• #Sexe, #race & #colonies. La #domination des #corps du XVe siècle à nos jours

    Reposant sur plus de mille peintures, illustrations, photographies et objets répartis sur six siècles d’histoire au creuset de tous les #empires_coloniaux, depuis les conquistadors, en passant par les systèmes esclavagistes, notamment aux États-Unis, et jusqu’aux #décolonisations, ce livre s’attache à une #histoire complexe et #taboue. Une histoire dont les traces sont toujours visibles de nos jours, dans les enjeux postcoloniaux, les questions migratoires ou le métissage des identités.
    C’est le récit d’une #fascination et d’une #violence multiforme. C’est aussi la révélation de l’incroyable production d’#images qui ont fabriqué le regard exotique et les fantasmes de l’Occident. Projet inédit tant par son ambition éditoriale, que par sa volonté de rassembler les meilleurs spécialistes internationaux, l’objectif de Sexe, race & colonies est de dresser un panorama complet de ce passé oublié et ignoré, en suivant pas à pas ce long récit de la #domination_des_corps.


    https://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Sexe__race___colonies-9782348036002.html
    #colonialisme #colonisation
    #esclavage #image #post-colonialisme #identité #exotisme

    • "Sexe, race & colonies", un ouvrage d’historiens qui fait débat

      L’ouvrage « Sexe, race & colonies » d’un collectif d’historiens sur l’imagerie du corps sous domination coloniale, fait à la fois référence et débat en France. L’historien Pascal Blanchard est l’invité de France 24.

      Le livre en impose par son ambition historiographique, par le nombre de photographies réunies, par l’ampleur du sujet – des siècles et des continents parcourus. « Sexe, race & colonies, la domination des corps du XVe siècle à nos jours » (éditions La Découverte) jette un regard historique et transnational sur l’accaparement des individus jusque dans leur intimité, au nom de la domination occidentale.

      Plus d’un millier de peintures et de photographies permettent de prendre la mesure du corps-à-corps entre colons et colonisés, perçus comme étant à disposition, sexualisables à l’envi. Le travail d’un collectif de 97 historiens sous la direction de Pascal Blanchard, spécialiste du fait colonial et de son imaginaire au Laboratoire communication et politique du CNRS, scrute tout le panel de cette imagerie, tour à tour fantasmagorique et tristement réelle, de la représentation érotisée des « sauvages » dès le XVe siècle jusqu’à des cartes postales dégradantes envoyés en Europe par les colons établis dans les pays du Sud aux XIXe et XXe siècles. Le phénomène ne se résume pas aux colonies françaises en Afrique, l’Empire japonais et l’Amérique ségrégationniste ont connu les mêmes logiques d’assujettissement sexuel des corps.

      Cet ouvrage donne à voir combien « l’Occident s’est arrogé un droit sur l’autre. La domination des terres s’est accompagnée d’une domination des corps. C’était un safari incroyable. L’homme blanc se sentait intouchable », explique Pascal Blanchard sur France 24. « Dès le XVe siècle, la peinture raconte l’histoire d’un paradis perdu. Ces corps nouveaux fascinent, alors même que les Occidentaux cachent le leur. Mépris et attirance se sont entrecroisés. Ce qui était un paradis pour les uns était l’enfer des autres », juge l’historien.

      Durant quatre années, le collectif a fouillé quelque 450 fonds privés et publics dans le monde, en Europe, aux États-Unis, en Asie, et s’est heurté à des obstacles. « Les musées ont refusé de nous céder les droits pour les œuvres de Gauguin qui posent énormément problème. Les héritiers de Hergé ont également mis leur veto pour utiliser des dessins de ’Tintin au Congo’. Sans compter les marques qui ont refusé que leurs publicités interraciales soient dans le livre », relate Pascal Blanchard, convaincu que le sujet dérange encore.

      « Prendre les images au sérieux »

      Peut-on décoloniser les images sans montrer les images ? L’ouvrage s’est attiré des critiques. Le collectif Cases rebelles ironise sur l’intention de ces « bonnes âmes » qui, « sous prétexte de dénoncer ou d’analyser », ne fait que « reconduire la violence en diffusant massivement des images de femmes non-blanches humiliées, agressées, dont certaines sont encore des enfants sur les clichés en question. Comme si la reproduction de ces images avait cessé d’être profondément attentatoire à leur dignité, comme si elles n’affectaient plus leurs descendant.e.s et tout.e.s les héritier.e.s – côté victimes – de cette violence coloniale. »

      Parmi les historiens qui ont participé à l’ouvrage, Christelle Taraud, spécialiste de l’histoire des femmes, du genre et des sexualités en contexte colonial, particulièrement dans les pays du Maghreb, s’explique : « Il y a assez peu d’ouvrages qui prennent au sérieux les images », affirme-t-elle lors des Rendez-vous de l’histoire organisés à Blois, le 13 octobre 2018. « Pour parler de domination coloniale, il fallait donc nous emparer de ce matériel image qui a toujours posé beaucoup de problèmes aux historiens, ou a été traité de façon illustrative, poursuit l’historienne. On voulait replacer ces images au cœur de notre propos. A partir du XIXe siècle et l’invention de la photographie, l’essentiel de la domination symbolique est passé par la domination visuelle. Et nous sommes persuadés que les stéréotypes d’hier affectent très lourdement nos sociétés contemporaines. »

      Le succès du tourisme sexuel dans les pays anciennement colonisés, le fantasme de la « beurette » supposément sensuelle, sont autant d’héritages non assumés de cette imagerie dominatrice, estime le collectif d’historiens, qui se défend d’avoir versé dans le sensationnalisme. « Les images ont une puissance, elles sont perturbantes, bouleversantes, admet Nicolas Bancel, invité de la table ronde consacrée à l’ouvrage aux Rendez-vous de l’histoire. Elles font résonner en nous des zones obscures de l’inconscient. Nous avons travaillé à ce que ce livre fasse réfléchir, qu’il permette la distance. On a particulièrement réfléchi à l’intertextualité, le rapport entre le texte et l’image. »

      Vertige et violence de la reproduction

      Précisément, cette intertextualité est l’objet de critiques. L’habillage de l’ouvrage, la typographie du mot « sexe » qui s’étale en couverture, la reproduction en grand format et sur papier glacé des photographies de personnes nues et maltraitées, la prégnance des images au détriment du texte, participent au rejet du livre.

      Ce format de publication ne se soucie pas « de la matérialité de l’objet d’histoire que l’on fabrique » et vient « contredire le projet des auteurs », écrit Philippe Artières dans Libération. Les photographies sont « crues, pornographiques et violentes », atteste la militante féministe Mélusine, qui plaide pour le « respect » envers « toutes leurs lectrices d’aujourd’hui, en particulier pour celles qui reconnaissent ces corps au leur si semblables et qui continuent de souffrir des conséquences sociales, morales et physiques de cet imaginaire sexuel raciste, qui n’a pas cessé d’exciter l’œil des spectateurs ». « On vomit parce qu’on a cru ouvrir un livre d’histoire, et qu’on se retrouve en train de feuilleter un gros beau livre porno, écrit Daniel Schneidermann. Vous savez, les beaux livres, sur les tracteurs, les peintres du Quattrocento ou les pipes en écume ? Cette fois, c’est un beau livre de viols coloniaux. » Florent Georgesco dans Le Monde admet également que « l’ensemble souffre au bout du compte de définir le sexe colonial de manière si large, sans les nuances qu’une pensée critique plus solide aurait permises, qu’il devient une réalité vague, propre à accueillir tous les sentiments. Même la fascination. »

      « On ne les appelle pas des photos érotiques », se défend Pascal Blanchard sur France 24. « On les appelle des images de la domination coloniale. Vous avez vu un homme qui presse le sein d’une femme ? C’est un safari sexuel. Et on n’a pas tout montré, les images de pédophilie n’ont pas été publiées. Si on veut comprendre comment à l’époque, à travers ces photographies, on a légitimé le droit de posséder le corps de l’autre, il faut montrer ces images. »

      Nicolas Bancel dresse un parallèle avec la réception de l’ouvrage américain « Without Sanctuary » (éditions Twin Palms Publishers, 2000), qui rend compte d’une abondante iconographie du lynchage aux États-Unis. Sur les cartes postales et sur les photographies amateur, la présence des enfants blancs dans le public, tout comme l’esthétisme des clichés, dérangent fortement. « Les premières réactions à ce livre et à ces images ont été extrêmement violentes parmi les Noirs américains, jusqu’à ce qu’ils s’en emparent », relate l’historien. De la même façon, le temps permettra aux images coloniales d’être « digérées, comprises, dépassées », estime Christelle Taraud.

      Quid du droit à l’image

      Faut-il se désoler de l’impréparation d’une société à affronter la force dérangeante de ces images, ou alors faire une place à l’émotion que suscite cet ouvrage ? La distanciation voulue par les auteurs du livre a-t-elle pris en compte, dans son champ de vision, la présence des descendants des colonisés qui vivent cette publication comme une nouvelle violence ?

