• DÉSARMER LE CAPITALISME : LE POUVOIR CACHÉ DES COOPÉRATIVES. - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=TDL5swineC0

    Faire coopérative contre le capitalisme : une économie de résistance
    C’est tout le défi de l’économie sociale et solidaire. Véritable pan de l’économie française, ce modèle reste pourtant largement méconnu.
    Une entreprise qui ne cherche pas à maximiser le profit, dont l’outil de travail appartient à ses sociétaires et est gouverné par celles et ceux qui y travaillent, peut-elle survivre et résister face à un libéralisme toujours plus exacerbé ?
    Les coopératives proposent une autre répartition du pouvoir et de la valeur. Elles permettent aux travailleurs de reprendre leur outil de travail et de résister à la mainmise des actionnaires sur les richesses produites par les salariés.
    Mais ce modèle n’échappe pas aux contradictions. Gouvernance démocratique, rapports de pouvoir, pérennité économique, accès au financement, mépris de l’État : les défis sont nombreux. Les coopératives peuvent-elles changer l’économie de l’intérieur ou sont-elles condamnées à rester des exceptions dans un système dominé par la logique du profit ?
    Nous en parlons avec Chahin Faïq, secrétaire général des Licoornes, l’alliance de 16 coopératives françaises qui défend une autre manière d’entreprendre, de produire et de partager la valeur.

    #capitalisme #ess #économie #économie_sociale_solidaire #coopératives #scop

  • « Je ne suis pas utopiste, ni même pessimiste, ou encore optimiste : je suis un bisounours noir. J’ai un côté sombre, mais un cœur tout rose. »

    Pratiquer l’indifférence et le détachement pour préserver sa santé mentale, entre rejet de la politique et incapacité à détourner le regard face à la misère. Une traversée corrosive sur la tentation de l’apathie et les limites du « rien à foutre ».

    À lire sur La Psychothèque :

    https://www.psychotheque.com/rubrique-piquante/le-je-men-foutisme

    #philosophie #santementale #lapsychotheque #psychotheque #ecriture #essai #indifference #bisounoursnoir

  • #Errances_paramédicales. Une perspective féministe sur la #naturopathie

    Une copine consulte une naturopathe pour sa fibromyalgie, une collègue accompagne son père malade d’un cancer avec une plante recommandée par un praticien, une autre s’est formée dans une école quelque temps par curiosité, une quatrième essaie d’en vivre.

    Doctrine historiquement réactionnaire et mystique, la naturopathie s’épanouit aujourd’hui dans le marché du #bien-être et attire particulièrement les #femmes et #minorités_de_genre. Tentative pour injecter quelques enjeux du féminisme dans l’analyse de cette thérapeutique.

    Ce texte est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Lait de vache », qui s’intéresse au fait d’ingérer et de digérer.

    Médecines douces, naturelles, non conventionnelles, complémentaires, alternatives, bordent le système de santé publique. Femmes et minorités de genre sont particulièrement nombreuses à butiner un peu ou beaucoup parmi ces propositions thérapeutiques à portée de main, avec la conscience de chercher quelque chose dans le dos du corps médical.

    Cette #quête s’opère souvent dis­crètement. Les débriefs de couloir et d’arrière-cuisine sont des espaces de confiance féminine où ces questionnements et expériences se partagent, mais les discussions autour des #souffrances de #santé ne se jouent pas sur la place publique. Ce #silence est entretenu par le fait que les #pratiques_thérapeutiques dites naturelles se sont développées loin de la #recherche_scientifique sur la santé et font l’objet de critiques acides de la part du corps médical, qui les qualifient de charlataneries, de #fake_meds, de pratiques sectaires. Alors comment penser le recours important des femmes et des minorités de genre à ces thérapeutiques au statut incertain ?

    Revenir sur l’histoire occidentale de la naturopathie depuis une perspective féministe pourrait nous aider à mettre au jour les enjeux politiques autour de la santé des femmes et des #promesses que certaines médecines naturelles nourrissent à cet endroit.

    #Jésus-Christ et #Bouddha naturopathes

    L’histoire de la naturopathie 1 commence à la fin du XIXe siècle, alors que la #médecine_microbiologique de Pasteur, la compréhension du germe et la généralisation du principe de la #vaccination contribuent à résorber de nombreuses maladies. La prophylaxie mise en place par les États conduit à l’amélioration de l’état de santé général. Parmi les courants hygiénistes qui se développent2, certains portent une vision plus mystique. En Allemagne et en Suisse, un mouvement appelé le #Lebensreform rassemble penseurs, artistes et poètes3 autour d’un projet vitaliste de défense d’un mode de vie proche de la nature, jugé plus sain que celui de la société industrielle, et qui passe par des régimes alimentaires végétariens ou des pratiques du corps comme le #yoga. Le néologisme hellénisant naturopathie apparaît aux États-Unis dans les années 1900. Il désigne « les maux par la nature » tout en jouant avec une image : nature’s path, « le chemin de la nature ». #Benedict_Lust, chiropracteur allemand émigré aux États-Unis, le reprend pour nommer l’école qu’il fonde en 1902 à New York : l’#American_School_of_Naturopathy.

    La doctrine naturopathique essaime en Europe. Autour de praticiens réputés charismatiques, les récits de #guérisons_miraculeuses s’accumulent. En Allemagne, cette doctrine est adoptée par les instituts de #médecine_naturelle qui ouvrent depuis la fin du XIXe siècle (l’Université libre des médecines naturelles de Berlin est fondée en 1892). #Pierre-Valentin_Marchesseau l’adapte pour la France à partir des années 1940. Le « père fondateur » français affirme que « la naturopathie est l’art et la science de préserver, optimiser ou recouvrer sa santé par des moyens naturels. » Auteur prolifique (La Santé sans médicament par la naturopathie, Qu’est-ce que la naturopathie ?, Ni médecin, ni guérisseur, le naturopathe est avant tout un hygiéniste, Jésus-Christ naturopathe), il enseigne à partir des années 1960 et jusqu’aux années 1980 une discipline hygiéniste fondée sur une #mystique_du_corps, tout en commercialisant une gamme d’#aliments_biologiques avec la société #Vitagerminels.

    Dans sa thèse, la sociologue Anahita Grisoni relate qu’au cours du XXe siècle, la naturopathie se développe en plusieurs courants. Plus institutionnalisée en Allemagne, elle se maintient en France comme une pratique marginale surtout présente dans les milieux ruraux. Acclimatée à la pensée New Age4 qui se développe, ses repères idéologiques et ses postures thérapeutiques montrent un goût pour l’orientalisme. Les acteur·ices de ces courants invitent un renouvellement du rapport au corps et à la santé. Récemment, iels se sont structuré·es autour d’écoles agréées, d’associations et de syndicats, et la décrivent désormais comme une médecine manuelle et prescriptive, qui fait la synthèse entre les méthodes naturelles de santé. Au sein du réseau de la naturopathie, certain·es défendent son caractère alternatif et contre-culturel, d’autres l’envi­sagent comme étant complémentaire à la médecine publique et ont obtenu qu’elle soit reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une « médecine non conventionnelle », aux côtés des médecines chinoise et ayurvédique.

    L’expression fait côtoyer toutes sortes de médecines, populaires, savantes ou autochtones, mais la naturopathie a une histoire propre, bien distincte de celle des savoirs empiriques et situés des pharmacopées traditionnelles.

    Un socle idéologique persistant

    Nombre de praticien·nes ne se réfèrent pas aux préceptes posés par les fondateurs. Iels bricolent entre plusieurs manières d’envisager le corps et la santé et entre des pratiques hétérogènes : phytothérapie 5, prescriptions alimentaires, massages, réflexologie, iridologie6.

    Que dire alors d’une thérapeutique aussi plastique dont les pratiques comprennent des références scientifiques à l’anatomie et à la nutrition, mais aussi des notions ésotériques ?

    La thérapeutique est pourtant difficile à saisir sans la situer dans l’histoire doctrinaire qui la balise et lui donne sens. Les programmes des écoles de naturopathie, labellisées par la Féna (Fédération des écoles de naturopathie), comme les présentations des praticien·nes, mentionnent systématiquement un socle idéologique : causalisme, vitalisme, humorisme, hygiénisme, holisme7. Derrière ces mots obscurs et pour certains surannés se dresse une conception du corps héritée des hygiénismes du XIXe siècle. Le corps est mu par une force vitale, principe spirituel et métabolique, qui se réalise dans un équilibre sans cesse menacé par la surcharge et l’accumulation de toxines.

