 pages).

    Pour Carolina Milanesi, « les investisseurs croient en Mark Zuckerberg comme entrepreneur », mais « sa vision du métavers peut apparaître légèrement détachée de la réalité ». « En regardant sa vidéo, on pouvait se demander : “Est-ce cela que nous voulons ?” », dit-elle. Censé être une réponse aux questions existentielles de Meta sur son business actuel, le pari sur le métavers pourrait au contraire en ajouter une.

    Alexandre Piquard

    #Facebook #Métavers #Economie_numérique

  • Why the balance of power in tech is shifting toward workers | MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/2022/02/07/1044760/tech-workers-unionizing-power/?truid=a497ecb44646822921c70e7e051f7f1a

    A record number of tech worker unions formed in the US last year. They’re part of a global effort.

    Something has changed for the tech giants. Even as they continue to hold tremendous influence in our daily lives, a growing accountability movement has begun to check their power. The movement is being led, in large part, by tech workers themselves, who are seeking reform of how these companies do business, treat their employees, and conduct themselves as global citizens.

    Concerns and anger over tech companies’ impact in the world is nothing new, of course. What’s changed is that workers are increasingly getting organized.

    To understand how advocacy and organizing within the tech industry work now, you have to go back to 2018, the year of the Techlash. Three important things happened that year. First a Cambridge Analytica whistleblower came forward with allegations of data misuse at Facebook. Then thousands of Google employees fought against Project Maven, an AI initiative created to enhance military drones. The year culminated in a massive, global Google walkout spurred by New York Times’ revelation of a $90 million exit payout to Android creator Andy Rubin following allegations of sexual misconduct.

    “The walkout, I think, cleared a space for everybody to scream in the streets,” says Claire Stapleton, one of the organizers.

    Read the full story.

    —Jane Lytvynenko

    #Syndicalisme #Economie_numérique #Plateformes #Travail

  • Opinion | Neil Young Says ‘No More’ to Spotify - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2022/01/27/opinion/neil-young-spotify-rogan.html

    It’s no surprise to me that the singer-songwriter Neil Young followed through on his threat to pull his music from Spotify in protest of the Covid misinformation spouted by that streaming service’s brightest star, Joe Rogan.

    Young’s move is certainly a grand gesture, but if the goal was to shame Spotify into cleaning up its act, it likely won’t work. There just aren’t enough quality alternatives to force the issue.

    Which brings me back to Neil Young. Sure, I have all kinds of affection for his artistry, dating from my teenage years, so I want to see him succeed. But the impact of leaving Spotify amounts to just the same old huffery and puffery when there’s nowhere else to run to. Good P.R., no doubt, but it has almost no impact.
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    Young — and whoever is next — needs to think hard about how he can find other homes beyond the big platforms and support them with the gift of his music and allow his work to last into eternity. After all, I heard, rock ’n’ roll can never die.

    #Neil_Young #Spotify #Economie_numérique

  • Spotify Was Never Going to Drop Joe Rogan | WIRED
    https://www.wired.com/story/spotify-joe-rogan-neil-young

    Of course it did. Young vs. Spotify has been framed as a culture-war victory for Joe Rogan, but it’s not. There was no battle. Yes, plenty of people are angry at Rogan, including the 270 health care professionals whose highly publicized open letter to Spotify about the podcaster’s content inspired Young. But there is no evidence that this rancor has impacted Rogan’s position as Spotify’s golden boy. His podcast remains number one on its charts in the United States, the United Kingdom, Canada, Australia, and New Zealand. (Young, in contrast, is the 778th most popular musical artist.) Spotify didn’t give Rogan a reported $100 million in a noble effort to spearhead a public health campaign. It gave him the money to be his freewheeling, contrarian, and almost constantly controversial self. He’s a shock jock.

    No disrespect to Neil Young, but he was never going to move the needle here. Ever. Even if he got other artists on board to boycott Spotify, it’s unlikely any coalition would have the desired effect. First of all, there are practical roadblocks, as musicians are rarely the owners of their own music. Young didn’t actually have the ability to remove his albums, and had to get permission from his label to do so; it’s far from a given that the major labels would do the same for their contemporary stars. But say they did—and say the streamer’s current top four artists, Drake, Ed Sheeran, Bad Bunny, and Ariana Grande, joined forces and yanked their music from Spotify—even then, it is unlikely that Spotify would exile Rogan.

    Spotify started out with music, but it has thundered into the podcasting space, pouring hundreds upon hundreds of millions into a remarkably efficient effort to unseat Apple and establish itself as the premiere destination for podcasts. It paid $340 million for the podcast network Gimlet Media in 2019 and nearly $200 million for The Ringer (my former employer) in 2020, as part of this blitz. When people listen to music on Spotify, the streamer has to pay a third party (usually the record label). But when people listen to Spotify-owned podcasts, there’s no third party to pay. Spotify can place ads within its own podcasts even for premium users, who do not have ads in between songs. While premium subscriptions are still the company’s primary money-maker, advertisements are catching up, a development credited to the podcast arm. Podcasts are central to Spotify’s growth strategy. Rogan is central to Spotify’s podcasting arm. There would have to be a consumer boycott on an unprecedented scale to make cracking down on Rogan worthwhile from a business perspective. My guess? As long as Rogan stays on the top of Spotify’s charts, he will remain inoculated against repercussions.

    #Spotify #Podcast #Neil_Young #Musique #Economie_numérique

  • Amazon on the High Seas - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2021/11/10/technology/amazon-cargo-ships.html

    Mammoth shipping containers packed with dehumidifiers in the Pacific Ocean provide a glimpse at how the pandemic and Amazon might be shifting shopping as we know it.

    Earlier this year, a company called Aterian was in a jam with its hOmeLabs brand of dehumidifiers. You may have read about how difficult and expensive it has become to move goods around the world, and Aterian was feeling the pain.

    The company was being quoted prices of $25,000 or more to haul a shipping container of products from factories in China to its shoppers in the U.S. The same shipment typically costs about $3,000, Aterian’s chief product officer, Michal Chaouat-Fix, told me. Then Amazon got in touch and offered to put the dehumidifiers on cargo ships that it chartered across the Pacific for a significantly lower fee.

    “It was a huge relief,” Chaouat-Fix said. Amazon brought the goods to port, and Aterian arranged to truck them from there to its U.S. warehouses. Those dehumidifiers were then available to buy on Amazon, as well as from Walmart, eBay and the hOmeLabs website.

    I keep close tabs on Amazon, but I didn’t know until Aterian told me that the company hires cargo ships for some of the merchants that sell in its digital mall. Amazon’s ocean freight service is not new, but it became more relevant as global shipping went haywire this year. Amazon has also added new options to what the company told me was a still relatively small service that’s available to few merchants.

