• #Recherche : l’#évaluation au centre de la discorde

    2 800 chercheurs déposent une #candidature_collective à un poste également convoité par #Thierry_Coulhon, le conseiller à l’Enseignement supérieur d’Emmanuel Macron, sur fond de désaccords autour de l’évaluation de la recherche. Explications.

    Thierry Coulhon, conseiller éducation, enseignement supérieur, recherche et innovation d’Emmanuel Macron, face à 2 800 chercheurs et enseignants-chercheurs. Voici le match pour la présidence du #Haut_Conseil_de_l’évaluation_de_la_recherche_et_de_l’enseignement_supérieur (#Hcéres). Les auteurs de la candidature collective veulent « se réapproprier le contrôle sur les #valeurs et le sens de leurs métiers » et ont publié une tribune dans le Monde ce lundi.
    Pourquoi un tel enjeu ? Parce que, dans sa future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (#LPPR), le gouvernement souhaite lier, en partie, l’attribution des moyens des universités et organismes de recherche au résultat de leur évaluation par le Hcéres. Le président de la République, lors des 80 ans du CNRS (voir ci-dessous) avait appelé à « être plus courageux sur les conséquences » que l’on tire de l’évaluation.

    https://www.liberation.fr/france/2020/01/20/recherche-l-evaluation-au-centre-de-la-discorde_1773379

    #ESR #résistance #enseignement_supérieur #HCERES

    Ajouté à ce fil de discussion sur la résistance à la LPPR :
    https://seenthis.net/messages/820393

    • « Nous, chercheurs, voulons défendre l’#autonomie de la recherche et des formations »

      Face à une gestion de type « managérial », il faut renouer avec le principe de la « liberté des savants », estiment, dans une tribune au « Monde », plus de 2 700 universitaires, qui présentent, collectivement, leur candidature à la direction de l’autorité d’évaluation de la recherche publique.

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/20/nous-chercheurs-voulons-defendre-l-autonomie-de-la-recherche-et-des-formatio

    • Candidature collective à la présidence du HCERES

      Plusieurs milliers de chercheurs et d’universitaires déposent le 20 janvier une candidature collective à la présidence vacante du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur français (HCERES). Leur objectif est de se réapproprier le contrôle sur les valeurs et le sens de leurs métiers. La profession de foi commune associée est disponible ci dessous, et a été publié dans le journal Le Monde daté du 21 janvier. Pour vous porter candidat 1) inscrivez-vous ici et 2) suivez la démarche explicitée ici (en cas de soucis contactez nous via contact@rogueesr.fr).

      Défendre l’autonomie de la recherche et des formations (English version)

      C’est peu dire que les réformes de notre système de recherche menées depuis quinze ans au nom de l’excellence n’ont pas eu l’effet escompté. Ambitionnant de renforcer le statut de puissance scientifique de la France, elles n’ont mené qu’au décrochage de la part française des publications mondiales, l’indicateur de performance choisi par les réformateurs eux-mêmes. Il n’y a pas à s’étonner : l’évaluation statistique des politiques publiques montre que la quantité de publications scientifiques est proportionnelle à l’argent investi dans la recherche, mais qu’elle est pratiquement insensible aux réformes structurelles. Or pendant ces quinze ans, l’effort financier s’est focalisé sur une niche fiscale, le Crédit d’Impôt Recherche, destinée à contourner l’interdiction européenne des aides publiques directes aux entreprises. L’évaluation faite par France Stratégie de son intérêt pour la recherche est sans appel : son effet de levier sur l’investissement privé est… négatif.

      Les réorganisations de l’Université et de la recherche ont aussi des effets systémiques profonds, mais qui ne sont observables que si l’on s’intéresse au savoir produit et transmis plutôt qu’au dénombrement bibliométrique. Les réformes structurelles ont conduit à une chute de la qualité et du niveau d’exigence de la production scientifique, dont les multiples scandales de fraude ne sont que la partie apparente. Cette crise institutionnelle du monde savant est d’autant plus dramatique qu’elle survient dans une phase de crise sociale, climatique et démocratique dont la résolution passe par la production, la transmission, la critique et la conservation des savoirs.

      Parce qu’elle se fonde sur la poursuite de la vérité comme horizon commun, la science suppose l’autonomie des savants, chercheurs et universitaires, vis-à-vis des pouvoirs dont son exercice dépend, qu’ils soient politiques, économiques ou religieux. Cette liberté académique ne doit pas être pensée comme une absence d’entraves mais comme une liberté positive, garantie par des moyens effectifs. Le sursaut passe par la réaffirmation des conditions pratiques de cette autonomie.

      La première condition est budgétaire : pour encourager l’inventivité et la création, il est indispensable de doter la recherche de financements récurrents, en rupture avec le formatage bureaucratique de la science par des “appels à projets” court-termistes, qui encouragent le conformisme et la recherche incrémentale.

      La deuxième condition tient à cette autre ressource préalable à la recherche : le temps. Pour maintenir la biodiversité nécessaire à un écosystème de recherche florissant, il est nécessaire de garantir statutairement la possibilité du temps long. La sélection spencérienne promue en haut lieu, faite de fragmentation et de contractualisation généralisée des statuts, tue cette diversité et entretient la crise qualitative. La solution passe par un recrutement de qualité lié à des postes pérennes, condition de l’attractivité pour les jeunes chercheurs comme pour les personnels techniques, de façon à irriguer sans cesse le système d’idées et d’aspirations nouvelles.

      La troisième condition est de réduire la division du travail savant, ce qui exclut la séparation entre des managers de la recherche exerçant le pouvoir, et des chercheurs et universitaires dépossédés et devenus de simples exécutants, séparation qui constitue la définition stricte d’une bureaucratie. Il est indispensable de procéder à un audit des structures empilées depuis quinze ans et au chiffrage de leur coût de fonctionnement afin de libérer des moyens en supprimant des strates inutiles, voire nuisibles.

      Sur le plan des pratiques, l’exigence et l’originalité des travaux scientifiques sont garanties depuis des siècles par une norme, celle de la controverse collégiale (la disputatio des classiques) : la discussion contradictoire et libre au sein de la communauté des pairs. Ce principe de gratification sociale fondée sur la reconnaissance de la valeur intellectuelle des travaux est irréductible à une “évaluation” managériale dont les fondements reposent sur un système de normes quantitatives externes, déterminées par les intérêts d’investisseurs : toute métrique normative cesse vite d’être une simple mesure pour devenir elle-même l’objectif à atteindre. Obligation doit donc être faite à tout comité de suivi, de recrutement ou de promotion de baser ses délibérations sur la lecture des travaux, et non sur l’évaluation quantitative. Pour que ce soit faisable et probant, le nombre de travaux soumis à examen doit être limité drastiquement.

      L’autonomie du monde savant nécessite enfin de ré-instituer des normes de probation scientifiques exigeantes, prenant en compte les spécificités contemporaines. Il est urgent de restituer aux communautés de chercheurs le contrôle des revues scientifiques, et de destituer l’oligopole de l’édition sur lequel se fondent techniquement et économiquement les politiques d’évaluation actuelles.

      Pour procéder à ces réformes, nous nous portons candidats à la présidence de l’institution en charge de définir les normes et les procédures qui régulent, organisent et déterminent la production savante : le HCERES. Notre candidature collective vise à renouer avec les principes d’autonomie et de responsabilité des savants qui fondent la science. Il ne saurait y avoir d’administration distincte dotée d’un « président » pour superviser ces pratiques : c’est l’ensemble du corps savant qui doit présider à l’évaluation qualitative de sa production.

      Sans recherche autonome, nous n’avons pas d’avenir.

      Cent premiers participants à la candidature collective

      Emmanuel Agullo, informatique, INRIA

      Bruno Andreotti, physique, Université Paris 7

      Dominique Archambault, informatique, Université Paris 8-Vincennes-Saint-Denis

      Pierre Arnoux, mathémathiques, Aix-Marseille Université

      Isabelle Backouche, histoire, EHESS

      Anne-Sophie Beignon, biologie, CNRS, CEA/INSERM/Univ. Paris-Saclay

      Olivier Berné, astrophysique, CNRS, Observatoire Midi-Pyrénées

      Bertrand Binoche, philosophie,Université Paris 1

      Yann Bisiou, droit privé, Université Paul Valéry – Montpellier 3

      Alexis Blanchet, sciences de l’information et de la communication, Université Sorbonne nouvelle Paris 3

      François Bon, archéologie, Université de Toulouse Jean Jaurès

      François Boulogne, physique, CNRS, Université Paris-Saclay

      Catherine Bourgain, génétique humaine, INSERM

      Guillaume Bridet, lettres, Université de Bourgogne

      Mathieu Brunet, lettres, Université d’Aix-Marseille

      Yann Bugeaud, mathématiques, Université de Strasbourg

      Mathilde Carpentier, bioinformatique, Sorbonne Université

      Antoine Chambert-Loir, mathématiques, Université de Paris

      Francis Chateauraynaud, sociologie, EHESS

      Guillaume Coqui, philosophie, université de Bourgogne

      Fanny Cosandey, histoire, EHESS

      Sandrine Costamagno, archéologie, CNRS, Université Toulouse Jean Jaurès

      François-Xavier Coudert, chimie, CNRS

      Françoise Crémoux, études hispaniques, Université de Paris 8

      Gabriella Crocco, philosophie, Université d’Aix-Marseille

      Pascal David, physique, Université Paris Diderot

      Steeves Demazeux, philosophie, Université Bordeaux-Montaigne

      Pascale Dubus, histoire de l’art, Université Paris 1

      Sébastien Dutreuil, philosophie, CNRS, Centre Gilles Gaston Granger.

      Florence Elias, physique, Université de Paris

      Marianne Elias, biologie evolutive, CNRS, Paris

      Estelle Forey, écologie, Université de Rouen

      Jean-Louis Fournel, études italiennes/histoire de la pensée politique, Université de Paris 8

      Sara Franceschelli, épistémologie, ENS de Lyon

      Claudia Fritz, acoustique, Sorbonne Université et CNRS

      Nelly Frossard, pharmacologie, Université de Strasbourg

      Fanny Gallot, historienne, Université Paris Est Créteil.

      Jean-Luc Galzi, pharmacologie, Université de Strasbourg

      Stéphane Gançarski, informatique, Sorbonne Université

      Laurence Giavarini, lettres, Université de Bourgogne

      Pierre Gilliot, physique, Université de Strasbourg

      Julien Gossa, informatique, Université de Strasbourg

      François Graner, physique, Université de Paris Diderot

      Elie Haddad, histoire, CNRS/ EHESS

      Jacques Haiech, biologie, Université de Strasbourg

      Hugo Harari-Kermadec, économiste, ENS Paris-Saclay

      Sarah Hatchuel, cinéma et audiovisuel, Université Paul Valéry Montpellier III

      Myriam Housssay-Holzschuch, géographie, université Grenoble-Alpes

      Philippe Huneman, philosophie, CNRS/Paris I

      Yacine Iklef, physique, CNRS / Sorbonne Université

      Sabina Issehnane, économie, Université Paris Diderot

      Vincent Jacques, physique, Université Paris Saclay

      Sophie Jallais, économie, Université Paris 1

      Chantal Jaquet, philosophie, Université Paris 1

      Philippe Jarne, écologie & évolution, CNRS, Montpellier

      François Jarrige, histoire, Université de Bourgogne

      Solenne Jouanneau, science politique, IEP de Strasbourg

      Arne Keller, physique, Université Paris Saclay

      Benoît Kloeckner, mathématiques, Université Paris-Est Créteil

      Joël Laillier, sociologie, Université d’Orléans

      Jérôme Lamy, histoire et sociologie, CNRS, UT2J

      Sylvain Laurens, sociologie, EHESS

      Guillaume Lecointre, systématique, Muséum national d’Histoire naturelle

      Jacques Le Bourlot, physique, Université Paris-Diderot & Observatoire de Paris

      Nathalie Lidgi-Guigui, sciences des matériaux, Université Sorbonne Paris Nord

      Olivier Long, arts plastiques, Université Paris 1

      Jean-Marie Maillard, physique, CNRS et Sorbonne Université

      Corinne Maitte, histoire, Université de Marne-la-Vallée

      Christine Marcandier, lettres, Aix-Marseille Université

      François Marchal, paléoanthropologie, CNRS, AMU, EFS

      Christophe Martin, Littérature, Sorbonne Université

      François Massol, écologie, CNRS

      Hélène Michel, science politique, Université de Strasbourg

      Monica Michlin, études américaines contemporaines, Université Paul Valéry Montpellier 3

      Christophe Mileschi, études italiennes, Université Paris Nanterre

      Pérola Milman, physique, CNRS/Université de Paris.

      Guillaume Miquelard-Garnier, science des matériaux, Conservatoire National des Arts et Métiers

      Pierre-Yves Modicom, linguistique germanique, Bordeaux-Montaigne

      François Munoz, écologie, Université Grenoble-Alpes

      Magali Nachtergael, lettres, Université Sorbonne Paris Nord

      Antonine Nicoglou, philosophie, Université de Tours

      Christine Noille, lettres, Sorbonne Université

      Georges Orfanoudakis, biologie, Université de Strasbourg

      Hervé Perdry, génétique humaine, Université Paris-Saclay

      Joël Pothier, bioinformatique, Sorbonne Université

      Emmanuelle Porcher, écologie, Muséum national d’Histoire naturelle

      Dominique Pradelle, philosophie, Sorbonne Université et CNRS

      Sophie Rabau, littérature générale et comparée, Université de Paris 3 Sorbonne Nouvelle

      Christelle Rabier, histoire des sciences et des techniques, EHESS

      Bertrand Rémy, mathématiques, École polytechnique

      Frédéric Restagno, physique, CNRS et Université Paris-Saclay

      Emmanuelle Rio, physique, Université Paris-Saclay

      Dinah Ribard, histoire, EHESS

      Antoine Roullet, histoire, CNRS

      Marine Roussillon, lettres, Université d’Artois

      Sophie Sacquin-Mora, biochimie, CNRS

      Arnaud Saint-Martin, sociologie, CNRS

      Johanna Siméant-Germanos, science politique, ENS

      Barbara Stiegler, philosophie, Université Bordeaux Montaigne

      Isabelle Théry-Parisot, bioarchéologie, CNRS, Université Côte d’Azur

      Christian Topalov, sociologie, EHESS

      Jean-Louis Tornatore, anthropologie, Université de Bourgogne

      Nicolas Valdeyron, archéologie, Université Toulouse Jean Jaurès

      Boris Valentin, archéologie, Université Paris 1

      Franck Varenne, philosophie, Université de Rouen

      Nicolas Verzelen, mathématiques, INRAE

      Guy Zuber, chimie, Université de Strasbourg

      http://rogueesr.fr/hceres

    • @perceptibles1, voici le texte complet :

      « Nous, chercheurs, voulons défendre l’autonomie de la recherche et des formations »

      Face à une gestion de type « managérial », il faut renouer avec le principe de la « liberté des savants », estiment, dans une tribune au « Monde », plus de 2 700 universitaires, qui présentent, collectivement, leur candidature à la direction de l’autorité d’évaluation de la recherche publique.

