• L’enfer vert s’étend au Palais Rameau – Contre la cyber-agriculture Hors-sol, Braderie 2018 - 31 Aout 2018 - hors-sol.herbesfolles

    http://hors-sol.herbesfolles.org/2018/08/31/lenfer-vert-setend-au-palais-rameau-contre-la-cyber-agricultu

    La Ville de Lille vient de céder le Palais Rameau à trois écoles d’ingénieur qui en feront un laboratoire d’agriculture automatisée et hors-sol. Alors que la Ville détruit les derniers espaces possibles de verdure, îlot Pépinière et friche Saint-Sauveur, elle recrée une nature artificielle, sous cloche, et pilotée par des capteurs. Cette artificialisation des terres et de l’agriculture avance d’un pas serein grâce l’appui des Verts qui voient là une réponse aux « enjeux écologiques du XXIe siècle ». Avec des amis pareils, la nature n’a plus besoin d’ennemis.


    Le calendrier se passe parfois de commentaire. Dans le même Conseil municipal, Martine Aubry rappelle son engagement dans la bétonnisation de l’îlot Pépinière, ancienne parcelle horticole, et cède le Palais Rameau, du nom d’un horticulteur lillois, à trois écoles d’ingénieur spécialisées dans l’« agriculture de précision ». Donc : Martine Aubry remplace des horticulteurs avec de la terre sur les mains par des agro-informaticiens du substrat chimique. Après que la mécanisation des champs ait saigné les rangs des paysans, l’automatisation supprime les derniers « travailleurs de la terre ».

    Une agriculture sans terre ni agriculteurs
    Les trois écoles d’ingénieur en question appartiennent à la Catho et se nomment ensemble « Yncréa ». Leur regroupement forme des ingénieurs et chercheurs en nanotechnologies, smart farming, chimie verte, smart grids (ex : Linky) ou maison intelligente. Yncréa est donc un agent du renouvellement actuel du capitalisme dans les technologies de pilotage de la planète, de la ville, de la maison et du vivant, pour aller decrescendo dans la perspective. Détail qui ne manque pas de saveur : le directeur d’Yncréa est ingénieur militaire, à la fois chevalier de la Légion d’honneur et du Mérite agricole, passé par la Délégation générale à l’armement et la sûreté nucléaire. Ses rangs de topinambours seront bien désherbés sur les côtés.

    Leur agriculture hors-sol (préférez « urbaine », « de précision », « connectée » ou « verticale » si vous deviez masquer vos intentions) passe au stade 2.0. Les semences sont toujours sélectionnées pour ce type de terroir hydroponique. Les légumes plongent toujours leurs racines dans un substrat et des intrants artificiels. Mais les bâtiments sont désormais « pilotés par des technologies contrôlant les paramètres de production (luminosité, apports en eau, en nutriments…) et alliant les compétences en conception de bâtiments intelligents, agronomie et automatisation. »1 Les Pays-Bas par exemple, surnommés la « Silicon Valley de l’agriculture », ont les meilleurs rendements du monde grâce à des serres où la lumière, l’arrosage, les intrants ou la ventilation sont entièrement automatisés. Le modèle vaut aussi pour les élevages de porcs, de volailles – sans parler des citadins. Le smart farming est à l’agriculture ce qu’un « réseau social » est à l’amitié. Une relation à la terre pilotée par ordinateur, privatisée par des ingénieurs et leurs firmes, produisant une alimentation sans goût pour une vie sans qualité.

    L’avancée du désert vert
    L’élu Julien Dubois soutint l’initiative au nom du groupe écologiste. Reprenant les éléments de langage de circonstance, celle-ci répondrait aux « enjeux écologiques du XXI° siècle ».2 Quels sont ces « enjeux » ? En quoi Yncréa y « répond » ? Nulle explication chez les élus qui s’écharpent à peine sur le superflu, l’absence d’appel d’offres ou la privatisation du Palais Rameau. Mais sur le fond : rien.

    Dans les Hauts-de-France comme au niveau global, les terres cultivables manquent. La planète compte bientôt 10 milliards d’estomacs en même temps que les terres arables disparaissent sous les effets conjoints de l’urbanisation, de la pollution et l’appauvrissement des sols, de l’élevage intensif ou du manque d’eau. Près de nous, autour de l’ancien site Metalleurop, 500ha de terres saturées en plomb interdisent toute culture comestible. À Lille, les 23 ha de la friche Saint Sauveur seront enfouis sous du logement intensif et des bureaux, plutôt que rendus – enfin ! – à des activités plus humaines.

    Face à ce dilemme comptable, les technocrates ont leurs solutions. Pour aller des plus lointaines aux plus proches, Elon Musk (Tesla) souhaite coloniser Mars ; Peter Thiel (PayPal, Facebook) bâtit des villes flottantes alimentées aux algues3 ; Larry Page (Google) finança le premier steak in vitro ; et toute une flopée d’urbanistes se gaussent d’agriculture urbaine : soit en utilisant les toits des buildings, soit sur les sols pollués des friches industrielles, soit encore dans les souterrains des grandes villes, ainsi qu’Anne Hidalgo l’expérimente à Paris. Après avoir épuisé la Terre, la cyber-agriculture s’attaque aux océans, aux sous-sols, et pourquoi pas à l’espace, dans une fuite en avant technologique. Les écologistes applaudissent. Et l’Union européenne s’interroge sur une labellisation « bio » du hors-sol.

