• #La_Clusaz : #victoire définitive, la #montagne ne sera pas déboisée pour des #canons_à_neige

    « Le peuple de la #forêt de la #Colombière peut souffler », s’est réjoui le collectif #Fier-Aravis

    La victoire est désormais définitive pour les associations et citoyens engagés dans la lutte contre le projet de #retenue_d’eau_collinaire du #plateau_de_Beauregard censée approvisionner des canons à neige. L’État a décidé de ne pas faire appel de la décision de #justice annulant l’autorisation de construction de la retenue.

    Après plus de 5 ans de combat, c’est une victoire totale pour tous les habitants, associations et élus qui s’opposaient au déboisement du plateau de #Beauregard. Parmi eux : les associations requérantes France Nature Environnement Haute-Savoie, FNE AURA, Mountain Wilderness, La Nouvelle Montagne, LPO AURA-Haute-Savoie, Fédération de pêche de la Haute-Savoie.

    « Le peuple de la forêt de la Colombière peut souffler », s’est réjoui le collectif Fier-Aravis.

    Il était impliqué dans la lutte pour protéger la montagne du projet de retenue d’eau de la municipalité de La Clusaz. Au cœur des #Aravis (#Haute-Savoie), ce cratère de 148 000 m³ dans la montagne (l’équivalent de 60 piscines olympiques et d’une surface au sol de 5 terrains de foot) aurait détruit 8ha de bois abritant 58 espèces protégées et risquait d’assécher la #tourbière remarquable de Beauregard, classée #Natura2000.

    Sur les 150 000 m3 d’#eau stockées, 2/3 devait servir aux canons à des fins d’#enneigement_artificiel. Face à cet #accaparement de l’#eau_potable, de nombreux collectifs, dont Extinction Rebellion Annecy, La Cluzad et Sauvons le Plateau de Beauregard de la Destruction – la Clusaz, s’étaient fortement mobilisés.

    Après une première occupation du bois en novembre 2021, une #ZAD s’était perchée en haut des arbres qui risquaient d’être abattus pour les protéger en septembre 2022, jusqu’à ce que la justice tranche en leur faveur.

    « En tout, la justice nous a donné quatre fois raison. Comme quoi, ce projet est bien illégal depuis le début », a pointé le collectif Fier-Aravis auprès de La Relève et La Peste

    L’#arrêté déclarant cette retenue d’#utilité_publique avait été rendu caduque par le tribunal administratif de Grenoble en octobre 2022. L’audience du #recours sur le fonds a eu lieu le mardi 17 juin 2025. Dans ses conclusions, la rapporteure a préconisé l’annulation totale de l’arrêté d’autorisation de la retenue.

    Hier, la Préfecture a déclaré que l’État ne va pas faire appel de la décision du tribunal sur le fonds, rendant la victoire totale pour toutes les personnes impliquées dans le collectif « #Sauvons_Beauregard ».

    « Les mobilisations fonctionnent ! s’est réjouie Valérie Paumier sur les réseaux sociaux. Nous sommes encore dans un état de droit ! »

    Une magnifique démonstration de l’alliance inestimable entre occupation de terrain, pédagogie sur les communes concernées et luttes juridiques pour protéger les communs de nos territoires.

    De son côté, le collectif Fier-Aravis a déclaré rester vigilant. La Clusaz a été retenue comme site hôte olympique pour les J0230.

    https://lareleveetlapeste.fr/la-clusaz-victoire-definitive-la-montagne-ne-sera-pas-deboisee-pou

    #déboisement

  • « Depuis six décennies, l’#aménagement touristique de la #montagne est engagé dans une fuite en avant »

    L’attribution des #Jeux_olympiques d’hiver de 2030 à la #France risque de retarder encore l’engagement des communes touristiques de montagne dans la #transition_écologique, estime, dans une tribune au « Monde », le géographe #Rémy_Knafou.

    La France a eu des politiques touristiques pour la montagne ; elle n’en a plus depuis longtemps. Et la récente décision d’attribuer à la candidature française les Jeux olympiques d’hiver de 2030 ne va pas faciliter la transition juste que le réchauffement climatique, plus important qu’en plaine, appelle pourtant.

    Le #plan_neige des années 1960, sous la présidence du général de Gaulle, était une réponse à l’#exode_rural qui vidait la montagne de ses forces vives et au projet de retenir en France la clientèle des skieurs français qui fréquentait les pays alpins voisins. Il en résulta la création ex nihilo en haute altitude de nombreuses stations de sports d’hiver et l’aménagement de vastes #domaines_skiables, désormais parmi les plus étendus de la planète.

    Avalanches et glissements de terrain meurtriers couplés à une mévente immobilière incitèrent l’Etat à un infléchissement, qui s’exprima dans le #discours_de_Vallouise, prononcé par le président #Valéry_Giscard_d’Estaing, le 23 août 1977 : « Trop de #résidences_secondaires s’éparpillent au gré des ventes de #terres_agricoles. Trop de #stations_de_ski furent implantées sans tenir compte suffisamment des populations locales et des contraintes de l’#environnement. L’effort de l’Etat portera dorénavant sur un tourisme intégré à d’autres activités, accessible au plus grand nombre, respectueux des sites et des #paysages. »

    Des clientèles étrangères en majorité fortunées

    En 1985, l’Etat s’est doté d’une loi « montagne », qui entendait à la fois développer et protéger – ce que, de facto, la France faisait déjà depuis une vingtaine d’années avec la création, en 1963, du #parc_national_de_la_Vanoise : tout était interdit dans sa zone centrale quand (presque) tout était permis dans sa zone périphérique, où se développaient quelques-unes des plus importantes stations françaises de #sports_d’hiver.

