• Coronavirus : le variant Omicron ne rend pas les patients gravement malades pour l’instant, selon les médecins sud-africains _ RTBF °
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_coronavirus-le-variant-omicron-ne-rend-pas-les-patients-gravement-malade

    Les personnes infectées en Afrique du Sud par le nouveau variant du coronavirus Omicron ne sont pas gravement malades pour l’instant, même si la recherche reste limitée à ce stade. C’est ce qu’a rapporté la présidente de l’Association des médecins sud-africains, Angélique Coetzee sur la chaîne britannique BBC. « Les patients se plaignent surtout d’avoir les muscles endoloris et de fatigue, une fatigue extrême, a-t-elle déclaré. On le voit au sein de la jeune génération, pas chez les personnes âgées ». Ce variant ne nécessiterait pas une hospitalisation immédiate des patients.

    « Ce dont nous devons nous inquiéter maintenant, c’est que lorsque des personnes plus âgées et non vaccinées seront infectées par ce nouveau variant, elles risquent de développer une forme grave de la maladie », a ajouté Angélique Coetzee. . . . . . . .

     #crise_sanitaire #sante #santé #coronavirus #sars-cov-2 #variant #covid #pandémie #vaccins #santé_publique 

  • Une « plante pénis » rare vient de fleurir pour la première fois en 25 ans | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/218313/une-plante-penis-rare-vient-de-fleurir-pour-la-premiere-fois-en-25-ans

    Sans surprise, les foules affluent depuis quelques jours pour voir cette plante atypique. Évidemment, son nom, lui aussi peu commun, intrigue et attire la curiosité. Cette plante fait partie des trois plantes dites « pénis », avec, entre autres, la célèbre Amorphophallus titanium, le « phallus de titan ». Ce terme Amorphophallus a une signification simple : il veut dire « pénis informe ». Bien qu’à première vue, cette plante ne ressemble pas vraiment à un phallus, avec un peu d’imagination, l’on remarque bel et bien une petite ressemblance, avec son spadice élancé, cette tige blanche au centre.

    L’Amorphophallus decus-silvae a aussi une autre particularité : elle sent mauvais. Très mauvais. Pendant la phase de floraison, son spadice se réchauffe et émet une puanteur terrible, proche de celle d’une odeur de chair en décomposition, rapporte CNN. Cette particularité peu agréable a néanmoins un avantage : quand ça pue, c’est que la plante va enfin bientôt fleurir.

  • Voici ce qu’il se passe réellement avant et pendant une émission de “débat” - FRUSTRATION
    https://www.frustrationmagazine.fr/emission-debat-coulisses

    Pourquoi de telles énormités sociales dans l’organisation d’une émission de débats ou d’idées ? D’abord parce que plus personne ou presque ne réfléchit à ce que cela signifie d’organiser des débats télévisés sur des sujets de société. On enseigne aux étudiants en école de journalisme de rechercher des gens qui ont une “hauteur de vue”, sous-entendu bac+5, sous-entendu bien nés et qui ne subiront pas ce qu’ils prônent. On ne va quand même pas faire venir un smicard pour parler du niveau des salaires ? Non mais sans blague.

  • Sandrine Rousseau, pas vraiment prophète en son pays ! Mediacités - Hugo Palacin
    https://www.mediacites.fr/decryptage/lille/2021/09/27/sandrine-rousseau-pas-vraiment-prophete-en-son-pays

    Elle est, à n’en pas douter, l’une des personnalités politiques qui a le plus fait parler d’elle ces dernières semaines. Porte-étendard de l’« éco-féminisme » pour les uns, dangereuse représentante du « wokisme » https://www.marianne.net/agora/entretiens-et-debats/sandrine-rousseau-premiere-candidate-a-woke-a-lelection-presidentielle et de la « cancel culture » pour les autres, l’écologiste Sandrine Rousseau, installée à Lille depuis la fin des années 90, ne laisse personne indifférent. Capitalisant sur une radicalité assumée, elle a rallié à sa cause 25,14% des 122 670 participants au premier tour de la primaire écologiste, ce qui lui vaut d’affronter l’eurodéputé Yannick Jadot dans l’ultime round pour décrocher l’investiture verte à l’élection présidentielle de 2022.


    Depuis quelques jours, l’ancienne secrétaire nationale adjointe d’Europe Écologie Les Verts multiplie les séquences polémiques. Des « bad buzz » alimentés par des camarades écologistes nordistes, mais aussi des collègues au sein de l’Université de Lille, dont elle est vice-présidente déléguée à la vie universitaire depuis 2008. Mediacités vous donne les principales clés de ce désamour local.

    1/ Des échecs électoraux qui pèsent lourd
    S’il existe bien une dynamique favorable à Sandrine Rousseau au niveau national, on a du mal à en trouver trace dans son fief nordiste. L’ancienne numéro deux d’EELV a multiplié les investitures vertes : aux législatives de 2012 dans la vingt-et-unième circonscription du Nord, en tant que tête de liste aux municipales de 2014 à Villeneuve d’Ascq ou encore aux législatives de 2017 dans la neuvième circonscription nordiste. Mais cela s’est soldé à chaque fois par un échec cuisant. Or ces défaites semblent avoir défavorablement marqué les élus et militants écologistes de la métropole lilloise.

    La plus retentissante remonte à 2015, lorsque Sandrine Rousseau mène la liste EELV pour faire entrer les écologistes dans l’assemblée de la nouvelle région Hauts-de-France. Collectivement, les Verts décident de ne pas se rallier aux socialistes dès le premier tour. Mal leur en prend : avec seulement 4,84% des suffrages recueillis, les frais de campagne ne peuvent être remboursés par l’État. Alors que le parti lance une souscription pour recueillir 200 000 euros et renflouer les caisses de l’antenne régionale, Sandrine Rousseau, elle, se fait très discrète. « Après la défaite, les militants et les colistiers ont éprouvé une certaine amertume à son égard suite à sa fuite rapide, confie une élue écologiste. C’est probablement la cause du manque d’engouement autour de sa candidature dans nos rangs locaux aujourd’hui. »

    « Que ce soit aux régionales ou aux municipales à Villeneuve d’Ascq, elle a fait couler les Verts. Et ce sera pareil si elle est désignée candidate à la présidentielle », tance une ancienne proche collaboratrice. « Quasiment tous les anciens conseillers régionaux et tous les gens qui ont travaillé avec Sandrine Rousseau soutiennent un autre candidat qu’elle », fait même remarquer le co-président du groupe d’opposition municipal Lille Verte et conseiller métropolitain Stéphane Baly, partisan de Yannick Jadot à la primaire.

    https://twitter.com/StefBaly/status/1439926499759505415?s=20

    2/ Un positionnement très contesté
    La radicalité de la prétendante à la fonction suprême est également source de malaise parmi ses anciens camarades. « J’ai des interrogations sur le programme qu’elle pourrait porter si elle est désignée car j’ai l’impression qu’elle se détache de l’écologie, poursuit Stéphane Baly. Je n’ai pas adhéré au NPA [Nouveau parti anticapitaliste, un parti d’extrême gauche créé en 2009, ndlr] ! »

