• Voiture autonome : l’accident mortel d’Uber ou la « bêtise » de l’intelligence artificielle
    https://www.nextinpact.com/news/108377-voiture-autonome-accident-mortel-duber-ou-betise-intelligence-art

    L’accident mortel avec une voiture autonome Uber pourrait presque être un tragique cas d’école. Elle avait détecté le piéton, mais sans parvenir à le classer correctement car il n’était pas sur un passage clouté. Si un pilote automatique n’est pas capable de gérer une situation en dehors des clous du Code de la route, on n’est pas sorti de l’auberge. Mardi 19 novembre, le National Transportation Safety Board (NTSB) réunira son Conseil afin de déterminer la cause probable de l’accident mortel impliquant (...)

    #Uber #algorithme #voiture #erreur

  • Pôle Emploi dématérialisé : le casse-tête des travailleurs précaires
    https://www.franceinter.fr/amp/pole-emploi-dematerialise-le-casse-tete-des-travailleurs-precaires

    Confié au prestataire privé, le traitement des données doit souvent repasser entre les mains des agents #indemnisation de Pôle emploi. « Le sous-traitant a des règles, comme par exemple ne pas accepter plusieurs documents dans le même envoi, s’agace Christophe, ou alors, lorsque le métier n’est pas précisé explicitement sur l’attestation, ils mettent ’métier indéterminé’. Ça va parfois plus vite de supprimer tout ce qui a été fait et de tout ressaisir ». Toutefois, Pôle emploi assure que le prestataire doit respecter le cahier des charges qu’on lui fixe.
    Plus d’algorithmes, moins d’humains... Mais un travail « plus complexe »

    Après la saisie, les données sont passées à la moulinette de l’#algorithme chargé de déterminer l’accès aux #droits et de calculer leur montant. Aujourd’hui, « plus de la moitié des dossiers d’allocation sont décidés automatiquement par l’algorithme de Pôle emploi », déclare Alexandra Nougarede, déléguée syndicale SNU FSU et conseillère depuis 20 ans. Une progression fulgurante, puisque au quatrième trimestre 2015, seuls 1 % des dossiers étaient traités automatiquement.

    Entre les #erreurs liées à la #sous-traitance et les automatismes de l’algorithme, les agents indemnisation se retrouvent avec"une charge de travail qui explose", estime Yoan Piktoroff. Selon Alexandra Nougarede, les « rattrapages manuels » des conseillers après le traitement par l’algorithme sont plus en plus fréquents, car « l’algorithme entraîne pas mal d’erreurs de calcul des droits ». Auxquels s’ajoute des « bugs réguliers ». D’ailleurs, « depuis le mois d’août, il y en a beaucoup sur l’actualisation », note-t-elle.

    Un travail de « rattrapage » d’autant plus important qu’il y a « de plus en plus de demandeurs qui cumulent des petits boulots et de moins en moins en CDI », juge le conseiller Pôle emploi. « Quand une personne a travaillé à temps plein avec un salaire équivalent tous les mois, c’est très facile à calculer par algorithme. Mais c’est bien plus difficile de calculer les situations complexes, lorsqu’il y a plusieurs employeurs, des salaires et des temps de travail variables », tranche Marie Lacoste.

  • SRF | Beaucoup de décisions d’asile sont renvoyées au SEM
    https://asile.ch/2019/10/29/srf-beaucoup-de-decisions-dasile-sont-renvoyees-au-sem

    https://asile.ch/wp/wp-content/uploads/2019/10/TAF_décisions_cassées_SEM_SRF_15.10.2019.png

    La Radio Télévision Suisse alémanique (SRF) a diffusé un reportage le 15 octobre 2019 portant sur l’importante augmentation de décisions annulées par le Tribunal Administratif Fédéral (TAF) et renvoyées au Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) pour une nouvelle décision. Cette augmentation significative serait la conséquence, selon le reportage, de la restructuration de la loi sur […]

  • #erreur #seenthis
    Quand jessaie de publier mes trouvailles sur Seenthis avec le bookmarklet j’obtiens systématiquement l’URL https://seenthis.net/#content=null_ et le résultat suivant :


    (capture d’écran)

    Ceci a commencé il y a des mois déjà avec Chromium . Depuis quelques jours mon Firefox (Quantum 66.0.3 (64-bit sous Linux) pose le même problème.

    Est-ce que je suis le seul à en souffrir ?
    Comment y remédier ?

    #it_has_begun ;-)

  • Lyon : la #reconnaissance_faciale utilisée lors d’un procès suscite le débat
    https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/lyon-la-reconnaissance-faciale-utilisee-lors-d-un-proces-suscite-le-debat-7798350513/amp?__twitter_impression=true

    À Lyon, l’audience du mardi 17 septembre a tourné court. Un homme était jugé pour le vol d’un camion le 5 septembre dernier à Corbas. Il avait été interpellé sur la foi des images de vidéosurveillance.

    Sa photo avait été rentrée dans un logiciel de reconnaissance faciale utilisée par la gendarmerie, les images sont d’ailleurs plutôt nettes. Son nom est sorti et c’est donc sur la base de cet élément et uniquement de cet élément qu’il s’est retrouvé devant le tribunal.

    « Vous avez un robot accusateur » se moque l’avocat du suspect. « C’est-à-dire qu’ils ont tiré la photo issue de la vidéosurveillance sur l’ordinateur. Sur quels critères va décider que c’est Monsieur H et non Monsieur Y l’auteur des faits ? », réplique-t-il au micro de RTL.
    Après avoir demandé au procureur de la République s’il disposait d’une expertise et sur quels critères fonctionne cette machine, « pour le moment je n’ai aucune réponse », déplore la défense.

    De nombreuses autres questions restent en suspens pour l’avocat, notamment « quel est le risque d’erreur judiciaire ? » Faute de réponses, le procès vient d’être reporté à la fin octobre, en attendant d’assurer la fiabilité de ce système de reconnaissance faciale.

    #justice #erreur_judiciaire

    • C’est assez rigolo, mais en même temps, il y a cette phrase qui suggère que le filtrage par AI par particulièrement approximatif :

      With every sort of content filter, there is a tradeoff, [the executive] explained. When a platform aggressively enforces against ISIS content, for instance, it can also flag innocent accounts as well, such as Arabic language broadcasters.

      Si « Arabic language broadcasters » te classe dans la censure automatique anti-ISIS – mais « la société est prête à l’accepter » (quelle société, si ce n’est la société islamophobe et raciste du shithole country ?) –, le fait que des républicains soient confondus avec des néo-nazis ne m’apparaît plus si défendable (même si, bon quand même…).

    • Ce qui est vraiment consternant c’est que ce type de raisonnement est à la base des logiques de détection algorithmique que ça s’appelle IA, statistiques ou toute autre méthode qu’on voudra bien utiliser. Toute méthode produit des #erreurs (de 1ère espèce, faux positifs ou de 2nde espèce, faux négatifs) et, à l’usage, et on l’évalue en fonction de l’occurrence de la prévalence de l’élément que l’on cherche à détecter dans la population (resp. % de terroristes dans la population d’arabophones, % de néo-nazis chez les républicains).

      Pour une intro de base, voire #Sensibilité et #Spécificité chez WP
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Sensibilité_et_spécificité
      ou encore #courbe_ROC, #AUC, …
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Courbe_ROC

      Après ces bases statistiques – toujours remarquablement absentes dès qu’on parle d’étendre un dispositif de surveillance/détection – mais après seulement, on peut parler en terme de coût (financier ou social) des erreurs des deux types. Et donc, ce que dit @arno, ce qui est socialement acceptable :
      • vu la prévalence de l’islamo-terroriste et quels que soient les performances des détecteurs, on est pratiquement assuré que (presque) tous les positifs seront des faux positifs (et on s’en fout…)
      • pour les néo-nazis, on risque surtout de buter sur l’endroit où on met la limite (et il n’est même pas avéré que les faux positifs soient fâchés de l’erreur de classification…)

    • L’attrait de l’article, c’est l’idée que d’« après Twitter », s’ils censurent automatiquement les contenus néo-nazis, ils vont se retrouver à censurer des élus républicains (« faux positifs »), et ça nous fait à tous un peu plaisir de penser que ça confirme que les élus républicains ne sont pas bien loins des néo-nazis white-power. Si on résume cette logique : « la censure par l’AI de Twitter confirme que les républicains sont des fachos ».

      Le problème, c’est que le même article signale que quand ils filtrent avec la même AI les contenus pro-ISIS, ça met dans le tas des contenus totalement innocents au motif que le simple fait de parler en arabe est un marqueur fort pour l’AI (faux positifs donc aussi).

      Donc l’intérêt – a priori assez plaisant – de l’article, comme quoi les « erreurs » de l’AI de Twitter démontreraient ce qu’on pense déjà, c’est-à-dire que les républicains sont des fascistes, hé ben ça ne tient pas (sinon on accepte l’idée que les gens qui s’expriment en arabe sont pro-ISIS, puisque c’est ce que fait la même AI).

    • merci @arno, je vais te sous-traiter les réécritures de mes écrits « technique »…

      Les mots sont «  techniques  », mais le principe est assez simple. Un «  classificateur binaire  » auquel fait référence WP, ça veut juste dire qu’on trie une population en 2 tas ; pour faire simple des «  méchants  » et des «  gentils  ». Ça marche pour plein de trucs : un œuf pourri dans la production d’un poulailler, un monsieur avec du plastic dans ses semelles parmi les passagers embarquant à Roissy, un «  pas gentil  » parmi les trombines des passants dans une rue, etc.

      Toute méthode, automatisée ou pas, appliquée systématiquement produira des erreurs ; erreurs de DEUX types :
      • un «  gentil  » pris pour un «  méchant  » (faux positif)
      • un «  méchant  » pris pour un «  gentil  » (faux négatif)
      et donc sera associée à DEUX risques, le risque des erreurs de la première espèce ET le risque des erreurs de la seconde espèce (au passage, ce sont les termes techniques).
      Dans la plupart des méthodes, tu disposes (d’au moins) un paramètre qui te permet d’arbitrer entre ces deux risques. Ainsi, si tu ne veux pas avoir de faux positif, il suffit de décider que tout le monde est gentil ; le hic c’est que ta méthode n’interceptera plus aucun méchant. Et tu peux échanger entre les deux risques.

      Typiquement, dans les exemples statistiques qui vont bien (en contrôle qualité, p. ex.) on considère des risques d’erreur de l’ordre de 5% à 10%. Prenons, p. ex. 5% pour le premier et 10% pour le second) au passage, dans la plupart des méthodes de surveillance, on en est très loin. Ainsi dans cet exemple pointé récemment, https://seenthis.net/messages/799826, on trouve 19% des individus identifiés correctement ; on ne sait pas très bien à quoi ça correspond par rapport aux risques ci-dessus, mais on voit que 81% (le complément à 100%) des individus ne sont pas correctement reconnus.

      Gardons 5% et 10%. Le dernier paramètre important pour modéliser le fonctionnement du système de surveillance, c’est le pourcentage a priori de «  méchants  » dans la population totale. Avec ça, tu vas pouvoir calculer combien, en moyenne, ton système produit d’erreurs et de quels types. Je prends par exemple, les passagers transitant à Roissy tous les jours, ça nous en fait environ 200 000, on peut raisonner «  en moyenne  ».

      Si tu as en gros 30% de méchants dans la population, tu en vois passer 60 000 dont tu laisseras passer 10% (2ère espèce) de faux négatifs (6000) et dont tu arrêteras le reste, soit 54 000.
      Sur les 140 000 gentils (les pas méchants, si tu préfères) 5% (1ère espèce) seront arrêtés, soit 7 000 et 133 000 passeront sans encombre.
      Bilan : tous les jours tu interceptes 61 000 personnes dont 54 000 à juste titre et 7 000 par erreur. C’est encore admissible…

      Mais 30% de méchants, c’est ÉNORME. Mettons en 1% (et c’est encore gigantesque) et refaisons les calculs.
      2 000 méchants par jour, dont 200 passent au travers du filet et 1800 sont arrêtés
      198 000 gentils dont 9900 sont arrêtés à tort.
      Bilan : tu as arrêté 10 100 personnes dont 200 vrais méchants. De ce fait, outre le bazar que tu mets à l’embarquement, (pratiquement) toutes les personnes retenues le sont à tort, résultat, très vite, on ne s’occupera plus des alarmes.

      Conclusion, très générale : quand ce que tu cherches est très peu fréquent dans la population, les méthodes de contrôle systématiques en population générale (càd appliquées à tout le monde) ne peuvent pas marcher. Toute personne affirmant le contraire est au mieux un ignare au pire un escroc manipulant les ignares. Ce qui marche (éventuellement) ce sont des méthodes spécifiques (par exemple un indic – on a aussi un exemple tout frais) appliquées sur des populations ciblées (càd où, a priori, le taux de méchants est plus élevé qu’en population générale). La seule justification (?) d’un contrôle systématique de disposer d’une gigantesque base de données qui te permet, quand tu connais le méchant de pouvoir le retrouver dans ta base).

