• Le compteur prépayé, machine de misère énergétique des Britanniques pauvres Tristan de Bourbon Correspondant de La Libre à Londres

    Quelque 3,2 millions de Britanniques détenteurs de ce type d’appareil ont vu leur gaz ou leur électricité coupés l’an dernier. Ils n’avaient plus les moyens financiers d’approvisionner leur compte.

    Bien que le thermomètre ne dépasse pas deux degrés, Richard Betts sort de chez lui en chaussettes. Ce chauffeur de taxi londonien de 50 ans va inspecter d’urgence son compteur à gaz, situé dans une armoire blanche, à côté de la porte de sa maison. “Il reste… 3,29 livres sterling” (3,75 euros), annonce-t-il après avoir appuyé sur le bouton rouge du compteur. “Cela ne tiendra pas jusqu’à ce soir, il va falloir que je sorte bientôt pour remettre de l’argent.”

    La famille Betts possède un compteur prépayé pour sa consommation de gaz. Ses membres doivent donc se rendre régulièrement dans un commerce voisin pour remettre des crédits sur la carte donnée par l’entreprise SSE, leur fournisseur de gaz. La carte doit ensuite être insérée dans la fente du compteur pour que leur crédit soit comptabilisé. “Cela fait beaucoup pour un jeudi soir, vu que j’ai déjà payé 60 livres (69 euros) depuis lundi”, maugrée-t-il en sortant trois fiches de paiement de son portefeuille. L’inflation navigue entre 9 % et 11,1 % depuis le mois d’avril 2022, avec un tarif du gaz payé par les particuliers multiplié par 3,4 et celui de l’électricité par 2,2 depuis septembre 2021.

    Installation obligatoire pour les ménages endettés
    Avec deux salaires, le couple ne se dit pas à plaindre. “Nous ne partirons pas en vacances cette année et, en raison de la hausse folle des prix de l’alimentation. J’épluche les sites des supermarchés pour savoir lequel fait des promos sur les produits dont nous avons besoin”, précise Kelie, 46 ans, qui travaille à mi-temps comme caissière dans un grand magasin et comme aide-soignante auprès de handicapés. L’inflation des produits alimentaires s’est élevée à 16,8 % en décembre 2022, selon le Bureau national des statistiques. “Néanmoins, les enfants ont de quoi manger et nous pouvons payer nos factures.” Mais pas à n’importe quelle condition : “J’éteins le chauffage pendant la journée et je positionne le thermostat à 18 degrés lorsque nous rentrons du travail ou les enfants de l’école. Et si j’ai froid le soir lorsque je lis sur le canapé, je branche la couverture électrique.”

    Nombre de concitoyens de la famille Betts ne bénéficient pas de telles conditions, aussi spartiates paraissent-elles. En particulier, une grande partie des près de 10 millions de Britanniques qui disposent aussi d’un compteur prépayé, pour le gaz ou l’électricité, parfois les deux. Leur nombre augmente d’ailleurs constamment : 160 000 personnes devraient se faire installer un compteur prépayé contre leur volonté avant la fin de l’hiver par suite de la requête judiciaire de leur fournisseur d’énergie, selon un rapport de l’organisation caritative Citizens Advice. Ils étaient déjà 600 000 dans ce cas en 2022.

    Les fournisseurs d’énergie imposent en effet l’installation, payante, d’un compteur prépayé lorsque leurs clients contractent une dette trop importante vis-à-vis d’eux et qu’ils ne parviennent pas à la rembourser. Ce compteur a une conséquence immédiate : le gaz ou l’électricité de ces foyers s’arrêtent automatiquement peu après que leur crédit est épuisé. “Les clients utilisant des compteurs prépayés sont beaucoup plus susceptibles de rationner leur énergie, en reportant le rechargement de leur carte pour économiser de l’argent au détriment du chauffage et de la nourriture”, explique Peter Hutton, l’un des responsables de l’organisation caritative StepChange.

    Front commun contre les compteurs prépayés
    De fait, 3,2 millions de personnes ont vu leur électricité ou leur gaz coupés en 2022 parce qu’ils étaient financièrement incapables de remettre des crédits sur leurs cartes, dont 600 000 pendant plus de vingt-quatre heures, toujours selon Citizens Advice. Enfin, 860 000 sont coupés au moins une fois par semaine. Concrètement, ils ne peuvent alors plus se chauffer, cuisiner, se laver, garder leur réfrigérateur allumé,... Le rapport de Citizen Advice détaille des exemples concrets, comme celui d’un homme coupé d’électricité pendant une semaine alors que l’insuline nécessaire à son diabète doit être réfrigérée. Ou encore de une femme célibataire et ses deux enfants, restés sans gaz et donc sans chauffage pendant quatre jours.

    Les fournisseurs ne sont pas autorisés à imposer un compteur prépayé à un foyer où réside un malade de longue durée ou un handicapé et ils se sont engagés à ne pas couper l’accès à l’énergie cet hiver aux familles avec enfants. Ces obligations et ces promesses ne sont pourtant pas respectées. Ainsi, 130 000 foyers incluant un malade ou un handicapé ont vu leur accès à l’énergie coupé au moins une fois par semaine, selon Citizens Advice. Ces abus expliquent les appels de nombreuses organisations caritatives, de plusieurs députés, du parti travailliste, mais aussi du tabloïd The Sun à interdire l’installation forcée de compteurs prépayés cet hiver. Sans que le gouvernement conservateur de Rishi Sunak juge nécessaire de répondre à leurs inquiétudes : le Premier ministre estime que l’État a déjà fait tout son possible après que son prédécesseur Boris Johnson a attribué une aide annuelle exceptionnelle de 400 livres (455 euros) à tous les Britanniques, qui s’élève jusqu’à 1 200 livres (1 365 euros) pour les plus pauvres.

    Source : https://www.lalibre.be/international/europe/2023/01/29/le-compteur-prepaye-machine-de-misere-energetique-des-britanniques-pauvres-D

    #Angleterre #pauvreté #énergie #électricité #gaz #compteur #compteur_prépayé #dette

  • Scandale Orpea : dans sa réédition des « Fossoyeurs », Victor Castanet révèle les pressions et les manipulations subies lors de son enquête
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/01/25/scandale-orpea-dans-sa-reedition-des-fossoyeurs-victor-castanet-revele-les-p

    Le journaliste indépendant fait le récit, dans dix nouveaux chapitres, du « jeu de ces acteurs de l’ombre qui peuvent agir pour empêcher que l’information sur un groupe coté en Bourse n’arrive jusqu’au grand public ».

    .... Ces officines expertes en filatures ont au moins suffisamment renseigné les dirigeants du groupe sur le travail de Victor Castanet pour qu’ils effacent certains dossiers ou traces dans les ordinateurs. Et préparent leur défense.

    #enquête #livre #Ehpad, un festival #Orpéa #intelligence_économique #Avisa_Partners #communication #Élysée trouvé là https://justpaste.it/7n3wy

  • Électricité « 50 ou 100% » gratuite pour les boulangers : la CGT énergie lance une action de solidarité
    https://www.revolutionpermanente.fr/Electricite-50-ou-100-gratuite-pour-les-boulangers-la-CGT-energ

    Ce lundi, les boulangers manifestent contre les conséquences de la crise énergétique et une hausse du coût de l’énergie qui les étouffe et menace de nombreux établissements de fermetures et des travailleurs de licenciement.

    A cette occasion, la CGT énergie a décidé de lancer une opération de solidarité avec les boulangers. Comme l’explique Renaud Henry, secrétaire général CGT Énergie Marseille, à RMC : « Concrètement, c’est une manipulation sur le compteur pour que les boulangers puissent avoir un tarif soit 50% soit 100% gratuit. »

    #boulangeries #cgt #solidarité #électricité

  • Total, fruit d’un accord entre la bourgeoisie française et son État, nourri au pillage des colonies
    https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2023/01/23/total-fruit-dun-accord-entre-la-bourgeoisie-francaise-et-son

    La grève dans les #raffineries Fin septembre 2022, les travailleurs de plusieurs raffineries en France, surtout celles de Total, se sont mis en grève pour les salaires. L’initiative en revenait à la #Fédération_de_la_Chimie CGT, qui espérait, à quelques mois du congrès confédéral, renforcer ainsi son image d’aile radicale de la CGT. La confédération a suivi, espérant que cette grève, qui aurait un écho en bloquant la distribution des carburants, lui permettrait d’apparaître comme la confédération la plus combative, peu avant des élections professionnelles importantes dans la fonction publique. Et cela, sans courir le risque d’être débordée, car c’est un secteur que la #CGT contrôle bien. Le mouvement n’a touché qu’une minorité des travailleurs des raffineries, mais il a eu des conséquences importantes, en (...)