      « Ces victimes sur les photographies publiées sont nôtres, elles sont de chez nous, de nos terres, de nos familles, affirme le collectif Cases rebelles. Nous ne sommes pas éloigné.e.s, pas détaché.e.s de ces corps. Aujourd’hui encore, nous portons au quotidien le poids de ces hypersexualisations violentes, de ces hyperaccessibilités au corps colonisé », rappelle le collectif qui pose la question du droit à l’image : « À la question de savoir si ces photos doivent être montrées dans l’absolu, nous répondons clairement : ne serait-ce pas d’abord aux personnes figurant sur les photos de répondre ? Les femmes, les enfants humilié.e.s, exhibé.e.s sur ces photos, ou leurs ayants droit, ont-ils donné leur autorisation ? Est-ce que quelqu’un connaît même leurs noms ? »

      Sans répondre à ces critiques – Pascal Blanchard n’a pas affronté de contradiction en public lors des Rendez-vous de l’histoire à Blois, ni honoré l’invitation de l’émission « Arrêt sur images » de débattre à plusieurs –, l’historien conclut sur France 24 : « Nous sommes en train de découvrir l’histoire de la domination masculine. C’est une longue histoire, qui n’est pas née avec #MeToo, et ne s’arrêtera pas dans les quelques mois qui viennent. C’est très complexe d’aborder l’histoire de la domination masculine parce que par définition ça nous fait peur, parce que ça bouleverse tous nos repères. »

      Le malaise face aux images serait donc le miroir d’un désarroi. Ou peut-être le signe que la distance et le respect n’ont pas encore trouvé leur place dans cette longue histoire du rapport au corps.

      https://www.france24.com/fr/20181021-sexe-race-colonies-livre-histoire-images-domination-corps-pascal-



  • Les zoos humains, une réalité française (une interview de Pascal Blanchard)

    Dans cet entretien avec la journaliste Dolores Bakela, Pascal Blanchard parle de la domination blanche, l’exotisation des corps, de la naissance du racisme et de la distinction entre les races... bref, d’une histoire française qui a laissé des traces durables dans le présent. Attention, les images et même les propos de Monsieur Blanchard peuvent heurter.

    > https://peertube.heraut.eu/videos/watch/6cdadeb3-db47-4f55-9a0f-6651493511d3

    Le documentaire lui même est disponible en replay par ici : https://www.arte.tv/fr/videos/067797-000-A/sauvages-au-coeur-des-zoos-humains

    #peertube #lemedia #arte #documentaire #interview #PascalBlanchard #colonialisme #Histoire


  • Sexe, race et colonies : palmier d’or de l’exotisme colonial ?
    Mehdi Derfoufi, De l’Autre Côté, le 27 septembre 2018
    https://delautrecote.org/2018/09/27/sexe-race-et-colonies-palmier-dor-de-lexotisme-colonial

    A propos du livre Sexe, race & colonies, de Pascal BLANCHARD, Nicolas BANCEL, Gilles BOËTSCH, Dominic THOMAS, Christelle TARAUD
    https://seenthis.net/messages/724236

    Et après la réaction d’un collectif de femmes racisées :

    Les corps épuisés du spectacle colonial
    Cases Rebelles, septembre 2018
    https://seenthis.net/messages/725038

    (pour être tout à fait honnête, l’équipe qui rédige le livre s’est posé toutes ces questions et y répond, mais on n’est pas obligés d’être d’accord avec eux et le débat reste ouvert...)

    (pour être encore plus honnête, et cela rappelle l’affaire Exhibit B, si l’auteur principal qu’on voit sur tous les plateaux télé n’était pas un homme blanc, la situation serait plus facile...)

    #colonialisme #racisme #sexisme


  • Le sexe des colonies | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/220918/le-sexe-des-colonies?onglet=full

    Un livre-somme consacré aux rapports entre sexe, race et colonies explore les images et les imaginaires qui ont structuré les relations entre #sexualité, #domination et #colonisation. Entretien avec Pascal Blanchard, co-directeur de l’ouvrage.

    https://www.youtube.com/watch?v=pVW96mYnhQ0

    #racisme #métissage #sexisme #livre


  • Eric Fassin : « L’#appropriation_culturelle, c’est lorsqu’un emprunt entre les cultures s’inscrit dans un contexte de #domination »

    Dans un entretien au « Monde », le sociologue Eric Fassin revient sur ce concept né dans les années 1990, au cœur de nombre de polémiques récentes.

    Des internautes se sont empoignés sur ces deux mots tout l’été : « appropriation culturelle ». Le concept, né bien avant Twitter, connaît un regain de popularité. Dernièrement, il a été utilisé pour décrire aussi bien le look berbère de Madonna lors des MTV Video Music Awards, la dernière recette de riz jamaïcain du très médiatique chef anglais #Jamie_Oliver, ou l’absence de comédien autochtone dans la dernière pièce du dramaturge québécois #Robert_Lepage, #Kanata, portant justement sur « l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones ».

    Qu’ont en commun ces trois exemples ? Retour sur la définition et sur l’histoire de l’« appropriation culturelle » avec Eric Fassin, sociologue au laboratoire d’études de genre et de sexualité de l’université Paris-VIII et coauteur de l’ouvrage De la question sociale à la question raciale ? (La Découverte).
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    D’où vient le concept d’« appropriation culturelle » ?

    Eric Fassin : L’expression apparaît d’abord en anglais, à la fin du XXe siècle, dans le domaine artistique, pour parler de « #colonialisme_culturel ». Au début des années 1990, la critique #bell_hooks, figure importante du #Black_feminism, développe par exemple ce concept, qu’elle résume d’une métaphore : « manger l’Autre. » C’est une approche intersectionnelle, qui articule les dimensions raciale et sexuelle interprétées dans le cadre d’une exploitation capitaliste.

    Un regard « exotisant »

    Cette notion est aussi au cœur de la controverse autour de #Paris_Is_Burning, un film #documentaire de 1990 sur la culture des bals travestis à New York. Une autre critique noire, Coco Fusco, reprochait à la réalisatrice #Jennie_Livingston, une lesbienne blanche, son regard « exotisant » sur ces minorités sexuelles et raciales. Pour elle, il s’agissait d’une forme d’#appropriation_symbolique mais aussi matérielle, puisque les sujets du film se sont sentis floués, dépossédés de leur image.

    Comment définir ce concept ?

    E. F. : Ce qui définit l’appropriation culturelle, comme le montre cet exemple, ce n’est pas seulement la circulation. Après tout, l’emprunt est la règle de l’art, qui ne connaît pas de frontières. Il s’agit de #récupération quand la #circulation s’inscrit dans un contexte de #domination auquel on s’aveugle. L’enjeu n’est certes pas nouveau : l’appropriation culturelle, au sens le plus littéral, remplit nos #musées occidentaux d’objets « empruntés », et souvent pillés, en Grèce, en Afrique et ailleurs. La dimension symbolique est aujourd’hui très importante : on relit le #primitivisme_artistique d’un Picasso à la lumière de ce concept.

    Ce concept a-t-il été intégré dans le corpus intellectuel de certaines sphères militantes ?

    E. F. : Ces références théoriques ne doivent pas le faire oublier : si l’appropriation culturelle est souvent au cœur de polémiques, c’est que l’outil conceptuel est inséparablement une arme militante. Ces batailles peuvent donc se livrer sur les réseaux sociaux : l’enjeu a beau être symbolique, il n’est pas réservé aux figures intellectuelles. Beaucoup se transforment en critiques culturels en reprenant à leur compte l’expression « appropriation culturelle ».

    En quoi les polémiques nées ces derniers jours relèvent-elles de l’appropriation culturelle ?

    E. F. : Ce n’est pas la première fois que Madonna est au cœur d’une telle polémique. En 1990, avec sa chanson Vogue, elle était déjà taxée de récupération : le #voguing, musique et danse, participe en effet d’une subculture noire et hispanique de femmes trans et de gays. Non seulement l’artiste en retirait les bénéfices, mais les paroles prétendaient s’abstraire de tout contexte (« peu importe que tu sois blanc ou noir, fille ou garçon »). Aujourd’hui, son look de « #reine_berbère » est d’autant plus mal passé qu’elle est accusée d’avoir « récupéré » l’hommage à la « reine » noire Aretha Franklin pour parler… de Madonna : il s’agit bien d’appropriation.

    La controverse autour de la pièce Kanata, de Robert Lepage, n’est pas la première non plus — et ces répétitions éclairent l’intensité des réactions : son spectacle sur les chants d’esclaves avait également été accusé d’appropriation culturelle, car il faisait la part belle aux interprètes blancs. Aujourd’hui, c’est le même enjeu : alors qu’il propose une « relecture de l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones », la distribution oublie les « autochtones » — même quand ils se rappellent au bon souvenir du metteur en scène. C’est encore un choix revendiqué : la culture artistique transcenderait les cultures « ethniques ».

    Par comparaison, l’affaire du « #riz_jamaïcain » commercialisé par Jamie Oliver, chef britannique médiatique, peut paraître mineure ; elle rappelle toutefois comment l’ethnicité peut être utilisée pour « épicer » la consommation. Bien sûr, la #nourriture aussi voyage. Reste qu’aujourd’hui cette #mondialisation marchande du symbolique devient un enjeu.

    Pourquoi ce concept fait-il autant polémique ?

    E. F. : En France, on dénonce volontiers le #communautarisme… des « autres » : le terme est curieusement réservé aux minorités, comme si le repli sur soi ne pouvait pas concerner la majorité ! C’est nier l’importance des rapports de domination qui sont à l’origine de ce clivage : on parle de culture, en oubliant qu’il s’agit aussi de pouvoir. Et c’est particulièrement vrai, justement, dans le domaine culturel.