    Ce scénario d’artificialisation et de privatisation du vivant ne devrait surprendre aucun Lillois. Non seulement parce qu’il est d’une banalité confondante au regard de l’état du monde. Surtout parce que la Ville nous avait prévenus, dès 2013, dans une exposition « Natures artificielles » à la Gare Saint-Sauveur. Les artistes convoqués nous y jetaient leurs « visions originales d’un réel transfiguré par une époque mutante où l’homme joue de son emprise ambiguë [sur la nature]. On y crois[ait] des expérimentations scientifiques qui réécrivent l’Histoire, théâtres de robots agriculteurs, parcelles de cosmos comprimées, poupées mutantes issues d’expérimentations génétiques, végétaux à humeurs variables, terre tremblant au son de la voix, etc. »4 L’enfer vert était annoncé.

    Quant à ceux qui ne veulent pas ajouter de l’artifice au désastre, qui ne souhaitent pas gérer les nuisances mais bien les supprimer, ils peuvent se joindre à nous dans une opposition résolue à la bétonnisation de Saint-Sauveur et à la reconversion technologique du Palais Rameau.

    Hors-sol, Braderie 2018

    1Yncrea.fr

    2Conseil municipal du 22 juin 2018, site d’Europe écologie – Les Verts

    3Paradis Pourri – Smart islands en Polynésie, https://hors-sol.herbesfolles.org/2017/10/02/paradis-pourri-smart-islands-en-polynesie

    4L’art de nous acclimater à la technopole – Visite de l’expo « Natures artificielles », http://hors-sol.herbesfolles.org/2013/07/31/lart-de-sacclimater-a-la-technopole-contre-visite-guidee-de-l

    #Lille #artificialisation #martine_aubry #écologie #agro-informaticiens #Catho #Yncréa #nanotechnologies #smart_farming #chimie_verte #smart_grids #agriculture_urbaine #agriculture_connectée #agriculture_verticale #smart_farming #hydroponique #Julien_Dubois #Hauts-de-France #écologistes #enfer_vert #nuisances


  • Quand les Verts « vendent » Minatec
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1061

    Voici 12 ans, le 1er juin 2006, un millier de marcheurs s’était rassemblé pour protester contre l’inauguration de Minatec ; et au-delà, contre l’incarcération de l’homme-machine dans le monde-machine. Les Verts, toujours francs et courageux, avaient tergiversé à bas bruit entre le soutien aux nanotechnologies et des vœux pieux d’ « encadrement éthique ». Ils ne sont pas les seuls. La critique des (nano)technologies n’est pas la priorité d’une gauche pour qui le salut et l’émancipation consistent au contraire à brader l’autonomie du vivant pour l’hétéronomie de l’artificiel. Les Verts grenoblois ont conquis le pouvoir municipal en 2014 et dominent depuis la cuvette - la Métro -, avec leurs alliés. En décembre 2017, ils ont vendu à cette même Métro les actions de la Ville de Grenoble dans la SEM (...)

    #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/les_verts_vendent_minatec.pdf


  • Nos poubelles pleines de Kafka ?

    La Métropole grenobloise veut installer des poubelles intelligentes et une police de l’environnement. Ces mesures flattent le portefeuille et l’égo des « bons » écocitoyens, mais ouvrent la porte à plein de situations kafkaïennes à propos de nos poubelles. Pendant ce temps-là, les industriels continuent à pondre des produits jetables, puis à s’enrichir dans la « valorisation » des déchets.

    Voir la suite sur :
    https://www.lepostillon.org/Nos-poubelles-pleines-de-Kafka.html

    #poubellesvertes #kafka #contrôle

    • Et puis après, il y a des mesures moins gentillettes, et notamment la fameuse « redevance incitative ».
      La Métropole va racheter toutes les poubelles (dites « bacs ») de la cuvette. Ensuite « on va pucer ces bacs », c’est-à-dire installer un système pour qu’ils ne soient ouverts qu’avec une carte magnétique. Au passage, remarquons que cela nécessitera sûrement de jeter tous les anciens « bacs » (dans quelle poubelle ?), et que la camelote électronique nécessaire à la fabrication de poubelles intelligentes entraîne aussi la production de pas mal de déchets et de pas mal de morts dans les mines de métaux précieux (mais c’est vrai que les déchets électroniques gisent plutôt dans les pays du Sud).

      #police_environnemental
      Ce serait plus simple si les industriels jetaient leurs produits jetables directement à la poubelle et leurs idées avec, tant qu’à faire.
      #toctoc



  • La fin du travail, le nerf de la guerre, Philippe Escande
    « Retours sur le futur (5/5). Des auteurs ont anticipé la société à venir dans des livres vendus à des milliers d’exemplaires. En 1997, Jeremy Rifkin théorisait ce qui allait inspirer la gauche française lors de nombreux débats politiques : la destruction des emplois par la technologie. »

    http://www.lemonde.fr/festival/article/2017/08/18/la-fin-du-travail-le-nerf-de-la-guerre_5174023_4415198.html

    Michel Rocard ne s’y était pas trompé : ce livre est « effrayant ». Dans la préface de l’édition française, il écrit qu’il est sidéré par l’ampleur du défi lancé par l’auteur de La Fin du travail (Jeremy Rifkin, La Découverte, 1997. Publication originale : The End of Work, 1995). Depuis plus de cinq mille ans, l’homme courbe l’échine sous le poids de ses obligations, et voilà que Jeremy Rifkin, spécialiste de prospective, annonce sa libération.

