• Les étudiants marocains touchés de plein fouet par la hausse des frais d’inscription en France
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/08/10/les-etudiants-marocains-touches-de-plein-fouet-par-la-hausse-des-frais-d-ins

    Les étudiants marocains touchés de plein fouet par la hausse des frais d’inscription en France
    Un décret, pris le 19 mai, restreint les possibilités d’exonération des droits d’inscription différenciés pour les étudiants non européens. Parmi eux, les Marocains sont les plus nombreux à étudier dans les facultés françaises.
    Par Nada Didouh (Fès [Maroc], correspondance)
    Manutentionnaire dans un dépôt de poids lourds à Toulouse, Yassine (son prénom a été changé), 18 ans, soulève des colis de 50 kilos pour 60 euros la journée. « Je travaille tout l’été au lieu de rentrer au Maroc voir mes parents », confie cet étudiant en classe préparatoire intégrée dans une école d’ingénieurs, arrivé en France en 2025. « En travaillant les deux mois d’été, je peux économiser environ 2 000 euros. Mais ça reste trop peu par rapport aux frais qui arrivent. »
    En quelques mois, l’équation financière des étudiants extra-européens en France s’est en effet considérablement compliquée. Hausse des droits d’inscription, fin de l’aide personnalisée au logement (APL) pour les étudiants non boursiers et renforcement des conditions de ressources pour obtenir un titre de séjour, autant de mesures qui suscitent des inquiétudes.
    Les Marocains sont particulièrement concernés. Avec plus de 42 000 étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur français sur l’année scolaire 2024-2025, selon Campus France, le Maroc constitue le premier pays d’origine des étudiants étrangers en France. Mais cette mobilité historique entre les deux pays est aujourd’hui fragilisée par un coût croissant des études.Un décret, pris le 19 mai, restreint désormais les possibilités d’exonération des droits d’inscription différenciés pour les étudiants non européens. Instaurés en 2019 dans le cadre du plan « Bienvenue en France », les frais d’inscription pour ces étudiants peuvent atteindre 2 895 euros par an en licence et 3 941 euros en master, contre une inscription chiffrée à respectivement 178 et 254 euros pour les étudiants français et européens. L’objectif affiché était de renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur français et de faire davantage contribuer les étudiants internationaux au financement de leur formation.
    Jusqu’ici, les universités avaient largement contourné la mesure, qu’elles jugeaient inégalitaire. Selon le ministère de l’enseignement supérieur, en 2024-2025, 90 % des 111 500 étudiants concernés bénéficiaient encore d’une exonération totale ou partielle. Mais le nouveau décret prévoit une baisse progressive de ces exonérations : 30 % d’étudiants exonérés à la rentrée 2026, puis 25 % en 2027 et 20 % en 2028. Le flou demeure sur les profils d’étudiants qui se verront exonérés partiellement ou entièrement de ces frais, mais « leurs ressources » seront prises en compte dans l’examen des demandes, d’après le texte.
    Amina Bentayeb devait faire sa rentrée en septembre à Aix-Marseille Université. La jeune Marocaine de Fès pensait avoir sécurisé son projet après avoir obtenu une exonération de 75 % de ses droits d’inscription. Elle a appris en juillet qu’elle devrait finalement s’acquitter de la totalité des frais. « J’avais construit tout mon projet autour de cette exonération. Aujourd’hui, je me demande si je vais pouvoir continuer. Je ne peux pas payer », confie la jeune étudiante.
    Pourtant, selon le ministère de l’enseignement supérieur, les étudiants ayant obtenu une exonération avant l’entrée en vigueur du décret, le 21 mai, sont censés en conserver le bénéfice. Alors, à Aix-Marseille, comme dans plusieurs universités, des syndicats étudiants se mobilisent pour faire valoir les droits des concernés et contester une application stricte du texte.
    Yassine, déjà engagé dans son cursus, ne sera pas concerné directement par cette hausse des frais de scolarité. La mesure s’applique uniquement aux nouveaux étudiants, ou à ceux qui changent d’établissement ou de cycle universitaire. Excellent élève, major de sa promotion, il bénéficie grâce à ses résultats d’une exonération partielle et paie environ 1 200 euros par an au lieu des 3 000 euros environ prévus. Mais la suppression des APL, entrée en vigueur le 1er juillet, modifie son équilibre.« Avant de venir en France, on m’a parlé des avantages financiers, notamment des APL. Après un an ici, je me retrouve face à une décision politique comme celle-là, franchement c’est choquant. » L’étudiant, originaire d’Oujda, envisage désormais d’autres options. « Mon frère est en Allemagne. Là-bas, les frais sont beaucoup plus bas et c’est plus facile de trouver du travail. » Il prévoit d’apprendre l’allemand à la rentrée.
    A Lyon, Ibrahim (il n’a pas souhaité donner son nom de famille), 19 ans, en deuxième année de bachelor universitaire de technologie informatique, a lui aussi vu son budget se réduire. « Je recevais 200 euros d’APL par mois. Je viens de vérifier sur mon compte de la CAF [Caisse d’allocations familiales], c’était bien mon dernier versement », raconte l’étudiant marocain, dont le loyer s’élève à 600 euros, sans les charges. « Ma mère va essayer de m’aider un peu plus, mais ça va être compliqué. Pour le reste, je vais devoir me débrouiller. » Ancien étudiant au lycée français Lyautey à Casablanca, il raconte que, dans son entourage, « de plus en plus de personnes regardent vers d’autres destinations. Au Maroc, on commence à délaisser la France ».
    Pour le sociologue Hicham Jamid, ces mesures s’inscrivent dans un durcissement plus large de la politique migratoire française. Selon lui, la hausse des frais s’ajoute à des démarches administratives plus complexes et à une précarité accrue : « La mobilité étudiante va devenir une affaire de classe sociale. La France essaie d’attirer les enfants de riches qui sont là juste pour avoir un diplôme français. »
    A ce jour, les données de Campus France Maroc ne montrent pas encore de recul du nombre de candidats. Pour la rentrée 2026-2027, les candidatures marocaines progressent même de 8 %, et le taux d’admission atteint 41 %. Ces chiffres restent toutefois difficiles à interpréter, les candidatures ayant été déposées bien avant l’annonce de ces mesures.

    #Covid-19#migrant#migration#france#politiquemigratoire#etudiant#allemagne#université#sante

  • #UPLOAD dans un recueil de nouvelles #Solarpunk
    https://framablog.org/2026/07/06/upload-dans-un-recueil-de-nouvelles-solarpunk

    Cela fait plusieurs années que Framasoft participe à des ateliers d’écriture solarpunk dans le cadre d’une Activité Pédagogique d’Intersemestre à l’Université de Technologie de Compiègne (voir l’annonce originelle publiée en 2024). À chaque fin de session, les étudiantes et étudiants … Lire la suite­­

    #Communs_culturels #Enjeux_du_numérique #atelier #communs #écriture #étudiant⋅es #fiction #low-tech #manifeste #SF #StéphaneCrozat #Universite #UTC

  • Burkina : les étudiants doivent désormais obtenir une autori... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Afrique/burkina-les-etudiants-doivent-desormais-obtenir-une-autorisation-du-gouvern

    Burkina : les étudiants doivent désormais obtenir une autorisation du gouvernement pour étudier à l’étranger
    Auteur : AFP
    Le gouvernement du Burkina Faso a pris jeudi un décret obligeant tout étudiant burkinabè souhaitant étudier à l’étranger à obtenir une autorisation du ministère de l’Enseignement supérieur.Ce pays, dont le régime militaire est dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré depuis un coup d’Etat en septembre 2022, mène une politique souverainiste, répressive envers toute voix critique, hostile aux Occidentaux et revendique ne pas être une démocratie. « Aux termes de ce décret, tout étudiant burkinabè qui veut entamer des études à l’extérieur, bénéficiaire d’une bourse ou sur fonds propres, a l’obligation d’obtenir au préalable une autorisation du ministère en charge de l’Enseignement supérieur », a annoncé le gouvernement dans un communiqué à l’issue d’un Conseil des ministres.
    « Selon le ministre (Adjima Thiombiano, ndlr) il s’agit de permettre à l’Etat d’assurer un suivi des contenus de formations conformément à la vision actuelle du gouvernement, d’éviter les cas sociaux après les études à l’étranger et de préparer l’insertion professionnelle de ces étudiants », a-t-il expliqué. Plusieurs milliers d’étudiants burkinabè vivent hors de leur pays, ils étaient environ 2.500 en France en 2022 selon Campus France, l’agence française de promotion à l’étranger de l’enseignement supérieur. Les étudiants burkinabè souhaitant étudier à l’étranger avaient déjà été affectés en 2023 lorsque la France, l’ex-puissance coloniale avec qui le Burkina entretient des relations glaciales, avait suspendu la délivrance de visas à Ouagadougou dans un contexte de fortes tensions.
    Cette décision concernait également le Mali et le Niger, aux aussi dirigés par des juntes hostiles à Paris et avec qui le Burkina est allié au sein de la confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
    Par ailleurs, le gouvernement a pris en mai 2025 un décret portant institution d’une « immersion patriotique obligatoire » pour les élèves admis au baccalauréat. Quelque 60.000 bacheliers ont dû prendre part à cette formation d’une durée d’un mois, censée créer « des patriotes » prêts à « défendre » leur pays, en proie à des violences jihadistes meurtrières depuis une dizaine d’années.

