• Il y a 50 ans, le « bouchon du siècle » : des milliers de vacanciers piégés sur la RN 10 en pleine canicule, avec de très nombreux décès
    ▻https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/vienne/poitiers/il-y-a-50-ans-le-bouchon-du-siecle-des-milliers-de-vacanc

    Le 2 août 1975, une journée de cauchemar pour des milliers de vacanciers : plus de 450 km de bouchons. La RN 10, seul chemin vers l’Atlantique et l’Espagne, s’est retrouvée complètement saturée. Dans la foulée, a été créé Bison Futé.

    "On ira...où tu voudras quand tu voudras..." En 1975, Joe Dassin chantonne « L’été indien » à la radio. En ce mois d’août qui démarre, il fait beau, il fait chaud. C’est samedi, le 2 août, le jour des grands départs en vacances vers la mer. Vers l’Espagne. La voiture s’est largement démocratisée au cours des dernières années. Les Français bénéficient désormais de quatre semaines de congés payés ; ils ont bien l’intention d’en profiter.

    À Poitiers, à Châtellerault, partout sur la RN 10, des files ininterrompues de voitures, de camions, de caravanes. Pare-chocs contre pare-chocs. Le 2 août 1975, une journée qui va se transformer en cauchemar. Cette journée restera celle du "bouchon du siècle".
    Autoroute en construction

    « C’est un bazar complet », atteste Aurélien Chubilleau, historien de la RN 10. « Déjà, il faut savoir que Poitiers est au carrefour des grandes routes nationales qui viennent du nord, du sud et de l’est pour aller vers l’Atlantique. » Et l’autoroute A 10 est en construction. « Elle s’achève à Tours et à partir de là, il faut quitter l’autoroute et retrouver la bonne vieille nationale telle qu’on la connaît. On passe d’une voie rapide à deux voies de circulation avec quasiment l’impossibilité de doubler. »

    450 km d’embouteillage, 50 000 voitures bloquées, à Poitiers comme ailleurs. « Ceux qui n’ont pas eu de chance ont mis entre quatre et cinq heures pour traverser la ville. Cela bloquait déjà à l’entrée de la Vienne à Port-de-Piles jusqu’en Espagne ! », relate encore Aurélien Chubilleau. « On n’a jamais revu ça au XXe siècle parce que les routes à trois ou quatre voies et les contournements se sont multipliés par la suite et la Nationale 10 elle-même va être modernisée en l’espace de 30 ans. »

    Mais en 1975, il faut encore en passer par ces interminables centres-villes minés de feux de circulation. « Inutile de dire qu’entre le rouge et le vert, plus personne ne respectait quoi ce soit », ajoute l’historien. « On passait quand on pouvait. »

    Ce 2 août 1975, Yves Naulet est un jeune policier de 22 ans en poste à Châtellerault. Il se souvient de cette journée comme si c’était hier. « Il y avait des voitures partout ! Nous avons tenté une évaluation de l’évolution du bouchon : un policier avait été envoyé sur un vieux vélo pour pouvoir circuler bien au-delà de la zone nord. Il avait noté l’heure et l’immatriculation d’une voiture que nous avons attendue à Naintré. Nous avons dû la voir passer trois à quatre heures plus tard. Quand nous sommes allés nous coucher à 2 h du matin, ce n’était pas encore résolu. »
    37 degrés à l’ombre

    Et comble de malchance : la France est assaillie par la canicule. Les températures dépassent largement les 30 degrés alors que la climatisation appartient encore à la science-fiction. « Au-delà de l’image un peu joyeuse du bouchon avec les glacières qui sont de sortie et ces grands pique-niques, il y a eu aussi l’impatience », témoigne Aurélien Chubilleau, l’historien. « On buvait à l’époque au volant, la répression n’était pas la même. Les réactions d’énervement sont exacerbées. On essaye de doubler quand ce n’est pas possible, il y a eu beaucoup d’accidents. Des gens ont fait des malaises aussi. »

    Lors de cette journée noire, 145 personnes ont perdu la vie.

    Yves Naulet, lui, se souvient d’automobilistes détendus qui se sentent déjà en vacances. Les autorités sont débordées et n’ont pas encore les moyens de communication d’aujourd’hui ; elles parent au plus pressé. « Sur le boulevard Blossac, il devait y avoir huit à dix bistrots. La préfecture leur a donné l’autorisation de rester ouverts toute la nuit. Tout le monde était saturé : les boulangers, les charcutiers. »

    Et difficile pour ces premiers naufragés de la route de prendre des chemins de traverse. « Ils n’ont pas d’information », précise Aurélien Chubilleau. « En 1975, les voitures équipées d’autoradio restent un luxe. Il faut attendre une dizaine d’années pour voir se généraliser cet équipement qui permet d’avoir de l’information en direct et des itinéraires conseillés. »

    Mais ce bouchon fera date. Dans la foulée, est créé Bison futé et ses précieux conseils. C’était le 2 août 1975, c’était il y a 50 ans, un siècle, une éternité.

