• Aux Etats-Unis, la chute de Steve Bannon
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/08/22/aux-etats-unis-la-chute-de-steve-bannon_6049637_3232.html

    Steve Bannon et ses trois acolytes, poursuivis dans la même affaire, sont accusés d’avoir détourné de l’argent collecté auprès du public pour financer la construction du fameux mur anti-immigration sur la frontière mexicaine.

    #escrocs #criminels #extrême_droite #états-unis

  • Riad Salamé, la faillite du « magicien » libanais
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/05/02/riad-salame-la-faillite-du-magicien-libanais_6038429_3234.html

    A 69 ans, le gouverneur de la banque centrale du Liban, après avoir longtemps joui d’une aura de prestige, est aujourd’hui conspué par ses concitoyens. En cause, ses « ingénieries » financières, qui ont précipité le pays du Cèdre dans une crise profonde.

    #paywall

    #escrocs_inc #Liban #mafia

  • How Some Rich Americans Are Getting Stimulus ‘Checks’ Averaging $1.7 Million
    https://www.forbes.com/sites/shaharziv/2020/04/14/why-are-rich-americans-getting-17-million-stimulus-checks

    “For those earning $1 million annually, a tax break buried in the recent coronavirus relief legislation is so generous that its total cost is more than total new funding for all hospitals in America and more than the total provided to all state and local governments,” said Doggett. “Someone wrongly seized on this health emergency to reward ultrarich beneficiaries, likely including the #Trump family , with a tax loophole not available to middle class families. This net operating loss loophole is a loser that should be repealed.”

    The analysis by the JCT showed in just how skewed a fashion the tax provision benefits the wealthy. It found that, “82 percent of the benefits of the policy go to about 43,000 taxpayers who earn more than $1 million annually.”

    If you take the report’s calculations at face value, that means that, on average, each of the eligible taxpayers would get a windfall of ~$1.7 million!

    #escrocs #sans_vergogne

  • Senate Intel chair unloaded stocks in mid-February before #coronavirus rocked markets
    https://www.opensecrets.org/news/2020/03/burr-unloaded-stocks-before-coronavirus

    Around the time that Burr sold his shares of major corporations, including several hard hit hotel companies, he publicly expressed confidence about the U.S. government’s ability to fight the virus . However in late February, Burr privately warned that the virus is “much more aggressive in its transmission than anything that we have seen in recent history,” according to a recording obtained by NPR.

    #escrocs #etats-unis

    • Three other senators also sold major holdings around the time Mr. Burr did, according to the disclosure records: Dianne Feinstein, Democrat of California, who is also a member of the Intelligence Committee; James M. Inhofe, Republican of Oklahoma; and Kelly Loeffler, Republican of Georgia.

      The record of Mr. Burr’s stock transaction shows he and his wife sold 33 different stocks on Feb. 13 that were collectively worth $628,000 to $1.7 million, according to the disclosures filed with the secretary of the Senate. Those sales include as much as $150,000 worth of stock in two hotel chains, Wyndham Hotels and Resorts and Extended Stay America. The values of both companies have declined significantly in recent weeks. He also sold as much as $65,000 worth of stock in Park Hotels & Resorts.

      Ms. Feinstein and her husband sold $1.5 million to $6 million worth of stock in Allogene Therapeutics, a California-based biotech company, in transactions that took place on Jan. 31 and Feb. 18.

      Mr. Inhofe sold a large amount of stock — all on Jan. 27 — including holdings in PayPal, Apple and Brookfield Asset Management, a real estate company, with the overall value of the sales totaling as much as $400,000, a disclosure report shows.

      Ms. Loeffler and her husband, Jeffrey C. Sprecher, who is the chairman of the New York Stock Exchange, reported 27 stock sales worth millions of dollars starting on Jan. 24. On that day, Ms. Loeffler tweeted about attending the Senate briefing on the coronavirus. The stocks the couple sold were in companies including Exxon Mobil, Ross Stores and AutoZone.

      (source : NYT)

  • Black Fuckday | Grise Bouille
    https://grisebouille.net/black-fuckday

    Oh bah tiens, il semblerait que l’#aspirateur n’ait jamais été vendu à 200 € ! Il était plutôt autour de de 150 €… en 2017. Depuis le début de l’année 2019, par contre, on le trouve autour de 135 €, ce qui fait dégringoler la #promo de 45 % annoncés à 19 % réels. Tout de suite, ça calme.

    Je sais ce que vous allez me dire : on pourrait un peu hâtivement taxer cette pratique d’#arnaque si on était taquins (ce que je ne suis pas, vous me connaissez). Alors que bon, #Amazon sont peut-être des pourris qui pratiquent l’#évasion_fiscale à grande échelle3, maltraitent leurs employés obligés de pisser dans des bouteilles pour tenir leurs objectifs4 et participent à la mise sur écoute de la population avec leurs saloperies d’enceintes connectées5, mais des #escrocs ?! Nan, franchement, c’est pas le genre de la maison.

    #black_friday #manipulation

    via @sebsauvage

  • Le #Bangladesh veut-il noyer ses #réfugiés_rohingyas ?

    Confronté à la présence sur son territoire d’un million de réfugiés musulmans chassés de Birmanie par les crimes massifs de l’armée et des milices bouddhistes, Dacca envisage d’en transférer 100 000 sur une île prison, dans le golfe du Bengale, menacée d’inondation par la mousson. Ce projet vient relancer les interrogations sur le rôle controversé de l’Organisation des Nations unies en #Birmanie.
    Dans les semaines qui viennent, le gouvernement du Bangladesh pourrait transférer plusieurs milliers de réfugiés rohingyas, chassés de Birmanie entre 2012 et 2017, dans une #île du #golfe_du_Bengale menacée de submersion et tenue pour « inhabitable » par les ONG locales. Préparé depuis des mois par le ministère de la gestion des catastrophes et des secours et par la Commission d’aide et de rapatriement des réfugiés, ce #transfert, qui devrait dans un premier temps concerner 350 familles – soit près de 1 500 personnes – puis s’étendre à 7 000 personnes, devrait par la suite être imposé à près de 100 000 réfugiés.

    Selon les agences des Nations unies – Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et Organisation internationale pour les migrations (OIM) –, plus de 950 000 s’entassent aujourd’hui au Bangladesh dans plusieurs camps de la région de #Cox’s_Bazar, près de la frontière birmane. Près de 710 000 membres de cette minorité musulmane de Birmanie, ostracisée par le gouvernement de #Naypidaw, sont arrivés depuis août 2017, victimes du #nettoyage_ethnique déclenché par l’armée avec l’appui des milices villageoises bouddhistes.

    Les #baraquements sur #pilotis déjà construits par le gouvernement bangladais sur l’#île de #Bhasan_Char, à une heure de bateau de la terre ferme la plus proche, dans le #delta_du_Meghna, sont destinés à héberger plus de 92 000 personnes. En principe, les réfugiés désignés pour ce premier transfert doivent être volontaires.

    C’est en tout cas ce que les autorités du Bangladesh ont indiqué aux agences des Nations unies en charge des réfugiés rohingyas. Mais l’ONG régionale Fortify Rights, qui a interrogé, dans trois camps de réfugiés différents, quatorze personnes dont les noms figurent sur la liste des premiers transférables, a constaté qu’en réalité, aucune d’entre elles n’avait été consultée.

    « Dans notre camp, a déclaré aux enquêteurs de Fortify Rights l’un des délégués non élus des réfugiés chargé des relations avec l’administration locale, aucune famille n’accepte d’être transférée dans cette île. Les gens ont peur d’aller vivre là-bas. Ils disent que c’est une île flottante. » « Île qui flotte », c’est d’ailleurs ce que signifie Bhasan Char dans la langue locale.