      OK, si tu souffres d’aritmophobie tu auras décroché très rapidement, mais la logique de ce type de calcul est assez simple et imparable, même si c’est un peu long à développer (ce qui fait que ça ne l’est rigoureusement jamais…)

      PS : je sais que j’ai déjà développé ce genre de choses (au moins…) une fois ici.

    • @arno , @simplicissimus Comme je suis super content d’avoir osé dire (après une longue hésitation) que j’avais rien capté, parce que maintenant j’ai compris et je trouve cela vraiment très intéressant, je regrette même de ne l’apprendre que maintenant tant ce raisonnement des faux positifs et des faux négatifs m’aurait été tellement utile quand je travaillais dans l’informatique et que je me battais contre les avalanches de fausses alertes en tentant de faire remonter qu’elles étaient factrices de vraies alertes manquées.

      Avouez que vous êtes l’un et l’autre nettement plus clairs dans vos deuxièmes contributions dont je vous remercie tous les deux.

      Mais ça continue de me faire sourire qu’on confonde les Républicains avec des Nazis. Parce que c’est la même chose non ?

    • Diala a un geste, apparemment libanais, pour qualifier ma façon d’expliquer les choses : ça consiste à se boucher l’oreille gauche avec la main droite en faisant tout le tour de la tête.

    • Une amie proche de la famille avait un jour statué sur le fait que pour mes enfants la vraie punition c’était la longueur de l’explication. Ça nous avait beaucoup fait rire et cela avait été l’occasion d’une sérieuse remise en question paternelle, depuis quand je dois expliquer quelque chose à mes enfants on négocie avant l’explication le temps qui m’est imparti et on se sert d’un compte-minute.

      http://desordre.net/photographie/numerique/divers/videos/20181014_pendule.mp4

  • Map: Is California an island? Cartographic mistakes from history. - Big Think

    https://bigthink.com/strange-maps/map-california-island

    California was born a fiction: named after a made-up island the name of which could be translated as ’caliphate’.
    For centuries, California was a cartographic fiction as well: it was shown as an island until as late as 1865.
    Over 40 years, Glen McLaughlin dug up more than 700 maps of California as an island – the world’s biggest collection on cartography’s most persistent mistake.

    #cartographie_°ancienne #erreur_cartographique

  • Erreurs en cascade : l’affaire Steve Caniço, un « poison à diffusion lente » pour le ministère de l’Intérieur

    https://www.marianne.net/politique/comment-le-ministere-de-l-interieur-s-est-effondre-pendant-l-affaire-ou-es

    Castaner aux chiottes (mais avant tu passes devant une cours de justice pour répondre de tes crapuleries)

    "Un vent mauvais souffle sur le ministère de l’Intérieur. « L’affaire Steve est un poison à diffusion lente, mais à l’arrivée des têtes tomberont », pronostique un vieux syndicaliste de la grande maison, « stupéfait », comme beaucoup d’autres, par la « communication » de son ministère. « On subit », admet à Marianne une source haut placée de Beauvau… Christophe Castaner est aux abonnés absents, et paraît même inaudible sur le terrain des « violences policières », tant il semble avoir couvert ses flics ces derniers mois en marge des manifestations des « gilets jaunes ». Quant à son secrétaire d’État Laurent Nunez, selon une source syndicale, il a été décidé fin juin de le mettre « en retrait cet été, pour ne pas donner l’impression qu’il faisait tout le boulot à la place de Casta et ne plus lui faire d’ombre ».

    UN FIASCO COMMUNICATIONNEL
    Aux étages opérationnels, même constat. Où est passé Eric Morvan, le directeur général de la police nationale ? Officiellement, il est en vacances. Mais, selon certains, « il déprimerait ». Depuis fin juin, il s’est fendu de deux petits tweets de routine sur le réseau social. Mais, sur l’affaire Steve, rien, lui non plus. Silence radio complet.

    Le préfet de Loire-Atlantique, Claude d’Harcourt, ancien patron de l’administration pénitentiaire recasé à Nantes, n’est guère plus loquace. « La nuit de la Fête de la musique, le préfet dormait… Et même le sous-préfet de permanence était chez lui au lit », raille un policier local, qui aimerait bien savoir « qui » a décidé de faire éteindre la musique à 4 heures pétantes, alors que les autres années « ça avait duré sans problème ». Plusieurs sources locales déplorent la « gestion froide » de la préfecture de Loire-Atlantique. Un peu comme si, tant que le jeune homme de 24 ans restait disparu, sa mort n’était pas certaine et l’affaire n’en était pas totalement une. La découverte du corps de Steve Maia Caniço dans la Loire, ce lundi 29 juillet, va changer la donne

    Hasard du calendrier, le mardi 16 juillet, le commandant de police en charge de l’enquête administrative venait de rédiger un rapport à l’attention de son chef, Brigitte Jullien, patronne de l’IGPN. Dix pages récapitulent la soirée tragique du 21 juin. Les faits bruts y sont étalés pour la première fois : entre 4h30 et 4h51, soit en vingt et une minutes, la vingtaine de policiers, pris à partie par des « teuffeurs » ne souhaitant pas que la musique cesse, ripostent en tirant 33 grenades lacrymogènes, 12 LBD, ces balles de défense en caoutchouc, et 10 grenades de désencerclement. Soit un tir toutes les vingt-trois secondes sur un quai de Loire sans barrières de protection…

    LE RAPPORT DE L’IGPN EN QUESTION
    Le rapport signale aussi que les caméras de vidéosurveillance ont permis à la salle de commandement de la police nantaise, dès 4 h 37, de « remarquer une première salve de gaz… avec un épais nuage de fumée blanche qui empâtait toute visibilité sur la réaction des manifestants ». La vidéosurveillance situe à 4 h 41 et 4 h 50 « de nouveaux jets de gaz lacrymogène qui dérivaient vers la Loire ». Or, dès 4 h 37, la salle de commandement intime l’ordre au commissaire opérationnel sur place d’« arrêter les tirs ». A 4 h 52, sous l’indicatif « Draco », le directeur départemental par intérim, en personne, ordonne au commissaire sur place de « cesser » tout tir. Autre révélation de l’IGPN, quand les CRS arrivent en renforts, à 4 h 45, s’ils sont encore la cible de « jets de projectiles sporadiques », ils n’engagent, eux, « aucun moyen ». Entre les lignes, le rapport de l’IGPN démontre bien la dangerosité de cette intervention puisque immédiatement après de nombreux signalements font état de personnes tombées dans la Loire… Dont certaines auraient coulé. En neuf pages, une description minute par minute d’un véritable fiasco opérationnel.

    Mais, pour autant, la dixième page, en conclusion, n’établit aucun lien entre cette intervention musclée et la disparition de Steve. « Cet usage de la force, en riposte à des voies de fait perpétrées par une foule de personne rassemblées sur un terrain public, était justifié et n’est pas apparu disproportionné », conclut même le document, excluant « tout bond offensif » et « toute manœuvre s’assimilant à une charge ».

    Selon nos sources, ce rapport paradoxal atterrit le jeudi 18 juillet sur le bureau de Laurent Nunez, secrétaire d’Etat au ministère de l’Intérieur, qui avise aussitôt Christophe Castaner de son contenu mi-chèvre mi-chou pour la police. Plutôt accablant dans le déploiement de moyens lors de l’intervention, mais rassurant dans sa conclusion d’« absence de faute administrative ». « Nunez sait lire un rapport de police, confie un policier de haut rang. Il a immédiatement compris que l’intervention policière ce soir là était totalement inappropriée. » « Tout professionnel à la lecture de ces 10 pages comprend que l’intervention policière est en soit une erreur, que non seulement elle n’aurait pas dû avoir lieu, mais qu’ensuite des moyens conséquents auraient dû être mis en œuvre pour retrouver les personnes tombées à l’eau », admet auprès de Marianne une source gouvernementale. Un constat sans fard expliquant le silence gêné à tous les étages de la Place Beauvau…

    ERREURS EN CASACADE
    Dans un premier temps, le jeudi 18 juillet, le ministère de l’Intérieur n’envisage pas de rendre publique ces premières conclusions de l’IGPN. Christophe Castaner retient même l’idée de transmettre le rapport à la famille de Steve, avec lequel ses services ont noué des contacts pour une éventuelle rencontre. Dans le même temps, la décision est prise, dès la semaine du 16 juillet, de saisir l’IGA, l’Inspection générale de l’administration, pour décortiquer les décisions prises par la préfecture de Loire-Atlantique et la Mairie de Nantes tant sur l’organisation de la fête, les moyens de sécurité mis en œuvre, que les opérations de secours lancées après coup. « On est bien conscients qu’une série d’erreurs ont été commises, admet-on au ministère de l’Intérieur, même si on n’a pas encore tranché la façon de le reconnaître. »

    Mais, avec la découverte du corps de Steve, le lundi 29 juillet, ce n’est plus une enquête pour disparition inquiétante qui menace désormais la maison police, mais une information judiciaire pour « homicide involontaire ». Après consultation exprès du procureur de Nantes, et le feu vert de Matignon, la décision est prise en urgence, ce lundi 29, de communiquer les 10 pages de synthèse du rapport de l’IGPN. Plusieurs syndicalistes policiers reçoivent le document puis, le mardi 30, il est rendu public avec un objectif évident : dédouaner la police. « C’était une erreur. Il aurait fallu que quelqu’un explique, analyse un syndicaliste. Tel quel, avec sa conclusion maladroite et sans nuance, ce rapport apparaît comme une opération de couverture. » Il faudra attendre onze jours pour que Brigitte Jullien, dans l’Obs, vienne réfuter que son service ait voulu dédouaner quiconque. Puis dans Libération, ce lundi 5 août, elle assure n’avoir « jamais voulu blanchir qui que ce soit » et s’épanche sur les limites de l’enquête administrative. Une séance de pédagogie bien tardive.

    « A ce stade, alors qu’on ne sait même pas quand Steve Caniço est tombé à l’eau, alors que son téléphone cesse même de borner une demi-heure avant l’intervention policière, il vaudrait mieux rester tout simplement prudent et laisser faire la justice », soupire pour sa part David Le Bars, le patron du puissant syndicat des commissaires, inquiet du déferlement de haine « anti flic » ces dernières semaines. Dans les rangs policiers, il est désormais loin d’être le seul."

  • Canada : la banque Desjardins touchée par un vol de données massif, 2,9 millions de clients concernés
    https://cyberguerre.numerama.com/1495-canada-la-banque-desjardins-touchee-par-un-vol-de-donnees

    L’un des plus grands importants systèmes de caisses populaires du Canada, le Mouvement Desjardins, a fait l’objet d’une fuite de données sans précédent : 2,9 millions de clients ont été touchés. Des données sensibles, comme le numéro d’assistance sociale, ont par ailleurs été dérobées. Jamais l’établissement bancaire Desjardins n’avait subi une fuite de données aussi massive. Dans un billet publié sur son site, l’une des plus grandes coopératives d’épargne du Canada fait preuve de transparence à l’égard de ses (...)

    #BigData #hacking

    //c0.lestechnophiles.com/cyberguerre.numerama.com//content/uploads/sites/2/2019/06/storm-203461_1920.jpg

    • Toujours dans cette optique d’apaisement, la banque affirme n’avoir observé aucune augmentation de cas de fraudes impliquant les comptes touchés au cours des derniers mois.

      Et quelle autorité les force à dire la vérité ? Quand un compte est « piraté » et qu’un bonze sort 800 ou 1000$ d’un compte, Desjardins, comme les autres, s.empresse de remettre les sous pour que les croquants ne s’alarment pas. « Tout est sous contrôle. »

      Ce que l’article manque de préciser, c’est quand dans la lettre adressée aux clients potentiellement touchés par la fuite de donnée, la banque Desjardins trouve tout de même moyen de placer un « faites attention à ne pas divulguer vos informations personnelles », et prêche qu’il faut être « vigilant ». Vigilant de quoi ? De leurs employé.e.s ? Apparemment, l’institution ne tient pas à révéler les caractéristiques du fautif.

  • About JSHint
    https://jshint.com/about

    JSHint is a community-driven tool that detects errors and potential problems in JavaScript code. Since JSHint is so flexible, you can easily adjust it in the environment you expect your code to execute. JSHint is open source and will always stay this way.

    La documentation : https://jshint.com/docs
    Toutes les options : https://jshint.com/docs/options

    #javascript #jshint #web_dev #outil #erreur #linter

  • Haute-Provence | Suicide d’un instituteur : une “erreur matérielle” dans sa suspension
    https://www.ledauphine.com/haute-provence/2019/06/08/suicide-d-un-instituteur-une-erreur-materielle-dans-sa-suspension

    Deux jours après avoir été suspendu à titre conservatoire, l’instituteur de 32 ans qui enseignait à Barrême a mis fin à ses jours jeudi 2 mai. Le syndicat FO demande une enquête administrative sur une erreur matérielle dans le premier arrêté de suspension.

    Il avait 32 ans, il enseignait à l’école Victor-Hugo de Barrême, au sud de Digne-les-Bains. Il a mis fin à ses jours le 2 mai dernier. Deux jours avant, il avait été suspendu par l’académie “à titre conservatoire”. Une mesure en lien avec un signalement qu’un parent d’élève aurait fait. “Il n’a pas supporté cette mise en cause”, affirment cette semaine les représentants Force ouvrière au comité technique académique. Selon nos informations, au 30 avril, aucune plainte auprès des forces de l’ordre n’avait été formulée contre l’instituteur de Barrême.

