• Abstention : l’explication par Adrexo
    https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/abstention-lexplication-par-adrexo

    La faute aux sondeurs ? La faute aux éditocrates ? La faute aux politiques ? La faute à tout le monde ? La flagellation collective de la petite bande médiatico-politique est une incontournable consolation des soirées télé électorales avec forte abstention. En vedette dimanche soir, alors que les deux tiers des électeurs se sont abstenus lors des élections régionales et départementales, Laurent Delahousse, qui a successivement incriminé ses invités incapables de se laisser parler, et les rédactions ""qui ne sont plus dirigées par des journalistes"". Très bien. Excellente analyse, que je ne vais pas contredire ici.

    Mais si je peux me permettre, il faudrait aussi examiner une autre explication. Un nombre encore indéterminé d’électeurs n’ont tout simplement pas reçu les professions de foi des candidats. Indéterminé, mais tout indique qu’il est élevé (confidence : j’en suis). La raison : pour la première fois, la distribution des professions de foi avait été « externalisée » par le gouvernement, dans sept régions sur quinze, à une société privée, Adrexo. Cette société de 25 000 salariés, basée à Aix-en-Provence, est spécialisée dans la distribution de brochures publicitaires. Sans adresses, donc. Ces derniers jours, plusieurs élus et candidats ont alerté sur les retards dans la distribution des professions de foi, avec à l’appui des photos parlantes. Dans la presse nationale, seul le « Huffington Post » y a consacré un article d’ensemble (et pourtant, même la presse de droite, me semble-t-il, devrait être sensible aux questions de distribution du courrier).

    Le problème n’est-il apparu que ces tout derniers jours ? Pas du tout. Une rapide recherche « Adrexo » sur mon moteur préféré fait apparaître un intéressant incident, remontant au mois dernier : le 25 mai dernier, des employés de la petite ville d’Hérimoncourt (Doubs) découvrent à la lisière d’une forêt des enveloppes, dont certaines détruites ou incendiées. Elles contiennent les professions de foi du sénateur Cédric Perrin (LR) pour les élections départementales. Selon « L’Est Républicain », un intérimaire de 21 ans, employé par Adrexo, arrêté le lendemain, a avoué s’être débarrassé des enveloppes, faute de temps suffisant pour la distribution.

    Interpellé par le sénateur Jean-Louis Masson (tête de liste RN aux départementales en Moselle), le ministère de l’Intérieur de Gérald Darmanin a fait la réponse suivante : ""Il semblerait totalement anachronique d’empêcher l’État d’externaliser la distribution de la propagande jusqu’aux boîtes aux lettres des électeurs, secteur qui est aujourd’hui ouvert à la concurrence, alors même que l’État s’efforce d’optimiser ses ressources dans le cadre d’une politique générale de meilleure gestion des deniers publics.""

    Sur les conditions de travail au sein d’Adrexo, une autre affaire jette un éclairage intéressant. Après sept ans de procédure, un couple de l’Orne a obtenu d’Adrexo un rattrapage de salaires de 139 469 euros. Ils avaient décidé de rompre leur contrat à temps partiel, contrat qui ne comportait aucun horaire, et leur imposait de se tenir à la disposition de la société. Récit de l’un d’eux : ""On attendait qu’on nous contacte pour pouvoir nous organiser, classer les publicités, parfois jusqu’à six, et les distribuer. On utilisait notre voiture personnelle. Quand nous étions prévenus à la dernière minute, nous devions faire vite. On pouvait commencer à 4 heures du matin et on ne savait pas quand on terminait.""

    ""En janvier", rappelle Public Sénat, « la section CGT de La Poste s’était interrogée sur les capacités de l’opérateur privé à remplir sa mission, avec seulement 17 000 distributeurs, contre quatre fois plus de facteurs pour La Poste »".

    Dans le Titanic électoral de dimanche, Adrexo n’est pas seulement un prestataire défaillant. C’est aussi le symptôme d’un État obsédé « d’externalisations », laissant crever ses propres services publics, jusqu’à se révéler incapable d’organiser des élections. Dans un univers politique normal, Gérald Darmanin aurait présenté sa démission hier soir. Dans un univers médiatique normal, Adrexo devrait être le sujet principal de la campagne du second tour. Jusqu’ici, combien d’émissions de Pascal Praud ont été consacrées à ce saccage de la démocratie ? Et combien d’enquêtes au « 20 Heures » de Laurent Delahousse ?

    #privatisation #abstention #externalisation #élections

    • https://www.leparisien.fr/politique/regionales-la-distribution-des-documents-electoraux-connait-de-graves-dys

      Gauche et droite dénoncent à l’unisson des dysfonctionnements, à la veille du premier tour des élections régionales et départementales. Les partis politiques sont loin d’être les seuls : régions, départements et communes ont déploré samedi que dans « de nombreuses communes » les documents officiels de propagande électorale (professions de foi des candidats et bulletins de vote) n’aient « pas été distribués aux électeurs » qui voteront ce dimanche.

      « Malgré les nombreuses alertes » remontées au ministère de l’Intérieur, « la défaillance du service public national des élections est inacceptable et ne peut qu’alimenter l’abstention », préviennent dans un communiqué commun les collectivités (l’Association des maires de France, l’Assemblée des départements de France et Régions de France).

      Jugeant ces documents « d’autant plus indispensables » que la crise sanitaire du Covid-19 « a fortement réduit la capacité à faire campagne », elles appellent le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, à « mobiliser des moyens exceptionnels » pour remédier à ces manquements, notamment pour le second tour le 27 juin. « Ce service public, qui reposait naguère sur les préfectures et La Poste, a été en grande partie privatisé mais les prestataires ne semblent pas avoir d’obligation de résultat », ajoutent-elles.
      Une distribution « délirante »

      Gérald Darmanin avait accusé jeudi devant le Sénat la société Adrexo d’avoir « particulièrement mal distribué une partie de la propagande électorale », et présenté les « excuses » du gouvernement qui lui a délégué cette distribution.
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      Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a dénoncé samedi une « distribution délirante par Adrexo ». « Il ne suffit pas d’excuses ou de condamnations, il faut assurer la distribution de second tour dans des conditions parfaites comme dans toute démocratie digne de ce nom ! », a-t-il tweeté.

      Le président de LR, Christian Jacob, a mis en garde contre des « graves dysfonctionnements (qui) menacent la bonne organisation démocratique » et reproché au gouvernement, « alerté depuis plusieurs semaines », de n’avoir pas réagi.

      La France insoumise avait fustigé dans une conférence vidéo mardi des « graves défaillances dans la distribution de la propagande électorale ». Le député Adrien Quatennens a notamment évoqué des plis électoraux mis à la poubelle, ou regroupés dans une seule boîte aux lettres, ou encore des plis sans enveloppes, etc. Selon lui, ces dysfonctionnements concernent des dizaines de milliers d’électeurs.

    • Distribution de la propagande électorale : Gérald Darmanin sera entendu mercredi au Sénat par la commission des Lois
      https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/distribution-de-la-propagande-electorale-gerald-darmanin-sera-entendu-me

      Tracts non-arrivés à destination, retrouvés brûlés dans les bois… Après ce qui s’apparente au fiasco dans certaines zones de la distribution de la propagande électorale, la commission des Lois du Sénat a décidé d’entendre Gérald Darmanin, sur les dysfonctionnements qu’ont fait remonter nombre d’élus de terrain.

      L’audition, retransmise en direct sur Public Sénat, se déroulera mercredi 23 mai à 8 heures, et devrait durer 45 minutes. Le ministre de l’Intérieur sera notamment interrogé sur les difficultés rencontrées par la société Adrexo, qui au terme d’un appel d’offres avait remporté la distribution de la propagande pour quatre ans dans sept régions.

      Pour François-Noël Buffet, sénateur LR du Rhône et président de la commission des Lois, « le ministère de l’Intérieur était informé depuis plusieurs jours des problèmes d’acheminement des documents de propagande électorale, il est urgent de remédier à ce dysfonctionnement pour le second tour ! ».

      Les représentants de La Poste et d’Adrexo ont d’ailleurs déjà été entendus ce matin au ministère de l’Intérieur. Interrogé sur ces dysfonctionnements lors de la séance de question au gouvernement du 16 juin, Gérald Darmanin avait fait savoir qu’il souhaitait remettre en cause le marché public confié à Adrexo.

    • https://www.mediapart.fr/journal/france/210621/avant-les-rates-de-la-campagne-adrexo-etait-deja-denonce-par-ses-salaries

      Avant les ratés de la campagne, Adrexo était déjà dénoncé par ses salariés

      Le spécialiste de la distribution de prospectus est entré dans la lumière en raison de sa gestion désastreuse du matériel de « propagande électorale ». Les conditions de travail y sont dénoncées depuis longtemps et les condamnations s’enchaînent.
      ....

      Depuis plusieurs jours, Adrexo est au cœur de multiples accusations d’avoir mal fait le travail pour lequel il avait été désigné : d’innombrables citoyens n’ont pas reçu l’enveloppe électorale qui leur était destinée, des courriers ont été retrouvés entassés sur des boîtes aux lettres, dispersés dans des poubelles ou dans la nature, voire… brûlés en lisière de forêt.