    À en croire Pauline Ségard, présidente du groupe écologiste à la MEL, la virulence de Sandrine Rousseau ne date pas d’hier : « En 2014, aux élections municipales à Villeneuve d’Ascq, elle a adopté une posture très en opposition à Gérard Caudron [maire divers gauche sortant, ndlr] avec des attaques verbales notamment. C’est quelque chose qui ne plaît pas forcément, même en interne - nous aspirons à davantage de paix. »

    Le positionnement radical de la candidate constitue même « une erreur » pour Jérémie Crépel, élu écologiste lillois et soutien de Yannick Jadot : « Ce rôle est déjà occupé par La France insoumise et elle n’est pas apte à convaincre les Français indécis de voter pour notre programme. On ne peut pas braquer une partie de la société contre une autre comme le fait Sandrine. »

    3/ Une « radicalité de façade » à l’université
    Sandrine Rousseau ne suscite pas seulement la controverse dans le milieu écologiste lillois. Elle est également très critiquée par ses collègues de l’Université de Lille. Chercheuse en sciences économiques, l’ex-numéro 2 d’EELV est devenue vice-présidente de l’université lilloise en 2008, juste avant que n’émerge le mouvement de contestation de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU). S’exprimant à ce sujet lors de l’émission « À l’air libre » de Mediapart, le 23 septembre, elle revendique avoir « fait quatre mois de grève sur la LRU » et s’être « opposée à toutes les réformes de libéralisation de l’université. » Une affirmation qui a aussitôt suscité une vague de protestations sur les réseaux sociaux.

    https://twitter.com/Mediapart/status/1441080060639916033?s=20

    Fabien Desage, maître de conférences en science politique à l’Université de Lille, se montre particulièrement critique. « Quatre mois de grève ? Mon œil ! J’étais très engagé dans cette contestation et ni moi, ni mes collègues n’avons le souvenir d’avoir vu Sandrine Rousseau à nos côtés à cette époque. » Aucun souvenir non plus d’une prise de position publique dans d’autres dossiers très polémiques : fusion des universités lilloises, Parcoursup, loi de programmation de la recherche (LPR) ou lancement de l’EPE, établissement public expérimental… « Entre collègues, on est excédés et hyper énervés par l’imposture de son discours, poursuit Fabien Desage. Tout ce qu’elle a fait depuis quinze ans, c’est des compromis. Elle est solitaire, et n’a jamais soutenu les mouvements progressistes au sein de l’université. »

    https://twitter.com/SimonGrivet/status/1441521005369954304?s=20

    « Durant son mandat, elle est loin d’être celle qui a pris les positions les plus radicales ; ce n’est qu’une radicalité de façade, renchérit un de ses collègues à la vice-présidence de l’université. L’université ne lui sert que de marchepied. Elle a passé le mandat à essayer de faire autre chose, se portant candidate à la présidence de Sciences Po Lille puis à l’Institut régional d’administration. Depuis plusieurs semaines, elle fait une interview par jour à Paris alors qu’il y a des rentrées importantes à l’université. Tout le monde voit qu’elle n’est pas à Lille, mais personne ne se demande si elle travaille... »

    4/ Des soutiens locaux qui se comptent sur deux mains
    La tenue de cette primaire -la seule- a été exemplaire.
    Heureux de ce 2nd tour entre 2 candidat•e•s de gauche qui portent l’écologie en actes depuis longtemps.
    Je soutiendrai avec conviction celle où celui qui arrivera en tête.
    Je soutiens @sandrousseau . pic.twitter.com/NJAL5BAJFD
    -- Simon Jamelin (@JamelinSimon) September 21, 2021
    Au niveau de la métropole lilloise, on dénombre tout de même quelques élus écologistes ayant publiquement affiché leur soutien à celle qui fut, de 2010 à 2015, vice-présidente de la région Nord-Pas-de-Calais, déléguée à l’Enseignement supérieur et à la Recherche. Les nouveaux élus départementaux du Nord, Simon Jamelin et Anne Mikolajczak, en font partie, tout comme les conseillers municipaux lillois Maroin Al Dandachi, Stéphanie Bocquet, Joe Dabit et Mélissa Camara. Cette dernière a d’ailleurs été désignée par Sandrine Rousseau pour être l’une des porte-paroles de sa campagne à la primaire écologiste. Joffrey Leroy, jeune conseiller communal écologiste à Lomme, est lui aussi un de ses fidèles soutiens.

    En dehors de ces sept fidèles, difficile de trouver des soutiens publics chez les écologistes nordistes ayant un mandat d’élu local.

    #sandrine_rousseau #EELV #virulence #violence #université #Lille #loi_lru #posture

  • « France », portrait mordant d’un monde médiatique sans scrupules
    https://www.rts.ch/info/culture/cinema/12444395-france-portrait-mordant-dun-monde-mediatique-sans-scrupules.html

    Dans le nouveau film de Bruno Dumont, Léa Seydoux incarne une journaliste vedette d’une chaîne d’info en continu qui ne lâche rien pour arriver à ses fins. Avec « France », le réalisateur pointe les écueils d’un monde médiatique en quête de sensationnalisme.
    Journaliste star du paysage audiovisuel hexagonal travaillant pour une chaîne d’info en continu, France de Meurs (Léa Seydoux) ne recule devant aucun reportage traficoté pour assurer son audience et asseoir sa célébrité.

    >> A voir, la bande-annonce du film
    https://www.youtube.com/watch?v=416RC8btwd4

    Mère absente d’un fils collé à ses écrans, épouse d’un écrivain arrogant (Benjamin Biolay) avec qui elle ne partage plus grand-chose, France passe surtout ses journées avec son assistante personnelle, Lou (Blanche Gardin), qui lui voue un culte sans bornes. Mais un jour, France décide de tout plaquer pour se retrouver elle-même et s’extraire de son image.

    Une satire des médias
    Débutant par une conférence de presse à l’Elysée hilarante qui bidouille avec délice les interventions de Macron face à France de Meurs, le film s’affiche d’emblée comme une satire féroce des médias, de la télévision et des réseaux sociaux.

    Alternant avec une aisance remarquable le comique et le pathétique, Léa Seydoux est impériale alors que Blanche Gardin s’amuse, et nous amuse, à débiter des répliques sans aucune censure morale ou verbale comme son fameux « le pire, c’est le mieux ».

    « France », à voir actuellement sur les écrans, se veut une réflexion sur les contradictions d’un métier qui, selon le réalisateur, résume notre société. « Les journalistes sont des spécimens très intéressants de la modernité », a-t-il expliqué récemment à Cannes où le film était présenté en sélection officielle. « Le journaliste a une mission héroïque de vérité et est embarqué dans une industrie qui a besoin de rendement. C’est un conflit absolument irrésolu et qu’on ne peut pas résoudre ».

    « Je ne tape pas sur les médias », estime Bruno Dumont
    Bruno Dumont, cinéaste volontiers burlesque, dont les derniers films ressemblaient à des ovnis, comme son oeuvre en deux parties sur Jeanne d’Arc, livre cette fois un cinéma un peu plus grand public, dont la bande originale est signée Christophe, mort en avril 2020. Mais il assure toujours se méfier des solutions de facilité et des leçons de morale.

