• Politiser ou démocratiser le travail social ? (Podcast Sons Rouges & Noirs #14)
    https://expansive.info/Politiser-ou-democratiser-le-travail-social-Podcast-Sons-Rouges-Noirs-14

    Un épisode de lutte à l’occasion du 1er mai, où il va être question de politisation du travail social, de démocratisation et donc de militantisme et d’engagement dans nos secteurs professionnels, du comment et du pourquoi employer ces différents concepts. #Ailleurs

    / #Elections_-_Démocratie, #Soins_-_Santé_-_Psychiatrie_-_Médic, #Mouvements_sociaux, Autonomie & auto-gestion

    #Autonomie_&_auto-gestion
    https://pagesrougesetnoires.wordpress.com/2020/05/01/politiser-ou-democratiser-travail-social-jonathan-lou
    https://sretn.bandcamp.com/track/sons-rouges-noirs-14-politiser-ou-d-mocratiser-le-travail-social


    https://sretn.bandcamp.com

  • Vote Leave AI firm wins seven government contracts in 18 months
    https://www.theguardian.com/world/2020/may/04/vote-leave-ai-firm-wins-seven-government-contracts-in-18-months

    Tory minister is resisting calls to sell stake in Faculty as it expands its Whitehall reach An artificial intelligence startup that was hired to work with Dominic Cummings on the Vote Leave campaign has been awarded at least seven government contracts worth almost £1m in the space of 18 months. Faculty, which has links to senior Tory figures in Downing Street and the Cabinet Office, is rapidly expanding its reach into various corners of Whitehall and last year was tasked with finding ways (...)

    #Palantir #algorithme #manipulation #élections #Faculty

    https://i.guim.co.uk/img/media/4b3eb0c345a214a126d04fcc528a547fd800e213/322_21_2002_1201/master/2002.jpg

  • Cambridge Analytica executives and Mercer family launch Emerdata - Business Insider
    https://www.businessinsider.com/cambridge-analytica-executives-and-mercer-family-launch-emerdata-20

    The power players behind Cambridge Analytica have set up a new company — and the daughters of Donald Trump-supporting billionaire Robert Mercer have just joined as directors. Rebekah and Jennifer Mercer joined Emerdata on March 16, but it is shrouded in mystery. Alexander Nix, the suspended CEO of Cambridge Analytica, is also a director, as well as other executives from parent firm SCL Group. Emerdata also lists Johnson Chun Shun Ko, a Chinese executive from Frontier Services (...)

    #profiling #publicité #BigData #élections #manipulation #CambridgeAnalytica/Emerdata

    ##publicité ##CambridgeAnalytica/Emerdata
    https://i.insider.com/5ab22e08e532f825008b46fb

  • Avec ce virus
    rendu planétaire

    – Ils avaient déjà pris
    tous les médias –

    ils ont maintenant pris
    la démocratie !

    Avec ce virus
    qu’ils ont rendu planétaire
    ils ont répandu la peur
    en chacun
    de nous

    Avec ce virus
    rendu planétaire
    on ne parle plus
    que de nombre
    de morts
    des entrants et des
    sortants
    et nous du manque
    de pro
    ..........tections :
    masques gels et autres
    sur blouses

    ..........squeezant par là même
    ..........les partis politiques :
    ..........plus
    ..........aucune
    ..........opposition
    ..........Les lois
    ..........les plus scélérates
    ..........passent du coup toutes aujourd’hui
    ..........en catimini

    Avec ce virus
    rendu planétaire
    ils nous ont assigné
    en résidence
    calfeutrés isolés
    de tout
    et de tous

    Avec ce virus
    rendu planétaire
    d’un seul coup ils se sont arrogés
    tous les droits
    sur nous
    tous
    et rendus
    dépendants

    Avec ce virus
    rendu planétaire
    tout
    devient possible
    nous en
    fermés
    au moindre motif nous a
    brutir et nous cul
    pabiliser
    pour mieux nous
    mâter !

    Avec ce virus
    rendu planétaire
    ils sont maintenant les maîtres
    comme jamais
    ils ne l’ont autant rêvé

    Et nous n’avons plus qu’à suivre
    bien policés bien gen
    tils
    sans broncher et sans mouf
    ter

    Car nous
    n’avons
    et ne pouvons
    plus rien !

    Ils verrouillent
    de plus en plus
    la santé
    Internet et j’en
    passe
    Et même
    les élec
    tions !

    Avec ce virus
    rendu
    PLANÉTAIRE !

    https://schabrieres.wordpress.com/2020/05/05/alain-marc-avec-ce-virus-rendu-planetaire

    #Covid_19 #Coronavirus #confinement #politique #démocratie #élection #media #santé #alain_marc

  • US Election 2020 : Which Candidates Track You Most Online ?
    https://www.top10vpn.com/us-elections-privacy-investigation

    In a reversal of our expectations, our testing shows Donald Trump tracks visitors to his campaign site to a lesser degree than 75% of Democrats, including frontrunner Bernie Sanders, who also shares the most personal data with Facebook. 75% of Democrat campaign websites set more tracking cookies and pass data to more ad/marketing platforms than Donald Trump Tracking cookies : Almost four times as many set on Democrat candidate sites than Republican Joe Biden has the most intrusive site (75 (...)

    #cookies #élections #métadonnées #BigData #marketing #microtargeting #publicité #Top10VPN

    ##publicité

  • Les élèves qui décrochent du système scolaire sont en difficulté pour entrer dans le marché du travail. Ils sont aussi très exposés au chômage et au sous-emploi durant leur vie #école #élèves #échec #emploi #chômage

    https://sms.hypotheses.org/19807

    Les décrocheurs scolaires sont aujourd’hui nombreux à quitter le système éducatif sans diplôme. Ils sont ainsi exposés au chômage et au sous-emploi en début de vie active. Avec la crise, cette exposition se prolonge bien au-delà de la période d’insertion sur le marché du travail. Et même si une partie d’entre eux acquiert finalement une qualification, leur destinée professionnelle reste largement marquée par l’insécurité de l’emploi ou des emplois de mauvaise qualité. Dans ces conditions, quitter le système scolaire (collège, lycée général, lycée professionnel ou centre de formation pour apprentis) sans diplôme apparaît bien comme un risque socio-économique.

    Les pouvoirs publics sont bien conscients de cette inégalité qu’ils désignent sous le nom de « décrochage scolaire ». Ils en ont fait le cheval de bataille de leur politique éducative et entendent ainsi réduire ce risque qui concerne actuellement un jeune sur six.

  • #Suède : la ville que la mine avale

    Aux confins de la Laponie, au-delà du cercle polaire, la ville de Kiruna repose sur le plus grand gisement de minerai de fer au monde.
    Exploitée depuis plus de cent vingt ans, la plus grande mine de fer souterraine aux couloirs plongeant jusqu’à 1775 mètres de profondeur, représente 90% des réserves du minerai de fer européen. Mais les forages avancent toujours davantage sous les habitations, mettant en péril des quartiers entiers. Pour éviter l’effondrement de cette ville de 23.000 habitants, dont 18.000 dans le centre-ville, celle-ci doit être déplacée 5 kilomètres plus loin : une révolution urbanistique qui inclut voie ferrée, autoroute, églises, écoles, maisons…

    https://www.arte.tv/fr/videos/089893-000-A/suede-la-ville-que-la-mine-avale
    #film #documentaire #film_documentaire
    #colonisation #sami #ressources_naturelles #extractivisme #mines #gisement_de_fer #Kiruna #déplacés_internes #IDPs #peuples_autochtones #mineurs #chemin_de_fer #tourisme #LKAB #minerai_de_fer #élevage #Laponie #montagne_maudite #montagne #transhumance #démolition #destruction #New_Kiruna #mémoire

    #Jan_Vajstedt —> peintre


    https://mokk-lainio.weebly.com/uploads/1/1/0/8/11089380/broschyrmokk2011_kvadrat_skarm.pdf
    ping @reka

  • Une #enfance à l’#extrême_droite

    « Seuls les lâches abandonnent. » "Mon père entrait en claquant des talons." Élevés dans la peur et la haine de « l’étranger », le culte de la persévérance et de la discipline, petits-enfants de nazis ou issus d’une famille d’extrême droite, ils témoignent dans ce documentaire. Ils ont grandi avec l’injonction permanente d’être forts et de ne montrer aucune faiblesse. Certains, comme #Alexander_Lingner, ont pris de la distance par rapport à l’idéologie de leurs parents et grands-parents. D’autres, comme #Götz_Kubitschek et #Ellen_Kositza (mariés, sept enfants), deux figures de la Nouvelle Droite allemande, idéalisent leur jeunesse, qu’ils définissent comme « encadrée » et « tournée vers la foi chrétienne ». Nourri aussi de reportages sur la droite populiste allemande et d’interventions de chercheurs, ce documentaire comporte de nombreuses séquences d’animation, inspirées des témoignages recueillis, notamment celui d’Elsa, qui, après une jeunesse endoctrinée, a reproduit cette éducation avec ses propres enfants, avant de rompre définitivement avec l’extrême droite.


    https://www.senscritique.com/film/Une_enfance_a_l_extreme_droite/40689154
    #film #film_documentaire
    #Allemagne #Pegida #néo-nazis #religion #islamophobie #xénophobie #endoctrinement #endurcissement_des_enfants #identité #camps_de_vacance #HDJ #disposition_à_l'effort #persévérance #culture_germanique #partage_des_tâches #discrétion #idéologie #identitaires #Autriche #patriotisme #Ring_Nationaler_Frauen (#RNF) #femmes #éducation #darwinisme #Exit_Deutschland #discipline #école #entraînement_militaire #rectitude #travail #discipline #pantalons #jupe #humiliation #peur

  • Vers des jours heureux... | Le Club de Mediapart

    https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/280420/vers-des-jours-heureux

    Un virus inconnu circule autour de la planète depuis le début de l’année. Péril mortel et invisible, nous obligeant à nous écarter les uns des autres comme si nous étions dangereux les uns pour les autres, il a retourné les tréfonds des sociétés comme on retourne un gant et il a mis au grand jour ce que l’on tentait jusqu’ici de masquer. Sans doute provoque-t-il un nombre important de morts et met-il sous une lumière crue les limites des systèmes de santé des pays développés, y compris les plus riches d’entre eux. Sans doute, ailleurs, expose-t-il les populations de pays plus pauvres à un extrême danger, les contraignant pour se protéger à accomplir une obligation impossible, le confinement. Mais ceci n’est que la surface des choses.