      Les ratés ont été récurrents. Une lecture de la presse régionale permet d’en trouver la trace en Haute-Loire, en Maine-et-Loire, dans le Pas-de-Calais, dans le Cantal ou en Indre-et-Loire, dans le Cher ou les Ardennes.

      « La défaillance du service public national des élections est inacceptable et ne peut qu’alimenter l’abstention », avaient prévenu le 19 juin l’Association des maires de France, l’Assemblée des départements de France et régions de France, suivies par presque tous les responsables politiques nationaux. Un exemple éclatant des conséquences délétères que peut revêtir l’externalisation des actions de service public, récemment dénoncées par le collectif de hauts fonctionnaires Nos Services publics.

      Appartenant au groupe Hopps, qui détient aussi Colis privé, et revendiquant 18 000 salariés, Adrexo a été la première entreprise privée à remporter des marchés de distribution de matériel électoral officiel, en mars. En théorie, cette possibilité avait été ouverte en 2005, mais La Poste en avait conservé le monopole jusque-là.
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      Désormais, Adrexo, qui se présente comme « le leader privé de la distribution d’imprimés publicitaires, de courriers adressés et de petits colis en France », a le droit de faire parvenir les professions de foi des candidats aux électeurs de sept régions (Hauts-de-France, Grand Est, Normandie, Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Pays de la Loire et Auvergne-Rhône-Alpes), comptant 51 départements. Et ce en théorie pour les quatre ans à venir, donc également pour l’élection présidentielle du printemps prochain.

      Ce lundi 21 juin, le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a convoqué l’entreprise, ainsi que La Poste, qui continue a travailler pour les cinq régions restantes, pour la sermonner. « Il leur a rappelé l’obligation de résultats qui les liait. Il leur a demandé expressément de garantir que de tels dysfonctionnements ne se reproduisent pas pour le second tour », indique le ministère dans un communiqué. Le ministre a aussi averti que « tous les enseignements des erreurs commises seront tirés au lendemain du second tour de ces élections ».

      Pour cette semaine, les préfets superviseront la mise sous pli et la distribution de la propagande électorale et « une cellule opérationnelle de suivi de la distribution » sera mise en place, avec un point sur la situation « réalisé deux fois par jour […] pour traiter dans les plus brefs délais les incidents signalés ».

      Voilà qui fait désordre pour une entreprise qui se vantait en mars d’avoir obtenu l’appel d’offres grâce à « son maillage territorial et son expertise avérée sur le marché de la distribution de courriers », mais aussi grâce à « la qualité et l’engagement des équipes commerciales et opérationnelles ». Une promesse qui avait aussi séduit Sophia, recrutée par le biais de l’agence d’intérim en ligne GoJob, comme des milliers d’autres salariés ponctuels (des centaines d’annonces ont été passées dans la Marne ou en Bourgogne).

      « Moi qui pensais faire un petit boulot utile car au service de notre système démocratique, je m’attendais à ce que ce soit sérieux, lance la jeune femme. Comme on nous l’a répété plusieurs fois chez Adrexo, ce sont des enveloppes du ministère de l’intérieur que nous distribuons, et c’est une responsabilité ! En cas de manquement, nous pouvons être lourdement sanctionnés… Mais, apparemment, ce sérieux et cette responsabilité ne nous sont pas destinés, à nous les petites mains. »

      La rancœur de Sophia est très largement partagée, bien au-delà du monde politique qui vient de découvrir à ses dépens les problèmes de fiabilité de l’entreprise – l’entreprise vient d’assurer sans ciller que les « perturbations » sont dues à une « cyberattaque » dont elle aurait été « victime » en mai.
      « Épuisement et surmenage »

      Car, outre les problèmes de distribution des enveloppes destinées aux électeurs, Adrexo est loin d’être une entreprise inconnue pour qui s’intéresse aux conditions de travail des salariés les plus précaires.

      Depuis une dizaine d’années, on croise son nom dans de nombreux témoignages, et dans de multiples contentieux judiciaires. Fin 2019, John* (son prénom a été modifié) avait déjà témoigné auprès de Mediapart de pratiques proches de celles que raconte Sophia.

      John racontait avoir constaté que parmi la « cinquantaine de distributeurs » de prospectus et de courriers qu’il avait côtoyés dans le centre d’Île-de-France où il avait brièvement travaillé, « aucun ne travaillait avec une badgeuse, ni en préparation, ni en distribution », et qu’il n’en avait même pas vu « qui traînait sur un bureau ou ailleurs, comme [il a] pu en voir chez un concurrent ».

      « En pratique, le responsable de centre vous dit que la badgeuse est donnée seulement après la période d’essai. Ou encore vous fait clairement comprendre que, quoi qu’il arrive, il a la main sur nos temps de travail déclarés… », déclarait John.

      Il indiquait n’avoir tenu que trois semaines à son poste de distributeur, avant d’être placé en arrêt-maladie « pour cause d’épuisement et de surmenage », alors qu’il n’avait pas 40 ans et disposait de « toutes [ses] capacités physiques ». Contacté, Adrexo n’a pas répondu à nos questions.

      Les conditions de travail déplorables des distributeurs de prospectus d’Adrexo ont été racontées dès 2011.

      Sophia et John ne sont pas les seuls, loin de là, à critiquer leur employeur éphémère. Les conditions de travail déplorables des distributeurs de prospectus d’Adrexo ont été racontées dès 2011 par L’Humanité, mais aussi sur le site Basta ! par le journaliste Julien Brygo, qui a repris cette enquête pour son livre Boulots de merde publié en 2016 avec Olivier Cyran (regarder notre entretien sur le livre).

      À l’époque, le journaliste estimait que « chez Adrexo, le salaire moyen est de 400 euros pour une bonne soixantaine d’heures de travail mensuelles ». Et le travail y est physique, puisqu’il demande de conditionner et de transporter des dizaines et des dizaines de kilos de papier. Il faut par ailleurs travailler chez soi, et faire sa tournée avec sa propre voiture…

      Logiquement, seuls les plus précaires s’y risquent : retraités en recherche de complément de revenu, étudiants, personnes ayant besoin d’un boulot coûte que coûte, comme des femmes enceintes accumulant les heures pour avoir droit à un congé maternité.

      En 2015, la documentariste Nina Faure consacrait à ce sujet un documentaire efficace, disponible gratuitement sur le site de la société de production C-P Productions. Le film reprend notamment des extraits d’une enquête d’« Envoyé spécial », qui avait suivi en 2012 le travail d’Adrien, 81 ans, peinant à distribuer les prospectus aussi vite qu’il le devait et passant ses week-ends à préparer avec sa femme, gratuitement, les paquets de documents à distribuer dans la semaine…

      En août 2011, un autre retraité, Raymond D., 75 ans, est mort, 19 jours après avoir repris le travail chez Adrexo, comme Mediapart l’avait raconté. Incapable de subsister avec sa retraite de 740 euros, il avait accepté ce travail ardu, payé 238 euros par mois, pour 26 heures mensuelles, alors qu’il était bien incapable de l’accomplir : il devait soulever plusieurs centaines kilos de papier par jour, mais il était cardiaque, diabétique, marchait péniblement et avait déjà été victime d’un infarctus.

      Adrexo a été condamné en 2015 à payer à sa famille 5 000 euros de dommages et intérêts, pour défaut de visite médicale et manquement à l’obligation de santé et de sécurité au travail.

      En août 2020, Mediapart a aussi relaté le cas de Fisayo, un Nigérian sans papiers et distributeur de prospectus au « noir » pour un sous-traitant d’Adrexo.

      Face à ces témoignages, une citation tirée d’une enquête du magazine Marianne en octobre 2009 refait régulièrement surface. Frédéric Pons, dirigeant de l’époque d’Adrexo, et à nouveau aux commandes actuellement, vantait le modèle de son entreprise : « Honnêtement, j’estime qu’Adrexo rend service à ces gens : grâce à ce boulot, ils se maintiennent en forme et économisent un abonnement au gymnase club. Rémunérés pour faire du sport : il n’y a pas de quoi crier au servage. »

      Sans grande surprise, les déboires judiciaires de l’entreprise sont très nombreux. Dès 2009, les prud’hommes de Nantes la condamnaient à verser la somme faramineuse de 953 639 euros à 23 salariés, officiellement employés à temps partiel alors qu’ils travaillaient à temps plein.

      Ce motif de condamnation poursuit l’entreprise depuis lors, et les sommes à débourser sont régulièrement vertigineuses : 30 000 euros d’amende en appel face à la cour d’appel de Pau et 480 000 euros pour 13 salariés face à celle de Grenoble en 2012, 600 000 euros pour 17 salariés à Saint-Nazaire en 2018, près de 140 000 euros en appel pour un couple de l’Orne en 2020…

      Au cœur de ces contentieux, on trouve la notion de « préquantification » du temps de travail : pendant très longtemps, Adrexo, tout comme son principal concurrent, Mediapost, filiale de La Poste, fixait arbitrairement (et rémunérait) un certain nombre d’heures de travail, sans prendre en compte le temps de travail réellement effectué.

