• Vers une exclusion des enfants dyslexiques du champ du handicap ? (Libération)
    http://www.liberation.fr/france/2016/04/07/vers-une-exclusion-des-enfants-dyslexiques-du-champ-du-handicap_1444449

    Des associations de parents s’inquiètent d’une sortie des troubles « dys » du domaine du handicap. D’une mise à l’écart progressive des élèves dyslexiques, dyspraxiques, dyscalculiques… C’est-à-dire atteints de troubles du langage et des apprentissages, qui ont été reconnus comme des handicaps en 2005.

    Tout le problème réside dans les plans d’accompagnement scolaires de ces enfants. Lorsqu’un élève est officiellement reconnu handicapé, il peut bénéficier d’un plan personnalisé de scolarisation (PPS). Mais un nouveau dispositif a été créé en janvier 2015, le plan d’accompagnement personnalisé (PAP), qui ne nécessite pas d’être reconnu handicapé, et ne permet pas la mise en place des mêmes aides. Plan de plus en plus utilisé pour les enfants « dys » au détriment du premier, selon parents et associations, qui se mobilisent contre sa généralisation.

    Il faut lire cet article en le replaçant, au-delà des dys, dans un contexte général de long terme. Nous sommes passés de difficultés de l’apprentissage (champs pédagogique) aux troubles de la cognition (champs médical). Puis dans la foulée de la loi de 2005, il y a eu une course au label « handicap » car hors des dossiers validés par les #MDPH, les aides ont en effet disparu (cf. #RASED). On est aujourd’hui en fin de processus, faire ressortir du champs de l’aide (et donc du handicap) un certain nombre de troubles.
    Au delà de la question de fond et du bien fondé des décisions successives, on retrouve une logique d’économie budgétaire.
    1/ Fin des aides pédagogiques les moyens sont concentrés sur les élèves à besoins spécifiques (-> économies, notamment sur le taux d’encadrement)
    2/ Avec la loi de 2005 (intégration des élèves handicapés), doctrine de scolarisation en milieu ouvert, ordinaire (les élèves en centre se retrouvent en CLIS, ceux de CLIS en classe ordinaire -> économies, notamment sur le taux d’encadrement) et transfert de la compétence aux départements (MDPH). Course au label « handicap » hors duquel il n’y a plus d’aides. Une partie des aide sont la présence d’#AVS décidées par la MDPH mais embauché.e.s par l’EN en nombre insuffisant sous des contrats précaires, parfois des #EVS (encore plus précaires) font office d’AVS.
    3/ Faire sortir certains troubles du champs du handicap : fin des aides (->économies).

    #éducation #handicap #troubles_cognitifs #difficultés_d'apprentissage #dyslexie #dyspraxie #dyscalculie

    • Voilà assez typiquement un exemple de repli discret de l’Etat, entièrement motivé, d’une part par la volonté de diminuer les dépenses, et d’autre part aussi de le faire à un poste de dépenses dont les cibles de ce repli seront à la fois peu nombreuses, plus faibles et moins enclines à se défendre. C’est évidemment un calcul cynique, et ce cynisme est de bout en bout, d’abord élaboré par des administrateurs haut placés, il sera conduit ensuite dans sa logique jusu’au dernier échelon de responsabilité, le guichetier ou la responsable de la MDPH qui aura beau jeu de dire que c’est pas moi, ce sont les directives que nous recevons en haut lieu.

      Et au dessus de cette logique, la même à l’oeuvre dans la guerre aux allocataires soit disant indûs (mais en fait qui ne sont pas aussi nombreux qu’ils devraient être à en bénéficier), il y a celle que c’est nécessairement du côté des dépenses de l’Etat que l’on regarde pour ce qui est d’équilibrer son budget et pas du tout du côté des recettes que l’on pourrait augmenter, en augmentant les impôts, ou, plus sûrement, en combattant l’évasion fiscale.

      Etonnament il y a un lien de sens direct entre les Panamas papers et les enfants dys dans ce pays.

