• #Souffrance_au_travail à #Campus_France : le coût social du « #soft_power »

    Plusieurs salariés de l’agence Campus France dénoncent un management agressif dans un contexte de réduction des effectifs, alors que la structure chargée de la promotion de l’#enseignement_supérieur français à l’étranger fait face à de multiples #procédures_judiciaires. La direction parle de litiges isolés.

    Pour se rencontrer, cela n’a pas été simple. Ces salariés ou ancien salariés de Campus France réunis ce jour de printemps autour d’une table sont tous hospitalisés en psychiatrie après des #dépressions sévères et doivent presque chaque jour se faire soigner pour ne pas vaciller davantage. « J’ai deux enfants, c’est dur pour eux de me voir comme ça », glisse Laura Foka, ancienne cadre du service communication. Ils dénoncent tous un #management_toxique qui les rend malades.

    Campus France est un établissement public industriel ou commercial (#Epic) chargé de la #promotion de l’enseignement supérieur français à l’étranger ainsi que de l’accueil des étudiants et des chercheurs étrangers en France, sous la double tutelle du ministère des affaires étrangères et du ministère de l’enseignement supérieur. Ces Epic, qui ont fleuri ces dernières décennies en marge de l’#administration_française, tirent leur financement de la puissance publique mais appliquent à leurs salariés les règles du #droit_privé.

    En mai 2018, neuf salariés de Campus France, constitués en collectif, alertent leur direction ainsi que toutes leurs tutelles dans un courrier sévère sur ce qu’ils considèrent comme une surexposition délétère aux #risques_psychosociaux : « Aujourd’hui, de nombreux salariés sont touchés par un management qui repose sur une #désorganisation_du_travail, une absence d’objectifs clairs, une extrême #violence des échanges entre la direction et certains collaborateurs. » Quelques mois après, l’un d’entre eux fait une tentative de #suicide.

    « J’étais en #dépression à cause du travail depuis deux ans, explique Ronel Tossa, salarié du service comptabilité, sous le coup d’une procédure de licenciement notamment pour « #abus_de_liberté_d’expression », qu’il conteste aux prud’hommes (ce motif a été utilisé dans d’autres procédures de #licenciement chez Campus France). J’accompagnais beaucoup de gens qui n’allaient pas bien… C’est moi qui ai fini par passer à l’acte. » Après que le Samu l’eut trouvé à son domicile, Ronel Tossa a passé deux jours dans le coma, puis est resté quatre mois hospitalisé en psychiatrie. Il continue aujourd’hui d’aller à l’hôpital trois jours et demi par semaine. Son geste ainsi que sa maladie ont été reconnus en accident et maladie professionnelle.

    La situation, cependant, n’évolue guère. En novembre 2019, Ronel Tossa, Laura Foka et deux autres salariés couchent à nouveau par écrit leurs vives inquiétudes : « Qu’attendez-vous donc pour réagir ? » Là encore, aucune réponse des tutelles ou des membres du conseil d’administration de Campus France, pourtant en copie.

    Abdelhafid Ramdani, l’un des signataires, a lui cessé d’attendre. Il entend porter plainte au pénal, notamment pour #harcèlement_moral_systémique_et_institutionnel, notion entrée dans la jurisprudence à la suite du procès France Télécom. Plusieurs autres salariés devraient, si la plainte est instruite, se constituer parties civiles.

    « J’adorais mon métier, explique Abdelhafid Ramdani, responsable informatique, en poste depuis 1997. Pendant vingt ans, et auprès de quatre chefs différents, pas toujours simples, je n’ai eu que des bons retours. Puis un nouveau manager, proche de la nouvelle direction, est arrivé et à partir de là, la situation s’est dégradée. »

    Il est en arrêt de travail depuis 2017, sa dépression a également été reconnue comme #maladie_professionnelle et sa situation a fait l’objet d’un rappel à l’ordre de l’#inspection_du_travail : « Le #risque_suicidaire qu’il avance et repris par le médecin du travail est avéré […]. Une fois de plus la direction relativise et écarte même d’un revers de main ce risque. » Avant de conclure : « Je n’omets pas que le dossier de M. Ramdani est à replacer dans un contexte plus large et qui concerne l’ensemble de l’organisation du travail de votre entreprise notamment sur les relations tendues et pathogènes existant entre la direction et un certain nombre de salariés. » Abdelhafid Ramdani a depuis porté #plainte devant les prud’hommes pour harcèlement et pour contester une #sanction_disciplinaire à son encontre et déposé une première plainte au pénal, classée sans suite en mai 2020.

    Au total, sur un effectif de 220 salariés, Campus France a dû faire face, ces dernières années, à au moins une douzaine de procédures prud’homales. Pour la direction de Campus France, interrogée par Mediapart sur ces alertes, « ces litiges isolés ne reflètent en rien une détérioration générale du climat social » au sein de l’établissement. Elle vante de son côté le faible nombre de démissions depuis la création de l’établissement en 2012 (8 sur les 190 salariés présents à l’époque), ainsi que son « souci de préserver le bien-être au travail des salariés », y compris dans la période récente liée au Covid-19. Selon nos informations, plusieurs dizaines de salariés en CDD ont néanmoins vu leur contrat s’achever brutalement à l’issue de la crise sanitaire, ce qui a fragilisé les équipes.

    Campus France rappelle également que « seules deux situations conflictuelles ont été tranchées par la juridiction prud’homale. Dans les deux cas, les salariés ont été déboutés de l’intégralité de leurs demandes, y compris celles qui portaient sur l’éventualité d’un harcèlement moral ». Contactés par Mediapart, les deux représentants des salariés au conseil d’administration ainsi que la nouvelle secrétaire du comité économique et social (CSE), qui a pris ses fonctions au printemps, abondent dans une réponse identique par courriel, estimant avoir « fait le vœu d’une construction collective plutôt que d’une opposition portant constamment sur les mêmes cas isolés et non représentatifs de l’ambiance actuelle positive de Campus France et du traitement des salariés, que ce soit pour les conditions de travail ou salariales ».

    Nombre de dossiers sont cependant en procédure. L’agence a été condamnée en mars 2019 pour #discrimination_syndicale, puis en appel, en décembre de la même année, pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Par ailleurs, elle fait face à plusieurs contentieux devant le tribunal administratif, soit pour contester des reconnaissances de maladie professionnelle ou d’accident du travail, portant tous sur la #santé_mentale, soit pour contester un refus de licenciement de salarié protégé. Enfin, à Montpellier, où Campus France possède une délégation, une main courante a été déposée par un salarié contre un collègue, résultat de tensions laissées en jachère pendant plusieurs années.

