• La Turquie au centre des questions migratoires

    Le plan de la Turquie est de créer dans le nord de la Syrie une vaste zone sécurisée pour renvoyer les réfugiés. Mais au-delà des obstacles politiques et militaires, un tel projet coûterait des milliards d’euros. Ankara fait donc pression sur les Européens pour qu’ils mettent la main au porte-monnaie.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/19897/la-turquie-au-centre-des-questions-migratoires?ref=tw_i

    #safe_zones #zones_sures #réfugiés #réfugiés_syriens #Turquie #Syrie #renvois #expulsions #retour_au_pays #safe_zone #zone_sure

    ping @isskein

    • La Turquie veut-elle rapatrier deux millions de réfugiés au Nord de la Syrie ?

      À plusieurs reprises, le président turc Recep Tayyip Erdogan a fait part de son souhait d’établir une zone de sûreté dans le Nord-Est du pays pour y réinstaller entre un et trois million de réfugiés syriens.

      Bonjour,

      Lors de son discours à la tribune des Nations Unies, le 24 septembre 2019, le président turc Recep Tayyip Erdogan a évoqué son plan pour l’établissement d’« un corridor de paix d’une profondeur de 30 kilomètres et d’une longueur de 480 kilomètres » dans le Nord-Est de la Syrie, où il souhaite « permettre l’installation de 2 millions de Syriens avec l’appui de la communauté internationale ». L’idée d’une zone de sûreté n’est pas neuve puisqu’elle est discutée entre la Turquie et les Etats-Unis depuis le mois de janvier 2019. Les 13 et 14 janvier, le président Donald Trump avait déjà twitté qu’il souhaitait créer une « safe zone de 20 miles », soit un peu plus de 30 kilomètres. Début août, les médias turcs et américains, comme le Washington Post, rapportaient deux pays ont convenu de coopérer à la création d’une « zone sûre » dans le nord de la Syrie.
      Erdogan souhaite rapatrier entre 1 et 3 millions de réfugiés syriens dans une « zone de sûreté » au Nord-Est de la Syrie

      Lors de son intervention à l’ONU (à partir de 15 minutes et 33 secondes dans la vidéo suivante, en anglais), ainsi que quelques jours plus tôt en Turquie, le président Erdogan a accentué sa volonté de mettre en place une telle zone de sécurité, en avançant qu’elle pourrait permettre la relocalisation d’un à trois millions de réfugiés syriens, selon la taille de la zone. Ainsi à New York, le chef d’État turc a exposé une carte, où l’on distingue la zone de sûreté planifiée, tout en détaillant : « Si cette zone de sûreté peut être déclarée, nous pouvons réinstaller en toute confiance entre 1 et 2 millions de réfugiés […] Les réfugiés peuvent être réinstallés en les sauvant de camps de tentes ou de camps de conteneurs. Nous pouvons prendre ensemble [avec les États-Unis, les forces de la coalition, la Russie et l’Iran] les mesures qui s’imposent pour aller de l’avant. Ce n’est pas un fardeau que nous pouvons supporter exclusivement en tant que République de Turquie. Nous devons prendre les mesures nécessaires dès que possible. Si nous pouvions étendre la profondeur de cette région jusqu’à la ligne Deir Ez-Zor, Raqqa, nous pourrions augmenter le nombre de Syriens jusqu’à 3 millions qui reviendront de Turquie, d’Europe et d’autres parties du monde vers leur patrie. Nous sommes très résolus dans la réalisation de ce programme et nous sommes impliqués dans les préparatifs nécessaires ».
      https://www.youtube.com/watch?v=Bve1yt0SEb4

      Selon les données du Haut-commissariat aux réfugiés des nations unies, plus de 3,6 millions de réfugiés syriens vivent actuellement en Turquie. Selon une étude préliminaire pour l’installation 1 million de réfugiés dans la zone tampon, qui a été partagée par Ankara avec d’autres pays lors du sommet de l’ONU en septembre et que le site américain Bloomberg a pu consulter, la Turquie souhaite construire des villages et des villes pour les réfugiés pour un coût estimé d’environ 26 milliards de dollars, qui seraient réglés par la communauté internationale.

      Cependant, la zone de sûreté souhaitée par Ankara et convenue avec Washington tarde à se concrétiser rapidement, puisqu’une telle aire nécessiterait de repousser vers le Sud les forces kurdes de l’YPG, alliées des Américains. Mercredi 2 octobre, d’Hulusi Akar, le ministre de la défense turque, faisant part de l’impatience d’Ankara, a déclaré que le « but ultime [de la Turquie] est de mettre fin à la présence terroriste du PKK, du PYD de l’YPG dans le nord de la Syrie, d’établir un corridor de paix et de faire en sorte que nos frères et sœurs syriens dans notre pays rentrent chez eux. »
      La position du Quai d’Orsay

      Contactée par CheckNews pour connaître la position de la France sur cette « zone de sûreté » souhaitée par la Turquie, une source diplomatique française au Quai d’Orsay répond que « des discussions sont en cours entre les États-Unis et la Turquie pour établir un mécanisme de sécurité frontalière. Nous souhaitons que ces discussions permettent d’apaiser les tensions sur la frontière syro-turque et d’éviter toute action unilatérale. Le retour des réfugiés syriens doit être sûr, digne et volontaire, conformément au droit international. Comme exprimé dans la déclaration conjointe des ministres des affaires étrangères du Small Group sur la Syrie du 26 septembre dernier, nous saluons les efforts remarquables des voisins de la Syrie qui accueillent sur leurs territoires la grande majorité des réfugiés syriens. Nous encourageons la communauté internationale à apporter une assistance humanitaire ainsi qu’un soutien financier à ces pays afin d’apporter une réponse collective à la crise des réfugiés syriens, jusqu’à ce que ces derniers puissent revenir volontairement dans leurs régions d’origine, dans la dignité et en sécurité. La France continuera d’œuvrer pour une solution politique crédible en Syrie, conforme à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies, pour que les conditions d’un tel retour soient réunies. »

      https://www.liberation.fr/checknews/2019/10/06/la-turquie-veut-elle-rapatrier-deux-millions-de-refugies-au-nord-de-la-sy

  • Italy presents plan to accelerate expulsion of migrants

    Italy presented a scheme on Friday to accelerate the expulsion of migrants who have no right to stay in the country, cutting the time it takes to decide on whether an asylum seeker must return home.

    Immigration flows helped fuel the rise of Italy’s far-right League party, whose leader Matteo Salvini imposed a crackdown on arrivals while he was interior minister until August.

    Salvini closed Italy’s ports to migrant rescue ships, threatening the charities operating them with fines of up to 1 million euros ($1.10 million) if they tried to dock.

    After the League unexpectedly quit the government in a failed bid to trigger an early election, its former ally the 5-Star Movement formed a coalition with the center-left Democratic Party, ushering in a less aggressive approach to immigration.

    The new government has already agreed with four other EU states a scheme to distribute people saved in the Mediterranean, and it hopes its plan to send back those already in Italy will defuse accusations by Salvini that it is soft on immigration.

    “I do not believe that redistributing migrants to other European countries is the final solution”, 5-Star leader and Foreign Minister Luigi Di Maio told a news conference.

    Under the new decree, the time to examine asylum requests of migrants who come from a list of 13 “safe” European and African countries, including Tunisia and Albania, will be reduced from two years to four months.

    If the request is rejected, the expulsion procedure will be immediately triggered.

    “More than one third of those who arrived in Italy in 2019 comes from these countries,” Di Maio said.

    Fewer than 8,000 migrants came to Italy by sea in 2019, down 62% from 2018 and down 92% compared to 2017, official data show. However, expulsions fell far short of Salvini’s electoral promises.

    The League leader said he would repatriate 100,000 migrants in his first year in power, followed by another 400,000 during the rest of his five-year term in office, but Interior Minister Luciana Lamorgese told parliament this month that only 5,244 people had been repatriated this year up to Sept 22.

    Prime Minister Giuseppe Conte welcomed the new plan as “a great step forward” and said he was confident it would produce more rapid repatriations.

    “Italy has always been inefficient in this,” Conte said.

    https://www.reuters.com/article/us-europe-migrants-italy-expulsion/italy-presents-plan-to-accelerate-expulsion-of-migrants-idUSKBN1WJ1YH
    #Italie #expulsions #migrations #réfugiés #machine_à_expulser #sans-papiers #déboutés #renvois

    • Analyse de Matteo Villa sur twitter

      Oggi l’Italia ha varato una lista di 13 paesi considerati sicuri.

      Non significa che sarà più semplice rimpatriare, ma che aumenteranno ulteriormente gli stranieri irregolari presenti in Italia.

      Seguitemi, ve lo spiego.

      Cos’è successo.

      Con un decreto interministeriale è stata varata una lista di 13 paesi (NON “porti”, come è stato detto) considerati sicuri.

      L’azione è consentita dal #DecretoSicurezza (oggi legge), varato dal precedente Governo a ottobre dell’anno scorso.

      Quali sono i 13 paesi che sono stati designati come “sicuri”?

      Tutti quelli dei Balcani occidentali, l’Ucraina, e alcuni paesi dell’Africa settentrionale e subsahariana.

      Li trovate in arancione su questa mappa (il giallo ve lo spiego tra poco).

      Tra i paesi dell’Unione europea, altri 12 hanno una loro lista di “paesi sicuri”.
      Li trovate in blu scuro in questa carta.

      Oggi, il tredicesimo diventa l’Italia.

      Insomma, siamo in buona compagnia.

      Tornando alla carta del mondo, in arancione ho indicato i 13 paesi extra-europei designati come sicuri dall’Italia.

      In giallo, invece, trovate tutti i paesi designati come sicuri da almeno un altro paese UE, ma non da noi.

      Poteva andare molto peggio (Turchia, Nigeria, Etiopia).

      Cosa succede se designi un paese come sicuro?

      Chi chiede asilo in Italia possedendo la nazionalità di uno dei «paesi sicuri» avrà davanti a sé molti più ostacoli.

      Di fatto, aumenterà ulteriormente il tasso di diniego delle protezioni.

      La conseguenza? Aumentano gli irregolari.

      L’aumento degli irregolari sarà probabilmente piccolo rispetto all’effetto dell’abolizione della protezione umanitaria nel 2018.

      Ma andrà a complicare una situazione già molto precaria, anziché regolarizzare parte di chi oggi è qui e qui resterà.

      https://www.ispionline.it/it/pubblicazione/i-nuovi-irregolari-italia-21812

      Sì, ma i rimpatri?

      Sul fronte dei rimpatri, designare un paese come sicuro non cambia nulla.

      Se un paese terzo già collaborava con noi (per es.,
      🇹🇳
      Tunisia), continuerà a farlo.

      Se un paese terzo non collaborava (per es.,
      🇬🇭
      Ghana), continuerà a non farlo.

      Del resto, se c’entrassero in qualche modo i rimpatri sorgerebbe spontanea una domanda: perché includere nella lista dei «sicuri» paesi che, in media, hanno già un tasso di rimpatrio superiore rispetto a quelli esclusi dalla lista?

      La realtà è una: convincere i paesi dell’Africa subsahariana a collaborare sui rimpatri è difficile.

      L’Italia ha tassi in linea con quelli di altri grandi paesi, come Francia e Germania, che hanno «leve» (legami post-coloniali, commercio, aiuti) ben maggiori delle nostre.

      CONCLUSIONE.

      La lista di «paesi sicuri»:

      ☑️
      è consentita da un decreto adottato dal precedente governo;
      ☑️
      aumenterà il numero degli stranieri irregolari presenti in Italia;
      ☑️
      non avrà alcun effetto sui rimpatri.

      https://twitter.com/emmevilla/status/1180135437358243840?s=19
      #cartographie #visualisation #pays_sûrs #clandestinisation #illégalisation #statistiques #chiffres #Matteo_Villa

  • ’Inhumane’ Frontex forced returns going unreported

    On a late evening August flight last year from Munich to Afghanistan, an Afghan man seated in the back of the plane struggled to breath as a German escort officer repeatedly squeezed his testicles.

    The man, along with another Afghan who had tried to kill himself, was being forcibly removed from Germany and sent back to a country engulfed in war.

    The EU’s border agency Frontex coordinated and helped pay for the forced return operation, as part of a broader bid to remove from Europe unwanted migrants and others whose applications for international protection had been rejected.

    By then, almost 20 years of war and civil conflict had already ravaged Afghanistan - with 2018 registering its worst-ever civilian death rate since counting had started.

    Also seated on the plane for the 14 August flight were independent observers of the anti-torture committee (CPT) of the human rights watchdog, the Strasbourg-based Council of Europe.

    In a report, they describe in detail how six escort officers had surrounded the terrified man in an effort to calm him.

    The ’calming’ techniques involved an officer pulling the man’s neck from behind while yanking his nose upwards.

    His hands and legs had been cuffed and a helmet placed on him. Another knelt on the man’s knees and upper legs, using his full weight to keep him seated.

    After 15 minutes, the kneeling officer “then gripped the returnee’s genitals with his left hand and repeatedly squeezed them for prolonged periods.”

    Another 503 have been sent to Afghanistan in flights coordinated by Frontex since the start of this year.

    Vicki Aken, the International Rescue Committee’s Afghanistan country director, says those returned are invariably put in harm’s way.

    “You cannot say that Kabul is ’conflict-free’. Kabul is actually one of the most dangerous places in Afghanistan,” she said, noting Afghanistan has the highest number of child casualties in the world.

    The day after the Munich flight landed on 14 August 2018, a blast ripped through a high school in the capital city, Kabul, killing 48 people, including over 30 students.
    Accountability

    The flight journey from Munich highlights a stunning omission from Frontex responsibilities - adding to concerns the EU agency is failing to maintain standards when it comes to coordinating forced-returns in a humane manner.

    For one, all return operations must be monitored in accordance with EU law, and a forced-return monitor is required to deliver a report to Frontex and to all the member states involved.

    Such reports, handed over to Frontex’s executive director, are supposed to act as an internal check and balance to stem alleged abuse by escort guards in a system that has been in place since the start of 2017.

    These monitors come from a “pool of forced-return monitors”, as required under the 2016 European Border and Coast Guard Regulation and the 2008 Return Directive, and are broadly sourced from the member states themselves.

    The CPT in their report noted that the flight on 14 August 2018 had also been monitored by Frontex staff itself, and concluded that its “current arrangements cannot be considered as an independent external monitoring mechanism”.

    When the agency compiled its own internal report spanning the latter half of 2018, which included the 14 August flight, no mention was made of the Afghan man who had been manhandled by six officers.

    Asked to explain, the Warsaw-based agency whose annual budget for 2020 is set to increase to €420.6m, has yet to respond to Euobserver.

    Instead, the report, which had been written up by Frontex’s fundamental rights officer, highlighted other issues.

    It demanded escorts not place restraints on children. It said minors who are alone cannot be sent back on a forced-return flight, which is exactly what had happened on two other operations.

    No one on the 14 August flight had issued a “serious incident report” label, used by Frontex whenever a particularly bad incident has been deemed to have transpired.