  • Quand les voitures s’évaporent – L’interconnexion n’est plus assurée
    ▻https://www.lemonde.fr/blog/transports/2016/08/23/voitures-evaporees

    Contre-intuitif, mais très intéressant

    Les voies sur berges, rive droite, en 2012. Copyright Olivier Razemon« Forcing », « bras de fer », « entêtement », « résistance ». Anne Hidalgo ne cédera pas. Malgré l’enquête défavorable rendue publique le 22 août, la maire (PS) de Paris procédera bien à la piétonnisation des voies sur berge de la rive droite de la Seine. La commission d’enquête craint que la fermeture de cette voie rapide ne provoque un report de la circulation, des bouchons supplémentaires et donc un surcroît de pollution. Mais la Ville de Paris rappelle que la piétonnisation est une décision politique. Et affirme surtout que le trafic, au bout de quelques mois, s’adaptera à cette restriction.

    Une étrange propriété : l’évaporation. En d’autres termes, réduisez le nombre de voies de circulation, et le nombre de véhicules diminuera d’autant. Cette théorie s’appuie sur un constat certes contre-intuitif, mais universel : la voiture est un corps qui présente une étrange propriété, celle de s’évaporer.

    Voitures interdites. Amsterdam. Copyright Olivier RazemonParadoxe de Braess. Le phénomène avait été observé après la fermeture des voies de la rive gauche, en 2013. Sur les boulevards environnants, « les hypothèses de hausse du trafic ont été démenties par les faits », relate Le Monde. En 1968, le mathématicien allemand Dietrich Braess avait montré que, contrairement aux idées reçues, l’augmentation de la capacité des routes aboutissait à une hausse des temps de trajet, et à une augmentation du trafic.

    Pont Mathilde. L’inverse est vrai aussi. En octobre 2012, à Rouen, le pont Mathilde, l’un des principaux axes traversant la Seine, prend feu, à la suite de l’accident d’un camion d’hydrocarbures. Le pont, qui accueillait 80 000 véhicules par jour, camions et voitures confondus, doit être fermé jusqu’à l’été 2014. Il sera reconstruit à l’identique.

    Rouen. Copyright Olivier RazemonDurant cet intervalle, certains véhicules s’étaient reportés sur les autres ponts, d’autres avaient contourné l’agglomération. Mais sans que les compteurs n’atteignent le chiffre de 80 000 passages quotidiens Les ingénieurs de la voirie de Seine-Maritime avaient ainsi découvert avec étonnement la disparition d’une partie des véhicules. « Dès qu’on supprime un aménagement urbain, une partie du trafic s’évapore naturellement », appuie l’économiste Frédéric Héran dans Le Parisien.

    La même situation s’est produite en février 2015 à Varsovie, après la fermeture du pont Lazienkowski, dû à l’incendie d’un échafaudage. Le pont a été reconstruit dès l’automne suivant, mais la ville de Varsovie avait noté entre-temps la disparition de 52 000 voitures sur les 100 000 traversant quotidiennement la Vistule (à lire ici, en polonais).

    Plusieurs lecteurs signalent des cas comparables à Lyon, lors de la fermeture inattendue du cours Lafayette ou de celle, prévue longtemps à l’avance, du tunnel de la Croix-Rousse. Aux Etats-Unis, une autoroute de 26 voies, inaugurée en 2008, est déjà bloquée par des bouchons.

    Changements de comportement. Pourquoi les voitures s’évaporent-elles ? Précisément parce que, faisant face à la fermeture d’un axe, les conducteurs ne se comportent pas comme des gouttes d’eau. Une partie d’entre eux, parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement, cherchent à effectuer le même trajet qu’avant la contrainte. Mais une autre partie des trajets se font à l’aide d’un autre moyen de transport, ou ne se font pas. Chacun d’entre nous en a d’ailleurs déjà fait l’expérience : il était pratique et agréable de prendre la voiture pour dîner au restaurant situé de l’autre côté de la ville. Ce n’est plus possible, faisons autrement. Allons plutôt au restaurant dans le quartier. A pied.

    Cela s’appelle le « report modal », et c’est précisément ce qu’encouragent, pour des raisons environnementales, sociales et économiques, tous les spécialistes des transports depuis des décennies.

    Olivier Razemon, sur Twitter, Facebook et Instagram.

    PS 28 septembre : Le trafic, sur la voie piétonnisée depuis le 20 juillet, s’évapore déjà, selon les premiers chiffres, comme l’explique cet article de Laetitia Van Eeckhout.

    #Voiture #Embouteillages #Changement_comportement

  • Liberté, égalité, #gratuité dans les #transports_en_commun

    Ce mercredi 10 avril, il pleut. Alors le Niçois peut rester au chaud en regardant PSG-Barça à la télé entre potes, ou en fêtant l’Aïd-el-Fitr en famille. Autre solution : assister à la réunion publique organisée par ViVA ! sur les transports gratuits. « A n’importe quelle heure, sans se soucier de quoi que ce soit d’autre que de la destination à laquelle on se rend. Peinard. Et libre d’aller ».

