• La voiture autonome ? Une catastrophe écologique Celia Izoard pour Reporterre
    https://reporterre.net/La-voiture-autonome-Une-catastrophe-ecologique

    L’industrie automobile prépare activement la généralisation des véhicules autonomes. Problème : leur mise en œuvre à grande échelle aurait des conséquences écologiques très néfastes.

    Dans le principe, la prouesse technologique consistant à remplacer par des machines les innombrables opérations complexes qu’effectue une personne au volant paraît difficilement compatible avec l’idée de sobriété. Un des derniers modèles, présenté en janvier au dernier Consumer’s Electronic Show de Las Vegas, le SUV Range Rover équipé par l’entreprise Valeo, comporte pas moins de quatre ou cinq caméras, huit lidars (qui permettent de mesurer les distances à partir d’un faisceau laser), plusieurs radars longue portée, un ordinateur central de grande puissance, une caméra trifocale sur le pare-brise et d’autres capteurs. La généralisation de ces véhicules impliquerait, pour abaisser les coûts de façon acceptable, le lancement d’une production de masse de tous ces objets, en supplément de l’électronique déjà présente dans les véhicules actuels. Aux États-Unis, la National Mining Association rappelle régulièrement aux décideurs que « la sophistication croissante des produits de l’industrie automobile va faire exploser la demande en métaux et la compétition pour ces ressources » [1]. En clair, impossible d’obtenir la matière première de tous ces superalliages sans provoquer une augmentation de l’activité minière, qui compte parmi les industries les plus polluantes [2].

    Deuxième problème : la croissance exponentielle des #données (le #data). La conduite automatisée repose sur de gigantesques volumes d’informations que les divers capteurs transmettent aux algorithmes de traitement d’images. Selon Brian Krzanich, PDG d’Intel, un véhicule autonome va générer et consommer, pour huit heures de conduite, environ 40 téraoctets de données, soit l’équivalent de 40 disques durs d’ordinateur. « En circulation, chacun de ces véhicules produira autant de données que 3.000 utilisateurs d’ #internet », précise-t-il [3]. Or la facture énergétique du traitement et du stockage du big data est déjà préoccupante. En France, les #datacenters consommaient déjà en 2015 plus d’électricité que la ville de Lyon. En 2017, ils ont consommé à eux seuls 3 % de l’électricité produite dans le monde, soit 40 % de plus qu’un pays comme le Royaume-Uni [4].

    « L’autonomie apparente du propriétaire d’une automobile recouvrait sa radicale dépendance » 
    Enfin, la généralisation des véhicules autonomes nécessite le déploiement de la #5G et le renouvellement des infrastructures routières. « Il est probable que l’environnement deviendra plus standardisé et proactif à mesure que sera développée une infrastructure plus communicante, résume un article de la Harvard Business Review. Il faut s’imaginer des transmetteurs radio à la place des feux rouges, des réseaux sans fil permettant aux véhicules de communiquer entre eux et avec les infrastructures, et des unités de bord de route fournissant des informations en temps réel sur la météo, le trafic, et d’autres paramètres [5]. »

    L’Union européenne finance plusieurs projets de ce type via le programme #Codecs, notamment le projet #Cooperative_ITS_Corridor, une autoroute expérimentale connectée desservant #Amsterdam, #Francfort et #Vienne. Une portion test de 8 km est déjà équipée d’une « unité de bord de route » (comprenant une antenne 5G et des ordinateurs) tous les 500 m et d’une caméra tous les 100 m. On imagine la quantité de matériel nécessaire pour équiper ne serait-ce que toutes les autoroutes d’Europe ! Le projet est loin d’être marqué par la sobriété, et moins encore si l’on imagine « des caméras avec des unités de communication (...) installées sur les feux rouges pour avertir le conducteur du passage “au vert” », comme les auteurs du Livre blanc #Mobility_Nation, le rapport du Boston Consulting Group remis au gouvernement pour accélérer l’essor du #transport_autonome [6].


    Un prototype de véhicule autonome Nissan, en 2014.

    On peut dès lors s’interroger sur la dénomination de ces véhicules : autonomes, vraiment ? André Gorz montrait déjà en 1973 à quel point l’automobile, qui dépend d’un approvisionnement en pétrole et d’une infrastructure gigantesque, reposait sur une autonomie largement fictive : « Ce véhicule allait obliger [l’automobiliste] à consommer et à utiliser une foule de services marchands et de produits industriels que seuls des tiers pouvaient lui fournir. L’autonomie apparente du propriétaire d’une automobile recouvrait sa radicale dépendance [7]. » La démonstration paraît encore plus probante pour ces véhicules qui ne pourraient « rouler tout seuls » qu’à la condition de modifier radicalement leur environnement en déployant autour d’eux un ensemble de macrosystèmes techniques.

    « Un moment de confort, dépourvu de stress, qui offre au consommateur son espace privé, des horaires flexibles, et presque aucune tâche de conduite » 
    Pour les entreprises, les véhicules dits autonomes participent pourtant de la « #mobilité_durable ». Leur argumentaire a largement été repris par le gouvernement : dans les « Neuf solutions de la nouvelle France industrielle » du président macron, les véhicules autonomes figurent en bonne place dans le volet « #mobilité_écologique ». Quels sont les arguments ? D’une part, l’interconnexion des véhicules et des infrastructures va réduire les embouteillages en permettant d’ajuster les itinéraires en temps réel. Ensuite, la conduite autonome, plus fluide, consommerait moins d’ #énergie. Surtout, le transport autonome serait porteur de la fameuse révolution de l’ #autopartage : on pourrait délaisser son véhicule personnel au profit des services de #robots-taxis en #covoiturage. Mais en analysant cette promesse, on constate qu’elle sert surtout à contrebalancer le principal problème que pose le transport autonome : le redoutable #effet_rebond, tel que les économies d’énergie procurées par une technique vont susciter l’augmentation de la consommation.

    Selon un rapport de Morgan Stanley, il paraît vraisemblable que les premiers véhicules autonomes opérationnels à grande échelle seront des #camions de transport routier. Ils seraient pilotés à distance sur des routes complexes et en conduite automatique sur autoroute ; ces camions pourraient circuler en convois, avec un seul chauffeur à la tête de plusieurs véhicules. Étant donné que la paie des chauffeurs représente environ 40 % du coût du transport, les grandes entreprises du secteur s’attendent à une baisse historique des prix, qui donnerait à la route un avantage certain par rapport au #ferroviaire [8]. Que ce soit pour du fret ou de la livraison, on aurait là une incitation à augmenter le nombre de marchandises en circulation, pour le plus grand profit des monopoles de la vente en ligne. Et comment les particuliers, les actifs surmenés par exemple, résisteraient-ils à la tentation de se faire livrer tout et n’importe quoi à domicile ?

