• EXPOSITION : Agir pour le désarmement nucléaire
    http://obsarm.org/spip.php?article340

    Pour la 75e commémoration des bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945, l’Observatoire des armements a réalisé une exposition installée du 31 juillet au 9 août 2020 à Dijon au Cellier de Clairvaux (ouverte de 10 à 12 h et de 14 à 18 h). L’exposition a été réalisée avec le soutien de la Ville de Dijon et les association du collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des #Armes_nucléaires, membres d’ICAN (Campagne internationale pour abolir les #Armes_nucléaires), prix (...) Armes nucléaires

    / Armes nucléaires, #Essais_nucléaires, #Prolifération_nucléaire, #Victimes_du_nucléaire, #Zones_dénucléarisées, (...)

    #Non-prolifération
    http://obsarm.org/IMG/pdf/livret_expo_tian_2020.pdf

  • Les Africain.e.s , les premiers cobayes
    Coup d’envoi des premiers essais d’un candidat vaccin contre le Covid-19 en Afrique
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_coup-d-envoi-d-un-premier-essai-d-un-candidat-vaccin-contre-le-covid-19-

    L’Afrique du Sud lancera cette semaine le premier essai clinique d’un vaccin contre le coronavirus organisé sur le continent, a annoncé mardi l’université du Witwatersrand à Johannesburg.

    Ce vaccin, désigné sous le nom de ChAdOx1 nCoV-19, a été développé par le Jenner Institute de l’université d’Oxford et est déjà en phase de test au Royaume-Uni, où plus de 4000 personnes doivent y participer.

    En Afrique du Sud, quelque 2000 personnes ont été enrôlées dans cet essai, dont 50 atteintes du virus VIH.  » Nous avons commencé à sélectionner les participants […] la semaine dernière et les premiers seront vaccinés cette semaine", a déclaré mardi le Pr Shabir Madhi, de l’université du Witwatersrand, en charge de l’essai.

    Le nombre de cas d’infections par le Covid-19 a dépassé lundi la barre des 100.000, pour près de 2000 morts, en Afrique du Sud, le pays d’Afrique subsaharienne le plus touché par la crise sanitaire mondiale.
    . . . . .

    #cobayes_humains #covid-19 #coronavirus #santé #sante #pandémie #médecine #recherche #big_pharma #économie #pharma #industrie_pharmaceutique #médicaments #brevets #multinationales #cobayes #cobaye #essais_clinique #racisme #discrimination

  • Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état
    https://www.tahiti-pacifique.com/Essais-nucleaires-le-mepris-detonant-de-l-etat_a1644.html

    Ô surprise, un communiqué envoyé par le haut-commissariat confirme que l’État français cède officiellement au Pays, à titre gratuit, l’ancien bâtiment du commandement de la Marine pour installer en Polynésie le futur centre d’archives, d’information et de documentation sur les essais nucléaires. Sis boulevard de la Reine Pomare, sur le front de mer de Papeete, ce site est donc voué à accueillir le futur Centre de mémoire, mais, comme nous l’avons pointé du doigt à maintes reprises (lire notamment notre édito “#Centre_de_mémoire : on se souviendra surtout de l’ingratitude de la France envers la #Polynésie…”, TPM n° 420, du 15 novembre 2019), il s’agit en réalité d’un cadeau empoisonné, puisqu’il contient de l’amiante et du plomb ! Aussi, ce sera au Pays de financer sa construction, ce qui paraît aberrant eu égard “la dette” que la France métropolitaine se doit d’honorer. L’affront hexagonal est alors monté d’un cran, lorsque l’Assemblée nationale a adopté, le 14 mai dernier, un projet de loi visant “la clarification” et une meilleure “interprétation” des règles d’indemnisation des victimes des #essais_nucléaires en #Polynésie_française, et ce, au beau milieu de “diverses dispositions urgentes pour faire face aux conséquences de l’épidémie de #Covid-19” (lire pages 12 à 15)…

    • il s’agit en réalité d’un cadeau empoisonné, puisqu’il contient de l’amiante et du plomb !

      On reconnais bien là la générosité désintéressée de ces gens... Ils auraient pu leur faire cadeau des atolls ayant servi aux tirs aussi, tant qu’à faire...

  • Hydroxychloroquine : nouveau rebondissement, l’étude Lancet largement critiquée RTBF
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_hydroxychloroquine-nouveau-rebondissement-l-etude-lancet-largement-criti


    La suspension par l’OMS des essais sur l’hydroxychloroquine aurait pu signer la fin de ce possible traitement contre le Covid-19. Mais l’étude responsable de cette décision est désormais attaquée de toutes parts, relançant le débat sur la molécule controversée.

    L’étude en cause, publiée le 22 mai dans la revue scientifique The Lancet, se fonde sur environ 96.000 patients hospitalisés entre décembre et avril dans 671 #hôpitaux, et compare l’état de ceux qui ont reçu le traitement à celui des patients qui ne l’ont pas eu.

    Le Dr #Mandeep_Mehra et ses collègues concluent que le traitement ne semble pas être bénéfique aux malades du Covid-19 hospitalisés et pourrait même être néfaste. Des résultats qu’ils maintiennent : « nous sommes fiers de contribuer aux travaux sur le Covid-19 » en cette période d’"incertitude", a déclaré à l’AFP vendredi l’un des auteurs, Sapan Desai.

    Ces résultats, qui vont dans le même sens que plusieurs autres études à plus petite échelle, ont eu un retentissement considérable et des conséquences spectaculaires.

    Trois jours plus tard, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé la suspension par précaution des essais cliniques qu’elle menait sur cette molécule avec ses partenaires dans plusieurs pays.

    Plusieurs autres essais cliniques ont été suspendus et certains pays dont la France ont banni l’utilisation de l’hydroxychloroquine pour le traitement du Covid-19, au grand dam de ses promoteurs.

    Le premier d’entre eux, le désormais célèbre Pr #Didier_Raoult, a d’ailleurs immédiatement jugé l’étude du #Lancet « foireuse » . Ses propres travaux qui concluent à l’efficacité de l’hydroxychloroquine associée à un antibiotique, l’#azithromycine, ont été décriés, d’autres scientifiques pointant du doigt de nombreux biais méthodologiques.

    Mais même des chercheurs sceptiques sur l’intérêt de la molécule contre le Covid-19 ont exprimé leurs doutes sur l’étude du Lancet.

    Dans une lettre ouverte publiée jeudi soir, des dizaines de scientifiques du monde entier, de Harvard à l’Imperial College de Londres, soulignent ainsi que l’examen minutieux de l’étude du Lancet soulève « à la fois des inquiétudes liées à la méthodologie et à l’intégrité des données ».

    Ils dressent une longue liste des points problématiques, d’incohérences dans les doses administrées dans certains pays à des questions éthiques sur la collecte des informations sur les patients, en passant par le refus des auteurs de donner accès aux données brutes.

    « Briser la confiance »
    Ces données émanent de #Surgisphere, qui se présente comme une société d’analyse de données de santé, basée aux Etats-Unis.

    L’entreprise dirigée par Sapan Desai a assuré que les accords avec les hôpitaux partenaires lui interdisent de partager les données, dont elle a défendu l’intégrité.

    Mais vendredi, le #Lancet a publié une correction sur des morts attribuées à un hôpital australien qui auraient dû être comptées en Asie.

