• L’esclavage n’est pas aboli. Il n’a jamais été aussi rentable qu’au 21è siècle !

    Selon une étude dont les principaux éléments ont été rapportés en exclusivité par The Guardian cette semaine (https://www.theguardian.com/global-development/2017/jul/31/human-life-is-more-expendable-why-slavery-has-never-made-more-money?CMP), l’esclavage ne s’est jamais porté aussi bien qu’aujourd’hui. Le #travail_forcé rapporte 3978 dollars par an pour chaque personne exploitée. Au moins 21 millions de personnes vivent aujourd’hui dans des conditions d’esclavage moderne. Et combien d’autres en sont réduits à ne pouvoir que survivre de leur salaire ?


    https://mrmondialisation.org/lesclavage-nest-pas-aboli-il-na-jamais-ete-aussi-rentable-quau-21e
    #esclavage_moderne #néo-esclavage #travail #exploitation #économie
    ping @reka

  • Le capitalisme, c’est trouver le moyen de gagner de l’argent avec tout. La répression des étrangers entrés illégalement dans le pays est ancienne, mais on n’avait pas encore trouvé le moyen de bien la monétiser. Ici, la solution adoptée par l’#ICE (police de l’immigration aux États-Unis) est simple : créer une fausse université, convaincre les étudiants de l’étranger de s’y inscrire, les faire payer (aux États-Unis, personne ne s’étonne de payer beaucoup d’argent pour une inscription à l’université), puis, comme l’université est fausse, décréter que leur visa n’est pas valable et les expulser (tout en gardant l’argent).

    https://eu.freep.com/story/news/local/michigan/2019/11/27/ice-arrested-250-foreign-students-fake-university-metro-detroit/4277686002

    C’est tellement incroyable que, si ça n’était pas sur le site Web d’un quotidien connu, j’aurais pensé à une invention.

    #immigration #escroquerie

  • Black Fuckday | Grise Bouille
    https://grisebouille.net/black-fuckday

    Oh bah tiens, il semblerait que l’#aspirateur n’ait jamais été vendu à 200 € ! Il était plutôt autour de de 150 €… en 2017. Depuis le début de l’année 2019, par contre, on le trouve autour de 135 €, ce qui fait dégringoler la #promo de 45 % annoncés à 19 % réels. Tout de suite, ça calme.

    Je sais ce que vous allez me dire : on pourrait un peu hâtivement taxer cette pratique d’#arnaque si on était taquins (ce que je ne suis pas, vous me connaissez). Alors que bon, #Amazon sont peut-être des pourris qui pratiquent l’#évasion_fiscale à grande échelle3, maltraitent leurs employés obligés de pisser dans des bouteilles pour tenir leurs objectifs4 et participent à la mise sur écoute de la population avec leurs saloperies d’enceintes connectées5, mais des #escrocs ?! Nan, franchement, c’est pas le genre de la maison.

    #black_friday #manipulation

    via @sebsauvage

  • Femmes nigérianes prostituées à #Lyon : « payer l’enfer pour rester en enfer »

    Lors du procès d’un vaste réseau de prostitution de femmes Nigérianes qui a pris fin vendredi 15 novembre à Lyon, aucune des dix-sept victimes n’a témoigné à la barre. Mais lors de leurs plaidoiries, les avocats des parties civiles ont levé le voile sur le parcours de vie de ces femmes. Des récits glaçants, qui les mènent de #Benin_City à la traversée de la Libye et de la Méditerranée, jusqu’aux trottoirs de Lyon.

    Pas une n’aura témoigné à la barre, ou dans la presse. Les dix-sept femmes Nigérianes victimes d’un vaste #réseau_de_prostitution ont été les grandes absentes du procès qui s’est ouvert au tribunal correctionnel de Lyon mercredi 6 novembre et qui doit se terminer vendredi.

    « On préfère qu’elles ne soient pas là, pour les protéger », explique à Infomigrants, Anne Portier, avocate d’Équipes d’action contre le #proxénétisme (EACP), l’une des deux associations qui s’est constituée partie civile aux côtés des victimes. L’avocate évoque ainsi « la #peur » de ces jeunes femmes dont certaines ont d’ailleurs retiré leur #plainte et « les risques de pressions » dans une petite communauté « où l’information circule vite ». De fait, 23 des 24 prévenus poursuivis pour aide au séjour irrégulier, proxénétisme aggravé, traite d’êtres humains, association de malfaiteurs et blanchiment d’argent en bande organisée sont, comme les victimes, originaires du Nigéria.

    Les avocats des parties civiles se sont donc succédé, mercredi 13 novembre, pour retracer par fragments la trajectoire de vie de chacune de ces femmes aujourd’hui âgées de 17 à 38 ans et qui tentent de reconstruire leur vie à l’étranger, en région parisienne ou encore en Isère.

    De Benin City à Lyon, le même piège pour toutes

    De prime abord, leurs parcours se ressemblent jusqu’à se confondre : une jeune femme, originaire de Benin City dans l’État nigérian d’Edo, peu éduquée et parfois en rupture avec ses parents, à qui une connaissance fait miroiter le rêve d’une vie meilleure en Europe. S’ensuit, avant le départ, le rite #vaudou du « #juju » au cours duquel la jeune femme s’engage à rembourser une #dette de plusieurs dizaines de milliers d’euros au titre de sa migration. Un montant dont il est difficile de prendre la mesure, 30.000 nairas nigérians équivalant à environ 80 euros.

    Vient ensuite la traversée de la Libye puis de la Méditerranée et l’arrivée en Europe, souvent en Italie, avant le passage en France et « la prise en charge » par une « mama » proxénète (10 des prévenus sont des femmes). La routine infernale s’enclenche alors avec les passes à 10 ou 30 euros dans une camionnette stationnée dans les quartiers lyonnais de Perrache ou Gerland. Au-delà de la dette de 30.000 ou 50.000 euros à rembourser, les femmes prostituées doivent encore payer un loyer de plusieurs centaines d’euros par mois. Tout est d’ailleurs prétexte pour leur facturer davantage, même la clé perdue de leur camionnette. « Payer l’enfer pour rester en enfer », résumera un des avocats des parties civiles.

    Détails de vie terribles

    Au fil des plaidoiries, la singularité des histoires, des parcours et des personnalités apparaît et des détails terribles surgissent. Il y a E. et M., aujourd’hui âgées de 23 ans, et compagnes de voyage et d’infortune dans leur périple jusqu’en France. L’une travaillait dans un salon de coiffure, l’autre rêvait de devenir couturière en Europe lorsqu’on leur propose de quitter le Nigeria. L’espoir tournera vite au cauchemar en Libye lorsque E. sera violée par trois gardiens sous les yeux de M., après s’être interposée pour défendre cette dernière. « Quand on les rencontre aujourd’hui, elles ont une attitude forte. Mais dès que l’on gratte, ça s’effondre », résume leur avocate.

    Il y a E., 17 ans et demi, la plus jeune victime de cette affaire. Son avocat la décrit comme une jeune fille « sous la coupe de la sorcellerie auquel s’ajoute un lien de famille (la jeune fille a été prostituée par sa propre mère NDLR) qui vient sceller un quasi silence ». Et l’avocat d’insister sur le serment quasi sacré qui la liait du fait du ‘juju’ : « Même longtemps après, dans un lieu de confiance, devant des associatifs, elle n’en parlait jamais. Cela dit bien le poids que cela peut représenter ».

    Il y a C. qui a contracté une dette de 70.000 euros, « à 30 euros la passe, cela représente 2.300 passes », relève son avocate. Frappée lorsqu’elle ose s’opposer à son proxénète, sa situation irrégulière la retiendra longtemps de se présenter aux services de police.

    Il y a J., vierge à son arrivée en France, et violée par son proxénète avant d’être prostituée.

    Il y a E. dont l’avocate raconte qu’un de ses clients lui a, un jour, posé un mouchoir sur le nez et qu’elle ne se souvient pas de ce qui s’est passé ensuite. « Elle a été dépossédée de son corps pendant 5 heures », dit l’avocate.

    Il y aussi Cynthia. Son statut dans cette affaire est particulier : à la fois prévenue et victime, elle a témoigné à la barre vendredi dernier. "Cynthia a été un an la prostituée d’Helen (une des « mamas » proxénètes NDLR) et un an son affranchie", a expliqué son avocate. Alors que les écoutes téléphoniques indiquent qu’une fois « affranchie » après avoir honoré sa dette en 14 mois en « travaillant tous les jours », Cynthia a fait venir, à son tour, une jeune Nigériane pour l’exploiter. « Monter en grade », est souvent la seule issue pour ces femmes qui ne parlent pas français, selon les associations de lutte contre la prostitution.

    « Qui est le propriétaire de X ? »

    « On se passe ces femmes comme des objets, on parle d’elles comme de choses », dénoncera une des avocates des parties civiles en appelant à condamner les passeurs. L’avocate d’Équipes d’action contre le proxénétisme (EACP) citera, elle, dans sa plaidoirie les expressions révélatrices utilisée par les proxénètes sur écoute téléphonique : « qui est le propriétaire de X ? », « dans le lot »…

    Alors que des prévenus sont poursuivis pour « traite d’êtres humains », Anne Portier dénoncera dans sa plaidoirie un #esclavage du 21ème siècle où les bateaux pneumatiques traversant la Méditerranée ont remplacé les navires négriers traversant l’Atlantique et où les champs de coton sont désormais des camionnettes où se succèdent les clients.

    Le ministère public a requis dix ans de prison pour les deux chefs du réseau et diverses peines allant de six à dix ans pour les maillons.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/20877/femmes-nigerianes-prostituees-a-lyon-payer-l-enfer-pour-rester-en-enfe
    #prostitution #France #migrations #Nigeria #traite_d'êtres_humains #néo-esclavage #exploitation #esclavage_moderne

  • Des océans de misère Alexandre Shields - 15 novembre 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/environnement/567042/des-oceans-de-misere

    Esclavage, travailleurs abandonnés, piraterie, pêche illégale, affrontements pour l’accès aux ressources, pollution… Les océans de la planète sont marqués par les pires travers de l’humanité, révèle une vaste enquête internationale menée par le journaliste du New York Times Ian Urbina. Et comme consommateurs, nous en sommes les complices quotidiennement.


    Photo : Outlaw Ocean Project Un bateau de pêche vietnamien surpris à braconner dans les eaux indonésiennes reçoit l’ordre de s’arrêter.

    « J’avais une petite idée de l’esclavage en mer, en raison des journalistes qui ont enquêté sur le phénomène avant moi. Mais la cruauté abjecte que j’ai vue de mes yeux et les effets durables sur les hommes que j’ai rencontrés me hantent depuis la fin de mes reportages. Les mauvais traitements dont sont victimes les hommes qui aident à remplir nos assiettes de produits de la mer ont été pour moi un choc », résume au Devoir Ian Urbina, qui a enquêté pendant cinq ans sur une vingtaine de mers et cinq océans, pour écrire The Outlaw Ocean (La jungle des océans).
     
    S’il décrit de façon aussi directe ses impressions face à cette réalité, c’est qu’il a lui-même constaté, en pleine mer de Chine, à quel point les conditions de travail sur les bateaux de pêche peuvent s’avérer épouvantables. Et pour y parvenir, le journaliste a dû user de stratégie, de patience et d’une témérité certaine.

    Dans son livre, qui vient de paraître en édition française, il raconte ainsi qu’il a dû passer plusieurs soirées à boire avec des capitaines dans un des plus grands ports de pêche de Thaïlande, afin de gagner leur confiance.
    « Les capitaines se demandaient pourquoi nous voulions passer quelques jours sur des navires qui étaient notoirement sales et dangereux. Je leur répondais que c’était pour voir le travail des hommes et raconter leur vie » , écrit le journaliste, par ailleurs co-lauréat d’un prix Pulitzer pour une enquête sur la prostitution.

    C’est ainsi qu’il est parvenu à voir et à décrire cet « esclavage en mer ». Concrètement, les marins qu’il a rencontrés sur les bateaux thaïlandais étaient des migrants, la plupart du temps en provenance du Cambodge ou de la Birmanie. Forcés de s’endetter pour traverser illégalement les frontières et se trouver un « emploi », ils se retrouvent pris en mer, parfois pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, sans pouvoir retourner à terre.


     Photo : Ocean Outlaw Project Un marin du Cambodge sur un bateau de pêche thaïlandais

    Pour les maintenir dans cette zone de non-droit, les navires de pêche sont ravitaillés en mer et les prises sont transférées d’un navire à un autre.

    Hypocrisie
    Les bateaux sur lesquels les marins sont pour ainsi dire captifs grouillent de vermine, ils y travaillent sans arrêt sans la moindre mesure de sécurité, leurs repas se résument à une nourriture infecte et ils sont soumis à un capitaine parfois très violent, raconte le journaliste.

    Ian Urbina a d’ailleurs recueilli plusieurs témoignages de ces marins de la misère ayant subi des mauvais traitements à de multiples reprises. Il a notamment pu rencontrer un homme qui, avant d’être « libéré », était constamment enchaîné pour éviter qu’il ne tente de s’évader. « Il faut voir ce genre de navire comme un vaisseau spatial, où les gens sont pris, en haute mer, sans application de loi. Et les victimes sont souvent des migrants victimes de trafic en provenance de pays pauvres. »

    L’effondrement quasi généralisé des stocks de poissons est en partie responsable de l’accroissement du phénomène, souligne-t-il. À mesure que les navires ont dû parcourir des distances de plus en plus grandes pour aller pêcher, « les entreprises et les capitaines se sont de plus en plus tournés vers le travail forcé pour réduire leurs coûts », et ainsi continuer d’offrir des produits au plus bas prix possible aux consommateurs, notamment au Canada.