    #Covid-19#migration#migrant#burkinafaso#etudiant#politiquemigratoire#france#sante

  • Archipellisation #Solarpunk
    https://framablog.org/2026/06/04/archipellisation-solarpunk

    Framasoft, #UPLOAD et solarpunk Depuis 2024, Framasoft participe à l’animation d’ateliers d’écriture solarpunk à l’Université de Technologie de Compiègne pour imaginer un monde #low-tech en 2042 autour de la future UPLOAD de Compiègne. L’action se déroule sur le territoire de … Lire la suite­­

    #Communs_culturels #Enjeux_du_numérique #atelier #communs #écriture #étudiant⋅es #fiction #manifeste #SF #StéphaneCrozat #Universite #UTC

  • Monde académique 1/5 - Le privé fait la leçon

    Les #coupes_budgétaires sont drastiques depuis des années dans les universités suisses. En 2027, 2,4 milliards de francs devront être coupés. Or qui dit moins de #soutien_public, dit augmentation des #taxes_d'études et augmentation des #financements_privés. Quels risques pour la #liberté_académique ? Alors que l’Université de Fribourg inaugure un centre financé par la Mobilière, une manifestation a lieu, à Genève, contre l’#austérité qui vise le monde académique.

    https://www.rts.ch/audio-podcast/2026/audio/monde-academique-1-5-le-prive-fait-la-lecon-29250571.html
    #ESR #université #privatisation #Suisse #facs
    #audio #podcast

  • Etudiants étrangers : « La France gagne à ouvrir ses portes, elle perdra à les fermer »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/05/26/etudiants-etrangers-la-france-gagne-a-ouvrir-ses-portes-elle-perdra-a-les-fe

    Etudiants étrangers : « La France gagne à ouvrir ses portes, elle perdra à les fermer »
    Un collectif d’acteurs de l’enseignement supérieur et de parlementaires dénonce, dans une tribune au « Monde », les annonces gouvernementales sur les frais d’inscription appliqués aux étudiants internationaux extracommunautaires qui fragilisent, selon eux, vingt ans de politique d’accueil sans fournir d’alternative.

    Un étudiant marocain qui débarque à Lyon en septembre. Une Sénégalaise qui attend son titre de séjour depuis trois mois. Un Brésilien qui dort encore à l’hôtel en novembre parce qu’aucun bailleur ne veut de son dossier. Ce sont des situations quotidiennes que vivent les étudiants internationaux lors de leur arrivée en France. Ce sont aussi les visages réels derrière le débat ouvert par le plan « Choose France for Higher Education », présenté par le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste, le 21 avril.
    Le ministre veut redresser le rang mondial de la France, qui est passée de la quatrième à la huitième place pour l’accueil des étudiants internationaux entre 2017 et 2023. L’objectif affiché est juste. Il veut améliorer la qualité de l’accueil, mieux orienter les flux, faciliter l’insertion des diplômés. Ces priorités sont partagées par les universités, par les associations étudiantes, par les collectivités qui financent les campus. Mais les moyens choisis interrogent. Le plan généralise des frais d’inscription de 2 895 euros en licence et de 3 941 euros en master pour les étudiants extracommunautaires, ce qui revient à multiplier par 16 le tarif que ces étudiants payaient jusqu’ici. Il supprime les aides personnalisées au logement (APL) pour au moins 100 000 étudiants à partir du 1er juillet, lorsqu’ils seront en pleine recherche d’appartement. Il flèche 60 % des bourses publiques vers une poignée de filières scientifiques jugées prioritaires.
    Sur le terrain, cela signifiera des étudiants qui renoncent à venir, parce que leur famille ne peut pas absorber 3 000 euros de frais en plus des 8 000 euros annuels de coût de la vie. Des étudiants déjà arrivés qui découvrent en juillet qu’ils perdront 150 euros par mois en APL, alors qu’ils ont signé leur bail en juin. Des bailleurs qui refusent désormais les dossiers internationaux parce que la garantie de l’Etat disparaît. Des étudiants en histoire, en sociologie, en littérature qui n’auront plus de bourse française parce qu’ils n’étudient pas l’intelligence artificielle.
    Cette logique ramène vingt ans en arrière. Pendant deux décennies, la France a patiemment construit une politique d’accueil. Des labels, des guichets, des résidences, des programmes de bourses, un réseau diplomatique spécialisé. Le plan d’aujourd’hui fragilise cet édifice sans rien construire à la place. Les exemples étrangers démontrent que d’autres leviers fonctionnent. L’Allemagne, qui maintient la quasi-gratuité, accueille 423 000 étudiants internationaux contre 276 000 en France, et sa croissance d’effectifs étrangers a atteint 56 % sur cinq ans. Le Canada a fait un autre choix : plutôt que d’augmenter les frais, il délivre depuis 2008 un permis de travail post-études qui autorise les diplômés étrangers à rester travailler jusqu’à trois ans après leur diplôme, sans condition d’employeur. A l’inverse, le Royaume-Uni, qui pratique des frais d’inscription élevés depuis longtemps, traverse aujourd’hui une crise majeure : 43 % de ses universités sont en déficit prévu pour 2026, et ses inscriptions internationales ont reculé de 6,1 % en 2024. Aucun des pays qui ont gagné des places ces dernières années ne l’a fait par la sélection tarifaire.
    La France perd des places parce qu’elle accueille mal, et remettre en cause l’accessibilité financière ne masquera pas ces défaillances. La Cour des comptes l’a écrit en mars 2025 : il s’écoule en moyenne soixante-deux jours entre l’admission académique d’un étudiant et la délivrance de son visa, ce qui veut dire qu’un étudiant admis arrive en cours un mois après la rentrée.Les titres de séjour doivent être renouvelés chaque année, ce qui produit des ruptures de droits. Et lorsque les étudiants finissent par décrocher leur diplôme français, beaucoup repartent faute d’accompagnement vers l’emploi. Le problème n’a jamais été le prix. Le problème, c’est tout ce qui se passe avant et après, c’est-à-dire les démarches, l’attente, le logement, les conditions d’études, l’accès à l’emploi.
    L’université française est un bien commun. Elle est ouverte parce que c’est sa tradition depuis la Sorbonne du Moyen Age. Elle est exigeante parce qu’accueillir suppose des moyens. Les étudiants internationaux rapportent 1,35 milliard d’euros par an à l’économie française, ils nourrissent la recherche (38 % des doctorants sont étrangers), ils deviennent, après leur retour, des ambassadeurs économiques et culturels. La France doit voir l’effort qui leur est consacré comme un investissement d’avenir.
    Une autre voie existe, nous portons des propositions et une vision pour l’université et son ouverture sur le monde. Donner aux étudiants une carte de séjour pluriannuelle dès leur admission, sur le modèle recommandé par la Cour des comptes. Créer un visa « Diplôme + 24 mois » qui retienne les talents formés, sur le modèle britannique. Ouvrir dans vingt-cinq métropoles des guichets uniques où préfecture, Sécurité sociale, logement et CROUS travaillent ensemble. Compenser la perte des APL par les outils existants : garantie Visale, cohabitation intergénérationnelle, extension du modèle de la Cité internationale universitaire. Porter au niveau européen un visa STIM unifié (science, technologie, ingénierie et mathématiques), comme le recommande le rapport Draghi. Avec bien d’autres idées que nous avons pour faire en sorte que notre université retrouve le rang qu’elle mérite, pour les étudiants et pour la France.
    Nous étudiants, représentants de la société civile, d’universités et parlementaires appelons le gouvernement à retirer la généralisation des frais différenciés et la restriction des APL, et à ouvrir un dialogue avec les universités, les associations étudiantes et les régions pour bâtir une politique d’attractivité à la hauteur. Nous appelons toutes celles et tous ceux qui croisent au quotidien des étudiants internationaux dans leurs amphithéâtres, leurs laboratoires, leurs résidences, à prendre la parole. La France gagne à ouvrir ses portes. Elle perdra à les fermer.
    Clémence Guetté, députée La France insoumise (LFI) de la 2e circonscription du Val-de-Marne et vice-présidente de l’Assemblée nationale ; Fabrice Barusseau, député socialiste de la 3e circonscription de la Charente-Maritime ; Mickaël Bouloux, député socialiste de la 8e circonscription d’Ille-et-Vilaine ; Hadrien Clouet, député LFI de la 1re circonscription de la Haute-Garonne et vice-président de la commission des affaires sociales ; Eric Blond, président de l’université d’Orléans ; Caroline Rolland-Diamond, présidente de l’université Paris-Nanterre ; Simone Lepore, président d’Erasmus Student Network International. Liste complète des signataires à retrouver ici.

    #Covid-19#migration#migrant#france#etudiant#politiquemigratoire#université#sante

  • #Officina_Volturno: la visita degli studenti PoliMI e dell’Università di Grenoble
    https://informareonline.com/officina-volturno-la-visita-degli-studenti-polimi-e-delluniversita-

    Per il secondo anno consecutivo Informare ha aperto le porte della sua redazione a studenti e università oltre i confini regionali e nazionali. Esattamente ad un anno di distanza dalla prima visita, il 16 aprile più di dieci studenti della Scuola di Architettura, Urbanistica ed Ingegneria delle Costruzioni del #politecnico_di_milano, provenienti da tutto […] L’articolo Officina Volturno: la visita degli studenti PoliMI e dell’Università di Grenoble proviene da Informareonline, scritto da Donato Di Stasio

    #Approfondimenti #Attualità #EVIDENZA #Magazine_Maggio_2026 #Università_di_Grenoble

  • France : forte hausse des frais d’inscription des étudiants étrangers hors Union européenne - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71489/france--forte-hausse-des-frais-dinscription-des-etudiants-etrangers-ho

    France : forte hausse des frais d’inscription des étudiants étrangers hors Union européenne
    Par RFI Publié le : 21/05/2026
    Selon un décret du ministère français de l’Enseignement supérieur publié mercredi, la majorité des étudiants non européens vont devoir payer des droits d’inscription en très forte hausse dès la rentrée prochaine.
    Près de 3 000 euros par an en licence, contre 178 euros aujourd’hui : c’est ce que coûtera l’inscription dans une faculté française pour les étudiants non européens. Ce décret est paru mercredi 20 mai dans le cadre d’un nouveau plan baptisé « Choose France For Higher Education » du ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste. Ce dernier a annoncé vouloir faire appliquer strictement les droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires dans les universités françaises. Cette mesure existait depuis 2019 mais était jusqu’ici peu appliquée.
    Le gouvernement décide donc de serrer la vis : les universités, qui pouvaient massivement exonérer ces étudiants, verront leur marge de manœuvre réduite progressivement à 20 % d’exonérations d’ici à septembre 2028. Seuls les étudiants déjà engagés dans un cycle d’études pourront conserver leurs avantages actuels.
    Pour le ministre de l’Enseignement supérieur, l’objectif est d’attirer des profils à « fort potentiel » sur le modèle anglo-saxon. En contrepartie, la France promet de faciliter l’obtention de visas de travail post-études. Une logique financièrement attractive pour l’État, mais jugée injuste et incohérente par les syndicats. Après de premiers rassemblements le 12 mai, une intersyndicale appelle déjà à une nouvelle journée de mobilisation nationale le 26 mai pour faire reculer le gouvernement contre cette mesure que les syndicats jugent « injuste et incohérente ».

