• La Cour des comptes dénonce l’emprise de l’enseignement catholique sur la formation des enseignants du privé
    https://www.liberation.fr/societe/education/la-cour-des-comptes-denonce-lemprise-de-lenseignement-catholique-sur-la-f

    Sur le papier, #Formiris est une structure autonome chargée d’organiser la #formation de ces enseignants. Dans les faits, un autre acteur apparaît partout dans son fonctionnement : le Secrétariat général de l’enseignement catholique, qui représente le secteur auprès des pouvoirs publics et porte ses orientations nationales, dont le représentant est nommé par la Conférence des évêques de France. Son empreinte est partout : dans les nominations, les grandes orientations, les arbitrages et la politique de formation. Au point que la Cour des comptes parle d’une « tutelle effective » du #Sgec sur Formiris et même d’une « subordination » de la fédération aux instances catholiques.

    Pourtant, le Sgec n’a rien à faire là-dedans. Pourquoi ? Parce que les enseignants du privé sous contrat ne sont pas des salariés de l’Eglise mais des agents publics exerçant dans des établissements associés à l’Etat par contrat.

    [...]

    Derrière cette bataille institutionnelle, il y a une question beaucoup plus concrète : où va l’argent ? La Cour des comptes constate que les organismes de formation du réseau catholique raflent à eux seuls près des trois quarts des formations financées par Formiris. Or plusieurs représentants de ces mêmes institutions participent aussi aux décisions de la fédération. Autrement dit, ceux qui bénéficient d’une large part des financements siègent aussi dans les instances qui contribuent à les orienter. Une proximité que les magistrats jugent suffisamment problématique pour recommander d’écarter des délibérations les structures susceptibles de bénéficier directement ou indirectement des marchés attribués.

    [...] les magistrats montrent que l’argent attribué pour former les enseignants est parfois utilisé pour financer des projets qui n’ont rien à voir avec cette mission. Le Sgec sait « user de sa position prépondérante » pour faire financer des actions qui « ne relèvent pas de la mission première de la fédération ».

    Où passe réellement l’argent ? Sur les 33,8 millions d’euros consacrés à la formation continue en 2024-2025, seuls 17,7 millions financent directement des actions de formation. Les frais de fonctionnement absorbent à eux seuls 11,9 millions d’euros, dont près de 9 millions de masse salariale. Les zones d’ombre ne s’arrêtent pas là. La Cour estime qu’il est aujourd’hui impossible de vérifier concrètement le respect du principe de parité entre enseignement public et privé sous contrat.

    Et les contenus des formations alors ? Les magistrats ne s’attardent pas dessus, mais tiquent sur certaines. Exemple, cette formation congréganiste comprenant une demi-journée intitulée « Le projet de Dieu pour l’homme », dont le financement sur fonds publics « pose question ». Là encore, les magistrats pointent les carences de l’Etat. Le ministère accorde encore « peu d’attention au contenu des formations dispensées », écrivent-ils. Autrement dit, il vérifie combien de formations sont organisées, mais beaucoup moins ce qui y est réellement enseigné. La Cour des comptes recommande donc un contrôle beaucoup plus étroit.

    #enseignement_privé

  • Derniers jours pour commander nos livrets d’enquête sur les #Lycées_Agricoles et sur la crise de l’hôpital
    https://splann.org/livrets-enquete-lycees-agricoles-hopital

    Vous avez jusqu’au dimanche 24 mai pour commander nos enquêtes au format papier. Deux nouveaux livrets sont disponibles : sur l’enseignement agricole privé et sur la crise de l’hôpital en Bretagne. L’article Derniers jours pour commander nos livrets d’enquête sur les lycées agricoles et sur la crise de l’hôpital est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #agriculture #agroécologie #éducation #enseignement #Enseignement_privé #hôpital #hôpital_public #livret #privé #santé #service_public

  • « Une stratégie très opportuniste » : sur Parcoursup, ces familles qui passent du privé au public dans l’espoir d’améliorer leurs dossiers
    https://www.liberation.fr/societe/education/une-strategie-tres-opportuniste-sur-parcoursup-ces-familles-qui-passent-d

    « Pour #Parcoursup, il vaut mieux être dans le top 5 de sa classe dans un #lycée moyen que dans le top 10 d’un très bon lycée », résume Patricia (prénom modifié). C’est ce raisonnement qui l’a poussée à remettre sa fille Estelle (prénom modifié) dans le public avant le bac, après une parenthèse de deux ans dans le privé sous contrat. « C’est la meilleure décision que j’ai prise », dit-elle.

    [...]

    Et elle est loin d’être la seule à raisonner de la sorte. « Ce n’est pas anecdotique : sur une cohorte de 200 à 250 élèves de seconde, j’ai facilement une quinzaine de demandes de familles qui veulent revenir du privé vers le public en espérant avoir un meilleur dossier scolaire pour Parcoursup », observe Gérard Heinz, membre de l’exécutif national du Syndicat des personnels de direction de l’éducation nationale (SNPDEN-Unsa) et proviseur d’un lycée polyvalent du Maine-et-Loire.

    [...]

    Les familles qui font le choix de basculer du privé au public en espérant multiplier leur chance de réussite pour la suite viennent le plus souvent de milieux « favorisés ou très favorisés », constate Gérard Heinz. Beaucoup inscrivent leurs enfants dans le privé au collège « pour éviter ce qu’elles perçoivent comme le maillon faible du système éducatif et préserver un certain entre-soi social », décrypte-t-il. Au lycée, ces parents deviennent plus pragmatiques. Ils regardent les filières proposées, les options, les débouchés possibles. Or les classes préparatoires les plus prestigieuses sont majoritairement publiques, rappelle Gérard Heinz. Les mêmes familles qui fuient le public au collège y reviennent au lycée lorsque l’orientation devient décisive. « Ce n’est pas seulement du consumérisme, c’est une stratégie très opportuniste », résume le proviseur.

    #enseignement_privé

  • Baisse démographique et dynamiques public-privé : vers une ségrégation scolaire accrue dans les grandes villes ?
    https://www.ipp.eu/actualites/baisse-demographique-et-dynamiques-public-prive-vers-une-segregation-scolaire-ac

    - Dans la capitale, le secteur privé sous contrat a maintenu des classes remplies malgré la baisse démographique, si bien que la quasi-intégralité de la diminution des effectifs a été absorbée par le secteur public.

    – À effectifs presque constants dans le privé mais en forte contraction au niveau global, la part de l’enseignement privé augmente mécaniquement à Paris : +4,5 points de pourcentage en CP depuis 2016 et +3,3 points en 6e depuis 2020.

    – Si l’évolution des effectifs du privé parisien prolonge la tendance observée depuis le début de la baisse démographique, cette dynamique se poursuivra au cours de la prochaine décennie (horizon pour lequel les effectifs peuvent être anticipés avec fiabilité) : la part du privé atteindrait 33,6% en CP en 2030 et 49,4% en 6e en 2035.

    – À Paris, entre 2020 et 2024, la part des élèves de 6e issus de catégories sociales très favorisées qui s’inscrivent dans un collège privé sous contrat est passée de 49% à 55%. Sous les hypothèses retenues pour les projections, cette proportion atteindrait 72% en 2035.

    #école #Paris #enseignement_privé #mixité_sociale

    • Pour enrayer cette dynamique ségrégative et maintenir un équilibre entre secteurs d’enseignement dans les villes confrontées à la baisse démographique, il apparaît nécessaire de répartir plus équitablement les fermetures entre les établissements publics et privés sous contrat. À Paris, le maintien de la part actuelle du privé en CP (27,5 %) impliquerait que, pour trois classes fermées dans le public, une classe soit également fermée dans le privé. En 6e, le maintien de la part actuelle du privé (38,7 %) supposerait un ajustement plus marqué : pour trois classes fermées dans le public, deux devraient l’être dans le privé.

      Cette année à Paris il y aura 90 suppressions de postes dans le privé, pour 224 dans le public, ce qui fait une contribution du privé de 28.7%. Ce qui me semble être une évolution notable, même si elle n’est toujours pas à la hauteur... et que le public a accumulé un « excès » de suppression de postes par rapport au privé les années précédentes, qu’il faudrait corriger en mettant bien plus à contribution le privé dans les années à venir.

  • [Nouvelle enquête] Dans les #Lycées_Agricoles privés bretons, l’agro-industrie s’impose et l’écologie s’efface
    https://splann.org/nouvelle-enquete-lyces-agricoles-prives-bretons

    Pendant que l’agro-industrie tisse sa toile dans les conseils d’administration des principaux lycées agricoles privés bretons, la Région leur a alloué, ces dix dernières années, 53 millions d’euros de subventions facultatives. Un choix qui fragilise l’enseignement agricole public comme la transition vers l’agroécologie. L’article [Nouvelle enquête] Dans les lycées agricoles privés bretons, l’agro-industrie s’impose et l’écologie s’efface est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Industrie_agroalimentaire #agriculture #agroécologie #agroindustrie #conseil_régional_de_bretagne #éducation #Enseignement_agricole #enseignement_catholique #Enseignement_privé #jean-marc_esnault #lobbying #The_Land

  • La contre attaque de l’enseignement catholique
    https://blogs.mediapart.fr/francois-jarraud/blog/230925/la-contre-attaque-de-lenseignement-catholique

    Guillaume Prévost entre dans sa tranchée pour défendre une nouvelle conception défensive des rapports avec l’Etat. Ainsi sur la valorisation des différences entre les sexes, inscrite dans l’EARS [un programme catho] alors que l’EVARS [éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle] plaide le contraire, il affirme que « ce n’est pas interdit de dire cela. C’est la liberté scolaire... Une circulaire ne s’applique pas à nos établissements. Le programme relève de la loi et on le met en oeuvre. Mais la circulaire sur la transidentité, si vous voulez qu’elle s’applique dans nos établissements il faut en passer par le Parlement ».

    C’est au nom de cette hiérarchie des normes, que G Prévost entend déplacer le curseur de la #laïcité « dévoyée ces 10 dernières années ». Ainsi il invite les enseignants à organiser une prière durant les cours. « Les enseignants ont le droit car ils ont la liberté pédagogique et la liberté de conscience pourvu qu’à aucun moment il n’y ait embrigadement. Pourvu qu’on explicite la démarche et qu’on ait une proposition alternative, on ne contrevient pas à la liberté de conscience de l’enfant ». Et il traduit en termes plus simples : « Vous n’allez pas dans un restaurant chinois pour commander une pizza. Si ’Je vous salue Marie’ n’est pas supportable, il ne faut pas inscrire votre enfant dans un établissement catholique. Il faut qu’on soit des écoles catholiques ». G. Prévost assume froidement d’imposer cela aux familles prises en otage par les établissements privés quand les établissements publics du secteur sont dégradés par les restrictions.

