• Le 18/06, l’#Atécopol a organisé la 1ere #journée_d'étude universitaire ouvertement #critique sur IAg

    1 - Intro :
    https://www.youtube.com/watch?v=g3Wh5VhLLgY

    2 - L’IAg et ses dégâts socio-écologiques :
    https://youtu.be/kYlDHs5WhoY

    3 - Ce que l’IAg fait à la #recherche :
    https://youtu.be/OL-dL0RokNs

    4 - Ce que l’IAg fait à l’#enseignement :
    https://youtu.be/yShSZCCfZ7U

    5 - Faire avec l’IAg dans l’ESR ? :
    https://youtu.be/P7BVVbPVEas

    6 - Que proposent les signataires du #manifeste ? :
    https://youtu.be/6_DbxyF4lKU

    –-

    ATelier d’ÉCOlogie POLitique

    https://atecopol.hypotheses.org

    #IA #intelligence_artificielle #ESR #écologie #vidéo #conférence #écologie_politique

  • La Cour des comptes dénonce l’emprise de l’enseignement catholique sur la formation des enseignants du privé
    https://www.liberation.fr/societe/education/la-cour-des-comptes-denonce-lemprise-de-lenseignement-catholique-sur-la-f

    Sur le papier, #Formiris est une structure autonome chargée d’organiser la #formation de ces enseignants. Dans les faits, un autre acteur apparaît partout dans son fonctionnement : le Secrétariat général de l’enseignement catholique, qui représente le secteur auprès des pouvoirs publics et porte ses orientations nationales, dont le représentant est nommé par la Conférence des évêques de France. Son empreinte est partout : dans les nominations, les grandes orientations, les arbitrages et la politique de formation. Au point que la Cour des comptes parle d’une « tutelle effective » du #Sgec sur Formiris et même d’une « subordination » de la fédération aux instances catholiques.

    Pourtant, le Sgec n’a rien à faire là-dedans. Pourquoi ? Parce que les enseignants du privé sous contrat ne sont pas des salariés de l’Eglise mais des agents publics exerçant dans des établissements associés à l’Etat par contrat.

    [...]

    Derrière cette bataille institutionnelle, il y a une question beaucoup plus concrète : où va l’argent ? La Cour des comptes constate que les organismes de formation du réseau catholique raflent à eux seuls près des trois quarts des formations financées par Formiris. Or plusieurs représentants de ces mêmes institutions participent aussi aux décisions de la fédération. Autrement dit, ceux qui bénéficient d’une large part des financements siègent aussi dans les instances qui contribuent à les orienter. Une proximité que les magistrats jugent suffisamment problématique pour recommander d’écarter des délibérations les structures susceptibles de bénéficier directement ou indirectement des marchés attribués.

    [...] les magistrats montrent que l’argent attribué pour former les enseignants est parfois utilisé pour financer des projets qui n’ont rien à voir avec cette mission. Le Sgec sait « user de sa position prépondérante » pour faire financer des actions qui « ne relèvent pas de la mission première de la fédération ».

    Où passe réellement l’argent ? Sur les 33,8 millions d’euros consacrés à la formation continue en 2024-2025, seuls 17,7 millions financent directement des actions de formation. Les frais de fonctionnement absorbent à eux seuls 11,9 millions d’euros, dont près de 9 millions de masse salariale. Les zones d’ombre ne s’arrêtent pas là. La Cour estime qu’il est aujourd’hui impossible de vérifier concrètement le respect du principe de parité entre enseignement public et privé sous contrat.

    Et les contenus des formations alors ? Les magistrats ne s’attardent pas dessus, mais tiquent sur certaines. Exemple, cette formation congréganiste comprenant une demi-journée intitulée « Le projet de Dieu pour l’homme », dont le financement sur fonds publics « pose question ». Là encore, les magistrats pointent les carences de l’Etat. Le ministère accorde encore « peu d’attention au contenu des formations dispensées », écrivent-ils. Autrement dit, il vérifie combien de formations sont organisées, mais beaucoup moins ce qui y est réellement enseigné. La Cour des comptes recommande donc un contrôle beaucoup plus étroit.

    #enseignement_privé

  • Pour un #label « sans #ia_générative », « Splann ! » signe le #plaidoyer de l’Atelier d’écologie politique de Toulouse
    https://splann.org/appel-journalisme-sans-ia-generative

    La #rédaction de « Splann ! » s’interdit de publier des textes, des images et des sons élaborés par l’intelligence artificielle générative. Huit mois après avoir inscrit dans cet engagement dans notre charte morale et déontologique, nous signons l’appel de l’Atelier politique pour l’émergence d’un label « Sans IA générative » dans l’enseignement, la culture, le #journalisme et les entreprises. L’article Pour un label « sans IA générative », « Splann ! » signe le plaidoyer de l’Atelier d’écologie politique de Toulouse est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #atécopol #atelier_d'écologie_politique_de_toulouse #chercheurs #déontologie #éducation #enseignement #éthique #fraude #gafam #intelligence_artificielle #LLM #manipulation #numérique #presse #propagande #recherche #scientifiques #tribune #tromperie

  • « Nous sommes débordés par l’IA » : chercheurs, ils refusent d’utiliser l’intelligence artificielle

    À rebours de leur institution, des enseignants-chercheurs appellent à refuser d’utiliser l’IA générative. Au nom de l’écologie et du besoin de reprendre la main face à une technologie imposée à marche forcée.

    Non à l’intelligence artificielle générative (IAg). La revendication ne vient pas du mouvement technocritique, mais de scientifiques français de toutes disciplines, mathématiques, informatique ou encore histoire. Leur manifeste intitulé Face à l’IA générative, l’#objection_de_conscience, lancé en décembre 2025, a recueilli six mois plus tard 3 200 signatures de membres de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et de l’éducation nationale. « Nous ne les utiliserons pas, à moins d’y être expressément contraint·es, dans nos cours, dans nos communications, dans nos recherches, dans nos activités administratives », s’engagent les signataires.

    Le cas de conscience n’est pas pris à la légère. L’IA générative est déclarée « incompatible avec les valeurs de rationalité et d’humanisme » que leurs métiers sont censés représenter. En particulier le gouffre en énergie et autres ressources nécessaires à ces technologies, incompatible avec les engagements internationaux sur le climat et la protection du vivant.

    « Travailler sur le numérique à l’ère de l’Anthropocène nous oblige à développer une approche critique, sachant qu’une trajectoire vers la neutralité carbone en 2050 est incompatible avec la croissance du numérique, en particulier avec l’IAg grand public », souligne Olivier Michel, enseignant-chercheur en informatique à l’université Paris-Est Créteil.

    Il défend « une voix discordante face aux mots d’ordre proches de l’injonction par les médias et les politiques gouvernementales comme quoi le numérique serait l’instrument de la transition ». Les auteurs listent aussi les dégâts humains, de l’ultraprécarité des « travailleurs du clic » à la déstabilisation géopolitique des régions minières.

    Si la puissance des algorithmes est largement utilisée en sciences de longue date, c’est l’IAg telle qu’elle s’est imposée depuis 2022 qui est la cible du manifeste. Cette IA, destinée à générer du texte, des images, des sons, des vidéos, sur la base de modèles de langage (LLM) entraînés sur de vastes corpus de données, a déjà fait exploser la consommation énergétique mondiale. Même si l’estimation réelle est difficile à quantifier, faute notamment de données transparentes des industriels.
    Écrits puis évalués par IA

    La nécessité de réagir s’est d’abord imposée dans leur activité d’enseignement, explique Olivier Lefebvre, auteur du manifeste. L’IA générative bouleverse en effet largement les pratiques d’apprentissage alors que la machine a réponse à tout : elle peut préparer les cours, faire les devoirs, faire les corrections…

    « Nous sommes débordés par l’irruption de l’IA dans nos universités et la réponse de nos institutions est une injonction à s’adapter aux outils et à se former pour les intégrer dans nos pratiques. Au sein de l’Atelier d’écologie politique (Atécopol) de Toulouse, nous refusons de rejoindre cette position », raconte le docteur en robotique, qui a aujourd’hui repris une thèse de sciences sociales à l’université Toulouse-Jean Jaurès.

    L’IA générative vient aussi exacerber certaines dérives de la recherche, en particulier la course aux publications scientifiques, principale mesure de la valeur d’un chercheur. Les éditeurs scientifiques croulent sous les soumissions d’articles écrits par IA, puis évalués par IA.

    Au niveau européen, dans l’évaluation des projets de recherche, on est autorisé à utiliser l’IA et il nous est expressément demandé de ne pas pénaliser des projets qui affichent avoir été écrits avec l’aide de l’IA », raconte Olivier Lefebvre, effaré du blanc-seing donné à cette technologie. L’institut de recherche Inrae a toutefois rédigé un Guide du bon usage des assistants à base d’IA génératives, soulignant « les risques et impacts que chacun doit connaître et évaluer avant de les utiliser ».

    Les politiques publiques de recherche dédient également de nombreux financements au développement d’outils d’intelligence artificielle. La stratégie IA du gouvernement a été dotée de 2,5 milliards d’euros dans le plan France 2030. « Il y a une incitation très forte à prendre l’argent et à foncer sur l’IA », commente Matthieu Romagny, signataire du manifeste et mathématicien à l’Institut montpelliérain Alexander Grothendieck.
    Les totems de la tech

    Le chercheur souligne l’ambiguïté de sa communauté vis-à-vis de cette technologie et la difficulté à se positionner. Lui insiste sur la responsabilité des scientifiques face aux utilisations qui sont faites de leurs travaux. L’IA sert notamment au déploiement des outils de contrôle des populations, comme les techniques de reconnaissance faciale.

    D’un autre côté, il reconnaît que les grands modèles de langage (Large Language Model, LLM) sont largement utilisés en mathématiques, associés parfois avec des assistants de preuve, même s’il ne s’en sert personnellement pas dans ses recherches fondamentales.

    Dans les débats avec ses pairs, toutes les nuances de positions existent. Certains utilisent l’IA, mais réfléchissent à sa frugalité, d’autres sont hérissés par ces discours considérés comme technophobes.

    Le manifeste des chercheurs insiste quant à lui sur l’importance d’agir vite, avant que l’IA générative ne refaçonne nos sociétés. « L’apparition des IAg est récente et ses usages ne sont pas profondément intégrés dans nos pratiques professionnelles », dit le texte qui plaide pour une pause. Attendre, c’est au contraire s’exposer à un « verrouillage sociotechnique » qui empêcherait tout retour en arrière. Comme pour la voiture qui a redéfini nos modes de vie et nos paysages. Ou les pesticides qui ont figé notre modèle agricole.

    Les auteurs notent que « s’il n’est pas réaliste de tout remettre en cause, il s’agit au moins de stopper ce qui peut encore l’être ». Sachant que la vitesse de déploiement de l’IA générative est sans équivalent dans l’histoire des technologies : ChatGPT atteignait 1 million d’utilisateurs seulement quelques jours après son lancement.
    Informatique low-tech

    « Beaucoup de tribunes sur les dangers de l’IA appellent à mieux la cadrer et la contrôler. Mais la question ne me semble pas là. C’est renégocier sa présence elle-même qui est nécessaire », commente Olivier Michel. Il admet que les enseignants-chercheurs sont dans une position privilégiée pour se permettre ce refus : « On est même un des derniers endroits dans l’administration publique où on peut dire non. Au sein de l’université, le personnel administratif aura plus de mal à s’affranchir de ces outils. »

    Les auteurs du manifeste se veulent porteurs d’une approche technocritique qui ne soit pas technophobe : les chercheurs pointent des voies intéressantes d’un numérique et d’IA sobres. « Les mathématiques utilisent souvent des bases de données énormes, une logique catastrophique du point de vue énergétique. Certains scientifiques travaillent volontairement sur de petits corpus, par souci d’échelle pour une consommation maitrisée », décrit Matthieu Romagny.

    Olivier Michel cherche aussi une informatique low-tech. Comme son projet d’un petit data center construit à partir du stock de vieux ordinateurs mis au rebu par l’université, alimenté par des panneaux photovoltaïques. « On doit composer avec l’âge des machines et leurs lots de pannes et de dysfonctionnements, avec de l’énergie solaire intermittente… pour comprendre quelle informatique est possible dans un monde où les ressources sont fortement contraintes », explique-t-il.

