• #Déconfinement_sélectif et #expérimentations_sanitaires : la #colère et le #dégoût

    La décision présidentielle de rouvrir les #écoles, #collèges et #lycées le 11 mai n’a dupé personne, que ce soit parmi les professeurs ou ailleurs : ce dont il s’agit, ce n’est pas de pallier les #inégalités_scolaires qu’engendrerait l’arrêt des cours, ce qui est l’argument officiel, mais tout bonnement de remettre les #parents au #travail. Que cette décision intervienne deux jours après les déclarations du président du #Medef invitant les #entrepreneurs à « relancer l’activité » sans plus attendre n’a sûrement rien d’un hasard du calendrier.

    Selon la méthode désormais classique des interventions présidentielles, le ministre #Blanquer est intervenu le lendemain pour « préciser les modalités » de cette #réouverture. Est alors apparu le caractère fonctionnel de ce qui pouvait n’être qu’un effet de discours parmi d’autres : la réouverture des écoles ne se fera pas d’un seul coup le 11 mai, mais d’abord dans les #quartiers_populaires et les #régions_rurales. La communication ministérielle joue elle aussi sur la corde compassionnelle, voire #humanitaire : « le premier critère est d’abord social, les publics les plus fragiles ».

    C’est donc ces « publics les plus fragiles » qui auront la chance de reprendre le travail en premier. Les autres, les moins fragiles, c’est-à-dire les plus favorisés, c’est-à-dire ceux qui télétravaillent actuellement depuis leur résidence secondaire en Dordogne pourront garder leurs enfants chez eux et rester à l’abri du virus. Entre ces deux catégories, tout un tas de gens se demandent encore à quelle sauce ils vont être mangés.

    Il est intéressant de noter que ce sont précisément ces « #publics_les_plus_fragiles » qui se trouvaient déjà être au travail, que c’est parmi ces « publics » que se trouvent ceux pour lesquels la période du confinement n’aura jamais signifié un arrêt de l’activité. La différence est qu’il s’agit là de poser les condition d’une réouverture générale de cet indispensable vivier de #main-d’œuvre bon marché que sont les quartiers populaires, de remettre tout le monde au travail.

    C’est donc encore une fois sur les plus pauvres que la #politique_compassionnelle toute particulière du gouvernement va venir s’abattre, comme un fléau supplémentaire.

    Cette politique peut et doit se lire à plusieurs niveaux, puisque ce qui caractérise toute crise véritable de la totalité capitaliste c’est son existence simultanée à tous les niveaux de cette totalité. Ici, il s’agit d’une #crise_sanitaire qui existe dans ses effets comme dans la gestion de ceux-ci aux niveaux politique, économique, social, etc.

    Les considérations d’ordre purement sanitaires sont alors intégrées à la chaîne des décisions politiques, à leur niveau particulier, et conditionnées à la logique d’ensemble de ces décisions, qui est d’ordre économique et social. La #recherche_scientifique elle-même intervient à son niveau dans la production des savoirs permettant de formuler les doctrines, les thèses étant sélectionnées non tant en raison de leur rigueur que de leur utilité pratique dans les décisions qui fondent l’action de l’Etat. Le but étant de préserver l’ordre économique et social, c’est-à-dire prioritairement, dans le cas qui nous concerne, de relancer l’#activité_économique sur laquelle repose l’ensemble social.

    Mais s’il s’agit bien, d’un point de vue économique, de remettre les gens au travail, et en particulier les plus pauvres, qui sont aussi ceux dont le travail ne peut se faire par internet, qui doivent mettre les mains à la pâte et au mortier, cette remise au travail n’est pas dépourvue d’arrière-pensées d’ordre sanitaire, qui ne sont pas sur la vie des prolétaires d’un meilleur effet que les considérations purement économiques.

    Ces arrière-pensées ne sont pas mises en avant dans les discours du gouvernement, puisque le discours public reste aujourd’hui celui de « la santé d’abord », ce que tout le monde entend comme la santé de chacun. Le problème est que la « santé » qui est contenue dans le terme « sanitaire » n’a pas le même sens pour nous en tant qu’individus que pour l’Etat qui se trouve être en charge de sa gestion : il s’agit alors de « santé publique », ce qui est d’un tout autre ordre que la santé tout court, celle que l’on se souhaite pour la nouvelle année. Dans cette optique, la santé publique est une chose toute différente de l’activité qui a pour finalité de soigner des gens. Les soignants font l’expérience quotidienne de cette différence. Pour eux comme pour les malades, et pour tous ceux qui doivent travailler quotidiennement au risque de contracter et transmettre le virus, ce sont tout autant les défaillances bien réelles de la gestion sanitaire de la crise qu’il nous faut redouter, que la pleine prise en charge de cette même gestion.