    Amazon’s adventures on the high seas are an intriguing wrinkle in the war to get products to our door. It’s also another example of Amazon’s growing network of warehouses, package hubs, trucks, airplanes and delivery vans that show that the company is becoming a force in the entire life cycle of products from factories to our homes.

    #Amazon #Logistique #Concentration #Economie_numérique #Brick_and_Mortar

  • Cent projets de start-up pour renforcer le service public
    https://www.lefigaro.fr/entrepreneur/cent-projets-de-start-up-pour-renforcer-le-service-public-20210905

    L’État est devenu incubateur de jeunes pousses. À Bercy, l’une d’elles, Signaux Faibles, est censée mieux détecter les entreprises en difficulté.

    Pour faire bouger l’État, il y a les vastes réflexions sur les nouveaux enjeux du service public et les petits pas concrets. Le programme Beta.gouv suit clairement la seconde voie. Il vise à « aider les administrations publiques à améliorer le service public de l’intérieur grâce au numérique » en s’appuyant sur des start-up d’État, c’est-à-dire des services innovants incubés au sein des ministères ou des administrations.

    Concrètement, il s’agit de donner aux fonctionnaires, à l’esprit entrepreneur et au projet solide, les moyens financiers et le temps pour développer leurs idées de nouveaux outils internet tournés vers les usagers. Ces incubateurs inspirés du privé permettent ainsi à l’État de valoriser ses agents les plus innovants, mais aussi de mobiliser l’expertise de jeunes informaticiens, codeurs, qui, sans cette promesse de souplesse et d’autonomie dans le travail, n’auraient jamais pensé rejoindre la direction d’un ministère.

    La suite payante, mais à lire : Start-up nation : quand l’État programme son obsolescence Jules Brion https://seenthis.net/messages/926470

    #start-ups #France #État_français #schumpeters #entreprenariat. #jeunes_pousses #start-up_nation #French_Tech #Fleur_Pellerin #Innovation #Économie_numérique #French_Tech_Visa #licornes #innovation #subventions #réindustrialisation #bpi #Banque_Publique_d_Investissement #Caisse_des_Dépôts_et_Consignations #CDC #conversion_numérique #Transition_numérique #Cedric_O #passerelles_public-privé #SATT #Italie #mythe #chômage #désindustrialisation #qwant #souveraineté_technologique #start-up_mania #chômage_structurelle #plateformisation #Uber #Deliveroo #code_du_travail #Aircall #Voodoo #Tencent #healthtech #Owkin #Lucine #Icade #agents_publics #zeitgeist #Doctolib #AP-HP #COVID-19 #financiarisation #burn_rate #Theranos #Rifft #The_camp #AirBnb #Lyft #pyramide-de_Ponzi #néolibéralisme #économie_disruptive #services_publics

  • Start-up nation : quand l’État programme son obsolescence Jules Brion
    https://lvsl.fr/start-up-nation-quand-letat-programme-son-obsolescence

    Depuis de nombreuses années, les start-ups françaises peuvent se targuer d’avoir à leur disposition de nombreuses subventions publiques et un environnement médiatique favorable. Partant du postulat que la puissance privée est seule capable d’imagination et d’innovation, l’État français finance à tour de bras ces « jeunes pousses » dans l’espoir schumpéterien de révolutionner son économie. Cette stratégie économique condamne pourtant la puissance publique à l’impuissance et à l’attentisme.


    Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, promouvant la “French Tech” au Consumer Electronics Show de Las Vegas en 2016. © Christophe Pelletier

    En 2017, Emmanuel Macron avait largement axé sa campagne présidentielle sur un discours général favorable à l’entreprenariat. La stratégie économique française valorise ainsi la création de nouvelles entreprises, dites jeunes pousses ou start-ups. En avril 2017, le futur président français assène qu’une « start-up nation est une Nation où chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une ». Ces entités ont pour vocation de proposer des technologies de ruptures disruptives, selon l’expression de l’économiste américain Clayton Christensen, c’est-à-dire une redéfinition des règles du jeu économique venant remplacer les anciens schémas de pensée.

    Cette configuration institutionnelle favorable aux start-ups n’est cependant pas apparue subitement lors de la dernière présidentielle. Le label French Tech est en effet lancé dès 2013 par Fleur Pellerin, alors Ministre déléguée chargée des Petites et moyennes entreprises, de l’Innovation et de l’Économie numérique. Ce programme a pour ambition de développer les jeunes pousses hexagonales. Les successeurs de Fleur Pellerin vous tous accompagner et poursuivre ce mouvement d’effervescence : en 2015 sont lancés le French Tech Ticket ainsi que le French Tech Visa en 2017.

    Ce discours s’accompagne d’un appel à créer le plus de licornes possibles : des start-ups valorisées sur les marchés à plus d’un milliard d’euros. Alors que la France compte 3 licornes en 2017, ce chiffre est passé à 15 en 2020. Le gouvernement espère qu’il en sera crée 10 de plus d’ici 2025. Ce constant appel à l’innovation s’inspire de l’exemple israélien, parangon de la start-up nation, qui compte une jeune pousse pour 1400 habitants. Poussé par l’afflux de liquidités fourni par son ministère de la défense, l’État hébreux s’est lancé très tôt dans cette stratégie économique. Les nombreuses start-ups qui y sont créées permettent à Israël de mieux peser sur la scène internationale : son secteur de l’innovation représente 10% de son PIB et près de la moitié de ses exportations.

    De l’État providence à l’État subventionneur
    Toutes ces entreprises ne se sont pas créées d’elles-mêmes. Pour leur écrasante majorité, elles ont largement été financées par la puissance publique. Dès 2012, tout un écosystème institutionnel favorable à l’entreprenariat individuel est mis en place. En pleine campagne présidentielle, François Hollande promet une réindustrialisation rapide et efficace de la France. Afin d’atteindre cet objectif ambitieux, ce dernier entend créer « une banque publique d’investissement qui […] accompagnera le développement des entreprises stratégiques ». Quatre mois plus tard naît la Banque Publique d’Investissement (BPI), détenue par la Caisse des Dépôts et des Consignations (CDC) ainsi que par l’État. La BPI a pour mission de « financer des projets de long terme » et d’œuvrer à la « conversion numérique » de l’Hexagone. Très vite, l’institution devient un outil permettant à l’État de financer massivement les start-ups. La BPI subventionne ainsi le label French Tech à hauteur de 200 millions d’euros et est actionnaire de nombreuses start-ups françaises.