    Dans cet essai « torrentiel, déconcertant et parfois agaçant » – toujours selon Rocard –, l’auteur prédit que la technologie va progressivement faire disparaître la force de travail humaine et qu’il convient de s’y préparer en investissant massivement dans l’économie sociale. Il faut anticiper le chômage et l’extension de la misère, et aviver l’espoir de l’avènement d’une société moins marchande et plus solidaire.

    Il est déconcertant de constater qu’un débat lancé il y a plus de vingt ans ait refait surface, en France, lors de la campagne présidentielle de 2017. Bien des idées du candidat du Parti socialiste, Benoît Hamon, résonnent étrangement avec celles proposées par Rifkin : les robots vont tuer l’emploi, un revenu universel est nécessaire et il faut renforcer un tiers secteur non marchand. L’Américain a multiplié ses disciples.

    Vendu à 125 000 exemplaires aux Etats-Unis – ce qui est loin d’en faire un best-seller –, le livre a connu une belle carrière internationale. Traduit en dix-sept langues, il a lancé la carrière de son auteur et l’a installé dans le fauteuil confortable de prophète d’un monde nouveau, marqué par la triple révolution numérique, biologique et écologique. (

    Papy débonnaire
    Son ouvrage précédent, Au-delà du bœuf (Beyond Beef, Dutton Adult, 1992), plaidoyer d’un végétarien convaincu qui dénonce la consommation de viande et l’élevage bovin, ne laissait pas prévoir qu’il allait s’attaquer aussi abruptement à l’un des fondements de l’activité humaine. Douceur du regard, calvitie de notaire et moustache de sergent-major, on lui donnerait le Bon Dieu sans confession.

    Un révolutionnaire se cache pourtant derrière Jeremy Rifkin, ce papy débonnaire aux costumes soignés et aux pochettes de soie assorties. Son premier engagement, celui qui déterminera tout le reste, a lieu en 1967 quand, jeune diplômé en droit, il organise la première manifestation nationale contre la guerre au Vietnam. Plus tard, il épouse la cause de la lutte contre les manipulations génétiques. Il trouble, avec ses camarades, les cénacles de l’Académie des sciences, en déployant ses banderoles et en chantant « Nous ne voulons pas être clonés », sur l’air de l’hymne aux droits civiques (We Shall not Be Moved).

    En 1977, dans le Library Journal, le critique Ken Nash presse le destin de ce jeune homme qui n’avait pourtant produit qu’un seul livre (Own Your Own Job, Bantam Books, 1977) : « Le socialisme de Rifkin est aussi américain que la tarte aux pommes, écrit Nash. Il est peut-être notre plus talentueux vulgarisateur d’idées radicales. » La France va adorer.

    Multiples retirages

    Quelques mois après la publication de The End of Work, le sociologue français Alain Caillé dévore le livre et rêve d’une édition française. Théoricien du don et militant de l’anti-utilitarisme, alternative humaniste au libéralisme et au marxisme, il retrouve ses thèmes dans l’ouvrage de Rifkin : l’impasse de l’économie marchande qui exclut de l’emploi et la nécessité d’encourager l’économie solidaire.

    Il fait le siège de son éditeur, La Découverte, pour le convaincre de le publier. « Ça ne se vendra pas », le prévient François Gèze, le patron de la maison. A tort : il a vendu plus de 30 000 exemplaires la première année de sa sortie, sans compter les multiples retirages, qui élèvent le nombre à 57 000. « Et il s’en vend toujours aujourd’hui », pointe l’éditeur. Il faut dire qu’il avait réussi à convaincre son ami Michel Rocard de préfacer l’ouvrage.

    Philippe Séguin, à l’époque président de l’Assemblée nationale (1993-1997) et autre amoureux du débat sur le travail, avait décliné car Jeremy Rifkin exerce déjà sur le personnel politique, français comme européen, un attrait indéniable. Comme si ses idées originales ouvraient de nouveaux horizons à des décideurs en panne de solutions nouvelles. Avant la sortie de l’édition française, il était l’invité d’honneur d’une conférence de deux jours organisée par Philippe Séguin à Epinal, son fief des Vosges, rassemblant leaders syndicaux et chefs d’entreprise.

    « Nouvel esprit de paresse »

    Le succès de l’ouvrage est aussi dû à un concours de circonstances exceptionnel : rincés par une crise qui n’en finit pas en ce milieu des années 1990, les Français sont en proie au doute. « Contre le chômage, on a tout essayé », reconnaît, en 1993, le président François Mitterrand. On imagine alors la disparition de l’emploi. Un an avant la traduction de Rifkin, la sociologue et philosophe Dominique Méda publie Le Travail, une valeur en voie de disparition (Alto, 1995). Un tabou saute. La droite hurle à l’Assemblée face à ce « nouvel esprit de paresse ».

    Dans le même temps, la romancière Viviane Forrester fait un tabac avec son Horreur économique (Fayard, 350 000 exemplaires). L’entreprise n’est plus tendance, le débat s’installe à gauche. Mais nous sommes en France, et l’argumentaire économique promu par Rifkin vire à la controverse philosophique.

