• #Paywall : The Business of Scholarship

    Paywall: The Business of Scholarship, produced by #Jason_Schmitt, provides focus on the need for open access to research and science, questions the rationale behind the $25.2 billion a year that flows into for-profit academic publishers, examines the 35-40% profit margin associated with the top academic publisher Elsevier and looks at how that profit margin is often greater than some of the most profitable tech companies like Apple, Facebook and Google. For more information please visit: Paywallthemovie.com


    https://vimeo.com/273358286

    #édition_scientifique #université #documentaire #film #elsevier #profit #capitalisme #savoir
    signalé par @fil, que je remercie

    • je suis tres surpris par un point mentionne plusieurs fois : il faut que la recherche sur la sante, le rechauffement climatique, etc, bref, tout ce qui a « un vrai impact » soit ouvert, parce qu’il y a des vrais problemes, et donc il faut du monde pour y participer.... Mais je n’ai pas entendu grand chose sur la recherche fondamentale... Je ne sais pas si ca tient du fait que la recherche fondamentale etant moins « remuneratrice », le probleme est moins flagrant... Mais ca me met mal a l’aise cette separation entre « les vrais problemes de la vie » et les questions fondamentales qui n’interessent pas grand monde....



  • L’essor de la fanfiction, ou l’engouement contagieux de l’écriture
    https://www.actualitte.com/article/monde-edition/l-essor-de-la-fanfiction-ou-l-engouement-contagieux-de-l-ecriture/91268?origin=newsletter

    Se tisse ainsi une relation suivie et quotidienne entre les deux acteurs sur le site, où la communauté joue un véritable rôle pédagogique. L’auteur lui-même est d’ailleurs parfois le premier à solliciter l’avis des lecteurs : les sites de fanfiction mettent en effet à sa disposition des fonctionnalités permettant d’ajouter des notes en marge des chapitres pour encourager le lectorat à donner son avis sur la qualité du texte ou la suite à lui donner.

    Une influence du lectorat dès la naissance du projet

    Pour éviter fautes d’orthographe et de syntaxe ou incohérences dans l’histoire, un système de relecture, accessible sur le site, s’est d’ailleurs mis en place entre les membres des communautés ou fandoms (un fandom correspondant à l’univers de fiction original dont la fanfiction est tirée, Star Trek par exemple) avant même la publication : à l’image du fonctionnement d’un site comme Wikipédia, un travail collaboratif se développe en effet entre lecteurs, où certains, appelés bêta-lecteurs, endossent donc un rôle d’éditeur, chargés d’améliorer le récit mais aussi de s’assurer qu’il reste en conformité avec l’esprit de l’univers originel.

    Une formation accélérée au métier d’auteur ?

    Marissa Meyer, auteure star de la littérature adolescente (Le Gang des prodiges, Pocket jeunesse, 2018) a fait ses premières armes dans l’univers de la fanfiction, où elle écrivait des mangas dérivés de Sailor Moon. Interviewée par le journal Le Monde en mars, elle confiait les leçons que lui avait apportées cette expérience, où la proximité avec son lectorat et le partage quotidien de ses écrits ont eu un impact décisif.

    Fanfiction, les motivations des auteur.e.s

    « Si j’avais directement écrit des récits classiques originaux, il n’y aurait pas vraiment eu de monde avec qui j’aurais pu partager mon travail au début. Dans la fanfiction, la communauté de fans inspire, encourage et a un véritable impact sur les auteurs. Ça a eu de l’influence non seulement sur mon style d’écriture, mais aussi cela m’a appris à persévérer et à tenir des dates butoir, parce que les fans attendent un chapitre chaque semaine. Cela m’a appris à être écrivaine professionnelle même si je n’étais pas payée pour ça. »

    #Fanfiction #Lecture #Edition



  • Ce n’est pas la demande d’information en tant que telle qui a rendu les #médias puissants. Ce qui les a rendus puissants et qui continue d’assurer leur croissance, c’est l’idée ingénieuse d’offrir au public de l’information pour obtenir son #attention. Sans le revenu d’attention que la diffusion publique garantit, le secteur de l’#édition n’aurait pas pu se développer de façon significative. Si seul ce qui promettait un succès commercial avait été publié dans les livres et les revues, le paysage littéraire serait très différent de ce qu’il est aujourd’hui. C’est seulement parce que les auteurs espèrent se faire payer en revenus d’attention qu’on peut expliquer leur acceptation de salaires de misère pour se tourmenter l’esprit dans la recherche des mots justes. L’ingéniosité du commerce éditorial tient à la division des recettes en #revenu_monétaire et en #revenu_d'attention. La condition de production de notre culture littéraire consiste, pour schématiser, en ce que l’éditeur reçoit l’argent et l’auteur l’attention. Si, en outre, l’éditeur gagne en réputation et l’auteur en richesse, alors cela entraîne, économiquement parlant, un profit supplémentaire, qui n’est toutefois pas indispensable à la bonne marche de ce commerce.

    #Georg_Franck, « Économie de l’attention », 1993 (version abrégée pour l’ouvrage collectif éponyme, dirigé par Yves Citton et publié à La Découverte en 2014, http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-L_economie_de_l_attention-9782707178701.html)

    Très bonne analyse du « #droit_d'auteur » , ou plutôt du #droit_d'éditeur comme le nomme @philippe_de_jonckheere.


  • Ultime surréaliste, intime connaisseuse de Sade, son cinglant essai sur l’art contemporain, qui vient de sortir chez Stock, a été refusé par Gallimard
    Annie Le Brun : grande dame, d’un bloc Marie-Dominique Lelièvre - 5 Septembre 2018 - Le nouveau magazine littéraire
    https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/idees/grande-dame-d-un-bloc

    Aussitôt qu’on franchit le seuil, on tangue sur la pente d’un plancher gauchi par le poids du papier. Portant le plafond, des murs de livres grimpent en rangs serrés, et dans toutes les pièces en vue. Mince comme une badine, Annie Le Brun au premier regard intimide, à cause d’une intelligence crépitante, et parce qu’on la sait lectrice de Sade, auteur qui fout les jetons. Puis deux yeux de chat couleur limon vous cueillent, et tout s’arrange. « Annie est une oeuvre d’art, a prévenu l’anthropologue Paul Jorion. J’aime beaucoup la regarder. » Sous les paupières délicatement fardées, un regard pailleté, pénétrant et amusé, des yeux de vigie qui voient tout. Un peu trop, puisque son éditeur, Gallimard, lui a demandé d’aller éditer ailleurs son Ce qui n’a pas de prix, essai majuscule sur l’art contemporain.

    Sentinelle en colère – une saine colère –, Annie Le Brun a écrit un livre violent – une saine violence. Si les manifestes sont souvent enfumés de moralisme et de rhétorique, son essai précis et concret nomme les prédateurs de l’art contemporain, Bernard Arnault, par exemple, le milliardaire qui possède tout, même des actions chez Gallimard, et qui décide de tous nos besoins, primaires (Carrefour), secondaires (LVMH), spirituels (fondations et musées).

    Si Annie Le Brun n’est pas la première à dénoncer cette négation de l’art qu’est l’art contemporain, elle réussit à en définir la nature et à le décrédibiliser définitivement. « Réalisme globaliste », ainsi qualifie-t-elle cette production manipulatrice qui privilégie la sidération (Koons, Hirst, Kapoor) et anesthésie les sensibilités. Tout se tient, dit-elle, tirant le fil secret qui lie le désordre écologique, la mode et l’art contemporain. Nourriture frelatée, camelote griffée et faux luxe des marques, ersatz de rébellion, air irrespirable et rêve asphyxié, elle fait le lien. Dans son essai, l’intraitable Annie Le Brun balance tout. L’endogamie du monde de l’art contemporain, des fondations privées aux Frac en passant par les musées et la critique, tous au service des encaisseurs d’un goût standardisé. « Annie a des fulgurances », dit l’homme d’affaires et collectionneur Alain Kahn-Sriber. Sa plume dévastatrice n’est dupe de rien, d’aucune illusion, d’aucune fausse révolution, d’aucune contrefaçon. Les plus petits détails, elle les note dans de jubilants paragraphes sur le conformisme, l’arrogance et l’exhibitionnisme des fausses rébellions bobo – barbe de trois jours, jean lacéré, tatouages.