    Comme le pointe un rapport publié par Rolland Berger, une grande majorité des entreprises du French Tech Next 40/120 — un programme regroupant les start-ups françaises les plus prometteuses — a reçu des prêts et des subventions de la puissance publique. On estime ainsi que 89% de ces entreprises ont reçu une aide indirecte de la BPI ! En pleine crise sanitaire, l’institution obtient plus de 2 milliards d’euros pour soutenir ces entreprises innovantes tandis que 3,7 milliards du plan de relance décidé en 2020 par le gouvernement a été fléché vers la création et l’aide aux start-ups. Cedric O, Secrétaire d’État chargé de la Transition numérique, confirme ainsi qu’il « va y avoir des opportunités suite à la crise [sanitaire], tout comme celle de 2008 ».

    Pour autant, l’État français ne soutient pas ses start-ups uniquement sur le plan financier. La loi Pacte de 2019, en continuité avec la loi Allègre de 1999, facilite les passerelles public-privé et encourage les chercheurs à créer des entreprises. Ces dispositions législatives permettent à des recherches menées et financées grâce à de l’argent public d’être « valorisées », c’est-à-dire en réalité privatisées, par le secteur lucratif. Des Sociétés d’Accélération du Transfert de Technologies (SATT) ont été créées pour accélérer ce processus dans de nombreuses universités. Plus de 250 start-ups ont été développées par le prisme de ce réseau depuis 2012. L’Union européenne n’est pas en reste dans cette stratégie de soutien massif aux « jeunes pousses ». Sa stratégie Horizon 2020, un programme de 79 milliards d’euros étalé entre 2014 et 2020, dédiait 20% de son budget à la création de start-ups. Pléthore de pays européens se tournent eux aussi vers des stratégies de numérisation de l’économie, souvent via un soutien sans faille aux start-ups. En 2012, le ministre italien de l’économie, sous le gouvernement du technocrate Mario Monti, a promulgué une loi qui a permis à l’État italien de dépenser 200 millions d’euros pour aider les jeunes entreprises du pays, dans le but de « promouvoir la mobilité sociale ». Depuis 2019, le fonds national pour l’innovation italien a dépensé 245 millions d’euros pour subventionner 480 start-ups.

    Le mythe des start-ups souveraines et créatrices d’emplois
    Si les nations européennes axent autant leurs stratégies économiques sur le développement des start-ups, c’est avant tout car cette politique permet aux États de prétendre agir dans des domaines clefs où leur incurie a mainte fois été pointée du doigt : la lutte contre le chômage de masse et la mise en place d’une souveraineté technologique. 

    Nombre de médias se sont ainsi fait le relais de la start-up mania, louant la capacité de la French Tech à « créer 224.000 nouveaux emplois d’ici à 2025 » et à être le « fer de lance de l’économie ». Ces jeunes pousses permettraient de créer jusqu’à « 5,2 emplois indirects qui dépendent de [leur] activité » et d’œuvrer à la réindustrialisation de la France. Ce constat mérite pourtant d’être nuancé. Comme cela a déjà été évoqué, la start-up mania s’accompagne d’une aide inconditionnelle de l’État français par le prisme de la BPI. Pourtant, comme l’ont analysé nos confrères du Média, le bilan de l’institution est tâché de nombreux scandales. La banque, dès sa création, n’a pas été pensée comme un organisme capable de contenir et d’endiguer la désindustrialisation de l’Hexagone. M. Moscovici, alors ministre des finances, déclarait ainsi en 2012, que « la BPI n’est pas un outil défensif, c’est un outil offensif, n’en faisons pas un pompier ».

    L’institution est en effet souvent demeurée indifférente aux plans de licenciements et en a même favorisé certains comme le confirment les exemples des entreprises Veralia et Arjowiggins. Une loi du 23 mars 2020 a quant à elle permis d’ouvrir le conseil d’administration de l’institution à des acteurs privés, laissant une fois de plus planer le doute sur la capacité et la volonté de la banque publique d’agir pour le bien commun.

    Il est également permis de rester sceptique face à une stratégie de réduction de chômage structurelle se basant principalement sur le soutien à des start-ups qui participent à la « plateformisation » de notre économie. En proposant de mettre en contact clients et professionnels, des entreprises telles que Uber ou Deliveroo s’évertuent à détruire code du travail et régulations étatiques. Alors qu’elles sont vendues comme des instruments permettant de lutter contre le chômage, ces start-ups ne peuvent exister et espérer devenir rentables que par une grande flexibilité et en excluant leurs travailleurs du salariat. Le gouvernement socialiste espagnol vient ainsi récemment de légiférer afin de contrôler ces géants de l’économie de plateforme, permettant de conférer un statut de salarié aux livreurs qui étaient considérés comme des travailleurs indépendants. À peine la nouvelle annoncée, Deliveroo a annoncé qu’elle comptait mettre fin à ses activités dans le pays, tandis que ses concurrents Stuart, Glovo et UberEats critiquaient cette décision qui va mettre « en danger un secteur qui apporte 700 millions d’euros au PIB national ».

    En somme, la France semble avoir abandonné toute stratégie ambitieuse de réduction du chômage de masse. Plutôt que de défendre le droit de tout citoyen à obtenir un emploi, inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946, l’État dépense des sommes faramineuses afin d’encourager la création d’entreprises à l’avenir très incertain. Dans cette politique qui s’apparente à un véritable choix du chômage, les citoyens sont appelés à innover alors même que les multiples causes du chômage structurelle sont éludées. Pour autant, cette incurie étatique ne date ni du quinquennat Hollande ni du mandat du président Macron : Raymond Barre déclarait en 1980 que « les chômeurs pourraient essayer de créer leur entreprise au lieu de se borner à toucher les allocations de chômage ! ».

    NDLR :  Pour en savoir plus sur les choix politiques et économiques ayant conduit à un chômage de masse persistant, lire sur LVSL l’interview de Benoît Collombat par le même auteur https://lvsl.fr/le-choix-du-chomage-est-la-consequence-de-decisions-neoliberales-entretien-avec : « Le choix du chômage est la conséquence de décisions néolibérales ».

    Outre l’argument des créations d’emplois, le soutien aux start-ups est également justifié par une nécessaire préservation de la souveraineté nationale. Dès qu’éclate en 2013 l’affaire Snowden, la préservation de la vie privée et la souveraineté technologique deviennent des préoccupations politiques majeures. Des entrepreneurs ont profité de ce phénomène pour proposer des technologies souveraines capables de réduire l’impuissance des nations européennes face à l’espionnage de masse. Les États comme la France vont alors largement baser leur politique de défense de la souveraineté nationale par un soutien massif à des start-ups.