    Les réfractaires n’ont pas tort. Apparue seulement depuis une vingtaine d’années, cette île, constituée d’alluvions du #Meghna, qui réunit les eaux du Gange et du Brahmapoutre, émerge à peine des eaux. Partiellement couverte de forêt, elle est restée inhabitée depuis son apparition en raison de sa vulnérabilité à la mousson et aux cyclones, fréquents dans cette région de la mi-avril à début novembre. Cyclones d’autant plus redoutés et destructeurs que l’altitude moyenne du Bangladesh ne dépasse pas 12 mètres. Selon les travaux des hydrologues locaux, la moitié du pays serait d’ailleurs submergée si le niveau des eaux montait seulement d’un mètre.

    « Ce projet est inhumain, a confié aux journalistes du Bangla Tribune, un officier de la marine du Bangladesh stationné dans l’île, dont l’accès est interdit par l’armée. Même la marée haute submerge aujourd’hui une partie de l’île. En novembre1970, le cyclone Bhola n’a fait aucun survivant sur l’île voisine de Nijhum Dwip. Et Bhasan Char est encore plus bas sur l’eau que Nijhum Dwip. » « Un grand nombre de questions demeurent sans réponses, observait, après une visite sur place en janvier dernier, la psychologue coréenne Yanghee Lee, rapporteure spéciale de l’ONU pour la situation des droits de l’homme en Birmanie. Mais la question principale demeure de savoir si cette île est véritablement habitable. »

    « Chaque année, pendant la mousson, ont confié aux enquêteurs de Human Rights Watch les habitants de l’île voisine de Hatiya, une partie de Bhasan Char est érodée par l’eau. Nous n’osons même pas y mettre les pieds. Comment des milliers de Rohingyas pourraient-ils y vivre ? » Par ailleurs, la navigation dans les parages de l’île est jugée si dangereuse, par temps incertain, que les pêcheurs du delta hésitent à s’y aventurer. Les reporters d’un journal local ont dû attendre six jours avant que la météo devienne favorable et qu’un volontaire accepte de les embarquer.

    À toutes ces objections des ONG, d’une partie de la presse locale et de plusieurs agences des Nations unies, le gouvernement bangladais répond que rien n’a été négligé. Une digue, haute de près de trois mètres et longue de 13 km, a été érigée autour de l’enclave de 6,7 km² affectée à l’hébergement des Rohingyas. Chacune des 120 unités de logement du complexe comprend douze bâtiments sur pilotis, une mare et un abri en béton destiné à héberger 23 familles en cas de cyclone et à recevoir les réserves de produits alimentaires. Conçus, selon les architectes, pour résister à des vents de 260 km/h, les abris pourront aussi être utilisés comme salles de classe, centres communautaires et dispensaires.

    Construit en parpaings, chaque bâtiment d’habitation contient, sous un toit de tôle métallique, seize chambres de 3,5 m sur 4 m, huit W.-C., deux douches et deux cuisines collectives. Destinées à héberger des familles de quatre personnes, les chambres s’ouvrent sur une coursive par une porte et une fenêtre à barreaux. Un réseau de collecte de l’eau de pluie, des panneaux solaires et des générateurs de biogaz sont également prévus. Des postes de police assureront la sécurité et 120 caméras de surveillance seront installées par la marine.

    Compte tenu des conditions de navigation très difficiles dans l’estuaire de la Meghna et du statut militarisé de l’île, la liberté de mouvement des réfugiés comme leur aptitude à assurer leur subsistance seront réduites à néant. « Bhasan Char sera l’équivalent d’une prison », estimait en mars dernier Brad Adams, directeur pour l’Asie de Human Rights Watch.
    Aung San Suu Kyi n’a pas soulevé un sourcil

    Aucun hôpital n’est prévu sur l’île. En cas d’urgence, les malades ou les blessés devront être transférés vers l’hôpital de l’île de Hatiya, à une heure de bateau lorsque le temps le permet. Faute de production locale, la quasi-totalité de l’alimentation devra être acheminée depuis le continent. La densité de population de ce complexe dont les blocs, disposés sur un plan orthogonal, sont séparés par d’étroites allées rectilignes, dépassera, lorsqu’il sera totalement occupé, 65 000 habitants au kilomètre carré, soit six fois celle du cœur de New York.

    On le voit, ce « paradis pour les Rohingyas », selon le principal architecte du projet, Ahmed Mukta, qui partage son activité entre Dacca et Londres, tient davantage du cauchemar concentrationnaire submersible que du tremplin vers une nouvelle vie pour les réfugiés birmans du Bangladesh. Ce n’est pourtant pas faute de temps et de réflexion sur la nature et la gestion du complexe. L’idée de transférer les réfugiés birmans sur Bhasan Char circulait depuis 2015 parmi les responsables birmans. À ce moment, leur nombre ne dépassait pas 250 000.

    Alimentés depuis 1990 par un chapelet de flambées de haine anti-musulmanes que le pouvoir birman tolérait quand il ne les allumait pas lui-même, plusieurs camps s’étaient créés dans la région de Cox’s Bazar pour accueillir les réfugiés chassés par la terreur ou contraints à l’exil par leur statut spécial. Musulmans dans un pays en écrasante majorité bouddhiste, les Rohingyas se sentent depuis toujours, selon l’ONU, « privés de leurs droits politiques, marginalisés économiquement et discriminés au motif de leur origine ethnique ».

    Le projet s’était apparemment endormi au fond d’un tiroir lorsqu’en août 2017, après la véritable campagne de nettoyage ethnique déclenchée par Tatmadaw (l’armée birmane) et ses milices, près de 740 000 Rohingyas ont fui précipitamment l’État de Rakhine, (autrefois appelé Arakan) où ils vivaient pour se réfugier de l’autre côté de la frontière, au Bangladesh, auprès de leurs frères, exilés parfois depuis plus de vingt-cinq ans. En quelques jours, le nombre de Rohingyas dans le district de Cox’s Bazar a atteint un million de personnes et le camp de réfugiés de Kutupalong est devenu le plus peuplé de la planète.

    Nourrie par divers trafics, par le prosélytisme des émissaires islamistes, par la présence de gangs criminels et par l’activisme des agents de l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA) à la recherche de recrues pour combattre l’armée birmane, une insécurité, rapidement jugée incontrôlable par les autorités locales, s’est installée dans la région. Insécurité qui a contribué à aggraver les tensions entre les réfugiés et la population locale qui reproche aux Rohingyas de voler les petits boulots – employés de restaurant, livreurs, conducteurs de pousse-pousse – en soudoyant les policiers et en acceptant des salaires inférieurs, alors qu’ils ne sont officiellement pas autorisés à travailler.

    Cette situation est d’autant plus inacceptable pour le gouvernement de Dacca que Cox’s Bazar et sa plage de 120 km constituent l’une des rares attractions touristiques du pays.

    Pour mettre un terme à ce chaos, le gouvernement de Dacca a d’abord compté sur une campagne de retours volontaires et ordonnés des Rohingyas en Birmanie. Il y a un an, 2 200 d’entre eux avaient ainsi été placés sur une liste de rapatriement. Tentative vaine : faute d’obtenir des garanties de sécurité et de liberté du gouvernement birman, aucun réfugié n’a accepté de rentrer. Le même refus a été opposé aux autorités en août dernier lorsqu’une deuxième liste de 3 500 réfugiés a été proposée. Selon les chiffres fournis par le gouvernement birman lui-même, 31 réfugiés seulement sont rentrés du Bangladesh entre mai 2018 et mai 2019.

    Les conditions, le plus souvent atroces, dans lesquelles les Rohingyas ont été contraints de fuir en août 2017 et ce qu’ils soupçonnent de ce qui les attendrait au retour expliquent largement ces refus. Selon le rapport de la Mission d’établissement des faits de l’ONU remis au Conseil des droits de l’homme le 8 août 2019 [on peut le lire ici], les Rohingyas ont été victimes, un an plus tôt, de multiples « crimes de droit international, y compris des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ».

    Selon ce document, « la responsabilité de l’État [birman – ndlr] est engagée au regard de l’interdiction des crimes de génocide et des crimes contre l’humanité, ainsi que d’autres violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire ».