    #Covid-19#migration#migrant#france#etudiant#politiquemigratoire#enseignementsupérieur#droit#sante

  • Le Maroc, vivier d’étudiants pour les grandes écoles françaises
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/05/21/le-maroc-vivier-d-etudiants-pour-les-grandes-ecoles-francaises_6691811_3212.

    Le Maroc, vivier d’étudiants pour les grandes écoles françaises
    Plusieurs milliers d’étudiants marocains intègrent les établissements de l’Hexagone chaque année, notamment dans l’ingénierie. Un atout pour la France qui manque d’étudiants dans ses filières scientifiques.
    Par Célia Cuordifede (Rabat, correspondance)
    D’ici à fin mai ou début juin, l’avenir d’Ahmed (le prénom a été modifié à la demande de l’intéressé), 19 ans, originaire de la petite ville côtière d’El-Jadida, à 180 kilomètres au sud de Rabat, pourrait bien basculer. Il saura s’il est admis à Polytechnique, l’une des plus prestigieuses écoles d’ingénieurs de France. « J’espère marcher dans les pas de mon grand frère [un ingénieur diplômé de CentraleSupélec, aujourd’hui employé du Mila, l’Institut québécois d’intelligence artificielle] », confie-t-il. Et si ce n’est pas à l’X, ce fils de professeur de sciences physiques sera peut-être admissible à l’Ecole normale supérieure ou sur un campus des Mines pour lesquels il a également passé les concours écrits. « Je suis passionné de maths, j’aimerais en faire pendant un bout de temps, pourquoi pas dans la recherche », raconte Ahmed.
    A quelques jours de l’annonce des résultats, Ahmed se veut confiant. Deux ans que le jeune homme, boursier, travaille dur. Après son baccalauréat, il a intégré la meilleure classe préparatoire du Maroc, au lycée Mohammed-VI-d’Excellence de Benguérir où il est en internat. Dans l’établissement, volontairement installé en zone rurale, à 75 kilomètres au nord de Marrakech, la moitié des 200 étudiants en deuxième année intègrent chaque année les cursus d’excellence français. « On ne présente nos élèves que dans le top 10 des meilleures écoles en France, détaille le directeur, Christophe Boeckel. On a beaucoup d’élèves issus de milieux modestes, alors il faut que leur admission en France soit en cohérence avec les bourses attribuées par le gouvernement marocain, qui les délivre systématiquement pour ces écoles du haut du classement. »
    Depuis leur ouverture, en 2015, les classes préparatoires du lycée Mohammed-VI-d’Excellence ont envoyé pas moins de 70 jeunes Marocains sur le campus de l’X, à Palaiseau (Essonne) dont 20, rien qu’en 2024, et 17, en 2025. Et quasiment tout autant vers les classes des Ecoles centrales, des Mines ou de l’ENS.
    Les élèves des classes prépa du lycée de Benguérir ne sont pas une exception. Au cours de l’année scolaire 2024-2025, les étudiants marocains en France étaient 42 000, dont 6 000 en école d’ingénieurs et 8 500 en école de commerce, selon Campus France, l’agence chargée de la promotion de l’enseignement supérieur français à l’étranger et de l’accueil en France des étudiants internationaux. Les étudiants du royaume chérifien brillent aux concours des grandes écoles françaises. Ils représentent désormais en France le premier contingent d’étudiants étrangers, devant les Chinois, un temps en tête du peloton.
    Au Maroc, ces étudiants qui étudient hors de leurs frontières ne représentent que 5 % du 1,4 million d’inscrits dans l’enseignement supérieur. « Cela s’explique par la qualité des profils des étudiants marocains postulants, réputés pour leur bon niveau en mathématiques et plus généralement en sciences », note Gérald Brun, attaché de coopération scientifique et universitaire auprès de l’ambassade de France au Maroc, qui met également en avant un héritage historique. « Le baccalauréat marocain est sensiblement resté conforme à celui que l’on connaissait en France il y a quelques dizaines d’années, avec un niveau remarquable dans les disciplines théoriques », poursuit le diplomate.
    « Le fait d’avoir les matières scientifiques dispensées en français est un atout et il y a une continuité entre le système éducatif marocain et français qui nous facilite la tâche », explique, de son côté, Ikrame Amallah, étudiante en troisième année à Polytechnique et présidente de l’Association des Marocains aux grandes écoles.
    Depuis le milieu des années 2010, les classes prépa privées d’excellence, sur le modèle de celle de Benguérir, qui fonctionne avec un partenariat public-privé, ont essaimé. On en recense désormais près de 300 sur le territoire. Pour la France, ces étudiants représentent une opportunité pour les filières scientifiques de plus en plus désertées par les Français, alors que, selon le ministère de l’enseignement supérieur, il manquerait quelque 80 000 ingénieurs et techniciens diplômés par an.« Le Maroc est effectivement un vivier pour nos grandes écoles et pour nos entreprises, reconnaît Laurent Champaney, directeur général de l’Ecole nationale supérieure d’arts et métiers et vice-président de la Conférence des grandes écoles. Mais avec une concurrence accrue du Maroc lui-même. » Face au potentiel des étudiants marocains et dans un contexte économique dynamique – le Maroc a enregistré un taux de croissance annuel de 4,5 % en moyenne entre 2021 et 2025 –, cinq grandes écoles françaises ont ouvert des campus dans le royaume depuis 2013.
    Si peu de données existent quant à l’insertion professionnelle des Marocains diplômés des grandes écoles en France, nombre d’entre eux ont toutefois fait le choix du retour. « On le voit particulièrement dans les secteurs de la finance, du conseil et de l’ingénierie, où les grandes entreprises marocaines ou internationales implantées au Maroc offrent des opportunités de carrière attractives, parfois avec des niveaux de responsabilité supérieurs à ceux qu’on peut leur proposer en France », décrypte Hicham Jamid, sociologue et chercheur à l’université de Neuchâtel (Suisse).

    #Covid-19#migration#france#maroc#etudiant#economie#retour#sante#politiquemigratoire

    • Résultat du manque de formation (politique) à l’œuvre qui accompagne la montée du chacun pour soi religio-libéral ? Le désespoir de celleux qui ont vu que les culs de l’AN se torchent des pétitionnaires ? Doit-on ignorer l’impasse fasciste du boulevard de l’ignorance et du désintérêt de l’Autre ? Sans vivacité politique -au sens de se poser la question du que voulons nous vivre ensemble- on ne peut pas ressentir l’exclusion des « pas de chez nous » puisqu’on ne la vit pas, donc exit le sujet.
      Et en plus ce programme bien pourri s’appelle « Bienvenue en france ». Beurk.
      #propagande

      En relation directe, Julien Gossa explique qu’augmenter les inscriptions ne remplit les budgets des universités qui sont désertées ...
      POURQUOI VOS ENFANTS N’IRONT JAMAIS À L’UNIVERSITÉ ? - avec Julien Gossa
      https://seenthis.net/messages/1173798

  • Étudiants étrangers en France : des manifestations dans plusieurs villes malgré l’assouplissement du décret sur les frais d’inscription - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71389/etudiants-etrangers-en-france--des-manifestations-dans-plusieurs-ville

    Étudiants étrangers en France : des manifestations dans plusieurs villes malgré l’assouplissement du décret sur les frais d’inscription
    Par La rédaction Publié le : 14/05/2026
    Bien que le ministre de l’Enseignement supérieur ait décidé d’atténuer le durcissement prévu à la rentrée concernant les droits d’inscription à l’université des étudiants non ressortissants de l’Union européenne, plusieurs centaines de personnes ont manifesté, mardi, contre cette mesure, à Paris et dans plusieurs villes de France.
    Le ministre français de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a décidé d’atténuer le durcissement prévu à la rentrée concernant les droits d’inscription des étudiants non ressortissants de l’Union européenne (UE), en relevant le plafond d’exonération accordé aux universités, a annoncé mardi 12 mai le ministère.Malgré cette annonce, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées, le même jour, à Paris et dans plusieurs villes de France, contre l’augmentation qu’ils jugent injuste des frais d’inscription à l’université pour la majorité des étudiants étrangers extracommunautaires.
    À Paris, environ 500 étudiants, enseignants, personnels administratifs des universités et représentants syndicaux (Snesup-FSU, Unsa Sup-Recherhe, Unef, Fage, Union étudiante...) ont défilé, sans incident, dans le quartier Latin contre la mesure qui concernerait 100 000 étudiants. Parmi les pancartes, on pouvait lire « non au tri social », « xénophobie c’est non » ou encore « même fac, même droits »."La France va perdre beaucoup d’étudiants, elle ne sera plus attractive", prédit Boussad, 26 ans, étudiant algérien en master 1 en physiopathologie à Paris, interrogé par l’AFP, qui envisage de trouver un apprentissage dans une école privée à la rentrée, pour ne pas avoir à payer.
    Kanouté, étudiant malien de 19 ans, raconte, lui, être arrivé en France en septembre en licence 1 de droit avec 5 000 euros, et travailler 15 heures par semaine dans une grande surface. « On est venu pour étudier, pas pour profiter du système », souligne-t-il, critiquant une « politique discriminatoire ».
    Dans le cadre d’un nouveau plan baptisé « Choose France For Higher Education », le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste avait annoncé le 20 avril vouloir faire appliquer strictement les droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires dans les universités françaises, instaurés en 2019 mais jusqu’ici peu effectifs.Le gouvernement défend une logique de rééquilibrage financier, et soutient que l’augmentation des frais renforcerait la valeur perçue des diplômes français et attirerait des profils jugés à fort potentiel ou disposant de ressources suffisantes, dans une logique proche de certains pays anglo-saxons.Dans sa nouvelle version, examinée mardi par un organe consultatif présidé par le ministre et réunissant des représentants des personnels, des étudiants et des établissements, ce projet de décret autorise désormais les universités à exonérer jusqu’à 20 % de leurs étudiants extracommunautaires des droits d’inscription.
    Concrètement, la majorité des étudiants non ressortissants de l’Union européenne seront donc appelés à la rentrée à s’acquitter de droits d’inscription fixés à 2 895 euros par an en licence, contre 178 euros aujourd’hui, et 3 941 euros en master, contre 254 euros. « Ces droits (...) correspondent à moins d’un tiers du coût réel de la formation, ce qui veut dire que derrière, il reste 8 000 euros qui sont aujourd’hui payés par la communauté nationale », a redit mardi devant les députés Philippe Baptiste.
    Un premier projet de décret examiné la semaine dernière par le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser) prévoyait d’autoriser les universités à exonérer seulement 10 % de leurs étudiants extracommunautaires de ces frais d’inscription différenciés. La séance avait été boycottée par une large partie de ses membres.
    Une nouvelle mouture présentée mardi relève donc ce plafond à 20 % des effectifs d’étudiants hors Union européenne. Cette évolution passera par deux paliers transitoires : un plafond à 30 % dès la prochaine rentrée, puis 25 % en 2027. Une intersyndicale appelle à manifester à nouveau le mardi 26 mai partout en France pour obtenir le retrait du texte