    « Je ne tape pas sur les médias, je ne suis pas débile », souligne le réalisateur qui entend par contre pointer le « dilemme » dans lequel se retrouveraient les journalistes, « une espèce de culpabilité » entre l’activité « très noble du journalisme » et ce qui est « corrompu par l’industrie ».

    Fustigeant sans détour la superficialité des images qui préfèrent le sensationnalisme à l’information, Bruno Dumont rapproche volontairement la facture globale de « France » à la laideur visuelle de ce monde d’élite parisianno-médiatique (on se pince devant le kitsch décoratif de l’appartement des de Meurs). Un film d’un cynisme dévastateur.

    #journalisme #information #presse à papiers #sensationnalisme #satire #médias #télévision #réseaux_sociaux #corruption #propagande #manipulation #presse #merdias #médias #propagande #journulliste #journullistes #médiacrates #france #mass_merdias #enfumage #esj #académie_esj

  • Crachats et injures envers des journalistes à Paris
    http://www.lessentiel.lu/fr/news/france/story/crachats-et-injures-envers-des-journalistes-a-paris-18701998

    Une équipe de l’« AFP » a été prise à partie lors d’une manifestation contre le pass sanitaire organisée samedi à Paris, devenant la cible de crachats et d’injures.

    Une équipe de l’AFP a été prise à partie lors d’une manifestation contre le pass sanitaire organisée samedi à Paris à l’appel du président des Patriotes Florian Philippot, devenant la cible de crachats et d’injures, ont indiqué ces journalistes. Chargées de couvrir le rassemblement au départ de Montparnasse (sud de Paris), deux journalistes reporters d’images (JRI) ont d’abord réalisé sans encombre des interviews. La situation s’est tendue au moment du départ du cortège, ont-elles raconté.


    « On était dans le carré de tête. Des cris, notamment "AFP Enculés" ont commencé à fuser », mais « tant que nous étions dans le carré, on se sentait plus ou moins protégées par le service de sécurité des organisateurs », ont-elles précisé.

    « Pour nous empêcher de filmer »
    Elles ont décidé de se mettre sur un banc pour filmer le début de la marche. C’est alors qu’« un homme a fait un doigt d’honneur à la caméra, trois ou quatre autres sont montés sur le banc pour nous empêcher de filmer » et un autre encore « a craché sur les jambes » d’une des reporters, a déclaré l’une d’elles. L’AFP a décidé de suspendre sa couverture en images de ce rassemblement.

    Lors d’un précédent rassemblement d’opposants au pass sanitaire, le 22 juillet devant le Sénat à Paris, des journalistes de BFMTV avaient été insultés et menacés physiquement par des manifestants. Les violences avaient été évitées grâce à deux agents de sécurité de la chaîne, selon l’un des journalistes présents. L’équipe avait renoncé à couvrir cette manifestation, et la chaîne avait annoncé ensuite qu’elle allait porter plainte.

    #merdias #médiacrates #journuliste #propagande #clergé_médiatique #propagande #mass_merdias #imposture #journulliste #journullistes #ESJ

  • Belgique : "Journalope", "Collabo","On va te pendre" : quand les agressions verbales et les menaces se multiplient pour les journalistes de terrain Barbara Boulet, RTBF, 29 Avril 2021

    C’est un 1er avril qui n’aura pas amusé mon collègue Pierre-Yves. Pierre-Yves Meugens est reporter à Bruxelles. Cet après-midi-là, pour la radio, il part relayer une équipe au bois de la Cambre où s’est organisée une grande "boum" en dépit des mesures sanitaires. https://www.rtbf.be/info/regions/detail_des-milliers-de-personnes-reunies-au-bois-de-la-cambre-une-operation-de-

    Il est à peu près 17h30 quand Pierre-Yves arrive sur place. Entre les projectiles qui volent, les autopompes qui arrosent, et la charge de la cavalerie, il reçoit des jurons. "A 8 ou 9 reprises sur la soirée, des gens qui voyaient le sigle RTBF sur mon micro, me criaient des insultes comme ’Merdia’ ou ’Journalope’, se souvient Pierre-Yves. A un moment, une voiture est passée, un passager m’a crié ’collabo’. Je n’ai pas répondu. Ce n’est qu’à la fin de la soirée, quand un plus jeune, apparemment ivre, criait en boucle ’journalope’ que j’ai fini par réagir, j’en ai eu marre. Je lui ai demandé pourquoi il disait ça et s’il imaginait une démocratie sans journalistes. Je lui ai expliqué que j’étais là notamment pour leur laisser la parole, à lui et aux autres participants. Il m’a dit que de toute façon, j’allais déformer. Je vais le dire franchement : ce soir-là je suis rentré découragé, même si la majorité des gens ont été respectueux et même charmants"

    Un policier conseille de partir
    Dix jours plus tôt, au même endroit, c’est une équipe de l’émission télé Investigation qui se fait malmener, en marge d’une manifestation contre la "dictature sanitaire". "Dégagez ! Vous n’avez rien à faire ici" s’époumone un manifestant, puis "Je ne te cause pas sale pute", à la journaliste qui tente de défendre son droit d’être là. Des participants devront même s’interposer entre un homme particulièrement agressif et l’équipe. Un policier en civil ira jusqu’à conseiller à l’équipe de quitter les lieux pour sa sécurité. Et au moment où les collègues s’éloignent, fusent encore des "Menteurs !" et autres "Bande de collabos". "J’avais le sentiment qu’il ne s’agissait plus d’une simple question de défiance, se souvient aujourd’hui la journaliste Clémence Dath. Mais bien d’une forme de haine » . La RTBF a décidé de déposer une plainte en justice pour ces faits.

    Ces exemples-là se sont multipliés ces dernières semaines. Et pas uniquement sur les lieux de manifestations tendues, d’ailleurs. Ainsi, un de ces dimanches matins, à Liège, mon collègue technicien radio Renaud Huvelle pousse la porte d’une rôtisserie du quartier des Guillemins à Liège. Le suit un homme d’une quarantaine d’années très énervé, qui se met à l’insulter et à le traiter d’assassin. Renaud n’était pas de service ce week-end-là, mais il portait un masque siglé RTBF. "L’homme était difficile à interrompre, se souvient Renaud. Il semblait vouloir en venir aux mains. J’ai essayé de calmer la situation en minimisant mon rôle à la RTBF. La serveuse a essayé d’appeler la police. Il est finalement parti au bout de 10 minutes".

    Voitures banalisées, matériel moins siglé
    Avec la crise sanitaire et les mesures adoptées par le gouvernement, sans généraliser pour autant, les situations de tensions se sont multipliées pour les équipes de terrain. Au point qu’aujourd’hui, il leur arrive de mettre en place des stratégies – improvisées ou non- pour les éviter. Par exemple, le week-end dernier, les collègues télé qui ont couvert les événements de Droixhe se sont consciencieusement abstenus de rester statiques et visibles pendant les minutes qui ont précédé l’intervention en direct. "Il y a quelques années, ces réflexes n’existaient pas", commente Anne Poncelet qui coordonne la couverture de l’actualité liégeoise à la RTBF. "Récemment, j’ai même retiré la garde de week-end d’une journaliste enceinte car j’avais peur qu’elle soit confrontée à de pareilles tensions".

