• La hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers devrait les fragiliser encore plus
    https://www.mediapart.fr/journal/france/170719/la-hausse-des-frais-d-inscription-pour-les-etudiants-etrangers-devrait-les

    Des élèves du master études de genre de l’université Paris VIII ont cherché à mesurer les effets probables de la hausse des frais d’inscription annoncée par le gouvernement pour les candidats venus de pays extracommunautaires. Conclusion : la mesure va les dissuader de venir, notamment compte tenu des très grandes difficultés matérielles.

    #enseignement_supérieur #étudiants_étrangers,_bienvenue_en_France,_frais_d’inscription

  • Pénurie, punition et privatisation (En Marche dans l’Éducation)

    1000 postes non pourvus dans le 1er degré à la rentrée [1] car depuis quelques années ce métier n’attire plus [2].
    En effet, contrairement à ce qui se dit dans les diners en ville (profs feignants, vacances, etc.), le métier s’est intensifié [3] et a été nettement dévalorisé financièrement [4] comme le montrent les rapports internationaux [5].
    Et quelles sont les décisions de ce gouvernement pour rendre ce métier plus attrayant alors que les conditions de travail se durcissent ?
    –> Punir davantage les enseignant·es en rendant plus difficiles leurs conditions de salarié·es :
    – remettre en place le jour de carence non payé [6]
    – réduire leurs congés d’une semaine [7]
    – faire une réforme des retraites qui les pénalisera fortement [8].

    Une gestion de RH idéologique, anti-profs, absurde.
    Des choix politiques dont l’objectif à court terme est de tuer le mammouth pour laisser le champ libre aux acteurs marchands [9].

    [NB : ce déficit en recrutement sera comblé par l’embauche de vacataires non-formés sur des contrats précaires et moins payés.]
    [Note anti-trolls : Dire cela n’est pas dire que les autres salarié·es ne sont pas impacté·es ni que d’autres métiers ne sont pas pénibles et davantage encore.]

    [1] http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2019/06/26062019Article636971318188510795.aspx
    [2] http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/09/10/01016-20140910ARTFIG00404-education-nationale-crise-de-recrutement.php
    [3] http://www.slate.fr/story/106523/prof-sacerdoce
    [4] http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/10/15102012Article634858803492393831.aspx
    [5] https://www.liberation.fr/checknews/2018/09/11/les-profs-francais-sont-ils-moins-bien-payes-que-leurs-homologues-europee
    [6] http://www.cafepedagogique.net/LEXPRESSO/Pages/2018/01/17012018Article636517700230222938.aspx
    [7] https://www.humanite.fr/education-blanquer-sen-prend-aux-vacances-des-profs-673818
    [8] https://www.capital.fr/votre-retraite/reforme-des-retraites-ou-en-est-on-aujourdhui-1338441
    [9] http://www.slate.fr/story/77312/privatiser-ecole-france-pas-tout-fait-une-fiction

    #éducation #salariat #enseignant·es #recrutement #précarisation #secteur_marchand

  • [Vidéo à voir] "Enseigner la Pensée Critique ? - Le Bénéfice du Doute #6"
    Il y a des gens qui t’éclairent. Y’a des gens qui t’ouvrent la conscience à force de questions (#maïeutique ?) ou te font t’en poser mille et cent comme la bande de La Tronche en biais et autres membres de l’Association pour la Science et la Transmission de l’Esprit Critique.
    Pis y’a des gens qui, par la porte ou par la fenêtre, ouverte, vont aussi t’apporter de la vigueur. C’est souvent le cas de celleux qui se consacrent, corps et âmes, à l’Educ Pop. Et moi je suis clairement leur enfant. Et leur enthousiasme me fait toujours un bien fou (particulièrement en ces temps quand l’horizon me semble de plus en plus sombre...)
    Alors cette émission enregistrée avec Patrick Baranger et Jade Herbert des Petits Débrouillards, autant dire qu’elle m’a régalé les neurones et titillé la sérotonine !
    Je vous file l’adresse plutôt que continuer à blablater : https://youtu.be/X04bYhypN2I


    Et un extrait :

    Mais plus on pense de manière critique, plus on peut avoir peur ! Comment on peut avoir envie de se faire peur ?! Comment on peut donner envie aux gens de penser mieux puisque penser mieux ne rend pas heureux ?!

    Et cette citation :

    Ah ! ce n’est pas dans la science qu’est le bonheur, mais dans l’acquisition de la science !
    Edgar Allan Poe

    #enseignement #Education_Populaire #EducPop #critique #esprit_critique

  • « Malgré les réformes, Sciences Po n’intègre toujours pas d’enfants d’ouvriers »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/260619/malgre-les-reformes-sciences-po-n-integre-toujours-pas-d-enfants-d-ouvrier

    Sciences Po Paris a annoncé une refonte de sa procédure d’admission avec la suppression de l’écrit. Le prestigieux établissement entend ainsi attirer des candidats moins homogènes socialement. Le sociologue Vincent Tiberj, qui mène une réforme analogue à Sciences Po Bordeaux, souligne la nécessité de mettre les moyens nécessaires pour ouvrir ces écoles.

    #enseignement_supérieur #concours,_voie_d’entrée,_Conventions_éducation_prioritaires,_Sciences_Po_Paris

  • « Sciences Po prend conscience que le système des grandes écoles est inégalitaire »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/260619/sciences-po-prend-conscience-que-le-systeme-des-grandes-ecoles-est-inegali

    Sciences Po Paris a annoncé une refonte de sa procédure d’admission avec la suppression de l’écrit. Le prestigieux établissement entend ainsi attirer des candidats moins homogènes socialement. Le sociologue Vincent Tiberj, qui mène une réforme analogue à Sciences Po Bordeaux, souligne la nécessité de mettre les moyens nécessaires pour ouvrir ces écoles.

    #enseignement_supérieur #Conventions_éducation_prioritaires,_concours,_Sciences_Po_Paris,_voie_d’entrée,_A_la_Une

  • Payés des mois après avoir enseigné, et sans protection sociale : le scandale des vacataires à l’université
    https://www.bastamag.net/Enseignants-vacataires-universites-precarite-chercheurs-auto-entrepreneur-

    Des milliers d’enseignants vacataires sont employés par les universités ou recrutés par des formations sélectives pour pallier le manque de postes. Ces enseignants, souvent des jeunes chercheurs, travaillent la plupart du temps sans contrat, sans bulletin de salaire, sont payés avec plusieurs mois, voire un an, de retard. Pire, l’administration les oblige parfois à travailler sous le statut d’auto-entrepreneur. Après des promesses non tenues en 2016, des collectifs se remobilisent. Leur première (...)

    #Résister

    / #Luttes_sociales, Emploi , #Conditions_de_travail, #Education, A la une

    #Emploi_

    • Même dans cette formation prestigieuse et sélective, les conditions de paiement des vacataires sont extrêmement précaires. « Certains vacataires sont au RSA. Et comme nous travaillons sans bulletin de salaire pendent des mois, la CAF déclenche des contrôles systématiquement. Pendant ce temps, le RSA n’est pas versé », rapporte Corinne Lellouche, vacataire au Celsa depuis 2006. « Ce statut de vacataire a été créé à l’origine pour des activités ponctuelles. Quand j’ai commencé, les vacataires étaient de gens avec de bonnes situations qui faisaient cela en plus de leur activité principale. Ce n’est plus le cas. Les nouveaux vacataires du Celsa ne sont plus des journalistes ou des communicants en poste. Ce sont des jeunes précaires qui multiplient les activités et ont besoin d’attestation d’emploi et de bulletins de salaire pour pouvoir faire valoir leur droits au chômage auprès de Pôle emploi. Au Celsa, il y a aujourd’hui 600 vacataires pour 120 titulaires, dont les personnels administratifs. » Si le recours à des intervenants extérieurs pour des cours ou des formations très ponctuels est logique, il semble que les universités et grandes écoles sont de plus en plus nombreuses à abuser de ce statut bancal et ultra-précaire.

