• #Briançon : « L’expulsion de Refuges solidaires est une vraie catastrophe pour le territoire et une erreur politique »

    Le nouveau maire a décidé de mettre l’association d’aide aux migrants à la porte de ses locaux. Dans la ville, la mobilisation citoyenne s’organise

    #Arnaud_Murgia, élu maire de Briançon en juin, avait promis de « redresser » sa ville. Il vient, au-delà même de ce qu’il affichait dans son programme, de s’attaquer brutalement aux structures associatives clefs du mouvement citoyen d’accueil des migrants qui transitent en nombre par la vallée haut-alpine depuis quatre ans, après avoir traversé la montagne à pied depuis l’Italie voisine.

    A 35 ans, Arnaud Murgia, ex-président départemental des Républicains et toujours conseiller départemental, a également pris la tête de la communauté de communes du Briançonnais (CCB) cet été. C’est en tant que président de la CCB qu’il a décidé de mettre l’association Refuges solidaires à la porte des locaux dont elle disposait par convention depuis sa création en juillet 2017. Par un courrier daté du 26 août, il a annoncé à Refuges solidaires qu’il ne renouvellerait pas la convention, arrivée à son terme. Et « mis en demeure » l’association de « libérer » le bâtiment situé près de la gare de Briançon pour « graves négligences dans la gestion des locaux et de leurs occupants ». Ultimatum au 28 octobre. Il a renouvelé sa mise en demeure par un courrier le 11 septembre, ajoutant à ses griefs l’alerte Covid pesant sur le refuge, qui l’oblige à ne plus accueillir de nouveaux migrants jusqu’au 19 septembre en vertu d’un arrêté préfectoral.
    « Autoritarisme mêlé d’idées xénophobes »

    Un peu abasourdis, les responsables de Refuges solidaires n’avaient pas révélé l’information, dans l’attente d’une rencontre avec le maire qui leur aurait peut être permis une négociation. Peine perdue : Arnaud Murgia les a enfin reçus lundi, pour la première fois depuis son élection, mais il n’a fait que réitérer son ultimatum. Refuges solidaires s’est donc résolu à monter publiquement au créneau. « M. Murgia a dégainé sans discuter, avec une méconnaissance totale de ce que nous faisons, gronde Philippe Wyon, l’un des administrateurs. Cette fin de non-recevoir est un refus de prise en compte de l’accueil humanitaire des exilés, autant que de la paix sociale que nous apportons aux Briançonnais. C’est irresponsable ! » La coordinatrice du refuge, Pauline Rey, s’insurge : « Il vient casser une dynamique qui a parfaitement marché depuis trois ans : nous avons accueilli, nourri, soigné, réconforté près de 11 000 personnes. Il est illusoire d’imaginer que sans nous, le flux d’exilés va se tarir ! D’autant qu’il est reparti à la hausse, avec 350 personnes sur le seul mois d’août, avec de plus en plus de familles, notamment iraniennes et afghanes, avec des bébés parfois… Cet hiver, où iront-ils ? »

    Il faut avoir vu les bénévoles, au cœur des nuits d’hiver, prendre en charge avec une énergie et une efficacité admirables les naufragés de la montagne épuisés, frigorifiés, gelés parfois, pour comprendre ce qu’elle redoute. Les migrants, après avoir emprunté de sentiers d’altitude pour échapper à la police, arrivent à grand-peine à Briançon ou sont redescendus parfois par les maraudeurs montagnards ou ceux de Médecins du monde qui les secourent après leur passage de la frontière. L’association Tous migrants, qui soutient ces maraudeurs, est elle aussi dans le collimateur d’Arnaud Murgia : il lui a sèchement signifié qu’il récupérerait les deux préfabriqués où elle entrepose le matériel de secours en montagne le 30 décembre, là encore sans la moindre discussion. L’un des porte-parole de Tous migrants, Michel Rousseau, fustige « une forme d’autoritarisme mêlée d’idées xénophobes : le maire désigne les exilés comme des indésirables et associe nos associations au désordre. Ses décisions vont en réalité semer la zizanie, puisque nous évitons aux exilés d’utiliser des moyens problématiques pour s’abriter et se nourrir. Ce mouvement a permis aux Briançonnais de donner le meilleur d’eux-mêmes. C’est une expérience très riche pour le territoire, nous n’avons pas l’intention que cela s’arrête ».

    La conseillère municipale d’opposition Aurélie Poyau (liste citoyenne, d’union de la gauche et écologistes), adjointe au maire sortant, l’assure : « Il va y avoir une mobilisation citoyenne, j’en suis persuadée. J’ose aussi espérer que des élus communautaires demanderont des discussions entre collectivités, associations, ONG et Etat pour que des décisions éclairées soient prises, afin de pérenniser l’accueil digne de ces personnes de passage chez nous. Depuis la création du refuge, il n’y a pas eu le moindre problème entre elles et la population. L’expulsion de Refuges solidaires est une vraie catastrophe pour le territoire et une erreur politique. »
    « Peine profonde »

    Ce mardi, au refuge, en application de l’arrêté préfectoral pris après la découverte de trois cas positif au Covid, Hamed, migrant algérien, se réveille après sa troisième nuit passée dans un duvet, sur des palettes de bois devant le bâtiment et confie : « Il faut essayer de ne pas fermer ce lieu, c’est très important, on a de bons repas, on reprend de l’énergie. C’est rare, ce genre d’endroit. » Y., jeune Iranien, est lui bien plus frais : arrivé la veille après vingt heures de marche dans la montagne, il a passé la nuit chez un couple de sexagénaires de Briançon qui ont répondu à l’appel d’urgence de Refuges solidaires. Il montre fièrement la photo rayonnante prise avec eux au petit-déjeuner. Nathalie, bénévole fidèle du refuge, soupire : « J’ai une peine profonde, je ne comprends pas la décision du maire, ni un tel manque d’humanité. Nous faisons le maximum sur le sanitaire, en collaboration avec l’hôpital, avec MDM, il n’y a jamais eu de problème ici. Hier, j’ai dû refuser l’entrée à onze jeunes, dont un blessé. Même si une partie a trouvé refuge chez des habitants solidaires, cela m’a été très douloureux. »

    Arnaud Murgia nous a pour sa part annoncé ce mardi soir qu’il ne souhaitait pas « s’exprimer publiquement, en accord avec les associations, pour ne pas créer de polémiques qui pénaliseraient une issue amiable »… Issue dont il n’a pourtant pas esquissé le moindre contour la veille face aux solidaires.

    https://www.liberation.fr/france/2020/09/16/briancon-l-expulsion-de-refuges-solidaires-est-une-vraie-catastrophe-pour

    #refuge_solidaire #expulsion #asile #migrations #réfugiés #solidarité #Hautes-Alpes #frontière_sud-alpine #criminalisation_de_la_solidarité #Refuges_solidaires #mise_en_demeure #Murgia

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    • A Briançon, le nouveau maire LR veut fermer le refuge solidaire des migrants

      Depuis trois ans, ce lieu emblématique accueille de façon inconditionnelle et temporaire les personnes exilées franchissant la frontière franco-italienne par la montagne. Mais l’élection d’un nouveau maire Les Républicains, Arnaud Murgia, risque de tout changer.

      Briançon (Hautes-Alpes).– La nouvelle est tombée lundi, tel un coup de massue, après un rendez-vous très attendu avec la nouvelle municipalité. « Le maire nous a confirmé que nous allions devoir fermer, sans nous proposer aucune alternative », soupire Philippe, l’un des référents du refuge solidaire de Briançon. En 2017, l’association Refuges solidaires avait récupéré un ancien bâtiment inoccupé pour en faire un lieu unique à Briançon, tout près du col de Montgenèvre et de la gare, qui permet d’offrir une pause précieuse aux exilés dans leur parcours migratoire.

      Fin août, l’équipe du refuge découvrait avec effarement, dans un courrier signé de la main du président de la communauté de communes du Briançonnais, qui n’est autre qu’Arnaud Murgia, également maire de Briançon (Les Républicains), que la convention leur mettant les lieux à disposition ne serait pas renouvelée.

      Philippe avait pourtant pris les devants en juillet en adressant un courrier à Arnaud Murgia, en vue d’une rencontre et d’une éventuelle visite du refuge. « La seule réponse que nous avons eue a été ce courrier recommandé mettant fin à la convention », déplore-t-il, plein de lassitude.

      Contacté, le maire n’a pas souhaité s’exprimer mais évoque une question de sécurité dans son courrier, la jauge de 15 personnes accueillies n’étant pas respectée. « Il est en discussion avec les associations concernées afin de gérer au mieux cet épineux problème, et cela dans le plus grand respect des personnes en situation difficile », a indiqué son cabinet.

