• Rejoindre les lycéens et « devenir vivant, autonome, explosif »
    ▻https://frustrationmagazine.fr/rejoindre-les-lyceens-et-devenir

    Hasard du calendrier ou signe des temps, c’est en tout cas en pleine révolte de la jeunesse et à la veille d’un possible "retour des Gilets Jaunes" que le Comité Invisible sort son Manuel de Survie ce 16 octobre. Depuis une vingtaine d’années, à travers ses textes d’intervention (L’Insurrection qui vient, À nos amis, Maintenant...), il a su autant inspirer que tirer des bilans critiques des vagues de révolte successives et des situations qui s’en sont suivies. Avec son "manuel de survie" [...]

    #Entretien

    • Pour toutes sortes de raisons, l’actuel mouvement lycéen et étudiant est moins armé pour se défendre des manœuvres syndicales et politiciennes. Mardi dernier, une marche sur Matignon depuis l’Hôtel de Ville décidée par des milliers de lycéens et d’étudiants a pu être tranquillement torpillée par les organisations syndicales et transformée en marche pour aller se faire nasser place Vauban sans que cela ne fasse scandale. Syndicats, médias, organisations de gauche : les faux amis sont beaucoup plus dangereux que les vrais ennemis. S’ils parviennent à nous niquer, c’est justement pour avoir prétendu un moment être avec nous. Quant aux mélenchonistes, avec leur stratégie d’hégémonisation de tout ce qui bouge et leur tactique PANG ! (Personne À Notre Gauche !), ils ne font que préparer cyniquement la plus énorme gueule de bois politique depuis Mitterrand. Ils se nourrissent des espoirs des autres comme de sang les tiques. Est-ce là une excuse pour ne pas rejoindre les lycéens ? Certainement pas.

      […]

      Dans ce dernier cas, le Manuel de survie parle de « traumatisation stratégique ». La répression du mouvement lycéen confirme malheureusement cette thèse. En France, le soulèvement des GJ a été le point de bascule dans cette nouvelle configuration. La semaine du 8 décembre 2018, le gouvernement et les médias n’ont cessé d’agiter la menace qu’il y ait des morts. C’est alors qu’ils ont jeté par-dessus bord la « doctrine Malik Oussekine ». La stratégie « en mutiler un pour en dissuader cent » avait déjà été testée dans le cadre des Zads, que ce soit à Sivens, à Bure ou lors de l’expulsion de Notre-Dame-des-Landes. Profitant d’un terrain non-urbain, police et gendarmerie faisaient pleuvoir des grenades offensives explosant au hasard. C’est visiblement ce qui a été fait à Lens. Quant à la technique du parechocage, elle est expérimentée dans les banlieues depuis longtemps. Quel est le but, d’un point de vue de gestion des foules ? Il n’y en pas. Il s’agit de traumatiser. Le choc et l’effroi sont amplifiés par les vidéos – une façon comme une autre de retourner l’outil des manifestants contre eux-mêmes, leurs propres vidéos devenant le vecteur de diffusion du traumatisme, et donc de la dissuasion.

      […]

      Cette idée communicationnelle du soulèvement ne date pas de l’année passée. Facebook et Twitter appliquaient déjà ce narratif aux « Printemps Arabes ». Mais, comme le détaille le Manuel de survie, il n’y a pas eu de révolution Facebook. Pas plus que mai 68 n’a été une révolution RTL, ou Gênes en 2001 une émeute Wanadoo. Il ne s’agit pas de nier le rôle des moyens de communication dans ces événements, et notamment dans leur rythme. La multiplicité des storytellings, l’idée que chacun pourrait donner à voir son monde à tout le monde, est littéralement une invention du mouvement altermondialiste, de la rencontre des premiers hackers et du mouvement zapatiste. Il faut admettre que cette idée a été retournée contre nous, comme de nombreuses autres armes du cycle d’insurrections de ce dernier quart de siècle. Nous ne faisons qu’entamer l’inventaire de notre arsenal.

    • Au fond, depuis que le mouvement GJ s’est épuisé dans la répétition des cortèges du samedi, « Gilets Jaunes » est devenu une façon de dire « #insurrection » sans prononcer le mot. Et de fait, l’insurrection est la seule réponse à la hauteur de l’étouffement, de l’humiliation, de la paupérisation et du foutage de gueule que nous réserve l’appareil gouvernemental. Seulement cet appareil, depuis le 8 décembre 2018, s’est armé pour se défendre d’un nouveau surgissement des Gilets Jaunes, après avoir été pris de court le 24 novembre et le 1er décembre de cette année-là. Il nous faut donc un nouvel effet de surprise. La vitalité lycéenne peut changer la donne et compliquer l’équation répressive pour les forces gouvernementales, mais une insurrection ne se ramène pas à une multiplication de manifestations. Plutôt que de spéculer sur cette date, nous préférons tirer les leçons stratégiques des défaites passées et partir de ce qui y est demeuré inaccompli. Ce qu’il y avait de plus fou, rétrospectivement, lors des journées insurrectionnelles des Gilets Jaunes, c’est que nous passions devant le siège de la banque Lazard, de l’UIMM, de LVMH ou sous les bureaux de Publicis sans nous aviser que c’était là, bien plus qu’à l’Élysée, que l’ennemi était tapi – le capital. Les choses sont plus claires maintenant. L’arrogance du capital l’a mis à nu. Les adresses circulent. L’insurrection est la seule façon d’échapper à la nasse électorale qui se profile. Chacun sent bien que les pressions morales et financières pour nous mettre au pas ne vont faire que s’accentuer dans les mois qui viennent. Le confinement par le prix de l’essence n’est pas plus acceptable que les précédents confinements. Et puis, nous ne pouvons laisser le régime macroniste s’effacer sans lui faire payer le prix des abus commis. Ils appellent vengeance. Quoi qu’il en soit, nous serons dans la rue le 17 octobre.