    L’exemple de l’entreprise Qwant est sur ce point éloquent tant il permet de montrer les insuffisances et les impasses d’une telle approche. Fondée en 2011 par Jean-Manuel Rozan, Eric Léandri et Patrick Constant, l’entreprise se rêve en « Google français » en proposant un moteur de recherche souverain. Alors que la société n’est pas loin de la faillite, l’affaire Snowden lui permet de faire un large lobbying au sein des institutions françaises. Ces efforts seront rapidement récompensés puisque la Caisse des Dépôts et des Consignations investit en 2017 plus de 20 millions d’euros dans le projet tout en détenant 20% de son capital. En janvier 2020, l’État annonce même que Qwant est désormais installé sur les postes informatiques de l’administration publique. Pourtant, force est de constater que cette aide massive n’a pas permis de bâtir un moteur de recherche réellement souverain : en 2019, soit sept ans après sa création, Qwant utilise la technologie de Bing (Microsoft) dans 75% des recherches effectuées. Une note de la Direction interministérielle du numérique (DINUM) pointe également les nombreuses failles de l’entreprise, tels que les salaires mirobolants de ses dirigeants et les nombreux problèmes techniques du logiciel utilisé par Qwant, qui laissent perplexe quant au soutien massif que lui prodigue l’État. Plus largement, rien n’indique qu’une entreprise créée sur le sol français ne tombera pas aux mains de fonds d’investissements étrangers : parmi les licornes « françaises », la start-up Aircall (téléphonie via IP) est détenue à majorité par des acteurs non-français, tandis que Voodoo (jeux vidéo) a fait rentrer le géant chinois Tencent à son capital.

    Quand les start-ups remplacent l’État
    Le recours aux start-ups s’explique également par une prétendue incapacité de l’État à innover, à comprendre le marché et à « prendre des risques ». Ce mythe, pourtant déconstruit méthodiquement par l’économiste Mariana Mazzucato dans The Entrepreneurial State (paru en français en 2020), laisse penser que seul le secteur privé est capable de faire évoluer nos activités économiques et donc de créer des emplois. Comme l’analyse l’auteure, « le « retard » de l’Europe par rapport aux États-Unis est souvent attribué à la faiblesse de son secteur du capital-risque. Les exemples des secteurs de haute technologie aux États-Unis sont souvent utilisés pour expliquer pourquoi nous avons besoin de moins d’État et de plus de marché ». Nombre de start-ups se servent de ce mythe auto-réalisateur pour légitimer leur activité.

    Il est intéressant de noter que cette mentalité a également imprégné les dirigeants d’institutions publiques. Un rapport de la CDC ayant fuité en 2020 et prétendant redéfinir et révolutionner la politique de santé française chantait les louanges du secteur privé, des partenariats public-privé et de 700 start-ups de la healthtech. La puissance publique finance volontiers des jeunes pousses du domaine de la santé, à l’image d’Owkin, qui utilise l’intelligence artificielle pour traiter des données médicales, ou encore Lucine qui, grâce à des sons et des images, revendique la capacité de libérer des endorphines, de la morphine ou de l’adrénaline. La CDC détient également 38,8% d’Icade santé, un des acteurs majeurs du secteur privé et lucratif de la santé en France. De fait, les start-ups médicales s’immiscent de plus en plus au sein des institutions privées, à l’image d’Happytal, financé à hauteur de 3 millions d’euros par la BPI, qui propose à prix d’or aux hôpitaux des services de pré-admission en ligne ou de conciergerie de patients hospitalisés. Pour encourager les jeunes pousses à envahir les hôpitaux publics, la puissance publique va jusqu’à prodiguer, via un guide produit par BPI France https://www.lemediatv.fr/articles/2021/bpi-france-banque-publique-interets-prives-letat-livre-la-sante-aux-financ , des conseils pour entrepreneurs peu scrupuleux expliquant comment passer outre des agents publics dubitatifs et méfiants qui ont « tendance à freiner les discussions » !

    Ainsi, comme l’analyse Mariana Mazzucato, « c’est donc une prophétie auto-réalisatrice que de considérer l’État comme encombrant et uniquement capable de corriger les défaillances du marché ». Pourtant, les start-ups ne pullulent pas uniquement grâce à ce zeitgeist favorable à l’entreprenariat, mais profitent directement de l’incapacité de l’État à fournir des services à ses citoyens, renforçant d’autant plus le mythe évoqué par Mariana Mazzucato. L’exemple de l’attribution à Doctolib du vaste marché de la prise de rendez-vous en ligne des Hôpitaux de Paris (AP-HP) en 2016 est révélateur de ce phénomène : devenu incapable de fournir un service public de prise de rendez-vous, l’État a dû confier les données de santé de millions de français à cette start-up française. La même expérience s’est répétée lors de la prise des rendez-vous de la vaccination contre le COVID-19, qui ont permis à l’entreprise d’engranger des millions de nouveaux clients sans aucune dépense de publicité.

    Vers une bulle spéculative ?
    Outre les questions que soulève le soutien massif de l’État français aux jeunes pousses du numérique, il convient également de se poser la question de la crédibilité économique de ces entreprises. En effet, il apparaît que nombre de ces sociétés participent à la financiarisation de nos activités économiques et deviennent des actifs spéculatifs et instables. Plus que de « changer le monde », un créateur de start-up recherche principalement à réaliser un « exit », c’est-à-dire à réaliser une belle plus-value via le rachat ou l’entrée en bourse de son entreprise. Dans un climat hostile et instable — on estime que seulement 20 % des jeunes pousses réussissent cet « exit » — les entrepreneurs sont poussés à dilapider le plus rapidement l’argent qu’ils ont à leur disposition. Cette stratégie, dénommée burn rate, est souvent perçue comme une perspective de croissance future par les investisseurs.

