• Cent projets de start-up pour renforcer le service public
    https://www.lefigaro.fr/entrepreneur/cent-projets-de-start-up-pour-renforcer-le-service-public-20210905

    L’État est devenu incubateur de jeunes pousses. À Bercy, l’une d’elles, Signaux Faibles, est censée mieux détecter les entreprises en difficulté.

    Pour faire bouger l’État, il y a les vastes réflexions sur les nouveaux enjeux du service public et les petits pas concrets. Le programme Beta.gouv suit clairement la seconde voie. Il vise à « aider les administrations publiques à améliorer le service public de l’intérieur grâce au numérique » en s’appuyant sur des start-up d’État, c’est-à-dire des services innovants incubés au sein des ministères ou des administrations.

    Concrètement, il s’agit de donner aux fonctionnaires, à l’esprit entrepreneur et au projet solide, les moyens financiers et le temps pour développer leurs idées de nouveaux outils internet tournés vers les usagers. Ces incubateurs inspirés du privé permettent ainsi à l’État de valoriser ses agents les plus innovants, mais aussi de mobiliser l’expertise de jeunes informaticiens, codeurs, qui, sans cette promesse de souplesse et d’autonomie dans le travail, n’auraient jamais pensé rejoindre la direction d’un ministère.

    La suite payante, mais à lire : Start-up nation : quand l’État programme son obsolescence Jules Brion https://seenthis.net/messages/926470

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  • Start-up nation : quand l’État programme son obsolescence Jules Brion
    https://lvsl.fr/start-up-nation-quand-letat-programme-son-obsolescence

    Depuis de nombreuses années, les start-ups françaises peuvent se targuer d’avoir à leur disposition de nombreuses subventions publiques et un environnement médiatique favorable. Partant du postulat que la puissance privée est seule capable d’imagination et d’innovation, l’État français finance à tour de bras ces « jeunes pousses » dans l’espoir schumpéterien de révolutionner son économie. Cette stratégie économique condamne pourtant la puissance publique à l’impuissance et à l’attentisme.


    Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, promouvant la “French Tech” au Consumer Electronics Show de Las Vegas en 2016. © Christophe Pelletier

    En 2017, Emmanuel Macron avait largement axé sa campagne présidentielle sur un discours général favorable à l’entreprenariat. La stratégie économique française valorise ainsi la création de nouvelles entreprises, dites jeunes pousses ou start-ups. En avril 2017, le futur président français assène qu’une « start-up nation est une Nation où chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une ». Ces entités ont pour vocation de proposer des technologies de ruptures disruptives, selon l’expression de l’économiste américain Clayton Christensen, c’est-à-dire une redéfinition des règles du jeu économique venant remplacer les anciens schémas de pensée.

    Cette configuration institutionnelle favorable aux start-ups n’est cependant pas apparue subitement lors de la dernière présidentielle. Le label French Tech est en effet lancé dès 2013 par Fleur Pellerin, alors Ministre déléguée chargée des Petites et moyennes entreprises, de l’Innovation et de l’Économie numérique. Ce programme a pour ambition de développer les jeunes pousses hexagonales. Les successeurs de Fleur Pellerin vous tous accompagner et poursuivre ce mouvement d’effervescence : en 2015 sont lancés le French Tech Ticket ainsi que le French Tech Visa en 2017.

    Ce discours s’accompagne d’un appel à créer le plus de licornes possibles : des start-ups valorisées sur les marchés à plus d’un milliard d’euros. Alors que la France compte 3 licornes en 2017, ce chiffre est passé à 15 en 2020. Le gouvernement espère qu’il en sera crée 10 de plus d’ici 2025. Ce constant appel à l’innovation s’inspire de l’exemple israélien, parangon de la start-up nation, qui compte une jeune pousse pour 1400 habitants. Poussé par l’afflux de liquidités fourni par son ministère de la défense, l’État hébreux s’est lancé très tôt dans cette stratégie économique. Les nombreuses start-ups qui y sont créées permettent à Israël de mieux peser sur la scène internationale : son secteur de l’innovation représente 10% de son PIB et près de la moitié de ses exportations.

    De l’État providence à l’État subventionneur
    Toutes ces entreprises ne se sont pas créées d’elles-mêmes. Pour leur écrasante majorité, elles ont largement été financées par la puissance publique. Dès 2012, tout un écosystème institutionnel favorable à l’entreprenariat individuel est mis en place. En pleine campagne présidentielle, François Hollande promet une réindustrialisation rapide et efficace de la France. Afin d’atteindre cet objectif ambitieux, ce dernier entend créer « une banque publique d’investissement qui […] accompagnera le développement des entreprises stratégiques ». Quatre mois plus tard naît la Banque Publique d’Investissement (BPI), détenue par la Caisse des Dépôts et des Consignations (CDC) ainsi que par l’État. La BPI a pour mission de « financer des projets de long terme » et d’œuvrer à la « conversion numérique » de l’Hexagone. Très vite, l’institution devient un outil permettant à l’État de financer massivement les start-ups. La BPI subventionne ainsi le label French Tech à hauteur de 200 millions d’euros et est actionnaire de nombreuses start-ups françaises.

    Comme le pointe un rapport publié par Rolland Berger, une grande majorité des entreprises du French Tech Next 40/120 — un programme regroupant les start-ups françaises les plus prometteuses — a reçu des prêts et des subventions de la puissance publique. On estime ainsi que 89% de ces entreprises ont reçu une aide indirecte de la BPI ! En pleine crise sanitaire, l’institution obtient plus de 2 milliards d’euros pour soutenir ces entreprises innovantes tandis que 3,7 milliards du plan de relance décidé en 2020 par le gouvernement a été fléché vers la création et l’aide aux start-ups. Cedric O, Secrétaire d’État chargé de la Transition numérique, confirme ainsi qu’il « va y avoir des opportunités suite à la crise [sanitaire], tout comme celle de 2008 ».

    Pour autant, l’État français ne soutient pas ses start-ups uniquement sur le plan financier. La loi Pacte de 2019, en continuité avec la loi Allègre de 1999, facilite les passerelles public-privé et encourage les chercheurs à créer des entreprises. Ces dispositions législatives permettent à des recherches menées et financées grâce à de l’argent public d’être « valorisées », c’est-à-dire en réalité privatisées, par le secteur lucratif. Des Sociétés d’Accélération du Transfert de Technologies (SATT) ont été créées pour accélérer ce processus dans de nombreuses universités. Plus de 250 start-ups ont été développées par le prisme de ce réseau depuis 2012. L’Union européenne n’est pas en reste dans cette stratégie de soutien massif aux « jeunes pousses ». Sa stratégie Horizon 2020, un programme de 79 milliards d’euros étalé entre 2014 et 2020, dédiait 20% de son budget à la création de start-ups. Pléthore de pays européens se tournent eux aussi vers des stratégies de numérisation de l’économie, souvent via un soutien sans faille aux start-ups. En 2012, le ministre italien de l’économie, sous le gouvernement du technocrate Mario Monti, a promulgué une loi qui a permis à l’État italien de dépenser 200 millions d’euros pour aider les jeunes entreprises du pays, dans le but de « promouvoir la mobilité sociale ». Depuis 2019, le fonds national pour l’innovation italien a dépensé 245 millions d’euros pour subventionner 480 start-ups.

    Le mythe des start-ups souveraines et créatrices d’emplois
    Si les nations européennes axent autant leurs stratégies économiques sur le développement des start-ups, c’est avant tout car cette politique permet aux États de prétendre agir dans des domaines clefs où leur incurie a mainte fois été pointée du doigt : la lutte contre le chômage de masse et la mise en place d’une souveraineté technologique. 

    Nombre de médias se sont ainsi fait le relais de la start-up mania, louant la capacité de la French Tech à « créer 224.000 nouveaux emplois d’ici à 2025 » et à être le « fer de lance de l’économie ». Ces jeunes pousses permettraient de créer jusqu’à « 5,2 emplois indirects qui dépendent de [leur] activité » et d’œuvrer à la réindustrialisation de la France. Ce constat mérite pourtant d’être nuancé. Comme cela a déjà été évoqué, la start-up mania s’accompagne d’une aide inconditionnelle de l’État français par le prisme de la BPI. Pourtant, comme l’ont analysé nos confrères du Média, le bilan de l’institution est tâché de nombreux scandales. La banque, dès sa création, n’a pas été pensée comme un organisme capable de contenir et d’endiguer la désindustrialisation de l’Hexagone. M. Moscovici, alors ministre des finances, déclarait ainsi en 2012, que « la BPI n’est pas un outil défensif, c’est un outil offensif, n’en faisons pas un pompier ».

    L’institution est en effet souvent demeurée indifférente aux plans de licenciements et en a même favorisé certains comme le confirment les exemples des entreprises Veralia et Arjowiggins. Une loi du 23 mars 2020 a quant à elle permis d’ouvrir le conseil d’administration de l’institution à des acteurs privés, laissant une fois de plus planer le doute sur la capacité et la volonté de la banque publique d’agir pour le bien commun.

    Il est également permis de rester sceptique face à une stratégie de réduction de chômage structurelle se basant principalement sur le soutien à des start-ups qui participent à la « plateformisation » de notre économie. En proposant de mettre en contact clients et professionnels, des entreprises telles que Uber ou Deliveroo s’évertuent à détruire code du travail et régulations étatiques. Alors qu’elles sont vendues comme des instruments permettant de lutter contre le chômage, ces start-ups ne peuvent exister et espérer devenir rentables que par une grande flexibilité et en excluant leurs travailleurs du salariat. Le gouvernement socialiste espagnol vient ainsi récemment de légiférer afin de contrôler ces géants de l’économie de plateforme, permettant de conférer un statut de salarié aux livreurs qui étaient considérés comme des travailleurs indépendants. À peine la nouvelle annoncée, Deliveroo a annoncé qu’elle comptait mettre fin à ses activités dans le pays, tandis que ses concurrents Stuart, Glovo et UberEats critiquaient cette décision qui va mettre « en danger un secteur qui apporte 700 millions d’euros au PIB national ».

    En somme, la France semble avoir abandonné toute stratégie ambitieuse de réduction du chômage de masse. Plutôt que de défendre le droit de tout citoyen à obtenir un emploi, inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946, l’État dépense des sommes faramineuses afin d’encourager la création d’entreprises à l’avenir très incertain. Dans cette politique qui s’apparente à un véritable choix du chômage, les citoyens sont appelés à innover alors même que les multiples causes du chômage structurelle sont éludées. Pour autant, cette incurie étatique ne date ni du quinquennat Hollande ni du mandat du président Macron : Raymond Barre déclarait en 1980 que « les chômeurs pourraient essayer de créer leur entreprise au lieu de se borner à toucher les allocations de chômage ! ».

    NDLR :  Pour en savoir plus sur les choix politiques et économiques ayant conduit à un chômage de masse persistant, lire sur LVSL l’interview de Benoît Collombat par le même auteur https://lvsl.fr/le-choix-du-chomage-est-la-consequence-de-decisions-neoliberales-entretien-avec : « Le choix du chômage est la conséquence de décisions néolibérales ».

