• Reconnaître l’écocide au même rang que les crimes contre l’humanité - Libération
    https://www.liberation.fr/amphtml/debats/2019/12/10/reconnaitre-l-ecocide-au-meme-rang-que-les-crimes-contre-l-humanite_17681

    Par un collectif de responsables politiques et d’intellectuels — 10 décembre 2019 à 19:39
    Alors qu’une proposition de loi sur l’écocide est débattue ce jeudi à l’Assemblée nationale, une soixantaine de responsables politiques et d’intellectuels appellent à inscrire le phénomène de criminalité environnementale dans le droit français.

    Tribune. Les rapports s’accumulent et le constat reste toujours le même depuis des décennies : notre environnement va mal et son cas continue à s’aggraver année après année. De nombreux écosystèmes clés se dégradent, la biodiversité rentre dans une sixième extinction de masse, les projections climatiques ne cessent de s’aggraver avec aujourd’hui des prévisions de hausse de 7°C d’ici 2100 par rapport à l’ère préindustrielle. Selon le dernier rapport du groupe d’experts de l’ONU sur la biodiversité, 75% de l’environnement terrestre a été « gravement altéré » par les activités humaines et 66% de l’environnement marin est également affecté.

    Peu à peu, nous dépassons, l’une après l’autre, les limites planétaires déterminées par les scientifiques. En malmenant notre environnement de la sorte, c’est tout l’équilibre de la planète qui menace de s’effondrer. Sa sauvegarde doit devenir un impératif quotidien, imposable à tous, et les actes qui vont à son encontre doivent être sanctionnés à la hauteur des fautes commises.

    Alors que l’ensemble des systèmes écologiques de la Terre est plus vulnérable que jamais, nous assistons aussi à la recrudescence d’une criminalité environnementale qui prospère à travers le monde et profite d’une trop grande impunité. Le mépris des règles de prudence, du devoir de vigilance et du principe de précaution peut permettre à certains de dégager des profits économiques considérables au détriment des écosystèmes. C’est ce constat qui a mené une diversité de juristes à promouvoir l’idée d’une incrimination pénale d’écocide.

    Montant dérisoire des sanctions

    Ecocide signifie littéralement « tuer la maison ». Après avoir été initialement forgé pour condamner la destruction américaine de la forêt au Vietnam par l’utilisation massive de l’Agent orange, le concept d’écocide a été popularisé par l’avocate britannique Polly Higgins dans l’ouvrage Eradicating Ecocide écrit en réaction à l’affaire DeepWater Horizon, la plateforme pétrolière de BP qui a sombré au large du Mexique en avril 2010. Depuis, l’écocide renvoie à l’ensemble des crimes les plus graves commis contre l’environnement en temps de paix comme en temps de conflits et qui portent directement atteinte à la sûreté de la planète. Une dizaine de pays ont déjà reconnu l’écocide, comme le Vietnam qui l’a inscrit en 1990 de manière pionnière dans son code pénal en le définissant comme « un crime contre l’humanité commis par destruction de l’environnement, en temps de paix comme en temps de guerre ».

    Pourquoi pas la France ?

    D’aucuns défendent que l’arsenal législatif existant permet déjà de protéger efficacement notre environnement, que des dispositions permettent déjà de sanctionner les actes préjudiciables pour l’environnement. Assez dissuasif, assez complet, nous dit-on. Certes, des mesures et des contraventions existent et sont prévues pour répondre aux incivilités les plus communes. Oui, il existe aussi des sanctions administratives à l’encontre de certaines entreprises coupables de délits polluants ou d’infractions déjà inscrits dans le code de l’environnement. Toutefois, il suffit de regarder le montant dérisoire des sanctions pour se rendre compte rapidement du manque de crédibilité de notre droit pour dissuader les actes les plus dommageables.

    Après avoir pollué plus de 400 km du littoral français et déversé des milliers de tonnes de fioul dans l’océan à la suite du naufrage de l’Erika en 1999, quelle fut l’amende infligée à Total ? 375 000 euros. Une goutte d’eau dans l’océan par rapport aux dégâts encore visibles aujourd’hui. C’est ce même montant que risque de payer Vinci pour avoir déversé délibérément de l’eau bétonnée directement dans la Seine pendant plusieurs mois. Est-ce donc là des sanctions à la hauteur des fautes commises ? Assurément non.
    Limites planétaires

    Nous devons nous rendre à l’évidence : tout aussi riche qu’il soit, notre arsenal juridique souffre encore de lacunes pour décourager complètement la destruction de notre environnement chaque jour plus vulnérable aux comportements de prédation. Il faut que nous puissions instaurer de nouvelles formes de responsabilités, et notamment pénale, pour faire évoluer notre droit afin d’assurer un environnement sain et vivable aux générations présentes et futures.

    Reconnaître l’écocide, au même rang que les crimes contre la paix ou les crimes contre l’humanité, c’est appeler aux responsabilités. Il s’agit de reconnaître à sa juste valeur l’interdépendance entre les écosystèmes et les conditions d’existence de l’humanité. Le président de la République lui-même a qualifié d’écocide les incendies qui se sont propagés en Amazonie en septembre dernier. Le temps est venu de l’inscrire dans la loi et de condamner tous les actes qui contribuent gravement au dépassement des limites planétaires. A cet égard, les citoyens sont clairvoyants puisque ce fut notamment l’une des revendications exprimées dans les discussions de la Convention citoyenne pour le climat.

    Combien de rapports et de catastrophes faudra-t-il encore attendre pour que nous ayons une loi qui soit enfin à la hauteur des enjeux ? La proposition de loi qui sera débattue le 12 décembre à l’Assemblée nationale peut permettre de faire un véritable pas en avant et de protéger l’environnement « au même titre que les autres intérêts fondamentaux de la nation » comme l’exige la Constitution française.

    Depuis le succès de l’accord de Paris en 2015, la France se targue d’être la championne de l’environnement sur la scène internationale. Malheureusement, rien n’a été fait depuis et la perspective d’aboutir à un traité contraignant à l’échelle internationale, porté à travers le Pacte mondial pour l’environnement, paraît plus éloignée que jamais. Dans un contexte géopolitique où l’environnement est malmené, négligé et relégué à la moindre des priorités, soyons courageux ! En reconnaissant l’écocide le 12 décembre, nous pouvons montrer l’exemple et la France peut encore une fois devenir une source d’inspiration comme elle a pu l’être concernant les droits de l’homme et du citoyen.

