• Trajectoires et Origines 2 : enquête inédite | INED
    https://www.ined.fr/fr/actualites/trajectoires-et-origines-2-enquete-inedite

    Une enquête inédite pour comprendre les parcours, les inégalités et les discriminations dans la France contemporaine

    À paraître le 21 mai 2026 aux Éditions de l’Ined, l’ouvrage collectif issu de l’enquête Trajectoires et Origines 2 (TeO2), menée par l’Ined et l’Insee en 2019-2020, apporte un éclairage inédit sur les trajectoires des immigrés, de leurs descendants et plus largement sur la diversité de la société française. Dirigé par Mathieu Ichou, Cris Beauchemin et Patrick Simon, l’ouvrage analyse les inégalités, les discriminations, les parcours scolaires et professionnels, les pratiques culturelles, les appartenances ou encore les expériences de racisme. Dans un contexte où les controverses sur l’immigration, l’intégration et les discriminations occupent une place centrale dans l’espace public, cette publication propose des résultats fondés sur une méthodologie rigoureuse et un échantillon de grande ampleur représentatif de la diversité des populations de France métropolitaine, pour éclairer le débat.

    #migrations #france #exil

  • Éthiopie : l’ONU ouvre un centre à Addis-Abeba pour aider les réfugiés dans leurs démarches - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72533/ethiopie--lonu-ouvre-un-centre-a-addisabeba-pour-aider-les-refugies-da

    Éthiopie : l’ONU ouvre un centre à Addis-Abeba pour aider les réfugiés dans leurs démarches
    Par RFI Publié le : 22/07/2026
    Plus de 80 000 réfugiés et demandeurs d’asile vivent à Addis-Abeba, en Éthiopie. À leur arrivée, beaucoup se retrouvent isolés et perdus dans les limbes administratifs d’un pays qu’ils ne connaissent pas, une situation qui peut perdurer plusieurs années pour nombre d’entre eux qui choisissent alors de partir pour un autre pays, via des routes migratoires dangereuses. Pour les aider dans leurs démarches, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), en partenariat avec le gouvernement éthiopien, a créé un centre d’aide dans la capitale éthiopienne.
    Situé dans le quartier de Kirkos, au cœur d’Addis-Abeba, cet ancien centre communautaire aux murs bleu foncé poursuit un objectif, celui de briser la solitude. Il met à la disposition des bénéficiaires une aide juridique et administrative, des renseignements sur le regroupement familial ou encore un soutien dans la recherche d’un travail. Une aide précieuse pour Abubakr, qui a fui l’Érythrée : « Ce genre d’endroit nous aide beaucoup parce que souvent, on pense à aller ailleurs, passer par la Libye et traverser la Méditerranée. C’est vraiment ce qu’on essaie de faire quand on est réfugié. Mais ce centre me permet de prendre conscience des opportunités ici, même si moi aussi, j’ai envisagé de partir ». Certains exilés, découragés par les difficultés du quotidien en Éthiopie, quittent le pays, vers la Libye notamment.
    Le centre se donne donc aussi pour mission d’alerter les candidats au départ sur les dangers de ces routes, souligne Aïssatou Ndiaye : « On leur donne ces informations, surtout pour éveiller aux dangers qu’il y a sur ces routes-là et qu’il y a peut-être d’autres options beaucoup plus stables et beaucoup plus sûres plutôt que de se retrouver dans l’inconnu, dans l’incertitude et peut-être face à des personnes qui font du trafic ». Au 31 mai, l’Éthiopie accueillait près de 1,2 million de réfugiés et demandeurs d’asile sur son s

    #Covid-19#migration#migrant#ethiopie#refugie#routemigratoire#exil#sante#HCR#erythree#libye

  • Ma vie d’exilée russe à Paris : « Même plusieurs années plus tard, je comprends qu’on ne peut pas lutter contre la bureaucratie française »
    https://www.lemonde.fr/series-d-ete/article/2026/07/21/ma-vie-d-exilee-russe-a-paris-meme-plusieurs-annees-plus-tard-je-comprends-q

    Ma vie d’exilée russe à Paris : « Même plusieurs années plus tard, je comprends qu’on ne peut pas lutter contre la bureaucratie française »« Une Russe à Paris » (1/6). La journaliste Elizaveta Osetinskaya, arrivée en France en 2022 en raison de son opposition à la guerre en Ukraine, évoque les difficultés rencontrées auprès de la préfecture alors qu’elle parle à peine la langue.
    Propos recueillis par Elizaveta Osetinskaya
    « On ne peut pas prolonger un visa de ce type. Adressez-vous plutôt à l’ambassade de Russie », me dit l’employée compatissante au guichet de la Préfecture de Paris, sur l’île de la Cité. Des gouttes de pluie de novembre coulent le long de mon parapluie Monoprix et finissent dans mes baskets. Difficile d’imaginer un conseil plus absurde. Mais la jeune femme à l’accueil ne s’en doute même pas.
    Fondatrice d’un média russe indépendant, j’ai dans mon pays le statut officiel et discriminatoire d’« agente de l’étranger », qu’on attribue à des journalistes comme aux opposants politiques, ce qui implique un tas de restrictions et d’interdictions, depuis l’obligation de mentionner ce statut dans toutes vos publications jusqu’à des sanctions financières.
    Les autorités russes font tout pour empêcher les gens de vivre normalement et pour les obliger à partir. En revanche, je me trouve en bonne compagnie : le pianiste mondialement connu Evgeny Kissin, la politologue Nina Khrouchtcheva, arrière-petite fille du leader soviétique Nikita Khrouchtchev, le blogueur Iouri Doud et des centaines d’autres. Bref, la dernière chose que j’ai envie d’entendre, en ce moment, c’est de m’adresser à l’ambassade de Russie. Mais l’employée de la préfecture ne sait rien de ma vie et se contente de m’informer que mon visa ne peut pas être « converti » en un autre. Une épaisse vitre de guichet nous sépare, et le temps prévu pour notre échange est écoulé.
    La pluie glaciale de novembre correspond bien à mon humeur. On dirait que la météo s’applique à renforcer l’ambiance. Avec ma femme, nous avançons vers le métro et restons un moment, désemparées, devant le distributeur de tickets. Pendant que j’essaie, une fois de plus, de comprendre la différence entre le Navigo et le ticket papier, une ombre fugace glisse derrière mon dos. Machinalement, je mets la main dans ma poche. L’iPhone auquel sont rattachées nos cartes bancaires et nos applications n’y est plus.
    La psyché humaine est ainsi faite que, sur le moment, certains événements vous semblent de véritables tragédies, alors qu’en réalité ce ne sont que d’insignifiants accidents de la vie. Je vis en France depuis bientôt quatre ans et je suis passée par tous les états : admiration, désespoir, agacement, douleur, joie, décès de mes proches, et malgré tout j’ai fini par retrouver le sol sous mes pieds. Ma fille, l’être qui m’est le plus cher au monde, grandit dans ce pays.
    Si, il y a cinq ans, quelqu’un m’avait dit que Paris deviendrait ma maison, j’aurais certainement cru avoir affaire à un fou. Mais je n’aurais pas cru davantage celui qui aurait prédit l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. La première situation, mon arrivée en France, n’est qu’une réplique trop exacte de l’« émigration blanche » d’il y a un siècle, où tant d’anciens députés de la Douma se sont retrouvés en exil à Paris. Quant au scénario de l’invasion russe, il est en flagrante contradiction avec l’histoire des deux peuples.
    Pourquoi a-t-on dû fuir, ma femme, ma fille et moi ? Il faut rappeler ce qui se passe en Russie dès les premières semaines de l’invasion. Presque aussitôt est instaurée la censure militaire : le mot « guerre » doit être remplacé par la formule « opération militaire spéciale » et toute position antiguerre est considérée comme une trahison. Pourtant, ce ne sont pas les menaces de vingt ans de prison qui me marquent le plus, mais la fermeture de la radio Echo de Moscou, une station qui n’a jamais cessé d’émettre, même pendant les journées du putsch en août 1991. Tombe alors l’illusion de pouvoir continuer à faire du journalisme indépendant en restant dans mon pays.
    (...)La France ? Mon cerveau se met à faire défiler les noms, les titres et les lieux classés dans ma petite bibliothèque intérieure. Le Louvre. Charlie Hebdo. La Loi des mâles, le roman de Maurice Druon. Le Roi-Soleil. Dumas père, Dumas fils. « Ah ! ça ira, ça ira, ça ira. » L’examen d’histoire en classe de 3e : sujet tiré au sort, « La Révolution française ». Hugo, Stendhal et Flaubert. Huppert et Binoche. Delon, Deneuve, Un homme et une femme, Le Dernier Tango à Paris. Mylène Farmer dans les boums de mon école. Les musiques de Yann Tiersen dans mon iTunes. D’Amélie à Emily. La langue française ! Mais je ne parle pas français ! Il faut pourtant se décider.Je réponds : « D’accord pour la France. Mets-moi en contact avec ces gens. » J’ai déjà derrière moi une première émigration, aux Etats-Unis. En 2016, je suis sélectionnée pour suivre un prestigieux programme à l’université Stanford (Californie). Grâce à cela, ma première expérience de l’émigration ressemble à un tapis rouge qui se déroule tout seul, que ce soit à la banque, à la Sécurité sociale ou aux services d’immigration. Le mot « émigration » n’a donc pas pour moi de connotation tragique, mais plutôt un parfum d’une nouvelle aventure. Quelles que soient les difficultés, nous finirons bien par nous débrouiller, j’en suis certaine.
    En attendant nos visas français en Turquie, où nous avons tout de même fui au début d’avril 2022, j’envisage notre futur déménagement avec insouciance. Ecrasées par la chaleur d’une petite ville balnéaire, nous apprenons mollement le français, sans vraiment comprendre ce qui nous attend. De temps à autre, l’esprit se réveille : comment inscrire notre fille à l’école ? Comment trouver un logement permanent ? Comment ouvrir un compte bancaire ? Que faire lorsque nos visas arriveront à expiration ? Mais ces questions se dissipent dans la certitude que tout ira bien.
    En réalité, le nouveau défi ressemble à un jeu vidéo où, tout à coup, le monde n’a plus deux dimensions mais quatre. La première difficulté est que nous ne comprenons pas ce qu’on nous dit. A la différence de l’anglais, qui m’accompagne depuis au moins trente ans, je n’ai été exposée au français que pendant quelques mois. Et cette langue se révèle être un sacré morceau ! A l’instar de Tourgueniev (1818-1883), qui a passé la moitié de sa vie en France et qui ne cessait de glorifier « la langue russe, grande, puissante, véridique et libre », moi, en me rendant plusieurs fois par semaine à l’Alliance française, je chante les louanges du français : « O la grande langue française ! Que tes conjugaisons sont complexes, que ton subjonctif est mystérieux, que tes combinaisons de quatre lettres sont belles et incompréhensibles ! Que tes “i” et tes “u” sont longs ! Aie donc pitié de moi, permets-moi d’atteindre ne serait-ce que le niveau B2. »
    (...)Pour résoudre les questions compliquées – notre « visa humanitaire », inhabituel, exige sans cesse de nouvelles démarches –, les fonctionnaires français adorent la communication par téléphone. Jamais encore, ni en Russie ni en Amérique, je n’ai autant téléphoné. Mais comment discuter quand vous parlez à peine la langue ? Et même si vous parvenez à formuler votre question après l’avoir préalablement répétée devant un miroir, vous n’avez aucune chance de comprendre la réponse de votre interlocuteur, qui déploie son riche éventail de dialectes, d’accents et d’intonations. Aujourd’hui encore, en recevant un appel provenant d’un numéro inconnu, j’ai l’estomac noué. Cependant, avant d’épuiser la patience de tous nos amis francophones et d’accepter la dure nécessité de nous mettre sérieusement au français, il nous faut régulariser notre situation. C’est cette nécessité qui me conduit au guichet de la préfecture. Le dialogue avec l’employée et le vol du téléphone ne sont qu’un petit caillou sur le long chemin vers la normalisation de notre vie. Au fond, je n’ai pas vraiment de raison d’en vouloir à la bureaucratie française. Elle fonctionne dans son mode habituel et n’a commis, à mon égard, aucun manquement grave. Simplement, nous sommes des pionniers sur un chemin emprunté ensuite par des centaines, peut-être même des milliers d’artistes, de chercheurs, de journalistes et de cols blancs opposés à la guerre, qui quittent leur patrie et cherchent pendant des mois, voire des années, une nouvelle maison. Beaucoup l’ont trouvée au même endroit que nous : en France. Plusieurs mois, peut-être même plusieurs années plus tard, je comprends qu’on ne peut pas lutter contre la bureaucratie. On n’a qu’à s’y habituer, comme à la pluie parisienne. Tôt ou tard, elle finit par s’arrêter.

