• Mieux s’alimenter pour moins cher, l’objectif des supermarchés et réseaux d’achat coopératifs

    #Supermarchés_coopératifs et #groupements_d'achat proposent aux consommateurs une meilleure alimentation à des #prix plus accessibles. Ils cherchent maintenant à toucher un public plus large et plus mixte socialement.

    A la #Louve, les caissiers et les caissières sont aussi des clients. Ils font partie des 4 000 coopérateurs du supermarché coopératif et participatif qui a ouvert ses portes en 2016 dans un quartier populaire du nord de la capitale. Toutes les quatre semaines, chaque coopérateur vient assurer un service bénévole. Les tâches sont variées : mise en rayon, nettoyage, travail administratif…

    Pour devenir membre de la #coopérative, ils ont versé cent euros, et en ont acheté dix parts sociales à10 euros. #La_Louve a fait des émules, à Toulon, Toulouse, Lille, Bruxelles, d’autres supermarchés coopératifs et participatifs ont ouvert leurs portes même s’ils sont de taille plus modeste.

    C’est en visitant #Brooklyn en 2009 que #Tom_Boothe, l’un des cofondateurs du projet, découvre la #Park_Slope_Food_Coop (#PSFC), fondée en 1973. « Pendant les années 1970, dans le sillage du mouvement hippie, de nombreux magasins participatifs, inspirés des #épiceries_coopératives, ont vu le jour. Mais presque tous ont disparu dans les années 1980. Seul PSFC a survécu », raconte-t-il. PSFC a aidé à la naissance de la Louve.

    L’histoire des coopératives de consommateurs est bien plus ancienne et remonte la première moitié du XIXe siècle. En 1844, à #Rochdale en Angleterre, des tisserands se sont rassemblés pour fonder les #Equitables pionniers de Rochdale. Constatant que leur niveau de vie dépendait des marchands qui fixaient les prix des marchandises qu’ils achetaient, ils ont créé un magasin coopératif.

    Leur but était non seulement de garantir aux clients des prix raisonnables, mais aussi une bonne qualité des produits à une époque où les fraudes étaient légion. Rapidement, la taille de la coopérative s’est accrue au point de compter plus de 10 000 membres en 1880.

    Une large gamme de produits

    La Louve propose une palette étendue de produits alimentaires et d’hygiène. Dans un même rayon voisinent grandes marques, produits bio et produits « gourmets », mais tous sont de 20 % à 50 % moins chers que dans la grande distribution. Les produits vendus sont choisis par les adhérents via un classeur de suggestions.

    « Notre but n’est pas d’être un complément, mais de permettre d’acheter l’ensemble des produits : nous ne nous en interdisons aucun. Nous ne sommes pas un club, mais un #magasin où des adultes font leurs choix en conscience », explique Tom Boothe.

    Tous les produits ne sont donc pas biologiques. « On peut acheter à la Louve des tomates en hiver, mais dans les faits, nous en vendons très peu », précise toutefois Tom Boothe.

    Si la Louve a vocation à toucher le public le plus large, dans les faits, cela reste compliqué : 10 % des membres ne souscrivent qu’une part sociale car ils sont bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), étudiants boursiers ou en service civique. 16 % payent leur souscription en plusieurs chèques.

    « Ceux qui fréquentent la Louve sont sans doute plus "blancs" et ont des revenus plus élevés que la moyenne de la population. Malgré une action volontariste, dont des portes ouvertes tous les premiers samedis du mois, les gens du quartier présument que comme nous sommes un supermarché alternatif, cela va être plus cher », regrette-t-il.

    Un chèque-déjeuner avec bonus alimentation durable

    Elargir l’accès à une alimentation de qualité, c’est la démarche d’une autre coopérative, #Up_Coop, la société coopérative et participative (Scop) qui a popularisé le #chèque-déjeuner. « Le titre-restaurant s’étant largement démocratisé auprès des salariés, nous nous sommes demandé comment ramener ces ressources vers l’économie locale », explique Yassir Fichtali, directeur général secteur public chez Up Coop.

