• Un projet de f#ichage géant des citoyens non membres de l’#UE prend forme en #Europe

    Un accord provisoire a été signé le 5 février entre la présidence du Conseil européen et le Parlement européen pour renforcer les contrôles aux frontières de l’Union. Il va consolider la mise en commun de fichiers de données personnelles. Les défenseurs des libertés individuelles s’alarment.

    Des appareils portables équipés de lecteurs d’#empreintes_digitales et d’#images_faciales, pour permettre aux policiers de traquer des terroristes : ce n’est plus de la science-fiction, mais un projet européen en train de devenir réalité. Le 5 février 2019, un accord préliminaire sur l’#interopérabilité des #systèmes_d'information au niveau du continent a ainsi été signé.

    Il doit permettre l’unification de six #registres avec des données d’#identification_alphanumériques et biométriques (empreintes digitales et images faciales) de citoyens non membres de l’UE. En dépit des nombreuses réserves émises par les Cnil européennes.

    Giovanni Buttarelli, contrôleur européen de la protection des données, a qualifié cette proposition de « point de non-retour » dans le système de base de données européen. En substance, les registres des demandeurs d’asile (#Eurodac), des demandeurs de visa pour l’Union européenne (#Visa) et des demandeurs (système d’information #Schengen) seront joints à trois nouvelles bases de données mises en place ces derniers mois, toutes concernant des citoyens non membres de l’UE.

    Pourront ainsi accéder à la nouvelle base de données les forces de police des États membres, mais aussi les responsables d’#Interpol, d’#Europol et, dans de nombreux cas, même les #gardes-frontières de l’agence européenne #Frontex. Ils pourront rechercher des personnes par nom, mais également par empreinte digitale ou faciale, et croiser les informations de plusieurs bases de données sur une personne.

    « L’interopérabilité peut consister en un seul registre avec des données isolées les unes des autres ou dans une base de données centralisée. Cette dernière hypothèse peut comporter des risques graves de perte d’informations sensibles, explique Buttarelli. Le choix entre les deux options est un détail fondamental qui sera clarifié au moment de la mise en œuvre. »

    Le Parlement européen et le Conseil doivent encore approuver officiellement l’accord, avant qu’il ne devienne législation.

    Les #risques de la méga base de données

    « J’ai voté contre l’interopérabilité parce que c’est une usine à gaz qui n’est pas conforme aux principes de proportionnalité, de nécessité et de finalité que l’on met en avant dès lors qu’il peut être question d’atteintes aux droits fondamentaux et aux libertés publiques, assure Marie-Christine Vergiat, députée européenne, membre de la commission des libertés civiles. On mélange tout : les autorités de contrôle aux #frontières et les autorités répressives par exemple, alors que ce ne sont pas les mêmes finalités. »

    La proposition de règlement, élaborée par un groupe d’experts de haut niveau d’institutions européennes et d’États membres, dont les noms n’ont pas été révélés, avait été présentée par la Commission en décembre 2017, dans le but de prévenir les attaques terroristes et de promouvoir le contrôle aux frontières.

    Les institutions de l’UE sont pourtant divisées quant à son impact sur la sécurité des citoyens : d’un côté, Krum Garkov, directeur de #Eu-Lisa – l’agence européenne chargée de la gestion de l’immense registre de données –, estime qu’elle va aider à prévenir les attaques et les terroristes en identifiant des criminels sous de fausses identités. De l’autre côté, Giovanni Buttarelli met en garde contre une base de données centralisée, qui risque davantage d’être visée par des cyberattaques. « Nous ne devons pas penser aux simples pirates, a-t-il déclaré. Il y a des puissances étrangères très intéressées par la vulnérabilité de ces systèmes. »

    L’utilité pour l’antiterrorisme : les doutes des experts

    L’idée de l’interopérabilité des systèmes d’information est née après le 11-Septembre. Elle s’est développée en Europe dans le contexte de la crise migratoire et des attentats de 2015, et a été élaborée dans le cadre d’une relation de collaboration étroite entre les institutions européennes chargées du contrôle des frontières et l’industrie qui développe les technologies pour le mettre en œuvre.