    Songeons aux polémiques sur l’incarnation des minorités au théâtre : faut-il être arabe ou noir pour jouer les Noirs et les Arabes, comme l’exigeait déjà #Bernard-Marie_Koltès, en opposition à #Patrice_Chéreau ? Un artiste blanc peut-il donner en spectacle les corps noirs victimes de racisme, comme dans l’affaire « #Exhibit_B » ? La réponse même est un enjeu de pouvoir.

    En tout cas, l’#esthétique n’est pas extérieure à la #politique. La création artistique doit revendiquer sa liberté ; mais elle ne saurait s’autoriser d’une exception culturelle transcendant les #rapports_de_pouvoir pour s’aveugler à la sous-représentation des #femmes et des #minorités raciales. L’illusion redouble quand l’artiste, fort de ses bonnes intentions, veut parler pour (en faveur de) au risque de parler pour (à la place de).

    Le monde universitaire n’est pas épargné par ces dilemmes : comment parler des questions minoritaires, quand on occupe (comme moi) une position « majoritaire », sans parler à la place des minorités ? Avec Marta Segarra, nous avons essayé d’y faire face dans un numéro de la revue Sociétés & Représentations sur la (non-)représentation des Roms : comment ne pas redoubler l’exclusion qu’on dénonce ? Dans notre dossier, la juriste rom Anina Ciuciu l’affirme avec force : être parlé, représenté par d’autres ne suffit pas ; il est temps, proclame cette militante, de « nous représenter ». Ce n’est d’ailleurs pas si difficile à comprendre : que dirait-on si les seules représentations de la société française nous venaient d’Hollywood ?


    https://mobile.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2018/08/24/eric-fassin-l-appropriation-culturelle-c-est-lorsqu-un-emprunt-entre-
    #géographie_culturelle #pouvoir #culture #Madonna #exotisme #peuples_autochtones #film #musique #cuisine #intersectionnalité #Eric_Fassin

    • Cité dans l’article, ce numéro spécial d’une #revue :
      #Représentation et #non-représentation des #Roms en #Espagne et en #France

      Les populations roms ou gitanes, en France comme en Espagne, sont l’objet à la fois d’un excès et d’un défaut de représentation. D’une part, elles sont surreprésentées : si la vision romantique des Bohémiens semble passée de mode, les clichés les plus éculés de l’antitsiganisme sont abondamment recyclés par le racisme contemporain. D’autre part, les Roms sont sous-représentés en un double sens. Le sort qui leur est réservé est invisibilisé et leur parole est inaudible : ils sont parlés plus qu’ils ne parlent.

      Ce dossier porte sur la (non-) représentation, autant politique qu’artistique et médiatique, des Roms en France et en Espagne des Gitanxs (ou Gitan·e·s) ; et cela non seulement dans le contenu des articles, mais aussi dans la forme de leur écriture, souvent à la première personne, qu’il s’agisse de sociologie, d’anthropologie ou d’études littéraires, de photographie ou de littérature, ou de discours militants. Ce dossier veut donner à voir ce qui est exhibé ou masqué, affiché ou effacé, et surtout contribuer à faire entendre la voix de celles et ceux dont on parle. L’enjeu, c’est de parler de, pour et parfois avec les Gitan·e·s et les Roms, mais aussi de leur laisser la parole.

      https://www.cairn.info/revue-societes-et-representations-2018-1.htm

    • Au #Canada, la notion d’« appropriation culturelle » déchire le monde littéraire

      Tout est parti d’un éditorial dans Write, revue trimestrielle de la Writers’ Union of Canada (l’association nationale des écrivains professionnels) consacrée pour l’occasion aux auteurs autochtones du Canada, sous-représentés dans le panthéon littéraire national. Parmi les textes, l’éditorial d’un rédacteur en chef de la revue, Hal Niedzviecki, qui disait ne pas croire au concept d’« appropriation culturelle » dans les textes littéraires. Cette affirmation a suscité une polémique et une vague de fureur en ligne.

      On parle d’appropriation culturelle lorsqu’un membre d’une communauté « dominante » utilise un élément d’une culture « dominée » pour en tirer un profit, artistique ou commercial. C’est ici le cas pour les autochtones du Canada, appellation sous laquelle on regroupe les Premières Nations, les Inuits et les Métis, peuples ayant subi une conquête coloniale.
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      Des polémiques, plus ou moins importantes, liées à l’appropriation culturelle ont eu lieu ces derniers mois de manière récurrente, par exemple sur l’usage par la marque Urban Outfitters de savoir-faire traditionnels des Indiens Navajos ou la commercialisation par Chanel d’un boomerang de luxe, considéré comme une insulte par certains aborigènes d’Australie.
      Le « prix de l’appropriation »

      La notion est moins usitée pour la création littéraire, où l’on parle plus volontiers « d’orientalisme » pour l’appropriation par un auteur occidental de motifs issus d’une autre culture. Mais c’est bien cette expression qu’a choisie Hal Niedzviecki dans son plaidoyer intitulé « Gagner le prix de l’appropriation ». L’éditorial n’est pas disponible en ligne mais des photos de la page imprimée circulent :

      « A mon avis, n’importe qui, n’importe où, devrait être encouragé à imaginer d’autres peuples, d’autres cultures, d’autres identités. J’irais même jusqu’à dire qu’il devrait y avoir un prix pour récompenser cela – le prix de l’appropriation, pour le meilleur livre d’un auteur qui écrit au sujet de gens qui n’ont aucun point commun, même lointain, avec lui ».

      Il y voit surtout une chance pour débarrasser la littérature canadienne de sa dominante « blanche et classes moyennes », dénonçant la crainte de « l’appropriation culturelle » comme un frein qui « décourage les écrivains de relever ce défi ».

      Le fait que cette prise de position ait été publiée dans un numéro précisément consacré aux auteurs autochtones a été perçu comme un manque de respect pour les participants. L’un des membres du comité éditorial, Nikki Reimer, s’en est pris sur son blog à un article « au mieux, irréfléchi et idiot, au pire (…) insultant pour tous les auteurs qui ont signé dans les pages de la revue ».

      « Il détruit toutes les tentatives pour donner un espace et célébrer les auteurs présents, et montre que la revue “Write” n’est pas un endroit où l’on doit se sentir accueilli en tant qu’auteur indigène ou racisé. »

      La Writers’ Union a rapidement présenté des excuses dans un communiqué. Hal Niedzviecki a lui aussi fini par s’excuser et a démissionné de son poste, qu’il occupait depuis cinq ans.
      Un débat sur la diversité dans les médias

      Son argumentaire a cependant dépassé les colonnes du magazine lorsque plusieurs journalistes ont offert de l’argent pour doter le fameux « prix ». Ken Whyte, ancien rédacteur en chef de plusieurs publications nationales, a lancé sur Twitter :

      « Je donnerai 500 dollars pour doter le prix de l’appropriation, si quelqu’un veut l’organiser. »

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      D’autres figures de la presse canadienne, comme Anne Marie Owens (rédactrice en chef du National Post), Alison Uncles (rédactrice en chef de Maclean’s Magazine), deux éditorialistes du Maclean’s et du National Post, entre autres, se sont dits prêts à faire de même. Quelques heures plus tard, une poignée d’entre eux se sont excusés, dont Anne-Marie Owens, qui a déclaré qu’elle voulait simplement défendre « la liberté d’expression ».

      Comme le débat a débordé sur les réseaux sociaux, des lecteurs anonymes s’y sont invités pour dénoncer l’attitude de ces pontes du journalisme. « Imaginez, vous êtes une personne de couleur qui étudie le journalisme, et vous voyez les trois quarts de vos potentiels futurs chefs tweeter au sujet d’un prix de l’appropriation culturelle », grince une internaute.

      Pour les journalistes issus des minorités, l’affaire a également rappelé à quel point les médias manquent de diversité. Sur Buzzfeed, Scaachi Koul écrit : « Je n’en reviens pas d’avoir à dire ça, mais personne, dans l’histoire de l’écriture littéraire, n’a jamais laissé entendre que les Blancs n’avaient pas le droit de faire le portrait d’autochtones ou de gens de couleurs, en particulier dans la fiction. Franchement, on l’encourage plutôt. » Elle poursuit :

      « S’abstenir de pratiquer l’appropriation culturelle ne vous empêche pas d’écrire de manière réfléchie sur les non blancs. Mais cela vous empêche, en revanche, de déposséder les gens de couleur, ou de prétendre que vous connaissez leurs histoires intimement. Cela vous empêche de prendre une culture qui n’a jamais été à vous – une culture qui rend la vie plus difficile pour ceux qui sont nés avec dans le Canada d’aujourd’hui à majorité blanche – et d’en tirer profit. »

      sur le même sujet Les coiffes amérindiennes dans les défilés font-elles du tort à une culture menacée ?
      « Faire son numéro »

      Helen Knott, l’une des auteurs d’origine indigène dont le travail était publié dans la revue Write a raconté sur Facebook, quelques jours après, une étrange histoire. Contactée par la radio CBC pour une interview à ce sujet, elle est transférée vers quelqu’un qui doit lui poser quelques questions avant l’antenne. Elle entend alors les journalistes se passer le téléphone en disant, selon elle :

      « Helen Knott, c’est l’une de ceux qui sont super énervés par cette histoire. »

      « Précisément, la veille, dans une autre interview, raconte Helen Knott, j’ai rigolé avec le journaliste en lui disant que, contrairement à une idée largement répandue, les autochtones ne sont pas “super énervés” en permanence. »

      Au cours de cette pré-interview, elle dit avoir eu a le sentiment grandissant qu’on lui demandait de « faire son numéro » pour alimenter un « débat-divertissement-scandale ». « Je suis quelqu’un d’heureux et mon droit à être en colère quand la situation mérite de l’être ne me définit pas en tant qu’individu », explique-t-elle.