    De plus, les entrepreneurs sont souvent poussés à embellir leurs entreprises en exagérant le potentiel des services qu’elles proposent, voire en mentant sur leurs résultats, comme le montrent les exemples de Theranos (tests sanguins soi-disant révolutionnaires), Rifft (objets connectés) ou The Camp (technopôle provençal en perdition adoubé par M. Macron). Cela conduit les start-ups technologiques à avoir un ratio de valorisation sur chiffre d’affaires très élevé. Alors qu’il n’est que de 2,6 fois pour Amazon, c’est-à-dire que la valorisation boursière de l’entreprise n’excède « que » de 2,6 fois son chiffre d’affaires, ce nombre atteint plus de 50 pour certaines licornes. Pour AirBnb, la troisième licorne mondiale valorisée à 25,5 milliards de dollars, le chiffre est par exemple de 28,6. Alors que dans une entreprise traditionnelle la valeur des actions est estimée par les investisseurs en fonction de l’estimation des bénéfices futurs d’une entreprise, ce chiffre est très largement secondaire dans les levées de fonds de start-ups. Ainsi, de nombreuses licornes ne prévoient pas à court ou moyen terme de réaliser des bénéfices. L’entreprise Lyft a par exemple enregistré l’an dernier une perte de 911 millions de dollar, tandis qu’Uber a perdu 800 millions de dollars en un trimestre. On estime que sur les 147 licornes qui existent autour du globe, seulement 33 sont rentables. En somme, les investisseurs s’intéressent principalement à la capacité d’une start-up à produire une masse d’utilisateurs la plus large possible. Ce phénomène justifie des dépenses gargantuesques par ces mastodontes de l’économie de plateforme : Lyft a dépensé 1,3 milliard de dollars en marketing et en incitations pour les chauffeurs et les coursiers en 2018. Cet écosystème très instable a toutes les chances de participer à la création d’une bulle spéculative sous la forme d’une pyramide de Ponzi. En effet, si nombre de ces entreprises sont incapables à moyen terme de produire un quelconque bénéfice, que leurs actifs sont surévalués et que les règles du jeu économique poussent les entrepreneurs à dépenser sans compter tout en accentuant excessivement les mérites de leurs produits, les marchés financiers risquent de connaître une nouvelle crise technologique comparable à celle de 2001.

    La stratégie économique de soutien massif aux start-ups adoptée par l’État français s’apparente ainsi fortement à une politique néolibérale. En effet, comme ont pu l’analyser Michel Foucault et Barbara Stiegler, le néolibéralisme, loin d’être favorable à un État minimal, comme le libéralisme classique, prône l’émergence d’un État fort capable de réguler l’économie et d’adapter les masses au sens de l’évolution capitaliste ; c’est-à-dire aux besoins du marché. Ce constat conduit l’auteure d’Il faut s’adapter (Gallimard, 2019) à affirmer que « la plupart du temps les responsables de gauche caricaturent ainsi le néolibéralisme en le prenant pour un ultralibéralisme lointain […] si bien que dès qu’un gouvernement fait appel à plus l’État, ces responsables croient que ça signifie que la menace ultralibérale a été repoussée ». De fait, plutôt que de considérer de facto une politique de soutien aux start-ups comme souhaitable et efficace, il conviendrait de rester prudent vis-à-vis de ce genre d’initiative. Une telle attitude serait d’autant plus vertueuse qu’elle permettrait de comprendre que « l’économie disruptive », loin de dynamiter les codes du secteur économique, imite sans scrupule les recettes du « monde d’avant ». Les concepts flous de « start-up » ou de « technologies de ruptures » y sont les nouveaux arguments d’autorité justifiant la destruction de nos écosystèmes, la disparition des petites entreprises et des services publics et la précarisation de pans entiers de la populations.

    NDLR :  Pour en savoir plus sur la différence entre libéralisme et néolibéralisme, lire sur LVSL https://lvsl.fr/limperatif-neoliberal-de-ladaptation-par-barbara-stiegler l’article réalisé par Vincent Ortiz et Pablo Patarin : L’impératif néolibéral de « l’adaptation » : retour sur l’ouvrage de Barbara Stiegler.

    #start-ups #France #État_français #schumpeters #entreprenariat. #jeunes_pousses #start-up_nation #French_Tech #Fleur_Pellerin #Innovation #Économie_numérique #French_Tech_Visa #licornes #innovation #subventions #réindustrialisation #bpi #Banque_Publique_d_Investissement #Caisse_des_Dépôts_et_Consignations #CDC #conversion_numérique #Transition_numérique #Cedric_O #passerelles_public-privé #SATT #Italie #mythe #chômage #désindustrialisation #qwant #souveraineté_technologique #start-up_mania #chômage_structurelle #plateformisation #Uber #Deliveroo #code_du_travail #Aircall #Voodoo #Tencent #healthtech #Owkin #Lucine #Icade #agents_publics #zeitgeist #Doctolib #AP-HP #COVID-19 #financiarisation #burn_rate #Theranos #Rifft #The_camp #AirBnb #Lyft #pyramide-de_Ponzi #néolibéralisme #économie_disruptive #services_publics

    • Paris - 29 Mars 2021 : Think Tec Summit, 10 000 start_ups pour changer le monde ! (Cérémonie).
      https://10kstartups-pour-changer-le-monde.fr

      La Tech au coeur de la relance économique ? 
Financement, impact, hypercroissance, Covid-19, jeunesse et relance, mixité, relocalisations dans les territoires d’industrie, biotech, souveraineté…
      Le 29 mars, La Tribune réunit l’ensemble de l’écosystème tech au Grand Rex de Paris pour le Think Tech Summit, l’événement de référence qui pense le futur de la French Tech, comme moteur de la relance, comme tremplin d’emplois, comme modèle d’insertion.
      https://www.youtube.com/watch?v=Xl3G02GYyY8

      15h00 - Keynote : Où va la French Tech ?
      15h20 - 11 licornes, et après ? Les défis de l’hypercroissance
      15h50 - Vaccins, médicaments : comment faire grandir les biotech ?
      16h20 - KEYNOTE : L’international avec Business France
      16h30 - La startup nation, moteur de la Relance ?
      17h00 - La tech peut-elle relancer les territoires d’industrie ?
      17h30 - KEYNOTE : Les startups contre Apple, un enjeu de concurrence
      17h45 - Cleantech, Enertech : quelles innovations de rupture ?
      18h15 - La souveraineté peut-elle se gagner par la technologie ?
      18h45 - KEYNOTE : Les années 20 seront exubérantes !
      19h00 - Cérémonie 10K
      20h00 - After Work « Think Tech Summit »

      L’apothéose d’une tournée dans toute la France et en Outre-Mer, pendant laquelle La Tribune et son jury d’experts ont entendu 180 pitchs et primé 48 lauréats dans six catégories.

  • Travail à la demande - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/075833-000-A/travail-a-la-demande
    https://api-cdn.arte.tv/api/mami/v1/program/fr/075833-000-A/1920x1080?ts=1619444271&watermark=true&text=true

    Livraison de repas à domicile, voitures avec chauffeur, participation rémunérée à des sondages : « l’économie des #petits_boulots » ou « #gig_economy » génère un chiffre d’affaires planétaire de 5 000 milliards de dollars, en constante expansion. Des États-Unis au Nigeria, de la France à la Chine, un voyage à la rencontre des travailleurs « #à_la_tâche » de l’économie numérique mondialisée.