      C’est peu de dire que les réformes de notre système de recherche menées depuis quinze ans au nom de l’excellence n’ont pas eu l’effet escompté. Ambitionnant de renforcer le statut de puissance scientifique de la France, elles n’ont mené qu’au décrochage de la part française des publications mondiales, l’indicateur de performance choisi par les réformateurs eux-mêmes. Il n’y a pas à s’étonner : l’évaluation statistique des politiques publiques montre que la quantité de publications scientifiques est proportionnelle à l’argent investi dans la recherche, mais qu’elle est pratiquement insensible aux réformes structurelles. Or, pendant ces quinze années, l’effort financier s’est focalisé sur une niche fiscale, le crédit d’impôt recherche (CIR), destiné à contourner l’interdiction européenne des aides publiques directes aux entreprises. L’évaluation faite par France Stratégie [le centre de réflexion économique et sociale rattaché à Matignon] de son intérêt pour la recherche est sans appel : son effet de levier sur l’investissement privé est… négatif.

      « Les réformes structurelles ont conduit à une chute de la qualité et du niveau d’exigence de la production scientifique »

      Les réorganisations de l’université et de la recherche ont aussi des effets systémiques profonds, mais qui ne sont observables que si l’on s’intéresse au savoir produit et transmis plutôt qu’au dénombrement.

      Les réformes structurelles ont conduit à une chute de la qualité et du niveau d’exigence de la production scientifique, dont les multiples scandales concernant des fraudes ne sont que la partie apparente. Cette crise institutionnelle du monde savant est d’autant plus dramatique qu’elle survient dans une phase de crise sociale, climatique et démocratique dont la résolution passe par la production, la transmission, la critique et la conservation des savoirs.

      Liberté académique

      Parce qu’elle se fonde sur la poursuite de la vérité comme horizon commun, la science suppose l’autonomie des savants, chercheurs et universitaires vis-à-vis des pouvoirs dont son exercice dépend, qu’ils soient politiques, économiques ou religieux. Cette liberté académique ne doit pas être pensée comme une absence d’entraves, mais comme une liberté positive, garantie par des moyens effectifs. Le sursaut passe par la réaffirmation des conditions pratiques de cette autonomie.

      La première condition est budgétaire : pour encourager l’inventivité et la création, il est indispensable de doter la recherche de financements récurrents, en rupture avec le formatage bureaucratique de la science par des « appels à projets » court-termistes, qui encouragent le conformisme et la recherche incrémentale [processus de recherche où maturent progressivement des éléments d’explication].

      La deuxième condition tient à cette autre ressource préalable à la recherche : le temps. Pour maintenir la biodiversité nécessaire à un écosystème de recherche florissant, il est nécessaire de garantir statutairement la possibilité du temps long. La sélection spencérienne [inspirée des idées du philosophe anglais Herbert Spencer (1820-1903), partisan du darwinisme social] promue en haut lieu, faite de fragmentation et de contractualisation généralisée des statuts, tue cette diversité et entretient la crise qualitative. La solution passe par un recrutement de qualité lié à des postes pérennes, condition de l’attractivité pour les jeunes chercheurs comme pour les personnels techniques, de façon à irriguer sans cesse le système d’idées et d’aspirations nouvelles.

      La troisième condition est de réduire la division du travail savant, ce qui exclut la séparation entre des manageurs de la recherche exerçant le pouvoir et des chercheurs et universitaires dépossédés et devenus de simples exécutants, séparation qui constitue la définition stricte d’une bureaucratie. Il est indispensable de procéder à un audit des structures empilées depuis quinze ans et au chiffrage de leur coût de fonctionnement, afin de libérer des moyens en supprimant des strates inutiles, voire nuisibles.

      « L’autonomie du monde savant nécessite enfin de réinstituer des normes de probation scientifiques exigeantes, prenant en compte les spécificités contemporaines »

      Sur le plan des pratiques, l’exigence et l’originalité des travaux scientifiques sont garanties depuis des siècles par une norme, celle de la controverse collégiale (la disputatio des classiques) : la discussion contradictoire et libre au sein de la communauté des pairs. Ce principe de gratification sociale fondée sur la reconnaissance de la valeur intellectuelle des travaux est irréductible à une « évaluation » managériale dont les fondements reposent sur un système de normes quantitatives externes, déterminées par les intérêts d’investisseurs : toute métrique normative cesse vite d’être une simple mesure pour devenir elle-même l’objectif à atteindre. Obligation doit donc être faite à tout comité de suivi, de recrutement ou de promotion de baser ses délibérations sur la lecture des travaux, et non sur l’évaluation quantitative. Pour que ce soit faisable et probant, le nombre de travaux soumis à examen doit être limité drastiquement.

      L’autonomie du monde savant nécessite enfin de réinstituer des normes de probation scientifiques exigeantes, prenant en compte les spécificités contemporaines. Il est urgent de restituer aux communautés de chercheurs le contrôle des revues scientifiques, et de destituer l’oligopole de l’édition sur lequel se fondent techniquement et économiquement les politiques d’évaluation actuelles.

      Pour procéder à ces réformes, nous nous portons candidats à la présidence de l’institution chargée de définir les normes et les procédures qui régulent, organisent et déterminent la production savante : le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres). Notre candidature collective vise à renouer avec les principes d’autonomie et de responsabilité des savants qui fondent la science. Il ne saurait y avoir d’administration distincte dotée d’un « président » pour superviser ces pratiques : c’est l’ensemble du corps savant qui doit présider à l’évaluation qualitative de sa production. Sans recherche autonome, nous n’avons pas d’avenir.

      Parmi les signataires : Isabelle Backouche, histoire, EHESS ; Anne-Sophie Beignon, biologie, CNRS, CEA/Inserm/université Paris-Saclay ; François Bon, archéologie, université de Toulouse-Jean Jaurès ; Catherine Bourgain, génétique humaine, Inserm ; Steeves Demazeux, philosophie, université Bordeaux-Montaigne ; Sara Franceschelli, épistémologie, ENS de Lyon ; Claudia Fritz, acoustique, Sorbonne Université et CNRS ; Hugo Harari-Kermadec, économiste, ENS Paris-Saclay ; Yacine Ikhlef, physique, CNRS/Sorbonne Université ; Sophie Rabau, littérature générale et comparée, université de Paris-III-Sorbonne-Nouvelle ; Barbara Stiegler, philosophie, université Bordeaux-Montaigne. Liste complète des signataires sur : http://rogueesr.fr/hceres

    • Candidature collective sur le poste de président de l’HCERES et action devant le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche

      Action de #Rogue_ESR (Enseignement Supérieur et Recherche) devant le Ministère de la Recherche, de l’enseignement supérieur et de l’innovation : une centaine de scientifiques ont déposé une candidature collective pour le poste de président de l’HCERES (Haut Comité à l’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur), pour contrer la candidature de Thierry Coulhon, un proche d’Emmanuel Macron qui avait mis en oeuvre la sinistre réforme “LRU”. Environ 400 scientifiques ont déposé en parallèle leur candidature en ligne sur ce même poste. L’enjeu était d’afficher la dimension collective et solidaire de la recherche et de l’enseignement supérieur contre les logiques de concurrence et de compétition, tout en dénonçant la Loi Pluriannuelle de programmation de la Recherche (LPPR) qui s’annonce comme la loi la plus destructrice jamais mise en oeuvre dans le supérieur et la recherche. A notre arrivée rue Descartes, les grilles et portes normalement ouvertes au public ont été fermées, des CRS sont arrivés armés et en armure, et il nous a été impossible de déposer individuellement nos candidatures. Après plus de 3/4 h d’attente où un administratif a vainement cherché à joindre le directeur de cabinet de la ministre (dire que c’est ces gens-là qui prétendent nous évaluer et nous donner des leçons de bonne gestion…), seuls 3 collègues ont été admis au sein des bureaux du ministère et ont pu déposer l’ensemble des dossiers comportant nos CV et lettres de motivation. Ces documents ont fait l’objet d’un enregistrement officiel, sans quoi cette interdiction d’accès au ministère aurait constitué une rupture d’égalité dans une candidature à un poste de la fonction publique, ce qui aurait été justifiable d’un recours auprès du tribunal administratif. Cela dénote également de la fébrilité d’un pouvoir sans aucune légitimité qui, dès qu’une initiative aussi pacifique soit-elle se met en place, ne pense qu’à une chose : appeler des CRS en armes et barricader les accès à des bureaux en principe publics. Une prise de parole de Bruno Andreotti (Rogue ESR) a été filmé, et nous le remercions bien fort, ainsi que l’ensemble des collègues de Rogue ESR et des collègues mobilisés sur place pour cette action originale dont on espère qu’elle occupera sainement l’administration : puisque l’HCERES nous impose une bureaucratie démentielle qui nous retarde dans nos travaux scientifiques et nos enseignements, retournons-lui la politesse !


      http://igorbabou.fr/candidature-collective-sur-le-poste-de-president-de-lhceres-et-action-deva

    • « Inutile de pousser le bouchon trop loin » : réflexions de Thierry Coulhon, Conseiller du Président de la République sur l’avenir de (l’évaluation de) l’ESR

      À l’occasion du colloque Bilan et perspectives de l’évaluation de l’ESRI : 2015-2025, Thierry Coulhon, Conseiller Enseignement supérieur et recherche du Président Macron, sort de son silence élyséen, remplaçant au pied levé, nous dit-il, Cédric Villani. Il rappelle avec satisfaction l’œuvre accomplie avec quelques frères d’armes depuis 2007, en lien avec l’Australie, et expose le rôle à venir de l’HCERES, dont il est aujourd’hui le seul candidat à la direction.

      Avec brio et conviction, il nous rappelle que la science française a réussi à avoir une évaluation digne de ce nom, qu’il faudrait qu’elle puisse disposer au moins d’un établissement universitaire parmi les 30 premiers du #classement_de_Shangai, et que le Haut Conseil a pour vocation à évaluer à l’avenir tout ce qui est évaluable afin d’affecter correctement des moyens.
      Bon visionnage (à partir de la minute 24’20)
      https://www.youtube.com/watch?v=vThd6cvxpCA&feature=emb_logo

      Transcription (Hcéres)

      C’est un véritable honneur1 pour moi d’ouvrir ce colloque, parce qu’il marque sans aucun doute un moment important de l’histoire de notre système d’enseignement supérieur et de recherche. Je mesure le chemin parcouru depuis cette année 2007, où Jean-Marc Monteil portait pour l’Agence d’évaluation issue de la loi de 2006 une vision qui transcendait le Comité National d’Évaluation. Je me souviens, quelques années après, de l’occupation du Siège de la rue Vivienne, que nous essayions de traiter depuis le cabinet de Valérie Pécresse.

      Je me rappelle également l’année 2012, où je percevais des échos lointains de débats aussi enfiévrés que byzantins sur l’évaluation depuis un autre pays, situé beaucoup plus au sud, un pays où la science était plus jeune mais où l’évaluation était considérée comme naturelle et depuis longtemps opérée avec soin. Je dois avouer que j’avais omis d’expliquer aux Australiens2 que nous avions passé six mois et dépensé une grande énergie à transformer une agence en Haut Conseil et que cela était considéré en France comme une avancée substantielle. Je me souviens également de tout ce qu’ont accompli les présidents successifs et les équipes de l’AERES puis du Hcéres. Au moment de la prise de fonction de Michel Cosnard, nous partagions tous le sentiment d’une grande construction.

      En principe, un conseiller du Président de la République3 n’émet pas de déclaration publique. Considérons donc que c’est comme collègue, témoin de la douzaine d’années qui viennent de s’écouler et acteur pour encore quelques années du monde de l’ESR que je partage ces quelques réflexions avec vous.

      La date de ce colloque ne pouvait être mieux choisie. D’une part, la préparation de la loi de programmation pluriannuelle pour la recherche constitue l’occasion unique de donner une impulsion décisive à notre système d’ESR pour lui permettre de mieux remplir sa fonction et de recoller à la #compétition_mondiale. D’autre part, le mandat de Michel Cosnard à la tête du Hcéres touche à sa fin et la ministre nommera bientôt la personne qui lui succédera. #Michel_Cosnard a été un grand Président.

      Il est d’autant plus nécessaire de revenir sur la trajectoire passée et de réfléchir aux nouvelles orientations que la situation appelle. Nous pourrions discuter à l’infini pour savoir si sont les forces ou les verrous de l’enseignement supérieur et de la recherche français qui l’emportent. Deux choses sont certaines. Premièrement, notre histoire institutionnelle si particulière nous avait conduits il y a quelques années dans une sorte de situation d’empêchement où nous ne pouvions déployer nos forces. Nous n’en sommes encore complètement sortis.

      Deuxièmement, dans le reste du monde, l’université ayant emprunté des chemins moins détournés et moins escarpés ne nous attend pas pour évoluer et conquérir. Nous ne pouvons espérer, pour conserver notre place, nous abriter derrière des lignes Maginot. Elles seraient enfoncées par les besoins de la société, par la vague numérique, par la compétition pour les talents, par la circulation des chercheurs et par les aspirations de la jeunesse. Et pourtant, nous ne sommes pas loin de retrouver toute notre place dans le concert des universités mondiales.

      J’en veux pour preuve, en juillet, le dîner de l’alliance U7 autour du Président de la République, après un sommet où les grandes universités de recherche françaises avaient invité leurs homologues des pays du G7 et des pays associés à réfléchir sur leur rôle dans le monde comme acteurs globaux et à prendre des engagements sur leurs apports aux grandes transitions énergétiques, numériques et sociales.

      Nous sommes capables en effet de nous soigner de nos maux. Nous avons su créer des grandes écoles et des organismes de recherche quand nos universités étaient faibles. Les unes et les autres ont appris et apprennent encore à travailler ensemble, jusqu’à construire enfin de véritables universités au sens international, en inventant un lien plus adulte entre État et opérateurs avec la #contractualisation et l’#autonomie, en travaillant sur le périmètre des institutions, en recourant à des outils audacieux tels que le #PIA et en nous dotant d’une agence d’évaluation et d’une agence de financement sur projet.

      Néanmoins, deux dangers nous menacent sans cesse, à savoir l’#esprit_de_chapelle conjugué à l’#immobilisme, et la recherche du plus petit dénominateur commun. L’évaluation est cruciale pour surmonter ces deux difficultés. Elle est laïque, ne regardant ni la taille, ni les préjugés mais uniquement la qualité des réalisations. Elle surmonte donc l’esprit de chapelle et les catégorisations. Elle incite à prendre des décisions courageuses et fournit un point d’appui aux directions d’établissement pour le faire.

      Enfin, elle donne confiance à la société et à l’Etat. Comment irions-nous négocier des moyens nouveaux à Bercy si nous ne sommes pas capables d’objectiver ce que nous savons faire et ce que nous apportons ? L’AERES a construit une méthode et le Hcéres a poursuivi le travail mais les débats de 2012 l’ont quelque peu euphémisé. Nous passons notre vie à noter les étudiants, à évaluer des articles, à classer les collègues que nous voudrions recruter ou les projets que nous proposons de financer. Nous sommes donc bien placés pour connaître les limites et les effets pervers de ces pratiques. Mais comment pourrions-nous les refuser pour nous-mêmes ?