    Depuis sa sortie, le manifeste n’a pas fait réagir les institutions de recherche. Mais Olivier Lefebvre se réjouit des premiers échos, comme une rencontre avec l’école doctorale de Toulouse, sensible à leur critique de l’utilisation de l’IA générative dans un manuscrit de thèse. « Quelle serait la valeur d’un doctorat produit par un logiciel, sachant que c’est moins le résultat que le processus d’élaboration de la pensée qui fait la valeur du travail ? Une interdiction répondrait aussi au sentiment d’injustice des étudiants qui peuvent être assez critiques des outils d’IAg, mais qui craignent de se pénaliser s’ils ne les utilisent pas. »

    À ceux qui pensent que leur bataille est perdue d’avance, les objecteurs répondent que leur #résistance consiste « à s’opposer à ce qui contrevient à nos #valeurs fondamentales non pas parce que l’on pense que l’on va “gagner”, mais parce que l’on a la certitude que c’est ce qui est juste et digne, ici et maintenant ».

    https://reporterre.net/Nous-sommes-debordes-par-l-IA-chercheurs-ils-refusent-d-utiliser-l-intel
    #désobéissance #IA #AI #intelligence_artificielle #refus #ESR #recherche #enseignement #université #technologie #opposition

  • Pourquoi ne pas générer toute la population (grâce aux données synthétiques) ? | Freakonometrics
    https://freakonometrics.hypotheses.org/90190

    J’ai découvert un peu par hasard (via un post sur bsk de Thomas Delclite) une étude de l’Ifop pour Fairgen sur l’intention de vote des enseignants aux élections européennes. La note méthodologique indique que l’enquête a été menée auprès de 8 000 personnes représentatives de la population française adulte, “incluant l’équivalent statistique de 580 enseignants de collège et de lycée”, ces 580 enseignants étant “issus de 116 interviews extrapolées par la technologie DataBoostAI”. Le même document précise que cette technologie, basée sur l’IA générative, vise à améliorer la précision statistique par “génération d’échantillons synthétiques”.

    Je n’ai jamais été très bon en sondages, mais comprends bien l’enjeu pratique. Dans un sondage national, certains groupes sont trop petits pour être analysés directement. Si l’on interroge 1 000 personnes, il est possible que l’on n’ait que quelques dizaines d’enseignants, quelques dizaines d’agriculteurs, ou quelques dizaines de personnes concernées par une situation particulière. Les résultats par sous-groupe deviennent alors très instables. Le billet récent de Thomas Delclite (publié par Mediapart, sous le titre “Quand 1000 personnes ne suffisent pas”) pose clairement ce problème, en expliquant que la réponse expérimentée consiste, en quelque sorte, à “inventer” des répondants supplémentaires pour mieux décrire de petits groupes. Et il explique rapidement l’idée.

    • L’intention de vote des enseignants aux élections européennes - Ifop Group
      https://www.ifop.com/article/lintention-de-vote-des-enseignants-aux-elections-europeennes

      Méthodologie de recueil

      L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 8 000 personnes
      représentatif de la #population française âgée de 18 ans et plus,
      incluant l’équivalent #statistique de 580 enseignants de collège et de
      lycée (issus de 116 interviews #extrapolées par la technologie
      #DataBoostAI).
      La représentativité de l’#échantillon a été assurée par la méthode
      des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après
      stratification par région et catégorie d’agglomération.
      La technologie DataBoostAI développée par FAIRGEN a par
      ailleurs été utilisée pour l’analyse. Basée sur l’#IA générative, elle
      repose sur un principe de mise en relation holistique des données
      recueillies lors du terrain de façon à améliorer la précision
      statistique des résultats par génération d’échantillons
      synthétiques.
      Les #interviews ont été réalisées par #questionnaire #auto-administré
      en ligne du 24 mai au 4 juin 2024.

    • merci @freakonometrics !

      Les données synthétiques peuvent être utiles. […] Mais elles demandent une discipline méthodologique stricte : distinguer le réel du synthétique, publier les effectifs réellement observés, décrire le modèle, mesurer la taille effective, propager l’incertitude de génération, tester la robustesse aux biais de sélection, et surtout ne pas présenter une prédiction comme une observation.

      discipline méthodologique stricte … c’est pas gagné quand tu vois que, de façon totalement routinière, la « précision » (ou « marge d’erreur ») d’un sondage (par une méthode plus ou moins sophistiquée de quotas) est estimée avec la formule pour le sondage aléatoire simple d’un échantillon de même taille. Au diable, les biais et autres subtilités méthodologiques !

    • Out of One, Many: Using Language Models to Simulate Human Samples | Political Analysis | Cambridge Core
      https://www.cambridge.org/core/journals/political-analysis/article/out-of-one-many-using-language-models-to-simulate-human-samples/035D7C8A55B237942FB6DBAD7CAA4E49

      Abstract

      We propose and explore the possibility that language models can be studied as effective proxies for specific human subpopulations in social science research. Practical and research applications of artificial intelligence tools have sometimes been limited by problematic biases (such as racism or sexism), which are often treated as uniform properties of the models. We show that the “algorithmic bias” within one such tool—the GPT-3 language model—is instead both fine-grained and demographically correlated, meaning that proper conditioning will cause it to accurately emulate response distributions from a wide variety of human subgroups. We term this property algorithmic fidelity and explore its extent in GPT-3. We create “silicon samples” by conditioning the model on thousands of sociodemographic backstories from real human participants in multiple large surveys conducted in the United States. We then compare the silicon and human samples to demonstrate that the information contained in GPT-3 goes far beyond surface similarity. It is nuanced, multifaceted, and reflects the complex interplay between ideas, attitudes, and sociocultural context that characterize human attitudes. We suggest that language models with sufficient algorithmic fidelity thus constitute a novel and powerful tool to advance understanding of humans and society across a variety of disciplines.

  • France : forte hausse des frais d’inscription des étudiants étrangers hors Union européenne - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71489/france--forte-hausse-des-frais-dinscription-des-etudiants-etrangers-ho

    France : forte hausse des frais d’inscription des étudiants étrangers hors Union européenne
    Par RFI Publié le : 21/05/2026
    Selon un décret du ministère français de l’Enseignement supérieur publié mercredi, la majorité des étudiants non européens vont devoir payer des droits d’inscription en très forte hausse dès la rentrée prochaine.
    Près de 3 000 euros par an en licence, contre 178 euros aujourd’hui : c’est ce que coûtera l’inscription dans une faculté française pour les étudiants non européens. Ce décret est paru mercredi 20 mai dans le cadre d’un nouveau plan baptisé « Choose France For Higher Education » du ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste. Ce dernier a annoncé vouloir faire appliquer strictement les droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires dans les universités françaises. Cette mesure existait depuis 2019 mais était jusqu’ici peu appliquée.
    Le gouvernement décide donc de serrer la vis : les universités, qui pouvaient massivement exonérer ces étudiants, verront leur marge de manœuvre réduite progressivement à 20 % d’exonérations d’ici à septembre 2028. Seuls les étudiants déjà engagés dans un cycle d’études pourront conserver leurs avantages actuels.
    Pour le ministre de l’Enseignement supérieur, l’objectif est d’attirer des profils à « fort potentiel » sur le modèle anglo-saxon. En contrepartie, la France promet de faciliter l’obtention de visas de travail post-études. Une logique financièrement attractive pour l’État, mais jugée injuste et incohérente par les syndicats. Après de premiers rassemblements le 12 mai, une intersyndicale appelle déjà à une nouvelle journée de mobilisation nationale le 26 mai pour faire reculer le gouvernement contre cette mesure que les syndicats jugent « injuste et incohérente ».

    #Covid-19#migration#migrant#france#etudiant#politiquemigratoire#enseignementsupérieur#droit#sante

  • L’#université à l’épreuve des machines

    Les #IA génératives n’ouvrent pas seulement un nouveau chapitre de la #fraude_académique. Elles déstabilisent plus profondément le #régime_de_preuve sur lequel l’université s’est longtemps reposée : nous avons pris des textes finis pour des signes d’#apprentissage. Lorsque des réponses plausibles deviennent triviales à produire, l’enjeu n’est plus de protéger des devoirs, mais de former et d’éprouver le #jugement.

    À l’été 1956, à Dartmouth, un petit groupe de chercheurs se réunit autour d’une hypothèse que beaucoup tenaient pour de la science-fiction : tout aspect de l’apprentissage pourrait, en principe, être décrit avec une précision suffisante pour être simulé par une machine. C’est là que fut forgée l’expression « #intelligence_artificielle ». Près de soixante-dix ans plus tard, les descendants de ce pari composent des textes, du code et des argumentaires avec une aisance qui peut passer, au premier regard, pour celle d’un esprit cultivé. La question qu’ils posent à l’université n’est pas seulement technique. Elle est institutionnelle : que certifions-nous au juste lorsque nous disons qu’un étudiant a appris ?

    On affirme volontiers que l’intelligence artificielle a créé une crise de l’#éducation. C’est inexact. Elle a surtout rendu impossible à dissimuler une confusion beaucoup plus ancienne. Pendant des années, les universités ont récompensé la #fluidité plus que la #compréhension, le poli plus que la profondeur, la #performance plus que le #jugement. Tant que produire un texte cohérent demandait du #temps, de l’#effort et une #compétence relativement rare, l’illusion tenait. Elle ne tient plus. Lorsqu’un étudiant peut obtenir en quelques minutes une #dissertation propre, structurée et plausible en donnant quelques consignes à un #modèle_de_langage, la vraie question n’est plus seulement celle de la #fraude. Elle est de savoir ce que nos exercices mesuraient réellement.

    J’en ai eu récemment une illustration simple. Un étudiant me présente un brouillon impeccable : phrases nettes, transitions soignées, argumentation apparemment maîtrisée. Je lui demande pourquoi une proposition découle de la précédente. Il hésite, puis se met à décrire le texte comme on décrirait un objet : ce qu’il contient, l’effet qu’il produit, l’usage qu’on peut en faire. Le #texte avait été généré avec l’aide d’un modèle, puis retouché. Il était correct. Il n’était pas habité. Ce qui frappait n’était pas l’usage de l’outil, mais la dissociation entre l’#aisance_verbale et le #travail_de_la_pensée. Le problème n’était pas seulement l’#auctorialité du texte ; c’était l’effondrement du lien entre la #production_d’un_écrit et la #preuve_d’un_apprentissage.

    Produire un résultat, former un jugement

    C’est ce lien que l’IA fragilise. L’université moderne a longtemps traité la #production_finie comme l’indice suffisant d’un travail intérieur : un devoir rendu, un commentaire composé, une note de synthèse, un mémoire. Or produire un résultat n’est pas former un jugement. Certaines opérations peuvent être déléguées parce qu’elles visent un objet extérieur : mettre en forme, résumer, reformuler, ordonner des matériaux. D’autres changent de nature dès qu’on prétend les déléguer : remarquer ce qui résiste, identifier une faille, peser une objection, décider qu’une conclusion ne suit pas, répondre de ce que l’on avance. Ces actes n’ont d’effet que si une personne les accomplit. Leur fin n’est pas seulement de produire un énoncé ; elle est de former celui qui l’énonce.

    Formulé autrement, le problème n’est pas d’abord qu’un texte généré puisse ressembler à un texte d’étudiant. Il est que l’institution ait peu à peu cessé de distinguer entre un artefact verbal convaincant et une pensée véritablement éprouvée. Ce que l’IA met en crise, ce n’est donc pas seulement l’#authenticité des copies ; c’est le type d’épreuve à partir duquel l’université prétend reconnaître une formation.

    Le cas français est ici instructif à condition de ne pas le mythifier. Certaines de ses formes les plus exigeantes – dissertation, khôlle, soutenance, oral de concours – ont longtemps reposé sur une intuition simple : un texte ne suffit pas, encore faut-il qu’un sujet en réponde. Mais la #massification_universitaire, la #bureaucratisation de l’#évaluation et la multiplication des #livrables ont, là aussi, restauré le règne du produit fini. L’intérêt de ces traditions n’est donc pas de fournir un refuge nostalgique. Il est de rappeler qu’une #épreuve_intellectuelle est d’abord un dispositif de mise en #responsabilité.

    On aurait tort d’y voir le privilège de quelques filières d’élite. La logique qui importe n’est pas sociale ; elle est épistémique : rendre visible, dans un échange, ce qu’aucun livrable ne montre à lui seul.