    En l’occurrence, pour l’Etat français, la doctrine officielle reste celle mise en œuvre par l’Etat chinois (qui s’embarrasse moins de discours compassionnels), qui est aussi préconisée par l’OMS et par son propre Conseil scientifique : celle du confinement des populations. Le virus circulant à travers les contacts individuels, il s’agit de limiter ces contacts. L’autre doctrine est celle de l’immunité collective, qui reste cependant valable, mais à condition de disposer des vaccins nécessaires, comme pour une grippe ordinaire ; on vaccine les plus fragiles, on laisse le virus courir dans le reste de la population, qui finit par s’immuniser à son contact répété. En revanche, sans vaccin ni traitement efficace, si on laisse courir le virus en espérant obtenir une immunité de masse, il faut s’attendre selon les projections, à un bilan de 40 à 80 millions de morts à l’échelle planétaire, ce qui est insoutenable en termes économiques, sanitaires, et sociaux.

    Cependant, l’activité économique ne peut pas cesser totalement en attendant qu’on dispose des traitements et vaccins nécessaires. Il faut donc pour l’Etat qui est en charge de cette crise trouver des solutions intermédiaires, qui combinent les nécessités sanitaires et les nécessités économiques.

    Actuellement, le niveau de contamination dans la population française est environ de 10%, pour obtenir une immunité collective il faudrait atteindre un seuil de 60%, on voit qu’on est loin du compte.

    En revanche, les « publics les plus fragiles » sont ceux qui ont été le plus touchés par le virus, et ce non pas seulement en raison d’une surmortalité liée à des cofacteurs tels que problèmes cardio-vasculaires et autres pathologies qui se retrouvent parmi des populations dont l’état sanitaire est déjà dégradé, voire aux problèmes liés au mal-logement, etc., mais d’abord parce que ces populations n’ont jamais véritablement cessé de travailler. En clair, s’ils ont été les plus frappés c’est qu’ils ont été les plus exposés. Mais, outre d’en faire un « public » particulièrement frappé, cela crée aussi des zones sociales où le niveau de contamination dépasse largement les 10% nationaux.

    C’est pour cela qu’on peut se demander si le gouvernement ne serait pas en train de mener sur ces territoires (en gros, sur les banlieues) une expérimentation socio-sanitaire in vivo, c’est-à-dire à tenter d’obtenir une immunité de masse, ou en tout cas de voir si cette immunité est possible, dans quelles conditions et à quel coût sanitaire, et ce sur les dos des plus pauvres. On voit ici que cette expérimentation est rendue à la fois possible par les seuils de contamination induits par la pauvreté dans ces zones, et nécessaire par la demande pressante de reprendre la production, et donc de libérer de la main-d’œuvre.

    C’est la doctrine du stop and go, alternative au pur et simple laisser-faire cher aux libéraux qui est ici testée sur les habitants des quartiers populaires : une fois passé le premier pic épidémique et les capacités de soin désengorgées, on fait redémarrer l’activité, en sachant que des recontaminations vont avoir lieu, et qu’un nouveau pic épidémique va se produire, et on renouvelle l’opération jusqu’à absorption du virus par la population. Il faut simplement souligner que cette méthode est uniquement théorique, et qu’elle repose sur l’hypothèse que ce virus réagisse comme ceux sur lesquels on l’a bâtie. Et que donc, on ne sait pas si cela va fonctionner, d’où le caractère expérimental de la chose.

    Par ailleurs, avant même d’avoir des réponses sur la possibilité d’obtenir une immunité de masse à un coût sanitaire acceptable, la réouverture des écoles en milieu rural revient à ouvrir la vanne du virus sur des régions qui ont été jusqu’ici peu touchées, en espérant que la protection par masques et gel et le fait de maintenir les plus fragiles en confinement (personnes âgées et personnes souffrant de pathologies entraînant une surmortalité) suffira à limiter la casse.

