• Veronika Bennholdt-Thomsen et Maria Mies, Subsistance et économie mondialisée, 1997
    https://sniadecki.wordpress.com/2022/11/18/perspective-subsistance-fr

    Nouvelle traduction et publication aux éditions La lenteur de « La perspective de subsistance » renommé en français en « La Subsistance, une perspective écoféministe ». Ici l’intro du livre.

    Si nous rapportons cette histoire, c’est parce qu’elle montre en quelques mots la différence de perspective entre Hillary Clinton et les villageoises de Maishahati. Leur perspective est une perspective d’en bas, qui se fonde sur ce qui est nécessaire à la vie ; c’est une perspective de la subsistance.

    Si l’on observe le monde depuis cette perspective, toutes les choses et toutes les relations nous apparaissent sous un autre jour. Il en va de même pour ce qui fonde une vie bonne : pour Mme Clinton et la plupart de ses sœurs riches au Nord, une vie bonne ne peut se fonder que sur beaucoup d’argent et une abondance de marchandises et de produits luxueux que l’on ne trouve que dans les pays du Nord ou au sein des classes les plus aisées dans le reste du monde. Pour elles, tous les autres modes de vie relèvent de la misère.

    La rencontre à Maishahati a sans doute été un choc culturel pour Mme Clinton. Elle s’attendait probablement à ce que les villageoises lui demandent humblement un peu d’argent pour l’un ou l’autre de leurs projets et qu’elles la regardent avec admiration, elle, l’épouse de l’homme le plus puissant au monde, venue du pays le plus riche du monde.

    Mais ce n’est pas ce qui s’est produit. Les femmes de Maishahati n’ont pas adopté la perspective par en haut de Hillary Clinton. Par leurs questions, elles montrent qu’elles se font une idée différente de la richesse et de la pauvreté. Elles n’ont pas besoin de supermarchés remplis de marchandises importées. Elles nous montrent l’absurdité de nos conceptions de la pauvreté, de la richesse et de ce qui fait une vie bonne.

    […]

    La crise actuelle nous permet aussi de comprendre que toutes les affirmations au sujet de la stabilité du système économique en place ne tiennent pas. Il ne peut plus nous échapper que l’accumulation des richesses entre les mains d’un nombre toujours réduit de personnes s’accompagne d’une pauvreté et d’un chômage toujours plus importants, qui touche de plus en plus de gens, même dans le Nord.

    Mais si on regarde le monde depuis le point de vue des villageoises du Bangladesh (et elles représentent la majorité des habitants de la planète), alors on se retrouve immunisé contre cette tendance au désespoir apocalyptique. Ce désespoir est le luxe d’une minorité choyée dans le Nord, qui empêche surtout cette minorité de comprendre que ses privilèges sont fondés sur le pillage et qu’une vie bonne pour tous (ce que nous appelons la subsistance) ne nécessite pas de tels privilèges. Les gens qui partagent cette orientation vers la subsistance n’attendent pas de grands changements sociaux de la part des institutions situées en dehors et au-dessus d’eux. Ils sont conscients de leur propre pouvoir et sont capables d’agir à la fois individuellement et au sein d’une communauté.

    #subsistance #écoféminisme #féminisme #femmes #sud #anti-industriel #économie #Éditions_La_Lenteur #Marie_Mies #Veronika_Bennholdt-Thomsen

    • « Apa [sœur aînée], as-tu des vaches ?

      — Non, je n’ai pas de vaches.

      — Apa, as-tu un revenu personnel ?

      — Eh bien, avant, j’avais un revenu personnel. Mais comme mon mari est devenu président et a déménagé à la Maison- Blanche, j’ai arrêté de gagner de l’argent.

      — Combien d’enfants as-tu ?

      — Une fille.

      — Tu aimerais avoir plus d’enfants ?

      — Oui, j’aimerais bien avoir un ou deux enfants de plus, mais nous sommes très heureux avec notre fille Chelsea. »

      Les femmes de Maishahati se regardèrent et murmurèrent :

      « Pauvre Hillary ! Elle n’a pas de vache, pas de revenu personnel et elle n’a qu’une seule fille. »

      Aux yeux des femmes de Maishahati, Hillary Clinton n’était pas autonome. Elles avaient de la peine pour elle.

  • Steinbeck enterre la megafusion tant redoutée par l’édition américaine
    https://actualitte.com/article/108672/droit-justice/steinbeck-enterre-la-megafusion-tant-redoutee-par-l-edition-americaine

    « Je suppose qu’il n’y a jamais assez de livres », avait déclaré Steinbeck. Pour la juge Florence Pan, qui a publié un long document en appui à sa propro décision d’empêcher le rachat, cette phrase a deux sens. Le premier porte sur le pouvoir des ouvrages, dans leur capacité à éduquer, enrichir et explorer les possibles. Mais avec un marché de l’édition américaine qui pesait 11,5 milliards $ en 2019, cette sentence « sonne également juste, dans une acception économique », poursuit la juge en introduction.

    Ainsi, face aux impératifs commerciaux, la justice aura donc bien agi en s’opposant à la concentration éditoriale que représentait la transaction PRH/S&S, à même de bouleverser le paysage.
    Concurrence dans les choux

    La somme engagée par la société mère, Bertelsmann, pour cette emplette était de 2,175 milliards $. Or, si l’accord échoue — et il semble mal engagé —, le groupe sera redevable de 200 millions $ à Paramount, en dédommagement. Suite au verdict, Bertelsmann avait immédiatement dégainé un communiqué annonçant sa volonté d’interjeter appel. Et ce, parce que le regroupement serait « favorable à la concurrence », de son point de vue. Une notion qui était pourtant le fer de lance de la procédure engagée contre PRH par le Department of Justice.

    À LIRE : “Vivendi nous suivrait pour le rachat de Simon & Schuster” (Lagardère)

    Dans le mémorandum dévoilé ce 7 novembre (voir en fin d’article), la juge Pan s’est prononcée en faveur de l’ensemble des arguments qu’avançait le ministère de la Justice. Et de pointer que les best-sellers représentent 70 % des avances que les éditeurs versent aux auteurs. « La concentration post-fusion remettrait en cause la pertinence du marché : l’entité en découlant obtiendrait des parts de marché de l’ordre de 49 %, soit plus du double de son concurrent le plus proche », relève-t-elle.

    Et d’affirmer que les défenseurs n’ont pas su réfuter efficacement les éléments qu’opposait le gouvernement quant au préjudice concurrentiel. Selon elle, Simon & Schuster deviendrait une simple filiale du groupe, et que l’engagement du CEO, Markus Dohle, à le traiter comme une entité à part entière dans les enchères sur les achats de droits, « était inapplicable ».

    La juge Florence Pan insiste par ailleurs sur le fait que, si certaines enchères ne vont pas au mieux-disant économiquement, elles ne seraient que marginales. « Bien que le choix de l’éditeur soit sans aucun doute important, l’agent soumet en règle générale le livre à une liste préétablie de structures sélectionnées. Et il peut donc opter pour la meilleure offre parmi les sociétés en lice. » Le bon éditeur, un stricte question d’argent ? Tout le monde ne serait pas raccord...

    Dès lors, une mégacorporation PRH-S&S conduirait automatiquement à ce que les avances diminuent pour les auteurs. D’ailleurs, il ne serait pas même nécessaire de les voir diminuer drastiquement « pour que les auteurs soient lésés ». La fusion aurait en effet pour autre conséquence de ralentir la croissance que le marché a enregistrée ces dernières années. Elle serait alors en proie à un paradoxe où les éditeurs achèteraient les livres plus cher qu’aujourd’hui, mais moins qu’ils ne les auraient obtenus si le rachat avait été validé.

    Et surtout, les best-sellers (et leurs agents) auraient moins de guichets auxquels proposer leurs nouveautés : « [I]l sont donc vulnérables aux comportements anticoncurrentiels. » C’était là un des arguments majeurs du DoJ : d’après son analyse, les auteurs qui obtiennent 250.000 $ d’avance, ou plus, seront les premiers frappés.

    « Les gens veulent lire. Et les éditeurs de livres détiennent un énorme pouvoir et la responsabilité de décider quels ouvrages — donc, quelles idées et histoires — seront largement diffusés au public », conclut Florence Pan. Coup de grâce ? Nombre de commentateurs voient en effet dans ce document la guillotine qui s’abat définitivement sur la nuque de Bertelsmann.
    Souviens-toi du prix desibouk et d’Apple...

    D’autant que Pan rappelle, non sans malice, qu’une dizaine d’années plus tôt, un certain Apple fut condamné pour entente sur la fixation du prix des livres numériques. Et qu’à ce titre, tous les groupes éditoriaux américains — le Big Five — furent mis en cause. Ils préférèrent s’acquitter d’une amende moins lourde qu’une condamnation au terme d’un procès usant et coûteux. Or, il y avait là « des preuves solides de mesure probablement unilatérales et coordonnées », qui lésaient les clients.

    Si les éditeurs furent capables de telles méthodes, laisse-t-elle entendre, comment PRH n’absorberait-il pas S&S sans autre forme de procès ? Cette collusion avec Apple avait conduit à une amende de 166 millions $ infligés aux sociétés et de 450 millions $ pour la firme de Cupertino. Les Big Five ont démontré à l’époque qu’ils n’étaient pas fiables et se livraient à des ententes tacites, voire des pratiques déloyales : PRH n’échappera pas à ce grief…

    En outre, plusieurs signes font déjà état de frictions : récemment, un agent fut contraint de redémarrer une enchère, parce que sa première offre ne comprenait pas les droits audiolivres. Dans le milieu, la consigne des éditeurs serait : pas de droits audio, pas d’achat. Et justement, S&S avait refusé de soumettre une offre — de même que les autres membres du Big Five.