    Pour Méda, comme pour André Gorz et d’autres penseurs de gauche, la question du progrès technologique n’est pas centrale. Il s’agit d’affirmer que le travail, valeur réhabilitée au XVIIIe siècle avec les Lumières, ne constitue pas l’essence de l’homme et que l’entreprise ne doit pas être son seul horizon. Il convient d’en réduire la durée pour se consacrer à d’autres activités plus épanouissantes : la famille, la communauté, l’enrichissement intellectuel… La conclusion est identique à celle de l’Américain mais prend d’autres chemins.
    « Je ne dis pas que le travail va disparaître, assure la sociologue, mais je souhaite qu’il prenne moins de place. » Une idée que partage également l’économiste Gilbert Cette, professeur à l’université d’Aix-Marseille, et qu’il traduit en des termes plus économiques :
    « Augmenter le temps de loisirs est une forme de redistribution des gains de productivité. »

    Déprime des salariés

    A ces données s’ajoutent une déprime des salariés (le plus grand succès des éditions La Découverte à cette époque sera d’ailleurs Le Harcèlement moral, de Marie-France Hirigoyen, en 1998, vendu à 600 000 exemplaires…) et une réflexion à gauche qui s’oriente de plus en plus vers la réduction du temps de travail.

    A la faveur de la dissolution du Parlement par Jacques Chirac en 1997, la gauche, exsangue cinq ans plus tôt, revient au pouvoir. A court d’idées neuves, elle saute sur la réduction du temps de travail, soufflée à Martine Aubry par Dominique Strauss-Kahn. Gilbert Cette intègre le cabinet de la ministre et donne une réalité à ce vieux rêve.
    Jeremy Rifkin ne pouvait imaginer pareille consécration : la plus importante réforme sociale de l’après-guerre en France, mise en route deux ans après la parution de son livre qui en faisait l’apologie ! Pourtant, la destruction des emplois par la technologie, thèse principale du livre, n’a pas abouti à une disparition du travail mais à sa transformation. Le drame que décrivait si bien l’auteur n’était pas celui de la fin du salariat mais de la désindustrialisation.

    Légitimité du débat

    Et si le débat revient aujourd’hui avec la peur de l’avènement des robots, la plupart des spécialistes en rejettent l’idée, de surcroît contredite par les faits : vingt ans après sa prédiction funeste, le taux de chômage mondial est plus bas qu’à l’époque (1 % de moins) ! Vieille opposition du scientifique face au vulgarisateur qui noircit le trait pour mieux vendre son message au risque de le déformer…
    « Monsieur Rifkin est un charlatan ! C’est un consultant qui a eu le flair d’enfourcher, au bon moment, les grandes peurs collectives de notre fin de siècle : les risques liés au progrès technologique et le chômage », lançait Olivier Blanchard, ancien chef économiste au FMI et enseignant au MIT, l’un des rares de sa profession qui soit entré dans le débat. Les autres ont préféré l’ignorer.

    Jennifer Hunt est l’une des plus grands spécialistes du travail aux Etats-Unis. Elle fut chef économiste au ministère du travail américain pendant la mandature de Barack Obama. « J’étais professeure à l’université Yale à l’époque, dit-elle. Nous ne le connaissions même pas. En 1995, nous sortions de la récession, c’était le début de la nouvelle économie et la croissance de l’emploi était très rapide. » Tout juste reconnaît-elle qu’il est parfois utile « d’avoir des gens qui ne sont pas contraints par une discipline et par des faits scientifiques ». Pour l’économiste Daniel Cohen, « Ce livre est arrivé à un moment de grande fatigue. Il est faux de dire que le travail disparaît, mais le débat sur la finalité de celui-ci est légitime ».

    Conférences convoitées
    C’est finalement le destin des Rifkin, Attali ou Minc de saisir l’air du temps, de lire beaucoup et de former, à partir de cela, des idées bien plus audacieuses que celles de la communauté scientifique… Et d’en faire commerce. Les conférences de Jeremy Rifkin, réclamées par toutes les grandes entreprises et organisations mondiales, se monnayent entre 20 000 et 40 000 euros.

    Sa société de conseil enchaîne les contrats avec la Commission européenne, le gouvernement allemand, la ville de La Haye, le Luxembourg, la région des Hauts-de-France… Les missions sont facturées entre 350 000 et 450 000 euros – « Le prix d’un rond-point », tempère modestement le prospectiviste –. « Sa notoriété et son charisme nous ont permis de rassembler tous les acteurs de la région autour d’un projet mobilisateur », insiste l’ancien ministre Philippe Vasseur, qui a monté avec lui le projet de « Troisième révolution industrielle » pour les Hauts-de-France.

    La Fin du travail a permis à Rifkin de gagner ses galons de millénariste en chef. Après la fin du bœuf et celle du travail, sont intervenues celles de la propriété (L’Age de l’accès, La Découverte, 2005) et des énergies fossiles (La Troisième Révolution industrielle, Les Liens qui libèrent, 2012). Il prédit maintenant la fin du capitalisme par sa dissolution dans le collaboratif (La Nouvelle Société du coût marginal zéro, Babel, 2016), voire la fin de l’espèce humaine, si l’on ne prend pas de mesure contre le réchauffement climatique.