    La laideur partout
    « Je suis pas un écrivain qui écrit », dit-elle drôlement. Elle prend la plume par nécessité, sous l’effet d’une colère ou de la passion. Torse d’enfant moulé dans un body en dentelle jaune fluo sur bas opaques, l’insoumise Annie porte une jupe en Pleats Please, ce plissé néo-Fortuny qui libère le mouvement. L’innovation poétique, pas le bling-bling du luxe industriel. « Annie est très sophistiquée », a prévenu Alain Kahn-Sriber. Au doigt elle porte un anneau en argent offert par le plasticien surréaliste Jean Benoît, un phallus qui se mord la queue. « Il y avait cette histoire d’enlaidissement du monde… », dit-elle. Un exemple parlant : le sac Vuitton épandu, dans sa version contrefaite ou pas, sur toute la planète. « Partout, les choses les plus violentes de la marchandisation. » Venise, Rio, Bogotá, Moscou, mais aussi dans les replis secrets du globe. « Une pollution nouvelle qui use nos paysages intérieurs. Une prise en otage qui me terrifie », dit-elle. L’été dernier, elle villégiature chez son frère Alain, archéologue réputé, dans la partie nord de Chypre. Un jour, dans un village reculé, que voit-elle ? Des contrefaçons Vuitton sur le marché et des villageois qui les achètent. La laideur partout. Petit à petit, l’impossibilité de discerner le laid du beau. « Même pas des ersatz, mais une pollution qui avance. » La suffocante dictature des marques, « cette esthétique du marquage, image de la soumission heureuse », a gagné ce village perdu. « Quelque chose avait changé. Je fonctionne beaucoup à l’intuition. Je voyais les choses s’enlaidir, je n’arrivais plus à respirer », dit-elle.

    Libres de leur mouvement, des yuccas poussent devant les fenêtres en arabesques exubérantes, comme son écriture. « Annie Le Brun tend par ses livres à délivrer la vie », a écrit le poète et auteur Mathieu Terence, autre insoumis. « Annie Le Brun, c’est la poésie continuée par d’autres moyens », ajoute-t-il. Pourquoi des poètes en temps de détresse ? demandait Hölderlin. Comme l’abeille, le poète est un pollinisateur. Incisif, il va au coeur des choses. S’il disparaît, le danger menace car ce guetteur envoie des signaux. « J’admire la grande rigueur de sa pensée, dit Étienne-Alain Hubert. Elle est un repère sur l’horizon des grands débats intellectuels. » Le grand spécialiste de Pierre Reverdy (un autre intraitable) admire la pensée sans compromis, le jaillissement perpétuel de la prose, la force de ses images. « La beauté d’aéroport », par exemple, dans son dernier livre. Une formule admirable qui doit beaucoup à Bernard Arnault, puisque LVMH est aussi propriétaire du groupe Duty Free Shoppers (DFS).

    Si « l’homme le plus riche de France » qui veut devenir « l’homme le plus riche du monde » ne lui fait pas peur, c’est que cette grande dame n’a jamais craint d’être pauvre. « Je vivais avec Radovan Ivšic. » Le poète croate, interdit deux fois, par l’occupant nazi puis par le régime socialiste de Tito, n’avait pas peur de grand-chose. « Nous vivions de ce que nous appelions des petits boulots : traducteurs, relecteurs d’imprimerie, rewriter. Il y avait plus de hauts que de bas… Voyez la bibliothèque : des caisses d’oranges que nous ramassions sur les marchés. » Des cageots Pedro Perez, oranges de Séville. « Seule, je ne sais si j’aurais pu vivre ainsi. J’ai peur que non. Mais Radovan était une espèce de sauvage, il avait une sorte de confiance. Pour moi c’était formidable. »

    Intransigeante et souveraine, elle refuse les situations stables, prof par exemple. « Je viens d’une famille moyenne, mon père était commerçant, ma mère professeur. Je ne voulais pas participer de ce monde-là. Une sorte d’impossibilité. » Devant les questions personnelles, elle se dérobe. Va chercher la Vie de Rancé et lit : « Enfant de Bretagne, les landes me plaisent, leur fleur d’indigence est la seule qui ne se soit pas fanée à ma boutonnière. » Annie Le Brun est un mystère qui se soustrait. Sa personnalité est difficile à définir. « Ce qu’elle a dit de sa famille justifie ce qu’elle est », ajoute Alain Kahn-Sriber, énigmatique. « Une famille à 200 % conformiste fait surgir le "non" chez l’enfant curieux. Annie Le Brun, c’est l’intelligence insolente de l’enfant rebelle, qui refuse de prendre pour argent comptant ce que le parent ignorant lui raconte », dit Paul Jorion. Surprenante amitié que celle qui lie la dernière des surréalistes, nourrie de poésie et d’art, avec l’économiste-anthropologue-psychanalyste, ancien élève de Lacan. Deux visionnaires qui s’augmentent l’un l’autre. « Nous déjeunons au Vaudeville, à la Coupole, au Terminus Nord. Nos conversations durent entre quatre et six heures… » Ces deux curieux insatiables ne débattent pas, mais partagent de l’information. « À nous deux, nous élaborons un puzzle qui est une représentation du monde. À chaque rencontre, nous ajoutons deux ou trois pièces. » Des rendez-vous jubilatoires : « Nous rions de ce monde désespérant. »

    Garbo punk
    Un été de 1963, encore étudiante à Rennes, Annie accompagne un ami à Saint-Cirq-Lapopie, où André Breton passe les derniers beaux jours de sa vie. Dans l’ancienne auberge des Mariniers, qu’il occupe, elle ne dit pas un mot, mais il la remarque et l’invite à lui rendre visite à La Promenade de Vénus, le café où se tiennent les réunions du groupe surréaliste. Chercher l’or du temps, c’est sans doute une quête à sa démesure. Dans le groupe, elle rencontre deux forts caractères qui vont beaucoup compter pour elle : Radovan et le peintre Toyen. « Radovan était un être étrange et bariolé, portant des cravates aux teintes extraordinaires. Un être comme on en rencontre peu, un romantisme, un mystère, un accent slave ajoutant au mystère », dit Alain Kahn-Sriber. Autour de Breton, Annie Le Brun se lie aussi avec les plasticiens québécois Mimi Parent et Jean Benoît ; la stèle funéraire brisée de ce dernier est posée sur un radiateur, chez elle. « Une liberté d’être et de raconter ce qui lui arrivait, avec humour. Pour montrer que les idées, c’est pas du papier, Jean Benoît s’était fait marquer au fer rouge du nom de SADE. » Lors de cette cérémonie, intitulée « Exécution du testament du marquis de Sade », Jean Benoît risquait sa peau. Cette saisissante manifestation artistique, qu’on nommerait aujourd’hui une performance, mais sans exhibitionnisme, se déroula dans l’intimité d’un appartement, chez la poète Joyce Mansour.

    Rue Mazagran, chez Annie Le Brun, le salon est habité par des oeuvres surréalistes : boîte de Mimi Parent, huile de Toyen, tableaux naïfs, meubles de Fabio De Sanctis. Tous des amis. « Dans le surréalisme, elle a pris les choses intéressantes », selon Raphaël Sorin, qui fut son éditeur en 1977, année punk. Cette année-là, cette bad bad girl, démolisseuse de faux-semblants, fait elle-même figure de punk à l’émission littéraire d’alors, « Apostrophes » de Bernard Pivot. Sans sommation, elle balance un cocktail Molotov au visage des néoféministes, sur le plateau : Lâchez tout, son pamphlet, édité au Sagittaire. « Contre l’avachissement de la révolte féministe avec Simone de Beauvoir, contre le jésuitisme de Marguerite Duras […], contre le poujadisme de Benoîte Groult, contre les minauderies obscènes d’Hélène Cixous, contre le matraquage idéologique du choeur des vierges en treillis et des bureaucrates du MLF, désertez, lâchez tout : le féminisme c’est fini. » Son oeil à infrarouge s’exaspère devant l’imposture du néoféminisme post-soixante-huitard qui s’approprie un siècle de combat des femmes, devant son corporatisme sexuel consternant. « Dans militantisme, il y a militaire. Je serai toujours du côté des déserteurs », écrit celle qui ne veut représenter qu’elle-même.

    Sombre, sophistiqué, délicat, son visage de Garbo punk reste impassible tandis que se déchaîne la riposte sur le plateau d’« Apostrophes ». « Elle tenait tête, sarcastique. Le retentissement fut extraordinaire », dit Raphaël Sorin. Calme, cette « âme insurgée » (selon Mathieu Terence) défend son propos en allumant des cigarettes à la chaîne. « Ce fut la première et la seule critique d’extrême gauche du féminisme », dit-elle aujourd’hui avec malice. Le lendemain, un bouquet de deux mètres est livré dans ce même appartement, « Ces fleurs étaient de Jean-Jacques Pauvert, dont les publications m’avaient nourrie. J’étais abasourdie. » L’éditeur s’incline devant une femme capable de parler contre la censure.