    – La #grève dans les raffineries
    – Fusion de #Total et #Elf
    – Elf, ministère français du #pétrole en #Afrique
    – Luttes entre impérialismes rivaux
    – La #guerre_du_Biafra
    – La #guerre civile du #Congo-Brazzaville
    – L’heure des grands regroupements
    – Total reste le ministère du pétrole
    #impérialisme #France

  • Elinor Ostrom : une économiste pour le XXIe siècle | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/eloi-laurent/elinor-ostrom-une-economiste-xxie-siecle/00103648

    Il apparaît de plus en plus clairement que l’enjeu économique majeur de notre siècle est la réinvention de la coopération sociale en vue d’accomplir la transition écologique. Il y a dix ans presque jour pour jour disparaissait Elinor Ostrom, dont les travaux foisonnants ont éclairé cet enjeu d’une puissante lumière d’espoir.

    « Je suis née à Los Angeles, en Californie, le 7 août 1933, et j’ai grandi pendant la Grande Dépression. Heureusement, notre maison disposait d’une grande cour arrière où nous avons installé un potager et des arbres fruitiers. J’ai appris à cultiver des légumes et à mettre en conserve des abricots et des pêches pendant la chaleur de l’été. »
    Ainsi, Elinor Ostrom décrit-elle les premières années de sa vie, en mêlant subtilement épreuve sociale et ressources naturelles.

    De condition modeste, elle est la première de sa famille à accéder à l’université et parvient à financer ses cours à UCLA en travaillant pour s’engager immédiatement après dans la vie active sans entreprendre de trop onéreuses études doctorales.

    En butte au sexisme ordinaire de l’Amérique des années 1950, elle parvient à s’élever dans la hiérarchie d’une entreprise locale qui, selon ses dires, « n’avait jamais embauché une femme à un autre poste que secrétaire ». Elle décide alors de reprendre ses études universitaires, non sans mal. Voici le récit édifiant qu’elle fait de sa tentative d’entreprendre un doctorat d’économie :

    « Mes premières discussions avec le département d’économie de UCLA concernant l’obtention d’un doctorat furent assez décourageantes. Je n’avais pas suivi de cours de mathématiques en premier cycle parce que l’on m’avait déconseillé, en tant que fille, de suivre au lycée d’autres cours que l’algèbre et la géométrie. Le département d’économie m’ôta l’envie de toute réflexion sur la possibilité d’un doctorat. »
    « Le département de sciences politiques était également sceptique quant à l’admission de femmes à son programme doctoral, craignant pour sa réputation, poursuit-elle. J’ai cependant été admise [en sciences politiques], avec trois autres femmes, parmi 40 lauréats. Après avoir commencé notre doctorat, on nous a fait savoir que le corps enseignant avait eu une réunion houleuse au cours de laquelle notre admission avait fait l’objet de vives critiques. »
    Comment préserver les ressources naturelles

    On l’ignore généralement, mais l’un des tout premiers articles publiés dans la revue qui allait devenir pour longtemps la référence mondiale de la discipline économique, l’American Economic Review, a été écrit par une femme et portait sur les enjeux environnementaux. Katharine Coman se proposa en effet en 1911 d’examiner les problèmes d’action collective liés à l’irrigation dans l’Ouest américain, problèmes d’une actualité brûlante aujourd’hui et qui occuperont Ostrom au cours de son doctorat consacré à l’étude de la gestion de l’eau en Californie.

    Ostrom élargit progressivement son sujet pour répertorier puis analyser systématiquement les institutions qui permettent (ou ne permettent pas) une exploitation soutenable des ressources naturelles. Comment font les pêcheurs de homards du Maine, aux Etats-Unis, pour se répartir équitablement les droits de pêche tout en prenant soin de cette ressource halieutique qui est la garantie de leur niveau de vie ? Voilà concrètement ce qu’Ostrom veut tirer au clair.

    La révolution des communs dont elle sera à l’origine est à la fois une avancée, mais aussi une redécouverte de formes parfois très anciennes de coopération humaine dans le domaine des ressources naturelles (notamment la gestion de l’eau).

    Garett Hardin a montré en 1968 avec sa « tragédie des communs » que des individus n’écoutant que leur intérêt personnel courraient à la ruine collective en croyant s’enrichir, et que seules la privatisation des ressources naturelles ou l’intervention d’une autorité extérieure étaient en mesure de produire et d’imposer des normes pour infléchir ces comportements autodestructeurs, et sauvegarder la prospérité commune.

    Les travaux d’Ostrom (à commencer par Governing the commons : The Evolution of Collective Action, publié en 1990) vont démontrer, à l’inverse, que les institutions qui permettent la préservation des ressources par la coopération sont engendrées par les communautés locales elles-mêmes. C’est donc une double invalidation de l’hypothèse de Hardin : la coopération est possible, et elle est autodéterminée.

    Eviter la « tragédie des communs »

    Ostrom part d’une découverte fondamentale faite en laboratoire au moyen de « jeux » : les individus coopèrent beaucoup plus que ne le présuppose la théorie standard. Elle va vérifier cette intuition, sur le terrain, à travers le monde.

    Dans des centaines de cas minutieusement documentés, les humains parviennent à éviter la « tragédie des communs » en construisant des règles collectives dont les piliers sont la réciprocité, la confiance et la justice. Qu’il s’agisse de rivières à préserver de la pollution, de forêts qu’il faut exploiter raisonnablement tout en les entretenant, de poissons qu’il faut pêcher avec modération pour leur permettre de se reproduire, de la Suisse au Japon, des systèmes d’irrigation espagnols aux systèmes d’irrigation népalais, les humains se montrent capables de coopérer pour préserver, conserver et prospérer.

    A partir de ses observations de terrain, Ostrom va s’attacher à définir les grands principes, au nombre de onze, d’une gestion soutenable des ressources communes (pages 37-38).

    Expériences de laboratoire, travail de terrain, dispositifs empiriques, cadre théorique : Lin Ostrom jongle, à pied d’œuvre dans son Atelier de l’université de l’Indiana, avec les méthodes et les approches, entre science politique, psychologie sociale et études environnementales pour renouveler en profondeur la discipline économique et nous transmettre une formidable leçon d’espoir quant à la poursuite de l’aventure humaine sur la planète.

    Oui, l’intelligence collective humaine peut tout, à condition de comprendre que la technologie d’avenir dans laquelle nous excellons est l’innovation sociale. Lin résume le sens de ses travaux ainsi :

    « Concevoir des institutions pour contraindre (ou inciter) des individus parfaitement égoïstes à parvenir à de meilleurs résultats du fait de leurs interactions sociales a été l’objectif majeur assigné aux gouvernements par les chercheurs au cours du dernier demi-siècle. »
    « De substantielles recherches empiriques me conduisent à affirmer que l’objectif central des politiques publiques devrait plutôt être de faciliter le développement d’institutions qui font ressortir ce qu’il y a de meilleur chez les humains, estime-t-elle. Nous devons nous demander comment des institutions polycentriques variées peuvent décourager ou favoriser l’innovation, l’apprentissage, l’adaptation, la fiabilité, la coopération pour parvenir à des situations plus équitables et soutenables à des échelles multiples. »
    Adam Smith a mis au jour au XVIIIe siècle la fabrique de la richesse économique, Marx en a dévoilé au XIXe siècle les rouages inégalitaires, Keynes a fait de l’Etat, au XXe siècle, le grand mécanicien de l’ordre social. Trois siècles de perfectionnement de la mécanique économique qui débouchent sur la destruction de la biosphère.

    L’économie d’Elinor Ostrom, centrée sur la coopération sociale-écologique, est organique, en prise directe avec notre siècle où les humains se redécouvrent vivants parmi les vivants.