    Cela « souligne le besoin de vérification des erreurs dans l’ensemble de la base de données », insistent les scientifiques signataires de la lettre ouverte, réclamant la mise en place par exemple par l’OMS d’un groupe chargé de mener une analyse indépendante des conclusions de l’étude.

    Le Dr Mehra a assuré vendredi à l’AFP qu’une « analyse académique indépendante des données » était lancée.

    Suspension « temporaire » du médicament
    Mais « les résultats, conclusions et interprétations de l’étude restent inchangés », a-t-il assuré, notant toutefois le caractère « intermédiaire » de cette étude observationnelle en attendant les résultats d’#essais_cliniques « nécessaires pour parvenir à une conclusion » sur l’#hydroxychloroquine.

    Interrogée vendredi sur cette affaire, l’OMS a noté que la suspension des essais impliquant l’hydroxychloroquine était « temporaire » et que ses experts rendraient leur « opinion finale » après l’examen d’autres éléments (notamment les analyses provisoires de l’#essai_Solidarity), probablement d’ici à la mi-juin.

    Des données devraient aussi venir de l’#essai britannique #Recovery, dont la partie hydroxychloroquine se poursuit. Se basant sur leurs propres données de mortalité, ses responsables estiment qu’il n’existe « pas de raison convaincante de suspendre le recrutement pour des raisons de sécurité ».

    La lettre ouverte, signée notamment par le Pr #Philippe_Parola, collaborateur du Pr Raoult, a immédiatement été relayée par ce dernier, citant Winston Churchill.

    « ’Ce n’est pas la fin. Ce n’est même pas le commencement de la fin. Mais c’est peut-être la fin du commencement’… De la guerre contre la chloroquine » , a-t-il twitté.

    J’ai hâte que cette histoire se termine

    Mais tous les signataires de la lettre ouverte sont loin d’être des défenseurs de l’hydroxychloroquine.
    * « J’ai des doutes sérieux sur les bénéfices d’un traitement à la #chloroquine /#hydroxychloroquine contre le #Covid-19 et j’ai hâte que cette histoire se termine, mais je crois que l’intégrité de la #recherche ne peut pas être invoquée uniquement quand un article ne va pas dans le sens de nos préconceptions », a commenté sur Twitter le Pr #François_Balloux, de l’University College de Londres.
    Aussi, « c’est avec le coeur lourd que j’ai ajouté mon nom à la lettre ouverte ».

    Signataires ou non, de nombreux scientifiques ont relayé leurs inquiétudes de l’impact de cette affaire sur la science, parfois avec les hashtags #Lancetgate ("scandale Lancet") ou #whats_with_hcq_lancet_paper ("que se passe-t-il avec l’étude du Lancet").

    « Si l’article du Lancet est une #fraude cela va briser la confiance dans les scientifiques de façon durable », a ainsi commenté vendredi le Pr #Gilbert_Deray, de la #Pitié-Salpêtrière à Paris. « J’attends avec inquiétude les résultats de l’#enquête ».

    #Santé #médicaments #big_pharma #médecine #pharma #industrie_pharmaceutique #anti_viral #coronavirus augmenter les ventes de #Remdesivir ( #Gilead ) #édition_scientifique

  • TOI AUSSI, FAIS TES PROPRES ESSAIS CLINIQUES

    ☑️ Pas besoin d’accord d’un comité d’éthique ! Coche simplement la case « étude rétrospective ».
    ☑️ Un accès gratuit à Dropbox pour partager tes résultats avec tes amis !
    ☑️ Tes résultats ne te conviennent pas ? Modifie-les ! Ou modifie les règles ! Avec « Mes premiers essais cliniques » c’est toi qui décides des règles !
    ☑️ Joue avec toute ta famille ! Tu peux même inclure tes enfants ou d’autres patients mineurs dans ton étude ! (Grands parents à éviter)
    ☑️ Des patients sont morts pendant tes essais ? Retire-les des résultats !
    ☑️ Filme tes expériences et diffuses-les sur Youtube !
    ☑️ Tu as fini de jouer avec les chiffres ? Publie tes résultats en petits carrés sur Facebook et Twitter afin que tes amis et leurs amis puissent les valider !

    INCLUS DANS LE COFFRET :
    ✔️ Ton badge de renégat,
    ✔️ une bague « tête de mort »,
    ✔️ une cible « consensus scientifique » avec la tête de Pétain dessus,
    ✔️ une photo de Macron (colle ta photo à côté de lui),
    ✔️ une boîte de chloroquine.

    Toute ressemblance avec une personne existante ou ayant existé n’est que purement fortuite

    Sur la page « Complots faciles » :)
    #lol #essais_cliniques #Didier_Raoult

  • #Essais_cliniques : quand la #science recrute ses doublures en #Afrique ou chez les #pauvres

    Alors qu’il est question sur LCI de vérifier une molécule en Afrique avant d’en faire bon usage face au Covid-19 ou que le protocole du professeur Raoult est mis en question, retour sur l’histoire des essais cliniques : quand le progrès médical faisait bombance des corps de peu d’importance.

    C’était sur LCI la semaine dernière, et la scène en a cueilli plus d’un devant le direct :

    Si je peux être provocateur, est-ce qu’on ne devrait pas faire cette étude en Afrique, où il n’y a pas de masques, pas de traitements, pas de réanimation ? Un peu comme c’est fait d’ailleurs pour certaines études sur le Sida. Chez les prostituées, on essaye des choses parce qu’on sait qu’elles sont hautement exposées et qu’elles ne se protègent pas.

    En plateau, c’est #Jean-Paul_Mira, chef de la réanimation à l’hôpital Cochin de Paris, qui prononce cette phrase. En duplex, Camille Locht, directeur de recherche à l’Inserm, acquiesce :

    Vous avez raison, on est d’ailleurs en train de réfléchir à une #étude en parallèle en Afrique.

    Soigner ou punir, pourquoi choisir ?

    L’idée n’a pas choqué ce microbiologiste parce qu’elle est banale : la #délocalisation des essais cliniques, notamment en Afrique, et/ou sur des prostituées, relève au fond d’une pratique ordinaire de la #recherche_médicale. Mais elle a heurté de nombreux spectateurs parce qu’elle embarque tout un chapelet de représentations qui ne ressortent pas seulement de l’#histoire_de_la_médecine mais aussi de l’#histoire_sociale et de l’#histoire_coloniale. Car l’histoire des essais cliniques est l’histoire d’un #rapport_de_pouvoir, et plus précisément d’un rapport profondément inégalitaire. Longtemps, c’est sur cette inégalité-là que s’est juché le progrès scientifique. A bien des égards, c’est toujours vrai.

    L’exemple des prostituées (celles qui “ne se protègent pas”), que prend le médecin sur LCI, ne vient pas de nulle part : dans l’histoire de la médecine clinique, de nombreuses expérimentations ont été pratiquées sur les travailleuses du sexe. Et souvent, de façon coercitive. Leur marginalité par rapport à la société y a souvent été pour beaucoup, au XIXe siècle, à une époque où justement l’expérimentation médicale se stabilisait. Ces femmes n’étaient pourtant pas hors la loi : ni le tout premier code pénal français (qu’on doit aux révolutionnaires, en 1791), ni celui de 1810 (qui restera en vigueur jusqu’en 1994), n’interdiront la prostitution, qui d’ailleurs est aussi pratiquée de façon ordinaire par les femmes de classes populaires, mariées ou non. Mais même si on appelait ça “le cinquième quart”, c’est-à-dire, celui qui met du beurre dans les épinards et souvent sauve le ménage de la misère, la pratique est stigmatisée par les autorités en dépit de ce que l’historienne Clyde Plumauzille appellera une “dépénalisation silencieuse”. Et c’est depuis ce stigmate-là, et aussi parce qu’elles peuvent propager les maladies, qu’on décidera régulièrement de tester sur elles des remèdes.