    « Les consommateurs sont hypocrites et sont complices du problème de la pêche illégale ou de l’esclavage en mer. En consommant ces produits, nous bénéficions directement des pratiques comme le travail forcé », déplore Ian Urbina, qui vient de quitter le New York Times pour poursuivre son travail d’enquête en mer de façon indépendante. « C’est un mirage de croire qu’on peut pêcher du thon de façon durable, légale et en offrant de bonnes conditions de travail aux marins, tout en vendant une boîte de thon qui a voyagé sur des milliers de kilomètres pour à peine 2,50$. »

    Dans un contexte de raréfaction des ressources, Ian Urbina souligne en outre que la pêche illégale prend de plus en plus d’ampleur. « Le commerce illicite des produits de la mer est mondialement prospère, avec un chiffre d’affaires annuel estimé à 160 milliards de dollars. »

    Le développement des outils technologiques permet d’ailleurs aujourd’hui de « piller les océans avec une efficacité remarquable », écrit-il.

    Dans plusieurs cas, a-t-il constaté, les navires peuvent aisément profiter du « manque de réglementation » en haute mer, ou encore de l’incapacité de certains États, notamment le long des côtes africaines, de patrouiller leurs eaux territoriales. Il a aussi été témoin de la traque d’un navire inscrit sur la liste rouge d’Interpol, le Thunder, qui a préféré se saborder plutôt que se rendre aux autorités.

    Violence
    Dans certains cas, la compétition pour l’accès aux ressources marines toujours disponibles peut mener à des situations tendues, à la pointe du fusil, comme l’a constaté à plusieurs reprises Ian Urbina, notamment en voyant des pays comme l’Indonésie et le Vietnam se disputer les limites de leurs zones de pêche.


     Photo : Ocean Outlaw Project L’équipage d’un bateau de pêche vietnamien est arrêté par des patrouilleurs indonésiens.

    « On verra davantage de ce genre de conflits pour l’accès aux ressources dans les prochaines années », prédit-il, dans un contexte d’augmentation de la demande jumelée à une réduction majeure de la disponibilité. Déjà, à l’heure actuelle, plus de 90 % des stocks de poissons de la planète sont exploités au maximum ou surexploités, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

    En plus de la violence perpétrée contre des marins dépourvus de recours et des cas bien concrets de pêche illégale, Ian Urbina explique dans La jungle des océans qu’il existe plusieurs formes de violence méconnue, mais tout aussi présentes. Il cite en exemple celle dont sont victimes les migrants venus de la mer, comme ceux qui tentent de se rendre en Europe, mais aussi celle perpétrée contre « des milliers » de marins attaqués, kidnappés ou tués chaque année, ou encore celle que subissent des travailleurs abandonnés sur des cargos délaissés par leurs propriétaires.

    Sans oublier la violence subie par l’écosystème marin, et ce, à l’échelle de la planète. Le livre fait ainsi état de cas bien réels d’eaux usées ou souillées d’hydrocarbures larguées par des navires de croisières, mais aussi plusieurs autres types de navires de commerce qui sillonnent les océans. Ils seraient aujourd’hui plus de 80 000 dans le monde.

    Se disant malgré tout « optimiste », le journaliste en appelle à une bonification substantielle de la réglementation du travail en mer, à l’instauration d’une traçabilité fiable et généralisée pour les produits de la mer, mais aussi à une véritable protection des milieux marins, étroitement liés à notre existence sur la terre ferme.

    « Que pouvons-nous faire pour atténuer le désordre qui règne en haute mer ? Vu l’ampleur des problèmes, c’est une question complexe. Mais chose certaine, nous sommes collectivement dépendants des océans. »

    La jungle des océans Ian Urbina, Éditions Payot & Rivages, 587 pages

    #pêche #mer #océan #poissons #esclavage #travail #cruauté #violence #pillage #écosystème #ressources

  • Le #Bangladesh veut-il noyer ses #réfugiés_rohingyas ?

    Confronté à la présence sur son territoire d’un million de réfugiés musulmans chassés de Birmanie par les crimes massifs de l’armée et des milices bouddhistes, Dacca envisage d’en transférer 100 000 sur une île prison, dans le golfe du Bengale, menacée d’inondation par la mousson. Ce projet vient relancer les interrogations sur le rôle controversé de l’Organisation des Nations unies en #Birmanie.
    Dans les semaines qui viennent, le gouvernement du Bangladesh pourrait transférer plusieurs milliers de réfugiés rohingyas, chassés de Birmanie entre 2012 et 2017, dans une #île du #golfe_du_Bengale menacée de submersion et tenue pour « inhabitable » par les ONG locales. Préparé depuis des mois par le ministère de la gestion des catastrophes et des secours et par la Commission d’aide et de rapatriement des réfugiés, ce #transfert, qui devrait dans un premier temps concerner 350 familles – soit près de 1 500 personnes – puis s’étendre à 7 000 personnes, devrait par la suite être imposé à près de 100 000 réfugiés.

    Selon les agences des Nations unies – Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et Organisation internationale pour les migrations (OIM) –, plus de 950 000 s’entassent aujourd’hui au Bangladesh dans plusieurs camps de la région de #Cox’s_Bazar, près de la frontière birmane. Près de 710 000 membres de cette minorité musulmane de Birmanie, ostracisée par le gouvernement de #Naypidaw, sont arrivés depuis août 2017, victimes du #nettoyage_ethnique déclenché par l’armée avec l’appui des milices villageoises bouddhistes.

    Les #baraquements sur #pilotis déjà construits par le gouvernement bangladais sur l’#île de #Bhasan_Char, à une heure de bateau de la terre ferme la plus proche, dans le #delta_du_Meghna, sont destinés à héberger plus de 92 000 personnes. En principe, les réfugiés désignés pour ce premier transfert doivent être volontaires.

    C’est en tout cas ce que les autorités du Bangladesh ont indiqué aux agences des Nations unies en charge des réfugiés rohingyas. Mais l’ONG régionale Fortify Rights, qui a interrogé, dans trois camps de réfugiés différents, quatorze personnes dont les noms figurent sur la liste des premiers transférables, a constaté qu’en réalité, aucune d’entre elles n’avait été consultée.

    « Dans notre camp, a déclaré aux enquêteurs de Fortify Rights l’un des délégués non élus des réfugiés chargé des relations avec l’administration locale, aucune famille n’accepte d’être transférée dans cette île. Les gens ont peur d’aller vivre là-bas. Ils disent que c’est une île flottante. » « Île qui flotte », c’est d’ailleurs ce que signifie Bhasan Char dans la langue locale.

    Les réfractaires n’ont pas tort. Apparue seulement depuis une vingtaine d’années, cette île, constituée d’alluvions du #Meghna, qui réunit les eaux du Gange et du Brahmapoutre, émerge à peine des eaux. Partiellement couverte de forêt, elle est restée inhabitée depuis son apparition en raison de sa vulnérabilité à la mousson et aux cyclones, fréquents dans cette région de la mi-avril à début novembre. Cyclones d’autant plus redoutés et destructeurs que l’altitude moyenne du Bangladesh ne dépasse pas 12 mètres. Selon les travaux des hydrologues locaux, la moitié du pays serait d’ailleurs submergée si le niveau des eaux montait seulement d’un mètre.

    « Ce projet est inhumain, a confié aux journalistes du Bangla Tribune, un officier de la marine du Bangladesh stationné dans l’île, dont l’accès est interdit par l’armée. Même la marée haute submerge aujourd’hui une partie de l’île. En novembre1970, le cyclone Bhola n’a fait aucun survivant sur l’île voisine de Nijhum Dwip. Et Bhasan Char est encore plus bas sur l’eau que Nijhum Dwip. » « Un grand nombre de questions demeurent sans réponses, observait, après une visite sur place en janvier dernier, la psychologue coréenne Yanghee Lee, rapporteure spéciale de l’ONU pour la situation des droits de l’homme en Birmanie. Mais la question principale demeure de savoir si cette île est véritablement habitable. »

    « Chaque année, pendant la mousson, ont confié aux enquêteurs de Human Rights Watch les habitants de l’île voisine de Hatiya, une partie de Bhasan Char est érodée par l’eau. Nous n’osons même pas y mettre les pieds. Comment des milliers de Rohingyas pourraient-ils y vivre ? » Par ailleurs, la navigation dans les parages de l’île est jugée si dangereuse, par temps incertain, que les pêcheurs du delta hésitent à s’y aventurer. Les reporters d’un journal local ont dû attendre six jours avant que la météo devienne favorable et qu’un volontaire accepte de les embarquer.

    À toutes ces objections des ONG, d’une partie de la presse locale et de plusieurs agences des Nations unies, le gouvernement bangladais répond que rien n’a été négligé. Une digue, haute de près de trois mètres et longue de 13 km, a été érigée autour de l’enclave de 6,7 km² affectée à l’hébergement des Rohingyas. Chacune des 120 unités de logement du complexe comprend douze bâtiments sur pilotis, une mare et un abri en béton destiné à héberger 23 familles en cas de cyclone et à recevoir les réserves de produits alimentaires. Conçus, selon les architectes, pour résister à des vents de 260 km/h, les abris pourront aussi être utilisés comme salles de classe, centres communautaires et dispensaires.

    Construit en parpaings, chaque bâtiment d’habitation contient, sous un toit de tôle métallique, seize chambres de 3,5 m sur 4 m, huit W.-C., deux douches et deux cuisines collectives. Destinées à héberger des familles de quatre personnes, les chambres s’ouvrent sur une coursive par une porte et une fenêtre à barreaux. Un réseau de collecte de l’eau de pluie, des panneaux solaires et des générateurs de biogaz sont également prévus. Des postes de police assureront la sécurité et 120 caméras de surveillance seront installées par la marine.

    Compte tenu des conditions de navigation très difficiles dans l’estuaire de la Meghna et du statut militarisé de l’île, la liberté de mouvement des réfugiés comme leur aptitude à assurer leur subsistance seront réduites à néant. « Bhasan Char sera l’équivalent d’une prison », estimait en mars dernier Brad Adams, directeur pour l’Asie de Human Rights Watch.
    Aung San Suu Kyi n’a pas soulevé un sourcil

    Aucun hôpital n’est prévu sur l’île. En cas d’urgence, les malades ou les blessés devront être transférés vers l’hôpital de l’île de Hatiya, à une heure de bateau lorsque le temps le permet. Faute de production locale, la quasi-totalité de l’alimentation devra être acheminée depuis le continent. La densité de population de ce complexe dont les blocs, disposés sur un plan orthogonal, sont séparés par d’étroites allées rectilignes, dépassera, lorsqu’il sera totalement occupé, 65 000 habitants au kilomètre carré, soit six fois celle du cœur de New York.

    On le voit, ce « paradis pour les Rohingyas », selon le principal architecte du projet, Ahmed Mukta, qui partage son activité entre Dacca et Londres, tient davantage du cauchemar concentrationnaire submersible que du tremplin vers une nouvelle vie pour les réfugiés birmans du Bangladesh. Ce n’est pourtant pas faute de temps et de réflexion sur la nature et la gestion du complexe. L’idée de transférer les réfugiés birmans sur Bhasan Char circulait depuis 2015 parmi les responsables birmans. À ce moment, leur nombre ne dépassait pas 250 000.

    Alimentés depuis 1990 par un chapelet de flambées de haine anti-musulmanes que le pouvoir birman tolérait quand il ne les allumait pas lui-même, plusieurs camps s’étaient créés dans la région de Cox’s Bazar pour accueillir les réfugiés chassés par la terreur ou contraints à l’exil par leur statut spécial. Musulmans dans un pays en écrasante majorité bouddhiste, les Rohingyas se sentent depuis toujours, selon l’ONU, « privés de leurs droits politiques, marginalisés économiquement et discriminés au motif de leur origine ethnique ».

    Le projet s’était apparemment endormi au fond d’un tiroir lorsqu’en août 2017, après la véritable campagne de nettoyage ethnique déclenchée par Tatmadaw (l’armée birmane) et ses milices, près de 740 000 Rohingyas ont fui précipitamment l’État de Rakhine, (autrefois appelé Arakan) où ils vivaient pour se réfugier de l’autre côté de la frontière, au Bangladesh, auprès de leurs frères, exilés parfois depuis plus de vingt-cinq ans. En quelques jours, le nombre de Rohingyas dans le district de Cox’s Bazar a atteint un million de personnes et le camp de réfugiés de Kutupalong est devenu le plus peuplé de la planète.

    Nourrie par divers trafics, par le prosélytisme des émissaires islamistes, par la présence de gangs criminels et par l’activisme des agents de l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA) à la recherche de recrues pour combattre l’armée birmane, une insécurité, rapidement jugée incontrôlable par les autorités locales, s’est installée dans la région. Insécurité qui a contribué à aggraver les tensions entre les réfugiés et la population locale qui reproche aux Rohingyas de voler les petits boulots – employés de restaurant, livreurs, conducteurs de pousse-pousse – en soudoyant les policiers et en acceptant des salaires inférieurs, alors qu’ils ne sont officiellement pas autorisés à travailler.

    Cette situation est d’autant plus inacceptable pour le gouvernement de Dacca que Cox’s Bazar et sa plage de 120 km constituent l’une des rares attractions touristiques du pays.