    #Communs #Elinor_Ostrom

  • Sur les pavés, la campagne
    https://metropolitiques.eu/Sur-les-paves-la-campagne.html

    Les campagnes électorales continuent de rythmer la vie politique. Laurent Godmer montre ainsi comment elles mobilisent les #partis, les élus et les candidats et mettent à l’épreuve leur ancrage territorial. Les pavés historiques de la rue Mouffetard et de la place Monge accueillent le chaland et les touristes : comme d’autres quartiers commerçants de #Paris, ces lieux sont un théâtre politique quand des campagnes électorales se déroulent et que les militants battent le pavé. C’est là, dans le 5e #Terrains

    / Paris, #élections, #mobilisation, partis, #élus_locaux, #élections_municipales, #maires

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-godmer.pdf

  • How the #Davos #elite took back control - UnHerd
    https://unherd.com/2023/01/how-the-davos-elite-took-back-control

    There is a reason governments often seem so willing to go along with these policies, even in the face of widespread societal opposition: which is that the WEF’s strategy, over the years, hasn’t just been to shift power away from governments — but also to infiltrate the latter.

  • L’ « altruisme affectif », une philosophie de merde pour les plus débiles des possédants. Donc, si vous entendez parler d’« #altruisme_affectif », sortez votre révolver.

    #Sam_Bankman-Fried, accusé de fraude à l’encontre des 9 millions de clients de #FTX, se réclamait de l’altruisme effectif, un mouvement philosophique utilitariste. La chute du fondateur et son arrestation entraînent une remise en question au sein du mouvement, très apprécié des #milliardaires de la #Silicon_Valley.

    L’altruisme effectif se retrouve, bien malgré lui, sous les feux des projecteurs. Sam Bankman-Fried, le fondateur de FTX, qui se réclamait de cette philosophie, attend son procès dans la maison de ses parents à Palo Alto. Il est soupçonné d’avoir commis « l’une des plus grandes fraudes financières de l’histoire des Etats-Unis », selon les autorités.
    Avant l’effondrement de sa plateforme de cryptomonnaies, les portraits élogieux abondaient pourtant dans les médias outre-Atlantique. « Sam Bankman-Fried a amassé 22,5 milliards de dollars avant ses 30 ans en profitant du boom des cryptomonnaies - mais il n’y croit pas vraiment. Il veut juste que sa fortune subsiste assez longtemps pour tout donner », écrivait le magazine « Forbes » en 2021. « Mon objectif est d’avoir de l’impact », répétait l’entrepreneur. A l’époque, il n’avait donné qu’une fraction de sa fortune, 25 millions de dollars, soit 0,1 %. Mais il espérait donner bien davantage un jour, disait-il. Depuis sa chute, l’ex-milliardaire a laissé entendre - dans une conversation qu’il croyait privée avec une journaliste de Vox - qu’il jouait surtout un rôle pour soigner son image.
    L’implosion de FTX remet en cause les fondements de l’altruisme effectif. Ce mouvement, né à la fin des années 2000 au Royaume-Uni, s’inspire largement des travaux de Peter Singer, un philosophe australien. Mais c’est aux Etats-Unis, dans la Silicon Valley en particulier, qu’il remporte ses plus francs succès.
    L’altruisme effectif s’inspire de la théorie économique classique. Il reprend notamment la notion d’utilité, qui correspond au bien-être d’un individu, et la transpose au domaine de la philanthropie. L’altruisme effectif s’efforce de maximiser le bonheur collectif, en distribuant l’argent de la façon la plus efficace possible. Il considère que cet impact peut être mesuré précisément, en années de vie ajustées en fonction du bien-être ressenti. Parmi les solutions privilégiées par les altruistes effectifs figurent notamment des ONG qui distribuent des moustiquaires imprégnées d’insecticide dans des pays en développement. Une façon d’améliorer la qualité de vie du plus grand nombre de personnes possibles à moindre coût. Mais les altruistes effectifs se laissent parfois aller à des débats abscons : ils débattent par exemple de l’impact exact du déparasitage sur la qualité de vie. Faut-il financer le déparasitage dans les pays pauvres, ou financer des études pour mesurer sa traduction en années de vie prospère ?
    Dans un libre publié l’été dernier, « What We Owe the Future », William MacAskill expose des idées long termistes. Le livre a été partagé par #Elon_Musk sur Twitter avec pour commentaire : « Cela vaut la peine de le lire. C’est très proche de ma philosophie. » Il n’est pas le seul, parmi les milliardaires de la tech, à se passionner pour ces idées.
    « Il y a une religion dans la Silicon Valley (long termisme, altruisme effectif et autre) qui s’est persuadée que la meilleure chose à faire ’pour l’humanité’ est de mettre autant d’argent que possible dans le problème de l’AGI », l’IA générale, relève Timnit Gebru, spécialiste de l’éthique dans la tech. « C’est la religion des milliardaires, elle leur permet de se sentir vertueux. La plupart sont des hommes blancs, très privilégiés » poursuit la chercheuse, qui a quitté #Google en l’accusant de censure.
    Les altruistes effectifs consacrent des sommes folles à des projets qui ne porteront leurs fruits que dans des dizaines d’années, au mieux. Ils investissent ainsi dans l’#IA ou la recherche médicale pour réduire les chances d’extinction de l’humanité. Ce qui donne lieu à des calculs très hypothétiques. « Si des milliers de personnes pouvaient, avec une probabilité de 55 %, réduire les chances d’extinction de l’humanité de 1 %, ces efforts pourraient sauver 28 générations. Si chacune de ces générations contient chacune 10 milliards de personnes, cela représente 280 milliards de personnes qui pourraient vivre des vies florissantes », écrit l’association 80.000 Heures sur son site.
    Sam Bankman-Fried, étudiant, était convaincu par l’altruisme effectif. Végan, il envisage d’abord de consacrer sa vie au bien-être animal, mais une rencontre avec #William_MacAskill le persuade d’aller dans la finance. Il commence comme #trader à Wall Street, avant de créer Alameda Research, qui tire profit des différences de prix entre le bitcoin en Asie et en Amérique.
    Frustré par les inefficacités sur les marchés des cryptos, il fonde FTX en 2019, toujours obsédé par l’impact. « Pour moi, ce que signifie [l’altruisme effectif], c’est gagner le maximum d’argent pour donner le maximum à des organismes charitables parmi les plus efficaces au monde », déclare-t-il à CNBC en septembre 2022. Depuis la faillit, William MacAskill a pris ses distances : « S’il a fait un mauvais usage des fonds de ses clients, Sam n’a pas écouté attentivement. » La fondation 80.000 Heures, qui prenait en exemple la carrière de Sam Bankman-Fried, écrit : « Nous sommes ébranlés [...], nous ne savons que dire ni penser. » Au-delà du manque à gagner pour les organisations liées à l’altruisme effectif, la chute de FTX risque de remettre le mouvement en question. Il était temps, disent les détracteurs de cette #philosophie un peu trop sûre d’elle-même.

    (Les Échos)
    #fraude_financière #intelligence_artificielle #cryptomonnaie

  • Berlin : Die Stadt des unbefleckten Konsums
    https://www.berliner-zeitung.de/mensch-metropole/teure-mieten-haessliche-viertel-homophobe-leute-berlin-ist-einfach-

    13.8.2022 von Finn Job - „Mach ein Ende, Putin, mach endlich ein Ende!“, war das Erste, das wir vernahmen, sowie wir dem Bus entstiegen. In Steglitz gibt es nämlich eine Obdachlose, die tagein tagaus einen Einkaufswagen vor sich herschiebt und schreit. Auf dem Wagen, in dem sie ihr Hab und Gut verwahrt, kleben neben russischen Flaggen Pappschilder mit kyrillischer Schrift. Die Frau hat ein rotes, aufgedunsenes Gesicht und ähnelt auch in ihrer sonstigen Erscheinung einer zerlumpten Version von Gerhard Schröder.

    Sie bettelt nach der Bombe, fleht Putin an, Deutschland zu vernichten, und niemand beachtet sie.

    #Berlin #Anekdote #Original #Elend

  • Crise de l’énergie : « L’électricité abondante est un fantasme »
    https://reporterre.net/Crise-de-l-energie-L-electricite-abondante-est-un-fantasme

    Le règne de l’électricité s’est fondé sur un mythe d’abondance et d’une électricité non polluante, expliquez-vous dans votre livre. Le risque de pénurie pourrait-il nous faire reprendre conscience de ses limites ?

    Gérard Dubey — J’ai un petit doute. Lorsque je participe à des jurys d’admission aux grandes écoles, je m’amuse à demander aux candidats à quoi marchent leurs téléphones. Ils répondent qu’ils marchent à l’information, aux données, à internet, mais pratiquement jamais à l’électricité. Cette image hors-sol de l’électricité est complètement intériorisée. On a l’impression que l’électricité est comme l’air que l’on respire. C’est une des clés de son pouvoir de séduction.

