• Jean-Michel Blanquer veut interdire l’écriture inclusive à l’école
    https://etudiant.lefigaro.fr/article/ecriture-inclusive-un-barrage-a-la-transmission-de-notre-langue-tr

    Alors que les sénateurs organiseront un débat autour du thème « Écriture inclusive : langue d’exclusion ou exclusion par la langue » le 6 mai prochain, le ministre de l’Éducation nationale estime, lui, que la langue française « ne doit pas être triturée ou abîmée ». Si la féminisation des métiers et des fonctions « est un progrès », estime-t-il, « mettre des points au milieu des mots est un barrage à la transmission de notre langue pour tous, par exemple pour les élèves dyslexiques ».

    Ah·mon·dieu·mais·c’est·pas·vrai·ces·pitres·malfaisants·avec·leur·programme·électoral·pour·fachos·bas·du·front ! (Comme tu vois, les petits points au milieu des mots n’empêchent pas du tout de transmettre une idée.)

    • Et évidemment, la spécialiste que Le Figaro a trouvée pour expliquer qu’on a beaucoup réfléchit et « il nous apparaît que », surprise surprise, l’écriture inclusive « exclut plus qu’elle n’inclut », n’est pas une inconnue :

      De SOS Education à la « santé naturelle », voyage dans la galaxie conservatrice des Laarman
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/10/19/de-sos-education-a-la-sante-naturelle-voyage-dans-la-galaxie-conservatrice-d

      En regardant dans le détail cette enquête, aux côtés de questions classiques sur la qualité de l’enseignement ou le nombre d’élèves par classe, on trouve aussi plusieurs questions sur la sécurité, ou le « niveau de mixité ethnique, sociale ou culturelle » des établissements. Des thèmes qui intéressent beaucoup, depuis près de dix ans, l’association qui a commandé ce sondage : SOS Education.

      Début octobre, elle avait fait l’objet de critiques de la part de parents d’élèves, dont les enfants lycéens avaient reçu par la poste un « référendum » dénonçant le « pédagogisme » des « syndicats jusqu’au-boutistes » qui « gangrènent l’éducation nationale », et réclamant « de vrais cours de morale, de civisme et de politesse ».

      […]

      Ce n’est pourtant pas la première « erreur » de SOS Education, qui a eu son quart d’heure de célébrité en 2007 en s’opposant à l’exposition « Zizi sexuel », du dessinateur Zep. En 2017, un hiérarque de l’association avait aussi utilisé une fausse adresse mail au nom d’Emmanuel Macron pour envoyer une pétition provenant d’un site d’extrême droite, Damoclès. Un site tenu par Samuel Lafont, militant conservateur libéral, longtemps salarié d’une association sœur, qui milite, elle, contre le « trop d’impôts » : Contribuables associés.

      Tu remarqueras que cette histoire d’inclusion qui exclut, c’est exactement la même inversion orwellienne calquée sur « l’antiracisme c’est raciste », ou le classique trumpien « les fachos ce sont les antifascistes ».

    • Si ça buzze suffisamment, jeudi on aura une « fuite » selon laquelle Macron a fait une colère et a recadré son ministre, comme quoi il a d’autres priorités en ce moment. Et l’on saura que, bon d’accord on envoie tous les signaux qu’il faut à l’électorat de droite et d’extrême-droite, mais en même temps on a Président très sage qui se souvient que la priorité c’est de continuer à « réformer » le pays.

    • Évidemment, ce sont exactement les mêmes tarés fachos qui hurlent à la mort à la moindre proposition de rendre la langue française plus rationnelle et cohérente, pour la rendre justement plus accessible « pour les élèves dyslexiques » (et pas seulement) auxquels ils sont soudain si sensibles.

      Les mêmes qui pétaient encore récemment un câble parce que Louis-Croix-Vé-Bâton c’est quand même pourtant pas compliqué.

    • D’ailleurs …

      Dans l’oeil du Minotaure
      Roland DUMAS

      https://books.google.fr/books?id=sZap9DMd904C&pg

      Le 26 mai 2008, j’avais assisté aux obsèques de mon confrère et ami d’extrême droite Jean-Marc Varaut, en l’église Saint-Eustache. Nous avions constitué autrefois un cabinet commun qui avait fait jaser.
      Le Palais avait raillé : « C’est l’alliance du diable et du bon Dieu », sans que l’on sache qui était le diable et le bon Dieu. De mon point de vue, Varaut était plutôt le bon Dieu car c’était un bon chrétien qui avait même « réinstruit » Le Procés de Jésus.

      il y avait du beau monde a Saint-Eustache. Des « écrivains célébres » comme Héléne Carrére d’Encausse, secrétaire perpétuelle de I’Académie francaise, Genevieve Dormann, Jean d’Ormesson ou
      Gabriel Matzneff ; des hommes politiques comme Philippe de Villiers ou Francois Bayrou ; mais aussi nombre d’avocats de toutes obédiences comme Jean-Denis Bredin, Arnaud Montebourg ou Thierry
      Lévy. Jacques Vergés était la aussi. (…)
      Par le plus grand des hasards, Jean-Marie Le Pen, dont Varaut avait été l’avocat, était assis devant moi.