      Devant la multiplication des réclamations, le ministère du travail avait publié en 2007 un décret autorisant cette pratique, prévue par la convention collective du secteur. Le Conseil d’État avait annulé ce décret deux ans plus tard. Le ministère l’avait donc réécrit en 2010, pour le voir à nouveau annulé en 2012. Depuis, la justice condamne régulièrement l’entreprise s’il s’avère qu’elle était informée que ses salariés dépassaient les heures prévues par la préquantification.
      Adrexo sauvé par le gouvernement en 2019

      Jusqu’à 2016, Adrexo appartenait à Spir Communication, une filiale du groupe Sipa Ouest-France. Mais il a été repris début 2017 par Hopps, groupe copiloté par Frédéric Pons. Cependant, en septembre 2019, le groupe tout entier a été à deux doigts de faire faillite. Il a fallu que le ministère de l’économie s’en mêle pour obtenir le gel de ses dettes à l’Urssaf, puis obtienne 1,5 million d’euros d’aide de la métropole Aix-Marseille (son siège social est à Aix-en-Provence).

      Les motifs d’inquiétude sur cette entreprise auraient donc pu être sérieux pour le gouvernement, bien avant le premier tour des élections régionales. Pourtant, le 13 mai dernier, Gérald Darmanin, alerté par un sénateur, balayait encore les critiques, en déclarant qu’il « semblerait totalement anachronique d’empêcher l’État d’externaliser la distribution de la propagande jusqu’aux boîtes aux lettres des électeurs, secteur qui est aujourd’hui ouvert à la concurrence, alors même que l’État s’efforce d’optimiser ses ressources dans le cadre d’une politique générale de meilleure gestion des deniers publics ».

      Aujourd’hui, le principal syndicat de l’entreprise, la CAT, relaye la « honte » des salariés « devant le traitement médiatique qui entoure leur entreprise », dont les actionnaires ont, assure le syndicat, « très souvent un comportement incompatible avec des relations sociales normales ».

      La CAT estime qu’« Adrexo s’est précipité sur ce marché pour des raisons financières en n’ignorant pas ses lacunes chroniques » et tire une fois encore le signal d’alarme : pour le second tour, l’entreprise n’aura que quatre jours pour distribuer les professions de foi et doit embaucher des milliers de personnes. Dans quelles conditions ? « Le plus “facile” est passé, estime le syndicat. Reste maintenant ce que tout le monde dans l’entreprise craint depuis le début, le second tour. »

      #darmanin #travail

    • Le groupe Hopps échappe in extremis au redressement judiciaire
      https://www.lesechos.fr/pme-regions/actualite-pme/le-groupe-hopps-echappe-in-extremis-au-redressement-judiciaire-1173665

      Le leader de la distribution de prospectus né de la reprise des activités de Spir, a trouvé 31,5 millions d’euros pour faire face à ses difficultés conjoncturelles. Il prévoit un retour à l’équilibre dès 2021.

      Publié le 21 févr. 2020 à 10:14

      Il s’en est fallu de peu. La veille de son probable placement en redressement judiciaire jeudi dernier, le groupe Hopps né de la reprise en 2017 des activités prospectus déficitaires de Spir, a bouclé in extremis un plan de financement de 31,5 millions d’euros déterminant pour la poursuite de ses activités.

      L’an passé, à cause de la crise des gilets jaunes, son marché avait enregistré un recul de près de 10 % représentant un manque à gagner de plus de 25 millions d’euros contrariant son plan de développement. L’été dernier, la trésorerie avait été en si piteux état que la paye de juin avait été réglée en deux fois, provoquant la panique parmi les 18.000 salariés d’Adrexo, le navire amiral de ce groupe de 22.000 personnes. L’entreprise affichait alors 42 millions d’euros de perte. La nouvelle équipe les a réduites de moitié en 2018 et prévoyait un retour à l’équilibre l’année suivante. Au lieu de ça, Adrexo a subi une perte de 29 millions l’an passé.

      Encouragés par le Comité interministériel de restructuration industriel , les trois opérateurs bancaires qui avaient participé à un premier tour de financement de 30 millions d’euros en juillet dernier (Cepac, Crédit Agricole Alpes Provence, GDP Vendôme) ont débloqué un nouvel emprunt de 6 millions chacun. Thémis Banque rejoint le trio pour un montant équivalent. La Région Sud et Aix-Marseille Métropole ont avancé 1,5 million. Enfin l’Etat a consenti à geler les dettes fiscales et sociales du groupe à hauteur de 6 millions. Le total de la dette d’Hopps s’élève désormais à 61 millions d’euros. Débarrassé de cette pression conjoncturelle, le groupe estime pouvoir à présent dérouler le programme industriel qu’il a conçu autour de plusieurs leviers.
      Plusieurs leviers de croissance

      Le premier reste le prospectus. « C’est une valeur sûre de la promotion marketing des enseignes de la grande distribution, un support résilient efficace et peu intrusif pour véhiculer un message promotionnel », est persuadé Frédéric Pons, coprésident et actionnaire du groupe avec Eric Paumier. Ses distributeurs dont beaucoup sont désormais équipés d’assistants personnels pour garantir la traçabilité de leurs prospectus, en ont encore distribué 9 milliards l’an passé. Les tarifs ont augmenté en conséquence de 10 % pour les 25.000 clients du groupe.

      Les autres leviers proviennent de la distribution de courrier, notamment de petits paquets qui se glissent dans la boîte aux lettres, de colis, et de la valorisation de données. Le groupe prévoit encore une perte de 10 millions d’euros cette année (-35 en 2019) avec 600 millions de chiffre d’affaires (540 en 2019), et un retour aux bénéfices dès 2021.

      #corruption

    • Pour les élections départementales et régionales, dans notre foyer de 3 électeurs inscrits, Adrexo nous a déposé une enveloppe au lieu des six attendues.

  • La Métropole du #Grand_Paris, enjeu caché des élections municipales de 2020
    https://metropolitiques.eu/La-Metropole-du-Grand-Paris-enjeu-cache-des-elections-municipales-de

    La #métropole du Grand Paris survivra-t-elle à la #région #Île-de-France et à l’égoïsme des territoires riches ? À la veille des élections des 20 et 27 juin 2021, Philippe Subra et Wilfried Serisier mettent en lumière l’histoire d’une institution métropolitaine faible et méconnue du grand public. En Île-de-France, un des enjeux des #élections_municipales de 2020 fut la désignation des élus siégeant, à l’échelle de la zone dense de l’agglomération, au Conseil métropolitain et à l’exécutif de la Métropole du Grand #Terrains

    / Grand Paris, métropole, Île-de-France, région, élections municipales, #gouvernance

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-subra-serisier2.pdf

  • France, élections présidentielles : premier tour, Giscard, 1981
    https://visionscarto.net/france-elections-giscard-1981

    Titre : France, élections présidentielles : premier tour, Giscard, 1981 Mots-clés : #archives #france #élections #sémiologie #1986 #politique Contexte : Exercice - Recherche cartographique, licence université de Paris I Sources : - Autrice : Florence Troin Date : 1986 #Musée_et_archives

  • France, élections européennes : résultats par parti et par région 1984
    https://visionscarto.net/france-elections-europeennes

    Titre : France, élections européennes : résultats par parti et par région 1984 Mots-clés : #archives #france #élections #sémiologie #1986 #politique Contexte : Exercice - Recherche cartographique, licence université de Paris I Sources : - Autrice : Florence Troin Date : 1986 #Musée_et_archives

  • La #Cravate

    Bastien a 20 ans et il milite depuis cinq ans dans le principal parti d’extrême-droite. Quand débute la #campagne_présidentielle, il est invité par son supérieur à s’engager davantage. Initié à l’art d’endosser le costume politicien, il se surprend à rêver d’une carrière, mais de vieux démons resurgissent qui risquent de briser son ambition.

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/56940_1
    #film #film_documentaire #documentaire #France #extrême_droite #France #élection_présidentielle
    #dédiabolisation #skin #Front_national #témoignage #patriotisme #campagne_électorale #Amiens #Marine_Le_Pen #Le_Pen #France_d'avant #violence

    ping @karine4

  • A la recherche des électeurs de Guillaume Delbar à Roubaix 30 avril 2021 - mediacité

    De qui le maire de Roubaix est-il l’élu ? C’est la question posée par trois politologues lillois - Rémy Bretton-Wylk, Fabien Desage et Tristan Haute - il y a un peu plus d’une semaine, dans la revue en ligne spécialisée Métropolitiques. Une question fort attrayante pour tous les amoureux de la chose électorale. Mais qui risque d’être un peu déçus par la réponse de nos experts. Bien que riche d’enseignements, en effet, celle-ci n’est que partielle. Nous avons donc tenté d’en savoir plus en interrogeant un des auteurs.


    Guilaume Delbar. Photo Francis Verhelst/Wikipedia.
    Le pitch de départ est connu : Guillaume Delbar https://www.mediacites.fr/portrait/lille/2019/12/06/roubaix-guillaume-delbar-la-revanche-de-loutsider , maire sortant, ex-LR, passé en 2019 dans l’orbite d’Emmanuel Macron, est réélu assez confortablement au deuxième tour des municipales de juin 2020. Il s’impose face au candidat d’union d’une partie de la gauche, Karim Amrouni https://www.mediacites.fr/portrait/lille/2020/06/19/municipales-le-quitte-ou-double-du-docteur-amrouni-a-roubaix , par 56 % des voix contre 44 %. Et ce alors qu’il ne l’avait emporté que de justesse en 2014, à l’issue d’une quadrangulaire très disputée. Un succès incontestable à un petit-gros détail près : l’abstention a été massive.