    During 2018 Frontex coordinated and helped fund 345 such return operations, by charter flights during which only one “serious incident report” was filed - posing questions on the reliability and independence of the monitors and return escorts, as well as the sincerity of internal Frontex efforts to stem any abuse.

    The accountability gap was highlighted by the outgoing head of the Council of Europe, Thorbjorn Jagland, who in his farewell speech earlier this month, deliberately singled out Frontex.

    “Frontex is bound by EU laws that prohibit torture and any form of inhuman or degrading treatment or punishment,” he said, in reference to reports of alleged human rights violations that occurred during Frontex support operations observed since mid-2018.
    Monitoring the monitors

    For Markus Jaeger, a Council of Europe official who advises the Frontex management board, the agency’s monitoring system for forced return is meaningless.

    “The internal system of Frontex produces close to nil reports on serious incidents, in other words, the internal system of Frontex, says there is never a human rights incident,” he told EUobserver, earlier this month.

    He said Frontex’s pool of 71 monitors is overstretched and that in some cases, only one is available for a flight that might have 150 people being returned.

    “One monitor doesn’t suffice,” he said, noting Frontex has been able to delegate any blame onto member states, by positioning itself merely as a coordinator.

    But as Frontex expands - with the ability to lease planes, pilots and staff - its direct involvement with the returns also increases and so does its accountability, says Jaeger.

    “The [return] figures are supposedly going up, the capacity is supposedly going up, the procedures are being shortened, and deportations are going to happen by deployed guest officers and or by Frontex officers and so the independence of the monitors is crucial,” he pointed out.

    For its part, the European Commission says Frontex’s pool of monitors is set to expand.
    Nafplion Group

    Jaeger, along with other national authorities from a handful of member states, which already contribute to Frontex’s pool of monitors, are now putting together a new group to keep the forced-returns organised by Frontex better in check.

    Known as the Nafplion Group, and set up as a pilot project last October by the Greek ombudsman, it describes itself as a “remedy to the absence of an external, independent governance of the pool of forced-return monitors” in Frontex forced-return flights.

    The plan is to get it up and running before the end of the year, despite having no guarantee they will ever be selected by Frontex to help monitor a forced-return flight.

    “This is how de facto the Nafplion Group can be avoided,” said Jaeger, noting that they plan to go public should they not be picked.

    Asked to comment, the European Commission says it is not in discussions with any institutions on the establishment of a new, parallel monitoring system.

    https://euobserver.com/migration/146090
    #renvois #expulsions #Frontex #Allemagne #réfugiés #réfugiés_afghans #asile #migrations #violence #responsabilité #retours_forcés #renvois #expulsions #déboutés #Kaboul #directive_retour #Nafplion_Group #monitoring #monitorage

    • Germany: Visit 2018 (return flight)

      CPT/Inf (2019) 14 | Section: 12/18 | Date: 03/12/2018

      A. The removal operation: preparation, execution and handover / 5. Use of force and means of restraint

      50.The use of force and means of restraint in the context of pick-up and transport of irregular migrants by the different Länder police authorities is regulated in the respective Länder police legislation.[1] In the context of the transfer to the airport, most of the returnees were not subjected to any means of restraint. However, a number of returnees were restrained (handcuffed, hand- and foot-cuffed, or even body-cuffed) during their transfer and upon arrival at Terminal F. The use of means of restraint was based on an individual risk assessment.

      51.During the different stages in the preparation of the removal operation by air from a German airport as well as on board a stationary aircraft on German territory, the use of force and means of restraint falls under the jurisdiction of the Federal Police. In-flight, the aircraft commander[2] is – with the assistance of the Federal Police[3] – entitled to apply the necessary preventive and coercive measures to ensure flight security. In particular, means of restraint can be applied if there is a risk that the returnee might attack law enforcement officers or a third party, or if he/she resists.[4]

      The internal instruction of the Federal Police contains detailed provisions on the use of force and means of restraint. In particular, coercive measures are only applied based both on an individual risk assessment and on the returnee’s conduct. Further, the principle of proportionality must be observed. During removal operations, the following means of restraint may be applied: steel, plastic or Velcro hand- and foot-cuffs as well as body-cuffs and head- (i.e. a helmet) and bite-protective devices; the last three means of restraint may only be applied by specially trained police officers and precise instructions have to be followed. Every application of use of force or means of restraint is documented. Further, according to another internal instruction and the operational instructions for this return operation, other weapons (i.e. firearms, tear gas, batons) are prohibited.

      This approach is in line with the means of restraint agreed upon with the European Border and Coast Guard Agency (Frontex), as specified in the implementation plan and its Annex I (operational overview). The implementation plan also underlines that the “use of force is always a last resort and must be the minimum level required to achieve the legitimate objective”.

      Moreover, the internal instruction explicitly mentions by way of clear guidelines the risks related to the use of force and/or means of restraint capable of causing positional asphyxia, including a detailed list of possible related symptoms, and prohibits the use of means likely to obstruct the airways as well as “techniques directed against the person’s neck or mouth”. Further, the forced administration of medication (i.e. sedatives or tranquilisers) as a means of chemical restraint to facilitate removal is strictly forbidden. Such an approach fully reflects the Committee’s position on this issue.

      52.According to information provided by letter of 18 October 2018, the German authorities, in the context of return operations, applied means of restraint 1,098 times for a total of 21,904 foreign nationals returned in 2017, and 673 times for a total of 14,465 persons returned in the period between January and August 2018.

      53.In the course of the return flight on 14 August 2018, coercive measures were applied by the Federal Police to two returnees who attempted to forcefully resist their return.

      One returnee, who had previously attempted to commit suicide and to resist his transfer by the Länder police authorities (see paragraph 28), became agitated during the full-body search in the airport terminal, when Federal Police officers attempted to remove his body-cuff in order to replace it with a more appropriate model (i.e. with Velcro straps rather than metal handcuffs). Further, the wounds on his left forearm had re-opened, requiring the medical doctor to dress them. The returnee was temporarily segregated from other returnees and embarked separately, during which resort to physical force was required to take him inside the aircraft.

      Once seated in the rear of the aircraft (surrounded by five escort officers seated on either side of him, in front and behind), he continued resisting, including by banging his head against the seat, and two of the escorts had to stand up to contain him manually during take-off. Apart from two further minor episodes of agitation, he calmed down as the flight progressed. However, at the moment of handover, he resisted being removed from the aircraft. Consequently, he was immobilised and carried out of the aircraft by a team of up to seven escort officers. Once on the tarmac, he was placed in a separate police vehicle, his body-cuff was removed, and he was handed over to three Afghan police officers, one of whom filmed his handover.

      54.The second returnee complied with the embarkation procedure until the moment when he was seated in the aircraft, at which point he became agitated, started shouting and hitting out in all directions, and attempted to stand up. The two escorts seated on either side of him attempted to keep him seated by holding his arms; they were supported by a back-up team of four escorts, three of whom took up positions behind his seat. One of these escort officers put his arm around the returnee’s neck from behind and used his other hand to pull the returnee’s nose upwards thus enabling his colleague to insert a bite protection into the returnee’s mouth.

      The reaction of the returnee was to increase his resistance, and a second escort officer from the back-up team intervened pulling the returnee’s head down onto an adjacent seat and placing his knee on the returnee’s head in order to exert pressure and gain compliance while the returnee’s hands were tied behind his back with a Velcro strap. Another escort officer applied pressure with his thumb to the returnee’s temple. A second Velcro strap was applied below the returnee’s knees to tie his legs. A helmet was placed on the returnee’s head, additional Velcro straps were applied to his arms and legs, and force was used in order to contain him manually. At this stage, three escorts were holding the returnee from behind his seat and an escort officer was seated either side of him. A sixth escort officer knelt on the returnee’s knees and upper legs, using his weight to keep the returnee seated. After some 15 minutes, this sixth escort officer gripped the returnee’s genitals with his left hand and repeatedly squeezed them for prolonged periods to gain the returnee’s compliance to calm down. When the aircraft took off some ten minutes later, two escorts were still standing upright behind the returnee’s seat to ensure that he remained seated. Shortly thereafter, the returnee calmed down when told that, if he remained compliant, most means of restraint would be removed. He remained cuffed, with his hands tied behind his back, for about one hour. As he remained calm, he was untied.

      55.In the course of this intervention, the delegation observed that, when the first escort officer from the back-up team put his arm around the returnee’s neck, the returnee started struggling to breath and became even more agitated, given that the pressure applied around his throat obstructed his respiratory tract momentarily. The CPT considers that any use of force must avoid inducing a sensation of asphyxia on the person concerned. As is reflected in the relevant internal instructions of the Federal Police, no control technique which impedes a person’s capacity to breath is authorised for use by escort officers.

      Moreover, the delegation observed that, each time the sixth escort officer applied pressure to squeeze the returnee’s genitals, he physically reacted by becoming more agitated. The CPT acknowledges that it will often be a difficult task to enforce a removal order in respect of a foreign national who is determined to stay on a State’s territory. Escorts may on occasion have to use force and apply means of restraint in order to effectively carry out the removal; however, the force used should be no more than is absolutely necessary. To ill-treat a person by squeezing the genitals, a technique which is clearly aimed at inflicting severe pain to gain compliance, is both excessive and inappropriate; this is all the more so given that the person was being restrained by six escorts.

      The CPT recommends that the German authorities take immediate action to end the application of these two techniques by Federal Police escort officers.

      56.The wearing of identification tags by staff involved in removal operations is also an important safeguard against possible abuse. The delegation noted that escort police officers from the Bavarian State Police and from the Federal Police did not wear any identification tag. The CPT recommends that all police escorts from the Federal Police as well as from all Länder police authorities wear a visible identification tag to make them easily identifiable (either by their name or an identification number).

      https://hudoc.cpt.coe.int/eng#{%22sort%22:[%22CPTDocumentDate%20Descending,CPTDocumentID%20Ascending,CPTSectionNumber%20Ascending%22],%22tabview%22:[%22document%22],%22CPTSectionID%22:[%22p-deu-20180813-en-12%22]}
      #rapport

  • Et hop... retour à l’expéditeur! (sic)

    Athènes veut renvoyer en #Turquie 10 000 migrants d’ici fin 2020

    Au lendemain d’un incendie meurtrier dans un camp de migrants situé sur l’île de Lesbos, le gouvernement grec a annoncé plusieurs mesures pour faire face à la crise migratoire.

    Le gouvernement grec a annoncé, lundi 30 septembre, sa volonté de renvoyer en Turquie quelque 10 000 migrants d’ici la fin 2020, après un conseil des ministres convoqué en urgence au lendemain d’un incendie meurtrier et d’émeutes dans un camp de l’île de Lesbos. « De 1 806 retours en quatre ans et demi sous le précédent gouvernement Syriza » d’Alexis Tsipras, le cabinet du premier ministre conservateur, Kyriakos Mitsotakis, veut passer « à 10 000 retours jusqu’à fin 2020 », selon un communiqué publié après le conseil des ministres.

    Avec la multiplication des arrivées d’exilés sur ses îles de la mer Egée, la Grèce vit sa « pire période » migratoire depuis l’accord UE-Turquie de 2016, avec 70 000 migrants et réfugiés sur son territoire, a déclaré lundi à Lesbos le ministre adjoint à la protection civile, Lefteris Oikonomou.

    Le camp de migrants de Moria, sur l’île de Lesbos, s’est réveillé sonné lundi par un incendie qui a tué au moins une réfugiée. Selon les médias grecs, une couverture brûlée retrouvée à côté de la femme morte contiendrait des résidus de peau qui pourraient appartenir à l’enfant de la défunte, un nouveau-né. L’incendie, qui selon des migrants serait parti d’un petit commerce ambulant, a été suivi d’une soirée d’émeutes.
    Les services de l’asile sont débordés

    Parmi les autres mesures annoncées lundi par le gouvernement figurent le renforcement des patrouilles en mer Egée, la poursuite des transferts de migrants des îles vers le continent, la construction de centres fermés pour les illégaux ou ceux dont l’asile a été refusé, ou encore la refonte du système de l’asile.

    Le pacte entre Bruxelles et Ankara, entré en vigueur le 20 mars 2016, prévoit le renvoi en Turquie des migrants illégaux arrivant sur les îles grecques proches de la Turquie (généralement Lesbos, Chios, Kos, Leros et Samos) et des réfugiés syriens pour lesquels la Turquie est considérée comme « un pays sûr ». Il a fait drastiquement baisser le nombre d’arrivées, après la vague qui avait vu passer un million de personnes, en majorité des Syriens, par la Grèce vers le reste de l’UE en 2015 et début 2016.

    Cependant, la plupart des personnes arrivées sur les îles grecques depuis mars 2016 ont demandé l’asile en Grèce pour échapper au renvoi. Les services de l’asile sont débordés et les autorités grecques avaient jusqu’à présent laissé les personnes sur les îles, à l’exception des plus vulnérables, en attendant la réponse définitive à leur demande d’asile. Le gouvernement de gauche d’Alexis Tsipras estimait que les termes du pacte ne permettaient pas de renvoyer en Turquie une personne déboutée de l’asile si elle ne se trouvait pas physiquement sur l’île où elle est arrivée.

    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/09/30/athenes-veut-renvoyer-en-turquie-10-000-migrants-d-ici-fin-2020_6013674_3210

    #paquets_postaux #migrerrance #asile #migrations #réfugiés #Grèce #renvois #expulsions

    ping @kaparia @karine4 @isskein

  • Le cofondateur de BDS, Omar Barghouti, se voit refuser le visa lui permettant d’intervenir en marge du Congrès du parti travailliste
    22 09 2019 | Source : Palestine Campaign | Agence Media Palestine | Traduction : SF pour l’Agence Média Palestine
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2019/09/22/le-cofondateur-de-bds-omar-barghouti-se-voit-refuser-le-visa-lu

    Cofondateur de BDS, Omar Barghouti n’a pas obtenu de visa pour venir parler en marge du Congrès du Labour.
    La voix des Palestiniens, y compris celle de Mr Barghouti sera tout de même entendue au Congrès.

    Omar Barghouti est dans l’incapacité de se rendre au Royaume Uni parce que son visa a été anormalement retardé par le gouvernement britannique, sans explication. Il devait parler en marge du Congrès de parti travailliste, à l’invitation de la Campagne de Solidarité avec la Palestine (PSC), aux côtés de Diane Abbott, Secrétaire d’État à l’Intérieur du Cabinet fantôme, Len McClushey, Secrétaire Général de l’Unité, et de Lisa Nandy, députée travailliste, et d’autres encore.
    Cet incident intervient dans le contexte d’une répression de l’expression des Palestiniens à l’échelle mondiale, mais quelques jours après que le Congrès des Syndicats (TUC) rassemblant 48 syndicats et six millions de personnes, ait voté une résolution pour que cesse le commerce des armes avec Israël qui viole les droits des Palestiniens. (...)