    A la fin des années 1820, par exemple, on décide de créer un dispensaire spécialement pour elles, géré par les médecins de la Préfecture de police, qui obligent les filles, prostituées officielles ou non (on dit "soumises" ou "insoumises"), à se faire soigner. A partir de 1836, à Paris, les filles soumises (celles qui se sont déclarées) qui pensent être touchées par des maladies vénériennes comme la syphilis n’ont plus le droit de se présenter dans aucun autre hôpital, et relèvent uniquement de l’infirmerie construite sur les flancs de la prison Saint-Lazare. Un hôpital-prison où, au passage, les médecins peuvent aussi renvoyer toutes les autres, dès lors qu’on les jugerait trop turbulentes, rappellent les historiennes Claire Barillé et Sandie Servais dans leur contribution au livre collectif Impossibles victimes, impossibles coupables.
    Un petit goût de mercure dans la tisane

    C’est dans ce cadre répressif-là que se généralisent les essais thérapeutiques sur les prostituées, sur qui l’on teste, par exemple, différents dosages de mercure. Sont-elles averties du risque inhérent aux expérimentations ? Dans sa formidable généalogie des essais cliniques et de la médecine expérimentale, Les Corps vils, parue en 2008 à La Découverte, le philosophe Grégoire Chamayou racontait qu’une véritable sédition avait eu lieu, entre ces murs parisiens où le soin et le contrôle se superposaient : les prostituées avaient découvert qu’une partie d’entre elles, à qui on administrait un simple placebo et non le traitement au mercure, pouvaient aussi guérir. Réponse de l’administration sanitaire : on inventa alors un breuvage suffisamment amer pour donner au placebo le goût du mercure, et leur faire croire ainsi qu’elles étaient toutes à la même enseigne.

    Car le consentement aux essais cliniques est une invention bien plus tardive que la pratique. C’est tout le sens du terme “corps vils”, qui traduit une locution latine centrale dans l’histoire du jargon médical : “fiat experimentum in corpore vili”, qui rappelle explicitement qu’historiquement, on a d’abord testé les médicaments sur ces “corps de peu d’importance” - mais sans toujours leur demander leur avis. Dans le même ouvrage, Chamayou rappelle que, longtemps, on s’accommodera de faire porter sur les plus pauvres, comme sur les prostituées, le risque des essais, puisqu’après tout, c’est leur mode de vie tout entier qui les exposerait à la mort :

    Le médecin ne portera pas la responsabilité d’un risque que la pauvreté leur aurait de toute façon fait courir.

    Ce rapport sacrément décomplexé à l’administration du risque sur les plus modestes vous semble à peine croyable ? On le comprend mieux si on a en tête deux éléments. D’abord, qu’on a longtemps pratiqué les premiers essais sur les suppliciés et les condamnés. Ainsi, il était très courant de voir des médecins faire le pied de grue au pied de l’échafaud en quête de corps à peine morts, prêts pour l’expérimentation. La science prenant son essor, ce seront bientôt les corps des condamnés qui seront mis à disposition, de leur vivant. Au premier chef, les condamnés à mort, mais aussi des bagnards, sur qui l’on testera par exemple au bagne de Rochefort, en Charente-Maritime, divers remèdes qu’on hésitait encore à administrer aux marins. Ces corps-là sont toujours vivants, mais déchus de leur statut social, et c’est depuis cette déchéance-là qu’on les met à disposition pour la recherche. Ils deviennent au fond profitables pour la médecine quel qu’en soit le prix, parce qu’ils n’ont plus de valeur sociale.
    Droit de guerre ou droit de... guérir ?

    Mais il faut aussi avoir en tête que les hôpitaux du XIXe siècle ne sont pas ceux qu’on connait aujourd’hui, mais d’abord des lieux d’accueil, des hospices, dédiés aux indigents. Ainsi s’installe aussi l’idée que les pauvres, dont les soins mais aussi l’inhumation, représentent une charge pour la collectivité, peuvent bien rembourser leur dette vis-à-vis de la société en soumettant leur corps à divers essais réputés nécessaires. Immoral ? Le débat s’installera à l’échelle de toute l’Europe, dès le XVIIIe siècle, et impliquera, dans le giron des Lumières, aussi bien les Encyclopédistes français qu’Emmanuel Kant. La controverse enfle ainsi, tandis qu’on découvre le principe de la vaccination qui implique d’inoculer dans certains corps la maladie à titre de test. Kant répondra par exemple qu’on n’a pas le droit de risquer la vie d’une partie de la population pour que l’autre vive. Mais bien des philosophes des Lumières estiment, eux, que le progrès de la science prime, et Grégoire Chamayou compare finalement la légitimation des expérimentations à un “droit de guerre”, quand un pouvoir politique lève une armée en masse pour sauver un pays.

    Longtemps, ces corps-là, qu’on pense d’une valeur sociale inférieure, font ainsi office de “doublures”, pour reprendre l’image, très éloquente, développée par Grégoire Chamayou dans son livre. Puis l’idée que le consentement éclairé du patient est nécessaire s’installe bon an, mal an. Si le cobaye est consentant, encore faut-il que les essais soient viables. Or la fin du XIXe siècle est aussi le moment où la recherche médicale se sophistique et se rationalise, avec la généralisation des statistiques, et des mesures qui se systématisent dans les essais (on dit notamment “métrologie”). Ce qu’on appelle “la médecine des preuves” est née, et elle implique des tests à grande échelle... et donc, des corps. La conquête coloniale viendra suppléer au manque de corps à cette échelle, et fournir une nouvelle catégorie de “doublures”. C’est dans cette histoire-là que s’enracine la réaction du médecin sur LCI : aujourd’hui, des essais sont encore pratiqués en grand nombre dans les pays en voie de développement, et notamment en Afrique.
    Les doublures africaines

    En 2015, 658 essais étaient pratiqués en Afrique, dont 280 en Egypte - qui, contre toute attente, tiendrait lieu d’eldorado justement parce que ses infrastructures de santé et ses universités y sont plutôt plus développées. Sur place, on n’en est plus aux gigantesques camps coloniaux, où la nouvelle administration coloniale faisait procéder à des tests à grande échelle dans des régions subalternes, qui correspondent aujourd’hui au Sénégal ou au Cameroun. Ces pays sont aujourd’hui indépendants. Mais leur politique sanitaire reste étroitement liée aux anciennes puissances coloniales, ou à leurs industries pharmaceutiques. Si elles sont correctement menées, c’est à dire que les populations y ont un bénéfice thérapeutique réel, ces recherches sont essentielles pour donner accès à des pays entiers à des traitements cruciaux. C’est pour ça, par exemple, qu’une chercheuse sonnait l’alerte dans Le Monde, le 3 avril, alors qu’aucun des 359 essais cliniques aujourd’hui enregistrés sur terre pour la recherche sur les traitements Covid-19 n’avait encore débuté en Afrique. Mais encore faut-il que ces recherches se déroulent dans les règles de l’art. Car, malgré une naissance aussi tardive que laborieuse, des standards ethiques existent aujourd’hui.

