• « Nous assistons à une entreprise inédite de #prédation de notre modèle social »

    https://www.youtube.com/watch?v=4ho89tb6sic&t=375s

    Effacer la #dette comme le propose Jean-Luc Mélenchon ? Baisser les #cotisations_sociales pour accroître les #salaires ou augmenter le #smic ? À l’approche des discussions sur le budget 2027 et de la campagne présidentielle, débat entre les économistes #Anne-Laure_Delatte, #Xavier_Ragot et la députée LFI #Aurélie_Trouvé.

    Dettes, #déficit, #modèle_social, salaires : ces questions essentielles sont déjà au cœur de la campagne présidentielle. Elles sont posées avec les débats à venir sur le budget 2027, pour lequel le gouvernement est en train de chercher entre 20 et 30 milliards d’économies.

    Mais sur ce sujet, les constats se suivent et se ressemblent, souvent de la part de la droite, mais pas seulement : « le modèle social français coûte trop cher », « l’État dépense trop », il faut « réduire, tailler, couper » et, pour certain·es, privatiser.

    Autrement dit : « There is no alternative » (« Il n’y a pas d’autres solutions »), célèbre phrase de la première ministre britannique ultra-libérale des années 1980, Margaret Thatcher, qui a fracassé le modèle social anglais.

    Malgré tout ce que vous entendez, des solutions #alternatives, il y en a…

    #privatisation #welfare #France #économie #finances_publiques #dette_publique #crise_de_la_dette #banque_centrale_européenne #LFI #politique_monétaire

    • Riches ensemble !

      Non, la France n’est pas au bord de la faillite. Non, les #dépenses_sociales ne dérapent pas. La récit qui oppose le « courage » de l’#austérité au « déni » des réalités budgétaires est mensonger.
      Anne-Laure Delatte démonte, données et travaux de recherche à l’appui, les idées préconçues qui minent le débat public. En confrontant le modèle français aux autres pays européens, cet essai incisif montre que la #gabegie n’est pas toujours là où on la dénonce, que certains #services_publics restent remarquablement efficaces, et que d’autres sont au contraire abandonnés.
      Ce livre propose aussi des solutions. Identifier ce que nous avons intérêt à financer ensemble, faire reculer le privé là où il capte les ressources sans mieux protéger les citoyens, évaluer sérieusement la dépense publique, et aller chercher les recettes là où elles existent.
      L’alternative des années qui viennent est simple : face à la crise écologique et aux risques géopolitiques, mutualiser pour vivre mieux, ou laisser la plupart d’entre nous s’appauvrir seuls.

      https://www.seuil.com/ouvrage/riches-ensemble-anne-laure-delatte/9782021611014

      #livre

    • « Mettre la dette au frigo » : le débat est celui de notre dépendance aux #marchés_financiers

      Pour #Éric_Berr, de l’Institut La Boétie, Benjamin Lemoine (CNRS) et la cinquantaine d’économistes signataires de la tribune, dont certains sont proches des insoumis, la proposition de #Jean-Luc_Mélenchon de « mettre au frigo » les #titres_de_la_dette pose la question de la reprise en main démocratique de notre économie.

      Ces derniers jours, une polémique secoue le bocal médiatico-politique. En cause : une conférence de presse où Jean-Luc Mélenchon suggère de « mettre au frigo » la dette publique française avec l’appui de l’#Eurosystème (Banque centrale européenne et Banque de France). Car cette proposition vient percuter un tabou et une pratique devenue si familière qu’elle en paraît naturelle : l’Etat doit nécessairement passer sous les fourches caudines des marchés financiers pour se financer. La conséquence de cette pratique est une dette publique de 3536 milliards d’euros au premier trimestre 2026, qui représente 117,5 % du PIB.

      Provoquer ainsi les réactions de l’économie mainstream permet de rappeler plusieurs fondamentaux du débat contemporain sur la politique économique, monétaire et financière. Une dette détenue par la banque centrale n’a pas le même statut économique et politique qu’une dette détenue par des investisseurs privés. Tant qu’un titre public figure au bilan de l’Eurosystème, il est soustrait aux arbitrages quotidiens des marchés, où s’expriment les goûts et dégoûts des professionnels de la finance gérant l’épargne mondiale. Il ne peut plus être vendu par des créanciers privés qui décideraient soudain que la politique d’un gouvernement suscite de vives inquiétudes ou est insuffisamment « crédible ». Cet emprunt ne participe plus de la même façon à la mécanique disciplinaire qui traduit des propositions politiques considérées comme insatisfaisantes pour les marchés obligataires en hausse de taux, puis en argument pour réduire la dépense publique de la main gauche de l’Etat. « Congeler » la dette dans le bilan de la banque centrale, c’est donc annuler le pouvoir de nuisance des marchés et désarmer le chantage à la dette.

      Mais il faut aller plus loin, et faire en sorte que les Etats européens et les options démocratiques évoluent à l’abri des aléas et conceptions socialement entendues des marchés financiers. Une première mesure doit consister à empêcher que la dette actuellement détenue par l’Eurosystème revienne progressivement sur les marchés – un retour « à la normale », au nom de la gestion de l’inflation que beaucoup appellent de leurs vœux. Par ailleurs, la BCE a décidé de « réduire son bilan », c’est-à-dire de diminuer le stock de dettes publiques qu’elle détient à la suite des achats effectués entre 2015 et 2024. Cette institution publique européenne pourrait faire le choix opposé en renouvelant ces détentions afin de maintenir durablement hors marché une fraction significative des dettes souveraines. C’est, au fond, ce que signifie l’idée de Jean-Luc Mélenchon de « mettre les titres au frigo » : soustraire une partie du stock de dette souveraine française au marché, afin de la mettre à l’abri des attaques spéculatives. Concrètement, lorsque les titres arrivent à échéance, le Trésor rembourse le principal à la BCE, ou à l’Eurosystème, qui peut alors réinvestir les sommes récupérées, éventuellement en rachetant de nouveaux titres publics. On pourrait même envisager de transformer ces titres en une dette à très longue maturité, voire perpétuelle, assortie d’un taux faible ou nul.

      La BCE pourrait reprendre une politique plus offensive d’achats de titres publics. Elle l’a fait massivement après la crise de la zone euro puis pendant la pandémie. Ces interventions ont montré qu’une banque centrale peut empêcher une crise de dette souveraine lorsqu’elle accepte de jouer son rôle de stabilisateur en dernier ressort. Des achats réguliers et garantis permettraient de contenir les taux d’intérêt, de tuer dans l’œuf les attaques spéculatives, mais sans les assortir des contreparties austéritaires qui ont marqué la crise des dettes souveraines des années 2010. L’organisation de nos sociétés et économies pour faire face à une planète qui brûle le justifie pleinement.

      Ces deux propositions ne demandent pas de créer de nouveau dispositif mais seulement d’utiliser des leviers déjà existants et utilisés. Elles sont portées par d’autres gouvernements européens (Italie, Grèce, Portugal, Espagne) dont les intérêts économiques en matière de politique monétaire et de dette publique sont alignés sur ceux de la France. Des dirigeants de ces pays ont publiquement exprimé leur opposition au relèvement des taux directeurs par la BCE. Enfin, ces deux solutions (« congélation » et reprise des rachats) sont actuellement mises en œuvre par la Federal Reserve (la banque centrale des Etats-Unis), ce qui témoigne de leur faisabilité et de leur actualité : dès l’été 2024, la Fed a ralenti le rythme de réduction de son bilan, puis a décidé fin 2025 de mettre fin à la réduction de son bilan en réinvestissant l’intégralité de l’argent des titres arrivés à maturité ; depuis le début 2026, elle a relancé des rachats de titres de dette souveraine. Pourquoi faudrait-il accepter pour la Banque centrale européenne des instruments volontairement amoindris ?

      Cependant, la stratégie de financement public ne saurait reposer uniquement sur la BCE. La France a longtemps disposé d’un système dans lequel le Trésor dépendait beaucoup moins qu’aujourd’hui des marchés financiers. Il ne s’agit pas de ressusciter à l’identique le circuit du Trésor de l’après-guerre, mais d’en retrouver l’inspiration afin d’organiser politiquement le financement des besoins collectifs.

      Une partie plus importante de l’épargne réglementée pourrait être orientée vers le financement public. Les banques pourraient être tenues de détenir un plancher de titres publics. Un pôle public bancaire pourrait financer à taux réduit les collectivités locales et les investissements nécessaires à la bifurcation écologique. L’épargne nationale cesserait alors d’être seulement une matière première offerte aux marchés financiers et redeviendrait un instrument de politique économique.

      A terme, la question du financement direct des Etats par la banque centrale devra être posée. Les verrous qu’imposent les traités européens ne représentent pas une loi de l’économie mais un choix institutionnel, aujourd’hui daté.

      Rétablir les canaux durables de financement public hors marché ne signifie évidemment pas que les déficits pourraient être financés sans limite. Mais la mise en œuvre de politiques raisonnées n’a rien à voir avec le fait de laisser aux marchés financiers un droit de veto permanent. Il ne s’agit pas d’un petit aménagement technique, mais la première pièce d’une architecture macrofinancière qu’il faut reconstruire en profondeur. La loi de l’offre et de la demande de titres d’emprunts, dirigée en réalité par les désirs d’accumulation de la finance privée, ne saurait présider au destin des populations. C’est d’ailleurs cette richesse privée qui requiert, pour fonctionner, des supports de placement stables et réputés sans risque – au premier rang desquels figure la dette souveraine. Contribuer à mettre la dette souveraine hors marché pave la voie d’une reprise en main démocratique du crédit et de ses circuits d’allocation. Ce qui prendrait tout son sens dans le cadre d’une planification écologique et d’un gouvernement par les besoins. La proposition de Jean-Luc Mélenchon a le mérite de rouvrir le débat : voulons-nous continuer à placer notre avenir dans les mains des marchés financiers ?

      https://www.nouvelobs.com/opinions/20260822.OBS117569/mettre-la-dette-au-frigo-le-debat-est-celui-de-notre-dependance-aux-march
      #Eric_Berr

  • Eric Ciotti demande le renvoi du ministre Philippe Tabarot qui l’a traité de « nabot » et l’a menacé d’appeler des « Géorgiens » pour le faire « disparaître » – Libération
    https://www.liberation.fr/politique/eric-ciotti-demande-le-renvoi-du-ministre-philippe-tabarot-qui-la-traite-

    Nabot

    Ce n’est pas la première fois qu’Eric Ciotti se voit désigné sous un qualificatif peu amène – nous avons encore en mémoire ce grand moment de télé où Nathalie Saint-Cricq, croyant son micro coupé, a surnommé l’allié du RN « Benito ». Cette fois, c’est un ministre qui s’en est pris au Trump de la Riviera.

    • Sénatoriales 2026 : Le ministre Tabarot veut « faire disparaître » le « nabot » Ciotti | Le Canard enchaîné
      https://www.lecanardenchaine.fr/politique/54117-le-ministre-tabarot-veut-faire-disparaitre-le-nabot-ciotti

      Avant le sommet du G7, à Evian-les-Bains, Emmanuel Macron a accueilli le Premier ministre indien Narendra Modi sur la Côte d’Azur, pour inaugurer, le 14 juin, le salon Bharat Innovates, vitrine du savoir-faire technologique du géant indien. C’est en marge de cet événement que le ministre des Transports Philippe Tabarot, également sénateur du cru, a manifestement perdu ses nerfs, dans les allées du Palais des expositions de Nice.

      Dans la délégation qui suivait les deux chefs d’Etat, le ministre s’est approché du nouveau maire (UDR) de Nice #Eric_Ciotti, en le qualifiant à voix très haute, et devant plusieurs témoins, de « nabot ». Avant de s’en approcher encore davantage et de lui chuchoter à l’oreille : « Je vais te faire disparaître. »

      Mais pourquoi faire appel aux Géorgiens ? Estrosi et son gang à la tête de cochon devrait lui régler son problème au nabot.