    Le gant retourné donne à voir la voie périlleuse dans laquelle le monde se trouve engagé depuis des décennies. En mettant les services hospitaliers sous contrainte budgétaire, là où ils étaient développés, et en les négligeant là où ils sont insuffisants, les responsables politiques affolés se sont trouvés pris de court devant l’arrivée de la pandémie. En France, l’impréparation criante à ce type d’évènements, la liquidation coupable de la réserve de masques, la délocalisation de l’industrie pharmaceutique avec pour seule raison la recherche de profits plus grands, la faiblesse des moyens de la recherche scientifique, mettent le gouvernement en situation d’improvisation. En prenant le chemin du confinement dont il ne sait comment sortir, il s’est engagé dans la voie d’une mise en cause radicale des libertés publiques. S’étant privé des autres moyens de protection de la population, il bénéficie d’un acquiescement forcé de cette dernière. Pour le cas où cet acquiescement manquerait, un discours moralisateur et culpabilisant se déploie. Et pourtant, partout, d’innombrables initiatives contredisent l’individualisme entretenu par le modèle économique et social et témoignent de la permanence de la fraternité entre les humains.

    Mais le gant retourné fait apparaître aussi, au moins aux yeux les plus lucides, que la réponse aux enjeux auxquels l’humanité dans son ensemble est en ce moment confrontée, ne saurait être une addition de politiques nationales, encore moins si ces politiques tentent de se mener en vase clos. Il y manquera toujours une part, celle de la communauté des humains qui ne peut refuser plus longtemps de se voir pour ce qu’elle est : une communauté de destin, ce qu’Hannah Arendt nommait une association politique d’hommes libres.

    Ainsi, derrière la crise sanitaire qui est au premier plan, avec la crise économique qui s’amorce et la catastrophe écologique en cours, c’est une crise de civilisation qui émerge enfin. Le monde entièrement dominé par le système capitaliste qui ne cesse de creuser les inégalités et de détruire la nature, est aujourd’hui un bateau ivre qui n’a d’autre horizon que son naufrage à travers des violences insoupçonnées.

    S’il est encore temps de reprendre les commandes, alors ce séisme inédit est l’occasion que le monde doit saisir pour rompre enfin avec sa destruction largement amorcée et inventer une société entièrement différente. Ainsi, ayant conjuré la terreur de l’inconnu, les peuples danseront de joie sur les décombres du vieux monde qui menaçait de les emporter.

    Pour cela, il faut :

    – ne pas tricher avec les constats qu’il y a lieu de faire ;
    – mesurer les risques d’une sortie de crise orientée à un retour à la situation antérieure ou à d’autres dérives ;
    – saisir cette opportunité pour poser les fondements radicalement différents d’une société mondiale juste et viable.

    #covid-19 #le_monde_d_après

  • Lebanese elites flee as banks come under attack - Asia Times
    https://asiatimes.com/2020/04/lebanese-elites-flee-as-banks-come-under-attack

    Lebanon’s central Banque du Liban began using “financial engineering” in 2016 to prop up the country’s longstanding dollar peg, offering steep interest rates for local currency accounts – in exchange for hard foreign currency.

    Some economists compared the practice to a #Ponzi scheme, dependent on a triangle of mutually assured destruction between BdL, the banking sector, and the political and business elite.

    Depuis hier des manifestants caillassent et/ou brûlent des banques, dont le siège sidonien de la BDL.

    #Liban « #élite » #banques #banksters #voleurs #criminels #mafieux

  • Nourrir Paris en temps de crise… et après ?
    https://theconversation.com/nourrir-paris-en-temps-de-crise-et-apres-135971

    Dans le scénario d’autonomie et de reconnexion, avec l’abandon du recours aux engrais et aux pesticides de synthèse, la production protéique des terres arables diminue de 20 %, ce qui n’empêche toutefois pas la France de disposer d’un excédent de production céréalière disponible pour une exportation à hauteur de 40 % du niveau actuel.

    Le cheptel, réduit de moitié, suffit à couvrir les besoins en viande et lait de la population de 75 millions d’habitants demitariens. La France n’exporte plus de poudre de lait, mais peut encore fournir le marché international en fromages AOC !

    Là encore on ignore le problème de déficit de fruits et légumes pour favoriser les exports de céréales !

    • Super texte ! (Malgré le silence sur les fruits et légumes, il est assez rapide.) Il fait un peu l’histoire de la capacité productive agricole de la France et de deux grandes pistes. La fin un peu nœud-nœud cite une macronnerie gentillette pour se convaincre qu’il est possible qu’on parte vers un modèle autonome moins lié au marché mondial et au grand capital agri, tu parles.

      Jusqu’au milieu du XXe siècle, Paris était approvisionné pour l’essentiel par un hinterland nourricier, un territoire d’une centaine de kilomètres entourant la ville. Sa capacité à produire des excédents par rapport aux besoins de sa propre population a progressé au même rythme que la croissance démographique urbaine.

      Le système agricole qui a permis une telle évolution, c’est celui de la polyculture-élevage ; ici, l’épandage des déjections animales permet de restituer aux sols cultivés des nutriments exportés par la récolte. Ces déjections proviennent principalement du broutage par les troupeaux de légumineuses fourragères, tels le trèfle ou la luzerne, capables à l’inverse des autres végétaux de fixer l’azote de l’air, essentiel à la croissance des plantes.

      La toute proche banlieue parisienne s’était spécialisée, elle, dans les fruits et légumes frais fertilisés aux engrais urbains – excréments humains, fumier de cheval et déchets alimentaires.

      Le tournant des années 1950

      Avec l’avènement de l’agriculture industrielle, à partir de 1955, et la généralisation de l’usage des engrais azotés de synthèse produits industriellement, l’agriculture céréalière a pu se passer de l’élevage et de ses précieuses déjections.

      Le centre du bassin parisien s’est alors spécialisé dans les grandes cultures céréalières d’où les troupeaux avaient disparu. Sa production agricole a bien vite dépassé les besoins en grain de l’agglomération parisienne, bien que la population urbaine ait doublé dans le même temps. 80 % de cette production est aujourd’hui destinée à l’exportation.

      Le bétail, exclu de ces zones centrales du bassin, s’est concentré dans les régions périphériques : le Grand Est où s’est maintenue la polyculture-élevage, et surtout le Grand Ouest, spécialisé depuis les années 1980 dans un élevage intensif, basé sur l’importation massive de soja d’Amérique latine. Les fruits et légumes sont issus de régions toujours plus lointaines de la capitale, la distance moyenne d’approvisionnement passant de 100 km à la fin du XIXe siècle à 790 km au début du XXIe siècle.

      La dépendance en ressources fossiles (les hydrocarbures pour la production d’azote, phosphates et potassium miniers), situées hors de l’Union européenne, est devenue extrême et le taux de recyclage des engrais urbains est désormais proche de zéro.

      Une concentration d’acteurs

      Parallèlement à cet éloignement géographique des zones d’approvisionnement, le système de transformation et de distribution alimentaire s’est profondément concentré.

      Quelques grands groupes contrôlent des filières entières, telles que la collecte, le négoce et la transformation du lait, des céréales, des oléagineux et de la betterave. La grande distribution – c’est-à-dire sept grandes enseignes (Auchan, Carrefour, Cora, Leclerc, Casino, Système U, Les Mousquetaires) – et quelques centrales d’achat se taillent la part du lion des ventes alimentaires.

      Le commerce de détail, les marchés, la vente directe, ou les modes plus coopératifs d’approvisionnement, comme les AMAP ou les épiceries solidaires, ne concernent aujourd’hui qu’une fraction mineure de l’approvisionnement des particuliers.
      Les conséquences de la pandémie

      La crise sanitaire que nous traversons aujourd’hui pourrait encore renforcer la position hégémonique de la grande distribution.

      Le premier scénario (dit « Ouvert et spécialisé ») consiste dans la poursuite du mouvement de spécialisation, de déconnexion de l’élevage d’avec l’agriculture et d’ouverture sur les marchés internationaux.

      Il est dans la droite ligne des objectifs de croissance et de mondialisation affirmés par la plupart des politiques publiques nationales et européennes. Dans un discours au monde agricole, en 2018, le Président Emmanuel Macron ne dit-il pas :

      « Il n’y a pas d’avenir de notre agriculture s’il n’y a pas une ouverture raisonnée, organisée en matière commerciale. […], il ne faut pas avoir peur de cette ouverture, il faut s’organiser pour en être les gagnants. »

      Le second scénario (dit « Autonome, reconnecté, demitarien ») suppose au contraire une réorganisation profonde du système agro-alimentaire français. Il s’agit d’accroître l’autonomie en intrants des exploitations et des territoires, de diversifier les rotations culturales en y intercalant des légumineuses fixatrices d’azote, fourragères (luzerne, trèfle…) ou à graines (lentilles, pois…), selon les principes de l’agriculture biologique.

      Il s’agit aussi de réintroduire l’élevage dans les régions où il a disparu et de reconnecter la production agricole avec une consommation alimentaire moitié moins riche en protéines animales (le régime « demitarien »).

      La valorisation agricole des engrais urbains, principalement les urines humaines mais aussi les biodéchets alimentaires et les matières fécales, permettant également de renforcer la fourniture d’engrais local.

      Ces deux scénarios se révèlent l’un comme l’autre capables de nourrir la population française à l’horizon 2050. L’accroissement de la production agricole dans le scénario d’ouverture et de spécialisation rendant possible un doublement des exportations de céréales.

      Dans le scénario d’autonomie et de reconnexion, avec l’abandon du recours aux engrais et aux pesticides de synthèse, la production protéique des terres arables diminue de 20 %, ce qui n’empêche toutefois pas la France de disposer d’un excédent de production céréalière disponible pour une exportation à hauteur de 40 % du niveau actuel.

      Le cheptel, réduit de moitié, suffit à couvrir les besoins en viande et lait de la population de 75 millions d’habitants demitariens. La France n’exporte plus de poudre de lait, mais peut encore fournir le marché international en fromages AOC !