    Lors de l’avant-dernier conseil d’administration (CA) de l’agence le 25 novembre 2019, le représentant du ministère des finances a d’ailleurs pointé, à l’occasion d’une « cartographie des risques », le recours à au moins cinq avocats – un nombre significatif pour une structure de cette taille –, le coût financier des procédures juridiques engagées et la multiplication de ces procédures. « Ce qui veut dire que même les tutelles, alors même qu’il n’y a pas plus mauvais employeur que l’État, ont remarqué cette dérive », ironise l’un des participants, qui souhaite rester anonyme.

    « Au cours de ce CA de novembre, on m’a présenté un accord d’entreprise, signé par la direction comme les syndicats, c’est un signe clair d’apaisement, tempère Frédéric Petit, député MoDem des Français de l’étranger et membre depuis 2017 du conseil d’administration de Campus France. Que dans un effort de restructuration administrative il y ait des tensions, c’est plutôt normal. Je sais qu’il y avait des salariés isolément qui n’étaient pas bien, j’en étais conscient et cela a été exprimé au cours des conseils d’administration, surtout entre 2017 et 2018. »

    « C’est comme si le petit avait mangé le gros »

    Le collectif de salariés n’est cependant pas le seul à avoir sonné l’alarme sur le #climat_social. D’après plusieurs documents et témoignages recueillis par Mediapart, de nombreux élus du personnel, membres du comité hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), puis le CSE se sont inquiétés des tensions existantes, presque sans relâche depuis la création de Campus France, tout comme les deux inspecteurs du travail successivement en poste jusqu’en 2018.

    L’un de ces élus, bien au fait des dossiers, résume la situation ainsi : « Campus France, c’est un bateau ivre. Le management y est devenu agressif, sans imagination, et il se contente d’enterrer les dossiers ou de pousser à la faute. »

    L’histoire de Campus France explique en partie ces problèmes. L’établissement a fusionné en 2012 plusieurs organismes en une seule et unique agence : l’association #Egide, opérateur à l’époque pour la gestion des bourses et des séjours des étudiants étrangers ; le groupement d’intérêt public #EduFrance, renommé Campus France, chargé de la promotion de l’enseignement du français à l’étranger, et les activités internationales du #Centre_national_des œuvres_universitaires_et_scolaires (#Cnous). Au sein de la toute nouvelle agence Campus France, les cultures professionnelles s’entrechoquent presque immédiatement.

    Pensée pour gagner en #efficacité, l’agence agglomère différents statuts, salaires, fonctions, et des personnes issues d’organismes ayant déjà subi des réorganisations, parfois douloureuses. Dans un rapport commandé par le CHSCT de Campus France en 2016, les experts tentent de résumer la situation : celle d’une petite structure, Campus France, comparée à une start-up d’intellos faiblement hiérarchisée, d’une quarantaine de salariés, jeunes et presque tous cadres, qui a avalé une grosse association, Egide, et une partie du Cnous, où travaillaient majoritairement des employés, parfois vieillissants.

    « On a de manière intelligente et novatrice réorganisé l’administration d’État sur des objectifs, se félicite Fréderic Petit, membre, en tant que député, du conseil d’administration de plusieurs structures de ce type. On a enfin une gestion des deniers de l’État par projet, et non plus par structure, ce qui était quand même hallucinant. »

    « C’est comme si le petit avait mangé le gros », souligne pourtant, rétrospectivement, Laura Foka, dans une structure où va régner des années durant un « #mépris_réciproque » raconte également un ancien cadre dirigeant, entre « manants » et « jeunes flambeurs ».

    À l’époque, c’est donc en partie à ces #réorganisations successives que la plupart des salariés attribuent, selon ce même rapport, leurs difficultés, qui confinent aux risques psychosociaux. L’arrivée d’une nouvelle directrice à la tête de Campus France, en juillet 2015, semble avoir jeté de l’huile sur le feu.

    #Béatrice_Khaiat a passé une bonne partie de sa carrière dans les cabinets ministériels, notamment celui de l’éducation et de la culture. Proche des milieux socialistes, elle entre en 2012 dans celui du premier ministre Jean-Marc Ayrault, après avoir été directrice déléguée de Campus France, avant la fusion. En 2015, elle devient directrice générale de l’établissement, par décret du président de la République, un mandat renouvelé pour trois ans le 7 mars 2019, malgré les différentes alertes.

    Plusieurs membres de la direction quittent d’ailleurs le navire peu de temps avant sa nomination, à coup de transactions financières. D’après des courriels que nous avons pu consulter, on s’y inquiète déjà de « #harcèlement_caractérisé », d’une volonté de « faire la peau » à d’anciens membres d’Egide, de la persistance de « clans et de factions ». L’un d’entre eux a même, selon nos informations, porté #plainte contre sa directrice auprès de la police, après des propos tenus en réunion. Une plainte classée sans suite.

    Dès le départ, ses manières très directes étonnent : « Lors de la première réunion avec le personnel, Béatrice Khaiat nous a dit qu’à Campus France, on ne vendait pas “des putes ou de la coke”, une manière de souligner que notre matière était noble, se souvient un salarié, qui souhaite rester anonyme. Nous étions dirigés jusque-là par un ambassadeur, tout en retenue… Disons que c’était rafraîchissant. Mais ce mode d’expression a donné le ton sur la suite. J’ai des dizaines de témoignages d’#humiliation de salariés, de feuilles jetées à la figure… »

    Laura Foka en a fait l’expérience. À son retour de congé maternité en 2016, après avoir donné naissance à un deuxième enfant, elle participe à une réunion de service où Béatrice Khaiat plaisante sur son cas. « Au troisième enfant, je licencie », lâche la directrice. Lors d’un point d’actualité, rebelote : « Après deux enfants, il faut se remettre au travail », déclare Béatrice Khaiat devant le personnel réuni. Laura Foka se recroqueville au fond de la salle, et fond en larmes.