    Après la loi Debré et la généralisation des contrats d’association, les prières obligatoires avaient lentement disparu des heures de cours dans les établissements catholiques. G. Prévost appelle à les rétablir. Dans une démarche qui rappelle les argumentaires de D. Trump, c’est au nom de la liberté, des droits de l’Homme, supérieurs aux lois et aux circulaires, que l’enseignement catholique amorce un virage rétrograde.

    La circulaire en question :

    Ainsi, pour de nombreux jeunes transgenres d’âge scolaire, la reconnaissance sociale de l’identité de genre passe par le recours à un prénom d’usage.
    Dans le cas le plus fréquent, quand l’état civil n’a pas été modifié, si la demande est faite avec l’accord des deux parents de l’élève mineur, il s’agit alors de veiller à ce que le prénom choisi soit utilisé par l’ensemble des membres de la communauté éducative, le respect de l’identité de genre d’un élève ne devant pas être laissé à la libre appréciation des adultes et des autres élèves.

    https://www.education.gouv.fr/bo/21/Hebdo36/MENE2128373C.htm

    Quant au restaurant chinois, l’argument oublie qu’on ne commande pas pour soi, mais pour ses enfants.
    #enseignement_privé #catholicisme

  • Les enfants font trop de bruit, la justice prive l’école de sa cour de récré : « Où va le monde ? »
    https://www.ouest-france.fr/ile-de-france/maisons-laffitte-78600/les-enfants-font-trop-de-bruit-la-justice-prive-lecole-de-sa-cour-de-re

    L’école Montessori Les Rayons de soleil de Maisons-Laffitte (Yvelines) se voit privée de sa cour principale de 500 m² après une décision du tribunal judiciaire de Versailles, après les plaintes de copropriétaires pour nuisances sonores. Cette fermeture affecte la centaine d’élèves et suscite l’inquiétude des parents et du personnel…

    #gorafi_encore_plagié

    • Oui, les copropriétaires, qui voient la valeur de leur bien se dégrader, versus le président d’un « réseau » d’écoles hors contrat de luxe, qui voit les parents se désister.

      Le verdict concernant le caractère exécutoire de la décision sera rendu le 2 octobre 2025. Jusque-là, les enfants de l’école ne pourront pas utiliser la cour d’école de 500m². En attendant, le président tente de trouver des solutions.

      « On peut sortir en forêt, ou dans des parcelles dans le parc, mais c’est loin et dangereux. » Pour remettre dans le contexte, l’école pratiquait déjà ces sorties avant l’acquisition de la cour en 2021, mais avec le renforcement du plan Vigipirate pour les écoles suite à l’attentat contre Samuel Paty, elle avait acquis cette parcelle pour éviter les complications liées à ces sorties.

      La mairie aidante

      La mairie a indiqué qu’elle travaillait sur le dossier pour proposer d’autres solutions. « Pour aider l’école et permettre aux enfants de profiter d’un espace extérieur, nous ouvrons les jardins de la maison de la petite enfance. Il s’agit de l’équipement municipal le plus proche, situé à environ 300 mètres et accessible depuis l’avenue Lavoisier », explique Franck Lelièvre, 10e adjoint au maire.

      Aussi, afin de permettre aux enfants de se déplacer en toute sécurité, la ville travaille « sur des aménagements de voirie rue de La Muette, aux abords immédiats de l’établissement. Enfin, les enfants pourront aussi aller librement sur l’aire de jeux de la salle Malesherbes qui vient d’être rénovée. »

      https://actu.fr/ile-de-france/maisons-laffitte_78358/les-eleves-dune-ecole-des-yvelines-prives-de-cour-de-recreation-sur-decision-de
      #enseignement_privé #cube_education

  • Journée du patrimoine 2025 : Macron à Pontlevoy, une abbaye à l’histoire mouvementée
    https://www.la-croix.com/culture/journee-du-patrimoine-2025-macron-a-pontlevoy-une-abbaye-a-l-histoire-mouv

    L’abbaye de Pontlevoy, située à 30 km de Blois, entre Montrichard et Chaumont-sur-Loire, abrite aujourd’hui un lycée privé catholique sous convention avec la #communauté_Saint-Martin. Ce n’est cependant sa chapelle ou son cloître qui a retenu l’attention du #Loto_du_Patrimoine, mais son ancien manège à chevaux. [...] La rénovation du bâtiment, qui souffre aujourd’hui de nombreuses fissures, d’infiltrations d’eau et d’une déformation de la toiture, est estimée à 1,9 million d’euros. Lauréats du loto du patrimoine 2025 début septembre, les travaux doivent débuter en octobre, pour une fin prévue en 2026. Le manège doit être transformé en auditorium modulable. Le projet, porté par l’établissement scolaire, bénéficie du soutien de Stéphane Bern, qui a également fondé l’association des collèges royaux et militaires de France, dont est membre Pontlevoy.

    Les cathos identitaires de la communauté Saint-Martin à la conquête de la France [mars 2022]
    https://www.liberation.fr/societe/religions/les-cathos-identitaires-de-la-communaute-saint-martin-a-la-conquete-de-la

    Les abbés en soutane savent aussi compter. Et ne paraissent pas très regardants, malgré ce qu’ils en disent, sur leurs investissements. Pour financer ses activités, en particulier la formation de ses séminaristes, la communauté Saint-Martin a créé, en 2012, le fonds d’investissement #Proclero, dont les actifs dépassent, en 2022, les 73 millions d’euros. Cheveux en brosse, Pascal-André Dumont, un Saint-Martin, diplômé en droit de l’université de Fribourg en Suisse, est à l’origine de la création de Proclero. Le fonds est piloté par le gestionnaire financier Meeschaert, assez connu dans les milieux catholiques et qui gère le patrimoine d’importantes congrégations religieuses. En 2015, Pascal-André Dumont clamait haut et fort l’éthique de Proclero qui privilégiait, selon ses mots, les entreprises de petite taille. La réalité ne correspond pas vraiment à ces affirmations. Selon les derniers comptes annuels de Proclero (l’exercice clôt au 31 décembre 2021) qui affiche un résultat net de plus de 720 000 euros, le fonds possède des actions dans des grandes multinationales telles que Nestlé ou Unilever, les grands assureurs Allianz ou Axa, ainsi que l’Oréal. Pascal-André Dumont est aussi publiquement un grand défenseur de la doctrine sociale de l’Eglise. A lire les comptes de Proclero, on s’aperçoit que le fonds d’investissement possède quand même des actions dans un des fleurons du luxe, la maison Hermès. Proclero est aussi l’un des actionnaires de deux entreprises d’Ehpad privés, Korian et Orpea, qui ont soulevé récemment la polémique pour leur traitement des personnes âgées. Proclero dispose de presque un million d’euros d’investissement chez Orpea, 334 780 euros en actions et 611 359 euros en obligations.

    L’abbaye de Pontlevoy a accueilli en 2023 l’université d’été d’Ichtus.

    Il y aura, de fait, du beau monde, à cette première université d’été d’Ichtus qui se tiendra du 3 au 9 juillet à l’abbaye de Pontlevoy (Loir-et-Cher), qui abrite en temps ordinaire une école catholique privée sous contrat, créée il y a une quinzaine d’années par l’ultraconservatrice communauté Saint-Martin, sous le coup d’une mission d’audit demandée par le Vatican. Les deux philosophes vétérans de la défense de l’identité chrétienne de la France et de l’Occident, Chantal Delsol et Rémi Brague, y interviendront. Il y aura aussi (et surtout) des essayistes et chroniqueurs vedettes de Valeurs actuelles et CNews, tels que le journaliste Laurent Dandrieu et le sociologue Mathieu Bock-Côté. Rédacteur en chef à Valeurs actuelles, Dandrieu ferraille régulièrement sur les plateaux de télévision contre les positions du pape sur la question des migrants.

    [...]

    Issue de La Cité catholique de Jean Ousset, un proche de Charles Maurras et de l’Action française qui avait rallié le régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale, soutien de l’OAS pendant la guerre d’Algérie, #Ichtus est une sorte d’organisme de formation de l’#extrême_droite catholique, une officine de réarmement idéologique et politique. « Jusqu’à présent, l’immense majorité des évêques s’est tenue à distance de ce petit think tank », appuie l’historien du catholicisme Denis Pelletier.

    https://www.liberation.fr/societe/religions/quand-leveque-de-nanterre-matthieu-rouge-participe-a-une-universite-dete-

    Derrière le Printemps français, l’influence de l’institut Ichtus [2013]
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2013/04/10/derriere-le-printemps-francais-l-influence-de-l-institut-ichtus_5992837_8234

    L’expression « Printemps français » a été évoquée pour la première fois par Jacques Tremolet de Villers. Début février, il écrit dans Présent, le quotidien des catholiques traditionalistes proches de l’extrême droite, à propos de la mobilisation en cours contre le mariage gay : « Si on se faisait, en France, en 2013, un “printemps français” ? Comme d’autres se sont fait un “printemps arabe” ! C’est ça qui serait vraiment déroutant, neuf… la vraie surprise, l’incroyable ? » Cet avocat, qui a assuré la défense du milicien Paul Touvier, a été formé par l’Action française, comme le fut son maître, Jean Ousset, fondateur de la Cité catholique. C’est M. Tremolet de Villiers qui a fondé Ichtus pour prolonger l’œuvre de M.Ousset.

    #catholicisme #enseignement_privé

  • Pierre Merle : le défi de l’enseignement privé
    https://blogs.mediapart.fr/francois-jarraud/blog/150925/pierre-merle-le-defi-de-lenseignement-prive

    Avec l’enseignement catholique, on a reconstitué l’ancienne division qui séparait le lycée bourgeois et le primaire supérieur populaire. L’#enseignement_privé, à 98% catholique, sert à effacer des années de démocratisation scolaire. A Paris, Marseille, Nice, Lyon, Toulouse, l’enseignement privé domine très fortement les établissements à IPS élevé. 83% des lycées parisiens à IPS élevé sont privé à Paris, 90% à Marseille, 100% à Nice !

    « La liberté de choisir ses élèves a-t-elle pour finalité effective la culture de l’entre-soi au détriment du vivre ensemble ? Cette reproduction sociale des élites est-elle compatible avec la mission de service public des établissements privés ? », interroge P Merle.

    On passe là à un apport très intéressant de l’ouvrage. P. Merle démontre que les politiques publiques, même en restant dans le cadre actuel des relations Etat- enseignement catholique, peuvent avoir un impact sur le développement de cet enseignement ségrégatif. Il montre comment dans les quinquennats Sarkozy et Macron l’enseignement privé a été favorisé, alors que ce n’était pas le cas sous Hollande.