    « Il est révélateur que, dans un marché déjà sujet aux collusions, où un comportement adopté collégialement s’avère déjà endémique, l’acquisition de S&S par PRH renforcerait la structure oligopolistique du marché », en déduit Pan. Et la messe est dite...

    Cet avis surgit dans les débats une semaine après que la juge a rendu son verdict final — le mémorandum avait été bloqué pour que les avocats des parties en expurgent les éléments d’informations confidentielles et trop sensibles.

    Le memorandum est disponible ci-dessous, en consultation et/ou téléchargement :

    #Edition #Fusion #Marché_livre #Etats-Unis

  • Rosa-Luxemburg-Werke
    https://rosaluxemburgwerke.de/buecher


    Voici enfin l’édition de référence de l’oeuvre de Rosa Luxemburg. Après les éditions en ligne MEGA (Marx Engels Gesamtausgabe https://megadigital.bbaw.de) et MEW (Marx Engels Werkausgabe http://www.mlwerke.de/me/default.htm) c’est le deuxième outil de base pour les travaux analytiques sur les luttes de classe, le capitalisme et l’impérialisme.

    Vollständig, Open Access, alles aus einer Hand – das bietet die digitale Edition der Schriften von Rosa Luxemburg. Bei Dietz Berlin erscheint seit den 1970er-Jahren die umfassendste Sammlung der Schriften von Rosa Luxemburg. Die Betreuung der Ausgabe liegt in der Hand der Rosa-Luxemburg-Stiftung. Die digitale Edition erweitert zukünftig die in Buchform vorliegenden Bände, ermöglicht Luxemburg neu oder erstmals zu entdecken, umfassend und vor allem frei zugänglich.

    Rosa-Luxemburg-Werke - Wo steht was ?
    https://rosaluxemburgwerke.de/wo-steht-was

    Gesammelte Werke: Sieben Bände mit neun Büchern

    Das Werk von Rosa Luxemburgs liegt in sieben Bänden vor, darunter zwei Doppelbände (Band 1 und 7). Sie bilden den Inhalt der „Gesammelten Werke“. Band 1 bis 5 sind zwischen 1970 und 1975 erschienen. Erst im Jahr 2014 wurde die Edition fortgesetzt, weshalb sich die etwas eigentümliche Aufteilung zwischen den Bänden 1 bis 5 und den Bänden 6 und 7, erschienen 2017, ergibt.

    Band 1.1

    Band 1.1 enthält das Frühwerk aus dem Jahr 1893 bis zum Jahr 1900. Bei den Texten handelt sich zum einen um deutschsprachige Arbeiten zur Lage in Polen und in der Arbeiterbewegung im russisch besetzten Teil Polens. Ihre Dissertation „Die industrielle Entwickelung Polens“ (1898) ist ihre erste Monografie; mit ihr macht sie nicht zuletzt unter Nationalökonomen auf sich aufmerksam. Die Texte sind zumeist in Zürich verfasst, wo Luxemburg bis 1887 studierte. Der Band enthält zum anderen die erste Berliner Arbeiten Luxemburgs. Darunter findet sich ihr gegen die Auffassungen Eduard Bernsteins gerichtetes Buch „Sozialreform oder Revolution?“ (1899), durch das sie in der europäischen Sozialdemokratie in die erste Reihe aufrückte und zur einzigen maßgeblichen Theoretikerin der sozialistischen Bewegung wurde.

    Band 1.2

    Band 1.2 enthält die Berliner Arbeiten Luxemburgs ab dem Jahre 1900 bis zum Ende des Jahres 1905. Inhaltlich geht es in den Texten um die von Rosa Luxemburg abgelehnte Regierungsbeteiligung von Sozialdemokraten, um den Kampf der belgischen Arbeiterbewegung um ein demokratisches Wahlrecht und um die im Januar 1905 in Petersburg ausgebrochene russische Revolution. Von bleibender Bedeutung ist Rosa Luxemburgs erste öffentliche Auseinandersetzung mit Lenin in ihrer zweiteiligen Rezension seiner Arbeit „Ein Schritt vorwärts, zwei Schritte zurück“ (1904), veröffentlicht unter dem Titel „Organisationsfragen der russischen Sozialdemokratie“. Rosa Luxemburg lehnt Lenins Konzept einer militärisch organisierten „Partei neuen Typus“ grundsätzlich ab. Weitere Texte aus dieser Periode enthält Band 6.

    Band 2

    Band 2 beinhaltet ihre Arbeiten ab dem Jahre 1906 bis zum Juni 1911. Rosa Luxemburg hat sich seit Ende 1905 an der russischen Revolution beteiligt. Nach ihrer Rückkehr nach Berlin arbeitet sie weiterhin als Journalistin, Rednerin und ab 1907 jährlich im Wintersemester als Dozentin an der SPD-Parteischule. Das zentrale inhaltliche Thema dieser Jahre bildet die Auseinandersetzung um den politischen Massenstreik. Die wichtigste Arbeit aus dieser Zeit ist ihre Broschüre „Massenstreik, Partei und Gewerkschaften“ (1906), in der sie versucht, für die westeuropäische, nicht zuletzt für die deutsche Sozialdemokratie Schlussfolgerungen aus den Ereignissen während der russischen Revolution von 1905 zu ziehen. Band 2 ist der einzige Band, in dem sich Übersetzungen aus dem Polnischen finden, darunter die wichtigen Arbeiten „In revolutionärer Stunde: Was weiter?“ und „Was wollen wir? Kommentar zum Programm der Sozialdemokratie des Königreichs Polen und Litauens“. Weitere Texte aus dieser Periode enthält Band 7.1.

    Band 3

    Band 3 enthält die Arbeiten von Juli 1911 bis zum Vorabend des Ersten Weltkriegs. 1912 wendet sich Rosa Luxemburg ihrer eigentlichen Profession zu: der Nationalökonomie. Sie schreibt das Buch „Die Akkumulation des Kapitals“ (1913, in Band 5). Politisch bleibt das zentrale Thema wie schon in den Jahren zuvor die Auseinandersetzung mit dem Instrument des politischen Massenstreiks. Daneben schieben sich die immer größer werdende Kriegsgefahr und der Militarismus in den Vordergrund. Seit 1912 erhält Luxemburg von der sozialdemokratischen Presse kaum noch Aufträge. Zusammen mit Franz Mehring und Julian Marchlewski gründet sie daraufhin eine eigene Pressekorrespondenz. Weitere Texte aus dieser Periode enthält Band 7.2.

    Band 4

    Band 4 umfasst die Arbeiten ab August 1914 bis zu ihrer Ermordung im Januar 1919. Die längste Zeit davon verbringt Rosa Luxemburg im Gefängnis. Während der Haft schreibt sie drei Bücher, die zu Klassikern des antiautoritären Marxismus werden: Zum einen ihre Analyse des Auf- und Abstiegs der europäischen Sozialdemokratie. Das Buch erscheint mit dem Titel „Die Krise der Sozialdemokratie“ 1916 in der Schweiz unter dem Pseudonym Junius, weshalb die Schrift auch als „Junius-Broschüre“ bezeichnet wird. Zum zweiten antwortet Luxemburg den Kritikern ihres Werkes „Die Akkumulation des Kapitals“ mit ihrer sogenannten Antikritik (1915 verfasst, 1921 postum veröffentlicht, in Band 5 dieser Ausgabe). Und zum dritten legt sie mit ihrem Fragment gebliebenen Überlegungen zur russischen Revolution 1917 (verfasst September/Oktober 1918, 1922 postum veröffentlicht) die Grundlagen für eine sozialistische Kritik an der Politik der Bolschewiki. Die Revolution von 1918 öffnet Rosa Luxemburg die Gefängnistür, maßgeblichen Einfluss auf das Geschehen kann sie allerdings in den folgenden Wochen bis zu ihrem Tod nicht nehmen. Eine Übernahme der Macht per Putsch lehnt sie ab. Stattdessen versucht Rosa Luxemburg, ihre Anhänger auf einen längeren Kampf einzustellen. Weitere Texte aus dieser Periode enthält Band 7.2.

    Band 5

    Band 5 ist rein thematisch angelegt, im Gegensatz zu den Bänden 1 bis 4, in denen die Texte Rosa Luxemburgs zwischen 1893 und 1919 in chronologischer Reihenfolge veröffentlicht sind. Band 5 beinhaltet die drei großen national-ökonomischen Texte Rosa Luxemburgs. Das sind im Einzelnen: „Die Akkumulation des Kapitals“ (1913), „Die Akkumulation des Kapitals oder Was die Epigonen aus der Marxschen Theorie gemacht haben. Eine Antikritik“ (1915 im Berliner Frauengefängnis verfasst, 1921 postum veröffentlicht) und „Einführung in die Nationalökonomie“ (hervorgegangen aus ihren Vorlesungen an der SPD-Parteischule [1907 bis 1914], 1925 postum veröffentlicht). Weitere national-ökonomische Texte enthalten die Bände 6 und 7.1.