    Pour qu’on nous explique tout bien comment un truc aussi dingue pour nos imaginaires peut être possible, les membres du collectif citoyen niçois #ViVA ! ont accueilli Magali Giovannangeli et Mariano Bona, respectivement conseillère municipale d’Aubagne et membre du collectif #Union_pour_la_Gratuité_et_le_Développement_des_Transports_Publics à Grenoble. Tous les deux ont une bonne expertise sur la question et une expérience solide, cumulées au fil des années dans leurs coins respectifs.

    Gratuité = développement du réseau

    La gratuité des transports en commun, il faut s’y préparer, elle va s’accompagner du doublement, voire du triplement de la #fréquentation de ces transports. Et donc, forcément, ça implique un développement important des #infrastructures, tant du côté de ce qui roule (bus, tramway, métro, etc.) que de celui des installations (voies, arrêts, stations, etc.). La gratuité, c’est donc carrément #repenser_la_ville, établir des connexions et des possibilités qui n’existaient pas. Comme celle de bouger de son quartier pour aller voir ailleurs si on y est. Et ça nous parle ça, à nous, les Niçoises et les Niçois. Disons-le clairement, notre ville est belle, mais Nissa la Bella, c’est pas pour tout le monde. Le centre-ville et les jolies plages peuvent sembler loin quand on est coincé en haut de notre colline, au fond de notre quartier ou dans l’arrière-pays, de l’autre côté de la carte postale.

    La bagnole au garage pour un air plus sain

    La gratuité, c’est aussi et surtout moins de bagnoles en ville, dans une des métropoles les plus polluées de France. Il n’existe pourtant pas d’industrie lourde dans les Alpes-Maritimes, mais un nombre de trucs qui roulent, qui flottent et qui volent incalculables sur ce tout petit territoire très touristique, sans vent pour dégager les particules de toutes sortes. Ici, 55% de la #pollution_de_l'air viennent des #transports, et 40% des trajets en #voiture font moins de 3 km sur Nice. Il y a une #urgence_écologique que plus personne ne peut nier. Au rythme actuel, et dans le meilleur des cas, la neutralité carbone arrivera dans la région PACA en 2070. On le sait, les dégâts climatiques coûtent cher et vont coûter de plus en plus cher si on ne prend pas le problème à bras le corps. Et la gratuité des transports en commun fait partie de tout un panel de solutions préventives qui coûtent beaucoup moins cher.

    On ne peut donc pas écarter d’un revers de la main un débat sur la gratuité dans un coin qui compterait 500 morts prématurées par an dues à la #pollution_atmosphérique. Et encore moins dans un pays où le gouvernement semble vouloir nous préparer à vivre avec une hausse des températures de 4°C quand les experts du GIEC, déjà bien flippés, nous supplient de tout faire pour ne pas dépasser les 2°C. Le but est de passer d’une utilisation massive de la voiture à une utilisation massive des transports en commun qui doivent être nombreux, fiables et confortables pour devenir une solution de #remplacement acceptable et enviable pour le plus grand nombre.

    Qui paye ?

    La gratuité, c’est l’#écologie et aussi la #solidarité dans une ville qui compte 21% de personnes sous le seuil de pauvreté, contre 14% dans toute la France. Ce qui représente quand même 1/5 des Niçoises et des Niçois. Mais alors, “qui qui paye dans tout ça ?” / “Non mais, vous avez vu la dette de la métropole ?” / “Je suis contre parce que ça va se répercuter sur nos #impôts, vu que rien n’est gratuit”. Autant d’arguments qu’il va falloir détricoter. C’est plus que nécessaire, parce que quoi que l’on en pense, c’est ce que l’on entend très souvent en parlant de ce sujet autour de nous. Alors oui, une dette bien calibrée peut être un investissement bénéfique pour la collectivité sur le long terme. Mais le truc principal à comprendre et à intégrer, c’est que la gratuité des transports en commun n’est absolument pas synonyme d’une augmentation des impôts.

    Car on fait confiance à nos représentants politiques locaux pour mettre de l’huile sur le feu sur ce sujet précis. Eux qui hurlent régulièrement contre “l’écologie punitive” en nous parlant plutôt d’incitations foireuses pour noyer le poisson. Alors quoi ? La gratuité ? C’est pas de l’#incitation peut-être ? Et pas qu’un peu… Ce n’est pas une incitation à couper l’eau du robinet quand on se lave les dents dont il s’agit, mais bien d’un projet ambitieux, culotté et révolutionnaire étant donné notre rapport aux transports dans les Alpes-Maritimes et en région PACA. Un projet qui a fait ses preuves dans de nombreux endroits comme #Bordeaux, #Aubagne, #Dunkerque ou #Montpellier, où la plupart du temps, la gratuité a d’abord été testée les week-ends, le temps de réadapter les usages et le réseau et pour se donner les moyens de réussir cette utopie concrète.