    Le rapport précise que « la mission a établi une liste confidentielle de personnes soupçonnées d’avoir participé à des crimes de droit international, y compris des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, dans les États de Rakhine, kachin et shan depuis 2011. Cette liste […] contient plus d’une centaine de noms, parmi lesquels ceux de membres et de commandants de la Tatmadaw, de la police, de la police des frontières et des autres forces de sécurité, y compris de fonctionnaires de l’administration pénitentiaire, ainsi que les noms de représentants des autorités civiles, au niveau des districts, des États et du pays, de personnes privées et de membres de groupes armés non étatiques. […] La liste mentionne aussi un grand nombre d’entités avec lesquelles les auteurs présumés de violations étaient liés, notamment certaines unités des forces de sécurité, des groupes armés non étatiques et des entreprises ».

    On comprend dans ces conditions que, rien n’ayant changé depuis cet été sanglant en Birmanie où Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991, n’a pas levé un sourcil devant ces crimes, les Rohingyas préfèrent l’incertain chaos de leur statut de réfugiés à la certitude d’un retour à la terreur. Et refusent le rapatriement. Ce qui a conduit, début 2018, la première ministre bangladaise Sheikh Hasina à sortir de son tiroir le projet de transfert, en sommeil depuis 2015, pour le mettre en œuvre « en priorité ».

    Près de 300 millions de dollars ont été investis par Dacca dans ce projet, destiné dans un premier temps à réduire la population des camps où la situation est la plus tendue. Selon le représentant du gouvernement à Cox’s Bazar, Kamal Hossain, les opérations de transfert pourraient commencer « fin novembre ou début décembre ».

    Au cours d’une récente réunion à Dacca entre des représentants du ministère des affaires étrangères du Bangladesh et des responsables des Nations unies, les officiels bangladais auraient « conseillé » à leurs interlocuteurs d’inclure Bhasan Char dans le plan de financement de l’ONU pour 2020, sans quoi le gouvernement de Dacca pourrait ne pas approuver ce plan. Les responsables des Nations unies à Dacca ont refusé de confirmer ou démentir, mais plusieurs d’entre eux, s’exprimant officieusement, ont indiqué qu’ils étaient soumis « à une forte pression pour endosser le projet de Bhasan Char ».

    Interrogé sur la possibilité d’organiser le transfert des réfugiés sans l’aval des Nations unies, le ministre bangladais des affaires étrangères Abul Kalam Abdul Momen a répondu : « Oui, c’est possible, nous pouvons le faire. » La première ministre, de son côté, a été plus prudente. En octobre, elle se contentait de répéter que son administration ne prendrait sa décision qu’après avoir consulté les Nations unies et les autres partenaires internationaux du Bangladesh.

    L’un de ces partenaires, dont l’aide en matière d’assistance humanitaire est précieuse pour Dacca, vient de donner son avis. Lors d’une intervention fin octobre à la Chambre des représentants, Alice G. Wells, secrétaire adjointe du bureau de l’Asie du Sud et du Centre au Département d’État, a demandé au gouvernement du Bangladesh d’ajourner tout transfert de réfugiés vers Bhasan Char jusqu’à ce qu’un groupe d’experts indépendants détermine si c’est un lieu approprié. Washington ayant versé depuis août 2017 669 millions de dollars d’aide à Dacca, on peut imaginer que cette suggestion sera entendue.
    Les « défaillances systémiques » de l’ONU

    Les Nations unies sont pour l’instant discrètes sur ce dossier. On sait seulement qu’une délégation doit se rendre sur l’île les jours prochains. Il est vrai que face à ce qui s’est passé ces dernières années en Birmanie, et surtout face à la question des Rohingyas, la position de l’ONU n’a pas toujours été claire et son action a longtemps manqué de lucidité et d’efficacité. C’est le moins qu’on puisse dire.

    Certes l’actuel secrétaire général, António Guterres, a réagi rapidement et vigoureusement au sanglant nettoyage ethnique qui venait de commencer en Birmanie en adressant dès le 2 septembre 2017 une lettre au Conseil de sécurité dans laquelle il demandait un « effort concerté » pour empêcher l’escalade de la crise dans l’État de Rakhine, d’où 400 000 Rohingyas avaient déjà fui pour échapper aux atrocités.

    Mais il n’a pu obtenir de réaction rapide et efficace du Conseil. Il a fallu discuter deux semaines pour obtenir une réunion et 38 jours de plus pour obtenir une déclaration officielle de pure forme. Quant à obtenir l’envoi sur place d’une équipe d’observateurs de l’ONU en mesure de constater et dénoncer l’usage de la violence, il en était moins question que jamais : la Birmanie s’y opposait et son allié et protecteur chinois, membre du Conseil et détenteur du droit de veto, soutenait la position du gouvernement birman. Et personne, pour des raisons diverses, ne voulait s’en prendre à Pékin sur ce terrain.

    En l’occurrence, l’indifférence des États membres, peu mobilisés par le massacre de Rohingyas, venait s’ajouter aux divisions et différences de vues qui caractérisaient la bureaucratie de l’ONU dans cette affaire. Divergences qui expliquaient largement l’indifférence et la passivité de l’organisation depuis la campagne anti-Rohingyas de 2012 jusqu’au nettoyage ethnique sanglant de 2017.

    Incarnation de cette indifférence et de cette passivité, c’est-à-dire de la priorité que le système des Nations unies en Birmanie accordait aux considérations politiques et économiques sur la sécurité et les besoins humanitaires des Rohingyas, Renata Lok-Dessallien, la représentante de l’ONU en Birmanie depuis 2014, a quitté ses fonctions en octobre 2017, discrètement appelée par New York à d’autres fonctions, en dépit des réticences du gouvernement birman. Mais il était clair, à l’intérieur de l’organisation, qu’elle n’était pas la seule responsable de cette dérive désastreuse.

    Dans un rapport de 36 pages, commandé début 2018 par le secrétaire général et remis en mai dernier, l’économiste et diplomate guatémaltèque Gert Rosenthal, chargé de réaliser un diagnostic de l’action de l’ONU en Birmanie entre 2010 et 2018, constate qu’en effet, l’organisation n’a pas été à son meilleur pendant les années qui ont précédé le nettoyage ethnique d’août 2017 au cours duquel 7 000 Rohingyas au moins ont été tués, plus de 700 000 contraints à l’exil, des centaines de milliers d’autres chassés de leurs villages incendiés et enfermés dans des camps, le tout dans un climat de violence et de haine extrême [le rapport – en anglais – peut être lu ici].

    Selon Gert Rosenthal, qui constate des « défaillances systémiques » au sein de l’ONU, nombre d’agents des Nations unies ont été influencés ou déroutés par l’attitude de Aung San Suu Kyi, icône du combat pour la démocratie devenue, après les élections de 2015, l’alliée, l’otage et la caution des militaires et du clergé bouddhiste. C’est-à-dire la complice, par son silence, des crimes commis en 2017. Mais l’auteur du rapport pointe surtout la difficulté, pour les agences de l’ONU sur place, à choisir entre deux stratégies.

    L’une est la « diplomatie tranquille » qui vise à préserver dans la durée la présence et l’action, même limitée, de l’organisation au prix d’une certaine discrétion sur les obligations humanitaires et les droits de l’homme. L’autre est le « plaidoyer sans concession » qui entend faire respecter les obligations internationales par le pays hôte et implique éventuellement l’usage de mesures « intrusives », telles que des sanctions ou la menace de fermer l’accès du pays aux marchés internationaux, aux investissements et au tourisme.

    À première vue, entre ces deux options, le secrétaire général de l’ONU a fait son choix. Après une visite à Cox’s Bazar, en juillet 2018, il affirmait qu’à ses yeux, « les Rohingyas ont toujours été l’un des peuples, sinon le peuple le plus discriminé du monde, sans la moindre reconnaissance de ses droits les plus élémentaires, à commencer par le droit à la citoyenneté dans son propre pays, le Myanmar [la Birmanie] ».

