• Compte rendu de : Sandrine Garcia, Mères sous influence. De la cause des femmes à la cause des enfants. (2011)
    https://llss.hypotheses.org/462

    Naissance d’une “cause de l’enfant”

    La troisième partie va donc décrire les étapes de « la construction psychanalytique d’une ‘cause de l’enfant’ ». L’auteur étudie tout d’abord (chapitre 6) l’application de la #psychanalyse à de nouveaux terrains comme l’#éducation, et la diffusion de la psychanalyse de l’enfant dans la pédiatrie institutionnelle grâce en particulier à Jenny Aubry. Cette dernière s’appuie sur les travaux de René Spitz, John Bowlby et Donald Winnicot sur les effets pathogènes de la « carence de soins maternels » pour améliorer la prise en charge des enfants placés en institution.

    La psychanalyse acquiert ainsi une forte légitimité, qui va contribuer à « imposer durablement le paradigme de la séparation mère/enfant comme facteur de ‘risque psychologique’ » (p. 208). Un thème qui va s’avérer très extensible puisqu’il pourra s’appliquer à l’accouchement, à la reprise du travail par la mère, au sevrage, etc. Par conséquent, une amélioration incontestable de la situation des enfants conduit en parallèle, de manière relativement peu visible, à une réimposition d’une division sexuelle du travail parental, et à une vision normative du rôle des mères. Tout un ensemble de « savoirs psy » va être mobilisé par les nouveaux professionnels de l’enfance, qui leur permet d’assigner les parents à une position de profanes, tout en affirmant leur position face aux médecins. Ces « intermédiaires sociaux » (assistantes sociales, psychologues scolaires, etc.), dont le nombre explose dans les années 1970, sont particulièrement enclins à la « psychologisation du social » qui tend à anoblir leur position, comme l’a montré Francine Muel-Dreyfus.

    La figure éminemment populaire de #Françoise_Dolto, qui incarne bien souvent à elle seule la psychanalyse de l’enfant en France, permet à l’auteur d’illustrer comment se construit une position d’autorité en prenant appui sur La genèse et la structure du champ religieux de Pierre Bourdieu. Dolto est selon ce schéma pensée en termes de figure charismatique, et mise en relation avec une configuration historique particulière (la forte expansion du mouvement psychanalytique dans l’après-guerre).

    Comment expliquer le succès de Françoise Dolto malgré ses positions conservatrices sur l’avortement et la contraception ? C’est l’un des points les plus passionnants du livre. Pour Sandrine Garcia, Dolto fonctionne comme un emblème politique « qui dépasse largement ses propres positions, voire les contredit » (p. 216). Elle remarque qu’on lui attribue des positions bien plus féministes et progressistes que celles qu’elle défendait. Un emblème construit par les médias et les exégètes, qui masque les tensions entre un projet éducatif novateur (l’orthopsychanalyse) et une vision traditionnelle du rôle des #femmes. Son discours, ambivalent, a pu se prêter à plusieurs appropriations, tout en coïncidant avec la sensibilité anti-autoritaire de l’époque. Une des clés de compréhension réside dans le recours à des pratiques hétérodoxes par rapport au mouvement psychanalytique (elle est exclue de l’Association psychanalytique internationale, comme Lacan), qui contribue à produire une impression de nouveauté radicale et une « aura de subversivité ». L’auteur affirme :

    « Si l’on veut sociologiser le ‘génie’ de Françoise Dolto, on peut donc faire l’hypothèse qu’il consiste à capitaliser un certain nombre d’idées, de thèses, de ‘découvertes’ d’une entreprise collective, qui peuvent paraître comme inédites auprès du public extérieur auquel elle s’adresse dans l’après-guerre en s’appuyant sur sa légitimité de représentante d’une science jeune et prometteuse, et alors que l’anxiété parentale est devenue, selon Annick Ohayon, un ‘marché juteux’ pour les médecins ». (p. 226)

    Les ressources sociales et scolaires de Françoise Dolto doivent également être mobilisées pour expliquer le succès de cette positon d’autorité alors qu’elle n’est ni psychiatre ni médecin des hôpitaux : issue d’une famille de la grande bourgeoisie catholique parisienne, ses convictions religieuses jouent un grand rôle dans ses théories – ce que Sandrine Garcia appelle la « ressource religieuse » (p. 228), qui fonctionne comme une matrice symbolique. On le voit bien dans la théorie de l’enfant envisagé comme une personne dés la conception, et même avant. La psychanalyse permet à Françoise Dolto de réintroduire les topiques religieux qui avaient été bannis par Marie-Andrée Lagroua. Il s’agit selon Sandrine Garcia d’une « réappropriation par le religieux du pouvoir d’édicter la norme familiale, au prix d’une ouverture sur les questions de sexualité » (p. 216). Si le projet visé semble révolutionnaire (l’épanouissement de l’enfant dans sa singularité), il accorde une place centrale à la disponibilité des mères qui sont assignées à une maternité très contraignante, liée à des modes de vie socialement situés (ne pas travailler, ou à mi-temps), qui renvoient à la propre position de Dolto, qui disposait de personnel de maison.

    L’auteur le montre en soulignant la multiplication des « conseils paradoxaux », qui sont tout à la fois variables et réversibles : il faut être le moins directif possible avec les enfants, sans pour autant être laxiste. Soit un jeu permanent de doubles injonctions, et un double langage tout à la fois culpabilisant / déculpabilisant. Le résultat est l’augmentation des contraintes exercées sur les mères, qui voient ainsi leur liberté fortement réduite. L’exemple de l’acquisition de la propreté le montre bien : Dolto affirme que la propreté ne s’apprend pas, mais doit « venir toute seule ». Son apprentissage fait courir aux enfants de « graves névroses », sans que de telles affirmations ne soient jamais étayées, du fait d’une grande liberté dans les modalités d’administration de la preuve. Le concept de « risque psychologique » de l’enfant en situation ordinaire est la pièce maîtresse de cette entreprise de culpabilisation, et l’une des ressources les plus efficaces pour rappeler les femmes à leurs devoirs.

    C’est finalement un « ordre naturel des genres » qui est promu au travers de la croisade pour « la cause des enfants » : la régulation des naissances est sans cesse dénoncée, le choix de l’allaitement maternel est présenté comme une évidence, de même que le fait qu’un enfant a besoin de sa mère jusqu’à trois ans, au moins. Sur l’avortement, la position est plus subtile : il s’agit de ne pas interdire au fœtus, qui en a le désir, de vivre. Ce qui consiste en une vision nostalgique de l’ordre social qui s’inscrit dans la lutte contre la vision pastorienne.