    Des idées fortes qui retentissent dans une Europe en proie aux doutes existentiels. « Si je devais renaître, j’aimerais que ce soit en France ou en Italie », a coutume de lancer Jeremy Rifkin. Il en est déjà le citoyen de cœur et, avec ses certitudes, il est au moins le prophète d’un monde incertain.

    https://seenthis.net/messages/262461

    #Rifkin #Travail #emploi


  • Ecologisme et transhumanisme
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=879

    Primevère, le plus grand salon écologiste français, invitait en 2016 un représentant du mouvement transhumaniste à s’exprimer. Didier Cœurnelle, vice-président de l’Association française transhumaniste, est élu Vert en Belgique. Il aurait eu les mots pour séduire les visiteurs de Primevère, avec une « vie en bonne santé beaucoup plus longue, solidaire, pacifique, heureuse et respectueuse de l’environnement, non pas malgré, mais grâce aux applications de la science. » Il aura fallu les protestations d’opposants aux #Nécrotechnologies pour que le salon annule son invitation. Les transhumanistes ne luttent pas contre les nuisances. Technophiles et « résilients », ils comptent sur l’ingénierie génétique, la chimie et les nanotechnologies pour adapter la nature humaine et animale à un milieu saccagé. Pourtant, (...)

    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/ecologisme_et_transhumanisme.pdf



  • La petite mafia de la certification « bio »
    http://paindalain.blog4ever.com/communique-de-presse-appel-au-rassemblement-le-12-mai-a-8h30-d

    Ce qui leur est reproché par l’administration c’est que, « Les boulangers ou distributeurs ne peuvent pas commercialiser impunément des « pains à la farine biologique » en lieu et place de « pain bio » croyant par ce biais pouvoir éviter le contrôle de la panification finale par un organisme agréé ». *Ce procès d’intention, Françoise et Alain Bourgeois ne le comprennent pas.

    Travaillant à petite échelle (200 kg de pain vendu par semaine), en lien direct avec les consommateurs, ils n’ont pas vu d’intérêt à être certifié par un organisme agréé mais ont préféré mettre en avant la mention « Nature & Progres » dont le cahier des charges, bien que plus contraignant, se rapprochait plus de leur manière de panifier.

    Par souci de transparence et par fierté de travailler avec un agriculteur proche de chez eux ils précisent le type de farine utilisé et collent l’étiquette de cet agriculteur sur leur panneau.. ce qui leur est reproché. *D’ailleurs, le contrôleur n’a pas pris la peine de vérifier si la farine utilisée était bien de la farine biologique.

    • Je connais pas mal de monde dans le coin qui refuse de demander la certification : parce qu’elle coute cher (et que ça se répercute sur le prix des produits) et surtout parce que son niveau d’exigence est souvent moindre que celui de pas mal de paysans investis, parce que de plus en plus pensé pour avantager les grosses productions industrielles sans trop les gêner… et donc, ne sont pas forcément une garantie pour la consommateur, en tout cas pas de ce qu’il attend réellement de ce label : de ne pas pourrir l’environnement et surtout de préserver la santé, puisque les produits « normaux » ne semblent plus, désormais, garantir cette innocuité.
      La dernière fois que je entrée dans un magasin à certification bio, j’ai trouvé des tas de trucs absurdes, comme comme des avocats du Pérou ou des carottes de l’autre bout du monde, très très chers.
      Qu’est-ce que ça veut dire des certifications bio pour des produits qui viennent à grand renfort de carburant de l’autre côté de la planète quand bien même ils sont aussi cultivés dans le coin ? Que penser des certifications bio pour des aliments qui ont été produits dans des pays qui n’ont absolument pas les mêmes normes et standards que nous, pas les mêmes conditions de vie, pas les mêmes institutions ?


  • Nous sommes le gibier, Linky le filet
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=837

    Fin mars, nous avons écrit à ERDF pour signifier notre refus du compteur Linky (voir Linky : lettre à ERDF). Quelques jours plus tard, une employée du service Clients nous téléphonait pour nous dire que nous avions le droit d’avoir nos opinions mais non celui de les mettre en pratique. Puis, Mélanie Douay, notre « conseillère Linky », nous a envoyé quatre pages de courrier. En voici des extraits et nos réponses. Mélanie Douay a bien fait de nous harceler. Vous croyez tout savoir sur Linky et ses nuisances ? Vous en avez déjà marre d’en entendre parler ? Réjouissez-vous, nous avons creusé et découvert des horreurs : Comment Linky servira à nous cibler pour le marketing, Pourquoi un émetteur radio sera intégré à Linky, Comment la smart city avalera votre domicile grâce à Linky, Comment Linky va (...)

    #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/nous_sommes_le_gibier_linky_le_filet-2.pdf

    • Les statistiques couplées à la puissance d’Internet réalisent le projet de la cybernétique : le pilotage automatisé, centralisé, de la ville (smart city), de la planète (smart planet). Il n’est plus question de vivre comme des humains, en laissant une part au hasard, à l’erreur, à l’imprévu, mais au contraire de tout planifier, prévoir, régler au millimètre par des algorithmes. Pourquoi
       ? Pour nous entasser toujours plus nombreux dans les métropoles, et prétendre freiner le chaos climatique en rationalisant les flux (c’est nous, les flux). Il n’est pas question de changer le système qui a généré la catastrophe écologique, mais de le perfectionner en faisant de nous les fourmis dociles d’une fourmilière ultra-contrôlée. C’est cela leurs prétendues « transition énergétique » et « croissance verte ».

      #Linky #critique_techno #EDF #ERDF #électricité #gestion_des_flux #enfer_vert

    • Et sur l’aspect santé :

      Pour nous, la question sanitaire est secondaire. La société techno-industrielle a créé ses épidémies : cancer, obésité, maladies cardio-vasculaires et neuro-dégénératives. Linky ne se distingue pas de ce point de vue. Même un Linky « propre » - un oxymore - serait intolérable du point de vue social et humain, et nous ne demandons pas plus de fils blindés dans nos maisons que de pastilles d’iode en cas d’accident nucléaire. Nous ne voulons pas gérer les nuisances, mais les supprimer.