    La loi de finances 2024 autorise le triplement de la taxe de séjour pour l’Île-de-France. C’est-à-dire la taxe que paient les touristes de passage dans la région. Pour parler concrètement, c’est sur ce levier qu’il faut s’appuyer principalement dans la métropole Nice Côte d’Azur, victime de son sur-#tourisme. Juste retour des choses, les vacanciers qui viennent par paquets en avion, en train et en voiture, mettront la main à la poche pour permettre aux habitant·es de la métropole de se passer de leur bagnole, tout en utilisant des transports de qualité. À elle seule, l’augmentation de la #taxe_de_séjour suffirait à financer l’indispensable extension du réseau. En quelques chiffres, pour bien se rendre compte du truc, rien qu’à Nice, c’est 5 millions de visiteurs par an, 12 000 chambres d’hôtel, dont 38% en 4 et 5 étoiles et 6 000 fiches actives sur Airbnb. Il est donc temps de se servir là où il y a des sous pour faire baisser la pression au niveau du CO2.

    La gratuité limite aussi les #accidents_de_la_route (chouette !) et le coût global de l’ensemble des heures passées dans les #embouteillages (youpi !). Finalement, la gratuité coûte beaucoup moins cher à l’ensemble des collectivités et des entreprises. On lance ça comme ça, à l’attention de nos camarades patrons et patronnes qui, même s’ils et elles devront subir une augmentation de la #taxe_mobilité, n’auront plus à prendre en charge le remboursement des abonnements de transports de leurs salarié·es qui circuleront sur un réseau fiable.

    Plus d’emplois pour une ambiance apaisée

    Partout où la gratuité est passée, on a observé une amélioration des #conditions_de_travail des salarié·es des régies de transports. Alors que la CGT à Dunkerque était contre le projet initialement, elle a totalement changé d’avis par la suite, en constatant que la gratuité avait généré 25% d’#emplois en plus dans le secteur. Par exemple, les #contrôleurs peuvent faire de l’accompagnement de voyageurs. Moins de coups de pression, plus de #médiation ! À Aubagne, ça a considérablement amélioré l’#ambiance sur l’ensemble du réseau, #agent_de_médiation étant quand même un métier bien plus gratifiant que contrôleur. Et puis, fini les campagnes anti-fraude culpabilisantes à la con, la fuite en avant sécuritaire et au final, la mise en danger du personnel.

    Ce n’est pas la gratuité qui crée des pertes d’emplois, que ce soit clair ! Les automates, la suppression des guichets, les chef·fes de gare en moins, les stations fermées partout en France. Tout ça, c’est la réalité que l’on connaît depuis bien trop longtemps maintenant, sur un réseau pourtant payant, dégradé et de plus en plus cher. Comme pour la transition écologique dans le monde paysan, le mieux-vivre ne pourra se concrétiser qu’avec une hausse importante de main-d’œuvre. Davantage de présence humaine, une ambiance apaisée et rassurante pour les usager·es. Voilà l’avenir.

    La mobilité comme #droit_universel

    La dernière augmentation des tarifs de Lignes d’Azur a été très mal vécue par la population qui a eu la sensation de s’être fait berner par des annonces de tarifs dégressifs fallacieuses, avec le prix du ticket et de l’abonnement qui ont augmenté et la carte “10 voyages”, la plus populaire du réseau, qui a été supprimée. Plus les transports sont chers, moins ils sont utilisés par les usagers et moins il est nécessaire de les développer. À méditer quand on sait que Nice Côte d’Azur est la seule métropole dont le tram ne dépasse pas les frontières de sa ville principale. L’augmentation des tarifs est donc une manière de réguler le développement à la baisse. A contrario, accepter la gratuité, c’est accepter la nécessité du développement nécessaire des transports en commun.

    Et à la remarque “Ce qui est gratuit n’a pas de valeur !”, on pourrait répondre que “ce qui est gratuit n’a pas de prix”. Les transports en commun gratuits et la possibilité de se déplacer librement doivent être considérés comme un service universel, au même titre que le droit à la santé ou à l’éducation. Dans les faits, l’école publique est ouverte à tout le monde, et ce, quel que soit le niveau de revenu des familles. Sur le même modèle, tout le monde devrait être à égalité face à la mobilité.

