• Attestation en règle pour faire ses courses de la semaine, contrôle du sac à la sortie du supermarché par la police, 360 € d’amende pour 2 paquets de gâteaux jugés ne pas être de première nécessité.

    Je sais maintenant pourquoi j’avais cette peur sourde au ventre en allant faire les courses hier. Mes proches se demandaient si je vrillais pas parano.

    Non.

    Peut être que je sens un peu en avance certains trucs... et c’est souvent perturbant ou lourd à porter. (Thread)

    https://twitter.com/isAshPsy/status/1242556982042791942?s=20

  • Pour sortir du #confinement, un plan d’urgence anticapitaliste

    Par bien des aspects, la #crise_sanitaire en cours est un révélateur de l’incapacité du #capitalisme européen à résoudre les grands problèmes de l’humanité. L’#Italie, la #France et l’#Espagne sont les pays où le virus frappe le plus fort car le #système_sanitaire a été ravagé par les politiques austéritaires depuis au moins une décennie. En France, ce sont 69.000 lits qui ont été supprimés à l’hôpital entre 2003 et 2017, 4.000 en 2018. Par souci d’économie, les réserves stratégiques de masques et de respirateurs ont été supprimées (près d’un milliard de masques dans les années 2000 - supprimé par Xavier Bertrand en 2011). Toujours par souci d’économie, la recherche publique sur les coronavirus n’a pas été soutenue et un temps précieux a été perdu dans la possibilité de trouver des traitements efficaces. La rigueur budgétaire et la recherche du profit sont les principaux responsables de la situation dans laquelle nous nous trouvons.

    Confinement ou immunité collective ?

    Face à la pandémie, les gouvernements hésitent entre deux solutions. La première, minoritaire, défendue par les gouvernement britanniques et néerlandais est l’acquisition d’une immunité de groupe. Cette immunité à l’avantage d’éviter les nouvelles épidémies. Selon les connaissances que nous avons du virus (R0 ~ 2.5), cela nécessite que 60% de la population entre en contact avec le virus et en soit immunisée. Ce processus est très bien décrit par le groupe de modélisation de l’équipe ETE (Laboratoire MIVEGEC, CNRS, IRD, Université de Montpellier) (http://alizon.ouvaton.org/Rapport2_Immunisation.html). Une fois ce taux atteint, la population dans son ensemble (y compris les personnes non immunisées) est protégée contre une nouvelle épidémie.

    Cependant, sans mesure de contrôle, les projections montrent qu’entre 81 et 89% de la population pourrait être infectée. Soit entre 20% et 30% de plus que le seuil pour atteindre l’immunité collective. Cela représente potentiellement 20 millions de personnes infectées en plus dans un pays comme la France.

    Nous ne connaissons pas précisément le taux de létalité du virus. Les chiffres dont nous disposons sont tous biaisés, et a priori largement surestimés, par l’absence de tests systématiques dans la population. Plus on dépiste, plus on détecte des personnes contaminées présentant peu ou pas de symptômes, plus ce taux est bas. Mais aussi bas soit ce taux, lorsqu’il est multiplié par des dizaines de millions de personnes, les morts se compteraient très probablement en centaines de milliers. Par ailleurs, l’austérité budgétaire et l’affaiblissement des systèmes de santé doivent être intégrés dans l’équation. La létalité du Covid-19 est visiblement provoquée par un choc cytokinique qui nécessite une prise en charge en soin intensifs avec respirateurs. Plus la pénurie de respirateurs est grande, plus la mortalité est haute, plus les équipes médicales doivent choisir qui maintenir en vie et qui sacrifier par manque de moyens. C’est sûrement ce qui explique les taux de mortalité très élevés par rapport à d’autres pays en Italie, en Espagne et dans une moindre mesure en France (bien que cela pourrait s’aggraver au pic de l’épidémie) qui sont mal équipés en nombre de lits en « soins aigus ».

    Dans la plupart des pays, ces chiffres ne sont pas assumables par les gouvernements en place. Et ce sont ces projections qui ont poussé partout le pouvoir à confiner les populations malgré la crise économique majeure et les conséquences sociales dramatiques que cela entraine.

    En effet, la distanciation sociale permet de ralentir la progression du virus, d’aplatir le pic, et donc de diminuer l’afflux de malades en détresse à l’hôpital. Ce processus est décrit de façon très intuitive dans le Washington Post (https://www.washingtonpost.com/graphics/2020/world/corona-simulator). La distanciation sociale peut recourir à plusieurs mécanismes, de la fermeture des écoles jusqu’au confinement total. L’étude publiée le 16 mars par l’Imperial College COVID-19 Response Team (https://www.imperial.ac.uk/media/imperial-college/medicine/sph/ide/gida-fellowships/Imperial-College-COVID19-NPI-modelling-16-03-2020.pdf) réalise des projections du nombre de lits occupés en soins intensifs en fonction de plusieurs scénarios de confinements. Si cette étude est forcément incomplète, notamment car les courbes dépendent du moment où les mesures sont mises en œuvre, cela nous montre que les mesures de confinement, dans le cas où aucun traitement ne serait trouvé, devraient s’étaler jusqu’à la fin de l’année 2021 pour que la population atteigne les 60% d’immunisés. Dans le cas contraire, tout relâchement du confinement pourrait correspondre à un nouveau développement incontrôlé de l’épidémie dans la population.

    Mais comment imaginer que la situation que nous vivons depuis une semaine en France se poursuivent pendant des mois ? Ce n’est tenable ni économiquement, ni socialement. Ce n’est pas le propos de cet article (pour cela voir le texte de Mimosa Effe : https://npa2009.org/idees/societe/le-confinement-la-destruction-du-lien-social-et-ses-consequences), mais le #confinement_de_classe que nous vivons actuellement doit s’arrêter. Toute vie sociale est stoppée alors qu’il faut continuer à travailler. Même si nous arrêtions toutes les productions non indispensables, ce serait tout de même des millions de travailleurs.euses qui devraient continuer à faire tourner l’hôpital, l’électricité, l’eau, le traitement des ordures ou l’alimentation – mais aussi tous les autres métiers qui permettent à ces secteurs de fonctionner ! Et cela dans un contexte d’atomisation total de notre camp avec tous les reculs sociaux et l’Etat policier total qui vont avec. A cela s’ajoute les dégâts psychologiques, les violences domestiques faites aux femmes ou la situation criminelle que sont en train de vivre les migrant.e.s, les prisonniers.ères et les sans-abris.

    Nous l’avons vu, le confinement est d’abord imposé par la faillite de notre système de santé et l’impréparation au risque de pandémie qui sont dues à l’austérité imposée par les gouvernements successifs en France et en Europe. Dans la forme qu’il prend, généralisé dans la vie sociale mais pas au travail, de classe, policier, il est la solution que les capitalistes pensent avoir trouvé pour limiter la casse et maintenir au maximum leur place dans la concurrence internationale. Mais la gestion capitaliste de cette épidémie est marquée par l’impossibilité de planifier une quelconque sortie de crise. Un gouvernement anticapitaliste, au service de la population, motivé par la santé plutôt que par les profits, pourrait mettre en place une toute autre politique.

    Existe-t-il une troisième voie ? De toute urgence prendre des mesures anticapitalistes pour sortir du confinement !

    Il ne s’agit pas ici de dire que le confinement pourrait être levé du jour au lendemain. Nous l’avons vu, étant donné les conditions d’impréparation des gouvernements et la dégradation des capacités de l’hôpital public à supporter une telle épidémie, le confinement était la seule solution pour éviter une mortalité élevée. En ce sens, toutes les initiatives syndicales ou de travailleurs.euses pour stopper le travail - et se protéger - dans les productions non-essentielles sont fondamentales. Le slogan « nos vies valent plus que leurs profits » prend ici tout son sens. Il est également fondamental de dénoncer le gouvernement qui nous explique qu’il faut renforcer le confinement mais continuer à travailler, bien au-delà des secteurs essentiels à la lutte contre l’épidémie. Pénicaud, Macron, Philippe sont plus préoccupé.e.s par le maintien des profits que par notre santé. Les scandaleuses mesures contre le droit du travail, les 35h, nos congés, articulées au renforcement de l’Etat policier, ont été prise au moment où la sidération était la plus haute dans la population.