      En matière de contamination des eaux par les nitrates et les pesticides, ainsi qu’en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre, la comparaison est largement en faveur de ce second scénario.

      #autonomie_agricole #autonomie_productive
      #agriculture #élevage

  • #Smile_In_Your_Sleep

    Hush, hush, time tae be sleepin
    Hush, hush, dreams come a-creepin
    Dreams o peace an o freedom
    Sae smile in your sleep, bonnie baby

    Once our valleys were ringin
    Wi sounds o our children singin
    But nou sheep bleat till the evenin
    An shielings stand empty an broken

    We stood, wi heads bowed in prayer
    While factors laid our cottages bare
    The flames fired the clear mountain air
    An many lay dead in the mornin

    Where was our fine Highland mettle,
    Our men once sae fearless in battle?
    They stand, cowed, huddled like cattle
    Soon tae be shipped owre the ocean

    No use pleading or praying
    All hope gone, no hope of staying
    Hush, hush, the anchor’s a-weighing
    Don’t cry in your sleep, bonnie baby

    https://www.youtube.com/watch?v=eMPnNaXLfKI&feature=emb_logo

    –-> song about Scottish #Highland_Clearances :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Highland_Clearances

    #histoire #Ecosse #industrialisation #clearance #nettoyage #violence #terres #arrachement #déracinement #déplacements_forcés #Fuadaich_nan_Gàidheal #évacuations #déportation #décès #morts #histoire #agriculture #moutons #élevage #Highlands #montagne

    #musique #chanson #musique_et_politique
    ping @sinehebdo @odilon @reka @simplicissimus

    –-----

    Découverte dans ce documentaire qui passe en ce moment sur Arte :
    Le temps des ouvriers
    https://www.arte.tv/fr/videos/082189-001-A/le-temps-des-ouvriers-1-4
    https://seenthis.net/messages/848105

    • Une pièce de théâtre autour de ces événements :
      The Cheviot, the Stag, and the Black Black Oil

      The Cheviot, the Stag and the Black, Black Oil is a play written in the 1970s by the popular playwright #John_McGrath. From April 1973, beginning at a venue in Aberdeen (Aberdeen Arts Centre), it was performed in a touring production in community centres on Scotland by 7:84 and other community theatre groups. A television version directed by John Mackenzie was broadcast on 6 June 1974 by the BBC as part of the Play for Today series.

      https://en.wikipedia.org/wiki/The_Cheviot,_the_Stag,_and_the_Black_Black_Oil

    • Du coup, je découvre aussi ce site web d’un groupe où j’ai trouvé la chanson et qui va beaucoup plaire à @sinehebdo (mais pas que...)

      Three Acres And A Cow. A history of land rights and protest in folk song and story

      Telling the history of land, housing and food in Britain is always a multi-stranded narrative. On one side we have the history of enclosure, privatisation and the dispossession of land based communities; on the other we have the vibrant histories of struggle and resistance that emerged when people rose up and confronted the loss of their lands, cultures and ways of life.

      These multiple histories go largely undocumented in the literature of the times, often expressed simply as a hanging here and an uprising there, yet in the music and stories of the people they take on a different life.

      ‘Three Acres And A Cow’ connects the Norman Conquest and Peasants’ Revolt with Brexit, fracking and our housing crisis via the Enclosures, English Civil War, Irish Land League and Industrial Revolution, drawing a compelling narrative through the radical people’s history of England in folk song, story and poem.

      Part TED talk, part history lecture, part folk club sing-a-long, part poetry slam, part storytelling session… Come and share in these tales as they have been shared for generations.

      Le blog :
      https://threeacresandacow.co.uk/blog
      #résistance #droits

      Song On The Times

      You working men of England one moment now attend
      While I unfold the treatment of the poor upon this land
      For nowadays the factory lords have brought the labour low
      And daily are contriving plans to prove our overthrow

      So arouse! You sons of freedom! The world seems upside down
      They scorn the poor man as a thief in country and in town

      There’s different parts in Ireland, it’s true what I do state
      There’s hundreds that are starving for they can’t get food to eat
      And if they go unto the rich to ask them for relief
      They bang their door all in their face as if they were a thief

      So arouse! You sons of freedom! The world seems upside down
      They scorn the poor man as a thief in country and in town

      Alas how altered are the times, rich men despise the poor
      And pay them off without remorse, quite scornful at their door
      And if a man is out of work his Parish pay is small
      Enough to starve himself and wife, his children and all

      So arouse! You sons of freedom! The world seems upside down
      They scorn the poor man as a thief in country and in town

      https://www.youtube.com/watch?v=caWkGxu3Mgw

      Version #Chumbawamba :
      https://www.youtube.com/watch?v=G6O0Erj0hkc


      #chanson_populaire #chansons_populaires

    • #Dùthaich_Mhic_Aoidh – song about the Highland clearances in Sutherland, Scotland for sheep

      Mo mhallachd aig na caoraich mhòr
      My curse upon the great sheep
      Càit a bheil clann nan daoine còir
      Where now are the children of the kindly folk
      Dhealaich rium nuair bha mi òg
      Who parted from me when I was young
      Mus robh Dùthaich ‘IcAoidh na fàsach?
      Before Sutherland became a desert?

      Tha trì fichead bliadhna ‘s a trì
      It has been sixty-three years
      On dh’fhàg mi Dùthaich ‘IcAoidh
      Since I left Sutherland
      Cait bheil gillean òg mo chrìdh’
      Where are all my beloved young men
      ‘S na nìonagan cho bòidheach?
      And all the girls that were so pretty?

      Shellar, tha thu nist nad uaigh
      Sellar, you are in your grave
      Gaoir nam bantrach na do chluais
      The wailing of your widows in your ears
      Am milleadh rinn thu air an t-sluagh
      The destruction you wrought upon the people
      Ron uiridh ‘n d’ fhuair thu d’ leòr dheth?
      Up until last year, have you had your fill of it?

      Chiad Dhiùc Chataibh, led chuid foill
      First Duke of Sutherland, with your deceit
      ‘S led chuid càirdeis do na Goill
      And your consorting with the Lowlanders
      Gum b’ ann an Iutharn’ bha do thoill
      You deserve to be in Hell
      Gum b’ fheàrr Iùdas làmh rium
      I’d rather consort with Judas

      Bhan-Diùc Chataibh, bheil thu ad dhìth
      Duchess of Sutherland, where are you now?
      Càit a bheil do ghùnan sìod?
      Where are your silk gowns?
      An do chùm iad thu bhon oillt ‘s bhon strì
      Did they save you from the hatred and fury
      Tha an diugh am measg nan clàraibh?
      Which today permeates the press?

      Mo mhallachd aig na caoraich mhòr
      My curse upon the great sheep
      Càit a bheil clann nan daoine còir
      Where now are the children of the kindly folk
      Dhealaich rium nuair bha mi òg
      Who parted from me when I was young
      Mus robh Dùthaich ‘IcAoidh na fàsach?

      https://www.youtube.com/watch?v=7ZefyNYqpYM&feature=emb_logo

  • Facebook : l’amende record de 5 milliards de dollars validée par un juge
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/04/25/facebook-l-amende-record-de-cinq-milliards-de-dollars-validee-par-un-juge_60

    L’amende, la plus importante jamais imposée par le régulateur américain, est bien légale, a confirmé la justice. L’amende de 5 milliards de dollars imposée l’été 2019 par l’agence américaine de protection des consommateurs, la FTC, à Facebook pour ne pas avoir su protéger les données personnelles de ses utilisateurs, a été validée jeudi 23 avril par un juge. C’est une décision « historique », a estimé vendredi le président de cette agence, Joe Simons, en soulignant que la FTC n’avait jamais infligé une amende (...)

    #FTC #DataBrokers #BigData #élections #procès #Facebook #CambridgeAnalytica/Emerdata

    ##CambridgeAnalytica/Emerdata

  • L’électricité bousculée par le coronavirus – {Sciences²}
    https://www.lemonde.fr/blog/huet/2020/04/24/lelectricite-bousculee-par-le-coronavirus

    La production nucléaire devait tout d’abord s’adapter aux risques sanitaires et au confinement. L’application par EDF des plans prévus depuis plusieurs années en cas d’épidémie a permis de conserver une capacité de production intacte avec des personnels réduits aux fonctions essentielles de pilotages des installations. Donc, pas de souci en ce qui concerne la quantité d’électricité disponible pour alimenter le pays. Mais il fallait plus : s’adapter aux évolutions de la consommation et à l’effet plus important des variations des productions éoliennes et solaires. La souplesse du nucléaire est visible sur ce graphique, où l’on voit qu’elle encaisse et compense les principaux sauts de la production éolienne durant les 22 premiers jours d’avril (avec les baisses de production vers les 5 et 6, puis les 13 et 14 lors des périodes de vents forts), ainsi que des suivis de plus petites amplitudes contribuant à ajuster production et consommation intérieure et exportations.

    #nucléaire #électricité #électricité_décarbonnée ...

    • À la lecture de cet article j’ai tiqué sur un passage :

      La réponse tient en deux flexibilités : celles de l’hydraulique et celle des réacteurs nucléaires, capables de faire varier leur puissance de 10% à 100% de leur puissance nominale en quelques heures à la commande.

      Or il se trouve que mon papa, retraité aujourd’hui, a bossé toute sa carrière à la conduite de centrales (thermique à flamme d’abord, puis nucléaire). C’est toujours un peu délicat de parler de ça avec lui car évidemment il a la position officielle sur le nucléaire, celle qu’on lui a apprise. Néanmoins, techniquement il sait de quoi il cause, et il me semblait me souvenir que justement, une tranche nucléaire, au niveau modulation de la puissance, ben c’est nase... C’est pas fait pour ça. Je lui ai donc posé la question. Et voici son retour.

      Pour l’hydraulique, ce que dit le journaliste est vrai. C’est souple, et c’est même ce qu’il y a de plus souple : on ferme un peu la vanne d’admission à la turbine, et la puissance chute quasi instantanément. Y’a pas mieux en terme de souplesse.