  • Grève du bac, un mouvement social inédit (Revue de presse)

    La perspective de mener un mouvement revendicatif au moment des épreuves du baccalauréat a été longtemps tabou, tant pour les syndicats que pour l’immense majorité des enseignant·es, notamment militant·es. Pour les premiers, ils y voyaient un mode revendicatif condamné à l’impopularité, pour les seconds qui sont souvent parmi les plus impliqué·es pour la réussite des élèves c’était un “crève-cœur” que de l’envisager.

    Cette année le pas a été franchi [1]. D’abord par un appel à la grève de la surveillance parti du terrain et relayé ensuite par des syndicats qui craignaient un décalage avec la base. Ce mouvement a eu peu d’effet car la surveillance a pu être assurée par d’autres personnels de l’Éducation Nationale (hiérarchie locale, administratifs, précaires). Mais il a été l’occasion de mobilisations devant les établissements ou rectorats localement [2]. Les chiffres des grévistes annoncés par le ministère calculés avec une grande mauvaise foi [3] font passer, à tort, une montée forte de l’exaspération pour un mouvement ultra-minoritaire.
    Des appels à la rétention des notes[4], voire à la grève des corrections, remontent maintenant d’AG d’établissements [5][6] et commencent à être repris par certains syndicats, cette étape sera plus difficile à négocier médiatiquement car les effets sur les candidats seront réels.

    D’après les remontés de collègues du secondaire se dessine un mouvement inédit porté par des enseignant·es habituellement peu mobilisé·es et éloigné·es des syndicats. Une "radicalisation" sans doute à associer à la dynamique des "stylos rouges", cousins lointains des "gilets jaunes" [7].

    Les raisons de l’exaspération sont notamment :
    – la perte notable de pouvoir d’achat de la profession sur une génération, et sur la dernière décennie de rigueur budgétaire, associée à un sentiment de déclassement ;
    – Le #ProfBashing permanent des médias et du personnel politique en dépit de conditions de travail ressenties comme de plus en plus dures, ainsi que ce qui s’apparente à la dénonciation incessante de leur incompétence tandis que les rapports internationaux pointent le manque de formation initiale et continue ;
    – le durcissement des conditions sociales (retraites, congés) alors que le métier ne séduit plus et peine à recruter et que les démissions s’envolent.

    [1] Grève du bac : une session 2019 sous tension sans être pour autant menacée (Le Monde)
    https://www.lemonde.fr/education/article/2019/06/14/greve-du-bac-une-session-2019-sous-tension-sans-etre-pour-autant-menacee_547

    A l’appel d’une intersyndicale opposée à la réforme de l’examen, des enseignants n’excluent pas une grève de la surveillance au premier jour des épreuves écrites, lundi 17 juin.

    [2] Le rectorat de Toulouse face aux profs et aux parents (La Dépêche)
    https://www.ladepeche.fr/2019/06/14/le-rectorat-de-toulouse-face-aux-profs-et-aux-parents,8256331.php

    [3] Surveillance du bac : le taux de grévistes était-il de 5,4%, comme le dit le ministère de l’Education nationale ? (France Info)
    https://www.francetvinfo.fr/societe/education/reforme-du-bac/surveillance-du-bac-le-taux-de-grevistes-etait-il-de-5-4-comme-le-dit-l

    La « grève de la surveillance » a débuté le 17 juin, premier jour des épreuves du baccalauréat de l’édition 2019. Le ministère de l’Education nationale reconnaît que son calcul est basé sur l’ensemble des enseignants, même ceux qui ne surveillent pas les épreuves.

    [4] Bac 2019 : Quelle sera l’ampleur du mouvement de rétention des notes par les profs en colère ? (20 minutes)
    https://www.20minutes.fr/societe/2546043-20190622-bac-2019-ampleur-mouvement-retention-notes-profs-colere

    Après la grève de la surveillance le jour de l’épreuve de philo, les profs fourbissent de nouvelles armes. Plusieurs collectifs d’enseignants en colère, qui dénoncent la réforme du lycée, ont appelé leurs collègues à la rétention des notes du bac.

    [5] Comment je me suis « radicalisé » : un professeur de philosophie explique pourquoi il bloquera les notes du baccalauréat (France 3 Occitanie)
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/comment-je-me-suis-radicalise-professeur-philosophie-ex

    Contre la réforme Blanquer, en Occitanie, des professeurs rentrent en désobéissance civile. Ils ont décidé de geler les notes du baccalauréat.

    [6] La grève des examens tourne à celle des corrections (Le Café Pédagogique)
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2019/06/20062019Article636966253952915897.aspx

    [7] Les « stylos rouges » s’inspirent des « gilets jaunes » (Le Figaro)
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/01/03/01016-20190103ARTFIG00230-les-stylos-rouges-s-inspirent-des-gilets-jaunes.p

    Pour séduire davantage le grand public et trouver un second souffle, des enseignants ont créé un collectif de revendications sociales sur Internet… sans leurs syndicats.

    #éducation #enseignant·es #salariat #mouvement_social #baccalauréat

  • La précarité grandit chez les professeurs (L’Humanité)
    https://www.humanite.fr/la-precarite-grandit-chez-les-professeurs-673605

    Le dernier bilan social publié la semaine dernière par le ministère de l’Éducation nationale montre une forte hausse du nombre d’enseignants contractuels et des démissions…

    #éducation #salariat #enseignant·es #précarité #conditions_de_travail

  • It’s time to recognize how men’s careers benefit from sexually harassing women in academia

    The wave of accusations about sexual harassment and predation in media and art has shown that it is impossible to separate the art from the artist, sparking much needed discussion about “how the myth of artistic genius excuses the abuse of women” (Hess 2017). We have a similar myth in academia: that the contributions of a harassing scholar can be separated from his bad behavior. It is time to debunk that myth once and for all.

    https://hugeog.com/wp-content/uploads/2019/06/HG_Vol-12_No1_2019_ch11.pdf
    #université #harcèlement #sexisme #harcèlement_sexuel #Me_too #MeToo

    Tribune écrite par des géographes aux Etats-Unis dans la revue Human Geography...

    Et je me rends compte qu’il faudrait qu’un jour je commence une métaliste sur cette question, car on commence à avoir une belle collection de documents sur seenthis...

    • Après #metoo, le besoin urgent d’une déontologie universitaire

      La #loi_du_silence se lève progressivement sur le problème du harcèlement sexuel à l’université. « De tels comportements ne doivent plus être acceptés, tolérés, voire encouragés. C’est pourquoi il est urgent qu’ils soient reconnus pour ce qu’ils sont : des #fautes_déontologiques et professionnelles, appelant des #sanctions_disciplinaires », insistent de nombreuses associations et universitaires de différentes universités françaises.

      La prise de conscience est lente, mais grâce au travail du #CLASCHES (https://clasches.fr), au mouvement #MeToo qui a soutenu la prise de parole des victimes et à la mobilisation d’universitaires (https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/061218/violences-sexuelles-dans-l-enseignement-superieur-et-la-recherche-au), la loi du silence se lève progressivement sur le problème du harcèlement sexuel à l’université.