  • Mourir mal - AOC media
    https://aoc.media/opinion/2026/05/10/mourir-mal

    « Quand le tour de ma mère est venu, je ne me suis pas méfié. Personne évidemment ne m’a prévenu que ses deux derniers mois allaient mal se passer, que ma mère ne se trouverait jamais au bon endroit, que j’aurais à affronter une absence absolue de compassion. L’hôpital ne m’a pas dit : attention, je suis au bout du rouleau et contrairement à ce qu’indique mon nom, je vais être inhospitalier, voire hostile. »

    • avertissement : barbarie.

      Deux semaines après sa mort, ma mère reçoit un mail de SFR : « B***, Vous souhaitez donner une seconde vie à votre matériel non utilisé. » L’objet indique : « Le service client toujours à vos côtés. » C’est moi qui reçois ce mail, bien sûr, puisque je gère son compte.

      J’ai pourtant joint le certificat de décès à ma demande de résiliation. Qu’on adresse les mots « seconde vie » à une défunte ne m’étonne pas outre mesure, puisqu’au décès de mon frère, le syndic de copropriété avait mandaté un huissier pour trois mois d’impayés – après les avoir informés de la disparition de celui-ci, et leur avoir fourni les coordonnées du notaire en charge de la succession. L’huissier s’était présenté chez le mort et avait facturé son déplacement.

      Le mail de SFR me semble une bonne conclusion aux deux mois durant lesquels j’ai accompagné ma mère dans son agonie, d’abord à l’hôpital puis en Soins de Suite et Réadaptation (SSR). Il porte à un point d’indécence instructif le déni que j’ai eu à affronter tout du long, et qui s’énonce ainsi : en France, la mort n’existe pas. On pourra toujours débattre sur la « fin de vie » : tant qu’on n’aura pas admis que la mort fait absolument partie de celle-ci, rien ne changera. Ni la loi sur « l’aide à mourir », ni le manque de lits, ni le sort des agonisants qui n’ont plus de #consentement_éclairé.

      Ma mère n’était apparemment pas assez vive et pas assez mourante à la fois, elle ne correspondait à rien de prévu par les institutions : elle est rapidement devenue une patate chaude pour l’hôpital public. Sa « fin de vie » s’est transformée en long cauchemar filandreux, prise entre la gloriole des chirurgiens et le manque de temps et de compassion des #soignants, le tout aggravé par le manque d’argent.

      J’avais lu le témoignage d’une journaliste sur la fin de vie de sa propre mère, et comment il lui avait été impossible de trouver une équipe de #soins_palliatifs à domicile. J’avais lu des articles sur le naufrage de la #gériatrie, de l’hôpital, mais je ne l’avais pas expérimenté. Mon frère était mort d’un cancer dans un endroit laid avec un médecin désagréable mais, du moins, il avait eu droit à la sédation profonde et continue prévue par la loi Claeys-Leonetti.

      Quand le tour de ma mère est venu, il y a deux ans, je ne me suis en quelque sorte pas méfié. Personne évidemment ne m’a prévenu que ses deux derniers mois allaient mal se passer, que ma mère ne se trouverait jamais au bon endroit, que j’aurais par conséquent à affronter une absence absolue de compassion. L’hôpital ne m’a pas dit : attention, je suis au bout du rouleau et contrairement à ce qu’indique mon nom, je vais être inhospitalier, voire hostile.

      Je n’avais pas lu Ann d’Angleterre de Julia Deck (Seuil, 2024) qui n’était pas encore sorti, et je n’aurais sans doute pas cru alors ce qu’elle raconte sur la façon dont l’hôpital a traité sa mère, puisque je ne l’avais pas vécu. Ce livre m’a beaucoup fait rire, j’en ai gardé plusieurs passages en mémoire, dont celui-ci : « Je nous imagine propulsées dans un film apocalyptique où une administration bananière prononcerait de beaux discours pendant qu’elle achèverait ses vieux dans des zones de non-droit. Ce n’est pas une hallucination, c’est une tactique. »

      Le cas de ma mère n’est pas unique. Je pense au contraire qu’il est très banal et que c’est pour cela qu’il faut raconter, encore et encore. Parce que beaucoup d’entre nous vont être confronté·es à cette réalité désormais : il n’y a pas de place pour les #mourants. J’ai bien conscience évidemment que ce n’est qu’un sous-cas de la faillite généralisée du service public : France Travail ne peut pas vous indemniser parce qu’il n’a aucune case pour votre précarité, l’hôpital psychiatrique ne peut soigner les schizophrènes armés qui se croient musulmans et vous ne pouvez pas mourir en paix parce qu’on a ôté de sous votre corps les lits et les structures, fussent-elles privées, adaptées à votre état.

      Pour ma mère, cela commence comme ça : un samedi matin, son infirmier m’appelle, elle est encore tombée. Il l’a retrouvée au matin chez elle, mais que je ne m’inquiète pas : les pompiers l’ont emmenée aux urgences de l’hôpital de M., « et elle peut remuer ses orteils ». L’infirmier a donné mes coordonnées aux pompiers, transmis les ordonnances. Puis il a appelé l’hôpital. Ils vont sans doute l’opérer, me dit-il, pour consolider sa colonne vertébrale, une cimentoplastie : une sorte d’injection de colle, trois fois rien, ce sera idéal pour son cas. Ma mère a 90 ans, donc je m’inquiète quand même. Je vis à 800 km, je ne peux pas me rendre sur place en un clin d’œil. Et à quoi servirai-je si on est en train de l’opérer ? Mais je suis aussi son dernier proche : tout le reste de la famille est mort, ses amies sont séniles, son armée d’#aides_à_domicile est, par définition, cantonnée au domicile. Ses capacités cognitives sont en outre diminuées depuis quelques mois et le transport dans un lieu étranger ne va rien arranger, je le sais d’expérience : je dois y aller, je ne peux pas la laisser seule dans cet endroit – je serai son point de repère.

      Aussitôt raccroché avec l’infirmier, j’appelle l’hôpital. Un automate propose d’énoncer le nom de la patiente : « Je n’ai pas compris votre demande. » Au bout de plusieurs heures, l’accueil répond enfin. On ne peut pas me passer le service, c’est le week-end. Ma mère doit être opérée, je dis que je vais laisser mes coordonnées pour qu’on me rappelle, mais mon interlocutrice refuse. Aimable jusque-là, je me raidis : je vais laisser mes coordonnées, insistai-je, car je suis non seulement son fils mais son tuteur légal, « et si elle meurt sur la table d’opération, cela vous évitera de prévenir la police pour retrouver ma trace ». Sensible à cet argument, la réceptionniste me passe le service. Au bout du fil, une femme semble soulagée de mon appel : ils ne savaient pas comment me joindre ni quel était son traitement médical. Je ne fais pas remarquer que l’infirmer a communiqué tout cela aux pompiers. Je transmets la dernière ordonnance que j’ai en ma possession par email. La femme ne sait pas comment va ma mère, sauf qu’elle ne peut pas répondre au téléphone, et l’opération ne se fera pas ce week-end. Il faudra attendre lundi pour parler au médecin.

      Autre récurrence médicale : mieux vaut agir que d’accepter que le réel résiste.
      (Voilà une constante remarquable de ces huit semaines qui s’ouvrent : les infirmières ne savent pas comment vont les malades, elles ne sont pas habilitées à le savoir. Les infirmières du soir ne savent pas quels sont les traitements du matin, elles n’étaient pas là, elles se contentent de donner ceux du soir, même si la malade, quand elle ne pourra presque plus déglutir, les rend, s’étouffe avec – ou les deux à la fois. Autre constante : le matin, on ne peut pas visiter les malades. En réalité, on peut par dérogation, si votre proche est gravement atteint, ce qui va se révéler le cas, mais en pratique on peut difficilement puisque, quand vous vous présentez, on vous intime de déguerpir par égard pour les autres malades, auxquels on prodigue des #soins toutes portes ouvertes. La double injonction contradictoire règne. L’une vous dit d’un air de reproche : « Les médecins étaient étonnés de ne pas vous voir ce matin. » À quelle heure passent-ils ? Vers 10 heures. Le lendemain à 9h30, on commence par vous demander de sortir : les visites, c’est à partir de midi. On vous explique la pudeur comme si vous aviez cinq ans. Vous justifiez votre cas. Vous avez tort quand même : les médecins passent à 9 heures, ne le savez-vous donc pas ?)

      Le lundi, le médecin m’appelle. La cimentoplastie ne suffira pas mais il a une solution pour ma mère. L’arthrodèse. Une opération complexe, il la décrit. Car c’est plus grave qu’on ne pensait. « À la radio, y a plus de colonne vertébrale… Avec son ostéoporose, la pauvre, j’ai jamais vu ça, je vous montrerai si vous voulez. » Je le crois sur parole, pas besoin de me montrer, et je ne sais pas lire les radios. Il ajoute qu’elle est « hyperalgique » (traduction : elle souffre atrocement), et donc intransportable. Mais elle a trouvé une position supportable, me dit-il, elle est immobile. « Bon, l’arthrodèse, je vous cache pas qu’à son âge, 90 ans, c’est une opération hyper lourde, on fixe des plaques. Je vais essayer mais c’est pas sûr que les vis tiennent, et alors là, après, on pourra pas réopérer et alors sa qualité de vie… » Les anesthésistes n’étaient pas chauds, ajoute-t-il, mais il a bon espoir de pouvoir opérer quand même, il attend un second avis collégial.

      Ce type doit être fou. Je résume dans ma tête : elle risque au pire de mourir durant l’opération ou au moins d’avoir des suites post-opératoires affreuses pour un retour à la case départ, c’est-à-dire en l’occurrence la case fin. « Si l’opération rate, est-ce qu’elle souffrira davantage après ? » Il n’en sait rien. Je suppose surtout que ça ne l’intéresse pas de savoir, puisqu’il devrait pour cela envisager le ratage.

      (Autre récurrence médicale : mieux vaut agir que d’accepter que le réel résiste. Dix-sept ans plus tôt, quand le cancer de mon père était en phase terminale, irrécupérable, l’oncologue m’a expliqué qu’on allait commencer une chimiothérapie plus agressive. J’ai fait remarquer que cela allait le tuer plus vite. « C’est sûr, mais si on ne l’avait pas transfusé hier, il serait déjà mort. » Je sais surtout que cela va le faire souffrir davantage, mais par une politesse imbécile, je ne dis rien. C’est le protocole, argumente le médecin, et il y a une chance infinitésimale, miraculeuse, pour que ce traitement ait un effet. Dix jours après sa chimio, mon père meurt en effet, son état s’étant, comme prévu, brusquement dégradé.)

      Le second avis des anesthésistes arrive le lendemain. Une femme me téléphone : elle et ses collègues refusent l’opération, trop longue et trop lourde vu l’état de la patiente. Ce sera la seule personne, en deux mois, à m’avouer que, oui, ma mère est condamnée à brève échéance par grabatisation puisqu’elle ne peut plus bouger. Les fonctions vitales vont se détraquer jusqu’à ce que mort s’en suive. Je parle de « soins palliatifs », elle renchérit, promet qu’elle fera tout ce qu’elle peut pour la soulager, je suis légèrement rassuré. Mais je ne reverrai ni n’entendrai plus jamais cette médecin. La même semaine, au détour d’un couloir, une infirmière désignera ma mère comme « la petite mamie en fin de vie ». Malgré cela, je n’aurai désormais plus qu’une seule réponse, extravagante, de personnes s’occupant de mourants : « Nous, vous savez, on s’occupe de la vie. » On traitera toujours ma mère comme une malade appelée à guérir – et moi comme un importun.

      Je débarque à l’hôpital le mardi. Trois heures de TGV, quarante-cinq minutes d’attente avant une heure de bus intercités, puis encore vingt minutes de bus. Je me présente dans le service. Une infirmière m’engueule en guise de bienvenue : où sont les serviettes de toilettes de ma mère ? Le gel douche ? Le shampoing ? Je vois qu’il n’y a qu’un gobelet en carton pour boire et que, ne pouvant bouger, elle se renverse systématiquement le liquide sur elle. Plus tard, en SSR, une aide-soignante me dira : « Ah bon, ils vous ont demandé des serviettes de toilette à l’hôpital ? Ils sont gonflés, ils en ont. »

      Ma mère demande en me voyant « Mais qui es-tu ? » d’un air presque joyeux. Je le lui explique, elle a l’air satisfaite. Cette désorientation ne va pas s’améliorer dans les deux mois qui viennent. Elle ne parle presque plus, se contente de répondre par « oui » ou par « non » à des questions de bien-être (froid, chaud, mal, faim, etc.). Elle se plaint de l’eau : « C’est pas bon ». Sans doute un symptôme de délitement physiologique. Aucune boisson ne sera plus jamais bonne. Parfois des phrases sortent toutes armées de la confusion générale : « Remets ton col, il est de travers » (et c’est vrai).