    Dans le champ scolaire (chapitre 8), Françoise Dolto et Maud Mannoni forment l’avant-garde qui prend pour cible, dans le sillage de 1968, l’école et la famille en tant qu’institutions hiérarchisées, en prenant appui sur une vision néo-rousseauiste. Ces pédagogies psychanalytiques reposent sur une idéologie du don qui revient à imputer les inégalités de talent aux inégalités naturelles, en occultant la dimension sociale dans la réussite scolaire : « Ceux qui ont la capacité et la volonté de devenir savants le deviendront, ceux qui n’ont que les capacités de balayer balaieront » (A. S. Neill, cité p. 267) Comme le rappelle l’auteur, « laisser faire la nature en matière scolaire, c’est en fait laisser agir les dispositions sociales, et en particulier l’héritage culturel » (p. 269). Sandrine Garcia souligne que ces visions s’enracinent dans une expérience sociale très privilégiée : c’est en quelque sorte une « révolte d’héritiers » qui bénéficient du capital culturel nécessaire pour réussir à l’école sans s’identifier au projet scolaire républicain. En effet, Françoise Dolto ne fréquentera l’école publique qu’à partir de 16 ans, étant formée à domicile par une institutrice, puis dans un cours privé.

  • Réflexions sur le lycée autogéré de Paris - Anarchistes Ivry
    https://ivry.anarchiste.info/article760/reflexion-sur-le-lycee-autogere-de-paris

    En 40 ans, il n’est pas rare non plus que le lycée autogéré de Paris accueille des enfants d’anciens lapiens, ou de parents qui auraient voulu venir au LAP ou le connaître plus tôt mais n’ont pas pu.

    Au bout du compte, si les (plus ou moins) 280 personnes que nous accueillons restent tout de même un public assez varié, c’est que le lycée autogéré de Paris est désectorisé et ne représente donc pas le quartier dans lequel il est situé.

    Peu de ceux que nous accueillons ont déjà entendu parler autogestion. Mais si une chose est sûre, c’est que la plupart des élèves accueillis au LAP étaient en rupture scolaire dans le traditionnel, à cause justement des hiérarchies, de l’autorité, des cours imposés, de la condescendance et du dédain des profs. En réponse à cela, que proposer d’autre que l’autogestion  ?

    Mais si l’autogestion est la seule chose que l’on peut proposer, elle n’est pas choisie.
    Ceux qui viennent ici, viennent en réalité chercher un lieu dont le fonctionnement n’est pas autoritaire.

    Les deux sont pourtant censés faire bon ménage, même si je pense qu’un projet libertaire est bien plus qu’un fonctionnement anti-autoritaire et autogestionnaire. — Il n’est pas question, par exemple, de simplement autogérer des structures capitalistes, ou de conserver une organisation si importante qu’elle finirait à ressembler à l’état. — Ceux qui rejoignent le LAP ne viennent donc pas chercher l’autogestion et ne joignent pas non plus les deux ensembles. Une partie des élèves ont le réflexe de voir les professeurs comme leurs chefs puisque c’est plus «  raisonnable  » et plus simple que de prendre en charge la gestion du lycée. Et il faut avouer qu’un fonctionnement égalitaire, au niveau des corvées n’a rien de très attrayant. Chez certains profs, on retrouve le même problème  ; beaucoup viennent dans l’idée de donner des cours alternatifs, sans avoir à exercer de pression sur les élèves, mais sans trop se demander en quoi consiste l’autogestion. Ils cherchent à rester dans les clous, ne pas se montrer trop politique, encore moins libertaire.

    #lap #autogestion #éducation #lycée #école

  • Janvier 2023, L’Evaluation de l’information | Radio nomade
    http://www.radionomade.fr/janvier-2023-levaluation-de-linformation

    Un podcast avec Mônica Macedo-Rouet et Alexandre Serres autour du livre « Savoir Chercher »

    « L’Evaluation de l’information »

    Invité(e))s : Mônica Macedo-Rouet, professeure des Universités en psychologie à l’université CY Cergy Paris Université, précédemment professeure en sciences de l’éducation à l’université Paris 8, Alexandre Serres, maître de conférence honoraire en sciences de l’information et de la communication à l’université Rennes 2, membre fondateur du groupe de recherche sur les cultures et la didactique de l’information (GRCDI).

    Comment évaluer l’information ? Et d’ailleurs qu’est-ce qu’évaluer l’information ?

    C’est à ce questionnement que nos deux invités tentent de répondre au travers de leurs ouvrages respectifs.

    Alexandre Serres dans son livre de 2012 : « Dans le labyrinthe : évaluer l’information sur internet » aux éditions C&F, présente une sorte d’état des lieux sur le sujet, à l’heure du numérique, d’internet et des réseaux sociaux du web 2.0, sachant que nous sommes passés sur cette question, dit-il, de l’ordre du documentaire à l’ordre géostratégique. Entre brouillage formel, brouillage des sources, brouillage des genres au regard des seules ressources documentaires papiers d’avant, et l’apparition de nouvelles valeurs, comme celles du buzz, de l’affectif avec les likes par exemple, ou de l’évaluationnite mais aussi du collaboratif, Alexandre Serres rappelle les menaces qui planent sur internet, les trois dragons comme les nomme François Bernard Huygue, à savoir la désinformation, la mésinformation, et la surinformation, et appelle notamment de ses vœux le développement d’une éducation à l’évaluation de l’information,

    Finalement c’est à ce travail que Monica Macedo-Rouet tente justement de répondre de son côté dans son ouvrage : “Savoir chercher : pour une éducation à l’évaluation de l’information” édité tout récemment en 2022, également aux éditions C&F. En s’appuyant sur un vaste ensemble d’études et de recherches de ces 10, 20 dernières années, menées auprès de primaires, collégiens, lycéens comme étudiants, Monica Macedo-Rouet reconsidère tout d’abord la notion de lecture, lecture papier d’abord et/ou numérique, et au-delà lecture hypertextuelle ou multidocumentaire sur le web ou encore de l’hypermédia. Posant ainsi la nécessité d’appréhender aujourd’hui la lecture non plus seulement comme la lecture d’un simple texte mais également celle d’une recherche et d’une évaluation, Monica Macedo-Rouet réinterroge à la suite la question des sources, comme celles de la crédibilité et de la pertinence d’un contenu et d’une information. En témoignant ainsi de la pratique des enfants et adolescents sur cette question de l’évaluation de l’information, Monica Macedo-Rouet rappelle les courants qui ont précédé celle-ci, comme l’éducation aux médias, la maitrise de l’information ou la littératie multidocumentaire pour n’en citer que quelques-uns, pour finalement proposer à l’aune des nouvelles études engagées, auxquelles elle a elle-même largement participé, des pistes, des préconisations, dans le but de répondre à ce nouvel enjeu essentiel qu’est devenu aujourd’hui la nécessaire éducation à l’évaluation de l’information.