    Le futur, tranquillou…

    Considérer la gratuité des transports en commun est très ambitieux et ne peut pas s’envisager autrement que comme un projet de vie collective plus global, qui inclut aussi le logement, la répartition sur le territoire et la façon dont les un·es et les autres s’approprient la ville de par leurs déplacements. Pensons aux personnes âgées isolées, aux piéton·nes, aux cyclistes ou encore aux enfants qui subissent le tout-voiture partout et tout le temps. Ce paradigme du tout-voiture des années 50 est voué à disparaître, alors il va falloir accompagner tout cela. Pour que la modernité, ce ne soit plus se la raconter dans une berline électrique face à la mer et à fond sur la Prom’, mais bien sauter dans le premier bus ou tram venu à Carros, à la Trinité, à l’Ariane ou place Garibaldi, n’importe quel jour et à (presque) n’importe quelle heure, sans se soucier de quoi que ce soit d’autre que de la destination à laquelle on se rend. Peinard. Et libre d’aller.

    ▻https://blogs.mediapart.fr/mouais-le-journal-dubitatif/blog/020624/liberte-egalite-gratuite-dans-les-transports-en-commun
    #transports_publics #mobilité

  • À #Montagnac, le maire balance sa source à #Cristaline

    Pour 30 000 euros, la marque est en passe de mettre la main sur une gigantesque masse d’eau près de #Béziers. Dans une zone frappée de plein fouet par les #sécheresses.

    Au début du printemps, au sortir d’une sécheresse hivernale inédite (lire l’épisode 1, « Eau, rage et désespoir » : ▻https://lesjours.fr/obsessions/eau-guerres/ep1-macron-bassines), certains habitants d’#Occitanie ont appelé à l’aide leurs divinités pour faire venir la pluie. Ç’a été le cas à #Perpignan, mais aussi dans l’#Hérault, dans le village de #Corneilhan, près de Béziers. Le 30 mars, un cortège mené par un curé avait transporté une statue de Marie en plein cagnard pendant deux kilomètres et demi. Le #cortège, racontait alors France Bleu, s’était arrêté pour prier dans les vignes. Un viticulteur avait expliqué : « L’eau, on en manque. Donc, je demande au bon #Dieu de nous l’envoyer. Les politiques ne sont pas encore capables de faire tomber la pluie. Donc à part lui, je ne vois pas ! »

    Tout cela en vain, puisque la pluie ne s’est que peu montrée, en dehors de quelques averses en juin. Puis certaines communes alentour ont affronté l’angoisse du robinet à sec, le #lac_du_Salagou a connu son plus bas niveau depuis vingt ans, tandis que mi-août, un arrêté préfectoral plaçait pour la première fois les communes limitrophes de l’#étang_de_Thau en état de « #crise », seuil maximal de #restriction des usages face à la #sécheresse. En clair, l’#eau est rare dans le coin. Mais elle n’est pas forcément chère.

    L’association #Veille_Eau_Grain estime qu’il y a de quoi fournir de l’#eau_potable à 20 000 habitants pendant quinze ans

    C’est ce qu’on découvert les 4 000 habitants de Montagnac, à une trentaine de kilomètres au nord-est de #Corneilhan. Fin 2022 ils ont appris, un peu par hasard vous le verrez, que leur mairie avait décidé de vendre pour à peine 30 000 euros une parcelle dotée d’un #forage qui plonge à 1 500 mètres sous terre, jusqu’à une masse d’eau gigantesque. À l’abandon aujourd’hui, le #puits pourrait, moyennant de gros travaux, donner accès à cette #nappe_d’eau_souterraine de qualité et dont les volumes suscitent bien des convoitises. L’association Veille Eau Grain, née contre la vente de ce forage, a depuis réuni des informations permettant d’estimer qu’il y a là de quoi fournir de l’eau potable à 20 000 habitants pendant quinze ans !

    La générosité municipale est d’autant plus étonnante que le futur acquéreur n’est pas sans le sou : il s’agit de la #Compagnie_générale_d’eaux_de_source, une filiale du géant #Sources_Alma, connu pour ses bouteilles #Saint-Yorre, #Vichy_Célestins et surtout Cristaline. Cette dernière eau, née en 1992 et numéro 1 en #France aujourd’hui, est une simple marque et s’abreuve à 21 sources différentes dans l’Hexagone – et même en Allemagne et au Luxembourg. À Montagnac et en particulier dans le secteur où est situé le forage, elle est plébiscitée. Voisin, viticulteur et fondateur de l’association Veille Eau Grain, #Christophe_Savary_de_Beauregard s’en explique : « La zone qu’on habite est quasiment désertique, nous n’avons pas l’eau potable. L’eau, on l’achète, et celle qu’on choisit, c’est la Cristaline parce que c’est la moins chère. » Cruel.

    Comment expliquer une telle vente ? Cristaline et Alma ont été pointés du doigt pour leurs méthodes commerciales et pour leur capacité à obtenir les faveurs des autorités locales, le tout, selon leurs détracteurs, grâce à du #chantage à l’#emploi. Les généreuses #dérogations_préfectorales accordées à Cristaline pour des #prélèvements d’eau dans les #Pays-de-la-Loire ont aussi été dénoncées en 2018 par les représentants locaux du Mouvement national de lutte pour l’environnement. Rien de tout ça ici, semble-t-il, puisque c’est la mairie de Montagnac elle-même qui a démarché #Alma. C’est en tout cas ce que l’équipe de communication du géant de la bouteille nous a affirmé par écrit.

