• Sur la frontière gréco-turque, à l’épicentre des tensions

    L’Union européenne entend sanctionner la politique de plus en plus expansionniste de la Turquie, qui ravive en Grèce les souvenirs des conflits du passé. Ligne de rupture, mais aussi d’échanges entre Orient et Occident, la frontière gréco-turque ne respire plus depuis la crise sanitaire. De #Kastellorizo à la #Thrace en passant par #Lesbos, les deux pays ont pourtant tant de choses en commun, autour de cette démarcation qui fut mouvante et rarement étanche.

    Petite île aux confins orientaux de la Grèce, Kastellorizo touche presque la #Turquie. Le temps s’écoule lentement dans l’unique village, logé dans une baie profonde. En cette fin septembre, de vieux pêcheurs jouent aux cartes près des enfants qui appâtent des tortues dans les eaux cristallines. Devant son café froid, M. Konstantinos Papoutsis observe, placide, l’immense côte turque, à guère plus de deux kilomètres, et la ville de Kaş, son seul horizon. « Nous sommes une île touristique tranquille, assure cet homme affable qui gère une agence de voyages. Je l’ai répété aux touristes tout l’été. » Attablée autour de lui, la poignée d’élus de cette commune de cinq cents âmes reprend ses propos d’un air débonnaire : « Il n’y a aucun danger à Kastellorizo ! »

    Un imposant ferry, qui paraît gigantesque dans ce petit port méditerranéen, vient animer le paysage. Parti d’Athènes vingt-quatre heures plus tôt, il manœuvre difficilement pour débarquer ses passagers, parmi lesquels une cinquantaine d’hommes en treillis et chapeaux de brousse. Les soldats traversent la baie d’un pas vif avant de rejoindre les falaises inhabitées qui la dominent. « C’est une simple relève, comme il y en a tous les mois », commente M. Papoutsis, habitué à cette présence.

    Selon le #traité_de_Paris de février 1947 (article 14), et du fait de la cession par l’Italie à la Grèce du Dodécanèse, les îles dont fait partie Kastellorizo sont censées être démilitarisées. Dans les faits, les troupes helléniques y guettent le rivage turc depuis l’occupation par Ankara de la partie nord de Chypre, en 1974, précisent plusieurs historiens (1). Cette défense a été renforcée après la crise gréco-turque autour des îlots disputés d’Imia, en 1996. La municipalité de Kastellorizo refuse de révéler le nombre d’hommes postés sur ses hauteurs. Et si les villageois affichent un air de décontraction pour ne pas effrayer les visiteurs — rares en cette période de Covid-19 —, ils n’ignorent pas l’ombre qui plane sur leur petit paradis.

    Un poste avancé d’Athènes en Méditerranée

    Kastellorizo se trouve en première ligne face aux menaces du président turc Recep Tayyip Erdoğan, qui veut redessiner les cartes et imposer son propre #partage_des_eaux. Depuis les années 1970, les #îles du #Dodécanèse font l’objet d’un #conflit larvé entre ces deux pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). La Turquie conteste la souveraineté grecque sur plusieurs îles, îlots et rochers le long de sa côte. Surtout, elle est l’un des rares pays, avec notamment les États-Unis, à ne pas avoir signé la convention des Nations unies sur le droit de la mer (dite #convention_de_Montego_Bay, et entrée en vigueur en 1994), et ne reconnaît pas la revendication par la Grèce d’un plateau continental autour de ses îles. Athènes justifie dès lors leur #militarisation au nom de la #légitime_défense (2), en particulier depuis l’occupation turque de Chypre et en raison d’une importante présence militaire à proximité : la marine et l’armée de l’air turques de l’Égée sont basées à İzmir, sur la côte occidentale de l’Asie Mineure.

    Si proche de la Turquie, Kastellorizo se trouve à 120 kilomètres de la première autre île grecque — Rhodes — et à plus de 520 kilomètres du continent grec. Alors que l’essentiel de la #mer_Egée pourrait être revendiqué par Athènes comme #zone_économique_exclusive (#ZEE) (3) au titre de la convention de Montego Bay (voir la carte ci-contre), ce lointain îlot de neuf kilomètres carrés lui permet de facto de jouir d’une large extension de plusieurs centaines de kilomètres carrés en Méditerranée orientale. Or, faute d’accord bilatéral, cette ZEE n’est pas formellement établie pour Ankara, qui revendique d’y avoir librement accès, surtout depuis la découverte en Méditerranée orientale de gisements d’#hydrocarbures potentiellement exploitables. À plusieurs reprises ces derniers mois, la Turquie a envoyé dans le secteur un bateau de recherche sismique baptisé #Oruç_Reis, du nom d’un corsaire ottoman du XVIe siècle — surnommé « #Barberousse » — né à Lesbos et devenu sultan d’Alger.

    Ces manœuvres navales font écho à l’idéologie de la « #patrie_bleue » (#Mavi_Vatan). Soutenue par les nationalistes et les islamistes, cette doctrine, conçue par l’ancien amiral #Cem_Gürdeniz, encourage la Turquie à imposer sa #souveraineté sur des #zones_disputées en #mer_Noire, en mer Égée et en #Méditerranée. Ces derniers mois, M. Erdoğan a multiplié les discours martiaux. Le 26 août, à l’occasion de l’anniversaire de la bataille de Manzikert, en 1071, dans l’est de la Turquie, où les Turcs Seldjoukides mirent en déroute l’armée byzantine, il avertissait la Grèce que toute « erreur » mènerait à sa « ruine ». Quelques semaines plus tard, le 21 octobre, lors d’une rencontre avec les présidents chypriote et égyptien à Nicosie, M. Kyriakos Mitsotakis, le premier ministre grec conservateur, accusait la Turquie de « fantasmes impérialistes assortis d’actions agressives ».

    Sous pression en août dernier, Athènes a pu compter sur le soutien de la République de Chypre, de l’Italie et de la France, avec lesquelles elle a organisé des manœuvres communes. Ou encore de l’Égypte, avec laquelle elle vient de signer un accord de partage des #zones_maritimes. Déjà en conflit ouvert avec son homologue turc sur la Syrie, la Libye et le Caucase, le président français Emmanuel Macron s’est résolument rangé aux côtés d’Athènes. « C’est un allié précieux que l’on voudrait inviter à venir sur notre île », déclare l’adjoint à la municipalité de Kastellorizo, M. Stratos Amygdalos, partisan de Nouvelle Démocratie, le parti au pouvoir. À la mi-septembre 2020, la Grèce annonçait l’acquisition de dix-huit Rafale, l’avion de combat de Dassault Aviation.

    « Erdoğan se prend pour Soliman le Magnifique. Mais il perd du crédit dans son pays, la livre turque s’effondre. Alors il essaie de redorer son image avec des idées de conquêtes, de rêve national… », maugrée de son côté M. Konstantinos Raftis, guide touristique à Kastellorizo. La comparaison entre le sultan de la Sublime Porte et l’actuel président turc revient fréquemment dans ce pays qui fit partie de l’Empire ottoman durant quatre siècles (de 1430, date de la chute de Salonique, à l’indépendance de 1830). La résistance hellénique a forgé l’identité de l’État grec moderne, où l’on conserve une profonde suspicion à l’égard d’un voisin encombrant, quatre fois plus riche, six fois plus grand et huit fois plus peuplé. Cette méfiance transcende les clivages politiques, tant le #nationalisme irrigue tous les partis grecs. Athènes voit aujourd’hui dans la doctrine de la « patrie bleue » une politique expansionniste néo-ottomane, qui fait écho à l’impérialisme passé.

    À l’embouchure du port de Kastellorizo, la silhouette d’une mosquée transformée en musée — rare vestige de la présence ottomane — fait de l’ombre à un bar à cocktails. L’édifice trône seul face aux vingt-six églises orthodoxes. La Constitution précise que l’orthodoxie est la « religion dominante » dans le pays, et, jusqu’en 2000, la confession était inscrite sur les cartes d’identité nationales. La suppression de cette mention, à la demande du gouvernement socialiste, a provoqué l’ire de la puissante Église orthodoxe, plus de 95 % des Grecs se revendiquant alors de cette religion. « Pendant toute la période du joug ottoman, nous restions des Grecs. Nos ancêtres ont défendu Kastellorizo pour qu’elle garde son identité. Nous nous battrons aussi pour qu’elle la conserve », s’emballe soudainement M. Raftis.

    Son île a dû résister plus longtemps que le reste du pays, insiste le sexagénaire. Après le départ des Ottomans, Kastellorizo, convoitée par les nations étrangères pour sa position géographique aux portes de l’Orient, a été occupée ou annexée par les Français (1915-1921), les Italiens (1921-1944), les Britanniques (1944-1945)… L’îlot n’est devenu complètement grec qu’en 1948, comme l’ensemble des îles du Dodécanèse. Depuis, il arbore fièrement ses couleurs. Dans la baie, plusieurs étendards bleu et blanc flottent sur les balcons en encorbellement orientés vers la ville turque de Kaş (huit mille habitants). Le nombre de ces drapeaux augmente quand la tension s’accroît.

    Trois autres grands étendards nationaux ont été peints sur les falaises par des militaires. En serrant les poings, M. Raftis raconte un épisode qui a « mis les nerfs de tout le monde à vif ». À la fin septembre 2020, un drone d’origine inconnue a diffusé des chants militaires turcs avant d’asperger ces bannières d’une peinture rouge vif, évoquant la couleur du drapeau turc. « C’est une attaque impardonnable, qui sera punie », peste l’enfant de l’île, tout en scrutant les quelques visages inconnus sur la promenade. Il redoute que des espions viennent de Turquie.

    « Les #tensions durent depuis quarante ans ; tout a toujours fini par se régler. Il faut laisser la Turquie et la Grèce dialoguer entre elles », relativise pour sa part M. Tsikos Magiafis, patron avenant d’une taverne bâtie sur un rocher inhabité, avec une vue imprenable sur Kaş. « Les querelles sont affaire de diplomates. Les habitants de cette ville sont nos frères, nous avons grandi ensemble », jure ce trentenaire marié à une Turque originaire de cette cité balnéaire. Adolescent, déjà, il délaissait les troquets de Kastellorizo pour profiter du bazar de Kaş, du dentiste ou des médecins spécialisés qui manquent au village. Les Turcs, eux, ont compté parmi les premiers touristes de l’île, avant que la frontière ne ferme totalement en mars 2020, en raison du Covid-19.

    À Lesbos, les réfugiés comme « #arme_diplomatique »

    À 450 kilomètres plus au nord-ouest, au large de l’île de Lesbos, ce ne sont pas les navires de recherche d’hydrocarbures envoyés par Ankara que guettent les Grecs, mais les fragiles bateaux pneumatiques en provenance de la côte turque, à une dizaine de kilomètres seulement. Cette île montagneuse de la taille de la Guadeloupe, qui compte 85’000 habitants, constitue un autre point de friction, dont les migrants sont l’instrument.

    Depuis une décennie, Lesbos est l’une des principales portes d’entrée dans l’Union européenne pour des centaines de milliers d’exilés. Afghans, Syriens, Irakiens ou encore Congolais transitent par la Turquie, qui accueille de son côté environ quatre millions de réfugiés. En face, le rivage turc se compose de plages peu touristiques et désertes, prisées des passeurs car permettant des départs discrets. Les migrants restent toutefois bloqués à Lesbos, le temps du traitement de leur demande d’asile en Grèce et dans l’espoir de rejoindre d’autres pays de l’espace Schengen par des voies légales. Le principal camp de réfugiés, Moria, a brûlé dans des conditions obscures le 8 septembre, sans faire de victime grave parmi ses treize mille occupants.

    Pour M. Konstantinos Moutzouris, le gouverneur des îles égéennes du Nord, ces arrivées résultent d’un calcul stratégique d’Ankara. « Erdoğan utilise les réfugiés comme arme diplomatique, il les envoie lorsqu’il veut négocier. Il a une attitude très agressive, comme aucun autre dirigeant turc avant lui », accuse cette figure conservatrice locale, connue pour ses positions tranchées sur les migrants, qu’il souhaite « dissuader de venir ».

    Il en veut pour preuve l’épisode de tension de mars 2020. Mécontent des critiques de l’Union européenne lors de son offensive contre les Kurdes dans le nord de la Syrie, le président turc a annoncé l’ouverture de ses frontières aux migrants voulant rejoindre l’Europe, malgré l’accord sur le contrôle de l’immigration qu’il a passé avec Bruxelles en mars 2016. Plusieurs milliers de personnes se sont alors massées aux portes de la Grèce, à la frontière terrestre du Nord-Est, suscitant un renforcement des troupes militaires grecques dans ce secteur. Dans le même temps, à Lesbos, une dizaine de bateaux chargés de réfugiés atteignaient les côtes en quelques jours, déclenchant la fureur d’extrémistes locaux. « Nous ne communiquons plus du tout avec les autorités turques depuis », affirme M. Moutzouris.

    Athènes assume désormais une ligne dure, quitte à fermer une partie de sa frontière commune avec la Turquie aux demandeurs d’asile, en dépit des conventions internationales que la Grèce a signées. Le gouvernement a ainsi annoncé mi-octobre la construction d’un nouveau #mur de 27 kilomètres sur la frontière terrestre. Au début de l’année 2020, il avait déjà déclaré vouloir ériger un #barrage_flottant de 2,7 kilomètres au large de Lesbos. Un ouvrage très critiqué et jugé illégal par les organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits humains. Un projet « absurde », juge M. Georgios Pallis, pharmacien de l’île et ancien député Syriza (gauche). Plusieurs sources locales évoquent une suspension de la construction de ce barrage. Le gouvernement, lui, ne communique pas à ce sujet.

    « Les réfugiés payent la rupture du dialogue gréco-turc », déplore M. Pallis entre deux mezze arrosés de l’ouzo local, près du port bruyant de Mytilène, dans le sud de l’île. « Des retours forcés de migrants sont organisés par les gardes-côtes grecs. » En septembre, le ministre de la marine se targuait, au cours d’une conférence de presse, d’avoir « empêché » quelque dix mille migrants d’entrer en 2020. Un mois plus tard, le ministre de l’immigration tentait, lui, de rectifier le tir en niant tout retour forcé. À Lesbos, ces images de réfugiés rejetés ravivent un douloureux souvenir, analyse M. Pallis : « Celui de l’exil des réfugiés d’Asie Mineure. » Appelé aussi en Grèce la « #grande_catastrophe », cet événement a fondé l’actuelle relation gréco-turque.

    Au terme du déclin de l’Empire ottoman, lors de la première guerre mondiale, puis de la guerre gréco-turque (1919-1922), les Grecs d’Asie Mineure firent l’objet de #persécutions et de #massacres qui, selon de nombreux historiens, relèvent d’un #génocide (4). En 1923, les deux pays signèrent le #traité_de_Lausanne, qui fixait les frontières quasi définitives de la Turquie moderne et mettait fin à l’administration par la Grèce de la région d’İzmir-Smyrne telle que l’avait décidée le #traité_de_Sèvres de 1920 (5). Cet accord a aussi imposé un brutal #échange_de_populations, fondé sur des critères religieux, au nom de l’« #homogénéité_nationale ». Plus de 500 000 musulmans de Grèce prirent ainsi le chemin de l’Asie Mineure — soit 6,5 % des résidents de Lesbos, selon un recensement de 1920 (6). En parallèle, le traité a déraciné plus de 1,2 million de chrétiens orthodoxes, envoyés en Grèce. Au total, plus de 30 000 sont arrivés dans l’île. Ils ont alors été péjorativement baptisés les « #graines_de_Turcs ».

    « Ils étaient chrétiens orthodoxes, ils parlaient le grec, mais ils étaient très mal perçus des insulaires. Les femmes exilées de la grande ville d’İzmir étaient surnommées “les prostituées”. Il a fallu attendre deux générations pour que les relations s’apaisent », raconte M. Pallis, lui-même descendant de réfugiés d’Asie Mineure. « Ma grand-mère est arrivée ici à l’âge de 8 ans. Pour s’intégrer, elle a dû apprendre à détester les Turcs. Il ne fallait pas être amie avec “l’autre côté”. Elle n’a pas remis les pieds en Turquie avant ses 80 ans. »

    Enfourchant sa Vespa sous une chaleur accablante, M. Pallis s’arrête devant quelques ruines qui se dressent dans les artères de #Mytilène : d’anciennes mosquées abandonnées. L’une n’est plus qu’un bâtiment éventré où errent des chatons faméliques ; une autre a été reconvertie en boutique de fleuriste. « Les autorités n’assument pas ce passé ottoman, regrette l’ancien député. L’État devrait financer la reconstruction de ces monuments et le développement du tourisme avec la Turquie. Ce genre d’investissements rendrait la région plus sûre que l’acquisition de Rafale. »

    En #Thrace_occidentale, une population musulmane ballottée

    Dans le nord-est du pays, près de la frontière avec la Turquie et la Bulgarie, ce passé ottoman reste tangible. En Thrace occidentale, les #mosquées en activité dominent les villages qui s’élèvent au milieu des champs de coton, de tournesols et de tabac. La #minorité_musulmane de Grèce vit non loin du massif montagneux des #Rhodopes, dont les sommets culminent en Bulgarie. Forte d’entre 100 000 et 150 000 personnes selon les autorités, elle se compose de #Roms, de #Pomaks — une population d’origine slave et de langue bulgare convertie à l’#islam sous la #domination_ottomane — et, majoritairement, d’habitants aux racines turques.