    #covid-19#migrant#migration#france#etudiant#choosefrance#cneser#droit#sante#immigration#politiquemigratoire

  • Les universités qui n’appliquent pas les droits d’inscription majorés pour les étudiants étrangers recadrées par le ministre de l’enseignement supérieur
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/04/21/etudiants-etrangers-le-ministre-de-l-enseignement-superieur-tance-les-univer

    Les universités qui n’appliquent pas les droits d’inscription majorés pour les étudiants étrangers recadrées par le ministre de l’enseignement supérieur
    Par Soazig Le Nevé
    Les universités ont beau être autonomes, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a tenu à les recadrer, en annonçant, mardi 21 avril, le plan Choose France for Higher Education, destiné à renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur français. Philippe Baptiste a taclé les chefs d’établissement qui ne jouent pas le jeu des droits d’inscription majorés à l’égard des étudiants extracommunautaires, soit 2 895 euros par an en licence (contre 178 euros pour un étudiant français ou originaire de l’Union européenne) et 3 941 euros l’année en master (contre 254 euros). Un décret viendra prochainement les contraindre à appliquer cette politique, indique le dossier de presse du ministère.
    Ces tarifs reviennent « seulement [à] 30 % du coût de la formation », a estimé M. Baptiste dans un entretien au Parisien, le lundi 20 avril. Ils restent très inférieurs à ceux pratiqués aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, a-t-il relevé. D’ici deux à trois ans, selon lui, la mesure pourrait rapporter environ 250 millions d’euros par an aux universités.« Même si ça progresse chaque année, nous sommes à seulement 10 % d’étudiants extracommunautaires qui paient les droits différenciés », a chiffré le ministre. Désormais, « la règle, ce sont les droits différenciés ; et l’exception, c’est l’exonération ». Chaque université conservera la possibilité d’exonérer jusqu’à 10 % des étudiants extracommunautaires, essentiellement dans le cadre d’accords de coopération avec des établissements étrangers qui prévoient des exonérations réciproques.
    La possibilité de pratiquer des droits différenciés avait été introduite par la stratégie baptisée « Bienvenue en France » en 2019, mais elle est restée peu appliquée par trois quarts des établissements qui y voient une enfreinte aux valeurs universitaires d’ouverture et de partage des savoirs. A la rentrée 2024‑2025, sur 111 500 étudiants concernés, quelque 11 100 se sont acquittés d’un tarif plein, tandis que 14 700 en ont été exonérés totalement, et 85 700 partiellement, selon une note des services statistiques du ministère publiée en janvier.
    « Les universités ne pourront plus édicter des exonérations massives », a prévenu M. Baptiste, qui veut réserver ses faveurs à « des cas très précis », qui pourront même toucher en sus une bourse du gouvernement français. Des « profils » doivent être « priorisés », trop peu présents parmi les étudiants nationaux et ceux issus de l’Union européenne. « Nous avons besoin de 40 000 ingénieurs et 40 000 techniciens par an si nous voulons réindustrialiser le pays », a-t-il illustré, citant le besoin de « talents étrangers » dans les domaines du numérique, de l’intelligence artificielle, de la physique quantique et des biotechnologies.
    La France « élargit son attractivité à de nouvelles zones dans le monde », grâce à l’arrivée croissante d’étudiants indiens (+ 63 % depuis 2018) et par une forte dynamique dans les pays africains anglophones dont le Nigeria (+ 112 %), salue ainsi le dossier de presse du ministère qui y voit la confirmation de « la capacité du système français à attirer des talents issus de toutes les grandes régions du monde » au-delà de la francophonie.Dans la communauté universitaire, les réactions au recadrage des universités sur les droits d’inscription sont vives. « Je veux réaffirmer que la science n’a pas de frontière », déclare au Monde Lamri Adoui, président de l’université de Caen-Normandie et à la tête de l’association France Universités. Il refuse « la vision caricaturale d’étudiants étrangers qui seraient uniquement un coût, alors qu’ils rapportent aussi en matière de consommation, de diplomatie et d’élévation du niveau d’éducation ».
    M. Adoui s’étonne de la « volonté centralisatrice » du ministre, « un coup porté à l’autonomie des établissements ». « En matière de bourses et d’exonérations, il faut accepter une décentralisation de la décision, explique-t-il. Des universités vont chercher à attirer des profils d’étudiants sur des disciplines et spécialités qui constituent leur signature scientifique, quand d’autres vont chercher d’abord à répondre aux besoins en emplois de leur territoire. Une application stricte et uniforme des droits différenciés ne tient pas. »
    Dire que les frais majorés ne couvrent que « 30 % » du coût de la formation « n’a absolument aucun sens, et le ministre le sait », souligne aussi, sur le réseau BlueSky, Julien Gossa, chercheur spécialiste des politiques d’éducation à l’université de Strasbourg. « Un étudiant qui paye 2 895 euros l’inscription dans une licence de sciences humaines et sociales va parfois payer deux à trois fois le coût de sa formation », poursuit-il.
    De son côté, le syndicat Snesup-FSU relève que « le ministre ne se pose pas la question de l’impact de cette mesure discriminatoire sur la poursuite d’études en doctorat et donc sur l’effort de recherche dans les laboratoires, publics comme privés », pas plus qu’il n’explique « qui va devoir “trier” les étudiants pour déterminer ceux et celles qui auront les moyens de payer ou qui pourront bénéficier de bourses pour “talents” ».« Le gouvernement enfonce encore le clou », estime L’Union étudiante, qui dénonce « une attaque raciste ». La FAGE rappelle que ces mêmes étudiants sont déjà visés par « la suppression de l’éligibilité aux APL [aides personnalisées au logement] »
    Le plan de Philippe Baptiste répond point par point à un rapport de la Cour des comptes publié en mars 2025, qui déplorait le manque de « stratégie nationale » pour attirer « les talents ». La France se distingue d’autres pays par « un manque d’objectifs qualitatifs explicites » et de « priorisation », estimaient les magistrats financiers à propos du plan Bienvenue en France. Ils suggéraient de garantir, pour les « publics prioritaires de la stratégie d’attractivité », une offre plus étoffée de bourses et de renforcer « la durée et le montant des bourses du gouvernement français ». Deuxième pays d’accueil en 1980, la France était quatrième en 2017, selon l’Unesco. En 2023, elle n’était plus qu’au 8e rang, derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, l’Allemagne, le Canada, la Russie et la Turquie.

    #covid-19#migrant#migration#france#etudiant#politiquemigratoire#enseignementsuperieur#sante

  • Que veulent les « sans-facs » ?
    https://laviedesidees.fr/Que-veulent-les-sans-facs

    Les réformes récentes de l’Enseignement supérieur et de la recherche, et en particulier les effets des plateformes numériques Parcoursup et MonMaster, ont été à l’origine de mobilisations étudiantes. Parmi elles, le “mouvement des sans-facs”, pour qui "étudier est un droit et non un privilège".

    #Société #discrimination #université #évaluation #étudiants #manifestations
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20260428_sansfacs.pdf

  • L’#université de Strasbourg veut radier des #étudiants_étrangers pour défaut de paiement
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/04/22/l-universite-de-strasbourg-veut-radier-des-etudiants-etrangers-pour-defaut-d

    Leur année universitaire est sur le point de s’achever, mais l’université de Strasbourg ne leur délivrera ni attestation ni diplôme, car ces étudiants en master sont considérés comme n’ayant jamais été inscrits dans l’établissement. Depuis la mi-avril, 47 étudiants étrangers, majoritairement venus d’Afrique, sont dans une impasse administrative, au motif qu’ils ne sont pas parvenus à s’acquitter intégralement des frais de scolarité majorés, qui s’élèvent à 3 941 euros l’année, soit 16 fois plus que pour un étudiant français ou européen inscrit dans le même cursus.

    En 2019, le plan baptisé « #Bienvenue en France » a instauré ces « droits différenciés », chaque établissement devant élaborer sa propre stratégie d’accueil, avec une possibilité d’exonération intégrale ou partielle pour 10 % des effectifs extracommunautaires. Six ans plus tard, les trois quarts des présidents d’établissement n’ont que peu suivi la consigne, considérant qu’elle était antinomique avec les valeurs universitaires.

    Mais le ministre de l’enseignement supérieur a annoncé, mardi 21 avril, vouloir inverser la tendance, lors de la présentation du plan Choose France for Higher Education, destiné à renforcer l’#attractivité ("#foutage_de_gueule, ndp") de l’enseignement supérieur français. Désormais, « la règle, ce sont les droits différenciés ; et l’exception, c’est l’exonération », a affirmé #Philippe_Baptiste, dans un entretien au Parisien diffusé la veille.

