• Projet « #Crimson_Thread » : Le nouveau #mur_de_séparation israélien qui traverse le « grenier de la Palestine »

    Le dernier mur érigé par Israël dans le nord de la #vallée_du_Jourdain coupe les agriculteurs palestiniens de leurs terres, détruit leurs récoltes et accélère leur déplacement.

    Khairallah Bani Odeh a l’impression de vivre dans une immense prison.

    Contraint de quitter ses terres dans le village d’#Atouf, au nord de la vallée du Jourdain, il s’est installé dans la ville de Tammoun, au sud de Tubas, après que les attaques des colons, les pénuries d’#eau et les #expropriations massives menées par Israël eurent rendu sa vie insupportable.

    Comme de nombreux Palestiniens du nord de la vallée du Jourdain, Bani Odeh vivait de l’#élevage de #moutons et de l’agriculture.

    Mais depuis qu’Israël a entamé la construction d’un nouveau mur de séparation et d’une route qui traverseront la #plaine_de_Buqe’aa, de vastes étendues de terres ont été englouties, bouleversant la vie quotidienne des habitants.

    Israël a baptisé ce projet « Crimson Thread ». Il prévoit la construction d’un mur de séparation de 22 kilomètres de long et 50 mètres de large, ainsi que d’une route parallèle, le long des terres situées à l’est de #Tubas.

    Le projet laissera de vastes portions de la plaine de Buqe’aa et de l’est de l’#Atouf derrière la route et le mur, empêchant ainsi les agriculteurs et les éleveurs d’accéder à leurs #terres_agricoles et à leurs #pâturages.

    Bani Odeh a déclaré à Middle East Eye que, dès le début des travaux, les colons israéliens avaient utilisé des bulldozers pour détruire les #canalisations_d’eau alimentant des centaines d’hectares de terres agricoles dans la plaine, causant ainsi des dégâts aux cultures et privant le #bétail d’eau.

    Pour de nombreuses familles, cela a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

    « Ils nous ont coupé l’eau, j’ai donc dû en acheter dans les villages voisins pour le bétail. Je devais parcourir de longues distances à pied pour aller chercher de l’eau. Puis ils ont brûlé l’orge et nous ont rendu la vie insupportable, si bien que nous avons été contraints de partir », a-t-il ajouté.

    Des dizaines de familles, dont celle de Bani Odeh, vivaient de l’élevage à Atouf, tandis que des centaines d’autres dépendaient de l’agriculture dans la plaine. Les habitants affirment que ces deux sources de revenus ont été anéanties par le nouveau projet.

    Trois mois après avoir quitté Atouf, Bani Odeh dit qu’il se sent toujours pris au #piège. Il peine à trouver des pâturages pour son bétail et rêve chaque jour de rentrer chez lui.

    Des cultures laissées à l’abandon

    Selon des estimations locales, plus de 20 000 dunams (2 000 hectares) sont menacés par la #sécheresse ou endommagés en raison des #pénuries_d’eau.

    De nombreuses familles d’Atouf et de #Ras_al-Ahmar dépendent de l’élevage. À mesure que les pâturages rétrécissent et que l’#accès_à_l’eau se restreint, les agriculteurs craignent une baisse du cheptel et une hausse des coûts de production.

    Anis Bisharat entretenait autrefois avec soin ses champs de melons, de gombos, de concombres et de courgettes. Mais après la coupure des conduites d’eau, ses cultures ont commencé à dépérir, l’#irrigation étant devenue impossible, ce qui a entraîné des pertes importantes.

    « En plus de la coupure d’eau, ils ont fermé la #route que nous empruntions pour rejoindre la plaine. Désormais, nous devons parcourir deux fois la distance et payer deux fois le prix du carburant », a-t-il déclaré à MEE.

    Muhammad Gharaibeh, un autre agriculteur, affirme qu’un colon a établi un avant-poste au sommet d’une colline surplombant la plaine de Buqe’aa et qu’il s’en est pris à plusieurs reprises à l’agriculture locale.

    « Cette plaine est le grenier de la Palestine, et la plupart des #fruits et #légumes distribués en Cisjordanie proviennent d’ici », a-t-il déclaré.

    « Mais aujourd’hui, ils ont un projet de grande envergure qui prévoit non seulement la construction d’une route, mais aussi l’expropriation de plus de 70 000 dunams. Nos pertes sont énormes, car les cultures ont besoin d’irrigation et d’entretien, et on les a laissées se dépérir », a-t-il ajouté.

    Les agriculteurs tentent de sauver les cultures situées à proximité avec le peu d’eau dont ils disposent, mais les champs plus éloignés ont pour la plupart été laissés à l’#abandon et se dessèchent.