    Il reste à vérifier aujourd’hui si, face à la menace brandie par Dacca de transférer jusqu’à 100 000 réfugiés rohingyas sur une île concentrationnaire et submersible, les Nations unies, c’est-à-dire le système onusien, mais aussi les États membres, choisiront le « plaidoyer sans concession » ou la « diplomatie tranquille ».

    https://www.mediapart.fr/journal/international/131119/le-bangladesh-veut-il-noyer-ses-refugies-rohingyas?onglet=full

    #réfugiés #asile #migrations #rohingyas #Bangladesh #camps_de_réfugiés

    ping @reka

    • Bangladesh Turning Refugee Camps into Open-Air Prisons

      Bangladesh Army Chief Gen. Aziz Ahmed said this week that a plan to surround the Rohingya refugee camps in #Cox’s_Bazar with barbed wire fences and guard towers was “in full swing.” The plan is the latest in a series of policies effectively cutting off more than 900,000 Rohingya refugees from the outside world. The refugees have been living under an internet blackout for more than 75 days.

      Bangladesh is struggling to manage the massive refugee influx and the challenges of handling grievances from the local community, yet there is no end in sight because Myanmar has refused to create conditions for the refugees’ safe and voluntary return. But fencing in refugees in what will essentially be open-air prisons and cutting off communication services are neither necessary nor proportional measures to maintain camp security and are contrary to international human rights law.

      Humanitarian aid workers reported the internet shutdown has seriously hampered their ability to provide assistance, particularly in responding to emergencies. The fencing will place refugees at further risk should they urgently need to evacuate or obtain medical and other humanitarian services.

      Refugees told Human Rights Watch the fencing will hinder their ability to contact relatives spread throughout the camps and brings back memories of restrictions on movement and the abuses they fled in Myanmar.

      The internet shutdown has already hampered refugees’ efforts to communicate with relatives and friends still in Myanmar, which is critical for gaining reliable information about conditions in Rakhine State to determine whether it is safe to return home.

      The Bangladesh government should immediately stop its plans to curtail refugees’ basic rights or risk squandering the international goodwill it earned when it opened its borders to a desperate people fleeing the Myanmar military’s brutal campaign of ethnic cleansing.

      https://www.hrw.org/news/2019/11/26/bangladesh-turning-refugee-camps-open-air-prisons
      #internet #barbelés #liberté_de_mouvement

    • Le Bangladesh invoque le Covid-19 pour interner des réfugiés rohingyas sur une île inondable

      La protection des camps de réfugiés birmans contre la pandémie a servi de prétexte au gouvernement de Dacca pour mettre en quarantaine plus de 300 Rohingyas sur une île prison du golfe du Bengale menacée de submersion par la mousson et où il veut transférer 100 000 exilés.

      La lutte contre le coronavirus peut-elle être invoquée par un État pour justifier l’internement de réfugiés sur une île submersible, à la veille du début de la mousson ? Oui. Le gouvernement du Bangladesh vient de le prouver. Le dimanche 3 mai, puis le jeudi 7 mai, deux groupes de 29 puis 280 réfugiés rohingyas dont les embarcations erraient depuis des semaines en mer d’Andaman ont été transférés de force par les garde-côtes sur l’île de #Bhasan_Char – « l’île qui flotte » en bengali, à trois heures de bateau de la côte la plus proche, dans le golfe du Bengale.

      Selon les autorités bangladaises, les réfugiés internés à Bhasan Char avaient fui la Birmanie pour rejoindre la Malaisie, qui les avait refoulés et le chalutier à bord duquel ils se trouvaient était en difficulté dans les eaux du Bangladesh où les garde-côtes locaux les avaient secourus. Mais Human Rights Watch a une autre version. Après avoir visité plusieurs camps de réfugiés rohingyas de la région, les enquêteurs de HRW ont découvert que sept au moins des réfugiés transférés à Bhasan Char avaient déjà été enregistrés comme réfugiés au Bangladesh.

      Ce qui signifie qu’ils ne cherchaient pas à entrer dans le pays, mais à en sortir. Sans doute pour éviter un rapatriement en Birmanie, dont ils ne voulaient à aucun prix, comme l’écrasante majorité des Rohingyas, poussés à l’exil par les persécutions dont ils étaient victimes dans leur pays d’origine. Deux semaines plus tôt, un autre chalutier à bord duquel se trouvaient près de 400 Rohingyas, fuyant la Birmanie, avait été secouru par les garde-côtes après une longue dérive en mer au cours de laquelle une centaine de passagers avaient trouvé la mort.

      Le camp de réfugiés de Kutupalong à Ukhia, au Bangladesh, le 15 mai 2020. © Suzauddin Rubel/AFP

      Sans s’attarder sur ces détails tragiques, le ministre des affaires étrangères du Bangladesh, Abul Kalam Abdul Momen, a avancé une explication strictement sanitaire à la décision de son gouvernement. « Nous avons décidé d’envoyer les rescapés rohingyas sur Bhasan Char pour des raisons de sécurité, a-t-il affirmé le 2 mai. Nous ne savions pas s’ils étaient positifs ou non au Covid-19. S’ils étaient entrés dans le camp de réfugiés de Kutupalong, la totalité de la population aurait été mise en danger. »

      Kutupalong, où s’entassent aujourd’hui, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), 602 000 Rohingyas, est le plus vaste des 12 principaux camps de réfugiés de la région de Cox Bazar. C’est aussi, actuellement, le camp de réfugiés le plus peuplé de la planète. Depuis les années 1990, cette région frontalière a recueilli la majorité des membres de la minorité ethnique musulmane de Birmanie, historiquement ostracisée et contrainte à l’exil dans le pays voisin par la majorité bouddhiste et le pouvoir birman. Elle en abrite aujourd’hui plus d’un million.

      Aux yeux du gouvernement de Dacca, cette population de réfugiés concentrés sur son sol dans une misère et une promiscuité explosives constitue une véritable bombe à retardement sanitaire. Surtout si on accepte les données officielles – très discutées par les experts en santé publique – selon lesquelles le Bangladesh qui compte 165 millions d’habitants recenserait seulement près de 21 000 cas de Covid-19 et 300 morts, après deux mois de confinement. Jeudi dernier, les deux premiers cas de coronavirus dans les camps de réfugiés de la région de Cox Bazar ont été confirmés. Selon le HCR, l’un est un réfugié, l’autre un citoyen bangladais. Le lendemain, deux autres réfugiés contaminés étaient identifiés. D’après l’un des responsables communautaires des réfugiés près de 5 000 personnes qui auraient été en contact avec les malades testés positifs dans le camp no 5, auraient été mises en quarantaine.

      Mais ces informations n’étaient pas connues du gouvernement de Dacca lorsqu’il a décidé de placer les 309 rescapés en isolement à Bhasan Char. Et, de toutes façons, l’argument sanitaire avancé par les autorités locales n’avait pas été jugé recevable par les responsables locaux du HCR. « Nous disposons à Cox Bazar des installations nécessaires pour assurer la mise en quarantaine éventuelle de ces réfugiés, avait expliqué aux représentants du gouvernement Louise Donovan, au nom de l’agence de l’ONU. Des procédures rigoureuses sont en place. Elles prévoient notamment, pendant la période requise de 14 jours, un examen médical complet dans chacun de nos centres de quarantaine. Nous avons tout l’espace nécessaire et nous pouvons offrir toute l’assistance dont ils ont besoin, dans ces centres où ils bénéficient en plus du soutien de leurs familles et des réseaux communautaires indispensables à leur rétablissement après l’expérience traumatisante qu’ils viennent de vivre. »

      En d’autres termes, pourquoi ajouter au traumatisme de l’exil et d’une traversée maritime dangereuse, à la merci de passeurs cupides, l’isolement sur un îlot perdu, menacé de submersion par gros temps ? À cette question la réponse est cruellement simple : parce que le gouvernement du Bangladesh a trouvé dans cet argument sanitaire un prétexte inespéré pour commencer enfin à mettre en œuvre, sans bruit, un vieux projet contesté du premier ministre Sheikh Hasina qui a déjà investi 276 millions de dollars dans cette opération.