    Signataires : Christophe Bouillon, député PS, rapporteur de la proposition de loi portant reconnaissance de l’écocide ; Valérie Cabanes, juriste en droit international ; Jean Jouzel, climatologue ; Philippe Descola, anthropologue, professeur émérite du Collège de France ; Dominique Méda, professeure d’Université Paris-Dauphine ; Gaël Giraud, économiste, professeur à l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées ; Aurélien Barrau, astrophysicien ; Serge Orru, ancien directeur général de WWF France ; Patrick Viveret, philosophe magistrat honoraire ; Paul Ariès, politologue, directeur de l’Observatoire international de la gratuité ; Alain Caillé, professeur de sociologie émérite à l’université Paris-Ouest-Nanterre, directeur de la Revue du MAUSS, animateur du mouvement des convivialistes ; Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France ; NatureRights ; WildLegal ; Notre Affaire à tous ; Frah, chanteur de Shaka Ponk, initiateur du collectif The Freaks ; Anne Hidalgo, maire de Paris, présidente du Cities 40 ; Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement ; Jérémie Chomette, directeur général de la fondation Danielle Mitterrand – France Libertés ; Cécile Untermaier, députée socialiste ; Guillaume Garot, député socialiste – ancien ministre ; Nadia Ramassamy, députée Les Républicains ; Ericka Bareigts, députée socialiste – ancienne ministre ; Dominique Potier, député socialiste ; Paul Molac, député Libertés et Territoires ; Valérie Rabault, députée socialiste, présidente du groupe socialiste et apparentés à l’Assemblée nationale ; Jennifer De Temmerman, députée non-inscrite ; Paul-André Colombani, député Libertés et Territoires ; Mathilde Panot, députée France insoumise ; Caroline Fiat, députée France Insoumise ; Loic Prud’homme, député France Insoumise ; Michel Larive, député France Insoumise ; Maina Sage, députée UDI ; Ester Benbassa, sénatrice EE-LV ; Jérôme Durain, sénateur PS ; Marie Toussaint, députée européenne EE-LV ; David Cormand, député européen EE-LV ; Roose Caroline, députée européenne EE-LV ; Mounir Satouri, député européen EE-LV ; Benoît Biteau, député européen EE-LV ; Gwendoline Delbos-Corfield, députée européenne EE-LV ; Manon Aubry, députée européenne France insoumise ; Anne-Sophie Pelletier, députée européenne France insoumise ; Manuel Bompard, député européen France insoumise ; Paul Quilès, ancien ministre, Président d’IDN - Initiatives pour le désarmement nucléaire ; Noël Mamère, ancien député écologiste ; Marine Calmet, présidente de Wild Legal et membre de Nature Rights ; Samenta Novella, membre de Nature Rights ; Paul Mougeolle, juriste et conseiller pour Notre Affaire à tous ; Maxime de Rostolan, fondateur de Fermes d’avenir et la Bascule ; Jean-Marc Gancille, cofondateur Darwin, La suite du monde et vice-président de Wildlife Angel ; Maxime Combes, économiste, porte-parole d’Attac France ; Aurélie Trouvé, économiste, porte-parole d’Attac France ; Nadia Collot, réalisatrice ; Jean Gadrey, économiste Lille ; Frédéric Neyrat, professeur à l’Université de Wisconsin-Madison (USA) ; Christophe Bonneuil, directeur de recherche au CNRS, directeur de la collection « Anthropocène » ; François Jarrige, historien, Université de Bourgogne ; Aurélien Gabriel Cohen, doctorant en géographie et philosophie de l’écologie ; Nathalie Blanc, directrice de recherche au CNRS ; Joanne Clavel, chargée de recherche, CNRS ; Clara Breteau, enseignante-chercheuse en géographie et esthétique environnementale ; Sophie Gosselin, philosophe ; Denis Chartier, professeur des universités en géographie environnementale ; Philippe Courbon, conférencier consultant formateur au Cabinet IDEE, Collectif d’initiatives interdisciplinaires pour le développement humain ; Gauthier Chapelle, agronome et biologiste ; David gé Bartoli, philosophe et membre de la revue Terrestres ; Gilles-Eric Seralini, professeur à l’université de Caen ; Denis Vicherat, coprésident des Editions Utopia ; Yves Paccalet, philosophe, écrivain, naturaliste ; Fatima Parret, conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes EE-LV ; Florence Cerbaï, conseillère régionale écologiste de l’Ardèche (EE-LV/RCES) ; Corinne Morel Darleux, conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes ; Jean-Charles Kohlhaas, conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes EE-LV.

    #Ecocide #Environnement #Droit_environnement

    • Guerre de Corée, Guerre du Vietnam, Guerre d’Afghanistan, Guerre d’Irak... Ça en fait quelques uns de crimes contre l’humanité...

      Si seulement, déjà, les crimes contre l’humanité étaient convenablement jugés...

      Ça me fait penser aux dernières mesures proposées pour lutter contre les féminicides : durcir les lois, créer de nouvelles peines. Mais s’il n’y a aucun juge pour accepter de les appliquer, de policier pour accepter les plaintes, de procureurs pour ne pas classer en non-lieu, on fait quoi ?

      C’est en fait assez désespérant.

  • Climate change: Oceans running out of oxygen as temperatures rise - BBC News
    https://www.bbc.com/news/science-environment-50690995

    Climate change and nutrient pollution are driving the oxygen from our oceans, and threatening many species of fish.

    That’s the conclusion of the biggest study of its kind, undertaken by conservation group IUCN.

    While nutrient run-off has been known for decades, researchers say that climate change is making the lack of oxygen worse.

    Around 700 ocean sites are now suffering from low oxygen, compared with 45 in the 1960s.

    Researchers say the depletion is threatening species including tuna, marlin and sharks.

    #environnement #eau #océans #biodiversité #eutrophisation

  • Open Water: Greenlanders on the climate crisis – documentary | News | The Guardian

    https://www.theguardian.com/news/ng-interactive/2019/dec/02/open-water-lives-of-three-greenlanders-climate-crisis
    https://i.guim.co.uk/img/media/91433bb344a4c36d86c23c0e1f7224137914b812/293_0_1338_803/master/1338.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    A glimpse into the lives of three Greenlanders: a hunter, a ship’s captain and a fisherman, individuals whose very existence and heritage is intertwined with the Arctic Ocean. Like many who live in the polar north, their fortunes straddle the extremes of summer and winter. Faced with a drastically changing environment, these seafarers reflect on their past, their present and uncertain future with a complex mix of emotions

    #climat #arctique #eau #environnement

  • Oceans losing oxygen at unprecedented rate, experts warn | Environment | The Guardian
    https://www.theguardian.com/environment/2019/dec/07/oceans-losing-oxygen-at-unprecedented-rate-experts-warn
    https://i.guim.co.uk/img/media/1979963d7d9123c120cef4332221bbd03a4abfa3/0_100_5400_3240/master/5400.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    Oxygen in the oceans is being lost at an unprecedented rate, with “dead zones” proliferating and hundreds more areas showing oxygen dangerously depleted, as a result of the climate emergency and intensive farming, experts have warned.

    Sharks, tuna, marlin and other large fish species were at particular risk, scientists said, with many vital ecosystems in danger of collapse. Dead zones – where oxygen is effectively absent – have quadrupled in extent in the last half-century, and there are also at least 700 areas where oxygen is at dangerously low levels, up from 45 when research was undertaken in the 1960s.

    #surpeche #environnement #climat #effondrement #ocean

  • L’écoute vagabonde
    https://www.nova-cinema.org/prog/2019/175-decembre/ear-you-are/article/l-ecoute-vagabonde

    FR ,

    Artiste sonore et ingénieur du son, Félix Blume centre son travail sur l’écoute, en invitant l’auditeur à transformer sa perception de l’environnement. Pour cette séance organisée autour de sa démarche, Félix présentera quelques récents travaux audiovisuels, comme la série « Son Seul Wildtrack », « Curupira, bête des bois »(Amazonie) et l’installation « Rumors from the sea »(Thaïlande). Adepte du Creative Commons, il évoquera le partage et la mise en ligne de ses enregistrements.

    samedi 7 décembre 2019 à 14h

    #Séance_d'écoute

  • Le commerce par Internet est un désastre écologique
    https://reporterre.net/Le-commerce-par-Internet-est-un-desastre-ecologique

    De manière générale, le numérique contribue largement à la catastrophe écologique. Ce secteur émet autant de CO2 que le transport aérien. Le e-commerce y prend sa part. Il pousse à la surconsommation : une véritable « fièvre acheteuse » qui donne l’illusion que le monde se trouve à sa portée, au bout de l’écran tactile. Avec internet, « des besoins artificiels » apparaissent, nourris par des comportements anti-écolos comme ceux des « serial returners ». Au Royaume-Uni, près de 30 % des acheteurs en ligne commandent plus de produits qu’ils n’en ont besoin, avant de retourner les articles non désirés après essayage. Les taux de retour des ventes sur internet sont deux à quatre fois plus élevés que dans les magasins physiques. Ce qui accroît les livraisons mais aussi le gaspillage.