      Ce problème n’est pourtant pas encore traité avec le sérieux et la volonté politique qu’il requiert : qu’il s’agisse des procédures locales mises en place par les universités, de la communication à destination de la communauté universitaire sur le rôle des référent·e·s, des formations, des enquêtes et de l’application réelle de sanctions, les éléments essentiels pour la lutte contre le harcèlement sexuel n’en sont qu’à leurs balbutiements. Le fonctionnement rétrograde des #procédures_disciplinaires, qui ne peuvent être ouvertes que par les président·e·s d’université, ne reconnaissent pas de statut aux #victimes, et impliquent généralement de faire juger les personnes mises en cause par leurs ami·e·s et collègues, est particulièrement problématique (1). Les universités, de surcroît, ont trop souvent tendance à se défausser sur la #justice_pénale lorsque des #agressions_sexuelles ou des faits de harcèlement leur sont rapportés alors qu’elles ont la #responsabilité de les traiter non pas en tant que #délits mais en tant que manquements à des obligations professionnelles.

      Or, cette tendance des établissements de l’#Enseignement_Supérieur à prendre pour référence unique le #droit_pénal et y renvoyer les comportements pénalement répréhensibles qui sont dénoncés a une autre conséquence : non seulement les procédures disciplinaires ne sont pas systématiques en cas de délit d’agression sexuelle ou de harcèlement sexuel, mais elles laissent de côté par la même occasion l’ensemble des comportements de nature sexiste ou sexuelle qui forment la racine de ce problème.

      Lorsque des étudiant·e·s dénoncent des comportements soit sexistes, soit à connotation sexuelle ou amoureuse de la part de leurs enseignant·e·s, ceux-ci ne sont pas toujours susceptibles d’être sanctionnés pénalement. Pourtant ces comportements, outre leur gravité intrinsèque et leurs lourdes conséquences sur les étudiant·e·s et leurs trajectoires, constituent des manquements aux obligations professionnelles de l’enseignant·e, dans la mesure où ils entravent le fonctionnement du #service_public.

      Et en tant que service public, l’Enseignement Supérieur et la Recherche doit notamment assurer un environnement de respect et de sécurité et une relation pédagogique favorable à l’apprentissage de tou·te·s les étudiant·e·s : la "drague" n’a pas sa place dans cette relation et enfreint à ce titre les obligations professionnelles des enseignant·e·s.

      Ainsi, ce ne sont pas seulement les comportements répréhensibles devant les tribunaux (2) qui posent problème : toutes les sollicitations sexuelles et/ou amoureuses de la part d’enseignant·e·s compromettent cette #relation_pédagogique. Tout comportement à connotation sexuelle ou amoureuse de la part de l’enseignant·e est fondamentalement incompatible avec la #confiance, le #respect et l’#égalité_de_traitement nécessaires pour qu’un·e étudiant·e puisse étudier, apprendre, faire un stage ou réaliser un travail de recherche dans de bonnes conditions. Ces fautes professionnelles devraient systématiquement faire l’objet d’une #procédure_disciplinaire accompagnée d’une enquête précise, et non d’un simple #rappel_à_l’ordre informel (3), quand elles ne sont pas simplement passées sous silence.

      Dans le contexte institutionnel actuel de l’enseignement supérieur, la relation pédagogique est fortement asymétrique : l’enseignant·e est non seulement investi·e d’une position d’#autorité où il / elle est celui ou celle qui sait et transmet un savoir, mais cette relation pédagogique a aussi des implications très concrètes sur les notes, les évaluations, voire le jugement par l’ensemble d’une équipe pédagogique à l’égard d’un·e étudiant·e. Les enseignant·e·s ont ainsi un réel pouvoir de décision sur l’avenir universitaire et professionnel de leurs étudiant·e·s. Ce type d’#asymétrie suscite souvent à la fois crainte et admiration de la part des étudiant·e·s. Il est indispensable que les enseignant·e·s n’abusent pas de cette position et ne se sentent ni en droit et ni en mesure de le faire. Dans une telle situation d’asymétrie, tout comportement à connotation sexuelle ou amoureuse de la part de l’enseignant·e, qu’il soit répété ou non, que l’étudiant·e y réponde favorablement ou non, est assimilable à un #abus_de_pouvoir.

      Des situations qui entravent la déontologie la plus élémentaire sont trop souvent écartées d’un revers de main au prétexte que les personnes impliquées sont « des adultes consentants » (4). Comment construire une relation de confiance et de respect mutuel avec un directeur ou une directrice de thèse qui vous fait des avances, quand bien même votre refus serait respecté ? Comment se sentir à l’aise en cours avec un·e enseignant·e qui vous complimente sur votre apparence ? Il n’est plus acceptable d’entendre – comme c’est aujourd’hui trop souvent le cas – des enseignant·e·s parler de leurs classes comme d’un terrain de chasse réservé, avec ce qu’il faut de parfum de transgression, du moment que leur environnement professionnel regarde discrètement ailleurs. Il n’est plus acceptable d’apprendre qu’un·e enseignant·e sort régulièrement avec des étudiant·e·s sans que cela n’entraîne de réaction ferme au sein des établissements. Le caractère choquant de ces comportements est pourtant admis de tou·te·s, qui ont la décence de n’en parler que dans des espaces confidentiels, entre collègues et à voix basse, mais pas le courage d’y mettre un terme.

      Le corps médical, confronté aux mêmes problèmes, a récemment introduit une précision dans le code de déontologie médicale, afin de faciliter la prise de sanctions adéquates en cas de plainte (5). Il est nécessaire et urgent qu’une clarification analogue soit adoptée et communiquée dans le cadre des établissements d’Enseignement Supérieur, au niveau national dans les décrets statutaires des enseignant·e·s et des différents corps d’enseignant·e·s et par conséquent dans le règlement intérieur de chaque établissement, et qu’il devienne ainsi clair, pour les enseignant·e·s comme pour les étudiant·e·s, que « l’enseignant·e ne doit pas abuser de sa position, notamment du fait du caractère asymétrique de la relation d’enseignement, et doit s’abstenir de tout comportement à connotation sexuelle ou amoureuse (relation intime, parole, geste, attitude…) envers l’étudiant·e » (6).

      De tels comportements ne doivent plus être acceptés, tolérés, voire encouragés. C’est pourquoi il est urgent qu’ils soient reconnus pour ce qu’ils sont : des fautes déontologiques et professionnelles, appelant des sanctions disciplinaires.

      (1) Voir à ce propos CLASCHES, « L’action du CLASCHES », Les cahiers du CEDREF, 19 | 2014, mis en ligne le 17 avril 2015 ; Alexis Zarca, « La répression disciplinaire du harcèlement sexuel à l’université », La Revue des droits de l’homme, 12 | 2017, mis en ligne le 29 juin 2017 ; DOI : 10.4000/revdh.3109. Voir également le colloque « Violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur et la recherche : de la prise de conscience à la prise en charge » à l’Université de Paris Diderot (décembre 2017).

      (2) Pour rappel, ces comportements sont principalement les agressions sexuelles, dont le viol, ainsi que le harcèlement sexuel constitué soit par « le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste, qui portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, ou créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante », soit par « toute forme de pression grave (même non répétée) dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte sexuel ».

      (3) Rappelons que l’avertissement et le blâme figurent parmi les sanctions qui peuvent être déterminées à l’issue d’une procédure disciplinaire.

      (4) Dans l’enseignement secondaire, les élèves mineur·e·s de plus de quinze ans sont légalement protégé·e·s de leur côté par l’existence du délit d’atteinte sexuelle qui court jusqu’à dix-huit ans si la personne majeure a une autorité de fait sur la victime. Il faut cependant noter qu’une partie importante des lycéen·ne·s atteignent leur majorité durant leur scolarité.