    « Plus de 40 000 dunams de cultures sont désormais privés d’eau. Mes cultures n’ont pas été arrosées depuis deux semaines, et ce n’est que le début de la saison estivale caniculaire, ce qui signifie que toute la récolte sera perdue », a-t-il déploré.

    Selon les données préliminaires du conseil du village d’Atouf, 24 000 dunams appartenant à environ 300 agriculteurs sont menacés par la sécheresse et subissent des dégâts en raison des opérations de déblaiement en cours.

    La zone touchée représente environ un quart de la plaine de Buqe’aa, qui s’étend sur 96 000 dunams.

    « Il ne reste plus rien »

    En novembre dernier, le journal israélien Haaretz a révélé les détails du projet « Crimson Thread », le décrivant comme une #route_militaire et un mur de séparation s’étendant à travers les terres palestiniennes, du village d’#Ein_Shibli, dans la vallée centrale du Jourdain, jusqu’au poste de contrôle militaire de #Tayasir.

    À la suite de cet article, les autorités israéliennes ont émis des ordres de #saisie_militaire portant sur 1 042 dunams de terres palestiniennes situées le long du tracé de la barrière prévue.

    Depuis le début de cette année, des bulldozers travaillent sans relâche sur ce projet qui, selon les habitants et les experts, isolera de vastes étendues de terres et rendra des milliers de dunams supplémentaires inaccessibles aux Palestiniens.

    L’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem a indiqué dans un rapport publié en avril que la vallée du Jourdain figurait parmi les zones où la présence palestinienne est la plus fortement restreinte, bien qu’elle représente environ 30 % de la #Cisjordanie occupée.

    Selon ce rapport, 62 communautés palestiniennes des zones B et C, où vivent plus de 4 100 Palestiniens, avaient été déplacées en avril en raison à la fois des violences commises par les colons et des restrictions imposées par Israël.

    L’organisation de défense des droits humains a également indiqué que 53,4 % de la vallée du Jourdain ont été classés en « #terres_d’État », 45,7 % en zones militaires de tir et d’entraînement, et environ 20 % en réserves naturelles.

    Mu’taz Bisharat, spécialiste des colonies, a déclaré à MEE que les développements dans la vallée du Jourdain s’apparentent à un renforcement du contrôle israélien sur de vastes zones et menacent la présence continue des communautés palestiniennes dans cette région.

    Il a indiqué que de nombreuses familles avaient déjà été déplacées et a qualifié la destruction des infrastructures hydrauliques d’attaque contre les fondements mêmes de la vie dans la région.

    « Il n’y a plus d’agriculture », a-t-il déclaré.

    « Aujourd’hui, 70 % des terres de cette région ont été perdues en raison des crimes cumulés commis par l’occupation israélienne contre le peuple palestinien, la présence palestinienne et l’agriculture palestinienne. Il ne reste plus rien pour les citoyens palestiniens », a-t-il ajouté.

    M. Bisharat estime que cette nouvelle route vise à établir de nouvelles frontières dans la vallée du Jourdain et à isoler davantage la région du reste de la Cisjordanie occupée.

    « Aujourd’hui, le processus d’#annexion se déroule sur le terrain sous les yeux du monde entier », a-t-il déclaré.

    « Il a été suspendu dans les médias, mais il ne s’est pas arrêté sur le terrain. »

    https://www.france-palestine.org/Projet-Crimson-Thread-Le-nouveau-mur-de-separation-israelien-qui-t

    #murs #barrières_frontalières #Israël #Palestine #Cisjordanie #terres #agriculture #Plaine_de_la_Bekaa #émigration

  • Ponte sullo Stretto. I comitati protestano, la Lega chiede 1,2 miliardi in più
    (publié en 2024, pour archivage)

    Secondo il governo, la costruzione inizierà nella primavera del 2025 e finirà nel 2032. Per il ministro delle Infrastrutture Matteo Salvini si tratta dell’opera «più avveniristica ed ecologica della storia», così la Lega ha chiesto 1,2 miliardi in più per la realizzazione. Intanto i comitati «no ponte» sono a Roma per denunciare tutte le criticità e proporre soluzioni alternative.