    #BDS #Expulsions #frontières #Royaume_Uni

  • Ratification de l’#accord_de_coopération entre l’#Union_européenne et l’#Afghanistan

    Alors que les députés viennent de mettre un point final au processus de ratification de l’accord de coopération entre l’Union européenne et l’Afghanistan, Amnesty International France et la Cimade déclarent :

    « En votant cet accord, les députés ouvrent la voie à des renvois plus importants vers l’Afghanistan alors même que la situation dans le pays est catastrophique et dangereuse. À quelques jours d’un débat sur les questions de migrations et d’asile à l’Assemblée nationale, la ratification de cet accord envoie un signal dangereux en faveur de la poursuite et de l’intensification d’expulsions de personnes vers des pays qui ne peuvent garantir la protection de leurs droits les plus fondamentaux. »

    Une vidéo sur le site d’Amnesty International France rassemble également des témoignages de ressortissants afghans renvoyés de force dans leur pays à partir de l’Europe. L’action commune « Halte aux expulsions vers l’Afghanistan » (https://www.amnesty.fr/refugies-et-migrants/petitions/halte-aux-expulsions-vers-lafghanistan), qui demande un moratoire sur les expulsions d’Afghans, a déjà rassemblé plus de 87 000 signatures.

    https://www.lacimade.org/presse/ratification-de-laccord-de-cooperation-entre-lunion-europeenne-et-lafghani
    #accord #UE #EU #renvois #expulsion #asile #migrations #réfugiés #expulsions

  • Nigerian migrants struggle to reintegrate after Libya ordeal

    Emerging from her ordeal, Gloria considers herself “privileged”. Last year, the 26-year-old left Nigeria with four other women, dreaming of a better life in Europe.

    On a tortuous journey, three of the five friends died before reaching Libya, where the two survivors were stranded for almost a year. Now only Gloria is back home in Nigeria.

    She dreamed of being a fashion designer but now sews synthetic tracksuits in a shabby workshop in Benin City, southern Nigeria, for 15,000 naira a month ($41.50, 38 euros).

    “After transport, the money is almost finished”, she says.

    Still, she adds quickly, she “thanks God for having a job”.

    Her employment is part of a training programme, set up by southern Edo State, the departure point for most Nigerian migrants.

    Gloria is one of nearly 14,000 young Nigerians to have returned from Libya since 2017 under a United Nations voluntary repatriation programme.

    She and the other returnees quoted in this story asked not to be identified by their real names.

    She is “not asking for too much”, just a roof over her head and to be able to eat, Gloria tells AFP.

    But she blames herself for daring to dream that life could be better elsewhere and believing the smugglers’ promises that they would reach Europe within two weeks.

    – Broke and broken -

    In Libya, prospects of crossing the Mediterranean vanished, after a tightening of European Union immigration policies.

    Many spend months, even years stranded in Libya, sold as slaves by their smugglers.

    But once back home in Nigeria, life is even more difficult than before: saddled with debt, struggling to find work, broken by their treatment at the hands of the traffickers and by their failed dreams.

    Human Rights Watch highlighted the “continuing anguish” that returnees face.

    Many suffer long-term mental and physical health problems as well as social stigma on returning to Nigeria, the report released last month said.

    Government-run centres tasked with looking after them are poorly funded and “unable to meet survivors’ multiple needs for long-term comprehensive assistance”, it added.

    Edo State has set up a support programme which is rare in Nigeria.

    The state hosts some 4,800 of the nearly 14,000 returnees — most aged 17 to 35 and with no diploma or formal qualifications.

    Under the scheme, they can travel for free to Benin City, Edo’s capital, stay two nights in a hotel, receive an hour of psychological support and an about 1,000-euro allowance.

    It barely moves the needle for those starting again but is enough to stoke envy in a country where state aid is scarce and 83 million people live in extreme poverty.

    – Stigma -

    Showing potential students around, Ukinebo Dare, of the Edo Innovates vocational training programme, says many youngsters grumble that returnees get “preferential treatment”.

    In modern classrooms in Benin City, a few hundred students learn to “code”, do photography, start a small business and learn marketing in courses open to all.

    “Classes are both for the youth and returnees, (be)cause we don’t want the stigma to affect them,” Dare said.

    “It’s a priority for us to give youth, who are potential migrants, opportunities in jobs they can be interested in.”

    According to Nigeria’s National Bureau of Statistics, 55 percent of the under-35s were unemployed at the end of last year.

    Tike had a low paying job before leaving Nigeria in February 2017 but since returning from Libya says his life is “more, more, more harder than before”.

    Although he returned “physically” in December 2017 he says his “mindset was fully corrupted”.

    “I got paranoid. I couldn’t think straight. I couldn’t sleep, always looking out if there is any danger,” he said, at the tiny flat he shares with his girlfriend, also back from Libya, and their four-month-old daughter.

    – Crime -

    A few months after returning, and with no psychological support, Tike decided to train to be a butcher.

    But, more than a year since he registered for help with reintegration programmes, including one run by the International Organization for Migration, he has not found a job and has no money to start his own business.

    “We, the youth, we have no job. What we have is cultism (occult gangs),” Tike says.

    “People see it as a way of getting money, an excuse for getting into crime.”

    Since last year, when Nigeria was still in its longest economic recession in decades, crime has increased in the state of Edo, according to official data.

    “Returnees are seen as people who are coming to cause problems in the community,” laments Lilian Garuba, of the Special Force against Illegal Migration.

    “They see them as failure, and not for what they are: victims.”

    – Debt spiral -

    Peter, 24, was arrested a few days after his return.

    His mother had borrowed money from a neighbourhood lender to raise the 1,000 euros needed to pay his smuggler.

    “As soon as he heard I was back, he came to see her. She couldn’t pay (the debt), so I was arrested by the police,” he told AFP, still shaking.

    Financially crippled, his mother had to borrow more money from another lender to pay off her debts.

    Peter’s last trip was already his second attempt.

    “When I first came back from Libya, I thought I was going to try another country. I tried, but in Morocco it was even worse and thank God I was able to return to Nigeria,” he said, three weeks after getting back.

    “Now I have nothing, nothing,” he said, his voice breaking.

    “All I think about is ’kill yourself’, but what would I gain from it? I can’t do that to my mother.”

    https://www.dailymail.co.uk/wires/afp/article-7471729/Nigerian-migrants-struggle-reintegrate-Libya-ordeal.html
    #réintégration #Nigeria #asile #Libye #retour_volontaire #retour_au_pays #renvois #expulsions #migrations #réfugiés #Assisted_Return_and_Reintegration_Programmes
    ping @isskein @_kg_

    • Au Nigeria, la difficile réintégration des migrants rapatriés au lendemain du cauchemar libyen

      Après avoir été la proie des passeurs dans l’espoir d’une traversée pour l’Europe, 14 000 Nigérians sont revenus au pays, où ils sont souvent stigmatisés et rejetés.

      Gloria se considère comme une « privilégiée ». Elle est partie avec quatre autres filles vers l’Europe, mais, après avoir vécu l’enfer pendant près d’un an bloquée en Libye, elle est la seule à avoir été rapatriée au Nigeria. Trois de ses amies sont mortes pendant le voyage.

      La jeune femme de 26 ans a même trouvé un petit boulot de retour à Benin City, grâce à un programme de formation mis en place par l’Etat d’Edo, une région du sud du Nigeria d’où partent encore la majorité des candidats nigérians à l’exil.

      Gloria rêvait de devenir styliste. A la place, elle coud des survêtements synthétiques à la chaîne dans un atelier miteux pour 15 000 nairas par mois (40 euros), mais « remercie Dieu d’avoir un travail ».

      « Après avoir payé le transport pour rentrer à la maison, il ne reste presque rien, assure Gloria, dans un joli tee-shirt jaune. Mais je ne me plains pas. Je ne veux pas en demander trop. J’ai juste besoin d’un toit et de quoi manger », confie-t-elle.
      « Ne pas en demander trop »

      Comme beaucoup parmi les 14 000 jeunes Nigérians rentrés de Libye depuis 2017, Gloria « ne “veut” pas en demander trop ». Elle s’en veut encore d’avoir un jour osé rêver que la vie pouvait être meilleure ailleurs, et d’avoir cru naïvement des passeurs promettant de rejoindre l’Europe en moins de deux semaines.

      La plupart des Nigérians rapatriés via le programme de retour volontaire des Nations unies ont entre 17 et 35 ans et sont sans diplôme. Pendant des mois, et pour certains des années, ils sont restés bloqués en Libye, vendus, maltraités, extorqués par leurs passeurs, et incapables de traverser la Méditerranée avec le durcissement des politiques d’immigration de l’Union européenne.

      De retour dans leur pays d’origine, ils se retrouvent souvent confrontés à une vie encore plus difficile que lorsqu’ils sont partis : criblés de dettes, sans emploi, brisés par les tortures de leurs trafiquants et par leurs rêves échoués.

      Un rapport de Human Rights Watch publié le 27 août dénonce l’état terrible des « survivants de la traite » à leur retour. Beaucoup souffrent notamment de « troubles psychologiques graves », de « problèmes de santé et sont stigmatisés ». Les quelques centres ou associations qui existent pour s’occuper d’eux disposent de très peu d’aide financière et « sont incapables de répondre aux besoins des survivants sur le long terme ».

      L’Etat d’Edo, qui a dû accueillir à lui seul 4 800 des 14 000 rapatriés nigérians depuis 2017, a mis en place un rare programme de soutien pour ces populations extrêmement vulnérables : un transport gratuit à leur descente de l’avion de l’aéroport de Lagos jusqu’à Benin City, deux nuits d’hôtel, une heure de soutien psychologique et une allocation d’une centaine d’euros environ. C’est une goutte d’eau pour affronter une nouvelle vie, mais assez pour alimenter les jalousies dans un pays où les aides d’Etat sont quasiment inexistantes et où 83 millions de personnes vivent sous le seuil de l’extrême pauvreté (1,90 dollar par jour et par personne).
      « Retrouver la vie »

      La société les montre du doigt et les surnomme avec dédain les « retournés » ou les « déportés ». « Les gens disent que les “retournés” ont des traitements préférentiels », explique Ukinebo Dare, responsable du programme Edo Innovates de formation professionnelle ouvert à tous à Benin City. Il en fait la visite guidée : des salles de classe ultra modernes où des étudiants apprennent à « coder », à faire de la photographie, à monter une petite entreprise ou le B.A. ba du marketing.

      « Nous veillons à les mélanger avec d’autres jeunes. Nous ne voulons pas qu’ils soient stigmatisés, explique la jeune femme. C’est une priorité d’offrir des formations pour tous les jeunes, car ce sont autant de potentiels migrants. »

      Selon le Bureau national des statistiques, 55 % des moins de 35 ans n’avaient pas d’emploi au Nigeria fin 2018. Des chiffres particulièrement inquiétants dans ce pays qui a l’une des croissances démographiques les plus élevées au monde.

      Tike, lui, avait un petit boulot avant de tenter de gagner l’Europe en février 2017. « Quand je pense au passé, j’ai envie de pleurer », lâche-t-il dans son minuscule appartement où il vit avec sa petite amie, elle aussi de retour de Libye, et leur fille de 4 mois. Tike est rentré « physiquement » en décembre 2017. Son esprit, lui, était encore « là-haut », paralysé dans la « paranoïa » et les « traumas », confie-t-il.

      Mais quelques mois plus tard, sans aucun soutien psychologique, il a « retrouvé la vie », comme il dit, et a décidé de suivre une formation en boucherie. Cela fait plus d’un an qu’il a monté des dossiers auprès de diverses organisations d’aide à la réintégration, dont l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), mais il n’a pas trouvé d’emploi et n’a aucun argent pour démarrer sa propre société. « Beaucoup de jeunes se tournent vers les “cultes”, les gangs locaux, reconnaît Tike. Ils sont facilement recrutés par les mafias qui leur promettent un peu d’argent. »
      Spirale de pauvreté

      Depuis l’année 2018, une période très difficile économiquement pour le pays, la criminalité a augmenté dans l’Etat d’Edo, selon les données officielles. « Les “retournés” sont tenus pour responsables, regrette Lilian Garuba, de la Force spéciale contre la migration illégale, une antenne contre le trafic des êtres humains mise en place par l’Etat d’Edo. La société les perçoit comme des problèmes et non pour ce qu’ils sont : des victimes. »

      Peter, 24 ans, a été arrêté quelques jours après son retour. Sa mère avait emprunté de l’argent à un créancier du quartier pour réunir le millier d’euros nécessaire afin de payer les passeurs. « Dès qu’il a entendu dire que j’étais revenu, il a menacé ma famille. La police est venue m’arrêter », raconte-t-il à l’AFP, encore tremblant.

      Sa mère a dû réemprunter de l’argent à un autre créancier pour éponger ses dettes. Une spirale de pauvreté dont Peter ne sait comment s’extraire, sauf peut-être en rêvant, encore et toujours de l’Europe. Il en est déjà à deux tentatives infructueuses.
      « Quand je suis rentré la première fois de Libye, je me suis dit que j’allais essayer en passant par un autre pays. Mais au Maroc, c’était encore pire et, grâce à Dieu j’ai pu rentrer au Nigeria. » C’était il y a quelques semaines. « Depuis je n’ai plus rien, rien, lâche-t-il la gorge nouée. Une voix à l’intérieur de moi me dit “Tue-toi, finis-en !” Mais bon… Ça servirait à quoi ? Je ne peux pas faire ça à ma mère. »

      https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/09/20/au-nigeria-la-reintegration-difficile-des-migrants-rapatries-au-lendemain-du

      #pauvreté #OIM #IOM

  • Le Niger, #nouvelle frontière de l’Europe et #laboratoire de l’asile

    Les politiques migratoires européennes, toujours plus restrictives, se tournent vers le Sahel, et notamment vers le Niger – espace de transit entre le nord et le sud du Sahara. Devenu « frontière » de l’Europe, environné par des pays en conflit, le Niger accueille un nombre important de réfugiés sur son sol et renvoie ceux qui n’ont pas le droit à cette protection. Il ne le fait pas seul. La présence de l’Union européenne et des organisations internationales est visible dans le pays ; des opérations militaires y sont menées par des armées étrangères, notamment pour lutter contre la pression terroriste à ses frontières... au risque de brouiller les cartes entre enjeux sécuritaires et enjeux humanitaires.

    On confond souvent son nom avec celui de son voisin anglophone, le Nigéria, et peu de gens savent le placer sur une carte. Pourtant, le Niger est un des grands pays du Sahel, cette bande désertique qui court de l’Atlantique à la mer Rouge, et l’un des rares pays stables d’Afrique de l’Ouest qui offrent encore une possibilité de transit vers la Libye et la Méditerranée. Environné par des pays en conflit ou touchés par le terrorisme de Boko Haram et d’autres groupes, le Niger accueille les populations qui fuient le Mali et la région du lac Tchad et celles évacuées de Libye.