      Ce premier jour, je vais donc acheter les serviettes de toilette dans un hypermarché de ZAC, à vingt minutes à pied de l’hôpital. Je prends les produits d’hygiène dans une pharmacie. On n’y vend pas de « verre anti-fausse route » (un gobelet plastique avec une anse et une paille intégrée dans le couvercle). J’irai dans un magasin spécialisé en matériel médical le lendemain. Le gobelet fait merveille, ma mère peut enfin boire. Mais il disparaîtra quand on la transférera un mois plus tard de l’hôpital aux Soins de Suite et de Réadaptation. J’en rachèterai un autre. Hélas, chaque fois qu’un soin de nursing est prodigué à ma mère, sa tablette est écartée du lit et jamais remise en place, son verre systématiquement hors de portée. Je suis là tous les après-midi, j’ai loué une chambre en ville, je remets le verre près de sa main dès que je reviens dans sa chambre.

      Assez vite, une infirmière me demande si je veux donner ses médicaments à ma mère à la fin du dîner, elle les a broyés dans un peu de compote. Je le fais volontiers, puisque le soir je la nourris à la cuiller. Le lendemain, une autre que je ne connais pas pose les médicaments sur le plateau sans rien dire et repart. Je sors de la chambre et demande si je dois les lui administrer. La question étonne : oui bien sûr. Je les broie, je les mets dans la compote. Un jour, le broyeur (un petit pot en plastique) a disparu. Je pars dans les couloirs à la recherche d’un autre broyeur. Soupir, grimace : visiblement, j’agace. Un autre soir encore, j’ose demander pourquoi il y a autant de médicaments et si l’on ne peut pas en supprimer, ma mère n’arrive jamais à tout avaler, elle en laisse ; le Tanganil, par exemple, recommandé lors des crises de vertige. Un infirmier téméraire abonde : « C’est sûr que ça ne va pas lui servir à grand-chose, elle est allongée en permanence. » C’est le seul que j’aurais entendu, durant ce séjour, dire une chose de bon sens. Personne apparemment n’avait remis en question l’ordonnance que j’avais transmise.

      On ne peut pas garder ma mère en chirurgie orthopédique ni même à l’hôpital si on ne lui fait rien. Car elle occupe un lit qui serait plus utile à soigner d’autres vies : personne ne le dit mais c’est une évidence et je suis d’accord. Malheureusement, on ne peut pas la redresser ni l’asseoir, et la transporter est dangereux. Le chirurgien décide donc de faire quelque chose. Il a une idée. On va essayer un corset. Il en profite pour me raconter la technique de l’arthrodèse une deuxième fois. Une orthoprothésiste vient prendre des mesures. Il lui faut aller chercher quelqu’un pour « mobiliser » comme on dit ma mère, sinon elle ne peut pas passer le mètre-ruban. Ma mère souffre, elle crie. Le lendemain, on me dit que la jeune femme a refusé de faire le corset. Je suppose qu’elle n’est pas là pour torturer les gens. Qu’à cela ne tienne, on convoque un deuxième orthoprothésiste, un homme jeune, cette fois-ci. Les mesures sont prises de nouveau dans les cris, le corset fabriqué. Je rentre trois jours à Paris, je dois absolument travailler « en présentiel ».

      Mais maintenant qu’on soigne si bien les gens, les femmes finissent par périr irréparables, avec le squelette en miettes.
      Quand je reviens, c’est le soir, le corset est posé, ma mère implore en continu, de sa voix faible, « Mon Dieu, au secours, arrêtez, au secours ». Elle souffre visiblement. Les soignants et aide-soignants sont gênés de me voir. Je leur montre que ma mère a mal, ils sont obligés d’acquiescer. Je demande qu’on enlève le corset. Les infirmières disent qu’elles vont demander au médecin. Je demande à voir le médecin. Il n’est pas là. Je suis lâche et je n’en peux plus, je dis « Au moins donnez-lui un antalgique » et je m’en vais, il est vingt heures, ce spectacle est insoutenable. Le lendemain matin le chirurgien me reçoit (il me raconte à nouveau l’arthrodèse avec délectation, ça doit être son opération-signature) et me dit qu’il a constaté que le corset ne convenait pas et qu’il a donc préconisé de l’enlever – comme une preuve brillante de sa perspicacité. On finit par mettre ma mère sous morphine. Personne ne m’en informe alors que je viens tous les jours, mais je sais lire les étiquettes et je reconnais les hallucinations : j’ai déjà vu mon père et mon frère avec ce médicament.

      Chaque fois que je la quitte deux ou trois jours, ma mère met du temps à me reconnaître comme « son fils ». Après le « Mais qui es-tu ? » de la première fois, la suivante est pire, elle me vouvoie, me regarde comme un inconnu non invité. « — Tu ne me reconnais pas ? — Non. » Puis les liens rentrent dans l’ordre si je passe tous les après-midis avec elle. Vers le milieu de l’agonie, une soignante confirme : « Elle vous attend. – Je ne sais pas si elle me reconnaît vraiment. – Si, elle a dit que son fils allait venir ». Mais en général elle dort quand j’arrive.

      La dernière fois que je croise le chirurgien orthopédiste, il raisonne : on voit de plus en plus de cas comme ma mère, m’explique-t-il devant ses collègues des « soins palliatifs », deux femmes souriantes et mutiques que je verrai deux fois et qui ne pallient volontairement rien, car l’agonie de ma mère, discrète pendant leurs deux minutes de visite quotidienne, leur convient. Il existe des anxiolytiques pour personnes âgées, mais elles ne jugent pas utile de lui en prescrire, puisque je suis le seul témoin de son angoisse quotidienne. À son âge, il y a quelques années, continue le chirurgien, ma mère serait déjà morte d’autre chose. Mais maintenant qu’on soigne si bien les gens, les femmes finissent par périr irréparables, avec le squelette en miettes. Le roi de l’arthrodèse a cependant un dernier espoir : « que ça se recolle tout seul ». On lui fera une radio dans un mois pour savoir. Un miracle est si vite arrivé.

      En attendant la radio, on va donc envoyer ma mère en soins de suite et de réadaptation à un kilomètre de là. Un jour, il est prévu de la transférer : on l’emmène, mais les SSR se sont trompés, aucune chambre n’est libre. On la ramène, on la remet dans sa chambre d’hôpital. On lui a supprimé la morphine par la même occasion, j’ignore pourquoi, j’assiste en direct à sa descente et à son manque, elle ne comprend pas où elle est, son délire prend, comme souvent dans ce cas, la forme d’une logorrhée. Depuis qu’elle est hospitalisée, nous n’avons jamais autant parlé. Les chambres sont devenues doubles, des saumons japonais remontent des fleuves. Ce n’est pas à la télé qu’elle a vu ça, elle ne l’a pas. Elle me fait signe qu’elle l’a entendu. Mon père avait un dragon sous son lit qui faisait cuire des pommes de terre en crachant le feu. À chacun son animal.

      Là encore, personne ne m’a prévenu de rien, je suis venu à l’hôpital à l’heure dite du transfert pour l’accompagner, et elle était déjà revenue. Sans doute que je me laisse trop faire, sans doute qu’il faudrait gueuler, en imposer, avoir de mauvaises pensées et rudoyer cette humanité amorphe pour ce qu’elle est. Mais ce n’est pas de leur faute, me dis-je, c’est la loi de la jungle : pas d’argent pour l’hôpital, pas de pitié pour les mourants ni les proches. Ce doit donc être ma faute : je ne connais aucun médecin, nous sommes des prolétaires sans relations ni passe-droit, et l’infirmière-cadre m’assure que ce sera pareil dans une clinique privée. Il n’y a que certaines aides-soignantes et les femmes de ménage pour montrer un peu d’humanité.

      Quand je demande un point sur l’état de ma mère, deux fois par semaine, peut-être, pour connaître l’état de ses escarres, de son sommeil, de sa nutrition matinale, au moment d’un « nursing » ou de la prise des médicaments, l’infirmière va chercher son binôme et lui lance bien fort, d’un air narquois : « Y a le fils de Mme Loret qui voudrait des informations », comme elle dirait : « Démerde-toi ma petite. » Cela doit être un jeu entre elles. L’autre souffle ostensiblement, s’acquitte du pensum en résumant que « les constantes » vitales sont constantes. Personne ne veut affronter le fait qu’une patiente ou un patient va mourir, je le comprends bien. C’est l’impensable échec médical. Les gens qui ne peuvent pas guérir les emmerdent, ils en ont peur ou les évitent, et leurs familles avec. Personne ne peut dire « Oui, elle va mourir et nous allons vous accompagner tous les deux ».

      Finalement, au deuxième mois, il y a une place en SSR. Contraste frappant. Les aides-soignantes sont sympathiques, les infirmières toutes très jeunes et souriantes. Y a-t-il une distribution générale de Prozac ici ? Même s’il s’agit d’un service destiné à réadapter les accidentés, leur rendre leur autonomie, il y a d’autres cas désespérés de personnes qu’on ne peut plus « mobiliser ». Je m’attends donc à un peu d’intelligence de la part du gérontologue qui est assigné à ma mère. Hélas, celui-ci non plus n’arrive pas à me regarder dans les yeux. « Ici, on ne garde pas les gens plus de trois semaines », prévient-il. Il n’a pas l’air de croire à la consolidation spontanée qui permettrait d’échapper à la mort par grabatisation. « On va voir à la radio si on peut la mobiliser. — Et si on ne peut pas ? » Mais il faut la mobiliser : c’est la raison d’être des SSR.

      Au bout d’une semaine, un jour que je propose une énième compote à ma mère, elle répond « Je préférerais mourir ». Depuis le début, son visage est sans expression. Puis elle dit « Tu n’en as pas marre de moi ? » Je réponds « Non. Et toi, tu en as marre de moi ? — Non. » Dix jours plus tard, elle arrête définitivement de manger. Encore quinze jours, elle arrêtera de boire. Il n’y a que l’assistante sociale pour parler franchement : « Bon, elle nous fait un syndrome de glissement, on ne va pas se mentir. – Oui, je vois bien. Est-ce qu’on peut la transférer en soins palliatifs ? » Eh bien non, car elle ne souffre pas encore assez.

      C’est vrai qu’on n’est pas là pour achever les gens, suis-je bête : « on s’occupe de la vie », fût-elle invivable. Ce sera donc l’EHPAD. « Elle sera aussi bien soignée qu’ici. — Mais enfin, ça n’a aucun sens, elle va bientôt mourir, elle ne mange plus depuis deux semaines ». Je souhaite ramener ma mère chez elle. L’assistante sociale m’en dissuade. « Vous savez, ça peut durer très longtemps, on a eu une patiente qui est restée deux mois comme ça avant de mourir, vous vous imaginez seul avec elle ? » Car il est impossible de trouver du personnel assurant une garde 24 heures sur 24. Moi-même, je ne suis pas sûr que ma mère reconnaîtra sa maison – un ami me parle de son père hospitalisé à domicile qui disait « C’est bizarre, on dirait chez moi ». J’appelle son médecin traitant, son infirmier, personne ne connaît de service qui pourrait m’aider.