    « Nous sommes des citoyens grecs, mais nous sommes aussi turcs. Nous l’étions avant même que la Turquie moderne existe. Nous parlons le turc et nous avons la même #religion », explique M. Moustafa Moustafa, biologiste et ancien député Syriza. En quelques mots, il illustre toute la complexité d’une #identité façonnée, une fois de plus, par le passé impérial régional. Et qui se trouve elle aussi au cœur d’une bataille d’influence entre Athènes et Ankara.

    Rescapée de l’#Empire_ottoman, la minorité musulmane a vu les frontières de la Grèce moderne se dessiner autour d’elle au XXe siècle. Elle fut épargnée par l’échange forcé de populations du traité de Lausanne, en contrepartie du maintien d’un patriarcat œcuménique à Istanbul ainsi que d’une diaspora grecque orthodoxe en Turquie. Principalement turcophone, elle évolue dans un État-nation dont les fondamentaux sont la langue grecque et la religion orthodoxe.

    Elle a le droit de pratiquer sa religion et d’utiliser le turc dans l’enseignement primaire. La région compte une centaine d’écoles minoritaires bilingues. « Nous vivons ensemble, chrétiens et musulmans, sans heurts. Mais les mariages mixtes ne sont pas encore tolérés », ajoute M. Moustafa, dans son laboratoire de la ville de #Komotini — aussi appelée #Gümülcine en turc. Les quelque 55 000 habitants vivent ici dans des quartiers chrétiens et musulmans érigés autour d’une rivière méandreuse, aujourd’hui enfouie sous le béton. M. Moustafa n’a presque jamais quitté la Thrace occidentale. « Notre minorité n’est pas cosmopolite, nous sommes des villageois attachés à cette région. Nous voulons juste que nos descendants vivent ici en paix », explique-t-il. Comme de nombreux musulmans de la région, il a seulement fait ses études supérieures en Turquie, avant de revenir, comme aimanté par la terre de ses ancêtres.

    À cent kilomètres de Komotini, la Turquie demeure l’« État parrain » de ces musulmans, selon le traité de Lausanne. Mais l’influence de celle que certains nomment la « mère patrie » n’est pas toujours du goût de la Grèce. Les plus nationalistes craignent que la minorité musulmane ne se rapproche trop du voisin turc et ne manifeste des velléités d’indépendance. Son statut est au cœur de la discorde. La Turquie plaide pour la reconnaissance d’une « #minorité_turque ». La Grèce refuse, elle, toute référence ethnique reliée à une appartenance religieuse.

    La bataille se joue sur deux terrains : l’#éducation et la religion. À la fin des années 1990, Athènes a voulu intégrer la minorité dans le système d’éducation publique grec, appliquant notamment une politique de #discrimination_positive et offrant un accès facilité à l’université. Les musulmans proturcs plaident, eux, pour la création de davantage d’établissements minoritaires bilingues. Sur le plan religieux, chaque partie nomme des muftis, qui ne se reconnaissent pas mutuellement. Trois représentants officiels sont désignés par la Grèce pour la région. Deux autres, officieux, le sont par les musulmans de Thrace occidentale soutenus par Ankara, qui refuse qu’un État chrétien désigne des religieux.

    « Nous subissons toujours les conséquences des #crises_diplomatiques. Nous sommes les pions de leur jeu d’échecs », regrette d’une voix lasse M. Moustafa. Le sexagénaire évoque la période qui a suivi le #pogrom dirigé principalement contre les Grecs d’Istanbul, qui avait fait une quinzaine de morts en 1955. Puis les années qui ont suivi l’occupation du nord de #Chypre par la Turquie, en 1974. « Notre minorité a alors subi une violation de ses droits par l’État grec, dénonce-t-il. Nous ne pouvions plus passer le permis de conduire. On nous empêchait d’acheter des terres. » En parallèle, de l’autre côté de la frontière, la #peur a progressivement poussé la communauté grecque de Turquie à l’exil. Aujourd’hui, les Grecs ne sont plus que quelques milliers à Istanbul.

    Ces conflits pèsent encore sur l’évolution de la Thrace occidentale. « La situation s’est améliorée dans les années 1990. Mais, maltraités par le passé en Grèce, certains membres de la minorité musulmane se sont rapprochés de la Turquie, alimentant une méfiance dans l’imaginaire national grec. Beaucoup de chrétiens les considèrent comme des agents du pays voisin », constate M. Georgios Mavrommatis, spécialiste des minorités et professeur associé à l’université Démocrite de Thrace, à Komotini.
    « Ankara compte des milliers d’#espions dans la région »

    Une atmosphère de #suspicion plane sur cette ville, sous l’emprise de deux discours nationalistes concurrents. « Les gens de l’extrême droite grecque nous perçoivent comme des janissaires [soldats de l’Empire ottoman]. Erdoğan, lui, nous qualifie de soydas [« parents », en turc] », détaille d’une voix forte Mme Pervin Hayrullah, attablée dans un café animé. Directrice de la Fondation pour la culture et l’éducation en Thrace occidentale, elle se souvient aussi du passage du président turc dans la région, fin 2017. M. Erdoğan avait dénoncé les « discriminations » pratiquées par l’État grec à l’égard de cette communauté d’origine turque.

    Une chrétienne qui souhaite rester anonyme murmure, elle, que « les autorités grecques sont dépassées. La Turquie, qui est bien plus présente sur le terrain, a davantage de pouvoir. Ankara compte des milliers d’espions dans la région et donne des millions d’euros de budget chaque année au consulat turc de Komotini ». Pour Mme Hayrullah, qui est proche de cette institution, « le consulat ne fait que remplir une mission diplomatique, au même titre que le consulat grec d’Edirne [ville turque à quelque deux cents kilomètres, à la frontière] ». L’allure du consulat turc tranche avec les façades abîmées de Komotini. Surveillé par des caméras et par des gardes en noir, l’édifice est cerné de hautes barrières vertes.

    « La Grèce nous traite bien. Elle s’intéresse au développement de notre communauté et nous laisse exercer notre religion », vante de son côté M. Selim Isa, dans son bureau calme. Le président du comité de gestion des biens musulmans — désigné par l’État grec — est fier de montrer les beaux lustres et les salles lumineuses et rénovées d’une des vingt mosquées de Komotini. « Mais plus les relations avec la Turquie se détériorent et plus le consulat étend son influence, plus il revendique la reconnaissance d’une minorité turque », ajoute M. Isa, regard alerte, alors que l’appel du muezzin résonne dans la ville.

    À l’issue du sommet européen des 10 et 11 décembre, l’Union européenne a annoncé un premier volet de #sanctions contre la Turquie en raison de ses opérations d’exploration. Des mesures individuelles devraient cibler des responsables liés à ces activités. Athènes plaidait pour des mesures plus fortes, comme un embargo sur les armes, pour l’heure écarté. « C’était une proposition-clé. Nous craignons que la Turquie s’arme davantage. Sur le plan naval, elle est par exemple en train de se doter de six #sous-marins de type #214T fournis par l’#Allemagne, explique le diplomate grec Georgios Kaklikis, consul à Istanbul de 1986 à 1989. M. Erdoğan se réjouit de ces sanctions, qui sont en réalité minimes. » Le président turc a réagi par des #rodomontades, se félicitant que des pays « dotés de bon sens » aient adopté une « approche positive ». Bruxelles assure que d’autres mesures pourraient tomber en mars 2021 si Ankara ne cesse pas ces actions « illégales et agressives ».

    https://www.monde-diplomatique.fr/2021/01/PERRIGUEUR/62666
    #Grèce #Turquie #frontière #asile #migrations #réfugiés
    #Oruc_Reis #murs #Evros #barrières_frontalières #histoire

    ping @reka

    –—

    #terminologie #mots #vocabulaire :
    – "Le traité (de Lausanne) a déraciné plus de 1,2 million de chrétiens orthodoxes, envoyés en Grèce. Au total, plus de 30 000 sont arrivés dans l’île. Ils ont alors été péjorativement baptisés les « #graines_de_Turcs »."
    – "Les femmes exilées de la grande ville d’İzmir étaient surnommées “les prostituées”."

    –-> ajoutés à la métaliste sur la terminologie de la migration :
    https://seenthis.net/messages/414225

    ping @sinehebdo

  • La #Suisse sous couverture - Agents infiltrés (1/5)

    En 1955, les #services_de_renseignement américains et l’entreprise suisse #Crypto_AG concluent un accord confidentiel qui permettra l’#espionnage des communications de 130 pays. Durant des décennies, un pan de l’industrie helvétique sera impliqué dans ces activités, malgré la « #neutralité » du pays et avec la bénédiction du Conseil fédéral.

    https://www.rts.ch/play/tv/la-suisse-sous-couverture/video/la-suisse-sous-couverture-agents-infiltres-15?id=10868165

    #histoire #USA #guerre_froide #Crypto #William_Friedman #cryptographie #technologie #espions #renseignements #Boris_Hagelin #neutralité #espionnage #affaire_Buehler #Hans_Buehler #Nora_Makabee #BND #Siemens #Loèches #Valais

    ping @simplicissimus @etraces

    • La Suisse sous couverture - Les grandes oreilles de la Confédération (2/5)

      A #Loèche, #Swisscom, le Département fédéral de la défense et des entreprises privées proches de la #National_Security_Agency (#NSA) gèrent un parc d’antennes pour les communications satellitaires entre la Suisse et l’étranger. En l’an 2000, ce site stratégique devient la porte d’entrée privilégiée de Washington pour espionner les communications dans le monde entier.

      https://www.rts.ch/play/tv/la-suisse-sous-couverture/video/la-suisse-sous-couverture-les-grandes-oreilles-de-la-confederation-25-?id=108681
      #neutralité #télécommunication #satellites #ONYX #services_de_renseignement #USA #Etats-Unis #Jean-Paul_Rouiller #signalhorn #Treasure_Map serveurs_clandestins #déni

    • La Suisse sous couverture - #Genève, nid d’espions (3/5)

      Des salons de l’#ONU truffés de micros, des antennes camouflées dans les missions diplomatiques et des agents russes ou américains infiltrés partout... A Genève, où Edward Snowden travaillait pour la #CIA, le petit monde du renseignement grenouille discrètement et les espions chassent en meute.

      https://www.rts.ch/play/tv/la-suisse-sous-couverture/video/la-suisse-sous-couverture-geneve-nid-despions-35?id=10868210
      #Snowden #Nations_Unies #Special_collection_service (#SCS) #organisations_internationales #système_d'écoute #site_C #Wiesbaden #Fort_Meade #NSA #Russie

    • La Suisse sous couverture - Le secret bunker suisse (4/5)

      Nos données numériques personnelles sont une mine d’or d’informations qu’il faut protéger des regards indiscrets. En Suisse, une législation déficiente – elle date de 1992 – permet à des puissances étrangères d’accéder à ces données. Dans le dossier du « big data », c’est la souveraineté de la Confédération qui est en jeu.

      https://www.rts.ch/play/tv/la-suisse-sous-couverture/video/la-suisse-sous-couverture-le-secret-bunker-suisse-45?id=10868236

      #big_data #données_numériques #coffre-fort_numérique #réduit_national_4.0 #stockage #RGPD #protection_des_données #cloud_act

    • La Suisse sous couverture - Crypto révolution (5/5)

      D’un côté, Google et consorts contrôlent les canaux et le stockage de l’information. De l’autre, une puissante mouvance de hackers tente de rendre cette information publique, en piratant des systèmes informatiques. L’enjeu de cette guerre ? La défense de libertés fondamentales, aussi bien sur internet que dans la société.

      https://www.rts.ch/play/tv/la-suisse-sous-couverture/video/la-suisse-sous-couverture-crypto-revolution-55?id=10868255

      #activisme #résistance #hackers #Digital_Gesellschaft #droits_humains #chaos_computer #club #surveillance #économie_de_la_surveillance

    • La CIA s’est servie d’une entreprise suisse pour espionner plus de 100 pays

      Une affaire d’espionnage secoue la Suisse : pendant des décennies, les services de renseignement américains et allemands ont secrètement utilisé une entreprise suisse et sa technologie pour espionner de nombreux États. Que savaient les autorités suisses à ce sujet ?

      Vue de l’extérieur, la firme zougoise Crypto AG était une entreprise suisse sérieuse, spécialisée dans la technologie de pointe. Elle fabriquait un produit peu utilisé par la plupart des gens : des appareils de chiffrement. Ses clients étaient des États ainsi que leurs armées et services secrets voulant rendre leurs communications secrètes illisibles, c’est-à-dire les crypter ou les chiffrer.

      Cependant, Crypto AG n’était une entreprise normale et respectant les valeurs ayant cours en Suisse que côté pile. Côté face, elle possédait une structure cryptique – au sens propre – car ses propriétaires agissant dans l’ombre étaient, à partir de 1970, l’agence centrale de renseignement américaine (CIA) et le service de renseignement allemand (BND). Les deux services secrets firent en sorte que la technologie de cryptage « swiss made », réputée infaillible, soit munie d’une porte dérobée.

      Grâce à ces manipulations ciblées, la CIA et le BND ont pu espionner 148 États – ennemis ou alliés – pendant des dizaines d’années. Tous ces pays avait investi des millions pour obtenir la technologie de ce pays neutre et digne de confiance qu’était la Suisse. Autrement dit, ils ont payé eux-mêmes les appareils qui les ont trahis.

      Les faits ont été dévoilés à la mi-février par la télévision suisse alémanique SRF, la chaîne allemande ZDF et le « Washington Post » à l’issue d’une enquête commune. L’équipe de recherche s’est appuyée sur des dossiers de la CIA qu’on lui a fait passer en douce, et sur des entretiens avec d’anciens employés de Crypto AG et leurs proches.

      L’ampleur du « coup du siècle des services secrets » – ce sont les termes de la CIA – paraît énorme. L’affaire met en lumière les tensions de l’époque de la guerre froide. La complicité de la CIA et du BND éclaire d’un nouveau jour bon nombre d’événements historiques de ces 50 dernières années. Jusqu’où faut-il réécrire l’histoire mondiale récente ? Seule une étude approfondie des CryptoLeaks le déterminera. L’histoire suisse doit-elle, elle aussi, être révisée ? C’est la question qui fait tant de vagues aussi en Suisse. On se demande ce que les autorités suisses savaient, et si l’État suisse était au courant des agissements des services de renseignement étrangers sur son sol et les a couverts.
      « Le programme a dépassé les espérances les plus folles »

      Dans quelle mesure les activités d’espionnage de la CIA et du BND, s’appuyant sur la technologie truquée de l’entreprise Crypto AG, ont-elles abouti ? Le succès des espions est toujours un échec pour ceux qui en sont victimes : la réponse dépend donc du point de vue adopté. Celui de la CIA, d’après les sources publiées, est le suivant : « Cela a été le projet d’espionnage à la fois le plus productif et le plus long depuis la Seconde Guerre mondiale. » Ainsi, entre 80 et 90 % des communications secrètes de l’Iran ont pu être déchiffrées. D’après la source de la CIA, « le programme a dépassé les espérances les plus folles de ses inventeurs. »

      Ces écoutes ont permis aux États-Unis d’influencer l’issue de tous les grands conflits ou presque à leur profit. Un exemple : selon l’état actuel des sources, le coup d’État militaire au Chili (1973) a été soutenu par les États-Unis sur la base des écoutes. En même temps, la CIA et le BND ont épié les conversations du régime militaire alors parvenu au pouvoir et n’ont donc jamais rien ignoré des méthodes de persécution et de torture qui coûtèrent la vie à 30 000 opposants au régime.
      Beaucoup de questions, premières réponses

      Les révélations sur Crypto AG font beaucoup de vagues, mais il n’est pas encore possible d’en tirer des conclusions définitives. Les grandes questions qu’elles posent esquissent cependant la portée de l’affaire pour la Suisse.