    Selon ce même rapport, les véhicules autonomes pourraient concurrencer les transports en commun, d’une part en diminuant de deux tiers le coût d’un #taxi, d’autre part en rendant la voiture personnelle plus attractive : « Si l’automobile devient un moment de confort, dépourvu de stress, qui offre au consommateur son espace privé, des horaires flexibles, et presque aucune tâche de conduite, le consommateur pourrait échapper aux désagréments des transports publics en optant pour la “conduite” d’un véhicule autonome personnel. » La voiture autonome renforcerait ainsi le phénomène de suburbanisation, rendant acceptable de vivre plus loin de son travail en permettant à beaucoup de commencer leur journée dès l’aube dans une sorte de bureau privatif mobile. Elle permettrait à de nouveaux usagers — enfants, personnes très âgées — de se déplacer facilement, ce qui augmenterait encore, comme l’a confirmé une étude de l’université de Leeds, le nombre de véhicules sur les routes [9]. En gros, concluent les chercheurs, à partir du moment où il ne sera plus nécessaire de toucher le volant, les effets négatifs se multiplieront.


    Un prototype de voiture sans chauffeur d’Uber à San Fransisco, en novembre 2016.

    « Au plan environnemental, la voiture autonome est a priori catastrophique, puisqu’elle va faciliter le recours à l’automobile », confirme Bertrand-Olivier Ducreux, du service transport et mobilités de l’Agence pour l’environnement et la maîtrise de l’énergie (Ademe). Ce service est notamment chargé de l’appel à projets « expérimentation du véhicule routier autonome » qui subventionne les entreprises du secteur via le plan d’investissement d’avenir. « La position de l’ #Ademe, c’est de tenter d’orienter les véhicules autonomes vers une mobilité vertueuse, en faisant en sorte qu’ils soient utilisés comme un service d’autopartage. L’idéal, pour nous, c’est une navette de six, huit places sans conducteur. » Par exemple, un véhicule Uber sans chauffeur qui viendrait chercher plusieurs clients effectuant des trajets semblables.

    « Une solution efficace serait de réserver les véhicules autonomes aux systèmes de transport collectif plutôt qu’aux particuliers » 
    En admettant l’idée de confier l’avenir des transports collectifs à Uber et autres géants du net, la promotion de ces robots-taxis pourrait-elle suffire à enrayer ce qui ressemble à une étape de plus vers la #surconsommation ? Pour Thomas Le Gallic, chercheur en prospective au sein du laboratoire Ville Mobilité Transport, le pari est risqué. « Les études concluent que les véhicules autonomes pourraient aussi bien doubler que diviser par deux la consommation d’énergie associée à la mobilité des personnes. Mais l’augmentation semble plus probable, parce que les gens seront incités à faire des trajets plus longs. Pour moi, une solution efficace serait de réserver les véhicules autonomes aux systèmes de transport collectif plutôt qu’aux particuliers. Mais ce n’est pas la tendance qui se dessine. »

    Ainsi, loin de l’étiquette « mobilité écologique » sous laquelle les pouvoirs publics investissent dans les véhicules autonomes, il faudrait inverser le constat : pour que cette innovation ne soit pas catastrophique, il faudrait une politique extrêmement volontariste.

    Cela impliquerait que le gouvernement, de manière assez invraisemblable, décide de rendre la voiture personnelle prohibitive pour la remplacer par une ambitieuse politique de transports publics et de navettes. Est-ce vraiment le projet ? L’État prévoit-il de se donner les moyens de limiter drastiquement les ventes des constructeurs automobiles ? Est-ce vraiment ce qu’Emmanuel Macron avait en tête, lors de son discours de mars 2018 sur l’ #intelligence_artificielle, quand il déclarait vouloir mener la « bataille essentielle » de la voiture autonome parce que « la #France est une grande nation automobile, et nous y avons notre rôle historique » ?

    En mai 2018, l’État avait déjà dépensé près de 200 millions d’euros pour subventionner la #recherche en véhicules autonomes [10]. C’est sans commune mesure avec ce que pourrait ensuite coûter la mise en œuvre de la 5G, la refonte des infrastructures routières, les mesures de #cybersécurité, soit les investissements publics colossaux nécessaires à leur déploiement, auxquels il faut ajouter le coût social de la mise au chômage de plusieurs centaines de milliers de chauffeurs professionnels.

    Si l’objectif est de mener la « révolution de l’autopartage » et d’en finir avec la voiture personnelle, a-t-on besoin des véhicules autonomes ? Ces investissements ne pourraient-ils pas tout aussi bien servir à mener une aussi ambitieuse politique de transports collectifs avec conducteurs en finançant les trains, les bus et les navettes que réclament les habitants des campagnes et de la France périurbaine pour délaisser leur voiture personnelle ?

    Notes
    [1] « Minerals Drive the Auto Industry », American Mining Association, 10/02/14.
    [2] Cf. Revue Z, n° 12, « Trésors et conquêtes », Agone, 2018.
    [3] « Just one autonomous car will use 4000 GB of data per day », Network World, 7/12/16.
    [4] « Quand le stockage de données consommera plus d’énergie que le monde n’en produit », L’Usine nouvelle, 29/06/18.
    [5] « To Make Self-Driving Cars Safe, We Also Need Better Roads and Infrastructure », 14/08/18.
    [6] « Réinventer la mobilité urbaine et périurbaine à l’horizon 2030 », novembre 2017. Le Boston Consulting Group est une émanation du Forum économique mondial financé par 1.000 multinationales réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 3 milliards d’euros.
    [7] « L’idéologie sociale de la bagnole », Le Sauvage, automne 1973.
    [8] Blue Paper on Autonomous Cars, 2013.
    [9] « Self-driving Cars : Will They Reduce Energy Use ? », University of Leeds, 2016 ; « Will Self-driving Cars Be Good or Bad for the Planet ? », geekwire.com, 25/02/16.
    [10] Développement des véhicules autonomes : orientations stratégiques pour l’action publique, mai 2018.

  • La demande énergétique mondiale est sous-estimée, et c’est un vrai problème pour le #climat
    https://theconversation.com/la-demande-energetique-mondiale-est-sous-estimee-et-cest-un-vrai-pr

    Parfois appelé « paradoxe de Jevons », du nom du premier économiste à l’avoir étudié au milieu du XIXe siècle, l’effet rebond correspond à l’ensemble des mécanismes économiques et comportementaux qui annulent une partie, ou la totalité, des économies d’#énergie résultant des gains d’efficacité.