      Cependant, puisque vous évoquez ce sujet, voici notre réponse : on ne naît pas électrosensible, on le devient. Nul ne sait s’il supportera indéfiniment l’épaississement du brouillard électro-magnétique qui résulte du tout-connecté . À partir de quel seuil votre corps se révoltera-t-il ? Pour le savoir, il faut devenir le cobaye d’une expérience en taille réelle : la smart city. Linky ajoute sa part à la pollution électromagnétique, et ce ne sont pas les nigauderies d’ERDF qui effaceront le fait. « Linky émet 150 fois moins d’onde qu’une lampe basse consommation » , ânonne Olivier Masset, le directeur régional Alpes. Même un ingénieur peut comprendre qu’il n’est pas question d’installer Linky à la place des lampes, mais en plus : de l’ ajouter à la pollution ambiante. Monsieur Masset, pourquoi protester contre la télé du voisin du dessus, alors qu’il l’écoute moins fort que la radio du dessous ? Qui vous permet de nous prendre pour des imbéciles, Monsieur le directeur régional ?

      Un conseil, amis lecteurs : ne croyez jamais les décideurs qui parlent en valeurs relatives (tel système émet x fois moins de pollution, ou réduit de x % la consommation). Du point de vue de la survie de l’espèce dans ce monde saccagé par l’industrie, seules des valeurs absolues représenteraient un espoir. Il faut réduire le poids total des pollutions (en millions de tonnes), et de la consommation de ressources et d’énergie. C’est simple à comprendre : « plus de voitures moins polluantes » égale « plus de pollution », égale « arnaque ». Les chiffres, Monsieur Masset, les chiffres. Dire que c’est à nous, littéraires très moyens en maths, de vous le rappeler.

      #santé #comparaison


  • Bernard Laponche : “Il y a une forte probabilité d’un accident nucléaire majeur en Europe” - Le monde bouge - Télérama.fr
    http://www.telerama.fr/monde/bernard-laponche-il-y-a-une-forte-probabilite-d-un-accident-nucleaire-majeu
    Même si cette citation et l’invocation permanente d’une apocalypse montre bien que les penseurs de l’énergie alternative ont, eux aussi, un rapport de type religieux à l’énergie du futur, les réflexions de Bernard Laponche dans cet entretien déjà daté mérite d’être méditée au regard de la catastrophe économique que le système EDF-Areva est en train de vivre aujourd’hui.

    Quelles sont les grandes innovations à venir en matière d’énergie ?
    Les « smart grids », les réseaux intelligents ! Grâce à l’informatique, on peut optimiser la production et la distribution d’électricité. A l’échelle d’un village, d’une ville ou d’un département, vous pilotez la consommation, vous pouvez faire en sorte, par exemple, que tous les réfrigérateurs ne démarrent pas en même temps. Les défenseurs du nucléaire mettent toujours en avant le fait que les énergies renouvelables sont fluctuantes – le vent ne souffle pas toujours, il n’y a pas toujours du soleil – pour asséner que si l’on supprime le nucléaire, il faudra tant de millions d’éoliennes... Mais tout change si l’on raisonne en termes de combinaisons ! Les Allemands étudient des réseaux qui combinent biomasse, hydraulique, éolien, photovoltaïque. Et ils travaillent sur la demande : la demande la nuit est plus faible, donc avec l’éolien, la nuit, on pompe l’eau qui va réalimenter un barrage qui fonctionnera pour la pointe de jour... C’est cela, la grande innovation de la transition énergétique, et elle est totalement opposée à un gros système centralisé comme le nucléaire. Le système du futur ? Un territoire, avec des compteurs intelligents, qui font la jonction parfaite entre consommation et production locale. Small is beautiful.



  • "Green defense" : Les écolos montent au front

    par TomJo

    http://cqfd-journal.org/Green-defense-Les-ecolos-montent

    En préparation de la COP21, le 13 octobre 2015, écologistes d’EELV et militaires se rencontraient au Sénat, avant une autre rencontre le lendemain, entre les ministres de la Défense de plusieurs États. La scène est rocambolesque. Le chef d’état-major des armées Pierre de Villiers et l’ancien militant antimilitariste José Bové se susurrent des urbanités. « Sans le prérequis de la sécurité, il n’y a pas de développement durable », soutient le premier. « L’important, c’est la prévention des conflits », estime le second, qui propose la création d’une « école internationale de décontamination des terrains de guerre » sur le site militaire du Larzac.

    Aux manettes de ces deux événements, on trouve la sénatrice verte de Paris Leïla Aïchi, initiatrice avec son groupe parlementaire d’un Livre vert de la Défense. Ce parti fondé sur le mouvement des objecteurs de conscience s’« interdit tout dogmatisme » pour embrasser une « analyse pragmatique ». Allons voir.


    http://magalidulain.com
    Illustration par Magali Dulain


  • J’ai visité SmartCity
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=765

    Voici un reportage exclusif de notre envoyé spécial à Smart City, Tom 2.0. Ce reportage présente une double nouveauté. C’est le premier jamais réalisé par un avatar et le premier également sur la mythique Smart City, actuellement en construction entre Doha et Songdo. Nous ne doutons pas de voir cette double nouveauté suivie de multiples répliques, à plus ou moins bref délai, suivant les lois de l’imitation médiatique. L’automatisation générale des emplois et métiers s’étend désormais aux journalistes, après avoir éliminé soudeurs, poinçonneurs, caissières et guichetiers. Normal. Tant qu’on nous réduira à l’état de robots, les robots nous réduiront à néant. Le journalisme était devenu depuis trop longtemps une fonction machinale, facile à décomposer en tâches successives à la portée de n’importe quel logiciel ou (...)