    Pour mettre un terme à ce chaos, le gouvernement de Dacca a d’abord compté sur une campagne de retours volontaires et ordonnés des Rohingyas en Birmanie. Il y a un an, 2 200 d’entre eux avaient ainsi été placés sur une liste de rapatriement. Tentative vaine : faute d’obtenir des garanties de sécurité et de liberté du gouvernement birman, aucun réfugié n’a accepté de rentrer. Le même refus a été opposé aux autorités en août dernier lorsqu’une deuxième liste de 3 500 réfugiés a été proposée. Selon les chiffres fournis par le gouvernement birman lui-même, 31 réfugiés seulement sont rentrés du Bangladesh entre mai 2018 et mai 2019.

    Les conditions, le plus souvent atroces, dans lesquelles les Rohingyas ont été contraints de fuir en août 2017 et ce qu’ils soupçonnent de ce qui les attendrait au retour expliquent largement ces refus. Selon le rapport de la Mission d’établissement des faits de l’ONU remis au Conseil des droits de l’homme le 8 août 2019 [on peut le lire ici], les Rohingyas ont été victimes, un an plus tôt, de multiples « crimes de droit international, y compris des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ».

    Selon ce document, « la responsabilité de l’État [birman – ndlr] est engagée au regard de l’interdiction des crimes de génocide et des crimes contre l’humanité, ainsi que d’autres violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire ».

    Le rapport précise que « la mission a établi une liste confidentielle de personnes soupçonnées d’avoir participé à des crimes de droit international, y compris des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, dans les États de Rakhine, kachin et shan depuis 2011. Cette liste […] contient plus d’une centaine de noms, parmi lesquels ceux de membres et de commandants de la Tatmadaw, de la police, de la police des frontières et des autres forces de sécurité, y compris de fonctionnaires de l’administration pénitentiaire, ainsi que les noms de représentants des autorités civiles, au niveau des districts, des États et du pays, de personnes privées et de membres de groupes armés non étatiques. […] La liste mentionne aussi un grand nombre d’entités avec lesquelles les auteurs présumés de violations étaient liés, notamment certaines unités des forces de sécurité, des groupes armés non étatiques et des entreprises ».

    On comprend dans ces conditions que, rien n’ayant changé depuis cet été sanglant en Birmanie où Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991, n’a pas levé un sourcil devant ces crimes, les Rohingyas préfèrent l’incertain chaos de leur statut de réfugiés à la certitude d’un retour à la terreur. Et refusent le rapatriement. Ce qui a conduit, début 2018, la première ministre bangladaise Sheikh Hasina à sortir de son tiroir le projet de transfert, en sommeil depuis 2015, pour le mettre en œuvre « en priorité ».

    Près de 300 millions de dollars ont été investis par Dacca dans ce projet, destiné dans un premier temps à réduire la population des camps où la situation est la plus tendue. Selon le représentant du gouvernement à Cox’s Bazar, Kamal Hossain, les opérations de transfert pourraient commencer « fin novembre ou début décembre ».

    Au cours d’une récente réunion à Dacca entre des représentants du ministère des affaires étrangères du Bangladesh et des responsables des Nations unies, les officiels bangladais auraient « conseillé » à leurs interlocuteurs d’inclure Bhasan Char dans le plan de financement de l’ONU pour 2020, sans quoi le gouvernement de Dacca pourrait ne pas approuver ce plan. Les responsables des Nations unies à Dacca ont refusé de confirmer ou démentir, mais plusieurs d’entre eux, s’exprimant officieusement, ont indiqué qu’ils étaient soumis « à une forte pression pour endosser le projet de Bhasan Char ».

    Interrogé sur la possibilité d’organiser le transfert des réfugiés sans l’aval des Nations unies, le ministre bangladais des affaires étrangères Abul Kalam Abdul Momen a répondu : « Oui, c’est possible, nous pouvons le faire. » La première ministre, de son côté, a été plus prudente. En octobre, elle se contentait de répéter que son administration ne prendrait sa décision qu’après avoir consulté les Nations unies et les autres partenaires internationaux du Bangladesh.

    L’un de ces partenaires, dont l’aide en matière d’assistance humanitaire est précieuse pour Dacca, vient de donner son avis. Lors d’une intervention fin octobre à la Chambre des représentants, Alice G. Wells, secrétaire adjointe du bureau de l’Asie du Sud et du Centre au Département d’État, a demandé au gouvernement du Bangladesh d’ajourner tout transfert de réfugiés vers Bhasan Char jusqu’à ce qu’un groupe d’experts indépendants détermine si c’est un lieu approprié. Washington ayant versé depuis août 2017 669 millions de dollars d’aide à Dacca, on peut imaginer que cette suggestion sera entendue.
    Les « défaillances systémiques » de l’ONU

    Les Nations unies sont pour l’instant discrètes sur ce dossier. On sait seulement qu’une délégation doit se rendre sur l’île les jours prochains. Il est vrai que face à ce qui s’est passé ces dernières années en Birmanie, et surtout face à la question des Rohingyas, la position de l’ONU n’a pas toujours été claire et son action a longtemps manqué de lucidité et d’efficacité. C’est le moins qu’on puisse dire.

    Certes l’actuel secrétaire général, António Guterres, a réagi rapidement et vigoureusement au sanglant nettoyage ethnique qui venait de commencer en Birmanie en adressant dès le 2 septembre 2017 une lettre au Conseil de sécurité dans laquelle il demandait un « effort concerté » pour empêcher l’escalade de la crise dans l’État de Rakhine, d’où 400 000 Rohingyas avaient déjà fui pour échapper aux atrocités.

    Mais il n’a pu obtenir de réaction rapide et efficace du Conseil. Il a fallu discuter deux semaines pour obtenir une réunion et 38 jours de plus pour obtenir une déclaration officielle de pure forme. Quant à obtenir l’envoi sur place d’une équipe d’observateurs de l’ONU en mesure de constater et dénoncer l’usage de la violence, il en était moins question que jamais : la Birmanie s’y opposait et son allié et protecteur chinois, membre du Conseil et détenteur du droit de veto, soutenait la position du gouvernement birman. Et personne, pour des raisons diverses, ne voulait s’en prendre à Pékin sur ce terrain.

    En l’occurrence, l’indifférence des États membres, peu mobilisés par le massacre de Rohingyas, venait s’ajouter aux divisions et différences de vues qui caractérisaient la bureaucratie de l’ONU dans cette affaire. Divergences qui expliquaient largement l’indifférence et la passivité de l’organisation depuis la campagne anti-Rohingyas de 2012 jusqu’au nettoyage ethnique sanglant de 2017.

    Incarnation de cette indifférence et de cette passivité, c’est-à-dire de la priorité que le système des Nations unies en Birmanie accordait aux considérations politiques et économiques sur la sécurité et les besoins humanitaires des Rohingyas, Renata Lok-Dessallien, la représentante de l’ONU en Birmanie depuis 2014, a quitté ses fonctions en octobre 2017, discrètement appelée par New York à d’autres fonctions, en dépit des réticences du gouvernement birman. Mais il était clair, à l’intérieur de l’organisation, qu’elle n’était pas la seule responsable de cette dérive désastreuse.

    Dans un rapport de 36 pages, commandé début 2018 par le secrétaire général et remis en mai dernier, l’économiste et diplomate guatémaltèque Gert Rosenthal, chargé de réaliser un diagnostic de l’action de l’ONU en Birmanie entre 2010 et 2018, constate qu’en effet, l’organisation n’a pas été à son meilleur pendant les années qui ont précédé le nettoyage ethnique d’août 2017 au cours duquel 7 000 Rohingyas au moins ont été tués, plus de 700 000 contraints à l’exil, des centaines de milliers d’autres chassés de leurs villages incendiés et enfermés dans des camps, le tout dans un climat de violence et de haine extrême [le rapport – en anglais – peut être lu ici].

    Selon Gert Rosenthal, qui constate des « défaillances systémiques » au sein de l’ONU, nombre d’agents des Nations unies ont été influencés ou déroutés par l’attitude de Aung San Suu Kyi, icône du combat pour la démocratie devenue, après les élections de 2015, l’alliée, l’otage et la caution des militaires et du clergé bouddhiste. C’est-à-dire la complice, par son silence, des crimes commis en 2017. Mais l’auteur du rapport pointe surtout la difficulté, pour les agences de l’ONU sur place, à choisir entre deux stratégies.

    L’une est la « diplomatie tranquille » qui vise à préserver dans la durée la présence et l’action, même limitée, de l’organisation au prix d’une certaine discrétion sur les obligations humanitaires et les droits de l’homme. L’autre est le « plaidoyer sans concession » qui entend faire respecter les obligations internationales par le pays hôte et implique éventuellement l’usage de mesures « intrusives », telles que des sanctions ou la menace de fermer l’accès du pays aux marchés internationaux, aux investissements et au tourisme.

    À première vue, entre ces deux options, le secrétaire général de l’ONU a fait son choix. Après une visite à Cox’s Bazar, en juillet 2018, il affirmait qu’à ses yeux, « les Rohingyas ont toujours été l’un des peuples, sinon le peuple le plus discriminé du monde, sans la moindre reconnaissance de ses droits les plus élémentaires, à commencer par le droit à la citoyenneté dans son propre pays, le Myanmar [la Birmanie] ».

    Il reste à vérifier aujourd’hui si, face à la menace brandie par Dacca de transférer jusqu’à 100 000 réfugiés rohingyas sur une île concentrationnaire et submersible, les Nations unies, c’est-à-dire le système onusien, mais aussi les États membres, choisiront le « plaidoyer sans concession » ou la « diplomatie tranquille ».

    https://www.mediapart.fr/journal/international/131119/le-bangladesh-veut-il-noyer-ses-refugies-rohingyas?onglet=full

    #réfugiés #asile #migrations #rohingyas #Bangladesh #camps_de_réfugiés

    ping @reka

    • Bangladesh Turning Refugee Camps into Open-Air Prisons

      Bangladesh Army Chief Gen. Aziz Ahmed said this week that a plan to surround the Rohingya refugee camps in #Cox’s_Bazar with barbed wire fences and guard towers was “in full swing.” The plan is the latest in a series of policies effectively cutting off more than 900,000 Rohingya refugees from the outside world. The refugees have been living under an internet blackout for more than 75 days.

      Bangladesh is struggling to manage the massive refugee influx and the challenges of handling grievances from the local community, yet there is no end in sight because Myanmar has refused to create conditions for the refugees’ safe and voluntary return. But fencing in refugees in what will essentially be open-air prisons and cutting off communication services are neither necessary nor proportional measures to maintain camp security and are contrary to international human rights law.

      Humanitarian aid workers reported the internet shutdown has seriously hampered their ability to provide assistance, particularly in responding to emergencies. The fencing will place refugees at further risk should they urgently need to evacuate or obtain medical and other humanitarian services.

      Refugees told Human Rights Watch the fencing will hinder their ability to contact relatives spread throughout the camps and brings back memories of restrictions on movement and the abuses they fled in Myanmar.

      The internet shutdown has already hampered refugees’ efforts to communicate with relatives and friends still in Myanmar, which is critical for gaining reliable information about conditions in Rakhine State to determine whether it is safe to return home.

      The Bangladesh government should immediately stop its plans to curtail refugees’ basic rights or risk squandering the international goodwill it earned when it opened its borders to a desperate people fleeing the Myanmar military’s brutal campaign of ethnic cleansing.

      https://www.hrw.org/news/2019/11/26/bangladesh-turning-refugee-camps-open-air-prisons
      #internet #barbelés #liberté_de_mouvement

  • Mais pourquoi seulement 8532 centrales nucléaires ? – Politique
    https://www.revuepolitique.be/mais-pourquoi-seulement-8532-centrales-nucleaires

    Mais enfin, ne nous attardons pas sur les détails et essayons de suivre Damien Ernst dans son raisonnement. Il en a livré la clé, semble-t-il, dans une carte blanche mémorable[2] cosignée en avril dernier avec le directeur du centre Jean Gol, Corentin De Salle. « Les gens, peut-on y lire, ont raison de vouloir […] passer le week-end dans une capitale étrangère, de skier au printemps, de manger des fruits tropicaux, de communiquer à toute heure avec des centaines de gens sur des réseaux sociaux, de visionner des films à la demande, etc ». Et de dérouler un argumentaire selon lequel le progrès technologique — et en particulier la captation industrielle du CO2 et la production de carburant à partir de cette matière première — permettra demain la perpétuation d’un mode de vie hyperconsommateur d’énergie tout en évitant le dérèglement du système climatique. Ce projet est présenté comme « écologie authentique ».

    #escrologie

  • La jet-set des escrologistes, par Nicolas Casaux
    https://www.facebook.com/nicolas.casaux/posts/10156947033822523

    Dans le monde anglophone (et parfois aussi dans le monde francophone, pour certains, dont le travail est traduit en français) : George Monbiot, Naomi Klein, Bill McKibben. Dans le monde francophone : Nicolas Hulot, Cyril Dion, Aurélien Barrau, Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Delannoy, Maxime De Rostolan. Il y en a d’autres.

    Habitués des #médias de masse, ils tiennent des #discours qui, malgré quelques différences ou nuances, forment une même et unique perspective, correspondant à la définition grand public de l’écologisme.