    En 2023, la Scop s’est donc associée à la ville de #Creil pour lancer le programme #Up+. La municipalité a proposé de bonifier sur une cagnotte la somme versée à ses agents s’ils l’utilisent sur la ville de Creil, et encore davantage en centre-ville. La carte #Up_Déjeuner devient ainsi un outil pour soutenir le commerce de centre-ville.

    « Nous allons tirer maintenant ce fil vers l’alimentation durable, inciter les gens à passer de la junk food à des achats dans des magasins bio, du vrac… », poursuit-il.

    Plusieurs villes se sont ensuite engagées dans le programme Up+ : Bourg-en-Bresse, Valenciennes, Haguenau, Nancy, Halluin, Mulhouse, Bagnolet et Angers. En Seine-Saint-Denis et dans le Gers, Up Coop participe à des expérimentations visant à orienter vers une #alimentation_durable la consommation de populations en difficulté.

    Le département du 93 a ainsi mis en place sur quatre territoires un #chèque_alimentation sous forme de carte, #Vital’im, en ciblant à chaque fois un public spécifique : à Montreuil, les personnes accompagnées par le CCAS, à Villetaneuse, un public étudiant, à Clichy-sous-Bois et Sevran, des familles. Son montant est bonifié de 50 % si les achats sont effectués chez un commerçant durable (Biocoop, primeurs locaux, les commerces et producteurs locaux).

    « On ne peut pas demander à des personnes en difficulté de payer le juste prix du durable. Cette politique publique permet à des publics de ne plus avoir à arbitrer entre le #pouvoir_d’achat et le #pouvoir_d’agir », commente Yassir Fichtali.

    Les CCAS, la Fondation Armée du salut, Action contre la faim sont associés à cette initiative. « Certains bénéficiaires n’osaient pas entrer dans un Biocoop, ils avaient l’impression que ce n’était pas pour eux. Des #freins que l’on peut déconstruire », souligne-t-il. Encore faut-il que cette offre alimentaire durable existe sur le territoire : à Clichy-sous-Bois, ce n’est par exemple pas le cas.

    Cette difficulté n’existe pas dans le département rural du Gers, où Up Coop participe au programme public #Mieux_manger, lancé en 2024. La mission a d’abord consisté à affilier les producteurs bio. Un groupement d’intérêt public rassemblant des collectivités et des associations a ensuite identifié plusieurs centaines de personnes destinataires d’une bonification en cas d’achat alimentaire durable et cette bonification évolue au fil des usages.

    « L’idée de cette expérimentation est de vérifier que le changement des pratiques va perdurer même si la bonification baisse », indique Yassir Fichtali.

    #Vrac, un groupement d’achat agroécologique

    #Vers_un_réseau_d’achat_en_commun (Vrac) mobilise aussi le soutien des pouvoirs publics dans une démarche résolument démocratique, en proposant des achats alimentaires sans emballages issus de l’agroécologie. Depuis 2013, il permet ainsi aux plus modestes – mais pas seulement – de se réapproprier leur #consommation_alimentaire.

    Au départ, son initiateur, #Boris_Tavernier, qui avait monté à Lyon un bar restaurant coopératif cuisinant des produits paysans, a été sollicité par un bailleur social lyonnais et la Fondation Abbé-Pierre (désormais Fondation pour le logement des défavorisés) pour monter un projet d’achat en commun afin d’améliorer le pouvoir d’achat des locataires. C’est ainsi qu’est né le premier #groupement_d’achat sous forme d’association.

    « Pas question toutefois de chercher les prix les plus bas, mais plutôt d’orienter les achats vers une alimentation durable et de qualité rémunératrice pour les producteurs », explique Lorana Vincent, déléguée générale de Vrac France, l’association nationale qui rassemble désormais 22 structures locales.