    Des équipes de deux personnes au moins
    Cela fait aussi un moment que la RTBF anonymise davantage les reporters : matériel moins siglé et dans certains cas, même, des voitures banalisées. A la rédaction, où des cas sont "surtout remontés depuis la fin de l’année dernière", le problème est d’ailleurs pris au sérieux par la direction de l’information, qui l’inscrit systématiquement à l’ordre du jour de ses comités éditoriaux pour faire le point avec les chefs d’équipe, rappeler les consignes de sécurité ou annoncer de nouvelles mesures. La RTBF essaie de ne plus envoyer de journalistes ou cadreurs seuls sur les manifestations, par exemple.

    "Nous avons une double crainte, commente le directeur de l’Information Jean-Pierre Jacqmin. D’abord, bien sûr, qu’un membre de l’équipe se fasse agresser. Ensuite, il y a le risque de perdre le contrôle éditorial". C’est le cas où une équipe ne peut plus maîtriser son intervention en direct.

    Ce qui s’est passé avec l’équipe d’investigation (à qui un policier a conseillé de quitter la manifestation) pose aussi sérieusement question : la presse finira-t-elle par déserter certains lieux d’actualités pour raison de sécurité ? Des journalistes vont-ils finir par craindre d’aller sur le terrain ?

    Jean-Pierre est en contact régulier avec les directions des autres rédactions francophones pour échanger sur le problème et envisager des solutions. Parce qu’il faut bien dire que le phénomène n’est pas propre à la RTBF et à sa particularité d’être un média de service public.

    Une tendance de fond
    Le journaliste du JT d’RTL Loïc Parmentier nous raconte avoir lui aussi été malmené avec son collègue caméraman dans une petite artère à l’orée du bois de la Cambre. C’était le 2 avril dernier, vers 22h30, à l’issue de ce qu’on pourrait appeler "l’after de la boum". Ils sont pris à partie par une dizaine d’hommes agressifs qui vocifèrent "bande de collabos. On va vous tondre, on va vous pendre". Et qui les accusent d’être "à la solde" tantôt "du gouvernement", tantôt " du capital ". L’un d’eux faisait mine de vouloir donner des "coups de boule". "Impossible de discuter" , se souvient Loïc, qui estime que le problème est devenu récurrent.

    C’est précisément aussi l’avis de l’Association des journalistes professionnels, l’Ajp. La secrétaire générale Martine Simonis ne cache d’ailleurs pas son inquiétude : "On doit faire le constat d’un climat hostile, de menaces. Avant, on avait des événements sporadiques lors de manifs qui tournent mal. Des cas isolés. On a aujourd’hui beaucoup plus un mouvement de fond qui vise les journalistes. Donc avec des groupes qui pensent qu’il faut agresser des journalistes. Que les journalistes sont leurs ennemis. Ces groupes sont très minoritaires mais très actifs et très visibles dans l’espace public". Aucun média ne serait d’ailleurs épargné. Même si l’audiovisuel et les photographes de presse écrite sont sans doute plus exposés, en raison de leur plus grande visibilité.

    Journalistes perçus comme symboles de l’autorité
    La secrétaire générale explique que ce public-là perçoit les journalistes comme des symboles de l’autorité, ce qu’ils ne sont pas : "Pour toutes ces personnes en opposition – et c’est tout à fait leur droit de l’être- les journalistes sont les seuls qu’ils peuvent atteindre pour se défouler. Les politiques, ils ne les atteignent pas. Les représentants de l’ordre, ils préfèrent ne pas s’y frotter. Ils assimilent les journalistes au pouvoir… Ce qui est une vraie erreur d’analyse".

    Comme journalistes, nous ne sommes pas les porte-parole des autorités, même s’il faut admettre que la crise sanitaire en particulier a montré la difficulté de trouver au quotidien la juste distance, le recul critique nécessaire.

    Photographe grièvement blessé à Reims
    Si ce climat hostile a atteint la Belgique aujourd’hui, il a aussi sérieusement progressé partout en Europe. Avec de récentes dérives graves : fin février, un photographe de L’Union, à Reims en France, a été grièvement blessé, après une agression par un groupe de 13 personnes, à proximité de la voiture qui portait le logo du journal. "Ce sont des attaques qu’on voyait avant dans des pays compliqués pour la liberté de la presse comme le Mexique ou certains pays de l’Est. Et tout à coup, on voit que les attaques physiques se passent aussi ici".

    La situation s’aggrave en Europe
    Heureusement, toutes les agressions sont loin d’être aussi graves. Mais quand même. D’après la plateforme du conseil de l’Europe pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes, l’an dernier, en Europe, 70 alertes ont été recensées pour des cas (sérieux) de harcèlement et d’intimidations (dont 4 pour la Belgique). 52 pour des faits de violences physiques (aucune en Belgique). A titre de comparaison, en 2019, il n’y en avait "que" respectivement 43 et 33. Plus préoccupant encore : pour ce début d’année 2021, il y a déjà eu 29 alertes pour violences physiques, c’est presque autant que pour toute l’année 2019.

    La méthode trumpienne favorise les agressions
    "En Europe, on observe deux tendances nouvelles, analyse Ricardo Gutiérrez, secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes (FEJ). Des agressions physiques, souvent dans le cadre de couvertures de manifs. Il y a eu des cas en France, en Grèce, en Italie, en Pologne, en Russie, en Espagne, en Turquie, au Royaume-uni et en Serbie. Et puis on a des attaques verbales qui émanent de politiciens de haut rang, parfois même de premiers ministres. Même au Royaume Uni, une ministre s’en est prise à une journaliste. C’est la méthode trumpienne, faire passer les journalistes pour les ennemis du peuple. Les discréditer en les critiquant verbalement. Le problème est que ces critiques verbales quand elles émanent de l’autorité publique, incitent au passage à l’acte. Quelqu’un d’un peu énervé dans une manif tapera plus vite sur un journaliste quand le Premier ministre du pays aura verbalement agressé les médias".

    Inertie des États
    Le secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes pointe aussi l’inertie des États en la matière : "La liberté de la presse est un droit qui exige des États qu’ils prennent des mesures pour que ce droit s’exerce pleinement. Mais ils ne le font pas. Ils ont presque tous (sauf la Russie) voté une recommandation en 2016, mais à part la Suède et les Pays-Bas [où la situation a pris des proportions énormes, voir encadré ci-dessous], personne n’a pris d’initiatives ni de mesures concrètes depuis lors. C’est ça qui est grave : les États se donnent une image de protecteur de liberté de la presse mais ils ne prennent pas de mesures concrètes". Dans le rapport d’évaluation du Conseil de l’Europe, pas de trace de la Belgique : "Elle n’y est pas du tout citée car elle n’a rien fait" , regrette Ricardo Gutiérrez.