      Interrogée sur l’accueil d’urgence des exilés à l’avenir, la préfecture des Hautes-Alpes préfère ne pas « commenter la décision d’une collectivité portant sur l’affectation d’un bâtiment dont elle a la gestion ». « Dans les Hautes-Alpes comme pour tout point d’entrée sur le territoire national, les services de l’État et les forces de sécurité intérieure s’assurent que toute personne souhaitant entrer en France bénéficie du droit de séjourner sur notre territoire. »

      Sur le parking de la MJC de Briançon, mercredi dernier, Pauline se disait déjà inquiète. « Sur le plan humain, il ne peut pas laisser les gens à la rue comme ça, lâche-t-elle, en référence au maire. Il a une responsabilité ! » Cette ancienne bénévole de l’association, désormais salariée, se souvient des prémices du refuge.

      « Je revois les exilés dormir à même le sol devant la MJC. On a investi ces locaux inoccupés parce qu’il y avait un réel besoin d’accueil d’urgence sur la ville. » Trois ans plus tard et avec un total de 10 000 personnes accueillies, le besoin n’a jamais été aussi fort. L’équipe évoque même une « courbe exponentielle » depuis le mois de juin, graphique à l’appui. 106 personnes en juin, 216 en juillet, 355 en août.

      Une quarantaine de personnes est hébergée au refuge ce jour-là, pour une durée moyenne de deux à trois jours. La façade des locaux laisse apparaître le graffiti d’un poing levé en l’air qui arrache des fils barbelés. Pauline s’engouffre dans les locaux et passe par la salle commune, dont les murs sont décorés de dessins, drapeaux et mots de remerciement.

      De grands thermos trônent sur une table près du cabinet médical (tenu en partenariat avec Médecins du monde) et les exilés vont et viennent pour se servir un thé chaud. À droite, un bureau sert à Céline, la deuxième salariée chargée de l’accueil des migrants à leur arrivée.

      Prénom, nationalité, date d’arrivée, problèmes médicaux… « Nous avons des fiches confidentielles, que nous détruisons au bout d’un moment et qui nous servent à faire des statistiques anonymes que nous rendons publiques », précise Céline, tout en demandant à deux exilés de patienter dans un anglais courant. Durant leur séjour, la jeune femme leur vient en aide pour trouver les billets de train les moins chers ou pour leur procurer des recharges téléphoniques.

      « Depuis plusieurs mois, le profil des exilés a beaucoup changé, note Philippe. On a 90 % d’Afghans et d’Iraniens, alors que notre public était auparavant composé de jeunes hommes originaires d’Afrique de l’Ouest. » Désormais, ce sont aussi des familles, avec des enfants en bas âge, qui viennent chercher refuge en France en passant par la dangereuse route des Balkans.

      Dehors, dans la cour, deux petites filles jouent à se courir après, riant aux éclats. Selon Céline, l’aînée n’avait que huit mois quand ses parents sont partis. La deuxième est née sur la route.

      « Récemment, je suis tombée sur une famille afghane avec un garçon âgé de trois ans lors d’une maraude au col de Montgenèvre. Quand j’ai félicité l’enfant parce qu’il marchait vite, presque aussi vite que moi, il m’a répondu : “Ben oui, sinon la police va nous arrêter” », raconte Stéphanie Besson, coprésidente de l’association Tous migrants, qui vient de fêter ses cinq ans.

      L’auteure de Trouver refuge : histoires vécues par-delà les frontières n’a retrouvé le sourire que lorsqu’elle l’a aperçu, dans la cour devant le refuge, en train de s’amuser sur un mini-tracteur. « Il a retrouvé toute son innocence l’espace d’un instant. C’est pour ça que ce lieu est essentiel : la population qui passe par la montagne aujourd’hui est bien plus vulnérable. »

      Vers 16 heures, Pauline s’enfonce dans les couloirs en direction du réfectoire, où des biologistes vêtus d’une blouse blanche, dont le visage est encombré d’une charlotte et d’un masque, testent les résidents à tour de rôle. Un migrant a été positif au Covid-19 quelques jours plus tôt et la préfecture, dans un arrêté, a exigé la fermeture du refuge pour la journée du 10 septembre.

      Deux longues rangées de tables occupent la pièce, avec, d’un côté, un espace cuisine aménagé, de l’autre, une porte de secours donnant sur l’école Oronce fine. Là aussi, les murs ont servi de cimaises à de nombreux exilés souhaitant laisser une trace de leur passage au refuge. Dans un coin de la salle, des dizaines de matelas forment une pile et prennent la place des tables et des chaises, le soir venu, lorsque l’affluence est trop importante.

      « On a dû aménager deux dortoirs en plus de ceux du premier étage pour répondre aux besoins actuels », souligne Pauline, qui préfère ne laisser entrer personne d’autre que les exilés dans les chambres pour respecter leur intimité. Vers 17 heures, Samia se lève de sa chaise et commence à couper des concombres qu’elle laisse tomber dans un grand saladier.

      Cela fait trois ans que cette trentenaire a pris la route avec sa sœur depuis l’Afghanistan. « Au départ, on était avec notre frère, mais il a été arrêté en Turquie et renvoyé chez nous. On a décidé de poursuivre notre chemin malgré tout », chuchote-t-elle, ajoutant que c’est particulièrement dur et dangereux pour les femmes seules. Son regard semble triste et contraste avec son sourire.

      Évoquant des problèmes personnels mais aussi la présence des talibans, les sœurs expliquent avoir dû quitter leur pays dans l’espoir d’une vie meilleure en Europe. « Le refuge est une vraie chance pour nous. On a pu se reposer, dormir en toute sécurité et manger à notre faim. Chaque jour, je remercie les personnes qui s’en occupent », confie-t-elle en dari, l’un des dialectes afghans.

      Samia ne peut s’empêcher de comparer avec la Croatie, où de nombreux exilés décrivent les violences subies de la part de la police. « Ils ont frappé une des femmes qui était avec nous, ont cassé nos téléphones et ont brûlé une partie de nos affaires », raconte-t-elle.

      Ici, depuis des années, la police n’approche pas du refuge ni même de la gare, respectant dans une sorte d’accord informel la tranquillité des lieux et des exilés. « Je n’avais encore jamais vu de policiers aux alentours mais, récemment, deux agents de la PAF [police aux frontières] ont raccompagné une petite fille qui s’était perdue et ont filmé l’intérieur du refuge avec leur smartphone », assure Céline.

      À 18 heures, le repas est servi. Les parents convoquent les enfants, qui rappliquent en courant et s’installent sur une chaise. La fumée de la bolognaise s’échappe des assiettes, tandis qu’un joli brouhaha s’empare de la pièce. « Le dîner est servi tôt car on tient compte des exilés qui prennent le train du soir pour Paris, à 20 heures », explique Pauline.

      Paul*, 25 ans, en fait partie. C’est la deuxième fois qu’il vient au refuge, mais il a fait trois fois le tour de la ville de nuit pour pouvoir le retrouver. « J’avais une photo de la façade mais impossible de me rappeler l’emplacement », sourit-il. L’Ivoirien aspire à « une vie tranquille » qui lui permettrait de réaliser tous « les projets qu’il a en tête ».

      Le lendemain, une affiche collée à la porte d’entrée du refuge indique qu’un arrêté préfectoral impose la fermeture des lieux pour la journée. Aucun nouvel arrivant ne peut entrer.

      Pour Stéphanie Besson, la fermeture définitive du refuge aurait de lourdes conséquences sur les migrants et l’image de la ville. « Briançon est un exemple de fraternité. La responsabilité de ceux qui mettront fin à ce jeu de la fraternité avec des mesures politiques sera immense. »

      Parmi les bénévoles de Tous migrants, des professeurs, des agriculteurs, des banquiers et des retraités … « On a des soutiens partout, en France comme à l’étranger. Mais il ne faut pas croire qu’on tire une satisfaction de nos actions. Faire des maraudes une routine me brise, c’est une honte pour la France », poursuit cette accompagnatrice en montagne.

      Si elle se dit inquiète pour les cinq années à venir, c’est surtout pour l’énergie que les acteurs du tissu associatif vont devoir dépenser pour continuer à défendre les droits des exilés. L’association vient d’apprendre que le local qui sert à entreposer le matériel des maraudeurs, mis à disposition par la ville, va leur être retiré pour permettre l’extension de la cour de l’école Oronce fine.

      Contactée, l’inspectrice de l’Éducation nationale n’a pas confirmé ce projet d’agrandissement de l’établissement. « On a aussi une crainte pour la “maisonnette”, qui appartient à la ville, et qui loge les demandeurs d’asile sans hébergement », souffle Stéphanie.

      « Tout s’enchaîne, ça n’arrête pas depuis un mois », lâche Agnès Antoine, bénévole à Tous migrants. Cela fait plusieurs années que la militante accueille des exilés chez elle, souvent après leur passage au refuge solidaire, en plus de ses trois grands enfants.