    Outre l’argument des créations d’emplois, le soutien aux start-ups est également justifié par une nécessaire préservation de la souveraineté nationale. Dès qu’éclate en 2013 l’affaire Snowden, la préservation de la vie privée et la souveraineté technologique deviennent des préoccupations politiques majeures. Des entrepreneurs ont profité de ce phénomène pour proposer des technologies souveraines capables de réduire l’impuissance des nations européennes face à l’espionnage de masse. Les États comme la France vont alors largement baser leur politique de défense de la souveraineté nationale par un soutien massif à des start-ups.

    L’exemple de l’entreprise Qwant est sur ce point éloquent tant il permet de montrer les insuffisances et les impasses d’une telle approche. Fondée en 2011 par Jean-Manuel Rozan, Eric Léandri et Patrick Constant, l’entreprise se rêve en « Google français » en proposant un moteur de recherche souverain. Alors que la société n’est pas loin de la faillite, l’affaire Snowden lui permet de faire un large lobbying au sein des institutions françaises. Ces efforts seront rapidement récompensés puisque la Caisse des Dépôts et des Consignations investit en 2017 plus de 20 millions d’euros dans le projet tout en détenant 20% de son capital. En janvier 2020, l’État annonce même que Qwant est désormais installé sur les postes informatiques de l’administration publique. Pourtant, force est de constater que cette aide massive n’a pas permis de bâtir un moteur de recherche réellement souverain : en 2019, soit sept ans après sa création, Qwant utilise la technologie de Bing (Microsoft) dans 75% des recherches effectuées. Une note de la Direction interministérielle du numérique (DINUM) pointe également les nombreuses failles de l’entreprise, tels que les salaires mirobolants de ses dirigeants et les nombreux problèmes techniques du logiciel utilisé par Qwant, qui laissent perplexe quant au soutien massif que lui prodigue l’État. Plus largement, rien n’indique qu’une entreprise créée sur le sol français ne tombera pas aux mains de fonds d’investissements étrangers : parmi les licornes « françaises », la start-up Aircall (téléphonie via IP) est détenue à majorité par des acteurs non-français, tandis que Voodoo (jeux vidéo) a fait rentrer le géant chinois Tencent à son capital.

    Quand les start-ups remplacent l’État
    Le recours aux start-ups s’explique également par une prétendue incapacité de l’État à innover, à comprendre le marché et à « prendre des risques ». Ce mythe, pourtant déconstruit méthodiquement par l’économiste Mariana Mazzucato dans The Entrepreneurial State (paru en français en 2020), laisse penser que seul le secteur privé est capable de faire évoluer nos activités économiques et donc de créer des emplois. Comme l’analyse l’auteure, « le « retard » de l’Europe par rapport aux États-Unis est souvent attribué à la faiblesse de son secteur du capital-risque. Les exemples des secteurs de haute technologie aux États-Unis sont souvent utilisés pour expliquer pourquoi nous avons besoin de moins d’État et de plus de marché ». Nombre de start-ups se servent de ce mythe auto-réalisateur pour légitimer leur activité.

    Il est intéressant de noter que cette mentalité a également imprégné les dirigeants d’institutions publiques. Un rapport de la CDC ayant fuité en 2020 et prétendant redéfinir et révolutionner la politique de santé française chantait les louanges du secteur privé, des partenariats public-privé et de 700 start-ups de la healthtech. La puissance publique finance volontiers des jeunes pousses du domaine de la santé, à l’image d’Owkin, qui utilise l’intelligence artificielle pour traiter des données médicales, ou encore Lucine qui, grâce à des sons et des images, revendique la capacité de libérer des endorphines, de la morphine ou de l’adrénaline. La CDC détient également 38,8% d’Icade santé, un des acteurs majeurs du secteur privé et lucratif de la santé en France. De fait, les start-ups médicales s’immiscent de plus en plus au sein des institutions privées, à l’image d’Happytal, financé à hauteur de 3 millions d’euros par la BPI, qui propose à prix d’or aux hôpitaux des services de pré-admission en ligne ou de conciergerie de patients hospitalisés. Pour encourager les jeunes pousses à envahir les hôpitaux publics, la puissance publique va jusqu’à prodiguer, via un guide produit par BPI France https://www.lemediatv.fr/articles/2021/bpi-france-banque-publique-interets-prives-letat-livre-la-sante-aux-financ , des conseils pour entrepreneurs peu scrupuleux expliquant comment passer outre des agents publics dubitatifs et méfiants qui ont « tendance à freiner les discussions » !

    Ainsi, comme l’analyse Mariana Mazzucato, « c’est donc une prophétie auto-réalisatrice que de considérer l’État comme encombrant et uniquement capable de corriger les défaillances du marché ». Pourtant, les start-ups ne pullulent pas uniquement grâce à ce zeitgeist favorable à l’entreprenariat, mais profitent directement de l’incapacité de l’État à fournir des services à ses citoyens, renforçant d’autant plus le mythe évoqué par Mariana Mazzucato. L’exemple de l’attribution à Doctolib du vaste marché de la prise de rendez-vous en ligne des Hôpitaux de Paris (AP-HP) en 2016 est révélateur de ce phénomène : devenu incapable de fournir un service public de prise de rendez-vous, l’État a dû confier les données de santé de millions de français à cette start-up française. La même expérience s’est répétée lors de la prise des rendez-vous de la vaccination contre le COVID-19, qui ont permis à l’entreprise d’engranger des millions de nouveaux clients sans aucune dépense de publicité.

    Vers une bulle spéculative ?
    Outre les questions que soulève le soutien massif de l’État français aux jeunes pousses du numérique, il convient également de se poser la question de la crédibilité économique de ces entreprises. En effet, il apparaît que nombre de ces sociétés participent à la financiarisation de nos activités économiques et deviennent des actifs spéculatifs et instables. Plus que de « changer le monde », un créateur de start-up recherche principalement à réaliser un « exit », c’est-à-dire à réaliser une belle plus-value via le rachat ou l’entrée en bourse de son entreprise. Dans un climat hostile et instable — on estime que seulement 20 % des jeunes pousses réussissent cet « exit » — les entrepreneurs sont poussés à dilapider le plus rapidement l’argent qu’ils ont à leur disposition. Cette stratégie, dénommée burn rate, est souvent perçue comme une perspective de croissance future par les investisseurs.

    De plus, les entrepreneurs sont souvent poussés à embellir leurs entreprises en exagérant le potentiel des services qu’elles proposent, voire en mentant sur leurs résultats, comme le montrent les exemples de Theranos (tests sanguins soi-disant révolutionnaires), Rifft (objets connectés) ou The Camp (technopôle provençal en perdition adoubé par M. Macron). Cela conduit les start-ups technologiques à avoir un ratio de valorisation sur chiffre d’affaires très élevé. Alors qu’il n’est que de 2,6 fois pour Amazon, c’est-à-dire que la valorisation boursière de l’entreprise n’excède « que » de 2,6 fois son chiffre d’affaires, ce nombre atteint plus de 50 pour certaines licornes. Pour AirBnb, la troisième licorne mondiale valorisée à 25,5 milliards de dollars, le chiffre est par exemple de 28,6. Alors que dans une entreprise traditionnelle la valeur des actions est estimée par les investisseurs en fonction de l’estimation des bénéfices futurs d’une entreprise, ce chiffre est très largement secondaire dans les levées de fonds de start-ups. Ainsi, de nombreuses licornes ne prévoient pas à court ou moyen terme de réaliser des bénéfices. L’entreprise Lyft a par exemple enregistré l’an dernier une perte de 911 millions de dollar, tandis qu’Uber a perdu 800 millions de dollars en un trimestre. On estime que sur les 147 licornes qui existent autour du globe, seulement 33 sont rentables. En somme, les investisseurs s’intéressent principalement à la capacité d’une start-up à produire une masse d’utilisateurs la plus large possible. Ce phénomène justifie des dépenses gargantuesques par ces mastodontes de l’économie de plateforme : Lyft a dépensé 1,3 milliard de dollars en marketing et en incitations pour les chauffeurs et les coursiers en 2018. Cet écosystème très instable a toutes les chances de participer à la création d’une bulle spéculative sous la forme d’une pyramide de Ponzi. En effet, si nombre de ces entreprises sont incapables à moyen terme de produire un quelconque bénéfice, que leurs actifs sont surévalués et que les règles du jeu économique poussent les entrepreneurs à dépenser sans compter tout en accentuant excessivement les mérites de leurs produits, les marchés financiers risquent de connaître une nouvelle crise technologique comparable à celle de 2001.

    La stratégie économique de soutien massif aux start-ups adoptée par l’État français s’apparente ainsi fortement à une politique néolibérale. En effet, comme ont pu l’analyser Michel Foucault et Barbara Stiegler, le néolibéralisme, loin d’être favorable à un État minimal, comme le libéralisme classique, prône l’émergence d’un État fort capable de réguler l’économie et d’adapter les masses au sens de l’évolution capitaliste ; c’est-à-dire aux besoins du marché. Ce constat conduit l’auteure d’Il faut s’adapter (Gallimard, 2019) à affirmer que « la plupart du temps les responsables de gauche caricaturent ainsi le néolibéralisme en le prenant pour un ultralibéralisme lointain […] si bien que dès qu’un gouvernement fait appel à plus l’État, ces responsables croient que ça signifie que la menace ultralibérale a été repoussée ». De fait, plutôt que de considérer de facto une politique de soutien aux start-ups comme souhaitable et efficace, il conviendrait de rester prudent vis-à-vis de ce genre d’initiative. Une telle attitude serait d’autant plus vertueuse qu’elle permettrait de comprendre que « l’économie disruptive », loin de dynamiter les codes du secteur économique, imite sans scrupule les recettes du « monde d’avant ». Les concepts flous de « start-up » ou de « technologies de ruptures » y sont les nouveaux arguments d’autorité justifiant la destruction de nos écosystèmes, la disparition des petites entreprises et des services publics et la précarisation de pans entiers de la populations.

    NDLR :  Pour en savoir plus sur la différence entre libéralisme et néolibéralisme, lire sur LVSL https://lvsl.fr/limperatif-neoliberal-de-ladaptation-par-barbara-stiegler l’article réalisé par Vincent Ortiz et Pablo Patarin : L’impératif néolibéral de « l’adaptation » : retour sur l’ouvrage de Barbara Stiegler.