      Puisqu’elle va plutôt mourir que ressusciter, arguai-je auprès du gérontologue, ne peut-on lui procurer des soins palliatifs, puisqu’elle est de toute évidence en détresse ? J’ai apporté ses directives anticipées, rédigées il y a vingt ans : pas de souffrance inutile. Je répète ce qu’elle m’a dit : elle « préférerait mourir ». Évidemment, j’ajoute que j’ai bien conscience qu’elle est mentalement confuse. Peut-être préférait-elle mourir que de manger encore de la compote. « Je n’attends aucun miracle, je demande juste qu’elle ne souffre ni mentalement ni physiquement. » Le médecin fait une réponse minimale : « Donc nous sommes d’accord, si elle fait une crise cardiaque, nous ne la réanimerons pas. »

      L’assistante sociale trouve un EHPAD privé de luxe, me demande d’aller le visiter pour choisir une chambre, elle a transmis le dossier de ma mère. Le médecin de l’EHPAD est d’accord, on me demande un état précis de ses finances : le relevé en ligne de ses comptes ne suffit pas, il faut un papier tamponné par la banquière. À l’EHPAD, l’assistante sociale, qui est aussi apparemment directrice commerciale, me fait l’article : « Ici, quand ils ont un souci, les résidents sonnent et on leur parle via ces terminaux électroniques dernière génération, ça les rassure et ça évite de déranger le personnel pour rien. » Génial, ils ont inventé la téléassistance. « Ça fait longtemps que ma mère ne peut plus appuyer sur une sonnette », cinglai-je. Vont-ils la laisser crever si elle ne peut se manifester ? Je croyais qu’ils avaient lu son dossier. Je ne gifle pas la commerciale sociale : mais être aussi déconnectée du mourir me semble, à ce tarif-là, impardonnable.

      J’ai le choix entre une chambre assez grande, ensoleillée avec balcon, et une autre côté nord, avec vue sur un parking : « Non je ne vais pas prendre celle-ci, lui dis-je, sinon c’est moi qui saute par la fenêtre. »

      Dans un de ses rares moments de lucidité, ma mère me dit que le gérontologue lui a annoncé son transfert dans « une maison ». Elle n’a pas compris le but. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle ne veut pas être transportée, cela lui fait trop mal, je vois que c’est une angoisse insupportable. Je lui dis qu’elle n’ira pas, je lui dis que je viendrai avec elle, je dis n’importe quoi. C’est un chemin de croix pour elle comme pour moi, il n’y a que du malheur et de la douleur depuis des semaines, on n’en peut plus. J’écris à un ami : « Rester à ses côtés, croire la retenir à bout de souffle et des “à demain” échangés jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de demain ou plus d’échange, est épuisant. » Un soir, vers la fin, une aide-soignante ukrainienne me ramasse en pleurs à l’arrêt de bus et me raccompagne en voiture au centre-ville. Elle me conseille de parler à un autre gérontologue du service, selon elle moins borné. Mais je n’aurai pas le temps.

      Parfois, il y a des moments drôles dans l’horreur. Un soir, avant qu’elle cesse de manger, comme je suis épuisé, je décide de m’éclipser, rentrer dans mon Airbnb et laisser l’aide-soignante la nourrir. Je soulève néanmoins la cloche en plastique, ma mère commence à faire le geste de porter une cuiller imaginaire à sa bouche, comme elle le fait depuis un moment. Mais le plat est fumant. Je lui crie : « Ouh là là, c’est très chaud ! Il faut attendre un peu ». J’ajoute : « Bon, je vais y aller, je vais rentrer. D’accord ? Tu me fais un bisou ? » Je lui tends la joue et elle mord dedans à belles dents qu’elle n’a plus, aussi bien que je ne sens rien. « Mais maman, ce n’est pas de la nourriture, c’est ma joue ! – Ah ben c’est malin, ça », me répond une autre région de son cerveau qui fonctionne encore, et qui croit que je lui ai fait une blague. Elle a une sorte de petit rire.

      Dans le même service de Soins de Suite et de Réadaptation, il y a une madame G. qui gueule en permanence, parle mal au personnel et a des exigences. J’apprendrai un peu plus tard qu’elle a été cheffe de quelque chose, habituée à commander. Elle a mordu jusqu’au sang une aide-soignante. Le premier dimanche où je l’entends, elle hurle en continu pendant presque une heure « J’ai mal, ma piqûre ! Viiite ! » Parfois, entre deux redites, elle menace de souiller ses draps, ou elle croit qu’elle l’a fait (une aide lui explique que ce n’est pas possible, vu qu’elle a, comme la plupart des vieillard·es ici, une sonde urinaire et une couche). Au bout d’un moment quelqu’un vient. Peut-être a-t-elle sa piqûre. Elle se tait.

      Trente minutes après, ça recommence, autre disque rayé, une longue plainte : « Je n’ai pas mangé, j’ai faim ! » Ses cris sont insupportables. Cela dure encore un moment et, au bout d’une énième répétition, elle ajoute à son « Je n’ai pas mangé, j’ai faim ! », en guise d’argument supplémentaire, d’un ton presque informatif et quelques décibels plus bas : « Et la dame à côté, elle a mal à la tête. » Je ris nerveusement.

      Le moment de la radio qui doit montrer si la colonne vertébrale s’est réparée approche. On me promet qu’on lui donnera un « bolus » de morphine, un supplément. Le jour J, l’examen est reporté ou annulé, ce n’est pas clair. Je dois repartir une seconde fois à Paris travailler, c’est obligatoire. Je reviendrai pour le jour du transfert à l’EHPAD, le mercredi suivant. Mais le dimanche soir, une infirmière appelle. L’état de ma mère s’est dégradé. « Vous voulez dire que c’est mieux si je viens le plus vite possible ? — Oui. » Et en effet, le lundi, je la retrouve inconsciente, il y a cinq moniteurs et pompes divers accrochés à son corps. « Vous la mettez toujours à l’EHPAD ? » Plus que jamais, apparemment. Le mardi, veille du transfert prévu, on m’informe qu’on va finalement l’emmener en soins palliatifs à 50 km de là, dans une clinique religieuse privée. Je change de ville et d’appartement, je me retrouve à la clinique à dix heures du matin, l’ambulance de ma mère est encore dans la cour.

      Là, un médecin en soutane m’apprend qu’on l’a transportée d’abord à l’hôpital de T. pour la radio promise : les vertèbres se sont bien ressoudées, mais avec des atteintes neurologiques définitives. Je la vois, on l’a débranchée, elle est consciente et ne peut presque plus articuler, on dirait un cadavre. Ici, ils ont une autre approche du traitement de la douleur, explique le médecin. Mais la comédie de la résurrection continue : on me demande d’aller acheter gel douche et shampoing (les SSR les ont gardés), du dentifrice et une toute petite brosse à dents chirurgicale pour masser ses chicots. Si je peux apporter des vêtements aussi. « Vous allez l’habiller ? — Oui bien sûr, on habille les patients ici, c’est une question de dignité. » Un infirmier me montre comment hydrater sa bouche avec un écouvillon à bout de mousse, puisque la déglutition ne fonctionne plus. Elle suce l’eau bicarbonatée et manque de s’étouffer.

      Il y a une psychologue aussi, qui est très présente. Trois fois, elle essaie de faire prononcer à ma mère les prénoms de ses fils. Une bouillie incompréhensible sort. Elle me dit : « Rentrez, vous êtes épuisé, c’est vous qui allez mourir si vous continuez. » Elle articule très fort à ma mère : « Votre fils est fatigué, il va rentrer. Vous aussi, vous êtes très fatiguée, je le vois, vous allez dormir. » Et à moi : « Reposez-vous, et demain revenez le plus tard possible, vous en avez assez fait. » Voilà qui me semble raisonnable. Je retourne à ma location.

      À zéro heure dix, la clinique m’appelle pour me dire que ma mère est décédée. Depuis sa chute deux mois plus tôt, elle aura passé moins de vingt-quatre heures dans un service adapté.

      #Hôpital #médecins #directives_anticipées #maltraitance #violence_médicale #mourir #mort #Éric_Loret #récit

  • Hommage à Eric Bruillard
    https://www.cafepedagogique.net/2026/04/07/hommage-a-eric-bruillard

    Eric Bruillard, professeur en sciences de l’éducation et spécialiste des technologies informatiques dans l’éducation et la formation est décédé récemment. Il participait à une conférence sur les ressources numériques en décembre dernier animée par le Café pédagogique.

    Lors de la conférence, Eric Bruillard expliquait que le véritable changement apporté par le numérique à l’école ne résidait pas dans les ressources elles-mêmes, mais dans la manière dont elles sont conçues, partagées et utilisées. Pour lui, le numérique et l’IA largement utilisés par les enseignants, notamment pour préparer leurs cours, a élargi les possibilités pédagogiques. Il soulignait que l’abondance d’outils ne faisait pas forcément gagner du temps aux enseignants, car elle peut au contraire en demander davantage. Il est revenu sur une opposition entre papier et numérique, exagérée selon lui : les enseignants utilisent les deux de façon complémentaire. Après une forte adoption du numérique, notamment pendant le confinement, il observait un retour partiel au papier, permettant de ralentir le rythme de l’apprentissage face à l’accélération induite par les technologies.

    #Eric_Bruillard

  • [C&F] Éric Bruillard est parti faire l’école buissonnière
    https://newsletter.cfeditions.com/2026_04_07_eric_bruillard.html

    C’est avec beaucoup de peine que nous apprenons le décès d’Éric Bruillard. Un ami et un auteur de C&F éditions à qui je voudrais rendre ici un petit hommage.

    J’ai connu Éric dans les couloirs du laboratoire d’informatique de l’université de Caen. Toujours hyperactif, attiré en permanence vers de nouveaux projets capables d’intégrer l’informatique à l’école sans nuire aux relations de transmission qui restent des activités profondément humaines. Il avait l’enthousiasme chevillé au corps, toujours positif. Il ne croyais pas à une informatique de remplacement, qui est trop souvent le discours des « édu-tech », mais à un usage d’accompagnement. La transmission se fait dans le contact humain, mais le support peut tout à fait utiliser des outils techniques.

    Portrait Eric Bruillard Son approche de la didactique mettait toujours en avant le collectif, l’école comme institution complexe, avec de nombreuses interactions qui construisaient avant tout des personnes, des individus devenant autonomes. L’apport de l’informatique à l’enseignement, une fois ce cadre de lutte contre les inégalités mis en place, le passionnait. Il était prêt à expérimenter, en local ou à distance. Mais il s’opposait à la logique d’individualisation de l’enseignement, à base de performances calculées et de compétition permanente.

    Son projet d’enseignement basé sur les énigmes organisait en ligne la réponse collective et discutée d’un groupe d’apprenants. Ce n’était pas le concours de celui ou celle qui trouverait le plus vite, mais bien la foire aux indices que l’on se partageait et qui faisaient avancer la résolution. Ce projet a fait l’objet d’un ouvrage pédagogique que nous avons publié (Apprendre avec les énigmes. La résolution collective d’énigmes comme levier pédagogique).

    Alors même qu’il défendait une informatique didactique, il était inquiet des conséquences de la formation instrumentée sur l’égalité de tous et toutes. La période du confinement a été ainsi un test qui a bien montré la place centrale de ce lieu qu’est l’école, malgré certaines lourdeurs, pour regrouper les savoirs et les échanger. Quand l’isolement renvoyait aux conditions d’existence, l’école – et cela fait plus d’un siècle que ça dure – restait un outil de progression collective du savoir et de sa transmission.

    Au sortir du confinement de 2020, nous avons souhaité créer un ouvrage montrant l’importance de l’ensemble de l’école comme espace de socialisation (L’École sans école). Nous voulions y publier les approches des divers intervenant·es qui y exercent (outre les enseignant·es, les personnels de service, les employé·es des cantines, les psychologues et infirmières, les conseillers et conseillères d’éducation participent de son rôle pédagogique). Nous avons demandé à Éric un texte de perspective, qui fera la conclusion du livre.

    Il nous a proposé un texte sur l’école buissonnière, la capacité à s’émerveiller de la nature et à s’absenter un moment aidant aussi à trouver sa place au sein de la collectivité. Il plaidait pour « l’école dehors », une approche par le concret de l’observation. En collectif, pour ne pas se cacher derrière les buissons, mais bien d’observer la vie à hauteur de buisson. C’est devenu depuis un mouvement qui donne lieu à des conférences bisannuelles pour promouvoir cette logique de « sortir de la classe ».

    Si vous voulez découvrir ce texte d’Éric Bruillard, nous venons de le rendre disponible au simple téléchargement. Comme un hommage à son approche toujours décalée, mais toujours pertinente.