    • ▻https://lafabrique.fr/manuel-de-survie

      Survivre à une civilisation déterminée au suicide n’est pas une mince affaire. C’est énorme, une civilisation, et c’est partout. Tout autour de nous et tout au fond de nous. La tâche serait décourageante s’il y en avait une autre de sensée, et s’il n’était pas question, ici, de guérison. Guérir de l’espoir qu’un changement de régime ou de personnel puisse faire pour nous la révolution que nous ne faisons pas, trancher les liens qui nous enchaînent à ce qui visiblement s’effondre, délaisser le nihilisme, le ricanement et la fausseté de rigueur ; comprendre comment diable nous en sommes arrivés là, mettre à jour les stratégies des conducteurs de troupeaux à l’abattoir, mais surtout détailler les contours de l’issue de secours – c’est de tout cela qu’il s’agit dans ce Manuel. Et aussi de détromper les isolés quant à leur solitude. Si l’on ne voit partout plastronner que les connards et les imposteurs, c’est que les êtres de valeur ont tous en commun de répugner à se mettre en avant. S’il semble que la perversion seule ait titre à gouverner, c’est que le goût du pouvoir frappe d’abord ceux qui ont un gouffre au cœur. Nous travaillons à la plus immorale des insurrections : l’insurrection des timides.

      #comité_invisible

    • Torpiller les dépendances technologiques, inventer de nouvelles techniques
      ▻https://www.terrestres.org/2026/10/16/torpiller-les-dependances-technologiques-inventer-de-nouvelles-technique

      Ce texte est un extrait de l’ouvrage du #Comité_invisible, Manuel de survie, qui paraît ces jours-ci aux éditions de La fabrique (p. 301-315).
      [...]

      C’est qu’à l’heure de l’effondrement au ralenti, ce qui émerge est cet irréconciliable minimal : les corps n’en peuvent plus. Ça craque de partout. N’en déplaise aux intendants de la « redirection écologique ». La technosphère ne se maintient que grâce au chantage à la survie en son sein. Telle une marâtre jalouse, elle chuchote aux oreilles de ses enfants trop rebelles : « c’est mon habitabilité sous contrôle ou le chaos entropique, mes espaces climatisés ou le dehors infernal ! ». Cela fait penser à la nouvelle d’anticipation de E. M. Forster de 1909, La machine s’arrête. Chacun doit rester dans son cocon souterrain individuel dont les murs lumineux simulent la course du soleil et assister à des conférences sur une tablette, voire à en donner. De temps à autre, on s’extrait de sa cellule pour monter dans des zeppelins et redescendre aussi sec sous terre une fois arrivé à destination. Le grand mensonge de la Machine est de faire croire à ses cavernicoles que la vie sur Terre est impossible, que l’air libre y est devenu mortel. La vérité est que, tant que la matrice existe, tant que ses structures restent intouchées, nous viendrons toujours buter contre l’organisation logistique de ce monde. Voilà, au crépuscule de l’Occident, ce qu’il a fait du mythe de la caverne : un cocon technologique personnalisé. Son emprise s’est faite souterraine, et son arrière-décor, minier. Ourdi de câbles de cuivre, de béton armé, de fibre optique. En sus des montagnes de lithium, cobalt, nickel, lanthane et silicium. « Presque personne ne descend ici. Sauf bien sûr s’il y a un problème. Eh oui, les gens sont comme ça, on ne cherche pas à comprendre comment ça marche tant que ça marche. J’aime bien me souvenir que cette cité survit uniquement grâce à toutes ces machines. […] Si nous le voulions, nous pourrions toutes les mettre en pièces. Mais si nous le faisions, il faudrait nous demander ce qui arriverait à notre éclairage, notre chauffage, notre air », expliquait un personnage de Matrix.

      Voilà, au crépuscule de l’Occident, ce qu’il a fait du mythe de la caverne : un cocon technologique personnalisé.