    #Covid-19#migration#migrant#russie#france#exil#ukraine#sante#refugie

  • A Paris, sous les tentes du métro Stalingrad, l’« errance » sans fin des exilés
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/06/12/a-paris-sous-les-tentes-du-metro-stalingrad-l-errance-sans-fin-des-exiles_67

    A Paris, sous les tentes du métro Stalingrad, l’« errance » sans fin des exilés
    Un tiers des personnes vivant dans les rues de la capitale ont le statut de réfugié, estime l’Office français de l’immigration et de l’intégration. Mais, faute de logement et de travail, beaucoup se retrouvent dans le campement informel du 10ᵉ arrondissement.
    Par Mustapha Kessous
    Ce village de toiles s’étire sur plusieurs centaines de mètres. Des tentes par dizaines et d’innombrables couchages usés par les intempéries. Et, au milieu, des rats qui se faufilent et se cachent sous les matelas. Il y a aussi ce vacarme incessant de la circulation et du métro aérien. Et, partout, des visages épuisés. Il n’y a pas grand-chose à faire dans ce camp de migrants, posé sur le terre-plein central du boulevard de La Chapelle, dans le 10e arrondissement de Paris, où vivotent quelque 850 Afghans, Erythréens ou Sud-Soudanais.
    Certains font défiler sans fin des vidéos TikTok sur leur téléphone, d’autres y jouent aux petits chevaux, d’autres encore prient en égrenant les perles de leur chapelet. Ici, les journées s’écoulent pour beaucoup dans l’attente : une réponse pour un travail ou un logement, un rendez-vous administratif ou une consultation médicale.
    En cet après-midi du début du mois de juin, les équipes de Médecins du monde ont garé leur camion à l’entrée du boulevard, à deux pas de la station de métro Stalingrad. Devant la portière arrière, des hommes attendent leur tour pour voir une infirmière ou une docteure. A l’intérieur, les consultations prennent parfois des allures de confession. Les soignants, avec l’aide de traducteurs, auscultent des corps marqués par la route, nettoient des plaies et distribuent quelques médicaments. « Beaucoup de primo-arrivants sont de jeunes Soudanais, il en vient tous les jours », constate Paul Alauzy, le coordonnateur de la veille sanitaire de l’association.
    D’autres exilés reviennent chaque lundi, semaine après semaine, mois après mois. Stalingrad n’abrite pas seulement des migrants fraîchement arrivés en France. Depuis l’hiver 2025, le nombre d’occupants est passé d’une centaine à plus de 800. « Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’est pas seulement peuplé de demandeurs d’asile qui viennent de fuir les guerres, mais aussi de personnes qui ont obtenu le statut de réfugié. Certaines errent depuis des mois ou des années et finissent par rejoindre le camp, précise M. Alauzy. C’est l’autre réalité de la migration. »
    Selon Médecins du monde, 60 % des occupants du campement sont des demandeurs d’asile, 20 % ont obtenu le statut de réfugié, et les 20 % restants ont épuisé tous les recours et vivent sans papiers. Plus généralement, on estime qu’un tiers des personnes vivant dans la rue à Paris ont le statut de réfugié, avance Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). « C’est paradoxal, mais beaucoup d’entre eux étaient mieux pris en charge lorsqu’ils demandaient l’asile, souligne-t-il. Une fois le statut de réfugié accordé, ils perdent certaines aides et doivent se débrouiller seuls. » Paul Alauzy assène : « La machine à les intégrer est en panne. »
    Ce campement précaire, où plane une constante odeur d’urine, est un point de ralliement pour ces personnes ayant obtenu une protection ou un titre de séjour. « Avoir des papiers ne marque pas forcément la fin de l’errance migratoire et ne suffit pas toujours pour commencer à construire sa vie », dit M. Leschi. Beaucoup échouent dans le camp – ou reviennent à la « case départ » – après avoir perdu leur emploi ou leur logement. Là-bas, ils retrouvent des « frères » avec lesquels ils ont partagé les épreuves de la route ou des compatriotes qui ont connu la même chose. « C’est un repère quand on n’a plus rien », résume un Somalien de 26 ans derrière d’élégantes montures de lunettes, qui souhaite rester anonyme.
    Cet ancien étudiant en mathématiques, qui a quitté Mogadiscio en 2020 – l’asile lui a été accordé deux ans plus tard – s’est retrouvé ici, il y a deux mois, quand son colocataire lui a demandé de quitter leur appartement. « Mon contrat de magasinier s’était terminé, et je n’avais plus les moyens de payer ma part du loyer, explique-t-il. C’est temporaire ici. J’ai eu un entretien pour un travail. J’espère l’avoir. Mais c’est dur, c’est comme si j’étais un éternel migrant. »
    Casquette imitation Gucci sur la tête, bagues argentées à tous les doigts, ce Gambien de 43 ans dort sous l’une des tentes depuis deux mois également. Il possède un titre de séjour italien, obtenu après son arrivée à Lampedusa, en 2013. « J’étais en Allemagne ces dernières années, je n’avais plus de boulot. On m’a dit de venir en France, que c’était un bon pays et qu’on pouvait trouver un travail, raconte-t-il. Je constate que ce n’est pas facile. »Avant d’arriver à Paris, on lui a parlé de Stalingrad, où il rencontrerait des « gens comme lui » et des associations qui pourraient l’aider. Les semaines passent, et Mohamed Lamine n’a toujours pas trouvé de travail, même non déclaré. « Ces personnes constituent malheureusement un nouveau sous-prolétariat que l’on retrouve sous le métro aérien », déplore le directeur général de l’OFII. Ils sont nombreux à avoir « erré de pays en pays en Europe », constate Paul Alauzy. « La France est un pays de rebond : on tente d’obtenir ici ce qu’on n’a pas réussi à obtenir ailleurs », atteste Didier Leschi.
    C’est aussi le cas pour Mohamed Abdallah. Cet homme de 40 ans qui frôle les deux mètres a quitté son Ethiopie natale, en 2016, alors secouée par de violentes manifestations antigouvernementales. Pendant près d’une décennie, il a vécu en Allemagne, où il a rencontré son épouse et vu naître sa fille, aujourd’hui âgée de 1 an et demi. Là-bas, il n’est jamais parvenu à obtenir un titre de séjour.
    Alors la France s’est imposée comme un dernier recours, et le camp de Stalingrad comme un ultime espoir. Il est venu seul, il y a moins d’un an. Sa demande d’asile a été rejetée ; il doit prochainement comparaître devant la Cour nationale du droit d’asile. « La migration, c’est tourner en rond, confie Mohamed Abdallah. Je n’en peux plus de tourner en rond. »En fin de journée, un jeune Soudanais semble soulagé. Il y a encore un mois, Adam Salé, 25 ans, dormait à Stalingrad. « Je touche désormais le RSA et je peux me payer un tout petit hôtel. J’étais à la rue depuis quatre ans. » Ce jour-là, il est venu prendre des nouvelles de ses amis dans le camp. Il a obtenu l’asile en 2020, après son arrivée en France alors qu’il n’était encore qu’un adolescent. Aujourd’hui, Adam Salé cherche désespérément un travail, n’importe lequel. Il rêve aussi d’un appartement et d’une vie sociale et sentimentale. Il s’arrête de parler. Il plonge la tête dans son carnet et recopie les mêmes phrases, en s’appliquant sur chaque lettre comme un écolier soignant son écriture. Puis, il lève la tête : « L’exil, c’est l’errance. On est toujours perdu. »

    #Covid-19#migration#migrant#france#campement#paris#exil#asile#sante#droit#logement#integration

  • Le grand exode des petits
    https://laviedesidees.fr/Celia-Keren-La-Cause-des-enfants

    Pendant la guerre d’Espagne, des milliers d’enfants ont été évacués vers la France, avant d’être rapatriés dans leur pays désormais aux mains des franquistes. Cet épisode méconnu s’intègre dans une #Histoire transnationale des mobilisations humanitaires.

    #Espagne #enfants #fascisme #exil #guerre_civile

  • Après l’exécution de trois migrants éthiopiens en Arabie saoudite, l’inquiétude grandit pour 65 autres détenus condamnés à mort
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/05/25/apres-l-execution-de-trois-migrants-ethiopiens-en-arabie-saoudite-l-inquietu