    L’enseignant n’a jamais été mis en examen

    Le syndicat met en exergue une “erreur” dans l’arrêté de suspension remis à l’enseignant. Le 30 avril, lorsque l’instituteur est reçu par l’inspection d’académie, on lui remet un arrêté de suspension portant la mention “vu la mise en examen de l’intéressé en date du 17 avril 2018 et son placement sous contrôle judiciaire”.

    L’enseignant n’a jamais été mis en examen pour quoi que ce soit et encore moins placé sous contrôle judiciaire. En revanche, le 17 avril 2018, un autre instituteur du département, à Entrevaux, était mis en examen et placé sous contrôle judiciaire pour “corruption de mineur”. Pour FO, l’académie a agi “sans précaution”.

    Le 2 mai, un nouvel arrêté est édité pour annuler et remplacer le précédent “suite à une erreur matérielle”. Posté le même jour, le courrier arrivera après le décès de l’enseignant.

    Un « vice de forme suite à un copié-collé »

    De son côté, l’académie reconnaît « le vice de forme suite à un copié-collé » et détaille la procédure. « Il a été reçu le 30 avril par la division du personnel, l’inspectrice académique et le secrétaire général de la direction académique pendant près d’une heure », précise la direction académique. Un entretien à l’issue duquel la suspension lui aurait été notifiée oralement avant la remise de l’arrêt. « Il était parfaitement informé des faits pour lesquels il était suspendu à titre conservatoire, mesure qui ne préjuge de rien. »

    Le CHSCT académique sera saisi

    Les représentants Force ouvrière au comité technique académique demandent au recteur de “diligenter une enquête administrative pour faire toute la lumière sur les raisons de l’arrêté erroné” remis à l’instituteur. Ils demandent aussi la saisine du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) académique “pour éviter toute situation de conflit d’intérêts dans les Alpes-de-Haute-Provence”, et le classement du décès en accident de travail.

    Hier soir, la direction académique et le rectorat ont confirmé que le CHSCT académique serait bien saisi et une enquête administrative diligentée. Le tout à la fin de l’enquête judiciaire en cours, ouverte après la découverte du corps de l’enseignant.

    #erreur_matérielle #vice_de_forme

  • ’Mistake Creek’ declared a mistake after 165 years, scrubbed from maps
    http://www.brisbanetimes.com.au/queensland/mistake-creek-declared-a-mistake-after-165-years-scrubbed-from-map
    https://img-s-msn-com.akamaized.net/tenant/amp/entityid/AABuieF.img?h=315&w=600&m=6&q=60&o=t&l=f&f=jpg

    The central Queensland community of Mistake Creek was officially declared a mistake by the state government on Friday and scratched from Queensland maps.

    In 1854, settler Jeremiah Rolfe believed his station was on the Belyando River, but later discovered it was actually on a tributary, which he called Mistake Creek.

    According to the 2016 census, the locality had a population of 38 and according to Google Maps, was located about 100 kilometres west of Clermont.

    The community boasts the only school for at least 70 kilometres in the state’s centre.

    #cartographie #erreur-cartographique

  • Tout comprendre sur #Parcoursup

    Pour comprendre la nature de “Parcoursup”, il faut partir de l’expérience directe, sans tenter d’y plaquer des interprétations hatives ou idéologiques. Pour la plupart des lycéens — ceux que les communicants qui encombrent désormais l’appareil d’Etat appellent “nos jeunes” — le processus d’affectation dans l’#enseignement_supérieur se présente comme une boîte noire nimbée de brouillard, comme une obscure Machine.

    Son #opacité ne tient pas tant à l’interface numérique par laquelle se font les connexions que dans l’impression diffuse de ne pas connaître les règles d’un “jeu” qui s’apprête à déterminer la place sociale qui sera assignée à chaque “candidat” pour le reste de son existence.

    Les familles qui entendent faire de leurs rejetons des “premiers de cordée” ne découvrent pas la #guerre_scolaire à cette occasion : elles s’y livrent depuis la maternelle, renforçant la #ségrégation_sociale par mille artifices de contournement, de choix d’options “astucieuses” et de falsification d’adresse. Parcoursup officialise l’idée que les formations universitaires — y compris celles aussi standardisées que des licences d’une même discipline — ne se valent pas. Dès lors, ce qui fut une orientation devient recherche active des filières les plus valorisables, c’est-à-dire celles qui, en l’absence de mécanismes de brassage social, permettront d’obtenir les meilleures places dans la hiérarchie socio-économique. C’est du moins ce dont les concepteurs souhaitent convaincre les classes moyennes. Mais comment savoir quels sont les “parcours” qui permettront d’accroître son “portefeuille de compétences” de sorte à en obtenir les “dividendes” matériels et symboliques les plus généreux ? En effet, hormis les Grandes Écoles, qui assurent la formation des cadres, les formations sont essentiellement les mêmes partout. D’où l’effet de brouillard.

    Les “premiers de cordée” se reconnaissent en ceci qu’ils “ont du réseau” leur permettant d’obtenir informations précieuses et passe-droits. L’#opacité du système est en partie délibérée comme en témoigne le démantèlement des services d’orientation nationaux (#ONISEP et #CIO). Cependant, participent à l’#angoisse générée par la Machine toutes sortes de #dysfonctionnements, d’accrocs, d’#erreurs de débutant, qui admettent une explication simple et donc probablement juste : derrière la prétention de la #Start-Up_Nation à transformer les services de l’Etat en plateformes numériques automatisées se cache un amateurisme sans bornes. Ainsi, l’équipe technique incompétente recrutée par le ministère en charge de l’enseignement supérieur s’est montrée incapable d’écrire un logiciel sans bug, malgré la simplicité algorithmique : appeler les “candidats” dans l’ordre dans lequel les formations les ont classés, au fil des désistements. Du reste, il n’est qu’à voir le visage de Mme Vidal rongé par les anxiolytiques, lorsqu’elle débite d’une voix pâteuse les éléments de langage préparés par les communicants de son cabinet, avec des chiffres arrangés quand ils ne sont pas tout simplement faux, pour comprendre que l’angoisse générée par Parcoursup s’étend à tous ceux qui ont été mis au service de la Machine : les bacheliers, bien sûr, mais aussi les responsables des formations qui produisent les classement des “candidats” et l’ensemble de la #bureaucratie ministérielle occupée à calfeutrer les voies d’eau qui se multiplient quotidiennement. Que le ministère en charge de l’enseignement supérieur soit entièrement tourné désormais vers le micro-management le plus insignifiant, n’est pas le moindre des paradoxes du dispositif. Au final, le mantra répété jusqu’à la nausée par la ministre, “Remettre de l’Humain dans la Machine”, n’est pas si faux que cela, qui évoque métaphoriquement ces usines de nuggets à destination de la restauration rapide, qui broient ce qui reste des poulets une fois amputés de leurs filets et de leurs cuisses.

    La boule au ventre qui étreint les lycéens au moment de choisir la discipline à laquelle ils entendent se former, comme moyen particulier d’aller vers une autonomie de pensée, ne s’arrête pas le jour où tombent, comme un couperet, les affectations. Les “premiers de cordée”, un sur cinq environ, obtiennent ce qu’ils souhaitent dès le premier jour et c’est l’objet même de la Machine que ce soit le cas. Le système d’affectation précédent, qui n’était certes pas la panacée mais ne reposait pas sur un classement des “candidats”, parvenait à attribuer son premier vœu à un bachelier sur deux. Avec Parcoursup, plus de la moitié des “candidats” sont “mis en attente” pour l’intégralité des formations demandées, y compris celles, au fond non souhaitées, qui constituaient des choix stratégiques de repli. Et ce purgatoire a été conçu pour durer très longtemps. N’importe quel informaticien pouvait prédire que la suppression des vœux hiérarchisés engendrerait des “deadlocks” algorithmiques, ralentissements induits lorsque des processus concurrents s’attendent mutuellement, ne laissant d’alternative à l’interprétation qu’entre le cynisme et l’incompétence totale. Ainsi, il restait plus de 47000 candidats sur le carreau à la rentrée 2018, principalement des lycéens ayant obtenu un bac “pro”. Les éléments de langage produits par le ministère et repris sans vérification par la presse quotidienne transformèrent ce fait tiré des statistiques du ministère lui-même en : “moins de 2500 candidats encore en attente”. Au final, l’angoisse générée par la “mise en attente” a une fonction importante : faire accepter avec soulagement une formation pour laquelle le “candidat” n’a ni affinité ni appétence.

    Faire patienter, c’est dominer

    En résumé, Parcoursup est une machine à dévorer du temps pour permettre à une minorité de choisir librement leur formation et pour le plus grand nombre, d’être répartis au cours d’une grande loterie anxiogène.

    Bien qu’il soit important de rendre compte des effets concrets que Parcoursup produit, il ne faut pas le réduire à un dispositif technique mais en analyser les motivations.

    Parcoursup a d’abord une dimension gestionnaire et répond à un problème précis : comment ne pas investir dans l’#Université_publique, alors même que la population étudiante est supposée s’accroître de 30% entre 2010 et 2025. Cela représente quelques 400 000 étudiants en plus, soit une vingtaine d’universités à construire. La réponse est simple : décourager les inscriptions par tous les moyens y compris par l’augmentation des #frais_d’inscription pour les étrangers, “caser tout le monde” en bourrant les formations désertées de “sans fac”, et augmenter à moyens constants les capacités d’accueil des formations (de 10% en 2018). Si cela ne suffit pas, Parcoursup permet techniquement de recourir à la sélection stricte.

    Deuxième dimension du dispositif, Parcoursup en finit avec un système qui permettait à tout bachelier de faire les études universitaires de son choix. Le dispositif reprend le contenu de la #loi_Devaquet là où l’assassinat de Malik Oussekine par les voltigeurs motocyclistes l’avait interrompu en 1986. Parcoursup signe ainsi la mise à mort du #baccalauréat, remplacé à l’entrée de l’Université par de la mise en #concurrence : chaque formation produit, à partir des notes de contrôle continu, des options choisies dans le secondaire et de données sur l’origine sociale (CV, lettres de motivation, etc.) un #classement des “candidats”. L’#examen_terminal est remplacé par une évaluation des “#portefeuilles_de_compétences” directement inspirée des pratiques managériales. On trouve là un premier fondement idéologique de Parcoursup, qui rompt avec les idées promues par la Révolution Française, assignant à l’enseignement une fonction émancipatrice : développer, à des fins de citoyenneté, l’usage critique de la raison individuelle. Parcoursup participe de la tentative d’amener tout le monde à se penser et à se comporter en entrepreneurs d’eux-mêmes, individuellement responsables de leur destin.

    Simultanément, le baccalauréat ayant été, pendant plus d’un demi-siècle, l’épreuve initiatique de passage à l’âge adulte pour la classe moyenne, sa disparition vise aussi à infantiliser les jeunes adultes. Le retour du service national, affublant “nos jeunes” d’un uniforme hybride entre le vigile de supermarché, le gardien de prison et le policier, confirme cette volonté d’humiliation et de torture douce. Tout concourt à repousser l’âge de l’autonomie financière et intellectuelle en transformant progressivement la licence en “lycée du 21e siècle”, terme qui tint lieu un temps de résumé programmatique à la candidature de Macron à la présidentielle, d’après les Macronleaks.

    Ces deux facettes de Parcoursup — déposséder les jeunes adultes de leur autonomie et simultanément les rendre responsables de leur position sociale — ne sont antagonistes qu’en apparence. Elles contribuent toutes deux à la fiction méritocratique, ce supplément d’âme dont “on” a doté la reproduction sociale. Plus précisément, Parcoursup (tout comme la loi Blanquer) s’inspire d’une supercherie : la théorie du capital humain. Cette “théorie” vise à naturaliser les inégalités économiques, en produisant un argumentaire à destination des classes moyennes faisant porter la responsabilité des hiérarchies sociales aux individus, et non à l’organisation de la société. Pour empêcher de penser l’héritage, d’une part, et la reproduction du capital, d’autre part, comme étant les mécanismes primordiaux de production des inégalités, il s’agit de postuler que les revenus des individus proviennent de la fructification de leur “capital de compétences”. L’important n’est pas que ces “compétences” existent, qu’on puisse les mesurer, c’est de créer les conditions sous lesquelles les individus soient amenés à se vivre eux-même comme portefeuilles de compétences en quête de valorisation, acceptant de facto leur position dans la hiérarchie sociale sans se révolter. Telle est la fonction anesthésiante de la nimbe d’angoisse et de pression autour de Parcoursup. Mais ce n’est pas tout. Si suivre une formation universitaire permet d’accroître ses revenus futurs, alors l’entrepreneur de lui-même se doit d’investir dans son portefeuille de compétences et donc de payer l’Université, en empruntant si besoin.
    Faire patienter, c’est occuper. Et l’occupation, c’est le début de la colonisation culturelle.

