• #Externalisation de l’asile : l’#Italie accélère les transferts de migrants vers l’#Albanie

    Ces deux dernières semaines, les autorités italiennes ont augmenté les #transferts de migrants vers son centre controversé de #Gjader, en Albanie, d’où certains pourront demander l’asile. Ces envois vers l’Albanie interviennent alors que de nouvelles mesures ont été adoptées par le Parlement européen, visant à faciliter le renvoi par les États membres des demandeurs d’asile vers des pays que l’Europe considère comme « sûrs ».

    Le centre de Gjader, dans le nord de l’Albanie, accueille actuellement quelque 90 migrants, selon une source du ministère italien de l’Intérieur à l’AFP. La structure, construite et financée par l’Italie pour y externaliser les demandes d’asile, est resté largement vide depuis son ouverture en 2024 en raison d’une série de contestations judiciaires.

    Mais la situation pourrait changer avec de nouvelles mesures adoptées définitivement par le Parlement européen en février, visant à faciliter le renvoi par les États membres des demandeurs d’asile vers des pays que l’Europe considère comme « sûrs ». Avec le soutien officiel de l’UE, les Vingt-sept sont autorisés à traiter les demandes d’asile dans des « hubs » situés dans des pays tiers. Une aubaine pour l’Italie qui a toujours voulu « sauver » son accord avec l’Albanie.

    Giorgia Pintus, membre d’une délégation de l’ONG TAI, qui s’occupe des immigrés, et qui a visité le centre cette semaine, a déclaré qu’il y avait eu deux transferts importants au cours des deux dernières semaines.

    Une source du ministère a indiqué pour sa part que « le centre a toujours été opérationnel. Le nombre de personnes varie en fonction des besoins ».
    Des personnes intégrées en Italie transférées en Albanie

    Parmi les migrants détenus à Gjader figurent des personnes souffrant de troubles psychologiques et des ressortissants de pays, tels que l’Iran, où le rapatriement est « pratiquement impossible », selon l’ONG.

    L’Italie détient également dans le centre des personnes qui s’étaient intégrées dans le pays, mais qui ont perdu leur emploi et, par conséquent, leur permis de séjour, précise l’ONG.

    Les exilés détenus dans la structure albanaise ont accès à un seul téléphone et doivent attendre leur tour, « ce qui peut prendre plusieurs jours », tandis que le temps dont elles disposent pour parler à leurs avocats ou à leurs familles est limité, assure Giorgia Pintus.

    Parmi les détenus, au moins deux personnes avaient déjà été envoyées en Albanie une première fois, puis renvoyées en Italie, avant d’être à nouveau envoyées à Gjader. L’un d’eux est un Sénégalais dont la femme et les filles vivent à Brescia, dans le nord de l’Italie. Il avait été détenu en Albanie puis libéré pour raisons de santé.

    « À son retour en Italie, il a repris son travail de peintre en bâtiment et a réussi à convaincre son employeur de régulariser son statut », a précisé à l’AFP Giorgia Pintus. « Il s’est rendu de son propre chef au poste de police pour entamer les démarches en vue d’obtenir un permis de séjour », mais il a été renvoyé en Albanie, a-t-elle ajouté.

    Un autre est un Togolais « qui vit en Italie depuis plus de dix ans, a un casier judiciaire vierge et était ouvrier qualifié chez un mécanicien », travaillant au noir, a poursuivi l’humanitaire. Il a d’abord été transféré en Albanie, mais a été libéré après qu’un tribunal italien a statué en sa faveur. Il s’est retrouvé de nouveau en Albanie après que le mécanicien a refusé de l’employer légalement.

    La délégation de l’ONG a par ailleurs dénoncé « le recours généralisé à des mesures coercitives » pendant le voyage entre l’Italie et l’Albanie. Peu de personnes détenues dans le centre sont ensuite rapatriées, a affirmé Giorgia Pintus. À l’exception de cinq Égyptiens rapatriés directement depuis Tirana en mai 2025, les rares personnes renvoyées dans leur pays ont d’abord été renvoyées en Italie, selon l’ONG.
    132 migrants transférés en un an

    Ce coûteux centre est l’un des projets phares de la Première ministre italienne d’extrême droite Giorgia Meloni pour lutter contre l’immigration clandestine.

    Au total, et selon l’accord signé entre Rome et Tirana fin 2023, jusqu’à 36 000 migrants, interceptés dans les eaux italiennes, pouvaient être envoyés chaque année dans ce pays des Balkans. Le but de l’Italie : externaliser une partie du processus d’asile pour soulager son pays de l’afflux migratoire.

    Mais rapidement, l’accord s’était heurté à des obstacles juridiques, qui ont mis en lumière la contradiction entre cette politique migratoire et le respect des droits fondamentaux.

    Face à ces échecs successifs, l’Italie avait changé son fusil d’épaule. En mars 2025, le Conseil des ministres a adopté un décret-loi permettant de recycler ces structures en… centres de rapatriement pour migrants en situation irrégulière – des centres de rétention (CPR), en somme. En un an, entre octobre 2024 et octobre 2025, seules 132 personnes ont été emmenées dans les centres albanais, dont 32 ont été rapatriées après des décisions de la justice italienne. « Un échec déconcertant », selon le juriste Gianfranco Schiavone.

    Nouveau retournement de situation donc avec les textes adoptés en février par le Parlement européen : les centres en Albanie redeviennent des centres de traitement de demandes d’asile.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/70080/externalisation-de-lasile--litalie-accelere-les-transferts-de-migrants
    #migrations #réfugiés #asile #renvois #expulsions #pays-tiers_sûrs #hubs #sans-papiers #détention_administrative #rétention

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    ajouté à la métaliste sur l’accord Italie-Albanie :
    https://seenthis.net/messages/1043873

  • Seven miles from Sofia, Bulgaria’s capital, this former military barracks houses hundreds of migrants.

    The smell of Busmantsi’s “special home for foreigners” is indescribable, but if you had to use words they would be some combination of stale urine, mildew, dried sweat and rot. Thirty people are packed into each cell, which guards lock at 10 p.m. and don’t open again until 7 a.m. The rooms do not contain toilets, so at night men urinate out the window. There is no running water, so those with flu or food poisoning vomit into plastic bags. Some men hang sheets around their beds in a gesture toward privacy, but in the corner is a camera, with its telltale red eye.

    Occasionally, a few of the men housed in this former military barracks seven miles from Bulgaria’s capitol, Sofia, are brought to a small room, where officials from the Bulgarian police and the European Union border police, called Frontex, are waiting. There are no lawyers present. The officials tell them they can leave if they sign an agreement to return to their home countries — Syria, Afghanistan, Iraq and elsewhere. If they don’t, they will be locked up for a year and a half. At first, most refuse to sign, but it is hard to hold onto sanity in a Bulgarian cell when you have not committed a crime, so occasionally men sign, and a week or so later, they are gone. Those inside rarely hear from them again.

    Some, though, decide to hold out for the full 18 months, after which most will be released and allowed to remain in Bulgaria; many hope they’ll be able to move on from there. Hesham, a Syrian with honey brown hair and a shy smile who arrived last spring, was among 100 or so men who had chosen to wait. Just a few months earlier, he had been living in a town in southern Germany, learning the language and dreaming of returning to his job as a tailor. But when he arrived for an appointment at the local immigration office in Saxony-Anhalt last February, the police arrested him, detained him for weeks at the Munich airport, then deported him to Sofia.

    “I want to file a lawsuit against the prison here,” Hesham wrote me on WhatsApp in early June. “Do you know anything about this?”

    I began speaking with Hesham last May. We were connected by Astrid Schreiber, an advocate with the Munich Refugee Council, who met him in Munich’s detention complex. Soon I was texting with or speaking to a dozen detainees from Algeria, Iraq, Morocco, Gaza and Syria, most of whom had been deported from Germany and other E.U. countries.

    One man wrote that German police raided his house in the middle of the night. He said that he fled but was chased by dogs and surrendered in a forest. “They grabbed me by the feet while my hands were tied, and they dragged me like an animal,” he said.

    Another man wrote: “They are threatening to deport me to Iraq. Here I have scabies and there is no treatment. The situation is very bad, beyond imagination.”

    No phones with cameras are allowed inside Busmantsi, which meant that most of the detainees did not have phones. Those who did shared them, sometimes charging a small fee for access. The detainees told me that they awoke each morning with rosy bedbug bites across their arms and legs. They tried spraying the dirty mattresses with local chemical products that promised to eradicate insects, but it never worked, or at least not for long. Three times a day, they filed to the cafeteria for colorless meals. Breakfast was white bread. A typical lunch was one chicken wing and some cabbage; dinner was boiled potatoes, bread, an apple. They were offered no education, Bulgarian language classes or any chance to earn money.

    Not long after I began texting with Hesham, my messages stopped going through. I also lost touch with two other men, an Algerian and an Iraqi, who had been deported from Germany. One detainee told me they had signed the papers to return to their home countries. Hesham, it turned out, was still inside. The prison guards had confiscated his phone, and I could now reach him only through an intermediary.

    Detention centers like the one where Hesham is held form a kind of demarcation line along the bloc’s external borders. There can be as many as 1,060 people locked up in Bulgaria’s two sites: Busmantsi, in Sofia, and Lyubimets, in the south. There are centers on the idyllic Greek islands Samos, Lesbos, Khíos, Leros and Kos, as well as on the tiny Italian island Lampedusa and the volcanic landmass of Sicily. These are difficult to visit and sealed off from the public. Unless you work there or know someone detained there, they are largely invisible. “Most tourists don’t even know there is a detention center,” Robert Nestler, a German asylum lawyer who frequently visits Kos, told me. “It is at the end of the world.”

    But if detention sites like Busmantsi sit at the margins of Europe geographically, they are increasingly central to the European Union’s immigration policies. Following the 2015 influx of 1.3 million refugees, mostly Syrians fleeing war, Brussels began to restrict migration, pushing border management and asylum processing to the bloc’s farthest edges. Billions of euros were also funneled to neighboring countries to prevent onward migration to the European Union, resulting in detention sites in Libya that are run by militias and mass deportations from Turkey. Now the most restrictive asylum policies in the bloc’s history are unfolding inside its borders. The Pact on Migration and Asylum, finalized by Brussels in 2024 and coming into full effect later this year, expands detention, including for children, and speeds up deportations.

    Western European countries are now capitalizing on an E.U. law that requires refugees to apply for asylum in the first country they enter; those who instead leave for another member country can be sent back to the E.U. nation where they first arrived. This regulation has long been controversial, says Catherine Woollard, the former director of the European Council on Refugees and Exiles, because it places “huge responsibility on the countries at the borders.”

    Refugees deported to Bulgaria find themselves trapped in a country that does not want them. Bulgaria has low asylum-recognition rates and has lacked an official integration program for the past 13 years. Migrants have died on Bulgarian territory after authorities failed to prioritize their rescues: In December 2024, three Egyptian teenage boys froze to death in the snowy southern woods. Those who enter from Turkey are often assaulted by border guards and violently pushed back, as both Frontex and human rights organizations have documented. Nonetheless, Germany, one of the bloc’s wealthiest states, is on track to deport five times as many people to Bulgaria, its poorest, as it did in 2022.

    The conditions in Bulgaria’s detention sites and abuses along the border have been largely ignored by the European Union. Instead, Bulgaria has become a kind of testing ground for the future of European migration — a heavily patrolled border, fast deportations and policies that encourage, or even coerce, refugees to leave.

    I first entered Busmantsi in late August, along with an acquaintance who was visiting a Palestinian refugee from Gaza. As we approached in a taxi, two four-story concrete blocks loomed behind a high wall topped with barbed wire. It was easy to see how Busmantsi served as a stand-in for a West Virginia penitentiary in the 2009 Hollywood slasher “Wrong Turn 3: Left for Dead.” Near the gated entrance hung two signs highlighting six million euros in E.U. funding.

    We passed through two gates and entered a concrete courtyard. On the left was a smaller building managed by the State Agency for Refugees, which then housed people with pending asylum claims, including families with children. On the right was the Interior Ministry section, which typically holds those whose asylum claims have been denied. This is where Hesham was kept. At least a dozen men clustered around the windows, waving their hands frantically through the bars. “Hello!” they shouted. “How are you?”

    The Bulgarian government claims that Busmantsi has the capacity to hold 400 people, but it depends on how you define capacity. In the summer, a Turkish woman fleeing domestic violence was forced to stay in the male section for almost three months, sharing a bedroom and showers with 20 men. Time spent in the outdoor courtyard is restricted to 30 minutes a day, including for children. People with severe mental-health conditions are isolated.

    The center does not have translators, and the Bulgarian staff do not speak Arabic, Pashto, Dari or French; it falls on the detainees to translate for one another. When an Afghan man was locked in a room alone, the Arabic speakers on his floor struggled to communicate with him. Still, they pleaded with the guards to unlock his door so he could use the bathroom; some five days later, the guards complied. Another man arrived at Busmantsi with both legs amputated. The other detainees carried him around. (Site-visit reports from the European Committee for the Prevention of Torture and Inhuman or Degrading Treatment or Punishment have extensively documented conditions inside Busmantsi and refer to the center as “prisonlike.”)

    “What should I do?” Hisham wrote to me on WhatsApp when we first began chatting. “I can’t go to Syria because my house is completely destroyed.”

    It was not the first time Hesham had found himself locked up in Busmantsi. Through WhatsApp phone calls, legal documents and interviews with his sister and advocates, I pieced together how he ended up there three times in the space of two years.

    Hesham first entered Bulgaria in September 2023, when he was in his early 20s, crossing the southern land border from Turkey. Conditions for Syrian refugees in Turkey worsened after the country agreed to seal its borders following a deal with the European Union that included six billion euros in aid. A decade earlier, at the beginning of the Syrian civil war, his father, a farmer who was not politically active, was arrested at a government checkpoint. He never returned home. A year into his absence, Hesham, then 14, left Damascus for Istanbul, where he lived for eight years. Two of Hesham’s sisters also fled Syria, one settling in Germany and the other in Oman. Hesham’s mother and younger brother remained behind.

    When Hesham arrived in Sofia, he went first to Tsar Simeon Street, locally referred to as Arab Street for the many Middle Eastern shops there, to purchase goods for his onward journey. Then the police arrived. They arrested Hesham for illegally entering the country and took him to Busmantsi. After a week, an NGO came with a translator and told him he could either request asylum or remain confined for 18 months. As an asylum seeker, he would be released from detention in a week or so. Hesham immediately applied. He needed to reach his older sister in Germany, whom he had not seen in 11 years.

    In preparation for his release, Hesham was asked to roll his fingers across the glassy surface of a portable biometric machine, which uploads fingerprints from every asylum seeker into an E.U. database called Eurodac. This allows a government in one country to check whether someone’s fingerprints were originally taken in another. The E.U.-wide system began in 2003 and has been rapidly expanding, part of a renewed effort to track asylum seekers and other migrants through biometrics.

    The authorities dropped Hesham at Vrazhdebna Camp, one of three open facilities in Sofia where asylum seekers receive a bed and meals as their claims are processed. Vrazhdebna means “hostile” in Bulgarian; the area surrounding the camp on the city outskirts bears the same name. Guards with guns patrol the inside. Here, as in facilities in Greece, residents have a curfew and cannot have visitors. “I’d go to Germany if I were you,” an employee told Hesham, who left the next day. Hesham traversed Serbia, the Czech Republic and Austria, entering Germany a few weeks later.

    After reaching Saxony-Anhalt, where his sister lives, Hesham went straight to the police and requested asylum. The officers confiscated his phone; he never got it back. Hesham was initially assigned to Halberstadt Camp, north of the Harz Mountain range, near his sister, who barely recognized the adult version of her brother. At dinner, she served plates of kibbe, stuffed zucchinis, rice with dumplings, food from their childhoods, while her 4-year-old daughter giggled and stared.

    Hesham threw himself into studying German. A local Amazon warehouse offered to hire him once his papers came through. A possible future took shape, though he dared not hold onto any one vision for too long. The memory of giving his fingerprints to the officials inside Busmantsi played on a loop. To quiet the fear of being sent back, he focused on his family. In a photo from those months of waiting, Hesham grins, holding his niece as she makes a peace sign with tiny fingers.

    Hesham had come to Germany at the wrong time. “We are limiting irregular migration to Germany,” the chancellor at the time, Olaf Scholz, told the magazine Der Spiegel a few months before Hesham arrived. “Too many people are coming,” he said, adding, “We have to deport people more often and faster.”

    After four months in Germany, Hesham received notice that he would be deported to Sofia. The police arrest refugees in the middle of the night so they cannot flee. Hesham spent several months couch-surfing with friends, hoping he could wait out the order. In January 2025, the police found him and put him on a commercial flight to Sofia. Once aboard, Hesham protested that he didn’t wish to return and the pilot refused to take off. The authorities released him, and Hesham went back into hiding. Two weeks later, when he went to renew his ID card at the local immigration office, the police were waiting. They did not let him pack a bag or pick up his belongings. After Hesham was captured, his sister cried for a week. She told her daughter that Hesham had gone on a long trip.

    Deportations are difficult for the German government to execute. They require an agreement with the receiving country, as well as infrastructure — detention facilities, extra police officers, arrangements with commercial airlines or private carriers — that the United States has built up over two decades. Deportations are humiliating and sometimes violent. Some men are subjected to airport strip and body-cavity searches. Deportees are sometimes handcuffed and shackled; some are restrained with belts. Pilots have at times refused to fly, as happened with Hesham, after realizing refugees are onboard against their will, resulting in 342 canceled flights in 2024 alone.

    When deporting refugees to other E.U. countries, German courts must consider appeals on several grounds: whether sending someone back would cause serious harm or lead to torture; whether the person has certain family ties in Germany or serious medical conditions. Refugees are often not deported to Greece, because mistreatment there has been well documented. Conditions in Bulgaria are less well known. “Almost all of them are sent back, regardless of what happened to them in Bulgaria,” says Stephan Reichel, who coordinates church asylum in Germany.

    In 2024, the German government submitted some 75,000 deportation requests to other E.U. countries, but little more than half were approved; only 5,740 individuals were deported within the bloc. Chancellor Frederich Merz has vowed to close that gap. Germany has poured millions of euros into building detention centers. Four deportation centers opened this year; one near the Polish border can house 250 people.

    The day of Hesham’s deportation in late February, the police came before the sun rose. The officials that day were respectful. He was not handcuffed. He was given food and water. In the end, there were only four other passengers, three Syrians and one Afghan, all men, flying to Sofia on a private plane. The shame colored everything. “It was one of the worst days of my life,” Hesham told me later.

    Upon arrival in Sofia, the Bulgarian authorities took Hesham to Busmantsi. It would be harder to leave this time. Bulgaria had long served as a transit country for refugees heading north, but it remained shut out of the full rights afforded E.U. members for failing to control immigration. So it began violently policing its borders. In 2025, after scaling up detention and tightening border security, it was finally admitted to the Schengen Area, which allows freedom of movement among member states. To assist its operations, the European Union has, over the past decade, granted the country hundreds of millions of euros for additional immigration control. Under the pact, Bulgaria has also received 90 million euros; the interior ministry is creating two new detention centers and expanding Busmantsi and Lyubimets.

    At Busmantsi, Hesham was informed that his asylum file was closed. Hesham lodged a new claim and after a month was transferred back to Vrazhdebna Camp. During his asylum interview, he suspected that his translator was not interpreting correctly, but he had no way to prove it, just a bad feeling. A rejection came two months later; it stated that Hesham had migrated for economic reasons. It was true that Hesham wanted, desperately, to start working, but his main reason for leaving Syria was fear for his safety. After Hesham’s father was abducted, his family’s house was bombed.

    Under Bulgarian law, you can appeal an asylum rejection twice. Hesham needed a lawyer to file an appeal within 14 days. At the time, the Bulgarian Helsinki Committee had been contracted by international organizations and the Bulgarian government to provide legal aid to asylum seekers; a tall, thin man with glasses told Hesham he would process his paperwork. The committee does not give out private contact details for its lawyers, and all Hesham had was a generic email address. He did not even know the lawyer’s name. A few weeks later, some officials came to the camp and asked residents for their IDs. When they saw Hesham’s, they took his residency permit away and told him to report to the camp office. Inside, the officials locked the door. Then the police arrived. They arrested Hesham and drove him back to Busmantsi.

    A few days later, Hesham saw his lawyer by chance in a meeting room set aside for legal-aid consultations. “Why didn’t you file my appeal?” Hesham demanded. The man, Hesham told me, said “he forgot.” Hesham was in disbelief: “How can you call yourself a lawyer? How could you forget?” Hesham recalled that the man became agitated and began speaking in Bulgarian. Hesham walked out. (The Bulgarian Helsinki Committee denies any involvement in the case.)

    From his cell, Hesham searched for a private lawyer in Sofia. One wanted a minimum of 1,500 euros. He didn’t have the money. Hesham had only one friend in Sofia, a fellow Syrian who brought him some clean T-shirts and socks.

    After his deportation, Hesham appealed his case in Germany, but as time went on, it seemed unlikely a court would allow him to return. Schreiber, the advocate with the Munich Refugee Council, told me that the only person she knew who had been allowed back into Germany was an elderly Syrian woman receiving cancer treatment. Although a German court ruled the deportation illegal, she had to pay for her return flight.

    One of the hardest things for Hesham about life in Busmantsi was the waiting. He had nothing to fill his days and longed to return to his work as a tailor. As a boy, he spent hours after school in a Damascus factory, slicing shapes with an electric blade. Each fabric had a different feel. Hesham loved black velvet, with its density and plushness, the most. In Istanbul, he had designed suits and dresses, sharing the drawings with his sister. Now the future was a blank, dreamless space.

    He found it impossible to escape the almost casual violence that he and the men I spoke with regularly witnessed. One day, a group of guards dragged the Afghan man from solitary confinement and beat him with an iron rod. Another man was punched in the face. Detainees told me that the guards knew where there were missing surveillance cameras — near the laundry room, for instance — and assaulted people there. Last year, a Syrian man in his mid-30s named Ahmad was locked inside Busmantsi, even though he had a valid German residence permit, making it legal for him to travel. Ahmad, who suffers from psychosis, was put in solitary confinement. His sister told me that the guards beat him so brutally after he resisted his deportation that he could not walk for five days. (The Bulgarian Interior Ministry, which oversees the Migration Directorate that runs Busmantsi and other centers, declined to comment on individual cases, and the Migration Directorate did not respond to a request for comment.)