    Ainsi sous Sarkozy, l’enseignement privé a bénéficié de la création de 665 postes. Sous Hollande de seulement 249 (à un moment de forte création de postes). Et sous Macron de pas moins de 4 655 postes !

    « L’embourgeoisement de l’enseignement catholique résulte ainsi d’une variable structurelle - sa stratégie de montée en gamme - et d’une variable conjoncturelle, constituée par les politiques éducatives de chaque quinquennat », écrit P. Merle.

  • Réforme de l’enseignement supérieur : la fin du modèle français ?
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-info-de-france-culture/reforme-de-l-enseignement-superieur-la-fin-du-modele-francais-5789236

    Aujourd’hui, un #étudiant sur 4 est scolarisé dans le privé ; c’est presque le double par rapport à l’an 2000. [...] En parallèle s’est développé un marché très rentable de l’#enseignement_supérieur_lucratif, marché qui attire aujourd’hui 15% des étudiants, et ce sans aucun contrôle de l’État qui a laissé faire malgré des dérives et arnaques de plus en plus visibles. [...]

    Or, la nouvelle loi dite Baptiste prévoit dès son premier article de permettre à ces établissements privés de délivrer des diplômes universitaires. Une remise en cause fondamentale du modèle français où l’enseignement se veut gratuit et pour tous, avec des diplômes nationaux délivrés par l’État…

    [...]

    Au cœur de ce système, les aides publiques à l’#apprentissage qui s’élèvent à 25 milliards d’euros par an. C’est presque le double des subventions octroyées à l’enseignement public qui reçoit pourtant 3 fois plus d’étudiants. Rapporté au nombre d’apprentis, cela voudrait dire que chacun d’entre eux coûte 25 000 euros par an au contribuable. Mais ce sont surtout les entreprises privées de l’enseignement supérieur qui touchent cette manne financière puisque, en moyenne, ces entreprises se financent à 80% avec l’argent public de l’apprentissage.

    [...]

    Alors à qui profite ce nouveau projet de loi ? Aux étudiants et aux familles ? Aux établissements d’enseignement supérieur privés ? Certains défenseurs de la liberté académique s’interrogent : « La mise à disposition d’une manne d’argent public pour le privé est récompensée par des postes. Madame Pénicaud est entrée au conseil d’administration de Galileo, qui est le plus grand groupe privé, madame Vidal et entrée à ce qui m’a business, un groupe privé d’école de business. Jean-Michel Blanquer s’occupe pour Veolia d’une formation sous perfusion d’argent public, on peut aller plus loin et parler de Martin Hirsch » Bruno Andreotti, vice-président de l’Association pour la liberté académique

    Rejeté par le Conseil national de l’enseignement supérieur, ce texte sera débattu à l’Assemblée nationale fin septembre.

    #enseignement_privé #enseignement_supérieur_privé #université #loi_Baptiste

  • Enquête sur les modalités du contrôle par l’État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires : publication du rapport
    https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/actualites-accueil-hub/enquete-sur-les-modalites-du-controle-par-l-etat-et-de-la-preven

    À la demande des rapporteurs dans le cadre de l’enquête, le haut fonctionnaire de défense et de sécurité du ministère de l’éducation nationale a toutefois communiqué, lors de son audition et par écrit, un certain nombre de données issues de l’application Faits établissement et concernant spécifiquement ces faits de violences mettant en cause des personnels. Il en ressort que, sur l’année scolaire 2023-2024, 1198 faits ont été renseignés dans l’application par les chefs d’établissement, lesquels se décomposent de la façon suivante :
    – 280 faits de violences sexuelles, dont 37 concernaient le premier degré et 237 le second degré (24 %) ;
    – 461 faits de violences physiques, dont 137 dans le premier degré et 324 dans le second degré (38 %) ;
    – 457 faits de violences verbales, dont 117 dans le premier degré et 340 dans le second degré (38 %).

    Ces données sur les violences commises par des adultes sur des élèves, qui représentent moins de 1% des faits enregistrés dans Faits établissement, doivent être prises avec une grande précaution, car elles ne recouvrent qu’une partie des établissements scolaires, à savoir les établissements publics relevant de l’éducation nationale.

    [...]

    En complément des faits retracés dans Faits établissement, les rapporteurs ont obtenu, de la part du Groupement d’intérêt public France enfance protégée (GIPFEP) à l’issue de l’audition de sa directrice générale Mme Anne Morvan-Paris, les données chiffrées issues des appels au numéro vert 119. Ceux-ci procèdent d’une démarche tout autre que celle passant par le canal hiérarchique interne de l’éducation nationale, puisque 50 % des personnes signalantes étaient dans ce cas des parents, 10 % des victimes et 7 % seulement des professionnels exerçant dans l’établissement scolaire concerné. Le GIP-FEP relevait également dans sa réponse écrite aux rapporteurs la part importante – près d’un tiers – d’appels anonymes, donc passés par des personnes ne souhaitant pas être identifiées. Les données communiquées par le GIP-FEP font état, pour l’année 2023-2024, de 346 professionnels de l’éducation nationale ou de l’enseignement privé – sans qu’une distinction soit possible – mis en cause par des appels au 119. Les appels concernaient 79 signalements de violences sexuelles, 115 de violences physiques et 169 de violences psychologiques, une même personne pouvant être mise en cause pour plusieurs types de faits. Contrairement aux faits recensés par l’éducation nationale, ceux qui l’ont été par le 119 sont plus nombreux dans le premier degré, en particulier à l’école élémentaire.

    [...]

    Les données présentées ci-dessus, qui font tout de même état de 1 200 à 1 700 cas, chaque année, de violences de toutes natures commises sur des élèves par des adultes ayant autorité, semblent en décalage, notamment s’agissant des violences sexuelles, avec les estimations de la Ciivise. Ces estimations sont dans l’ensemble très cohérentes avec les données et enquêtes de victimation du SSMI [services statistiques du ministère de l’intérieur] et semblent faire consensus, puisqu’elles ont été reprises à leur compte, par exemple, par les représentants de l’Ofmin [Office mineurs] lors de leur audition.

    Pour rappel, la Ciivise estime à 160 000 le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles chaque année, lesquelles seraient commises à 11 % en milieu institutionnel. Assez logiquement, les établissements scolaires, qui accueillent tous les enfants sur une longue période de leur vie, seraient les lieux les plus touchés par les violences sexuelles subies par des mineurs en milieu institutionnel, puisque dans 40 % des cas, toujours selon la Ciivise, celles-ci seraient commises dans un établissement scolaire. Il ressort de ces estimations qu’environ 7 000 cas de violences sexuelles par an pourraient concerner les établissements scolaires. Il existe donc manifestement un décalage majeur entre ces estimations et les quelque 280 cas annuels de violences sexuelles mettant en cause des adultes enregistrées dans Faits établissement. Ce nombre est néanmoins en nette augmentation par rapport aux données de l’année 1998-1999, unique point de comparaison disponible : en effet, les seules autres données chiffrées que le ministère de l’éducation nationale a été en mesure de transmettre aux rapporteurs, lesquels souhaitaient disposer d’une vision évolutive du phénomène, sont issues d’une enquête interne spécialement diligentée auprès de l’ensemble des rectorats par Ségolène Royal, alors ministre déléguée à l’enseignement scolaire, le 19 novembre 1998 pour évaluer le phénomène des violences sexuelles. Le rapport confidentiel remis à la ministre le 26 novembre 1999 faisait ainsi état de 177 « affaires révélées » au cours de l’année scolaire 1997-1998, au cours de laquelle on se rappelle qu’une première vague de « libération de la parole » avait eu lieu, et de 131 affaires sur l’année 1998-1999 [...].

    #éducation #violences #enfants #enseignement_privé #Bétharram

  • École inclusive : les collèges privés loin du compte [janvier 2024]
    https://www.snes.edu/article/ecole-inclusive-les-colleges-prives-loin-du-compte

    Selon la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), il n’y a que 16 #collèges privés sous contrat sur 1660 qui proposent une section #UPE2A, soit moins de 1%. Le secteur public en compte 1024 sur 5316 collèges publics en France, soit plus de 19%. Alors que dans le privé sous contrat scolarise 21,3% des collégien.nes, il ne scolarise que 1,5% des élèves allophones. Est-ce parce qu’il s’agit le plus souvent d’enfants issu.es de milieu défavorisé et présentant des difficultés scolaires ? Ce profil n’est pas recherché par le privé.

    [...]

    Les chiffres de la DEPP indiquent que 90% des collégien.es d’#ULIS sont scolarisé.es dans le public. 377 collèges privés accueillent un dispositif ULIS contre 2321 collèges publics.

    #inclusion #enseignement_privé

  • L’Assemblée impulse le #MeToo_scolaire
    https://blogs.mediapart.fr/francois-jarraud/blog/100425/lassemblee-impulse-le-metooscolaire

    Le principal apport de ses travaux c’est la mise en évidence de « la désorganisation des responsabilités et des acteurs », pour reprendre les propos du rapporteur P. Vannier (LFI). L’audition, le 31 mars, de l’état-major du ministère de l’#Education nationale a mis en évidence l’absence de pilotage du suivi des #violences des adultes dans les établissements. A la question de V. Spillebout (EPR), autre rapporteur, sur ce pilotage, répond un très long silence des hauts fonctionnaires. Si le chef du service défense et sécurité du ministère, Christophe Peyrel, est capable de chiffrer le nombre de violences mettant en cause des personnels remonté par le logiciel Fait établissement (1198 en 2023), personne n’est capable de dire ce qui en est fait ! Le directeur général des relations humaines, Boris Melmoux-Eude peut citer le nombre de sanctions communiqué à la Direction générale de la Fonction publique. Mais cela ne concerne que 204 cas (et non 1198) et exclusivement dans l’enseignement public. Il n’a aucune donnée pour le privé. Il n’y a pas plus de suivi du coté de la Justice. « On n’a pas la possibilité de s’assurer que tous les faits aient fait l’objet d’une suite adéquate », reconnait C. Peyrel. Le suivi des signalements est de la seule responsabilité des chefs d’établissement et des services académiques. Au ministère personne ne suit les dossiers du public. Et encore moins ceux du privé !

    [...]