    Alain Gras — Ce fantasme est très profond. Le terme de « fée électricité », qui a été inventé à l’Exposition universelle de 1889, est très parlant. On appose un masque sur ce vecteur énergétique, qui nous apparaît comme quelque chose de magique.

    Gérard Dubey — Cet effet « magique » innocente l’électricité. C’est ce qui la rend pure à nos yeux, décarbonée, désirable.

    La production d’électricité n’est pourtant pas exempte de pollutions…

    Alain Gras — En apparence, l’électricité nous fait échapper aux énergies fossiles. Ce n’est pas du tout le cas. Nous sommes toujours dans une société thermo-industrielle. En Chine, où sont produites nos voitures électriques, 73 % de l’électricité provenait du charbon en 2021, et 61,8 % de l’électricité était encore produite à partir d’énergies fossiles dans le monde. C’est insensé.

    « Il y a un rapport d’une violence inouïe de l’électricité avec la Terre »

    Nickel, lithium, cobalt… Tous les éléments nécessaires aux systèmes électriques se trouvent par ailleurs dans les entrailles de la Terre. Et certains, comme le cuivre, vont venir à nous manquer. Il y a un rapport d’une violence inouïe de l’électricité avec la Terre. Elle nous emmène à attaquer notre maison terrestre de plus en plus profondément.

    Comment cet imaginaire « extra-terrestre » de l’électricité s’est-il construit, historiquement ?

    Gérard Dubey — Cet imaginaire rejoint une des aspirations profondes de la modernité : une conception de l’existence débarrassée de toutes contraintes, qu’elles soient sociales ou associées à la nature. L’idée d’un individu insulaire, hors-sol, qui s’affirme peu à peu dans la modernité, est l’un des points d’appui de cette illusion.

    Derrière tout cela, il y a également un sentiment de culpabilité par rapport au corps, aux sens, au plaisir que l’on peut tirer de cette existence. On trouve, derrière le développement du numérique une forme de puritanisme, une relation au monde sans contact, avec cette idée que le corps est impur, qu’il est lié à la contamination, la pollution. On met de la distance partout, même là où on n’en aurait pas besoin. Dans les entreprises, on communique par mails ou textos d’un bureau à l’autre, en avançant des arguments fallacieux de gain de temps, alors qu’il suffit très souvent d’échanger deux mots de manière directe pour résoudre des problèmes.

    #nucléaire #dématérialisation #production_électrique #électricité #abondance

  • Inside El Salvador’s brutal gang crackdown
    https://unherd.com/2023/01/inside-el-salvadors-brutal-gang-crackdown

    Since then, more than 60,000 people have been imprisoned — 1% of the entire population — adding to another 40,000 already in jail. It’s a mass incarceration comparable with some of the harshest regimes and wars in history — the equivalent of locking up more than three million in the United States in under a year.

    Outside the Mariona prison, in the northern outskirts of the capital San Salvador, hundreds of family members are gathered, mostly mothers and wives, waiting to pass on packages of rice, cornflakes, soap and even prison uniforms to their loved ones. Javiera Maricela, 37, describes how police and soldiers called on her house in a farming village in April and took away her 20-year-old son, saying he would be processed and returned. She has had no contact with him since and does not know if he is still in that prison, let alone alive.

    #ElSalvador

  • L’objectif du gouvernement, entend-on en boucle, serait « l’équilibre du système de retraite à l’horizon 2030 »…

    Tout cela n’est qu’un tissu de mensonges. Il est certes avéré que c’est là un mode de communication habituel des gouvernements. Ils endossent l’un après l’autre le rôle de gestionnaires au service des intérêts de la #bourgeoisie en faisant mine d’être au-dessus de la mêlée. Mais, cette fois, prétendre que cette #réforme serait une nécessité pour « sauver le #système_des_retraites par répartition » potentiellement en déficit dans l’avenir relève du matraquage idéologique.

    Non, le système des retraites n’est pas en #déficit. Le très officiel #Conseil_d’orientation_des_retraites, le #COR, l’a affirmé dans son rapport annuel, la caisse est bénéficiaire de 3,2 milliards en 2022, et si un déficit se creuse dans les années à venir, il sera minime et fonction de la manière de calculer. Et surtout, comme cela s’est immédiatement vu depuis la reprise d’après-Covid, il suffit pour que les caisses se remplissent que des chômeurs soient embauchés, les salaires augmentés, ce qui ferait croître les cotisations, salariales comme patronales. Mais #Élisabeth_Borne s’est défendue de vouloir « augmenter le coût du travail » en touchant si peu que ce soit aux cotisations. Et, malgré les déclarations sur l’égalité femmes-hommes, le salaire toujours inférieur des premières constitue lui aussi un manque à gagner pour les caisses de retraite.

    Il n’y a rien qui justifie cette réforme, pas plus que les précédentes qui ont déjà aggravé les conditions de départ et le niveau de pension en instituant des décotes. Des milliers de manifestants ont déjà montré dans les rues leur colère face à chaque projet s’attaquant aux retraités futurs et actuels. Les sondages confirment que l’opposition de la population travailleuse se maintient et augmente.

    Le vrai « totem » est dans la volonté explicite de Macron, et derrière lui de la classe capitaliste, de prendre sur la part des richesses consacrée aux vieux travailleurs pour financer la bonne santé des financiers, malgré les crises économique ou sanitaire. Sous forme d’aides au #grand_patronat, qu’elles se nomment CICE, « quoi qu’il en coûte » ou suppression des impôts de production, cette logique de vases communicants est inacceptable.

    Le #financement de la retraite des travailleurs, qui ont créé de longues années durant les richesses de la société et les profits des capitalistes, devrait être à la charge de ces derniers, d’une manière ou d’une autre. Des organisations ouvrières dignes de ce nom, loin de chercher à négocier le moindre mal, devraient d’abord rappeler ce principe, et appeler à s’opposer, par tous les moyens, à cette #contre-réforme. Si elles ne le font pas, car leur attitude jusqu’à présent tient de l’attentisme passif, c’est en tout cas aux travailleurs qu’il revient de relever le gant face à cette attaque contre l’ensemble de la classe ouvrière.

    https://journal.lutte-ouvriere.org/2023/01/04/retraites-une-riposte-indispensable_465047.html

    #lutte_de_classe

  • Caroline Yadan @CarolineYADAN
    8:24 AM · 3 janv. 2023
    https://twitter.com/CarolineYADAN/status/1610175309650837505

    En route pour Tel-Aviv !
    Avec la délégation parlementaire ns partons visiter Israel,ce beau pays démocratique au cœur du Moyen-Orient :Knesset,Aff. étrangères,Planet Tech,Yad Vashem, poste frontière Gaza, Centre Shimon Peres pour la paix, Dôme de fer…
    Vaste programme à venir !

    Caroline Yadan , députée Renaissance
    https://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/fiche/OMC_PA795046

    • Ersilia Soudais (députée LFI)

      Doit-on vous rappeler, Madame, que le gouvernement d’Israël est un gouvernement d’extrême-droite, et que l’extrême-droite se combat où qu’elle soit ?
      Votre propagande est honteuse.
      Pourquoi mentionner @ElnetFr ? C’est ce lobby pro-sioniste qui vous paie ce voyage ?

      #OnVousVoit

      Ce à quoi la dame d’En marche répond subtilement :

      Ma chère collègue @ErsiliaSoudais votre haine obsessionnelle d’Israel et le vocabulaire radical que vous employez sont, somme toute, assez inquiétants.
      Je veux croire qu’il s’agit d’ignorance.
      A moins que ce ne soit le reflet d’autre chose ? La question est posée.

      Krkrkr, dans le thread, un député du Front national se plaint que son parti n’a pas été invité :

      Sans les députés du @groupeRN_off !
      Amis d’#Israel et nombreux à avoir des liens forts avec l’état hébreu, nous avons pourtant toute notre place dans cette delegation.🇫🇷🇮🇱

      #ce_beau_pays_démocratique

    • Délégation parlementaire en Israël
      13 janvier, 2023
      https://elnetwork.fr/delegation/delegation-parlementaire-en-israel

      Pour la première fois en 2023, ELNET a organisé une délégation composée de 15 députés français du groupe Renaissance en Israël. L’objectif était de montrer la réalité de la démocratie israélienne aux participants, de déconstruire les préjugés loin des caricatures et des anathèmes et de promouvoir les Accords d’Abraham auprès de parlementaires nouvellement élus et/ou qui ne se sont jamais rendus en Israël.