    On assiste donc ici à un zonage socio-sanitaire de l’extension du virus. Ce zonage suit une logique à la fois sanitaire, politique et économique. On voit ici à quel point la logique sanitaire ne recouvre pas celle de la santé des individus, ni même une logique scientifique relevant d’une gestion épidémiologique de cette crise. La logique ici à l’œuvre est celle de la gestion de la population par l’Etat, et si on voit à quel point cette gestion convient aux impératifs économiques dont l’Etat est le garant, il faut aussi comprendre les a priori sociaux qui se cachent derrière cette gestion. Il apparaît ici qu’en cas d’un deuxième pic épidémique, l’Etat a choisi de placer en « première ligne » des populations qu’on peut qualifier de son point de vue d’expendable, et vis à vis desquelles au cas où le déconfinement donnerait lieu à des mouvements de protestation comme c’est déjà le cas un peu partout, une réponse autoritaire serait facile à justifier et à mettre en œuvre, puisqu’on la mène déjà au quotidien. Le caractère expérimental de ce déconfinement sélectif intègre la possibilités des révoltes comme une variable supplémentaire.

    On ne détaillera pas ici à quel point ce sont les plus « fragiles socialement » qui ont été le plus touchés par les conséquences de l’épidémie de Covid-19, avec quelle perversion logique le désastre s’articule chez les plus pauvres pour devenir plus désastreux encore, ni à quel point les conséquences se sont pour eux fait sentir à tous niveaux : pour les femmes, par l’accroissement des violences conjugales et la responsabilité accrue de la reproduction familiale occasionnée à l’échelle mondiale par le chômage, le manque de ressources, la maladie, pour les racisés (on connaît l’effrayante disproportion raciale des décès liés au Covid-19 aux Etats-Unis), pour les prisonniers et les réfugiés, pour les travailleurs les plus précaires, etc. Il faudra y revenir par ailleurs. Il nous fallait dire ici, contre ceux qui veulent « sauver le système de santé », que la sollicitude sanitaire de l’Etat est aussi terrible pour les prolétaires que ses défaillances, et que cette fameuse économie censée être source de tous les maux.

    Tout cela devra être précisé. Pour l’heure on se contentera de dire ce que l’utilisation de cette « fragilité » aux fins d’un retour à la normale qui est lui-même ce qui engendre et justifie ces « fragilités », nous inspire de colère et de dégoût.

    https://carbureblog.com/2020/04/16/deconfinement-selectif-et-experimentations-sanitaires-la-colere-et-le-d
    #déconfinement #confinement #France #11_mai #classes_sociales #inégalités #télétravail #santé_publique #gestion_sanitaire #défaillances #vaccin #immunité_de_groupe #immunité_collective #banlieues #expérimentation #stop_and_go #pic_épidémique #zonage_socio-sanitaire #géographie #gestion_de_la_population #pauvres #fragilité
    via @isskein et @reka

  • Vers une société contributive de #pair_à_pair – 4
    https://framablog.org/2019/12/16/vers-une-societe-contributive-de-pair-a-pair-4

    Et si le pair-à-pair devenait le modèle et le moteur d’une nouvelle organisation sociale ? – Nous avons un peu tardé à vous proposer ce dernier volet de la la réflexion de Michel #bauwens (si vous avez raté le début, c’est … Lire la suite­­

    #Contributopia #Internet_et_société #communautés #Contributeurs #Democratie #entrepreneurs #Institutions #P2P #P2P_Foundation #Traduction

  • #Jeff_Crisp :

    “In the past 15 years, we seem to have gone from ’refugees being completely dependent on international aid’ to ’refugees being resilient entrepreneurs’. Both notions equally unsatisfactory!”

    Even worse, “refugees being globally connected entrepreneurs...”

    https://twitter.com/JFCrisp/status/1206418043712278528

    #résilience #dépendance #réfugiés #asile #migrations #discours #rhétorique #entrepreneurs #entreprenariat #indépendance #aide #charité #travail #humanitaire #humanitarianisme

    ping @isskein @karine4

  • Vers une société contributive de #pair_à_pair – 1
    https://framablog.org/2019/10/16/vers-une-societe-contributive-de-pair-a-pair-1

    Et si le pair-à-pair n’était pas seulement un moyen pratique d’échanger des fichiers mais aussi le modèle et le moteur d’une nouvelle organisation sociale ? Michel #bauwens a un plan… Ah le #P2P, que de souvenirs pour les moins jeunes… Napster, … Lire la suite­­

    #Contributopia #Internet_et_société #communautés #Contributeurs #Democratie #entrepreneurs #Institutions #P2P_Foundation #Traduction

  • Les Français, ces migrants dont on parle peu

    Qui sont les Françaises et les Français qui partent s’installer, pour des durées variables, dans un pays du #Maghreb ?

    Alors que le langage courant les qualifie tour à tour de « #retraités », d’« #expatriés », d’« #entrepreneurs » ou de « #binationaux », les spécialistes des migrations internationales s’y intéressent peu. Cela est particulièrement vrai en France où le champ d’études s’est constitué autour du « problème de l’immigration », en se concentrant longtemps sur la figure emblématique du « travailleur immigré » comme le rappelle le sociologue Abdelmalek Sayad.