      Pourquoi la CIA et le BND ont-ils utilisé la couverture discrète d’une entreprise suisse ?

      Crypto AG a été fondée en 1952 par le cryptologue suédois Boris Hagelin. Il n’a pas implanté son entreprise en Suisse par hasard : « Lorsqu’on travaillait dans un domaine aussi sensible que la cryptographie, il valait mieux rechercher la protection d’un pays neutre mais faisant preuve de peu de scrupules moraux », indique la source de la CIA. Boris Hagelin a vendu son entreprise en 1970 à une société-écran de la CIA et du BND.

      Ce sont la CIA et le BND qui se sont livrés à ces activités d’espionnage. Pourquoi l’affaire est-elle perçue en Suisse comme un scandale « suisse » ?

      Du point de vue suisse, il est déterminant de savoir si les autorités du pays connaissaient les intentions, le modus operandi et la portée des activités d’espionnage, et si elles les ont tolérées, voire même favorisées.

      Des employés de Crypto AG soupçonnèrent que des puissances étrangères s’étaient immiscées dans les rouages de leur parfaite technique. Ils en ont informé la justice suisse. Que s’est-il passé ensuite ?

      Il est prouvé qu’au milieu des années 1970, un employé a informé des instances officielles que les appareils vendus étaient « dotés de générateurs de clés manipulés permettant aux services d’espionnage allemands et américains de déchiffrer les messages » : c’est ce que dit une fiche des Archives fédérales du 24 juillet 1977. Le problème est que les dossiers relatifs à cette fiche ont en partie disparu…

      La police fédérale suisse a enquêté sur la base de ces accusations, mais sans résultat. Des témoins de l’époque affirment aujourd’hui que les interrogatoires menés par la police ne l’ont été que « pour la forme »...

      Toute l’affaire ne sent-elle pas un peu le réchauffé de l’époque de la guerre froide ?

      Il est vrai que les premières accusations ont été lancées au milieu des années 1970. Et que Hans Bühler, ancien employé de Crypto, a accusé ouvertement son entreprise de collaborer avec des services secrets étrangers (Hans Bühler, soupçonné d’espionnage, a passé neuf mois dans une geôle iranienne, et a publié ses accusations dans un livre paru en 1994). Mais toute la portée de l’affaire n’éclate au grand jour que maintenant, car des preuves ont été fournies par des sources de la CIA. De plus, les activités d’espionnage ont perduré jusqu’en 2018, soit bien après la fin de la guerre froide. Le BND s’en est toutefois retiré en 1993 déjà, à la suite de la réunification de l’Allemagne.

      Dans l’état actuel des connaissances, que savait le Conseil fédéral de ces activités d’espionnage ?

      C’est une question clé. On ne sait pas encore dans quelle mesure des conseillers fédéraux étaient au courant de ces activités. Les documents de la CIA impliquent l’ancien conseiller fédéral Kaspar Villiger (PLR). Aujourd’hui âgé de 79 ans, ce dernier nie vigoureusement avoir été informé des détails.

      Pourquoi est-ce si important de savoir si le Conseil fédéral était au courant des activités d’espionnage ?

      S’il devait s’avérer que le Conseil fédéral, ou certains conseillers fédéraux, connaissaient ces activités d’espionnage, des questions sérieuses se posent : le gouvernement les a-t-il tolérées ? Ou les a-t-il couvertes ? A-t-il accepté que la neutralité suisse serve de leurre ? Et si la Suisse a été complice, a fermé les yeux ou couvert les faits : comment justifier l’espionnage contre des pays belligérants lorsqu’on affiche une politique de neutralité ?

      Comment le Conseil fédéral et le Parlement réagissent-ils à l’affaire ?

      La présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga, a dit très tôt que le gouvernement allait réunir tous les faits et était favorable à une enquête. La ministre de la Défense Viola Amherd a confirmé que son département abrite des documents laissant penser que son prédécesseur Kaspar Villiger était au courant. Désormais, l’affaire fait l’objet d’une enquête de la Délégation des Commissions de gestion des chambres fédérales. Cet organe de contrôle entend déterminer ce que la Suisse savait de ces activités d’espionnage, et si les renseignements suisses en ont même éventuellement même.

      L’affaire des CryptoLeaks met-elle en péril le rôle actuel de la Suisse ?

      La Suisse joue un rôle d’intermédiaire dans de nombreux conflits. Elle propose même ses « bons offices » dans les régions du monde sous tension. Ainsi, elle joue actuellement le « rôle du facteur » entre les États-Unis et l’Iran. La Suisse ne peut endosser ce rôle diplomatique que si sa crédibilité d’État neutre est intacte. C’est précisément cette crédibilité qui est en jeu maintenant. Ajoutons que l’Iran a été particulièrement touché par l’espionnage permis par la technologie « swiss made » truquée et vendue par le représentant de Crypto, Hans Bühler.

      Ce sont les États-Unis et l’Allemagne qui ont espionné d’autres pays. Pourquoi la réputation de la Suisse en souffrirait-elle ?

      L’avenir dira si la perception extérieure de la Suisse a subi des dommages. Mais la perception intérieure de la Suisse est de toute façon affectée : l’image de pays neutre à laquelle tiennent tant de Suisses est endommagée. L’affaire des CryptoLeaks pourrait jeter un discrédit total sur la neutralité suisse (voir aussi le commentaire de notre invité, p. 15).

      Crédibilité, confiance, image de soi : ce sont des facteurs subjectifs. L’affaire menace-t-elle aussi des intérêts économiques tangibles ?

      La Suisse possède une branche technologique en plein essor, qui dépend aussi de l’image de marque du pays. De plus, la Suisse souhaite se vendre comme une « place numérique propre », et promeut une initiative internationale dans le domaine de l’éthique. L’affaire des #CryptoLeaks tombe très mal.

      https://www.revue.ch/fr/editions/2020/03/detail/news/detail/News/la-cia-sest-servie-dune-entreprise-suisse-pour-espionner-plus-de-100-pays

    • Ces appareils suisses qui auraient été truqués pour les espions américains

      Diffusée cette semaine par la RTS, la web-série « La Suisse sous couverture » est une enquête sur les liens entre la Confédération et le renseignement international. Le premier épisode revient sur l’accord secret qui aurait permis aux Etats-Unis d’espionner 130 pays durant 40 ans grâce à l’entreprise zougoise Crypto AG. Fiction ou réalité ?

      La course au cryptage et au décodage des communications a débuté dans les années 1930 et la Suisse y a toujours joué un rôle de premier plan grâce à son expertise. Ainsi, dès 1947, lorsque débute la Guerre froide, de grandes puissances se tournent vers Crypto AG, fleuron de l’industrie de la sécurité des communications. En particulier les Etats-Unis, qui cherchent à tout prix le moyen technique de protéger leurs messages tout en déchiffrant ceux des Soviétiques.

      A cette époque, Crypto AG écoule ses machines dans la quasi totalité des missions diplomatiques du monde. Abordé par le directeur de l’unité de cryptologie de la NSA William Friedman, le fondateur de Crypto Boris Hagelin aurait accepté d’abaisser la qualité de ses appareils pour permettre aux Etats-Unis d’écouter les conversations de près de 130 pays. Cet accord confidentiel, qu’auraient conclu les deux amis en 1955, va éclater au grand jour en 1992, avec l’arrestation en Iran de Hans Buehler, ingénieur suisse de Crypto AG suspecté d’espionnage.

      https://www.rts.ch/info/suisse/10792008-ces-appareils-suisses-qui-auraient-ete-truques-pour-les-espions-america

  • China : Government Threats to Academic Freedom Abroad

    New 12-Point Code of Conduct to Help Educational Institutions Respond.

    Institutions of higher learning around the world should resist the Chinese government’s efforts to undermine academic freedom abroad, Human Rights Watch said today. On March 21, 2019, Human Rights Watch published a 12-point Code of Conduct for colleges and universities to adopt to respond to Chinese government threats to the academic freedom of students, scholars, and educational institutions.

    Many colleges and universities around the world with ties to the Chinese government, or with large student populations from China, are unprepared to address threats to academic freedom in a systematic way, Human Rights Watch said. Few have moved to protect academic freedom against longstanding problems, such as visa bans on scholars working on China or surveillance and self-censorship on their campuses.

    “Colleges and universities that stand together are better equipped to resist Chinese government harassment and surveillance on campuses, visa denials, and pressures to censor or self-censor,” said Sophie Richardson, China director at Human Rights Watch. “Most important, they will be better prepared to ensure academic freedom on their campuses for all students and scholars, particularly those from China.”

    The proposed Code of Conduct is based on more than 100 interviews between 2015 and 2018 in Australia, Canada, France, the United Kingdom, and the United States with academics, graduate and undergraduate students, and administrators, some of them from China. The people interviewed came from a range of institutions, including globally known universities, large public institutions, and small, private colleges. Almost all were from or study China, or have operated academic programs on behalf of their institutions in China.

    Human Rights Watch found various threats to academic freedom resulting from Chinese government pressure. Chinese authorities have long monitored and conducted surveillance on students and academics from China and those studying China on campuses around the world. Chinese diplomats have also complained to university officials about hosting speakers – such as the Dalai Lama – whom the Chinese government considers “sensitive.”

    Academics told Human Rights Watch that students from China have described threats to their families in China in response to what those students had said in the classroom. Scholars from China detailed being directly threatened outside the country by Chinese officials to refrain from criticizing the Chinese government in classroom lectures or other talks. Others described students from China remaining silent in their classrooms, fearful that their speech was being monitored and reported to Chinese authorities by other students from China. One student from China at a university in the United States summed up his concerns about classroom surveillance, noting: “This isn’t a free space.”

    Many of the academics interviewed identified censorship and self-censorship as serious concerns. One said a senior administrator has asked them “as a personal favor” to decline media requests during a visit by Chinese President Xi Jinping, fearing that it could have ramifications for their university.

    At two US universities, senior administrators cancelled appearances by speakers they believed the Chinese government would deem “sensitive,” and in one of those cases, the dean explained to a faculty member that the school did not want to lose its growing number of students from China. In another case, colleagues discouraged a scholar at a university with a large population of students from China from assigning his classes potentially “sensitive” titles. Two described academics participating in hiring panels in which the candidates were questioned during job interviews about their views on Confucius Institutes, which are effectively international outposts of China’s Ministry of Education that offer classes in Chinese language and culture.

    Many of those interviewed said they modified their remarks inside and outside classrooms because of fears of being denied access to China or to funding sources, of causing problems for students or scholars from China or their family members, or of offending or irking students or scholars from China.

    Many expressed discomfort with the presence of Confucius Institutes on their campuses. They said the presence of such institutions fundamentally compromised their institution’s commitment to academic freedom, especially when Confucius Institutes had been invited to their campuses without broad faculty consultation. In 2019, Victoria University cancelled the screening of a documentary critical of Confucius Institutes after the university’s Confucius Institute complained.

    A number of US institutions, including the University of Chicago, North Carolina State University, and the University of Massachusetts Boston have closed or announced they will close the Confucius Institutes on their campuses because of concerns about academic freedom, among other reasons.

    Few of those interviewed believed that their institutions offered any guidance or practical protections to enable them to speak freely.

    “Universities can’t continue to rely solely on honor codes or other statements of principle designed to address issues like cheating, plagiarism, or tenure to address pressure from the Chinese government on academic freedom abroad,” Richardson said. “Those don’t envision – let alone set out remedies for – the kinds of threats to academic freedom now widely reported.”

    As concerns about the Chinese government undermining human rights around the world have grown, students and scholars from China told Human Rights Watch they increasingly feel they are regarded with suspicion within their educational institutions.

    A recent Wilson Center study of Chinese political influence in higher education in the US found it important that “countermeasures neither vilify PRC [mainland] students as a group, nor lose sight of the fact that these students, along with faculty members of Chinese descent, are often the victims of influence and interference activities perpetrated by PRC diplomats and nationalistic peers.” Academic institutions should ensure that students and scholars from China feel welcomed, integrated, and protected, Human Rights Watch said.

    “President Xi’s moves to strangle academic freedom inside China makes it all the more urgent to ensure that students and scholars of and from China can enjoy academic freedom abroad,” Richardson said. “Institutions can demonstrate their commitment to peaceful, critical expression by adopting smart, robust protections, and keeping their gates open to all who seek academic freedom.”

    –-

    Resisting Chinese Government Efforts to Undermine Academic Freedom Abroad
    A Code of Conduct for Colleges, Universities, and Academic Institutions Worldwide

    Large numbers of students, scholars, scientists, and professors from China now study or work at colleges and universities abroad. In recent years, Chinese government authorities have grown bolder in trying to shape global perceptions of China on campuses and in academic institutions outside China. These authorities have sought to influence academic discussions, monitor overseas students from China, censor scholarly inquiry, or otherwise interfere with academic freedom.

    Human Rights Watch investigations found that the Chinese government attempts to restrict academic freedom beyond its borders. To counter such pressures, ensure the integrity of academic institutions, and protect the academic freedom and free expression rights of students, scholars, and administrators, particularly those who work on China or are from China, Human Rights Watch proposes the following Code of Conduct. While the impetus for and focus of the provisions that follow is pressure emanating from China, academic institutions should apply the same principles to interactions with all governments that threaten academic freedom on their campuses.

    All institutions of higher education should:

    Speak out for academic freedom. Publicly commit to supporting academic freedom and freedom of expression through public statements at the highest institutional levels, institutional policies, and internal guidelines. Explicitly recognize threats posed to academic freedom and freedom of expression by the Chinese government seeking to shape discussions, teaching, and scholarship on campus. Reaffirm a commitment to freedom of inquiry, enabling scholars and students to freely conduct research, and make clear that opposing direct and indirect censorship pressures or retaliation by third parties, including national and foreign governments, is integral to academic freedom.
    Strengthen academic freedom on campus. Emphasize the commitments and policies in support of academic freedom in student orientation, faculty hiring, handbooks and honor codes, and public gatherings. To avoid self-censorship or retaliation for stating opinions, academic institutions should publicize a policy that classroom discussions are meant to stay on campus, and never to be reported to foreign missions.
    Counter threats to academic freedom. Encourage students and faculty members to recognize that direct and indirect censorship pressures, threats, or acts of retaliation by Chinese government authorities or their agents against students or scholars for what they write or say threaten academic freedom. Develop and implement effective mechanisms, such as an ombudsperson, to whom such pressures, threats, or acts of retaliation can be privately or anonymously reported.
    Record incidents of Chinese government infringement of academic freedom. Actively track instances of direct or indirect Chinese government harassment, surveillance, or threats on campuses. Where warranted, they should be reported to law enforcement. Report annually the number and nature of these kinds of incidents.
    Join with other academic institutions to promote research in China. Academic institutions should work in concert, including by making public statements and complaints where appropriate, in the event of unwarranted visa denials or prolonged delays for research in China. Academic institutions should consider joint actions against Chinese government entities in response to visa denials or other obstacles to academic research.
    Offer flexibility for scholars and students working on China. Ensure that a scholar’s career advancement or a student’s progress will not be compromised if their research has to change direction due to Chinese government restrictions on research or access to source material in China. Institutions should consider steps, such as granting the scholar or student extra time to finish their research, supporting alternative research strategies, or publishing using pseudonyms, in the face of Chinese government obstacles, harassment, or reprisals. Academic institutions should be open to alternative research strategies when funding or receiving funds for academic work that has been rejected by a Chinese entity. Funders and review boards should provide comparable flexibility.
    Reject Confucius Institutes. Refrain from having Confucius Institutes on campuses, as they are fundamentally incompatible with a robust commitment to academic freedom. Confucius Institutes are extensions of the Chinese government that censor certain topics and perspectives in course materials on political grounds, and use hiring practices that take political loyalty into consideration.
    Monitor Chinese government-linked organizations. Require that all campus organizations, including the Chinese Students and Scholars Association (CSSA), that receive funding or support from Chinese diplomatic missions and other Chinese government-linked entities, report such information.
    Promote academic freedom of students and scholars from China. Inform students and scholars from China that they are not required to join any organizations, and help mentor and support them to ensure they can enjoy full academic freedom.
    Disclose all Chinese government funding. Publicly disclose, on an annual basis, all sources and amounts of funding that come directly or indirectly from the Chinese government. Publish lists of all projects and exchanges with Chinese government counterparts.
    Ensure academic freedom in exchange programs and on satellite campuses. Exchange programs and satellite campuses in China should only be undertaken after the completion of a memorandum of understanding with the Chinese counterpart that has been transparently discussed by relevant faculty members and ensures the protection of academic freedom, including control over hiring and firing, and the curriculum.
    Monitor impact of Chinese government interference in academic freedom. Work with academic institutions, professional associations, and funders to systematically study and regularly publicly report on: a) areas of research that have received less attention because of fears about access; b) decline of on-campus discussions of topics deemed sensitive by the Chinese government, such as the 1989 Tiananmen Square Massacre; c) efforts by academic institutions to curtail Chinese government threats to academic freedom; and 4) strategies collectively pursued by institutions to defend and promote academic freedom.

    https://www.hrw.org/news/2019/03/21/china-government-threats-academic-freedom-abroad
    #Chine #liberté_académique #surveillance #espions #étranger #censure #auto-censure

    Ajouté à cette métaliste sur la censure et le monde académique :
    https://seenthis.net/messages/784716

  • Bayern : « Heimatkapitalismus » | Telepolis
    https://www.heise.de/tp/features/Bayern-Heimatkapitalismus-4242647.html


    Panzerkampfwagen V Panther, der von MAN in Nürnberg entwickelt wurde. Bild : Stahlkocher/CC BY-SA-2.0

    A propos de la transformation de la pauvre #Bavière d’après-guerre en centre de l’industrie allemande y compris d’armement.