    Douze ans après, le réseau emploie une centaine de salariés. Une épicerie éphémère ouvre une fois par mois dans un local de chacun des quartiers où le réseau est implanté (association, maison des jeunes et de la culture, centre social…). Des bénévoles pèsent les produits, et chaque adhérent apporte ses contenants.

    En 2013, le projet a été lancé dans le quartier lyonnais de la #Duchère, à #Villeurbanne et #Vaux-en-Velin. L’initiative s’est tout d’abord heurtée à l’absence d’offre de qualité dans ces territoires emblématiques de la politique de la ville où le hard discount est très présent, et aux réticences de leurs habitants. Pour vaincre celles-ci, Vrac s’est appuyé sur des personnes-ressources, en très grande majorité des femmes.

    « Nous leur avons fait goûter les produits sans les présenter comme bio. Nous avons construit avec elles le catalogue en partant de leurs besoins. L’#huile_d’olive a été un formidable levier. Elles se sont emparées du projet », poursuit Lorana Vincent.

    Cette démarche de #démocratie_alimentaire s’est inscrite dans le temps. Sur chaque territoire, un « club produits » associant bénéficiaires et bénévoles est régulièrement réuni pour faire évoluer le catalogue. Les produits sont vendus sans marge, à un prix rémunérateur pour le producteur.

    « Vrac est un espace collectif où les habitantes et les habitantes ont accès à l’information sur l’origine des produits, la rémunération des producteurs. Cela permet de prendre ses décisions de manière éclairée et participe à faire de l’alimentation un sujet politique. »

    Le soutien crucial des pouvoirs publics

    Cette absence de marge est rendue possible par des #financements_publics. Depuis 2023, Vrac est notamment soutenu par la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), via le fonds #Mieux_manger_pour_tous. Les habitants des #quartiers_populaires peuvent acheter les produits 10 % moins cher que les prix coûtants, et même 50 % pour les personnes bénéficiant des minima sociaux.

    Si l’aventure Vrac a commencé dans ces quartiers populaires et continue à s’y développer, le réseau souhaite s’adresser à tous et toutes. Certes, les personnes non issues de ces quartiers payent, elles, 10 % de plus par rapport au prix coûtant. Mais « c’est un prix d’équilibre, cela permet que leurs achats ne coûtent rien au réseau », souligne Lorana Vincent. Et cela reste inférieur à ce qui se pratique dans le commerce traditionnel.

    Cette volonté de favoriser la mixité sociale est au cœur de la démarche de Vrac. « ATD Quart-monde a pour habitude de rappeler qu’une politique pour les pauvres, c’est une pauvre politique », conclut sa déléguée générale.

    https://www.alternatives-economiques.fr/mieux-salimenter-cher-lobjectif-supermarches-reseaux-d/00114404
    #alimentation #qualité #réseaux #supermarché_participatif #bénévolat #mixité_sociale

  • « Le #système_de_retraite québécois est simple : chacun commence à travailler quand il veut et part à la #retraite quand il veut »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/04/03/le-systeme-de-retraite-quebecois-est-simple-chacun-commence-a-travailler-qua

    « Le système de retraite québécois est simple : chacun commence à travailler quand il veut et part à la retraite quand il veut »
    TRIBUNE
    François Lalonde

    Mathématicien

    Le mathématicien canadien François Lalonde compare, dans une tribune au « Monde », la réforme en cours des retraites en France au système québécois des retraites qui est fondé, selon lui, sur la justice, la liberté et la solidarité mondiale.Publié aujourd’hui à 05h00, modifié à 05h00 Temps deLecture 3 min.
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    Au moment où la réforme des retraites, voulue par Emmanuel Macron et adoptée sans vote par l’Assemblée nationale, reste au cœur de la contestation sociale en France, il est utile de la comparer au système des retraites au Québec.

    Les Québécois ont l’un des régimes fiscaux les plus redistributifs au monde – au-delà de 100 000 euros de salaire brut annuel, on paie 60 % de notre revenu en impôts et taxes ; en même temps, le régime des retraites est individuel et actuariel.