    Télécharger L’école buissonnière confinée au format pdf
    https://cfeditions.com/sans-ecole/ressources/ese_Bruillard_Extrait.pdf

    Ce texte, plein d’humour est également une manière de retrouver le côté toujours positif et tourné vers l’avenir d’Éric Bruillard. Pas plus tard qu’en février dernier, quand je lui demandais des nouvelles de sa santé, il me répondait en parlant de ses projets en cours. La crainte du lendemain ne doit jamais nous empêcher de croire dans l’avenir.
    Salut Éric,

    Hervé Le Crosnier

    #Eric_Bruillard

  • Hommage à Eric Bruillard | Faculté Sociétés et Humanités
    https://u-paris.fr/societes-humanites/hommage-a-eric-bruillard

    Nous venons d’apprendre le décès de notre collègue E. Bruillard, professeur en Sciences de l’éducation et spécialiste de l’utilisation des technologies informatiques dans l’éducation et la formation.

    Technophile, mais pas technolâtre, Eric Bruillard a su conjuguer un regard à la fois critique et constructif sur l’usage des technologies informatiques en éducation. Critique car il n’a jamais cédé à l’engouement suscité par les dernières innovations, et constructif car il a lui-même construit et participé à des formes très variées d’enseignements impliquant des outils informatiques. Mathématicien et informaticien de formation, il s’est d’abord intéressé à la didactique de l’informatique puis a élargi ses travaux aux usages des outils numériques dans des contextes de formation variés. Attentif aux effets multiples de l’introduction de ces « innovations », il a pu montrer que ces outils sans un accompagnement, sans des dynamiques collectives, peuvent accroître les inégalités scolaires, contrairement aux discours des promoteurs de la personnalisation de l’enseignement grâce aux outils numériques. « Le numérique peut permettre de personnaliser l’éducation, mais souvent avec une visée de performance individuelle au détriment de la gestion collective, vers la compétition plus que la coopération. Comme l’ont montré diverses analyses, l’apprentissage personnalisé va trop souvent de pair avec une éducation dépersonnalisée. »

    Amusé et agacé par les discours récurrents sur les « révolutions de l’enseignement », il montrait que les enjeux majeurs n’étaient pas nécessairement « technologiques ». Comme il aimait à le rappeler, l’enseignement hybride existe depuis que les devoirs à la maison existent et les problèmes qu’ils posent aussi ! « En matière d’innovation d’usages ce qui fonctionne ce sont les innovations ascendantes. La pédagogie ne se prouve pas, elle s’éprouve. J’ajouterai que je n’aime pas l’expression « pédagogie numérique », ce sont les instruments utilisés qui sont numériques, pas la pédagogie (qui n’a rien de numérique). Une autre façon de le dire est que la pédagogie numérique est à la pédagogie ce qu’est la musique militaire à la musique ou la démocratie populaire à la démocratie. »

    Eric avait mis ses compétences au service de la faculté SH en acceptant une charge de mission « intelligence pédagogique » qu’il préférait à « innovation pédagogique » au cours de laquelle il a notamment contribué à l’évolution notamment de la formation de collègues nouvellement recrutés. Nous lui en sommes reconnaissants et adressons nos sincères condoléances à ses proches.

    L’équipe décanale de la Faculté Sociétés & Humanités

    #Eric_Bruillard

  • En Bretagne aussi, la « génération Bardella » creuse son sillon
    https://splann.org/bretagne-generation-bardella

    Une jeunesse disciplinée et du cru. Voilà les profils sur lesquels table le #rn en Bretagne. Une « génération Bardella » en construction sur les villes de #pleurtuit, #guichen ou encore de #lannion. L’article En Bretagne aussi, la « génération Bardella » creuse son sillon est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Démocratie_locale #blanche_le_goffic #blandine_le_naour #dylan_lemoine #elouan_racineux #Éric_Zemmour #extrême_droite #festival_des_hortensias #Jordan_Bardella #municipales #perros-guirec #Rassemblement_national #Reconquête

  • Grand Remplacement, le succès d’un slogan - DIAGRAMMES
    https://www.diagrammes.fr/fr/folders/grand-remplacement-le-succes-dun-slogan

    Prologue

    Dans les champs de la philosophie et de la théorie sociale, force est d’admettre que la France a perdu une partie de son influence au cours des dernières décennies. L’âge d’or de la « French Theory », qu’elle ait ou non jamais désigné un ensemble cohérent d’œuvres, est clairement révolu. Cependant, il existe hélas un domaine où une influence typiquement française reste manifeste : celui des artefacts culturels qui façonnent l’imaginaire des suprémacistes blancs. Il est intéressant de noter que les responsables de ce vestige douteux de la gloire nationale ne sont plus les universitaires et les intellectuels publics d’autrefois, mais plutôt des romanciers.

    Parmi eux, les plus notables sont Jean Raspail, dont le roman de 1973, Le Camp des Saints, occupe une place particulière dans la formation politique de Steve Bannon, Stephen Miller et Marine Le Pen ; Renaud Camus, dont le principal titre de gloire demeure l’invention de l’expression « Grand Remplacement » en 2010 ; et le provocateur réactionnaire Michel Houellebecq, dont l’islamophobie n’a d’égale que sa misogynie. Selon le sociologue français Éric Fassin, qui a écrit sur les deux auteurs, Camus et Houellebecq, quel que soit le talent qu’on leur prête, méritent une attention particulière. Leurs trajectoires et leurs obsessions nous permettent en effet de saisir les continuités mais aussi les terrains mouvants sur lesquels prospère la vision du monde d’extrême droite.

    La vidéo intégrale de l’entretien avec #Éric_Fassin :
    https://www.youtube.com/watch?v=zowcdKzO0IY

    On peut aussi profiter du chapitrage sur la page de Diagramme.

  • Yann Gaudin (sur Faf line) : Gagner contre Pôle emploi
    https://x.com/yanngaudin/status/2021583343972696169

    J’ai reçu le témoignage d’un #allocataire de #Pôle_emploi qui a gagné au Tribunal judiciaire contre l’institution.

    Pendant plus de 6 mois Pôle emploi a cafouillé dans le traitement de sa demande d’allocations chômage, tandis que l’allocataire avait bien télétransmis tous les justificatifs demandés, mais au bout du compte et malgré la saisine de la médiation il manquait encore plus de 30% sur le montant de l’#ARE.

    L’allocataire a saisi la Justice, il a dans un premier temps obtenu enfin le bon montant d’allocations chômage avec un très gros paiement de rappel, puis il a obtenu 3 000 € de dommages et intérêts et 2 500 € pour ses frais d’avocat (qui ne lui avaient coûté que 1 500 €).

    J’ai reçu aussi d’autres témoignages d’allocataires qui n’ont pas eu besoin d’aller au Tribunal pour obtenir des dommages et intérêts, ils ont négocié directement avec Pôle emploi et l’un d’eux a par exemple obtenu 4 000 € de réparation.

    Un avocat a publié sur son site quelques autres exemples de condamnations de Pôle emploi, dont une à 8 000 € de dommages et intérêts : https://www.rocheblave.com/condamnation-pole-emploi

    Faut le savoir ! Pôle préfère, parfois, lacher du fric que d’être condamné (pas favorable briser l’établissement d’une jurisprudence formelle qui limiterait leurs innombrables abus).

    #chômeurs #droits #revenu #justice #jurisprudence #obligation_d’information #obligation_de_communication_de_documents #informations_erronées #retenues_injustifiées #Eric_ROCHEBLAVE

    • Il vient de m’arriver un machin du genre face à La #CAF qui juge bon de me lâcher du fric (un paquet quand même) alors que je vais au contentieux contre elle. Ils ont bien sagouiné les comptes (à la baisse), et, mieux encore, me sucrent mon alloc en janvier (et sans doute en février et mars) en raison du rappel de prestations perçues (olé !). En bref, y a pas crime, mais en cette matière comptable et administrative, ils « se prévalent de leurs propres turpitudes » (comme dit la loi qui s’oppose ainsi à de très mauvaises manières, au moins en matière criminelle, on verra ce qu’il en sera dans ce cas...) pour porter atteinte à un ayant droit (olé again !). La bureaucratie-comptable archi youv’. Imagine pour voir : 3 mois peut-être sans alloc car comme on t’a versé un rappel d’icelle, t’as les moyens de laisser couler. Nardinemouk !

      edit : jusqu’à peu, je devais à la Caf des milliers d’euros, au rythme où ils me les prenait sur l’allocation logement, j’en avait pour 6 à 7 ans d’allocation logement sévèrement rabotée. là, terminé, ils m’ont versés plusieurs milliers d’euros, plus que ma dette, et je ne dois plus rien. pourtant, le compte n’y est pas. ah ha ah. ces baltringues n’ont même pas fait ce qu’il fallait pour que je renonce à ma cause.

      #yadesrafalesquiseperdent

  • [Info « Splann ! »] Saint-Malo, nouveau carrefour de l’extrême droite
    https://splann.org/saint-malo-carrefour-extreme-droite

    Saluts nazis, injures racistes, combats violents. Derrière la récente venue d’Éric Zemmour et de #Jordan_Bardella, en séances de dédicace, Saint-Malo, dans et hors ses remparts, des éléments de la frange la plus radicale de l’extrême droite française et régionaliste. Notamment de jeunes suprémacistes se disant prêts à mener une « guerre raciale ». L’article [Info « Splann ! »] Saint-Malo, nouveau carrefour de l’extrême droite est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Démocratie_locale #Libertés_et_droits_humains #activ_club #bagad_brieg #chantons #Éric_Zemmour #extrême_droite #hervé_archier #municipales #Parti_national_breton #Quic-en-Groigne #Rassemblement_national #Reconquête #romaine_le_goaster #Sonerion

  • #Coût_de_l'immigration : la #commission_d'enquête voulue par #Eric_Ciotti jugée recevable

    Les députés de la commission des lois ont jugé recevable, ce mercredi 9 juillet, la proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur « le #coût de l’#immigration ». Celle-ci avait été demandée par le président du groupe Union des droites pour la République, Eric Ciotti, dans le cadre de son « droit de tirage » annuel.

    Le rapporteur Paul Christophle (Socialistes) l’a indiqué quelques minutes après avoir pris la parole, ce mercredi 9 juillet, en commission des lois : la proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur le coût de l’immigration « respecte les trois critères de recevabilité ».

    Demandée par le groupe Union des Droites pour la République (UDR), présidé par Eric Ciotti, dans le cadre de son droit de tirage annuel, elle est notamment conforme au critère relatif à la précision des travaux à venir, puisqu’elle « détaille le champ des dépenses publiques sur lequel [elle] entend enquêter », « allant des #dépenses directement consacrées à l’#accueil des étrangers aux conséquences environnementales de leur accueil », a précisé le député.

    Les deux autres critères de recevabilité sont aussi validés. Aucun travaux d’enquête similaire n’ayant été mené sur ce sujet au cours de l’année écoulée. Et le ministère de la Justice, toujours saisi dans le cadre de création d’une commission d’enquête, ayant fait savoir dans un courrier daté du 8 juillet ne « pas avoir connaissance de procédures judiciaires en cours susceptibles de recouvrir le périmètre d’une commission d’enquête sur le coût de l’immigration ».

    Des mises en garde sur la teneur des travaux

    Pour autant, si l’ensemble des groupes a approuvé la recevabilité de cette commission d’enquête, beaucoup ont mis en garde quant à la manière dont seront menés les travaux. « Je crains que le groupe UDR n’ait pas l’objectif d’éclairer le débat public et la représentation nationale avec une analyse objective des faits, mais plutôt de nourrir que l’immigration est la cause de tous les maux de la France », a déploré Paul Christophle, avant d’évoquer « les nombreux effets bénéfiques en matière économique et sociale que produit l’immigration en France ». « Diaboliser l’immigration à des fins électoralistes (...), on ne peut pas l’accepter », a renchéri sa collègue du groupe Socialistes Marietta Karamanli.

    Une ligne, sans surprise, partagée par les autres groupes de gauche. « Les immigrés travaillent et rapportent davantage qu’ils ne coûtent. (...) L’immigration est une #richesse », a déclaré Elisa Martin (La France insoumise). « Le #solde_net de l’immigration est positif pour nos #finances_publiques », a renchéri Léa Balage El Mariky (Ecologiste et social), en s’en prenant aux « #fantasmes » qui reviennent « à chaque débat sur l’immigration ».