    La bascule remonte au procès de Nüremberg, en 1946, après quoi il sera entendu qu’on doit encadrer la recherche pour que rien ne ressemble plus à ce qui a pu se pratiquer dans les camps nazis. Dans les deux ans qui suivent, un premier squelette de charte éthique prend forme, qui débouche, six ans plus tard, sur ce qui restera comme “la déclaration d’Helsinki”.

    La Déclaration d’Helsinki date de 1964, et c’est le tout premier texte qui encadre les essais. Un texte fondateur, qui reconnaît la nécessité des expérimentations humaines “pour le progrès de la science et pour le bien de l’humanité souffrante”, et qui distingue par exemple les expérimentations menées au chevet du malade, des essais sur un non-malade, dans le but d’élargir la connaissance scientifique. L’idée du consentement du cobaye y figure noir sur blanc. Mais il ne s’agit encore que d’une charte de bonnes pratiques : aucune contrainte dans la Déclaration d’Helsinki ou dans les textes qui verront le jour dans la foulée, et qui précisent par exemple que la personne sur qui on expérimente doit avoir un intérêt. Charge, en fait, aux pays de s’en saisir pour transformer ces grands principes moraux en loi. Il faudra 24 ans en tout pour que la France y vienne : la profession médicale et les juristes sont divisés, et une part non négligeable d’entre eux sont loin d’être acquis à l’idée d’avaliser pour de bon l’expérimentation sur des sujets humains.
    1988, et la toute première loi française

    Mais en 1983, la création du Comité national d’éthique, qui prendra position en faveur des essais, paraît avoir accéléré le calendrier : la toute première proposition de loi sur les essais thérapeutiques en France est débattue en 1985 à l’Assemblée nationale. Le blocage du texte dans le champ politique montre bien toute la charge polémique qui entoure la question de l’expérimentation thérapeutique, en France, dans les années 1980. C’est finalement après un rappel à l’ordre du Conseil d’Etat que sera votée la toute première loi sur les essais : du nom des parlementaires qui la portent, ce sera la loi Huriet-Sérusclat, entrée en vigueur un 20 décembre 1988. On y trouve notamment le principe que ceux sur qui sont pratiqués les tests, qui n’ont pas de bénéfice thérapeutique direct, parce qu’ils ne sont pas malades, peuvent être indemnisés - mais pas les autres. Et aussi que les essais ne sont possibles pour toute une catégorie de personnes qu’à la condition expresse qu’elles y aient intérêt pour leur santé : ça concerne par exemple les mineurs, ou des adultes vulnérables comme les détenus et des patients en situation d’urgence.

    Un quart de siècle plus tard, de nombreuses ONG signalent que les essais cliniques ont explosé en Afrique. Même MSF fait désormais des essais sur le sol africain : les premiers essais de l’ONG sur Ebola remontent à 2014 mais dès les années 1990, on trouve dans les archives de Médecins Sans Frontières la trace d’essais liés au paludisme, avec par exemple cette explication :

    Face à l’absence de données, Médecins sans frontières (MSF) a mis en place des études cliniques afin de mesurer l’efficacité des antipaludéens et d’adapter les traitements au sein de ses missions. Entre 1996 et 2004, plus de 12 000 patients furent inclus dans 43 études réalisées dans 18 pays d’Asie et d’Afrique.

    Comme ici, il s’agit parfois de tester, sur place, des pathologies spécifiques, qui séviraient dans certains pays, et pas dans d’autres. Mais pas toujours. Il arrive aussi qu’une firme pharmaceutique délocalise son expérimentation parce que c’est parfois jusqu’à cinq fois moins cher de mener des essais dans un pays africain qu’en Europe. Et aussi parce que la loi Huriet-Sérusclat ne contraint pas les industriels qui délocalisent leurs essais, même lorsqu’il s’agit de laboratoires français ? Et qu’on prendrait bien des libertés sous les tropiques vis à vis de ces principes éthiques dont l’ébauche fut si tardive en France ? Il est caricatural, et souvent carrément faux, d’imaginer qu’on ferait n’importe quoi dans ce nouveau far west de l’innovation thérapeutique. Des protocoles existent, qui montrent que l’éthique n’a pas tout bonnement disparu quelque part au dessus du Détroit de Gibraltar. Et en 1981, un texte international, resté comme “la Déclaration de Manille”, avait complété celle d’Helsinki, en précisant les conditions des essais cliniques dans les pays en voie de développement.
    Asymétrie Nord-Sud

    Malgré tout, le rapport Nord-Sud en matière d’essais reste marqué par une forte asymétrie. Ainsi, plusieurs scandales, dont certains se sont soldés par des actions en justice, montrent que bien des protocoles peuvent se révéler plus laxistes une fois les essais menés à l’étranger. Par exemple, pour tout ce qui concerne le bénéfice des traitements : quand on voit le tarif de commercialisation de bien des molécules, ou encore les maladies pour lesquelles on procède à des tests, on peut douter parfois que la balance des bénéfices et des risques soit toujours favorables aux populations qui se prêtent aux tests. Jean-Philippe Chippaux est médecin et directeur de recherche à l’IRD, l’Institut de recherche pour le développement. Dans un ouvrage éclairant qui date de 2004, et disponible par ici, ce chercheur de terrain, qui a longtemps travaillé depuis Dakar, concluait qu’il y avait urgence à ce que “les Africains s’approprient le concept de l’essai clinique pour répondre à leurs besoins spécifiques de santé publique”. Il rappelait à cette occasion la dimension infiniment politique des essais cliniques. C’était vrai au XVIIIe siècle lorsqu’au pied de l’échafaud, la science faisait bombance des corps des suppliciés ramenés au rang d’objet. Mais c’est toujours vrai à présent qu’il s’agit de géopolitique sanitaire :

    L’essai clinique apparaît comme un instrument incontournable de l’indépendance sanitaire. Car, au-delà de cette appropriation, la finalité de la pratique d’essais cliniques dans les pays africains est bien de susciter une capacité locale permettant d’y décider, réaliser, surveiller et exploiter en toute indépendance les recherches cliniques. Cela nécessite une compétence technique et une maîtrise politique, donc financière, de la recherche et de la santé.

    L’essai thérapeutique comme une émancipation plutôt qu’une double peine ? L’idée a quelque chose de rassérénant tant la lecture de la généalogie de Grégoire Chamayou, Les Corps vils, est édifiante. Mais elle rend encore plus décisive la question du consentement des sujets de l’expérimentation. Or, de ce point de vue-là, c’est peu dire que les garanties ne sont pas équivalentes selon que l’essai a lieu sur le sol français ou, par exemple, au Cameroun. Un essai sur le VIH s’est déroulé sur place entre 2004 et 2005, qui ciblait plus particulièrement 400 prostituées. Objet de l’essai à l’époque : un antiviral du nom de "Tenofovir", qui sera commercialisé en France à partir de février 2002. Mais avant sa mise sur le marché, il avait fallu le tester. Or Act-up avait révélé que, non seulement, les femmes camerounaises qui faisaient partie de la cohorte sous placebo étaient insuffisamment protégées. Mais que, de surcroît, elles étaient très nombreuses parmi toutes celles impliquées dans l’étude du laboratoire Gilead, à avoir signé en pensant qu’on allait leur administrer un vaccin. Et pour cause : le protocole écrit, auquel on leur avait donné furtivement accès, était en anglais. Or, pour la plupart, ces femmes étaient illettrées, et surtout, francophones.