    Par exemple, si les ingénieurs parviennent à diminuer de moitié la consommation d’essence nécessaire pour parcourir un kilomètre en voiture, les automobilistes peuvent dépenser deux fois moins d’argent pour parcourir la même distance, mais ils peuvent aussi parcourir deux fois plus de kilomètres avec le même budget ! L’histoire nous montre que c’est la seconde option qui a été suivie, en augmentant au passage le poids, le confort, la vitesse maximale et la puissance des voitures.

    Ainsi, en abaissant le coût d’un service donné – s’éclairer, se déplacer, se chauffer, se nourrir, se divertir –, l’efficacité énergétique engendre un surcroît d’utilisation de ce service : on s’éclaire plus, on se déplace plus, on se chauffe, on se nourrit et on se divertit davantage grâce aux gains d’efficacité énergétique.

    Mais disposer d’un éclairage ou d’une voiture plus économe peut aussi pousser les consommateurs à utiliser une partie de leurs revenus pour acheter autre chose que de l’électricité ou de l’essence : par exemple, un billet d’avion ou bien un nouveau smartphone. Il en va d’ailleurs de même pour les entreprises, qui peuvent allouer à de nouvelles activités les revenus épargnés grâce à l’efficacité énergétique.

    À terme, ces changements de comportement peuvent modifier les prix et les incitations à investir dans telle ou telle infrastructure (le système routier plutôt que le système ferroviaire par exemple), et ainsi modifier encore un peu plus la consommation d’énergie.

    L’ampleur des effets rebonds est difficile à quantifier, mais une tendance se dégage dans les connaissances que nous avons de ce phénomène. Dans une étude récente, nous avons montré avec mes collègues que les preuves d’effets rebonds très significatifs étaient de plus en plus nombreuses : plus de la moitié des économies d’énergie résultant d’une amélioration de l’efficacité énergétique semble ne jamais se concrétiser dans la réalité…

  • Vinted, quand l’économie circulaire ne tourne pas rond, par Audrey Fisné (korii)
    https://korii.slate.fr/biz/consommation-vinted-vetements-recyclage-ecologie-economie-circulaire-fas

    Présentée comme un moyen de vider son armoire en donnant une seconde vie aux vêtements, la friperie en ligne encourage surtout à acheter toujours plus.

    #critique #recyclage #consommation #greenwashing #vêtements #mode #effet_rebond

    (ici depuis quelques semaines on tourne à fond avec Vinted, il faut avouer)

    • http://www.theses.fr/s171925

      La consommation collaborative est souvent présentée comme la nouvelle économie du partage et prône l’usage vs la propriété. Il semble pourtant que certaines pratiques collaboratives soient sources d’hyperconsommation et encouragent au contraire le consumérisme. Dans le cadre de la présente recherche doctorale, nous cherchons à identifier et comprendre les modalités de la montée en compétences marchandes des consommateurs. Nous étudions ce processus à travers les dispositifs sociotechniques dans le contexte de la consommation collaborative. Nos résultats révèlent que certaines pratiques collaboratives permettent l’expression de l’Homme-entrepreneur et alimentent la logique néolibérale plutôt que de la remettre en question. Ils montrent également que les dispositifs sociotechniques sont omniprésents et capables de former en masse des consommateurs, les amenant à se conduire tels des conso-marchands au sein d’une hétérotopie « consumériste ». Notre travail souligne en outre que les conso-marchandes étudiées, dans la pratique du vide-dressing, développent certes leur entrepreneurialité mais veulent néanmoins préserv er un espace entre le jeu et le sérieux pour continuer à « jouer à la marchande ».

      #entreprenariat #économie_collaborative #économie_circulaire #vinted #friperie #vide-greniers #vide-dressing

  • LED Lighting Has Become a Global Threat to Public Health | Alternet
    https://www.alternet.org/news-amp-politics/led-lighting-has-become-global-threat-public-health

    The hyper-aggressive marketing of bright, white LED street lighting to cities and towns has advanced to a breathtaking level. The US Department of Energy (DoE) and a group of international partners have launched an effort called ‘Rise and Shine: Lighting the World with 10 Billion LED Bulbs’ in ‘a race to deploy 10 billion high-efficiency, high-quality and affordable lighting fixtures and bulbs (like LEDs) as quickly as possible’. Ten billion is more than the number of people on the planet.

    In response to this relentless attack on night, the American Medical Association (AMA) stepped up and adopted an official policy statement in 2016. I was one of the co-authors of the AMA statement, in which my colleagues and I recommended reducing the brightness and blue content of the LED products being deployed by utilities around the country.

    The reaction from the DoE and the Illuminating Engineering Society of North America (IES) was swift and highly critical of the AMA’s audacity, asserting that the AMA was not qualified to make any statements on lighting. But this reaction was disingenuous because without the AMA statement, the nationwide retrofit would have continued unabated without regard to the environment or human health.

    Electric light can be a great benefit to people when used wisely. To get to the ‘used wisely’ part requires all the science happening now. But there must also be a desire for effective use of electric lighting on the part of government and the public. Recycling is now entrenched because children are being raised with new awareness. Water conservation has also become important; few people will leave the faucet running much longer than necessary. Yet some people think nothing of using more electricity than they actually need.
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    LED technology is not the problem, per se. In fact, LED will probably be a large part of the solution because of its versatility. The issue in street lighting is that the particular products being pushed by utility companies and the DoE are very strong in the blue – and they don’t have to be. Different LED products can be marketed that are much more friendly to the environment and our circadian health. This is of paramount importance when lighting the inside of buildings where we live and work.

    #Lumière #LED #Effet_rebond

  • Numérique : le grand gâchis énergétique
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/numerique-le-grand-gachis-energetique

    Ordinateurs, data centers, réseaux… engloutissent près de 10 % de la consommation mondiale d’électricité. Et ce chiffre ne cesse d’augmenter. S’il n’est évidemment pas question de se passer des progrès apportés par le numérique, les scientifiques pointent un mode de fonctionnement peu optimisé et très énergivore.

  • Du mercure marin dans les lacs de montagne pyrénéens / Actualités scientifiques / Actualités / OMP - OMP
    http://www.obs-mip.fr/actualites/actualites-scientifiques/mercure_poisson_pyrenees

    Le mercure marin ayant pour origine la nourriture utilisée en pisciculture peut se retrouver dans les lacs de haute montagne alevinés en truites élevées en plaine. C’est que vient de publier une équipe pluridisciplinaire toulousaine (CNRS-Université de Toulouse) associée à un biogéochimiste de l’IPREM (CNRS-Université de Pau) dans la revue Scientific Report. Ces résultats s’appuient sur des traceurs isotopiques qui ont permis de reconstruire l’histoire écologique individuelle de chaque truite ainsi que les processus ayant conduit à l’intégration du mercure dans leurs tissus.

