#eric_hobsbawm

  • « Révoltes paysannes, millénarisme et anarchisme dans l’œuvre d’#Eric_Hobsbawm », par #Michael_Löwy
    http://www.contretemps.eu/interventions/r%C3%A9voltes-paysannes-mill%C3%A9narisme-anarchisme-dans-%C5%93uvre-eri

    Eric Hobsbawm, le plus anglais des Juifs allemands nés en Egypte, était un homme des Lumières : ne définit-il pas le socialisme comme le dernier et le plus extrême descendant du rationalisme du XVIIIème siècle ? Ce n’est donc pas étonnant si la distinction entre « moderne » et « primitif » ou « archaïque » occupe une place importante dans ses travaux. Cependant, si l’on examine les trois ouvrages des années 1959-1969 dédiés aux formes dites archaïques de #révolte, on se rend compte que son approche se distingue de façon frappante de la vulgate « progressiste » par son intérêt, sa sympathie, sa fascination même - ce sont ses propres termes - pour les mouvements « primitifs » de résistance et protestation antimoderne (anticapitaliste) des paysans. Il s’agit de Primitive Rebels ( 1959), Bandits (1969) et Captain Swing (1969).

    Cette attitude - à la fois méthodologique, éthique et politique - implique une prise de distance envers une certaine historiographie, qui tend - à cause de ce qu’il dénonce comme une déformation (bias) rationaliste et « moderniste » - à négliger ces mouvements, en les considérant comme des survivances bizarres ou des phénomènes marginaux. Or, insiste Hobsbawm, ces populations « primitives », notamment rurales, sont encore aujourd’hui - cela veut dire dans les années 1950 - la grande majorité de la nation dans la plupart des pays du monde. En outre, et cela est l’argument décisif pour l’historien, « c’est leur acquisition de conscience politique qui a fait de notre siècle le plus révolutionnaire de l’histoire ». En d’autres termes : ce type de mouvement, loin d’être marginal, est à la source ou à la racine des grands bouleversements révolutionnaires du 20ème siècle, où les paysans et les masses pauvres des campagnes ont joué un rôle décisif : la Révolution mexicaine de 1911-1919, la Révolution russe de 1917, la Révolution espagnole de 1936, la Révolution chinoise et la Révolution cubaine... L’idée est seulement suggérée par Hobsbawm, qui ne s’occupe directement d’aucun de ces événements, mais elle constitue une sorte d’arrière-plan de ses recherches sur les « primitifs ».

    #capitalisme #anarchisme #ruralité

  • A propos de la monumentale étude sur la formation de la classe ouvrière anglaise(collection Points Histoire) de l’historien #Edward_P_Thompson

    Entretien avec #Miguel_Abensour à qui l’on doit l’édition française et l’historien #François_Jarrige qui a rédigé la préface pour l’édition en poche.
    http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/04/05/miguel-abensour-philosophe-et-francois-jarrige-historien-une-biographie-de-l

    Quelle a été l’influence de ce livre d’E. P. Thompson ? Pourquoi est-il si méconnu en France ?

    M. A. : Le livre a été traduit trop tard en français, en 1988, date qui explique que sa réception n’a pas été réussie. S’il avait été traduit en 1968, ou juste après, la situation aurait été différente. Est-ce qu’aujourd’hui les conditions sont réunies pour une meilleure réception ? L’école de François Furet (1927-1997), qui s’était repliée sur une lecture politique, au sens étroit du terme, paraît aujourd’hui dépassée, ce qui rend le contexte plus favorable.

    F. J. : Il faut bien voir que ce livre a infusé absolument partout, dans toute l’historiographie mondiale. En cela, la #France ressemble à un îlot épargné. En histoire, si on sort du cas hexagonal, les innovations les plus importantes des années 1980-1990, comme les Subaltern Studies en Inde, se sont totalement imprégnées d’Edward P. Thompson, car il s’agit d’écrire une histoire « par en bas », des dominés, de ceux qui ont été marginalisés par l’historiographie nationaliste ou marxiste. Et même en France, à mesure qu’on s’est détachés de l’historiographie marxiste, qui s’intéresse essentiellement aux organisations, aux syndicats ou aux leaders, on a vu monter un intérêt pour Thompson.