    Ladite perspective s’appuie sur une évaluation très partielle de la situation. Sur le plan écologique, elle tend à réduire les nombreux aspects de la #catastrophe en cours à un problème de taux de #carbone dans l’atmosphère (réchauffement climatique), et de « ressources naturelles » que la civilisation (industrielle) doit — condition sine qua non de sa perpétuation, leur ambition principale — s’efforcer de mieux gérer. Que les autres êtres vivants, les autres espèces et les communautés biotiques qu’elles forment possèdent une valeur intrinsèque, ne se réduisent pas à de simples « ressources », est rarement évoqué.

    Sur le plan social, lorsqu’ils soulignent des problèmes, nos #escrologistes pointent du doigt les #inégalités économiques ou le chômage. Certains vont jusqu’à dire du mal du capitalisme, mais ne critiquent en réalité que certains excès du système économique dominant. D’autres fois, ils dénoncent, plus honnêtement, quelque « #capitalisme dérégulé » ou « débridé » (Naomi Klein dans "Tout peut changer"). Mais ils ne parlent que très rarement, voire pas du tout, des injustices fondamentales que constituent la #propriété privée, la division hiérarchique du travail, le #travail en tant que concept capitaliste, des rapports de #domination qu’implique une organisation technique de la #société — la bureaucratie, l’État. Ils n’expliquent jamais, ou très rarement et très timidement, sans rien en tirer, qu’à l’instar de l’État en tant que forme d’organisation sociale, les régimes électoraux modernes n’ont rien de démocratique, qu’ils relèvent plutôt de l’#aristocratie élective, et que leur fonctionnement est clairement verrouillé, garanti et gardé par divers mécanismes coercitifs, y compris par la #violence physique.

    Ils se contentent d’en appeler à une sorte de nouvelle révolution verte, au moyen d’un new deal vert (Green New Deal) qu’agenceraient les gouvernants. Car aux yeux de nos escrologistes, il s’agit toujours de compter, pour sauver la situation — pardon, la #civilisation, mais aussi la planète, prétendument, puisqu’il est possible et souhaitable, d’après eux, de tout avoir — sur les dirigeants étatiques ou d’entreprise. New deal vert censé permettre de créer des tas d’emplois verts, au sein d’entreprises vertes, dirigées par des patrons verts — une exploitation verte, une #servitude verte —, de donner forme à une civilisation industrielle verte dotée de commodités technologiques vertes, smartphones verts, voitures vertes, etc., alimentés par des énergies vertes, et ainsi de suite (on parle désormais, de plus en plus, d’énergies "non-carbonées" plutôt que d’énergies "vertes", ce qui permet, à l’aide d’un autre #mensonge, de faire rentrer le #nucléaire dans le lot ; partout, vous pouvez remplacer "vert" par "non-carboné" ou "zéro carbone", ou "carboneutre", l’absurdité est la même).

    Au bout du compte, leur #réformisme à la noix vise uniquement à repeindre en vert le désastre en cours : repeindre en vert les oppressions, les dominations, les injustices. À faire croire qu’il est possible de rendre verte, durable, la civilisation technologique moderne — une rassurance dont on comprend aisément pourquoi elle est la bienvenue dans les médias de masse, pourquoi elle plait à tous ceux dont c’est la principale ambition. Un mensonge grossier : rien de ce qu’ils qualifient de vert ne l’est réellement. Une promesse creuse et, au point où nous en sommes rendus, criminelle. Affirmer, en 2019, comme le fait Aurélien Barrau dans son livre de promotion de l’écologie, pardon, de l’#escrologie, que ce qu’il faut, c’est "que nous nous engagions solennellement à ne plus élire quiconque ne mettrait pas en œuvre des mesures fermes" (pour tout repeindre en vert), "que les citoyens n’envisagent même plus de choisir pour représentant quiconque ne s’engagerait pas" (à tout repeindre en vert), zut alors.

    On peut croire à tout ça. C’est très con, mais on peut y croire. Surtout lorsqu’on fait partie des puissants, de ceux qui tirent leur épingle du désastre actuel — mais pas seulement, puisque, conditionnement aidant (c’est à ça que servent nos escrologistes) c’est même la religion dominante.

    Mais comment font certains pour continuer à dire que nous voulons tous la même chose, que nous devrions cesser de critiquer ces #éco-charlatans parce que nous voulons comme eux au bout du compte, que nous sommes tous pareils, etc. ?!

    #greenwashing

  • Au temps pour moi… | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/anice-lajnef/blog/010218/au-temps-pour-moi

    En quelque sorte, la #banque nous prête une somme d’#argent en contrepartie de l’#hypothèque de notre futur, en somme de notre propre personne. Cette pression socioéconomique peut parfois être ressentie par les plus libres d’entre nous comme un #esclavage dit moderne. Ce cas de figure concerne peu d’individus, au grand bonheur des instigateurs de ce modèle économique !

    A l’occasion, sachant que la #monnaie moderne est la coquille de l’#endettement, toute monnaie possédée par nous est en réalité une fraction d’une #dette contractée par un couple, une entreprise, ou l’Etat. Dit autrement, toute monnaie échangée, est en réalité une fraction du futur d’un individu gagé auprès d’une banque.

    Une autre conséquence encore plus étrange de ce système est la suivante. Comme la monnaie en circulation est à 90% la matérialisation de nos dettes, si chacun de nous décidait de rembourser ses dettes, la masse monétaire se contracterait d’une telle façon que notre modèle économique imploserait. Notre #économie ne tient que par la dette.

  • Une écologie décoloniale | Afrotopiques
    https://r22.fr/antennes/afrotopiques/podcasts-afrotopiques/episode-7-malcom-ferdinand

    Dans cet épisode on rencontre Malcom Ferdinand, philosophe et auteur d’un essai qui vient de paraitre au Seuil, intitulé « Une écologie décoloniale, Penser l’écologie depuis le monde caribéen ». Malcom Ferdinand propose une conception de l’écologie radicalement en rupture avec son acception dominante. Durée : 1h10. Source : R22

    https://r22.fr/content/2-antennes/0-afrotopiques/20191027-podcasts-afrotopiques/20191006-episode-7-malcom-ferdinand/07-malcom-ferdinand-r22.mp3

  • Les générations actuelles doivent-elles réparer les effets injustes de l’#esclavage_colonial ?

    La traite et l’esclavage colonial sont des « crimes contre l’humanité », déclare la loi du 21 mai 2001, dite « loi Taubira ». Ce sont des injustices historiques que nous nous accordons toutes et tous aujourd’hui à condamner moralement. Mais la condamnation morale peut-elle s’assortir d’une réponse politique ?

    Dans le débat français, la question des réparations ressurgit sous sa forme politique depuis quelques années, notamment à l’occasion de la célébration, le 10 mai, de la mémoire de la traite, l’esclavage et leurs abolitions. Plusieurs associations ont appelé de manière répétée à une conversation nationale sur les réparations. Si la question de la modalité de ces réparations attise l’essentiel de la polémique, une autre question sous-jacente est lourde de malentendus : pourquoi serions-nous aujourd’hui responsables de réparer des injustices qui se sont produites il y a plusieurs dizaines d’années, dont tous les protagonistes sont morts, et qui ont pris fin avec la seconde abolition en 1848 ?

    La traite et l’esclavage étaient injustes mais ce ne sont pas nos crimes, nous n’en sommes pas coupables ; personne ne conteste les horreurs qui les ont accompagnées et personne ne souhaite le retour de l’esclavage – c’est du passé.

    On peut déplorer que le premier empire colonial français ait reposé sur un système aussi scandaleux, mais le temps est irréversible, on ne peut pas remonter son cours et annuler les mauvaises actions commises par des ancêtres dont nous ne partageons plus les convictions. Si les générations actuelles devaient se considérer comme responsables de réparer la traite et l’esclavage, cela signifierait qu’elles se considèrent au moins d’une certaine manière comme coupables de crimes auxquelles elles n’ont pas pu consentir puisqu’elles n’étaient même pas nées, et auxquelles vraisemblablement (du moins faut-il le croire) elles ne consentiraient plus aujourd’hui. Devant l’absurdité de l’argument, la conclusion semble s’imposer : nous n’avons aucune obligation politique à « réparer l’esclavage ».

    Intuitivement, cet argument revêt une certaine puissance et s’accompagne souvent, en renfort, d’un argument dit de la « pente glissante » : si l’on commence à considérer qu’on doit réparer l’esclavage, pourquoi ne pas réparer le servage, les massacres liés aux guerres de religion, les crimes commis durant les multiples conflits qui ont émaillé notre histoire ?

    L’apparente évidence intuitive de notre absence de responsabilité de réparer aujourd’hui les injustices du passé repose toutefois sur trois convictions qui ne résistent pas à un examen serré.
    Responsabilité et culpabilité

    Premièrement, il faut distinguer entre culpabilité et responsabilité de réparation. La notion de culpabilité s’entend selon deux conditions, celle d’une relation causale (l’action de l’agent coupable est cause du préjudice) et celle d’une évaluation morale (l’agent coupable a commis une faute pour laquelle il peut être blâmé).

    Or d’une part, la responsabilité de réparation excède l’attribution de responsabilité causale : on peut être responsable de réparer des préjudices causés par des phénomènes naturels (ouragans, inondations) ou par des personnes avec lesquels on entretient une relation particulière (responsabilité parentale, responsabilité de commandement, etc.). La responsabilité de réparation n’est pas intégralement déterminée par la responsabilité causale directe : elle est aussi liée à une exigence de solidarité et repose sur ce que nous estimons nous devoir les uns aux autres dans une communauté politique.

    D’autre part, une action que l’on peut considérer comme moralement innocente (parce qu’elle était légitime ou inévitable au moment où elle a été accomplie, ou parce que ses conséquences dommageables étaient imprévisibles, ou parce qu’agir autrement aurait conduit à un tort plus grand encore) suscite néanmoins une attente de réparation, au moins symbolique : l’agent qui a commis un tort, même involontaire, se sent souvent tenu de présenter ses excuses ou d’exprimer ses remords.

    Ainsi, que les générations actuelles ne soient pas coupables de la traite et de l’esclavage colonial, qu’elles n’en soient pas causalement responsables et qu’elles n’aient pas délibérément commis de faute morale au nom de laquelle on pourrait les blâmer, n’implique pas qu’elles ne puissent pas être tenues pour responsables de la réparation. C’est un choix politique qu’il nous reste à faire.
    La traite et l’esclavage colonial sont des injustices structurelles

    Deuxièmement, la traite et l’esclavage colonial ne sont pas des faits qui appartiennent à un passé révolu, des événements qui ont eu lieu, qui ne sont plus et qui n’ont aucune conséquence aujourd’hui. On ne peut aisément en désigner le commencement précis, le déroulement et la disparition sans traces.

    L’abolition n’a pas mis fin à l’exploitation économique ni n’a redistribué le pouvoir politique de manière égale pour tous : la structure inégalitaire, notamment raciale, du système esclavagiste, a perduré – voire s’est durcie après l’abolition. En outre, il ne s’agit pas d’actions criminelles isolées, où l’on pourrait identifier des coupables individuels d’un côté, sommés de réparer, et des victimes impuissantes d’un autre côté, à réparer : la traite et l’esclavage étaient des systèmes économiques, juridiques, politiques, culturels, aux multiples ramifications.

    La traite et l’esclavage sont des injustices structurelles, qui ont imposé une forme durable aux relations d’oppression. Nous ne sommes pas responsables des crimes historiques, mais nous avons obligation de réparer leurs effets structurels, sur nos normes et nos pratiques, durables et continus, qui produisent des injustices actuelles.

    Réparer l’histoire ?

    Ainsi, s’il ne s’agit pas de « réparer l’histoire », ce qui n’aurait aucun sens, il s’agit de mobiliser l’histoire pour déterminer dans quelle mesure ces injustices du passé pèsent encore sur notre présent. En ce sens, la responsabilité actuelle de réparer engage en tout premier lieu une responsabilité de connaissance, d’enquête et de mise en récit du passé.

    L’histoire est indispensable pour comprendre l’injustice, le crime et l’absence de réparation du crime, puisque, est-il besoin de le rappeler, l’abolition ne s’est pas accompagnée d’indemnisation pour les anciens esclaves, mais uniquement pour les anciens propriétaires d’esclaves.

    La connaissance historique permet d’établir la continuité ou l’évolution des structures qui rendent l’injustice du passé pertinente encore pour saisir les dysfonctionnements de notre présent. Elle précise pourquoi certaines injustices du passé, parce qu’elles ont produit notre présent, ont une signification pour nous.
    Ni effacer, ni restaurer, ni compenser

    Réparer ici ne signifie pas effacer (la dette, la faute), ni restaurer (à un état des relations antérieur au crime), ni compenser (financièrement) un préjudice.

    Réparer les injustices liées à la traite et l’esclavage colonial consiste à transformer les structures sociales et politiques qui ont permis que leurs effets perdurent, pour reconstruire ou reconstituer les conditions de relations justes entre les membres d’une communauté politique.

    Nous sommes responsables de notre monde commun et notre responsabilité s’exerce à l’égard de tous les membres de la communauté politique. Tous les citoyens sont politiquement responsables de réparer non pas un crime du passé, irréparable, mais une structure politique injuste dont les racines sont historiques, dont les effets délétères et inégalitaires se prolongent dans le présent, et dont les effets sont perçus à juste titre comme des effets de domination durable. Ils sont responsables de ne pas choisir l’ignorance à propos du passé et le maintien des structures de privilège dans le présent. Ils sont responsables de la manière dont ils choisissent de faire le récit de leur histoire commune.