    « Dans ce contexte d’instabilité régionale et de contrôle accru des déplacements, la distinction entre l’approche sécuritaire et l’approche humanitaire s’est brouillée », explique la chercheuse Florence Boyer, fellow de l’Institut Convergences Migrations, actuellement accueillie au Niger à l’Université Abdou Moumouni de Niamey. Géographe et anthropologue (affiliée à l’Urmis au sein de l’IRD, l’Institut de recherche pour le Développement), elle connaît bien le Niger, où elle se rend régulièrement depuis vingt ans pour étudier les migrations internes et externes des Nigériens vers l’Algérie ou la Libye voisines, au nord, et les pays du Golfe de Guinée, au sud et à l’ouest. Sa recherche porte actuellement sur le rôle que le Niger a accepté d’endosser dans la gestion des migrations depuis 2014, à la demande de plusieurs membres de l’Union européenne (UE) pris dans la crise de l’accueil des migrants.
    De la libre circulation au contrôle des frontières

    « Jusqu’à 2015, le Niger est resté cet espace traversé par des milliers d’Africains de l’Ouest et de Nigériens remontant vers la Libye sans qu’il y ait aucune entrave à la circulation ou presque », raconte la chercheuse. La plupart venaient y travailler. Peu tentaient la traversée vers l’Europe, mais dès le début des années 2000, l’UE, Italie en tête, cherche à freiner ce mouvement en négociant avec Kadhafi, déplaçant ainsi la frontière de l’Europe de l’autre côté de la Méditerranée. La chute du dictateur libyen, dans le contexte des révolutions arabes de 2011, bouleverse la donne. Déchirée par une guerre civile, la Libye peine à retenir les migrants qui cherchent une issue vers l’Europe. Par sa position géographique et sa relative stabilité, le Niger s’impose progressivement comme un partenaire de la politique migratoire de l’UE.

    « Le Niger est la nouvelle frontière de l’Italie. »

    Marco Prencipe, ambassadeur d’Italie à Niamey

    Le rôle croissant du Niger dans la gestion des flux migratoires de l’Afrique vers l’Europe a modifié les parcours des migrants, notamment pour ceux qui passent par Agadez, dernière ville du nord avant la traversée du Sahara. Membre du Groupe d’études et de recherches Migrations internationales, Espaces, Sociétés (Germes) à Niamey, Florence Boyer observe ces mouvements et constate la présence grandissante dans la capitale nigérienne du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale des migrations (OIM) chargée, entre autres missions, d’assister les retours de migrants dans leur pays.

    https://www.youtube.com/watch?v=dlIwqYKrw7c

    « L’île de Lampedusa se trouve aussi loin du Nord de l’Italie que de la frontière nigérienne, note Marco Prencipe, l’ambassadeur d’Italie à Niamey, le Niger est la nouvelle frontière de l’Italie. » Une affirmation reprise par plusieurs fonctionnaires de la délégation de l’UE au Niger rencontrés par Florence Boyer et Pascaline Chappart. La chercheuse, sur le terrain à Niamey, effectue une étude comparée sur des mécanismes d’externalisation de la frontière au Niger et au Mexique. « Depuis plusieurs années, la politique extérieure des migrations de l’UE vise à délocaliser les contrôles et à les placer de plus en plus au sud du territoire européen, explique la postdoctorante à l’IRD, le mécanisme est complexe : les enjeux pour l’Europe sont à la fois communautaires et nationaux, chaque État membre ayant sa propre politique ».

    En novembre 2015, lors du sommet euro-africain de La Valette sur la migration, les autorités européennes lancent le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique « en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique ». Doté à ce jour de 4,2 milliards d’euros, le FFUA finance plusieurs types de projets, associant le développement à la sécurité, la gestion des migrations à la protection humanitaire.

    Le président nigérien considère que son pays, un des plus pauvres de la planète, occupe une position privilégiée pour contrôler les migrations dans la région. Le Niger est désormais le premier bénéficiaire du Fonds fiduciaire, devant des pays de départ comme la Somalie, le Nigéria et surtout l’Érythrée d’où vient le plus grand nombre de demandeurs d’asile en Europe.

    « Le Niger s’y retrouve dans ce mélange des genres entre lutte contre le terrorisme et lutte contre l’immigration “irrégulière”. »

    Florence Boyer, géographe et anthropologue

    Pour l’anthropologue Julien Brachet, « le Niger est peu à peu devenu un pays cobaye des politiques anti-migrations de l’Union européenne, (...) les moyens financiers et matériels pour lutter contre l’immigration irrégulière étant décuplés ». Ainsi, la mission européenne EUCAP Sahel Niger a ouvert une antenne permanente à Agadez en 2016 dans le but d’« assister les autorités nigériennes locales et nationales, ainsi que les forces de sécurité, dans le développement de politiques, de techniques et de procédures permettant d’améliorer le contrôle et la lutte contre les migrations irrégulières ».

    « Tout cela ne serait pas possible sans l’aval du Niger, qui est aussi à la table des négociations, rappelle Florence Boyer. Il ne faut pas oublier qu’il doit faire face à la pression de Boko Haram et d’autres groupes terroristes à ses frontières. Il a donc intérêt à se doter d’instruments et de personnels mieux formés. Le Niger s’y retrouve dans ce mélange des genres entre la lutte contre le terrorisme et la lutte contre l’immigration "irrégulière". »

    Peu avant le sommet de La Valette en 2015, le Niger promulgue la loi n°2015-36 sur « le trafic illicite de migrants ». Elle pénalise l’hébergement et le transport des migrants ayant l’intention de franchir illégalement la frontière. Ceux que l’on qualifiait jusque-là de « chauffeurs » ou de « transporteurs » au volant de « voitures taliban » (des 4x4 pick-up transportant entre 20 et 30 personnes) deviennent des « passeurs ». Une centaine d’arrestations et de saisies de véhicules mettent fin à ce qui était de longue date une source légale de revenus au nord du Niger. « Le but reste de bloquer la route qui mène vers la Libye, explique Pascaline Chappart. L’appui qu’apportent l’UE et certains pays européens en coopérant avec la police, les douanes et la justice nigérienne, particulièrement en les formant et les équipant, a pour but de rendre l’État présent sur l’ensemble de son territoire. »

    Des voix s’élèvent contre ces contrôles installés aux frontières du Niger sous la pression de l’Europe. Pour Hamidou Nabara de l’ONG nigérienne JMED (Jeunesse-Enfance-Migration-Développement), qui lutte contre la pauvreté pour retenir les jeunes désireux de quitter le pays, ces dispositifs violent le principe de la liberté de circulation adopté par les pays d’Afrique de l’Ouest dans le cadre de la Cedeao. « La situation des migrants s’est détériorée, dénonce-t-il, car si la migration s’est tarie, elle continue sous des voies différentes et plus dangereuses ». La traversée du Sahara est plus périlleuse que jamais, confirme Florence Boyer : « Le nombre de routes s’est multiplié loin des contrôles, mais aussi des points d’eau et des secours. À ce jour, nous ne disposons pas d’estimations solides sur le nombre de morts dans le désert, contrairement à ce qui se passe en Méditerranée ».

    Partenaire de la politique migratoire de l’Union européenne, le Niger a également développé une politique de l’asile. Il accepte de recevoir des populations en fuite, expulsées ou évacuées des pays voisins : les expulsés d’Algérie recueillis à la frontière, les rapatriés nigériens dont l’État prend en charge le retour de Libye, les réfugiés en lien avec les conflits de la zone, notamment au Mali et dans la région du lac Tchad, et enfin les personnes évacuées de Libye par le HCR. Le Niger octroie le statut de réfugié à ceux installés sur son sol qui y ont droit. Certains, particulièrement vulnérables selon le HCR, pourront être réinstallés en Europe ou en Amérique du Nord dans des pays volontaires.
    Une plateforme pour la « réinstallation »
    en Europe et en Amérique

    Cette procédure de réinstallation à partir du Niger n’a rien d’exceptionnel. Les Syriens réfugiés au Liban, par exemple, bénéficient aussi de l’action du HCR qui les sélectionne pour déposer une demande d’asile dans un pays dit « sûr ». La particularité du Niger est de servir de plateforme pour la réinstallation de personnes évacuées de Libye. « Le Niger est devenu une sorte de laboratoire de l’asile, raconte Florence Boyer, notamment par la mise en place de l’Emergency Transit Mechanism (ETM). »

    L’ETM, proposé par le HCR, est lancé en août 2017 à Paris par l’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Italie — côté UE — et le Niger, le Tchad et la Libye — côté africain. Ils publient une déclaration conjointe sur les « missions de protection en vue de la réinstallation de réfugiés en Europe ». Ce dispositif se présente comme le pendant humanitaire de la politique de lutte contre « les réseaux d’immigration économique irrégulière » et les « retours volontaires » des migrants irréguliers dans leur pays effectués par l’OIM. Le processus s’accélère en novembre de la même année, suite à un reportage de CNN sur des cas d’esclavagisme de migrants en Libye. Fin 2017, 3 800 places sont promises par les pays occidentaux qui participent, à des degrés divers, à ce programme d’urgence. Le HCR annonce 6 606 places aujourd’hui, proposées par 14 pays européens et américains1.

    Trois catégories de personnes peuvent bénéficier de la réinstallation grâce à ce programme : évacués d’urgence depuis la Libye, demandeurs d’asile au sein d’un flux dit « mixte » mêlant migrants et réfugiés et personnes fuyant les conflits du Mali ou du Nigéria. Seule une minorité aura la possibilité d’être réinstallée depuis le Niger vers un pays occidental. Le profiling (selon le vocabulaire du HCR) de ceux qui pourront bénéficier de cette protection s’effectue dès les camps de détention libyens. Il consiste à repérer les plus vulnérables qui pourront prétendre au statut de réfugié et à la réinstallation.

    Une fois évacuées de Libye, ces personnes bénéficient d’une procédure accélérée pour l’obtention du statut de réfugié au Niger. Elles ne posent pas de problème au HCR, qui juge leur récit limpide. La Commission nationale d’éligibilité au statut des réfugiés (CNE), qui est l’administration de l’asile au Niger, accepte de valider la sélection de l’organisation onusienne. Les réfugiés sont pris en charge dans le camp du HCR à Hamdallaye, construit récemment à une vingtaine de kilomètres de la capitale nigérienne, le temps que le HCR prépare la demande de réinstallation dans un pays occidental, multipliant les entretiens avec les réfugiés concernés. Certains pays, comme le Canada ou la Suède, ne mandatent pas leurs services sur place, déléguant au HCR la sélection. D’autres, comme la France, envoient leurs agents pour un nouvel entretien (voir ce reportage sur la visite de l’Ofpra à Niamey fin 2018).

    Parmi les évacués de Libye, moins des deux tiers sont éligibles à une réinstallation dans un pays dit « sûr ».

    Depuis deux ans, près de 4 000 personnes ont été évacuées de Libye dans le but d’être réinstallées, selon le HCR (5 300 autres ont été prises en charge par l’OIM et « retournées » dans leur pays). Un millier ont été évacuées directement vers l’Europe et le Canada et près de 3 000 vers le Niger. C’est peu par rapport aux 50 800 réfugiés et demandeurs d’asile enregistrés auprès de l’organisation onusienne en Libye au 12 août 2019. Et très peu sur l’ensemble des 663 400 migrants qui s’y trouvent selon l’OIM. La guerre civile qui déchire le pays rend la situation encore plus urgente.

    Parmi les personnes évacuées de Libye vers le Niger, moins des deux tiers sont éligibles à une réinstallation dans un pays volontaire, selon le HCR. À ce jour, moins de la moitié ont été effectivement réinstallés, notamment en France (voir notre article sur l’accueil de réfugiés dans les communes rurales françaises).

    Malgré la publicité faite autour du programme de réinstallation, le HCR déplore la lenteur du processus pour répondre à cette situation d’urgence. « Le problème est que les pays de réinstallation n’offrent pas de places assez vite, regrette Fatou Ndiaye, en charge du programme ETM au Niger, alors que notre pays hôte a négocié un maximum de 1 500 évacués sur son sol au même moment. » Le programme coordonné du Niger ne fait pas exception : le HCR rappelait en février 2019 que, sur les 19,9 millions de réfugiés relevant de sa compétence à travers le monde, moins d’1 % sont réinstallés dans un pays sûr.

    Le dispositif ETM, que le HCR du Niger qualifie de « couloir de l’espoir », concerne seulement ceux qui se trouvent dans un camp accessible par l’organisation en Libye (l’un d’eux a été bombardé en juillet dernier) et uniquement sept nationalités considérées par les autorités libyennes (qui n’ont pas signé la convention de Genève) comme pouvant relever du droit d’asile (Éthiopiens Oromo, Érythréens, Iraquiens, Somaliens, Syriens, Palestiniens et Soudanais du Darfour).

    « Si les portes étaient ouvertes dès les pays d’origine, les gens ne paieraient pas des sommes astronomiques pour traverser des routes dangereuses. »

    Pascaline Chappart, socio-anthropologue

    En décembre 2018, des Soudanais manifestaient devant les bureaux d’ETM à Niamey pour dénoncer « un traitement discriminatoire (...) par rapport aux Éthiopiens et Somaliens » favorisés, selon eux, par le programme. La représentante du HCR au Niger a répondu à une radio locale que « la plupart de ces Soudanais [venaient] du Tchad où ils ont déjà été reconnus comme réfugiés et que, techniquement, c’est le Tchad qui les protège et fait la réinstallation ». C’est effectivement la règle en matière de droit humanitaire mais, remarque Florence Boyer, « comment demander à des réfugiés qui ont quitté les camps tchadiens, pour beaucoup en raison de l’insécurité, d’y retourner sans avoir aucune garantie ? ».

    La position de la France

    La question du respect des règles en matière de droit d’asile se pose pour les personnes qui bénéficient du programme d’urgence. En France, par exemple, pas de recours possible auprès de l’Ofpra en cas de refus du statut de réfugié. Pour Pascaline Chappart, qui achève deux ans d’enquêtes au Niger et au Mexique, il y a là une part d’hypocrisie : « Si les portes étaient ouvertes dès les pays d’origine, les gens ne paieraient pas des sommes astronomiques pour traverser des routes dangereuses par la mer ou le désert ». « Il est quasiment impossible dans le pays de départ de se présenter aux consulats des pays “sûrs” pour une demande d’asile », renchérit Florence Boyer. Elle donne l’exemple de Centre-Africains qui ont échappé aux combats dans leur pays, puis à la traite et aux violences au Nigéria, en Algérie puis en Libye, avant de redescendre au Niger : « Ils auraient dû avoir la possibilité de déposer une demande d’asile dès Bangui ! Le cadre législatif les y autorise. »

    En ce matin brûlant d’avril, dans le camp du HCR à Hamdallaye, Mebratu2, un jeune Érythréen de 26 ans, affiche un large sourire. À l’ombre de la tente qu’il partage et a décorée avec d’autres jeunes de son pays, il annonce qu’il s’envolera le 9 mai pour Paris. Comme tant d’autres, il a fui le service militaire à vie imposé par la dictature du président Issayas Afeworki. Mebratu était convaincu que l’Europe lui offrirait la liberté, mais il a dû croupir deux ans dans les prisons libyennes. S’il ne connaît pas sa destination finale en France, il sait d’où il vient : « Je ne pensais pas que je serais vivant aujourd’hui. En Libye, on pouvait mourir pour une plaisanterie. Merci la France. »

    Mebratu a pris un vol pour Paris en mai dernier, financé par l’Union européenne et opéré par l’#OIM. En France, la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal) confie la prise en charge de ces réinstallés à 24 opérateurs, associations nationales ou locales, pendant un an. Plusieurs départements et localités françaises ont accepté d’accueillir ces réfugiés particulièrement vulnérables après des années d’errance et de violences.