    La suite : https://www.rtbf.be/info/inside/detail_journalope-collabo-on-va-te-pendre-quand-les-agressions-verbales-et-les-

    #journalisme #médias #censure #presse #_journaliste #fait_divers #politique #conseil_de_l_europe #presse #propagandistes

  • Immersion dans le Centre de formation des journalistes Elodie Gabillard, vendredi 23 avril 2021

    « Les petits soldats du journalisme » [1] continuent de marcher au pas. C’est en tous cas ce qu’il ressort du documentaire « En Formation » : une immersion, le temps d’une année scolaire, dans une promotion du Centre de formation des journalistes (CFJ). Sélectionné au festival « Filmer le Travail » de Poitiers, le film a obtenu le prix du public. Entretien avec les réalisateurs Julien Meunier et Sébastien Magnier.

    https://vimeo.com/513750482

    Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce film ? Quel rapport entretenez-vous aux médias ?

    Sébastien Magnier : Petit, je me souviens avoir voulu être journaliste, sans trop savoir ce que c’était. J’ai toujours regardé les informations ; aujourd’hui je lis plutôt les journaux, j’écoute la radio, tout cela m’intéresse. En tant qu’usager des médias, j’ai aussi développé un regard critique. À la fac, j’avais un professeur qui contribuait à Acrimed et je regardais l’émission de Daniel Schneidermann, Arrêt sur images. À force d’écouter la radio, j’ai commencé à me poser des questions : les journalistes racontaient tous la même chose, parlaient tous de la même manière. Ils semblaient former un corps, sans individualité. J’ai voulu savoir comment ils étaient formés.

    Julien Meunier : Je me souviens que lorsque Sébastien m’en a parlé, c’était il y a cinq ou six ans, à un moment où je me posais pas mal de questions sur les canaux de l’information. De plus en plus de citoyens se mettaient, via les réseaux sociaux, à produire de l’information. J’étais curieux de savoir ce qu’une école répondait à cela : si, d’un côté, il y a des professionnels que l’on est censé croire, que penser de ce phénomène nouveau qui pousse les citoyens à faire un travail de journaliste ? Quelle est la différence entre un journaliste formé au CFJ et un individu lambda qui, chez lui, avec son téléphone portable, raconte ce qui se passe au coin de sa rue, va faire un petit micro-trottoir et mettre ça sur Youtube ? Je me disais qu’il y aurait quelque chose de l’ordre d’une définition du journalisme qui allait se donner dans les cours du CFJ. Par ailleurs, je savais qu’il y avait des studios de télé et de radio dans lesquels des jeunes allaient se mettre en scène, imiter ce qu’ils s’imaginent du métier de journaliste. Dès lors, on a su qu’on pourrait faire un film, qu’il y aurait une matière cinématographique, quelque chose de l’ordre de l’image qui parle d’elle-même.

    Comment avez-vous choisi l’école ?
    S. M. : Le CFJ compte parmi les écoles les plus réputées - une des 14 écoles reconnues par la profession - et puis, c’est à Paris, là où Julien et moi habitons. C’est donc la première école que nous avons démarchée et ils ont immédiatement accepté.

    J. M. : Nous nous sommes présentés très simplement, en expliquant notre intérêt pour l’école, la formation des journalistes, notre envie de faire un film. Nous nous sommes rendu compte que ça n’avait jamais été fait, notamment dans le documentaire de création. Nous pensions que c’était un lieu secret, que nous mettrions des mois à percer. Pas du tout. Ils nous ont ouvert grand les portes de l’école.

    Est-ce que vous vous êtes lancés dans ce film en vous disant que vous alliez « filmer l’ennemi ? »

    J. M. : C’est une question vraiment compliquée parce qu’en tant que citoyens, les pratiques journalistiques majoritaires ne nous conviennent pas. Mais, en tant que documentaristes, très naturellement, il y a eu la volonté d’ouvrir le regard, de se laisser la possibilité de rencontrer autre chose que ce qu’on imaginait. Donc en pratique, on ne les a pas abordés comme des ennemis. Mais ça n’empêche pas le regard critique, avant, pendant et après, au montage, lorsqu’on reconstruit notre regard.

    S. M. : En allant filmer ces gens, il ne s’agissait pas de les juger. Nous avons adopté un point de vue de témoin. Je me souviens que beaucoup d’élèves étaient méfiants et nous demandaient pour qui on travaillait. Quant à la direction du CFJ, elle nous a dit : « On fait le même métier ! » Je pense qu’ils se sont dit que ça pouvait leur faire un peu de publicité. C’est une école privée qui fonctionne avec des donations et les frais de scolarité des étudiants et des étudiantes…

    J. M. : Nous même, nous étions surpris d’un tel accueil. Rien ne nous a été caché. De la part de l’école, il y avait vraiment une volonté de respecter notre travail. Nous avons pu, dès le début du tournage, filmer le concours d’entrée et les délibérations du jury, ce qui n’est pas anodin. Donc au moment de la rencontre, la question de l’ennemi ne se pose pas, ni même vraiment plus tard. Mais cela ne nous empêche pas de nous inscrire en faux. Surtout au montage, parce que notre pratique de documentaristes se confronte à la pratique journalistique. Nous sommes quasiment à l’opposé de la pratique journalistique majoritaire. Cela nous a obligés aussi à réaffirmer nos pratiques de documentaristes.

    S. M. : Nous avons voulu marquer la différence entre le regard du journaliste et celui du documentariste ; s’inscrire contre la pratique, mais pas contre les gens. Nous restions longtemps au même endroit, laissions tourner la caméra, refusant de construire des personnages.

    J. M. : C’est peut-être aussi la différence entre une démarche de journalistes et une démarche de documentaristes. Nous aurions été journalistes, nous aurions recueilli l’information, posé des questions, mené l’enquête. En tant que documentaristes, il nous faut quelque chose du cinéma qui nous excite ou qui nous interpelle pour pouvoir en faire un film.

    Ce qui m’a frappée dans votre film, c’est que ce que vous avez choisi de nous montrer s’apparente plus à une formation théâtrale qu’à une formation de journalistes. À les entendre sans cesse répéter leurs textes, corriger leurs intonations, on finit par se demander si on n’est pas au Cours Florent. Tout semble privilégier la forme au fond : même les rares livres que l’on aperçoit servent de pieds de table ! À aucun moment, nous ne voyons les étudiants et étudiantes effectuer un travail de terrain : être à la source de l’information, réaliser des entretiens, se documenter, enquêter. Pourquoi ce choix ?

    S. M. : Nous n’avons pas répondu à un désir d’exhaustivité... Mais s’ils font un travail d’enquête, on ne l’a pas vu.

    J. M. : Nous n’avons, justement, pas fait un travail de journaliste. Nous sommes allés uniquement là où nous voulions. Néanmoins, il nous semble qu’il n’y a pas de cours sur l’histoire du journalisme, sur l’éthique. Mais cela paraît tellement extraordinaire aux spectateurs du film que je deviens de moins en moins affirmatif et me demande si on n’est pas passé à côté ! C’est toujours le format qui est travaillé : le format du micro-trottoir, le format du reportage. Au fond, ce que je pense, c’est que le CFJ forme les jeunes au monde du travail. Et la réalité du monde du travail, ce n’est pas l’enquête. D’ailleurs, les deux conférences auxquelles nous avons assisté, c’était : « Comment devenir son propre employeur et fabriquer son propre média. » C’est vraiment des questions « Pôle Emploi »...