    Plus d’infos :
    https://cfeditions.com/savoir-chercher
    https://cfeditions.com/Labyrinthe
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    Article précédent Septembre 2022, Mémoire et engagement
    Publié dans FPP 106.3FM
    Étiqueté avec Ecole, Education, enfants, Livres, médias, Pédagogie, sociologie

    #Evaluation #Education_médias_information #Monica_Macedo_Rouet #Savoir_chercher #Alexandre_Serres #Dans_le_labyrinthe #Podcast

  • La guerre des chiffres ça saoule. Au doigt mouillé il y avait, à Paris, vraiment beaucoup de monde : une partie du cortège était encore au point de départ quand l’autre arrivait au point d’arrivée, signe qu’il s’agissait d’une manif de grande ampleur. Pour mettre tout le monde d’accord il faut continuer. Grève générale !


    Brassard du jour.

  • #Logiciels_libres à l’#école : « Il faut mettre la pression sur les États et l’Union européenne », estime l’EPI
    https://www.banquedesterritoires.fr/logiciels-libres-lecole-il-faut-surtout-mettre-la-pression-sur-

    « Il faut que l#'Union_européenne et les gouvernements s’engagent pour une plateforme européenne libre pour la numérisation de l’#éducation », estime l’association l’EPI (Enseignement public et informatique), en réaction à la publication fin 2022 au JO de la réponse du ministère de l’Education nationale demandant de stopper le déploiement des outils de Microsoft et Google dans les écoles françaises

  • Pourquoi la bourgeoisie veut imposer le port de l’uniforme à l’école
    https://www.frustrationmagazine.fr/uniforme

    Des collèges qui ne prennent pas l’eau à la première averse ? Une carte scolaire revue ? Des ordinateurs qui fonctionnent ? Des effectifs supplémentaires ? Une revalorisation salariale des enseignants ? Brigitte Macron a une bien meilleure idée pour faire avancer l’égalité dans l’éducation ! Le 11 janvier dernier, dans une interview au Parisien, […]

  • #témoignage #ecole #prof #education

    La lettre d’une jeune professeure des écoles au ministère de l’éducation : « Nous travaillons dans la frustration, celle de mal faire notre travail »
    https://www.lemonde.fr/education/article/2023/01/17/nous-travaillons-dans-la-frustration-celle-de-mal-faire-notre-travail-l-aler

    Laura Vinas

    Professeure des écoles

    « Si je me permets de vous écrire, c’est parce que je suis plus que passionnée, mais déjà terriblement déçue », dit Laura Vinas.

    Monsieur le ministre, j’ai longuement hésité à vous écrire. Je sais combien vous devez recevoir de messages chaque jour. Le mien ne sera sans doute qu’un message parmi les autres – s’il est lu – mais je me devais de tenter ma chance et d’essayer de faire changer les choses.

    Je ne pouvais pas me résigner, continuer d’aller enseigner chaque matin comme si tout allait bien, continuer de pleurer seule dans ma classe, une fois mes élèves en récréation. Je n’aurais pas supporté d’être restée spectatrice de ce carnage. Car oui, il s’agit bien d’un carnage : les enseignants, les Atsem [agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles] et les AESH [accompagnants d’élèves en situation de handicap] sont en souffrance et l’éducation des enfants est totalement bafouée.

    Si je me permets de vous écrire aujourd’hui, c’est parce que je suis une jeune professeure des écoles plus que passionnée, mais déjà terriblement déçue – après seulement quatre années d’ancienneté – et surtout très inquiète en ce qui concerne le déclin de l’école de la République.

    « Nous sommes épuisés »
    En effet, les conditions d’enseignement et d’apprentissage sont absolument lamentables. Malgré l’énorme budget alloué à l’éducation, nous travaillons sans matériel et sans moyens. Nos classes sont délabrées, certaines ont aux fenêtres des lambeaux de tissu en guise de rideaux, d’autres ont une porte qui donne sur la cour qui ne ferme pas (et par laquelle des enfants de 3 ans peuvent facilement s’échapper), nombreuses sont celles dans lesquelles il fait 28 à 32 °C entre juin et septembre. Et j’en passe, car le matériel et les équipements ne sont pas ce qui est le plus à déplorer.

    L’humain est au cœur de cette crise. De nombreux collègues et moi-même partageons un sentiment commun : l’absence de considération et de respect, que ce soit envers les personnels de l’éducation ou les enfants, futurs citoyens de la République. Certains enseignants ont quatre, voire six postes différents dans la semaine. Et en plus de ces postes qui ne représentent qu’un temps partiel, ils sont remplaçants le reste du temps. Ils sont contraints de changer d’école entre midi et 14 heures, en faisant l’impasse sur leur déjeuner. Ils doivent trouver leur place parmi plusieurs équipes, connaître les besoins de dizaines et de dizaines d’élèves, travailler main dans la main avec des parents qu’ils ne connaissent même pas tant ils sont nombreux, se dédoubler pour tenter de venir en aide à chacun de leurs trente, trente et un ou trente-deux élèves, ayant tous des besoins très différents.

    Nous sommes épuisés. Nous sommes en souffrance. Et pourtant, nous continuons à faire notre travail, et plus que bien. Nous ne nous arrêtons jamais car nous culpabilisons d’abandonner nos élèves ou de les répartir dans les classes de nos collègues (qui n’auraient d’ailleurs même pas assez de chaises ou de superficie pour les accueillir décemment !).

    Nous travaillons le soir, le mercredi et le week-end. Nous sacrifions beaucoup de notre vie privée. Nous mettons notre santé en danger. Nous travaillons dans la frustration, celle de mal faire notre travail car vous ne nous donnez pas les moyens de le faire correctement, comme il nous l’a été pourtant bien enseigné. Et nous faisons tout ça sans rien dire, et en acceptant un salaire de misère.

    « Précarité abominable » des AESH
    Je n’ai rien à faire de l’argent. Si je voulais gagner ma vie grassement, je n’aurais pas choisi ce métier. J’ai choisi cette profession car elle pourrait être la plus belle de toutes. Nous avons pour mission d’élever des enfants, de leur transmettre les valeurs de la République, de les éduquer, de les instruire, de leur donner les clés pour qu’ils puissent faire partie de la société, raisonner, agir en tant que citoyens éclairés. Avez-vous oublié l’histoire de la France ? Celle de l’école de la République ? Ses valeurs, ses principes ? Combien l’éducation est à la base de toute la société ? Elle devrait être la priorité de notre pays, comme celle de toutes les autres nations. Nous sommes une des plus grandes puissances mondiales et nous laissons dépérir notre système éducatif.