      À nous de réfléchir pour rendre le résultat de l’#évaluation précis et subtil mais net et utilisable. Les #classements et l’évaluation constituent deux démarches différentes. Néanmoins, nous assistons chaque année au moment de la publication du classement de #Shanghai à un concert de lamento et de déni de réalité. Même si les classements ne constituent certainement pas l’alpha et l’oméga de la #politique_universitaire, la confiance des contribuables, de l’État, des entreprises et des étudiants nous serait plus facilement acquise si nous obtenions de bons classements. Cet objectif est à portée de main. Nous devrions dès aujourd’hui occuper quelques places parmi les trente premières institutions et encore plus parmi les cinquante premières. Il est vrai que nous ne maîtrisons pas les critères de ces classements et qu’ils ne sont pas assez fins pour guider une politique d’établissement. Il serait d’autant plus paradoxal de refuser de jouer pleinement le jeu d’une évaluation dont au contraire nous décidons ensemble des règles et qui en conséquence est attentive à nos réalisations.

      Jean-Marc Monteil4 , Jean-François Dhainaut, Didier Houssin, Michel Cosnard et leurs équipes ont avancé sur le chemin d’une évaluation professionnelle, aux standards internationaux. C’est désormais un acquis.

      Michel Cosnard a accompli deux réalisations essentielles en faisant largement accepter l’évaluation et en étendant son emprise. Tout objet de l’ESRI5 est susceptible d’être évalué par le Hcéres ou dans le cadre d’une méthode validée par lui. Il reste un objectif à accomplir, à savoir donner à l’évaluation son plein impact c’est-à-dire construire ou plutôt reconstruire le lien entre l’évaluation et l’#allocation_des_moyens. C’est bien entendu le niveau politique qui prend les décisions, évalue les risques et les opportunités et peut décider de soutenir les forts parce que ce sont eux qui tirent l’ensemble vers le haut et nous aident à attirer les meilleurs, ou parfois de soutenir les faibles parce que certaines faiblesses sur des secteurs clés pour l’avenir nous mettent en danger.

      Tout cela ne peut se faire qu’une fois que les yeux du politique sont grands ouverts par l’évaluation. La ministre sera sans doute plus précise sur ce sujet. Pour ma part, il me paraît inévitable que la loi de programmation pluriannuelle de la recherche aborde cette question. Cette agence de l’évaluation, nous l’avons construite comme tous les grands pays scientifiques, en l’acclimatant à notre culture propre. Elle doit nous permettre de fuir tout faux-semblant, tout déni de réalité, de regarder en face avec précision et objectivité la qualité de la formation, de la recherche et de la gouvernance que nous produisons. Mais cela ne se fera que selon les modalités acceptées par tous et élaborées en commun.

      Pour aller plus loin

      « Bilan et perspectives de l’évaluation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation : 2015-2025 », Colloque du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres), Synthèse des échanges, Paris, Université de Paris –17 et 18 septembre 2019.
      Connell Raewyn, 2019, The Good University : What Universities Actually Do and Why it’s Time for Radical Change, Clayton, Victoria, Monash University Publishing.

      Sur le classement de Shangai

      Jean-Charles Billaut, Denis Bouyssou et Philippe Vincke, « Faut-il croire le classement de Shangaï ? », Revue de la régulation 8 (2010), consulté le 17 janvier 2020. URL : http://journals.openedition.org/regulation/9016 ; DOI : 10.4000/regulation.9016.

      Résumé : Nous proposons dans cet article une analyse critique du classement mondial des universités publié chaque année par l’Institut de l’Enseignement supérieur de l’Université Jiao Tong de Shangaï et plus connu sous le nom de « classement de Shangaï ». Après avoir rappelé comment le classement est construit, nous discutons de la pertinence des critères utilisés. Nous analysons ensuite la méthode d’agrégation proposée. Notre analyse se fonde sur les outils et concepts de l’« aide multicritère à la décision ». Nos conclusions principales sont que les critères utilisés ne sont pas pertinents, que la méthode d’agrégation présente des problèmes majeurs et que l’exercice souffre d’une réflexion insuffisante sur les questions liées à la structuration du problème. Le classement de Shangaï, malgré la grande couverture médiatique qu’il reçoit chaque année, n’est donc pas un outil pertinent pour juger de la « qualité » des institutions académiques, guider le choix des étudiants ou des familles, ou promouvoir des réformes du système d’enseignement supérieur.

      Paroles de Open your eyes, by Snow Patrol (2006) :

      ll this feels strange and untrue
      And I won’t waste a minute without you
      My bones ache, my skin feels cold
      And I’m getting so tired and so old
      The anger swells in my guts
      And I won’t feel these slices and cuts
      I want so much to open your eyes
      Cos I need you to look into mine

      Tell me that you’ll open your eyes

      Get up, get out, get away from these liars
      Cos they don’t get your soul or your fire
      Take my hand, knot your fingers through mine
      And we’ll walk from this dark room for the last time
      Every minute from this minute now
      We can do what we like anywhere
      I want so much to open your eyes
      Cos I need you to look into mine
      Tell me that you’ll open your eyes
      Tell me that you’ll open your eyes

      https://academia.hypotheses.org/7705

  • Le parcours des Hominidés jusqu’à l’Homo Sapiens à travers leurs migrations, adaptations et innovations, mais aussi leurs arts et rites #préhistoire #hominidés #HomoSapiens #evolution

    https://sms.hypotheses.org/22110

    D’où viennent et par où sont passés les Hominidés, ces ancêtres de l’Homme, et plus précisément de l’Homo Sapiens ? L’ouvrage collectif Pré-histoires, la conquête des territoires, retrace leur parcours, depuis Sahelanthropus jusqu’à Homo sapiens, à travers les voyages, migrations, adaptations et innovations techniques qui leur ont permis de coloniser des territoires aussi divers que le littoral, la montagne ou les îles. Il se penche aussi sur l’art et les rituels adoptés tout au long de la préhistoire : peintures et gravures rupestres, arrangements stalagmitiques de Bruniquel, sépultures de grottes ou de dolmens.

    Les auteurs suivent les pas de l’homme préhistorique à travers la grande diversité des milieux qu’il a traversés, qu’il a progressivement modelés et au sein desquels il a laissé de surprenantes empreintes de ses conquêtes. Celles-ci ont abouti à l’adaptation des humains à de multiples environnements qui ont façonné leurs sociétés.

    Au plus proche de nos ancêtres, il entraîne dans une grande enquête à la croisée de savoirs scientifiques multiples. Car archéologues, géologues, anthropologues, généticiens, géographes, climatologues, écologues, zoologues, chimistes et physiciens unissent désormais leurs compétences pour décrypter ce qui a fait l’homme hier et expliquer ce que nous sommes aujourd’hui devenus. Un long cheminement…

    D’une archéologie des littoraux ou du monde souterrain à celle des plaines, des montagnes ou des milieux insulaires, il présente les avancées les plus récentes des connaissances sur la préhistoire. Il incite aussi à réfléchir sur les fondements de l’humanité et à notre empreinte laissée sur les milieux. Des « pré-histoires », parfois étonnantes, sur la conquête du monde (...)

  • « composed: true considered harmful? » by Johnson Westbrook, 07–08.11.2019
    https://dev.to/open-wc/composed-true-considered-harmful-5g59
    #webComponents #events #javascript

    Detailed description of event propagation with various use cases; and description of one pattern, for event propagation in the DOM and web apps. I would not much recommend using this pattern, yet the article triggers reflection on those patterns and spawned an interesting discussion on Twitter.

  • VIEQUES, AU LARGE DE PORTO RICO. Sous la plage, les bombes
    https://www.courrierinternational.com/article/2007/01/25/sous-la-plage-les-bombes

    Je ne connaissais pas cette histoire

    Lisant, au printemps 2006, un article du magazine Caribbean Edge sur #Vieques, cette petite île située à 7 milles de la côte de Porto Rico, je m’étonnais. L’auteur y vantait “ses forêts luxuriantes, ses plages immaculées et ses eaux cristallines” et en faisait “l’endroit idéal pour se détendre et découvrir les charmes paisibles d’une île caribéenne vraiment nature”. Il a dû se tromper d’île, me suis-je dit. Il ne peut s’agir de l’île utilisée pendant plus de cinquante ans par l’armée américaine comme terrain d’essai pour ses armes aériennes, un endroit où le taux de cancers est de 30 % supérieur au reste de #Porto_Rico, celui d’hypertensions de 381 % supérieur et celui de cirrhoses de 95 % plus élevé.

    résumé en tags
    #colonie #évictions_forcées #terrain_militaire #bombardements #mort #contestations #répression #parc_naturel #tourisme malgré #pollutions

  • #Mobilizon Fédéré : un pas de plus vers la dé-facebookisation de nos #événements
    https://framablog.org/2019/12/18/mobilizon-federe-un-pas-de-plus-vers-la-de-facebookisation-de-nos-eveneme

    Le développement de notre future alternative aux événements #Facebook vient de franchir une nouvelle étape : la possibilité de fédérer différentes installations de Mobilizon. En quoi est-ce important ? Pourquoi est-ce un élément-clé ? Comment cela peut faire de Mobilizon un outil fondamentalement … Lire la suite­­

    #Carnets #Contributopia #ActivityPub #Bêta #Communaute #contributopia #Degooglisons #Event #framameet #Framasoft #GAFAM #Innovation #Internet #MeetUp #Planet #RezoTIC

  • Federating #Mobilizon : one more step towards de-facebooked events
    https://framablog.org/2019/12/18/federating-mobilizon-one-more-step-towards-de-facebooked-events

    There is a new development to our future alternative to #Facebook : different Mobilizon installs can now federate with each other. Why is that important ? Why is this a key element ? How can this make Mobilizon a fundamentally emancipatory tool ? We … Lire la suite­­

    #Carnets #Contributopia #ActivityPub #Bêta #Communaute #contributopia #Degooglisons #English #événements #Event #framameet #Framasoft #GAFAM #Innovation #Internet #MeetUp #Planet #RezoTIC

  • Le #CNRS, #Darwin et la grande chaîne de l’#évolution chercheuse : quatre #tribunes et une conclusion | Academia
    https://academia.hypotheses.org/5859
    #recherche #antoine_petit #réactions

    Suite à l’intervention, à l’occasion des 80 ans du CNRS, d’Antoine Petit et d’Emmanuel Macron à propos de la loi programmatique pluriannuelle de la recherche en cours de préparation, plusieurs chercheurs et chercheuses se sont insurgés contre la vision scandaleusement caricatural qu’ont développée respectivement le PDG du CNRS et le Président de la République, et les dramatiques conséquences qu’ils souhaitent en tirer. Leurs conclusions s’apparentent à de précédentes, tirées au printemps (ce blog : “Bois morts, souches pourries et arbrisseaux : du choix du vocabulaire de la politique de l’emploi au CNRS“) et en 2014 : l’#idéologie qui nourrit la #politique_scientifique française fait preuve d’une remarquable continuité, même si le #discours s’affranchit désormais des convenances. Quelles conclusions en tirer ?

  • #Antoine_Petit contesté au #CNRS

    Antoine Petit, le PDG du CNRS, avait cru bon d’en appeler à une loi « darwinienne » pour le financement de la recherche. « Une loi ambitieuse, inégalitaire — oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne, qui encourage les scientifiques, équipes, laboratoires, établissements les plus performants à l’échelle internationale, une loi qui mobilise les énergies. »

    Il vient de se prendre un retour de manivelle percutant. Signé par le gratin de son établissement. Dont la présidente du Conseil scientifique, Dorothée Berthomieu (Institut de chimie moléculaire et des matériaux – Institut Charles-Gerhardt à Montpellier), mais aussi la quasi-totalité des présidents de section du Comité national de la recherche scientifique, des présidents des conseils scientifiques des Instituts du CNRS.

    Cette réaction très officielle et très fâchée s’ajoute à un texte cinglant publié dans Le Monde, intitulé « Le darwinisme social appliqué à la recherche est une absurdité ». Un texte déjà signé par plus de 9 000 personnes et des sociétés savantes (1) qui souligne l’aporie de la métaphore utilisée par Antoine Petit : « Invoquer Darwin pour justifier une #politique_de_la_recherche est un contresens : la #sélection naturelle porte sur des variations aléatoires, or les chercheurs ne travaillent pas au hasard. De plus, ils ne transmettent pas à leurs élèves leur supposé talent… Si l’analogie est vide de sens, peut-être faut-il se tourner vers la doctrine dite du #darwinisme_social ? C’est sous ce label que l’accent mis sur la compétition a été instrumentalisé par ceux qui, derrière le philosophe et sociologue anglais Herbert Spencer (1820-1903), cherchaient à justifier le laisser-faire propre au libéralisme économique, grâce auquel les “plus aptes” écraseraient naturellement les “inaptes”. Pourtant, Darwin lui-même vit très tôt ce que les évolutionnistes explorent massivement depuis cinquante ans : l’entrelacement de la compétition et de la coopération. »

    Plébéiens et patriciens

    L’ironie des auteurs du texte, dont quelques biologistes spécialistes de l’évolution des espèces, s’explique. Les métaphores biologiques utilisées en politiques, c’est une vieille histoire. Déjà, sous la République romaine naissante, un consul expliquait à la plèbe en grève que la société, c’est comme un corps. Certes, l’estomac (les patriciens) semblent n’être que des parasites des bras et des jambes (la plèbe), mais sans estomac, ils ne seraient pas nourris. Donc, faire grève, et ne pas fournir ses aliments à l’estomac allait se retourner contre eux. On ne sait si les plébéiens furent convaincus, mais la solution fut de les engager dans l’armée pour aller conquérir les esclaves qui allaient travailler à leur place.

    Dans le cas de la recherche, la #métaphore_biologique bancale d’Antoine Petit débouche sur la nécessité de dire qui est bon et qui est mauvais, de gaver le premier et de sacrifier le second. Mais comment le savoir ? A la fin des années 1970, le pouvoir politique voulait sacrifier la recherche en virologie, jugée obsolète et peu performante. Un laboratoire plutôt modeste, qui serait aujourd’hui très mal noté par les visiteurs du Haut Conseil pour l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (l’outil que le président Emmanuel Macron veut utiliser pour désigner les bons et les mauvais), s’y consacrait à l’Institut Pasteur. Heureusement, ses dirigeants n’ont pas suivi le vouloir politique. Et l’équipe de M. Montagnier et Mme Barré-Sinoussi ne fut pas éliminée. Du coup, elle découvrit le virus du sida, ce qui accéléra grandement diagnostics et traitements, sauva un nombre de vies innombrable, et, accessoirement, apporta deux Nobel.