    L’ignorance de qualité

    Ce point vaut aussi pour la recherche. Le scientifique ne travaille pas seulement avec du #savoir_établi ; il travaille avec des #problèmes. Ou, selon la formule du biologiste Stuart Firestein, avec de « l’#ignorance_de_qualité » : une conscience disciplinée de ce qui #manque, de ce qui ne tient pas encore, de la question qui n’a pas trouvé sa forme définitive. L’image est celle d’un cercle qui s’élargit : plus le savoir croît, plus sa circonférence – c’est-à-dire la frontière avec ce que nous ne comprenons pas encore – s’étend. La #découverte ne vit pas au centre du cercle, dans l’archive stabilisée de ce qui a été établi. Elle vit à la périphérie, là où les #certitudes se dissolvent et où les #questions n’ont pas encore reçu de réponse.

    Je le vois au quotidien dans ma propre discipline, la biologie mathématique. Formuler une hypothèse féconde n’est pas un exercice de combinatoire sur ce qui est déjà publié. C’est un acte qui commence par une perception : quelque chose ne colle pas dans les données, un résultat établi n’est pas aussi robuste qu’on le croit, une question importante se dissimule derrière des formulations convenues. Cet acte de perception précède la méthode. Il suppose qu’un esprit ait séjourné assez longtemps dans l’#incertitude pour sentir, presque physiquement, où se trouve le problème digne d’être posé. C’est un travail de longue haleine, qui ne se transmet pas par simple énonciation.

    Les grands modèles de langage opèrent avec une virtuosité remarquable dans le domaine du déjà-dit. Ils synthétisent, recombinent, prolongent l’archive. Lorsqu’ils paraissent proposer une hypothèse nouvelle, ils remontent en réalité une hypothèse connue ou oubliée depuis l’intérieur de leurs données d’entraînement. Ils ne séjournent pas dans l’incertitude comme le fait un esprit engagé dans une #enquête. Ils ne sentent pas, de l’intérieur, qu’un raisonnement est creux malgré sa correction apparente. Ils peuvent étendre le discours ; ils ne peuvent pas assumer la responsabilité de la #vérité. Former des chercheurs, c’est former des esprits capables de se tenir à la circonférence du cercle. Ce n’est pas seulement leur transmettre ce qui est su ; c’est leur apprendre à habiter ce qui ne l’est pas.

    C’est pourquoi la #recherche n’est pas un supplément prestigieux à la mission pédagogique de l’université. Un enseignant qui travaille lui-même à la frontière du connu n’apporte pas seulement un stock de contenus : il introduit les étudiants à une certaine manière d’habiter l’incertitude, de formuler une objection, d’accepter qu’une bonne question vaille davantage qu’une réponse prématurée. L’université commence à perdre sa raison d’être lorsqu’elle sépare trop nettement #transmission, recherche et #jugement. Cette proximité avec la recherche n’est pas un luxe réservé à quelques-uns ; elle est la condition d’une université qui ne se contente pas d’administrer des connaissances.

    Les deux fausses sorties

    D’où l’insuffisance des deux réponses les plus répandues. La première est l’#interdiction : détecteurs, surveillance, inflation réglementaire. Elle est vouée à l’épuisement. Ces outils sont déjà trop présents pour être tenus durablement hors des salles de cours, et il serait absurde de former des diplômés condamnés à ignorer la technologie la plus structurante de leur époque. La seconde est la #capitulation_managériale : réduire l’université à une école d’adaptation où l’on apprend surtout à rédiger de bonnes consignes et à exploiter plus vite les outils. L’étudiant devient alors un opérateur. Dans les deux cas, on présuppose que la mission de l’université consiste avant tout à produire des réponses. C’est précisément ce que l’IA nous oblige à réexaminer.

    La bonne réponse est plus exigeante. Elle consiste moins à inventer une mission nouvelle qu’à rendre à l’université sa tâche propre : former le jugement en mettant les esprits à l’épreuve. Cela suppose davantage d’écriture en présence, davantage de défense orale des arguments, davantage de séminaires organisés autour de questions réelles plutôt que de réponses attendues. Une conversation de dix minutes suffit souvent à distinguer une idée comprise d’une idée seulement produite. Si l’étudiant utilise l’IA, qu’il le dise, qu’il en montre les traces, qu’il explique ce qu’il a gardé, écarté, reformulé, et pourquoi. L’enjeu n’est pas la police des usages ; c’est la responsabilité de l’énonciation.

    À Dartmouth, là même où l’expression « intelligence artificielle » fut inventée, nous commençons à intégrer ces outils non comme des raccourcis, mais comme des occasions de #rigueur. Dans certains séminaires d’écriture de première année, les étudiants peuvent demander à un modèle de proposer des contre-arguments ou des interprétations alternatives. Puis le vrai travail commence : annoter ce que l’outil a produit, repérer ce qui est inexact ou inventé, défendre à voix haute les choix retenus et ceux qui ont été écartés. Un étudiant est ainsi arrivé avec un paragraphe élégamment rédigé et une citation assurée. Lorsqu’on lui a demandé d’où venait la source, le silence s’est installé. Il a fallu remonter pas à pas le fil du texte généré, reconnaître que la référence n’existait pas, puis reprendre l’argument en nommant cette fois l’incertitude plutôt qu’en la recouvrant. L’outil avait accéléré la rédaction ; le séminaire a exigé le jugement.

    Le principe du #tutorat

    Paradoxalement, la solution la plus moderne est peut-être l’une des plus anciennes : le principe du tutorat. Il ne s’agit pas d’un artifice institutionnel hérité d’Oxford ou de Cambridge, mais d’une forme pédagogique dont la logique philosophique est beaucoup plus ancienne. La #disputatio médiévale, l’#entretien_socratique, la soutenance de thèse – toutes ces pratiques partent d’une même intuition : la pensée véritable se manifeste et se vérifie dans le #dialogue, lorsqu’un esprit doit répondre à la question qu’un autre esprit lui pose.

    Ce que le tutorat met à l’épreuve n’est pas la mémoire, ni même la qualité du texte préalablement rédigé. C’est la capacité de l’étudiant à habiter son propre #argument : à en suivre les implications lorsqu’elles sont contestées, à reconnaître les points où il avait escamoté la difficulté, à reformuler en temps réel lorsqu’une objection oblige à préciser. Cette épreuve ne peut être simulée. Non parce que la machine manquerait d’intelligence, mais parce que l’acte dont il s’agit est, par sa nature même, celui d’une personne qui répond de ce qu’elle a dit.

    Un étudiant écrit, puis s’assoit face à un enseignant ou à un chercheur et soutient son #argumentation dans une #conversation. Il devient alors difficile de se cacher derrière l’élégance de surface. Une machine peut fournir un texte ; elle ne peut ni répondre de ce qu’elle affirme, ni porter la responsabilité d’une idée. Ce n’est pas un archaïsme pédagogique. C’est peut-être, dans l’âge des machines à réponses, la forme la plus contemporaine de l’exigence universitaire.

    Généraliser ce principe ne suppose pas de copier la forme sociale du tutorat anglais. Il s’agit d’en adopter la logique : des séminaires qui culminent dans une #défense_orale ; des laboratoires où l’étudiant doit expliquer ce qu’un résultat dit et ce qu’il ne dit pas ; une pédagogie de l’écriture qui rend visible le travail de #révision et exige que l’étudiant assume ses #choix. Dans le monde français, les traditions de la dissertation orale, de la khôlle et de la soutenance fournissent des points d’ancrage précieux. Elles ne sont pas à ranger au musée. Elles sont à réactiver.

    L’université et le jugement démocratique

    Les enjeux de cette redéfinition dépassent de beaucoup les murs de l’université. L’IA amplifiera tout à la fois le savoir et le bruit, la productivité et la manipulation, la connaissance et la #désinformation. Dans un tel environnement, la compétence la plus précieuse n’est pas celle de produire rapidement des énoncés vraisemblables – les machines le feront toujours mieux que nous. C’est celle d’évaluer ce que l’on reçoit, de distinguer un argument d’une #rhétorique, de reconnaître les signes d’une fabrication, et de changer d’avis sans humiliation lorsque les preuves l’exigent.

    Aucune #démocratie ne survit à long terme si ses citoyens confondent la fluidité d’un énoncé avec sa vérité. Or la fluidité, désormais, est gratuite. Dans les mois qui viennent, elle sera mise au service aussi bien du commerce que de la propagande, de la science que du charlatanisme, de la délibération publique que de l’influence algorithmique. Les institutions qui forment des esprits capables de résister à cette saturation – qui apprennent à peser, à #douter, à #réviser – jouent donc un rôle civique que l’on ne peut pas sous-traiter. L’université est la première de ces institutions, non par privilège, mais par fonction.

    Cette fonction n’est pas nouvelle. Elle est consubstantielle à l’idée d’#enseignement_supérieur telle qu’elle s’est formée dans la tradition européenne : former des personnes capables de peser des #preuves, d’articuler une #conviction, et d’en porter la #responsabilité_publique. Ce que l’IA met en demeure, ce n’est pas cette tradition ; c’est la dérive qui a, dans trop d’institutions, substitué à la formation du jugement la certification de productions.

    Ce qui se déplace

    L’université n’aura pas à rivaliser avec les machines sur le terrain des réponses. Elle perdrait d’avance, et ce serait une erreur de terrain. Son avenir dépend d’autre chose : sa capacité à redevenir le lieu où l’on apprend non seulement à produire des énoncés plausibles, mais à en répondre. À mesure que les réponses deviennent abondantes, la rareté se déplace. Elle ne réside plus dans l’#information, mais dans la formation d’un esprit capable d’assumer un jugement, de l’exposer à la #contradiction, de le réviser et d’en porter la responsabilité.

    C’est dans ce déplacement que se joue l’avenir de l’institution. Les universités qui persisteront à produire des diplômes au sens administratif – des certificats adossés à des livrables acceptables – trouveront dans l’IA un concurrent imbattable et un révélateur. Celles qui redécouvriront leur tâche propre – former des esprits capables de juger – découvriront que la technologie qui semblait les menacer avait en réalité clarifié leur mission. L’âge de la machine à réponses est peut-être, paradoxalement, celui où l’université retrouve ce pour quoi elle a été faite.

    https://aoc.media/analyse/2026/05/12/luniversite-a-lepreuve-des-machines
    #AI #intelligence_artificielle #à_lire

    –—

    Je retiens notamment :

    D’où l’insuffisance des deux réponses les plus répandues. La première est l’interdiction : détecteurs, surveillance, inflation réglementaire. Elle est vouée à l’épuisement. Ces outils sont déjà trop présents pour être tenus durablement hors des salles de cours, et il serait absurde de former des diplômés condamnés à ignorer la technologie la plus structurante de leur époque. La seconde est la capitulation managériale : réduire l’université à une école d’adaptation où l’on apprend surtout à rédiger de bonnes consignes et à exploiter plus vite les outils. L’étudiant devient alors un opérateur. Dans les deux cas, on présuppose que la mission de l’université consiste avant tout à produire des réponses. C’est précisément ce que l’IA nous oblige à réexaminer.

    La bonne réponse est plus exigeante. Elle consiste moins à inventer une mission nouvelle qu’à rendre à l’université sa tâche propre : former le jugement en mettant les esprits à l’épreuve. Cela suppose davantage d’écriture en présence, davantage de défense orale des arguments, davantage de séminaires organisés autour de questions réelles plutôt que de réponses attendues. Une conversation de dix minutes suffit souvent à distinguer une idée comprise d’une idée seulement produite. Si l’étudiant utilise l’IA, qu’il le dise, qu’il en montre les traces, qu’il explique ce qu’il a gardé, écarté, reformulé, et pourquoi. L’enjeu n’est pas la police des usages ; c’est la responsabilité de l’énonciation.

  • Derniers jours pour commander nos livrets d’enquête sur les #Lycées_Agricoles et sur la crise de l’hôpital
    https://splann.org/livrets-enquete-lycees-agricoles-hopital

    Vous avez jusqu’au dimanche 24 mai pour commander nos enquêtes au format papier. Deux nouveaux livrets sont disponibles : sur l’enseignement agricole privé et sur la crise de l’hôpital en Bretagne. L’article Derniers jours pour commander nos livrets d’enquête sur les lycées agricoles et sur la crise de l’hôpital est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #agriculture #agroécologie #éducation #enseignement #Enseignement_privé #hôpital #hôpital_public #livret #privé #santé #service_public

  • Reclaim your attention through creative action

    Andrew Zitcer and Shannon Litzenberger share the belief that our attention is being diminished, and it is not accidental – it is political. They argue that creative practice done with others, like the examples they share here, can cultivate resources for collective action, mutual aid, and the pursuit of social justice.