      (5) Un commentaire précise désormais ainsi l’article 2 du code de déontologie : « le médecin ne doit pas abuser de sa position notamment du fait du caractère asymétrique de la relation médicale, de la vulnérabilité potentielle du patient, et doit s’abstenir de tout comportement ambigu en particulier à connotation sexuelle (relation intime, parole, geste, attitude, familiarité inadaptée …) ».

      (6) Les établissements pourront ensuite déterminer plus précisément l’extension de cette exigence, en tenant compte de leur organisation et de la structure de leurs formations.

      https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/280619/apres-metoo-le-besoin-urgent-d-une-deontologie-universitaire

  • Les nocives #aurores_boréales de l’#agriculture

    La #Bretagne n’est pas réputée pour sa #chaleur et son #ensoleillement mais elle est pourtant la première région productrice de #tomates en #France, le légume-fruit le plus consommé des français. Les grands exploitants de tomates cultivent principalement #hors-sol, sous #serres chauffées et compensent le peu d’ensoleillement avec un éclairage artificiel. C’est de ces serres que proviennent ces #lumières nocturnes fantastiques, qui ne sont évidemment pas sans impact pour l’#environnement.

    https://www.liberation.fr/france/2019/06/02/les-nocives-aurores-boreales-de-l-agriculture_1730627
    #pollution_lumineuse

  • Chicago teachers speak on inequality, attacks on public education at downtown rally - World Socialist Web Site

    https://www.wsws.org/en/articles/2019/05/24/chgo-m24.html

    The Chicago Teachers Union held a rally outside the James R. Thompson Center in downtown Chicago Wednesday under the slogan “Standing strong for the schools Chicago’s students deserve.”

    Teachers have grown increasingly disillusioned with the high-flown “social justice” pretensions of the CTU, since it has collaborated for years with the city’s Democratic Party administration and former Mayor Rahm Emanuel in imposing school closings, layoffs, and countless other attacks on teachers and public education.

    #états_unis #chicago #enseignement

  • Tout comprendre sur #Parcoursup

    Pour comprendre la nature de “Parcoursup”, il faut partir de l’expérience directe, sans tenter d’y plaquer des interprétations hatives ou idéologiques. Pour la plupart des lycéens — ceux que les communicants qui encombrent désormais l’appareil d’Etat appellent “nos jeunes” — le processus d’affectation dans l’#enseignement_supérieur se présente comme une boîte noire nimbée de brouillard, comme une obscure Machine.

    Son #opacité ne tient pas tant à l’interface numérique par laquelle se font les connexions que dans l’impression diffuse de ne pas connaître les règles d’un “jeu” qui s’apprête à déterminer la place sociale qui sera assignée à chaque “candidat” pour le reste de son existence.

    Les familles qui entendent faire de leurs rejetons des “premiers de cordée” ne découvrent pas la #guerre_scolaire à cette occasion : elles s’y livrent depuis la maternelle, renforçant la #ségrégation_sociale par mille artifices de contournement, de choix d’options “astucieuses” et de falsification d’adresse. Parcoursup officialise l’idée que les formations universitaires — y compris celles aussi standardisées que des licences d’une même discipline — ne se valent pas. Dès lors, ce qui fut une orientation devient recherche active des filières les plus valorisables, c’est-à-dire celles qui, en l’absence de mécanismes de brassage social, permettront d’obtenir les meilleures places dans la hiérarchie socio-économique. C’est du moins ce dont les concepteurs souhaitent convaincre les classes moyennes. Mais comment savoir quels sont les “parcours” qui permettront d’accroître son “portefeuille de compétences” de sorte à en obtenir les “dividendes” matériels et symboliques les plus généreux ? En effet, hormis les Grandes Écoles, qui assurent la formation des cadres, les formations sont essentiellement les mêmes partout. D’où l’effet de brouillard.

    Les “premiers de cordée” se reconnaissent en ceci qu’ils “ont du réseau” leur permettant d’obtenir informations précieuses et passe-droits. L’#opacité du système est en partie délibérée comme en témoigne le démantèlement des services d’orientation nationaux (#ONISEP et #CIO). Cependant, participent à l’#angoisse générée par la Machine toutes sortes de #dysfonctionnements, d’accrocs, d’#erreurs de débutant, qui admettent une explication simple et donc probablement juste : derrière la prétention de la #Start-Up_Nation à transformer les services de l’Etat en plateformes numériques automatisées se cache un amateurisme sans bornes. Ainsi, l’équipe technique incompétente recrutée par le ministère en charge de l’enseignement supérieur s’est montrée incapable d’écrire un logiciel sans bug, malgré la simplicité algorithmique : appeler les “candidats” dans l’ordre dans lequel les formations les ont classés, au fil des désistements. Du reste, il n’est qu’à voir le visage de Mme Vidal rongé par les anxiolytiques, lorsqu’elle débite d’une voix pâteuse les éléments de langage préparés par les communicants de son cabinet, avec des chiffres arrangés quand ils ne sont pas tout simplement faux, pour comprendre que l’angoisse générée par Parcoursup s’étend à tous ceux qui ont été mis au service de la Machine : les bacheliers, bien sûr, mais aussi les responsables des formations qui produisent les classement des “candidats” et l’ensemble de la #bureaucratie ministérielle occupée à calfeutrer les voies d’eau qui se multiplient quotidiennement. Que le ministère en charge de l’enseignement supérieur soit entièrement tourné désormais vers le micro-management le plus insignifiant, n’est pas le moindre des paradoxes du dispositif. Au final, le mantra répété jusqu’à la nausée par la ministre, “Remettre de l’Humain dans la Machine”, n’est pas si faux que cela, qui évoque métaphoriquement ces usines de nuggets à destination de la restauration rapide, qui broient ce qui reste des poulets une fois amputés de leurs filets et de leurs cuisses.

    La boule au ventre qui étreint les lycéens au moment de choisir la discipline à laquelle ils entendent se former, comme moyen particulier d’aller vers une autonomie de pensée, ne s’arrête pas le jour où tombent, comme un couperet, les affectations. Les “premiers de cordée”, un sur cinq environ, obtiennent ce qu’ils souhaitent dès le premier jour et c’est l’objet même de la Machine que ce soit le cas. Le système d’affectation précédent, qui n’était certes pas la panacée mais ne reposait pas sur un classement des “candidats”, parvenait à attribuer son premier vœu à un bachelier sur deux. Avec Parcoursup, plus de la moitié des “candidats” sont “mis en attente” pour l’intégralité des formations demandées, y compris celles, au fond non souhaitées, qui constituaient des choix stratégiques de repli. Et ce purgatoire a été conçu pour durer très longtemps. N’importe quel informaticien pouvait prédire que la suppression des vœux hiérarchisés engendrerait des “deadlocks” algorithmiques, ralentissements induits lorsque des processus concurrents s’attendent mutuellement, ne laissant d’alternative à l’interprétation qu’entre le cynisme et l’incompétence totale. Ainsi, il restait plus de 47000 candidats sur le carreau à la rentrée 2018, principalement des lycéens ayant obtenu un bac “pro”. Les éléments de langage produits par le ministère et repris sans vérification par la presse quotidienne transformèrent ce fait tiré des statistiques du ministère lui-même en : “moins de 2500 candidats encore en attente”. Au final, l’angoisse générée par la “mise en attente” a une fonction importante : faire accepter avec soulagement une formation pour laquelle le “candidat” n’a ni affinité ni appétence.

    Faire patienter, c’est dominer

    En résumé, Parcoursup est une machine à dévorer du temps pour permettre à une minorité de choisir librement leur formation et pour le plus grand nombre, d’être répartis au cours d’une grande loterie anxiogène.