      L’exemple du black-out en Espagne et au Portugal le 28 avril 2025 aura servi d’avertissement de masse : les infrastructures de la métropole tenant lieu de consistance subjective, l’absence inopinée d’électricité plonge la plupart des métropolitains dans l’angoisse. Plus moyen de payer, plus moyen de consommer, plus moyen de « communiquer » ni d’allumer la clim, la plaque de cuisson ou d’ouvrir les stores. La nuit noire, partout, à l’exception des lucioles éblouissantes des derniers smartphones assez chargés. Des effets de sidération sur la population proches de l’épisode covid. Et les mêmes conseils gouvernementaux à « se préparer » à ce genre de risques. La véritable leçon de cet événement est que tout système est fragile. Derrière son semblant de stabilité inébranlable, il comporte des failles. Que ces failles apparaissent au grand jour, voilà déjà un danger pour lui. Un point stratégique du réseau qui disjoncte et c’est l’ensemble qui pète, en cascade. Depuis un parc photovoltaïque jusqu’aux centres des métropoles. Que faire si la panne dure plus de 72 heures ? Depuis, le silence médiatique sur cet événement majeur est un signe de l’embarras des gouvernants et de leurs experts. On ne s’est pas trop étendu non plus sur les coupures d’eau ou d’électricité jusque dans Paris lors de la canicule de l’été 2026. Il faut préserver la foi dans la « société ». « Paumé, mais branché », dit bien la publicité d’EDF. C’est l’un des impensés des mouvements pour la transition énergétique, biberonnés qu’ils ont toujours été à ce contrat implicite : l’assurance d’une bonne place au sein du système pour prix de leur pacification, au nom de l’écologie. Les avocats du nucléaire à la Jancovici peuvent venir donner toutes les leçons qu’ils veulent, les symbioses, banalement physiques, du capital se chargent de lui donner la réplique : les infrastructures d’énergies renouvelables sont construites et implantées grâce aux énergies fossiles. En attendant, RTE prévoit, à l’horizon 2040, un investissement massif de 100 milliards, pour « moderniser le réseau électrique », et assurer « la réindustrialisation de la France ». Du jamais-vu depuis le programme électronucléaire.

  • Par la grâce de Jupiter
    ▻https://laviedesidees.fr/Par-la-grace-de-Jupiter

    Que savons-nous vraiment du système solaire ? Titulaire de la chaire « Formation planétaire : de la Terre aux exoplanètes » au Collège de France, Alessandro Morbidelli retrace sa genèse chaotique, et dévoile la façon dont les découvertes récentes bousculent les certitudes.

    #Entretiens_vidéo #astrophysique #Sciences

  • Tableau brun #2 : Argentine, le #fascisme dans la bouche
    ▻https://abasbruit.org/2026/09/14/tableau-brun-2-argentine-le-fascisme-dans-la-bouche

    L’extrême droite, le fascisme gouvernent dans de nombreux pays. Quelles sont les conséquences de ces politiques sur les enfants, les adolescents, les enseignants, l’éducation ? Tableau Brun interroge des travailleurs scolaires et éducatifs confrontés à ces réalités, pour documenter ce que l’extrême droite fait déjà aux enfants.

    #Entretiens #Lettres_du_monde #arts_de_la_résistance #école #entraide

  • Tableau Brun #1 : Les enfants et les milices.Une #école face à ICE
    ▻https://abasbruit.org/2026/09/04/tableau-brun-1-les-enfants-et-les-milices-une-ecole-face-a-ice

    L’extrême droite, des formations fascistes gouvernent dans de nombreux pays. Quelles sont les conséquences de ces politiques sur les enfants, les adolescents, les enseignants, l’éducation ? Tableau Brun interroge des travailleurs scolaires et éducatifs confrontés à ces réalités, pour documenter ce que l’extrême droite fait déjà aux enfants.

    #Entretiens #Lettres_du_monde #arts_de_la_résistance #entraide #fascisme #migrants

  • Renverser les tempsEntretien avec Tim Ingold
    ▻https://abasbruit.org/2026/08/26/fabriquer-le-passe-dun-digne-avenir-renverser-les-tempsentretien-avec-tim

    Cette idée consistant à isoler une époque appelée « futur » d’une autre appelée « passé », tout en affirmant que nous-mêmes occupons le « présent », est une idée extrêmement étrange. Et je crois que nous devons trouver une manière de la dépasser, car elle a eu pour nous des conséquences désastreuses.

    #Anarchives #Entretiens #anarchisme #cosmologie #génératif #lignes_de_vie #savoirs

  • Comment lutter contre la chaleur urbaine ?
    ▻https://laviedesidees.fr/Comment-lutter-contre-la-chaleur-urbaine

    Lutter contre la chaleur urbaine ne peut pas passer par une adaptation très superficielle, mais par une transformation de notre manière de construire et d’habiter un monde à la fois fragile et hostile.

    #Politique #ville #architecture #urbanisme #Entretiens_écrits #canicule

  • (Podcast) Rob Grams, Bourgeois Gaze – Précédemment ! – La Nuit du Dimanche
    ▻https://frustrationmagazine.fr/rob-grams-bourgeois-gaze-nuit-du-dimanche-podcast

    Description La Nuit du Dimanche : « Cette semaine, Kiiwuii et Chris reçoivent Rob Grams ✨ Auteur de l’essai Bourgeois Gaze aux éditions Les liens qui libèrent et corédacteur en chef de Frustration Magazine, il vient nous parler de son livre et de son approche critique. Une émission pour décrypter notre société, la lutte des classes […]

    #Entretien #On_a_vu,_lu,_joué #Vidéo

  • Noire, musulmane et ch’ti Conversation avec Mah Simpara
    ▻https://abasbruit.org/2026/05/16/noire-musulmane-et-chticonversation-avec-mah-simpara

    De Maubeuge à Paris, en passant par le Mali, Mah Simpara nous parle de son héritage familial : sa foi religieuse, les traditions de sa communauté au Mali. Tout en témoignant de ses attachements, elle nous fait part de leur devenir. Elle est musulmane, mais pas seulement. Noire, mais pas seulement. Chti, mais pas seulement. Elle fait craquer les jointures des identités pour suivre une ligne de crête où s’entrelacent des lignes de vie.