    La responsabilité de réparer les injustices liées à la traite et l’esclavage nous concerne tous parce que nous sommes tous affectés par le maintien de structures sociales et politiques qui ne correspondent pas aux représentations que nous nous faisons d’une société égale et inclusive.

    https://theconversation.com/les-generations-actuelles-doivent-elles-reparer-les-effets-injustes
    #réparation #esclavage #colonialisme

  • Glasgow launches detailed study of its historical links with transatlantic slavery

    THIRTY years ago, Glasgow gave the name “#Merchant_City” to a historic quarter of the city centre.

    Few eyebrows were raised at the time but, as Susan Aitken, the present leader of Glasgow City Council, said this week, such a move would today be “unthinkable”, for Merchant City, a popular residential, shopping and leisure area, has streets named after merchants – tobacco lords, and members of the “sugar aristocracy” – who profited on a substantial scale from the slave trade.

    As the historian Professor Michael Lynch observed a decade ago, “nowhere in Britain does the built environment act as a more overt reminder of the ’Horrible Traffik’ than the streets and buildings of Glasgow’s Merchant City”.

    This week the council became the first in the UK to launch a major academic study into historic bequests linked to transatlantic slavery.

    To be carried out by Dr Stephen Mullen, a noted academic historian who has studied the city’s links with the trade, it will leave no stone unturned.

    There will be four specific stages. A detailed audit will be carried out into historic bequests made to Glasgow Town Council, to see if there are any connections with transatlantic slavery. Statues, street-names, buildings and Lords Provost with any such connections will also be examined.

    Records relating to the City Chambers, a striking Victorian building completed in 1888, will be scrutinised to see what proportion of funds came from donors with connections to the slave trade.

    The fourth area will compile evidence to inform any future strategy for Glasgow itself. The council says that Dr Mullen’s year-long study will lead to a wide-ranging public consultation on its findings and on how Glasgow should move forward.

    The move comes a few months after Glasgow University said it would pay £20 million in reparative justice over the next 20 years to atone for its historical links to the transatlantic slave trade.

    A detailed report into the issue, co-authored by Dr Mullen and thought to be the first of its kind in the UK, found that though the university never owned enslaved people or traded in goods they produced, it “indirectly benefited from racial slavery” by anything between £16.7 million and £198 million in today’s money.

    One of the donors to the university was the celebrated inventor, James Watt, the son of a West India merchant and slave-trader, who supported him in his career. Watt also worked for his father as a mercantile agent in Glasgow during the 1750s. His statue has stood in George Square, within sight of the City Chambers, for some 200 years.

    Speaking on Thursday, Dr Mullen, who in 2009 wrote an influential book, “It Wisnae Us: The Truth About Glasgow and Slavery”, discussed the extent to which Glasgow’s links with the transatlantic slave trade are embedded in the modern city.

    He said: "Some street names are well known. We already know that Buchanan Street was named after a slave-trader. We already know that Glassford Street [in the Merchant City] was named after John Glassford, whose Shawfield Mansion was on the site.

    “We already know from the Glassford portrait in the People’s Palace that a young enslaved boy lived on that street. We already know that the Cunninghame Mansion [on Royal Exchange Square – the core of which is now the Gallery of Modern Art – was built by a tobacco lord and had successive associations with colonial merchants.”

    Dr Mullen added: “The exact nature of the slavery connections of these individuals will be confirmed and further research could elucidate hitherto unknown connections of individuals connected to other streets, buildings and/or statues”.

    He said his study would be the “first systematic attempt at a holistic study of these aspects of Glasgow’s built heritage”.

    In terms of statues, he said he currently was unaware of any dedicated to tobacco lords or members of the “sugar aristocracy”, though some examples might yet arise. For the time being, he did not believe that Glasgow has the same celebration of slave-traders as does Bristol, with Edward Colston.

    Dr Mullen noted that cities such as Bristol, London and Liverpool have already renamed bridges and international museums, or have erected additional plaques, to recognise the presence of slave-owners and enslaved people in certain sites.

    “Cities in the USA, such as Philadelphia,” he added, “have also developed strategies to address the unacknowledged slavery past of prominent figures such as George Washington. These strategies will be taken into consideration.”

    Ms Aitken, the council leader, acknowledged that the authority would face criticism, from ancestors of those “deeply affected” by the slave trade, or from others accusing it of “needless self-flagellation or of dredging up aspects of our past that we can’t change, in the cause of political correctness.”

    But asking Dr Mullen to study the city’s troubling historical links was the right thing to do, she added. Pointing out that slavery fortunes continued after the system was abolished in the West Indies in 1834, she said, “I believe that as a city we now have to know the reach of that slave-economy wealth. We need to know how to properly address our past, and we need to know to allow Glasgow to move forward from its past”.

    The announcement received an enthusiastic welcome from Sir Geoff Palmer, Professor Emeritus in the School of Life Sciences at Edinburgh’s Heriot-Watt University and a noted human rights activist. “We cannot change the past - that is impossible - but what we can change are the consequences of the past”, he said.

    Ms Aitken told The Herald that there would be “no more ‘Merchant Cities’, no more things being named after people like John Glassford”.

    She added that discussions were taking place as to whether a line could now be drawn under the name of Buchanan.

    This could affect the huge Barclays Bank development in the Tradeston district. “The developers are calling it Buchanan Wharf. I’m not able to say anything specific about that but what I can say is that these are conversations that we are having, and I think there are open ears and open minds to this conversation”.

    She believes there is a lingering sense of “discomfort” in Glasgow around the legacy of slavery.

    “We should be deeply uncomfortable about what happened, and about Glasgow’s role was.

    “But we need Glaswegians, and future generations of them, to have a sense of comfort in confronting it - comfort in understanding that this is something we cannot ignore. We cannot just say, ‘It was a long time ago’.

    “We want them to have comfort in the knowledge that we’re doing the right thing by not only uncovering as many of the facts as we can establish now, but most of all in understanding what the impact is now”.

    She added: “There will be a lot of Glaswegians who will have no problem in understanding that when you look at what is happening to African Americans in terms of the Black Lives Matter campaign, and the dreadful things that they see … We have no difficulty in intellectually making the connection with slavery, and what was done to African Americans, and what they have suffered in the years since, and seeing that this is part of a continuum of racism".

    She added: “What the concrete outcomes will be of this new study are open to question. Maybe by this time next year, by the time of Black History Month, we will be getting closer to answering that question.

    “Stephen’s work will be almost completed and we will have been having those conversations with the city, and we may have answers around maybe changing some street names, or maybe elucidating some street names rather than changing them.” ‘Elucidating’ could mean displaying supplementary historical background information.

    Ms Aitken accepted that there was a “difference of opinion in those things’ and said her own view leans more towards elucidation than to changing street names.

    “Most importantly, those people who are still living with this legacy [of slavery] need to tell us what is the best thing for them”.

    She said she “genuinely doesn’t know” whether the council will consider making any sort of reparations. Reparations did not always have to be strictly financial.They could take the form of the council embedding what it learns from Dr Mullen’s work in the curriculum - “making sure that ignorance stops with this generation”.

    Reparation could also mean “investing in the people who continue to live with that legacy and addressing that legacy”.

    More immediately, the Glasgow Life organisation will appoint a curator who will develop a strategy for the interpretation of slavery and empire in Glasgow Museums. A display on the legacies of empire, race and globalisation will take place in the City Chambers.

    “It’s not about having an exhibition here and an exhibition there,” Ms Aitken said. “It’s about having on display, right the way through everything, a consciousness of that legacy and that history, and that that it is reflected in the language that we use”.

    https://www.heraldscotland.com/news/18026659.glasgow-launches-detailed-study-historical-links-transatlantic-slavery/?ref=twtrec
    #histoire #esclavage #Glasgow #toponymie #toponymie_politique #architecture #James_Watt #université #Buchanan_Street #Buchanan #Glassford_Street #John_Glassford #Shawfield_Mansion #Cunninghame_Mansion #esclavagistes #villes #géographie_urbaine #urban_matter #héritage #mémoire #statues #noms_de_rue #économie #Barclays_Bank #Buchanan_Wharf

    ping @reka

  • Artist Dread Scott Organizes Reenactment Of 1811 Louisiana Slave Revolt : NPR
    https://www.npr.org/2019/11/09/777810796/hundreds-march-in-reenactment-of-a-historic-but-long-forgotten-slave-rebellion

    More than 200 years ago, in January of 1811, a group of enslaved people on a plantation on the outskirts of New Orleans rose up, armed themselves and began a long march toward the city. Hundreds would join them along the way. Their goal: to free every slave they found and then seize the Crescent City.

    The #rebellion came to be known as the German Coast Uprising and it’s believed to be the largest slave rebellion in United States history. This weekend, hundreds of African Americans gathered in the streets of Louisiana to recreate the event, long an overlooked chapter in the story of America.

    #esclavage #etats-unis

  • Vers une histoire de la violence , Le Courrier Suisse, 3 novembre 2019, par Francois Cusset
    https://lecourrier.ch/2019/11/03/vers-une-histoire-de-la-violence

    Vers une histoire de la violence
    La violence parle le langage du pouvoir. Le terme a toujours été le pivot d’un « tour de magie ancestral », selon ­l’historien François Cusset, qui consiste à agiter le « fantasme d’une violence imminente » pour justifier une violence « présente, dûment rationalisée ». L’histoire de la violence ? « Une histoire de la stigmatisation et de l’asservissement des populations. »
    dimanche 3 novembre 2019 François Cusset
    Vers une histoire de la violence
    Déploiement de la police montée lors des manifestations du 1er mai 2019 à Paris. FLICKR/CC/JEANNE MENJOULET
    Analyse

    Quand l’oligarchie athénienne qualifie de « barbare », il y a 2500 ans, l’immense majorité de la population extérieure à l’oligarchie – femmes, non-propriétaires, esclaves, étrangers, ennemis –, ce mot suffit à justifier par avance la violence d’Etat qui pourra être exercée contre eux. Et l’opération est plus explicite encore quand le conseiller à la sécurité nationale du président George W. Bush déclare en 2002 : « Un Etat voyou est n’importe quel Etat que les Etats-Unis déclarent tel ». Au-delà de la paranoïa belliqueuse post-11 septembre, l’arbitraire revendiqué de la formule sert à soumettre la justice à la puissance, ancestral coup de force rhétorique qui rappelle que si, comme le posait jadis (Blaise) Pascal le janséniste, « la justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique », l’équilibre de ces deux pôles reste une vue de l’esprit, et l’usage officiel de la force sera toujours le meilleur moyen de s’arroger les vertus de la justice.

    Les exemples ne se comptent plus de cette vieille prestidigitation des pouvoirs, consistant à agiter le fantasme d’une violence imminente, et archaïque, pour justifier une violence présente, dûment rationalisée. Les migrants qu’on rafle et qu’on expulse pour le danger supposé de certains d’entre eux ou juste, à mots de moins en moins couverts, pour les emplois et les allocations qu’on ne peut pas distribuer sans limites, ni faire violence à ceux qui y auraient vraiment droit. Le missile israélien qui déchiquette quelques familles dans les territoires palestiniens pour l’attentat terroriste qu’ils seraient là-bas, d’après les services secrets, en train de fomenter dans l’ombre.

    Ou encore, moins spectaculaire, le militant écologiste qu’on jette en prison pour avoir arraché des plants de maïs, comme si les pesticides et les OGM n’exerçaient pas la plus grande des violences sur les corps et les biotopes. Et le jeune punk délogé avec brutalité de sous une porte cochère parce que sa forme de vie ou ses atours sont associés par la bien-pensance publique au parasitisme, au vandalisme ou à l’égoïsme anti-social. On n’est jamais très loin de l’autre bout du spectre, où la jeune femme venue déposer plainte pour agression sexuelle et le citadin gay pour insulte homophobe se voient reprocher plus ou moins implicitement un accoutrement ou des choix d’existence qui feraient violence à la bienséance voire à l’ordre public. Par cette inscription, cette façon de légitimer les arbitraires d’Etat, par les méfiances et les rancœurs qui relient les uns et les autres, la violence, bien plus que la déflagration d’un instant, est une chaîne de conséquences, une émotion circulatoire, le piège d’un circuit sans fin.

    C’est le premier problème que posent le mot et le concept de violence, qui rend difficile le travail nécessaire, mais délicat pour historiciser ces questions. Faire une histoire de la violence, pour en comprendre les formes d’aujourd’hui et l’usage tactique dans les luttes de résistance, est donc hautement problématique. Car si la violence légitime est exercée au nom d’une violence antérieure, pour « pacifier » les sociétés comme on le dit depuis la Seconde Guerre mondiale, alors tout dans une telle histoire risque bel et bien d’être à double lecture. Et de fait, le grand tournant historique ici, autour des conquêtes coloniales et de la naissance de l’Etat moderne, sur une longue période qui va du XVIe au XIXe siècles, nous a toujours été présenté comme celui d’une atténuation et d’un encadrement juridique et politique (voire « civilisationnel ») de la violence – alors que l’historiographie récente a pu enfin démentir cette approche et démontrer que les violences d’Etat et les violences coloniales ont été bien pires, par leur bilan quantitatif comme leur ordre normatif, que la conflictualité ordinaire, celle de la vie sociale traditionnelle ou des luttes intercommunautaires, qu’elles étaient censées réduire.