    Deux désobéissances viennent de se reconnaître. Débute une amitié passionnelle qui va engendrer une aventure littéraire des plus singulières. « L’homme de sa vie (intellectuelle) c’est Jean-Jacques Pauvert. Il avait tout lu, se souvenait de tout ce qu’il avait lu », dit Alain Kahn-Sriber. Elle, elle n’a pas froid aux yeux. Lui, cancre et ex-vendeur chez Gallimard, a entrepris de publier les oeuvres complètes de Sade, alors inédites, dans le garage de ses parents. Traîné en justice pour pornographie, suspendu de ses droits civiques, il a néanmoins achevé son entreprise, après qu’en 1958 la cour d’appel eut décidé que Sade était « un écrivain digne de ce nom ».

    Malade de Sade
    Comme Annie, Pauvert est venu à Sade par la face Apollinaire-les surréalistes. « Lecteur extraordinaire, il n’était pas un intellectuel. Il parlait des choses avec un sens de la poésie, avec humour, sans prétention », dit-elle. De temps à autre un sourire illumine le visage d’Annie Le Brun, comme un éclat de soleil dans une pièce sombre. En 1985, Pauvert lui commande une préface pour les seize volumes de l’édition de Sade. Elle accepte sans réfléchir, puis regrette, mais il est trop tard. Annie a lu Sade à 20 ans sous la tutelle des grands exégètes, Bataille, Blanchot. Cette lecture lui répugne. En 1985, elle décide de relire toute l’oeuvre, sans garde-corps cette fois. De le lire, lui. « Je l’ai approché à ma façon. Je l’ai pris à la lettre. Comme la poésie. » La grande expédition littéraire commence. En moins d’un an, elle a tout relu. Ce voyage, elle l’entreprend par le commencement, en poussant la porte du château de Silling. Corps et âme, elle pénètre dans les eaux noires des Cent Vingt Journées, « ce bloc d’abîme ». « C’était très étrange. Je dormais peu. J’étais… ailleurs. » Son trouble n’est pas seulement littéraire, mais sensuel. La pression érotique lui maintient la tête sous l’eau.

    À l’extérieur du château, Radovan, Pauvert et Alain Le Brun, son frère, forment son équipe d’assistance. « De temps à autre, je leur demandais : Suis-je folle si je pense ça ? Est-ce que je délire ? » Trois décennies plus tard, Annie Le Brun met de l’humour dans ce récit de voyage. « À la fin, j’étais très nue malade. Et cela se voit. Le 28 novembre 1985, alors qu’elle assiste à la première d’une pièce de théâtre de Radovan Ivšic en Croatie, une amie frappée par son aspect lui demande : « Que t’est-il arrivé ? » Son travail est terminé. Le 28 novembre 1785, Sade a achevé la mise au propre des Cent Vingt Journées de Sodome. Deux cents ans plus tard, ALB reprend l’avion pour remettre son manuscrit à Pauvert, qui assiste à un spectacle au Crazy Horse. À minuit, ils se retrouvent Chez Francis, place de l’Alma. Elle lui donne le texte, il retourne au Crazy Horse. À 6 heures du matin, coup de téléphone enthousiaste. Annie Le Brun n’est pas la première à lire Sade, mais, à partir de son aversion à le lire, la première à comprendre comment fonctionne cette machinerie. « Annie Le Brun a du génie. Comme l’extralucide André Breton, elle touche le noyau. Son Sade, ce n’est pas de l’érudition. Elle va très loin dans ce qu’elle restitue des émotions qu’ on éprouve à lire cette oeuvre. Ce qu’elle ose raconter est inouï », dit Raphaël Sorin, pourtant avare en compliments. Ainsi écrit-elle : « J’étais la proie d’un désir qui, d’être apparemment sans objet, me dépouillait même de ma nudité ».

    De l’atelier d’André Breton, Julien Gracq a écrit qu’il était un refuge contre tout le machinal du monde. La maison d’Annie Le Brun, avec ses objets d’art, ses livres, ses colliers de plume, ses plantes fantasques, est un refuge contre la marchandisation du monde. L’intelligence d’Annie Le Brun n’a jamais emprunté les autoroutes, et dans la vie, pareil, pas de métro, pas de bus, elle marche sur ses deux jambes montées sur semelles compensées. C’est une dame qui ne se transporte pas en commun. « Je ne sais pas où je vais mais je sais ce que je méprise », a-t-elle déclaré, cinglante. En la lisant, « on a la magnifique sensation que de l’avenir et du toujours sont encore possibles » (Mathieu Terence). On respire plus large.

    #censure #gallimard #edition #editions #livres #France #littérature #livre #art_contemporain #laideur #capitalisme #Art #Annie_Le_Brun


  • Contre les prix trop élevés d’accès aux publications, les scientifiques font le mur - Le Temps
    https://www.letemps.ch/sciences/contre-prix-eleves-dacces-aux-publications-scientifiques-mur

    Contre les prix trop élevés d’accès aux publications, les scientifiques font le mur

    En plein essor du libre accès aux publications scientifiques, de nouveaux outils émergent pour aider à trouver facilement – et sans payer – des articles placés derrière un coûteux « paywall » ou une autre forme d’abonnement

    Les sciences ont-elles perdu leur caractère ouvert et universel ? Le mouvement de l’open access ou accès libre, dans lequel les publications scientifiques sont disponibles gratuitement et non plus contre d’onéreux abonnements, semble en tout cas en témoigner.

    L’open access, porté par des plateformes telles que PLoS, acronyme anglais pour Bibliothèque publique des sciences, constitue une alternative aux éditeurs scientifiques classiques et privés comme Elsevier, Springer Nature ou Wiley dont les tarifs, régulièrement revus à la hausse, irritent le milieu académique qui cherche des parades.

    En 2017, le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS), tout comme l’Union européenne, s’est ainsi fixé l’objectif de rendre disponible en open access, à partir de 2020, la totalité des publications scientifiques qu’il finance. Le 4 septembre, onze fonds européens de financement de la recherche ont même publié un « Plan S » qui rendra cela obligatoire. Le fonds suisse soutient ce plan mais veut l’étudier juridiquement avant de le signer.
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    Sciences

    Sans abonnement, les chercheurs et le public font face à des paywalls qui obligent à payer en moyenne une trentaine de francs par article, ou plusieurs milliers de francs pour des bouquets d’abonnements à l’année. « Pour la bibliothèque de l’Université de Genève, cela représente plus de 4,5 millions de francs par année pour l’ensemble des ressources électroniques (journaux, livres, bases de données) », estime Jean-Blaise Claivaz, coordinateur open access et données de recherche à l’Université de Genève.
    Disruption illégale

    Ce marché figé a donné des idées à certains. En 2011, Alexandra Elbakyan, une chercheuse kazakhe, a créé Sci-Hub, une plateforme qui donne accès gratuitement – et illégalement – à plus de 70 millions d’articles scientifiques. Début 2016, 164 000 articles y étaient téléchargés chaque jour.

    « Actuellement, en Suisse, il n’est pas illégal de télécharger sur Sci-Hub, le téléchargeur n’est pas punissable, explique Jean-Blaize Claivaz. A l’Université de Genève, nous pourrions arrêter tous les abonnements et utiliser Sci-Hub. Ce n’est pas une position que l’université est prête à endosser mais nous ne pourrions pas être poursuivis. »

    Une autre façon légale de contourner les paywalls des éditeurs scientifiques est de chercher l’article dans les nombreuses archives numériques ouvertes des bibliothèques. Ces dernières contournent les abonnements en permettant aux chercheurs de verser leurs propres articles et de les rendre accessibles gratuitement – quoique en une version « brouillon » dépourvue des ultimes modifications apportées par les éditeurs avant publication. Mais faire sa bibliographie sur ces plateformes reste long et fastidieux, car il faut faire ses recherches sur chaque archive.

    C’est pour pallier ce problème que sont récemment apparus de nouveaux outils capables d’automatiser le processus, des sortes de moteurs de recherche qui vont simultanément interroger un grand nombre d’archives. Certains sont à visée commerciale (Kopernio, Anywhere Access), d’autres à but non lucratif (Open Access Button, Unpaywall). Si chacun possède ses particularités, le principe est le même : face à un paywall, ces outils (qui peuvent prendre la forme d’une extension de navigateur web) se chargent de trouver une version de l’article hébergée dans une archive ouverte, quelque part dans les méandres d’internet.
    Unpaywall mis en place à Genève

    Pour Jean-Blaize Claivaz, « le côté non lucratif d’Unpaywall et la présence dans son équipe de grands noms de la scène open access attirent la sympathie et une certaine confiance de la communauté scientifique. Ça lui donne un certain avantage face à ses concurrents. »

    La bibliothèque de l’Université de Genève a d’ailleurs récemment intégré un bouton Unpaywall à son système de recherche d’article scientifique. « Nous avons comparé l’accès avec et sans Unpaywall à l’Université de Genève et nous avons constaté que cette solution augmentait l’accès à la littérature scientifique en sciences de la vie d’environ 25% », ajoute-t-il.