    Après l’exécution de trois migrants éthiopiens en Arabie saoudite, l’inquiétude grandit pour 65 autres détenus condamnés à mort
    Les migrants, originaires du Tigré, une région du nord de l’Ethiopie ravagée par une guerre, entre 2020 et 2022, sont emprisonnés dans la prison de Khamis Mushait pour trafic de drogue.
    Par Maëlle Duhamel (Addis-Abeba, correspondance)
    Le 21 avril, les gardiens de la prison saoudienne de Khamis Mushait, dans le sud-ouest du pays, sont venus chercher trois détenus éthiopiens dans leur cellule, pour une audience au tribunal. Originaires du Tigré, ils étaient accusés de « trafic de drogue » : lors de leurs arrestations, en 2023 et 2024, ils avaient sur eux des branches de khat, une plante aux vertus euphorisantes, très consommée en Ethiopie et au Yémen mais interdite en Arabie saoudite.
    Les trois accusés ne sont jamais revenus dans leur cellule. Ils ont été exécutés, conformément à l’« engagement » du royaume d’Arabie saoudite de « protéger la sécurité de ses citoyens et résidents contre le fléau de la drogue », affirme un communiqué du ministère de l’intérieur publié le même jour. « Tous ceux qui se livrent à de telles activités s’exposeront aux sanctions légales prévues, avertit le texte. Que Dieu les guide sur le droit chemin. »D’après un rapport de Human Rights Watch, 65 autres ressortissants éthiopiens, incarcérés eux aussi à Khamis Mushait pour les mêmes motifs, risquent d’être exécutés prochainement. Selon Nadia Hardman, chercheuse spécialiste des droits des réfugiés et des migrants pour l’ONG de défense des droits humains, ces détenus sont « des hommes, en grande majorité originaires du Tigré ». « Tous ont été condamnés à mort pour des infractions liées à la drogue et attendent, dans le désespoir le plus total, d’être secourus par les autorités éthiopiennes », ajoute-t-elle. Le Bureau des affaires de la jeunesse du Tigré, un organisme régional, estime, de son côté, que plus de 200 personnes seraient dans cette situation.
    Ces deux dernières années, les autorités saoudiennes ont procédé à un nombre record d’exécutions annuelles – 345 en 2024 et 356 en 2025 –, selon le dernier rapport d’Amnesty International sur la peine de mort dans le monde. Et, d’après Human Rights Watch, les infractions liées à la drogue représentaient les deux tiers du total des exécutions en 2025.Le sort des exilés éthiopiens a fait réagir plusieurs personnalités du pays, dont le patriarche de l’Eglise orthodoxe, l’aboune Mathias. Dans un message publié le 12 mai, il exhorte l’Ethiopie et l’Arabie saoudite à suspendre les exécutions d’Ethiopiens condamnés à mort. « Nos enfants (…), qui comptent leurs jours dans l’angoisse, sont confrontés à des exécutions de masse dans le pays où ils ont émigré en quête d’une vie meilleure », a-t-il déclaré, tout en demandant « des discussions de haut niveau avec les autorités saoudiennes afin d’obtenir l’annulation des condamnations à mort ».
    Deux jours plus tard, Debretsion Gebremichael, le président du Front populaire de libération du Tigré, qui dirige la région, a exhorté, dans une lettre, les autorités saoudiennes à « accorder immédiatement la clémence » aux détenus, des « citoyens innocents qui ont fui des circonstances insupportables » lors de la guerre du Tigré. Depuis la fin du conflit, en novembre 2022, la région est plongée dans une profonde précarité qui pousse des dizaines de milliers de ses habitants sur les routes de l’exil. D’après une étude de Tigray Youth Association – qui dépend de l’administration régionale –, publiée en 2024, 81 % des Tigréens âgés de 15 ans à 35 ans étaient au chômage après la guerre et 40 % des sondés envisageaient alors de quitter l’Ethiopie pour chercher un emploi à l’étranger.Deux ans plus tard, en 2025, 31 % des 224 400 départs d’Ethiopie comptabilisés par l’Organisation mondiale pour les migrations s’effectuaient depuis le Tigré, juste derrière la région Amhara (38 %), en proie à un conflit entre l’armée fédérale et les Fano, une milice nationaliste. La majorité des candidats à l’exil empruntent la route de l’Est, via Djibouti et le Yémen, en direction de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis.
    « Oui, les armes se sont tues, mais la guerre se poursuit sous d’autres formes, explique Yohannes Giday, coordinateur de Tigray Youth Association. La reconstruction du Tigré n’a pas encore commencé. Les infrastructures et les services sociaux sont totalement ou partiellement endommagés. Alors, évidemment, les jeunes partent, même au péril de leur vie. » Entre novembre 2020 et novembre 2022, les combats dans l’ouest du Tigré, où a été menée une campagne de nettoyage ethnique, documentée notamment par Human Rights Watch, ont poussé plus de 1 million de personnes à quitter le territoire. Depuis, près de 750 000 d’entre elles vivent toujours dans des camps de la région, d’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Les conditions de vie poussent beaucoup d’entre elles sur les routes migratoires.
    Dans le camp de déplacés de Hitsats, au centre de la région, où vivent plus de 15 500 personnes, « la moitié des foyers ont un membre de la famille parti en exil », d’après Keshi Mebrahtu, coordinateur du camp. Birzaf Teklay, une mère de famille de cinq enfants, vit dans l’angoisse depuis le départ, début 2026, de sa fille de 21 ans (dont elle ne souhaite pas communiquer le nom), sur la route de l’Est. « Elle est partie en me disant qu’elle allait trouver un travail à Makalé [capitale du Tigré] pour faire vivre la famille car, ici, on n’a rien. Mais quelques jours après, elle m’a appelée pour m’annoncer qu’elle partait pour l’Arabie saoudite. » La jeune femme a été arrêtée en chemin, au Yémen, par des trafiquants d’êtres humains. Depuis, ils réclament 300 000 birrs (1 600 euros) en échange de sa libération. Une somme que la famille est incapable de leur fournir. « Aujourd’hui, elle est en prison. Quand les trafiquants m’appellent, ils la filment et je la vois par la petite fenêtre de sa cellule. Ils attendent de l’argent que je n’ai pas. »

    #Covid-19#migration#migrant#arabiesaoudite#ethiopie#sante#mortalite#exil#routemigratoire#conflit#tigré

  • #Calais, une médecine de l’exil

    L’heure est aux frontières. Quel #accompagnement_médical pour les exilés qui tentent leur traversée ? Comment soigner une population mobile et déracinée ? Quelle est la portée de l’#acte_de_soin dans une société qui laisse ces étrangers à la marge ?
    Cet ouvrage s’intéresse aux #professionnels_de_santé dans leur relation avec des patients exilés. A travers les #consultations_médicales et paramédicales se déploient divers enjeux : la violence de la frontière sur les #corps, l’adaptation des pratiques face aux contraintes imposées par les politiques sécuritaires, la #résistance et la #désillusion des soignants, l’invention d’une nouvelle forme de médecine. Ce point de vue est original dans la mesure où il est peu exploré étant donné la discrétion des soignants et il est l’occasion d’entrouvrir la porte d’un service peu connu, qu’est la #permanence_d’accès_aux_soins_de_santé (#PASS).

    https://www.puv-editions.fr/ouvrage/calais-une-medecine-de-lexil
    #santé #médecine #soins #exil #migrations #frontières #violence #livre #Chloé_Tisserand

  • Des exilés fiscaux tentent de retourner à Dubaï pour éviter de payer des impôts - Capital.fr
    https://www.capital.fr/economie-politique/des-exiles-fiscaux-tentent-de-retourner-a-dubai-pour-eviter-de-payer-des-imp

    Alors que plusieurs résidents de Dubaï cherchent à fuir rapidement après les bombardements de la ville par l’Iran, certains cherchent à y retourner le plus rapidement possible. La raison : ces personnes craignent de perdre leurs avantages fiscaux à Dubaï si elles restent trop longtemps hors des Émirats arabes unis. C’est le constat de plusieurs responsables du secteur du voyage, mais aussi d’avocats fiscalistes, interrogés par le Financial Times et relayés par BFM.

    Certains résidents tentent donc de revenir coûte que coûte aux Émirats arabes unis, pour ne pas payer d’impôts dans leur pays d’origine. Pour cela, toutes les solutions sont bonnes, y compris la location d’un jet privé. Charles Robinson, fondateur de la plateforme de location d’avions EnterJet, explique avoir reçu plusieurs demandes de vols vers la région. « Étant donné le nombre minimum de jours requis au cours de l’année fiscale d’un individu pour bénéficier du régime fiscal, certains semblent exiger un retour dans la région afin de compléter leur nombre de jours », explique-t-il.

    Une question de résidence fiscale

    En effet, pour bénéficier du régime fiscal émirien, il faut y résider au moins 183 jours par an. Et pour certaines de ces personnes, entre payer un jet privé pour rentrer et payer leurs impôts dans leur pays d’origine, le choix est facile. Le prix d’une location de jet privé reste inférieur à une potentielle facture fiscale.

    Depuis des années, Dubaï attire les grandes fortunes du monde entier en raison de sa fiscalité avantageuse et de son environnement favorable aux entrepreneurs. Pour toutes ces raisons, Ronald Graham, associé gérant du bureau de Taylor Wessing, interviewé par le Financial Times, explique avoir eu plusieurs demandes « discrètes » concernant le nombre de jours passés au Royaume-Uni dans le cas de personnes qui ne peuvent pas retourner aux Émirats arabes unis, et les effets que ce nombre aurait sur leur situation fiscale. En fait, selon Hannah Wailoo, avocate du cabinet Withers, les résidents de Dubaï coincés à l’étranger rencontrent deux problèmes. D’abord, elles pourraient ne pas résider suffisamment longtemps à Dubaï pour y demeurer des résidents, mais elles pourraient aussi se retrouver bloquées dans leur pays d’origine assez longtemps pour être considérées comme résidentes fiscales.

  • Sénégal : face à la « traque », l’association STOP Homophobi... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/senegal-face-a-la-traque-lassociation-stop-homophobie-enregistre-une-vague-

    Sénégal : face à la « traque », l’association STOP Homophobie enregistre une vague de demandes d’asile
    Auteur : Avec AFP
    L’association STOP Homophobie, basée à Paris, a tiré la sonnette d’alarme en annonçant avoir reçu 18 demandes d’aide pour quitter le Sénégal en l’espace de seulement quelques jours. Face à un climat qu’ils jugent « dramatique », de plus en plus de membres de la communauté LGBT+ sénégalaise envisagent l’exil, principalement vers la Gambie voisine, pour échapper aux violences, aux menaces et aux expulsions familiales. Terrence Khatchadourian, secrétaire général de l’association, souligne que tous craignent désormais l’arrestation et les atteintes graves à leur vie privée.
    Cette fuite désespérée est la conséquence directe d’une intensification sans précédent de la répression envers l’homosexualité au Sénégal. Le pays est secoué par des arrestations en série — au moins une trentaine selon les médias locaux — déclenchées par des dénonciations et des fouilles systématiques de téléphones. Les noms des personnes interpellées sont divulgués publiquement, provoquant ce que des défenseurs des droits humains qualifient de véritable « lynchage public ».
    Le gouvernement a récemment adopté un projet de loi visant à doubler les peines pour les relations homosexuelles, qui passeraient de cinq à dix ans d’emprisonnement. Le texte prévoit également trois à sept ans de prison pour toute personne faisant « l’apologie » de l’homosexualité. Cette fermeté législative répond aux demandes pressantes d’associations religieuses influentes dans un pays majoritairement musulman où l’homosexualité est largement perçue comme une déviance. Le débat est d’autant plus virulent que certaines personnes arrêtées sont accusées de transmission volontaire du VIH. Selon STOP Homophobie, l’utilisation du statut sérologique comme preuve à charge crée une crise de santé publique majeure en décourageant le dépistage et l’accès aux soins.
    Alors que les réseaux sociaux pullulent de vidéos d’agressions et de commentaires incendiaires, les voix discordantes se font rares au Sénégal. Denis Ndour, président de la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme, a lui-même soutenu le durcissement des peines, qualifiant les homosexuels de « malades ». À l’inverse, des expertes comme Marame Kane rappellent que la protection contre l’humiliation est un « principe universel », indépendamment du contexte culturel. Depuis 2021, le Sénégal n’est plus considéré comme un pays sûr par l’Ofpra en France. Pour ceux qui n’ont pas les moyens de fuir, le témoignage de Boubacar*, un exilé, est glaçant : « la seule chose qu’ils peuvent faire, c’est de voir la mort qui vient et attendre ».

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#payssur#ofpra#homosexualite#droit#sante#LGTB+#gambie#exil

  • Exil-Iraner: „Jubel für Reza Pahlavi ist Ausdruck völliger Hoffnungslosigkeit“
    https://www.berliner-zeitung.de/politik-gesellschaft/geopolitik/exil-iraner-jubel-fuer-reza-pahlavi-ist-ausdruck-voelliger-hoffnung

    13.01.2026 - Hamid Nowzari kämpfte gegen die Monarchie und die Islamisten. Er warnt vor einer Wiederholung der Geschichte unter umgekehrten Vorzeichen.