    Pour le groupe Ensemble pour la République, Roland Lescure a insisté sur la « responsabilité » qui « engage » désormais les députés UDR et qui devra les « amener à conduire une analyse fidèle, documentée et contradictoire du coût de l’immigration ». « J’espère sincèrement que vous serez à la hauteur de vos ambitions », a poursuivi le vice-président de l’Assemblée nationale, qui estime que ne se pencher que sur « la seule analyse des coûts d’une politique publique » revient à « n’aborder qu’une partie de la question au risque de produire des analyses parcellaires, biaisées, orientées, voire malhonnêtes ».

    « Nous serons vigilants à ce que cette commission ne soit pas détournée de son objet initial de contrôle parlementaire », a abondé Anne Bergantz (Les Démocrates), qui refuse « toute potentielle tentative d’#instrumentalisation qui viserait à [en] faire un levier de #stigmatisation des étrangers », tandis que sa collègue du bloc central, Agnès Firmin-Le Bodo (Horizons) a formulé « le vœu que les travaux se fassent de manière factuelle et que les conclusions ne soient pas écrites avant la fin », afin « d’éclairer la représentation nationale sur un sujet important ».

    Dans le même esprit, Patrick Hetzel (Droite républicaine) s’est dit « opposé à toute forme de dérives » et a appelé à une « démarche pragmatique pour objectiver les données » sur une « question financière majeure », qui est aussi une question de « cohésion sociale et territoriale ».

    « Il ne s’agit pas de stigmatiser qui que ce soit », assure l’UDR

    Répondant aux mises en garde et critiques émises par plusieurs de ses collègues de la commission des lois, la députée Sophie Vaginay-Ricourt (UDR), à qui il revenait de défendre la création de cette commission d’enquête ce mercredi 9 juillet, a assuré que celle-ci aurait aurait « pour mission d’évaluer de manière objective les coûts directs et indirects de l’immigration afin d’éclairer les Français et de permettre au Parlement de prendre des décisions plus justes et plus efficaces ».

    « Contrairement aux a priori, aux provocations et même aux accusations de certains, il ne s’agit pas de stigmatiser qui que ce soit, mais d’assumer notre devoir de transparence et de vérité » et « de garantir que notre #politique_migratoire corresponde réellement aux #capacités_d'accueil de notre pays et à l’#intérêt_général », a expliqué la députée des Alpes-de-Haute-Provence.

    Le Rassemblement national a soutenu, de façon appuyée, la demande de ses alliés de l’UDR. « Nous voterons bien évidemment en faveur de la proposition de notre collègue Eric Ciotti qui confirmera tout ce que tout le monde sait », a déclaré Edwige Diaz, affirmant qu’"il est aujourd’hui établi que les étrangers et les immigrés sont surreprésentés dans de nombreuses catégories de crimes et de délits" et que « l’immigration coûte bien plus qu’elle ne rapporte ». Et la députée d’évoquer « la #charge_mentale de l’immigration » et « ses #externalités_négatives ».

    Des propos qui lui ont valu, en retour, un mot de conclusion du rapporteur socialiste Paul Christophle. « Je forme le vœu que les travaux de cette commission puisse soulager et libérer les collègues qui sont assommés par la lourde, très lourde, charge mentale que représente pour eux l’immigration », a-t-il lancé, juste avant le vote sur la recevabilité. Alors que l’Assemblée nationale sera en pause législative estivale à partir de vendredi soir, rendez-vous est pris, pour la suite, à la rentrée.

    https://lcp.fr/actualites/cout-de-l-immigration-la-commission-d-enquete-voulue-par-eric-ciotti-jugee-recev

    #économie #France

    –-

    ajouté à cette métaliste sur le lien entre #économie (et surtout l’#Etat_providence) et la #migration... des arguments pour détruire l’#idée_reçue : « Les migrants profitent (voire : viennent POUR profiter) du système social des pays européens »...

    https://seenthis.net/messages/971875

    ping @reka @karine4

    • Des mises en garde sur la teneur des travaux

      Pour autant, si l’ensemble des groupes a approuvé la recevabilité de cette commission d’enquête, beaucoup ont mis en garde quant à la manière dont seront menés les travaux.

      Il faut dire que Ciotti n’est pas à une bavure près question déontologie :

      « Libération » a pu consulter des très intrusives bases de données entretenues par l’équipe du député. Signalées à la justice par un lanceur d’alerte, elles ont donné lieu à des perquisitions ce mardi 12 août.

      https://archive.ph/SzJxD

  • #language as #AI’s universal interface: What it means and why it matters
    https://redasadki.me/2025/07/16/language-as-ais-universal-interface-what-it-means-and-why-it-matters

    Imagine if you could control every device, system, and process in the world simply by talking to it in plain English—or any language you speak. No special commands to memorize. No programming skills required. No technical manuals to study. Just explain what you want in your own words, and it happens. This is the transformation #Eric_Schmidt described when he spoke about language becoming the “universal interface” for #Artificial_intelligence. To understand why this matters, we need to step back and see how radically this changes everything. The old way: A tower of Babel Today, interacting with technology requires learning its language, not the other way around. Consider what you need to know: Each system speaks its own language. Humans must constantly translate their intentions into forms (...)

    #Artificial_Intelligence #RAISE_Summit

  • #Eric_Schmidt’s #San_Francisco_Consensus about the impact of #Artificial_intelligence
    https://redasadki.me/2025/07/16/eric-schmidts-san-francisco-consensus-about-the-impact-of-artificial-intel

    “We are at the beginning of a new epoch,” Eric Schmidt declared at the RAISE Summit in Paris on 9 July 2025. The former Google CEO’s message carries unusual weight—not necessarily because of his past role leading one of tech’s giants, but because of his current one: advising heads of state and industry on #Artificial_Intelligence. “When I talk to governments, what I tell them is, one, ChatGPT is great, but that was two years ago. Everything’s changed again. You’re not prepared for it. And two, you better get organized around it—the good and the bad.” At the Paris summit, he shared what he calls the “San Francisco Consensus”—a convergence of belief among Silicon Valley’s leaders that within three to six years AI will fundamentally transform every aspect of human activity. Whether one views this (...)

  • The #agentic_AI revolution: what does it mean for #workforce_development?
    https://redasadki.me/2025/07/16/the-agentic-ai-revolution-what-does-it-mean-for-workforce-development

    Imagine hiring an assistant who never sleeps, never forgets, can work on a thousand tasks simultaneously, and communicates with you in your own language. Now imagine having not just one such assistant, but an entire team of them, each specialized in different areas, all coordinating seamlessly to achieve your goals. This is the “agentic revolution” —a transformation where AI systems become agents that can understand objectives, remember context, plan actions, and work together to complete complex tasks. It represents a shift from AI as a tool you use to AI as a workforce that you collaborate with. Understanding AI agents: More than chatbots When most people think of AI today, they think of ChatGPT or similar systems—you ask a question, you get an answer. That interaction ends, and the (...)

    #Artificial_intelligence #Eric_Schmidt #RAISE_Summit

  • #Zohran_Mamdani : un radical à la mairie de #New_York ?
    https://lvsl.fr/zohran-mamdani-un-radical-a-la-mairie-de-new-york

    Avec son programme de gratuité des bus et des crèches, de contrôle des loyers et d’épiceries municipales, le candidat de #gauche Zohran Mamdani pourrait renverser le baron démocrate corrumpu #Andrew_Cuomo. Une victoire de la mairie de New York qui enverrait un signal fort d’opposition face à #Trump.

    #Politique #alexandria_ocasio_cortez #Bernie_Sanders #démocrates #DSA #Eric_Adams #Etats-Unis #socialiste

  • #Budget : « On a une image totalement déformée de la #dépense_publique »

    « Nous dépensons trop », a déclaré #François_Bayrou le 15 avril sur le budget 2026. Le gouvernement prévoit de nouvelles #coupes_budgétaires, de 40 milliards d’euros, pour l’année prochaine. Décryptage avec l’économiste #Christophe_Ramaux.

    Deux mois après avoir fait adopter un budget 2025 qui rognait déjà sur les dépenses publiques, le ministre de l’Économie, #Eric_Lombard, a annoncé, en fin de semaine dernière, de nouvelles coupes budgétaires de l’ordre de 40 milliards d’euros. Le 15 avril, François Bayrou a confirmé cette annonce permettant, selon lui, de maintenir l’objectif de #déficit à 4,6 % du PIB en 2026.

    Pour Christophe Ramaux, enseignant à l’université Paris 1, chercheur au Centre d’économie de la Sorbonne, la dépense publique n’est pas un #indicateur_économique pertinent. Entretien avec cet enseignant à l’université Paris 1, chercheur au centre économique de la Sorbonne et membre des Économistes atterrés, qui préconise plutôt d’aller chercher des #recettes pour combler le #déficit.

    Basta ! : Le ministre de l’Économie, Eric Lombard, ne cesse de rabâcher un chiffre : 57% de notre produit intérieur brut (PIB) serait consacré à la dépense publique. En répétant ce montant, qu’il juge colossal, il sous-entend que l’État est déjà très généreux. Couper dans la dépense publique serait donc sans grandes conséquences sociales. Mais la France est-elle réellement ce pays qui dépense de l’argent public à tout va ?

    Christophe Ramaux : On a une image totalement déformée de la dépense publique. Quand on dit que la dépense publique c’est 57% du PIB, la plupart des gens imagine que l’on prélève plus de la moitié de la richesse créée par le privé, qui serait le seul secteur productif, pour payer les fonctionnaires. Tout est faux dans cette phrase.

    La dépense publique est un indicateur très imparfait. On mélange un peu tout dedans et on fait des doubles comptes. Par exemple, elle comprend les salaires versés aux fonctionnaires, dont les cotisations sociales… Mais ces mêmes cotisations sont à nouveau comptées dans les dépenses de retraite ! Le chiffre de 57% du PIB n’est pas faux, mais il ne correspond pas à une part du PIB. Ce n’est pas parce que la dépense publique est à 57% que la dépense privée est à 43%. Au contraire, si on calculait la dépense privée de la même manière que l’on calcule la dépense publique, elle serait de l’ordre de 200% du PIB.

    Même si le gouvernement refuse d’employer le mot. Sommes-nous face à une politique austéritaire ?

    La part des #services_publics dans le PIB n’a pas augmenté depuis 40 ans. Donc il y a bien eu de l’#austérité. Pourquoi je dis ça ? Parce que, normalement, plus une société est riche, plus elle consacre de l’argent pour ce qu’on appelle les « #biens_supérieurs » : l’#éducation, la #santé, la #culture. Il ne vous a pas échappé que ce sont les terres d’excellence des services publics.

    Or, il y a beaucoup plus de bacheliers aujourd’hui que dans les années 1980, on aurait donc dû consacrer plus d’argent à l’éducation. On ne l’a pas fait. De même, la population vieillit donc on aurait dû augmenter les dépenses de santé. Cela n’a pas été le cas. Donc il y a bien eu de l’austérité.

    A quoi servent précisément les 1670 milliards d’euros de dépense publique ?

    Contrairement aux idées reçues, sur les 1670 milliards, un quart seulement sert à payer les #fonctionnaires. Environ une moitié (710 milliards) est consacrée aux « #prestations_sociales » et aux « transferts sociaux en nature de produits marchands » – la part remboursée des médicaments et des consultations médicales.

    Les prestations sociales (530 milliards, en 2023) financent essentiellement les #retraites (380 milliards), mais aussi le #chômage, le #revenu_de_solidarité_active (#RSA), l’#allocation_adulte_handicapé (#AAH), les #allocations_familiales… Les transferts sociaux en nature de produits marchands comptent pour 180 milliards. Quant au quart restant, il constitué de divers postes : aide aux ménages et aux entreprises, intérêts de la #dette (50 milliards), etc.

    La dépense publique n’est pas un puits sans fond. Et il faut savoir que le secteur public est productif ! Le calcul du PIB le prend d’ailleurs en compte. Sur les 3000 milliards de PIB actuel, environ 20% est ajouté par les fonctionnaires, soit 470 milliards. L’argent n’est donc pas dilapidé, puisqu’un quart de la dépense publique (salaire des fonctionnaires) augmente le #PIB !