    #Enquêtes #Entretiens #communauté #LGBT #migration #pratique_religieuse #racisme #transmission

  • Fabriquer le passé d’un digne avenir (renverser les temps)Entretien avec Tim Ingold
    ▻https://abasbruit.org/2026/06/13/fabriquer-le-passe-dun-digne-avenir-renverser-les-tempsentretien-avec-tim

    Cette idée consistant à isoler une époque appelée « futur » d’une autre appelée « passé », tout en affirmant que nous-mêmes occupons le « présent », est une idée extrêmement étrange. Et je crois que nous devons trouver une manière de la dépasser, car elle a eu pour nous des conséquences désastreuses.

    #Anarchives #Entretiens #anarchisme #cosmologie #génératif #lignes_de_vie #savoirs

  • Marc Bloch et les Annales
    ▻https://laviedesidees.fr/Marc-Bloch-et-les-Annales

    Marc Bloch a fondé les Annales avec Lucien Febvre en plaçant l’économique et le social au cœur d’une #Histoire ouverte aux autres sciences sociales. Guillaume Calafat revient sur l’ambition internationale et interdisciplinaire des Annales, et sur l’héritage d’une approche historique assumant le lien au présent.

    #Entretiens_vidéo

  • (Vidéo) GAGNER ? On l’a DÉJÀ FAIT ! 👉 Nicolas Framont XPLIK – Canard Réfractaire
    ▻https://frustrationmagazine.fr/canard-refractaire

    Pour soutenir le Canard Réfractaire : 🚨Campagne de financement annuelle : ▻https://fr.tipeee.com/canard2026 L’équipe du Canard Refractaire qui a travaillé sur cette #Vidéo : Tournage : Yohan Montage : @kurotoutsimplement4298 Titre & Miniature : Betsy & Nina

    #Entretien

  • (Vidéo) CONTRE LE CAPITALISME, LE GRAND OUBLI DE LA GAUCHE ? – Le Média
    ▻https://frustrationmagazine.fr/sortir-capitalisme-guillaume-etievant

    Description Le Média : « Peut-on sortir du capitalisme sans passer par l’étatisme ? C’est la question centrale que pose Guillaume Etievant dans Autogestion Générale, paru dans la collection Frustration Magazine x Les Liens qui Libèrent. Expert économique auprès des CSE et des syndicats, co-rédacteur en chef de Frustration Magazine, il a également contribué aux programmes […]

    #Économie #Entretien #Travail #Vidéo

  • Les publications scientifiques à l’heure de l’IA
    ▻https://laviedesidees.fr/Les-publications-scientifiques-a-l-heure-de-l-IA

    À la faveur de l’essor des IA génératives, la publication d’articles scientifiques s’est considérablement accrue. Ce développement exponentiel tend à se faire au détriment de l’évaluation par les pairs, suscitant in fine des interrogations quant à la qualité de la production académique.

    #recherche #Entretiens_écrits #intelligence_artificielle #Sciences

  • L’#université à l’épreuve des machines

    Les #IA génératives n’ouvrent pas seulement un nouveau chapitre de la #fraude_académique. Elles déstabilisent plus profondément le #régime_de_preuve sur lequel l’université s’est longtemps reposée : nous avons pris des textes finis pour des signes d’#apprentissage. Lorsque des réponses plausibles deviennent triviales à produire, l’enjeu n’est plus de protéger des devoirs, mais de former et d’éprouver le #jugement.

    À l’été 1956, à Dartmouth, un petit groupe de chercheurs se réunit autour d’une hypothèse que beaucoup tenaient pour de la science-fiction : tout aspect de l’apprentissage pourrait, en principe, être décrit avec une précision suffisante pour être simulé par une machine. C’est là que fut forgée l’expression « #intelligence_artificielle ». Près de soixante-dix ans plus tard, les descendants de ce pari composent des textes, du code et des argumentaires avec une aisance qui peut passer, au premier regard, pour celle d’un esprit cultivé. La question qu’ils posent à l’université n’est pas seulement technique. Elle est institutionnelle : que certifions-nous au juste lorsque nous disons qu’un étudiant a appris ?

    On affirme volontiers que l’intelligence artificielle a créé une crise de l’#éducation. C’est inexact. Elle a surtout rendu impossible à dissimuler une confusion beaucoup plus ancienne. Pendant des années, les universités ont récompensé la #fluidité plus que la #compréhension, le poli plus que la profondeur, la #performance plus que le #jugement. Tant que produire un texte cohérent demandait du #temps, de l’#effort et une #compétence relativement rare, l’illusion tenait. Elle ne tient plus. Lorsqu’un étudiant peut obtenir en quelques minutes une #dissertation propre, structurée et plausible en donnant quelques consignes à un #modèle_de_langage, la vraie question n’est plus seulement celle de la #fraude. Elle est de savoir ce que nos exercices mesuraient réellement.

    J’en ai eu récemment une illustration simple. Un étudiant me présente un brouillon impeccable : phrases nettes, transitions soignées, argumentation apparemment maîtrisée. Je lui demande pourquoi une proposition découle de la précédente. Il hésite, puis se met à décrire le texte comme on décrirait un objet : ce qu’il contient, l’effet qu’il produit, l’usage qu’on peut en faire. Le #texte avait été généré avec l’aide d’un modèle, puis retouché. Il était correct. Il n’était pas habité. Ce qui frappait n’était pas l’usage de l’outil, mais la dissociation entre l’#aisance_verbale et le #travail_de_la_pensée. Le problème n’était pas seulement l’#auctorialité du texte ; c’était l’effondrement du lien entre la #production_d’un_écrit et la #preuve_d’un_apprentissage.