    Le consentement de ces femmes n’était donc pas réel. Leur situation paraît d’autant plus asymétrique qu’en France, au contraire, bien des candidats aux essais cliniques doivent au contraire faire carrément acte de candidature. Contrairement aux travaux sur le don du sang, il existe peu d’enquêtes sociologiques sur les essais thérapeutiques. Mais il existe un travail passionnant, signé du politiste Olivier Filleule. Pour une journée d’études en 2015 (qui donnera lieu à l’ouvrage collectif Recrutement-engagement dans des essais cliniques en prévention, sous la direction de Mathilde Couderc et Caroline Ollivier-Yaniv, également en ligne et en acces libre par ici), le chercheur, spécialiste de l’engagement, a passé au crible les lettres de motivation envoyées par 4259 candidats, entre 1991 à 2001, pour des essais vaccinaux sur le VIH. Il a cherché à comprendre non seulement qui se proposait de participer à de tels essais, non rémunérés (et pourquoi), mais aussi qui était retenu.

    Et on prend bien la mesure, en lisant Olivier Filleule, combien un protocole en bonne et due forme, ici, en France, implique non seulement une information au cordeau des volontaires, à qui on exposera clairement les coûts de l’engagement ou les risques encourus. Mais aussi un tri des motivations des candidats, que les promoteurs des essais avertissent par exemple du “caractère illusoire de rétributions pouvant être espérées”. On découvre ainsi au tamis de son enquête qu’un certain nombre des candidats, notamment du côté des hommes, plaçaient beaucoup d’espoir dans l’idée qu’ils pouvaient se faire d’un partenariat privilégié avec les chercheurs au bénéfice de la science. Pas sûr que c’était ce qu’entendaient ces deux médecins sur LCI, début avril, sur fond d’épidémie de Covid 19.

    https://www.franceculture.fr/societe/essais-cliniques-quand-la-science-recrute-ses-doublures-en-afrique-ou-
    #tests_cliniques #coronavirus #néo-colonialisme #covid-19 #médecine #rapports_de_pouvoir #pouvoir

  • Covid-19 : les travaux du Pr Raoult sur l’association hydroxychloroquine + azithromycine seraient-ils hors-la-loi ?
    https://www.lequotidiendumedecin.fr/actus-medicales/recherche-science/covid-19-les-travaux-du-pr-raoult-sur-lassociation-hydroxychlor

    En qualifiant ses recherches d’observationnelles (RIPH3) et non d’interventionnelles (RIPH1) l’équipe du Pr Raout s’exonère de l’autorisation qui doit être donnée par l’ANSM après un examen détaillé, de la sécurité de l’essai et de sa méthodologie. De plus, et quelle que soit la catégorie de recherche, le protocole aurait dû être soumis à Comité de protection des personnes (CPP) institué par la loi.

    Or sur ce point, le travail du Pr Raoult et de ses collègues ne rentre pas dans les clous, puisque le protocole n’a été révisé que par un comité d’éthique local interne à l’IHU dirigé par le Pr Raoult et que l’ANSM n’a donc pas été avisée comme elle l’est par le CPP, même pour les recherches observationnelles.

    « S’il s’agit d’un essai de médicament sur l’être humain, le comité d’éthique local n’est juridiquement pas compétent pour autoriser ce travail, résume Philippe Amiel, juriste, membre du Comité d’évaluation éthique de l’Inserm, et auteur d’un livre sur le sujet*. « Pour le juriste, l’article de l’équipe du Pr Raoult ressemble fort au compte rendu d’une recherche impliquant la personne humaine. Il faut observer que les auteurs affirment que leur étude est conforme à la déclaration d’Helsinki. Or cette déclaration est le texte de l’Assemblée médicale mondiale qui fixe, précisément, les principes éthiques applicables à la recherche médicale impliquant des êtres humains. Ce qui laisse penser que les auteurs sont conscients que leur étude est bien une telle recherche. C’est assez troublant ».

    Si tel est le cas, ce que l’ANSM devra évaluer, la recherche serait tout bonnement une expérimentation illicite sur l’être humain, une situation devenue une rareté au XXIe siècle malgrè un exemple récent retentissant.

    Mais les auteurs peuvent aussi avancer que leurs travaux ne sont jamais qu’une étude rétrospective sur données, c’est-à-dire le compte rendu d’une série de cas cliniques concernant des malades pris en charge de manière protocolisée, mais sans intention d’expérimenter. Ils peuvent appuyer leur argumentaire sur le décrèt du 25 mars dernier qui encadre la prescritpion hors AMM de l’hydroxychloroquine dans la prise en charge des cas de Covid-19.

    Leur étude échapperait alors au régime des RIPH qui suppose des actes pratiqués sur les personnes à des fins de recherche. « La limite entre ces deux démarches peut se discuter », alerte Philippe Amiel, qui estime « qu’un débat, avec les informations utiles fournies par les auteurs, devra probablement avoir lieu ultérieurement. » Ce débat intéressera les chercheurs en biomédecine confrontés à des situations d’urgence sanitaires. Le point, en effet, qui dépasse le cas des équipes de Marseille, est de savoir si l’urgence justifie qu’on s’affranchisse des règles légales protectrices des personnes, mais aussi, par l’examen préalable des méthodologies d’étude, de la science.

    • Oui mais l’extrême droite et l’extrême centre valident, on va pas s’emmerder avec ces scientifiques à cheval sur leurs principes (et qui sont souvent des défenseurs du service public de la recherche).

      https://seenthis.net/messages/841779

      Le chef de l’Etat lui-même se déplace à Marseille pour capter quelques éclaboussures de la gloire qui auréole ces jours-ci le microbiologiste #Didier_Raoult (Institut hospitalo-universitaire, IHU, Méditerranée infection), promoteur du remède miracle. Tout en lui apportant, après celle de Donald Trump, une seconde caution présidentielle.

      #essais_thérapeutiques #méthodes_statistiques #recherche_médicale #savoir #science

    • J’aimerais bien ce que soit :

      l’extrême droite et l’extrême centre

      mais la France insoumise aussi s’est engouffrée dans cette fadaise avec un enthousiasme tout à fait répugnant. Quand ce n’est pas explicitement une défense et interview du pauvre docteur Cinoque malmené par les élites parisiennes, c’est la reprise de ses éléments de langage (par exemple, j’ai entendu Corbières expliquer que le confinement est une « méthode moyenâgeuse »).

    • C’est le 4e élément pas rassurant : on est quand même une part significative de personnes à avoir encore un cerveau et un minimum de bon sens pour voir ce qui se passe (néolibéralisme, capitalisme vert et crise écologique, maintenant sanitaire, c’est d’ailleurs rassurant que tant de Gilets jaunes aient vite intégré ça en partant de très loin) mais politiquement, ça veut pas, y’a pas d’offre. EELV qui flatte les bobos connectés sans arriver à proposer une écologie sociale, la FI qui se comporte comme une secte avec des allumé·es et c’est les deux seuls trucs qui surnagent à gauche. C’est aussi une crise de l’offre électorale.

  • Le professeur Raoult, les maniaques et le parachute
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/10/le-professeur-raoult-les-maniaques-et-le-parachute_6036266_3232.html

    Répondant à une récente tribune de l’infectiologue marseillais, les historiens et sociologues de la médecine Luc Berlivet et Ilana Löwy remettent en perspective un exemple parodique d’essai clinique.