    #gaspillage #pollution #environnement #climat #black-friday #besoins-artificiels #consumerisme

  • Taxe carbone et dividende - Soutenir l’initiative citoyenne européenne sur le #climat
    https://citizensclimateinitiative.eu/fr

    Une initiative citoyenne européenne à propos d’une taxe carbone avec dividendes. Elle plaide en faveur d’une taxe sur les combustibles fossiles qui augmenterait progressivement et dont le produit serait redistribué chaque mois à tous les citoyens sous forme de dividendes. Une étude a révélé que ce type de taxe est le moyen le plus efficace de réduire les émissions de CO2.Par ailleurs, les principaux coûts du changement climatique seraient pris en charge par les plus grands pollueurs. Pour inscrire la proposition à l’ordre du jour du Parlement européen, Citizens Climate Lobby doit recueillir 1 million de signatures d’ici au mois de mai 2020. Aidez-les ! — (...)

    #environnement #fiscalité #justice

  • « C’était un scrutin pour le climat »

    Outre les données scientifiques, le succès des Verts aux récentes élections suggère que la Suisse devrait poursuivre des objectifs plus ambitieux en matière de climat. C’est ce qu’affirme la climatologue suisse Sonia Seneviratne. Elle a un conseil de lecture à adresser au nouveau Parlement.

    Le peuple a reconnu la nécessité urgente d’agir sur le plan de la politique climatique. Selon Sonia Seneviratne, c’est ce qui explique l’énorme hausse de la part de suffrages pour les partis verts et le nombre de sièges remportés au Parlement : « C’était un scrutin pour le climat ». La climatologue originaire du canton de Vaud est aujourd’hui professeure de Dynamique Terre-Climat à l’École polytechnique fédérale de Zurich. Elle est aussi l’un des principaux auteurs des publications du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) : dans plusieurs rapports, les scientifiques mettent en garde contre les conséquences graves du réchauffement planétaire. Sur la base de ces découvertes, le Conseil fédéral a récemment renforcé ses objectifs climatiques. La Suisse entend atteindre la neutralité carbone – c’est-à-dire zéro émission nette de gaz à effet de serre – d’ici 2050. Avant les élections, le Conseil des États a approuvé une loi sur le CO2 prévoyant la hausse du prix de l’essence et une taxe sur les billets d’avion. On saura bientôt ce que le nouveau Conseil national plus vert en fera, et si le peuple ira dans la même direction. « Il est très probable que la politique climatique suisse deviendra plus ambitieuse », espère Sonia Seneviratne. Selon elle, l’objectif du Conseil fédéral n’est pas radical, mais réaliste. La Suisse, pays très développé, s’est engagée dans le cadre de l’Accord de Paris à contribuer à la protection du climat. Les taxes d’incitation constituent un bon moyen pour rendre la protection du climat socialement acceptable : « Cet argent peut être reversé à la population, par exemple sous la forme de réduction des primes d’assurance-maladie. » Au nouveau Parlement, la climatologue recommande surtout de lire le rapport du GIEC sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C et les risques qui nous menacent. « À mon avis, nous devrions même débattre de la possibilité d’atteindre la neutralité carbone dès 2040 », ajoute-t-elle.

    https://www.revue.ch/fr/editions/2019/06/detail/news/detail/News/cetait-un-scrutin-pour-le-climat-1
    #élections #Suisse #climat #environnement #Verts #2019

    • Le vert s’impose sous la coupole du Palais fédéral

      Oui, bien sûr, nous allons parler des élections fédérales du 20 octobre 2019. Mais commençons par jeter un coup d’œil au bâtiment dans lequel se fait la politique suisse. Saviez-vous que la fière coupole du Palais fédéral construit en 1902, arborait à l’origine une belle couleur cuivrée ? Durant quatre décennies, le cuivre s’est lentement oxydé sous l’effet de la pluie. Peu à peu, la coupole a pris une teinte turquoise, une patine verdâtre. Lors de sa rénovation, en 2007, les artisans ont utilisé de la tôle de cuivre prépatinée. L’objectif de la manœuvre était de conserver l’aspect auquel les Suisses s’étaient si bien habitués.

      Rien d’habituel en revanche dans ce qui vient de se passer sous la coupole : désormais, le Parlement qui y siège est plus vert que jamais. Les forces écologistes en présence se sont en effet puissamment accrues le 20 octobre. Si les superlatifs sont rarement de mise en politique suisse, on peut les utiliser sans crainte cette fois, car le bouleversement est d’ampleur historique. En 100 ans, aucun parti n’a remporté davantage de sièges un jour d’élection que les Verts cet automne. Un succès auquel vient s’ajouter la progression des Vert’libéraux.

      Le verdissement politique s’est fait bien plus rapidement que le processus d’oxydation de la coupole fédérale. Et le chamboulement a commencé avant même que les bulletins de vote ne soient imprimés. En effet, le Parlement a, petit à petit, pris des positions écologistes, ce dont on le croyait incapable au début de son mandat. Ainsi, à l’automne, le Conseil national a accepté une taxe sur les billets d’avion. Un an auparavant, le même Conseil national avait mis les pieds au mur contre cette mesure d’incitation en faveur du climat. Cet exemple montre que les inquiétudes face aux conséquences toujours plus évidentes du changement climatique ont gagné la vie politique. Après les échappatoires, voici venu le temps de la recherche de solutions.

      Vous ne vous intéressez pas aux élections ? Alors vous vous intéresserez peut-être à la manière dont l’épargne, cette vertu typiquement suisse, est mise à mal par les banques qui ont presque réduit à zéro les taux d’intérêt en la matière. L’épargnant vertueux doit même dédommager la banque pour son dépôt. Nombreux sont les Suisses qui redoutent les taux d’intérêt négatifs. Mais personne ne sait vraiment comment réagir. La « Revue Suisse » n’a elle non plus pas de recette à proposer. Mais elle décrit le phénomène en détail à la page 16 de ce numéro, en espérant que cela aidera les lecteurs à y voir plus clair.

      https://www.revue.ch/fr/editions/2019/06/detail/news/detail/News/le-vert-simpose-sous-la-coupole-du-palais-federal-1

    • « La démocratie suisse gagne en qualité »

      Le Conseil national compte désormais 42 % de femmes, un taux jamais atteint auparavant. La campagne interpartis « Helvetia appelle ! » d’Alliance F y a aussi contribué. Jessica Zuber, cheffe de la campagne, explique pourquoi il s’agit d’un résultat électoral historique en Suisse.