      « C’est tout le problème de l’appropriation culturelle. Les gens utilisent notre culture pour leur propre profit mais peuvent se désintéresser ensuite de nos difficultés à faire partie de la communauté autochtone, de la politisation continuelle de nos vies, des événements et des institutions qui viennent tirer sur la corde de notre intégrité et de notre sens moral, et qui exigent que nous répondions. Aujourd’hui, j’ai refusé de faire mon numéro. »

      En 2011, les autochtones du Canada représentaient 4,3 % de la population. Ils concentrent le taux de pauvreté le plus élevé du Canada et sont les premières victimes des violences, addictions et incarcérations. En 2016, une série de suicides dans des communautés autochtones de l’Ontario et du Manitoba avaient forcé le premier ministre, Justin Trudeau, à réagir. Sa volonté affichée d’instaurer une « nouvelle relation » avec la population autochtone est critiquée par certains comme n’ayant pas été suivie d’effet.

      https://mobile.lemonde.fr/big-browser/article/2017/05/16/au-canada-la-notion-d-appropriation-culturelle-suscite-la-polemique-d


  • Une machine à fabriquer de l’impuissance - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Fabriquer-de-l-impuissance

    Retour sur la tournée #Égologie et les discussions intéressantes à ce sujet. cc @touti et @rastapopoulos et @sandburg même si les trucs les plus intéressants se sont passés dans des montagnes peuplées de chevelu·es.

    Dans une montagne un peu plus loin, une autre nous raconte son activité de conseillère conjugale de culture féministe. Nous sommes dans les Cévennes de l’illustre Pierre Rabhi et l’influence est palpable. Les femmes engagées dans des démarches écolo-spirituelles n’y sont pas plus qu’ailleurs, et pas plus que les autres, à l’abri de la violence masculine dans le couple. Sauf que celles-ci sont spécialement vulnérables, incapables de se dresser contre un compagnon qui les tient sous emprise ou exerce sur elles une violence économique ou matérielle. On leur a dit, répété, que chacun·e pouvait se prendre en main (1) et qu’il fallait arrêter de « toujours blâmer les autres ». Elles sont battues ? Ce n’est pas sa faute à lui, ce sont elles qui ont dû louper quelque chose. Et de stage d’une quelconque thérapie alternative en lecture d’un bouquin de Pierre Rabhi, elles sont incapables de reconnaître qu’elles ne sont pas responsables de la relation violente et incapables de s’enfuir, tout bêtement. Ça tombe bien, les autorités lorgnent sur les démarches de reconstruction du couple dans les cas de violence conjugale, ça coûte moins cher que de s’assurer qu’un foyer attend toutes les femmes battues, sans revenu ou sans tissu social solide (souvent conséquences de la maltraitance) quand elles arrivent à sortir des griffes de leur mec (2).

    Ainsi, un angle d’attaque qui promettait d’éviter l’impuissance (car nous ne savons pas encore comment éradiquer le patriarcat ni lutter contre cet envahissement par les substances toxiques que l’industrie et la recherche ne semblent pas vouloir arrêter d’inventer), finit en puissant outil d’acceptation de la saleté qui nous entoure. Les personnes en colère, les chieuses et les énervés ont offert plus de bataillons pour se battre contre l’abjection dans ce monde que les adeptes du développement personnel. Leur « négativité » est au fond plus prometteuse.

    Edit : finalement, je garde pour moi (et pour vous) cette histoire d’affiche inspirée par le bouquin.

    • Oui, ça a un peu dévié, cette histoire !

      Je ne peux pas acheter le Diplo ici et les Tumbler renvoient automatiquement vers un site « Internet positiv » (j’ai découvert ça hier en cherchant à visiter un Tumbler women and guns). Mais j’ai confiance en J-B Malet, dont j’ai lu l’excellent bouquin sur la tomate. (Peut-être que je ne suis pas d’accord avec tout mais c’est une idée, d’aller fouiner dans ce coin.)

      Pierre RABHI
      https://www.plumedecarotte.com/pierre-rabhi

      Paysan, essayiste et penseur, Pierre Rabhi est l’un des pionniers de l’agroécologie en France. Il défend un mode de société plus respectueux des hommes et de la terre et soutient le développement de pratiques agricoles accessibles à tous, et notamment aux plus démunis, tout en préservant les patrimoines nourriciers.

      Il est l’auteur d’une vingtaine de livres à succès, dont Vers la sobriété heureuse (Actes Sud), ou encore La puissance de la modération (Hozhoni) et La convergence des consciences (Le Passeur).

    • Sur toute la Terre, Amma usine son câlin standard avec une rigueur dans l’exécution des tâches que n’aurait pas reniée Frederick W. Taylor : ouverture des bras ; enveloppement de l’inconnu ; bercement de dix secondes ; remise à chaque être câliné d’un pétale de rose, d’une pomme ou d’un bonbon. Ces séances d’étreintes de masse se prolongent plusieurs heures durant.

      Au sein de l’immense espace de spectacle consacré au rituel, où chacun déambule pieds nus après l’étreinte, il est aisé d’observer que certains sont soudainement pris d’une forte émotion, sanglotent et parfois s’effondrent en larmes.

      Tu m’étonnes, après avoir attendu des heures au milieu de chants hypnotiques...

      « Beaucoup d’individus de nos sociétés modernes, profondément narcissiques, sont en quête permanente d’eux-mêmes. À l’approche d’Amma, un véritable processus d’idéalisation se met en place, observe, à quelques mètres de la gourou, la psychologue Élodie Bonetto. Amma, le “leader”, peut alors incarner l’idéal de l’individu, dont la dévotion s’explique le plus souvent par son désir d’être reconnu comme exceptionnel. Trois profils types se dégagent : l’adepte socioaffectif, en quête de réconfort et de sociabilité ; l’adepte utilitariste, en quête de réalisation de soi ; et l’adepte flexible, qui se situe entre les deux. »

      La meuf a l’air super fort !

      Selon la prolixe littérature d’ETW, Mme Amritanandamayi aurait eu la peau bleue à sa naissance, comme celle du dieu Krishna. Lors de sa mise au monde, Amma n’aurait ni pleuré ni crié, et se serait contentée d’un sourire. Capable de parler à l’âge de 6 mois, elle aurait également accompli plusieurs miracles, notamment en embrassant un cobra qui terrorisait son village natal. Face à des incrédules rationalistes, Amma aurait transformé de l’eau en lait. En léchant les plaies d’un lépreux, elle l’aurait guéri.

      guides de médecine ayurvédique proposant de soigner le cancer

      Aïe.

      Ces centaines de dévots de toutes nationalités suivent, à leurs frais, celle qu’ils nomment « la déesse » afin de pouvoir travailler bénévolement aux multiples tâches qu’implique une tournée internationale digne des plus grandes vedettes de l’industrie culturelle. Parmi eux, une surreprésentation de femmes célibataires sans emploi, prêtes à dormir à même le sol si leurs économies ou leurs minima sociaux ne leur permettent pas de s’offrir un hébergement.

      Justement, je ne savais pas quoi faire de ma vie.

      Rejoindre la tournée européenne coûte près de 1 500 euros aux volontaires qui souhaitent emprunter les autocars de l’organisation ; certains s’endettent pour pouvoir les payer. Ils sont alors vêtus intégralement de blanc, identifiés par un badge et considérés comme des membres à part entière d’ETW. Les repas végétariens et l’hébergement restent à leur charge. Les bénévoles les plus pauvres mangent avec parcimonie. « Beaucoup s’épuisent et s’appauvrissent, témoigne Mme Amah Ozou-Mathis, ancienne adepte qui a participé aux tournées européennes durant cinq ans. Les journées débutent très tôt par des mantras et la récitation des cent huit noms d’Amma. Elles continuent par un travail considérable et s’achèvent par des cérémonies rituelles où beaucoup entrent en transe, qui finissent très tard. Le plus souvent, on ne dort que trois ou quatre heures par nuit. »

      Finalement, on est bien chez soi.

      Ces éléments de langage sont ensuite relayés sans discernement par des centaines de supports d’information du monde entier, dont les reportages évoquent, depuis plus de trente ans, l’ambiance des tournées d’Amma ainsi que les « émotions » ressenties par le journaliste ayant reçu le darshan — un classique du genre.