    Dans quel projet global de société, la vision de l’Université portée par Parcoursup s’inscrit-elle ? L’Université moderne est née en France avec la IIIe République, la dissolution des institutions médiévales à la Révolution ayant conduit à liquider toute autonomie du système facultaire et à créer des écoles professionnelles sous contrôle de l’État. Elle conserve aujourd’hui une triple anomalie en héritage du 19e siècle : le système des grandes écoles, la centralisation parisienne et l’absence d’autonomie du corps professoral vis-à-vis des pouvoirs dont il dépend. Elle a eu de ce fait une incapacité chronique à s’adapter aux mutations socio-économiques de son temps. Au 19e siècle, et jusqu’à la seconde guerre mondiale, la demande vis-à-vis de l’Université a été le développement de la recherche pour appuyer la révolution industrielle et former les nouvelles classes moyennes, témoignant d’une supériorité du modèle humboldtien de liberté d’enseigner, de rechercher et d’apprendre sur le modèle napoléonien. Après guerre, la demande des classes dirigeantes a changé de nature, tirée par le compromis fordiste, le plein emploi et la concurrence du bloc marxiste-léniniste : il s’est agi de combler le déficit de main d’œuvre qualifiée par la constitution d’une première Université de masse développant une formation à et par la recherche. Après 68, et tout au long des années 1970, une nouvelle demande a émergé, venant des étudiants eux-même et des milieux militants portant une exigence d’émancipation, de critique sociale et d’autonomie intellectuelle, produisant enfin de réelles universités au tournant du 21e siècle, malgré l’héritage douloureux de grandes écoles inaptes à la recherche. Depuis deux décennies maintenant, l’émergence d’un libéralisme autoritaire a conduit à une reprise en main, sur fond de désindustrialisation, de chômage de masse et de crise systémique. Les classes dirigeantes se moquent, pour l’essentiel, de l’Université où elles n’envoient pas leurs enfants se former — les business schools ont “bâti autour d’eux un mur d’ignorance et d’erreur". Aussi ont-elles bondi sur la première pensée indigente émise par un économiste d’Harvard : ne conserver que dix universités (au sens humboldtien), pour assurer l’activité de recherche nécessaire à l’innovation technique.

    Quelle ambition, dès lors, pour l’écrasante majorité des bacheliers issus des classes moyennes, et pour les classes populaires ? Aucune. Nada. Un vide de pensée politique. Dans la mesure où, d’une part, la production marchande peut être assurée par 10% de la population, l’Asie tenant lieu d’usine mondiale et où, d’autre part, les 10% de classes moyennes supérieures sont formées dans les grandes écoles, les 80% de classes moyennes inutiles à l’ordre économique dominant ne servent à rien. Leur formation intellectuelle et pratique est une non-question. Les universitaires ne sont rien d’autre qu’un poids mort pour les finances publiques. Même s’ils sont pour la plupart frappés de stupéfaction ou occupés à des activités courtisanes, ils disposent encore de trop de temps non-contraint pour ne pas représenter un danger. Dès lors, en l’absence d’idée, tout est mis en œuvre pour créer un marché de l’enseignement supérieur, ce qui suppose de différencier les parcours et les établissements, et de les mettre en concurrence. C’est très exactement ce à quoi contribue Parcoursup, comme brique dans une construction au long cours. La suite est connue dans les grandes lignes : créer les conditions pour accroître la part du privé dans le marché nouvellement constitué ; paupériser les établissements de proximité et y avoir recours massivement au travail précaire ; déréguler les statuts des universitaires pour abaisser les coûts salariaux ; accroître la “double hétéronomie autoritaire de l’université, envers l’encadrement administratif et envers la commande des marchés”.

    L’heure n’est plus à la défense conservatrice d’une Université qui n’existe de facto plus — si tant est qu’elle ait jamais existé — mais à la reformulation d’un projet de transformation radicale de la société qui inclue l’ensemble du système éducatif. Il devient non seulement nécessaire mais urgent de retrouver le contrôle de nos existences, de nous donner du temps pour penser et de faire de nos vies des terrains d’expériences.

    https://lundi.am/Tout-comprendre-sur-Parcoursup
    #parcours_sup #sélection #éducation_supérieure #université #attente #patience

  • Près de 50% des dossiers de #RSA comportent un #trop_perçu
    https://www.banquedesterritoires.fr/pres-de-50-des-dossiers-de-rsa-comportent-un-trop-percu

    Comme chaque année, la Caisse nationale d’#allocations_familiales (#Cnaf) publie son bilan de la lutte contre la #fraude et de la récupération des indus. Portant sur l’année 2018, le dossier de présentation est intitulé « Le contrôle et le ’#droit_à_l'erreur' dans les CAF ». Si cet intitulé entend montrer que les indus ne doivent pas être confondus avec la fraude intentionnelle, l’usage systématique des guillemets pour le « droit à l’#erreur » peut laisser penser que la branche Famille a encore du mal avec cette notion, pourtant désormais reconnue par la loi du 10 août 2018 pour un État au service d’une société de confiance (loi Essoc) dans le secteur public ou parapublic.

    […] Ce volet de prévention n’exclut évidemment pas la mise en œuvre de contrôles et d’actions de lutte contre la fraude. Les #CAF ont ainsi réalisé l’an dernier 35,8 millions de contrôles : 30,7 millions de contrôles automatisés (86%), 4,8 millions de contrôles sur pièces (13%) et 170.000 contrôles sur place (1%). Ils ont permis de détecter 44.897 cas de fraude, un chiffre stable par rapport à 2017 (45.100). Leur montant cumulé est toutefois légèrement plus élevé : 305 millions contre 291 millions un an plus tôt, soit une moyenne de 6.785 euros par fraude détectée. Le montant des fraudes détectées a ainsi doublé en cinq ans, en particulier grâce à la plus grande efficacité des contrôles. La Cnaf prend toutefois soin de rappeler que "rapportés aux 12,7 millions d’allocataires, les cas de fraudes concernent environ 0,35% d’entre eux" .

  • #Minniti: ‘Affidare il salvataggio dei naufraghi ai libici è stato un drammatico errore’

    Marco Minniti (PD): ‘Il problema è chi risponde al telefono. Prima rispondeva la guardia costiera italiana, ma ora nel Mediterraneo centrale non operiamo più… e la guardia costiera libica non è in grado di salvare i naufraghi’

    http://www.la7.it/piazzapulita/video/giannini-%E2%80%98l%E2%80%99italia-in-libia-ha-scommesso-sul-cavallo-sbagliato%E
    #ONG #sauvetage #asile #migrations #Méditerranée #réfugiés #erreur #erreur_dramatique #gardes-côtes_libyens #Libye
    via @isskein

    J’ai ajouté à cette métaliste:
    https://seenthis.net/messages/731749#message765324

    • «La guardiacostiera libica non è preparata a svolgere attività di coordinamento e salvataggio in mare. È stato un tragico errore». L’ex ministro Minniti dice la verità. Finalmente. Dopo centinaia di morti.

      https://twitter.com/openarms_it/status/1116448798472134656

      Traduction de @isskein :

      « Les garde-côtes libyens ne sont pas prêts à mener des activités de coordination et de sauvetage en mer. C’était une erreur tragique » L’ancien ministre Minniti (qui a lancé es négociations avec les Libyens) dit la vérité. Enfin. Après des centaines de morts.

      https://twitter.com/isskein/status/1116452323050565641?s=12

    • Warning of ’Libyan death zone’ as Tripoli stops migrant rescues

      The Libyan Coast Guard has not been operating in its maritime rescue zone for three weeks. A German search and rescue NGO, Sea-Eye, has called for Malta to take over and has warned of a ’Libyan death zone.’

      Sea-Eye says the United Nations refugee agency, the UNHCR, has confirmed that there has been no search and rescue activity by the Libyan Coast Guard in the maritime rescue zone since April 10. The claim is supported by a UN official in Tripoli with access to “official information,” according to the Italian newspaper Avvenire.

      Avvenire alleges that Libyan patrol boats normally used for search and rescue, which include some supplied by Italy and France, are being deployed for combat.operations in the civil war. Since the beginning of April, hundreds of people have been killed in fighting between the Haftar Libyan National Army and the internationally-recognized Government of National Accord. “Obviously, the government of Tripoli has its own problems instead of dealing with EU border protection,” says Gorden Isler, a spokesperson for Sea-Eye.

      Blackout

      The Sea-Eye search and rescue vessel, the Alan Kurdi, will spend the next month in a Spanish shipyard for routine maintenance, leaving one other NGO ship, the Mare Jonio, in action in the Central Mediterranean.

      With very few NGOs active in the area and the International Organization for Migration (IOM) unable to work in Tripoli, Isler says there is no information about emergencies or drownings at sea. Sea-Eye has not heard of any rescues since April 10.

      However, this tweet from Alarm Phone, the hotline for people in distress at sea, says a group of 23 people was picked up by a fishing boat and returned to Libya yesterday.

      Leaving rescue to Libyans ’irresponsible’

      With Libya “paralyzed” by civil war, Europe must step in now and take over rescue work in the Mediterranean, says Isler. Sea-Eye wants immediate action from the International Maritime Organization to remove responsibility for the sea area from Libya, or “Libya’s so-called search and rescue zone will become a Libyan death zone.”

      Sea-Eye says Libya had conducted few missions in its search and rescue zone before the escalation of civil conflict, with only 12 operations this year. During the period in which the Sea-Eye’s vessel was in the area, between March 25 and April 3, the Libyan Coast Guard (LCG) failed to engage in three separate emergencies, according to Isler. “Rubber boats with people disappear without any LCG activities. It is irresponsible to leave this search and rescue area to the Libyans.”

      Malta urged to take over

      Italy handed over responsibility for rescuing migrants in the search and rescue zone to Libya last June. In February, the German left-wing party, Die Linke, called for administration of the zone to be given back to the Maritime Rescue Coordination Center in Rome. But the prospect of Italy agreeing to take back responsibility, Isler says, is “probably an illusion”.

      The best option now, according to Sea-Eye, is Malta, a small archipelago with a population of about half a million. The NGO argues that the country is capable of taking responsibility for the search and rescue zone “in principle”.

      But Malta has so far given no public sign that it would be willing to take over from Libya. Earlier this month, the Maltese government forced the Alan Kurdi, with 62 rescued migrants on board, to remain at sea for days while European countries argued over who would take them in. “Once again, the European Union’s smallest state has been put under pointless pressure in being tasked with resolving an issue which was not its responsibility,” the government complained.

      Sea-Eye says a resolution involving Malta must include support from other EU member states, particularly Germany. “We hope that our own government will lead by example and play an important role in supporting Malta,” Isler says.

      https://www.infomigrants.net/en/post/16615/warning-of-libyan-death-zone-as-tripoli-stops-migrant-rescues

  • Le #Syngof (le 1er syndicat des #gynécologues obstétriciens avec plus de 4000 membres) appelle à la grève de l’#IVG !

    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10215182554337813&set=a.1631126818667&type=3&permPage=1

    Voici le courrier envoyé à leurs membres hier.

    Il s’agit d’un appel au #délit d’entrave à l’IVG et au non respect de la #loi sur l’IVG.

    Il est inadmissible que des gynécologues obstétriciens exercent un #chantage aux droits des #femmes et une menace de plus à l’accès à l’IVG, pour défendre des positions corporatrices.

    Le SYNGOF est habitué aux prises de positions hostiles à l’IVG, comme je le détaillais ici : http://marieaccouchela.blog.lemonde.fr/2018/09/13/quand-les-representants-des-gynecologues-sont-hostiles-

    Quand l’Ordre des Médecins et la Ministre de la #Santé agiront pour radier de la profession ces gynécologues manifestement hostiles aux femmes ? Quand virera-t-on les #anti-IVG de la profession de gynécologue obstétricien, notamment en abrogeant la clause de conscience spécifique à l’IVG dont ils abusent ?

    https://twitter.com/Marianntoinette/status/1105563859094511616

    • Le Conseil national de l’Ordre des médecins condamne fermement la menace du Syngof de demander à ses adhérents d’arrêter la pratique des IVG.

      L’Ordre des médecins a été alerté via les réseaux sociaux au sujet d’une newsletter du Syndicat national des Gynécologues et Obstétriciens de France, dans laquelle ce syndicat se dit prêt à « donner l’ordre » à ses adhérents « d’arrêter la pratique de l’IVG » si la ministre des Solidarités et de la Santé refusait de les recevoir.

      Le Conseil national de l’Ordre des médecins condamne fermement, au nom de la déontologie, l’expression d’une telle menace mettant en cause les droits des femmes et portant atteinte à l’indépendance des professionnels, qu’aucun conflit avec les autorités ne saurait justifier.

      Quelle que soit les revendications des médecins adhérents au Syngof quant à leur couverture assurantielle, ils ne sauraient à ce seul motif mettre en difficulté des femmes, en se retirant de soins auxquels la loi leur donne accès.

      Menaçant de priver des femmes de l’accès à l’IVG, une telle attitude serait en contravention claire avec les obligations déontologiques. Cela serait un acte inexplicable et injustifiable, aux conséquences potentiellement dramatiques.

      https://www.conseil-national.medecin.fr/node/3160

    • Faudrait pensé à radier ces 4000 gyneco misogynes du Syngof
      Aucune femme ne mérite d’étre soigné par des gens qui mettent la vie des femmes en danger pour se garentire du fric en cas d’erreur médicale.