    A l’insécurité résiduelle, avant le Code pénal et l’éclairage nocturne, de nos villes et nos villages, où en effet on pouvait impunément détrousser le visiteur ou occire le manant, l’Etat moderne a substitué ses cadres coercitifs, normalisateurs et centralisateurs, et sa passion punitive légale, à mesure que se creusait le fossé entre le danger objectif et la sanction pénale : entre les années 1980 et aujourd’hui, par exemple, pendant que chutaient en France les taux d’homicides, mais aussi de délits pénaux moindres, la population carcérale a été multipliée par 2,3, « inutilement » en somme.

    Pour compléter ces deux axes majeurs de l’histoire politique moderne – conquête coloniale et formation de l’Etat – on peut ajouter que celle-là s’est prolongée, une fois acquises les indépendances nationales sur les continents concernés (de 1802 pour Haïti à 1962 pour l’Algérie), sous la forme d’un endocolonialisme1 du cru, entretenu par la tutelle économique et morale des anciennes métropoles, ou des nouvelles puissances. Quant à celle-ci (la formation de l’Etat), elle est ce qui a permis aux guerres entre nations voisines, qui avaient toujours existé, d’acquérir une forme rationnelle et systématique et une échelle absolument inédite, qui culminèrent avec les deux guerres mondiales et leur mobilisation totale des corps et des esprits – pas besoin d’être un naïf anarchiste pour y voir une conséquence directe de l’inflation de la forme-Etat, d’un Etat « paroxystique ». Plus simplement dit : Napoléon fait édicter les codes civil et pénal, mais il ravage l’Europe ; les papes de la Renaissance sauvent les âmes des autochtones, mais en en faisant massacrer les corps ; la France apporte en Afrique du Nord l’éducation publique et quelques infrastructures, mais aussi la torture et le racisme d’Etat ; et si lois et normes se sont imposées peu à peu dans les foyers et les rues, d’Occident d’abord, y limitant les risques de désordres imprévus, ce fut avant tout sur les cadavres, innombrables, des insurgés de 1848, des communards de 1871, des mineurs de 1947 ou des refuzniks les plus têtus des années 1970 – ou encore, pour que nous vivions en paix à l’ère du « zéro mort » policier, sur les cadavres de Malik Oussékine, Carlo Giuliani ou Rémi Fraisse. Ou juste les 3000 blessures graves infligées par les policiers français en 30 samedis de « gilets jaunes ».

    En plus de la colonisation qui aurait sorti les peuples primitifs de l’arriération guerrière, et de l’Etat moderne qui aurait pénalisé les arbitraires locaux et les violences interindividuelles (jusqu’aux duels, dont la pratique disparaît enfin au début du XXe siècle), le troisième pilier de cette histoire de la modernité comme pacification sociale et restriction de la violence est à trouver du côté de la civilité. A partir du XVIIe siècle, la civilité est diffusée par les manuels de savoir-vivre et les nouvelles règles descendantes, prônées par l’aristocratie puis la bourgeoisie, ces règles neuves qui recommandent de ne pas se moucher dans la nappe, de discuter au lieu de frapper, d’être pudique et mesuré en toutes occasions.

    C’est la grande thèse du sociologue Norbert Elias sur le « processus de civilisation » comme intériorisation des normes et autorépression de la violence. Sauf qu’elle a été mal comprise, et que même Elias, plus subtil que ses exégètes, en énumérait les limites : la violence des barrières sociales qu’instaurent ces normes ; le mal-être et les complexes imputables à cette privatisation de l’existence ; et surtout les exceptions de taille que sont, au fil de ce processus de trois siècles, les mouvements sociaux qu’on massacre, l’Etat qui punit injustement, les peuples colonisés qui n’ont pas droit à un traitement aussi civil, les guerres de plus en plus longues et sanglantes qui dérogent à tout cela. Difficile, en un mot, de tracer ici le fil continu d’une histoire unidirectionnelle, qui verrait quand même, grosso modo, dans l’ensemble, réduite la violence collective et pacifiées les mœurs communes.

    La pire violence est rationnelle

    Une histoire de la violence à l’ère moderne doit donc être surtout une histoire de la stigmatisation et de l’asservissement des populations sous le prétexte, multiforme et récurrent, d’en prévenir, d’en punir, d’en empêcher ou d’en « civiliser » la violence première – autrement dit, la violence instinctuelle, barbare, inéduquée, infantile, subjective, incontrôlable, là où la violence punitive, parce que légitime, et ne s’appelant donc plus violence, serait rationnelle, légale, élaborée, légitime, adulte, objective, mesurée.

    Certitude intemporelle : le pouvoir n’existe que pour pointer et endiguer une violence qu’il dit originelle. Et que celle-ci soit ou non un mythe, son discours infini sur elle et ses actes officiels contre elle finissent par la faire exister, au moins dans nos esprits rompus à l’idée qu’à l’origine est la violence (du Big Bang, de l’accouchement, ou du sauvage que personne encore n’a sauvé de lui-même) et qu’au terme d’une évolution digne, se trouverait l’apaisement (par les lois, l’éducation, l’ordre, la culture, les institutions, sans même parler du commerce).

    C’est précisément ce postulat profondément ancré, ce postulat d’une violence chaotique des origines à endiguer et à prohiber, qu’une véritable contre-histoire de la violence, ou une histoire des usages de la catégorie de violence, doit avoir à cœur de démonter – de mettre à nu. C’est aussi capital, et moralement faisable, que de démonter, sous l’occupation, le mensonge des affiches de propagande nazie qui présentaient la résistance comme violence sauvage et terrorisme meurtrier. Car ce récit des origines nous voile les vérités de l’histoire, à l’instar des fictions sur « l’état de nature », bien sûr introuvable dans l’histoire réelle, qui sous-tendent les simplismes de droite, avec leur méchant Léviathan venu encadrer le chaos effrayant où « l’homme est un loup pour l’homme », aussi bien que les angélismes de gauche, avec leur bon sauvage rousseauiste et leur civilisation venue corrompre l’humain pacifique. Il n’y a pas de bon sauvage ni de loup-pour-l’homme qui tiennent : loin de ces mythes, il y a les dialectiques de l’histoire, qui ont fait de l’Etat moderne comme de la civilité partout promue des forces à double effet, émancipatrices et répressives, autorisant une rupture avec la tradition aussi bien qu’une re-normalisation coercitive.

    Pendant ce temps, les violences insurrectionnelles décriées et brutalement réprimées, au présent de leur irruption, par les classes dirigeantes, furent la seule communauté réelle d’un peuple que tout divisait par ailleurs et, bien souvent, le seul moyen d’obtenir des avancées effectives sur le terrain du droit, des conditions de vie et de travail, de l’égalité sociale et des libertés civiles – au fil de trois siècles d’émeutes et d’insurrections noyées dans le sang, mais sans lesquelles les quelques progrès de l’histoire moderne n’eurent jamais été obtenus.

    La violence instinctuelle existe évidemment, mais elle n’est que ponctuelle, là où la violence instituée, rendue invisible par les dispositifs de justification étatico-normatifs, dévaste et tue partout et en continu. « Le plus dangereux, dans la violence, est sa rationalité », concluait Michel Foucault en 1979. Les montages financiers ultra-complexes qui mettent en faillite des pays lointains, les exploits technologico-industriels qui mettent en danger la pérennité de la vie sur Terre, ou les trésors d’intelligence stratégique et de créativité esthétique déployés pour produire à l’excès et vendre n’importe quoi ne cessent, aujourd’hui, d’en apporter la désolante illustration – outre qu’ils rappellent que derrière les guerres et les massacres, les sexismes qui tuent et les racismes qui assassinent, la violence la plus dévastatrice aujourd’hui est sans conteste la violence de l’économie. Et ce, d’abord sur les psychés, exsangues, humiliées, pressurisées, réduites à la haine de soi et à l’horizon bouché des rivalités constantes, dont on ne se libère qu’en sautant par la fenêtre.

    Notes
    1. ↑ Forme de néocolonialisme où, malgré l’indépendance nationale, le pays colonisé reste économiquement et politiquement sous l’emprise du colon.

    L’auteur est historien des idées et professeur à l’Université de Nanterre. Récente publication : Le déchaînement du monde : logique nouvelle de la violence, La Découverte, 2018.

    Article paru (version longue) dans Moins !, journal romand d’écologie politique, dossier : « La violence en question », n°43, oct.-nov. 2019.

  • La BBC accuse les GAFA de participer à un système d’esclavage moderne Katja Schaer/jfe - 2 Novembre 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/monde/10833864-la-bbc-accuse-les-gafa-de-participer-a-un-systeme-d-esclavage-moderne.h

    #Google, #Apple et #Facebook sont au coeur d’une polémique lancée par la BBC. Ils sont accusés, par les enquêteurs du média britannique, de participer à un système d’esclavage moderne.

    L’enquête a été menée par le média britannique au Koweit - un pays dans lequel la majorité des ménages ont des domestiques, généralement des femmes, venues notamment du continent africain. Ces travailleuses domestiques entrent au Koweït avec un visa qui nécessite un employeur ou un sponsor officiel. Mais souvent, ces sponsors retirent ensuite leur passeport à ces femmes, qui n’ont dès lors plus le droit de changer d’emploi sans l’accord de ces mêmes sponsors.

    Selon la BBC, ces femmes deviennent souvent des travailleuses invisibles et non payées. Les enquêteurs ont également constaté qu’il existait un marché illégal de revente sur internet de plusieurs milliers de femmes. Ces petites annonces proposent par exemple : « une domestique africaine, propre et souriante ».

    Plateformes de vente
    Les géants du web sont au coeur de la tourmente. En effet, dans cette affaire, Google et Apple ont validé et fourni un accès à des applications servant de plateforme de vente et d’achat. Pour Urmila Boohly, rapporteuse spéciale de l’ONU interrogée par la BBC, les géants du web doivent être tenus pour responsables. « C’est l’exemple par excellence de l’esclavage moderne. Google, Apple, Facebook et toute autre entreprise qui hébergent ce type d’application doivent être tenues pour responsables. Elles font la promotion d’un marché en ligne d’esclaves ».

    Ce point de vue fait débat. D’autres estiment que les GAFA ne peuvent être tenus responsables des contenus des applications qu’ils ne gèrent pas et ne détiennent pas.

    Réaction des GAFA
    Quoi qu’il en soit, Instagram, propriété de Facebook, a supprimé le hastag équivalent à « bonnes à transférer ». Une autre application, 4Sale, a supprimé la catégorie d’offres de ce type. Pour sa part, Google s’est dit alarmé par cette affaire. A l’heure actuelle, cette polémique n’a mené à aucune action en justice contre les géants californiens.

    #esclavage #gafa #femmes #business_&_internet #esclavage_moderne #exploitation #capitalisme #néo-esclavage #BBC #ONU #Koweit ( pas en #France ? Pas aux #USA ? Pas en #Angleterre Etonnant) #application

  • Luther Martin
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Luther_Martin

    Il prit part à la Convention de Philadelphie en 1787 mais n’apposa pas sa signature à la #constitution_américaine, car il était opposé au renforcement du pouvoir central et au maintien de l’#esclavage.

    #Wikipédia lui décerne donc une notice de 1 paragraphe, à contraster avec les notices de ses pairs (https://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_de_Philadelphie)

  • Arbeit ohne Ende, Drohungen, soziale Isolation und das alles für einen Hungerlohn – moderne Sklaven gibt es auch in der Schweiz

    Opfer von Menschenhandel werden in der Schweiz nicht nur als Prostituierte ausgebeutet. Sie arbeiten auch als Gipser, Küchenhilfen oder Pflegende. Doch ihr Leid wird kaum entdeckt.

    Er hauste in der Vorratskammer, kochte und putzte bis zu 14 Stunden am Tag – ein Jahr lang. Dann wurde die Berner Fremdenpolizei per Zufall auf den jungen Chinesen aufmerksam. Er war in die Schweiz gekommen, um an einer Hotelfachschule zu studieren. Dort fing er aber nie an. Stattdessen musste er in einem asiatischen Restaurant arbeiten. Er war völlig isoliert und bekam einen Hungerlohn.

    Moderne Sklaverei nimmt viele Formen an. Bekannt sind vor allem Fälle, bei denen Frauen unter Drohungen in die Schweiz gebracht und zur Prostitution gezwungen werden. Die wenigsten wissen, dass Menschenhandel auch auf dem Bau, in Haushalten oder in Restaurants existiert. «Was, das passiert hier bei uns? Das kann doch nicht sein!» Sätze wie diese bekommt Alexander Ott, der Chef der Berner Fremdenpolizei oft zu hören. Das habe auch damit zu tun, dass falsche Vorstellungen kursierten, wie ein Opfer von Menschenhandel aussehe, sagt er. «Die meisten Leute erwarten eine ausgemergelte Frau mit lauter blauen Flecken.» In Wirklichkeit sieht man den Opfern oft nicht an, was sie durchmachen müssen.
    Kaum Opferberatungen für Männer

    Der Bundesrat bezeichnet den Menschenhandel zwecks Arbeitsausbeutung als «wenig bekanntes und vermutlich unterschätztes Phänomen». Wie viele Opfer es in der Schweiz gibt, ist nicht bekannt. Das Gleiche gilt auch für die Opfer sexueller Ausbeutung, obwohl sie häufiger entdeckt werden. Die kantonalen Opferberatungsstellen und die Fachstelle für Frauenhandel und Frauenmigration (FIZ) haben letztes Jahr zusammen rund 360 Personen im Zusammenhang mit Menschenhandel beraten. Die Dunkelziffer dürfte deutlich höher sein.