    Era il 4 novembre del 2022, a pochi giorni dall’insediamento del governo guidato da Giorgia Meloni, quando il neonominato ministro delle Infrastrutture Matteo Salvini rilanciava il progetto del Ponte sullo Stretto. “Vogliamo creare lavoro – scriveva il leader della Lega su Facebook – disinquinare, sbloccare cantieri e investire in trasporto su ferro e via mare, ma anche lasciare ai nostri figli un’opera che renderà l’Italia un Paese leader al mondo come il Ponte sullo Stretto, l’opera più avveniristica ed ecologica della storia”. Secondo Salvini, una spinta all’Italia “del sì” al futuro, all’economia, che si contrapponeva a quella “del no” dei controlli e dei comitati di cittadini. A due anni da quelle dichiarazioni, il progetto è andato avanti: la concessionaria Stretto di Messina s.p.a, responsabile dell’intero processo di costruzione e gestione del ponte (con l’esclusione della linea ferroviaria) è pronta a iniziare i lavori, ma ci sono ancora incognite sull’effettiva fattibilità. Intanto, la Lega chiede 1,2 miliardi di euro in più con un emendamento della legge di bilancio. Oggi i comitati cittadini di Messina e Villa San Giovanni (Reggio Calabria) sono a Roma per manifestare. “Le nostre città verranno sventrate e le nostre vite stravolte – dicono a lavialibera –. Qui mancano i servizi primari, ma la priorità è un’opera che non è mai stata realizzata prima”.
    Il Ponte sullo Stretto, opera difficile da progettare

    Il progetto di costruire un ponte tra Sicilia e Calabria non è storia recente. Già a metà del 1800 si volevano unire le due sponde, ma la difficoltà di creare dei piloni in mare e i costi eccessivi fecero desistere Ferdinando II. L’idea è stata portata avanti anche dopo l’Unità d’Italia, con la convinzione che le due regioni potessero essere unite attraverso un ponte o un sottopassaggio. Il terribile terremoto di Messina del 1908 riportò tutti alla consapevolezza che prima di qualsiasi piano serviva un’attenta valutazione delle condizioni sismiche del territorio. Un’altra proposta fu rilanciata nel 1934, ma si dovette aspettare il secondo dopoguerra perché il progetto cominciasse a diventare terreno di confronto politico. Nel 1969, il ministero dei lavori pubblici decise di bandire un concorso internazionale di idee per la realizzazione dell’opera: vinsero ex aequo un tunnel a mezz’acqua e i progetti per un ponte a tre, quattro, cinque campate o a campata unica. I progetti sono andati avanti per decenni e nel 1992 fu presentato il progetto preliminare definitivo. Nel 2005, la Direzione investigativa antimafia denunciò i rischi di possibili infiltrazioni mafiose.

    Dopo approvazioni, veti e passi avanti, nel 2013 il governo Monti decise di chiudere il progetto. Bisogna arrivare al giugno 2020 perché il progetto del ponte sullo stretto venisse rilanciato: l’allora presidente del consiglio Giuseppe Conte annunciava di voler valutare l’opera “senza pregiudizi”. Così, due mesi dopo, si istituì il gruppo di lavoro al ministero delle infrastrutture e dei trasporti.
    Il nuovo Ponte sullo Stretto targato Salvini

    L’accelerazione per la progettazione e costruzione del ponte è avvenuta però con il governo Meloni. Già con il decreto legge 35/2023 si dava avvio a una nuova fase, senza dover bandire nuove gare d’appalto, ma facendo gestire l’operazione al consorzio Eurolink, colosso che offre servizi di informatica e tecnologia, guidato da Webuild, multinazionale delle costruzioni, attiva in 110 Paesi. Sono loro a consegnare alla società Stretto di Messina la documentazione aggiornata sui collegamenti stradali e ferroviari.

    Secondo il progetto presentato, il ponte sarà lungo 3300 metri, a campata unica, con sei corsie per il traffico automobilistico, due corsie di servizio e due binari ferroviari e sarà possibile percorrerlo per 200 anni. Costo stimato, dai 12 ai 14 miliardi di euro. La riduzione del tempo di viaggio rispetto agli attraversamenti dello Stretto in traghetto è calcolato in un’ora per i mezzi leggeri, un’ora e mezza per i mezzi pesanti e due ore per i treni. L’inizio dei lavori è previsto per la primavera del 2025 e l’inaugurazione entro il 2032.

    Se questo è il progetto del Governo, spazio deve essere dato anche alle difficoltà nell’immaginare una struttura di questo tipo, mai realizzata prima nel mondo. Dal punto di vista ambientale anzitutto: anche nell’ultimo via libera, dato il 13 novembre dalla commissione tecnica di valutazione sulla compatibilità, ci sono dei rilievi che incidono sulla presentazione del progetto esecutivo. Il ministero dell’Ambiente fa sapere che, fra questi, alcuni riguardano “non solo l’ambiente naturale, terrestre, marino e agricolo, ma anche aspetti relativi a progettazione di dettaglio per opere a terra, relativi a cantierizzazione, gestione delle materie, approvvigionamenti, rumore e vibrazioni”. Ottenuta questa autorizzazione, l’installazione dei cantieri potrebbe essere più vicina.