    #mercure #truite #pyrenees #CNRS
    Et #effet_rebond ?

    Même pas besoin d’attendre la fonte du pergelisol…

  • LED Bulbs Are Making Light Pollution Much Worse
    https://news.nationalgeographic.com/2017/11/light-pollution-energy-LED-bulbs-spd

    As people across the globe are switching to LED lights in an effort to save energy and money, they may be making another problem worse.

    Light pollution has been a growing problem for decades, and the recent introduction of #LED (light emitting diode) bulbs has increased the amount of light coming from cities by a considerable amount.

    A global study led by Christopher Kyba from the GFZ German Research Centre for Geoscience, the results of which were published in Science Advances, found that the amount of artificial light coming from Earth’s surface at night has increased in radiance and extent by 2 percent every year for the past four years—driven by the rapid adoption of bright LEDs and development.

    http://advances.sciencemag.org/content/3/11/e1701528.full

    #éclairage #lumière #luminosité #pollution_lumineuse

  • Study reveals that green incentives could actually be increasing #CO2 emissions
    https://phys.org/news/2017-06-reveals-green-incentives-co2-emissions.html

    Recently published in Canadian Public Policy, Irvine’s study compared the incentives for producing EVs [electric vehicles] that are found in the Corporate Average Fuel Economy (CAFE) standards, North America’s fuel-efficiency regulations, with new EV subsidy policies in Ontario, Quebec and British Columbia.

    He found that, while the subsidies encourage the production of more EVs, they undermine the efficiency requirements of existing incentives for conventional vehicles. This results in a zero or negative near-term GHG benefit.

    “Sometimes you have more than one policy aimed at a particular goal, and usually those policies are complementary,” Irvine notes. “But in this case, they work at cross purposes.”

    #climat #voitures_electriques #effet_pervers

  • Revue Projet » Plus vite vers l’#autolimitation ? Contre le négationnisme accélérationniste
    http://www.revue-projet.com/articles/2016-11-arnsperger-plus-vite-vers-l-autolimitation-contre-le-negationn

    Chaque fois que, grâce à une avancée technologique, nous pourrions ralentir, nous accélérons. Cela s’appelle l’effet rebond. Celui-ci signifie qu’un progrès en termes d’efficience à l’unité se traduit souvent par un accroissement du nombre d’unités. Exemple paradigmatique : plus les #technologies de l’information promettent une #libération du temps grâce au raccourcissement des tâches, plus nous accroissons le nombre de tâches à faire en un temps donné. On n’a jamais été aussi débordé et encombré qu’après des décennies de « #progrès » dans la #productivité et l’efficacité[1] ! Qu’est-ce qui, en nous, crée cet appel d’air qui fait qu’une #économie de temps ou de ressources ne conduit quasiment jamais à un #désencombrement ? Pourquoi les #ressources, le temps ou l’espace libérés grâce à une rationalisation semblent-ils devoir être consacrés rapidement à de nouveaux usages encore inédits, engendrant autant sinon davantage de surcharge qu’avant ?

    Historiquement, aucun progrès technologique n’a jamais été mis à profit pour réduire la #consommation totale de ressources, d’espace ou de temps. Les avancées en efficacité ont invariablement servi, ou à permettre à une population donnée une consommation par tête plus élevée ou à rendre un niveau de consommation donné accessible à une population plus importante – et, très souvent, les deux à la fois. Finalement, le progrès technique a principalement servi à extraire, épuiser, occuper et remplir plus rapidement qu’avant nos ressources, nos espaces et nos jours.

    #décroissance

  • No Parking Here | Mother Jones
    http://www.motherjones.com/environment/2016/01/future-parking-self-driving-cars

    You’ve heard about how robocars are going to upend the economy. But have you thought about what they will do to urban space?

    grand article de prospective sur la #voiture_autopilotée, avec une partie très verte sur les aspects bénéfiques (fin de la bagnole, prise en mains possible des Uber and co par les municipalités, etc), et une partie plus sombre sur l’#effet_rebond

    • Les œufs de mer…

      Wind energy batteries on the seabed - Deutschland.de - Your link to Germany
      https://www.deutschland.de/en/topic/environment/resources-sustainability/wind-energy-batteries-on-the-seabed

      Some people have nicknamed it the #sea_egg. The official name of the project is StEnSea: Storing Energy at Sea. It is basically a hollow concrete sphere on the seabed designed to store excess energy and release it again as required.
      […]
      Ten engineers headed by the physicist Jochen Bard are working in Kassel to discover how to store the electricity generated offshore or near the coast with the aid of gigantic hollow spheres made of concrete. They are about 30 metres in diameter with walls around three metres thick. The idea is to anchor them 700 metres deep down on the seabed. In a similar way to that of pumped storage power plants on land, this method utilises the energy of flowing water. But instead of using huge storage basins, the hollow spheres on the seabed will serve as water storage vessels. The company Hochtief is the industrial enterprise involved in the project.
      The sphere is flooded whenever electrical power is needed. As the water streams in it drives a turbine that produces electricity which is fed into the grid. If there is an energy surplus in the grid, the water is pumped out of the sphere and the energy is stored until it is released again the next time the sphere is filled. In a model, 200 such spheres each drive a turbine. The individual spheres achieve 20 megawatts each. This means that a park with 200 spheres on the seabed would make four gigawatts available within a few hours for storage or equalisation.

      Il y a quelques années, j’avais lu un papier qui utilisait les données de production et de consommation allemandes ainsi que des hypothèses de répartition entre sources d’énergie. De mémoire, de leurs calculs il ressortait qu’il fallait pouvoir faire varier en quelques heures le niveau du lac de Constance de plusieurs mètres,…

    • Il me semble que c’est bouché depuis un moment les barrages, notamment à cause de l’énergie nucléaire qui ne peux pas être modulée selon la demande. (Du coup on vend notre électricité en surplus à nos voisins qui la stockent dans les barrages et on l’achète plus chère quand on a des creux :( )

    • C’est bien parce que l’énergie nucléaire n’est pas modulable qu’on l’utilisait à pomper l’eau en montagne. C’est la séparation, pour cause de directive européenne, entre production et acheminement qui a provoqué l’arrêt brutal de cet emploi. Ce qui n’était que transferts internes à EDF, avec les pertes en ligne et par effet Joule, a, du jour au lendemain, généré des facturations de RTE vers EDF pour l’acheminement du courant, à l’aller (pompage) et au retour (production hydroélectrique).
      Magie de la déconnexion des tuyaux et des contenus !