    Reader – stand up!
    Find a window and look out of it.
    Imagine you are seeing through the eyes of the building you are standing within.
    Gaze from inside to outside.
    Visualize the scene as it might change hour to hour, day to day, season to season, year to year, generation to generation.
    Savour the role of witness.

    Do these instructions strike you as strange? Maybe you read them and thought I’d never do that! The first time I was given a prompt like this, I reacted with cynicism and disbelief – at first.

    But sitting in that stuffy conference room, suddenly I (Andrew) realized I was intrigued. What was outside these windows? What direction does this building face?

    I’m a professor of city planning and cultural policy who studies the relationship between arts and democracy. Lately, I have been in lots of urgent meetings on the fate of democracy that are full of smart people. And usually, I’m just sitting at a long grey conference table or staring at little Zoom boxes while a headache brews. But as Shannon spoke, I became curious about the world outside the window, about my forsaken body, about my own creative desires. As she led us through these exercises, the other participants and I forged a bond with each other, to the here and the now.

    Since then, my teaching and my research increasingly revolve around the methods we share later in this article. Every day, I see the power of this approach teaching emerging arts and planning leaders in the United States. To me, democracy is more than an abstract idea; it’s a practice created by people together in real time. To rebuild democracy in today’s perilous times, we need to get back in touch with our attention, our bodily needs and desires, our strengths, and our limitations.

    *

    Let me jump in (this is Shannon): as an artist working at the intersection of embodied relational practice and systems change, I design practices like the one Andrew experienced because I need them – just as urgently as he does. When I am overwhelmed by the events of the world, I lose the capacity for contemplation. I don’t have the presence needed to ask questions germane to my own thriving and to the health of the communities I serve. Instead, I am swept into a current of nervous-system activation, captured by a chaotic world and suspended in a state of constant reactivity: productive, but not fully alive. Like so many of you, I can feel how easily our attention is pulled into the churn of addictive technologies, relentless media cycles, and an economy that profits from keeping our minds constantly interrupted.

    Why would an artist and an urban planner come together? Andrew and I have joined forces as collaborators because we are concerned about the future of democracy in North America.

    We share the belief that our attention is being diminished, and it is not accidental – it is political. Democracy is both a premise and a practice. It depends on the ability to deliberate collectively, which requires that we remain active participants in a system increasingly designed to remove our agency. As our capacity to connect erodes, we lose our voice, our power, and our ability to discern our own desires. And when that happens, democracy quietly snuffs itself out.

    How can we recover our attention so we don’t lose our freedom?

    Creative practice offers a new opening for non-profits and philanthropy: one centred on collective, embodied experiences. What inspires the creation of works of art is the act of noticing – attuning to a more expansive perceptual field of possibility. Artists have long understood this. Some have even developed tools, like composer Pauline Oliveros’s Deep Listening and Brian Eno’s Oblique Strategies, dedicated to recovering attention. Cultivating poetic and embodied forms of attention can help restore the perceptual capacities that healthy organizations and democratic societies depend upon.

    Our institutions, our organizations, and our civic life depend on leaders like you, reader! – to perceive clearly, sense relational dynamics, and respond thoughtfully to the complex challenges we face together. If we build up our capacity to pay attention, it will change our agency and our well-being as individual people, and as a sector. But in this moment of ongoing crises, how do we actually put these practices to work?

    *

    So, reader – has your mind begun to drift over the course of the last few paragraphs? How about a quick pause to reset the attention?

    Listen closely and identify an ambient sound around you.
    Try to hum the exact tone you hear.
    Now, try to harmonize with it.

    The environment shifts its presence, from backdrop to inspiration.

    This prompt is part of Activating Poetic Attention, a series of daily practices Shannon designed to disrupt default, self-in-the-world relationships by stimulating novel discoveries within familiar encounters. Through short prompts, you are invited to foreground embodied and sensory perception in order to reclaim a sense of interdependence with the world around you.

    In my classroom, I turn to poetry for similar reasons. I invite students – many of whom are training to become urban planners – to write short poems about the places and communities they are studying, and then to read them aloud together. The goal isn’t polished poetry; it’s a shift in attention. Writing and sharing poems slows the room down and helps students ignite imagination, self-awareness, and communal connection. In a field oriented toward plans, policies, and outcomes, poetry reminds us that meaningful civic work begins with perception, empathy, and presence.

    These practices do not require elaborate facilitation. They require a willingness to sense before solving. They can be done while you’re alone. But when practised collectively, they can transform how groups relate to one another and to the work they are trying to accomplish.

    The small examples you’ve encountered so far are designed as individual practices. They are simple ways of recalibrating your own field of attention. What follows are two practices intended to be done with others. What if you took these to work and proposed them as small experiments with radical intent?

    When shared within teams, organizations, or even among friends and family, practices like these can reshape how people listen, relate, and act together. They create the conditions for attention to expand beyond the individual, reshaping relationships and the potential for collective action.

    The Silent Walk

    I (Shannon) once opened a daylong dialogue on a complex civic challenge hosted by a prominent philanthropic foundation in Toronto with a simple facilitation practice called The Silent Walk.

    You might try this at the start of a one-hour meeting you are leading.

    You are invited to pair up with someone you don’t already know well.

    Take a silent walk outside together for 15 minutes.
    One of you will be the timekeeper.
    You must negotiate your route without speaking and you must return on time.

    Once you and your partner cross the threshold out of the building, the silence begins. Once you cross the same threshold back inside, the exercise is complete.

    Without speaking, participants have to sense one another – adjusting pace, negotiating direction, and noticing the environment they move through together. By the time they return, something has shifted. Strangers become collaborators in a small act of navigation. The conversations that follow unfold from a softer, more attentive place.

    Priming a meeting with presence and shared awareness transforms how the rest of the hour unfolds. When people arrive differently, the work moves differently.

    I get it – it seems far-fetched; maybe it may feel impossible. The agenda is full, and it can seem indulgent – even irresponsible – to spend a quarter of the meeting “doing nothing.” But what many teams discover is that attention is not separate from productivity. The quality of attention at the beginning of a conversation often determines the clarity of everything that follows – a small but powerful reminder that democracy begins with how we listen to one another.

    I have experienced this many times in my work with colleagues in the Wild Soma Collective, a group of artists researching embodied world-making practices. To support our shared work, we gather for quarterly retreats to plan, reflect, and process our projects together.

    We often arrive with long lists of tasks: reporting, planning, designing, decision-making. Yet during these retreats, nearly 80% of our time is spent doing things that might appear unrelated to the work itself: walking on the land, cooking together, moving, listening, and talking without an agenda.

    At first it can feel as though nothing is getting done.

    But from a place of deeper resonance, the rest of the work often happens in the final 20% of our time together. What is not essential falls away. What needs to happen becomes clearer. Decisions emerge with surprising ease.

    The clarity does not come from forcing productivity. It arises in the liminal spaces – over preparing dinner together, walking through the forest, or sitting quietly with a question that matters. These moments of shared attention do not delay the work. They prepare the ground in which meaningful work can actually occur.

    Ready to try another one?
    The Shape of the Collaboration

    One way to make visible patterns of proximity, hierarchy, and isolation is to invite a team to stand and reposition themselves physically into a shape that represents “the organization today.” Here, you’ll employ the tools of theatrical improvisation to surface unspoken organizational dynamics.

    No analysis is required at first; the group simply observes. Meaning emerges from noticing and naming what is. Often there is an extraordinary amount of information available in this moment – information that might otherwise take days of conversation to uncover.

    Using an open space, you are invited to arrange yourselves physically in a way that represents the current state of your collaboration. Enter the space one at a time, allowing a collective tableau to emerge.

    Once the shape has formed, the group pauses.

    You and the other participants are invited simply to notice.

    Notice the space between bodies.
    Notice where everyone stands – close together or far apart.
    Notice how they face one another, their posture, their energetic tone.

    I used a version of this exercise during an embodied leadership workshop with a team of C-suite executives at a major Canadian financial institution. As the tableau slowly formed, the dynamics of the team became visible almost immediately.

    Here is what I saw: two senior leaders crossed their arms and turned their backs to one another. An HR director stretched her body across the space in an attempt to create connection within the group. One high-ranking executive repeatedly disrupted the activity, preventing the team from achieving its shared aim.

    In that moment, the group could see – quite literally – the patterns shaping their collaboration. The body often reveals what conversation alone struggles to surface.

    Organizational democracy is a precursor to civic democracy. When we practise democracy at the level of the workplace, we strengthen the muscles we need to scale up and out. Otherwise, democracy remains an abstraction, a hoped-for thing.

    When shared embodied experiences are followed by shared interpretation, narrative sovereignty strengthens. Generating shared stories that grow from meaningful collective experiences is one of the most powerful ways attention can be reclaimed. Teams learn to sense together before they solve together, widening perception and allowing decisions to emerge from a richer field of awareness.

    For organizations working to sustain civic life – advancing affordable housing, food security, social and mental health, climate transition, cultural vitality, and the health of democratic participation – the capacities cultivated through attentional and embodied practice are not luxuries. They are prerequisites.

    This goes beyond simply reducing screen time. Voice, power, and agency are the tools organizations and individuals need to reclaim. We are at risk of losing access to a fundamental human capacity: the ability to consciously choose what we attend to and how we make meaning together. This moment in history demands more of us than distraction.

    Let’s be clear: creative practice alone will not alleviate the wider societal conditions that threaten democracy. But it cultivates a space inside each of us that we need to become powerful actors in a world on fire. When we do this work in community with others, it opens a collective space that gives us the resources for collective action, mutual aid, and the pursuit of social justice.

    From that expanded perception, discernment grows, decisions deepen, and relationships strengthen. Organizations seeking to shape a more just and thriving society must begin there.

    So, dear reader, I invite you to look out the window and see the world anew.
    Take the time, take a deep breath, and notice what you hadn’t noticed before.

    https://thephilanthropist.ca/2026/04/reclaim-your-attention-through-creative-action
    #démocratie #créativité #justice_sociale #action_collective #art #aménagement_du_territoire #urbanisme #capacité_de_concentration #pratiques_créatives #écoute #perception #agency #agentivité #poésie #sens #attention #enseignement #silent_walk

    ping @reka @fil

    • Why We’re Teaching Urban Planning Students To Write Poetry

      Op-ed: To prepare students for the complexities of community work, two educators turn to creative writing to help ignite imagination, self-awareness and communal connection.

      Civic engagement is central to the mission and moral legitimacy of higher education. While it is challenging to foster authentic relationships between campus and community, we have found a way to make it happen: We’re teaching urban planning students to write poetry.

      In the basement of an off-campus building with unreliable heat, our students pulled their chairs into a circle and pulled out their writer’s notebooks. The class consisted of Drexel students, West Philly community leaders, and two faculty members who had gone way out on a limb – us.

      Few in the class had ever written a poem, let alone read their work out loud in front of an audience. We each took turns reading the poems we’d written, while the others snapped and nodded in affirmation. This was not a humanities course. This was the final “exam” in a required class on civic engagement and participatory planning.

      Our class, Civic Engagement and Participatory Methods — a required course in Drexel University’s Department of Architecture, Design & Urbanism — helps students hone the skills necessary to engage in community work, whether as an architect, a community organizer, the leader of a local nonprofit or an urban planner. We have co-taught this Side by Side class for the last nine years; half of the participants are students at Drexel University and the other half are community students who reside in surrounding West Philadelphia neighborhoods.

      Over the course of 10 weeks, students explore and refine their approach to leadership, how they show up in a group setting, cross-cultural communication skills, public meeting facilitation, media engagement and other essential competencies. The class blends practical training with a critical look at the historical and present-day factors that influence life in the city of Philadelphia.

      This raises two questions: What does poetry have to do with civic engagement? And why center the humanities in a class designed for urban planners and architects?

      We see civic engagement as a creative practice. Planners, architects, organizers and block captains need to strengthen their creative muscle so they can respond to the demands of a dynamic, uncertain world.

      Writing and reading poetry does this by surprising us, drawing our attention to a particular moment in time and space, and making space to process difficult emotions. Poetry allows students to draw upon their humanity and meet each other (and themselves) across vast differences in expertise and experience. These tools help us understand the stories of people who are different from us.

      Poetry cultivates our capacity for attention to people and places. This sensitivity allows us to imagine together, turning the dream language of the poem into the steel cables of Hart Crane’s Brooklyn Bridge or the rust and gold of J.P. Clark’s Ibadan. Civic awareness makes poetry stronger, not just planning.