    Les grandes entreprises du secteur voient plutôt d’un bon œil l’arrivée de ces petits acteurs qui s’inscrivent dans une position moins radicale que Sci-Hub, qui collectent des données monétisables et qu’il est possible de racheter pour mieux contrôler.

    Kopernio a été racheté en avril par Clarivate Analytics, entreprise peu connue du grand public mais propriétaire du Web of Science, rassemblement de sept grandes bases de données bibliographiques qui est derrière le calcul du fameux facteur d’impact des journaux. Fin juillet, Elsevier et Impactstory, la société éditrice d’Unpaywall, ont conclu un accord qui permet à l’éditeur d’intégrer Unpaywall dans sa propre base de données.

    Mais ces solutions demandent toutes de faire un effort d’installation et d’intégration. Malgré ses démêlés judiciaires et pour l’heure, Sci-Hub semble rester la solution la plus simple pour accéder à l’ensemble, ou presque, de la littérature scientifique.

    #sciences

    • Parmi les chercheur·ses, on en parle aussi en France, @bce_106_6.
      Peut-être le sujet n’est pas encore sorti de la commuanauté scientifique.

      Cela est peut-être dû au fait aussi qu’en France il y a des alternatives valables existantes. Des revues qui sont encore portées par les labos de recherche.
      Pour les publications en anglais, par contre, il n’y a pratiquement pas d’alternatives aujourd’hui (ceci n’empêche pas le fait qu’il faudrait s’organiser beaucoup plus pour les trouver !)

    • Stratégie nationale suisse Open Access

      Depuis une dizaine d’années, le mouvement Open Access est en fort développement international. Les hautes écoles et les institutions de recherche suisses s’engagent activement dans ce processus. Elles ont ainsi développé durant ces deux dernières années une stratégie nationale Open Access ainsi qu’un plan d’action pour sa mise en œuvre.

      A la demande du Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) et avec le soutien du Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS), swissuniversities a développé dans le courant de l’année 2016 une stratégie nationale en faveur de l’Open Access. L’Assemblée plénière de swissuniversities, la Conférence des recteurs des hautes écoles suisses, a adopté cette stratégie le 31 janvier 2017.

      La stratégie Open Access pose les principes d’une vision commune pour les hautes écoles suisses, selon laquelle toutes les publications financées par les pouvoirs publics seront en accès libre en 2024. De manière générale, toutes les publications scientifiques en Suisse devraient être en Open Access en 2024. Cette vision s’aligne sur les modèles européens actuels. Afin de mettre en œuvre cette vision, différents champs d’action ont été identifiés, visant notamment à aligner les pratiques Open Access en Suisse, renforcer les négociations avec les éditeurs, renforcer la communication et les incitatifs auprès des chercheurs ainsi qu’envisager de nouveaux modes de publication. L’analyse des flux financiers en matière de publications scientifiques réalisée par un groupe d’expert anglais sous mandat du FNS et du programme « Information scientifique » de swissuniversities recommande un modèle basé sur une approche pragmatique et flexible.
      Plan d’action Open Access

      Afin de concrétiser la stratégie nationale suisse, une deuxième étape a consisté à développer durant l’année 2017 un plan d’action qui détermine les mesures à entreprendre pour la mise en œuvre de la stratégie nationale. Le plan d’action a été élaboré en collaboration avec les différents partenaires (FNS, SEFRI, bibliothèques des hautes écoles, représentés dans un groupe de travail) au terme d’une démarche d’analyse et de consultation auprès des hautes écoles et des autres partenaires clés. Ce plan d’action a pour but de proposer aux hautes écoles suisses des pistes et solutions pour atteindre les objectifs qu’elles se sont fixés en adoptant la stratégie nationale suisse sur l’Open Access. Les mesures proposées ont pour mission de soutenir dans leur démarche en respectant leur autonomie, leurs spécificités et la diversité des disciplines et des modes de recherche.

      L’Assemblée plénière de swissuniversities a adopté le plan d’action et le Conseil des hautes écoles de la Conférence suisse des hautes écoles en a pris favorablement connaissance en février 2018, permettant ainsi de lancer les activités de mise en œuvre pour les hautes écoles suisses.

      Le travail de mise en œuvre débute maintenant, sous la coordination de swissuniversities et dans le respect de l’autonomie des hautes écoles. La stratégie nationale Open Access apparaît comme un instrument essentiel pour maîtriser le processus de transformation et optimiser l’utilisation de ces ressources.
      Publications scientifiques – Négociations avec les éditeurs internationaux

      Afin d’atteindre l’objectif selon lequel les publications financées par les pouvoirs publics doivent être en accès libre en 2024, il est indispensable de disposer d’accords avec les éditeurs scientifiques permettant une publication ouverte des articles et monographies sans que cela ne crée de surcoûts pour les hautes écoles suisses. En ce sens, le comité de swissuniversities a adopté une nouvelle stratégie en matière de négociation avec les éditeurs qui privilégie le modèle « Read & Publish ». Ce modèle prévoit que les hautes écoles financent les coûts de publication et paient un tarif fixe à la lecture/téléchargements des articles et ouvrages publiés, en remplacement des abonnements classiques dont les tarifs fluctuaient selon les revues. Cette approche sera appliquée pour les négociations avec l’éditeur Springer Nature, et il est prévu d’en faire de même avec les éditeurs Elsevier et Wiley. Dans l’intérêt de réussir le processus de transition vers l’Open Access, swissuniversities a adapté l’agenda communiqué en mars 2018 à la demande de Springer Nature et négocie une #solution_transitoire.

      https://www.swissuniversities.ch/fr/themes/politique-des-hautes-ecoles/open-access

      v. aussi le factsheet :
      https://www.swissuniversities.ch/fileadmin/swissuniversities/Dokumente/Hochschulpolitik/Open_Access/180315_Factsheets_Verhandlungsstrategie_F.pdf


  • Offensive contre les géants de l’édition scientifique en Europe Marco Fortier - 13 Septembre 2018 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/education/536595/offensive-europeenne-contre-les-geants-de-l-edition-scientifique

    Les conseils de recherche de onze pays européens, dont la France et le Royaume-Uni, prennent les grands moyens pour endiguer la soif de profits des géants de l’édition scientifique, qui siphonnent les budgets des bibliothèques universitaires.

    Ces onze États viennent de dévoiler un plan qui obligera d’ici deux ans leurs chercheurs subventionnés à publier le fruit de leurs travaux sur des plateformes en libre accès. Le but : mettre fin à la domination commerciale des cinq plus grands éditeurs scientifiques, qui font des profits considérables en publiant des articles fournis par les universitaires.

    « Il ne faut pas enfermer la science derrière des murs payants », indique le manifeste du nom de « Plan S » dévoilé la semaine dernière par Science Europe, un regroupement d’organisations européennes vouées à la promotion et au financement de la recherche.

    « Aucune raison ne justifie un modèle d’affaires établi sur des abonnements à des publications scientifiques. À l’ère numérique, le libre accès augmente la portée et la visibilité de la recherche universitaire », précise le document signé par Marc Schiltz, président de Science Europe.


    Outre Paris et Londres, cette offensive est appuyée par les organismes subventionnaires des pays suivants : Suède, Norvège, Pays-Bas, Autriche, Irlande, Luxembourg, Italie, Pologne et Slovénie. Ces États, comme bien d’autres (dont le Québec et le Canada), en ont assez des coûts astronomiques des abonnements aux publications scientifiques comme Nature ou Science.

    Comme Le Devoir l’a rapporté au cours de l’été, les frais d’abonnement aux magazines scientifiques accaparent désormais 73 % des budgets d’acquisition des bibliothèques universitaires. Les cinq grands éditeurs publient à eux seuls plus de la moitié des articles savants dans le monde. Les abonnements à ces magazines coûtent tellement cher que certaines bibliothèques n’ont plus les moyens d’acheter des livres.

    L’offensive des pays européens contre ces tarifs jugés déraisonnables risque de faire mal aux géants de l’édition — notamment les groupes Elsevier, #Springer #Nature, #John_Wiley_Sons, #Taylor_Francis et #SAGE_Publications — qui dominent le marché mondial.

    « Ce ne sera pas la mort demain de ces grands ensembles-là, mais cette campagne s’ajoute aux désabonnements [aux périodiques scientifiques] de beaucoup d’universités en réaction à la hausse des coûts d’abonnement », dit Vincent Larivière, professeur à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’Université de Montréal (UdeM). Il dirige la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante.