    Produire un résultat, former un jugement

    C’est ce lien que l’IA fragilise. L’université moderne a longtemps traité la #production_finie comme l’indice suffisant d’un travail intérieur : un devoir rendu, un commentaire composé, une note de synthèse, un mémoire. Or produire un résultat n’est pas former un jugement. Certaines opérations peuvent être déléguées parce qu’elles visent un objet extérieur : mettre en forme, résumer, reformuler, ordonner des matériaux. D’autres changent de nature dès qu’on prétend les déléguer : remarquer ce qui résiste, identifier une faille, peser une objection, décider qu’une conclusion ne suit pas, répondre de ce que l’on avance. Ces actes n’ont d’effet que si une personne les accomplit. Leur fin n’est pas seulement de produire un énoncé ; elle est de former celui qui l’énonce.

    Formulé autrement, le problème n’est pas d’abord qu’un texte généré puisse ressembler à un texte d’étudiant. Il est que l’institution ait peu à peu cessé de distinguer entre un artefact verbal convaincant et une pensée véritablement éprouvée. Ce que l’IA met en crise, ce n’est donc pas seulement l’#authenticité des copies ; c’est le type d’épreuve à partir duquel l’université prétend reconnaître une formation.

    Le cas français est ici instructif à condition de ne pas le mythifier. Certaines de ses formes les plus exigeantes – dissertation, khôlle, soutenance, oral de concours – ont longtemps reposé sur une intuition simple : un texte ne suffit pas, encore faut-il qu’un sujet en réponde. Mais la #massification_universitaire, la #bureaucratisation de l’#évaluation et la multiplication des #livrables ont, là aussi, restauré le règne du produit fini. L’intérêt de ces traditions n’est donc pas de fournir un refuge nostalgique. Il est de rappeler qu’une #épreuve_intellectuelle est d’abord un dispositif de mise en #responsabilité.

    On aurait tort d’y voir le privilège de quelques filières d’élite. La logique qui importe n’est pas sociale ; elle est épistémique : rendre visible, dans un échange, ce qu’aucun livrable ne montre à lui seul.

    L’ignorance de qualité

    Ce point vaut aussi pour la recherche. Le scientifique ne travaille pas seulement avec du #savoir_établi ; il travaille avec des #problèmes. Ou, selon la formule du biologiste Stuart Firestein, avec de « l’#ignorance_de_qualité » : une conscience disciplinée de ce qui #manque, de ce qui ne tient pas encore, de la question qui n’a pas trouvé sa forme définitive. L’image est celle d’un cercle qui s’élargit : plus le savoir croît, plus sa circonférence – c’est-à-dire la frontière avec ce que nous ne comprenons pas encore – s’étend. La #découverte ne vit pas au centre du cercle, dans l’archive stabilisée de ce qui a été établi. Elle vit à la périphérie, là où les #certitudes se dissolvent et où les #questions n’ont pas encore reçu de réponse.

    Je le vois au quotidien dans ma propre discipline, la biologie mathématique. Formuler une hypothèse féconde n’est pas un exercice de combinatoire sur ce qui est déjà publié. C’est un acte qui commence par une perception : quelque chose ne colle pas dans les données, un résultat établi n’est pas aussi robuste qu’on le croit, une question importante se dissimule derrière des formulations convenues. Cet acte de perception précède la méthode. Il suppose qu’un esprit ait séjourné assez longtemps dans l’#incertitude pour sentir, presque physiquement, où se trouve le problème digne d’être posé. C’est un travail de longue haleine, qui ne se transmet pas par simple énonciation.

    Les grands modèles de langage opèrent avec une virtuosité remarquable dans le domaine du déjà-dit. Ils synthétisent, recombinent, prolongent l’archive. Lorsqu’ils paraissent proposer une hypothèse nouvelle, ils remontent en réalité une hypothèse connue ou oubliée depuis l’intérieur de leurs données d’entraînement. Ils ne séjournent pas dans l’incertitude comme le fait un esprit engagé dans une #enquête. Ils ne sentent pas, de l’intérieur, qu’un raisonnement est creux malgré sa correction apparente. Ils peuvent étendre le discours ; ils ne peuvent pas assumer la responsabilité de la #vérité. Former des chercheurs, c’est former des esprits capables de se tenir à la circonférence du cercle. Ce n’est pas seulement leur transmettre ce qui est su ; c’est leur apprendre à habiter ce qui ne l’est pas.

    C’est pourquoi la #recherche n’est pas un supplément prestigieux à la mission pédagogique de l’université. Un enseignant qui travaille lui-même à la frontière du connu n’apporte pas seulement un stock de contenus : il introduit les étudiants à une certaine manière d’habiter l’incertitude, de formuler une objection, d’accepter qu’une bonne question vaille davantage qu’une réponse prématurée. L’université commence à perdre sa raison d’être lorsqu’elle sépare trop nettement #transmission, recherche et #jugement. Cette proximité avec la recherche n’est pas un luxe réservé à quelques-uns ; elle est la condition d’une université qui ne se contente pas d’administrer des connaissances.