    Ajoutons un exemple plus récent : la découverte de CRISPR (une technique d’édition des génomes qui permet d’intervenir avec plus de précision sur l’ADN) dont le potentiel en biotechnologies pour la santé et l’agriculture est immense. Voici ce qu’en dit dans un livre Jennifer Doudna, l’une des deux scientifiques qui ont le plus contribué à sa découverte : « Un ingénieur de la Silicon Valley m’avait dit : “Donnez-moi n’importe quel problème et je vais y investir 10 millions de dollars puis j’embaucherai la meilleure équipe et je résoudrai le problème.” Cela s’applique-t-il à CRISPR ? Probablement pas, car, cette découverte « a été inspirée par une recherche motivée par la curiosité envers les phénomènes naturels. La technologie que nous avons créée n’a pas demandé 10 à 20 millions de dollars pour être développée, mais elle nécessitait une compréhension approfondie de la chimie et de la biologie de l’immunité adaptative bactérienne, un sujet qui peut sembler sans rapport avec l’édition de gènes. Ceci n’est qu’un exemple de l’importance que revêt la recherche fondamentale — la poursuite de la recherche scientifique afin de comprendre notre monde naturel — et de sa pertinence dans le développement de nouvelles technologies. » Au moment où cette recherche commence, impossible de la ranger parmi les « bons » ou « mauvais sujets », impossible de juger ses auteurs comme « bons » ou « mauvais ».

    https://www.lemonde.fr/blog/huet/2019/12/12/antoine-petit-conteste-au-cnrs
    #recherche #France #darwinisme #compétition #inégalité #loi #réforme #it_has_begun #sélection

    • « Le darwinisme social appliqué à la recherche est une absurdité »

      La politique de la science est de plus en plus conduite par la compétition « au détriment de la coopération », s’indigne un collectif de 16 chercheurs.
      Le monde de la recherche française a bondi deux fois en une seule journée, le mardi 26 novembre : le matin, en lisant les propos du président-directeur général du CNRS [publiés dans le quotidien Les Echos], et le soir en visionnant le discours du président de la République pour les 80 ans de cette institution.

      Le premier, Antoine Petit, résumait ainsi l’idéologie qui sous-tend la future loi de programmation de la recherche, dont la présentation est prévue pour février 2020 : « Il faut une loi ambitieuse, inégalitaire – oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne, qui encourage les scientifiques, équipes, laboratoires, établissements les plus performants à l’échelle internationale, une loi qui mobilise les énergies. »

      Le second assurait que les innombrables évaluations auxquelles sont soumis les chercheurs (annuelle, biennale, quinquennale, et lors de chaque publication et projet évalué par les pairs) pourraient diminuer à condition qu’elles permettent une « différenciation » et que les « mauvais » en « assument les conséquences ». Emmanuel Macron a également cité, parmi les « chantiers » de la future loi, la création, à côté des modes de travail statutaires de plus en plus rares, de « CDI de projets », nouvel oxymore désignant des contrats voués à durer le temps d’un projet.

      La dévalorisation des « mauvais » chercheurs fait ainsi écho à l’éloge des « plus performants » par le PDG du CNRS. Une « loi inégalitaire » ? Mesurons la charge : on propose ici de poser comme principe légal la négation d’un des piliers de notre devise républicaine. Mais, au-delà, un « darwinisme » dans la recherche, qu’est-ce à dire ?

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/12/06/le-darwinisme-social-applique-a-la-recherche-est-une-absurdite_6021868_3232.

      #paywall

    • Lettre à MM. Petit et Macron, et à tous les tenants de la compétition comme mode de fonctionnement des sociétés humaines

      Cela fait de très nombreuses années que les gouvernements successifs cherchent à mettre en avant les inégalités de traitement comme moteur d’une plus grande efficacité supposée des services publics. Le dernier exemple en date concerne le monde de la recherche et émane de M. Petit, président du CNRS, dans une tribune publiée par Les Echos (26/11/2019). Parlant de la future Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche, M. Petit appelle de ses vœux « une loi ambitieuse, inégalitaire - oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne, qui encourage les scientifiques, équipes, laboratoires, établissements les plus performants à l’échelle internationale, une loi qui mobilise les énergies. » Ces propos ont déjà fait réagir plusieurs chercheurs dans deux tribunes publiées simultanément par Le Monde (ici et là) la semaine dernière.

      Nous, acteurs de la recherche publique, souhaitons maintenant collectivement interpeller M. Petit et toutes les personnes pensant que la compétition entre individus est une solution pour améliorer le fonctionnement de nos sociétés : depuis Charles Darwin, plus de 150 ans de recherche nous ont appris que la sélection naturelle n’est pas un processus d’optimisation collective. Au contraire, la sélection naturelle opère souvent à l’échelle des individus, favorisant les caractéristiques des individus les plus aptes à survivre et à se reproduire, parfois au détriment du groupe. En biologie évolutive, on ne compte plus les exemples de « culs de sacs évolutifs », voire de « suicides évolutifs », où les avantages à court terme des individus finissent à long terme par faire disparaître une population entière.

      Pour ne prendre que l’exemple de la recherche, que nous connaissons mieux : si l’objectif de la future loi est bien, comme nous l’espérons, de faire progresser la connaissance et son utilité pour la société, sur quels critères devrait se fonder une loi soi-disant « darwinienne » ? Sur l’attribution de plus de moyens aux chercheur.e.s, ou aux groupes de chercheur.e.s, les plus productifs ? Une telle approche repose sur plusieurs postulats non vérifiés, notamment :

      – Qu’il est possible d’évaluer de façon objective la productivité ou la créativité des chercheurs. Or, la dérive du système d’évaluation actuel de la recherche pose beaucoup de questions [1]. Ce système est fondé sur des indicateurs quantitatifs, et favorise donc les chercheur.e.s qui publient le plus, parfois en utilisant des méthodes au mieux discutables (« sélection naturelle d’une mauvaise science », [2]), au pire frauduleuses [3].

      – Que les avancées scientifiques sont obtenues par quelques génies ou dans quelques « centres d’excellence ». Une vision critique de l’histoire des sciences balaie cette assertion [4]. La recherche est avant tout le fait d’équipes de recherche, de travaux expérimentaux de plus en plus collectifs, d’échanges d’idées et de discussions qui enrichissent nos perceptions des problèmes auxquels nous faisons face, rarement d’éclairs de génie isolés.

      – Que les moyens financiers sont « mieux » utilisés lorsqu’ils sont réorientés vers quelques rares personnes ou centres de recherche. Au contraire, miser de manière très inégalitaire sur quelques chercheur.e.s conduit inéluctablement à une perte de productivité de la science. En effet, la productivité marginale (en termes de connaissances produites) d’un euro injecté dans la recherche diminue avec les montants alloués - autrement dit, la même somme produit plus quand elle est divisée entre un plus grand nombre de groupes de recherche (voir la synthèse sur ce sujet [5]).

      En résumé, nous pensons qu’une politique de la recherche fondée sur une augmentation à outrance de la compétition sera contre-productive, parce qu’elle ne sélectionnera pas les caractéristiques des chercheurs qui promeuvent une science de qualité : rigueur, coopération, inventivité, scepticisme et originalité. Ces caractéristiques seront indispensables pour répondre aux défis scientifiques posés par les grands problèmes de société tels que les changements planétaires.

      Nous pensons également que notre raisonnement est valable pour le fonctionnement de bien d’autres institutions, au-delà du monde de la recherche : dès lors qu’un raisonnement fondé sur la mise en concurrence des acteurs est appliqué, les individus qui tirent leur épingle du jeu sont celles et ceux qui ont compris comment remplir les critères de sélection. Dans certains cas, cela peut aller de pair avec une augmentation du bien commun, mais c’est souvent fortuit, et dans de nombreux cas cela conduira à une diminution du bien commun et à une augmentation des inégalités : lorsque réduire son investissement pour le collectif permet de mieux remplir les critères de sélection, alors cette stratégie sera sélectionnée.

      Enfin, les choix de société ne doivent pas nécessairement être inspirés de ce qui se passe dans la nature. C’est aux sociétés humaines de choisir leur système de valeur en utilisant des arguments moraux. Les effets de la compétition dans la recherche et de nombreux autres secteurs de la société font déjà des dégâts considérables démontrés sur la santé mentale des personnes (« Le blues des chercheurs français », Le Monde 14/10/2019). Les recherches les plus sérieuses qui se sont penchées sur le sujet démontrent d’ailleurs que les inégalités pécuniaires ou de statut sont un moteur de mal-être et d’inefficacité, et ce dans toutes les couches de la société [6].

      Concernant la future loi de programmation de la recherche, nous soutenons donc les recommandations des sociétés savantes académiques de France, qui résultent d’une longue consultation de l’ensemble des acteurs de la recherche. Les recommandations identifiées comme prioritaires sont :

      – Faciliter l’organisation de la recherche en redonnant du temps de recherche aux chercheur.e.s et enseignant.e.s-chercheur.e.s, en rétablissant une confiance mutuelle entre administrations et chercheur.e.s et en facilitant la gestion des laboratoires via un assouplissement des règles budgétaires notamment ;

      – Donner plus de moyens à la recherche publique civile en augmentant les dotations de base des laboratoires, en améliorant le fonctionnement et la transparence de l’agence nationale de la recherche [ANR, l’agence en charge de distribuer les crédits sur projet] et en soutenant le montage des dossiers européens et la gestion des contrats obtenus ;

      – Renforcer l’emploi scientifique en augmentant les recrutements permanents dans tous les corps, contrairement à la tendance de ces dix dernières années, et en améliorant les carrières académiques, notamment en diminuant la précarité des jeunes chercheur.e.s ;

      – Dynamiser les interactions entre la sphère académique et le reste de la société en valorisant le doctorat dans le monde économique, en prenant en compte dans leur formation et leur progression de carrière l’implication des acteurs de la recherche publique dans des interactions avec la société et en encourageant des collaborations mutuellement bénéfiques entre la recherche publique et d’autres sphères de la société.

      A l’heure où les acteurs de la recherche et de l’enseignement supérieur se doivent d’être des parangons de rigueur scientifique pour contrer la montée des nouveaux obscurantismes, l’irruption d’un projet de réorganisation du monde de la recherche fondé sur une adhésion dogmatique à des idées néfastes, qui s’appuient sur des postulats systématiquement contredits par les données, suggère une incompréhension, feinte ou patentée, du métier de chercheur par ceux qui aimeraient le régenter. Ne nous méprenons pas sur la justification pseudo-darwinienne donnée à ce projet, renforcer l’inégalité ne saurait augmenter la productivité académique, mais permettra bel et bien d’appliquer la maxime latine Divide et Impera : diviser pour mieux régner. Et régner sur une recherche publique vidée de ses forces vives n’améliorera certainement pas le rang de la France dans les classements académiques qui servent de bréviaires aux défenseurs de ce projet.

      Bibliographie

      [1] Gingras, Y. (2014) Les dérives de l’évaluation de la recherche : du bon usage de la bibliométrie, Raisons d’agir.

      [2] Smaldino, P. E. & McElreath, R. (2016) The natural selection of bad science. Royal Society Open Science, 3. https://doi.org/10.1098/rsos.160384

      [3] Chevassus-au-Louis, N. (2016) Malscience. De la fraude dans les labos, Le Seuil.

      [4] Conner, C. (2011) Histoire populaire des sciences, L’Echappée.

      [5] Aagaard, K., Kladakis, A. & Nielsen, M. W. (2019) Concentration or dispersal of research funding ? Quantitative Science Studies, https://doi.org/10.1162/qss_a_00002

      [6] Wilkinson, R. & Pickett, K. (2013) Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous, Les Petits Matins.

      https://www.petitions.fr/recherche__non_a_une_loi_inegalitaire

    • « Loi darwinienne » : au CNRS, le torchon brûle entre le PDG et les scientifiques

      Ses déclarations sur le financement de la recherche publique n’ont pas convaincu les chercheurs - c’est un euphémisme. Résultats : voilà Antoine Petit, actuel PDG du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), sous le feu des critiques, rapporte ce jeudi le Monde, et notamment celles de la présidente du Conseil scientifique de l’établissement, Dorothée Berthomieu et de l’ensemble des présidents de section du CNRS. Dénonçant dans un courrier les écrits d’Antoine Petit, qui appelaient fin novembre à l’élaboration d’une « loi inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne » en vue de la future loi de programmation de la recherche, les scientifiques s’inquiètent en effet du vote d’un texte qui « ne pourrait que renforcer les fragilités actuelles de la recherche publique française » et « une vision de la recherche basée sur la compétition à tous les niveaux ».

      Ils rejoignent ainsi un collectif d’éminents scientifiques auteur·e·s d’une tribune (dans le Monde également) sévère à l’égard de la direction, mais également d’Emmanuel Macron après son discours fin novembre pour les 80 ans de l’institution. Interrogé sur les moyens de la recherche, le président de la République avait alors affirmé qu’« on ne pourra pas mettre plus de moyens pour tout le monde » et qu’il faudra « travailler sur l’attractivité » de la recherche. « La référence au darwinisme social dit le fond d’une politique de la recherche, soulèvent quant à eux les signataires de la tribune, depuis vingt ans, le curseur a été sciemment poussé vers la compétition au détriment de la coopération. (...) La loi à venir poussera à son terme cette logique, dont aucun effet positif n’a pu être observé. »

      https://www.liberation.fr/direct/element/loi-darwinienne-au-cnrs-le-torchon-brule-entre-le-pdg-et-les-scientifique

    • François-Xavier Fauvelle : « Monsieur le PDG du CNRS, savez-vous ce que votre darwinisme fait à la recherche ? »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/12/23/francois-xavier-fauvelle-monsieur-le-pdg-du-cnrs-savez-vous-ce-que-votre-dar

      M. Petit nous dit qu’il aurait été mal compris et que ce darwinisme social serait très éloigné de ses valeurs personnelles [Le Monde du 18 décembre]. Le problème, voyez-vous, M. Petit, c’est que ce sont vos mots et vos formules qui nous permettent de juger de vos valeurs.

      Les propos d’Antoine Petit ne sont ni tout à fait neufs ni surtout de nature à améliorer le système français de recherche. Ils s’inscrivent dans une histoire déjà longue de gouvernance managériale du milieu académique, appliquée par tous les gouvernements successifs depuis deux décennies et dont M. Petit est aujourd’hui l’instrument. Le mot d’ordre de cette gouvernance est : soyez plus « compétitifs ». Les moyens pour y parvenir sont la précarisation, l’évaluation, et à présent la sélection darwinienne.

      #paywall

    • #Merci @simplicissimus voici le texte complet :

      #François-Xavier_Fauvelle : « Monsieur le PDG du CNRS, savez-vous ce que votre darwinisme fait à la recherche ? »

      L’historien interpelle, dans une tribune au « Monde », Antoine Petit, président-directeur général du CNRS, après le plaidoyer de celui-ci en faveur d’une recherche plus compétitive. Ce n’est pas, estime le professeur au Collège de France, ce qui améliorera les performances, mais ce qui les entrave aujourd’hui et pourrait les détruire demain.