      A l’origine de la « provocation » du Syngof, la demande que le fonds de garantie de la profession (FAPDS) couvre mieux les praticiens condamnés pour des erreurs médicales. Une quinzaine d’entre eux, condamnés entre 2002 et 2012, sont particulièrement concernés, car le fonds était, à cette époque, plafonné à hauteur de 3 à 6 millions d’euros, pour des condamnations pouvant dépasser 10 à 12 millions d’euros. « On a l’impression que ce fonds est un leurre, car il ne fonctionne pas avec les douze premiers cas », déplore Jean Marty. L’ancien président du Syngof se dit, par ailleurs, « inquiet du bon fonctionnement pour les cas à venir, aucune de la trentaine de demandes déposées depuis 2012 n’ayant été accordées ».

      #feminicie #violence_gynecologique #violence_médicale #misogynie #sexisme

    • Tu sais quoi, ça me fait penser à la drastique interdiction des mutuelles d’entraide pour couvrir les amendes dans les transports (inscrite dans la loi et que tu retrouves dans l’amende qu’on t’a remise, parce qu’aller à un enterrement d’un être cher n’est pas suffisant pour avoir oublié de composter, et si tu es au sol car tu as fait un malaise les voyageurs t’enjambent comme leur a dit de faire le contrôleur, donc on te remet l’amende et c’est bien marqué dessus dans la loi l’entraide coorganisée est interdite si t’avais pas bien compris)

      Mais pour ces pourritures de gynécos du syndicat des misogynes, tout va bien, ils réclament que leurs erreurs médicales soient toujours et encore mieux subventionnées par l’état. Ils sont subventionné·es pour marcher sur la tête ?

      A l’origine de la « provocation » du Syngof, la demande que le fonds de garantie de la profession (FAPDS) couvre mieux les praticiens condamnés pour des erreurs médicales.

      #erreurs_médicales #corporatisme #pourritures #Syngof

    • On peu s’entraider qu’entre dominants @touti
      Du coup je leur ai envoyé un mail fraternel.
      syngof@syngof.fr

      Messieurs Bernard de ROCHAMBEAU, Jean Marty et Yves VERHAEGHE,
      Je vous félicite pour le respect que vous exprimez vis à vis des femmes qui sont vos patientes. Bravo à vous pour cette mise au point de vos priorités et de celles de vos adhérents. Ceux ci ne manquerons pas de vous remercier pour la seconde Tesla qu’ils vont pouvoir s’offrir contre cette prise d’otage des femmes les plus vulnérables. En effet que vaut une grossesse forcée face à l’urgence de rentabiliser les erreurs médicales afin d’enrichir les plus négligeant d’entre vous ? Heureusement, pour vous, la question ne se pose plus ! Vous faites honneur au serrement que vous avez prêter en voulant prolongé les vacances d’hivers de vos épisiotomistes les plus acharnés. Vos actions d’éclat rejaillissant sur toute votre corporation, j’espère qu’elle sera vous en donner la rétribution qui vous reviens. Vous devriez toutefois vous rebaptiser car vous êtes plutôt une organisation mafieuse de bouchers misogynes et engrosseurs de force, qu’un syndicat de médecins.
      Cordialement,

    • Le syngof à supprimer ses e-mail, les deux messages que je leur ai envoyé me sont revenus.

      Pour mémoire voici les propos tenus par Jean Marty au sujet du « point du mari » une mutilation du sexe des femmes qui vise au confort sexuel des hommes hétéro.

      Pour Jean Marty, président du Syndicat national des gynécologues-obstétriciens de France (Syngof), le « point du mari », c’est surtout « dans la tête des femmes » que cela se passe. « Vous avez des femmes qui ont été victimes, incontestablement », reconnaît-il. « La chirurgie est du domaine de l’art, on peut penser que certains médecins ont eu l’idée qu’en modifiant un peu leur façon de suturer, ils amélioreraient un peu la sexualité, et ça, ça ne nous choque pas », tente-t-il d’expliquer, soulignant néanmoins le caractère anecdotique, voire fantasmatique de cette pratique.

      « On est dans l’absurde, le fantasme, c’est un sujet qui réveille l’excitation », et dont il ne faudrait pas trop parler – conseil d’accoucheur expérimenté – pour ne pas provoquer un peu plus la somatisation vaginale, ou l’expression physique d’un problème psychique, selon lui très fréquente chez les femmes. « Vous avez aussi des femmes qui sont bien dans la victimologie, qui se retrouvent dans une forme de souffrance parce qu’elles arrivent à susciter l’intérêt », estime-t-il.

      Une théorie qu’il a étayée pendant ses études, en écrivant sa thèse sur la qualité des relations sexuelles après une intervention chirurgicale dans la zone périnéale. Selon ses recherches, le plus souvent, les douleurs ne viennent pas d’un problème anatomique – la flexibilité du vagin s’adapte au fur et à mesure de la reprise des relations sexuelles – mais sont liées à l’acceptation psychologique de sa vie sexuelle. Une sexualité épanouie, ce « n’est pas un cadeau que la nature donne à tout le monde », conclut-il, citant une vieille chanson de Georges Brassens, La Femme s’emmerde en baisant.

      https://www.lemonde.fr/sante/article/2014/04/18/derriere-le-point-du-mari-le-traumatisme-de-l-episiotomie_4403470_1651302.ht

    • Grève des IVG : sanctions réclamées contre les gynécologues
      http://www.lefigaro.fr/flash-actu/greve-des-ivg-sanctions-reclamees-contre-les-gynecologues-20190318

      Une vingtaine de militantes féministes ont envahi aujourd’hui le siège de l’Ordre des médecins pour réclamer des sanctions disciplinaires contre les responsables du syndicat des gynécologues Syngof, qui a brandi la semaine dernière la menace d’une grève des avortements, ont constaté des journalistes de l’AFP.

      Une partie des militantes - et également quelques militants - avaient symboliquement revêtu des blouses blanches, tachées de faux sang, pour dénoncer la « prise en otages » des femmes par le Syngof. « Libérez nos IVG », scandaient les manifestantes, qui portaient des pancartes proclamant « Respecte mes droits, ou gare à toi ! », « Simone n’est plus là mais nous on veille », ou encore « Un conseil, mettez de l’ordre ».

      Le Syngof avait provoqué un tollé mercredi dernier, lorsqu’il avait invité ses 1.600 adhérents à « être prêts à arrêter la pratique des IVG » pour pousser le gouvernement à régler le cas de 15 médecins condamnés à de lourds dommages pour erreur médicale. Le syndicat avait fait machine arrière le lendemain, en affirmant qu’il ne comptait pas « arrêter la pratique » des IVG. Mais son initiative avait suscité de vives réactions, y compris de l’Ordre des médecins qui avait « fermement » condamné une menace « totalement contraire à la déontologie médicale », et pointé les « conséquences potentiellement dramatiques » d’un passage à l’acte. Toutefois, pour les manifestants mobilisés lundi, une telle prise de position ne suffit pas. En plus de condamner, l’ordre des médecins « doit sanctionner les manquements à la déontologie », a dit aux journalistes la militante féministe Anaïs Leleux.

      Selon cette militante, près de 12.000 personnes ont d’ailleurs envoyé un mail à l’Ordre des médecins, via un formulaire en ligne, pour demander « les sanctions qui s’imposent », selon elle, notamment contre le président du Syngof, le Dr Bertrand de Rochambeau, déjà à l’origine d’une vive polémique en septembre lorsqu’il avait assimilé l’IVG à un « homicide ». Après avoir fait irruption de manière un peu mouvementée au siège parisien de l’Ordre des médecins, les manifestants ont eu un temps d’échange dans un couloir avec le secrétaire général de l’Ordre, le Dr Walter Vorhauer. « Vous vous trompez de cible », leur a dit ce responsable. Le communiqué du Syngof « est scandaleux, je ne peux pas vous dire plus ! Vous voulez des sanctions, mais les sanctions, ça ne se décrète pas comme ça », a-t-il ajouté. M. Vorhauer a souligné que le Conseil national de l’Ordre ne pouvait pas « s’auto-saisir », mais qu’il devait respecter les règles en la matière : en l’occurrence, il revient d’abord aux instances départementales de l’Ordre d’examiner d’éventuelles plaintes contre des praticiens.

    • wawawa le beau corporatisme que voila M. Vorhauer
      et donc pour déposer plainte ce sera individuellement et auprès d’une instance départementale pour avoir subi un préjudice personnel de la part d’un praticien nommément accusé et dont il faudra prouver la faute devant l’ordre, qui n’aura aucun mal à débouter les plaignantes dans ce cas là puisque c’est LE syndicat qu’il faudrait pouvoir dissoudre. Le serpent de l’ordre des médecins, vous croyez qu’il a été choisi pour quoi à part se mordre la queue ?

      Il faudrait se procurer pour la publier la liste des gynécologues inscrits au SYNGOF pour lancer le boycott.

    • Droit à l’IVG : Indignons-nous !
      https://egalitaria.fr/2019/03/16/droit-a-livg-indignons-nous

      Puisque des professionnel.lle.s de santé peuvent apparemment exercer leur métier à la carte, et selon leurs desiderata, on attend donc avec impatience la grève des transplantations cardiaques, la grève des prises de sang, la grève des IRM et la grève des consultations de médecins généralistes.

      Mais… OH, attendez ! Ce pourrait-il que le droit des femmes à disposer de leur propre corps soit le cœur même de cette sinistre affaire ? Pourquoi ne pas avoir plutôt réclamé une grève des frottis ou une grève des accouchements ?

      La réponse est simple : parce que l’IVG est encore et toujours le diable des actes médicaux, et qu’il n’est toujours pas considéré comme un droit « comme les autres », un droit « qui va de soi », mais plutôt comme une largesse concédée aux femmes, soumise à conditions et surtout à la bonne volonté de celui ou celle qui le pratique.

      Une ambivalence légitimée par l’existence de la clause de conscience, qui permet aux médecins de refuser de pratiquer une interruption volontaire de grossesse (tout en contribuant à diaboliser cet acte médical pourtant « ordinaire »). N’y a t-il pas là une contradiction dérangeante ? Un droit fondamental peut-il être révoqué par la seule volonté d’un individu ? Par ailleurs, si un.e gynécologue répugne à pratiquer des IVG de par ses « convictions », ne devrait-il/elle pas plutôt se diriger vers l’expertise-comptable ? Il paraît qu’on y fait également de très belles carrières.

      *

      Les mecs – je dis « les mecs » parce qu’il y a apparemment peu de femmes dans votre petit cénacle, ce qui est un peu ironique sachant qu’elles sont les premières concernées… mais vous nous direz quand on sera autorisées à prendre des décisions sur nos propres corps, hein ! –, sachez qu’aucun mot ne pourra jamais exprimer la force et l’intensité de mon mépris. Allez, du balai ! Il est temps que cette médecine de l’ancien monde disparaisse pour laisser enfin place à des professionnel.lle.s de santé dignes et engagé.e.s, qui ont à cœur de soigner et aider les femmes qui en ont besoin, et qui surtout ne voient pas dans leur profession l’opportunité d’occuper une position de pouvoir qui répond à leurs vieux fantasmes merdiques de domination.

      Parce qu’il y en a assez.

      Assez que les hommes aient la mainmise sur les corps des femmes.

      Assez que le droit à l’IVG soit manipulé comme un vulgaire épouvantail. Un droit (durement) acquis n’a pas à être remis en cause, ni soumis à conditions.

      Assez que des professionnels de santé décident des tâches qu’ils veulent bien accomplir dans le cadre de leur travail, comme si celui-ci était à la carte.

      Assez que les femmes subissent jusque dans leur chair la misogynie crasse et la volonté de domination de certains hommes.

      Assez que les décisions qui concernent le corps des femmes soient majoritairement prises par des hommes (âgés et – souvent – réactionnaires, pour ne rien arranger). Cette ingérence est aussi ridicule qu’insupportable.

      Assez que les lieux où s’exerce le pouvoir et où se prennent les décisions ne laissent entrer que les femmes au compte-goutte, alors que celles-ci représentent 52% de la population mondiale.

      Assez.

      A l’heure où j’écris cet article, l’Ordre des médecins a fermement rappelé à l’ordre le Syngof dans un communiqué dénonçant une « contravention claire aux obligations déontologiques » des gynécologues. « Quelles que soient les revendications des médecins adhérents au Syngof quant à leur couverture assurantielle, ils ne sauraient à ce seul motif mettre en difficulté des femmes, en se retirant de soins auxquels la loi leur donne accès », précise-t-il.

      La ministre de la santé Agnès Buzyn a quant à elle dénoncé le « caractère inadmissible de ces menaces ».

      Et s’il n’est pas question de jeter le discrédit sur toute une profession, je ne saurais que trop vous encourager à consulter des sages-femmes, qui sont, rappelons-le, aptes à s’occuper du suivi gynécologique des femmes en bonne santé (dépistage, frottis, information sur la contraception, etc).