    Medical care inside Busmantsi is either inadequate or absent. In 2021, an 83-year-old Armenian woman was brought to Busmantsi; she died five hours later from heart failure. A review by the European Committee for the Prevention of Torture found a pattern of factually inaccurate medical information. All the recorded vitals of detainees were the same. All the medical intake forms said “no complaints” and “language barriers.”

    The longer someone stayed inside Busmantsi, the more reality deteriorated. “People in the cell have told me I cry in my sleep,” Hesham said. Visits are limited to 30 minutes, but many inmates never had a visitor. Some of the people isolated for mental-health conditions had not arrived that way. Suicidal ideation is common in immigration detention facilities around the world, increasing in proportion to the length of time detained, but no one wanted to speak on the record for fear it would harm their chances of release.

    A week after I first visited Busmantsi, I arrived for my appointment with Hesham. I pushed the doorbell at the designated time, hearing a sharp chime on the other side. Some five minutes later, the door swung open into a courtyard surrounded by tall metal walls. This time I noticed the U.N. Refugee Agency registration sign that hung near the entrance. Under the list of rules was: “You do not have the right to choose the European country where you want to live and receive international protection.”

    I was ushered into a ground-floor room that functioned as a visitors’ center. At last, Hesham appeared. Dressed in an oversize purple T-shirt, with a few pimples on his cheeks and wispy facial hair, he could have been a sleep-deprived graduate student. A female guard eyed us from the corner. On the wall were Frontex posters. “Thinking of returning home?” read one, beneath which was a telephone number. “Returning home might be difficult, but a counselor can help you,” another read. From January to September 2025, Frontex sent its “return specialists” to conduct 744 meetings with detainees, a spokesman told me.

    Since Hesham and I first made contact, the guards had yanked him out of his cell three times and put him in the room where we were now sitting. Officials pressured him to return to Damascus, once kicking him in the leg, he said. The authorities slid across a document in Bulgarian and told him to sign. He declined. Tacked to a corkboard on the back wall was a Frontex notice on how to file a complaint.

    I asked if he had more to say about the detention conditions. “You’ve already seen it yourself,” Hesham said, gesturing to the room. He pressed his thumb to his lip as if quieting himself. “I don’t need to say anything more.” In the corner, the guard tilted her head and snapped a selfie.

    Under the European Union’s new migration pact, it has become easier for governments to detain asylum seekers, like holding anyone deemed a national security risk or a threat to public order. According to Diana Radoslavova, who founded the Center for Legal Aid — Voice in Bulgaria in 2009, this will only render the situations many refugees already find themselves in more precarious. One of her clients, Adbulrahman al-Khalidi, a Saudi human rights activist, entered Bulgaria seeking asylum. Though his case is still open, he has been held in Busmantsi for more than four years, well beyond the legal limit, because Bulgaria’s national security agency labeled him a threat. The authorities have bounced al-Khalidi between the refugee agency and the Interior Ministry section of the facility, threatening to deport him to Saudi Arabia. A Sofia court has ordered him released three times; each time, the Bulgarian government has refused. The Bulgarian ombudsman stated that it would be best if another European country, like France or Germany, gave al-Khalidi asylum. So far none has offered.

    When it comes to people like Hesham, the biggest question is the misuse of detention, Radoslavova said. The use of detention in the absence of active removal proceedings violates E.U. law, and under Bulgarian law, rejected asylum seekers can only be detained for the purpose of deportation for 18 months. But Bulgaria cannot force Syrians to return to their home countries, because it has no agreement with the government of President Ahmed al-Sharaa. “If you know that this person cannot be forcibly returned,” she said, “why do you detain them for 18 months?”

    Once people with rejected asylum claims are released from Busmantsi, they have no access to health care, subsidized housing or social services. Over the past year, Radoslavova has been contacted frequently by German advocates, dismayed to find that clients deported to Bulgaria are destitute. Families have difficulty enrolling their children in school or finding a place to live. When I asked the German Interior Ministry if it had considered halting deportations to Bulgaria because of conditions there, a spokeswoman referred me to the Bulgarian government.

    Daniel Mitov, Bulgaria’s interior minister, defended the lack of alternatives to detention. He told me that if asylum seekers were free, they would head north, and then other European countries would call and say: “Well, you have allowed these individuals to cross illegally through your territory. Now we’re going to get them back to you, and it’s your problem.” Mitov pointed out that the border between Bulgaria and Turkey was the second-busiest in the world, after the U.S.-Mexico border. The European Union has sent hundreds of Frontex police officers to assist local forces and piloted a new surveillance system with drones. Even the Americans, Mitov said, were helping the Bulgarian border police: The Interior Ministry coordinated its efforts with the U.S. Embassy and Washington. Bulgaria shares the biometrics of people who enter the country illegally with U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE); the biometrics are run through databases at the Department of Homeland Security, Department of Justice and Department of Defense. (The State Department spokesman in Sofia confirmed that the United States shares equipment, training and advice with Bulgaria, calling it a “close and effective relationship” on border operations).

    As for the conditions inside Busmantsi, Mitov blamed the refugees. “Quite often, the people who stay there do not appreciate the environment,” he remarked dryly. “You’re saying that people staying inside damage the facility?” I asked. “Yes,” he said. “The human traffickers are giving them advice to treat the facilities in ways that afterward they can complain.”

    Across the European Union, Ukrainians have been received very differently from Syrians, Afghans and others. In 2022, as Ukrainians fled Russian bombs, the Bulgarian government rented empty hotels along the Black Sea to house them. The bloc contributed money for private housing and language classes. Kiril Petkov, then the prime minister, explained the government’s logic: “These people are Europeans,” he told journalists. “These people are intelligent. They are educated people.” He added: “This is not the refugee wave we have been used to, people we were not sure about their identity, people with unclear pasts, who could even have been terrorists.”

    As the migration pact comes into full force this summer, countries will have even more flexibility in how they treat those seeking asylum. One provision relies on what is known as the legal fiction of “non-entry”: states can claim someone is not on European territory despite having crossed the border, creating liminal spaces where they can argue that E.U. law does not apply. Those interviewed and rejected for asylum in these borderlands are no longer guaranteed legal representation.

    In late October, Busmantsi guards notified Hesham and some 80 other detainees — mostly Syrian and Moroccan men — that they would be moved to the Lyubimets detention center, just 18 miles from the Turkish border. They did not tell them why. Hesham packed his few belongings and traveled three hours south by bus. A few days later, a delegation from the European Commission toured an almost empty Busmantsi to see if it met E.U. standards. Abdulrahman, who later requested to be transferred to Lyubimets, spoke with members of the mission, as Bulgarian officials hovered nearby.

    In Lyubimets, a vast facility that includes accommodation in metal shipping containers, the food was still inedible, but the room that Hesham shared with 20 men was cleaner. Hesham and the others were more isolated, though, because it was harder to receive visitors from Sofia. After two weeks, officials called Hesham into a room and told him they were offering 150 euros for him to return to Syria, promising another 700 euros upon arrival.

    Hesham refused. Every week, when his mother called, she begged him to come home, but he didn’t think Syria was a country he could live in yet. After the fall of the Assad regime, some prisoners were released, but there was no information about Hesham’s father, one of many men who were still missing.

    On Jan. 1, Hesham turned 27. As one day of confinement followed another, Hesham thought back to advice his father had given him, encouraging him to study. He was a feisty kid, not as interested in school as his sisters, who pursued degrees in law and chemistry. Hesham was sorry that he hadn’t yet lived up to his father’s vision. Maybe there was still time. If he could make it 11 more months, he would be free by his next birthday — but what that freedom would look like remained uncertain.

    https://www.nytimes.com/2026/02/10/magazine/immigration-detention-europe-busmantsi-bulgaria.html
    #Bulgarie #migrations #réfugiés #enfermement #hébergement #baraques #Sofia #Busmantsi #renvois #expulsions
    via @fil

  • Comme on les enferme. Dans les centres de rétention, de Paris à Lampedusa

    Partout en Europe, à l’abri des regards, les #centres_de_rétention destinés à organiser l’expulsion des sans-papiers se multiplient. Au nom du contrôle des frontières, des milliers de personnes y voient leurs #droits_fondamentaux bafoués. Surmontant les difficultés d’accès à ces lieux, Louise Tassin est parvenue à enquêter au cœur et autour de ces dispositifs. Grâce à une immersion inédite dans des centres d’Île-de-France et sur les îles de Lesbos et Lampedusa, elle livre un tableau vivant et documenté de cet enfermement de masse.
    Avec elle, on découvre qu’une partie du personnel en charge de la rétention a connu des trajectoires migratoires similaires à celles des « retenu.es ». Autrement dit : pas d’enfermement des étranger.es... sans l’appui d’une main-d’œuvre immigrée précaire.
    Le contrôle des frontières est par ailleurs largement délégué à des acteurs privés (entreprises, associations, collectifs locaux), qui travaillent en coopération avec les fonctionnaires de police, quand ils ne s’y substituent pas. Quid de la responsabilité des États, des conditions d’enfermement, de la transparence des dispositifs dans ce contexte ?
    Les expériences des étrangères et des étrangers retenus résonnent d’un centre à l’autre et d’un pays à l’autre. Partout s’exprime le sentiment d’être injustement traités en criminels. Que fait la rétention à celles et ceux qui y sont placés ? Et comment l’existence de ces lieux façonne-t-elle les représentations de l’étranger ?

    https://www.editionsladecouverte.fr/comme_on_les_enferme-9782348082597

    #livre #rétention #détention_administrative #expulsions #enfermement #sans-papiers #France #Lesbos #Lampedusa #migrations #réfugiés #Italie #France #Grèce

  • Calvairate, l’isola di fronte alla marea della gentrificazione di Milano
    https://irpimedia.irpi.eu/senzasegnaledue-calvairate

    Mentre Milano promette quartieri vivi, inclusivi e brulicanti, a Calvairate vecchi abitanti e lavoratori fanno i conti con sfratti, precarietà e una città che cresce senza di loro L’articolo Calvairate, l’isola di fronte alla marea della gentrificazione di Milano proviene da IrpiMedia.

    #Diritti #Diritto_alla_casa
    https://irpimedia.irpi.eu/public/uploads/2026/02/senzasegnale-calvairate-cover.mp4

  • La #Belgique veut encourager le retour des Syriens dans leur pays en augmentant l’aide à la #réintégration

    La ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, a annoncé jeudi que le pays allait augmenter l’aide à la réintégration des Syriens acceptant de retourner chez eux, en leur proposant jusqu’à 5 000 euros. Depuis la chute du régime de Bachar el-Assad fin 2024, les États européens ont multiplié les mesures pour accélérer l’expulsion des Syriens dans leur pays.

    À l’instar d’autres pays européens, la Belgique veut accélérer le retour des réfugiés syriens dans leur pays. La ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, a annoncé jeudi 22 janvier que le pays allait augmenter l’aide à la réintégration des Syriens acceptant de retourner chez eux.

    Ce financement, en partie soutenu par l’Union européenne (UE), correspond à une aide au logement, à la formation, aux soins médicaux et au démarrage d’une activité économique.

    « Nous voulons encourager les demandeurs d’asile qui peuvent rentrer chez eux à reconstruire leur vie dans leur pays d’origine le plus rapidement possible », a déclaré Anneleen Van Bossuyt.

    Plus les Syriens demandent rapidement à bénéficier de ce soutien, plus le montant sera élevé, indique l’agence de presse Belga. S’ils sont engagés dans une procédure d’asile et choisissent le « retour volontaire », ils pourront compter sur une aide à la réintégration de 5 000 euros. Les personnes qui restent plus longtemps dans la procédure verront cette aide diminuer. Et ceux en situation irrégulière en Belgique qui souhaitent rentrer peuvent obtenir 3 000 euros.

    « C’est dans leur intérêt, mais cela représente également une économie importante pour notre pays par rapport à l’accueil de ces demandeurs d’asile dans un centre d’accueil », a expliqué la ministre de l’Asile et de la Migration. « Cette aide est unique et est, dans la mesure du possible, assortie d’une interdiction d’entrée sur le territoire, afin d’éviter les ’portes tournantes’ qui permettraient à certaines personnes d’abuser du système », a-t-elle ajouté.
    Saturation du réseau d’accueil belge

    Depuis plusieurs années, le Belgique peine à prendre en charge l’ensemble des exilés arrivant sur son sol. Faute de places suffisantes dans le réseau d’hébergement, nombreux sont les demandeurs d’asile à être contraints de dormir dans les rues belges.

    Depuis août 2023, les hommes seuls qui déposent un dossier d’asile en Belgique ne peuvent plus bénéficier d’une place dans le système d’accueil. La ministre de l’Asile et de la Migration de l’époque, Nicole de Moor, avait justifié cette mesure par la saturation du réseau, et donné ainsi la priorité aux familles.

    En août 2025, le gouvernement est allé encore plus loin en excluant une autre partie des demandeurs d’asile des centres d’hébergements. Dorénavant, les personnes ayant reçu une réponse positive à une demande de protection antérieure dans un autre pays de l’UE n’ont plus droit à l’enregistrement et à l’hébergement à leur arrivée en Belgique, dans les centres Fedasil ou Croix-Rouge qui accueillent souvent ces primo-arrivants. Concrètement, elles sont considérées comme irrégulières sur le territoire, et donc potentiellement ciblées par des obligations de quitter le territoire.

    Fin 2025, 3 200 réfugiés statutaires ayant obtenu la protection dans un autre pays de l’UE étaient pris en charge dans le réseau de Fedasil, sur un total d’environ 35 000 places, selon les données de l’agence.
    Expulsions de Syriens depuis l’Allemagne et l’Autriche

    Après la chute de Bachar el-Assad en Syrie en décembre 2024, chassé par une offensive spectaculaire des rebelles islamistes, la situation dans le pays a rapidement évolué avec la mise en place d’un gouvernement de transition et la levée des sanctions internationales.

    Dès lors, les États européens ont cherché par tous les moyens à inciter les Syriens à rentrer chez eux. Dès le lendemain de la fuite du dictateur syrien, plusieurs pays ont annoncé un gel des procédures de demandes d’asile dans un contexte de forte progression électorale des partis d’extrême droite.

    En juillet 2025, l’Autriche espérait « montrer la voie en Europe » en expulsant un criminel syrien vers son pays d’origine. Une première dans l’UE. Quelques mois plus tôt, Vienne avait entamé des procédures pour révoquer le statut de quelque 2 900 réfugiés et stoppé les démarches de regroupement familial,. Le gouvernement autrichien a même offert la somme de mille euros aux Syriens acceptant de repartir dans leur pays

    L’Allemagne aussi a débuté l’expulsion des Syriens condamnés dans le pays. La première expulsion d’un détenu syrien a eu lieu en décembre dernier peu avant Noël.

    En un an, le nombre de Syriens demandant l’asile dans l’UE a considérablement baissé. En octobre 2024, on comptait encore plus de 16 000 nouveaux demandeurs. En septembre 2025, soit près d’un an plus tard, ils n’étaient plus que 3 500.

    Toutefois, à la fin du mois de septembre, près de 110 000 dossiers de demandeurs d’asile syriens étaient encore en attente d’une décision dans l’ensemble de l’Union européenne et ses partenaires.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/69409/la-belgique-veut-encourager-le-retour-des-syriens-dans-leur-pays-en-au

    #réfugiés #migrations #réfugiés_syriens #renvois #expulsions #aide_au_retour

    ping @karine4

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    ajouté à la métaliste sur le #retour_au_pays / #expulsions de #réfugiés_syriens...

    https://seenthis.net/messages/904710

  • I numeri sui rimpatri diffusi pubblicamente dal ministro Piantedosi sono gonfiati. Ecco perché

    Il ministro dell’Interno ha dichiarato che nel 2025 sarebbero state rimpatriate settemila persone. Un aumento nettissimo, nell’ordine del 55% rispetto al 2022. Qualcosa non torna, considerando che dal giugno scorso i voli charter verso la Tunisia sono stati interrotti. Come ha fatto il Viminale a compensare quel gap? Il rischio concreto è che siano stati considerati anche i voli programmati e poi annullati. Il tutto mentre si annuncia una ennesima “stretta”

    “Da uomo delle istituzioni prima ancora che da ministro sento il dovere di condividere i fatti, i numeri veri contro ipocrisie e false news”. Il ministro dell’Interno #Matteo_Piantedosi ha scelto queste parole nell’annunciare via X il 31 dicembre 2025 di aver rimpatriato in un anno quasi settemila persone. Un aumento del 55% rispetto al 2022 che non sembra trovare però riscontro dai dati ufficiali. Quelli ottenuti da Altreconomia mostrano infatti che i rimpatri sarebbero stati circa 4.830, molto distanti da quelli dichiarati da Piantedosi.

    D’altronde che quei dati fossero “anomali” era semplice immaginarlo. Da giugno 2025, infatti, non sono più partiti i consueti due charter alla settimana diretti verso la Tunisia. Uno stop, di cui avevamo già parlato a inizio ottobre, che è proseguito anche nei mesi invernali. Quello “zero” riferito ai voli diretti verso l’aeroporto di Tabarka dimostra un cambio di passo nei rapporti con il presidente-autocrate Kaïs Saïed.

    Tornando ai dati, nel 2023 e nel 2024 il numero di cittadini tunisini rimpatriati tramite voli appositi è stato di 2.506 e 2.157, con un’incidenza sul totale rispettivamente del 58% e del 46%. Ebbene nel 2025 dagli oltre duemila si passa a 1.124. Per arrivare a settemila rimpatriati, dunque, il Viminale avrebbe dovuto coprire un gap significativo. E infatti probabilmente non è stato così.

    Altreconomia ha ottenuto sul punto due risposte differenti, una nel settembre 2025 e l’altra nel gennaio 2026. Nella prima risposta i dati forniti dal Viminale sono riportati su tre colonne che indicano i rimpatriati totali, quelli espulsi tramite charter e quelli utilizzando voli di linea. Sommando queste ultime due colonne, il valore è distante da quello indicato come totale.

    Nella seconda risposta le colonne diventano invece due e in cinque mesi emerge che il Viminale ha rimpatriato 2.073 persone in totale. Come è possibile allora che nei sette mesi precedenti ne abbia rimpatriati 5.000?

    Questa anomalia potrebbe spiegare anche un’altra stortura. Se prendiamo ad esempio il 2024, Eurostat registra che l’Italia ha rimpatriato 4.480 persone. Il Viminale, invece, ne dichiara 5.414. Mille in più, il 20% in più, lo stesso numero totale comunicato ad Altreconomia nella colonna riepilogativa della prima risposta. Peccato che sommando le colonne “charter” e “volo di linea”, il valore si avvicini molto ai dati comunicati a Eurostat. Insomma qualcosa non torna e non è da escludere che nel 2025 siano stati contati anche i voli programmati e poi annullati, circostanza che capita spesso. Il che sarebbe paradossale oltreché alla base di una comunicazione pubblica completamente falsa.

    Nel frattempo il governo ha in programma di dare un’ulteriore stretta proprio sul tema dei rimpatri attraverso un decreto e un disegno di legge che vorrebbero ridurre ulteriormente le tutele per le persone marchiate come “irregolari”. Si prevede infatti l’introduzione dell’obbligo di cooperazione dello straniero detenuto o internato ai fini dell’accertamento dell’identità, l’inserimento all’interno del codice penale di una norma che permetta al giudice, nei casi di condanna per “gravi” fattispecie (si cita la resistenza a pubblico ufficiale), l’espulsione dello straniero appartenente a uno stato membro dell’Ue oltre che la possibilità di disporre la consegna allo Stato di appartenenza della persona la cui permanenza sul territorio nazionale possa compromettere la sicurezza della Repubblica. Un’altra “svolta” da dare in pasto ai giornali e all’opinione pubblica che non risolve però il motivo per cui i rimpatri non avvengono: ovvero la mancanza degli accordi con i Paesi di origine. E su quello dare i numeri a caso non basta.

    https://altreconomia.it/i-numeri-sui-rimpatri-diffusi-pubblicamente-dal-ministro-piantedosi-son
    #statistiques #chiffres #guerre_des_chiffres #Italie #renvois #expulsions #migrations #réfugiés #Tunisie #vols #charter #Tabarka #Kaïs_Saïed #migrants_tunisiens #Eurostat #fake-news

  • Reporters’ diary: IOM uses UN immunity to avoid scrutiny of Greek returns

    The agency’s refusal to disclose more information underscores a recurring disregard for accountability.

    https://assets.thenewhumanitarian.org/s3fs-public/styles/responsive_medium/public/2025-12/1.jpg

    IOM, the UN’s migration agency, is claiming UN immunity to justify its refusal to release documents about its EU-funded Assisted Voluntary Returns and Reintegration (AVRR) programme in Greece.

    The documents – annual reports from the programme – were submitted by the agency to Greece’s European Programs Management Agency (YDEAP) and the European Commission. The New Humanitarian requested them under access-to-information laws in Greece and the European Union.

    The amount of publicly available information on the programme has been shrinking for years. Until 2020, IOM’s website routinely published data on the number of so-called voluntary returns the agency had facilitated. However, it stopped updating its figures that December, and by January 2022, the platform had been taken offline entirely.

    In July 2023, IOM Greece finally published a single brochure on its AVRR programme (https://greece.iom.int/sites/g/files/tmzbdl1086/files/documents/2025-07/avrr_brochure_en-.pdf). Information about its staff’s continued visits to detention facilities, which had been included in earlier reports, was missing.

    The New Humanitarian revealed in October how IOM Greece regularly visits detained migrants to encourage them to sign up for returns. The programme has nonetheless failed to meet its deportation targets over the past six years, despite receiving more than $60 million in funding, mostly from the EU.

    In requesting the YDEAP documents, we had hoped to fill in the information gap left by IOM’s dwindling disclosures and shed light on why the AVRR programme has failed for so long to meet its targets.

    Instead, the agency’s refusal underscores a recurring disregard for accountability.

    “Not subject to the national law”

    YDEAP, which oversees the distribution of EU funds for migration control in Greece, told us it could not process our request after IOM claimed it “is not subject to the national law of the Hellenic Republic”.

    “The property, funds and assets of IOM shall be immune from search, requisition, confiscation, expropriation and any other form of interference, whether by executive, administrative, judicial or legislative action,” IOM Greece said in its correspondence with YDEAP. The New Humanitarian obtained a copy of this correspondence as part of its information request.

    According to IOM, this immunity stems from a July 2024 agreement that its Director General promoted as a landmark partnership to further protect migrants in Greece.

    “As expressly provided for in Article 8 of the Agreement, IOM… shall enjoy immunity from legal process,” IOM Greece said in its correspondence.