      Projet qui prévoyait le transfert de 100 000 réfugiés – un sur dix – sur Bhasan Char et qui avait été rejeté, jusque-là, par les principaux intéressés – les réfugiés rohingyas – mais aussi par la majorité des ONG actives dans les camps. Avant de faire l’objet de réserves très explicites de plusieurs agences des Nations unies. Au point que trois dates arrêtées pour le début du transfert des réfugiés – mars 2019, octobre 2019 et novembre 2019 – n’ont pas été respectées. Et qu’avant l’arrivée, il y a deux semaines, du premier groupe de 29 rescapés, seuls des militaires de la marine du Bangladesh, qui contrôle l’île, étaient présents sur les lieux.

      Et pour cause. Apparue seulement depuis une vingtaine d’années, cette île, constituée d’alluvions du Meghna qui réunit les eaux du Gange et du Brahmapoutre, émerge à peine des eaux. Partiellement couverte de forêt, elle est restée inhabitée depuis son apparition en raison de sa vulnérabilité à la mousson et aux cyclones, fréquents dans cette région, de la mi-avril à début novembre. Cyclones d’autant plus redoutés et destructeurs que même par beau temps l’île n’offre aucune résistance aux flots. Entre la marée basse et la marée haute, la superficie de Bhasan Char passe de 6 000 hectares à 4 000 hectares.
      « Bhasan Char sera l’équivalent d’une prison »

      « Ce projet est inhumain, a confié aux journalistes du Bangla Tribune un officier de la marine du Bangladesh stationné dans l’île, dont l’accès est interdit par l’armée. En novembre 1970, le cyclone de Bhola n’a fait aucun survivant sur l’île voisine de Nijhum Dwip. Et Bhasan Char est encore plus basse sur l’eau que Nijhum Dwip. » « Un grand nombre de questions demeurent sans réponses, observait après une visite sur place en janvier 2019 la psychologue coréenne Yanghee Lee, rapporteure spéciale de l’ONU pour la situation des droits de l’homme en Birmanie. Mais la question principale demeure de savoir si cette île est véritablement habitable. »

      « Chaque année, pendant la mousson, ont déclaré aux enquêteurs de Human Rights Watch les habitants de l’île voisine de Hatiya, une partie de Bhasan Char est érodée par l’eau. Nous n’osons même pas y mettre les pieds. Comment des milliers de Rohingyas pourraient-ils y vivre ? » Par ailleurs, la navigation dans les parages de l’île est jugée si dangereuse, par temps incertain, que les pêcheurs du delta hésitent à s’y aventurer. Les reporters d’un journal local ont dû attendre six jours avant que la météo devienne favorable et qu’un volontaire accepte de les embarquer.

      À toutes ces objections des ONG, d’une partie de la presse locale, et de plusieurs agences des Nations unies, le gouvernement bangladais répond que rien n’a été négligé. Une digue, haute de près de trois mètres et longue de 13 km a été érigée autour de l’enclave affectée à l’hébergement des Rohingyas. Chacune des 120 unités de logement du complexe comprend 12 bâtiments sur pilotis, une mare, et un abri en béton destiné à héberger 23 familles en cas de cyclone et à recevoir les réserves de produits alimentaires. Conçus, selon les architectes pour résister à des vents de 260 km/h, les abris pourront aussi être utilisés comme salles de classes, centres communautaires et dispensaires.

      Compte tenu des conditions de navigation très difficiles dans l’estuaire du Meghna et du statut militarisé de l’île, la liberté de mouvement des réfugiés, comme leur aptitude à assurer leur subsistance, seront réduites à néant. « Bhasan Char sera l’équivalent d’une prison », estimait, il y a un an Brad Adams, directeur pour l’Asie de Human Rights Watch. Aucun hôpital n’est prévu sur l’île. En cas d’urgence, les malades ou les blessés devront être transférés vers l’hôpital de l’île de Hatiya, à une heure de bateau – lorsque le temps le permet.

      Faute de production locale, la quasi-totalité de l’alimentation devra être acheminée depuis le continent. La densité de population de ce complexe dont les blocs, disposés sur un plan orthogonal, sont séparés par d’étroites allées rectilignes dépassera, lorsqu’il sera totalement occupé, 65 000 habitants au km² : soit six fois celle du cœur de New York. On le voit, ce « paradis pour les Rohingyas » selon le principal architecte du projet, Ahmed Mukta, tient davantage du cauchemar concentrationnaire submersible que du tremplin vers une nouvelle vie pour les réfugiés birmans du Bangladesh.

      Formulée pour la première fois, sans suite, en 2015 par les responsables bangladais, alors que le nombre de réfugiés birmans dans la région de Cox Bazar ne dépassait pas 250 000, l’idée de les transférer sur Bhasan Char est revenue en discussion deux ans plus tard, en août 2017, lorsque la campagne de nettoyage ethnique déclenchée par l’armée birmane et ses milices a chassé près de 740 000 Rohingyas de leurs villages dans l’État de Rakhine et les a contraints à se réfugier de l’autre côté de la frontière, au Bangladesh, auprès de leurs frères, exilés parfois depuis plus de 25 ans.

      Nourrie par divers trafics, par le prosélytisme des émissaires islamistes, par la présence de gangs criminels et par l’activisme des agents de l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA), à la recherche de recrues pour combattre l’armée birmane, une insécurité, rapidement jugée incontrôlable par les autorités locales, s’est installée dans la région. Insécurité qui a contribué à aggraver les tensions entre les réfugiés et la population locale qui reproche aux Rohingyas de voler les petits boulots – employés de restaurants, livreurs, conducteurs de pousse-pousse – en soudoyant les policiers et en acceptant des salaires inférieurs, alors qu’ils ne sont officiellement pas autorisés à travailler. Cette situation est d’autant plus inacceptable pour le gouvernement de Dacca que Cox Bazar et sa plage de 120 km constituent l’une des rares attractions touristiques du pays.

      Pour mettre un terme à cette tension, le gouvernement de Dacca a d’abord compté sur une campagne de retours volontaires des Rohingyas en Birmanie. En vain. Faute d’obtenir des garanties de sécurité et de liberté du gouvernement birman, aucun réfugié n’a accepté de rentrer. Le même refus a été opposé aux autorités d’année en année chaque fois qu’une liste de volontaires pour le rapatriement a été proposée. Selon les chiffres fournis par le gouvernement birman lui-même, 31 réfugiés seulement sont rentrés du Bangladesh entre mai 2018 et mai 2019.

      Les conditions, le plus souvent atroces, dans lesquelles les Rohingyas ont été contraints de fuir en août 2017 et ce qu’ils soupçonnent de ce qui les attendrait au retour expliquent largement ces refus. Les ONG humanitaires estiment que depuis 2017, 24 000 Rohingyas ont été tués par l’armée birmane et ses milices, et 18 000 femmes et jeunes filles violées. En outre, 115 000 maisons auraient été brûlées et 113 000 autres vandalisées. Selon le rapport de la « Mission d’établissement des faits » de l’ONU remis au Conseil des droits de l’homme en août 2019, les Rohingyas ont été victimes de multiples « crimes de droit international, y compris des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ».
      On comprend dans ces conditions que, rien n’ayant changé depuis cet été sanglant en Birmanie où Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991, n’a pas soulevé un sourcil devant ces crimes, les Rohingyas se résignent à un destin de réfugiés plutôt que de risquer un retour à la terreur. Mais ils ne sont pas disposés pour autant à risquer leur vie dès le premier cyclone dans un centre de rétention insulaire coupé de tout où ils n’auront aucune chance d’espérer un autre avenir. Les responsables du HCR l’ont compris et, sans affronter ouvertement les autorités locales, ne cessent de répéter depuis un an, comme ils viennent de le faire encore la semaine dernière, qu’il n’est pas possible de transférer qui que ce soit sur Bhasan Char sans procéder à une « évaluation complète et détaillée » de la situation.