      « Non, l’empire d’Amma n’a rien d’une ONG caritative, affirme M. Sanal Edamaruku, qui vit en exil en Finlande, où il préside l’Association des rationalistes indiens. Amma, c’est une entreprise, un “business” sale. On peut ajouter Amma à la longue liste des charlatans qui sévissent en Inde. La plus parfaite opacité règne quant à la destination exacte des fonds collectés lors de ses tournées. » Nous avons pu consulter des documents officiels émanant du ministère de l’intérieur indien, ainsi que des déclarations fiscales d’une branche américaine de l’organisation d’Amma. Le recoupement des déclarations officielles des deux entités juridiques, rassemblées sur plusieurs années, montre qu’elles ne coïncident absolument pas : les sommes que la maison mère déclare avoir reçues s’avèrent très largement inférieures aux sommes que la filiale américaine déclare lui avoir versées. Où est passée la différence ?

      Dénonçant des « malversations » et des violences, parmi lesquelles des viols, au sein de l’organisation, elle souligne les liens étroits existant entre Amma et le pouvoir politique nationaliste hindou. La multinationale du câlin est parvenue à obtenir l’interdiction pour « blasphème » de ce livre dans l’État du Kerala. Dès 1985, l’ouvrage de l’ex-policier Sreeni Pattathanam, qui évoquait des morts suspectes survenues dans l’ashram d’Amma, avait été lui aussi censuré pour « blasphème » — son auteur est aujourd’hui le secrétaire régional pour le Kerala de l’Association des rationalistes indiens.

      « Attention ! Si Amma construit bel et bien en Inde des infrastructures — hôpitaux, écoles, universités — dont on retrouve des photographies dans sa propagande, il ne faut pas se leurrer, avertit M. Edamaruku. Le plus souvent, ce sont des établissements privés, destinés à générer du profit, qui permettent à son organisation de s’institutionnaliser et d’asseoir un peu plus son pouvoir. » Vantée lors des tournées comme l’initiatrice de grandes réalisations caritatives, ETW est aujourd’hui à la tête d’un réseau d’universités et d’un hôpital universitaire, regroupés sous le label « Amrita », qui comptent plus de 18 000 élèves. Le clip de présentation de ce réseau s’enorgueillit de ses 23 centres de recherche scientifique, à l’origine de 51 brevets.

      #secte #exotisme #Inde #raclure

      Et les imbéciles qui la louent : #Hulot etc.

    • 2011 dans Le Monde. #journalisme

      Amma, la multinationale du câlin
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/26/amma-la-multinationale-du-calin_1593754_3224.html

      Ces millions d’étreintes – à raison d’un million par an – financent indirectement une ONG, véritable multinationale du caritatif. Embracing the World (« étreindre le monde ») intervient dans des domaines aussi variés que la protection de la planète, la promotion du droit des femmes ou encore l’éducation des plus jeunes, et ce sur tous les continents.

      L’essentiel est financé par les dons des participants, le reste des recettes provient de la vente de produits dérivés. Saris (en solde, à Pontoise !), étoles, livres de prière traduits dans toutes les langues, CD et DVD. Mais aussi tee-shirts, sacs à main, porte-clés, statues, peluches, cartes postales, encens, pierres, bijoux et même des montres à l’effigie d’Amma sont vendus toute la journée dans un coin de la salle par des dames – toujours vêtues de blanc.

      Dans ses livres, ses conférences données à l’ONU ou dans de prestigieuses universités, Amma tient un discours qu’il est difficile de critiquer. Qui oserait dire qu’il ne souhaite pas plus d’amour et de bonheur sur terre ? « Attention à l’ethnocentrisme, met en garde Nadine Weibel, Amma est dans la pure traditon hindoue et c’est une véritable figure en Inde. Ce qui peut nous paraître étrange ou simpliste est en fait le fruit d’une tradition millénaire. »

    • Ahaha je te suis @aude_v !
      Billetterie : Journée avec Pierre Rabhi au Centre Amma
      https://www.weezevent.com/journee-avec-pierre-rabhi-au-centre-amma

      Une journée de rencontres et d’échanges avec Pierre Rabhi dans le beau cadre du Centre Amma - Ferme du Plessis.

      raaa zut, c’est passé, on ne connaitra pas le prix, un aperçu du programme cependant

      http://www.etw-france.org/venue-de-pierre-rabhi-au-centre-amma

      PROGRAMME PREVISIONNEL DE LA JOURNEE

      9h : ouverture des portes et visites guidées possibles du lieu

      10h30-11h30 : Conférence de Pierre Rabhi : « en route vers un nouveau paradigme ».

      12h : méditation guidée par Bri. Dipamrita dans le parc du Centre Amma – Ferme du Plessis

      12h30 : déjeuner / buffet
      13h30 : possibilité de visite guidée de la Ferme du Plessis

      15h-16h30 : « il n’y a pas de changement de société sans changement humain ».
      Table ronde animée par Divyanand / Mathieu Labonne (coordinateur général de la Ferme du Plessis et directeur de Colibris) avec :
      – Pierre Rabhi
      – Bri. Dipamrita (présidente d’ETW-France et envoyée d’Amma en France)
      – Christophe Massin (médecin psychiatre, écrivain, prix psychologies-Fnac 2014)

      Le Sommet des consciences les 20-21 juillet 2015 à l’Elysée – ETW France – Amma
      http://www.etw-france.org/le-sommet-des-consciences-le-20-juillet-a-lelysee

      Rassemblement de hautes figures spirituelles, religieuses et morales, le Sommet des consciences est une initiative conjointe de #Nicolas_Hulot, envoyé spécial du Président de la République française, de l’association Alliance of religions and conservation (ARC), de Bayard (propriétaire de La Croix), du R20 (réseau associant collectivités locales et entreprises) et du Conseil Économique, Social et Environnemental.

      Plus de quarante personnalités morales et religieuses du monde entier seront réunies le 20 juillet à l’Élysée, puis le lendemain au Conseil économique et social, à Paris. Elles vont, à cette occasion, lancer un « appel des consciences » destiné aux négociateurs de l’accord de Paris sur le climat.
      Amma, invitée à l’Elysée, sera représentée par Swami Amritaswarupananda, accompagné de Br. Shubamrita et Bri. Dipamrita.

      Quelques-unes des personnalités présentes :
      François Hollande, Président de la République ; Kofi Annan ; Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO ; Mohammad Yunus, Prix Nobel de la paix ; Pierre Rabhi ; Cheikh Khaled Bentounes ; Sœur Chan Khong, représentant la Communauté de Thich Nhat Hanh ; Sa Sainteté Bartholomée 1er ; Son Eminence Le Cardinal Turkson, Président du Conseil Pontifical pour la Justice et la Paix…

      une phrase exceptionnellement plate (mais à méditer longuement)

      « Je réfléchis souvent en profondeur à l’avenir de la terre, à la préservation de la nature et à la disparition de l’harmonie entre l’humanité et la nature… L’humanité est à la croisée des chemins. » – Amma

      moi aussi a dit Rosa Luxembourg

      En illustration de tout ceci la photo de la page d’accueil de la ferme du Plessis, un régal !
      http://fermeduplessis.com

      #spiritualité #individualisme #sectes_institutionnelles #croyances

    • Super Amma

      Face à des incrédules rationalistes, Amma aurait transformé de l’eau en lait. En léchant les plaies d’un lépreux, elle l’aurait guéri.

      Mais Jésus était encore plus fort :

      Jésus changeait l’eau en vin, et tu t’étonnes que 12 mecs le suivaient partout !

      Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant… S’il vous répond, vous êtes schizophrène.

      Pierre Desproges

    • https://seenthis.net/messages/714664

      La ville de San Francisco est régulièrement promue dans les médias de masse comme un modèle de gestion écologique des déchets pour son taux de recyclage de 80%. En France, le film documentaire #Demain, réalisé par #Mélanie_Laurent et #Cyril_Dion, a beaucoup participé à la diffusion de cette idée. [Il a dirigé jusqu’en 2013 le mouvement Colibris ; et il est fondateur de Kaizen, revue partenaire du mouvement.] Partout où il passe, Cyril Dion brandit le cas de San Francisco comme une preuve de ce qu’il est possible de rendre une ville écolo-durable (« L’exemple le plus impressionnant, que nous présentons dans le film, est celui de la ville de San Francisco qui recycle 80 % de ses déchets »). Si seulement...

      Si vous allez à San Francisco, vous y verrez des seringues et de la merde (par Nicolas Casaux)


  • Traditions suisses dans l’objectif d’un réfugié sri-lankais

    #Sasi_Subramaniam, réfugié du Sri Lanka, a consacré son travail de diplôme en photographie aux #traditions_suisses. Pour son projet, il a visité 16 fêtes populaires et folkloriques de son pays d’adoption.

    « Je ne m’étais jamais intéressé à la culture et aux rites populaires, explique-t-il à swissinfo. Je ne connais même pas les traditions de mon peuple. J’étais obsédé par la politique ».
    « Ça m’a aidé à soulager la douleur qui brûlait dans ma poitrine et m’a donné accès à ce #monde_étrange », dit-il.


    https://www.swissinfo.ch/fre/un-autre-regard_traditions-suisses-dans-l-objectif-d-un-r%C3%A9fugi%C3%A9-sri-lankais/44225452
    #tradition #suisse #photographie #image #représentations #géographie_culturelle #réfugiés #exotisme_à_l'envers (j’aurais envie de dire) #folklore
    cc @albertocampiphoto @reka @philippe_de_jonckheere @simplicissimus

    • A mettre en lien avec le #livre
      Corps pour corps. Enquête sur la sorcellerie dans le Bocage

      En 1969, #Jeanne_Favret-Saada s’installe dans le Bocage pour y étudier la sorcellerie. Personne ne veut lui en parler. Tenir un journal paraît alors le seul moyen de circonscrire un « objet » qui se dérobe : relater les conversations, incidents, coutumes qui pourraient avoir un lien quelconque avec la sorcellerie, noter systématiquement comment les gens refusent d’en parler. Dans la formulation même de ces refus se révèle peu à peu une conception du monde centrée sur l’idée de « force ».