  • Rassemblement et action surprise dans les services du Premier Ministre : mobilisation réussie pour les #précaires de l’#Education Nationale. - AC ! Réseau - Agir contre le chômage et la précarité
    http://www.ac.eu.org/spip.php?article2176

    Ce matin, la précarité avait frappé au plus haut du Ministère de l’Education Nationale, puisque l’ancien Ministre comme ses collaborateurs faisaient leurs bagages, tandis que le nouveau n’était pas encore arrivé....un petit aperçu de ce que vivent au quotidien une partie des salariés de l’Education Nationale, les précaires en #CAE , en #CUI , les #AED, les #AVS, les #EVS, et autres sigles derrière lesquels se cachent des salaires en dessous du seuil de pauvreté, du temps partiel imposé, l’absence de formation, et à la finale, l’absence d’avenir et la fin de contrat.

    C’est la raison pour laquelle nous avions décidé d’organiser un premier rassemblement devant le Ministère avec SUD Education 92, dans le cadre de la journée de #mobilisation nationale du 2 avril, lancée par différents collectifs d’auxiliaires de vie scolaires chargés de l’accompagnement des enfants en situation de handicap, dont certains comme le collectif AVS 31 mènent des luttes exemplaires depuis des mois.

    Quelques jours avant le rassemblement, le Ministère avait annoncé qu’une audience serait accordée aux personnels , ainsi qu’aux organisations présentes , AC ! Ile de France et Sud Education.

    Parmi la cinquantaine de salariéEs manifestant devant le Ministère, certains n’ont pas eu de #salaire depuis deux mois, d’autres ont leur fin de contrat dans quelques jours, dans quelques semaines, sans avoir aucune garantie de renouvellement. D’autres , après avoir eu un premier contrat d’AVS se voient proposer un poste d’EVS-assistant administratif du directeur par l’inspection d’académie...pour être finalement repositionnés sur un poste AVS quelques semaines plus tard. Bref, il y avait beaucoup de choses à dire au Ministère, seulement voilà, l’audience a été annulée au dernier moment pour cause de changement de Ministre.

  • Pas de vrais postes pour aider les élèves handicapés
    http://classes.blogs.liberation.fr/soule/2011/10/pas-de-vrais-postes-pour-les-eleves-handicapes.html

    Pendant sept ans et demi, Marie Lacroix a été assistante pour des élèves handicapés scolarisés. Elle aurait bien voulu continuer. Mais elle a été remerciée et renvoyée à Pôle emploi. Motif : ce n’est pas un vrai métier mais un petit boulot précaire, et elle était en fin de contrat. […]
    Les personnes en charge de cet accompagnement sont appelés des #AVS (auxiliaires de vie scolaire ), des #EVS (emplois vie scolaire) et aujourd’hui des assistants de scolarisation. Au delà, il y a une constante : ce sont des emplois provisoires - des CDD ou des emplois aidés de type CUI (les contrats uniques d’insertion). Pour l’Etat qui supprime à tout-va des postes dans l’#Éducation, il n’est en effet pas question de créer de vrais emplois pérennes. […]
    Elle signe avec le Rectorat un premier CDD d’un an pour être AVS - 35 heures par semaine pour environ le Smic. Le contrat peut durer 6 ans maximum. Elle est ensuite renouvelée deux fois un an, puis elle décroche un contrat de trois ans. […]
    Au fil des ans, elle accompagne un élève autiste en maternelle, un mal entendant au collège, un autre atteint de troubles du comportement, de myopathie, etc. Les premières années, elle a l’occasion de rencontrer et d’échanger avec des professionnels. « Mais ces dernières années, les enveloppes pour la formation ont été réduites à peau de chagrin », regrette-t-elle. […]
    Elle obtient une dérogation pour bénéficier d’un contrat aidé, en l’occurrence un CUI. Elle devient alors EVS (un autre statut pour la même fonction auprès des élèves handicapés) - 20 heures par semaine pour 630 euros par mois.
    Le contrat peut durer 24 mois maximum. Elle signe d’abord pour 6 mois, puis pour 12 mois. En juin 2011, elle demande une prolongation pour les 6 mois restants. Mais Pôle emploi lui refuse pour d’obscures raisons administratives.
    En juillet 2011, Marie Lacroix décide de lancer une procédure aux Prudhommes contre son employeur, le dernier lycée où elle travaillait. Elle demande que son dernier contrat soit requalifié en CDI, ainsi que des indemnités pour licenciement abusif, pour non respect du préavis, pour n’avoir reçu aucune proposition de formation dans le cadre de son CIU comme le prévoit la loi, etc.

    #précariat #handicap