      Depuis trois ans, Agnès héberge un adolescent guinéen inscrit au lycée, en passe d’obtenir son titre de séjour. « Il a 18 ans aujourd’hui et a obtenu les félicitations au dernier trimestre », lance-t-elle fièrement, ajoutant que c’est aussi cela qui l’encourage à poursuivre son engagement.

      Pour elle, Arnaud Murgia est dans un positionnement politique clair : « le rejet des exilés » et « la fermeture des frontières » pour empêcher tout passage par le col de Montgenèvre. « C’est illusoire ! Les migrants sont et seront toujours là, ils emprunteront des parcours plus dangereux pour y arriver et se retrouveront à la rue sans le refuge, qui remplit un rôle social indéniable. »

      Dans la vallée de Serre Chevalier, à l’abri des regards, un projet de tourisme solidaire est porté par le collectif d’architectes Quatorze. Il faut longer la rivière Guisane, au milieu des chalets touristiques de cette station et des montagnes, pour apercevoir la maison Bessoulie, au village du Bez. À l’intérieur, Laure et David s’activent pour tenir les délais, entre démolition, récup’ et réaménagement des lieux.

      « L’idée est de créer un refuge pour de l’accueil à moyen et long terme, où des exilés pourraient se former tout en côtoyant des touristes », développe Laure. Au rez-de-chaussée de cette ancienne auberge de jeunesse, une cuisine et une grande salle commune sont rénovées. Ici, divers ateliers (cuisine du monde, low tech, découverte des routes de l’exil) seront proposés.

      À l’étage, un autre espace commun est aménagé. « Il y a aussi la salle de bains et le futur studio du volontaire en service civique. » Un premier dortoir pour deux prend forme, près des chambres réservées aux saisonniers. « On va repeindre le lambris et mettre du parquet flottant », indique la jeune architecte.

      Deux autres dortoirs, l’un pour trois, l’autre pour quatre, sont prévus au deuxième étage, pour une capacité d’accueil de neuf personnes exilées. À chaque fois, un espace de travail est prévu pour elles. « Elles seront accompagnées par un gestionnaire présent à l’année, chargé de les suivre dans leur formation et leur insertion. »

      « C’est un projet qui donne du sens à notre travail », poursuit David en passant une main dans sa longue barbe. Peu sensible aux questions migratoires au départ, il découvre ces problématiques sur le tas. « On a une conscience architecturale et on compte tout faire pour offrir les meilleures conditions d’accueil aux exilés qui viendront. » Reste à déterminer les critères de sélection pour le public qui sera accueilli à la maison Bessoulie à compter de janvier 2021.

      Pour l’heure, le maire de la commune, comme le voisinage, ignore la finalité du projet. « Il est ami avec Arnaud Murgia, alors ça nous inquiète. Comme il y a une station là-bas, il pourrait être tenté de “protéger” le tourisme classique », confie Philippe, du refuge solidaire. Mais le bâtiment appartient à la Fédération unie des auberges de jeunesse (Fuaj) et non à la ville, ce qui est déjà une petite victoire pour les acteurs locaux. « Le moyen et long terme est un échelon manquant sur le territoire, on encourage donc tous cette démarche », relève Stéphanie Besson.

      Aurélie Poyau, élue de l’opposition, veut croire que le maire de Briançon saura prendre la meilleure décision pour ne pas entacher l’image de la ville. « En trois ans, il n’y a jamais eu aucun problème lié à la présence des migrants. Arnaud Murgia n’a pas la connaissance de cet accueil propre à la solidarité montagnarde, de son histoire. Il doit s’intéresser à cet élan », note-t-elle.

      Son optimisme reste relatif. Deux jours plus tôt, l’élue a pris connaissance d’un courrier adressé par la ville aux commerçants du marché de Briançon leur rappelant que la mendicité était interdite. « Personne ne mendie. On sait que ça vise les bénévoles des associations d’aide aux migrants, qui récupèrent des invendus en fin de marché. Mais c’est du don, et voilà comment on joue sur les peurs avec le poids des mots ! »

      Vendredi, avant la réunion avec le maire, un arrêté préfectoral est déjà venu prolonger la fermeture du refuge jusqu’au 19 septembre, après que deux nouvelles personnes ont été testées positives au Covid-19. Une décision que respecte Philippe, même s’il ne lâchera rien par la suite, au risque d’aller jusqu’à l’expulsion. Est-elle évitable ?

      « Évidemment, les cas Covid sont un argument de plus pour le maire, qui mélange tout. Mais nous lui avons signifié que nous n’arrêterons pas d’accueillir les personnes exilées de passage dans le Briançonnais, même après le délai de deux mois qu’il nous a imposé pour quitter les lieux », prévient Philippe. « On va organiser une riposte juridique et faire pression sur l’État pour qu’il prenne ses responsabilités », conclut Agnès.

      https://www.mediapart.fr/journal/france/160920/briancon-le-nouveau-maire-lr-veut-fermer-le-refuge-solidaire-des-migrants?

      @sinehebdo : c’est l’article que tu as signalé, mais avec tout le texte, j’efface donc ton signalement pour ne pas avoir de doublons

    • Lettre d’information Tous Migrants. Septembre 2020

      Edito :

      Aylan. Moria. Qu’avons-nous fait en cinq ans ?

      Un petit garçon en exil, échoué mort sur une plage de la rive nord de la Méditerranée. Le plus grand camp de migrants en Europe ravagé par les flammes, laissant 12.000 personnes vulnérables sans abri.

      Cinq ans presque jour pour jour sont passés entre ces deux « occasions », terribles, données à nos dirigeants, et à nous, citoyens européens, de réveiller l’Europe endormie et indigne de ses principes fondateurs. De mettre partout en acte la fraternité et la solidarité, en mer, en montagne, aux frontières, dans nos territoires. Et pourtant, si l’on en juge par la situation dans le Briançonnais, la fraternité et la solidarité ne semblent jamais avoir été aussi menacées qu’à présent...

      Dénoncer, informer, alerter, protéger. Il y a cinq ans, le 5 septembre 2015, se mettait en route le mouvement Tous Migrants. C’était une première manifestation place de l’Europe à Briançon, sous la bannière Pas en notre nom. Il n’y avait pas encore d’exilés dans nos montagnes (10.000 depuis sont passés par nos chemins), mais des morts par centaines en Méditerranée... Que de chemin parcouru depuis 2015, des dizaines d’initiatives par an ont été menées par des centaines de bénévoles, des relais médiatiques dans le monde entier, que de rencontres riches avec les exilés, les solidaires, les journalistes, les autres associations...

      Mais hormis quelques avancées juridiques fortes de symboles - tels la consécration du principe de fraternité par le Conseil Constitutionnel, ou l’innocentement de Pierre, maraudeur solidaire -, force est de constater que la situation des droits fondamentaux des exilés n’a guère progressé. L’actualité internationale, nationale et locale nous en livre chaque jour la preuve glaçante, de Lesbos à Malte, de Calais à Gap et Briançon. Triste ironie du sort, cinq ans après la naissance de Tous Migrants, presque jour pour jour, le nouveau maire à peine élu à Briançon s’est mis en tête de faire fermer le lieu d’accueil d’urgence et d’entraver les maraudes... Quelles drôles d’idées. Comme des relents d’Histoire.

      Comment, dès lors, ne pas se sentir des Sisyphe*, consumés de l’intérieur par un sentiment tout à la fois d’injustice, d’impuissance, voire d’absurdité ? En se rappelant simplement qu’en cinq ans, la mobilisation citoyenne n’a pas faibli. Que Tous Migrants a reçu l’année dernière la mention spéciale du Prix des Droits de l’Homme. Que nous sommes nombreux à rester indignés.

      Alors, tant qu’il y aura des hommes et des femmes qui passeront la frontière franco-italienne, au péril de leur vie à cause de lois illégitimes, nous poursuivrons le combat. Pour eux, pour leurs enfants... pour les nôtres.

      Marie Dorléans, cofondatrice de Tous Migrants

      Reçue via mail, le 16.09.2020

    • Briançon bientôt comme #Vintimille ?

      Le nombre de migrants à la rue à Vintimille représente une situation inhabituelle ces dernières années. Elle résulte, en grande partie, de la fermeture fin juillet d’un camp humanitaire situé en périphérie de la ville et géré par la Croix-Rouge italienne. Cette fermeture décrétée par la préfecture d’Imperia a été un coup dur pour les migrants qui pouvaient, depuis 2016, y faire étape. Les différents bâtiments de ce camp de transit pouvaient accueillir quelque 300 personnes - mais en avait accueillis jusqu’à 750 au plus fort de la crise migratoire. Des sanitaires, des lits, un accès aux soins ainsi qu’à une aide juridique pour ceux qui souhaitaient déposer une demande d’asile en Italie : autant de services qui font désormais partie du passé.