    Les AESH n’obtiennent absolument aucune reconnaissance. Elles vivent dans une précarité abominable. Elles sont déplacées d’une école à l’autre depuis la naissance des PIAL [pôles inclusifs d’accompagnement localisés], comme si l’efficacité de leur action ne reposait pas en très grande majorité sur la relation de confiance qu’elles ont su établir avec un enfant après de longues semaines, mois, voire années de dur labeur, ainsi que sur la parfaite connaissance de l’enfant dont elles s’occupent.

    Laura Vinas(Professeure des écoles)❞

    • Je n’ai rien à faire de l’argent.

      Un témoignage qui tombe à pic pour l’ouverture de la concertation sur les salaires (avec des conséquences pour le rentrée prochaine).

  • Étonnant télescopage en revenant sur Seenthis ce soir : on y cause de Lodève alors que j’y étais justement avec les enfants aujourd’hui. Nous sommes retournés au musée de Lodève pour l’expo « En route vers l’impressionnisme » (de Corot à Monet…) :
    https://www.museedelodeve.fr/exposition/en-route-vers-l-impressionnisme
    L’ensemble étant tiré des collections du musée de Reims.

    Très très chouette. Et le musée (de Lodève, celui de Reims je connais pas) est vraiment génial – rien à voir avec le fait qu’ils m’avaient commandé une visite virtuelle de leur expo « Les derniers impressionnistes » :-))
    https://www.museedelodeve.fr/derniers-impressionnistes/index.html

    Outre l’expo temporaire, il y a la très belle exposition permanente d’œuvres du sculpteur local, Paul Dardé. Et deux étages d’histoire de l’humanité et de la Terre, sur la base des collections récoltées dans la région ; le musée a été refait récemment, la muséographie est moderne, c’est très bien fait pour les enfants. Cette fois on n’a pas eu le temps de se refaire les collections d’histoire, parce qu’on est restés dessiner dans l’expo temporaire, mais les enfants ont carrément envie de revenir. (C’est l’avantage d’avoir des enfants jeunes : ils oublient qu’ils ont déjà visité le truc, et de toute façon encore l’année dernière ils étaient capables de se regarder Totoro dix fois de suite sans broncher… alors revisiter un musée deux ou trois ans plus tard, ça les gène pas.)

    • Conclusion

      Pour près d’un demi-million d’euros, soit l’équivalent de 12 années de doctorat ou d’un gros projet ANR, McKinsey a fournit un document à la Direction interministérielle de la transformation publique qui s’appuie notamment sur les travaux d’un think tank libertarien proche de l’alt-right et qui milite ouvertement pour la privatisation de l’enseignement public. Parmi les très nombreux copier-collers depuis l’OCDE, le graphique sur lequel s’appuie la preuve d’efficacité des primes au mérite pour les enseignants fait l’objet d’une interprétation manipulatoire, pouvant être vérifiée en quelques minutes simplement en discutant sur Twitter.

      En réalité, les données sous-jacente au graphique permettent soit de ne rien conclure quant à l’efficacité de ces primes au mérite, soit au contraire de conclure que les primes au mérites ne sont pas nécessairement utilisées par les systèmes éducatifs les plus performants, ce qui est l’exact inverse des préconisation des auteurs du documents.

      et un peu avant :

      Les mauvais esprits avancent que cette promotion [par #McKinsey des primes au mérite pour les enseignants] était une commande du ministère, à laquelle le cabinet conseil ne faisait que répondre, quitte à manipuler les informations disponibles pour donner un fond de rationalité à l’idéologie du gouvernement.

      Jean-Michel #Blanquer appliquait d’ailleurs les recommandations du dossier, deux ans avant de l’avoir commandé.

  • GPT-3 : c’est toi le Chat. – affordance.info
    https://affordance.framasoft.org/2023/01/gpt-3-cest-toi-le-chat

    Soyons tout à fait honnêtes sur ce point, il va rapidement falloir revoir la nature de nos enseignements (et de nos évaluations) en lien avec la capacité de rédiger des productions documentaires. Il ne s’agit pas pour autant d’en faire une alarme catastrophiste. Et je rejoins totalement en cela le camarade Antonio Casilli. Nous nous sommes déjà remis de ce que l’on annonçait – souvenez-vous – comme le début de la fin des enseignants et des bibliothécaires lorsque les moteurs de recherche apparurent, de la fin des relations sociales lorsque les réseaux sociaux devinrent massifs, et la fin de la capacité de construire et de certifier des connaissances lorsque Wikipedia apparût. Nous nous remettrons donc très certainement aussi de cette nouvelle capacité rédactionnelle artefactuelle offerte à l’ensemble des étudiant.e.s, élèves ou apprenant.e.s. Nous l’intégrerons dans nos pratiques et parviendrons à l’évaluer pour ce qu’elle est. Mais sans sombrer dans le catastrophisme, il serait tout aussi idiot de ne pas envisager que nous sommes une nouvelle fois devant un changement absolument majeur de notre manière d’enseigner, de transmettre, et d’interagir dans un cadre éducatif, a fortiori lorsque celui-ci est asynchrone et/ou à distance.

    #IA #SNT #NSI #Lycee #Education

  • Du côté des petites filles d’Elena Gianini Belotti
    https://www.desfemmes.fr/essai/du-cote-des-petites-filles

    Du côté des petites filles est une analyse, fondée sur de très nombreuses observations de la vie de l’enfant selon qu’il est un garçon ou une fille, l’étude des fondements d’une éducation qui se transmet à l’identique, de manière presque inconsciente, automatique. L’auteure montre comment cette dernière est le résultat de toute une série de conditionnements passant par les jeux, les jouets, la littérature enfantine et critique les méthodes pédagogiques, le manque presque total de préparation des enseignants, les rapports toujours faussés de ces derniers avec les enfants. L’ouvrage connaît un immense succès en France (comme auparavant en Italie), il a été tiré à 250 000 exemplaires. « Qu’est-ce qu’un garçon peut tirer de positif de l’arrogante présomption d’appartenir à une caste supérieure, du seul fait qu’il est né garçon ? La mutilation qu’il subit est tout aussi catastrophique que celle de la petite fille persuadée de son infériorité du fait même d’appartenir au sexe féminin. » E.G.B.

    1974 (Edition brochée non disponible)1976, édition de poche208 p. 8,25 €EAN 9782721004499

    (j’ai l’édition brochée, lue à l’époque, quelque part dans un carton…)

  • Thousands of Teens Are Being Pushed Into Military’s Junior R.O.T.C.
    https://www.nytimes.com/2022/12/11/us/jrotc-schools-mandatory-automatic-enrollment.html

    J.R.O.T.C. programs, taught by military veterans at some 3,500 high schools across the country, are supposed to be elective, and the Pentagon has said that requiring students to take them goes against its guidelines. But The New York Times found that thousands of public school students were being funneled into the classes without ever having chosen them, either as an explicit requirement or by being automatically enrolled.