    Pour le deuxième article de notre numéro spécial de rentrée, nous nous rendons en Dordogne dans des communes rurales qui accueillent ces « réinstallés » arrivés via le Niger.

    http://icmigrations.fr/2019/08/30/defacto-10
    #externalisation #asile #migrations #réfugiés #frontières #Europe #UE #EU #sécuritaire #humanitaire #approche_sécuritaire #approche_humanitaire #libre_circulation #fermeture_des_frontières #printemps_arabe #Kadhafi #Libye #Agadez #parcours_migratoires #routes_migratoires #HCR #OIM #IOM #retour_au_pays #renvois #expulsions #Fonds_fiduciaire #Fonds_fiduciaire_d'urgence_pour_l'Afrique #FFUA #développement #sécurité #EUCAP_Sahel_Niger #La_Valette #passeurs #politique_d'asile #réinstallation #hub #Emergency_Transit_Mechanism (#ETM) #retours_volontaires #profiling #tri #sélection #vulnérabilité #évacuation #procédure_accélérée #Hamdallaye #camps_de_réfugiés #ofpra #couloir_de_l’espoir

    co-écrit par @pascaline

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    Ajouté à la métaliste sur l’externalisation des frontières :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765325

  • #Frontex : A harder border, sooner

    European leaders have already agreed to a massive boost for the border protection agency, Frontex. The incoming head of the European Commission, #Ursula_von_der_Leyen, wants to bring forward the expansion.

    Europe needs more people guarding its borders and sooner rather than later. Soon after she was elected in July, the European Commission’s next president, Ursula von der Leyen, declared that the reform of Europe’s border and coast guard agency should be brought forward three years, to 2024. The former German defense minister repeated the call during a visit this week to Bulgaria which shares a border with Turkey and counts Frontex as an ally.

    Expansion plans

    The European Commission announced in September 2018, two years after Frontex came into being as a functioning border and coast guard agency, that the organization would be expanded. Then president, Jean-Claude Juncker, proposed that 8,400 more border guards be recruited, in addition to the existing 1,500. “External borders must be protected more effectively,” Juncker said.

    In May this year, the European Commissioner for Migration, Dimitiris Avramopoulos, confirmed that 10,000 armed guards would be deployed by 2027 to patrol the EU’s land and sea borders and significantly strengthen the existing force.

    The EU guards would intercept new arrivals, stop unauthorized travel and accelerate the return of people whose asylum claim had failed, according to the IPS news agency. The guards would also be able to operate outside Europe, with the consent of the third country governments.

    “The agency will better and more actively support member states in the area of return in order to improve the European Union’s response to persisting migratory challenges,” Avramopoulos said.

    What does Frontex do?

    Frontex was set up in 2004 to support the EU control its external land, air and sea borders. In 2016 it was overhauled and in 2018 received a budget of 320 million euros. The agency coordinates the deployment of border guards, boats and helicopters where they are needed to tackle “migratory pressure.”

    Frontex assesses how ready each EU member state is to face challenges at its external borders. It coordinates a pool of border guards, provided by member states, to be deployed quickly at the external borders.

    The agency’s other main functions are to help with forced returns of migrants and organize voluntary departures from Europe. It also collects and shares information related to migrant smuggling, trafficking and terrorism.

    Misguided approach

    While the Frontex approach of strengthening border controls has been welcomed by many of Europe’s leaders, some say this law-and-order solution does not work. Instead, civil society, human rights groups and other critics say hardening borders simply forces migrants to switch to new and often more dangerous routes.

    As Frontex itself said earlier this year, there is no longer a “burning crisis” of migration in Europe (https://www.infomigrants.net/en/post/18486/improved-chances-of-asylum-seekers-in-germany-entering-job-market?ref=), as the number of migrants and refugees reaching the continent has dropped dramatically. Yet the risks of dying in the attempt to reach Europe, especially in the Mediterranean, have risen for the past four consecutive years. Part of Frontex’ mandate is to save lives at sea, but critics (https://www.ecfr.eu/article/commentary_back_to_frontex_europes_misguided_migration_policy) say its raison d’etre is the protection of borders, not the protection of lives.

    Abuse claims

    In August, media reports claimed that Frontex border guards had tolerated violence against migrants and were themselves responsible for inhumane treatment of refugees and asylum seekers. Frontex denied that any of its officers had violated human rights (https://www.infomigrants.net/en/post/18676/frontex-denies-involvement-in-human-rights-violations). A spokesperson for the European Commission, Mina Andreeva, said the allegations would be followed up.

    https://www.infomigrants.net/en/post/19415/frontex-a-harder-border-sooner
    #asile #migrations #réfugiés #frontières #UE #EU #fermeture_des_frontières #renvois #expulsions #machine_à_expulser #déboutés #externalisation #externalisation_des_frontières #frontières_extérieures #retours_volontaires

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  • La #France projette d’expulser deux ressortissants afghans vers Kaboul

    InfoMigrants a appris l’expulsion programmée de deux migrants afghans de la France vers l’Afghanistan en septembre. Il pourrait s’agir d’une première pour 2019. Paris « entend augmenter » les renvois de ressortissants afghans cette année.

    Deux migrants afghans actuellement en centre de rétention administrative (CRA) au Mesnil-Amelot (région parisienne) et à Rennes (Bretagne) sont sous le coup d’un arrêté d’expulsion vers l’Afghanistan a appris InfoMigrants auprès de sources gouvernementales afghanes. Leur éloignement doit avoir lieu les 7 et 18 septembre, a confirmé la Cimade présente dans ces deux CRA.

    Si ces deux expulsions vers Kaboul ont bien lieu, il s’agirait des premiers renvois forcés vers l’Afghanistan - dont on ait connaissance - pour l’année 2019. Jusqu’ici les seuls chiffres rendus publics dans un rapport sénatorial faisaient état de « moins de 20 expulsions vers l’Afghanistan en 2018 ».

    La France « entend augmenter » les expulsions en 2019

    Ces nouvelles expulsions pourraient marquer un tournant dans la politique française de renvois forcés vers Kaboul. D’autant qu’elles coïncident avec l’examen par l’Assemblée nationale le 18 septembre d’un projet de loi visant à ratifier un accord entre l’Union européenne et l’Afghanistan.

    L’article 28 de cet accord comporte un volet sur la coopération en matière d’immigration en vue « d’empêcher les flux irréguliers », relève Lola Schulmann, responsable de la question des migrants et des réfugiés à Amnesty International. L’ONG craint que ce dispositif ne facilite les renvois forcés de ressortissants afghans.

    Des craintes justifiées, puisque lors de la présentation de l’accord au Sénat, le rapporteur du projet de loi a expliqué que la France « entend[ait] augmenter » ces renvois forcés en 2019.

    Une situation sécuritaire dégradée en Afghanistan

    « La situation en Afghanistan est toujours aussi catastrophique pour les civils et empêche de considérer le pays comme sûr. Dans un tel contexte, les renvois forcés d’Afghans sont illégaux et violent le principe de non refoulement, lequel interdit tout renvoi d’une personne qui l’exposerait à des violations graves de ses droits », avait pourtant alerté Amnesty, aux côtés de la Cimade en juin.

    Il en va de même pour ces deux nouveaux cas. Les conditions sécuritaires déjà désastreuses continuent de se dégrader en Afghanistan. « L’Afghanistan est l’un des pays les plus touchés au monde par le terrorisme. Environ 2 000 incidents de sécurité sont comptabilisés chaque mois dans le pays », indique le ministère des Affaires étrangères français sur son site.

    Près de 1 692 civils ont été tués dans des attentats l’an dernier, recense l’ONU qui comptabilise les victimes. Ainsi 2018 marque l’année la plus meurtrière pour les civils afghans depuis 2009.

    Face à cette situation, la Cimade et Amnesty internationale réclament un moratoire de la France sur les renvois forcés de ressortissants afghans vers Kaboul. En attendant, ces associations continuent d’alerter les autorités françaises sur les cas individuels qui lui sont signalés. Elles ont saisi le ministère de l’Intérieur pour les deux Afghans menacés d’expulsion en septembre.

    Contacté par InfoMigrants, le ministère de l’Intérieur n’a, pour l’heure, pas répondu à nos sollicitations.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/19304/la-france-projette-d-expulser-deux-ressortissants-afghans-vers-kaboul?
    #Afghanistan #renvois #expulsions #asile #migrations #réfugiés #réfugiés_afghans

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  • Expulsé, un étudiant palestinien de Harvard revient aux États-Unis à temps pour le début des cours
    Middle East Eye, le 3 septembre 2019
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2019/09/04/expulse-un-etudiant-palestinien-de-harvard-revient-aux-etats-un

    Une pétition en ligne lancée par des étudiants de Harvard et demandant qu’Ajjawi soit autorisé à rentrer aux États-Unis avait recueilli lundi près de 8 000 signatures.

    « Face à la rhétorique raciste de ce gouvernement concernant les migrations, nous souhaitons que le Congrès mène une action pour assurer la sûreté et la sécurité de tous les migrants », lisait-on dans cette pétition.

    « Il est particulièrement important de reconnaître que les réfugiés palestiniens constituent une des populations les plus visées par des politiques d’immigration inhumaines. »

    Suite de :
    https://seenthis.net/messages/798856
    https://seenthis.net/messages/799362

    #mot_de_passe #israel #USA #Liban #Palestine #Harvard #surveillance #réseaux_sociaux #Expulsion #Frontière #frontières #expulsions_frontières #Ismail_Ajjaoui

  • USA : un étudiant palestinien a vu son visa révoqué après la fouille de ses réseaux sociaux
    Belga – Publié le mercredi 28 août 2019
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_usa-un-etudiant-palestinien-a-vu-son-visa-revoque-apres-la-fouille-de-se

    Ismaïl Ajjaoui, qui vit au Liban, a déclaré au journal étudiant The Harvard Crimson qu’à son arrivée vendredi à l’aéroport de Boston, la police l’avait interrogé durant huit heures, et lui avait notamment demandé sa religion.

    Après avoir fouillé son téléphone et son ordinateur portable pendant cinq heures, une policière « a commencé à me crier dessus », a-t-il raconté. « Elle a dit qu’elle avait trouvé des gens parmi ma liste d’amis qui postaient des opinions politiques opposées aux Etats-Unis », a-t-il ajouté.

    Le jeune étudiant de 17 ans assure avoir fait valoir qu’il n’avait lui-même jamais exprimé ses propres opinions politiques sur les réseaux sociaux. Malgré cela, son visa a été révoqué et il a été renvoyé chez lui, a-t-il rapporté.

    #Frontières

  • Réfugiés : du #Niger à la #Dordogne

    La France a adhéré en 2017 à l’#Emergency_Transit_Mechanism, programme humanitaire exceptionnel permettant à des réfugiés évacués d’urgence de #Libye (reconnus « particulièrement vulnérables ») d’être pris en charge dès le Niger, et réinstallés dans des #pays_sûrs. Comment cela passe-t-il aujourd’hui ?

    De nouveaux naufrages cette semaine au large de la Libye nous rappellent à quel point est éprouvant et risqué le périple de ceux qui tentent de rejoindre l’Europe après avoir fui leur pays. Partagée entre des élans contradictoires, compassion et peur de l’invasion, les pays de l’Union européenne ont durci leur politique migratoire, tout en assurant garantir le droit d’asile aux réfugiés. C’est ainsi que la #France a adhéré à l’Emergency Transit Mechanism (#ETM), imaginé par le #HCR fin 2017, avec une étape de transit au Niger.

    Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) réinstalle chaque années des réfugiés présents dans ses #camps (Liban, Jordanie, Tchad ou encore Niger) dans des pays dits ‘sûrs’ (en Europe et Amérique du Nord). La réinstallation est un dispositif classique du HCR pour des réfugiés « particulièrement vulnérables » qui, au vu de la situation dans leur pays, ne pourront pas y retourner.

    Au Niger, où se rend ce Grand Reportage, cette procédure est accompagnée d’un dispositif d’#évacuation_d’urgence des #prisons de Libye. L’Emergency Transit Mechanism (ETM) a été imaginé par le HCR fin 2017, avec une étape de #transit au Niger. Nouvelle frontière de l’Europe, pour certains, le pays participe à la #sélection entre migrants et réfugiés, les migrants étant plutôt ‘retournés’ chez eux par l’Organisation Internationale des Migrants (#OIM).

    Sur 660 000 migrants et 50 000 réfugiés (placés sous mandat HCR) présents en Libye, 6 600 personnes devraient bénéficier du programme ETM sur deux ans.

    La France s’est engagé à accueillir 10 000 réinstallés entre septembre 2017 et septembre 2019. 7 000 Syriens ont déjà été accueillis dans des communes qui se portent volontaires. 3 000 Subsahariens, dont une majorité évacués de Libye, devraient être réinstallés d’ici le mois de décembre.

    En Dordogne, où se rend ce Grand Reportage, des communes rurales ont fait le choix d’accueillir ces réfugiés souvent abîmés par les violences qu’ils ont subis. Accompagnés pendant un an par des associations mandatées par l’Etat, les réfugiés sont ensuite pris en charge par les services sociaux locaux, mais le rôle des bénévoles reste central dans leur installation en France.

    Comment tout cela se passe-t-il concrètement ? Quel est le profil des heureux élus ? Et quelle réalité les attend ? L’accompagnement correspond-il à leurs besoins ? Et parviennent-ils à s’intégrer dans ces villages français ?

    https://www.franceculture.fr/emissions/grand-reportage/refugies-du-niger-a-la-dordogne
    #audio #migrations #asile #réfugiés #réinstallation #vulnérabilité #retour_volontaire #IOM #expulsions #renvois #externalisation #tri #rural #ruralité #accueil
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  • Kenya’s Embobut Forest: Attacks and evictions in the name of conservation?

    The #Sengwer Indigenous people have lived in the #Embobut Forest in the North Rift Valley of Kenya for centuries. They are now being forced from their land in the name of conservation. More than 2,000 homes have been burnt down and 5,000 people evicted. After a Sengwer herder was killed the European Union was forced to withdraw funding for conservation projects in the area. Pablo Orosa reports.


    https://lacuna.org.uk/environment/kenya-embobut-forest
    #Kenya #forêt #expulsions #attaques #conservation #conservation_de_la_nature #peuples_autochtones #expulsions

    ping @odilon

  • Incoming Harvard Freshman Deported After Visa Revoked | News | The Harvard Crimson
    http://www.thecrimson.com/article/2019/8/27/incoming-freshman-deported

    U.S. officials deported Ajjawi, a 17-year-old Palestinian resident of Tyre, Lebanon, [...]

    [...]

    [..,] officer [...] asked him to unlock his phone and laptop, and left to search them for roughly five hours, Ajjawi alleges. After the search, the officer questioned him about his friends’ social media activity.

    [..,] “After the 5 hours ended, she called me into a room , and she started screaming at me. She said that she found people posting political points of view that oppose the US on my friend[s] list.”