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    • Paris - 29 Mars 2021 : Think Tec Summit, 10 000 start_ups pour changer le monde ! (Cérémonie).
      https://10kstartups-pour-changer-le-monde.fr

      La Tech au coeur de la relance économique ? 
Financement, impact, hypercroissance, Covid-19, jeunesse et relance, mixité, relocalisations dans les territoires d’industrie, biotech, souveraineté…
      Le 29 mars, La Tribune réunit l’ensemble de l’écosystème tech au Grand Rex de Paris pour le Think Tech Summit, l’événement de référence qui pense le futur de la French Tech, comme moteur de la relance, comme tremplin d’emplois, comme modèle d’insertion.
      https://www.youtube.com/watch?v=Xl3G02GYyY8

      15h00 - Keynote : Où va la French Tech ?
      15h20 - 11 licornes, et après ? Les défis de l’hypercroissance
      15h50 - Vaccins, médicaments : comment faire grandir les biotech ?
      16h20 - KEYNOTE : L’international avec Business France
      16h30 - La startup nation, moteur de la Relance ?
      17h00 - La tech peut-elle relancer les territoires d’industrie ?
      17h30 - KEYNOTE : Les startups contre Apple, un enjeu de concurrence
      17h45 - Cleantech, Enertech : quelles innovations de rupture ?
      18h15 - La souveraineté peut-elle se gagner par la technologie ?
      18h45 - KEYNOTE : Les années 20 seront exubérantes !
      19h00 - Cérémonie 10K
      20h00 - After Work « Think Tech Summit »

      L’apothéose d’une tournée dans toute la France et en Outre-Mer, pendant laquelle La Tribune et son jury d’experts ont entendu 180 pitchs et primé 48 lauréats dans six catégories.

  • Travail à la demande - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/075833-000-A/travail-a-la-demande
    https://api-cdn.arte.tv/api/mami/v1/program/fr/075833-000-A/1920x1080?ts=1619444271&watermark=true&text=true

    Livraison de repas à domicile, voitures avec chauffeur, participation rémunérée à des sondages : « l’économie des #petits_boulots » ou « #gig_economy » génère un chiffre d’affaires planétaire de 5 000 milliards de dollars, en constante expansion. Des États-Unis au Nigeria, de la France à la Chine, un voyage à la rencontre des travailleurs « #à_la_tâche » de l’économie numérique mondialisée.

  • Les serfs du numérique
    https://laviedesidees.fr/Durand-Techno-feodalisme.html

    À propos de : Cédric Durand, Techno-féodalisme. Critique de l’économie #numérique. Zones. Cédric Durand analyse les conséquences de l’essor de l’économie numérique sur les structures économiques en matière de dynamisme concurrentiel et de rapports sociaux, dont les caractéristiques s’apparenteraient à une nouvelle forme de féodalisme.

    #Économie #exploitation
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20210208_durand.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20210208_durand.docx

  • Subprime Attention crisis : la publicité ciblée ne fonctionne pas
    https://www.ladn.eu/adtech-et-martech/publicite-ciblee-moteur-economique-web-arnaque

    Dans son livre Subprime Attention Crisis, Tim Hwang explique que la publicité ciblée, la base financière d’une grande partie du web, est survalorisée et à l’origine d’une bulle financière qui pourrait mettre en péril l’économie. Interview.

    Lorsqu’il travaillait chez Google, une question taraudait le chercheur Tim Hwang. Pourquoi personne ne parle de la manière dont le géant du web gagne 80 % de ses revenus : la publicité ciblée ? Ces encarts publicitaires dont le contenu est censé être personnalisé pour chaque internaute selon son activité sur le web, son âge, son genre... En creusant le sujet, il se rend compte que ce moteur financier qui fait rouler le web (les GAFA, les médias et bien d’autres services en ligne), qui façonne nos usages (pensez au bouton like, un simple moyen de collecter des données et proposer des pubs personnalisées), et qui agite beaucoup de peurs autour de la surveillance de masse, est bien plus fragile qu’il en a l’air.

    Le fruit de ses recherches, le livre Subprime Attention Crisis, jette un pavé dans la marre. Il décrit le fonctionnement opaque de l’industrie de la publicité en ligne et explique que le ciblage issu de la collecte de données est largement survalorisé. À ses yeux, la pub en ligne est à l’origine d’une nouvelle bulle financière qui pourrait mettre en péril des pans entiers de l’économie. De la même manière que l’éclatement de la bulle des subprimes a provoqué la crise de 2008.

    #Publicité_ciblée #Economie_numérique

  • Vers l’éclatement de la bulle de la publicité en ligne ? | LinkedIn
    https://www.linkedin.com/pulse/vers-l%25C3%25A9clatement-de-la-bulle-publicit%25C3%25A9-en-ligne-dominiqu

    Oui, Dominique Boullier a raison, nous ne sommes pas dans un marché biface traditionnel, mais dans un marché à trois têtes :
    – l’usager ou l’usagère
    – le client de la plateforme (celui qui paye, donc l’annonceur)
    – le marché symbolique qui se traduit par la variation du cours de l’action (et qui joue autant pour la plateforme que pour les annonceurs).

    Dans cet article de Wired (https://www.wired.com/story/ad-tech-could-be-the-next-internet-bubble), que m’a fait passer Guilhem Fouetillou, l’auteur montre bien comment aucun chiffre de taux de conversion ou de retour sur investissement ne permet de justifier le montant actuel des investissements publicitaires en ligne. Toutes les marques attendent de voir qui osera arrêter de payer les plates-formes pour des placements publicitaires opaques (on ne sait pas où elles sont placées), à des tarifs opaques (des enchères sophistiquées), pour des résultats indémontrables en termes de comportement client (voir les travaux de Jean Samuel Beuscart sur le sujet). Les marques (et les petites encore plus que les grandes) continuent à faire la fortune de Google, Facebook et Amazon pour se rassurer, au cas où ça marcherait selon les principes (au choix) du « ça ne peut pas faire de mal » ou « si on ne le faisait pas, on ne sait pas ce qui pourrait se passer » ou encore « si les autres le font, c’est qu’il y a une bonne raison ». Bref, de l’imitation pure et simple, du comportement moutonnier habillé de justifications savantes pour ne pas paraitre trop bête. Mais ce qui se passe est une arnaque pure et simple de la part des plates-formes, comme le font les traders vis-à-vis des investisseurs, qui là aussi, sous prétexte de « digital » et de « machine learning », font avaler toutes les couleuvres qu’ils veulent à leurs clients en prenant une marge d’intermédiaire invraisemblable.

    Que s’est -il passé ? Il se trouve que tout un chapitre de mon récent livre (« Comment sortir de l’emprise des réseaux sociaux ») l’explique, en montrant comment la publicité est devenue affaire de réputation vis-à-vis des investisseurs tout autant que vis-à-vis des clients ordinaires. Les indicateurs de l’activité en ligne sont toujours aussi peu pertinents et n’ont pas pris la force d’une convention (à la différence des mesures d’audience des mass médias) mais ils servent à envoyer des signaux aux marchés (financiers) sur l’attractivité de la marque. Tout ça pour ça. Car la publicité de maintenant est une publicité à haute fréquence comme le trading et elle est désormais à visée financière plus que marchande.

    Et comme mon éditeur, Le Passeur, est d’une grande bonté, il m’a autorisé à reproduire le chapitre de mon livre qui en parle. Une exclusivité pour mon réseau Linkedin ;-)) (mais tout le reste du livre mérite la lecture, je vous le garantis !)

    #Publicité #Marché_biface #Plateformes #Economie_numérique

  • Spotify, une pirouette pour des cacahuètes - Culture / Next
    https://next.liberation.fr/musique/2020/09/25/spotify-une-pirouette-pour-des-cacahuetes_1800590
    https://medias.liberation.fr/photo/1337784-daniel-ek-ceo-of-spotify-speaks-at-a-samsung-product-launc

    Une charge au vitriol contre le modèle économique des plateformes de streaming. Salutaire.

    De la même manière que les trente dernières années auraient pu être contenues tout entières dans les yeux de Tom Cruise (ce regard intense sans rien derrière), les trente prochaines pourraient déjà briller dans ceux du fondateur de Spotify, Daniel Ek (petites billes ternes et sans espoir). En 2006, en lançant sa plateforme de streaming, ce Suédois réussissait à nous vendre, sous couvert de sursaut moral et économique, rien de moins qu’une des formes les plus perverses d’esclavage moderne. Face au piratage, au pillage aveugle des œuvres musicales, le streaming était présenté comme la seule solution viable. Légal, propre, transparent et donnant pleine satisfaction au client. Et on a tous plongé, parce que Spotify, c’était tout, tout de suite - les discographies, les titres, les pochettes, le minutage, les playlists.

    Qui aurait voulu revenir en arrière ? Mettre un disque ? Calvaire archaïque ! Lancer une bibliothèque MP3 ? Avec tout ce merdier à taguer, vous n’y pensez pas. Spotify, c’était l’autoroute sans risque, entièrement dégagée - l’essentiel des concurrents a fini dans le fossé, victimes d’une ergonomie inadaptée (Deezer) ou de mégalomanie mal placée (Tidal), et seul Apple tient encore la dragée. Vous voulez de la musique ? Spotify est là. Il a tout ce que vous voulez. Vous ne savez pas ce que vous voulez ? On va vous le trouver. De la musique pour rire, de la musique pour pleurer, de la musique tout le temps. Tout est possible. Un peu comme si au restaurant, le menu allait du rouget de roche sauce à l’encre au bol de porridge envoyé au jet à 120 bars de pression. Le client aura ce qu’il veut, même s’il ne l’a pas demandé. L’artiste, en revanche, celui qui fournit le grand saut, la vision, l’imaginaire, bref, la matière, devra se contenter de cacahuètes. D’un peu moins, en fait : comme le démontrait mathématiquement un compte Twitter il y a peu, une cacahuète est estimée à 0,005 dollar alors qu’un stream sur Spotify en rapporte 0,0004.

    Mais pour Daniel Ek, tout cela est parfaitement normal : dans une interview fin juillet, il déclarait que les musiciens « ne pouvaient plus se contenter de sortir des disques tous les trois ou quatre ans », qu’ils devaient « s’engager davantage ». Se diversifier. En sous-texte, devenir de vrais petits entrepreneurs. Révélant la véritable image de Spotify : un espace de coworking gratuit où l’on peut rencontrer son prochain employeur. Comme les places de villages au Mexique où exploitants et maîtres d’œuvre viennent chercher des bras pas cher. Le discours passe : il est à peine plus choquant que celui de WeWork ou d’Airbnb. Jeudi, Ek a eu le mérite d’énoncer encore plus clairement les choses en déclarant sur YouTube, l’air grave, earpods aux oreilles, barbe agonisante, qu’il allait reverser un milliard d’euros… à des start-up européennes. Des vraies. Qui en veulent. Des musiciens déposent à vos pieds, gratuitement, toute une vie de travail, d’espoir, de triomphes et de défaites, et les bénéfices vont à des types en chemise blanche qui passent leurs journées à essayer de trouver un sens au concept qu’ils ont vendu à leurs financeurs. La nouvelle est passée inaperçue. Certains ont applaudi. Tout le monde est resté sur l’autoroute. Celle où la musique est déversée par tombereaux chaque vendredi sans que personne ne se soucie de savoir qui est rémunéré. Il y a plus important. L’économie doit tourner. Gare à celui qui lui jettera le mauvais œil.