    « Mère de famille elle aussi, madame Khaiat a plaisanté avec l’une de ses collègues sur une expérience vécue par toutes les deux, celle d’une jeune mère devant assumer tout à la fois ses obligations professionnelles et familiales, explique aujourd’hui la direction, qui rappelle une #féminisation à 62 % de l’encadrement de Campus France ainsi qu’un score « presque parfait » à l’index de l’égalité homme-femme. Ces propos ont été repris de manière déformée. » Ils ont pourtant été confirmés par plusieurs témoignages et jugés suffisamment sérieux pour avoir fait l’objet d’un courrier de l’inspecteur du travail, qui rappelait à Campus France le risque de « #harcèlement_discriminatoire ».

    Très fragilisée par ces propos, Laura Foka se sent depuis un moment déjà sur la sellette. Dans son service communication, presse et études, c’est l’hécatombe depuis l’arrivée d’un nouveau manager. Les salariés serrent les dents, préviennent en vain les ressources humaines, attendent près d’un an et demi avant d’alerter les syndicats en 2017. Nombre d’entre eux ont des #pensées_suicidaires. Une enquête du CHSCT est déclenchée pour danger grave et imminent.

    Dans l’intervalle, cinq salariés du service, soit presque la totalité du département, quittent Campus France, « à l’américaine, leurs cartons sous le bras », raconte Laura Foka. Cette dernière pour inaptitude, qu’elle finit par accepter, de guerre lasse, face à l’inquiétude de son médecin, et deux pour faute grave ; les derniers dans le cadre de #rupture_conventionnelle, plus ou moins contrainte.

    L’une d’entre eux écrit ainsi ceci, un an plus tard, dans un courrier officiel à la DIRECCTE : « J’en suis arrivée au point de demander une rupture conventionnelle en septembre 2017 pour fuir des conditions de travail intenables et une situation devenue insupportable. » Contredisant les déclarations de la direction qui affirme que « l’intégralité des ruptures conventionnelles depuis la création de l’établissement en 2012 ont été faites à la demande des salariés qui souhaitaient partir et ont été approuvées par les administrateurs salariés ».

    Pour Zoubir Messaoudi, salarié du service informatique, la descente aux enfers professionnelle coïncide également avec l’arrivée de Béatrice Khaiat aux manettes et d’un nouveau manager au service informatique : « Mon ancien chef avait jeté l’éponge, mon N+1 était mis sur la touche. J’arrivais le premier au bureau et repartait le dernier, et pourtant, je recevais des mails où l’on me reprochait tout et n’importe quoi, comme si la direction essayait de constituer un dossier… Je viens du domaine de la prestation de service, où nous sommes clairement de la chair à canon, mais même là-bas, j’étais traité avec plus de respect. »

    Après un premier avertissement pour avoir quitté les locaux à 16 heures un jour de grève des transports (avertissement contesté aux prud’hommes, qui a tranché en sa faveur en 2018), Zoubir Messaoudi est convoqué pour licenciement en juin 2019. Sous le choc, il s’évanouit, ce qui nécessite l’intervention des pompiers et son hospitalisation en psychiatrie. Placé en arrêt de travail, il sera licencié quelques mois après pour faute grave, alors que l’arrêt court toujours, accusé de mauvaise foi vis-à-vis de son supérieur, de dénigrement de sa hiérarchie et de négligence professionnelle.

    « Durant un arrêt de travail et sous certaines conditions, l’employeur peut licencier un salarié, argumente Campus France. En l’occurrence, nous avons estimé, au vu de la gravité des faits commis par le salarié, que ces conditions étaient réunies. » Zoubir Messaoudi se souvient, lui, d’avoir passé « un sale été » l’an passé : « J’avais envie de me jeter par la fenêtre tellement j’avais mal. J’ai négligé ma femme, ma fille. » Il conteste aujourd’hui son licenciement aux prud’hommes.

    Se développer tous azimuts, trouver des recettes propres, répondre à l’ambition politique

    À quand remontent les alertes collectives ? Campus France les a-t-il ignorées ? Le premier rapport sur les risques psychosociaux, rédigé par le cabinet Orseu, agréé par le ministère du travail, est immédiatement contesté par la direction, qui remet en cause le professionnalisme des experts mandatés. Il concluait néanmoins en avril 2016 à un « risque psychosocial majeur ».

    Le deuxième rapport sur la qualité de vie au travail, rédigé par le cabinet (non agréé) Empreinte humaine un an plus tard est bien moins sévère, mais ne dément pas que l’organisation du travail puisse être améliorée. Il s’est ensuivi de séances menées par des psychologues du travail, pour que les salariés aient le moyen de s’exprimer. « Ces séances ont été l’occasion de larmes, de colère, d’insultes, rapporte un élu. Et il a fallu attendre un an et demi pour avoir un retour. Malgré nos demandes, la direction n’en a strictement rien fait. »

    Le 27 mars 2018, le CHSCT se félicite qu’une formation en droit social, de plusieurs dizaines de milliers d’euros, ait finalement été organisée à destination des managers, avant de regretter qu’elle ait été essentiellement « dédiée au processus de licenciement, à l’éventail des sanctions disciplinaires, au recueil des preuves, etc. » avant de s’interroger benoîtement pour savoir si ces formations « ne visent pas à étayer une politique de réduction de l‘effectif ». Une formation, s’insurgeaient les élus, qui abordait aussi la question « du licenciement des salariés protégés ».

    Deux autres enquêtes, à la suite d’alertes pour danger grave et imminent, ont donné lieu à des passes d’armes. La première, lancée par le CHSCT (où sont représentés direction et élus du personnel) au sujet de Ronel Tossa, aboutit à deux rapports divergents, l’un de la direction et l’autre des élus. C’est pourtant le premier que transmettra Campus France au juge en charge de trancher sur la légalité de son licenciement, le présentant comme le rapport du CHSCT, ce que ne manqueront pas de contester les élus de l’époque ainsi que le salarié concerné.

    Le ministère du travail lui-même, sollicité sur le licenciement de Ronel Tossa, mandaté par la CFDT comme délégué du personnel, a débouté l’établissement public en février 2019, reprenant les mots de l’inspecteur pour justifier sa position. Dans un mémoire auquel nous avons eu accès, il parle d’une « organisation pathogène volontaire » où le cas de ce salarié est à « replacer dans le contexte global de cette société, une hiérarchie qui dénie tout droit à ses salariés et qui a organisé un système de #souffrance_au_travail ».