    A review of J.R.O.T.C. enrollment data collected from more than 200 public records requests showed that dozens of schools have made the program mandatory or steered more than 75 percent of students in a single grade into the classes, including schools in Detroit, Los Angeles, Philadelphia, Oklahoma City and Mobile, Ala. A vast majority of the schools with those high enrollment numbers were attended by a large proportion of nonwhite students and those from low-income households, The Times found.

    [...] J.R.O.T.C. classes, which offer instruction in a wide range of topics, including leadership, civic values, weapons handling and financial literacy, have provided the military with a valuable way to interact with teenagers at a time when it is facing its most serious recruiting challenge since the end of the Vietnam War.

    While Pentagon officials have long insisted that J.R.O.T.C. is not a recruiting tool, they have openly discussed expanding the $400 million-a-year program, whose size has already tripled since the 1970s, as a way of drawing more young people into military service. The Army says 44 percent of all soldiers who entered its ranks in recent years came from a school that offered J.R.O.T.C.

    #jrotc #éducation #états-unis

  • La finance se rue sur le business des résidences étudiantes
    https://www.mediapart.fr/journal/france/141222/la-finance-se-rue-sur-le-business-des-residences-etudiantes

    À Lyon, le #Crous disposait au printemps 2022 d’un peu plus de 9 000 places, au sein de 42 résidences. De quoi accueillir moins de 5 % des étudiant·es du territoire. Seuls 18 % des boursiers et boursières peuvent se loger à moindre coût, alors que le plan Anciaux, lancé il y a plus de 15 ans, ambitionnait de pouvoir accueillir 10 % des étudiant·es et 30 % des boursiers et boursières. On en est loin.

    Face aux carences des pouvoirs publics, le secteur privé a beau jeu de se poser en sauveur. En feignant d’oublier qu’il ne s’adresse pas à tous les étudiant·es. « Notre métier, c’est aussi de choisir nos locataires », assume le président de #Cardinal Campus, Thibault Champenier, dans une vidéo de communication interne. « On sait les profils d’étudiants et de cycles qu’on va refuser. Certains s’inscrivent, vont en fac, et puis au bout de trois mois ils abandonnent. Ces gens-là, […] ils ne participent pas au projet économique de l’exploitant, qui a besoin que sa résidence soit remplie de façon importante », développe-t-il. Sollicité, Cardinal Campus n’a pas répondu à notre demande d’interview.

    Les étudiants et étudiantes précaires n’intéressent pas les résidences privées. [...]

    Le syndicat Solidaires Étudiant·es Lyon indique être actuellement en lien avec « six étudiants à la rue ou dans des situations très précaires », mais avoue avoir « très peu de solutions » à leur proposer. « Des filles qui avaient dormi à la gare de Perrache n’ont même pas eu droit au #logement d’urgence du Crous. » De son côté, le Comité local pour le logement autonome des jeunes (CLLAJ) de Lyon observe le développement de l’offre privée d’un œil un peu désabusé. « Les investisseurs pourraient bien créer 30 nouvelles résidences. Avec ces tarifs, ça ne changerait pas grand-chose », souffle Antoine Herrera, chargé de projet pour l’association.

    La tendance dépasse de loin les berges du Rhône. Attirés par une demande largement supérieure à l’offre, les investisseurs privés ont fait pousser des résidences privées un peu partout. Ce marché florissant représentait 8,1 milliards d’euros d’investissements en Europe en 2021, selon un rapport du cabinet d’études Savills, qui anticipe un nouveau record pour 2022. En France, Nexity Studéa est l’un des leaders du secteur, avec 15 000 logements.

    Avec des taux de remplissage alléchants et le soutien financier des familles, les résidences étudiantes attirent bien au-delà de notre continent. Près de 80 % des fonds injectés en 2020 en Europe provenaient de l’extérieur de l’UE, avec un intérêt croissant des fonds qataris, malaisiens ou canadiens, selon Savills. « Le secteur des logements étudiants est une bonne opportunité pour les investisseurs d’équilibrer leur portefeuille en période de ralentissement économique », explique Marcus Roberts, analyste de l’entreprise de conseil britannique.

    Désormais, les logements étudiants s’achètent et se vendent comme des biens financiers classiques. En Europe du Sud et de l’Est, où les infrastructures sont moins développées, les investisseurs du monde entier sont à l’affût. Le cabinet d’analyse financière Bonard liste d’ailleurs Madrid et Rome parmi « les opportunités d’investissement les plus lucratives ». En chiffres, cela donne un lit pour dix-sept étudiant·es à Madrid et seulement un pour trente à Rome.

    Si l’argent privé coule à flots, ce n’est pas une bonne nouvelle pour tout le monde. Toujours d’après Bonard, en 2022, les loyers pratiqués pour un studio de taille équivalente diffèrent fortement selon qu’il s’agit d’une résidence privée ou publique. En région parisienne, il faut ainsi débourser en moyenne 35 % de plus pour pouvoir obtenir un studio dans une résidence privée. Même ordre de grandeur à Milan ou Prague. À Varsovie, ville aux logements étudiants les plus rentables d’Europe selon Savills, cette différence grimpe à 45 %.

    #éducation #université

  • Opinion | A.I. Will Change Education. Don’t Let It Worsen Inequality. - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2022/12/15/opinion/chatgpt-education-ai-technology.html

    It is in high schools and even college where some of ChatGPT’s most interesting and troubling aspects will become clear.

    Essay writing is most often assigned not because the result has much value — proud parents putting good grades on the fridge aside — but because the process teaches crucial skills: researching a topic, judging claims, synthesizing knowledge and expressing it in a clear, coherent and persuasive manner. Those skills will be even more important because of advances in A.I.

    When I asked ChatGPT a range of questions — about the ethical challenges faced by journalists who work with hacked materials, the necessity of cryptocurrency regulation, the possibility of democratic backsliding in the United States — the answers were cogent, well reasoned and clear. It’s also interactive: I could ask for more details or request changes.

    But then, on trickier topics or more complicated concepts, ChatGPT sometimes gave highly plausible answers that were flat-out wrong — something its creators warn about in their disclaimers.

    Unless you already knew the answer or were an expert in the field, you could be subjected to a high-quality intellectual snow job.

    In flipped classrooms, students wouldn’t use ChatGPT to conjure up a whole essay. Instead, they’d use it as a tool to generate critically examined building blocks of essays. It would be similar to how students in advanced math classes are allowed to use calculators to solve complex equations without replicating tedious, previously mastered steps.

    Teachers could assign a complicated topic and allow students to use such tools as part of their research. Assessing the veracity and reliability of these A.I.-generated notes and using them to create an essay would be done in the classroom, with guidance and instruction from teachers. The goal would be to increase the quality and the complexity of the argument.