    This would mean that Greece’s government cannot compel the agency to release any documents concerning its operations in the country, even though these operations are funded by Greece and the EU.

    Chris Jones, executive director at the pro-transparency NGO Statewatch, said IOM’s position was a “structural absurdity”.

    “International organisations are now carrying out what are, in effect, sensitive state functions,” he told The New Humanitarian. “Yet they remain insulated from the very accountability mechanisms that supposedly bind states.”

    In response to a request for comment on the findings presented in this article, an IOM spokesperson in Geneva said: “The reporting by The New Humanitarian contains material inaccuracies and misrepresents key aspects of IOM’s work.”

    The spokesperson declined to specify what these alleged inaccuracies were, despite a request for clarification.
    IOM stonewalls EU lawmaker

    In July, we asked European Parliament member Tineke Strik to file a similar request for IOM Greece’s documents with the European Commission. This new request was also refused.

    IOM objected to the release of its documents, again citing its “privileges and immunities”. With this came another justification: The disclosures would “endanger the internal security of Greece”.

    Asked about IOM’s claims, Strik was unequivocal: “UN immunity cannot be used as a shield against democratic oversight,” she said. “The European Commission has a duty to ensure that all its implementing partners, including international organisations, are subject to the same transparency and reporting requirements as any other beneficiary of EU funds.”

    “Invoking immunity to avoid scrutiny is not only contrary to that, it undermines public trust in the EU’s migration governance as a whole,” Strik added.

    The IOM spokesperson, in their reply to The New Humanitarian, insisted that “we maintain full transparency with our donors and Member States and regularly publish organisational data and reports”.
    A similar case in Nigeria

    Through our reporting, we found that this was not the first time IOM has tried to use its UN status to dodge public scrutiny.

    In 2019, IOM’s mission in Nigeria refused to release information about services it purported to provide to returnees in Edo state after a local NGO, FOI Counsel, filed a request under the country’s Freedom of Information Act.

    FOI Counsel’s Executive Director, President Aigbokhan, had been trying to verify claims by the agency that returnees were running a pineapple processing plant in the state as a cooperative.

    “I went to that place and discovered that there was no such factory. It never existed,” Aigbokhan said. “Then, we decided to ask questions.”

    In its response to Aigbokhan, IOM said it “enjoys privileges and immunities in Nigeria since 2002”, which would exempt it from the country’s laws.

    Aigbokhan sued IOM Nigeria to obtain access to the information, but ultimately had to drop the suit after costs piled up.

    “Litigation is not cheap. It is very expensive for NGOs to track public records,” Aigbokhan said.

    A pineapple processing factory ultimately opened in December 2020, but instead of being run by returnees as a cooperative – as IOM had originally announced – it was operated by a local company.
    The cost of immunity

    Blanket invocations of UN immunity hamper the work of journalists and researchers. For migrants enrolled in return programmes, they can have far more serious consequences.

    We spoke to returnees who, after their deportation, were unable to access the services IOM promised them in Greece. In fact, between 2016 and 2023, only about a quarter of returnees from Greece received reintegration assistance in their home countries, according to Greece’s National Centre for Social Research.

    To join the AVRR programme, individuals must sign a waiver that discharges IOM, as well as the Greek government, from any liability, including in the event of injury or death. The waiver remains valid even after a returnee’s participation in the programme ends, and it also applies to one’s “dependents, heirs and estate”.

    Valeria Hänsel, a migration expert at the German NGO Medico International, reported on the mistreatment of asylum seekers who signed up to IOM’s AVRR programme on the Greek island of Lesvos in 2017.

    “It is shocking that IOM forces people to sign that neither they, nor any other actor, is liable in any way if people in the AVRR programme die or are harmed during their participation in the programme,” Hänsel said.

    In her view, many of the abuses within the programme stemmed from the language used by IOM in its waiver, which would prevent victims from seeking recourse.

    “People are driven to such despair that they agree to return to life-threatening situations, and yet the responsibility is shifted entirely onto the individual – even if those affected die in detention pending deportation.”

    She added: “It goes without saying that such waivers are illegitimate and should not exist.”

    Ultimately, unless IOM decides to change the way it responds to accountability efforts, it will continue to pay lip service to its touted principles of transparency and migrant protection in Greece. And not even the Greek government will be able to do anything about it.

    https://www.thenewhumanitarian.org/opinion/2025/12/22/reporters-diary-iom-uses-un-immunity-avoid-scrutiny-greek-return
    #IOM #OIM #Grèce #transparence #retours_volontaires #renvois #expulsions #migrations #réfugiés #propagande #affiche #AVRR

  • En cartes : combien de #réfugiés syriens sont vraiment rentrés en #Syrie depuis la chute du régime Assad ? - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1489297/en-cartes-combien-de-refugies-syriens-sont-vraiment-rentres-en-syrie-

    Proportionnellement à sa population réfugiée, le #Liban enregistre le plus grand nombre de retours vers la Syrie.

    Soit environ 27% des personnes présentes en 2024. Il n’est pas clair si le chiffre de population actuelle (environ 1 M) tient compte des 75.000 personnes qui ont fuit la Syrie après le départ d’Assad et les massacres anti-alaouites et anti-druzes qui visent ces groupes depuis lors.
    L’article comprend des cartes, mais leur sémiologie n’est pas toujours adaptée, notamment celles qui utilisent l’outil Florish (que je découvre : https://flourish.studio/visualisations/maps car elles utilisent des gradients de couleur pour représenter des valeurs absolues.
    Mais cette carte de synthèse des flux de retour (flèches) en vis-à-vis des populations syriennes réfugiées qui demeurent dans les pays d’accueil est très claire et correcte :

  • #Allemagne : un migrant syrien expulsé vers son pays pour la première fois depuis 2011

    Un Syrien condamné pour vol aggravé, coups et blessures et chantage, a été expulsé mercredi matin vers Damas, selon les autorités allemandes. Il s’agit de la première expulsion d’un Syrien vers son pays depuis 2011 et le début de la guerre civile.

    Tout un symbole. L’Allemagne a expulsé mardi 23 décembre pour la première fois depuis le début de la guerre civile en 2011 un ressortissant syrien vers son pays, a annoncé le ministère de l’Intérieur, en plein tour de vis migratoire sur fond d’essor de l’extrême droite.

    L’individu, condamné pour vol aggravé, coups et blessures et chantage, a été remis « aux autorités à Damas dans la matinée », selon un communiqué du ministère, ajoutant qu’un ressortissant afghan, le deuxième cette semaine, avait également été expulsé.

    « Les expulsions vers la Syrie et l’Afghanistan doivent être possibles. Notre société a un intérêt légitime à ce que les délinquants quittent notre pays », a indiqué le ministre de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, selon la même source.

    En juillet, l’Autriche était devenue le premier pays de l’Union européenne à expulser un ressortissant syrien vers son pays.

    Montée de l’extrême droite

    L’annonce allemande intervient après des mois de discussions avec le gouvernement syrien. Des efforts similaires ont également été menés avec les fondamentalistes afghans.

    Jusqu’à présent, l’Allemagne avait pour politique de ne pas renvoyer chez eux les ressortissants de pays en guerre ou en cas de risque réel pour l’individu expulsé. Mais en novembre, le chancelier Friedrich Merz avait souligné que l’Allemagne pouvait « bien sûr » expulser des Syriens, même si le pays était en ruine et que des combats s’y poursuivent.

    Friedrich Merz, un conservateur allié aux sociaux-démocrates depuis sa victoire étriquée aux législatives de février, a ainsi donné un tour de vis à la politique migratoire du pays, sur fond d’essor du parti antimigrants Alternative für Deutschland (Afd) pour qui la délinquance et de récents attentats islamistes sont dus à l’arrivée massive d’immigrés.

    L’Allemagne a également repris les expulsions vers l’Afghanistan, malgré le retour des Taliban au pouvoir en 2021 et la répression dans ce pays.

    Timide retours volontaires

    Des centaines de milliers de Syriens et d’Afghans ont trouvé refuge en Allemagne, la plupart durant le pic migratoire de 2015, lorsque la chancelière d’alors, Angela Merkel, ouvrit les portes du pays.

    Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024, le président par intérim Ahmed-al Charaa déploie d’immenses efforts pour rétablir la réputation du pays, brisé par 14 ans de guerre civile. En novembre, il a notamment été reçu par le président Donald Trump à la Maison blanche.

    Si la Banque mondiale estime les coût de reconstruction du pays à 210 milliards de dollars, certains Syriens réfléchissent déjà à retourner y vivre. Plusieurs responsables politiques allemands appellent d’ailleurs à leur « devoir patriotique ». Depuis janvier, les Syriens peuvent même bénéficier d’un programme d’aide au retour. Près de 2 900 personnes ont jusqu’à présent eu recours à cette offre, qui comprend les frais de voyage et une aide financière.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/68910/allemagne--un-migrant-syrien-expulse-vers-son-pays-pour-la-premiere-fo
    #expulsion #renvois #réfugiés #migrations #réfugiés_syriens #criminels_étrangers

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    Ajouté à la métaliste sur le #retour_au_pays / #expulsions de #réfugiés_syriens...
    https://seenthis.net/messages/904710

  • Newsroom – L’Italia sostiene il piano della Libia per costruire 70 nuovi centri per i rimpatri volontari. I misteri di Arkenu, la compagnia che ridisegna il potere petrolifero libico
    https://irpimedia.irpi.eu/newsroom-italia-libia-centri-rimpatri-migranti-societa-arkenu

    Una mozione italiana apre la strada ai centri libici per i rimpatri volontari, mentre una nuova compagnia libica esporta greggio per centinaia di milioni grazie a un oscuro accordo con lo Stato L’articolo Newsroom – L’Italia sostiene il piano della Libia per costruire 70 nuovi centri per i rimpatri volontari. I misteri di Arkenu, la compagnia che ridisegna il potere petrolifero libico proviene da IrpiMedia.

    #Mondo #Podcast_Newsroom #Bielorussia #Sanzioni

  • Au pays des enfants interdits

    Dans l’ombre de l’histoire suisse : le chapitre méconnu des enfants cachés des saisonniers. Plongez dans la part méconnue de la politique migratoire suisse. Entre 15’000 et 50’000 enfants de saisonniers ont vécu dans la clandestinité en Suisse jusqu’en 2002, une période sombre et oubliée.

    https://www.playsuisse.ch/fr/show/2271040
    #film #documentaire #film_documentaire
    #peur #enfants_du_placard #saisonniers #clandestinité #permis_de_séjour #Suisse #ennui #monotonie #immigrés_italiens #police_des_étrangers #délation #travailleurs_étrangers #expulsions #internat #Domodossola #racisme #solitude #contrôle_médical #logement #baraquement #mal_du_pays #tristesse #regroupement_familial #surpopulation_étrangère #James_Schwarzenbach #Fremdüberfremdung #initiatives_Schwarzenbach #reconnaissance

    • #Bambini_proibiti

      Nel 1924 la Società delle Nazioni Unite redige la Dichiarazione dei diritti del fanciullo in cui sono sanciti i diritti di cui ogni bambino, senza alcuna distinzione o discriminazione, deve godere. Il documento fu stilato in Svizzera , a Ginevra. Proprio in Svizzera, soprattutto a partire dal secondo dopoguerra fino agli anni ’80, esisteva una categoria di bambini sistematicamente esclusa da questi diritti.

      E non solo. Per le autorità, semplicemente questi bambini non esistevano, o non avrebbero dovuto esistere. Erano i figli degli stagionali, dei lavoratori stranieri che, avendo un permesso di soggiorno limitato alla stagione lavorativa (nove mesi), non avevano diritto al ricongiungimento familiare. I genitori li portavano in Svizzera, clandestinamente oppure con un permesso turistico di tre mesi, ma spesso questi mesi si prolungavano fino a diventare lunghi anni, infanzie e adolescenze passate in poveri appartamenti senza fiatare per interi giorni, in silenzio, senza giochi e senza i compagni, ma con l’angoscia di una fanciullezza strappata via. Nel suo libro Bambini proibiti, Marina Frigerio Martina ne racconta le storie attraverso i racconti dirette di chi le ha vissute.

      Le testimonianze raccolte fanno riferimento a situazioni tra loro diverse, ma tutte segnate dal trauma di un’infanzia resa difficile dalla separazione, dalla solitudine, dalla clandestinità. Con il passare del tempo, la percentuale di stagionali tra i lavoratori immigrati è diminuita e le restrizioni per l’ottenimento di un permesso si sono allentate. D’altra parte, all’applicazione delle norme è sempre stata sottoposta ad una certa arbitrarietà: alcuni cantoni erano meno rigidi di altri, c’erano funzionari più severi e altri più comprensivi, un vicino poteva determinare la disgrazia di una famiglia con una denuncia, oppure offrire sostegno e collaborazione preziosi.

      Non di rado il destino di una famiglia e dei suoi membri dipendeva in larga parte dal caso e dalla fortuna, cosicché le esperienze di vita susseguitesi nel corso dei decenni risultano assai diversificate; a storie di dolore e lontananza si affiancano esempi di integrazione riuscita e di affermazione esistenziale e professionale negli ambiti più vari.

      In genere coloro che offrono la propria testimonianza mostrano di aver superato il trauma o, quanto meno, di essere riusciti a metterlo da parte per dar spazio a nuove vite, fatte di lavoro, figli, nipoti…insomma, vite normali. Eppure, in un modo o nell’altro, nel profondo di sé, continuano a portare il segno di lunghi anni trascorsi nel desiderio e nella speranza di raggiungere un giorno quelle vite normali che a loro, figli di stagionali, erano negate.

      Ancora in anni recenti affrontare questi discorsi in certi ambienti poteva essere difficile per motivi di ordine diverso: la tendenza, da parte delle autorità, a minimizzare la questione (talvolta persino il negazionismo), il dolore ancora troppo forte di esperienze vissute in prima persona, il timore di mettere in pericolo i casi residuali di clandestinità tuttavia ancora presenti, ma, soprattutto, una diffusa volontà di rimozione. Tutto questo ha come effetto una coscienza collettiva ancora poco informata.

      Il grave rischio che può seguirne è quello di ricadere in errori del passato, sebbene in diverse circostanze storiche. Anche perché il principio secondo cui la politica migratoria elvetica va adeguata ai bisogni dell’economia, cui era ispirato lo “statuto dello stagionale”, è tuttora presente nella legge.

      Il libro della Frigerio dovrebbe bastare, da solo, a far riflettere sulle conseguenze di un assetto giuridico che anteponga i bisogni del sistema economico a quelli dell’uomo e alla sua dignità. Le storie raccontate sono storie difficili, esistenze di famiglie unite nella durezza di una vita in terra straniera, o sofferenti per la lontananza e la separazione.

      In ogni caso, sono storie intessute della più autentica umanità che, in considerazione dei continui mutamenti sociologici, oggi più che mai hanno molto da insegnare.

      https://www.italoeuropeo.com/2014/03/17/bambini-proibiti-un-libro-di-marina-frigerio-martina
      #livre #Marina_Frigerio_Martina

  • La #Libye veut accélérer les retours de migrants vers leur pays d’origine

    Le ministre libyen de l’Intérieur a annoncé mardi vouloir accélérer le retour de migrants en situation irrégulière vers leur pays d’origine afin d’éviter leur « #installation_permanente » en Libye. Selon le responsable politique, « trois millions de migrants sont entrés illégalement en Libye » depuis 2010.

    Mardi 2 décembre, le ministre libyen de l’Intérieur, #Imad_Trabelsi, a indiqué, en présence d’ambassadeurs et représentants d’organisations internationales, un nouveau #programme pour renvoyer des migrants en situation irrégulière vers leur pays d’origine « en coordination » avec leurs ambassades.

    En décembre, des « milliers de migrants » seront rapatriés au Tchad, en Somalie, au Mali et en Syrie, à raison de « deux vols hebdomadaires », a-t-il annoncé.

    Selon Imad Trabelsi, « trois millions de migrants sont entrés illégalement en Libye » depuis 2010 dont « 70 % sont des familles, d’où la crainte des Libyens d’un projet d’installation permanente ». Or, « la rue libyenne est en ébullition et s’oppose à tout projet d’installation permanente » des migrants, a-t-il assuré.

    Le gouvernement libyen a prévu un traitement différencié pour les Soudanais qui auront « accès aux soins et aux écoles », a précisé à l’AFP le ministre de l’Intérieur. « Tout le monde est au courant de la détérioration de la situation sécuritaire au Soudan », déchiré par une guerre depuis avril 2023, « qui a poussé entre 500 000 et 700 000 de nos frères à fuir vers la Libye », a-t-il dit.

    Imad Trabelsi a par ailleurs exhorté l’Union européenne (UE), l’Union africaine (UA) et les pays arabes à soutenir davantage son pays, qui reçoit, selon lui, une aide « très limitée » par rapport à ses « efforts significatifs » en matière de contrôle migratoire.

    L’ambassadeur européen en Libye, Nicola Orlando, a assuré que l’UE entendait faciliter « les #retours_humanitaires_volontaires » et n’a « certainement pas pour objectif d’installer des migrants en Libye ». Mais ces #rapatriements doivent être « conformes aux normes internationales de respect des #droits_humains », a-t-il insisté.

    Hausse des interceptions en Méditerranée

    La Libye, situé à environ 300 km des côtes italiennes, est l’un des principaux points de départ en Afrique du Nord pour les migrants, en majorité provenant d’Afrique subsaharienne, qui tentent la traversée de la Méditerranée au péril de leur vie.

    Dans le cadre d’un accord avec l’UE, les gardes-côtes libyens sont chargés d’intercepter les canots de migrants avant qu’ils n’atteignent les rives italiennes. Depuis janvier, 25 286 personnes ont ainsi été récupérées en mer Méditerranée, contre 21 762 sur l’ensemble de l’année 2024, d’après les chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM).

    Ces interceptions peuvent être émaillées de violences. Les Libyens sont régulièrement accusés de faire usage d’armes à feu lors de ces opérations. En février 2022, un migrant est mort et trois autres ont été blessés après des tirs des forces libyennes en direction de leur embarcation.

    En juillet 2021, les autorités libyennes avaient aussi fait usage de leurs armes au large de Lampedusa. La scène, filmée par l’ONG Sea-Watch depuis son avion de surveillance Seabird, montrait un bateau libyen s’approcher tout près d’une embarcation en bois, et tirer dans l’eau à balles réelles.

    Le mois dernier, un Camerounais expliquait à InfoMigrants que des Libyens avaient tiré vers son embarcation pour obliger le groupe de migrants à s’arrêter.

    Et lorsque les exilés sont ramenés en Libye, ils sont transférés dans des prisons du pays où ils sont exposés aux violences des gardiens, aux viols ou encore au travail forcé. Le 11 novembre dernier, lors d’une assemblée des Nations unies à Genève (Suisse), l’ambassadrice britannique pour les droits de l’Homme, Eleanor Sanders, a appelé à « fermer » les centres de détention où sont envoyés les migrants victimes de « tortures, d’agressions sexuelles et de meurtres ». L’ambassadeur de Norvège, Tormod Endresen, s’est fait l’écho de cette demande et a lui aussi appelé à la protection des migrants vulnérables et à « cesser immédiatement la pratique de la détention arbitraire ».

    https://www.infomigrants.net/fr/post/68498/la-libye-veut-accelerer-les-retours-de-migrants-vers-leur-pays-dorigin
    #renvois #expulsions #migrations #réfugiés

  • Les pays de l’UE intensifient les #expulsions en signant un nouvel accord sur les #centres_de_retour

    Les États membres de l’UE seront autorisés à conclure des #accords_bilatéraux avec des #pays_tiers pour faciliter l’expulsion des demandeurs d’asile #déboutés.

    Les pays européens ont approuvé lundi l’introduction de centres de retour pour les migrants dans un projet de législation, alors que l’Union européenne cherche à accélérer les expulsions.

    Selon cette proposition, les États membres de l’UE pourront renvoyer les migrants en situation irrégulière vers des pays tiers sans lien avec leur origine, à condition qu’ils aient conclu des accords bilatéraux. Les centres peuvent être des lieux de #transit ou des lieux où une personne est censée rester. En renvoyant vers un pays tiers les migrants illégaux qui n’ont pas le droit de rester dans l’UE, les États membres pourraient accélérer les retours, mais cela pourrait aussi mettre en danger la vie des personnes, car elles seraient renvoyées dans des pays avec lesquels elles n’ont aucun lien.

    Cette disposition fait partie d’une nouvelle #loi appelée « #règlement_sur_le_retour », conçue pour assurer la validité juridique des décisions de retour dans tous les États membres, ce qui, selon la Commission européenne, permettra d’accélérer l’#exécution des expulsions hors de l’Union européenne. Cette loi, qui doit être approuvée par le Parlement européen avant d’entrer en vigueur, s’inscrit dans le cadre d’un effort global visant à rendre plus difficile l’entrée des immigrés clandestins en Europe, mais aussi à accélérer leur sortie, l’opinion publique et les nouvelles majorités politiques poussant à un durcissement de la ligne de conduite.

    Les plateformes de retour en tant que destination temporaire ou finale pour les migrants

    La nature de chaque #plate-forme_de_retour dépendra des accords bilatéraux conclus entre les États membres de l’UE et les pays tiers. Les plateformes peuvent être un lieu de transit, une étape avant que les personnes ne soient renvoyées dans leur pays d’origine, ou devenir un lieu permanent pour ceux qui n’ont pas le droit de rester dans l’UE.

    Les personnes peuvent être renvoyées dans leur pays d’origine, voire dans des pays tiers, à condition qu’elles respectent les normes internationales en matière de droits de l’homme et les principes du droit international. « Le critère de #connexion a été supprimé. Cela permet aux États membres d’établir des centres de retour soit comme centres de transit, où les migrants irréguliers sont traités avant d’être renvoyés dans leur pays d’origine, soit comme installations où une personne peut être détenue pendant une période plus longue », a déclaré lundi le ministre danois de l’immigration et de l’intégration, Rasmus Stoklund, à des journalistes.