      → Une militante du Groupe F, Anaïs Leleux, a également conçu un formulaire qui permet d’envoyer un mail automatique enjoignant l’Ordre des médecins à prendre des mesures vis-à-vis des Dr Marty, de Rochambeau et de la Secrétaire générale du syndicat, Elisabeth Paganelli. À vos claviers !

      Egalitaria (Caroline)

    • Deux communiqués suite aux déclarations du président du Syngof | Entre les lignes entre les mots
      https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/03/14/deux-communiques-suite-aux-declarations-du-president-du

      Communiqué de presse des effronté-es / 13 mars 2019

      Le SYNGOF joue avec la santé et les droits des femmes !

      Les effronté-es sont profondément choquées et indignées par l’action du Syngof, 1er syndicat des gynécologues obstétricien-nes qui compte plus de 1 600 membres. Il les a en effet appelé par courrier à la grève de l’IVG pour obtenir un amendement à la loi Santé auprès des parlementaires.

      On ne joue pas avec les destins des femmes !

      Les femmes ont déjà assez de mal à faire appliquer leur droit à l’avortement dans de bonnes conditions, du fait des nombreuses fermetures de centres d’IVG et des délais légaux pour avorter. Il est inadmissible, irresponsable voire dangereux que des gynécologues obstétricien-nes exercent un tel chantage et prennent en otage les femmes désirant mettre fin à une grossesse.

      Pour les effronté-es, il s’agit bien d’une forme de délit d’entrave organisé à l’IVG !

      On ne peut absolument pas arguer qu’il s’agit ici de faire valoir un droit individuel de chaque praticien-ne à sa clause de conscience. Il s’agit en l’occurrence d’organiser de façon concertée une entrave massive à l’IVG dans le but d’établir un rapport de force politique. La clause de conscience relève du droit de certain-es professionnel-les de ne pas accomplir un acte contraire à leurs convictions pour des raisons éthiques. Ce n’est absolument pas le cas ici, puisque ce droit est instrumentalisé pour empêcher de façon massive d’accéder à l’IVG afin de négocier quelque chose qui n’a rien à voir auprès du pouvoir.

      Nous dénonçons plus globalement l’attitude de ce syndicat dont le Président, M. Bertrand de Rochembaud déclarait encore, en septembre 2018 : « Les choses auxquelles je ne crois pas, je ne les fais plus. Nous ne sommes pas là pour retirer des vies », provoquant un tollé bien mérité.

      Les effronté-es appellent la Ministre de la Santé Agnès Buzyn à condamner sans équivoque l’organisation coupable de telles actions dont les conséquences peuvent être désastreuses pour les femmes concernées. Nous réclamons aussi l’abrogation de la clause de conscience spécifique à l’IVG qui n’a aucun sens ni aucune utilité, puisqu’il existe déjà une clause de conscience générale qui ne stigmatise pas spécifiquement la pratique d’un avortement !

      Contact presse : Fatima Benomar : 06 75 86 61 31

      Le Syngoff multiplie les provocations

      Communiqué de presse du
      Collectif National pour les Droits des Femmes

      Le principal syndicat des gynécologues est contre l’avortement.

      Son président, Bertrand de Rochambeau, l’avait déjà exprimé le 28 septembre dernier en déclarant : « Les choses auxquelles je ne crois pas, je ne les fais plus. Nous ne sommes pas là pour retirer des vies ». Et il arrête de pratiquer des avortements….

      Mais voilà que ce même syndicat récidive aujourd’hui en menaçant d’appeler ses adhérent.e.s à ne plus pratiquer d’IVG s’il n’est pas reçu par la ministre de la santé sur une revendication concernant une assurance.

      Le Syngoff manie avec brio la provocation. Il sait pertinemment qu’il est possible à un médecin de refuser de pratiquer l’avortement, la clause de conscience spécifique en matière d’avortement l’y autorise (Article L2212-8 du Code de la Santé Publique). Il sait aussi que le délit d’entrave à l’avortement ne s’applique pas puisqu’il concerne l’obstruction de l’accès aux centres pratiquant l’IVG, les pressions exercées sur les femmes voulant avorter, les fausses informations sur l’IVG dispensées par voie électronique.

      Le Syngoff sait très bien qu’il va provoquer un tollé général et c’est ce qu’il recherche. Mais est-il normal qu’en 2019 le principal syndicat des gynécologues en France soit ainsi opposé à l’avortement ? Ne serait-il pas temps que ses adhérent-e-s le désertent afin de marquer leur franche opposition à des positions sentant autant la France rance et la réaction ? Et que la clause de conscience spécifique concernant l’avortement soit enfin abrogée ?

    • Merci @odilon, et pour que cette liste de la honte ne se perde pas, je la recopie ici. Que les gynécologues qui se désolidarisent de ce syndicat misogyne et criminel n’hésitent pas à le signaler ici même, je me ferai un plaisir de retirer leur nom. En attendant que les sœurs évitent de prendre rendez-vous avec les personnes suivantes :

      https://syngof.fr/le-syngof/les-delegues-regionaux

      ♦ AUVERGNE – RHÔNE-ALPES

      Docteur Jean-Valère DEFFARGES
      Clinique de la Châtaigneraie – 63110 BEAUMONT

      Docteur Jean-Michel DREYFUS
      25 rue Garibaldi – LYON

      Docteur Emmanuel PEIGNÉ
      Polyclinique du Beaujolais – 69400 – ARNAS
      ♦ BOURGOGNE – FRANCHE COMTÉ

      Docteur Philippe MIRONNEAU
      16 cours du Général de Gaulle – 21000 DIJON
      ♦ BRETAGNE

      Docteur Catherine GUERIN
      13 boulevard des Rochers – 35500 VITRÉ

      Docteur Pascale LE PORS-LEMOINE
      Centre Hospitalier de St Malo – 35400 ST MALO

      Docteur Jacques RIVOALLAN
      6 rue Saint Marc – 29000 QUIMPER
      ♦ CENTRE – VAL DE LOIRE

      Docteur Gérard LONLAS
      6 rue du Brésil – 45000 ORLEANS

      Docteur Elisabeth PAGANELLI
      54 rue Louis Bézard- 37540 SAINT CYR SUR LOIRE
      ♦ CORSE

      Docteur Harold JELEN
      Polyclinique la résidence – 20200 BASTIA
      ♦ GRAND EST

      Docteur Georges-Fabrice BLUM
      10 rue du Rhône – 68100 MULHOUSE

      Docteur Marc BOHL
      1-3 avenue Carnot – 54130 SAINT MAX
      ♦ HAUTS DE FRANCE

      Docteur François BOYER de LATOUR
      1 boulevard Schweitzer – 02100 SAINT QUENTIN

      Docteur Benoit GARRIOT
      7 rue J J Bernard – 60200 COMPIEGNE
      ♦ ILE-DE-FRANCE

      Docteur Mireille BONNEAU
      2 boulevard du Roy – 93320 LES PAVILLONS SOUS BOIS

      Docteur Jean-Alain CACAULT
      71 boulevard Commandant Charcot – 92200 NEUILLY/SEINE

      Docteur Olivier CAMAGNA
      1 rue Velpeau – 92160 ANTONY

      Docteur Franklin DARMON
      18 rue des Remises – 94100 ST MAUR DES FOSSÉS

      Docteur Pascal de BIEVRE
      Centre Hospitalier – 77100 MEAUX

      Docteur Bertrand de ROCHAMBEAU
      Hôpital Privé Marne Chantereine – 77177 BROU sur CHANTEREINE

      Docteur Arnaud GRISEY
      21 rue de Moxouris – 78150 LE CHESNAY

      Docteur Nelly HOMASSON
      5 Ter rue de la Bergère – 94550 CHEVILLY-LARUE

      Docteur Joëlle ROBION
      11 Quai Alsace Lorraine – 77000 MELUN
      ♦ NORMANDIE

      Docteur Béatrice GUIGUES
      2 bis av. du Canada – 14000 CAEN
      ♦ NOUVELLE AQUITAINE

      Docteur Marianne COICAUD
      45 bd George V – 33000 BORDEAUX

      Docteur Antoine GRAVIER
      Clinique Saint Germain – 19100 BRIVE

      Professeur Jacques HOROVITZ
      Hôpital Pellegrin – 33076 BORDEAUX

      Docteur Jean-Pierre LAPLACE
      Maternité Bordeaux Nord – 33300 BORDEAUX
      ♦ OCCITANIE

      Docteur Regis DENJEAN
      Centre Gynécologie Obstétrique des Tuileries – 34500 BEZIERS

      Docteur Jacques FAIDHERBE
      CHU Arnaud de Villeneuve – 34090 MONTPELLIER

      Docteur Jean MARTY
      Clinique Claude Bernard – 81000 ALBI

      Docteur Olivier THIEBAUGEORGES
      Clinique Sarrus Teinturiers – 31000 TOULOUSE
      ♦ OUTRE-MER

      Docteur Bernard SEGUY
      CMCK av. L. Heder – 97387 KOUROU
      ♦ PAYS-DE-LOIRE

      Docteur Olivier TEFFAUD
      Polyclinique de l’Atlantique – 44819 SAINT-HERBLAIN
      ♦ PACA

      Docteur Jean-Marc BASTIAN
      Polyclinique Saint Jean – 06800 CAGNES SUR MER

      Docteur Philippe GERAUDIE
      26 Boulevard Dubouchage – 06000 NICE

      Docteur Alexandre LAZARD
      6 rue Rocca – 13008 MARSEILLE

      Docteur Daniel LEGRAND
      Clinique Santa Maria – 06000 NICE

      https://syngof.fr/le-syngof/les-membres-du-ca

      Docteur Jean Marc BASTIAN
      VENCE
      Docteur Georges-Fabrice BLUM
      MULHOUSE
      Docteur Marc BOHL
      SAINT MAX
      Docteur Mireille BONNEAU
      LES PAVILLONS SOUS BOIS
      Docteur François-Xavier BOYER de LATOUR
      SAINT QUENTIN
      Docteur Jean-Alain CACAULT
      NEUILLY
      Docteur Olivier CAMAGNA
      ANTONY
      Docteur Franklin DARMON
      SAINT MAUR DES FOSSES
      Docteur Pascal DE BIEVRE
      MEAUX
      Docteur Bertrand de ROCHAMBEAU
      BROU sur CHANTEREINE
      Docteur Jean-Valère DEFFARGES
      CLERMONT-FERRAND
      Docteur Régis DENJEAN
      BEZIERS
      Docteur Jean-Michel DREYFUS
      LYON
      Docteur Jacques FAIDHERBE
      MONTPELLIER
      Docteur Antoine GRAVIER
      BRIVE
      Docteur Arnaud GRISEY
      PARIS
      Docteur Catherine GUERIN
      VITRÉ
      Docteur Béatrice GUIGUES
      CAEN
      Docteur Nelly HOMASSON
      PARIS
      Docteur Jacques HOROVITZ
      BORDEAUX
      Docteur Harold JELEN
      BASTIA
      Docteur Jean-Pierre LAPLACE
      BORDEAUX
      Docteur Alexandre LAZARD
      MARSEILLE
      Docteur Pascale LE PORS-LEMOINE
      SAINT MALO
      Docteur Daniel LEGRAND
      NICE
      Docteur Gérard LONLAS
      ORLEANS
      Docteur Jean MARTY
      ALBI
      Docteur Philippe MIRONNEAU
      DIJON
      Docteur Elisabeth PAGANELLI
      TOURS
      Docteur Emmanuel PEIGNÉ
      ARNAS
      Docteur Jacques RIVOALLAN
      QUIMPER
      Docteur Joëlle ROBION
      MELUN
      Docteur Olivier TEFFAUD
      SAINT HERBLAIN
      Docteur Olivier THIEBAUGEORGES
      TOULOUSE

      Membres du Bureau
      https://syngof.fr/le-syngof/administrateurs

      ♦ Président
      Docteur Bertrand de ROCHAMBEAU
      06 48 20 16 77

      ♦ Présidents d’honneur
      Professeur Jean-Robert GIRAUD
      Docteur Guy-Marie COUSIN
      Docteur Marc-Alain ROZAN

      ♦ Vice-Présidents

      Pôle GYN OBS

      Docteur François BOYER DE LATOUR

      Docteur Jean-Pierre LAPLACE

      Pôle GYN MED

      Docteur Catherine GUERIN

      Docteur Nelly HOMASSON

      Pôle Praticien Hospitalier

      Docteur Jacques FAIDHERBE

      Docteur Pascale LE PORS-LEMOINE

      ♦ Secrétaire Générale
      Docteur Elisabeth PAGANELLI

      ♦ Secrétaire Général Adjoint
      Docteur Jacques RIVOALLAN

      ♦ Trésorier
      Docteur Antoine GRAVIER

    • @touti

      Il faudrait se procurer pour la publier la liste des gynécologues inscrits au SYNGOF pour lancer le boycott.