    Bien qu’il soit important de rendre compte des effets concrets que Parcoursup produit, il ne faut pas le réduire à un dispositif technique mais en analyser les motivations.

    Parcoursup a d’abord une dimension gestionnaire et répond à un problème précis : comment ne pas investir dans l’#Université_publique, alors même que la population étudiante est supposée s’accroître de 30% entre 2010 et 2025. Cela représente quelques 400 000 étudiants en plus, soit une vingtaine d’universités à construire. La réponse est simple : décourager les inscriptions par tous les moyens y compris par l’augmentation des #frais_d’inscription pour les étrangers, “caser tout le monde” en bourrant les formations désertées de “sans fac”, et augmenter à moyens constants les capacités d’accueil des formations (de 10% en 2018). Si cela ne suffit pas, Parcoursup permet techniquement de recourir à la sélection stricte.

    Deuxième dimension du dispositif, Parcoursup en finit avec un système qui permettait à tout bachelier de faire les études universitaires de son choix. Le dispositif reprend le contenu de la #loi_Devaquet là où l’assassinat de Malik Oussekine par les voltigeurs motocyclistes l’avait interrompu en 1986. Parcoursup signe ainsi la mise à mort du #baccalauréat, remplacé à l’entrée de l’Université par de la mise en #concurrence : chaque formation produit, à partir des notes de contrôle continu, des options choisies dans le secondaire et de données sur l’origine sociale (CV, lettres de motivation, etc.) un #classement des “candidats”. L’#examen_terminal est remplacé par une évaluation des “#portefeuilles_de_compétences” directement inspirée des pratiques managériales. On trouve là un premier fondement idéologique de Parcoursup, qui rompt avec les idées promues par la Révolution Française, assignant à l’enseignement une fonction émancipatrice : développer, à des fins de citoyenneté, l’usage critique de la raison individuelle. Parcoursup participe de la tentative d’amener tout le monde à se penser et à se comporter en entrepreneurs d’eux-mêmes, individuellement responsables de leur destin.

    Simultanément, le baccalauréat ayant été, pendant plus d’un demi-siècle, l’épreuve initiatique de passage à l’âge adulte pour la classe moyenne, sa disparition vise aussi à infantiliser les jeunes adultes. Le retour du service national, affublant “nos jeunes” d’un uniforme hybride entre le vigile de supermarché, le gardien de prison et le policier, confirme cette volonté d’humiliation et de torture douce. Tout concourt à repousser l’âge de l’autonomie financière et intellectuelle en transformant progressivement la licence en “lycée du 21e siècle”, terme qui tint lieu un temps de résumé programmatique à la candidature de Macron à la présidentielle, d’après les Macronleaks.

    Ces deux facettes de Parcoursup — déposséder les jeunes adultes de leur autonomie et simultanément les rendre responsables de leur position sociale — ne sont antagonistes qu’en apparence. Elles contribuent toutes deux à la fiction méritocratique, ce supplément d’âme dont “on” a doté la reproduction sociale. Plus précisément, Parcoursup (tout comme la loi Blanquer) s’inspire d’une supercherie : la théorie du capital humain. Cette “théorie” vise à naturaliser les inégalités économiques, en produisant un argumentaire à destination des classes moyennes faisant porter la responsabilité des hiérarchies sociales aux individus, et non à l’organisation de la société. Pour empêcher de penser l’héritage, d’une part, et la reproduction du capital, d’autre part, comme étant les mécanismes primordiaux de production des inégalités, il s’agit de postuler que les revenus des individus proviennent de la fructification de leur “capital de compétences”. L’important n’est pas que ces “compétences” existent, qu’on puisse les mesurer, c’est de créer les conditions sous lesquelles les individus soient amenés à se vivre eux-même comme portefeuilles de compétences en quête de valorisation, acceptant de facto leur position dans la hiérarchie sociale sans se révolter. Telle est la fonction anesthésiante de la nimbe d’angoisse et de pression autour de Parcoursup. Mais ce n’est pas tout. Si suivre une formation universitaire permet d’accroître ses revenus futurs, alors l’entrepreneur de lui-même se doit d’investir dans son portefeuille de compétences et donc de payer l’Université, en empruntant si besoin.
    Faire patienter, c’est occuper. Et l’occupation, c’est le début de la colonisation culturelle.

    Dans quel projet global de société, la vision de l’Université portée par Parcoursup s’inscrit-elle ? L’Université moderne est née en France avec la IIIe République, la dissolution des institutions médiévales à la Révolution ayant conduit à liquider toute autonomie du système facultaire et à créer des écoles professionnelles sous contrôle de l’État. Elle conserve aujourd’hui une triple anomalie en héritage du 19e siècle : le système des grandes écoles, la centralisation parisienne et l’absence d’autonomie du corps professoral vis-à-vis des pouvoirs dont il dépend. Elle a eu de ce fait une incapacité chronique à s’adapter aux mutations socio-économiques de son temps. Au 19e siècle, et jusqu’à la seconde guerre mondiale, la demande vis-à-vis de l’Université a été le développement de la recherche pour appuyer la révolution industrielle et former les nouvelles classes moyennes, témoignant d’une supériorité du modèle humboldtien de liberté d’enseigner, de rechercher et d’apprendre sur le modèle napoléonien. Après guerre, la demande des classes dirigeantes a changé de nature, tirée par le compromis fordiste, le plein emploi et la concurrence du bloc marxiste-léniniste : il s’est agi de combler le déficit de main d’œuvre qualifiée par la constitution d’une première Université de masse développant une formation à et par la recherche. Après 68, et tout au long des années 1970, une nouvelle demande a émergé, venant des étudiants eux-même et des milieux militants portant une exigence d’émancipation, de critique sociale et d’autonomie intellectuelle, produisant enfin de réelles universités au tournant du 21e siècle, malgré l’héritage douloureux de grandes écoles inaptes à la recherche. Depuis deux décennies maintenant, l’émergence d’un libéralisme autoritaire a conduit à une reprise en main, sur fond de désindustrialisation, de chômage de masse et de crise systémique. Les classes dirigeantes se moquent, pour l’essentiel, de l’Université où elles n’envoient pas leurs enfants se former — les business schools ont “bâti autour d’eux un mur d’ignorance et d’erreur". Aussi ont-elles bondi sur la première pensée indigente émise par un économiste d’Harvard : ne conserver que dix universités (au sens humboldtien), pour assurer l’activité de recherche nécessaire à l’innovation technique.

    Quelle ambition, dès lors, pour l’écrasante majorité des bacheliers issus des classes moyennes, et pour les classes populaires ? Aucune. Nada. Un vide de pensée politique. Dans la mesure où, d’une part, la production marchande peut être assurée par 10% de la population, l’Asie tenant lieu d’usine mondiale et où, d’autre part, les 10% de classes moyennes supérieures sont formées dans les grandes écoles, les 80% de classes moyennes inutiles à l’ordre économique dominant ne servent à rien. Leur formation intellectuelle et pratique est une non-question. Les universitaires ne sont rien d’autre qu’un poids mort pour les finances publiques. Même s’ils sont pour la plupart frappés de stupéfaction ou occupés à des activités courtisanes, ils disposent encore de trop de temps non-contraint pour ne pas représenter un danger. Dès lors, en l’absence d’idée, tout est mis en œuvre pour créer un marché de l’enseignement supérieur, ce qui suppose de différencier les parcours et les établissements, et de les mettre en concurrence. C’est très exactement ce à quoi contribue Parcoursup, comme brique dans une construction au long cours. La suite est connue dans les grandes lignes : créer les conditions pour accroître la part du privé dans le marché nouvellement constitué ; paupériser les établissements de proximité et y avoir recours massivement au travail précaire ; déréguler les statuts des universitaires pour abaisser les coûts salariaux ; accroître la “double hétéronomie autoritaire de l’université, envers l’encadrement administratif et envers la commande des marchés”.