    Opfer von Menschenhandel suchen selten selbst Hilfe. Ohne gezielte Kontrollen durch Polizei und andere Behörden kommen die Fälle daher kaum ans Licht. Während die Polizei im Milieu seit Jahren gezielt nach Opfern sexueller Ausbeutung sucht, hat sie die Arbeitsausbeutung noch zu wenig auf dem Radar. «Wir haben erst vor kurzem angefangen, Schwarzarbeiter auch als potenzielle Opfer von Menschenhandel zu sehen», erklärt Ott.

    Bisher waren die meisten Opfer, die entdeckt wurden, Frauen. Doch nun zeigt sich, dass auch viele Männer ausgebeutet werden. Während es für Frauen die Opferfachstelle FIZ gibt, fehlen Beratungsangebote und Unterbringungsmöglichkeiten für Männer. «Das ist ein Riesenproblem», sagt Ott. Beratungsstellen sind zentral, weil die Opfer ihre Situation zu Beginn oft schlecht einordnen können. Sie brauchen Bedenkzeit, bis sie sich entscheiden, vor Gericht auszusagen. Viele vertrauen den Behörden nicht, manche schämen sich für ihre Situation. Ohne ihre Aussage kommt es jedoch oft zu keinem Urteil gegen die Täter, denn Sachbeweise reichen meist nicht. «Ohne Opferschutz kein Prozess gegen die Täter», fasst Ott zusammen.
    Schläge, kein Lohn und 24 Stunden Bereitschaft

    Die FIZ nimmt vereinzelt auch Männer auf. Doch eigentlich ist ihr Angebot spezifisch auf Frauen ausgerichtet. Die meisten sind Opfer von Menschenhandel zwecks sexueller Ausbeutung. Mittlerweile kommen laut Eva Andonie von der FIZ aber auch immer mehr Fälle von Arbeitsausbeutung ans Licht. Meist handle es sich um Frauen, die in Privathaushalten ausgebeutet werden: «Sie müssen rund um die Uhr verfügbar sein, um sich um Kinder oder ältere Leute zu kümmern oder zu putzen.»

    Das hat auch Elena* erlebt. Die 20-Jährige lebte mit ihrer Tochter in armen Verhältnissen in einem Land in Osteuropa. Ihre Mutter stellte den Kontakt zu einer Familie in der Schweiz her, wo Elena im Haushalt arbeiten und sich um die Kinder kümmern sollte. Ihr wurden nicht nur Kost und Logis, sondern auch viel Geld versprochen. Als sie in der Schweiz ankam, nahm ihr die Familie den Pass ab und zwang sie, fast rund um die Uhr zu arbeiten. Lohn erhielt sie keinen, sie wurde regelmässig geschlagen. Als einem Nachbarn auffiel, dass Elena Spuren von Misshandlungen aufwies, brachte er sie zur Polizei. Diese ermittelte anfangs nur wegen Körperverletzung, verwies Elena aber an die FIZ. In den Gesprächen mit der Fachstelle erzählte die junge Frau, was sie durchmachen musste. Es kam zu einer Gerichtsverhandlung, und das Täterpaar wurde wegen Menschenhandels verurteilt.
    Nicht überall wird Opfern gleich gut geholfen

    Anfang Oktober hat eine Expertengruppe des Europarats die Schweiz in einem Bericht kritisiert. Sie hatte untersucht, wie Menschenhandel hierzulande geahndet wird und welche Möglichkeiten den Opfern geboten werden. Die Experten stellen zwar fest, dass es in den letzten Jahren Fortschritte gab. Trotzdem bemängeln sie, die Schweiz tue noch immer nicht genug, um Opfer zu identifizieren, insbesondere bei der Arbeitsausbeutung. Und es gebe grosse kantonale Unterschiede: Nicht überall werde gleich viel getan, um Betroffenen zu helfen.

    Der Bund setzt derzeit den zweiten Aktionsplan gegen Menschenhandel um. Die Zusammenarbeit verschiedener Stellen wurde intensiviert, medizinisches Personal und Arbeitsinspektoren wurden geschult. Ott und seine Kollegen bei der Fremdenpolizei ziehen mittlerweile immer andere Stellen mit ein, wenn sie einen Betrieb kontrollieren – beispielsweise Arbeitsinspektoren oder die Kantonspolizei. «Jede Behörde achtet auf andere Faktoren. Die müssen wir kombinieren, damit wir Opfer von Menschenhandel identifizieren können.»

    Es kann sein, dass Papiere und Lohn eines Betroffenen auf den ersten Blick stimmen, er aber alles Geld an seinen Arbeitgeber abtreten muss. Das sei nicht leicht zu entdecken. Die Zusammenarbeit sei auch deshalb wichtig, weil das föderale System der Schweiz von den Tätern leicht ausgenutzt werden könne: «Sie gehen einfach in einen anderen Kanton oder wechseln die Branche – so verschwinden sie leicht vom Radar.»
    Opfer aus Osteuropa, Asien oder Südamerika

    2016 hat die Universität Neuenburg in einer ersten Studie untersucht, in welchen Branchen Arbeitsausbeutung häufig vorkommt und woher die Opfer stammen. Dabei stellten die Forscher klare Muster fest: Im Baugewerbe sind fast nur Männer aus Osteuropa oder dem Balkan betroffen. Ähnlich ist es in der Landwirtschaft. In der Gastronomie sind es Frauen und Männer, viele stammen aus Asien. Frauen, die im Haushalt ausgebeutet werden, stammen derweil oft aus Südamerika oder Afrika.

    Gerade im Pflegebereich müsse in Zukunft stärker kontrolliert werden, findet Polizeichef Ott. Das sei jedoch schwierig, weil illegal in Haushalten Arbeitende schwer zu entdecken seien. Wichtig sei es auch, sich nicht nur auf die bekannten Problembranchen zu fokussieren. So gebe es beispielsweise zunehmend Hinweise auf Ausbeutung bei Paketzustellern.

    Hinter Menschenhandel müssen keine internationalen Verbrechernetzwerke stehen. Es gibt auch Einzelpersonen, die Menschen mit Inseraten in die Schweiz locken, um sie auszubeuten. Oft kommen die Täter aus demselben Land wie ihre Opfer. Ott weiss aber auch von einem Fall, in dem ein Schweizer Bauer seinen Saisonarbeitern nur einen Hungerlohn bezahlte. Sie schliefen im Auto neben dem Feld. Die Polizei wurde auf sie aufmerksam, doch ein Prozess kam nicht zustande.
    Manche willigen zuerst ein, für einen Hungerlohn zu schuften

    Viele Opfer haben einen ungesicherten Aufenthaltsstatus und sind in einer prekären finanziellen Situation. Dadurch werden sie vom Ausbeuter abhängig. Andonie und Ott sagen beide, es gebe einen grossen Graubereich. Nicht immer ist klar, ob die Täter oder Täterinnen ihre Opfer gezwungen haben. «Manche Opfer willigen zu Beginn auch ein, für einen schlechten Lohn zu arbeiten, weil sie keine Alternative sehen.» Erst später werde dann psychischer Druck auf sie ausgeübt, womit die Ausbeutung offensichtlich werde. Ott ergänzt, oft hätten die Betroffenen in ihrer Heimat kaum Perspektiven. Da nähmen sie jede noch so schlechte Arbeit an. Gleichzeitig sähen sich gerade Männer oft selbst nicht als Opfer. «Das macht es für die Täter einfacher und für uns umso schwieriger».

    In der Schweiz gibt es nur wenige Verurteilungen wegen Menschenhandels. Oft ist die Beweislage schwierig – gerade, wenn keine sexuelle Ausbeutung vorliegt. Laut einer Studie des Kompetenzzentrums für Menschenrechte, die im Mai erschienen ist, kam es in der Schweiz bisher nur in sechs Fällen zu einer Verurteilung wegen Menschenhandels zwecks Arbeitsausbeutung. Die Autoren kamen zum Schluss, dass die mangelnde juristische Definition des Begriffs «Arbeitsausbeutung» problematisch ist. Dies führe dazu, dass ähnliche Fälle unterschiedlich beurteilt würden.
    Fehlt ein Straftatbestand?

    Runa Meier ist Staatsanwältin in Zürich und spezialisiert auf Menschenhandel. Sie sagt: «Weil es in diesem Bereich bis heute so wenige Urteile gibt, fehlt es an der Rechtsprechung, an der sich die Strafverfolgungsbehörden orientieren könnten.» Derzeit sind bei der Staatsanwaltschaft Zürich mehrere Fälle hängig, in denen einem Verdacht auf Arbeitsausbeutung nachgegangen wird.

    Für ein Urteil wegen Menschenhandels muss man beweisen können, dass der Täter einen Menschen angeworben hat, um dessen Arbeitskraft auszubeuten. «Das ist extrem schwierig», erklärt Meier. Bei der sexuellen Ausbeutung gibt es zusätzlich den Straftatbestand der Förderung der Prostitution. «So kann ein Täter trotzdem bestraft werden, wenn für Menschenhandel die Beweise fehlen», sagt Meier. Bei der Arbeitsausbeutung fehlt eine vergleichbare gesetzliche Regelung. Es kann höchstens auf Wucher plädiert werden. Darum wird derzeit diskutiert, ob ein neuer Tatbestand geschaffen werden soll. Doch selbst damit wären nicht alle Probleme gelöst: «Am Ende sind wir auf die Aussagen des Opfers angewiesen, um eine Verurteilung zu erreichen.» Diese zu bekommen, bleibt die zentrale Herausforderung.

    https://www.nzz.ch/schweiz/menschenhandel-moderne-sklaven-sind-zum-schuften-in-der-schweiz-ld.1516008?mktci

    #esclavage #esclavage_moderne #travail #exploitation #Suisse #impuntié #justice #chiffres #statistiques #migrations #femmes #hommes #traite_d'êtres_humains

    ping @reka

  • The big polluters’ masterstroke was to blame the climate crisis on you and me | George Monbiot | Opinion | The Guardian
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2019/oct/09/polluters-climate-crisis-fossil-fuel

    A paper published in Nature shows that we have little chance of preventing more than 1.5C of global heating unless existing fossil fuel infrastructure is retired. Instead the industry intends to accelerate production, spending nearly $5tn in the next 10 years on developing new reserves. It is committed to ecocide.

    But the biggest and most successful lie it tells is this: that the first great extermination is a matter of consumer choice. In response to the Guardian’s questions, some of the oil companies argued that they are not responsible for our decisions to use their products. But we are embedded in a system of their creation – a political, economic and physical infrastructure that creates an illusion of choice while, in reality, closing it down.

    We are guided by an ideology so familiar and pervasive that we do not even recognise it as an ideology. It is called consumerism. It has been crafted with the help of skilful advertisers and marketers, by corporate celebrity culture, and by a media that casts us as the recipients of goods and services rather than the creators of political reality. It is locked in by transport, town planning and energy systems that make good choices all but impossible. It spreads like a stain through political systems, which have been systematically captured by lobbying and campaign finance, until political leaders cease to represent us, and work instead for the pollutocrats who fund them.

    [...]

    The power of consumerism is that it renders us powerless. It traps us within a narrow circle of decision-making, in which we mistake insignificant choices between different varieties of destruction for effective change. It is, we must admit, a brilliant con.

    #énergies_fossiles #co2 #climat #inversion #responsabilité #manipulation #escroquerie #idéologie #consumérisme #complicité #corruption #politique

  • Coupe du monde 2022 : des « esclaves » népalais morts au Qatar sur les chantiers

    D’après l’ambassadeur du Népal à Doha, le Qatar est une « prison à ciel ouvert ». Une trentaine d’ouvriers ont trouvé refuge dans la représentation diplomatique.

    Publié le 26 septembre 2013 à 11h09 - Mis à jour le 03 octobre 2013 à 12h34

    Dans un rapport publié jeudi, Amnesty international accuse le pays de ne pas mener les réformes qui pourraient améliorer la situation.

    D’après des documents confiés par l’ambassade du Népal à Doha au journal britannique The Guardian, au moins 44 ouvriers népalais employés sur des chantiers de construction des sites de la #Coupe_du_monde 2022 au #Qatar sont morts entre le 4 juin et le 8 août. Jeunes pour la plupart, ils ont été victimes d’attaques et insuffisances cardiaques ainsi que d’#accidents sur leur lieu de travail. Tous exerçaient dans des conditions d’exploitation qui s’apparentent à de l’#esclavage moderne.

    L’émirat affiche la part de travailleurs #migrants rapportée à sa population la plus importante au monde. Plus de 90 % de la main-d’œuvre est composée d’immigrés et, d’après The Guardian, « 1,5 million d’ouvriers supplémentaires doivent être recrutés pour construire les stades, les routes, les ports et les hôtels nécessaires au bon déroulement du tournoi » de #football. Les Népalais comptent pour 40 % d’entre eux, et plus de 100 000 se sont rendus au Qatar l’an passé. Ils constituent la main-d’œuvre principalement employée pour l’organisation du #Mondial.

    Au rythme actuel des décès sur les chantiers au Qatar, au moins 4 000 ouvriers pourraient mourir dans l’Emirat avant même le coup d’envoi du Mondial 2022, a accusé la Confédération internationale des syndicats dans les colonnes du Guardian jeudi

    UNE « PRISON À CIEL OUVERT »

    L’enquête du Guardian évoque des éléments qui démontrent une vaste exploitation des ouvriers étrangers, du #travail_forcé – parfois par 50 °C –, un refus d’accès à l’eau potable – pourtant gratuite – et des violations multiples des normes internationales en matière de droit des travailleurs. Dans des conditions sanitaires alarmantes, certains de ces ouvriers étrangers dorment à douze dans une chambre d’hôtel insalubre, en proie aux maladies.