    This would require more teachers to provide detailed feedback. Unless sufficient resources are provided equitably, adapting to conversational A.I. in flipped classrooms could exacerbate inequalities.

    Some school officials may treat this as a problem of merely plagiarism detection and expand the use of draconian surveillance systems. During the pandemic, many students were forced to take tests or write essays under the gaze of an automated eye-tracking system or on a locked-down computer to prevent cheating.

    In a fruitless arms race against conversational A.I., automated plagiarism software may become supercharged, making school more punitive for monitored students. Worse, such systems will inevitably produce some false accusations, which damage trust and may even stymie the prospects of promising students.

    Educational approaches that treat students like enemies may teach students to hate or subvert the controls. That’s not a recipe for human betterment.

    As societies responded to previous technological advances, like mechanization, by eventually enacting a public safety net, a shorter workweek and a minimum wage, we will also need policies that allow more people to live with dignity as a basic right, even if their skills have been superseded. With so much more wealth generated now, we could unleash our imagination even more, expanding free time and better working conditions for more people.

    The way forward is not to just lament supplanted skills, as Plato did, but also to recognize that as more complex skills become essential, our society must equitably educate people to develop them. And then it always goes back to the basics. Value people as people, not just as bundles of skills.

    #Education #Intlligence_artificielle #Zeynep_Tufekci

  • Nous sommes parents d’élèves et nous refusons l’école numérique – Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/12/15/nous-sommes-parents-deleves-et-nous-refusons-l
    https://secure.gravatar.com/blavatar/a3b1cc5dc5733d7f4309d47eda4caf8d?s=200&ts=1671113415

    Dans le jargon ministériel, la stratégie est de « développer un écosystème global de l’e-Education, depuis les contenus et services jusqu’au matériel ». Alléger les effectifs de classes pour donner aux enseignants les moyens de faire leur travail et réformer le métier pour susciter des vocations ne fait pas partie des priorités. Pour éduquer les citoyens de demain le ministère n’investit pas dans l’humain mais dans la technologie. Et justifie cette débauche numérique en assurant que c’est en immergeant les enfants dans le numérique qu’on en fera des utilisateurs avisés. Mensonge ! Oui nous vivons dans un monde où le numérique est partout, et oui il serait nécessaire que les enfants puissent recevoir une véritable éducation au numérique. Mais éduquer AU numérique n’est pas éduquer PAR le numérique. Or aujourd’hui c’est bien une éducation PAR le numérique qu’on développe ; l’éducation AU numérique est pour ainsi dire inexistante. Dans ces conditions l’Education nationale renforce surtout la dépendance au numérique, produisant davantage des consommateurs captifs que des utilisateurs avisés, avec des opinions qui se forgent plus par les algorithmes que par la réflexion. Ou comment fabriquer une pensée standardisée. C’est bon pour la santé de la Ed Tech, des GAFAM et du commerce, pas pour celle de nos enfants. Et c’est surtout bien inquiétant pour notre avenir à tous : isolés devant des machines, comment apprendre à faire société ?

    #Education #Numérique

  • Carte scolaire 2023 : Inversion de tendance
    https://www.cafepedagogique.net/2022/12/14/carte-scolaire-2023-inversion-de-tendance

    Dans le premier degré

    Selon le ministère, le nombre d’élèves devrait continuer à baisser. On compterait 64 000 écoliers en moins, du fait de l’évolution démographique. Cela représente environ 2500 postes qui pourraient être libérés. Cette prévision est quand même sujette à variation. En 2022, le ministère avait prévu 20 000 élèves de moins que ce qui a été réalisé.

    Le ministère annonce 802 suppressions de postes dans les classes du premier degré, 135 postes étant retenus pour le plan autisme. [...]

    Alors que lors du quinquennat précédent le premier degré a connu des créations de postes, à la rentrée 2023 on aura des suppressions. Les créations des années précédentes étaient justifiées par l’écart de financement du premier degré entre la France et les autres pays de l’OCDE. Cet écart existe toujours : on dépense moins en France que les autres pays pour l’école et plus pour le lycée. La politique de rééquilibrage en faveur du premier degré est cassée net sous le second quinquennat. C’est probablement l’évolution majeure de la rentrée 2023. [...]

    Dans le second degré

    498 postes sont supprimés dans le second degré. Cette année, le ministère n’annonce pas de « moyens supplémentaires » pour esquiver cette situation.

    Ces suppressions de postes ne sont pas justifiées par une diminution du nombre d’élèves. Le ministère prévoit 840 élèves en moins, soit une poussière par rapport aux 5 millions d’élèves du 2d degré.

    #éducation

  • C’est prouvé, mais...
    https://laviedesidees.fr/Draelants-Revaz-L-evidence-des-faits.html

    À propos de : Hugues Draelants & Sonia Revaz, L’évidence des faits. La politique des preuves en #éducation, Puf. L’évaluation scientifique des pratiques éducatives suffit-elle pour les améliorer ? Cette politique des preuves apparaît aux enseignants comme un obstacle à leurs pratiques quand elle s’appuie sur des généralisations #statistiques sans prendre en compte leurs intuitions professionnelles.

    #Société #science #sciences
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20221215_preuves.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20221215_preuves.pdf

    • Le cas de l’éducation sert ici de fil directeur à une réflexion plus générale concernant les limites de l’instrumentalisation politique de la science. Il ne s’agit cependant pas de considérer qu’il faudrait abandonner le projet d’utiliser la science pour améliorer les pratiques professionnelles ou pour élaborer des réformes publiques. Il s’agit plutôt de montrer que le type de preuve que l’on apporte aux professionnels ne s’appuie souvent pas sur le type de connaissances dont ils ont besoin.

      [...] Dans le livre, les auteurs rendent compte de trois formes d’ignorances volontaires [des scientifiques] que nous nous contentons ici d’évoquer très brièvement : (1) L’ignorance de l’intuition, qui désigne la façon dont la politique des preuves tend à s’imposer d’autorité aux acteurs au nom de la rigueur de leurs justifications (« C’est prouvé ! ») et à traiter les intuitions professionnelles des acteurs comme des croyances infondées. (2) L’ignorance des causes, qui désigne la façon dont, dans les études statistiques, la prévision prime sur la compréhension, la notion de « facteur de risque » se substituant à celle de « cause ». Si cette perspective suscite des résistances sur le terrain, c’est parce que les acteurs ont des réticences à agir sans savoir pourquoi ils doivent agir comme cela. (3) L’ignorance des singularités, enfin, qui concerne le décalage que peuvent ressentir les acteurs entre ce que les experts disent de la réalité et l’expérience qu’ils en ont et qui est notamment lié aux fait qu’ils ne partagent pas les mêmes critères d’évaluation