    S. M. : Je me souviens que lorsque les élèves arrivaient le matin, ils ou elles faisaient une conférence de rédaction mais je ne les ai jamais vu réaliser un travail d’enquête ou d’investigation. Les élèves partaient donc faire un sujet sur un thème, prédéterminé par l’actualité. Ils allaient faire semblant, et poser les mêmes questions que tel ou tel journaliste lors de tel ou tel événement. Il n’y avait pas d’enquête.

    J. M. : Ce qui est révélateur c’est que quand ils revenaient avec leur sujet, les élèves n’étaient jamais notés sur la qualité de l’information, mais toujours sur la forme : il fallait que ça fasse tant de minutes, que l’exposition arrive au début, que les images accompagnent bien le texte, que de temps en temps il y ait une prise de parole qui rythme l’article. Ils sont là pour apprendre l’écriture journalistique, le fond n’a aucune importance. Que ce soit un salon du chocolat, la semaine de la mode ou un accident nucléaire, c’est identique.

    Pendant les repérages, dans un couloir, nous avons vu plusieurs élèves effectuant des allées et venues en récitant leur brève. Effectivement, ils auraient pu passer pour des acteurs qui répètent leur texte. Nous, immédiatement, cela nous a fait penser à une secte. La scène était vraiment étonnante, et très cinématographique. À ce moment-là, nous avons compris qu’il se passait quelque chose à l’image, qu’un journaliste débutant n’avait pas la même prosodie qu’un étudiant de deuxième année et que cela allait s’entendre. Nous avons compris que leur corps et leur voix seraient des outils cinématographiques pour comprendre les questions de formats, d’écriture, de pratiques journalistiques et d’intégration de ces pratiques professionnelles. Quasiment tout ce qui nous intéressait dans la question de l’information se retrouvait résumé dans ces images d’un corps ou d’un visage face à un micro.

    S. M. : C’est frappant chez l’étudiant qui doit réciter sa brève sur les migrants morts en Méditerranée. Il avait une énergie incroyable, il était hyper tendu, très stressé, il avait envie de faire du mieux possible. Et pourtant, la répétition dilue complètement le drame qui se joue. On assiste à une perte de sens et à une distanciation par rapport à la réalité. Pourtant, il avait commencé en disant « le sujet m’intimide ».

    J. M. : Ce qui semble paradoxal c’est que l’école a conscience de cela. Elle prétend chercher les individualités, et surtout pas un journaliste lambda. Des intervenants sont payés pour leur apprendre à respirer et sortir de cette caricature de voix journalistique. C’est comme si l’école refusait ce formatage tout en le produisant. Il faut entrer dans le moule pour trouver du travail. Il n’est pas question de ne former que des marginaux et en même temps, il y a un souci d’essayer d’en faire autre chose que des robots.

    S. M. : Oui, c’est assez maigre comme solution, ça n’est jamais remis en question par l’école, il n’y a pas de volonté...

    J. M. : Il n’y a pas le temps, puisque toutes les demi-heures, tu dois rédiger un papier d’une minute trente. Ils n’ont pas le temps de penser...

    Votre film se construit à travers une succession de plans où les étudiants et les étudiantes semblent complètement interchangeables : la caméra se pose dans un coin du studio et les sujets défilent, ce qui donne une impression de fabrication en série.... Combien de promotions avez-vous filmées ? Pendant combien de temps ?

    S. M. : Nous sommes restés un an et avons filmé de mai 2015 à juillet 2016. On a suivi trois promotions, même si c’est surtout la première année qui apparaît à l’écran. Quant aux élèves, nous n’avions pas envie de les identifier pour justement ne pas construire des personnages.

    J. M. : Nous ne voulions pas entrer dans une narration linéaire, ni dans une psychologie ou une sociologie des futurs journalistes. On focalise – ce qui veut dire exclure beaucoup de choses – sur la pratique. Nous avons décidé de ne regarder que ce qu’ils font et non pas qui ils sont.
    
Votre film est presque un huis-clos. Le seul moment hors de l’école a lieu juste après les attentats du Bataclan et là encore, les journalistes sont tellement concentrés au même endroit qu’ils donnent l’impression d’être enfermés dehors. Était-ce pour vous une manière de dénoncer un entre-soi ?

    S. M. : Nous les avons filmés à l’extérieur à d’autres moments mais, avec cette séquence, nous voulions marquer la différence entre la manière dont ils travaillent à l’école et la confrontation avec le réel.

    J. M. : Avec la séquence du Bataclan, c’est la première fois dans le film qu’ils sortent. Il y a une confrontation avec le réel parce qu’on les sent perdus, c’est compliqué pour eux de se retrouver face aux gens, etc. Mais il y a quand même quelque chose de l’entre-soi aussi parce qu’autour d’eux, il y a des journalistes. Ils sont tous au même endroit, c’est un éclairage de plateau et on sent bien que tout le monde fait le même reportage au même moment. Il y a effectivement quelque chose du monde journalistique qui les suit dehors.

    Il y avait une séquence qu’on aimait bien, dans laquelle les élèves sortaient dans la rue pour travailler le duplex. C’était au moment de l’attentat de Charm el-Cheikh : ils sont dehors et miment, micro en main, un duplex. Sauf qu’ils sont rue du Louvre à Paris. On les entend dire : « Derrière moi, les Égyptiens, la plage, les touristes russes qui partent. » Et on voit le marché du quartier, une classe d’enfants qui passe ! Cette séquence racontait vraiment comment, même hors de l’école, ils sont dans leur bulle et jamais dans le réel. Nous avons enlevé la séquence pour des raisons de structure et de narration, mais je pense qu’on en trouve un écho dans celle du Bataclan, même s’il s’agissait surtout ici de montrer la rupture. En témoigne cette étudiante qui, devant les lieux de l’attentat, suggère d’interviewer des enfants. Sa proposition peut choquer, mais elle montre bien que dehors, ils sont perdus, ils sont déconnectés.

    En fait, nous sommes face à un miroir déformant de notre pratique qui consiste à rencontrer le réel : pour eux, le scénario est déjà écrit, ils savent ce qu’ils veulent, ce qu’ils cherchent. Bizarrement, le réel n’est pas leur sujet. On le voit bien avec, par exemple, l’importance donnée par les intervenants à l’idée de raconter une histoire, de capter l’attention à travers un storytelling permanent. Ils travaillent principalement sur des tech-niques de récit et des formats préétablis. Et quand la singularité du réel devient incontournable, ils ne savent plus quoi en faire.