      #ELNET

      “““““““““““““““““““““““““““""
      Interview de Caroline Yadan vers 36:50
      https://www.youtube.com/watch?v=gEI8c4vJQEY

  • En Espagne, un vaste trafic de déchets vers l’Afrique de l’Ouest démantelé
    https://www.france24.com/fr/europe/20230103-en-espagne-un-vaste-trafic-de-d%C3%A9chets-vers-l-afrique-de-l-ou

    Les douanes et la Garde civile espagnoles ont « démantelé » une « #organisation_criminelle qui, durant les deux dernières années, avait réussi à envoyer depuis l’île (espagnole) de la Grande Canarie vers l’Afrique plus de 5 000 tonnes de #déchets_dangereux d’appareils électroniques, obtenant un bénéfice économique de plus d’un million et demi d’euros », a indiqué le ministère des Finances dans un communiqué.

    Ces déchets contiennent des substances et des gaz qui abîment la couche d’ozone et contribuent au réchauffement climatique, ajoute le communiqué. 

    Ils étaient envoyés par bateaux, « principalement » en Mauritanie, au Nigeria, au Ghana et au Sénégal.

    Les autorités ont arrêté 43 personnes « pour des délits présumés contre l’environnement, faux et usage de faux, et appartenance à une organisation criminelle ».

    Cette dernière « retirait les déchets de la filière légale » à l’aide d’une « supposée entreprise de gestion qui falsifiait des documents sur la provenance et la gestion », ont détaillé les autorités.

    Ces déchets étaient ensuite présentés comme des articles d’occasion pour être envoyés à ces pays africains.

  • En Bretagne, manifestation contre “l’usine à saumons”
    https://radioparleur.net/2022/12/16/en-bretagne-manifestation-contre-lusine-a-saumons

    Dans les Côtes-d’Armor, à Plouisy, environ 200 personnes ont manifesté le 10 décembre contre un projet “d’usine à saumons”. Depuis plus d’un an, c’est le collectif “Dourioù Gouez” [“eaux sauvages” en breton] qui lutte contre ce projet de “ferme-usine à saumons” porté par l’entreprise norvégienne Smart Salmon, et soutenu par la Communauté d’agglomération. Une lutte […] L’article En Bretagne, manifestation contre “l’usine à saumons” est apparu en premier sur Radio Parleur.

  • La Syrie paralysée par les pénuries de carburants
    https://www.lemonde.fr/international/article/2022/12/26/la-syrie-paralysee-par-les-penuries-de-carburants_6155704_3210.html

    « La situation à Damas est désormais comme dans les autres villes du pays : on a une heure d’électricité puis cinq heures de coupure. Il est devenu quasi impossible de se procurer du mazout pour les générateurs ou de l’essence pour les véhicules, sauf à des prix exorbitants au marché noir, ce qui a conduit à une paralysie généralisée. Le gouvernement dit que c’est à cause des sanctions américaines », dit un Damascène qui a requis l’anonymat.
    [...]
    A défaut de recettes, le régime syrien multiplie les mesures d’austérité, alors que 90 % de la population vit déjà sous le seuil de pauvreté. En février, 60 000 familles ont été retirées du système de carte de rationnement qui permet aux Syriens d’acheter des produits subventionnés – carburants et produits de première nécessité – chez des commerçants agréés. Les rations énergétiques sont de plus en plus contingentées, alors même que le prix des carburants a augmenté quatre fois au cours de l’année. Avec un salaire mensuel moyen d’environ 20 euros, la plupart des ménages syriens n’ont plus les moyens de se fournir au marché noir, où le litre de carburant a doublé à 2 euros le litre.

    La pénurie de carburants a provoqué de rares manifestations contre le régime Assad à Souweïda, dans le sud du pays, le 4 décembre. Leur répression a fait deux morts et des dizaines de blessés. « La crise a éclaté avec la dégradation de la fourniture en électricité et les pénuries de carburants. Cela affecte l’approvisionnement en eau, qui arrive par un système de pompes, et le prix des denrées alimentaires. On n’achète plus de viande ni de fruits », commente un habitant de Souweïda qui a requis l’anonymat. Pour la saison hivernale, le gouvernement a distribué 50 litres de mazout par famille à prix subventionné. « Ce n’est rien, il faut 200 litres à une famille pour se chauffer tout l’hiver. Certaines vont chercher du bois en forêt », poursuit-il.

    Jusqu’à dix ans de prison
    Dans cette région agricole, des exploitants mettent la clé sous la porte. « La culture de blé n’est plus rentable : le prix de production est trop élevé », ajoute l’habitant de Souweïda. Faute de farine, des boulangeries privées ont fermé dans tout le pays. Les commerces et industries tournent au ralenti. « On travaille trois jours par semaine, bientôt deux. Les employés n’ont pas d’essence pour venir et il n’y a pas d’électricité. Si on se procure du mazout au marché noir, le gouvernement nous accuse d’alimenter la contrebande », déplore un industriel de la région de Damas. Les contrevenants s’exposent à des peines pouvant aller jusqu’à dix ans de prison.

    Les beaux quartiers de Damas ne sont plus épargnés. « Par chance, j’ai reçu mes 50 litres de mazout à prix subventionné, mais ils ont arrêté la distribution il y a deux semaines, certainement parce qu’ils n’ont plus de stock. J’en ai donné la moitié à un ami qui a des enfants. Ni moi ni mes voisins n’avons les moyens d’en acheter au marché noir », confie le Damascène, qui vit dans le quartier de Mazzeh. Début décembre, le ministre du pétrole indiquait que seulement 40 % des Syriens avaient reçu cette allocation.

    L’habitant de Mazzeh fait tout à pied dans la capitale syrienne. « Beaucoup de fonctionnaires, eux, vivent en banlieue. Ils passaient quatre à six heures dans les transports, dépensant des fortunes pour se rendre au bureau. Les bus affrétés par le gouvernement n’avaient parfois plus d’essence », dit-il. Les taxis, qui ne reçoivent plus que 40 litres d’essence à prix subventionné par mois, sont hors de prix. « Bon nombre de gens n’utilisent plus leur voiture et vendent leur part d’essence subventionnée – 25 litres par mois – à un prix inférieur au marché noir pour avoir un revenu stable. Ils peuvent en retirer 250 000 livres syriennes, le double de leur salaire de fonctionnaire », ajoute-t-il.

    Fin du monopole étatique
    « Sans solution politique, la situation va empirer à cause des sanctions américaines. La population en paie le prix, pas le gouvernement et ses profiteurs de guerre. Le gouvernement veut privatiser le secteur énergétique pour augmenter les prix et offrir une solution sur le dos de la population », estime l’habitant de Souweïda. En décembre, l’annonce a été faite de l’ouverture prochaine de stations essence de la société BS Company for Oil Services dans cinq provinces, alimentant ces spéculations. La société privée a été autorisée à doubler les prix de l’essence et du mazout qu’elle vend, pour le moment, en petites quantités hors du secteur subventionné.

    L’arrivée de cette société sur le marché fin 2018 avait mis fin au monopole étatique sur l’importation, la vente et la distribution de produits pétroliers. Enregistrée au Liban, la société, qui est liée, selon le journal économique en ligne Syria Report, aux frères Baraa et Hossam Katerji, a désormais un quasi-monopole sur l’importation de pétrole. Ce clan, originaire de la province d’Alep, a mis la main sur le secteur à la faveur de la guerre, organisant notamment les réseaux de contrebande de pétrole entre le nord-est de la Syrie et les zones du régime, après avoir joué les intermédiaires entre les forces kurdes, le régime syrien et l’organisation Etat islamique.
    Sous sanctions américaines, la fratrie Katerji est aussi associée à une autre société qui gère des raffineries de pétrole et produit des dérivés pétroliers. En décembre, elle a vendu la moitié des parts à une société enregistrée en Russie, propriété d’un homme d’affaires syro-russe dont elle est proche. Selon l’expert Karam Shaar, « il y a des signes indiquant que les Katerji essaient de trouver d’autres routes d’approvisionnement, peut-être la Russie, qui cherche de nouveaux débouchés à son pétrole du fait des sanctions internationales ».