    Lelo Jimmy Batista Journaliste au service Culture

    #Spotify #Musique #Streaming #Economie_plateformes #Economie_numérique

  • Data & Society — Ethics Owners
    https://datasociety.net/library/ethics-owners

    Report authors Emanuel Moss and Jacob Metcalf draw on interviews and ethnographic observation to outline the tensions that “ethics owners” in Silicon Valley must navigate to operationalize ethics within their companies.
    Report Summary
    “At the root of the challenges ethics owners face is the fact that while the tech industry is adept at producing scalable solutions, ethical harms remain tied to highly specific contexts.” — Emanuel Moss, Jacob Metcalf

    In Ethics Owners: A New Model of Organizational Responsibility in Data-Driven Technology Companies, Data & Society researchers Emanuel Moss and Jacob Metcalf assert that understanding the work of ethics owners—and the tensions they face—is key to the future governance and regulation of tech companies, and the increasingly powerful technologies they design.

    While actual job titles vary, ethics owners are tasked with “translating public pressure into new corporate practices” by creating an ethical framework for technology workers to operate within. While previous ethical frameworks exist in practice in many sectors, none of these fully encompass the unique work of ethics owners within technology companies.

    Ethics owners run up against a multitude of challenges; what counts as ethics is not always clearly defined, and product designers and engineers don’t necessarily consider ethics integral to their role. Others view ethics owners as a compliance function, and might even consider them an annoyance. The authors identify six fundamental tensions that ethics owners face:

    Personal ethics: The personal ethics of the ethics owner do not always align with those of the corporation.
    Limiting harms: It’s easier to advocate for changes that limit harms rather than those that benefit the user.
    Business models: Whether it’s a direct-to-consumer or business-to-business model, standard practices vary and the business model has implications for how ethics owners approach their work.
    Nonmeasurable impact: Ethics owners’ work often cannot be measured with Silicon Valley’s traditional metrics model. They must work to create new ways of measuring impact.
    Users/nonusers: Ethics owners only have information on their users, making it difficult to understand the impact of their products on nonusers despite being tasked with understanding the full societal impact.
    Scale: Ethics must be applied contextually, and are difficult to scale across an industry, or even across teams in a single company.

    Ethics owners, Moss and Metcalf find, aren’t working to resolve these tensions; rather, their job is to navigate them and create effective cross-team communication and product design while protecting the company’s bottom line.

    Moss and Metcalf also present opportunities for ethics owners including publishing case studies, discussing failures, collaborating with civil society, and pushing for impact metrics that acknowledge and promote social benefit and justice.

    This report was produced by the AI on the Ground Initiative (AIGI) at Data & Society Research Institute.

    #Ethique #Economie_numérique

  • Apple Is Worth $2 Trillion, Punctuating Big Tech’s Grip - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/08/19/technology/apple-2-trillion.html

    As recently as mid-March, Apple’s value was under $1 trillion after the stock market plunged over fears of the coronavirus. On March 23, the stock market’s nadir this year, the Federal Reserve announced aggressive new measures to calm investors. Since then, the stock market — and particularly the stocks of Apple, Microsoft, Amazon, Alphabet and Facebook — largely soared, with the S&P 500 hitting a new high on Tuesday.

    Investors have poured billions of dollars into the tech behemoths, betting that their immense size and power would serve as refuges from the pandemic-induced recession. Together, those five companies’ value has swelled by almost $3 trillion since March 23, nearly the same growth as the S&P 500’s next 50 most valuable companies combined, including Berkshire Hathaway, Walmart and Disney, according to S&P Global, the market analytics firm. Apple’s valuation alone rose by $6.8 billion a day, more than the value of American Airlines.

    Ce n’est pas vraiment l’innovation qui fait la bourse

    Apple’s rapid rise to $2 trillion is particularly astonishing because the company has not done much new in the past two years. It has simply built one of the tech industry’s most effective moneymakers, which has such a firm grip over how people communicate, entertain themselves and shop that it no longer relies on groundbreaking inventions to keep the business humming.

    When Apple first reached $1 trillion in August 2018, it came after decades of innovation. The company, founded in 1976 by Steve Jobs and Steve Wozniak, churned out world-changing products like the Macintosh computer, the iPod, the App Store and the iPhone.

    Since then, it has mostly tweaked past creations, selling gadgets with names like the Apple Watch Series 5, the AirPods Pro and the iPhone 11 Pro Max. It has also pushed into services such as streaming music, streaming movies and TV programs and providing news, selling subscriptions for them.

    Apple has also wielded another powerful tool to boost its valuation and enrich its investors and executives: stock buybacks. Since the company’s value hit $1 trillion, it has returned $175.6 billion to shareholders, including $141 billion in stock buybacks. Apple has repurchased more than $360 billion of its own shares since 2012, by far the most of any company, and has announced plans to spend at least tens of billions of dollars more on Apple stock.

    Apple has increased its buybacks since it used the Trump administration’s 2017 tax law to bring back most of the $252 billion it had once held abroad. (The law saved it $43 billion in taxes on the move, according to the Institute on Taxation and Economic Policy, a research group in Washington.) Apple has $194 billion in cash and bonds.

    Buying back stock generally increases a company’s share price, in part because it reduces the total number of shares for sale. Critics have argued that it also increases inequality because it mostly enriches wealthy investors and the company’s own executives, who are often large shareholders, as is the case with Apple. Executives and some economists said that returning excess cash to shareholders is better than sitting on it.

    Apple is the second publicly traded company to hit $2 trillion. Saudi Aramco, Saudi Arabia’s state-owned oil company, went public in December and briefly exceeded the $2 trillion mark. It remained the world’s most valuable company until Apple surpassed it last month.

    Others are vying to reach the $2 trillion mark soon. The candidates likely to hit that milestone next? Microsoft, Amazon and Alphabet.

    #Apple #Bourse #2000_milliards #Economie_numérique

  • Neo-Nazis on DeviantArt Radicalized a Woman Who Planned a Mass Shooting - VICE
    https://www.vice.com/en_us/article/zmp5y3/neo-nazis-on-deviantart-radicalized-a-woman-who-planned-a-mass-shooting

    DeviantArt, founded in 2000, is home to millions of users and hundreds of millions of pieces of art. It’s offered a home for marginalized artists and communities to create and share work. If you can visualize it, odds are DeviantArt has it.

    But like many large social media platforms, there exists a small but thriving hive of extremists on DeviantArt, similar to the ones Souvannarath came across. These extremists have created a network of far-right user groups where they create and share far-right propaganda, talk and write about fascism, and recruit vulnerable users.

    The far-right propaganda posted on DeviantArt is then disseminated across the web, which experts say works as a gateway drug to recruitment to neo-Nazi groups.

    Jeremy Blackburn, a professor at the University of Alabama at Birmingham, studies memes and the online spaces of the far-right. Blackburn said that in the far-right ecosystem like 4Chan’s /pol/ board or Gab, images like the ones created and stored on DeviantArt are immensely important.

    "Essentially what is happening is that people’s brains are being hacked, especially in terms of imagery—it’s very digestible, it’s super-duper easy to share,” said Blackburn. “It takes like 15 to 20 seconds, at most, to look at a meme and that’s where I think the danger is. You can become inundated with them and basically read the equivalent of reams of propaganda.”

    When VICE provided spokespeople for DeviantArt with evidence of neo-Nazi content on the site, they referenced the site’s commitment to freedom of artistic expression and its zero tolerance policy for “hate propaganda.”

    “As an art-centric social network, the DeviantArt community has traditionally been allowed a wide range of expression both in comments and in artistic themes,” spokespeople said in an emailed statement. “This is important for a site that aims to represent all artists. However, we draw a hard line when it comes to hate speech that aims to purposely cause pain to others in a hateful way. DeviantArt’s Etiquette Policy clearly states that ‘hate propaganda is met with zero tolerance.’”

    eviantArt was founded at the turn of the millennium by three friends. In 2017, the site was bought by the web development company Wix for $36 million. At the time of purchase, Techcrunch reported that the site had over 40 million members and over 325 million pieces of individual art online.

    While the vast majority of the site is innocuous, if you stumble across the wrong keyword, the website will feed you content ranging from graphic art of neo-Nazis gunning people down to Hitler drawn as an anime girl.

    Fascist groups on DeviantArt have hundreds of members and hundreds of thousands of views. All of the pages are pretty similar, but have a flavour that couldn’t be found anywhere but DeviantArt.

    “We are a group of Fascist, National Socialists, Phalangist, Intergalists, Civic Nationalists, and others who also happen to like anime,” reads the description of one page called Fascist Anime. “The main purpose of the group is to combine fascist propaganda with anime, usually with cute anime girls. Why? Because the internet needed something like this!”

    Souvannarath’s case is one amplified to an extreme degree, but it is an outsized reflection of the way the content economy works. DeviantArt has long been a core source of artwork that powers the rest of the internet’s image and meme-based economy, with original work from DeviantArt spreading throughout the message boards and the rest of the social web. So it goes with DeviantArt’s fascist repositories, with images first posted there later spreading among white supremacist groups on Twitter, Gab, 4Chan, and Reddit.

    Non-hierarchical, but predictable, behaviour from neo-Nazi propagandists is exactly what Blackburn found when researching 4Chan. There, he found that the best art or memes would be curated and shared through a pipeline by power users to other social media sites.

    One propagandist, who goes by the alias “Dark Foreigner” and has been connected to Atomwaffen and its sister groups, has been uploading his propaganda to DeviantArt and cross-linking it to his other accounts for over a year. Dark Foreigner uses the automated DeviantArt system to sell his prints for $4.79 USD a pop. DeviantArt controls the prints section of its website and takes upwards of an 80 percent cut, meaning that if someone buys neo-Nazi propaganda on DeviantArt, the company not only ships it to them, but makes a profit.

    VICE asked DeviantArt questions regarding Dark Foreigner’s business selling propaganda but did not receive any responses. His work remains for sale on the website.

    #Faschosphère #DeviantArt #Wix #Economie_numérique

  • Et si on revenait à la bougie ?
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1127

    Cela fait 150 ans que ça dure. Depuis l’invention de la « Houille blanche » en 1869 à Grenoble, des générations d’opposants au despotisme de l’électro-industrie ont essuyé l’invective : « - Vous les opposants (passéistes/obscurantistes/conservateurs/écologistes), vous voulez revenir à la bougie ! » Le mouvement anti-Linky, les pêcheurs du Tréport opposés aux éoliennes en mer et les habitants de Bure contre l’enfouissement de déchets nucléaires sous leurs pieds, font partie parmi tant d’autres de cette dernière vague d’humains à se faire ainsi apostropher par les Seigneurs du Progrès. À force, on finit par se demander si l’électrification de nos vies, de nos villes et campagnes, à l’échelle nationale et globale, fut un tel bienfait, et pour qui. C’est ce que nous avons tâché de savoir, à partir de l’exemple (...)

    #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/geg.pdf

  • Vers un accord mondial pour mieux taxer Google, Amazon, Facebook et Apple ?
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/01/29/taxation-des-gafa-l-ocde-veut-parvenir-a-un-accord-mondial-en-2020_5416080_3

    De nouvelles règles fiscales mondiales dès 2020, pour taxer les géants du numérique, les fameux GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), ces rois de l’optimisation fiscale, dont le modèle économique bouscule les codes. C’est l’objectif concret, et daté, que se fixe désormais l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), forte d’un nouvel accord de principe à 127 pays, dévoilé mardi 29 janvier, quelques jours après qu’il a été conclu au sein du Cadre inclusif – cet organe rattaché à l’institution où se décident les règles fiscales internationales.