      Pour le nucléaire, ce que dit Sylvestre Huet est faux. Les modulations sont possibles dans une fourchette de plus ou moins 50MW. Par exemple (on suppose qu’on parle d’une tranche de 900MW), on descend à 800MW, et on module de plus ou moins 50MW, avec des gradients de variations. En effet, on ne peut pas faire de variations rapides car cela crée des contraintes et des déformations au niveau des crayons dans les assemblages de combustible, et c’est générateur de fissures des gaines des crayons de combustible.

      Par ailleurs, on ne peut pas non plus fonctionner en dessous d’une certaine puissance, car à basse puissance, on fait face à une distorsion du flux neutronique d’une part, et d’autre part on risque l’empoisonnement du coeur en Xenon 135 (ce qui oblique à stopper le réacteur le temps que que le Xenon135 disparaisse), surtout en fin de vie du coeur où la il n’y a pas trop le choix, il faut remonter en puissance.

      Voilà. Tout ça pour dire que cette histoire de nucléaire pour moduler la puissance c’est de la propagande EDF. Y’a pas moins souple qu’une tranche nucléaire en terme de modulation de puissance.

    • Merci @ericw pour cette confirmation fort bien étayée. Un très ancien exposé sur (contre !) le nucléaire à l’école m’avait permis de comprendre cela entre autres (en plus du plaisir d’obliger un prof de techno archi #pronucléaire de me filer une des bonnes notes de ma carrière d’élève, général scolairement moyen).
      On sait que l’éolien et le solaire tels qu’ils sont mis en oeuvre (centralisées) présupposent une production fixe nucléaire qui n’est pas modulable à loisirs.
      Depuis le début du Covid 19, avec les histoires de stop and go et leurs courbes hypothétiques, j’avais en tête une analogie avec le nucléaire quand à la difficulté de réguler la puissance de phénomènes qui relèvent de dynamique spécifiques (production nucléaire ou reprise de l’épidémie) difficilement maîtrisables (le nucléaire, ça « marche » bien, pas n’importe comment cf. ce que dit ton père, mais les « accidents », c’est ingérable, comme les déchets).

    • (production nucléaire ou reprise de l’épidémie) difficilement maîtrisables (le nucléaire, ça « marche » bien, pas n’importe comment cf. ce que dit ton père, mais les « accidents », c’est ingérable, comme les déchets)

      On ne saurait mieux dire ! (c’est généralement là que la discussion devient tendue avec mon père).

      Oui je vois ce que tu veux dire dans ta comparaison. On est face à des systèmes dont la dynamique est complexe, et l’anticipation est loin d’être évidente. Quand en plus tu t’amuses à balancer un coup de barre dans un sens et un dans l’autre comme le font les pignoufs qui sont aux manettes de ce pays, il y a de quoi s’inquiéter. Si on veut filer l’analogie on peu essayer d’imaginer un macron aux commandes d’une tranche nucléaire...

    • Par ailleurs, je sais pas si ton père suit encore avec des collègues mais j’ai vu plusieurs échos (syndicaux et antinucléaires) inquiétants sur les difficultés actuelles de maintenance et de conduite des centrales en raison du manque de personnel en situation de crise sanitaire (on a des chiffres sur le chômage partiel et les arrêt de travail qui sont le plus souvent globaux, et énormes).
      Une centrale nucléaire aussi peut s’emballer...

      L’analogie centrale nucléaire (on produit tellement que l’on exporte de l’électricité d’habitude, merci les lignes THT) c’est l’impossibilité pour un super tanker de faire des virages en épingles à cheveux, et même de tourner autrement qu’avec des grosses contraintes, ou de réaliser un freinage d’urgence. Du côté de l’épidémie, des exponentielles mobiles, pire que les nuages de criquets (suffit pas juste d’arrêter l’aérien et le train, même si je n’ai pas vu comment l’exode francilien a agit en terme de diffusion du virus), et moins connues que les catastrophes météo dont on sait avec des marges d’erreur conséquentes décrire le fonctionnement/trajet à court terme. Un truc de fou, mais qui dépend pour une bonne part de comportements collectifs (la transmission par les voies respiratoire heureusement moins virulente que celle d’une rougeole sans vaccin), que seule une démarche active partagée, co-élaborée au sein de la population peut assumer pour de bon (sans garantie, sans imaginer du zéro mort, 0 séquelles), une politique de réduction des risques, en plus de toute la batterie des recherches diverses, de l’activation du système de santé dans son entièreté, d’un appui sur le « potentiel soignant du peuple », comme dirait l’autre. Rien à voir avec une conduite de centrale nucléaire, avec cette centralisation structurelle qui les fait tant jouir (des pseudos chefs de guerre partout) qu’ils ne s’intéressent à rien d’autre.
      On l’a noté, si la transmission du corona virus est plus aisée que celle du VIH, il y aurait quand même de quoi réfléchir à nouveaux frais à l’expérience d’Act up, par exemple.

    • @colporteur Il n’a plus vraiment de nouvelles fraîches (plus de 20 ans qu’il a quitté le boulot). Mais le problème de la sous-traitance n’est pas neuf dans le nucléaire. Il y a clairement un perte de connaissance par dilution de celle-ci auprès d’une myriade de sociétés de sous-traitance intervenant pendant les arrêts de tranche. À son époque la sous-traitance concernait essentiellement tout ce qui était décontamination-nettoyage. Déjà à l’époque le surnom des ouvriers qui bossaient là dedans c’était « la chair à neutrons », tout est dit...

      Tout ce que je sais c’est qu’aujourd’hui la sous-traitance n’est plus cantonnée aux boulots de merde, mais s’accapare une partie de la connaissance sur le fonctionnement des installations. Et par conséquent EDF perd la connaissance globale. C’est dommageable de façon évidente à la maintenance, et donc à la pérennité des installations, mais aussi à la conduite : en cas de souci, si les gens chargés de la conduite n’ont pas le tableau exact de l’état du système, leurs décisions sont d’autant plus hasardeuses... Ça fait des lunes que pas mal d’agents gueulent contre ça, mais bon, ils naviguent en eaux troubles : leurs syndicats sont pour la plupart pro-nucléaires... Pas moyen de penser dans ces conditions...

    • Pour ce qui est de la #chair_à_neutrons (expression imagée que je découvre), le top c’est les #intérimaires, avec tous les trafics et trucages sur les mesures de radiations encaissées par les salariés, pour « respecter » les plafonds réglementaires.
      On se souvient que cette facette du productivisme a marché grâce à l’indéfectible accord du PCF et de la CGT énergie. Jamais la production électrique n’a été menacée par la grève. Et les sympathiques rodomontades des « Robin des bois » qui rétablissent le courant à des usagers victimes de coupures d’électricité n’y changent rien : les conducteurs de centrales nucléaire sont une aristocratie ouvrière radicalement corrompue par la logique capitaliste (c’est pas un jugement de valeur sur ton père c’est un fait socio_politique).

      Nucléaire, confinement, recours massif et illégal à la sous-traitance (qui emploie les intérimaires)
      https://seenthis.net/messages/848016

    • Don’t worry je ne le prends pas comme un jugement, je connais trop bien ce système (ai bossé chez EDF il y a longtemps, pas dans le nucléaire, dans l’info), et je confirme totalement tes dires. Ce qui est terrible dans cette histoire c’est la conjonction entre le système social construit autour d’un service public de l’énergie et la volonté politique sur le nucléaire (la bombinette, le CEA, la production de plutonium et son versant public du nucléaire civil présenté comme vertueux). Un véritable carnage en terme de dévoiement militant.

      Et oui bien sur, les trafics de dosimètres chez les sous-traitant... J’ai des copains qui ont bossé là dedans... Le bout de la chaîne du mensonge qui, par rapport à ce que je dis au dessus, ne pouvait de toutes façons pas émerger.

    • Impacts de la crise du Covid-19 sur le système électrique, France Stratégie, 21 avril 2020

      Les circonstances sanitaires actuelles ont engendré une situation proprement inédite d’un point de vue énergétique et en particulier électrique, en raison d’une cessation instantanée d’une grande partie de l’activité et donc de la consommation.
      Les chiffres de consommation journalière d’électricité révèlent une forte baisse de la demande, de l’ordre de 15 % à 20 % en moyenne les deux premières semaines du confinement par rapport à un mois de mars « classique ». La consommation en semaine s’apparente actuellement à ce qu’elle est un jour férié en temps normal. Cela s’explique avant tout par le ralentissement de l’activité économique. [...] Les systèmes électriques des pays européens étant largement interconnectés et les marchés couplés, les baisses de prix se sont généralisées sur le continent au fil des ordres de confinement.
      [...] Ce mouvement a été dans un premier temps amplifié par la chute concomitante du prix du carbone sur le marché européen, qui a perdu environ 40 % depuis début mars, passant de 25 €/t à 15 €/t environ.

      Cette baisse des prix et des quantités a un impact négatif sur les revenus des différents acteurs du secteur, les producteurs, les fournisseurs et les gestionnaires de réseau. Outre l’impact mécanique de la baisse des ventes à un tarif déjà fixé, les producteurs non soutenus (EDF, Engie en France) voient diminuer leurs revenus associés aux quantités qu’ils écoulent sur les marchés. En France, cette situation est amortie pour EDF dont la production nucléaire est rémunérée de manière administrée, soit dans le tarif réglementé, soit via le mécanisme de l’ARENH (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique). Ce mécanisme qui oblige EDF-producteur à alimenter les fournisseurs alternatifs en énergie nucléaire au prix régulé de 42 €/MWh (pour une quantité limitée à 100 TWh, soit un quart de la production nucléaire totale) se retourne à l’avantage d’EDF avec la crise.

      En effet, les fournisseurs « alternatifs » – Total, Engie et d’autres – non seulement voient leurs ventes diminuer mais se retrouvent piégés par un « effet ciseau ». Les prix de marché en début d’année (environ 50-55 €/MWh) ayant été nettement supérieurs à celui de l’ARENH, ils avaient massivement opté pour ce mécanisme, en réclamant même une augmentation des volumes alloués. Certains d’entre eux, dont la liste n’est pas connue, demandent aujourd’hui l’activation de la clause de « cas de force majeure » pour suspendre leurs contrats d’approvisionnement et opter pour le marché qui atteint en moyenne 20 €/MWh. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a opposé une fin de non-recevoir à cette demande.