    #états-unis #air_du_temps

  • La #CNPT publie son #rapport sur l’accompagnement des #rapatriements sous contrainte par la voie aérienne

    Dans son rapport publié aujourd’hui, la Commission nationale de prévention de la torture (CNPT) présente les #recommandations relatives aux 33 transferts par la #police et aux 47 #rapatriements_sous_contrainte par la voie aérienne qu’elle a accompagnés entre avril 2018 et mars 2019. La Commission juge satisafaisant l’évolution en matière d’entravement préventif, mais estime inadéquates certaines pratiques policières qui persistent. Finalement, la Commission dresse un bilan général de la #détention_administrative de mineurs et présente ses principales conclusions.

    Pratiques policières jugées inadéquates

    Alors même que la Commission accueille favorablement les améliorations s’agissant notamment du recours à l’entravement préventif lors du transport et de l’organisation au sol, elle continue à observer des pratiques policières qu’elle juge problématiques, en particulier le port de la cagoule et l’utilisation de la chaise roulante. Dans son rapport, elle rappelle aux autorités de renoncer par principe à toute forme de contrainte, et de limiter une application aux cas qui présentent un danger imminent pour leur propre sécurité ou celle d’autrui. Par ailleurs, elle juge particulièrement préoccupant les entravements observés en présence d’enfants.

    Détention administrative de mineurs

    La Commission a procédé à un receuil au niveau de tous les cantons suisses relatif à la situation des mineurs migrants ayant fait l’objet d’une #mesure_de_contrainte en application du droit des étrangers entre 2017 et 2018 et présente une analyse de la pratique cantonale à la lumière des normes internationales et nationales pertinentes. La Commission relève positivement que sept cantons renoncent à toute forme de détention ou de placement de mineurs étrangers et salue par ailleurs que trois cantons (Argovie, Valais et Zurich) aient pris des mesures visant à renoncer à toute forme de détention administrative de mineurs à la suite du rapport publié en juin 2018 par la Commission de gestion du Conseil national (CdG-N). En revanche, elle juge problématique au regard du respect des droits de l’enfant que des mineurs aient été détenus durant la période examinée, dans certains cas pour des durées de séjour particulièrement longues dans des établissements qu’elle juge inadéquats pour accueillir des mineurs. Elle recommande aux autorités de renoncer à la détention administrative de mineurs accompagnés ou non-accompagnés, et de privilégier des mesures alternatives respectueuses de l’intérêt supérieur de l’enfant et de l’unité familiale.

    https://www.nkvf.admin.ch/nkvf/fr/home/publikationen/newsarchiv/2019/2019-07-04.html
    #renvois #vol_spécial #expulsions #Suisse #migrations #réfugiés #déboutés #mineurs #rétention #rétention_de_mineurs

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    Quelques extraits sélectionné par un ami/ancien collègue :

    ping @i_s_

  • La navigatrice et sauveteuse en mer Pia Klemp refuse la médaille de la ville de Paris !!! – Blog YY
    http://blogyy.net/2019/08/20/la-navigatrice-et-sauveteuse-en-mer-pia-klemp-refuse-la-medaille-de-la-ville

    « Paris, je t’aime. Je t’aime pour tous les gens libres et solidaires qui vivent en ton sein. Des gens qui se battent pour la liberté chaque jour, debout, bras dessus bras dessous, distribuant des couvertures, de l’amitié et de la solidarité. Je t’aime pour ceux qui partagent leur logement, leur amour et leurs luttes chaque jour, sans se soucier de la nationalité des personnes ni de savoir si elles ont des papiers ou pas.

    Madame Hidalgo, vous voulez me décorer pour mon action solidaire en mer Méditerranée, parce que nos équipages « travaillent quotidiennement à sauver des migrants dans des conditions difficiles ». Simultanément votre police vole les couvertures de gens contraintes de vivre dans la rue, pendant que vous réprimez des manifestations et criminalisez des personnes qui défendent les droits des migrants et des demandeurs d’asile. Vous voulez me donner une médaille pour des actions que vous combattez à l’intérieur de vos propres remparts. Je suis sûre que vous ne serez pas surprise de me voir refuser votre médaille Grand Vermeil.

    Paris, je ne suis pas une humanitaire. Je ne suis pas là pour « aider ». Je suis solidaire à tes côtés. Nous n’avons pas besoin de médailles. Nous n’avons pas besoin de pouvoirs décidant qui est un « héro » et qui est « illégal ». En fait, il n’y a pas lieu de faire cela, car nous sommes tous égaux.

    Ce dont nous avons besoin, c’est de liberté et de droits. Il est temps de dénoncer les honneurs hypocrites et de combler le vide par la justice sociale. Il est temps que toutes les médailles soient lancées comme des fers de lance de la révolution !

    Papiers et logements pour toutes et tous !
    Liberté de circulation et d’installation ! »

    Pia KLEMP, 20 août 2019

    #merci

  • Ventimiglia : sempre più caro e pericoloso il viaggio dei migranti al confine Italia-Francia

    Confine Francia-Italia: migranti fermati, bloccati, respinti

    I respingimenti sono stati monitorati uno ad uno dagli attivisti francesi del collettivo della Val Roja “#Kesha_Niya” (“No problem” in lingua curda) e dagli italiani dell’associazione Iris, auto organizzati e che si danno il cambio in staffette da quattro anni a Ventimiglia per denunciare gli abusi.

    Dalle 9 del mattino alle 20 di sera si piazzano lungo la frontiera alta di #Ponte_San_Luigi, con beni alimentari e vestiti destinati alle persone che hanno tentato di attraversare il confine in treno o a piedi. Migranti che sono stati bloccati, hanno passato la notte in un container di 15 metri quadrati e infine abbandonati al mattino lungo la strada di 10 km, i primi in salita, che porta all’ultima città della Liguria.

    Una pratica, quella dei container, che le ong e associazioni Medecins du Monde, Anafé, Oxfam, WeWorld e Iris hanno denunciato al procuratore della Repubblica di Nizza con un dossier il 16 luglio. Perché le persone sono trattenute fino a 15 ore senza alcuna contestazione di reato, in un Paese – la Francia – dove il Consiglio di Stato ha stabilito come “ragionevole” la durata di quattro ore per il fermo amministrativo e la privazione della libertà senza contestazioni. Dall’inizio dell’anno i casi sono 18 mila, scrive il Fatto Quotidiano che cita dati del Viminale rilasciati dopo la richiesta di accesso civico fatta dall’avvocata Alessandra Ballerini.

    Quando sia nato Sami – faccia da ragazzino sveglio – è poco importante. Più importante è che il suo primo permesso di soggiorno in Europa lo ha avuto a metà anni Duemila. All’età di 10 anni. Lo mostra. È un documento sloveno. A quasi 20 anni di distanza è ancora ostaggio di quei meccanismi.

    A un certo punto è stato riportato in Algeria – o ci è tornato autonomamente – e da lì ha ottenuto un visto per la Turchia e poi la rotta balcanica a piedi. Per provare a tornare nel cuore del Vecchio Continente. Sami prende un foglio e disegna le tappe che ha attraversato lungo la ex Jugoslavia. Lui è un inguaribile ottimista. Ci riproverà la sera stessa convinto di farcela.

    Altri sono in preda all’ansia di non riuscire. Come Sylvester, nigeriano dell’Edo State, vestito a puntino nel tentativo di farsi passare da turista sui treni delle Sncf – le ferrovie francesi. È regolare in Italia. Ha il permesso di soggiorno per motivi umanitari, oggi abolito da Salvini e non più rinnovabile.

    «Devo arrivare in Germania perché mi aspetta un lavoro come operaio. Ma devo essere lì entro ottobre. Ho già provato dal Brennero. Come faccio a passare?», chiede insistentemente.

    Ventimiglia: le nuove rotte della migrazione

    Il flusso a Ventimiglia è cambiato. Rispetto ai tunisini del 2011, ai sudanesi del 2015, ma anche rispetto all’estate del 2018. Nessuno, o quasi, arriva dagli sbarchi salvo sporadici casi, mostrando plasticamente una volta di più come la cosiddetta crisi migratoria in Europa può cambiare attori ma non la trama. Oggi sono tre i canali principali: rotta balcanica; fuoriusciti dai centri di accoglienza in Italia in seguito alle leggi del governo Conte e ai tagli da 35 a 18-21 euro nei bandi di gare delle Prefetture; persone con la protezione umanitaria in scadenza che non lavorano e non possono convertire il permesso di soggiorno. Questa la situazione in uscita.

    In entrata dalla Francia si assiste al corto circuito del confine. Parigi non si fida dell’Italia, pensa che non vengano prese le impronte digitali secondo Dublino e inserite nel sistema #Eurodac. Perciò respinge tutti senza badare ai dettagli, almeno via treno. Incluse persone con i documenti che devono andare nelle ambasciate francesi del loro Paese perché sono le uniche autorizzate a rilasciare i passaporti.

    Irregolari di lungo periodo bloccati in Italia

    In mezzo ci finiscono anche irregolari di lungo periodo Oltralpe che vengono “rastrellati” a Lione o Marsiglia e fatti passare per nuovi arrivi. Nel calderone finisce anche Jamal: nigeriano con una splendida voce da cantante, da nove mesi in Francia con un permesso di soggiorno come richiedente asilo e in attesa di essere sentito dalla commissione. Lo hanno fermato gli agenti a Breil, paesotto di 2 mila anime di confine, nella valle della Roja sulle Alpi Marittime. Hanno detto che i documenti non bastavano e lo hanno espulso.

    Da settimane gli attivisti italiani fanno il diavolo a quattro con gli avvocati francesi per farlo rientrare. Ogni giorno spunta un cavillo diverso: dichiarazioni di ospitalità, pec da inviare contemporaneamente alle prefetture competenti delle due nazioni. Spesso non servono i muri, basta la burocrazia.

    Italia-Francia: passaggi più difficili e costosi per i migranti

    Come è scontato che sia, il “proibizionismo” in frontiera non ha bloccato i passaggi. Li ha solo resi più difficili e costosi, con una sorta di selezione darwiniana su base economica. In stazione a Ventimiglia bastano due ore di osservazione da un tavolino nel bar all’angolo della piazza per comprendere alcune superficiali dinamiche di tratta delle donne e passeurs. Che a pagamento portano chiunque in Francia in automobile. 300 euro a viaggio.

    Ci sono strutture organizzate e altri che sono “scafisti di terra” improvvisati, magari per arrotondare. Come è sempre stato in questa enclave calabrese nel nord Italia, cuore dei traffici illeciti già negli anni Settanta con gli “spalloni” di sigarette.

    Sono i numeri in città a dire che i migranti transitato, anche se pagando. Nel campo Roja gestito dalla Croce Rossa su mandato della Prefettura d’Imperia – l’unico rimasto dopo gli sgomberi di tutti gli accampamenti informali – da gennaio ci sono stabilmente tra le 180 e le 220 persone. Turn over quasi quotidiano in città di 20 che escono e 20 che entrano, di cui un minore.

    Le poche ong che hanno progetti aperti sul territorio frontaliero sono Save The Children, WeWorld e Diaconia Valdese (Oxfam ha lasciato due settimane fa), oltre allo sportello Caritas locale per orientamento legale e lavorativo. 78 minori non accompagnati da Pakistan, Bangladesh e Somalia sono stati trasferiti nel Siproimi, il nuovo sistema Sprar. Il 6 e il 12 luglio, all’una del pomeriggio, sono partiti due pullman con a bordo 15 e 10 migranti rispettivamente in direzione dell’hotspot di Taranto. È stato trasferito per errore anche un richiedente asilo a cui la polizia ha pagato il biglietto di ritorno, secondo fonti locali.

    Questi viaggi sono organizzati da Riviera Trasporti, l’azienda del trasporto pubblico locale di Imperia e Sanremo da anni stabilmente con i conti in rosso e che tampona le perdite anche grazie al servizio taxi per il ministero dell’Interno: 5 mila euro a viaggio in direzione dei centri di identificazione voluti dall’agenda Europa nel 2015 per differenziare i richiedenti asilo dai cosiddetti “migranti economici”.
    A Ventimiglia vietato parlare d’immigrazione oggi

    A fine maggio ha vinto le elezioni comunali Gaetano Scullino per la coalizione di centrodestra, subentrando all’uscente Pd Enrico Ioculano, oggi consigliere di opposizione. Nel 2012, quando già Scullino era sindaco, il Comune era stato sciolto per mafia per l’inchiesta “La Svolta” in cui il primo cittadino era accusato di concorso esterno. Lui era stato assolto in via definitiva e a sorpresa riuscì a riconquistare il Comune.

    La nuova giunta non vuole parlare di immigrazione. A Ventimiglia vige un’ideologia. Quella del decoro e dei grandi lavori pubblici sulla costa. C’è da completare il 20% del porto di “Cala del Forte”, quasi pronto per accogliere i natanti.

    «Sono 178 i posti barca per yacht da 6,5 a oltre 70 metri di lunghezza – scrive la stampa del Ponente ligure – Un piccolo gioiello, firmato Monaco Ports, che trasformerà la baia di Ventimiglia in un’oasi di lusso e ricchezza. E se gli ormeggi sono già andati a ruba, in vendita nelle agenzie immobiliari c’è il complesso residenziale di lusso che si affaccerà sull’approdo turistico. Quarantaquattro appartamenti con vista sul mare che sorgeranno vicino a un centro commerciale con boutique, ristoranti, bar e un hotel». Sui migranti si dice pubblicamente soltanto che nessun info point per le persone in transito è necessario perché «sono pochi e non serve».

    Contemporaneamente abbondano le prese di posizione politiche della nuova amministrazione locale per istituire il Daspo urbano, modificando il regolamento di polizia locale per adeguarsi ai due decreti sicurezza voluti dal ministro Salvini. Un Daspo selettivo, solo per alcune aree della città. Facile immaginare quali. Tolleranza zero – si legge – contro accattonaggio, improperi, bivacchi e attività di commercio abusivo. Escluso – forse – quello stesso commercio abusivo in mano ai passeurs che libera la città dai migranti.

    https://www.osservatoriodiritti.it/2019/07/24/ventimiglia-migranti-oggi-bloccati-respinti-francia-situazione/amp
    #coût #prix #frontières #asile #migrations #Vintimille #réfugiés #fermeture_des_frontières #France #Italie #danger #dangerosité #frontière_sud-alpine #push-back #refoulement #Roya #Vallée_de_la_Roya

    –----------

    Quelques commentaires :

    Les « flux » en sortie de l’Italie, qui entrent en France :

    Oggi sono tre i canali principali: rotta balcanica; fuoriusciti dai centri di accoglienza in Italia in seguito alle leggi del governo Conte e ai tagli da 35 a 18-21 euro nei bandi di gare delle Prefetture; persone con la protezione umanitaria in scadenza che non lavorano e non possono convertire il permesso di soggiorno. Questa la situazione in uscita.