    Un bilan dressé en janvier par les services statistiques du ministère montre ainsi qu’à la rentrée 2024-2025, sur 111 400 étudiants concernés, seuls 11 100 avaient dû s’acquitter d’un tarif plein (+ 15 % en un an). Dans le détail, 24 % des étudiants d’Asie ou d’Océanie et 17 % des étudiants américains avaient été totalement exonérés de ces frais, contre 6 % des étudiants africains.

    « Le choix de l’université de Strasbourg est d’exonérer partiellement les étudiants extracommunautaires inscrits en licence. A l’inverse, les droits différenciés sont applicables en master », justifie Frédérique Berrod, présidente de l’établissement depuis mars 2025. Elle affirme que les étudiants concernés, avant de venir à Strasbourg, étaient « au clair là-dessus et bien conscients de la situation ». « Quelques étudiants en master, en deuxième année uniquement et en situation de réussite pédagogique, ont pu obtenir une exonération dans des cas extrêmement compliqués, comme la perte d’un emploi [à côté de leurs études] », complète la vice-présidente chargée de la formation, Rachel Schurhammer.

    « Harcèlement financier »
    Sur les 47 étudiants en défaut de paiement, « une dizaine » ont pu verser la somme manquante ces derniers jours, ajoute Frédérique Berrod. « On se focalise sur ceux qui n’ont pas réussi à acquitter leurs droits, mais l’immense majorité des étudiants extracommunautaires l’a fait », souligne la présidente de l’université, qui précise que 310 étudiants sont soumis aux droits différenciés au tarif plein, soit 3 % des 10 380 étudiants extracommunautaires accueillis.

    « Lorsque j’ai reçu un avis favorable d’admission, il n’y avait pas l’information concernant les droits différenciés appliqués en master, relate un étudiant d’Afrique subsaharienne qui souhaite conserver l’anonymat. Ce n’est qu’en septembre 2025 que je l’ai appris, ce qui m’a effaré. A cette date, il n’y avait plus aucune possibilité d’aller ailleurs. »

    « C’est comme si des montagnes avaient été posées sur mes épaules, complète un autre. Tu te demandes tout le temps si tu es bien étudiant et comment tu vas faire pour compléter la somme qui reste à verser. » « En agissant ainsi, on fragilise non seulement l’étudiant mais aussi sa famille », ajoute une étudiante originaire du Maghreb. Plusieurs n’ont pas osé annoncer la nouvelle d’un retour au pays sans diplôme.

    Choqués par ce qu’ils nomment un « harcèlement financier » des étudiants qui ont été « choisis sur des critères académiques », des enseignants-chercheurs ont lancé une pétition de soutien et perturbé un conseil d’administration, jeudi 16 avril. « On assiste à une forme de trumpisation de la présidence, juge Pascal Maillard, professeur à la faculté des lettres et secrétaire du Snesup-FSU. Depuis la rentrée, les données communiquées sur le nombre d’étudiants extracommunautaires n’ont cessé de changer – 4 500, 8 000, 12 000 et enfin 10 380. Or, c’est sur cette base que sont calculées les exonérations. » L’intersyndicale réclame un relevé des nationalités exonérées, partiellement et intégralement, ainsi qu’une évolution des courbes d’inscription à l’université en fonction des pays.

    « Notre université est la première à pousser si loin la logique de Bienvenue en France au point de désinscrire ses étudiants ou – mieux, de son point de vue – de les pousser à se désinscrire d’eux-mêmes », relève Elsa Rambaud, maîtresse de conférences en science politique. A la rentrée, les services administratifs les ont laissés instruire une demande d’exonération avant de la refuser. « S’ils n’étaient pas éligibles, alors pourquoi les avoir laissés faire une demande ? », s’interroge-t-elle.

    Humanisme rhénan
    Une zone grise demeure, alors que ces étudiants ont pour la plupart suivi tous les cours, passé leurs examens au premier semestre et reçu leur convocation pour ceux du second. « Ils ont bénéficié d’une inscription pédagogique, mais elle doit être suivie d’une inscription administrative qu’ils n’ont jamais eue », justifie la vice-présidente Rachel Schurhammer.

    Pour tenter de s’acquitter des quelque 4 000 euros de frais d’inscription, des étudiants se sont endettés, se sont mis à travailler de nuit, ont pris des emplois précaires avec un nombre d’heures dépassant les 20 autorisées par le ministère de l’intérieur, qui n’auraient pas suffi à gagner suffisamment d’argent.

    Pour obtenir leur visa, par ailleurs, ils ont dû placer une somme de 7 400 euros sur un compte bancaire. « Pour deux années de master, il faut donc qu’ils versent 8 000 euros. En ajoutant les 7 400 euros, on aboutit ainsi à plus de 15 000 euros la formation, calcule Pascal Maillard. Sauf qu’à 90 % ces étudiants sont originaires des pays les plus pauvres de la planète : 15 000 euros au Sénégal, au Togo, au Tchad, au Maroc ou en Algérie, c’est une somme vertigineuse qui représente un équivalent de 45 000 à 50 000 euros pour nous. »

    L’intersyndicale et des organisations étudiantes préparent une cagnotte de soutien. « Tout se passe comme si la présidente souhaitait être une simple fonctionnaire qui ne veut pas se poser de questions sur le fond », considère Louise Camuzard, membre de L’Alternative étudiante Strasbourg, étudiante à Sciences Po. Lorsqu’un étudiant vient présenter sa situation à l’administration, « il doit proposer un échéancier pour le paiement, sans quoi on lui demande de se désinscrire de lui-même en lui promettant un remboursement des sommes déjà versées », se désole-t-elle.

    Des solutions existent pourtant, la présidence pouvant octroyer des bourses ou faire appel à la Fondation de l’université, estime l’intersyndicale. L’application de cette politique est « indigne d’une grande université fortement internationalisée et se revendiquant de “l’humanisme rhénan” », conclut Pascal Maillard, en référence à ce mouvement intellectuel de la Renaissance qui prônait l’ouverture culturelle et la diffusion des savoirs.

  • Les universités qui n’appliquent pas les droits d’inscription majorés pour les étudiants étrangers recadrées par le ministre de l’enseignement supérieur
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/04/21/etudiants-etrangers-le-ministre-de-l-enseignement-superieur-tance-les-univer

    Philippe Baptiste a taclé les chefs d’établissement qui ne jouent pas le jeu des #droits_d’inscription majorés à l’égard des #étudiants_extracommunautaires, soit 2 895 euros par an en licence (contre 178 euros pour un étudiant français ou originaire de l’Union européenne) et 3 941 euros l’année en master (contre 254 euros). Un décret viendra prochainement les contraindre à appliquer cette politique, indique le dossier de presse du ministère.

    [...]

    « Même si ça progresse chaque année, nous sommes à seulement 10 % d’étudiants extracommunautaires qui paient les droits différenciés », a chiffré le ministre. Désormais, « la règle, ce sont les droits différenciés ; et l’exception, c’est l’exonération ». Chaque #université conservera la possibilité d’exonérer jusqu’à 10 % des étudiants extracommunautaires, essentiellement dans le cadre d’accords de coopération avec des établissements étrangers qui prévoient des exonérations réciproques.

    La possibilité de pratiquer des droits différenciés avait été introduite par la stratégie baptisée « #Bienvenue_en_France » en 2019, mais elle est restée peu appliquée par trois quarts des établissements qui y voient une enfreinte aux valeurs universitaires d’ouverture et de partage des savoirs. A la rentrée 2024‑2025, sur 111 500 étudiants concernés, quelque 11 100 se sont acquittés d’un tarif plein, tandis que 14 700 en ont été exonérés totalement, et 85 700 partiellement, selon une note des services statistiques du ministère publiée en janvier.

    [...]

    Dire que les frais majorés ne couvrent que « 30 % » du coût de la formation « n’a absolument aucun sens, et le ministre le sait », souligne aussi, sur le réseau BlueSky, Julien Gossa, chercheur spécialiste des politiques d’éducation à l’université de Strasbourg. « Un étudiant qui paye 2 895 euros l’inscription dans une licence de sciences humaines et sociales va parfois payer deux à trois fois le coût de sa formation », poursuit-il.

    De son côté, le syndicat Snesup-FSU relève que « le ministre ne se pose pas la question de l’impact de cette mesure discriminatoire sur la poursuite d’études en doctorat et donc sur l’effort de recherche dans les laboratoires, publics comme privés », pas plus qu’il n’explique « qui va devoir “trier” les étudiants pour déterminer ceux et celles qui auront les moyens de payer ou qui pourront bénéficier de bourses pour “talents” ».

    « Le gouvernement enfonce encore le clou », estime L’Union étudiante, qui dénonce « une attaque raciste ». La FAGE rappelle que ces mêmes étudiants sont déjà visés par « la suppression de l’éligibilité aux APL [aides personnalisées au logement] ».

    L’université de Strasbourg veut radier des étudiants étrangers pour défaut de paiement
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/04/22/l-universite-de-strasbourg-veut-radier-des-etudiants-etrangers-pour-defaut-d

    Leur année universitaire est sur le point de s’achever, mais l’université de Strasbourg ne leur délivrera ni attestation ni diplôme, car ces étudiants en master sont considérés comme n’ayant jamais été inscrits dans l’établissement. Depuis la mi-avril, 47 étudiants étrangers, majoritairement venus d’#Afrique, sont dans une impasse administrative, au motif qu’ils ne sont pas parvenus à s’acquitter intégralement des frais de scolarité majorés, qui s’élèvent à 3 941 euros l’année, soit 16 fois plus que pour un étudiant français ou européen inscrit dans le même cursus.

    [...]

    Une zone grise demeure, alors que ces étudiants ont pour la plupart suivi tous les cours, passé leurs examens au premier semestre et reçu leur convocation pour ceux du second. « Ils ont bénéficié d’une inscription pédagogique, mais elle doit être suivie d’une inscription administrative qu’ils n’ont jamais eue », justifie la vice-présidente Rachel Schurhammer.

    Pour tenter de s’acquitter des quelque 4 000 euros de frais d’inscription, des étudiants se sont endettés, se sont mis à travailler de nuit, ont pris des emplois précaires avec un nombre d’heures dépassant les 20 autorisées par le ministère de l’intérieur, qui n’auraient pas suffi à gagner suffisamment d’argent.

