• 476, la chute de #Rome : décadence d’un #empire décati ? - Ép. 1/4 - Années charnières, l’histoire au tournant
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-cours-de-lhistoire/annees-charnieres-lhistoire-au-tournant-14-476-la-chute-de-rome-decade

    Trois éléments sont nécessaires pour ouvrir une trappe, le couvercle d’un coffre, et pourquoi pas une porte. Déjà, il faut une pièce fixée sur la partir immobile, le montant de la porte ou la caisse du coffre. Une autre pièce se trouve sur la partie qui bouge, le couvercle du coffre ou la porte elle-même. Entre les deux, une troisième pièce, une broche qui est le point de rotation : nous avons une charnière. C’est de cet assemblage que naît le mouvement, le changement, mais de quoi est constituée une année charnière ?

  • Parution des #Brochures n°26 & 26bis : « Écologie, pandémie & démocratie directe »
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1019-Parution-des-brochures-no26-26bis

    Ce texte fait partie de la brochure n°26 « #Écologie, pandémie & #Démocratie_directe » L’écologie #Politique dans la crise mondiale Elle sera bientôt en vente pour 3 € dans nos librairies. Les achats permettent notre auto-financement et constitue un soutien aux librairies indépendantes (vous pouvez également nous aider à la diffusion). Elle sera également bientôt intégralement téléchargeable dans la rubrique brochures BrochuresL’écologie politique dans la crise mondiale — première partie (...) Brochures

    / #Lieux_Communs, #Médecine, Écologie, Politique, #Prospective, #Pandémie_2019-2020, #Article, #Écologisme, #Avant-gardisme, #Gauchisme, #Primitivisme, #Redéfinition_des_besoins, Démocratie directe, #Énergie, #Émeutes, (...)

    #Empire

  • L’impensé colonial de la #politique_migratoire italienne

    Les sorties du Mouvement Cinq Étoiles, au pouvoir en Italie, contre le #franc_CFA, ont tendu les relations entre Paris et Rome en début d’année. Mais cette polémique, en partie fondée, illustre aussi l’impensé colonial présent dans la politique italienne aujourd’hui – en particulier lors des débats sur l’accueil des migrants.

    Au moment de déchirer un billet de 10 000 francs CFA en direct sur un plateau télé, en janvier dernier (vidéo ci-dessous, à partir de 19 min 16 s), #Alessandro_Di_Battista savait sans doute que son geste franchirait les frontières de l’Italie. Revenu d’un long périple en Amérique latine, ce député, figure du Mouvement Cinq Étoiles (M5S), mettait en scène son retour dans l’arène politique, sur le plateau de l’émission « Quel temps fait-il ? ». Di Battista venait, avec ce geste, de lancer la campagne des européennes de mai.
    https://www.youtube.com/watch?v=X14lSpRSMMM&feature=emb_logo


    « La France, qui imprime, près de Lyon, cette monnaie encore utilisée dans 14 pays africains, […] malmène la souveraineté de ces pays et empêche leur légitime indépendance », lance-t-il. Di Battista cherchait à disputer l’espace politique occupé par Matteo Salvini, chef de la Ligue, en matière de fermeté migratoire : « Tant qu’on n’aura pas déchiré ce billet, qui est une menotte pour les peuples africains, on aura beau parler de ports ouverts ou fermés, les gens continueront à fuir et à mourir en mer. »

    Ce discours n’était pas totalement neuf au sein du M5S. Luigi Di Maio, alors ministre du travail, aujourd’hui ministre des affaires étrangères, avait développé à peu près le même argumentaire sur l’immigration, lors d’un meeting dans les Abruzzes, à l’est de Rome : « Il faut parler des causes. Si des gens partent de l’Afrique aujourd’hui, c’est parce que certains pays européens, la #France en tête, n’ont jamais cessé de coloniser l’Afrique. L’UE devrait sanctionner ces pays, comme la France, qui appauvrissent les États africains et poussent les populations au départ. La place des Africains est en Afrique, pas au fond de la Méditerranée. »

    À l’époque, cette rhétorique permettait au M5S de creuser sa différence avec la Ligue sur le dossier, alors que Matteo Salvini fermait les ports italiens aux bateaux de migrants. Mais cette stratégie a fait long feu, pour des raisons diplomatiques. Celle qui était alors ministre des affaires européennes à Paris, Nathalie Loiseau, a convoqué l’ambassadrice italienne en France pour dénoncer des « déclarations inacceptables et inutiles ». L’ambassadeur français à Rome a quant à lui été rappelé à Paris, une semaine plus tard – en réaction à une rencontre de dirigeants du M5S avec des « gilets jaunes » français.

    En Italie, cet épisode a laissé des traces, à l’instar d’un post publié sur Facebook, le 5 juillet dernier, par le sous-secrétaire aux affaires étrangères M5S Manlio Di Stefano. À l’issue d’une rencontre entre Giuseppe Conte, premier ministre italien, et Vladimir Poutine, il écrit : « L’Italie est capable et doit être le protagoniste d’une nouvelle ère de #multilatéralisme, sincère et concret. Nous le pouvons, car nous n’avons pas de #squelettes_dans_le_placard. Nous n’avons pas de #tradition_coloniale. Nous n’avons largué de bombes sur personne. Nous n’avons mis la corde au cou d’aucune économie. »

    Ces affirmations sont fausses. Non seulement l’Italie a mené plusieurs #guerres_coloniales, jusqu’à employer des #armes_chimiques – en #Éthiopie de 1935 à 1936, dans des circonstances longtemps restées secrètes –, mais elle a aussi été l’un des premiers pays à recourir aux bombardements, dans une guerre coloniale – la guerre italo-turque de 1911, menée en Libye. Dans la première moitié du XXe siècle, l’Italie fut à la tête d’un empire colonial qui englobait des territoires comme la Somalie, la Libye, certaines portions du Kenya ou encore l’Éthiopie.

    Cette sortie erronée du sous-secrétaire d’État italien a au moins un mérite : elle illustre à merveille l’impensé colonial présent dans la politique italienne contemporaine. C’est notamment ce qu’affirment plusieurs intellectuels engagés, à l’instar de l’écrivaine et universitaire romaine de 45 ans #Igiaba_Scego. Issue d’une famille somalienne, elle a placé la #question_coloniale au cœur de son activité littéraire (et notamment de son roman Adua). Dans une tribune publiée par Le Monde le 3 février, elle critique sans ménagement l’#hypocrisie de ceux qui parlent du « #colonialisme_des_autres ».

    À ses yeux, la polémique sur le franc CFA a soulevé la question de l’effacement de l’histoire coloniale en cours en Italie : « Au début, j’étais frappée par le fait de voir que personne n’avait la #mémoire du colonialisme. À l’#école, on n’en parlait pas. C’est ma génération tout entière, et pas seulement les Afro-descendants, qui a commencé à poser des questions », avance-t-elle à Mediapart.

    Elle explique ce phénomène par la manière dont s’est opéré le retour à la démocratie, après la Seconde Guerre mondiale : #fascisme et entreprise coloniale ont été associés, pour mieux être passés sous #silence par la suite. Sauf que tout refoulé finit par remonter à la surface, en particulier quand l’actualité le rappelle : « Aujourd’hui, le corps du migrant a remplacé le corps du sujet colonial dans les #imaginaires. » « Les migrations contemporaines rappellent l’urgence de connaître la période coloniale », estime Scego.

    Alors que le monde politique traditionnel italien évite ce sujet délicat, la question est sur la table depuis une dizaine d’années, du côté de la gauche radicale. Le mérite revient surtout à un groupe d’écrivains qui s’est formé au début des années 2000 sous le nom collectif de Wu Ming (qui signifie tout à la fois « cinq noms » et « sans nom » en mandarin).

    Sous un autre nom, emprunté à un footballeur anglais des années 1980, Luther Blissett, ils avaient déjà publié collectivement un texte, L’Œil de Carafa (Seuil, 2001). Ils animent aujourd’hui le blog d’actualité politico-culturelle Giap. « On parle tous les jours des migrants africains sans que personne se souvienne du rapport historique de l’Italie à des pays comme l’Érythrée, la Somalie, l’Éthiopie ou la Libye », avance Giovanni Cattabriga, 45 ans, alias Wu Ming 2, qui est notamment le co-auteur en 2013 de Timira, roman métisse, une tentative de « créoliser la résistance italienne » à Mussolini.

    Dans le sillage des travaux du grand historien critique du colonialisme italien Angelo Del Boca, les Wu Ming ont ouvert un chantier de contre-narration historique qui cible le racisme inhérent à la culture italienne (dont certains textes sont traduits en français aux éditions Métailié). Leur angle d’attaque : le mythe d’une Italie au visage bienveillant, avec une histoire coloniale qui ne serait que marginale. Tout au contraire, rappelle Cattabriga, « les fondements du colonialisme italien ont été posés très rapidement après l’unification du pays, en 1869, soit huit ans à peine après la création du premier royaume d’Italie, et avant l’annexion de Rome en 1870 ».

    La construction nationale et l’entreprise coloniale se sont développées en parallèle. « Une partie de l’identité italienne s’est définie à travers l’entreprise coloniale, dans le miroir de la propagande et du racisme que celle-ci véhiculait », insiste Cattabriga. Bref, si l’on se souvient de la formule du patriote Massimo D’Azeglio, ancien premier ministre du royaume de Sardaigne et acteur majeur de l’unification italienne qui avait déclaré en 1861 que « l’Italie est faite, il faut faire les Italiens », on pourrait ajouter que les Italiens ont aussi été « faits » grâce au colonialisme, malgré les non-dits de l’histoire officielle.
    « La gauche nous a abandonnés »

    Au terme de refoulé, Cattabriga préfère celui d’oubli : « D’un point de vue psychanalytique, le refoulé se base sur une honte, un sentiment de culpabilité non résolu. Il n’y a aucune trace de ce sentiment dans l’histoire politique italienne. » À en croire cet historien, l’oubli colonial italien deviendrait la pièce fondamentale d’une architecture victimaire qui sert à justifier une politique de clôture face aux étrangers.

    « Jouer les victimes, cela fait partie de la construction nationale. Notre hymne dit : “Noi fummo da sempre calpesti e derisi, perché siam divisi” [“Nous avons toujours été piétinés et bafoués, puisque nous sommes divisés” – ndlr]. Aujourd’hui, le discours dominant présente les Italiens comme des victimes des migrations pour lesquelles ils n’ont aucune responsabilité. Cette victimisation ne pourrait fonctionner si les souvenirs de la violence du colonialisme restaient vifs. »

    Un mécanisme identique serait à l’œuvre dans la polémique sur le franc CFA : « On stigmatise la politique néocoloniale française en soulignant son caractère militaire, à quoi on oppose un prétendu “style italien” basé sur la coopération et l’aide à l’Afrique. Mais on se garde bien de dire que l’Italie détient des intérêts néocoloniaux concurrents de ceux des Français », insiste Cattabriga.