    Des #viticulteurs ont raconté avoir été démarchés par des intermédiaires pour autoriser le passage de tuyaux et de canalisations menant jusqu’à une future usine. C’est là qu’on a découvert que le conseil municipal avait voté la vente du forage.
    Christophe Savary de Beauregard, fondateur de l’association Veille Eau Grain

    Après plusieurs sollicitations en juillet et en septembre, #Yann_Llopis, le maire de Montagnac, nous a fait savoir qu’il refusait de répondre à la presse – lui qui ne rechigne pourtant pas à parler de lui et de sa « préoccupation » pour l’environnement sur le site de la ville. On ne saura donc pas s’il a vendu à vil #prix l’eau de sa commune dans l’espoir de #retombées_fiscales et de créations d’emplois. Ce silence n’étonnera pas les riverains, qui disent n’avoir à aucun moment été informés par l’édile et son équipe des tractations avec le groupe Alma. Christophe Savary de Beauregard raconte avoir découvert par hasard la décision du #conseil_municipal actant la vente de la parcelle et du forage : « Fin 2022, des viticulteurs nous ont raconté qu’ils avaient été démarchés par des intermédiaires, afin d’autoriser le passage sur le terrain de tuyaux et de canalisations venant du forage et menant jusqu’à une future usine. On s’est renseignés, et c’est là qu’on a découvert qu’en septembre le conseil municipal avait délibéré et voté pour la vente du terrain et du forage au groupe Alma. »

    Habitant de Montagnac, le conseiller régional socialiste René Moreno confirme et dénonce ce manque de transparence, avant de dresser une chronologie de ce forage qu’il connaît bien. Creusé en 1980 par deux entrepreneurs locaux, il est devenu propriété de l’État à la mort de ces derniers, en 2018. La parcelle et son forage ont alors été mis en vente sous le contrôle d’une instance locale, le comité technique de la #Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural), dont l’élu est membre. « À l’époque, il y avait plusieurs projets de reprise, dont celui de la mairie de Montagnac qui avait pour ambition de le destiner à un élevage privé d’esturgeons, se souvient René Moreno. Ce genre d’élevage est consommateur d’eau mais dans de faibles quantités. J’ai insisté pour que la mairie obtienne le forage. » Il obtiendra gain de cause.

    Après l’achat de la parcelle par la mairie (pour la somme de 30 000 euros, déjà), les porteurs du projet d’élevage d’esturgeons ont malheureusement baissé les bras. La mairie s’est alors retrouvée le bec dans l’eau, selon le service de communication du groupe Alma. Celui-ci indique par mail que si celle-ci ne vend pas le forage aujourd’hui, elle devra assumer les coûts de son obturation (qu’il estime à 300 000 euros) ou de sa remise en service (on dépasserait alors les 500 000 euros). René Moreno assure de son côté que ces sommes, si elles étaient avérées, pourraient être déboursées en partie par l’État ou d’autres collectivités, afin de préserver la précieuse ressource souterraine ou la destiner aux populations locales en cas de crise.

    Le projet actuel est on ne peut plus à l’opposé : construire une gigantesque #usine privée d’#embouteillage d’#eau_minérale pour une grande marque, occasionnant quelques joyeusetés comme l’artificialisation de plusieurs milliers de mètres carrés ou le passage quotidien de plusieurs dizaines de camions pour le transport des packs. Une perspective qui inquiète les riverains, tout autant que la réputation sulfureuse du groupe. Une enquête de Médiacités publiée en décembre 2022 a, par exemple, révélé que 13 de ses 34 usines françaises avaient été épinglées par les services de l’État depuis 2010 : non-conformités, contaminations, pollution de ruisseau et mêmes fraudes…

    Derrière Cristaline, deux hommes à la réputation sulfureuse : le milliardaire #Pierre_Castel et #Pierre_Papillaud, le visage des pubs télé Rozana

    Quant aux créateurs de Cristaline, ils se signalent autant par leurs succès que par leurs casseroles. Le milliardaire Pierre Castel, l’un des dix Français les plus riches, a été condamné pour avoir abrité son immense fortune – faite dans la bière en Afrique et dans le vin partout dans le monde (les cavistes Nicolas, la marque Baron de Lestac…) – dans des #paradis_fiscaux. Il apparaît dans les listings des « Pandora Papers ». Son groupe est en prime visé par une enquête du parquet antiterroriste pour « complicité de crimes contre l’humanité » et « complicité de crimes de guerre » parce qu’il aurait financé en Centrafrique une milice coupables d’exactions en masse. Pierre Castel a vendu ses parts à son compère Pierre Papillaud en 2008. Celui-ci, dont vous avez vu la tête dans les pubs télé pour la marque d’eau gazeuse #Rozana, a été accusé par d’anciens salariés de méthodes managériales violentes et de harcèlement moral, et condamné pour une campagne de dénigrement de l’eau du robinet. Il apparaît, lui, dans les listings des « Panama Papers ». Il est décédé en 2017.