  • Dominique Vidal : confondre antisionisme et antisémitisme est une « erreur majeure » | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/entretiens/dominique-vidal-confondre-antisionisme-et-antisemitisme-est-une-erreu

    Dans son dernier ouvrage, le journaliste et historien français s’adresse directement à Emmanuel Macron qui, à l’occasion des commémorations de la rafle du Vél d’Hiv en juillet 2017, avait défini l’antisionisme comme « la forme réinventée de l’antisémitisme »

    #antisémitisme #antisionisme
    L’interview date de la parution du bouquin.

  • En Marche… sur ta gueule de prolo - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2017/06/09/marche-gueule-de-prolo

    La présidentielle n’a pas seulement siphonné toute la pensée #politique de ce pays vers ses cloaques les plus répugnants, elle a aussi permis d’occulter le projet social en marche qui est la mise à mort finale de la démocratie au profit d’une féodalité tenue de main (très) ferme par le monde de l’entreprise dans ce qu’il a de plus rétrograde.

  • Macron, classe moyenne et politique : réflexions sur la présidentielle 2017 – carbure
    https://carbureblog.com/2017/06/05/macron-classe-moyenne-et-politique-reflexions-sur-la-presidentielle-201

    Les élections présidentielles de 2017 en France ont été ce qu’on pourrait appeler une petite conjoncture : une structure sociale en crise s’effondre sous le poids de ses contradictions, et, dans le même moment et pour les mêmes raisons, parvient à se rétablir, non sur des bases nouvelles, mais en correspondant plus encore à ce qu’elle était auparavant. C’est une mise en adéquation à la situation telle qu’elle peut être appréhendée par cette structure : la crise formulée dans ses propres termes et résolue dans ses propres termes. Autrement dit, c’est un tour de vis et un retour à l’ordre, là où une « grande » conjoncture se caractériserait par l’impossibilité de le rétablir.

    Comme un chat qui retombe sur ses pattes, la classe politique française, à travers l’éclatement des deux partis qui se partagent le pouvoir depuis quarante ans et font l’objet de critiques de plus en plus pressantes, est parvenue, face aux populismes de droite comme de gauche, à rester aux affaires. Parler de recomposition n’y change rien : ce qui s’est passé, sous les dehors d’un « grand chambardement », revient à entériner dans les faits et à accentuer ce qui faisait le fond de la crise de légitimité de la politique en France : le système de l’alternance en revient à un régime de parti unique, appliquant une politique unique.

    #Emmanuel_Macron #En_marche_arrière #EnMarcheVersLeFN

    • On voit bien en quoi Macron, dans sa personne comme dans son « projet », répond parfaitement à cet état de fait : il incarne exactement le récit de vie du jeune diplômé de la classe moyenne supérieure qui, par son travail acharné, et malgré la concurrence, réussit à s’élever au-dessus de sa situation de départ. Pour lui, le chômage est moins un accident de parcours qu’une occasion de se reconvertir et de faire de nouvelles expériences : c’est un élément de carrière, qui prend place dans une stratégie sociale plus large. Et c’est en toute bonne foi qu’il pourra encourager les ouvriers de Whirlpool à faire preuve d’initiative et de saisir l’opportunité que doit représenter pour eux leur licenciement prochain : c’est comme ça, pour lui, que ça marche.

      Cette situation ne va pas sans difficultés. Pour les jeunes, catégorie déterminante en ce qu’elle indique de quoi demain sera fait, l’allongement de la durée des études, la dévalorisation des diplômes les plus courants, le fait qu’à la sortie de longues études on ne soit pas automatiquement gratifié d’un emploi à la hauteur de cet investissement, crée beaucoup d’amertume dans les couches inférieures de la classe moyenne. Dans ce domaine également, les couches supérieures ont su recloisonner vers le haut et se reconstituer des privilèges : le recrutement au sein des grandes écoles, le réseau relationnel, etc., garantissent de ne pas se retrouver dans la jungle commune de la recherche d’emploi. Il n’en reste pas moins que 80% des jeunes diplômés trouvent un travail à la sortie de leurs études, ce qui est loin d’être le cas dans une même tranche d’âge chez les non-diplômés, c’est-à-dire chez les jeunes prolétaires.

      Car les difficultés bien réelles qui découlent du fait que les privilèges doivent désormais être défendus bec et ongles font oublier que certains sont purement et simplement exclus de la compétition. Pour les jeunes de la classe ouvrière, le parcours professionnel ne fait l’objet d’aucune stratégie sociale, il est le plus souvent subi : orientation dans des filières dévalorisées ou absence de qualification et sortie précoce du système scolaire, précarité et chômage endémiques (ce chômage-là : celui qui n’est pas un élément de carrière, mais qui vous met à la rue), avec le passage de plus en plus courant par la case « débrouille » et séjour culturel en prison sont le lot des jeunes prolétaires, qui n’ont guère de privilèges à défendre. Cette mise hors-jeu de la compétition sociale s’accompagne très logiquement d’une mise hors-jeu électorale : la classe ouvrière ne va pas voter. Ceux qui savent n’avoir rien à attendre de la politique ne lui demandent logiquement rien.