    Ce que montre déjà la commission d’enquête c’est le caractère systémique de ces violences. Le système déconcentré de l’Education nationale n’assure aucun suivi des faits signalés. Il ne met aucun zèle à encourager les #enseignants et les agents à signaler. Bien au contraire, les syndicats enseignants, auditionnés le 3 avril, témoignent que des consignes sont données pour que les signalements passent par la voie hiérarchique. Comme l’explique un représentant FSU, cela crée un conflit de loyauté pour les enseignants s’ils passent outre. Les représentants de Sud et de FO signalent des enseignants sanctionnés pour avoir transmis des informations. Cela, alors que l’article 40 du Code de procédure pénal impose aux fonctionnaires de signaler. C’est aussi un problème budgétaire. Les personnels qui savent faire ces signalements ainsi que les Informations préoccupantes (#IP) sont de moins en moins nombreux dans les établissements : 2200 assistantes sociales, 7800 infirmières, 600 médecins scolaires pour 12 millions d’élèves. Les professeurs des écoles savent faire des IP mais on leur dit qu’il faut transmettre copie aux parents qu’ils croisent tous les jours à la sortie de l’école... Ils ne savent pas que des signalements peuvent être faits anonymement.

    [...]

    Le ministère arrive à être une organisation hyper hiérarchisée et centralisée mais inefficace pour un sujet qu’elle n’a pas considéré majeur.

    C’est le plus grave obstacle à venir. Les violences exercées sur des élèves, même quand elles durent des années, n’ont pas éveillé d’intérêt. Dans ce registre, il est inquiétant de voir que peu de députés assistent aux auditions de la commission d’enquête. Dans la plupart des réunions il n’y a que deux députés pour poser des questions.

    Pourtant c’est peut-être cela qui est en train de changer. Après des années d’omerta, les institutions scolaires privée et publique ont honte. Les rapporteurs témoignent des très nombreux messages qu’ils reçoivent de victimes. Les victimes se sentent entendues pour la première fois. « Elles ont le sentiment que pour la première fois il y a une reconnaissance », explique Paul Vannier. « Des fonctionnaires viennent nous remercier ».

    #enseignement_privé

    • « Défaillances » de l’Éducation nationale face à un enseignant prédateur : l’inspection générale fait l’autopsie d’un fiasco
      https://www.mediapart.fr/journal/france/220425/defaillances-de-l-education-nationale-face-un-enseignant-predateur-l-inspe

      De la fin des années 1990 jusqu’au début des années 2020, cet enseignant brillant et charismatique a joué de son autorité et son emprise pour attirer de nombreux élèves chez lui, dont certains l’accusent aujourd’hui d’agressions sexuelles et de viols (voir nos révélations précédentes).

      Alors que des alertes relatives au comportement inadapté de cet agrégé ont commencé à remonter à l’administration dès l’été 2021, l’enseignant n’a été mis à l’arrêt qu’en septembre 2023, après qu’un ancien élève a déposé une plainte au pénal – une première suivie de huit autres.

      Pascal V. s’étant suicidé dans la foulée, ses victimes se retrouvent aujourd’hui privées de procès. Mais l’Éducation nationale, elle, n’en a pas fini avec cette affaire, puisque plusieurs anciens élèves ont décidé d’attaquer l’État pour « faute ». Or, d’après nos informations, l’enquête de l’IGÉSR pourrait leur donner du grain à moudre. À l’issue d’une quarantaine d’auditions, les deux autrices du rapport jugent en effet que l’institution a méconnu sa responsabilité administrative et disciplinaire.

  • À la recherche des profs perdus : la gauche néglige-t-elle l’école ?
    https://lvsl.fr/a-la-recherche-des-profs-perdus-la-gauche-neglige-t-elle-lecole

    Malgré les 12 millions d’élèves et les 866.000 enseignants que compte la France, la question de l’école reste peu abordée dans le débat public. Le livre de Mathieu Bosque, président du parti de François Ruffin, entend reprendre ce combat historique de la gauche. Si son analyse est pertinente, ses propositions restes vagues et incomplètes.

    #Société #école #éducation_nationale #enfants #Enseignement #enseignement_privé #professeur

  • Loir-et-Cher : l’Académie Saint-Louis de Chalès, un internat catholique privé non mixte, va ouvrir ses portes en Sologne
    https://archive.ph/WKFpk

    Former les hommes, révéler les talents. Voilà comment se présente l’Académie Saint-Louis de Chalès, nouveau #collège-#lycée #catholique « d’excellence » privé hors contrat de garçons avec #internat qui devrait ouvrir ses portes en septembre 2025 en plein cœur de la Sologne à Nouan-le-Fuzelier.

    L’ancien orphelinat du domaine de Chalès, ses 175 hectares de forêts et d’étangs se préparent donc à recevoir des adolescents en leur faisant suivre les principes de « l’éducation intégrale telle que la définit l’Église catholique qui considère la personne humaine tout entière : corps, esprit et âme ». Les élèves seront aussi répartis dans des « maisons » avec un « fonctionnement en capitaineries favorisant l’esprit de responsabilité ». 

    [...]

    Si l’Académie Saint-Louis de Chalès est la première à ouvrir, d’autres verront le jour dans chaque région de France. Tout se déroulera en trois phases selon le site internet des Académies. La première phase est presque finie avec l’ouverture prochaine en septembre 2025. La deuxième consistera à continuer de développer les lieux d’enseignement entre 2025 et 2030 avant de posséder une Académie par région en France métropolitaine.

    #Pierre-Édouard_Stérin #enseignement_privé #extrême_droite

    Une dizaine d’organisations, dont les sections du PS et de LFI du Loir-et-Cher, la Ligue des droits de l’homme et des syndicats, demandent ainsi « au préfet et aux autorités de l’Education nationale compétentes de s’opposer à l’ouverture de tels établissements », qui représentant un « danger pour la protection de la jeunesse ».

    https://www.20minutes.fr/societe/4141980-20250305-loir-cher-quoi-projet-internat-catholique-non-mixte-soute

  • Essor de l’#enseignement_privé, asphyxie des #universités : l’Etat joue contre son camp

    Mathis d’Aquino, doctorant à Sciences Po Bordeaux, estime que les pouvoirs publics doivent cesser de financer l’offre d’enseignement supérieur privée et de placer les universités dans une situation financière intenable.

    La chronique de fin d’année 2024 sur les aides à l’embauche d’apprentis1 soulève des interrogations quant au financement de l’enseignement supérieur privé. Depuis la réforme de 2018 sur l’#apprentissage, le secteur privé lucratif du supérieur connaît une croissance exponentielle, portée par la création massive de #centres_de_formation_d’apprentis (#CFA), captant les fonds publics de l’apprentissage.

    Soutenues par un cadre législatif aussi libéral qu’obsolète, ces écoles jouissent d’une agilité déconcertante, là où les #universités_publiques subissent une #rigidité_structurelle. Le privé se déploie très vite, sur des niches sectorielles qui s’étendent du design jusqu’au droit.

    Mais ce « succès » repose sur une demande artificielle créée par des dispositifs marchands, et sur un soutien de l’État dont il est difficile de comprendre les justifications.

    Les #écoles_privées s’insèrent en effet dans un maquis informationnel, où l’#opacité devient une stratégie. La recherche empirique que j’ai menée à Bordeaux entre 2023 et 2024 révèle que familles et étudiants peinent à distinguer les degrés de reconnaissance d’une formation.

    Certaines écoles vendent comme « #diplôme_d’Etat » de simples titres #RNCP [#Répertoire_national_des_certifications_professionnelles, NDLR.], alors que ces derniers ne sont qu’une #certification par le ministère du Travail de l’adéquation entre la #formation et les #besoins_économiques à un instant T, sans contrôle de la qualité des enseignements délivrés.

    De même, les établissements privés jouent du halo terminologique qui entoure les noms des diplômes, comme « Bachelor » (terme non réglementé) ou « Mastère », jouant clairement sur l’ambiguïté avec le « Master » délivré par les universités publiques et reconnu, lui, par l’État. Malheureusement pour les étudiants qui peinent – légitimement – à s’y retrouver, un petit « e » en plus, ce sont de grandes opportunités en moins.

    Au-delà de cette #confusion délibérément entretenue, les stratégies de captation versent parfois dans la #publicité_mensongère. En 2023, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a mis en lumière l’usage illégal de mentions telles que « #licence » ou « #master », facilement observable dans les #salons_d’orientation et sur Internet.

    Ces salons eux-mêmes, prétendument conçus pour éclairer les familles, deviennent des vitrines biaisées où les écoles lucratives sont surreprésentées. Ils sont devenus un véritable maquis d’où les familles ressortent désorientées, ce qui est un comble.

    Discours trompeurs

    Il est d’autant plus difficile de s’y retrouver que les établissements privés développent un discours transformant leurs vices en vertus. L’absence d’un corps professoral permanent, remplacé par des intervenants qui font quelques tours et puis s’en vont, est ainsi valorisée comme une marque de #professionnalisation, masquant en réalité une incapacité à recruter et maintenir des enseignants qualifiés.

    Plus généralement, les écoles privées s’approprient le discours dominant sur « l’#employabilité » (relayé par les pouvoirs publics) en proposant des formations en #alternance rendues « gratuites » grâce aux #aides_publiques. Dans un contexte de réduction des aides à l’embauche d’apprentis, la contraction des offres de contrat d’apprentissage va rendre cette promesse de « gratuité » plus difficile à tenir, exigeant des étudiants et de leurs familles qu’ils redoublent de vigilance.

    De la même façon, l’argument du recrutement « hors #Parcoursup » masque leur incapacité à répondre aux critères de la plate-forme d’accès à l’enseignement supérieur, tout en jouant sur les peurs et imaginaires des étudiants. Mais aujourd’hui ces établissements créent des alternatives telles que #ParcoursPrivé, revendiquant un rôle d’#anti-Parcoursup, tout en mimant son modèle.

    Dépendance aux #subventions_publiques

    Dernier ingrédient pour assurer au privé un avenir radieux : l’injection de #subventions. La loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » de 2018 a conduit à une explosion du supérieur lucratif, en faisant sauter toutes les barrières à l’entrée dans la création d’une école, et en finançant le secteur privé via l’apprentissage.

    Ces écoles, qui derrière des noms rutilants sont souvent des Centres de Formation d’Apprentis (CFA), ne pourraient survivre sans ces aides publiques, qu’elles défendent naturellement avec une ardeur révélatrice. La « réussite » actuelle de la politique d’apprentissage ne dépend que des financements à guichet ouvert, alimentant des profits privés, à l’heure où les #universités sont, elles, assoiffées (d’aucuns diront volontairement ?).

    Une des solutions récemment avancées par les pouvoirs publics était de créer un #label attestant de la qualité des formations. Mais on ne dénombre déjà pas moins d’une trentaine de labels dans le supérieur ! Ce chaos normatif reporte sur les familles la responsabilité du tri, alors qu’elles sont déjà perdues dans cet univers saturé de certifications. L’État a la responsabilité de faire le ménage, y compris au sein des gros groupes (chez qui pantouflent par ailleurs certains architectes de la loi de 2018).

    Ce nettoyage est d’autant plus important qu’en parallèle, les universités publiques, en sous-financement chronique, envisagent de fermer des formations et des campus. Cette #asphyxie_budgétaire accélère la privatisation du supérieur et place l’État dans une position intenable de grand financier du privé et de grand désengagé du public.

    La privatisation de l’#enseignement_supérieur pose de graves questions de #démocratie, de contrôle et de qualité. Par son financement aveugle et sa passivité réglementaire, l’État soutient sur fonds publics un système qui finance des profits privés.

    À l’heure où les universités luttent pour leur survie, il est urgent que l’État reprenne la main : en régulant fermement, en surveillant les pratiques abusives et en soutenant et valorisant ses établissements publics, où la qualité de la formation et de la recherche est assurée.

    L’État doit défendre ses propres établissements, réguler le secteur privé bien au-delà de la simple apposition d’un label, et ne pas faire reposer sur des familles endettées, déçues et désemparées, la #responsabilité de choisir l’incertain.

    https://www.alternatives-economiques.fr/essor-prive-asphyxie-universites-letat-a-contre-emploi-lens/00113661
    #privatisation #ESR #enseignement_supérieur #France #financement #facs #université #régulation

  • Des universités françaises au bord de l’#asphyxie : « Ça craque de partout »

    Locaux vétustes, #sous-financement structurel, #pénurie d’enseignants, inégalités sociales et scolaires… Les universités de Créteil, Villetaneuse ou encore Montpellier-III cumulent les difficultés. Le fossé se creuse encore entre les établissements prestigieux et les autres.

    A l’#université_Sorbonne-Paris_Nord, sur le campus de Villetaneuse, en Seine-Saint-Denis, la visite guidée se transforme immanquablement en un passage en revue du #délabrement. Tel couloir ou telle salle, inondés à chaque forte pluie, cumulent vétusté et moisissures sur les murs. Des amphithéâtres aux sièges cassés, des prises abîmées depuis des années, et des vidéoprojecteurs qui, régulièrement, ne fonctionnent pas. Les filets de fortune qui retiennent des bouts de plafond qui s’écroulent au-dessus d’une passerelle reliant plusieurs bâtiments. Cet ascenseur, également, en panne depuis la rentrée, rendant le deuxième étage du département des lettres inaccessible aux étudiants à mobilité réduite.

    De façon moins visible, une grande partie des bâtiments contient encore de l’#amiante, plus ou moins bien protégée. « Là ou encore là, le sol est abîmé, montre Stéphane Chameron, maître de conférences en éthologie, membre du comité social d’administration, encarté SUD-Education, en désignant des dalles usées dans des couloirs ou des escaliers. Donc il peut arriver que de la poussière amiantée soit en suspension dans l’air. C’est une #mise_en_danger. »

    Selon la Cour des comptes, 80 % du bâti de l’université Sorbonne-Paris Nord est aujourd’hui vétuste. Mais le constat national n’est guère réjouissant non plus, avec un tiers du #patrimoine_universitaire jugé dans un état peu ou pas satisfaisant. « Honnêtement, on a honte de faire travailler les étudiants dans ces conditions » , souligne une des enseignantes de l’établissement qui, comme beaucoup, a demandé à rester anonyme.

    En matière d’#encadrement aussi, « la situation est critique », alerte Marc Champesme, chargé du département d’informatique de Paris Nord, membre du syndicat Snesup-FSU. Dans sa composante, le nombre d’étudiants en première année a été multiplié par plus de trois entre 2010 et 2022, et par deux sur les trois années de licence. Dans le même temps, le nombre d’enseignants titulaires n’a pas bougé. « On est maintenant contraints de faire des travaux dirigés en amphi avec soixante étudiants parce qu’on manque de professeurs , réprouve-t-il. Alors même que les pouvoirs publics ne cessent de dire qu’il faut former plus d’informaticiens et de spécialistes de l’IA [intelligence artificielle] , que c’est l’avenir. »

    « Sans l’État, ce ne sera pas possible »

    Ici, comme dans d’autres facultés, les personnels ont été désespérés par le signal envoyé, en février, avec l’annonce de coupes budgétaires de près de 1 milliard d’euros dans l’enseignement supérieur – en contradiction avec la volonté affichée, fin 2023 par Emmanuel Macron, de « donner plus de moyens » pour la recherche. « On nous disait que l’université serait une priorité, mais cela a vite été oublié. C’est un #délaissement total. Et les premiers à trinquer, ce sont nous, universités de banlieue populaire ou de petites villes déjà en mauvaise forme » , s’exaspère un autre enseignant-chercheur de Sorbonne-Paris Nord.

    Cette réalité s’impose comme le signe d’une université française en crise, qui maintient sa mission de service public en poussant les murs, colmatant les brèches et serrant les dents. La conséquence de décennies pendant lesquelles les établissements ont absorbé une augmentation significative de la #population_étudiante, sans que les moyens aient suivi. Entre 2008 et 2021, le nombre d’étudiants a augmenté de 25 %, quand le #budget de l’enseignement supérieur a progressé de moins de 10 %. Quant aux fonds versés par l’Etat liés spécifiquement au #bâti, ils stagnent depuis plus de dix ans.

    Désormais, « ça craque de partout » , résume un enseignant dans un Baromètre des personnels réalisé en 2023 par la Conférence des praticiens de l’enseignement supérieur et de la recherche. A Villetaneuse, « on essaie de mettre les bouchées doubles depuis trois ans pour les travaux urgents. On a investi 6 millions d’euros sur fonds propres. Mais on ne dispose pas de ressources infinies. Sans l’Etat, ce ne sera pas possible » , souligne son président, Christophe Fouqueré. Sur tout le territoire, la pression budgétaire contraint les établissements à se contenter de rafistoler un bâti vieillissant plutôt que d’entamer des travaux de #rénovation nécessaires, ou encore à geler les embauches de #titulaires et à avoir recours à des #vacataires précaires – à présent majoritaires au sein des personnels enseignants dans les universités.

    Mais, à l’image de Sorbonne-Paris Nord, certaines se trouvent plus en difficulté que d’autres en matière de conditions d’études. « La question du bâti et de son délabrement éclaire en fait toutes les #inégalités entre élèves, et entre établissements du supérieur : d’abord entre universités et grandes écoles type Sciences Po, mieux loties, et désormais entre universités elles-mêmes, analyse la sociologue Annabelle Allouch, qui mène un projet de recherche sur le #bâti_universitaire. Mais elle renforce aussi ces inégalités, en encourageant des étudiants à adopter des stratégies d’évitement de certains campus. »

    De fait, des #écarts se sont creusés. Si certains campus ont bénéficié de belles rénovations, comme de moyens plus conséquents pour l’enseignement, d’autres universités, moins subventionnées, décrochent. « On a été oubliés du #plan_Campus de 2008, qui a permis à d’autres universités, y compris voisines, de se remettre à niveau » , regrette le président de Sorbonne-Paris Nord. « L’Etat avait fait le choix de porter les efforts sur 21 sites seulement. Cela a créé un premier différentiel, qui n’a cessé de s’accentuer puisque ces universités lauréates ont été, par la suite, mieux placées, aussi, pour répondre à des appels à projet sur le patrimoine » , explique Dean Lewis, vice-président de France Universités.

    Se sont ajoutées les diverses politiques d’ « #excellence », mises en œuvre durant la dernière décennie, et notamment les labels #Initiative_d’excellence, décernés à certains établissements prestigieux, avec des moyens supplémentaires correspondants. « On a été face à des politiques qui ont décidé de concentrer les moyens sur un petit nombre d’établissements plutôt que de les distribuer à tout le monde » , résume la sociologue Christine Musselin.

    #Violence_symbolique

    Une situation qui laisse de plus en plus apparaître une université à plusieurs vitesses. « Quand je passe de mon bureau de recherche de l’ENS [Ecole normale supérieure] aux locaux où j’enseigne, la différence me frappe à chaque fois », témoigne Vérène Chevalier, enseignante en sociologie à l’#université_Paris_Est-Créteil (#UPEC), qui subit aussi, avec ses élèves, un environnement dégradé. Dans certains bâtiments de cette université, comme celui de la Pyramide, les cours ont dû être passés en distanciel, cet hiver comme le précédent, en raison d’une défaillance de #chauffage, la #température ne dépassant pas les 14 0C. En avril, le toit d’un amphi, heureusement vide, s’est effondré sur un site de Fontainebleau (Seine-et-Marne) – en raison d’une « malfaçon », explique la présidence.

    Plongée dans une #crise_financière, avec un #déficit abyssal, l’UPEC est dans la tourmente. Et la présidence actuelle, critiquée en interne pour sa mauvaise gestion des finances. « Mais lorsqu’on voit arriver 10 000 étudiants en cinq ans, on se prend de toute façon les pieds dans le tapis : cela veut dire des heures complémentaires à payer, des locations ou l’installation de préfabriqués très coûteuses » , défend le président, Jean-Luc Dubois-Randé.

    Au sein d’un même établissement, des fossés peuvent se former entre campus et entre disciplines. « Quand mes étudiants vont suivre un cours ou deux dans le bâtiment plus neuf et entretenu de l’IAE [institut d’administration des entreprises] , dont les jeunes recrutés sont aussi souvent plus favorisés socialement, ils reviennent dans leur amphi délabré en disant : “En fait, ça veut dire que, nous, on est les pauvres ?” » , raconte Vérène Chevalier, qui y voit une forme de violence symbolique.

    Ce sont des étudiants « qu’on ne voit pourtant pas se plaindre », constate l’enseignant Stéphane Chameron. « Pour beaucoup issus de classes moyennes et populaires, ils sont souvent déjà reconnaissants d’arriver à la fac et prennent sur eux » , a-t-il observé, comme d’autres collègues.

    Dans le bâtiment Pyramide, à Créteil, une dizaine d’étudiants en ergothérapie préparent leurs oraux collectifs de fin d’année, assis au sol dans le hall, faute de salles disponibles. « Les conditions, cela nous paraît normal au quotidien. C’est quand on met tout bout à bout qu’on se rend compte que cela fait beaucoup » , lâche Charlotte (qui a souhaité rester anonyme, comme tous les étudiants cités par leur prénom), après avoir égrené les #dysfonctionnements : les cours en doudoune cet hiver, l’impossibilité d’aérer les salles, l’eau jaunâtre des robinets ou l’absence de savon dans les toilettes… « Ça va » , répondent de leur côté Amina et Joséphine, en licence d’éco-gestion à Villetaneuse, citant la bibliothèque récemment rénovée, les espaces verts et l’ « ambiance conviviale », malgré « les poubelles qu’il faut mettre dans les amphis pour récupérer l’eau qui tombe du plafond quand il pleut » .

    Dans l’enseignement supérieur, les dynamiques récentes ont renforcé un phénomène de #polarisation_sociale, et les étudiants les plus favorisés se retrouvent aussi souvent à étudier dans les établissements les mieux dotés. La sociologue Leïla Frouillou y a documenté l’accélération d’une #ségrégation_scolaire – qui se recoupe en partie avec la #classe_sociale. Favorisées par #Parcoursup, les universités « parisiennes » aspirent les bacheliers avec mention très bien des autres académies. « Se pose la question du maintien de la #mixité dans nos universités » , souligne-t-elle.

    En l’occurrence, un campus en partie rénové ne protège pas nécessairement ni d’une situation financière délétère, ni de difficultés sociales plus importantes que la moyenne du territoire. L’un des lauréats du plan Campus de 2008, l’#université_Montpellier-III, présente en majesté l’#Atrium. Une bibliothèque universitaire (BU) tout de verre vêtue, un bijou architectural de 15 000 m2 financé par l’Etat, la région et la métropole, et livré en avril à la porte de l’établissement. L’ouvrage masque un campus quinquagénaire arboré et aussi quelques classes en préfabriqué posées provisoirement à proximité du parking… il y a vingt et un ans. Montpellier-III reste l’une des universités les moins bien dotées de France.

    Un peu plus loin, derrière le bâtiment S, Jade attend patiemment son tour. En première année de licence de cinéma et boursière, comme 48 % des étudiants de son université (quand la moyenne nationale est de 36 %), elle s’apprête à remplir un panier de vivres à l’#épicerie_solidaire de l’établissement. Une routine hebdomadaire pour cette étudiante qui a fait un saut dans la #précarité en rejoignant l’université.

    « Nous avons des étudiants qui ne mangent pas à leur #faim » , regrette Anne Fraïsse, présidente de l’université. Ils sont, par ailleurs, ceux qui auraient le plus besoin d’encadrement. Quand, en 2022, l’#université_Gustave-Eiffel, implantée dans différentes régions, reçoit une subvention pour charge de service public de 13 195 euros par étudiant, Montpellier-III en reçoit 3 812. Les universités de lettres, de droit et de sciences humaines et sociales sont traditionnellement moins bien dotées que les universités scientifiques, dont les outils pédagogiques sont plus onéreux.

    Mais dans les établissements d’une même spécialité, les écarts sont considérables. Nanterre, la Sorbonne-Nouvelle, à Paris, Bordeaux-Montaigne ou Toulouse-Jean-Jaurès : toutes ces universités de #sciences_humaines ont une dotation supérieure de plus de 30 % à celle de Montpellier-III. « Si nous étions financés à la hauteur de ce que reçoit Toulouse-II, c’est 30 millions de budget annuel supplémentaire que l’on recevrait, calcule Florian Pascual, élu CGT au conseil scientifique de l’université Montpellier-III. Nous pourrions cesser de gérer la pénurie, embaucher des enseignants. »

    « Un poids pédagogique »

    En février, le conseil d’administration de l’université a voté un budget affichant un déficit prévisionnel de 5 millions d’euros. Alors que l’établissement a augmenté ses effectifs étudiants (+ 7 % sur la période 2018-2021) pour répondre au #boom_démographique, la #dotation de l’Etat par étudiant a, pour sa part, dégringolé de 18,6 % entre 2016 et 2022. Un rapport rendu en juin 2023 par l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche, reconnaît « une situation de #sous-financement_chronique et un état de #sous-encadrement_structurel » . L’université doit néanmoins répondre à l’injonction du gouvernement de se serrer la ceinture. « C’est ne pas tenir compte des grandes inégalités entre établissements » , répond Anne Fraïsse.

    « Ce que nous répète l’Etat, c’est de fermer des postes, en réduisant l’administration et en remplaçant des professeurs par des contractuels ou des enseignants du secondaire. Pourtant, dans treize départements, la moitié des cours ne sont plus assurés par des professeurs titulaires, rappelle la présidente de l’université . Cela a un poids pédagogique pour les étudiants. Pour augmenter les taux de réussite, il faut créer des heures d’enseignement et mettre des professeurs devant les étudiants. »

    La pression démographique absorbée par ces universités amène avec elle une autre difficulté insoupçonnée. « Chez nous, le taux d’utilisation des amphis est de 99 %, on n’a quasiment plus le temps de les nettoyer. Alors si on devait faire des chantiers, on n’aurait tout simplement plus d’endroit pour faire cours, et c’est le cas partout » , soulève Julien Gossa, enseignant à l’université de Strasbourg. « Mais plus on attend, plus ça se dégrade et plus ce sera cher à rénover » , souligne Dean Lewis, de France Universités.

    Or, dans certaines facultés, comme en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne, la démographie étudiante ne devrait pas ralentir. « Nous ne sommes pas sur un reflux démographique comme d’autres, en raison d’un phénomène d’installation des classes moyennes en grande couronne. On envisage une trajectoire d’augmentation de deux mille étudiants par an durant encore un moment. Il va falloir trouver une façon de les accueillir dignement » , souligne Jean-Luc Dubois-Randé, de l’UPEC. D’autant que, malgré les difficultés matérielles, « les profs sont passionnés et les cours très bons », assure une étudiante, en licence de psychologie à Villetaneuse.

    Conscients de cette valeur des cours dispensés et des diplômes délivrés, les enseignants contactés marchent sur des œufs. En mettant en lumière les points de craquage de l’université, ils craignent d’accélérer la fuite vers l’#enseignement_privé, qui capitalise sur l’image dégradée du public. Pourtant, « former la jeunesse est une mission de l’Etat, baisser les dépenses en direction de l’enseignement, au profit du privé, c’est compromettre notre avenir » , rappelle Anne Fraïsse.

    Le nombre de #formations_privées présentes sur Parcoursup a doublé depuis 2020, et elles captent plus d’un quart des étudiants. « Mais même si elles peuvent se payer des encarts pub dans le métro avec des locaux flambant neufs, elles sont loin d’avoir toutes la qualité d’enseignement trouvée à l’université, qui subsiste malgré un mépris des pouvoirs publics » , souligne l’enseignant Stéphane Chameron.

    La fatigue se fait néanmoins sentir parmi les troupes, essorées. « Comme à l’hôpital, on a des professionnels attachés à une idée du #service_public, gratuit, accessible à tous et adossé à une recherche de haute volée , observe le président de l’UPEC, ancien cadre hospitalier. Mais le sentiment d’absence de #reconnaissance pèse, et on observe de plus en plus de #burn-out. » De la même manière que, dans les couloirs des urgences hospitalières, les équipes enseignantes interrogent : souhaite-t-on laisser mourir le service public ?

    https://www.lemonde.fr/campus/article/2024/05/11/des-universites-francaises-au-bord-de-l-asphyxie-ca-craque-de-partout_623255
    #ESR #France #université #facs #enseignement_supérieur #recherche

  • Les grandes manœuvres des établissements privés catholiques pour contourner la réforme des collèges
    https://www.mediapart.fr/journal/france/020324/les-grandes-manoeuvres-des-etablissements-prives-catholiques-pour-contourn

    Jusqu’à présent, le privé sous contrat ne s’était pas vraiment manifesté. Mais mercredi 28 février, Philippe Delorme, le secrétaire général de l’enseignement privé catholique (Sgec), a montré quelques signes d’agacement dans Le Monde. Il a notamment affirmé que, faute de budget supplémentaire, il n’appliquerait pas la réforme telle quelle et s’en tiendrait aux moyens dégagés via la suppression de la « 26e heure » [l’heure hebdomadaire de soutien en français et maths mise en place par Pap Ndiaye]. Soit l’équivalent de 370 postes pour l’enseignement privé catholique à l’échelle nationale, permettant selon lui la création de 1 480 groupes seulement.

    C’est sur cette base que les directions diocésaines de l’enseignement catholique ont tenté d’influer directement auprès des rectorats, selon plusieurs témoignages recueillis par Mediapart. Questionné sur ces tractations, Philippe Delorme assure que la plupart des discussions ont d’ailleurs été fructueuses. « Mais ça ne se situe pas à mon niveau, nous indique-t-il. Les chefs d’établissement et les responsables locaux sont à la manœuvre. »

    À Amiens (Somme) par exemple, dans le privé, les groupes de niveau ne s’appliqueraient que pour les classes de 6e [alors que c’est aussi prévu pour les 5e]. Représentante du Sgec pour le département, Sylvie Seillier le confirme : « Avec le rectorat, on est tombés d’accord sur le fait de récupérer toutes les “26e heure” pour les 6e des 43 collèges [privés] de l’académie. On a pu repérer les établissements où les effectifs d’élèves ayant eu un score inférieur à 200 [considérés comme étant les plus faibles - ndlr] lors des évaluations de 6e étaient les plus nombreux. Et on a réparti l’enveloppe dont nous disposions en fonction des besoins », détaille la directrice diocésaine, estimant que les résultats des élèves sont comparables d’une année à l’autre pour un même collège. « On s’est rencontrés en groupe de travail, on s’est bien compris. Depuis plusieurs années, nous évoluons dans un climat de confiance », se félicite-t-elle.

    À Lille (Nord), les groupes de niveau devraient être organisés en 6e et en 5e, mais pas de manière systématique, ni pour l’ensemble des heures de mathématiques et de français. « Aujourd’hui, c’est réglé. On a travaillé avec le rectorat. Un calcul a été fait par rapport au nombre de groupes. On a travaillé à volume constant », affirme Hubert Antoine, directeur diocésain chargé de la coordination des établissements catholiques de l’académie. Ici, les concessions ont été faites sur la jauge minimale d’élèves en difficulté. « Elle sera plus grande que ce qu’il aurait fallu… Donc il y aura quelques établissements où il n’y aura pas de groupes », précise-t-il.

    Selon Philippe Delorme, les négociations seraient en bon chemin, voire carrément actées dans la plupart des académies de France. Comme en Normandie, à Reims (Marne), à Grenoble (Isère) ou encore à Dijon (Côte-d’Or). « Ce n’est pas qu’elles vont fermer les yeux... Elles sont d’accord pour dire qu’on n’a pas eu de moyens supplémentaires. C’est une question de financement, on n’a aucune hostilité », insiste le secrétaire général du Sgec, qui s’avoue d’ailleurs plutôt favorable à la réforme en cours [...].

    [...]

    Mis à part ces quelques situations de blocage, la souplesse affichée çà et là est étonnante. Surtout comparée aux tensions et à la rigidité auxquelles sont soumis la plupart des établissements du public. « Le privé a toujours eu cette latitude d’appliquer à sa guise. Je pense au passage à 4,5 jours par semaine dans le primaire en 2013, sous François Hollande. Le privé ne l’avait pas appliqué, purement et simplement, et personne ne s’en est ému à l’époque », remarque la principale d’un collège public.

    Audrey Chanonat, la secrétaire générale pédagogique du SNPDEN-Unsa, relève qu’il en fut de même pour « la réforme de 2016 et les groupes de travaux interdisciplinaires [EPI] ». Idem « quand certains collèges créent des options qui n’existent pas pour le diplôme national du brevet, du genre “intelligence artificielle”, ajoute-t-elle. C’est pour attirer de nouveaux élèves... »

    Selon la responsable syndicale, ces réflexes sont symptomatiques « de ce qui se passe depuis plus de vingt ans » dans la relation entre public et privé. « Quand un texte ne convient pas à une majorité de familles, le privé ne l’applique pas. Cette fois-ci, ils prennent le prétexte des moyens… Mais nous aussi, nous prenons sur nos marges d’autonomie ! En réalité, le privé sous contrat est soumis à l’application des textes. Il s’en dédouane, mais il ne devrait pas », s’indigne-t-elle, assurant qu’aucune tractation n’a eu lieu dans le public à ce jour « et surtout pas “rectorat par rectorat” ».

    Interrogé sur ces tractations, le ministère de l’éducation nationale dément. « Il n’y a pas d’accord, se défend l’entourage de la ministre, Nicole Belloubet. La réforme s’appliquera bien partout, sans exception dans le privé sous contrat, selon l’article L442-5 du code de l’éducation. » Également questionnés, plusieurs des différents rectorats cités par les directions diocésaines de l’enseignement catholique ont fini par nous adresser une réponse similaire (voir notre Boîte noire). Un rétropédalage dont le Sgec devra se contenter d’ici à la publication des textes réglementaires, prévue dans les prochains jours.

    #éducation #collège #enseignement_privé

  • Des lycées privés, sauf de subventions :-D :-D :-D

    Financer l’#école des #rupins : comment ça marche ? Facile, on redistribue. On prend aux #pauvres pour donner aux écoles des #riches.

    « #Enseignement_privé : des #cadeaux qui se chiffrent en millions d’euros

    Et si Amélie #Oudéa_Castéra avait permis de mettre à jour le système opaque de #subventions des établissements privés sous contrat ? Le prestigieux établissement privé #Stanislas ne serait-il que l’arbre qui cache la forêt ? Alors que les collectivités sont tenues de contribuer aux frais de fonctionnement des établissements privés sous contrat, beaucoup d’entre elles font le choix de donner encore plus. C’est le cas de la région d’Île-de-France qui allouera pas moins de 9 000 000 d’euros supplémentaires à l’enseignement privé sous contrat, en plus des financements obligatoires. En Seine-et-Marne, c’est tout bonnement la création d’un collège que contribuera à financer le département. Un collège en partenariat avec ... Stanislas. (...) »

    https://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L350xH204/arton39306-35e8e.jpg?1706290094

    https://www.legrandsoir.info/financer-l-ecole-des-rupins-comment-ca-marche-facile-on-redistribue-on

  • « La décision de déconventionner le lycée Averroès, à Lille, est inéquitable et disproportionnée » [sauf à déconventionner Stanislas à Paris, et bon nombre d’autres lycées privés]
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/12/16/la-decision-de-deconventionner-le-lycee-averroes-a-lille-est-inequitable-et-

    Dans une tribune au « Monde », Pierre Mathiot, directeur de Sciences Po Lille, s’étonne de la décision de l’Etat de mettre fin à son contrat avec le lycée musulman lillois, alors que son excellence académique est reconnue et que les reproches pouvant être faits à l’établissement sont mineurs.
    16 décembre 2023

    Par un courrier dont la presse a eu la primeur, le préfet du Nord a notifié à l’association Averroès la fin du contrat du lycée du même nom avec l’Etat. C’est par là même son existence qui est mise en cause avec la fin des financements publics et des moyens qui l’accompagnent.
    Le lycée Averroès est le premier établissement musulman à avoir bénéficié d’une contractualisation avec l’Etat en 2008. La démarche alors engagée par ses fondateurs visait justement à placer l’établissement sous le contrôle de la puissance publique.
    Installé à Lille-Sud, dans un quartier prioritaire de la politique de la ville, il accueille plus de 50 % d’élèves boursiers : un record pour un établissement privé. Il a été classé en diverses occasions depuis 2013 parmi les tout premiers lycées en France pour sa performance scolaire. Son excellence académique et sa capacité à faire réussir des élèves issus de milieu modeste, au bac puis dans leurs études supérieures, sont reconnues et saluées par l’ensemble du monde éducatif.

    En octobre 2017, Xavier Bertrand et Gérald Darmanin, lors d’une séance du conseil régional, avaient défendu avec force le #lycée après une prise de parole d’un élu du Front national. Ils avaient expliqué qu’il était normal de compter des établissements musulmans sous contrat, comme il existait des établissements catholiques, protestants ou juifs. Pourtant, à l’époque, le président de l’association [Amar Lasfar] était en même temps le président national de l’Union des organisations islamiques en France (UOIF) et, en 2015, une polémique avait eu lieu autour de propos critiques sur l’établissement scolaire portés par deux anciens enseignants…

    Equité, nuance et respect du droit

    Si la décision préfectorale est confirmée par la justice administrative, qui sera saisie par l’association Averroès, ce sont 470 élèves qui resteront sur le carreau à la fin de l’année scolaire. Dans l’histoire désormais ancienne des contrats d’association entre l’enseignement privé et l’Etat, une telle décision est rarissime. On imagine donc que les motivations qui l’accompagnent sont fortes, attestées, indiscutables, et qu’il n’existe aucune autre option possible que la plus radicale d’entre elles : le #déconventionnement.

    Si je m’exprime ici, c’est au nom de principes pour moi centraux : l’équité, la nuance et le respect du droit. Des principes qui devraient constituer en toutes circonstances la matrice de notre société. Disons-le, ce sont ces principes qui sont en jeu dans le cas présent, quoi que l’on pense, par ailleurs, de la place de l’islam ou de l’#enseignement_privé dans notre pays.

    On ne peut, me semble-t-il, se permettre de donner un avis que si l’on prend le temps de lire et de tout lire. Une analyse posée et nuancée implique de prendre connaissance des dossiers. Avant donc de parler, nous avons regardé – avec Jean-René Lecerf, ancien sénateur (UMP) et ancien président du département du Nord, et Roger Vicot, député socialiste de Lille – l’ensemble des pièces, tant les éléments produits par la préfecture, le ministère de l’éducation nationale, la chambre régionale des comptes, que les réponses apportées par l’association.
    Au total, et sauf bien entendu à ignorer des informations « sensibles » qui ne seraient pas présentes dans le dossier, il nous apparaît en conscience que la décision est tout simplement inéquitable et disproportionnée.

    Un rapport extrêmement favorable

    Inéquitable, car « l’instruction » (comment ne pas utiliser ce terme) conduite contre l’association a majoré les reproches en mélangeant à l’envi les dossiers, les dates et des sources d’origine et de « qualité » très diverses, tout en minorant, voire en ignorant, les appréciations positives. On ne citera ici qu’un exemple : en 2020, le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer a commandé un rapport sur le lycée qui a été mené conjointement par l’inspection générale de l’éducation nationale et la direction régionale des finances publiques.

    Ce rapport est resté longtemps confidentiel [une manie dès qu’il s’agit d’établissement financés publiquement ?] et n’a été communiqué à l’association Averroès que quelques jours avant son audition à la préfecture, le 27 novembre. Ce sont les avocats de l’établissement qui ont dû demander en urgence à la justice administrative d’en imposer l’ accès contre l’avis de la préfecture. On comprend assez bien pourquoi : ce rapport est extrêmement favorable, tant sur les aspects pédagogiques que sur la gestion financière. Il revient même de façon claire, transparente et, disons-le, rassurante sur le dossier du financement qatari du lycée.

    Disproportionnée, car le retrait du contrat avec l’Etat, sans d’ailleurs que le ministère de l’#éducation_nationale ne s’exprime, revient à utiliser une arme ultime qui met en péril l’existence même de l’établissement et le cursus de ses élèves. Pourtant, les reproches qu’il est effectivement possible de faire à l’association et qu’elle reconnaît – comme les délais trop longs dans la transmission des comptes à la tutelle – sont amendables dans le cadre de la contractualisation.

    Un questionnement plus général

    Nous avons d’ailleurs proposé avec mes deux collègues, sans succès, de mettre en place un comité de suivi chargé de s’assurer que les quelques éléments problématiques du fonctionnement de l’association – que l’on retrouve dans de très nombreux autres cas – puissent être pris en compte et réglés.
    On peut comprendre d’une autre manière l’importance que je veux donner ici aux notions d’équité et de proportionnalité : que n’entendrait-on demain si l’Etat portait autant d’attention à tous les établissements privés sous contrat qu’il n’en porte au lycée Averroès depuis sa création, et si des préfets prenaient des décisions identiques à niveau comparable de « problème » ?
    Enfin, on ne peut pas isoler cette décision d’un questionnement plus général sur la manière dont on considère les #musulmans de France et dont on respecte leurs droits. Ils sont pour l’immense majorité d’entre eux français et ne se posent même pas la question de leur appartenance à une République dont ils sont, comme moi, les enfants.

    On ne peut pas sérieusement laisser entendre que les musulmans, ou l’islam, défendent une vision du monde qui n’est pas compatible avec la République, et mettre fin sans aucune mesure ni médiation au contrat d’un établissement qui, justement, a demandé à être placé sous le contrôle de l’Etat. Faire cela serait justement accréditer aux yeux de la société que les musulmans se situent sur le côté de la République.
    Il est plus que temps de revenir à la raison, au droit, aux faits et à la nuance. Sur ce dossier comme sur beaucoup d’autres.

    Pierre Mathiot est professeur de science politique, directeur de Sciences Po Lille. Il s’exprime ici à titre personnel.

  • Enseignement privé : 8 milliards de fonds publics et pas de contrôles
    https://www.cafepedagogique.net/2023/06/02/enseignement-prive-8-milliards-de-fonds-publics-et-pas-de-controles

    L’enseignement privé sous contrat est financé pour 73% par des fonds publics. Pourtant, les contrôles financiers, pédagogiques et administratifs sont quasi inexistants déplore la cour des comptes dans un rapport publié jeudi 2 juin. Tout aussi grave, en concentrant un nombre élevé d’élèves de milieux favorisés, l’enseignement privé risque d’aggraver « certaines faiblesses du système éducatif » pointent les sages de la rue de Cambon qui appellent à moduler les moyens en fonction du profil social des élèves. Pierre Moscovici assure que ce rapport est « intemporel » et qu’il n’a pas de lien avec la signature récente du protocole mixité entre Pap Ndiaye et le secrétaire général de l’enseignement privé ». Le président de la cour des comptes se défend de vouloir porter une parole politique, pour autant, il enjoint les collectivités à prendre en charge les frais de restauration et de transport scolaire pour permettre le « libre choix » des familles les moins favorisées.