    C’est face à ce groupe que se dressent la vingtaine de membres de l’association Veille Eau Grain. Ceux-ci ont entamé une procédure devant le tribunal administratif pour faire annuler la délibération du conseil municipal de Montagnac concernant la vente du forage, arguant que cette décision a été prise sans informer la population et à partir d’un corpus de documents trop limité pour juger de sa pertinence. Ce n’est que le début du combat. L’exploitation du forage est soumise à une étude d’impact environnementale, qui, selon le groupe Alma, a démarré en juillet et durera dix-huit mois.

    ►https://lesjours.fr/obsessions/eau-guerres/ep7-montagnac-cristaline

    #accès_à_l'eau #impact_environnemental

    voir aussi :
    ▻https://seenthis.net/messages/1016901

  • Collision, irruption dans des lieux publics, chutes... une série d’incidents freine l’expansion des robots-taxis à San Francisco Belga - LaLibre.be

    Mardi dernier, un des robots-taxis Cruise a ignoré un panneau signalant un chantier.

    Après une semaine d’incidents bizarres, comiques ou franchement inquiétants avec des taxis sans chauffeurs à San Francisco, l’autorité californienne met un frein aux projets d’expansion de la compagnie Cruise.

    Parmi ces incidents au cours des sept derniers jours, il est question d’un groupe de robots-taxis qui ont roulé ensemble vers une plage de la ville durant la nuit du 11 août avant de s’arrêter et de bloquer un carrefour quinze minutes durant.


    Une série d’incidents freine l’expansion des robots-taxis à San Francisco ©2023 Getty Images

    Mardi dernier, un de ces robots-taxis Cruise a aussi ignoré un panneau signalant un chantier et a roulé directement dans du ciment frais, pour s’y engluer.

    Plus inquiétant, un de ces véhicules autonomes s’est engagé dans un carrefour alors que le feu était vert mais qu’un camion de pompiers s’élançait toutes sirènes hurlantes. Le camion de pompier a embouti le robot-taxi et son unique passager a dû être hospitalisé.

    .@Cruise car trying to go down a street while emergency services respond to a fire just now

if you’re in #sf right now, how are you feeling about the new regulation expanding AI taxi services in the bay area ? Vidéo ▻https://twitter.com/zachurey/status/1690173279221448704
    -- Zach Farley (@zachurey) August 12, 2023

    Après cette collision, l’autorité a annoncé ouvrir une enquête et affirmé que l’entreprise Cruise, appartenant à General Motor, allait diminuer de moitié sa flotte à 50 robot-taxis en journée et 150 durant la nuit.

    Dans une déclaration, Cruise a affirmé vouloir collaborer avec cette autorité, mais aussi confirmé souhaiter déployer des milliers de robot-taxis dans la ville californienne.

    Une autre entreprise, Waymo, détenue par Alphabet dont dépend aussi Google, nourrit les mêmes ambitions.

    Cette enquête survient après un vote controversé de la California Public Utilities Commission (CPUC), chargée de superviser les véhicules autonomes, en faveur des requêtes de ces deux entreprises pour proposer des courses payantes dans toute la ville de San Francisco, de jour comme de nuit.

    Jusqu’à présent, elles étaient limitées : Cruise opère un service de robots-taxis payants la nuit et Waymo expérimente avec des volontaires, gratuitement (ou moyennant paiement, mais avec un humain sur le siège du conducteur).

    #daube #echec #fantasme #MDR #Technologisme #véhicules_autonomes #smartphone #réseaux #embouteillages #robots-taxis #Taxi #autonomes_fahren #robotisation #innovation #intelligence_artificielle #robot #algorithme 

    Source : ▻https://www.lalibre.be/international/amerique/2023/08/20/collision-irruption-dans-des-lieux-publics-chutes-une-serie-dincidents-frein

  • SAN FRANCISCO : Un bug sur les robots-taxis, toute la ville paralysée Arnaud Gallay - L’Essentiel

    Vendredi soir, de drôles de bouchons se sont formés spontanément dans plusieurs rues de San Francisco. Les véhicules impliqués étaient des robots-taxis, des véhicules sans chauffeur controversés, dont la métropole californienne, capitale de la tech, est une des pionnières. Ainsi, des passants incrédules ont constaté que les berlines de la société Cruise, reconnaissables à leurs caméras et lidars anti­collision, étaient stoppés au milieu du trafic ou effectuaient des manœuvres aberrantes. « Il y avait un énorme bouchon d’une dizaine de véhicules. Aucun n’avait de chauffeur », a décrit une touriste new-yorkaise à NBC.


    L’entreprise Cruise, filiale de General Motors, a tenté de minimiser l’incident.