    Quello dell’impatto ambientale non è l’unico problema: si aggiungono quelli ingegneristici e di costo. Il ministro dell’Economia Giancarlo Giorgetti, dopo il consiglio dei ministri del 16 ottobre scorso, ha confermato: “il Ponte sullo Stretto, come tutte le opere pubbliche, è finanziato per l’intero ammontare con 12 miliardi”. Forse 1,2 miliardi in più, se dovesse essere approvato l’emendamento proposto dalla Lega.
    I comitati cittadini e il rischio di non poter protestare

    Mentre il progetto avanza, chi sceglie di mettere in discussione l’opera di interesse strategico rischia di finire in carcere. “Per anni abbiamo pensato che, alla fine, questo progetto non si sarebbe mai realizzato – dice a lavialibera Elio Conti Nibali, del comitato Invece del Ponte –, ma questa volta sembrano convinti, anche perché ogni volta che incontrano un ostacolo fanno una legge per aggirarlo”. Conti Nibali fa parte di uno dei numerosi comitati contro la costruzione del Ponte sullo Stretto di Messina che sono nati negli anni sulle sponde siciliana e calabrese. A preoccupare, tra gli altri aspetti, sono gli espropri comunicati lo scorso aprile. “Le persone pensano che il ponte si farà solo a Capo Peloro (punta nord di Messina, dove verranno costruiti i piloni, ndr) – conferma Luigi Sturniolo della Rete No Ponte –, invece i cantieri sventreranno la città, i camion passeranno dappertutto”. Ad attenzionare la situazione anche Claudio Vallone, del sindacato Sunia Cgil di Messina. “Noi avversiamo l’opera per finalità, modalità, per possibilità di infiltrazioni mafiose, per drenaggio di risorse che potrebbero servire per portarci a un livello quantomeno decoroso da un punto di vista dei trasporti interni. Ma iniziare i cantieri senza la certezza di poter realizzare l’opera sarebbe ancora peggio”.

    C’è molto scetticismo anche sulle reali cifre dei posti di lavoro promessi. “Alcuni esponenti politici hanno detto che ci saranno 100mila posti di lavoro, poi rivalutati al ribasso – spiega a lavialibera Federico Alagna di Cambiamo Messina dal basso –. Quello che ci sarà, in realtà, è il tema del massacro sociale, di relazioni, di disgregazione di quartieri dovuti agli espropri che avranno conseguenze devastanti sul territorio”.

    Per questi motivi, i comitati si sono dati appuntamento a Roma, per esporre “il no deciso al nuovo Vajont”. “Siamo da un lato preoccupati, dall’altro determinati, pronti a impugnare qualsiasi atto” ribadisce Daniele Ialacqua, del comitato No Ponte Capo Peloro. Restano da decidere anche i prossimi passi, se e quando i cantieri verranno avviati.

    https://lavialibera.it/it-schede-2070-ponte_sullo_stretto_scontri_salvini_comitati_no_ponte
    #pont #Stretto_di_Messina #Italie #Sicile #Calabre #Ponte_sullo_stretto #coût #budget #Matteo_Salvini #Giuseppe_Conte #Eurolink #Webuild #multinationale #Stretto_di_Messina #environnement #impact_environnemental #Invece_del_Ponte #Rete_No_Ponte #résistance #expropriations

  • Noires souffrances

    Le village de #Keyenberg n’est plus que son propre fantôme. La faute à l’exploitation de la #lignite, pourtant stoppée de justesse par les habitant·es. Reportage aux confins de la #mine de #Garzweiler_II.

    Dehors, la grisaille et les maisons en brique rouge à l’abandon invitent au répit. Mais, entre les murs de la ferme centenaire que l’on distingue du bout de la rue, l’angoisse s’est trouvée une place de choix. Ce matin-là, Norbert a le cœur lourd. « Je me suis réveillé brusquement à 5 heures et je me suis demandé : qu’est-ce qu’on doit faire ? Est-ce qu’on devrait partir et tout vendre ? Ou rester ? » Il soupire. Cet habitant viscéralement attaché à son village devenu fantôme de Keyenberg a l’esprit qui se brouille quand l’avenir se pose.