      Tribune. Antoine Petit, PDG du CNRS, le plus grand organisme français de recherche, a livré à la communauté scientifique et au public sa vision du monde de la recherche et les orientations qu’il compte faire inscrire dans la future loi de programmation [Les Echos du 26 novembre, Le Monde du 18 décembre]. Quelques « petites phrases » savamment dosées et plusieurs fois réitérées ont fait bouillir l’immense majorité de la communauté scientifique. Selon Monsieur Petit, la recherche serait un monde « darwinien » dans lequel les « meilleurs » chercheurs et équipes devraient être favorisés par des lois « inégalitaires », et les autres condamnés à la disparition.

      De tels propos reflètent une ambiance politique décidément à la mode, qui aime à se représenter la société comme le théâtre d’un combat à mort dont sortent des « vainqueurs » et des « perdants »

      De tels propos reflètent une ambiance politique décidément à la mode, qui aime à se représenter la société comme le théâtre d’un combat à mort dont sortent des « vainqueurs » (winners) et des « perdants » (losers). On croyait à tort ce darwinisme social confiné à certaines marges idéologiques de nos sociétés. Car comment peut-on lucidement plaider pour que des lois naturelles qui expliquent la lutte pour la survie des espèces deviennent des lois normatives s’appliquant à la société ? M. Petit nous dit qu’il aurait été mal compris et que ce darwinisme social serait très éloigné de ses valeurs personnelles [Le Monde du 18 décembre]. Le problème, voyez-vous, M. Petit, c’est que ce sont vos mots et vos formules qui nous permettent de juger de vos valeurs.

      Les propos d’Antoine Petit ne sont ni tout à fait neufs ni surtout de nature à améliorer le système français de recherche. Ils s’inscrivent dans une histoire déjà longue de gouvernance managériale du milieu académique, appliquée par tous les gouvernements successifs depuis deux décennies et dont M. Petit est aujourd’hui l’instrument. Le mot d’ordre de cette gouvernance est : soyez plus « compétitifs ». Les moyens pour y parvenir sont la précarisation, l’évaluation, et à présent la sélection darwinienne.

      Un supposé « modèle américain » caricaturé

      Ce discours n’a cessé de brandir deux instances qui commanderaient une telle orientation. D’une part un supposé « modèle américain » caricaturé, qui garantirait des résultats quantifiables (comme par le classement dit « de Shanghaï ») dans un environnement de compétition internationale. On a donc « américanisé » le système français de recherche. Par l’assèchement des crédits récurrents des laboratoires et des universités, on a jeté chacun contre tous en quête d’un poste salarié, d’un programme financé ; on a multiplié les procédures d’évaluation ; on a diminué le nombre de postes et multiplié les contrats courts. Mais on a oublié de compenser cette pression supposément « vertueuse » par des conditions « américaines » de recherche : la sécurité de l’emploi (dont bénéficient, sauf banqueroute de leur institution, la quasi-totalité des universitaires en poste aux Etats-Unis, universités publiques et privées comprises), les salaires plusieurs fois supérieurs à ceux de la France, les crédits de recherche systématiquement alloués aux chercheurs individuels, l’accès à de multiples agences de financement.

      L’autre instance est le « contribuable » : c’est en lui hurlant à l’oreille pour s’assurer ses bonnes grâces que nos gouvernants n’ont cessé de répéter que les chercheurs et chercheuses devaient être soumis à une « évaluation », comme les élus sont soumis à l’évaluation de leurs électeurs, les boulangers à celle des clients du quartier, les entreprises à celle du marché, du manageur, des actionnaires. On a donc créé de toutes pièces, à l’intention des chercheurs, des procédures « démarche qualité » envahissantes. Il y a pourtant de très bonnes raisons pour que la recherche ne soit pas soumise à ces procédures : notre domaine d’activité est fondé sur des règles de fonctionnement instituées depuis deux siècles. Ce sont des procédures dites d’« évaluation par les pairs » (peer review), parfois publique (dans le cas d’une thèse, par exemple, parce que c’est un diplôme universitaire qui donne le titre de docteur, reconnu par l’Etat), parfois anonyme (pour éviter les conflits de personnes), parfois même en « double anonyme » (double blind).

      La loi du métier

      C’est la loi de ce métier, sans doute le seul soumis à une évaluation permanente : on ne cesse d’évaluer et d’être évalué à chaque diplôme que l’on passe, à chaque concours, à chaque article que l’on soumet pour publication, à chaque demande de financement que l’on dépose à un bâilleur de fonds publics ou une fondation. Faut-il s’étonner, comme le font certains, de l’autonomie de ces procédures internes par rapport au reste de la société ? Elles sont pourtant le fruit d’un équilibre entre le consensus nécessaire à l’existence de savoirs partagés et le dissensus qui permet le dépassement de vérités par d’autres vérités.

      M. Antoine Petit, votre vision d’une recherche plus compétitive et mieux évaluée n’est pas ce qui améliorera les performances des chercheuses et des chercheurs ; elle est ce qui les entrave aujourd’hui et ce qui les détruira demain si nous vous laissons faire. La « sélection » que vous appelez de vos vœux pour satisfaire votre représentation rêvée de l’Amérique et du contribuable est en réalité déjà là. La politique systématique d’assèchement des crédits récurrents de la recherche, la réduction catastrophique du nombre de postes ouverts aux jeunes chercheurs, la compétition pour les financements de recherche « sur projet » pour pallier la pénurie de financements récurrents, l’évaluation administrative permanente aux niveaux individuel et collectif et à tous les échelons de toutes les structures (universités, organismes, laboratoires, filières de formation…) ont déjà pour effet de jeter tout le monde contre tout le monde.

      « En vouloir »

      Il faut déjà « en vouloir » pour réaliser une thèse de doctorat qui durera quatre, cinq ou six ans selon les spécialités, en ne bénéficiant le plus souvent pas (du moins dans les sciences humaines et sociales) de contrats doctoraux financés ; l’oublier, c’est négliger le fait que la formation doctorale est de ce fait essentiellement subventionnée par les chercheurs eux-mêmes et leurs familles, qui sont aussi des contribuables. Il faut « en vouloir » pour se présenter plusieurs années de suite aux concours de recrutement des universités et des grands organismes de recherche ou dans le privé, souvent sans salaire, tout en répondant de son mieux à l’injonction « Tu publieras, pour être recrutable, trois articles par an comme premier auteur dans une revue de rang A » ; l’oublier, c’est refuser de voir qu’une partie essentielle de ce que la recherche produit de plus neuf l’est par des hommes et des femmes en recherche de postes et par leurs familles, qui sont toujours nos contribuables.

      Savez-vous, M. Petit, ce que ce système, les mots que vous employez pour le décrire, votre darwinisme, fait à la recherche ? Savez-vous la misère morale, les rancœurs, les renoncements, qu’engendre cette compétition inutile et toxique ? Voyez-vous son absurdité économique ?

      Quant aux « perdants » des recrutements, celles et ceux qui à la mi-trentaine, après avoir consacré leur première carrière bénévole à la recherche, se tournent, faute de postes, vers d’autres métiers, diriez-vous qu’ils ou elles sont des losers qui ne méritent que leur sort, des spécimens moins adaptés que d’autres et voués à l’extinction darwinienne ? Il faut encore « en vouloir » pour, ayant satisfait de telles exigences, avoir néanmoins poursuivi une recherche de fond qui ne privilégie pas la « rentabilité » à court terme, l’article court et sexy, facilement publiable et vite périmé. Il faut « en vouloir » pour, constatant, à peine recruté, qu’on ne bénéficiera de rien d’autre que de son salaire et d’un bureau partagé à trois ou quatre, et que le système ne vous alloue pas de crédits de recherche, comprendre qu’il faudra alors « se battre », c’est-à-dire déposer plusieurs fois chaque année, jusqu’au succès, des projets de recherche à plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’euros.

      A ce jeu, bien sûr, il ne peut pas y avoir que des vainqueurs, la principale agence de financement française (l’Agence nationale de la recherche) offrant des taux de retour de projets « gagnants » inférieurs à 15 % : un taux aussi scandaleusement bas ne peut pas garantir qu’un excellent projet, même soumis plusieurs fois, l’emporte sur d’autres projets, excellents ou pas. Ce système est donc plus injuste qu’une loterie. Il faut « en vouloir » pour, n’ayant pas obtenu ce type de financement sur projet, poursuivre néanmoins sa recherche sur ses crédits personnels, ou bien frapper à la porte de sa ou de son collègue de bureau, ni plus ni moins méritant, ou peut-être plus constant, ou peut-être plus winner, et lui demander quelques centaines d’euros pour un déplacement. Savez-vous, M. Petit, ce que ce système, les mots que vous employez pour le décrire, votre darwinisme, fait à la recherche ? Savez-vous la misère morale, les rancœurs, les renoncements, qu’engendre cette compétition inutile et toxique ? Voyez-vous son absurdité économique ? Avez-vous la moindre idée que ce système éteint chez beaucoup le génie et le désir, pour favoriser vos survivants darwiniens qui n’ont jamais demandé que leur succès passe par un tel gâchis ?

      Une réforme en profondeur

      Puisque vous avez l’air, M. Antoine Petit, de vouloir une réforme en profondeur, nous vous en proposons une, radicale et authentiquement ambitieuse ; elle libérerait l’énergie, le talent, l’excellence, aujourd’hui freinés. Elle tient en deux points qui ne vous coûteront rien, plus un qui nous coûtera.

      Un : réabondez les crédits récurrents de la recherche en diminuant drastiquement ceux alloués sur projets. L’immense majorité des chercheurs et des chercheuses y retrouveront les modestes moyens dont ils ont besoin pour travailler et, le moment venu au cours de leur carrière, ils déposeront un projet ambitieux nécessitant des moyens plus importants. Les agences de financement ne seront plus dès lors inondées de demandes, évalueront avec sérieux celles soumises et offriront des taux de retour de 40 %, conformes aux moyennes « américaines » qui garantissent qu’un projet excellent soit financé à la première, deuxième ou troisième tentative.

      Deux : exigez que soient supprimées toutes les « agences de notation » qui s’ajoutent à nos procédures scientifiques en mobilisant, plusieurs semaines par an, soit en tant qu’évalué, soit en tant qu’évaluateur, tous les acteurs de l’enseignement et de la recherche, au prix d’un invraisemblable gaspillage d’énergie, de temps et d’argent.

      Trois : ouvrez des postes, recrutez à tour de bras dans tous les domaines où nous avons besoin de connaissances nouvelles, de connaissances pas forcément « rentables » mais néanmoins utiles pour nous diriger dans le monde et connaître nos prochains, mais aussi de connaissances dont nous n’avons pas encore besoin. Ce dernier conseil permettrait au système français de recherche de se rapprocher un tout petit peu du modèle « américain » ; et c’est un contribuable qui vous parle.

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/12/23/francois-xavier-fauvelle-monsieur-le-pdg-du-cnrs-savez-vous-ce-que-votre-dar
      #performance #vainqueurs #perdants #précarisation #évaluation #sélection_darwinienne #modèle_américain #compétition_internationale #évaluation_par_les_pairs #peer_review #évaluation_administrative

    • Le cauchemar de Darwin — à propos d’une tribune d’Antoine Petit, pdg du CNRS (18 décembre 2019)

      Antoine Petit a commis une tribune en accès payant dans le quotidien Le Monde ce 18 décembre 2019, dont le ton et le contenu restent à l’opposé de ce que la communauté des chercheurs et chercheuses a récemment dit attendre (voir https://academia.hypotheses.org/6055 et https://academia.hypotheses.org/5859). En voici une lecture assurée par le mathématicien #Antoine_Chambert-Loir, nouveau rédacteur d’Academia.

      Dans une tribune publiée par le journal Le Monde du mercredi 18 décembre 2019 (https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/12/18/antoine-petit-nous-avons-un-imperieux-besoin-d-une-grande-loi-ambitieuse-et-), Antoine Petit, président-directeur-général du CNRS, revient sur les « réelles ambitions scientifiques » qu’il a pour l’établissement qu’il dirige. Cette tribune fait suite à une précédente, qu’il avait publiée dans Les Echos, du 26 novembre 2019 (https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/la-recherche-une-arme-pour-les-combats-du-futur-1150759) et à son discours du même jour, prononcé au Palais de la découverte, à l’occasion du 80e anniversaire du CNRS, en présence du président de la République.

      Les propos d’Antoine Petit avaient déjà suscité étonnement et colère, en particulier par la référence à la théorie de l’évolution de Darwin :

      « Il faut une loi ambitieuse, inégalitaire — oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne, qui encourage les scientifiques, équipes, laboratoires, établissements les plus performants à l’échelle internationale, une loi qui mobilise les énergies. »

      et par le #vocabulaire_guerrier employé tout au long de sa tribune, dès son titre : « La #recherche, une #arme pour les #combats du futur. »

      Des réseaux sociaux jusqu’au Conseil scientifique du CNRS (https://www.lemonde.fr/blog/huet/2019/12/12/antoine-petit-conteste-au-cnrs), de nombreux collègues ont émis une contestation détaillée des propos d’Antoine Petit.

      La façon dont Antoine Petit revient aujourd’hui sur ses propos initiaux est encore plus problématique. Petite revue en quelques points.

      1. Son texte commence par un auto-satisfecit bienvenu du CNRS et par l’affirmation de la volonté de la communauté scientifique de répondre aux grands défis du moment. C’est une entrée en matière et on peut comprendre que la recherche

      fondamentale disparaisse provisoirement du radar. Il continue en évoquant « une très large consultation des laboratoires » qui a permis au CNRS de formuler dès juillet 2019 des propositions « que ce soit en matière de financement de la recherche, d’attractivité des emplois et carrières scientifiques, ou plus largement de recherche partenariale et d’innovation ». Là, Antoine Petit marche joyeusement sur la tête — ou plutôt sur les pieds de toute la communauté scientifique.
      Car ce qui est sorti de ces consultations était très différent du rapport produit par la direction du CNRS, malgré toute la diversité que commandent des pratiques scientifiques parfois assez éloignées.
      La communauté réclame des moyens, des postes, la diminution du poids de la recherche par projet ; le CNRS propose des contrats de chantier, la création de « tenure tracks pour les universités volontaires » et diminue le nombre de postes statutaires. Invité à l’émission du Téléphone sonne (France Inter) du 27 novembre (https://www.franceinter.fr/emissions/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-27-novembre-2019), Petit énonçait l’idée même qu’un recrutement précoce lui semblait anachronique.