    « L’objectif de lutte contre le terrorisme a disparu : on parle maintenant de “#fraude_à_l'identité”, et l’on mélange de plus en plus lutte contre la #criminalité et lutte contre l’immigration dite irrégulière, ajoute Vergiat. J’ai participé à la commission spéciale du Parlement européen sur la #lutte_contre_le_terrorisme ; je sais donc que le lien entre #terrorisme et #immigration dite irrégulière est infinitésimal. On compte les cas de ressortissants de pays tiers arrêtés pour faits de terrorisme sur les doigts d’une main. »

    Dans la future base de données, « un référentiel d’identité unique collectera les données personnelles des systèmes d’information des différents pays, tandis qu’un détecteur d’identités multiples reliera les différentes identités d’un même individu », a déclaré le directeur d’Eu-Lisa, lors de la conférence annuelle de l’#Association_européenne_de_biométrie (#European_Association_for_Biometrics#EAB) qui réunit des représentants des fabricants des technologies de #reconnaissance_numérique nécessaires à la mise en œuvre du système.

    « Lors de l’attaque de Berlin, perpétrée par le terroriste Anis Amri, nous avons constaté que cet individu avait 14 identités dans l’Union européenne, a-t-il expliqué. Il est possible que, s’il y avait eu une base de données interopérable, il aurait été arrêté auparavant. »

    Cependant, Reinhard Kreissl, directeur du Vienna Centre for Societal Security (Vicesse) et expert en matière de lutte contre le terrorisme, souligne que, dans les attentats terroristes perpétrés en Europe ces dix dernières années, « les auteurs étaient souvent des citoyens européens, et ne figuraient donc pas dans des bases de données qui devaient être unifiées. Et tous étaient déjà dans les radars des forces de police ».

    « Tout agent des services de renseignement sérieux admettra qu’il dispose d’une liste de 1 000 à 1 500 individus dangereux, mais qu’il ne peut pas les suivre tous, ajoute Kreissl. Un trop-plein de données n’aide pas la police. »

    « L’interopérabilité coûte des milliards de dollars et l’intégration de différents systèmes n’est pas aussi facile qu’il y paraît », déclare Sandro Gaycken, directeur du Digital Society Institute à l’Esmt de Berlin. « Il est préférable d’investir dans l’intelligence des gens, dit l’expert en cyberintelligence, afin d’assurer plus de #sécurité de manière moins intrusive pour la vie privée. »

    Le #budget frontière de l’UE augmente de 197 %

    La course aux marchés publics pour la mise en place de la nouvelle base de données est sur le point de commencer : dans le chapitre consacré aux dépenses « Migration et contrôle des frontières » du budget proposé par la Commission pour la période 2021-2027, le fonds de gestion des frontières a connu une augmentation de 197 %, tandis que la part consacrée aux politiques de migration et d’asile n’a augmenté, en comparaison, que de 36 %.

    En 2020, le système #Entry_Exit (#Ees, ou #SEE, l’une des trois nouvelles bases de données centralisées avec interopérabilité) entrera en vigueur. Il oblige chaque État membre à collecter les empreintes digitales et les images de visages de tous les citoyens non européens entrant et sortant de l’Union, et d’alerter lorsque les permis de résidence expirent.

    Cela signifie que chaque frontière, aéroportuaire, portuaire ou terrestre, doit être équipée de lecteurs d’empreintes digitales et d’images faciales. La Commission a estimé que ce SEE coûterait 480 millions d’euros pour les quatre premières années. Malgré l’énorme investissement de l’Union, de nombreuses dépenses resteront à la charge des États membres.

    Ce sera ensuite au tour d’#Etias (#Système_européen_d’information_de_voyage_et_d’autorisation), le nouveau registre qui établit un examen préventif des demandes d’entrée, même pour les citoyens de pays étrangers qui n’ont pas besoin de visa pour entrer dans l’UE. Cette dernière a estimé son coût à 212,1 millions d’euros, mais le règlement, en plus de prévoir des coûts supplémentaires pour les États, mentionne des « ressources supplémentaires » à garantir aux agences de l’UE responsables de son fonctionnement, en particulier pour les gardes-côtes et les gardes-frontières de Frontex.

    C’est probablement la raison pour laquelle le #budget proposé pour Frontex a plus que triplé pour les sept prochaines années, pour atteindre 12 milliards d’euros. Le tout dans une ambiance de conflits d’intérêts entre l’agence européenne et l’industrie de la biométrie.