    L’heure n’est plus à la défense conservatrice d’une Université qui n’existe de facto plus — si tant est qu’elle ait jamais existé — mais à la reformulation d’un projet de transformation radicale de la société qui inclue l’ensemble du système éducatif. Il devient non seulement nécessaire mais urgent de retrouver le contrôle de nos existences, de nous donner du temps pour penser et de faire de nos vies des terrains d’expériences.

    https://lundi.am/Tout-comprendre-sur-Parcoursup
    #parcours_sup #sélection #éducation_supérieure #université #attente #patience

  • Etats-Unis : une institutrice, malade, contrainte de payer son remplaçant (Le Monde)
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/05/10/etats-unis-une-institutrice-malade-contrainte-de-payer-son-remplacant_546029

    L’enseignante, atteinte d’un cancer, se voit retirer près de 180 euros par jour sur son salaire pour payer son remplaçant en vertu de la loi californienne.
    […]

    En vertu de l’accord conclu entre le district et les organisations syndicales à San Francisco, chaque enseignant a droit à dix jours de congés maladie payés par an. Les jours non pris peuvent se cumuler d’année en année.
    Une fois épuisés ces jours, les enseignants malades peuvent encore bénéficier de cent jours de congés prolongés, durant lesquels ils reçoivent « l’intégralité de leur salaire moins le coût de leur remplaçant », explique la porte-parole.

    #éducation #enseignant·es #USA #salarié·es #conditions_de_travail #arrêt_maladie

  • Academic Manifesto
    https://www.feminist-academic-manifesto.org/?lang=fr

    Nous sommes des scientifiques de différentes disciplines et nous allons nous mettre en grève le 14 juin 2019. Les femmes* sont systématiquement et massivement sous-représentées au sein des universités et des hautes écoles spécialisées suisses. Cet état de fait a des conséquences fondamentales sur les processus de production et de transmission du savoir. Nous portons les revendications suivantes en lien avec notre environnement de travail

    #genre #université #enseignement_supérieur #grève_des_femmes

  • La Floride autorise le port d’#arme des #enseignants en classe
    https://www.courrierinternational.com/article/etats-unis-la-floride-autorise-le-port-darme-des-enseignants-

    En plus de leurs stylos, les enseignants de Floride peuvent désormais porter des armes à feu. C’est le résultat du vote des législateurs de l’État mercredi 1er mai, rapporte CBS Miami.

    Le texte fait suite au lancement du programme Guardian, mis en place après la tuerie de Parkland le 14 février 2018. Si ce programme “autorise certains membres du personnel des écoles à porter une arme à feu”, il ne concerne pas les enseignants, explique NBC.

    Le projet de loi, adopté avec le soutien des républicains, va donc plus loin, commente le Wall Street Journal, en autorisant les conseils d’administration des établissements à décider de l’extension ou non du programme Guardian.

    #sécurité

  • LE #MANIFESTE ACADÉMIQUE POUR LA GRÈVE FÉMINISTE DU 14 JUIN 2019 EN SUISSE

    Nous sommes des #scientifiques de différentes disciplines et nous allons nous mettre en grève le 14 juin 2019. Les femmes* sont systématiquement et massivement sous-représentées au sein des universités et des hautes écoles spécialisées suisses. Cet état de fait a des conséquences fondamentales sur les processus de production et de transmission du savoir. Nous portons les revendications suivantes en lien avec notre environnement de travail :

    – Jusqu’à ce que 50 pourcent des postes professoraux soient occupés par des femmes* dans toutes les disciplines, chaque université et haute école suisse doit pourvoir les #postes_professoraux nouvellement mis au concours par des femmes* à hauteur de 50 pourcent. Les femmes* ne doivent pas être renvoyées à des emplois moins bien dotés. Le même principe vaut pour tous les organes directeurs et postes académiques des hautes écoles et des universités.
    – Nous exigeons un #salaire égal pour un travail égal, sans distinction de genre. Pour cela les classifications salariales individuelles et les #barèmes_salariaux doivent être rendus transparents.
    – Chaque poste professoral doit permettre le job sharing. Toutefois, le #job_sharing n’équivaut pas à fournir la même quantité de travail pour la moitié du salaire. Seule une réelle réduction de la charge de travail permet une meilleure compatibilité des activités professionnelles et extra-professionnelles.
    – Au minimum 50% des postes faisant suite au doctorat et financés par les universités doivent être de durée indéterminée.
    – L’#enseignement et la #recherche doivent être rémunérés à leur juste valeur. Le fait que les privat-docents doivent enseigner gratuitement afin de ne pas perdre leur titre doit être immédiatement aboli. Les titulaires de contrats d’enseignement et de mandats ne doivent pas avoir à attendre la fin du semestre pour recevoir leur rémunération.
    – La #parité de genre est requise au sein de chaque commission de recrutement, de chaque jury et de chaque organe décisionnel du Fonds national suisse #FNS de la recherche scientifique, ce pour chaque discipline.
    – Afin de garantir des procédures de recrutement équitables et une gestion du personnel sensible aux dimensions de genre, nous exigeons des #formations_continues obligatoires pour les personnes siégeant dans des commissions de recrutement ou qui occupent des fonctions de cadres.
    – L’enseignement de même que les procédures administratives au sein des universités et hautes écoles suisses doivent être attentives aux questions de genre. Nous exigeons pour cela des mesures de #sensibilisations adaptées aux fonctions de chaque groupe professionnel concerné au sein des hautes écoles et des universités suisses. L’enseignement doit sensibiliser à un usage de la langue prenant en compte les questions de genre.
    – Nous appelons à des mesures globales pour une meilleure compatibilité des activités professionnelles et extra-professionnelles.
    – La #mobilité (notamment pour les mesures d’encouragement) doit être promue, mais ne doit pas constituer un impératif.
    – Les #obligations_professionnelles régulières, telles que les réunions ou les séances administratives liées à l’institution doivent avoir lieu durant la semaine et se terminer à 17 heures.
    – La #vie_familiale doit être rendue possible dans les universités et les hautes écoles et les familles doivent être soutenues. Nous exigeons l’introduction et le développement du #congé_parental, afin qu’un partage équitable des #gardes_d’enfants et des tâches éducatives soit réellement possible.
    – La couverture légale et financière du congé parental doit également être assurée dans le cadre des projets financés par des fonds tiers. Le congé parental ne peut être déduit de la période de recherche définie pour le projet au détriment des chercheuses et chercheurs.
    – Les infrastructures pour la garde d’enfants au sein des hautes écoles et des universités doivent être renforcées. Un nombre suffisant de places de #crèche à des prix abordables doit être garanti, de même qu’une offre suffisante d’espaces parents-enfants.
    – Nous exigeons que les acquis pour lesquels le mouvement féministe s’est battu - comme la mise en place d’études genre dans les universités ainsi qu’au sein de différentes disciplines - soient étendus et non pas démantelés.
    – Nous exigeons davantage de moyens pour la prévention et la répression du #harcèlement_sexuel au sein des institutions universitaires.
    – L’instrument d’encouragement qui soutenait spécifiquement les femmes* en lien avec leur situation familiale aux niveaux doctoral et post-doctoral (Marie Heim-Vögtlin) a été aboli par le FNS au profit d’un format se réduisant à l’#excellence à partir du niveau post-doctoral. Nous appelons à la création de nouveaux instruments d’encouragement et au renforcement des instruments existants, afin que les jeunes chercheuses et chercheurs indépendamment de leur situation familiale ou de leur genre et des réseaux professionnels liés au genre, bénéficient des mêmes perspectives professionnelles.
    – Les #coming_out forcés, les imputations erronées de genre et les assignations de genre superflues doivent être combattues au sein des hautes écoles et des universités. Nous exigeons des adaptations administratives et institutionnelles pour les personnes non-binaires, trans et inter ; par ex. adaptations simplifiées ou suppression de l’indication de genre et toilettes non-genrées. Nous exigeons des formations à destination du personnel ainsi que des services compétents sur ces questions dans toute université et haute école.
    – Les #discriminations liées au genre et à l’#identité_de_genre sont étroitement liées à d’autres types de discriminations telles que celles fondées sur la racialisation, la religion, les origines sociales ou géographiques, l’orientation sexuelle, l’âge ou le handicap. Nous demandons à ce que les discriminations liées au genre au sein des établissements de recherche soient combattues dans une perspective multidimensionnelle et intersectionnelle.
    – Enfin, nous exigeons des mécanismes et des mesures de contrôle réels et contraignants pour mettre en œuvre l’#égalité des genres.