    Or les recherches que nous menons depuis plusieurs années au sein du programme Mobilités Nord-Sud montrent que la majorité des expériences individuelles de migration se situent à la croisée de logiques économiques, identitaires, hédonistes ou sentimentales.

    Des migrations peu connues

    Sous couvert d’une « mobilité » banalisée parce que privilégiée, l’estimation fiable de ces déplacements est difficile. Les sources statistiques locales ne sont pas systématiquement mises à jour et les chiffres fournis par les services consulaires français restent lacunaires. Les plus récents font état de 119 147 Français inscrits en Afrique du Nord dont 23 324 en Tunisie, 41 780 en Algérie et 54 043 Maroc. Plus des deux tiers seraient des bi-nationaux selon le dernier Rapport du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

    En raison du caractère facultatif de l’inscription auprès de représentations nationales à l’étranger, ces données ne sont qu’indicatives. Au Maroc, par exemple, le nombre de ressortissants français non-inscrits oscillerait entre 25 000 et 40 000 selon les sources ou comme le rapporte la sociologue Chloé Pellegrini.

    Concernant les parcours de ces individus, une enquête effectuée en 2013 par la Direction des Français à l’étranger a montré que 6 % des 1 610 000 individus inscrits au registre mondial des Français établis hors de France résident dans l’un des trois pays du Maghreb. Si pour les autres destinations, la durée moyenne de résidence est comprise entre 1 à 5 ans, 42 % des Français présents au Maghreb y vivent depuis au moins 10 ans.

    Par ailleurs, si 48,7 % indiquent séjourner en Afrique du Nord pour des raisons familiales ou personnelles, seulement 28,7 % le font pour des raisons professionnelles. Or, nos enquêtes mettent plutôt en garde contre la séparation du personnel et du professionnel, attirant l’attention sur les points de convergence entre l’un et l’autre.
    Expatriation, tourisme, retour : des catégories réductrices

    Derrière l’opacité statistique se donne à voir l’hétérogénéité et le dynamisme de ces mobilités. Les catégories traditionnellement utilisées – expatriation, tourisme, retour – montrent ici leurs limites. Non seulement ces termes demeurent le plus souvent approximatifs, mais aussi, dans certains cas, stigmatisants.

    Ainsi en est-il, par exemple, du mot « expatrié », dit familièrement « expat ». Sur le plan juridique, il s’agit de professionnels missionnés par leur État de tutelle, ou par une entreprise, qui leur assure un système de protection spécifique et des ressources matérielles conséquentes dans l’exercice d’une fonction à l’étranger (voir la définition du Larousse, les sites service-public et diplomatie.gouv.fr).

    Dans le langage courant, l’expression « expatrié » ne désigne toutefois pas uniquement ces professionnels, mais s’étend à tout ressortissant français vivant au Maghreb, et, plus largement, à toute personne issue d’un pays du « Nord » qui réside au « Sud ».

    Un imaginaire chargé de connotations négatives

    Il faut ajouter que l’imaginaire qui accompagne ce terme est à tel point chargé de connotations négatives, convoquant d’emblée le privilège, l’entre-soi, le désintérêt, voire le mépris pour la société locale, que bon nombre d’individus tiennent à s’en distancier.

    Sophie, 38 ans, installée professionnellement en Tunisie depuis trois ans et dont le mari et les deux enfants sont restés vivre en France, fait par exemple valoir l’authenticité de son rapport à la société locale :

    « Pour moi, l’idée ce n’est pas de vivre dans une tour d’ivoire, ce n’est pas ma façon d’être. Et si j’ai fait le choix d’être proche de la vraie vie, d’aller au marché trois fois par semaine, ce n’est pas juste pour le fun, c’est pour vivre sur le terrain, vivre avec la population, comprendre aussi la situation du pays. C’est même le choix aussi d’habiter à l’Ariana plutôt que dans les quartiers aisés au nord de Tunis. J’ai eu l’occasion de rencontrer des gens qui sont là depuis 10, 15 ans, qui sont dans des administrations françaises, qui ont une vision… Moi je préfère être dans des quartiers plus populaires, loin des plages ».

    On retrouve les mêmes limites terminologiques à propos de ces Françaises et de ces Français qui passent la période hivernale dans les stations balnéaires ou les villes du Maroc et de Tunisie.