    Mais il est indispensable maintenant de déterminer quelles sont les conditions qui permettraient d’envisager la levée du confinement à très court terme :

    – Il faut de tout urgence pratiquer le dépistage de masse. D’ailleurs, entre les lignes, le Ministre Olivier Veran reconnait lors de sa dernière conférence de presse (https://www.youtube.com/watch?v=wpGjmCkLDHs

    ) que le confinement ne pourra être levé que lorsqu’il sera possible d’effectuer plus de dépistages revenant sur la communication gouvernementale qui affirmait que le dépistage n’était plus un outil en phase 3. Le dépistage de masse permet de n’isoler que les malades et leur entourage. Il permet également une prise en charge précoce des patients considérés comme « à risque » et ainsi de diminuer la létalité du virus. Le problème, c’est que le fournisseur n’arrive pas à suivre la demande en kit de dépistage (https://www.thermofisher.com/order/catalog/product/11732088#/11732088). Il faut donc de toute urgence organiser la production de kits de dépistages en réquisitionnant les entreprises du secteur et en passant outre les brevets.

    – De toute urgence également, il faut injecter des moyens dans la santé et l’hôpital public pour augmenter les capacités de prise en charge des patients en détresse respiratoire. C’est l’inverse des politiques menées jusqu’alors qui font fonctionner l’hôpital comme une entreprise, en flux tendu, incapable de s’adapter à des situations d’urgence. Pour l’instant, le gouvernement a débloqué 2 milliards d’euros pour l’hôpital. Dans le même temps, il injecte 43 milliards dans l’économie et garantit 350 milliards d’euros aux entreprises privées !

    – Pour augmenter le nombre de lits en soins intensifs et protéger celles et ceux qui travaillent il faut réorganiser en profondeur l’appareil industriel pour planifier les productions utiles à résoudre la crise sanitaire : masques, respirateurs, oxygène… En ce sens, il faut soutenir l’action de la CGT qui demande la réouverture et la nationalisation de Luxfer, seule usine d’Europe à produire des bouteilles d’oxygène médical fermées. C’est un bon exemple qui pourrait se poser pour d’autres productions.

    Enfin, l’attention est captée à une échelle assez large sur la mise en place d’un traitement. Le plus prometteur, la chloroquine (ou son dérive l’hydroxy chloroquine) est testée dans plusieurs pays et de nombreux services hospitaliers, y compris en France, ont commencé à l’utiliser sur des malades. Ce médicament semble réduire la charge virale et la durée du portage du virus. Si ce traitement s’avère efficace, la question de la nationalisation de l’industrie pharmaceutique va devenir compréhensible à une échelle très large.C’est peut-être la peur de cette évidence qui motive les grands groupes du secteur à anticiper en proposant de fournir ce traitement gratuitement, que ce soit #Sanofi (https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-sanofi-pret-a-offrir-aux-autorites-francaises-des-millions-) ou #Novartis (https://www.lefigaro.fr/flash-eco/coronavirus-novartis-offre-130-millions-de-doses-de-chloroquine-20200320) !

    Ainsi, nous pouvons affirmer que le confinement aurait pu être largement réduit, voire évité, en généralisant les dépistages, en développant les capacités d’accueil de l’hôpital public et en accélérant les tests sur des traitements antiviraux.

    Ce plan d’urgence n’est possible à court terme que si l’on s’affronte au capitalisme. Il faut reprendre le contrôle, sans indemnité ni rachat, sur l’appareil productif, notamment dans le domaine de la santé, des protections pour les salariés, de l’industrie pharmaceutique et biochimique.

    Macron et son gouvernement, LR et le PS avant lui, portent une lourde responsabilité dans la situation actuelle. L’heure de solder les comptes arrivent. Les réponses anticapitalistes pourraient alors apparaître comme une solution à une échelle inédite jusqu’alors. Pour cela, sans attendre la fin du confinement, il nous faut renforcer les réseaux de solidarité, les réseaux militants pour recommencer à agir dans la situation.

    https://npa2009.org/idees/sante/pour-sortir-du-confinement-un-plan-durgence-anticapitaliste
    #anticapitalisme #anti-capitalisme #austérité #hôpitaux #lits #masques #réserves_stratégiques #stock #respirateurs #recherche #rigueur_budgétaire #immunité_collective #immunité_de_groupe #létalité #taux_de_létalité #tests #dépistage #choc_cytokinique #distanciation_sociale #flattening_the_curve #aplatir_la_courbe #vie_sociale #travail #atomisation #Etat_policier #impréparation #troisième_voie #droit_du_travail #dépistage_de_masse #soins_intensifs #industrie #nationalisation #Luxfer #chloroquine #industrie_pharmaceutique #responsabilité

    ping @simplicissimus @fil @reka

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    Citation sélectionnée pour @davduf :

    Le confinement de classe que nous vivons actuellement doit s’arrêter. Toute vie sociale est stoppée alors qu’il faut continuer à travailler. Même si nous arrêtions toutes les productions non indispensables, ce serait tout de même des millions de travailleurs.euses qui devraient continuer à faire tourner l’hôpital, l’électricité, l’eau, le traitement des ordures ou l’alimentation – mais aussi tous les autres métiers qui permettent à ces secteurs de fonctionner ! Et cela dans un contexte d’atomisation total de notre camp avec tous les reculs sociaux et l’Etat policier total qui vont avec. A cela s’ajoute les dégâts psychologiques, les violences domestiques faites aux femmes ou la situation criminelle que sont en train de vivre les migrant.e.s, les prisonniers.ères et les sans-abris.

    • Le confinement, la destruction du #lien_social et ses conséquences

      Le 19 mars l’Assemblée rejetait l’amendement visant à prolonger le délai d’#avortement pendant la crise sanitaire. Si ce n’est finalement que peu étonnant de la part des députés LREM, ce rejet est révélateur de quelque chose de plus profond. Le confinement de la population va mettre en danger massivement les #femmes et les #classes_populaires de manière générale.

      Quelle que soit la façon dont certains ont essayé de le tourner, le confinement est profondément inégalitaire. Il y a ceux et celles qui ont un logement pour se confiner et les autres qui n’en ont pas, celles et ceux qui ont un logement décent et les autres qui ont un logement insalubre, celles et ceux qui ont une maison avec un jardin et celles et ceux qui doivent se pencher à la fenêtre pour respirer de l’air frais.

      Le message du gouvernement à l’aide de mesures coercitives violentes (oui les amendes sont effectives et en Seine-Saint-Denis elles ont conduit à des arrestations et des garde-à-vue) fait croire à la portée individuelle du confinement sans prise en charge collective de ses répercussions. Face à cela, certainEs ont essayé de mettre en place des réseaux de solidarité dans les immeubles, dans les quartiers, ... Si ces réseaux sont nécessaires et même indispensables, ils ne contrebalancent pas les problèmes qui se posent avec le confinement et qui vont forcément causer là aussi des morts, et parfois ils confortent même dans l’idée qu’il faut nécessairement rester chez soi : promener son chien, faire du jogging serait dangereux. Le propos de cet article n’est pas de dire que le confinement est inutile pour contrer le Covid-19 mais que le confinement n’est pas viable à moyen terme, c’est pourquoi la sortie de crise ne peut venir que de la mise en place d’un plan d’urgence visant à dépister et à soigner ce qui veut dire concrètement donner des moyens aux personnels de santé et des moyens de protection à la population.