      « On ne comprend pas », lâche simplement Maurizio Marmo. « Depuis deux ans, les choses s’étaient calmées dans la ville. Il n’y avait pas de polémique, pas de controverse. Personne ne réclamait la fermeture de ce camp. Maintenant, voilà le résultat. Tout le monde est perdant, la ville comme les migrants. »

      https://seenthis.net/messages/876523

  • #Dijon : #expulsion du squat de la rue Becquerel. Entre 60 et 80 personnes chassées de leur refuge
    https://fr.squat.net/2020/09/15/dijon-expulsion-du-squat-de-la-rue-becquerel-entre-60-et-80-personnes-chas

    Ce mardi après-midi aux environs de 15h, une compagnie de CRS est venue expulser les habitants du squat de la rue Henri Becquerel. Cet ancien immeuble de bureau depuis plusieurs années accueillait depuis bientôt un an entre 60 et 80 #sans-papiers. Ce mardi après-midi aux environs de 15h, une compagnie de CRS est venue expulser […]

    #11_rue_Henri_Becquerel #Squat_rue_Henri_Becquerel

  • #Chania : #Rosa_Nera expulsée, la lutte ne fait que commencer
    https://fr.squat.net/2020/09/15/chania-rosa-nera-expulsee-la-lutte-ne-fait-que-commencer

    Rosa Nera est un collectif politique autonome et anti-autoritaire qui, depuis 2004, squatte et a donné son nom au bâtiment historique qui était autrefois connu sous le nom de « 5e division de l’armée », le déclarant, pour la première fois de son histoire, un espace libéré. Le bâtiment squatté de Rosa Nera, a été construit vers […]

    #Crète #expulsion #Grèce #La_Canée

  • #Berlin : appel international à l’action et journées de discussion
    https://fr.squat.net/2020/09/09/berlin-appel-international-a-laction-et-journees-de-discussion

    Appel international à l’action et journées de discussion à Berlin 30.10.-01.11.2020 Démonstration internationale à Berlin 31.10.2020 UNI-ES, NOUS NOUS BATTONS ! Connecter les luttes urbaines – Défendre les espaces autonomes Au cours des dernières années, nous avons assisté à une résurgence mondiale de la politique réactionnaire. L’État et le capital, dans un processus constant d’intensification […]

    #actions_directes #Allemagne #émeutes #expulsion #féministes_&_queers #Friedrichshain #gentrification #Kreuzberg #Liebig34 #Liebigstrasse_34 #manifestation #Meuterei #Neukölln #Potse #procès #Rigaer_94 #Rigaerstrasse #spéculation #Syndikat

  • #Leipzig : la violence fait partie du problème – et le problème est le système
    https://fr.squat.net/2020/09/09/leipzig-la-violence-fait-partie-du-probleme-et-le-probleme-est-le-systeme

    Jeudi dernier, il y a eu des affrontements avec la police autour de la #Eisenbahnstraße et les jours suivants à #Connewitz. Les événements de jeudi sont directement liés à la #manifestation du jour J+1 qui a suivi l’expulsion de la #Luwi71. Nous comprenons les violences qui ont suivi à Connewitz également comme une réaction de […]

    #actions_directes #Allemagne #émeutes #expulsion #gentrification #Leipzig_Besetzen #Ludwigstraße_71

  • #Leipzig : qui sème le vent, récolte la tempête
    https://fr.squat.net/2020/09/08/leipzig-qui-seme-le-vent-recolte-la-tempete

    Nous revenons sur un long week-end rempli d’actions contre les expulsions, contre la #gentrification et l’insupportable siège policier de nos quartiers. Après que deux maisons occupées aient été expulsées en très peu de temps, la colère à Leipzig a atteint son paroxysme une fois de plus. Après l’expulsion du squat #Luwi71 le mercredi, une #manifestation […]

    #actions_directes #Allemagne #B34 #Bornaische_Strasse_34 #Connewitz #Eisenbahnstraße #émeutes #expulsion #Fight_For_Your_Future #Ludwigstraße_71 #perquisition #procès #Rote_Aufbau

  • #Leipzig: qui sème le vent, récoltera la tempête
    https://fr.squat.net/2020/09/08/leipzig-qui-seme-le-vent-recoltera-la-tempete

    Nous revenons sur un long week-end rempli d’actions contre les expulsions, contre la #gentrification et l’insupportable siège policier de nos quartiers. Après que deux maisons occupées aient été expulsées en très peu de temps, la colère à Leipzig a atteint son paroxysme une fois de plus. Après l’expulsion du squat #Luwi71 le mercredi, une #manifestation […]

    #actions_directes #Allemagne #B34 #Bornaische_Strasse_34 #Connewitz #Eisenbahnstraße #émeutes #expulsion #Fight_For_Your_Future #Ludwigstraße_71 #perquisition #procès

  • Impact of the use of private military and security services in immigration and border management on the protection of the rights of all migrants

    The present report covers the activities of the Working Group on the use of mercenaries as a means of violating human rights and impeding the exercise of the right of peoples to self-determination since its previous report to the Council (A/HRC/42/42). It also highlights the impact on the protection of the human rights of all migrants of the increased use of private military and security services in immigration and border management.

    In the report, the Working Group outlines the overall context in which these services are provided and the relevant normative framework. It examines four main categories of services: provision of research and technical expertise; border security technologies and monitoring services; immigration detention, returns and removals; and the implementation of “externalization” policies. It shines a light on the impact of these services on the human rights of all migrants. It then looks at the lack of transparency, oversight and accountability of companies operating in this sector, and the impact on effective remedies for victims of violations and abuses by these companies.

    It concludes that, at times, companies are directly responsible for human rights abuses of migrants, notably in situations of deprivation of liberty; while in other instances, they are complicit in widespread human rights violations and abuse caused by other actors, such as immigration and border authorities.

    The Working Group ends its report with recommendations addressed primarily to States and private military and security companies, aimed at triggering a fundamental evaluation of the role that companies play in reinforcing security over humanitarian approaches to immigration and border management, as well as the specific security services they provide in this sector.

    https://undocs.org/A/HRC/45/9
    #rapport #frontières #migrations #asile #réfugiés #contrôles_frontaliers #mercenaires #militarisation_des_frontières #droits_humains #armée #armée_privée #privatisation #technologie #rétention #détention #renvois #expulsions

    ping @isskein @karine4

  • #Leipzig : communiqué sur la #manifestation « Unissons nos luttes, pour un quartier solidaire ! »
    https://fr.squat.net/2020/09/06/leipzig-communique-sur-la-manifestation-unissons-nos-luttes

    Dans la soirée du 5 septembre, nous avons organisé la manifestation « Unissons nos luttes – Pour un quartier solidaire » avec comme point de départ le Hildebrandpark à #Connewitz. Dans nos discours, nous avons parlé des expulsions à Connewitz et à Leipzig. Nous avons critiqué les nouveaux projets de construction, car ils ne sont plus abordables […]

    #Allemagne #B34 #Bornaische_Strasse_34 #expulsion #Fight_For_Your_Future #gentrification #Ludwigstraße_71 #Luwi71

  • #Leipzig : #Luwi71 expulsée
    https://fr.squat.net/2020/09/03/leipzig-luwi71-expulsee

    Vous pouvez nous prendre la Luwi, mais pas nos rêves. Le 2 septembre 2020, la Luwi71 a été expulsée. Vers six heures du matin, les flics ont essayé de s’introduire dans la maison. Grâce à de solides barricades, cela n’était pas possible avec le bélier. Seules les tronçonneuses ont donné accès aux autorités de l’État. […]

    #actions_directes #Allemagne #Eisenbahnstraße #expulsion #gentrification #Leipzig_Besetzen #Ludwigstraße_71 #manifestation

  • #Caen : tant qu’il y aura des gens à la rue, on squattera !
    https://fr.squat.net/2020/09/04/caen-tant-quil-y-aura-des-gens-a-la-rue-on-squattera

    Manifestation samedi 5 septembre, 14 heures. Depuis le 24 juin dernier, la préfecture du Calvados a procédé à l’expulsion de neuf squats sur l’agglomération caennaise dans lesquels vivaient environ 360 personnes, dont une majorité de familles avec enfants. Les squats de la rue Bayet à #Mondeville et la Varende à #Hérouville-Saint-Clair ont été expulsés pendant […]

    #AG_de_lutte_contre_les_expulsions #expulsion #Ifs #manifestation #sans-papiers

  • #Montpellier : #expulsion du #squat_Bouisson-Bertrand, expulsion de la honte
    https://fr.squat.net/2020/09/01/montpellier-expulsion-du-squat-bouisson-bertrand-expulsion-de-la-honte

    La police a procédé lundi 31 août au matin à l’expulsion du squat Bouisson-Bertrand, situé rue de la Croix-Verte dans le quartier d’Euromédecine à Montpellier, et qui accueillait jusqu’à 200 réfugiés et demandeurs d’asile depuis plus d’un an et demi. Des dizaines de migrant·es et de militant·es se sont mobilisé·es en se rassemblant devant la […]