    Près de 8 électeurs sur 10 ne se sont pas déplacés. Résultat, avec seulement 5776 voix - un millier de moins . . .

    La suite payante : https://www.mediacites.fr/breve/lille/2021/04/30/a-la-recherche-des-electeurs-de-guillaume-delbar-a-roubaix

    #Roubaix #politique #élections #bourgeoisie #élections

    • De qui le maire de Roubaix est-il l’élu ?

      Rémy Bretton-Wilk & Fabien Desage & Tristan Haute - 19 avril 2021

      Analysant les effets croisés de la ségrégation spatiale et de l’abstention sur les résultats électoraux, Rémy Bretton-Wilk, Fabien Desage et Tristan Haute démontrent l’existence d’une « prime au vote bourgeois » dans l’une des villes les plus pauvres de France.

      Souvent présentée comme « la ville la plus pauvre de France », Roubaix, qui avait placé Jean-Luc Mélenchon (LFI) en tête du premier tour de la dernière élection présidentielle avec 36 % des voix, est dirigée depuis 2014 par Guillaume Delbar, un maire Les Républicains (devenu « divers droite » en 2017). Élu de justesse dans une quadrangulaire en 2014 (34,8 % des suffrages exprimés au second tour) malgré l’importance du score LFI en 2017, le maire est parvenu à conserver assez facilement la mairie en 2020 avec 56 % des suffrages exprimés au second tour.

      La déconnexion entre les résultats aux élections nationales et locales à Roubaix ne peut se comprendre qu’en tenant compte d’un différentiel d’abstention important qui, loin de concerner la ville de manière homogène, touche plus fortement ses quartiers populaires. La victoire aisée de la droite lors de la dernière élection municipale s’explique par une mobilisation électorale à la fois faible et socialement différenciée, ainsi que par une impressionnante capacité de la droite à mobiliser la bourgeoisie locale, là où la gauche, divisée, ne parvient plus à attirer les classes populaires pourtant largement majoritaires. Pour le dire autrement, l’abstention massive dans les quartiers populaires donne une véritable « prime » aux votes dans les quartiers bourgeois, dont le poids relatif dans l’élection se trouve accru.

      Une abstention massive et socialement située

      Le cas roubaisien a été peu étudié en sociologie électorale (Etchebarne 1983 ; Lefebvre 2002). À l’image de ce qui a été observé au niveau national (Jaffré 2020), la ville connaît une hausse continue de l’abstention depuis les années 1990, aggravée par le niveau du chômage, la précarité socio-économique et la faiblesse des diplômes au sein de la population locale. Ainsi, l’abstention était majoritaire dès 2001, atteignant 55 % au premier tour des élections municipales contre 33 % au niveau national : dix points de plus qu’en 1995 et vingt de plus qu’en 1989 (Lefebvre 2002). Depuis, elle n’a cessé d’augmenter : 60 % en 2008, 62 % en 2014 et 78 % en 2020, en pleine crise sanitaire. Plus de trois Roubaisiens inscrits sur quatre ne se sont donc pas rendus aux urnes.

      Les maires de Roubaix sont de plus en plus « mal élus », au sens où leur élection repose sur un nombre de suffrages de plus en plus faible. En 2001 et en 2008, René Vandierendonck, tête de liste de la gauche socialiste mais ancien dauphin du maire UDF-CDS André Diligent (1983-1994), était élu avec respectivement 8 787 et 8 907 voix. En 2014, Guillaume Delbar n’était élu qu’avec 6 949 voix. En 2020, sa victoire ne reposait plus que sur 5 776 voix dans une ville qui compte près de 100 000 habitants.

      Pour les candidats, l’enjeu est dès lors moins de conquérir des « parts de marché électoral » que de s’assurer le soutien des groupes les plus mobilisés, dont le poids relatif dans l’élection se trouve accru. Or, à Roubaix comme ailleurs, l’abstention est socialement située (Haute 2020 ; Braconnier et al. 2017). Bien que majoritaire en 2020, l’abstention dans les bureaux « bourgeois » reste quinze points inférieure à celle observée dans le reste de la ville (voir Tableau 1). À cette abstention plus faible s’ajoute également une meilleure inscription sur les listes électorales dans ces quartiers privilégiés (Braconnier et al. 2017).

      Les inégalités sociales de mobilisation électorale tendent ainsi à renforcer le poids électoral des classes supérieures : si les quatre bureaux « bourgeois » ne rassemblent que 6 % de la population roubaisienne âgée de 15 ans et plus, ils agrègent déjà 8 % des inscrits sur les listes électorales et entre 12 % et 13 % des votants (respectivement au 1er et 2e tour des municipales de 2020). Leur poids relatif dans le résultat final s’en trouve très sensiblement accru.

      Ce constat n’est pas spécifique aux scrutins locaux mais, lors de la présidentielle, le poids de ces bureaux était réduit du fait de la plus forte participation dans l’ensemble de la ville : les quatre bureaux bourgeois rassemblent moins de 10 % des votants au premier tour de l’élection présidentielle de 2017, contre plus de 12 % en 2020.

      Tableau 1. Résultats des élections municipales de 2020 et présidentielles de 2017 selon le type de bureau de vote (en % des inscrits)


      Source : Ministère de l’Intérieur, 2020 ; traitements par les auteurs.

      Roubaix, pauvre mais aussi ségréguée _

      À l’image de ce qui a été réalisé dans d’autres villes (Rivière 2014 ; Batardy et al. 2017), détailler l’analyse des données électorales et sociodémographiques, à l’échelle des quarante-six bureaux de vote de la ville permet de mieux saisir l’hétérogénéité sociale et électorale d’un espace urbain.

      En l’occurrence, à Roubaix, l’effet de la différenciation sociale des comportements électoraux est amplifié par la ségrégation de la ville. Véritable « ville usine » du textile (Pétillon 2006), Roubaix est victime de la désindustrialisation dès les années 1960 et connaît vite un chômage de masse. Loin d’enrayer la situation, les politiques urbaines tendent plutôt à accroître les inégalités au sein de la ville (Vulbeau 2018 ; Collectif Degeyter 2017). À Roubaix cohabitent en effet les fractions les plus précaires des classes populaires et une bourgeoisie, au passé industriel mais reconvertie dans d’autres secteurs d’activité (grande distribution, banques…), à laquelle se sont greffés des cadres du privé travaillant dans la métropole lilloise et séduits par un immobilier bon marché. Ces classes supérieures se concentrent dans une toute petite partie de la ville, aux abords du parc Barbieux notamment (figures 2 à 5), à quelques kilomètres mais à « mille lieues » des logements sociaux et de l’habitat privé modeste qui caractérisent les anciens quartiers industriels de la ville, comme Le Pile, Le Cul de Four, l’Alma, ou l’Épeule (figure 1).

      Figure 1. Les quartiers de Roubaix


      Source : Ville de Roubaix, 2017, typologie couleur par les auteurs.

      Figure 2. Avenue Jean-Jaurès (qui longe le parc Barbieux) - Photo : F. Desage.

      Figure 3. Avenue Gustave-Delory (est du parc Barbieux) - Photo : F. Desage.

      Figure 4. Boulevard du Général-de-Gaulle (nord du parc Barbieux) - Photo : F. Desage.

      Figure 5. Rue Colbert (nord-ouest du parc Barbieux) - Photo : F. Desage

      Cette ségrégation socio-spatiale se traduit dans les caractéristiques des bureaux de vote. Le tableau 2 révèle ainsi le profil social très spécifique de quatre d’entre eux, que nous qualifions ici de « bourgeois », marqués par une surreprésentation très nette des diplômés du supérieur, des retraités, des cadres et des propriétaires et par une sous-représentation des immigrés.

      Tableau 2. Caractéristiques sociales des bureaux de vote roubaisiens - Source : INSEE, 2016 ; traitement par les auteurs

      Une bourgeoisie acquise à la droite, une gauche qui ne mobilise pas les quartiers populaires

      En pourcentage des inscrits le résultat de la liste de Guillaume Delbar dans les quatre bureaux bourgeois est près de trois fois supérieur à son résultat dans le reste de la ville, au premier comme au second tour. Les bureaux bourgeois, qui ne pèsent que pour 6 % de la population roubaisienne, fournissent ainsi respectivement 20 % et 18 % des voix de la liste de Guillaume Delbar au premier et au second tour.

      Si elles ne font pas basculer l’élection, les 1 045 voix recueillies par G. Delbar au second tour dans les quatre bureaux bourgeois (contre 4 731 dans les 42 autres bureaux de la ville) lui assurent une victoire confortable : sans ces quatre bureaux, l’écart entre le maire élu et son challenger divers gauche, Karim Hamrouni, aurait été de moins de 500 voix.