    Crise mondiale
    Les grandes revues comme Nature sont attrayantes pour les chercheurs. Ces magazines sont prestigieux. Ils sont lus, donc beaucoup cités. Et pour réussir en tant que professeur — être embauché, obtenir une promotion —, il faut être cité par ses pairs. C’est pour ça que les magazines scientifiques peuvent se permettre de facturer une fortune en abonnements aux bibliothèques universitaires.

    Les éditeurs scientifiques obtiennent pourtant leurs articles tout à fait gratuitement : les chercheurs ne sont pas payés par les magazines pour publier leurs travaux. Ça fait partie de leur tâche de professeur. Et les articles sont révisés bénévolement par des pairs. Plus troublant encore, un nombre croissant de revues scientifiques imposent des frais de 3000 $ ou 5000 $, par exemple, aux professeurs qui veulent que leurs articles soient en libre accès.

    Ce modèle d’affaires des revues savantes soulève un tollé partout dans le monde, rappelle Vincent Larivière. Le biologiste Randy Schekman, de l’Université de Californie, a même appelé au boycottage des magazines ayant publié ses travaux qui lui ont valu le prix Nobel. Il a fondé en 2012 son propre journal, eLife, qui publie ses articles en libre accès.

    Aux États-Unis, de puissants organismes comme la Fondation Bill Melinda Gates et les Instituts nationaux de santé (National Institutes of Health) exigent aussi que les recherches scientifiques qu’ils financent soient publiées en libre accès.

     #édition_scientifique #open_access #publications_scientifiques #elsevier #publications #sciences #science #recherche #université


  • #Thérèse_Lamartine : Qui a peur d’Andrea Dworkin ? (Une recension de Thérèse Lamartine, publiée dans la revue québécoise Nuit Blanche)
    https://tradfem.wordpress.com/2018/08/16/qui-a-peur-dandrea-dworkin

    Quelque trente ans après la parution de ses ouvrages essentiels, on aurait pu croire que son œuvre avait pris quelques rides. Il n’en est rien. Andrea Dworkin demeure une figure capitale de la pensée féministe radicale, à la source de la deuxième vague, la plus puissante des trois que compte maintenant le mouvement des femmes.

    Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas nous offre quatorze textes expurgés de tout compromis, de toute faiblesse, de tout sentimentalisme. Il n’est pas innocent que l’anthologie s’ouvre sur Premier amour, révélateur de la trajectoire intime de l’écrivaine qui connaît avec un jeune Grec les plaisirs et les dérives de la chair, ses ascensions lumineuses et ses descentes en enfer. Saisie par ce qu’elle nomme une pulsion d’advenir, elle parvient à s’arracher du lien fusionnel où se meurt son pouvoir créateur.

    Doté d’une « immense ambition de vivre, de savoir, de sentir », cet être humain né avec un vagin et en raison de cette seule caractéristique, sera par la suite violé, battu par un conjoint, parfois réduit à la quasi mendicité, ce qui le mène à troquer son sexe pour un toit. Corps et âme à l’agonie, voilà que, mû par une force secrète, cet être se relève, trempe sa plume dans le sang de son aliénation, et construit une des œuvres fondatrices des luttes contre les systèmes d’oppression d’humain à humain. Andrea Dworkin, celle qui a tout vécu, saura désormais, sinon tout écrire, explorer avec un sang-froid et une lucidité indéfectibles les espaces les plus funestes où les femmes sont tenues prisonnières.

    Ethnologue de la violence, #Andrea_Dworkin n’aura de cesse de fouiller la condition universelle du sexe féminin. Viol, inceste, violence conjugale sont radiographiés strate par strate. Déjà, elle balise la culture du viol, et met au jour le fait que les femmes vivent l’équivalent d’un couvre-feu militaire imposé par les violeurs. Sa main écrivante assène des gifles cinglantes au système prostitutionnel et à celui de la pornographie dont elle démonte la mécanique pièce par pièce, chacune nettoyée sans pitié de ses innombrables mythes et bêtises. Elle secoue nos doutes, nos indifférences, nos paresses. Chemin faisant, elle conspue le déterminisme biologique qu’on lui a pourtant reproché, et se détache de cette « pourriture idéologique » qui ferait des hommes et des femmes une espèce différente. Elle la Juive américaine, marquée en profondeur par la Shoah, appelle de ses vœux la création d’un État capable d’accueillir les femmes opprimées du monde entier. Un refuge, un espace de liberté autrement impensable. L’Israël des femmes martyres.

    #éditions_syllepse #éditions_remue-ménage #féminisme #kate_millett #john_stoltenberg #Louky_Bersianik #christine_delphy


  • #Thérèse_Lamartine : Qui a peur d’Andrea Dworkin ? (Une recension de Thérèse Lamartine, publiée dans la revue québécoise Nuit Blanche)
    https://tradfem.wordpress.com/2018/08/16/qui-a-peur-dandrea-dworkin

    Quelque trente ans après la parution de ses ouvrages essentiels, on aurait pu croire que son œuvre avait pris quelques rides. Il n’en est rien. Andrea Dworkin demeure une figure capitale de la pensée féministe radicale, à la source de la deuxième vague, la plus puissante des trois que compte maintenant le mouvement des femmes.

    Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas nous offre quatorze textes expurgés de tout compromis, de toute faiblesse, de tout sentimentalisme. Il n’est pas innocent que l’anthologie s’ouvre sur Premier amour, révélateur de la trajectoire intime de l’écrivaine qui connaît avec un jeune Grec les plaisirs et les dérives de la chair, ses ascensions lumineuses et ses descentes en enfer. Saisie par ce qu’elle nomme une pulsion d’advenir, elle parvient à s’arracher du lien fusionnel où se meurt son pouvoir créateur.

    Doté d’une « immense ambition de vivre, de savoir, de sentir », cet être humain né avec un vagin et en raison de cette seule caractéristique, sera par la suite violé, battu par un conjoint, parfois réduit à la quasi mendicité, ce qui le mène à troquer son sexe pour un toit. Corps et âme à l’agonie, voilà que, mû par une force secrète, cet être se relève, trempe sa plume dans le sang de son aliénation, et construit une des œuvres fondatrices des luttes contre les systèmes d’oppression d’humain à humain. Andrea Dworkin, celle qui a tout vécu, saura désormais, sinon tout écrire, explorer avec un sang-froid et une lucidité indéfectibles les espaces les plus funestes où les femmes sont tenues prisonnières.

    Ethnologue de la violence, #Andrea_Dworkin n’aura de cesse de fouiller la condition universelle du sexe féminin. Viol, inceste, violence conjugale sont radiographiés strate par strate. Déjà, elle balise la culture du viol, et met au jour le fait que les femmes vivent l’équivalent d’un couvre-feu militaire imposé par les violeurs. Sa main écrivante assène des gifles cinglantes au système prostitutionnel et à celui de la pornographie dont elle démonte la mécanique pièce par pièce, chacune nettoyée sans pitié de ses innombrables mythes et bêtises. Elle secoue nos doutes, nos indifférences, nos paresses. Chemin faisant, elle conspue le déterminisme biologique qu’on lui a pourtant reproché, et se détache de cette « pourriture idéologique » qui ferait des hommes et des femmes une espèce différente. Elle la Juive américaine, marquée en profondeur par la Shoah, appelle de ses vœux la création d’un État capable d’accueillir les femmes opprimées du monde entier. Un refuge, un espace de liberté autrement impensable. L’Israël des femmes martyres.

    #éditions_syllepse #éditions_remue-ménage #féminisme #kate_millett #john_stoltenberg #Louky_Bersianik #christine_delphy


  • La typographie du livre français | Polylogue
    http://polylogue.org/la-typographie-du-livre-francais

    par Nicolas Taffin.

    Vive le temps long que permet le livre...

    Avec quelques années de retard, puisque cet ouvrage a 10 ans… (mais c’est une qualité du livre de permettre ce temps long, et j’ai l’excuse de l’avoir découvert tardivement, l’an passé) je voulais laisser ici un compte rendu de lecture de l’ouvrage La typographie du Livre Français réalisé par un groupe d’enseignants et étudiants de la filière « Métiers du livre » de l’IUT Michel de Montaigne à Bordeaux, sous la direction d’Olivier Bessard-Banquy et Christophe Kechroud-Gibassier, et publié aux Presses universitaires de Bordeaux en… 2008. Mieux vaut tard que jamais ?