    #Syrie #rationnement #pénurie #électricité #carburant #farine #pauvreté #révolte

  • Neues zur Wiederholungswahl - Berlin.de
    https://www.berlin.de/wahlen/pressemitteilungen/2022/pressemitteilung.1277012.php

    Pressemitteilung vom 20.12.2022

    Europarat entsendet Wahlbeobachter

    Der Kongress der Gemeinden und Regionen des Europarats (KGRE) wird Wahlbeobachter zur Berliner Wiederholungswahl am 12. Februar 2023 entsenden. Dies kündigte der Landeswahlleiter für Berlin, Stephan Bröchler, auf seinem YouTube-Kanal an: „Ich hatte angeregt, dass wir Wahlbeobachter sowohl des KGRE als auch der Organisation für Sicherheit und Zusammenarbeit in Europa (OSZE) einladen. Da ich die Einladung als Landeswahlleiter selbst nicht aussprechen kann, danke ich der Senatorin für Inneres, Digitalisierung und Sport, Iris Spranger, und dem Auswärtigen Amt, dass sie meinen Vorschlag in die Tat umgesetzt haben. Zugesagt hat bereits der KGRE, die Antwort der OSZE steht noch aus.

    Nach der Pannenwahl von 2021 habe Berlin Vertrauen eingebüßt, funktionierende demokratische Wahlen zu organisieren, so Bröchler: „Mit der Wahlwiederholung können wir zeigen, dass wir aus Fehlern gelernt haben und Vertrauen in die Demokratie zurückgewinnen werden. Deshalb möchten wir uns der Beurteilung durch unabhängige Wahlbeobachtung stellen.“

    Landeswahlleiter begrüßt Entscheidung des Landesverfassungsgerichts

    Als Landeswahlleiter und als Landesabstimmungsleiter begrüßt Stephan Bröchler die Entscheidung des Landesverfassungsgerichts, dass Wiederholungswahl und Volksentscheid an verschiedenen Terminen stattfinden. Die Klage der Trägerin des Volksbegehrens auf Zusammenlegung der Termine ist gescheitert. Der Senat hatte den 26. März 2023 als Termin für den Volksentscheid festgelegt. Stephan Bröchler: „Zwei Aspekte sind mir wichtig: Erstens hat das Verfassungsgericht festgestellt, dass die Trennung der Termine nicht zu beanstanden ist. Zweitens hat das Gericht ausgeführt, dass die Entscheidung auf sachlichen und organisatorischen Erwägungen beruht.“

    Landeswahlleiter unterstützt Projekt „Erstwahlprofis“

    Der Landeswahlleiter will sich außerdem dafür engagieren, junge Bürgerinnen und Bürger Berlins für Wahlen zu gewinnen. Um eine drohende Generationenlücke zu schließen, bedürfe es einer Offensive für die 18- bis 25-Jährigen: „Diesem Ziel hat sich das Projekt Erstwahlprofis der Bertelsmann Stiftung und des Hauses Rissen verschrieben. Gemeinsam mit der Landeszentrale für Politische Bildung unterstütze ich das Projekt.“ Das Haus Rissen schult wahlberechtigte 18- bis 25-jährige Erstwählerinnen und Erstwähler für ihren Einsatz als Wahlhelfende bei der Wiederholungswahl am 12. Februar und beim Volksentscheid am 26. März 2023.

    Weitere Informationen die angeordnete Wiederholungswahlen betreffend, finden Sie auf der Homepage des Landeswahlleiters https://www.berlin.de/wahlen .

    #Berlin #politique #élections #2023

  • Die Sklavin
    https://www.berliner-zeitung.de/kultur-vergnuegen/die-sklavin-li.300678

    25.22.2022 von Hanna Lakomy - Eigentlich wollte ich dieses Jahr keine Kolumne mehr schreiben. Eigentlich wollte ich den Kopf abschalten, aussteigen aus der Tretmühle des Denkens. Mein Projekt, als fille publique zur öffentlichen Intellektuellen zu werden, auf winterliches Eis legen. Champagnerkühler-Eis. Nur noch Escort sein den Rest des Jahres. Ich habe dieses Jahr genug gesagt. Ich will bloß nicht zu viel sagen und mich ständig zu allem äußern, sonst komme ich noch auf den fatalen Gedanken, relevant zu sein. Oder, noch schlimmer, ich werde relevant. Denn dieser Kelch ist bisher an mir vorübergegangen.

    In der Ruhe meiner beständigen Verworfenheit war ich zu einem Escort-Date für eine Nacht in den Sperrbezirk München gereist, und alles war ganz und gar wundervoll. Am Morgen danach hatte ich Zeit, mein Zug ging erst gegen vier, und so entschied ich mich, die freien Stunden im luxuriösen Wellnessbereich dieses 5-Sterne-Palastes zu verbringen, der, wie alle 5-Sterne-Hotels, mehr als mein heimischer Schreibtisch, mein Arbeitsplatz ist. Sperrbezirk hin oder her.

    Denn für die anderen, die auch arbeiten in so einem Palast, sehe ich aus wie ein ganz normaler Hotelgast, eine Geschäftsreisende (Oh, durchaus!), die Gattin eines reichen Geschäftsreisenden oder viel mehr die heimliche Geliebte eines solchen – denn wie eine dieser blonden, großen Trophy Wives sehe ich nicht aus. Das sollte ein geübter Concierge erkennen. Ich sehe auch nicht aus, wie man sich landläufig ein High Class Escort vorstellt (außer man nimmt gerade die bekannteste Prostituierte Deutschlands als Vorbild). Kein noch so geübter Blick eines Concierge könnte das erkennen. Nur ich erkenne immer die anderen Escorts. Wir erkennen unseresgleichen. Aber wir verraten uns nicht.

    Dass ich kein Gast bin, sondern auf der anderen Seite stehe, bei den Service-Dienstleistern hier, vergesse ich nie. Meine Solidarität gilt dem Personal. In keinem Hotel, keinem Restaurant kann ich das vergessen. Ich sehe mit Befremden, wenn die Gäste das Personal behandeln wie ihre persönlichen Diener, wie ihr Eigentum. Auf der Toilette meines Lieblingsrestaurants Nobelhart & Schmutzig hängt eine Kaligrafie mit der Warnung: A man who is nice to you, but not nice to the waiter, is not a nice man. Weise Worte.

    Dasselbe gilt natürlich auch für weibliche Gäste. Als ich an der Spa-Rezeption stand, um mir einen Schrankschlüssel im Umkleideraum geben zu lassen, gewahrte ich zwei distinguierte Münchenerinnen – Gattinnen, ohne Zweifel, um diese vormittägliche Stunde – die ihrem Ärger Luft machten, dass die Spa-Rezeption nicht besetzt sei. Personalmangel, nicht selten seit der Pandemie!, mischte ich mich ein (und ahmte ihren Dialekt nach, um mich zu tarnen). Mag sein, nörgelte die eine, aber trotzdem darf so etwas nicht passieren. Nicht an so einem Ort!

    An so einem Ort, ja, da haben die Menschen ihre Ansprüche. Und ich genoss diesen Ort der Anspruchsvollen, der aller Anspruchsvollsten, für die das Beste gerade gut genug ist. Ich warf den üppigen, flauschigen Bademantel auf eine der mit edlem Leinen gepolsterten Poolliegen, spazierte über Marmorboden und tauchte in das unverschämt warme Wasser, das dem eisigen Wintertag draußen keine Zugeständnisse machte. Ich badete meinen Luxuskörper, auch dies so ein Ding für die Anspruchsvollen, die aller Anspruchsvollsten, diesen mit Champagner begossenen Teufelsbraten von einem Körper, und wusch meine Sünden im Chlorwasser – nicht ab.

    Der Junge

    Da im Wasser schwamm etwas – es war Kinderspielzeug. Suchend sah ich mich nach dem dazugehörigen Kind um. Es ließ nicht lange auf sich warten. Dort, von den Duschen, kam tänzelnd und laut juchzend ein Junge, an der Hand einer Frau. Er war vielleicht acht Jahre alt, vielleicht auch älter. Es war schwer zu sagen. Sein Betragen passte eher zu dem eines Kleinkindes. Er quietsche laut vor Vergnügen.

    Die Frau – seine Nanny – erblickte mich, und nahm dankbar das Spielzeug entgegen. Dankbar umso mehr, als ich es ihr hochreichte, sodass sie sich nicht zum Boden bücken musste. Die Nanny, unzweifelhaft, denn sie sah anders aus als er. Sie war Asiatin, der Junge hingegen sah arabisch aus. Sie sprach englisch mit ihm. Er plapperte in einem kehligen Kauderwelsch, das nur sie verstand.

    Wir befinden uns am Pool eines Luxushotels. Eins der teuersten Hotels Deutschlands. Und weil dieses Land so ein wichtiges Land ist, wo mächtige Menschen wichtige Angelegenheiten zu erledigen haben, muss es solche Hotels geben, um ihnen ein standesgemäßes Obdach zu bieten. Und ihrer Entourage.