      Le confinement face à l’organisation sociale de la dernière phase du capitalisme

      Le confinement dans l’histoire n’a jamais été une partie de plaisir, mais elle pose question dans le capitalisme tel qu’il s’organise aujourd’hui. Depuis les trente dernières années : on peut dire que la tendance à détruire les structures familiales est plutôt lourde. Les foyers composés de personnes seules s’élèvent à 35% des foyers (20% des femmes et 15% des hommes) auxquels se rajoutent presque 9% de familles monoparentales (dont le gros du contingent est composé de femmes). La grande majorité des foyers composés d’une personne seule ont plus de 65 ans (plus de 70%)1. Le problème c’est qu’avec cette épidémie ce sont ces mêmes personnes considérées comme vulnérables qui vont donc se retrouver complètement isolées.

      De l’autre côté, l’on sait aussi qu’un ménage sur douze vit dans un logement surpeuplé, 18% des logements sont considérés comme trop bruyant (donc mal isolés), 22% n’ont pas de système de chauffage efficient et près de 13% ont des problèmes d’humidité.2

      Le confinement produit aussi des rapports au travail qui accentuent ce qui existait auparavant : d’une part il y a ceux qui télétravaillent et ceux qui continuent de travailler dans des conditions de sécurité face au virus alarmantes et avec l’idée que le travail s’accompagne de toute une série de mesures restrictives.3 Mais à cela, il faut encore ajouter que le télétravail n’est pas le même pour tout le monde (que l’on soit cadre ou que l’on fasse un travail administratif) surtout quand l’on se retrouve face à un travail qui s’accompagne de plus en plus d’une perte de sens, d’autant plus qu’il envahit la sphère privée et que les loisirs sont considérablement réduits. Quant aux précaires, aux étudiantEs, à celles et ceux qui travaillaient sans contrat de travail, c’est une situation dramatique qui s’ouvre sans qu’aucune aide ne soit prévue si ce n’est un chômage auxquels ils n’ont pas tous droit.

      De plus, le système capitaliste entraîne une détresse psychologique : la dépression, le suicide ou les tentatives de suicides vont s’accentuer avec la perte de lien social, la perte d’activités émancipatrices et une vie tournée autour du travail.

      Toute la prise en charge associative, comme du service public de ses éléments là, comme de la prise en charge de l’extrême pauvreté va être ou drastiquement réduite voire inexistante.

      Dans le confinement, les femmes trinquent (et meurent !)

      Outre la question de l’avortement dont nous avons parlé plus haut, les femmes vont subir une répercussion violente du confinement. Elles assumeront plus de tâches ménagères qu’à l’ordinaire et de tâches de soin, et on le sait ce sont elles qui dans la plupart des foyers assumeront le suivi de « l’école à la maison » et d’occuper les enfants, sans compter les familles monoparentales ou les mères se retrouveront seules face à l’éducation de leurs enfants.

      Le confinement va augmenter les violences intra-familiales et en particulier les violences conjugales, c’est déjà ce qu’a révélé l’expérience du Wuhan4. Là encore, ces violences seront encore moins prises en charge qu’avant puisque le 3919 ne fonctionne plus pendant cette crise contrairement à ce qu’avait annoncé Marlène Schiappa.5 Au sixième jour du confinement, cette tendance est d’ailleurs aussi relatée par la FCPE ce dimanche.6

      Le manque d’accès à l’avortement pourra provoquer des recherches de solutions mettant en danger les femmes subissant des grossesses non-désirées quand celles-ci ne provoqueront tout simplement pas le suicide.

      Dans le même temps, on pourra noter que les adolescents LGBT confrontés en permanence à l’homophobie pourraient là aussi augmenter les tentatives de suicides et les suicides, alors même que c’est déjà une cause importante de suicides chez les adolescentEs.

      Ajoutons à cela que des secteurs largement féminisés se trouve en première ligne de la gestion de la maladie : infirmières, caissières, ...

      L’isolement des individus entraîne une baisse de la conscience de classe

      Le confinement produit un rapport de force dégradé de manière objective. En ce moment, des lois d’exception sont en train de passer à l’Assemblée diminuant nos droits, sans possibilité de riposte et si la légitimité du gouvernement reste affaiblie, les mesures prises rencontrent au moins une part de consentement. Si c’est le cas, c’est bien parce que la crise que l’on rencontre, a de grosses difficultés à être résolue par le système sans faire des milliers de morts.

      Individuellement, les gens ne peuvent pas se protéger et pour une grande majorité restent donc chez eux de peur (et cette peur est fondée) de devenir malade ou de l’être déjà et de contaminer d’autres personnes. Le problème c’est que sans dépistage massif et traitement le confinement risque de durer longtemps.

      Or, isolément, les gens ne peuvent d’une part pas s’organiser (ce qui dégrade le rapport de force) et de l’autre entraîne une baisse de la conscience de classe dans ce qu’elle a de plus simple car c’est l’organisation du travail qui fonde objectivement cette conscience. De plus, le confinement, repose sur le consentement d’une population à être confinée : c’est d’ailleurs par les réseaux sociaux, mais aussi dans la presse ou dans son entourage une pression sociale à « Restez chez vous », mais aussi à prendre le temps de lire ou de se cultiver.

      De fait cette pression sociale, construit alors le modèle de ceux qui y arriveraient en étant forts, en ayant accès à de la culture ou à des habitudes culturelles. Les vieux qui vivent seuls, les dépressifs, les pauvres, ceux qui n’ont pas accès à la culture se retrouveraient alors mis à l’amende.

      Pour l’instant, cette idéologie ne se fait que sous forme de pression, mais elle pourrait produire autre chose, elle passerait alors du consentement à la collaboration : elle est déjà en partie à l’œuvre de manière minoritaire, elle passe par la délation de celles et ceux qui sortent et la volonté d’un durcissement des mesures coercitives.

      Le confinement ne peut qu’être une mesure à court terme, sinon les effets violents décrits auront des effets durables, surtout si, comme c’est le cas aujourd’hui le mouvement ouvrier ne riposte pas.

      https://npa2009.org/idees/societe/le-confinement-la-destruction-du-lien-social-et-ses-consequences
      #confinés #non-confinés #inégalités #logement #mesures_coercitives #amendes #Seine-Saint-Denis #arrestations #garde_à_vue #rester_chez_soi #isolement #télétravail #chômage #détresse_psychologique #santé_mentale #école_à_la_maison #soins #care #tâches_ménagères #conscience_de_classe #lois_d’exception

  • Arié Alimi : « Il ne reste plus à ce pouvoir que la violence »
    https://www.revue-ballast.fr/arie-alimi-il-ne-reste-plus-a-ce-pouvoir-que-la-violence

    Aux oppo­sants à ses contre-réformes libé­rales, Emmanuel Macron rétorque qu’ils n’ont qu’à « essayer la dic­ta­ture ». De l’Élysée à la place Beauvau, on exalte l’usage « légi­time » de la vio­lence contre les mani­fes­tants et l’on nie vigou­reu­se­ment le carac­tère sys­té­mique des vio­lences poli­cières. Pendant ce temps, les avo­cats jettent leurs robes dans les tri­bu­naux, aux pieds de la garde des Sceaux. Arié Alimi n’a pas choi­si le droit par voca­tion : cet avo­cat de 42 ans s’est pour­tant impo­sé comme une figure de la défense des liber­tés publiques et du com­bat contre l’impunité des auteurs de vio­lences poli­cières. C’est ain­si qu’il a défen­du la famille de l’é­tu­diant éco­lo­giste Rémi Fraisse — tué en 2014 par un tir de gre­nade —, les lycéens moles­tés durant la loi Travail, une ving­taine de gilets (...)