    Les courants hygiénistes vitalistes du XIXe siècle sont animés par un dégoût esthétique des grandes villes, dans lesquelles arrive une population rurale appelée à travailler dans les industries périurbaines. Ces travailleur·ses mal logé·es, paupérisé·es, vulnérables aux épidémies et aux maladies professionnelles, inspirent chez les tenant·es de l’hygiénisme un sentiment de dégénérescence liée à l’urbanité. Iels en conçoivent une vision inquiète du corps, souillé au niveau intestinal comme moral par un environnement et une alimentation produites par la modernité industrielle. Il faut chercher à éviter les poisons, sinon les expurger. La Nature y est une idée forte : elle devient une source de valeurs qui stimule et oriente des programmes thérapeutiques. Maintenir son corps sain, c’est le discipliner par des moyens naturels, comme l’héliothérapie ou l’hydrothérapie8.

    Les courants hygiénistes, creusets des médecines dites naturelles, établissent un lien entre le corps et l’état de l’environnement. La façon dont ils problématisent la santé pose les bases d’une écologie corporelle qui résonne avec les menaces écologiques contemporaines de pollutions du sol et de l’air. Ces médecines s’insèrent aisément dans le très contemporain thème du retour à la terre9.

    Une capture des vulnérabilités

    L’autorité que cette doctrine donne historiquement à la nature devrait activer une alarme féministe. Selon la sociologue Colette Guillaumin, la référence à cette « grande organisatrice et régulatrice des rapports humains10 » est un vieux levier réactionnaire pour légitimer l’ordre social et sexuel. Et à raison : plusieurs des représentant·es les plus visibles et médiatisé·es de la naturopathie associent leur discipline de santé par les moyens « naturels » à un discours nettement traditionaliste, insistant sur la différence sexuelle, assignant les personnes qui y ont recours à leur rôle de genre, diffusant plus ou moins explicitement un rejet de l’homosexualité11. Relire l’émergence de cette thérapeutique à partir de ses principes mystiques et conservateurs donne des sueurs froides.

    Le recours banalisé à la nature ne vaut pas pour autant adhésion à l’idéologie réactionnaire ; il est souvent sélectif et critique. Mais un autre malaise fait son chemin. Dans le monde de la naturopathie, des parcours de reconversion et de formation jusqu’aux usager·es, les femmes sont surreprésentées. Endométriose, fibromyalgie, Covid long, dépression : les souffrances corporelles et psychiques que proposent d’adresser celleux qui exercent ont en commun de faire l’objet d’une mauvaise prise en charge médicale. Les maladies chroniques ou les problèmes gynécologiques, ces souffrances marquées des femmes et minorités de genre, sont mal diagnostiquées et soignées. Ces dysfonctionnements ne révèlent pas une négligence marginale, mais un sexisme structurel qui agit depuis les angles morts de la recherche scientifique jusqu’à la position autoritaire et infantilisante des médecins « sachants », en passant par l’organisation gestionnaire du système médical public.

    Les brochures des naturopathes et praticien·nes des médecines non conventionnelles racontent en creux la solitude, les symptômes mal identifiés ou psychologisés, l’errance médicale. Elles racontent les stress particuliers qui touchent au médicament : les trai­tements aux résultats décevants, la crainte des effets secondaires, le manque de transparence, d’information, de reconnaissance des affects et des compétences des personnes soignées. La confiance a aussi été entamée par les scandales sanitaires comme celui du Médiator12, l’escroquerie du Spasfon13, où les industries pharmaceutiques et les pouvoirs publics ont sciemment mis en danger des gens pour engranger des bénéfices à court terme. Ces brochures disent enfin les vulnérabilités historiquement produites par le milieu médical, autant de « zones d’expérience dévastées », pour reprendre l’expression utilisée par Isabelle Stengers dans son Sorcellerie capitaliste14.

    Au regard du coût des formations (12 995 euros pour la formation de quinze mois à l’Institut supérieur de naturopathie), des consultations (entre 60 et 110 euros), des probiotiques et des compléments alimentaires, de l’acquisition ou de la location de machines (osmoseur, physioscan), la surreprésentation des femmes et minorités de genre parmi les usager·es de ces médecines se traduit par une saisie directe de leurs ressources. L’enjeu est économique, mais aussi clinique. Selon la morale vitaliste dix-neuviémiste que diffusent les médecines naturelles, il ne s’agit pas exactement de prévenir ou de guérir la maladie mais de produire plus de vie. Le programme thérapeutique associé à cette idée est assez opaque : évacuer des toxines (mais que sont-elles exactement ?), dynamiser l’organisme, régénérer les cellules (qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?). Dans ce rapport métaphorisé au corps, la matérialité des maladies s’estompe15. Connaître précisément leur fonctionnement biologique perd de l’intérêt ; la guérissabilité n’est pas nécessairement à l’agenda. Femmes et minorités de genre font ainsi l’expérience d’une autre errance médicale, tout aussi fragilisante, prenant les chemins de traverse enherbés des médecines douces et naturelles, ce qui retarde souvent leur prise en charge médicale.

    L’enjeu de genre autour de l’alimentation est par ailleurs exacerbé. Les médecines naturelles diffusent implicitement ou explicitement une critique de la modernité alimentaire, et avec elle, l’idée selon laquelle on s’intoxiquerait en mangeant mal, que des aliments comme le sucre seraient « meurtriers » quand d’autres prolongeraient la vie16. Le rapport à soi encouragé par ce programme thérapeutique pousse à une amélioration constante de son alimentation et de son hygiène, gage d’une aptitude à la santé et à la vitalité. Chez une population féminine historiquement sujette aux privations et à un contrôle social permanent exercé sur ce qu’elle mange, la discipline de la bonne alimentation est un pipeline menant droit à des conduites à risque, comme l’orthorexie17. C’est également majoritairement aux femmes qu’incombe la responsabilité de l’alimentation des enfants, et pour elles les injonctions sophistiquées à parfaire son alimentation peuvent déboucher sur des préoccupations sans fin. L’essor de thérapeutiques onéreuses et incertaines dans leurs effets cliniques capture ainsi les multiples vulnérabilités féminines.

    Réappropriations féministes de la santé

    Le sexisme structurel du milieu médical a fait ­l’objet d’une longue et intense lutte féministe. Celle-ci a montré comment la professionnalisation et la masculinisation de la médecine en Europe avait dépossédé les femmes de leurs savoirs et du contrôle de leur corps18.].

    Elle a pris pour objet le rapport de pouvoir, paroxystique à ­l’endroit de la gynécologie, haut lieu des violences sexistes et sexuelles et du bafouement du consentement. Pour échapper à la soumission à l’autorité du médecin sachant, des groupes sont nés aux États-Unis et en France dans les années 1970 et ont expérimenté l’autogynécologie19. L’incroyable Our Bodies, Ourselves est publié en anglais en 1971, puis traduit et adapté en France sous le titre Notre corps, nous-mêmes en 197720. Ce manuel a aidé à poser les bases d’une réappropriation féministe des questions de santé, aussi appelée self-help : connaître son corps, s’auto-examiner, se débarrasser de la honte, faire circuler la parole, comprendre et pouvoir reproduire un acte médical, avoir son mot à dire sur les procédures, etc. Des groupes locaux du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) au Planning familial, ces expérimentations nées dans les années 1970 ont propulsé un grand mouvement féministe d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et de sexualité, dont les actions récentes contre les violences gynécologiques et obstétricales renouvellent la nécessité21.

    Les luttes écoféministes, en prenant pour thème l’alimentation, la santé, l’environnement ou l’industrie nucléaire, ont aussi largement mis en cause l’association néfaste entre les femmes et la nature. Elles ont retourné cette dévalorisation conjointe pour en faire un élément critique de compréhension de nos expériences individuelles et collectives. Pour les militant·es écoféministes, le fait de « se réapproprier ce qui a été distribué du côté de la féminité22 » relève d’un essentialisme stratégique. Aucune vision idéalisée et harmonieuse des femmes dans la nature ici : les pratiques, les luttes et les écrits écoféministes montrent une mobilisation conflictuelle, instable et renégociable, critique sur les ambiguïtés qu’elle peut recouvrir.