    Un membre de l’unité recherche et innovation de Frontex siège ainsi au conseil d’administration de l’#Association_européenne_de_biométrie (#EAB), qui regroupe les principales organisations de recherche et industrielles du secteur de l’identification numérique, et fait aussi du lobbying. La conférence annuelle de l’association a été parrainée par le géant biométrique français #Idemia et la #Security_Identity_Alliance.

    L’agente de recherche de Frontex et membre du conseil d’EAB Rasa Karbauskaite a ainsi suggéré à l’auditoire de représentants de l’industrie de participer à la conférence organisée par Frontex avec les États membres : « L’occasion de montrer les dernières technologies développées. » Un représentant de l’industrie a également demandé à Karbauskaite d’utiliser son rôle institutionnel pour faire pression sur l’Icao, l’agence des Nations unies chargée de la législation des passeports, afin de rendre les technologies de sécurité des données biométriques obligatoires pour le monde entier.

    La justification est toujours de « protéger les citoyens européens du terrorisme international », mais il n’existe toujours aucune donnée ou étude sur la manière dont les nouveaux registres de données biométriques et leur interconnexion peuvent contribuer à cet objectif.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/250219/un-projet-de-fichage-geant-de-citoyens-prend-forme-en-europe
    #surveillance_de_masse #surveillance #étrangers #EU #anti-terrorisme #big-data #biométrie #complexe_militaro-industriel #business


  • MIGRENT

    The publication [#MIGRENT] provides an overview of a few current migrant (and) social entrepreneurial initiatives in Europe. It moves primarily toward the understanding that migrant entrepreneurship is an important tool of socio-economic emancipation, guaranteeing both successful integration of a newcomer while creating an impact to local economic growth. Moreover, it encompasses importance of authenticity and solidarity in entrepreneurial endeavors creating a more just and socially-aware economy in opposition to rather capitalistic realities of our aiming at only profit making. Moreover, we noted an importance of community and civil society support to the empowerment of newcomers and their entrepreneurial steps. The publication integrates examples of migrant entrepreneurship projects or civil society organizations’ initiatives promoting entrepreneurship through so-called Corners of Inspiration.

    [MIGRENT] is also a coined abbreviation that stands for migrant entrepreneurship. It also stands as an umbrella title for all current and future activities conducted by the Centre for Peace Studies when it comes to promotion of, contribution to and development of migrant entrepreneurship, especially social entrepreneurship. [MIGRENT] relies on previous experiences of the Centre for Peace Studies in developing social cooperative for intercultural cooperation known as Taste of Home (Okus doma). [MIGRENT] also embraces new knowledge and experience sharing among migrant and domestic social entrepreneurs. The publication followed an international conference held in April 2017 in Zagreb gathering more than 50 entrepreneurs, volunteers, activists, academics, researchers, journalists and workers of civil society organizations. As many great ideas were shared in this engaging and learning process, this publication reflects on many spoken words and shared experiences, bringing us to the real life of business ideas and entrepreneurial surroundings.


    https://www.okus-doma.hr/en/tekstovi/migrent/migrent-publikacija
    #économie_sociale_et_solidaire #EES #Europe #entrepreneurs #entreprenariat #économie #travail #économie_locale #intégration_professionnelle #guide #manuel


  • Security Union: A stronger EU Agency for the management of information systems for security and borders

    Today, the European Parliament (LIBE Committee) and the Council (COREPER) reached a political compromise on the Commission’s proposal to strengthen the mandate of the eu-LISA, the EU Agency for the operational management of large scale IT systems for migration, security and border management. Welcoming the compromise agreement, Commissioner for Migration, Home Affairs and Citizenship Dimitris Avramopoulos and Commissioner for the Security Union Julian King said:

    Commissioner Dimitris Avramopoulos: “Today’s agreement represents another crucial building block towards a more secure and resilient European Union. A strengthened eu-LISA will be the nerve centre for the development and maintenance of all our information systems on migration, border management and security, and crucially, their interoperability. We want to connect all the dots, not just legally but also operationally – and a stronger and more efficient eu-LISA will precisely help us do this.”