      Deux anamorphoses permettent de préciser l’analyse. Dans la première (figure 6), l’aire des bureaux de vote est proportionnelle à la population résidente. Dans la seconde (figure 7), l’aire des bureaux de vote est proportionnelle au nombre de voix obtenues par la liste Delbar au 2e tour des municipales de 2020. La comparaison des cartes fait apparaître deux types de déformations. D’un côté, les quartiers de Barbieux et du Nouveau Roubaix occupent une surface bien plus importante dans la figure 7 que dans la figure 6 : quelques quartiers concentrent les votes en faveur de la liste Delbar. D’un autre côté, les quartiers populaires (l’Alma, le Cul de Four, le Pile, l’Épeule) voient leur surface nettement réduite dans la figure 7 par rapport à la figure 6, preuve que, même si la population roubaisienne s’y concentre, ces quartiers contribuent très marginalement à la victoire électorale de la droite.

      Figure 6. Anamorphose : l’aire des bureaux de vote est proportionnelle à leur population résidentielle


      Source : INSEE, 2016 ; Ville de Roubaix, 2017 ; traitement : R. Bretton-Wilk, Qgis 3.14.

      Figure 7. Anamorphose : l’aire des bureaux de vote est proportionnelle au résultat qu’y obtient la liste Delbar au second tour (2020)


      Source : Ministère de l’Intérieur, 2020 ; traitement : Rémy Bretton-Wilk, Qgis 3.14.

      Cette surmobilisation de la bourgeoisie locale en faveur de la droite et la faible capacité de la gauche à mobiliser son camp, en particulier les nouvelles classes populaires racisées et discriminées, ne sont pas nouvelles (Masclet 2003 ; Hadj Belgacem 2016). D’une part, si Roubaix fut un « bastion socialiste », longtemps détenu par la SFIO, la majorité socialiste n’était obtenue, dès 1945, qu’à la faveur d’une alliance de « troisième force » avec les chrétiens-démocrates (Lefebvre 2004). Après la victoire de la droite en 1983, le retour à gauche de la ville, en 2001, s’explique d’ailleurs en grande partie par le ralliement à la gauche du maire centriste sortant, René Vandierendonck (Lefebvre 2002 ; Desage 2006). D’autre part, la géographie électorale roubaisienne apparaît très stable sur le temps long, à l’instar des lignes de clivage socio-spatiales au sein de la ville : les bureaux autour du parc Barbieux étaient déjà, en 1983, les plus favorables au nouveau maire UDF-CDS (Etchebarne 1983) et constituaient, en 2001, la principale zone de force électorale d’une droite divisée et passée dans l’opposition (Lefebvre 2002).

      Ce double effet de polarisation sociale et de surmobilisation de la bourgeoisie locale prend toutefois un aspect décisif, dès lors que la gauche, fortement divisée, ne parvient plus à mobiliser l’électorat populaire. Le faible intérêt pour la politique institutionnelle et la pratique intermittente du vote n’empêchent pas l’existence d’autres formes de mobilisations sociales (Collectif Rosa Bonheur 2019) et politiques (Talpin 2020), mais celles-ci se traduisent difficilement en dynamiques partisanes et électorales.

      Prime au vote bourgeois et orientations de l’action publique

      Si le maire de Roubaix n’est pas le maire des seuls quatre quartiers bourgeois – dont les suffrages n’auraient pas suffi à le faire élire – il leur est néanmoins électoralement redevable.

      Ce soutien électoral des quartiers privilégiés ne résume pas à lui seul l’influence des habitants les plus insérés économiquement et socialement sur la politique du maire : ils disposent d’autres ressources pour se faire entendre. Il serait toutefois naïf de penser que ce soutien électoral ne joue aucun rôle. Les recherches de Max Rousseau (2010) sur les origines des politiques de « gentrification » à Roubaix dans les années 1990 ou de Yoan Miot (2012) sur les politiques de « renouvellement urbain » pointent en effet le rôle décisif des élites économiques locales dans la promotion de politiques publiques favorables aux intérêts des propriétaires et investisseurs : leur poids se retrouve notamment dans l’adoption de mesures valorisant la « bonne image » de la ville, son patrimoine et son « attractivité ».

      Les effets électoraux de cette répartition géographique très inégalitaire de l’électorat étant attestés, il serait utile d’analyser plus en détail ses conséquences tant sur les actions engagées par les municipalités de droite que sur la marginalisation des groupes sociaux les moins audibles.

      Bibliographie *
      • Audemard, J. et Gouard, D. 2016. « Le bureau de vote : objet et terrain d’enquêtes électorales », Pôle Sud, n° 44, p. 5-19.
      • Batardy, C., Bellanger, E., Gilbert, P. et Rivière, J. 2017. « Présidentielle 2017. Les votes des grandes villes au microscope », Métropolitiques [en ligne], 9 mai 2017.
      • Braconnier, C., Coulmont, B. et Dormagen, J.-Y. 2017. « Toujours pas de chrysanthèmes pour les variables lourdes de la participation électorale. Chute de la participation et augmentation des inégalités électorales au printemps 2017 », Revue française de science politique, 2017, n° 67, p. 1023-1040.
      • Collectif Degeyter. 2017. Sociologie de Lille, Paris : La Découverte.
      • Collectif Rosa Bonheur. 2019. La Ville vue d’en bas. Travail et production de l’espace populaire, Paris : Éditions Amsterdam.
      • Desage, F. 2006. « Roubaix et la construction de l’institution communautaire : une contribution paradoxale », in M. David, B. Duriez et R. Lefebvre (dir.), Roubaix : 50 ans de transformation urbaine et de mutation sociale, Lille : Presses du Septentrion, p. 129-147.
      • Etchebarne, S. 1983. « L’urne et le xénophobe. À propos des élections municipales à Roubaix en mars 1983 », Espace, populations, sociétés, n° 2, p. 133-138.
      • Gombin, J. 2017. « spReapportion : Reapportion Data From one Geography to Another », R package, version 0.1.0.9001.
      • Hadj Belgacem, S. 2016. « Reconquérir la jeunesse des cités ? Enjeux et contradictions d’un Conseil Local des Jeunes dans une municipalité communiste », Mouvements, n° 85, p. 95-103.
      • Haute, T. 2020. « La participation électorale en temps de crise sanitaire : évolutions et persistances », Pouvoirs locaux, n° 118, p. 29-34.
      • Jaffré, J. 2020. « L’abstention aux élections municipales depuis l’après-guerre (1947-2014) », note Sciences Po/CEVIPOF, mars 2020.
      • Lefebvre, R. 2004. « Le socialisme français soluble dans l’institution municipale ? Forme partisane et emprise institutionnelle : Roubaix (1892-1983) », Revue française de science politique, vol. 54, n° 2, p. 237-260.
      • Lefebvre, R. 2002. « Roubaix. Entre recomposition politique et stabilité électorale », in B. Dolez et A. Laurent (dir.), Le Vote des villes, Paris : Presses de Sciences Po, p. 257-274.
      • Masclet, O. 2003. La Gauche et les cités : enquêtes sur un rendez-vous manqué, Paris : La Dispute.
      • Miot, Y. 2012. Face à la décroissance urbaine, l’attractivité résidentielle ? Le cas des villes de tradition industrielle de Mulhouse, Roubaix et Saint-Étienne, thèse de doctorat d’Aménagement et urbanisme, Université Lille 1.
      • Pétillon, C. 2006. La Population de Roubaix. Industrialisation, démographie et société, 1750-1880, Lille : Presses du Septentrion.
      • Rivière, J. 2014. « Les divisions sociales des métropoles françaises et leurs effets électoraux. Une comparaison des scrutins municipaux de 2008 », Métropolitiques [en ligne], 21 mars 2014.
      • Rousseau, M. 2010. « Gouverner la gentrification. Différentiel de loyer et coalitions de croissance dans la ville en déclin », Pôle Sud, n° 32, p. 59-72.
      • Talpin, J. 2020. Bâillonner les quartiers. Comment le pouvoir réprime les mobilisations populaires, Lille : Les Étaques.
      • Vulbeau, J. 2018. « La rénovation urbaine à Roubaix : une modernisation sous tension (1957-1972) », Revue du Nord, n° 424, p. 191-219.

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  • Marseille : la bonne blague du moratoire sur la vidéosurveillance
    https://technopolice.fr/blog/marseille-la-bonne-blague-du-moratoire-sur-la-videosurveillance

    Hier 1er avril, le collectif Technopolice de Marseille dénonçait lors d’une action de sensibilisation devant la mairie, la promesse mensongère de la majorité municipale sur le moratoire de la vidéosurveillance. C’est une histoire tristement classique : des promesses électorales, des élections, puis un volte-face éhonté. Le mistral a des relents de poisson d’avril aujourd’hui à Marseille. Le Printemps Marseillais déclarait au printemps dernier, dans son programme électoral, qu’il allait : « Mettre en (...)

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  • Les PDG de Facebook, Google et Twitter en accusation devant le Congrès américain pour leur rôle dans la désinformation
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/26/zuckerberg-pichai-dorsey-les-pdg-des-reseaux-sociaux-en-accusation-au-congre

    Quatrième comparution en un an pour Mark Zuckerberg, troisième pour Sundar Pichai et Jack Dorsey : les PDG ont répondu, jeudi, aux questions des élus américains. Quatrième comparution en un an pour Mark Zuckerberg, troisième pour Sundar Pichai et Jack Dorsey : les PDG de Facebook, Google et Twitter ont répondu, jeudi 25 mars, aux questions des élus du Congrès des Etats-Unis – cette fois, il s’agissait de la commission de la Chambre des représentants sur l’énergie et le commerce. Un exercice convenu, (...)