    Conférence à la #Sorbonne de François Jarrige et Xavier Vigna Maîtres de conférence en Histoire contemporaine à l’Université de Bourgogne autour du livre d’Edward P. Thompson.
    http://vimeo.com/62285302

    Biographie de l’auteur :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Palmer_Thompson

    E. P. Thompson est né en 1924 à Oxford d’un père missionnaire presbytérien au Bengale, Edward John Thompson (1896-1946). Il abandonne ses études en 1941, à 17 ans, pour s’engager dans l’armée britannique : il combat notamment dans une unité blindée lors de la campagne d’Italie ; il participe notamment à la bataille de Monte Cassino4, puis à la prise de Pérouse, sur laquelle il reviendra lors d’une rencontre du mouvement pour la paix en Italie en 1984 5. Il adhère dans le même temps au Parti communiste de Grande-Bretagne.
    À l’issue de la guerre, alors qu’il dirige des cours du soir (extramural studies) de littérature dans le Yorkshire, il crée en 1946 le Communist Party Historians Group, avec notamment Christopher Hill, #Eric_Hobsbawm, Rodney Hilton et Dona Torr ; avec eux, il lance en 1952 une revue destinée à avoir une grande influence, Past & Present. De fait, « E. P. Thompson est un outsider académique, qui reste toute sa vie extérieur au monde d’Oxbridge, et un franc-tireur idéologique »3 : il quitte en 1956 le #parti #communiste pour protester contre l’#intervention #soviétique en Hongrie et contribue à la recomposition de la #gauche #marxiste #britannique, la Nouvelle #gauche (« New Left ») dans les années 1960. Il joue ainsi un rôle important, avec Perry Anderson ou Eric Hobsbawm, dans la création de la New Left Review en 1960, avant de prendre en 1965 la tête du Centre for Study of Social History (université de Warwick). Idéologiquement marqué par le socialisme anti-industriel du sujet de ses premières recherches, William Morris, E. P. Thompson « prône un #humanisme marxiste teinté de radicalisme plébéien »3.
    Il meurt à Worcester en 1993, à l’âge de 69 ans.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_P._Thompson

    #Histoire #historiographie #Archives #Ouvriers #Luttes #Révolution_industrielle #Politique #Sociologie #Usine #Luddisme #Livre

    • L’oeuvre de Thompson a été et demeure au purgatoire comme celle-ci : Age of Extremes (L’Âge des extrêmes) , ouvrage d’Eric Hobsbawm. Les historiens aussi s’unissent en groupes de pression... Les universitaires en ont même fait leur spécialité.

    • De cet ouvrage, il ne faut pas seulement dire que c’est sans doute un des plus beaux livres d’histoire qui ait été écrit ; car c’est aussi l’une des recherches les plus fondamentales pour comprendre le nouage entre la méthode historique et le problème de la constitution d’un #sujet_politique. L’ensemble de l’ouvrage présente une approche immanente à la constitution d’une conscience de classe : la première partie (« L’arbre de la liberté ») explore la manière dont se développe en Angleterre une conscience révolutionnaire jacobine, sous l’impulsion de la Révolution Française ; la deuxième partie (« La malédiction d’Adam ») met au jour l’opération de démantèlement de cette conscience par l’offensive capitaliste articulée à la « révolution industrielle » ; la troisième partie (« Présence de la classe ouvrière ») montre comment la conscience de classe ouvrière émerge peu à peu, à partir de la recomposition d’éléments de la conscience révolutionnaire jacobine dans un monde transformé. Mais qu’entend-on, exactement, par « conscience » ? Et surtout : le terme est-il adéquat pour saisir la réalité subjective dont il tente de rendre compte ?

      Thompson et le problème de la conscience, par Bernard Aspe
      http://multitudes.samizdat.net/Thompson-et-le-probleme-de-la

      #subjectivité

    • Pour le plaisir de voir et d’entendre Edward P. Thompson.
      Il n’y a malheureusement pas de sous-titres en français
      http://www.youtube.com/watch?v=RJl3_ulTmoQ

      Abstract: This is a film of a seminar on ’Models of Change’ over two days on 20th and 21st March 1976. The participants in the four sessions, lasting eight hours in all, were: Peter Burke, Sally Humphreys, Ernest Gellner, Raphael Samuel, Joel Kahn, Maurice Bloch, Jack Goody, Maurice Godelier, Arnaldo Momiliagno, Edward Thompson, Keith Hopkins, Tom Bottomore, Edmund Leach. The seminar was convened by Alan Macfarlane and held in King’s College, Cambridge.

      Description: This is one of four seminars in the series. The films of one other seminar will be made available on the web. The films were made and edited by the Audio Visual Aids Unit at Cambridge, directed by Martin Gienke and with the assistance of Sarah Harrison. The films were saved from deteriorating quarter inch tape by the British Film Institute, London.

  • The myth of the cowboy
    http://www.guardian.co.uk/books/2013/mar/20/myth-of-the-cowboy

    How did the lone cowboy hero become such a potent figure in American culture? In an extract from his final book Fractured Times, the late Eric Hobsbawm follows a trail from cheap novels and B-westerns to Ronald Reagan

    There is thus no shortage of potential cowboy myths in the western world. And, in fact, practically all the groups I have mentioned have generated macho and heroic semi-barbarian myths of one kind or another in their own countries and sometimes even beyond. But none of them has generated a myth with serious international popularity, let alone one that can compare, even faintly, with the fortunes of the North American cowboy. Why?

    #histoire #eric_hobsbawm