    Aujourd’hui vidé de la majorité de ses habitants, Keyenberg est l’un des cinq villages miraculés de la gigantesque trouée noire voisine, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dans l’ouest de l’Allemagne. La mine de lignite – un #charbon de faible qualité – de Garzweiler II a déjà avalé 11 400 hectares en quarante ans. Voués à être dévorés par les crocs des excavatrices géantes de la multinationale allemande #RWE, comme quinze villages avant eux, ils ont été sauvés grâce à la lutte acharnée depuis 2016 de dizaines d’habitant·es et d’activistes du climat réuni·es, notamment, au sein du collectif #Alle_Dörfer_bleiben (« Tous les villages restent »). Celui-ci a obtenu que la nouvelle coalition du gouvernement fédéral officialise à l’automne 2022 le sauvetage des cinq villages dans le cadre de la sortie du pays du charbon en 2030.

    La destruction de #Lützerath, village symbole de la lutte contre le réchauffement climatique et de l’exploitation du charbon, n’a pu, elle, être évitée. Le bourg a été rasé en janvier malgré le combat long de deux ans de la #ZAD et une manifestation ayant réuni 35 000 personnes. L’Allemagne a en parallèle décidé de relancer vingt-sept centrales à charbon en raison de la crise énergétique liée notamment à la guerre en Ukraine.

    Déjà expulsés une fois

    Depuis 1983, l’entreprise RWE, longtemps l’une des plus grandes émettrices de CO2 en Europe, a exproprié des dizaines de milliers de propriétaires pour alimenter en énergie le pays. Norbert et les siens étaient les suivants sur la liste. « Mon père et mon grand-père s’étaient installés ici il y a une soixantaine d’années car ils pensaient, comme leur avait dit l’entreprise, qu’il n’y avait pas de charbon ici, à 20 km de leur village de Königshofen qui, déjà, allait être avalé par la mine », raconte Norbert. Aujourd’hui, l’immense crevasse de 200 mètres de profondeur toque au portail de son jardin, à moins de 400 mètres. Elle s’est arrêtée là.

    Depuis 2016, début des #expropriations à Keyenberg, #Oberwestrich, #Unterwestrich, #Kuckum et #Berverath, qui font tous partie de la commune d’#Erkelenz, les maisons se sont vidées les unes après les autres pour aller se reconstruire dans les nouveaux lotissements sans âme à 7 kilomètres de là. Date butoir initiale (avant le revirement) : 2023. « Sur ceux qui ne voulaient pas partir, RWE exerçait une pression constante avec des courriers réguliers du type : ‘Vous savez que 50% de vos voisins seront partis l’année prochaine ? Puis 60%, 70%…’ et là je sentais la pression monter. Qu’est-ce que je fais ? » se souvient Norbert, assis dans sa cuisine récemment rénovée.

    « Ne le dites à personne »

    Cet homme jovial a mené la lutte avec Alle Dörfer bleiben. Lui et sa famille sont restés, avec environ 80 voisin·es. Sur les 1500 habitant·es des cinq villages, il en subsiste à peine 200. Mais si les rues se sont vidées, les murs des maisons, eux, se sont emplis de souffrance. Un peu partout, les mêmes histoires se font écho. Comme l’arrivée discrète de RWE bien en amont, « envoyant ses employés dans les manifestations » ou finançant des événements locaux. « Déjà, à ce moment-là, il y avait ceux dans le village qui disaient ‘oh, ils ne sont pas si mauvais en fait, on va prendre l’argent’ et les autres qui disaient ‘c’est le diable, ne leur parlez pas’. Soudain, des voisins ou des amis de toujours, des membres d’une même famille ne se sont plus parlé », déplore Norbert.

    Dans ces terres agricoles et conservatrices, la plupart des gens, souvent âgés, ont toujours habité là depuis plusieurs générations. « Ils n’ont jamais acheté ou vendu une maison, ne connaissent pas la valeur de la leur, alors que pour RWE, c’est une tâche quotidienne. » Selon les habitant·es rencontré·es, une clause de confidentialité a été signée, chose que dément l’entreprise qui évoque « une grande transparence dans les paiements d’indemnisation ». « Ils nous ont dit : on vous donne 3000 m² – le terrain de la famille de Norbert est de 8000 m² – c’est notre dernière offre, personne n’obtiendra un tel terrain, mais vous ne devez le dire à personne », raconte celui que RWE a conduit en justice face à son refus de vendre son terrain, après, notamment, que « l’entreprise a installé illégalement une pompe hydraulique et des pipelines dans mon champs ».