    Tribune. La tribune du professeur Didier Raoult, promoteur de l’utilisation de l’hydroxychloroquine contre les infections à coronavirus, que Le Monde a publiée le 25 mars, s’ouvre sur une affirmation retentissante : « Le médecin peut et doit réfléchir comme un médecin, et non pas comme un méthodologiste. » Le tableau qu’il dresse des ravages opérés par les « maniaques de la méthodologie » fait froid dans le dos : par sa bureaucratisation de la recherche médicale et les entraves mises à l’investigation clinique, la dictature des méthodologistes aboutit à faire perdre de vue jusqu’aux évidences de bon sens.

    Il faut dire que l’exemple dont il se sert pour illustrer son propos a de quoi émouvoir : « Un collègue anglais avait proposé, pour obéir à la dictature de la méthode, de faire sauter, au hasard, 100 personnes portant un sac avec ou sans parachute pour répondre aux normes actuelles de validation d’un essai thérapeutique. Le problème était de trouver des volontaires… » Bel exemple de reductio ad absurdum.

    #paywall

    • Ce que le professeur Raoult n’a pas jugé utile de préciser clairement aux lecteurs du Monde est que l’article auquel il fait allusion, sobrement intitulé « L’utilisation de parachutes aux fins de prévenir les décès et traumatismes majeurs en cas de difficultés gravitationnelles [gravitational challenge] : une recension systématique des essais cliniques randomisées » , qui fut publié en 2003 dans le British Medical Journal, constitue en réalité une parodie d’article scientifique.

      Une autoparodie, plus exactement, car, à la différence des autres pastiches scientifiques ayant défrayé la chronique, celui-ci est signé par deux jeunes médecins-chercheurs, Gordon Smith et Jill Pell, spécialisés en recherche clinique et persuadés que l’auto-ironie constituait un bon moyen d’interroger les fondements de ses propres certitudes. A cet égard, l’appel aux « thuriféraires de la médecine basée sur les preuves » à s’enrôler dans un « essai randomisé croisé en double aveugle, contre placebo » pour tester scientifiquement l’efficacité du parachute, qui conclut leur article, mérite d’être médité.

      Querelles d’écoles et d’égo

      Pour qui connaît l’histoire des essais thérapeutiques, ce recours à l’autodérision est moins étonnant qu’il n’y paraît. Aussi (apparemment) paradoxal que cela puisse sembler, le mouvement en faveur du perfectionnement de la recherche clinique, qui se fit jour aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne dès les années 1930 et aboutit à l’organisation, en 1946, du célèbre essai portant sur l’efficacité de la streptomycine dans le traitement de la tuberculose, ne manquait pas de chercheurs charismatiques et de praticiens hauts en couleur, quoique dans un genre sans doute un peu différent de celui du professeur Raoult.

      S’ils entreprirent de réformer le mode de production des connaissances médicales, c’est au nom d’idéaux de justice et d’égalité. S’ils choisirent de collaborer avec une poignée de statisticiens pour perfectionner l’évaluation de leurs propres pratiques thérapeutiques, c’est avant tout parce qu’ils étaient profondément choqués par les disparités énormes que les querelles d’écoles et d’égo induisaient dans la prise en charge des patients, et par les conséquences néfastes auxquelles ces différences de traitement aboutissaient, en particulier chez les plus démunis.

      Le recours aux méthodes statistiques avait d’abord et avant tout comme objectif de neutraliser les préjugés plus ou moins conscients des cliniciens. Et s’ils tenaient tant à recourir au tirage au sort pour répartir les patients inclus dans les essais en deux groupes équivalents, c’était pour pouvoir comparer l’état de santé de ceux d’entre eux qui avaient reçu le traitement expérimental et celui du « groupe témoin », à qui l’on avait administré le traitement standard, ou même, en l’absence de thérapeutique éprouvée, un placebo. Comment, sans cela, mesurer l’intérêt et les limites des nouvelles thérapeutiques et garantir une plus grande équité dans la prise en charge des malades ?

      Dimension collective

      La mise en œuvre de ce programme, à partir années 1950, s’il se heurta à de nombreuses difficultés, finit néanmoins par générer des formes plus collectives de production des connaissances médicales, en particulier avec la mise en œuvre d’essais internationaux « muticentriques », associant des centaines de chercheurs et des cliniciens aux profils variés. L’affirmation de cette dimension collective suscita à son tour de vifs débats, concernant notamment la prise en compte du point de vue du patient dans la planification, la mise en œuvre et l’interprétation des résultats des essais cliniques.

      Cette question était au cœur des discussions, souvent tendues, qui aboutirent à une transformation radicale de la recherche clinique sur le sida, et l’inclusion des associations de malades comme partenaires de plein droit de cette recherche. Elle s’est posée de nouveau au cours des dernières années dans les pays du Sud, avec une acuité renforcée du fait que les compagnies pharmaceutiques y avaient graduellement relocalisé la réalisation de leurs essais thérapeutiques.

      Grâce aux interventions de quelques ONG pionnières, les représentants des communautés locales ont été impliqués dans l’organisation d’essais cliniques en Haïti, au Pérou et en République démocratique du Congo, mais il faudrait être bien naïf pour croire que les difficultés sont désormais résolues. Pour autant, prétendre que la rigueur méthodologique serait réservée exclusivement aux essais cliniques menés au bénéfice des patients des pays du Nord reviendrait à ignorer purement et simplement ces initiatives et les aspirations réformatrices de celles et ceux qui les portent.

      Imperméabilité au doute

      S’il aime à citer ce qu’il appelle « le paradigme parachute » comme l’exemple le plus achevé de l’absurdité de ses détracteurs, le professeur Raoult n’est donc pas allé jusqu’à faire sien le véritable enseignement de l’article de British Medical Journal, ce qui est fort dommage. Alors que Gordon Smith et Jill Pell avaient choisi le terrain de l’humour le plus absurde pour rappeler l’utilité qu’il peut y avoir à prendre quelque distance par rapport à ses propres certitudes – même, ou peut-être surtout, en temps de crise – lui ne laisse au contraire jamais passer la moindre occasion de nous rappeler la haute opinion qu’il a de lui-même et son imperméabilité au doute.

      Sans distanciation, il est pourtant illusoire d’espérer pouvoir dépasser rapidement les fausses alternatives dans lesquelles certains – Donald Trump, entre autres – veulent nous enfermer sur la question de savoir si l’hydroxychloroquine « ça marche » ou « ça marche pas ». Au risque de freiner l’émergence d’un débat public contradictoire sur les différents effets de la molécule en fonction du type de patient auquel elle est administrée, de son association avec d’autres molécules et de multiples éléments contextuels.

      L’intérêt majeur des modes de production collectifs du savoir associés aux essais cliniques comparatifs, aussi imparfaits soient-ils, est précisément de ne pas réduire les débats médicaux à une opposition entre « ceux qui y croient » et « ceux qui n’y croient pas », aussi expérimentés et prestigieux soient-ils, et de permettre l’appropriation par la discussion publique de la complexité thérapeutique.

      #parodie #essais_thérapeutiques #méthodes_statistiques #point_de_vue_du_patient #production_collective_du_savoir #savoir

  • Françoise Barré-Sinoussi : « Ne donnons pas de faux espoirs, c’est une question d’éthique »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/03/24/francoise-barre-sinoussi-ne-donnons-pas-de-faux-espoirs-c-est-une-question-d

    Je réagis aussi à la vue, ces dernières heures, des files d’attente devant l’Institut hospitalo-universtaire de Marseille pour bénéficier d’un traitement, l’hydroxychloroquine, dont l’efficacité n’a pas été prouvée de façon rigoureuse. Certains peuvent être contaminés et risquent de diffuser le virus. C’est n’importe quoi. J’ai connu ce genre de situation dans les années 1980, ce qui peut semer la confusion auprès du grand public, déjà sidéré par l’ampleur de cette épidémie.