    L’historien Michele Colucci, auteur d’une récente Histoire de l’immigration étrangère en Italie, est sur la même ligne. Pour lui, « l’idée selon laquelle l’Italie serait un pays d’immigration récente est pratique, parce qu’elle évite de reconnaître la réalité des migrations, un phénomène de longue date en Italie ». Prenons le cas des Érythréens qui fuient aujourd’hui un régime autoritaire. Selon les chiffres des Nations unies et du ministère italien de l’intérieur, ils représentaient environ 14 % des 23 000 débarqués en Italie en 2018, soit 3 300 personnes. Ils ne formaient l’année précédente que 6 % des 119 000 arrivés. De 2015 à 2016, ils constituaient la deuxième nationalité, derrière le Nigeria, où l’ENI, le géant italien du gaz et du pétrole, opère depuis 1962.

    « Les migrations de Somalie, d’Éthiopie et d’Érythrée vers l’Italie ont commencé pendant la Seconde Guerre mondiale. Elles se sont intensifiées au moment de la décolonisation des années 1950 [la Somalie est placée sous tutelle italienne par l’ONU de 1950 à 1960, après la fin de l’occupation britannique – ndlr]. Cela suffit à faire de l’Italie une nation postcoloniale. » Même si elle refuse de le reconnaître.

    Les stéréotypes coloniaux ont la peau dure. Selon Giovanni Cattabriga, alias Wu Ming 2, « [ses collègues et lui ont] contribué à sensibiliser une partie de la gauche antiraciste, mais [il n’a] pas l’impression que, globalement, [ils soient] parvenus à freiner les manifestations de racisme » : « Je dirais tout au plus que nous avons donné aux antiracistes un outil d’analyse. »

    Igiaba Scego identifie un obstacle plus profond. « Le problème, affirme-t-elle, est qu’en Italie, les Afro-descendants ne font pas partie du milieu intellectuel. Nous sommes toujours considérés un phénomène bizarre : l’école, l’université, les rédactions des journaux sont des lieux totalement “blancs”. Sans parler de la classe politique, avec ses visages si pâles qu’ils semblent peints. »

    Ce constat sur la « blanchitude » des lieux de pouvoir italiens est une rengaine dans les milieux militants et antiracistes. L’activiste Filippo Miraglia, trait d’union entre les mondes politique et associatif, en est convaincu : « Malgré les plus de cinq millions de résidents étrangers présents depuis désormais 30 ans, nous souffrons de l’absence d’un rôle de premier plan de personnes d’origine étrangère dans la politique italienne, dans la revendication de droits. À mon avis, c’est l’une des raisons des défaites des vingt dernières années. »

    Miraglia, qui fut président du réseau ARCI (l’association de promotion sociale de la gauche antifasciste fondée en 1957, une des plus influentes dans les pays) entre 2014 et 2017 (il en est actuellement le chef du département immigration) et s’était présenté aux législatives de 2018 sur les listes de Libres et égaux (à gauche du Parti démocrate), accepte une part d’autocritique : « Dans les années 1990, les syndicats et les associations ont misé sur des cadres d’origine étrangère. Mais ce n’était que de la cooptation de personnes, sans véritable ancrage sur le terrain. Ces gens sont vite tombés dans l’oubli. Certains d’entre eux ont même connu le chômage, renforçant la frustration des communautés d’origine. »

    L’impasse des organisations antiracistes n’est pas sans rapport avec la crise plus globale des gauches dans le pays. C’est pourquoi, face à cette réalité, les solutions les plus intéressantes s’inventent sans doute en dehors des organisations traditionnelles. C’est le cas du mouvement des Italiens de deuxième génération, ou « G2 », qui réunit les enfants d’immigrés, la plupart nés en Italie, mais pour qui l’accès à la citoyenneté italienne reste compliqué.

    De 2005 à 2017, ces jeunes ont porté un mouvement social. Celui-ci exigeait une réforme de la loi sur la nationalité italienne qui aurait permis d’accorder ce statut à environ 800 000 enfants dans le pays. La loi visait à introduire un droit du sol, sous certaines conditions (entre autres, la présence d’un des parents sur le territoire depuis cinq ans ou encore l’obligation d’avoir accompli un cycle scolaire complet en Italie).

    Ce mouvement était parvenu à imposer le débat à la Chambre basse en 2017, sous le gouvernement de Matteo Renzi, mais il perdit le soutien du même Parti démocrate au Sénat. « La gauche a commis une grave erreur en rejetant cette loi, estime Igiaba Scego, qui s’était investie dans la campagne. Cette réforme était encore insuffisante, mais on se disait que c’était mieux que rien. La gauche nous a abandonnés, y compris celle qui n’est pas représentée au Parlement. Nous étions seuls à manifester : des immigrés et des enfants d’immigrés. Il y avait de rares associations, quelques intellectuels et un grand vide politique. À mon avis, c’est là que l’essor de Matteo Salvini [le chef de la Ligue, extrême droite – ndlr] a commencé. »

    Certains, tout de même, veulent rester optimistes, à l’instar de l’historien Michele Colucci qui signale dans son ouvrage le rôle croissant joué par les étrangers dans les luttes du travail, notamment dans les secteurs de l’agriculture : « Si la réforme de la nationalité a fait l’objet de discussions au sein du Parlement italien, c’est uniquement grâce à l’organisation d’un groupe de personnes de deuxième génération d’immigrés. Ce mouvement a évolué de manière indépendante des partis politiques et a fait émerger un nouvel agenda. C’est une leçon importante à retenir. »

    https://www.mediapart.fr/journal/international/241219/l-impense-colonial-de-la-politique-migratoire-italienne?onglet=full
    #colonialisme #Italie #impensé_colonial #colonisation #histoire #migrations #causes_profondes #push-factors #facteurs_push #Ethiopie #bombardements #guerre_coloniale #Libye #histoire #histoire_coloniale #empire_colonial #Somalie #Kenya #Wu_Ming #Luther_Blissett #littérature #Luther_Blissett #contre-récit #contre-narration #nationalisme #construction_nationale #identité #identité_italienne #racisme #oubli #refoulement #propagande #culpabilité #honte #oubli_colonial #victimes #victimisation #violence #néocolonialisme #stéréotypes_coloniaux #blanchitude #invisibilisation #G2 #naturalisation #nationalité #droit_du_sol #gauche #loi_sur_la_nationalité #livre

    –—
    Mouvement #seconde_generazioni (G2) :

    La Rete G2 - Seconde Generazioni nasce nel 2005. E’ un’organizzazione nazionale apartitica fondata da figli di immigrati e rifugiati nati e/o cresciuti in Italia. Chi fa parte della Rete G2 si autodefinisce come “figlio di immigrato” e non come “immigrato”: i nati in Italia non hanno compiuto alcuna migrazione; chi è nato all’estero, ma cresciuto in Italia, non è emigrato volontariamente, ma è stato portato qui da genitori o altri parenti. Oggi Rete G2 è un network di “cittadini del mondo”, originari di Asia, Africa, Europa e America Latina, che lavorano insieme su due punti fondamentali: i diritti negati alle seconde generazioni senza cittadinanza italiana e l’identità come incontro di più culture.

    https://www.secondegenerazioni.it

    ping @wizo @albertocampiphoto @karine4 @cede

  • Premières remarques sur la crise ouverte par la pandémie IV
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1011-Premieres-remarques-sur-la-crise

    Voir la partie précédente : Les mesures oligarchiques (…/…) 4 – La réorganisation économique et #Géopolitique La troisième et dernière strate d’analyse englobe la situation économique mondiale et géopolitique. Naturellement, elle dépend fortement des précédentes, c’est-à-dire non seulement des diverses réactions oligarchiques et de l’échelle de leurs éventuelles coordinations mais surtout de l’attitude des populations face aux bouleversements en cours, qui restent, qu’elles le sachent ou non, le facteur (...) #Comptes-rendus_d'interventions

    / #Lieux_Communs, Géopolitique, #Économie, #Pandémie_2019-2020, #Libéralisme, #Keynésianisme, #Article, #Empire, (...)

    #Guerre

  • Premières remarques sur la crise ouverte par la pandémie III
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1010-Premieres-remarques-sur-la-crise

    Voir la partie précédente : La question de la réaction sociale (…/…) 3 – Les mesures oligarchiques La deuxième strate d’analyse est bien entendu celle qui concerne les milieux oligarchiques, dont l’État. Ils sont un agrégat d’intérêts communs regroupant les sommets des pyramides médiatiques, économiques, politiques, policières, judiciaires, diplomatiques, dans une moindre mesure scientifiques et militaires, soit un ensemble hétérogène traversée de fractures. Il ne s’agit donc plus d’une « classe (...) #Analyses

    / #Lieux_Communs, #Politique, #Prospective, #Pandémie_2019-2020, #Écologisme, #Article, #Empire, #Oligarchie, #Démocratie_directe, (...)

    #Totalitarisme

  • Premières remarques sur la crise ouverte par la pandémie
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1008-Premieres-remarques-sur-la-crise

    La pandémie actuelle du Covid-19 ouvre une crise totale, au sens où elle bouscule la totalité de l’organisation de nos sociétés, de ses aspects les plus intimes jusqu’à l’ordre #Géopolitique mondial. Il faudrait parvenir, ambition impossible, à en saisir toutes les facettes, comprendre ce qui se joue, formuler les grandes orientations envisageables et, éventuellement, le rôle que nous pouvons y jouer. Ces quelques remarques, et celles qui suivront peu à peu, ne cherchent pas à établir des vérités (...) #Analyses

    / #Lieux_Communs, #Médecine, #Prospective, Géopolitique, #Pandémie_2019-2020, #Progressisme, #Technoscience, #Article, #Empire, (...)

    #Libéralisme

  • Impérialisme et #armes à feu
    http://www.laviedesidees.fr/Priya-Satia-Empire-Guns-Violent-Making-Industrial-Revolution.html

    À propos de : Priya Satia, #empire of Guns : The Violent Making of the Industrial Revolution, New York, Penguin Press. Après avoir analysé le projet impérial de surveillance mis au point par l’espionnage anglais, l’historienne Priya Satia revient sur les liens entre impérialisme, représentations sociales et #violence en #Grande-Bretagne aux XVIIe et XIXe siècles, à travers une étude consacrée aux armes à feu.