    • « Nous sommes au-delà de la coercition »
      http://acontretemps.org/spip.php?article755

      ■ Posté sur Ballast, cet entretien avec l’avocat #Arié_Halimi, datant de début février, a retenu notre attention. D’abord, parce qu’il est éclairant et argumenté sur la #dérive_ultralibérale_autoritaire d’un pouvoir qui, faisant de la #police son dernier rempart face à la détestation générale qu’il inspire, s’est totalement soumis à elle. Ensuite, parce qu’il permet de remonter le temps de l’abjection policière et de se rendre compte que rien de ce qui apparaît comme nouveau ne l’est jamais tout à fait.– À contretemps.

      Dans les circonstances actuelles, la population, dites-vous, est fondée à se défendre contre les violences policières. Dans un tweet qui a suscité la polémique, vous affirmiez même récemment : « Le moment où user de la légitime défense contre des milices est peut être venu. » Qu’entendiez-vous par là ?

      Peut-être ce tweet était-il trop précoce. En parlant de « milice », je ne désignais pas le corps policier en général. Historiquement, les #milices désignent un phénomène précis : il s’agit de groupes exerçant hors du cadre légal une violence dirigée contre des communautés politiques, contre des manifestants, contre des personnes à raison de leur origine, de leur religion. Ce phénomène, hélas, existe. Lorsqu’un diplomate s’associe à des fonctionnaires de police en retraite et à d’anciens militaires pour fomenter des actes terroristes [4], comment nommer cela ? On pense au SAC, à la Cagoule… Quand vous voyez des individus en groupe, cagoulés, munis de matraques, sans RIO donc sans identification possible, qui frappent des manifestants, comment les qualifier ? C’est une question que je me pose, si ces personnes ne donnent pas à voir qu’elles appartiennent à un service public, à la police… Ces phénomènes ne sont pas sans lien avec l’idéologie fascisante qui gagne du terrain au sein de la police, ils doivent être dénoncés. On peut renvoyer ces affaires à la justice, se dire qu’il n’appartient pas aux citoyens, aux manifestants de résister à ces violences. Oui. Mais lorsque vous êtes en situation de légitime défense, avec un péril imminent, avec, face à vous, la violence illégitime d’un individu sans identifiant qui vient vous frapper avec une matraque, vous avez le droit de vous défendre… Dans ce cadre précis. Je ne parle pas de légitime défense telle que la conçoivent certains groupes politiques, avec la possibilité d’aller frapper, de lancer des pavés : pas du tout. Je parle d’un cadre légal. Quand des personnes non identifiées vous frappent, vous violentent alors qu’elles n’ont pas le droit de le faire, oui, vous avez le droit de vous défendre.

      #État_policier

  • La Police nationale lorgne sur les « données de réservation » des voyageurs
    https://www.nextinpact.com/news/108540-la-police-nationale-lorgne-sur-donnees-reservation-voyageurs.htm

    Au travers d’un arrêté publié en pleine période de fêtes, le gouvernement a confié à la police nationale le soin d’exploiter les nombreuses « données de voyage » relatives aux trajets effectués en avion, en train, en bus, etc. Ceci pour des finalités potentiellement très larges. Alors que de nombreux voyageurs sont encore pénalisés par les grèves, en cours notamment à la SNCF et à la RATP, l’exécutif s’intéresse à « l’exploitation des données de voyage ». Par le biais d’un arrêté publié samedi au Journal (...)

    #data #surveillance # #PNR #CNIL

    ##_


  • Un #syndicat français de policiers diffuse une liste de journalistes présentés comme des ennemis de la police nationale

    Le #Syndicat_Indépendant_des_Commissaires_de_Police (#SICP) a diffusé, le 7 décembre 2019, un message sur le réseau social Twitter désignant nommément cinq journalistes français (#David_Dufresne - @davduf, #Taha_Bouhafs, #Gaspard_Glanz, « #Le_Général » et #Alexis_Poulin) comme « les principaux acteurs » du « combat anti-Police Nationale », en #France. Les journalistes nommés sont affublés de qualificatifs insultants ("imposteur", « menteur », « harceleur », « usurpateur », « haineux »). Le SICP accuse ces journalistes d’ « alimenter cette haine » et de « se délecter de ce climat », après que la porte du domicile d’un officier de la brigade anti-criminalité (BAC) a été recouverte de slogans hostiles à la police. Plusieurs représentant de la profession, dont la Fédération Européenne des Journalistes, ont dénoncé le caractère intimidatoire et diffamatoire du message du syndicat policier, largement relayé sur Twitter.

    https://www.coe.int/fr/web/media-freedom/detail-alert?p_p_id=sojdashboard_WAR_coesojportlet&p_p_lifecycle=0&p_p_col_id=c
    #intimidation #diffamation #presse #journalisme #réseaux_sociaux #police #conseil_de_l'Europe #maintien_de_l'ordre

    Le tweet en question du syndicat policier :


    https://twitter.com/SICPCommissaire/status/1203437519544684544

    • D’un coté c’est prestigieux de recevoir ces titres, pas comme leur légion (de crimes) d’honneur.
      #dictature #etat_policier #liberté_de_la_presse #liberté_d'informé #diffamation

      Il faudrait respecter aussi la présomption d’innocence, tout porte à pensé que ces policiers ont eux meme salit leurs portes et se sont ecit à eux memes pour justifier de nouvelles exactions et détruire tous les droits - droit de manifesté, droit d’informer, droit d’expression, droit de se déplacé...

      J’espère que ces 5 journalistes vont porter plainte pour diffamation, menace et insitation à la violence.

  • Remembering the day the Eritrean press died

    Eritrea’s transformation into a police state started with a ban on independent media 16 years ago today.

    Exactly 16 years ago, on September 18, 2001, Eritrean President Isaias Afwerki and his clique banned seven independent newspapers and imprisoned 11 of the most senior government officials.

    That “#Black_Tuesday” was the start of Eritrea’s transformation into the police state that it is today. Before this happened, despite various challenges, Eritrean independent media briefly had created space for open discussion, even providing a forum for dissident political leaders.

    https://www.aljazeera.com/indepth/opinion/remembering-day-eritrean-press-died-170918074330130.html
    #Erythrée #liberté_de_la_presse #presse #journalisme #histoire #totalitarisme #dictature #2001 #Etat_policier

  • Mort de Steve à Nantes : son téléphone émettait au moment de l’intervention policière - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/mort-de-steve-a-nantes-son-telephone-emettait-au-moment-de-l-intervention

    Dans son rapport administratif daté de juillet sur l’intervention policière, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) écrivait que le « téléphone déclenchait un relais téléphonique à 03h16 » soit plus d’une heure avant l’action des forces de l’ordre. 3h16 est en réalité l’heure à laquelle le dernier SMS de Steve a été envoyé depuis son téléphone.

    Le Premier ministre Édouard Philippe avait fait valoir que le rapport de l’IGPN n’établissait « pas de lien » entre l’intervention controversée des forces de l’ordre et la disparition du jeune homme de 24 ans.

    https://www.huffingtonpost.fr/entry/mort-de-steve-canico-ce-detail-sur-son-telephone-ne-figurait-pas-dans

    Confirmant une information du Canard Enchaîné, des sources proches de l’enquête ont toutefois indiqué mardi à l’AFP que le téléphone du jeune homme “bornait au moment de l’intervention policière”, renforçant le flou sur les circonstances de sa chute dans la Loire. Selon l’hebdomadaire satirique, ce dernier bornage a été relevé à 4 heures 33 sur le Quai Wilson.

    #violences_policières (couvertes par les mensonges d’un #état_policier)

  • Garde à vue levée pour le « gilet jaune » Jérôme Rodrigues, soupçonné de violences conjugales
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/le-gilet-jaune-jerome-rodrigues-en-garde-a-vue-dans-une-affaire-de-violence

    Un peu comme pour Julian Assange, les flics ont quelque chose à faire de la violence faite aux femmes uniquement si ca peu leur servir à enfoncer un opposant politique.
    #état_policier #instrumentalisation #violence_masculine #violence_policière #violence_conjugale #harcelement

  • Opinion | Why Hasn’t the Officer Who Killed Eric Garner Been Fired Yet? - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/07/16/opinion/eric-garner-pantaleo.html

    Given the facts of the case, it’s hard to see his continued employment by the Police Department as anything but an insult to the people of New York.