      Access to poetry’s dream language enables us to be more flexible. To successfully run a community meeting, facilitators need to be able to “dance in the moment” (a favorite phrase in the coaching world). “Dancing in the moment” refers to being fully present for the person you are listening to while tuning in to your own reactions. It requires curiosity about what the other person brings with them, even if it doesn’t fit the story about them that you came in with.

      The poetry we write and read in class helps our students learn to dance in the moment, and it helps build the bonds of trust that allow Drexel and community students to reckon with each other’s stories and viewpoints. From our own years of experience in community work, we know these are essential skills for any community leader and any aspiring urbanist.

      These days, there is a lot of handwringing about the future of the humanities in higher education. After all, the humanities, including creative writing, have been considered essential to a well-rounded education for many hundreds of years. We believe students stay away from humanities courses not out of a lack of interest, but because they are worried about the return on investment.

      So why are some of us simply wishing for students to come to their senses and prioritize humanities and arts classes, when we can integrate these tools into every discipline and allow creative practice to permeate our pedagogy?

      In spite of reports of diminished student resilience when it comes to difficult texts, we do not feel the need to water down the rigor of our class. We have been consistently inspired by our students’ excitement, and their bravery, when writing poems with pen and paper so that they may add more tools to their urbanist toolkit.

      Early on in the term, we studied Ross Gay’s “To the Fig Tree on 9th and Christian,” a poem set in our beloved city of Philadelphia. Gay describes a moment when strangers unexpectedly come together around a neighbor’s overflowing fig tree. Students wrote poems trying to capture this feeling of unexpected togetherness. For one undergraduate, this inspired her to write an ode to public libraries in Philadelphia, which she sees as “an underappreciated staple,” “a gathering place,” “a shelter,” “a mental escape,” even “a home office.” For her, the social infrastructure of the public library provides a space with “the possibility of conversing with a stranger.” In a time of disappearing funding and the ongoing privatization of public space, public libraries just found their newest advocate.

      In the fifth week of class, we introduced the describe-interpret-evaluate model, an intercultural communication tool we have adapted to teach students how to communicate across differences of race and class. This tool forces students to withhold their impulse to jump to conclusions, pausing long enough to take in the whole situation from a variety of points of view. Only at the end of the exercise are they invited to engage their faculty of judgment.

      The pause is what matters, and it is precisely where students frequently struggle. This year, we assigned a poem about forgiveness — “Phase One” by Dilruba Ahmed — to help students accustomed to the hot takes of the social media era to learn how to pause to offer grace and understanding, to others and to themselves.

      After crafting her response poem on forgiveness, an architecture student reflected, “A crucial part of both forgiveness and being a leader is accountability. Leaders make mistakes and they deserve grace. As a leader it’s important that I learn to forgive myself, but also important that I take accountability for my mistakes.”

      We have taught this content many times before, but only this year, when engaging her creative muscle, could a student come to this insight so quickly. We wish all experts in planning and design would be open to making mistakes, taking responsibility for them, and using that insight to grow and change.

      Like every city, Philly has its struggles to overcome. Our students, from Drexel and the neighborhood, are working to mend this broken place. In response to Alice Walker’s poem “I Will Keep Broken Things,” a graduate student reflected that “brokenness does not equate to worthlessness. In fact, there is an inherent beauty in things that carry the marks of time, history and experience.”

      Recognizing this beauty allows designers, planners and other leaders to work with the strengths and assets that exist in every community and neighborhood in Philadelphia. It gifts the power of poetry to the practice of planning and offers the insights of the attentive urbanist to the poet’s gaze. Too often, experts notice only what’s missing, deficient or broken, and we lose the power of possibility to reimagine and build anew.

      Just as we did in our class, poetry can ignite our creative capacity to reimagine together what possibilities exist for cities and communities that stand together, recognize each other’s worth and dignity, and build collective power.

      Around 9 p.m., the classroom’s heater sputtered. The security guard rapped on the window, telling us it was time to close up for the night. The students signed each other’s poetry zines, like you would a high school yearbook. We emerged, lingering for a few more minutes under the streetlights of the West Philadelphia neighborhood we call home.

      https://nextcity.org/urbanist-news/why-were-teaching-urban-planning-students-to-write-poetry

    • About Deep Listening

      Deep Listening, as developed by Pauline Oliveros, explores the difference between the involuntary nature of hearing and the conscious nature of listening. The practice includes bodywork, sonic meditations, and interactive performance, as well as listening to the sounds of daily life, nature, one’s own thoughts, imagination, and dreams. It cultivates a heightened awareness of the sonic environment, both external and internal, and promotes experimentation, improvisation, collaboration, playfulness, and other creative skills vital to personal and community growth.

      Inherently collaborative, the first published Deep Listening scores and activities (Sonic Meditations, 1971) were workshopped in the context of a female-identified collective, the fem-ensemble, over a period of many months. From the 1980s onwards, Deep Listening workshops, retreats, and the Deep Listening Certification Program were developed and facilitated in close partnership with playwright IONE (also Oliveors’ life partner) and movement artist Heloise Gold. Today, the philosophy and practice of Deep Listening continues to evolve through a growing international community of listeners.

      https://www.deeplistening.rpi.edu/deep-listening
      #deep_listening

    • How the Arts Can Create the Foundation for a Multiracial US Democracy

      A few Mondays ago, the emails started to roll in. One after another, my colleagues announced their departure from leadership roles at the National Endowment for the Arts (NEA). These advocates helped culture thrive in every corner of the United States—on an annual budget that was less than 10 percent of the cost of the Trump Organization’s latest $3 billion condo project in Miami. Their farewell letters came on the heels of grim updates about cuts in the National Endowment for the Humanities, the Kennedy Center, and the Smithsonian Institution.

      Let me be clear: President Donald Trump and his administration have taken a chainsaw to programs that affect actual life and death. By contrast, the arts may seem a matter of small importance. Still, for me, these were the cuts that broke my heart.

      For instance, I help run one of the leading university-based arts administration departments in the country. For more than 50 years, our program at Drexel University in Philadelphia has helped train thousands of students for careers in arts management, fundraising, community engagement, and cultural planning.

      And yet, I have a confession to make. To paraphrase Shakespeare, there is something rotten in the way arts and culture work in the United States. The Trump administration’s actions, harmful though they are, are a wake-up call. For too long, the arts have been an elitist, exclusive space. The chance now is for arts workers and creatives to heed that call—and do better.
      Arts and Democracy

      The current upheaval of our sector gives those of us in the arts and creative fields an opportunity to rethink everything. Instead of seeking a return to the status quo, we have the chance to place culture and creativity at the center of US political life.

      Artists explore complicated questions. They help to open new ways of understanding and acting in the world. They take us on a collective journey that can be joyful and exhilarating.

      For me, nothing compares to a live jazz drummer pushing the beat on the ride cymbal, while a trumpeter dances up and down the scales. No laughter is more genuine than an improv theater group that takes an audience suggestion somewhere very, very silly.

      These tools of group process, improvisation, and deep listening are vital tools for building a democratic culture. Arts leader and former NEA Chair Maria Rosario Jackson linked the domains of democracy and creative practice, when she said during a 2024 commencement speech that “creating and experiencing art is one of the most powerful ways to develop the skills and habits needed to be curious, to ask questions, and to fulfill the duties of citizenship in a participatory democracy.”
      Legitimation Crisis

      Of course, many people have lost faith in the US political system. Even before the 2024 elections, 68 percent of people surveyed by the Pew Research Center said they were dissatisfied with the way America’s democracy works.

      Discourse on democracy may sound appealing, but try asking poor people, Black people, queer people, youth, people with disabilities—the list is long—how much influence they feel they have on how the system functions. The answer you’ll get in most cases, simply put, will be little or none.

      And this popular perception is not wrong. Back in 2014, political scientists Martin Gilens and Benjamin Page published a study that found that “business interests have substantial independent impacts on US government policy, while average citizens and mass-based interest groups have little or no independent influence.”

      In reality, what the media likes to call “democracy” feels out of reach to most Americans, especially if by “democracy” we mean popular control over governance. As it happens, a similar malady affects the thing that many people like to call “the arts.”

      In fact, both politics and the arts are widely considered the province of elites, removed from everyday life. Too many political leaders are “sorry, not sorry” about this. Political scientist Nicholas Tampio wrote back in 2017: “In recent years, numerous political theorists and philosophers have argued that experts ought to be in charge of public policy and should manipulate, or contain, the policy preferences of the ignorant masses.” And philosopher Olúf ẹ́mi O. Táíwò noted in 2020 that “when elites run the show, the group’s interests get whittled down to what they have in common with those at the top.”

      My own field of arts and culture has also been content to reward experts who embody “excellence” with funding and institutional support. Notwithstanding recent efforts to support equity, diversity, and inclusion, the arts field remains mostly dominated by large, typically Eurocentric institutions, like ballet companies and symphony orchestras that receive the lion’s share of funding from private philanthropy.

      Sixty percent of arts philanthropy goes to just 2 percent of cultural institutions, according to research by Holly Sidford and Alexis Frasz of the Helicon Collaborative. These institutions generally do a poor job of speaking to the hopes, fears, and questions of everyday people, steeped in symbols and behaviors that are utterly incomprehensible to the uninitiated.

      For example, I may be a university professor, but even I have only a foggy idea of how the Electoral College works. Nor can I figure out the appropriate time to applaud during a classical music concert. Yet somehow these systems claim to represent us.

      Instead of leaving our fate to the elites, there is an opportunity, particularly in this moment of crisis, to use the arts to build a true multiracial democracy through participatory, collective, creative action.
      Building Democratic Culture Through the Arts

      Over the last year, I have seen firsthand the power of the arts breathing life into democratic practices. I’ve been gathering artists, urban planners, policymakers, and students to explore the ideas raised in Democracy as Creative Practice, a book I coedited with cultural planner Tom Borrup.

      Instead of talking about democracy, we’re trying to improvise it together. We’ve pretended our bodies were trees in Nashville, generated performance poetry in Denver, and devised theater skits in Spain. After the artist-facilitators help us create something together in real time, only then do we sit and talk about democracy and “the issues,” and have noticed the conversation flows much more easily. There is even video evidence of the fun we had in West Philadelphia, when we used art to reclaim democracy.

      One moment stands out. At a pro-democracy conference held this past April in Toronto, I led workshop participants in a surrealist writing game. Vocalist Roula Said helped us transform these poems into a set of improvised songs. Choreographer Shannon Litzenberger turned the whole glorious mess into a folk dance.

      The participants, including policymakers, funders, scholars—not the typical arts crowd—laughed, sang, and danced together. We moved beyond rational argumentation into embodied cocreation. The rest of our conversations about the US-Canada relationship and the future of democracy proceeded from a place of intimacy and camaraderie that no group of strangers could ever attain at a different sort of political meeting.
      Envisioning a New Role for the Arts

      When I describe participatory arts practices, I often get arched eyebrows and am regularly asked: “If everyone is an artist, does that mean that anything is art? Don’t good artists have to spend 10,000 hours practicing first?”

      I respond with a smile. Art has the capacity to be many different things; there is room for experts, hobbyists, and dabblers alike.

      I am a mediocre piano player, so I pose no threat to Thelonious Monk. In fact, I spend more time and money than most people I know so I can see professional artists practice their craft, since I know firsthand how hard it is to play music well.

      Creative practice is everyone’s birthright. When it’s done as a collective activity by amateurs and experts alike, we can hold each other in community and bolster our brave explorations.
      The Path to Rebuilding Culture

      In short, to rebuild democracy using creative practice, the arts and culture sectors need to make their own structural changes and clean our own house.

      We need to start with a narrative shift. Arts and culture are not just about excellence. Creativity is also a vital tool to make sense of our individual and collective experience. The arts are a radical act that enables sovereignty over our own narratives and our own attention in a time when attention has been coopted as a for-profit commodity and narrative sovereignty is a battleground—politically, technologically, and economically.

      Artists should be embedded in government agencies to make them function better. Theater should be part of the curriculum in every K-12 classroom, not just an elective where funding permits. Participatory art is key to reimagining our cities.

      Certainly, it is important to join the fight to save the NEA and the Smithsonian, but let’s not leave it at that. Let’s remake society around our collective artistry. I commit to being part of building a creative democracy, and I am not alone.

      Now that US democratic practices and the arts are in free fall, this is an opportunity to assert that their fates are inextricably linked. Let’s not greet Trump’s takeover of culture with a shrug just because other vital systems are under threat.