      Le Conseil national, Chambre basse du Parlement, compte 200 membres, dont 84 sont désormais des femmes. Leur part est ainsi passée de 32 à 42 %. Au Conseil des États, la Chambre haute, cette proportion sera bien moindre. Mais Jessica Zuber affirme quand même qu’« il s’agit d’élections historiques pour les femmes ». La politologue, qui a dirigé la campagne « Helvetia appelle ! » d’Alliance F, faîtière des sociétés féminines suisses, rappelle que depuis l’introduction du droit de vote en 1971, les femmes suisses n’ont accru leur présence au Parlement que très lentement : « Pas plus de 3 à 4 % à chaque fois. » Aujourd’hui, le peuple a élu près d’un quart de femmes en plus au Palais fédéral ; une hausse record tant à gauche qu’au sein des partis bourgeois. « La démocratie suisse gagne en qualité parce que les femmes et les hommes sont représentés de manière plus équilibrée », dit Jessica Zuber. Il s’agit pour le moins d’un succès d’étape. Jamais les candidates n’avaient été aussi nombreuses, et elles occupaient des places plus prometteuses sur les listes que lors des dernières élections. C’est pour cette cause que « Helvetia appelle ! » s’est engagée auprès de mille sections de partis dans toute la Suisse. Des centaines de candidates ont été encouragées et accompagnées durant la campagne électorale. Helvetia a appelé… et elle a été entendue. Le moment était apparemment venu : Jessica Zuber cite plusieurs facteurs, comme la grève des femmes en juin, qui a rassemblé des centaines de milliers de participantes. Il y a un an, le Parlement a brillamment élu deux femmes au gouvernement. Cette présence accrue des femmes pourrait avoir un impact sur certains sujets au-delà des appartenances partisanes, affirme Jessica Zuber, par exemple sur la conciliation travail/famille, les mesures contre la violence armée ou la politique environnementale. « Helvetia appelle ! » poursuivra ses efforts après les élections : « Notre but est la représentation paritaire des sexes dans les deux Chambres. »

      https://www.revue.ch/fr/editions/2019/06/detail/news/detail/News/la-democratie-suisse-gagne-en-qualite-1

      #femmes

  • Révélations – Le pactole luxembourgeois qui n’a pas brûlé à #Lubrizol
    https://lemediapresse.fr/societe/revelations-le-pactole-luxembourgeois-qui-na-pas-brule-a-lubrizol

    Des centaines de millions d’euros s’envolent de l’usine rouennaise vers le Luxembourg, Gibraltar et le Delaware, et remontent jusqu’au fonds d’investissement du milliardaire américain Warren Buffett. Une enquête exclusive du Média.

    #Société #Environnement #Evasion_fiscale

  • Les #pesticides #néonicotinoïdes continuent à menacer les #abeilles, même lorsqu’ils ne sont plus utilisés
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/11/27/les-pesticides-neonicotinoides-continuent-a-menacer-les-abeilles-meme-lorsqu

    Les désormais fameux néonicotinoïdes persistent en effet dans l’#environnement et imprègnent des cultures non traitées, plusieurs années après avoir été interdits, à des niveaux demeurant dangereux pour les abeilles et les pollinisateurs sauvages – parfois à des concentrations plusieurs dizaines de fois supérieures à celles de cultures traitées. Ce sont les conclusions saillantes d’une étude française à paraître jeudi 28 novembre dans la revue Science of the Total Environment.

  • NewB, l’ambulance et le cheval de Troie Emmanuel Wathelet - 25 Novembre 2019 - Le Blog du radis
    https://leblogduradis.com/2019/11/23/newb-lambulance-et-le-cheval-de-troie

    « Je rêve d’une banque… », aurait dit Gad Elmaleh. Y’en a qui rêvent, y’en a d’autres qui la font, répondront les Belges de NewB. À grand renfort de campagne radiophonique, d’affichage Publifer dans les gares et de matraquage publicitaire sur Facebook, la coopérative d’économie sociale ambitionne de lever 30 millions d’€ d’ici au 27 novembre 2019. Tout ça pour créer ce qu’on appelle tous (ou presque) de nos vœux, j’ai nommé une « banque éthique et durable au service d’une société respectueuse de la planète et des droits humains » (c’est eux qui le disent https://www.newb.coop/fr/home ). Pourtant, il reste des esprits chagrins qui osent encore la critique, même là ! Et, devinez quoi ? J’en fais partie. Du coup, on m’accuse de tirer sur l’ambulance, m’voyez. Alors, j’me fends d’un petit article sur le Radis, histoire de montrer qu’au jeu des métaphores, je trouve celle du cheval de Troie plus bien adaptée. Allons-y.

    Opération séduction : check
    Il faut dire que le projet a tout pour attirer le chaland conscient-de-tout-ce-qui-tourne-pas-rond, qui a envie de « faire quelque chose », de ne pas « juste » critiquer. Au chapitre de ce qui séduit, on retrouve toute l’étendue du champ lexical de l’économie sociale : la « transparence », l’« éthique », la « durabilité », le « respect », les « droits humains », la « planète », la logique de « projets », le « local », etc. Un vrai catalogue.

    Oui, so what ? Pourquoi serait-ce critiquable ? N’est-ce pas formidable une banque où la tension salariale ne varie que de 1 à 5, où le retour sur investissement est limité à seulement 6%, où le droit de vote n’est pas proportionnel au capital investi, où la transparence est totale sur l’organisationnel et sur la nature des investissements qui seront « exclusivement éthiques ».

    Autant d’éléments a priori opposés à la mécanique capitaliste où les propriétaires-actionnaires explosent leurs propres rémunérations au détriment des travailleurs, où les plus gros sont les vrais décideurs, où les sociétés écrans superposées assurent une parfaite opacité, où la pression organisationnelle nourrit chaque jour un peu plus l’aliénation et les burnouts et où, bien entendu, les investissements les plus profitables sont aussi les plus destructeurs pour l’environnement et les personnes. NewB serait donc, à ce titre, révolutionnaire, non ?

    Théorie de l’entrisme
    Est-il possible de s’opposer à un système de l’intérieur ? La question de l’entrisme est un classique des sciences politiques et implique deux mouvements opposés de « contagion » qu’on peut illustrer par des métaphores.

    La première consiste à dire qu’on fait entrer le « ver dans la pomme », donc la banque éthique dans le système capitaliste pour tuer ce dernier de l’intérieur. Dans cette perspective, NewB serait une « solution » et mériterait un soutien indiscutable. Tout le monde verrait « que ça marche », les capitalistes prendraient peur et, pour ne pas perdre de parts de marché, commenceraient à imiter l’ESS (l’économie sociale et solidaire). Un gigantesque cercle vertueux se met en place, les banques deviendraient propres et, sans risque et sans effort, le système capitaliste serait réformé pour le meilleur.

    Ok, on garde l’idée pour Walt Disney et on se penche sur la métaphore inverse. Je propose l’image de la « grenadine » qui ne pourra colorer l’eau dans laquelle on la dilue si on ne plonge qu’une goutte dans ce qui s’apparente à une citerne…

    Alors, NewB, ver ou grenadine ? Il y a des éléments très concrets qu’il est possible d’analyser pour choisir entre ces deux métaphores.