  • Les serfs du numérique
    https://laviedesidees.fr/Durand-Techno-feodalisme.html

    À propos de : Cédric Durand, Techno-féodalisme. Critique de l’économie #numérique. Zones. Cédric Durand analyse les conséquences de l’essor de l’économie numérique sur les structures économiques en matière de dynamisme concurrentiel et de rapports sociaux, dont les caractéristiques s’apparenteraient à une nouvelle forme de féodalisme.

    #Économie #exploitation
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20210208_durand.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20210208_durand.docx

  • Subprime Attention crisis : la publicité ciblée ne fonctionne pas
    https://www.ladn.eu/adtech-et-martech/publicite-ciblee-moteur-economique-web-arnaque

    Dans son livre Subprime Attention Crisis, Tim Hwang explique que la publicité ciblée, la base financière d’une grande partie du web, est survalorisée et à l’origine d’une bulle financière qui pourrait mettre en péril l’économie. Interview.

    Lorsqu’il travaillait chez Google, une question taraudait le chercheur Tim Hwang. Pourquoi personne ne parle de la manière dont le géant du web gagne 80 % de ses revenus : la publicité ciblée ? Ces encarts publicitaires dont le contenu est censé être personnalisé pour chaque internaute selon son activité sur le web, son âge, son genre... En creusant le sujet, il se rend compte que ce moteur financier qui fait rouler le web (les GAFA, les médias et bien d’autres services en ligne), qui façonne nos usages (pensez au bouton like, un simple moyen de collecter des données et proposer des pubs personnalisées), et qui agite beaucoup de peurs autour de la surveillance de masse, est bien plus fragile qu’il en a l’air.

    Le fruit de ses recherches, le livre Subprime Attention Crisis, jette un pavé dans la marre. Il décrit le fonctionnement opaque de l’industrie de la publicité en ligne et explique que le ciblage issu de la collecte de données est largement survalorisé. À ses yeux, la pub en ligne est à l’origine d’une nouvelle bulle financière qui pourrait mettre en péril des pans entiers de l’économie. De la même manière que l’éclatement de la bulle des subprimes a provoqué la crise de 2008.

    #Publicité_ciblée #Economie_numérique

  • Vers l’éclatement de la bulle de la publicité en ligne ? | LinkedIn
    https://www.linkedin.com/pulse/vers-l%25C3%25A9clatement-de-la-bulle-publicit%25C3%25A9-en-ligne-dominiqu

    Oui, Dominique Boullier a raison, nous ne sommes pas dans un marché biface traditionnel, mais dans un marché à trois têtes :
    – l’usager ou l’usagère
    – le client de la plateforme (celui qui paye, donc l’annonceur)
    – le marché symbolique qui se traduit par la variation du cours de l’action (et qui joue autant pour la plateforme que pour les annonceurs).

    Dans cet article de Wired (https://www.wired.com/story/ad-tech-could-be-the-next-internet-bubble), que m’a fait passer Guilhem Fouetillou, l’auteur montre bien comment aucun chiffre de taux de conversion ou de retour sur investissement ne permet de justifier le montant actuel des investissements publicitaires en ligne. Toutes les marques attendent de voir qui osera arrêter de payer les plates-formes pour des placements publicitaires opaques (on ne sait pas où elles sont placées), à des tarifs opaques (des enchères sophistiquées), pour des résultats indémontrables en termes de comportement client (voir les travaux de Jean Samuel Beuscart sur le sujet). Les marques (et les petites encore plus que les grandes) continuent à faire la fortune de Google, Facebook et Amazon pour se rassurer, au cas où ça marcherait selon les principes (au choix) du « ça ne peut pas faire de mal » ou « si on ne le faisait pas, on ne sait pas ce qui pourrait se passer » ou encore « si les autres le font, c’est qu’il y a une bonne raison ». Bref, de l’imitation pure et simple, du comportement moutonnier habillé de justifications savantes pour ne pas paraitre trop bête. Mais ce qui se passe est une arnaque pure et simple de la part des plates-formes, comme le font les traders vis-à-vis des investisseurs, qui là aussi, sous prétexte de « digital » et de « machine learning », font avaler toutes les couleuvres qu’ils veulent à leurs clients en prenant une marge d’intermédiaire invraisemblable.

    Que s’est -il passé ? Il se trouve que tout un chapitre de mon récent livre (« Comment sortir de l’emprise des réseaux sociaux ») l’explique, en montrant comment la publicité est devenue affaire de réputation vis-à-vis des investisseurs tout autant que vis-à-vis des clients ordinaires. Les indicateurs de l’activité en ligne sont toujours aussi peu pertinents et n’ont pas pris la force d’une convention (à la différence des mesures d’audience des mass médias) mais ils servent à envoyer des signaux aux marchés (financiers) sur l’attractivité de la marque. Tout ça pour ça. Car la publicité de maintenant est une publicité à haute fréquence comme le trading et elle est désormais à visée financière plus que marchande.

    Et comme mon éditeur, Le Passeur, est d’une grande bonté, il m’a autorisé à reproduire le chapitre de mon livre qui en parle. Une exclusivité pour mon réseau Linkedin ;-)) (mais tout le reste du livre mérite la lecture, je vous le garantis !)

    #Publicité #Marché_biface #Plateformes #Economie_numérique

  • Spotify, une pirouette pour des cacahuètes - Culture / Next
    https://next.liberation.fr/musique/2020/09/25/spotify-une-pirouette-pour-des-cacahuetes_1800590

    Une charge au vitriol contre le modèle économique des plateformes de streaming. Salutaire.

    De la même manière que les trente dernières années auraient pu être contenues tout entières dans les yeux de Tom Cruise (ce regard intense sans rien derrière), les trente prochaines pourraient déjà briller dans ceux du fondateur de Spotify, Daniel Ek (petites billes ternes et sans espoir). En 2006, en lançant sa plateforme de streaming, ce Suédois réussissait à nous vendre, sous couvert de sursaut moral et économique, rien de moins qu’une des formes les plus perverses d’esclavage moderne. Face au piratage, au pillage aveugle des œuvres musicales, le streaming était présenté comme la seule solution viable. Légal, propre, transparent et donnant pleine satisfaction au client. Et on a tous plongé, parce que Spotify, c’était tout, tout de suite - les discographies, les titres, les pochettes, le minutage, les playlists.