    Pendant une heure, nous voyons ces étudiants et étudiantes défiler, se comporter « en bons petits soldats » pour reprendre l’expression de François Ruffin. Et arrive la dernière séquence, qui sonne un peu comme une mutinerie : soudain émergent des questionnements extrêmement intéressants et même des prises de parole touchantes. Je pense à cet étudiant qui dit : « Je suis venu dans une école de journaliste en pensant faire de l’information et je me retrouve à faire de l’émotion. » Mais quid des enseignants ?

    S. M. : La séquence de fin, ce moment où les étudiants échangent autour de leurs pratiques, ce n’était pas prévu, ce n’est pas organisé par l’école. C’est le seul moment où nous sommes un peu intervenus parce que beaucoup d’élèves étaient chamboulés et s’interrogeaient par rapport à leur manière de faire. Ça nous paraissait important de créer un moment qui puisse faire émerger ces discussions.

    J. M. : L’école avait évidemment conscience de la difficulté de la situation. Leur réponse consistait à dire : « Nous sommes là pour vous écouter si vous avez des problèmes. » Donc on savait qu’il y aurait des moments de discussion, mais de manière informelle et individuelle. C’est pour cela que nous avons proposé ce temps collectif. Les intervenants ne sont pas dans le montage parce que, s’ils étaient présents, ils et elles ont eu l’intelligence de ne pas phagocyter la parole, de laisser les étudiants et les étudiantes s’exprimer. Cela a seulement été rehaussé au montage pour les faire disparaître un peu plus.

    S. M. : Et puis, cette séquence, c’était aussi l’occasion de donner la parole aux étudiants. Jusqu’ici, ils faisaient les exercices sans poser de questions. Avec le Bataclan, il y a eu rupture. Certains se seront fait eux-mêmes interviewer parce qu’ils avaient un ami à l’hôpital et se seront retrouvés devant des journalistes très insistants ; d’autres auront eu tout un week-end pour regarder la télévision, observer les pratiques de leurs aînés et les confronter avec leurs propres pratiques. Tout d’un coup, ils et elles se posent des questions. Et une parole qui n’existait pas avant, apparaît. Maintenant, on ne dit pas que cette pratique journalistique va changer : on travaille un doute, tout est possible... Ils restent deux ans à l’école et après, ils ont toute une vie de journaliste dans différentes rédactions qui font que... rien n’est écrit !

    Avez-vous projeté votre film au CFJ ?
    Le montage du film s’est terminé en décembre 2019 et en raison de la situation sanitaire, ça n’a pas encore été possible. Mais nous avons très envie de montrer ce film, d’en discuter, de poser et répondre aux questions. Nous croyons vraiment que ça peut donner lieu à des discussions profitables pour tout le monde. C’est presque quelque chose que nous souhaitons rendre à l’école qui nous a si bien accueillis, ce moment où deux pratiques se croisent et se rencontrent.

    Propos recueillis et transcrits par Élodie Gabillard

    Les réalisateurs :
    Julien Meunier est diplômé de la faculté de cinéma Censier Paris III Sorbonne Nouvelle, où il rencontre Sébastien Magnier. Il part ensuite étudier la bande dessinée à Angoulême puis revient au cinéma par le documentaire. Depuis 2008, il réalise des films et travaille toujours en co-réalisation. Il s’agit de sa première collaboration avec Sébastien Magnier.

    Avec « En formation », Sébastien Magnier, également diplômé de la faculté de cinéma Censier Paris III Sorbonne Nouvelle, réalise son premier film. Il a travaillé pendant 15 ans comme documentaliste au CNC, a rejoint en 2012 la rédaction du journal du festival « Le cinéma du Réel », qui marque sa rencontre avec le documentaire de création.

    Source : https://www.acrimed.org/Immersion-dans-le-Centre-de-formation-des

     #journalisme #médias #france #censure #presse #_journaliste #fait_divers #politique #internet #CFJ* #ACRIMED #ESJ ?

  • Lille ce 27 Mars 2021. On a suivi HK et les Saltimbanques à Lille.
    On a pas vu grand chose de tout cela sur les sites web de France 3 et La voix du nord.
    La partialité du journalisme officiel est de plus en plus patente.
    En se rangeant constamment et à l’unisson derrière le discours gouvernemental et policier, il joue une partition très dangereuse, consciemment ou non. Ça ne doit pas s’enseigner dans les écoles supérieures de journalisme, les ESJ.

    Idem en Belgique, où par exemple, A propos du rassemblement au Bois de la Cambre du 1/04/201 la RTBF affirme que la police déploie des pompes à eau, les autres médias : Des canons à eau.

    « Les jeunes paient le plus lourd tribut à la crise alors qu’ils représentent la population la moins touchée dans sa santé. Mais on ne les écoute pas. »

    https://www.youtube.com/watch?v=VML96Wdf41g

    #Lille #HK #ESJ #information #chanson #la_voix_du_nord #france3 #RTBF #covid-19 #confinement #stigmatisation

  • Art-machine pour monde-machine (Chez Renard)

    Faut-il sauver la culture ?
    Faut-il sauver les professionnels du secteur de la culture ?
    Faut-il sauver la culture des professionnels du secteur ?

    L’année 2020 se termine alors que
    1) les salles de spectacle sont fermées, et
    2) le plus illustre chansonnier lillois Alexandre Desrousseaux n’aura reçu aucun hommage https://chez.renart.info/?Aubry-ou-l-art-du-mepris-en-2020-le-design-enterre-Min-p-tit-quinquin pour le bicentenaire de sa naissance. Les professionnels de la culture ont préféré débourser quatre millions d’euros pour exposer des designers comme Philippe Starck. Fermés ou non, les salles et lieux d’exposition n’avaient de toute façon rien prévu pour Desrousseaux.

    Chacun programme ce qu’il veut, rien n’interdit de noter la disparition de l’auteur de Min p’tit quinquin.

    Les Flandres, la Picardie, ce sont des langues et dialectes (le Boulonnais, l’Amiénois, le Tourquennio, etc), des carnavals disparus comme à Lille, des jeux d’adresse et de boules remplacés par le foot, des harmonies, des marionnettes, des chansons, des majorettes, des contes et légendes, une colombophilie, une gastronomie, une culture paysanne du « courtil », et puis une braderie aussi, de plus en plus resserrée sur les quartiers du Centre et du Vieux-Lille.
    
Lille fut capitale européenne de la culture en 2004, capitale mondiale du design en 2020, mais tout le monde ici sait qu’en vérité, Lille est la capitale intergalactique des moules-frites, du pâté à la bière, du poulet au Maroilles, et des gens qui parlent fort avec leurs blagues de fesses et de beuverie. Mais chut... les « chargés de prod’ » n’en savent rien. Il n’en est pas question dans les U.V. de « médiation culturelle ». Et c’est peut-être mieux comme ça finalement.

    La culture populaire est vraiment vulgaire pour les professionnels de la culture et leur ministère de tutelle qui préfèrent « déconstruire » dans toutes sortes d’expérimentations liant Art, Science et Technologie, jusqu’à mettre en scène les dernières idées postmodernes et transhumanistes. Dans l’article qui suit, récemment publié par la revue Écologie & Politique http://www.ecologie-et-politique.info/spip.php?page=rubriqueder&id_rubrique=577 , vous retrouverez des hommes-machines (comme Dorothée Smith venue du Fresnoy) et des spectacles-machine (ceux de Christophe Rauck https://chez.renart.info/?SCUM-Manifesto-au-Theatre-du-nord , Julien Gosselin et Tiphaine Raffier présentés au Théâtre du nord) livrant un imaginaire au service du monde-machine (celui d’Euratechnologies). Ce sont juste quelques exemples tirés de la métropole lilloise, mais n’importe qui peut faire la même chose chez lui.