    Accouché dans la douleur après plusieurs années de blocage, cet accord politique constitue une avancée en soi : ces 127 Etats s’engagent à réformer les règles fiscales actuelles, pour en supprimer failles et angles morts, particulièrement bénéfiques au secteur du numérique. Or, ces pays représentent ensemble 90 % de l’économie mondiale.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Taxe sur le numérique : ce que font les pays européens les plus avancés

    L’idée générale, poussée par l’OCDE, est d’aboutir à une juste taxation de ces mastodontes du Web, dans les pays où ils réalisent leurs activités et leurs bénéfices… mais où ils ne paient pas d’impôts, ou très peu, faute d’y détenir leur siège ou de grosses implantations.

    De fait, si l’évasion fiscale est largement pratiquée par les multinationales, ces entreprises parviennent d’autant mieux à délocaliser leurs profits dans les paradis fiscaux qu’elles exercent des activités immatérielles, difficilement appréhendables. Des dizaines de milliards d’euros d’impôts échappent ainsi tous les ans à de nombreux Etats.

    #Fiscalité #Gafa #Economie_numérique

  • Google’s caste system is bad for workers—and bad for Google, too — Quartz
    https://qz.com/1494111/googles-caste-system-is-bad-for-workers-and-bad-for-google-too

    Google is a truly unusual place to work.

    The campus in Mountain View is dotted with giant statues of sweets representing the company’s Android versions—Eclair, Donut, Gingerbread, Honeycomb, Ice Cream Sandwich, Marshmallow. Multicolored bikes, unlocked, line the racks outside the buildings, many of which have laundromats, gyms, photo booths, and other funny statues, plus offices with kitchens containing a dizzying array of snacks. There is free lunch (and breakfast, and minimal dinners, too).

    On the surface, it all seems delightful. Certainly, I was excited when I got there on a contract as a document review attorney in 2013. But deeper engagement with the company revealed a surprising and widespread disgruntlement. At first I didn’t understand why everyone was so defensive, glum, and sullen at this otherworldly workplace. But I soon learned the reason came down to deep inequality.

    Nearly half of Google workers worldwide are contractors, temps, and vendors (TVCs) and just slightly more than half are full-time employees (FTEs). An internal source, speaking anonymously to The Guardian, just revealed that of about 170,000 people who work at Google, 49.95%, are TVCs and 50.05% are FTEs. As The Guardian reported on Dec. 12, a nascent labor movement within the company led to the leak of a rather awkward document, entitled “The ABCs of TVCs,” which reveals just how seriously Google takes the employment distinctions.

    The document explains, “Working with TVCs and Googlers is different. Our policies exist because TVC working arrangements can carry significant risks.” Ostensibly, TVCs are excluded from a lot of things because letting them in on the company’s inner doings threatens security. “The risks Google appears to be most concerned about include standard insider threats, like leaks of proprietary information,” The Guardian writes based on its review of the leaked document.

    There was a two-year cap on contract extensions and a weird caste system that excluded us from meetings, certain cafeterias, the Google campus store, and much more. Most notably, contractors wore red badges that had to be visible at all times and signaled to everyone our lowly position in the system.

    But it was also oddly depressing. We were at the world’s most enviable workplace, allegedly, but were repeatedly reminded that we would not be hired full-time and were not part of the club. Technically, we were employees of a legal staffing agency whose staff we’d never met. We didn’t get sick leave or vacation and earned considerably less than colleagues with the same qualifications who were doing the same work.

    The interesting thing about this tiered system is that it also impacted full-time employees negatively. The many distinctions made it awkward for the thoughtful ones to enjoy their perks without guilt, and turned the jerks into petty tyrants. It wasn’t an inspiring environment, despite the free food and quirky furniture—standing desks and wall plants and cozy chairs suspended in the air. And ultimately, this affected the work we all did. Even full-timers complained incessantly about the tyranny of this seemingly friendly tech giant.

    Another bitter irony, then, is that regulations created to protect workers ultimately incentivize employers to not hire people, and to treat contractors unequally to ensure minimal confusion. And as explained in an anonymous letter from TVCs to CEO Sundar Pichai on Dec. 5, titled “Invisible no longer: Google’s shadow workforce speaks up,” the temporary workers tend to be from groups that have been historically excluded from opportunity in society at large and in the market. They explain:

    The exclusion of TVCs from important communications and fair treatment is part of a system of institutional racism, sexism, and discrimination. TVCs are disproportionately people from marginalized groups who are treated as less deserving of compensation, opportunities, workplace protections, and respect.

    Someday, perhaps Google will also end up paying out to those who work for less just to be at “the best” workplace in the world. For now, however, it seems that until labor laws change to reflect the current employment reality and incentivize full-time hiring, inequality will persist—even as the company appears sweet on the outside.

    #Google #Droit_travail #Inégalités #Emploi #Economie_numérique

  • Le spectre du techno-populisme
    https://blog.mondediplo.net/le-spectre-du-techno-populisme

    par Evgeny Morozov

    Longue et trouble est l’histoire du techno-populisme, cet art de multiplier les promesses creuses au nom du pouvoir tellurique de la disruption numérique. Nous connaissons cependant la date précise de sa consécration : 2006, l’année où le magazine Time « Vous » a élu comme personnalité de l’année, en hommage aux millions d’anonymes qui alimentent l’Internet des années 2000. Un choix qui a profondément inscrit ces thèmes dans l’inconscient collectif.

    En réalité, les sites comme Wikipedia ou Flickr comptaient relativement peu de contributeurs. Mais leur célébration universelle a retardé ou désamorcé les questions concernant le pouvoir des entreprises ou la longévité de l’utopie numérique naissante. Sans surprise, quelques années plus tard, cette utopie n’était plus : hyper-centralisé et dominé par une poignée de plateformes, le Web n’était plus que l’ombre de l’entité excentrique qu’il représentait auparavant.

    En 2018, l’utilisateur créatif tout-puissant de 2006 a fait place à un junkie zombifié accro à la mollette de défilement et au bouton « J’aime », emprisonné pour toujours dans les cages invisibles des courtiers en données. Ironiquement, ce noble effort pour élever tout le monde au rang d’intellectuels et de créatifs nous a assuré une présence éternelle dans les listes de Cambridge Analytica.

    Si le mythe de l’utilisateur-artiste a disparu, l’esprit du techno-populisme subsiste, désormais étayé par les mythes tout aussi puissants de l’utilisateur-entrepreneur et de l’utilisateur-consommateur. Ces deux mythes font miroiter plus de décentralisation, plus d’efficacité, plus de simplicité, tout en détournant notre attention des dynamiques mondiales qui façonnent l’économie numérique. D’où la difficulté de percevoir l’avenir numérique qui nous attend, un avenir dominé par la centralisation, l’inefficacité, l’opacité et la surveillance.

    #techno-populisme #économie_numérique #GAFA #Internet #production_immatérielle

  • La Grande-Bretagne veut taxer les géants du web Ingrid Vergara - 30 Octobre 2018 - Le figaro
    http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2018/10/30/32001-20181030ARTFIG00131-la-grande-bretagne-veut-taxer-les-geants-du-web.p

    Dans son projet de budget, le gouvernement prévoit une imposition de 2% sur le chiffre d’affaires réalisé par les grandes plateformes sur le sol britannique. Mais, les patrons d’entreprises numériques européennes comme Spotify, Booking.com ou Zalando expriment leur « grave préoccupation » sur le projet de taxe européenne.

    L’Union européenne en parle depuis des années sans arriver à s’accorder... C’est finalement la Grande-Bretagne qui pourrait être la première à le faire ! Dans son projet de budget 2019-2020, le dernier avant la sortie de l’Union européenne présenté lundi à la Chambre des Communes, le gouvernement britannique annonce la création d’une taxe qui vise sans les nommer les grands acteurs de l’Internet. Concrètement, il s’agirait d’imposer à 2% le chiffre d’affaires généré sur le sol britannique par les grandes entreprises du numérique (plateforme, place de marché, moteur de recherche, réseaux sociaux...). Deux conditions sont posées : avoir réalisé un bénéfice et réaliser un chiffre d’affaires global d’au moins 500 millions de livres annuel (561 millions d’euros). La taxe est clairement conçue pour toucher les géants comme Google, Facebook, Amazon, Aibnb et autres et non les start-up britanniques, a voulu rassurer Philip Hammond, le chancelier de l’Échiquier.

    Ce nouvel impôt pourrait être introduit à partir d’avril 2020 et devrait, selon les calculs du ministère, rapporter plus de 400 millions de livres par an (450 millions d’euros) en année pleine.

    « Des progrès douloureusement lents »
    « Il n’est clairement pas soutenable, ni équitable, que des plates-formes numériques puissent générer des bénéfices substantiels au Royaume-Uni sans payer de taxes ici en lien avec ces activités », a déclaré le ministre des Finances Philip Hammond. Selon des chiffres de l’association Tax Watch, cités par the Guardian, Facebook par exemple aurait payé 15,8 millions de livres l’an dernier pour un chiffre d’affaires de 1,3 milliard de livres au Royaume-Uni.

    En parallèle, le chancelier de l’Échiquier explique que son pays continuera à travailler avec l’OCDE et le G20 pour trouver une solution au niveau international. Si un accord était trouvé avant 2020, la Grande-Bretagne renoncerait à sa taxe locale au profit de l’accord global. « Un nouvel accord mondial est la meilleure solution à long terme. Mais les progrès sont douloureusement lents. Nous ne pouvons pas nous contenter de parler pour toujours. Nous allons donc maintenant introduire une taxe sur les services numériques au Royaume-Uni » a-t-il martelé.

    « Grave préoccupation » des entreprises européennes de la Tech
    Pour l’instant , les grandes plateformes américaines n’ont pas réagi officiellement à l’annonce. Philip Hammond a taclé au passage Nick Clegg, l’ancien vice premier ministre britannique devenu le nouveau visage public de Facebook. « J’attends déjà avec impatience son appel de l’ancien chef des libéraux démocrates. » a-t-il déclaré devant les députés britanniques. Ce dernier ne prendra ses fonctions qu’à partir de janvier prochain. Julian David, représentant des entreprises de la Tech britannique trouve que le seuil de 500 millions de livres de chiffre d’affaires était bas et risquait de toucher des entreprises plus petites que celles visées par le projet de taxe. D’ailleurs, dans une lettre publiée mardi, les patrons de 16 entreprises numériques européennes comme #Spotify, #Booking.com ou #Zalando ont exprimé leur « grave préoccupation » face à ce projet de taxe européenne. Ils estiment que cela « causerait un préjudice matériel à la croissance économique et à l’innovation, à l’investissement et à l’emploi dans toute l’Europe ».