    Le voyage depuis le plateau himalayen jusqu’aux déserts de la péninsule arabique coûte une fortune aux migrants, obligés de s’endetter pour payer les agences qui prennent en charge leur transfert. Les taux d’intérêt de leurs emprunts sont exorbitants – le journal parle de 36 %. Sur place, ils sont souvent payés avec plusieurs mois de retard, et leurs salaires retenus pour les empêcher de fuir. Certains ont vu leurs passeport ou pièces d’identité confisqués. 

    Un jeune ouvrier de 27 ans, Ram Kumar Mahara, raconte au quotidien britannique qu’il a gardé le ventre vide pendant vingt-quatre heures, après douze heures de travail et une nuit entière : « Quand je me suis plaint, mon chef m’a chassé du camp de travail. J’ai dû mendier la nourriture des autres travailleurs parce qu’il refusait de me payer. »

    Le corps d’un garçon de 16 ans a été renvoyé à sa famille seulement six semaines après que le jeune homme fut arrivé dans l’émirat pour travailler. D’après l’ambassadeur népalais à Doha, le Qatar est une « prison à ciel ouvert ». Une trentaine d’ouvriers ont trouvé refuge dans la représentation diplomatique.

    Selon Aidan McQuaid, directeur de « Anti-Slavery International », les documents publiés par The Guardian jeudi « laissent indiquer du travail forcé, et ça a même l’air d’aller au-delà ». « Ce n’est pas vraiment un secret, mais il n’y a pas d’effort concerté de la part des autorités qatariennes pour y mettre fin », a expliqué M. McQuaid à l’AFP.

    « AUCUNE EXCUSE »

    Le Comité suprême Qatar 2022, structure chargée de préparer la Coupe du monde, s’est dit « profondément préoccupé par ces allégations visant certains prestataires et sous-traitants du site de construction de Lusail City et considère la question avec le plus grand sérieux ».

    « Comme tous ceux qui ont vu les photos et lu l’article (du Guardian), nous sommes choqués », a ajouté le Comité organisateur de la compétition. « Il n’y a aucune excuse pour que les ouvriers soient traités ainsi au Qatar ou ailleurs... La santé, la sécurité et le bien-être de tous ceux qui travaillent à la préparation de la Coupe du monde 2022 sont de la plus haute importance pour le Comité d’organisation. Le tournoi doit aider à l’amélioration de la vie des travailleurs au Qatar ».

    Selon un des ses porte-parole, la FIFA va « entrer en contact avec les autorités du Qatar, et la question sera également discutée lors de la réunion du comité exécutif sur le point Coupe du monde 2022 au Qatar les 3 et 4 octobre 2013 à Zurich. » Les autorités, assure-t-on, ont lancé une enquête.

    #qatargate #fifa

    https://www.lemonde.fr/sport/article/2013/09/26/des-esclaves-nepalais-morts-au-qatar-sur-les-chantiers-de-la-coupe-du-monde_

  • Une caissière licenciée après une fausse couche déboutée par les prud’hommes Le Figaro avec AFP - 25 Septembre 2019
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/une-caissiere-licenciee-apres-une-fausse-couche-deboutee-par-les-prud-homme

    Licenciée en 2016 par son employeur, cette caissière se voit déboutée par les prud’hommes. Elle avait fait une fausse couche après avoir porté de lourdes charges au travail.

    Une caissière victime d’une fausse couche au travail qui contestait son licenciement en 2016 devant les prud’hommes de Bobigny a été déboutée mercredi, selon son avocat.

    « C’est extrêmement décevant mais nous allons interjeter appel, nous irons jusqu’au bout », a déclaré Maître Montasser Charni. « Il semble que le conseil des prud’hommes ait déconnecté le licenciement de la fausse couche subie par ma cliente », a-t-il précisé. L’avocat n’avait pas encore eu connaissance des motivations du jugement. L’avocat du supermarché rebaptisé Marché Frais, Maître Norbert Thomas, n’a pas pu être joint.

    Ayélé Ajavon avait fait une fausse couche à quatre mois et demi de grossesse sur son lieu de travail du magasin O’Marché frais de La Courneuve. Elle avait été convoquée quelques semaines après son retour au travail après deux mois d’arrêt maladie, en vue de son licenciement, intervenu quatre mois après la fausse couche pour « fautes liées à l’exécution de son contrat ». « On lui reprochait des erreurs de caisse », précise Maître Charni. Ayélé Ajavon a toujours nié ces erreurs de caisse, expliquant que sa caisse étant reliée à une console centrale, des articles ont pu être ajoutés sans qu’elle en ait connaissance. Ayélé Ajavon estimait que son licenciement était directement lié à sa fausse couche, causée selon elle par ses conditions de travail. Selon son avocat, elle avait porté des charges lourdes avant de perdre les eaux derrière son tapis de caisse.

    #Femmes #prudhommes #droit_du_travail #justice #droits_sociaux #caissière #grande_distribution #travail #santé #esclavage

  • Les vraies motivations de #Happytal, service de conciergerie de luxe pour #hôpitaux
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/08/13/hopital-public-les-vraies-motivations-de-la-conciergerie-happytal_5498887_32

    Cette start-up promet d’« apporter de la douceur » aux patients. Mais son vrai business est l’optimisation de la facturation des chambres individuelles.

    #escrocs #attention

  • Une histoire des relations amoureuses en Nouvelle-France Jean-François Nadeau - 13 septembre 2019 - Le devoir

    #Séduction, #bigamie, #adultère, #homosexualité, #amour passionné, #déception, #prostitution, #déraison, #divorce et séparation ne sont pas des réalités nouvelles. L’histoire du Québec, plaide à cet égard un livre qui vient de paraître, est moins linéaire qu’on n’a bien voulu le croire. Du moins en ce qui concerne la période qui va jusqu’à 1760 et que le journaliste Jean-Sébastien Marsan parcourt, à grandes enjambées, dans un premier tome d’une Histoire populaire de l’amour au Québec.

    « Les Canadiens n’étaient pas tous des monogames à vie, d’une exclusivité amoureuse et sexuelle à toute épreuve », explique Marsan. En d’autres termes, Lionel Groulx avait tort d’affirmer avec autant de fermeté que « tout un ensemble de motifs ou de raisons fermait la porte de la colonie aux vicieux ou aux avariés moralement » et que ce pays, fondamentalement austère, placé sous la garde d’un clergé aux allures de chien de berger, barre la route « aux chercheurs de fortune rapide, aux libertins ».

    Marsan rappelle que l’ #histoire est plus méandreuse que ne le veut le récit officiel, citant pour preuve abondamment les travaux pionniers de l’historien Robert-Lionel Séguin.
     

    La #Nouvelle-France n’était certainement pas très olé olé, selon les canons du temps présent. Mais l’histoire doit bien se donner la peine de faire respirer tous les faits afin de se rendre plus intelligible. Il n’est pas sans intérêt de rappeler ainsi qu’Iberville, le héros magnifié de la Nouvelle-France, avait bel et bien été condamné pour viol ou encore que Mme Bégon se livrait à l’écriture d’une magnifique correspondance passionnée avec son gendre. C’était en ces temps où une #esclave #autochtone pouvait, sous prétexte d’une cure au lait maternel, être obligée de donner le sein à un malade qui n’était autre que son maître.

    Il faut rappeler encore, après l’excellent livre Charivari et justice populaire au Québec (2015) qu’avait publié René Hardy, la puissance qu’eurent en ce pays ces tapages publics qui remettaient en cause certains mariages jugés inconvenants.

    Amours autochtones
    Marsan consacre une portion de son travail à faire la recension des écrits qui concernent les pratiques amoureuses des Amérindiens. Méfiance d’abord, dit-il, méfiance ! Car il ne faut pas croire tout ce que disent les textes anciens à leur sujet.

    Il n’en recense pas moins ce qu’en disent les sources habituelles : Pierre Boucher, Lafitau, Paul Lejeune, Samuel de Champlain, Roberval, Bacqueville de la Potherie. En parlant des rapports amoureux des autochtones, les mémorialistes et les voyageurs mettaient très souvent davantage en lumière leurs propres conceptions du monde que celles des sociétés en principe observées. « Au contact des Amérindiens, des Français ont vu de l’adultère partout. Et de l’adultère à l’orgie permanente, il n’y avait qu’un pas à franchir… »

    Gabriel Sagard, un missionnaire, témoigne d’un repas de noces en pays autochtone. À table, le festin se compose de chien, d’ours, de poissons et d’autres viandes. On croit s’y trouver. Pierre Boucher constate pour sa part des modalités de séparation des couples qui apparaissent beaucoup moins compliquées que dans les pratiques européennes : « Aucune jalousie ne se mêle entre eux pour cela et ils n’en reçoivent aucune honte, infamie ou déshonneur. » Faut-il prendre cela néanmoins pour une règle absolue ?

    Marsan cite Denys Delâge, qui rappelle que la sexualité des Autochtones, en tout cas, n’était pas « sublimée ni canalisée dans des institutions monogamiques ». La polygamie supposée des Autochtones apparaît en vérité à nuancer. Marsan cite l’ethnologue Roland Viau : « En Iroquoisie ancienne, la monogamie, pour un individu, signifie être plus fidèle à un partenaire à la fois qu’à plusieurs. » Dans un contexte américain, où la sexualité apparaît autrement plus libre que les pratiques officielles attestées en Europe, il n’en demeure pas moins que, chez les premiers habitants du Nouveau Monde, hommes et femmes ont un partenaire de prédilection.

    Jean-Sébastien Marsan, un journaliste de formation, avance que les événements de l’intimité dont il parle dans ce livre continuent d’influencer, trois siècles plus tard, nos rapports sociaux, sans pour autant très bien nous dire comment et pourquoi.

    Deux autres tomes
    Les deux autres tomes qui doivent faire suite à celui-ci n’ont pas encore de date de parution connue. Ils doivent respectivement s’intéresser au Régime anglais et au XXe siècle, du moins celui qui court jusqu’aux années 1960.

    Ouvrage de vulgarisation, ce premier tome d’une Histoire populaire de l’amour au Québec constitue un résumé intelligent de documents connus et d’ouvrages de spécialistes. Le livre n’évite pas pour autant quelques pièges tendus par celui des fausses évidences enseignées par l’histoire populaire, par exemple celle qui consiste à répéter, encore et toujours, qu’on ne se lavait guère, en ces temps de pionniers, par peur des maladies charriées par l’eau souillée. L’histoire doit aussi apprendre à se déprendre de pareilles idées reçues. Comme les travaux de Georges Vigarello l’ont montré, il vaudrait mieux s’interroger sur la notion même de propreté et la contextualiser.

    Touche-à-tout, Jean-Sébastien Marsan est l’auteur d’une introduction à l’oeuvre de Frank Zappa et d’un manuel aux accents psycho-pop consacré à expliquer pourquoi, apparemment, « les Québécois n’osent plus draguer, et encore moins séduire ». Son Histoire populaire de l’amour au Québec n’est pas le fruit du travail d’un chercheur, mais bien celui d’un compilateur patient et habile, qui sait présenter sous un jour agréable un récit éclairé çà et là par des encadrés qui piquent la curiosité du lecteur qui peut toujours se référer, à la fin du livre, à des suggestions de lecture s’il souhaite en apprendre davantage.

    Histoire populaire de l’amour au Québec. Tome 1. De la Nouvelle-France à la Révolution tranquille
    Jean-Sébastien Marsan, Fides, Montréal, 2019, 224 pages

    Source : https://www.ledevoir.com/lire/562524/une-histoire-des-relations-amoureuses-en-nouvelle-france

  • Le scandale Epstein ébranle un laboratoire du MIT
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/09/08/le-scandale-epstein-ebranle-un-laboratoire-du-mit-et-le-new-york-times_55079

    Avant sa première condamnation, Jeffrey Epstein s’est montré généreux envers les grands scientifiques de la côte Est, parmi lesquels des prix Nobel de Physique, qu’il recevait sur son île privée des Bahamas, où se déroulaient en partie ses agressions sexuelles. A défaut d’être complice, chacun fermait l’œil. Ce système aurait permis à M. Epstein d’acheter le silence de chacun pour cacher ses méfaits. La donne change après sa première condamnation de 2008. Ceux qui ont continué de le fréquenter l’ont fait en connaissance de cause, en se masquant, tel Joichi Ito (nul dans le débat américain n’a défendu qu’Epstein avait à l’époque purgé sa peine).

    M. Ito dirigeait le Media Lab depuis 2011. Ce centre de recherche explore de nombreuses disciplines, notamment la technologie numérique, la robotique et la neurobiologie. Son budget annuel est de 80 millions de dollars, et financé notamment par Comcast, Exxon, Google, Nike, PepsiCo and Salesforce. Chaque année, il décerne un « prix de la désobéissance » d’un montant 250 000 dollars à ceux qui « mettent en cause les normes, les règles ou les lois qui permettent aux injustices de perdurer dans la société ». En 2018, il avait récompensé le mouvement #metoo, né du scandale Weinstein, prédateur sexuel d’actrices. Il ne sera pas décerné en 2019.

    A défaut d’être complice, chacun fermait l’œil.
    ou
    A défaut d’être aveugle, chacun était complice.

    #male_gaze #fraternité #déni #allié
    #femmes #science #esclavage #culture_du_viol
    #prix_nobel #grand_homme #sexisme_geek