    Les organisations de la société civile ont critiqué l’introduction de centres de retour comme une pratique inhumaine qui augmentera les abus et les violations générales des droits de l’homme à l’égard des migrants. Dans une déclaration commune publiée en juillet dernier, alors que l’UE étudiait la législation présentée aujourd’hui, plus de 100 organisations - dont Amnesty International, ActionAid, Caritas Europa et Human Rights Watch - ont averti que la proposition risquait d’éloigner l’UE du droit international et pourrait conduire à des retours illégaux et à des détentions arbitraires.

    https://fr.euronews.com/my-europe/2025/12/08/les-pays-de-lue-intensifient-les-expulsions-en-signant-un-nouvel-accord
    #return_hub #migrations #réfugiés #renvois #Europe

    ping @karine4

  • L’Italia sostiene il piano della #Libia per costruire 70 nuovi centri per i rimpatri volontari
    https://irpimedia.irpi.eu/centri-rimpatri-libia

    È quanto si legge in una mozione della maggioranza approvata il 16 ottobre. Il «coordinatore regionale» del progetto sui rimpatri volontari è un poliziotto italiano, Vincenzo Tagliaferri. La Libia, intanto, ha cominciato anche a fare rimpatri forzati L’articolo L’Italia sostiene il piano della Libia per costruire 70 nuovi centri per i rimpatri volontari proviene da IrpiMedia.

    #Diritti #Migrazioni

    • L’Italia sostiene il piano della Libia per costruire 70 nuovi centri per i rimpatri volontari

      È quanto si legge in una mozione della maggioranza approvata il 16 ottobre. Il «coordinatore regionale» del progetto sui rimpatri volontari è un poliziotto italiano, #Vincenzo_Tagliaferri. La Libia, intanto, ha cominciato anche a fare rimpatri forzati

      Esiste un progetto per la realizzazione in Libia di «70 centri di accoglienza (con la collaborazione e presenza di Oim [Organizzazione mondiale delle migrazioni, ndr] e Unhcr [Alto commissariato Onu per i rifugiati, ndr])». Hanno lo scopo di rinforzare la rete dei rimpatri volontari assistiti dalla Libia ai Paesi d’origine. Ne fanno menzione i deputati della maggioranza in una mozione approvata alla Camera il 15 ottobre sulla quale il governo ha espresso parere positivo.

      In breve

      – Un gruppo di deputati della maggioranza ha citato il piano per realizzare 70 centri per i rimpatri in Libia in una mozione approvata dal parlamento e dal governo. Sarebbe già stato discusso anche con il ministro Piantedosi. Il responsabile per il Viminale del piano per i rimpatri volontari dei migranti dalla Libia sarebbe Vincenzo Tagliaferri, poliziotto che da anni lavora con le guardie di frontiera del Paese
      - Nessuno degli attori internazionali, o istituzionali in Italia, ha risposto alle nostre domande su un progetto che ha delle criticità rispetto ai diritti umani. L’Onu ha sostenuto più volte che esiste il rischio che i rimpatri dalla Libia, finanziati con soldi italiani, non siano “volontari”
      – Il piano dei rimpatri volontari è una priorità per Tripoli. Il ministero dell’Interno libico sostiene che ci siano oltre tre milioni di migranti in Libia. Il progetto ha il pieno appoggio anche della missione Ue in Libia
      – I rimpatri volontari nel 2025 saranno 16mila. Da ottobre, Tripoli ha anche lanciato un programma per i rimpatri forzati. In tre mesi, sono stati rimpatriati in Nigeria, Niger, Egitto e Bangladesh in tutto oltre 2.900 persone
      – Nel 2025 si chiude anche Sibmmil, il programma cominciato nel 2017 che ha potenziato il controllo delle frontiere terrestri e marittime. Nel 2026 verrà lanciata una nuova iniziativa concentrata sui confini di terra

      Il ministro dell’Interno Matteo Piantedosi, secondo quanto ha detto in aula uno dei firmatari, il deputato leghista Igor Iezzi, «ha iniziato a ragionare con le autorità libiche sulla costituzione dei 70 centri di accoglienza dentro i quali ci saranno proprio le organizzazioni internazionali» quando è stato in visita a Tripoli a luglio 2025. In una conferenza stampa tenuta il 2 dicembre dal ministro dell’Interno libico Imad Trabelsi, un delegato delle Nazioni Unite ha parlato di un recente progetto cominciato dalla Libia per realizzare «return centers», cioè «centri per il rimpatrio».

      Chi segue il dossier in Libia per conto del Viminale è il dirigente superiore della polizia Vincenzo Tagliaferri, che sui social media del ministero dell’Interno libico è indicato come «coordinatore regionale per il progetto di rimpatrio volontario assistito». Una carica mai apparsa sui giornali italiani, così come mai prima d’ora si era parlato del progetto per i 70 nuovi centri.

      Tagliaferri è un uomo di comprovata esperienza: nel 2010 la testata Polizia moderna ne parlava come esperto di immigrazione irregolare di stanza a Tripoli. In tempi più recenti, dal 2016 al 2020, Tagliaferri è stato capo di Eubam Libya, la missione europea che aiuta le autorità libiche a sigillare le loro frontiere.

      L’Organizzazione internazionale delle migrazioni (Oim) ha spiegato a IrpiMedia di non conoscere gli sviluppi del progetto di costruzione dei 70 centri. L’Unhcr, invece, non ha risposto alle domande. La prima firmataria della mozione Sara Kelany, responsabile immigrazione di Fratelli d’Italia, non ha risposto alle richieste di intervista inviate via email, per messaggio e per telefono. Nessuna risposta nemmeno dalla delegazione europea in Libia, guidata dall’ambasciatore italiano Nicola Orlando.

      IrpiMedia avrebbe voluto chiedere chiarimenti soprattutto in merito alla gestione di questi centri, che da quello che si deduce sarebbero sotto la responsabilità delle agenzie delle Nazioni Unite. Storicamente, però, l’Onu ha difficoltà ad accedere alle strutture dove si trovano i migranti.

      L’ultimo caso è segnalato nel report 2024 del Gruppo di esperti delle Nazioni Unite sulla Libia: «A luglio 2024 – si legge – gruppi armati gestivano sei centri di detenzione non ufficiali, in cui si stima siano detenute arbitrariamente oltre tremila persone e ai quali le Nazioni Unite non hanno accesso». Secondo l’ong Refugees in Libya, l’Unhcr avrebbe ovunque un accesso limitato o nullo, soprattutto nelle strutture che si trovano nel sud-est del Paese.

      Rimpatri volontari oppure no?

      I rimpatri volontari assistiti sono viaggi operati dall’Oim e promossi dall’Unhcr che permettono a un migrante di rientrare volontariamente nel proprio Paese d’origine. Dal 2015 Oim ha fatto rientrare dalla Libia oltre 100mila persone, anche grazie al contributo del governo italiano. L’ultimo piano è stato siglato nel 2024, quando il ministero degli Affari esteri italiano ha finanziato per la Libia un programma biennale dal valore 7 milioni di euro, di cui 2,4 milioni sono dedicati al reinserimento dei «migranti bloccati e vulnerabili» nelle loro comunità di origine.

      La volontarietà di questi rimpatri è stata però messa in dubbio da diverse ong – la campagna Voluntary Humanitarian Refusal, di cui fa parte Asgi, chiede la sospensione dei finanziamenti – e dai relatori speciali delle Nazioni Unite che hanno firmato insieme al Gruppo di lavoro sulla detenzione arbitraria un richiamo indirizzato all’Italia ad aprile 2025. Lettere simili erano già state inviate al nostro governo nel 2017 e nel 2024.

      Secondo i relatori speciali i dati sui voli di rimpatrio volontario «indicano che donne, bambini, vittime di tratta e persone con vulnerabilità mediche sono stati rimpatriati direttamente dai centri di detenzione libici senza che fossero garantite loro le adeguate e dovute garanzie procedurali», trasformando potenzialmente le operazioni in espulsioni di massa.

      Aggiungono che «il 43% dei “beneficiari” del loro programma nel 2023 era in detenzione al momento della loro identificazione e quasi il 7% era vittima di tratta». In una riunione di uno dei gruppo di lavoro europei sulla gestione delle frontiere avvenuta a febbraio 2024, di cui IrpiMedia ha ottenuto una copia, la stessa Oim parla di 9.370 rimpatri volontari effettuati in Libia, di cui il 63% di migranti che si trovavano in centri di detenzione.

      A luglio 2025 la Farnesina ha risposto al richiamo dei relatori Onu specificando che i voli di rimpatrio volontario dalla Libia rientrano in una procedura umanitaria, definita in inglese Voluntary humanitarian return, Vhr.

      Hanno quindi standard diversi dei voli di rimpatrio assistito, la cui sigla inglese è Avrr. E ha scaricato la responsabilità di come si effettuano i voli finanziati dall’Italia sull’Oim: «L’Oim Libia – si legge nella risposta italiana – è responsabile dell’attuazione del programma Vhr, che offre assistenza rapida, sicura, dignitosa e salvavita per il rimpatrio ai migranti presenti in contesti operativi e di sicurezza particolarmente complessi, dove non risulta possibile implementare il programma standard Avrr». Di conseguenza, secondo l’Italia, non c’è alcun caso di costrizione dei migranti a partire.

      Cosa dice il resto della mozione

      Approvata il 15 ottobre 2025 alla Camera con 153 voti favorevoli, 112 contrari e 9 astenuti, la mozione della maggioranza che cita i «centri d’accoglienza» finalizzati al rimpatrio chiede che il governo prosegua nella «strategia nazionale di contrasto ai trafficanti di immigrati e di prevenzione delle partenze dalla Libia, fondata sul Memorandum del 2017». È all’interno di questo accordo che l’Italia, dal 2017, collabora con la Libia per la gestione delle frontiere e dei flussi migratori.

      Oim e Unhcr sono definiti «cruciali attori» che sono stati «coinvolti nella cosiddetta Cabina di regia quadrilaterale dei ministri dell’interno di Italia, Libia, Tunisia e Algeria lanciata dal Ministro Piantedosi, d’intesa con il ministro Tajani, per favorire lo sviluppo di un programma di rimpatri volontari assistiti». Il primo incontro della Cabina di regia è avvenuto nel 2024, anno in cui, annunciando i numeri sugli sbarchi, Piantedosi dichiarava: «Stiamo coordinando azioni finalizzate a presidiare più efficacemente le frontiere nell’area del Sahel e sviluppare progettualità per aumentare i rimpatri volontari assistiti grazie al lavoro di una cabina di regia e alla collaborazione con l’Oim e l’Unhcr». Una settimana prima dell’ultimo incontro tra i quattro ministri dell’interno, avvenuto ad aprile 2025 a Napoli, Viminale e Farnesina hanno stanziato per i rimpatri da Algeria, Tunisia e Libia 20 milioni di euro divisi in una prima tranche per formare funzionari capaci di gestire le pratiche nei Paesi coinvolti e una seconda per realizzare 3.300 voli.

      Oltre alla Cabina di regia, la mozione cita «un nuovo esercizio di supporto che coinvolge, oltreché le autorità libiche anche quelle di Turchia e Qatar, già riunitesi nell’ambito di uno specifico gruppo tecnico di lavoro». Non è chiaro cosa sia questo «nuovo esercizio di supporto» ma di certo Turchia e Qatar sono impegnate nel sostegno della Libia, anche sul piano dei rimpatri. Soprattutto il Qatar: sui media libici già nel 2019 si scriveva di un fondo da 20 milioni di dollari per il rimpatrio di «migranti illegali» dalla Libia realizzato dal Paese del Golfo su impulso dell’Unione africana. In quel caso non si specificava se il rimpatrio fosse volontario o no.

      Il ministro dell’Interno libico Imad Trabelsi il 2 dicembre 2025 ha convocato una conferenza stampa per illustrare gli ultimi risultati della Libia nel contrasto alla migrazione irregolare. Oltre ai rimpatri volontari – 16mila previsti entro la fine del 2025, 16.207 erano stati anche nel 2024 mentre erano stati 9.369 nel 2023 – la Libia da ottobre ha avviato il Programma nazionale per il rimpatrio forzato dei migranti irregolari. Funziona grazie a una collaborazione bilaterale tra la Libia e quattro Paesi di provenienza dei migranti: Egitto, Niger, Nigeria e Bangladesh. In tutto, riportano i dati del Programma, finora sono stati rimpatriati 2.908 migranti, 131 egiziani, 904 nigeriani, 928 bangladesi e 945 nigerini.

      Cosa sappiamo dei progetti per i rimpatri dalla Libia

      «Ho elogiato le recenti misure adottate dalla Libia per facilitare il rimpatrio volontario dei migranti nei loro paesi di origine, in coordinamento con le rispettive ambasciate, e ho ribadito la disponibilità dell’Unione Europea ad approfondire la cooperazione nella gestione delle frontiere terrestri e nella lotta alle reti di tratta di esseri umani». Parola dell’ambasciatore Nicola Orlando, via X, a seguito dell’incontro del 23 novembre 2025 con il presidente del Consiglio di Tripoli Abdul Hamid Debaiba.

      Cinque giorni dopo, sempre su X, l’ambasciatore Orlando annunciava da Roma «un nuovo programma di punta finanziato dall’Ue, a livello transnazionale, che si basa sul lavoro della Missione Tecnica sulla gestione delle migrazioni e delle frontiere basata sui diritti».

      Intervenuto alla conferenza stampa organizzata dal ministro Trabelsi di inizio dicembre, Orlando ha sottolineato l’apprezzamento per i miglioramenti nella relazione tra Unione europea e Libia, in particolare dal 2024, e ha sottolineato la disponibilità europea ad impegnarsi ancora di più per sostenere i rimpatri volontari assistiti. «Sicuramente – ha aggiunto – non intendiamo stabilire migranti in Libia. Questo va contro la volontà della Libia e dell’Unione europea».

      Il rapporto ha mostrato che circa l’84% dei migranti in Libia sono giovani di età inferiore ai trent’anni e che la maggior parte di loro sono uomini non sposati, mentre la percentuale di donne non supera l’1% e la maggior parte di loro è entrata attraverso il Sudan.

      L’altro aiuto alla Libia: il progetto Sibmmil

      L’ambasciatore Orlando ha poi parlato anche dei risultati del progetto Sibmmil (Support to integrated border management in Libya), il cui scopo è addestrare la guardia costiera libica, fornire nuove imbarcazioni, riparare le esistenti e fornire l’equipaggiamento necessario a migliorare le operazioni Sar nel Mediterraneo, inclusa la realizzazione del Centro di coordinamento marittimo per le operazioni di salvataggio (Mrcc in inglese). I fondi per il programma sono stati elargiti dal Fondo fiduciario europeo per l’Africa (Eutf), per un totale di 59 milioni di euro. Sibmmil, di cui l’Italia è stata capofila, è iniziato nel 2017 e si chiuderà con la fine del 2025. Orlando ha annunciato un nuovo progetto per gennaio 2026, che si focalizzerà sulle frontiere terrestri.

      Le ultime infrastrutture realizzate da Sibmmil sono state due centri per l’addestramento dei guardacoste libici, uno inaugurato il 13 novembre 2025 a Tripoli e un altro nel 2024 a Sabratha. Altri finanziamenti stanziati nel 2025 riguardano corsi di formazione per la polizia libica e l’incontro del comitato di indirizzo di Sibmmil.

      L’ambasciatore Ue Orlando ha ribadito più volte che la guardia costiera libica e la General administration for coastal security (Gacs), le componenti militare e civile preposte al pattugliamento delle frontiere marittime beneficiarie di Sibmmil, «contribuiscono a salvare migranti in mare». Questo punto è però molto controverso. Una delle motovedette classe Corrubia fornite da Sibmmil il 24 agosto e il 26 settembre 2025 ha aperto il fuoco ad altezza uomo contro le imbarcazioni Ocean Vikings e Sea Watch-5, rispettivamente operate dalle ong Sos Méditerranée e Sea Watch, che erano impegnate in attività di salvataggio. Questi due attacchi sono stati particolarmente violenti e rappresentano un nuovo livello di conflittualità della guardia costiera libica nei confronti delle ong internazionali.

      Di certo, con Sibmmil, è aumentato il numero di migranti intercettati in mare dalle forze libiche: oltre 25mila nel 2025 (erano stati 21.700 nel 2024 e 17mila nel 2023). Nel 2024 è morto un migrante ogni 73 tra coloro che hanno cercato di attraversare il Mediterraneo centrale. Negli anni precedenti il dato era migliore: uno ogni 90 nel 2023 e uno ogni 116 nel 2022.

      #IOM #OIM #Libye #migrations #réfugiés #Italie #externalisation #return_hub #Vincenzo_Tagliaferri #renvois #expulsions #retours_volontaires #motion #Nigeria #Niger #Egypte #Bangladesh #Sibmmil #Matteo_Piantedosi #centres_de_retour #Imad_Trabelsi #Eubam_Libya #Voluntary_humanitarian_return (Vhr) #Avrr #Cabina_di_regia #financement #aide_financière

  • Las causas del descenso de cayucos en la ruta canaria están al otro lado del mar: torturas, cárceles y abusos

    Dos investigaciones recientes advierten de las vulneraciones de derechos fundamentales que sufren los migrantes en Mauritania, uno de los principales puntos de salida hacia el Archipiélago

    El número de personas que han sobrevivido a la ruta canaria en lo que va de año se ha desplomado un 58,6%. Entre enero y octubre han sido rescatados, según los datos del Ministerio del Interior, 14.099 migrantes a bordo de 231 embarcaciones. En el mismo periodo de 2024, la cifra ascendía a los 34.087 supervivientes localizados en 506 barcazas. Los grandes protagonistas de esta travesía mortal han sido los #cayucos mauritanos. De este modo, Mauritania se ha convertido en socio estratégico de la Unión Europea y de España para frenar la inmigración irregular. Los acuerdos han conseguido su propósito: el número de llegadas ha caído. Sin embargo, investigaciones recientes han arrojado luz sobre la cara oculta de la vigilancia fronteriza y han destapado las vulneraciones de derechos que sufren quienes intentan salir del país.

    Apenas 700 kilómetros separan Canarias de una de las principales ciudades de Mauritania, Nouadhibou. El aumento de las salidas desde este país hicieron que la Unión Europea anunciara en marzo del año pasado 210 millones de euros para el régimen mauritano con el propósito de reforzar la vigilancia de fronteras. “Esto es parte del enfoque de externalización fronteriza en curso de la UE en África: buscar evitar las llegadas irregulares a Europa subcontratando los controles migratorios a los países de origen y tránsito”, explica la organización Human Rights Watch (HRW) en su último informe.

    Este control no siempre se hace con garantías. El estudio, titulado “Me acusaron de intentar ir a Europa”: Abusos de control migratorio y externalización de la UE en Mauritania, recoge las ’’continuas violaciones de los derechos de los migrantes’’ perpetradas por las autoridades mauritanas encargadas de cumplir con los controles migratorios por tierra y por mar. Human Rights Watch ha documentado entre 2020 y 2025 decenas de casos de tortura, violación, acoso sexual, arrestos, detenciones arbitrarias, extorsiones, confiscación de dinero, expulsiones colectivas y condiciones de detención inhumanas.

    Los niños tampoco han escapado a esta violencia y han sufrido detenciones, malos tratos y falta de alimentos. Las 78 víctimas entrevistadas por HRW eran negras y subrayaron que el racismo jugó un papel clave en el maltrato que sufrieron. “Si tienes piel negra, no te respetan, te insultan y te quitan los papeles”, dijo un migrante senegalés. Entre los testimonios recogidos en la investigación está el de una mujer de 43 años que señala a un policía por pedir dinero a los migrantes a cambio de no expulsarlos y “obliga a las mujeres a dormir con él… o [se enfrentan] a la deportación”.

    La investigación registra también diferentes casos de tortura. Las víctimas fueron acusadas de contrabando de migrantes. Mamadou (nombre ficticio), de nacionalidad mauritana, cuenta que la policía lo torturó durante tres días en una habitación privada. “Empezaron a azotarme con cables en la espalda. Me abofetearon la cara”, dice su testimonio. “Tenían un cable eléctrico y me impactaron con la corriente”, añade.

    Los centros de detención

    Tanto la investigación de HRW como la publicada recientemente por la Fundación porCausa y ‘El Salto diario’ recogen que las autoridades realizan redadas y detienen de forma arbitraria a personas negras. Los detenidos son abandonados en las desérticas fronteras de Senegal y Malí, obviando en este último caso la elevada presencia en la zona de la organización yihadista JNIM, filial de Al Qaeda en El Sahel. Muchas de estas expulsiones se han producido de forma colectiva, sin evaluar las circunstancias individuales de cada persona y si se trata o no de solicitantes de protección internacional.

    Mauritania recibe a cientos de malienses que escapan de un país que lleva en guerra más de una década. En muchos casos, este país no es solo un lugar de tránsito, sino también de destino para refugiados del norte y del centro de Mali, atravesado directamente por la guerra.

    En otros casos, los migrantes son arrestados en centros en condiciones de hacinamiento, con uso restringido de los baños y con “poca o ninguna comida”. Ibrahim Kamara, un joven de 23 años de Sierra Leona, fue internado en la cárcel de Ksar en agosto de 2022: “[La policía] me golpeó mucho y no me dio comida. Me trataron como a un animal. Cuando quería ir a orinar [o] hablar con un oficial, me golpeaba la mano o la espalda”.

    Mauritania cuenta desde el pasado 17 de octubre con dos nuevas cárceles para migrantes gracias a la financiación de un proyecto europeo. Los dos centros han sido rehabilitados por la agencia de cooperación española FIAP (Fundación para la Internacionalización de las Administraciones Públicas), dependiente del Ministerio de Asuntos Exteriores. La dirección de estos espacios, inspirados en los Centros de Atención Temporal de Extranjeros (CATE) de Canarias, corresponde a la Policía de Mauritania y en ellos podrán pernoctar menores de edad y bebés lactantes.

    El primer centro tiene 107 plazas y estará en Nouakchott, la capital del país. El segundo está en Nouadhibou y tiene capacidad para 76 personas. La apertura de estas cárceles requirió un desembolso total de al menos 1.080.625 euros de fondos europeos. Preguntada por este periódico, desde la FIAP apuntan que la supervisión de derechos humanos dentro de estos espacios corresponde a la Comisión Nacional de Derechos Humanos mauritana.

    “Dentro de los centros estará la Media Luna Roja para la gestión de las personas, la Instancia nacional de lucha contra la trata y el tráfico de personas mauritana, la Organización Internacional para las Migraciones (OIM) y Acnur para identificar a las personas que puedan tener protección internacional”, sostienen desde la FIAP.