    D’abord les chartes des droits et libertés du Canada et du Québec interdisent toute discrimination sur l’âge. Cela signifie qu’à partir de 16 ans, âge légal du travail, chaque individu travaille aussi longtemps qu’il le veut, jusqu’à 55 ans ou 70 ans, voire davantage.

    Un calcul actuariel solide
    Les cotisations de l’employé et de l’employeur, à parts égales quel que soit le milieu de travail, aussi bien dans le secteur public que privé, sont investies dans l’économie nationale et internationale par un comité de retraite qui gère les fonds d’investissement. Leurs membres sont souvent élus par les employés.

    Le système de retraite québécois est simple : chacun commence à travailler quand il veut et part à la retraite quand il veut. Il n’y a aucune règle sur l’âge du départ, ou sur le nombre, minimal ou maximal, de trimestres travaillés.

    A chaque mois de travail, les cotisations employé-employeur sont versées dans le régime de retraite de l’employé, qui reçoit chaque année un rapport détaillé sur l’état de son régime de retraite, et sur la prestation qu’il touchera en fonction de l’âge choisi de son départ à la retraite, selon le calcul actuariel.

    Ce calcul actuariel est solide parce qu’il tient compte des évolutions démographiques et économiques. Les régimes de retraite sont par ailleurs soumis régulièrement à un audit du gouvernement pour qu’ils soient fiables à au moins 95 %, ce qui signifie que même dans le pire des scénarios, le régime pourra honorer 95 % de ses engagements et indexer les prestations à l’inflation.

    Ce qui est intéressant ici, c’est que le régime québécois abolit les inégalités de façon naturelle et systématique. La raison en est que plus tôt l’on cotise dans sa vie, plus les intérêts s’accumulent rapidement. En termes clairs, un jeune qui a fait des études courtes (manœuvre, infirmier, plombier, maçon, etc.) cotise sept à huit ans plus tôt que les ingénieurs, avocats, médecins, professeurs de collège ou d’université.

    Une ou deux années de confort
    Cela est vrai d’autant plus que dans les grandes écoles, un étudiant ne reçoit aucun salaire de l’Etat, seulement des bourses qui ne sont pas prises en compte dans le régime de retraite. Et comme ce sont les cotisations payées tôt dans la vie qui rapportent le plus à la retraite, les individus qui ont fait des études courtes ont une pension de retraite aussi élevée que ceux qui ont fait de longues études, et cela jusqu’à 55 ans. C’est seulement à partir d’un âge à la retraite de 55 ou 60 ans que les études longues produisent une retraite plus élevée.

    Les fonds des régimes de retraite à travers le monde sont les plus grands investisseurs sur les marchés. Ils ont aujourd’hui au Québec l’obligation d’investir « proprement » pour lutter contre les changements climatiques, les inégalités de toutes sortes (femmes-hommes, Nord-Sud, commerce équitable, etc.).

    L’avantage d’un régime public capitalisé est qu’il repose sur l’économie mondiale. Il est donc plus stable qu’un régime par répartition qui ne repose que sur l’économie nationale. Il est en outre un instrument de changement planétaire par l’action menée par ses gestionnaires, qui peuvent, par exemple, investir dans la microéconomie indienne communautaire ou dans les énergies vertes. Un régime capitalisé est littéralement une banque qui investit l’argent placé, alors que le régime par répartition est une caisse comptable qui débourse chaque année ce qu’elle reçoit.

    Alors que la France est l’un des pays au sein de l’Union européenne où l’on travaille le moins d’heures dans sa vie, les Françaises et les Français manifestent en masse pour préserver une ou deux années retraite supplémentaires ; il est remarquable de constater qu’au Québec, les citoyens manifestent surtout pour que les régimes de retraite n’investissent que dans les entreprises qui préservent la #planète et qui sont mondialement #équitables. Le contraste est saisissant.