      2. Antoine Petit devait bien sûr revenir sur sa demande d’une « loi vertueuse et darwinienne » pour la recherche, d’une « loi ambitieuse, inégalitaire – ou différenciante s’il faut faire dans le #politiquement_correct ».
      Tout le monde est passé assez vite sur sa demande d’une loi « inégalitaire » dans un pays dont la devise est Liberté, égalité, fraternité. L’allusion au « politiquement correct » n’a pas non plus fait couler trop d’encre ; elle est pourtant une génuflexion à la droite extrême américaine qui est peu à peu parvenue à imposer cette idée que le souci de l’égalité serait une aberration utopique un peu

      ridicule.
      Des collègues juristes pourraient probablement commenter longuement l’idée qu’une loi soit « vertueuse ». Antoine Petit reconnaît aujourd’hui « bien volontiers » une provocation. Est-ce bien là une posture raisonnable pour le président-directeur-général du principal établissement de recherche publique français que de diffuser des provocations à l’encontre de ses personnels dans une presse (Les Échos) pas particulièrement bienveillante envers la recherche publique ? Est-ce que ce « bien volontiers » un peu patelin peut excuser ce débordement ?
      Des collègues biologistes ont expliqué dans le détail en quoi la comparaison avec Darwin était un contre-sens, comment cette théorie explique l’évolution des espèces sur un temps long, et non par une compétition immédiate entre individus. D’autres ont démontré comment ce darwinisme relevait plutôt de la théorie du « darwinisme social » — une adaptation par Herbert Spencer de la théorie de Darwin à la société, que Darwin avait d’ailleurs lui-même combattue. Il aurait pu tenir compte de ces explications, les lire, se documenter. Mais non, il reproche un « glissement sémantique », fait référence à ses opinions personnelles qui, en tant que président-directeur-général du CNRS, nous intéressent beaucoup moins que le projet qu’il a pour cet établissement.
      Et c’est justement là qu’Antoine Petit, précisément en tant qu’il est le président-directeur-général du CNRS, dépasse largement les bornes de la décence, lorsqu’il qualifie de façon méprisante ces collègues « d’esprits savants » en regrettant seulement qu’il ait « pu heurter la sensibilité de certains ». Manifestement, Antoine Petit a quitté le cercle des scientifiques auquel il appartenait pour rejoindre celui où l’on espère quelque profit politique à moquer les savants qui, chaque jour, font progresser la connaissance, les mêmes savants dont il a pourtant la charge.

      3. Il évoque les difficultés financières du CNRS, « la perte de plus de 3000 emplois en 10 ans ». Mais il ne dit rien de son attitude face aux représentants du collectif RogueESR lorsque la communauté, au début de cette année, avait protesté contre les suppressions de 50 postes de chargés de recherche. Il ne dit rien non plus de la façon dont le Conseil scientifique modifie les classements de recrutements qu’avaient effectué les collègues des sections du Comité national (https://academia.hypotheses.org/3289), certes en en ayant le droit, mais en s’asseyant de façon très cavalière sur leur travail fouillé, le dénigrant même comme lorsqu’il disait au micro de France Culture le 25 juin 2019 (https://www.franceculture.fr/societe/cnrs-le-pdg-repond-aux-accusations-de-discrimination :

      « J’imagine que dans votre métier, vous êtes capable de me dire : ceux-là, c’est plutôt des “bons journalistes”, ça c’est plutôt des “journalistes moyens”, et ceux-là sont plutôt “moyennement journalistes”… »

      Il sait pourtant, il n’a probablement pas oublié, que le travail de recrutement d’un Comité national est un peu plus détaillé que de classer les candidats en bons ou moyens. Il ne dit rien encore de la façon dont il espère attirer des « stars » venues de l’étranger. Sans parler des différences de rémunération, on pourrait par exemple imaginer qu’il se préoccupe de leur future retraite, notamment dans la situation incertaine de la réforme proposée par le gouvernement.
      Il n’évoque pas non plus les craintes soulevées par le journaliste Martin Clavey dans son blog The Sound of Science (https://www.soundofscience.fr/1899) que d’utiliser la section 50 (Gestion de la recherche) du Comité national, cette année dotée de 12 postes de directeur de recherche (contre 2 ou 3 les années précédentes) pour nommer — via le Conseil scientifique — des candidats éventuellement désignés par les autres sections du CNRS. Bien entendu, il n’évoque pas le fait que ces dernières années, la politique du CNRS ait explicitement prohibé (sous menace de déclassement) le recrutement de directeurs de recherche qui ne fussent pas issus du CNRS, au mépris des lois sur l’impartialité des recrutements.

      4. Le 26 novembre, Antoine Petit, à moins que ce ne fût Emmanuel Macron lui-même, nous disait « vous ne serez pas moins évalués ». Aujourd’hui au moins, il reconnaît un « trop-plein d’évaluation ». Mais il exige de ne soutenir que les recherches « au meilleur niveau international ». Et cela n’a aucun sens ! Cela signifierait ne plus soutenir des disciplines dans laquelle la France ne serait pas en pointe, au risque d’une perte de savoir-faire, sans voir que le développement de ces disciplines pourrait être fondamental pour des disciplines voisines. Il feint aussi d’ignorer que, presque par principe, la recherche scientifique connaît des creux, des obstacles ; grâce à l’acharnement des collègues, ce n’est que pour mieux rejaillir ensuite.

      5. Il fallait bien qu’Antoine Petit évoque le financement de la recherche. Il le fait au moyen d’un truisme « L’argent n’est pas infini » problématique à plusieurs titres. Tout d’abord, il admet sans contestation les arbitrages de Bercy. Si la fonction d’Antoine Petit n’est pas d’aller chercher l’argent avec les dents, à quoi sert-il ?
      Ensuite, ce truisme minore le faible investissement de la France dans sa recherche publique. On peut revenir ici sur le rôle qu’il laisse à l’Agence nationale de la recherche lorsqu’il demande que son budget « s’aligne sur les standards internationaux ». Alors que la communauté scientifique lui a dit, dans le détail, le temps qu’elle perdait à répondre à ces appels d’offre, que ne réclame-t-il que cet argent soit affecté directement au CNRS et à ses chercheurs ? Si c’est une question d’évaluation des travaux, le CNRS, via le Comité national, ou l’Hceres, seraient en très bonne position pour lui indiquer les équipes les plus dynamiques, ou celles dont les besoins sont les plus urgents.

      6. Comme lors du 26 novembre, c’est la perspective de la loi de programmation pluriannuelle pour la recherche qui semble motiver la tribune d’Antoine Petit. Seulement, il y a loin d’une loi à ses effets. Surtout quand ce qui empêche la recherche française de fonctionner raisonnablement n’est pas tant son organisation que le manque de moyens qui lui est donné. Car si tous les exposés des motifs des lois successives consistent à répéter « excellence, excellence, excellence » (en sautant sur sa chaise comme un cabri ?), on devinait dès 2008, et on sait aujourd’hui, tant par l’analyse a posteriori des différents rapports produits dès 2003, que par les effets de la #loi_LRU, comment cette invocation de l’excellence n’a pour seul but que de masquer la baisse de l’investissement français à la recherche publique.

      7. La fin de la tribune d’Antoine petit évoque la « #coopétition, mélange de coopération et de compétition ». Dans l’entreprise, ce néologisme caractérise des situations où des concurrents décident de mener un partenariat industriel ou commercial. Mais je dis que dans le contexte de la recherche, ce mot subtil n’est que du baratin. Il existe bien sûr une forme de compétition dans la recherche, qui consiste dans certains cas à faire la course pour obtenir une découverte avant une équipe concurrente.
      Mais prenons un peu de recul : à l’échelle de l’humanité, du point de vue des connaissances acquises par les humains, quel intérêt cette compétition a-t-elle ?

      Institutionnalisée, elle est en revanche un remarquable outil de management. Il y a une dizaine d’années, le ministre allemand de la recherche était invité à prononcer un discours lors de l’inauguration de la promotion de l’Institut universitaire de France auquel j’avais été nommé. Son vocabulaire m’avait déjà frappé : lorsqu’il s’agissait d’États ou d’organismes de recherche, il s’agissait de coopération ; dès qu’il était question de chercheurs, de compétition. Antoine Petit dit que « la compétition ne nous fait pas peur ». Et bien elle devrait. Car toutes ces choses-là, de la compréhension du VIH à celle de la cohomologie des schémas en passant par les trous noirs et le linéaire B, sont trop importantes pour être ravalées à une sordide compétition.

      https://academia.hypotheses.org/6219
      #LRU

    • Backlash over call for ‘Darwinism’ in French research funding

      Ahead of a new law that critics fear will reduce tenure rights, French scientists have opposed CNRS chief’s full-throated support for competition.

      The chief executive of France’s leading network of research institutes has faced a huge backlash from scientists after calling for a new law to unleash “Darwinian” competition among academics for funding.

      Antoine Petit’s comments appear to have set off an unprecedented row within the French National Centre for Scientific Research (CNRS) ahead of a new research law set to come before the French parliament in February or March.

      Writing in Les Echos in November, Professor Petit called for an “ambitious, unequal law – yes, unequal, a virtuous and Darwinian law, which encourages the most efficient scientists, teams, laboratories and establishments on an international scale”.

      Some of the CNRS’ top scientists, including the president of its scientific council, responded that the comments had caused “deep disapproval and deep concern” in an open letter released the following month.

      “There is complete consensus within the CNRS [against this approach] – except for the head,” said François Massol, a CNRS evolutionary ecologist.

      The row has continued into the new year, with a steady stream of public condemnation from French scientists. One geneticist argued in a recent Liberation article that Darwin himself, who preferred “patient reflection away from competitive relentlessness”, would never have had his research supported under the CNRS as envisaged by Professor Petit.

      Meanwhile, 29 faculties and 26 labs were reported to be on strike in protest against the proposed changes, and the wider pension reforms that in December brought hundreds of thousands of protesters on to the streets.

      One group of researchers, including Dr Massol, have taken aim at what they see as Professor Petit’s misapplication of Darwinism.

      “Natural selection operates at the individual level, favouring the characteristics of those who can survive and reproduce, sometimes to the detriment of the group or even the species,” they wrote in a petition in December, which has garnered close to 15,000 signatures and support from 39 academic societies. Instead, they recommend freeing up more research time, better funding and more permanent positions.

      Professor Petit has been “misusing science for the sake of science policy”, said Dr Massol.

      Speaking to Times Higher Education, Professor Petit acknowledged that if looked at “from a specialist point of view, the use of the Darwin term was not fully appropriate”.

      The point was to emphasise that France needs to “attract the best scientists and support the best teams” and that it would be “useless” to distribute money equally across all the country’s research institutions, he said.

      “Sometimes in France, we have a problem with equality, we like to have everybody equal,” Professor Petit said. “Science is like sport. Everybody can play soccer, but not everybody can play in the Champions League.”

      Critics disagreed. “If you concentrate research money on a few labs or people, you’ll have much more conservative science, which is less exploratory,” said Philippe Huneman, a CNRS research director focusing on evolutionary biology.

      Pervasive job insecurity would drive more academics to research fraud, he added.

      France’s new research law is yet to be made public. But judging from preliminary discussions, Professor Huneman feared it could make the previously permanent positions of assistant professor and CNRS junior researcher temporary.

      Professor Petit said that he would be “very surprised” if the law scrapped tenure for these positions, given the strength of opposition. Instead, it could introduce a new “experimentation” career track for a small proportion of academics, with tenure awarded later than it is now. He also hoped that the new law would come with substantial new funding.

      https://www.timeshighereducation.com/news/backlash-over-call-darwinism-french-research-funding

      Comme dit Benoît Kloeckner sur twitter :

      « Chaque fois que Petit s’explique sur sa sortie Darwinnienne c’est pire »

      –-> commentaire à cette citation :

      « “Sometimes in France, we have a problem with equality, we like to have everybody equal,” Professor Petit said. “Science is like sport. Everybody can play soccer, but not everybody can play in the Champions League.” » (Antoine Petit cité par le THE).

      https://twitter.com/BrKloeckner/status/1219714969505271809?s=03
      #sport #football

  • Quand la police intervient dans les universités…

    Une #intervention_policière controversée s’est produite, mardi matin, dans les locaux de la fac de lettres de #Brest. Ces derniers mois, les forces de l’ordre sont intervenues dans différentes universités françaises. Des exemples pourtant très différents du cas brestois.

    Quel est le point commun entre Brest, Paris, Strasbourg, Montpellier, Grenoble, Nantes, Nanterre, Rennes ou encore Toulouse ? Réponse : en différentes occasions, la police est intervenue dans les universités de cette petite dizaine de villes depuis une quinzaine d’années.

    De nombreuses interventions policières pour débloquer les universités ces 15 dernières années

    Ces deux dernières années, l’immense majorité de ces interventions policières au sein des universités françaises s’est produite au printemps 2018, alors que les étudiants protestaient contre la loi d’Orientation et de Réussite réformant l’accès à l’enseignement supérieur. À l’époque, de nombreuses facultés françaises s’étaient retrouvées bloquées pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, par les étudiants.

    Certains présidents des universités concernées avaient alors fait appel aux forces de l’ordre afin de déloger les occupants des amphithéâtres, parfois dans des circonstances agitées. Ce fut le cas à Nanterre, par exemple, où sept personnes avaient été arrêtées le 9 avril 2018 à la suite d’altercations avec les forces de police venues débloquer l’établissement concerné. D’autres foyers de contestation importants, comme Montpellier, Grenoble ou Toulouse, avaient là aussi été éteints après la réquisition des forces de l’ordre par les présidents des établissements touchés par le mouvement.

    Ces scènes d’évacuation d’amphithéâtre par les forces de l’ordre s’étaient également produites dans un passé un peu plus lointain, lors des manifestations contre le Contrat Première Embauche (2006), la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU, 2007-2009) ou encore la loi El-Khomri (2016).

    Plus récemment, du côté de Nantes, la police avait également été appelée par le président, Olivier Laboux, pour mettre fin à la contestation d’étudiants protestant contre la hausse des tarifs universitaires pour les étudiants étrangers, dont certains avaient entamé une grève de la faim sur le campus.

    Un cas brestois très particulier

    Autant d’interventions qui, quel que fut leur contexte, ont une différence fondamentale avec celle orchestrée à la fac de Brest, mardi matin : Matthieu Gallou n’avait, de son côté, ni sollicité ni autorisé cette intervention au sein de l’Université de Bretagne occidentale dont il est le président. Une obligation, pourtant, les facultés bénéficiant depuis des siècles de ce que l’on appelle la franchise universitaire, en vertu de laquelle les forces de l’ordre ne peuvent intervenir dans une université qu’à la demande expresse de sa ou son président(e). Raison pour laquelle Matthieu Gallou a annoncé, mardi, avoir écrit au « sous-préfet de Brest, pour lui demander des explications, afin de faire la lumière sur ces faits qui ne correspondent pas à des usages remontant à presque 800 ans ».
    Il existe trois dérogations à ce principe général : le cas du flagrant délit, celui de la catastrophe naturelle (incendie, explosion…) et celle de la réquisition par le procureur en des cas spécifiques.

    https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/quand-la-police-intervient-dans-les-universites-11-12-2019-12455746.php
    #police #université #fac #France #blocage #évacuation #Université_de_Bretagne_occidentale #franchise_universitaire

  • Qui veut encore protéger les mineurs non accompagnés en France ?