      Il se peut que ça ait changé depuis. Mais, il n’y a pas lieu d’être optimiste. D’après WP

      Pompage-turbinage — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Pompage-turbinage

      La France n’a qu’une centrale de plus de 1 000 MW, sa puissance totale en pompage/turbinage est de 5 098 MW (aucun grand projet en cours) :
      • Grand’Maison, Isère, 1 800 MW,,
      • Le Cheylas, Isère, 480 MW,
      • Centrale de La Coche, Savoie, 310 MW,
      • Lac Noir, Haut-Rhin, 50 MW,
      • Centrale de Montézic, Aveyron, 910 MW,
      • Centrale de Revin, Ardennes, 800 MW,
      • Superbissorte, Savoie 748 MW.

    • D’après le Bilan 2015 de RTE sur l’énergie renouvelable, 18% de la capacité hydraulique sur le réseau de transport vient de centrales STEP (pompage-turbinage)
      http://www.rte-france.com/sites/default/files/panorama_des_energies_renouvelables_2015.pdf
      (p. 55)

      Par ailleurs, les centrales dites « STEP » (les stations de transfert d’énergie par pompage), fonctionnant en cycles pompage-turbinage entre un réservoir inférieur et un réservoir supérieur, constituent un outil de stockage efficace contribuant à l’équilibre du système électrique. L’eau est pompée dans un réservoir lors des heures creuses pour être turbinée lors de la pointe de consommation. L’électricité produite par les STEP est renouvelable à 30 % dans la mesure où la remontée de l’eau préalable consomme de l’électricité. Cependant, les STEP améliorent le lissage de la courbe de charge, ce qui optimise l’utilisation du parc nucléaire en base et contribue à utiliser au mieux la production fatale d’énergie renouvelable. Ce moyen de production étant, par ailleurs, exploité à la pointe en substitution de centrales thermiques à combustible fossile, l’intérêt des STEP est aussi de réduire les émissions de CO2, de polluants atmosphériques tels que le SO2 ou les NOx, et les particules fines.

      Au 31 décembre 2015, la puissance de turbinage, qui traduit la puissance maximale de génération d’électricité, atteint près de 4,2 GW. La puissance de pompage, qui correspond à la puissance maximale consommée par l’installation pour transférer l’eau du bassin aval au bassin amont atteint 4,7 GW.

  • Au Canada, une société veut capturer le CO2 pour en faire du combustible

    http://www.lemonde.fr/climat/article/2016/04/27/au-canada-une-societe-veut-capturer-le-co2-pour-en-faire-du-combustible_4909

    L’air semble si pur sur la route côtière, sinueuse, qui mène de North-Vancouver à Whistler, en Colombie-Britannique. A mi-chemin, le village de Squamish est niché au fond d’une large baie, encadrée de sommets enneigés. Passé le yacht-club, un chemin se faufile entre le terrain d’une compagnie forestière et le terminal portuaire. Carbon Engineering a posé ses pénates juste avant la plage : le hangar et les quelques installations extérieures de son unité pilote réussissent déjà, après moins d’un an, à retirer de l’air ambiant 1 tonne de CO2 par jour, l’équivalent d’un vol Paris-New York aller-retour pour un passager.

    Plus de 90 millions de tonnes de CO2 sont émises chaque jour dans le monde. La petite société de Calgary (Alberta), dont le projet a été financé – entre autres – par Bill Gates, figure parmi les onze finalistes du prix Virgin Earth, récompensant les meilleures solutions d’élimination des gaz à effet de serre. Elle a de grandes ambitions : « aspirer » directement de l’atmosphère, d’ici à 2020, 1 million de tonnes de CO2 par an et le recycler pour produire 400 millions de litres de carburant synthétique, principalement pour le transport lourd (avions, camions, camionnettes…) avec de bons revenus à la clé, incluant la vente de crédits carbone.

    « La machine du progrès est en marche »

    Dans l’éventail des mesures de lutte contre les changements climatiques, celle-ci aurait l’avantage d’être facile à mettre en place, n’importe où, à grande échelle et à coûts raisonnables, affirme Geoffrey Holmes. Le directeur du développement de Carbon Engineering fait le constat qu’il sera « encore pour longtemps difficile de contrôler à la source les émissions de gaz à effet de serre qui ne proviennent pas de grandes industries polluantes mais du transport, de l’agriculture... » Autant, ajoute-il, capter ce carbone dans l’air, mais sans l’emprisonner sous terre, comme le font les unités de captage de carbone existantes.

    De nombreux scientifiques sont aussi convaincus que le retrait massif de CO2 dans l’atmosphère sera nécessaire. Ce que fait Carbon Engineering est « un premier pas démontrant que la machine du progrès est en marche », estime Klaus Lackner, directeur du Center for Negative Carbon Emissions de l’université d’Arizona. Et Alan Robock, professeur en climatologie à l’université Rutgers du New Jersey, voit d’un bon œil le projet canadien : « C’est l’une des premières tentatives pour capter le carbone dans l’air et l’utiliser pour faire un nouveau produit plutôt que l’enfouir. J’espère que de tels projets se développeront à grande échelle », déclare-t-il, tout en craignant que les coûts actuels, élevés, refrènent les ardeurs. Expert de l’atmosphère à la Carnegie Institution for Science de Stanford, Ken Caldeira s’interroge aussi sur la « viabilité commerciale du projet, expérimental pour l’instant ».

    Carbon Engineering a, en tout cas, déjà commencé à recycler le CO2 capté pour produire un carburant synthétique. Elle n’a pour l’heure que deux concurrents (le californien Global Thermostat et le suisse Climeworks) mais affirme « avoir une meilleure technologie ».

    Dans la cour de l’unité-pilote, qui a coûté 7 millions d’euros, trône la pièce majeure du système. Le contacteur est une boîte de 4 mètres de côté, dont 2 mètres d’entrées d’air, avec un gros ventilateur au-dessus. « Son design est celui d’une tour de refroidissement », souligne l’ingénieur chimiste Kevin Nold. Ici s’arrête la comparaison : au lieu d’eau chaude, le système utilise une solution d’hydroxyde de sodium ou potassium qui absorbe les trois quarts du dioxyde de carbone aspiré. Son prototype a été développé par David Keith, professeur de physique à l’université de Calgary qui a créé l’entreprise. Aujourd’hui enseignant à Harvard, il a été sacré « héros de l’environnement » par le magazine Time pour ses travaux sur les changements climatiques.

    Objectif : capter 100 000 tonnes de CO2 par an

    Du contacteur, le gaz carbonique est transféré dans le hangar adjacent pour être soumis à différentes réactions chimiques. A l’état de solide, il forme des boulettes beiges, comme de gros grains de sable. Avec 1 tonne de CO2 capté, on obtient 2 tonnes de boulettes. L’idée est de
    valoriser le produit. « L’unité-pilote a démontré qu’on peut capter le carbone, puis en chauffant les boulettes à 900 degrés Celsius, obtenir par réaction avec de l’hydrogène un combustible synthétique », note M. Holmes.