    Nous nous solidarisons avec le personnel non-académique des hautes écoles et des universités qui s’engage pour des conditions de travail meilleures et égalitaires, ainsi qu’avec les étudiant-e-s en grève. Nous soutenons par ailleurs toutes les autres revendications émises dans le cadre de la grève des femmes*.

    https://www.feminist-academic-manifesto.org
    #grève #grève_féministe #Suisse #14_juin_2019 #université #femmes #féminisme #lutte #résistance #genre #rémunération #travail #salaire

    • La grève des femmes, Suisse repetita

      Il y a vingt-huit ans, le 14 juin 1991, en Suisse, plus de 500000 femmes descendaient dans la rue pour réclamer l’application de l’article constitutionnel sur l’égalité entre hommes et femmes. Au bureau, à l’usine, à la maison, à l’école, elles décident de pas travailler pendant une journée, pour montrer que sans leur travail, la société ne peut continuer à fonctionner… Vingt-huit ans plus tard, l’égalité n’ayant toujours pas été obtenue, de très nombreuses femmes préparent une nouvelle journée de grève qui aura lieu le 14 juin prochain. Au pays de la « paix du travail », c’est un événement absolument exceptionnel, pour lequel se mobilisent particulièrement les jeunes générations de femmes.

      Victoire Tuaillon du podcast Les Couilles Sur La Table, et Emilie Gasc, journaliste à la Radio Télévision Suisse, ont interrogé ces femmes d’hier et d’aujourd’hui qui incarnent ce combat. Un documentaire en trois épisodes, à retrouver à partir du 11 juin dans Programme B pour Binge Audio, et sur Play RTS, Apple Podcasts et Spotify pour la RTS.

      https://www.binge.audio/la-greve-des-femmes-suisse-repetita

  • Qui sont les grandes #figures_féminines historiques du continent africain ? - RFI
    http://www.rfi.fr/emission/20190418-sont-grandes-figures-feminines-historiques-continent-africain

    Elles sont reines, prophétesses, militantes, et ont contribué à l’histoire du continent africain. Si l’on pense volontiers à la reine Nefertiti, d’autres #femmes ont marqué le continent africain à l’image d’Anne Zingha d’Angola, qui a permis d’éviter la colonisation du pays au XVIIème siècle, la Nigériane Funmilayo Ransome Kuti qui a livré un combat exemplaire pour l’émancipation et l’autodétermination des femmes sur l’#Afrique de 1923 à sa mort en 1977, ou encore Aoua Keïta, sage-femme, militante et femme politique malienne au XXème siècle. Entre sources orales et écrites, comment s’y prendre pour retracer leur #histoire ? Comment expliquer que ces femmes soient absentes des #enseignements ?

  • JDK10, 11 et 12, quelques nouveautés
    http://namok.be/blog/?post/2019/04/06/JDK10-11-12

    Depuis JDK9, Oracle change le cycle de sorties des différentes versions de #java. Alors qu’avant, une nouvelle version de Java sortait tous les 2, 3 ans, c’est maintenant tous les 6 mois qu’une nouvelle version sera disponible.

    Parmi ces version, certaines sont étiquetées long term support (LTS) et sont supportées par Oracle plusieurs années tandis que, pour les autres, le support ne durera que 6 mois. Les «  prochaines  » versions LTS de Java sont la 8 et la 11.

    Ce billet recense quelques nouveautés des versions 10, 11 et 12 de Java et ne sera pas exhaustif. Je ne m’intéresse qu’à quelques fonctionnalités visibles pour les développeurs et les développeuses. Mes sources principales sont les pages Oracle recensant les JDK Enhanced Proposal (JEP).

    JDK10

    Cette version du JDK voit passer plusieurs (...)

    #Cartable_au_dos #enseignement #esi #geek

  • Lettre de #chercheur.es aux #jeunes et moins-jeunes, qui se sont #mobilisé.es les 14, 15 et 16 mars
    https://lundi.am/Lettre-de-chercheur-es-aux-jeunes-et-moins-jeunes-qui-se-sont-mobilise-es-les

    Astronomes, physiciens, archéologues, historiens et chercheurs en sciences cognitives [...] proposent, de #tout_reprendre_à_zéro et de « commencer une #nouvelle_ère en refusant les technologies qui nous apportent plus d’enfermement que de liberté, en imaginant de nouvelles manières de produire, de nouvelles manières de prendre les décisions qui nous concernent, et de nouvelles manières de communiquer, de voyager, de nous soigner, de mourir, de faire la fête, de travailler et d’apprendre ».

  • Macron en Anjou. « Dans la plus grande ville sans collège public » à Beaupréau-en-Mauges Nathalie Hamon - Nantes ma Ville
    https://nantes.maville.com/actu/actudet_-macron-en-anjou.-dans-la-plus-grande-ville-sans-college-pub

    Macron est allé hier prêcher la bonne parole aux élèves du collège privé catholique de Beaupréau en Mauges dans le Maine et Loire, commune de 23000 habitants sans collège public !

    Des parents d’élèves de la ville des Mauges et le Collectif pour la promotion de l’école demandent à être reçus par le Président de la République.

    Le conseil local de la Fédération des conseils de parents d’élèves de la commune nouvelle Beaupréau-en-Mauges et le Collectif pour la promotion de l’école publique dans les Mauges ont demandé à être reçus par Emmanuel Macron pour « évoquer le sujet du collège public. À cette heure, la demande des parents d’élèves est ignorée alors que le Président de la République a choisi de rencontrer les élèves de Charles-de-Foucauld (ensemble scolaire Dom Sortais, N.D.L.R.). Il est impossible qu’il puisse venir à Beaupréau sans entendre parler du long combat que mènent les parents pour obtenir un collège public », revendiquent-ils dans un communiqué.