  • À part ça, tandis qu’il recrute des #enseignants au rabais à coup de pochettes surprises, l’État prévoit — projet de loi de Finances (#PLF) oblige — de supprimer 2.000 postes (1.000 dans le primaire public, 500 dans les collèges et lycées publics et 500 dans l’enseignement privé) en septembre prochain. Prétexte : l’#Education_nationale doit perdre 500.000 élèves entre 2022 et 2027. Bref : pour diminuer le nombre d’enfants par classe, le gouvernement compte sur la seule démographie. Quant à la qualité des enseignements, cela fait longue date qu’elle n’est plus un paramètre. #suppression_de_postes

  • Le Business du bonheur

    De la légendaire Lise Bourbeau à la reine du rangement Marie Kondo, en passant par la star du développement personnel Tony Robbins, le bonheur est une industrie qui fait des millionnaires. C’est aussi une idéologie : le culte de l’optimisme, de la résilience et de la performance individuelle. Mais alors que la consommation d’antidépresseurs ne cesse d’augmenter et que les burn-out se multiplient dans nos sociétés, que cache cette obsession contemporaine pour le bonheur ?

    https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/66144
    #film #documentaire #film_documentaire
    #développement_personnel #management #positivité #bonheur #psychologie_positive #choix #marché #coaching #individualisme #science_du_bonheur #Martin_Seligman #psychanalyse #Freud #thérapie_comportementale #optimisme #pessimisme #espoir #forces_Clifton #Don_Clifton #leadership #volontarisme #self-help #protestantisme #la_recherche_du_bonheur #recherche_du_bonheur #self-made_man #méritocratie #responsabilité_individuelle #inégalités #agency (#pouvoir_d'agir) #USA #Etats-Unis #libéralisme #éducation_positive #émotions #psychologie_sociale #team-building #cache-misère #travail #chief_happiness_officer #volonté #convivialité #docilité #happiness_economics #Richard_Layard #center_of_economic_performance (#CED) #bien-être_individuel #David_Cameron #programmes_d'activation_comportementale #chômage #rapport_Stiglitz #Gallup #adaptation #privatisation_de_la_souffrance

  • Le collège d’à côté
    https://laviedesidees.fr/Le-college-d-a-cote.html


    Lecture : Parmi l’ensemble des paires de collèges situés à moins de 15 minutes à pied l’un de l’autre, 203 sont composées de deux collèges très défavorisés. Ces paires de collèges représentent 8 % de l’ensemble des paires de collèges situés à moins de 15 minutes à pieds. Plus la couleur des cellules est foncée, plus la distance entre la composition sociale des collèges est importante.

    En effet, il est difficile de faire en sorte que chaque #collège ait la même composition sociale à l’échelle nationale, académique, voire même départementale, du fait de la ségrégation résidentielle existante à ces échelles et des contraintes de temps de trajet pour les collégiens. En revanche, ces facteurs sont moins contraignants lorsque la ségrégation sociale s’opère entre collèges voisins l’un de l’autre. De fait, les pouvoirs publics disposent alors de plus de marges de manœuvre pour agir sur la #mixité_sociale de ces établissements.

    [...] 548 des 1371 collèges très défavorisés sont à moins de 15 minutes à pied d’un autre collège. Parmi eux, 192 sont à proximité d’un collège favorisé, c’est-à-dire que parmi les collèges très défavorisés situés à proximité d’un autre collège, 35 % sont proches d’un collège favorisé. Ainsi, à la rentrée 2021, plus de 92 000 élèves étaient scolarisés dans un collège très défavorisé situé à proximité d’un collège favorisé. L’ampleur de ce phénomène n’est donc pas négligeable puisqu’il concerne plus d’élèves que l’ensemble des collégiens scolarisés à Paris. Ce constat tend à relativiser l’idée selon laquelle les collèges les plus défavorisés le sont nécessairement, du fait de leur implantation au sein de quartiers enclavés, exclusivement peuplés de ménages pauvres.

    [...] Dans 85 % des cas, lorsqu’un collège favorisé est situé à proximité d’un collège très défavorisé, il s’agit d’un établissement privé. Ces configurations peuvent ainsi inclure un collège public au secteur de recrutement relativement mixte, mais massivement évité par les catégories sociales les plus favorisées, au profit du collège privé de proximité. Cette observation contraste avec le discours selon lequel les établissements privés les plus favorisés le sont du fait de l’absence d’élèves d’origine sociale défavorisée à proximité. À l’inverse, 15 % des configurations comprenant un collège très défavorisé et un collège favorisé concernent deux collèges publics. Là encore, il se peut que le collège le plus défavorisé le soit du fait d’un évitement vers le secteur privé. Il est également possible qu’une différence d’offre de cours optionnels crée un déséquilibre d’attractivité entre les deux collèges et facilite l’octroi de dérogations à la sectorisation scolaire de l’un vers l’autre. Enfin, la manière dont les frontières entre secteurs sont tracées est susceptible d’accroître les contrastes sociaux existants entre les quartiers. Une #sectorisation_scolaire qui consisterait à affecter les élèves venant de quartiers proches, mais au profil social différent à un même collège favoriserait ainsi la mixité sociale dans le secteur de recrutement de ce collège. À l’inverse, en assignant les élèves d’un quartier défavorisé à un collège et ceux d’un quartier favorisé à un autre collège, la sectorisation scolaire reproduit à l’identique la ségrégation résidentielle. Le tracé de la sectorisation scolaire n’est donc pas neutre et au centre de luttes politiques entre parents d’élèves et décideurs.

    #éducation #enseignement_privé

    • Hector-Berlioz, un collège sauvé par la mixité sociale
      https://www.liberation.fr/societe/education/berlioz-un-college-sauve-par-le-melange-20221230_QWYK4EEZRVGAPD6ZXCG2G4L2

      Face à la forte ségrégation dont souffrent certains collèges, l’ancienne ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem lançait en 2015 une expérimentation dans 15 départements. A Paris, la mairie et l’académie se concentrent alors sur six collèges, en jumelant deux établissements géographiquement proches mais opposés dans leur composition sociale. Berlioz, qui compte près de 60 % d’élèves de milieux défavorisés, est couplé avec Coysevox, qui n’en compte que 10 à 20 %. L’extrême opposé, à 600 mètres seulement.

      Coysevox, c’est le collège réputé et à dominante blanche d’un quartier bobo situé plus haut, sur la butte Montmartre. Entre les deux, la rue Championnet, frontière invisible au-delà de laquelle les élèves de chaque quartier n’ont même pas l’idée de s’aventurer. Dès la rentrée 2017, le binôme Berlioz-Coysevox expérimente la « montée alternée » : le principe est de regrouper tous les élèves du double secteur au même endroit à l’entrée en 6e, une année sur deux. Les années impaires, tous les élèves qui entrent en 6e vont à Coysevox et effectuent toute leur scolarité là-bas. Les années paires, c’est l’inverse : tous les 6e vont à Berlioz. Les deux collèges ont donc seulement deux niveaux : 6e et 4e ou 5e et 3e, qui alternent d’un an sur l’autre. L’annonce du projet est accueillie comme pain bénit à Berlioz mais déclenche une levée de boucliers à Coysevox et dans les écoles autour : grève des profs, blocus et manifs des parents, pétition et campagne d’affichage.