    Para abrir estos centros, las autoridades mauritanas se desplazaron a Gran Canaria y El Hierro para conocer “de primera mano” el modelo. A diferencia de los campamentos instalados en España, en Mauritania sí podrán pernoctar en los CATE niños e incluso bebés. Entre el mobiliario adquirido para equiparlos, según la documentación consultada por este periódico, hay cuatro cunas, dos para cada recurso. El objetivo, según la FIAP, es mantener unidas a las familias.

    https://www.eldiario.es/canariasahora/migraciones/causas-descenso-cayucos-ruta-canaria-lado-mar-torturas-carceles-abusos_1_12
    #Mauritanie #îles_Canaries #Canaries #route_atlantique #migrations #réfugiés #externalisation #Espagne #Nouadhibou #externalisation_des_frontières

    ping @6donie

    • “They Accused Me of Trying to Go to Europe”

      Racial and ethnic profiling, extortion, mass arrests, detention for days or weeks with little to no food, collective expulsions, beatings and torture: these are just some of the violations migrants, asylum seekers, and others have experienced over the past several years at the hands of security forces in the context of border and migration control in Mauritania, a country in northwest Africa. Meanwhile, those same forces have continued to receive financial and material support from the European Union (EU) and Spain.

      Located south of Morocco, Mauritania is bordered by the Atlantic Ocean, Senegal, Mali, Algeria, and the Moroccan-occupied Western Sahara. Both a destination and transit country for mainly West and Central African migrants, Mauritania also hosts asylum seekers and refugees, the majority from Mali, where armed conflict and violence have worsened in recent years. With lighter-skinned Beidan Mauritanians, descendants of Arabs and Berbers, predominating in the security forces and upper levels of government, discrimination against Black Mauritanians – Haratine and Afro-Mauritanians – and Black migrants has persisted.

      Due to the increasing migration pressures and insecurity in the Sahel, Mauritania has grown in geostrategic importance for the EU and Spain, whose Canary Islands are some 700 kilometers from Mauritania’s northernmost city, Nouadhibou.

      The sea migration route from northwest Africa to the Canaries, known as the “Atlantic Route” or “Northwest African Route,” has grown increasingly active since 2020, becoming one of the busiest and deadliest irregular routes to Europe. In 2024, a record 46,000 migrants and asylum seekers – mostly from West, Central, or North Africa, with Malians the most numerous – arrived in the Canaries in small boats. That year, the majority of departures along the route were from Mauritania. Others embarked from Senegal, The Gambia, Morocco, and the Western Sahara.

      In total, more than 147,000 people arrived in the Canaries by boat between 2020 and 2024, with 11,300 more arriving during the first half of 2025. Estimates of how many people lost their lives en route during this period vary from 4,300 to 24,800. Tens to hundreds of thousands of others were rescued or intercepted at sea, or blocked from departing, by Mauritanian, Moroccan, Senegalese, and Gambian forces, supported by EU funds and Spanish forces deployed in Mauritania and Senegal.

      In March 2024, the EU announced a new migration partnership with Mauritania and €210 million in funding for the Mauritanian government to reinforce border and migration management, counter-smuggling, and security, while addressing “root causes” of migration through support to refugees, job creation, infrastructure, and more. This is part of the EU’s ongoing “border externalization” approach in Africa: seeking to prevent irregular arrivals in Europe by outsourcing migration controls to countries of origin and transit. In Mauritania, the EU and Spain had been pursuing this strategy long before the 2024 partnership, despite ongoing violations of migrants’ rights by Mauritanian authorities.

      This report focuses on the impacts of migration control along the Atlantic Route during the last five years, documenting abuses by Mauritanian security forces and revealing how EU border externalization disregarded and exacerbated human rights violations.

      https://www.hrw.org/report/2025/08/27/they-accused-me-of-trying-to-go-to-europe/migration-control-abuses-and-eu
      #rapport #HRW #profilage_racial #torture #détention #arrestations_de_masse #expulsions_collectives #extorsions #violence

  • Immigration irrégulière : Londres menace l’#Angola, la #Namibie et la #RDC de « chantage aux #visas »

    Selon Londres, des « milliers » d’Angolais, de Namibiens et de Congolais se trouvent en en situation irrégulière au Royaume-Uni après avoir été #déboutés de leur demande d’asile. Et leur pays d’origine ne coopère pas suffisamment pour les reprendre, accuse le Home office qui menace de réduire les visas d’entrée de ces trois pays sur le sol britannique.

    Londres a menacé, lundi 17 novembre, de restreindre l’octroi de visas à trois pays africains qu’il accuse de ne pas coopérer suffisamment pour réadmettre leurs ressortissants en situation irrégulière après qu’ils ont été déboutés de leur demande d’asile. Il s’agit de l’Angola, de la Namibie et de la #République_Démocratique_du_Congo (RDC). Londres juge « inacceptable » leur faible coopération en matière d’#expulsions.

    Ces trois pays « ont un mois » pour améliorer les choses, a prévenu le secrétaire d’État à l’Asile et à la sécurité des frontières #Alex_Norris sur la chaîne Sky News lundi.

    Le Home office fait valoir que « des milliers de migrants en situation illégale originaires de ces pays sont actuellement au Royaume-Uni ».

    Les restrictions de visas s’appliqueraient aux visas de tourisme et visas VIP (pour les personnalités de notoriété publique), a détaillé le ministère, qui prévient qu’elles pourraient s’étendre à d’autres pays, notamment ceux qui affichent « des taux élevés de demandes d’asile » de personnes entrées légalement au Royaume-Uni.

    « Mon message pour les gouvernements étrangers aujourd’hui est clair : acceptez le retour de vos ressortissants ou vous perdrez le privilège de pouvoir entrer dans notre pays », a prévenu la ministre de l’Intérieur #Shabana_Mahmood, citée dans le communiqué.

    La ministre doit présenter dans l’après-midi au Parlement une vaste réforme contre l’immigration irrégulière, pour tenter de réduire les arrivées de migrants au Royaume-Uni depuis le nord de la France sur de petits bateaux, des traversées qui alimentent la montée en puissance du parti d’extrême droite Reform UK. Parmi les mesures déjà annoncées, figurent la réduction de la protection accordée aux réfugiés, qui seront « forcés de rentrer dans leur pays d’origine dès qu’il sera jugé sûr » et la suppression de l’accès automatique aux aides sociales pour les demandeurs d’asile.

    Le gouvernement entend également accélérer les expulsions avec le passage d’une loi qui encadrerait les recours à la Convention européenne des droits de l’Homme.

    Depuis le 1er janvier, 39 292 personnes sont arrivées au Royaume-Uni à bord de petites embarcations, un chiffre qui dépasse celui de l’année 2024 (36 816).

    https://www.infomigrants.net/fr/post/68174/immigration-irreguliere--londres-menace-langola-la-namibie-et-la-rdc-d
    #UK #Angleterre #chantage #migrations #asile #réfugiés #sans-papiers #réadmission #renvois

  • Devoirs sur le trottoir, crainte de « croiser les amis du collège »… A Bordeaux, la solidarité s’organise autour des élèves sans-abri
    https://www.liberation.fr/societe/logement/devoirs-sur-le-trottoir-crainte-de-croiser-les-amis-du-college-a-bordeaux

    Depuis un an, un collectif se mobilise dans la métropole girondine pour aider les familles dont des enfants scolarisés n’ont pas de logement. Reportage avec l’une d’elles, entre le monde de l’école et celui de la rue.

    Face au grand portail en fer d’une école maternelle dans le centre-ville de Bordeaux, une marée de parents déborde sur le trottoir, les sacs de goûter parfois suspendus aux poignets. Il est 16 h 30, c’est la sortie des classes. Arben (1) s’engouffre dans le bâtiment à la recherche d’Elena, 4 ans. Sa cadette a perdu son blouson rose. Ils mettront de longues minutes à le retrouver, suspendu dans un couloir. La scène est d’une banalité désarmante. Le petit manteau compte pourtant plus que tout : la nuit s’annonce froide et ils n’ont nulle part où rentrer.

    Devant l’établissement, Arben est rejoint par sa femme, Alma, et leur aîné, Artur, 11 ans. Les traits sont tirés. Originaire d’un pays de l’est de l’Europe, la famille a trouvé refuge en France fin 2024, fuyant des discriminations violentes et l’incapacité de trouver du travail en raison du handicap des parents – sur lequel elle ne souhaite pas s’étendre. Ils ont déposé une demande d’asile, début d’un ballottage de plusieurs mois entre l’hébergement d’urgence, l’hôpital et le Samu social. Fin juillet, sans nouvelle solution de repli, le 115 étant saturé, ils se sont retrouvés à la rue, le temps que leur situation soit réexaminée. Depuis, chaque jour semble s’étirer un peu plus.

    Une fille de 4 ans avec son père, le 3 novembre à Bordeaux. (Astrid Lagougine/Hans Lucas pour Libération)
    Appuyée contre les arceaux à vélo, Alma secoue la tête. Aujourd’hui elle a tendu la main pendant des heures pour 14 euros. Bien loin du prix d’une nuit d’hôtel. A côté d’elle, le visage d’Artur se ferme. Il va retrouver le froid, les nuits hachées, le dos douloureux au réveil. Les devoirs faits à la hâte sur le sol. Les rats qui grignotent la tente, l’eau qui s’infiltre les jours de pluie. Les douches publiques une fois par semaine. Le pain et les tomates en guise de repas du soir. Et sa sœur Elena qui prie chaque jour pour « avoir une petite maison ». Elle rit à côté, insouciante, encore incapable de comprendre ce que les grands redoutent déjà.

    « Les profs sont souvent le point d’entrée »

    La nuit est tombée quand la famille installe sa petite tente au pied de la cathédrale Saint-André, place Pey-Berland, à quelques pas de la mairie. Artur supplie pour rester à l’abri des regards. Il craint « de croiser ses amis du collège ». Le couple est sur ses gardes : la semaine précédente, dans le même quartier, on leur a volé des affaires et essayé de brûler leur tente dans la nuit avec une bouteille remplie d’essence. Les enfants étaient à l’intérieur, terrifiés. Une plainte a été déposée.

    Des récits comme celui-là, les membres du collectif bordelais de soutien aux enfants mal logés sont épuisés de les entendre. Parents d’élèves, professeurs, directeurs d’école – 70 volontaires au total – sont rassemblés par la même révolte devant ces tout-petits qui dorment dehors, dans des squats, des voitures, ou de canapé en canapé. Difficile de grandir droit quand la vie avance en pointillé, martèle le groupe qui s’est constitué l’an dernier. Depuis, le collectif de citoyens, qui se revendique apartisan, a accompagné près de 60 familles, dont 23 mères isolées. Leur mobilisation a jeté une lumière crue sur le sans-abrisme des enfants scolarisés.

    Le réseau s’étend aujourd’hui à 33 établissements de la métropole bordelaise. « C’est touchant de se dire qu’on n’est pas seuls », sourit Laure, parent d’élève investie depuis le début. Son électrochoc : un copain de ses enfants sur le point de dormir dehors, deux jours avant Noël. « Les profs sont souvent le point d’entrée, raconte Gaëlle, une autre parent d’élève. Ils repèrent un enfant qui s’endort en classe ou des parents qui finissent par parler. » Elle se souvient d’une fillette épuisée : « Elle n’arrivait pas à dormir dans son squat, des souris lui grimpaient dessus la nuit. »

    « Elena sourit beaucoup, mais elle aussi en a marre de ne pas avoir de lit »

    Ces derniers mois, le groupe a appris à s’organiser, à mutualiser les compétences. La mère dégourdie en graphisme, le père qui maîtrise les formulaires, le prof qui connaît les rouages administratifs. Ensemble, ils ont créé une sorte de contre-pouvoir qui se matérialise par des cagnottes pour payer des nuits d’hôtel, une présence lors de rendez-vous cruciaux avec l’administration. En dernier recours, quelques membres du groupe ouvrent leurs portes pour offrir un toit à leurs protégés. « De l’humanité instinctive », soupire Laure. Faute de mobiliser suffisamment de bénévoles dans les écoles concernées, certains enfants tardent à être accompagnés. C’est le cas d’Artur et Elena.

    Passé 20 heures, les premiers signes de fatigue se font ressentir. Les enfants tournent en rond sur la place à la recherche de la moindre distraction. « Je ne joue pas souvent », raconte Artur. L’ennui a fini par lui donner de « mauvaises pensées ». Depuis qu’ils vivent dehors, ses parents le sentent « beaucoup plus renfermé ». « Elena sourit beaucoup, mais elle aussi en a marre de ne pas avoir de lit », livre sa mère. Sa poupée offerte par des bénévoles des maraudes est une maigre consolation.

    Il est 22 heures. Artur s’est endormi sur un muret en pierre. Son père le transporte aux côtés de sa sœur. La pompe du matelas est cassée. Ce soir, ils dormiront sur des couvertures posées à même le sol. Le thermomètre affiche 10 degrés.

    Alors que le ballet des #expulsions a repris avant la trêve hivernale, le collectif dit avoir atteint « un point de rupture ». Comme tant d’autres acteurs du social, ils s’épuisent à colmater les brèches d’un système qui manque de moyens. « Contribuer à pallier les carences de l’Etat dans un contexte de crise du #logement, avec une politique d’immigration de plus en plus répressive, demande un investissement colossal », souffle Laure. Fin août, un baromètre publié par l’Unicef et la Fédération des acteurs de la solidarité alertait : le nombre de #mineurs_sans-abri a bondi de 30 % par rapport à 2022. Plus de 2 000 enfants ont passé la nuit à la rue avant la rentrée.

    « On est débordés »

    Contactée, la préfecture de la Gironde met en avant les « 41 millions d’euros consacrés à l’hébergement en 2025, contre 28,5 millions d’euros en 2020 ». Elle rappelle la possibilité, pour le 115, de « mobiliser rapidement des places à l’hôtel quand tout est complet, en cas de vulnérabilité avérée ». Mais assure que, « lors de la dernière nuit de la solidarité [au cours de laquelle un comptage est effectué par des bénévoles aux côtés d’agents publics, ndlr], en janvier, aucune famille avec enfants à la rue n’a été observée ». L’argument fait bondir les bénévoles, qui soutiennent que sans le maillage associatif et citoyen, de nombreux enfants passeraient l’hiver dehors.

    « On est débordés par le besoin qui n’est pas couvert par l’Etat. Nos 200 places sont toutes occupées, dont près de la moitié par des familles avec enfants », déplore Harmonie Lecerf Meunier, adjointe au maire de Bordeaux chargée des solidarités. Petite victoire tout de même, le CCAS (centre communal d’action sociale) de Bordeaux a obtenu la semaine dernière, comme Grenoble au printemps, la condamnation de l’Etat pour carence fautive en matière d’hébergement d’urgence en 2020 et 2023. De son côté, la sénatrice écologiste Monique de Marco propose de faire de la Gironde un territoire « zéro enfants à la rue », sur le modèle du dispositif « zéro chômeur ». « La priorité doit être l’hébergement des enfants, quelle que soit la situation des parents, appuie Romain Dostes, conseiller départemental (membre de la majorité écologiste) sur le canton de Bordeaux-1. Ils restent des enfants. »

    Des mots qui prennent tout leur sens, au matin, sur le parvis de l’école maternelle. Dans la foule, Alma accompagne Elena. Mère et fille passent inaperçues. Une famille comme les autres, qu’on croise sans voir. Sans savoir. Alertée par l’attaque de la tente, la mairie leur a finalement trouvé un toit temporaire pour les prochains jours. Une parenthèse de répit. En attendant la décision de l’Etat sur le réexamen de leur demande de droit d’asile, la fratrie est suspendue entre deux mondes. Celui de l’école et celui de la rue.

  • Loyers impayés mais pas d’expulsion : un décret renforce enfin l’indemnisation des propriétaires par l’État - Capital.fr
    https://www.capital.fr/immobilier/expulsions-locatives-un-decret-ameliore-l-indemnisation-des-proprietaires-pr

    La commission des affaires économiques avait ainsi obtenu l’ajout d’un article dans la « loi Kasbarian », destiné à clarifier et harmoniser les règles d’indemnisation par un décret soumis à l’avis du Conseil d’Etat. Ce décret a été « enfin publié » au Journal officiel du 6 novembre dernier, écrit sur son compte LinkedIn Romain Rossi-Landi, associé du cabinet d’avocats éponyme. Entré en vigueur le 7 novembre, il prévoit notamment que les préjudices du propriétaire « doivent être en lien direct et certain avec la décision de refus d’octroi du concours de la force publique ».

    Selon Romain Rossi-Landi, « cette précision devrait désormais obliger les préfets à une réparation intégrale du préjudice et à ne plus limiter l’indemnisation aux seules indemnités d’occupation ». De fait, le décret précise que « sont réparables par l’Etat les préjudices suivants » : la perte des loyers et des charges récupérables auprès du locataire ; la perte de valeur du bien à la revente ; les frais liés à l’impossibilité de vendre le logement ; les frais de remise en état du bien ; les frais de commissaire de justice ; [et jusqu’à] la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.

    #propriétaires #expulsions #logement

  • #Migrations : les États membres discutent d’un renforcement de #Frontex et des #renvois vers des #pays_tiers

    Selon une note interne du Conseil de l’UE, les Vingt-Sept s’apprêtent à débattre d’un #renforcement du #mandat de Frontex pour travailler avec les pays tiers, y compris la possibilité d’organiser des #transferts de migrants entre des États non membres de l’UE — ce que les règles actuelles ne permettent pas.

    En mars, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait annoncé une réforme du mandat de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) pour 2026, s’engageant à renforcer le rôle de l’agence dans la gestion des retours de migrants.

    La question sera à l’ordre du jour des ministres de l’UE lors du prochain Conseil « Affaires intérieures ».

    La note interne du Conseil de l’UE, consultée par Euractiv, révèle que les États membres soutiennent largement le renforcement de la coopération avec les pays tiers, y compris l’exploration des options juridiques permettant à Frontex d’organiser « les retours de pays tiers vers d’autres pays tiers », par exemple en renvoyant les migrants d’un pays de transit vers leur pays d’origine ou vers un autre pays où ils pourraient demander la protection.

    Certains gouvernements ont également proposé de confier à Frontex un rôle de soutien dans les « #centres_de_retour », des installations situées dans des pays tiers où les migrants pourraient être transférés vers d’autres pays dans le cadre de la nouvelle proposition de l’UE en matière de retours.

    La note souligne également que cette plus grande flexibilité, notamment la possibilité de négocier des accords ciblés avec des pays tiers, pourrait faire de Frontex « un partenaire plus attractif » le long des principales routes migratoires vers l’Europe.

    La taille et le rôle du corps permanent de Frontex seront également évoqués au Conseil. Si Ursula von der Leyen s’est engagée à tripler ses effectifs pour atteindre 30’ 000 agents d’ici 2027, plusieurs capitales se montrent prudentes. Tout en soutenant une expansion, elles insistent pour que le « #mandat et les #tâches futurs » de Frontex soient clarifiés avant tout renforcement des #effectifs.

    Si les gouvernements de l’UE s’accordent sur le fait que la responsabilité principale de la gestion des frontières et des décisions de retours doit rester aux États membres, la note relève « l’intérêt » d’étudier le rôle de soutien que pourrait assumer Frontex dans le cadre d’une « #gestion_intégrée » des #frontières.

    Par ailleurs, plusieurs capitales estiment que la règlementation actuelle ne permet pas à Frontex de répondre aux exigences du nouveau #Pacte_européen_sur_la_migration_et_l’asile, qui entrera en vigueur l’été prochain, ni de contrer les « #menaces_hybrides » aux frontières de l’UE.

    La présidence danoise du Conseil de l’UE a demandé aux capitales de transmettre leurs commentaires à ce sujet.

    Ces discussions se déroulent alors que Frontex est au centre de controverses. L’agence a été accusée à plusieurs reprises de fermer les yeux sur des violations des droits aux frontières extérieures de l’Union, ce qui avait conduit en 2022 à la démission de son directeur exécutif, Fabrice Leggeri — aujourd’hui député européen. En parallèle, des enquêtes restent en cours sur son rôle présumé dans des refoulements illégaux de migrants.

    https://euractiv.fr/news/migrations-les-etats-membres-discutent-dun-renforcement-de-frontex-et-des-r
    #réfugiés #expulsions #pays-tiers #return_hubs

  • Le #Royaume-Uni et le #Vietnam concluent un nouvel #accord pour lutter contre l’immigration clandestine

    Pour lutter contre les traversées illégales de la #Manche par les migrants vietnamiens, un accord a été conclu entre Londres et Hanoï, ont annoncé les autorités britanniques mercredi. Son objectif est de lutter contre l’immigration clandestine en accélérant les procédures d’expulsion. « Le nombre d’arrivées illégales en provenance du Vietnam a déjà été réduit de moitié, mais il est possible de faire davantage », a déclaré le Premier ministre britannique dans un communiqué.

    Un nouvel accord migratoire a été signé entre le Royaume-Uni et le Vietnam mercredi 29 octobre, a indiqué le gouvernement britannique. Il permettra, selon le Home Office, « d’accélérer la procédure de retour des personnes n’ayant pas le droit de séjourner au Royaume-Uni ». Il s’agit du second traité conclu entre les deux pays. Un précédent accord avait déjà été signé en 2024.

    Grâce au partage de #données_biométriques et à des procédures administratives simplifiées, cet accord permettra de réduire « de 75 % le temps de traitement des documents des migrants en simplifiant les procédures administratives » et ainsi « de renvoyer plus rapidement et plus facilement ceux qui n’ont pas le droit de se trouver ici », a-t-il ajouté dans un communiqué.

    La signature de cet accord fait suite à une forte augmentation des arrivées en provenance de ce pays d’Asie du Sud-Est l’année dernière. Les Vietnamiens représentaient la plus importante nationalité à traverser la manche par #petites_embarcations durant le premier trimestre 2024, et la quatrième plus importante sur l’ensemble de l’année.

    Baisse des arrivées de Vietnamiens

    Selon le Premier ministre britannique Keir Starmer, cet accord, qui est « le plus ambitieux jamais conclu par le gouvernement vietnamien avec un autre pays », pourrait entraîner le retour de quatre fois plus de ressortissants vietnamiens n’ayant « aucun motif légitime de rester en Grande-Bretagne ».

    « Cet accord historique envoie un message clair : si vous entrez illégalement au Royaume-Uni, vous serez rapidement renvoyés », a encore déclaré Keir Starmer. Et d’ajouter : « Le nombre d’arrivées illégales en provenance du Vietnam a déjà été réduit de moitié, mais il est possible de faire davantage ».

    Selon les chiffres officiels britanniques, 1 026 Vietnamiens sont arrivés par « #small_boats » entre janvier et juin 2025, soit la moitié par rapport à la même période l’année précédente.