    Mr. Garner, who was unarmed and supposedly selling loose cigarettes, which is illegal, died because Officer Pantaleo used a chokehold. The Police Department banned the use of chokeholds in 1993 amid a rise in deaths linked to the maneuver.

    In searing testimony at the departmental trial this year, the medical examiner said the chokehold triggered an asthma attack that led to Mr. Garner’s death, which he ruled a homicide.

    A police internal affairs investigator also testified that he recommended disciplinary charges against Officer Pantaleo in 2015. None came until last year.

    While the judge will decide if Officer Pantaleo’s actions violated departmental rules, they clearly violated good sense and demonstrated the kind of overly aggressive policing that has led to many controversial deaths. He chose to escalate an encounter, involving several officers, with an unarmed man over a minor violation, then used a dangerous and banned maneuver. Video of the episode, viewed by millions, shows the officer with his arm across Mr. Garner’s throat.

    Even before Mr. Garner’s death, the Civilian Complaint Review Board had substantiated four allegations of abuse against him in previous cases.

    Why should an officer like Officer Pantaleo remain on the force, diminishing the trust of New Yorkers?

    #Police #USA #Eric_Garner #Etat_policier #Impunité

  • Democrats and Republicans Passing Soft Regulations - The Atlantic
    https://www.theatlantic.com/technology/archive/2019/06/democrats-and-republicans-passing-soft-regulations/592558

    Your face is no longer just your face—it’s been augmented. At a football game, your face is currency, used to buy food at the stadium. At the mall, it is a ledger, used to alert salespeople to your past purchases, both online and offline, and shopping preferences. At a protest, it is your arrest history. At the morgue, it is how authorities will identify your body.

    Facial-recognition technology stands to transform social life, tracking our every move for companies, law enforcement, and anyone else with the right tools. Lawmakers are weighing the risks versus rewards, with a recent wave of proposed regulation in Washington State, Massachusetts, Oakland, and the U.S. legislature. In May, Republicans and Democrats in the House Committee on Oversight and Reform heard hours of testimony about how unregulated facial recognition already tracks protesters, impacts the criminal-justice system, and exacerbates racial biases. Surprisingly, they agreed to work together to regulate it.

    The Microsoft president Brad Smith called for governments “to start adopting laws to regulate this technology” last year, while the Amazon Web Services CEO Andy Jassy echoed those comments in June, likening the technology to a knife. It’s a less dramatic image than the plutonium and nuclear-waste metaphors critics employ, but his message—coming from an executive at one of the world’s most powerful facial-recognition technology outfits—is clear: This stuff is dangerous.

    But crucially, Jassy and Smith seem to argue, it’s also inevitable. In calling for regulation, Microsoft and Amazon have pulled a neat trick: Instead of making the debate about whether facial recognition should be widely adopted, they’ve made it about how such adoption would work.

    Without regulation, the potential for misuse of facial-recognition technology is high, particularly for people of color. In 2016 the MIT researcher Joy Buolamwini published research showing that tech performs better on lighter-skinned men than on darker-skinned men, and performs worst on darker-skinned women. When the ACLU matched Congress members against a criminal database, Amazon’s Rekognition software misidentified black Congress members more often than white ones, despite there being far fewer black members.

    This includes House Chairman Elijah Cummings, a Baltimore native whose face was also scanned when he attended a 2015 rally in memory of Freddie Gray, the unarmed black teenager who died of a spinal-cord injury while in police custody. The Baltimore Police Department used facial recognition to identify protesters and target any with outstanding warrants. Most of the protesters were black, meaning the software used on them might have been less accurate, increasing the likelihood of misidentification. Expert witnesses at the committee hearing in May warned of a chilling effect: Protesters, wary of being identified via facial recognition and matched against criminal databases, could choose to stay home rather than exercise their freedom of assembly.

    Microsoft and Amazon both claim to have lessened the racial disparity in accuracy since the original MIT study and the ACLU’s report. But fine-tuning the technology to better recognize black faces is only part of the process: Perfectly accurate technology could still be used to support harmful policing, which affects people of color. The racial-accuracy problem is a distraction; how the technology is used matters, and that’s where policy could prevent abuse. And the solution Microsoft and Amazon propose would require auditing face recognition for racial and gender biases after they’re already in use—which might be too late.

    In early May, The Washington Post reported that police were feeding forensic sketches to their facial-recognition software. A witness described a suspect to a sketch artist, then police uploaded the sketch to Amazon’s Rekognition, looking for hits, and eventually arrested someone. Experts at the congressional hearing in May were shocked that a sketch submitted to a database could credibly qualify as enough reasonable suspicion to arrest someone.

    Read: Half of American adults are in police facial-recognition databases

    But Jassy, the Amazon Web Services CEO, claimed that Amazon has never received a report of police misuse. In May, Amazon shareholders voted down a proposal that would ban the sale of Rekognition to police, and halt sales to law enforcement and ICE. Jassy said that police should only rely on Rekognition results when the system is 99 percent confident in the accuracy of a match. This is a potentially critical safeguard against misidentification, but it’s just a suggestion: Amazon doesn’t require police to adhere to this threshold, or even ask. In January, Gizmodo quoted an Oregon sheriff’s official saying his department ignores thresholds completely. (“There has never been a single reported complaint from the public and no issues with the local constituency around their use of Rekognition,” a representative from Amazon said, in part, in a statement to Gizmodo.)

    #Reconnaissance_faciale #Libertés #Espace_public #Etat_policier

  • Les syndicats font la police dans les tribunaux

    https://www.liberation.fr/france/2019/06/13/les-syndicats-font-la-police-dans-les-tribunaux_1733613

    Les deux plus grosses organisations de policiers maintiennent une pression constante sur les juges et les politiques.

    Il y a le ton outragé : « Un policier renvoyé aux assises, mais comment des juges ont-ils pu prendre une telle décision ? » (Unité SGP-Police). La mise en garde : « Attention, nous n’accepterons pas que nos collègues servent de boucs émissaires pour satisfaire une idéologie antiflics » (Alliance police nationale). La menace nette et sans bavure : « Si nos collègues venaient à être injustement condamnés, nous saurons ce qu’il nous reste à faire… et notre colère, personne ne pourra la contenir » (Alliance encore).

    Ces communiqués, les deux syndicats, qui représentent les deux tiers de la profession, les ont rédigés après l’interview accordée par le procureur de Paris, Rémy Heitz, au Parisien le 31 mai. Que disait le magistrat ? Rien de tonitruant, à part que pour la police aussi, la justice passera. « Je veux être très clair : il n’y a aucune volonté de ma part d’éluder les violences [commises par les forces de l’ordre, ndlr] ou de les minimiser. […] Toutes les procédures vont être analysées avec beaucoup d’attention. Il y aura des classements sans suite. Il y aura aussi des renvois de policiers devant le tribunal correctionnel d’ici à la fin de l’année. » D’où cette question : les syndicats de police sont-ils contre l’Etat de droit que leur profession est pourtant censée garantir ?