    La société a déjà récolté 7 millions d’euros d’investissements privés et autant de subventions publiques. Fin 2016, elle prévoit de se doter de son unité de production de carburant synthétique. « Le plan est de sortir un baril par jour avant d’entamer la vraie phase commerciale, souligne M. Holmes. Dès 2018, nous aurons une usine de captage de carbone et de recyclage en carburant. » Objectif : capter 100 000 tonnes de CO2 par an et produire 40 millions de litres de carburant pouvant alimenter en essence 25 000 véhicules par an. Puis multiplier par dix les volumes captés et le carburant produit.

    Sa mise en marché rapporterait 28 millions d’euros par an, à 1 dollar le litre de carburant. Sans compter les revenus tirés de la vente de crédits carbone. A 84 euros la tonne, 100 000 tonnes de CO2 retirées de
    l’atmosphère donneraient droit à 8,4 millions d’euros. « A terme, on pourra capturer dix fois plus de CO2 avec une seule unité, estime M. Holmes. Imaginez si l’on commence à en installer partout sur
    la planète ! »

  • American Cities Are Nowhere Near Ready for Self-Driving Cars | WIRED
    http://www.wired.com/2016/04/american-cities-nowhere-near-ready-self-driving-cars

    vehicle ownership and usage patterns will change, once we’re able to summon an autonomous car through an app and then shoo it away once it delivers us at our destination. Who’s going to own and operate those cars, and what will they do when not serving their owners? Park in the ‘burbs? Infinite-Uber-loop?

    It’s not an easy task, particularly because the technology is unprecedented and developing quickly. Researchers don’t even know yet, for instance, what autonomous cars will do to traffic volume. Marshall says that can swing either way.

    #urbanisme #autopilote #effet_rebond

    • Cela démontre une fois de plus (ni la première ni la dernière) que de nombreux « environnementalistes » se trompent toujours de combats, exactement comme pour les OGM.

      Et que dans plein de cas c’est vain de focaliser sa critique sur des « contre-expertises santé » qui seront suivi de « contre-contre-expertises », etc. Alors que les arguments principaux contre ces techniques (objets connectés, OGM, etc) devraient être sur l’autonomie, la démocratie (contre le cybernétisme), l’écologie (pollution amont et aval), l’anti-colonialisme (Congo…), la vie privée, et plein d’autres sujets. La santé n’étant qu’un des sujets parmi ceux-là, et que lorsqu’il n’y a pas de problèmes de santé prouvés : cela n’enlève absolument rien à tous les autres arguments.

      Moralité condensée : Ellul et Illich VS Belpomme.

      cc @bug_in @aude_v @touti @koldobika @nicolasm @fil etc et @pmo aussi même si c’est un RSS

      #ondes #vulgarisation #science #scepticisme #santé #électrosensibilité #téléphone_mobile #téléphone_portable #wifi

    • Perso, je ne crois plus a Ellul et Illich, et chacun pour des raisons différente. Illich parceque son terme de convivialité est bien vague (il sont ou précisément les seuils ?) et qu’on nous le ressort a toutes les sauces (y compris dans des perspectives qu’il n’aurait certainement pas validé). Ellul parce que son autonomie du système technicien je n’y crois plus, c’est le capitalisme qui use a fond de cette ressource et des fois les ingénieurs font un peu de résistance corporatiste, mais pas bcp plus. En plus Ellul a des propos que je voudrais vérifié sur l’homosexualité etc.
      Sans parler des aspects religieux de ses deux bonhomes.
      Le pharmachien a raison sur les questions de santé, et il est assez proche du sceptisme.
      Le problème d’une grande partie des critiques sociales, c’est ce que désigne @rastapopoulos elle se prennent les pieds dans le plat de la science, au lieu de faire des critiques politiques qui elle demeure vrai.
      Par ex. le Big data de ces compteurs qui permet d’évaluer la consommation des personnes malgré elle, et d’ainsi imaginer leur pratiques.
      De plus ça file du coton a toute la gauche parcequ’elle se retrouve en accointance avec du new age, des délires ésotériques, et parfois proche du conspirationnisme.

    • dans la liste des angles d’“attaque” j’ajouterais l’#effet_rebond, qui est une problématique propre à la technique et une impasse générale des discours sur la technique

    • Par exemple les autorités US (et sûrement ailleurs) traquent les plantations de cannabis de particuliers dans leur maison grâce à la consommation d’énergie. Je me demande ce qu’ils vont pouvoir faire avec une interconnexion plus forte

    • @bug_in :

      Pour Illich, je vois pas pourquoi il faudrait des seuils précis, et surtout je vois pas pourquoi ça devrait être forcément les mêmes seuils partout pour tout le monde : c’est plutôt à chaque société de définir le niveau d’autonomie ou de perte d’autonomie qu’elle voudrait. Mais ça n’a jamais été fait, ni jamais été fait démocratiquement, avec les gens ayant conscience des choix à opérer. Je ne crois pas que pour tel ou tel sujet il y ait toujours UN seuil précis (mais suivant le sujet, il peut sûrement en avoir où on arrive à définir des seuils précis plus objectifs…). Que ce soit pour l’automobile/les transports en général, ou pour la PMA, ou autre.

      Pour Ellul ses convictions religieuses ou sur la sexualité ne remettent pas spécialement en question ses arguments sur le système technicien, ce n’est pas vraiment lié. Quant à autonomie du système technicien VS autonomie du capitalisme… c’est un vieux et long débat, et perso je n’ai jamais tranché, je me suis toujours dit que c’était les deux. Mais ça se règle pas en 2 secondes. :)

      Mais sinon on est d’accord sur le reste. :D
      Il faut avant tout faire des critiques politiques (et/ou philosophiques, éthiques, morales, etc, mais bon on peut regrouper ça dans critiques politiques).