    Que pensez-vous de l’hydroxychloroquine (Plaquenil) et des attentes suscitées par ce médicament ?

    Pour l’instant, pas grand-chose, j’attends les résultats de l’essai Discovery, conçu dans le cadre du consortium « Reacting », qui vient de démarrer et qui portera sur 3 200 personnes, dont 800 en France. Un premier groupe recevra des soins standards sans médicament ; un deuxième se verra administrer l’antiviral remdesivir ; puis dans le groupe 3, les patients recevront une association lopinavir-ritonavir ; la même association sera administrée dans le quatrième groupe en combinaison avec un autre médicament, l’interféron bêta, et un cinquième avec l’hydroxicholoroquine [seul], qui a été ajouté récemment. Tous ces groupes de patients sont bien sûr traités avec en plus des soins standards. De premières analyses fiables devraient être connues dans une quinzaine de jours. Cet essai est fait dans les règles de l’art. Soyons patients.

  • #Essais_nucléaires. Soixante ans après, l’Algérie n’oublie pas “l’autre visage de la barbarie coloniale”

    Le #13_février_1960, la France procédait au premier #essai_nucléaire en #Algérie, au sud de la commune de #Reggane. Ces essais se sont poursuivis jusqu’en 1966.

    Le 13 février 1960, à 7h04 très exactement, la première bombe nucléaire française explose. C’est dans le Sud algérien que l’#opération_Gerboise bleue est réalisée. Au total, jusqu’en 1966, 13 essais nucléaires seront menés au nord de #Tamanrasset. Soixante ans après, les Algériens refusent d’oublier “l’autre visage de la barbarie coloniale”, comme le qualifie le quotidien d’État algérien Horizons en une.

    https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/essais-nucleaires-soixante-ans-apres-lalgerie-noublie-pas-lau

    #nucléaire #colonisation #colonialisme

    –—

    A mettre en lien avec le #film_documentaire #At(h)ome :
    https://seenthis.net/messages/819398

  • Conséquences des essais nucléaires : 60 ans après des réparations qui tardent
    http://obsarm.org/spip.php?article331

    13 février 1960-13 février 2020 : 60 ans après la première bombe française… Si désormais, il semble évident que les #Essais_nucléaires sont dangereux pour la santé et l’environnement, cela n’a pas toujours été le cas. Et de la reconnaissance des conséquences des explosions nucléaires, à la réparation et à l’indemnisation des populations et des personnels, le chemin est loin d’être terminé. #Damoclès

    / Essais nucléaires, #Victimes_du_nucléaire, #Contrôle_des_exportations, Transferts / exportations

    #Transferts_/_exportations

  • Le Tavini (re)demande la décolonisation et la dépollution nucléaire à l’État | Radio1 Tahiti
    https://www.radio1.pf/le-tavini-redemande-la-decolonisation-et-la-depollution-nucleaire-a-letat

    Le Tavini Huiraatira avec son leader Oscar Temaru et ses soutiens ont rappelé leur volonté de connaître la vérité sur les #essais_nucléaires effectués en #Polynésie française. Le tavana de Faa’a en a par ailleurs profité pour réaffirmer sa volonté de #décolonisation pour la Polynésie française, réinscrite sur la liste des états non-autonomes selon l’ONU. Si l’objet officiel de cette intervention concernait le nucléaire et la décolonisation, le leader du #Tavini n’a pu échapper aux questions concernant les élections municipales.

    #colonisation

  • #At(h)ome

    Plus de cinquante ans après la fin de la guerre de libération, une cinéaste française et un photographe algérien nous ramènent en 1962 en plein Sahara. D’une zone désertique irradiée aux faubourgs d’Alger, ils suivent le parcours des retombées d’une #explosion_nucléaire dont les #traces dramatiques interrogent la #responsabilité des nations. Un film d’une grande rigueur formelle sur un sujet choquant et inconnu.

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/38258_1
    Un film qui m’avait été signalé par @fil. A voir absolument.

    #film #documentaire #film_documentaire
    #Algérie #France #désert #Bruno_Hadji #Béryl #post-colonialisme #photographie #armes_nucléaires #désert_algérien #bombes_nucléaires #radioactivité #essais_nucléaires #armée_française #barbelé #frontières #explosion #Sahara #Mertoutek #Taourirt (montagne de - ) #nuage_nucléaire #malformations #irradiation #mort #décès #Front_islamique_du_salut #FIS #Aïn_M'Guel #camps #camps_contaminés #camps_irradiés #crime_contre_l'humanité #déportation #internement #Oued_Namous #détention #Reggane

  • Prix Nobel d’économie 2019 : les limites de la méthode des essais cliniques
    http://theconversation.com/prix-nobel-deconomie-2019-les-limites-de-la-methode-des-essais-clin

    Le prix Nobel d’économie vient d’être attribué à Esther Duflo, Abijit Banerjee et Michael Kremer pour leur travail consistant à adapter la méthode des essais cliniques aux interventions en matière de développement. Le jury Nobel a jugé que ce nouveau type d’expérimentation a « considérablement amélioré notre capacité à lutter contre la pauvreté globale » et « à transformer l’économie du développement ». S’il y a des raisons de s’en réjouir (l’une des trois nominé·e·s est une femme, jeune et française de surcroît ; le prix rend ses lettres de noblesse à l’économie du développement et à des travaux empiriques proches du terrain), il faut néanmoins questionner la validité et les conséquences de l’usage croissant de cette méthode.

    Depuis une quinzaine d’années, ces essais cliniques (qu’on désigne couramment par leur acronyme anglais RCT, pour randomized control trials) se sont ouverts à un champ nouveau : celui des politiques et de l’aide au développement. Une vaste panoplie d’interventions est ainsi passée au crible de la « randomisation », notamment en matière d’éducation (incitations visant à réduire l’absentéisme des enseignants, vermifuges destinés à diminuer l’absence des élèves), de santé (filtres à eau, moustiquaires, formations ou systèmes de primes pour le personnel soignant, consultations gratuites, conseils médicaux par SMS, etc.), de finance (microcrédit, microassurance, épargne, éducation financière) ou encore de « gouvernance ».

    Les RCT appliquées au développement pourraient être une avancée scientifique, à condition d’en reconnaître les limites (nombreuses) et le champ d’application (étroit). Prétendre résoudre la pauvreté avec ce type de méthode, comme le revendiquent certain·es de ses promoteurs, et au premier chef les trois lauréats du prix Nobel, est une double régression : épistémologique d’abord, puisque cette prétention illustre une conception positiviste de la science, aujourd’hui surannée ; politique ensuite, puisque des questions pourtant centrales pour la compréhension et la lutte contre la pauvreté et les inégalités sont laissées de côté.

    La consécration va-t-elle conduire les randomisateurs du développement à plus de mesure quant aux bienfaits des différentes méthodes, ou au contraire à en profiter pour consolider leur position déjà quasi hégémonique ? Il y a de bonnes raisons d’être inquiets.

    #Nobel_économie #Essais_aléatoires #Politique_développement

    • Arguments scientifiques... et arguments politiques.