    Campus France a fait appel de cette décision et assure avoir « contesté ces propos dans le cadre d’un recours hiérarchique mettant en cause l’impartialité de l’inspecteur du travail ». L’agence a manifestement eu gain de cause, car cet inspecteur a depuis été remplacé, au grand dam de plusieurs salariés. La direction enfonce d’ailleurs le clou : « Aucune situation correspondant à du harcèlement moral n’a été retenue et aucune mesure en conséquence n’a été prise par l’inspection du travail. »

    Elle se félicite également qu’aucune alerte pour danger grave et imminent n’ait été déclenchée depuis 2018. Même son de cloche auprès des salariés du conseil d’administration et de la secrétaire du CSE : « Le personnel Campus France a tourné la page depuis longtemps – sachant que la grande majorité ignorait ces #conflits_sociaux – afin de poursuivre la construction d’une véritable #culture_d’entreprise qui a pu être en défaut lors de la création de l’EPIC par la fusion en 2012 de deux entités distinctes et avec des fonctionnement différents. »

    Or pour cet ancien élu, très au fait de tous ces dossiers, la direction n’a pas cessé de vouloir au fil des ans « casser le thermomètre ». Lors d’une réunion du CHSCT, où sont évoquées la situation d’Abdelhafid Ramdani et la nécessité de déclencher une nouvelle #alerte pour #danger_grave_et_imminent (la médecin du travail évoquant le risque suicidaire), le directeur des ressources humaines explique ainsi à l’assemblée sidérée que « tout le monde meurt un jour ». « Après plusieurs tergiversations, on a quand même obtenu une enquête, élargie à toute la direction informatique », poursuit l’élu présent ce jour-là, sans trop y croire. « Les gens savaient que ceux qui étaient en conflit avec la direction étaient virés ou au placard, et donc ils se sont tus. » De fait, ce deuxième rapport ne conclut pas à un quelconque harcèlement.

    La médecin du travail elle-même, ont raconté à plusieurs reprises les salariés, se contente souvent de renvoyer la souffrance dos à dos, et évoque le décès, en 2015, d’Elsa Khaiat (parfois orthographié Cayat), la sœur de Béatrice Khaiat, lors de l’attentat de Charlie Hebdo, pour expliquer une forme d’emportement de la directrice générale. Le service de presse de Campus France fera d’ailleurs de même, en préambule de ses réponses à nos questions, pour nous décrire une « femme entière », issue d’une « famille engagée ».

    Plus profondément, ce que redoutent certains élus et salariés, c’est une forme de dégraissage déguisé des #effectifs, alors qu’une première vague de départs a déjà eu lieu lors de la fusion, en 2012. Cinq ans plus tard, en 2017, l’expert du comité d’entreprise s’inquiète d’une hausse des ruptures conventionnelles et d’une enveloppe dédiée à ces départs de 150 000 euros.

    « Un #abus_de_droit », soutien ce même expert, qui rappelle la mise sur pied par le gouvernement d’un « nouveau dispositif de rupture conventionnelle collective pour éviter des dérives ». Ce même expert, en septembre 2019, revient à la charge : « La première cause des départs sont les ruptures conventionnelles, qui représenteraient 30 % des départs sur les quatre dernières années », soit 31 postes en CDI. Tous ont été « homologués par l’inspection du travail », se défend Campus France, qui parle de « faits erronés », sans plus de précisions et assure que son équipe a maintenu les effectifs à flot, depuis la fusion.

    Mais à plusieurs reprises, le message envoyé aux salariés est clair : « La porte est grande ouverte », dira même un représentant de la direction lors d’une réunion avec les délégués du personnel, en mars 2017. Lors d’un pot de départ d’une salariée à l’occasion d’une rupture conventionnelle, à l’extérieur des locaux de Campus France, Béatrice Khaiat prend la parole, et incite, selon des témoins de la scène, les salariés à faire de même : « Faites comme elle, d’ailleurs, c’est magnifique ! », s’enthousiasme la responsable.

    « La direction, en CHSCT, devant l’inspecteur du travail et au cours de points d’information, a fait savoir, à de multiples reprises, que la porte était “grande ouverte”. Cela n’a jamais été un incident isolé, mais des propos récurrents », témoigne Ambroise Dieterle, secrétaire du CSE jusqu’en mai 2020, aujourd’hui en reconversion professionnelle.

    La question financière n’est pas étrangère à cette tendance. Un an après son arrivée, la directrice générale l’annonce aux élus : la #masse_salariale est trop importante au vu du #budget dont elle dispose, et devra être amputée d’un million d’euros. Les départs auront lieu, au fil de l’eau, alors même que l’agence doit se développer tous azimuts, trouver des recettes propres, et répondre à l’ambition politique. Derniers en date, le « #Make_our_planet_great_again », d’Emmanuel Macron, initiative qui a fortement mobilisé Campus France, ou encore le récent programme #Al-Ula, accord de coopération entre la France et l’Arabie saoudite.

    « C’est une question de dosage dans sa mission d’intérêt public, rappelle un ancien haut dirigeant de Campus France. Un Epic comme Campus France doit faire des recettes mais reste soumis à un agent comptable public. On a toutes les contraintes du droit privé, très contraignant, et celles de la comptabilité publique, extraordinairement lourdes. »

    Pour un ancien salarié œuvrant dans la gestion des bourses étudiantes, qui vient de quitter Campus France avec pas mal d’amertume, le problème réside plutôt dans ce que tout le monde « vienne prendre commande » chez Campus France, ministères, université, grandes écoles. Or l’arbitre à la toute fin, « c’est Bercy [le ministère des finances – ndlr] ». Quitte à une perte de sens dans les missions, poursuit-il : « Nous étions des fluidificateurs pour les étudiants, nous sommes devenus des auxiliaires de police, des collectionneurs de pièces. Notre image auprès d’eux, et des ambassades, se dégrade considérablement. »

    La critique n’est pas neuve. En 2012, un article du Monde racontait les débuts chaotiques de l’agence Campus France, ses tarifs devenus élevés, et ces étudiants étrangers, livrés à eux-mêmes à leur descente de l’avion. Quelques jours plus tard, le président du conseil d’administration Christian Demuynck (membre des Républicains) présentait même sa démission, critiquant une « gestion sans stratégie ni ambition de l’établissement par quelques fonctionnaires des tutelles nuisant gravement tant à son indépendance qu’à la qualité de son travail ».

    Dans la même lettre, que nous avons pu consulter, il rajoutait ceci : « J’espère que ma démission sera l’occasion pour l’État de mener un examen nécessaire des établissements publics qui sont nombreux, comme Campus France, à subir un tel mode de gestion. » Tout comme leurs salariés, sommés de suivre, parfois dans la douleur.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/080720/souffrance-au-travail-campus-france-le-cout-social-du-soft-power?onglet=fu
    #travail #conditions_de_travail

  • Transparence et déontologie : Jean-Michel, les platanes et l’endogamie politico-médiatique

    Blanquer-Cabana : ces affaires qui nous regardent (Arrêt sur Image)
    https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/blanquer-cabana-ces-affaires-qui-nous-regardent

    Jean-Michel Blanquer, le ministre qui caresse les platanes (JDD, 2017)
    https://www.lejdd.fr/Societe/Education/jean-michel-blanquer-le-ministre-qui-caresse-les-platanes-3395870

    Macron : « Il impressionne tout le monde »
    https://twitter.com/DiscordDebout/status/1281305693144911874

    #éducation #médias

  • Édito n°62 - Tousse enssemble, tousse enssemble, grève générale.
    https://labrique.net/index.php/thematiques/editos/1153-edito-n-62-tousse-enssemble-tousse-enssemble-greve-generale

    https://labrique.net/images/numeros/numéro_62/solidarite_Covid_2_1.jpg

    Le programme de cette année semblait plié. On allait manifester contre la réforme des retraites, (ou du chômage au choix), le gouvernement aurait envoyé ses chiens pour nous en mettre plein la tronche, c’était reparti jusqu’à la réforme suivante. C’est alors qu’un pangolin et une chauve souris se croisent et mettent le monde entier en PLS.

    #En_vedette #Éditos

  • « C’est sidérant de mépris » : ce que les acteurs du mouvement social pensent du nouveau gouvernement
    https://www.bastamag.net/Remaniement-Castex-Darmanin-Dupont-Moretti-Bachelot-Pompili-reforme-retrai

    Une fin de non-recevoir radicale à la demande d’égalité qui parcourt la société. Avec un nouveau ministre de l’Intérieur accusé de viol, un garde des sceaux qui a affiché des positions résolument anti-féministes, une ministre du Travail qui inquiète les syndicats, un ministre de l’Education décrédibilisé ou le retour en grâce des « réformateurs » de l’hôpital public, la composition du nouveau gouvernement ne passe pas. Les nominations de Eric Dupont Moretti au ministère de la #Justice, et de Gérald Darmanin au (...) #Décrypter

    / #Politique, Santé , Justice, #Education, #Climat, A la une

    #Santé_

  • Try Beta — Fluently — Write fluently in any language
    https://fluently.so/trybeta

    Échanger par mail dans sa langue natale est plutôt évident. Cependant, lorsqu’il faut communiquer avec des personnes parlant une autre langue, ou encore traduire un document dans une autre langue, la tâche peut se compliquer. Il existe aujourd’hui, différents outils permettant de traduire dans de multiples langues, comme Google Traduction ou encore Deepl.

    Fluently est l’un des derniers outils, fraîchement débarqué sur le marché. Fluently est un éditeur de texte en ligne, avec un traducteur multilingue et un dictionnaire. Un outil complet regroupant toutes les fonctionnalités nécessaires pour créer un document dans une langue étrangère tout en écrivant dans sa langue maternelle. Fluently évite ainsi de passer par plusieurs outils pour traduire, corriger ou encore rechercher des traducteurs expérimentés.

    #éditeur #texte

  • Le Système B : Comment voler l’argent des Français sous couvert de charité ?
    https://www.youtube.com/watch?v=lfBJawIzFjU

    En dehors de tout cadre juridique Brigitte Macron utilise l’argent des Français pour des « œuvres caritatives » qui servent plus la communication du couple présidentiel que l’intérêt national.
    C’est du népotisme, du vol et de l’hypocrisie : pendant que son mari détruit les services publics, elle fait croire que le couple se soucie du social… avec l’argent du contribuable.
    N’importe quelle femme d’élu local qui ferait de même serait immédiatement poursuivie pour détournement de fond et abus de bien social… qu’attendons-nous ?

    #brigitte_macron #EnMarche #fric #scocial

    • [Doc à Voir] - Le Cartable De Big Brother.

      https://www.youtube.com/watch?v=d-t8gl68Jtw

      L’enquête, aussi édifiante qu’inquiétante, menée en France et en Belgique par Francis Gillery, démontre que, loin des simples restructurations dans le domaine de l’édition, une véritable révolution s’est engagée, qui conduira, à court terme, à la disparition pure et simple du système éducatif actuel.
      Depuis une dizaine d’années, la très influente Table Ronde des Industriels Européens (ERT) appelle à multiplier les partenariats entre les écoles et les entreprises et réclame des responsables politiques qu’ils réfléchissent à « la manière d’adapter globalement les systèmes d’éducation et de formation permanente aux défis économiques ».
      Ce puissant lobby patronal pèse de tout son poids afin d’impulser une réforme draconienne des systèmes éducatifs du Vieux Continent. L’ERT investit dans la connaissance par l’intégration des technologies de l’information et de la communication dans les écoles européennes.
      Le document révèle pour la première fois les décisions qui sont prises à l’insu des citoyens par les technocrates européens en matière de mise au point d’un « système européen d’accréditation des connaissances » destiné à remplacer les diplômes nationaux, mais aussi à « ficher » le parcours éducatif et professionnel de tout un chacun. Francis Gillery, avec Jacques Attali, Gérard de Sélys dénoncent cette machination qui se trame sans aucun débat démocratique, cette vision libérale de l’enseignement où le savoir n’y aura droit de cité que s’il génère du profit

      Année de production : 1998
      Catégorie : UE – éducation – privatisation - mondialisation
      Réalisateur : Francis Gillery
      Producteur : Les Films à Lou, France 3

      #école #connaissance #diplômes #éducation #ue #union_européenne #ERT

    • #Belgique : La loi dépénalisant l’IVG Pierre Kroll

      Report du vote sur la dépénalisation de l’avortement : « Une gifle » pour les femmes, dénonce Sophie Rohonyi (DéFI)
      https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_report-du-vote-sur-la-depenalisation-de-l-avortement-une-gifle-pour-les-

      Les opposants à la proposition de loi dépénalisant et assouplissant les conditions de l’avortement ont obtenu ce jeudi de consulter le Conseil d’Etat sur de nouveaux amendements.
      Ils étaient plus de 50 députés, issus de la N-VA, du CD&V, et du Vlaams Belang, à soutenir la demande. Le cdH était favorable à cette requête mais n’a pas pris part au scrutin.
      Le vote final de la proposition, attendu ce jeudi, est une nouvelle fois reporté. Invitée de La Première ce vendredi matin, Sophie Rohonyi, députée fédérale DéFI, dénonce « une gifle » pour les femmes, pour les médecins et pour les acteurs de terrain qui leur viennent en aide.