    Question de rentabilité
    Un des arguments avancés par les soutiens de NewB est que la banque n’aura pas à dégager de « profits » mais pourra se contenter d’être « solvable ». Un premier problème, c’est que jusqu’ici les pertes s’accumulent, comme le rappelle un article de l’Echo https://www.lecho.be/monargent/epargner/y-a-t-il-de-bonnes-raisons-d-investir-dans-newb/10184161.html , depuis la constitution de la société en 2011, avec 10.732.632 € de pertes selon les comptes arrêtés au 30 juin 2019. Pour les profits, on repassera…mais pour la solvabilité aussi ! On me traitera d’esprit chagrin, on me dira que c’est normal « dans un premier temps ». N’empêche que les investisseurs ont plutôt intérêt à être conscients que tout ça devra être renfloué et que même leur marge « limitée à 6% » risque bien d’être un gouffre où ils perdent tout avant de songer à quelque retour. Il n’y qu’à voir les avertissements que NewB a été contrainte de bien exposer en même temps que son appel.

    Pourquoi autant de difficultés pour obtenir l’agrément bancaire ? Et pourquoi autant de difficultés à être rentable ? Pour une simple raison :  si être « éthique et durable » était économiquement viable en système capitaliste, ça fait longtemps que les plus gros capitalistes seraient devenus des parangons de vertus sociale et environnementale !  Z’imaginez la pub que ce serait si une organisation privée pouvait faire la démonstration d’une telle impeccabilité sans le risque d’une Élise Lucet à ses basques pour démonter le pot-aux-roses ? Autrement dit, l’éthique, le durable, tout le catalogue vu plus haut, entrent nécessairement en tension avec les objectifs économiques.

    Il faut bien comprendre que la rentabilité et même la forme juridique de coopérative n’exclut pas les organisations des impératifs du mode économique capitaliste. Pour reprendre la métaphore exprimée plus haut, les valeurs de l’économie sociale sont diluées par la logique économique, une goutte de grenadine dans un bassin d’orage. Comme me le disait un acteur important de l’ESS : « C’est vrai qu’il faut parfois rogner sur ses valeurs ».

    Capitalisme : ennemi ou partenaire ?
    L’entrisme suppose plusieurs étapes : reconnaître l’ennemi, en apparence jouer son jeu et finalement le détruire quand il a la garde baissée. C’est la métaphore du ver dans la pomme.

    Toutefois, à force de faire le jeu du capitalisme, le capitalisme devient ton partenaire. C’est ainsi que NewB a désigné #Belfius personne morale agissant comme tiers-dépositaire responsable du cantonnement des fonds dans le cadre de l’offre. C’est ainsi que NewB collabore avec #Rabobank_Nederland pour le traitement bancaire des transactions réalisées avec sa carte de crédit prépayée, mais aussi avec #Mastercard qui bénéficiait en 2017 d’une note de crédit de 80000€ en défaveur de NewB (là, c’est carrément l’ESS qui finance le capitalisme le plus abject !) C’est ainsi que NewB est entrée dans le capital de #Monceau_assurances dans une pure logique de fusion d’entreprises que je ne cesse de dénoncer https://leblogduradis.com/2018/01/02/comprendre-les-fusions-dentreprises-partie-1 (NewB distribue des produits d’assurances de Monceau)…

    On découvre de surcroît dans le prospectus lié à l’offre que NewB « a contacté des organismes parapublics, des universités, des fondations, des sociétés commerciales actives ou non dans la finance au sens large https://newbcoopproxy.azurewebsites.net/api/v1/files/fr/public/filetype/shares-info-publicoffer/note-information-offre-publique.pdf et d’autre types d’entités pour leur expliquer le projet et leur proposer d’investir dans le capital de NewB » (p.48).  La finance au sens large ? Késako ? Donc, si NewB promet de n’investir qu’éthiquement, elle sera moins regardante quant à l’origine des capitaux de ses propres coopérateurs !  Toute cette éthique, on en a plein les mains, je ne sais plus qu’en faire !

    Parce que, voyez-vous, c’est là que se trouve un autre élément primordial. Qui, dans le système capitaliste, est à même d’investir dans un projet comme celui-là ? Depuis mon article sur le film « Demain » https://www.investigaction.net/fr/ce-que-le-film-demain-ne-vous-a-pas-dit , j’explique que c’est bien le capitalisme qui finance ce genre « d’alternatives », comme je dénonçais récemment que le capitalisme finance les pseudos mouvements sociaux radicaux https://leblogduradis.com/2019/09/11/nouveaux-mouvements-sociaux-faire-le-tri comme Extinction Rebellion. On me rétorquera qu’il y a des ONG parmi les investisseurs, l’État, des gens comme vous et moi avec des idéaux. Certes. Et alors ? Les ONG fonctionnent comme des multinationales (je vous conseille l’excellent sketch de Jeremy Ferrari sur Action contre la faim) ; l’État en système capitaliste n’est que le bras exécutif du capitalisme (de façon très claire quand on voit le principe des revolving doors, mais aussi en termes de classe sociale, de cumuls de mandats d’administrateurs, quand on voit les lois votées toujours en faveur des plus riches ou des grosses entreprises, etc.) et, parmi les gens comme vous et moi, seuls les privilégiés du système ont des capitaux en excédents qu’ils peuvent se permettre d’investir !

    Ainsi,  on comprend que NewB n’est pas du tout une alternative au système mais constitue, au contraire, l’ouverture d’un nouveau marché bien intégré au mode de production capitaliste, exactement comme l’est le commerce équitable, le bio, etc. Si la viabilité d’un tel modèle est précaire, il est absolument certain que sans la perfusion du capitalisme, il serait totalement impensable. NewB a besoin de l’investissement du capitalisme dans son entreprise. Dès lors, elle ne peut évidemment se targuer d’être anticapitaliste, tout simplement parce que NewB ne serait possible qu’uniquement dans la mesure où elle demeure une marge, accessible à un public particulier, et non une norme bien trop peu profitable économiquement.

    Or, rappelons-le : si les « concessions » faites au capital impliquent de modifier la nature « révolutionnaire » de NewB, alors l’action d’investir dans ce projet de banque est non seulement illusoire, mais elle est surtout contre-productive. Elle est un pansement permettant au système de perdurer et non une alternative qui s’y oppose et engage dans la lutte.

    La banque, une bonne porte d’entrée ?
    C’est qu’on a tendance à confondre système bancaire et capitalisme. À force de dénoncer les dérives des banques et de la finance, on en vient à prendre l’un pour l’autre. Or, il n’en est rien. L’instrument fondamental du capitalisme, c’est la propriété lucrative privée et la nécessité de profits qui en découle. Pour survivre, chaque entrepreneur-investisseur doit être plus concurrentiel que son voisin et dégager plus de profits. Sinon, il risque le rachat ou la faillite. Généralement, il le fait en diminuant ses coûts. Mais il peut aussi le faire en innovant, avec une offre – même de niche – qui n’existait pas auparavant, ce qui semble être le choix de NewB.

    Bien sûr, le système bancaire facilite les processus propres au capitalisme, mais il n’en est pas la cause. Agir sur la banque, c’est agir sur une conséquence seulement – et penser qu’on peut utiliser l’un pour toucher l’autre, c’est faire preuve de beaucoup de naïveté, comme un certain Pascal Canfin, auteur d’un petit ouvrage intitulé « Ce que les banques ne vous disent pas » https://www.amazon.fr/banques-disent-pourquoi-presque-jamais/dp/2363830008 , et qui, aujourd’hui, est eurodéputé de Macron !

    Les « dérives » de la banque et de la finance privées ne sont que les symptômes de la maladie qu’est le capitalisme. NewB ne change rien à ces règles. Au contraire, elle s’inscrit dans ce système et tente d’en jouer le jeu.