    Commissioner Julian King: “In the future, eu-LISA will play a pivotal role in helping keep Europe safe. Today’s agreement means that the Agency will have the resources it needs to manage the EU’s information systems for security and border management, help them to interact more efficient and improve the quality of the data they hold – an important step forward.”

    The upgrade, proposed by the Commission in June 2017, will enable eu-LISA to roll-out the technical solutions to achieve the full interoperability of EU information systems for migration, security and border management. The Agency will now also have the right tools to develop and manage future large-scale EU information systems, such as the Entry Exit System (EES) and the European Travel Information and Authorisation System (ETIAS). This comes in addition to the management of the existing system, such as the Schengen Information System (SIS), the Visa Information System (VIS) and Eurodac, which the Agency is already responsible for.
    Next steps

    The compromised text agreed in today’s final trilogue will now have to be formally adopted by the European Parliament and the Council.
    Background

    In April 2016Search for available translations of the preceding linkEN••• the Commission presented a Communication on stronger and smarter information systems for borders and security, initiating a discussion on how information systems in the European Union can better enhance border management and internal security. Since then the Commission tabled a number of legal proposals to ensure that the outstanding information gaps are closed and the EU information systems work together more intelligently and effectively and that borders guards and law enforcement officials have the information they need to do their jobs. This includes strengthening the mandate of eu-LISA proposed by the Commission in June 2017 and upgrading the EU information systems to make them interoperable in December 2017.

    The EU Agency for the operational management of large-scale IT systems, eu-LISA, successfully started operations in December 2012. It is responsible for the management and maintenance of the SIS II, VIS and EURODAC. The main operational task is to ensure that these systems are kept functioning 24 hours a day, seven days a week. The Agency is also tasked with ensuring the necessary security measures, data security and integrity as well as compliance with data protection rules.

    https://ec.europa.eu/home-affairs/news/security-union-stronger-eu-lisa-agency-management-information-systems-secu

    #sécurité #surveillance #migrations #asile #réfugiés #VIS #SIS #Eurodac #eu-LISA #frontières #surveillance_des_frontières #big_data #Schengen #Europe #EU #UE
    cc @marty @daphne @isskein

    • SECURITY UNION. Closing the information gap

      The current EU information systems for security, border and migration management do not work together – they are fragmented, complex and difficult to operate. This risks pieces of information slipping through the net and terrorists and criminals escaping detection by using multiple or fraudulent identities, endangering the EU’s internal security and the safety of European citizens. Over the past year, the EU has been working to make the various information systems at EU level interoperable — that is, able to exchange data and share information so that authorities and responsible officials have the information they need, when and where they need it. Today, the Commission is completing this work by proposing new tools to make EU information systems stronger and smarter, and to ensure that they work better together. The tools will make it easier for border guards and police officers to have complete, reliable and accurate information needed for their duties, and to detect people who are possibly hiding criminal or terrorist activities behind false identities.

      https://ec.europa.eu/home-affairs/sites/homeaffairs/files/what-we-do/policies/european-agenda-security/20171212_security_union_closing_the_information_gap_en.pdf
      #interopérabilité #biométrie #ETIAS #Entry/Exit_System #EES #ECRIS-TCN_system



  • Des #frontières plus sûres et plus intelligentes dans l’UE : la Commission propose d’établir un système d’entrée/sortie

    La Commission européenne présente aujourd’hui sa proposition révisée de règlement portant établissement d’un système d’entrée/sortie (#EES) afin d’accélérer, de faciliter et de renforcer les procédures de vérification aux frontières pour les ressortissants de pays tiers se rendant dans l’UE. Ce système d’entrée/sortie permettra de moderniser la gestion des frontières extérieures en améliorant la qualité et l’efficacité des contrôles, et d’aider les États membres face à l’augmentation du volume de voyageurs qui entrent dans l’UE et qui en sortent. Cette proposition législative relève du train de mesures plus large intitulé « #frontières_intelligentes », portant sur le rôle des systèmes d’information dans le renforcement de la gestion des frontières extérieures, de la sécurité intérieure et de la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée.

    http://europa.eu/rapid/press-release_IP-16-1247_fr.htm
    #contrôles_frontaliers #asile #migrations #réfugiés #smart_borders
    cc @reka