    Band 6

    Band 6 ergänzt die Bände 1.1 und 1.2 mit Texten aus den Jahren 1893 bis 1906, sowie den Band 5 mit weiteren Arbeiten zur Nationalökonomie. Neben Belegarbeiten aus der Züricher Studienzeit umfasst der Band die Berichterstattung über das Frankreich der späten 1890er-Jahre, nicht zuletzt über die von Antisemitismus getriebene Dreyfus-Affäre. Auch polnische Belange, soweit sie sich im preußisch-deutsch besetzten Teil Polens abspielen, werden behandelt. Weit mehr als ein Drittel des Bandes ist jedoch gefüllt mit Berichten über die russische Revolution von 1905. Wer die Vorgeschichte der fast lautlosen Rückkehr der deutschen Arbeiterbewegung unter bürgerliche Dominanz verstehen will, sollte Luxemburgs Kommentare in der Rubrik „Aus der Partei“ aus dem Jahre 1905 zur Kenntnis nehmen. Ein besonderes Stück Literatur ist der Bericht über Luxemburgs Verteidigungsrede 1906 vor dem Landgericht Weimar zum Thema Gewalt.

    Band 7.1

    Band 7.1 ergänzt vor allem Band 5 (mit den großen nationalökonomischen Texten) sowie einen Teil des Bandes 2; es handelt sich dabei um Texte aus den Jahren zwischen 1907 und 1909. 250 Seiten machen allein die Mitschriften der Schüler Rosi Wolfstein und Jacob Walcher an der SPD-Parteischule von Luxemburgs Vorlesungen zur Wirtschaftsge-schichte und Nationalökonomie aus. Für die Ausformung ihrer revolutionstheoretischen Auffassungen beschäftigt sich Luxemburg nach ihrer Rückkehr aus Russland ausführlich mit der englischen Revolution des 17. Jahrhunderts. Im Zentrum steht die Frage nach der Rolle des Parlamentarismus in der Revolution. Hier knüpft Luxemburg 1918 mit ihrer Kritik an der Zerschlagung der gerade gewählten Konstituante durch die Bolschewiki an (Band 4). Zudem enthält der Band einen ihrer wenigen auf Französisch verfassten Texte („Der 1. Mai und der Klassenkampf“).

    Band 7.2

    Band 7.2 ergänzt die Texte in den Bänden 2 bis 4 für die Zeit zwischen 1910 und 1918. Am vom SPD-Parteivorstand 1910 abgebrochergänzt die Texte aus den Bänden 2 bis 4 für die Zeit zwischen 1910 und 1918. Am vom SPD-Parteivorstand 1910 abgebrochenen Wahlrechtskampf gegen das preußische Dreiklassenwahlrecht beteiligt sich Rosa Luxemburg sehr engagiert; ihre entsprechenden Reden und Beiträge sind dokumentiert. Auch wirft sie, die als Frau weder wählen durfte, geschweige denn gewählt werden konnte, sich auch 1911/12 in den Reichstagswahlkampf. Das Thema „politischer Massenstreik“ durchzieht seit 1905 alle ihre politischen Auftritte und Beiträge. Beim Thema Gebärstreik als eine Methode, dem Staat für einen künftigen Krieg Soldaten zu entziehen, steht Luxemburg zusammen mit Clara Zetkin ziemlich allein da. Ab Herbst 1913 rückt der Kampf gegen den Militarismus und Krieg endgültig in den Vordergrund. Eine Überraschung sind die aus dem Gefängnis geschmuggelten Texte für den heute kaum noch greifbaren Duisburger „Kampf“, der wegen eines Textes Rosa Luxemburgs im Juni 1917 verboten wurde. Diese Texte sind wichtige Zeitdokumente, denn sie spiegeln die Umbrüche des ersten Halbjahrs 1917 wieder: die russische Revolution im Februar 1917 und die von ihr abgelehnte Gründung der USPD. Vernehmungsprotokolle (Juli und August 1916), Kalender (1915, 1917, 1918), geologische und botanische Notizen runden den Band 7.2 ab.

    Omissions

    In der digitalen Edition weggelassen wurden die Vorworte zu den einzelnen Bänden, da sie nicht dem Stand der Forschung entsprechen. Die Edition macht deshalb nur Luxemburgs Texte zugänglich.

    #socialisme #édition #Rosa_Luxemburg

  • Maurice Olender, le maître ignorant (Singulier, Pluriel)

    C’est que le parcours de Maurice Olender est à placer sous le signe d’une méfiance envers les formes instituées du savoir, les protocoles érudits et la force d’intimidation des sciences : ce grand savant, qui a côtoyé Jean-Pierre Vernant ou Pierre Vidal-Naquet, qui a édité Claude Lévi-Strauss ou François Hartog, manifeste une vigilance envers le savoir.

    Il sait combien les idéologies les plus funestes peuvent se dissimuler dans les écrits académiques, comme il l’a montré dans Race sans histoire : cette vigilance s’accompagne ainsi d’un regard oblique envers les savoirs.

    Celui qui refusa longtemps le langage, qui fut cliveur de diamants à Anvers, avant de donner régulièrement un séminaire à l’EHESS et de fonder une des collections essentielles pour les sciences humaines maintient une manière d’extériorité aux écritures institutionnalisées du savoir : autodidacte et artisan plus que spécialiste.

    La parole de la conversation est précisément le cœur battant de cette vigilance, s’énonçant en rupture d’autorité.

    La suite :

    https://diacritik.com/2021/01/07/maurice-olender-le-maitre-ignorant-singulier-pluriel

    #Litterature#Maurice_Olender#Edition#La_librairie_du_XXe_siècle#La_librairie_du_XXIe_siècle#Race#Racisme

  • Mort de Maurice Olender, écrivain et figure de l’édition européenne

    Chercheur formé à l’archéologie et à l’histoire ancienne, de même que philologue maîtrisant le grec ancien, il était un pilier de la vie des idées. Il s’est éteint à Bruxelles, le 27 octobre, à l’âge de 76 ans.

    https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2022/10/28/mort-de-l-ecrivain-et-editeur-maurice-olender_6147740_3382.html

    L’écrivain-éditeur Maurice Olender, né le 21 avril 1946 à Anvers (Belgique), est mort, le 27 octobre, à son domicile de Bruxelles, d’une maladie pulmonaire. Il avait 76 ans. Avec lui disparaît une figure d’exception de l’édition européenne, un des artisans les plus actifs de la vie des idées de ces dernières décennies. En créant, il y a plus de trente ans, aux éditions Seuil, « La librairie du XXe siècle » (devenue « du XXIe siècle »), il n’avait pas prévu qu’elle comprendrait un jour plus de deux cents titres, marquerait profondément le paysage intellectuel et rassemblerait plus d’une centaine d’auteurs.

    Dans ce lieu sans équivalent, des historiens (Arlette Farge, Michelle Perrot, Michel Pastoureau, Nathan Wachtel) côtoient des philosophes (Sylviane Agacinski, Jacques Rancière, Henri Atlan), des anthropologues (Claude Lévi-Strauss, Marc Augé, Charles Malamoud) voisinent avec des romanciers (Alain Fleischer, Olivier Rolin, Michel Schneider, Antonio Tabucchi, Jean-Claude Grumberg), sans oublier de grands disparus (Paul Celan, Georges Perec), dont Maurice Olender a publié les œuvres avec autant de soin et d’amour qu’il en prodiguait aux vivants.

    Car la singularité de cette œuvre éditoriale tient au génie particulier de celui qui suscitait les ouvrages au lieu de les recevoir, accompagnait leur genèse, veillait sur ses auteurs, les aidait à accoucher, en Socrate amical, attentif, exigeant. L’amitié ne se dissociait pas, pour lui, du travail de la pensée et de l’écriture. C’est sans doute pour cette raison que la plupart des titres de cette collection d’essais, à la fois savante et littéraire, ont tant compté – pour leurs champs de recherche respectifs, pour les trajectoires des auteurs, et pour le public.
    Avant tout un érudit

    Cette aventure éditoriale fut d’autant plus éclatante qu’elle ne fut pas menée par un éditeur, du moins dans le sens courant du terme. Maurice Olender n’était pas un professionnel de l’édition, mais d’abord et avant tout un érudit, un chercheur formé à l’archéologie et à l’histoire ancienne, un philologue maîtrisant le grec ancien. Après des études de lettres à Bruxelles, il avait été pensionnaire étranger à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, boursier de l’Ecole française de Rome, chercheur associé au CNRS, avant d’être élu maître de conférences à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Ce furent d’abord ses collègues, amis et complices de l’hellénisme français qu’il voulut publier, Jean-Pierre Vernant, Marcel Detienne, Nicole Loraux, Pierre Vidal-Naquet.❞

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    #Litterature#Maurice_Olender#Edition#La_librairie_du_XXe_siècle#La_librairie_du_XXIe_siècle#Race#Racisme

    • Maurice Olender, discret agitateur de la pensée

      A voix nue. 5 épisodes de 30 mn

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-maurice-olender

      Depuis 1989, avec sa collection La Librairie du XXe siècle - puis La Librairie du XXIe siècle - Maurice Olender défend un savoir sensible, mêlant poésie, fiction et sciences humaines loin de tout dogmatisme et de toute vérité péremptoire.