      Un jour, tout bascule : parce qu’ils lui attribuent cette « force », des paysans demandent à Jeanne Favret-Saada de les désenvoûter. Un autre ensorcelé, qui devine sa peur, lui annonce qu’elle est « prise » et l’adresse à sa désorcelleuse. Dès lors, continuer à écrire permet à l’ethnographe de manier des situations incompréhensibles et dangereuses, de supporter l’enjeu mortel de toute crise de sorcellerie : « Corps pour corps, c’est lui qui y passe, ou c’est moi. »

      http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Temoins/Corps-pour-corps

      #Josée_Contreras #exotisme_inversé

    • ... ça me rappelle aussi le film documentaire d’un groupe d’aborigènes (ou autres peuples autochtones) venu en visite en France (ou autre pays européen ?).
      Qui peut m’aider à retrouver le titre ?


  • Une nouvelle histoire des #Tsiganes ?

    Alors que l’Europe peine à lutter contre les discriminations dont les Tsiganes sont victimes sur son territoire, un ensemble de travaux récents montre comment, depuis le Moyen Âge, l’effacement des différences qui caractérisent les populations tsiganes a conditionné leur #marginalisation croissante.


    http://www.laviedesidees.fr/Une-nouvelle-histoire-des-Tsiganes.html
    #histoire #Roms #historicisation #géographie_culturelle #exotisme #moyen-âge #diversité #diversité_culturelle #sandjak #génocide #persécutions


  • Le bateau fou de Baudelaire jusqu’à La Réunion - 7 Lames la Mer
    http://7lameslamer.net/charles-baudelaire-1933.html

    Né le #9avril 1821 à Paris, #Baudelaire y meurt 46 ans plus tard, le 31 août 1867. Au cœur de l’#oceanIndien, deux îles ont marqué l’itinéraire du poète. L’île #Maurice et l’île de #LaRéunion. Et le 25 juin 1857, « #LesFleursdumal » exhalaient un parfum, celui de l’ivresse et de la « lente gourmandise »... « Une senteur montait, sauvage et fauve ».

    #poesie #poete #esclavage #exotisme


  • Pendant des décennies, nos reportages étaient racistes. Pour nous en détacher, il nous faut le reconnaître.
    http://www.nationalgeographic.fr/photographie/2018/03/pendant-des-decennies-nos-reportages-etaient-racistes-pour-nous-e

    Je suis le dixième rédacteur en chef de National Geographic depuis sa création en 1888. J’en suis la première rédactrice en chef, Juive de surcroît, deux groupes de population qui ont eux aussi été discriminés aux États-Unis. Il m’est douloureux de partager cet affreux état de fait qui fait pourtant partie de l’histoire du magazine. Mais puisque nous avons aujourd’hui décidé de faire une couverture exceptionnelle du sujet des « races », il nous faut faire cet examen de conscience avant de considérer de faire celui des autres. Source : National Geographic


  • Épistémicides. L’impérialisme m’a TueR
    https://www.youtube.com/watch?v=zK6hegi_wHE


    #épistémicide #Fatima_Khemilat
    #impérialisme #ethnocentrisme #post-modernisme #livres_d'histoire #histoire #sciences_non-occidentales #privilège_de_l'épistémè #cogito_ergo_sum #légitimité #disqualification #discrimination

    épistémicide = tuer la #science

    #Etat-nation -vs- #tribus #ethnies
    #civilisation -vs- #barbarie
    #culture -vs- #folklore #exotisme
    #mythes -vs- #croyance #religion
    #domination #pouvoir

    Citation de #Norbert_Elias :

    « La civilisation c’est la prise de conscience par les occidentaux de la supériorité de leur culture et de leur savoir sur les autres »

    La #découverte_de_l'Amérique...

    #reconquista #prise_de_grenade #chute_de_grenade

    #contreverse_de_Valladolid :

    La controverse de Valladolid est un débat qui opposa essentiellement le dominicain Bartolomé de #Las_Casas et le théologien Juan Ginés de #Sepúlveda en deux séances d’un mois chacune (l’une en 1550 et l’autre en 1551) au collège San Gregorio de Valladolid, mais principalement par échanges épistolaires. Ce débat réunissait des théologiens, des juristes et des administrateurs du royaume, afin que, selon le souhait de Charles Quint, il se traite et parle de la manière dont devaient se faire les conquêtes dans le Nouveau Monde, suspendues par lui, pour qu’elles se fassent avec justice et en sécurité de conscience.
    La question était de savoir si les Espagnols pouvaient coloniser le Nouveau Monde et dominer les indigènes, les Amérindiens, par droit de conquête, avec la justification morale pouvant permettre de mettre fin à des modes de vie observés dans les civilisations précolombiennes, notamment la pratique institutionnelle du sacrifice humain, ou si les sociétés amérindiennes étaient légitimes malgré de tels éléments et que seul le bon exemple devait être promu via une colonisation - émigration.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Controverse_de_Valladolid

    #eugénisme #racisme #pureté_de_sang

    #objectivité_de_la_science


  • Vive discussion avec @odilon sur le travail du photographe #Hans_Silvester et que je reproduis en partie ici car notamment utile pour mes cours de #géographie_culturelle (et #géographie_politique aussi) :

    Biographie de Hans Silvester

    Hans Silvester’s lifelong dedication to investigating our world, capturing and promoting the most intimate, and perhaps enigmatic, of organic phenomena, has led the German-born artist down a number of career paths, including forays into journalism, philanthropy and environmental activism. Born in Lorrach, Germany in 1938, Silvester graduated from the School of Fribourg in 1955 before beginning his life as a traveler and photographer. His wide-ranging oeuvre includes studies of various regions around the world, including chronicles of France, Central America, Japan, Portugal, Egypt, Tunisia, Hungary, Peru, Italy and Spain throughout the 1960’s and 1970’s. In the next decade, Silvester turned his photographic eye toward Europe’s nature preserves, the expansive Calavon river valley, and the ravages of deforestation in the Amazon. Silvester then moved on to the Great Indian Desert, documenting the lives of women in Rajasthan, before publishing a number of book series devoted to locations such as the colorful landscapes of Provence and the Greek Isles.

    Silvester’s recent work features the Surma and Mursi people of the Omo Valley in southern Ethiopia, presenting the beauty of the tribes’ ancient tradition of temporary body decoration. His photographs reveal the use of bright mineral paints to embellish the skin and the use of flora and fauna to fashion spectacular headpieces and body accessories. His commitment to the documentation and preservation of relatively unfamiliar earthly marvels is visible in these photographs. The artist describes his immersion into the lives and tradition of these Ethiopian tribes as an effort to “save...as much as possible of this truly living art, which is mobile, changing, subject to infinite variation, and whose constituent elements...form a link between man and nature.” Through the memorialization of the vivid, yet intricate designs that adorn the faces and bodies of his subjects, Silvester strives to underscore the “the beauty and purity of nature...taken out of context, [so] you’re reminded again how beautiful a seed pod, a mushroom or a flower is.” It is this appreciation of beauty and penchant for cultural expression that is both exceptional in regard to the magnificent forms produced by these tribal cultures, but also exceptionally familiar, reminding the viewer of the fundamental yearning for the beautiful that unites us all.

    http://www.marlboroughgallery.com/galleries/graphics/artists/hans-silvester/graphics

    Voici quelques images de lui des peules #Surma et #Mursi (#peuples_autochtones) qui habitent la vallée de #Omo dans le sud de l’#Ethiopie :

    #exotisme #esthétisation

    Or, comme l’a souligné @odilon :

    c’est un peuple qui subit des #discriminations mais le photographe n’en parlait pas

    Du coup, j’ai fait une recherche rapide de ce peuple, et voici ce que dit wikipedia sur les Surma :

    According to ’tribal peoples advocacy groups’ (Survival International and Native Solutions to Conservation Refugees), local peoples, particularly the Suri, Nyangatom, Anywa and Mursi, are in danger of displacement and denial of access to their traditional grazing and agricultural lands. More than a decade ago the main problem for Suri and Mursi was posed by the government binging in the African Parks Foundation, also known as African Parks Conservation, of the Netherlands.[10][11] These advocacy groups reported that the Surma/Suri, Me’en and Mursi people were more or less coerced by government park officials into thumbprinting documents they could not read. The documents reportedly said the locals had agreed to give up their land without compensation, and were being used to legalise the boundaries of the #Omo_National_Park, which African Parks then took over. This process, when finished, would have make the Surma, Mursi, etc. ’illegal squatters’ on their own land. A similar fate was almost befalling the other groups who also lived within or near the park, e.g. the Dizi and the Nyangatom.[12] The current threats to Suri and neighbouring groups’ livelihoods are massive state-led ventures like construction of the Gibe-3 (Omo) dam (completed in 2016) that eliminated river-bank cultivation and led to water scarcity, as well as the ongoing construction of huge mono-crop (sugar-cane) plantations in pasture and cultivation areas. These seriously affect biodiversity, take away resources, and do not lead to development of the local peoples.

    https://en.wikipedia.org/wiki/Surma_people

    Intéressant notamment cette référence au #parcage de ces peuples dans le #Parc_national_de_l'Omo.