    Arrivés dans le courant des années 1990, les mineurs non accompagnés sont des individus de moins de 18 ans qui, après un parcours migratoire, se trouvent sur le territoire français sans leur représentant légal. Enfants en danger devant être pris en charge inconditionnellement par les services départementaux compétents, pourquoi ces mineurs sont-ils devenus les objets d’une politique du tri et du contrôle ? Comment ces considérations ont-elles pu s’inviter dans le champ de la #protection_de_l’enfance ? Qui sont les acteurs impliqués dans ce basculement du parcours dédié aux mineurs non accompagnés ? Mineurs à protéger d’un côté et étrangers à contrôler de l’autre, cette population est perçue à travers des représentations bipolaires qui ont conduit à l’édification de #frontières_administratives, institutionnelles et symboliques jalonnant aujourd’hui le parcours de l’#accueil de ces jeunes. Alors que leur #minorité et leur #isolement devraient suffire à justifier une #prise_en_charge, le #soupçon qui plane sur ces jeunes a fait de ces deux critères des données scrupuleusement vérifiées par les autorités. La contribution revient sur la logique de #sous-traitance de la mission d’#évaluation et de #mise_à_l’abri ayant permis d’exclure ces mineurs du circuit traditionnel de la protection de l’enfance. Associations, organisations humanitaires, société civile, ministère de la Justice incarnent les nouveaux protagonistes d’un paysage de l’accueil, où les idéaux et les engagements en matière de défense du #droit_des_enfants ont été relégués au second plan.

    https://www.erudit.org/fr/revues/lsp/2019-n83-lsp04994/1066084ar
    #enfants #enfance #mineurs #asile #migrations #réfugiés #France #protection #contrôle #droits_des_enfants #MNA #mineurs_non_accompagnés

    ping @isskein @karine4

  • Everyday racism : exhibition heading to Glasgow

    A NEW photography exhibition aims to shine a light on the every day experiences of racism faced by people of colour in Glasgow and foster conversations on how best to tackle discrimination.

    The exhibition, which opens at the Glasgow Museum of Modern Art (GOMA) this week, features 10 photographs by Karen Gordon, taken in collaboration with her subjects. It examines the common place racism experienced by the project’s participants that often went unnoticed by the white population around them.

    Participants, who all live in Glasgow, told Gordon about experiences of being stopped and searched at airports and taken aside for questioning by plain clothes police officers.
    Others had gone through their twenties being turned away from pubs and nightclubs by bouncers, although this did not happen to their white friends. One actor with Scottish Asian heritage said that being told he “did not have the right look” at castings was such a common experience that it was a “running joke” amongst BAME actors.

    One black man spoke about the “dirty looks” and “handbags clutched” if he was wearing a hoodie, while several others spoke of sensing racist judgments being made based on the colour of their skin. One black women recalled when a music tutor she had just met reached out unprompted to touch her hair.

    Gordon, who has worked as a photographer with Maryhill Integration Network – which supports refugee and migrant communities – for many years said she was inspired to start the project after realising that even though she had been involved in anti-racism work she was still not aware of the daily nature of racism directed at people of colour.

    She said: “As someone who has been trying to tackle racism all my life I realised there was still so much that I was unaware of. What are the insidious things that people don’t talk about? Glasgow can seem quite diverse and welcoming due to that, but when you start to go under the surface its more complicated.

    “The most important thing for me was that the participant was happy with the portrayal, so that was a huge part of the project and I worked very closely with people.

    “A lot of white people say they don’t see colour and that is only because they have never had to see it. It’s such a huge issue. I see the photographs as a way of starting a bigger conversation about this.”

    Nida Akif, a 21-year-old student, who both took part in and worked on the project, said that it had helped her to deepen her own understanding of the structural racism that she had sometimes struggled to name when she was younger.

    “For me what is often frustrating is that you experience something that is not outward racism but it’s more that it is an underlying thing,” she said.

    The photograph featuring Akif depicts an experience she had in an art gallery.

    She and a friend – both of Pakistani heritage and wearing headscarves – were told to stop taking photographs. The white people doing the same around them continued to do so unchecked.

    “It’s something that you can’t report because it’s treated as just being a suspicion,” she said. “When I started to speak to others about this I realised that as someone who is brown, who is Asian and wears a hijab I think about [how I am viewed] every day ... when I’m on the train and someone doesn’t sit next to me, when I go for job interviews.”

    THE increasing racist attitudes in Britain have also affected Akif and her friends, she claimed, with many of them deciding to remove their hijabs and headscarves because they felt it made them too visible.

    She said of the exhibition: “I hope that it will showcase the experiences people are having and will help tackle ignorance.”

    Concerns have been growing about the way that racist attitudes are being normalised by the racist and Islamophobic comments made by our most high-profile politicians.

    Last August Boris Johnston was widely condemned for saying Muslim women wearing burkas “look like letter boxes”, yet went on to become Prime Minister regardless. Meanwhile the “hostile environment” policies that led to the Windrush scandal have remained a cornerstone of Conservative government strategy.

    https://www.thenational.scot/news/18071789.everyday-racism-exhibition-heading-goma
    #racisme_ordinaire #racisme #xénophobie #Glasgow #photographie #peau #couleur_de_peau #Karen_Gordon

    Le site de la photographe :
    https://karengordonphotography.blog

    Et la présentation de son travail #Everyday_racism :
    https://karengordonphotography.blog/everyday-racism

    ... notamment avec cette photo qui clairement mentionne la question des #cheveux


    #cheveux_crépus

    ... ou celle-ci qui aborde la question de la #classe_sociale et du #travail :

    ping @albertocampiphoto @philippe_de_jonckheere

  • Black Fuckday | Grise Bouille
    https://grisebouille.net/black-fuckday

    Oh bah tiens, il semblerait que l’#aspirateur n’ait jamais été vendu à 200 € ! Il était plutôt autour de de 150 €… en 2017. Depuis le début de l’année 2019, par contre, on le trouve autour de 135 €, ce qui fait dégringoler la #promo de 45 % annoncés à 19 % réels. Tout de suite, ça calme.

    Je sais ce que vous allez me dire : on pourrait un peu hâtivement taxer cette pratique d’#arnaque si on était taquins (ce que je ne suis pas, vous me connaissez). Alors que bon, #Amazon sont peut-être des pourris qui pratiquent l’#évasion_fiscale à grande échelle3, maltraitent leurs employés obligés de pisser dans des bouteilles pour tenir leurs objectifs4 et participent à la mise sur écoute de la population avec leurs saloperies d’enceintes connectées5, mais des #escrocs ?! Nan, franchement, c’est pas le genre de la maison.

    #black_friday #manipulation

    via @sebsauvage

  • Révélations – Le pactole luxembourgeois qui n’a pas brûlé à #Lubrizol
    https://lemediapresse.fr/societe/revelations-le-pactole-luxembourgeois-qui-na-pas-brule-a-lubrizol

    Des centaines de millions d’euros s’envolent de l’usine rouennaise vers le Luxembourg, Gibraltar et le Delaware, et remontent jusqu’au fonds d’investissement du milliardaire américain Warren Buffett. Une enquête exclusive du Média.

    #Société #Environnement #Evasion_fiscale

    • Sur le docteur Gero Winkelmann son discours monstrueusement homophobe est exactement le meme que j’avais entendu d’un médecin invité par le lycée catholique ou j’étais. Je relève qu’il fraude la sécu avec des préscriptions d’homéopathie et de pizzas pour « guerrir » de l’homosexualité.
      #homéopathie #origan (une plante qui rend viril et hétéro selon ce medecin !)

    • « Homothérapies, conversion forcée » : « Travailler longtemps sur un sujet te force à prendre position »
      https://www.20minutes.fr/arts-stars/television/2665099-20191202-homotherapies-conversion-forcee-travailler-longtemps-suje

      « Vous êtes jugés dignes d’être les martyrs de la chasteté » lâche un prêtre aux participants homosexuels venus l’écouter, dans le documentaire Homothérapies, conversion forcée, visible jusqu’en janvier sur arte.tv. Deux ans d’enquête qui ont conduit Bernard Nicolas, Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre aux États-Unis, en France, en Allemagne, en Pologne et en Suisse, pour infiltrer des groupes qui tentent de convertir les homosexuels à l’hétérosexualité ou prônent l’abstinence.

      A travers des témoignages poignants, le film montre les vies détruites de celles et ceux qui ont subi ces « thérapies ». Timothée de Rauglaudre et Jean-Loup Adénor, deux jeunes journalistes (23 et 28 ans) ont aussi publié sur le même sujet le livre Dieu est amour, [Infiltrés parmi ceux qui veulent « guérir » les homosexuels], aux éditions Flammarion, et ont répondu aux questions de 20 Minutes.

    • Petit échange sur Twitter.
      https://twitter.com/TimdeRauglaudre/status/1201533776746237952

      Je ne comprends pas pourquoi on demande toujours aux personnes LGBT si elles sont journalistes ou militantes. Laisse-t-on son humanité de côté en enquêtant sur des violations aux droits humains ? Cuisine-t-on ainsi tous les journalistes concernés par leurs sujets d’enquête ?

      Pour connaître le travail d’@audelorriaux
      je suis certain que c’était bienveillant
      🙂
      Et je pense que le fait qu’on ait été auditionnés à la mission d’info et qu’on donne notre avis sur certains points le justifie.
      Mais en-dehors de ça je suis d’accord avec le constat général !

  • Le #campement sauvage près de la gare de #Grenoble sur le point d’être démantelé

    #Lionel_Beffre, le préfet de l’#Isère a annoncé ce mardi 19 novembre l’#évacuation imminente du campement de migrants situé entre la gare de Grenoble et le quartier Saint-Bruno. Une annonce intervenue lors de la présentation du dispositif mis en place dans le cadre du plan d’#hébergement_d’urgence hivernal. D’après Droit au logement, l’expulsion est imminente et aura lieu dès ce jeudi matin à 7 h 30.

    Alors qu’il présentait le plan d’hébergement d’urgence hivernal 2019-2020, Lionel Beffre, le préfet de l’Isère a annoncé le prochain démantèlement du camp de migrants situé sous l’estacade entre la gare de Grenoble et le quartier Saint-Bruno.


    Ce campement, déjà plusieurs fois évacué, notamment au mois de juin, abrite sous des tentes plusieurs dizaines de personnes, dont des enfants. Leurs profils ? Des demandeurs d’asile et des migrants, arrivés pour la plupart des Balkans, n’ayant pas encore fait de demande administrative d’asile.

    En toile de fond, un nouveau duel à fleurets mouchetés entre le représentant de l’État et la #Ville_de_Grenoble. La #municipalité demandant au préfet « de respecter les compétences de l’État et de la loi pour mettre toutes les personnes à l’abri à Grenoble […] pour que personne ne reste dans le plus grand dénuement après l’évacuation […] », rapporte le Dauphiné libéré.

    « Les services de l’État seront mobilisés pour procéder à l’évacuation »

    « Nous serons amenés prochainement à prendre nos responsabilités parce que ce campement devient dangereux à bien des égards », a ainsi prévenu Lionel Beffre. « Des immondices en tous genres, des braséros de fortune dans lesquels sont brûlés du bois, des cartons... Sans oublier la production de fumées incommodantes », liste le haut fonctionnaire. De surcroît, ajoute-t-il, « il y a parmi les occupants des passeurs, voire des dealers. Mais aussi et surtout la présence d’enfants dans une situation préoccupante ».

    Devant l’état sanitaire déplorable du campement, Corinne Torre. cheffe de mission à Médecins sans frontières (MSF) venue à Grenoble le visiter, avait rappelé à l’État ses responsabilités. Pour mémoire, Eric Piolle avait signé, en avril dernier avec treize autres édiles, une lettre adressée au gouvernement dénonçant les conditions d’accueil des migrants.

    « J’ai fait savoir au maire de Grenoble, puisque le pouvoir de police lui appartient, qu’il pouvait prendre un arrêté pour mettre un terme à cette situation et mettre ces personnes à l’abri », déclare Lionel Beffre. Une décision dont il pense « qu’elle ne viendra pas » et qu’en conséquence, « les services de l’État procéderont à l’évacuation ».

    Par ailleurs, le préfet assure qu’il prendra « des mesures empêchant que d’autres personnes en difficulté se réinstallent sur le site ». De quoi rappeler, dans un autre registre, les dix-neuf blocs rocheux destinés à dissuader « les passeurs et les locataires d’emplacements » installés par la mairie de Grenoble au mois de juillet dernier.

    « Nous ne reconduisons pas assez vite à la frontière les demandeurs d’asile déboutés »

    Pourquoi des demandeurs d’asile se retrouvent-ils dans ce genre ce campement ? « Parce que nous n’avons pas assez de places d’hébergement et n’arrivons pas à reconduire assez vite à la frontière les demandeurs d’asile déboutés ». Si c’était le cas, « ces derniers n’occuperaient pas des places indument, pérennisant ainsi au fil du temps leur situation », explique le préfet.

    « Aujourd’hui nous sommes dans une situation où le droit d’asile est très clairement dévoyé », lance Lionel Beffre. Qui s’en explique. « Une partie non négligeable des ces demandeurs d’asile sont originaires des Balkans. Or, dans ces pays-là, même si ça a été le cas dans le passé, il n’y a plus de dictatures, persécutions ou oppressions qui sont le fondement du droit d’asile », expose le préfet.

    Pour le haut fonctionnaire, les chances qu’ont donc leurs ressortissant d’obtenir le sésame du droit d’asile est très minime, « de l’ordre de 10 à 15 % ». Pour les autres, « notre devoir c’est de les accueillir dans des lieux spécialisés », conclut le préfet. Notamment pour les accompagner dans la constitution de leur dossier de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).

    Si aucune date n’a été officiellement annoncée pour l’expulsion, elle aura lieu ce jeudi 21 novembre au matin selon Droit au logement. Qui déplore qu’« au moins un tiers des familles, si ce n’est plus, ne seront pas relogées, et laissées dans le froid, sans tente ni lieu ou s’installer, après un tri humain effectué par l’État. » Le Dal appelle ainsi à un rassemblement en solidarité à 7 h 30 en face du camp, côté Saint-Bruno.

    https://www.placegrenet.fr/2019/11/20/campement-gare-de-grenoble-demantele/268584
    #SDF #sans-abrisme #sans-abri #démantèlement #destruction #campement_sauvage #préfecture #migrations #asile #réfugiés #hébergement #logement #déboutés #expulsions #renvois

    ping @karine4 @albertocampiphoto

  • Anti-eviction map

    The Anti-Eviction Mapping Project is a data-visualization, data analysis, and #storytelling collective documenting the dispossession and resistance upon gentrifying landscapes. Primarily working in the #San_Francisco_Bay Area, #Los_Angeles, and #New_York_City, we are all volunteers producing digital maps, oral history work, film, murals, and community events. Working with a number of community partners and in solidarity with numerous housing movements, we study and visualize new entanglements of global capital, real estate, technocapitalism, and political economy. Our narrative oral history and video work centers the displacement of people and complex social worlds, but also modes of resistance. Maintaining antiracist and feminist analyses as well as decolonial methodology, the project creates tools and disseminates data contributing to collective resistance and movement building.


    https://www.antievictionmap.com
    #cartographie #cartographie_critique #cartographie_radicale #évacuation #résistance #gentrification #urban_matter #USA #Etats-Unis #histoires #histoire_orale #solidarité #logement #habitat #décolonial
    ping @karine4 @cede

  • A propos des tremblements déters en Amérindies du Sud, au travers des traductions de textes & prises de paroles de féministes indigènes :

    Les veines ouvertes de l’Amérique du SUD
    https://nantes.indymedia.org/articles/47363

    Nous, Femmes autochtones du monde, nous devons nous unir et nous battre avec spiritualité et sagesse, car c’est seulement ainsi que nous gagnerons.
    /.../
    La #plurinationalité des territoires n’a pas besoin d’autorisation pour exister. Abattons les #frontières, la solidarité va s’étendre sans barrières. Ni le pouvoir des Églises ni celui des militaires n’arrêteront la lutte pour une vie juste, digne et diverse dans chaque territoire.