    Die Nanny wusste genau, was der Junge wollte. Sie spielte mit ihm, tat alles, um ihn zu zerstreuen. Freilich musste sie dabei ein Gleichgewicht finden, um den Jungen nicht zu sehr in Begeisterung zu versetzen, denn er äußerte sie lautstark. Wenn er zu sehr schrie, spritzte, in die Hände klatschte, nahm sie ihn beiseite, legte den Finger auf die Lippen und sah sich besorgt um. Zumindest beschwerte sich niemand. Die anderen Poolgäste – die zwei Münchener Damen und dann noch eine vollbusige, etwas ordinäre Schönheit, die auf einer Liege döste, sowie eine Mutter mit ihrer halbwüchsigen Tochter – hatten es längst bemerkt: Der Junge war offensichtlich geistig behindert. Ein Unglück, vor dem kein Reichtum dieser Welt bewahrt. Aber zumindest abschieben kann man es ja, an die Nanny.

    Ich fühlte mit ihr, wenn der Junge wieder einen seiner Schrei-Anfälle hatte. Wenn er ihr entwischte, um das Becken herum rannte. Fast hätte er eben eines der schweren Poolhandtücher von einer Liege gezerrt, um es ins Wasser zu versenken. Eigentlich egal – hier bekam jeder so viele frische Handtücher, wie er nur wollte. Die Nanny erhob nie die Stimme, nie war sie streng zu dem Jungen. Sie flehte ihn an, bat ihn. Bettelte, er möge nicht die anderen Leute hier stören, diese feinen Leute, die Anspruch hatten auf die von softem Entspannungssounddesign angetönte Stille eines Wellnessbereichs, in den sie, die Nanny, ich merkte es deutlich, nicht hingehörte.

    Alles an ihr drückte dieses Gefühl der Unzugehörigkeit aus. Ihre geduckte Haltung, ihr devoter Blick. Die Tatsache, dass sie nicht mit dem Jungen gemeinsam ins Wasser ging, sondern stattdessen am Rand stehen blieb. Sie trug auch gar keine Badekleidung, sondern ein verwaschenes T-Shirt, eine Leggins und abgetretene Badelatschen. Ziemlich billige Sachen dem Anschein nach.

    Kinder in Luxushotels erwecken bei mir stets eine seltsame Beklemmung. Auch wenn es keine behinderten Kinder sind, sondern verständige kleine Menschen. Ich sehe sie beim Frühstück, wenn sie brav mit ihren Tellern zum Buffet gehen, ohne zu rennen. Ohne sich die Teller zu voll zu laden. Ich sehe sie in ihren Kleidchen und Schuhen, die ohne Zweifel viel zu teuer sind, als dass ein Normalsterblicher sie erstehen würde für ein paar Dutzend Monate, für herauswachsende Kinderkörper. Und diese Kinder, sie wissen doch gar nicht, was sie da tragen dürfen. Wo sie sein dürfen.

    Sie wachsen auf in einer Normalität, die sie für immer von den meisten Menschen auf dieser Welt und in ihren Vaterländern trennt. Es ist die Unschuld dieser Kinder in dieser Welt der Bösen und Reichen. Dieses Du-sollst-nicht-Merken der Erwachsenen, die alles dafür tun, dass auch diese Kinder so reich und böse werden wie sie, Gewinner unserer ungerechten Gesellschaft. Weil sie ihre Kinder lieben. Ihre Kinder aus Liebe zur Bosheit erziehen oder zumindest zur Blindheit. Diese parfümierte, samtbrokatene, giftige Allgegenwart ihrer Klasse, die ihnen wortlos beibringt, dass sie mehr wert sind als diese Hotelangestellten, die sie bedienen. Die ihnen Pancakes servieren, und die Kinder, gelehrige Wesen, sehen dem Personal nicht in die Augen.

    Aber dafür sehen diese Kinder manchmal mich an, fangen meine aufmunternden Blicke auf – ohne zu begreifen, was ich bin. Wenn ihre Mütter es wüssten, sie würden ihre verwöhnten Bälger wegreißen, sie noch bestrafen dafür, dass es mich gibt in ihrer Welt. Der Junge am Pool hat also das erste Mal im Leben Bekanntschaft mit einer Hure gemacht, weil sie ihm sein Badespielzeug reichte. Er wird es niemals wissen. Er wird, wahrscheinlich, Huren verachten lernen. Und später vielleicht welche bezahlen. Falls er bezahlt.

    Cecile

    Die Nanny hatte schon mehrmals Blicke mit mir gewechselt. Sie hatte dankbar mein ermutigendes Lächeln erwidert, und wenn der Junge erneut laut gewesen war, hatte ich, ich allein von allen Gästen hier, eine beschwichtigende Geste gemacht, alles gut, nicht so schlimm! Ich hatte nicht anders gekonnt. Was die anderen Gäste betraf, die Distanz wahrten, sie diskret ignorierten: Ich mache ihnen keine Vorwürfe. Sie sahen nicht, was ich sah. Ahnten nicht, was ich ahnte. Sie warteten nur stumm darauf, dass dieses subalterne Subjekt mit dem Jungen den Poolbereich wieder verließ.

    Ich hingegen musste unbedingt mit ihr sprechen, bevor das geschah. Und es war schon so weit, aber etwas hielt sie zurück, und zwar das auf den Grund des Pools gesunkene nämliche Spielzeug, das sie nicht erreichen konnte in ihrer Kleidung, und der Junge verstand sich nicht darauf, danach zu tauchen. Schließlich fasste sie sich ein Herz und bat mich, mit einer stummen Geste, um Hilfe. Ich angelte es mit den Zehen und reichte es ihr. Dann stieg ich aus dem Wasser, warf mir den Bademantel über und kauerte mich neben sie an den Beckenrand.

    You are doing a very good job, begann ich. Sie sah mich scheu an. I am only taking care of this boy. It’s not mine … Sie kam von den Philippinen. Die Eltern des Jungen aber kamen aus Qatar. Ich fragte – ich wagte es tatsächlich zu fragen: I hope they pay you well enough for the hard job you are doin’? Sie starrte auf den Boden. I can not say, sagte sie – und sagte schon genug für mich. I just wish I could work somewhere else.

    Und zum ersten Mal war ich dankbar dafür, dass man mich in jeder Talkshow damit konfrontiert hat, was ich dazu sage, dass es auch Zwangsprostitution beziehungsweise Menschenhandel gibt, Menschenhandel, moderne Sklaverei.

    Diplomats, erriet ich. Sie nickte. Ich starrte jetzt ebenfalls auf den Boden. Auf ihre Schuhe. Wahrscheinlich waren diese schäbigen Kunststofflatschen noch dieselben, die sie getragen hatte am Flughafen von Manila.

    Frau Lakomy, was sagen Sie denn zu den Opfern von Menschenhandel, was sagen Sie denen?

    Ich fragte sie nach ihrem Namen. Cecile. Ich sah Cecile in die Augen und erklärte ihr fast streng, dass ich ihr etwas geben wolle. Eine Adresse, eine Website. Ob sie ein eigenes Handy hätte. Sie hatte eines – wenn auch sicher nur zu dem Zweck, dass der Vater des Jungen, der Diplomat aus Qatar, sie jederzeit erreichen konnte. Der Besitzer dieser Sklavin.

    Die Adresse, die ich ihr gab, war die von Ban Ying e.V., deren Website in zahlreichen Sprachen übersetzt ist, auch in Filipino. Googeln Sie sie, liebe Leser dieser Kolumne, und wenn Sie Ihr weihnachtlich weiches Herz dazu drängt, dann spenden Sie doch bitte etwas an diese kleine Berliner Organisation für Opfer von Menschenhandel, die spezialisiert ist auf Hausangestellte von Diplomaten. Die mutig den Kampf aufgenommen hat gegen die mächtigsten Menschen auf der Welt, die glauben, sie dürften alles.

    Cecile verstand sofort. Sie machte Screenshots von der Website, die sie einer Freundin schicken wollte. Um die Domain wiederzufinden, falls sie das Browserfenster schließen und die Fotos wieder löschen musste. Sie war schlau und umsichtig. Sie hatte nur nicht gewusst, dass es so etwas gibt. Hilfe für sie. Und dass es Menschen gibt, die Menschen wie ihr helfen wollen. Und da, zwischen den Poolliegen, unbemerkt von den anderen Gästen, und vor den blöden Augen des Jungen, brach sie in Schluchzen aus.