    #Histoire #guerre
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200318_armes_.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200318_armes_.pdf

  • Mirages de la carte

    Lorsque les troupes françaises débarquèrent à Alger en 1830, le territoire qui s’étendait devant eux leur était à peu près inconnu. Quelques récits de voyageurs, les traités des géographes antiques : le bagage était mince. La #conquête allait commencer, mais aucun Français ne savait ce qu’était l’Algérie. Quelles étaient ses limites, à l’est et à l’ouest, en direction de la Tunisie et du Maroc ? Fallait-il se contenter d’occuper une bande de terre côtière ou pénétrer en direction du mystérieux Sahara ? Comment établir des frontières, dans les confins traversés par des populations nomades ? Et, dans l’immédiat, sur quelles cartes s’appuyer pour assurer le contrôle du territoire, identifier les populations locales et nommer les régions occupées ?
    Mirages de la carte renouvelle en profondeur l’histoire de la conquête de l’Algérie, en suivant au plus près les travaux des géographes et des cartographes chargés d’arpenter ce territoire et d’en tracer les contours dans le sillage de l’#armée. Hélène Blais montre que la #géographie_coloniale sert à prendre #possession d’un territoire, aussi bien militairement que symboliquement, mais qu’elle ne se réduit pas à imposer une #domination. En nous conviant à l’#invention de l’#Algérie_coloniale, à la croisée des pratiques savantes et des ambitions impériales, ce livre original et novateur démontre brillamment comment l’#histoire_des_savoirs peut renouveler celle des #empires_coloniaux.


    https://www.fayard.fr/histoire/mirages-de-la-carte-9782213677620

    #livre #histoire #cartographie #France #Algérie #colonisation

    ping @reka @albertocampiphoto @karine4

    • Voyages au Grand Océan. Géographies du #Pacifique et colonisation, 1815-1845

      Pour avoir été dédiés à la #découverte et à la #science, les #grands_voyages de découverte autour du monde du XVIIIe siècle ont acquis un immense prestige. Au lendemain des guerres napoléoniennes, la #Marine_française tente de renouer avec cette tradition. De grands marins comme #Freycinet, #Dumont_d'Urville ou #Dupetit-Thouars partent alors sur les traces de Bougainville et de Lapérouse. Le monde a cependant changé. De 1815 à 1845, les ambitions coloniales renaissent. L’#océan_Pacifique, qui reste un réservoir de mythes et de rêves pour les Européens, devient simultanément un terrain de #convoitise. Il faut répondre à la fois aux normes modernes de précision et aux impératifs géostratégiques qui se modèlent dans cette partie du monde. En 1842, la mainmise française sur les archipels des #Marquises et de #Tahiti donne aux reconnaissances géographiques une orientation coloniale soudain explicite.
      C’est l’histoire encore méconnue de ces #voyages_océaniens, où les visées impérialistes se mêlent aux objectifs scientifiques, qui est ici racontée. Quels étaient les objectifs politiques et les visées scientifiques de ces #explorations ? Que faisaient au juste les voyageurs sur le terrain ? Quel nouveaux savoirs géographiques ont-ils élaboré ? Quel usage a-t-on fait des informations rapportées ?
      Hélène Blais montre comment la curiosité géographique et les ambitions coloniales s’articulent de façon inattendue et parfois ambiguë. Les marins comblent les blancs de la carte, donnant ainsi naissance à des géographies du Pacifique qui se distinguent pas leurs usages et leur réception. Mais au-delà, ces voyages au Grand Océan font apparaître, à travers le choix des échelles et les découpages internes, les différents facteurs qui président à l’invention d’un territoire dans un contexte d’#expansion_coloniale.


      http://cths.fr/ed/edition.php?id=601
      #océans #mers #mer #océan

  • L’eccidio di Debra Libanòs

    Wikiradio del 20/05/2016 - Rai Radio 3 - RaiPlay Radio
    https://www.raiplayradio.it/audio/2016/05/Leccidio-di-Debra-Libanos---Wikiradio-del-20052016-b1037d40-78c1-4849-9

    Il 20 maggio #1937, nel santuario di #DebraLibanòs, in Etiopia, 297 monaci e 23 laici vengono fucilati per ordine del generale #RodolfoGraziani con Paolo Soldini

    Repertorio

    – testimonianza di Adamu Asegahgn, guerrigliero etiope, da La storia siamo noi. La guerra d’Etiopia:L’Impero di argilla del 5/5/2009 -Archivi Rai

    –frammento dal resoconto di un medico ungherese sulle stragi compiute dagli italiani in Etiopia, tratta dal documentario della #BBC #FascistLegacy, 1989

    https://en.wikipedia.org/wiki/Fascist_Legacy

    https://www.youtube.com/watch?v=oZB48EWuvts

    #Mussolini legge il telegramma di #Badoglio in cui annuncia l’ingresso ad #AddisAbeba

    – testimonianza di Tesfaye Tasew del monastero di Debra Libanos -da La storia siamo noi. La guerra d’Etiopia:L’Impero di argilla del 5/5/2009 -Archivi Rai

    – testimonianza di Belay Berhanmeskel del monastero di Debra Libanos - da La storia siamo noi. La guerra d’Etiopia:L’Impero di argilla del 5/5/2009 -Archivi Rai

    – cronaca dell’arrivo ad Addis Abeba dei ministri Alessandro Lessona ((delle colonie) e Giuseppe Cobolli Gigli (dei lavori pubblici), dal Giornale Luce del 28/10/36

    – Cronaca dell’accoglienza trionfale tributata al generale Rodolfo Graziani a Subiaco, dal Giornale Luce del 16/3/38

    Brano musicale

    Tezeta, Gétatchèw Mèkurya

    #podcast #wikiradio #RaiRadio3 #italie #colonialisme #colonialismeitalian #EmpireColonialItalien #génocide #Éthiopie #UK #Uolchefit #fascisme #gaz #représailles #

  • Hailé Selassié
    Wikiradio del 2/11/2017 - Rai Radio 3
    https://www.raiplayradio.it/audio/2017/10/Hail-Selassi----Wikiradio-del-2112017-8f0e6973-80a7-44b9-9fa7-4923dac0b

    Il 2 novembre 1930 Tafari Maconnen diventa imperatore col nome di Hailé Selassié Primo con Alessandro Triulzi.

    Repertorio

    – vari frammenti da un’intervista di Mario Soldati dal programma A carte scoperte con #HailéSelassié, trasmessa il 18/6/1974 - Archivi Rai

    – intervista di Gianno Bisiach ad Hailé #Selassié da RT - Rotocalco televisivo , realizzata il 28 maggio 1963 nel parco della residenza di Hailé Selassié - Archivi Rai

    – Breve frammento dell’appello in amarico che Hailé Selassié fece a Ginevra il 30 giugno 1936

    Io, Haila Sellase I, Imperatore d’Etiopia sono qui oggi per reclamare quella giustizia che è dovuta al mio popolo e quell’assistenza ad esso promessa otto mesi or sono da cinquantadue nazioni, quando queste affermarono che un atto di aggressione era stato compiuto in violazione dei trattati internazionali. [.] Mai, sinora, vi era stato l’esempio di un governo che procedesse allo sterminio di un popolo usando mezzi barbari, violando le più solenni promesse fatte a tutti i popoli della terra, che non si debba usare contro esseri umani la terribile arma dei gas venefici. È per difendere un popolo che lotta per la sua secolare indipendenza che il capo dell’Impero etiopico è venuto a Ginevra per adempiere a questo supremo dovere, dopo avere egli stesso combattuto alla testa dei suoi eserciti.

    Brani musicali

    – I Love King Selassié, Black Uhuru

    – War, Bob Marley

    #podcast #wikiradio #RaiRadio3 #rasta #secondeGuerreItalo-éthiopienne #italie #1941 #colonialisme #colonialismeitalian #EmpireColonialItalien #WWII #Éthiopie #fascisme #negus

  • La battaglia di Gondar
    raccontata da Gianluca Podestà WIKIRADIO del 27/11/2013
    https://www.spreaker.com/user/radiorai/wikiradio-del-27-11-2013-la-battaglia-di

    La battaglia di Gondar raccontata da Gianluca Podestà.
    Il 27 novembre 1941 con la resa di Gondar l’Italia abbandona l’Africa Orientale con Gianluca Podestà

    Repertorio:

    – Materiale storico dall’Archivio Istituto Luce: #Gondar:"Una visione di luoghi ove le nostre truppe combattono eroicamente" Giornale Luce dell’11 settembre 1941; Gondar antica capitale etiopica -Giornale Luce del 12 febbraio 1936; Gondar Imperiale 1939; Con la colonna Starace a Gondar e al lago Tana - 1936;

    – Testimonianze tratte da Mille Papaveri rossi - Italia in guerra - RAISTORIA;

    Brano musicale:

    The story of the wind - Tseguè Mariam Guebrou

    #podcast #wikiradio #RaiRadio3 #italie #1941 #colonialisme #colonialismeitalian #EmpireColonialItalien #WWII #Éthiopie #UK #Uolchefit #fascisme

  • Britain’s poisoned legacy in Palestine | The Electronic Intifada
    https://electronicintifada.net/content/britains-poisoned-legacy-palestine/29281

    The narrative of Legacy of Empire revolves around two central questions.

    First, why was Palestine relevant to the British Empire in 1917? And second, why did British colonialism remain faithful to Zionism, even in the wake of concerted Arab resistance such as the major revolt of the 1930s?

    Thompson answers the first question by writing that the declaration was a “wartime exigency” and “a tale of coincidences and contingency.” Under H. H. Asquith, British prime minister from 1908-1916, Palestine was not “a strategic priority.”

    The author questions historical accounts that say Britain collaborated with Zionism under Asquith. What made Palestine relevant, he argues, was the ascension of David Lloyd George to the premiership in December 1916, along with military setbacks that risked Britain losing the world war.

    Thompson’s case for contingency and coincidence rests with Lloyd George, a Christian Zionist who was charmed by Chaim Weizmann, one of the leading figures in the Zionist movement.

    Weizmann convinced Lloyd George that “the Jews in both Russia and the US were crucial to their respective countries remaining in the war.” The promise of a Jewish homeland would result in Jews pressuring Tsarist Russia to remain in the war and ensure that the US would become fully involved in it.

    In short, Weizmann sold Lloyd George on what was essentially an anti-Semitic trope of the power of “international Jewry.”

  • Décolonisations (1/3) - L’apprentissage | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/086124-001-A/decolonisations-1-3

    1. L’apprentissage
    De la #révolte des #cipayes de 1857 à l’étonnante République du #Rif, mise sur pied de 1921 à 1926 par #Abdelkrim_el-Khattabi avant d’être écrasée par la #France, ce premier épisode montre que la #résistance, autrement dit la #décolonisation, a débuté avec la #conquête. Il rappelle comment, en 1885, les puissances européennes se partagent l’#Afrique à #Berlin, comment les Allemands commettent le premier #génocide du XXe siècle en #Namibie, rivalisant avec les horreurs accomplies sous la houlette du roi belge #Léopold_II au #Congo. Il retrace aussi les parcours de l’anthropologue haïtien #Anténor_Firmin, de la Kényane #Mary_Nyanjiru, de la missionnaire anglaise #Alice_Seeley_Harris ou de #Lamine_Senghor, jeune tirailleur sénégalais devenu #militant #communiste et #anticolonialiste.

  • Les gilets jaunes face à l’empire (2/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1000-Les-gilets-jaunes-face-a-l-empire

    Voir la première partie

    (.../...)

    Deuxième point la question identitaire, au sens large. Immédiatement les gilets jaunes ont brandi des symboles nationaux – le drapeau, la Marseillaise, le bonnet phrygien – et tenus les propos les accompagnant. Il s’agissait moins d’un nationalisme idéologisé qu’un appel à revenir aux fondements républicains, qu’une réaction en face de l’effacement du cadre national, celui-ci étant vu comme un cadre collectif, issu d’une histoire commune, incarnant une identité partagée, lieu d’exercice de la souveraineté populaire et espace de déploiement d’un projet de société admis et revendiqué auquel sont conviés les nouveaux arrivants, enfants ou immigrés. On peut, ici aussi, être d’accord ou pas, mais inutile de préciser que c’est, là encore, contre toute la mécanique impériale, qui repose sur l’envers exact de tous ces points. (...)