    Et d’ailleurs, au Québec, les manifestations ou pétitions sont rares car il est plus sensé et utile d’exprimer son opinion en amont lors de l’élection des membres des comités de retraite, en fonction de leur philosophie de gestion des fonds.

    #François_Lalonde est professeur titulaire à l’Université de Montréal, chaire de recherche du #Canada en #mathématiques pures et #physique théorique 2001-2022.

    • C’est un peu ne rien connaitre de l’histoire de la french sécu quand même, pour se retrouver à faire l’apologie de la retraite comme capitalisation financiere dont on te reversera les dividendes.

      En france, on est en train de basculer et de perdre sur les deux tableaux : et financièrement (les cotisations capitalisées se retrouvent annulées par l’énormité du système des trimestres) et au niveau gestion solidaire, puisque la retraite était au départ gérée par les travailleur·es - et donc la sécurité sociale - et non par l’Etat.

      De plus je ne sais pas d’où il tient ceci

      Alors que la France est l’un des pays au sein de l’Union européenne où l’on travaille le moins d’heures dans sa vie

      mais il me semble que c’est faux et que contrairement à ce que l’on croit les français bossent plus que les britanniques.

    • Concernant le travail censé être effectué tout au long de la vie, la France est, là encore, dans la moyenne européenne. Selon les chiffres d’Eurostat, la durée attendue de travail en 2020 d’un habitant de l’UE était de 35,7 ans. La France est légèrement en dessous, avec 35,2 ans, mais elle se situe malgré tout dans le milieu de tableau. Le top trois est occupé par l’Islande (avec 44,9 ans de travail attendus), la Suisse (avec 42,5 ans) et la Suède (avec 42 ans). Dans le bas du classement, la Croatie et la Grèce comptent 32,8 années de travail attendues en moyenne et l’Italie 31,2.

      et j’ai choisi exprès le parisien … mais tu as aussi
      https://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20130726trib000777738/les-francais-travaillent-plus-qu-on-ne-le-croit.html

      Et donc quand tu pars d’un prorata biaisé voire faux, avec un ton aussi hautain, on peut voir que les chiens de garde du pouvoir sont allés se chercher un clebs trudeau compatible macron.

    • Prétendre qu’un système est basé sur un principe égalitaire alors qu’on te dit que derrière ce sont des placements, garantis par l’état certes mais tout de même des produits financiers, ça fait quand même bien rire.

      Merci pour l’article que je voulais justement lire en entier, mais je me demande bien l’idée qui sous-tend ce papier : construire un contre-argumentaire a des gens comme Michael Zemmour ?

    • possible, mais comme ce mathématicien qui vit au Canada, n’a pas d’autres chroniques en ligne ni autres prises de positions difficile de le placer sur l’échiquier politique. On est aussi bien loin du modèle français, que Michael Zemmour maîtrise parfaitement, comme peu d’autres. Mais j’avoue ne pas comprendre l’âge minimal et le besoin de pénaliser ceux qui ont peu d’années avec côtisation (ce qui est courant quand on est allé à l’étranger ou que l’on a fait des études etc.).

    • « Le système de retraite québécois est en réalité bien peu protecteur », Simon Arambourou, Haut fonctionnaire, membre d’un corps de contrôle
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/04/05/le-systeme-de-retraite-quebecois-est-en-realite-bien-peu-protecteur_6168347_

      Le haut fonctionnaire Simon Arambourou rappelle, dans une tribune au « Monde », que le système de retraite québécois se caractérise par un niveau très faible des pensions, ce qui entraîne un taux de #pauvreté des plus de 65 ans trois fois plus élevé qu’en France.

      Le système de retraite québécois est-il vraiment plus simple, plus juste et plus respectueux des libertés individuelles que le système français ? Il n’en est rien. Le système de retraite québécois est en réalité bien peu protecteur.