    Un porte-parole de Cruise, filiale de General Motors, a expliqué l’incident par un problème de « connexion sans fil » à cause de la foule de spectateurs qui utilisaient leur smartphone dans un festival de musique au Golden Gate Park, à quelques pâtés de maison de là.

    Un couac qui tombe très mal
    Ironie du sort, ce chaos est survenu au lendemain de la décision de l’État de Californie d’autoriser Waymo et Cruise, qui exploitent 500 robots-­taxis depuis une année, à étendre leurs services. Ils peuvent désormais proposer des courses payantes 24 heures sur 24 et plus seulement de nuit. La Ville a pressé l’État de revenir sur sa décision. Pour l’élu municipal Aaron Peskin, ce couac suggère que, si le réseau de téléphonie tombe en panne, les robots-­taxis bloqueront les rues, empêchant police et pompiers d’intervenir. « En cas de séisme, ils seront immobiles comme des briques dans votre rue », a-t-il dit au San Francisco Chronicle. ▻https://www.sfchronicle.com/bayarea/article/san-francisco-s-self-driving-car-wars-intensify-18293922.php

    Les détracteurs de cette nouvelle technologie dénoncent, outre la destruction d’emplois de chauffeur, la dangerosité des véhicules autonomes. Toutefois, aucun accident grave n’a été signalé jusqu’à présent.

    #Technologisme #véhicules_autonomes #smartphone #réseaux #embouteillages #robots-taxis

    Source : ▻https://www.lessentiel.lu/fr/story/un-bug-sur-les-robots-taxis-toute-la-ville-paralysee-135774231868

  • À Vittel, il n’y a plus assez d’eau pour la mettre en bouteilles
    ▻https://reporterre.net/A-Vittel-il-n-y-a-plus-assez-d-eau-pour-la-mettre-en-bouteilles

    Autre piste, pour diminuer les ponctions dans l’aquifère profond : pomper ailleurs. À partir de 2024, la ville de #Vittel se fournira dans une des poches plus en surface, économisant ainsi 300 000 m³ par an dans la nappe GTI. « Tout le monde se redéploie sur ces nappes plus superficielles de façon assez irresponsable, dénonce Bernard Schmitt. On va augmenter sensiblement les prélèvements sur ces gîtes sans avoir fait les études, avec un risque de sursollicitation. » En clair, on déshabille Pierre pour rhabiller Paul.

    Car dans le même temps, la préfecture a de nouveau autorisé Nestlé Waters à prélever — et pour dix ans — 2,6 millions de mètres cubes dans ces nappes superficielles. « En période de sécheresse, on voit déjà des assecs [1] sur les ruisseaux, qui sont censés être alimentés par ces nappes, alors qu’est-ce que ça va donner maintenant ? » s’interroge M. Schmitt.

    Pour le collectif #Eau 88, il n’y a qu’une solution, à terme : « On est favorable à l’arrêt de l’#embouteillage de l’eau par des #minéraliers, #Nestlé ou d’autres », pose M. Schmitt.

  • Près d’#Arles, un #projet_autoroutier menace la dernière #steppe d’Europe
    ▻https://reporterre.net/Pres-d-Arles-un-projet-autoroutier-menace-la-derniere-steppe-d-Europe

    Si l’on a bien en tête l’image d’Arles comme cité antique classée au patrimoine mondial de l’Unesco, on sait moins qu’elle étouffe sous les gaz des véhicules qui la traversent chaque jour via la nationale 113. La 2x2 voies qui relie Saint-Martin-de-Crau à Arles, dans les Bouches-du-Rhône, est l’unique tronçon non autoroutier le long de la Méditerranée française. Et donc s’ajoute à la circulation locale un #trafic_international de #camions reliant l’Italie, l’Espagne et le premier port français de marchandises, celui de Marseille-Fos. En 2010, le trafic avait été évalué par les services de l’État à près de 63.000 véhicules par jour. On serait désormais aux alentours des 80.000 véhicules par jour alors qu’Arles compte un peu plus de 50.000 habitants. « Cela crée une nuisance sonore, des #embouteillages, de la #pollution, et c’est dangereux, poursuit Robert Rocchi. Il y a dix jours un camion citerne a heurté un autre camion à moins de 100 mètres des habitations. Il faut sortir ces véhicules de la ville ! »

    Depuis 25 ans, la solution promise par l’État est –- excusez du jeu de mots –- une arlésienne : un contournement autoroutier annoncé en 1995, 2004, 2010… À chaque fois, le projet a été lancé puis oublié dans les tiroirs de l’administration. Mais il vient de franchir un nouveau pas décisif. La député LREM de la circonscription, Monica Michel, a obtenu son inscription dans le projet de #loi_d’orientation_des_mobilités, qui sera discuté par les sénateurs à partir du 19 mars. Une enquête publique aurait lieu en 2021, les travaux commenceraient en 2023. Les associations de riverains poussent un ouf de soulagement. Mais les écologistes, eux, s’alarment.

    #mobilité #aménagement_du_territoire