    #route_des_Balkans et le #Decrét_Salvini #Decreto_Salvini #decreto_sicurezza

    Pour les personnes qui arrivent à la frontière depuis la France (vers l’Italie) :

    In entrata dalla Francia si assiste al corto circuito del confine. Parigi non si fida dell’Italia, pensa che non vengano prese le impronte digitali secondo Dublino e inserite nel sistema Eurodac. Perciò respinge tutti senza badare ai dettagli, almeno via treno. Incluse persone con i documenti che devono andare nelle ambasciate francesi del loro Paese perché sono le uniche autorizzate a rilasciare i passaporti.
    (...)
    In mezzo ci finiscono anche irregolari di lungo periodo Oltralpe che vengono “rastrellati” a Lione o Marsiglia e fatti passare per nuovi arrivi.

    #empreintes_digitales #Eurodac #renvois #expulsions #push-back #refoulement
    Et des personnes qui sont arrêtées via des #rafles à #Marseille ou #Lyon —> et qu’on fait passer dans les #statistiques comme des nouveaux arrivants...
    #chiffres

    Coût du passage en voiture maintenant via des #passeurs : 300 EUR.

    Et le #business des renvois de Vintimille au #hotspot de #Taranto :

    Il 6 e il 12 luglio, all’una del pomeriggio, sono partiti due pullman con a bordo 15 e 10 migranti rispettivamente in direzione dell’hotspot di Taranto. È stato trasferito per errore anche un richiedente asilo a cui la polizia ha pagato il biglietto di ritorno, secondo fonti locali.

    Questi viaggi sono organizzati da #Riviera_Trasporti, l’azienda del trasporto pubblico locale di Imperia e Sanremo da anni stabilmente con i conti in rosso e che tampona le perdite anche grazie al servizio taxi per il ministero dell’Interno: 5 mila euro a viaggio in direzione dei centri di identificazione voluti dall’agenda Europa nel 2015 per differenziare i richiedenti asilo dai cosiddetti “migranti economici”.

    –-> l’entreprise de transport reçoit du ministère de l’intérieur 5000 EUR à voyage...

  • Métaliste
    Les « #left-to-die in the Sahara desert »...

    (évidente référence à un rapport de Charles Heller et Lorenzo Pezzani sur le Left-to-die boat : https://forensic-architecture.org/investigation/the-left-to-die-boat)

    Essai de #métaliste sur les expulsions de migrants depuis les pays du #Maghreb (#Tunisie et #Algérie pour le moment) vers leur frontières méridionales, soit en plein #désert...

    #asile #migrations #réfugiés #abandon #expulsions #renvois #déportation

    ping @isskein @_kg_ @visionscarto @pascaline @karine4

  • Tunisia - 36 persone deportate al confine con la Libia

    La denuncia degli attivisti presenti a Zarzis. Nel pomeriggio manifestazione al porto per la libertà di movimento

    Un comunicato stampa di Europe Zarzis Afrique, Bergamo migrante antirazzista, Campagna Lasciatecientrare, Caravana Abriendo Fronteras, Carovane Migranti, Dossier Libia, Movimiento Migrante Mesoamericano, Progetto 20k, Progetto Melting Pot Europa e dei partecipanti alle giornate internazionali a Zarzis.

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    Aggiornamento 5 agosto ore 6.45, confine con la Libia.
    Da ieri pomeriggio stiamo cercando i migranti deportati e abbandonati dalla polizia nei pressi del confine con la Libia. Fonti attendibili locali ci confermano che i migranti sono detenuti in quella zona militare, sono privi di acqua e cibo. Ma la polizia di frontiera non ci fornisce né informazioni né ci permette di muoverci alla loro ricerca, intimandoci di andarcene. Noi da qui non ce ne andremo fino a quando non avremo trovato le persone e verificato il loro stato psico-fisico.
    Facciamo appello di fare pressione in tutti i modi possibili sul governo della Tunisia: le 36 persone sono in grave pericolo e hanno bisogno d’aiuto!

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    4 agosto - Ci troviamo a Zarzis, Tunisia del sud, e abbiamo da poco concluso con una manifestazione al porto per la libertà di movimento le giornate di iniziative e incontri promosso da «Europe Zarzis Afrique».

    In questo preciso momento, quattro attivisti italiani si trovano alla frontiera con la Libia per verificare una grave violazione dei diritti umani. Le associazioni per i diritti umani tunisine denunciano che un gruppo di 36 migranti ivoriani (21 uomini, 11 donne di cui una una incinta e quattro bambini molto piccoli) sono stati deportati dalla città di #Sousse al confine con la Libia e là abbandonati senza cibo ed acqua. L’area in cui si trovano è una zona militare ad alto rischio.

    Le associazioni tunisine hanno anche diramato un video che riprende l’abbandono dei migranti nel deserto e un comunicato di condanna.

    https://www.meltingpot.org/Tunisia-36-persone-deportate-al-confine-con-la-Libia.html
    #Libye #Tunisie #renvois #déportation #expulsion #réfugiés #asile #migrations #zone_militaire #expulsions #expulsion_collective #réfugiés_ivoiriens #abandon

    vidéo :
    https://www.facebook.com/watch/?v=809496766111780

    ping @_kg_ @isskein

    • Tunisie : le SOS de migrants ivoiriens expulsés vers le #désert libyen

      Des dizaines de migrants ivoiriens arrêtés et conduits en plein désert libyen lancent un appel au secours sur les réseaux sociaux. Plusieurs associations tunisiennes ont dénoncé « une grave violation des droits des migrants ».

      « Aidez-nous ! S’il vous plaît, aidez-nous ! », c’est par ce cri détresse qu’un migrant ivoirien a conclu son appel au secours relayé le 4 août 2019 par le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux (FTDES) sur son compte Facebook. Des dizaines de migrants ivoiriens ont été arrêtés par les autorités tunisiennes et conduits en plein désert libyen, annonce l’association.
      Une violation du droit des migrants

      Dans un communiqué signé par plusieurs associations de défense des droits de l’homme, le FTDES a en effet révélé ce qu’il qualifie de « grave violation des droits des migrants » par les autorités tunisiennes.

      Des hommes en uniforme ont arrêté samedi 3 août à 10 heures du matin, dans une maison de Sfax, 36 migrants ivoiriens dont onze femmes, l’une d’entre elles enceinte et 3 nourrissons, sous prétexte qu’ils s’apprêtaient à une migration clandestine.

      Faux, se défendent-ils dans un témoignage vidéo racontant leur arrestation, diffusé par l’association tunisienne. Ils ne faisaient que préparer les festivités de la fête nationale ivoirienne (qui a lieu le 7 août NDLR) affirme la personne qui filme.

      Ils ont été conduits à Médenine dans le sud, puis derrière la frontière libyenne, où ils ont été lâchés dans des conditions climatiques torrides. « Ils savent que la Libye est un pays dangereux, ils nous jettent en Libye », peut-on entendre sur la bande son.

      « La situation ne fait qu’empirer. Avec le soleil, les enfants sont à bout de souffle, ils n’arrivent plus à tenir, ils sont tous faibles. Et nous aussi ! », témoigne un autre migrant sur un enregistrement audio diffusé également par le site Facebook du Forum.

      « L’armée tunisienne, en face de nous, menace de nous abattre si on s’aventure vers la frontière. Donc on ne sait plus quoi faire. Nous sommes en danger, nous sommes sur le territoire libyen. Supposez que des Libyens tombent sur nous ici, on ne connaît pas la suite », ajoute-t-il terrorisé.
      Les batteries des téléphones portables déchargées

      Outre le FTDES, l’Association Tunisienne pour la défense des droits de l’homme, Tunisie terre d’Asile, Des avocats sans frontières et le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme sont également signataires d’un appel aux autorités tunisiennes.

      Elles demandent le retour rapide des migrants sur le sol tunisien afin qu’ils soient pris en charge par des organisations humanitaires.

      Mettant en garde contre les violations commises à l’encontre des migrants en Tunisie, elles réclament une modernisation du règlement juridique de l’immigration dans le pays, ainsi que sa mise en conformité avec la Constitution qui garantit les droits et les libertés et avec le droit international.

      Aux dernières nouvelles communiquées par le FTDES, les migrants ivoiriens se trouvaient toujours le 5 août en territoire libyen à proximité de la frontière tunisienne et les batteries de leurs #téléphones_portables étaient pour la plupart totalement déchargées.

      https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/tunisie-le-sos-de-migrants-ivoiriens-expulses-vers-le-desert-libyen_356
      #désert_libyen #smartphone

  • The hard facts behind deportation regimes

    Many countries have created deportation strategies that bring danger, despair and death. Why do we tolerate this? The answer is ungrounded fear of foreigners, of economic consequences and of crime. Many politicians raise our fears by painting irrational images and dehumanizing migrants and refugees. At the same time it is proven over and over that the deportation system doesn’t work. Walls, fences and even the fear of deportation don’t influence people’s mobility. War and desperate economic circumstances do. Funded by the European Research Council, anthropologist Barak Kalir studied the huge deportation systems, how they work, and the impact they have. He calls for an honest public debate about deportation in western liberal states.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=110&v=hGf_dQWgXkk



    #vidéo #rétention #détention_administrative #peur #asile #migrations #réfugiés #film_d'animation #ressources_pédagogiques #renvois #expulsions #coût #pouvoir #murs #complexe_militaro-industriel #médias #journalisme #inhumanité #frontières #Equateur #alternatives #efficacité #statistiques #budget #coût #Europe #EU #UE #USA #Etats-Unis

    ping @karine4 @isskein

    • The Draconian Governance of Illegalized Migrants in Western States

      This article proposes the term #Departheid to capture the systemic oppression and spatial management of illegalized migrants in Western liberal states. As a concept, Departheid aims to move beyond the instrumentality of illegalizing migration in order to comprehend the tenacity with which oppressive measures are implemented even in the face of accumulating evidence for their futility in managing migration flows and the harm they cause to millions of people. The article highlights continuities between present oppressive migration regimes and past colonial configurations for controlling the mobility of what Hannah Arendt has called “subject races.” By drawing on similarities with Apartheid as a governing ideology based on racialization, segregation, and deportation, I argue that Departheid, too, is animated by a sense of moral superiority that is rooted in a fantasy of White supremacy.

      https://www.berghahnjournals.com/view/journals/conflict-and-society/aop/arcs050102.xml

  • Expulser au #Soudan, une vocation française

    Alors que l’Union européenne a suspendu ses programmes de contrôle migratoire au Soudan, la France continue de vouloir y expulser. Aujourd’hui à la manœuvre, la préfecture d’Indre-et-Loire. Appel à soutien.

    C’est fin juillet que la Deutsche Welle obtient confirmation que l’Union européenne a suspendu ses programmes de #contrôle_migratoire au Soudan, le soutien aux #gardes-frontières et à la police, coordonné par l’#Allemagne, dès mars, et le centre de renseignement (#ROCK : #Regional_Operation_Center in Khartoum) mené par la France, en juin, après la répression sanglante du 3 juin et des jours suivants.

    https://www.dw.com/en/eu-suspends-migration-control-projects-in-sudan-amid-repression-fears/a-49701408?maca=en-Twitter-sharing

    Si l’Union européenne a suspendu sa coopération avec le Soudan en matière migratoire, ce n’est pas le cas de la France, qui continue sa politique d’expulsion vers ce pays et donc la coopération avec les autorités soudanaises que cela suppose. Un ressortissant soudanais enfermé au centre de rétention de Rennes devait être expulsé le 22 juillet sur décision de la préfecture d’Indre-et-Loire. Il a refusé d’embarquer. Ramené au centre de rétention, il peut être expulsé à tout moment.

    https://larotative.info/la-prefete-d-indre-et-loire-tente-3377.html

    Voir aussi sur le fil twitter de la Cimade :

    https://twitter.com/lacimade

    Un appel à soutien a été lancé :

    « POUR SOUTENIR R. ENVOYEZ UN MAIL A LA PRÉFETE

    Recopiez ce courriel et adressez-le à :

    prefecture@indre-et-loire.gouv.fr

    Madame la Préfète d’Indre et Loire,

    Je vous écris pour vous demander d’interrompre les procédures d’éloignement d’un homme vers le Soudan actuellement au centre de rétention de Rennes. Il a déjà refusé d’embarquer dans l’avion.

    Vous vous apprêtez à renvoyer R. vers le Soudan où sa vie est gravement menacée.

    Le Soudan ne peut aujourd’hui être regardé comme un pays sûr vu l’instabilité politique actuelle et la violente répression qui a fait de nombreux morts ces derniers mois.

    En vertu du principe de non-refoulement, garanti par l’article 33 de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, par l’article 3 de la Convention contre la torture et par l’article 19.2 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, la France ne peut procéder au renvoi d’une personne vers un pays où sa vie sera en danger.

    Compte tenu de ces risques importants, je vous demande donc d’annuler l’ordre de quitter le territoire français de R. et de le libérer.

    Je vous prie d’agréer, Madame la Préfète, l’expression de mes salutations distinguées.

    Vous pouvez envoyer cette communication par mail à cette adresse :

    prefecture@indre-et-loire.gouv.fr »

    https://blogs.mediapart.fr/philippe-wannesson/blog/240719/expulser-au-soudan-une-vocation-francaise
    #renvois #expulsions #France #réfugiés_soudanais #asile #migrations #réfugiés #suspension #UE #EU #Europe #externalisation

  • For Syrians in #Istanbul, fears rise as deportations begin

    Turkey is deporting Syrians from Istanbul to Syria, including to the volatile northwest province of #Idlib, according to people who have been the target of a campaign launched last week against migrants who lack residency papers.

    The crackdown comes at a time of rising rhetoric and political pressure on the country’s 3.6 million registered Syrian refugees to return home. Estimates place hundreds of thousands of unregistered Syrians in Turkey, many living in urban areas such as Istanbul.

    Refugee rights advocates say deportations to Syria violate customary international law, which prohibits forcing people to return to a country where they are still likely to face persecution or risk to their lives.

    Arrests reportedly began as early as 13 July, with police officers conducting spot-checks in public spaces, factories, and metro stations around Istanbul and raiding apartments by 16 July. As word spread quickly in Istanbul’s Syrian community, many people shut themselves up at home rather than risk being caught outside.

    It is not clear how many people have been deported so far, with reported numbers ranging from hundreds to a thousand.

    “Deportation of Syrians to their country, which is still in the midst of armed conflict, is a clear violation of both Turkish and international law.”

    Turkey’s Ministry of Interior has said the arrests are aimed at people living without legal status in the country’s most populous city. Istanbul authorities said in a Monday statement that only “irregular migrants entering our country illegally [will be] arrested and deported.” It added that Syrians registered outside Istanbul would be obliged to return to the provinces where they were first issued residency.

    Mayser Hadid, a Syrian lawyer who runs a law practice catering to Syrians in Istanbul, said that the “deportation of Syrians to their country, which is still in the midst of armed conflict, is a clear violation of both Turkish and international law,” including the “return of Syrians without temporary protection cards.”

    Istanbul authorities maintain that the recent detentions and deportations are within the law.

    Starting in 2014, Syrian refugees in Turkey have been registered under “temporary protection” status, which grants the equivalency of legal residency and lets holders apply for a work permit. Those with temporary protection need special permission to work or travel outside of the area where they first applied for protection.

    But last year, several cities across the country – including Istanbul – stopped registering newly-arrived Syrians.