      Comment justifier un tel succès ? Ce n’est pas toujours la supériorité scientifique de certaines méthodes ou théories qui explique leur réussite, mais la capacité de leurs promoteurs à convaincre à un moment donné un nombre suffisant d’acteurs. En d’autres termes, le succès vient à la fois d’une offre et d’une demande. Du côté de la demande, le succès des RCT illustre l’évolution de la discipline économique (priorité est donnée à la quantification, aux fondements micro de processus macro, et, au sein des fondements micro, aux ressorts psychologiques et cognitifs des comportements individuels).

      Le succès des RCT illustre également les transformations du secteur de l’aide au développement, où se multiplient les petits projets s’efforçant de corriger les comportements individuels plutôt que de mettre en place ou de maintenir des infrastructures et des politiques nationales de développement.

      Ou comment essayer d’améliorer le sort des gens dans un contexte néo-libéral.
      #individualisation #néolibéralisme

  • Mark Lilla et Gérard Noiriel dans la tête des réactionnaires
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/290919/mark-lilla-et-gerard-noiriel-dans-la-tete-des-reactionnaires

    Mark Lilla, enseignant à l’Université de Columbia, consacre un livre à « l’esprit de réaction ». L’historien Gérard Noiriel s’intéresse, lui, à la « part sombre de la République », à travers le parcours croisé des réactionnaires Édouard Drumont et Éric Zemmour. Deux ouvrages instructifs mais parfois problématiques.

    #ESSAIS #réactionnaires,_Gérard_Noiriel,_Franz_Rosenzweig,_Edouard_Drumont,_Eric_Voegelin,_identitaire,_Mark_Lilla,_neo-reactionnaires,_Eric_Zemmour,_Leo_Strauss

  • Comment Joseph Stiglitz veut « sauver le capitalisme de lui-même »
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/260919/comment-joseph-stiglitz-veut-sauver-le-capitalisme-de-lui-meme

    Dans son dernier ouvrage, le prix Nobel d’économie 2001 remet en cause le consensus néolibéral. Pour apaiser l’exaspération sociale, il dessine les grands traits d’un capitalisme réformé s’appuyant sur une interaction entre le pouvoir démocratique et les marchés.

    #ESSAIS #Joseph_Stiglitz,_Etats-Unis,_économie_étasunienne,_Capitalisme

  • « Capital et idéologie » de Thomas Piketty : la propriété, c’est le mal
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/110919/capital-et-ideologie-de-thomas-piketty-la-propriete-c-est-le-mal

    Du haut des 1 200 pages de son dernier ouvrage, Piketty fracasse le débat public et politique, en explorant des voies pour, concrètement, « dépasser le capitalisme ». Mais comment mettre en œuvre ces propositions radicales visant à redéfinir la notion même de propriété ? Et suffiraient-elles à détruire les piliers de l’hyper-capitalisme contemporain ?

    #ESSAIS #inégalités,_Propriété,_Thomas_Piketty,_Marx,_patrimoine,_idéologie,_Capital,_impôt,_Capitalisme,_A_la_Une

  • « Capital et idéologie » de Thomas Piketty : la propriété, c’est le mal
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/110919/capital-et-ideologie-de-thomas-piketty-la-propriete-cest-le-mal

    Du haut des 1 200 pages de son dernier ouvrage, Piketty fracasse le débat public et politique, en explorant des voies pour, concrètement, « dépasser le capitalisme ». Mais comment mettre en oeuvre ces propositions radicales visant à redéfinir la notion même de propriété ? Et suffiraient-elles à détruire les piliers de l’hyper-capitalisme contemporain ?

    #ESSAIS #Propriété,_patrimoine,_Thomas_Piketty,_impôt,_idéologie,_Capitalisme,_Marx,_Capital,_inégalités

  • Economie: la guerre des idées
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/180819/economie-la-guerre-des-idees

    La pensée dominante des sciences économiques pensait avoir atteint la « fin de l’histoire » avant la crise de 2008 en réalisant une synthèse entre les deux grandes écoles concurrentes depuis les années 1930, la keynésienne et la néoclassique. La crise financière a montré combien cette impression était fausse. Une enquête parue dans le n° 13 de la "Revue du Crieur", disponible en librairies et Relay.

    #ESSAIS #pensée_économique,_Olivier_Blanchard,_economie,_Richard_Thaler

  • Avant la révolution automobile, Elisée Reclus compose un tableau politique de la nature
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/110819/avant-la-revolution-automobile-elisee-reclus-compose-un-tableau-politique-

    « Les Alpes comme le boulevard de la liberté » : ainsi Élisée Reclus conclut-il, à 36 ans, cet essai paru en 1866. Il n’est pas encore le géographe universel, libertaire et exilé que l’on connaît. Il s’est formé jusqu’alors par le voyage, les lectures et l’écriture.

    #ESSAIS #Nature,_Elisée_Reclus

  • Camus-Chiaromonte : correspondance et belles-lettres
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/030819/camus-chiaromonte-correspondance-et-belles-lettres

    Albert Camus rencontra Nicola Chiaromonte (critique littéraire, éditeur, penseur antifasciste italien) à Alger. Et ils ont tenu correspondance pendant 14 ans. L’édition de ces lettres est une plongée dans le monde intellectuel de l’après-Seconde Guerre mondiale et dans l’art de la littérature que ces deux-là partageaient.

    #ESSAIS #Nicola_Chiaromonte,_correspondance,_Albert_Camus,_En_attendant_Nadeau

  • « Contre le théâtre politique » (mais à sa rencontre)
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/300619/contre-le-theatre-politique-mais-sa-rencontre

    Avec son ouvrage ambitieux et décapant, « Contre le théâtre politique », le chercheur et spectateur Olivier Neveux s’en prend au conformisme d’un théâtre qui se croit politique quand il n’est que policé ou routinier. Un texte qui ne résout pas tous les problèmes qu’il soulève, mais oblige à se positionner face à la production scénique actuelle.

    #ESSAIS #politique_culturelle,_théâtre_politique,_théâtre,_Olivier_Neveux,_spectacle_vivant

  • Impatiences anarchistes
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/290619/impatiences-anarchistes

    Entre Ménilmontant et la Seine-Saint-Denis, former des communautés, remettre en cause les rapports de genre, suivre un régime végétarien strict et enfin, échapper à l’État comme au salariat. En 2019 ? Non, au début du XXe siècle, au sein de groupes de femmes et d’hommes anarchistes, lassés d’attendre le Grand Soir et auxquels le livre d’Anne Steiner, « Les En-dehors », donne corps et visages.

    #ESSAIS #anarchisme,_En_attendant_Nadeau,_Belle_époque

  • Bande-son pour la chute du Mur
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/220619/bande-son-pour-la-chute-du-mur

    Échapper aux formatages de la pop et créer une musique où la fête serait l’amorce de nouveaux rapports sociaux. Voilà ce que raconte cet ample et passionnant recueil d’entretiens avec les acteurs de la techno berlinoise naissante. La chute du Mur coïncida avec une musique qui se croyait du futur alors qu’elle incarna son époque plus que toute autre.

    #ESSAIS #Techno,_scène_alternative,_musique,_Allemagne,_Mur_de_Berlin

  • La haine des clercs et l’amour des idées
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/160619/la-haine-des-clercs-et-l-amour-des-idees

    L’anti-intellectualisme français possède une longue histoire qui ne s’est jamais limitée à quelques petits cercles réactionnaires. Comment cette « haine des clercs » rencontre-t-elle les mutations de l’écosystème intellectuel contemporain ? Une conversation entre Sarah al-Matary et Laurent Jeanpierre à l’occasion de la nouvelle formule de la revue "Le Crieur".

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