    Ein Name taucht im Zusammenhang mit der Iran-Krise auf, den viele in den Geschichtsbüchern nachschlagen müssen: Der im US-Exil lebende Schah-Sohn Reza Pahlavi heißt genau wie sein 1979 von der Islamischen Revolution vom Pfauenthron gestürzter Vater. Der iranische Schah herrschte als Verbündeter der USA und Israels mit eiserner Faust. Sein Sohn gilt nun als Galionsfigur des iranischen Aufstandes gegen die Mullahs. Die Bilder von 2026 gleichen denen von 1978 unter umgekehrten Vorzeichen. Es ist zum Augenreiben. Hamid Nowzari leitet den Verein iranischer Flüchtlinge in Berlin und vertritt seit Jahrzehnten die Belange der Exil-Iraner. Er kämpfte gegen den Schah und floh 1980 vor den Mullahs. Wie steht er zu Reza Pahlavi II.?

    Herr Nowzari, Sie haben als junger Mann gegen den Schah protestiert. Jetzt gilt der Sohn des Schahs als Gesicht einer möglichen neuen Revolution im Iran. Legt die Geschichte den Rückwärtsgang ein?

    Ich glaube, das trifft es gut. Die Menschen im Iran sind so verzweifelt, dass sie die Revolution ungeschehen machen wollen. Junge Iraner wissen wenig über die Zeit unter dem Schah. Sie hören, dass es dem Land wirtschaftlich besser ging. Es gab kein westliches Sanktionsregime wegen eines Atomprogramms. Und die persönliche Freiheit war nicht eingeengt durch die religiösen Regeln. Die Folter und die Unterdrückung unter dem Schah sind angesichts des heutigen Albtraums offenbar für viele junge Iraner ganz weit weg. Ich kann das verstehen, aber ich halte es für gefährlich.

    Infobox image

    Markus Wächter/Berliner Zeitung

    Aktivist aus dem Iran

    Hamid Nowzari

    floh 1980 aus dem Iran nach West-Berlin. Er gründete mit Exil-Iranern 1986 den Verein iranischer Flüchtlinge. Nowzari wurde 1958 geboren. Er war Gegner des 1979 durch die Islamische Revolution gestürzten Schahs Reza Pahlavi und der nachfolgenden Herrschaft der Mullahs im Iran.

    Warum?

    Die Iraner müssen sich fragen, wie es so weit kommen konnte mit ihrem Land. Und zur ehrlichen Antwort gehört, dass es ohne die Unterdrückung durch den Schah die Revolution von 1978 bis 1979 und die folgende Diktatur der Mullahs mit ihren schrecklichen Folgen nicht gegeben hätte.

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    Zur Wahrheit gehört aber auch, dass die damalige Linke 1978 mit den Islamisten gemeinsame Sache gegen den Schah gemacht hat, oder nicht?

    Ich bin mit der Analyse auch völlig einverstanden. Deshalb mahnen viele im heutigen linksliberalen Lager der Opposition zur Vorsicht, den Fehler von damals nicht jetzt unter umgekehrten Vorzeichen zu wiederholen. Mich macht die unkritische Haltung der Monarchisten zu Donald Trump besonders misstrauisch.

    Reza Pahlavi, der Sohn des gestürzten iranischen Schahs Mohammad Reza Pahlavi, spricht während einer Pressekonferenz.

    Reza Pahlavi, der Sohn des gestürzten iranischen Schahs Mohammad Reza Pahlavi, spricht während einer Pressekonferenz.Thomas Padilla/AP

    Als iranischer Linker haben Sie den Sturz des demokratischen Ministerpräsidenten Mohammed Mossadegh 1953 mit Unterstützung des US-Nachrichtendienstes CIA sicher nicht vergessen. Es folgte die US-interessenverpflichtete Herrschaft des Schahs. Nun ist Reza Pahlavi II. nicht sein Vater. Er redet von einem Referendum über die Wiedereinführung der Monarchie nach einem Sturz der Mullahs. Das klingt demokratisch.

    Ja, es klingt so. Aber sehen wir auch Konsequenzen? Pahlavi hat sich nie von den Hinrichtungen oder der Folter unter seinem Vater distanziert. Er spricht von Separatisten, wenn es um Kurden und andere Minderheiten Irans geht. Und was Donald Trump betrifft, gäbe es genug Gründe, nicht allzu sehr seine Nähe zu suchen. Es könnte auch sein, dass es Reza Pahlavi am Ende so geht wie der venezolanischen Oppositionsführerin María Corina Machado.

    Sie meinen, dass Trump Pahlavi II. fallen lassen könnte, um mit jemandem aus der zweiten Reihe des Mullah-Regimes einen Deal zu machen?

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    Trump redet viel über das Öl in Venezuela, das jetzt ihm gehören soll. Er sagt nichts über die Freilassung politischer Gefangener oder über Demokratie für das venezolanische Volk. Das Regime unterdrückt auch ohne Maduro weiter das Volk. Das wünsche ich mir nicht für den Iran.

    Wie geht es nun weiter?

    In den kommenden Tagen gibt es politisch keine Ausreden. Wir dürfen unter keinen Umständen zulassen, dass die Verbrechen des Regimes im Iran erneut aus dem öffentlichen Bewusstsein verschwinden. Unsere Aufgabe ist es, Demonstrationen zu organisieren, Druck aufzubauen und Öffentlichkeit zu erzwingen. Schweigen ist keine Option. Keine Sekunde darf vergessen werden, dass unsere Hauptfeinde noch immer im Iran an der Macht sind.

    Sie planen also weitere Kundgebungen der iranischen Exilgemeinde in Berlin. Und was passiert im Iran? Dort lassen die Demonstrationen ja schon wieder nach.

    Ich weiß es nicht. Ich hatte Mitte vergangener Woche das letzte Mal Kontakt mit Bekannten im Iran. Sie haben mir gesagt, die Menschen beben, es wird etwas Großes passieren. Ich weiß im Moment nicht einmal, ob meine Freunde noch am Leben sind. Ich gehe davon aus, dass das Regime das Netz nicht mehr lange abschalten kann, weil sonst die Wirtschaft zusammenbricht. Was danach geschieht, ist für mich völlig unklar.

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    Von der Euphorie zur Zeit der „Frau, Freiheit, Leben“-Bewegung 2022 und 2023 gegen die Unterdrückung der Frauen im Iran scheint bei Ihnen nichts mehr übrig zu sein.

    Damals gab es einen utopischen Moment. Die Menschen träumten von einer feministischen Revolution, die alle Iraner aus den Städten, vom Land, aus den Minderheiten und LGBT vereint. Es schien für einige Zeit möglich zu sein. Die Repression hat gesiegt und heute sehe ich im Iran nur noch Überlebenskampf und nackte Verzweiflung. Pahlavis Anhänger haben den Slogan „Frau, Freiheit, Leben“ in „Mann, Heimat, Entwicklung“ umgedichtet. Das ist vielleicht als Angebot für manche Konservative gedacht, die noch zum Regime halten. Aber es zeigt ihre Haltung. Jubel für Reza Pahlavi ist der Ausdruck völliger Hoffnungslosigkeit für mich.

    #Iran #répresssion #révolte #exile

  • L’archive ou l’oubli
    À propos de : Anouche Kunth, Au bord de l’effacement. Sur les pas d’exilés arméniens dans l’entre-deux-guerre, La Découverte

    Derrière les milliers de certificats d’exilés #arméniens passés par Marseille se cachent les traces d’un #génocide et des chemins innombrables empruntés par ses survivants. Dans les marges, les ratures et les silences des formulaires administratifs se lisent la fin d’un monde et la survie.

    https://laviedesidees.fr/Anouche-Kunth-Au-bord-de-l-effacement

    #exil
    #histoire

    @la_vie_des_idees

  • What is migration? Joining a migrant family through the deadly Darién Gap jungle - YouTube

    À propos du Darien gap

    https://www.youtube.com/watch?v=Ay2YR4Cqw1w

    Every year, thousands of Venezuelan migrants step into The Darién Gap — one of the most dangerous jungles on Earth. The only land passage between South and North America.

    Many never come out. Families walk past dead bodies. Parents cover their children’s eyes and keep going, knowing they might end up dead in the wilderness as so many others.

    I walked through the entire jungle with one Venezuelan family — mother, father, and three children aged 5, 6, and 7 — filming their journey step by step. To tell their story in a documentary film.

    It broke me – I cries so many times during our crossing of the jungle. But it also showed me what courage really is. The parents fought for their children’s future. I´ve never witnessed such a courage, will, determination – and fear.

    Here is a 5-minute trailer of what they faced – with the possibility to support us in telling their story:

    https://lnkd.in/eRp2WyjN

    My purpose with this film is simple:
    To show the human side of migration — not numbers, but real people. Why do they migrate – and who are they?

    Traditional Western film funds have been reluctant to support. Maybe the story feels too far away. But it is real. And it happens every single day.

    Thanks to sponsors and private doners around the world, we are now deep in to post-production. To all who helped so far — thank you. I encourage more of you to step in and support, if you wish this story to be told to a broad audience.

    Filmmaker Rasmus Krath

    #migration #exil #darien_gap

  • Manger la Hess, une poétique culinaire
    https://lundi.am/Manger-la-Hess-une-poetique-culinaire

    Comment manger en temps de crise, pour presque rien voire rien du tout ? Le poète Yoann Thommerel mène l’enquête auprès des fauché.es de Seine-Saint-Denis. Au gré des rencontres fortuites et des invitations, cela donne Manger low cost (éditions Nous) à la fois livre de recettes, manuel de survie et livre de poésie sur la Hess. « La Hess ? C’est quand chez toi y a tellement rien dans le frigo que même les prisonniers mangent mieux. Ou si tu préfères, des fois c’est tellement la Hess que t’as même pas de frigo. » On apprendra entres autres comment préparer une pizza en prison, comment cuisiner les fanes, comment rôtir un niglo (hérisson), l’art de se gaver à l’œil dans les vernissages, ou les règles d’or pour voler sans stress au Monoprix.