      Depuis deux ans, les « plans stratégiques conjoints » proposés par le HCR et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour résoudre la « crise humanitaire » des Rohingyas estiment que sur les trois scénarios possibles – rapatriement, réinstallation et présence de longue durée – le dernier est le plus réaliste. À condition d’être accompagné d’une certaine « décongestion » des camps et d’une plus grande liberté de mouvements accordée aux réfugiés. L’aménagement de Bhasan Char et la volonté obstinée d’y transférer une partie des Rohingyas montrent que le gouvernement de Dacca a une conception particulière de la « décongestion ».

      Sans doute compte-t-il sur le temps – et le soutien de ses alliés étrangers – pour l’imposer aux agences de l’ONU. « Le Bangladesh affronte le double défi de devoir porter assistance aux Rohingyas tout en combattant la propagation du Covid-19, constatait la semaine dernière Brad Adams de Human Rights Watch. Mais envoyer les réfugiés sur une île dangereusement inondable, sans soins médicaux, n’est certainement pas la solution. »

      https://www.mediapart.fr/journal/international/160520/le-bangladesh-invoque-le-covid-19-pour-interner-des-refugies-rohingyas-sur

  • Les vraies motivations de #Happytal, service de conciergerie de luxe pour #hôpitaux
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/08/13/hopital-public-les-vraies-motivations-de-la-conciergerie-happytal_5498887_32

    Cette start-up promet d’« apporter de la douceur » aux patients. Mais son vrai business est l’optimisation de la facturation des chambres individuelles.

    #escrocs #attention

  • Fraude fiscale : quatre ans de prison ferme requis contre Patrick Balkany, deux contre sa femme - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/fraude-fiscale-quatre-ans-de-prison-ferme-requis-contre-patrick-balkany-d

    Le fisc qui avait porté plainte en 2015 avait évalué à 4 millions d’euros environ le total qui lui était dû.

    Est-ce que ces 4 millions minimum que les Balkany doivent à la collectivité vont être saisit sur leurs 16,5 millions d’euros annuels d’actifs ? Ca serait la moindre des choses et rien n’est indiqué là dessus.
    D’autre part Balkany n’est-il pas récidiviste ? Dans ce cas il devrait avoir la comparution immédiate avec une peine plancher. Je pense à ces SDF qui prennent 2 ans ferme pour un vol de canette ou de bouffe. Si un vol de canette que j’estime autour de 5 euros de dommage vaut 2 ans ferme, le parquet devrait demander dans les 1,6 millions d’années de prison pour M.Balkany.

  • Les États-Unis et Israël quittent l’Unesco ce lundi soir
    Gwendal Lavina, Le Figaro, le 31 décembre 2018
    http://www.lefigaro.fr/international/2018/12/31/01003-20181231ARTFIG00116-les-etats-unis-et-israel-quittent-l-unesco-ce-lun

    Les deux pays exécutent une décision annoncée en octobre 2017 en réponse à plusieurs résolutions de l’organisation qu’ils jugent « anti-israéliennes ». L’Unesco regrette ces deux retraits mais minimise leurs impacts.

    Certains observateurs craignent qu’au-delà d’affaiblir politiquement l’Unesco, ces deux retraits entament sérieusement le budget de l’organisation. Un diplomate bien informé balaye cet argument de la main et rappelle que les États-Unis et Israël ne payent plus leur cotisation obligatoire depuis 2011. Leur dette auprès de l’organisation s’élève ainsi à 620 millions de dollars pour les États-Unis et 10 millions de dollars pour Israël.

    Feuilleton à plusieurs épisodes :
    https://seenthis.net/messages/636965

    #UNESCO #USA #israel #Palestine #ONU #dette #escrocs #voleurs

  • Le scandale du dieselgate génère de gigantesques « cimetières » à VW RTS - 20 Octobre 2018
    https://www.rts.ch/info/economie/9932932-le-scandale-du-dieselgate-genere-de-gigantesques-cimetieres-a-vw.html

    Contraints de rappeler des centaines de milliers de véhicules à travers le monde, les constructeurs empêtrés dans le scandale des moteurs diesel doivent improviser des parkings géants pour stocker les voitures.
    Visé cette semaine par une enquête des autorités allemandes, le constructeur allemand Opel pourrait être obligé de rappeler quelque 100’000 voitures, comme ont déjà dû le faire les autres marques impliquées dans l’affaire du dieselgate.


    Après l’éclatement du scandale en 2015, VW, notamment, avait dû racheter 8,5 millions de véhicules pour les mettre au normes d’ici 2020, dans l’espoir de les remettre sur le marché. A l’heure actuelle, Volkswagen se targue d’un taux de réparation de quelque 80% - avec de fortes disparités d’un pays à l’autre.

    Mais le groupe a dû improviser des sites pour déposer des centaines de milliers de véhicules. L’un de ces « purgatoires » automobiles est le nouvel aéroport de Berlin Brandenbourg - un chantier interminable, empêtré dans des affaires de corruption et de malfaçon notamment.

    Vols de véhicules
    Aux Etats-Unis - où VW a dû débourser près de 15 milliards de dollars pour indemniser ses clients américains, un demi-million de véhicules ont été rappelés, certains ajustés et revendus. Mais les véhicules restants sont entreposés sur une quarantaine de sites : dans le désert californien, dans un ancien stade de foot dans le Michigan, dans un port de Tampa en Floride, ou encore une ancienne usine de papier dans le Minnesota.

    >> Voir la galerie photo de différents exemples :
    https://www.rts.ch/info/economie/9932932-le-scandale-du-dieselgate-genere-de-gigantesques-cimetieres-a-vw.html

    Ces dépôts gigantesques ont entraîné de nouvelles difficultés pour VW, notamment des vols. Certains sont allés se servir dans ces dépôts, ont ensuite truqué les immatriculations des voitures, avant de revendre les véhicules. Dans d’autres cas, VW a fait l’objet de plaintes - les habitants de certaines régions n’appréciant guère de vivre à côté de des immenses parkings.
    Sujet radio : Katia Schaer

    Dernière étape avant la casse ?
    Un important procès s’est ouvert en septembre devant le tribunal régional de Brunswick, en Allemagne. Des actionnaires de VW reprochent au groupe de ne pas les avoir informés des risques financiers générés par le Dieselgate et exigent des dédommagements à hauteur de 10 milliards de francs.

    A ces difficultés judiciaires s’ajoute l’introduction de nouvelles normes d’émission en Europe depuis le premier septembre. Des normes auxquelles l’industrie automobile - Volkswagen inclus - se dit mal préparée. Certaines villes veulent d’ailleurs interdire une partie de ces voitures.

    Raison pour laquelle VW vient d’annoncer le rachat de ses anciens modèles encore en circulation. Des voitures qui seront d’abord entreposées avant de, par milliers aussi, partir à la casse.

     #dieselgate #pollution #volkswagen #voiture #diesel #Allemagne #USA #tricheurs #polueurs #escrocs

  • #Malte : assassinat de la journaliste qui avait accusé le gouvernement de #corruption - International - LeVif.be
    http://www.levif.be/actualite/international/malte-assassinat-de-la-journaliste-qui-avait-accuse-le-gouvernement-de-corruption/article-normal-739519.html

    « Il y a des #escrocs partout où l’on regarde maintenant, la situation est désespéré », concluait-elle.

    #Daphne_Galizia

  • Western Union fined $586 million for colluding with organized crime / Boing Boing
    http://boingboing.net/2017/01/23/western-union-fined-586-milli.html

    Forbes article:

    In a statement from the U.S. Department of Justice and Federal Trade Commission on Thursday, authorities describe insufficient or poorly enforced policies that resulted in the funneling of hundreds of millions of dollars in proceeds from illegal gambling, fraud and drug and human trafficking.