    Le terme de « touriste » est difficilement applicable à celles et ceux qui, dans le cadre de logiques résidentielles plus autonomes, passent des saisons entières dans ces mêmes stations, voire s’y installent durablement pour ne plus faire que de brefs séjours dans leurs pays d’origine.

    « La médina, c’est pour les touristes »

    C’est aussi le cas des « camping-caristes », expression qui connaît d’année en année un succès grandissant au Maroc, ou plus largement des nombreux retraités qui choisissent, plus ou moins durablement, de s’implanter dans la rive sud de la Méditerranée.

    La question de la durée et de la fréquence du déplacement, conjuguée à celle des formes d’installation, appelle ainsi à réinterroger la catégorie du tourisme et à penser ses continuums avec la migration. Au Maroc, par exemple, de nombreux Français s’installent dans le prolongement d’un séjour touristique, qui fut parfois très bref. Si les Marocains les appellent parfois « les touristes qui vivent ici », ces Français ne se reconnaissent pas comme tels et revendiquent bien être des « installés ».

    Anne, gérante de café à Essaouira explique :

    « J’ai visité un local hier qui m’a bien plu, où je pourrais faire de la cuisine, dans un autre quartier, à Azlef, où il y a beaucoup de résidents. Je ne veux plus être dans la médina, c’est pour les touristes ! Et, nous, les résidents, nous venons peu ici, même presque jamais. Je vise une clientèle de résidents, maintenant ».

    Les « binationaux » en question

    La mobilité des descendantes et descendants d’immigrés maghrébins en France – couramment appelé·e·s « binationaux » –, installé·e·s à divers titres dans le pays des origines de la famille, renvoie à une autre aporie des flux vers le Maghreb.

    Régulièrement et maladroitement qualifié de « retour », ce type de mobilité est ramené d’office à l’expérience migratoire des parents, que les enfants parachèveraient en décidant de franchir le pas inverse.

    Or, les acteurs démentent cette lecture circulaire et mettent plutôt en avant des logiques qui leur sont propres. Neila, journaliste sur la trentaine, habite à Alger depuis un an et demi au moment de notre rencontre. Fille d’un couple mixte franco-algérien, elle explique :

    « J’ai fait ce choix-là mais j’avais jamais mis les pieds en Algérie avant de débarquer en avril 2012 donc c’est pas un retour ! Beaucoup me disent “tu es retournée en Algérie” mais vu que je ne connaissais pas le pays, ce n’est pas du tout un retour, c’était une vraie découverte. Bon, j’y suis partie pour plusieurs raisons. D’abord parce que j’avais ce projet en tête depuis longtemps, je voulais connaître l’Algérie. Et je me suis dit que je ne voulais pas connaître l’Algérie juste de passage parce qu’on raconte tellement de choses, tellement d’images, tellement de vécu… Et donc je me suis dit, la meilleure façon de connaître ce pays, c’est d’exercer mon métier de journaliste. Parce que ça m’ouvrirait, voilà, je connaîtrais la société, plusieurs milieux… donc j’ai cherché du travail. Parce qu’aussi j’arrivais à la fin d’un contrat et j’avais aucune opportunité sérieuse en France. »

    Pour cette catégorie d’individus, il est clairement question d’une imbrication de facteurs où l’opportunisme professionnel rencontre éventuellement le souhait de mieux connaître ses origines et, plus rarement, de dépasser les situations de racisme et de discriminations vécues dans l’hexagone.
    Ajustements et nouveaux caps

    La situation de départ initiale fait parfois l’objet d’ajustements qui dessinent un nouveau cap. Sébastien, 37 ans, avait été envoyé à Alger en tant que salarié d’un groupe français détaché en Italie. Les possibilités du marché conjuguées à une qualité de vie somme toute agréable l’ont poussé à revoir son installation et à créer sa propre société.

    D’autres se heurtent à des phénomènes de précarisation, dont les formes, très variables, imposent parfois un retour en France ou un départ vers un autre ailleurs. C’est le cas d’Alice, 19 ans, qui vit au Maroc depuis un an au moment de l’entretien. Elle travaille dans une boutique tenue par une Française pour un salaire marocain (2 500 dh soit 250 euros par mois) et ne sait pas si elle pourra rester, n’ayant pas les moyens de créer sa propre entreprise.

    Le renouvellement des opportunités professionnelles, une rencontre amoureuse, l’appartenance à un réseau d’interconnaissances, l’amélioration de la qualité de vie, ou encore le sentiment de pouvoir accéder à une mobilité sociale ascendante constituent autant de facteurs susceptibles de reconfigurer (positivement) les parcours migratoires.