    #photographie #post-colonialisme #post-modernisme #géographie_post-moderne

    cc @albertocampiphoto @philippe_de_jonckheere @reka


  • Quand le cafard fait son cinéma : la mise en scène du cafard colonial dans les films français des années 1930

    Le #cinéma_colonial des années 1930 présente de nombreuses scènes de cafard. Selon qu’il s’agit d’un personnage féminin, incarné par exemple par les chanteuses réalistes, ou masculin, incarné par Jean Gabin, ce sentiment nostalgique s’accompagne d’#émotions différentes : #tristesse dans le premier cas, #colère dans le second. La #musique du film est un support important à la mise en scène du cafard : à l’instar d’autres objets pronostalgiques, elle permet au spectateur de partager les souvenirs du personnage et son expérience émotionnelle, si ce n’est la catharsis sur laquelle celle-ci débouche. La figuration du cafard s’effectue sur un registre esthétique qui l’institue en spectacle. Sans que les scènes de cafard ne constituent vraiment des critiques de la #colonisation, elles montrent les difficultés de sa mise en pratique et paradoxalement confortent le spectateur dans son plaisir exotique. Ces scènes, en établissant le cafard comme une émotion légitime, ont probablement participé à sa diffusion parmi les colons, et peut-être détourné certains spectateurs de « l’aventure coloniale », que ce cinéma ne présentait pas sous le meilleur jour.

    http://journals.openedition.org/cdg/700
    #cafard #cafard_colonial #cinéma #colonisation #colonialisme #exotisme


  • #Little_Danny : The Lonely Beat
    http://www.foxylounge.com/Little-Danny-The-Lonely-Beat

    Une centaine de 45 tours des années 1940 pour dessouder du bookmaker véreux au fond d’une ruelle glauque, avant d’aller s’en jeter un dans un bar exotique. Mix : J. Anglemort Télécharger le mix DJ sur la célèbre web radio WFMU, surnommée la « meilleure radio du monde » par tout un tas de mélomanes un tantinet pointus, Little Danny est avant tout, et comme nombre de ses collègues, un collectionneur obsessionnel. L’objet de sa marotte est la #Musique populaire américaine d’après-guerre qui mélange (...)

    #Dirt_Noze

    / Musique, #Focus, Little Danny, #exotisme, #espionnage, #jazz, #latin, #rock_and_roll, #1940's, (...)

    #Sélections
    « https://www.mixcloud.com/JocelynAnglemort

     »
    « https://www.mediafire.com/file/bld9fkd6vbfza6c/Little%20Danny%20-%20The%20Lonely%20Beat.mp3
     »
    « https://wfmu.org »
    « http://www.officenaps.com »
    « http://officenaps.com/exoticaspace-age/discos-coronacrown-records-a-mambo-latin-jazz-and-exotica-ish-sampler »
    « http://exoticaproject.com »
    « http://exoticaproject.com/3 »
    « http://exoticaproject.com/4 »
    « http://exoticaproject.com/2 »
    « https://www.huffingtonpost.com/2015/06/12/weegee-photos_n_6278364.html »
    « https://dirtynoze.tumblr.com »
    « https://www.google.be/search?biw=1683&bih=1272&tbm=isch&q=weegee+photographe&sa=X&ved=0ahUKEwj3ioSW »


  • Gauguin – Voyage de Tahiti : la pédophilie est moins grave sous les tropiques | Léo Pajon
    http://www.jeuneafrique.com/476091/societe/gauguin-voyage-de-tahiti-la-pedophilie-est-moins-grave-sous-les-tropiq

    Dans un film sur Gauguin, le réalisateur Edouard Deluc passe sous silence la nature des relations sexuelles de l’artiste à Tahiti. Et révèle la difficulté des Français à penser la violence dans leurs anciennes colonies. Source : Jeune Afrique


  • En #Égypte, la #nature version #kitsch

    L’Égypte est la grande destination touristique que l’on sait, prisée pour ses sites archéologiques, ses #paysages naturels et culturels. Curieusement, les murs des appartements et des petits commerces dévoilent l’existence d’un tout autre #exotisme sous forme de #posters, révélant le point de vue égyptien sur la #nature_idéale.


    https://theconversation.com/en-egypte-la-nature-version-kitsch-74883
    #représentation #affiches #espace_privé
    signalé par @ville_en


  • Quand le séga faisait danser Paris... et Jeanne Moreau
    http://7lameslamer.net/quand-le-sega-faisait-danser-paris-1471.html

    #Mambo, #cha-cha-cha, #rumba, #samba, #calypso, #salsa... et #séga ! L’après-guerre connaît en France une vague de musiques et de « danses exotiques ». De l’#exotisme, à travers lequel percent des accents érotiques sublimés par les fantasmes qu’inspirent « les îles » et le #doudouïsme. Le séga y trouve brièvement sa place : en 1959, on danse le séga à #Paris et à Saint-Tropez !

    #JeanneMoreau #LaReunion #Mauritius #creole #danse


  • Pourquoi partir à l’étranger pour chercher de « l’authenticité » ne sert à rien
    https://www.vice.com/fr/article/a3dqk8/authenticite-voyage-mythe
    Alors que l’on oppose souvent le touriste au voyageur, on oublie que ce dernier est avant tout un consommateur de clichés.

    Dans ces temps où chacun a l’arrogance d’être plus malin que les autres, il est de bon ton, en matière de voyage, de mépriser « les touristes ». Dans les petits jeux de distinction où s’ébroue l’individu qui croit exister quand il rabaisse autrui, il importe de distinguer le touriste du voyageur. Au touriste, le goût grégaire de choix sans originalité, le besoin de sécurité dans une consommation « conformiste » qui ne laisse aucune place à la rencontre hors transaction marchande ; au voyageur, la singularité d’improviser son parcours au gré des rencontres et des envies. Au touriste, le camping, le Club Med, les offres « all inclusive » et les resorts – soit l’artificialité d’un imaginaire vulgaire de paradis en toc, construit par la publicité ; au voyageur, la « quête de l’authentique », la prétention à toucher l’altérité – comme s’il était possible d’y parvenir lors d’un parcours de quelques semaines, ou de quelques mois. Comme si, d’ailleurs, les autochtones n’avaient pas compris quel bénéfice ils pouvaient retirer à tromper le désir d’authentique d’un voyageur-pas-touriste qui, quoi qu’il en dise, reste d’abord un consommateur – et notamment, un « consommateur de clichés », comme l’écrit Paul Ariès.

    #exotisme @mona (ps : je savais pas que c’était un de vos collègues, sorry)

    • Cette dialectique entre un individualisme libéral et une nostalgie diffuse pour un idéal placé dans un ailleurs fantasmé est, selon nous, le résultat même de la mondialisation. Elle prend d’ailleurs divers visages. Le jihadiste qui assassine au nom d’Allah, le Français juif qui émigre en Israël, le nationaliste qui aspire à débarrasser son pays des impurs, les sympathiques « voyageurs de l’authentique » disposés à monnayer une séance de chamanisme : tous disent, d’une façon très diverse, la grande détresse de sens de l’individu dans une société qui se refuse à produire et affirmer de la valeur, de reconnaître comme fertiles ses « gisements culturels », comme les nommait Cornélius Castoriadis.

      #anomie


  • Green Fire
    http://www.foxylounge.com/Green-Fire

    « Baltimore Oriole, took one look at the mercury, Forty Below - No life for a lady to be dragging her feathers in the snow. » Baltimore Oriole comme incipit sensuel d’une descente aux enfers en 9 titres ; bop hardboiled, afro-soul fiévreuse, psychédélisme primitif. Bande-son imaginaire d’un film #noir exotique jamais tourné. Montage fantasmatique de flashs et d’images mentales : Aldrich aux Antilles, Huston au Panama, Welles en Afrique. Sale histoire d’un mercenaire acteur et témoin de (...)

    #Invités

    / #Musique, #Sélections, #jazz, #soul, #latin, #exotisme, #aventure, noir


  • #Gauguin, peintre en transit
    http://bandedessinee.blog.lemonde.fr/2016/06/04/gauguin-peintre-en-transit/#xtor=RSS-32280322

    « Veux-tu que je te dise, gémir n’est pas de mise, aux Marquises ». Sauf pour le peintre Paul Gauguin qui y meurt dans la misère en 1903. Les dernières années de sa vie sont évoquées dans l’album Gauguin, l’autre monde de … Continuer la lecture →

    #Bande_dessinée #Biographie #Fabrizio_Dori #l'autre_monde


    • Le livre:
      Clichés Exotiques

      Avant l’invention de la carte postale, les touristes qui voyagent de par le monde peuvent se procurer sur les sites qu’ils visitent de vrais tirages photographiques figurant les attractions du lieu. Produits pour eux par des photographes professionnels, ces clichés exotiques connaissent une grande diffusion dans les années 1860-1890. Ils constituent l’objet de ce livre. Ces clichés sont moins le reflet du monde que celui de l’imaginaire géographique des photographes et des touristes dont ils voulaient satisfaire les attentes. Feuilleter aujourd’hui l’album de ces belles images, c’est voyager dans l’espace et dans le temps mais aussi à travers une culture visuelle, très marquée par l’idéologie coloniale et qui se cristallise à la fin du XIXe siècle autour de ces clichés. Cette culture a peu changé, c’est pourquoi les quelques centaines de photographies reproduites dans ce livre font encore rêver. Mais le rêve des touristes n’est pas nécessairement partagé par ceux et celles qui ont dû l’incarner...

      http://www.editionsdemonza.fr/cliches.html
      #photographie


  • The Dead Mauriacs, « Nouvelles Fonctions Exotiques »
    https://thedeadmauriacs.bandcamp.com/album/nouvelles-fonctions-exotiques

    Le site deThe Dead Mauriacs aka #Olivier_Prieur
    http://www.thedeadmauriacs.com/2015/05/nouvelles-fonctions-exotiques.html

    Le texte en français fait suite à la publication accompagnant
    The Golden Age of Artificial Inflatable Islands
    or
    Ecstatic Free Love in a Ballardian Dystopia
    et met au jour un pan resté obscur dans l’histoire de la musique
    concrète et électroacoustique.