    La France qui a faim - Le don à l’épreuve des violences alimentaires, Bénédicte Bonzi
    https://lafrancequiafaim.fr
    https://seenthis.net/messages/1037652

    100 recettes nouvelles à base de miettes de pain, 1943

    #low_cost #livre #texte_choral #hess_5_étoiles #alimentation #argent #précarité #cuisine #manger #parler #accueil #commensalité #langage #mineurs_isolés #hospitalité_à_la_française #exil #clafoutis_aux_orties #pâtes_à_la_mie_de_pain #mollica #cueillette #vol #vol_alimentaire #freegan #ville #prison #recettes #canon_francais vs #communisme_déjà_là #aide_alimentaire #tri #restos_du_coeur #étudiants #domination #peur_de_manquer #organisation_de_la_rareté #sécurité_sociale_alimentaire

    • Mange ta peine - Recettes du prisonnier à l’isolement, MOBEN & Gaëlle HOARAU, Collection Cahiers, Postface de Jacky Durand
      https://leseditionsduboutdelaville.com/?page_id=1691

      « En prison, manger équilibré st essentiel à la santé mais surtout au moral. Ces recettes sont gourmandes et faciles à réaliser, même avec des moyens limités. Elles
      sont la poésie de mon quotidien que je veux avant tout partager avec les personnes qui vivent seules, à l’écart. J’aimerais que ce livre contribue à briser les idées reçues sur la prison et les personnes qui s’y trouvent. » Moben

      Les 77 recettes réunies dans ce livre ont été imaginées en prison, dans son coeur profond : une cellule d’isolement. Au même titre que la pratique physique du yoga ou l’entretien quotidien de ses facultés mentales, l’art de cuisiner est devenu pour Moben un moyen de survie.
      Dans ce livre, il partage trucs et astuces pour cuisiner dans des conditions extrêmes, dedans comme dehors. Ses recettes sont l’occasion d’évoquer anecdotes et analyses documentant la prison et les solidarités qui s’y nouent autour de la nourriture. Un livre de cuisine qui s’attache autant à remplir les ventres qu’à nourrir la riche pensée critique qui s’élabore derrière les murs.
      Moben a passé onze années en régime d’isolement pour tentative d’évasion. Mange ta peine est son premier livre. Il en a réalisé les illustrations.

      « Sa force, son talent, son inventivité : faire bon avec peu, faire mijoter un peu de soi parmi une communauté de destins carcéraux. » Jacky Durand, chroniqueur culinaire, reporter tout terrain et romancier.

      Moben, transféré dans un quartier de haute sécurité pour avoir écrit un livre de recettes en prison
      https://www.streetpress.com/sujet/1766057561-moben-transfere-quartier-haute-securite-ecrit-livre-cuisine-

      Ce matin d’octobre, Moben, détenu de longue peine au centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure (03), voit débarquer une équipe de surveillants dans sa cellule. Ils fouillent. Ils ne cherchent ni téléphone ni drogue. Rien à voir avec les opérations lancées par le ministre de la Justice Gérald Darmanin quelques semaines plus tôt. Les équipes locales de sécurité pénitentiaire cherchent un livre.

      [...]

      Par mail, la direction interrégionale justifie la saisie du livre dans la cellule de Moben à son éditeur en listant plusieurs articles du code pénitentiaire, et conclut : « Ainsi, lorsqu’une personne détenue souhaite qu’un de ses écrits soit publié par une maison d’édition, il convient au préalable qu’elle obtienne l’accord du directeur interrégional territorialement compétent. » Selon un agent pénitentiaire de Moulins-Yzeure, il n’est pourtant pas rare de voir des personnes détenues écrire des livres en détention et de les voir publiés alors qu’ils sont encore incarcérés.

      Elle lui reproche également « [sa] volonté et [sa] capacité à communiquer, pendant plusieurs semaines, avec des personnes à l’extérieur en contournant les règles de contrôle de l’administration pénitentiaire »

      #DPS #balluchonnage #Condé-sur-Sarthe #QLCO #quartier_de_lutte_contre_la_criminalité_organisée

  • Féminins plurielles – Mémoires n°92

    Des femmes en exil

    Au Centre Primo Levi, la moitié des personnes accompagnées sont des femmes. Presque toutes ont subi la torture, le viol, la mutilation, les persécutions intra-familiales ou la perte brutale de leurs proches. Leurs voix oscillent entre silence et cri. Face à cette destruction, la réponse ne peut être qu’humaine, collective, tissée — à la croisée du soin, du droit, du corps et de la parole. Ce numéro de Mémoires explore la pluralité de ces approches, où chaque praticien.ne invente avec chacune d’elle des chemins de reconstruction.

    L’exil féminin traverse l’espace géopolitique, mais aussi la psyché et la langue. Certaines femmes fuient l’excision ou le mariage forcé, d’autres la guerre ou la persécution politique, parfois au péril de leur vie. À leur arrivée, elles cherchent d’abord à survivre, puis à retrouver une place dans le monde commun et à se réapproprier leur vie. Le plaidoyer pour la reconnaissance de leur souffrance rappelle que ces violences, trop rarement punies, exigent une adaptation des politiques d’accueil.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/12/20/feminins-plurielles-memoires-n92

    #feminisme #exil

  • Le retour des Syriens exilés, un an après la chute de la dictature : « Ma vie d’avant, mes proches, ma culture me manquaient terriblement »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/09/en-syrie-le-retour-des-exiles-cela-faisait-quatorze-ans-et-le-debut-de-la-re

    Harran Al Awamid, Ghouta orientale, Syrie, le 31 octobre 2025. Au centre de la ville, devant l’école. Photo Laurent Van der Stockt pour Le Monde
    LAURENT VAN DER STOCKT POUR « LE MONDE »
    Depuis la chute du régime dictatorial de Bachar Al-Assad, il y a un an, plus de 1,2 million de Syriens exilés sont rentrés chez eux. Un retour souvent difficile, mais affermi par la volonté de se reconstruire une vie dans leur pays. « Je voulais rentrer chez moi. Je me rends compte que j’ai passé presque un tiers de ma vie dans un camp de réfugiés. Sous une tente. Je ne voulais plus imposer cela à mes trois filles », dit Aïcha, croisée en compagnie de son aînée, Rafaa, 13 ans, dans un centre communautaire du Croissant-Rouge installé dans le quartier de Tadamone, dans le sud de Damas. Aïcha est rentrée début septembre en Syrie après douze années d’exil au Liban.
    En ce début novembre, elle vient s’enregistrer dans l’espoir de bénéficier de l’aide au retour que distribue le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), qui soutient le Croissant-Rouge, à raison de 600 dollars (515 euros) pour les familles les plus vulnérables. Elle vient aussi solliciter l’aide du service juridique pour faire enregistrer auprès de l’état civil syrien ses deux plus jeunes filles, nées en exil et dans l’anonymat des camps de réfugiés. Ce qui les prive comme des dizaines de milliers d’enfants d’une existence légale, la famille n’étant pas en mesure de prouver leur identité auprès de l’administration.
    Le 8 décembre 2024, la dynastie des Al-Assad tombait après cinquante-quatre ans de règne sans partage sur le pays. L’épilogue de quatorze années de guerre qui ont ravagé la Syrie. Le conflit a provoqué l’une des plus grandes crises migratoires au monde : environ 6,8 millions de Syriens − soit près d’un tiers de la population − ont fui le pays au plus fort du conflit, en 2021, cherchant un refuge là où ils le pouvaient. Plus de la moitié de ces réfugiés, environ 3,74 millions, se sont installés dans la Turquie voisine, tandis que 840 000 ont trouvé refuge au Liban et 672 000 en Jordanie. Un peu plus d’un million sont parvenus à rejoindre l’Europe, après un périple de milliers de kilomètres en mer et sur terre. A ces chiffres s’ajoutent les 7 millions de déplacés internes.
    Depuis la chute du régime de Bachar Al-Assad, un mouvement inverse s’est amorcé : il est continu, à raison de 100 000 personnes par mois qui regagnent le pays depuis l’étranger. Entre le 8 décembre 2024 et le 4 décembre 2025, 1 266 885 Syriens − pour un total de 257 339 ménages − sont rentrés, selon les derniers chiffres consolidés du HCR ; dont 42 % en provenance de Turquie, 35 % du Liban et 18 % de Jordanie.
    « Voir autant de personnes qui décident de rentrer chez elles, en un an, c’est inédit actuellement dans le monde », estime Céline Schmitt, porte-parole du HCR en Syrie. « Les gens reviennent parce que la première raison qui les a poussés à partir n’existe plus : le régime de Bachar Al-Assad est tombé ; la deuxième cause est un désir de réunification, retrouver leur famille, leur quartier, l’endroit où ils ont grandi : rentrer chez soi », ajoute-t-elle.
    Mais les difficultés sont immenses : insécurité, absence de logements, chômage, crise alimentaire. Rien, a priori, n’incite les Syriens à rentrer dans ce pays mis à genoux par ces années terribles. « C’est une décision extrêmement courageuse de décider de regagner aujourd’hui la Syrie. Quand on voit l’état des destructions, les défis auxquels ces personnes font face. Certains n’arrivent qu’avec une tente en attendant des jours meilleurs », ajoute Céline Schmitt. Dès janvier, une enquête de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés menée en Jordanie, au Liban, en Irak et en Egypte estimait que 80 % des réfugiés syriens espéraient rentrer chez eux − contre 57 % en 2024. Mais cet espoir se heurte souvent aux dures réalités auxquelles se confrontent les revenants qui ont sauté le pas.
    Aïcha, qui avait fui Qaboun en 2013, un quartier rebelle du nord-est de la capitale assiégé par les forces du régime de 2012 à 2017 et désormais en grande partie détruit, a été contrainte de se trouver un abri temporaire à l’autre bout de la ville, dans le quartier de Tadamone. Elle y loue une pièce pour l’équivalent de 100 dollars par mois. « Une fortune, c’est l’équivalent du salaire mensuel d’un employé », s’indigne Malaz, un volontaire du Croissant-Rouge. Malade, le mari d’Aïcha n’est plus en mesure de travailler. Les maigres revenus de la famille proviennent des quelques heures qu’elle parvient à glaner pour faire le ménage « dans des maisons » et de l’argent envoyé par son quatrième enfant. Son unique fils est resté travailler au Liban pour les soutenir financièrement. Un cas loin d’être isolé. Mais dans les banlieues et les campagnes, où de nombreux Syriens s’emploient à rebâtir leur maison, le – très – relatif confort des demeures de ceux qui peuvent compter sur l’aide de proches établis en Europe, où le niveau de vie est plus élevé, tranche souvent avec celui des habitations de leurs compatriotes rentrés des pays voisins ou d’autres régions du pays.
    Au sein des installations du HCR et du Croissant-Rouge, ouvertes à tous, les humanitaires cherchent à ne pas créer de déséquilibre entre les réfugiés rentrés de l’étranger, les habitants restés sur place et les déplacés internes. Il s’agit de maintenir une cohésion sociale dans ces quartiers où ceux qui sont restés partagent la même précarité que ceux qui rentrent. « Il faut refaire société, insiste Malaz, qu’ils soient partis ou non, les gens sont fragiles et sont soumis à la même précarité et aux mêmes dangers. » Dans la cour, des affichages et des dessins appellent les enfants à redoubler de vigilance et à ne pas jouer au milieu des ruines quand d’anciennes lignes de front courent à quelques centaines de mètres de là, avec leurs mines et leurs munitions non explosées. Un numéro d’appel d’urgence est mis à disposition des filles victimes de harcèlement.
    Dans ce centre qui accueille des centaines de personnes quotidiennement, en majorité des femmes, Lyna Gharib, membre du Croissant-Rouge, décrit des revenants secoués émotionnellement. « Nous sommes aussi là pour leur offrir un peu d’espoir. L’espoir d’une vie meilleure. Ils repartent de zéro. Le choc du retour peut être violent », ajoute-t-elle. « Je n’ai pas reconnu ma ville de Qaboun, complètement détruite. Nous avons tout perdu, notre maison, mais aussi nos liens avec notre communauté, abonde Aïcha. Je me sens parfois comme une étrangère dans mon pays. Tout a changé : le quartier, ma famille. Il y a comme une distance qui s’est installée entre ceux qui sont partis et ceux qui sont restés. » Sa fille Rafaa, qui se dit heureuse de retrouver un pays qu’elle n’a pas connu, admet à demi-mot regretter l’école publique libanaise où elle était inscrite : « Le niveau était meilleur qu’ici… » Avec le besoin de sécurité, la question de la scolarisation des enfants arrive en tête des préoccupations des réfugiés, rappelle le HCR.
    « Quand j’ai vu l’état de l’école publique où j’ai voulu inscrire mes deux filles, avec ces dizaines de gamins assis par terre, sans chaises, j’ai fui pour les inscrire dans le privé », se désole Ayman Al-Hassan, directeur général d’une entreprise de matériaux de construction, revenu vivre et travailler en Syrie après dix-huit ans d’exil aux Emirats arabes unis avec sa famille. Né dans la région d’Alep et membre de la grande tribu des Al-Bagara, Ayman Al-Hassan, 46 ans, avait quitté le pays « épuisé par la corruption de l’ancien régime ». « Cela faisait quatorze ans et le début de la révolution que j’attendais ce moment », explique-t-il. Lui est revenu s’installer il y a quelques mois, avec la ferme intention d’« aider le nouveau gouvernement », en qui il place de grands espoirs.
    « Rien ne m’obligeait à revenir. Les affaires sont florissantes à Dubaï et je pouvais faire des allers-retours », assure l’entrepreneur. Depuis son bureau de Sahnaya, une banlieue à majorité druze de Damas, il fait un signe de la main en direction de la ville mitoyenne de Daraya, dont des quartiers entiers ont été rasés par les bombardements : « Ici, tout est à reconstruire. » S’il revendique son appartenance à une génération d’entrepreneurs prêts à faire le pari d’une nouvelle Syrie où, espère-t-il, « la loi primera sur les magouilles », Ayman Al-Hassan s’attarde sur les ressorts plus intimes qui l’ont conduit à sauter le pas : « Dans les pays du Golfe, le quotidien n’est que business, il n’y a pas de vie sociale comme ici. Ma vie d’avant, mes proches, ma culture me manquaient terriblement. »
    D’autres aussi choisissent de rentrer alors qu’ils semblaient bien intégrés dans leur patrie d’accueil, mais se disent las du rejet auquel ils sont confrontés. Mohamed Rabie, 36 ans, en fait partie. Il s’est réinstallé à Damas à peine deux ans après avoir obtenu la nationalité allemande, en 2023. « Je suis revenu en décembre 2024, peu après la chute de Bachar. Je me souviens avoir marché pendant des heures dans les rues de la vieille ville, dans un mélange d’ivresse et de tristesse. La première fois depuis treize ans ! »
    C’est en 2012, alors qu’il étudie la philosophie et la littérature anglaise, que Mohamed Rabie quitte en catastrophe la capitale pour sa ville natale de Deir ez-Zor après avoir été convoqué par les services de renseignement. « J’aurais bien aimé avoir participé au soulèvement et m’en revendiquer, mais je n’avais strictement rien fait ! » Deux ans plus tard, en juillet 2014, celui qui s’est entre-temps mis au service d’un bureau médias d’une brigade rebelle de l’Armée syrienne libre doit cette fois fuir avec les djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) aux trousses. « Il était 16 h 13 ce jour-là quand j’ai quitté mon quartier. Je m’en souviens comme si c’était hier. Un ami d’enfance qui les avait rejoints m’a prévenu qu’ils s’apprêtaient à venir me tuer. C’était une affaire de quelques heures… » S’ensuit un périple qui le conduit en Allemagne, via la Turquie puis la route des Balkans − « à pied et sans le sou ». Il rencontre des reporters en chemin, ce qui change son destin. Il apprend l’allemand, s’inscrit à l’université et fait du journalisme son métier : à RTL, au sein du groupe Axel Springer, puis se lance dans l’investigation dans des médias d’enquête : « L’Allemagne, Berlin sont devenues ma seconde patrie. »
    La chute de Bachar Al-Assad, le 8 décembre 2024, réveille pourtant une blessure chez Mohamed Rabie, devenu un citoyen allemand : « Si j’ai appris quelque chose pendant la guerre, c’est la solidarité. Mais j’ai vu cette valeur s’évaporer ces dernières années, explique-t-il, en référence à la montée de l’intolérance qu’il perçoit sur le Vieux Continent. Beaucoup d’Allemands pensent que nous sommes venus manger leur pain, alors que la majorité des réfugiés syriens sont intégrés dans la société [leur taux d’emploi est quasiment le même que celui de la population allemande]. Nous sommes devenus les boucs émissaires des populismes en Europe. »