      C’est probablement illégale de publié une telle liste. Ces gynecos-obstericiens sont probablement les plus nuisibles de la corporation. Ca fait des années que les positions de ce syndicat sont les plus réactionnaires et y adhéré en 2019 c’est un choix qui indique qu’on a un interet supérieur pour le fric qu’on peu tiré d’épisiotomies à la chaines et de pratiques médicales dangereuses que pour l’intégrité physique et morale de ses patientes. Plutôt que d’avoir une liste, ou d’attendre que l’Ordre se bouge les prostates, un courrier à des gynecos au hasard (mais surtout les hommes vu que ce syndicat est largement masculinisé), pour leur dire que si ils sont au syngof ils sont complices de chantage, et de racket.

    • @mad_meg j’attends de me faire mettre en prison si c’est illégal, je vous préviendrai, pour le moment quand une liste a été publiée elle est légalement recopiable, je n’ai rien inventé et j’en ai assez des maltraitances médicales, c’est à eux d’avoir peur maintenant. [EDIT] Ok avec toi @mad_meg je retire le lien vers la page des témoignages hallucinants de patientes sur une gyneco, ce site est fourni pour éviter les gynécos maltraitants grâce aux témoignages nombreux : https://www.choisirunmedecin.com

      #boycott_des_maltraitances

    • Le 11 septembre dernier le président du Syndicat des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof), un certain Bertrand de Rochambeau, s’est permis de qualifier l’avortement d’homicide. Dans cette intervention il résume à lui seul, les pires extrémismes et intégrismes. Il étale sa conception violente, machiste et dominatrice de la santé des femmes.

      Les plus anciennes se souviennent des huées, des insultes et des calomnies dont Madame Simone Veil, qui savait la valeur de la vie, avait fait l’objet au sein de l’hémicycle lors de la présentation de sa loi autorisant l’IVG en France.

      La bataille de l’avortement est loin d’être terminée de par le monde comme en France. En Irlande ça avance, en Espagne ça recule, reste que sur notre planète toutes les 9 minutes, une femme meurt d’un avortement clandestin. Un féminicide ?

      Devant un individu pareil, j’en viendrais presque à regretter le temps où les IVG se pratiquaient clandestinement et en toute sécurité dans une atmosphère d’une grande humanité. Il est grand temps que les femmes reprennent en main la façon dont elles veulent aimer et donner naissance ou non à des enfants. La décision d’avorter doit appartenir à la femme, et aucune d’elle ne doit subir de pressions.

      Dernière minute : le pape François a comparé ce mercredi 10 octobre l’avortement au recours à un « tueur à gages ». Président du Syngof et Pape même combat contre la moitié de la population mondiale…

      https://pratiques.fr/Avortement

  • Who Is Paying for the War in Yemen? - The Atlantic
    https://www.theatlantic.com/politics/archive/2018/12/pentagon-refueling-controversy-saudi-led-war-yemen/577666

    The Pentagon says that “#errors_in_accounting ” mean Saudi Arabia and the United Arab Emirates have not been properly charged for refueling.

    President Donald Trump, who repeatedly complains that the United States is paying too much for the defense of its allies, has praised Saudi Arabia for ostensibly taking on Iran in the Yemen war. It turns out, however, that U.S. taxpayers have been footing the bill for a major part of the Saudi-led campaign, possibly to the tune of tens of millions of dollars.

    The revelation—detailed in a Defense Department letter obtained by The Atlantic—is likely to raise further ire among senators who have grown ever-more critical of Saudi conduct in the war, which has resulted in a growing number of civilian casualties, and U.S. support for it.

    Since the start of the Saudi-led intervention, in March 2015, and up until last month, the United States provided mid-air refueling for Saudi-led coalition aircraft that then flew missions related to the Yemen campaign. Getting heavy U.S. tankers into the air and carrying out this job is enormously expensive. The recipient country is required by law to pay the costs, but that isn’t what happened here. In a mea culpa of sorts, the Pentagon’s November 27 letter states that while the Defense Department “believed” Saudi Arabia and the United Arab Emirates “had been charged for the fuel and refueling services, they in fact had not been charged adequately.” How inadequately, the Pentagon will not yet say; it is “currently calculating the correct charges,” the letter states.

    #erreur_comptable !

  • #erreurs_médicales en #Tunisie : #vide_juridique, impunité et omerta

    Avec un dispositif juridique insuffisant, un gouvernement qui traîne à adopter et soumettre au législateur un projet de loi et une omerta corporatiste, la crise du secteur de la #santé en Tunisie ne cesse de s’accentuer, notamment en favorisant l’impunité des erreurs médicales. Des proches de patients victimes témoignent.

    À ce jour, il n’y a pas de lois sanctionnant les erreurs médicales en Tunisie. En cas de #décès d’un patient par négligence médicale, faute d’une loi spécifique, les poursuites judiciaires se font conformément à l’article 217 du Code pénal portant sur l’homicide involontaire. Il punit de « deux ans d’emprisonnement et de 700 dinars d’amende, l’auteur de l’homicide involontaire commis ou causé par maladresse, imprudence, négligence, inattention ou inobservation des règlements ». Mais la question dépasse cette éventualité puisqu’il y a des erreurs médicales qui n’entraînent pas de décès. « Une erreur médicale est l’exécution d’une action non-conforme à l’action prévue, ou l’application d’un plan incorrect », ainsi est-elle définie par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Il s’agit donc d’un cadre juridique insuffisant pour certains dont Sara qui a perdu sa mère en 2016. D’après elle, l’anesthésiste a confondu deux seringues lors d’une opération, mais a gardé le silence au lieu d’informer le médecin en charge.

    Insuffisances du dispositif juridique

    « Lors de l’admission de ma mère à l’hôpital, le médecin nous a assuré que c’est une opération sans danger et qu’au bout d’une heure, elle sera de nouveau en bonne santé mais ce n’était pas le cas. Ce qui nous a poussés à chercher son dossier pour découvrir qu’il y a eu une erreur médicale. Mais on ne pense pas que les poursuites que nous avons engagé nous rendraient justice », nous confie Sara. Les erreurs médicales récurrentes durant les dernières années ont poussé le ministère de la Santé en collaboration avec le Conseil national de l’Ordre des Médecins et l’Association des Jeunes Médecins à élaborer un projet de de loi dont Nawaat a eu exclusivement une copie.

    L’incrimination de l’erreur médicale et l’indemnisation du patient sont les principaux apports du nouveau projet de loi actuellement en examen par le ministère de la Santé. Le projet a été finalisé le 25 janvier 2018 mais n’a pas encore été soumis à l’Assemblée des Représentants du Peuple. « Je pense qu’il n’a même pas été adopté au niveau du conseil ministériel. J’espère qu’il ne tardera pas à l’être car cette loi portant sur la responsabilité médicale et paramédicale est d’une importance capitale pour les patients ainsi que pour la sérénité du milieu médical », déclare le député Souhail Alouini, président de la commission de la santé et des affaires sociales à l’Assemblée des Représentants du Peuple. « J’ai eu le projet de loi pour lecture après la fin des travaux de la commission ministérielle et je pense que c’est un excellent travail. Concernant la caisse de dédommagement, je pense qu’il faudra trouver un système plus efficace car la formule adoptée ne sera pas suffisante et la participation des assurances doit être incluse, même pour le secteurs public », estime cet élu, également médecin.

    Déficit de communication et crise de confiance

    Au-delà du traitement clinique, un volet de la prise en charge médicale est généralement négligé en Tunisie, celui de la communication avec les patients et leurs familles. « Une meilleure communication dans la relation médecin-patient améliore habituellement le suivi des traitements, les résultats cliniques et la qualité de vie des patients. Mais cette relation est plutôt conflictuelle en Tunisie. Les médecins oublient souvent l’importance de créer un lien de confiance avec le patient ou ses parents, ce qui renforce le manque de confiance dans le corps médical », relève Amina Ben Hamoud, médecin diplômée de l’école de médecine de l’Université Jiao-tong, Shanghai. Et d’ajouter : « Il est très important d’accorder plus d’attention au rôle du patient dans des décisions médicales qui le concernent, puisque ça contribue à améliorer sa satisfaction, diminuer son anxiété et, par conséquent, éviter les erreurs médicales ».

    Parmi les témoignages concernant la communication avec les médecins, celui de Dorsaf Bedoui est le plus symptomatique. Son père, Belgacem, a été hospitalisé le 24 janvier 2016 et est décédé le lendemain à 66 ans. « C’est vrai que mon père n’allait pas bien mais nous n’avions pas d’autres choix que de faire confiance à son médecin et à la clinique. On ne s’attendait pas à ce qu’il nous quitte. Il fallait changer le stent qu’il avait depuis 2012 en urgence », se souvient Dorsaf, avant d’essuyer une larme et poursuivre : « Malheureusement, il est mort parce qu’il était admis dans l’une des cliniques impliquée dans l’affaire des stents périmés. Nous n’avons pas porté plainte tout simplement, parce qu’on sait que ça ne ramènera pas mon père en vie ».

    Omerta corporatiste

    Pour sa part, Dr Issam El Amri, président de l’Association Tunisienne d’Aide aux Victimes d’Erreurs médicales (ATAVEM), dénonce l’inexistence de quelconque recensement des erreurs médicales en Tunisie permettant d’estimer l’ampleur et la gravité du phénomène. Toutefois, il a relevé que le nombre de plaintes reçues par l’association a considérablement augmenté depuis près de 2 ans, surtout contre des médecins pratiquant la chirurgie esthétique, expliquant que de tels actes sont souvent pris en charge par des chirurgiens non spécialistes. Mohamed, 45 ans, a affirmé que l’ATAVEM est d’une grande aide. « J’ai perdu ma fille âgée de 5 ans en juillet 2018, je ne savais pas vers qui me tourner. Elle avait juste une simple fièvre au début. On était dans un hôtel, alors on a opté pour le médecin de l’hôtel. Il nous a assuré que tout va bien avant de lui prescrire une ordonnance avec des médicaments. Mais le soir elle n’arrêtait pas de pleurer et son état s’est détérioré. Alors, j’ai contacté le médecin de nouveau qui nous a proposé de la ramener à une clinique. Mais c’était trop tard. En route, elle a rendu l’âme », nous a-t-il confié.

    Bien que la sécurité du patient doive être la priorité des médecins, dans certains cas, les membres du corps médical soutiennent inconditionnellement leurs collègues. Ce soutien est souvent justifié par les conditions dans lesquels ils travaillent. De quoi empêcher un traitement du problème et prolonger l’impunité. « Une infirmière s’est tout simplement trompée de la dose à prescrire de chimiothérapie à ma sœur âgée de 35 ans, une dose huit fois supérieure à la prescription », nous a confié Lamia Jerbi. Et d’ajouter : « L’hôpital a tout fait pour cacher cette erreur. C’est vraiment dégoûtant. Ça a coûté à ma sœur sa vie. Depuis, notre famille a du mal à faire confiance aux médecins ».

    http://nawaat.org/portail/2018/10/05/erreurs-medicales-en-tunisie-vide-juridique-impunite-et-omerta

  • The biggest policy mistake of the last decade
    http://theweek.com/articles/789956/biggest-policy-mistake-last-decade

    The evidence is in: Austerian economists got everything wrong.
    […]
    As we have seen, the evidence for the Keynesian position is overwhelming. And that means the decade of pointless austerity has severely harmed the American economy — leaving us perhaps $3 trillion below the previous growth trend. Through a combination of bad faith, motivated reasoning, and sheer incompetence, austerians have directly created the problem their entire program was supposed to avoid. Good riddance.

    #data_cherry_picking (entre autres…)

  • Atteinte à la vie privée : les géants de la tech éclaboussés par de nouvelles affaires
    https://www.letemps.ch/economie/atteinte-vie-privee-geants-tech-eclabousses-nouvelles-affaires

    En l’espace de quelques jours, Google, Samsung et Facebook ont été pointés du doigt pour des pratiques et des bugs portant atteinte à la vie privée de leurs utilisateurs Dans le sillage du scandale lié à Cambridge Analytica, qui éclatait mi-mars, les affaires touchant les géants de la technologie se multiplient cette semaine. Sans faire autant de vagues que les révélations qui avaient contraint Mark Zuckerberg a présenter des excuses publiques, ces affaires ont obligé, en l’espace de quelques heures, (...)

    #CambridgeAnalytica #Google #Samsung #Facebook #Gmail #smartphone #Galaxy #écoutes (...)

    ##erreur

  • « Trois ans après, l’innocent de la rue Myrha attend son non-lieu »... et Soren Seelow (Le Monde) lâche le morceau : « En désignant un suspect, les enquêteurs se sont achetés du temps. »

    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/07/02/trois-ans-apres-l-innocent-de-la-rue-myrha-attend-son-non-lieu_5324170_16535

    En 2015, un incendie fait huit morts dans le 18e, à Paris. Un SDF est envoyé en prison. Un an plus tard, un autre homme avoue. Depuis, le sans-abri se bat pour que la justice reconnaisse son erreur.

    Son regard ne se pose jamais tout à fait, ses phrases restent en suspens. Attablé au fond d’un café parisien, une casquette enfoncée à mi-front, Mourad Sadi a l’œil incertain des hommes qui errent depuis trop longtemps, la voix pâle de ceux qui ne demandent plus rien.