    #Alphabet #Google #Facebook #Twitter #YouTube #algorithme #manipulation #censure #domination #élections #modération (...)

    ##addiction

  • France, élections législatives : le Parti communiste et la barre des 20 % 1962-1981
    https://visionscarto.net/france-elections-legislatives

    Titre : France, élections législatives : le Parti communiste et la barre des 20 % 1962-1981 Mots-clés : #archives #france #élections #sémiologie #1986 #politique Contexte : Exercice - Recherche cartographique réalisée en Maitrise à l’Institut de géographie, université de Paris I Sources : - Auteur : Philippe Rekacewicz Date : 1986 #Musée_et_archives

  • France, élections présidentielles : deuxième tours entre 1965-1988
    https://visionscarto.net/france-elections-presidentielles

    Titre : France, élections présidentielles : deuxième tours entre 1965-1988 Mots-clés : #archives #france #élections #sémiologie #1986 #politique Contexte : Exercice - Recherche cartographique réalisée à l’école supérieure de cartographie géographique de l’Institut de géographie, université de Paris I Sources : - Auteur : Philippe Rekacewicz Date : 1987 #Musée_et_archives

  • Förderaffäre um Flüchtlingsprojekt „Berlin hilft“: Ermittlungen wegen Untreue-Verdachts gegen Sozialsenatorin Breitenbach - Berlin - Tagesspiegel
    https://www.tagesspiegel.de/berlin/foerderaffaere-um-fluechtlingsprojekt-berlin-hilft-ermittlungen-wegen-untreue-verdachts-gegen-sozialsenatorin-breitenbach/26973782.html

    04.03.2021 von Alexander Fröhlich - Es war politisch gewollt: Mit Zuschüssen von 40.000 Euro im Jahr bestückte ein Flüchtlingsprojekt vor allem eine Website. Fordert das Land das Geld nun zurück?

    Es geht um bis zu 40.000 Euro im Jahr, Tricksereien mit den Fördergeldern für die Flüchtlingshilfe - und um Berlins Sozialsenatorin Elke Breitenbach (Linke). Die Staatsanwaltschaft hat Ermittlungen gegen Breitenbach und gegen ihren Staatssekretär Daniel Tietze (Linke) wegen des Verdachts der Untreue eröffnet. Das sagte Breitenbach am Donnerstagmorgen im Sozialausschuss des Abgeordnetenhauses. Sie sei von der Staatsanwaltschaft über die Ermittlungen informiert worden.

    In dem Verfahren geht es um das Projekt „Berlin hilft“, mit dem Flüchtlinge und Migranten in Berlin vernetzt werden sollen. Das Projekt wird seit Jahren über das Stadtteilzentrum Steglitz abgewickelt. Breitenbach und Tietze hatten die Auszahlung von Fördergeld für das Projekt „Berlin hilft“ gegen den Rat und den Protest der eigenen Fachleute und trotz Hinweisen auf Mängel und Straftaten durchgesetzt.

    Auslöser für die Ermittlungen waren Berichte des Newsletters Checkpoint. und des Tagesspiegel. Daraufhin hatte der AfD-Abgeordnete Hanno Bachmann Strafanzeige bei der Staatsanwaltschaft gestellt.

    Weil Breitenbach und Tietze direkt involviert und „befangen waren“, ist Staatssekretär Alexander Fischer (Linke) mit der erneuten Überprüfung der Förderaffäre betraut worden. Es ließ einen Revisionsbericht erstellen und hat nun seinen Abschlussbericht vorgelegt. „Wir werden diesen prüfen und die notwendigen Konsequenzen ziehen“, sagte Breitenbach im Ausschuss.

    Die Berliner Sozialverwaltung will Fördergelder für das Projekt „Berlin hilft“, mit dem Flüchtlinge und Migranten in Berlin vernetzt werden sollen, nun zurückfordern. Nach Tagesspiegel-Informationen sind die Prüfer zu dem Ergebnis gekommen, dass der Verein jahreslang zu Unrecht Fördergelder bekommen hat. Für das Jahr 2020 wird die Förderzusage in Höhe von 20.000 Euro aufgehoben. Auch für die Jahre 2018 und 2019, als das Projekt jeweils 40.000 Euro bekam, prüft das Landesamt für Flüchtlingsangelegenheiten (LAF) eine Rückforderung. Intern wird damit gerechnet, dass auch für diese Jahre die Gelder zurückverlangt werden müssen.

    Zudem sieht sich die Sozialverwaltung gezwungen, die Staatsanwaltschaft darüber zu informieren, dass bei der internen Prüfung Hinweise auf mögliche Straftaten erkannt worden sind. Es geht um den Verdacht des Subventionsbetrugs und Steuervergehen.
    Sozialverwaltung will Stadtteilzentrum Steglitz untersuchen

    Als Konsequenz aus der Förderaffäre will die Sozialverwaltung zudem das Stadteilzentrum Steglitz näher untersuchen. Es hat auch von anderen Förderprojekten profitiert und soll nun einer Zuverlässigkeitsprüfung unterzogen werden. Bis zurück ins Jahr 2017 soll untersucht werden, wie das Stadtteilzentrum Fördergelder verwendet und abgerechnet hat.

    Grundsätzlich will die Sozialverwaltung aber an der Förderung von Projekten der Flüchtlingshilfe festhalten. Dafür sollen nun neue Richtlinien erarbeitet werden, um die Förderung rechtssicher zu machen.

    Dass es überhaupt soweit kommen musste, lag auch an der Spitze der Sozialverwaltung. Bereits seit 2019 ist der Fall untersucht worden, zunächst beim Landesamt für Flüchtlingsangelegenheiten. Dessen Präsident Alexander Straßmeir wollte die Auszahlung der Fördergelder schon damals - Ende 2019 - stoppen. Doch Staatssekretär Daniel Tietze (Linke) wies den Behördenleiter an, das Geld zu überweisen. Straßmeir protestierte und erklärte, dass er die Weisung für rechtswidrig hält. Dennoch musste er das Geld auszahlen.
    Staatssekretär Tietze holte sich Unterstützung der Senatorin

    Zwar hatte er offiziell remonstriert und damit deutlich gemacht, dass er den Förderbescheid nicht unterzeichnen kann und darf, auch weil „ein Verstoß gegen Bestimmungen der Landeshaushaltsordnung gemäß Paragraf 48 Beamtenstatusgesetz zu einer Schadensersatzpflicht führen kann.“ Auch anderen Mitarbeiter des LAF fanden deutlichen Hinweise auf mögliche Straftaten.

    Am Ende musste Straßmeir den Förderbescheid dennoch unterzeichnen – deshalb wird auch gegen ihn wegen Untreueverdachts ermittelt. Am Ende hatte Straßmeir dem Druck direkt aus der Spitze der Senatsverwaltung nachgegeben. Der Staatssekretär hatte sich dafür sogar Verstärkung von Senatorin Breitenbach geholt.

    Tietze bestand stets darauf, dass das Projekt auf jeden Fall förderwürdig sei, weil es der Vernetzung von Flüchtlingen diene – und weil das Land Berlin das Engagement von Ehrenamtlichen in der Flüchtlingshilfe fördere. In Kooperation mit dem Stadtteilzentrum Steglitz betreibe das Netzwerk „Berlin hilft" seit 2016 ein Online-Angebot zur Beratung, Information und Hilfe für Geflüchtete. „Staatssekretär Tietze hat in Anerkennung der ehrenamtlichen und für alle sichtbaren Flüchtlingsarbeit des Netzwerks auf eine zügige und positive Bearbeitung politisch entschieden, die Zuwendung zu bewilligen“, hieß es im Herbst auf Anfrage.
    Beiträge zur Flüchtlingspolitik – meist aus politisch linkem Blick

    „Berlin hilft“ ist nicht mit zivilgesellschaftlichen Flüchtlingsinitiativen wie „Moabit hilft“ zu verwechseln. Mit den 40.000 Euro pro Jahr ist vor allem eine Internetseite bestückt worden. Dort fanden sich aber überwiegend Beiträge zur Flüchtlingspolitik oder anderen Themen – meist aus politisch linkem Blick. Ratschläge für Flüchtlinge zur Bewältigung des Alltags in Berlin mussten Besucher der Internetseite erst mühsam suchen.

    Die internen Prüfer hatten klare Hinweise auf Steuervermeidung und Verstöße gegen Dokumentationspflichten und Vergaberegeln. Aus dem Tagesspiegel vorliegenden Akten geht hervor, dass das Stadtteilzentrum das Fördergeld an eine Person weitergereicht hat, die die Internetseite bestückt hat. Die Rechnungen für diese Dienstleistung schickte jedoch ein Verwandter des Mannes an das Stadtteilzentrum. Das Honorar sollte sodann auf das Konto einer anderen Verwandten überwiesen werden.

    Zudem sind die Rechnungen, die das Stadtteilzentrum auszahlte, so zwischen dem Betreiber der Internetseite und seinen Verwandten gestückelt worden, dass der Dienstleister als Kleinunternehmer keine Umsatzsteuer ausweisen musste.