    Ce petit livre assez élégant et très dense constitue une excellente introduction à la typographie, son histoire et sa pratique contemporaine et présente une très bonne base de réflexion, le tout dans un esprit que les Rencontres de Lure ne démentiraient pas, teinté d’exigence, d’un brin de nostalgie, mais de beaucoup d’énergie créative aussi. Il permet notamment de recueillir la parole de Jean François Porchez, Massin, Gérard Berréby, Franck Jalleau et Philippe Millot — quasiment tous venus à Lure d’ailleurs. Il est divisé en deux parties, précédées par une introduction sur l’évolution graphique du livre et une histoire-musée-imaginaire de la typo.

    #Edition #Typographie


  • Saint-Exupéry, le droit moral, la succession et la transaction (1/2) | Livres Hebdo
    http://www.livreshebdo.fr/article/saint-exupery-le-droit-moral-la-succession-et-la-transaction-12

    L’économie de la rente passe quand même avant la littérature. Faut pas exagérer, isn’t it ?
    Où l’on voit également que le « droit moral » n’est qu’une carte dans la main d’un négociateur, et nullement un outil pour le respect d’une oeuvre. Dommage, l’idée était bonne, mais la réalisation désastreuse (et ce n’est pas la première fois, cf. le livre « Cosette » et la famille Hugo - heureusement déboutée... versqatilité et insécruité juridique sur le statut du droit moral.

    Les revenus générés par l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry restent au cœur de batailles juridiques.
    La Cour de cassation a statué, le 5 avril 2018, dans une nouvelle affaire Saint-Exupéry, rendant une décision instructive sur la possibilité de transiger sur le droit moral d’un auteur et sur sa dévolution successorale. L’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry reste en effet une des plus intéressantes… financièrement.

    Car celui qui eut sa vie durant de récurrentes peines d’argent génère depuis sa disparition, en 1944, de colossaux revenus. Si l’auteur du Petit Prince, publié à New York en 1943 et en France en 1945, n’a pas bénéficié des avantages que ne tarda pas à produire son œuvre, ses héritiers et son éditeur, eux, contemplent leurs escarcelles se remplir des dividendes que leur procure depuis plus d’un demi-siècle la vente de ses livres.

    C’est simple, Le Petit Prince est l’un des textes qui s’écoule le plus dans le monde (trente millions d’exemplaires), avec la Bible et Le Capital de Marx. Il est traduit en près de deux-cents langues, y compris le toba, langue amérindienne de l’Argentine où n’avait jusque-là été transposé que le Nouveau Testament...

    Héritage

    Quelles sommes les éditions Gallimard, qui perçoivent les droits étrangers avec la succession, engrangent-elles chaque année sur le nom de Saint-Exupéry ? C’est un secret. Le reste du pactole revient donc à la famille, du moins pour la moitié, l’autre étant dévolue à José Martinez Fructuoso, ancien secrétaire particulier de Consuelo de Saint-Exupéry, veuve de l’aviateur, qui, à sa mort en 1979, lui lègue ses biens et ceux dont elle a hérité de son mari.

    N’ayant pas eu d’enfant, l’écrivain avait désigné sa famille comme dévolutaire des droits sur son œuvre et son nom, c’est-à-dire ses deux sœurs survivantes, Simone, morte en 1979 (comme Consuelo), et Gabrielle, disparue en 1986 – son frère, François, et sa sœur, Marie-Madeleine, étaient morts avant lui.

    Gabrielle d’Agay —elle avait épousé Pierre, comte de Giraud d’Agay en 1923—, cadette de la famille, est la seule à avoir eu des enfants. Les quatre neveux d’Antoine de Saint-Exupéry sont donc devenus les héritiers et ayants droit de son œuvre. Tous se sont regroupés au sein de la Succession Antoine de Saint-Exupéry-d’Agay.

    Partage par moitié

    Précisions que, quand Consuelo meurt en 1979, elle lègue ses biens et ceux dont elle avait hérité de son mari —lesquels se composaient de lettres, cahiers de notes, papiers divers et manuscrits, ainsi que la moitié des royalties de son œuvre— à José Martinez Fructuoso. Le légataire de Consuelo de Saint-Exupéry partage donc les droits d’auteur engendrés par ces documents et l’ensemble des textes de l’écrivain avec la famille d’Agay, qui dispose en sus de l’exclusivité du droit moral. Ce qui signifie qu’elle seule est en mesure d’autoriser, ou non, les nouvelles exploitations des œuvres de Saint-Exupéry et des produits dérivés qui en sont issus, indépendamment de toute question de propriété patrimoniale.

    La Cour de cassation décrit, dans son arrêt de 2018, l’accord intervenu en 1947 entre les deux branches de la succession : « par une convention conclue le 29 mai 1947, pour “régler les droits respectifs des parties (relatifs) à la propriété littéraire des ouvrages de Saint-Exupéry”, Consuelo, d’une part, Simone et Gabrielle d’Agay, d’autre part, ont décidé que “les héritiers du sang (auraient) seuls la propriété morale de l’oeuvre d’Antoine, le droit de décider quelles (seraient) les oeuvres à publier ou à rééditer, ainsi que... tous les droits qu’avait sur l’oeuvre l’auteur de son vivant” ; que les parties ont convenu, en outre, que “les produits de l’oeuvre (…) tant publiée de son vivant que posthume”, seraient partagés par moitié ».

    Atteinte au droit moral

    Malgré cet accord originel, les relations sont en apparence tendues entre les deux branches, puisque, déjà, le 17 octobre 2008, Les Arènes étaient condamnées pour atteinte au droit moral, et sommées de verser 68500 euros (sur les 100000 d’abord réclamés) de dommages et intérêts et frais de justice. Trois ans plus tôt, l’éditeur avait publié sans autorisation des lettres inédites de Saint-Exupéry à Consuelo, reproduites dans Antoine et Consuelo de Saint-Exupéry, un amour de légende, ouvrage coécrit par Alain Vircondelet et José Martinez Fructuoso.

    Dans la mesure où ni le légataire universel de Consuelo ni Les Arènes n’ont sollicité l’accord des d’Agay, ceux-ci ont porté l’affaire devant la justice. Et celle-ci leur a donné raison. Le tribunal a considéré que la reproduction de “51 œuvres originales inédites d’Antoine de Saint-Exupéry, sans solliciter préalablement l’accord des consorts Giraud d’Agay” portait “atteinte au droit de divulgation post-mortem dont ces derniers sont titulaires”.

    Réhabilitation

    Le livre d’Alain Vircondelet et José Martinez Fructuoso montre des photographies, des reproductions d’objets, de télégrammes, qui sont des documents inédits sur lesquels, selon Laurent Beccaria, directeur des Arènes, les d’Agay ne détiennent pas de droits. Le directeur des Arènes explique aussi : “C’est un livre de charme, d’atmosphère, qui réhabilite une histoire d’amour émouvante et méconnue. La famille d’Agay nous reproche la divulgation d’extraits inédits, qui ne sont qu’une tête d’épingle des trésors qui reposent dans les archives de Consuelo. Le litige porte sur une dizaine de documents, quand le livre en contient environ quatre cents et pourrait en contenir des milliers d’autres, qui dorment encore dans des coffres, à cause du climat conflictuel qui entoure ce dossier.”

    Ce livre est aussi une entreprise de réhabilitation après les mots très virulents dont Consuelo était l’objet dans un catalogue paru à l’occasion d’une exposition organisée à la BNF, et à travers lesquels il était sous-entendu que son épouse n’avait été qu’une sorte d’erreur dans l’existence de l’écrivain.

    Or, poursuit Laurent Beccaria, “dans la réalité, Saint-Exupéry était un homme incroyablement vulnérable, déchiré, avec des amours multiples, mais qui a toujours gardé un lien fusionnel avec Consuelo. Les lettres qu’il lui a écrites montrent une tendresse forte et durable pour sa femme. Toutes les archives conservées par José Martinez-Fructuoso confirment qu’elle a joué un rôle important jusqu’à la fin. Comme les Mémoires de la rose, ses souvenirs posthumes publiés par Plon, ce livre lui rend justice.” Cela n’a pas convaincu les juges.

    #Edition #Domaine_public #Héritage #Droit_moral



  • ISBN: Das steckt hinter der Nummer
    https://www.german-isbn.de/isbn/die-isbn

    ISBN-Agentur - MVB Marketing- und Verlagsservice des Buchhandels GmbH - Dienstleister für die Branche
    https://www.mvb-online.de/verlage/so-vermarkten-sie-ihre-titel/isbn-agentur

    Deutsche Nationalbibliothek - ISSN - Nationales ISSN-Zentrum für Deutschland
    http://www.dnb.de/DE/Wir/Kooperation/ISSN/issn.html

    VLB Verzeichnis Lieferbarer Bücher - buchhandel.de
    https://www.buchhandel.de/ueber-das-vlb

    buchhandel.de ist die öffentliche Rechercheplattform des Verzeichnisses Lieferbarer Bücher (VLB).