    Pour obtenir leur #visa, par ailleurs, ils ont dû placer une somme de 7 400 euros sur un compte bancaire. « Pour deux années de master, il faut donc qu’ils versent 8 000 euros. En ajoutant les 7 400 euros, on aboutit ainsi à plus de 15 000 euros la formation, calcule Pascal Maillard. Sauf qu’à 90 % ces étudiants sont originaires des pays les plus pauvres de la planète : 15 000 euros au Sénégal, au Togo, au Tchad, au Maroc ou en Algérie, c’est une somme vertigineuse qui représente un équivalent de 45 000 à 50 000 euros pour nous. »

    #enseignement_supérieur

  • « Je me sentais comme une esclave » : les étudiants étrangers piégés dans le travail non déclaré
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/04/04/je-me-sentais-comme-une-esclave-les-etudiants-etrangers-pieges-dans-le-trava

    « Je me sentais comme une esclave » : les étudiants étrangers piégés dans le travail non déclaré
    Propos recueillis par Nadia Hebbar
    CÉLIA CALLOIS
    Mateo (les prénoms ont été modifiés) est tombé amoureux de la France en Colombie en lisant Camus et Sartre. A 24 ans, diplôme des Beaux-Arts de l’université nationale de Colombie en poche, il traverse l’Atlantique pour intégrer une licence d’audiovisuel dans une université parisienne. En septembre 2025, il arrive en France avec 1 500 euros d’économies – assez pour répondre aux exigences du visa de long séjour, qui impose aux étudiants étrangers de prouver 615 euros de ressources mensuelles. Mais, même en règle, beaucoup peinent à boucler leurs fins de mois.
    La réalité le rattrape vite : 540 euros de loyer, presque autant pour se nourrir, 300 à 400 euros envoyés chaque mois à sa mère en Colombie. Sans salaire, il ne tiendra pas. CV à la main, il démarche les restaurants et décroche en octobre un CDI comme serveur. Pendant quatre mois d’essai, il travaille près de cent heures par mois et touche 914 euros net. « Ce n’était pas assez, mais je ne pouvais pas faire plus à cause de la limite », résume le jeune Colombien. La limite a un nom : le visa. Pour les étudiants hors Union européenne (UE), le travail est plafonné à neuf cent soixante-quatre heures par an, soit environ vingt heures par semaine.
    Trois jours avant la fin de son essai, le patron de Mateo lui annonce qu’il ne le gardera pas. Les heures effectuées lui coûtent trop cher en charges, justifie-t-il. Pour ne pas dépasser le plafond autorisé, Mateo envisage alors de travailler sans être déclaré, donc sans cotisations ni protection en cas d’accident, souvent payé sous le minimum légal et exposé, en prime, à l’exploitation.
    En 2024‑2025, un étudiant sur six dans les universités françaises était international, d’après l’agence Campus France. Parmi eux, 40 % déclarent ne pas pouvoir couvrir leurs besoins essentiels, contre 16 % des Français, estime l’Observatoire de la vie étudiante en 2023. « Contrairement aux Français, un étudiant étranger qui exerce une activité rémunérée régulière et cotise n’a généralement pas accès à l’assurance-chômage à la fin de son contrat. Cette absence de filet de sécurité peut les pousser vers le travail non déclaré », souligne Hicham Jamid, sociologue spécialisé dans les mobilités étudiantes à l’université de Neuchâtel (Suisse).
    Désormais, Mateo est payé en liquide par une entreprise de logistique pour filmer et monter 15 vidéos. Environ quarante heures de travail pour 600 euros. « C’est en dessous des tarifs, mais je n’ai pas le choix. Je suis seul et sans aides », dit-il. Les étudiants étrangers accèdent peu aux dispositifs sociaux : au cours de l’année 2023-2024, seuls 7,6 % des bénéficiaires de bourses sur critères sociaux sont étrangers, en raison de critères d’éligibilité stricts, selon un rapport parlementaire de juin 2025. Pour Hicham Jamid, les prises de position des pouvoirs publics aggravent la précarité de ces jeunes. La potentielle suppression des allocations logement pour les étudiants hors UE alourdit encore la charge, estime le sociologue.
    Kader, étudiant algérien en informatique, le sait. Si la loi passe, il ne tiendra pas : « Là, il me reste moins de 260 euros, avec un loyer à payer. J’ai reçu 100 euros par mois d’aides au logement pour septembre et octobre. Depuis, plus de nouvelles. » Pour travailler, les étudiants extracommunautaires doivent disposer d’un titre de séjour valide. Le sien tarde à arriver : « Depuis cinq mois, on prolonge mon visa. A la préfecture, on ne sait plus quoi me dire. »
    Le jeune homme de 23 ans doit composer avec un obstacle supplémentaire : sa nationalité. Sous l’accord franco‑algérien de 1968, il ne peut travailler que la moitié du temps légal, contre 60 % pour les autres étudiants étrangers. Kader doit en plus obtenir une autorisation provisoire de travail, souvent difficile à décrocher à temps auprès de la préfecture. « J’ai été obligé de trouver quelque chose, au noir ou non », raconte-t-il. Sur Facebook, l’étudiant annonce qu’il cherche un emploi. Les réponses affluent, puis cessent dès qu’il précise qu’il ne peut pas être déclaré. Une mère d’élève lui propose alors des cours particuliers en maths et en informatique, payés en espèces. Dix heures par semaine, 10 euros de l’heure. Ça devrait suffire, se dit-il. La nuit, le doute l’attrape : « Quand on met tout bout à bout, on se dit que ça ne va peut-être pas le faire. »
    En 2019, Leila arrive en France pleine d’allant. A 25 ans, la Marocaine intègre directement la deuxième année de l’école d’ingénieurs qu’elle visait, et travaille comme fille au pair, logée, nourrie, déclarée. Puis le Covid-19 frappe. Leila perd son emploi : « Il ne me restait que 60 euros sur mon compte. Je n’avais plus rien. » D’abord hébergée par le 115, l’étudiante trouve ensuite une chambre Crous. Mais les impayés s’accumulent, près de 2 000 euros de dettes, jusqu’à l’expulsion.
    Après deux redoublements, elle quitte l’école et se réinscrit en licence d’informatique pour sauver son titre de séjour, conditionné à sa réussite. Pendant trois ans, elle cumule une vingtaine de petits emplois déclarés – ménage, garde d’enfants, inventaires de nuit – six jours sur sept. A la longue, elle s’éreinte : « Je rentrais à 2 heures du matin, je n’arrivais plus à aller en cours. » Comme l’explique le sociologue Hicham Jamid, décrocher un emploi peut entraîner ces étudiants dans une spirale dangereuse : « A force de travailler, revenir aux études devient impossible. Ils peuvent abandonner et finir en situation irrégulière. » En février 2024, Leila reçoit un mail de la préfecture : « Refus de renouvellement du titre de séjour, progression scolaire insuffisante. » Sans papiers, aucun contrat n’est possible : « Avec mon passeport marocain, on ne me prenait pas. Il ne me restait que finir à la rue ou accepter le travail au noir. »
    En travaillant au noir, les étudiants étrangers s’exposent aux menaces d’employeurs pouvant les dénoncer et provoquer leur expulsion. Leila, elle, a enchaîné « soixante-dix heures par semaine pour un simple smic [1 823,03 euros brut mensuels en 2026] ». Son patron, qui connaissait sa situation, l’a contrainte à utiliser une fausse identité, avec des papiers fournis par un « contact », pour se couvrir en cas de contrôle. « En échange », l’homme l’a logée gratuitement dans un studio de 10 mètres carrés au‑dessus de l’établissement. « Je me sentais comme une esclave », confie-t-elle. Trois mois plus tard, à bout, Leila réclame la réduction de ses heures. Le gérant la licencie sur-le-champ. La jeune femme se tourne vers les petites annonces sur les réseaux sociaux : quelques heures de ménage, de garde d’enfants, des missions en supermarché, parfois à 1 heure du matin pour 30 euros. « Je ne parle plus de ma situation, sinon je risque encore d’être exploitée », déplore-t-elle. Mais, la plupart du temps, ces pis-aller ne lui suffisent pas à payer son loyer de 300 euros. Leila, qui a 30 ans aujourd’hui, aimerait reprendre sa licence d’informatique. Son premier recours pour renouveler son titre de séjour a été refusé. Elle attend désormais la réponse au second, « [s]on dernier espoir ».

    #Covid-19#migration#migrant#france#etudiant#travail#etude#sante#economie#prefecture#titredesejour

  • « Je me sentais comme une esclave » : les étudiants étrangers piégés dans le travail non déclaré
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/04/04/je-me-sentais-comme-une-esclave-les-etudiants-etrangers-pieges-dans-le-trava

    Plus exposés à la précarité que leurs camarades français, nombre d’étudiants extracommunautaires se retrouvent contraints de travailler au noir, sans protection, pris en étau entre règles administratives strictes et employeurs prompts à exploiter leur vulnérabilité.