    #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/J_ai_visite_SmartCity-2.pdf


  • Un cas de farce écologique en Aquitaine
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=752

    On sait qu’aujourd’hui, même la destruction de la nature est devenue « écologique », sécrétant tout à la fois un « capitalisme vert », une « croissance verte », des « technologies vertes » censées ouvrir un renouveau d’expansion à la vieille économie fossile. Ce « Green New Deal » génère une prolifération de règles incitatives et répressives, accompagnées d’une perpétuelle campagne médiatique, civique, « participative », en faveur des « bonnes pratiques » et des dispositifs « intelligents » (poubelles pucées, compteurs « Linky », labels verts). Il faut « éduquer les gens ». C’est-à-dire les acculturer à leurs nouveaux modes de vie. D’où la création d’une bureaucratie verte, ramassis d’experts et de carriéristes de l’environnement, en charge de l’inventaire et de la gestion des « ressources » résiduelles. C’est-à-dire de la fusion entre l’écologie et l’économie. Que reste-t-il ? Combien ça coûte ?

    #Faits_divers
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Farce_e_cologique.pdf

    • Ya eu un problème de RSS on dirait.

      Un cas de farce écologique en Aquitaine

      On sait qu’aujourd’hui, même la destruction de la nature est devenue « écologique », sécrétant tout à la fois un « capitalisme vert », une « croissance verte », des « technologies vertes » censées ouvrir un renouveau d’expansion à la vieille économie fossile. Ce « Green New Deal » génère une prolifération de règles incitatives et répressives, accompagnées d’une perpétuelle campagne médiatique, civique, « participative », en faveur des « bonnes pratiques » et des dispositifs « intelligents » (poubelles pucées, compteurs « Linky », labels verts). Il faut « éduquer les gens ». C’est-à-dire les acculturer à leurs nouveaux modes de vie. D’où la création d’une bureaucratie verte, ramassis d’experts et de carriéristes de l’environnement, en charge de l’inventaire et de la gestion des « ressources » résiduelles. C’est-à-dire de la fusion entre l’écologie et l’économie. Que reste-t-il ? Combien ça coûte ?

      Par exemple l’Agence Régionale pour la Biodiversité en Aquitaine (ARBA).

      Un sigle plaisamment kafkaïen qui jaunit les sourires de nos amis bordelais, disciples de Jacques Ellul et de Bernard Charbonneau, les fondateurs de l’écologie politique.

      Ce phénomène, annoncé dans Le Feu vert de Bernard Charbonneau (1980, réédition Parangon 2009), a été récemment analysé par Riesel et Semprun dans Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable (éditions de l’Encyclopédie des nuisances, 2008), et encore mieux décrit dans L’enfer Vert de Tomjo (éditions l’Echappée, 2013), à partir du cas de Lille Métropole.

      Ce que nous montre ici le compte-rendu d’un quidam, c’est comment s’opère dans les esprits, au cours d’une soirée de l’ARBA, cette fusion dirigée de l’économie et de l’écologie. Comment les différents « acteurs » sont mis en scène, tiennent leurs « rôle », et récitent leurs répliques à l’intention d’un public « participatif » qui n’est pas en reste. C’est cocasse. C’est sinistre. C’est minable. Et c’est pourtant ainsi, à force de répétition, que s’imposent à la longue le discours et le fait accompli d’une époque.

      #Aquitaine #ARBA #enfer_vert #critique_techno


  • Linky : la filière grenobloise
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=751

    Linky, c’est ce mouchard électronique qui remplacera votre compteur électrique à partir de 2015, pour contrôler en permanence la consommation de vos appareils, et connaître ainsi votre activité domestique. Il y a des nuisances sanitaires (champs électromagnétiques - des ondes maléfiques), des gens les dénoncent (voir Next Up Organisation, Robin des toits, la journaliste Annie Lobé). Il y a surtout un progrès dans l’emprise techno-totalitaire, avec en ligne de mire l’habitat-machine intégré dans la cité-machine pilotée par la « machine à gouverner ». En y regardant de plus près, nous avons constaté que le « laboratoire grenoblois », cet incubateur du progressisme techno-politique (rose et vert), avait contribué de façon déterminante, dans toutes ses composantes - politiques, scientifiques, universitaires, (...)

    http://www.next-up.org/Newsoftheworld/CPL.php#1
    http://www.robindestoits.org
    http://www.santepublique-editions.fr #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Linky_Grenoble.pdf

    • Ce n’est pas un complot, c’est un rapport de forces : IBM a un projet techno-totalitaire pour la planète ; la technocratie veut des solutions de gestion optimales du troupeau humain ; celui-ci acquiesce au nom du « progrès », de son désir de prise en charge et par l’impuissance propre au troupeau. Palmisano et ses complices ont créé la smart planet suivant leur volonté.

      Donc, en 2015 voici les réseaux « intelligents » (smart grids) et les compteurs Linky. Avec des puces et des capteurs sur les équipements électriques et dans le réseau lui-même, ce système permet l’analyse des données de production, de distribution, de consommation, et la prise de décision en temps réel.