    #778_rue_de_la_Croix_Verte #Euromédecine #ex_Institut_Bouisson_Bertrand #sans-papiers #Solidarité_Partagée #squat_de_la_Croix_Verte

  • #Angers : #procès de la Grande Ourse, #rassemblement de soutien le 1er septembre
    https://fr.squat.net/2020/08/30/angers-proces-de-la-grande-ourse

    Appel à mobilisation contre les expulsions et pour le droit au logement. Rendez-vous à 13h devant la Grande Ourse pour une déambulation, puis à 16h devant le tribunal d’instance au bvd Pierre de Coubertin pour un rassemblement-goûter. Alors que la crise de l’accès au logement se dégrade encore sur Angers, qui frappe encore plus fort […]

    #6_quai_Robert_Fèvre #expulsion #manifestation #sans-papiers

  • #Athènes : 10, 100, des milliers de squats. Une année de résistance contre le terrorisme d’État
    https://fr.squat.net/2020/08/26/athenes-une-annee-de-resistance-contre-le-terrorisme-detat

    Aujourd’hui, cela fait un an que les hommes cagoulés et armés de Chrysochoidis ont envahi le squat de réfugiés de #Spirou_Trikoupi_17 et le squat voisin de #Transito. C’est tôt le matin qu’ils ont sorti de force de leur lit des familles avec de jeunes enfants – des gens qui, après bien des épreuves […]

    #collectif_d’occupation_de_Koukaki #Exarcheia #expulsion #Grèce #Koukaki #Notara_26 #sans-papiers

  • #Caen : #expulsion ce matin du #squat_de_la_Grace_de_Dieu
    https://fr.squat.net/2020/08/25/caen-expulsion-ce-matin-du-squat-de-la-grace-de-dieu

    Le squat de la Grace de dieu situé au 2, rue cardinal Lavigerie à Caen été expulsé ce matin dès 6h par la police nationale sur ordre de la préfecture du Calvados. Ouvert en juillet 2019, 160 personnes vivaient sur ce lieu, dont 17 familles avec une soixantaine d’enfants, 5 couples et une cinquantaine de […]

    #2_Rue_Cardinal_Lavigerie #AG_de_lutte_contre_les_expulsions #Grâce_de_Dieu #sans-papiers

  • #Cape_Town (Afrique du Sud) : un enfant tué pendant une opération d’expulsion !
    https://fr.squat.net/2020/08/25/cape-town-afrique-du-sud-un-enfant-tue-pendant-une-operation-d-expulsion

    Lundi 24 août 2020, la police a envahi le quartier occupé d’Epping Forest, à Cape Town, pour y démolir plusieurs habitations auto-construites illégalement, provoquant des #émeutes, les habitant⋅e⋅s refusant de se laisser déloger et de voir leurs domiciles démolis. Pendant les affrontements qui ont eu lieu pendant les expulsions, un garçon de 8 ans a […]

    #Afrique #Afrique_du_Sud #expulsion

  • Land grabs at gunpoint: Thousands of families are being violently evicted from their farms to make way for foreign-owned plantations in Kiryandongo, Uganda
    https://grain.org/e/6518

    Three multinational companies – Agilis Partners, Kiryandongo Sugar Limited and Great Season SMC Limited – are involved in grabbing land, violently evicting people from their homes and causing untold humiliation and grief to thousands of farming families residing in Kiryandongo district, Uganda. The land grabs are happening on abandoned national ranches, which have long since been settled and farmed by people who came to the area fleeing war and natural calamities in neighbouring areas. The local people are being displaced without notice, alternatives or even negotiations and are now desperately trying to save their homes and lives.

    #Ouganda #terres #évictions_forcées #canne_à_sucre

  • Deportation Union: Rights, accountability and the EU’s push to increase forced removals

    Deportation Union provides a critical examination of recently-introduced and forthcoming EU measures designed to increase the number of deportations carried out by national authorities and the European Border and Coast Guard Agency, Frontex. It focuses on three key areas: attempts to reduce or eliminate rights and protections in the law governing deportations; the expansion and interconnection of EU databases and information systems; and the increased budget, powers and personnel awarded to Frontex.

    There has long-been coordinated policy, legal and operational action on migration at EU level, and efforts to increase deportations have always been a part of this. However, since the ‘migration crisis’ of 2015 there has been a rapid increase in new initiatives, the overall aim of which is to limit legal protections afforded to ‘deportable’ individuals at the same time as expanding the ability of national and EU authorities to track, detain and remove people with increasing efficiency.

    The measures and initiatives being introduced by the EU to scale up deportations will require massive public expenditure on technology, infrastructure and personnel; the strengthening and expansion of state and supranational agencies already-lacking in transparency and democratic accountability; and are likely to further undermine claims that the EU occupies the moral high ground in its treatment of migrants. Anyone wishing to question and challenge these developments will first need to understand them. This report attempts to go some way towards assisting with that task.


    https://www.statewatch.org/deportation-union-rights-accountability-and-the-eu-s-push-to-increase-fo
    #machine_à_expulser #expulsions #asile #migrations #réfugiés #renvois #UE #EU #rapport #union_européenne #renvois_forcés #rapport #Statewatch #Frontex #database #base_de_données #données_biométriques #Directive_Retour #return-opticon #Joint_return_operations (#JROs) #Collecting_return_operations #National_return_operations #Afghanistan #réfugiés_afghans #European_Centre_for_Returns #statistiques #chiffres #droits_fondamentaux #droits_humains

    ping @isskein @karine4 @rhoumour @_kg_ @etraces

  • #Thessalonique : #expulsion du squat #Terra_Incognita
    https://fr.squat.net/2020/08/18/thessalonique-expulsion-du-squat-terra-incognita

    Ce matin (17 août), vers 5 heures, la racaille en uniforme de la police grecque a envahi Terra Incognita à Thessalonique, un bâtiment occupé depuis 2004 et qui constitue un point de repère de la lutte et du mouvement anarchiste dans la ville. Les policiers ont procédé à l’expulsion du bâtiment, tandis que les équipements […]

    #Grèce

  • #Gap : #expulsion violente et illégale du Cesaï
    https://fr.squat.net/2020/08/21/gap-expulsion-violente-et-illegale-du-cesai

    Mercredi 19 août, six heures, des policiers enfoncent à coup de bélier les portes des chambres des habitants du Césaï, le centre social autogéré de Gap. Ils regroupent tout le monde dans une cour, effectuent des vérifications d’identité. C’est le début de l’expulsion du Cesaï. Bilan : 43 personnes dehors, 20 hébergées dans des camping, […]

    #CESAI #Hautes-Alpes #procès #sans-papiers

  • #Thessalonique : déclaration politique du squat #Terra_Incognita. Appel à la solidarité internationale
    https://fr.squat.net/2020/08/21/thessalonique-declaration-politique-du-squat-terra-incognita

    Le matin du lundi 17 août 2020 le squat Terra Incognita a été expulsé par les forces répressives du néolibéralisme, mais que TEMPORAIREMENT ! Les forces de l’ordre de la « démocratie » ont envahi le bâtiment et durant plusieurs heures ils ont effectué des enquêtes, en confisquant du matériel. Quelques jours plus tard, le […]

    #expulsion #Grèce

  • #Hautes-Alpes : le collectif dit du #Césaï et les migrants expulsés ce mercredi ont élu domicile sur la place St-Arnoux à Gap

    Le #squat dit du Césaï a été évacué ce mercredi tôt le matin par les forces de l’ordre à Gap. Ce squat qui accueillait des migrants en attente de régularisation a donc fait l’objet d’une intervention des services de Police sur décision du tribunal de Grenoble, une action autorisée par les #préfecture. Les membres du collectif du Césaï dénoncent fermement les conditions de cette expulsion, qu’ils jugent injuste et dangereuse. Sur 52 personnes expulsées du bâtiment, une quarantaine a dormi dehors, sur la #place_Saint-Arnoux, juste devant la préfecture. Cette dernière a d’ailleurs publié un communiqué ce jeudi rappelant que cette #expulsion a été faite suite à une décision de justice, et que des moyens sont déployés pour venir en aide à ces personnes en détresse. Par ailleurs, il est à noter que 17 personnes issues du squat ont été dépistées pour la Covid-19 et ont toutes eu des résultats négatifs. En attendant une solution, les expulsés du Césaï veulent être vus, c’est la raison pour laquelle ils ont choisi d’établir #campement devant la préfecture, aux yeux de tous. Nous avons rencontré des membres du collectif du Césaï qui viennent en aide à ces migrants, et ils comptent bien ne pas en rester là, eux qui dénoncent notamment l’attitude de la municipalité dans cette affaire :
    https://vimeo.com/449741639