    Mais force est de constater que cette loi « montagne », complétée en 2016 par la loi « montagne II », n’a pu ralentir la progression de l’#immobilier en altitude, de l’équipement en #remontées_mécaniques et en #neige_artificielle, tandis que, parallèlement, les espoirs de #démocratisation du ski disparaissaient d’un marché porté par la venue croissante de clientèles étrangères en large majorité fortunées.

    Ainsi, depuis six décennies, l’aménagement touristique de la montagne est engagé dans une #fuite_en_avant – que j’avais déjà analysée dans ma thèse, publiée en 1978, « Les stations intégrées de sports d’hiver des Alpes françaises » (Masson) –, la croissance immobilière appelant constamment l’extension des domaines skiables et ceux-ci nécessitant à leur tour la construction de nouveaux programmes résidentiels. C’est ainsi que la seule #Tarentaise en est arrivée à totaliser en altitude 427 500 lits touristiques, soit plus que de la population cumulée des deux agglomérations d’Annecy et de Chambéry !

    Un cercle vicieux défendu par les #lobbys du ski

    La montagne hivernale a produit une machine infernale, sorte de course-poursuite sans fin entre les lits et les remontées mécaniques. La nécessité, toujours pour alimenter le chiffre d’affaires des remontées mécaniques, de remplacer les lits « froids » – les passoires thermiques représentent près de la moitié du parc ! – construits dans les années 1960-1990 et progressivement sortis du marché nourrit aujourd’hui cette dynamique.

    L’actuelle croissance immobilière va donc à l’encontre de ce qu’il faudrait faire : elle poursuit l’#artificialisation_des_sols, attire une clientèle étrangère qui va accroître l’empreinte carbone des stations et repose sur une progression de l’#enneigement_artificiel – c’est en effet une attente des acquéreurs de logements à plus de 15 000 euros le mètre carré, qui souhaitent sécuriser la pratique du ski, quels que soient les aléas d’un enneigement sur le repli.

    On voit comment le système touristique de la montagne hivernale a enfanté un cercle vicieux défendu par les puissants lobbys du ski – dont la dernière victoire en date est la promesse de l’organisation des Jeux olympiques d’hiver en 2030.

    A la recherche d’un équilibre de développement

    La France a été préférée à la Suède et à la Suisse parce que le #Comité_international_olympique (#CIO) aurait prudemment opté pour le pays qui n’avait pas le projet de soumettre à référendum ou à votation sa candidature – on le sait, le CIO ne trouve plus de candidatures que dans les pays dictatoriaux ou dans les démocraties qui ne demandent pas leur avis aux populations afin d’éviter le refus des citoyens contribuables.

    Au lieu de célébrer cette victoire trop facile, les pouvoirs publics s’honoreraient à engager la montagne touristique dans une transition juste, d’autant que les conditions semblent malgré tout favorables. En effet, face au réchauffement climatique, la montagne a et aura un avenir touristique, avec ou sans neige, car on y trouvera, en été en particulier, des températures plus supportables qu’ailleurs.

    Les communes et stations qui continueront à vivre du ski devraient le faire à plusieurs conditions. Il leur faudrait tout d’abord considérer le niveau actuel de développement comme un état d’équilibre qui permet de bien vivre sans poursuivre la construction de nouveaux #logements, l’effort étant tourné vers la #rénovation de l’existant. De plus, elles ne devraient plus se lancer dans des projets d’aménagement accentuant la pression sur un milieu naturel déjà très exploité, et qui pourraient compromettre leur réorientation économique, celle-ci étant inévitable à moyen ou à long terme.

    Prendre l’avis de toutes les populations

    Lorsque de tels projets (nouvelles urbanisations, retenues d’eau pour les canons à neige, etc.) sont néanmoins retenus, les communes devraient réfléchir à la manière de prendre en compte non seulement les avis de ceux qui habitent ces lieux touristiques à l’année, mais aussi les avis de ceux qui font vivre ces lieux en les fréquentant : une petite minorité ne devrait plus décider seule du sort de ces lieux.

    Enfin, les communes devraient alimenter un #fonds_de_prévoyance – car les temps difficiles finiront par arriver, même pour les communes de haute altitude –, afin que la collectivité nationale ne soit pas amenée, in fine, à financer une reconversion qu’elles auront refusé de préparer. C’est à ce prix que l’attribution des Jeux olympiques d’hiver à la France, si elle est confirmée, ne se transformera pas en victoire à la Pyrrhus.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/12/30/depuis-six-decennies-l-amenagement-touristique-de-la-montagne-est-engage-dan
    #tourisme #aménagement_du_territoire #ski #loi_montagne #Vanoise #loi_montagne_II #lits_froids