    De même, les trois autres quarts offrent des débouchés pour le privé. Les retraités, que font-ils de leur retraite ? Ils font les courses, ils consomment. De même pour les chômeurs. La #commande_publique ? Elle finance en grande partie le privé, notamment le secteur du BTP si on pense à la construction d’écoles, de routes… Ce ne sont pas les fonctionnaires qui manient la truelle ! Donc quand on réduit la dépense publique, cela a inévitablement un effet sur le privé.

    Si on préserve la dépense publique, comment réduire le déficit ?

    Le #déficit_public est avant tout un problème de #recettes. Depuis 2017, premier mandat d’Emmanuel Macron, la dépense publique en pourcentage du PIB n’a pas augmenté. Ce qui a baissé, ce sont les #prélèvements_obligatoires (#impôts et #cotisations_sociales). On n’a jamais eu de baisse aussi élevée des ces prélèvements en un temps aussi court. On pense bien sûr à la suppression de l’#impôt_sur_la_fortune, #ISF, du prélèvement forfaitaire unique, à la baisse de l’#impôt sur les sociétés ou encore à la suppression de la #taxe_d’habitation (20 milliards d’euros), essentiellement payée par les ménages les plus riches. En tout, on arrive sur une baisse de 60 à 70 milliards de recettes.

    Au lieu de réduire la dépense publique, on pourrait évidemment aller chercher de nouvelles recettes. Déjà en revenant sur cette contre-révolution fiscale mise en place par Emmanuel Macron. On pourrait aussi remettre en cause certaines niches fiscales et sociales. Une part du déficit de la sécu pourrait être comblée si on cessait de ne pas soumettre à cotisation sociale une partie des revenus comme les heures supplémentaires, l’intéressement la participation, la prime de partage de la valeur (ex « #prime_Macron »)…

    https://basta.media/budget-on-a-une-image-totalement-deformee-de-la-depense-publique
    #dépenses_publiques #France #économie #fiscalité

  • Ce que cache #Périclès, le projet politique réactionnaire du milliardaire #Pierre-Edouard_Stérin

    Après avoir fait fortune dans les affaires, le milliardaire Pierre-Edouard Stérin assume désormais vouloir financer les projets « #métapolitiques » susceptibles de faire gagner la droite et l’extrême droite. Une première liste de ces initiatives vient d’être mise en ligne. Selon nos informations, elle pourrait ne constituer que la partie émergée de l’iceberg.

    Un média, une chaîne Youtube, des associations catholiques ou libérales, des think tanks destinés au lobbying politique... La première liste des projets soutenus par « Périclès » - mise en ligne il y a quelques jours sur son site internet - n’est pas bien longue mais permet déjà de lever toute équivoque sur les intentions de l’homme à l’origine du projet, le milliardaire Pierre-Edouard Stérin. Après avoir fait fortune dans les affaires, cet exilé fiscal de 51 ans - il a fui en Belgique après l’élection de François Hollande en 2012 - ambitionne de faire gagner la droite et l’extrême droite en mettant à contribution son compte en banque. Soit un investissement de 250 millions d’euros annoncé en dix ans. Du jamais vu.

    Cette initiative, baptisée donc « Périclès » (pour « Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes »), devait, à l’origine, rester discrète mais elle avait été dévoilée en juillet dernier par nos confrères de « l’Humanité ». Lesquels, documents confidentiels à l’appui, ont détaillé le plan de « #bataille_culturelle » imaginé par Stérin et ses équipes pour « permettre la victoire idéologique, électorale et politique » de ses idées et de ses valeurs. Parmi elles, « la #famille, base de la société », la « #préférence_nationale », le « #christianisme ». Au programme également : la promesse de mener une « #guerilla_juridique » et « médiatique » face au « #socialisme », au « #wokisme » ou à « l’#islamisme ». Surtout, ces documents énuméraient des objectifs politiques précis, dont une aide concrète à apporter au #Rassemblement_national de Marine Le Pen pour remporter le plus grand nombre de victoires lors des prochaines #élections municipales en 2026.

    Offensive sur tous les fronts

    En l’état, au moins 24 projets auraient déjà bénéficié de la générosité de l’homme d’affaires l’année dernière, selon le site flambant neuf de Périclès. L’ensemble confirme sa volonté de mener son #offensive par petites touches et sur tous les fronts. On y retrouve sans surprise ses obsessions libérales avec la promotion des idées antiétatistes et anti-taxes, incarné par son soutien à des think tanks comme le #Cercle_Entreprises et #Libertés, de l’ex-patron d’#Elf_Loïk_Le_Floch-Prigent ; ou encore #Ethic, le syndicat patronal de #Sophie_de_Menthon (une des rares à assumer dialoguer avec Marine Le Pen), qui a reçu, selon nos informations, 3 000 euros pour l’organisation d’une conférence. Des cercles de juristes, comme #Justitia, le collectif d’avocats de l’#Institut_Thomas_More, qui propose d’offrir « une réponse juridique aux nouvelles intolérances » ou le #Cercle_Droit_et_Liberté, qui prétend lutter contre le « #politiquement_correct » de l’Université et du monde juridique, sont également cités. Sans oublier, les enjeux migratoires et sécuritaires, via le #Centre_de_Réflexion_sur_la_Sécurité_intérieure (#CRSI), présidé par l’avocat connu des réseaux de droite dure #Thibault_de_Montbrial. Présents également, la marque #Terre_de_France, chouchou des influenceurs #identitaires ; #Eclats_de_femme, l’association fondée par #Claire_Geronimi, victime de viol par un homme visé par une OQTF en 2023, depuis proche du collectif identitaire #Némésis (elle vient d’être nommée vice-présidente de l’UDR, le parti d’Eric Ciotti, ce dimanche 9 février), ou encore l’association #Léa, en croisade contre le « #racisme_anti-Blanc ». Idem pour le mensuel « #l'Incorrect » - lancé en 2017 par des proches de #Marion_Maréchal - ou #Les_Films_à_l'arrache, une chaîne Youtube humoristique moquant - entre autres - l’antiracisme et le féminisme...

    Objectifs politiques

    Au-delà de ces combats marqués à l’extrême droite, Périclès a également investi dans le combat contre le « #wokisme_à_la_fac », via l’#Observatoire_du_décolonialisme, ainsi que le champ de la #laïcité au travers de #Défense_des_serviteurs_de_la_République, dont le comité d’honneur compte #David_Lisnard, le maire Les Républicains de Cannes et #Astrid_Panosyan-Bouvet, l’actuelle ministre du Travail et de l’Emploi - laquelle ignorait le lien avec Stérin, nous assure son cabinet. D’autres structures présentées par le site de Périclès font plus directement référence à l’objectif politique du projet. C’est le cas de #Data_Realis_Conseil, une société spécialisée dans la #cartographie_électorale rappelle la « #Lettre », ou de l’#Institut_de_Formation_Politique (#IFP), qui ambitionne de doter les militants de toutes les droites du bagage nécessaire pour garnir les rangs des formations politiques, des Républicains aux RN. En bonne place, enfin, #Politicae, l’école de formation au mandat de maire, destinée à faire élire « le maximum de candidats pour les prochaines élections municipales », que Stérin a confié à #Antoine_Valentin, édile LR de Haute-Savoie et candidat d’#Eric_Ciotti lors des dernières législatives. Auprès du « Nouvel Obs », ce dernier ne souhaite pas communiquer le montant du financement consenti par son mécène mais indique que l’effort financier pourrait atteindre « plusieurs centaines de milliers d’euros », d’ici au scrutin de 2026.

    Des projets plus discrets

    Cette liste pourrait, selon nos informations, ne constituer que la partie émergée de l’iceberg Stérin. Les sites internets de plusieurs structures citées plus haut semblent avoir été montés de toutes pièces et sur le même modèle... Surtout, la plupart de ces initiatives n’auraient en réalité reçu que de maigres sommes. Moins de 5 000 euros par exemple pour l’association #Les_Eveilleurs, proche de #La_Manif_pour_Tous, à l’occasion d’un peu rentable concert de #Jean-Pax_Méfret, chanteur des nostalgiques de l’Algérie française. Idem au #Cérif (#Centre_européen_de_Recherche_et_d'Information_sur_le_Frérisme), où la chercheuse au CNRS #Florence_Bergeaud-Blackler jure ne pas avoir touché plus de 10 000 euros. Très loin des 10 millions d’euros que Périclès claironne avoir investi au total en 2024. De quoi nourrir les soupçons sur la réalité de ce montant : est-elle artificiellement gonflée ? Ou, plus probable, l’essentiel de cet argent passe-t-il dans des projets tenus secrets ?

    « Nous nous gardons le droit d’être discrets sur nos investissements », élude #Arnaud_Rérolle, président de Périclès et ancien du #Fonds_du_Bien_Commun, la branche philanthropique des activités de Pierre-Edouard Stérin. Un paravent caritatif - Stérin y finançait aussi des associations au diapason de ses idées réactionnaires - dont est également issu #Thibault_Cambournac, le nouveau « responsable stratégie » de Périclès. L’équipe compte aussi dans ses rangs #Marguerite_Frison-Roche, ancienne petite main de la campagne présidentielle d’Eric Zemmour. Quant au « senior advisor » de Périclès, #Philippe_de_Gestas, c’est l’ancien secrétaire général du #Mouvement_Conservateur, allié à #Reconquête. Pour 2025, le #budget de Périclès est annoncé autour des 20 millions d’euros. L’achat ou la création d’un institut de sondage fait déjà figure d’objectif prioritaire.

    https://www.nouvelobs.com/politique/20250209.OBS100069/ce-que-cache-pericles-le-projet-politique-reactionnaire-du-milliardaire-p
    #Stérin #extrême_droite #réseau

    ping @karine4 @reka @fil @isskein

  • Violences scolaires, des violences entre adultes ? | #Éric_Debarbieux
    https://theconversation.com/violences-scolaires-des-violences-entre-adultes-246541

    La relation aux élèves ne s’est pas détériorée et reste à un niveau positif, ce qui est d’ailleurs en accord avec les enquêtes nationales de #climat_scolaire auprès des élèves. Ainsi, dans nos enquêtes, 80 % des répondants en 2022 pensent que la relation entre enseignants et élèves est bonne ou plutôt bonne, contre 78 % en 2013. Le sentiment d’être respecté par les élèves reste très majoritaire (84,5 %), pour toutes les catégories de personnel.[…]

    Ce qui est le plus significatif dans cette enquête renouvelée à dix années d’intervalle est un véritable effondrement de la qualité des relations entre adultes, en lien avec une remise en cause très forte des hiérarchies, tant proche que lointaine.

    • La vraie exigence, c’est d’avoir un traitement sécuritaire associé à la pédagogie et au travail en équipe. Mais qui ne sont pas vus aujourd’hui comme des solutions.

      Justement, vous montrez que la fragilité des équipes éducatives est un vrai problème face à la #violence

      L’instabilité des équipes éducatives est le premier facteur de risque identifié face à la violence en milieu scolaire. Et elles le sont surtout en #éducation prioritaire. Ce qui ne veut pas dire qu’il y a automatiquement plus de violence dans les établissements concernés. Il y a aussi une crise de recrutement, avec de plus en plus de contractuels qui ne restent pas à leur poste, sans compter que plus de la moitié des #enseignants veulent démissionner [ah ?]. Cela va poser des problèmes essentiels.