    De son côté, l’Europe patauge toujours. En attendant une éventuelle solution au niveau de l’OCDE, Paris cherche toujours à convaincre ses partenaires européens d’adopter avant la fin de l’année son projet de taxe Gafa mis sur la table par la Commission européenne en mars. Elle propose d’instaurer une taxe de 3% sur le chiffre d’affaires généré par les entreprises du numérique dont le chiffre d’affaires annuel mondial dépasse 750 milions d’euros et dont les revenus dans l’UE dépassent 50 millions d’euros. La semaine dernière, le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire a défendu devant les députés européens la « priorité absolue » que représentait cette taxe. « Nous aurons d’autant plus vite une solution à l’OCDE que l’Europe aura été capable (...) de créer cette taxe sur le numérique », a assuré Bruno Le Maire à Strasbourg a-t-il expliqué. Le projet est loin de faire l’unanimité, pourtant indispensable pour toute réforme touchant à la fiscalité : les pays nordiques sont réticents, l’Irlande y est totalement opposée. Redoutant des représailles américaines sur son industrie automobile, l’Allemagne plaide plutôt pour un impôt minimum mondial. Les ministres européens doivent à nouveau débattre de cette taxe lors d’une prochaine réunion à Bruxelles le mardi 6 novembre.

    L’Espagne pourrait emboîter le pas à la Grande-Bretagne. Elle envisage d’adopter une taxe de 3% sur les entreprises ayant un chiffre d’affaires d’au moins 750 millions d’euros par an dans le monde et d’au moins 3 millions en Espagne.

    #gafa #facebook #google #internet #numérique #amazon #silicon_valley #apple #économie_numérique #fraude_fiscale #Angleterre #ue #union_européenne

  • Twitter Posts Another Profit as User Numbers Drop - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/10/25/technology/twitter-quarterly-earnings.html

    On Thursday, the social networking service said it had 326 million monthly active users, down nine million over the last three months and four million from a year ago. It was the second consecutive quarterly user decline for the company, even as President Trump and other public figures regularly take to Twitter to express their views and engage their followers.

    Despite the fall in users, Twitter said its third-quarter revenue rose 29 percent from a year earlier, to $758 million. Net income totaled $789 million, compared with a loss a year earlier, in what was the fourth straight quarter of profits for the company. (Excluding a tax-related accounting gain, the quarter’s profit amounted to $106 million.)

    Investors did not seem to mind the drop in monthly users: Twitter’s stock rose 15.5 percent on Thursday.

    #Twitter #Economie_numérique

  • Le contrôle des données numériques personnelles est un enjeu de liberté collective
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/10/19/le-controle-des-donnees-numeriques-personnelles-est-un-enjeu-de-liberte-coll

    Les révélations des failles de sécurité touchant des services en ligne s’accumulent. Et la collecte de nos données fait peser un risque collectif d’envergure

    C’est une litanie. Facebook a admis, vendredi 12 octobre, que des données personnelles de 29 millions d’internautes avaient été subtilisées par des pirates informatiques. Quatre jours auparavant, son concurrent Google confiait qu’une faille avait exposé un demi-million d’utilisateurs de Google+.

    Il ne s’agit-là que des exemples les plus récents. Mais chaque jour, chaque mois, chaque année charrie son lot ininterrompu de piratages et de fuites de données. De l’entreprise de crédit américaine Equifax au grand groupe Yahoo !, en passant par Target, British Airways, Uber, Adidas, Exactis ou Ashley Madison.

    Personne ne bouge, ou à de rares exceptions
    L’affaire est simple : si vous avez utilisé Internet ces dix dernières années, une partie de votre intimité est accessible en ligne. En premier lieu, pour les entreprises et les applications dont vous utilisez les services. Au-delà des failles et des hacks (« piratage »), les données personnelles sont devenues le carburant de la société du XXIe siècle. Toutes nos actions numériques sont captées, mesurées, identifiées, analysées, sauvegardé, alors que les services en ligne ne cessent de se multiplier, depuis l’apparition des ordinateurs jusqu’aux smartphones en passant désormais par vos télévisions, fours micro-ondes et voitures connectés.

    Mais les données des utilisateurs sont aussi, parfois, accessibles à des malfaiteurs ou à des services tiers. Ils arrivent à contourner la sécurité des entreprises et des applications en question, ou à en explorer les limites, pour en tirer toujours plus d’informations.

    Malgré les scandales à répétition et les intrusions toujours plus systématiques dans la vie des citoyens, face à ce constat personne ne bronche, ou à de rares exceptions, sauf des militants des libertés numériques ou quelques individus gênés par ce système intrusif. En mars, l’affaire Cambridge Analytica – qui a participé à la campagne électorale de Donald Trump – dévoilait que l’entreprise avait eu accès aux informations privées de 87 millions d’utilisateurs. A part une violente tempête politique, l’affaire n’a pas eu le moindre impact pour Facebook. Six mois ont passé et les utilisateurs y sont toujours d’une fidélité à toute épreuve. Ils sont toujours, chaque jour, 1,47 milliard à se connecter au réseau social.

    Il serait commode de penser que l’humain du XXIe siècle a renoncé à sa vie privée. Mais il ne s’agit pourtant pas d’indifférence. Les sondages montrent avec insistance et sans ambiguïté que les internautes la chérissent encore à l’heure des réseaux sociaux et des smartphones. Comment, alors, expliquer cette apathie ? Très souvent, parler de la vie privée évoque l’image du héros du film La Vie des autres (2007), de Florian Henckel von Donnersmarck. On imagine cet agent de la police politique est-allemande, un casque vissé sur la tête, écouter avec soin les moindres soubresauts de la vie de ses voisins du dessous.

    Or, pour l’immense majorité d’entre nous, il n’y a pas d’agent des services secrets derrière l’écran de notre smartphone. Personne, que ce soit chez Google, Facebook ou toute autre entreprise du numérique, ne va éplucher avec délectation le détail de nos déplacements, l’historique de nos recherches ou nos dernières photos de vacances. Même les pirates de Google ou de Facebook n’avaient sans doute que faire de l’intimité individuelle de leurs cibles.

    L’invraisemblable machine à cibler
    Pendant des décennies, à raison, défendre la vie privée revenait à protéger l’individu. Aujourd’hui encore, on s’obstine à rechercher et mesurer les conséquences individuelles de cette collecte effrénée de données personnelles et de ces piratages à répétition. Mais le paradigme a changé : la question des données personnelle n’est pas un problème d’intimité. C’est un enjeu de liberté collective.

    Prenez l’affaire Cambridge Analytica : le problème n’est pas que Donald Trump et son équipe de campagne ont consulté méthodiquement la liste d’amis de 87 millions d’utilisateurs de Facebook (dont plus de 200 000 Français). Mais qu’ils aient pu utiliser ces informations, agrégées à des millions d’autres, pour mener une campagne politique extrêmement personnalisée, quasi individualisée, en utilisant à plein l’invraisemblable machine à cibler des messages proposée par Facebook. L’impact de cette fuite de données personnelles n’est plus individuel, il est collectif. Il ne s’agit pas de l’intimité de son existence vis-à-vis d’une organisation politique, mais de la liberté collégiale de choisir en conscience son dirigeant politique ou ses conditions de vie commune.

    Les algorithmes enserrent nos vies : ils nous disent quoi acheter, où partir en vacances, qui rencontrer, quel article de presse lire, comment nous déplacer, décident ce que nous pouvons écrire. Cette trame nouée autour de nos vies est tissée de nos données personnelles. Pas seulement des nôtres, individu connecté, mais de toutes les autres : les algorithmes ne fonctionnent qu’assis sur des masses de données. C’est la somme, l’agrégat et la combinaison des données à l’échelle de milliers, voire de millions d’êtres humains, qui font leur puissance.

    Les facteurs qui poussent une entreprise à orienter nos choix, en analysant nos données et celles des autres, seront perpétuellement obscurs. Au bout du compte et si rien ne change, alors que ces entreprises s’immisceront de plus en plus dans nos activités quotidiennes, passant peu à peu de la « suggestion » à l’« injonction », nous serons sans doute pris au piège des données personnelles. On décidera à notre place, d’une manière qu’on nous présentera comme optimale puisque conçue sur l’analyse de données de millions de personnes dont la vie nous est similaire, et en nous confisquant une part de notre libre arbitre. Il ne s’agit pas d’intimité vis-à-vis d’une quelconque entreprise de la Silicon Valley, mais de liberté individuelle.

    Une urgence comparable à celle du climat
    La seule solution est de limiter la dissémination aux quatre vents de nos données personnelles. Mais comment le faire sans se retirer des connexions, sociales et professionnelles, d’une société désormais numérisée ? Comment renoncer à tous ces avantages ? La solution se trouve quelque part entre le collectif (des règles politiques pour limiter la collecte et l’exploitation des données) et l’individuel (le recours à une technologie plus frugale et plus décentralisée).

    Ces questions ne vous rappellent rien ? La question de la vie privée se rapproche d’un autre problème aux sources individuelles et aux conséquences collectives : la pollution. Une photo postée sur Facebook ou un achat sur Amazon n’ébranle pas la démocratie ; pas plus qu’un unique trajet en voiture ne met, à lui seul, la planète en péril. C’est lorsqu’on les agrège et qu’on les combine que les dégâts deviennent apparents et évidents.

    Bien sûr, l’urgence climatique dépasse de loin les enjeux des données personnelles. Mais la comparaison montre l’ampleur du changement de modèle qui sera nécessaire pour défaire le piège que la collecte de données personnelles fait peser sur la démocratie.

    Martin Untersinger

    #Internet #économie_numérique #données_personnelles #vie_privée

  • Universal Basic Income Is Silicon Valley’s Latest Scam
    https://medium.com/s/powertrip/universal-basic-income-is-silicon-valleys-latest-scam-fd3e130b69a0
    https://cdn-images-1.medium.com/focal/1200/632/51/47/0*pksYF4nMsS3aKrtD

    Par Douglas Rushkoff

    To my surprise, the audience seemed to share my concerns. They’re not idiots, and the negative effects of their operations were visible everywhere they looked. Then an employee piped up with a surprising question: “What about UBI?”

    Wait a minute, I thought. That’s my line.

    Up until that moment, I had been an ardent supporter of universal basic income (UBI), that is, government cash payments to people whose employment would no longer be required in a digital economy. Contrary to expectations, UBI doesn’t make people lazy. Study after study shows that the added security actually enables people to take greater risks, become more entrepreneurial, or dedicate more time and energy to improving their communities.

    So what’s not to like?

    Shouldn’t we applaud the developers at Uber — as well as other prominent Silicon Valley titans like Facebook co-founder Chris Hughes, bond investor Bill Gross, and Y Combinator’s Sam Altman — for coming to their senses and proposing we provide money for the masses to spend? Maybe not. Because to them, UBI is really just a way for them to keep doing business as usual.

    Uber’s business plan, like that of so many other digital unicorns, is based on extracting all the value from the markets it enters. This ultimately means squeezing employees, customers, and suppliers alike in the name of continued growth. When people eventually become too poor to continue working as drivers or paying for rides, UBI supplies the required cash infusion for the business to keep operating.