      [...] Julien Grenet, directeur de recherches au CNRS et directeur adjoint à l’Institut des politiques publiques (IPP), fait partie du comité scientifique qui a accompagné le projet. Il en tire un bilan positif : « Les parents favorisés côté Berlioz sont revenus très massivement. Ceux du côté de Coysevox sont davantage partis vers le privé mais les flux se sont compensés. » En 2016, 24 % des élèves du double secteur allaient dans le privé, contre 16 % en 2019. « Cela montre que la ségrégation n’est pas une fatalité. Les parents sont prêts à revenir dans le public, avec plus de mixité, pourvu qu’on leur propose autre chose qu’un ghetto de pauvres », remarque le chercheur.

      Cinq ans après, les taux d’absentéisme et de décrochage ont chuté et celui de la réussite au brevet a grimpé à 89 %, dans la moyenne parisienne. « Grâce à la mixité, les élèves s’approprient les codes des classes dites favorisées – bien se tenir, enlever sa casquette – qui permettent aux meilleurs d’intégrer avec succès des lycées prestigieux », remarque Farid Boukhelifa. Terminé aussi les problèmes de violence : le quartier a retrouvé son calme.

  • Faire travailler les enfants sous couvert d’apprentissage.
    https://academia.hypotheses.org/41561

    Signalons au passage que depuis 1979, les élèves de l’enseignement pro effectuent des stages en milieu professionnel : 15 jours à l’origine, jusqu’à 22 semaines aujourd’hui.

    Pour le patronat et les branches professionnelles, cette importance de l’éducation nationale dans la formation professionnelle ne pouvait plus durer ! Depuis la fin des années 1990 et l’intense lobbying du Medef, on va constater que les « réformes » successives ne vont être que des contre-réformes idéologiques afin de diminuer les horaires et la place de l’enseignement professionnel sous statut scolaire dans le système éducatif !

    #éducation #lycées_professionnels #apprentissage

  • Apartheid scolaire de l’union européenne : Une cinquième école européenne verra le jour, à Neder-Over-Heembeek Anne François, Belga
    https://www.vrt.be/vrtnws/fr/2022/11/30/une-cinquieme-ecole-europeenne-verra-le-jour-a-neder-over-heemb

    Une cinquième école européenne sera construite d’ici 2028 en Région bruxelloise. C’est ce qu’a annoncé le Premier ministre Alexander De Croo à la Chambre à l’occasion de la présentation de sa note de politique générale consacrée à la "chancellerie’. L’école sera installée à Neder-Over-Heembeek.

    Cette cinquième école européenne sera la dernière du genre, a ajouté le Premier ministre. « Le gouvernement étudie la possibilité de créer une école hybride dans le quartier européen entre les places Schuman et du Luxembourg, que pourraient aussi bien fréquenter les enfants belges que les enfants des fonctionnaires européens et où ils pourraient avoir cours ensemble ».


    « C’est le modèle de demain, plutôt que des écoles réservées aux enfants de ces fonctionnaires européens », estime Alexander De Croo. La Région bruxelloise accueille actuellement déjà quatre écoles européennes : dans les communes de Uccle, Woluwe-Saint-Lambert, Ixelles et Laeken (par ordre d’ancienneté).

    L’Ecole européenne de Bruxelles I, située à Uccle et Forest, a été fondée en 1958. Il s’agissait alors de la deuxième école européenne érigée en Europe, après celle de Luxembourg. Les écoles européennes installées à Bruxelles sont polyvalentes et mènent au Baccalauréat européen comme diplôme de fin d’études secondaires.

    Les différentes écoles européennes installées à Uccle, Woluwe-Saint-Lambert, Ixelles et Laeken accueillent plusieurs milliers d’élèves au total, mais ne peuvent plus offrir suffisamment de places aux enfants de fonctionnaires européens. D’où la décision d’en ouvrir une cinquième dans la capitale de l’Europe.

    #Bruxelles #ue #union_européenne #privilèges #éducation #enfants #inégalités #enseignement

    • Comme l’explique l’article, le nombre de places dans ces écoles européennes n’est pas suffisant pour les enfants des privilégiés de l’union européenne.

      Il n’y aura donc quasiment aucun enfant belge accepté dans ces écoles, payées par leurs parents.

  • Une mission parlementaire veut faire évoluer le concours de professeur des écoles
    https://www.lemonde.fr/education/article/2022/11/23/une-mission-parlementaire-veut-faire-evoluer-le-concours-de-professeur-des-e

    L’idée bruisse dans les cercles éducatifs depuis quelque temps. Pap Ndiaye, le ministre de l’#éducation, y a fait allusion plusieurs fois dans ses déclarations. La mission flash des députés Cécile Rilhac (Renaissance, Val-d’Oise) et Rodrigo Arenas (LFI, Paris) sur le recrutement, l’affectation et la mobilité des enseignants des écoles primaires vient porter le débat sur la place publique. Les deux parlementaires, qui rendent leurs conclusions mercredi 23 novembre, proposent d’engager « une réflexion sur le déplacement du concours de professeurs des écoles en fin de troisième année de licence, suivi de deux années de professionnalisation rémunérées ». Le tout sans remettre en cause le recrutement à bac + 5 : les futurs enseignants seraient tenus d’obtenir un master 2 pour devenir fonctionnaires stagiaires.

  • « Comment révolutionner l’école ? avec Emilie Lamotte en 1907 »
    http://anarlivres.free.fr/pages/nouveau.html#Lamotte

    Plutôt que « podcast », dites comme les Québécois « capsule » et vous aurez une idée de ce que sont « Les capsules d’Olen ». Une, plus particulièrement, a attiré notre attention ; celle qui relate une rencontre avec des membres de la colonie libertaire de Saint-Germain-en-Laye, dont Emilie Lamotte (1876-1909, biographie et bibliographie sur Anarlivres), prétexte à parler de l’école, des méthodes libertaires d’éducation et des « nouvelles » (pour l’époque) pédagogies… C’est très bien fait, le script est sérieux (lire sources et ressources, ainsi que le texte) et la forme agréable avec des comédiens qui incarnent bien leurs personnages.

    #EmilieLamotte #Lamotte #EducationLibertaire #anarchisme #libertaire #pédagogie #SaintGermainEnLaye #ColonieLibertaire #Olen #Capsulesd'Olen