    #Covid-19#migrant#migration#syrie#retour#exil#politiquemigratoire#droit#etatcivil#refugie#sante

  • Belgique : hausse des demandes d’asile congolaises malgré un taux de rejet élevé - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/68285/belgique--hausse-des-demandes-dasile-congolaises-malgre-un-taux-de-rej

    Belgique : hausse des demandes d’asile congolaises malgré un taux de rejet élevé
    Par RFI Publié le : 21/11/2025
    La Belgique fait face à une forte hausse des demandes d’asile venues de la RDC. Depuis le début de l’année 2025, jusqu’au mois d’octobre, 2 120 Congolais ont déjà introduit une demande de protection internationale. C’est plus que sur toute l’année 2024.
    En 2021, ils n’étaient que 363 demandeurs d’asile venus de la RDC. Depuis, les chiffres ne font que grimper. Ils doublent quasiment chaque année. Aujourd’hui, la République démocratique du Congo (RDC) est le quatrième pays d’origine des demandes introduites en Belgique, derrière l’Afghanistan, la Palestine et l’Érythrée et devant la Turquie, la Syrie et le Burundi. Mais lorsqu’on regarde les personnes reconnues réfugiées, en 2025, la RDC n’arrive qu’en dixième position. Un écart que peut expliquer l’Office des étrangers : selon son directeur général, Freddy Roosemont, la plupart des demandes congolaises reposent sur de fausses déclarations.
    Une explication que rejette l’opposition congolaise. Pour Michael Sakombi, membre du bureau politique du PPRD, la Belgique ferme les yeux sur la situation au Congo. Son parti a été suspendu. Joseph Kabila, son leader, a été condamné à mort. Et, dit-il, la répression vise chaque voix discordante, illustrant par la suspension qui touche aussi d’autres partis de l’opposition proches de l’ancien président.
    Il cite le cas de l’expert belgo-congolais Jean-Jacques Wondo, condamné à mort en septembre 2024 pour la tentative de coup d’État du 19 mai. Ce dernier a passé huit mois et demi en prison avant d’être libéré le 4 février 2025.Michael Sakombi évoque aussi plusieurs généraux aujourd’hui en détention. Et puis un autre fait : même avec un taux de rejet très élevé, Bruxelles reste une destination privilégiée pour les opposants congolais. Une dizaine, proches de Joseph Kabila, y vivent aujourd’hui. Certains comme demandeurs d’asile. D’autres simplement en exil.

    #Covid-19#migrant#migration#belgique#RDC#exil#crise#sante

  • Cartographier les mouvements migratoires
    https://www.visionscarto.net/cartographier-les-mouvements-migratoires

    Cette contribution est une réédition de l’article collectif du même nom paru en 2016 dans la Revue Européenne des Migrations Internationales. Il peut sembler curieux de republier une réflexion sur les représentations visuelles « vieille » de presque dix ans, puisque ce monde fort mouvant change de plus en plus vite, mais les approches réflexives, épistémologiques et méthodologiques développées ici restent pertinentes dans un contexte où la représentation figurée de l’information est devenue (…) Billets

    #migrations #exil #frontières #cartographie #cartographie-radicale #sémiologie #sémiologie_graphique

  • En Libye, de plus en plus de migrants soudanais fuyant la guerre, selon l’OIM - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/67750/en-libye-de-plus-en-plus-de-migrants-soudanais-fuyant-la-guerre-selon-

    En Libye, de plus en plus de migrants soudanais fuyant la guerre, selon l’OIM
    Par La rédaction Publié le : 27/10/2025
    Dans un entretien avec l’AFP, la directrice de l’Organisation internationale pour les migrations, Amy Pope, a alerté sur un afflux massif de réfugiés dans la région causé par la guerre au Soudan. Depuis 2023, plus de 357 000 réfugiés soudanais ont afflué en Libye. La situation des migrants ne s’est pas améliorée en Libye, bien au contraire. Dans un entretien avec l’AFP, la directrice de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Amy Pope, a alerté sur les conditions de vie désastreuses des exilés dans le pays. Elle a également souligné la vulnérabilité des migrants soudanais, de plus en plus nombreux à fuir leur pays en guerre.
    Depuis 2023 et le début du conflit au Soudan opposant l’armée et les forces paramilitaires, plus de 357 000 réfugiés soudanais ont afflué en Libye, selon des données du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) datant d’août. Selon l’agence onusienne, entre 400 et 500 ressortissants soudanais franchissent la frontière de la Libye chaque jour. L’un des principaux points d’entrées dans le pays est la ville d’Al-Koufrah, dans le sud est de la Libye.
    Ce conflit « continue de provoquer des déplacements massifs » de ces réfugiés dans la région, indique Amy Pope. Et la situation est « aggravée » par une « baisse de l’aide humanitaire et financière » dans des pays d’accueil limitrophes comme le Tchad et l’Égypte, en raison notamment de coupes récentes dans les budgets de l’ONU, selon la cheffe de l’OIM.
    Si certains réfugiés soudanais en Afrique du Nord souhaitent et peuvent rentrer chez eux, notamment à Khartoum, où l’OIM a rouvert son bureau à la faveur d’une « amélioration relative de la sécurité », le retour reste impossible au Darfour, toujours théâtre « de graves violations des droits humains ». Entre trois et quatre millions d’étrangers « entrés illégalement » se trouvent en Libye, selon des affirmations des autorités libyennes datant de l’été. Un nombre largement supérieur à celui avancé par l’OIM qui estime qu’environ 858 000 migrants seraient présents sur le territoire libyen.
    Passeurs et trafiquants ont profité du climat d’instabilité qui règne dans le pays depuis la chute et mort de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 pour développer des réseaux clandestins. Dans le pays, les migrants sont bien souvent détenus dans des prisons officielles ou clandestines, où ils sont soumis à toutes sortes de violences et d’exploitations.
    « Nous recevons régulièrement des témoignages de migrants enlevés, retenus contre rançon ou victimes de violences et d’agressions », souligne Amy Pope, évoquant leur « très grande vulnérabilité ». Autant de violations des droits dont InfoMigrants se fait régulièrement l’écho. En novembre 2023, la rédaction d’InfoMigrants avait relayé les images - insoutenables - de trois hommes et deux femmes violemment battus par des trafiquants d’êtres humains en Libye. Les victimes étaient détenues dans la ville de Bani Walid, à environ 200 km de Tripoli, et suppliaient qu’on leur vienne en aide.
    Dans un rapport publié en juillet dernier, Médecins sans frontières (MSF) rappelait notamment que la pratique de la torture était généralisée sur la route migratoire de la Méditerranée centrale, et en Libye en particulier. La majorité des décès recensés en Méditerranée concernent des personnes parties de Libye, a également précisé la cheffe de l’OIM, évoquant plusieurs naufrages récents.
    Au moins 61 corps de migrants ont été retrouvés au cours des deux dernières semaines sur la côte ouest de la capitale libyenne Tripoli, a indiqué le 11 octobre un centre médical libyen - dépendant du ministère de la Santé - dans un communiqué. Mi-septembre, l’OIM avait déclaré qu’au moins 50 personnes étaient mortes après qu’un navire transportant 75 exilés soudanais a pris feu au large des côtes libyennes.Selon les chiffres de l’OIM, 1 300 personnes ont péri sur l’ensemble de la Méditerranée (dont 880 en Méditerranée centrale et 208 en Méditerranée orientale) depuis le début de l’année. Parmi eux, 73 enfants.