    Auch die interne Prüfgruppe der Innenrevision in der Sozialverwaltung sichtete die Akten und fand „deutliche Hinweise darauf, dass die Zuwendung nicht rechtmäßig zustande gekommen ist“. Eine nachträgliche Bewilligung war sogar unzulässig. Die Prüfer und deren vorgesetzte Abteilungsleiterin widersprachen Staatssekretär und Senatorin.
    Nachsicht mit dem Stadtteilzentrum – auf politischen Wunsch

    LAF-Präsident Straßmeir wurde im September 2020 von der Innenrevision der Senatsverwaltung aufgefordert, „mögliche Ansatzpunkte für eine Rückforderung der Zuwendungsmittel“ zu finden. Auch der Rechnungshof wurde über den „Verdacht einer Unregelmäßigkeit“ informiert. Der sah aber keinen Bedarf, selbst einzugreifen, weil aus seiner Sicht die Beamten in der Sozialverwaltung den Fall hartnäckig genug bearbeitet haben.

    Auf politischen Wunsch der Sozialverwaltung wurde mit dem Verantwortlichen beim Stadtteilzentrum bis zuletzt stehts nachsichtig umgegangen. Immer wieder wurden die Empfänger des Fördergelds darauf hingewiesen, was sie ändern müssten. Es ging um Steuerangaben, um eine Dokumentation, wie es zur Vergabe der Dienstleistung gekommen ist, und andere Vorschriften.

    Doch aus den Prüfakten geht klar hervor, dass sich der Fördergeldempfänger geweigert und gewehrt hat. Einsicht zeigte er jedenfalls lange nicht. Das könnte sich ändern, wenn jetzt kein Geld mehr fließt für das Projekt und möglicherweise sogar Geld zurückgefordert wird. Die Internetseite wurde schon angepasst und grundlegend verändert: Statt politischer Debatten und Beiträge sind nun einige wenige Servicetexte zu finden.
    AfD: Breitenbach nicht mehr haltbar, wenn sie Vorwürfe nicht entkräften kann

    Der Leiter des Stadtteilzentrum Steglitz sagte, die Entwicklungen seien bedauerlich. Er verwies darauf, dass auf politischen Wunsch der Sozialverwaltung im Zuge der Flüchtlingskrise für „Berlin hilft“ ein Dienstleistungsvertrag mit dem Netzwerk geschlossen worden sei. Es sei darum gegangen, dass „Berlin hilft“ erhalten und unterstützt werden sollte. Um eine Ausschreibung sei es dabei nie gegangen. Erst später habe das LAF rückwirkend darauf gepocht.

    Der AfD-Abgeordnete Hanno Bachmann, der die Strafanzeige gegen Breitenbach und Tietze erstattet hatte, sagte am Donnerstag: „Die Ermittlungen gegen Senatorin Breitenbach belegen erneut das gestörte Verhältnis des Senats und speziell der Senatoren der Linken zum Rechtsstaat."

    Rechtstreue scheine linken Senatsmitgliedern fremd zu sein, sagte Bachmann. „Untreue zu Lasten der Steuerzahler ist kein Kavaliersdelikt. Sollte Breitenbach die Vorwürfe nicht unmittelbar entkräften können, ist sie politisch nicht haltbar. Senatoren, gegen die staatsanwaltlich ermittelt wird, sind nicht mehr regierungsfähig.“

    #Berlin #politique #gauche #élections

  • Sozialstaatssekretär vergab rechtswidrig Gelder - Tagesspiegel Checkpoint
    https://checkpoint.tagesspiegel.de/langmeldung/6gvcQpxN3FS7AcXVstsQfY

    A Berlin la droite dévéloppe une série d’attaques contre le gouverment en l’accusant de violatons des procédures prévues quand la gauche décide de soutenir des pauves et défavorisés. Nous nous trouvons au début des campagnes électorales ce qui explique le ton radical des accusations.

    Mit Unterstützung der Senatorin bewilligte Daniel Tietze rückwirkend Gelder. Die eigene Verwaltung hält das für rechtswidrig. Von Lorenz Maroldt

    Ein interner Schriftwechsel zwischen der Sozialverwaltung und dem Präsidenten des Landesamts für Flüchtlingsangelegenheiten birgt politischen Sprengstoff. Die Unterlagen, die dem Checkpoint vorliegen, weisen auf „Unregelmäßigkeiten“ bei der Vergabe von Zuwendungen hin.

    Trotz erheblicher Bedenken im LAF hatte Staatssekretär Daniel Tietze den Landesamt-Präsidenten Alexander Straßmeir am 10.12.2019 schriftlich angewiesen, 40.000 Euro an das Stadtteilzentrum Steglitz zu überweisen, und zwar „umgehend“. Das Schreiben trägt am rechten Rand groß den Anti-Böller-Slogan des Senats: „Knutschen statt Knallen“ – verziert mit einem Kussmund.

    Doch eine Woche später war in der Verwaltung niemandem mehr zum Knutschen zumute - es knallte, und zwar gewaltig. Mit Schreiben vom 18. Dezember 2019 teilte Straßmeier, der bis Ende 2016 selbst Staatssekretär in der CDU-geführten Justizverwaltung war, dem Linken-Politiker Tietze mit: „Ich halte die von Ihnen mir am 10. Dezember erteilte Weisung (…) für rechtswidrig.“ Straßmeier erklärt seine Pflicht nach § 36 BeamtStG, Bedenken gegen eine Anordnung unverzüglich geltend zu machen. „Infolgedessen darf ich diese nach dem Beamtenrecht nicht ausführen.“ Das Schreiben an Tietze trägt den offiziellen Betreff „Remonstration“ und endet mit dem Hinweis: „Ich mache Sie daher darauf aufmerksam, dass ein Verstoß gegen Bestimmungen der Landeshaushaltsordnung gemäß § 48 BeamtStG zu einer Schadensersatzpflicht führen kann.“ Straßmeir bemängelt u.a. die „nachträgliche rückwirkende Bewilligung des Projekts.“

    Kurz nach Silvester suchte sich Tietze Verstärkung – seine Antwort vom 6.1.2020 trägt als Absender nicht mehr den Titel „Der Staatssekretär“, sondern: „Die Senatorin“. Tietze schreibt, er nehme die Remonstration „zur Kenntnis“, bleibt aber „nach Abstimmung mit der Senatorin“ bei der Anweisung, die Mittel auszuzahlen: „Bitte informieren Sie mich über die Erledigung der Anweisung. Eine Kopie des Schreibens geht an das Büro der Senatorin.“

    Bis vor wenigen Tagen schien tatsächlich Ruhe eingekehrt zu sein in der Affäre. Doch ein neues Schreiben der Senatsverwaltung an Straßmeir vom 15.9.2020 („persönlich / vertraulich“, nachrichtliche Kopie an den Staatssekretär) macht klar: Tietze hält einen Riesenböller in der Hand – und die Zündschnur ist fast abgebrannt. Unterzeichnet ist das Dokument von Dagmar Mittler, Abteilungsleiterin Zentraler Service, zuständig für Finanzen, Personal, Justiziariat und Innenrevision. Die frühere Präsidentin des Amtsgerichts Mitte stellt mit Bezug auf die Untersuchung der „Prüfgruppe ZS A 3“ fest: „Es bestehen „deutliche Hinweise darauf, dass die Zuwendung nicht rechtmäßig zustande gekommen ist. (…) Schon die nachträgliche Bewilligung von Zuwendungsmitteln in 2020 für eine für 2019 beantragte Tätigkeit ist u.E. unzulässig.“ Mit anderen Worten: Die Abteilungsleiterin widerspricht ihrem Staatssekretär – und der Senatorin.

    Mittler hält es für fraglich, ob alle Auflagen und Bedingungen erfüllt wurden – und ob die Erfüllung von Zweck und Ziel des Projekts nachprüfbar ist. ALF-Präsident Straßmeir soll nun „mögliche Ansatzpunkte für eine Rückforderung der Zuwendungsmittel“ ermitteln. Mittler fordert den Präsidenten zudem auf, dem Rechnungshof den „Verdacht einer Unregelmäßigkeit“ mitzuteilen. Aber das ist noch nicht alles. Die Prüfgruppe hat sich auch die Abrechnung 2018 vorgenommen – das Ergebnis: „Hier stellt sich der Sachverhalt im Wesentlichen analog zu dem oben Geschilderten dar.“ Sieht ganz so aus, als könnten hier noch mehr Knaller hochgehen – und das schon vor Silvester.