    S’intéresser à ces expériences permet d’interroger les trajectoires maghrébines des Françaises et des Français au-delà des stéréotypes et des idées reçues qui les devancent et au sein desquels l’assignation à la dimension du privilège s’impose le plus souvent.

    https://theconversation.com/les-francais-ces-migrants-dont-on-parle-peu-116384
    #émigration #France #migrations #vocabulaire #terminologie #mots #migrations_nord-sud #catégories #catégorisation #imaginaire #tourisme

    ping @reka @sinehebdo

  • Authentic #collaboration In Tech Starts with the Right People
    https://hackernoon.com/authentic-collaboration-in-tech-starts-with-the-right-people-6c173514990

    By Samantha Radocchia, co-founder and CMO of ChronicledThe most difficult part of building a company is bringing people together as a team.Traditionally, creating a collaborative, supportive team is viewed as something that can’t be forced. It’s widely recognized as a process that takes time and effort from everyone involved.But, as startup culture has grown and the role of founders has become ever more glamorized, a new method of company creation has popped up-venture production studios. Essentially, these studios bring together “founders” to start a company for a specific purpose.Think of it as manufacturing a company.While it’s possible to find success through that system, it’s also a very inorganic and impersonal way to build a company-and isn’t very good at fostering authentic (...)

    #life #authentic-collaboration #entrepreneurship #life-lessons

  • The Mindset Of The #startup Founders
    https://hackernoon.com/the-mindset-of-the-startup-founders-4b22c0b0d1d7?source=rss----3a8144eab

    What Goes Into The Mind Of Startup Founders?Idea is powerful but not until it becomes actionable and get the validation by real user.We are living in the era where the word impossible seems to be challenged by young dare-devils. For them every problem seems to be like an opportunity to make an impact. They are not limited by their thoughts, they want to fight, they want to try, failures are no more stopping them, they have all the courage to stand up and face and grow up.That is the spirit which is shaping the current world of today, fostering new energy and giving birth to new kind of innovation. I have been fortunate enough to meet many startup founders and also being a startup founder myself, this topic very close to my heart. It very relevant in the current dynamics to understand (...)

    #business #technology #entrepreneurship #leadership

  • 5 Ways #blockchain is Transforming #ecommerce
    https://hackernoon.com/5-ways-blockchain-is-transforming-ecommerce-b90b4dd61f1c?source=rss----3

    A typical eCommerce marketplace has witnessed its fair share of transitions and evolutions. With all these alterations underway — this domain has gone on to become one of the most lucrative sectors of the 21st Century.So, what’s next on the plate for a traditional eCommerce business?The answer is relatively simple and straight-forward — BLOCKCHAIN.Blockchain has been enjoying a good run in the financial industry for quite some time now. According to a recent Statista Report, the global blockchain market is expected to see a surge of more than 400% by 2021.As blockchain is inching closer to the real sectors of the economy — An increasing number of people have now started talking about other possible use-cases of blockchain apart from finance, especially in the most lucrative domain of them all —  (...)

    #entrepreneurship #startup #bitcoin

  • Building a Business on #slack — $80k/mo with a Slack-first App
    https://hackernoon.com/building-a-business-on-slack-80k-mo-with-a-slack-first-app-80eb79ab6cfb?

    Building a Business on Slack — $80k/mo with a Slack-first AppSlack is more than just a chat app; it’s an ecosystem to build a solid business on.While Slack prepares for the IPO, its App Ecosystem keeps evolving becoming a place to build a business on. Standuply, a Slack-first App, reached $80k in revenue in February 2019.I’m Alex Kistenev, CEO and co-founder of Standuply and in charge of marketing. This post is about my experience of growing a Slack App to $80k per month.The product competitionIf you search for ‘standup’ in the Slack App Directory, you’ll find Standuply at the 1st place with 30 other competing apps left behind. Here’s how we did that.Laser focusThere are Slack apps made by web development studios. They felt the pain, had resources and eventually built the initial product. But it (...)

    #success #tech #startup #entrepreneurship

  • In a world of Tech Disruption, I still don’t feel like I belong
    https://hackernoon.com/tech-disruption-outsiders-cdd3106eeb02?source=rss----3a8144eabfe3---4

    In the era of Disruptive Tech, I still don’t feel like I belongFor those coming of age beside Angelfire, our pioneering contributions don’t matter that much on paperI feel like Paramore gets my feels, and that is the most ‘old millennial’ thing I’ve ever said in my life.We were hopelessly dorky and found refuge in embedded chatrooms, websites with enough animated gifs to send any modern-day web designer into a mental breakdown, and Neopets coding.The internet was new, weird, and full of P2P file-sharing software that took centuries to snag a song you liked…that was hopefully not mislabeled as something Green Day made, instead of Harvey Danger.We grew up pushing boundaries, spoofing Neopets login pages, running MMORPG private servers off of our Windows 95 machines, and exploring the rogue (...)