    Schon seit mehr als 45 Jahren stellt das Verzeichnis Lieferbarer Bücher (VLB) Titeldaten für die gesamte Buchbranche zur Verfügung. Verlage jeder Größe und aus allen Bereichen melden ihre Titel an das VLB. Somit ist der Name Programm – nahezu alle deutschsprachigen und lieferbaren Titel sind in der VLB-Datenbank verzeichnet.

    Das VLB ist die Referenzdatenbank für die gebundenen Ladenpreise in Deutschland und Österreich. Daher können Sie auf buchhandel.de prüfen, ob ein Buch einen gebundenen Ladenpreis hat und wie hoch dieser ist.

    Buchhändler und Bibliotheken nutzen die Daten für Recherche und Bestellung, ebenso Online-Plattformen und Webshops – damit jedes Buch seinen Leser findet und jeder Leser sein Buch.

    Denn: Wo Bücher sind, ist das VLB.

    DOI - der Digital Object Identifier
    https://www.german-isbn.de/doi/der-doi

    Der Digital Object Identifier (DOI) ist eine dauerhafte Dokumentenkennung, die zur Verlinkung und Zitierung von Dokumenten aller Art in einem digitalen Netzwerk verwendet wird.

    Beantragen Sie jetzt Ihr DOI-Präfix und Ihre Nutzerkennung.
    Preise:
    Grundgebühr für Präfix und Account 300,- €
    Jedes weitere Präfix 120,- €

    Die Rechnungsstellung für die einmalige Gebühr erfolgt nach Zuteilung des DOI-Präfixes.
    Jährliche Gebühren können Sie der Preisliste entnehmen.
    Weiterführende Informationen zum DOI finden Sie unter: www.medra.org/de/

    #Allemagne #édition #ISBN #ISSN #DOI


  • NORTHUP Solomon – Douze ans d’esclavage
    https://yekrikyekrak.wordpress.com/2018/07/08/northup-solomon-douze-ans-desclavage

    Le récit de S. Northup est riche dans sa manière factuelle et intellectuelle d’aborder les différents éléments de l’esclavage. Il nous relate précisément sa condition d’homme libre, son enlèvement, les différentes plantations sur lesquelles il travaille, les comportement des maîtres, les enjeux économiques, les mutations sociales et politiques de l’époque. C’est un récit très documenté y compris sur la culture du coton et de la canne à sucre. À cette photographie des États-Unis du Sud au milieu du XIXème siècle, S. Northup interroge le rapport et la posture entretenus avec la notion d’esclavage. S. Northup est certes né libre mais son père l’a sensibilisé sur l’esclavage.

    #livres #édition #histoire #esclavage #États-Unis


  • La science française va être plus accessible
    https://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2018/07/04/la-science-francaise-va-etre-plus-accessible_5325793_3234.html

    Un plan ministériel « pour la science ouverte » oblige les chercheurs financés sur fonds publics à publier leurs travaux dans des revues ou des archives en accès libre.

    Sans que le plan n’y fasse explicitement référence, ce qui est visé est bien l’hégémonie des entreprises de l’édition scientifique, un marché mondial estimé à une trentaine de milliards d’euros pour plus de 2 millions d’articles publiés chaque année. Le plus important éditeur, Elsevier, a encore dégagé, en 2017, une marge de plus de 36 % et 1 milliard d’euros de bénéfices.

    Le futur plan national, à hauteur de 5,4 millions d’euros la première année, puis 3,4 millions ensuite, va beaucoup plus loin. Il rendra « obligatoire la publication en accès ouvert des articles et livres issus de recherches financées par appels d’offres sur fonds publics. » Idem pour les « données de recherche ». « Nous pouvons, à terme, atteindre 100 % de publications scientifiques françaises en accès ouvert », espère la ministre.

    Jusqu’à présent, cette obligation était rare. Les Pays-Bas, des universités (Harvard aux Etats-Unis), des organismes de recherche (Institut national de recherche en informatique et en automatique sur les sciences du numérique en France), ou des communautés comme celle de la physique des particules ou de l’astronomie avaient adopté ce principe de l’accès ouvert. D’autres avaient rusé. En Belgique, l’université de Liège a convaincu ses chercheurs de déposer dans l’archive locale, en décidant que seuls ces articles serviraient à l’évaluation des carrières. L’université d’Aix-Marseille accorde 25 % de moyens supplémentaires pour les équipes ayant mis toute leur production dans l’archive HAL, qui, d’ailleurs, recevra une aide technique avec le plan ministériel. Désormais, 68 % de la production de l’université est accessible gratuitement.

    #Open_access #Publications_scientifiques


  • Genocide hoax tests ethics of academic publishing

    #Hate_speech is on the rise. In Canada alone, it increased by a staggering 600 per cent between 2015 and 2016 as part of what some have called “the #Trump_effect.”

    Academia is not immune to this trend. According to a recent study, some scholars have sought to promote “colonial nostalgia and white supremacy” by using the “scholarly veneer” of academic journals to spread “what are otherwise hateful ideologies.” What are the responsibilities of scholars in light of these developments? Are there any ethical limits to what is acceptable for debate in scholarly journals?

    To take an extreme example, would an article advocating for genocide be fair game for publication, or is it beyond the ethical bounds of legitimate scholarly debate? That these sort of questions even need to be asked is a testament to the troubling times in which we live.

    https://theconversation.com/genocide-hoax-tests-ethics-of-academic-publishing-98436
    #académie #recherche #extrême_droite #suprématie_blanche #colonialisme #édition_scientifique #génocide #menace_brune #responsabilité


  • “What do you think Marshall McLuhan would have said about ebooks?How do they change the message of books?” | Edge.org
    https://www.edge.org/conversation/eva_wisten-what-do-you-think-marshall-mcluhan-would-have-said-about-ebookshow-

    Nicholas G. Carr (Author, Utopia is Creepy) :
    McLuhan pointed out the initial content of a new medium is the old medium it replaces, and we seem to be in that phase with ebooks—the content of today’s ebooks is print books. What that also means is that we don’t yet know what an ebook really is, because it has yet to take its true shape. But there is an important hint: we can see in the web itself what a computerized, networked, screen medium looks like, and that’s likely to be a closer model for the ultimate form of an ebook than an old printed book is. So if a printed book served as, to borrow Robert Frost’s phrase, “a momentary stay against confusion,” an ebook will likely serve as a further indulgence in confusion. (And I mean “confusion” in all its meanings: a mingling together, a jumble, bafflement.)

    #Edition #E_books

    • La devise du site « Edge » :

      To arrive at the edge of the world’s knowledge, seek out the most complex and sophisticated minds, put them in a room together, and have them ask each other the questions they are asking themselves.

      Plus prétentieux que ça, tu meurs !

      #marketing #bullshit


  • Amazon’s Russell Grandinetti: Kindle champ takes on the books trade | Observer profile | From the Observer | The Guardian
    https://www.theguardian.com/theobserver/2014/aug/17/russell-grandinetti-amazon-kindle-hachette-book-war-profile

    Grandinetti believes the publishing industry has failed to recognise fundamental shifts in its business. Part of Amazon’s mission, then, has been to jolt an often sleepy industry with revolutionary, customer-focused retailing zeal. The real competition, he believes, is not rival publications or publishers but the entire array of information and entertainment, free or otherwise, available to consumers. “Books compete against mobile games, television, movies, Facebook, blogs, free news sites and more,” he says.

    Amazon claims its power in the market is exaggerated and publishers, ever on the lookout for a good storyline, are in love with a plot that ends with their own demise. “It’s always the end of the world,” Grandinetti says. “You could set your watch on it arriving.” But, he adds, the publishing industry is going through a dramatic shift. “_The only really necessary people in the publishing process now are the writer and reader. Everyone who stands between those two has both risk and opportunit y._”

    #Edition #Amazon


  • Clay Shirky – How We Will Read | Genius
    https://genius.com/Clay-shirky-how-we-will-read-annotated

    Un article ancien, mais toujours de référence par Clay Shirky

    Publishing is not evolving. Publishing is going away. Because the word “publishing” means a cadre of professionals who are taking on the incredible difficulty and complexity and expense of making something public. That’s not a job anymore. That’s a button. There’s a button that says “publish,” and when you press it, it’s done.

    In ye olden times of 1997, it was difficult and expensive to make things public, and it was easy and cheap to keep things private. Privacy was the default setting. We had a class of people called publishers because it took special professional skill to make words and images visible to the public. Now it doesn’t take professional skills. It doesn’t take any skills. It takes a Wordpress install.