      Des amendements « qui n’apportent rien de neuf »
      « Je n’en ai pas dormi. Ce travail était abouti, on avait une majorité. Le texte était consensuel et porté par 8 partis de gauche comme de droite, du nord et du sud du pays », ajoute-t-elle.

      Pour l’élue DéFI, « il fallait tenir compte d’une réalité : le rôle du législateur, c’est d’être pragmatique. Chaque année entre 500 et 1000 femmes doivent se rendre aux Pays-Bas [pour avorter] parce que les conditions légales en Belgique sont trop strictes. On doit pouvoir répondre à la détresse de ces femmes, quand bien même elles sont minoritaires ».

      Sophie Royoni dénonce alors « des amendements déposés par la N-VA, le CD&V et le cdH qui n’apportent absolument rien de neuf par rapport à ce qui a déjà été validé à deux reprises en commission ».

      « Du marchandage politique sur le dos des femmes »
      La députée DéFi s’indigne face à la réaction du CD&V qui a fait barrage dans un contexte de formation d’un gouvernement fédéral. « On ne fait pas du marchandage politique, encore moins du chantage, sur le dos des femmes », estime-t-elle. Tout en interrogeant : « En quoi bloquer cette avancée va pouvoir débloquer la crise politique dans laquelle on se trouve depuis un an ? »

      « On est revenu en 2019 avec des textes pour supprimer les sanctions pénales à l’égard des médecins et des femmes, mais aussi pour assouplir les conditions », rappelle Sophie Rohonyi. Pour elle, il est « regrettable que ça bloque. Une minorité refuse de voir une majorité parlementaire qui s’est dégagée ».

      #ivg #femmes #avortement #contraception #santé #catholicisme #droits_des_femmes #misogynie #religion #anti-ivg

  • The #Sci-hub Effect: Sci-hub downloads lead to more article citations
    https://arxiv.org/abs/2006.14979v2

    Citations are often used as a metric of the impact of scientific publications. Here, we examine how the number of downloads from Sci-hub as well as various characteristics of publications and their authors predicts future citations. Using data from 12 leading journals in economics, consumer research, neuroscience, and multidisciplinary research, we found that articles downloaded from Sci-hub were cited 1.72 times more than papers not downloaded from Sci-hub and that the number of downloads from Sci-hub was a robust predictor of future citations. Among other characteristics of publications, the number of figures in a manuscript consistently predicts its future citations. The results suggest that limited access to publications may limit some scientific research from achieving its full impact.

  • Les communs à l’école - Pratiques pédagogiques et postures : de l’impossible aux possibles | À l’école du partage
    https://ecole-partage.fr/blogposts/communs-impossible-aux-possibles

    Nous avons souhaité un webinaire ouvert sous forme de discussion sur la base de questions préalablement identifiées. En effet, nous avons été amenées à préparer cet échange dans un temps fort d’incertitude sur nos fonctions alors que nous sortions tout juste du confinement et que nos établissements respectifs commençaient tout juste à ouvrir leurs portes. Il nous paraissait intéressant de questionner ce qui nous animait avant cette crise sanitaire et voir ce qui restait fondamental à nos yeux. Le format discussion offrait ainsi, plutôt que des réponses toutes faites, la possibilité de poser des questions nouvelles que la crise aurait fait émerger. A la fin du mois de mai, la vision du CDI ou de nos classes était complètement floue. Que serait notre métier dans les prochains mois/prochaines années ? Le CDI était fermé, la classe d’ULIS ne pouvait pas rouvrir… Les conditions mêmes de notre métier d’enseignantes étaient remises en question. Tout, ou presque, nous semblait impossible. Mais plus les jours passaient plus des “possibles” émergeaient. Et c’est cette posture-là d’accueil, de contact retrouvé avec les élèves que nous souhaitions partager lors de cette session en ligne. Nous nous sommes dit que plutôt que de chercher une vision et d’être créatives dans un contexte dont nous ne voulions pas, nous gagnerions à repérer ce qui manquait le plus. Nous avons eu à cœur de reprendre le contact avec les classes, les élèves pour nous projeter et réactiver un imaginaire possible de ce qu’allaient être nos espaces de classes et nos CDI.

    Les fondamentaux sur lesquels nous ancrons notre enseignement ont été empêchés et malmenés par le protocole sanitaire et le confinement, tout au moins dans l’espace commun qui est l’école. Le travail à distance a mis en lumière tous les implicites de nos postures : observer, expliquer, aider, verbaliser, encourager ...Nous nous sommes retrouvées dans une situation d’enseignement dégradée qui nous a mené à de grandes frustrations. Nous voulons retrouver le cœur de notre métier d’enseignante : comment faire pour que les élèves apprennent et s’émancipent dans une école où le « faire société » est essentiel. Une école qui porte des savoirs et des dispositifs qui articulent la formation individuelle et la perspective collective. Nous interrogeons les pratiques sociales du vivre et faire ensemble, socle selon nous d’une école des communs.

    Comment faire groupe, et par conséquent faire société, quand élèves et enseignants sont séparés physiquement, ou quand le corps de l’élève est assigné à une table, à une place, à un point sur la cours “Je me sens comme un i sur ce point “ nous dit Elias en ce lundi matin de reprise.

    La question de l’inclusion a été elle aussi profondément mise à mal et a semblé disparaître au profit des gestes barrières. L’inclusion des élèves en situation de handicap bénéficiant du dispositif ULIS dans un groupe-classe n’est plus envisageable puisque le protocole sanitaire empêche tout mélange des groupes. Nous vivons un temps de suspension de l’inclusion. En prendre conscience, c’est déjà agir pour redonner du mouvement.

    La richesse de ce qui a été partagé reflète combien les élèves ont appris de ces temps informels hors les murs du collège : aide au devoir d’un petit frère ou petite sœur, pâtisserie et cuisine, apprentissage d’un instrument de musique, d’une nouvelle langue, s’occuper à plein temps de son animal favori, répertorier les plantes de sa rue ou de son jardin, partager de nouvelles musiques, fabriquer des objets, réparer sa trottinette.