    Ce rapport de force, les organisations l’ont de tout temps entretenu. En son for intérieur, chaque juge ou presque garde en mémoire ce jour ou des policiers ont roulé des mécaniques devant leur tribunal , après une décision peu appréciée. « Lorsqu’un policier est mis en cause pour une bavure, les syndicats vont à la fois se mobiliser sur la reconnaissance de la légitime défense, mais aussi protester contre les décisions des juges. Le moindre regard de la justice sur un événement déclenche des colères. Les policiers veulent une présomption d’usage légitime de la force », observe Vanessa Codaccioni, maîtresse de conférence à l’université Paris-VIII. Son confrère Fabien Jobard, chercheur au CNRS, dressait le même constat en 2016 dans la revue Esprit, ajoutant tout le sel de l’affaire : « Récurrentes, presque mécaniques, les colères policières sont de celles qui font immanquablement peur au politique. Parce qu’elles s’articulent à une rhétorique systématique de retrait, de vacance de la force publique, les gouvernements leur prêtent d’emblée une écoute inquiète. »

    Voilà qui tombe parfaitement dans le mille. Depuis 2014, la menace terroriste est si forte que la Place Beauvau ne peut se permettre aucun coup de canif dans le contrat. A ce titre, il est d’ailleurs impressionnant de noter à quel point le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et son secrétaire d’Etat, Laurent Nuñez, multiplient les soutiens appuyés aux troupes.

    Le mouvement des gilets jaunes a complexifié la donne, certains bleus ayant parfois envisagé de déposer le casque, étranglés eux aussi par un salaire chiche, des heures pléthoriques et un avenir morose. En cas de renvois massifs, certains syndicats agitent déjà le spectre d’un débrayage des officiers de police judiciaire, qui refuseront alors d’exercer le moindre acte de procédure. C’est dire si l’avis de tempête s’avère sérieux.

    Pour autant, ce type de discours tétanise-t-il les juges ? « Non », rétorquent plusieurs magistrats à Libération. « Les syndicats de police sont en quelque sorte dans leur rôle », estime Sarah Massoud, du Syndicat de la magistrature. En 2012, alors en poste au parquet, elle avait vu 200 policiers déferler devant le tribunal d’Evry après des réquisitions qu’ils estimaient trop clémentes contre des prévenus pour outrage et violences contre des policiers. « En pareil cas, il est primordial que la chancellerie sorte du bois et nous exprime son soutien, insiste la magistrate. Notre indépendance doit être systématiquement protégée et garantie. C’est la condition pour que des décisions courageuses continuent d’être prises. »
    Willy Le Devin , Ismaël Halissat

    Est-ce que les juges et magistrat·es ont un moyen de se protégé du chantage et des menaces des policiers et de leurs syndicats ?

    #impunité #injustice #etat_policier #menace #chantage #syndicat

  • Radicalisation et psychiatrie : les données de deux fichiers pourront être consultées par les préfets
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/05/07/radicalisation-et-psychiatrie-les-donnees-de-deux-fichiers-pourront-etre-con

    Des psychiatres et des associations de patients y voient des « amalgames entre maladie psychique et terrorisme ».

    Les autorités de l’Etat – les préfets dans les départements et le préfet de police à Paris – pourront être prévenues lorsqu’une personne fichée pour « radicalisation terroriste » est hospitalisée sans consentement pour des raisons psychiatriques, selon un décret du ministère des solidarités et de la santé publié mardi 7 mai au Journal officiel.
    Ce texte a « pour objet la prévention de la radicalisation ». Il autorise le croisement de deux fichiers de données à caractère personnel (identité, date de naissance, etc.). L’un, nommé Hopsyweb, concerne les personnes subissant des « soins psychiatriques sans consentement », et l’autre est le Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).

    #psychiatrie #surveillance #secret_médical #anti-terrorisme

  • « À Lille, la police n’a pas aimé cette fresque (peinte par des artistes mexicains du collectif Tlacolulokos) et veut la faire censurer. Du coup, ce serait ballot si, par une sorte d’effet Streisand, elle était relayée un peu partout... »


    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/lille/lille-3000-eldorado-tous-flics-sont-connards-fresque-va

    C’est bien sûr le « ACAB » qui a irrité le syndicat Alliance. On attend évidemment la mobilisation nationale de tous les « Charlie » ... ;)

  • Ce que vous ne voyez pas. La France devient-elle un état policier ? (Antoine Champagne, Reflets.info, 22.04.19)
    https://reflets.info/articles/ce-que-vous-ne-voyez-pas

    Il faudrait être aveugle ou militant politique pour ne pas accepter la réalité. La France se transforme peu à peu en #état_policier. Pris séparément, les signes sont quasiment imperceptibles. Tout au moins, ils ne justifient pas une réaction forte de la population. Et c’est sans doute voulu. Mais mis bout à bout... Premier point, et non des moindres, la #répression_policière des #manifestations. Déjà bien entamée pendant les manifestations contre la Loi travail, contre les soutiens sur la ZAD de Notre-Dame des Landes, elle explose littéralement lors des manifestations des gilets jaunes. Deuxième point, les #lois_liberticides. Elles s’enchaînent depuis des années. Troisième point, l’acceptation. Acceptation par la population. Un Etat ne peut glisser ainsi sans une #acceptation de la population. Et si elle accepte, c’est sans doute qu’elle ne voit pas ce qui se passe ou qu’elle ne se sent pas concernée.

  • Gilets jaunes : Eric Drouet lance une cagnotte pour les manifestants blessés
    https://lemediapresse.fr/actualites/gilets-jaunes-eric-drouet-lance-une-cagnotte-pour-les-manifestants-ble

    Eric Drouet, une des figures populaires du mouvement des Gilets jaunes, a lancé ce mercredi 9 janvier ne cagnotte pour les manifestants blessés sur la plateforme Paypal. « J’adresse un message a tous les personnalités qui on dit nous soutenir (politiques, chanteurs, humoristes etc ), c’est maintenant qu’il faut agir !! Cette cagnotte dont le montant visé […]

  • A propos de Mantes-la-Jolie

    Témoignage d’un professeur d’Issam, 17 ans, atteint au visage par un tir de flashball

    Un élève de la République se rend un matin à l’école de la République et se retrouve aux urgences, la joue déchiquetée à cause de la police républicaine. C’est la France d’aujourd’hui, maintenant, aujourd’hui.

    (Témoignage recueilli par StreetPress, vidéo sur FB.)

    Post de Samir Elyes sur le commissariat de Mantes-la-Jolie (vendredi 7 décembre 2018, 4 h, sur son profil FB)

    Mantes la jolie et son commissariat .

    le 9 juin 1991, Le policier Hiblot tuait Youssef Khaif d’une balle derrière la tete.
    Suite à ce crime le quartier du Val Fourré a été le théâtre de révoltes .
    Tout ça pour dire que le commissariat de Mantes la jolie est classé depuis longtemps parmi les plus racistes .

    C’est d’ailleurs Chirac qui en 1995 a dissous ce fameux syndicat d’extreme droite de la police qui s’appelait le FPIP .
    A l’époque, le commissariat de Mantes la jolie était composé de plus de 80% de policiers encartés dans ce syndicat.
    Apparemment il en reste des traces.

    Aissa Ihich tué à Mantes la jolie le 27 mai 1991 lynché par une dizaine de policiers.
    Il mourra en GAV suite à ses blessures qui ont provoqué une crise d’asthme .
    C’est à époque aussi que grâce aux militants du MIB que la loi sur GAV a pu être modifiée.
    Présence d’un médecin et d’un avocat dès la première heure .
    Jawed Zaouiya tué par l’administration pénitenciere en 1996, suite à un contrôle au faciès .

    Les quartiers ont une histoires .
    La police national française a la sienne.