    Walmart perfected the softer version of this model in the 20th century. Move into a town, undercut the local merchants by selling items below cost, and put everyone else out of business. Then, as sole retailer and sole employer, set the prices and wages you want. So what if your workers have to go on welfare and food stamps.

    Now, digital companies are accomplishing the same thing, only faster and more completely. Instead of merely rewriting the law like colonial corporations did or utilizing the power of capital like retail conglomerates do, digital companies are using code. Amazon’s control over the retail market and increasingly the production of the goods it sells, has created an automated wealth-extraction platform that the slave drivers who ran the Dutch East India Company couldn’t have even imagined.

    Of course, it all comes at a price: Digital monopolists drain all their markets at once and more completely than their analog predecessors. Soon, consumers simply can’t consume enough to keep the revenues flowing in. Even the prospect of stockpiling everyone’s data, like Facebook or Google do, begins to lose its allure if none of the people behind the data have any money to spend.

    To the rescue comes UBI. The policy was once thought of as a way of taking extreme poverty off the table. In this new incarnation, however, it merely serves as a way to keep the wealthiest people (and their loyal vassals, the software developers) entrenched at the very top of the economic operating system. Because of course, the cash doled out to citizens by the government will inevitably flow to them.

    Think of it: The government prints more money or perhaps — god forbid — it taxes some corporate profits, then it showers the cash down on the people so they can continue to spend. As a result, more and more capital accumulates at the top. And with that capital comes more power to dictate the terms governing human existence.

    To venture capitalists seeking to guarantee their fortunes for generations, such economic equality sounds like a nightmare and unending, unnerving disruption. Why create a monopoly just to give others the opportunity to break it or, worse, turn all these painstakingly privatized assets back into a public commons?

    The answer, perhaps counterintuitively, is because all those assets are actually of diminishing value to the few ultra-wealthy capitalists who have accumulated them. Return on assets for American corporations has been steadily declining for the last 75 years. It’s like a form of corporate obesity. The rich have been great at taking all the assets off the table but really bad at deploying them. They’re so bad at investing or building or doing anything that puts money back into the system that they are asking governments to do this for them — even though the corporations are the ones holding all the real assets.

    Like any programmer, the people running our digital companies embrace any hack or kluge capable of keeping the program running. They don’t see the economic operating system beneath their programs, and so they are not in a position to challenge its embedded biases much less rewrite that code.

    Whether its proponents are cynical or simply naive, UBI is not the patch we need. A weekly handout doesn’t promote economic equality — much less empowerment. The only meaningful change we can make to the economic operating system is to distribute ownership, control, and governance of the real world to the people who live in it.

    written by
    Douglas Rushkoff

    #Revenu_de_base #Revenu_universel #Disruption #Economie_numérique #Uberisation

  • App Store, Google Play… Netflix ne veut plus passer à la caisse
    https://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2018/08/22/appstore-google-play-netflix-ne-veut-plus-passer-a-la-caisse_5345146

    Est-ce le début d’une bataille de titans, opposant Netflix à Google et Apple ? Selon l’article publié, mardi 21 août, par le site américain TechCrunch, la plate-forme de vidéo en ligne teste un nouveau parcours d’abonnement dans trente-trois pays (dont la France) à destination des nouveaux utilisateurs ayant téléchargé son application sur l’App Store d’Apple : ceux-ci sont désormais automatiquement redirigés vers le site mobile de Netflix pour finaliser leur achat.

    L’intérêt pour Netflix ? Echapper, pour ces nouveaux abonnés, à la commission de 30 % que ponctionne la marque à la pomme. Du côté de Netflix, on tente de nuancer le sens de cette initiative : « Nous faisons sans cesse des essais pour améliorer le parcours d’inscription afin de mieux comprendre ce que nos membres préfèrent. »

    La société effectue ainsi environ 250 tests par an, que ce soit sur son parcours d’abonnement ou sur l’ergonomie de sa page d’accueil. Ces essais consistent à exposer une partie de son audience à de nouvelles fonctionnalités. En fonction de l’intérêt suscité auprès des utilisateurs, ces innovations sont ou non déployées.

    #Economie_numérique #Concurrence #Netflix #App_store

  • Mathilde Ramadier : « Echouer, un privilège que s’arrogent les patrons de la Silicon Valley »
    https://abonnes.lemonde.fr/series-d-ete-2018/article/2018/08/20/mathilde-ramadier-echouer-un-privilege-que-s-arrogent-les-patrons-de ?

    Alors que l’échec est vu comme une expérience positive et encouragée par les magnats de la Silicon Valley, pour l’essayiste Mathilde Ramadier, il se fait aux dépens des travailleurs.

    Mais il n’y a pas que des génies dans les start-up, non ? Il y a aussi de simples employés, parfois. L’échec est-il tout autant profitable aux petites mains du numérique ?
    L’échec vertueux, c’est-à-dire vecteur de possibilités et rémissible, serait donc l’apanage des décideurs

    Paris, juin 2017. Lors de l’inauguration de la Station F, le plus grand incubateur de start-up du monde, le président de la République Emmanuel Macron prononce un discours. Il y parle « des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien ». Pas ceux qui ne « font » rien, ceux qui ne « sont » rien. Parce qu’ils ne sont pas entrepreneurs, ils sont néantisés. Et c’est bien parce qu’ils ne réussissent pas qu’ils n’ont pas leur place dans la « start-up nation ».

    L’échec vertueux, c’est-à-dire vecteur de possibilités et rémissible, serait donc l’apanage des décideurs. Rien de neuf sous le soleil importé de Californie… Mais alors, qui sont ces gens qui ne « sont » rien ?
    L’allégorie du « Titanic »

    Un jour, un entrepreneur français m’a humblement expliqué, dans une lettre ouverte publiée sur le réseau LinkedIn, que l’écosystème des start-up élimine naturellement les plus faibles, et que c’est très bien ainsi : « Si tu te demandes toujours pourquoi certains continuent à apprécier le monde darwiniste des start-up, je pense que c’est avant tout parce que nous savons que nous aurons des choses extraordinaires à raconter plus tard à nos enfants et petits-enfants. On ne s’ennuiera jamais. Pendant ce temps, d’autres passeront leur vie dans des jobs alimentaires et sans intérêt aucun. »

    Ceux qui « passent leur vie dans des jobs alimentaires et sans intérêt aucun » sont ces mêmes gens qui « ne sont rien », ceux à qui le discours des failcon ne profite pas parce qu’il ne leur est pas destiné. Pour eux, l’échec n’est pas une prouesse mais une fatalité.

    Pour que Jeff Bezos et ses pairs puissent prendre des risques pour ensuite rebondir, il faut que d’autres essuient leur échec avec eux – avec leur investissement ou, pire, leur simple force de travail. Ils en subissent alors d’autres conséquences.

    Avril 2018. Un rapport ordonné par le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur les conditions de travail des employés d’Amazon dans l’entrepôt logistique de Montélimar, dans la Drôme ; 71 % des cadres y sont insomniaques, 70 % des employés évoquent le stress au travail et 40 % ont déjà consulté un médecin. Les pauses pour se rendre aux toilettes sont chronométrées et certains manageurs interdisent de parler. « C’est un système qui ne pardonne pas la médiocrité », reconnaît l’un d’eux. On imagine les employés d’Amazon de Montélimar à une failcon, face à des entrepreneurs qui leur apprendront que c’est en tombant qu’on apprend à marcher.

    #Idéologie_californienne #Economie_numérique

  • L’ère révolue de l’acronyme « GAFA »
    https://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2018/08/21/l-ere-revolue-de-l-acronyme-gafa_5344393_3234.html ?

    Regrouper Google, Apple, Facebook et Amazon sous la même bannière n’a plus de sens, tant leurs trajectoires tendent aujourd’hui à diverger.

    Certes, leurs points communs sont nombreux : ces sociétés à forte valeur technologique, conçues comme des plates-formes, ont rapidement réussi à asseoir leur domination à l’échelle mondiale. Elles demeurent les quatre fleurons les plus rutilants de la Bourse américaine, avec des capitalisations excédant les 500 milliards de dollars. Et leur rythme de croissance est toujours insolent (+ 96 % pour Amazon sur les douze derniers mois, + 21 % pour Alphabet, maison mère de Google, + 35 % pour Apple).

    Cela dit, les défis à relever pour continuer à entretenir cette dynamique sont très différents. En outre, leur horizon paraît plus ou moins dégagé.

    Obligée de retisser un lien de confiance avec ses « clients » (utilisateurs comme annonceurs), la firme californienne s’est engagée dans un coûteux programme pour faire le ménage sur sa plate-forme. Avec pour résultat une marge appelée à être durablement rognée.

    Mark Zuckerberg peut toutefois compter sur Instagram, et dans une moindre mesure sur WhatsApp, deux sociétés acquises respectivement en 2012 et 2014, pour générer de nouveaux revenus. Avec un milliard d’utilisateurs (+ 100 % en deux ans), le réseau de partage d’images pèse déjà 20 % du chiffre d’affaires de Facebook.
    Google face à la Commission européenne

    Leader incontesté des moteurs de recherche, Google se heurte aussi à des obstacles réglementaires. A la mi-juillet, le géant de Mountain View (Californie) s’est vu infliger une amende record de 4,34 milliards d’euros pour abus de position dominante, la Commission européenne lui reprochant d’imposer ses applications mobiles par le biais de son système d’exploitation Android, qui équipe 85,9 % des smartphones dans le monde. De nouvelles sanctions pourraient suivre si des mesures correctives n’étaient pas prises d’ici à septembre.

    En juin 2017, déjà, une autre condamnation pour abus de position dominante, concernant cette fois son comparateur de prix Google Shopping, lui avait valu une amende de 2,42 milliards d’euros de la part de l’exécutif européen. Mais le niveau des sanctions reste pour l’instant trop peu significatif pour freiner une entreprise qui a réalisé 3,2 milliards de dollars de bénéfices au cours du seul deuxième trimestre et qui a vu son chiffre d’affaires encore progresser de 26 %.

    Comparativement, les perspectives paraissent plus réjouissantes pour Apple et Amazon. Malgré un marché du smartphone de plus en plus saturé, et une âpre concurrence (le chinois Huawei s’est hissé au deuxième rang des constructeurs mondiaux sur le deuxième trimestre, selon IDC), la firme à la pomme parvient à maintenir le niveau de ses ventes, tout en dégageant une marge beaucoup plus élevée que ses concurrents. Il en va de même dans le domaine des applications : le groupe accapare deux tiers des revenus de ce marché.

    De son côté, Amazon reste le champion incontesté du commerce en ligne, et ce d’autant qu’il permet, moyennant commission, à d’autres vendeurs d’utiliser sa plate-forme, voire son service de livraison. Aujourd’hui, ce service représente la moitié des ventes réalisées par la firme. Le groupe profite aussi de sa stratégie de diversification, avec des paris gagnants, telle la publicité numérique – secteur dans lequel il est parvenu à devenir en peu de temps un acteur qui compte – ou plus encore le cloud (l’informatique dématérialisée), de loin sa division la plus rentable et celle qui connaît la plus forte croissance.