      Resisting the enclosure of our own minds, and our bodies—that is what democratic, revolutionary praxis is all about. This is especially the case when done collectively and made visible so that we may bolster each of our efforts and exploration.

      https://nonprofitquarterly.org/how-the-arts-can-create-the-foundation-for-a-multiracial-us-demo

    • Democracy as Creative Practice. Weaving a Culture of Civic Life

      Democracy as Creative Practice: Weaving a Culture of Civic Life offers arts-based solutions to the threats to democracies around the world, practices that can foster more just and equitable societies. Chapter authors are artists, activists, curators, and teachers applying creative and cultural practices in deliberate efforts to build democratic ways of working and interacting in their communities in a range of countries including the United States, Australia, Portugal, Nepal, the United Kingdom, and Canada. The book demonstrates how creativity is integrated in place-based actions, aesthetic strategies, learning environments, and civic processes. As long-time champions and observers of community-based creative and cultural practices, editors Tom Borrup and Andrew Zitcer elucidate work that not only responds to sociopolitical conditions but advances practice. They call on artists, funders, cultural organizations, community groups, educational institutions, government, and others to engage in and support this work that fosters a culture of democracy.

      https://www.routledge.com/Democracy-as-Creative-Practice-Weaving-a-Culture-of-Civic-Life/Borrup-Zitcer/p/book/9781032758725
      #livre

  • Un brin de muguet et deux livrets, commandez nos enquêtes au format papier jusqu’au 24 mai
    https://splann.org/campagne-livrets-printemps-2026

    Commandez nos enquêtes sur les #Lycées_Agricoles, l’hôpital, la bétonisation du #littoral et le renouveau minier en Bretagne jusqu’au 24 mai pour les recevoir directement dans votre boîte aux lettres. L’article Un brin de muguet et deux livrets, commandez nos enquêtes au format papier jusqu’au 24 mai est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #enseignement #hôpital #hôpital_public #livret #mines #privé #public #santé #service_public

  • Les universités qui n’appliquent pas les droits d’inscription majorés pour les étudiants étrangers recadrées par le ministre de l’enseignement supérieur
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/04/21/etudiants-etrangers-le-ministre-de-l-enseignement-superieur-tance-les-univer

    Les universités qui n’appliquent pas les droits d’inscription majorés pour les étudiants étrangers recadrées par le ministre de l’enseignement supérieur
    Par Soazig Le Nevé
    Les universités ont beau être autonomes, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a tenu à les recadrer, en annonçant, mardi 21 avril, le plan Choose France for Higher Education, destiné à renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur français. Philippe Baptiste a taclé les chefs d’établissement qui ne jouent pas le jeu des droits d’inscription majorés à l’égard des étudiants extracommunautaires, soit 2 895 euros par an en licence (contre 178 euros pour un étudiant français ou originaire de l’Union européenne) et 3 941 euros l’année en master (contre 254 euros). Un décret viendra prochainement les contraindre à appliquer cette politique, indique le dossier de presse du ministère.
    Ces tarifs reviennent « seulement [à] 30 % du coût de la formation », a estimé M. Baptiste dans un entretien au Parisien, le lundi 20 avril. Ils restent très inférieurs à ceux pratiqués aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, a-t-il relevé. D’ici deux à trois ans, selon lui, la mesure pourrait rapporter environ 250 millions d’euros par an aux universités.« Même si ça progresse chaque année, nous sommes à seulement 10 % d’étudiants extracommunautaires qui paient les droits différenciés », a chiffré le ministre. Désormais, « la règle, ce sont les droits différenciés ; et l’exception, c’est l’exonération ». Chaque université conservera la possibilité d’exonérer jusqu’à 10 % des étudiants extracommunautaires, essentiellement dans le cadre d’accords de coopération avec des établissements étrangers qui prévoient des exonérations réciproques.
    La possibilité de pratiquer des droits différenciés avait été introduite par la stratégie baptisée « Bienvenue en France » en 2019, mais elle est restée peu appliquée par trois quarts des établissements qui y voient une enfreinte aux valeurs universitaires d’ouverture et de partage des savoirs. A la rentrée 2024‑2025, sur 111 500 étudiants concernés, quelque 11 100 se sont acquittés d’un tarif plein, tandis que 14 700 en ont été exonérés totalement, et 85 700 partiellement, selon une note des services statistiques du ministère publiée en janvier.
    « Les universités ne pourront plus édicter des exonérations massives », a prévenu M. Baptiste, qui veut réserver ses faveurs à « des cas très précis », qui pourront même toucher en sus une bourse du gouvernement français. Des « profils » doivent être « priorisés », trop peu présents parmi les étudiants nationaux et ceux issus de l’Union européenne. « Nous avons besoin de 40 000 ingénieurs et 40 000 techniciens par an si nous voulons réindustrialiser le pays », a-t-il illustré, citant le besoin de « talents étrangers » dans les domaines du numérique, de l’intelligence artificielle, de la physique quantique et des biotechnologies.
    La France « élargit son attractivité à de nouvelles zones dans le monde », grâce à l’arrivée croissante d’étudiants indiens (+ 63 % depuis 2018) et par une forte dynamique dans les pays africains anglophones dont le Nigeria (+ 112 %), salue ainsi le dossier de presse du ministère qui y voit la confirmation de « la capacité du système français à attirer des talents issus de toutes les grandes régions du monde » au-delà de la francophonie.Dans la communauté universitaire, les réactions au recadrage des universités sur les droits d’inscription sont vives. « Je veux réaffirmer que la science n’a pas de frontière », déclare au Monde Lamri Adoui, président de l’université de Caen-Normandie et à la tête de l’association France Universités. Il refuse « la vision caricaturale d’étudiants étrangers qui seraient uniquement un coût, alors qu’ils rapportent aussi en matière de consommation, de diplomatie et d’élévation du niveau d’éducation ».
    M. Adoui s’étonne de la « volonté centralisatrice » du ministre, « un coup porté à l’autonomie des établissements ». « En matière de bourses et d’exonérations, il faut accepter une décentralisation de la décision, explique-t-il. Des universités vont chercher à attirer des profils d’étudiants sur des disciplines et spécialités qui constituent leur signature scientifique, quand d’autres vont chercher d’abord à répondre aux besoins en emplois de leur territoire. Une application stricte et uniforme des droits différenciés ne tient pas. »
    Dire que les frais majorés ne couvrent que « 30 % » du coût de la formation « n’a absolument aucun sens, et le ministre le sait », souligne aussi, sur le réseau BlueSky, Julien Gossa, chercheur spécialiste des politiques d’éducation à l’université de Strasbourg. « Un étudiant qui paye 2 895 euros l’inscription dans une licence de sciences humaines et sociales va parfois payer deux à trois fois le coût de sa formation », poursuit-il.
    De son côté, le syndicat Snesup-FSU relève que « le ministre ne se pose pas la question de l’impact de cette mesure discriminatoire sur la poursuite d’études en doctorat et donc sur l’effort de recherche dans les laboratoires, publics comme privés », pas plus qu’il n’explique « qui va devoir “trier” les étudiants pour déterminer ceux et celles qui auront les moyens de payer ou qui pourront bénéficier de bourses pour “talents” ».« Le gouvernement enfonce encore le clou », estime L’Union étudiante, qui dénonce « une attaque raciste ». La FAGE rappelle que ces mêmes étudiants sont déjà visés par « la suppression de l’éligibilité aux APL [aides personnalisées au logement] »
    Le plan de Philippe Baptiste répond point par point à un rapport de la Cour des comptes publié en mars 2025, qui déplorait le manque de « stratégie nationale » pour attirer « les talents ». La France se distingue d’autres pays par « un manque d’objectifs qualitatifs explicites » et de « priorisation », estimaient les magistrats financiers à propos du plan Bienvenue en France. Ils suggéraient de garantir, pour les « publics prioritaires de la stratégie d’attractivité », une offre plus étoffée de bourses et de renforcer « la durée et le montant des bourses du gouvernement français ». Deuxième pays d’accueil en 1980, la France était quatrième en 2017, selon l’Unesco. En 2023, elle n’était plus qu’au 8e rang, derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, l’Allemagne, le Canada, la Russie et la Turquie.

    #covid-19#migrant#migration#france#etudiant#politiquemigratoire#enseignementsuperieur#sante

  • Les universités qui n’appliquent pas les droits d’inscription majorés pour les étudiants étrangers recadrées par le ministre de l’enseignement supérieur
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/04/21/etudiants-etrangers-le-ministre-de-l-enseignement-superieur-tance-les-univer

    Philippe Baptiste a taclé les chefs d’établissement qui ne jouent pas le jeu des #droits_d’inscription majorés à l’égard des #étudiants_extracommunautaires, soit 2 895 euros par an en licence (contre 178 euros pour un étudiant français ou originaire de l’Union européenne) et 3 941 euros l’année en master (contre 254 euros). Un décret viendra prochainement les contraindre à appliquer cette politique, indique le dossier de presse du ministère.

    [...]

    « Même si ça progresse chaque année, nous sommes à seulement 10 % d’étudiants extracommunautaires qui paient les droits différenciés », a chiffré le ministre. Désormais, « la règle, ce sont les droits différenciés ; et l’exception, c’est l’exonération ». Chaque #université conservera la possibilité d’exonérer jusqu’à 10 % des étudiants extracommunautaires, essentiellement dans le cadre d’accords de coopération avec des établissements étrangers qui prévoient des exonérations réciproques.

    La possibilité de pratiquer des droits différenciés avait été introduite par la stratégie baptisée « #Bienvenue_en_France » en 2019, mais elle est restée peu appliquée par trois quarts des établissements qui y voient une enfreinte aux valeurs universitaires d’ouverture et de partage des savoirs. A la rentrée 2024‑2025, sur 111 500 étudiants concernés, quelque 11 100 se sont acquittés d’un tarif plein, tandis que 14 700 en ont été exonérés totalement, et 85 700 partiellement, selon une note des services statistiques du ministère publiée en janvier.

    [...]

    Dire que les frais majorés ne couvrent que « 30 % » du coût de la formation « n’a absolument aucun sens, et le ministre le sait », souligne aussi, sur le réseau BlueSky, Julien Gossa, chercheur spécialiste des politiques d’éducation à l’université de Strasbourg. « Un étudiant qui paye 2 895 euros l’inscription dans une licence de sciences humaines et sociales va parfois payer deux à trois fois le coût de sa formation », poursuit-il.

    De son côté, le syndicat Snesup-FSU relève que « le ministre ne se pose pas la question de l’impact de cette mesure discriminatoire sur la poursuite d’études en doctorat et donc sur l’effort de recherche dans les laboratoires, publics comme privés », pas plus qu’il n’explique « qui va devoir “trier” les étudiants pour déterminer ceux et celles qui auront les moyens de payer ou qui pourront bénéficier de bourses pour “talents” ».

    « Le gouvernement enfonce encore le clou », estime L’Union étudiante, qui dénonce « une attaque raciste ». La FAGE rappelle que ces mêmes étudiants sont déjà visés par « la suppression de l’éligibilité aux APL [aides personnalisées au logement] ».

    L’université de Strasbourg veut radier des étudiants étrangers pour défaut de paiement
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/04/22/l-universite-de-strasbourg-veut-radier-des-etudiants-etrangers-pour-defaut-d

    Leur année universitaire est sur le point de s’achever, mais l’université de Strasbourg ne leur délivrera ni attestation ni diplôme, car ces étudiants en master sont considérés comme n’ayant jamais été inscrits dans l’établissement. Depuis la mi-avril, 47 étudiants étrangers, majoritairement venus d’#Afrique, sont dans une impasse administrative, au motif qu’ils ne sont pas parvenus à s’acquitter intégralement des frais de scolarité majorés, qui s’élèvent à 3 941 euros l’année, soit 16 fois plus que pour un étudiant français ou européen inscrit dans le même cursus.

    [...]

    Une zone grise demeure, alors que ces étudiants ont pour la plupart suivi tous les cours, passé leurs examens au premier semestre et reçu leur convocation pour ceux du second. « Ils ont bénéficié d’une inscription pédagogique, mais elle doit être suivie d’une inscription administrative qu’ils n’ont jamais eue », justifie la vice-présidente Rachel Schurhammer.

    Pour tenter de s’acquitter des quelque 4 000 euros de frais d’inscription, des étudiants se sont endettés, se sont mis à travailler de nuit, ont pris des emplois précaires avec un nombre d’heures dépassant les 20 autorisées par le ministère de l’intérieur, qui n’auraient pas suffi à gagner suffisamment d’argent.