    ...

    In one case, illegal immigrants from China sent money back to the people who smuggled them across the border. With the help of employees, the payments were structured so that they didn’t trigger reporting requirements under the Bank Secrecy Act, say authorities.

    In another example, Western Union processed hundreds of thousands of transactions for an international scam, wherein fraudsters directed people to send money in order to claim a prize or help a relative. Western Union employees often processed the payments in return for a cut of the proceeds, say authorities.

    From CFO:

    Wifredo A. Ferrer, the U.S. Attorney in Miami, said the misconduct reflected “a flawed corporate culture that failed to provide a checks and balances approach to combat criminal practices.”

    “Western Union’s failure to implement proper controls and discipline agents that violated compliances policies enabled the proliferation of illegal gambling, money laundering and fraud-related schemes,” he added.

    #banques #escrocs

  • Nétanyahou concède avoir reçu un « don » d’un escroc présumé français
    http://www.lefigaro.fr/international/2016/06/07/01003-20160607ARTFIG00110-netanyahou-concede-avoir-recu-un-don-d-un-escroc-

    Arnaud Mimran, contre lequel le tribunal correctionnel de Paris vient de requérir dix ans de prison pour son rôle présumé dans une escroquerie à la taxe carbone dont le préjudice est évalué à 280 millions d’euros, a en effet dû s’expliquer à l’audience sur ses relations avec Benyamin Nétanyahou. Interrogé sur ses nombreux déplacements en Israël durant l’année 2009, le prévenu a indiqué que l’un d’eux avait pour objet un rendez-vous avec le chef du Likoud juste après sa victoire aux législatives. Puis il a dit lui avoir versé « un million » au cours d’une campagne électorale, sans toutefois mentionner la date précise de ce don. Le président du tribunal, de son côté, a assuré à l’audience que la trace d’un tel versement figure au dossier de l’instruction.

    […]

    Mais les nouvelles déclarations du premier ministre n’ont pas tardé à être partiellement contredites par Arnaud Mimran lui-même. Dans un entretien diffusé lundi soir par la dixième chaîne de télévision israélienne, l’escroc présumé affirme en effet lui avoir versé 170.000 euros, soit quatre fois la somme désormais évoquée par le premier ministre. « Bibi n’a jamais rien fait de mal, a assuré M. Mimran. Tout d’abord, je n’ai jamais dit un million d’euros - c’était en 2001, donc on parlait encore en francs français. Ensuite ce versement a été fait de mon compte personnel sur celui de Benyamin Nétanyahou. Il n’a aucun lien avec sa victoire de 2009. »

    #escrocs_sionistes

  • STL Contempt Judge Sentences Karma Khayat to €10,000 Fine
    http://www.naharnet.com/stories/en/190779-stl-contempt-judge-sentences-karma-khayat-to-10-000-fine

    Special Tribunal for Lebanon Contempt Judge Nicola Lettieri on Monday sentenced al-Jadeed TV deputy chief editor Karma Khayat to a fine of 10,000 euros on charges of “interfering with the administration of justice” by failing to remove online content on alleged witnesses.

    After hearing the arguments of the Amicus Curiae Prosecutor, or Friend of the Court, and the Defense lawyer, Lettieri said he sentenced Khayat to “a fine of €10,000 to be paid in full by 30 October, 2015.”

    Et en live:
    https://www.youtube.com/watch?v=acFpLQs5Vvg

    • Warning note for regional activists: In Iraq, leaders and organizaers of anti-corruption protests are being assassinated | The Mideastwire Blog
      https://mideastwire.wordpress.com/2015/08/31/warning-note-for-regional-activists-in-iraq-leaders-and-organ

      On August 31, the Qatari-owned Al-Quds al-Arabi daily carried the following report by its correspondent in Baghdad: “Many activists in the demonstrations sweeping the Iraqi cities have been the object of organized assassination operations and aggressions, without the security bodies managing to identity the sides standing behind them. In Basra in southern Iraq, Sheikh Aziz al-Hilfi was the object of an assassination attempt which caused him to suffer serious injuries, knowing he is one of the activists who participated in the demonstrations against corruption and the corrupt in the Basra province. Also in Basra, Subeih Qassem, the sheikh of the Qaramsha clan, was assassinated in a bomb explosion, and the Basra police said that a remotely-controlled locally-made bomb containing explosives was placed inside the wheel under the driver’s seat, which led to the death of the sheikh and the injuring of another.

      #Irak

  • Comment les #multinationales escroquent l’#Afrique
    http://www.liberation.fr/monde/2015/06/02/comment-les-multinationales-escroquent-l-afrique_1321402

    Quelle est l’ampleur du phénomène ? Diverses évaluations existent. 160 milliards de dollars (145 milliards d’euros) par an de manque à gagner pour les seuls pays en développement, estime l’ONG Christian Aid. Dans un rapport publié le 26 mars 2015, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement estime que l’ensemble des pays en développement sont privés annuellement d’environ 100 milliards de dollars. « Ces 100 milliards ne recouvrent pas tous les procédés d’optimisation fiscale utilisés par les multinationales, ni les 138 milliards de dollars que les pays en développement perdraient chaque année en octroyant à celles-ci de généreux avantages fiscaux », rappelait Action Aid en 2013.

    Reste que sur ces 100 milliards, la moitié, soit 50 milliards, échappe au seul continent africain. 50 milliards, c’est aujourd’hui le double de ce que reçoit l’Afrique en #aide_publique_au_développement. « A l’arrivée, les rentrées fiscales chutent, et les mesures d’#austérité redoublent, confiait à Libération Johnlyn Tromp, d’Oxfam Afrique du Sud, lors du Forum social mondial de Tunis, en mars. Les administrations fiscales sont dépassées par les montages sophistiqués et sont, de plus, décimées par les coupes budgétaires. Elles sont un peu comme ceux qui n’ont pas les moyens de s’asseoir à la table d’un restaurant et se contentent de regarder le menu. »

    Dommage que la #complicité des dirigeants (modérés, sages, etc... selon la terminologie de la « #communauté_internationale ») ne soit jamais abordée.

    Les #escrocs respectés, #escroquerie #escroquerie_légale

  • The bank moved to seize a widow’s home. But it didn’t tell her the loan was insured. | The Charlotte Observer The Charlotte Observer
    http://www.charlotteobserver.com/news/business/banking/article18700647.html

    For more than a decade after her husband died, Laura Coleman Biggs paid her mortgage to a Bank of America subsidiary. She was never told, even as she was weeks from losing her home, that her husband had actually protected her against foreclosure.

    #banksters #vils #escrocs

  • La fuite de recettes publiques au profit d’#Israël fait perdre au moins 306 millions de [US] dollars par an au territoire palestinien occupé
    http://unctad.org/fr/Pages/PressRelease.aspx?OriginalVersionID=232

    UNCTAD/PRESS/PR/2014/063
    Genève, Suisse, (03 décembre 2014)
    ​La fuite de recettes (provenant des droits de douane, des taxes à l’achat et de la taxe sur la valeur ajoutée) non transférées au Trésor palestinien par Israël fait perdre au moins 306 millions de dollars par an au territoire palestinien occupé, selon une nouvelle étude de la #CNUCED.

    Le manque à gagner fiscal représente 3,6 % du produit intérieur brut (PIB) et 18 % des recettes fiscales de l’Autorité nationale palestinienne.

    L’étude, intitulée Palestinian Fiscal Revenue Leakage to Israel under the Protocol on Economic Relations (Fuites de recettes budgétaires palestiniennes au profit d’Israël au titre du Protocole sur les relations économiques), indique que le montant correspondant à la fuite des recettes publiques palestiniennes permettrait à l’Autorité nationale palestinienne de stimuler davantage la croissance économique, d’augmenter le PIB annuel du territoire palestinien occupé de 4 % et de créer 10 000 emplois supplémentaires par an.