    En bref : c’est la guerre de Corée qui est à l’origine de la montée de la bavière dont l’industrie est largement restée intacte pendant la guerre et qui constitue la partie principale de l’Allemagne occupée par les troupes des #USA . C’est ici où des anciens #espions #nazis développent les nouveaux services secretes allemands sous contrôle de spécialistes américains. L’article nous fait découvrir les origines de l’alliance transatlantique dont le soutien demeure le gage et la conditio sine qua non pour avoir accès auc cercles de pouvoir allemands. On y apprend des choses remarquables sur le système de la repartition du pouvoir politique entre le parti chrétien régional CSU et les social-démocrates SPD. Ce décryptage permet de comprendre la persistence des structures de pouvoir et quelques raisons de la décomposition des structures politiques à laquelle on assiste actuellement.

    A lire, malheureusement l’article n’est disponible qu’ #auf_deutsch

    09. Dezember 2018 - Albrecht Goeschel und Markus Steinmetz

    Wie man am eigenen Erfolg scheitert (I)

    Die Große Koalition Bayern, der Sozialpakt zwischen christlichsozialer Landperipherie einerseits und sozialdemokratischen Großstadtzentren andererseits und auch zwischen einer autoritären Dauerregierung und einer vormals liberalen Medien- und Diskurskultur in Bayern ist in der Landtagswahlnacht vom 14. Oktober 2018 mit einem lauten Knall geplatzt.

    Die Christlich-Soziale Union hat in Gestalt der Freien Wähler die Quittung dafür bekommen, dass sie spätestens mit der Edmund-Stoiber-Politik den ländlichen Raum und seine Leute abgehängt hat. Die Sozialdemokratische Partei hat in Gestalt der Grünen gerade in München nicht nur eine Quittung, sondern die Kündigung dafür bekommen, dass sie schon mit ihrer Hans-Jochen-Vogel-Politik von einer Arbeiterpartei zu einer Möchtegern-Akademikerpartei geworden ist.

    Diese Wählermilieu-Analyse konnte man in unterschiedlicher Differenzierung und Qualität in den Tagen nach der Landtagswahl in den Medien verfolgen. Eine interessantere, fundamentalere Diagnose dafür, dass und warum es mit der absoluten Parlamentsmehrheit der bisherigen Regierungspartei aus ist, hat die Süddeutsche Zeitung zwei Tage vor der Wahl unter der Überschrift „Wer san mia?“ versucht.

    Richtig verweist sie darauf, dass sich die „traditionellen Milieus“ auflösen oder wandeln. Ein Hauptfaktor dafür sei die ausgeprägte Zuwanderung nach Bayern und der diese antreibende wirtschaftliche Erfolg Bayerns. Passend zur immer penetranteren neoliberalen Redaktionslinie der Süddeutschen Zeitung bleibt aber das ungeschrieben, was der informierte und kritische Leser gerne näher erläutert gehabt hätte: Warum das Kapitalismus-Erfolgsmodell Bayern über die Jahrzehnte hinweg eine zunehmende Delegitimierung in den Wahlergebnissen erlebt hat - zuletzt angetrieben durch die peinliche Amtskruzifixshow, die Heimatvortäuschung und den künstlichen Theaterdonner in Sachen Migration der letzten Monate.

    Immerhin deutet die „SZ“ aber mit dem Finger in die richtige Richtung: „Die CSU stand jahrzehntelang für den Fortschritt des Landes ebenso wie für die Wahrung der Tradition. Jetzt könnte sie zum Opfer ihres eigenen Erfolges werden.“

    Vor einem Jahrzehnt hat Albrecht Goeschel schon einmal diese Frage gestellt: "Bayern - Ein deutsches Erfolgsmodell am Ende?"1 In seiner damaligen Analyse hat er einige weniger angenehme Antworten gegeben, die sich jetzt freilich als richtig herausgestellt haben. So ist genau die Zweiteilung Bayerns in den Exportgewinner und Wachstumsschwerpunkt München und München-Umland einerseits und den Wachstumsverlierer Bayerische Nordostzone andererseits die Voraussetzung für Prosperität nach dem klassischen kapitalistischen „Zentren-Peripherie Modell“. Diese Zweiteilung ist aber auch die Ursache für die „Revanche der Peripherie“ dieser Landtagswahl. Eine Revanche, wie sie Bayern exemplarisch für andere Territorien in Europa und darüber hinaus erlebt hat.

    Wenn aber aus dem Platzen der alten Milieukoalitionen in Bayern etwas anderes entstehen soll als eine Fortsetzung des Gehabten in neuer Kostümierung, dann muss zunächst einmal gründlich analysiert werden, was es mit dem „Erfolgsmodell Bayern“ und seinem Auslaufen eigentlich auf sich gehabt hat.
    1. Bayern: Kriegsgewinnlerökonomie

    Der in den 1960er Jahren mit vorzüglichen Realanalysen des westdeutschen Wirtschaftslebens bekannt gewordene Fachautor Kurt Pritzkoleit hat einen der wichtigsten Gründe für den kontinuierlichen Wachstums-, sprich: Mehrwert- und Profitproduktionsprozess Bayerns treffend analysiert: Bayern habe als einziges Besatzungsgebiet der Westalliierten bis auf seine pfälzische Exklave die Kapitulation der Deutschen Wehrmacht und die Zerschlagung des Dritten Reiches territorial unbeschädigt überstanden.2 Ergänzend stellt Werner Abelshauser in seiner exzellenten "Deutschen Wirtschaftsgeschichte"3 auch noch dar, dass Bayern das „Glück“ hatte, das Hauptgebiet der US-Besatzungszone zu sein.

    Auch dort habe der angloamerikanische Luftkriegsterror zwar Lebensräume der Zivilbevölkerung brutal zerstört, aber mitnichten das süddeutsche Industriepotenzial nennenswert dezimiert. Selbst Rüstungszentren wie Schweinfurt seien trotz massivster Luftangriffe kaum beeinträchtigt worden. Insgesamt habe die Industrie in den Westzonen bei Kriegsende über ein Anlagekapital verfügt, das um 20 Prozent höher gelegen habe als vor dem Krieg. Dieses Potenzialwachstum galt insbesondere auch für Bayern. Der „NS-Rüstungs-Keynesianismus“ (Werner Abelshauser) trieb die Umwandlung Bayerns aus einem Agrarland in ein Industrieland massiv voran.

    Dies verwundert nicht, da sich die im Vorfeld und im Verlauf des Krieges ernorm gesteigerte Herstellung beispielsweise von Panzerfahrzeugen gerade auch in bayerischen Produktionsstätten vollzog: (Kraus-Maffei, MAN, Nibelungenwerke Passau etc.).4

    Gleiches galt für den Bau von Jagd-, Bomben- und Transportflugzeugen. Hier spielten BMW, Dornier und Messerschmitt mit ihren bayerischen Betrieben eine zentrale Rolle.

    Neben der enormen Steigerung des Produktionspotenzials in Bayern selbst kam es nach dem Ende der Kriegshandlungen und im Zusammenhang der Aufteilung des Reichsgebietes in Besatzungszonen außerdem zu einem massiven Zustrom von Fluchtkapital aus den kurzzeitig angloamerikanisch besetzten Regionen Mittel- und Ostdeutschlands. Mit der Räumung dieser Gebiete durch die Westalliierten verlagerten zahlreiche Industrieunternehmen, u.a. Siemens & Halske (Gera-Erfurt), ihre Produktionsanlagen und Verwaltungen nach Bayern.

    Außer dieser Anlagekapitalflucht nach Bayern bedeuteten die bis 1950 nach Bayern strömenden etwa 1,9 Millionen Flüchtlinge und Vertriebenen eine enorme Steigerung des Wirtschaftspotenzials Bayerns. Auch in offiziösen Darstellungen wird hervorgehoben, dass die im Zuge von Flucht und Vertreibung zuströmende Erwerbsbevölkerung teilweise deutlich besser qualifiziert war als die schon Ansässigen.5

    Für die gerne so genannte „Bayerische Wirtschaft“, d.h. für das Industriekapital mit Standort in Bayern, ergaben sich aus diesem kriegswirtschaftlichen Zusammenfluss von zusätzlichen Arbeitskräfteressourcen und zusätzlichem Anlagenkapital besonders günstige Möglichkeiten für die Produktion von Mehrwert und Profit.

    Insgesamt hatte Bayern im Laufe des Jahres 1946 bereits wieder 50 Prozent seiner Vorkriegsproduktion erreicht. Der bayerische „Heimatkapitalismus“ wurde nicht zuletzt dadurch gefördert, dass sich in Erlangen-Nürnberg eine spezifische Variante Nationalsozialistischer Wirtschaftsphilosophie etabliert hatte: die so genannte „Marktforschungsschule“ des späteren Protagonisten der „Sozialen Marktwirtschaft“ Ludwig Erhard. Er lieferte die passende Wirtschaftsideologie für den bayerischen Heimatkapitalismus und wurde bayerischer Wirtschaftsminister in dem vom US-Besatzungsregime installierten Kabinett Wilhelm Hoegner.

    Soweit es dann um die Ausgestaltung dieser „Sozialen Marktwirtschaft“, insbesondere die entscheidende Frage der Organisationsprinzipien einer Fortsetzung des traditionellen „Sozialversicherungsstaates“ ging, war es die bayerische SPD, die sich einer modernen Gesamtversicherung in den Weg stellte - zusammen mit den Angestelltenverbänden, der Unternehmerseite, dem Mittelstand und der Bauernschaft.6

    Vorteilhaft für das Wachstum der Wirtschaft in Bayern war auch dessen nach Kriegsende immer noch großer Landwirtschaftssektor. Durch den Wegfall der Agrargebiete im vormaligen Ostteil Deutschlands, die bis dahin als Agrarlieferanten des Reiches fungiert hatten und bei der gleichzeitigen flüchtlingsbedingten starken Bevölkerungszunahme in den Westgebieten, kam es dort in den ersten Nachkriegsjahren zu einer schweren Unterernährungskrise. Diese führte in einigen Ländern zu erheblichen Verlusten an Arbeits- und damit Produktionsvolumen.7 Der starke Landwirtschaftssektor dämpfte diese Negativeffekte in Bayern.

    Zuletzt zeigte die amerikanische Militärregierung kein besonderes Interesse an der direkten Demontage von Industrie- und Infrastrukturanlagen. Die viel nachhaltigere und langfristig wirksamere umfassende Enteignung von technologischem Expertenwissen, Betriebsgeheimnissen, Patenten etc. der Industrie durch die USA schlug sich weniger in aktuellen Produktionsausfällen als in einer Schwächung der prospektiven Konkurrenzfähigkeit der Industriewirtschaft Bayerns nieder.8

    Der eigentliche Wachstumsschub setzte in Bayern ein, als das während der Kriegswirtschaft im Rheinland und Ruhrgebiet akkumulierte Industriekapital nach Anlagemöglichkeiten, Arbeitskräften und Industrieflächen im westlich-kapitalistischen Teil Deutschlands suchte. Bayern wurde, auch weil es schon während des Krieges eine Art Schonraum gegenüber dem angloamerikanischen Bombenterror war, zu einem Vorranggebiet für das Überschusskapital aus dem rheinisch-westfälischen Wirtschaftsraum.

    Die Bezeichnung Bayerns als „Luftschutzkeller des Reiches“ (Katja Klee)9 trifft präzise den militärökonomischen und milieumentalen Gehalt des bayerischen „Heimatkapitalismus“ .

    2. München: Die Bayern-Lounge

    In den für das Erfolgsmodell Bayern so entscheidenden 1950er und 1960er Jahren wurden Investitionsentscheidungen noch nicht vom Finanzmarkt vorgegeben, sondern von Unternehmern mit ihrer Hausbank erörtert und entschieden. Aus dieser Phase stammt die mit der bayerischen Landtagswahl vom Oktober 2018 wohl auch endgültig geplatzte funktionale „Große Koalition“ zwischen SPD-München und CSU-Bayern. Diese hatte ihren Wirkmächtigkeitsgipfel in den Zeiten der angeblichen „Heimlichen Hauptstadt“ München des noch nicht vereinigten Deutschland mit seinem Schröder- und Merkel-Berlin.

    Schon im Adenauer-Deutschland gehörte es in den rheinisch-westfälischen Großbürgerfamilien dazu, dem Herrn Sohn oder dem Fräulein Tochter ein paar Semester an der Universität München, der Technischen Hochschule München oder gar der Kunstakademie München zu finanzieren. Papa und Mama hatten ja auch das Ski-Landhaus in Reit i. Winkl oder in Oberstdorf etc. und das Segelboot am Tegernsee - also warum nicht ein Zweigwerk im „Investitionsparadies Bayern“?

    Die Kunst- und Kulturstadt München, ihre Lebensart und ihr Freizeitwert waren ein entscheidender so genannter „weicher Standortfaktor“ für die Prosperität der Stadt München selbst und für das Erfolgsmodell Bayern.

    Das heute in München hegemoniale, hochgradig geschichtsvergessene Milieu der „Kulturlinken“, mittlerweile die Kinder- und Enkelgeneration der antiautoritären Protestbewegung, haben auf ihrem Display nicht mehr oder niemals gehabt, dass es eben nicht Berlin oder Frankfurt am Main oder Hamburg waren, in denen dann zuerst die Werte und Spielregeln des „Wirtschaftswunder-Westdeutschland“ fundamental in Frage gestellt wurden, sondern gerade die Bayern-Lounge München. Die „Gruppe Spur“ an der Akademie der Bildenden Künste München war die Erfinderin des „Antiautoritären“.

    Fussnoten

    1 Albrecht Goeschel: Bayern - Ein „Deutsches Erfolgsmodell“ am Ende? Ausarbeitung für das Diakonische Werk Bayern. Hrsg. Studiengruppe für Sozialforschung e.V., Marquartstein, 24.4.2009

    2 Kurt Pritzkoleit: Das gebändigte Chaos, Wien, München, Basel 1963

    3 Werner Abelshauser: Deutsche Wirtschaftsgeschichte seit 1945, München 2004

    4 Werner Oswald: Kraftfahrzeuge und Panzer der Reichswehr, Wehrmacht und Bundeswehr, Stuttgart 1973

    5 Walter Ziegler: Flüchtlinge und Vertriebene, in historisches-lexikon-bayerns.de

    6 Hans Günther Hockerts: Sozialpolitische Entscheidungen im Nachkriegsdeutschland, Stuttgart 1980

    7 Bruno Bandulet: Beute-Land, Rottenburg 2016
    8 ebd.

    9 Stefan Grüner: Geplantes Wirtschaftswunder: Industrie- und Strukturpolitik in Bayern, München 2009

    10 Albrecht Goeschel (Hrsg.) Richtlinien und Anschläge: Materialien zur Kritik der repressiven Gesellschaft, Hanser-Verlag München 1968

    Dans la deuxième partie l’article explique davantage de détails des mécanismes du pouvoir qui on menè à l’énorme influence de la Bavière et de sa droite populiste sur la politique de l’Allemagne entière. Cerise sur la gateau on apprend comment les élites se servent de l’état pour amasser leurs fortunes sur le dos des simples gens.