    Oui mais tout n’est pas à jeter quand même !
    On serait tenté de se dire que « c’est mieux que rien ». Je pense le contraire. Quand on m’accuse de « tirer sur l’ambulance », on postule que le malade vaut la peine d’être sauvé ! Raison pour laquelle je suggère de plutôt voir NewB comme un cheval de Troie : c’est beau, sexy, attractif et on ne demande qu’à l’accueillir. Mais, quand on y regarde de plus près, on réalise que le principe même ne diffère en rien, comme on l’a vu plus haut, de ce contre quoi elle est censée lutter. Faire vivre NewB, c’est faire entrer le loup dans la bergerie, c’est accepter l’idée selon laquelle on ne pourrait « faire mieux » que reproduire toujours les mêmes erreurs. Exit la posture révolutionnaire ! Exit les propositions économiques de Bernard Friot ! Exit les exigences du CNR au sortir de la seconde guerre mondiale !

    Pour faire un parallèle : quelle est la meilleure façon d’assurer qu’un #SDF reste à la rue ? En lui offrant une petite pièce. Jamais assez pour s’en sortir (c’est-à-dire pour changer de système) mais parfait pour rester dans la même situation, ni pire, ni meilleure à long terme. Est-ce que le SDF sera content de pouvoir se payer une bière ou un café ? Oui. Est-ce moralement acceptable de lui offrir cette bière ou ce café ? Sans doute. Est-ce qu’on participe, collectivement, par la charité, à ce que les gens à la rue le restent ? Aussi, malheureusement. NewB est une forme de charité appliquée au secteur bancaire.

    Sans compter qu’il y a encore beaucoup de choses à dire sur le caractère « sexy » de NewB. En ce qui concerne les salaires, on apprenait en 2017 déjà que le coût salarial annuel pour le comité de direction était de 165.000€ https://www.lalibre.be/economie/placements/la-cooperative-newb-peine-a-obtenir-le-statut-de-banque-quel-est-son-plan-po (loin des barèmes du non-marchand, n’est-ce pas !). Mais il y a encore plus amusant pour une organisation qui place l’éthique au sommet de ses valeurs. Par exemple, NewB a créé un « Comité de nomination et de rémunération https://www.newb.coop/fr/about/D5807AE3F3CD4A0CA56361CEA29C86C3 » chargé entre autres de la « politique de rémunération de NewB ainsi que de sa cohérence ». Ce comité est composé de trois personnes dont Bernard Bayot qui se trouve être, en même temps, le Président du Conseil d’administration. Ou comment décider de sa propre rémunération, quoi ! Les onze administrateurs seront en effet rémunérés (jusqu’ici, ils ne l’étaient pas), pour une manne de maximum 100.000€, soit un peu moins de 10000€/administrateur/an. Au regard des standards bancaires, c’est rien. Au regard de l’ESS, c’est énorme. À chacun de juger…

    On se demande aussi comment NewB tracera la ligne entre ce qu’elle considère comme « éthique et durable » et ce qui ne le serait pas (surtout dans la mesure où, comme dit plus haut, elle est prête à accepter des capitaux venant de la finance « au sens large »). Les éoliennes, c’est durable ? Les voitures électriques, durable ? Le bio qui vient de l’autre bout du monde ? Le commerce équitable qui se fiche des ouvriers agricoles et ne rémunère correctement que le producteur, éthique ? Qu’est-ce qui fondamentalement peut être considéré comme « éthique et durable » dans un monde où la rentabilité (ou même la solvabilité) seule pousse à « rogner sur les valeurs », même des plus vertueux ?

    Le fantasme du projet « pur »
    Oui mais voilà, immergés, contraints et forcés, dans un système prédateur, avons-nous d’autres choix que de parier sur des initiatives du type NewB ? Il est clair que s’exclure complètement d’un système au seul motif qu’on est en désaccord avec celui-ci mène tout droit à une vie d’ermite sans aucune utilité sociétale. Autrement dit : nous nageons nécessairement en pleines compromissions.

    Au nombre de ces compromissions, lesquelles seraient acceptables ? Ne vaut-il mieux pas investir dans NewB plutôt qu’acheter Coca-Cola ? Je crois qu’il s’agit d’une fausse alternative. Les deux participent d’un même mouvement, comme j’ai tenté de le montrer dans cet article. Nous devrions alors nous reporter sur d’autres types d’actions, à visée structurelle. Des actions portant sur les causes dont la première est la propriété lucrative privée.

    Voilà pourquoi je rappelle à qui veut l’entendre les quelques propositions du (feu) programme du Conseil national de la résistance : évincer les monopoles, empêcher les grandes puissances économiques et financières de diriger l’économie ; il faut y ajouter la planification économique, la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt collectif, la production nationale et, surtout, la nationalisation des grands moyens de production. Autant dire qu’un tel programme est incompatible avec le capitalisme. Atteindre des objectifs comme ceux-là consiste moins à être « pur et irréprochable » que de penser les conditions d’une société égalitaire, pour tous. Une telle démarche implique de refuser la facilité, de ne pas se laisser aveugler par des projets qui semblent très séduisants mais qui, au final, servent la cause combattue.

    Il faut accepter qu’il n’y a pas de solution prête-à-embrasser. Qu’avant toute chose, il faut augmenter le niveau de conscience politique général, faire un effort incessant de pédagogie, continuer sans relâche l’étude des mécanismes du mode de production dans lequel nous vivons ; il faut faire collectif, profiter des manifestations pour parler entre nous, déconstruire les fausses bonnes idées. Le travail intellectuel est aussi crucial que l’action sur le terrain et c’est à l’endroit de leur convergence que naissent les alternatives que le capitalisme ne pourra pas récupérer car elles seront construites sur ses cendres et non sur ses deniers.

     

    #banques #newB #éthique #transparence #durabilité #respect #droits_humains #planète #projets #local #environnement #entrisme #ESS #économie_sociale_et_solidaire #profits #solvabilité #alternative #ONG #ystème_bancaire #durable #bio #alternatives #capitalisme #CNR #Belgique

  • Hopepunk and Solarpunk: On Climate Narratives That Go Beyond the Apocalypse | Literary Hub

    https://lithub.com/hopepunk-and-solarpunk-on-climate-narratives-that-go-beyond-the-apocalypse

    The narratives we construct, the stories we tell ourselves must acknowledge that, while there’s a scientific consensus that the atmosphere is warming due to our fossil fuel emissions, many aspects and extents of climate change remain uncertain. Writing non-apocalyptic climate change narratives can make room, intellectually and emotionally, for our failures to act sooner. Some things will be lost; much already has been.

    I hear the following more often than I would like from some of my fellow educators: “My students can’t or won’t discuss climate change. They’re too privileged/preoccupied with their phones/just not interested.”

    Of course these young people—these adolescents, these Gen Z college-goers—don’t want to discuss this with us. We are literally (literally) asking them to confront their own mortality.

    Despite the incredible groundswell we are now witnessing around the youth-led climate movement—the school strikes, the UN protests, the anger and the vision of children and teenagers like Greta Thunberg—many of my students hear the words we have 18 months to tackle climate change or it will be too late and they think that in 18 months they are going to die. Maybe this thought is what inspires them to join the youth climate movements or Extinction Rebellion; or more crucially, maybe this is the thought that paralyzes them, anesthetizes them, and keeps them away and keeps them asleep.