    Comment ne pas en tenir compte lorsqu’ils retournent à l’école ? Nous défendons une posture pédagogique qui sait tout à la fois prendre en compte les savoirs émergents et numériques, prendre en compte les savoirs non formels et s’appuyer sur les savoirs fondamentaux.

    La continuité pédagogique offerte pendant le confinement n’a été en ce sens que partielle. De fait elle a privé les enfants de tout ce qui permettait de renforcer ces dimensions collectives. Quelques initiatives de travail coopératif ont sans doute pu porter leur fruit et être bénéfiques, en renforçant l’autonomie de chacun, mais selon nous rien n’est venu remplacer le sens premier de l’école qui est de faire société. Des élèves soulignent combien l’entraide a pu leur manquer pendant ces longues semaines “ça m’a manqué de pouvoir aider les autres” nous dit Chanelle. L’école reste un lieu fort de sociabilité et les élèves eu même ont été renforcés dans ce sentiment : “on me vole mes années collège” nous dit cette élève de 3e.

    #Education #Communs #Hélène_Mulot #Corinne_Laval #Pédagogie #Confinement

  • Suppression de postes dans l’enseignement agricole malgré le défi de l’agroécologie
    https://www.bastamag.net/greve-enseignement-agricole-service-public-bac-stav-austerite-emploi-trans

    Les personnels de l’enseignement agricole public sont en grève ce 30 juin. Les heures d’accompagnement des élèves en difficulté seront payées moitié moins. « Alors que la convention citoyenne pour le climat place l’enseignement agricole au centre de la transition écologique, le ministère de l’Agriculture nous méprise toujours un peu plus. » Dominique Blivet, porte-parole du syndicat de Sud rural territoires, vient d’apprendre, au détour d’une réunion au ministère, que les heures d’enseignement (...) En bref

    / #Agriculture, #Education, #Conditions_de_travail

    https://www.bastamag.net/IMG/pdf/communique_30-06eap.pdf

  • The Lancet Editor’s Wild Ride Through the Coronavirus Pandemic | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/news/letter-from-the-uk/the-lancet-editors-wild-ride-through-the-coronavirus-pandemic

    I spoke to Horton on Zoom at his home, in Muswell Hill, in North London, where he has been since March 23rd, when Johnson announced Britain’s lockdown. Because of his health, Horton has scarcely left the property. He sat at a garden table, wearing a dark T-shirt, in the shade of a deep-red umbrella. The leaves of a large bush framed an empty summer sky. I asked Horton to describe editing The Lancet during the pandemic. “We’ve been deluged with research papers and communications from all over the world,” he said. Submissions to the journal are currently running at four or five times the usual rate; Horton and the editorial team reject about ninety-five per cent of them. “My constant anxiety is, Have we let something go that could be really important?” he said. “I don’t think I’ve ever been in a situation where so much knowledge has been produced in such a short space of time.” He and the journal have struggled to cope. “I don’t think we’ve had the capacity easily to deal with it, and that has stretched all of us,” Horton said. “Inevitably, in moments like that, you get very, very anxious about mistakes.”

    On May 22nd, The Lancet published a striking paper about hydroxychloroquine, the antimalarial drug touted, and taken, by President Trump, as a potential treatment for COVID-19. Unlike other studies, which had merely questioned the drug’s effectiveness, The Lancet article claimed that the use of hydroxychloroquine carried a greater risk of heart arrhythmia and death. The paper’s stark conclusions and huge sample size—it purported to use data from 96,032 patients on six continents—halted hydroxychloroquine trials around the world. But, within days, reporters and public-health experts noticed anomalies in the study’s data set, which was provided by Surgisphere, a small tech company outside Chicago. Surgisphere supplied almost real-time “cloud-based health-care data” from 4,402 COVID-19 patients in Africa, which other researchers found improbable. It overstated the number of deaths from the disease in Australia. Thirteen days after the paper was published, The Lancet retracted it. An hour later, The New England Journal of Medicine, the world’s other preëminent medical journal, also retracted a COVID-19 study that relied on Surgisphere data.

    Horton described the episode as “a monumental fraud.” (On June 3rd, Sapan Desai, the chief executive of Surgisphere, told the Guardian that there was “a fundamental misunderstanding about what our system is and how it works.”) Horton said that something like this happens every few years. “In some ways, this is normal science,” he said. “Science is not immune to having bad people. There are bad people in society, and there are bad people in science. Science is very vulnerable to deceit. . . . When somebody submits a paper to The Lancet, the first thing I think is not, Do I need to consider research misconduct?” He acknowledged the political appeal of the hydroxychloroquine study, in light of Trump’s remarks. “It certainly excited our editors and peer reviewers about the possibility of answering that question,” Horton said. “And we all made a collective error, and that collective mistake was to believe what we were being told.”

    Over the years, Horton’s politics have come to be expressed in studies that The Lancet has chosen to publish. He told me that he chose to make “reparations” for the Wakefield paper with a focus on child and adolescent health. Last year, Horton received the Roux Prize, an award that comes with a hundred thousand dollars, for his contributions to population health.

    But there have been plenty of scrapes. In 2006, three weeks before the U.S. midterm elections, The Lancet published a paper claiming that there had been six hundred and fifty thousand excess deaths as a result of the invasion of Iraq, a much higher figure than most estimates. Horton has been a severe critic of Israel. In 2014, he printed “An Open Letter for the People of Gaza,” signed by twenty-nine Palestinian doctors and scientists, which was widely seen as simplistic and one-sided. Horton backs the environmental movement Extinction Rebellion, which stages acts of civil disobedience around the world. In February, quoting extensively from President Trump’s State of the Union address, Horton launched Lancet Migration, a project to improve the health of migrants and oppose the rise of populism, “which is fuelling racism, xenophobia, and hate.” There can be an all-encompassing quality to Horton’s activism. He questions the business of scientific publishing itself, including the all-important “impact factor,” which preserves the dominance of journals such as his own. “We aid and abet the worst behaviours,” Horton wrote in a Lancet editorial, in 2015. “Our love of ‘significance’ pollutes the literature with many a statistical fairy-tale. We reject important confirmations.”

    During the pandemic, Horton has sought to merge almost entirely the scientific mission of The Lancet with a political purpose, while allowing each side to proceed by a different method. “One part of that story, we’re trying to deal with it in as objective a way as possible, and make judgments only about the science,” he told me. “But, at the same time, we’re trying to constantly assess and arrive at some preliminary conclusion or verdict about the political response. And that is obviously not objective. That is clearly political and requires a subjective and often deeply emotional response.”