      On connaît le smart principe : tout doit s’hybrider avec l’informatique pour serrer les mailles du filet électronique. Les smart grids croisent deux hyper-technologies : l’électricité et le numérique. Cela semble vague, c’est une révolution de plus dans nos pauvres vies de bipèdes. L’électricité, c’est le power. EDF, c’est l’Etat dans l’Etat, suivant un cliché qui dit vrai. Les hyper-technologies sont un hyper-pouvoir. Leur interconnexion nous laisse, simples humains, sans arme face à un titan automatisé. Les machines parlent aux machines. Le frigo dialogue avec le compteur, qui échange avec le transformateur, qui informe le distributeur. Prière d’exister sans déranger les objets. Prière de se conformer à leurs consignes.

      #IBM #ville_intelligente #smart_city #smart_planet #smart_grids #Linky #électricité #flux #informatisation #réseau #cybernétique #critique_techno

    • Le prétexte ? Sauver la planète. Le but réel ? Permettre au système de production d’électricité d’absorber une demande croissante, et d’injecter des énergies dites renouvelables dans le réseau. Pour quoi faire ? Alimenter les gadgets high tech, les voitures électriques et surtout, les infrastructures de la smart city, la cité-machine qui cyber-pilote l’existence de ses citoyens-fourmis : routes automatiques, capteurs et puces RFID, Internet des objets, domotique, objets communicants, robots et automates, data centers, etc. La ville et la planète « intelligentes » sont d’abord une ville et une planète électriques. Sans courant, pas de connexion. Voilà pourquoi, en 2014 devant le Sénat, l’ex-PDG d’EDF Henri Proglio se déclare « convaincu qu’à l’horizon 2030, compte tenu de l’augmentation de la demande, l’ensemble du parc nucléaire actuel - y compris Flamanville - suffira à peine à couvrir la moitié des besoins ». Compris, les nigauds de l’éco-citoyenneté et de la COP21 ? Il n’est pas question de réduire la consommation d’électricité globale, mais de rationaliser la distribution pour mieux numériser notre passage sur Terre.

      C’est à cela que sert Linky. Il est l’outil de notre incarcération dans le monde-machine. C’est pour ce motif que nous devons le refuser. Certes, le compteur « intelligent » inondera nos maisons de champs électromagnétiques toxiques. Mais obtenir le blindage anti-rayonnement de nos circuits électriques ne nous épargnera ni l’enfer Vert ni la smart planet.

      Et donc même argument que pour les OGM, la téléphonie mobile, etc : oui il y a sûrement des problèmes de santé qui vont avec, mais ce n’est pas l’argument principal (qui d’ailleurs peut parfaitement se retourner contre nous suivant les avancées, les études et contre-études à l’infini). L’argument principal il est politique, il est sur le contrôle de la population, sur la liberté.

      #rationalisation #enfer_vert


  • Jean-Vincent Placé, François de Rugy et le dégoût de la #politique
    http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1886

    Je n’aborde pas les causes de ce naufrage, que je crois, que j’espère définitif. Ce qui m’ennuie et me navre, c’est de ne pas savoir inventer un mot nouveau qui puisse s’imposer. D’évidence, s’ils sont écologistes, je ne le suis pas. Et inversement. Bien sûr, dans mon intérieur mental, je sais bien que ce mouvement n’est en aucune manière écologiste, mais à quoi bon le clamer ? Ils ont le label, ils ont préempté la belle maison que je souhaitais si fort habiter. Le mal est fait, et je sais bien qu’il est irréparable. Au reste, il faut une bonne raison pour qu’un mot s’impose. Et beaucoup de temps pour que son usage disparaisse. Je vous laisse réfléchir sur la destinée des mots socialiste et communiste. Et Dieu sait que le mot communiste est superbe, si sa réalité fut ignoble.

    #faisans #arrivistes


  • Les scientifiques le disent : la dénatalité ou la mort | Pièces et main d’œuvre
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=389

    « Maintenant, c’est plus seulement Pièces et main d’œuvre qui le dit, c’est Nature. » Ainsi parlaient des chercheurs, il y a quelques jours dans les couloirs de la fac d’Orsay. Ils avaient tort. Bien d’autres, depuis des décennies, prophètes de malheur et oiseaux de mauvais augure, annoncent l’effondrement écologique et ses effets catastrophiques pour l’humanité. Mais pour éveiller l’attention d’universitaires diplômés et des médias, il faut la caution - tardive – de la plus prestigieuse revue scientifique du monde. Deux revues font autorité dans le milieu scientifique mondial. Publier dans Science ou Nature est un triomphe pour les chercheurs. Nature, publication britannique créée en 1869, est la revue scientifique interdisciplinaire la plus citée au monde. Le 7 juin 2012, elle a publié une synthèse signée d’une vingtaine de chercheurs internationaux (spécialistes en paléontologie, biologie, géosciences, géographie, biochimie, géologie, biodiversité, entre autres, mais aussi « écoinformatique et écologie computationnelle »), intitulée « Approching a state shift in Earth’s biosphere » (à lire ici), nous alertant d’un proche basculement de la biosphère, irréversible et brutal. Ayant croisé de nombreuses sources, les auteurs concluent : la conjugaison de la crise climatique, de la perte accélérée de la biodiversité, de la transformation rapide des flux d’énergie et de la dégradation générale des écosystèmes pourrait conduire à un seuil irréversible, (...)

    #Nécrotechnologies