    Bayern : « Arbeiter- und Bäuerinnen-Staat zu Ende » | Telepolis
    https://www.heise.de/tp/features/Bayern-Arbeiter-und-Baeuerinnen-Staat-zu-Ende-4278123.html


    BMW-Werk München, 1968. Bild : Bundesarchiv, B 145 Bild-F027644-0004 / Storz / CC-BY-SA 3.0

    18. Januar 2019 Albrecht Goeschel, Markus Steinmetz

    Bayern-Saga: Wie man am eigenen Erfolg scheitert - Teil 2

    Nach 60 Jahren gefühlter Alleinherrschaft in Bayern muss die Christlich-Soziale Union seit der Landtagswahl 2018 in einer ungewünschten Koalition regieren. Wer hat ihr das eingebrockt oder wer hatte da genug von den älteren Herren, nachdrängenden Babypräsidenten oder bebrillten Parteibuben?

    Wenn man die Wahlanalysen liest, waren es wohl vor allem die Frauen, die diesmal ihre Stimmzettel anders als noch vor vier Jahren ausgefüllt haben. 2013 haben die bayerischen Frauen mit 50 Prozent noch deutlicher als die Männer „C“ gewählt. 2017 waren es dann auf einmal nur noch 38 Prozent. Dabei ist die CSU eigentlich traditionell eine Partei der Frauen und mittlerweile vor allem der Rentnerinnen. Die älteren Frauen stellen aber auch in Bayern, dank längerer Lebenserwartung, einen größeren Bevölkerungsanteil als die Männer. Wenn sie dann der herrschenden Altpartei die Zustimmung entziehen, schlägt das ordentlich ins Wahlkontor.

    Spannend wird das ganze, wenn man sich das Profil der Bayernbevölkerung in den Jahren ansieht, in denen die CSU ihre Dauerherrschaft begründet hat: Die Fünfziger Jahre. Diese waren der Wirtschaftszyklus mit dem höchsten Wirtschaftswachstum in ganz Westdeutschland.

    Wie der Ökonomiepublizist Kurt Pritzkoleit in seinem materialreichen Werk „Das gebändigte Chaos“ schreibt, war das auch die Zeit, in der Bayern im Vergleich zu den anderen Bundesländern eine überdurchschnittlich hohe Erwerbsquote hatte. Grund dafür wiederum war die damals auch überdurchschnittlich anteilsstarke Landwirtschaft in Bayern und deren Bäuerinnen - die so genannten „Mithelfenden Familienangehörigen“. Daneben spielten auch die anteilsstärkeren typischen Frauenindustrien wie die Elektrotechnik und die Textil- und Bekleidungsherstellung eine Rolle.


    CSU-Ergebnis bei Landtagswahlen seit 1950 und die jeweiligen Spitzenkandidaten. Grafik: TP

    In diesen Fünfziger Jahren überholte aber auch die infolge der Aufrüstungs- und Kriegswirtschaft des 3. Reiches stark gewordene Investitionsgüterindustrie Bayerns deren Anteil in den anderen Bundesländern. Maschinenbau und Fahrzeugherstellung spielten eine besondere Rolle bei diesem Industrieschub in Bayern. Zwischen 1950 und 1960 entstanden in Bayern etwa 573.000 neue Arbeitsplätze in der Industrie.

    Man kann dieses Bayern der Fünfziger Jahre mit seinen hunderttausenden neuen Industriearbeitern und seinen hunderttausenden mithelfenden Bauersfrauen als den christlich-kapitalistischen Arbeiter- und Bäuerinnenstaat auf der einen Seite der Demarkationslinie, der so genannten „Zonengrenze“, unmittelbar gegenüber dem atheistisch-sozialistischen Arbeiter- und Bauernstaat des ehemaligen Thüringen, Sachsen, Sachsen-Anhalt etc. auf der anderen Seite dieser Grenze betrachten.
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    Unvoreingenommene Ökonomen kommen in diesem Zusammenhang zu dem Ergebnis, dass die späteren beiden deutschen Staaten in ihren ersten Jahrzehnten einen durchaus ähnlichen wohlfahrtsstaatlich-keynesianischen „Fordismus“ (Werner Abelshauser, Ulrich Busch, Rainer Land) in der Wirtschaftspolitik verfolgt haben.6 Vor diesem Hintergrund wird erst die epochale Bedeutung des Aufstiegs der Alternative für Deutschland in den mitteldeutschen Bundesländern und der Absturz der Christlich-Sozialen Union in Bayern erkennbar.

    Korea-Krieg: Militärisch-industrieller Komplex auch in Bayern

    Der renommierte Wirtschaftshistoriker Werner Abelshauser hat in seiner „Deutschen Wirtschaftsgeschichte seit 1945“ deutlich gemacht, dass die Vereinigten Staaten wegen des von ihnen angeführten Vernichtungskrieges in Korea 1950 bis 1953 dringend auf die noch vom Rüstungsminister des 3. Reiches, Albert Speer, auf ein hohes Rationalisierungsniveau gebrachten Kapazitäten der (west-)deutschen Investitionsgüterindustrie angewiesen waren.

    Sie forderten von der bundesdeutschen Wirtschaftspolitik eine Abkehr von der konsumistischen Politik des „Wohlstand für alle“, gezielte Rüstungsanstrengungen und eine Wiederbewaffnung. Die Soziale Marktwirtschaft sollte „Rüstungstauglichkeit“ (Werner Abelshauser) entwickeln. In dieser ersten Hälfte der Fünfziger Jahre verortet der Historiker die Wiederauferstehung des rüstungswirtschaftlichen Korporatismus des nationalsozialistischen Staates nun in Gestalt eines auch europäischen „militärisch-industriellen Komplexes“.

    Durch die in den Jahren des Koreagemetzels begonnene Abwertung der D-Mark gegenüber dem US-Dollar konnten sich die USA günstig mit deutschen Investitionsgütern eindecken, aber ebenso konnten die deutschen Exportproduzenten fette Gewinne erwirtschaften. Dies galt auch und gerade für die Investitionsgüterbranche und die gesamte Exportbranche Bayerns.

    Dreh- und Angelpunkt des westdeutschen und vor allem bayerischen militärisch-industriellen Komplexes war der nachmalige CSU-Parteivorsitzende Franz Josef Strauß: Ab 1953 Bundesminister für besondere Aufgaben, ab 1955 Bundesminister für Atomfragen, ab 1956 bis 1962 Bundesminister für Verteidigung, war er in mehrere Mega-Rüstungsskandale des damaligen Adenauer-Deutschland verwickelt.
    CSU-Wahlerfolg: Im Kielwasser von Wiederbewaffnung und Rentenreform

    Die Indienstnahme von Teilen der westdeutschen Industrie für die Korea-Kriegs- und spätere Kalte-Kriegswirtschaft des US-Imperialismus bescherte dem Exportsektor zwar hohe Gewinne, ging aber auch zu Lasten der dortigen Beschäftigten.

    In Bayern kam es daher im August 1954 zum brutalsten Streik in Westdeutschland bislang. 100.000 der etwa 240.000 Beschäftigten der bayerischen Metallindustrie traten unter Führung der Gewerkschaft IG-Metall in einen drei Wochen dauernden Streik. Gefordert wurde eine Erhöhung des Ecklohnes von 1.44 DM um 12 Pfennige (!). Am Ende kamen 3 bis 5 Pfennige heraus. Dabei war es die damalige SPD-Regierung Bayerns, die u. a. die mit Stahlhelmen und Karabinern ausgerüstete, militärisch organisierte und geführte kasernierte „Bereitschaftspolizei“ gegen die Streikenden einsetzte.

    Etwas mehr als ein Jahr zuvor, eine Woche um den 17. Juni 1953, hatte es in der späteren Deutschen Demokratischen Republik ebenfalls einen mehrtägigen Arbeiteraufstand gegen verschlechterte Arbeitsbedingungen gegeben. Paramilitärische Volkspolizei und sowjetrussische Militärkräfte schlugen den Aufstand nieder.

    Betrachtet man die Ergebnisse der bayerischen Landtagswahlen der Fünfziger Jahre, erlebte die Christlich-Soziale Union damals einen eindrucksvollen Aufstieg. Sie steigerte ihr Wahlergebnis von 27,4 Prozent im Jahr 1950 auf 38,0 Prozent bei den Wahlen 1954 und erreichte dann bei den Landtagswahlen 1958 satte 45,6 Prozent.

    Politisch-ökonomisch bedeutete dies, dass das rüstungswirtschaftlich getriebene Wachstum Bayerns von einem Großteil der Wahlbevölkerung akzeptiert wurde, wiewohl Sozialdemokratie und Gewerkschaften gegen die westdeutsche Remilitarisierung massiv opponiert hatten.

    Es war wieder der Wirtschaftspublizist Kurt Pritzkoleit, der einen wichtigen Hinweis auf einen entscheidenden Faktor für die mit dieser Wahl begründete CSU-Hegemonie in Bayern gab: In seiner schon zitierten Bayern-Analyse betont Pritzkoleit, dass der Rentner- und Rentnerinnenanteil an der Bevölkerung in Bayern in den Fünfziger Jahren deutlich höher als in Westdeutschland insgesamt gelegen hat.

    Gerade auf diese Bevölkerungsgruppe zielte aber die Wahlstrategie des fuchsschlauen damaligen Bundeskanzlers Konrad Adenauer bei den Wahlen zum Deutschen Bundestag des Jahres 1957: Adenauer hatte ganz offen die Rentenreform von 1956/57 mit ihrer Erhöhung und Lohnankoppelung in seinem politischen Lager als Strategie propagiert, um den Popularitätsverlust der christlichen Parteien infolge Bundeswehrgründung, Wehrpflichteinführung und NATO-Beitritt in den Jahren 1955 und 1956 zu kompensieren.


    Bundesverteidigungsminister Franz Josef Strauß zu Besuch in der Kaserne der Heeresflugabwehrschule Rendsburg (1957). Bild: Friedrich Magnussen / Gesellschaft für Kieler Stadtgeschichte / CC-BY-SA 3.0

    Im Kielwasser des rentenpolitisch erreichten CDU-Wahlsieges von 1957 erreichte die CSU in den Landtagswahlen von 1958 im Rentnerland Bayern dann sogar ein Spitzenergebnis. Der in den Fünfziger Jahren führende deutsche und bayerische Rüstungspolitiker Franz-Josef Strauß wusste sehr genau, dass erfolgreiche störungsfreie Aufrüstungspolitik vor allem mit eingängiger Sozialpolitik legitimiert werden muss. Er war Mitglied im Sozialverband VdK Bayern. Dieser Verband, nach Kriegsende als Kriegsopferorganisation in den süd- und westdeutschen Bundesländern entstanden, hatte sich auch in Bayern zu einer zahlenstarken sozialpolitischen Interessenorganisation entwickelt. Seit Jahrzehnten wird in diesem Verband eine Großkoalition von CSU- und SPD-Sozialfunktionären praktiziert. Präsident des VdK Bayern war zeitweilig auch Horst Seehofer.

    Mit „Wirtschaftslenkung“ in Westdeutschland zur absoluten Mehrheit in Bayern

    Nach den langen Fünfziger Jahren stürmischen Wirtschaftswachstums, sprich: rasanter Kapitalakkumulation, kam mit der Rezession von 1966/1967 der in kapitalistischen Wirtschaftssystemen unvermeidliche Krisenabsturz, verbunden mit hoher Arbeitslosigkeit, Betriebsschließungen etc.. Verschärft wurde diese Rezession durch die sich ausbreitende Strukturkrise im Ruhrbergbau.

    Die vor diesem Hintergrund gebildete Große Koalition unter Bundeskanzler Kurt Georg Kiesinger verließ eiligst den marktliberalen Wirtschaftskurs des gescheiterten Bundeskanzlers Ludwig Erhard und ging entschieden zu einer keynesianischen Globalsteuerung der Wirtschaft über. Das seinerzeitige „Gesetz zur Förderung der Stabilität und des Wachstums der Wirtschaft (StabG)“ vom 8. 6.1967 ist als Juwel keynesianischer Wirtschaftslenkung im kapitalistischen West-Deutschland noch heute in Kraft - wenn auch ohne Wirkung.

    Die beiden Leitfiguren dieser Politik, die durch massive öffentliche Investitionsprogramme Krisenbekämpfung verfolgte, waren der neue SPD-Wirtschaftsminister Karl Schiller und der nunmehrige CSU-Finanzminister Franz Josef Strauß. Mit seiner bundespolitischen Investitionspolitik konnte Strauß zugleich die Situation in Bayern fördern, dessen strukturschwache Gebiete durch die Rezession schwer getroffen waren. Es war allerdings weniger die 1966/1967er-Krise, die für das Wachstum in Bayern Gefahren beinhaltete. Viel größer war das Risiko, dass die Bergbaukrise im Ruhrgebiet in hohem Maße Industrieflächen und Arbeitskräfte freisetzte und damit den Standortvorteil Bayerns, verfügbare Industrieflächen und verfügbare Arbeitskräfte im ländlichen Raum, zunichte machen könnte.

    Aus heutiger Sicht frappierend, insbesondere seit dem neoliberalen Fundamentalismus der Regierung Edmund Stoiber, entschied sich die CSU-Regierung in Bayern für eine geschickte Doppelstrategie: Der sich erfolgreich als Landesvater inszenierende Ministerpräsident Alfons Goppel griff die damals in der Öffentlichkeit herrschende Planungsfreundlichkeit auf und startete in Kooperation mit der bayerischen SPD Entwicklungsplanungen für drei Problemregionen in Bayern: Bayerischer Wald, Oberpfälzer Wald und Bayerische Rhön.


    Alfons Goppel beim CSU-Parteitag 1975 in München. Bild: Bundesarchiv, B 145 Bild-F046472-0004 / Storz / CC-BY-SA 3.0

    Durch diesen Vorstoß gelang es der Bayerischen Staatsregierung, die mit dem 1965 erlassenen Bundesraumordnungsgesetz und mit Karl Schillers „Regionalen Aktionsprogrammen“ ausgelöste Förderwelle überwiegend nach Bayern zu lenken. Sie erreichte durch ihre Planungsoffensive, dass allein 6 der insgesamt 16 bundesweit als so genannte „Zentrale Orte“ geförderten Klein- und Mittelstädte in Bayern ausgewählt wurden. Wer in diesen Jahren bayerische Kommunen in Fragen der Regionalentwicklung beraten hat, erinnert sich mühelos an die enorme legitimatorische Wirkung von positiven Förderbescheiden der Staatsregierung auf der Kommunalebene und auch an die regelrechte Mystifizierung von Hilfsgesuchen an den „Hochverehrten Herrn Bundesfinanzminister“.

    Die Bayerische Staatsregierung praktizierte die vom Bundesfinanzminister in Bonn forcierte langfristig antizyklische Strukturförderungspolitik in Westdeutschland im Gegensatz dazu im eigenen Bundesland Bayern betont prozyklisch. Sie förderte, statt zu bremsen, auch im nach der Rezession folgenden erneuten Aufschwung, um die erreichten Erfolge nicht zu gefährden. Der Wirtschaftshistoriker Stefan Grüner hat diesen weitgehend unbekannten Föderal-Keynesianismus Bayerns in seiner vorzüglichen Untersuchung „Geplantes Wirtschaftswunder“ aus dem Jahre 2009 präzise nachgezeichnet.

    Der Erfolg dieser Doppelstrategie stellte sich prompt auch ein: Mit der in der Bayerischen Landtagswahl von 1970 erreichten absoluten Mehrheit der CSU wurde eine Serie von weiteren acht Landtagswahlen mit absoluten Mehrheiten der CSU gestartet. Noch 1970 wurde dann für Bayern ein „Staatsministerium für Landesentwicklung und Umweltfragen“ eingerichtet. An dessen Spitze stand der vormalige CSU-Generalsekretär Max Streibl.
    Exportslalom durch Kalten Krieg und Europäische Einigung in die Welt-Währungskrise

    Bayerns Kapitalismus war auch in den 1960er Jahren vor allem Exportkapitalismus. Er schwamm im Strom der enormen Exportsteigerung West-Deutschlands, die zwischen 1950 und 1968 bei 1000 Prozent lag und vor allem vom Fahrzeugbau, vom Maschinenbau, von der Chemie etc. getragen wurde.

    Schon der EWG-Vertrag von 1957 hatte den Außenhandel mit den Nachbarn massiv gesteigert. Vor allem aber verstärkten der Berliner Mauerbau von 1961, die Kubakrise von 1962 und die Ausweitung des US-Angriffskrieges in Vietnam den Rüstungsaufwand des Konflikts der Systeme und damit die Exportposition des bayerischen Kapitalismus.