      #consommation_d'électricité #EDF #ARENH

  • Sortons dans la rue le 1er Mai ! -Comité de Solidarité avec Grèves et Résistance
    https://www.facebook.com/ComiteDeSolidariteAvecGrevesEtResistance

    Depuis le début de la pandémie de COVID-19, des milliers de travailleurs, travailleuses et de retraité.es en France, dans le monde, ont perdu et continuent de perdre leurs vies. C’est pour que l’économie capitaliste continue à fonctionner. Pendant ce temps d’état d’exception où tous nos droits sont suspendus et de nouvelles attaques patronales se préparent, la seule liberté qui nous est offerte est celle de mourir en travaillant. Non ! Nous avons le droit de ne pas travailler dans des conditions où l’exercice d’une activité présente un risque grave, voire mortel pour les travailleur.euses.

    Le 1er est une journée de lutte.

    Manifestons le 1er mai pour défendre notre droit de retrait, pour exiger le chômage technique payé à 100 %, pour construire une grève des loyers et pour satisfaire tous nos besoins élémentaires !

    Pour les ouvrier.ères, les travailleur.euses forcé.es à produire et à parcourir de longs trajets matin et soir, protéger sa vie c’est refuser d’aller au travail, contre le capitalisme qui nous impose la maladie et la mort. Dénonçons le système capitaliste qui nous oblige à travailler alors qu’une pandémie est toujours en cours. Ne laissons pas les patrons transformer cette situation à leur avantage. Le 1er Mai, tout en respectant les règles sanitaires indispensables, sortons dans la rue et réapproprions-nous nos vies et notre futur !

    À l’heure où les classes populaires affrontent le virus et ses conséquences pour tenter de rester en vie, le système d’exploitation capitaliste s’efforce d’échapper à la crise qu’il a lui-même crée. Quelques soient ses décisions, le capitalisme ne peut pas être le remède au désastre dans lequel il nous a entraîné. Bien au contraire, des défenseurs de l’économie chercheront encore à nous en faire payer la facture. Dans les jours qui nous attendent, nous, travailleur.euses et chômeur.euses, ne resterons debout qu’en luttant tous ettoutes ensemble.

    Nous sommes loin d’être désespéré.es ! La dangerosité et la laideur du capitalisme sont devenues clairement visibles. Il est à l’origine d’une pandémie qu’il est incapable de résorber. La découverte brutale du caractère féroce de ce système qui détruit sans compter la vie humaine, les autres êtres vivants et la nature suscite la recherche d’une nouvelle forme de vie et d’un autre avenir. Cet avenir est le communisme !

    Pour éclairer ces ténèbres, retrouvons nous ce 1er Mai dans la rue, avec nos masques et toutes les précautions sanitaires nécessaires !

    Le capitalisme est le virus. La révolution est le vaccin !

    Lieu : Place de la République
    Heure : vendredi 1er mai à 10h

    Comité de solidarité avec grèves et résistance - GDDK

    #Premier_mai #droit_de_retrait #grève_des_loyers #manifestation

    • Manifestation du Premier mai

      Voici l’appel qui a été adopté à l’unanimité des présent-es à l’AG d’hier à Montreuil :

      « Nous, habitant-es de Montreuil, réuni-es à plus de 50 le 25 avril, décidons de nous rassembler et de manifester le 1er mai, pour dénoncer la gestion catastrophique de la crise sanitaire et sociale par le gouvernement Macron et plus globalement sa politique au service des patrons. Nous serons dans les rues pour défendre la Sécu, parce que l’éducation nationale ne doit pas être la garderie du Medef, pour défendre les droits des travailleuses et des travailleurs, avec ou sans papiers, avec ou sans emploi, pour cette journée internationale de lutte.

      Nous manifesterons en respectant les distances de sécurité et en étant masqué-es. Nous appelons l’ensemble du mouvement social de tout le pays à en faire de même partout où c’est possible.

      Pour Montreuil, nous donnons rendez-vous d’abord à 13h avec des pancartes revendicatives, devant les habitations de chacun-e ou auprès des différents collectifs existants dans les quartiers, puis pour nous retrouver toutes et tous ensemble à 15h sur la place de la mairie. »

      Les organisations qui se reconnaissent dans cet appel sont priées de le relayer dans leurs réseaux respectifs. Et au-delà de cet appel, chaque structure militante sera bienvenue le 1er mai.

      #Montreuil

    • Macron parle à des enfants, suite. Où l’on découvre les "chamailleries du Premier mai" tandis que la "Journée internationale des travailleurs" est citée avant de céder le pas au "travail célébré ce jour" .
      https://twitter.com/EmmanuelMacron/status/1256101044288843777

      Ce Premier mai 2020 ne ressemble à aucun autre. Aujourd’hui, pas de rassemblements dans nos villes pour fêter comme nous le faisions depuis... tant d’années, la Journée internationale des travailleurs et je veux avoir une pensée pour les organisations syndicales qui ne peuvent tenir les traditionnels défilés, avoir une pensée pour... les travailleuses et les travailleurs de notre pays (..) et je sais toutes les contraintes qui pèsent sur les joies qui accompagnent normalement ce jour si symbolique, et même si le maximum a été fait pour que le muguet du p... Premier mai puisse être vendu, partagé (...) beaucoup de qui est normalement fait euh n’a pas été possible et demeure interdit. (..) Pourtant l’esprit du Premier mai, cet esprit de solidarité entre les travailleurs n’a peut-être jamais été aussi puissant, aussi vivant, car c’est bien grâce au travail célébré ce jour que la nation tient. C’est grâce au travail, au dévouement (...) que nous sauvons chaque jour tant de vies. (...) privés... des rituels de cette journée, nous en éprouvons aujourd’hui toute la valeur, tout le sens, avec cette volonté forte, retrouver, dès que possible, les Premiers mai joyeux, chamailleurs parfois, qui font notre nation, (...) nous les retrouverons ces Premiers mai heureux. Ensemble, unis, nous surmonterons cette épreuve.

      Incontestablement, les Premiers mai de ces dernières années ont été particulièrement « joyeux » pour l’industrie des armes de la police et leurs utilisateurs qui ont aussi pu faire leur beau travail à la main.

      #Pétain #En_marche #travail #éloge_funèbre

    • La police se prépare à un 1er Mai sans cortèges
      https://www.lefigaro.fr/actualite-france/la-police-se-prepare-a-un-1er-mai-sans-corteges-20200429

      Pour la première fois depuis sa création en 1947, la traditionnelle Fête du travail prend cette année la forme singulière d’un 1er Mai sans cortèges. Crise sanitaire oblige, la France restera comme « vitrifiée » et ses rues ont vocation à demeurer quasi désertes puisque aucune organisation syndicale n’a déposé de préavis de manifestation.

      [...] Au sein de la police, les analystes en sont convaincus : « Internet remplace la rue. Depuis le début de l’épidémie, l’activité physique a cédé le pas à une multiplication d’actions numériques et dématérialisées. Là où il y avait des rassemblements à 10 heures place de la République ou à la Bastille, un simple hashtag sur Twitter sert de mot d’ordre. »

      [...] Mais les forces de l’ordre veilleront au respect de la loi. « Sur internet comme dans la rue, la liberté d’expression reste le principe tant que des infractions ne sont pas commises », rappelle le contrôleur général Michel Lavaud, porte-parole de la police nationale, qui prévient que les « menaces, injures publiques seront passibles d’une sanction, tout comme les outrages pour lesquels un contrevenant peut encourir de six mois à un an d’emprisonnement. »

      Dans le cadre de la mise en place d’une « veille réputationnelle », les internautes sont invités au civisme en signalant à la plateforme Pharos, un peu à la manière d’un témoin qui composerait le 17, les contenus délictuels détectés lors de leur navigation sur les réseaux. Charge aux experts de la direction centrale de la PJ (DCPJ), qui traite quelque 200.000 signalements par an, de recouper les informations avant de saisir, au besoin, un service d’investigation.

      #appel_à_la_délation #corbeaux

    • Les « BRAV » interviennent au marché Croix de Chavaux à Montreuil pendant une distribution de nourriture
      https://twitter.com/Paroleerrante/status/1256189340704792576

      Ce matin un marché rouge était organisé, avec distribution de nourriture et tracts des Brigades de solidarité populaire Une cinquantaine de personnes ont été nassées par la police (les « BRAV » voltigeurs) ss la halle du marché Croix de Chavaux, solidaritéDouble point d’exclamation

      La volaille voltigeuse dit qu’elle contrôle les attestations et laissera sortir les présents un par un... Si vous ne vous rendez pas sur place pour surveiller la police, stay tuned...

      EDIT
      https://seenthis.net/messages/849714
      https://seenthis.net/messages/849843

    • Une joyeuse déambulation dans les rues du quartier Pernety. 1er mai à Paris : le 14e mobilisé, vous ne confinerez pas notre solidarité !
      https://paris-luttes.info/1er-mai-a-paris-le-14e-mobilise-13929

      Nous avons tourné à 2 groupes dans les rues du quartier, masqué·e·s et en nous distanciant tou·te·s d’un mètre, pour crier notre colère contre le gouvernement qui, sans geste barrière, avance main dans la main avec le capital. Nous étions environ 25 personnes et, depuis leurs fenêtres, des gens du voisinage ont salué notre passage par des « coucou » et des applaudissements. Quelques passant·e·s sont aussi venu·e·s grossir nos rangs. Le soleil était de la partie.

      Une exposition dans un jardin du coin montrait des mannequins militant.es en manif imaginaire en soutien à tou·te·s celles et ceux qui luttent sans cesse contre les contre-réformes, les lois liberticides, la propagande d’état, les violences policières, le capitalisme, etc.
      Nous avions des pancartes :

      Sous-payées, précarisées, exploitées, les premières de corvées en ont assez
      J’ai pas le Corona, j’ai la rage !

    • 1er mai à Montreuil : la Boissière deter et révolutionnaire !
      https://paris-luttes.info/1er-mai-a-montreuil-la-boissiere-13931

      Nous vous livrons un petit CR à chaud et euphorique de la manif de la Boissière à Montreuil (93). Pour résumer rapidement : nous avons pu mener une manif sauvage de 1h30 entre le carrefour bd de la Boissière / bd Aristide Briand jusqu‘à Paul Signac puis jusqu‘à la lisière de la mairie de Montreuil, et retour par la rue de Romainville aux Trois Communes pour finir devant l‘hôpital André Grégoire. On voulait rejoindre la mairie, mais on a préféré éviter la nasse géante.