    #entrepreneurship #women-in-tech #startup #technology #design

  • From Warm Intro to $107M: Qwil’s Step-By-Step Fundraising Journey
    https://hackernoon.com/from-warm-intro-to-107m-qwils-step-by-step-fundraising-journey-412315450

    It’s a near-universal pain point for freelancers: the unpredictable cash flow cycle. It’s common to wait 30-plus days to be paid after completing a job, and sometimes, it’s just too long.Qwil, says its co-founder and CEO, Johnny Reinsch, was born out of his own experience as an independent contractor with a high-value client that paid him late. “I was about to overdraw my bank account the day before my payment was due,” he says. “I tracked down the finance person and got the money just in time, but I was like, ‘why does it have to work this way?’”As a self-described “recovering M&A lawyer” and a former exec at bitcoin wallet Xapo, he knew that it didn’t.Enter Qwil — a fintech company with a mission to “empower freelancers with instant, convenient access to credit.” For businesses, it’s a way to (...)

    #entrepreneurship #founders #startup #loans #venture-capital

  • Don’t Forget Step Zero
    https://hackernoon.com/dont-forget-step-zero-48f0463821c5?source=rss----3a8144eabfe3---4

    Don’t forget Step ZeroI’m a physicist who works at a YC #startup. The biggest mistake I’ve ever made is that I spent too much time as a physicist. The second biggest mistake I’ve ever made is that I spent too much time working on the wrong startup idea.After I stopped being a physicist and started a startup, I realized I could get more done faster through a startup. After I stopped working on the first startup idea and started working on the second one, I realized I could get more done faster through the second idea.Over the years, I’ve bumped into this pattern a lot. So much so that I gave it a name: I call it forgetting Step Zero.Step ZeroHere’s what I mean by Step Zero. When you have a task, the first thing you do to start working on it what you’d call Step One. But there’s a step before Step (...)

    #entrepreneurship #work #step-zero #self-improvement

  • 3 Women Changing The Way the World Thinks About Product Design
    https://hackernoon.com/3-women-changing-the-way-the-world-thinks-about-product-design-b40fc3802

    These entrepreneurs are nailing category design.By Christopher Lochhead, podcaster, best selling author, and 3X Silicon Valley CMOMost of us can’t go a single hour without reaching for our iPhones.But nobody even knew why they needed an iPhone until Steve Jobs told them. And he did it by creating a brand-new category: a touch-enabled “smartphone” that can connects to the internet and doubles as a media player.Rather than simply solving the problem of, “What should a phone be capable of?” Jobs redesigned the problem by showing us, then conditioning us, to equate smartphones with his product. He owned this niche. Today, it’s still the standard against which all other smartphones are measured — with over 1 billion iPhones sold and counting.To build lasting brands and products, legendary companies (...)

    #business #life #tech #entrepreneurship #marketing

  • The Numbers Game: How an MIT PhD Pivoted His Way Into a $2 Million Seed Round
    https://hackernoon.com/the-numbers-game-how-an-mit-phd-pivoted-his-way-into-a-2-million-seed-ro

    Jameson Toole’s investors for his first company, Wherehouse Inc., must have been surprised to see him again only three months later with a pitch for an entirely new venture, Fritz.But Jameson’s quick pivot didn’t stop him from quickly raising $2 million for Fritz. In fact, Jameson thinks his experience with Wherehouse, and the small but dedicated team he built there, helped him raise money for his new startup.On an episode of the “How I Raised It” podcast, I asked Jameson to share a few insights into what led him to pivot and how he was able to secure funding for two consecutive companies without getting his wires crossed.So what is Fritz, and why did you start this company?Fritz helps developers put machine learning or artificial intelligence models into their mobile apps. We’re seeing all of (...)

