• Laurence Bloch, directrice de France Inter, veut « redonner le goût de la politique aux citoyens », recourir à des éditorialistes couvrant un large spectre politique et attirer les jeunes. Chez Europe 1, l’heure est aux départs. lemonde.fr 5/7

      A la #radio, les grilles en vue de l’élection présidentielle de 2022 se mettent en place. Dans un entretien au Parisien, samedi 3 juillet, Laurence Bloch, directrice de France Inter, a expliqué quels étaient les enjeux pour la radio la plus écoutée de France. Dans les prochains mois, la dirigeante veut « redonner le goût de la politique aux citoyens », recourir à des éditorialistes couvrant un large spectre politique et attirer les jeunes.

      La patronne de France Inter veut ainsi relancer les débats, « en proposant aux gens des points de vue variés (…) pour leur permettre de se forger une opinion ». Ce ne sont pas moins de quatre éditorialistes qui débarquent sur la station à 7 h 20 dont Natacha Polony (directrice de la rédaction de l’hebdomadaire Marianne) le lundi, Cécile Duflot (ancienne secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts, aujourd’hui directrice générale d’Oxfam France) le mardi, Alexandre Devecchio (Le Figaro) le mercredi, Etienne Gernelle (directeur de l’hebdomadaire Le Point) le jeudi… Les présentateurs Nicolas Demorand et Léa Salamé « recevront des politiques, mais la présence des intellectuels, des experts sera renforcée ».

      Ou comment redonner le dégoût de la politique aux auditeurs et faire fuir les jeunes qui n’écoutent plus la radio de toute façon. L’intervention de ce quarteron d’expert en #éditocratie face à Nicolas Salamé et Léa Demorand va motiver de nouveau abstentionnistes. à noter aussi l’arrivé de Patrick Cohen , à la rentrée, sur france cul le dimanche matin... après la messe.
      alea jacta est, le rubicon est franchi et la messe est dites.

  • Les éditions Gallimard rachètent les Éditions de Minuit
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/06/23/les-editions-gallimard-rachetent-les-editions-de-minuit_6085411_3246.html
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/06/24/en-rejoignant-gallimard-les-editions-de-minuit-choisissent-d-unir-deux-des-p

    Le rachat se traduit par l’arrivée de Thomas Simonnet, directeur de collection chez Gallimard, comme directeur éditorial de Minuit.

    Minuit, c’est fini donc. « Être édité aux Éditions de Minuit fait qu’un livre n’est pas tout à fait le même que s’il était paru chez Grasset ou au Seuil », disait Lindon. Il aurait pu rajouter Gallimard, ça n’aurait rien changé.

    #Éditions_de_Minuit #Minuit_dans_le_siècle

  • Research ethics: a profile of retractions from world class universities

    This study aims to profile the scientific retractions published in journals indexed in the Web of Science database from 2010 to 2019, from researchers at the top 20 World Class Universities according to the Times Higher Education global ranking of 2020. Descriptive statistics, Pearson’s correlation coefficient, and simple linear regression were used to analyze the data. Of the 330 analyzed retractions, #Harvard_University had the highest number of retractions and the main reason for retraction was data results. We conclude that the universities with a higher ranking tend to have a lower rate of retraction.

    https://link.springer.com/article/10.1007/s11192-021-03987-y

    #rétraction #invalidation #articles #édition_scientifique #publications #recherche #université #science #ranking #rétractions_scientifiques #articles_scientifiques #universités_classées #statistiques #chiffres #Harvard #honnêteté #excellence #classement

    ping @_kg_

    • Retracted Science and the Retraction Index

      Articles may be retracted when their findings are no longer considered trustworthy due to scientific misconduct or error, they plagiarize previously published work, or they are found to violate ethical guidelines. Using a novel measure that we call the “retraction index,” we found that the frequency of retraction varies among journals and shows a strong correlation with the journal impact factor. Although retractions are relatively rare, the retraction process is essential for correcting the literature and maintaining trust in the scientific process.

      https://journals.asm.org/doi/full/10.1128/IAI.05661-11

    • Knowledge, Normativity and Power in Academia
      Critical Interventions

      Despite its capacity to produce knowledge that can directly influence policy and affect social change, academia is still often viewed as a stereotypical ivory tower, detached from the tumult of daily life. Knowledge, Normativity, and Power in Academia argues that, in our current moment of historic global unrest, the fruits of the academy need to be examined more closely than ever. This collection pinpoints the connections among researchers, activists, and artists, arguing that—despite what we might think—the knowledge produced in universities and the processes that ignite social transformation are inextricably intertwined. Knowledge, Normativity, and Power in Academia provides analysis from both inside and outside the academy to show how this seemingly staid locale can still provide space for critique and resistance.

      https://press.uchicago.edu/ucp/books/book/distributed/K/bo33910160.html

      ...written by Cluster of Excellence employees on Academic Excellence —> Based on: Conference “The Power of/in Academia: Critical Interventions in Knowledge Production and Society”, Cluster of Excellence, The Formation of Normative Orders, Goethe University Frankfurt

  • Une BD évoquant Darmanin censurée par les Éditions des Équateurs
    https://actualitte.com/article/100626/edition/une-bd-evoquant-darmanin-censuree-par-les-editions-des-equateurs

    Cas de force majeure, le huitième livre de Remedium, était prêt pour la publication : l’auteur avait même reçu le Bon À Tirer (BAT), le document final, envoyé à l’imprimeur. « C’est juste avant le départ pour l’impression qu’il y a eu ce retard, non expliqué par l’éditeur », nous explique Remedium par téléphone.

    Cherchant à obtenir une explication de ce délai, l’auteur-illustrateur découvre qu’un portrait de Gérald Darmanin, dans Cas de force majeure, pose problème.

    « On me transmet un ensemble de raisons complètement vaseuses avancées par Olivier Frébourg [directeur des Équateurs et éditeur, NdR] : d’abord, que Darmanin a sorti un livre aux éditions de l’Observatoire [Le séparatisme islamiste. Manifeste pour la laïcité, NdR], qui fait partie du groupe Humensis, ce qui serait problématique, puis qu’une autrice publiera aux Équateurs un livre sur le terrorisme à la rentrée, et que sa protection policière pourrait être remise en cause si le ministre est attaqué. »

    « Au final, on m’a indiqué que le récit tombait sous le coup de la diffamation. Or, je me suis basé sur plusieurs articles de presse, je fais usage du conditionnel et je cite même Mediapart pour un élément », précise Remedium, qui n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai en matière d’enquête et de portrait.

    Finalement, Olivier Frébourg a, selon l’auteur, demandé de modifier le récit consacré à Darmanin, « en modifiant pratiquement toutes les cases », à moins de renoncer à publier le livre. Choqué par le procédé, Remedium n’a pourtant pas hésité longtemps, et a choisi de résilier le contrat d’édition, pour récupérer ses droits sur Cas de force majeure.

    #édition #censure

  • Illustres inconnues de la Commune de Paris
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-de-lhistoire/illustres-inconnues-de-la-commune-de-paris

    Le 150e anniversaire de la Commune de Paris permet de faire sortir de l’ombre les femmes mobilisées pour la révolution sociale de 1871. Icônes féministes ou héroïnes de la lutte des classes ; au-delà des mythes, quel fut le rôle de ces figures méconnues de l’histoire ? [...]

    #Louise_Michel est un monument qui cache bien d’autres #femmes engagées dans la Commune de Paris mais qu’on ne savait même pas nommer. C’est Édith Thomas, historienne et archiviste, qui leur redonne leurs patronymes et leurs identités, à celles que l’on nomme négativement sous le terme générique de « pétroleuses ».
    L’héritage des « pétroleuses »

    En 1963, elle publie la liste de toutes celles qu’elle a pu identifier, nombreuses mais effacées dans des archives parfois disparues, elle interroge leur manière de dire et de faire et les restaure selon Chloé Leprince dans la préface à la réédition des Pétroleuses d’Édith Thomas cette année dans « une citoyenneté reconfigurée dans ses marges et ses chemins de traverse ». Les #Pétroleuses d’#Édith_Thomas tout comme le peuple féminin qui en est l’objet est longtemps resté un livre marginalisé malgré ses prix et ses traductions précoces, une rencontre de ces milliers de #Communardes qui ont lutté au sein de la #Commune mais aussi à l’intérieur de la Commune pour qu’apparaissent dans les réformes à penser celles des conditions de travail et de vie propres à leur sexe.

  • Le bon les brutes et l ISF part 1 nada Info

    https://www.youtube.com/watch?v=ctWZqy-IVO8

    Les chiens de gardes ne mordent jamais la main qui les nourris !

