• Dans les smartphones des collégiens | Making-of
    https://making-of.afp.com/dans-les-smartphones-des-collegiens

    Vaulx-en-Velin- Scènes de torture, débats enflammés sur le blasphème, obsession pour la répression de la minorité ouïghoure en Chine : en passant presque trois mois avec des collégiens français, je ne pensais pas découvrir de telles choses dans leurs smartphones sur leurs pratiques informationnelles. Et être si loin d’eux.

    Avec ma consoeur du journal Le Monde, Delphine Roucaute, nous avons effectué cette année “une résidence” au sein du collège Henri Barbusse de Vaulx-en-Velin, une zone d’éducation prioritaire près de Lyon, dans le sud-est de la France. Deux heures par semaine, soit 118 heures de rencontres et ateliers avec quelque 275 élèves, surtout des jeunes âgés de 14-15 ans.

    Au fil de l’eau, les débats devenaient plus constructifs. “Cette proximité élèves/journalistes a permis de faire sauter les cadenas, d’ouvrir la parole. J’en ressors convaincue qu’il faut instaurer des temps d’échange autour de l’actualité dans toutes les matières”, même scientifiques, analyse Flore Charbouillot, la professeure-documentaliste du collège qui fut, avec une dizaine d’autres, un moteur essentiel dans cette aventure. Finalement, nos objectifs sont bien ceux-là : aider ces adolescents à accepter la parole contradictoire, à débattre, à avoir envie de s’informer. Pour être des citoyens éclairés.

    Il nous manque les relais, leurs canaux. Car ils s’informent entre eux et sans filtre. Les Gafa investissent pour l’éducation aux médias, le gouvernement a pris la mesure du problème. Mais quelles actions sont vraiment efficaces ? Nous, journalistes bénévoles d’Entre les lignes sommes convaincues que la rencontre est essentielle et que le numérique ne remplacera jamais la force du témoignage et du débat.

    Le fact checking est utile mais ce ne sont pas des formats vers lesquels ils se tournent spontanément. Plutôt que de contrer, il faudrait attiser leur envie de creuser, par eux-mêmes, certains sujets. Pour cela, il faut être réactif. S’appuyer sur la viralité du post d’un rappeur ou d’un footballeur sur les Ouïghours, pour tenter de réagir sur leurs canaux et leur parler du sujet. Faut-il avoir de très jeunes journalistes ? Des relais chez les influenceurs ? Des vigies sur Snapchat ? Des narrations différentes comme ce podcast sur notre résidence ?

    #Education_médias_information #Journalisme #Adolescents

  • Contre les fake news, les enfants de Vaulx-en-Velin sont à bonne école - Autres - Télérama.fr
    https://www.telerama.fr/divers/contre-les-fake-news,-les-enfants-de-vaulx-en-velin-sont-a-bonne-ecole,n661

    Pendant trois mois, des écoliers et collégiens de Vaulx-en-Velin suivent les ateliers de deux journalistes. Au menu ? Une analyse des médias, la réalisation de petits films et l’écriture d’un livre... À l’occasion de la Semaine de la presse, du 23 au 28 mars, cette initiative, dans un territoire défavorisé de la banlieue lyonaise, permet de rappeler les bienfaits d’un décryptage de l’information, dès l’enfance.

    On écrit un livre sur le harcèlement et l’homophobie avec notre prof de français, Mme Martinez. Et on va en faire un film ! » Maïssa, Kenza, Manahel et Assia sont enthousiastes. En classe de troisième au collège Henri-Barbusse de Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise, les quatre adolescentes affichent une belle énergie. Avec leurs camarades, elles participent chaque semaine depuis début janvier à des ateliers d’éducation aux médias. L’idée du film est née ici : répartis en petits groupes, les élèves doivent raconter « leur » Vaulx-en-Velin dans une vidéo d’une minute trente maximum qu’ils tourneront avec un téléphone portable, en vue d’une diffusion sur un compte Instagram spécialement créé. D’autres veulent filmer des cross (rodéos) sauvages à moto dans le quartier, plancher sur le parler vaudais, retracer l’évolution architecturale de la ville façon avant-après ou narrer le quotidien du… commissariat du coin.