    #Covid-19#migrant#migration#libye#soudan#crise#conflit#sante#exil#migrationirreguliere

  • « Pendant que les structures de soins aux exilés ferment, les budgets ­alloués au contrôle migratoire explosent »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/22/pendant-que-les-structures-de-soins-aux-exiles-ferment-les-budgets-alloues-a

    Dans un silence pesant, les financements publics affectés à l’accompagnement des personnes exilées, en particulier dans le domaine de la santé mentale, s’effondrent. Ces derniers mois, un nombre croissant d’associations, œuvrant depuis des décennies à la croisée du soin, du droit et de l’accueil, voient leurs budgets amputés, parfois de manière brutale, arbitraire et sans explication.

    Les crédits alloués par le ministère de l’intérieur sont arrêtés ou réduits. Dans d’autres cas, ce sont les subventions de collectivités locales qui disparaissent. Les premières victimes de cette politique de rétraction sont les plus vulnérables : femmes, hommes et enfants en exil, survivants de conflits, de violences, de tortures, qui peinent déjà à retrouver une vie digne. Ces coupes ne sont pas de simples ajustements budgétaires, mais la mise à mort méthodique d’un secteur essentiel de notre société, une attaque frontale contre les structures de soin et de solidarité, et une insulte à l’intelligence collective.

    Les chiffres sont connus : près de 70 % des personnes en exil ont vécu des violences le long de leur parcours – guerre, torture, violences sexuelles, enfermement –, selon le Comité pour la santé des exilés, entre autres ; et une personne sur cinq souffre de troubles psychiques sévères dont des psychotraumatismes et des dépressions, d’après une étude de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé. Faute de soins, ces pathologies s’aggravent et deviennent chroniques. Elles condamnent à l’isolement, entravent les parcours d’insertion et pèsent sur l’ensemble du tissu social.

    Dans ce contexte, saborder les structures spécialisées dans l’accueil et le soin psychique est un acte de violence et un non-sens médical, économique et social. Les associations concernées reposent en général sur des modèles mixtes, mêlant fonds publics, bénévolat et dons.

    Le désengagement de l’Etat provoque un effet domino : perte des équipes expérimentées, réduction de l’accueil, augmentation des délais de soins, puis fermeture. Ce sont des vies qu’on condamne. Ce ne sont pas des ajustements techniques : c’est un choix politique délibéré qui se traduit par la fragilisation des acteurs de terrain, l’invisibilisation des souffrances, le report sur des structures saturées ou l’abandon pur et simple.

    Mission de service public

    Pendant que les structures de soins ferment, les budgets alloués au contrôle migratoire explosent : plus de 150 millions d’euros par an seraient mobilisés pour l’évacuation des #campements, selon le rapport sur les campements et bidonvilles en France du Conseil de l’Europe en 2020 ; et des centaines de millions pour bloquer les #frontières. Depuis 1998, plus de 1 milliard d’euros ont été dépensés pour empêcher les exilés de traverser la Manche. A lui seul, ce budget pourrait financer plus de 500 centres de soins spécialisés. Soigner coûte moins cher qu’exclure. Et surtout, soigner sauve des vies.

    Nous ne faisons pas face à une crise passagère, mais à un tournant : celui où l’Etat choisit de sacrifier les structures associatives, pourtant indispensables à la santé publique, à la cohésion sociale et à l’hospitalité. Les associations ne sont pas des supplétifs. Elles sont des piliers créatifs pour proposer des soins essentiels.

    Le paradoxe est glaçant : la santé mentale a été érigée en « grande cause nationale » de l’année 2025, sans que celle-ci soit au cœur des enjeux financiers et politiques de l’Etat. Partout en France, les associations tiennent à bout de bras un tissu de soins, d’écoute, d’orientation, de médiation et de défense des droits. Elles remplissent une mission de service public. Elles innovent, forment, accompagnent, soignent et ce, malgré l’épuisement, le mépris institutionnel et les coupes. C’est aujourd’hui que se décide quel type de société nous voulons être : une société de soin ou une société de rejet.

    Parmi les signataires : Sabrina Aït-Aoudia, directrice exécutive de l’association Parcours d’exil ; Jean-François Corty, président de Médecins du monde ; Jean-Jacques Férigoule, président de l’association Osiris ; Monique Guyot-Berni, présidente de l’association La Cimade ; Hélène Leroy, directrice médicale du réseau Louis Guilloux ; Camille Niel, cheffe de la mission France de Médecins sans frontières ; Guillaume Rossignol, directeur de l’association Jesuit Refugee Service France ; Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky, présidente du Centre Primo Levi ; Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des droits de l’homme ; Sylvestre Wozniak, directeur général de l’association Forum Réfugiés. Liste complète des signataires à retrouver ici. [https://primolevi.org/letat-sacrifie-les-structures-associatives-pourtant-indispensables-a-la-s

    #exilés #étrangers #crédits #subventions #soins #accueil #contrôle_migratoire

  • Interroger l’écosystème grenoblois de l’accueil par la cartographie de personnes exilées
    https://www.visionDu nouveau sur visionscarto.net :

    Cartographie sensible et participative : un nouveau projet mené avec talent par Lisa Ferraud :

    Interroger l’écosystème grenoblois de l’accueil par la cartographie de personnes exilées

    https://www.visionscarto.net/cartographie-personnes-exilees

    Cette contribution s’inspire d’un projet de recherche mené autour de la spatialité de la politique d’accueil de la municipalité de Grenoble et de ses effets sur la réponse aux besoins des personnes exilées. Il s’inscrit en parallèle d’un stage de cinq mois au sein du projet « hospitalité et interculturalité » de la Ville de Grenoble : observer et comprendre la manière dont les personnes exilées perçoivent « l’écosystème » grenoblois de l’accueil.scarto.net/cartographie-personnes-exilees

    Ce texte s’inspire d’un travail de recherche mené dans le cadre d’un mémoire de master en géographie sociale (parcours Géopoésice, Université Grenoble Alpes) autour de la spatialité de la politique d’accueil de la municipalité de Grenoble et de ses effets sur la réponse aux besoins des personnes exilées. Le mémoire s’inscrivait en parallèle d’un stage de cinq mois au sein du projet « hospitalité et interculturel » de la Ville de Grenoble. Son objectif était d’analyser la manière dont les (…) Billets

    #migrations #exil #urban_matter #accueil_migrants

  • Boat people : l’urgence de raconter
    https://laviedesidees.fr/Boat-people-l-urgence-de-raconter

    Rescapé aujourd’hui installé au Canada, un écrivain raconte, à hauteur d’hommes et de femmes, la tragédie collective. Son roman devient un acte littéraire autant qu’un geste de #mémoire, au moment où le #Vietnam s’engage dans un processus de réconciliation.

    #Histoire #réfugiés #guerre #exil
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20251013_boatpeople.pdf

  • La tripla barriera europea e le conseguenze per chi cerca di attraversarla
    https://www.visionscarto.net/tripla-barriera-europea

    Il testo analizza come l’Unione europea ha costruito una tripla barriera frontaliera frontiere e come condiziona la mobilità delle persone «indesiderabili». Ne descrive inoltre le conseguenze per coloro che, resi illegali, continuano a cercare di aggirarla. di Cristina Del Biaggio Geografa, Université Grenoble Alpes et Laboratoire Pacte Continuum della mobilità: dall’ipermobilità all’immobilità Si può collocare la popolazione mondiale su un continuum caratterizzato da due poli: da (…) Billets

    #migrations #exil #mourir_aux_portes_de_l_europe #frontières

  • Corpi di donne come campi di battaglia: premiato al World Press Photo 2025, ecco l’impressionante reportage di #Cinzia_Canneri

    Cinzia Canneri, vincitrice di un World Press Photo per progetti a lungo termine, ci racconta il suo lavoro dedicato al lungo viaggio delle donne eritree in fuga dal loro Paese.

    Vincitore del World Press Photo 2025 come Long-Term Project della regione Africa, Women’s bodies as battlefields di Cinzia Canneri è un progetto che parte da lontano e che definisce, in un qualche modo, la stessa carriera della fotografa italiana. Particolarmente attenta alle tematiche che riguardano la questione femminile e di genere, l’immigrazione e i diritti umani, Cinzia, dal 2017, si è completamente immersa nella realtà di quelle donne che, scappando dalla dittatura eritrea, hanno iniziato il loro viaggio verso un barlume di salvezza.
    Abbiamo parlato direttamente con l’autrice del suo lavoro.
    Qual è la storia dietro al tuo ultimo lavoro Women’s bodies as battlefields, vincitore del World Press Photo 2025 come Long-Term Project?

    La storia del progetto riguarda l’uso della violenza sessuale sulle donne come arma di guerra, impiegata in modo sistematico e con uno scopo politico.
    Prima di tutto, ho analizzato il viaggio delle donne eritree in fuga dalla dittatura nel loro Paese, una delle più oppressive al mondo. Il loro viaggio, rispetto a quello degli uomini, è molto più complesso e lungo. Spesso si interrompe ai confini, perché molte madri non vogliono separarsi dai figli rimasti a combattere o sepolti nella terra natale. Questa parte del progetto l’ho prodotta tra il 2017 e il 2019. Ho voluto trattare la violenza sulle donne analizzandola non solo come diretta azione delle forze che la perpetrano, ma anche in maniera indiretta, mostrando come, ad esempio, alcune donne si sottopongano a iniezioni ormonali per proteggersi da eventuali aggressioni durante il viaggio.

    La seconda parte del progetto, invece, ha interessato lo scoppio della guerra in Tigray, nel 2020, durante la quale tutte le forze coinvolte nel conflitto hanno utilizzato la violenza sessuale come arma di guerra. Le donne eritree e tigrine, residenti in Tigray, si sono unite nella fuga verso il Sudan o Addis Abeba. L’esercito eritreo ha usato la violenza sessuale sia contro le donne eritree che contro quelle tigrine, con intenti differenti: sulle eritree come forma di punizione, sulle tigrine come strumento di sterminio.
    I loro corpi sono diventati, così, dei veri e propri campi di battaglia, senza schieramenti precisi, comprensibili o identificabili. Da qui è nato il mio progetto Women’s Bodies as Battlefields.
    Come ti sei avvicinata a questa tematica?

    Intorno al 2017 sentivo il desiderio di iniziare un mio progetto fotografico che mi presentasse alla comunità internazionale come fotografa. Prima di allora, ho lavorato come educatrice professionale e, successivamente, come psicologa nel sociale.
    La fotografia l’ho scoperta alla fine degli anni Novanta, organizzando un corso per alcuni utenti di un centro diurno con disturbi psichici. Me ne ero innamorata ed era rimasto in me come un amore profondo, mai del tutto sopito.
    La scelta di raccontare le donne eritree nel loro viaggio nasce da più motivazioni. Innanzitutto, in Italia – soprattutto intorno al 2014 – arrivavano molti uomini eritrei e pochissime donne. Così mi sono posta delle domande su questa disparità. Inoltre, ero anche interessata all’Eritrea e all’Etiopia in quanto terre segnate dal colonialismo italiano, e attribuivo parte delle responsabilità dei conflitti che le attraversano anche al mio Paese.