    #Berlin #politique #gauche #élections

  • Penser la propreté urbaine hors contexte électoral
    https://metropolitiques.eu/Penser-la-proprete-urbaine-hors-contexte-electoral.html

    La propreté urbaine, critère déterminant de la qualité de vie, n’est évoquée qu’à l’occasion d’élections. Sara Bellamine, Sabine Bognon et Daniel Florentin observent cependant l’émergence de cadres structurels d’action et de gouvernance, renouvelant ainsi sa prise en charge par les collectivités. La question de la propreté urbaine est enserrée dans un triptyque étroit. D’abord, chaque scrutin municipal est l’occasion de refrains électoralistes dénonçant la saleté de telle ou telle ville. Ensuite, la mise en #Terrains

    / propreté, #collectivités_locales, #politiques_urbaines, #élections

    #propreté
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_bellaminebognonflorentin.pdf

  • Paleis der Natie | Een kleine oorlog in de covidmarge
    https://www.tijd.be/opinie/paleis/paleis-der-natie-een-kleine-oorlog-in-de-covidmarge/10290834.html

    Bij de Gegevensbeschermingsautoriteit (GBA) woedt een opmerkelijk conflict dat de Franstalige media bezighoudt. De inzet lijkt de machtspositie van Frank Robben, de gedelegeerd bestuurder van Smals, de ICT-arm van de overheid. Het parlement kijkt toe. Een sleutelscène in het docudrama ‘Brexit : An Uncivil War’ is een ontmoeting in Hyde Park in Londen. Dominic Cummings, de excentrieke campagneleider van het Leave-kamp, treft Zack Massingham. Hij is medeoprichter van het Canadese bedrijf (...)

    #Smals #données #élections #COVID-19 #santé #surveillance

    ##santé
    https://images.tijd.be/view

  • #Marseille, la fin d’un système #politique ?
    https://metropolitiques.eu/Marseille-la-fin-d-un-systeme-politique.html

    Un an après les #élections_municipales, le dernier ouvrage de Michel Peraldi et Michel Samson montre comment les effondrements meurtriers d’immeubles de la rue d’Aubagne à Marseille ont précipité la chute d’un système de gouvernement et ouvert un espace de #mobilisation inédit. Quinze ans après Gouverner Marseille (2006), le dernier ouvrage de Michel Peraldi et Michel Samson étudie les transformations contemporaines du gouvernement de la cité phocéenne, dans le contexte de la séquence ouverte par les #Commentaires

    / élections municipales, Marseille, mobilisation, #métropole, politique, #municipalités, #centre-ville, (...)

    #gentrification
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_dossiermarseille_geisser.pdf

  • « Tout change, rien ne change » : les élections municipales de 2020 dans la métropole du #Grand_Paris
    https://metropolitiques.eu/Tout-change-rien-ne-change-les-elections-municipales-de-2020-dans-la

    Un an après le premier tour des municipales et à quelques mois de nouvelles élections locales, Philippe Subra et Wilfried Serisier dessinent la nouvelle géopolitique du Grand #Paris, ses rapports de force et ses équilibres. Nul n’imaginait, début janvier 2020, dix semaines seulement avant le premier tour, le scénario qui allait être celui des municipales en #Île-de-France. La Covid-19 ne s’était pas encore transformée en pandémie et l’hypothèse d’un confinement général de la population n’était pas #Terrains

    / Grand Paris, #élections_municipales, Île-de-France, Paris, #région, #banlieue

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-subra-serisier.pdf

  • FBI Seized Congressional Cellphone Records Related to Capitol Attack
    https://theintercept.com/2021/02/22/capitol-riot-fbi-cellphone-records

    The inclusion of congressional phone data in the FBI investigation raises thorny constitutional questions. Within hours of the storming of the Capitol on January 6, the FBI began securing thousands of phone and electronic records connected to people at the scene of the rioting — including some related to members of Congress, raising potentially thorny legal questions. Using special emergency powers and other measures, the FBI has collected reams of private cellphone data and communications (...)

    #FBI #élections #écoutes #extrême-droite #surveillance

  • L’élection de la liste Mariton finalement validée malgré des tricheries avérées au code électoral
    https://ricochets.cc/L-election-de-la-liste-Mariton-finalement-validee-malgre-des-tricheries-av

    En février 2021, le conseil d’État a finit par valider l’élection de Mr Hervé Mariton et de sa liste en dépit du bon sens et malgré des infractions avérées au code électoral. Mr Mariton et son équipe ont bel et bien triché avec les règles des périodes électorales, le Conseil d’État le confirme, mais selon les juges (qui juge les mêmes faits à l’opposé de la décision du tribunal de Grenoble) ça n’aurait pas suffisamment affecté les votants car l’écart de voix serait suffisant au deuxième tour entre les deux listes (...) #Les_Articles

    / #Crest, Autoritarisme, régime policier, démocrature..., #Elections_locales

    #Autoritarisme,_régime_policier,_démocrature...

  • Lille : les fausses signatures aux municipales sont donc avérées vendredi 19 février 2021
    https://chez.renart.info/?Les-360-fausses-signatures-aux-municipales-sont-donc-averees

    Ce jeudi 18 février se tenait l’audience des 360 fausses signatures repérées sur les listes d’émargement des municipales 2020 à Lille. Martine Aubry l’avait remporté de 227 voix, sur 39 000 votants, face aux candidats des Verts et d’En Marche. Le rapporteur public a balayé un à un les griefs des deux listes perdantes, faisant valoir son « orthodoxie » : les preuves des fausses signatures ont été apportées après le délai de cinq jours. Mais alors... il reconnaît qu’il y a bien au moins 360 fausses signatures ! Ce que l’avocat de Martine Aubry ne conteste d’ailleurs pas.

    La quatrième ville de France sera-t-elle gouvernée par une équipe dont tout le monde reconnaît que l’élection est soupçonnée d’irrégularités ? Reprenons.

    Le premier tour des élections se tient quelques jours avant le confinement. Aubry, candidate sortante, Baly pour les Verts, et Spillebout pour En Marche, se qualifient pour le second tour, reporté de trois mois. Avec les bons scores des Verts aux élections précédentes et le foin autour de la friche Saint-Sauveur, Martine Aubry reverdit à la hâte bilan et programme. On rit des pancartes annonçant « Ici, bientôt un arbre. » Les élections se déroulent en dépit des mesures sanitaires, des restrictions de certaines libertés fondamentales, des centaines de Lillois en réanimation. La soirée électorale est palpitante. Les candidats comptent les bulletins au fur et à mesure de l’arrivée des urnes. La mairie crépite comme un PMU pendant le Grand Prix d’Amérique : Aubry derrière ; Aubry devant ; Baly qui recolle ; Baly qui semble se détacher ; oui, il se détache ; plus que quelques voix ; les écolos peinent à masquer leur joie ; mais la casaque rose n’a pas dit son dernier mot ; la voilà qui remonte, la bride lâchée, droite dans son couloir ; inexorablement ; et coiffe le Vert sur la ligne d’arrivée ! Les marbres de l’hôtel de ville résonnent d’un tonitruant « On les a niqués [1] ! »

    Bref. Comme le veut le code électoral, la contestation d’une élection doit se faire connaître dans les cinq jours, preuves à l’appui. Ce qui fait court pour une commune de 124 000 votants – n’importe quel observateur de l’ONU en conviendra. Les équipes de Baly et de Spillebout, bravant les restrictions d’accès liées aux mesures sanitaires, courent à la préfecture ausculter les listes d’émargement. Ils n’ont le temps que d’éplucher treize bureaux de vote mais photographient déjà 62 signatures différentes entre le premier et le second tour. Donc 62 votants imaginaires, possiblement en faveur d’Aubry, ce qui ne ferait plus que 165 voix d’écart. Les candidats malheureux continuent leur travail de comparaison tout l’été. Ils n’ont le temps que de scruter 70 bureaux de vote sur 130, mais détectent déjà plus de 360 signatures litigieuses. Soit, en extrapolant, et puisqu’aucun bureau de vote n’est clean, probablement plus de 500 cas en tout.

    A soupçon, soupçon et demi
    Comme le veut la procédure, un rapporteur public – un magistrat, quoi – lit les requêtes, analyse le litige, et livre sa conclusion (merci Wikipedia). « Il n’y a pas lieu d’annuler les élections », conclut-il, en prétextant le dépassement des délais. La presse répète alors, sans qu’on sache d’où vienne le chiffre, que dans pareille circonstance, le juge suit « à 90 % » les conclusions du rapporteur public. « Martine Aubry devrait garder son fauteuil », présume Libération. « Aubry en position de force », croit savoir La Voix du Nord. « Les voyants sont au vert pour Martine Aubry », jubile Médiacités. Les dés seraient jetés.

    Mais qu’importe l’issue du procès. L’information la plus importante, qui devrait faire bondir n’importe quel démocrate, demeure que le rapporteur public admet non seulement l’existence de 62 votes frauduleux, mais aussi les 360 fausses signatures déposées hors délais. Elles ne sont pas recevables, mais elles existent bel et bien. Ce qui est de nature à changer « radicalement » le résultat du scrutin, pour parler comme le Conseil d’État. Pas même l’avocat tout en manches de Martine Aubry ne conteste l’existence de ces voix imaginaires qui entachent pourtant la réélection de sa cliente. Il préfère orienter sa plaidoirie contre des candidats qui, en faisant fi des « règles de procédure », contribueraient au climat de « soupçon généralisé » qui pèse sur notre « vie démocratique ».

    Finalement, ce 18 février 2021 en la commune de Lille, toutes les parties en présence dans l’affaire dite des « 360 fausses signatures » admettent implicitement leur existence, et concluent que Mme Aubry puis sa remplaçante gouverneront pendant cinq ans avec des soupçons d’irrégularités. La « vie démocratique » de 124 000 électeurs est désormais entre les mains d’un juge, seul face à « son âme et conscience ». Délibéré sous quinze jours.

    Notes
    [1] La Voix du nord, 28 juin 2020.

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    #Baly #Spillebout