    #Education_médias_information #Journalisme

  • Enseignant·es face à « L’éthique du numérique » | Cultures de l’Information
    https://cultinfo.hypotheses.org/217

    L’éthique peut se définir comme le cadre d’action à travers un ensemble de valeurs que les individus se fixent en dehors de normes juridiques ou morales extérieures. Dans une société démocratique où chacun est renvoyé à sa responsabilité de sujet libre et où la technique a ouvert un champ de possibilité immense, elle revêt une importance considérable dans une perspective humaniste. Si l’éducation s’est toujours située, dans la tradition de Condorcet, en dehors de choix religieux et moraux propres aux familles, elle ne peut faire l’économie de la question de l’éthique, tant du côté des enseignant·es soumis·es à des principes déontologiques qu’ils·elles intègrent dans leur formation, que du côté des élèves qui sont sensibilisés à leurs responsabilités individuelles vis-à-vis des autres et du collectif.

    L’introduction du numérique à l’école, qui correspond aussi à une intrusion du monde extérieur dans un espace relativement clos, pose de nouvelles et importantes questions, souvent perturbantes, parce qu’à travers le numérique dans ses potentialités informationnelles, l’intégrité, la santé, la liberté, l’autonomie individuelles sont susceptibles d’être menacées. Cette question touche et inquiète particulièrement les enseignant·es. En effet, « l’éthique du numérique » est une dimension systématiquement mentionnée dans les textes institutionnels de cadrage pour l’éducation aux médias et à l’information (EMI), mise en place à la rentrée 2015 dans les premier et second degrés d’enseignement : il s’agit de favoriser une « citoyenneté numérique », par une compréhension des phénomènes informationnels dans toutes leurs dimensions (MEN, 2015).

    #Education #Ethique #Education_medias_information

  • De quelle éducation aux médias avons-nous besoin ? | InternetActu.net
    http://www.internetactu.net/2018/06/06/de-quelle-education-aux-medias-avons-nous-besoin/#comment-1200553
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    Lors du dernier SXSW consacré à l’éducation, la chercheuse américaine danah boyd (@zephoria) a, comme à son habitude, délivré une très intéressante conférence sur la question de l’éducation aux médias (vidéo) devant un parterre de spécialistes. Intéressante parce qu’elle remettait en question certaines approches faciles ou rapides de la façon dont on considère l’éducation aux médias

    L’éducation aux médias à l’heure de la post-vérité

    danah boyd avait commencé à éclairer ces questions dans un article publié l’année dernière. Elle y soulignait déjà que pour elle, les deux solutions pour combattre la désinformation, à savoir l’éducation aux médias et les initiatives de vérification de l’information, oublient de prendre en compte le contexte culturel de notre consommation d’information.

    « Lorsque les élèves sont invités à comprendre le fonctionnement des médias, on leur enseigne à être critique, tout en soulignant que certaines publications sont plus dignes de respect que d’autres. Or, tout le monde n’est pas d’accord sur ce qui fait une source fiable. Aux États-Unis (pas seulement) nous vantons la responsabilité personnelle. » Chacun est son propre maître : tant et si bien que chacun est sensé comprendre par exemple la finance pour gérer efficacement sa retraite. Cette logique culturelle libérale est très forte. Mais elle a également des conséquences pour la connaissance et l’information. « Tout ce qu’ils ont à faire est de « faire les recherches » par eux-mêmes et ils sauront mieux que quiconque ce qui est réel ». Ce qui n’est pas sans poser problème, comme le pointe une étude récente de Francesca Tripodi pour Data & Society, l’Institution de recherche que dirige danah boyd, qui a observé les pratiques de recherches d’information de conservateurs américains et qui souligne que ni Google, ni les termes que l’on recherche ne sont neutres. Les recherches visant à vérifier des faits finissent par les imposer. Tripodi parle ainsi « d’inférence scripturale » pour décrire les méthodes de recherche de ces publics, profondément influencés par leurs propres convictions et par les termes qu’utilisent les médias conservateurs auprès de leurs publics qui les invite à s’informer sur ceux-ci plutôt que sur d’autres, comme l’explique le Washington Post. Les différences de termes utilisés vous conduisent à faire des recherches différentes et à des résultats différents et orientés.

    #danah_boyd #Médias_sociaux #EMI #Education_Médias_information #Pensée_critique #Culture_participative