      Plein de gens aux fenêtres nous ont salué·e·s, acclamé·e·s et quelques voisin·e·s sont carrément descendu·e·s pour manifester avec nous ! Big up aux automobilistes qui ont voulu aller se garer pour nous rejoindre, à celleux qui ont mis l‘Internationale à fond dans leur appart pour qu‘on l‘entende, celleux qui nous ont offert un miniconcert à leur fenêtre avec tambour et accordéon, aux deux qui ont brandi un drapeau rouge à faucille et marteau à notre passage, à cette maman qui est descendue nous faire un coucou avec ses deux enfants déguisées en princesses, à ce gars en voiture qui nous a demandé quelles étaient nos revendications et a levé le pouce quand on lui a dit : « LA RÉVOLUTION ! ».

      Nous avons pu nous lâcher sur les slogans et la bonne humeur en n‘étant presque pas dérangé·e·s par les keufs (ni par la pluie !) : on a compté un camion de flics qui a fait demi-tour en nous voyant arriver, et une voiture de la police municipale devant l‘hôpital, peu avant le point de dispersion. Les deux municipaleux étaient totalement démunis, ont essayé de nous suivre, de faire demi-tour, l‘un d‘eux a même contrôlé au pif un pauvre automobiliste qui passait par là pour se donner de la contenance, et avant que leurs renforts n‘arrivent, tout le monde était dispersé et en sécurité (a priori).

      On était armé·e·s d‘attestations en bonne et due forme, de masques, de gestes barrière et surtout de 2 banderoles de ouf (qui sont elles aussi en sécurité) : une « Fermez les CRA » et une « Contre le Macronavirus, la Boissière révolutionnaire » avec un serpent magnifiquement vénère.

      On est encore tout.es retourné·e·s de la réaction des voisin.es aux balcons, aux fenêtres et dans la rue, l‘ambiance était si chaleureuse et solidaire ! C‘était en soi une sauvage toute tranquille avec des enfants et des petits moments de danse, mais c‘est surtout une manif du 1er mai 2020 qui s‘est déroulée sans accroc, dans un quartier particulièrement touché par le harcèlement policier et les violences policières, et ça c‘est ouf et ça fait du bien.

      Stratégiquement, on peut en déduire qu‘effectivement, surprendre les keufs et compagnies en manifestant dans des endroits inattendus, de manière mobile, spontanée et décentralisée, ça marche bien. Nous n‘étions qu‘un petit groupe, une vingtaine qui est devenue une trentaine, et on n‘a pas pu inviter et mobiliser toutes les personnes avec qui on aurait aimé manifester. Depuis le début du confinement, on s’organise dans notre quartier, on en est fier·ère·s et on va pas s’arrêter là. Aujourd’hui, c‘était un modèle de manif de quartier, avec ses avantages et ses inconvénients, qui nous a fait grave plaisir et nous a permis de montrer aux compas et au quartier que le confinement ne signifie pas la fin de la rébellion et des luttes !

      Un dernier mot : toute notre solidarité à celleux qui ont pris des amendes aujourd‘hui ou les jours précédents, ailleurs à Montreuil ou Paris. À la Boissière, les flics nous alignent pour rien, du coup notre petite balade sonnait comme une minirevanche. On va essayer de s‘organiser pour que les amendes soient prises en charge collectivement et on vous invite à faire de même !

      La Boissière, déter, et révolutionnaire !

      [...]
      Puis liste de #slogans

  • #Moratoire sur le #service_de_la_dette accordé par le G20 : un peu d’aide et beaucoup de com’

    Des pays africains comme l’Egypte, le Maroc, la Tunisie, l’Afrique du Sud et l’Algérie ne bénéficieront pas de l’initiative de #suspension_temporaire du service de la dette décidée par le #G20 au profit de certains pays, a appris l’Agence Ecofin, d’une analyse de l’Institute of International Finance (IIF), une organisation basée à Washington DC, aux Etats-Unis, et qui regroupe les acteurs mondiaux du secteur financier.

    Déjà, l’#Afrique_du_Sud est membre du G20 et pour cela, ne peut pas bénéficier de cette mesure, malgré des conséquences économiques évidentes du #coronavirus sur son #économie. De plus, elle fait partie avec l’#Egypte de ce qu’on appelle les gros pays émergents. Le #Maroc et la #Tunisie se retrouvent dans la catégorie des pays à faibles revenus, mais qui ne sont pas bénéficiaires des appuis de l’#Association_internationale_pour_le_développement (#IDA). L’#Algérie quant à elle, est présentée par la Banque mondiale comme un pays à revenus élevés.

    77 pays éligibles, dont une quarantaine en Afrique subsaharienne

    Un total de 77 pays sont éligibles à ce soutien du G20, dont une quarantaine en Afrique, en plus de l’Angola qui bien qu’étant dans la même catégorie que le Maroc, est considéré comme un des pays les moins développés de la planète par les Nations unies, donc éligible au programme. Le gros enjeu désormais est celui de déterminer la quantité de dettes dont le remboursement sera suspendu.

    Le communiqué du G20 précise qu’il s’agit des intérêts et principaux de dette dus entre le 1er Mai et le 31 décembre 2020. Il s’agit donc en réalité de 8 mois de services de la dette qui sont suspendus et non toute la dette de l’année 2020 comme on a cru le percevoir dans les déclarations politiques reprises par les médias. Pour l’ensemble des pays éligibles, le service de la dette pour l’année en cours est estimé à 140 milliards $. Un point positif toutefois, le remboursement des montants suspendus se fera sur trois ans, après une année de délai de grâce et ils ne seront pas réévalués à leur valeur du moment.

    Sur ce montant, environ 64 milliards $ sont le fait des intérêts et du principal de dette à court terme, et qui est majoritairement détenue par des acteurs privés, comme les traders des matières premières ou des investisseurs en portefeuille. L’IIF a estimé que si on reste sur la dette strictement publique, le volume de remboursements prévus en 2020 est de 45 milliards $. Sur ce montant, seulement 27 milliards $ sont estimés être dus dans le cadre de la dette bilatérale, concernée par la suspension.

    Un geste finalement très modeste…

    Le G20 n’a pas garanti que les autres créanciers de la dette publique des pays éligibles seront partants pour l’accord de suspension. Il s’agit notamment des organismes multilatéraux comme la Banque européenne d’investissement, la Banque mondiale ou encore le FMI. Il est aussi difficile de savoir si les banques d’investissement et les créanciers détenteurs des obligations souveraines de ces pays s’impliqueront.

    Des organisations de la société civile internationale ont déjà critiqué une mesure qui ne sera à leurs yeux pas efficace. Déjà, le bénéfice de cette suspension n’est pas automatique. Les pays qui souhaitent en bénéficier devront faire une demande et s’engager à dépenser la ressource disponible à des objectifs précis, comme l’amélioration du système de santé. Il faudrait aussi que le pays demandeur soit à jour de ses cotisations avec le FMI et la Banque mondiale ; ce qui exclut d’emblée des pays comme le Mozambique qui a un procès international sur sa dette.

    Le montant global de la dette des pays éligibles à l’initiative du G20 est estimé à un peu plus de 750 milliards $. Le moratoire accordé ne représente donc que 3,6% de ce montant ; ce qui est la marque d’un moindre effort. Dans ce contexte, on a du mal à comprendre pourquoi le groupe des 19 pays les plus riches de la planète et l’Union européenne peinent à abandonner complètement la dette de ces pays éligibles.

    Lorsqu’on la rapporte au produit intérieur brut (PIB) du G20 de 2019 qui était de 78 286 milliards $, l’ensemble de cette dette ne représente que 1% de la valeur créée chaque année par les économies de cette organisation. Une annulation complète comme le préconise la France ne créerait donc aucun danger pour les pays riches qui en périodes ordinaires n’hésitent pas à être agressifs pour l’obtention en Afrique de conditions fiscales avantageuses ou de garanties d’investissements lucratifs pour leurs entreprises.

    https://www.agenceecofin.com/finances-publiques/1904-75852-moratoire-sur-le-service-de-la-dette-accorde-par-le-g20-un-

    #dette #éligibilité
    via @mobileborders

  • Il faudrait dire la vérité : une étudiante en médecine face au Covid – L’Avventura, le blog scientifique de Fiamma Luzzati
    https://www.lemonde.fr/blog/lavventura/2020/04/23/il-faudrait-dire-la-verite-une-etudiante-en-medecine-face-au-covid

    Maïa est en troisième année de médecine, quand la pandémie de Covid 19 explose, elle répond à l’appel du doyen de sa faculté et va prêter main-forte à l’hôpital. Elle se retrouve à faire les gardes de nuit en tant qu’aide-soignante, une expérience riche et difficile qui va changer sa vie. Je remercie Pablo, Adèle et Ymai, étudiants en médecine, qui m’ont inspiré ce récit.

    L’ AUTEUR DE L’ AVVENTURA
    Je suis un auteur de bandes dessinées indépendant et pas une journaliste du Monde, si ce blog vous plaît, partagez-le ! Vous pouvez me suivre sur Twitter, Facebook, Instagram, Linkedin . La femme qui prenait son mari pour un chapeau est mon dernier livre (disponible sur https://www.lalibrairie.com qui paie ses impôts et livre à domicile même pendant le confinement parce que le livre est un bien de première nécessité !

    Enfermer 10h les 150 plus hauts dirigeants du pays en condition d’exam et sans accès à aucune source avec pour consigne de rédiger quelque chose sur « La #crise_sanitaire, le #soin et le #dire_vrai » ; jury populaire, les recalés sont envoyés en stage à la charge de leur famille à la désinfection des transports en commun 6h par jour (restons magnanimes) jusqu’à la fin de la pandémie.