    Via Continuo’s docs

    #audio #musique_concrète #musique_électroacoustique #exotisme


  • L’#exotisme dans la #musique : des albums rares en téléchargement
    http://continuo-docs.tumblr.com/post/129550044252/evan-crankshaw-biblioth%C3%A8que-exotique-series

    US sound researcher, record collector and collagist #Evan_Crankshaw explores the world of exoticism in art, both in his collages of kitsch, vintage pictures, and in musical artifacts from ethnic field recordings to library music to any kind of weird sounds from unsuspected sources. In 2012, some of his collages were shown along colleague Raleigh Gardiner’s own collages and sculptures during the Sphere Sauvage exhibition at Luminary Gallery in St. Louis, MO. His 2014 MFA in Visual Art thesis was titled “Expedition”, an 80-pages book of collages and texts from Thor Heyerdahl’s Kon-Tiki expedition. Crankshaw runs the fantastic Flash Trap mp3 blog, with pages and pages shock full of rare musics and striking pictures, often from his own making. In 2014, he posted a remarkable series of 5 huge mixtapes titled Bibliothèque Exotique, collecting rare tracks from obscure, super rare and expensive library and Exotica LPs. I’m only familiar with vol. 4 (2h12) and vol. 5 (2h30), but can recommend both as highly intoxicating, full of discoveries and surprises for the curious listener. The icing on the cake comes from the 5 fantastic collages he designed for the artwork, complete with obsolete typesetting and fake/worn out obi with flea-market-find written all over. Perfect.

    Bibliothèque Exotique series:

    vol. 1: Panorama of the Exotic World
    vol. 2: Jungle-Safari-Wildlife
    vol. 3: Orientalism (Japonisme, Chinoiserie, Primitivism, Arabesque)
    vol. 4: Musique du “Voo-Doo” (Funk, Grooves, Percussion, Seaside Reverie)
    vol. 5: Tropicosmic (Synthesized Exotica and Electro-Primitivism)

    L’article renvoie, pour les téléchargements, vers le site de cet universitaire, qui semble tout à fait intéressant
    http://flashstrap.blogspot.fr/search/label/Biblioth%C3%A8que%20Exotique


  • Le précurseur de Daech et son écho dans la littérature populaire allemande.

    Muhammad Ahmad ibn Abd Allah Al-Mahdi
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Muhammad_Ahmad_ibn_Abd_Allah_Al-Mahdi

    Mahdi-Aufstand
    https://de.wikipedia.org/wiki/Mahdi-Aufstand

    Der Mahdi-Aufstand (oder Mahdiya) war eine von 1881 bis 1899 währende Rebellion gegen die anglo-ägyptische Herrschaft in den Sudan-Provinzen am mittleren Nil – angeführt vom islamisch-politischen Führer Muhammad Ahmad, der sich zum Mahdi (einer Art islamischem Messias) erklärt hatte. Er gilt als der erste erfolgreiche Aufstand einer afrikanischen Bevölkerungsgruppe gegen den Kolonialismus und führte am Ende des 19. Jahrhunderts zur Bildung des „Kalifats von Omdurman“ (auch Mahdi-Reich oder Reich des Mahdi). Die Mahdisten eroberten bis 1885 weite Teile des Landes und wurden 1898 durch eine anglo-ägyptische Streitmacht besiegt.

    Karl May
    https://de.wikipedia.org/wiki/Karl_May

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_May

    Cet auteur de la fin du 19ème siècle a pondu plus de 70 volumes de récits d’aventure et de voyage et des romans policiers moins connu. Il a largement influencé la vision de l’Orient en Allemagne et continue à le faire. Son point de vu est celui d’un chrétien qui découvre l’essence de sa foi dans quelques bons spécimens parmi les hordes orientales autrement cruelles et sans scrupules. A cause du message clair de la supériorité de la race européenne et de la religion chrétienne les nazis n’avaient aucun mal à l’incorporer dans leur canon de littérature acceptée. La Karl May Gesellschaft continue aujourd’hui à oeuvrer pour sa réputation.

    Dans les romans de la série Der Mahdi l’imaginaire de Karl May nous fait plonger dans un monde de personnages et de trames qui sont toujours exploitées dans les interprétations médiatiques du conflit autour du califat Daech .

    La trame du premier volume :
    https://de.wikipedia.org/wiki/Mahdi-Trilogie#Menschenj.C3.A4ger

    Kara Ben Nemsi hat in Kairo Abenteuer zu bestehen, die ihn in Verbindung mit Sklavenhändlern bringen. Er soll ermordet werden, entkommt aber dem Anschlag und rettet später auch noch Ben Nil („Sohn des Nils“). Bei der Weiterreise nilaufwärts lernt er den Reïs Effendina („Kapitän unseres Herren = des Khediven“) kennen. Dieser ist der oberste Sklavenjäger-Jäger Ägyptens und gemeinsam nehmen sie die Verantwortlichen einer Sklavenkarawane fest. Die Hauptschurken Abd el Asl und dessen Sohn Ibn Asl („Diener“ und „Sohn des Ursprungs/Gottes“) entkommen in den Sudan. Kara Ben Nemsi verspricht dem Höhlenführer Ben Wasak, seinen Bruder zu suchen, der nach einer Reise im Sudan vermisst wird.

    Les couvertures des premières éditions expriment bien de quoi il est question dans ces livres : On promet au lecteur de l’exotisme et de l’érotisme sous-jacent . Au fait c’est un message publicitaire mensonger, l’érotisme n’est pas au rendez-vous .

    Im Lande des Mahdi I (1896) https://de.wikipedia.org/wiki/Im_Lande_des_Mahdi

    Im Lande des Mahdi II (1896) https://de.wikipedia.org/wiki/Im_Lande_des_Mahdi

    Im Lande des Mahdi III (1896) https://de.wikipedia.org/wiki/Im_Lande_des_Mahdi


    Le texte du Mahdi en ligne
    http://gutenberg.spiegel.de/buch/im-lande-des-mahdi-i-2301/2

    Alors que le Mahdi de Karl May est aujourd’hui un personnage connu seulement des historiens de la littérature triviale et des vrais admirateurs de Karl May, ses histoires sur le chef de tribu indien Winnetou sont mis en scène chaque année lors des vacances d’été et continuent à attirer les foules.

    Winnetou et le Mahdi sont construit sur le même message de base qui fait toujours fait partie du subconscient collectif d’une bonne partie des allemands : Nous avons la mission d’apporter sinon la foi chrétienne mais au moins ses valeurs humanistes. Notre couleur de peau est notre carte d’identité qui nous identifie comme faisant partie des bons, des éduqués, des défenseurs des valeurs humaines essentielles.

    Seine Abenteuerromane und Jugenderzählungen wurden in mehr als 33 Sprachen übersetzt und erreichten eine Gesamtauflage von über 200 Millionen.

    Les livres de Karl May ont été vendu par centaines de millions d’exemplaires. Il l’un des auters allemands le plus traduit.

    La plupart de ses textes ont vu le jour alors que l’auteur n’avait encore jamais quitté sa terre natale et luttait contre sa pauvreté extrème. Sa situation désespérée le poussait à commettre des infractions qui lui valaient plusieurs séjours en prison. Il lisait beaucoup et copiait des parties importantes de ses récits dans des livres scientifiques et d’autres romans de colportage. Une fois arrivé au statut de star littéraire il se mit à voyager et à s’identifier avec les héros de ses livres au point de frôler la folie.

    Pendant cent ans, entre 1890 et 1990, Karl May exercait une influence remarquable sur l’inconscient collectif allemand. En RDA son influence était moins importante parce qu’on y préférait les Jack London et B. Traven qui racontent du point de vu des exploités et des peuples indigènes.

    Alors quand vous voyez la lettre « C » dans l’acronyme du parti d’Andrea Merkel, il faut le lire comme Carl May plutôt que comme Chrétien-Démocrate .

    Ce sont les idées d’un pauvre détraqué du Royaume de Saxe qu’on découvre derrière de multiples prises de positions et propos de la droite bien pensante allemande. C’est un esprit provincial qui se veut universel. Force est de constater que l’inspiration par un passé obscur n’est pas un privilège des commandants du califat.

    #califat #colonialisme litérature #Allemagne #exotisme