  • Avons-nous besoin d’une vitesse limitée sur l’internet ?
    http://www.internetactu.net/2015/12/01/avons-nous-besoin-dune-vitesse-limitee-sur-linternet

    Internet est-il trop centralisé ? Sommes-nous au bord de la congestion du réseau des réseaux ?… Ces alarmes reviennent régulièrement. En mai dernier, Martin Untersinger pour Le Monde revenait sur la crise de capacité (capacity crunch) mise en avant par la Royal Society britannique, l’équivalent de notre Académie des sciences. Pour Andrew Ellis, de l’université de Birmingham, les innovations n’arriveront…

    #écologie #biens_communs #communauté #empowerment #innovation_ascendante #innovation_sociale #mobilité #pays_en_développement #politiques_publiques #transitions #Usages

  • Sauvez la planète, tuez un lolcat - Les Inrocks
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/128764832926

    L’informatique et l’audiovisuel représentent un quart de la facture d’électricité d’un foyer français, soit deux fois plus que l’éclairage, rapportent les Inrocks. Si on en croit une présentation (.pdf) récente de Françoise Berthoud (voir également celle-ci .pdf) du groupement des ingénieurs et chercheurs pour réduire les impacts écologiques et sociétaux des TIC (EcoInfo), le numérique serait responsable de 2 à 5% des émissions de carbone dans le monde (plus que l’aviation civile) et consommerait 10% de la production mondiale d’électricité (en croissance de 7% par an). Derrière quelques éco-gestes qui vont à rebours de la fluidité de nos pratiques numériques, sourd une question de fond sur notre rapport à la connexion : pourquoi est-il devenu si simple de dépenser autant d’énergie ? 

    #transition #QNtransitions #écologie #développement_durable

  • Le comportement des habitants est inadapté aux écoquartiers - Actualité Weka
    http://www.weka.fr/actualite/developpement-durable/article/comportement-habitants-inadapte-aux-ecoquartiers


    Voilà ce qui arrive quand on décide que les #sociologues ne servent à rien...

    Ainsi, les locataires du quartier de Bonne à Grenoble n’utilisent pas les coupeurs de veille de la télévision et du lecteur de DVD, de crainte d’éteindre involontairement leur ordinateur ou internet. Ou bien ils les transforment en interrupteurs : pour une lampe d’appoint, afin de ne pas devoir se baisser pour l’éclairer, ou pour allumer la guirlande de Noël.

    Le revêtement de sol écologique en marmoleum des appartements s’entretient avec très peu d’eau et sans détergent. Pourtant, la majorité des foyers le lessivent avec des produits ménagers, ce qui dégrade les sols. Les produits de nettoyage provoquent une réaction chimique qui émet une odeur spécifique, perçue négativement. Pour l’éviter, ils utilisent encore davantage de produit ménager (jusqu’à cinq fois plus), ou placent des diffuseurs électriques de parfum dans leur salon. L’innovation technique devient alors donc contre-productive, à la fois sur les plans économique et écologique.

  • La découverte d’une particule cousine du boson de Higgs pourrait rendre nos ordinateurs 3000 fois plus puissants

    http://www.huffingtonpost.fr/2015/07/17/decouverte-particule-fermion-weyl-ordinateurs-puissants_n_7817072.htm

    Elle existait théoriquement depuis 85 ans mais personne ne l’avait jamais observée. On ne parle pas ici d’un quelconque yéti ou monstre du Loch Ness, mais d’une « particule élémentaire », le fermion de Weyl. En dehors de la prouesse scientifique, cette découverte pourrait augmenter drastiquement... la puissance de nos ordinateurs et smartphones.

    C’est une équipe de l’université de Princeton qui a réussi à observer cette particule en laboratoire, pour la première fois. Pourtant, le physicien Hermann Weyl avait prédit son existence dès 1929, via des calculs mathématiques. Un peu comme pour le Boson de Higgs. À l’instar des bosons, les fermions sont les composants élémentaires de la matière.

    Dans leur article publié dans le journal Science, les chercheurs expliquent avoir pu observer cette particule grâce à un cristal bien particulier, composé de tantale et d’arsenic.

    Mais qu’est-ce qui rend cette particule si unique ? Il y a plusieurs différences très techniques, mais c’est surtout son absence de masse qui interpelle. A l’inverse de son cousin l’électron, le fermion de Weyl n’est pas simplement léger : il ne pèse rien, tout simplement.

    C’est un gros avantage par rapport à l’électron, utilisé comme « moyen de transport » des données dans toute l’électronique moderne. Car celui-ci, à cause de son poids, peut se perdre s’il trouve un obstacle sur sa route. Mais dans ce cristal bien particulier, les fermions de Weyl ne se perdent jamais. « C’est comme s’ils avaient un système de GPS et pouvaient voyager sans jamais se disperser », précise Zahid Hasan, qui a dirigé les recherches.

    De plus, cette particule ne génère pas de chaleur. L’électron si. Or, la chaleur est une des limites principales de nos ordinateurs. Pour le chercheur, « ces deux caractéristiques pourraient être une aubaine pour le futur de l’électronique, notamment dans le développement d’ordinateurs quantiques », des ordinateurs plus de 3600 fois plus puissants que nos classiques PC.

  • Dans son ouvrage “Je crise climatique”, la journaliste de Mediapart Jade Lindgaard explore notre aveuglement face à l’impact de nos « vies fossiles » sur l’environnement : « Un jour, je me suis sentie égoïste ».

    Je ne crois pas du tout à l’idée d’une « conversion » à l’écologie, cela n’a rien à voir avec la révélation religieuse. On devient écolo par couches de lectures, de conversations, de chocs face à des destructions scandaleuses, d’actions de résistance. C’est un processus intellectuel et affectif.

    http://www.regards.fr/web/jade-lindgaard-sur-l-ecologie-un,7910

    #climat #environnement #écologie

  • « Internet, la pollution cachée » de Coline Tison et Laurent Lichtenstein

    http://www.editionsmontparnasse.fr/presse/communiques/internet_la_pollution_cachee

    Si internet était un pays, il serait le cinquième consommateur mondial d’électricité. Entre 1990 et 2003, notre monde virtuel a produit cinq millions de giga-octets de données. En 2011, il fallait 48 heures pour générer cette même quantité. En 2013, il faut seulement dix minutes…
    Alors qu’on ne cesse de s’émerveiller devant les supposés bénéfices en matière d’écologie de ce monde virtuel (moins de papier, de supports physiques), quels sont les coûts réels sur notre environnement du réseau mondial, qui ne cesse de croitre de façon exponentielle ? Et quelles solutions existent pour une consommation plus responsable ?

    #internet #pollution

  • L’écologie à l’envers ou comment ne pas voir plus loin que le bout de son nez. A moins que ça ne soit juste un coup de pub pour vendre leur camelote ?
    http://www.courrierinternational.com/article/2014/12/03/une-entreprise-sans-papier-jusque-dans-les-toilettes

    (Sinon, je me disais à part moi que je serais incapable de travailler sans pouvoir prendre des notes, gribouiller pendant les réunions, faire ma liste de courses à la pause... je me sentirais totalement bridée sans possibilité d’écrire. Et que tout ça ressemble à une sorte de dictature.
    Le papier devenant clandestin, le stylo une arme de résistance... Il y aurait de quoi construire une histoire, là. Y a-t-il un romancier dans la salle ?)