    Diese Exporttreiber bargen aber auch erhebliche Risiken: So befürchtete das bayerische Establishment, dass die europäische Agrarpolitik die klein- und mittelbetriebliche, noch immer anteilsstarke und politisch einflussreiche bayerische Agrarwirtschaft beeinträchtigten könnte. Ebenso wurde befürchtet, dass die EWG-Regionalförderung Bayerns Randlage verstärken könnte und West- und Südwestfrankreich sowie Süditalien bevorzugen würde.

    Auch hier reagierte die Bayerische Staatsregierung mit einem strategischen Schachzug: Sie konterte den verhassten EWG-Mansholtplan des Jahres 1962 mit seiner Tendenz zur Konzentration und Dezimierung der Landwirtschaftsbetriebe in Europa mit ihrem „Bayerischen Weg“. Dezentrale Industrieansiedlungen sollten dazu beitragen, dass Bauernwirtschaften unterschiedlicher Hofgrößen nicht nur als Vollerwerbs-, sondern auch als Zu- und Nebenerwerbsbetriebe geführt werden konnten. Die bayerische Landesentwicklungsplanung integrierte Agrarpolitik und Industriepolitik, um eine „soziale Erosion“ des ländlichen Raumes zu verhindern.

    Der Bau der Berliner Mauer und die Abriegelung der Grenze der Deutschen Demokratischen Republik gegen die Abwanderung von tatsächlichen Fachkräften vor allem nach Bayern schwächte in den sechziger Jahren einen wesentlichen Standortvorteil Bayerns: Reserven an qualifizierten und gleichkulturellen Arbeitskräften. Später, in der Phase der Entspannungspolitik, sollte dann „der andere Teil Deutschlands“ als eine Art Niedriglohnkolonie für westdeutsche und gerade auch bayerische Unternehmen produzieren.

    Das eigentliche Risiko am Ende der 1960er Jahre waren aber die Nebenwirkungen der seit den Nachkriegsjahren anhaltenden Export-, Leistungs- und Zahlungsbilanzüberschüsse der westdeutschen Wirtschaft gegenüber den übrigen großen Volkswirtschaften Europas, insbesondere Frankreich und Großbritannien, aber auch gegenüber den Vereinigten Staaten.

    Die enormen Exportüberschüsse der westdeutschen Konzerne einerseits und die enormen Kriegskosten des amerikanischen Imperialismus führten zu einem dramatischen Kursverfall des US-Dollar und einer gewaltigen Dollarflutwelle nach Europa. Ende dieser 1960er Jahre hatte sich das Problem einer mit dem Exportboom „Importierten Inflation“ (Gerard Bökenkamp) und einer dadurch ausgelösten Preis-Lohnspirale in der deutschen und bayerischen Wirtschaftspolitik in den Vordergrund geschoben.

    Der geschickte Exportslalom der bayerischen Wirtschaftspolitik zu Gunsten ihrer Exportkonzerne hatte in die Sackgasse der dadurch mitforcierten Weltwährungskrise geführt. Gerade Exportökonomien sind aber auf ein funktionierendes Weltwährungssystem zwingend angewiesen.

    Bayern: Konzernefestung und Finanzhilfenhütte

    US-Präsident Richard Nixon hat durch die Aufhebung der Einlösbarkeit von Dollarguthaben anderer Staaten in US-Gold im Jahre 1971 das damalige Weltwährungssystem von „Bretton-Woods“ erledigt. Die US-Verschuldung im Ausland war weit über die US-Goldreserven angestiegen.

    Der angesehene Ökonom Elmar Altvater stellte in seiner 1969 erschienen Untersuchung „Die Weltwährungskrise“ fest, dass die enormen Exportüberschüsse Westdeutschlands seit den Fünfziger Jahren schon in den sechziger Jahren eine der Hauptursachen für die damaligen „fundamentalen Ungleichgewichte“ im Weltwährungssystem waren.14 Daran scheint sich bis heute nichts wesentliches geändert zu haben. Der Missbrauch und die Zersetzung des Euro-Systems durch Merkel-Schäuble sind längst offenbar und noch im vollen Gange.

    Angesichts der Weltwährungskrise der späten sechziger Jahre erhöhte sich der Druck der internationalen Handels- und Währungspartnerländer auf eine deutliche Aufwertung der DM, um den anderen Ländern bessere Handelsbilanzen und Zahlungsbilanzerleichterungen zu ermöglichen. In der damaligen Großen Koalition führte dies zu heftigen Konflikten zwischen dem vom CSU-Finanzminister Franz Josef Strauß angeführten Lager der Aufwertungsgegner und dem vom SPD-Wirtschaftsminister angeführten Lager der Aufwertungsbefürworter. Es war dann die Sozialliberale Koalition unter Bundeskanzler Willy Brandt, die eine DM-Aufwertung um 8,5 Prozent beschloss.

    Die vor allem auch bayerischen Aufwertungsgegner vertraten, politisch durch die Industriespitzen unterstützt, die Außenhandelsinteressen der westdeutschen und vor allem auch bayerischen Exportkonzerne. Sie plädierten für eine Devisenkontrolle an Stelle einer Wechselkursliberalisierung. Die Aufwertungsbefürworter, politisch durch die Gewerkschaften unterstützt, vertraten die Preisstabilitätsinteressen der Arbeitnehmer und eine quasi monetaristische Währungssystemstabilisierung durch „Floaten“ der Wechselkurse.

    In der wirtschaftspolitischen Bearbeitung der Welt-Währungskrise zeigte sich die Doppelgesichtigkeit Bayerns als verzögert industrialisiertes und kapitalisiertes Agrarland: Einerseits wurden in scharfer Ablehnung der DM-Aufwertung die unmittelbaren Profitinteressen auch der bayerischen Exportkonzerne vertreten. Die „importierte Inflation“ und Welt-Währungskrise sollten durch Devisenkontrollen, einen Ausgabenstopp des Staates und natürlich Lohnzurückhaltung der Arbeitnehmer bekämpft werden. Gleichzeitig war aber Bayern auch das Bundesland, das unbeeindruckt durch die Jahre der Welt-Währungskrise zwischen 1951 und 1974 die höchsten Regionalhilfsmittel von allen Bundesländern angefordert und Erhalten hatte. Bis in die Achtziger Jahre war Bayern zudem Empfängerland(!) Im Länderfinanzausgleich16 - eben Konzernefestung und Finanzhilfenhütte.

    Fussnoten

    1 Kahrs, Horst: Die Wahl zum 18. Bayerischen Landtag vom 14. Oktober 2018. Hrsg. R. Luxemburg-Stiftung, Berlin 15.10.2018

    2 Busch, Ulrich; Land, Rainer: Teilhabekapitalismus - Fordistische Wirtschaftsentwicklung in Deutschland 1950-2009. In: Forschungsverbund Sozioökonomische Berichterstattung (Hrsg.): Berichterstattung zur sozioökonomischen Entwicklung in Deutschland, 2.Bericht, Wiesbaden 2012.

    3 Pritzkoleit, Kurt: Das gebändigte Chaos, Wien, München, Basel 1965

    4 Götschmann, Dirk: www.historisches-lexikon-bayerns.de. Wirtschaft nach 1945

    5 Abelshauser, Werner: Deutsche Wirtschaftsgeschichte seit 1945 München 2004; Busch, Ulrich; Land, Rainer: Ostdeutschland. In: Forschungsverbund Sozioökonomische Berichterstattung (Hrsg.): A.a.O. (4) Zwischen 1950 und 1960 entstanden in Bayern etwa 573.000 neue Arbeitsplätze in der Industrie.

    6 Abelshauser, Werner: Deutsche Wirtschaftsgeschichte seit 1945; München 2004; Busch, Ulrich; Land, Rainer: Ostdeutschland. In: Forschungsverbund Sozioökonomische Berichterstattung (Hrsg.): A.a.O.

    7 Hockerts, Hans Günter: Sozialpolitische Entscheidungen im Nachkriegsdeutschland, Stuttgart 1980

    8 Grüner, Stefan: Geplantes „Wirtschaftswunder“: Industrie- und Strukturpolitik in Bayern 1945 bis 1973 München 2009.
    9 Grüner, Stefan: Geplantes „Wirtschaftswunder“: Industrie- und Strukturpolitik in Bayern 1945 bis 1973 München 2009.

    10 Kroh, Ferdinand: Wendemanöver: Die geheimen Wege zur Wioedervereinigung, München 2005

    11 Bonner, Bill; Wiggin, Addison: Das Schuldenimperium, München 2006

    12 Bökenkamp, Gerard: Das Ende des Wirtschaftswunders, Stuttgart 2010

    13 Altvater, Elmar: Die Weltwährungskrise, Frankfurt 1969.
    14 Altvater, Elmar: Die Weltwährungskrise, Frankfurt 1969.
    15 Altvater, Elmar: Die Weltwährungskrise, Frankfurt 1969.

    16 Grüner, Stefan: Geplantes „Wirtschaftswunder“: Industrie- und Strukturpolitik in Bayern 1945 bis 1973 München 2009.

    #impérialisme #CIA #Allemagne #États-Unis #OTAN #économie

  • Les #espions qui venaient d’#Hollywood - L’essentiel - Télérama.fr
    https://television.telerama.fr/tele/programmes-tv/les-espions-qui-venaient-dhollywood,120297836.php

    Hollywood, nid d’espions ? Avec ce documentaire étonnant, Julia et Clara Kuperberg explorent une réalité plus romanesque que la fiction. Après avoir réhabilité la place prépondérante des femmes dans la naissance du cinéma (1) , les deux réali­satrices s’attaquent une fois encore à un sujet méconnu : le rôle des stars hollywoodiennes pendant la Seconde Guerre mondiale. Dès la fin des années 1930, Marlene Dietrich, Cary Grant, Lesley Howard ou John Ford ont joué les agents secrets pour le #MI6 anglais ou l’#OSS (ancêtre de la #CIA). Profitant de leur notoriété pour voyager en toute liberté, approchant les puissants, cachant, comme Joséphine Baker, des microfilms dans la doublure de leurs vêtements. Des rumeurs couraient, mais il aura fallu la déclassification des archives nationales de Washington, en 2008, pour qu’émergent des noms et des faits.

  • Surveillance : entre légende et connaissance

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-suite-dans-les-idees/la-suite-dans-les-idees-du-samedi-31-mars-2018


    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18755-31.03.2018-ITEMA_21633970-0.mp3

    Souvent à mille lieue des actions d’éclats, la #surveillance se traduit d’abord par la mise en œuvre de petites routines bureaucratiques. C’est cette réalité du monde des #espions que révèle la belle enquête de l’historien Alexandre Rios-Bordes ainsi qu’à sa manière la série Le Bureau des légendes.

    • Migrants: des interprètes érythréens accusés de travailler pour Asmara

      Des dissidents érythréens s’interrogent sur les interprètes auxquels leurs concitoyens font appel lorsque ces derniers demandent l’asile en Italie. Plusieurs d’entre eux seraient en relation avec l’ambassade de l’Érythrée à Rome. Des chercheurs vont plus loin en affirmant que, dans certains cas, ces interprètes ne sont pas de simples traducteurs mais des informateurs au service du parti au pouvoir à Asmara.

      http://www.rfi.fr/afrique/20180301-migrants-interpretres-erythreens-accusation-travail-asmara

    • Les interprètes intervenant dans le cadre de procédures d’asile représentent-ils un danger pour les requérants d’asile ?

      Nombre de requérants d’asile ne peuvent pas être auditionnés dans une des langues officielles car ils n’en parlent aucune, ou du moins pas assez bien. Dans ces cas-là, on fait appel à des interprètes, qui interviennent aussi, le cas échéant, dans les lieux d’hébergement. Or on ne peut exclure que ces interprètes soient en contact avec le gouvernement ou le régime du pays d’origine ou même qu’ils agissent comme indicateurs. Aux Pays-Bas, des interprètes érythréens ont été congédiés pour ces raisons. Des réfugiés érythréens reconnus se sont récemment plaints du même problème en Suisse.

      https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20141117

  • Avec la #France, les #Five_Eyes deviennent les Six Eyes…
    https://reflets.info/avec-la-france-les-five-eyes-deviennent-les-six-eyes

    Dans son édition du 13 décembre 2017, Intelligence Online révèle que la France va intégrer le groupe des Five Eyes. Du moins officiellement. Parce qu’officieusement, c’est déjà le cas depuis un certain temps. Selon Intelligence […]

    #Société #Technos #Afrique #Alcatel_Submarine_Networks #Espions #Etats-Unis #Europe #NSA #Rand_Corporation

  • Tueurs du Brabant : après 32 ans de sabotage de l’enquête, enfin une percée ? Solidaire - Herwig Lerouge - 22 Octobre 2017
    http://ptb.be/articles/tueurs-du-brabant-apres-32-ans-de-sabotage-de-l-enquete-enfin-une-percee

    Herwig Lerouge était, dès 1985, l’un des premiers à avancer la piste que, derrière les Tueurs du Brabant, qui semaient la terreur en Belgique à l’époque, se cachait une cellule d’extrême droite au sein du groupe Diane, unité d’élite de la gendarmerie. Aujourd’hui que cette piste semble se confirmer, il fait le point. Après 32 ans de sabotage de l’enquête sur un des plus grands crimes politiques dans l’histoire de la Belgique, va-t-on enfin avoir une percée ?


    Une du journal du PTB, Solidaire, du 20 novembre 1985. Déjà à l’époque, la piste d’un lien avec la gendarmerie était évoquée.

    Il y a 32 ans déjà, le PTB, son journal Solidaire et certains journalistes l’avançaient comme la piste la plus sérieuse : derrière les Tueurs du Brabant se cache une cellule d’extrême droite au sein du groupe Diane, le corps d’élite de la gendarmerie à l’époque. Pour rappel, ce groupe a été responsable de la vague de terreur qui a fait 28 victimes aux abords des grands magasins Delhaize et Colruyt et terrorisé toute la population dans les années 1980.

    Comme l’a révélé la presse durant le week-end des 21 et 22 octobre dernier, un ancien gendarme de cette unité spéciale Groupe Diane, décédé il y a deux ans, aurait avoué à son frère, sur son lit de mort, avoir été « le Géant » de la bande. La haute taille du gendarme correspondrait à celle du « Géant », et une blessure au pied qui lui avait valu une incapacité de travail pendant les tueries du Brabant pourrait correspondre à une caractéristique du Géant observée par des témoins : il boitait lors de la tuerie d’Alost. Les enquêteurs pensent aussi pouvoir identifier maintenant d’autres membres de la bande, tous des gendarmes, ex-membres du groupe Diane.

    Beaucoup d’indices qui pointent dans cette direction
    Or cette piste des gendarmes d’extrême droite a été qualifiée à l’époque par le ministre libéral de la Justice Jean Gol (MR) et par le procureur de Nivelles, Jean Deprêtre, en charge du dossier comme « de la fiction de roman policier ».

    Pourtant, tant la façon de procéder des Tueurs que certaines informations sérieuses disponibles et le contexte politique à ce moment-là pointaient dans cette direction. Les membres de la bande n’étaient pas intéressés par le butin. Les primes de 5 et 10 millions offertes pour obtenir certaines infos auraient dû éveiller la convoitise des indicateurs du milieu. Il n’en était rien…

    Ces bandits semblaient agir à leur aise, comme s’ils n’avaient rien à craindre. Les attaques étaient menées de façon militaire. Des spécialistes sont très vite arrivés à la conclusion que certaines techniques utilisées par les tueurs — entrée et sortie des véhicules, progression déployée de manière à couvrir tous les angles de tir possibles, « tir croisé » — étaient enseignées dans les unités spéciales de plusieurs armées et de certains services policiers d’intervention.

    En outre, après leurs crimes, les Tueurs se plaçaient en embuscade pour attendre les policiers qu’ils prenaient sous un tir croisé. Les crimes semblaient gratuits. Le butin ne les intéressait visiblement pas. La motivation n’est pas de voler mais bien de tuer, de terroriser.

    Stratégie de la tension
    Les Tueurs du Brabant auraient-ils agi dans le cadre de « la stratégie de la tension », comme on l’a vue en Italie et en Allemagne ?


    De nombreux autres éléments sont venus confirmer cette hypothèse : des (ex-)membres du groupe d’élite Diane avaient des liens avec des organisations fascistes belges et des agents américains. On était au milieu des années 1980, au sommet de la Guerre Froide et de la course aux armements. Washington et le monde politique pro-américain en Belgique s’inquiétaient à l’époque de la montée du mouvement contre l’installation en Belgique des missiles nucléaires visant l’Union soviétique. Des centaines de milliers de pacifistes manifestaient pour s’opposer à ce type de menace. Les attaques des Tueurs du Brabant ont semé la panique et préparé le terrain pour un renforcement sans précédent de la gendarmerie. Et les missiles ont été installés.