    Afin d’endiguer cette fuite, les auteurs de l’étude formulent des recommandations visant à instaurer un cadre plus équilibré qui soit adapté à la réalité économique palestinienne, laquelle a beaucoup changé depuis 1994. Ils recommandent par exemple la modification du #Protocole_de_Paris (1994), qui reste le cadre général régissant les relations commerciales entre la Palestine et les autres pays ainsi que les politiques économiques et fiscales palestiniennes.

    L’étude indique que selon les estimations figurant dans un rapport de la Banque centrale israélienne, 39 % des marchandises importées par l’Autorité nationale palestinienne en provenance d’Israël sont en réalité produites dans des pays tiers, puis dédouanées sous couvert d’importations israéliennes avant d’être vendues dans le territoire palestinien occupé comme produits israéliens. Les droits de douane applicables à ces « importations indirectes » sont perçus par les autorités israéliennes mais ils ne sont pas transférés à l’Autorité nationale palestinienne.

    En outre, l’absence de contrôle par l’Autorité nationale palestinienne des frontières de la Palestine fait de la contrebande en provenance d’Israël et des #colonies israéliennes une autre source importante de manque à gagner fiscal. Les auteurs de l’étude affirment que selon les estimations, la valeur des marchandises qui entrent clandestinement dans le territoire palestinien occupé depuis Israël et les colonies israéliennes représente entre 25 % et 35 % du total des importations palestiniennes. Lorsque les marchandises de contrebande sont produites en Israël, l’Autorité nationale palestinienne perd les recettes au titre de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et des taxes à l’achat. Toutefois, lorsque les marchandises de contrebande sont produites dans un pays tiers, elle perd − au profit du Trésor israélien − les droits de douane en sus de la TVA et des taxes à l’achat.

    L’étude souligne que l’économie palestinienne supporte un coût supplémentaire sous la forme de pertes de production et d’emplois. Ces pertes correspondent à la mesure dans laquelle l’économie palestinienne aurait pu accroître son PIB et créer davantage d’emplois si les fuites avaient été contenues et si les ressources avaient été transférées du Trésor israélien au Trésor palestinien, conformément au Protocole de Paris.

    De plus, les importantes fuites de ressources perpétuent la fragilité de l’Autorité nationale palestinienne sur le plan budgétaire et affaiblissent les capacités palestiniennes en matière de planification budgétaire. Elles réduisent aussi l’aptitude de l’Autorité nationale palestinienne à financer les dépenses de développement et à optimiser la croissance et la création d’emplois au niveau macroéconomique, selon l’étude.

    L’étude souligne toutefois que jusqu’à présent, les estimations du manque à gagner fiscal annuel ont été partiales et prudentes, et appelle l’attention sur la nécessité de mener des recherches plus approfondies afin de chiffrer les pertes de recettes dues à de multiples autres sources, notamment :
    • Les recettes non transférées à l’Autorité nationale palestinienne qui proviennent des impôts perçus par Israël et les colonies israéliennes sur les revenus des Palestiniens travaillant dans les colonies israéliennes ;
    • Les pertes dues à l’utilisation de la monnaie israélienne, qui est prédominante ;
    • Les pertes de recettes dues à l’absence de contrôle sur les ressources foncières et naturelles palestiniennes ;
    • Les pertes de ressources financières subies par le secteur public palestinien en liaison avec l’importation de pétrole, d’énergie et d’eau.

    Les auteurs de l’étude recommandent de permettre à l’Autorité nationale palestinienne d’accéder sans entrave à toutes les données relatives aux importations provenant d’Israël ou transitant par son territoire, lorsque la destination finale des marchandises est le territoire palestinien occupé, d’abroger le délai qui empêche l’Autorité nationale palestinienne de réclamer les recettes qui lui sont dues, de mettre un terme à la dépendance de l’Autorité nationale palestinienne à Israël en éliminant les obstacles au commerce avec des pays autres qu’Israël et de doter l’Autorité nationale palestinienne des ressources financières et humaines nécessaires pour renforcer les capacités de son administration douanière.

    #escrocs

  • #Libye : les dirigeants du #fond_souverain attaquent #Goldman_Sachs
    http://www.rfi.fr/moyen-orient/20140920-libye-dirigeants-fond-souverain-attaquent-banque-americaine-goldman-sac

    La banque américaine Goldman Sachs reconnaît avoir eu recours aux « petits cadeaux » pour s’attirer la clientèle du fonds souverain libyen sous le régime de Mouammar Kadhafi, selon le Financial Times. Les nouveaux dirigeants du fonds souverain libyen attaquent la banque devant la justice.

    Dans le cadre de la plainte déposée à Londres contre Goldman Sachs par le fonds souverain libyen, la banque américaine reconnaît que des voyages offerts à des dirigeants du fonds ou des stages proposés à leurs proches ont servi à s’attirer leurs bonnes grâces.

    Par la suite et c’est l’objet de la plainte libyenne, Goldman Sachs aurait empoché des profits faramineux de 350 millions de dollars pour un milliard de dollars de #transaction. Ceci en profitant délibérément de l’inexpérience des dirigeants libyens du fonds. Par ailleurs, le Wall Street Journal a fait savoir qu’une enquête a également été ouverte, aux #Etats-Unis cette fois, sur le stage accordé par Goldman Sachs au frère d’un ex-dignitaire du régime Kadhafi. Ce que la loi américaine interdit expressément.

    Ce fonds créé en 2006 pour faire fructifier les revenus pétroliers de la Libye, pèse actuellement 60 milliards de dollars. Et des enquêtes pour abus au détriment de la Libye ont également été ouvertes aux Etats-Unis contre la #Société_Générale, #JP_Morgan, le #Crédit_Suisse et plusieurs fonds d’investissement.

    #banques #banksters #escrocs

  • Quand votre banque en faillite viendra se servir sur votre compte - Yahoo Finance France
    https://fr.finance.yahoo.com/actualites/quand-votre-banque-en-faillite-viendra-se-servir-sur-votre-compte-

    Ce n’est plus une utopie : L’Europe l’a acté : Les banques en difficulté pourront ponctionner les comptes de leurs clients pour se refaire, exactement comme à Chypre en mars dernier. Faut-il se précipiter à la banque et vider son compte ? Rassurez vous : cela n’arrivera pas avant 2016. Enfin, seulement si...

    #banques #prédateurs #escrocs #argent

  • Politique culturelle:Rencontre avec Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, auteurs de La violence des riches

    http://www.journalzibeline.fr/loligarchie-des-riches-des-medias-et-des-politiques

    Parce que j’aime bien les Pinçon-Charlot en général

    Le conflit des intermittents est révélateur de la soumission de l’État à la violence des riches : un rapport de la Cour des comptes a construit un déficit exorbitant, monté de toutes pièces afin d’attaquer la protection sociale de la précarité. Le commissaire à la Cour des comptes en charge de ce rapport sur les intermittents est Michel de Virville, dirigeant du Medef, mis en examen dans une escroquerie de plusieurs dizaines de millions d’euros…

    Dans La violence des riches Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon identifient cette violence et les conflits d’intérêt entre Hollande et les milieux d’affaire. Rencontre.

    #riches #super_riches

  • #Irak : la #sécurité dans le #jeu des #escrocs
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article1732

    Un #pays à la merci de toutes les dérives.

    Le #déchaînement de la #violence #islamiste sur fond #ethnique , des #sectes en plein déchirement, est le nouveau #régime et #climat que subissent les #irakiens . Mais aussi la #corruption et toutes les #crises imaginables pour détériorer un pays et un #peuple qui espèrent encore la #démocratie .
    La #chute de #SaddamHussein en Irak, sur de fausses #accusations , fut la première démonstration de remise en ordre de systèmes #républicains dans le #mondearabe. Ce retour précurseur à l’alternance au pouvoir, ouvre grande la (...)