    « Chacun demandait au voisin : ‘Et vous, vous avez reçu combien ? Comment vous avez fait pour négocier ?’ Mais personne ne pouvait parler. C’était terrible ! » raconte, sur le pas de sa porte, Yann Mülders, un trentenaire qui habite avec sa sœur, son neveu, sa mère et sa grand-mère à l’entrée du village depuis vingt-deux ans. « Ils ont semé la zizanie pour que tout le monde cède et s’en aille », croit savoir ce bonhomme placide, attristé de constater « que la vie est morte ici ».
    Bisbilles et tristesse à Neu Keyenberg

    Mais le nouveau village n’est pas épargné. Outre la bataille pour les meilleurs terrains, l’argent a créé divisions et envies. « Ici, il y a de nombreuses histoires de jalousies, de voisins qui comparent leurs situations et la taille de leurs maisons », raconte, affligé, Julius, 26 ans, « déplacé » du charbon dans le nouveau Keyenberg où les maisons en travaux se bousculent.

    Pour beaucoup, bien que conscient·es depuis trente ans de leur expropriation prochaine, le déracinement a été dévastateur. Pour les plus âgé·es, surtout. « Ma grand-mère, qui avait 85 ans, est décédée l’année dernière, un an après notre déménagement qu’elle a très mal vécu, elle était très triste de devoir quitter sa maison », raconte, ému, André. Une bâtisse qui avait vu passer quatre générations.

    Ingo a lui aussi terriblement souffert de l’expropriation (lire ci-dessous). Habitant de toujours de Keyenberg, il a perdu ses deux parents successivement, avant la date butoir. Avant de mourir, son père a dit : « Je ne veux plus déménager. »

    « L’expropriation a brisé le cœur de nombreuses personnes, et certaines sont mortes à cause de ça », témoigne René Wagner, journaliste déplacé qui tente de recréer une communauté villageoise dans la nouvelle localité. « Il y a même des gens qui veulent que leur ancienne maison soit détruite, car pour eux le pire serait que quelqu’un habite chez eux », raconte Christopher, président du collectif Alle Dörfer bleiben. Les histoires tragiques se bousculent.

    Plusieurs personnes rencontrées évoquent aussi des #suicides dans les anciens villages. « Ce sont des histoires cachées, beaucoup de gens le savent, mais n’en parlent pas », dit, comme d’autres, Julius. « Si je n’habitais pas ici, je ne pourrais pas croire tout ce qui y est arrivé », disent d’une seule voix Norbert et André, respectivement habitant de l’ancien et du nouveau Keyenberg.

    https://lecourrier.ch/2023/04/20/noires-souffrances

    #extractivisme #Allemagne #expulsions

  • Derrière le « greenwashing » de TotalEnergies, l’expropriation de paysans au Congo | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/121222/derriere-le-greenwashing-de-totalenergies-l-expropriation-de-paysans-au-co

    Mediapart dévoile des documents internes au gouvernement congolais et des témoignages prouvant que TotalEnergies s’est approprié des terres d’agriculteurs sans leur libre consentement. Le but ? Créer à la place de leurs cultures une plantation industrielle d’arbres pour que le pétrolier puisse continuer ses activités climaticides.

    https://www.dropbox.com/s/k3wyok47o9y4fui/Derri%C3%A8re%20le%20%C2%AB%20greenwashing%20%C2%BB%20de%20TotalEnergies%2C

  • How the present day land-grabbing in Africa is forcing thousands to migrate to Europe - Voice Online
    https://www.voice-online.co.uk/entertainment/books/2020/04/16/how-the-present-day-land-grabbing-in-africa-is-forcing-thousands-to-

    IN THIS exclusive excerpt from his new book Why We Are Coming, author Yasin Kakande—an international journalist, migrant activist and TED Fellow—lays bare the shocking truth about the Western exploitation of Africa that is the root cause of Africans choosing to leave their homelands for the UK, US and other developed nations.

    Across Africa many Western investors, including Wall Street bankers and wealthy individuals, are rushing in to acquire agricultural land and are displacing hundreds of thousands of Africans. This shift places the food system in Africa in the hands of a few Western corporations whose interests are, first and foremost, economic gain.