    Les deux fausses sorties

    D’où l’insuffisance des deux réponses les plus répandues. La première est l’#interdiction : détecteurs, surveillance, inflation réglementaire. Elle est vouée à l’épuisement. Ces outils sont déjà trop présents pour être tenus durablement hors des salles de cours, et il serait absurde de former des diplômés condamnés à ignorer la technologie la plus structurante de leur époque. La seconde est la #capitulation_managériale : réduire l’université à une école d’adaptation où l’on apprend surtout à rédiger de bonnes consignes et à exploiter plus vite les outils. L’étudiant devient alors un opérateur. Dans les deux cas, on présuppose que la mission de l’université consiste avant tout à produire des réponses. C’est précisément ce que l’IA nous oblige à réexaminer.

    La bonne réponse est plus exigeante. Elle consiste moins à inventer une mission nouvelle qu’à rendre à l’université sa tâche propre : former le jugement en mettant les esprits à l’épreuve. Cela suppose davantage d’écriture en présence, davantage de défense orale des arguments, davantage de séminaires organisés autour de questions réelles plutôt que de réponses attendues. Une conversation de dix minutes suffit souvent à distinguer une idée comprise d’une idée seulement produite. Si l’étudiant utilise l’IA, qu’il le dise, qu’il en montre les traces, qu’il explique ce qu’il a gardé, écarté, reformulé, et pourquoi. L’enjeu n’est pas la police des usages ; c’est la responsabilité de l’énonciation.

    À Dartmouth, là même où l’expression « intelligence artificielle » fut inventée, nous commençons à intégrer ces outils non comme des raccourcis, mais comme des occasions de #rigueur. Dans certains séminaires d’écriture de première année, les étudiants peuvent demander à un modèle de proposer des contre-arguments ou des interprétations alternatives. Puis le vrai travail commence : annoter ce que l’outil a produit, repérer ce qui est inexact ou inventé, défendre à voix haute les choix retenus et ceux qui ont été écartés. Un étudiant est ainsi arrivé avec un paragraphe élégamment rédigé et une citation assurée. Lorsqu’on lui a demandé d’où venait la source, le silence s’est installé. Il a fallu remonter pas à pas le fil du texte généré, reconnaître que la référence n’existait pas, puis reprendre l’argument en nommant cette fois l’incertitude plutôt qu’en la recouvrant. L’outil avait accéléré la rédaction ; le séminaire a exigé le jugement.

    Le principe du #tutorat

    Paradoxalement, la solution la plus moderne est peut-être l’une des plus anciennes : le principe du tutorat. Il ne s’agit pas d’un artifice institutionnel hérité d’Oxford ou de Cambridge, mais d’une forme pédagogique dont la logique philosophique est beaucoup plus ancienne. La #disputatio médiévale, l’#entretien_socratique, la soutenance de thèse – toutes ces pratiques partent d’une même intuition : la pensée véritable se manifeste et se vérifie dans le #dialogue, lorsqu’un esprit doit répondre à la question qu’un autre esprit lui pose.

    Ce que le tutorat met à l’épreuve n’est pas la mémoire, ni même la qualité du texte préalablement rédigé. C’est la capacité de l’étudiant à habiter son propre #argument : à en suivre les implications lorsqu’elles sont contestées, à reconnaître les points où il avait escamoté la difficulté, à reformuler en temps réel lorsqu’une objection oblige à préciser. Cette épreuve ne peut être simulée. Non parce que la machine manquerait d’intelligence, mais parce que l’acte dont il s’agit est, par sa nature même, celui d’une personne qui répond de ce qu’elle a dit.

    Un étudiant écrit, puis s’assoit face à un enseignant ou à un chercheur et soutient son #argumentation dans une #conversation. Il devient alors difficile de se cacher derrière l’élégance de surface. Une machine peut fournir un texte ; elle ne peut ni répondre de ce qu’elle affirme, ni porter la responsabilité d’une idée. Ce n’est pas un archaïsme pédagogique. C’est peut-être, dans l’âge des machines à réponses, la forme la plus contemporaine de l’exigence universitaire.

    Généraliser ce principe ne suppose pas de copier la forme sociale du tutorat anglais. Il s’agit d’en adopter la logique : des séminaires qui culminent dans une #défense_orale ; des laboratoires où l’étudiant doit expliquer ce qu’un résultat dit et ce qu’il ne dit pas ; une pédagogie de l’écriture qui rend visible le travail de #révision et exige que l’étudiant assume ses #choix. Dans le monde français, les traditions de la dissertation orale, de la khôlle et de la soutenance fournissent des points d’ancrage précieux. Elles ne sont pas à ranger au musée. Elles sont à réactiver.

    L’université et le jugement démocratique

    Les enjeux de cette redéfinition dépassent de beaucoup les murs de l’université. L’IA amplifiera tout à la fois le savoir et le bruit, la productivité et la manipulation, la connaissance et la #désinformation. Dans un tel environnement, la compétence la plus précieuse n’est pas celle de produire rapidement des énoncés vraisemblables – les machines le feront toujours mieux que nous. C’est celle d’évaluer ce que l’on reçoit, de distinguer un argument d’une #rhétorique, de reconnaître les signes d’une fabrication, et de changer d’avis sans humiliation lorsque les preuves l’exigent.

    Aucune #démocratie ne survit à long terme si ses citoyens confondent la fluidité d’un énoncé avec sa vérité. Or la fluidité, désormais, est gratuite. Dans les mois qui viennent, elle sera mise au service aussi bien du commerce que de la propagande, de la science que du charlatanisme, de la délibération publique que de l’influence algorithmique. Les institutions qui forment des esprits capables de résister à cette saturation – qui apprennent à peser, à #douter, à #réviser – jouent donc un rôle civique que l’on ne peut pas sous-traiter. L’université est la première de ces institutions, non par privilège, mais par fonction.