    #angel-investors #startup #venture-capital #entrepreneurship #artificial-intelligence

  • The impulse to focus on your weaknesses is a vestigial remain of an outmoded era in our evolution
    https://hackernoon.com/the-impulse-to-focus-on-your-weaknesses-is-a-vestigial-remain-of-an-outm

    Nir’s Note: This guest post is by Auren Hoffman, the CEO of LiveRamp in San Francisco. This essay is a bit different from the normal…Continue reading on Hacker Noon »

    #life-lessons #business #marketing #tech #entrepreneurship

  • Retail Meets Rideshare: How Cargo Spun “In-Car Commerce” Into an Over-Subscribed $6M Seed Round
    https://hackernoon.com/retail-meets-rideshare-how-cargo-spun-in-car-commerce-into-an-over-subsc

    If you’ve taken an Uber lately, odds are you’ve seen one of those containers displaying assorted goods for purchase — gum, candy, cell phone accessories — in between the two front seats.Cargo, the #startup behind this “in-car commerce platform,” says it has worked with more than 12,000 rideshare drivers to sell $2.4 million worth of merchandise over the last two years.Founder Jeff Cripe came up with the idea back in 2015. Since then, he quit his job, got accepted into #techstars and raised more than $6 million from investors. He broke down how he did it from the angel round and beyond when I spoke with him on the How I Raised It podcast. An edited version of that conversation appears below.How did you come up with the idea for Cargo?I think like a retailer. So when I looked at how big Uber and Lyft (...)

    #venture-capital #entrepreneurship #founders

  • #cross-platform? We Don’t Say That Around Here Anymore
    https://hackernoon.com/cross-platform-we-dont-say-that-around-here-anymore-cd269fcd4a5b?source=

    “Cross-platform” is a loaded termTouchlab is a mobile innovation consultancy with #kotlin Multiplatform expertise.This is the 1st post in a 2 post series.Post 2: “The Future of Cross-Platform is Native” by Touchlab Director of Project Strategy, Justin Mancinelli.If you’re interested in learning more, we’re hosting a Kotlin Multiplatform webinar on Thursday, March 28th, 1–2 PM EST. You can register here.In the application development world, you hear the term cross-platform all the time. The idea of “write once, run anywhere” is like an unreachable promised land for management stakeholders, and an unrealistic and frustrating reality for developers.At Touchlab, we don’t use the term cross-platform. We prefer “multiplatform” — for a couple of important reasons.BaggageFirst, cross-platform has a lot of (...)

    #mobile-app-development #entrepreneurship #product-management

  • The Top 10 Things Entrepreneurs Need To Know About Qualifying for a #mortgage
    https://hackernoon.com/the-top-ten-things-entrepreneurs-need-to-know-about-qualifying-for-a-mor

    So in keeping with my mission to help people buy homes, I put together this little list on what you need to know if you’re an entrepreneur who wants to buy a home.The ability to qualify for a mortgage is based on 3 things: your income, your assets and your credit.2. You make your money when you buy the house, not when you sell.3. You need to be in business for at least 2 consecutive years, and your income is averaged over the last 2 years to qualify. So you need to have 2 years of positive income. The average of the two years net profit is what the bank thinks you make.4. Your credit should be at least a 620 if you want to get a mortgage in today’s lending environment. Though you can possibly get a mortgage with a lower score, 620 is the ideal minimum standard.5. You can get the seller to (...)

    #entrepreneurship #real-estate

  • Sean Lourdes Shares a Vital Hack for #success in Life and #business
    https://hackernoon.com/sean-lourdes-shares-a-vital-hack-for-success-in-life-and-business-35054b

    Behind every successful business is a solid strategy. Every year, companies invest collective hundreds of millions of dollars in professionals who they hope would give them the best strategies for their businesses. They do this because they know that in the predominantly capitalist society of today, brands that don’t compete well die off fast.For Sean Lourdes, a business that starts out without a solid blueprint reduces its chances of thriving in the markets to near zero. In his words “Launching a business without drafting an effective strategy for its survival is similar to going to battle with a fierce enemy without defining techniques for assault”. And Sean is not alone. In the book “The Art of the Deal”, real estate billionaire and United States president, Donald Trump, gave insights on (...)

    #entrepreneurship #lifestyle #success-story

  • 8 Golden Tweaks for 21st Century Entrepreneurs that Work from Home
    https://hackernoon.com/8-golden-tweaks-for-21st-century-entrepreneurs-that-work-from-home-46a7d

    Photo Credit: PixabayIt’s not surprising that more people are leaving the 9–5 routine behind to pursue their passion. A team of researchers revealed that 70% of professionals work remotely at least once a week. What started as a hobby for many college students later became a full-fledged business venture.Anyone can work remotely thanks to the internet and the latest technological tools. You don’t have to pay for office rent or waste time commuting to an office. Despite this, staying motivated and productive can be nearly impossible.The path to becoming a successful home-based entrepreneur is lonely and daunting. It will be difficult to get yourself out of the bed most mornings to work towards your goals.These tips will come in handy regardless of the stage you are in your entrepreneurial (...)

    #entrepreneurship #remote-work #productivity #home-based-worker #work-from-home