    #terres #expropriations #migration #colonialisme

  • Lettre d’un soignant à ceux qui nous gouvernent – ACTA
    https://acta.zone/lettre-dun-soignant-a-ceux-qui-nous-gouvernent

    Vos politiques néolibérales, telles que vous les poursuivez depuis plusieurs années, ont abouti à cela (pour ne parler que du secteur médical). Avant le coronavirus déjà, et bien plus avec lui, il faudra que nous parvenions un jour à estimer le nombre de morts qui vous est dû. Vous pourrez alors vous préparer à en payer le prix, celui des criminels. Car votre monde est un crime organisé : le travail casse et tue, les patrons encaissent, les flics jouent les hommes de main, les politiques entérinent ça en droit. Et, tout en écrasant le secteur de la santé (coupes budgétaires, gestion managériale, objectifs de rentabilité, suppressions de poste et de matériel), vous nous confiez la précieuse mission d’agir en recycleur du capitalisme : assurer la reproduction de la force de travail en réparant les corps broyés pour les remettre à votre disposition sur le marché du travail. Nous le savons, et détestons trop souvent notre travail. Tiraillés entre l’envie profonde de prendre soin des autres, et le refus catégorique de répondre à vos missions. Entre le désir d’accompagner les patients parfois en détresse, et la course au temps et à l’argent qui nous est imposée. Et vous, vous savez pertinemment notre impuissance face à vos politiques assassines. Car s’y opposer signifie tout bloquer ; et tout bloquer, c’est inévitablement mettre en danger celles et ceux qui ont besoin de soins. On ne peut que tristement constater à quel point la grève massive des services d’urgences de ces derniers mois n’a abouti à rien (sans jamais bien sûr remettre en question le courage et la détermination de celles et ceux qui l’ont menée). Imaginez la rage de les voir vanter le mérite et l’abnégation des soignants en cette période de crise, du haut de leur hypocrisie.

    #colère

  • #Logement. Le vent tourne pour les #marchands_de_sommeil | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/logement-le-vent-tourne-pour-les-marchands-de-sommeil-678040

    Jeudi 26 septembre, le juge des #expropriations du tribunal de grande instance de Paris a, pour la première fois, décidé que le versement d’une indemnité à un marchand de sommeil serait conditionné à sa relaxe par le tribunal pénal. L’affaire concerne « le Bien Être », la bien nommée SCI propriétaire d’un immeuble vétuste de la rue Jean-Robert, dans le 18e arrondissement de Paris. Si, à l’issue du procès, elle est déclarée coupable d’avoir soumis des personnes « à des conditions d’hébergement incompatibles à la dignité humaine », la mairie ne sera pas obligée de lui reverser le montant de l’indemnisation qui a été mise sous séquestre.

    #habitat_indigne #justice_administrative #justice_pénale

  • Carte des parcelles expropriées entre 2014 et 2018
    https://koumoul.com/reuses/carte-des-parcelles-expropriees-entre-2014-et-2018

    Cette carte présente les #expropriations entre 2014 et 2018 et permet de voir les grand projets fonciers en cours comme le Grand Paris Express ou le Lyon - Turin.

    L’idée originale à été proposée par Christian Quest avec cette carte https://umap.openstreetmap.fr/fr/map/expropriations-2014-2018_319141

    #map

  • Biocarburants : Les ravages de la ruée vers l’or vert
    https://parismatch.be/actualites/environnement/131933/biocarburants-les-ravages-de-la-ruee-vers-lor-vert

    les promesses du carburant écolo annoncées au début des années 2000 finiront par partir en fumée. #Déforestations, #expropriations, augmentation des prix des denrées alimentaires, toute puissance des #multinationales… Le développement des biocarburants en Europe a engendré un véritable #désastre humain et environnemental dans les pays du Sud.

    Ces constats, le réalisateur belge Sergio Ghizzardi a voulu le mettre en lumière dans son documentaire L’Or Vert, projeté dans le cadre du festival Millenium. Parce que des biocarburants, « on en a parlé un peu, pendant un temps, puis le sujet est retombé », nous raconte-t-il. Aussi parce que tout le monde continue d’en consommer, parfois sans le savoir ni mesurer les conséquences de cette ruée vers l’or, passé du noir au vert. « L’idée de ce film est de permettre aux spectateurs de se rendre compte de l’impact des biocarburants de la première génération et de la nécessité de s’intéresser à ceux de la deuxième génération, ainsi qu’aux multiples autres solutions pour réduire la consommation d’hydrocarbures », explique-t-il.

    #agrocarburant #alimentation #agriculture #lobby
    https://vimeo.com/240455839

  • Impunité des multinationales : les victimes de ProSavana au Mozambique (...) - CCFD-Terre Solidaire
    https://ccfd-terresolidaire.org/infos/rse/traite-onu/impunite-des-5949

    Erika Mendes, est chargée de plaidoyer à Justiça Ambiental au Mozambique, organisation partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Elle sera présente à Genève du 23 au 27 octobre 2017 pour défendre un #traité onusien contre l’impunité des #multinationales. Elle suit de près le projet #ProSavana et nous livre son témoignage en avant-première.