    #BD #récit #hôpital #élève #aide_soignante #vérité

  • La #précarité, un problème global dans une #Europe postcoloniale

    La recherche en sciences sociales établit que la #précarisation de la #vie_académique – et je dis bien de la vie, pas seulement du travail – se répand de manière accablante à l’échelle mondiale. Dans une étude publiée en 2016, Ava Höhle et Ulrich Teichler[1] montrent que les #contrats_temporaires deviennent le modus operandi d’emploi à l’université dans plusieurs pays, tels que le Canada (82%), la Finlande (34%), le Japon (39%) et le Royaume-Uni (28%). Quant à la France, les chiffres sont toujours peu clairs : un rapport publié par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation informe que parmi les 86 096 enseignants-chercheurs rattachés à des institutions sous-tutelle dudit ministère, 66% de ce personnel sont classés titularisés[2], alors que les autres 34% sont classés non-titularisés[3]. Néanmoins, les vacataires n’y sont pas comptabilisés. Les seules données officielles disponibles à ce sujet figurent dans un document publié en 2018 qui présente un chiffre de 105 596 vacataires chargés de cours pour l’année 2016-17 au sein de seulement 79% des universités françaises incluses dans le rapport.

    En Inde également, les ad hoc teachers constituent une masse d’employés précaires présente dans toutes les universités du pays. Selon la Delhi University Teachers Association, cette catégorie représentait, en 2016, 50% des 9 000 enseignants à l’Université de Delhi (DU), dont la rémunération s’élevait à 57 000 roupies par mois[4] sous un régime de contrats à durée de 6 mois. De même que leurs équivalents français, malgré une mobilisation politique croissante de leur part, ces travailleurs de l’enseignement supérieur ne jouissent d’aucune stabilité professionnelle. À l’instar de nombre de pays européens, le processus de précarisation de l’université indienne s’est amorcé dans les années 1990, dans un moment où l’économie politique du pays, jusqu’alors encadrée par un modèle nommé soft-socialism, s’orientait vers une dite libéralisation économique. Cherchant à faire intégrer la région sud-asiatique – y compris ses universités – dans un marché global, les forces politiques nouvellement arrivées au pouvoir font basculer, en un court espace de temps, dans un néolibéralisme outrancier, des pays habitués aux valeurs plus ou moins socialistes.

    La précarisation du travail académique en Europe et en Inde est plus organiquement liée qu’il n’y paraît : il est question ici des rapports entre deux acteurs majeurs d’un marché universitaire et scientifique global. Je dirais même que la précarité académique en Europe s’articule à la circulation internationale de chercheurs du Sud global – parmi lesquels les chercheurs d’origine indienne[5].

    Je soutiens que l’ainsi-dite « globalisation des sciences sociales »[6] récupère un imaginaire et un passif postcoloniaux dans la mise en place de politiques scientifiques internationales qui précarisent la formation des élites dites « cosmopolites », bien que de manières distinctes selon les contextes nationaux et la position que certains sujets occupent dans un espace social mondial complexe. En effet, cet espace global de circulations scientifiques offre un grand nombre de spécificités selon les pays, les disciplines, voire même les institutions concernées. Chacun s’accorde à dire que même les expériences coloniales et postcoloniales qui sont à l’origine de la distinction Sud Global / Nord Global ont toujours été protéiformes. Toujours est-il que, comme le soutient Walter Mignolo, le concept de « Sud Global » permet de regarder ce paysage hétérogène par le biais des relations historiques, et également changeantes, de « la dépendance économique, politique et épistémique, ainsi que les relations inégales dans l’ordre global »[7].

    Peut-on être contre la mobilité ? Faire contre mauvaise fortune bon cœur

    Lorsque j’ai initié mon enquête ethnographique sur la circulation des chercheurs sud-asiatiques bâtissant une carrière en Europe, surtout en Allemagne et au Royaume-Uni, j’avais à l’esprit l’idée de rencontrer des chercheurs confirmés qui avaient réussi à s’établir à l’étranger. Étant moi-même un chercheur du Sud Global, brésilien, j’étais alors intéressé par une série de débats d’ordre épistémologique autour de la notion de légitimité de la parole de ces chercheurs en tant que représentants de la critique postcoloniale en Europe[8]. Or, outre les trajectoires de réussite professionnelle, j’ai fini par rencontrer un nombre massif de chercheurs indiens – pour ne pas mentionner les autres – en situation précaire et pour qui la circulation devenait l’impératif d’une carrière de plus en plus précarisée. Autrement dit, on circulait car on partait à la recherche d’une nouvelle « opportunité ». Alors que j’entendais des directeurs de départements des universités dites « globales » dire que « les chercheurs indiens sont très mobiles, et nous valorisons énormément cela », une partie importante de mes interlocuteurs précaires, qui enchaînaient des contrats temporaires dans différents pays, s’accordaient, de leur côté, à juger que la mobilité devenait une forme de précarisation de la vie universitaire. L’un de mes interlocuteurs, homme d’une trentaine d’années postdoctorant en Allemagne, me disait : « mobilité, mobilité, mobilité… c’est la mobilité pour la précarité. Il faut qu’on soit cette espèce de main-d’œuvre détachée, sans aucun avenir, n’est-ce pas ? »[9].

    En pointant l’aspect sombre de la mobilité, notamment le fait qu’elle conforte parfaitement les principes de la précarisation, le discours d’une partie de mes interlocuteurs nous conduit à une position pour le moins complexe. D’une part, très peu d’entre nous sauraient s’opposer à la mobilité comme pilier fondamental d’une formation intellectuelle cosmopolite et d’échanges scientifiques riches et novateurs. D’autre part, un champ d’études croissant montre que les institutions les plus « internationalisées » sont aussi celles qui entretiennent le plus la précarité. À titre d’exemple, Peacock[10] a montré que les très prestigieux Max Planck Institutes fonctionnent essentiellement sur la base d’une main-d’œuvre hyper-qualifiée de chercheurs internationaux qui ne seront jamais parmi des 10% de chercheurs permanents de l’institution et qui occupent, en principe, les postes de directeur. Ce constat était d’ailleurs dressé par mes interlocuteurs eux-mêmes. Une interlocutrice postdoctorante dans une petite ville universitaire allemande m’explique : « Lors d’une réunion avec l’équipe, le directeur nous a très clairement dit qu’il vaut mieux chercher un poste ailleurs. Nous ne sommes pas censés rester : pour nous, l’Allemagne n’est qu’un lieu de passage ». Dans cette perspective, la mobilité n’est pas une opportunité, mais plutôt une nécessité.

    Certes, la précarité peut s’avérer une forme de déclassement social vécu par nombre de chercheurs de tous les pays, mais je voudrais suggérer ici qu’un regard sensible à la question postcoloniale peut nous permettre de saisir une facette peu explorée de la précarisation. Voyons comment.

    La mobilité précaire : la rencontre de la postcolonialité et du néolibéralisme

    L’immense majorité de mes interlocuteurs est issue des classes moyennes indiennes historiquement privilégiées d’un point de vue économique et social. Au-delà de la stabilité professionnelle propre aux métiers les plus répandus dans ces familles (médecin, professeur, diplomate, fonctionnaire et cadre d’entreprise), être de la classe moyenne en Inde signifie historiquement appartenir à des réseaux familiaux bien connectés à tous les niveaux de l’État et de la sphère privée – y compris au sein des institutions scientifiques indiennes et étrangères. Il s’agit ainsi d’une génération de personnes nées dans les années 1990 n’ayant jamais douté de l’apparente garantie d’un avenir professionnel stable. Cependant, ladite décennie a été marquée par une « libéralisation économique », quand l’Inde a connu une série de transformations à la fois inattendues et décevantes pour cette génération : tandis que les universités européennes s’ouvraient au recrutement de chercheurs non-européens, et que les universités indiennes s’« intégraient » au marché universitaire « global », les politiques néo-libérales se faisaient sentir au travers de la précarisation du travail universitaire sur les deux continents. Voici comment une histoire postcoloniale est réactualisée dans sa version néo-libérale : alors que les circulations estudiantines entre l’Inde et l’Europe (surtout l’Angleterre) datent, au moins, du début du 20e siècle, avec la fondation de la School of Oriental Studies en 1916, l’ouverture au recrutement de chercheurs venus des anciennes colonies s’avère un fait nouveau, puisque jusqu’au début des années 2000, les institutions européennes pratiquaient une politique scientifique très claire : accueillir des étudiants, renvoyer des chercheurs. En atteste l’expérience de l’un de mes interlocuteurs, professeur retraité de l’Université de Calcutta, et qui a fait ses études en Angleterre dans les années 1980 :

    À l’époque que j’habitais là-bas, on s’approchait de la fin des années 1970. Dans les années 1960, il était plus difficile, mon père a dû faire face… il avait été formé au MIT [Massachusetts Institute of Technology] et dans son cas, à l’université où il travaillait [en Angleterre], ils ont dit de façon très simple : “nous pouvons seulement vous garder sous contrat temporaire, car les emplois permanents sont réservés aux citoyens anglais. Par ailleurs, nous nous engageons à envoyer autant d’Indiens de retour au pays d’origine.” Il y avait un engagement du gouvernement, alors c’était très difficile de justifier là… Mais c’était déjà moins le cas au moment où j’étais en Angleterre.

    Ainsi, la génération de chercheurs indiens partis en Europe pour leurs études doctorales à partir des années 2000 a été confrontée à une double transformation : tandis que faire carrière en Europe devenait progressivement un projet envisageable pour les chercheurs du Sud Global, les postes permanents devenaient de plus en plus disputés pour tous. Face à cette situation, les jeunes chercheurs qui voulaient rester en Europe ont dû accepter des postes temporaires (post-doctorat, visiting scholar, etc.) qui impliquent, entre autres choses, un statut juridique fragile auprès des services migratoires. Évidemment, rentrer en Inde est toujours une option pour ces universitaires, et beaucoup le font volontiers avec succès. Comme je l’ai constaté lors de mon terrain en Inde, la valeur que peut avoir un diplôme européen sur le marché universitaire indien leur assure des postes à haut revenus dans le pays, surtout auprès des nouvelles institutions privées qui forment les élites locales.

    Néanmoins, c’est ici que prend toute son importance le rôle de ce que certains chercheurs ont nommé le postcolonial predicament [l’impasse postcoloniale][11], à savoir le fait que la colonisation a su forger des institutions, des désirs, des formes de savoir et des subjectivités profondément liées à certains imaginaires eurocentrés dont il est extrêmement difficile de se débarrasser quand il s’agit de la vie intellectuelle. La majorité de mes interlocuteurs était issue de familles anglophiles, formées dans des institutions universitaires conçues à partir de modèles européens, pour qui partir en Europe ou aux États-Unis était une étape « naturelle » de leur formation : dans le cadre d’un imaginaire postcolonial, qui a été produit à travers plus de deux siècles d’échanges intellectuels, partir en Europe c’était, pour paraphraser Stuart Hall[12], comme rentrer à la maison.