  • « La Troisième Révolution » de Rifkin n’aura pas lieu - Libération
    http://www.liberation.fr/terre/2014/10/21/la-troisieme-revolution-de-rifkin-n-aura-pas-lieu_1126521

    L’idée de Troisième Révolution industrielle part d’un constat apparemment juste : ce sont les lois de l’#énergie qui gouvernent l’activité économique, or la crise actuelle marque l’essoufflement des trajectoires énergétiques du passé. L’#énergie_fossile et les terres rares qui ont fait le succès économique de notre civilisation s’épuisent. La dette entropique, issue de l’activité économique passée, s’accumule beaucoup plus rapidement que la #biosphère n’est capable de l’absorber. « Cette situation grave nous force à réévaluer fondamentalement les postulats qui ont guidé notre conception de la productivité. Désormais, il faudra mesurer celle-ci d’une façon qui prendra en compte à la fois l’efficacité thermodynamique et les conséquences entropiques », souligne Rifkin. Ce constat est connu et accepté, c’est lorsqu’il livre ses solutions que le prospectiviste états-unien devient un habile prestidigitateur, voire un dangereux prophète de l’abîme.

    Comme la Première Révolution industrielle, qui serait née au XIXe siècle de la machine à vapeur et de l’imprimerie, ou la Deuxième, qui aurait vu au XXe siècle la convergence du moteur à combustion avec la communication électrique, la Troisième Révolution industrielle devrait surgir naturellement de la « jonction de la communication par Internet et des #énergies_renouvelables », nous explique Rifkin. Elle sera arrimée sur une série de technologies plus ou moins futuristes comme l’hydrogène et les imprimantes 3 D qui doivent permettre de transformer chaque immeuble en usine et en microcentrale, mais aussi sur l’utilisation optimale des énergies renouvelables grâce à des « réseaux intelligents ».

    Pourtant, cette prospective, qui réjouit les gouvernements et les dirigeants des grandes entreprises, n’est qu’une fable, pire elle nous enferme dans des impasses en continuant de croire que les solutions du passé résoudront les problèmes du présent. La « révolution industrielle » fonctionne, d’abord, comme un mythe, elle est un élément de la #propagande ordinaire qui cherche à adapter les vieilles lunes industrialistes à l’heure de l’#écologie. A l’inverse, nous annonçons que la Troisième Révolution industrielle n’aura pas lieu ! D’ailleurs, les deux premières, qui sont censées l’avoir précédée, n’ont pas eu lieu, non plus. L’expression révolution industrielle a été forgée vers 1830 par des économistes marqués par le souvenir de la Révolution de 1789 pour décrire les mutations de l’économie anglaise, mais c’est d’emblée un mythe qui insiste sur le rôle déterminant des techniques (la vapeur), le « génie » de quelques inventeurs (James Watt) et la rapidité du processus. Tous les travaux historiques ont montré depuis qu’il ne s’agissait pas d’une révolution, que le processus fut au contraire lent et graduel, très variable, que la machine à vapeur n’occupa pendant longtemps qu’un rôle très secondaire et marginal.

    La thèse de la Troisième Révolution industrielle et tous ceux qui vantent le capitalisme numérique restent enfermés dans une vision simpliste des technologies et de leurs effets. Ils oublient de penser les rapports de pouvoir, les #inégalités sociales, les modes de fonctionnement de ces « macrosystèmes » comme les enjeux de l’autonomie des techniques et des techno-sciences, sans parler de la finitude des ressources et de l’ampleur des ravages écologiques réels de ce #capitalisme soi-disant immatériel. Malgré la fausseté et le simplisme de son analyse, il n’est pas surprenant que tout le monde célèbre Rifkin et ses prophéties. Grâce à son rêve technologique, il n’est plus nécessaire de penser aux impasses de notre trajectoire, à nos vrais besoins, il suffit de s’en remettre aux grandes entreprises, aux experts et aux entrepreneurs high-tech de toutes sortes qui vont nous offrir les solutions techniques pour sortir de l’impasse.

    Outre que ce projet intellectuel est largement illusoire, il est aussi antidémocratique car il s’appuie sur les experts et les seuls décideurs en laissant de côté les populations invitées à se soumettre, à accepter avec reconnaissance le monde ainsi vanté dans les médias. C’est un des paradoxes de cette Troisième Révolution industrielle : censée promouvoir un pouvoir « latéral », décentralisé et coopératif, elle fait appel à des forces hautement capitalistiques. Censée réduire les consommations d’énergie, elle repose sur des systèmes numériques hautement sophistiqués, virtuellement centralisés et dévorateurs de métaux rares, via des serveurs géants actionnés par une poignée d’entreprises mondiales qui récoltent au passage des données personnelles sur les heureux utilisateurs. Censée reposer sur la généralisation des énergies renouvelables, elle ne calcule ni la matière ni l’énergie nécessaires pour édifier ces machines. Cette nouvelle utopie technicienne est #hors-sol et invente un nouveau mythe qui rejoint celui de la #transition énergétique, conciliant l’inconciliable : croissance verte autoproclamée et pénurie de matière, entropie et expansion miraculeuse des énergies, liberté individuelle et société de #contrôle.

    Mais peut-être est-ce le secret de l’annonce répétée de la Troisième Révolution industrielle : éviter les remises en cause, résorber les contestations qui s’élèvent en renouvelant l’utopie des technologies salvatrices qui résoudront naturellement tous les problèmes. Le succès du rêve de Rifkin vient, en définitive, de son aspect rassurant, de ce qu’il nous berce d’illusions, il est le visage intellectuel de la technocratie écologique en gestation. Il correspond au désarroi d’une immense majorité de nos contemporains qui attendent des techniciens qu’ils façonnent le nouveau monde, clés en main, en les dotant toujours plus en smartphones et en écrans plats. Cette nouvelle #servitude volontaire vient peut-être de ce que nous sommes toujours plus avides de confort et aussi toujours davantage privés du goût de la vraie liberté : celle dont il est possible de jouir sans la moindre prothèse et sans le moindre risque d’addiction.

    Dominique BOURG Université de Lausanne,
    Alain GRAS Socio-anthropologue des techniques, Paris-I,
    Hervé KEMPF Rédacteur en chef de Reporterre,
    Noël MAMÈRE Député de Gironde,
    Joël DECARSIN Membre fondateur de Technologos ,
    Agnès SINAÏ Fondatrice de l’Institut Momentum sur l’anthropocène,
    François JARRIGE Historien,
    Frédérick LEMARCHAND Socio-anthropologue,
    Jean-François HÉROUARD Maire-adjoint à l’aménagement durable de Cognac Hélène TORDJMAN Maître de conférence en économie

    #fausses_solutions #système_technicien #administration_du_désastre #effet_rebond #contre-productivité