      Ainsi, la liberté de partir à la retraite à l’âge que l’on souhaite est toute théorique. On pourrait en effet objecter qu’un ouvrier du bâtiment ou une aide-soignante aux dos abîmés ou qui souffrent de troubles musculo-squelettiques sont peut-être moins libres de travailler jusqu’à 70 ans qu’un mathématicien…

      Un rapide coup d’œil sur le site du Régime de rentes du Québec nous apprend ensuite que l’affirmation selon laquelle il serait possible de partir à la retraite à 55 ans est fausse. En effet, il faut non seulement attendre au minimum 60 ans pour percevoir sa rente de retraite, mais celle-ci sera de plus fortement minorée, « l’âge normal de départ à la retraite » étant fixé à 65 ans.

      Un taux de pauvreté plus élevé

      Ce mécanisme de #décote n’est pas neutre puisque le montant mensuel maximal que peut toucher en 2023 un néoretraité de 60 ans s’élève à 836,20 dollars canadiens [environ 568 euros] contre 1 306,57 dollars canadiens [environ 887 euros] pour un néoretraité de 65 ans, soit une décote de plus de 36 %.
      Cette liberté est donc toute relative, le système québécois n’offrant pas plus de possibilités sur ce point que le système français, qui permet d’ailleurs de travailler dans le secteur privé jusqu’à 70 ans, voire au-delà.

      L’exemple précité met en outre en lumière un autre aspect du système québécois, à savoir la faiblesse des rentes perçues par les retraités, qui sont plafonnées à des niveaux extrêmement bas. Le montant de la rente mensuelle est en effet compris entre 25 % et 33 % de la moyenne des revenus cotisés, à condition d’atteindre 65 ans pour toucher sa retraite, car, dans le cas contraire, le mécanisme de décote s’appliquera.
      Pour illustrer cela, un salarié qui aurait perçu le salaire médian français de 1 850 euros net par mois, soit un salaire « superbrut » [ce qui correspond au salaire net + cotisations salariales + cotisations patronales] d’environ 3 200 euros par mois, tout au long de sa carrière et qui prendrait sa retraite à 65 ans (donc aurait probablement cotisé plus de 43 annuités) pourrait espérer percevoir avec les règles du système québécois, une pension comprise entre 803 euros et 1 060 euros, sachant que le minimum vieillesse s’élève en France à 961 euros… Cette faiblesse des pensions se traduit d’ailleurs par un taux de pauvreté des plus de 65 ans trois plus élevé au Québec qu’en France (10 % environ contre 3,4 % en 2016).

      Une économie mondiale soumise aux crises

      Au-delà de ces éléments factuels qui contredisent certains des arguments avancés par les défenseurs du système québécois, d’autres affirmations prêtent à sourire tant elles semblent éloignées de la réalité.

      Ainsi, avancer qu’un régime par capitalisation aurait l’avantage de reposer sur l’économie mondiale, au contraire d’un régime par répartition dont le caractère national constituerait un handicap, c’est oublier que cette économie mondiale peut être soumise à des crises régulières qu’un système national de protection sociale peut justement amortir.

      La crise de 2008 en a d’ailleurs fourni un exemple, le déficit du régime des retraites français n’étant en rien comparable aux pertes subies par les fonds de pension à la même époque (perte de 23 % de leurs investissements) . Plus récemment, au cours de l’été 2022, la Caisse des dépôts et placement du Québec (#fonds_de_pension) a alerté sur le niveau de ses pertes, consécutives aux « turbulences du marché ».
      Quant aux fonds de pension, Il n’est nullement question de remettre en cause leur influence sur l’économie mondiale, mais on peut supposer qu’elle va au-delà de l’investissement dans la microéconomie communautaire ou les énergies vertes…

      Les Français parmi les plus productifs

      Enfin, l’opposition d’une très large majorité des Françaises et des Français à l’allongement de l’âge de départ à la retraite n’est pas un caprice d’enfants gâtés qui travailleraient peu.
      Si l’on en reste à la seule approche quantitative, le #travail ne se réduit pas à un nombre d’heures, et les Français sont parmi les salariés les plus productifs.
      Surtout, si cette opposition à l’allongement de l’âge de départ à la retraite est aussi massive, c’est qu’elle soulève d’autres questions majeures telles que les conditions de travail, les inégalités durant la carrière, le niveau des salaires ou la question de la répartition des richesses. Autant de questions qui jouent peut-être dans l’opposition actuelle des Québécois, eux aussi, à un allongement de deux ans de l’âge de départ à la retraite !