    Témoignage d’Emma Essop à propos des événements de Mantes
    (source : profil FB)

    Bonsoir,
    J’ai participé ce matin au rassemblement à Mantes-la-Jolie en protestation aux arrestations massives et humiliantes d’hier. Il y avait plusieurs dizaines de personnes, profs, parents, élèves dont certains ont fait partie des jeunes arrêtés, et beaucoup de médias. Quelques infos collectée :
    – Les premières images vidéo viennent d’un policier qui a filmé la scène avec comme commentaire « en voila une classe bien sage ». ll l’a fait supprimer ensuite, apparemment sur ordre de la préfecture, mais les réseaux sociaux avaient déjà capté le film qui témoigne d’une véritable volonté d’humilier et d’un sentiment d’impunité incompatibles avec la simple gestion d’un regroupement violent.
    – Les jeunes ont dû rester deux heures dans la position où on les voit.
    – Des jeunes se sont pris des tirs de flash ball.
    – De nombreux jeunes arrêtés juste devant la grille du lycée n’étaient que de simples badauds qui n’avaient pas participé au cortège sauvage. L’information est confirmée par des profs qui étaient à la grille et leur demandaient, trop tard, de rentrer.
    – Des jeunes ont vu leur garde à vue prolongée au motif qu’il fallait voir toutes les vidéos avant de les libérer. On a donc franchi les 36 heures de GAV.
    – Sur les 50 arrêté-es, la police a trié ceux qui avaient des objets suspects dans leur sac et d’autres non, mais ont arrêté tout le monde. Ils ont libéré d’abord les jeunes filles, les plus jeunes après vérification d’identité. Le reste a été en GAV avec libération de certain-es selon des critères qui sont obscurs.
    – Certains arrêtés sont dans de lointains commissariats : Trappes, Plaisir. Certains parents n’ont pas de véhicule pour aller les chercher.
    – Tous les jeunes et les parents avec qui j’ai discuté m’ont indiqué venir à Paris demain samedi pour la manif des gilets jaunes, ce qu’ils n’auraient pas fait sans cette arrestation.
    – Enfin, Mantes a été le lieu en 1991 d’émeutes similaires, où le jeune Aïssa a été arrêté (l’enquête montrera qu’il n’avait pas participé aux émeutes), enfermé dans une cellule où il est mort d’une crise d’asthme pendant la nuit, alors que les gendarmes et le médecin de garde refusaient que la famille lui apporte sa ventoline.

    #police #lycéens #violencespolicières #mantes #racisme #état_policier #répression #autoritarisme #mantes_la_jolie #manteslajolie #banlieue #quartiers

  • Yasser, 17 ans, est sorti cet après-midi de garde à vue. Il y a passé la nuit après avoir été interpellé à Mantes-la-Jolie.

    Sihame Assbague sur son compte FB :

    Yasser, 17 ans, est sorti cet après-midi de garde à vue. Il y a passé la nuit après avoir été interpellé à Mantes-la-Jolie. Il raconte l’humiliation subie hier et les insultes, notamment racistes : « sale arabe », « sale gros », « avec vos gueules là ».

    Il fait partie de ceux qui étaient face au mur, les mains attachés avec des rilsans. « Il y avait des filles & des garçons qui pleuraient...on n’a jamais vécu ça. Il y en a aussi qui disaient que les zip étaient serrés trop fort. Moi, j’ai encore les traces tellement ça nous a fait mal. Et les policiers se moquaient de nous. »

    Yasser explique que ses camarades & lui se sont retrouvés à 15 dans une cellule prévue pour 5 : « Moi j’ai dormi par terre, il y en a ils ont essayé de se serrer sur les banquettes mais il n’y avait pas de place. »

    Il a pris le temps de répondre à mes questions malgré la fatigue & des émotions encore palpables..."parce que c’est important".

    Il est sorti aujourd’hui avec un rappel à la loi. « Je suis choqué. C’était très difficile je vais pas mentir mais je savais que j’allais sortir. Mais c’est pas normal. Ce matin, en nous voyant en cellule une policière a dit ’on se croirait au zoo de Thoiry’. Ça veut dire quoi, on est des animaux, nous ? »

    #lycéens #police #racisme #mantes #mantes_la_jolie #manteslajolie #banlieue #mantes_la_jolie #manteslajolie #banlieue

  • Une garde à vue pour quelques fleurs ?
    https://nantes.indymedia.org/articles/43468

    Katia est infirmière, elle vit à #reims avec sa fille. Vendredi 2 novembre, elle était devant sa mairie pour exiger l’interdiction de tous les pesticides de synthèse. Plus de 600 rassemblements avaient lieu pacifiquement en même temps. On y a chanté, parlé, ri… et certains ont voulu laisser une trace fugace de leur passage.

    #Ecologie

    • Sur les marches en béton brut de sa mairie en travaux, Katia a peint quelques coquelicots à la peinture à l’eau. Puis s’en est allée dîner avec sa fille dans un restaurant voisin. C’est là que deux policiers sont venus l’interpeller. Amenée au commissariat à 20h, elle y a été prise en photo, ses empreintes ont été relevées et on l’a placée en garde à vue jusqu’à 11h le lendemain. Fichée pour quelques fleurs éphémères ! Convoquée en janvier 2019, elle risque une amende de 500 € et un stage de citoyenneté.

      #répression #intimidation #état_policier

  • Judge Dredd’s not dead

    Le gouvernement des Juges dans la méga-cité

    Par Bruno Thomé

    http://jefklak.org/judge-dredds-not-dead

    Carlos Ezquerra nous a quitté la semaine dernière. RIP.

    En 1977, deux ans après la mort du général Franco, le dessinateur espagnol avait imaginé l’uniforme aux larges épaulettes dorées de Judge Dredd, personnage phare des comics britanniques, évoluant dans un monde post-apocalyptique régi par un État policier ultra autoritaire. Plus de quarante ans après, l’implacable flic du futur opère toujours dans les BD et au cinéma ; une série TV est même en production. Alors que, selon un récent rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police française n’a jamais autant tiré à balles réelles sur la population, le Juge Dredd et son permis de tuer sur place constituent-t-il un modèle pour la police moderne ?

  • Benalla et l’arc d’extrême droite, par Frédéric Lordon
    https://blog.mondediplo.net/benalla-et-l-arc-d-extreme-droite

    L’affaire Benalla, c’est la police qui en parle le mieux. « Nous avons le sentiment que d’une affaire Benalla, on est en train de faire une affaire de police (1) », déclare un syndicaliste policier. Précisément. Et d’ajouter dans un éclair de lucidité dévastatrice : « Ce n’est pas ça la police. Il a ruiné notre image. » Bien sûr, avant d’être dévastatrice, cette lucidité est paradoxale puisqu’elle prend la forme retournée de la dénégation, ce tour du psychisme qui fait dire la vérité mais en énonçant le contraire de la vérité. En lieu et place de « ça n’est pas ça la police » et « il a ruiné notre image », le lecteur attentif aura évidemment rectifié de lui-même pour entendre « la police, c’est tout à fait ça (si ça n’est pas bien pire) » et « il a mis en pleine lumière ce que nous sommes ».

    La mise au débat public des manières réelles de la police via les méfaits d’un séide de seconde zone fait irrésistiblement penser à Al Capone, tombé pour fraude fiscale. Hegel appelait « ruse de la raison » cette manière particulière qu’emprunte parfois l’histoire pour s’accomplir : les tournants majeurs se négocient au milieu des broutilles, et l’Histoire majestueuse avance par les forces des histoires de cornecul. L’Histoire de la période présente, c’est qu’il y a un problème de police, et même de police-justice, dans ce pays, un problème de première grandeur, où il faudra bien se décider à voir un symptôme politique.

    #police #Etat_policier #démocratie_blindée #barbouzes

  • Corruption : deux ans et demi de prison ferme en appel pour l’ex-star de la police Michel Neyret
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/06/12/corruption-deux-ans-et-demi-de-prison-ferme-en-appel-pour-l-ex-star-de-la-po
    £e e-monde ment, ce super-flic corrompu n’est en fait condamné à 8 mois deja pûrgés :

    Ayant déjà passé huit mois en détention provisoire, il pourra solliciter un aménagement de peine pour ne pas retourner en prison.

    La police est traumatisé dit le monde !!!

    #castes #injustice #etat_policier

  • Hébergement d’urgence : le gouvernement veut recenser les sans-papiers - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2017/12/13/hebergement-d-urgence-le-gouvernement-veut-recenser-les-sans-papiers_1616

    Les autorités pourront, précise une circulaire, aller dans les centres recenser les personnes sans papiers, afin de les orienter vers d’autres dispositifs. Des associations s’insurgent.

    Les centres d’hébergement d’urgence vont devoir laisser des « équipes mobiles » entrer dans leurs locaux afin de recenser les personnes sans papiers. C’est le sens d’une circulaire adressée, mardi, par le ministère de l’Intérieur aux préfets. Ces équipes seront composées d’au moins un agent de préfecture compétent en droit des étrangers et d’agents de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, auxquels pourront s’ajouter « des personnels compétents en matière de veille ou d’évaluation sociale ». Après avoir prévenu vingt-quatre heures à l’avance de leur passage, elles se rendront dans les centres d’hébergement d’urgence afin de « s’entretenir avec les personnes étrangères » pour « procéder à l’évaluation administrative » de leur situation.

    « Des milliers de familles à l’hôtel »

    Le 8 décembre, une vingtaine d’associations avaient collectivement quitté une réunion avec Gérard Collomb (ministre de l’Intérieur) et Jacques Mézard (ministre de la Cohésion des territoires) place Beauvau, pour protester contre ce projet. Elles dénonçaient une logique « de recensement, d’étiquetage et de triage ». « La mise en œuvre de cette circulaire aura des effets désastreux pour les personnes sous statut Dublin, déboutées ou sans titre : la fin de la prise en charge dans l’hébergement, c’est-à-dire la remise à la rue des personnes qui n’ont plus de possibilité de recours, donc la reconstitution de campements, le passage à une forme de clandestinité dangereuse pour les personnes », s’inquiète auprès de Libération Florent Guéguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (Fnars). « Pour des milliers de familles à l’hôtel qui sont également visées par la circulaire (et dont nous savons qu’elles sont majoritairement sans titre), cela veut dire rupture de prise en charge, déscolarisation, rupture de soins… D’ailleurs, la question est : où vont aller ces personnes ? » ajoute-t-il.

    La Fnars envisage désormais toutes les possibilités de recours, mais elle prévient : elle ne fera pas d’orientation vers l’aide au retour contraint, ce qui est prévu pour les étrangers faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire (OQTF). Même si elle s’inquiète d’éventuelles sanctions financières pour les associations qui feraient barrage, les centres d’hébergement étant financés par l’Etat.

    La circulaire rappelle « le principe d’inconditionnalité de l’accès à l’hébergement d’urgence » mais demande aux préfets d’organiser « un dispositif de suivi administratif robuste » des personnes en situation irrégulière bénéficiant d’un hébergement d’urgence. Derrière l’instruction à « veiller à une orientation adaptée » de ces personnes, persiste bien l’idée de libérer des places pour les personnes sans domicile fixe françaises et étrangères en situation régulière. C’est d’ailleurs écrit noir sur blanc : le recensement par les équipes doit permettre « de réduire le nombre de personnes qui, hébergées pour une durée parfois longue, restent "sans statut" ou ne peuvent bénéficier » de leurs droits.

    « Répartition équilibrée » des réfugiés sur le territoire

    Une autre circulaire consacrée au relogement des réfugiés, c’est-à-dire des personnes ayant obtenu la protection de l’Etat français, demande aux préfets de mobiliser 20 000 logements d’ici à la fin de l’année 2018, en cherchant à assurer une « répartition équilibrée » de ceux-ci sur le territoire. Selon les textes, les préfets devront apporter « une attention spécifique aux réfugiés réinstallés depuis le Proche-Orient ou l’Afrique en lien avec le Haut-Commissariat aux réfugiés ».
    Kim Hullot-Guiot avec AFP

    Du pur Macron : on rappelle les droits qu’on prétend respecter en théorie et sur le terrain on met en place des méthodes dégueulasses jamais vues sous aucun gouvernement précédent. Ce type est clairement dangereux avec son faux sourire de vendeur d’assurances vie. Et le fait de préciser "les préfets devront apporter « une attention spécifique aux réfugiés réinstallés depuis le Proche-Orient ou l’Afrique en lien avec le Haut-Commissariat aux réfugiés" est incroyable. Là, en gros, on dit faudrait quand même faire attention où on va caser les noirs et les arabes et les surveiller de près. Bientôt ils vont nous créer des camps directement affectés à cette surveillance, mais doucement et petit à petit, dans une continuité idéologique inéluctable.
    Nous sommes dans un système protofasciste !
    #immigration #racisme #logement #sdf #état_policier

  • Google, Amesys, même combat.
    https://www.laquadrature.net/fr/smash-hypercapitalism

    Paris, le 5 décembre 2017 — La Quadrature du Net publie ci-dessous une #Tribune d’Okhin Du 21 au 24 novembre dernier, à Villepinte (région parisienne), se tenait le salon Milipol (pour Militaire/Police), « l’événement mondial de la sécurité des États ». En plus des habituels trafiquants marchands d’armes qui font la fierté de l’industrie française (ayons une pensée émue pour Michèle Alliot-Marie qui exporta en Tunisie notre savoir-faire en matière de maintien de l’ordre), il y a, depuis quelques années maintenant, des marchands de matériel informatique et de solutions de supervision des populations. Vous avez forcément entendu parler d’Amesys, de Qosmos, de Palantir et autres Hacking Team qui se sont spécialisés dans le développement de solutions clef en main d’espionnage et (...)

    #Surveillance

  • « Depuis l’état d’urgence, il est devenu normal d’aller en prison pour ce qu’on pourrait faire, et non pour ce qu’on a fait. »

    État d’urgence, État policier et loi de sécurité : table ronde avec des avocat·es

    Par Mathieu Rivat et Ferdinand Cazalis

    http://jefklak.org/?p=4853

    Dans nos parcours de militant·es ou dans notre vie quotidienne, on a de plus en plus souvent affaire à la police et à la justice. Les avocat·es peuvent alors se révéler d’important⋅es allié·es. Mais nous avons rarement le temps de discuter pour leur demander quel regard ils et elles portent sur leur métier. Jef Klak a mis autour de la table cinq avocat·es pénalistes du barreau de Paris, pour nous aider à y voir plus clair dans la période d’état d’urgence que nous venons de traverser et dans celle d’état d’urgence permanent où nous entrons.

    Matteo : Selon la conception libérale classique, tout ce qui n’est pas interdit est permis. Aujourd’hui, nous sommes passés dans une doctrine prescriptive. Ce n’est pas « Il est interdit de marcher sur la pelouse », et à chacun de voir où et comment il marche, c’est « Il faut marcher comme ceci sur le chemin ». Nous vivons la régression d’un État de droit, certes imparfait, qui se mue en un État policier, avec une discipline prescrite des comportements des citoyens. Cela se double de mesures qui ne sont pas prises par un juge du siège, censé garantir le minimum de libertés, car appelé à juger sur la base de preuves après la commission d’une infraction, mais par les préfets et les services de renseignement, à titre préventif. Donc sans procédure ni débat contradictoire, et sans séparation des pouvoirs : le préfet, c’est la voix directe du gouvernement. Les pouvoirs du judiciaire passent donc dans les mains de l’exécutif, sous couvert de prévention du risque.

    Alice : Et à cela s’ajoute une moralisation des conduites : on va contrôler ton quotidien. Les fouilles de sacs et palpations pour « mesures de contrôle » sont devenues monnaie courante dans les lieux publics ou les magasins. Alors que ce n’est absolument pas permis par la loi, qui assimile la fouille des sacs à une perquisition et impose le respect d’une procédure précise. La violation de la loi par les agents de l’État ou de sécurité, sur ce point, est quotidienne, sans que cela pose problème. Si le droit était appliqué, il serait en certaines occasions protecteur, mais ce n’est pas le cas. Et cette longue habituation aux fouilles permanentes depuis Vigipirate (un dispositif d’« exception » en place depuis 1991 !) a permis de faire accepter la même chose à l’entrée des manifestations, et de se retrouver avec des procès pour port d’armes contre des gens qui avaient un tire-bouchon sur eux !