    En 2024‑2025, un étudiant sur six dans les universités françaises était international, d’après l’agence Campus France. Parmi eux, 40 % déclarent ne pas pouvoir couvrir leurs besoins essentiels, contre 16 % des Français, estime l’Observatoire de la vie étudiante en 2023. « Contrairement aux Français, un étudiant étranger qui exerce une activité rémunérée régulière et cotise n’a généralement pas accès à l’assurance-chômage à la fin de son contrat. Cette absence de filet de sécurité peut les pousser vers le travail non déclaré », souligne Hicham Jamid, sociologue spécialisé dans les mobilités étudiantes à l’université de Neuchâtel (Suisse).

    https://justpaste.it/hcfl0

    #étudiants_étrangers (extracommunautaires) #travail

  • Le Royaume-Uni suspend les visas étudiants pour quatre nationalités et les visas de travail pour les Afghans
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/04/le-royaume-uni-suspend-les-visas-etudiants-pour-quatre-nationalites-et-les-v

    Le Royaume-Uni suspend les visas étudiants pour quatre nationalités et les visas de travail pour les Afghans
    Londres affiche ainsi une volonté de durcir sa politique migratoire face à une explosion des demandes d’asile.
    Le Monde avec AFP
    Le gouvernement britannique a annoncé, mardi 3 mars, qu’il allait cesser d’accorder des visas étudiants aux Afghans, Camerounais, Birmans et Soudanais, et des visas de travailleur qualifié aux Afghans, en raison d’« abus » de personnes qui entrent au Royaume-Uni avec ces visas et demandent ensuite l’asile.
    « Notre système de visas ne doit pas faire l’objet d’abus. C’est pourquoi je prends la décision sans précédent de refuser les visas aux ressortissants qui cherchent à exploiter notre générosité », a déclaré la ministre de l’intérieur britannique, Shabana Mahmood, citée dans un communiqué du Home Office. Cette décision entrera en vigueur le 26 mars, précise le ministère.
    Cette annonce intervient alors que le gouvernement travailliste de Keir Starmer a promis de réduire l’immigration légale et illégale au Royaume-Uni, dans un contexte de montée dans les sondages d’intentions de vote du parti anti-immigration Reform UK. Les demandes d’asile ont atteint un niveau record en 2024 (108 138 demandes), avant de légèrement reculer en 2025 (100 625). Londres justifie sa décision par le fait que les demandes d’asile de personnes entrées par des voies légales « ont plus que triplé depuis 2021 ». Les demandes effectuées par des étudiants en provenance d’Afghanistan, du Cameroun, de Birmanie et du Soudan ont bondi de 470 % entre 2021 et 2025, selon le Home Office.
    « Une action drastique est nécessaire » alors que le soutien financier aux demandeurs d’asile, dont 16 000 personnes venues des quatre pays visés, coûte « plus de 4 milliards de livres » par an au contribuable britannique, fait valoir le ministère. Entre septembre 2024 et septembre 2025, 2 900 visas d’étude ont été accordés à des ressortissants des quatre pays ciblés, ainsi que 90 visas de travailleur qualifié à des Afghans, pour 1 210 demandes d’asile déposées par des titulaires de tels visas.
    Le gouvernement précise que, depuis 2021, le Royaume-Uni a accueilli plus de 37 000 Afghans dans le cadre de dispositifs mis en place après le retour des autorités talibanes au pouvoir en 2021, et que 190 000 visas au total ont été accordés pour des raisons « humanitaires » en 2025.
    En novembre, le gouvernement travailliste a annoncé une réforme d’ampleur de la politique d’asile, visant à décourager les arrivées de migrants traversant la Manche sur de petites embarcations.
    La réforme, dont d’autres dispositions devront faire l’objet d’un vote au Parlement, prévoit notamment que les réfugiés devront attendre vingt ans avant de pouvoir bénéficier d’un permis de résidence permanente.Depuis lundi, le statut de réfugié n’est accordé que pour une durée de trente mois renouvelable, au lieu de cinq ans précédemment, pour tous les nouveaux demandeurs. Le gouvernement s’est par ailleurs engagé à ouvrir davantage de voies d’accès légales pour les demandeurs d’asile, sans préciser à ce stade de dispositif.Ce n’est pas la première fois que le pays utilise l’arme des visas dans sa stratégie de durcissement de sa politique migratoire. En novembre 2025, il a menacé de ne plus accorder de visas aux ressortissants d’Angola, de Namibie et de République démocratique du Congo, afin de pousser leurs gouvernements à accepter les expulsions par le Royaume-Uni de migrants illégaux originaires de ces pays. « Quatre mois plus tard, une coopération a été mise en place avec ces trois pays. Des vols décollent et des migrants illégaux, ainsi que des criminels étrangers, sont renvoyés » dans leur pays, se félicite le Home Office.

    #Covid-19#migration#migrant#royaumeuni#afghanistan#visas#etudiant#asile#politiquemogratoire#sante

  • Le Royaume-Uni suspend les visas étudiants pour quatre nationalités et les visas de travail pour les Afghans
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/04/le-royaume-uni-suspend-les-visas-etudiants-pour-quatre-nationalites-et-les-v

    Le Royaume-Uni suspend les visas étudiants pour quatre nationalités et les visas de travail pour les Afghans
    Londres affiche ainsi une volonté de durcir sa politique migratoire face à une explosion des demandes d’asile.
    Le Monde avec AFP
    Le gouvernement britannique a annoncé, mardi 3 mars, qu’il allait cesser d’accorder des visas étudiants aux Afghans, Camerounais, Birmans et Soudanais, et des visas de travailleur qualifié aux Afghans, en raison d’« abus » de personnes qui entrent au Royaume-Uni avec ces visas et demandent ensuite l’asile.
    « Notre système de visas ne doit pas faire l’objet d’abus. C’est pourquoi je prends la décision sans précédent de refuser les visas aux ressortissants qui cherchent à exploiter notre générosité », a déclaré la ministre de l’intérieur britannique, Shabana Mahmood, citée dans un communiqué du Home Office. Cette décision entrera en vigueur le 26 mars, précise le ministère.
    Cette annonce intervient alors que le gouvernement travailliste de Keir Starmer a promis de réduire l’immigration légale et illégale au Royaume-Uni, dans un contexte de montée dans les sondages d’intentions de vote du parti anti-immigration Reform UK. Les demandes d’asile ont atteint un niveau record en 2024 (108 138 demandes), avant de légèrement reculer en 2025 (100 625). Londres justifie sa décision par le fait que les demandes d’asile de personnes entrées par des voies légales « ont plus que triplé depuis 2021 ». Les demandes effectuées par des étudiants en provenance d’Afghanistan, du Cameroun, de Birmanie et du Soudan ont bondi de 470 % entre 2021 et 2025, selon le Home Office.
    « Une action drastique est nécessaire » alors que le soutien financier aux demandeurs d’asile, dont 16 000 personnes venues des quatre pays visés, coûte « plus de 4 milliards de livres » par an au contribuable britannique, fait valoir le ministère. Entre septembre 2024 et septembre 2025, 2 900 visas d’étude ont été accordés à des ressortissants des quatre pays ciblés, ainsi que 90 visas de travailleur qualifié à des Afghans, pour 1 210 demandes d’asile déposées par des titulaires de tels visas.
    Le gouvernement précise que, depuis 2021, le Royaume-Uni a accueilli plus de 37 000 Afghans dans le cadre de dispositifs mis en place après le retour des autorités talibanes au pouvoir en 2021, et que 190 000 visas au total ont été accordés pour des raisons « humanitaires » en 2025.
    En novembre, le gouvernement travailliste a annoncé une réforme d’ampleur de la politique d’asile, visant à décourager les arrivées de migrants traversant la Manche sur de petites embarcations.
    La réforme, dont d’autres dispositions devront faire l’objet d’un vote au Parlement, prévoit notamment que les réfugiés devront attendre vingt ans avant de pouvoir bénéficier d’un permis de résidence permanente.Depuis lundi, le statut de réfugié n’est accordé que pour une durée de trente mois renouvelable, au lieu de cinq ans précédemment, pour tous les nouveaux demandeurs. Le gouvernement s’est par ailleurs engagé à ouvrir davantage de voies d’accès légales pour les demandeurs d’asile, sans préciser à ce stade de dispositif.Ce n’est pas la première fois que le pays utilise l’arme des visas dans sa stratégie de durcissement de sa politique migratoire. En novembre 2025, il a menacé de ne plus accorder de visas aux ressortissants d’Angola, de Namibie et de République démocratique du Congo, afin de pousser leurs gouvernements à accepter les expulsions par le Royaume-Uni de migrants illégaux originaires de ces pays. « Quatre mois plus tard, une coopération a été mise en place avec ces trois pays. Des vols décollent et des migrants illégaux, ainsi que des criminels étrangers, sont renvoyés » dans leur pays, se félicite le Home Office.

    #Covid-19#migration#migrant#royaumeuni#afghanistan#visas#etudiant#asile#politiquemogratoire#sante

  • « Abus » de l’asile : Londres va cesser d’accorder des visas d’étude aux Afghans, Camerounais, Birmans et Soudanais - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70157/abus-de-lasile--londres-va-cesser-daccorder-des-visas-detude-aux-afgha