    Par ailleurs, le désir de bâtir une carrière en Europe n’est pas restreint à une classe de familles privilégiées par les liens qu’elles ont pu entretenir historiquement avec le projet colonial. Plus récemment, les étudiants et jeunes chercheurs issus de familles plus modestes ont aussi été influencés par un imaginaire certes plus contemporain, mais qui ne s’affranchit pas de celui que je viens de décrire : le 21e siècle devient, selon le discours officiel des institutions transnationales, l’âge du cosmopolitisme, de la circulation, de la diversité culturelle ainsi que de l’ample accès à l’enseignement supérieur. Et c’est précisément à travers ce double prisme – postcolonial et transnational – qu’il faut comprendre le processus par lequel les universités européennes s’ouvrent au recrutement de chercheurs du Sud Global et, par conséquent, la spécificité de la précarité qui y est associée. L’essor des politiques culturelles à l’université[13] a fait que la diversité devient un atout, voire une véritable valeur ajoutée, sur lequel capitalisent des universités accaparées par les pratiques managériales. Cela a trait, par exemple, aux stratégies de celles-ci pour attirer des étudiants étrangers qui payent des frais très importants – comme pour les étudiants de la diaspora indienne en Angleterre et qui veulent avoir cours avec des enseignants indiens[14] –, mais aussi à l’idée de cosmopolitisme culturel qui est de plus en plus associée à celle d’excellence des institutions dites « globales ». Une dimension importante de l’économie globale de la connaissance[15], même si on en parle beaucoup moins, réside dans le fait qu’avec ces chercheurs de la périphérie circulent un ensemble de capitaux symboliques[16] et financiers auxquels s’intéressent les universités européennes. Concrètement, plusieurs centres de recherche sur l’Inde ont été fondés dans les quinze dernières années en Europe, plusieurs étant financés ou cofinancés par le gouvernement et les entreprises indiennes[17]. Ces centres consacrés aux études indianistes, où circule un grand nombre de chercheurs précaires, sont certes des lieux de rencontres et d’échanges, mais aussi d’actualisation d’enjeux géopolitiques de grande importance entre ces pays. Pour en donner un exemple, lors de mon travail de terrain au Royaume-Uni en 2015, j’ai pu accompagner les manifestations contre la visite officielle de Narendra Modi, le premier-ministre indien, représentant de la droite nationaliste hindoue (BJP). L’un des fronts de ces mobilisations a été organisé par une partie des étudiants et chercheurs indiens et indianistes basés à l’Université de Cambridge et qui s’opposaient à l’invitation officielle que cette dernière avait adressé à Modi. L’université a fini par revenir sur sa décision et n’a pas accueilli le Premier ministre.

    L’intérêt qui portait Cambridge à cette alliance était précisément celui affiché par d’autres universités britanniques. Le but est de favoriser une diplomatie scientifique basée sur l’attraction des étudiants et des investissements publics et privés indiens. Ce constat s’appuie sur les documents publiés par le Consulat général de l’Inde où se trouvent des chiffres concernant les partenariats indo-britanniques avec Cambridge, Oxford et le King’s College. On constate ainsi que bien au-delà de la sphère du symbolique et de la subjectivité, la condition postcoloniale propre au monde contemporain façonne surtout les conditions économiques et les rapports de pouvoir qui définissent des principes et des conditions de la production et de la circulation des chercheurs, de leur reconnaissance académique, ainsi que des possibilités concrètes de financement de la recherche, autant en Europe qu’ailleurs. Ce qui est en jeu ici est l’hégémonie dans un espace de luttes concurrentielles autour de la formation d’étudiants qui constituent l’élite qui fera le lien entre le Nord et le Sud Global – en l’occurrence, entre le Royaume Uni et l’Inde. Il n’en demeure pas moins que cette « opportunité » peut coûter l’amère prix de la précarité : une précarité propre au monde postcolonial.

    Précariser la formation des élites globales

    Ce détour par les politiques scientifiques contemporaines dans leurs relations avec les politiques culturelles et économiques permet de mieux comprendre les liens, qui peuvent sembler distants, entre la précarité des chercheurs français (ou européens) et celle des chercheurs indiens (ou du Sud Global).

    Autant les institutions européennes que les indiennes sont bien conscientes d’une chose : en Europe, on forme les élites indiennes (ainsi que d’autres, bien entendu), et l’enjeu porte sur les types de formations qu’on accordera à ces jeunes. Dans un monde postcolonial qui se néolibéralise, une puissance émergente comme l’Inde, et qui dispose d’une diaspora de 80 millions de personnes disséminées à travers tous les continents, cherche à faire valoir les valeurs qui sont les siennes dans son projet de devenir une puissance globale. Cela impliquerait une stratégie agressive de façonnement des institutions de formation de leurs élites. De son côté l’Europe cherche aussi à garder son hégémonie dans le domaine de la formation universitaire tout en s’adaptant à ces évolutions géopolitiques où l’université joue un rôle stratégique. En effet, le processus de précarisation ne peut être localement compris qu’à travers le prisme de dynamiques globales de formation à la fois des masses et des élites selon certaines visions du monde qui refondent l’université du 21e siècle. Celle-ci devient un espace de formation de gestionnaires du futur, de ressources certes économiques, mais surtout symboliques qui sont de plus en plus valorisées sur le marché global, telles que la diversité, la culture, la connaissance, les droits et l’idée même de futur.

    La France suit également un long processus de précarisation et d’essor des politiques néolibérales à l’université tout au long de la dernière décennie. Néanmoins, bien que la France n’ait pas été à l’abri d’un certain nombre de transformations (les pratiques de reddition de comptes, le souci de la productivité, le financement privé de la recherche, la baisse du nombre de postes permanents, etc.), ce n’est que très récemment que des institutions françaises en sont venues à offrir une formation entièrement anglophone afin d’attirer des étudiants étrangers non-francophones. Cette nouvelle modalité de formation, plus ouvertement tournée vers la logique marchande, marque un tournant dans la manière dont la France comprend le rôle et le modus operandi de l’enseignement supérieur dans un système global de la connaissance.

    À Sciences Po Reims, par exemple, les cours sont donnés en anglais à des jeunes venus des quatre coins du monde, prêts à payer des milliers d’euros de frais d’inscription afin de bénéficier d’une formation « d’excellence ». Ce n’est pas un hasard si les doctorants qui y enseignent sont également en grande partie des étrangers désireux de faire leurs études et, peut-être, une carrière en Europe. Il est important de noter que, d’après le témoignage de plusieurs collègues qui y enseignent (faute de données précises publiées par les instances compétentes), les taux de précarité à Sciences Po Reims sont notoirement très élevés. Et ces jeunes étrangers qui y enseignent sont eux–mêmes pris dans la logique de l’ « excellence » internationale qui valorise les départements « cosmopolites ». Par ailleurs, dans les meilleurs des cas – c’est-à-dire quand ils enseignent une matière proche de leur sujet de recherche –, ces jeunes chercheurs font usage d’un capital symbolique, notamment académique et linguistique, accumulé au cours d’une formation entre leurs pays d’origine et la France : le fait d’avoir des jeunes chercheurs russes qui y enseignent l’histoire russe représente, à l’heure actuelle, un atout aux yeux de l’université globale. Leur précarité est un corolaire nécessaire dans la conception d’une université globale et managériale. Des précaires qui enseignent à de présumées élites, elles-mêmes aux prises avec les risques de précarité et dès lors prêtes à accepter, dans le futur, le même genre de postes mal payés mais « prestigieux » – voilà les ressorts merveilleux qui alimentent une mobilité universitaire internationale qui, pour être valorisée, permet aussi et surtout de donner accès à une main d’œuvre hautement qualifiée à coût réduit.

    Faire face à une Europe postcoloniale

    Lors du début du mouvement Carré Rouge contre l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants non-européens en France, Éric Fassin a bien exprimé la stratégie qui était au cœur de la mesure entreprise par le gouvernement : « la xénophobie, aujourd’hui, sert à faire avaler la pilule du néolibéralisme »[18]. Sociologue sensible à la question postcoloniale en France, Fassin nous rappelle que le néolibéralisme ne peut pas être compris si l’on omet d’interroger sa dimension postcoloniale. Que le mot néolibéralisme fasse fortune dans un milieu académique critique des transformations en cours, notamment de la précarisation, mérite réflexion : plutôt que de prendre son sens et son fonctionnement pour argent comptant, il vaudrait mieux profiter de cette occasion pour l’interroger ethnographiquement. Ce qui est en question ici, ce n’est pas de contester la validité de la dénomination de « néolibéralisme » – ce qui me semblerait à la fois scientifiquement erroné et politiquement démobilisateur –, mais plutôt d’interroger ce que nous y mettons. C’est pourquoi je rejoins un certain nombre de chercheurs qui estiment nécessaire d’analyser les évolutions actuelles du capitalisme au prisme des dynamiques postcoloniales qui en sont constitutives[19].

    Il en va de même pour ce qui relève de la précarité à l’université. La précarisation galopante du travail académique que vit l’Europe n’est pas seulement le résultat de politiques économiques conçues dans le continent et qui seraient appliquées à l’échelle globale avec des résultats plus ou moins similaires urbi et orbi. Les dynamiques qui y sont associées sont en réalité plus complexes, et ceci d’autant plus qu’elles ont trait à la reconfiguration des rapports de pouvoir entre le Nord et le Sud global. C’est pourquoi dire que l’Europe, y compris la France, fait face à son histoire postcoloniale ne devrait pas susciter de grande surprise : en réalité, elle est aujourd’hui confrontée aux effets moins évidents d’une globalisation fondée sur son passé colonial. Et la précarité, dans ses formes multiples selon la positionalité des sujets, autant du Sud que du Nord global, en est un autre élément.

    https://blogterrain.hypotheses.org/15728
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    ping @karine4 (en lien avec la question de la #violence_épistémique ?)
    @cede