    Le communiqué de la préfecture des Hautes-Alpes :

    52 personnes au total ont été évacuées du 20 rue de l’imprimerie à Gap mercredi matin, bâtiment occupé illégalement depuis octobre 2018. Cette évacuation a eu lieu en application d’une décision de justice de la Cour d’Appel de Grenoble, en date du 10 décembre 2019, et du droit en vigueur.
    Chaque occupant a eu la possibilité de rencontrer les agents de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations pour une prise en charge sociale, ainsi que les agents de la Direction de la citoyenneté et de la légalité pour une analyse individuelle de leur situation administrative. Pour rappel, depuis octobre 2018, aucune des propositions d’enquête sociale formulée par les services de l’État n’avait été acceptée par les occupants du bâtiment.
    Sur les 52 personnes présentes, 7 disposaient d’une adresse pérenne, 7 autres n’ont pas souhaité de prise en charge, pour certaines déclarant être hébergées par un tiers et 21 personnes sont actuellement prises en charge au titre de l’hébergement d’urgence par l’État.
    Parmi ces dernières, les plus vulnérables (4 familles avec enfants – soit 9 personnes - et 1 personne malade) ont été prises en charge dès leur sortie du bâtiment. Au vu des disponibilités à l’hébergement d’urgence, la prise en charge a également été proposée à 11 demandeurs d’asile en situation régulière.
    Il est à noter que l’État finance plusieurs dispositifs d’hébergement :
    • 115 places en Centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) à Gap et 60 au CADA de Briançon
    • 40 places en Hébergement d’urgence pour demandeurs d’asile (HUDA)
    • 105 places en hébergement d’urgence généraliste (HU).
    En outre, au regard de la situation sanitaire actuelle, la capacité d’accueil a été augmentée et des places supplémentaires exceptionnelles créées : 15 en HUDA et 80 en HU.
    Sur l’aspect sanitaire, tous les occupants ont reçu des masques de la part des services de l’État et un dépistage du Covid 19 auprès des équipes mobiles SDIS/ARS dépêchées sur place a été proposé à tous : 17 personnes ont accepté de s’y soumettre. Les résultats de ces tests sont tous négatifs.
    Agnès CHAVANON, secrétaire générale de la préfecture, a reçu une délégation d’associations ce mercredi pour expliquer la situation. « Au vu des vulnérabilités, des situations administratives et sociales des occupants du squat, nous avons pu, dans la limite des capacités de l’hébergement d’urgence dans le département, mettre à l’abri de nombreux occupants du squat sans solution d’hébergement. »

    https://www.dici.fr/actu/2020/08/20/hautes-alpes-collectif-dit-cesai-migrants-expulses-mercredi-ont-elu-domicile-pl

    #Gap #évacuation #hébergement #migrations #asile #réfugiés #France #Cesai

    ping @isskein @karine4

  • Taking Hard Line, Greece Turns Back Migrants by Abandoning Them at Sea

    Many Greeks have grown frustrated as tens of thousands of asylum seekers languished on Greek islands. Now, evidence shows, a new conservative government has a new method of keeping them out.

    The Greek government has secretly expelled more than 1,000 refugees from Europe’s borders in recent months, sailing many of them to the edge of Greek territorial waters and then abandoning them in inflatable and sometimes overburdened life rafts.

    Since March, at least 1,072 asylum seekers have been dropped at sea by Greek officials in at least 31 separate expulsions, according to an analysis of evidence by The New York Times from three independent watchdogs, two academic researchers and the Turkish Coast Guard. The Times interviewed survivors from five of those episodes and reviewed photographic or video evidence from all 31.

    “It was very inhumane,” said Najma al-Khatib, a 50-year-old Syrian teacher, who says masked Greek officials took her and 22 others, including two babies, under cover of darkness from a detention center on the island of Rhodes on July 26 and abandoned them in a rudderless, motorless life raft before they were rescued by the Turkish Coast Guard.

    “I left Syria for fear of bombing — but when this happened, I wished I’d died under a bomb,” she told The Times.

    Illegal under international law, the expulsions are the most direct and sustained attempt by a European country to block maritime migration using its own forces since the height of the migration crisis in 2015, when Greece was the main thoroughfare for migrants and refugees seeking to enter Europe.

    The Greek government denied any illegality.

    “Greek authorities do not engage in clandestine activities,’’ said a government spokesman, Stelios Petsas. “Greece has a proven track record when it comes to observing international law, conventions and protocols. This includes the treatment of refugees and migrants.”

    Since 2015, European countries like Greece and Italy have mainly relied on proxies, like the Turkish and Libyan governments, to head off maritime migration. What is different now is that the Greek government is increasingly taking matters into its own hands, watchdog groups and researchers say.

    ​For example, migrants have been forced onto sometimes leaky life rafts and left to drift at the border between Turkish and Greek waters, while others have been left to drift in their own boats after Greek officials disabled their engines.

    “These pushbacks are totally illegal in all their aspects, in international law and in European law,” said Prof. François Crépeau, an expert on international law and a former United Nations special rapporteur on the human rights of migrants.

    “It is a human rights and humanitarian disaster,” Professor Crépeau added.

    Greeks were once far more understanding of the plight of migrants. But many have grown frustrated and hostile after a half-decade in which other European countries offered Greece only modest assistance as tens of thousands of asylum seekers languished in squalid camps on overburdened Greek islands.

    Since the election last year of a new conservative government under Prime Minister Kyriakos Mitsotakis, Greece has taken a far harder line against the migrants — often refugees from the war in Syria — who push off Turkish shores for Europe.

    The harsher approach comes as tensions have mounted with Turkey, itself burdened with 3.6 million refugees from the Syrian war, far more than any other nation.

    Greece believes that Turkey has tried to weaponize the migrants to increase pressure on Europe for aid and assistance in the Syrian War. But it has also added pressure on Greece at a time when the two nations and others spar over contested gas fields in the eastern Mediterranean.

    For several days in late February and early March, the Turkish authorities openly bused thousands of migrants to the Greek land border in a bid to set off a confrontation, leading to the shooting of at least one Syrian refugee and the immediate extrajudicial expulsions of hundreds of migrants who made it to Greek territory.

    For years, Greek officials have been accused of intercepting and expelling migrants, on a sporadic and infrequent basis, usually before the migrants manage to land their boats on Greek soil.

    But experts say Greece’s behavior during the pandemic has been far more systematic and coordinated. Hundreds of migrants have been denied the right to seek asylum even after they have landed on Greek soil, and they’ve been forbidden to appeal their expulsion through the legal system.

    “They’ve seized the moment,” Professor Crépeau said of the Greeks. “The coronavirus has provided a window of opportunity to close national borders to whoever they’ve wanted.”

    Emboldened by the lack of sustained criticism from the European Union, where the migration issue has roiled politics, Greece has hardened its approach in the eastern Mediterranean in recent months.

    Migrants landing on the Greek islands from Turkey have frequently been forced onto sometimes leaky, inflatable life rafts, dropped at the boundary between Turkish and Greek waters, and left to drift until being spotted and rescued by the Turkish Coast Guard.

    “This practice is totally unprecedented in Greece,” said Niamh Keady-Tabbal, a doctoral researcher at the Irish Center for Human Rights, and one of the first to document the phenomenon.

    “Greek authorities are now weaponizing rescue equipment to illegally expel asylum seekers in a new, violent and highly visible pattern of pushbacks spanning several Aegean Islands,” Ms. Keady-Tabbal said.

    Ms. al-Khatib, who recounted her ordeal for The Times, said she entered Turkey last November with her two sons, 14 and 12, fleeing the advance of the Syrian Army. Her husband, who had entered several weeks earlier, soon died of cancer, Ms. al-Khatib said.

    With few prospects in Turkey, the family tried to reach Greece by boat three times this summer, failing once in May because their smuggler did not show up, and a second time in June after being intercepted in Greek waters and towed back to the Turkish sea border, she said.

    On their third attempt, on July 23 at around 7 a.m., they landed on the Greek island of Rhodes, Ms. al-Khatib said, an account corroborated by four other passengers interviewed by The Times. They were detained by Greek police officers and taken to a small makeshift detention facility after handing over their identification documents.

    Using footage filmed at this site by two passengers, a Times reporter was able to identify the facility’s location beside the island’s main ferry port and visit the camp.

    A Coast Guard officer and an official at the island’s mayoralty both said the site falls under the jurisdiction of the Port Police, an arm of the Hellenic Coast Guard.

    A Palestinian refugee, living in a disused slaughterhouse beside the camp, confirmed that Ms. al-Khatib had been there, recounting how he had spoken to her through the camp’s fence and bought her tablets to treat her hypertension, which Greek officials had refused to supply her.

    On the evening of July 26, Ms. al-Khatib and the other detainees said that police officers had loaded them onto a bus, telling them they were being taken to a camp on another island, and then to Athens.