    Ils précisent : « Le Président mettra les pieds dans la plus grande ville de France (plus de 23 000 habitants) sans collège public mais avec deux collèges privés. Comment le premier représentant de la République peut laisser perdurer cette anomalie historique ? »

    Le conseil départemental du Maine-et-Loire a acté, en janvier 2018, la construction d’un collège public https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/cholet-49300/un-college-public-beaupreau-statu-quo-cholet-5536452 de 348 places pour une ouverture « au mieux » en 2023, dans la cité scolaire de Beaupréau.
    https://nantes.maville.com/actu/actudet_-macron-en-anjou.-dans-la-plus-grande-ville-sans-college-pub

    #education #école #manipulation #enfants #privatisation #enseignement #enmarche

  • Nouveaux programmes de Philosophie : Blanquer prépare le retour de Dieu dans l’école de la République Fédération Nationale de la Libre Pensée - Communiqué - 28 Mars 2019
    https://www.fnlp.fr/news/660/17/Nouveaux-programmes-de-Philosophie/d,lp_detail.html

    Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, vient d’introduire comme notion dans les prochains programmes de philosophie «  L’idée de Dieu  ». Les notions du «  bonheur  » et du «  travail  » disparaissent. Freud ou Marx disparaîtront comme auteurs référencés. Force est de constater que le ministre cherche à conditionner les futurs bacheliers à un monde où le travail salarié se fera de plus en plus rare pour être remplacé par la recherche d’une divinité. Cette nouvelle notion, dans un contexte où la notion de religion était déjà au programme, n’est pas étrangère à l’architecture de «  l’école de la confiance  », chère au Ministre de l’Education, où le baccalauréat doit s’adapter aux critères européens en favorisant «  l’insertion dans l’emploi  ». Remplacer la lutte des classes par « l’Idée de Dieu », c’est annihiler l’école gratuite et laïque de Jules Ferry, « L’instruction religieuse appartient aux familles et à l’église » (lettre aux instituteurs 1883), c’est revenir à l’école du Moyen-Age où les cours sont dispensés par des professeurs de morale, et où «  De ta condition sociale tu te satisferas !  ». C’est immanent !

    Service national universel, Parcoursup et maintenant Dieu

    Après avoir instauré l’Ost (le service militaire dû au suzerain du Moyen-Age), le Service national universel, après avoir développé la sélection sociogéographique avec Parcoursup, voilà que le Ministre pense diriger « la communauté éducative » en lui proposant une vie cénobitique. C’est le retour de Saint-Benoît où «  une communauté vie sous une Règle et un Abbé  ». Les Lycéens devront débattre de «  l’idée de Dieu  », comme d’une évidence déjà de son existence, de sa réalité, de sa singularité. Il n’y a pas plusieurs Dieux, il n’y a pas absence de Dieu, il n’y a pas inexistence de Dieu, il y a une idée. Une idée qui s’impose, passant de la représentation abstraite à une réalité dans les programmes.


    Le cléricalisme n’avance plus masqué, en promouvant Augustin et Thomas d’Aquin qui font une entrée fracassante dans les programmes de philosophie. Il cloisonne le débat des idées à une pensée unique qui tend à se restreindre, notamment avec Thomas d’Aquin, qui place au sommet de son éthique la figure du Sage, désignant «  celui dont l’attention est tournée vers la cause suprême de l’Univers, à savoir Dieu  » ; avec Augustin, père du «  croire pour comprendre  » , c’est le retour de l’âme, du dogmatisme le plus cru où «  Dieu étant Créateur et Gouverneur de l’univers  » (Augustin). Faut-il comprendre alors que l’enseignant doit représenter ce Sage ? Dès lors, où est la liberté d’enseignement ? Quelle latitude reste-t-il aux enseignants, qui doivent dispenser un message divin ?


    Il y a une unité inquiétante de la part d’un gouvernement corporatiste à dessiner les limites de la République dans le cadre de l’employabilité et de la précarité (Travail), de la communauté divine (Famille), des drapeaux tricolore et européen (Patrie). En choisissant l’Idée de Dieu comme concept, c’est l’idée de verticalité qui tend à dominer, la négation d’un imaginaire horizontal où la contestation même verbale devient un acte contre l’intégrité de l’Etat, surtout de son chef. Après le corps et les conditions sociales (SNU et Parcoursup), c’est l’esprit des lycéens qu’il faudrait forger dans le moule de la Foi.

    Eduquer les consciences à l’idée de Dieu
    . . . . . . . . .

    #education #école #philosophe #enseignement #religions #SNU #Parcoursup #dieu #laïcité #enmarche vers #pétain #cléricalisme

  • L’#arrêté officialisant la hausse des frais d’inscription dévoilé

    Le texte de l’arrêté officialisant la #hausse des frais d’inscription est connu. On sait donc qui devra payer l’an prochain, et certain∙es étranger∙es déjà présent∙es en France depuis plusieurs années pourraient être concerné∙es. Le texte sera discuté lundi 11 mars par les syndicats lors du CNESER. Ils voteront contre (comme souvent) et le gouvernement n’en tiendra aucun compte (comme toujours). Néanmoins, c’est l’occasion de faire connaitre notre opposition en étant nombreux∙ses dans les rues pour manifester, dès le 11 (https://www.facebook.com/events/329289177722831/?acontext=%7B%22action_history%22%3A%22[%7B%5C%22surface%5C%22%3A%5C%22pag) lors de la marche funèbre devant le ministère et également le mardi 12 (https://www.facebook.com/events/390771665047418/?acontext=%7B%22source%22%3A5%2C%22action_history%22%3A[%7B%22surface%22%3) partout en France.

    https://universiteouverte.org/2019/03/08/le-decret-officialisant-la-hausse-des-frais-dinscription

    Pour télécharger l’arrêté :
    https://universiteouvertedotorg.files.wordpress.com/2019/03/cneser-19-03-11-projet-arrc3aatc3a9-droits-dinscription.docx

    #frais_d'inscription #taxes_universitaires #université #France #Bienvenue_en_France #loi

    v. aussi métaliste sur le sujet :
    https://seenthis.net/messages/739889

    • Etudiants étrangers : la hausse des frais d’inscription officiellement mise en place

      Les étudiants issus de pays hors de l’Union européenne devront s’acquitter de frais d’inscription dix fois supérieurs à ceux de leurs camarades européens dès la rentrée prochaine, selon l’arrêté du ministère de l’enseignement supérieur publié le 21 avril.

      https://www.mediapart.fr/journal/france/220419/etudiants-etrangers-la-hausse-des-frais-d-inscription-officiellement-mise-

    • Chères et chers collègues, chères étudiantes et chers étudiants,

      Vous avez été récemment informés de la publication au Journal Officiel de l’arrêté relatif à la mise en place du plan étrangement nommé « Bienvenue en France », dont l’une des mesures conduit à une augmentation très importante des droits d’inscription en master.

      Même si les doctorants échappent à cette évolution tarifaire, celle-ci n’en constitue pas moins toujours une insulte à la tradition d’hospitalité universitaire à laquelle nous sommes très attachés. C’est la raison pour laquelle l’Ecole, institution internationale s’il en est, et qui bénéficie d’une forte attractivité sur les étudiants internationaux, a tôt fait savoir son opposition résolue à ce projet d’arrêté.

      Pour l’année universitaire qui vient, l’EHESS sera en mesure de ne pas appliquer cette augmentation.

      En revanche, limités par un plafond d’exemption toujours fixé à 10 % des inscrits, nous ne pourrons pas poursuivre cette politique d’exemption sans nous confronter à une logique détestable contenue par la loi, qui aboutit à opposer étudiants nationaux et communautaires d’un côté, étudiants non communautaires de l’autre.

      Depuis longtemps, l’Ecole est attachée à une politique sociale généreuse dont l’un des volets se traduit par une politique d’exonération forte des droits. Cette politique ne peut être remise en cause de fond en comble.

      Les services de l’Ecole sont à l’œuvre pour dégager la voie étroite qui permettra d’échapper à cette indécente confrontation.

      Nous veillerons donc, dans un souci d’égalité, à ne pas dégrader la situation des uns au profit de celle des autres. Il nous faudra trouver les bons compromis pour éviter à l’Ecole de perdre les étudiantes et les étudiants sans lesquels elle ne pourrait se développer.

      Veuillez agréer l’expression de mes sentiments dévoués.

      Christophe Prochasson

      Président de l’EHESS