    « Ce pays est resté trop longtemps incapable d’expulser ceux qui n’avaient aucun droit de se trouver ici », a félicité la ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, suite à la signature de cet accord.

    Campagnes de communication

    Un précédent accord avait déjà été signé en 2024 entre les deux pays. Il comprenait une série de mesures comme l’accroissement du partage de renseignements, la diffusion de messages de dissuasion et la facilitation des processus de retours des migrants illégaux du Royaume-Uni vers leur pays d’origine.

    Une #campagne sur les #réseaux_sociaux avait notamment été lancée au Vietnam via des vidéos reprenant des témoignages de migrants partageant les conséquences et les dangers de l’immigration vers le Royaume-Uni.

    « #One_in_one_out »

    Depuis le début du phénomène des « small boats » en 2018, les gouvernements britanniques successifs multiplient les accords avec différents pays pour lutter contre l’immigration irrégulière. Le Royaume-Uni a notamment conclu de nouveaux traités avec des pays comme l’#Irak ou les Balkans occidentaux.

    Le dernier en date est l’accord « one in one out », passé avec la #France. Cet accord - en vigueur depuis le mois d’août 2025 - prévoit le renvoi en France de migrants arrivés au Royaume-Uni à bord de « small boats », en échange de l’accueil par Londres de migrants se trouvant en France, sur le principe du « un pour un ».

    Malgré cela, les traversées de la Manche continuent d’être importantes. Depuis le début de l’année, 36 954 exilés sont arrivés en bateau au Royaume-Uni, selon les données du #Home_Office. Un chiffre qui dépasse désormais celui enregistré en 2024 qui s’élevait à 36 816 arrivées.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/67860/le-royaumeuni-et-le-vietnam-concluent-un-nouvel-accord-pour-lutter-con

    #UK #Angleterre #migrations #réfugiés #renvois #expulsions

  • #Macédoine_du_Nord : ce petit pays des #Balkans où les migrants vulnérables font une courte pause dans leur exil vers l’Europe (1/3)

    La Macédoine du Nord est un territoire de transit pour les exilés arrivés en Grèce souhaitant rejoindre l’Europe de l’Ouest. L’#asile y existe, mais il est rarement accordé dans ce petit pays hors de l’Union européenne. Dès lors, ce sont les profils les plus vulnérables - personnes blessées, familles, adolescents isolés - qui demandent l’asile. Le plus souvent, juste pour avoir quelques semaines de #répit avant de reprendre la route.

    Il se tient droit entre deux rangées de containers, vêtu d’un t-shirt blanc imprimé d’images de satellites et de cosmonautes, dans la grisaille d’octobre. Lal Mohammad, 25 ans, vient de faire enregistrer ses empreintes biométriques et celles de sa femme dans le centre de transit de Vinojug, tout au sud de la Macédoine du Nord, à la frontière avec la Grèce. Leur petite fille de 3 ans, Asra, boit un verre de jus de pomme assise sur un banc, amusée par la présence d’un chat errant à côté d’elle. La famille s’est déclarée demandeuse d’asile il y a un mois de cela, dès son entrée sur le territoire macédonien.

    Après une tentative de passage infructueuse par l’Evros, frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce, cette famille afghane a atteint le sol hellénique après 4 jours et 4 nuits en mer. Tous trois ont passé plusieurs jours dans le camp fermé de #Thessalonique avant d’être transférés vers un second camp proche de la frontière macédonienne. "Là, on nous a dit que [pour avoir un rendez-vous pour demander l’asile], il nous faudra attendre un an et demi… Nous ne voulions pas attendre tout ce temps. Alors nous nous sommes rendus dans la forêt [marquant la frontière entre la Grèce et la Macédoine du Nord, ndlr] pour tenter le "game"" - surnom donné par les exilés aux tentatives de passages de frontières.

    Interceptée par la police macédonienne, la famille a été placée dans le centre de transit de Vinojug, l’unique centre à l’entrée du pays. Là, leur premier interlocuteur a été #Frontex, déployée depuis l’été 2023 dans le pays, surtout à la frontière avec la Grèce. Comme pour tous les exilés interceptés dans cette zone, deux choix se sont offerts à eux : soit opérer un "retour volontaire" côté grec, soit se déclarer demandeur d’asile.

    "J’ai demandé de l’aide à #ChatGPT : qu’est-ce que je dois faire ?"

    Pour Lal Mohammad, pas d’hésitation : avec sa femme et sa fille de 3 ans, pas question de faire demi-tour pour retenter une nouvelle fois le "game" dans la #forêt. Mais le passeur - qui a tout intérêt à ce que les exilés ne fassent aucune pause dans leur parcours, pour toucher plus vite la somme d’argent débloquable à chaque étape (4 000 euros pour aller de la Turquie à la Grèce, 800 euros pour aller de Macédoine en Serbie, selon le père de famille) - exerçait pourtant sur lui une forte pression.

    "Il nous harcelait, nous appelait tous les jours, en nous disant : "Revenez en Grèce". Moi je lui répondais : "Je ne vais pas fuir ne t’inquiète pas, l’argent est là, moi j’ai un enfant et une femme, je ne peux pas revenir comme ça” ; puis j’ai éteint mon portable pendant quelques jours". Le père de famille confie sa détresse : "J’ai même demandé de l’aide à ChatGPT : ’Qu’est ce que je dois faire, le passeur m’appelle tous les jours et je ne sais pas quoi faire ?’ ChatGPT m’a dit d’en parler aux responsables du centre".

    Demander l’asile ici à Vinojug signifie rester un mois dans ce centre de transit aux allures fantomatiques. On y circule entre les containers grisâtres hébergeant des bureaux d’associations, dont plusieurs ont quitté les lieux depuis des années. Les affiches sur leurs portes sont décomposées par le temps. Érigé en 2015 lors du pic d’arrivées, ce centre de transit est désormais marqué par ses infrastructures délaissées : immenses tentes d’ONG, jeux pour enfants, hangars...

    Au fond du campement s’alignent des containers abritant des chambres de 6 lits superposés. Vides pour la plupart. Ce jour-là, seule une dizaine de personnes est présente sur le campement. 320 exilés y ont défilé, au total, dans les trois premières semaines d’octobre. Dans les sanitaires au sol humide, une fuite d’eau fait entendre un bruit de gouttes en continu.

    Seulement 149 demandes d’asile enregistrées en 2025

    Au bout du mois écoulé ici, les empreintes biométriques sont relevées, comme pour Lal Mohammad et sa famille en ce jour d’octobre. Une camionnette de la police embarque dès le lendemain le groupe de demandeurs d’asile déclarés pour les transférer à #Skopje, la capitale. Là, tous seront hébergés dans l’unique centre pour demandeurs d’asile du pays, situé à #Vizbegovo, dans la banlieue.

    "J’espère que nous poursuivrons bientôt notre voyage", confie Lal Mohammad. Car le père de famille ne compte pas réellement rester en Macédoine du Nord. Il veut simplement un moment de répit pour sa famille sur une route de l’exil éprouvante.

    La Macédoine du Nord est en effet avant tout un pays de #transit, sur la route des Balkans. Un petit territoire d’à peine deux millions d’habitants mais stratégique : cerné par la Grèce, la Bulgarie, la Serbie, le Kosovo et l’Albanie, il ne se trouve pas dans l’UE ni dans Schengen et constitue la voie principale depuis la Grèce pour rejoindre la Serbie, puis de là, l’Europe de l’Ouest.

    En 2024, 4 055 personnes originaires de 35 pays ont été enregistrées au centre de Vinojug. Or, on ne comptait que 307 demandeurs d’asile cette année-là, selon les chiffres de la Macedonian Young Lawyers Association, spécialisée dans l’accompagnement des demandeurs d’asile. Dont 131 enregistrées à Vinojug.

    En 2025, le chiffre promet même d’être en deçà : depuis le début de l’année, 149 demandes ont été enregistrées. En majorité des Syriens (46 personnes), suivis des Népalais, Irakiens, Turcs, Afghans et Egyptiens. Certains vont au bout de la procédure mais combien, comme Lal Mohammad, comptent en réalité récupérer un peu - du repos, un téléphone, de l’argent ou de la santé - , avec un toit sur la tête, avant de poursuivre leur route vers la Serbie ou le Kosovo ?

    "Personne ne veut rester en Macédoine du Nord"

    Deux jours plus tard on retrouve Asra, la petite de 3 ans, assise sur un chemin caillouteux à quelques dizaines de mètres du centre pour demandeurs d’asile de Vizbegovo. Vêtue d’un t-shirt "I love my mum", elle fronce les sourcils sous ses bouclettes de cheveux châtains, concentrée à agripper des pierres une par une. Et à les jeter tour à tour, aussi loin que possible.

    "Ne jette pas sur la route, Asra !" Debout à ses côtés, Mohamad Azim, un adolescent de 16 ans, veille sur la petite. Le jeune Afghan la couve du regard puis s’agenouille auprès d’elle en ouvrant ses bras. Les traits froncés d’Asra s’évanouissent alors en un grand sourire. Contre le sweat vert à capuche de l’adolescent, elle se blottit avec force.

    Mohamad Azim a fait la rencontre d’Asra, de son père Lal Mohammad et de sa mère au centre de Vinojug. Comme eux, le jeune Afghan s’est déclaré demandeur d’asile. Mais comme eux aussi, "mon but, ce n’est pas de rester ici. Personne ne veut rester en Macédoine du Nord. Si c’était possible, je partirai tout de suite en Serbie". L’adolescent a demandé l’asile pour avoir un temps de répit. Car il reste marqué par la zone frontalière éprouvante, les nuits en forêt, le froid, la pluie. "Nous n’avions pas de quoi manger ni de quoi boire. On se nourrissait des quelques raisins que l’on trouvait".

    Lui aussi a subi les pressions du passeur pour avoir fait ce choix de la pause. "Il m’appelait sans cesse pour me dire : ’Qu’est ce que vous foutez là, revenez en Grèce, je ferai en sorte que vous traversiez de nouveau cette frontière pour aller en Serbie’". Tout en gérant cette pression, le jeune homme a pris le temps de réfléchir et de revoir ses plans : il n’envisage plus à l’Italie, mais la Suisse pour finir son parcours d’exil et y demander une protection.
    L’arrêt obligatoire des blessés

    D’autres personnes s’arrêtent simplement à Vizbegovo parce que leur corps ne leur permet plus d’avancer. Ainsi Mohamed, 25 ans, originaire du Maroc, est coincé là depuis un mois à cause d’un problème à la jambe. "J’ai quitté la Turquie en juin. J’étais seul et j’ai découpé la bâche arrière d’un camion avec un couteau pour y entrer en espérant rejoindre la Grèce. Une fois arrivé en Grèce, j’ai sauté pour descendre pendant que le camion roulait, ce qui m’a valu une fracture à la jambe droite."

    Aidé par un groupe de jeunes, il a poursuivi son chemin pour passer la frontière macédonienne avec cette jambe cassée. Intercepté et amené au centre de transit de Vinojug, il y rencontre la Croix-Rouge... Qui le transporte immédiatement à l’hôpital de Skopje. "J’ai subi une opération, on m’a posé un plâtre et depuis ma jambe s’est un peu améliorée. Je marche avec une béquille. Mais je veux continuer mon chemin. J’attends juste que ma jambe guérisse."

    Le centre pour demandeurs d’asile de Vizbegovo, de 90 places, a été rénové ces dernières années grâce à un financement de 700 000 euros de la banque de développement du Conseil de l’Europe, contracté avec l’#OIM. Si le centre paraît en bon état à l’extérieur - InfoMigrants n’a pas été autorisé à le visiter - et que les autorités assurent qu’un médecin y assure des visites régulières, les conditions à l’intérieur n’y sont pas toujours satisfaisantes, selon les exilés rencontrés.

    "La nourriture est insuffisante ici, avec un seul repas par jour, servi à midi - pour nous maintenir en vie", soupire Mohamed. Un fait corroboré par un autre jeune Afghan de 17 ans, Kayum Arubi, qui déclare : "Le centre n’est pas très propre et la nourriture, servie une fois par jour, est mauvaise".

    Pour celles et ceux qui vont au bout de la procédure d’asile, le résultat est décevant presque systématiquement. "Malheureusement, la plupart des décisions sont négatives. Le demandeur d’asile a 30 jours pour soumettre un recours auprès de la cour administrative", explique Mitko Kiprovski, avocat et chargé de plaidoyer de l’ONG Jesuit Refugee Service (JRS), qui accompagne les demandeurs d’asile dans ces démarches. Si ce premier recours n’aboutit pas, il est toujours possible de s’en référer à la Haute cour administrative de Skopje. Mais si le refus est définitif, la personne a 20 jours pour quitter le territoire.
    Mariam*, l’une des deux seules réfugiées de Macédoine du Nord : "ici, je n’ai besoin de personne"

    Ainsi, les protections internationales délivrées ces dernières années se comptent littéralement sur les doigts d’une main. En 2024, suite à une mission en Macédoine du Nord, les rapporteurs du Comité contre la Torture, organisation des Nations unies, s’inquiétaient de ne recenser que 3 personnes sous protection subsidiaire vivant dans le pays en 2023, tandis que zéro statut de réfugié n’avait été délivré entre 2016 et 2023. Le pays n’étant pas dans l’UE - bien que sa demande soit en cours -, les critères de l’asile y sont moins stricts et scrutés qu’ailleurs.

    Deux ans plus tard en 2025, on ne compte en Macédoine du Nord que 5 personnes réfugiées - à savoir deux femmes, l’une Congolaise et l’une Syrienne et leurs enfants respectifs -, ainsi que deux 2 personnes sous protection subsidiaire (un Afghan, un Marocain) vivant dans le pays. La troisième personne qui avait réussi à obtenir une protection subsidiaire, un mineur isolé syrien, a quitté le pays. Idem pour un Afghan qui avait obtenu le statut de réfugié.

    Mariam*, 30 ans, est l’une de ces exceptions vivant à Skopje. Après avoir accouché en Grèce, cette Syrienne a traversé la frontière avec la Macédoine du Nord en 2018 alors qu’elle allaitait encore sa fille. Un peu comme Mohamed des années après elle, c’est la dangerosité du passage de frontière qui a stoppé son parcours. Entre la Grèce et la Macédoine, "la police a braqué ses projecteurs sur notre groupe. Tout le monde s’est enfui autour de moi. J’ai commencé à courir moi aussi en portant ma fille, mais je suis tombée dans un trou et je me suis cassé la jambe". En arrivant au centre de transit de #Vinojug, c’est l’association JRS qui la prend sous son aile et la transfère à l’hôpital de Skopje pour la soigner.

    Toutes les années qui ont suivi, JRS l’aide dans ses démarches d’asile et de logement, jusqu’à ce que Mariam obtienne le statut de réfugiée. L’ONG assure encore aujourd’hui un suivi de sa situation. La Croix-Rouge a pu, de son côté, lui trouver du travail chez eux, puis dans un restaurant, et lui prodiguer des cours de macédonien - un vrai défi pour Mariam, qui est analphabète. Aujourd’hui, sa fille a 9 ans. Elle est scolarisée et apprend le macédonien, avec moins de difficultés grâce à son jeune âge. Quant à la jambe de Mariam, après toutes ces années, "j’ai encore des broches... Je dois les faire retirer bientôt", glisse la Syrienne.

    Même si Mariam rencontre encore des difficultés pour apprendre la langue et pour subvenir aux besoins de sa fille avec son maigre salaire, elle l’assure : "Ici, c’est mieux qu’en Grèce. Là-bas, j’avais toujours peur. Je ne me sentais jamais à l’aise. Ici, j’ai des amis macédoniens que je vais voir et qui viennent me voir, je travaille et je n’ai besoin de personne."

    https://www.infomigrants.net/fr/post/67779/macedoine-du-nord--ce-petit-pays-des-balkans-ou-les-migrants-vulnerabl
    #route_des_Balkans #migrations #réfugiés #IOM

    • En Macédoine du Nord, la zone grise entre « #retours_volontaires » et expulsions déguisées vers la #Grèce (2/3)

      Dans la zone frontalière de la Macédoine du Nord, voisine de la Grèce, les migrants interceptés en arrivant dans ce pays des Balkans se voient offrir l’option du "retour volontaire" par la police macédonienne. Les témoignages recueillis sur place indiquent que la pratique - légale et encadrée sur le papier - navigue dans une zone grise où elle se transforme parfois en expulsions déguisées.

      Un chat roux bondit sur le capot de la voiture de la police aux frontières macédoniennes garée au beau milieu de l’allée centrale. Le félin bâille, s’étire de tout son long, s’assied pour contempler ce qui l’entoure. À l’intérieur du véhicule, un agent surveille d’un air blasé les agissements d’un groupe de jeunes tout juste arrivés ici, dans le centre de transit de Vinojug. Quelques mètres plus loin, un collègue observe lui aussi distraitement le groupe, l’œil davantage attiré par l’écran de son téléphone portable.

      Agglutinés dans l’ouverture de la porte du conteneur qui abrite leurs lits superposés, ces quatre jeunes tout juste arrivés de Grèce posent mille questions à la fois à qui veut bien les entendre. "Où se trouve Skopje [la capitale macédonienne] ?", "Si nous décidons d’aller là-bas, que va-t-il se passer ? Y a-t-il un camp ouvert là-bas ? Combien de temps ça prend pour nous y transférer ?" "Et si la police décide de nous renvoyer vers la Grèce, où est-ce qu’ils nous amèneront ?", s’enquièrent-ils.

      Arrivés hier soir dans ce centre fermé situé dans la petite ville frontalière de Gevgelija au sud de la Macédoine du Nord, ces jeunes sont plein d’incertitudes. Aux exilés venus de Grèce, interceptés et placés dans le centre de Gevgelija par la police aux frontières, deux choix se présentent. Soit demander l’asile pour rester en Macédoine du Nord et être transférés au centre pour demandeurs d’asile de la capitale, Skopje. Soit opérer un "retour volontaire" vers la Grèce.

      "Si nous retournons en Grèce et que la police nous arrête, nous serons emprisonnés pendant deux ans... Et puis dans la zone frontalière il y a des mafias qui pourraient nous kidnapper, nous avons peur", craint un des jeunes du groupe, Raheem, 19 ans, originaire du Caire en Egypte. Retourner en arrière pour s’en remettre une nouvelle fois aux passeurs et tenter un passage sans encombre ne lui semble pas le meilleur calcul.

      "Nous voulons juste être tranquilles et en sécurité... Si notre tranquillité passe par le retour en Grèce, qu’il en soit ainsi. Si notre tranquillité passe par un déplacement dans la capitale à Skopje, qu’il en soit ainsi", hésite-t-il.

      Le lendemain, nous apprenons que Raheem et les autres du groupe ont tous été ramenés en Grèce par la police. Y a-t-il vraiment eu un choix éclairé et informé ? Tous ces jeunes sans exception étaient-ils vraiment "volontaires" ? Mais surtout : qu’est-ce qu’un "retour volontaire" ?
      Les retours volontaires se font "à l’oral, sans documents à signer"

      En théorie, comme le définit l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), il s’agit du "retour assisté ou autonome vers le pays d’origine, de transit ou un pays tiers, sur la base du libre arbitre du retourné". Mais en pratique, en Macédoine du Nord, il s’agit d’une zone grise. Qui se décide uniquement à l’oral, s’installe dans un contexte de manque d’informations, et s’apparente parfois à un refoulement à chaud (ou "pushback") illégal.

      Contacté par Infomigrants, le ministère de l’Intérieur macédonien fournit sa définition de la procédure : "si ils ne sont pas demandeurs d’asile, si ils ne souhaitent pas postuler au programme AVRR (retour volontaire assisté et réintégration) de l’OIM, et si ils ne souhaitent pas rester au centre de transit de Gevgelija pour bénéficier d’une aide, ils sont libres de partir et nous savons qu’ils retournent en Grèce".

      Dans les premières années qui ont suivi le pic migratoire de 2015 et la création du centre de transit de Vinojug à Gevgelija, "la police ne laissait pas le choix et refoulait des groupes", observe Jasmin Redjepi, responsable de l’ONG Legis. En 2022 encore, le réseau Border Violence Monitoring publiait des cas documentés de pushbacks avec vidéos et localisations à l’appui. Qu’en est-il en 2025 ? "Aujourd’hui, la pratique a changé, il s’agit maintenant du choix des personnes", assure Jasmin Redjepi. Mais tout se fait à l’oral : "Il n’y a pas de document écrit à signer ou quoi que ce soit. La Grèce ne les empêche pas d’entrer en Macédoine, la Macédoine renvoie en Grèce : c’est une sorte de situation informelle entre les deux pays. C’est la même chose au nord, entre la Serbie et la Macédoine".

      Selon le responsable associatif, le déploiement en avril 2023 dans la zone frontalière sud de Frontex, l’agence européenne de protection des frontières, a fait évoluer positivement la pratique. "Désormais, quand quelqu’un veut rester ici et demander l’asile, son premier entretien se déroule avec Frontex qui indique ensuite à la police macédonienne : "Laissez-le au centre". Avant, il n’y avait que la police macédonienne, c’était bien plus arbitraire".

      L’analyse est partagée par les avocates de la Macedonian Young Lawyers Association (MYLA), qui rappellent que "ces centres de transit demeurent dans une situation juridique peu définie : ils sont placés sous un régime de "gestion de crise" qui dure depuis 2015, donc les gens à l’intérieur ont eux aussi un statut légal peu défini" - donc peu protecteur. "Ce sont des no man’s land, sous aucune juridiction", confirme Mitko Kiprovski, avocat et chargé de plaidoyer de l’ONG Jesuit Refugee Service. "Donc personne ne peut y émettre des documents, signer ou mettre un tampon".
      Sur un simple message du passeur, "les jeunes s’enfuient d’ici la nuit"

      Le "retour volontaire" est l’option très majoritairement retenue pour les exilés débarqués dans ce centre fermé de Vinojug, à la frontière. Mais pourquoi les exilés préféreraient-ils un retour vers la Grèce plutôt qu’un transfert vers la capitale et son centre ouvert pour demandeurs d’asile, à partir duquel il est aisé de partir vers la proche Serbie ?

      D’abord, à cause de la pression mise par les passeurs. Ceux-ci ont tout intérêt à ce que les exilés ne fassent aucune pause sur leur parcours, pour toucher plus vite la somme d’argent débloquable à chaque étape réussie. Or, être transféré de Vinojug vers la capitale Skopje prend du temps : souvent 30 jours d’attente. Mieux vaut donc, pour le business, que les migrants reviennent quelques centaines de mètres en arrière, tentent à nouveau le coup, passent sans encombres et atteignent plus vite la frontière serbe. "Il y a même des passeurs qui ont des stratégies : ils envoient un premier groupe en sachant qu’il va se faire intercepter, pour faire diversion et faire passer un second groupe derrière", évoque Jasmin Redjepi, de l’ONG Legis.