    « Abus » de l’asile : Londres va cesser d’accorder des visas d’étude aux Afghans, Camerounais, Birmans et Soudanais
    Par La rédaction Publié le : 04/03/2026
    Le gouvernement britannique a annoncé mardi qu’il allait cesser d’accorder des visas d’étude aux Afghans, Camerounais, Birmans et Soudanais, et des visas de travailleur qualifié aux Afghans. Londres estime que des « abus » sont commis par des personnes originaires de ces pays qui entrent au Royaume-Uni avec ces visas et demandent ensuite l’asile.
    « Notre système de visas ne doit pas faire l’objet d’abus. C’est pourquoi je prends la décision sans précédent de refuser les visas aux ressortissants qui cherchent à exploiter notre générosité ». Mardi 3 mars, la ministre britannique de l’Intérieur Shabana Mahmood, a annoncé dans un communiqué que Londres allait cesser d’accorder des visas d’étude aux Afghans, Camerounais, Birmans et Soudanais, et des visas de travailleur qualifié aux Afghans (skilled worker visa).
    Le gouvernement déplore que des personnes issues de ces pays entrent au Royaume-Uni avec ces visas et demandent ensuite l’asile.
    Cette décision entrera en vigueur le 26 mars, détaille le ministère.
    Cette annonce intervient alors que le gouvernement travailliste de Keir Starmer a promis de réduire l’immigration légale et illégale au Royaume-Uni, dans un contexte de montée dans les sondages d’intentions de vote du parti anti-immigration Reform UK.
    Les demandes d’asile ont atteint un niveau record en 2024 (108 138 demandes), avant de légèrement reculer en 2025 (100 625).
    Londres justifie sa dernière mesure par le fait que les demandes d’asile de personnes entrées par des voies légales « ont plus que triplé depuis 2021 ».
    Les demandes effectuées par des étudiants en provenance d’Afghanistan, du Cameroun, de Birmanie et du Soudan ont bondi de 470 % entre 2021 et 2025, selon le Home Office."Une action drastique est nécessaire" alors que le soutien financier aux demandeurs d’asile, dont 16 000 personnes venues des quatre pays visés, coûte « plus de 4 milliards de livres » (environ 4,6 milliards d’euros) par an au contribuable britannique, fait valoir le ministère.
    Entre septembre 2024 et septembre 2025, 2 900 visas d’étude ont été accordés à des ressortissants des quatre pays ciblés, ainsi que 90 visas de travailleur qualifié à des Afghans, pour 1 210 demandes d’asile déposées par des titulaires de tels visas.
    Le gouvernement précise que depuis 2021, le Royaume-Uni a accueilli plus de 37 000 Afghans dans le cadre de dispositifs mis en place après le retour des autorités talibanes au pouvoir en 2021, et que 190 000 visas au total ont été accordés pour des raisons « humanitaires » en 2025.En novembre dernier, le gouvernement travailliste a aussi annoncé une réforme d’ampleur de la politique d’asile, visant à décourager les arrivées de migrants traversant la Manche sur de petites embarcations.La réforme, dont d’autres dispositions devront faire l’objet d’un vote au Parlement, prévoit notamment que les réfugiés devront attendre 20 ans avant de pouvoir bénéficier d’un permis de résidence permanente.
    Depuis lundi, le statut de réfugié n’est accordé que pour une durée de 30 mois renouvelable, au lieu de cinq ans précédemment, pour tous les nouveaux demandeurs.Le gouvernement s’est par ailleurs engagé à ouvrir davantage de voies d’accès légales pour les demandeurs d’asile, sans préciser à ce stade de dispositif.
    Et ce n’est pas la première fois qu’il utilise l’arme des visas dans sa stratégie de durcissement de sa politique migratoire. En novembre 2025, Londres a menacé de ne plus accorder de visas aux ressortissants d’Angola, de Namibie et de République démocratique du Congo, afin de pousser leurs gouvernements à accepter les expulsions par le Royaume-Uni de migrants illégaux originaires de ces pays. « Quatre mois plus tard, une coopération a été mise en place avec ces trois pays. Des vols décollent et des migrants illégaux, ainsi que des criminels étrangers sont renvoyés » dans leur pays, se félicite le Home Office.

    #Covid-19#migrant#migration#royaumeuni#asile#etudiant#visas#poltiquemigratoire#sante#expulsion

  • Partage de PDF à l’université : le Danemark attaque désormais les étudiants
    https://actualitte.com/article/129152/legislation/partage-de-pdf-a-l-universite-le-danemark-attaque-desormais-les-etudiant

    Au Danemark, la lutte contre le piratage de manuels universitaires change d’échelle — et de cibles. L’alliance antipiratage RettighedsAlliancen (The Rights Alliance) annonce, à partir du 1er février 2026, des actions civiles visant des étudiants soupçonnés de partager illégalement des manuels numériques. Le cap affiché tient en une formule : prouver qu’un seul manuel partagé suffit à déclencher un dossier, même quand l’échange circule dans des groupes fermés et entre camarades.

    Publié le :

    08/02/2026 à 09:35

    Nicolas Gary

    Le choix surprend, car la répression s’est longtemps concentrée sur les grands diffuseurs, les plateformes et les réseaux structurés. Désormais, l’Alliance dit vouloir sélectionner des cas « exemplaires » et les porter devant les tribunaux via la poursuite privée prévue par la loi danoise sur le droit d’auteur. Si le tribunal retient l’infraction, l’étudiant peut être condamné à une amende versée à l’État, en plus des coûts liés à la procédure.

    L’organisation revendique un effet dissuasif plutôt qu’une chasse aux individus. Sa directrice, Maria Fredenslund, résume l’intention dans Uniavisen : « Nous ne voulons pas sanctionner des individus, mais provoquer un changement de comportement, pour que les étudiants comprennent que le partage illégal a des conséquences. »
    “Un manuel suffit” : la ligne rouge

    L’enjeu, pour RettighedsAlliancen, consiste à faire basculer la perception d’un geste jugé « banal ». Envoyer un PDF « pour dépanner », déposer un fichier dans un groupe privé, récupérer un chapitre auprès d’un camarade : autant de pratiques décrites comme courantes dans la vie étudiante, et désormais placées au cœur de la riposte.

    Pour documenter ces échanges, l’Alliance évoque une surveillance de communautés en ligne et la constitution de preuves avant toute saisine. Des médias spécialisés, comme TorrentFreak, soulignent un durcissement après des années de campagnes de sensibilisation présentées comme peu efficaces.
    Un problème massif, un marché sous tension

    Cette montée en puissance s’appuie sur un constat chiffré. Uniavisen citait en 2025 une étude de 2024 : plus de la moitié des étudiants danois (54 %) auraient obtenu des manuels illégalement au cours de leurs études, en hausse par rapport à 2022.

    La perception sociale suit : nombre d’étudiants disent savoir que c’est illégal, tout en jugeant la pratique acceptable, notamment face au prix des ouvrages.

    RettighedsAlliancen s’est déjà illustrée dans des dossiers de manuels piratés, par exemple contre une revente de copies illégales ayant conduit à une amende au Danemark en 2023. Le message, déjà, visait à rappeler que la chaîne du livre académique n’échappe pas aux logiques de contrefaçon.
    Un signal envoyé aux campus

    Reste une question politique : jusqu’où pousser la répression sans fracturer la relation entre étudiants, universités et bibliothèques, souvent en première ligne sur l’accès aux ressources. En ciblant des individus et en abaissant le seuil symbolique à « un manuel », l’Alliance assume un avertissement net : la sphère privée étudiante ne constitue plus une zone grise.

    Les premières procédures diront si les tribunaux suivent cette ligne, et si la peur du contentieux remplace, sur les campus danois, l’habitude de « se passer » les fichiers. D’ici là, l’annonce agit déjà comme un marqueur : le partage, même minimal, risque de coûter cher.

    Crédits photo : geralt CC 0

    Par Nicolas Gary
    Contact : ng@actualitte.com

    #Edition #Répression #Connerie #Etudiants #Danemark

  • #bande_de_nuls

    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/01/26/la-situation-de-mon-universite-c-est-bien-du-zola-l-alerte-d-une-presidente-

    Le style est direct, les mots sont abrupts. L’initiative de la présidente de l’université Paul-Valéry, à Montpellier, n’a qu’un seul objet : faire savoir au chef de l’Etat « ce que travailler dans une université sous-encadrée veut dire réellement au quotidien ». « Savoir et se taire, c’est être complice, je ne peux pas taire cette injustice », expose Anne Fraïsse dans sa lettre à Emmanuel Macron, envoyée lundi 26 janvier, que Le Monde a pu lire en amont.

    La missive fait figure d’acte désespéré, alors qu’ont commencé, le 8 janvier, les Assises du financement des universités, un événement duquel le ministre de l’enseignement supérieur, #Philippe_Baptiste, compte tirer un « diagnostic partagé, rigoureux et incontestable sur la situation financière des universités ».

    A l’automne 2025, au moment des débats budgétaires, le #ministre avait souhaité relativiser la situation des universités, lors de son audition devant la commission de la culture et de l’éducation au Sénat : « Ce n’est pas Zola non plus », avait-il estimé, suscitant un tollé dans la communauté universitaire. Rappelons que le Conseil d’analyse économique, qui conseille Matignon, avait considéré en décembre 2021 les universités comme « sous-financées » depuis les années 2010.

    « La situation de mon université, c’est bien du Zola, Monsieur le Président », tranche #Anne_Fraïsse, qui est l’une des présidentes d’établissement les plus aguerries, avec un premier mandat commencé en 2008, qui s’est poursuivi jusqu’en 2016, puis un autre à nouveau en 2020. L’université #Paul-Valéry compte parmi les moins dotées financièrement et en postes de France, onze départements disciplinaires fonctionnant avec seulement 50 %, voire 40 %, d’#enseignants titulaires.
    [...]
    Aussi incroyable que cela puisse paraître, rappelle-t-elle, les #dotations annuelles que l’Etat attribue aux universités résultent d’un arbitrage tenu secret. « Nous restons depuis quinze ans le seul pays d’Europe où l’argent de l’Etat est distribué aux universités sans critères connus, dans la plus totale opacité et injustice, illustre Anne Fraïsse. Pour un #étudiant de même discipline, une université peut recevoir deux fois moins qu’une autre. Pourquoi ? Personne ne le sait. »

    Au motif que l’établissement présente un budget en déficit, les recrutements d’enseignants-chercheurs et de personnels techniques et administratifs s’en trouvent bloqués par le ministère de l’enseignement supérieur, ce qu’Anne Fraïsse qualifie de « chantage ». « Pas d’argent, pas de postes (…), et on reprend la boucle comme des hamsters qui tournent dans leur roue », déplore la présidente qui implore le chef de l’Etat de « changer » la donne, tant « les conséquences sont funestes ».

    Les mots se succèdent, de plus en plus graves. Anne Fraïsse alerte sur la santé de ses équipes. Ces cinq dernières années, « il y a eu quatre suicides de personnels titulaires (le précédent remontait à vingt-cinq ans), trois crises cardiaques au travail, deux AVC [au bureau], sans compter les arrêts de travail longue maladie pour burn-out, énumère-t-elle. Certes, ces décès ont des causes multiples, mais les statistiques sont là et ce bilan pour une université de 1 003 titulaires (576 enseignants et 427 administratifs) pour 23 000 étudiants révèle des conditions de travail insupportables. »

    « Vous savez maintenant ce que zéro création de postes veut dire pour une université comme la mienne », conclut la présidente de l’université Paul-Valéry, à l’attention d’Emmanuel Macron. « On meurt dans mon université. D’excès de travail, de stress, d’usure, de désespoir, d’indifférence », écrit-elle encore avant de saluer, d’une façon singulière et désespérée, le chef de l’Etat « comme les gladiateurs saluaient celui qui finançait les jeux et présidait à leur destinée : “Morituri te salutant” (“ceux qui vont mourir te saluent”) ».

    « La situation de mon #université, c’est bien du #Zola » : l’alerte d’une présidente à Emmanuel #Macron
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/01/26/la-situation-de-mon-universite-c-est-bien-du-zola-l-alerte-d-une-presidente-