      Dans sa jeunesse, Maurice Olender se rêvait homme de théâtre. D’une enfance passée loin des lettres lui est resté le goût du verbe. L’homme est définitivement un conteur. Ecoutons-le raconter son parcours intellectuel d’éditeur, de la fameuse collection La Librairie du XXe siècle - puis La Librairie du XXIe siècle - qu’il créé en 1989 pour les éditions du Seuil. Mais aussi d’historien, lui qui a mobilisé un savoir pluridisciplinaire pour débusquer l’une des mythologies savantes les plus destructrices du XXe siècle : la race.

    • (...) Ses recherches personnelles portaient à la fois sur des figures mal connues de la Grèce antique (Priape, Baubo) et sur les dérives idéologiques de l’imaginaire savant dans la culture européenne moderne. Son livre le plus traduit, Les Langues du Paradis (Seuil, 1989), explorant l’histoire des sciences humaines, décrit la naissance du couple Aryens-Sémites et la participation des linguistes à l’élaboration culturelle du racisme moderne.

      Car Maurice Olender était d’abord un penseur engagé, œuvrant sans relâche à démasquer les usages idéologiques de l’Antiquité, critiquant par exemple l’utilisation des « Indo-Européens » par l’extrême droite. C’est dans le même esprit qu’il avait fondé, en 1981, la revue Le Genre humain, qui a consacré plus de soixante numéros collectifs à l’analyse minutieuse des manifestations de l’abject dans le champ de la pensée.

      Le souci de l’exactitude

      Dans cette activité foisonnante, il avait le souci de l’exactitude, le culte de la virgule, le scrupule du détail. Quand il collaborait au « Monde des livres », dans les années 1980-1990, il lui arrivait de revenir corriger sur épreuves un verbe ou un adverbe. Tous ceux qui ont travaillé avec lui, en France ou dans les universités étrangères où il enseignait, le savent : il était attentif à ce que la plus infime référence fût exacte, notait tout, conservait la moindre trace. Le fonds qui porte son nom, créé à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine en 2005, est à ce titre une mine pour les historiens de demain.

      Son souci d’exactitude n’était pas une affaire obsessionnelle. Il venait plutôt du fait qu’il avait compris, très jeune, combien les mots peuvent sauver ou tuer. Rien n’est pire, dès lors, que de les négliger. C’est ce qu’il a dévoilé, en poète subtil et pudique, dans l’autoportrait Un fantôme dans la bibliothèque (Seuil, 2017). On y découvre un enfant juif né juste après la Shoah, qui refuse d’apprendre à lire. Il sait que le pouvoir des textes peut être mortel. Puis il décide, finalement, de devenir savant pour s’en protéger mieux. Et en protéger les autres, en conversant sans fin avec eux. La plus longue de ces conversations, il la partagea avec sa femme, la psychanalyste et romancière Lydia Flem.

  • Rémunération : “Auteurs, bloquez les raffineries !”
    https://actualitte.com/article/108258/economie/remuneration-auteurs-bloquez-les-raffineries

    Les Échos citent un courrier émanant du SNE à destination du ministère de la Culture et de différentes sociétés d’auteurs. La substance est limpide : touchez pas au grisbi. « Sur le plan économique, un minimum garanti, tout comme un taux minimum de rémunération, remettrait en question l’économie propre à chaque secteur et à chaque ouvrage ainsi que la péréquation dont on sait qu’elle permet la diversité éditoriale et la vitalité des réseaux de distribution », amorce le Syndicat pour justifier de la suite.

    Et quelle suite : au terme des négociations où l’on avait posé sur la table un revenu minimum pour les auteurs, les éditeurs du Bureau ont dit niet. Ainsi, « un minimum garanti non amortissable, non remboursable et d’un taux minimum de rémunération ne peuvent pas faire l’objet de davantage de discussions ». Merci de ne pas insister et d’essuyer vos pieds sur le paillasson avant de sortir.
    Le système vous remercie

    Alors, oui, aussi poliment que diplomatiquement, le directeur général assure que personne ne souhaite toucher au modèle actuel, mais que le dialogue n’est pas rompu sur « les autres points de discussion ». Ainsi le Syndicat ne serait pas hostile à renégocier la catégorie d’hôtels lors des festivals – d’autant plus que ce sont souvent les manifestations qui gèrent cette logistique. Mais stylos et feutres seraient offerts pour les dédicaces.

    Le courrier évoqué par Les Échos est celui que le SNE a adressé à la ministre — et qui comporte de subtiles nuances avec celui que les organisations d’auteurs ont pu recevoir. En clair, il met l’accent sur le risque d’effondrement de l’industrie du livre si la question de la rémunération était révisée.

    Certains, facétieux, voient pourtant dans cette lettre un point positif : celui du visage découvert. « Leur directeur général répond publiquement que le système ne doit pas bouger. Ce même modèle qui a conduit a 20 % de baisse de rémunération ces 20 dernières années », glisse un proche du dossier. En somme, tout va très bien madame la Marquise, pourquoi s’inquiéter de ce que la grange brûle ?

    #Edition #Droits_auteur #Directive_européenne

  • Le montant réglementé des frais de port des livres fixé à 3 euros
    https://actualitte.com/article/107955/economie/le-montant-reglemente-des-frais-de-port-des-livres-fixe-a-3-euros

    Après la promulgation de la loi du 30 décembre 2021, dite « Loi Darcos » qui instaurait un montant des frais de port minimum pour les envois de livres venait la définition de ce montant. Le ministère de la Culture a accepté la proposition de l’Arcep, chargée de déterminer un tarif : l’expédition d’un livre coûtera donc au minimum 3 € à l’acheteur.

    Publié le :

    22/09/2022 à 18:30

    Antoine Oury

    Le ministère de la Culture a mis fin au suspense concernant le montant minimum des frais de port pour l’expédition des livres : un acheteur paiera ainsi 3 € pour recevoir son livre à domicile ou dans un point de retrait (hors point de vente au détail de livres).

    Ce tarif minimum sera obligatoire pour tous les vendeurs de livres neufs, sans aucune dérogation possible par l’intermédiaire de programmes de fidélité. Par ailleurs, l’achat d’un livre avec d’autres produits, comme une machine à laver, par exemple, nécessitera également le paiement de 3 € pour l’expédition du livre.

    À partir de 35 € d’achat de livres, toutefois, il sera de nouveau possible, pour les vendeurs, de proposer une livraison à 1 centime € minimum, la gratuité étant interdite depuis une loi de 2014. Quel que soit le montant de l’achat, si la livraison s’effectue dans un point de vente au détail de livres — autrement dit, une librairie —, les frais d’expédition pourront être nuls.

    Le tableau de l’Arcep, mis à jour

    L’ensemble de ces règles s’appliquera à la Métropole et à l’Outre-mer, a précisé le ministère de la Culture lors d’un échange avec la presse.
    Restaurer l’équité

    Publiée au Journal officiel le 31 décembre 2021, la loi du 30 décembre de cette même année comportait notamment une nouvelle mesure relative aux frais de port des livres commandés en ligne. Après l’interdiction de la gratuité, il devenait obligatoire de respecter un certain montant minimum, que l’Arcep, l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse, devait définir.

    Cette même autorité avait proposé un tarif de 3 € en avril dernier, avant d’ouvrir une consultation publique pour recueillir les avis des acteurs du livre et du e-commerce sur ce montant et la législation en général. Au moment de la présentation de ce tarif, le Syndicat de la librairie française (SLF) indiquait qu’il « n’[avait] convaincu personne, sauf Amazon »...

    Malgré les efforts du SLF, la satisfaction d’une très large majorité des autres intéressés aura pesé dans la balance. Selon une source proche du dossier, la corporation poursuivra ses négociations collectives avec La Poste, afin de réduire les frais pour les librairies, faute de mieux.

    Ce tarif minimum concernera en effet tous les acteurs du livre, des librairies indépendantes au géant de la vente en ligne Amazon, ses concurrents, la Fnac ou Cultura, ou encore des plateformes de vente comme leslibraires.fr.

    L’esprit de la loi était de rétablir une plus juste concurrence entre les différents vendeurs de livres : avec l’interdiction de la gratuité des frais d’expédition des ouvrages, Amazon avait instauré un tarif de 0,01 €, bientôt imités par d’autres grands acteurs de la vente en ligne. En instaurant un tarif minimum commun à tous les vendeurs, le législateur espère placer les grands acteurs et les librairies plus modestes sur un terrain plus égalitaire.
    Hausse des prix et tentation de l’occasion

    La volonté du législateur s’est heurtée à plusieurs critiques, de taille. La première d’entre elles concernait le « cadeau » fait à Amazon, en réduisant de fait les dépenses du géant pour assurer les frais de port à 1 centime. « Nous préservons sa rentabilité malgré lui, on ne peut pas le nier », reconnaissait elle-même Roselyne Bachelot-Narquin, alors ministre de la Culture lors des débats à l’Assemblée nationale, présentant ce fait comme un mal nécessaire.

    Martine Berthet, rapporteure pour avis de la Commission des affaires numériques, lors de ces mêmes débats, s’inquiétait pour sa part de « la hausse drastique du prix des livres [...] sans pour autant que les libraires ne gagnent de clients supplémentaires ». Il y a plus d’un an, en juin 2021, lorsqu’elle émit ces réserves, le taux d’inflation était bien moindre qu’aujourd’hui...