    Le projet ProSavana a été lancé en 2009 par les gouvernements du #Mozambique, du Brésil et du Japon. Il a été présenté comme un moyen de moderniser l’#agriculture au #Mozambique. Pourtant, quelques années plus tard, les violations des droits humains sont nombreuses.

    #Expropriations et #pollution

    Financé par le Brésil et le Japon, ce projet doit se déployer le long du « Corridor de #Nacala » dans le centre et le nord du pays. Dans cette région vivent de nombreuses communautés de paysans, soit 4 millions de familles, qui pratiquent l’agriculture familiale. L’arrivée d’investisseurs souhaitant développer l’agriculture industrielle suscite de nombreuses craintes. Les paysans ont peur d’être expropriés au profit de la mise en culture de parcelles dédiées à la #monoculture. Pour la plupart d’entre eux, une expropriation les priverait de moyens d’existence.

    Le processus a déjà commencé dans la province de Nampula. L’usage intensif des #pesticides et #fertilisants_chimiques a parallèlement entraîné la pollution des ressources en #eau et une dégradation des #sols.

    #terres

  • Madagascar : les droits fonciers des paysans sont régulièrement violés, selon le CETIM - Agence Ecofin
    http://www.agenceecofin.com/droits-humains/2003-45832-madagascar-les-droits-fonciers-des-paysans-sont-reguliereme

    Dans un compte-rendu adressé au rapporteur spécial des Nations unies sur l’environnement et les droits de l’homme, la semaine dernière, le Centre de recherches et de publications sur les relations entre le tiers-monde et l’Europe (CETIM) dénonce les #expropriations abusives dont sont victimes les propriétaires du #foncier rural #malgache. Des expropriations réalisées au profit des #multinationales minières et des trafiquants de #bois précieux.

    « De nombreux paysans sont #déplacés ou #expulsés de leurs #terres au mépris de la loi foncière qui reconnaît les droits coutumiers. Du nord au sud de #Madagascar, les #compagnies_minières et de l’#agro-industrie obtiennent des permis d’exploitation au détriment de la biodiversité », révèle notamment le CETIM.

    Toutefois, s’il admet que les efforts déployés pour venir à bout des réseaux de trafic de bois ne portent pas encore leurs fruits, le secrétaire général du ministère de l’Environnement rejette toute violation de la loi dans les attributions de #concessions minières. « Les terrains ne peuvent s’octroyer aux sociétés qu’après consultations de tous les concernés », y compris les populations locales, a-t-il déclaré à RFI.

  • Namibia tables bill to ban foreign ownership of land - report | News24
    http://www.news24.com/Africa/News/namibia-tables-bill-to-ban-foreign-ownership-of-land-report-20161116

    Namibia’s lands minister Utoni Nujoma has reportedly tabled a bill that would see foreign nationals being barred from owning land in the southern African country.

    According to eNCA the bill sought to bar foreigners from owning agricultural, commercial and communal land.

    The new bill proposed a range of amendments to the Agricultural Commercial Land Reform Act of 1995 and the Communal Land Reform Act of 2002.

    The minister reportedly believed that if the proposed bill could be passed without any amendments, it would be complementary to the expropriation laws gazetted by his ministry on September 1, 2016.

    Foreigners in Namibia currently owned at least 281 farms which translated to 1.3 hectares, the report said.

    ...

    Statistics released by Farmer’s Weekly showed that, as of last year, only 27% of the total agricultural land in Namibia had been successfully redistributed to those who were previously disadvantaged; 43% of the total agricultural land had been allocated for redistribution and another 16%, or 5.6 million hectares, had yet to be successfully redistributed.

    #Namibie #terres #foncier #investissements_étrangers #expropriations

  • Cinq caméras brisées, une histoire Palestinienne.

    #Documentaire d’#Emad_Burnat sur les conditions de vie actuelles du peuple Palestinien.

    Emad Burnat est #paysan. Il vit dans le petit village de #Bil'in, en #Cisjordanie. Il y a cinq ans, les forces israéliennes ont décidé de construire, au milieu des terres du village, un « #mur de séparation », en invoquant des impératifs de sécurité liés à la proximité de la colonie juive de #Modin'in Illit. En conséquence, les villageois de Bil’in ont perdu la moitié de leurs #terres. Ils s’engagent alors dans une longue lutte pour contrecarrer les #expropriations. Dès le début, Emad prend une décision : filmer l’#action_non-violente entreprise par les habitants. Il a suivi cinq années de la vie d’un #village en ébullition, avec cinq caméras qui ont connu des épreuves et se sont brisées, l’une après l’autre, au gré des affrontements.

    http://www.youtube.com/watch?v=C-Nd0-8x77Y

    #Palestine #film

    cc @reka