    Ce que l’on perd avec la multiplication des écrans, des sons électroniques, et des installations numériques, c’est le côté vivant du « spectacle vivant ». En 1988, deux ans après Tchernobyl, la surréaliste Annie Le Brun https://chez.renart.info/?Du-trop-de-dechets-Entretien-avec-Annie-Le-Brun trouvait l’air tout aussi irrespirable au sens propre qu’au figuré. Elle lançait un Appel d’air à celles et ceux qui auraient encore « des matins plein les poches » (réed. Verdier, après Fukushima, 2011) :

    « Je me flatte de n’avoir aucun goût et surtout pas celui de me laisser divertir par le spectacle d’une culture qui, pour la première fois, et au mépris d’elle-même, trouve son sens à s’abaisser devant le réel. 
Je doute même qu’il y ait jamais eu plus étroite collaboration entre artistes, universitaires, industriels, scientifiques, promoteurs et politiciens, pour en finir avec ce no man’s land entre réalité et langage grâce auquel, depuis toujours, la pensée déjoue le réel et son emprise sur l’être tout entier. De cet espace incontrôlable, où se crée organiquement le lien entre l’imaginaire et la liberté, nous sont venues et peuvent encore nous venir nos plus fortes chances de conjurer le désagrément d’exister. Ce qu’on appelle la poésie n’a pas d’autre justification. Elle est cette fulgurante précarité, à même de faire rempart, certains jours, contre l’inacceptable et, parfois, d’en détourner le cours. Il suffit pourtant qu’elle cesse d’être cet éclair dans la nuit, pour devenir clarté installée en mensonge esthétique où les mots comme les formes s’organisent en figures interchangeables dont l’unique fonction se réduit, en fin de compte, à divertir.
Les exemples en sont aujourd’hui si nombreux qu’on pourrait croire à une entreprise délibérée. »

    En voici quelques exemples relevés à Lille pour l’inauguration du festival Elnorpadcado organisé contre Eldorado en 2019, et sa culture de et pour promoteurs immobiliers et startuppers : Art-machine pour monde-machine. https://chez.renart.info/IMG/pdf/art-machine_pour_monde-machine.pdf

    #Lille #Design #Tomjo #Annie_Lebrun #culture #histoire #art #Fresnoy #Eldorado

  • la salope de la promo », le témoignage d’une ancienne étudiante Angélique Da Silva Dubuis - 19 Février 2010 - la voix du nord
    http://www.lavoixdunord.fr/540116/article/2019-02-19/j-etais-designee-comme-la-salope-de-la-promo-le-temoignage-d-une-ancien

    Nouveau coup dur pour l’École de journalisme de Lille. Les récentes révélations autour de la Ligue du LOL ont poussé Alexandra à dénoncer l’agression sexuelle dont elle a été victime durant ses études entre 2010 et 2012. Une délivrance pour cette jeune femme qui raconte une culture de l’entre-soi propice au sexisme et au harcèlement.

    Au bout du fil, les larmes d’une jeune femme de 30 ans. Remplies de courage et de dignité. « Mon métier, c’est de parler des autres, pas de moi », confie Alexandra qui a relaté son calvaire au magazine Vanity Fair http://www.lavoixdunord.fr/539915/article/2019-02-19/une-ancienne-etudiante-de-l-esj-victime-d-une-agression-sexuelle-il-y-s ce mardi. En 2010, elle quitte Bordeaux pour s’installer à Lille où elle a décroché le concours de la prestigieuse école. Très vite, la jeune étudiante se sent exclue par plusieurs étudiants qui avaient une certaine aura auprès de leurs camarades et des enseignants. « Il y avait les dominés, les dominants et les suiveurs. » Un climat délétère encouragé par une répartition des classes « très maladroite » selon elle, en fonction des connaissances en web notamment. « Il y avait les stars et les quiches... »

    Sa vie amoureuse jetée en pâture
    Il y a d’abord eu des remarques sur son look et sa personnalité « extravertie » . Puis, son histoire d’amour avec un étudiant étranger de l’école jetée en pâture sur fond de préjugés racistes. « J’étais désignée comme la salope de la promo » , livre Alexandra. Personne dans son entourage pour prendre sa défense. « Je n’étais pas la seule à souffrir de ces humiliations... On subissait dans notre coin. Tout ça était communément admis sous le vernis de l’humour. C’est malheureusement courant dans les grandes écoles qui vivent en vase clos. »

    Cette soirée chez un étudiant de l’école finit par briser la jeune femme. « Ce camarade de promo s’est jeté sur moi. J’ai eu la peur de ma vie... Au bout d’un moment, son ami lui a dit d’arrêter, que ça pourrait être du viol... » Pour Alexandra, c’est une évidence : le climat misogyne de sa promo est pour beaucoup dans le comportement de son agresseur. Qui, elle tient à le souligner, n’appartient pas aux auteurs de la fameuse Ligue du LOL. http://lavdn.lavoixdunord.fr/536041/article/2019-02-11/ligue-du-LOL-journalistes-harcelement

    « Ces mecs sont devenus des leaders d’opinion »
    Alexandra n’a jamais révélé les faits : « J’avais 22 ans. J’ai tout enfoui parce que je n’ai pas trouvé d’écoute. L’école de journalisme c’était toute ma vie. Ma famille était loin. Je me sentais terriblement seule... Mais la direction ne pouvait pas ignorer certains comportements. »

    Le mouvement #MeToo a été un déclencheur pour la jeune femme qui a apprécié la réaction de l’école ce mardi.
    Dans un communiqué, l’ESJ, qui rappelle les valeurs défendues par l’école et son engagement dans la lutte contre les discriminations et le harcèlement, assure la jeune femme de son soutien si elle décidait d’une suite judiciaire.

    Alexandra, qui travaille aujourd’hui dans la presse financière, n’a pas pris de décision. « Je reçois de nombreux messages de soutien qui me font du bien. J’apprécie la réaction de l’ESJ mais je n’oublie pas que tous ces mecs sont devenus des leaders d’opinion que plein de gamines admirent quand ils passent à la télé. »

    #ESJ_Lille #presse #harcèlement #ligue_du_lol

  • Classer les écoles de journalisme ? Oui, mais…. | Erwann Gaucher
    http://owni.fr/2011/06/26/classer-les-ecoles-de-journalisme-oui-mais%e2%80%a6

    Street Press a publié un #classement des 30 premières écoles de journalisme en France. L’idée est bonne vu l’abondance actuelle de l’offre, mais les critères de sélection pourraient être affinés, analyse Erwann Gaucher.

    #Cultures_numériques #Journalisme #CFJ #école_de_journalisme #ESJ #formation #ipj