    Qui aurait voulu revenir en arrière ? Mettre un disque ? Calvaire archaïque ! Lancer une bibliothèque MP3 ? Avec tout ce merdier à taguer, vous n’y pensez pas. Spotify, c’était l’autoroute sans risque, entièrement dégagée - l’essentiel des concurrents a fini dans le fossé, victimes d’une ergonomie inadaptée (Deezer) ou de mégalomanie mal placée (Tidal), et seul Apple tient encore la dragée. Vous voulez de la musique ? Spotify est là. Il a tout ce que vous voulez. Vous ne savez pas ce que vous voulez ? On va vous le trouver. De la musique pour rire, de la musique pour pleurer, de la musique tout le temps. Tout est possible. Un peu comme si au restaurant, le menu allait du rouget de roche sauce à l’encre au bol de porridge envoyé au jet à 120 bars de pression. Le client aura ce qu’il veut, même s’il ne l’a pas demandé. L’artiste, en revanche, celui qui fournit le grand saut, la vision, l’imaginaire, bref, la matière, devra se contenter de cacahuètes. D’un peu moins, en fait : comme le démontrait mathématiquement un compte Twitter il y a peu, une cacahuète est estimée à 0,005 dollar alors qu’un stream sur Spotify en rapporte 0,0004.

    Mais pour Daniel Ek, tout cela est parfaitement normal : dans une interview fin juillet, il déclarait que les musiciens « ne pouvaient plus se contenter de sortir des disques tous les trois ou quatre ans », qu’ils devaient « s’engager davantage ». Se diversifier. En sous-texte, devenir de vrais petits entrepreneurs. Révélant la véritable image de Spotify : un espace de coworking gratuit où l’on peut rencontrer son prochain employeur. Comme les places de villages au Mexique où exploitants et maîtres d’œuvre viennent chercher des bras pas cher. Le discours passe : il est à peine plus choquant que celui de WeWork ou d’Airbnb. Jeudi, Ek a eu le mérite d’énoncer encore plus clairement les choses en déclarant sur YouTube, l’air grave, earpods aux oreilles, barbe agonisante, qu’il allait reverser un milliard d’euros… à des start-up européennes. Des vraies. Qui en veulent. Des musiciens déposent à vos pieds, gratuitement, toute une vie de travail, d’espoir, de triomphes et de défaites, et les bénéfices vont à des types en chemise blanche qui passent leurs journées à essayer de trouver un sens au concept qu’ils ont vendu à leurs financeurs. La nouvelle est passée inaperçue. Certains ont applaudi. Tout le monde est resté sur l’autoroute. Celle où la musique est déversée par tombereaux chaque vendredi sans que personne ne se soucie de savoir qui est rémunéré. Il y a plus important. L’économie doit tourner. Gare à celui qui lui jettera le mauvais œil.

    Lelo Jimmy Batista Journaliste au service Culture

    #Spotify #Musique #Streaming #Economie_plateformes #Economie_numérique

  • Data & Society — Ethics Owners
    https://datasociety.net/library/ethics-owners

    Report authors Emanuel Moss and Jacob Metcalf draw on interviews and ethnographic observation to outline the tensions that “ethics owners” in Silicon Valley must navigate to operationalize ethics within their companies.
    Report Summary
    “At the root of the challenges ethics owners face is the fact that while the tech industry is adept at producing scalable solutions, ethical harms remain tied to highly specific contexts.” — Emanuel Moss, Jacob Metcalf

    In Ethics Owners: A New Model of Organizational Responsibility in Data-Driven Technology Companies, Data & Society researchers Emanuel Moss and Jacob Metcalf assert that understanding the work of ethics owners—and the tensions they face—is key to the future governance and regulation of tech companies, and the increasingly powerful technologies they design.

    While actual job titles vary, ethics owners are tasked with “translating public pressure into new corporate practices” by creating an ethical framework for technology workers to operate within. While previous ethical frameworks exist in practice in many sectors, none of these fully encompass the unique work of ethics owners within technology companies.

    Ethics owners run up against a multitude of challenges; what counts as ethics is not always clearly defined, and product designers and engineers don’t necessarily consider ethics integral to their role. Others view ethics owners as a compliance function, and might even consider them an annoyance. The authors identify six fundamental tensions that ethics owners face:

    Personal ethics: The personal ethics of the ethics owner do not always align with those of the corporation.
    Limiting harms: It’s easier to advocate for changes that limit harms rather than those that benefit the user.
    Business models: Whether it’s a direct-to-consumer or business-to-business model, standard practices vary and the business model has implications for how ethics owners approach their work.
    Nonmeasurable impact: Ethics owners’ work often cannot be measured with Silicon Valley’s traditional metrics model. They must work to create new ways of measuring impact.
    Users/nonusers: Ethics owners only have information on their users, making it difficult to understand the impact of their products on nonusers despite being tasked with understanding the full societal impact.
    Scale: Ethics must be applied contextually, and are difficult to scale across an industry, or even across teams in a single company.

    Ethics owners, Moss and Metcalf find, aren’t working to resolve these tensions; rather, their job is to navigate them and create effective cross-team communication and product design while protecting the company’s bottom line.

    Moss and Metcalf also present opportunities for ethics owners including publishing case studies, discussing failures, collaborating with civil society, and pushing for impact metrics that acknowledge and promote social benefit and justice.

    This report was produced by the AI on the Ground Initiative (AIGI) at Data & Society Research Institute.

    #Ethique #Economie_numérique

  • Apple Is Worth $2 Trillion, Punctuating Big Tech’s Grip - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/08/19/technology/apple-2-trillion.html

    As recently as mid-March, Apple’s value was under $1 trillion after the stock market plunged over fears of the coronavirus. On March 23, the stock market’s nadir this year, the Federal Reserve announced aggressive new measures to calm investors. Since then, the stock market — and particularly the stocks of Apple, Microsoft, Amazon, Alphabet and Facebook — largely soared, with the S&P 500 hitting a new high on Tuesday.

    Investors have poured billions of dollars into the tech behemoths, betting that their immense size and power would serve as refuges from the pandemic-induced recession. Together, those five companies’ value has swelled by almost $3 trillion since March 23, nearly the same growth as the S&P 500’s next 50 most valuable companies combined, including Berkshire Hathaway, Walmart and Disney, according to S&P Global, the market analytics firm. Apple’s valuation alone rose by $6.8 billion a day, more than the value of American Airlines.

    Ce n’est pas vraiment l’innovation qui fait la bourse

    Apple’s rapid rise to $2 trillion is particularly astonishing because the company has not done much new in the past two years. It has simply built one of the tech industry’s most effective moneymakers, which has such a firm grip over how people communicate, entertain themselves and shop that it no longer relies on groundbreaking inventions to keep the business humming.

    When Apple first reached $1 trillion in August 2018, it came after decades of innovation. The company, founded in 1976 by Steve Jobs and Steve Wozniak, churned out world-changing products like the Macintosh computer, the iPod, the App Store and the iPhone.

    Since then, it has mostly tweaked past creations, selling gadgets with names like the Apple Watch Series 5, the AirPods Pro and the iPhone 11 Pro Max. It has also pushed into services such as streaming music, streaming movies and TV programs and providing news, selling subscriptions for them.