    #Assemblée, #Conférence, #Empire, #Gauchisme, #Gilets jaunes_(2018-2019), #Libéralisme, #Lieux_Communs, #Multiculturalisme, #Politique, #Récupération

  • Les gilets jaunes face à l’empire (1/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?999-Les-gilets-jaunes-face-a-l-empire

    Les idées exposées ici avaient été évoquées dans les conclusions des deux textes « L’horizon impérial » (mars 2018) et « Gilets jaunes et démocratie directe » (décembre 2018) auxquels on se référera. Elles ont également été présentées dans l’émission « Offensive Sonore : Gilets jaunes III » (février 2018) sur Radio Libertaire puis résumées lors de la [soirée-débat du 18 novembre 2019 à la librairie parisienne « La lucarne des écrivains ». On se reportera d’une manière générale à nos deux brochures « Le mouvement des Gilets Jaunes », décembre 2018 – juin 2019. (...)

    #Assemblée, #Conférence, #Empire, #Gauchisme, #Gilets jaunes (2018-2019), #Libéralisme, #Lieux Communs, #Multiculturalisme, #Politique, #Récupération

  • L’Afrique à l’arrivée des premiers explorateurs européens

    https://www.nofi.media/2016/10/lafrique-3/31224

    Lorsque les premiers explorateurs européens arrivèrent sur le
    continent africain, contrairement à ce que beaucoup aiment à
    croire, ils ne rencontrèrent pas des sauvages à demi-nus se
    balançant de branches en branches avec des os dans le nez,
    mais bel et bien des hommes et des femmes civilisés.
    Par exemple, l’ethnologue et archéologue allemand Leo
    Frobenius (1873-1938) qui entreprit près d’une douzaine
    d’expéditions en Afrique sub-saharienne entre 1904 et 1935,
    témoigne dans une une brève description, de ce que à quoi la
    « Terre-Mère » ressemblait à l’arrivée des premiers Européens

    #afrique #colonisation #exploration

  • Doit-on et peut-on défendre les oligarchies libérales ?
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?990-Doit-on-et-peut-on-defendre-les

    Texte paru dans « #Guerre et théorie de la guerre. Écrits politiques 1945-1997, VI », Éditions du Sandre, 2016, pp. 485-501. Ce document est plutôt une ébauche de texte du début des années 80, sans doute non relue par l’auteur, censée faire partie du second tome de « Devant la guerre », jamais paru. Les réserves d’usages quant à son contenu sont donc requise, selon l’expression consacrée. Voir la précision des éditeurs (également auteurs des notes) . Après de telles précautions, on est en droit de se (...) #Crises_économique,_sociale,_politique

    / Castoriadis C., #Politique, #Histoire, #Relativisme, Anéantissement / Génocide, #Article, #Totalitarisme, Guerre, #Oligarchie, (...)

    #Castoriadis_C. #Anéantissement_/_Génocide #Empire

  • Empire of Borders
    The Expansion of the US Border around the World
    by Todd Miller
    https://www.versobooks.com/books/2908-emp

    The twenty-first century has witnessed the rapid hardening of international borders. Security, surveillance, and militarization are widening the chasm between those who travel where they please and those whose movements are restricted. But that is only part of the story. As journalist Todd Miller reveals in Empire of Borders, the nature of US borders has changed. These boundaries have effectively expanded thousands of miles outside of US territory to encircle not simply American land but Washington’s interests. Resources, training, and agents from the United States infiltrate the Caribbean and Central America; they reach across the Canadian border; and they go even farther afield, enforcing the division between Global South and North.

    The highly publicized focus on a wall between the United States and Mexico misses the bigger picture of strengthening border enforcement around the world.

    Empire of Borders is a tremendous work of narrative investigative journalism that traces the rise of this border regime. It delves into the practices of “extreme vetting,” which raise the possibility of “ideological” tests and cyber-policing for migrants and visitors, a level of scrutiny that threatens fundamental freedoms and allows, once again, for America’s security concerns to infringe upon the sovereign rights of other nations.

    In Syria, Guatemala, Kenya, Palestine, Mexico, the Philippines, and elsewhere, Miller finds that borders aren’t making the world safe—they are the frontline in a global war against the poor.

    #frontières #états-unis #empire #bibliographie

  • Le vent se lève contre les #GAFA

    Nous assistons peut-être au début de la fin d’une toute-puissance. Ou, du moins, à un certain contrôle des pratiques et de l’emprise globale des géants du #Web. Avec l’avènement d’#internet et la digitalisation accélérée de nos vies et de l’économie, les monstres du secteur que sont #Google, #Apple, #Facebook et #Amazon – les GAFA – ont développé d’immenses #empires en surfant sur le manque de #régulation d’un business totalement nouveau et a priori sans frontières. Au point de rendre une partie de l’humanité captive de leurs services et de leurs politiques commerciales.

    Mais, après des années de laisser-faire au nom de la libre entreprise, les Etats veulent enfin sonner la fin de la récréation. Les chantiers ne manquent pas, tant les GAFA ont su contourner les lois pour étendre leurs tentacules.

    D’abord, la collecte massive de données qu’ils effectuent à des fins publicitaires, voire politiques. Ensuite, leur « optimisation fiscale » poussée au paroxysme. Les géants du net payent, en moyenne, deux fois moins d’impôts que les entreprises traditionnelles, grâce à des délocalisations de bénéfices déclarés dans des pays aux taux minimes. Enfin, les monstres du digital se sont illustrés par leur agressivité visant à s’assurer de quasi-monopoles. Ceci en rachetant presque toutes les jeunes sociétés qui pourraient leur faire de la concurrence.

    C’est ce dernier point qui fait l’actualité aux Etats-Unis. Une cinquantaine de procureurs d’Etat se sont réunis lundi à Washington devant la Cour suprême. Ils ont annoncé l’ouverture d’une enquête antitrust contre Google, qui accapare 92% des recherches en ligne, et les détournerait à son bénéfice.

    Cet été, la France a pour sa part lancé une nouvelle taxe sur les activités des géants d’internet, qui devrait être suivie par la création d’une imposition mondiale du numérique, négociée au sein de l’OCDE. De son côté, Facebook a été condamné en juillet à une amende de 5 milliards de dollars par les autorités étasuniennes pour ne pas avoir protégé les données de ses utilisateurs. Quant au maintien annoncé mardi de la Danoise Margrethe Vestager, célèbre pour avoir amendé les GAFA, à la tête de la Concurrence à la Commission européenne, il semble confirmer un mouvement de fond.

    Il était temps que les Etats sonnent la rébellion. Et il ne faut pas qu’ils en restent là. Car l’idéal d’un internet « libre » est bien mort depuis longtemps, étouffé par le rouleau compresseur de l’ultralibéralisme à outrance incarné par les GAFA.

    https://lecourrier.ch/2019/09/10/le-vent-se-leve-contre-les-gafa
    #résistance

  • How to Think About #Empire

    Boston Review speaks with #Arundhati_Roy on censorship, storytelling, and her problem with the term ‘postcolonialism.’

    In her second novel, The Ministry of Utmost Happiness (2017), Arundhati Roy asks, “What is the acceptable amount of blood for good literature?” This relationship between the imagination and the stuff of real life—violence, injustice, power—is central to Roy’s writing, dating back to her Booker Prize–winning debut novel The God of Small Things (1997). For the twenty years between the release of her first and second novels, the Indian writer has dismayed many—those who preferred that she stick to storytelling and those who were comfortable with the turn of global politics around 9/11—by voicing her political dissent loudly and publicly.

    Her critical essays, many published in major Indian newspapers, take on nuclear weapons, big dams, corporate globalization, India’s caste system, the rise of Hindu nationalism, the many faces of empire, and the U.S. war machine. They have garnered both acclaim and anger. In India Roy has often been vilified by the media, and accused of sedi- tion, for her views on the Indian state, the corruption of the country’s courts, and India’s brutal counterinsurgency in Kashmir. She has, on one occasion, even been sent to prison for committing “contempt of court.” In spite of this, Roy remains outspoken. In this interview, she reflects on the relationship between the aesthetic and the political in her work, how to think about power, and what it means to live and write in imperial times.

    Avni Sejpal: In your book, An Ordinary Person’s Guide to Empire (2004), you identify a few different pillars of empire: globalization and neoliberalism, militarism, and the corporate media. You write, “The project of corporate globalization has cracked the code of democracy. Free elections, a free press and an independent judiciary mean little when the free market has reduced them to commodities on sale to the highest bidder.” How would you update this today?

    Arundhati Roy: That was fourteen years ago! The updates now would include the ways in which big capital uses racism, caste-ism (the Hindu version of racism, more elaborate, and sanctioned by the holy books), and sexism and gender bigotry (sanctioned in almost every holy book) in intricate and extremely imaginative ways to reinforce itself, protect itself, to undermine democracy, and to splinter resistance. It doesn’t help that there has been a failure on the part of the left in general to properly address these issues. In India, caste—that most brutal system of social hierarchy—and capitalism have fused into a dangerous new alloy. It is the engine that runs modern India. Understanding one element of the alloy and not the other doesn’t help. Caste is not color-coded. If it were, if it were visible to the untrained eye, India would look very much like a country that practices apartheid.
    Another “update” that we ought to think about is that new technology could ensure that the world no longer needs a vast working class. What will then emerge is a restive population of people who play no part in economic activity—a surplus population if you like, one that will need to be managed and controlled. Our digital coordinates will ensure that controlling us is easy. Our movements, friendships, relationships, bank accounts, access to money, food, education, healthcare, information (fake, as well as real), even our desires and feelings—all of it is increasingly surveilled and policed by forces we are hardly aware of. How long will it be before the elite of the world feel that almost all the world’s problems could be solved if only they could get rid of that surplus population? If only they could delicately annihilate specific populations in specific ways—using humane and democratic methods, of course. Preferably in the name of justice and liberty. Nothing on an industrial scale, like gas chambers or Fat Men and Little Boys. What else are smart nukes and germ warfare for?

    AS: How does the rise of ethnonationalisms and populisms change your diagnosis?

    AR: Ethno-nationalism is only a particularly virulent strain of nationalism. Nationalism has long been part of the corporate global project. The freer global capital becomes, the harder national borders become. Colonialism needed to move large populations of people—slaves and indentured labor—to work in mines and on plantations. Now the new dispensation needs to keep people in place and move the money—so the new formula is free capital, caged labor. How else are you going to drive down wages and increase profit margins? Profit is the only constant. And it has worked to a point. But now capitalism’s wars for resources and strategic power (otherwise known as “just wars”) have destroyed whole countries and created huge populations of war refugees who are breaching borders. The specter of an endless flow of unwanted immigrants with the wrong skin color or the wrong religion is now being used to rally fascists and ethno-nationalists across the world. That candle is burning at both ends and down the middle, too. It cannot all be laid at the door of resource-plundering or strategic thinking. Eventually it develops a momentum and a logic of its own.