    Instead, masked Greek officials transferred them to two vessels that ferried them out to sea before dropping them on rafts at the Turkish maritime border, she and other survivors said.

    Amid choppy waves, the group, which included two babies, was forced to drain the raft using their hands as water slopped over the side, they said.

    The group was rescued at 4:30 a.m. by the Turkish Coast Guard, according to a report by the Coast Guard that included a photograph of Ms. al-Khatib as she left the life raft.

    Ms. al-Khatib tried to reach Greece for a fourth time, on Aug. 6, but said her boat was stopped off the island of Lesbos by Greek officials, who removed its fuel and towed it back to Turkish waters.

    Some groups of migrants have been transferred to the life rafts even before landing on Greek soil.

    On May 13, Amjad Naim, a 24-year-old Palestinian law student, was among a group of 30 migrants intercepted by Greek officials as they approached the shores of Samos, a Greek island close to Turkey.

    The migrants were quickly transferred to two small life rafts that began to deflate under the weight of so many people, Mr. Naim said. Transferred to two other rafts, they were then towed back toward Turkey.

    Videos captured by Mr. Naim on his phone show the two rafts being tugged across the sea by a large white vessel. Footage subsequently published by the Turkish Coast Guard shows the same two rafts being rescued by Turkish officials later in the day.

    Migrants have also been left to drift in the boats they arrived on, after Greek officials disabled their engines, survivors and researchers say. And on at least two occasions, migrants have been abandoned on Ciplak, an uninhabited island within Turkish waters, instead of being placed on life rafts.

    “Eventually the Turkish Coast Guard came to fetch us,” said one Palestinian survivor who was among a group abandoned on Ciplak in early July, and who sent videos of their time on the island. A report from the Turkish Coast Guard corroborated his account.

    In parallel, several rights organizations, including Human Rights Watch, have documented how the Greek authorities have rounded up migrants living legally in Greece and secretly expelled them without legal recourse across the Evros River, which divides mainland Greece from Turkey.

    Feras Fattouh, a 30-year-old Syrian X-ray technician, said he was arrested by the Greek police on July 24 in Igoumenitsa, a port in western Greece. Mr. Fattouh had been living legally in Greece since November 2019 with his wife and son, and showed The Times documents to prove it.

    But after being detained by the police in Igoumenitsa, Mr. Fattouh said, he was robbed and driven about 400 miles east to the Turkish border, before being secretly put on a dinghy with 18 others and sent across the river to Turkey. His wife and son remain in Greece.

    “Syrians are suffering in Turkey,” Mr. Fattouh said. “We’re suffering in Greece. Where are we supposed to go?”

    Ylva Johansson, who oversees migration policy at the European Commission, the civil service for the European Union, said she was concerned by the accusations but had no power to investigate them.

    “We cannot protect our European border by violating European values and by breaching people’s rights,” Ms. Johansson said in an email. “Border control can and must go hand in hand with respect for fundamental rights.”

    https://www.nytimes.com/2020/08/14/world/europe/greece-migrants-abandoning-sea.html?searchResultPosition=1

    #Grèce #refoulement #refoulements #expulsions #Evros #îles #Turquie #asile #migrations #réfugiés #frontières #push-back

    –—

    sur les refoulements dans la région de l’Evros (à partir de 2018), voir aussi :
    https://seenthis.net/messages/710720

    • Message de l’Aegean Boat Report, 12.08.2020 :

      57 people that arrived on two boats on Lesvos north yesterday seems to have disappeared, port police on Lesvos claims there was no arrivals.
      First boat arrived on a Korakas, Lesvos north during the night, locals in the area claims to have heard gunshots coming from Korakas. The boat was carrying 24 people, 7 was picked up by police on arrival location, the rest, 17 people managed to flee to the woods in the dark. Later in the day, the rest was found by port police, transported from the area in a minivan. Question is, where did port police take them? They are not registered as arrived anywhere, neither the quarantine camp in the north or south has any new arrivals registered.
      Second boat landed in Gavathas, Lesvos north west before first light, carrying 33 people. Locals in the area reported on the new arrivals, also these people were taken away by port police, nobody has seen them since, they are not registered anywhere on Lesvos.
      Port police on Lesvos claims that there has been no new arrivals at all yesterday in the north, and that anyone saying otherwise is pushing “fake news”. There are no reports in any local newspaper on arrivals from Lesvos north yesterday, only one boat carrying 55 people that landed in Skala Mistegnon last night.
      Aegean Boat Report has received documentation that proves that these people actually arrived, there is no question about it! Videos, pictures and location data proves that they where there, question is where did port police take them, and why are they not registered anywhere?
      Yesterday before sundown Turkish coast guard picked up 57 people from two life rafts drifting outside Bademli, Turkey. From pictures posted by TCG, Aegean Boat Report has identified 4 people that also are in pictures and videos that ABR received from Korakas yesterday morning, the identification is 100%.
      There is no doubt that the people from the two boats that landed on Lesvos north yesterday was illegal deported by the Greek Coast Guard. They where taken from safety on land on Lesvos, and put back in the sea in life rafts, helplessly drifting, what kind of people would put children adrift at sea, how can they sleep at night.. This is not human behavior, not even animals would be this cruel!
      Many of Aegean Boat Report’s followers have in the past asked “what can we do?”, “how can we stop this?”, and the usual reply was, you can spread the news, share the info. It’s obviously not enough, now the gloves are off, it’s time to take action in a more direct way!
      Aegean Boat Report call’s upon all followers to participate, to make your voice heard, together this voice can make a difference! Pick up your phone and call the port authority of Mytilíni, Lesvos, and demand answers! They will deny any involvement in illegal activities, but we know they are lying!
      Port police Mytilini: +30 2251 040827
      (Number is open 24/7)
      We need them to understand that we don’t tolerate this any longer, and that there are many people all over the world that are watching what they are doing. One call will not change anything, but if 100 people call, 1000 people, perhaps they will start to understand that we do not tolerate this any longer!
      To call any public authority number is a common right, without any conditions or clauses, it’s fully legal activity that can be taken by anyone without any legal consequences. ABR has consulted Greek lawyers on the matter, and it’s totally legal. But ABR ask you to stay clear of all Emergancy channel’s, don’t flood European Emergancy numbers, only use numbers provided her!
      Aegean Boat Report will from now on, in every case regarding pushbacks and other illegal activities, publish the Port Police number of the area the incident has taken place, so that people can call to demand answers. The more people that calls these numbers, asking questions, the better. At some point they will understand that we will not stop before they do!
      These violations of international laws and human rights has been going on for to long, blessed and financed by Europe. The presence of NATO and FRONTEX is massive in the Aegean Sea, they all know what is going on every single day, but they do nothing, they just watch.
      It’s time we make them listen, it’s time to step up and demand answers, it’s time for YOU to take action!!
      Call port police of Mytilíni, tell them how you feel, make your voice heard!
      Port police Mytilini: +30 2251 040827
      Please share this post as much as possible!

      https://www.facebook.com/AegeanBoatReport/posts/895342667655505

      #Frontex #OTAN #NATO

  • Nigerians returned from Europe face stigma and growing hardship

    ‘There’s no job here, and even my family is ashamed to see me, coming back empty-handed with two kids.’

    The EU is doubling down on reducing migration from Africa, funding both voluntary return programmes for those stranded along migration routes before they reach Europe while also doing its best to increase the number of rejected asylum seekers it is deporting.

    The two approaches serve the same purpose for Brussels, but the amount of support provided by the EU and international aid groups for people to get back on their feet is radically different depending on whether they are voluntary returnees or deportees.

    For now, the coronavirus pandemic has slowed voluntary return programmes and significantly reduced the number of people being deported from EU countries, such as Germany. Once travel restrictions are lifted, however, the EU will likely resume its focus on both policies.

    The EU has made Nigeria one of five priority countries in Africa in its efforts to reduce the flow of migrants and asylum seekers. This has involved pouring hundreds of millions of euros into projects in Nigeria to address the “root causes” of migration and funding a “voluntary return” programme run by the UN’s migration agency, IOM.

    Since its launch in 2017, more than 80,000 people, including 16,800 Nigerians, have been repatriated to 23 African countries after getting stuck or having a change of heart while travelling along often-dangerous migration routes connecting sub-Saharan Africa to North Africa.

    Many of the Nigerians who have opted for IOM-facilitated repatriation were stuck in detention centres or exploitative labour situations in Libya. Over the same time period, around 8,400 Nigerians have been deported from Europe, according to official figures.

    Back in their home country, little distinction is made between voluntary returnees and deportees. Both are often socially stigmatised and rejected by their communities. Having a family member reach Europe and be able to send remittances back home is often a vital lifeline for people living in impoverished communities. Returning – regardless of how it happens – is seen as failure.