    Un Paese che ha onorato il giornalista Indro Montanelli con una statua, nonostante durante la guerra del 1935 avesse “comprato” una ragazza eritrea – insieme a un cavallo e a un fucile. La ragazza si chiamava Destà. Montanelli scrisse che gli ci volle del tempo per superare “il suo odore di capra”.
    Mi sono sentita, e mi sento ancora, profondamente offesa come donna davanti a una cultura così violenta nei confronti delle donne. La violenza di genere è trasversale, ma la vulnerabilità legata a razza e classe sociale contribuisce ad amplificarne la complessità.
    È dal sentirmi offesa da questa violenza generalizzata, sociale e di genere, che nasce l’idea del mio lavoro.

    Il corpo rappresentato nel tuo progetto non è solo un teatro di ferite fisiche, ma anche un concetto di corpo che racconta la forza collettiva, la comunità femminile…

    Il corpo è segnato da cicatrici che rappresentano un segno indelebile, qualcosa che permane nel tempo come parte di sé, della propria identità e storia. È la materializzazione di un trauma, ma in questo suo diventare materia diviene anche “altro” dall’azione del male. Vi è una trasformazione psichica, emotiva e di significato. Anche di visione di sé. Non è più deformazione, ma appartenenza attraverso un processo di ridefinizione. I corpi di queste donne, individualmente, sono feriti, ma, collettivamente, rivendicano giustizia, esprimono forza e capacità non solo di sopravvivere, ma di mirare a un cambiamento.

    Qual è stato l’approccio con i tuoi soggetti?

    Per la realizzazione del progetto sono entrata a far parte della comunità di queste donne, seguendo molte delle loro cause e promuovendo attivamente iniziative dove le mie foto sono state messe al servizio di alcune loro attività. Stare con loro, prima attraverso una relazione umana e poi come fotografa, mi ha dato accesso alla loro fiducia, riuscendo, così, a fotografarle in situazioni molto intime.
    La relazione umana è la base della mia idea di fotografia, in cui lo scatto rappresenta l’ultimo tassello. La mia pratica nasce, infatti, senza macchina fotografica: quando la prendo in mano è perché sento che può diventare quasi invisibile, percepita come un’estensione di me. L’altro si racconta allora con la stessa naturalezza di quando si condivideva un caffè, una risata o un pianto.

    Molti dei miei ritratti nascono insieme al soggetto. Anche nei ritratti in posa, forse ancora di più, considero riuscito uno scatto solo se esprime una relazione autentica, se la consapevolezza dello sguardo si dissolve per lasciare spazio a un racconto intimo.
    Anche gli oggetti presenti nel mio lavoro fanno parte di una specifica narrazione. Come nel caso, ad esempio, di una madre che mi parla della morte di sua figlia e mi mostra ciò che le apparteneva. Oggetti che diventano ceneri di un corpo sepolto in un luogo lontano, irraggiungibile. O ancora, gli oggetti del Museo dei Martiri di Makelle, che testimoniano le violenze subite dalle donne e che oggi i tigrini espongono come forma di protesta contro il mancato riconoscimento di quanto commesso da parte del governo federale etiope.

    Quale ruolo assume la luce nella tua produzione e come l’hai gestita specificatamente in questo lavoro?

    Per questo lavoro ho scelto il bianco e nero perché ero interessata a trascendere il reale, per valorizzare la realtà soggettiva e comunitaria delle donne del mio racconto. Dunque, la luce ha avuto un ruolo fondamentale: quando uso la luce naturale è perché individuo un riflesso, un’oscurità o un’atmosfera che mi descrivono quel contesto indipendentemente da me; dall’altra parte, invece, quando uso la luce artificiale è perché direziono io il racconto su un qualcosa che voglio definire e che non nasce dal contesto naturale, ma per esempio da qualcosa che mi è stato raccontato dalla persona che fotografo.
    Recentemente, dall’esperienza di questo tuo progetto, hai fondato la Fondazione Cross Looks. Ce ne parli?

    Quasi due anni fa ho iniziato a pormi delle domande che mettevano in discussione il mio modo di lavorare. Per me, fare fotografia significa intraprendere una ricerca personale, alla costante scoperta di nuovi significati e visioni che non si limitano soltanto allo sguardo.
    Quando, come fotografi, ci rechiamo in terre vulnerabili come quelle africane, lo facciamo portando con noi un potere che deriva dalla nostra posizione di occidentali. Un potere economico, di mobilità, di ruolo sociale, che si ottiene anche attraverso il lavoro che svolgiamo in questi contesti.

    Ho iniziato così a credere che non sia sufficiente lavorare basandosi solo sul rispetto umano o su una collaborazione con le diaspore e le comunità locali, se queste non hanno un reale potere trasformativo sul nostro operato. La collaborazione autentica è possibile solo quando tutte le parti coinvolte hanno la possibilità di agire e partecipano a decisioni condivise. Durante gli anni di lavoro su Women’s Bodies as Battlefields ho incontrato associazioni, giornaliste e attiviste locali e con alcune di loro – tutte donne – abbiamo dato vita a “Cross Looks” che mira a ricercare narrazioni condivise per contrastare gli stereotipi emergenti quando non si è immersi né si è parte della cultura del contesto narrato.

    https://fotocult.it/womens-bodies-as-battlefields-cinzia-canneri-reportage-world-press-photo-20
    #photographie #femmes #Erythrée #Ethiopie #exil #fuite #réfugiés #femmes_réfugiés #viols #viols_comme_arme_de_guerre #guerre #migrations #réfugiés #violences_sexuelles #Tigray

  • Comment les Israéliens se sont accommodés du génocide – « #Oui » de #Nadav_Lapid
    https://lvsl.fr/comment-les-israeliens-se-sont-accommodes-du-genocide-oui-de-nadav-lapid

    Un pianiste est chargé de mettre en musique l’hymne du « Nouvel #Israël », appelant à l’extermination des Gazaouis. À partir de cette prémice (semi) fictionnelle, le film Oui de Nadav Lapid expose le Zeitgeist israélien avec une redoutable précision. Il offre un portrait grinçant de la bourgeoisie israélienne, pour laquelle les massacres sont un divertissement comme […]

    #Culture #International #Cinéma #Festival_de_Cannes #Gaza #Palestine

  • « Holding Lemahieu » : comment le nom de notre journaliste s’est retrouvé à la tête de l’#empire de Pierre-Édouard Stérin - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/medias/extreme-droite/holding-lemahieu-comment-le-nom-de-notre-journaliste-sest-retrouve-a-la-tet

    « Holding Lemahieu » : comment le nom de notre #journaliste s’est retrouvé à la tête de l’empire de #Pierre-Édouard_Stérin

    C’est un mouvement capitalistique resté jusqu’ici sous les radars, mais qui ressemble fort à une tentative d’intimidation, inédite à notre connaissance dans l’histoire de la presse. Un peu plus d’un an après que l’Humanité a révélé, le 19 juillet 2024, le projet #Périclès, ce plan du #milliardaire #exilé_fiscal Pierre-Édouard Stérin pour porter l’extrême droite au pouvoir, nous avons découvert que l’intéressé avait choisi de créer, cet été, au #sommet de sa pyramide de sociétés, une nouvelle « holding de tête », dotée d’un capital de 1,395 milliard d’euros, une somme provenant des actions de sa holding historique en Belgique, dénommée BAD 21.

    Jusqu’ici, rien de surprenant, sauf que l’entrepreneur ultraconservateur a décidé de donner à cette nouvelle structure un nom qui l’est beaucoup plus : la #Lemahieu #Holding, s’appropriant le patronyme de notre collègue Thomas Lemahieu

    • « L’Humanité » accuse le milliardaire conservateur Pierre-Edouard Stérin d’avoir baptisé sa holding du nom d’un de ses journalistes
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/09/12/l-humanite-accuse-le-milliardaire-conservateur-pierre-edouard-sterin-d-avoir

      Le directeur du journal, Fabien Gay, a vu dans ce nom « une provocation inacceptable, voire une tentative d’#intimidation ». Sollicité pour une réaction de M. Stérin, son fonds d’investissement, Otium Capital, a répondu : « Nous n’avons pas de commentaire à faire. »

      [Thomas Lemahieu a reçu fin août un mel de Stérin : ] « Cher Monsieur, j’ai été très sensible à la très grande attention que vous avez bien voulu porter à mes activités sur les dernières années. Je suis certain que vous apprécierez en retour le nom que j’ai donné à ma holding de tête »

      #extrême_droite #media

    • « Hommage » de Pierre-Edouard Stérin à un journaliste : « Nous refusons que nos consœurs et confrères soient ainsi ciblés »
      https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2025/09/16/hommage-de-pierre-edouard-sterin-a-un-journaliste-nous-refusons-que-nos-cons

      Le milliardaire conservateur a cru bon de nommer la holding qui abrite désormais l’essentiel de sa fortune du nom d’un journaliste de « L’Humanité » qui a enquêté sur lui. M. Stérin s’est ensuite vanté de cet « hommage », levant tout doute sur une éventuelle coïncidence.

      Depuis un an et demi, le travail d’enquête mené par Thomas Lemahieu, journaliste à l’Humanité, a été essentiel pour faire connaître les projets métapolitiques de l’homme d’affaires français Pierre-Edouard Stérin, exilé fiscal en Belgique. Ses recherches ont révélé les contours du projet Périclès (acronyme de « Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainiste ») et permis de comprendre comment le milliardaire d’extrême droite, fondateur de Smartbox, entend peser sur la scène politique française en finançant à cette fin différentes structures le soutenant : associations, think tanks… Ce travail d’enquête constitue le genre de dévoilement d’intérêt public qu’est par essence le journalisme.

      Cet été, Pierre-Edouard Stérin a cru bon de nommer la holding qui abrite désormais l’essentiel de sa fortune du nom du journaliste, « Lemahieu holding », valorisée à 1,3 milliard d’euros et domiciliée en Belgique. Par courriel, il s’est vanté de cet « hommage » auprès du journaliste, levant tout doute sur ses intentions, et sur une éventuelle coïncidence. Il s’y montrait amusé à l’idée de voir ce journaliste contraint à écrire sur une structure financière qui porte désormais son nom.

      Alors que l’extrême droite ne cesse d’étendre son emprise sur les médias, par le biais – notamment - de rachats de titres dont les rédactions sont par la suite mises au pas, une telle démarche d’intimidation est évidemment inacceptable.
      Nous, sociétés de journalistes, souhaitons apporter tout notre soutien à Thomas Lemahieu et refusons que nos consœurs et confrères soient ainsi ciblés, personnellement, quand ils et elles ne font que leur travail.

      Les sociétés de journalistes et de personnels de :
      Arrêt sur images, Arte, BFM Business, BFM TV, Capital, Challenges, Franceinfo numérique, France 24, France 3 rédaction nationale, France télévisions rédaction nationale, Groupe Profession Santé, La Tribune, LCI, L’Humanité, Le Monde, Le Nouvel Obs, Le Télégramme, Les Echos, Le Parisien, L’Informé, Libération, Mediapart, Premières Lignes TV, Public Sénat, Radio France, Radio France Internationale, Télérama, TF1.