    Le fait que des forces de répression à l’intérieur des États provoquent sciemment des attentats a été appelé la « stratégie de la tension ». Il a ainsi été prouvé qu’en Italie, dans les années 70 et 80 (voir le terrible attentat de Bologne en 1980), cette stratégie a été utilisée par l’extrême droite liée aux services secrets italiens et américains.

    Même l’Allemagne semble ne pas avoir été à l’abri de bien curieuses menées américaines. Dans un livre publié en septembre 1998, Andreas von Bülow, qui fut secrétaire d’État à la Défense à Bonn (de 1976 à 1980) puis ministre de la Recherche (de 1980 à 1982), affirme que « les services secrets américains ont influencé, sinon dirigé partiellement ou complètement tout le terrorisme européen ». L’Italie, l’Allemagne… pourquoi pas la Belgique ?

    Pas de coupable, mais une gendarmerie renforcée
    En Belgique, aucun des coupables des Tueurs du Brabant n’est aujourd’hui sous les verrous. La plupart des suspects sont morts ou à l’étranger. Dès le début, le procureur Deprêtre de Nivelles a bloqué la piste de l’extrême droite. Le sommet de la gendarmerie a protégé les gendarmes suspects. Deux commissions d’enquête parlementaires n’ont trouvé aucun coupable. Mais ont abouti au renforcement de la gendarmerie.

    Le nom du « Géant » dont il est question aujourd’hui est déjà apparu dans l’enquête en 1999, après la diffusion d’une série d’affiches présentant des portraits-robots des présumés tueurs. Le fait qu’il était un ancien du Groupe Diane était un autre élément interpellant, qui rendait son profil plausible. Il était membre d’un « practical shooting club », une technique utilisée par les Tueurs et apprise dans des stands de tir fréquentée par plusieurs gendarmes d’extrême droite. Selon son dossier médical, il avait pris congé chaque fois pendant les vagues d’attentats de la bande en 1985.

    Pour éviter les oubliettes
    La raison pour laquelle cette potentielle piste n’a pas été poursuivie est un mystère. Ou peut-être pas.

    On devra se demander comment certains, dans la police et ailleurs, ont fait que cette enquête soit systématiquement détournée de la seule piste crédible.

    On pourra, dans les jours qui viennent, dresser la liste de toutes les décisions mystérieuses dans cette enquête, de toutes les interventions politiques pour détourner les enquêteurs de cette piste de la terreur d’extrême droite pro-américaine.

    Suite à ces révélations, on pourra lire avec d’autres yeux les décisions prises suite à ces attentats en faveur du renforcement de la gendarmerie dans le paysage policier. Cette décision a amené, par exemple, à ce qu’une gendarmerie toute puissante monopolise l’enquête sur les enfants disparus, sans transmettre ses infos à la justice. C’est la fameuse opération Othello qui a empêché qu’on arrête Marc Dutroux avant qu’il puisse commettre ses crimes.

    On devra aussi se demander comment certains, dans la police et peut-être la justice, ont pu jusqu’à aujourd’hui faire en sorte que cette enquête soit systématiquement détournée de la seule piste crédible pour enfin découvrir la vérité.

    On devra le faire. Mais, si c’est à travers une troisième commission d’enquête, il faudra que celle-ci soit composée d’une autre façon que les deux précédentes, qui n’ont abouti à rien. Il faudra donner une place aux parents des victimes, qui ont eux-mêmes mené l’enquête contre vents et marées, à des journalistes et des chercheurs qui ont depuis longtemps amassé de nombreux éléments dans cette direction. Il ne faudra pas que les questions qui sont posées, les témoins qui seront invités soient uniquement décidés par les partis politiques traditionnels, qui sont coresponsables de la débâcle que constitue cette enquête. Sinon, une commission d’enquête risque de terminer où de nombreuses commissions de cette sorte ont fini leur vie : dans les oubliettes.

    #espionnage #services_spéciaux #Belgique #police #gendarmerie #judiciaire #attentats #espions #secret #barbouzes #terreur #gladio

  • Procès « Frisbee » : Juncker appelé à témoigner L’essentiel - Philip Webe - 25 Octobre 2017
    http://www.lessentiel.lu/fr/luxembourg/story/Proces-Frisbee-Juncker-appele-a-temoigner-14415265

    LUXEMBOURG – Le président de la Commission européenne devrait être entendu dans le cadre du procès de trois anciens collaborateurs du SREL, qui débute le 29 novembre.

    Le 11 juillet 2013, Jean-Claude Juncker, lâché par ses alliés socialistes, démissionnait de son poste de Premier ministre. La faute à des mois de tensions autour de la gestion des services de renseignements de l’État (SREL). Une affaire qui poursuit encore aujourd’hui le désormais président de la Commission européenne. Il devra en effet témoigner dans le procès de l’affaire dite « Frisbee » qui débutera probablement le 29 novembre, a appris L’essentiel auprès de sources judiciaires. Le directeur de l’enquête de l’époque, Fernand Rupert, sera également cité comme témoin.


    En juillet dernier, la chambre du conseil de la cour d’appel a estimé qu’il existait des « charges suffisantes de culpabilité pour ordonner le renvoi des trois anciens collaborateurs du SREL, devant une chambre correctionnelle du tribunal d’arrondissement de Luxembourg ». Marco Mille (ancien directeur du SREL), André Kemmer et Frank Schneider (tous les deux anciens collaborateurs) devront répondre d’infractions commises à propos des lois sur la protection de la vie privée et des données à caractère personnel.

    Les trois hommes sont accusés d’avoir placé sur écoute l’électronicien Loris Mariotto en 2007 alors qu’ils cherchaient à déchiffrer le contenu d’un CD crypté contenant une discussion entre le Grand-Duc Henri et le Premier ministre, Jean-Claude Juncker, concernant l’affaire dite du « Bommeleeër ».
    #espionnage #services_spéciaux #Luxembourg #jean_claude_juncker #police #gendarmerie #judiciaire #attentats #bombes #espions #secret #barbouzes #SREL #Bommeleeër #bombes #terreur #gladio

    Pourquoi Juncker saute-t-il sur une affaire de bombes et d’espions ? La Libre - Sébastien Lambotte - 11 juillet 2013
    http://www.lalibre.be/actu/international/pourquoi-juncker-saute-t-il-sur-une-affaire-de-bombes-et-d-espions-51de289b3

    L’affaire qui plonge le Grand-Duché dans l’émoi est tout ce qu’il y a de plus sombre. S’il s’agit bien du Luxembourg, il n’est pour une fois pas question d’évasion fiscale et de gros sous, mais bien… d’espionnage. Car, oui, le petit pays dispose de services secrets : le Service de renseignement de l’Etat luxembourgeois (SREL). Et il semble même qu’il ait fait preuve d’un zèle tout particulier.

    Au cœur de cette crise, on retrouve une autre affaire, dite du "Bommeleeër" (poseur de bombes). Entre 1984 et 1986, le Luxembourg connaît une vague d’attentats à la bombe qui plongent le pays dans la crainte. Mais qui sont-ils ceux qui terrorisent ainsi la paisible campagne luxembourgeoise ? Cette question est actuellement toujours sans réponse. Un procès-fleuve, qui a débuté en février dernier et qui suit toujours son cours, tente de faire la lumière sur cette sombre affaire. Deux anciens policiers, membres du corps d’élite des forces de l’ordre, sont accusés d’avoir pris part à ces attentats. Avec d’autres, parce que l’hypothèse, soutenue actuellement, veut que ces attentats aient été commis avec l’aval politique de quelques détenteurs du pouvoir en place à l’époque. En trente ans, cette histoire a alimenté les rumeurs les plus folles sur les auteurs et les objectifs poursuivis, allant jusqu’à mouiller Jean, le frère de l’actuel Grand-Duc.

    Le procureur général, au moment où il a rouvert ce dossier il y a un peu plus de dix ans, ne se doutait probablement pas qu’il allait réveiller de vieux fantômes, jusqu’à mettre à mal le sommet de l’Etat luxembourgeois. A l’approche de l’entame du procès, les révélations se succédèrent. Des histoires dignes d’un vieux James Bond, certaines liées à cette première affaire, d’autres pas du tout, ont surgi d’on ne sait où. C’est le SREL qui est alors au cœur de la tourmente, ainsi que ceux qui en ont la responsabilité politique, parmi lesquels on retrouve un certain Jean-Claude Juncker.

    Une commission d’enquête
    A l’automne dernier, l’hebdomadaire "D’Lëtzebuerger Land" révélait que, en 2009, Jean-Claude Juncker lui-même avait été espionné par des services secrets… dont il a la responsabilité. Avec une montre très spéciale, le chef des renseignements luxembourgeois de l’époque enregistre une conversation qu’il tient avec le Premier ministre. Est évoquée l’existence d’un CD crypté, reçu par les renseignements, qui contiendrait l’enregistrement d’une discussion entre le Grand-Duc et Jean-Claude Juncker, mais aussi l’idée soulevée par le chef des renseignements que le Grand-Duc lui-même entretiendrait des relations directes avec le MI6, les services secrets britanniques. La Cour grand-ducale s’est empressée de démentir cette dernière accusation.
    Toujours est-il que, partant de cette révélation, une commission d’enquête parlementaire a été mise en place et elle est allée de surprise en surprise, découvrant l’existence d’un service de renseignement qui fonctionnait, semble-t-il, en roue libre, accumulant des informations sur les concitoyens, menant des écoutes sans autorisation, faisant de l’espionnage politique interne, créant des archives secrètes, inventant des rumeurs et des dossiers de toutes pièces accusant notamment de pédophilie le procureur général de l’Etat, etc.

    Si les deux affaires n’apparaissent pas comme directement liées, elles se recoupent en plus d’un point, laissant penser que les services secrets ont été très impliqués. Beaucoup d’efforts, selon toute vraisemblance, mais sans qu’il soit aujourd’hui possible de faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé, mobilisant de nombreuses personnes jusqu’au sommet de l’Etat, ont été consentis pour empêcher les enquêteurs d’instruire cette affaire. Si Jean-Claude Juncker devait répondre de sa responsabilité politique ce mercredi, c’est parce que la commission d’enquête parlementaire l’a jugé seul responsable des dysfonctionnements avérés des services de renseignements. De là à faire la lumière sur ce qui s’est réellement tramé en coulisse, c’est une autre histoire. Au grand-duché de Luxembourg, c’est bien connu, il y a plus d’un secret que l’on ne trahit pas.

    • Bonjour @alain1
      Pour créer un thème, il suffit de l’écrire et de le faire précéder du signe magique # .
      Ce thème s’ajoutera à ta liste.

      On peut ajouter un thème aux billets d’un(e) autre gràce aux commentaires.

      Avant d’écrire un billet sur le blog, tu peux faire une recherche sur ce mot avec l’option de recherche dans la barre noire du menu du site.

      Attention aux mots composés, pas de blanc mais un tiret.
      André

  • Call-A-Spy : The first hotline for reaching out to secret service agents
    https://www.callaspy.org

    The Call-A-Spy Show is an entertaining and enlightening journey into the psyche of the secret services. Three brave contestants put their communication skills to the test, competing in a number of challenges, all involving live phone calls with unsuspecting agents. 80% improvised, each show is different depending on who the contestants are and who they reach on the end of the line. The goal is to make them laugh, make them cry, but just don’t let them hang up!

    https://www.youtube.com/watch?v=Fez05oAcE-8

    #spectacle #live vu à la Gaité Lyrique l’autre soir, avec Andy (des Yes Men), Jérémie Z et Molly O. : hilarant et génial

    #NSA #espions #téléphone

  • Séoul, nid d’espions : une #Corée_du_sud sous influence
    https://www.mediapart.fr/journal/international/150616/seoul-nid-d-espions-une-coree-du-sud-sous-influence

    Fuites, désinformation, fabrication de fausses preuves, surveillance généralisée : les #Services_secrets sud-coréens se font autant remarquer pour leurs gaffes que pour leur pouvoir démesuré. Une menace pour la jeune #démocratie sud-coréenne ?

    #International #Asie #Corée_du_Nord #espions #Kim_Jong_Un #NIS

  • The day we discovered our parents were Russian spies | World news | The Guardian
    http://www.theguardian.com/world/2016/may/07/discovered-our-parents-were-russian-spies-tim-alex-foley

    At the door, she was met by a different kind of surprise altogether: a team of armed, black-clad men holding a battering ram. They streamed into the house, screaming, “FBI!” Another team entered from the back; men dashed up the stairs, shouting at everyone to put their hands in the air. Upstairs, Tim had heard the knock and the shouting, and his first thought was that the police could be after him for underage drinking: nobody at the party the night before had been 21, and Boston police took alcohol regulations seriously.

    When he emerged on to the landing, it became clear the FBI was here for something far more serious. The two brothers watched, stunned, as their parents were put in handcuffs and driven away in separate black cars. Tim and Alex were left behind with a number of agents, who said they needed to begin a 24-hour forensic search of the home; they had prepared a hotel room for the brothers. One of the men told them their parents had been arrested on suspicion of being “unlawful agents of a foreign government”.

    #espions #espionnage #Russie #Usa

  • Hello Barbie: Hang on, this Wi-Fi doll records your child’s voice? • The Register
    http://www.theregister.co.uk/2015/02/19/hello_barbie/?mt=1424555018639

    Vid Toymaker Mattel has unveiled a high-tech Barbie that will listen to your child, record its words, send them over the internet for processing, and talk back to your kid. It will email you, as a parent, highlights of your youngster’s conversations with the toy.

    If Samsung’s spying smart TVs creeped you out, this doll may be setting off alarm bells too – so we drilled into what’s going on.

    (..)

    Barbie has been around about for 59 years now, and the high-tech version is being pushed out fast as Mattel seeks to halt falling sales. It’s not the only company doing so: IBM is getting in on the game.

    Big Blue is working with Elemental Path to bring its IBM’s Watson machine-learning software to a range of kid’s toys. Splashing out $99 on Kickstarter will get you a cuddly green dinosaur that can communicate with Watson’s voice-recognition service wirelessly.

    #jouets #espions

  • Des soldats israéliens refusent de participer à de nouveaux abus contre les Palestiniens
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/09/12/des-soldats-israeliens-refusent-de-participer-a-de-nouveaux-abus-contre-les-

    C’est une lettre envoyée par 43 officiers et soldats israéliens de réserve à leur premier ministre et à leur chef d’état-major. Ayant servi dans l’unité 8200, la plus prestigieuse unité de renseignement militaire israélien, ils ont décidé de ne plus servir, refusant de participer aux « abus » commis selon eux contre les Palestiniens.

    Cette lettre, dont des extraits sont parus dans le quotidien à grand tirage Yediot Aharonot, est l’une des plus importantes expressions d’#objection de conscience depuis longtemps en Israël. Les 43 signataires, hommes et femmes, ont servi dans cette unité, qui est souvent comparée à l’Agence nationale de sécurité américaine (National Security Agency, NSA). Réservistes, ils peuvent y être rappelés à tout moment.

    Dans leur lettre, ils évoquent leur rôle capital dans les opérations d’éliminations ciblées pratiquées par l’armée. Une femme parle de l’erreur d’identification qu’elle a commise et qui a conduit selon elle à la mort d’un enfant. D’autres s’émeuvent d’avoir à écouter les conversations les plus intimes de Palestiniens. « Nous appelons tous les soldats qui servent actuellement dans cette unité ou qui vont y servir, tous les citoyens d’Israël à faire entendre leurs voix contre ces abus et agir pour y mettre un terme », dit leur lettre. Les 43 objecteurs de conscience encourent des peines de prison.

    #armée #crimes

    • 43 soldats israéliens contre les injustices faites aux Palestiniens
      http://www.romandie.com/news/43-soldats-israeliens-contre-les-injustices-faites-aux-Palestiniens/516987.rom

      Il y est question de mise sous surveillance de millions de Palestiniens sans distinction, jusque dans leur vie privée.

      Ces refuzniks (Israéliens refusant de servir) dénoncent la « persécution politique » à laquelle contribue leur activité d’espionnage.

      Des tribunaux militaires rendent leurs jugements sans que les Palestiniens aient accès aux preuves rassemblées contre eux et certains agissements montent les Palestiniens les uns contre les autres.

      L’armée ignore
      Les signataires s’en prennent plus largement à la règle militaire sous laquelle des millions de Palestiniens vivent depuis plus de 47 ans, ainsi qu’à la colonisation et à l’hypocrisie d’une politique invoquant les nécessités de sécurité pour se justifier.

      L’armée a nié la réalité de ces accusations et a affirmé dans un communiqué ne « pas avoir d’informations selon lesquelles des violations spécifiques mentionnées dans cette lettre ont eu lieu ».