    Pour obtenir leur #visa, par ailleurs, ils ont dû placer une somme de 7 400 euros sur un compte bancaire. « Pour deux années de master, il faut donc qu’ils versent 8 000 euros. En ajoutant les 7 400 euros, on aboutit ainsi à plus de 15 000 euros la formation, calcule Pascal Maillard. Sauf qu’à 90 % ces étudiants sont originaires des pays les plus pauvres de la planète : 15 000 euros au Sénégal, au Togo, au Tchad, au Maroc ou en Algérie, c’est une somme vertigineuse qui représente un équivalent de 45 000 à 50 000 euros pour nous. »

    #enseignement_supérieur

  • « Une stratégie très opportuniste » : sur Parcoursup, ces familles qui passent du privé au public dans l’espoir d’améliorer leurs dossiers
    https://www.liberation.fr/societe/education/une-strategie-tres-opportuniste-sur-parcoursup-ces-familles-qui-passent-d

    « Pour #Parcoursup, il vaut mieux être dans le top 5 de sa classe dans un #lycée moyen que dans le top 10 d’un très bon lycée », résume Patricia (prénom modifié). C’est ce raisonnement qui l’a poussée à remettre sa fille Estelle (prénom modifié) dans le public avant le bac, après une parenthèse de deux ans dans le privé sous contrat. « C’est la meilleure décision que j’ai prise », dit-elle.

    [...]

    Et elle est loin d’être la seule à raisonner de la sorte. « Ce n’est pas anecdotique : sur une cohorte de 200 à 250 élèves de seconde, j’ai facilement une quinzaine de demandes de familles qui veulent revenir du privé vers le public en espérant avoir un meilleur dossier scolaire pour Parcoursup », observe Gérard Heinz, membre de l’exécutif national du Syndicat des personnels de direction de l’éducation nationale (SNPDEN-Unsa) et proviseur d’un lycée polyvalent du Maine-et-Loire.

    [...]

    Les familles qui font le choix de basculer du privé au public en espérant multiplier leur chance de réussite pour la suite viennent le plus souvent de milieux « favorisés ou très favorisés », constate Gérard Heinz. Beaucoup inscrivent leurs enfants dans le privé au collège « pour éviter ce qu’elles perçoivent comme le maillon faible du système éducatif et préserver un certain entre-soi social », décrypte-t-il. Au lycée, ces parents deviennent plus pragmatiques. Ils regardent les filières proposées, les options, les débouchés possibles. Or les classes préparatoires les plus prestigieuses sont majoritairement publiques, rappelle Gérard Heinz. Les mêmes familles qui fuient le public au collège y reviennent au lycée lorsque l’orientation devient décisive. « Ce n’est pas seulement du consumérisme, c’est une stratégie très opportuniste », résume le proviseur.

    #enseignement_privé

  • Ret - Mastodon
    https://furry.engineer/@ret/116261339761579758

    More #systemd shit, sorry... But the more I look at this project the worse it gets.

    The reaction to a very balanced, polite, “yeah don’t like this PR because [though-through reasons]” comment?

    PEH! Who let the plebs in? Lock the thread quickly before any dissent starts!

    Seems like it is infested with cunts, honestly...

    #age_verification #age_checking #enshitification

    Les raisons de supprimer systemd de Linux étaient jusqu’alors plutôt techniques, même si le fait que le mainteneur soit salarié (était) de Microsoft pouvait en choquer certains avec raison. Là, on touche à des principes supérieurs, qui ne sont plus strictement techniques. Le débat va pouvoir reprendre au sein de la communauté.

  • Centre d’Action Laïque - Deux heures de philo et citoyenneté, une urgence démocratique
    https://www.laicite.be/deux-heures-de-philo-et-citoyennete-une-urgence-democratique

    Aujourd’hui, au vu de la montée des radicalismes, de l’autoritarisme et des mensonges dans le monde mais aussi en #belgique, nous n’avons plus le luxe de considérer l’apprentissage de la citoyenneté comme secondaire. Ainsi, deux heures de #philosophie et citoyenneté constituent désormais une urgence démocratique. Dans ce cadre, il faut rappeler que la démarche philosophique proposée dans ce cours neutre, est bien celle du décentrement. En d’autres termes, l’élève est invité à se décentrer de ses positions pour prendre en compte d’autres positions sur tous les sujets de société, condition fondamentale du respect du pluralisme démocratique. Ainsi, le dialogue inter-convictionnel ne peut être confondu avec le cours de philosophie et citoyenneté. Bien que nécessaire, il se limite au dialogue (…)

    #enseignement

  • [Direct vidéo] Discutez avec les autrices de notre enquête sur les #Lycées_Agricoles bretons, ce lundi 9 mars à 20 h
    https://splann.org/emission-direct-enquete-lycees-agricoles

    Faustine Sternberg et Chloé Richard sont les co-autrices de l’enquête « Lycées agricoles bretons : le privé creuse son sillon », parue fin octobre 2025 dans nos colonnes. Elles répondront à vos questions lors d’une #émission_en_direct, présentée par Pierre-Yves Bulteau, sur YouTube, ce 9 mars, à partir de 20 h. L’article [Direct vidéo] Discutez avec les autrices de notre enquête sur les lycées agricoles bretons, ce lundi 9 mars à 20 h est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Industrie_agroalimentaire #La_vie_de_« Splann !_ » #agriculture #agroécologie #agroindustrie #biodiversité #éducation #enseignement #Enseignement_agricole #enseignement_catholique #lycée #lycée_catholique #The_Land #youtube_live

  • Baisse démographique et dynamiques public-privé : vers une ségrégation scolaire accrue dans les grandes villes ?
    https://www.ipp.eu/actualites/baisse-demographique-et-dynamiques-public-prive-vers-une-segregation-scolaire-ac

    - Dans la capitale, le secteur privé sous contrat a maintenu des classes remplies malgré la baisse démographique, si bien que la quasi-intégralité de la diminution des effectifs a été absorbée par le secteur public.

    – À effectifs presque constants dans le privé mais en forte contraction au niveau global, la part de l’enseignement privé augmente mécaniquement à Paris : +4,5 points de pourcentage en CP depuis 2016 et +3,3 points en 6e depuis 2020.

    – Si l’évolution des effectifs du privé parisien prolonge la tendance observée depuis le début de la baisse démographique, cette dynamique se poursuivra au cours de la prochaine décennie (horizon pour lequel les effectifs peuvent être anticipés avec fiabilité) : la part du privé atteindrait 33,6% en CP en 2030 et 49,4% en 6e en 2035.

    – À Paris, entre 2020 et 2024, la part des élèves de 6e issus de catégories sociales très favorisées qui s’inscrivent dans un collège privé sous contrat est passée de 49% à 55%. Sous les hypothèses retenues pour les projections, cette proportion atteindrait 72% en 2035.

    #école #Paris #enseignement_privé #mixité_sociale

    • Pour enrayer cette dynamique ségrégative et maintenir un équilibre entre secteurs d’enseignement dans les villes confrontées à la baisse démographique, il apparaît nécessaire de répartir plus équitablement les fermetures entre les établissements publics et privés sous contrat. À Paris, le maintien de la part actuelle du privé en CP (27,5 %) impliquerait que, pour trois classes fermées dans le public, une classe soit également fermée dans le privé. En 6e, le maintien de la part actuelle du privé (38,7 %) supposerait un ajustement plus marqué : pour trois classes fermées dans le public, deux devraient l’être dans le privé.

      Cette année à Paris il y aura 90 suppressions de postes dans le privé, pour 224 dans le public, ce qui fait une contribution du privé de 28.7%. Ce qui me semble être une évolution notable, même si elle n’est toujours pas à la hauteur... et que le public a accumulé un « excès » de suppression de postes par rapport au privé les années précédentes, qu’il faudrait corriger en mettant bien plus à contribution le privé dans les années à venir.

  • This startup claims it can stop lightning and prevent catastrophic wildfires | MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/2026/03/03/1133848/this-startup-claims-it-can-stop-lightning-and-prevent-catastrophic

    Startup Skyward Wildfire says it can prevent catastrophic fires by stopping the lightning strikes that ignite them. So far, it hasn’t publicly revealed how it does so, but online documents suggest the company is relying on an approach the US government began evaluating in the early 1960s: seeding clouds with metallic chaff, or narrow fiberglass strands coated with aluminum.

    It just raised millions of dollars to accelerate its product development and expand its operations. But researchers and environmental observers say uncertainties remain, including how well the seeding may work under varying conditions, how much material would need to be released, how frequently it would have to be done, and what sorts of secondary environmental impacts might result.

    #Géoengineering #Orages #Ensemencement_nuages

  • « L’âge d’or est terminé » : pourquoi nos écoles de commerce sont dans la tourmente – L’Express
    https://www.lexpress.fr/campus/lage-dor-est-termine-pourquoi-nos-ecoles-de-commerce-sont-dans-la-tourmente

    Cela fait des semaines que le dossier passe discrètement de main en main. Dans le monde feutré de l’enseignement supérieur privé, rien n’a filtré des négociations en cours mais ceux qui se sont plongés dans l’épaisse liasse de documents et de rapports financiers se sont posé à chaque fois la même question : combien vaut réellement Y School, ce groupe d’écoles post-bac dont le centre névralgique est à Troyes, dans l’Aube ? Dans la corbeille de la mariée, un ensemble de quatre établissements : une école de commerce et de management, une autre spécialisée dans les métiers du tourisme, une troisième dans le design et enfin, une école de la deuxième chance dédiée aux décrocheurs. Près de 2 000 élèves au total.

    En septembre dernier, lors de la rentrée scolaire, la pépite du groupe, South Champagne Business School – anciennement ESC Troyes - n’a accueilli aucun étudiant sortant du cycle de classe préparatoire. A l’issue du concours national, ceux que le logiciel d’affectation a envoyés à Troyes, ont décliné la proposition, préférant « cuber » leur dernière année de classe prépa ou partir vers d’autres cieux, souvent dans une université à l’étranger. Un désamour qui a frappé d’autres grandes écoles. Sur les 26 business schools ouvertes au concours post-prépa, 9 n’ont pas fait le plein à l’automne dernier, d’après les relevés du Sigem, le système d’intégration aux grandes écoles de management. « Ce phénomène dure maintenant depuis près de trois ans », souffle Anne Rivière, sa présidente. L’arithmétique est implacable. Moins d’étudiants, ce sont des comptes plus difficiles à équilibrer alors que les investissements explosent et que les subsides de l’Etat et des collectivités locales fondent.
    Des fermetures inévitables

    A bas bruit, une tempête est en train de s’abattre sur l’enseignement supérieur privé. Et notamment le monde des écoles de commerce. Deux poids lourds du secteur, le Collège de Paris et le groupe Talis Education Group ont été placés en procédure de sauvegarde en décembre dernier, première étape avant le redressement judiciaire. Une poignée de petits établissements régionaux ont déjà fermé leurs amphithéâtres et d’autres sont à vendre. Pour tenter de résister, certains préfèrent unir leurs forces, fusionner ou carrément succomber aux appels du pied d’investisseurs étrangers ou de financiers aux poches plus remplies. Ainsi, le groupe AD éducation a déboursé près de 300 millions d’euros pour avaler le pôle Léonard de Vinci, situé à la Défense. Derrière AD Education, le fonds d’investissement Ardian, l’un des plus puissants en Europe.

    « L’âge d’or des écoles de management est terminé », assène Emmanuel Métais, le directeur général de l’Edhec. Périphrase prudente pour signifier que le secteur va être drôlement secoué : regroupements, fusions, restructurations… « On ne peut exclure des fermetures pures et simples », s’inquiète Delphine Manceau, présidente de la Conférence des grandes écoles et de Neoma Business School. Curieux paradoxe que ce modèle tricolore. Alors que l’on dit les Français fâchés avec l’économie et le monde des affaires, le pays pointe à la quatrième place mondiale en termes de nombre d’écoles de management rapporté à la population, après les Etats-Unis, la Chine et le Royaume-Uni. Certaines d’entre elles trustent même les meilleures places dans les classements mondiaux. Un monde très hétérogène où l’excellence académique côtoie le pire des officines. Des stars comme HEC ou l’Essec, mais aussi des « boutiques » où la masse salariale du corps professoral représente à peine 20 % du budget… Une jungle où la réglementation est défaillante et les contrôles insuffisants.