    +

    À propos des évènements en cours en #Bolivie / Cette conjoncture nous offre une grande leçon contre le triomphalisme. Participation de Silvia Rivera Cusicanqui au Parlement des femmes de La Paz, à La Paz, en Bolivie, le 12 novembre 2019
    https://portapluma.blogspot.com/2019/11/a-propos-des-evenements-en-cours-en.html

    Je ne crois en aucune des deux hypothèses qui ont été présentées. Le triomphalisme qui dit qu’avec la chute de Evo nous avons retrouvé la démocratie me paraît excessif, une analyse qui vise à côté.
    /.../
    La seconde fausse hypothèse, qui me semble à moi hautement dangereuse, c’est celle du #coup_d’État, qui ne cherche qu’à légitimer, tout entier, avec le paquet et tout, enveloppé de cellophane, tout le gouvernement de #Evo_Morales dans ses moments d’abâtardissement les plus forts.

    Et ce passage ô combien important pour la compréhension :

    Il a fait croire que nous étions face à un gouvernement révolutionnaire dans le style cubain, mais nous engueulait pour les nostalgies gauchistes d’un groupe de machos qui ne sont pas seulement les #machos de Camacho, mais aussi les machos gauchistes, misogynes, qui nous traitent comme chair à canon et comme chair à hameçon afin de créer leurs réseaux de perversion des secteurs populaires.

    + lire aussi

    "Le coup d’État en Bolivie est raciste, patriarcal, ecclésiastique et économique" / “El golpe de Estado en Bolivia es racista, patriarcal, eclesiástico y empresarial”
    source : https://www.pagina12.com.ar/230580-el-golpe-de-estado-en-bolivia-es-racista-patriarcal-eclesias

    traduction de l’intro :

    #Adriana_Guzmán représente le #féminisme #communautaire antipatriarcal de Bolivie et les féministes d’Abya Yala. Elle s’est reconnue dans cette lutte avec d’autres compagnes de la guerre du gaz en 2003, raison pour laquelle elle dit souvent qu’elle a appris dans la rue ce qu’était le #patriarcat et pourquoi le #féminisme était un outil fondamental pour la création d’autres modes de vie. À l’heure actuelle, elle résiste aux progrès des #milices qui ont célébré, sur la place publique l’incinération du #Whipala, le drapeau des peuples #indigènes, geste de violence symbolique tel qu’il est difficile de le nommer sans se déchirer le cœur. Dans ce dialogue, elle définit le coup d’État, appelle à y faire face et à soutenir les actions de la Résistance.

  • Venezia mostra che l’Italia è nel mezzo di una crisi climatica

    L’acqua alta che ha sommerso Venezia nella notte tra il 12 e il 13 novembre – la seconda più alta di sempre, dopo la cosiddetta acqua granda del 1966 – è un sintomo emblematico di quanto la crisi climatica stia incidendo sulla fisionomia dell’Italia. Il sindaco della città, Luigi Brugnaro, lo ha sottolineato così: “Questi sono evidentemente gli effetti dei cambiamenti climatici”.

    Provocata da un vortice di venti che ha assunto una velocità fuori dal comune e ha sospinto grandi masse d’acqua verso la laguna, la marea ha raggiunto i 187 centimetri e ha sommerso l’85 per cento della città. Dopo aver segnalato per la serata un livello di 145 centimetri, il centro maree ha rivisto la stima in diretta, trovandosi di fronte a una situazione del tutto inedita. “I nostri modelli non hanno segnalato l’ondata di marea semplicemente perché si è trattato di un evento mai visto da quando facciamo previsioni modellistiche”, dicono dalla sala operativa dell’ente incaricato di prevedere l’innalzamento delle acque e allertare la cittadinanza.

    Ma Venezia è uno specchio di quello che sta succedendo in tutto il paese: non passa giorno senza che un territorio si trovi colpito da un evento meteorologico “mai visto prima”, sia esso un vento di velocità inconsueta, una grandinata fortissima o una pioggia che fa esondare fiumi e torrenti. Nella stessa giornata in cui Venezia finiva sotto l’acqua, il centro di Matera veniva sommerso da un fiume di fango provocato da un temporale di intensità inaudita, e una tromba d’aria si abbatteva sulle coste di Porto Cesareo, in Puglia, facendo letteralmente volare le barche ormeggiate al molo.

    Dati preoccupanti
    Questo è quello che sta accadendo oggi: un ripetersi di eventi estremi che stanno flagellando il paese, distruggendo territori, fiaccando comunità intere. È passato poco più di un anno da quando la tempesta Vaia ha cancellato una parte rilevante dei boschi nel nordest dell’Italia. Venti con una velocità superiore ai 200 chilometri orari hanno divelto in poche ore milioni di alberi: “Quanto è successo qui l’anno scorso è qualcosa di assolutamente inedito”, ricorda Severino Andrea De Bernardin, sindaco di Rocca Pietore, tra i comuni più colpiti dalla tempesta in Veneto. “Qui sono esondati trenta torrenti e si sono schiantati 600mila alberi – 500 per ognuno dei nostri 1.200 abitanti”.

    Il piccolo comune del bellunese è circondato da montagne dove ancora si vedono i segni del disastro: i boschi che ne coprivano i fianchi sono diventati un manto di tronchi abbattuti. Il che aumenta il pericolo di valanghe in caso di nevicate forti. “Ormai passo le giornate a guardare ossessivamente il meteo”, dice il sindaco preoccupato.

    L’acqua alta a Venezia o la tempesta Vaia fanno notizia per l’entità dei danni, per il numero di persone colpite e per l’alto valore simbolico. Ma non sono altro che la punta di un iceberg con cui tutti noi siamo chiamati a fare i conti. Basta prendere i dati dell’European severe weather database per vedere come in Italia l’evento straordinario sia ormai diventato ordinario. Secondo questo database, che registra tutti gli eventi estremi – tornado, piogge torrenziali, grandinate eccezionali, tempeste di neve, valanghe –, dall’inizio del 2019 si sono verificati 1.543 eventi di questo tipo in Italia. Circa cinque al giorno.

    Un dato preoccupante, che assume una valenza ancora più inquietante se lo si confronta con quello di paesi come la Spagna, che nello stesso periodo ne ha avuti 248, o il Regno Unito, che ne ha avuti 190. Se guardiamo alla serie storica di questi tre paesi, osserviamo una progressione ancora più preoccupante: in Italia nel 2009 si sono verificati 213 eventi estremi, in Spagna 219, nel Regno Unito 47. Nel 1999, in Italia se ne sono registrati 17, in Spagna 24, nel Regno Unito 27. Questo vuol dire che nel nostro paese il fenomeno cresce velocemente.

    “Per la sua particolare posizione geografica, in mezzo al mar Mediterraneo, l’Italia è da considerarsi uno hot spot climatico, un luogo cioè dove il cambiamento climatico è più rapido”, dice Gianmaria Sannino, responsabile del laboratorio di modellistica climatica e impatti dell’Agenzia nazionale per le nuove tecnologie, l’energia e lo sviluppo economico sostenibile (Enea), che studia la situazione nel Mediterraneo e ha previsto che da qui al 2100 ci sarà un aumento del livello del mare di almeno un metro. “Il livello del Mediterraneo si alza più rapidamente rispetto all’oceano, e soprattutto si scalda. Il che libera più energia nel sistema atmosfera-mare e rende più probabile i fenomeni estremi”.

    Che fare di fronte a questa serie di disastri? Forse per prima cosa sarebbe il caso di cambiare prospettiva, riconoscendo che siamo nel bel mezzo di una crisi climatica e che dobbiamo dotarci di strumenti di adattamento il più efficaci possibili per affrontare quella che presumibilmente non sarà un’emergenza inaspettata, ma una nuova normalità.

    https://www.internazionale.it/opinione/stefano-liberti/2019/11/14/venezia-acqua-alta-sommersa
    #Venise #acqua_alta #climat #changement_climatique #inondation #Italie

  • The great American tax haven : why the super-rich love South Dakota | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2019/nov/14/the-great-american-tax-haven-why-the-super-rich-love-south-dakota-trust


    Comment le Dakota du Sud est devenu à la fois la Suisse et le Luxembourg des États Unis.

    Super-rich people choose between jurisdictions in the same way that middle-class people choose between ISAs: they want the best security, the best income and the lowest costs. That is why so many super-rich people are choosing South Dakota, which has created the most potent force-field money can buy – a South Dakotan trust. If an ordinary person puts money in the bank, the government taxes what little interest it earns. Even if that money is protected from taxes by an ISA, you can still lose it through divorce or legal proceedings. A South Dakotan trust changes all that: it protects assets from claims from ex-spouses, disgruntled business partners, creditors, litigious clients and pretty much anyone else. It won’t protect you from criminal prosecution, but it does prevent information on your assets from leaking out in a way that might spark interest from the police. And it shields your wealth from the government, since South Dakota has no income tax, no inheritance tax and no capital gains tax.

    A decade ago, South Dakotan trust companies held $57.3bn in assets. By the end of 2020, that total will have risen to $355.2bn. Those hundreds of billions of dollars are being regulated by a state with a population smaller than Norfolk, a part-time legislature heavily lobbied by trust lawyers, and an administration committed to welcoming as much of the world’s money as it can. US politicians like to boast that their country is the best place in the world to get rich, but South Dakota has become something else: the best place in the world to stay rich.
    ...
    Despite all its legal innovating, South Dakota struggled for decades to compete with offshore financial centres for big international clients – Middle Eastern petro-sheikhs perhaps, or billionaires from emerging markets. The reason was simple: sometimes the owners’ claim to their assets was a little questionable, and sometimes their business practices were a little sharp. Why would any of them put their assets in the US, where they might become vulnerable to American law enforcement, when they could instead put them in a tax haven where enforcement was more … negotiable?

    That calculation changed in 2010, in the aftermath of the great financial crisis. Many American voters blamed bankers for costing so many people their jobs and homes. When a whistleblower exposed how his Swiss employer, the banking giant UBS, had hidden billions of dollars for its wealthy clients, the conclusion was explosive: banks were not just exploiting poor people, they were helping rich people dodge taxes, too.

    Congress responded with the Financial Assets Tax Compliance Act (Fatca), forcing foreign financial institutions to tell the US government about any American-owned assets on their books. Department of Justice investigations were savage: UBS paid a $780m fine, and its rival Credit Suisse paid $2.6bn, while Wegelin, Switzerland’s oldest bank, collapsed altogether under the strain. The amount of US-owned money in the country plunged, with Credit Suisse losing 85% of its American customers.

    The rest of the world, inspired by this example, created a global agreement called the Common Reporting Standard (CRS). Under CRS, countries agreed to exchange information on the assets of each other’s citizens kept in each other’s banks. The tax-evading appeal of places like Jersey, the Bahamas and Liechtenstein evaporated almost immediately, since you could no longer hide your wealth there.

    How was a rich person to protect his wealth from the government in this scary new transparent world? Fortunately, there was a loophole. CRS had been created by lots of countries together, and they all committed to telling each other their financial secrets. But the US was not part of CRS, and its own system – Fatca – only gathers information from foreign countries; it does not send information back to them. This loophole was unintentional, but vast: keep your money in Switzerland, and the world knows about it; put it in the US and, if you were clever about it, no one need ever find out. The US was on its way to becoming a truly world-class tax haven.
    ...
    The Tax Justice Network (TJN) still ranks Switzerland as the most pernicious tax haven in the world in its Financial Secrecy Index, but the US is now in second place and climbing fast, having overtaken the Cayman Islands, Hong Kong and Luxembourg since Fatca was introduced. “While the United States has pioneered powerful ways to defend itself against foreign tax havens, it has not seriously addressed its own role in attracting illicit financial flows and supporting tax evasion,” said the TJN in the report accompanying the 2018 index. In just three years, the amount of money held via secretive structures in the US had increased by 14%, the TJN said. That is the money pouring into Sioux Falls, and into the South Dakota Trust Company.
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    “You can look at South Dakota and its trust industry, but if you really want to look at CRS, look at the amount of foreign money that is flowing into US banks, not just into trusts,” the lawyer said. “The US has decided at very high levels that it is benefiting significantly from not being a member of CRS. That issue is much larger than trusts, and I don’t see that changing, I really don’t.”

    #USA #South_Dakota #nantis #capitalisme #mondialisation #évasion_fiscale

  • Amérique du Sud : sous-continent sous tension (2/4) : Evo Morales : la fin d’un rêve pour les indigènes boliviens
    https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/amerique-du-sud-sous-continent-sous-tension-24-evo-morales-la-fin-dun-

    Depuis qu’Evo Morales a modifié la Constitution en faveur des indigènes en 2009, ces derniers, n’étant plus réunis par un objectif commun, ont vu rejaillir les dissensions qui existaient entre eux, en particulier entre les indiens des plaines et les indiens des Andes. Les premiers accusent en effet les seconds, face aux difficultés de la vie dans les montagnes, de descendre coloniser l’Amazonie. (...) D’où viennent ces divisions qui traversent la société bolivienne, et même la « communauté indigène » ? Comment expliquer l’échec d’Evo Morales à créer une unité indigène autour de lui ? Dans quelle mesure cet échec est-il à l’origine de la crise politique actuelle ? Et comment en sortir ?

    #bolivie #evomorales #démocratie #luttes #inclusion-sociale #économie

  • #Evo_Morales se réfugie au #Mexique tandis que la #Bolivie plonge dans le #chaos

    Le dirigeant bolivien a affirmé, lundi 11 novembre, dans la soirée, qu’il était en route pour le Mexique où le gouvernement lui a accordé l’#asile politique. Alors qu’un climat de #violence s’est installé à travers tout le pays, le Parlement bolivien doit siéger mardi pour nommer un remplaçant par intérim.

    https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/crise-politique-evo-morales-se-refugie-au-mexique-tandis-que-

    • Cómo derrocaron a Evo?

      El gobierno de Evo Morales fue una revolución política antielitista. La situación actual no estaba en el horizonte de nadie y habla de un movimiento contrarrevolucionario. El líder visible es #Luis_Fernando_Camacho, un empresario de 40 años que no participó en el proceso electoral y llegó al Palacio Quemado con una biblia y una escolta policial. Mientras festejaba en La Paz el derrocamiento del presidente, en la calle quemaban Whipalas y gritaban “echamos al comunismo”.

      http://revistaanfibia.com/ensayo/como-derrocaron-a-evo