    S’adressant à un ensemble de problématiques de santé des femmes, les médecines naturelles convoquent elles aussi l’association entre femme et nature, mais elles la font basculer sur un versant essentialiste, et non critique. Très empreintes d’une pensée de la différence sexuelle, mettant l’utérus au centre de la vie psychique et subjective des femmes, elles ravivent l’idée tenace que les femmes sont plus « naturelles » que les hommes, qu’elles sont « naturellement spécifiques » pour le dire avec les mots de la sociologue Colette Guillaumin23.
    Sorcières naturopathes et autonomie féministe

    L’antagonisme est fort entre l’histoire des luttes féministes autour de la santé et le développement historique des médecines naturelles. Pourtant en Allemagne, des femmes ont créé un regroupement de naturopathes féministes, le réseau des Frauenweise, les « femmes sages24 ». En Suisse, le Dispensaire des femmes, un centre de santé autogestionnaire autour de la santé sexuelle et reproductive ouvert entre 1978 et 1987, a très tôt mis la naturopathie en pratique. Rina Nissim, membre du Dispensaire et militante du Mouvement de libération des femmes genevois, publie en 1994 Le Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes chez la maison d’édition féministe Mamamélis. Ce manuel est une référence dans les groupes Santé-femmes25 et au-delà. Comment la naturopathie, doctrine et mystique de santé historiquement réactionnaire, aujourd’hui bien plus intégrée au marché du bien-être qu’au militantisme de la santé, a-t-elle pu croiser l’histoire du féminisme ?

    Figure centrale de cette jonction, Rina Nissim raconte cette réappropriation féministe de la naturopathie comme une façon hétérodoxe de pratiquer la doctrine sans hériter de ses aspects réactionnaires. Elle propose de redéfinir la santé des femmes en valorisant leur autonomie ; la promesse est séduisante.

    « Pour moi, ce qui est central c’est qu’on se réapproprie sa santé, qu’on ait envie de reprendre un petit peu les choses en main. Or, je prétends que la médecine par les plantes, la phytothérapie, c’est une chose que chacune peut se réapproprier, c’est du niveau de la cuisine. Si une femme ose mettre du romarin sur son plat pour le rendre plus digeste, si elle prend du bicarbonate de soude qu’elle met dans la fondue pour diminuer l’acidité de ce plat, je prétends qu’elle est à deux doigts de faire une recette populaire pour la toux de son fils et qu’il suffit de peu pour qu’elle fasse aussi une petite préparation pour elle-même. Alors, si on peut lui rendre accessible cette possibilité et en même temps l’aider à se rendre compte qu’un certain nombre de ses maladies sont liées à sa position sociale, à savoir à son oppression en tant que femme, si on arrive à lui faire prendre conscience de cela et qu’à la fois on lui donne un ou deux outils simples et efficaces, il peut se passer quelque chose de sensationnel. Et cela, c’est féministe. C’est le but de mon travail26. »

    Les luttes féministes sur la santé fabriquent des dispositions collectives : être indocile par rapport au contrôle autoritaire exercé par l’institution médicale, sentir le besoin de se réapproprier son corps, savoir qu’une connaissance empirique de soi est possible et peut aiguiller les choix de santé, avoir du goût pour l’expérimentation à plusieurs.

    La naturopathie réinventée de cette façon depuis le féminisme voudrait la placer comme un cadre qui favorise ces dispositions. Elle se définit comme une pratique empirique de soi : observer ce que ça fait de manger ceci, d’arrêter de manger cela, ce qui marche par rapport à un état, une souffrance physique ou psychique. La façon dont cette naturopathie féministe cherche à hacker sa propre doctrine réactionnaire peut être un malentendu fécond, une façon de la voler à sa propre histoire. Mais il faut mesurer le risque pris, et s’interroger honnêtement sur les bénéfices de cette confusion.

    Les positions de Rina Nissim résonnent avec ce qu’Ivan Illich appelle l’autonomie-santé, qui renvoie au fait de trouver les conditions d’une indépendance vis-à-vis du système médical et pharmaceutique industriel. Elle défend le projet d’une médecine populaire qui s’appuie sur les savoirs locaux et les relais féminins de transmission, pour bâtir une alternative à une médecine patriarcale. Savoirs et pratiques locales sont valorisées comme des viviers de pratiques alternatives supposées échapper « aux impasses et nuisances perçues dans la médecine officielle27 ».

    Ce féminisme de la santé met fondamentalement au centre la posture de santé et la responsabilité de l’usager·e. Et dans l’idée attrayante d’une santé qui passe par des comestibles et des gestes accessibles et quotidiens, la valeur que prend la nature tient à une promesse de simplicité. Or les pratiques thérapeutiques liées aux plantes et à l’alimentation sont extrêmement complexes à mettre en œuvre et à maîtriser. Plus critiquement encore, la plupart des gros enjeux de santé qui touchent les femmes et les minorités de genre, handicapées, malades chroniques, etc., ne peuvent pas être résolus par des moyens à portée de main. Tandis que la pandémie de Covid-19 a vu les femmes surexposées au risque de Covid long, les représentant·es des médecines naturelles valorisaient des solutions qui masquaient les enjeux vitaux et diffusaient des conceptions validistes et individualistes de la santé. L’éloge de l’autonomie par l’alternative peut s’articuler insidieusement à la destruction néolibérale du système de santé publique et au définancement d’associations de santé comme le Planning familial. Il fonctionne à merveille avec le marché du bien-être et la capture mercantile des vulnérabilités28.

    Une question forte demeure : quelle autonomie voulons-nous porter ? La valorisation du self-help, liant autonomie et pouvoir autour de sa propre santé, prend un sens particulier au sein des groupes Santé-femmes, qui portent une pratique féministe communautaire pensant ensemble santé individuelle et environnement sociopolitique. Le self-help réduit l’impuissance que charrient les problèmes de santé. Pour autant, il ne peut pas défaire seul l’association entre savoir et pouvoir que le corps médical monopolise et qui cimente son fonctionnement sexiste et patriarcal.

    Si les compositions politiques expérimentées dans l’autogynécologie et les groupes Santé-femmes sont un modèle d’autonomie, d’autres interprétations féministes et d’autres compositions politiques sont possibles et semblent même nécessaires. L’anthropologue mexicaine Denisse Guerrero Márquez, activiste au sein du collectif Nuestra Salud Feminista, propose de bâtir une épidémiologie féministe29 qui nous permettrait de penser les processus santé-maladie30 dans un cadre stratégique qui ne soit pas celui de l’alternative, mais celui d’une réappropriation féministe d’une science médicale pluralisée et conflictualisée. Un tel projet mettrait au centre d’autres questions : comment accéder à la littérature médicale et aux données scientifiques, nous former tout en travaillant à les mettre en perspective collectivement31 ?

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    Quelques ressources :

    « Ne plus subir le médical. Discussion avec des membres d’un groupe “Santé-femmes”, propos recueillis par Naïké Desquesnes, Z : Revue itinérante d’enquête et de critique sociale 2016 (n° 10), Éditions de la dernière lettre, p. 180-185 ; le documentaire Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson (1980). L’Auto-examen, un geste de santé, édité par le Centre de santé des femmes de Montréal (Éditions du remue-ménage),
    la brochure S’armer jusqu’aux lèvres à lire ici, et enfin l’ouvrage de Lucile Queré, Un corps à nous. Luttes féministes pour la réappropriation du corps, Presses de Sciences Po, 2023.