    As the storm builds, the ethno-nationalists are out harnessing the wind, giving each other courage. Israel has just passed a new bill that officially declares itself to be the national homeland of Jewish people, making its Arab citizenry second class. Unsurprising, but still, even by its own standards, pretty brazen. In the rest of the Middle East, of course, Israel and the United States are working hard at sharpening the Sunni–Shia divide, the disastrous end of which could be an attack on Iran. There are plans for Europe, too. Steve Bannon, a former aide of President Donald Trump, has started an organization, The Movement, headquartered in Brussels. The Movement aims to be “a clearing house for populist, nationalist movements in Europe.” It says it wants to bring about a “tectonic shift” in European politics. The idea seems to be to paralyze the European Union. A disintegrated EU would be a less formidable economic bloc, easier for the U.S. government to bully and bargain with. Yet, at the same time, uniting white supremacists in Europe and the United States is an attempt to help them to retain the power they feel is slipping away from them.

    Enough has been said about Trump’s immigration policies—the cages, the separation of infants and young children from their families—all of it just a little worse than what Barack Obama did during his presidency, to the sound of deafening silence. In India, too, the pin on the immigration grenade has just been pulled. In the spirit of the globalization of fascism, U.S. alt-right organizations are good friends of Hindu nationalists. Look to India, if you want to understand the world in microcosm. On July 30, 2018, the state of Assam published a National Register of Citizens (NRC). The register comes in lieu of a virtually nonexistent immigration policy. The NRC’s cut-off date of eligibility for Indian citizenship is 1971—the year that saw a massive influx of refugees from Bangladesh after the war with Pakistan. Most of them settled in Assam, which put enormous pressure on the local population, particularly on the most vulnerable indigenous communities. It led to escalating tensions, which have in the past boiled over into mass murder. In 1983 at least 2,000 Muslims were killed, with unofficial estimates putting the figure at five times that number. Now, at a time when Muslims are being openly demonized, and with the Hindu nationalist BJP (Bharatiya Janata Party) in power, the unforgiveable policy lapse of half a decade is going to be addressed. The selection process, sifting through a population of millions of people who don’t all have “legacy papers”—birth certificates, identity papers, land records, or marriage certificates—is going to create chaos on an unimaginable scale. Four million people who have lived and worked in Assam for years, have been declared stateless—like the Rohingya of Burma were in 1982. They stand to lose homes and property that they have acquired over generations. Families are likely to be split up in entirely arbitrary ways. At best, they face the prospect of becoming a floating population of people with no rights, who will serve as pools of cheap labor. At worst, they could try and deport them to Bangladesh, which is unlikely to accept them. In the growing climate of suspicion and intolerance against Muslims, they could well suffer the fate of the Rohingya.

    The BJP has announced its plans to carry out this exercise in West Bengal, too. If that were ever to happen, tens of millions of people would be uprooted. That could easily turn into yet another Partition. Or even, heaven forbid, another Rwanda. It doesn’t end there. In the Muslim-majority State of Jammu and Kashmir, on the other hand, the BJP has declared that it wants to abrogate Article 370 of the Indian Constitution, which gives the state autonomous status and was the only condition under which it would accede to India in 1947. That means beginning a process of overwhelming the local population with Israeli-type settlements in the Kashmir Valley. Over the past thirty years, almost 70,000 people have died in Kashmir’s struggle for self-determination. Any move to eliminate Article 370 would be simply cataclysmic.

    Meanwhile vulnerable communities that have been oppressed, exploited, and excluded because of their identities—their caste, race, gender, religion, or ethnicity—are organizing themselves, too, along those very lines, to resist oppression and exclusion.
    While it is easy to take lofty moral positions, in truth, there is nothing simple about this problem. Because it is not a problem. It is a symptom of a great churning and a deep malaise. The assertion of ethnicity, race, caste, nationalism, sub-nationalism, patriarchy, and all kinds of identity, by exploiters as well as the exploited, has a lot—but of course not everything—to do with laying collective claim to resources (water, land, jobs, money) that are fast disappearing. There is nothing new here, except the scale at which its happening, the formations that keep changing, and the widening gap between what is said and what is meant. Few countries in the world stand to lose more from this way of thinking than India—a nation of minorities. The fires, once they start, could burn for a thousand years. If we go down this warren and choose to stay there, if we allow our imaginations to be trapped within this matrix, and come to believe there is no other way of seeing things, if we lose sight of the sky and the bigger picture, then we are bound to find ourselves in conflicts that spiral and spread and multiply and could very easily turn apocalyptic.

    AS: You once wrote that George W. Bush “achieved what writers, scholars, and activists have striven to achieve for decades. He has exposed the ducts. He has placed on full public view the working parts, the nuts and bolts of the apocalyptic apparatus of the American empire.” What did you mean by this, and ten years and two presidents later, is the American empire’s apocalyptic nature still so transparent?

    AR: I was referring to Bush’s unnuanced and not very intelligent commentary after the events of 9/11 and in the run-up to the invasion of Afghanistan and Iraq. It exposed the thinking of the deep state in the United States. That transparency disappeared in the Obama years, as it tends to when Democrats are in power. In the Obama years, you had to ferret out information and piece it together to figure out how many bombs were being dropped and how many people were being killed, even as the acceptance speech for the Nobel Peace Prize was being eloquently delivered. However differently their domestic politics plays out on home turf, it is a truism that the Democrats’ foreign policy has tended to be as aggressive as that of the Republicans. But since 9/11, between Bush and Obama, how many countries have been virtually laid to waste? And now we have the era of Trump, in which we learn that intelligence and nuance are relative terms. And that W, when compared to Trump, was a serious intellectual. Now U.S. foreign policy is tweeted to the world on an hourly basis. You can’t get more transparent than that. The Absurd Apocalypse. Who would have imagined that could be possible? But it is possible—more than possible—and it will be quicker in the coming if Trump makes the dreadful mistake of attacking Iran.

    AS: There is a marked stylistic difference between your two novels, The God of Small Things and The Ministry of Utmost Happiness, published two decades apart. While both speak of politics and violence, the former is written in a style often described as lyrical realism. Beauty is one of its preoccupations, and it ends on a hopeful note. The Ministry of Utmost Happiness, on the other hand, is a more urgent, fragmented, and bleak novel, where the losses are harder to sustain. Given the dominance of lyrical realism in the postcolonial and global novel, was your stylistic choice also a statement about the need to narrate global systems of domination differently? Is the novel an indirect call to rethink representation in Indian English fiction?

    AR: The God of Small Things and The Ministry of Utmost Happiness are different kinds of novels. They required different ways of telling a story. In both, the language evolved organically as I wrote them. I am not really aware of making “stylistic choices” in a conscious way. In The God of Small Things, I felt my way toward a language that would contain both English and Malayalam—it was the only way to tell that story of that place and those people. The Ministry of Utmost Happiness was a much riskier venture. To write it, I had to nudge the language of The God of Small Things off the roof of a very tall building, then rush down and gather up the shards. The Ministry of Utmost Happiness is written in English but imagined in many languages—Hindi, Urdu, English... I wanted to try and write a novel that was not just a story told through a few characters whose lives play out against a particular backdrop. I tried to imagine the narrative form of the novel as if it were one of the great metropoles in my part of the world—ancient, modern, planned and unplanned. A story with highways and narrow alleys, old courtyards, new freeways. A story in which you would get lost and have to find your way back. A story that a reader would have to live inside, not consume. A story in which I tried not to walk past people without stopping for a smoke and a quick hello. One in which even the minor characters tell you their names, their stories, where they came from, and where they wish to go.

    I agree, The Ministry of Utmost Happiness is fragmented, urgent—I love the idea of a novel written over almost ten years being urgent—but I wouldn’t call it bleak. Most of the characters, after all, are ordinary folks who refuse to surrender to the bleakness that is all around them, who insist on all kinds of fragile love and humor and vulgarity, which all thrive stubbornly in the most unexpected places. In the lives of the characters in both books, love, sorrow, despair, and hope are so tightly intertwined, and so transient, I am not sure I know which novel of the two is bleaker and which more hopeful.

    I don’t think in some of the categories in which your question is posed to me. For example, I don’t understand what a “global” novel is. I think of both my novels as so very, very local. I am surprised by how easily they have traveled across cultures and languages. Both have been translated into more than forty languages—but does that make them “global” or just universal? And then I wonder about the term postcolonial. I have often used it, too, but is colonialism really post-? Both novels, in different ways, reflect on this question. So many kinds of entrenched and unrecognized colonialisms still exist. Aren’t we letting them off the hook? Even “Indian English fiction” is, on the face of it, a pretty obvious category. But what does it really mean? The boundaries of the country we call India were arbitrarily drawn by the British. What is “Indian English”? Is it different from Pakistani English or Bangladeshi English? Kashmiri English? There are 780 languages in India, 22 of them formally “recognized.” Most of our Englishes are informed by our familiarity with one or more of those languages. Hindi, Telugu, and Malayalam speakers, for example, speak English differently. The characters in my books speak in various languages, and translate for and to each other. Translation, in my writing, is a primary act of creation. They, as well as the author, virtually live in the language of translation. Truly, I don’t think of myself as a writer of “Indian English fiction,” but as a writer whose work and whose characters live in several languages. The original is in itself part translation. I feel that my fiction comes from a place that is more ancient, as well as more modern and certainly less shallow, than the concept of nations.
    Is The Ministry of Utmost Happiness an indirect call to rethink representation in the Indian English novel? Not consciously, no. But an author’s conscious intentions are only a part of what a book ends up being. When I write fiction, my only purpose is to try and build a universe through which I invite readers to walk.

    AS: Toward the end of The Ministry of Utmost Happiness a character asks: “How to tell a shattered story?” The novel is teeming with characters whose lives have, in some way, been curtailed or marginalized by the limits of national imaginaries. And yet their stories are rich with humor, rage, agency, and vitality. How do you approach storytelling at a time when people are constantly being thwarted by the narratives of neo-imperial nation-states?

    AR: National imaginaries and nation-state narratives are only one part of what the characters in The Ministry of Utmost Happiness have to deal with. They also have to negotiate other stultified and limited kinds of imaginations—of caste, religious bigotry, gender stereotyping. Of myth masquerading as history, and of history masquerading as myth. It is a perilous business, and a perilous story to try to tell. In India today, storytelling is being policed not only by the state, but also by religious fanatics, caste groups, vigilantes, and mobs that enjoy political protection, who burn cinema halls, who force writers to withdraw their novels, who assassinate journalists. This violent form of censorship is becoming an accepted mode of political mobilization and constituency building. Literature, cinema, and art are being treated as though they are policy statements or bills waiting to be passed in Parliament that must live up to every self-appointed stakeholders’ idea of how they, their community, their history, or their country must be represented. Not surprisingly, bigotry of all kinds continues to thrive and be turned against those who do not have political backing or an organized constituency. I recently saw a Malayalam film in the progressive state of Kerala called Abrahaminde Santhathikal (The Sons of Abraham). The vicious, idiot-criminal villains were all black Africans. Given that there is no community of Africans in Kerala, they had to be imported into a piece of fiction in order for this racism to be played out! We can’t pin the blame for this kind of thing on the state. This is society. This is people. Artists, filmmakers, actors, writers—South Indians who are mocked by North Indians for their dark skins in turn humiliating Africans for the very same reason. Mind-bending.

    Trying to write, make films, or practice real journalism in a climate like this is unnerving. The hum of the approaching mob is like a permanent background score. But that story must also be told.
    How to tell a shattered story? is a question that one of the main characters in The Ministry of Utmost Happiness, Tilo—Tilotamma—who lives in an illegal Guest House in a Delhi graveyard, has scribbled in her notebook. She answers it herself: By slowly becoming everybody? No. By slowly becoming everything. Tilo is an architect, an archivist of peculiar things, a deathbed stenographer, a teacher, and the author of strange, unpublished tales. The scribble in her notebook is a contemplation about the people, animals, djinns, and spirits with whom she has ended up sharing her living quarters. Considering the debates swirling around us these days, Tilo would probably be severely rebuked for thinking in this way. She would be told that “slowly becoming everyone,” or, even worse, “everything,” was neither practical nor politically correct. Which is absolutely true. However, for a teller of stories, perhaps all that doesn’t matter. In times that are as crazy and as fractured as ours, trying “to slowly become everything” is probably a good place for a writer to start.

    AS: In addition to writing novels, you are also a prolific essayist and political activist. Do you see activism, fiction, and nonfiction as extensions of each other? Where does one begin and the other end for you?

    AR: I am not sure I have the stubborn, unwavering relentlessness it takes to make a good activist. I think that “writer” more or less covers what I do. I don’t actually see my fiction and nonfiction as extensions of each other. They are pretty separate. When I write fiction, I take my time. It is leisurely, unhurried, and it gives me immense pleasure. As I said, I try to create a universe for readers to walk through.

    The essays are always urgent interventions in a situation that is closing down on people. They are arguments, pleas, to look at something differently. My first political essay, “The End of Imagination,” was written after India’s 1998 nuclear tests. The second, “The Greater Common Good,” came after the Supreme Court lifted its stay on the building of the Sardar Sarovar Dam on the Narmada River. I didn’t know that they were just the beginning of what would turn out to be twenty years of essay writing. Those years of writing, traveling, arguing, being hauled up by courts, and even going to prison deepened my understanding of the land I lived in and the people I lived among, in ways I could not have imagined. That understanding built up inside me, layer upon layer.
    Had I not lived those twenty years the way I did, I would not have been able to write The Ministry of Utmost Happiness. But when I write fiction, unlike when I write political essays, I don’t write from a place of logic, reason, argument, fact. The fiction comes from years of contemplating that lived experience, turning it over and over until it appears on my skin like sweat. I write fiction with my skin. By the time I started to write The Ministry of Utmost Happiness, I felt like a sedimentary rock trying to turn itself into a novel.

    AS: In Power Politics (2001), you wrote: “It’s as though the people of India have been rounded up and loaded onto two convoys of trucks (a huge big one and a tiny little one) that have set off resolutely in opposite directions. The tiny convoy is on its way to a glittering destination somewhere near the top of the world. The other convoy just melts into the darkness and disappears. . . . For some of us, life in India is like being suspended between two of the trucks, one in each convoy, and being neatly dismembered as they move apart, not bodily, but emotionally and intellectually.” For nations around the world that have had abrupt and accelerated introductions to globalization and neoliberalism, would you say the convoy headed for the top of the world has crashed? And what has become of those who are being slowly dismembered?

    AR: It has not crashed yet. But its wheels are mired, and the engine is overheating.

    As for those who are being slowly pulled apart, they have been polarized and are preparing to dismember each other. Prime Minister Narendra Modi is the personification of what you could call corporate Hindu nationalism. Like most members of the BJP, he is a member of the Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), the Hindu nationalist cultural guild that is the most powerful organization in India today. The BJP is really just the political arm of the RSS. The aim of the RSS, which was founded in 1925, has long been to change the Indian constitution and to officially declare India a Hindu nation. Modi began his mainstream political career in October 2001, when his party installed him (unelected) as Chief Minister of the state of Gujarat. In February 2002 (at the height of post 9/11 international Islamophobia) came the Gujarat pogrom in which Muslims were massacred in broad daylight by mobs of Hindu vigilantes, and tens of thousands were driven from their homes. Within months of this, several heads of India’s major corporations publicly backed Modi, a man with no political track record, as their pick for prime minister. Perhaps this was because they saw in him a decisive and ruthless politician who could ram through new economic policies and snuff out the protests and the restlessness in the country that the Congress Party government seemed unable to deal with (meanwhile delaying the implementation of the hundreds of memorandums of understanding signed by the government with various corporate entities). It took twelve years; in May 2014, Modi became prime minister with a massive political majority in Parliament. He was welcomed onto the world’s stage by the international media and heads of state who believed he would make India a dream destination for international finance.

    Although his few years in power have seen his favorite corporations and the families of his close allies multiply their wealth several times over, Modi has not been the ruthless, efficient free marketeer that people had hoped for. The reasons for this have more to do with incompetence than with ideology. For example, late one night in November 2016, Modi appeared on TV and announced his policy of “demonetization.” From that moment, 80 percent of Indian currency notes were no longer legal tender. It was supposed to be a lightning strike on hoarders of “black money.” A country of more than a billion people ground to a halt. Nothing on this scale has ever been attempted by any government before. It was an act of hubris that belonged in a totalitarian dictatorship. For weeks together, daily wage workers, cab drivers, small shop keepers stood in long lines, hour upon hour, hoping to get their meager savings converted into new bank notes. All the currency, almost to the last rupee, “black” as well as “white,” was returned to the banks. Officially at least, there was no “black money.” It was a big-budget, razzle-dazzle flop.

    Demonetization and the chaotic new Goods and Services Tax have knocked the wind out of small businesses and ordinary people. For big investors, or for the most ordinary person, this sort of caprice on the part of a government that says it is “business-friendly” is lethal. It’s a bald declaration that its word cannot be trusted and is not legally binding.

    Demonetization also emptied the coffers of almost all political parties, since their unaccounted-for wealth is usually held in cash. The BJP, on the other hand, has mysteriously emerged as one of the richest, if not the richest, political party in the world. Hindu nationalism has come to power on mass murder and the most dangerously bigoted rhetoric that could—and has—ripped through the fabric of a diverse population. A few months ago, four of the most senior judges of the Supreme Court held a press conference in which they warned that democracy in India was in grave danger. Nothing like it has ever happened before. As hatred is dripped into peoples’ souls, every day, with sickened hearts we wake up to Muslim-lynching videos put up on YouTube by gloating vigilantes, news of Dalits being publicly flogged, of women and infants being raped, of thousands marching in support of people who have been arrested for rape, of those convicted for mass murder in the Gujarat pogrom being let out of jail while human rights defenders and thousands of indigenous people are in jail on charges of sedition, of children’s history textbooks being written by complete fools, of glaciers melting and of water tables plummeting just as fast as our collective IQ.
    But it is all OK, because we are buying more weapons from Europe and the United States than almost anyone else. So, India, which has the largest population of malnutritioned children in the world, where hundreds of thousands of debt-ridden farmers and farm laborers have committed suicide, where it is safer to be a cow than it is to be a woman, is still being celebrated as one of the fastest growing economies in the world.

    AS: The word “empire” has often been invoked as a uniquely European and U.S. problem. Do you see India and other postcolonial nations as adapting older forms of empire in new geopolitical clothing? In The Ministry of Utmost Happiness, you show us how the Indian government has developed strategies of surveillance and counterterrorism that are, to put it mildly, totalitarian in their scope. How can we think of empire now in the Global South, especially at a time when postcolonial nations are emulating the moral calculus of their old colonial masters?

    AR: It is interesting that countries that call themselves democracies— India, Israel, and the United States—are busy running military occupations. Kashmir is one of the deadliest and densest military occupations in the world. India transformed from colony to imperial power virtually overnight. There has not been a day since the British left India in August 1947 that the Indian army and paramilitary have not been deployed within the country’s borders against its “own people”: Mizoram, Manipur, Nagaland, Assam, Kashmir, Jammu, Hyderabad, Goa, Punjab, Bengal, and now Chhattisgarh, Orissa, Jharkhand. The dead number in the tens or perhaps hundreds of thousands. Who are these dangerous citizens who need to be held down with military might? They are indigenous people, Christians, Muslims, Sikhs, communists. The pattern that emerges is telling. What it shows quite clearly is an “upper”-caste Hindu state that views everyone else as an enemy. There are many who see Hinduism itself as a form of colonialism—the rule of Aryans over Dravidians and other indigenous peoples whose histories have been erased and whose deposed rulers have been turned into the vanquished demons and asuras of Hindu mythology. The stories of these battles continue to live on in hundreds of folktales and local village festivals in which Hinduism’s “demons” are other peoples’ deities. That is why I am uncomfortable with the word postcolonialism.

    AS: Talk of dissent and social justice has become mainstream in the age of Trump—but social media hashtags often stand in for direct action, and corporations frequently use the language of uplift and social responsibility while doubling down on unethical business practices. Has protest been evacuated of its potential today? And in such an environment, what kind of dissent is capable of cracking the edifice of empire?

    AR: You are right. Corporations are hosting happiness fairs and dissent seminars and sponsoring literature festivals in which free speech is stoutly defended by great writers. Dissent Is the Cool (and Corporate) New Way To Be. What can we do about that? When you think about the grandeur of the civil rights movement in the United States, the anti–Vietnam War protests, it makes you wonder whether real protest is even possible any more. It is. It surely is. I was in Gothenburg, Sweden, recently, when the largest Nazi march since World War II took place. The Nazis were outnumbered by anti-Nazi demonstrators, including the ferocious Antifa, by more than ten to one. In Kashmir, unarmed villagers face down army bullets. In Bastar, in Central India, the armed struggle by the poorest people in the world has stopped some of the richest corporations in their tracks. It is important to salute people’s victories, even if they don’t always get reported on TV. At least the ones we know about. Making people feel helpless, powerless, and hopeless is part of the propaganda.

    But what is going on in the world right now is coming from every direction and has already gone too far. It has to stop. But how? I don’t have any cure-all advice, really. I think we all need to become seriously mutinous. I think, at some point, the situation will become unsustainable for the powers that be. The tipping point will come. An attack on Iran, for example, might be that moment. It would lead to unthinkable chaos, and out of it something unpredictable would arise. The great danger is that, time and time again, the storm of rage that builds up gets defused and coopted into yet another election campaign. We fool ourselves into believing that the change we want will come with fresh elections and a new president or prime minister at the helm of the same old system. Of course, it is important to bounce the old bastards out of office and bounce new ones in, but that can’t be the only bucket into which we pour our passion. Frankly, as long as we continue to view the planet as an endless “resource,” as long as we uphold the rights of individuals and corporations to amass infinite wealth while others go hungry, as long as we continue to believe that governments do not have the responsibility to feed, clothe, house, and educate everyone—all our talk is mere posturing. Why do these simple things scare people so much? It is just common decency. Let’s face it: the free market is not free, and it doesn’t give a shit about justice or equality.

    AS: The vexed question of violent struggle against domination has come up at different moments in history. It has been debated in the context of Frantz Fanon’s writing, Gandhi, Black Lives Matter, Palestine, and the Naxalite movement, to name a few. It is a question that also comes up in your fiction and nonfiction. What do you make of the injunction against the use of violence in resistance from below?