    #utopie #environnement #ville_écologique #urban_matter #narrations

  • Pope Francis Weighs Adding ‘Ecological Sin’ to Church Teachings - WSJ
    https://www.wsj.com/articles/pope-francis-weighs-adding-ecological-sin-to-church-teachings-11573839966

    He noted that bishops from the Amazon region meeting at the Vatican in October had defined ecological sin as an “action or omission against God, against others, the community and the environment. It is a sin against future generations and is manifested in the acts and habits of pollution and destruction of the harmony of the environment.”

    #climat #pape #péché #pollution #environnement

  • Une vague de mauvais temps submerge Venise Agence France-Presse à Rome - 12 Novembre 2012 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/monde/europe/566840/une-vague-de-mauvais-temps-submerge-venise

    Une vague de mauvais temps, avec d’intenses précipitations, frappait l’Italie mardi, les régions les plus touchées étant la Sicile, la Calabre et la Basilicate, mais aussi Venise où l’on attend une acqua alta (marée haute) exceptionnelle.

    La situation la plus sérieuse concerne le sud de la péninsule, où des inondations ont entraîné des fermetures d’école dans plusieurs villes comme Tarante, Brindisi, Lecce (dans les Pouilles), Pozzallo et Noto (Sicile) ou Matera (Basilicata), selon les services de la météorologie.

    Cette dernière, capitale européenne de la culture 2019, a été balayée dans la nuit de lundi à mardi par une tornade qui a causé des chutes d’arbres et de lampadaires et a endommagé de nombreux toits et bâtiments, sans faire de blessés.

    De très fortes précipitations concernent dans tout le secteur tyrrhénien, de la Toscane à la Campanie et le nord-ouest de la Sardaigne.

    Le Frioul-Vénétie Julienne et la Vénétie connaissent aussi des pluies diluviennes et à Venise, la célèbre place Saint-Marc est submergée par les flots en raison des hautes marées exceptionnelles qui pourront atteindre, voire dépasser, les 140 cm. Le phénomène devrait durer jusqu’à samedi.

    Le vestibule (narthex) de basilique Saint-Marc, joyau de la Sérénissime, a aussi été inondé mardi et le procurateur de l’édifice, Pierpaolo Campostrini, a prévu des tours de garde dans la nuit pour surveiller la montée du niveau des eaux.

    Selon M. Campostrini, une inondation comme celle de mardi s’est seulement produite cinq fois dans l’histoire de la basilique — érigée en 828 et reconstruite après un incendie en 1063 —, la donnée la plus préoccupante étant que sur ces cinq précédents, trois ont été constatés au cours des 20 dernières, dont une fois en 2018.

    L’acqua alta record enregistrée à Venise remonte à 1966 avec 194 cm, ce qui ne signifie pas pour autant que la Cité des Doges s’est trouvée immergée sous près de deux mètres d’eau.

    Il faut en effet retrancher de cette hauteur le niveau moyen de la ville qui se trouve entre un mètre et 1,30 m.

    Pour protéger Venise de ce phénomène, un projet gigantesque, MOSE, est en cours depuis 2003, mais le surcoût et les malfaçons ont entraîné de nombreux retards.

    Le projet consiste à installer 78 digues flottantes qui se lèveraient pour fermer la lagune en cas de montée de la mer Adriatique.

    #climat #changement_climatique #it_has_begun #catastrophe #environnement #eau #Italie #Venise #acqua_alta #eau

  • Une étude renforce les doutes quant à la toxicité du fongicide SDHI sur l’homme
    http://www.rfi.fr/science/20191108-france-etude-renforce-doutes-quant-toxicite-fongicide-sdhi-homme

    Pour fonctionner, un organisme a besoin d’énergie. Dans une cellule, c’est la mitochondrie qui s’en occupe. Pour cela, elle va réaliser de nombreux processus chimiques. Dans cette chaîne, il y a un maillon essentiel qu’on appelle les enzymes SDH. Les SDHI mis en cause dans cette étude sont des inhibiteurs de ces enzymes.

    #écologie #environnement #fongicide #SDHI

  • Blood Gold in the Brazilian Rain Forest | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/magazine/2019/11/11/blood-gold-in-the-brazilian-rain-forest

    La destruction des terres de Kayapo n’est qu’une partie de ce que Zimmerman appelle le « pillage » de l’Amazone. En plus de l’exploitation minière et de l’exploitation forestière, les producteurs de soja et les éleveurs de bétail ont nettoyé d’immenses étendues de forêt, principalement par le feu. L’Institut national de recherche spatiale du Brésil, qui surveille les dégâts, estime qu’un cinquième de la forêt tropicale amazonienne au Brésil - le plus grand « poumon vert » au monde, qui absorbe des milliards de tonnes de dioxyde de carbone - a été détruit depuis les années soixante-dix. Les réserves autochtones servent de rempart contre la destruction, d’îles verdoyantes au milieu de champs de soja industriels et de ranchs bien définis. Mais plus les peuples autochtones vivent près des Blancs, plus ils sont vulnérables. Dans ces régions, la seule chose qui fasse obstacle à la destruction de l’Amazonie est la capacité de quelques milliers de dirigeants autochtones à résister aux attraits de la culture de consommation. À Turedjam, cette bataille est en train de se perdre. « C’est comme si les quatre cavaliers de l’Apocalypse avaient été relâchés », a déclaré Zimmerman.

    #brésil #déforestation #écologie #environnement #kayapo

  • Climate crisis: 11,000 scientists warn of ‘untold suffering’ | Environment | The Guardian
    https://www.theguardian.com/environment/2019/nov/05/climate-crisis-11000-scientists-warn-of-untold-suffering
    https://i.guim.co.uk/img/media/784e28e017213f2b8e8d53ef6ad9dfb4519f1c11/0_413_6192_3715/master/6192.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    The world’s people face “untold suffering due to the climate crisis” unless there are major transformations to global society, according to a stark warning from more than 11,000 scientists.

    “We declare clearly and unequivocally that planet Earth is facing a climate emergency,” it states. “To secure a sustainable future, we must change how we live. [This] entails major transformations in the ways our global society functions and interacts with natural ecosystems.”

    There is no time to lose, the scientists say: “The climate crisis has arrived and is accelerating faster than most scientists expected. It is more severe than anticipated, threatening natural ecosystems and the fate of humanity.”

    #climat #environnement #ecosystems #climate

  • Brésil : le militant indigène Paulo Paulino Guajajara, défenseur de la forêt, assassiné
    https://www.franceculture.fr/environnement/bresil-le-militant-indigene-paulo-paulino-defenseur-de-la-foret-assass

    Surnommé « le loup », Paulo Paulino Guajajara avait 26 ans et il est le cinquième gardien de la forêt assassiné en trois ans. Cette organisation défend un territoire de 413 000 hectares sur lequel vivent près de 6 000 indiens Guajajara dans l’état du Maranhao, au nord-est du Brésil. Les Indiens Guajajara ont décidé en 2016 de lutter eux-mêmes contre les coupes illégales pratiquées par les trafiquants de bois, sans plus attendre l’action de la police. Ils patrouillent sans cesse sur leur territoire et quand ils découvrent un chantier dans la forêt, ils détruisent campement et matériel et remettent les trafiquants à la police. Leur action a été saluée par nombre d’organisations écologistes et a bien freiné le trafic illégal de bois dans la région.