    #Covid #The_Lancet #Richard_Horton

  • Tout sur la bite – Binge Audio
    https://www.binge.audio/tout-sur-la-bite

    Dans cet épisode d’éducation sexuelle, on s’intéresse à l’anatomie et au fonctionnement du pénis, des testicules, de la prostate et du périnée.

    Du côté des vulves, on part de très, très loin dans l’ignorance, même si heureusement ces dernières années les initiatives se multiplient pour mieux connaître l’anatomie et le fonctionnement de l’appareil génital féminin (Connais toi toi-même de Clarence Edgar-Rosa, le livre Notre Corps Nous Mêmes, des comptes Instagram comme @thevulvagallery…). Les organes génitaux masculins restent eux aussi assez méconnus, parce qu’on a souvent la fausse impression qu’ils ont un fonctionnement simple et évident.

  • [Du pied gauche] L’éducation non-genrée
    http://www.radiopanik.org/emissions/du-pied-gauche/l-education-non-genree

    Nous avons eu le plaisir de parler avec Annick Faniel du CERE et Dominique Dognie de la bibliothèque de Saint Josse. Nous avons évoqué comment éduquer les #enfants de façon non-sexiste. Quotidiennement. P margin-bottom : 0.08in

    #genres #éducation #lecture #genres,éducation,lecture,enfants
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/du-pied-gauche/l-education-non-genree_09369__1.mp3

  • Louis-Georges Tin : « Comment faire France lorsque les héros des uns sont les bourreaux des autres ? »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/06/22/louis-georges-tin-comment-faire-france-lorsque-les-heros-des-uns-sont-les-bo

    Il ne s’agit pas d’effacer l’histoire. Les esclavagistes et les auteurs de massacres coloniaux doivent être enseignés mais non pas glorifiés, relève dans une tribune au « Monde » le président d’honneur du CRAN, soulignant le rôle des acteurs locaux pour identifier les noms posant problème et proposer des solutions.

    par Louis-Georges Tin

    C’est cela la République, et les droits de l’homme. Emmanuel Macron fait semblant de croire qu’il s’agit d’« effacer » les traces de l’histoire. Mais qui demande qu’on les efface ? Evidemment, personne ; il faut plus que jamais enseigner cette histoire, par les programmes scolaires, par les musées, par les médias. Mais enseigner, ce n’est pas célébrer. Les esclavagistes et les auteurs de massacres coloniaux doivent être enseignés, et non pas glorifiés.
    Un musée de l’esclavage à Paris, « en guise de réparation »

    Or, nous faisons l’inverse : nous les enseignons assez peu, mais nous les célébrons énormément. Il y a en France des centaines de rues, d’avenues portant le nom de Gallieni, mais combien de Français savent que ce général, auteur de la « politique des races », a organisé des massacres en Indochine, au Soudan français et à Madagascar ? En ce sens, la statue de Colbert devant l’Assemblée devrait d’urgence être placée dans un musée. Et nous avons justement obtenu de la mairie du Paris un engagement à faire un musée de l’esclavage à Paris, « en guise de réparation ».

    Comment comprendre que celui qui a préparé le Code noir et construit la Compagnie des Indes, de sinistre mémoire, puisse siéger devant l’Assemblée ? Il était l’ennemi de la liberté, l’ennemi de l’égalité, l’ennemi de la fraternité, et sa statue trône devant l’Assemblée, symbole de la République ? Il y a là une contradiction inacceptable. Par ailleurs, même d’un point de vue conservateur, il est certain qu’il sera de plus en plus difficile de faire l’unité nationale quand le président lui-même apporte son soutien à des statues d’esclavagistes.

    Et quand il affirme que « la République n’effacera aucun nom », il convient de lui rappeler qu’il n’est pas la République à lui tout seul. En réalité, ce sont des autorités locales qui peuvent prendre des décisions, pas lui. Or, quoi qu’en pense Emmanuel Macron, c’est précisément le débat lancé par les associations, en France et ailleurs, qui a permis de mettre sur la place publique un certain nombre de faits historiques que seul un petit nombre de personnes connaissaient jusqu’alors.

    Pire encore, en affirmant qu’ils œuvrent à une « réécriture haineuse ou fausse du passé », le président a pris le risque de mettre de l’huile sur le feu. Qu’on ne soit pas d’accord, certes ; mais en quoi le fait de demander que la statue de Colbert aille dans un musée compte tenu de ces crimes constituerait une « réécriture haineuse ou fausse du passé » ? Par ses réactions excessives, une fois de plus, le président Macron attisera sans doute les haines qu’il cherchait à justement à apaiser.

    #Racisme #Histoire #Education

  • Zinn Education Project
    https://www.zinnedproject.org

    The Zinn Education Project promotes and supports the teaching of people’s history in classrooms across the country. For more than ten years, the Zinn Education Project has introduced students to a more accurate, complex, and engaging understanding of history than is found in traditional textbooks and curricula. With more than 90,000 people registered, and nearly 10,000 new registrants every year, the Zinn Education Project has become a leading resource for teachers and teacher educators.


    #géopolitique_critique #outils_pédagogiques #coltan #histoire_populaire #éducation_populaire

  • Recensement des ressources en lignes gratuites mises en ligne par les éditeurs pendant la crise de la Covid-19
    https://www.couperin.org/site-content/261-a-la-une/1413-covid19-recensement-des-facilites-offertes-par-les-editeurs-du-fait-d

    Nous souhaitons pouvoir relayer les initiatives des éditeurs pour aider le monde académique, et la population en général, à faire face aux conséquences de la crise sanitaire actuelle. Ce recueil d’initiatives peut également avoir un caractère incitatif auprès d’autres éditeurs.

    Le reccueil est mis à jour régulièrement à partir des informations communiquées par nos correspondants (fournisseurs, négociateurs, autres...)

    #covid_19 #édition #libre

  • Assistanat de langue : une expérience de ouf ?
    https://expansive.info/Assistanat-de-langue-une-experience-de-ouf-2282

    Présentation et analyse de la formation d’assistant·e de français à l’étranger, plus particulièrement en Italie. Ceci comme symptôme de la libéralisation de l’enseignement et de la numérisation des pratiques enseignantes. Ce texte comme contrepoint aux textes béats sur ce programme d’échange. #Info_d'ailleurs

    / #Educations_-_Système_scolaire, #Solidarités_internationales