    AR: I am against unctuous injunctions and prescriptions from above to resistance from below. That’s ridiculous, isn’t it? Oppressors telling the oppressed how they would like to be resisted? Fighting people will choose their own weapons. For me, the question of armed struggle versus passive resistance is a tactical one, not an ideological one. For example, how do indigenous people who live deep inside the forest passively resist armed vigilantes and thousands of paramilitary forces who surround their villages at night and burn them to the ground? Passive resistance is political theater. It requires a sympathetic audience. There isn’t one inside the forest. And how do starving people go on a hunger strike?

    In certain situations, preaching nonviolence can be a kind of violence. Also, it is the kind of terminology that dovetails beautifully with the “human rights” discourse in which, from an exalted position of faux neutrality, politics, morality, and justice can be airbrushed out of the picture, all parties can be declared human rights offenders, and the status quo can be maintained.

    AS: While this volume is called Evil Empire, a term borrowed from Ronald Reagan’s description of the Soviet Union, there are many who think of empire as the only sustainable administrative and political mechanism to manage large populations. How might we challenge dominant voices, such as Niall Ferguson, who put so much faith in thinking with the grain of empire? On the flipside, how might we speak to liberals who put their faith in American empire’s militarism in a post–9/11 era? Do you see any way out of the current grip of imperial thinking?

    AR: The “managed populations” don’t necessarily think from Ferguson’s managerial perspective. What the managers see as stability, the managed see as violence upon themselves. It is not stability that underpins empire. It is violence. And I don’t just mean wars in which humans fight humans. I also mean the psychotic violence against our dying planet.

    I don’t believe that the current supporters of empire are supporters of empire in general. They support the American empire. In truth, captalism is the new empire. Capitalism run by white capitalists. Perhaps a Chinese empire or an Iranian empire or an African empire would not inspire the same warm feelings? “Imperial thinking,” as you call it, arises in the hearts of those who are happy to benefit from it. It is resisted by those who are not. And those who do not wish to be.

    Empire is not just an idea. It is a kind of momentum. An impetus to dominate that contains within its circuitry the inevitability of overreach and self-destruction. When the tide changes, and a new empire rises, the managers will change, too. As will the rhetoric of the old managers. And then we will have new managers, with new rhetoric. And there will be new populations who rise up and refuse to be managed.

    http://bostonreview.net/literature-culture-global-justice/arundhati-roy-avni-sejpal-challenging-%E2%80%9Cpost-%E2%80%9D-postcolo
    #post-colonialisme #terminologie #mots #vocabulaire

    • A propos du #Cachemire (et un peu d’#israel aussi) :

      The BJP has announced its plans to carry out this exercise in West Bengal, too. If that were ever to happen, tens of millions of people would be uprooted. That could easily turn into yet another Partition. Or even, heaven forbid, another Rwanda. It doesn’t end there. In the Muslim-majority State of Jammu and Kashmir, on the other hand, the BJP has declared that it wants to abrogate Article 370 of the Indian Constitution, which gives the state autonomous status and was the only condition under which it would accede to India in 1947. That means beginning a process of overwhelming the local population with Israeli-type settlements in the Kashmir Valley. Over the past thirty years, almost 70,000 people have died in Kashmir’s struggle for self-determination. Any move to eliminate Article 370 would be simply cataclysmic.

      It is interesting that countries that call themselves democracies— India, Israel, and the United States—are busy running military occupations. Kashmir is one of the deadliest and densest military occupations in the world. India transformed from colony to imperial power virtually overnight.

      Et 6 mois plus tard :
      https://seenthis.net/messages/796004

      #Arundhati_Roy #Inde

    • peau noires ...

      I recently saw a Malayalam film in the progressive state of Kerala called Abrahaminde Santhathikal (The Sons of Abraham). The vicious, idiot-criminal villains were all black Africans. Given that there is no community of Africans in Kerala, they had to be imported into a piece of fiction in order for this racism to be played out! We can’t pin the blame for this kind of thing on the state. This is society. This is people. Artists, filmmakers, actors, writers—South Indians who are mocked by North Indians for their dark skins in turn humiliating Africans for the very same reason. Mind-bending.

      #racisme #Inde #Kerala

  • Astonishing Chapters from the Life of David Ben Gurion In the Ottoman Empire - رصيف 22
    https://raseef22.com/article/1074609-astonishing-chapters-from-the-life-of-david-ben-gurion-in-the-otto

    It will probably come as a shock to many that the founder of Israel, David Ben Gurion, lived some of his most formative years in Turkey - a period in which he developed his character, honed his identity as well as his cultural, educational, intellectual, social and political foundations. This period in Ben Gurion’s life reveals to us many important secrets, firstly surrounding the personality of Ben Gurion, and secondly on the concept of Zionism during its early stages - especially as held by the major figures of the Zionist movement who would go on to participate in the foundation of the State of Israel, such as Ben Gurion - Israel’s first Prime Minister - and his friend Yitzhak Ben-Zvi - one of the major figures during the foundation of the State and Israel’s second and longest-serving president. Perhaps the most peculiar development was the discovery by Ben Gurion and Ben-Zvi of Zionism while living unde Ottoman rule - for the duo’s aspirations were inextricably linked to loyalty to the Ottomans and Ottoman society, which they loved and defended like any other Ottoman citizen - regardless of their religious, national or ethnic affiliations.

    While it may no longer be possible to politically build upon this discovery - with the suitable moment for that having long passed - it nonetheless was an important matter in Ben Gurion’s time and era during the early twentieth century: for it is probable that the Zionist project at that time was not planning to create a separate state independent from the Ottoman Empire, but a social and collective state, or a refuge or sanctuary specific to Jews which could offer them a safe haven to escape the persecution they encountered in both Eastern and Western European states. The most important aspect of such a project was for Jews to become Ottoman citizens, no longer holding Russian nationality or that of some other persecuting state. If so, the trajectory of the Zionist movement could have been significantly altered if the conception of Zionism as held by Ben Gurion and his likes was contained by the Ottoman state: for at the time, these figures preferred cooperation with the Ottoman state over seeking support from the English and French.

    #sionisme #turquie #empire_ottoman

  • Eva_Joly balance tout sur la Françafrique La Rédaction - 23 Juillet 2019 - Investigaction
    https://www.investigaction.net/fr/eva-joly-balance-tout-sur-la-francafrique

    Nous ne résistons pas à l’envie de publier pour nos lecteurs ces extraits du dernier livre de la députée française Eva Joly, détaillant les « crimes » de la France en Afrique en général et au Cameroun en particulier ; elle parle notamment du massacre des #Bamilékés par son pays.
     
    Je n’avais rien compris à ce que l’écrivain #Slimane_Zeghidour appelle « le secret de famille de la République ». Lorsque j’ai pris en charge l’instruction de l’affaire #Elf, j’avais en face de moi les puissants du pétrole français, je n’aimais pas leur arrogance, la façon qu’ils avaient de se servir dans les caisses, mais lorsqu’ils invoquaient les intérêts supérieurs du pays, j’étais prête à les croire.

    Je sortais de plusieurs années en détachement au Ministère des Finances, entourée de hauts fonctionnaires intègres, d’une compétence absolue.

    J’avais confiance dans les institutions de mon pays d’adoption. Je n’imaginais pas que la finalité des dirigeants des sociétés nationales du #pétrole fut autre chose que le bien commun. Je traquais les dérives et non le système lui-même.

    Pourtant au fil de mon enquête, j’ai découvert un monde souterrain. Magistrate, limitée par le cadre de ma saisine et des compétences nationales, je devais m’arrêter sur le seuil de certaines portes, qui menaient vers l’étranger.

    Je découvrais des chemins qu’il aurait été passionnant de remonter, des connexions qui m’ahurissaient. Avec des chiffres, des comptes, nous avions sous nos yeux le déchiffrage d’un vaste réseau de #corruption institutionnalisé, dont les fils étaient reliés en direct à l’#Elysée.

    Ce n’était pas mon rôle d’en tirer les conclusions politiques, mais j’en ai gardé l’empreinte. Nous avions dessiné alors un vaste schéma, que j’ai toujours avec moi. Il fait huit mètres une fois déplié.

    Il serpente depuis le bureau d’un directeur des hydrocarbures d’Elf, jusqu’à des comptes obscurs alimentés par le Gabon, aux mains d’#Omar_Bongo : quarante ans de pouvoir et une difficulté récurrente à distinguer sa tirelire et sa famille d’une part, le budget de l’Etat et le Gouvernement d’autre part.

    J’emporte souvent ce schéma avec moi, au fil des rendez-vous. Je l’étale sur les tables, un peu comme un capitaine au combat sort ses vieilles cartes.

    Les positions ont sans doute varié, les techniques de camouflage se sont sophistiquées, mais le système est là : les tyrans sont des amis que la France a placés au pouvoir et dont elle protège la fortune et l’influence par de vastes réseaux de corruption ; en échange ils veillent sur les intérêts et les ressources des entreprises françaises venues creuser le sol. Tout ce beau monde a intérêt à ce que rien, jamais, ne stimule ni les institutions ni l’économie des pays.

    La France aide à appauvrir le Gabon.
    Et si je m’arrête un instant au Gabon, qu’est-ce que j’y vois ? Un pays riche qui exporte plus de treize milliards de dollars de pétrole brut par an et affiche un PIB par habitant largement au-dessus de la moyenne africaine (6 397 $) ? Ou un pays pauvre où l’espérance de vie est estimée à 55 ans pour les femmes et 53 pour les hommes, ce qui leur laisse un an de moins que les Malgaches nés sur un sol sans pétrole ? Le taux de mortalité infantile est au Gabon particulièrement élevé, le taux de vaccination contre la rougeole est de 40% contre une moyenne de 79% dans les pays en développement.

    Voilà où en est le Gabon, chasse gardée de la France, fournisseur des trésors du pétrole et de l’uranium, fief de #Total-Elf, la première capitalisation boursière française.

    Si les habitants de Libreville n’ont pas bénéficié de la richesse de leur pays, c’est parce que la France s’est accaparée ses ressources minières, avec la complicité d’un Président, enrôlé dès son service militaire par l’armée française et ses services secrets, placé à la tête du pays à 32 ans par Paris, il était alors le plus jeune Chef d’Etat du monde. La France contrôle son armée, ses élections et protège sa fortune.

    En retour, Omar Bongo fait table ouverte plusieurs fois par an, Avenue Foch ou l’Hôtel Crillon, où il reçoit les hommes politiques, des publicitaires et les journalistes français qui comptent. Chacun se presse à ces audiences.

    Dans les années 1990, un homme politique français de premier plan, alors en fonction, bénéficiait en parallèle d’un contrat de « consultant » signé par Omar Bongo et largement rémunéré. De #Roland_Dumas, le Président gabonais dit qu’il est un « ami intime ». Prévoyant, il apprécie aussi #Nicolas_Sarkozy, venu « prendre conseil » en tant que candidat à l’élection présidentielle.

    Lorsqu’au cours de l’instruction, nous avons perquisitionné au siège de la #FIBA, la banque franco-gabonaise, nous avons consulté le listing des clients qui paraissait tenu à la plume sergent-major. C’était une sorte de Who’s Who de la France en Afrique, qui en disait long sur l’envers de la République et des médias.

    La France fait semblant d’aider des pays qui sont riches en matières premières.

    A ceux qui croient encore à l’aide désintéressée de la France en Afrique, il suffit de consulter les chiffres du #PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement). La corrélation est régulière entre le montant de l’aide française et la richesse en matières premières.