      (ats / 12.09.2014 16h45)

    • Israeli intelligence veterans refuse to serve in Palestinian territories
      http://www.theguardian.com/world/2014/sep/12/israeli-intelligence-reservists-refuse-serve-palestinian-territories

      The signatories include officers, former instructors and senior NCOs from the country’s equivalent of America’s NSA or Britain’s GCHQ, known as Unit 8200 – or in Hebrew as Yehida Shmoneh-Matayim.

      They allege that the “all-encompassing” intelligence the unit gathers on Palestinians – much of it concerning innocent people – is used for “political persecution” and to create divisions in Palestinian society.

      The largest intelligence unit in the Israeli military, Unit 8200 intercepts electronic communications including email, phone calls and social media in addition to targeting military and diplomatic traffic.

      The signatories say, however, that a large part of their work was unrelated to Israel’s security or defence, but appeared designed to perpetuate the occupation by “infiltrating” and “controlling” all aspects of Palestinian life.

      Written in uncompromising language the letter states: “We, veterans of Unit 8200, reserve soldiers both past and present, declare that we refuse to take part in actions against Palestinians and refuse to continue serving as tools in deepening the military control over the Occupied Territories.”

      They add: “The Palestinian population under military rule is completely exposed to espionage and surveillance by Israeli intelligence. It is used for political persecution and to create divisions within Palestinian society by recruiting collaborators and driving parts of Palestinian society against itself. In many cases, intelligence prevents defendants from receiving a fair trial in military courts, as the evidence against them is not revealed.”

      “It’s important to say, the reason I decided to refuse – and I decided to refuse long before the recent [Gaza] operation. It was when I realised that what I was doing was the same job that the intelligence services of every undemocratic regime are doing.

    • Reservists from elite IDF intel unit refuse to serve over Palestinian ’persecution’
      Forty-three signatories, including a major and two captains, in a letter to the prime minister: ’Intelligence is an integral part of Israel’s military occupation over the territories.’
      By Gili Cohen | Sep. 12, 2014 | 2:50 PM
      http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/1.615498

      Forty-three former members of Israel Defense Forces intelligence Unit 8200, including some officers, wrote an open letter to Prime Minister Benjamin Netanyahu and top military officials, saying they would refuse to do reserve service because of Israel’s `political persecution’ of the Palestinians.

      “We, veterans of Unit 8200, reserve soldiers both past and present, declare that we refuse to take part in actions against Palestinians and refuse to continue serving as tools in deepening the military control over the Occupied Territories.” the soldiers said in the letter, which was also addressed to IDF Chief of Staff Benny Gantz and Maj. Gen. Aviv Kochavi, the head of the Military Intelligence Directorate.

      Among the signatories are a major and two captains in the reserves. Also signing were other intelligence personnel, who include officers and non-commissioned officers who served in the unit in professional capacities.

      “It is commonly thought that the service in military intelligence is free of moral dilemmas and solely contributes to the reduction of violence and harm to innocent people" they said in the letter. “However, our military service has taught us that intelligence is an integral part of Israel’s military occupation over the territories.”

      The signatories claimed, among other things, that while surveillance of Israeli citizens is strictly limited, “the Palestinians are not afforded this protection.”

      The 43 unit members who signed the letter, some of whom serve in the reserves, say that the information that is gathered and stored in the army’s systems “harms innocent people. It is used for political persecution and to create divisions within Palestinian society by recruiting collaborators and driving parts of Palestinian society against itself.”

      For this reason, the signatories say, their consciences do not allow them to continue serving that system and depriving millions of human beings of their rights.

      Daniel, a captain in the reserves who lives in Jerusalem and signed the letter, said that the process of getting signatures for the letter, which took about a year, started with a small group of people who knew each other from the unit.

      “There were fears of how people, and friends from the unit, might respond — if they knew that it was I and if they didn’t know,” Daniel says. But he adds that they felt a sense of responsibility and urgency, so they wrote the letter, Daniel told Haaretz on Thursday. According to the letter’s organizers, most of the people who signed it are reservists, but some of them have adopted a kind of “gray-market dodge” and were not summoned to perform reserve duty.

      “I don’t feel comfortable in my conscience continuing to serve, and instead of dealing with the dilemmas and the ramifications, I chose to take a more evasive route,” Daniel said, describing the “gray-market dodge” he has used for the past three years.

      “Now, later on, we feel that evasion is wrong, and that we have to take responsibility. In the end, I served there for seven years. I believed in what we did there — and for all those reasons, I must take responsibility for what I see as the perpetuation of the cycle of violence. We hope that people will think critically about these things.”

      An official of the IDF Spokesman’s Office said that “Unit 8200 has worked since the day it was established to gather intelligence that allows the army and security agencies to perform their tasks, and each day it helps protect the citizens of the State of Israel.

      "The unit uses varied methods and many fields while using methods and rules directed toward those who consume the information and for its own uses only. Those who serve in the unit are trained after a meticulous search process using training methods that have no parallel in the intelligence community in Israel or in the world. The content of their training places special emphasis upon the fields of ethics, morals and work procedures. These are put into practice during their service as soldiers and officers of the unit, and they are under the constant supervision of commanding officers of various ranks.

      “The concrete claims made in the report are unknown in the Intelligence Directorate. The fact that the alleged signatories of this letter contacted the media before bringing their complaints to their commanding officers or relevant agencies in the army is surprising and raises doubts regarding the sincerity of their claims.

      "Over the years, and particularly in recent years, the unit daily has received appreciation that often takes the form of citations, medals and national-security awards. As for the claims about harm done to innocent people, the process of gaining approval for targets in the army, which is long and meticulous, also takes the topic of uninvolved parties into account.”

      The spokesperson for the Palestinian Authority’s security services, Adnan Damiri, said the reservists made a moral move, and that the Palestinians salute humanitarian ideas of this sort, which come to the aid of an oppressed people, Israel Radio reported.

    • ‘Any Palestinian is exposed to monitoring by the Israeli Big Brother’
      http://www.theguardian.com/world/2014/sep/12/israeli-intelligence-unit-testimonies

      Y compris du chantage contre les #homosexuels palestiniens et les personnes #malades qui ne peuvent obtenir le droit de se faire soigner en Israël qu’en acceptant de se transformer en #indics.

      Autant pour la #hasbara israélienne sur « nos #valeurs »...

      The period during which I collected information on people who were accused of attacking Israelis, trying to attack Israelis, the desire to harm Israelis, thinking of attacking Israelis, in addition to collecting information on completely innocent people, whose only crime was that they interested the Israeli defence establishment for various reasons. Reasons they have no way of knowing. If you’re homosexual and know someone who knows a wanted person – and we need to know about it – Israel will make your life miserable. If you need emergency medical treatment in Israel, the West Bank or abroad – we searched for you. The state of Israel will allow you to die before we let you leave for treatment without giving information on your wanted cousin.

      #pink_washing

  • C’est une chose des plus importantes dans la guerre, que pouvoir pénétrer dans les desseins des ennemis, et de savoir leurs allées et venues ; parce que, par ce moyen, on évite mille fâcheuses rencontres, et on met ordre à mille surprises, comme aussi on trouve mille moyens pour leur nuire. Pour ce faire, il est nécessaire d’avoir de bons et fidèles Espions, lesquels le Capitaine doit gagner à force d’argent, et de récompenses, afin de les engager, et les allécher par l’intérêt à s’exposer à toutes sortes de dangers, et faire l’impossible pour savoir les entreprises des Ennemis, et pour venir, sans perdre temps, donner avis de toutes choses.
    Le Capitaine ne saurait avoir de meilleurs, ni de plus fidèles #Espions, que ceux de ces gens, lesquels feignant adroitement d’être dégoutez de son service, voudraient s’aller rendre aux Ennemis, et faire en sorte de se mettre dans leur Cavalerie, parce qu’étant Cavaliers, ils auront plus de commodités de donner des avis, soit qu’ils fussent en campagne, soit qu’ils fussent en garnison. Mais de ceux-ci il serait nécessaire d’en avoir en divers régiments, et en diverses garnisons des Ennemis, sans qu’ils se connussent entr’eux, avec lesquels il serait d’accord, et serait convenu du lieu auquel ils devraient porter leurs lettres d’amis, comme sous quelque pierre, au pied de certain arbre, ou auprès de quelque Croix, ou de quelque autres lieux remarquables, et faciles à trouver. Mais ces Espions doivent être obligés de porter eux-mêmes les avis de grande importance, comme des desseins qu’auraient les Ennemis de surprendre quelque place, ou d’enlever quelque quartier, et de semblables entreprises.
    Le Capitaine pourra encore se servir de quelques soldats déguisés en païsan, ou de quelque autre manière, lequel parlant la langue du païs, ou celle des Ennemis, ira, sous quelque prétexte, dans leur camp, ou dans leur quartier, pour reconnaître leur poste, avec toutes les circonstances, et pour s’instruire de ce que les Ennemis font, pour de toutes choses, en venir donner avis. Il pourra aussi se servir des païsans, parce qu’ils ont la liberté d’aller partout, étans peu suspects aux ennemis, et moins observés d’eux, principalement en païs conquis, où ils ont la liberté d’entrer dans le camp des Ennemis, et dans toutes leurs places, de marcher même la nuit ; et ainsi ils peuvent facilement porter des nouvelles, et donner de bons avis. (…) Il pourra aussi se servir d’Espions doubles, mais il faut que ceux-ci soient des personnes qui lui soient très fidèles, … Le Capitaine doit aussi prudemment se précautionner contre les Espions doubles des Ennemis : … alors il doit retenir les Espions, sous couleur de les caresser, et de vouloir les récompenser, et cependant il donnera ordre à ces domestiques de faire caresse à ces Espions, et toutefois prendre garde qu’ils n’échappent, sans pourtant que les Espions connaissent qu’on se défie d’eux, … »

    Birac, De, Les fonctions du capitaine de cavalerie, et les principales de ses officiers subalternes, Paris, G. Quinet, 1669.

    #espionnage
    #surveillance
    #armée

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    Carl von Decker, La petite #guerre ou Traité des opérations secondaires de la guerre , traduit de l’allemand , avec des notes, par M. Ravichio de Peretsdorf, F.G. Levrault, Paris, 1827.

    « Mais, pour réussir plus sûrement, il faut que la surprise se cache sous le voile du #secret, et qu’elle soit accompagnée de l’audace.
    (...)
    « Il cherchera à reconnaître, le plus exactement qu’il lui sera possible, le terrain sur lequel il se trouve. Les moyens à employer pour cela sont les cartes géographiques ou #topographiques du pays, l’inspection particulière du terrain, des entretiens avec l’officier supérieur de l’état-major général de la division, et avec celui qui a été chargé de placer les grand’gardes, des questions adroitement faites aux habitans, aux voyageurs ou à tout autre passant. Quand aux objets particuliers sur lesquels il doit porter son attention, ce sont les routes, chemins vicinaux et sentiers, les défilés, coupures ou accidents de terrain, les fleuves, rivières ou ruisseaux, les ponts en pierre ou en bois praticable pour les voitures, pour les cavaliers ou les hommes à pied seulement ; les lacs, les pons volans, les gués, les bourgs, villages, hameaux ou habitations isolées qui peuvent se trouver dans le voisinage. »
    (...)
    « Son premier soin doit être de se procurer le plus qu’il pourra de nouvelles de l’ennemi, tant pour sa sûreté particulière que pour le bien général. // Si l’ennemi se trouve éloigné, et si d’ailleurs la force de la grand’garde le permet, il poussera la chaîne de ses vedettes ou sentinelles aussi loin que possible, et il enverra encore au-delà des patrouilles multipliées, afin de bien reconnaître le terrain en avant de cette chaine de postes : cela est particulièrement nécessaire à la pointe du jour ou dans un terrain couvert. Si la grand’ garde est un peu forte, il faut au moins envoyer au dehors des patrouilles fouiller le terrain. Pour se procurer des nouvelles de l’ennemi, l’officier emploira soit des habitans du pays, soit des #espions, soit même des soldats travestis, et l’on sent combien il est important, sous ce rapport, d’en bien agir avec les habitans. »

    #espionnage
    #surveillance

  • Plus de limitation de vitesse pour les espions britanniques - France Info
    http://www.franceinfo.fr/europe/plus-de-limitation-de-vitesse-pour-les-espions-britanniques-1279171-2014-
    http://www.franceinfo.fr/sites/default/files/imagecache/462_ressource/2014/01/12/1279167/images/ressource/vitesse-gb.jpg

    Les espions britanniques pourront désormais dépasser les limitations de vitesse sans risquer une amende. Une nouvelle réglementation du gouvernement devrait leur donner ce passe-droit.

    Ça y est, les espions britanniques pourront désormais foncer dans les courses-poursuites. Le secrétaire d’État aux Transports, Robert Goodwill, devrait l’annoncer demain lundi : les espions seront exemptés d’amende pour excès de vitesse lorsqu’ils sont en mission.

    Car oui, pour l’instant, seuls la police, les pompiers et les ambulances bénéficiaient de ce passe-droit. Les espions, eux, étaient tenus de respecter les limitations en toutes circonstances. Traduction : en zone urbaine, ils étaient limités à 48 km/h.
    Stage de vitesse obligatoire

    Mais attention, pas question pour les agents du MI5 et du MI6 de trop appuyer sur l’accélérateur. Ils ne pourront faire usage de leur « permis de foncer » qu’après avoir validé un stage d’entraînement à la conduite à grande vitesse et lorsqu’ils se trouvent en mission.

    En plus des espions, les véhicules qui transportent des organes pour des greffes ainsi que les démineurs seront autorisés à dépasser les limitations de vitesse.

    D’après le journal britannique The Telegraph, cette mesure a été approuvée à plus de 90% lors d’une consultation menée par le ministère de Transports. Reste à savoir si cela va vraiment changer le métier

    #limitation-de-vitesse
    #Royaume-uni
    #espions

  • N.S.A. Foils Much Internet Encryption - NYTimes.com
    http://www.nytimes.com/2013/09/06/us/nsa-foils-much-internet-encryption.html?pagewanted=all

    #NSA documents show that the agency maintains an internal database of #encryption keys for specific commercial products, called a Key Provisioning Service, which can automatically decode many messages. If the necessary key is not in the collection, a request goes to the separate Key Recovery Service, which tries to obtain it.

    How keys are acquired is shrouded in secrecy, but independent cryptographers say many are probably collected by hacking into companies’ computer servers, where they are stored. To keep such methods secret, the N.S.A. shares decrypted messages with other agencies only if the keys could have been acquired through legal means. “Approval to release to non-Sigint agencies,” a GCHQ document says, “will depend on there being a proven non-Sigint method of acquiring keys.”

    Simultaneously, the N.S.A. has been deliberately weakening the international encryption standards adopted by developers. One goal in the agency’s 2013 budget request was to “influence policies, standards and specifications for commercial public key technologies,” the most common encryption method.

    Cryptographers have long suspected that the agency planted vulnerabilities in a standard adopted in 2006 by the National Institute of #Standards and Technology, the United States’ encryption standards body, and later by the International Organization for Standardization, which has 163 countries as members.

    Classified N.S.A. memos appear to confirm that the fatal weakness, discovered by two Microsoft cryptographers in 2007, was engineered by the agency. The N.S.A. wrote the standard and aggressively pushed it on the international group, privately calling the effort “a challenge in finesse.”

  • Que sont devenus les manifestants contre les #PIPA #SOPA #CISPA et autres tentatives de #censures_Internet ? On ne les entends pas au sujet de #PRISM. Autres pièces au dossier : Zimmermann : « Faire confiance à Google ou Facebook, c’est être à poil sur Internet » - http://www.lepoint.fr/technologie/zimmermann-faire-confiance-a-google-ou-facebook-c-est-etre-a-poil-sur-intern - Edward Snowden’s choice of Hong Kong as haven is a high-stakes gamble - http://www.guardian.co.uk/world/2013/jun/09/edward-snowden-hong-kong-gamble

  • Spying on Americans before 9/11: NSA Built Back Door In All Windows Software by 1999 | Global Research
    http://www.globalresearch.ca/spying-on-americans-before-911-nsa-built-back-door-in-all-windows-software-by-1999/5338215

    Government Built Spy-Access Into Most Popular Consumer Program Before 9/11

    In researching the stunning pervasiveness of spying by the government (it’s much more wide spread than you’ve heard even now), we ran across the fact that the FBI wants software programmers to install a backdoor in all software.

    Digging a little further, we found a 1999 article by leading European computer publication Heise which noted that the NSA had already built a backdoor into all Windows software: