• L’Afrique en première ligne du durcissement de la politique migratoire de Donald Trump
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/08/07/l-afrique-en-premiere-ligne-du-durcissement-de-la-politique-migratoire-de-do

    L’Afrique en première ligne du durcissement de la politique migratoire de Donald Trump
    Par Morgane Le Cam
    Pour les Africains, voyager aux Etats-Unis tient de plus en plus du parcours du combattant. Après l’ajout, en janvier et en avril, de 23 nouveaux pays du continent sur la liste des Etats dont les ressortissants doivent désormais verser une caution au moment de déposer leur demande de visa, l’administration américaine a augmenté, lundi 3 août, le montant de cette garantie.
    La mesure, qui doit entrer en vigueur le 20 août, concerne les demandeurs de visa touriste ou affaires, ressortissants de 50 Etats à travers le monde, dont 30 en Afrique. Auparavant établie entre 5 000 et 15 000 dollars (entre 4 340 et 13 000 euros), cette caution s’élève désormais à 10 000, 15 000 ou 20 000 dollars « en fonction de la situation du demandeur telle qu’évaluée par le fonctionnaire consulaire », précise le règlement publié par le département d’Etat.
    Washington généralise ainsi son programme de demande de caution pour obtenir un visa, lancé en août 2025 pour un an, après avoir constaté le succès de ce dernier « pour réduire les abus en matière de visas et les séjours illégaux » sur le sol américain, précise le même document. Avec ce nouveau durcissement des conditions d’accès au territoire américain, Washington renforce sa lutte contre l’immigration irrégulière – l’une des priorités de l’administration de Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche, en 2025. Et, une nouvelle fois, l’Afrique figure parmi les principales cibles.
    Un durcissement de la politique migratoire de Donald Trump, notamment en Afrique
    D’après un rapport adressé au Congrès par le département de la sécurité intérieure en juillet 2025, les Africains ne représentaient que 4,8 % des voyageurs étrangers aux Etats-Unis en 2024, soit 584 000 personnes sur les 12,1 millions de titulaires de visa touriste ou affaires cette année-là. Mais ils sont plus nombreux que la moyenne à dépasser la durée de séjour autorisée sur le sol américain. Selon le même document, 5,6 % des voyageurs africains aux Etats-Unis en 2024 se sont maintenus illégalement sur le territoire à l’issue de la date d’expiration de leur visa (33 000 personnes), tandis que le taux moyen de dépassement de séjour était de 2,3 % cette même année.
    Parmi les pays sujets à des restrictions de visa, vingt-six sont africains
    Les expulser coûte cher à l’administration américaine : 18 042 dollars en moyenne par étranger, selon le règlement du département d’Etat cité plus haut. D’où l’augmentation du montant de la caution qui, en cas de dépassement de la durée de séjour autorisée, n’est pas restituée au ressortissant. Washington s’assure ainsi de pouvoir compenser l’ensemble des coûts liés à l’expulsion de ces migrants.
    Selon une estimation du centre d’études Migration Policy Institute, 15 000 des voyageurs restés illégalement sur le territoire américain ont été expulsés en 2025 vers des pays tiers, c’est-à-dire vers des Etats dont ils ne sont pas originaires, mais dont Washington se sert comme sous-traitants. Là encore, l’administration Trump a ciblé les Etats africains : 14 d’entre eux ont conclu des accords avec Washington en 2025 et 2026 – sur 35 pays au total –, acceptant d’accueillir des ressortissants issus de pays tiers en échange d’argent, d’aide au développement ou de facilités de visas pour leurs propres ressortissants.
    Les 30 et 31 juillet, des dizaines de migrants, bénéficiant pourtant pour la plupart de mesures de protection de la part de la justice américaine pour empêcher leur expulsion, ont ainsi été envoyés vers la Guinée équatoriale, la Sierra Leone, le Ghana et la République centrafricaine. Trente-six autres migrants, expulsés contre leur gré des Etats-Unis vers le Cameroun, entre janvier et mai, ont saisi la justice camerounaise pour demander la protection juridique dans le pays et la suspension de l’accord migratoire conclu entre Washington et Yaoundé, a annoncé leur avocat, mercredi 5 août. Ils espèrent bloquer leur expulsion vers leur pays d’origine.
    Alors que de plus en plus d’Etats africains acceptent d’accueillir les migrants expulsés par l’administration Trump, Washington a restreint ou interdit de voyage sur le sol américain les ressortissants de certains de ses sous-traitants. En décembre 2025, la Maison Blanche a publié une liste de 24 nouveaux pays – parmi lesquels 17 pays africains –, dont les citoyens sont tantôt interdits, tantôt soumis à des restrictions de visa aux Etats-Unis. Sur celle-ci figure la Sierra Leone et le Soudan du Sud, pourtant signataires d’accords migratoires avec Washington. Au total, 26 Etats du continent sont soumis à des restrictions ou à une interdiction de voyage outre-Atlantique.
    Quant aux citoyens africains qui, eux, conservent sur le papier la possibilité de demander un visa, ils ne sont pas au bout de leurs peines. Outre la caution dont la plupart doivent désormais s’acquitter – d’un montant exorbitant au regard du niveau de vie moyen dans les pays concernés –, certains doivent aussi voyager… pour déposer leur demande de visa.Le 15 juillet, le département d’Etat a annoncé dans un communiqué la suppression de ses services consulaires dans 25 capitales et grandes villes africaines dans le cadre d’une « réorganisation des services de visas en Afrique autour de pôles régionaux ». Les ressortissants de ces 25 pays devront désormais se rendre dans l’un des 20 Etats ayant conservé leur capacité à délivrer le précieux sésame.

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  • Etats-Unis : Donald Trump prend un décret censé empêcher le « tourisme des naissances » et contester le droit du sol
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/06/etats-unis-donald-trump-prend-un-decret-cense-empecher-le-tourisme-des-naiss
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    Etats-Unis : Donald Trump prend un décret censé empêcher le « tourisme des naissances » et contester le droit du sol
    Le Monde avec AFP
    Donald Trump a signé, jeudi 6 août, un décret censé empêcher le « tourisme des naissances », consistant pour des étrangères à accoucher aux Etats-Unis afin que leur enfant soit américain, dans une nouvelle tentative pour remettre en question le droit du sol.
    Le président américain a dit vouloir procéder à des « ajustements » après une décision qu’il a qualifiée de « très malheureuse » de la Cour suprême, laquelle avait annulé il y a un peu plus d’un mois un décret supprimant le droit du sol pour les enfants d’immigrés en situation irrégulière.
    Les enfants nés aux Etats-Unis de parents « présents illégalement ou temporairement » sont « citoyens par la naissance en vertu du 14e amendement » de la Constitution, avait conclu la Cour en annulant le décret pris par M. Trump dès son retour au pouvoir. Il s’agissait d’une mesure emblématique pour le dirigeant républicain, qui a mis en œuvre une politique d’immigration très restrictive, même si de nombreux experts avaient prédit dès le départ qu’elle serait rejetée par la Cour suprême.
    Le président américain, dans un échange avec la presse dans le bureau Ovale, a dit penser que sa nouvelle offensive pour limiter le droit du sol, à la marge cette fois, serait, elle, jugée conforme à la Constitution. Son proche conseiller Stephen Miller, l’un des principaux inspirateurs de la politique anti-immigration de Donald Trump, a décrit le « tourisme des naissances » comme « un des abus les plus graves et flagrants » du droit américain.Les spécialistes soulignent toutefois que ce phénomène reste marginal, par rapport aux plus de 250 000 naissances annuelles d’enfants d’immigrés en situation irrégulière ou de résidents temporaires aux Etats-Unis.
    Stephen Miller a assuré, par ailleurs, que le gouvernement américain « étendait » les catégories de personnes auxquelles le droit du sol ne s’applique pas, pour inclure par exemple les « membres d’organisations terroristes » ou des personnes « agissant pour le compte de gouvernements étrangers ». Le nombre de personnes potentiellement concernées et l’impact de ces nouvelles mesures, alors que des restrictions au droit du sol existent déjà, ne sont toutefois pas clairs.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#politiquemigratoire#natalite#droitdusol#immigration#sante#droit

  • Aux Etats-Unis, une réforme pour accélérer l’expulsion des demandeurs d’asile
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/29/aux-etats-unis-une-reforme-pour-accelerer-l-expulsion-des-demandeurs-d-asile

    Aux Etats-Unis, une réforme pour accélérer l’expulsion des demandeurs d’asile
    Les demandes pourront être directement adressées à des juges sans entretien préalable avec un agent des services de l’immigration, limitant la durée pendant laquelle les requérants pourront rester dans le pays.
    Le Monde avec AFP
    L’administration Trump a annoncé, mardi 28 juillet, un changement dans la procédure de demande d’asile aux Etats-Unis, une réforme présentée comme une simplification mais qui pourrait accélérer l’expulsion de centaines de milliers de personnes.Avec ce nouveau tour de vis de l’exécutif américain sur l’immigration, des demandes d’asile pourront désormais être directement adressées à des juges de l’immigration sans entretien préalable avec un agent des services de l’immigration.Le système actuel, qui autorise ces deux passages en revue du dossier, « permet aux étrangers de tenter d’avoir une deuxième chance avec l’asile », a déclaré le ministère de la sécurité intérieure dans un communiqué.
    Les nouvelles dispositions « vont raccourcir le temps total passé par les agents de l’asile et les juges de l’immigration pour statuer sur des demandes », a souligné le ministère. Jusqu’à 444 724 personnes dont la procédure est en cours « pourraient être touchées » par cette régulation, sur les près de 1,5 million de dossiers en cours d’examen, a-t-il précisé.« Le système d’asile américain existe pour protéger les personnes qui craignent réellement des persécutions », a déclaré Joseph Edlow, le directeur des services de citoyenneté et d’immigration (Uscis), l’agence du ministère chargée, notamment, des demandes d’asile.
    Cette réforme, annoncée mardi, à effet immédiat, va « faire en sorte que les ressources soient consacrées au traitement rapide de ces demandes plutôt qu’à celles de personnes qui cherchent à utiliser le système comme une faille » en restant sur le territoire américain le temps d’attendre une décision finale, a-t-il ajouté, cité dans le communiqué. Donald Trump a été réélu à la Maison Blanche sur la promesse d’un durcissement de la politique migratoire, et son gouvernement a multiplié les mesures en ce sens et mené une campagne d’expulsion massive des sans-papiers vivant aux Etats-Unis.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#politiquemigratoire#asile#droit#sante#expulsion

  • Le Mexique dépose plainte aux Etats-Unis après la mort de migrants aux mains de l’ICE, la police de l’immigration
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/22/le-mexique-depose-plainte-aux-etats-unis-apres-la-mort-de-migrants-aux-mains

    Le Mexique dépose plainte aux Etats-Unis après la mort de migrants aux mains de l’ICE, la police de l’immigration
    Dix-sept Mexicains sont morts dans des centres de détention du service de l’immigration et des douanes ou lors de descentes effectuées par ses agents, depuis le retour de Donald Trump à la présidence, en janvier 2025.
    LeMonde avec AFP
    Le Mexique a déposé des plaintes pénales aux Etats-Unis pour la mort de Mexicains placés en détention ou tués lors d’opérations menées par les autorités de ce pays, a annoncé le gouvernement, mercredi 22 juillet. La présidente, Claudia Sheinbaum, avait annoncé ces plaintes le 9 juillet.Dix-sept Mexicains sont morts dans des centres de détention du service de l’immigration et des douanes (ICE) ou lors de descentes effectuées par ses agents, depuis le retour de Donald Trump à la présidence, en janvier 2025. Il avait promis lors de sa campagne d’expulser des millions de ressortissants étrangers en situation irrégulière.
    La diplomatie mexicaine a détaillé dans un communiqué avoir déposé 20 plaintes – huit auprès de procureurs d’Etat et 12 auprès de procureurs de comté – dans les juridictions où les décès sont survenus, dans les Etats de l’Arizona, de la Californie, de la Floride, de la Géorgie, de l’Illinois, de la Louisiane, du Missouri et du Texas.
    L’ambassadeur du Mexique aux Etats-Unis, Roberto Lazzeri, a « demandé que chaque affaire soit élucidée » lors de réunions avec le département de la sécurité intérieure (DHS) et l’ICE, est-il précisé dans le communiqué. Lors de ces rencontres, M. Lazzeri a également « transmis les préoccupations » du Mexique concernant les conditions dans les centres de détention pour migrants, a fait savoir le ministère des affaires étrangères.Le chef de la diplomatie mexicaine, Roberto Velasco, a également demandé au haut-commissaire de l’Organisation des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, de solliciter des informations aux Etats-Unis sur ce sujet et de formuler des « recommandations techniques pour prévenir des faits de cette nature ». Le gouvernement de Claudia Sheinbaum a toutefois écarté l’idée que ces plaintes puissent affecter la relation vitale du Mexique avec les Etats-Unis, au moment où se déroule la négociation pour la révision du traité de libre-échange nord-américain, l’Aceum (USMCA en anglais), qui a remplacé l’Alena en 2020.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#mexique#politiquemigratoire#expulsion#ICE#sante#mortalite#droit#detention

  • Donald Trump demande à l’ICE de maintenir ses contrôles routiers, suspendus après la mort de deux personnes tuées par des agents
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/15/donald-trump-demande-a-l-ice-de-maintenir-ses-controles-routiers-suspendus-a

    Donald Trump demande à l’ICE de maintenir ses contrôles routiers, suspendus après la mort de deux personnes tuées par des agents
    Chargés de mettre en œuvre la campagne d’expulsion massive voulue par le président américain, les agents de la police de l’immigration font l’objet d’une vive opposition à travers le pays en raison de leurs méthodes agressives.
    Le Monde avec AFP
    Les Etats-Unis font de nouveau volte-face quant au sort de la police de l’immigration américaine (ICE). Donald Trump s’en est pris, mercredi 15 juillet, à la décision de cette dernière de suspendre ses contrôles routiers, après la mort de deux personnes tuées par des agents en moins d’une semaine. La veille, le ministère de la sécurité intérieure américain (DHS) avait en effet interrompu les contrôles routiers de cette agence fédérale, au lendemain de la mort d’un Colombien, abattu dans le Maine au volant de sa voiture. La semaine dernière, un Mexicain avait également été tué par un agent de l’ICE au Texas alors qu’il conduisait sa camionnette. « Nous ne pouvons PAS renoncer à l’un des outils les plus importants et les plus efficaces de l’ICE dans la lutte contre la criminalité : LES CONTRÔLES ROUTIERS ! », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, mercredi matin.
    « Dès que nous le ferons, nous ferons exactement le jeu des criminels. Les “Dumocrats” [un jeu de mots péjoratif visant les démocrates] de la gauche radicale aimeraient que cela arrive, mais cela ne se produira pas sous ma présidence, a-t-il poursuivi. ICE, agissez avec discernement, équité et intelligence, et reprenez votre travail si important. » S’exprimant devant la presse, mardi, à la Maison Blanche, le conseiller de Donald Trump sur l’immigration, Tom Homan, avait confirmé qu’une « pause » était en cours concernant les contrôles routiers, tout en affirmant que cette méthode était efficace et serait rétablie.
    Chargés de mettre en œuvre la campagne d’expulsion massive voulue par le président américain, les agents de l’ICE, lourdement armés et le plus souvent masqués, font l’objet d’une vive opposition à travers le pays en raison de leurs méthodes agressives, ayant notamment provoqué la mort par balle de deux citoyens américains en janvier à Minneapolis. Des organisations de défense des droits ont identifié la victime de la fusillade de lundi à Biddeford, dans le Maine, comme étant Joan Sebastian Guerrero, un livreur colombien âgé de 26 ans et autorisé à travailler aux Etats-Unis. Il y vivait avec son épouse et leur fille de 3 ans. Le président colombien Gustavo Petro, critique virulent de la politique migratoire de Donald Trump, a qualifié cette mort de « meurtre ». Dans la fusillade survenue la semaine dernière au Texas, les autorités de l’immigration ont affirmé que Lorenzo Salgado, 52 ans, avait tenté de renverser un agent de l’ICE avec son véhicule, une version contestée par plusieurs témoins

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  • ICE, la police fédérale américaine de l’immigration, fait une nouvelle victime et provoque la colère dans le Maine
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/14/etats-unis-ice-la-police-federale-de-l-immigration-fait-une-nouvelle-victime

    ICE, la police fédérale américaine de l’immigration, fait une nouvelle victime et provoque la colère dans le Maine
    Joan Sebastian Guerrero, un Colombien de 26 ans, a été tué lundi 13 juillet à Biddeford. Il aurait été confondu avec un autre objectif des agents fédéraux, tout comme Lorenzo Salgado Araujo, mort dans des conditions similaires à Houston, le 7 juillet.
    Par Nicolas Chapuis (New York, correspondant)
    Pour la deuxième fois en six jours, l’ICE, la police de l’immigration américaine, a tué un homme au volant de sa voiture, au cours d’une intervention dont il n’était pas la cible initiale. Joan Sebastian Guerrero, un Colombien de 26 ans, a été abattu lundi 13 juillet au matin par des agents fédéraux à Biddeford (Maine), dans le nord-est des Etats-Unis. Sa mort intervient après celle de Lorenzo Salgado Araujo, dans des circonstances similaires, à Houston (Texas), le 7 juillet. Les faits se sont déroulés au petit matin, dans cette ville côtière, non loin de la capitale du Maine, Portland. « L’ICE effectuait une surveillance ciblée à la dernière adresse connue d’un étranger en situation irrégulière visé par une ordonnance définitive d’expulsion. Un étranger en situation irrégulière a quitté la résidence à bord d’un véhicule. Les agents de l’ICE ont tenté de procéder à l’interception du véhicule. Le véhicule a essayé de prendre la fuite et, craignant pour la sécurité publique, un agent a fait usage de son arme à feu », a expliqué le département de la sécurité intérieure (DHS), dans un communiqué de presse publié sur les réseaux, lundi soir, plus de douze heures après les faits.
    La communication autour de cette affaire a été pour le moins erratique. Le sénateur indépendant du Maine, Angus King, a informé les médias que Markwayne Mullin, le secrétaire à la sécurité intérieure, l’avait contacté pour lui annoncer que l’homme abattu faisait l’objet d’un mandat d’arrêt et d’une obligation de quitter le territoire. Avant de le rappeler pour se rétracter : la victime ne faisait l’objet d’aucune poursuite. Il a ensuite été identifié par la presse locale. Selon le Portland Press Herald, qui a interrogé des défenseurs des droits des migrants en contact avec la famille, Joan Sebastian Guerrero, marié et père d’une petite fille, disposait d’un permis de travail et d’un numéro de Sécurité sociale. Aucune vidéo montrant l’intégralité des faits à Biddeford n’a pour l’instant émergé. Sur des extraits récupérés lundi par le Bangor Daily News, un journal local, on peut voir des agents sortir d’un véhicule le corps inerte d’un homme, le plaquer au sol et lui passer les menottes dans le dos. Un témoin cité par Associated Press assure que Joan Sebastian Guerrero, couvert de sang mais encore conscient, aurait dit : « J’ai essayé de m’arrêter. »
    Dans son communiqué, le DHS assure que les secours ont été immédiatement appelés et que l’homme est mort des suites de ses blessures. Aucun des agents ne portait de caméra-piéton, alors que l’administration s’était engagée à généraliser cette pratique. L’enquête a été confiée à l’inspecteur général du DHS, en lien avec le FBI. Le scénario ressemble à celui de Houston, où les autorités poursuivaient d’autres suspects mais ont confondu les véhicules et ont pris en chasse Lorenzo Salgado Araujo. Ils assurent que l’homme, un Mexicain de 52 ans, a pris la fuite puis a tenté de se servir de son van pour les cibler, ce qui a justifié les coups de feu mortels de la part de l’ICE. Des membres de sa famille présents dans la voiture avec lui démentent formellement cette version, mais aucune caméra n’était en service.
    Les déclarations aléatoires de Markwayne Mullin ont provoqué la colère des élus locaux, notamment démocrates, outrés que la victime ait été mise en cause faussement dans un premier temps. « Ce nouveau développement rend cette tragédie encore plus troublante et révoltante, et il met en lumière la manière irresponsable et désordonnée dont sont menées les opérations de contrôle de l’immigration dans le Maine et à travers tout le pays. Cela doit cesser », a publié sur ses réseaux la gouverneure de l’Etat, Janet Mills. Markwayne Mullin a été nommé à la tête du DHS au mois de mai, après l’éviction de Kristi Noem, mise en cause pour sa gestion de la situation dans le Minnesota, où les agents fédéraux ont abattu deux Américains, Renee Good et Alex Pretti, dans le cadre d’une grande opération anti-immigration. Leur mort, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, avait provoqué un mouvement de révolte à Minneapolis-Saint Paul et avait contribué à rendre impopulaire la politique antimigrants de Donald Trump. Le Maine, où réside une grande communauté somalienne, à l’instar du Minnesota, fait partie des zones dans le viseur de Donald Trump, qui voue une détestation à cette diaspora. Des centaines de manifestants ont afflué à Biddeford pour protester, notamment devant les bureaux de Susan Collins, la sénatrice républicaine. Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier 2025, 11 personnes sont tombées sous les balles des agents fédéraux anti-immigration, et 52 sont mortes en détention.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#ICE#politiquemigratoire#sante#mortalite#droit

  • « On peut se débarrasser de son stress ici » : à Oakland, loin de la Coupe du monde, le « pouvoir du football » au service des réfugiés
    https://www.lemonde.fr/sport/article/2026/07/08/on-peut-se-debarrasser-de-son-stress-ici-a-oakland-loin-de-la-coupe-du-monde

    « On peut se débarrasser de son stress ici » : à Oakland, loin de la Coupe du monde, le « pouvoir du football » au service des réfugiés
    L’organisation Soccer Without Borders est installée au sein d’un lycée de la ville californienne qui n’accueille que des migrants ou des réfugiés.
    Par Eric Collier (Oakland [Californie], envoyé spécial)
    Deux mondes jouent au football sans se côtoyer dans la baie de San Francisco. Pendant que le grand monde – les « FIFA people » comme on les appelle parfois aux Etats-Unis – dispute le Mondial 2026, quatre petites équipes de l’agglomération californienne jouent un tout autre match, où il est question de leur intégration dans un pays qui ne les attendait pas. Leur siège est basé au croisement de deux rues d’un quartier sans charme d’Oakland, tout près de la célèbre université de Californie à Berkeley et très loin de l’opulence de la Silicon Valley, de l’autre côté de la baie. Ici, au 4521 Webster Street, une brève colonnade ocre précède l’entrée de l’International High School d’Oakland, un lycée où les élèves sont tous « des migrants ou des réfugiés », précise Felipe (il préfère ne pas donner son nom de famille), l’un des instructeurs-entraîneurs de l’école.
    « Quand vous arrivez à Oakland et que vous ne parlez pas anglais, on vous dirige vers cette école », précise celui qui occupe une double fonction : gestionnaire de cas et entraîneur de football. Le lycée qui l’emploie accueille en effet une association tournée vers un football charitable et généreux, Soccer Without Borders (« football sans frontières »), établie dans trois pays et dont le siège est à Baltimore (Maryland). Lui-même dirige l’une des quatre équipes présentes dans l’établissement, qu’il a baptisée Internationals Football Club. Les élèves sont répartis en fonction de leur âge dans trois autres formations, Lotus FC-U17 (moins de 17 ans), Belugas FC-U19 (moins de 19 ans) et Copa Unidos FC. Toutes ont disputé cette année une Ligue des champions locale.
    Soccer Without Borders a vu le jour il y a vingt ans, afin de « créer des lieux où des jeunes défavorisés peuvent apprendre, grandir et trouver un sentiment d’appartenance grâce au pouvoir du football, de l’éducation et de la communauté », résume sa plaquette de présentation. Benjamin Gucciardi, son fondateur, voulait utiliser le football « comme un véhicule capable de rapprocher les gens ». Le diplômé en sciences de l’éducation voulait également démontrer que « l’amour du foot peut apporter à ces enfants des notions éducatives qui leur manquent souvent ».« Moi aussi je suis un immigré, j’attends d’avoir mes papiers, je suis discret », explique Felipe. Résident permanent, marié à une femme d’Oakland, il a postulé en 2025 pour obtenir la nationalité américaine de plein droit. Ce statut inconfortable le rapproche de ses élèves, dit-il. Trentenaire au physique ramassé, regard bleu et barbe blonde, Felipe – « tout le monde m’appelle Pipe », précise-t-il – a quitté Puerto Montt, au Chili, quand il avait 19 ans.
    Numéro 10 sur le terrain, fan du Brésilien Ronaldinho et du Croate Luka Modric, il rêvait d’une carrière de footballeur professionnel, parce que le ballon rond est sa « passion », mais aussi « pour tirer [sa] famille de la pauvreté ». « Je suis très compétiteur », prévient-il. Mais ses « sacrifices », son engagement constant n’ont pas suffi. Sa carrière n’a jamais décollé et, après avoir végété dans des championnats d’un niveau modeste, il a choisi l’exil. Direction le Missouri, à la faveur d’une bourse.
    Felipe travaille pour le compte de Soccer Without Borders depuis 2022. En cet après-midi de fin juin, il reçoit Le Monde chaussé d’une paire de chaussures à crampons grises, délacées. C’est l’été, l’école tourne au ralenti, une soixantaine d’élèves sont inscrits à la summer school (« école d’été »), au lieu des quelque 200 présents le restant de l’année. Un air de jazz traverse la cour quand il fait visiter les lieux.Ici une bibliothèque, là une salle où des dizaines de drapeaux pendent du plafond : pas les couleurs des équipes de la Coupe du monde de la FIFA, mais celles des différentes nationalités représentées au sein de l’institution scolaire. Une trentaine, selon Felipe. A côté de la cafétéria, une porte donne sur la pièce qui héberge les trophées maison : pas de coupes, mais des signes de reconnaissances, tel ce Prix de la diversité remis par la FIFA en 2017.
    Plus loin enfin, un réduit sans fenêtre sert de dressing et d’armoire à chaussures. Shorts, maillots et crampons, rien ne manque. « Comme ça, dit en souriant Felipe, personne ne peut se cacher derrière l’excuse “mince, j’ai oublié mes crampons”. » Tout est mis à disposition gratuitement, « c’est rare dans ce pays », note Felipe.
    Les premières années, Soccer Without Borders ne disposait pas de terrain de jeu. Seulement d’un espace bitumé coincé entre la 46e Rue et l’ovale de base-ball d’une autre école – rarement occupé selon Felipe. Grâce à quelques partenaires, l’association a pu s’offrir une pelouse synthétique où les élèves – filles et garçons – de l’International High School d’Oakland viennent perfectionner leurs talents de footballeur. Sur un grillage, un panneau bleu rappelle les valeurs locales : « Respecte. Pratique l’anglais. Essaye tout. Amuse-toi. »
    Ce 30 juin, à l’heure où la France rencontre la Suède en seizièmes de finale de la Coupe du monde, deux équipes s’affrontent, les uns en chasuble vert fluo, les autres vêtus d’une multitude de maillots de clubs : Manchester City, Manchester United, Real Madrid… mais pas de trace de celui de l’équipe des Etats-Unis, si populaire en ce moment. Pendant qu’une enceinte diffuse de la musique latino, Felipe énumère les pays d’origine de ses apprentis footballeurs : « Guatemala, Honduras, Nicaragua… Beaucoup viennent de pays d’Amérique centrale, mais aussi d’Afghanistan, de Jordanie, du Yémen… »Certains, assure « Coach Pipe », ont échappé à la guerre, aux gangs : « Ce sont des héros. » Il désigne un Colombien qui, lui, a connu la rue. « Il vit sa meilleure vie, il ressent un sentiment d’appartenance, décrit-il. On peut se débarrasser de son stress ici, c’est une thérapie. » Puis il attire notre attention en direction d’un grand jeune homme longiligne, qui porte la tenue de Manchester City : « A la rentrée, il ira à l’université. » Sa grande fierté.
    « Golazo ! »
    Un autre entraîneur a pris place sous un barnum posé au bord du terrain. Benji, 27 ans, « grand fan » de l’Argentin Lionel Messi, lunettes de soleil et casquette renversée, a quitté le Guatemala avec son père à l’âge de 10 ans. En Californie, il a évolué pendant trois ans au sein des équipes de Soccer Without Borders (comme arrière droit) et il joue désormais avec le San Leandro United, club de quatrième division d’un championnat local, l’US Premier League.
    Tandis qu’il raconte son parcours, quelqu’un crie « Golazo ! » Pas pour célébrer le troisième but de l’équipe de France – on a branché un téléphone sur le match pour faire plaisir au journaliste de passage –, mais celui d’un jeune espoir du cru. « Gardez un œil sur lui. » Il s’appelle Joel, c’est le seul prénom d’élève qui nous sera communiqué. Benji aimerait que ses joueurs « apprennent à bien se nourrir ».« Certains de ces jeunes connaissent des problèmes de nutrition », souligne-t-il. Parfois à cause d’une alimentation mal équilibrée, parfois faute d’alimentation tout court. Pour essayer de régler ce problème, Soccer Without Borders a signé un partenariat avec une entreprise d’agroalimentaire – l’organisation est financée à environ 60 % par des fonds publics, le reste par des dons d’entreprises ou par des contributions individuelles, selon M. Gucciardi.
    A l’occasion de la Coupe du monde, l’accord a permis aux deux coachs d’accompagner quelques-uns de leurs pensionnaires au stade de la baie de San Francisco. Des enfants de 11 et 12 ans ont tenu la main des grands professionnels au moment de leur entrée sur le terrain. Une forme de reconnaissance pour eux. De soulagement aussi, sans doute. Lors de l’hiver, certains avaient peur de se rendre à l’école de la rue Webster, quand les agents de la police de l’immigration américaine menaient une « chasse aux migrants ». « On a enregistré des absences pendant quelques semaines, mais cela s’est calmé », assure Benji. Durablement ou non, difficile à prévoir.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#asile#football#immigration#sante

  • Donald Trump nomme un ancien policier et ancien marine à la tête de l’ICE, la police de l’immigration
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/28/donand-trump-nomme-un-ancien-policier-et-ancien-marine-a-la-tete-de-l-ice-la

    Donald Trump nomme un ancien policier et ancien marine à la tête de l’ICE, la police de l’immigration
    La nomination de Lance Schroyer doit être théoriquement validée par le Sénat, mais l’agence fédérale, vivement critiquée pour ses méthodes brutales, enchaîne les directeurs par intérim depuis plus d’une décennie.
    Le Monde avec AFP
    Donald Trump a annoncé, samedi 27 juin, la nomination de Lance Schroyer, un ancien policier de l’Oklahoma, à la tête de la police fédérale de l’immigration (ICE), vivement critiquée aux Etats-Unis pour ses arrestations et expulsions de migrants. C’est un « ancien policier de l’Oklahoma et un ancien marine (…) fort de plusieurs décennies d’expérience dans l’incarcération des pires criminels », a déclaré le président américain sur son réseau, Truth Social.
    Lance Schroyer, actuellement conseiller auprès du secrétaire à la sécurité intérieure, doit succéder à Todd Lyons, qui avait été nommé par intérim à la tête de l’ICE par Donald Trump en mars 2025. Todd Lyons a quitté ses fonctions en mai 2026, quelques semaines après le renvoi de l’ancienne ministre de l’intérieur Kristi Noem.
    Lance Schroyer « jouera un rôle essentiel pour aider le président : cibler, arrêter et expulser les immigrés en situation irrégulière », s’est félicité sur X le secrétaire à la sécurité intérieure, Markwayne Mullin. Théoriquement, la nomination de M. Schroyer à la tête de la police fédérale de l’immigration doit être approuvée par le Sénat. Mais tous les directeurs de l’ICE ont été nommés par intérim depuis 2017.« Cela fait onze ans que le secrétariat à la sécurité intérieure n’a pas eu de directeur de l’ICE approuvé par le Sénat. Le Sénat doit vite approuver la nomination de Lance Schroyer », a exhorté Markwayne Mullin, sur X.
    La police fédérale de l’immigration est chargée de mener l’offensive anti-immigration voulue par Donald Trump. Ses méthodes, jugées brutales, ainsi que la mort en janvier de Renee Good et d’Alex Pretti, deux Américains tués par balle par des agents fédéraux à Minneapolis alors qu’ils s’opposaient à leur présence dans cette ville, ont provoqué une vive émotion dans le pays.

    ##Covid-19#migrant#migration#etatsunis#sante#ICE#politiquemigratoire#droit

  • États-Unis : la Cour suprême autorise la révocation du statut... | Seneweb -
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    États-Unis : la Cour suprême autorise la révocation du statut de protection temporaire des réfugiés haïtiens
    Auteur : rfi.FR
    La Cour suprême américaine a accordé ce jeudi 25 juin 2026 un succès à l’administration Trump et autorisé celle-ci à révoquer le TPS, le statut de protection temporaire qui permettait à plus de 350 000 ressortissants d’Haïti de résider légalement sur le sol américain. Ces derniers sont désormais à la merci de la police de l’immigration, qui peut les renvoyer en Haïti à tout moment.
    Aux États-Unis, 350 000 Haïtiens pourraient désormais être expulsés par l’administration Trump. Cela faisait des mois que la situation était très incertaine. Le président américain Donald Trump, dès son arrivée au pouvoir, a mis fin à d’autres programmes de protection similaire pour les Vénézuéliens par exemple et il était bien déterminé à faire de même pour le TPS des Haïtiens, rappelle notre correspondante à New York, Loubna Anaki.
    La Cour Suprême a rendu sa décision par six voix contre trois. Les six étant les juges ultra-conservateurs. Les magistrats, techniquement, ne donnent pas raison à l’administration Trump : ils estiment que la loi ne permet pas à la justice de contrôler ses décisions au sujet du statut de protection temporaire.
    C’est donc une victoire pour Donald Trump et un coup dur pour des centaines de milliers d’Haïtiens qui pourront se retrouver sans-papiers du jour au lendemain, avec interdiction de travailler. De nombreuses questions subsistent, par exemple pour les Haïtiens qui ont eu des enfants aux États-Unis : leurs enfants sont américains. Leurs parents risquent-ils tout de même l’expulsion ? Surtout, la situation sécuritaire en Haïti reste difficile. D’ailleurs, les plaignants qui avaient saisi la Cour suprême ont réagi en disant que cette décision met en danger des milliers de personnes qui ont fui Haïti pour vivre en sécurité.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#haiti#droit#sante#asile#protection#politiquemigratoire

  • Aux Etats-Unis, la mortalité des personnes détenues par ICE au plus haut, selon deux ONG ; l’administration Trump dément
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/25/aux-etats-unis-la-mortalite-des-personnes-detenues-par-ice-au-plus-haut-selo

    Aux Etats-Unis, la mortalité des personnes détenues par ICE au plus haut, selon deux ONG ; l’administration Trump dément
    Entre janvier 2025 et janvier 2026, le taux de mortalité a augmenté de 140 % par rapport à l’année précédente. Ce chiffre est quasiment quatre fois supérieur à celui enregistré sous le précédent président, Joe Biden, et plus de deux fois plus élevé que durant le premier mandat de Donald Trump.
    Le Monde avec AFP
    Au moins 52 morts ont été comptabilisés dans des centres de détention de la police américaine de l’immigration (ICE) depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump, en janvier 2025, marqué par des arrestations massives de migrants clandestins, selon un rapport de Human Rights Watch (HRW) et Physicians for Human Rights, publié jeudi 25 juin.« Au lieu de prendre des mesures pour faire face à cette crise et protéger la vie et la santé des personnes détenues, nous avons vu l’administration (…) soumettre un nombre toujours plus grand de personnes à une détention prolongée », dénonce Reagan Williams, co-autrice du rapport pour HRW, auprès de l’Agence France-Presse (AFP).
    Le taux de mortalité entre janvier 2025 et janvier 2026 a augmenté de 140 % par rapport à l’année précédente – une hausse disproportionnée comparée à l’augmentation du nombre de détenus – selon le texte. Ce chiffre est quasiment quatre fois supérieur à celui enregistré sous le précédent président, Joe Biden, et plus de deux fois plus élevé que durant le premier mandat de M. Trump, de 2017 à 2021.« Il n’y a eu AUCUNE flambée des décès », a répondu un porte-parole du département américain de la sécurité intérieure (DHS), dont dépend ICE, à l’Agence France-Presse (AFP). « Dans la droite ligne des données de la dernière décennie, le taux de mortalité en détention sous l’administration Trump est de 0,009 % de la population détenue. »
    L’étude des ONG relève notamment des défauts d’accès aux soins médicaux, s’expliquant en partie par la surpopulation des centres et l’allongement de la détention. Parmi les cas mis en avant figure celui d’un homme de 44 ans originaire d’Ukraine, victime d’un AVC, qui n’a pas reçu les soins appropriés malgré des mouvements semblables à des convulsions.Un Mexicain de 39 ans est, lui, mort d’un arrêt cardiaque probablement provoqué par un choc septique, alors que ses demandes de soins pour un abcès infecté n’avaient pas été traitées correctement. Le rapport souligne aussi le nombre élevé de morts par suicide (sept entre janvier 2025 et janvier 2026, contre un seul en 2024).« Dans les cas où nous avons accès aux dossiers d’ICE et des hôpitaux extérieurs, nous observons une abdication sidérante de l’obligation de soin », commente dans un communiqué Katherine Peeler, professeure à l’école de médecine de l’université Harvard, conseillère auprès de Physicians for Human Rights et co-autrice du rapport. Le DHS dit, au contraire, « maintenir un niveau de prise en charge supérieur à la plupart des prisons qui accueillent des citoyens américains ». « Pour de nombreux étrangers en situation irrégulière, c’est le meilleur système de santé qu’ils aient eu de toute leur vie », argue l’administration. Critiquée pour ses méthodes, ICE a connu cette année un changement de direction après notamment la mort par balles de deux citoyens américains qui protestaient contre une opération à Minneapolis. HRW a mesuré les taux de mortalité entre octobre 2015 et juin 2026 et les a comparés aux chiffres remontant jusqu’à 2004, l’année suivant la création d’ICE. L’organisation a également interrogé les familles, les avocats et les anciens codétenus de personnes décédées. Physicians for Human Rights a évalué le contexte clinique de 39 morts entre janvier 2025 et janvier 2026, ainsi que l’adéquation des soins.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#politiquemigratoire#ICE#sante#mortalite#droit#detention

  • Aux Etats-Unis, la Cour suprême lève les obstacles à la politique anti-immigration de l’administration Trump
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/26/aux-etats-unis-la-cour-supreme-leve-les-obstacles-a-la-politique-anti-immigr

    Aux Etats-Unis, la Cour suprême lève les obstacles à la politique anti-immigration de l’administration Trump
    Dans un renversement historique de la politique d’accueil du pays, les juges ont autorisé, jeudi, la révocation du statut protégeant de l’expulsion 350 000 Haïtiens et 6 000 Syriens.
    Par Nicolas Chapuis (New York, correspondant)
    Donald Trump a trouvé un allié de poids dans sa croisade contre l’immigration : la Cour suprême des Etats-Unis a donné son feu vert à la Maison Blanche, jeudi 25 juin, pour poursuivre ses politiques les plus radicales à l’encontre des réfugiés présents sur le sol américain ou cherchant à rejoindre le pays. A travers deux décisions rendues coup sur coup, les six juges conservateurs de l’institution (les trois progressistes se sont désolidarisés) ont donné raison à l’administration face à des associations de défense des droits des migrants.
    La première affaire est un renversement historique de la politique d’accueil humanitaire des Etats-Unis pour les personnes fuyant un pays dans lequel ils sont en danger. La Cour suprême a confirmé que l’exécutif avait toute latitude pour annuler le « statut temporaire protégé » (TPS) dont bénéficient 350 000 Haïtiens et 6 000 Syriens. Ces personnes pourraient se retrouver du jour au lendemain sous la menace d’une expulsion et elles ne sont pas les seules : depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a tenté de priver de leur TPS les ressortissants de 13 pays, des mesures contestées devant la justice, qui pourraient par ricochet être concernées par cette décision.
    Le statut temporaire protégé existe depuis une loi votée au Congrès en 1990, avec un soutien bipartisan, une autre époque. Selon les dernières statistiques, qui datent de 2025, 1,3 million de personnes vivaient aux Etats-Unis sous ce statut, en provenance de 17 pays.
    Le débat juridique ne portait pas sur le droit du département de la sécurité intérieure à ajouter ou retrancher un pays de la liste, même si l’explication avancée, à savoir que la situation s’est améliorée dans les pays concernés, peut susciter des questions : il s’agit d’Haïti et de la Syrie donc, mais aussi du Soudan du Sud, de l’Ethiopie, de l’Afghanistan ou encore du Venezuela.
    La question était de savoir si un motif raciste a justifié ce retrait. Avec pour pièce à conviction les déclarations xénophobes et dégradantes de Donald Trump lui-même, qui considèrent que les immigrants « empoisonnent le sang » des Américains. Le milliardaire n’a jamais caché sa détestation envers Haïti, qualifié de « pays de merde », et ses ressortissants qui, selon lui, « ont probablement le sida ». Il les avait accusés, pendant sa campagne présidentielle de 2024, de manger les chiens et les chats du voisinage à Springfield (Ohio), où réside une grande communauté haïtienne.
    Le juge conservateur Samuel Alito, qui a rédigé la décision majoritaire, n’y a pas trouvé matière à intervenir : « Aucune des déclarations citées du président ou du secrétaire [à la sécurité intérieure] n’était ouvertement raciale, et, en substance, toutes exprimaient des opinions politiques qui pourraient reposer sur des justifications neutres sur la race. »
    La deuxième décision aura également une portée majeure pour des dizaines de milliers de personnes : les juges ont considéré que les autorités étaient parfaitement fondées à refuser aux migrants qui ne sont pas présents sur le territoire américain de déposer des demandes d’asile (les requêtes effectuées depuis le territoire sont automatiquement étudiées). Ce dossier concerne plus particulièrement la frontière mexicaine, où l’administration a mis en place une telle mesure.La Cour n’a pas encore tranché sur une troisième affaire, concernant la volonté de Donald Trump de mettre fin au droit à la citoyenneté pour les enfants nés aux Etats-Unis de parents en situation irrégulière. Si elle venait à donner raison au président américain, il s’agirait là aussi d’un changement d’ère aux Etats-Unis, une nation fondée sur l’immigration et le droit du sol.
    « Les portes de l’Amérique sont fermées pour les demandeurs d’asile », s’est réjoui Stephen Miller, le chef adjoint du cabinet de la Maison Blanche. Dans l’entourage de Donald Trump, les tenants d’une politique anti-immigration sans concession ont été obligés de faire profil bas, après le fiasco du déploiement de la police fédérale de l’immigration (ICE) à Minneapolis (Minnesota) qui a conduit à la mort, en janvier, de deux citoyens américains abattus par des agents fédéraux. Les sondages réalisés dans la foulée montraient qu’une majorité d’Américains désapprouvait la façon dont l’administration menait ces opérations. Kristi Noem, la secrétaire à la sécurité intérieure, a été débarquée, en mars, au profit de Markwayne Mullin. Mais à quelques mois des élections de mi-mandat, les décisions de jeudi redonnent de l’oxygène au courant le plus virulent, dont Stephen Miller est le fer de lance.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#asile#protection#immigration#ICE#droit#sante

  • La Jamaïque en pourparlers avec les Etats-Unis pour l’accueil des migrants expulsés
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/18/la-jamaique-en-pourparlers-avec-les-etats-unis-pour-l-accueil-des-migrants-e

    La Jamaïque en pourparlers avec les Etats-Unis pour l’accueil des migrants expulsés
    Si cet accord était finalisé, la Jamaïque rejoindrait le Mexique, le Salvador, l’Ouganda et plusieurs autres pays ayant Edes migrants originaires de pays tiers expulsés des Etats-Unis.
    Le Monde
    Le ministre de l’intérieur jamaïcain, Horace Chang, a confirmé, mardi 16 juin, que le pays avait signé un protocole d’accord avec le département de la sécurité intérieure des Etats-Unis pour accueillir des personnes expulsées originaires de pays tiers. La Jamaïque accepterait toutes les deux semaines jusqu’à 25 personnes.
    Ces individus, a précisé M. Chang, ne seront pas placés en détention, bien que les modalités de leur hébergement restent à définir. Les conditions d’une éventuelle compensation pour leur accueil sont également en cours de négociation. Si l’accord est finalisé, la Jamaïque rejoindra le Mexique, le Salvador, l’Ouganda et plusieurs autres pays ayant accepté d’accueillir des migrants originaires de pays tiers expulsés des Etats-Unis.
    Dans le cadre de sa politique de répression de l’immigration, l’administration Trump a eu recours à une série d’accords secrets pour expulser plus de 19 000 personnes vers des pays tiers, selon le groupe Third Country Deportation Watch. Certaines se sont retrouvées dans des nations dont elles ignoraient jusqu’à l’existence.
    Eviter des sanctionsCette initiative a suscité l’opposition du Parti national du peuple (PNP), qui a accusé le gouvernement jamaïcain d’avoir tenu ces négociations à l’écart du public. Le PNP a déclaré qu’accueillir ces migrants faisait peser un risque sur la sécurité intérieure, le prestige international et les infrastructures sociales fragiles de la Jamaïque.
    De son côté, le ministre de l’intérieur a affirmé que « la Jamaïque, comme toute nation souveraine, est tenue par le droit international d’accepter le retour de ses propres citoyens », et a précisé « ce nouvel arrangement ne signifie pas que des ressortissants de pays tiers seront simplement débarqués sur nos côtes. Il s’agit d’un processus structuré et encadré visant à faire transiter ces individus par la Jamaïque vers leur destination finale », établissant une distinction entre le rapatriement de ressortissants jamaïcains et la prise en charge de citoyens étrangers.
    Cette inflexion diplomatique observée à Kingston reflète une tendance plus large au sein des Caraïbes, où plusieurs gouvernements ont discrètement conclu divers accords avec les Etats-Unis pour éviter des sanctions économiques ou des restrictions de voyage paralysantes.
    En février, un tribunal fédéral de district américain avait jugé illégale la politique d’expulsion vers des pays tiers, estimant que les Etats-Unis ne peuvent pas transférer des migrants vers des pays non désignés sans préavis adéquat, mais cette politique continue d’être appliquée dans l’attente de l’issue de la procédure d’appel. Un porte-parole du département de la sécurité intérieure des Etats-Unis a déclaré que l’administration « utilise toutes les options légales » pour procéder aux expulsions.Pour les critiques et les défenseurs des droits humains, les risques juridiques et humanitaires liés à ces accords avec des pays tiers sont illustrés par le cas d’Orville Etoria, un ressortissant jamaïcain expulsé des Etats-Unis.
    M. Etoria, qui vivait aux Etats-Unis depuis près de cinquante ans après y être arrivé enfant en 1976, s’est vu retirer sa carte de résident permanent à la suite d’une condamnation pénale. Au lieu d’être rapatrié en Jamaïque, il a été envoyé en Eswatini en juillet 2025. A son arrivée, M. Etoria et quatre autres ressortissants de pays tiers ont été privés de toute procédure régulière et placés en détention indéfinie au complexe pénitentiaire de Matsapha, une prison de haute sécurité. Ce n’est qu’après deux mois d’intenses démarches diplomatiques de la part du gouvernement jamaïcain, qu’il a été rapatrié en Jamaïque

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#jamaique#expulsion#politiquemigratoire#droit#sante

  • Les Etats-Unis expulsent des migrants, dont des femmes iraniennes, en République centrafricaine
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/06/12/les-etats-unis-expulsent-des-migrants-dont-des-femmes-iraniennes-en-republiq

    Les Etats-Unis expulsent des migrants, dont des femmes iraniennes, en République centrafricaine
    Les Iraniennes bénéficiaient de mesures de protection en raison des risques de persécution dans leur pays. Elles sont arrivées à Bangui, vendredi 12 juin, alors que la République centrafricaine est considérée par Washington comme l’un des pays les plus dangereux au monde.
    Par Noé Hochet-Bodin
    A peine conclu – début juin –, l’accord migratoire entre les Etats-Unis et la République centrafricaine est déjà mis en œuvre. Un avion charter du département de la sécurité intérieure américain s’est posé à l’aéroport de Bangui, vendredi 12 juin, avec à son bord une vingtaine de ressortissants étrangers expulsés par Washington, dont au moins deux femmes iraniennes ainsi que des migrants turcs, syriens et afghans.
    Le pays d’Afrique centrale, l’un des plus pauvres du monde, est la dernière nation africaine à accepter d’accueillir des migrants expulsés par les Etats-Unis, après le Ghana, la Sierra Leone, la Guinée équatoriale, l’Eswatini ou encore la République démocratique du Congo (RDC). Autant d’accords migratoires opaques que l’administration américaine impose afin d’accélérer les expulsions. Les termes de celui signé avec la République centrafricaine restent à ce jour confidentiels. Contactés, ni la présidence centrafricaine, ni le département d’Etat américain n’ont donné suite à nos sollicitations.
    Dans le Boeing 767 qui a décollé jeudi soir de l’aéroport international d’Alexandria, en Louisiane – devenu la plateforme de ces vols d’expulsions –, se trouvent au moins deux femmes iraniennes entrées sur le sol américain en novembre 2024. Placées en détention dès leur arrivée aux Etats-Unis, elles ont demandé l’asile et ont initialement obtenu une mesure de protection par un juge ; elle est censée les protéger d’une expulsion, indique au Monde leur avocate, Emily Trostle.
    Les deux femmes couraient un risque de persécution dans leur pays, l’Iran : la première à cause de sa conversion au christianisme et la seconde pour son opposition politique aux autorités de Téhéran. Pour ces raisons, leur renvoi vers leur pays d’origine est illégal. Mais l’administration Trump cherche par tous les moyens à réduire cet obstacle juridique par des accords avec des pays africains pour accueillir des personnes qu’elle ne peut légalement pas renvoyer chez elles.« Bien qu’ayant bénéficié d’une mesure de protection, ces personnes sont expulsées des Etats-Unis et abandonnées dans un pays tiers [la République centrafricaine], où elles n’ont aucun statut et aucun réseau de soutien. Nous craignons qu’elles ne soient finalement contraintes de retourner dans les pays qu’elles ont fuis », précise leur avocate.Un flou demeure autour de ces accords négociés en coulisses : en témoigne la discrète visite à Bangui, le 18 mai, du secrétaire adjoint du département d’Etat au Bureau de la population, des réfugiés et des migrations, Christian Jové Ehrhardt, pour finaliser l’agrément migratoire, dont on ne connaît pas le montant des contreparties financières.
    Les conditions d’accueil des migrants représentent une autre inconnue, illustrée par un exemple récent : sur les quinze personnes originaires d’Equateur, de Colombie et du Pérou qui ont été expulsées vers Kinshasa à la mi-avril, un seul demeure sur le territoire de la RDC à ce jour – sans que des informations soient disponibles sur le lieu où se trouvent les autres. Malgré cela, les vols entre Washington et Kinshasa sont pourtant appelés à se poursuivre. D’après The New York Times, la RDC s’apprêterait à recevoir un millier de migrants afghans, qui avaient pourtant soutenu l’effort de guerre américain dans leur pays.
    A Bangui, la vingtaine de migrants seront hébergés dans des appartements, indique un officiel américain à l’agence Reuters. Ils seront partiellement pris en charge par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui a annoncé qu’elle leur fournira une aide humanitaire à la demande du gouvernement centrafricain. C’est en réalité Washington qui se trouve derrière cette collaboration. Le département d’Etat américain a donné 85 millions de dollars (73 millions d’euros) à l’OIM en mars pour « la réalisation d’activités d’assistance humanitaire à l’étranger au profit des réfugiés, des victimes de conflits et d’autres personnes relevant de leur compétence ».
    Washington a décidé d’expulser des ressortissants étrangers en République centrafricaine alors même que les Etats-Unis considèrent le pays comme l’un des plus dangereux du monde. Le site du département d’Etat le classe au niveau 4, le niveau d’alerte le plus élevé, et prévient qu’il « est fortement déconseillé d’aller en République centrafricaine, quel qu’en soit le motif. Les citoyens américains y sont exposés à des risques liés à l’instabilité, à la criminalité, aux enlèvements, aux problèmes de santé, au terrorisme et autres ». Il recommande aux citoyens américains qui s’y rendent de rédiger un testament et de prélever des échantillons d’ADN en cas de prise d’otage.
    Le pays, d’une taille équivalente à celle de la France, connaît une insécurité généralisée depuis la dernière guerre civile en 2013. Près de 15 000 casques bleus y sont déployés pour tenter de mettre fin au sanglant conflit qui a suivi un coup d’Etat l’année précédente contre le président François Bozizé.« La République centrafricaine est ravagée par des décennies de violences, indique dans une note Savi Arvey, la directrice de la politique pour les droits des réfugiés au sein de l’ONG Human Rights First. Les personnes bénéficiant d’une protection de la part des juges de l’immigration américains et expulsées vers la Centrafrique risquent donc d’être victimes de violences, de blessures graves ou de se retrouver prises au piège du conflit. »
    Sans compter que le président, Faustin-Archange Touadéra, entretient depuis une décennie un étroit compagnonnage avec les paramilitaires russes du groupe Wagner – qui sont accusés de nombreuses exactions. « Partout où le groupe Wagner se déploie s’ensuit une forte hausse du nombre de décès parmi les civils », reconnaît d’ailleurs le département d’Etat américain. Savi Arvey craint justement que « les risques ne soient particulièrement élevés pour les personnes fuyant les persécutions dans des pays ayant des liens étroits avec la Russie, comme les Iraniens ».

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#iran#repubiquecentrafricaine#expulsion#politiquemigratoire#droit#sante

  • Epidémie d’Ebola : au Kenya, la colère ne retombe pas contre l’ouverture d’un centre de quarantaine pour les malades américains
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/06/09/epidemie-d-ebola-au-kenya-la-colere-ne-retombe-pas-contre-l-ouverture-d-un-c

    Epidémie d’Ebola : au Kenya, la colère ne retombe pas contre l’ouverture d’un centre de quarantaine pour les malades américains
    A environ 200 kilomètres de la capitale, Nanyuki a été le théâtre mardi d’une nouvelle journée de mobilisation contre le projet, qui doit être installé sur une base aérienne. La journée a été marquée par des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre.
    Par Alba Dufaure (Nanyuki (Kenya), envoyée spéciale)
    « Notre pays n’est pas une décharge ! » Entre les hurlements, les sifflets, les lamentations, c’est le cri que l’on a pu entendre, mardi 9 juin, de la bouche d’une manifestante drapée dans un drapeau kényan. Comme elle, plusieurs centaines de protestataires sont descendus dans le centre-ville de Nanyuki, à environ 200 kilomètres de la capitale, Nairobi, pour dire leur opposition au projet américain d’établir un centre de quarantaine pour le virus Ebola.
    La tension est montée au fil de la journée aux abords de la base militaire destinée à accueillir ce centre. Certains manifestants brandissaient des croix, ornées du slogan « Rejetez Ebola » peint en rouge, d’autres arboraient des tenues de protection médicale. Dès le matin, les protestataires ont été dispersés par des tirs de gaz lacrymogènes et des canons à eau. Plusieurs d’entre eux ont été arrêtés. Un manifestant a été tué, selon la Commission kényane des droits humains, qui impute cette mort à un tir de la police.
    Le centre de quarantaine au cœur de la contestation est destiné à des ressortissants américains présentant des risques de contamination au virus Ebola et nécessitant d’être placés à l’isolement. Son établissement, d’abord annoncé par la presse américaine avant d’être confirmé par les autorités, répond au refus de Washington de laisser entrer des cas d’Ebola sur son territoire.
    Depuis que l’épidémie a été déclarée le 15 mai dans l’est de la République démocratique du Congo, plusieurs citoyens américains ont déjà été exposés au virus dans l’est de la RDC et en Ouganda. L’agence de presse Reuters en recense six qui ont été transférés vers un établissement médical en Allemagne – dont une personne testée positive –, tandis qu’un autre a été pris en charge en République tchèque. Installé sur la base aérienne de Laikipia, en bordure de Nanyuki, le futur centre devrait compter une cinquantaine de lits, et être géré par du personnel américain. Dans cette ville touristique, située au pied du mont Kenya, deuxième plus haut sommet d’Afrique, le projet suscite de vives inquiétudes alors que le pays n’a à ce jour recensé aucun cas de contamination au virus sur son sol.Martin Macharia s’est joint aux manifestants, juché sur son vélo. « Si le centre est ouvert, plus personne ne voudra venir », s’inquiète ce loueur de voitures dont le business dépend en partie des touristes. Le 1er juin, plusieurs centaines d’habitants étaient déjà descendus dans la rue à Nanyuki et deux personnes avaient perdu la vie.
    Saisie par le Katiba Institute, une organisation de défense des droits constitutionnels, la justice a suspendu le projet le 28 mai, puis à nouveau le 2 juin. Mais, d’après Reuters, des avions militaires américains ont continué d’arriver, acheminant du matériel technique ainsi que du personnel spécialisé, notamment des médecins, ingénieurs, spécialistes de laboratoire ou encore ouvriers du bâtiment.
    Plusieurs manifestants, interrogés par Le Monde, ont aussi dit craindre pour leur santé ou celle de leur famille si des personnes touchées par le virus sont installées à proximité. « Toute pandémie devrait être endiguée à son point d’origine », insiste Nick Karari, venu affirmer son opposition au projet. Cet entrepreneur, en pleine campagne pour le siège de gouverneur lors des élections de 2027, s’en prend au secrétaire d’Etat américain : « Marco Rubio a clairement affirmé que les Américains ne voulaient pas d’Ebola dans leur pays, alors pourquoi l’amener chez nous ? »
    Beaucoup dénoncent une hypocrisie du gouvernement américain. « Quand Trump est arrivé au pouvoir, il a arrêté les financements Usaid, alors comment pense-t-il que nous allons pouvoir combattre Ebola ? », interpelle ainsi Kamore Warukinyu, venu manifester pour la deuxième semaine de suite. Ce vendeur à la sauvette de chapatis, des galettes de farine très populaires au Kenya, se dit « très effrayé » et insiste : « Nous n’avons jamais vu Ebola et maintenant ils veulent l’importer chez nous alors que nous n’avons rien pour y faire face. »
    Les Etats-Unis ont promis 13,5 millions de dollars (11,8 millions d’euros) pour soutenir le Kenya dans ses efforts de préparation contre le virus. Washington a affirmé être en contact avec les autorités kényanes et rester « optimiste quant à la possibilité de résoudre les objections » au projet. Les autorités kényanes, elles, multiplient les prises de parole pour tenter de convaincre. Le ministre de la santé, Aden Duale, a avancé que le centre pourrait aussi accueillir des patients kényans, ce que n’ont pas confirmé les Etats-Unis.
    En visite en Afrique du Sud le 4 juin, le président du Kenya, William Ruto, a affirmé que le Kenya faisait « la bonne chose » en acceptant le projet américain et qu’en refusant le pays paraîtrait « inhumain ». Quelques jours plus tôt, il mettait en avant un « partenariat avec des amis qui ont travaillé avec le Kenya depuis trente, quarante ans ». Son gouvernement est déjà critiqué pour avoir signé, en décembre 2025, un accord de santé bilatéral avec les Etats-Unis, leur donnant accès à des données de santé kényanes en échange de financements. L’accord a également été suspendu par la justice kényane. A Nanyuki, les riverains déplorent un manque d’écoute de leur mécontentement. Bethuel Onyango, 24 ans est venu porter un message pour son gouvernement : « Nous sommes fatigués de leurs absurdités, le Kenya n’est pas un centre de confinement. Amener le virus ici, c’est inhumain. »

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#kenya#ebola#epidemie#sante#frontiere#RDC#ouganda#droit

  • Mondial 2026 : les images des joueurs fouillés et des visas refusés aux Etats-Unis qui entachent le début de la compétition
    https://www.lemonde.fr/sport/video/2026/06/10/mondial-2026-les-images-des-joueurs-fouilles-et-des-visas-refuses-aux-etats-

    Mondial 2026 : les images des joueurs fouillés et des visas refusés aux Etats-Unis qui entachent le début de la compétition
    vidéo A la veille du coup d’envoi de la Coupe du monde de football 2026, les procédures de sécurité draconiennes imposées à certaines équipes par Washington suscitent une vague d’indignation.
    Omar Abdulkadir Artan a été placé dans un avion retour pour Istanbul après avoir subi onze heures d’interrogatoire avant d’être détenu plusieurs heures dans une cellule. Le Somalien, élu meilleur arbitre africain 2025 par la Confédération africaine de football et sélectionné pour la compétition, s’est vu refuser l’accès au territoire américain le 8 juin, malgré un visa en règle. Les autorités américaines ont justifié ce refoulement en invoquant de présumées « relations avec des personnes soupçonnées d’appartenir à des organisations terroristes ».
    Il n’est pourtant pas un cas isolé : l’attaquant vedette irakien Aymen Hussein a été retenu près de sept heures à l’aéroport de Chicago, tandis que le photographe de sa sélection a été purement et simplement éconduit. La sélection d’Iran, en raison des vives tensions diplomatiques et militaires actuelles avec Washington, a dû établir son centre d’entraînement à Tijuana, au Mexique – les autorités américaines ne l’autorisant à franchir la frontière que la veille de ses matchs.
    Parallèlement à ces refoulements, le traitement réservé à certaines délégations sur le sol américain a enflammé les réseaux sociaux. De nombreux internautes dénoncent des contrôles discriminatoires et disproportionnés. Les images de l’équipe du Sénégal, soumise à des détecteurs de métaux à même le tarmac de l’aéroport de Raleigh, en Caroline du Nord, ont provoqué une vive polémique. La fédération sénégalaise de football a tenté de temporiser en expliquant qu’il s’agissait d’une procédure visant à « optimiser le temps de déplacement ». A New York, la sélection de l’Ouzbékistan a également subi des fouilles poussées pour accéder à son terrain d’entraînement.
    Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a déclaré le 10 juin lors d’une conférence de presse à Genève que ces méthodes sécuritaires intrusives affectaient directement « les droits humains et la dignité humaine ».

    #covid-19#migration#migrant#etatsunis#football#FIFA#politiquemigratoire#visas#refoulement#ouzbekistan#senegal#irak#somalie#droit#sante#discrimination

  • « Le monde du football paie sa lâcheté » : quand un arbitre somalien qui devait participer au Mondial est refoulé des Etats-Unis
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/06/09/le-monde-du-football-paie-sa-lachete-quand-un-arbitre-somalien-est-refoule-d

    « Le monde du football paie sa lâcheté » : quand un arbitre somalien qui devait participer au Mondial est refoulé des Etats-Unis
    Désigné meilleur arbitre de l’année 2025 par la Confédération africaine de football, Omar Abdulkadir Artan s’est vu refuser l’entrée sur le territoire américain, samedi 6 juin. Il disposait pourtant d’un visa valide.
    Par Mustapha Kessous
    Il n’y aura finalement pas de rêve américain pour Omar Abdulkadir Artan. L’arbitre international somalien de 34 ans a été refoulé à son arrivée à l’aéroport de Miami (Floride), samedi 6 juin, alors qu’il devait participer à la Coupe du monde 2026, qui démarre jeudi aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada. Malgré un visa valide, la police aux frontières américaine a expliqué à l’Agence France-Presse que, « au cours des formalités, le voyageur a été soumis à une inspection supplémentaire, une étape de routine ». A l’issue du contrôle, « le voyageur a été jugé inadmissible en raison de problèmes liés à la vérification de ses antécédents », a-t-elle ajouté, sans donner davantage de précisions.
    Omar Abdulkadir Artan a expliqué, dans un article publié mardi par le New York Times, avoir subi onze heures d’interrogatoire avant d’être détenu plusieurs heures dans une cellule, puis placé sur un vol à destination d’Istanbul, en Turquie. « Je suis très, très déçu », a-t-il poursuivi. Il devrait rejoindre Mogadiscio mercredi. Omar Abdulkadir Artan devait être le premier Somalien à arbitrer en Coupe du monde.
    Dans un communiqué, le ministère des sports somalien « déplore profondément les circonstances qui ont conduit au refus d’entrée de l’arbitre international » et précise avoir mené avec le ministère des affaires étrangères et la présidence de la République « des démarches diplomatiques et des négociations approfondies avec le gouvernement américain et la FIFA [Fédération internationale de football association] afin de trouver une solution immédiate ». Sans succès.
    La FIFA a quant à elle indiqué qu’Omar Abdulkadir Artan ne pourra pas officier comme arbitre durant le tournoi et que, plus généralement, elle n’intervenait pas dans les « procédures d’immigration du pays hôte ». L’instance organisatrice du Mondial n’a pas condamné ce refoulement, contraire aux usages selon lesquels un pays hôte d’une compétition internationale facilite l’entrée sur son territoire des arbitres, des joueurs, des équipes techniques et de tous les officiels de la FIFA. La Confédération africaine de football (CAF) est, elle aussi, restée silencieuse sur le sort d’Omar Abdulkadir Artan, qu’elle avait pourtant élu meilleur arbitre en 2025. Un maître du jeu respecté, qui avait officié à la Coupe du monde des moins de 20 ans au Chili, en 2025.
    Il y a quelques semaines encore, la CAF saluait la présence des 19 arbitres du continent retenus pour la Coupe du monde, « reflet d’une progression désormais bien installée ». « Les pays ont leurs propres règles en matière d’immigration. Tant qu’on n’a pas les détails de l’affaire, on ne peut pas se prononcer », souligne au Monde un président de fédération et membre du comité exécutif de la CAF, qui souhaite rester anonyme.
    L’Amérique de Donald Trump n’est décidément pas un pays hôte comme les autres. Sur les réseaux sociaux, fans, athlètes et politiques ont dénoncé cette décision. « Je pense qu’ils ont un problème avec mon pays », a souligné Omar Abdulkadir Artan au New York Times. La Somalie figure parmi les cibles privilégiées de Donald Trump, qui n’a cessé de multiplier les attaques contre cette nation, tour à tour qualifiée de « pays de merde », de « pire pays du monde », de pays « qui pue » et d’où ne viendraient que des « déchets ».
    « C’est une compromission. Le monde du football paie sa lâcheté », estime Joseph-Antoine Bell, ancien gardien des Lions indomptables du Cameroun (1976-1994). Le footballeur, devenu consultant pour les médias, regrette que les Africains aient manqué de lucidité en votant l’attribution du Mondial aux Etats-Unis en 2018, alors que le pays était déjà dirigé par Donald Trump et que « celui-ci était en train de dresser un mur entre son pays et le Mexique », insiste-t-il. « J’étais présent lors du vote et j’étais enragé de voir ça. Aujourd’hui, nous assistons aux conséquences [du scrutin], souligne Joseph-Antoine Bell. Où est la famille du football ? Pourquoi les autres arbitres ne disent pas : “Si vous n’acceptez pas l’un d’entre nous, nous ne venons pas” ? »

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#football#FIFA#droit#politiquemigratoire#visas#somalie

  • Aux Etats-Unis, un budget de 70 milliards de dollars pour la lutte contre l’immigration approuvé par la Chambre
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/10/aux-etats-unis-un-budget-de-70-milliards-de-dollars-pour-la-lutte-contre-l-i

    Aux Etats-Unis, un budget de 70 milliards de dollars pour la lutte contre l’immigration approuvé par la Chambre
    Le Monde avec AFP
    La Chambre des représentants des Etats-Unis a approuvé, mardi 9 juin, un texte budgétaire de près de 70 milliards de dollars (environ 60,6 milliards d’euros) pour la lutte contre l’immigration, l’une des priorités de Donald Trump.Le projet de loi, déjà adopté par le Sénat la semaine dernière, prévoit − sur les trois prochaines années − environ 38 milliards de dollars pour la police de l’immigration (ICE), environ 26 milliards pour la police aux frontières (CBP) et quelque 5 milliards supplémentaires pour des coûts imprévus.
    De quoi assurer le financement du programme massif d’expulsions décidé par l’administration du président républicain. D’autant plus que ces fonds s’ajoutent aux près de 140 milliards de dollars déjà approuvés l’an dernier par le Congrès, à majorité républicaine, à destination de la lutte contre l’immigration.
    L’administration Trump fait face à la pression des partisans d’une ligne plus dure contre l’immigration, qui regrettent que les autorités ne soient pas parvenues à remplir l’objectif d’un million d’expulsions annuelles. Tom Homan, l’un des architectes de ce programme d’expulsions au sein du gouvernement, a promis, mardi, une accélération des opérations, notamment à New York, ville votant en grande majorité pour les démocrates.Le texte budgétaire doit être à présent transmis à la Maison Blanche pour une promulgation par le président. Son adoption survient après plusieurs mois de polémiques autour des pratiques de l’ICE et de la CBP.
    Après le vote, le président de la Chambre des représentants, le républicain Mike Johnson, a salué dans un communiqué le fait que « les démocrates seront dans l’impossibilité de retirer le financement » de l’ICE et de la CBP pour les prochaines années.Les démocrates demandaient d’importantes réformes pour ces deux agences, depuis la mort à Minneapolis en janvier de Renee Good et d’Alex Pretti, deux Américains tués par des agents fédéraux en marge de manifestations contre les opérations de l’ICE dans cette ville du nord des Etats-Unis. « Nous estimons que les dollars des contribuables doivent servir à rendre la vie plus abordable pour les Américains, pas à donner un nouveau chèque en blanc de 70 milliards de dollars à l’ICE », a affirmé, lundi, le chef de la minorité à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries.
    En février, en raison de l’opposition déjà des élus démocrates, le ministère de la sécurité intérieure avait subi une paralysie budgétaire record de plus de soixante-dix jours. Ils demandaient plus de restrictions sur la manière d’opérer de l’ICE, notamment le port systématique d’une caméra piéton pour ses agents. Le texte approuvé mardi ne comprend finalement pas ces réformes demandées par l’opposition.
    Plusieurs mesures voulues par Donald Trump ne figurent pas non plus dans le projet de loi – notamment un milliard de dollars exigés pour la construction d’une salle de bal à la Maison Blanche. La demande de fonds publics avait mis de nombreux élus républicains dans l’embarras, réticents à financer un projet aussi luxueux avec des deniers publics.Exit également un fonds « anti-instrumentalisation » de près d’1,8 milliard de dollars censé dédommager ceux que l’administration Trump présente comme des victimes du système judiciaire. L’opposition démocrate l’avait dénoncé comme une « caisse noire » susceptible notamment de bénéficier aux partisans de Donald Trump qui ont pris d’assaut le Capitole à Washington le 6 janvier 2021.
    Plusieurs élus républicains avaient aussi exprimé leur rejet de cette initiative. Face à cette résistance interne, le ministre de la justice par intérim, Todd Blanche, avait annoncé, mardi, renoncer à inclure ce projet dans le texte devant le Congrès

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#politiquemigratoire#ICE#droit#sante

  • Avant la Coupe du monde de football, l’ONU appelle Washington à revoir « en profondeur » l’application de sa politique migratoire
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/10/avant-le-mondial-de-football-l-onu-appelle-washington-a-revoir-en-profondeur

    Avant la Coupe du monde de football, l’ONU appelle Washington à revoir « en profondeur » l’application de sa politique migratoire
    Le Monde avec AFP
    Le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, a appelé Washington à revoir « en profondeur » l’application de sa politique migratoire dans le cadre de la Coupe du monde de football, mercredi 10 juin.« J’espère vraiment qu’il y aura une remise en question en profondeur de la manière dont l’application des politiques migratoires affecte les droits humains et la dignité humaine, et que, notamment dans le cadre de la Coupe du monde, on repensera les politiques qui, malheureusement, semblent prévaloir actuellement, en particulier aux Etats-Unis », a dit Volker Türk lors d’une conférence de presse à Genève.
    Alors que la compétition doit débuter jeudi 11 juin, les tensions se sont récemment multipliées autour de la stricte politique migratoire américaine, embarrassant la Fédération internationale de football association (FIFA). Celle-ci, qui ne peut que constater les dégâts, explique dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP) qu’elle « n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte, y compris dans l’octroi des visas ».
    Le couac le plus retentissant concerne l’arbitre somalien Omar Artan, refoulé par la police des frontières américaine samedi à son arrivée à Miami, en Floride. Ecarté par la FIFA, il a déploré auprès du New York Times que « le plus grand rêve de [s]a vie » ait volé en éclats. La Somalie, dont les citoyens sont frappés d’une interdiction de voyage aux Etats-Unis par l’administration Trump, a défendu « l’intégrité » de son arbitre, assurant que celui-ci disposait d’un visa en règle. Le département d’Etat s’est contenté de répondre que l’arbitre était « lié à des personnes soupçonnées d’appartenir à des organisations terroristes ».D’autres pays ont connu des problèmes administratifs à leur arrivée aux Etats-Unis. C’est le cas, selon le quotidien britannique The Guardian, de l’Irak, dont l’attaquant vedette Aymen Hussein a été retenu près de sept heures samedi à l’aéroport de Chicago. Le photographe officiel de la sélection irakienne, Talal Salah, s’est par ailleurs vu refuser l’entrée sur le territoire malgré un visa valide. En ce qui concerne l’attaquant suisse Breel Embolo, privé la semaine dernière d’autorisation administrative pour entrer aux Etats-Unis en raison d’une condamnation judiciaire, il a finalement obtenu un visa et rejoindra ses coéquipiers vendredi.
    De même, après une période d’incertitude quant à leur participation, les joueurs et l’encadrement iraniens ont bien reçu leurs visas pour les Etats-Unis, où ils doivent disputer leurs trois premiers matchs. Mais plusieurs accompagnateurs ont vu leur demande refusée, parmi lesquels le président de la fédération iranienne, Mehdi Taj. Ils se rendront bien à Los Angeles le 14 juin, par vol charter, la veille de leur entrée en lice contre la Nouvelle-Zélande, a annoncé mardi le porte-parole de la fédération. Cette dernière a cependant accusé les Etats-Unis de lui avoir retiré le quota de tickets réservés à ses supporteurs.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#football#politiquemigratoire#visas#droit

  • L’Américain Gregory Bovino, chantre de la « remigration »
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/06/10/l-americain-gregory-bovino-chantre-de-la-remigration_6700415_4500055.html

    L’Américain Gregory Bovino, chantre de la « remigration »
    Ancien patron musclé de la police aux frontières des Etats-Unis, le trumpiste Gregory Bovino a défendu le principe de « remigration » lors d’un meeting des extrêmes droites au Portugal.
    Par Lucas Minisini
    Le 30 mai, l’Américain Gregory Bovino, ex-patron de la Border Patrol, la police aux frontières, et l’un des artisans de la politique anti-immigration de Donald Trump, est venu défendre la « remigration », soit le déplacement massif et forcé de populations immigrées hors d’Europe, lors d’un rassemblement d’extrême droite au sud de Porto, au Portugal. Organisé par la figure autrichienne d’ultradroite Martin Sellner, le sommet réactionnaire réunissait à la fois des élus de l’AfD et de Vox, les partis d’extrême droite allemand et espagnol, l’ancien député européen Front national (devenu Rassemblement National) Jean-Yves Le Gallou et, donc, l’Américain trumpiste de 56 ans, devenu le symbole de la détention aux États-Unis de plus de 70 000 personnes accusées d’être des sans-papiers.
    Entre octobre 2025 et la fin janvier 2026, Gregory Bovino a dirigé la police aux frontières des États-Unis à coups d’opérations médiatiques où il apparaissait, en plein raid, entouré de nombreux agents masqués. Sous son commandement, à Minneapolis, dans le Minnesota, un officier a tué à bout portant Alex Pretti, un infirmier de 37 ans qui filmait l’arrestation violente d’une femme, le 24 janvier 2026. Les images de sa mort, diffusées en ligne, ont vite contredit la ligne de défense de Gregory Bovino, qui accusait le trentenaire d’avoir menacé les forces de l’ordre. Face à l’indignation générale, le fidèle du président américain a été contraint de démissionner de son poste quelques jours plus tard.
    Pour expliquer son zèle, l’officier aux trois décennies passées au sein de la Border Patrol en Louisiane et en Californie se réfère à Jack Nicholson dans Police frontière, un thriller sorti en 1982. C’est le célèbre acteur incarnant un agent devenu complice d’un vaste trafic d’êtres humains qui aurait donné envie à Gregory Bovino de s’engager au sein de cette force de police dès la fin de ses études universitaires. Dans une interview donnée en 2021 sur la chaîne YouTube de la police aux frontières, Gregory Bovino explique également que le film a été produit par Neil Hartley, son grand-oncle.
    Peu de temps avant sa démission forcée, fin janvier 2026, Gregory Bovino est apparu au milieu d’agents de la police aux frontières vêtu d’un long manteau en laine couleur olive, avec épaulettes et manchettes. Gavin Newsom, le gouverneur démocrate de Californie, a qualifié cette tenue, inédite dans les rangs de la force de police, de « code nazi ». Face aux médias américains, le fonctionnaire anti-immigration a nié toute référence au IIIe Reich. Mais, plus récemment, lors d’une interview donnée au site identitaire Breizh Info en marge du sommet de la « remigration » organisé au Portugal, Gregory Bovino a évoqué le général nazi Erwin Rommel, qu’il a décrit comme une inspiration.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#remigration#frontiere#ICE#politiquemigratoire

  • Etats-Unis : un juge invalide une série de restrictions de l’administration Trump à l’immigration légale
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/05/etats-unis-un-juge-invalide-une-serie-de-restrictions-de-l-administration-tr

    Etats-Unis : un juge invalide une série de restrictions de l’administration Trump à l’immigration légale
    Le Monde avec AFP
    Un juge fédéral américain a invalidé, vendredi 5 juin, une série de restrictions à l’immigration légale imposées par l’administration Trump à la suite d’un attentat mortel à Washington en novembre, perpétré par un ressortissant afghan.Les services de citoyenneté et d’immigration (USCIS) ont édicté une série de restrictions visant les ressortissants de 39 pays à la suite de l’attentat qui a coûté la vie à une militaire de la garde nationale, rappelle le juge, John McConnell, concluant que ces restrictions sont « illégales ». « Depuis, les individus de ces pays se sont vus catégoriquement empêchés d’obtenir des décisions finales portant, entre autres, sur leurs demandes d’asile, de permis de travail, de “carte verte”, ou de naturalisation », souligne le magistrat.
    Il cite une publication de la ministre de la sécurité intérieure de l’époque, Kristi Noem, déclarant en décembre, sur X, avoir recommandé au président américain, Donald Trump, « une interdiction d’entrée totale pour les ressortissants de chaque satané pays qui a inondé notre nation de meurtriers, de sangsues et d’accros aux aides sociales ». Cette recommandation avait été aussitôt suivie d’effet, toute demande de carte de résident permanent, la fameuse « carte verte », ou de naturalisation, étant suspendue pour les ressortissants de 19 pays parmi les plus pauvres de la planète.
    Parmi les pays listés figurent les 12 (Afghanistan, Birmanie, Tchad, Congo, Guinée équatoriale, Erythrée, Haïti, Iran, Libye, Somalie, Soudan et Yémen) dont les ressortissants étaient déjà concernés par une interdiction d’entrée sur le territoire depuis juin 2025. S’y ajoutaient les sept autres pays (Burundi, Cuba, Laos, Sierra Leone, Togo, Turkménistan et Venezuela) frappés également depuis la même date par des restrictions de délivrance de visas. Vingt pays avaient ensuite été ajoutés à la liste en décembre 2025. Le juge reproche notamment à l’USCIS de « justifier ses actes par des préoccupations de “sécurité nationale” qui sont en fait des prétextes pour dissimuler des préjugés anti-immigrés ».
    A la suite de l’attentat, l’administration Trump a gelé pendant plusieurs mois toute décision sur l’octroi de l’asile aux Etats-Unis et réduit la durée des permis de travail de nombreuses catégories d’immigrés. Donald Trump a érigé la lutte contre l’immigration clandestine en priorité absolue, évoquant une « invasion » des Etats-Unis par des « criminels venus de l’étranger » et communiquant abondamment sur les expulsions d’immigrés. Mais son programme d’expulsions massives a été contrecarré ou freiné par de multiples décisions de justice, notamment au motif que les personnes visées devaient pouvoir faire valoir leurs droits.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#politiquemigratoire#immigration#asile#droit#sante

  • Avec la « remigration », l’extrême droite veut préparer les esprits à une politique raciale en Europe
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/06/07/avec-la-remigration-l-extreme-droite-veut-preparer-les-esprits-a-une-politiq

    Avec la « remigration », l’extrême droite veut préparer les esprits à une politique raciale en Europe
    Par Clément Guillou et Allan Kaval (Figueira da Foz [Portugal], envoyé spécial)
    Une apparition incongrue se donne à voir sur le parking du restaurant Quinta da Salmanha, en périphérie de Figueira da Foz, une station balnéaire portugaise : Gregory Bovino, 56 ans, éphémère patron de la Customs and Border Protection des Etats-Unis. Symbole de la militarisation de la politique d’expulsion de masse de l’administration Trump, il est invité d’honneur, ce samedi 30 mai, du Sommet de la remigration, monté par des organisations européennes d’extrême droite pour préparer les esprits à l’idée d’une épuration ethnique de l’Europe.
    Le fantasme de l’extrême droite occidentale est simple : rendre possible la déportation progressive de certaines populations non blanches d’Europe, que leurs représentants soient ou non des citoyens européens. Des expulsions de masse qui concerneraient, selon leurs promoteurs, des dizaines de millions de personnes présentes légalement sur le sol européen, mais jugées « inassimilées ». Dans l’esprit de ses concepteurs, le projet est une réponse à la théorie conspirationniste et raciste d’un « grand remplacement », supposé « mettre en minorité » les Blancs en Europe, définit Martin Sellner, l’organisateur de ce Sommet de la remigration, deuxième du nom.
    Ils ne sont que quelques centaines dans la salle du restaurant Quinta da Salmanha, à plus de 130 kilomètres de Porto, mais leurs images ont été relayées sur les écrans des followers de l’extrême droite globale, par la force de frappe d’influenceurs propulsés sur X par Elon Musk. Au sein de cette avant-garde ethno-différentialiste – qui repose sur le rejet des sociétés multiculturelles et multiethniques – se trouvent des influenceurs d’extrême droite suédois ou britanniques, des parlementaires espagnols, belges ou slovaques, des activistes français, néerlandais, italiens, portugais ou allemands, parfois vêtus de costumes à la mode au milieu du XXᵉ siècle en Europe. La plupart des organisateurs ont déjà été inquiétés par la justice pour de la propagande nazie ou pour négationnisme.
    Un peu perdu mais ravi d’être là, l’Américain Gregory Bovino, rendu célèbre pour son paletot d’officier singeant l’uniforme SS, se tient entre une élue locale du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) et une volée de jeunes gens coquets aux coupes bien dégagées derrière les oreilles, fiers de côtoyer cette figure emblématique du monde MAGA [Make America Great Again]. Avant d’être relevé de ses fonctions après le meurtre de deux manifestants à Minneapolis (Minnesota), il supervisait les opérations brutales de ses agents souvent masqués, la capture et l’éloignement violent d’étrangers et de citoyens américains visés arbitrairement dans plusieurs villes des Etats-Unis. Pour l’Europe, « mêmes problèmes, mêmes solutions ! » soutient Gregory Bovino, jugeant que le Vieux Continent aurait besoin de « moins de lois et de plus d’armes pour ses citoyens ! ». Il l’affirme : avec ses méthodes, « Paris redeviendrait Paris », une ville qu’il précise n’avoir jamais visitée.
    La présence massive d’Américains au sommet portugais du 30 mai, avec des groupes comme le New York Young Republican Club ou le Patriot Front, organisation paramilitaire d’obédience néonazie, témoigne de la dimension prise par le concept aux Etats-Unis. Elon Musk et Donald Trump en ont fait la promotion, le second l’instituant en politique d’Etat.
    Ce même week-end, le terme de « remigration » est brandi par deux des principales figures de l’extrême droite européenne, Alice Weidel (AfD) et Geert Wilders (Parti de la liberté) le 31 mai, pour commenter les violences ayant suivi la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions. « Déportez-les tous », commente le leader islamophobe néerlandais, à l’endroit des jeunes ayant commis des dégradations, français pour leur quasi-totalité.
    Ce sont les identitaires français qui, en 2012, ont forgé ce concept, qu’ils jettent dans le débat public deux ans plus tard, lors d’Assises de la remigration. Prolongement du travail conceptuel de la nouvelle droite, il vise à l’époque spécifiquement les musulmans, et veut rendre leur départ « volontaire » et inéluctable, en leur rendant la vie impossible et en coopérant avec les « pays d’origine ».
    Longtemps cantonné aux marges de la radicalité politique, ce terme est devenu « la plus grande réussite de communication politique des identitaires », juge la politiste Marion Jacquet-Vaillant, spécialiste de la mouvance, chercheuse au Centre d’études constitutionnelles et politiques de l’université Paris-Panthéon-Assas. L’Autrichien Martin Sellner, formé par les identitaires français dans leurs universités d’été, a remis le mot au goût du jour ces dernières années, le faisant entrer dans le vocable de partis avec lesquels il entretient de solides connexions, l’AfD et le FPÖ (Parti de la liberté d’Autriche) – tous deux en tête des intentions de vote.
    Sa « remigration » prévoit une opération progressive en trois étapes, visant d’abord les étrangers en situation irrégulière, puis les étrangers en situation régulière, et enfin des citoyens européens, classés selon des critères raciaux, en fonction de leur capacité d’« assimilation ». Les populations noires et celles venues du monde islamique sont, en définitive, les cibles. Des structures d’Etat seraient chargées d’analyser, notamment sur la base de leurs activités en ligne et de leurs cercles sociaux, le degré d’assimilation des personnes, le préalable à un processus de déplacement.Pour ses concepteurs, l’aspect progressif de ces déportations est la condition indispensable de la réussite de la « remigration », autant pour la faire accepter par la population que pour adapter progressivement le cadre réglementaire.
    Dans ce système, la nationalité n’est plus la condition de l’égalité : l’ethnique et le religieux priment sur le reste. L’objectif final, comme l’explique Martin Sellner, qui fait valoir que plusieurs conceptions plus ou moins radicales coexistent, est simple : « rendre l’Europe plus blanche ». Pour lui, un prérequis important s’impose pour mener son projet, surtout en Allemagne : mettre fin à la culpabilité vis-à-vis des crimes nazis, un dogme selon lui néfaste, un verrou à faire sauter avant de mener un programme de déportation.
    Avenant et polyglotte, Martin Sellner explique sa stratégie sur le parking du restaurant – la presse non sympathisante n’est pas admise à l’intérieur et se voit narguée par un drone aux manœuvres offensives. Une discussion avec le polémiste danois Rasmus Munch Sondergaard, sceptique sur l’appartenance des hôtes portugais à la « race blanche », permet de comprendre cette mise à l’écart : « Devant la presse, interdiction de parler de race biologique, du caractère génétique de la culture, du QI différent selon la race… Alors qu’à l’intérieur de cette conférence ce n’est pas du tout un tabou, de même que l’antisémitisme… »
    Américains ou européens, nombre des participants sont nés dans un monde dominé par les likes et les écrans. Mais ils se réjouissent du renfort de la génération antérieure, dont les ouvrages racistes ont ouvert la voie tout en les marginalisant. Tel le suprémaciste blanc américain Jared Taylor, 74 ans, autre vedette du rassemblement, qui sourit avec une apparente incrédulité en disant que « le meilleur des Français est un juif algérien : Eric Zemmour ». Le fondateur de Reconquête ! est le seul homme politique à assumer l’usage du mot « remigration » en France, définissant ainsi les populations à expulser à grande échelle : clandestins, étrangers condamnés ou « fichés S », étrangers au chômage depuis six mois ou plus, binationaux condamnés. Il continue de faire de ce mot un facteur différenciant du Rassemblement national (RN), même si le programme du parti lepéniste prévoit également le renvoi des étrangers au chômage, ou l’extension de la déchéance de nationalité comme prélude à l’expulsion. Les élus RN reprennent fréquemment la symbolique de l’avion, autant de clins d’œil aux adeptes de la « remigration ».
    La force du terme est justement sa malléabilité, observe Marion Jacquet-Vaillant. Pour les identitaires, la “remigration” s’inscrit dans un système idéologique, l’ethno-différentialisme, à la cohérence interne très forte. Mais, si le terme est efficace, c’est que son sens propre devient de moins en moins clair : il y a une conception ethnique et une autre appropriation plus compatible avec la notion d’assimilation. »
    La plupart des termes politiques populaires sont utilisés de façon générale par les élites, et compris de façon très différente par les gens, souligne Cas Mudde, professeur d’affaires internationales à l’université de Géorgie (Etats-Unis) et spécialiste des extrêmes droites. Au minimum, la plupart comprendront la “remigration” comme le départ d’étrangers, mais la notion d’étrangers diffère pour certains : il peut s’agir de personnes d’une autre nationalité, comme de concitoyens d’une autre ethnie ou religion. » Dans son acception la plus radicale, souligne Cas Mudde, « il pourrait s’agir d’une forme de nettoyage ethnique, bien que ce terme implique l’utilisation d’une violence de masse et soit généralement plus utilisé pour un génocide que pour un transfert de population ».
    En 2022, Eric Zemmour et ses relais médiatiques étaient parvenus à faire entrer dans le débat public la théorie conspirationniste du « grand remplacement ». Son « ministère de la remigration », lancé dans l’atmosphère pour relancer une campagne déclinante, avait eu moins de succès. En fera-t-il un sujet de la présidentielle 2027 ?
    C’est dans cet espoir que son ami le théoricien Jean-Yves Le Gallou organisera, en octobre, une réunion similaire à Paris. Celui qui se donne pour mission de « déplacer la fenêtre d’Overton » partage avec Eric Zemmour l’intérêt pour le combat lexical. « Une fois que vous imposez ce mot, les gens se battent à l’intérieur de ce logiciel », dit cette figure venue de la nouvelle droite, dont la revue Eléments vient de publier en une « Remigration ? », avec un avion au-dessus.
    Présent au Portugal, Jean-Yves Le Gallou a consacré un livre au slogan, publié en mars aux éditions La Nouvelle Librairie. Il assume la logique de déplacement sur une base ethnique : « Elle fait partie des éléments. Je ne réduis pas tout à la réalité ethnique, mais je ne pense pas qu’on puisse la nier. L’espoir, c’est de se retrouver entre gens qui se ressemblent. »D’après lui, l’opinion serait travaillée par la présence des groupes « ethniques » jugés « hostiles » : les Noirs et les « arabo-musulmans ». Le préalable serait la remise en cause de la nationalité sans substrat ethnique et du contre-pouvoir judiciaire qu’il décrit comme l’« oligarchie des juges ».Ces deux piliers de la démocratie libérale constituent l’obstacle fondamental au projet. L’action du Conseil constitutionnel, garant des principes fondamentaux de la République, constituerait une « dérive » pour ce défenseur du « monde blanc ». « En l’Etat du droit, rien n’est possible », tranche-t-il. L’intellectuel organique des ethno-différentialistes, Alain de Benoist, en déduit que la « remigration » obligerait à « une forme nouvelle d’arbitraire qui, de toute façon, ne pourra pas se mettre en place » : le projet relèverait donc « de la pure et simple impolitique ».
    Martin Sellner dit vouloir faire avancer ses idées en s’inspirant des moyens de pression de la National Rifle Association, le puissant lobby américain des armes à feu. Son slogan a déjà des relais dans chaque démocratie occidentale. En Italie, le parti Futuro Nazionale fait bloc avec des groupes néofascistes pour porter le thème dans des événements publics.Les partis plus installés, comme l’AfD en Allemagne ou Vox en Espagne, jouent sur la polysémie du terme, dont les dirigeants donnent une vision différente de leurs parlementaires les plus radicaux. Tom Van Grieken, le populaire leader du parti d’extrême droite flamand, Vlaams Belang, a également adopté le terme, comme un retour au « plan en 70 points » de son ancêtre le Vlaams Blok, qui prévoyait l’expulsion des enfants et petits-enfants d’immigrés.
    Quant au FPÖ, premier parti d’Autriche mais relégué dans l’opposition, il assume vouloir rendre à l’Autriche l’« homogénéité de son peuple » en expulsant ceux de ses concitoyens d’origines extra-européennes qui se comporteraient comme des « racailles ». Après sa victoire aux élections européennes, le parti allié du RN avait réclamé la nomination d’un « commissaire européen à la remigration ».Dans un premier temps, c’est par le biais d’une initiative citoyenne européenne, soutenue par des influenceurs trumpistes, Viktor Orban et le leader de Vox Santiago Abascal, que le sujet pourrait s’inviter à Bruxelles. Lancée au Portugal, la pétition revendiquait, samedi 6 juin, quelque 250 000 signatures, soit un quart du chiffre requis pour être porté devant la Commission.

    #Covid-19#migration#migrant#france#UE#etatsunis#remigration#politiquemigratoire#extremedroite#droit#sante

  • Aux Etats-Unis, le Sénat approuve 70 milliards de dollars pour la police de l’immigration
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/05/aux-etats-unis-le-senat-approuve-70-milliards-de-dollars-pour-la-police-de-l

    Aux Etats-Unis, le Sénat approuve 70 milliards de dollars pour la police de l’immigration
    Ce texte budgétaire, auquel s’opposaient en bloc les démocrates, doit désormais être approuvé par la Chambre des représentants.
    Le Monde avec AFP
    Le Sénat américain a approuvé, vendredi 5 juin, un texte budgétaire de près de 70 milliards de dollars (environ 60,1 millions d’euros) pour la lutte contre l’immigration, après un marathon législatif qui a mis en exergue le malaise croissant de plusieurs sénateurs républicains face à certains projets de Donald Trump.Le projet de loi, adopté avec 52 voix pour et 47 contre et auquel s’opposaient en bloc les démocrates, arrive au bout de plusieurs mois de polémiques autour des pratiques de la police de l’immigration (ICE) et de la police aux frontières (CBP).
    Les démocrates demandaient d’importantes réformes pour ces deux agences, depuis la mort à Minneapolis en janvier de Renee Good et d’Alex Pretti, deux Américains tués par des agents fédéraux en marge de manifestations contre les opérations de l’ICE dans cette ville du nord des Etats-Unis. L’opposition émocrate avait même mené le ministère de la sécurité intérieure à une paralysie budgétaire record de plus de 70 jours, entre février et mars.
    Le texte approuvé par les sénateurs prévoit près de 70 milliards de dollars sur trois ans pour financer l’ICE et la CBP, sans ces réformes demandées par l’opposition. Il doit désormais être adopté par la Chambre des représentants, probablement la semaine prochaine.
    Si le financement de la lutte contre l’immigration fait globalement consensus à droite, l’adoption du texte au Sénat ne s’est pas fait sans remous. Une série d’amendements, proposés à tour de rôle par les démocrates et par certains républicains, ont vu plusieurs sénateurs de la majorité aller à rebours des exigences de Donald Trump.
    Six sénateurs républicains ont ainsi voté pour un amendement destiné à interdire d’utiliser des fonds publics pour construire une salle de bal à la Maison Blanche, ardemment souhaitée par le président américain. L’amendement a échoué à récolter les 60 voix nécessaires mais a mis en exergue le malaise de certains élus à droite devant ce projet luxueux.Autre sujet de discorde, le fonds « anti-instrumentalisation » de près d’1,8 milliard de dollars, provisoirement gelé par une juge fédérale, censé dédommager des individus que le gouvernement présente comme des victimes du système judiciaire. L’opposition démocrate l’a dénoncé comme une « caisse noire » pouvant notamment bénéficier aux partisans de Donald Trump qui ont pris d’assaut le Capitole à Washington le 6 janvier 2021.
    Plusieurs élus républicains ont aussi exprimé leur rejet de cette initiative. Face à cette résistance interne, le ministre de la justice par intérim, Todd Blanche, avait annoncé mardi renoncer à ce projet. Mais les opposants voulaient que cet abandon soit gravé dans le marbre. Plusieurs amendements en ce sens ont été soumis au vote lors du marathon législatif de jeudi, dont plusieurs par des républicains

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#ICE#politiquemigratoire#sante#droit#frontiere#immigration

  • Epidémie d’Ebola : l’ouverture d’un centre de quarantaine pour les malades américains fait polémique au Kenya
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/06/02/epidemie-d-ebola-l-ouverture-d-un-centre-de-quarantaine-pour-les-malades-ame

    Epidémie d’Ebola : l’ouverture d’un centre de quarantaine pour les malades américains fait polémique au Kenya
    Par Alba Dufaure (Nairobi, correspondance)
    Publié aujourd’hui à 06h00, modifié à 08h51
    Des manifestations ont éclaté, lundi 1er juin, autour de la base militaire de Laikipia, dans le centre du Kenya. Quelques centaines de protestataires s’opposaient à l’installation sur cette base aérienne, située près de la ville de Nanyuki, d’un centre de quarantaine destiné à accueillir des ressortissants américains potentiellement exposés au virus Ebola, qui sévit en République démocratique du Congo (RDC).
    Le projet a d’abord été révélé par le Wall Street Journal, mardi 26 mai, avant d’être confirmé par l’administration américaine, qui a évoqué l’envoi de 30 soignants et 50 lits médicalisés. L’infrastructure « de pointe » doit permettre d’accueillir les Américains devant être évacués de RDC tout en restant en isolement, et ainsi leur éviter le voyage vers les Etats-Unis. Le ministre de la santé kényan a de son côté confirmé, samedi, le projet d’installer un centre destiné à « renforcer les capacités de surveillance, d’isolement et de réponse aux urgences » face au virus Ebola, en partenariat avec les Etats-Unis. Washington a annoncé 13,5 millions de dollars (11,6 millions d’euros) pour soutenir le Kenya dans ses efforts de préparation.
    L’épidémie d’Ebola a été déclarée le 15 mai dans l’est de la RDC, provoquée par le variant Bundibugyo, contre lequel il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique. Plus de 1 000 cas suspects ont été identifiés selon l’Africa CDC, l’agence sanitaire de l’Union africaine, qui dénombre 246 décès suspects dans le pays. L’Ouganda voisin a recensé, le 29 mai, un total de neuf cas, dont un mortel. Le Kenya n’a, à ce jour, enregistré aucun cas. Ce projet de centre d’isolement a donc suscité une vive opposition dans le pays et fait déjà l’objet d’une procédure judiciaire. Saisie par le Katiba Institute, une organisation de défense des droits constitutionnels, la Haute Cour du Kenya a suspendu, le 28 mai, son développement.
    En attendant la suite des procédures judiciaires, la justice a estimé que « l’intérêt public » nécessitait une mesure conservatoire, interdisant au gouvernement kényan la mise en place sur son territoire de tout établissement destiné au traitement d’Ebola, dans le cadre d’un accord passé avec les Etats-Unis ou tout autre gouvernement étranger. L’ordonnance proscrit également l’admission sur le sol kényan de personnes exposées ou infectées par le virus. Une nouvelle audience est prévue mardi.
    Dans sa plainte, le Katiba Institute pointe un manque de transparence des autorités et interroge la capacité du Kenya à faire face à une épidémie d’Ebola. L’organisme s’inquiète d’un « danger réel et imminent que le Kenya puisse être transformé en centre de quarantaine offshore pour des Etats étrangers, exposant les citoyens à des pertes de vies humaines évitables ». Le Katiba Institute n’est pas le seul organisme à s’opposer à ce projet. Alors que, le 27 mai, Marco Rubio, le secrétaire d’Etat américain, affirmait que son gouvernement « ne permettrait pas que des cas d’Ebola entrent aux Etats-Unis », la perspective d’importer au Kenya des cas suspects liés au virus a provoqué l’indignation.
    « Si c’est trop dangereux pour l’Amérique, c’est trop dangereux pour le Kenya », a ainsi répondu le KMPDU, le principal syndicat des médecins du pays dans un communiqué, menaçant de lancer un mouvement de grève national. Son secrétaire général, Davji Bhimji Atellah, s’est dit « profondément choqué par la volonté apparente du gouvernement de sacrifier la biosécurité nationale et la vie de ses citoyens en échange d’une aide étrangère », affirmant que le syndicat ne resterait pas les bras croisés « à regarder le Kenya être traité comme une colonie de confinement ». La Law Society of Kenya, l’association du barreau kényan, s’est dite elle aussi opposée à ce projet, affirmant que le Kenya ne pouvait pas « devenir une zone de rétention pour des maladies infectieuses dangereuses ».
    Washington a annoncé être « au courant » de l’action en justice en cours et être en contact avec les autorités kényanes tout en restant « optimiste quant à la possibilité de résoudre les objections ». Samedi 30 mai, le ministre de la santé du Kenya, Aden Duale, invité sur le plateau de la chaîne Citizen TV, a tenté de défendre le projet, arguant que le site ne serait pas exclusif aux ressortissants américains mais pourrait aussi accueillir, par exemple, des militaires kényans. Il a affirmé chercher à préparer le pays. Les autorités kényanes ont également annoncé la mise en place de centres d’isolement et de traitement liés au virus Ebola au sein de plusieurs hôpitaux.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#kenya#ebola#sante#epidemie#frontiere#biosecurite#RDC#quarantaine

  • L’administration Trump renonce à imposer aux candidats à la « carte verte » de faire leur demande dans leur pays d’origine
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/30/l-administration-trump-renonce-a-imposer-aux-candidats-a-la-carte-verte-de-f

    L’administration Trump renonce à imposer aux candidats à la « carte verte » de faire leur demande dans leur pays d’origine
    Le 22 mai, les services migratoires annonçaient que les étrangers séjournant temporairement aux Etats-Unis devraient retourner dans leur pays d’origine pour faire une demande de « carte verte ». Selon le ministère de la sécurité intérieure, cela se fera finalement « au cas par cas ».
    Le Monde avec AFP

    Les candidats à la résidence permanente aux Etats-Unis n’auront finalement pas à effectuer systématiquement leurs démarches dans leur pays d’origine. Le gouvernement américain a fait marche arrière sur cette nouvelle politique annoncée le 22 mai, a déclaré le ministère de la sécurité intérieure au quotidien New York Times, vendredi 30 mai.Après une vague publique d’indignation, ce ministère chargé des questions d’immigration a annoncé que la mesure ne s’appliquerait finalement pas à tous les candidats à la fameuse « carte verte », mais « sur la base du cas par cas ». « Elle servait simplement de rappel aux agents d’utiliser leur pouvoir discrétionnaire » pour exiger éventuellement des candidats qu’ils quittent les Etats-Unis afin d’effectuer leur demande, a affirmé le ministère.
    Il s’agit d’un revirement. Une semaine plus tôt, les services américains de la citoyenneté et de l’immigration (USCIS) annonçaient : « A partir de maintenant, un étranger qui séjourne temporairement aux Etats-Unis et veut obtenir une “carte verte” doit retourner dans son pays d’origine pour en faire la demande, sauf en cas de circonstances exceptionnelles. »
    Dans un communiqué transmis samedi à l’Agence France-Presse, le ministère affirme que cette nouvelle mesure, en réalité, « redit la politique et la loi établies de longue date ». « Cette politique n’aura pas d’impact notable sur les candidats hautement qualifiés et les professionnels talentueux qui ont suivi la loi », ajoute-t-il.
    Selon le ministère, Donald Trump « continue de donner la priorité à une immigration qui renforce l’Amérique culturellement, socialement et financièrement, tout en empêchant l’immigration de masse du tiers-monde qui nuit à notre pays et aux Américains ».
    Les détenteurs de visas à durée limitée, « comme les étudiants, les travailleurs temporaires, ou les personnes avec un visa de touriste, viennent aux Etats-Unis pour une période courte et une raison précise, avait alors expliqué le porte-parole de l’USCIS, Zach Kahler. Notre système est conçu pour qu’ils repartent quand leur séjour est terminé. » Ainsi, « leur séjour ne doit pas fonctionner comme un premier pas vers le processus de “carte verte” », avait-il justifié.
    Plusieurs associations de défense des droits des migrants ainsi que des cabinets d’avocats avaient exprimé leur dépit, face à cette mesure à même de créer de la confusion pour les demandeurs de résidence permanente. Le député démocrate Chuy Garcia avait qualifié la nouvelle politique d’« absurde et cruelle ». Elle « va obliger des milliers d’immigrés LÉGAUX, dont les époux de citoyens américains, à quitter leur maison, leur famille et leur travail pour des semaines, voire des mois, pour obtenir leur “carte verte” hors des Etats-Unis », s’était-il alarmé. Selon The Washington Post, les Etats-Unis délivrent plus d’un million de « cartes vertes » chaque année, et, jusqu’à présent, plus de la moitié des demandeurs se trouvent déjà sur le sol américain. Dans la vaste offensive anti-immigration menée par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche, une autre voie d’immigration légale, celle pour les réfugiés, a déjà été très largement refermée.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#politiquemigratoire#droit#sante#greencard

  • La coopération inavouée du Mexique avec les Etats-Unis en matière d’expulsions dévoilée par un rapport
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/29/la-cooperation-inavouee-du-mexique-avec-les-etats-unis-en-matiere-d-expulsio

    La coopération inavouée du Mexique avec les Etats-Unis en matière d’expulsions dévoilée par un rapport
    Par Anne Vigna (Mexico, correspondante)
    L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) a présenté un rapport dérangeant pour le gouvernement de Claudia Sheinbaum, la présidente du Mexique, mercredi 27 mai. L’ONG a enquêté sur les accords que l’administration du président américain, Donald Trump, a signés avec des pays tiers pour y expulser les migrants arrêtés et détenus par sa police migratoire, l’ICE. Parmi ces pays, le Mexique est celui qui en a accepté le plus sur son territoire. « Sur les 18 453 personnes expulsées des Etats-Unis entre janvier 2025 et mars 2026, 12 977 ont été transférées vers le Mexique », explique le rapport. Cela représente 70 % du total, contre 7 % au Honduras, 6 % au Canada, 2 % au Salvador ou encore 2 % au Guatemala.
    Claudia Sheinbaum a pourtant toujours nié l’existence d’un tel accord, rappelle Juan Pappier, direcetru adjoint de HRW pour les Amériques : « La présidente a simplement reconnu que le Mexique recevait des expulsés d’autres pays pour des raisons humanitaires. Cette négociation entre Mexico et Washington est complètement opaque. Même les législateurs américains n’en connaissent pas les termes. » On ignore, par exemple, si le Mexique est financé par les Etats-Unis pour recevoir des expulsés, à l’instar du Salvador, qui a reçu 4,76 millions de dollars (4,1 millions d’euros) pour garder en détention 238 Vénézuéliens en 2025.
    Dans la région, le Mexique joue deux rôles bien définis dans ce que le rapport qualifie de « chaîne d’expulsion » : il est à la fois un pays de transit pour les déportés centraméricains et un pays de destination pour les ressortissants des pays avec qui les Etats-Unis n’ont pas d’accord migratoire, tels que Cuba, Haïti et le Nicaragua.
    Les Centraméricains (Honduras, Salvador, Guatemala) expulsés des Etats-Unis sont renvoyés dans leurs pays, après un bref passage dans un centre de détention mexicain. Ce sont les autorités migratoires mexicaines qui les font voyager par bus, de la frontière nord avec les Etats-Unis jusqu’à leur pays d’origine. Ceux qui n’auront d’autres choix que de rester au Mexique, notamment parce que leur pays d’origine refuse de les recevoir, sont aussi envoyés dans les Etats mexicains du Chiapas et du Tabasco, à près de 3 000 kilomètres de la frontière américaine, pour compliquer un peu plus toute tentative de retour aux Etats-Unis.
    « L’accord entre les Etats-Unis et le Mexique les empêche de contester leur expulsion vers le Mexique. Ils sortent d’un centre de détention de l’ICE pour être remis aux autorités mexicaines, sans même savoir où ils vont », fait valoir Juan Pappier. Ainsi, après soixante heures de voyage en bus depuis l’Arizona, Hector (le prénom a été changé) s’est-il retrouvé à Villahermosa, la capitale de l’Etat du Tabasco. « La police mexicaine nous a lâchés dans une zone industrielle à deux heures à pied du centre, sans nous donner aucune indication. On était un groupe de vingt Cubains, sans argent, ni téléphone », explique le jeune homme de 29 ans, arrivé à Miami avec sa mère, à l’âge de 3 ans.
    HRW s’est intéressée au cas des 4 353 Cubains expulsés vers le Mexique depuis janvier 2025 et qui sont aujourd’hui dans la situation d’apatrides. « La majorité vivait depuis des années aux Etats-Unis, plusieurs sont d’ailleurs des personnes âgées. Les autorités cubaines les ignorent et le Mexique leur délivre une résidence provisoire après des mois d’attente », ajoute le militant des droits de l’homme. Les déportés doivent rester dans l’Etat où ils ont commencé leur demande de résidence, qui peut tarder plus d’un an. En attendant, ils ne peuvent pas ouvrir de compte bancaire ni avoir droit aux soins médicaux, et ils doivent survivre sans autorisation légale de travail.
    Le seul refuge pour migrants de Villahermosa n’a que 35 places et n’accueille une même personne que deux nuits d’affilée. « Sept lits sont occupés en permanence par des personnes âgées cubaines qui ont besoin de traitement médical. Le Mexique n’a rien prévu pour les recevoir », explique son directeur, Josué Leal. Mexico n’a pas non plus pensé à leur sécurité : le Cartel de Jalisco, qui règne dans le sud du pays, profite de ces proies faciles. « Ils sont victimes de kidnapping car les criminels savent qu’ils ont de la famille aux Etats-Unis pour payer les rançons », ajoute le directeur du refuge.
    « Des centres d’accueil et une aide financière existent pourtant pour les citoyens mexicains expulsés », note le rapport de HRW. Le gouvernement mexicain n’a pas souhaité s’exprimer sur ce rapport, qui met en évidence le double discours du Mexique, assurant défendre les migrants et aider les Cubains. « La réalité que nous avons documentée est bien différente de celle que présente l’administration Sheinbaum », estime Juan Pappier.

    #Covid-19#migration#migrant#mexique#etatsunis#expulsion#politiquemigratoire#sante