    The question isn’t what happens to publishing — the entire category has been evacuated. The question is, what are the parent professions needed around writing? Publishing isn’t one of them. Editing, we need, desperately. Fact-checking, we need. For some kinds of long-form texts, we need designers. Will we have a movie-studio kind of setup, where you have one class of cinematographers over here and another class of art directors over there, and you hire them and put them together for different projects, or is all of that stuff going to be bundled under one roof? We don’t know yet. But the publishing apparatus is gone. Even if people want a physical artifact — pipe the PDF to a printing machine.

    But a book is a “momentary stay against confusion.” This is something quoted approvingly by Nick Carr, the great scholar of digital confusion.

    “Social reading,” the way I’ve always interpreted the phrase, is reading that recognizes that you’re not just a consumer, you’re a user. You’re going to do something with this, and that something is going to involve a group of other people. Read a book. The very next thing you’re going to do, if it was at all interesting, is talk to someone about it.

    Really? So then, why annotate?

    You annotate because that’s the part you want to keep. There’s the experiential value and there’s the extractive value from books. The experiential value of reading Bruno LaTour’s Reassembling the Social was the character of LaTour’s thought at the particular point in his career. Having had that, because I don’t teach classes on the sociology of science, what I now need from that book is the extractive bit, so if I ever teach that topic, or write about it, I can start where I left off rather than having to take the book down from the shelf.

    Lastly — I know that you’re very invested in collective action. How can social reading connect to activism?

    Books are historically lousy calls to action because they tend not only to be produced slowly but consumed slowly. The role of longform writing in collective action is much more about synchronization than coordination. Whenever you read the book and whenever I read the book can be years apart, but when we both show up to the same place, we have that shared background.

    #Livres #Edition #Publication #Clay_Shirky


  • Canada, Québec et France : coalition d’éditeurs pour le droit d’auteur
    https://www.actualitte.com/article/tribunes/canada-quebec-et-france-coalition-d-editeurs-pour-le-droit-d-auteur/89599

    Le marché de l’éducation... Le problème encore une fois, c’est l’équilibr dans le droit d’auteur. Intérêt pour les auteurs/éditeurs, mais aussi intérêt pour la société dans son ensemble. L’éducation est bien au coeur de ce débat. La présentation dramatisante de ce communiqué pose des problèmes.

    Les éditeurs français observent la situation au Canada et c’est sans surprise qu’ils constatent que le pays est cité comme l’exemple à ne pas suivre. En 2012, le gouvernement canadien modifiait sa législation en adoptant plusieurs nouvelles exceptions au droit d’auteur, dont l’ajout de l’éducation à l’exception d’utilisation équitable, dans le but d’atteindre un équilibre entre les utilisateurs des œuvres et les créateurs.

    La grippe canadienne,
    une épidémie anti-copyright qui se propage

    Cinq ans après, force est de constater que cette recherche d’équilibre est un échec. En effet, depuis l’ajout de cette exception, plusieurs établissements d’enseignement canadiens ont cessé de renouveler leurs licences avec les sociétés de gestion collective représentant les auteurs et les éditeurs. En conséquence, les litiges se multiplient et les redevances versées aux titulaires de droit subissent une baisse importante.

    Bien qu’il ne soit guère facile de quantifier l’impact de l’exception d’utilisation équitable à des fins d’éducation dans le secteur du livre au Canada depuis son ajout à la Loi sur le droit d’auteur, certains indicateurs laissent peu de place à l’interprétation. Au Québec, les redevances perçues par la Société québécoise de gestion collective des droits de reproduction (Copibec) pour les licences du secteur de l’éducation ont diminué de près de 15 % de 2012 à 2017 (malgré une croissance continue du nombre d’étudiants).

    Par ailleurs, les redevances versées par la société de gestion Access Copyright ont chuté de 80 % en cinq ans pour le Canada. Ces baisses représentent des pertes de près de 30 millions $/an pour la reproduction d’extraits d’œuvres. Seulement pour le secteur de l’édition scolaire, technique et scientifique, l’empreinte économique (contribution au PIB) des éditeurs est passée de 740 à 640 millions $ et de 7650 à 6400 emplois directs entre 2013 et 2015 selon une étude de la firme PricewaterhouseCoopers.

    Devant ce constat, et sachant que les GAFA investissent fortement dans le secteur de l’éducation, la crainte de voir l’offre nationale de contenu éducatif destinée aux étudiants et aux enseignants diminuer rapidement est bien réelle. Est-ce vers ce modèle d’éducation que le Canada souhaite aller ?

    Alors que le Parlement européen se prononcera prochainement sur l’utilisation à des fins éducatives des oeuvres écrites, les organisations européennes représentant les ayants droit de l’écrit et des arts visuels, ont lancé le 17 mai dernier la campagne Content for Education destinée à sensibiliser l’opinion publique aux conséquences d’une exception au droit d’auteur à des fins pédagogiques trop larges.

    #Edition #Edition_scolaire #Droits_auteurs


  • Une thèse émeutiste
    http://blog.tempscritiques.net/archives/2058

    Contrairement à l’insurrection (qu’on nommait jadis une « émotion sociale ») qui peut, dans certaines conjectures historiques être annonciatrice de bouleversements politiques et sociaux, l’émeute est immédiatiste ; elle n’est pas porteuse d’un horizon, d’une visée, d’une autre voie pour les émeutiers et les autres humains. L’acte émeutier contient son commencement et sa fin ; il est clos sur lui-même. Expression d’une révolte instantanée et momentanée, l’émeute ne contient pas de médiation autre que sa propre immédiateté. En ce sens, le sous-titre du livre de Clover : « Une nouvelle ère des soulèvements » n’est pas approprié à son objet car au-delà de leurs particularités conjoncturelles, les émeutes comportent une dimension d’invariance historique, de répétition, qui ne permet pas, en tant qu’émeutes, de définir une période historique.

    #livre #édition #théorie #communisme


  • Recension de Tout ce qui est solide se volatilise :
    http://www.lm-magazine.com/blog/2018/06/02/solide-se-volatilise

    S’appuyant sur une foule d’écrivains et de penseurs, Marshall Berman (1940-2013) ausculte les notions de modernité, de modernisme. Ces deux questions étaient souvent vues sous un angle strictement artistique. Le philosophe américain va plus loin, interrogeant ce que signifie vivre dans une métropole moderne. Cette dernière façonne nos déplacements et, avec, nos existences elles-mêmes.

    #livres #édition #philosophie #littérature #modernité


  • À cause d’un accident, Joshua Clover ne pourra malheureusement pas venir présenter son livre en Europe. On lui souhaite bon rétablissement ! Uniquement les dates à Marseille et Genève sont maintenues :
    http://entremonde.net/actualite

    mercredi 13 juin 2018
    Rencontre avec les éditions Entremonde et le traducteur à l’occasion de la sortie de L’Émeute prime

    Suivi de la projection de The Spook Who Sat by the Door

    19H00 la librairie L’Hydre aux mille têtes, 96, rue Saint Savournin, Marseille
    vendredi 8 juin 2018
    ANNULÉE ! Rencontre avec Joshua Clover à l’occasion de la sortie de L’Émeute prime

    20H00 La Parole errante, coorganisé avec le café librairie Michèle Firk, 9, rue François Debergue, Montreuil
    lundi 11 juin 2018
    ANNULÉE ! Rencontre avec Joshua Clover à l’occasion de la sortie de L’Émeute prime

    19H00 la Maison de la Grève, 37, rue Legraverend, Rennes
    vendredi 15 juin 2018
    Rencontre avec les éditions Entremonde à l’occasion de la sortie de L’Émeute prime

    18H30 la librairie Oraibi + Beckbooks, 10, rue des Vieux-Grenadiers, Genève
    samedi 16 juin 2018
    ANNULÉE ! Rencontre avec Joshua Clover à l’occasion de la sortie de L’Émeute prime

    Suivi de la projection de The Spook Who Sat by the Door

    19H00 l’ERG, 87, rue du Page, Bruxelles
    dimanche 17 juin 2018
    ANNULÉE ! Rencontre avec Joshua Clover à l’occasion de la sortie de L’Émeute prime

    Suivi de la projection de The Spook Who Sat by the Door

    20H00 la Cafétéria Collective Kali, 32, rue Saint-Thomas, Liège
    mercredi 20 juin 2018
    ANNULÉE ! Séminaire Conséquences — Rencontre avec Joshua Clover à l’occasion de la sortie de L’Émeute prime

    Information sur le lieu à venir

    19H00 Paris

    #livres #édition #théorie #communisme #communisation