    Apple has also wielded another powerful tool to boost its valuation and enrich its investors and executives: stock buybacks. Since the company’s value hit $1 trillion, it has returned $175.6 billion to shareholders, including $141 billion in stock buybacks. Apple has repurchased more than $360 billion of its own shares since 2012, by far the most of any company, and has announced plans to spend at least tens of billions of dollars more on Apple stock.

    Apple has increased its buybacks since it used the Trump administration’s 2017 tax law to bring back most of the $252 billion it had once held abroad. (The law saved it $43 billion in taxes on the move, according to the Institute on Taxation and Economic Policy, a research group in Washington.) Apple has $194 billion in cash and bonds.

    Buying back stock generally increases a company’s share price, in part because it reduces the total number of shares for sale. Critics have argued that it also increases inequality because it mostly enriches wealthy investors and the company’s own executives, who are often large shareholders, as is the case with Apple. Executives and some economists said that returning excess cash to shareholders is better than sitting on it.

    Apple is the second publicly traded company to hit $2 trillion. Saudi Aramco, Saudi Arabia’s state-owned oil company, went public in December and briefly exceeded the $2 trillion mark. It remained the world’s most valuable company until Apple surpassed it last month.

    Others are vying to reach the $2 trillion mark soon. The candidates likely to hit that milestone next? Microsoft, Amazon and Alphabet.

    #Apple #Bourse #2000_milliards #Economie_numérique

  • Neo-Nazis on DeviantArt Radicalized a Woman Who Planned a Mass Shooting - VICE
    https://www.vice.com/en_us/article/zmp5y3/neo-nazis-on-deviantart-radicalized-a-woman-who-planned-a-mass-shooting

    DeviantArt, founded in 2000, is home to millions of users and hundreds of millions of pieces of art. It’s offered a home for marginalized artists and communities to create and share work. If you can visualize it, odds are DeviantArt has it.

    But like many large social media platforms, there exists a small but thriving hive of extremists on DeviantArt, similar to the ones Souvannarath came across. These extremists have created a network of far-right user groups where they create and share far-right propaganda, talk and write about fascism, and recruit vulnerable users.

    The far-right propaganda posted on DeviantArt is then disseminated across the web, which experts say works as a gateway drug to recruitment to neo-Nazi groups.

    Jeremy Blackburn, a professor at the University of Alabama at Birmingham, studies memes and the online spaces of the far-right. Blackburn said that in the far-right ecosystem like 4Chan’s /pol/ board or Gab, images like the ones created and stored on DeviantArt are immensely important.

    "Essentially what is happening is that people’s brains are being hacked, especially in terms of imagery—it’s very digestible, it’s super-duper easy to share,” said Blackburn. “It takes like 15 to 20 seconds, at most, to look at a meme and that’s where I think the danger is. You can become inundated with them and basically read the equivalent of reams of propaganda.”

    When VICE provided spokespeople for DeviantArt with evidence of neo-Nazi content on the site, they referenced the site’s commitment to freedom of artistic expression and its zero tolerance policy for “hate propaganda.”

    “As an art-centric social network, the DeviantArt community has traditionally been allowed a wide range of expression both in comments and in artistic themes,” spokespeople said in an emailed statement. “This is important for a site that aims to represent all artists. However, we draw a hard line when it comes to hate speech that aims to purposely cause pain to others in a hateful way. DeviantArt’s Etiquette Policy clearly states that ‘hate propaganda is met with zero tolerance.’”

    eviantArt was founded at the turn of the millennium by three friends. In 2017, the site was bought by the web development company Wix for $36 million. At the time of purchase, Techcrunch reported that the site had over 40 million members and over 325 million pieces of individual art online.

    While the vast majority of the site is innocuous, if you stumble across the wrong keyword, the website will feed you content ranging from graphic art of neo-Nazis gunning people down to Hitler drawn as an anime girl.

    Fascist groups on DeviantArt have hundreds of members and hundreds of thousands of views. All of the pages are pretty similar, but have a flavour that couldn’t be found anywhere but DeviantArt.

    “We are a group of Fascist, National Socialists, Phalangist, Intergalists, Civic Nationalists, and others who also happen to like anime,” reads the description of one page called Fascist Anime. “The main purpose of the group is to combine fascist propaganda with anime, usually with cute anime girls. Why? Because the internet needed something like this!”

    Souvannarath’s case is one amplified to an extreme degree, but it is an outsized reflection of the way the content economy works. DeviantArt has long been a core source of artwork that powers the rest of the internet’s image and meme-based economy, with original work from DeviantArt spreading throughout the message boards and the rest of the social web. So it goes with DeviantArt’s fascist repositories, with images first posted there later spreading among white supremacist groups on Twitter, Gab, 4Chan, and Reddit.

    Non-hierarchical, but predictable, behaviour from neo-Nazi propagandists is exactly what Blackburn found when researching 4Chan. There, he found that the best art or memes would be curated and shared through a pipeline by power users to other social media sites.

    One propagandist, who goes by the alias “Dark Foreigner” and has been connected to Atomwaffen and its sister groups, has been uploading his propaganda to DeviantArt and cross-linking it to his other accounts for over a year. Dark Foreigner uses the automated DeviantArt system to sell his prints for $4.79 USD a pop. DeviantArt controls the prints section of its website and takes upwards of an 80 percent cut, meaning that if someone buys neo-Nazi propaganda on DeviantArt, the company not only ships it to them, but makes a profit.

    VICE asked DeviantArt questions regarding Dark Foreigner’s business selling propaganda but did not receive any responses. His work remains for sale on the website.

    #Faschosphère #DeviantArt #Wix #Economie_numérique

  • Et si on revenait à la bougie ?
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1127

    Cela fait 150 ans que ça dure. Depuis l’invention de la « Houille blanche » en 1869 à Grenoble, des générations d’opposants au despotisme de l’électro-industrie ont essuyé l’invective : « - Vous les opposants (passéistes/obscurantistes/conservateurs/écologistes), vous voulez revenir à la bougie ! » Le mouvement anti-Linky, les pêcheurs du Tréport opposés aux éoliennes en mer et les habitants de Bure contre l’enfouissement de déchets nucléaires sous leurs pieds, font partie parmi tant d’autres de cette dernière vague d’humains à se faire ainsi apostropher par les Seigneurs du Progrès. À force, on finit par se demander si l’électrification de nos vies, de nos villes et campagnes, à l’échelle nationale et globale, fut un tel bienfait, et pour qui. C’est ce que nous avons tâché de savoir, à partir de l’exemple (...)

    #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/geg.pdf