    #GAFA #Google #Facebook #Amazon #Economie_numérique

  • Comment fonctionnent ces quiz qui vous font gagner de l’argent ?
    https://abonnes.lemonde.fr/pixels/article/2018/08/15/comment-fonctionnent-ces-quiz-qui-vous-font-gagner-de-l-argent_53425 ?

    Le principe est simple : une ou plusieurs sessions de quiz par jour à des heures fixes, entre neuf et douze questions, et un animateur. La plupart du temps, une somme de quelques centaines d’euros est partagée entre les candidats ayant répondu juste à l’intégralité des questions. Un fonctionnement hérité de HQ Trivia, une application américaine développée par les créateurs de Vine. HQ a connu un succès fulgurant, à tel point qu’elle a été nommée « Application de l’année » par le magazine Times en 2017. Elle culmine aujourd’hui à plus d’un million de téléchargements sur Android. Pas étonnant de voir qu’elle déclenche des vocations partout ailleurs.

    La télévision, cible ou alliée ?

    Pourtant, il y a aussi chez certains l’ambition d’enterrer le média phare du XXe siècle. « D’ici à quelques années, il y aura des dizaines de plates-formes comme la nôtre qui diffuseront des programmes sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre sur smartphone, affirme Thomas Reemer. Il y aura toujours du quiz, mais aussi de l’information, du divertissement, du sport… Tous basés sur des formats d’une quinzaine de minutes et diffusés en direct à un public qui pourra interagir avec le show en temps réel. » Là encore, tous sont d’accord : la « durabilité » passera par la multiplication des formats, qui viendront alimenter de véritables chaînes mobiles.

    #Télévision #Jeux_en_ligne #Modèles_économiques #Economie_numérique

  • Quand le portable sert à espionner ses proches...
    https://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2018/07/03/quand-le-portable-sert-a-espionner-ses-proches_5324844_3234.html

    Si cette famille a choisi d’utiliser cette application, beaucoup d’associations tirent la sonnette d’alarme : ce genre de système de pistage, parfaitement légal pour la surveillance d’enfants, est de plus en plus détourné dans le cadre de harcèlement ou de violences familiales. Selon une étude réalisée auprès de 700 femmes victimes de violence domestique, réalisée en 2015 par Women’s Aid, une association britannique, le tiers d’entre elles a été suivi à la trace par des logiciels espions de ce genre. « C’est très courant et ça se développe », estime Katie Ghose, sa directrice.
    Tout un écosystème économique

    Fin mai, une étude américaine des universités de New York, Cornell, Hunter College et Technion a, pour la première fois, tenté de mesurer le phénomène. Elle a identifié au moins 280 applications vendues sur Google Play Store, et 23 hors des magasins d’applications (qu’il faut télécharger sur un ordinateur avant de les transférer sur un téléphone). Et encore, les chercheurs considèrent que ce nombre de spywares (« logiciels espions ») est sous-évalué, notamment parce qu’ils n’ont recensé que ceux en anglais.

    Installer une telle application nécessite d’avoir physiquement accès au téléphone à espionner et d’en posséder le mot de passe. Mais, dans le cadre familial, une telle situation est relativement courante. Ensuite, de nombreuses applications offrent l’option de ne pas faire apparaître d’icône sur le téléphone de la personne surveillée, qui n’a donc aucune possibilité de savoir qu’elle est espionnée.

    Les logiciels espions permettent non seulement de suivre quelqu’un à distance, mais aussi d’avoir accès à ses SMS et à la liste de ses appels. Des versions un peu plus perfectionnées permettent aussi de lire les messages des réseaux sociaux WhatsApp, Facebook ou même les relations sur le site de rencontres Tinder. Dans les cas les plus extrêmes, il est possible d’activer à distance le micro et la caméra d’un téléphone, à l’insu de son utilisateur.

    Les vraies bénéficiaires économiques sont évidemment les entreprises qui créent ces applications. Si l’immense majorité affirme travailler pour protéger les enfants, leur duplicité apparaît rapidement. « Sur leurs sites, on trouve souvent des sections qui indiquent : “Comment suivre ma petite amie qui me trompe ?”, explique Periwinkle Doerfler, l’une des auteures de l’étude. J’étais surprise de voir à quel point les applications ne cherchaient pas à se cacher. »

    Se faisant passer pour une cliente potentielle, les chercheurs ont contacté onze logiciels espions, leur demandant : « Si j’utilise votre application, mon mari sera-t-il au courant que je le suis à la trace ? » Huit d’entre eux ont répondu très ouvertement que le mari n’en saurait rien. Deux n’ont pas répondu et une seule a répliqué qu’une telle action serait inacceptable.

    L’application HelloSpy est l’un des exemples les plus choquants. Pour illustrer son logiciel, le site utilise la photo d’une femme avec un œil au beurre noir, tandis que son conjoint lui attrape le bras d’un air menaçant.

    Difficile d’évaluer précisément la taille du marché, mais il y a potentiellement beaucoup d’argent à la clé. Life360, une entreprise californienne qui se dit numéro un mondial du marché, et qui est la seule à avoir répondu à nos questions pour cet article, affirme que 12 millions de familles l’utilisent. La majorité télécharge la version gratuite. La version payante coûte 45 euros par an.

    En novembre 2017, en France, le Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes mentionnait mSpy comme l’une des méthodes les plus utilisées pour espionner. Son coût : 170 euros par an. De nombreux blogs, qui semblent écrits en sous-main par cette entreprise et renvoient vers son application, expliquent comment celle-ci est invisible pour la personne espionnée : « Vous pouvez être sûr que votre petite amie ne saura pas qu’elle est suivie », note l’un d’eux.

    voir aussi : http://hellospy.com/hellospy-for-personal-catch-cheating-spouses.aspx?lang=en-US
    Mobile Spy App for Personal Catch Cheating Spouses

    One of the unpleasant truths most married individuals are blissfully ignorant of is the surprisingly high occurrence of infidelity & extramarital affairs.

    The past two decades has made infidelity more accessible than ever mostly because of the ascent of two majorly disruptive technologies: online social networks and mobile phones.

    Up to 90% of marital affairs may include the use of a mobile phone or email as a preferred means for communication.

    Good news is that technology can also be used to detect & reveal infidelity.

    #Violences_sexistes #Mobile #surveillance #Economie_numérique

  • The Internet Is Designed for Corporations — Not People | Alternet
    https://www.alternet.org/internet-designed-corporations-not-people

    Of course, these sites present privacy policies to users to notify them how their information will be used. They ask users to “click here to accept” them. The problem is that these policies are nearly impossible to understand. As a result, no one knows what they have consented to.

    But that’s not all. The problem runs deeper than that. Legal scholar Katherine Strandburg has pointed out that the entire metaphor of a market where consumers trade privacy for services is deeply flawed. It is advertisers, not users, who are Facebook’s real customers. Users have no idea what they are “paying” and have no possible way of knowing the value of their information. Users are also unable to protect themselves, as opting out of sites like Facebook and Google isn’t viable for most.

    As I have argued in an academic journal, the main thing notice and consent does is subtly communicate to users the idea that their privacy is a commodity that they trade for services. It certainly does not protect their privacy. It also hurts innocent people.

    The internet’s hostile architecture

    Lawrence Lessig, one of the leading legal scholars of the internet, wrote a pioneering book that discussed the similarities between architecture in physical space and things like interfaces online. Both can regulate what you do in a place, as anyone who has tried to access content behind a “paywall” immediately understands.

    In the present context, the idea that the internet is at least somewhat of a public space where one can meet friends, listen to music, go shopping, and get news is a complete myth.

    Unless you make money by trafficking in user data, internet architecture is hostile from top to bottom. That the business model of companies like Facebook is based on targeted advertising is only part of the story. Here are some other examples of how the internet is designed by and for companies, not the public.

    Consider first that the internet in the U.S. isn’t actually, in any legal sense, a public space. The hardware is all owned by telecom companies, and they have successfully lobbied 20 state legislatures to ban efforts by cities to build out public broadband.

    The Federal Trade Commission has recently declared its intention to undo Obama-era net neutrality rules. The rollback, which treats the internet as a vehicle for delivering paid content, would allow ISPs like the telecom companies to deliver their own content, or paid content, faster than (or instead of) everyone else’s. So advertising could come faster, and your blog about free speech could take a very long time to load.

    Copyright law gives sites like YouTube very strong legal incentives to unilaterally and automatically, without user consent, take down material that someone says is infringing, and very few incentives to restore it, even if it is legitimate. These takedown provisions include content that would be protected free speech in other contexts; both President Barack Obama and Senator John McCain campaigns had material removed from their YouTube channels in the weeks prior to the 2008 elections.

    Federal requirements that content-filtering software is installed in public libraries that receive federal funding regulate the only internet the poor can access. These privately produced programs are designed to block access to pornography, but they tend to sweep up other material, particularly if it is about LGBTQ+ issues. Worse, the companies that make these programs are under no obligation to disclose how or what their software blocks.

    In short, the internet has enough seat dividers and decorative leaves to be a hostile architecture. This time, though, it’s a hostile information architecture.

    #Internet #Facebook #Economie_numérique

  • Should Trump Nationalize a 5G Network? - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/01/31/opinion/nationalize-5g-network.html

    par Tim Wu

    The White House proposal, which at the moment is just an idea, appears driven by concerns about security threats related to China’s development of 5G networks. But the strongest case for building a national network is different. Done right, a national 5G network could save a lot of Americans a lot of money and revive competition in what has become an entrenched oligopoly. Done wrong, on the other hand, it could look like something out of Hugo Chávez’s disastrous economic playbook.

    Americans spend an extraordinary amount of money on bandwidth. The cable industry is the worst offender: Since cable providers have little effective competition, cable bills have grown at many times the rate of inflation and can easily reach thousands of dollars per year. Mobile phone service is not exactly a bargain, either. And with plans to connect cars, toasters and pets to the internet, broadband bills may continue to soar.

    These bills, collectively, function like a private tax on the whole economy. Could a public 5G network cut that tax?

    A national 5G network would be a kind of 21st-century Tennessee Valley Authority. The government would build or lease towers across the country, prioritizing underserved areas, and set up a public utility that sold bandwidth at cost. This cheap bandwidth would be made available for resale by anyone who wanted to provide home broadband or wireless, thus creating a new business model for small local resellers.

    But the case for a national 5G network comes with two major caveats. First, it has to be done right: A strongman approach — nationalizing AT&T’s and Verizon’s nascent networks instead of building new ones — is too Chávez-esque. Seizing private assets in peacetime without good reason sets a dangerous precedent. And you don’t need to be paranoid to fear the combination of the world’s largest government and largest telecommunication companies. Any federally owned 5G network would need to have privacy protections and be as separate from the political branches as possible.

    The second caveat is that while the government can be good at building things, its management record is less inspiring. Any national network it builds should be government-owned for its first decade or so, and then sold off to the highest bidder.

    #5G #Infrastructure #Economie_numérique