    Réinstaurer l’impôt de solidarité sur la fortune comme le réclament les gilets jaunes ?
    Ce serait un mauvais signal populiste et improductif aboient-ils … La meute est là pour veiller au grain ou plutôt au gain de leurs bons maîtres.

    En route pour 2 épisodes en mode nouveaux western, cowboys-journalistes versus indiens-gilets jaunes .

    Pour plus d’infos et d’autres vidéos : http://nada-info.fr

    #ISF #information #en_vedette #chiens_de_garde #médias #fiscalité #gouvernement_macron #france #actualités_françaises #inégalités #réformes_antisociales #impôt #impôts #guerre_aux_pauvres #riches #économie #chiens_de_gardes #nada_info

    • Vous étiez sans nouvelles depuis plusieurs mois et vous aviez peut-être constaté que Nada-Info avait disparu de la toile. Notre site se remet doucement en place avec deux nouveaux épandages car nous n’avons pas abandonné les armes, loin de là. Mais le manque crucial de moyens, nous a détourné un moment de la plate-forme que nous avions créée en 2013 après le succès du documentaire "Les Nouveaux chiens de garde".

      Pas besoin de périphrases compliquées pour constater que le monde des médias ne s’est pas amélioré ces cinq dernières années (ni le reste du monde non plus !!). Les derniers événements sociaux ont démontré plus que jamais leur vassalisation à leurs maîtres milliardaires et au pouvoir en place.

      Cela nous donne d’autant plus envie de nous battre, de repartir au combat, mais dans un cadre différent.
      Le bilan des cinq années écoulées démontre que l’association Nada-Info n’est pas l’outil adapté pour produire des documentaires long métrages qui entraîne des budgets élevés. Nada-Info n’a pas une structure financière suffisante.
      La réalisation par exemple de « Nous avons des armes » nécessitait un budget important (au moins 60 000 euros). Les 10 320 euros obtenus par 534 contributeurs n’ont pas permis de faire ce film.

      Quelques membres de Nada-Info en association avec des proches ont décidé de se donner les moyens pour produire des documentaires cinémas et ont constitué une société de production indépendante, Héméré Production. Seule une entreprise peut prétendre avoir accès aux multiples aides (CNC par exemple) qui jalonnent le cinéma français. Héméré Production a notamment dans ses cartons un projet de documentaire du réalisateur Gilles Balbastre, « Ceux qui tiennent la laisse », dans la droite ligne des Nouveaux chiens de garde ou du projet de Nada-Info, Nous avons des armes.
      Nous avons décidé d’aider financièrement ce projet et de consacrer la somme destinée à « Nous avons des armes » au projet de Gilles Balbastre : « Ceux qui tiennent la laisse ».

      Le reste de la somme sera consacrée à relancer la plate-forme Nada-Info. Nous avons décidé en effet de réorienter l’association vers une mission d’agitateur d’idées. Le succès des Epandages médiatiques que nous avons postés régulièrement sur notre chaîne Youtube (Nada-info), nous amène à consacrer le site internet de l’association en majorité à la critique des médias, à partir d’une production de vidéos de courte à moyenne durée.

      Nous allons donc continuer cette production car elle ne nécessite pas un gros budget. Les contributions écrites ne seront pas évidemment interdites. Il faut que ce nouveau site trouve une place sur le Net, à coté d’autres sites comme celui d’Acrimed ou de Là-bas si j’y suis. L’idée est de créer une version internet du Plan B, le journal sarcastique que vous avez peut-être connu dans les années 2000. Pour permettre les activités de Nada-Info, nous relancerons des appels au soutien militant via le système déjà en place (ou prochainement) sur notre site en re-construction.

      Voilà, Nada-Info, tel un phénix, renaît de ses cendres.

      Bien à vous toutes et tous

    • Le petit doigt de Ruth Elkrief lui souffle à l’oreillette que la réforme de l’ISF était « la cuillerée d’huile de foie de morue, il faut l’absorber. C’est un mauvais moment à passer, c’est le signal au reste du monde signifié dans l’entourage présidentiel .. . »
      L’éditocrate politique « la queen de l’info » après avoir travaillé pendant quinze ans chez BFM-TV, vient de retrouver la chaîne concurrente LCI.
      « Quotidien » déroule le tapis rouge à Ruth Elkrief Sophie Eustache #Acrimed
      https://www.acrimed.org/Quotidien-deroule-le-tapis-rouge-a-Ruth-Elkrief?recherche=ruth%20ekkrief

      « Quotidien » : service communication du groupe TF1 ? Jeudi 1er avril, Yann Barthès accueillait en grande pompe sa consœur Ruth Elkrief qui, après avoir travaillé pendant quinze ans chez BFM-TV, vient de retrouver la chaîne concurrente LCI : « On l’appelle "la Queen de l’info", elle est partie brutalement de BFM sans qu’on ne comprenne vraiment pourquoi et bonne nouvelle ! Cette semaine on a appris qu’elle allait être notre collègue de bureau : elle arrive dans le groupe TF1. Voici #Ruth_Elkrief ! », annonce #Yann_Barthès.

      L’interview est l’occasion de vanter les mérites de la nouvelle recrue. « Quotidien » passe ainsi en revue le parcours de la « Queen de l’info », qui a participé au lancement de LCI en 1994 avant de rejoindre BFM-TV en 2005. Mais l’interview, ou l’entretien d’embauche, ne serait pas probant sans une mise à l’essai. Yann Barthès propose donc à Ruth Elkrief de réagir à l’allocution d’Emmanuel Macron. La journaliste se prête au jeu : « Il était indispensable qu’il se prononce, qu’il parle, car le fil était un petit peu distendu avec l’opinion et qu’il était indispensable qu’il prenne la parole. Je crois que la situation est vraiment difficile pour lui. Que les gens ne comprennent pas ce qu’il se passe. Qu’il a essayé d’expliquer. J’ai beaucoup de questions […] ». Yann Barthès est béat : « C’est là qu’on voit que vous êtes bonne, parce que je vous pose une question sur ce qu’il s’est passé hier et vous donnez une analyse juste comme ça. »

      En plus de démontrer ses talents, Ruth Elkrief profite de la tribune pour s’adonner à une ode à l’info en continu. Extrait :

      - Yann Barthès : À l’époque, vous disiez que LCI était une chaîne pour les élites…

      - Ruth Elkrief : C’est comme ça qu’on l’avait créée à l’époque, il y avait une volonté d’en faire une chaîne pour les décideurs. Aujourd’hui, c’est une chaîne qui est sur la TNT donc elle s’adresse à tout le monde, elle est regardée par beaucoup beaucoup de monde. Avec [l’élection] présidentielle, […] on va faire l’événement. Je pense que ça continue d’être l’ADN de n’importe quelle chaîne d’info, c’est faire l’événement. Sur LCI.

      - Yann Barthès : En 2022, est-ce que la Présidentielle va se passer sur les chaînes d’info ?

      - Ruth Elkrief : Elle va se passer sur les réseaux sociaux, sur Instagram, Twitch… mais on ne pourra pas se passer des chaînes d’info.

      - Yann Barthès : Les politiques ne pourront pas se passer de vous ?

      - Ruth Elkrief : Ils ne pourront pas se passer de nous car on parle au plus grand nombre. […] Une campagne présidentielle, c’est minute par minute, il peut y avoir des coups de théâtre, il peut y avoir un nouveau candidat, un événement, tout peut basculer, ça va être sur les chaînes d’info et ça va être sur LCI !

      - Yann Barthès : On sent que ça vous fait vibrer !

      Nous aussi…

      Oulala "la queen de l’info" chopait une jaunisse en décembre 2019, vite une cuillerée d’huile de foie de morue !
      https://www.youtube.com/watch?v=6s3VG3TFDOA&t=192s


      https://www.acrimed.org/Gilets-jaunes-il-y-a-un-an-Ruth-Elkrief-paniquait
      #éditocrates

    • BFM TV, CNews, LCI… Les fléaux de l’information
      https://www.monde-diplomatique.fr/podcast/2021-04-BFM-TV-CNews-LCI-fleaux-information

      Les chaînes d’information en continu ont colonisé notre imaginaire visuel et mental. Ces antennes négligent l’enquête et le reportage, mais impriment leur rythme à la vie politique.
      Entretien avec Sophie Eustache. Par Thibault Henneton & Yoko

      https://www.monde-diplomatique.fr/audio/Podcast_diplo/2021-04-Entretien_Eustache.mp3


      « CNews est une chaîne de débats, de polémiques, Pascal Praud est un show-man pas possible, mais est-ce que c’est une chaîne d’info ? Ce qui m’intéresse, c’est ce que son succès révèle… »
      L’animatrice Ruth Elkrief, qui vient de quitter BFM TV pour LCI, le 1er avril sur TMC

      https://seenthis.net/messages/909361

  • Á Orléans (45), Chartres (28), Blois (41), Tours (37), Bourges (18) et Chateauroux (36) et en ligne
    A l’occasion de l’événement #HumanTechDays, organisé par le Conseil régional Centre-Val de Loire, le collectif art::labo https://artlabo.org vous propose de participer à un #éditathon - un sprint de productions de ressources - pour mieux donner à percevoir et à comprendre ce que sont les #cultures #numériques dans leurs diversités à travers des projets #artistiques, #culturels, #artisanaux de la région.
    Il se déroulera les mercredi 19 et jeudi 20 mai 2021 de 9h20 à 18h21, à la fois en ligne et dans des lieux physiques dans chaque département de la région, informations et inscription ici. https://framaforms.org/rencontres-artlabo-editathon...
    Centre de Ressources Arts et Cultures Numériques en région Centre-Val de Loire
    https://cracn.fr

  • Une brève histoire de Jacques Attali - Acrimed | Action Critique Médias
    https://www.acrimed.org/Une-breve-histoire-de-Jacques-Attali

    Il est des figures qu’on ne se lasse pas de retrouver année après année, livre après livre, de matinale radio en tribune de presse et de talk-show vespéral en chronique hebdomadaire. Jacques Attali est évidemment de ceux-là.

    https://www.editionsladecouverte.fr/les_editocrates-9782707158697


    #acrimed #éditocrates

  • Une brève histoire de Jacques Attali - Acrimed | Action Critique Médias

    À l’instar de Jean-Pierre Elkabbach ou d’Alain Duhamel, il semble être depuis toujours dans le paysage médiatique. La parution de son dernier opus, Histoire des médias, en est une nouvelle confirmation. Alors qu’Acrimed tente, depuis 25 ans et en quelques milliers d’articles, de démonter les mécanismes du fonctionnement médiatique, notre auteur se propose modestement de condenser 5 000 ans d’histoire des médias en 500 pages. Il était sans doute le seul à pouvoir accomplir ce tour de force. Qu’il nous soit permis, dans les lignes qui suivent, de brosser le portrait d’un essayiste hors pair.

    https://www.acrimed.org/Une-breve-histoire-de-Jacques-Attali


    #médias #toutologie #tartuffe #éditocrate

  • Édito n°64 : Le temps des clarifications
    https://labrique.net/index.php/thematiques/editos/1199-edito-n-64-le-temps-des-clarifications

    « Un grand désordre règne sous le soleil : la situation est donc excellente » disait Mao Tsé-Toung (1). Qui parvient à croire à la réalité de Blanquer, de Darmanin ? Nous restons sidéré.es, nous restons incrédules, devant ces personnages qui nous gouvernent, devant ces revirements quasi-quotidiens invariablement présentés comme autant d’instants aussi ultimes que décisifs, devant ces déclarations emphatiques faites en clignant de l’œil, devant ces discours qui ont le pouvoir de changer nos vies mais où l’on ne fait même plus l’effort de masquer les décisions les plus obscènes.

    #En_vedette #Éditos

  • Bonnes feuilles : « Ils voulaient refroidir la Terre »
    https://theconversation.com/bonnes-feuilles-ils-voulaient-refroidir-la-terre-160317

    Nous publions un extrait du polar que l’économiste Christian de Perthuis vient de faire paraître aux éditions Librinova. « Ils voulaient refroidir la Terre » aborde la thématique de la géo-ingénierie, ce terme qui désigne l’ensemble des technologies, plus ou moins étonnantes, promettant de contrer le dérèglement climatique. Une manière fictionnelle et originale d’évoquer un sujet scientifique très débattu. Dans ce passage, extrait du chapitre 13, le héros évoque son parcours et les recherches du Professeur Dubbo retrouvé mort.

    #climat #hubris #géo-ingénierie #auteur·rices #édition #fiction #littérature

  • Cinquante ans après, que reste-t-il du glam rock ? Simon Reynolds s’interroge dans un gros pavé – #Gonzaï
    http://gonzai.com/cinquante-ans-apres-que-reste-t-il-du-glam-rock-simon-reynolds-sinterroge-da

    Le premier livre des #éditions_Audimat est la traduction d’un pavé passionnant de #Simon_Reynolds qui s’intéresse au séisme qu’a constitué le #glam_rock ainsi qu’à ses multiples répliques sismiques, de Marc Bolan et Bowie à Marilyn Manson et Lady Gaga.

    https://editions-audimat.fr/catalogue/simon-reynolds-le-choc-du-glam

  • #MeToo : le patron d’une maison d’édition mis en cause - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/210421/metoo-le-patron-d-une-maison-d-edition-mis-en-cause?onglet=full

    Mediapart a recueilli de nombreux documents et les témoignages d’une vingtaine de femmes ayant un jour croisé la route de Stéphane Marsan, patron des éditions Bragelonne, spécialisées dans les littératures de l’imaginaire. Autrices, éditrices, étudiantes, traductrices ou stagiaires… Toutes font part de remarques et de gestes inappropriés, à connotation sexuelle, dans un cadre professionnel.

    • J’en ai entendu parler par des amies chez Bragelonne. Le mécanisme de protection de la direction s’ajoute à l’affaire. Ils protègent leur boss (Stéphane Marsan), résultat tous les salariés sont en crise psychologique de ce fait. Une boite où il ne fait pas bon travailler tant qu’il est aux affaires.
      @mad_meg moi je veux bien

    • #MeToo : le patron d’une maison d’édition mis en cause

      Mediapart a recueilli de nombreux documents et les témoignages d’une vingtaine de femmes ayant un jour croisé la route de Stéphane Marsan, patron des éditions Bragelonne, spécialisées dans les littératures de l’imaginaire. Autrices, éditrices, étudiantes, traductrices ou stagiaires… Toutes font part de remarques et de gestes inappropriés, à connotation sexuelle, dans un cadre professionnel.

      Stéphane Marsan est bien connu dans le petit monde des littératures de l’imaginaire. Président et cofondateur, au tout début des années 2000, des éditions Bragelonne, devenues l’une des plus importantes maisons du secteur, il est présenté dans la presse comme « l’une des personnes qui a marqué le plus l’édition de la fantasy et de la science-fiction depuis une vingtaine d’années ». Mais derrière la vitrine Bragelonne et la renommée professionnelle de son patron, se cache une autre réalité.

      Une réalité que l’autrice Audrey Alwett, publiée dans une autre maison d’édition, résume en ces termes à Mediapart : « J’ai toujours eu des réticences à tenter ma chance chez Bragelonne, bien que ce soit la seule maison de l’imaginaire qui puisse vous faire monter, parce qu’on m’a prévenue très tôt des problèmes qu’il y avait avec les femmes. On en parle souvent entre collègues et on essaye autant que possible de mettre en garde les jeunes autrices. »

      Pendant plusieurs mois, Mediapart a recueilli de nombreux documents et les témoignages d’une vingtaine d’autrices, éditrices, attachées de presse, salariées, étudiantes, traductrices ou stagiaires ayant un jour croisé la route de Stéphane Marsan (lire notre Boîte noire). Ils révèlent des remarques et des gestes inappropriés, à connotation sexuelle, dans un cadre professionnel, ou un environnement de travail que certain·e·s retrouvaient déjà derrière le hashtag #brevedebrage, compilant sur les réseaux sociaux des choses entendues au sein de la maison d’édition. Son patron en avait publié plusieurs sur son propre compte Twitter, @stephanemarsan, supprimé entre le dimanche 18 et le lundi 19 avril, après l’envoi de notre demande d’entretien.

      Contacté à plusieurs reprises par courriel, par message et par téléphone, l’éditeur n’a pas donné suite (lire notre Boîte noire).

      Toutes nos interlocutrices nous ont décrit la façon dont elles se sont senties prises au piège d’un système mélangeant intérêts professionnels et sentiment d’emprise personnelle, qui aurait perduré durant des années, sans que personne ne le dénonce ouvertement. « Les femmes du milieu se le disent : Marsan se servirait de sa position professionnelle pour rechercher des faveurs sexuelles auprès de femmes, auteures ou autres, explique une autrice sous le couvert de l’anonymat. C’est avec le mouvement #MeToo que j’ai réalisé qu’il était important d’en parler. »

      À ces témoignages sont venus s’ajouter ceux d’hommes gravitant eux aussi dans le milieu de la fantasy. Celui du bibliothécaire Samuel L., un fan du genre, qui a passé quelques soirées avec Stéphane Marsan au festival des Utopiales, à Nantes (Loire-Atlantique), et affirme avoir observé un comportement « déplacé » avec des femmes. Il le décrit à Mediapart comme étant « très tactile ». Celui de l’auteur Nabil Ouali, qui n’a fréquenté l’édition que quelques années et dit avoir été frappé par « l’omerta » qui y règne. « On m’a parlé de Stéphane Marsan dès mes premiers salons », à propos de son rapport supposé aux femmes, assure-t-il.

      L’autrice Catherine Dufour, qui a entretenu une relation amicale pendant quelques années avec le patron de Bragelonne, n’a, elle non plus, jamais pu vérifier l’exactitude des histoires qui lui revenaient aux oreilles. En revanche, elle explique avoir commencé à « se méfier » un soir de fête, dans un bar du Xe arrondissement de Paris. « On dansait et il m’a mis la main aux fesses. J’ai remonté sa main, pensant à une erreur. Il s’est mis à me repeloter les fesses et je l’ai repoussé, pensant qu’il avait bu un coup de trop », se souvient l’autrice, qui a cessé toute relation avec Stéphane Marsan quelques années plus tard. Un épisode corroboré par une amie présente ce soir-là et interrogée par Mediapart.

      Deux anciennes salariées de la maison d’édition nous ont également rapporté ce que l’une d’entre elles qualifie de « mains baladeuses sur la taille », observées « à l’occasion de soirées ». « Des gestes exécutés en public, sans gêne apparente de sa part, témoigne Charlotte Oehler, une ex-assistante d’édition. J’avais l’impression que c’était un fait notoire et admis. Sur le coup, quand cela m’est arrivé, j’étais surprise et gênée. Je me souviens avoir essayé de me dégager, mais ça n’a pas été insistant non plus. » La jeune femme s’en est ouverte à une autrice, qui nous l’a confirmé.

      Sophie*, qui a travaillé pendant un an au service de presse de Bragelonne, en contrat d’alternance, dit aussi s’être sentie « super mal à l’aise » le 16 juin 2016, pendant la soirée du « Prix des lectrices ». La jeune femme – elle est alors âgée de 24 ans – affirme que ce soir-là, exceptionnellement, elle portait une robe et était maquillée.

      Selon son récit, Stéphane Marsan se serait approché d’elle et lui aurait dit, en glissant sa main « en bas de [son] dos, jusqu’au niveau des fesses », qu’elle était très belle. « J’étais interdite. J’ai essayé de l’éviter tout le reste de la soirée », ajoute-t-elle. Quelques semaines plus tard, elle en parle à sa supérieure hiérarchique, en congé pendant tout l’été. Cette dernière confirme à Mediapart avoir été informée par Sophie de ce qu’il s’était passé et avoir ainsi compris pourquoi elle avait trouvé la jeune femme si « différente » lors de la soirée. Elle explique comment son apprentie, d’ordinaire si « discrète », était venue se « coller » à elle, alors qu’elle parlait à des journalistes.

      La supérieure évoque également des échanges de courriels. Comme celui du 20 juillet 2016, date à laquelle Sophie soumet à Stéphane Marsan une demande d’interview qu’il accepte, en précisant qu’il est « déjà en retard sur plusieurs itw » et qu’il sera sans doute nécessaire de le relancer. Au milieu de cet échange, il écrit aussi : « Prépare-toi à venir t’asseoir sur mon bureau pour m’y obliger » [à répondre aux questions]. Alors qu’il avait été question qu’elle signe un CDI chez Bragelonne, Sophie a finalement quitté la maison d’édition au terme de son contrat en alternance.

      En 2014, Violaine*, aujourd’hui salariée d’une petite maison d’édition, a 25 ans lorsqu’elle entre en contact avec Stéphane Marsan via LinkedIn. À la recherche d’un boulot dans l’édition, elle traverse, comme beaucoup dans le milieu, « les galères du début ». « Bragelonne, c’était le rêve pour moi », dit-elle. Alors quand le patron de la maison d’édition lui écrit spontanément pour lui proposer « un verre en fin de journée », elle prépare cette rencontre comme un entretien d’embauche. Mais elle finira par se sentir mal à l’aise. Le rendez-vous se serait prolongé au restaurant par un dîner arrosé. « J’étais partagée entre le fait que je ne le sentais pas trop et l’idée que c’était peut-être la chance de ma vie », explique-t-elle.

      Selon son récit, le patron de Bragelonne lui aurait proposé avec insistance un dernier verre chez lui. « J’arrive à partir et pendant quelques jours, je me sens un peu honteuse, je ne comprends pas ce que j’ai vécu », raconte Violaine. S’ensuit une proposition de pige professionnelle, comme un essai. Dans des échanges LinkedIn que Mediapart a pu consulter, Stéphane Marsan lui promet en effet de lui envoyer prochainement un texte de l’un de ses auteurs pour relecture. Il ajoute dans un message : « Je te donnerai rendez-vous en un lieu mystérieux et redoutable (genre la place Maubert) pour que tu m’en parles. »

      Violaine raconte ensuite qu’elle a travaillé sur ce manuscrit, sans facture, sans contrat, et sans réponse à ses demandes de retour. Selon son récit, à ses messages d’ordre professionnel, il aurait répondu d’un ton badin. Elle affirme aussi qu’au bout de quelques semaines, Stéphane Marsan lui aurait dit de laisser tomber, sans autre explication. L’éditrice ne comprend pas ce qui se passe. Elle se dit constamment que tout est de sa faute, qu’elle est « nulle ».
      « Je t’invite à mesurer les conséquences de tes errements sur le cours de ta carrière »

      Ce sentiment d’avoir tutoyé les étoiles avant d’être subitement et violemment rabaissée traverse tous les témoignages que Mediapart a recueillis. L’autrice Samantha Bailly, ancienne présidente de la Ligue des auteurs professionnels, en a fait l’expérience de 2012 à 2017, en publiant ses premiers romans chez Bragelonne. « Au départ, cela avait tout du conte de fées. Stéphane Marsan ne tarissait jamais d’éloges sur mes livres, ni à mon sujet d’ailleurs, raconte-t-elle. Quand il parlait de ses collaboratrices, que ce soit des autrices ou des salariées, il y avait toujours la petite remarque sur le physique qui allait avec... Cela me mettait mal à l’aise. »

      Mais à l’époque, l’autrice se dit que ces remarques « vont avec le personnage ». Certes, certaines personnes lui conseillent de « faire attention », mais rien de plus. Puis, poursuit-elle, « les salariées, de jeunes femmes de mon âge, se sont ouvertes à moi sur ses comportements déplacés ». Deux d’entre elles ont témoigné dans cette enquête. « Des crises de colère. Des avances voilées… ou non. Des comportements changeants. Cette ambiance étrange commençait à m’inquiéter », raconte encore Samantha Bailly. D’autant plus que Bragelonne cherche à avoir l’exclusivité sur ses parutions. Une situation délicate pour une jeune plume vivant seule à Paris, dans un 14 m2, et dépendant uniquement de ses revenus d’autrice.

      Son trouble s’accroît au fil du temps. « En 2014, au salon du livre de Genève, je l’ai entendu dire à une jeune femme : “Tu sais, les contrats d’auteur, ça se négocie dans la chambre.” À partir de ce moment, j’ai été glacée. Je me souviens être allée pleurer aux toilettes. » Samantha Bailly se souvient aussi d’un courriel, que Mediapart a pu consulter, ayant pour objet « Amour et préface ». Stéphane Marsan y écrivait notamment : « Alors que nous discutions, hier, debout près de mon bureau (très joli chemisier by the way), je te regardais et j’ai pensé que c’était quand même miraculeux de se trouver un jour, comme ça, à discuter de la couv de ton roman. »

      Le « conte de fées » vire bientôt au « cauchemar », selon l’expression de Samantha Bailly. En juin 2014, l’autrice est approchée par une plus grande maison d’édition, pour une publication en poche de son texte Les Stagiaires, mais Stéphane Marsan lui répond vouloir le rééditer dans ce format chez Bragelonne, par souci de « cohérence ». Un an plus tard, il lui annonce l’annulation du projet. « J’avais décidé de maintenir cette parution pour te faire plaisir, lui écrit-il le 11 mai 2015, dans un courriel consulté par Mediapart. Mais un événement récent a changé mon point de vue. On nous a rapporté que tu tenais en public des propos désagréables sur Bragelonne et moi-même. J’accepte la critique mais pas la calomnie ni le colportage de ragots sur la vie personnelle. »

      Il ajoute cette phrase, qui inquiète l’autrice : « Tu sais l’estime que j’ai pour toi et ton talent, et je t’invite à mesurer les conséquences de tes errements sur le cours de ta carrière, sur le travail des équipes dédiées à tes ouvrages, ainsi que sur l’image que tu donnes de toi dans la profession. »

      Samantha Bailly laisse à son agent littéraire le soin de récupérer ses droits. Mais « face à l’échec des négociations », elle répond directement à Stéphane Marsan le 3 décembre 2015. Elle met fin à leur collaboration professionnelle. Interrogé là aussi sur ce point précis, l’éditeur n’a pas donné suite.

      Des histoires de collaborations brutalement interrompues, Mediapart en a recueilli plusieurs au cours de son enquête. C’est notamment l’histoire de Julie*, qui a collaboré avec le patron de Bragelonne pendant plusieurs années. D’après son témoignage, tous deux ont été très proches, jusqu’au jour où elle a émis des réserves sur son comportement avec les femmes. « Ce qui m’avait le plus blessée à l’époque où on s’était fâchés, c’était que tout ce qu’il avait tellement aimé chez moi au niveau écriture semblait être devenu de la merde à ses yeux, dit-elle. Après cela, j’ai eu des doutes terribles sur mon talent, ma valeur en tant qu’autrice, j’ai même failli arrêter d’écrire. »

      Éléonore*, qui a travaillé trois ans comme attachée de presse pour Bragelonne, a quant à elle été virée du jour au lendemain pour des raisons qu’elle juge « obscures », après avoir dit à Stéphane Marsan qu’elle trouvait qu’« il ne se comportait pas bien » vis-à-vis d’une collègue avec laquelle il entretenait une relation personnelle aussi officieuse que houleuse. Elle a poursuivi les éditions Bragelonne devant les prud’hommes en 2014, mais n’a pas obtenu les indemnités financières qu’elle demandait.

      Des années plus tard, elle le décrit comme « un homme autoritaire et séducteur, ayant du pouvoir et s’en servant ». Pour étayer ses propos, elle a retrouvé des courriels. Dans l’un d’eux, son patron de l’époque lui parlait en ces termes d’une autrice qu’il souhaitait ajouter à son catalogue : « Ah Myriam* truc, j’aimerais beaucoup la rencontrer aussi pour lui faire des propositions scandaleuses, tu t’en doutes bien… en fait, nous porter candidat pour des reprises poche de ses titres grand format. »

      Il y avait aussi les « soufflantes », pour reprendre une expression employée par Stéphane Marsan dans l’un de ses échanges avec Samantha Bailly. Des colères exprimées par courriel ou dans l’open space, que certains, ou plus exactement certaines, car ce sont surtout des femmes qui en étaient victimes, appelaient en interne « les Marsannades ».

      Il est un autre cadre dans lequel le comportement du patron de Bragelonne a suscité a minima une gêne. Tous les ans, le festival Les Imaginales, à Épinal (Vosges), organise un speed dating pour mettre en relation des aspirant·e·s auteurs et autrices avec des éditeurs de fantasy. Le patron de Bragelonne est un habitué de l’exercice.

      Mediapart a consulté un courriel envoyé, en date du 9 mai 2019, par une organisatrice du speed dating aux futures participant·e·s, dans lequel il est écrit : « Certains éditeurs sont très demandés : Bragelonne attire beaucoup, par exemple, mais sachez que Stéphane Marsan, le saint patron, est prêt à vous écouter pitcher votre roman le samedi si vous lui offrez une bière. » Stéphanie Nicot, la directrice artistique des Imaginales, dit qu’elle ignorait tout de cette pratique. En revanche, il y a quelques années, elle a été alertée sur un « comportement inapproprié » de l’éditeur : elle raconte en effet que des organisatrices du speed dating lui avaient rapporté qu’il prenait la main de jeunes autrices en train de « pitcher » leur roman.

      Jugeant ce comportement « inacceptable », Stéphanie Nicot assure avoir pris des mesures en plaçant Stéphane Marsan « à la première table » des speed dating. « On l’a mis devant pour le garder à l’œil », dit-elle. Le directeur du festival, Stéphane Wieser, indique de son côté avoir été « vigilant ». « On a toléré, les unes et les autres, beaucoup trop de choses », regrette aujourd’hui Stéphanie Nicot, en évoquant le « sexisme systémique » qui règne aussi dans l’édition. « On se demande tous si on aurait dû réagir plus tôt. »
      « Parler avec des jeunes auteures ravissantes fait partie de mon boulot »

      Jeanne* a participé au speed dating en 2019. Son premier échange avec Stéphane Marsan aurait duré une dizaine de minutes, juste le temps de « pitcher » son premier roman encore au stade du manuscrit. Il aurait alors dit qu’elle était « jolie ». Jeanne raconte avoir accepté sa proposition de se voir à Paris pour un déjeuner, malgré un comportement qu’elle juge « un peu paternaliste ». Le rendez-vous est fixé quelques jours plus tard. Et Jeanne tombe de haut. Selon son récit, il lui aurait alors parlé de sa vie sentimentale et de ses préférences amoureuses. « Il disait aussi aimer les femmes intelligentes, avec de l’éloquence, et il a ajouté : “Comme vous.” »

      Selon son témoignage, l’éditeur aurait demandé à Jeanne si elle avait un petit ami, glissé dans la conversation qu’il n’habitait pas très loin. Au cours de ce déjeuner, elle se souvient qu’il l’avait appelée « Cendrillon » lorsqu’elle lui avait expliqué devoir s’éclipser. Dans un échange de messages Facebook du 19 juin 2019, que Mediapart a pu consulter, il l’affuble du sobriquet « Souris Intelligente ». Sur un ton professionnel, elle lui indique vouloir « négocier le sobriquet ». Réponse de Stéphane Marsan : « Encore des conditions ! »

      Au deuxième déjeuner, « même ton de badinage, de flirt ». « J’avais tellement l’impression de rencontrer un date Tinder [une application de rencontres – ndlr] que j’ai essayé de remettre notre différence d’âge au centre de la discussion, explique-t-elle. Il parlait de la relation éditeur-auteur, il disait que c’était une relation très intime, qu’on allait partager des trains, des hôtels… » D’après elle, cela n’empêche pas Stéphane Marsan d’adopter un ton très professionnel quand il s’agit de parler du manuscrit. Tout en mêlant les registres. Ainsi, au détour d’un commentaire argumenté et élogieux sur son livre, il lui glisse dans un courriel envoyé le 24 juillet 2019, à 23 h 40 : « “Putain, elle est forte !” m’exclamai-je dedans mon lit. »

      Jeanne est alors en discussion avec d’autres maisons d’édition, plus généralistes. Mais Stéphane Marsan veut la publier. Un dernier rendez-vous est organisé au siège de Bragelonne. « On était restés tard. Il était environ 19 h 30, tout le monde était parti. Je ne me sentais pas très à l’aise, rapporte-t-elle. Il était pressant pour que je signe le contrat. Il m’a dit : “Je devrais vous obliger à signer ici et maintenant. Mais je ne le ferai pas parce que je souhaite bien me comporter avec vous.” »

      En sortant de ce rendez-vous, le 14 août 2019, à 20 h 32, la jeune femme reçoit un SMS de celui qu’elle vient de quitter. Elle y lit trois phrases qui lui suffisent à tomber d’encore plus haut : « Vu miss nibs [seins – ndlr]. Haut blanc transparent sur un sous tif en dentelles. Ah ça pour négocier un contrat elle sait faire ! :) » Stéphane Marsan s’est manifestement trompé de destinataire. Il s’en excuse dans la foulée en lui envoyant plusieurs messages, dans lesquels il parle d’une « blague potache » et assure que « c’était évidemment ironique », mais il est trop tard.

      Jeanne se méfie et après quelques recherches sur Internet, elle trouve sur Facebook une photo où l’on voit l’éditeur discuter avec une femme. En commentaire, il a écrit : « Parler avec des jeunes auteures ravissantes fait partie de mon boulot et j’essaie d’être consciencieux… » L’autrice a finalement publié son manuscrit ailleurs.

      C’est aussi autour d’un speed dating des Imaginales que Betty Piccioli, secrétaire générale de la Ligue des auteurs professionnels, a rencontré Stéphane Marsan en 2015. Leur premier contact « reste très cordial ». L’éditeur retoque son projet d’écriture. Un an plus tard, au même festival, elle retente sa chance en allant l’aborder directement. Selon son témoignage, Betty Piccioli demande au patron de Bragelonne s’il se souvient d’elle, ce à quoi il aurait répondu : « Comment aurais-je pu oublier vos yeux ? »

      Gênée par cette remarque et avec le soleil tapant, la jeune femme affirme avoir mis ses lunettes de soleil. « À ce moment-là, il fixe avec insistance mon décolleté », rapporte-t-elle. « La gêne pour moi était vraiment forte, poursuit l’autrice. Dans ma tête, j’ai pensé : soit je me lève en lui foutant une claque, soit je ne dis rien et je pitche mon roman. J’ai choisi la seconde option parce que face à moi, j’avais l’éditeur de fantasy le plus inaccessible de toute la profession. »

      Le premier roman de Betty Piccioli est finalement publié en août 2018 chez Castelmore, la filiale jeunesse de Bragelonne, au terme de nombreuses « difficultés » – « contrat signé avec retard, changement d’éditrice… ». Un mois après la parution du livre, et malgré ses relances auprès du service comptabilité qui invoque des « problèmes de trésorerie » par courriel, l’autrice n’a toujours pas perçu la deuxième partie de son à-valoir – 1 000 euros brut. Elle décide de profiter du mouvement #PayeTonAuteur, qui dénonce les abus des maisons d’édition.

      Son témoignage arrive aux oreilles de Stéphane Marsan, qui la contacte immédiatement. Sur Facebook, il lui envoie plusieurs messages privés, dans lesquels il tente longuement de justifier ce retard de paiement, en lui expliquant le fonctionnement de Bragelonne et « les aléas du marché ». Au milieu, il glisse une phrase qui inquiète Betty Piccioli : « Je connais bien la profession, et d’autres éditeurs peuvent désormais considérer que tu es une chieuse et penser que s’ils te proposent un contrat, ils se feront allumer sur insta [Instagram – ndlr] un jour ou l’autre, parce que un jour ou l’autre, tout le monde a un accident, tout le monde fait une connerie, et alors ils n’auront pas envie de prendre ce risque. »

      Dès lors, Betty Piccioli s’est sentie « blacklistée par les équipes Bragelonne ». Ses doutes sur le comportement de Stéphane Marsan sont renforcés quelques mois plus tard. En janvier 2020, alors que l’affaire Gabriel Matzneff secoue l’édition française et questionne plus largement cette industrie dans son rapport aux femmes, l’autrice poste « un appel à témoignages sur Twitter » – effacé depuis –, sans citer nommément Stéphane Marsan. « Ça a été l’emballement », affirme-t-elle, en expliquant qu’à la suite de ce post, plusieurs personnes l’ont contactée, par messagerie privée, persuadées d’emblée qu’il s’agissait du patron de Bragelonne.

      C’est à ce moment-là qu’une enquête de France Info paraît : nous sommes en février 2020, et il est question d’un « poids lourd de l’édition dans la littérature de l’imaginaire ». Une personnalité « dont vous connaissez TOUS l’identité », avait à l’époque commenté Betty Piccioli, sur Twitter. Une personnalité qui avait été explicitement désignée sur un blog américain deux ans plus tôt.

      Les gens du milieu reconnaissent Stéphane Marsan derrière le témoignage de cette agente littéraire évoquant des « regards appuyés au point de [la] mettre mal à l’aise » lors d’une réunion de travail, et « en partant, un bras qui s’attarde un peu trop sur le sien, presque comme une caresse ». Comme ils nous l’ont rapporté par la suite, plusieurs d’entre eux avaient déjà entendu parler de cette autrice indiquant que l’éditeur lui avait « arraché » son tee-shirt pendant une soirée professionnelle. Et qui l’accusait d’avoir entravé sa carrière, après qu’elle lui avait reproché son comportement « abject ».

      Mediapart a vérifié l’existence de ces témoignages. C’est parce qu’ils ont été livrés de façon anonyme, sans que le nom de Stéphane Marsan ne soit jamais révélé, que d’autres femmes, mais aussi des hommes, ont voulu prendre la parole. Pour qu’il cesse d’« abuser de son pouvoir », selon l’expression de Betty Piccioli. « Il faut que ça se sache », estime Violaine. « Le milieu est tellement précaire que se faire blacklister par un leader économique et communicationnel comme Stéphane Marsan est la dernière chose dont on a envie », conclut Nabil Ouali. Celles qui ont franchi le pas ont d’ailleurs toutes fait part de « la peur » qui les a saisies au moment de le faire.

      D’autres ont déjà contacté le compte Instagram @balancetonediteur, animé depuis le 5 avril, par des personnes ayant travaillé ou travaillant encore dans le milieu de l’édition. « Au fil de nos années d’expérience dans ce milieu, nous avons subi ou été témoins de nombreux comportements déplacés, discriminants ou humiliants », raconte le collectif, qui souhaite susciter « une prise de conscience ». En quelques semaines, il aurait déjà recueilli plusieurs témoignages visant Stéphane Marsan.

      https://www.mediapart.fr/journal/france/210421/metoo-le-patron-d-une-maison-d-edition-mis-en-cause?onglet=full

  • Journée des droits des femmes : #visibilité des #femmes_scientifiques sur Wikipédia

    En marge de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, La Casemate et le Quai des Savoirs ont organisé un #éditathon sur les femmes et la science sur Wikipédia, l’encyclopédie libre et collaborative. Ce marathon d’édition vise à augmenter le nombre de biographies de femmes scientifiques et rendre leurs travaux plus visibles : les femmes représentent seulement 8 à 10% des biographies de femmes scientifiques sur Wikipédia.

    C’est Anne-Laure Amilhat-Szary qui a proposé de participer à l’événement pour les femmes géographes, événement auquel l’UMR TREE s’est joint.

    Au final, durant quatre jours, 12 pages de femmes géographes ont été créées ou enrichies sur Wikipédia ainsi que de très nombreuses fiches sur Wikidata, le volet bases de données du projet collaboratif. Les membres de Pacte se sont saisi également de l’initiative en lançant l’enrichissement chaque semaine d’une page de géographe via le compte Twitter de la Commission de géographie Féministe du CNFG.

    Explorer le bilan pour le laboratoire : https://twitter.com/UMR_TREE/status/1371186612428812291

    Découvrir toutes les fiches de femmes scientifiques créées ou modifiées durant l’éditathon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Projet:Editathon_Femmes_%26_Sciences_2021#Bilan_de_l'%C3%A9ditathon_20

    https://www.pacte-grenoble.fr/actualites/journee-des-droits-des-femmes-visibilite-des-femmes-scientifiques-sur
    #wikipedia #gender_gap #femmes #visibilisation #géographie #géographes #femmes_géographes

  • Quand les écrivains soutiennent l’OIP

    À l’initiative des éditions du Seuil, sept écrivains et écrivaines ont pris la plume pour venir en soutien à la section française de l’Observatoire international des prisons (OIP), confrontée depuis quelques années à une baisse inédite de subventions publiques.

    Philippe Claudel, Marie Darrieussecq, Annie Ernaux, Nancy Huston, Maylis de Kerangal, Nathalie Quintane, David Rochefort… Tous ont répondu présent à l’appel d’Hugues Jallon, président des éditions du Seuil, qui souhaitait publier un ouvrage pour soutenir l’OIP, en prise à de graves difficultés financières. Ce livre, intitulé Pour que droits et dignité ne s’arrêtent pas au pied des murs, paraîtra jeudi 18 mars 2021.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/03/27/quand-les-ecrivains-soutiennent-loip

    #edition #prison

  • « Les doutes sur la gestion de la crise sanitaire illustrent les travers d’un système de décision qui s’est personnalisé à l’excès »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/03/23/les-doutes-sur-la-gestion-de-la-crise-sanitaire-illustrent-les-travers-d-un-


    Emmanuel Macron, Olivier Véran (à droite), et le chef du service de réanimation à l’hôpital de Poissy-Saint-Germain-en-Laye, Jan Hayon, le 17 mars.
    YOAN VALAT / POOL VIA AFP

    Le président de la République est attaqué sur les deux attributs qui restaient encore attachés au macronisme : l’efficacité et l’engagement européen, explique Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ».

    Chronique. Un profond doute s’est installé sur la gestion de la crise sanitaire. Il ne tient pas seulement à la présence de variants et à cette « troisième » vague qui fait tourner en bourrique une bonne partie des dirigeants européens. Il provient des flottements perceptibles au sein de l’exécutif, de son incapacité à nommer ce qu’il fait et, partant, de sa difficulté à indiquer le cap, puis à le crédibiliser.

    Quand le premier ministre utilise le mot « confinement » pour qualifier la « troisième voie » arrêtée jeudi 18 mars dans seize départements fortement touchés par le virus, son ministre de la santé en récuse le terme, trois jours plus tard : le bol d’air, explique en substance, Olivier Véran, dans Le Journal du dimanche est infiniment préférable au huis clos.

    Du coup, les attestations de déplacement qui s’annonçaient kafkaïennes s’allègent, tandis que se renforcent les recommandations touchant à la sphère privée : vous aviez droit à six convives autour de la table ? Mieux vaut désormais ne plus recevoir, recommande Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, sachant que l’Etat n’a heureusement pas le droit de contrôler ce que vous faites chez vous.

    Messages contradictoires
    Le constat est limpide : plus la crise sanitaire dure, moins l’Etat se reconnaît la force de contraindre. L’essentiel, désormais, repose sur la responsabilité de chacun. Ce n’est pas le plus mauvais choix dans un pays au bord de la crise de nerfs. Encore eût-il fallu prendre en considération le citoyen, l’éclairer sur les différentes options en présence pour qu’il s’approprie la décision. Aucune de ces conditions n’a été remplie.

    La séquence de la mi-mars illustre les travers d’un système de décision qui s’est personnalisé à l’excès. Que le président de la République soit le décideur en dernier ressort est parfaitement légitime : les institutions de la Ve République lui attribuent ce rôle, et nul ne conteste que la responsabilité de la politique sanitaire soit du ressort de l’Etat. Ce qui dysfonctionne en revanche, c’est le peu de temps dont dispose le gouvernement pour s’approprier la décision du chef de l’Etat qui a pris l’habitude de décider seul et à la toute dernière minute.

    Emmanuel Macron le fait sur la base des informations qui remontent de l’appareil de l’Etat et de ses ministres, il le fait aussi beaucoup à partir des informations qu’il va lui-même quérir, de peur de se retrouver prisonnier d’un système auquel il ne fait pas entièrement confiance. Jeudi, le décalage était flagrant entre le climat inquiet qui avait filtré des échanges entre ministres et experts, lors du conseil de défense, et la décision finale du chef de l’Etat : celle-ci était mi-chèvre, mi-chou, donc incompréhensible.

    • faut pas personnaliser à l’excès mais massivement :

      L’essentiel, désormais, repose sur la responsabilité de chacun.

      Françoise Fressoz, c’est yaourt et cash en même temps sans la malice des idéologues de combat.

      Ce qui dysfonctionne aussi, c’est l’accumulation de messages contradictoires dans une période préprésidentielle où la gestion de l’opinion publique semble être devenue une donnée aussi importante que la réalité de la crise sanitaire : le 29 janvier, le président de la République s’affranchit de la demande d’une grande partie du corps médical qui appelait à un reconfinement national.

      Le 1er mars, il demande aux Français à tenir encore « quatre à six semaines ». Dans la foulée, il presse ses ministres de préparer des protocoles de retour à la vie normale avec les professionnels touchés par les fermetures. Le souci, compréhensible, est de soutenir le moral des Français menacés par un gigantesque burn-out. Mais, lorsqu’il apparaît que le calendrier de l’épidémie résiste à la volonté d’un seul, la crédibilité présidentielle s’en trouve entamée. Emmanuel Macron l’a lui-même acté en constatant que le virus restait le « maître des horloges ».

      L’opposition se défoule

      Ce qui dysfonctionne enfin, c’est le manque d’informations dont dispose le citoyen pour s’approprier les décisions. On sait que le gouvernement débat, que des pôles s’affrontent : le « sanitaire » d’un côté, l’« économique » de l’autre, sans compter « l’éducation » qui bataille ferme pour garder les écoles ouvertes. C’est normal et c’est heureux. On ignore en revanche sur quelles bases la décision finale est prise, alors que, sur les chaînes d’info en continu, médecins et spécialistes assènent leur ordonnance avec aplomb. Quand la divergence devient trop flagrante, le politique en prend un coup.

      Depuis quatre jours, l’hallali est sonné contre le chef de l’Etat. L’opposition, trop longtemps bridée, se défoule. Tout y passe, l’« échec » de la stratégie sanitaire, le « retard » de la politique vaccinale, les « ratés » du pari européen consistant à grouper au niveau de l’UE les commandes de vaccins, sans compter les « failles » d’une méthode jugée insuffisamment partageuse. Emmanuel Macron est attaqué sur les deux attributs qui restaient encore attachés au macronisme : l’efficacité d’une part, l’engagement européen de l’autre. L’affaire est sérieuse.

      Il faut cependant remonter à la genèse de la crise sanitaire pour comprendre les raisons de son extrême solitude. Après le mouvement des « gilets jaunes », qui avait gravement déchiré le pays, aucun de ses adversaires n’a accepté d’entrer dans la configuration de l’union nationale à laquelle il avait alors appelé en décrétant la « mobilisation générale ». Tous ont préféré s’enfermer dans le jeu classique de l’opposition entre le pouvoir local et le pouvoir national au risque d’accroître encore les travers d’une Ve République qui s’épuise à force de se dévitaliser.

      La concertation a beau exister avant chaque décision, elle est décrédibilisée par les acteurs eux-mêmes qui se plaignent de ne jamais être pris en considération. A ce jeu de défausse, il n’en reste plus qu’un, le président de la République. La complainte du week-end ? « Il faut que Macron parle. Quand va-t-il le faire ? »

      Timing. Cette mesure est là pour 4 semaines, ça ira mieux dans 4 semaines, non, ils sont pas tout à fait déconnectés de la population, ils donnent un horizon qui voisine celui de la comptabilité domestique de tous les ménages (ce n’est pas « paye ta dette de poker d’ici 48 h sinon gare »). Ça rapproche l’abstraction technocomptable du concret de la vie ordinaire.

      #éditorialiste

  • #Vortex : la crise du patriarcat #Susan_Hawthorne, #Éditions_Spinifex
    https://tradfem.wordpress.com/2021/03/15/vortex-la-crise-du-patriarcat-susan-hawthorne-editions-spinifex

    Préface
    L’année de la pandémie
    Le manuscrit de Vortex était presque terminé au moment du choc de la pandémie du coronavirus. Un tel événement mondial doit être pris en compte puisqu’un très grand nombre de questions abordées dans ce livre sont reliées à la rapide dissémination à l’échelle mondiale de la Covid-19. Vortex : la crise du patriarcat est issu de mes travaux précédents, soit Wild Politics : Feminism, Globalisation and Bio/diversity (2002) et Bibliodiversity : A Manifesto for Independent Publishing (2014). Tout aussi pertinente est mon implication dans le Mouvement de libération des femmes et dans d’autres mouvements sociaux, incluant ceux qui cherchent à en finir avec le racisme et la discrimination infligée aux personnes handicapées et à celles qui souffrent de la pauvreté.

    La rapidité de la pandémie lui donne l’apparence d’un tourbillon qui descend en spirale de plus en plus vite.

    Bien qu’il reste des questions à élucider au sujet des causes de la Covid-19, plusieurs facteurs sont déjà avérés :
    • Où qu’il ait commencé, la mondialisation, le libre-échange et les flux rapides de marchandises et de personnes allaient veiller à ce que le virus se propage très rapidement.
    • Les systèmes mondiaux d’exploitation agricole, forestière et de pêche industrielle rendent inévitable que les espèces sauvages dégénèrent en simples produits de consommation locale et mondiale.
    • L’industrialisation de la pêche, de l’élevage et de la foresterie diminue la biodiversité et affaiblit les systèmes de survie du monde végétal et animal, ce qui a un impact sur toute l’humanité.
    • La puissance des grandes sociétés pharmaceutiques a mené à des travaux de recherche qui font fi des mesures de biosécurité.
    • La déforestation détruit les habitats de la faune, lui imposant une plus grande proximité avec les humains.
    • Dans une planète jetable, des produits sanitaires essentiels sont produits dans les marchés les moins onéreux, amenant certains pays à perdre la capacité de produire ces biens pour elles-mêmes, ce qui crée des pénuries et entraîne des prix excessifs pour du matériel médical essentiel.
    • Les manifestations #BlackLivesMatter qui ont eu lieu malgré les tentatives de les entraver se sont révélées inspirantes et innovatrices dans la mesure ou les gens ont formulé leurs revendications de manière (généralement) pacifique, réfléchie et avec des appels pondérés au changement qu’aucun gouvernement digne de ce nom ne devrait ignorer. Le fait que les femmes ont été insuffisamment représentées dans le mouvement #BlackLivesMatter est une question qui devra être sondée ailleurs. J’examine dans le présent ouvrage les nombreuses façons dont la crise du patriarcat à entraîné la pandémie actuelle, ainsi qu’une multitude d’autres séquelles nuisibles au commun des mortels. Cette crise du patriarcat se solde par une guerre contre la planète, contre ses résidents incluant les humains, la faune et la flore, et contre leurs environnements, que l’on parle des forêts ou des plaines, des fonds de mer ou des fosses océaniques, des sommets montagneux ou des déserts, des champs de neige ou des terres agricoles. La pandémie met aussi en lumière plusieurs autres événements d’envergure mondiale :
    • La dépendance aux énergies fossiles mène à la création d’énormes profits pour la grande entreprise, mais laisse les peuples indigènes sans terre ou sur des territoires saccagés ; elle a des effets délétères à long terme sur les terres agricoles, les rivières et les nappes phréatiques, et contribue à une catastrophe climatique.
    • En Inde, le confinement soudain a forcé une main-d’oeuvre migrante à devoir rentrer à pied dans leurs villages, après avoir migré dans les villes pour trouver du travail et survivre, et que ce travail ait disparu lorsque la Covid-19 a frappé. Auparavant, ces travailleuses et travailleurs seraient restés dans leurs communautés pour y travailler.
    • La fourniture des soins de santé a été retirée aux communautés humaines pour la mettre entre les mains des grandes compagnies pharmaceutiques et du système médical industriel ; les personnes œuvrant en-dehors de ce système sont souvent criminalisées.

    Notons également les facteurs suivants :
    • la dépendance du patriarcat commercial sur l’esclavage : la traite des esclaves de l’Afrique vers les Amériques ; les conditions d’esclavage des peuples autochtones partout ; les conditions d’esclavage de femmes partout dans le monde – un élément du processus de colonisation et de la montée du néolibéralisme, et en fait, les conditions d’esclavage des peuples colonisés du monde entier qui se perpétuent dans le capitalisme patriarcal et entrepreneurial (Patterson 1982 ; Galeano 1973/1987 ; Guillaumin 1995 ; Enloe 1983 ; Pateman 1988).

    Traduction : Collective TRADFEM
    Tous droits réservés à SUSAN HAWTHORNE et SPINIFEX Inc.

    VORTEX peut être commandé à Spinifex Press ici : https://www.spinifexpress.com.au/shop/p/9781925950168
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  • Contre la chimère de l’« islamo-gauchisme »

    Nous ne renoncerons pas à mettre à jour les mécanismes d’exploitation et d’oppression.

    Au-delà de l’Université, c’est contre toute pensée indépendante et critique qu’est organisée aujourd’hui une vaste traque contre la chimère de « l’islamo-gauchisme », cette créature fabriquée de toutes pièces par les gardiens de l’ordre établi. Organisée au plus haut sommet de l’État, cette offensive destructrice est appuyée par la meute des idéologues réactionnaires.

    Dans nos ouvrages respectifs publiés aux éditions Syllepse, nous avons voulu contribuer à dénuder les mécanismes d’exploitation et d’oppression, reposant notamment sur une racialisation des rapports sociaux et un système patriarcal. C’est ce travail que cette offensive vise à discipliner, voire à étouffer.

    Dénoncer les inégalités sociales, c’est bien. Mais mettre à jour les mécanismes d’exploitation et d’oppression est manifestement inacceptable. Et en vérité, c’est bien de cette dernière faute dont nous sommes fièr·es.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/03/08/contre-la-chimere-de-l-islamo-gauchisme

    #politique #édition

  • Dans les recoins de la double page (Paged.js à la maison, saison 2) | Polylogue
    https://polylogue.org/apres-la-page-la-double-page

    XML est très intéressant, mais s’articule avec des outils d’écriture (traitement de texte, notamment). Or on ne peut faire abstraction de l’aspiration à sortir des traitements de texte, de la multiplication d’outils alternatifs. Inspiré par le html et aussi par les langages de balisage léger, comme Markdown (qui permet de constituer une structure simple de html standard sans avoir à subir visuellement le code, et a été créé pour faciliter l’écriture, ce qu’on appelle le flow, d’un blogueur), je me suis demandé si on ne pourrait pas utiliser le flux html + css pour faire le livre, mais également, pour proposer des modalités d’écriture et d’inclusion de l’auteur et du designer dans un processus éditorial.

    Il ne s’agit pas d’automatiser la mise en page, c’est un point sur lequel j’insiste, car les flux html + css ont tendance à faire fantasmer certains éditeurs qui se disent qu’ils vont pouvoir automatiser d’avantage, voire se passer de compositeur. À eux je souhaite bonne chance, surtout s’ils sont un minimum exigeants sur la qualité de composition. Non, c’est une autre manière de composer, tout comme markdown offre une autre manière d’écrire que Word, l’idée restant de fournir au compositeur une palette suffisamment complète pour lui permettre de bien travailler. Les gens, leurs savoir-faire ont toute leur place, et il s’agit plutôt de leur proposer une palette alternative suffisamment complète pour qu’ils et elles puissent s’exprimer.

  • Les femmes resteront dans nos lignes

    Dans nos livres, les manifestantes continueront de manifester, les ouvrières feront toujours grève, les caissières se rebelleront. Elles ne disparaitront pas dans nos ouvrages. Plus que l’écriture inclusive, c’est une écriture de reconnaissance que nous défendons.

    De l’extrême droite (Marine Le Pen) à La République en marche en passant par les Républicains, un troupeau réactionnaire veut effacer les femmes de nos écritures.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/02/25/les-femmes-resteront-dans-nos-lignes

    #féminisme #édition

  • Naver, le Google coréen, rachète Wattpad, le raconteur d’histoires
    https://actualitte.com/article/98426/acteurs-numeriques/naver-le-google-coreen-rachete-wattpad-le-raconteur-d-histoires

    Promise à la vente, la société Wattpad a bel et bien trouvé preneur. Mais contre certaines attentes légitimes, l’acquéreur n’arbore pas un fier sourire jaune : la maison mère de Wattpad sera Naver, principale plateforme internet et moteur de recherche de Corée du Sud. Et le montant dépasse les estimations : Naver a déboursé 600 millions $ en espèces et actions.

    Publié le :20/01/2021 à 09:12
    Victor De Sepausy

    Le Google coréen a donc racheté Wattpad, la plateforme de référence en matière de fanfiction — ces textes puisant dans l’univers d’un auteur pour prolonger les aventures des personnages. Naver ne débarque pour autant pas dans le monde de la lecture : l’opérateur dispose du service Webtoon qui compte 72 millions d’utilisateurs mensuels. Ses accords de licences autour de séries comme Lore Olympus ou Rachel Smythe se négocient dans le monde avec des acteurs comme Vertigo ou Crunchyroll.

    De son côté, Wattpad revendique 5 millions d’auteurs, avec 90 millions de visiteurs cumulés sur l’année 2020. Au global, en restant dans les chiffres, les utilisateurs ont cumulé 23 milliards de minutes de lectures par mois sur l’an passé. Et ces dernières années, Wattpad a multiplié les partenariats avec des studios hollywoodiens, de même qu’avec des éditeurs traditionnels (Hachette, notamment).

    VOL DE DONNÉES : Wattpad victime d’un sévère piratage

    Elle affirme à ce titre que 1500 œuvres parues sur son site ont été adaptées en films, séries télévisées ou publiées sous la forme de livres imprimés.

    Assez logiquement, Wattpad rejoindra donc la marque Webtoon, conformément à la vision de Seong-Sook Han, le PDG de Naver. « L’idée de Wattpad, divertissement et connexion des lecteurs à travers des histoires, correspond parfaitement à notre image de Webtoon et de la marque Naver », assure-t-il dans un communiqué. Un grand pas, assurément, dans la constitution d’un groupe éditorial numérique d’envergure mondiale.
    Le monde numérique en marche

    « En 2021, alors que chaque type d’œuvre de divertissement se métamorphose, nous avons construit une plateforme en mesure d’alimenter des succès portés à l’écran et dans les étagères. Tout en responsabilisant et récompensant une nouvelle génération diversifiée de créateurs à travers la planète. »

    Si l’acquisition doit être finalisée au cours du deuxième trimestre 2021, Wattpad, du haut de ses quatorze années d’existence, réussit un coup de maître. Aujourd’hui, elle compte plus d’un milliard d’histoires publiées dans ses colonnes. Et la combinaison avec les services de streaming multimédia de Webtoon donnera certainement lieu à une hausse des adaptations.

    LIVRES : l’autoédition représente 20 % des titres déposés à la BnF

    Parmi les actuels investisseurs de Wattpad, on compte le géant chinois de l’Internet Tencent Holdings, le Times Bridge de l’Inde, BDC, Kickstart Ventures de Globe Telecom, Peterson Group et Raine. « Les cofondateurs Allen Lau et Ivan Yuen, et toute l’équipe de Wattpad, ont créé quelque chose d’unique : nous leurs sommes reconnaissants de continuer à diriger cette entreprise fantastique, pour nous, après l’acquisition », conclut Seong-Sook Han.

    Au cours des années passées, plusieurs tours de table ont été réalisés, avec des levées de fonds de 117,8 millions $ auprès d’investisseurs internationaux en Asie, aux États-Unis et au Canada. La dernière levée a rapporté, en 2018, 51 millions $, effectuée avec Tencent et plusieurs autres structures.

    #Wattpad #Edition #Fanfiction