    In addition to stigmatisation, returnees face daily economic struggles, a situation that has only become worse with the coronavirus pandemic’s impact on Nigeria’s already struggling economy.

    Despite facing common challenges, deportees are largely left to their own devices, while voluntary returnees have access to an EU-funded support system that includes a small three-months salary, training opportunities, controversial “empowerment” and personal development sessions, and funds to help them start businesses – even if these programmes often don’t necessarily end up being effective.
    ‘It’s a well-oiled mechanism’

    Many of the voluntary returnee and deportation flights land in Lagos, Nigeria’s biggest city and main hub for international travel. On a hot and humid day in February, before countries imposed curfews and sealed their borders due to coronavirus, two of these flights arrived within several hours of each other at the city’s hulking airport.

    First, a group of about 45 people in winter clothes walked through the back gate of the cargo airport looking out of place and disoriented. Deportees told TNH they had been taken into immigration custody by German police the day before and forced onto a flight in Frankfurt. Officials from the Nigerian Immigration Service, the country’s border police, said they are usually told to prepare to receive deportees after the planes have already left from Europe.

    Out in the parking lot, a woman fainted under the hot sun. When she recovered, she said she was pregnant and didn’t know where she would sleep that night. A man began shouting angrily about how he had been treated in Europe, where he had lived for 16 years. Police officers soon arrived to disperse the deportees. Without money or phones, many didn’t know where to go or what to do.

    Several hours later, a plane carrying 116 voluntary returnees from Libya touched down at the airport’s commercial terminal. In a huge hangar, dozens of officials guided the returnees through an efficient, well-organised process.

    The voluntary returnees queued patiently to be screened by police, state health officials, and IOM personnel who diligently filled out forms. Officials from Nigeria’s anti-people trafficking agency also screened the female returnees to determine if they had fallen victim to an illegal network that has entrapped tens of thousands of Nigerian women in situations of forced sex work in Europe and in transit countries such as Libya and Niger.

    “It’s a well-oiled mechanism. Each agency knows its role,” Alexander Oturu, a programme manager at Nigeria’s National Commission for Refugees, Migrants & Internally Displaced Persons, which oversees the reception of returnees, told The New Humanitarian.

    Voluntary returnees are put up in a hotel for one night and then helped to travel back to their home regions or temporarily hosted in government shelters, and later they have access to IOM’s reintegration programming.

    Initially, there wasn’t enough funding for the programmes. But now almost 10,000 of the around 16,600 returnees have been able to access this support, out of which about 4,500 have set up small businesses – mostly shops and repair services – according to IOM programme coordinator Abrham Tamrat Desta.

    The main goal is to “address the push factors, so that upon returning, these people don’t face the same situation they fled from”, Desta said. “This is crucial, as our data show that 97 percent of returnees left for economic reasons.”
    COVID-19 making things worse

    Six hours drive south of Lagos is Benin City, the capital of Edo State.

    An overwhelming number of the people who set out for Europe come from this region. It is also where the majority of European migration-related funding ends up materialising, in the form of job creation programmes, awareness raising campaigns about the risks of irregular migration, and efforts to dismantle powerful trafficking networks.

    Progress* is one of the beneficiaries. When TNH met her she was full of smiles, but at 26 years old, she has already been through a lot. After being trafficked at 17 and forced into sex work in Libya, she had a child whose father later died in a shipwreck trying to reach Europe. Progress returned to Nigeria, but couldn’t escape the debt her traffickers expected her to pay. Seeing little choice, she left her child with her sister and returned to Libya.

    Multiple attempts to escape spiralling violence in the country ended in failure. Once, she was pulled out of the water by Libyan fishermen after nearly drowning. Almost 200 other people died in that wreck. On two other occasions, the boat she was in was intercepted and she was dragged back to shore by the EU-supported Libyan Coast Guard.

    After the second attempt, she registered for the IOM voluntary return programme. “I was hoping to get back home immediately, but Libyans put me in prison and obliged me to pay to be released and take the flight,” she said.

    Back in Benin City, she took part in a business training programme run by IOM. She couldn’t provide the paperwork needed to launch her business and finally found support from Pathfinders Justice Initiative – one of the many local NGOs that has benefited from EU funding in recent years.

    She eventually opened a hairdressing boutique, but coronavirus containment measures forced her to close up just as she was starting to build a regular clientele. Unable to provide for her son, now seven years old, she has been forced to send him back to live with her sister.

    Progress isn’t the only returnee struggling due to the impact of the pandemic. Mobility restrictions and the shuttering of non-essential activities – due to remain until early August at least – have “exacerbated returnees’ existing psychosocial vulnerabilities”, an IOM spokesperson said.

    The Edo State Task Force to Combat Human Trafficking, set up by the local government to coordinate prosecutions and welfare initiatives, is trying to ease the difficulties people are facing by distributing food items. As of early June, the task force said it had reached 1,000 of the more than 5,000 people who have returned to the state since 2017.
    ‘Sent here to die’

    Jennifer, 39, lives in an unfinished two-storey building also in Benin City. When TNH visited, her three-year-old son, Prince, stood paralysed and crying, and her six-year-old son, Emmanuel, ran and hid on the appartment’s small balcony. “It’s the German police,” Jennifer said. “The kids are afraid of white men now.”

    Jennifer, who preferred that only her first name is published, left Edo State in 1999. Like many others, she was lied to by traffickers, who tell young Nigerian women they will send them to Europe to get an education or find employment but who end up forcing them into sex work and debt bondage.

    It took a decade of being moved around Europe by trafficking rings before Jennifer was able to pay off her debt. She got a residency permit and settled down in Italy for a period of time. In 2016, jobless and looking to get away from an unstable relationship, she moved to Germany and applied for asylum.

    Her application was not accepted, but deportation proceedings against her were put on hold. That is until June 2019, when 15 policemen showed up at her apartment. “They told me I had five minutes to check on my things and took away my phone,” Jennifer said.

    The next day she was on a flight to Nigeria with Prince and Emmanuel. When they landed, “the Nigerian Immigration Service threw us out of the gate of the airport in Lagos, 20 years after my departure”. she said.

    Nine months after being deported, Jennifer is surviving on small donations coming from volunteers in Germany. It’s the only aid she has received. “There’s no job here, and even my family is ashamed to see me, coming back empty-handed with two kids,” she said.

    Jennifer, like other deportees TNH spoke to, was aware of the support system in place for people who return through IOM, but felt completely excluded from it. The deportation and lack of support has taken a heavy psychological toll, and Jennifer said she has contemplated suicide. “I was sent here to die,” she said.
    ‘The vicious circle of trafficking’

    Without a solid economic foundation, there’s always a risk that people will once again fall victim to traffickers or see no other choice but to leave on their own again in search of opportunity.

    “When support is absent or slow to materialise – and this has happened also for Libyan returnees – women have been pushed again in the hands of traffickers,” said Ruth Evon Odahosa, from the Pathfinders Justice Initiative.

    IOM said its mandate does not include deportees, and various Nigerian government agencies expressed frustration to TNH about the lack of European interest in the topic. “These deportations are implemented inhumanely,” said Margaret Ngozi Ukegbu, a zonal director for the National Commission for Refugees, Migrants and Internally Displaced Persons.

    The German development agency, GIZ, which runs several migration-related programmes in Nigeria, said their programming does not distinguish between returnees and deportees, but the agency would not disclose figures on how many deportees had benefited from its services.

    Despite the amount of money being spent by the EU, voluntary returnees often struggle to get back on their feet. They have psychological needs stemming from their journeys that go unmet, and the businesses started with IOM seed money frequently aren’t sustainable in the long term.

    “It’s crucial that, upon returning home, migrants can get access to skills acquisition programmes, regardless of the way they returned, so that they can make a new start and avoid falling back in the vicious circle of trafficking,” Maria Grazie Giammarinaro, the former UN’s special rapporteur on trafficking in persons, told TNH.

    * Name changed at request of interviewee.

    https://www.thenewhumanitarian.org/news-feature/2020/07/28/Nigeria-migrants-return-Europe

    #stigmatisation #renvois #expulsions #asile #migrations #réfugiés #Nigeria #réfugiés_nigérians #réintegration #retour_volontaire #IOM #OIM #chiffres #statistiques #trafic_d'êtres_humains

    ping @_kg_ @rhoumour @isskein @karine4

  • Les États-Unis, terre d’immigration

    Avec un accès inédit aux opérations de l’#ICE et de poignants #témoignages de migrants, ce #docu-série porte un regard essentiel sur l’immigration aux États-Unis en 2020.

    https://www.netflix.com/ch-fr/title/80994107
    #film #documentaire #film_documentaire #série #USA #Etats-Unis #détention_administrative #rétention #migrations #asile #réfugiés #frontières #renvois #expulsions

    Trailer :
    https://www.youtube.com/watch?v=X_xVKy58Yuw

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