      Dans la vie de tous les jours, les personnels de l’éducation nationale sont moins victimes de leurs élèves que de la violence institutionnelle. Ce qui est spectaculaire dans les dernières enquêtes menées, c’est l’augmentation des conflits d’équipe, du #harcèlement moral ressenti par les personnels – y compris par les chefs d’établissement se sentant eux-mêmes harcelés par un certain nombre de professeurs. 78 % des professeurs dans le second degré, 74 % dans le premier degré, se sentent méprisés, non soutenus par la haute hiérarchie. Or, pour faire face au problème de la violence en milieu scolaire, il faut une action collective. Comment voulez-vous pouvoir y faire face efficacement quand le collectif est aussi défaillant ?

      https://www.liberation.fr/societe/education/linstabilite-des-equipes-educatives-est-le-premier-facteur-de-risque-face

  • Il turismo verde ed i rifugi di montagna da aprire

    Se regolarmente aperti, potrebbero diventare dei punti di accoglienza da destinare alla fruizione, anche in chiave turistica, di escursionisti, ciclisti, camminatori e di quanti, andando per i sentieri ed i vari itinerari si aspetterebbero di trovare nelle aree montane siciliana servizi paragonabili a quelli dei rifugi sparsi tra Alpi ed Appennini. Del resto le montagne siciliane, in termini di bellezza e patrimonio naturalistico, non hanno nulla da invidiare alle Terre alte del resto del territorio nazionale, potendo contare anche su un carico di storia e di biodiversità unico. Ma il turismo verde, che si va diffondendo sempre più nel mondo, va strutturato con un’offerta che passa anche da tutta una serie di servizi, a partire dai punti di accoglienza come bivacchi e rifugi.

    Eppure le strutture da destinare al “turismo lento” ci sono. E parecchie anche. Peccato che sono chiuse e di fatto inutilizzate. In alcuni casi si tratta di edifici ristrutturati con risorse arrivate dai fondi europei destinati allo sviluppo delle aree interne, come ricordato dal Cai Sicilia che ha promosso una campagna di sensibilizzazione dal titolo “Rifugi aperti e gestiti in Sicilia, contro l’abbandono delle Terre alte, per un turismo amico della natura”. Ed in base ad un primo censimento, in corso di ulteriore implementazione, effettuato dalla Commissione regionale di tutela ambiente montano del Club Alpino Sicilia, nei quattro parchi regionali dell’isola, risultano presenti ben 129 edifici di proprietà pubblica, di cui 43 adibiti a bivacchi forestali. Altri 86 sono invece immobili di proprietà pubblica, ovvero di Regione, enti parco ed enti locali, in parte a servizio dell’amministrazione regionale ed in parte già teoricamente destinati a rifugio montano. Ma nessuna delle strutture in questione, ha sottolineato il Cai, risulta attualmente stabilmente gestita per consentirne la fruizione turistica.

    Anche nelle montagne del Trapanese ci sono molti immobili, sempre di proprietà pubblica, che non sono utilizzati. In alcuni casi del tutto abbandonati, quando invece potrebbero essere aperti e riconvertiti in veri e propri rifugi da destinare agli escursionisti, così come ai ciclisti ed a tutte quelle attività che rientrano in quel turismo “amico della natura” che si va diffondendo sempre più anche in Sicilia. L’intera isola può contare su un territorio dal potenziale enorme per quel che riguarda l’outdoor. E la provincia di Trapani non è da meno.

    A Monte Erice, per esempio, ci sono diverse belle strutture che potrebbero essere utilizzate e valorizzate, a partire dalla Casa Forestale che si incontra lungo il sentiero di Sant’Anna, così come nel bosco del Giacolamaro, a Monte Sparagio, o a Montagna Grande. Per fare qualche esempio nell’area trapanese. La questione riguarda quindi davvero tutta la Sicilia, dove continuano ad affermarsi gli itinerari sempre più apprezzati da camminatori e ciclisti. E lungo questi percorsi c’è un lungo elenco di immobili pubblici esistenti nei territori demaniali, ed in particolare nelle aree montane. Nella lista delle cose da fare, oltre a cosa destinare questi edifici in futuro, c’è anche l’aspetto, altrettanto importante, che rimanda alla loro manutenzione. Il tutto passa, ovviamente, dall’affidamento di queste gestione, in modo da tenerle aperte stabilmente, e da una gestione mirata che guardi allo sviluppo del turismo verde. Ma non solo. C’è anche da tenere presente tutte le attività a livello locale che aiuterebbero a fare vivere di più e meglio le nostre montagne.

    Il Cai Sicilia ha così lanciato una mobilitazione per chiedere alla Regione rifugi aperti e gestiti in maniera stabile, così come avviene in tutte le montagne italiane. La richiesta del Club Alpino Italiano è di rendere fruibili i numerosi immobili di proprietà pubblica, tra l’altro a suo tempo ristrutturati con costi a carico della collettività, in alcuni casi anche con fondi europei. La Commissione tutela ambiente montano del Cai ha così deciso di puntare i riflettori su questa realtà, tenendo delle escursioni e sit-in in modo da segnalare alcune delle tante porte sbarrate ad escursionisti e ciclisti. E non solo ai camminatori e a chi va in bici. Manifestazioni sono in programma nell’Etna, nelle Madonie, nei Nebrodi e nei monti Sicani proprio davanti ad alcune delle strutture che potrebbero costituire una preziosa risorsa per il turismo verde.

    Anche nel Trapanese ci sono diversi immobili pubblici, a suo tempo realizzati o ricavati da vecchie strutture preesistenti, al momento inutilizzati ma che potrebbero diventare dei rifugi o delle baite a servizio dei frequentatori delle montagne che guardano verso il mare, come nel caso della Casa Forestale che si trova a #Monte_Erice lungo il #sentiero_di_Sant’Anna. Da qui, tra l’altro, passa il Sentiero Italia del Cai ed è un itinerario sempre più battuto da camminatori e ciclisti con panorami davvero mozzafiato sulla città di Trapani, le isole Egadi e la cuspide della Sicilia occidentale. Ed è davvero un luogo di una bellezza spiazzante, incastonato nel verde scampato a decenni di incendi. A volte quasi miracolosamente. Ed una sosta da queste parti è un toccasana per il corpo e per la mente.

    La Casa Forestale sopra le #Rocche_del_Calderaro venne realizzata negli anni novanta dall’allora ispettorato delle Foreste attraverso il recupero e la ristrutturazione di quelle che al tempo erano chiamate “#Case_Bulgarella: per molti anni ospitò l’ufficio lavoro del demanio di Erice-Sant’Anna. Era praticamente il quartiere generale del personale dell’Azienda Foreste che prestava servizio in questo angolo del Monte, facendo lavori di selvicoltura necessari per la cura e la difesa del patrimonio boschivo. Al suo interno, oltre alla cucina con tanto di forno antico, c’è pure un grande salone con un caminetto ed una grande tavola in legno che ricorda una baita alpina. Al suo interno si respira davvero aria di montagna, in un’atmosfera particolare, mentre all’esterno c’è una grande veranda con vista grande bellezza su Trapani e dintorni mentre tutt’attorno gli alberi ed il verde circostante si presterebbero anche ad ospitare un’area attrezzata. Tra l’altro c’è anche un piccolo barbecue. Lo spezio non manca.

    Da qui passa anche il sentiero che da #Mischi porta al #Castellazzo. Insomma, si tratta di una struttura sicuramente dall’altissimo potenziale per le attività outdoor che si potrebbero sviluppare nella montagna di Erice, con i suoi itinerari che negli ultimi anni hanno visto aumentare esponenzialmente la presenza di camminatori e gruppi di escursionisti. Anche le attività legate alla mountain-bike si sono andate incrementando. E probabilmente il futuro sarà sempre più all’insegna del turismo verde e delle attività all’aperto in contesti di montagna o di campagna.

    Ma quella delle #Rocche_del_Calderaro, ad #Erice, non è l’unica struttura che potrebbe diventare un rifugio per camminatori, ciclisti e frequentatori, a vario titolo, della montagna. Nel versante opposto del Monte, quello di San Matteo, lungo il sentiero di Visconti c’è un’altra Casa Forestale, anche questa inutilizzata, che venne sistemata tra la fine degli anni novanta e gli inizi del duemila. Qui le prospettive sono invece tutte sul mar Tirreno, il golfo di Bonagia e la #montagna_di_Cofano. Ma la struttura nella zona di Visconti è in condizioni di abbandono. Il suo recupero permetterebbe di valorizzare questo bell’edificio, tra l’altro piuttosto grande, e questo itinerario tutto da scoprire strada facendo.

    A #Monte_Sparagio, nel bosco del #Giacalamaro, a circa 500 metri di quota, c’è poi una struttura che assomiglia, in tutto e per tutto, una vera e propria baita alpina tutta in legno. Il solo fatto di vederla da fuori catapulta gli escursionisti nelle “Terre alte” in chissà quale catena montuosa. Ed invece il mare è ad un tiro di schioppo e la vista è tutta sulla Sicilia occidentale con i panorami che caratterizzano quella che con i suoi oltre 1110 metri di altezza è la cima più alta della provincia di Trapani. Anche questo immobile per anni è stato un ufficio lavori per il personale della Forestale. Adesso è chiuso, inutilizzato, così come l’invaso antincendio che si trova proprio davanti i due livelli con tetto spiovente di quella che sembra fatta a posta per diventare un bivacco di montagna, come se ne trovano in tutta Italia. Anche in Sicilia se ne contano un bel po’.

    Un’altra struttura in mezzo agli alberi si trova a #Montagna_Grande, anche se l’incendio di quattro anni addietro ha compresso quella che, fino al 2020, era un’autentica oasi naturalistica avvolta dal verde. Ma questa “Casa Forestale”, con tanto di legnaia, tavolo coperto da un gazebo ed un capanno, scampò alle fiamme. Sempre a Montagna Grande ci sono anche le Case Patti. Un po’ ovunque, andando per i monti, ci sono immobili come questi, purtroppo non più utilizzati come un tempo.

    Gli edifici di proprietà pubblica inutilizzati, secondo quanto riportato dal Cai, sarebbero centinaia, sia all’interno di aree protette che dei terreni demaniali. Ed il Club Alpino targato Sicilia, con la campagna lanciata in questi giorni, ha chiesto di mettere a disposizione dei frequentatori della montagna queste strutture, dandole in concessione “a cooperative, associazioni e privati per garantirne finalmente la loro effettiva, pubblica fruizione. Crediamo in una rete di rifugi per sviluppare il turismo verde. Per promuovere la conoscenza delle aree interne della Sicilia e per diffondere l’educazione ambientale”, si legge in un documento del Cai, in cui viene ribadita la necessità di puntare sulla presenza di giovani, camminatori, ciclisti e pellegrini lungo i sentieri e le piste forestali in modo da “attivare finalmente un circuito virtuoso che serva a garantire rinnovato impulso alle aree naturali protette regionali e sostegno agli abitanti delle nostre #Terre_Alte”.

    https://www.telesudweb.it/12-01-2025/il-cai-lancia-la-campagna-rifugi-aperti-e-gestiti-anche-in-sicilia

    #refuges #montagne #Italie #Sicile #tourisme #refuges_de_montagne

  • Chronique d’un coup d’État (2019)

    https://pour.press/chronique-dun-tranquille-coup-detat

    La fabrication du consentement * telle que la décrit #Eric_Stemmelen nous fait revivre des épisodes oubliés

    Statisticien, ancien Directeur d’Etudes d’un important institut de sondage (Sofres) de 1991 à 1994, il démasque en virtuose « ceux qui confondent étude d’opinion et propagande idéologique ». Il nous apprend que l’institut de sondage #Odoxa a été créé le 25 août 2014, la veille de la nomination de #Macron comme Ministre de l’Economie et que l’un de ses deux fondateurs ne craint pas de déclarer « nous assumons une éditorialisation dans l’analyse de nos résultats afin de proposer à nos clients non pas des chiffres, mais une réponse ». C’est à ce tout nouvel institut que France Inter, L’Express et la presse quotidienne régionale achètent, moins de deux mois après sa création, un baromètre politique.

  • Tout le pouvoir aux soviets ?
    https://www.partage-noir.fr/tout-le-pouvoir-aux-soviets

    Ci-dessous nous publions deux écrits de discussion dont les conclusions sont différentes. Le premier, dû à la plume de notre regretté camarade Müsham est un plaidoyer en faveur du système des soviets ou conseils ouvriers comme organe révolutionnaire unique prenant en main le contrôle de toute les fonctions sociales, sans admettre aucune tutelle de Parti ou d’Etat. Il est parvenu à notre connaissance par l’intermédiaire du périodique américain Vanguard (communiste libertaire) qui l’a publié (...) #Terre_libre_n°14_-_Juin_1935

    / #Erich_Mühsam, #Terre_Libre, Archives Autonomies

    #Archives_Autonomies_