    Cette fonction n’est pas nouvelle. Elle est consubstantielle à l’idée d’#enseignement_supérieur telle qu’elle s’est formée dans la tradition européenne : former des personnes capables de peser des #preuves, d’articuler une #conviction, et d’en porter la #responsabilité_publique. Ce que l’IA met en demeure, ce n’est pas cette tradition ; c’est la dérive qui a, dans trop d’institutions, substitué à la formation du jugement la certification de productions.

    Ce qui se déplace

    L’université n’aura pas à rivaliser avec les machines sur le terrain des réponses. Elle perdrait d’avance, et ce serait une erreur de terrain. Son avenir dépend d’autre chose : sa capacité à redevenir le lieu où l’on apprend non seulement à produire des énoncés plausibles, mais à en répondre. À mesure que les réponses deviennent abondantes, la rareté se déplace. Elle ne réside plus dans l’#information, mais dans la formation d’un esprit capable d’assumer un jugement, de l’exposer à la #contradiction, de le réviser et d’en porter la responsabilité.

    C’est dans ce déplacement que se joue l’avenir de l’institution. Les universités qui persisteront à produire des diplômes au sens administratif – des certificats adossés à des livrables acceptables – trouveront dans l’IA un concurrent imbattable et un révélateur. Celles qui redécouvriront leur tâche propre – former des esprits capables de juger – découvriront que la technologie qui semblait les menacer avait en réalité clarifié leur mission. L’âge de la machine à réponses est peut-être, paradoxalement, celui où l’université retrouve ce pour quoi elle a été faite.

    ►https://aoc.media/analyse/2026/05/12/luniversite-a-lepreuve-des-machines
    #AI #intelligence_artificielle #à_lire

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    Je retiens notamment :

    D’où l’insuffisance des deux réponses les plus répandues. La première est l’interdiction : détecteurs, surveillance, inflation réglementaire. Elle est vouée à l’épuisement. Ces outils sont déjà trop présents pour être tenus durablement hors des salles de cours, et il serait absurde de former des diplômés condamnés à ignorer la technologie la plus structurante de leur époque. La seconde est la capitulation managériale : réduire l’université à une école d’adaptation où l’on apprend surtout à rédiger de bonnes consignes et à exploiter plus vite les outils. L’étudiant devient alors un opérateur. Dans les deux cas, on présuppose que la mission de l’université consiste avant tout à produire des réponses. C’est précisément ce que l’IA nous oblige à réexaminer.

    La bonne réponse est plus exigeante. Elle consiste moins à inventer une mission nouvelle qu’à rendre à l’université sa tâche propre : former le jugement en mettant les esprits à l’épreuve. Cela suppose davantage d’écriture en présence, davantage de défense orale des arguments, davantage de séminaires organisés autour de questions réelles plutôt que de réponses attendues. Une conversation de dix minutes suffit souvent à distinguer une idée comprise d’une idée seulement produite. Si l’étudiant utilise l’IA, qu’il le dise, qu’il en montre les traces, qu’il explique ce qu’il a gardé, écarté, reformulé, et pourquoi. L’enjeu n’est pas la police des usages ; c’est la responsabilité de l’énonciation.

  • Achtsam geht die Welt zugrunde

    (Le monde court à sa perte en pleine conscience)

    La pleine #conscience principe permettant de gérer un quotidien éprouvant avec sérénité et bien-être semble, à première vue, une excellente idée. De nos jours, beaucoup de gens pratiquent par exemple la méditation, le yoga et les techniques de respiration. Pour Kathrin Fischer, cela est compréhensible en tant que pratique personnelle, mais la pleine conscience serait devenue une #idéologie. Celle-ci nous ferait croire que pratiquement tous les problèmes peuvent être résolus individuellement. C’est pourquoi de nombreuses personnes essaient désormais de ne plus changer que leur propre personne et non plus les situations, met en garde l’auteure, podcasteuse et journaliste dans son nouveau livre Achtsam geht die Welt zugrunde (Le monde court à sa perte en pleine conscience).

    DeepL.com

    #Révue #entretiens #livre #méditation

    L’ #interview intégrale en DE ici :
    ▻https://seenthis.net/messages/1172883

  • « Ici c’est l’enfer, là-bas c’est l’enfer (mais ici on a prise) »
    ▻https://communaux.cc/2023/06/ici-cest-lenfer-la-bas-cest-lenfer-mais-ici-on-a-prise

    Entretien avec Nordine Saïdi et Martin Hamoir, respectivement intervenant psycho-social et psychologue à l’Asbl Macadam (Belgique). Ils évoquent le travail d’accompagnement qu’ils effectuent avec les jeunes, les fragilités et les forces de ces derniers, dues notamment à leurs parcours migratoires traumatiques et à la sévère répression dont ils font l’objet, ainsi que les difficultés à travailler dans ce contexte sans céder à la logique répressive de l’État

    #Entretiens #Initiatives #pratiques_de_soin #réfugiés #travail_social

  • Faut-il en finir avec les sondages ? #Entretien avec Hugo Touzet
    ▻https://frustrationmagazine.fr/sondages-touzet

    Désormais, les sondages politiques occupent une grande partie de l’actualité médiatique. Parfois même, ils font l’actualité : tel sondage montrant que Jordan Bardella gagnerait au second tour face à Jean-Luc Mélenchon, tel autre montrant qu’Emmanuel Macron aurait regagné quelques miettes de popularité, ou bien une grande question de société posée aux Français, qui seraient ainsi […]