    En clair, celui qui n’a rien dans son sous-sol ne doit pas attendre grand-chose de Paris. Il n’est pas étonnant de retrouver le Gabon comme l’un des premiers bénéficiaires de l’aide publique française au développement. Le résultat est affligeant en termes de système de santé et d’éducation. L’argent s’est perdu en route. Il est justement fait pour cela.

    Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une organisation cohérente et raisonnée. Dans chaque audition durant notre instruction, nous entendions parler de pressions physiques, d’espionnage permanent et de #barbouzes.

    Les perquisitions dans la tour Elf à la Défense livraient une moisson de documents révélant la confusion des genres, nous les transmettions au Parquet de Nanterre, qui se gardait bien d’ouvrir des enquêtes.

    Car #Elf hier, Total aujourd’hui, est un Etat dans l’Etat, conçu par #Pierre_Guillaumat, un ancien Ministre de la Défense, patron des services secrets et responsable du programme nucléaire français afin de servir les intérêts géopolitiques de Paris.

    La Norvège a utilisé son pétrole pour construire et assurer le paiement des retraites futures. La France se sert d’Elf Total pour affirmer sa puissance.

    La compagnie intervient dans le Golfe de #Guinée, au #Nigeria, au #Congo-Brazzaville, en #Angola… Tous ces pays ont connu la guerre civile et la dictature, derrière laquelle la main française s’est fait sentir. Le chaos, lorsqu’il se produit, ne trouble pas le système. Il n’est qu’à voir l’Angola en guerre pendant des dizaines d’années, mais dont aucune goutte de pétrole, jamais, n’a raté sa destination.

    Pendant la guerre, les affaires continuaient…les banques françaises, #Bnp-Paribas en tête, ont même profité de l’occasion pour élaborer des montages financiers destinés aux pays en guerre, à des taux affolants, tout en sachant qu’elles ne prenaient pas le moindre risque. L’argent, là aussi, n’a pas été perdu pour tout le monde. C’est un miroir dans lequel il ne faut pas trop souvent regarder les élites françaises.

    Depuis que j’ai ouvert le dossier Elf dans mon bureau de la galerie financière, j’ai voyagé physiquement et intellectuellement bien loin de la Seine et de ses quais gris et bleus…j’ai appris en marchant. A l’arrivée, le tableau est effrayant.

    L’Afrique a refait de moi une Norvégienne, fière de l’être. Mon pays est riche, mais, il se souvient avoir été pauvre, un peuple d’émigrants regardant vers le nouveau monde américain.

    Son esprit de conquête, ses allures vikings sont des traces d’un passé très lointain, vinrent ensuite les tutelles danoise puis suédoise, dont il fallut se libérer, Il envoya vers l’Afrique des missionnaires protestants, personnages austères au visage buriné, taillé par la parole chrétienne et l’œuvre humanitaire, plutôt que des nouveaux colons, comme on les croise encore dans les quartiers d’expatriés blancs.

    Pendant que la France fondait Elf, la Norvège mettait en place l’exploitation des ressources de la mer du Nord, accumulant un fonds de réserve, aussitôt placé pour les générations futures et soigneusement contrôlé. Ce petit pays des terres gelées est devenu la première nation donatrice en dollars par habitant.

    Bien sûr, les pétroliers norvégiens ne sont pas des enfants de chœur. De récentes enquêtes ont montré que certains d’entre eux ont versé des commissions et que la tentation d’abuser de leur pouvoir est permanente. Mais la Norvège n’a pas à rougir de ce qu’elle a fait de son pétrole. Ce que j’ai vu, les rapports internationaux qui l’attestent, est une œuvre d’espoir.

    La République française, à la même époque, a mis en place en Afrique un système loin de ses valeurs et de l’image qu’elle aime renvoyer au monde. Comment des institutions solides et démocratiques, des esprits brillants et éclairés, ont-ils pu tisser des réseaux violant systématiquement la loi, la justice et la démocratie ? Pourquoi des journalistes réputés, de tout bord, ont-ils toléré ce qu’ils ont vu ? Pourquoi des partis politiques et des ONG, par ailleurs prompts a s’enflammer, n’ont-ils rien voulu voir ?

    L’Occident a fermé les yeux sur les #crimes de la France.
    Je ne condamne pas. J’ai partagé cet aveuglement. J’étais comme eux, avant de glisser l’œil dans le trou de la serrure et de prendre la mesure de ce secret de famille : la France reste un #empire et ne se remet pas de sa puissance perdue. L’indépendance politique a été largement une mascarade en Afrique de l’Ouest.

    L’Occident a fermé les yeux, car la France se prévalait d’être le « gendarme » qui défendait la moitié du continent contre le communisme. Les Français ont laissé faire, car astucieusement, De Gaulle et ses successeurs ont présenté leur action comme un rempart contre l’hydre américaine. Elf était l’une des pièces maîtresses de cette partie géopolitique.

    Le double jeu a été facilité par la certitude, ancrée dans les mentalités, que « là-bas, c’est différent ». Là-bas, c’est normal la corruption, le #népotisme, la #guerre, la #violence. Là-bas, c’est normal la présence de l’armée française, les proconsuls à l’ambassade ou à l’état-major, les camps militaires. Là-bas, c’est normal l’instruction des gardes présidentielles. Là-bas, c’est normal la captation des richesses naturelles.

    D’ailleurs, « tout le monde fait pareil ». Jeune ou vieux, de gauche ou de droite, nul Français ne songe à s’offusquer de voir nos soldats mener, presque chaque année, une opération militaire en Afrique, au #Tchad, en Côte_d_Ivoire, au #Rwanda, quand tous se gaussent de cette Amérique venue faire la police en Irak, en maquillant d’un fard démocratique les intérêts géopolitiques et pétroliers de Washington. Il y a pourtant bien des symétries.

    J’ai vu récemment un documentaire sur la guerre du #Biafra, quatre ou cinq demi-heures de témoignage brut des principaux acteurs, sans commentaires. Je suis restée sans voix. A ceux qui sont nés après 1970, le Biafra ne dit rien. Dans cette région du #Nigeria, riche en pétrole, une ethnie, chrétienne et animiste armée par la France, réclama l’indépendance. S’ensuivit une guerre meurtrière de trois ans, révolte financée depuis l’Elysée via des sociétés #suisses.

    La télévision française aimait alors montrer les enfants affamés que les militaires français ramenaient par avion pour les soigner, jamais elle ne laissait voir la cargaison de l’aller, remplie d’armes. A l’image maintenant, les anciens collaborateurs de #Jacques_Foccart, repus dans leurs fauteuils Louis XV, détaillent sans émotion ces montages illégaux. Les officiers, lieutenants d’alors, généraux d’aujourd’hui, racontent ce bon tour le sourire aux lèvres. Fin du documentaire. Pas un mot, pas une ligne dans les livres d’histoire.

    La France au cœur de la guerre du Biafra et du massacre des #Bamilékés au Cameroun
    Des drames comme celui-ci, l’Afrique en contient des dizaines, soigneusement passés sous silence. Les massacres des Bamiléké au Cameroun par la France du Général De Gaulle, le génocide des #Tutsi commis par un régime soutenu par #François_Mitterrand, les assassinats d’opposants, les manipulations d’élections.. Le passif de la France sur le continent africain n’a rien à envier à l’#impérialisme américain en Amérique latine ou au Moyen-Orient.

    Il est à la mode parmi les intellectuels français de se plaindre du mouvement de repentance qui s’est répandu depuis quelques années. Les bienfaits de la colonisation, à inscrire dans les manuels scolaires, ont même fait l’objet d’une proposition de loi, largement soutenue par les députés.
    Bien sûr, l’histoire de la France en Afrique ou en Asie du sud-est a compté aussi des aventuriers sincères, exportateurs, instituteurs ou pionniers, qui ont fait corps avec les pays qu’ils ont découverts. A Madagascar, les #Vazas, ces pieds noirs malgaches, ne cessent de louer devant moi l’état des routes et des infrastructures françaises au moment de l’indépendance.

    Mais les peuples sont comme les familles. On ne peut pas faire le tri de la mémoire. Il est des secrets soigneusement cachés dont l’onde portée va bien au-delà d’une ou de deux générations. Les enfants héritent de tout : du malheur comme du bonheur, de la richesse comme des dettes.

    La République française paie aujourd’hui la facture de son passé. Il suffit de dérouler la liste des appellations officielles des Maghrébins nés dans un département français avant 1962 ou sur le sol hexagonal depuis les années 1970. Par la loi, ils furent et sont des Français comme les autres.

    Les gouvernements successifs n’ont pourtant cessé d’inventer des périphrases : « indigène musulman », « sujet africain non naturalisé », « JFOM » (Jeune français originaire du Maghreb), « jeune issu de l’immigration », « fils de harkis », « jeune des quartiers », « Arabo-musulman », « Français d’origine arabe », « Français musulman »…

    La France vit encore comme si en Afrique, elle était chez elle, et comme si, ses enfants d’ascendance africaine n’étaient pas Français. Le développement de la Françafrique, notre tolérance vis-à-vis des réseaux, tout ramène à ce secret colonial, cet empire qui hante les esprits comme un fantôme. Oui, Total, la première entreprise française, est riche et prospère.

    Mais la manière dont la firme s’est bâtie fait partie de l’héritage. Qui osera un jour rendre au Nigeria, au Cameroun, au Gabon, au Congo-Brazzaville ce que la France leur doit ? Qui contestera les contrats conclus par #Areva pour l’#uranium du #Niger ou ceux des mines d’or de #Sadiola au #Mali, deux pays parmi les plus pauvres du globe, qui ne touchent qu’une part dérisoire des richesses prélevées dans leur sol ? La République a contracté une dette qu’il lui faudra bien honorer.

    Notre prospérité est nourrie de #richesses que nous détournons. A certains de ces sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l’Europe, il pourrait-être versé une rente au lieu d’un avis d’expulsion. Je rêve pour ce pays que j’aime, d’un réveil collectif.

    Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique : ce qu’une génération a fait, une autre peut le défaire. C’est possible.
     
    Extrait de : La force qui nous manque. Eva Joly. Editions des Arènes (Paris) 190 pages. https://www.jmtvplus.com/eva-joly-balance-toutmeme-sur-le-cameroun-40110

    #françafrique #afrique #france  #colonialisme #tchad #armée_française #centrafrique  #francafrique #armée #guerre #Livre #Eva_Joly #Femme

  • « Une histoire populaire de l’empire américain »

    Depuis le #génocide des #Indiens jusqu’à la #guerre en #Irak en passant par le développement d’un #capitalisme financier globalisé, les États- Unis se sont constitués au fil des siècles comme un #empire incontournable. Peu à peu, leur histoire est devenue #mythologie, mais ce livre propose le récit d’une #nation, un récit qui a réussi à changer le regard des Américains sur eux-mêmes.



    https://www.editions-delcourt.fr/serie/une-histoire-populaire-de-l-empire-americian-ned.html
    #BD #histoire #USA #Etats-Unis #histoire_populaire

    J’en parle ici aussi, à propos de la chanson #Ludlow Massacre, citée dans le livre :
    https://seenthis.net/messages/784622