      C’est aussi l’analyse du ministère de l’Intérieur, qui détaille à Infomigrants : "ceux qui sont interceptés par la police macédonienne reçoivent immédiatement l’ordre des passeurs de retourner en Grèce, pour se rendre à nouveau au lieu de rassemblement, l’hôtel Hara, situé à environ 1,5 km, où un nouveau groupe est formé et où ils tentent à nouveau d’être passés clandestinement. Le paiement de l’activité de passeur ne sera effectué par la personne que lorsqu’elle sera arrivée du point A au point B, ce qui signifie qu’elle dispose d’un nombre illimité de tentatives pour être introduite clandestinement sur le territoire de notre pays. C’est pourquoi les personnes retournent volontairement en Grèce."

      De fait : de nombreux exilés acceptent la reconduite. Certains "s’enfuient" même de Vinojug avant que la police n’organise le trajet retour en fourgonnette. Car dans ce centre de transit fermé, les allées et venues sont contrôlées. "Par contre la nuit, ce n’est pas contrôlé. Souvent les jeunes s’enfuient de Vinojug la nuit. En passant au-dessus des grillages", glisse Jasmina, une autre membre de l’ONG Legis opérant au sein du centre de transit. Cette femme énergique aux cheveux rouges et au sourire doux semble connaître tous les secrets du centre, après plusieurs années d’expérience ici. Elle détaille : "Ils partent dès qu’ils reçoivent un message du passeur. Celui-ci leur indique de se rendre à telle ou telle localisation, juste de l’autre côté".

      e l’autre côté des grillages en effet, c’est la "green line" : la zone frontalière, couverte de quelques champs et d’herbes hautes. À l’horizon, la forêt et le paysage montagneux. La Grèce et son premier village, Idoméni, est toute proche. Une équipe d’InfoMigrants y avait d’ailleurs recueilli début octobre le témoignage d’une policière grecque, qui le reconnaissait : "Parfois ce sont les mêmes personnes qui retraversent, celles qui ont déjà été refoulées par la Macédoine du Nord".

      "Ces jeunes, on les retrouve ensuite 4, 5 fois de suite ici, dans le centre de transit", abonde Jasmina. Lorsqu’on lui demande son avis sur ce fonctionnement cyclique, la salariée se contente de hausser les épaules en un grand soupir.
      "Je ne voulais pas aller en Grèce les trois premières fois ! Ce sont les policiers qui me ramenaient"

      Reste que certains exilés résistent aux pressions des passeurs et ne sont en aucun cas "volontaires" pour retourner en arrière. C’est le cas de Mohammad Azim, 16 ans, qui a évité les appels "incessants" du trafiquant qu’il a payé - "Il me disait : ’Qu’est ce que vous foutez là, revenez en Grèce, je ferai en sorte que vous traversiez de nouveau cette frontière pour aller en Serbie”. Mais Mohammad Azim est fatigué de ces agissements. "Les passeurs ne font rien, on ne les voit jamais... On les paie mais je ne sais même plus pourquoi on les paie : c’est nous qui prenons tous les risques."

      Ce jeune homme assure donc avoir déclaré aux autorités, dès sa première interception, vouloir rester en Macédoine du Nord. Pour autant, la police aux frontières ne l’a laissé vraiment s’installer à Vinojug qu’au bout de la... quatrième tentative. À chaque fois, "les policiers macédoniens m’arrêtaient au passage de la frontière, ils m’envoyaient au centre de Gevgelija... Puis ils m’embarquaient avec un autre groupe de migrants qui était là dans ce centre pour nous ramener en Grèce", assure-t-il. Une expulsion, donc.

      Interrogé sur ces pratiques, le Crisis Management Centre (l’organe public régional qui régit le centre de Vinojug) nous renvoie vers le ministère de l’Intérieur, "parce qu’ils sont responsables de la procédure des retours volontaires". Du côté de Frontex, on nous invite également à nous adresser à l’Intérieur et on nous indique que "Frontex n’a pas reçu d’informations concernant le retour de demandeurs d’asile en Grèce." Sollicité par Infomigrants, l’Intérieur abonde : "nous n’avons reçu aucun signalement de ce type, ni de la part des autorités locales, ni de Frontex, ni des ONG".

      L’adolescent de 16 ans montre une camionnette blanche qui passe juste à cet instant sur la route derrière lui. "C’était dans ce genre de véhicules. Ça sert aux policiers pour mettre quasiment 10 personnes dedans. Ça s’est répété trois fois".

      Pourquoi n’a-t-il pas été refoulé, cette quatrième fois ? Difficile de le dire. Certains exilés croient savoir que cela dépend du nombre de places dans le centre de transit, ou des capacités de transfert vers Skopje. D’autres évoquent des décisions purement arbitraires. Quoi qu’il en soit : "On peut qualifier cette situation de pushback, surtout si cela se déroule loin de nos regards et que nous n’en sommes pas avertis", reconnaît et s’inquiète Jasmin Redjepi.
      Refoulé 8 fois d’affilée

      Bien que la présence de Frontex ait fait évoluer positivement les choses, il semble donc que cette pratique du refoulement vers la Grèce se poursuive. Moins systématiquement, plus discrètement. Mais tout aussi illégalement : un refoulement à chaud est contraire au droit car il empêche tout examen de la situation individuelle de la personne.

      Mohammad Azim a 16 ans. Or cette situation de minorité n’a jamais été prise en compte. Dans son rapport sur l’année 2024, les avocates de MYLA regrettaient déjà qu’il n’existe en Macédoine "rien pour les mineurs isolés, pas de procédure formelle de protection ni d’évaluation de l’âge" et que de manière générale "les migrants n’ont pas accès à un recours efficace contre l’expulsion informelle”.

      Rafiullah, un Afghan de 21 ans rencontré au centre pour demandeurs d’asile en banlieue de Skopje, raconte lui aussi avoir été refoulé... Huit fois d’affilée. Il doute même du nombre exact : "C’est seulement la 8ème ou la 9ème fois que l’on m’a enfin dit : "OK, tu peux rester ici".

      Or, Rafiullah affirme qu’il l’avait déclaré aux autorités dès la première interception : "Je voulais rester en Macédoine du Nord. Car je savais que si je demandais l’asile ici, à Gevgelija, après un mois on m’aurait transféré à Skopje. Et qu’une fois à Skopje, je pouvais aller facilement en Serbie".

      Maintenant qu’il a pu rester sur le territoire et rejoindre la capitale, le jeune homme n’a qu’une hâte : rejoindre l’Europe de l’Ouest, lui qui a un cousin travaillant dans une entreprise en France. Souriant, les yeux pétillants, il s’enquiert : "Est-ce que les Français sont plus bienveillants ? Ici, les gens dans les Balkans sont racistes : on me regarde toujours bizarrement comme ça" - il fronce les sourcils, la mine fermée, puis éclate de rire - "J’ai du mal à comprendre pourquoi".

      https://www.infomigrants.net/fr/post/67838/en-macedoine-du-nord-la-zone-grise-entre-retours-volontaires-et-expuls
      #renvois #expulsions #refoulements #push-backs

    • Interrogés, détenus comme témoins : en Macédoine du Nord, les conséquences sur les exilés de la lutte contre les passeurs (3/3)

      La lutte contre les passeurs est un enjeu stratégique en Macédoine du Nord, tant pour ce pays de transit sur la route des Balkans que pour l’Union européenne. Mais elle n’est pas sans revers : les personnes migrantes et les ONG témoignent notamment d’interrogatoires et de détentions arbitraires, sans cadre légal.

      Des dizaines et des dizaines de voitures s’entassent à l’entrée du centre de transit de Vinojug, au sud de la Macédoine du Nord. Un camion de marchandises dévoile, sous sa bâche, des montagnes de cageots. Un chien errant passe. Tous ces véhicules ont été saisis ces derniers mois par la police aux frontières macédonienne, lors des interceptions de groupes d’exilés tentant de franchir la frontière depuis la Grèce. Non loin de là, les reliefs du territoire grec dessinent l’horizon.

      "99%" des exilés qui passent dans cette zone frontalière le font grâce à un réseau de passeur, affirme le ministère de l’Intérieur macédonien, sollicité par InfoMigrants. L’Intérieur se dit tout à fait informé des lieux-clés : "lorsqu’ils arrivent en Grèce, ils reçoivent des instructions et sont envoyés vers un lieu de rassemblement situé près de la frontière, sur le territoire grec, près d’Evzoni, appelé Hôtel Hara, à environ 1,5 kilomètre" de Gevgelija, précise le ministère. Là, au pied de ce fameux hôtel tout simple, en bord de route, bordée d’une station-essence décrépie et de tables de pique-nique sous abri, "les passeurs les attendent et les conduisent à pied de manière illégale pour traverser le territoire macédonien."

      La lutte contre les passeurs en Macédoine du Nord, pays de transit pour les exilés souhaitant rejoindre l’Europe occidentale, est un enjeu national. Mais aussi et surtout européen - bien que ce petit pays des Balkans ne fasse pas partie de l’UE. Frontex y est déployé depuis avril 2023. Tout récemment, du 13 au 17 octobre, des experts de l’OLTIM (Office français de lutte contre le trafic illicite de migrants) sont venus former des policiers macédoniens sur la lutte contre les trafiquants. La formation est délivrée dans la cadre de "la coopération renforcée entre la France et le Royaume-Uni", précise le communiqué.

      Cette lutte active n’est pas sans conséquence sur les droits des exilés. À l’intérieur du centre de Vinojug, quatre jeunes hommes viennent d’arriver dans la nuit. "Le passeur m’a dit au téléphone : "Marche dans la forêt, et tu trouveras une voiture. Et dans trois ou quatre jours tu seras en Italie"", raconte l’un d’eux, Mohamed, un Soudanais de 21 ans. "Nous sommes restés deux jours dans la forêt sans manger, sous la pluie... Et il n’y avait pas de voiture", soupire-t-il.

      Les jeunes avaient formé un groupe de huit dans cette forêt. Mais ils ne sont désormais plus que quatre. Car après l’interception dans la nuit de leur groupe, "la police nous a amenés dans ce centre, a pris nos empreintes, a confisqué nos documents grecs et nos téléphones", racontent-ils. Puis quatre d’entre eux ont été emmenés à plus de deux heures de voiture de là, à Skopje, la capitale. Pour être entendus comme témoins au tribunal. Les quatre restés ici, l’air perdu, ne savent pas pourquoi, quand ils rentreront, ce qu’il va advenir d’eux-mêmes et de leurs effets personnels.
      Détenu comme témoin : la procédure "hors de tout cadre légal" en vigueur en Macédoine du Nord

      Ce transfert à Skopje pour être entendus comme témoins est une procédure inédite en Europe qui s’applique là en Macédoine du Nord. Systématiquement, une partie d’un groupe d’exilés intercepté est transféré à Skopje dans le centre de rétention de Gazi Baba (appelé "centre d’accueil pour les étrangers", en réalité un centre de détention pour ceux qui sont en irrégularité administrative). Le temps d’être présentés devant un juge. Non pas en qualité de prévenus ; mais bien de simples témoins.

      "C’est totalement illégal", dénonce Mitko Kiprovski, avocat et chargé de plaidoyer de l’ONG Jesuit Refugee Service (JRS). "C’est une situation qui n’est pas inscrite dans la loi. Le procureur donne des instructions orales à la police de détenir les personnes pour qu’elles témoignent contre les passeurs", expliquent les avocates de la Macedonian Young Lawyers Association (MYLA).

      "La détention arbitraire de migrants en situation irrégulière au centre de détention de Gazi Baba, qui doivent être présentés devant le tribunal pénal pour faire une déposition, reste préoccupante", épinglait déjà en octobre 2024 un rapport de la Commission européenne. Sollicité également sur ce sujet, le ministère de l’Intérieur n’a, à l’heure où nous écrivons ces lignes, pas répondu à nos questions sur ce point.

      De plus, parmi les quatre jeunes transférés à Skopje ce jour-là, se trouvaient deux mineurs, selon la base de données commune aux associations à Vinojug, et à la police aux frontières. "Nous avons longtemps mené un plaidoyer pour qu’il n’y ait plus de mineurs dans ce centre de détention", expliquent les avocates de la Macedonian Young Lawyers Association (MYLA). "Je passe mon temps à dire aux autorités que si elles veulent un jour intégrer l’Union européenne, il faut mettre fin à la détention administrative des enfants", insiste aussi Mitko Kiprovski.

      Cette pratique de la détention en tant que témoins s’est néanmoins améliorée. "Les années passées, les gens étaient détenus pour une plus longue période et la situation était pire", souligne Teodora Kjoseva Kostadinovska, de la Macedonian Young Lawyers Association. La période de détention en tant que témoin pouvait alors durer plusieurs semaines voire plusieurs mois.

      "Désormais, surtout en 2025, la situation s’est améliorée. Les gens sont détenus un ou deux jours. Ce qui n’est toujours pas légal, bien sûr", affirme Teodora Kjoseva Kostadinovska. En cas de jours non-ouvrés, les exilés peuvent rester jusqu’à 3 ou 4 jours en détention, précise de son côté Mitko Kiprovski.
      "La seule façon de sortir est de demander l’asile"

      Au-delà du fait qu’elle s’effectue hors de tout cadre légal, cette détention a des conséquences sur le parcours des exilés. Il est impossible de demander l’asile avant l’audience : “le dépôt d’une demande d’asile n’est autorisé qu’après que les témoignages de ces personnes devant le procureur dans le cadre des procédures engagées contre les passeurs ont été entendus", explique le rapport 2024 de la Macedonian Young Lawyers Association (MYLA).

      Enfin, après l’audience, les ONG expliquent que les personnes n’ont d’autre choix que de déposer une demande d’asile pour sortir de Gazi Baba. "La seule façon légale de sortir de détention est de faire une demande d’asile orale et ainsi d’être transféré au centre d’accueil pour demandeurs d’asile", en périphérie de Skopje, explique Mitko Kiprovski.

      MYLA a constaté aussi cette situation en 2024 à partir d’un groupe : "certains d’entre eux ont été transférés au centre d’accueil pour étrangers et, après avoir témoigné dans le cadre des procédures pénales engagées contre les passeurs, ils ont été libérés après avoir déposé une demande d’asile."

      Mais dans la pratique, ce qu’il se passe après est parfois aléatoire. Il arrive que les gens "soient laissés et partent dans des directions inconnues", indique Mitko Kiprovski. D’autres fois, les exilés sont ramenés au centre de transit de Vinojug. C’est le cas des quatre jeunes interrogés ce jour-là, qui ont rejoint, deux jours plus tard, les quatre restés à Vinojug. Tout de suite après, la police aux frontières les a reconduits sur le territoire grec, dans le cadre du "retour volontaire" qui s’applique là-bas - en réalité une zone grise frôlant parfois avec le refoulement illégal.
      "On m’a mis la pression" : des interrogatoires à l’intérieur même du centre de transit

      Rafiullah a l’allure droite, l’aisance et le sens de la tchatche des serveurs, lui qui a travaillé à ce poste dans un restaurant à Ankara, en Turquie, pendant trois mois, avant d’arriver en Grèce puis en Macédoine du Nord. L’anglais parfait, aussi. Le turc aussi : il l’a appris pendant ses mois à Ankara. Au total, ce jeune Afghan de 21 ans manie parfaitement cinq langues - en Afghanistan, il a suivi une formation de langues. "Je crois que plus j’apprends des langues, plus mon cerveau est capable d’en assimiler de nouvelles facilement", songe-t-il en souriant. Par conséquent, dans le centre de Vinojug, "j’aidais tout le monde, je faisais l’interprète".

      Mais cette faculté lui a attiré des ennuis "à cause ça, on me prenait pour un passeur". Déjà, le jeune homme a été dans le radar des autorités pour avoir tenté de passer huit fois d’affilée la frontière. "À chaque fois on me voyait avec un groupe différent. C’est aussi pour ça qu’on me prenait pour un passeur, je crois. La première fois, on ne m’a rien dit, les fois suivantes à chaque fois : pourquoi tu es avec ce groupe, tu es passeur ?"

      Debout dans son sweat à capuche vert aux côtés de Rafiullah, un autre jeune Afghan, Mohammad Azim, âgé de 16 ans, explique la logique : "quand tu essaies une fois et que tu échoues, que tu es reconduit en Grèce, le passeur te prend comme repère. Il te met avec quelques nouvelles personnes et te dit : "maintenant que tu sais comment ça fonctionne, c’est toi qui vas pouvoir les guider, et leur acheter un ticket de bus". De nombreux exilés tentent de monter dans un bus public qui se rend de Gevgelija à Skopje, très surveillé par la police.

      Rafiullah n’a pas choisi de passer huit fois : il assure avoir été refoulé contre son gré, lui qui voulait entrer dans le système d’asile pour être transféré à Skopje. Toujours est-il que la neuvième fois - il ne sait toujours pas pourquoi -, les autorités l’ont laissé s’installer à Vinojug... Non sans lui faire subir, cette fois, un véritable interrogatoire de police à l’intérieur même du centre de transit. "J’ai été interrogé par quelqu’un de la police, dans une salle en préfabriqué, tout seul. L’agent de police me demandait “tu es le passeur ? tu as aidé le passeur, non ?”. Il me mettait la pression, il me faisait croire que les autres m’avaient dénoncé comme tel."

      Pour rappel, "ces centres de transit demeurent dans une situation juridique peu définie", soulignent les avocates de MYLA. "Ils sont placés sous un régime de "gestion de crise" qui dure depuis 2015, donc les gens à l’intérieur ont eux aussi un statut légal peu défini". "Ce sont des no man’s land, sous aucune juridiction", confirme Mitko Kiprovski, avocat et chargé de plaidoyer de l’ONG Jesuit Refugee Service. "Donc personne ne peut y émettre des documents, signer ou mettre un tampon". Le cadre juridique de ce type d’interrogatoires, et l’accès à un droit à la défense, pose donc problème.

      Rafiullah explique à cet agent qu’il n’a fait qu’essayer de traverser comme les autres. "Je lui répondais que je n’avais rien à voir avec le passeur, que je savais qu’ils n’avaient rien contre moi, que moi je voulais rester ici en Macédoine. Après ça, ils m’ont laissé repartir dans le centre".

      Le jeune homme ne sera plus refoulé et bien enregistré comme demandeur d’asile à Vinojug. Mais "depuis cet interrogatoire, je n’ai plus jamais joué les interprètes. Je fermais ma bouche. Je ne parlais plus qu’anglais dans le centre". Un mois plus tard, il a été transféré au centre pour demandeurs d’asile de Skopje.
      À 16 ans, 10 mois de prison pour aide au passage

      C’est de ce centre situé en périphérie de la capitale, face à une lande à l’abandon et des toits en brique emmenant le regard vers les montagnes au loin, que sort ce midi-là, cigarette à la main, Kayum Aryoubi. D’emblée, il adresse un signe de la main. Son visage encore adolescent du haut de ses 17 ans, avec ses yeux ronds et ses grains de beauté autour d’une courte barbe, s’éclaire d’un sourire. Sur son k-way gris clair, au dos, il est écrit "A step forward" ("Un pas en avant").

      Le jeune homme est loin d’avoir eu un parcours insouciant. Il a quitté l’Afghanistan, avec un oncle, à l’âge de 10 ans. Toutes ces années, ils ont vécu en Turquie, puis en Grèce. Il y a onze mois de cela, tous deux ont franchi la frontière macédonienne : l’oncle a réussi à passer mais Kayum, lui, a été intercepté par la police. "On se trouvait dans un bus" - ce fameux bus public qui rejoint Skopje depuis Gevgelija - "quand la police nous a trouvés", commence l’adolescent. "Dans ce bus il y avait un Turc qui travaillait avec les passeurs. Mais ce Turc m’a dénoncé moi comme étant lié aux passeurs".

      Après une nuit au centre de transit de Vinojug, Kayum Aryoubi a été transféré à Skopje pour comparaître devant un tribunal. "Le Turc a témoigné contre moi. J’ai été condamné à 10 mois de prison". Il avait alors 16 ans.

      L’adolescent est incarcéré dans la prison de Kumanovo, au nord du pays, pour purger sa peine d’aide au passage. "C’était très violent”, souffle le jeune homme qui se dit traumatisé par son incarcération. "Les détenus étaient maltraités par les gardiens de cette prison, moi y compris. Je vivais dans une petite cellule avec 4 autres personnes". Les quatre étaient des prisonniers de droit commun macédoniens. "C’est là que j’ai appris le macédonien. Mais c’était très dur de vivre avec des gens de ce pays."

      À la fin de sa peine, on le transfère pour un mois à Gazi Baba, le centre de rétention pour étrangers. Les conditions au quotidien y sont meilleures, assure-t-il. Mais le jeune homme sombre mentalement. Il y a appris, il y a quinze jours, le décès de sa sœur et de ses deux frères dans un affrontement entre les Taliban et les Pakistanais. "Je me suis blessé avec un rasoir quand j’ai appris ça", confie-t-il en dévoilant, sur son torse, de longues cicatrices encore rouges. "Je voulais sortir de là. Et j’étais tellement triste que je ne savais pas ce que je faisais."

      Depuis trois jours, Kayum a été libéré de Gazi Baba et est hébergé en tant que demandeur d’asile déclaré dans ce centre ouvert de Skopje. Aujourd’hui, il veut partir en Serbie dès que possible. C’était son objectif depuis le début de son entrée sur le territoire macédonien. Mais pour ce faire, il a besoin d’un téléphone. Il y a onze mois, "quand j’ai été arrêté par la police macédonienne, ils m’ont pris mon téléphone. J’avais aussi 500 euros sur moi. Ils m’ont tout pris et ne me les ont jamais rendus", glisse-t-il.

      Le jeune homme espère un jour rejoindre la France pour y demander protection. "Obtenir l’asile y est moins difficile pour les Afghans", croit-il, "et j’ai des amis qui sont là-bas".

      https://www.infomigrants.net/fr/post/67859/interroges-detenus-comme-temoins--en-macedoine-du-nord-les-consequence
      #criminalisation_de_la_migration #passeurs #détention #détention_arbitraire

  • 24 556 expulsions locatives en 2024 : le député Renaissance Guillaume Kasbarian « assume le record » et provoque la colère de la gauche

    L’ancien ministre du Logement s’est attiré les critiques de plusieurs députés en affirmant qu’il faudrait « aller plus loin dans le respect de la propriété privée et la rapidité des expulsions », alors que des milliers de personnes vivent sans domicile fixe en France.