    La manne de l’apprentissage : L’insolente santé de l’enseignement supérieur privé
    https://seenthis.net/messages/944563

    #éducation #école #enseignement_privé #pivatisation

  • Je relève ces deux infos dans le dernier « Etre et savoir » sur France Culture, consacré au privé, avec Agnès Van Zanten.
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/etre-et-savoir/publique-ou-privee-faut-il-choisir-son-ecole-8856330

    – Paris sera dans 10 ans aussi ségrégué scolairement que le pays le plus ségrégué au monde.

    D’après ses derniers calculs, dans dix ans, près de la moitié des élèves parisiens de sixième seront inscrits dans des collèges privés (à nombre d’élèves parisiens constant) ! 47% à la rentrée 2033, contre 37% à la rentrée 2022. « Alors que la part de l’#enseignement_privé est resté stable autour de 34% entre 2005 et 2020, elle augmente chaque année d’un point depuis », s’alarme l’universitaire.

    Provocateur, Julien Grenet ajoute : « Le seul endroit où une telle envolée a été constatée dans l’Histoire est au Chili, après la réforme éducative de… Pinochet ! »

    https://fr.finance.yahoo.com/actualites/face-%C3%A0-l-envol%C3%A9e-s%C3%A9gr%C3%A9gation-084500409.html

    – La ségrégation ethnique est massive dans le privé.

    les enfants issus de l’immigration sont quasiment absents dans les établissements privés : plus de 99% des élèves du privé sont de nationalité française, alors que 6% d’élèves d’origine étrangère constituent les effectifs du public ; un résultat comparable concerne la nationalité des parents : plus de 10% des parents d’élèves dans le public sont étrangers, pour seulement 3% dans le privé.

    https://www.cairn.info/revue-francaise-d-economie-2014-2-page-143.htm

    Ce qui fait dire dans l’émission qu’on tient là une des raisons du succès du privé (ce que nuancera Agnès Van Zanten - la dimension ethnique en recouvrant d’autres).

    Au square après l’école entre parents d’élèves, ça parle très souvent des écoles du quartier. Et comme on ne peut pas connaître une école sans y être, ça se base sur le seul truc visible : les têtes des élèves et de leurs parents à la sortie des classes. Évidemment ce n’est jamais dit, et on expliquera choisir le privé pour le projet pédagogique.
    #éducation #mixité_sociale

  • Le collège d’à côté
    https://laviedesidees.fr/Le-college-d-a-cote.html
    https://laviedesidees.fr/local/cache-vignettes/L935xH628/college-fig1-95718.png?1668438975
    Lecture : Parmi l’ensemble des paires de collèges situés à moins de 15 minutes à pied l’un de l’autre, 203 sont composées de deux collèges très défavorisés. Ces paires de collèges représentent 8 % de l’ensemble des paires de collèges situés à moins de 15 minutes à pieds. Plus la couleur des cellules est foncée, plus la distance entre la composition sociale des collèges est importante.

    En effet, il est difficile de faire en sorte que chaque #collège ait la même composition sociale à l’échelle nationale, académique, voire même départementale, du fait de la ségrégation résidentielle existante à ces échelles et des contraintes de temps de trajet pour les collégiens. En revanche, ces facteurs sont moins contraignants lorsque la ségrégation sociale s’opère entre collèges voisins l’un de l’autre. De fait, les pouvoirs publics disposent alors de plus de marges de manœuvre pour agir sur la #mixité_sociale de ces établissements.

    [...] 548 des 1371 collèges très défavorisés sont à moins de 15 minutes à pied d’un autre collège. Parmi eux, 192 sont à proximité d’un collège favorisé, c’est-à-dire que parmi les collèges très défavorisés situés à proximité d’un autre collège, 35 % sont proches d’un collège favorisé. Ainsi, à la rentrée 2021, plus de 92 000 élèves étaient scolarisés dans un collège très défavorisé situé à proximité d’un collège favorisé. L’ampleur de ce phénomène n’est donc pas négligeable puisqu’il concerne plus d’élèves que l’ensemble des collégiens scolarisés à Paris. Ce constat tend à relativiser l’idée selon laquelle les collèges les plus défavorisés le sont nécessairement, du fait de leur implantation au sein de quartiers enclavés, exclusivement peuplés de ménages pauvres.

    [...] Dans 85 % des cas, lorsqu’un collège favorisé est situé à proximité d’un collège très défavorisé, il s’agit d’un établissement privé. Ces configurations peuvent ainsi inclure un collège public au secteur de recrutement relativement mixte, mais massivement évité par les catégories sociales les plus favorisées, au profit du collège privé de proximité. Cette observation contraste avec le discours selon lequel les établissements privés les plus favorisés le sont du fait de l’absence d’élèves d’origine sociale défavorisée à proximité. À l’inverse, 15 % des configurations comprenant un collège très défavorisé et un collège favorisé concernent deux collèges publics. Là encore, il se peut que le collège le plus défavorisé le soit du fait d’un évitement vers le secteur privé. Il est également possible qu’une différence d’offre de cours optionnels crée un déséquilibre d’attractivité entre les deux collèges et facilite l’octroi de dérogations à la sectorisation scolaire de l’un vers l’autre. Enfin, la manière dont les frontières entre secteurs sont tracées est susceptible d’accroître les contrastes sociaux existants entre les quartiers. Une #sectorisation_scolaire qui consisterait à affecter les élèves venant de quartiers proches, mais au profil social différent à un même collège favoriserait ainsi la mixité sociale dans le secteur de recrutement de ce collège. À l’inverse, en assignant les élèves d’un quartier défavorisé à un collège et ceux d’un quartier favorisé à un autre collège, la sectorisation scolaire reproduit à l’identique la ségrégation résidentielle. Le tracé de la sectorisation scolaire n’est donc pas neutre et au centre de luttes politiques entre parents d’élèves et décideurs.

    #éducation #enseignement_privé

    • Hector-Berlioz, un collège sauvé par la mixité sociale
      https://www.liberation.fr/societe/education/berlioz-un-college-sauve-par-le-melange-20221230_QWYK4EEZRVGAPD6ZXCG2G4L2

      Face à la forte ségrégation dont souffrent certains collèges, l’ancienne ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem lançait en 2015 une expérimentation dans 15 départements. A Paris, la mairie et l’académie se concentrent alors sur six collèges, en jumelant deux établissements géographiquement proches mais opposés dans leur composition sociale. Berlioz, qui compte près de 60 % d’élèves de milieux défavorisés, est couplé avec Coysevox, qui n’en compte que 10 à 20 %. L’extrême opposé, à 600 mètres seulement.

      Coysevox, c’est le collège réputé et à dominante blanche d’un quartier bobo situé plus haut, sur la butte Montmartre. Entre les deux, la rue Championnet, frontière invisible au-delà de laquelle les élèves de chaque quartier n’ont même pas l’idée de s’aventurer. Dès la rentrée 2017, le binôme Berlioz-Coysevox expérimente la « montée alternée » : le principe est de regrouper tous les élèves du double secteur au même endroit à l’entrée en 6e, une année sur deux. Les années impaires, tous les élèves qui entrent en 6e vont à Coysevox et effectuent toute leur scolarité là-bas. Les années paires, c’est l’inverse : tous les 6e vont à Berlioz. Les deux collèges ont donc seulement deux niveaux : 6e et 4e ou 5e et 3e, qui alternent d’un an sur l’autre. L’annonce du projet est accueillie comme pain bénit à Berlioz mais déclenche une levée de boucliers à Coysevox et dans les écoles autour : grève des profs, blocus et manifs des parents, pétition et campagne d’affichage.

      [...] Julien Grenet, directeur de recherches au CNRS et directeur adjoint à l’Institut des politiques publiques (IPP), fait partie du comité scientifique qui a accompagné le projet. Il en tire un bilan positif : « Les parents favorisés côté Berlioz sont revenus très massivement. Ceux du côté de Coysevox sont davantage partis vers le privé mais les flux se sont compensés. » En 2016, 24 % des élèves du double secteur allaient dans le privé, contre 16 % en 2019. « Cela montre que la ségrégation n’est pas une fatalité. Les parents sont prêts à revenir dans le public, avec plus de mixité, pourvu qu’on leur propose autre chose qu’un ghetto de pauvres », remarque le chercheur.

      Cinq ans après, les taux d’absentéisme et de décrochage ont chuté et celui de la réussite au brevet a grimpé à 89 %, dans la moyenne parisienne. « Grâce à la mixité, les élèves s’approprient les codes des classes dites favorisées – bien se tenir, enlever sa casquette – qui permettent aux meilleurs d’intégrer avec succès des lycées prestigieux », remarque Farid Boukhelifa. Terminé aussi les problèmes de violence : le quartier a retrouvé son calme.

  • Dans l’#enseignement_privé, de plus en plus d’élèves très favorisés
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/09/22/dans-l-enseignement-prive-de-plus-en-plus-d-eleves-tres-favorises_6142655_32

    C’est une note des services statistiques du ministère de l’#éducation nationale, parue pourtant au cœur de l’été, qui ne cesse d’alimenter les débats dans les cercles éducatifs, tant les chiffres y sont éloquents. Si l’enseignement privé sous contrat accueille environ un élève sur cinq en France depuis plusieurs décennies, l’entre-soi s’y est davantage renforcé que dans le public, indique cette étude, alors que le ministre, Pap Ndiaye, a fait de la #mixité_sociale l’une de ses priorités. A la rentrée 2021, 40 % des élèves scolarisés dans un collège privé sous contrat étaient issus d’un milieu social très favorisé, contre à peine 20 % dans le public.

  • L’école suédoise, dégradée par une logique de marché, est devenue un contre-modèle
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/09/09/l-ecole-suedoise-degradee-par-une-logique-de-marche-est-devenue-un-contre-mo

    Le système scolaire du pays scandinave, longtemps très estimé, s’est affaibli à mesure que l’enseignement privé prenait du poids et s’autonomisait. Les inégalités se sont creusées, et l’enseignement public est fui.

    (...)

    Malgré ses bons résultats, ce système est alors de plus en plus critiqué pour son manque de diversité pédagogique et le peu de liberté de choix qu’il laisse aux parents. Alors que les finances publiques du pays sont dans le rouge, les Sociaux-Démocrates au pouvoir décident de décentraliser l’éducation : à partir de 1989, le primaire et le secondaire passent sous la responsabilité des 290 communes, malgré l’opposition des syndicats d’enseignants.

    (...)