    Ich umarmte sie. Vorsichtig, dachte ich. Vielleicht hat sie blaue Flecke. Und dann trennten wir uns hastig, die Hure und die Sklavin, und jede ging ihrer Wege unter demselben Dach des Luxushotels, das an diesem Tag unser Arbeitsplatz war. Aber ich habe sie gesehen. Und sie weiß es.

    –------------

    Ban Ying e.V. ist eine Koordinations- und Beratungsstelle gegen Menschenhandel. Als eines der ältesten Berliner Frauenprojekte in diesem Bereich setzt sich der Verein für die Rechte von Migrantinnen mit Gewalterfahrungen, gegen Ausbeutung und Menschenhandel ein. Spenden können Sie an:

    Ban Ying e.V.
    Postbank Berlin
    IBAN: DE22 1001 0010 0507 1791 09
    BIC: PBNKDEFF

    #prostitution #exploitation #esclavage #nantis #élites

  • Pourquoi lire bell hooks, celle qui a défié le féminisme blanc ?
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/sans-oser-le-demander/pourquoi-lire-bell-hooks-celle-qui-a-defie-le-feminisme-blanc-3905205

    Disparue il y a un an jour pour jour, Gloria Jean Watkins (1952 - 2021) est plus connue sous son nom de plume bell hooks… Qui était-elle ? Et pourquoi lire son œuvre permet de comprendre les aveuglements du féminisme traditionnel ?

    Avec #Elsa_Dorlin philosophe, professeure de philosophie contemporaine à l’université de Toulouse Jean Jaurès

    Héritière de la pensée de Sojourner Truth, bell hooks s’inscrit dans le mouvement de l’#afro_féminisme pour révéler, à travers des textes qu’elle veut accessible, les oublis et l’aveuglement du #féminisme blanc et bourgeois. bell hooks sans majuscule, elle y tient ! Car l’universitaire ne voulait pas qu’on se souvienne d’elle mais d’abord qu’on lise ses livres… Et bien, c’est exactement ce que nous allons faire aujourd’hui : lire ses textes et écouter ce qu’elle a à nous dire.

  • Éolien à #El_Hierro, Canaries un bilan
    XXC Benard – Twitter
    https://twitter.com/vbenard/status/1604744608574906368

    1/60 #Thread

    Un territoire a-t-il essayé de se doter d’une production électrique 100% renouvelables ?

    Et bien oui. L’île de El Hierro (archipel des Canaries), a tenté de le faire. La presse mondiale a célébré cette tentative au démarrage du projet.

    C’est un échec abyssal.

  • Adhémar Schwitzguébel
    https://www.partage-noir.fr/adhemar-schwitzguebel-1247


    ❝Au mois de mars 1872, après un emprisonnement de onze mois et demi, Elisée Reclus arrive en Suisse. Ce second exil durera jusqu’à l’été 1890 et lui permet, entre autres, de retrouver ou de rencontrer les anarchistes les plus connus de l’époque : James Guillaume, Michel Bakounine, Pierre Kropotkine et #Adhémar_Schwitzguébel.

    #Adhémar_Schwitzguébel #Itinéraire #Élisée_Reclus #anarchisme #Suisse #james_guillaume

    https://bge-geneve.ch/iconographie/oeuvre/icon-m-2004-090
    https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/itineraire_reclus2.pdf

  • Twitter Suspends Over 25 Accounts That Track Billionaires’ Private Planes - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2022/12/14/technology/twitter-private-jet-accounts-suspended.html

    Twitter on Wednesday suspended more than 25 accounts that track the planes of government agencies, billionaires and high-profile individuals — including one that followed the movements of the social media company’s owner, Elon Musk, who has said he was committed to “free speech.”

    Jack Sweeney, a 20-year-old college student and flight tracking enthusiast, said he woke up on Wednesday to find that his automated Twitter account, @ElonJet, had been suspended. In recent months, the account amassed more than 500,000 followers by using public flight information and data to post the whereabouts of Mr. Musk’s private plane. Twitter later reinstated the @ElonJet account before suspending it again.

    Mr. Musk had been aware of @ElonJet for months. After buying Twitter for $44 billion in October, he said that he would allow the account to remain on the platform. “My commitment to free speech extends even to not banning the account following my plane, even though that is a direct personal safety risk,” Mr. Musk tweeted last month.

    My commitment to free speech extends even to not banning the account following my plane, even though that is a direct personal safety risk
    — Elon Musk (@elonmusk) November 7, 2022

    Mr. Sweeney’s personal Twitter account was also suspended on Wednesday, along with the other accounts that he runs that track the planes of tech billionaires such as Mark Zuckerberg, Jeff Bezos and Bill Gates. Mr. Sweeney shared a message that he had received from Twitter, which said his account had been suspended for violating rules “against platform manipulations and spam.”

    `#Twitter #Elon_Musk #Liberté_expression

  • Questions ouvertes sur le mouvement #Mavoix
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1087-Questions-ouvertes-sur-le-mouvement-MaVoix

    Ce texte, rédigé et adressé par un sympathisant, esquisse un bilan du « mouvement #MaVoix », qui cherchait durant la campagne législative de 2017 à introduire de la #Démocratie_directe au sein de l’Assemblée nationale. Les leçons tirées ci-dessous sont à la fois lucides, riches et concises, parfaitement claires et renvoient évidemment à l’ensemble de l’état actuel de la société et à l’anthropologie contemporaine. Elles recoupent aussi, et surtout, en bien des points, les bilans un peu sérieux dressés après des (...)

    #Autonomie_sociale_:_ #Démocratie_directe, #Politique, #Psycho-sociologie, « #Indignés » (2011), #Gilets_jaunes (2018-2019), #Mai_68, Mouvement des coordinations (1986-1988), Mouvement social 2016 & #Nuit_Debout, #Électoralisme, #Article, #Démocratie_directe, #Institutionnalisation, #Organisation_politique (...)

    http://wiki.mavoix.info/index.php/Accueil
    https://forum.mavoix.info/t/et-si-les-gens-votent-inserer-un-truc-horrible/537/21
    https://forum.mavoix.info/t/et-si-peine-de-mort/528/13

  • #Russie, le poison autoritaire

    « Poutine et sa bande, au tribunal ! » Les Russes, et surtout les Moscovites, ont été toujours plus nombreux à défiler ces derniers mois contre un pouvoir jugé liberticide. Plus que jamais, la Russie apparaît comme une nation divisée entre ceux qui font profil bas devant l’autoritarisme de Poutine, voire le soutiennent, et ceux qui le combattent, souvent au péril de leur liberté. La répression policière s’est en effet nettement accrue, tandis qu’une justice aux ordres d’une machine étatique programmée pour détruire toute velléité contestataire couvre les arrestations arbitraires et souvent absurdes, les séjours en prison et les mises au ban de la société. Mais qui sont ces citoyens ordinaires qui font trembler l’autocrate du plus grand pays du monde et prennent tous les risques, jusqu’à devoir s’exiler, pour réclamer une Russie à visage humain ?
    Pendant près d’un an, le réalisateur Stéphane Bentura a suivi ceux qui, souvent jeunes et instruits, ont fait leur figure de proue d’Alexeï Navalny, empoisonné puis emprisonné dès son retour surprise à Moscou en janvier 2021. Journaliste pourchassée, simple manifestante d’un jour, prisonniers politiques victimes de tortures ou économiste en exil, ils racontent comment ils sont ou ont été la cible d’un matraquage qui va crescendo, sous couvert d’une application stricte de la loi et de l’ordre. « C’est une dictature postmoderne, avec une façade pseudo-démocratique, des parodies d’élections et de procès », assène Vladimir Kara-Murza, vice-président du mouvement Russie ouverte, victime de deux tentatives d’empoisonnement. Pour beaucoup, cette férocité répressive vise à masquer l’ampleur de la corruption, le gaspillage de l’argent du gaz russe et les promesses socio-économiques non tenues de Vladimir Poutine. Des témoignages clés qui aident à dissiper le mirage de la nouvelle puissance russe.

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/31203_0
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    #Poutine #résistance #empoisonnement #autoritarisme #répression #opposition #élection #Vladimir_Kara-Mourza #emprisonnement #prisonniers_politiques #Alexeï_Navalny #corruption #manifestation #propagande #peur #justice #exil #torture #réfugiés_russes #nationalisme #persécution #dictature_post-moderne #dictature