  • (Vidéo) « Pourquoi on a cassé la vitre ? » FRUSTYLE (feat Costa‬ et ‪Tata Drapi‬ )
    ▻https://frustrationmagazine.fr/costa-frustyle

    🎤 Frustyle / Épisode 4 : Rap engagé, antifascisme et violences policières avec Costa ! Dans ce quatrième épisode de Frustyle, Amine Snoussi et Tata Drapi reçoivent Costa, rappeur dont le nouvel album « Pourquoi on a cassé la vitre » est dispo dans les bacs ! Costa revient sur son process d’écriture et sur cette conviction […]

    #Entretien #Musique #Vidéo

  • Noire, musulmane et ch’tiConversation avec Mah Simpara
    ▻https://abasbruit.org/2026/05/01/noire-musulmane-et-chticonversation-avec-mah-simpara

    De Maubeuge à Paris, en passant par le Mali, Mah Simpara nous parle de son héritage familial : sa foi religieuse, les traditions de sa communauté au Mali. Tout en témoignant de ses attachements, elle nous fait part de leur devenir. Elle est musulmane, mais pas seulement. Noire, mais pas seulement. Chti, mais pas seulement. Elle fait craquer les jointures des identités pour suivre une ligne de crête où s’entrelacent des lignes de vie.

    #Enquêtes #Entretiens #communauté #LGBT #migration #pratique_religieuse #racisme #transmission

  • Comment #Die_Linke veut reconquérir les classes populaires allemandes
    ▻https://lvsl.fr/comment-die-linke-veut-reconquerir-les-classes-populaires-allemandes

    Juste après sa victoire en février 2025, le chancelier allemand et dirigeant de la CDU Friedrich Merz déclarait que l’Europe devait devenir plus « indépendante » des États-Unis. L’année écoulée a révélé le caractère très limité de son ambition. Son gouvernement s’est engagé dans une hausse massive des dépenses militaires pour renforcer la place des Européens au sein de l’OTAN - allant jusqu’à suspendre le « frein à l’endettement » inscrit dans la Constitution allemande pour financer cet effort - tout en s’alignant sur le leadership de Donald Trump.

    #Entretiens #Politique #Allemagne #guerre #Ines_Schwerdtner #OTAN #pacifisme

  • Quel corps ?Entretien avec Françoise Davisse
    ▻https://abasbruit.org/2026/04/18/quel-corps-entretien-avec-francoise-davisse

    Dans « Laisse pas ton corps au vestiaire », Françoise Davisse et Jean-Philippe Urbach proposent une belle réflexion-documentaire sur le corps à l’école, impensé majeur de l’institution alors que s’y jouent de profondes inégalités entre filles et garçons reproduites par les stéréotypes de genre.

    #Entretiens #Recensions #école #cinéma #enfances #féminismes
    ▻https://abasbruit.org/wp-content/uploads/2026/04/nsmail.mp3

  • (Vidéo) VILLES CAPITALISTES ET RESISTANCES (Léa Hobson, Juliette Collet, Amine Snoussi, Guillaume Etiévant)
    ▻https://frustrationmagazine.fr/villes

    Retour en #Vidéo sur la table ronde « Villes capitalistes et résistances », organisée lors de la soirée de lancement du numéro papier annuel 2026 de Frustration Magazine. Animée par Juliette Collet, chroniqueuse du magazine, cette discussion réunit Amine Snoussi, journaliste à Frustration, Guillaume Etiévant, auteur et co-rédacteur en chef, ainsi que Léa Hobson, architecte […]

    #Antiracisme #Écologie #Économie #Entretien #International

  • (Vidéo) Climat, la non-violence à l’épreuve de l’urgence | FIFDH 2026
    ▻https://frustrationmagazine.fr/non-violence

    Description FIFDH : « Alors que la crise climatique s’aggrave, les réponses politiques restent insuffisantes et la désobéissance civile s’organise. La violence est-elle une faute morale ou le résultat de rapports de pouvoir qui aggravent la crise climatique ? » « Le FIFDH s’engage depuis 2003 pour le cinéma et le respect des droits humains. Chaque année, au […]

    #Écologie #Entretien #International #Vidéo

  • Plaider contre la pauvreté
    ▻https://laviedesidees.fr/Plaider-contre-la-pauvrete

    Delphine Rouilleaut est la présidente du collectif Alerte, réseau qui rassemble 34 associations et fédérations actives dans la lutte contre la pauvreté. Elle exprime la voix de la société civile et explique les ressorts de la construction d’un plaidoyer en faveur des personnes en situation de vulnérabilité ou d’exclusion.

    #Société #immigration #politique_publique #pauvreté #Entretiens_vidéo

  • (Podcast) Nicolas Framont, Rob Grams → Frustration Magazine & Bourgeois Gaze (Ombres Blanches)
    ▻https://frustrationmagazine.fr/ombres-blanches

    Rencontre avec Nicolas Framont et Rob Grams à l’occasion de la parution du magazine Frustration. En finir avec la ville capitaliste et de Bourgeois Gaze aux éditions Les liens qui libèrent. Nicolas Framont est sociologue, fondateur et rédacteur en chef du magazine Frustration. Il a notamment publié Vous ne détestez pas le lundi  : vous détestez […]

    #Entretien #On_a_vu,_lu,_joué #Vidéo