    Par Ariel Guez - Le 2 novembre 2025 à 15h06 - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/politique/24-556-expulsions-locatives-en-2024-le-depute-renaissance-guillaume-kasba
    https://www.leparisien.fr/resizer/4i9qdXAye8aHcxSO-uf2vc-9Yuo=/1200x675/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/BLDQZUZ4MVEWJMJSQFHU62YLKM.jpg

    Soixante-sept expulsions par jour en moyenne. En 2024, 24 556 ménages ont été expulsés de leur logement avec le concours de la force publique, un record. Invité sur franceinfo ce samedi pour réagir à cette actualité et au début de la trêve hivernale, Christophe Robert, directeur général de la Fondation pour le logement des défavorisés, a évoqué la « fragilité de beaucoup de nos concitoyens à payer leurs loyers et leurs charges » et « l’augmentation du coût du logement ». Il a aussi indiqué que la loi Kasbarian-Bergé pouvait expliquer en partie un tel chiffre.

    Avec ce texte, aussi appelé loi « antisquat », on a « une logique plus sécuritaire que préventive. On a passé un cap (…) Ça a conduit à une accélération des expulsions locatives, y compris parfois pour quelques centaines d’euros » d’impayés, a-t-il déploré. « Ce qui n’est pas acceptable (…) Il y a des personnes de plus de 60 ans, des femmes seules avec enfant qui se retrouvent sans rien ! » (...)

  • « Un nouveau record effroyable » : plus de 900 SDF décédés l’an dernier en France, dont des enfants | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/france/un-nouveau-record-effroyable-plus-de-900-sdf-decedes-lan-dernier-en-fra


    Plus de 900 personnes sans domicile fixe sont décédées en France l’an dernier, selon le collectif Les morts de la rue.
    EPA/Teresa Suarez

    Un chiffre d’une ampleur inédite : plus de 900 personnes sans domicile fixe sont décédées en France l’an dernier. Un décompte publié par le collectif Les morts de la rue.

    Les plus jeunes n’avaient que quelques jours, la plus âgée 93 ans : plus de 900 personnes sans domicile fixe sont décédées en France l’an dernier, un chiffre d’une ampleur inédite qui s’explique à la fois par une hausse du sans-abrisme et par un recensement associatif plus efficace.

    912 décès dénombrés
    « Tous les indicateurs sont au rouge, il y a urgence à se mobiliser », alerte auprès de l’AFP Adèle Lenormand, membre du collectif Les morts de la rue, qui a publié jeudi son décompte actualisé du nombre de personnes sans domicile fixe décédées en 2024. Des hommes, des femmes mais aussi des enfants : 912 décès ont été dénombrés, soit « un nouveau record effroyable », depuis le premier recensement de 2012. À titre de comparaison, à la même période l’an dernier, le collectif avait comptabilisé 735 morts pour 2023.

    « Plus de signalements »
    La hausse constatée est liée en partie à « l’augmentation du nombre de personnes sans domicile fixe », mais aussi au fait que le collectif reçoit plus de signalements de la part des particuliers, d’associations et de structures d’accompagnement social, explique Adèle Lenormand, qui a coordonné l’enquête.

    Ces personnes SDF sont décédées de manière « prématurée » : à 47,7 ans en moyenne, soit un écart d’espérance de vie de 32 ans avec la population générale. Un âge moyen en recul. Il s’agit en majorité d’hommes (82 %) mais la part de femmes (13 %) est « en hausse, reflétant une féminisation du sans-abrisme », selon le collectif.

    4 % des décès concernent des moins de 15 ans
    Fait « inquiétant », 4 % des décès concernent des moins de 15 ans, soit « un doublement par rapport à la période 2012-2023 ». « C’est lié à la progression du nombre de familles dans la rue », précise Adèle Lenormand. Les plus jeunes personnes décédées recensées sont, selon elle, des bébés de quelques jours à peine. À l’inverse, la personne la plus âgée avait 93 ans. « On observe une progression du nombre de personnes vieillissantes sans domicile fixe », détaille Mme Lenormand. « Depuis l’an dernier, des personnes âgées se retrouvent à la rue pour la première fois à la suite d’une expulsion ».

    Face à cette tragédie, l’urgence est double : protéger les plus vulnérables et réformer en profondeur les politiques publiques
    Une partie des personnes décédées en 2024 vivaient dans la rue au moment de leur mort, d’autres étaient hébergées, dans des structures d’urgence ou de soins. Dans de nombreux cas, la cause du décès reste inconnue (40 %). Pour 17 %, il s’agit d’une mort violente (noyade, agression, suicide). L’Île-de-France concentre 37 % des décès et la région Hauts-de-France enregistre un doublement (163 décès), « notamment survenus lors de traversées de la Manche ».

    Action publique
    « Face à cette tragédie, l’urgence est double : protéger les plus vulnérables et réformer en profondeur les politiques publiques pour que le droit au logement convenable devienne enfin une réalité », soulignent dans un communiqué Les morts de la rue, qui avaient organisé en mai à Paris une cérémonie d’hommage aux disparus.

    Pour l’heure, l’action des pouvoirs publics est largement insuffisante aux yeux des associations. En février, une vingtaine d’entre elles ont déposé devant le tribunal administratif de Paris deux recours contre l’État pour « carence fautive » dans la lutte contre le mal-logement et le sans-abrisme.

    L’État ne remplit pas « correctement » sa mission en matière de politique d’hébergement des personnes sans-abri, avait aussi estimé l’an dernier la Cour des comptes. Le président Emmanuel Macron avait fait la promesse selon laquelle personne ne devait dormir à la rue d’ici à la fin de son premier quinquennat.

    Estimation mise à jour dans un an
    Il est difficile de connaître précisément le nombre de personnes sans domicile fixe en France : elles seraient environ 350 000, dont 20 000 à la rue, selon la Fondation pour le Logement (ex-Fondation Abbé Pierre). La dernière évaluation officielle de l’Institut national de la statistique, qui remonte à 2012, estimait leur nombre à 143 000. L’Insee devrait dévoiler fin 2026 les résultats d’une enquête pour mettre à jour cette estimation.

  • Accord franco-algérien : la droite et les macronistes offrent au RN une victoire historique
    https://www.mediapart.fr/journal/politique/301025/accord-franco-algerien-la-droite-et-les-macronistes-offrent-au-rn-une-vict

    Et soudain, l’extrême droite jubile. Les député·es du Rassemblement national (RN) et leurs alliés se sont levés en hurlant, jeudi 30 octobre, dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, pour célébrer une victoire symbolique et un tournant majeur de l’histoire parlementaire. Grâce aux voix des groupes Horizons et de la droite Les Républicains (LR), mais aussi grâce à l’absence de nombreux députés macronistes, l’Assemblée a adopté à une voix près la proposition de résolution du RN visant à dénoncer l’accord franco-algérien de 1968.

    Scrutin public n°3260 sur la proposition de résolution visant à dénoncer les accords franco-algériens du 27 décembre 1968 (article 34-1 de la Constitution).
    https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/3260
    https://seenthis.net/messages/1125419

    L’accord franco-algérien de 1968, un fantasme de la droite
    https://orientxxi.info/magazine/en-finir-avec-l-accord-franco-algerien-de-1968-une-obsession-de-la-droit

    Conçu pour faciliter l’immigration économique et pallier le besoin de main d’œuvre des Trente Glorieuses, l’accord prévoyait la libre circulation entre les deux pays pour les ressortissants algériens. Vidé de son contenu au cours des ans, le texte n’a aucune influence sur les flux migratoires ; pourtant la droite se mobilise pour l’abroger, ce qui lui permet d’agiter ses fantasmes sur l’invasion du pays.

    https://histoirecoloniale.net/tag/traite-franco-algerien-de-1968

    #France_Algérie #Paris #Alger #accord_de_1968

  • #Frontex, agent intouchable du #renseignement_migratoire

    L’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, Frontex, est devenue, en vingt ans [1], le bras armé des politiques sécuritaires de l’Union européenne (UE) et de ses États membres. Initialement créée pour coordonner le contrôle des #frontières, organiser les #expulsions et produire des « #analyses_de_risques » des mouvements de populations, Frontex a élargi son champ d’intervention bien au-delà des questions migratoires.

    Nonobstant des enquêtes institutionnelles et journalistiques ayant démontré que ses officiers s’étaient rendus coupables de graves #violations_de_droits, tout semble organisé pour que la responsabilité de l’agence Frontex ne soit ni engagée ni reconnue. En sus de ses traditionnelles activités de #surveillance et de #contrôle des frontières prévues dans le règlement (UE) 2019/1896, l’agence tentaculaire dotée de moyens exponentiels est devenue tout à la fois agent du renseignement, négociateur, influenceur et membre d’un réseau de dissuasion violente, que rien ni personne ne semble pouvoir arrêter.

    Produire de l’information, qu’importe sa véracité

    Comme pour tout bon agent du renseignement, recueillir et exploiter des informations relevant de la vie privée est un axe essentiel du travail de Frontex. Elle collecte ces #données par le biais des États membres, d’agences européennes et d’organisations partenaires, mais aussi dans le cadre de ses propres opérations (maritimes, aériennes, terrestres). Elle est présente aux #frontières_maritimes (Méditerranée centrale et Manche), ainsi qu’aux #frontières_terrestres et aériennes de plusieurs pays (#Albanie, #Géorgie, #Monténégro, #Serbie, #Macédoine_du_Nord, #Moldavie, #Ukraine). Elle a progressivement élargi ses activités vers la zone #pré-frontière de l’UE et ouvert des bureaux #satellites temporaires dans des pays tiers du voisinage méridional et en #Afrique_de_l’Ouest [2].

    Quantité d’informations sont susceptibles d’être enregistrées : certaines sont générales, telles les routes migratoires empruntées, les dates de franchissement de frontière, les listes de passagers ou le pays de provenance ; d’autres, plus spécifiques, sont relatives aux #données_biographiques, aux incidents au cours d’opérations, jusqu’au lieu où se cachent les personnes au moment du contrôle. Les données recueillies nourrissent divers fichiers, parmi lesquels celui d’#Eurosur, instrument de surveillance et d’échange d’informations entre Frontex et les États membres, ou le #Joint_Operation_Reporting_Application (#Jora). Elles donnent aussi – et surtout – lieu à la production de #rapports_analytiques, avec une photographie de la situation aux frontières, supposés permettre de déterminer le niveau de « #risques » de déplacements vers le continent européen.

    Le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) estime que, malgré les moyens déployés, les « analyses de risques » produites par l’agence sont fondées sur des informations peu fiables, obtenues lors d’entretiens menés sans le consentement des migrant·es ni protection de leur identité [3]. Il a également émis des réserves quant à la sécurisation des données et l’ampleur de la collecte.

    L’#opacité des activités de Frontex inquiète aussi le Médiateur européen, qui a traité plusieurs plaintes concernant l’impossibilité d’accéder à des documents et informations. Il faut préciser que l’agence est très réticente à fournir les informations demandées, y compris à ses propres contrôleurs, chargés depuis 2019 d’évaluer en permanence le respect des droits fondamentaux dans ses activités opérationnelles [4].

    Frontex reconnaît elle-même que ses chiffres comportent des #erreurs : alors qu’elle communique chaque année sur le nombre de franchissements de frontières non autorisés, elle admet qu’« il n’existe aucun dispositif permettant d’établir le nombre exact de personnes ayant franchi les frontières [5] ». Mais pour elle, il s’agit presque d’une question secondaire : selon sa directrice adjointe, Aija Kaljana, « il est essentiel de devenir une organisation axée sur le #renseignement, car les ressources humaines et techniques sont limitées [6] ». L’ambition de Frontex est donc de passer d’une agence du contrôle migratoire à un #service_de_renseignement.

    Travailler en synergie, y compris hors du champ migratoire

    L’agence, au cœur d’un vaste réseau d’échanges de données, coopère avec de nombreux services, civils ou militaires, ayant des objets aussi variés que la pêche, la lutte contre le #narcotrafic ou la #sécurité_aérienne [7]. Frontex a créé, en 2018, la #Maritime_Intelligence_Community–Risk_Analysis_Network (#MIC-RAN), soit une communauté du #renseignement_maritime et un réseau d’analyse des risques, pour collecter des données et diffuser des rapports sur les #menaces_maritimes (i.e. l’appropriation illégale des zones maritimes, les conséquences du réchauffement climatique, les « usages illégaux » de la mer). Autre illustration de la diversité de ses collaborations : l’agence négocie des accords avec des sociétés d’affrètement comme #EASP_Air, #DEA_Aviation ou #Airbus [8] qui fournissent des #aéronefs, le personnel pour les exploiter et l’infrastructure technique pour la transmission des données enregistrées, en temps réel, au siège à Varsovie [9]. Elle capte également des données depuis l’espace, car elle a conclu un contrat avec #Unseenlabs, une entreprise française spécialisée dans la surveillance maritime par radiofréquence depuis l’espace, ou se sert des satellites du programme #Copernicus d’observation de la Terre qui sont utilisés pour la sécurité, la protection civile, la gestion de l’environnement et la recherche sur le changement climatique [10].

    Engagée dans des projets de recherche et développement, l’agence finance ceux qui se focalisent sur le matériel de surveillance [11]. Elle a étroitement suivi les avancées du programme #ITFlows, un outil de prédiction des flux migratoires à partir de techniques d’analyse automatisée de données, en y contribuant activement via la fourniture d’informations récoltées dans le cadre de ses missions [12]. Dans le même registre, elle a organisé avec des garde-côtes italiens, début 2025, un atelier international intitulé Évolution des garde-côtes : l’#intelligence_artificielle et les systèmes sans pilote améliorent les opérations de recherche et de sauvetage. Vaste programme à l’heure où le recours à l’intelligence artificielle (#IA) pose de sérieuses questions éthiques [13].

    Au-delà des frontières de l’Europe, Frontex multiplie des #campagnes qui sont de véritables opérations de séduction, afin de s’assurer du concours des États tiers pour empêcher les départs depuis les pays d’origine. Ainsi est-elle à l’initiative du projet #Africa–Frontex_Intelligence_Community (#Afic) dans huit pays africains (#Côte_d’Ivoire, #Gambie, #Ghana, #Mauritanie, #Niger, #Nigeria, #Sénégal et #Togo), officiellement lancé pour « collecter et analyser des données sur la #criminalité_transfrontalière et soutenir les autorités impliquées dans la #gestion_des_frontières ». Frontex a également organisé des séances opérationnelles de #sensibilisation à la lutte contre la #fraude_documentaire et la fraude à l’identité en #Albanie, #Bosnie-Herzégovine, #Égypte, #Géorgie, #Moldavie, #Macédoine_du_Nord, #Serbie et en #Tunisie.

    Comme pour conforter sa place centrale dans le réseau d’information qui surveille tout et constamment, c’est avec les services de répression, tels l’#Office_européen_de_police (#Europol) et l’#Organisation_internationale_de_police_criminelle (#Interpol), que l’agence a intensifié ses relations. Depuis 2008, Frontex signe des accords de coopération et des plans d’action conjoints avec Europol pour partager avec cette agence les informations qu’elle recueille, singulièrement via Eurosur, à des fins de lutte contre la criminalité ou le terrorisme. Sur le terrain, cette entente s’est notamment matérialisée durant des opérations relevant de la politique de sécurité et de défense commune (opérations #Sophia et #Jot_Mare en 2015). Plus surprenant : en 2024, Frontex a codirigé une opération internationale visant à lutter contre la #contrebande_de_drogue par voie maritime en fournissant un soutien technique et opérationnel [14] ; elle est aussi intervenue pour des opérations de soutien pendant les #Jeux_olympiques en France [15], pendant la compétition de l’Euro en Allemagne, ou encore durant la guerre en Ukraine... Elle outrepasse ainsi sa mission initiale et s’érige comme un organe de « super-contrôle ».

    De son côté, Interpol travaille avec l’UE et Frontex dans le domaine de la sécurisation des frontières, sous forme de collaborations techniques, de #formations et de projets de recherche communs. Frontex a élaboré un manuel de référence contenant des alertes de falsification et des cartes de contrôle rapide servant d’aides visuelles à la décision lors de la vérification de documents. Ce dispositif est désormais au cœur du système de bibliothèque électronique de documents #Frontex-Interpol (#Fields). Les #bases_de_données d’une agence de surveillance des frontières et celles d’une organisation de lutte contre la criminalité sont dès lors interconnectées.

    Une agence opaque et délétère qui influence les législations

    Plusieurs enquêtes documentées décrivent les actes illicites commis par l’agence sur ses terrains d’intervention. Il n’est plus à démontrer qu’elle s’est rendue complice ou coupable, à de nombreuses reprises, de #refoulements (#push-backs) en Grèce, pourtant interdits par le droit international. Des refoulements qui sont recensés dans sa base de données #Jora comme de simples opérations de « #prévention_de_départs [16] ». Des pratiques similaires ont été dénoncées à la frontière bulgare, où des violences ont été commises par des garde-frontières participant aux opérations de Frontex [17]. À #Chypre, de nombreux ressortissant·es syrien·nes ont été illégalement enfermé·es et d’autres ont été expulsé·es vers la Syrie, sous les yeux d’officiers de Frontex [18]. Des pratiques épinglées par l’Office européen de lutte antifraude (Olaf), qui a émis des doutes sur « la capacité de l’agence FRONTEX à […] veiller au respect et à la protection des droits fondamentaux dans toutes ses activités aux frontières extérieures ».

    L’agence va jusqu’à fabriquer de fausses informations lorsqu’elle prétend sauver des vies en mer, alors qu’elle transmet la position des embarcations en détresse aux #garde-côtes_libyens, dont les comportements violents envers les personnes migrantes sont notoires [19]. Il lui arrive aussi d’interrompre la prise de vue aérienne au-dessus de la mer Méditerranée pour ne pas avoir à référer d’abandon de personnes en mer [20]. En 2023, un navire où s’entassaient près de 200 migrants au large des côtes italiennes (Crotone) ne présentait, selon le rapport d’incident de Frontex, « pas d’intérêt particulier ». La même année, Frontex a omis d’envoyer un signal de détresse lors du naufrage de l’Adriana (Pylos), provoqué par une manœuvre des garde-côtes grecs [21]. Faut-il le rappeler, alerter les secours relève pourtant d’une obligation internationale de droit maritime. La multiplication des cas de refoulements ou le silence gardé à la vue d’embarcations en détresse contribuent à abaisser les standards de protection. L’agence fait en outre croire qu’elle s’intéresse au sort des personnes expulsées, voire améliore leur situation, lorsqu’elle met en avant les effets bénéfiques qu’aurait eu le retour dans le pays d’origine [22]. La violation des #droits_fondamentaux se banalise et, dans un contexte d’impunité généralisée, est traitée en matière migratoire comme un dommage collatéral.

    Malgré ces multiples mises en cause, Frontex exerce une influence croissante sur les instances politiques et les législations européennes. Ses « analyses de risques » sont l’unique source d’information de la Commission européenne, et l’image construite d’une perpétuelle « #crise aux frontières » qu’elles donnent à voir sert à justifier l’augmentation des contrôles et des mesures sécuritaires. Depuis des années, l’agence véhicule une image négative de la migration en la présentant comme une menace dont il faudrait se protéger.

    Cette image trouve sa traduction dans les réformes législatives. L’insistance de Frontex à alerter, dans ses rapports d’activité, sur « les #mouvements_secondaires […] à grande échelle » ou sur la persistance de la #pression_migratoire a sans nul doute contribué à l’adoption, en 2024, du #pacte_européen_sur_la_migration_et_l’asile. Un pacte dans la mise en œuvre duquel Frontex détient un rôle clé, avec, notamment, les nouvelles attributions qui lui sont confiées aussi bien lors des procédures frontalières (« #filtrage ») que dans l’organisation des #expulsions. Onze États sont en train de s’équiper d’un système informatique numérisé de gestion des retours sur le modèle du #Return_Case_Management_System (#Recamas) mis au point par Frontex.

    La réforme du règlement #Eurodac ouvre une nouvelle brèche en permettant à l’agence de consulter le #répertoire_central_des_rapports_et_statistiques (#CRRS) et d’avoir accès aux #statistiques de l’agence de l’Union européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice (#EU-Lisa).

    Enfin, la #réforme en cours des directives « Facilitation » et « Retour » risque de renforcer les pouvoirs de l’agence, en augmentant – encore – son #budget et en l’autorisant à transférer à des pays tiers des données relatives à des ressortissants aux fins de #réadmission.

    Une agence peu fiable, mais intouchable

    Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 74 352 personnes ont trouvé la mort depuis 2014 en tentant de franchir les frontières [23]. En dehors du champ de la migration, l’acteur, personne physique ou morale, qui serait impliqué dans une telle hécatombe serait poursuivi et jugé, voire condamné. Malgré les preuves tangibles de la #responsabilité de Frontex, comme de l’UE et de ses États membres, dans ces drames, aucun d’entre eux n’a jamais été inquiété. Bien au contraire, la Commission européenne confirme son agenda politique basé sur la mise à l’écart des personnes exilées en donnant à l’agence un rôle de premier plan dans les politiques migratoires européennes et en proposant de tripler ses effectifs. Les États s’appuient toujours plus sur Frontex : en 2024, la #Belgique a adopté une loi pour permettre le déploiement d’officiers de l’agence sur son territoire afin de soutenir la police fédérale dans l’exécution des expulsions. Le #Royaume-Uni a signé un accord de coopération avec Frontex sur divers aspects de la gestion des frontières, comme la surveillance et l’évaluation des risques, l’échange d’informations, le renforcement des capacités et le partage d’expertise. Dans ces conditions, pourquoi l’agence intouchable s’arrêterait-elle là, même coupable du pire ? La meilleure défense étant l’attaque, la criminalisation des solidarités et la décrédibilisation de celles et ceux qui dénoncent ses actions – à l’image de la campagne Abolish Frontex accusée de « discours haineux » – sont érigées en stratégie de dissuasion. De même, celles et ceux qui pallient l’action défaillante des États, comme les ONG de sauvetage en mer, sont assimilées à des réseaux de passeurs. Une #rhétorique qui ressemble à s’y méprendre à celle des partis populistes.

    https://migreurop.org/article3472.html
    #migrations #réfugiés #directive_retour #directive_facilitation

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