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    Notes :
    Cette histoire s’appuie sur la thèse de sociologie rédigée par Anahita Grisoni, « Sous les pavés, la terre : culte du bien-être et nouveaux métiers. La naturopathie en transformation à la conquête du marché », éditions EHESS, 2011. ↩
    Voir dans ce numéro l’entretien avec Hourya Bentouhami, « La nation est obsédée par la manière dont les gens mangent », p. 26, ainsi que Ni Dieu ni maître, ni viande ni alcool, p. 52. ↩
    Parmi eux, on peut citer Adolf Just, Louis Kuhne, Karl Wilhelm Diefenbach, Hugo Höppener ou encore Gustav Gräser, mais aussi Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie. ↩
    Courant spirituel occidental apparu dans les années 1960, le New Age est un syncrétisme entre les spiritualités et médecines orientales, intégrant des éléments du bouddhisme et des médecines savantes, essentiellement chinoises et ayurvédiques reprenant les notions de réincarnation, de karma, de chakras et d’énergie. La médecine ayurvédique, originaire d’Inde, est fondée sur la théorie selon laquelle les maladies résultent d’un déséquilibre des forces vitales (prana), et vise à rétablir l’équilibre de l’organisme. ↩
    Nom donné aux diverses pratiques de santé qui impliquent l’usage de plantes. ↩
    La réflexologie est une pratique de santé utilisant le massage de zones censées correspondre à des organes ou fonctions physiologiques. L’iridologie est le nom d’une pratique fondée sur l’observation de l’iris. ↩
    Le causalisme suppose que nos symptômes résultent d’une cause qu’il faut considérer en priorité. Le vitalisme envisage la vie comme de la matière animée d’une force vitale. L’humorisme vient de la médecine d’Hippocrate qui envisage la santé comme variant selon l’équilibre des humeurs (le sang, la bile, l’atrabile, la lymphe). Les thérapies holistiques prétendent soigner en tenant compte de la « globalité de l’être humain ». ↩
    L’hydrothérapie désigne un ensemble de pratiques qui mobilisent l’eau, le bain dérivatif ou le bain de siège. L’héliothérapie prône l’exposition corporelle totale à la lumière du soleil pour guérir les maladies. ↩
    « Naturopathie et écofascisme. Quand l’extrême-droite se mêle de santé et d’environnement », Ruptures, printemps 2007. ↩
    Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, côté-femmes éditions, 1992, p.61. ↩
    On peut citer plusieurs de ces figures charismatiques à la tête de modèles économiques juteux. Irène Grosjean prône le bain de siège, l’alimentation crue, les purges, le jeûne en même temps que les thérapies de conversion, et responsabilise les femmes des violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent. Thierry Casasnovas tient des positions masculinistes hostiles aux droits reproductifs, et désinforme au sujet de la contraception et de l’avortement. Le collectif l’Extracteur mène une veille sur ces réseaux traditionalistes, voir le site du collectif . ↩
    Voir la BD Mediator – Un crime chimiquement pur d’Irène Frachon, Éric Giacometti et François Duprat. Delcourt, 2023. ↩
    Voir le livre Pilules roses de Juliette Ferry-Danini sur le Spasfon, majoritairement prescrit aux femmes sans qu’aucun résultat clinique n’ait été prouvé. ↩
    Isabelle Stengers et Philippe Pignard, La Sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La Découverte, 2005. ↩
    Susan Sontag, La Maladie comme métaphore, Christian Bourgois, 2009. ↩
    Le sociologue Gilles Tétart décrit la valeur de certains aliments, comme le miel ou la gelée royale, perçus comme pouvant rendre le corps plus vivant. Voir « Consommer la nature et parfaire son corps. Les produits apicoles », Études rurales, 165-166, 2003, p. 9-31. ↩
    Trouble alimentaire caractérisé par une volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. ↩
    Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, 2014 ; Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes et de la médecine, éd. Cambourakis, 2015 [1976 ↩
    L’autogynécologie recouvre un spectre de pratiques qui va de la gynécologie médicale – contraception, traitement de pathologies gynécologiques, dépistage du cancer du sein par l’autopalpation, avortement, traitement de la ménopause, sexualité – à la réappropriation du corps et des représentations qui y sont liées. ↩
    Un groupe féministe l’a tout récemment repris et réécrit. Notre corps, nous-mêmes, Hors d’atteinte, 2020. ↩
    Le collectif Stop-VOG anime aujourd’hui cette lutte en levant le silence autour des violences commises par le médecin Émile Daraï, officiant à l’hôpital Tenon. Leur site. ↩
    Expression utilisée par Émilie Hache, dans Reclaim, Anthologie de textes écoféministes, Cambourakis, 2016, p. 25. ↩
    « Du fait que les femmes sont une propriété matérielle concrète, se développe sur elles (et contre elles) un discours de la Nature. On les crédite (comme le croient certaines optimistes), on les accuse (en fait) d’être des êtres naturels, immergés dans la Nature et d’être mues par elle. Des choses vivantes, en quelque sorte. », ibid., p. 80. ↩
    À retrouver ici. ↩
    Groupe de femmes se réunissant afin de mieux connaître leur corps, prendre soin de leur santé et trouver plus d’autonomie, fabriquant ce faisant une auto-expertise collective. ↩
    Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille, « S’approprier son corps et sa santé. Entretien avec Rina Nissim », Nouvelles Questions féministes, no 25, Éditions Antipodes, 2006, p. 98-116. ↩
    C’est une expression du collectif Cabrioles. Voir « L’autodéfense sanitaire. Entretien avec le collectif Cabrioles », propos recueillis par Aliènor Bertrand, Patrick Giraudoux et Arnaud Macé dans Les Temps des pandémies, Belin, 2023. ↩
    Nicolas Marquis, Du bien-être au marché du malaise, Presses universitaires de France, 2014, et Katie Thornton, « L’industrie des médecines alternatives voit dans le Covid long une opportunité commerciale », disponible ici. ↩
    Denisse Guerrero Márquez, « Approches théoriques et conceptuelles pour une épidémiologie féministe », traduction effectuée par le collectif Cabrioles, à lire ici ↩
    Expression utilisée par Denisse Guerrero Márquez. ↩
    Un grand merci au collectif Cabrioles dont je reprends ici les pistes et questions posées.

    https://www.jefklak.org/errances-paramedicales

    #santé #féminisme #médecine_non_conventionnelle #phytothérapie#massages #réflexologie #iridologie #nutrition #ésotérisme #anatomie #Fédération_des_écoles_de_naturopathie (#Féna) #causalisme #vitalisme #humorisme #hygiénisme #holisme #corps #toxines #dégénérescence #villes #urbanité #modernité #industrialisation #corps #héliothérapie #hydrothérapie #écologie_corporelle #retour_à_la_terre #vulnérabilités #nature #homophobie #sexisme #solitude #Médiator #Spasfon #industrie_pharmaceutique #probiotiques #compléments_alimentaires #sucre #hygiène #orthorexie #gynécologie #autogynécologie #self-help #Mouvement_pour_la_liberté_de_l’avortement_et_de_la_contraception (#MLAC) #planning_familial #éducation_populaire #santé_sexuelle #écoféminisme #essentialisme #Frauenweise #Dispensaire_des_femmes #Rina_Nissim #luttes_féministes #naturopathie_féministe #autonomie-santé #médecine_populaire #alternative #médecine_patriarcale #patriarcat #validisme #individualisme #autonomie #santé_publique #Denisse_Guerrero_Márquez #Nuestra_Salud_Feminista #épidémiologie_féministe

    déjà signalé ici par @lyco :
    https://seenthis.net/messages/1103951

    • #Anthroposophie et #écofascisme, par #Peter_Staudenmaier

      L’anthroposophie est la religion ésotérique fondée par #Rudolph_Steiner dont les avatars tentaculaires et pseudo-scientifiques infiltrent aussi bien le tissu institutionnel et politique de l’écologie que les milieux de l’agriculture, éducation et médecine alternatives. Son histoire est indissociable du #totalitarisme_raciste.

      Historien et écologiste social, engagé dans le mouvement anarchiste, le mouvement vert, et le mouvement coopératif aux États-Unis et en Allemagne, Peter Staudenmaier est professeur à l’université de Marquette (Wisconsin).

       » En juin 1910, Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, commença une tournée d’exposés en Norvège par une conférence devant un public nombreux et attentif. Le cycle de conférences était intitulé « La mission des âmes nationales en relation à la mythologie germano-nordique ». Dans les conférences d’Oslo, il présenta sa théorie des « âmes de peuple » ou « nationales » (#Volksseelen en allemand, la langue natale de Steiner) et accorda une attention particulière aux questions mystérieuses de « l’#esprit_nordique ». Les « #âmes_nationales » de l’Europe du Nord et Centrale appartiennent, expliqua Steiner, aux peuples « germano-nordiques », le groupe ethnique le plus spirituellement avancé du monde, qui avait été à l’avant-garde de la plus élevée des cinq « races- racines » historiques. Cette cinquième race-racine supérieure, raconta Steiner à ses auditeurs d’Oslo, était bien sûr la race « #race_aryenne ».

      Si cette cosmologie particulière semble étrangement similaire aux mythes teutons de Himmler et Hitler, la ressemblance n’est pas fortuite. L’anthroposophie et le national socialisme ont tous deux des racines profondes dans la confluence des nationalismes, populismes de droite, romantismes proto-environnementalistes, et #spiritualismes_ésotériques qui caractérisaient une grande partie de la culture allemande et autrichienne à la fin du dix-neuvième siècle. Mais le lien entre la pseudo-religion stratifiée racialement et la montée des nazis va bien au-delà de simples parallèles philosophiques. L’anthroposophie a eu une influence concrète sur l’« aile verte » du #fascisme allemand. En outre, la politique réelle de Steiner et de ses disciples a toujours montré une ligne profondément réactionnaire.

      Pourquoi l’anthroposophie, en dépit de ses éléments racistes évidents et son passé de compromission, continue-t-elle à jouir d’une réputation progressiste, tolérante, éclairée et écologique ? Les détails des enseignements de Steiner ne sont pas bien connus en dehors du mouvement anthroposophique, et dans ce mouvement la longue histoire de l’implication idéologique dans le fascisme est en général refoulée ou carrément niée. De plus, de nombreux anthroposophes ont individuellement gagné du respect pour leur travail dans l’éducation alternative, dans l’agriculture biologique, et dans le mouvement écologiste. Néanmoins, il est regrettable que la collaboration anthroposophique avec une racine spécifiquement “écologiste” du fascisme persiste au XXIe siècle.

      Les groupes anthroposophiques organisés sont souvent mieux connus à travers leur vaste réseau d’institutions publiques. Les plus populaires d’entre elles sont probablement le mouvement des #écoles_Waldorf, avec des centaines d’écoles dans le monde, suivi par le mouvement d’#agriculture_biodynamique, qui est particulièrement actif en Allemagne et aux États-Unis. D’autres entreprises anthroposophiques bien connues comprennent les produits cosmétiques et pharmaceutiques #Weleda et le label #Demeter pour les produits alimentaires sains. La communauté nouvel-âge de #Findhorn en Écosse possède aussi une forte composante anthroposophique. Les anthroposophes ont joué un rôle important dans le développement des #Verts allemands et l’ancien ministre de l’intérieur allemand, #Otto_Schilly, un des plus importants fondateurs des Verts, est un anthroposophe.

      Compte tenu de cette vaste visibilité publique, il est peut-être surprenant que les fondements idéologiques de l’anthroposophie ne soient pas mieux connus. Les anthroposophes eux-mêmes, cependant, considèrent leur doctrine hautement ésotérique comme une « #science_occulte » propre à une élite éclairée spirituellement. Le nom même d’anthroposophie suggère à beaucoup d’étrangers une orientation humaniste. Mais l’anthroposophie est à bien des égards une vision du monde anti-humaniste, et des humanistes comme Theodor Adorno et Ernst Bloch s’y sont opposés dès le début. Son rejet de la raison au profit de l’expérience mystique, sa subordination des actions humaines à des forces surnaturelles, et son modèle complètement hiérarchisé du développement spirituel, tout cela montre que l’anthroposophie est contraire aux valeurs humanistes. »

      https://www.ccmm.asso.fr/anthroposophie-et-ecofascisme-par-peter-staudenmaier
      #ésotérisme #racisme #humanisme

      Le texte téléchargeable en pdf :
      https://jf.bizzart.biz/ArticlesPDF/PS_EcofascismeV2.pdf

  • The politics of owning a tech company - POLITICO
    https://www.politico.com/newsletters/digital-future-daily/2026/05/19/the-politics-of-owning-a-tech-company-00927804
    https://static.politico.com/4d/c4/6948651c4961baa7b3af4b2ac8a2/https-delivery-gettyimages.com/downloads/522495892

    Aligner le capital d’une entreprise avec les causes qu’elles défendent... c’est comme une réinvention usaméricaine de la notion de scoop.

    Hustle is a popular app among Democratic campaigns for sending personalized messages encouraging recipients to vote and organize. Hustle first rose to prominence by supporting grassroots outreach for Sen. Bernie Sanders’ (I-Vt.) 2016 presidential bid, and has since worked with campaigns for Sens. Jon Ossoff (D-Ga.) and Mark Kelly (D-Ariz.). Despite working with progressive candidates, Hustle has been owned by prominent tech entrepreneur Chamath Palihapitiya’s venture capital firm Social Capital since 2020. Palihapitiya, a co-host of the popular All-In podcast, became a well-known supporter of President Donald Trump during the 2024 election.

    Hustle announced today that Social Capital has sold the company to its employees, who hope that the new ownership structure will better fit their values. Palihapitiya told DFD in an email, “I sold Hustle to them to harvest capital losses to net against some other gains. I initiated the transaction on my own volition. That said, I wish them the best of luck.”

    DFD spoke to Hustle CEO Jesse Hassinger about what led up to the sale, and what it means for a tech company to be owned by its employees. This interview has been edited for length and clarity.

    What was the issue with Hustle’s previous ownership?

    Unfortunately, in 2024, what we encountered was Chamath’s decision to support Trump in the election. There was now a misalignment between the values of customers, and the values of leaders and ownership of the company. Though the day-to-day operations did not change ... that was very difficult on a human level for employees of the company. You can imagine dedicating yourself to a cause or a mission, and [then] you learn that your boss is dedicating his time and energy to causes that are in competition with the vision that you’re trying to see in the world.

    Coming out of 2024, it was a hard year for customers and employees who were sticking with it. Some trust was lost in that period of time, understandably.

    What makes this ownership structure unusual in the tech industry?

    It’s a very rare win for employees. Employees are not having a good year. [The structure] is unusual in a lot of dimensions. Going from VC ownership to employee ownership — that’s unusual.

    How we’ve organized governance as well as financial ownership of Hustle is also really different. For a typical VC-funded organization, as a new employee, the ratio of distribution of equity between you and a leader might be like 500 to one. We’ve essentially made sure that even for the most recent employee, that ratio is like four to one. When there’s a vote that requires participation from the owners of the company, employees will be able to cast a vote and make decisions that determine the direction of the company.

    Why is it that campaign tech companies tend to only work with one political party or the other, along partisan lines?

    It’s about trust — trust with data, trust with support and services. Partisanship is at all-time highs, so we see in this particular space [that] there is a bifurcation between tools that support one set of causes or the other, and they generally fall along partisan lines. This is not typical in other marketplaces, but [trust] is very important in civic tech. There are tools that work with all sides — they tend to be used less often because of that trust principle.

    I would’ve thought working with only one party would limit your business. But working with both parties limits it even more?

    If you’re working for all sides, it’s definitely a choice. In my experience and from conversations, picking a side is an important decision that a business will make when operating in this particular space. One of our first customers was Bernie Sanders, texting college kids that if they were feeling the Bern, they should head to the stadium. That’s where we got our start, so we made our choice a long time ago.

    There’s a growing divide between the political values of tech company executives and their employees. What do you think is driving that divide?

    The social contract between employers and employees has been somewhat frayed, which we’re seeing increasingly in software engineering and technology. These were jobs that were not just coveted, but were also highly rewarded and incentivized for commitment to those tech companies. There’s anxiety and precariousness around longevity in those careers, and there’s been an incredible number of layoffs. Just at a very human level, being dislocated from a job you might have had for 20 years at an organization that’s printing beaucoup bucks — it’s heartbreaking.

    The pendulum has swung very fast in one direction that favors some of these larger corporate entities. Employees will find it hard to have their voices heard by the leaders of those companies. That is where organized labor traditionally has come in. The role of labor in this new environment will become more relevant. I suspect that will become a new opportunity for employees to organize their workspaces.

    #Scoop #Economie_numérique #Economie_sociale_et_solidaire #ESS

  • Julien Milanesi, co-réalisateur du documentaire « L’intérêt général et moi » (2016) et co-auteur de « Résister aux grands projets inutiles et imposés » (Textuel, 2018), a étudié depuis quelques années les alternatives locales et le militantisme du #Pays_Basque, et a présenté ses résultats dans une conférence : « Comment ils s’auto-organisent pour changer le monde ».
    Il explique comment ce modèle se déploie à l’identique de ce qui est fait depuis deux siècles dans l’Economie Sociale, en articulant trois types d’actions :
    I. S’auto-organiser en créant des entreprises démocratiques. (à 9:08)
    II. Garder le cap de son projet politique. (à 24:53)
    III. Gagner du terrain pour construire progressivement une société nouvelle (à 40:35)
    https://inv.nadeko.net/watch?v=kx68HZPmqUI
    #ESS #économie_sociale_et_solidaire #coopératives

  • Stopping paper mills: practical strategies to protect research integrity - Research Information
    https://www.researchinformation.info/webcast/stopping-paper-mills-practical-strategies-to-protect-research-

    Tue, May 12, 2026 2:00 PM BST – REGISTER HERE!

    Paper mills are no longer a marginal issue. They are operating at scale – producing fraudulent research that is increasingly difficult to detect and increasingly costly to address.

    For publishers, this creates direct pressure on editorial workflows and reputation. For researchers, it undermines trust in the scholarly record. For librarians, it raises questions about the reliability and integrity of the content they provide access to.

    This webinar focuses on one question: how do we actually combat paper mills?

    Bringing together perspectives from research integrity initiatives, analytics providers, and workflow specialists, this session will explore what is working today – and where further action is needed.

    What You’ll Learn
    •  How paper mills operate and why they have scaled so rapidly
    •  The most reliable signals for identifying suspicious research
    •  Where current editorial and research workflows remain vulnerable
    •  What practical interventions look like in publishing and research environments
    •  How different stakeholders can contribute to a more effective, coordinated response

    Who should attend
    • Publishers: editorial, integrity, and publishing strategy teams
    • Researchers: authors, research leaders, and research office professionals
    • Librarians: collection development, scholarly communications, and research support roles

    Format
    60-minute live session
    • Expert perspectives from each speaker
    • Moderated panel discussion
    • Audience Q&A

  • #Data_center dans l’#Essonne : la #justice se penche sur le « saucissonnage » d’un vaste projet

    Le rapporteur public de la cour administrative d’appel de Versailles a préconisé jeudi de rejeter le recours d’associations contre l’autorisation d’un vaste #centre_de_données à #Wissous (Essonne), accusé d’avoir été artificiellement morcelé pour contourner la loi environnementale.

    Une troisième étape « hypothétique »

    Au cœur de ce bras de fer juridique impliquant l’exploitant américain #CyrusOne se trouve la technique du "#saucissonnage". Trois associations requérantes (France Nature Environnement, Data For Good et Wissous Notre Ville) dénoncent le découpage de cette #infrastructure, destinée notamment à héberger des #serveurs d’#Amazon.

    En France, une puissance supérieure à 50 mégawatts (MW) impose une procédure d’autorisation stricte, incluant une #étude_d'impact globale et une enquête publique.

    Or selon les associations, l’exploitant aurait déclaré une première phase à 19,8 MW, puis une deuxième à 49,5 MW, s’arrêtant juste sous le seuil légal, alors que le projet final vise 100 MW selon elles. "La capacité totale prévue du site pour les trois phases est au maximum de 60 MW", se défend CyrusOne.

    Lors de l’audience jeudi, le rapporteur public a estimé que la troisième étape restait "hypothétique", le #plan_local_d'urbanisme (#PLU) interdisant de telles installations à l’époque de la demande, a expliqué à l’AFP Clémentine Baldon, avocate de FNE et Data For Good.

    « Personne ne conteste vraiment que c’est un seul et même projet »

    "Ce matin, le rapporteur public a rappelé que l’arrêté préfectoral d’enregistrement était régulier sur la forme et sur le fond. La société CyrusOne partage cette analyse", a réagi le cabinet d’avocats de l’entreprise dans une déclaration transmise à l’AFP. "Nous rappelons que jusqu’à aujourd’hui, les décisions de justice (six au total) ont toutes confirmé la régularité des autorisations de CyrusOne pour son projet de Wissous", a-t-il ajouté.

    Malgré leur "déception", les associations gardent "espoir", la cour devant rendre son arrêt d’ici quelques semaines. Leur optimisme repose sur un point de droit précis. "Les magistrats ont semblé intéressés par l’affaire, notamment la question de la rentabilité économique du projet qui dépend de la mise en œuvre de la troisième phase, ce qui pourrait les conduire à conclure à l’existence d’un projet unique et à un fractionnement artificiel", a souligné Me Baldon.

    Selon l’avocate, l’exploitant a reconnu dans un courrier adressé à la mairie des risques de pertes de centaines de millions d’euros si les phases 2 et 3 du projet n’étaient pas déployées. "En fait, personne ne conteste vraiment que c’est un seul et même projet", insiste-t-elle.

    Sans vision globale, impossible d’imposer une "analyse beaucoup plus fine des impacts", s’inquiètent les opposants. Ils redoutent les nuisances cumulées pour les 7.000 habitants de la commune : bruit des ventilateurs géants au ras des habitations et consommation électrique équivalente à sept fois celle de la ville.

    En cas de rejet de leur requête, les associations n’excluent pas un pourvoi devant le Conseil d’État.

    https://www.connaissancedesenergies.org/afp/data-center-dans-lessonne-la-justice-se-penche-sur-le-sauci
    #urbanisme #résistance #aménagement_du_territoire

  • #Opération_Bangui : une histoire de sang, de science et d’exploitation biomédicale

    Au début des années 1990, une recherche vaccinale secrète sur le #VIH est menée en #République_centrafricaine. Si elle n’aboutit pas et reste longtemps dans l’ombre, elle éclaire aujourd’hui les débats sur les #essais_cliniques, l’accès aux traitements, et plus largement une forme particulière d’#exploitation encore peu discutée : l’#extractivisme_biomédical.

    C’est cette histoire que je raconte dans un #livre paru récemment : Opération Bangui. Promesses vaccinales en Afrique postcoloniale. En tant que sociologue et pharmacien, professeur à la faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, mes intérêts de recherche portent sur les enjeux reliés aux politiques pharmaceutiques (ou à leur absence) dans différents contextes. Je questionne notamment les ambiguïtés des politiques pharmaceutiques et des logiques de santé mondiale à travers la recherche biomédicale, l’accès et l’usage des médicaments.

    Une recherche camouflée en #Afrique centrale

    En République centrafricaine, le VIH se diffuse massivement dans les années 1980. Cela se voit dans les hôpitaux de la ville, mais aussi au sein de groupes tels que les travailleuses du sexe ou les militaires plus exposés par leurs conditions de travail, d’éloignement et les rapports de pouvoir qui augmentent les risques de transmission sexuelle.

    Les militaires sont d’ailleurs de plus en plus nombreux au début des années 1980, recrutés notamment avec le soutien de la France, pour asseoir le pouvoir en place. Ceci offre aux chercheurs de l’#Institut_Pasteur de #Bangui, capitale du pays, des accès privilégiés à cette population pour l’intégrer dans ses recherches. En effet, cet Institut, fondé juste après l’indépendance du pays, redéfinit le lien postcolonial en participant dans sa mission à la #santé_publique centrafricaine avec le ministère de la Santé, mais en restant scientifiquement et administrativement sous la tutelle de l’Institut Pasteur de Paris, structurellement soutenu par des financements gouvernementaux français.

    L’occasion précipite l’extraction : fin 1989, un appel d’offres pour des financements internationaux conséquents amène des chercheurs français à proposer la mise en place d’une recherche secrète. Elle vise à caractériser les virus des militaires centrafricains, surveiller leur taux d’infection et essayer de potentiels vaccins qui semblent sur le point d’être découverts. Le sceau du secret permet aux différentes parties d’avancer sans attirer l’attention, ni celle de la concurrence scientifique pour les chercheurs français, ni celle des médias internationaux pour le sommet des autorités politiques locales.

    Ceci contribue de fait à exclure les médecins et chercheurs locaux qui se trouvent ainsi laissés dans l’ignorance, ou dans l’incapacité d’être partie prenante de recherches dont leur population est la première concernée.

    Au vu des forts taux d’infection dans la population militaire, la transformation des militaires en objets de recherche représente non seulement un avantage scientifique pour démontrer l’efficacité d’un potentiel vaccin, mais aussi stratégique en permettant une économie de coût substantielle alors que les essais cliniques au Nord se chiffrent dans les années 1990 en dizaines de millions de dollars.

    La branche production de l’Institut Pasteur de Paris, qui opère via le laboratoire pharmaceutique #Pasteur-Mérieux_Sérums_et_Vaccin, est l’infrastructure industrielle qui peut profiter d’une telle recherche. Il ne manque alors qu’un terrain d’#expérimentation, que fournit opportunément la cohorte des militaires centrafricains.

    La matière première de la recherche

    C’est ainsi que les militaires de la garde présidentielle et des forces armées centrafricaines sont progressivement inclus dans cette recherche à partir de 1990. Des échantillons de sang sont prélevés une à deux fois par an. Les militaires représentent de bons objets de recherche, faciles à trouver dans leurs casernes. Plus de 11 000 prélèvements sont ainsi réalisés sur quelque 3000 militaires.

    Mais les militaires ne sont pas que des objets disciplinés, ils demeurent aussi des sujets sensibles politisés. Cette subjectivité politique se réaffirme à partir de 1993 lors d’une première mutinerie qui fait suite au non-paiement des soldes, puis de manière plus retentissante en 1996 et 1997 quand des militaires de la garde présidentielle font face aux forces loyalistes. Les autorités françaises, qui ont contribué au recrutement et à la formation de ces deux structures rivales, éteignent partiellement l’incendie par l’envoi de troupes militaires. La situation postcoloniale qui a permis la recherche dans un premier temps est aussi celle qui en précipite la fin.

    Les recherches menées à Bangui sont forcées de s’arrêter et sont ensuite transférées vers d’autres pays. Les questions de recherche sont alors déplacées dans d’autres sites du réseau international des instituts Pasteur. La recherche à Bangui s’arrête, mais l’infrastructure de recherche (données, échantillons, idées de recherche, etc.) est sauve.

    Quand la recherche devient-elle « extractive » ?

    Outre le secret qui a invisibilisé l’opération Bangui depuis ses débuts, il reste un grand malaise dans la communauté scientifique à en parler encore aujourd’hui. Les principaux promoteurs de cette recherche sont restés généralement très évasifs à son sujet. L’histoire de cette initiative secrète met en lumière une forme particulière d’exploitation dans la recherche : l’extractivisme biomédical.

    Celui-ci repose sur l’extraction de #sang et de #données_biologiques afin de produire des connaissances scientifiques, susceptibles ensuite d’être valorisées sur le plan industriel et commercial. À la différence de l’extractivisme minier, cette exploitation ne porte pas sur des ressources naturelles issues du sol, mais sur des corps humains. Elle s’inscrit néanmoins dans des #rapports_de_pouvoir comparables, marqués par de fortes asymétries entre les lieux où la recherche est menée et ceux où ses résultats sont valorisés.

    Le cas de l’opération Bangui permet d’en comprendre les mécanismes. Les militaires centrafricains sont d’abord considérés comme une population « à risque », définie principalement par son taux élevé d’infection. Cette catégorisation tend à réduire des individus au statut de ressource scientifique, presque « naturelle », en faisant passer au second plan leurs conditions de vie, leurs relations sociales et leur position dans une hiérarchie militaire.

    Cette logique s’inscrit ensuite dans un contexte postcolonial qui facilite l’#appropriation de cette cohorte de recherche. Les liens étroits entre les autorités françaises et centrafricaines, ainsi que la centralisation des infrastructures scientifiques et industrielles en France, permettent aux institutions du Nord de conserver le contrôle des données, des échantillons et des orientations de la recherche.

    Enfin, les connaissances produites grâce à ces prélèvements sont susceptibles d’être valorisées à travers des publications, des financements, des recherches internationales et, potentiellement, des brevets. Pourtant, rien n’est prévu pour favoriser le développement des capacités de recherche locales ni pour garantir légalement que les populations ayant rendu cette recherche possible puissent bénéficier des retombées médicales de ces travaux.

    Du point de vue de la santé publique, l’opération Bangui sera d’ailleurs nulle pour les premières personnes concernées : le taux de nouvelles infections par le VIH reste presqu’inchangé chez les militaires entre 1988 et 1996, date à laquelle les chercheurs quittent le pays. C’est cette dissociation entre production scientifique, capacité locale et accès aux soins qui constitue le cœur du problème.

    Résonnances actuelles

    Aucun vaccin contre le VIH n’aura finalement été développé ni testé à Bangui. Même si un vaccin avait bel et bien vu le jour, on peut douter que la population centrafricaine aurait eu un accès prioritaire. Cette incertitude n’est pas propre à cette recherche : elle traverse encore aujourd’hui de nombreux programmes de recherche biomédicale internationale. Si les appels à des financements publics pour la recherche sont nombreux, rares sont ceux qui conditionnent ces investissements à un accès garanti aux traitements ou aux vaccins qui pourraient en résulter.

    Aujourd’hui encore, des traitements préventifs du VIH, testés en Afrique, mais inaccessibles aux populations concernées, tels que le lénacapavir, sont au cœur de chantages économiques sur la vie. Ces expériences, et leur récurrence, montrent que la question d’une recherche juste ne se limite pas au respect du consentement lors des essais cliniques. Elle concerne aussi la manière dont sont organisés et pensés dès la recherche les valorisations économiques et politiques des découvertes et l’accès effectif aux soins et à la prévention.

    L’histoire de l’opération Bangui rappelle ainsi que la recherche biomédicale n’est jamais neutre. Elle est inscrite dans des rapports sociaux, politiques et économiques qui déterminent qui bénéficie réellement du progrès scientifique. Interroger ces mécanismes au-delà des procédures de bioéthique, c’est ouvrir un débat essentiel sur la justice et la responsabilité dans le financement et la production mondiale des savoirs médicaux, et dans l’accès à des médicaments ou des vaccins essentiels qui en découlent.

    https://theconversation.com/operation-bangui-une-histoire-de-sang-de-science-et-dexploitation-b
    #science #recherche #extractivisme

    • Opération Bangui. Promesses vaccinales en Afrique postcoloniale

      Cette enquête fait la lumière sur un chapitre méconnu de l’histoire du #sida dans les années 1980 et 1990 : la recherche menée en République centrafricaine par des scientifiques venus de #France et des États-Unis qui croyaient être sur le point de trouver un vaccin. Dans le rôle des ressources vivantes, une cohorte de militaires locaux, et dans celui des bénéficiaires, les puissances postcoloniales. Ces travaux secrets avaient un nom de code : opération Bangui.

      Par le récit vivant d’une affaire exceptionnelle, ce livre révèle un mode d’accaparement des richesses : l’extractivisme biomédical. En plaçant les processus de valorisation des corps et des vies au cœur de sa réflexion, Pierre-Marie David plaide ici pour une restitution historique, matérielle et politique de la part africaine dans la recherche scientifique et médicale, étape essentielle d’une nécessaire décolonisation de la santé mondiale.

      https://luxediteur.com/catalogue/operation-bangui
      #livre

  • Espoirs et défis d’un changement écologiste à #Lyon
    https://metropolitiques.eu/Espoirs-et-defis-d-un-changement-ecologiste-a-Lyon.html

    Depuis 2020, les #écologistes et leurs alliés dirigent Lyon et sa #métropole. L’exercice de ce premier mandat révèle que les changements promis pendant la campagne électorale se sont heurtés à des difficultés institutionnelles et politiques. À l’occasion du scrutin municipal de mars-juin 2020, les commentateurs ont à maintes reprises évoqué une « vague verte » pour qualifier les changements de majorité apparus dans plusieurs villes. Lyon fit alors figure d’emblème, notamment parce que la ville #Essais

    / métropole, #élections, #élections_municipales, #alternance, #ancrage_local, écologistes, Lyon

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-cadiou.pdf

  • Développer l’ingénierie participative par le recours aux savoirs des #communs fonciers
    https://metropolitiques.eu/Developper-l-ingenierie-participative-par-le-recours-aux-savoirs-des

    Les #communes_rurales expriment de longue date un besoin d’ingénierie pour les aider dans la gestion de leur territoire. Face à l’inadéquation des réponses de l’État, l’idée de recourir à l’expérience collective de gestion des communs fonciers ouvre de nouvelles perspectives. L’ingénierie territoriale est définie comme l’ensemble des savoirs professionnels dont ont besoin les collectivités et les acteurs locaux pour conduire le développement ou l’aménagement durable des territoires. Elle #Essais

    / communs, #ingénierie_territoriale, #participation, communes rurales, #ANCT

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-lerique.pdf

  • Essais nucléaires en Polynésie : une loi pour mettre fin au déni de l’État
    https://disclose.ngo/fr/article/essais-nucleaires-en-polynesie-loi-pour-mettre-fin-au-deni-etat

    Fin janvier, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi visant à combler le manque de reconnaissance des victimes des essais nucléaires en Polynésie française. Le texte, qui doit encore être examiné par le Sénat, est le résultat d’une commission d’enquête parlementaire qui s’appuie en grande partie sur les révélations publiées par Disclose il y a cinq ans. La députée Mereana Reid Arbelot, co-rédactrice du texte, revient sur le parcours de cette loi potentiellement historique, et explique en quoi elle pourrait mettre un terme à soixante ans de déni de la part de l’État. Lire l’article

  • #Rome, ville improductive ?
    https://metropolitiques.eu/Rome-ville-improductive.html

    Alors que le Jubilé a pris fin, Dominique Rivière tempère l’image de Rome comme ville improductive. Rappelant son histoire industrielle écrasée par la dimension patrimoniale évidente de la Ville éternelle, l’autrice invite aussi à considérer le rôle ambigu de ce #patrimoine dans la fabrique de la #rente urbaine. Rome, ville à la notoriété mondiale, est cependant souvent vue comme métropole incomplète : capitale touristifiée, livrée en pâture aux grands promoteurs, souffrant de la prééminence #Essais

    / Rome, #Italie, rente, patrimoine, #périphérie, #mobilisation, #industrie

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-riviere_dossierrome.pdf

  • La « #Négritude », opium du colonisé
    https://lvsl.fr/la-negritude-opium-du-colonise

    Né en 1934 à Lomé (dans l’actuel Togo), #Stanislas_Spero_Adotevi suit, avec une génération de décalage, le parcours d’Aimé Césaire et de #Léopold_Sédar_Senghor. Élève brillant passé par l’École normale supérieure, il était bien placé pour comprendre (et durement critiquer) ces deux hommes qui « avaient fait beaucoup de latin et ne comprenaient pas qu’on ne les prît pas pour des hommes pareils aux autres ». Dans Négritude et #Négrologues, il s’attelle, une fois sa dette reconnue, à retracer la généalogie raciste de la « négritude » – qui postule, pour reprendre la formule du futur président sénégalais, que « la raison est hellène, l’émotion est nègre ». Il déconstruit ce « remède bizarre » qui permet, à ses yeux, de perpétuer le #Néo-colonialisme en donnant une justification essentialiste au sous-développement africain. Décédé (...)

    #Culture #Aimé_Césaire #Essentialisme

  • L’Assemblée nationale s’engage en faveur des victimes des explosions nucléaires
    https://www.obsarm.info/spip.php?article728

    29 janvier 2026, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la proposition de loi (PPL) pour rendre effective l’indemnisation de toutes les populations et le personnel impactés par les 210 explosions nucléaires de la France réalisées entre 1960 et 1996 au Sahara et en Polynésie. Quasi jour pour jour trente ans après le dernier essai, Xouthos, sur l’atoll de Fangataufa, le 27 janvier 1996. Un tir souterrain qui a provoqué, lui aussi, des fuites radioactives. Soixante-six ans après la (…) #Essais_nucléaires

    / #Victimes_du_nucléaire, #Essais_nucléaires, #La_une

  • Carte de séjour, des banlieues lyonnaises aux scènes internationales (1980-1990)
    https://metropolitiques.eu/Carte-de-sejour-des-banlieues-lyonnaises-aux-scenes-internationales-

    L’histoire de Carte de séjour, groupe de rock emblématique des années 1980, raconte une aventure politique, culturelle et sensible des banlieues populaires. Philippe Hanus nous invite à sortir de la « géographie morale » qui stigmatise les grands ensembles en mettant en lumière la trajectoire incarnée et vivifiante de « l’arab rock ». Je les ai vus dans leurs répétitions tout au début. Si tu veux, ça nous a fait plaisir que des mecs qui étaient considérés comme des « rouilleurs » se sont #Essais

    / #musique, #Lyon, #banlieue, #Rillieux-la-Pape, #racisme, #discrimination, #émancipation, #arab_rock

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-hanus.pdf

  • Les multiples enjeux de la végétalisation des cours d’école
    https://metropolitiques.eu/Les-multiples-enjeux-de-la-vegetalisation-des-cours-d-ecole.html

    Bien-être, santé, #jeu libre, inclusion ou construction du lien social : la dynamique contemporaine de #végétalisation des cours d’école ouvre un ensemble de perspectives, constituant selon Romain et Sylvain Wagnon un bon terrain d’expérimentation pour les politiques de transition écologique. La végétalisation des cours d’école s’impose depuis quelques années comme un levier des politiques éducatives. Portée par de nombreuses collectivités locales, cette dynamique peut résulter d’une prise de #Essais

    / #changement_climatique, #enfants, #ville_à_hauteur_d'enfants, #école, #éducation, santé, maison de santé, jeu, (...)

    #santé #maison_de_santé
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-wagnon-wagnon.pdf

  • Municipales 2026 : la conversion communale de #La_France_insoumise
    https://metropolitiques.eu/Municipales-2026-la-conversion-communale-de-La-France-insoumise.html

    Au moment où La France insoumise (LFI) souhaite renforcer son ancrage local, les #élections_municipales de 2026 constituent un enjeu important pour crédibiliser et institutionnaliser son action, comme le montre Rémi Lefebvre, chercheur en science politique. ---- À l’approche des élections municipales de mars 2026, la revue Métropolitiques a souhaité publier une série d’articles questionnant les enjeux socio-politiques de ce scrutin et les évolutions de l’action publique observées dans les #Essais

    / élections municipales, #vote, La France insoumise, #communalisme, #municipalisme, radicalité

    #radicalité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/lefebvre5.pdf

  • La #voirie parisienne à l’épreuve de ses résidus
    https://metropolitiques.eu/La-voirie-parisienne-a-l-epreuve-de-ses-residus.html

    Au XIXe siècle, l’usage des routes et des voies parisiennes génère boues et poussières : leur maintenance est un enjeu constant. Paul Lesieur revient sur cette difficulté qui occupe les services de la ville, gestionnaires et ingénieurs. La constitution du réseau routier français au XIXe siècle ne repose pas uniquement sur le tracé des routes à l’échelle du territoire. Il est en priorité nécessaire de garantir la pérennité de l’infrastructure. Or, les sources de dégradation sont multiples. #Essais

    / #déchets, voirie, #Second_Empire, #histoire, #histoire_urbaine, #route, #infrastructures, #Paris

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_lesieur.pdf

  • La #voirie parisienne à l’épreuve de ses résidus
    https://metropolitiques.eu/La-grande-voirie-parisienne-a-l-epreuve-de-ses-excretas.html

    Au XIXe siècle, l’usage des routes et des voies parisiennes génère boues et poussières : leur maintenance est un enjeu constant. Paul Lesieur revient sur cette difficulté qui occupe les services de la ville, gestionnaires et ingénieurs. La constitution du réseau routier français au XIXe siècle ne repose pas uniquement sur le tracé des routes à l’échelle du territoire. Il est en priorité nécessaire de garantir la pérennité de l’infrastructure. Or, les sources de dégradation sont multiples. #Essais

    / #déchets, voirie, #Second_Empire, #histoire, #histoire_urbaine, #route, #infrastructures, #Paris

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_lesieur.pdf

  • Biodéchets : le tri à la source, et après ?
    https://metropolitiques.eu/Biodechets-le-tri-a-la-source-et-apres.html

    Les communes incitent désormais la population à trier leurs #déchets alimentaires. Selon la chercheuse Élisabeth Lehec, l’organisation collective pour les gérer est peu compatible avec une réduction des déchets sur le long terme. Fin 2024, une minorité de Français avait accès au tri à la source des #biodéchets, selon Le Monde ; près de la moitié de la population, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe). Que le verre soit jugé à moitié vide ou à moitié plein, une nouvelle sémantique #Essais

    / déchets, #déchets_organiques, biodéchets, #services_urbains, proximité, #réseaux, #compostage, #méthanisation

    #proximité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_lehec.pdf

  • Biodéchets : le tri à la source, et après ?
    https://metropolitiques.eu/Le-tri-a-la-source-des-biodechets-des-menages-et-apres.html

    Les communes incitent désormais la population à trier leurs #déchets alimentaires. Selon la chercheuse Élisabeth Lehec, l’organisation collective pour les gérer est peu compatible avec une réduction des déchets sur le long terme. Fin 2024, une minorité de Français avait accès au tri à la source des #biodéchets, selon Le Monde ; près de la moitié de la population, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe). Que le verre soit jugé à moitié vide ou à moitié plein, une nouvelle sémantique #Essais

    / déchets, #déchets_organiques, biodéchets, #services_urbains, proximité, #réseaux, #compostage, #méthanisation

    #proximité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_lehec.pdf

    • 47 % des déchets alimentaires ménagers sont constitués de
      gaspillage, c’est-à-dire de déchets constitués de produits consommables.

  • À l’Ouest, du nouveau
    https://metropolitiques.eu/A-l-Ouest-du-nouveau.html

    Depuis les années 1990, le paysage électoral a été dominé en #Allemagne par l’opposition Est-Ouest. Or, les résultats des #élections législatives de 2025 font apparaître des géographies partisanes en pleine évolution à l’Ouest. Lors des élections parlementaires allemandes de février 2025, le score atteint par le parti d’extrême droite AfD a franchi la barre symbolique des 20 % et l’a placé en deuxième position derrière les conservateurs (CDU et CSU), clairement devant les sociaux-démocrates #Essais

    / élections, #vote, Allemagne, #géographie_électorale, #cartes, #cartographie, #politique

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_roth-lecuyer-hirschhausen.pdf