    À ce titre, le cabinet de la ministre de la Culture explique que « la différence entre le tarif de 1 centime et celui de 3 € semble suffisamment importante pour avoir un impact, tout en prenant en compte le contexte d’inflation actuel. Il aurait été contre-productif d’aller plus loin, par rapport au pouvoir d’achat des Français. »

    Le tarif de 3 € a obtenu les faveurs de la rue de Valois et du ministère de l’Économie, parce qu’il est « accepté socialement et déjà appliqué par des enseignes pour la vente de produits culturels à distance ».

    D’autres acteurs du livre s’inquiètent d’un report des lecteurs et lectrices vers le marché de l’occasion, pour compenser les nouvelles dépenses liées aux frais de port. Soulignons que, depuis quelques mois, auteurs et éditeurs préparent le terrain pour une possible taxe sur les ventes de livres d’occasion, pour financer la création... Sur ce point, le ministère confirme que le sujet est étudié, en collaboration avec les auteurs et les éditeurs, mais que le sujet reste « plus complexe ».

    Le cabinet reconnait qu’il « peut y avoir un intérêt » pour le consommateur à se tourner vers le livre d’occasion, mais que ce marché reste « réduit aujourd’hui ». Des livres moins chers, et des frais de port qui ne sont pas astreints au tarif minimum de 3 € : le calcul pourrait toutefois être fait rapidement par des lecteurs et lectrices.
    Notifier la Commission européenne

    Autre bémol mis à la législation, et non des moindres, une distorsion de concurrence qu’avait pointée la Commission européenne. En début d’année, elle estimait que « certains des plus petits vendeurs à distance pourraient ne pas être en mesure de concurrencer les vendeurs de détail », avec cette charge obligatoire pour les frais de port.

    « [L]e projet notifié semble porter atteinte à l’objectif de la Loi relative au prix du livre qui a introduit le système de prix fixes, applicable dans les mêmes conditions à tous les vendeurs, quel que soit leur filière de vente », poursuivait la Commission dans un courrier. En imposant une augmentation substantielle au prix final du livre, la législation irait tout bonnement à l’encontre de la loi sur le prix unique...

    Le montant réglementé, avant d’être applicable, devra bien passer sous les yeux de la Commission européenne : le ministère de la Culture la notifiera dans les prochains jours du projet d’arrêté, pour avis. L’institution aura alors 3 mois pour rendre ses observations et éventuelles objections. « Si de nouvelles réserves sont émises, ce sera à nous d’y répondre, avec des arguments très précis », explique le cabinet de la ministre.

    Une fois la publication de l’arrêté au Journal officiel, un délai de 6 mois sera laissé à tous les acteurs pour la mise en conformité. La rue de Valois vise donc l’été 2023 pour l’entrée en vigueur effective des 3 € de frais de port minimum obligatoire pour le livre neuf.

    Dossier : Le prix unique des frais de port du livre, une saga législative

    Photographie : illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0

    #Edition #Frais_postaux

  • En un an, le prix du papier a doublé pour les imprimeurs. Les petites maisons d’éditions, comme la scop les éditions du Commun, sont les premières touchées :
    « Confronté·es à une situation économique périlleuse, les éditions du commun lancent un appel à soutien. Par souci de transparence, et parce que ce qui se joue pour nous renvoie aux questions politiques que nous soulevons depuis des années, nous avons souhaité revenir ici plus en détails sur cette situation. »
    https://www.editionsducommun.org
    #éditions #crise du papier 2022 #crise économique #solidarité

  • Le groupe Editis suspend la parution d’un livre de Guillaume Meurice juste avant sa sortie
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/09/13/le-groupe-editis-suspend-la-parution-d-un-livre-de-guillaume-meurice-juste-a


    #cancel_culture

    Le dictionnaire devait sortir le 29 septembre aux éditions Le Robert (propriété du groupe Editis). Un dictionnaire de blagues, coécrit par Guillaume Meurice, chroniqueur de l’émission « C’est encore nous » sur France Inter, et Nathalie Gendrot, metteuse en scène et auteure régulière de la maison. Le fin mot de l’histoire de France en 200 expressions, devait être un livre rigolo. Est-ce qu’il n’a pas fait rire Vincent Bolloré, premier actionnaire de Vivendi, maison mère d’Editis, le groupe d’édition chargé de publier l’ouvrage ? Michèle Benbunan, sa directrice générale a en tout cas préféré purement et simplement faire suspendre ce livre.

    Mais non, il ne se comporte pas du tout comme un foutu dictateur, l’intégriste chrétien…

    • Explication officielle : « sept passages » du livre seraient « susceptibles de donner lieu à contentieux », a expliqué, mardi 13 septembre au soir, fort ennuyé et visiblement bouleversé, le directeur des éditions #Le_Robert, Charles Bimbenet, à Guillaume Meurice. Soit l’avant-veille du rendez-vous fixé aux auteurs pour venir signer leur ouvrage, qui s’inscrivait dans une collection à laquelle ont participé des auteurs prestigieux comme le linguiste Alain Rey (200 drôles de mots qui ont changé nos vies depuis 50 ans, ouvrage publié en 2017).

      « Pas de caviardage »

      L’éditeur avait pourtant sollicité lui-même les auteurs il y a un an et le fameux dictionnaire avait été lu, relu, annoté. « Tout roule désormais selon la direction juridique sauf deux expressions : Louboutin et #Bolloré », finit par expliquer M. Bimbenet à Guillaume Meurice début août. Le premier passage litigieux concernait Vincent Bolloré, cité dans la définition de « Faire long feu : Expression remplacée aujourd’hui par : révéler sur Canal+ les malversations de Vincent Bolloré ». L’autre entrée du dictionnaire posant problème concernait l’expression « Etre talon rouge : Aujourd’hui, les Louboutin jouent le même rôle : bien montrer aux autres qu’on est capable de porter un smic à chaque pied ».

      « Pas de caviardage, répond en riant le chroniqueur de France Inter, sinon je fais une vidéo pour dire ce qui vous attend quand on écrit un livre chez Bolloré ! » A la limite, il veut bien entendre que #Louboutin soit une marque très procédurière, comme on le lui explique – il ignore sans doute encore aujourd’hui que ces chaussures de luxe sont le péché mignon de Michèle Benbunan. Mais le passage sur Bolloré, non, pas question ! Charles Bimbinet prend note et le rassure : « Ok. On laisse comme ça. Ça va le faire. »

      Selon la direction de la communication du groupe, ces nouveaux passages sont susceptibles de tomber sous le coup « de la diffamation, de l’injure et de la calomnie »
      Ça ne l’a « pas fait ». Ces derniers jours, cinq autres expressions ont brusquement posé problème au service juridique d’#Editis, qui a sollicité un avocat extérieur.

      Soudainement incriminées, les phrases : « De la chair à canon : Exemple : un livreur #Deliveroo dans l’actuelle guerre économique. » Ou : « Faire l’école buissonnière : A ne pas confondre avec faire le ministère buissonnier qui est le fait de laisser l’école se dégrader et les profs devenir “influenceur Lexomil” ». Selon la direction de la communication du groupe, ces nouveaux passages sont susceptibles de tomber sous le coup « de la diffamation, de l’injure et de la calomnie. En général, les auteurs le comprennent et revoient leur copie ».

      Guillaume Meurice avait pourtant prévenu, en août, qu’il ne reviendrait plus sur le texte, et n’a eu connaissance de ces fautes de goût s’ajoutant à « Bolloré » qu’une fois la décision de suspendre l’ouvrage adoptée. En fin de semaine dernière, Michèle Benbunan avait fait stopper la fabrication, chez l’imprimeur, des blagues de Guillaume Meurice et Nathalie Gendrot.

      si on se débrouille bien, Le Robert finira par consonner avec le Larousse des années 50
      #édition #Editis #humour #capitalisme #culture #tabous

    • Il semble assez évident que les nouveaux éléments « problématiques » sont ajoutés pour noyer le poisson, mais j’aurais tendance à croire que même les deux premiers passages n’ont pas non plus de risques juridiques : c’est un livre d’humour, et ça limite forcément les risques d’être condamné pour injure ou diffamation.

      Surtout : Meurice et la bande de France Inter sont clairement le centre de focalisation de la détestation de la part de la droite dans ses fantasmes de culture war. Pas besoin de se cacher derrière des arguties juridiques et des expertises de cabinets d’avocats : pour eux simplement Meurice ne devrait pas être payé par leurs impôts pour se foutre de leur gueule et monter en épingle leur connerie et leur mépris de classe tous les jours sur la radio publique (et donc évidemment pas publié dans une maison d’édition qui leur appartient).

    • Je pense vraiment que ces histoires de risque juridique, c’est juste un alibi pour ne pas avoir à reconnaître platement qu’on vient de censurer un bouquin pour ne pas déplaire au patron.

      Le monde qui relate ça, d’ailleurs, c’est trop mignon : les gens qui ont dépublié une chronique pour ne pas déplaire à Macron (quoi, y’avait un risque juridique aussi ?).

    • Bolloré manquerait-il d’humour ? Certaines blagues de l’ouvrage co-écrit par Guillaume Meurice ne lui ont pas plu du tout. Mais alors pas du tout. Voilà l’explication officielle : « sept passages » du livre seraient « susceptibles de donner lieu à contentieux », a expliqué le directeur des éditions Le Robert à Guillaume Meurice, selon Le Monde. Début août, un passage citant Bolloré posait déjà problème : « Faire long feu : Expression remplacée aujourd’hui par : révéler sur Canal+ les malversations de Vincent Bolloré ».

      Puis, d’autres extraits ont été vivement critiqués par le service juridique d’Éditis. Par exemple : « Faire l’école buissonnière : À ne pas confondre avec faire le ministère buissonnier qui est le fait de laisser l’école se dégrader et les profs devenir “influenceur Lexomil.” » Un clin d’œil au ministre de l’Éducation Pap Ndiaye, et à une École publique que la macronie laisse se dégrader à petit feu. Selon la direction de la communication d’Éditis, ces nouveaux passages sont susceptibles de tomber sous le coup « de la diffamation, de l’injure et de la calomnie. » La liberté d’expression s’arrête là où commence la critique des ministres en place et l’égo de Bolloré ?

      https://linsoumission.fr/2022/09/14/guillaume-meurice-censure-bolllore

    • Marc : l’un n’empêche pas l’autre.

      Encore récemment quelques réflexions ici :
      https://seenthis.net/messages/968308#message968353

      Ou bien on est arrivés au stade où il faut défendre la « pluralité » de Léa Salamé parce que sinon c’est Christine Kelly ? La position gauche en est réduite à réclamer qu’on socialise les revenus de Léa Salamé et d’Alain Finkelkraut, au motif que sinon c’est CNews ?

      https://seenthis.net/messages/968308#message968435

      Je n’ai jamais payé de redevance, refusant de financer ce très très mauvais « service public » qui a globalement toujours servi le pouvoir (et je ne l’écoute et regarde quasiment jamais), voilà que la taxe va revenir par une autre porte...

      Et l’ensemble du fil était par ailleurs consacré à une de tes autres marottes : qui c’est qui paie pour un service public présenté comme « gratuit ».

  • Interview with a Gatekeeper : Jacques Testard ‹ Literary Hub
    https://lithub.com/interview-with-a-gatekeeper-jacques-testard

    Yep, comme éditeur, je me sens très proche de ce que dit Jacques Testard, le fondateur de Fitzcarraldo editions au Royaume Uni.

    I suppose my original interest in editorial work specifically came from a misguided notion of the glamour involved in the job, the mythology around great publishers of yesteryear, and the intellectual nature of the job. I wouldn’t say I had an easy time becoming an editor—in the early days I never managed to get the jobs I was applying for and so I ended up doing it in this long, unusual and convoluted way, working my way in from the margins by starting up my own project with a friend in order to eventually get to do it for a living.

    KA: You mean editing isn’t glamorous?

    JT: Publishing is a fairly low-adrenaline job, particularly when you work for a small independent press. I spend a lot of time on my own, editing, but also doing everything else you need to do to keep a small press ticking. I’ve had a few glamorous moments—the pinnacle was the Nobel Prize dinner for Svetlana Alexievich in Stockholm—but I spend a lot more time carrying big bags of books to the post office than drinking martinis with famous authors. In fact, carrying books around is quite a big part of the job.

    KA: I see Second-hand Time was longlisted for the Baillie Gifford Prize, the UK’s most prestigious award for nonfiction. What has publishing Alexievich meant for Fitzcarraldo?

    JT: A lot. It gave the company financial stability in our second year of operations—thanks to the rights sales we were able to slowly grow the company, going up initially to eight books a year, and now ten. It also gave Fitzcarraldo Editions a platform, a visibility which it might have taken a bit more time to achieve—that book was reviewed absolutely everywhere and critics and literary editors pay attention to what we publish as a result. It also gave us our first significant publishing success, from having to manage successive reprints to making contingency plans in the event of a prize-win, to organizing a ten-day tour for a Nobel Prize laureate. In that respect it’s given me the opportunity to learn more about my job as a publisher.

    KA: What’s behind the name Fitzcarraldo?

    JT: The name of the press, which comes from the Werner Herzog film about the man who wants to build an opera house in the jungle, is a not very subtle metaphor on the stupidity of setting up a publishing house—it’s like dragging a 320-ton steamboat over a muddy hill in the Amazon jungle.

    KA: Are you saying publishing is a madman’s dream?

    JT: Kind of. I guess the suggestion is that publishing is so difficult and financially precarious that to set out to publish the kinds of books that we do is akin to dragging a 320-tonne steamboat up a hill. It’s possible, but it’s going to be extremely difficult.

    KA: How can publishing be more sustainable than a madman’s dream?

    JT: I have a somewhat naïve and idealistic conception of the role of a publishing house. I want Fitzcarraldo Editions to be the kind of publishing house that publishes authors, rather than books. For example, if I publish your debut book and it sells 500 copies, I will publish the second one anyway, and so on and so forth. The hope is that author and publishing house can grow—and prosper—together. I suppose here it’s important to point out that Fitzcarraldo Editions is a limited company, a profit-making company—perhaps a profit-desiring company is more accurate at this stage.

    The idea is to build a publishing house that is sustainable over a long time and to make it work in the old tradition of publishing. The traditional publishing model is, put in very simple terms, that you publish X number of books a year and that you have one book that sells more than everything else and props the rest of the list up.

    KA: What do you feel your role is as an editor?

    JT: The main thing is to bring texts from manuscript stage to publication. Sometimes that involves very little work, and just going through the motions of production—when you’re publishing a book you’ve acquired from an American publishing house, for example. But most of the time I do actually have to edit things, for structure or style or both.

    I am both editor and publisher, so my role goes a bit beyond that of the editor at a bigger publishing house. As all editors I have a responsibility to the authors I’m publishing, to publish their books as well as I can, and to do the best by them and their work. That means producing a nice book, with a flawless text, that we’re both happy with, and making sure it gets out to as many people as possible and try to sell as many copies as possible. Then, I also feel very strongly that unlike many publishers—particularly corporate publishers—I have a responsibility to stick by authors. Whenever I take on a new author I say to them that if the first book doesn’t work I will still want to do the next one. The idea is that we grow as publisher and author side by side. If it’s a young writer and they sell 500 copies that’s fine, we’ll just plan the next book and carry on publishing together and build their career little by little. I think that’s really important, to build a relationship of trust with authors and to make them feel like we’re in it together for the long haul. In French publishing there is a term for this —‘une politique d’auteur,’ which translates roughly (and badly) as an author-focused policy.

    #Edition #Fitzcarraldo

  • Coursiers de libraires parisiens, maillon méconnu de la chaine du livre
    https://actualitte.com/article/107089/librairie/coursiers-de-libraires-parisiens-maillon-meconnu-de-la-chaine-du-livre

    La « chaîne du livre », c’est aussi de la logistique.

    L’Île-de-France, région française la mieux dotée en librairies, abrite quelques spécificités. Ainsi, l’acheminement des livres, des éditeurs aux libraires, ne s’effectue pas seulement par l’intermédiaire des distributeurs et transporteurs : une part non négligeable des volumes véhiculés dans la capitale est prise en charge par des coursiers.

    Jacques Steyer est l’un d’entre eux, membre des effectifs de la société spécialisée Oméga Course depuis la création de cette dernière, il y a douze ans. Véritable légende du milieu, après 35 ans de carrière en tant que coursier de librairies, il coupe le contact la semaine prochaine, quelque peu fatigué de la « circulation parisienne ».

    Il garde néanmoins un souvenir ému de ses débuts dans le métier, lorsque, venu de Touraine, il entre dans le monde de la librairie parisienne grâce à un ami, lui-même coursier. « À l’époque, il s’agissait d’un milieu très fermé, où l’on entrait par piston uniquement. Le métier était très intéressant au niveau des rémunérations pour quelqu’un qui n’avait pas de diplôme », nous explique-t-il.

    Le paiement s’effectuait alors au bon de commande, fourni par la librairie, qui payait le coursier... à la course, justement. Indépendant à ses débuts, Jacques Steyer a ensuite connu le salariat... dans un format multiemployeur : « J’étais à temps partiel chez des dizaines d’employeurs, ce qui permettait de réunir les commandes par course. Chez un éditeur, je pouvais ainsi ramasser 5 commandes, pour 5 sociétés différentes, en une seule course. »

    Il y a douze ans, il rejoint Omega Courses, société spécialisée fondée après le rachat de Netculture, qui compte aujourd’hui un effectif de 8 personnes, dont un gérant et un cogérant.
    La route et les livres

    Pierre Chanon, à la tête d’Omega Courses, nous résume assez directement la journée type d’un coursier : « Le métier de coursier est de ramasser chez les éditeurs le matin, de 5h à 10h, pour ensuite redispatcher les livres au local sur les différentes tournées (5 au total, plus une, dite navette) », indique-t-il par email. Cette « navette » est une tournée spécifique pour les librairies du groupement Librest, soit une douzaine de librairies du Grand Paris.

    Les livraisons des ouvrages chez les libraires peuvent s’étendre jusque 15 à 17 heures, avec ce que cela suppose de difficultés en matière de circulation dans la capitale. Jacques Steyer, lui, se charge de la récupération des ouvrages chez les éditeurs : il commence le ramassage très tôt, vers 6h, évitant donc les pics de trafic. Habitués, les éditeurs laissent parfois les ouvrages dans leur boite à lettres, pour faciliter les récupérations.

    À bord de son véhicule utilitaire, Steyer sillonne les rues, « du 1er au 20e, en particulier rive droite », pour un total d’une centaine de kilomètres quotidiens dans Paris intra-muros : de retour au siège d’Omega Courses, il y dépose sa cargaison, pour que ses collègues prennent ensuite le relais.

    De tournée en tournée, des visages se retiennent et des liens se forment, reconnait Jacques Steyer, citant notamment le siège parisien du Centre national de prévention et de protection (CNPP), qui édite plusieurs ouvrages sur le sujet, et les pauses café en compagnie de Christine, sur place, boulevard des Batignolles. « Ce qui est intéressant dans ce métier, c’est que l’on découvre sans cesse plein de nouveaux éditeurs, en particulier des éditeurs indépendants », regrette-t-il déjà.

    « Avec la multitude de maisons dans Paris et la région parisienne, ces coursiers nous sont très précieux », témoigne Benoît Anfray, directeur et cofondateur de la librairie L’Appel du Livre, essentiellement tournée vers les clients professionnels. « Ils connaissent bien les adresses, les contacts ou les habitudes chez tel ou tel éditeurs, quand la personne des factures travaille, par exemple... »

    Déménagements, arrêts maladie, petits imprévus et autres dates de congés sont colportés par les coursiers, en même temps que les livres, et permettent aux uns et aux autres de se tenir au courant. Ils ajoutent aussi des qualités humaines au transport, permettant par exemple d’échanger rapidement un ouvrage pour un autre. « J’ai connu Jacques quand il roulait en mobylette pour effectuer ses courses », se souvient Benoît Anfray, « et son expérience a été particulièrement appréciée ».
    Petites courses et gros volumes

    En 30 années d’expérience, Jacques Steyer a évidemment vu le paysage de l’édition et du transport de livres évoluer, avec, en premier lieu, le développement de l’activité de transport au sein des groupes d’édition, d’Interforum (Editis) à la Sodis (Madrigall-Gallimard) en passant par MDS (Media-Participations) et Hachette. « Aujourd’hui, les éditeurs se réunissent aussi en comptoir, ce qui facilite le ramassage, mais peut aussi dissimuler d’autres petits éditeurs », estime-t-il.

    Pierre Chanon, de son côté, a vu « les “petites courses” divisées par 5 ou 6 depuis 30 ans », même si elles perdurent. « La concurrence est moins importante qu’avant », ajoute-t-il, « car, par le passé, le coursier était salarié : maintenant, les libraires sont passés en prestation, et il n’existe aujourd’hui que quatre ou cinq sociétés de courses ». Citons, entre autres, Coursier 47 ou les messageries Le Dissez, ces dernières étant spécialisées dans les services de presse.

    D’autres services se développent peu à peu au sein des sociétés de portage, notamment la mise à disposition aux clients, qu’Omega Courses réalise pour Dod & Cie, Pollen, Champion, Assimil, AVM Diffusion et plusieurs petits éditeurs.

    (illustration, Vladimir Zlokazov, CC BY-NC-ND 2.0)

    Sans surprise, la surproduction s’observe aussi dans cette partie très spécifique de la distribution : « Les volumes de livraison sont plus importants qu’avant », remarque Jacques Steyer. « D’un côté, les libraires ont un choix plus important, ce qui reste une bonne nouvelle, mais, de l’autre, cette production incessante provoque beaucoup de retours. On livre 50 exemplaires pour une petite librairie alors que 5 suffirait. »

    Sur le départ pour un retour en Touraine, Jacques Steyer ne regrettera pas vraiment la circulation parisienne, devenue très compliquée, à ses yeux, depuis la fermeture des berges de seine. Décrit comme le « pater familias » des coursiers parisiens par un éditeur, il a formé plusieurs générations d’entre eux, ainsi que son propre remplaçant. « Je lui ai appris, j’espère, à savoir bien organiser son travail pour gagner du temps », indique-t-il. Il compte lui-même le prendre un peu plus, à deux ans de sa retraite.

    Photographie : le boulevard Voltaire, à Paris (illustration, Björn Seibert, CC BY-NC-ND 2.0)

    #Edition #Librairie #Coursiers

  • Sauvons l’édition indépendante et engagée !
    https://www.blast-info.fr/articles/2022/sauvons-ledition-independante-et-engagee-l90fLScmQXa3YzvGJMi4iA

    On dit qu’un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. Que dire d’une maison d’éditions, de ses centaines de livres publiés, de ses autrices et auteurs amputés de leur espace d’expression et de diffusion, de centaines de collaborateurs,…

    #Bolloré #Culture #Edition
    https://static.blast-info.fr/stories/2022/thumb_story_list-sauvons-ledition-independante-et-engagee-l90fLScm

  • Médias, éditions : comment résister à Vincent Bolloré
    https://www.blast-info.fr/emissions/2022/medias-editions-comment-resister-a-vincent-bollore-OhCLIJAEQzilSsnjD05x1g

    Un Zoom en duo ce soir avec l’avocat Arié Alimi et l’éditeur Florent Massot. Le premier a lancé le mouvement Stop Bolloré pour s’opposer à la main mise du breton gourmand sur les médias, la presse et l’édition. Le second, éditeur indépendant, pourrait…

    #Bolloré #Indépendance #Édition
    https://static.blast-info.fr/stories/2022/thumb_story_list-medias-editions-comment-resister-a-vincent-bollor

  • Netflix Geeked sur Twitter :
    https://twitter.com/NetflixGeeked/status/1535318378017062912

    The Games are just beginning. By the end of this year there will be 50+ games on Netflix. Here’s a taste of what’s on the way. #GeekedWeek

    (140) Poinpy | Official Game Trailer | Netflix - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=iDA33JqHIjE

    Bounce up, dodge adorable baddies and feed the blue beast that’s hot on your heels. A vertical climber from the creator of the award-winning Downwell.

    Le service de streaming annonce ses ambitions dans les jeux vidéo (mobiles), dont le récent et très mignon Poinpy.

    NETFLIX Poinpy
    https://play.google.com/store/apps/details?id=com.netflix.NGP.Poinpy&hl=fr&gl=US

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #business #édition #netflix #svod #svàd #jeu_vidéo_poinpy #mobile #android

  • Métier : styliste de livres pour célébrités et autres influenceurs
    https://actualitte.com/article/105856/insolite/metier-styliste-de-livres-pour-celebrites-et-autres-influenceurs

    Quand les grands couturiers ne les placent pas au centre de leurs défilés, les figures d’Instagram ou de TikTok en font des accessoires de choix : il s’agit bien sûr des livres. Mais pas n’importe lesquels. Le New York Times fait état de l’existence d’un mystérieux — ou d’une mystérieuse — styliste de livres, chargé de sélectionner les ouvrages avec lesquels il sera bon de s’exhiber...

    Publié le :

    03/05/2022 à 15:35

    Antoine Oury

    Devant les objectifs des paparazzis ou celui, plus maitrisé, de son propre smartphone, les célébrités et autres influenceurs des réseaux sociaux ont fait du livre un accessoire furieusement tendance. Régulièrement, un titre mis en avant par untel ou unetelle gagne en quelques jours des millions de lecteurs, comme lorsque Kendall Jenner, en 2019, s’était affichée avec Tonight I’m Someone Else, un recueil d’essais signé Chelsea Hodson. Ce titre plutôt confidentiel avait vu ses ventes grimper en flèche.

    Les recommandations de diverses célébrités ne datent pas d’hier : quand Marylin Monroe s’était fait photographier en pleine lecture d’Ulysse de James Joyce, le classique réputé difficile de l’écrivain irlandais avait connu un sérieux regain d’intérêt. Et nul besoin d’axer sa communication spécifiquement sur la lecture, comme Emma Watson ou Reese Witherspoon.

    La nature ayant horreur du vide, un métier s’est toutefois créé pour conseiller au mieux les vedettes d’aujourd’hui sur leurs lectures. Pas un libraire ni un bibliothécaire, non : un styliste de livres. Nick Haramis, qui signe un article dans le New York Times sur ce mystérieux rôle, soupçonne fortement Karah Preiss, productrice et consultante, cofondatrice du réseau social de lecteurs Belletrist avec l’actrice Emma Roberts.

    « Je veux faire pour les livres ce que Kylie Jenner a fait pour les rouges à lèvres [l’influence a popularisé leur usage et créé sa propre marque, NdR] », aurait assuré Emma Roberts lors d’une conversation avec l’autrice Ariel Levy. Autrement dit, faire en sorte qu’il soit « indispensable d’en avoir un ».

    Un ou plusieurs, certes, mais les bons : Preiss, en travaillant ce segment, aurait acquis une certaine expertise pour conseiller les stars — pour peu que la styliste de livres soit bien elle. En tout cas, elle défend cette publicité : « Si vous posez la question à un auteur, je pense qu’il serait très content que Kendall ou Gigi Hadid [une mannequin, NdR] lise son livre », affirme Preiss. « Ceux qui assurent que l’image d’une influenceuse avec un livre est mauvaise pour la lecture sont stupides. Un livre ne perd pas soudainement de sa valeur parce que quelqu’un le lit. »

    Dans ce petit monde assez bourgeois et fortuné, où tout s’achète ou presque, les bibliothèques se font aussi sur mesure : Jenna Hipp et Josh Spencer se sont spécialisés dans le design de collections. Leurs clients envoient une photo d’une étagère vide dans un salon, et le couple se charge de la remplir, en respectant une certaine harmonie des formes et des couleurs. Le tout pour 500 à 200.000 $.

    À l’origine spécialisée dans la manucure, Jenna Hipp apportait sur les plateaux de shooting un petit cadeau à ses clientes réputées : de l’huile essentielle et un livre qu’elle pensait correspondre à leurs goûts. Petit à petit, elle est devenue l’influenceuse littéraire de ces influenceuses...