    Il y aurait beaucoup à dire, pourtant… Un sourire fragile aux lèvres, il se contente de répondre poliment aux questions, comme il l’avait fait, il y a bientôt trois ans, avant d’être conduit en prison.

    Au milieu d’une phrase sans élan, il pose sa cuillère et prend un stylo. Il s’applique à dessiner un rectangle, comme il l’avait fait, à l’été 2015, dans les locaux de la brigade criminelle de Paris. Rue Léon, rue Stephenson, rue Cave… Il écrit le nom des voies arpentées cette fameuse nuit, comme tant de nuits avant. Il n’écrit pas « rue Myrha » : « Je n’y vais jamais, je n’aime pas cette rue. J’avais raison de ne pas l’aimer, dit-il, elle m’a envoyé en prison. » Bipolaire et sans abri, Mourad Sadi a 38 ans et des phrases d’enfant.

    Ce 2 septembre 2015, vers 1 h 30, il a quitté la laverie de la rue Doudeauville, où il avait trouvé refuge quelques semaines plus tôt avec d’autres naufragés de la ville. Il est parti en « balade », chercher des « trucs » pour survivre, en suivant son parcours habituel. Rue Stephenson, rue Cave, rue Léon… La vidéosurveillance indique qu’il est rentré à la laverie à 4 h 17. Dans ce laps de temps, deux incendies se sont déclarés au 4, rue Myrha, au cœur du quartier populaire de la Goutte d’or.

    « Comportement suspect »

    Lorsqu’ils se présentent pour la première fois à cette adresse, à 2 h 30 du matin, les pompiers ne s’attardent pas. Un bout de papier a bien pris feu dans une boîte aux lettres, mais il s’est éteint de lui-même. C’est son propriétaire, Thibaut Garagnon, qui les a appelés, disant avoir senti une odeur de brûlé depuis son appartement du deuxième étage. En quittant cet immeuble d’une quinzaine de logements, les pompiers claquent le portail, fermé par un digicode.

    Deux heures plus tard, ils sont appelés pour un nouveau départ de feu à la même adresse. A leur arrivée, l’immeuble s’est transformé en brasier. Parties d’une poussette entreposée au rez-de-chaussée, les flammes ont envahi la cage d’escalier avant de dévorer les appartements. Deux habitants se sont défenestrés, six seront découverts carbonisés chez eux. Parmi les huit victimes figurent quatre membres d’une famille d’origine sénégalaise, dont deux enfants âgés de 8 et 14 ans.

    En analysant la vidéosurveillance, les policiers remarquent un « individu au comportement suspect », tel qu’ils le décrivent sur procès-verbal, déambulant dans le quartier au moment des faits. A 2 h 41, il a été filmé rue Stephenson, la main tendue en direction d’une poubelle, puis de nouveau à 4 h 06. Il n’apparaît pas sur les images de la caméra rotative de la rue Myrha, mais les enquêteurs n’excluent pas qu’il ait pu se glisser, le temps d’une rotation, jusqu’à l’immeuble incendié à partir de la rue Stephenson.

    « T’as fait quelque chose »

    Le 2 septembre en fin de matinée, les policiers se présentent à la laverie et interpellent Mourad Sadi, retrouvé en possession de plusieurs briquets. Dans une autre vie, il travaillait dans une station-service de la région parisienne. A la rue depuis 2008 après que sa femme l’a quitté, puis diagnostiqué bipolaire, il errait depuis sept ans à la Goutte d’or quand les policiers l’ont attrapé : « Ils m’ont dit : “T’as fait quelque chose, faut qu’on t’emmène.” Alors je les ai suivis… »

    Conduit au 36, quai des Orfèvres, il tente de s’expliquer, mais son esprit s’enraye : « Je ne sais pas quoi faire, je suis bloqué. Je ne comprends pas, je suis près de l’incendie, mais je n’ai rien fait. J’ai jamais été pyromane. »

    « Vous êtes absent de la laverie entre 1 h 29 et 4 h 17 et, alors que vous vadrouillez dans le secteur, deux départs d’incendie se déclarent dans un immeuble situé sur votre parcours ? Qu’avez-vous à déclarer ?, demande l’officier.

    – Je ne sais pas. »

    Après trois jours de garde à vue, le vagabond est déféré devant la juge d’instruction Virginie Van Geyte en vue de sa mise en examen. Faute d’aveux et de preuves matérielles, son interrogatoire se focalise sur sa promenade dans le quartier au moment des faits.

    « Vous souvenez-vous avoir parlé avec un pompier ?, lui demande la magistrate

    – Oui, il m’a demandé si j’avais vu quelque chose, car quelqu’un avait provoqué un incendie. Je lui ai dit que je n’avais rien vu et que j’espérais qu’il l’attraperait, et après c’est moi qu’on a attrapé. C’est comme si j’avais prononcé une formule contre moi-même.

    – Avez-vous quelque chose à ajouter ?

    – Je suis innocent, réellement innocent. »

    Mis en examen pour « dégradation par moyen dangereux ayant entraîné la mort », Mourad Sadi est incarcéré le 5 septembre à Fresnes. Il est rapidement submergé par l’angoisse : « Dès le premier jour, ça n’allait pas. Je me disais : “Mon Dieu, et s’ils n’arrêtent pas le vrai coupable ?” Les pyromanes, c’est des fous. Il a tué huit personnes quand même ! Y avait des enfants. C’est pour ça, je me voyais partir pour trente ans… »

    « Des images, des cris, des odeurs »

    L’émotion provoquée par le drame est intense, la pression médiatique forte. En désignant un suspect, les enquêteurs se sont achetés du temps. Mais ils ont un doute : la porte de l’immeuble est fermée par un digicode, et aucune empreinte de Mourad Sadi n’a été retrouvée sur la scène de crime. Un conflit de voisinage n’étant pas à exclure, les policiers s’intéressent aux occupants de l’immeuble, dont ils épluchent les relevés téléphoniques.

    Le 23 septembre 2015, ils constatent que Thibault Garagnon, le locataire du 2e, est un usager compulsif des numéros d’urgence. Au cours de l’été, il a appelé les services de police à vingt-sept reprises et quatre fois les pompiers : le 6 août pour un départ de feu imaginaire sur son paillasson, le lendemain après la découverte d’un papier brûlé dans sa boîte aux lettres, le 2 septembre pour un nouveau départ de feu dans la même boîte et, quelques heures plus tard, afin de signaler l’incendie qui fera huit morts.

    L’enquête suit son cours, les semaines s’écoulent. Seul dans sa cellule, Mourad Sadi passe ses journées à dormir, shooté au valium, et vit avec 20 euros par mois, « le pécule des indigents ». « Quand je suis entré en prison, je n’avais rien, juste mes vêtements. J’allais en promenade une heure le matin, une heure l’après-midi. Le reste du temps, je dormais et je pensais au suicide. »

    Une année passe. Le 2 septembre 2016, une cérémonie de commémoration est organisée devant l’immeuble sinistré à l’initiative de Thibault Garagnon. Le jeune homme de 19 ans pose en photo dans Le Parisien à côté de familles de victimes. « On est là pour ne pas oublier, insiste-t-il. Ce sont toujours des images qui viennent nous hanter, des cris, des odeurs. On est là aussi parce qu’on se sent abandonnés par les enquêteurs, les pouvoirs publics, les assurances… »

    « Je suis un monstre »

    Son surinvestissement dans cet anniversaire, et quelques étrangetés dans son attitude (des témoins affirment qu’il se rend presque chaque jour devant l’immeuble) intriguent les enquêteurs. Thibault Garagnon est placé sur écoute, puis interpellé le 20 septembre 2016. Bien que tardive, sa garde à vue sera un modèle de psychologie :

    « Qu’avez-vous à dire sur les faits qui vous ont conduit en garde à vue ? interroge le lieutenant de police.

    – Tout ce que j’ai fait, c’est avoir déplacé les poussettes dans le hall. Elles me gênaient… »

    Le policier lui fait remarquer qu’il vient spontanément d’évoquer les poussettes dont est parti l’incendie, pour la première fois depuis le début de l’enquête. Une brèche est ouverte. L’audition se poursuit. Après quarante-cinq minutes de conversation, l’enquêteur revient sur l’épisode des poussettes, et passe soudain au tutoiement.

    « Comment étaient initialement positionnées les poussettes quand elles vous gênaient ?

    – Elles étaient dans le hall…

    – Pourquoi ne pas avoir évoqué ce détail chez le juge ?

    – Pour moi ce n’était pas important.

    – Thibault, on sait que tu ne voulais pas provoquer ça.

    – Je suis désolé. C’était une simple allumette que j’ai mis sur les poussettes. Je pensais pas que ça partirait si loin. [Il pleure] Je vais finir en prison ?

    – Et la boîte aux lettres ?

    – Parce qu’il y avait des papiers dedans. Je sais même pas pourquoi j’ai fait ça…

    – Et l’histoire de l’incendie du paillasson, début août ?

    – Il n’y a pas eu de feu de paillasson. J’ai appelé les pompiers ce soir-là car je voulais qu’ils m’emmènent dans un hôpital psychiatrique. Je sais même pas comment, pendant un an, j’ai réussi à tout garder pour moi. (…) Le pire, c’est que j’ai réussi à me persuader moi-même que ce n’était pas moi. Je suis un monstre, je suis désolé…

    – Sais-tu qu’un individu est en prison depuis un an pour ces faits ?

    – Oui. Si j’avais su que ça se passerait comme ça… Je suis con. »

    Le lendemain de ces aveux, un surveillant ouvre la cellule de Mourad Sadi. « Il m’a dit : “T’es libérable.” C’est tout. J’ai laissé mes affaires, et je suis sorti. Personne ne m’attendait. C’était le soir. » Livré à lui-même, il fraude les transports en commun pour rejoindre la Goutte d’or. Après « un an et dix-sept jours » de cauchemar carcéral, le vagabond retourne à son errance. « J’ai fait nuit blanche en marchant. Je me suis posé rue Doudeauville avec quelques bières et j’ai fait la fête sur un coin de trottoir, tout seul… »

    Signe de l’embarras de la justice, sa libération s’est faite dans la précipitation, avant même la fin de la garde à vue de Thibault Garagnon. Les avocats du sans-abri, Mes Paul Fortin et Alexandre Luc-Walton, n’ont pas été prévenus à temps pour l’accueillir à sa sortie de prison. Ils retrouveront sa trace deux jours plus tard, à la Goutte d’or, pour lui annoncer l’arrestation du coupable.

    « Le temps qui passe »

    Voilà un an et demi que Mourad Sadi a retrouvé la rue, mais pas son innocence. Malgré l’absence de preuves à son encontre et les aveux du pyromane, le SDF qui passait par là avec un briquet dans la poche est toujours mis en examen. Le regard perdu, il touille machinalement son café, partagé entre soulagement et vertige : « J’ai été victime de la justice, mais d’un autre côté, ils ont arrêté le vrai coupable. S’il était mort dans l’incendie, je serai sans doute encore en prison. Je ne sais pas quoi en penser… »

    Mourad Sadi vit aujourd’hui avec 800 euros d’allocation adulte handicapé, mais une partie des sommes versées durant sa détention demeure bloquée sur un compte bancaire. « Il faudrait que je montre un document prouvant mon innocence », explique-t-il.

    Au regard de ses maigres ressources, il peut espérer environ 30 000 euros d’indemnisation pour l’année perdue derrière les barreaux. Encore faudrait-il, là aussi, que la justice lui accorde un non-lieu…

    En avril 2017, Me Fortin a envoyé une requête en ce sens à la juge qui instruit le dossier. Elle est restée sans réponse. En octobre, puis en novembre, il a renouvelé sa demande, en précisant que l’innocence de son client était « maintenant prouvée depuis près de quatorze mois ». Il s’est de nouveau heurté au silence de la magistrate. « La justice sait être expéditive pour envoyer un SDF en prison, constate-t-il. Elle est en revanche d’une infinie lenteur pour réparer ses erreurs. »

    De guerre lasse, l’avocat s’est résolu à saisir la chambre de l’instruction, qui a rejeté sa quatrième requête, le 11 janvier, au motif que « le temps qui passe n’altère en rien » le droit de son client à solliciter une indemnisation. « Le temps qui passe », selon la formule de la justice, est précisément ce que Mourad Sadi ne retrouvera pas : « On m’a volé un an de ma vie, dit-il. Aujourd’hui, j’aimerais juste qu’on me dise : “Tu es innocent, fin de l’histoire”. »

    #police #justice #prison

  • Des caméras envoient des images à la mauvaise personne, par deux fois
    https://www.nextinpact.com/brief/des-cameras-envoient-des-images-a-la-mauvaise-personne--par-deux-fois-47

    La BBC révèle que des caméras de Swann Security ont un problème de destinataires. Dans une première occurrence, une personne a obtenu les images d’une famille sur son application. En mai, rebelote avec des caméras publiques, aux captations envoyées à un utilisateur lambda. Plaidant d’abord un premier cas isolé, la société déclare avoir averti l’autorité de protection des données britannique. L’affaire a commencé quand un journaliste de la BBC a reçu des images d’une autre maison, déclenchée par un détecteur (...)

    #CCTV #erreur #surveillance #vidéo-surveillance #SwannSecurity_