    D’un côté, de grandes institutions, autorisées par le ministère de l’Enseignement supérieur à délivrer des diplômes de grade licence, master ou doctorat. De l’autre, des écoles qui proposent des formations de niveau bac + 3 ou bac + 5, les fameux titres RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) délivrés par France Compétences et le ministère du Travail. Trois ou cinq années d’études professionnalisantes pour les étudiants, mais aucun diplôme à la sortie. « Honnêtement, c’est l’un des volets administratifs les plus mal gérés de France », s’agace Julien Gossa, maître de conférences à l’université de Strasbourg et spécialiste des politiques publiques d’éducation. Un flou savamment entretenu par certaines écoles qui profitent de l’angoisse des familles soucieuses d’offrir un avenir à leur progéniture, en les noyant sous une offre surabondante, parfois à la qualité médiocre. Pire, une curieuse pratique s’est répandue en toute légalité : des écoles sorties de nulle part ont grandi un peu partout sur le territoire en louant les titres RNCP à d’autres établissements qui avaient, eux, pignon sur rue. Le projet de loi bientôt en discussion au Sénat et peaufiné par le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, devrait remettre davantage de cadre et de contrôles dans un système qui en était curieusement dépourvu. « La mise en place d’un label Qualiopi +, qui validera désormais la qualité pédagogique des écoles et pas seulement des process, est une avancée majeure », se félicite Antoine Prodo, président de l’association des Entreprises éducatives pour l’emploi (3E).

    Louable effort mais qui ne ralentira pas le tic-tac de l’horloge. Car la crise est structurelle. D’abord parce que la démographie estudiantine est en train de se retourner. « Le nombre de bacheliers va rester stable jusqu’en 2029 avant de diminuer, puis carrément chuter à partir de 2033. On est donc face à une offre de formations qui a explosé ces dernières années et une demande qui s’apprête à reculer. Le cocktail idoine pour faire éclater la bulle », prévient Julien Gossa.
    Attirer les étudiants coûte que coûte

    La situation est d’autant plus tendue que la source des financements publics s’est fortement tarie ces dernières années. Bon nombre de business schools sont ce qu’on appelle des écoles consulaires qui dépendaient, parfois depuis près d’un siècle, des subsides des chambres de commerce. Or ces dernières ont coupé le robinet. « Pour certains établissements, cela représentait quasiment un quart de leur budget », souligne Frédéric Fréry, professeur à l’ESCP et à CentraleSupélec. S’ajoute la crise des finances publiques. Beaucoup d’écoles ont surfé sur le développement extraordinaire de l’apprentissage depuis la loi de 2018. Certes, le nombre d’apprentis est passé de 400 000 à un million en une poignée d’années. Mais le coût de cette politique a été faramineux et les caisses de l’Etat sont vides. Depuis deux ans, les primes versées aux entreprises ont été sérieusement rabotées tout comme les prises en charge directement versées aux écoles. Le piège s’est refermé sur celles qui avaient métamorphosé les apprentis en vache à lait. « Lorsque les financements diminuent ou que les règles se durcissent, l’impact sur les marges et la trésorerie sont immédiats », constate froidement Eloic Peyrache, le directeur général d’HEC.

    La conséquence ? Une compétition de plus en plus rude pour attirer de nouveaux étudiants. Pour toutes les écoles, même les plus prestigieuses, cette quête est presque devenue existentielle. Pour les établissements plus modestes ou moins bien cotés, les budgets consacrés au marketing ou à la publicité se sont envolés. Salons étudiants, plateformes des call centers, tout est bon pour appâter ces nouveaux « clients ». D’autant que le vivier dépasse désormais largement le cadre de nos frontières. L’enseignement supérieur est devenu un marché mondial. « Les jeunes qui concourent chez nous regardent souvent aussi vers l’Angleterre, l’Espagne, la Suisse ou les Etats-Unis », explique Thomas Lagathu, directeur du concours SESAME, une banque d’épreuves permettant d’intégrer des écoles postbac. Certains signent pour rejoindre l’Université canadienne Mc Gill ou la London School of Economics avant même l’annonce des résultats Parcoursup.

    Pour continuer à attirer les meilleurs talents, il faut aussi garder son rang. Comprendre : sa place dans les classements internationaux, comme ceux du Financial Times. Décrocher aussi les éminents labels Equis ou AACSB, gage de qualité des enseignements. « L’excellence académique nécessite énormément d’investissements », confirme Vincenzo Vinzi, le directeur de l’Essec. En clair des professeurs et de la matière grise qu’il faut dénicher partout sur la planète et convaincre de venir faire de la recherche en France pour publier dans de grandes revues académiques. « Concrètement, cela veut dire offrir à ces chercheurs des heures d’enseignements réduites, l’accès à des bases de données, à des IA compétitives, à des doctorants pour leur permettre de travailler en équipe », liste Isabelle Huault, la directrice générale de l’emlyon Business School.

    L’attractivité se cristallise aussi sur les infrastructures. C’est qu’il faut désormais proposer aux élèves des lieux où ils pourront vivre la « meilleure expérience étudiante » possible. Espaces de socialisation, fab lab, jardins paysagers… « Le campus est devenu un élément statutaire », reconnaît Isabelle Huault. L’école lyonnaise a ainsi déboursé 150 millions pour construire un nouveau site de 30 000 mètres carrés en plein cœur de la ville. En juin dernier, c’est HEC qui a présenté les premières esquisses de son nouvel écrin de Jouy-en-Josas, une transformation radicale de son campus historique. Un projet à 230 millions d’euros.

    Pour capter de nouveaux étudiants, il faut aussi aller les chercher là où ils vivent. « On ne s’en sortira pas en s’enfermant dans le microcosme nombriliste français », estime François Thérin, le nouveau directeur de l’ICN Business School, qui regarde notamment en direction de l’Inde, l’Afrique, de l’Asie ou du Moyen-Orient. En 2024, l’ICN a signé un partenariat avec GEDU Global Education, groupe britannique présent dans 12 pays et rassemblant 60 000 étudiants. « Cela nous donne des opportunités que nous n’aurions jamais eues autrement », reconnaît François Thérin.

    Dans ce contexte de plus en plus tendu et compétitif, de nombreuses écoles activent le levier des frais de scolarité, qui ne cessent de grimper ces dernières années. En 2025, HEC a franchi la barre des 70 000 euros pour l’ensemble de son programme grande école. Les sommes à débourser pour l’Essec, l’ESCP, l’Edhec ou l’emlyon tournent, elles, autour de 60 000 euros. Or les établissements de milieu et de bas tableau ont tendance à s’aligner sur les premiers de la classe. Une facture qui peut avoir un effet dissuasif. « C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles les candidats qui n’arrivent pas à intégrer une école dans le top 5 du classement peuvent préférer cuber ou rejoindre des universités comme Paris-Dauphine après leur prépa », explique Alain Joyeux, le président de l’association des professeurs de classes préparatoires économiques et commerciales. « Nos frais de scolarité sont toutefois inférieurs à ceux de nos concurrents internationaux. Avec des moyens moindres, nos écoles sont très bien représentées dans les classements mondiaux. C’est ce que j’appelle le miracle à la française », répond Vincenzo Vinzi. A voir si ce modèle va survivre à une autre révolution, déjà en cours. Celle de l’intelligence artificielle qui pourrait bien bouleverser encore un peu plus l’équilibre économique de ces cathédrales de l’éducation.

  • Résolument antifascistes, hier comme aujourd’hui. Appel à manifester le mardi 3 mars 2026
    https://academia.hypotheses.org/63877

     Communiqué des syndicats CGT des universités lyonnaires, 25 février 2026 Le moment politique que nous vivons depuis le décès du militant néo-nazi Quentin Deranque nous sidère. Samedi 21 février, un défilé s’est tenu à Lyon avec toutes les nuances … Continuer la lecture →

    #Démocratie_universitaire #Expression_syndicale #Gouvernance_de_l'ESR #Libertés_académiques_:_pour_une_université_émancipatrice #Opinions,_motions,_propositions,_expression_syndicale #antifascisme #ENS_de_Lyon #Science_Po_Lyon #Université_Lyon_1 #Université_Lyon-2 #Université_Lyon-3 #violences_fascistes

  • « Trois ans d’études chèrement payées et je n’ai toujours rien de mieux que le bac » : quand l’enseignement supérieur privé laisse ses étudiants sur le carreau
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/02/17/trois-ans-d-etudes-cherement-payees-et-je-n-ai-toujours-rien-de-mieux-que-le

    #paywall merci si vous le trouvez quelque part sur la toile ...

    Le récit est un tout petit peu différent du titre de l’article puisque la jeune diplômée se retrouve sous #OQTF faute de diplôme valide. Sacré arnaque ces écoles.

  • #bande_de_nuls

    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/01/26/la-situation-de-mon-universite-c-est-bien-du-zola-l-alerte-d-une-presidente-

    Le style est direct, les mots sont abrupts. L’initiative de la présidente de l’université Paul-Valéry, à Montpellier, n’a qu’un seul objet : faire savoir au chef de l’Etat « ce que travailler dans une université sous-encadrée veut dire réellement au quotidien ». « Savoir et se taire, c’est être complice, je ne peux pas taire cette injustice », expose Anne Fraïsse dans sa lettre à Emmanuel Macron, envoyée lundi 26 janvier, que Le Monde a pu lire en amont.

    La missive fait figure d’acte désespéré, alors qu’ont commencé, le 8 janvier, les Assises du financement des universités, un événement duquel le ministre de l’enseignement supérieur, #Philippe_Baptiste, compte tirer un « diagnostic partagé, rigoureux et incontestable sur la situation financière des universités ».

    A l’automne 2025, au moment des débats budgétaires, le #ministre avait souhaité relativiser la situation des universités, lors de son audition devant la commission de la culture et de l’éducation au Sénat : « Ce n’est pas Zola non plus », avait-il estimé, suscitant un tollé dans la communauté universitaire. Rappelons que le Conseil d’analyse économique, qui conseille Matignon, avait considéré en décembre 2021 les universités comme « sous-financées » depuis les années 2010.

    « La situation de mon université, c’est bien du Zola, Monsieur le Président », tranche #Anne_Fraïsse, qui est l’une des présidentes d’établissement les plus aguerries, avec un premier mandat commencé en 2008, qui s’est poursuivi jusqu’en 2016, puis un autre à nouveau en 2020. L’université #Paul-Valéry compte parmi les moins dotées financièrement et en postes de France, onze départements disciplinaires fonctionnant avec seulement 50 %, voire 40 %, d’#enseignants titulaires.
    [...]
    Aussi incroyable que cela puisse paraître, rappelle-t-elle, les #dotations annuelles que l’Etat attribue aux universités résultent d’un arbitrage tenu secret. « Nous restons depuis quinze ans le seul pays d’Europe où l’argent de l’Etat est distribué aux universités sans critères connus, dans la plus totale opacité et injustice, illustre Anne Fraïsse. Pour un #étudiant de même discipline, une université peut recevoir deux fois moins qu’une autre. Pourquoi ? Personne ne le sait. »

    Au motif que l’établissement présente un budget en déficit, les recrutements d’enseignants-chercheurs et de personnels techniques et administratifs s’en trouvent bloqués par le ministère de l’enseignement supérieur, ce qu’Anne Fraïsse qualifie de « chantage ». « Pas d’argent, pas de postes (…), et on reprend la boucle comme des hamsters qui tournent dans leur roue », déplore la présidente qui implore le chef de l’Etat de « changer » la donne, tant « les conséquences sont funestes ».

    Les mots se succèdent, de plus en plus graves. Anne Fraïsse alerte sur la santé de ses équipes. Ces cinq dernières années, « il y a eu quatre suicides de personnels titulaires (le précédent remontait à vingt-cinq ans), trois crises cardiaques au travail, deux AVC [au bureau], sans compter les arrêts de travail longue maladie pour burn-out, énumère-t-elle. Certes, ces décès ont des causes multiples, mais les statistiques sont là et ce bilan pour une université de 1 003 titulaires (576 enseignants et 427 administratifs) pour 23 000 étudiants révèle des conditions de travail insupportables. »

    « Vous savez maintenant ce que zéro création de postes veut dire pour une université comme la mienne », conclut la présidente de l’université Paul-Valéry, à l’attention d’Emmanuel Macron. « On meurt dans mon université. D’excès de travail, de stress, d’usure, de désespoir, d’indifférence », écrit-elle encore avant de saluer, d’une façon singulière et désespérée, le chef de l’Etat « comme les gladiateurs saluaient celui qui finançait les jeux et présidait à leur destinée : “Morituri te salutant” (“ceux qui vont mourir te saluent”) ».

    « La situation de mon #université, c’est bien du #Zola » : l’alerte d’une présidente à Emmanuel #Macron
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/01/26/la-situation-de-mon-universite-c-est-bien-du-zola-l-alerte-d-une-presidente-