  • L’initiative « Fairfood » viole les règles de l’OMC, affirment les opposants Marc Menichini/oang - 13 Aout 2018 - RTS
    http://www.rts.ch/info/suisse/9768331-l-initiative-fairfood-viole-les-regles-de-l-omc-affirment-les-opposants.

    L’initiative pour des aliments #équitables, soumise à #votation le 23 septembre, viole les accords internationaux en matière de commerce, selon les opposants. Ses partisans contestent, avis juridique à l’appui.
    Le texte, intitulé « Pour des denrées alimentaires saines et produites dans des conditions équitables et écologiques », propose notamment que la Suisse importe de l’étranger des denrées alimentaires qui respectent certaines #normes_sociales et écologiques.
    http://www.rts.ch/2018/07/02/17/49/9690001.image?w=900&h=506
    Mais selon les opposants, l’initiative - une fois appliquée - pourrait contrevenir à de nombreuses règles de l’Organisation mondiale du commerce (#OMC). Les pays avec lesquels la #Suisse a conclu des accords commerciaux pourraient alors exiger des sanctions.

    « Avec les règles de l’OMC, on ne peut pas refuser d’importer ces produits », relève le conseiller national UDC fribourgeois Pierre-André Page. « Et en Suisse, si on commence à mettre des règles supplémentaires, on pourrait créer des problèmes avec d’autres entreprises. Des partenaires pourraient nous dire : ’Ecoutez, si vous ne prenez plus notre viande, nous, on ne prend plus vos montres, on ne prend plus votre chocolat ou votre lait.’ C’est un danger qui est vraiment présent. »

    Texte conforme aux engagements suisses
    Mais ce scénario est écarté par les partisans de l’initiative, qui s’appuient sur un avis juridique de l’Université de Berne. Sa conclusion est, à leurs yeux, sans appel : le texte peut être mis en œuvre conformément aux engagements internationaux de la Suisse - même en abaissant certains tarifs douaniers.

    « On peut jouer avec les droits de douane et les contingents douaniers pour favoriser les produits durables », souligne la conseillère nationale vaudoise Adèle Thorens (Verts). « Il y a un exemple dans le domaine des biocarburants qui entrent en Suisse : s’ils correspondent à un certain nombre de critères de durabilité, ils sont favorisés. Et c’est un succès que l’on pourrait reproduire notamment sur les denrées alimentaires. »

    Les partisans de cette initiative, si elle venait à être acceptée, comptent donc sur la sagesse et la créativité du Parlement pour élaborer de tels instruments. Il s’agira de trouver comment appliquer très concrètement les grands principes énoncés par le texte, tout en respectant le #droit_international. C’est justement ce chemin potentiellement tortueux que les opposants à l’initiative veulent à tout prix éviter. 

  • LINGE SALE – Victoria’s Secret exploite des enfants pour fabriquer sa lingerie « équitable » | Big Browser
    http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2011/12/23/linge-sale-victorias-secret-exploite-des-enfants-pour-fabriquer-sa-lingerie-equitable/#xtor=RSS-32280322

    La marque de lingerie Victoria’s Secret espérait se donner une image militante en lançant en 2007 une ligne de produits équitables fabriqués en Afrique, « Burkina fashion ». Raté ! Une vaste enquête menée par le journaliste de Bloomberg, Cam Simpson, révèle que la célèbre « marque aux Anges » fait travailler des enfants dans des champs de coton africains pourtant certifiés bio et #équitables .