    #Edition #Médias_sociaux #Publicité

  • Lieux, de Georges Perec : Parcours numérique d’une version augmentée du livre

    http://liminaire.fr/livre-lecture/article/lieux-de-georges-perec

    https://lieux-georges-perec.seuil.com

    Un inédit de Georges Perec, « Lieux », paraît aujourd’hui aux éditions du Seuil, 612 pages, une centaine d’illustrations couleur, accompagné par une version augmentée du livre accessible gratuitement en ligne. La conception numérique a été suivie sous le regard vigilant de Sylvia Richardson, aux Éditions du Seuil, par Fanny Villiers ; et, sous la direction de Caroline Scherb, par l’agence Créamars, avec Lionel Da Costa, Élodie Massa, Audrey Voydeville. (...) #Livre, #Lecture, #Écriture, #Langage, #Paris, #Ville, #Photographie, #Edition, #Numérique, #Création, #Art, #Perec

  • Salon de l’Autre Livre
    http://anarlivres.free.fr/pages/nouveau.html#autrelivre

    Plus d’une centaine d’éditeurs indépendants seront présents au Salon de printemps de l’Autre Livre qui se tient les vendredi 22 (de 14 à 20 heures), samedi 23 (de 11 à 20 heures) et dimanche 24 avril (de 11 à 19 heures) au Palais de la Femme, 94, rue de Charonne, Paris 11e (M° Charonne, Faidherbe-Chaligny ou Bastille). En résistance contre la mainmise des gros éditeurs sur le Festival du livre de Paris...

  • Salon de l’Autre Livre
    http://anarlivres.free.fr/pages/nouveau.html

    Plus d’une centaine d’éditeurs indépendants seront présents au Salon de printemps de l’Autre Livre qui se tient les vendredi 22 (de 14 à 20 heures), samedi 23 (de 11 à 20 heures) et dimanche 24 avril (de 11 à 19 heures) au Palais de la Femme, 94, rue de Charonne, Paris 11e (M° Charonne, Faidherbe-Chaligny ou Bastille). Infos complémentaires. En résistance contre la mainmise des gros éditeurs sur le Festival du livre de Paris qui se déroule au Grand Palais éphémère aux mêmes dates, ce salon affirme également son opposition à la concentration de l’édition. « L’annonce du rachat d’Hachette par Vincent Bolloré crée les conditions d’un monopole de fait dans l’édition et la distribution et on peut s’étonner que les pouvoirs publics français et les instances européennes restent sans réagir. Les groupes Editis et Hachette représentent plus de 40 % du chiffre d’affaires de la profession, 52 % des meilleures ventes, plus de 75 % des livres scolaires. Cette concentration inédite dans le domaine de l’édition est aussi une concentration de la distribution et de la diffusion avec la réunion des moyens d’Hachette et de Volumen repris il y a quelques années au groupe La Martinière. Les dix premiers groupes font à eux seuls 89 % du chiffre d’affaires de l’édition française. » Si le constat est exact, on peut cependant regretter l’absence des diverses maisons d’édition libertaires. Crainte de l’affirmation politique ou nouvelle exclusion de fait ?

    #édition #AutreLivre #salondulivre #libertaire #concentration

  • Ce 14 avril Vincent Bolloré, par l’entremise de son groupe Vivendi, démarre son OPA sur le groupe Hachette. Nous racontons pourquoi cela nous concerne toutes et tous, que l’on soit lecteur·ice, auteur·ice, éditeur·ice, libraire, bibliothécaire...
    https://blogs.mediapart.fr/editionsducommun/blog/140422/pourquoi-lopa-de-bollore-nous-concerne-tous-et-toutes-0
    #bolloré #édition #livre #lecture #librairie #bibliothèque #opa #vivendi #hachette

  • Will Substack Go Beyond Newsletters? A Company Weighs Its Future. - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2022/04/13/business/media/substack-growth-newsletters.html?algo=combo_lda_channelsize5_unique_edimp_f

    Not long ago, Substack haunted mainstream media executives, poaching their star writers, luring their readers and, they feared, threatening their viability. Flush with venture money, the start-up was said to be “the media future.”

    But now, Substack finds itself no longer a wunderkind but a company facing a host of challenges. Depending on whom you talk to, those challenges are either standard start-up growing pains or threats to the company’s future.

    Tech giants, news outlets and other companies have released competing newsletter platforms in the past year. Consumers who loaded up on newsletters during the pandemic began to scale back. And many popular writers left, such as the associate English professor Grace Lavery and the climate journalists Mary Annaïse Heglar and Amy Westervelt, often complaining about the company’s moderation policy or the pressure to constantly deliver.

    “Substack is at a pivot point where it needs to think about what it’s going to be when it grows up,” said Nikki Usher, an associate journalism professor at the University of Illinois Urbana-Champaign.

    The good news for the company, five years old this summer, is that it is still growing. Paid subscriptions to its hundreds of thousands of newsletters exploded to more than one million late last year from 50,000 in mid-2019. (The company won’t disclose the number of free subscribers.) A hiring spree hopes to net more than a dozen engineers, product managers and other specialists. Executives hope to eventually take the company — which has raised more than $82 million and is said to be valued at $650 million — public.

    But to maintain that growth, Substack executives say, the company must offer more than newsletters.

    In practice, that means Substack will be not just a delivery channel for written newsletters but more of a multimedia community. Executives want users to create “personal media empires” using text, video and audio, and communicate with subscribers through expanded comments that could feature GIF images and profiles for readers. This week, Substack announced new tools for writers to recommend other newsletters.

    But as Substack evolves beyond newsletters, it risks looking like another social network or news publisher — which could make it less appealing for writers.

    Ben Thompson, whose tech-focused Stratechery newsletter inspired Substack, wrote last month that Substack has gone from being a “Faceless Publisher” behind the scenes to trying to put “the Substack brand front-and-center,” building up its app as a destination on the backs of writers.

    “This is a way for Substack to draft off of their popularity to build an alternative revenue model that entails readers paying for Substack first, and publishers second, instead of the other way around,” Mr. Thompson wrote.

    Publishing on Substack is free, but writers who charge for subscriptions pay 10 percent of their revenue to Substack and 3 percent to its payment processor, Stripe. The company also offers hefty advances to a small group of writers, whose identities it refuses to divulge.

    Substack has one key difference from most other media companies: It refuses to chase advertising dollars. “Over my dead body,” Mr. McKenzie once wrote. “The antithesis of what Substack wants to be,” Mr. Best said.

    But Substack’s biggest conflict has been over content moderation.

    Mr. McKenzie, a former journalist, describes Substack as an antidote to the attention economy, a “nicer place” where writers are “rewarded for different things, not throwing tomatoes at their opponents.”

    Critics say the platform recruits (and therefore endorses) culture war provocateurs and is a hotbed for hate speech and misinformation. Last year, many writers abandoned Substack over its inaction on transphobic content. This year, The Center for Countering Digital Hate said anti-vaccine newsletters on Substack generate at least $2.5 million in annual revenue. The technology writer Charlie Warzel, who left a job at The New York Times to write a Substack newsletter, described the platform as a place for “internecine internet beefs.”

    Substack has resisted pressure to be more selective about what it allows on its platform. Employees of Twitter who worried that its content moderation policies would be relaxed by Elon Musk, the world’s richest man and the platform’s largest shareholder, were told to not bother applying for jobs at Substack.

    “We don’t aspire to be the arbiter of saying, ‘Eat your vegetables,’” Mr. Best said. “If we agree with or like everything on Substack, that would be falling short of what a healthy intellectual climate looks like.”

    Substack makes it easy for writers to break away, and defectors have a fast-growing collection of competitors waiting to welcome them.

    #Edition #Substack #Newsletter #Modération

  • "La promesse de fermeture faite par Valérie Pécresse étonne aussi, les produits vendus par Aïcha n’ayant jamais été signalés comme illégaux. Amine Elbahi signale que le propos de sa candidate « avait une vocation générale » mais ajoute aussitôt : « Dans les librairies où on vend des livres qui accusent la République de tous les maux, oui, effectivement… »"

    https://www.mediapart.fr/journal/france/290322/roubaix-le-coup-de-com-grossier-de-valerie-pecresse

    #librairie #livre #edition #censure

  • Nouveautés
    http://anarlivres.free.fr/pages/nouveau.html#retour

    « Les Egorgeurs ». Dans le cadre de la commémoration des accords d’Evian ayant mis fin à la guerre d’Algérie le 18 mars 1962, France Inter s’est intéressé au témoignage de Benoist Rey, né en 1938, envoyé comme appelé combattre dans le Nord-Constantinois en septembre 1959. Pacifiste, il refuse de se servir de son fusil et devient infirmier dans un commando de chasse. De retour à Paris fin octobre 1960, il relate dans le livre Les Egorgeurs (Editions de Minuit) les séances de torture, les égorgements de prisonniers, les viols commis… Le livre sera saisi par la censure quatre jours après sa publication. Ce n’est qu’en 1999 qu’il sera réédité par les Editions libertaires, suivi par Les Trous de mémoire (tomes I et II, 2006 et 2007, bibliographie). Les 25 mars et 2 avril, à 6 h 10, dans l’émission « Des vies françaises » seront diffusés les deux derniers épisodes de son interview. Le premier est écoutable ici.

    #BenoistRey #EditionsLibertaires #guerreAlgérie #pacifisme #accordsEvian #anarchisme