    #déforestation #Brésil #guajajara #écologie #environnement

  • A New Delhi, la pollution a atteint un niveau record
    https://www.franceinter.fr/emissions/les-histoires-du-monde/les-histoires-du-monde-04-novembre-2019

    les niveaux de micro-particules relevés à différents points de la capitale [sont évalués à] près de 1 000 microgrammes par mètre cube à plusieurs points du centre-ville. Or l’OMS met le seuil de dangerosité à 25 microgrammes par mètre cube.

    #pollution #climat #environnement #new-delhi #inde

  • Excréments humains, une économie cachée Katja Schaer/Pascal Wassmer - 3 Octobre 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/monde/10824431-excrements-humains-une-economie-cachee.html

    La journée officielle dédiée aux toilettes est prévue le 19 novembre. Le sujet peut faire sourire, mais il est très sérieux et comporte des enjeux environnementaux, économiques, sociaux et politiques.
    Imaginer des convois, des wagons entiers, remplis de boues d’épuration. Le terme désigne principalement les matières fécales. Parce que les boues d’épuration sont les résidus solides qui subsistent après le traitements des eaux usées. Imaginez donc qu’une ville voisine envoie, dans votre commune, quelques wagons remplis de boues d’épuration, pour les déposer dans une décharge proche.

    C’est ce qui est arrivé aux habitants de l’Alabama. Ils se sont retrouvés avec des tonnes d’excréments envoyés de New York sur leur territoire. L’image peut faire sourire, mais les conséquences sont bien réelles. Les nuisances olfactives et les mouches ont été si envahissantes que, dans certaines localités, il est devenu impossible de pratiquer un sport à l’extérieur. Sans parler des grillades.

    Pourquoi New York refile-t-elle ses résidus fécaux à ses voisins ? Les raisons sont d’ordre bureaucratique. Jusqu’à la fin des années 80, New York se débarrassait de ses boues dans l’océan Atlantique, à moins de 200 kilomètres de la côte. L’agence étatique de la protection de l’environnement estimait alors que ces boues se diluaient simplement, sans conséquence aucune. Avant de revoir son point de vue.

    La gestion des matières fécales
    Les règles deviennent alors plus strictes et le déversement dans l’océan est interdit. Il faut incinérer, réutiliser en engrais ou encore déposer en décharge. Raison pour laquelle New York s’est mis à expédier ses boues en Alabama, où les règles environnementales sont moins sévères et surtout le terrain bien moins cher.

    Cette histoire n’est pas propre à New York. En Californie, le comté de Kern accueille bien malgré lui un tiers des boues de l’Etat. Mais cette histoire renvoie à un problème bien plus global, celui de la gestion des matières fécales que nous générons et que nous allons générer en quantités toujours plus grandes avec la croissance démographique.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=fpR91_Ql_IE

    Nous en produisons environ 150 grammes par jour et par personne, selon les scientifiques, donc 1,14 million de tonnes tous les jours à l’échelle mondiale avec une population de 7,6 milliards d’habitants.

    Comment gérer cette masse d’excréments ? En Suisse, toutes les eaux usées, qu’il s’agisse d’eau de pluie de nos rues ou du contenu de nos toilettes, sont envoyées vers des stations d’épuration qui vont les trier. Par trier, il faut comprendre retirer les matières solides. Celles-ci sont ensuite déshydratées, puis incinérées. Les cendres sont récupérées, emballées et, pour partie, vont servir de combustible dans les fabriques de ciment. Les cendres produites par l’installation lausannoise de la STEP, elles, sont envoyées dans une décharge spéciale dans le canton de Berne, à Teuftal. C’est là qu’on tente d’en retirer le phosphore, essentiel à la fabrication d’engrais.

    Une inégalité crasse
    Dans les pays en développement, le système n’est pas toujours aussi perfectionné. Près d’un milliard de personnes dans le monde n’ont tout simplement pas accès à des toilettes d’aucune sorte, selon l’Organisation mondiale de la santé. Les excréments disséminés dans la nature polluent donc les eaux souterraines et posent notamment d’énormes problèmes de santé publique.

    Chaque jour, près de 1000 enfants de moins de 5 ans meurent de diarrhée provoquée par une eau insalubre, des installations sanitaires insuffisantes et le manque d’hygiène, selon les chiffres de la Banque mondiale.

    En l’absence de toilettes reliées à un réseau d’épuration ou de toilettes chimiques, on dispose de toilettes dont le conteneur devra être vidé souvent à la main. C’est le cas en Inde où ce métier, officiellement interdit, est encore courant.

    L’organisation de travailleurs SKA estime que 770’000 personnes ont pour métier de vider les toilettes publiques à mains nues pour en transporter le contenu par paniers dans une décharge. Et dans ces pays, on ne se concentre même pas sur les boues ou les cendres d’épuration.

    « En Inde, avant même de penser à ce qui va être fait des boues, il faut déjà les collecter », affirme Frédéric Juillard, patron de l’entreprise Trea Tech, spécialisée dans la revaloristaion des boues. « En Suisse, par exemple, environ 98% des habitants sont connectés au réseau d’assainissement. C’est seulement 12% en Inde. »

    Niveaux du service d’assainissement (Toilettes) en % de la population mondiale Voir shéma : https://www.rts.ch/info/monde/10824431-excrements-humains-une-economie-cachee.html

    Les conséquences économiques
    La Banque mondiale estime que seul un peu plus d’un tiers de la population du monde a accès à des installations sanitaires efficaces, reliées à un système de recyclage ou d’incinération par exemple. Chaque année, plus d’un million et demi de personnes meurent victimes de conditions sanitaires insuffisantes. Ces morts et les maladies ont bien sûr un coût. La Banque mondiale estime à 260 milliards de dollars annuels les coûts qui se répercutent inégalement sur l’économie des différents pays.

    Mais les excréments peuvent également se transformer en produits commercialisables et donc rentables. On cherche aujourd’hui à réutiliser nos matières fécales. On pense bien sûr aux engrais, mais il existe aussi d’autres solutions. Les boues séchées peuvent par exemple servir de matériaux de construction, ajoutées à du ciment ou transformées en briques.

    Les selles humaines servent aussi à la production de bioplastiques qui peuvent être utilisés dans des imprimantes 3D. C’est d’ailleurs le projet d’une université canadienne qui propose aux astronautes de réutiliser leurs propres excréments pour en faire un composant de base d’un bioplastique. De quoi transformer les selles en petites cuillères par exemple.

    On peut même imaginer un monde idéal dans lequel nos excréments seront entièrement réutilisés. Frédéric Juillard y croit. « Les seules choses nocives dans les excréments, ce sont les restes de médicaments. Il y a quelques micromolécules à retirer, mais le reste est un fertilisant parfait pour l’agriculture. C’est un cycle qui est proche d’être fermé ».

    #excréments #décharge #New_York #Alabama #Californie #boues #environnement #toilettes #égouts #hygiène #insalubrité #incinération

  • Morts suspectes de centaines de bovins : de nouveaux éléments désignent les lignes électriques
    https://www.franceculture.fr/environnement/morts-suspectes-de-centaines-de-bovins-de-nouveaux-elements-designent-

    Enquête | Dans plusieurs régions de France, les maladies et les morts suspectes de vaches laitières se sont multipliées. Les éleveurs incriminent les réseaux électriques, mais aucun lien de causalité n’est scientifiquement établi. Plusieurs expériences d’interruption du courant semblent leur donner raison.

    #elevage #bovins #éoliennes #environnement