    In the Monday statement, Istanbul authorities said that Syrians registered outside of the city must return to their original city of registration by 20 August. They did not specify the penalty for those who do not.

    Barely 24 hours after the beginning of raids last week, Muhammad, a 21-year-old from Eastern Ghouta in Syria, was arrested at home along with his Syrian flatmates in the Istanbul suburb of Esenler.

    Muhammad, who spoke by phone on the condition of anonymity for security reasons – as did all Syrian deportees and their relatives interviewed for this article – said that Turkish police officers had forced their way into the building. “They beat me,” he said. “I wasn’t even allowed to take anything with me.”

    Muhammad said that as a relatively recent arrival, he couldn’t register for temporary protection and had opted to live and work in Istanbul without papers.

    After his arrest, Muhammad said, he was handcuffed and bundled into a police van, and transferred to a detention facility on the eastern outskirts of the city.

    There, he said, he was forced to sign a document written in Turkish that he couldn’t understand and on Friday was deported to Syria’s Idlib province, via the Bab al-Hawa border crossing.
    Deportation to Idlib

    Government supporters say that Syrians have been deported only to the rebel-held areas of northern Aleppo, where the Turkish army maintains a presence alongside groups that it backs.

    A representative from Istanbul’s provincial government office did not respond to a request for comment, but Youssef Kataboglu, a pro-government commentator who is regarded as close to the government, said that “Turkey only deports Syrians to safe areas according to the law.”

    He denied that Syrians had been returned to Idlib, where a Syrian government offensive that began in late April kicked off an upsurge in fighting, killing more than 400 civilians and forcing more than 330,000 people to flee their homes. The UN said on Monday alone, 59 civilians were killed, including 39 when a market was hit by airstrikes.

    Kataboglu said that deportation to Idlib would “be impossible.”

    Mazen Alloush, a representative of the border authorities on the Syrian side of the Bab al-Hawa crossing that links Turkey with Idlib, said that more than 3,800 Syrians had entered the country via Bab al-Hawa in the past fortnight, a number he said was not a significant change from how many people usually cross the border each month.

    The crossing is controlled by rebel authorities affiliated to Tahrir a-Sham, the hardline Islamist faction that controls most of Idlib.

    “A large number of them were Syrians trying to enter Turkish territory illegally,” who were caught and forced back across, Alloush said, but also “those who committed offences in Turkey or requested to return voluntarily.”

    “We later found out that he’d been deported to Idlib.”

    He added that “if the Turkish authorities are deporting [Syrians] through informal crossings or crossings other than Bab al-Hawa, I don’t have information about it.”

    Other Syrians caught up in the crackdown, including those who did have the proper papers to live and work in Istanbul, confirmed that they had been sent to Idlib or elsewhere.

    On July 19, Umm Khaled’s son left the family’s home without taking the documents that confirm his temporary protection status, she said. He was stopped in the street by police officers.

    “They [the police] took him,” Umm Khaled, a refugee in her 50s originally from the southern Damascus suburbs, said by phone. “We later found out that he’d been deported to Idlib.”

    Rami, a 23-year-old originally from eastern Syria’s Deir Ezzor province, said he was deported from Istanbul last week. He was carrying his temporary protection status card at the time of his arrest, he added.

    "I was in the street in Esenler when the police stopped me and asked for my identity card,” he recalled in a phone conversation from inside Syria. “They checked it, and then asked me to get on a bus.”

    Several young Syrian men already on board the bus were also carrying protection documents with them, Rami said.

    “The police tied our hands together with plastic cords,” he added, describing how the men were then driven to a nearby police station and forced to give fingerprints and sign return documents.

    Rami said he was later sent to northern Aleppo province.
    Rising anti-Syrian sentiment

    The country has deported Syrians before, and Human Rights Watch and other organisations have reported that Turkish security forces regularly intercept and return Syrian refugees attempting to enter the country. As conflict rages in and around Idlib, an increasing number of people are still trying to get into Turkey.

    Turkey said late last year that more than 300,000 Syrians have returned to their home country voluntarily.

    A failed coup attempt against President Recep Tayyip Erdoğan in July 2016 led to an emergency decree that human rights groups say was used to arrest individuals whom the government perceived as opponents. Parts of that decree were later passed into law, making it easier for authorities to deport foreigners on the grounds that they are either linked to terrorist groups or pose a threat to public order.

    The newest wave of deportations after months of growing anti-Syrian sentiment in political debate and on the streets has raised more questions about how this law might be used, as well as the future of Syrian refugees in Turkey.

    In two rounds of mayoral elections that ended last month with a defeat for Erdoğan’s ruling Justice and Development Party (AKP), the winning candidate, Ekrem İmamoğlu of the Republican People’s Party (CHP), repeatedly used anti-Syrian rhetoric in his campaign, capitalising on discontent towards the faltering economy and the increasingly contentious presence of millions of Syrian refugees.

    Shortly after the elections, several incidents of mob violence against Syrian-owned businesses took place. Widespread anti-Syrian sentiment has also been evident across social media; after the mayoral election trending hashtags on Twitter reportedly included “Syrians get out”.

    As the deportations continue, the families of those sent back are wondering what they can do.

    “By God, what did he do [wrong]?” asked Umm Khaled, speaking of her son, now in war-torn Idlib.

    “His mother, father, and all his sisters are living here legally in Turkey,” she said. “What are we supposed to do now?”

    https://www.thenewhumanitarian.org/news/2019/07/23/syrians-istanbul-fears-rise-deportations-begin
    #Turquie #asile #migrations #réfugiés_syriens #réfugiés #Syrie #renvois #expulsions #peur

    • Des milliers de migrants arrêtés à Istanbul en deux semaines

      Mardi, le ministre de l’intérieur a indiqué que l’objectif de son gouvernement était d’expulser 80 000 migrants en situation irrégulière en Turquie, contre 56 000 l’an dernier.

      C’est un vaste #coup_de_filet mené sur fond de fort sentiment antimigrants. Les autorités turques ont annoncé, mercredi 24 juillet, avoir arrêté plus de 6 000 migrants en deux semaines, dont des Syriens, vivant de manière « irrégulière » à Istanbul.

      « Nous menons une opération depuis le 12 juillet (…). Nous avons attrapé 6 122 personnes à Istanbul, dont 2 600 Afghans. Une partie de ces personnes sont des Syriens », a déclaré le ministre de l’intérieur, Suleyman Soylu, dans une interview donnée à la chaîne turque NTV. Mardi, ce dernier a indiqué que l’objectif de son gouvernement était d’expulser 80 000 migrants en situation irrégulière en Turquie, contre 56 000 l’an dernier.

      M. Soylu a démenti que des Syriens étaient expulsés vers leur pays, déchiré par une guerre civile meurtrière depuis 2011, après que des ONG ont affirmé avoir recensé des cas de personnes renvoyées en Syrie. « Ces personnes, nous ne pouvons pas les expulser. (…) Lorsque nous attrapons des Syriens qui ne sont pas enregistrés, nous les envoyons dans des camps de réfugiés », a-t-il affirmé, mentionnant un camp dans la province turque de Hatay, frontalière de la Syrie. Il a toutefois assuré que certains Syriens choisissaient de rentrer de leur propre gré en Syrie.

      La Turquie accueille sur son sol plus de 3,5 millions de Syriens ayant fui la guerre, dont 547 000 sont enregistrés à Istanbul. Les autorités affirment n’avoir aucun problème avec les personnes dûment enregistrées auprès des autorités à Istanbul, mais disent lutter contre les migrants vivant dans cette ville alors qu’ils sont enregistrés dans d’autres provinces, voire dans aucune province.

      Le gouvernorat d’Istanbul a lancé lundi un ultimatum, qui expire le 20 août, enjoignant les Syriens y vivant illégalement à quitter la ville. Un groupement d’ONG syriennes a toutefois indiqué, lundi, que « plus de 600 Syriens », pour la plupart titulaires de « cartes de protection temporaires » délivrées par d’autres provinces turques, avaient été arrêtés la semaine dernière à Istanbul et renvoyés en Syrie.

      La Coalition nationale de l’opposition syrienne, basée à Istanbul, a déclaré mardi qu’elle était entrée en contact avec les autorités turques pour discuter des dernières mesures prises contre les Syriens, appelant à stopper les « expulsions ». Son président, Anas al-Abda, a appelé le gouvernement turc à accorder un délai de trois mois aux Syriens concernés pour régulariser leur situation auprès des autorités.

      Ce tour de vis contre les migrants survient après la défaite du parti du président Recep Tayyip Erdogan lors des élections municipales à Istanbul, en juin, lors desquelles l’accueil des Syriens s’était imposé comme un sujet majeur de préoccupation les électeurs.

      Pendant la campagne, le discours hostile aux Syriens s’était déchaîné sur les réseaux sociaux, avec le mot-dièse #LesSyriensDehors. D’après une étude publiée début juillet par l’université Kadir Has, située à Istanbul, la part des Turcs mécontents de la présence des Syriens est passée de 54,5 % en 2017 à 67,7 % en 2019.

      https://www.lemonde.fr/international/article/2019/07/24/des-milliers-de-migrants-arretes-a-istanbul-en-deux-semaines_5492944_3210.ht
      #arrestation #arrestations

    • Turkey Forcibly Returning Syrians to Danger. Authorities Detain, Coerce Syrians to Sign “Voluntary Return” Forms

      Turkish authorities are detaining and coercing Syrians into signing forms saying they want to return to Syria and then forcibly returning them there, Human Rights Watch said today. On July 24, 2019, Interior Minister Süleyman Soylu denied that Turkey had “deported” Syrians but said that Syrians “who voluntarily want to go back to Syria” can benefit from procedures allowing them to return to “safe areas.”

      Almost 10 days after the first reports of increased police spot-checks of Syrians’ registration documents in Istanbul and forced returns of Syrians from the city, the office of the provincial governor released a July 22 statement saying that Syrians registered in one of the country’s other provinces must return there by August 20, and that the Interior Ministry would send unregistered Syrians to provinces other than Istanbul for registration. The statement comes amid rising xenophobic sentiment across the political spectrum against Syrian and other refugees in Turkey.

      “Turkey claims it helps Syrians voluntarily return to their country, but threatening to lock them up until they agree to return, forcing them to sign forms, and dumping them in a war zone is neither voluntary nor legal,” said Gerry Simpson, associate Emergencies director. “Turkey should be commended for hosting record numbers of Syrian refugees, but unlawful deportations are not the way forward.”

      Turkey shelters a little over 3.6 million Syrian Refugees countrywide who have been given temporary protection, half a million of them in Istanbul. This is more refugees than any other country in the world and almost four times as many as the whole European Union (EU).

      The United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) says that “the vast majority of Syrian asylum-seekers continue to … need international refugee protection” and that it “calls on states not to forcibly return Syrian nationals and former habitual residents of Syria.”

      Human Rights Watch spoke by phone with four Syrians who are in Syria after being detained and forcibly returned there.

      One of the men, who was from Ghouta, in the Damascus countryside, was detained on July 17 in Istanbul, where he had been living unregistered for over three years. He said police coerced him and other Syrian detainees into signing a form, transferred them to another detention center, and then put them on one of about 20 buses headed to Syria. They are now in northern Syria.

      Another man, from Aleppo, who had been living in Gaziantep in southeast Turkey since 2013, said he was detained there after he and his brother went to the police to complain about an attack on a shop that they ran in the city. He said the police transferred them from the Gaziantep Karşıyaka police station to the foreigners’ deportation center at Oğuzeli, holding them there for six days and forcing them to sign a deportation form without telling them what it was. On July 9, the authorities forcibly returned the men to Azaz in Syria via the Öncüpınar/Bab al Salama border gate near the Turkish town of Kilis, Human Rights Watch also spoke by phone with two men who said the Turkish coast guard and police intercepted them at checkpoints near the coast as they tried to reach Greece, detained them, and coerced them into signing and fingerprinting voluntary repatriation forms. The authorities then deported them to Idlib and northern Aleppo governorate.

      One of the men, a Syrian from Atmeh in Idlib governorate who registered in the Turkish city of Gaziantep in 2017, said the Turkish coast guard intercepted him on July 9. He said [“Guvenlik”] “security” held him with other Syrians for six days in a detention facility in the town of Aydın, in western Turkey. He said the guards verbally abused him and other detainees, punched him in the chest, and coerced him into signing voluntary repatriation papers. Verbally abusive members of Turkey’s rural gendarmerie police forces [jandarma] deported him on July 15 to Syria with about 35 other Syrians through the Öncüpınar/Bab al-Salameh border crossing.

      He said that there were others in the Aydin detention center who had been there for up to four months because they had refused to sign these forms.

      The second man said he fled Maarat al-Numan in 2014 and registered in the Turkish city of Iskenderun. On July 4, police stopped him at a checkpoint as he tried to reach the coast to take a boat to Greece and took him to the Aydin detention facility, where he said the guards beat some of the other detainees and shouted and cursed at them.

      He said the detention authorities confiscated his belongings, including his Turkish registration card, and told him to sign forms. When he refused, the official said they were not deportation forms but just “routine procedure.” When he refused again, he was told he would be detained indefinitely until he agreed to sign and provided his fingerprints. He said that the guards beat another man who had also refused, so he felt he had no choice but to sign. He was then put on a bus for 27 hours with dozens of other Syrians and deported through the Öncüpınar/Bab al-Salameh border crossing.

      In addition, journalists have spoken with a number of registered and unregistered Syrians who told them by phone from Syria that Turkish authorities detained them in the third week of July, coerced them into signing and providing a fingerprint on return documents. The authorities then deported them with dozens, and in some cases as many as 100, other Syrians to Idlib and northern Aleppo governorate through the Cilvegözü/Bab al-Hawa border crossing.

      More than 400,000 people have died because of the Syrian conflict since 2011, according to the World Bank. While the nature of the fighting in Syria has changed, with the Syrian government retaking areas previously held by anti-government groups and the battle against the Islamic State (ISIS) winding down, profound civilian suffering and loss of life persists.

      In Idlib governorate, the Syrian-Russian military alliance continues to indiscriminately bomb civilians and to use prohibited weapons, resulting in the death of at least 400 people since April, including 90 children, according to Save the Children. In other areas under the control of the Syrian government and anti-government groups, arbitrary arrests, mistreatment, and harassment are still the status quo.

      The forcible returns from Turkey indicate that the government is ready to double down on other policies that deny many Syrian asylum seekers protection. Over the past four years, Turkey has sealed off its border with Syria, while Turkish border guards have carried out mass summary pushbacks and killed and injured Syrians as they try to cross. In late 2017 and early 2018, Istanbul and nine provinces on the border with Syria suspended registration of newly arriving asylum seekers. Turkey’s travel permit system for registered Syrians prohibits unregistered Syrians from traveling from border provinces they enter to register elsewhere in the country.

      Turkey is bound by the international customary law of nonrefoulement, which prohibits the return of anyone to a place where they would face a real risk of persecution, torture or other ill-treatment, or a threat to life. This includes asylum seekers, who are entitled to have their claims fairly adjudicated and not be summarily returned to places where they fear harm. Turkey may not coerce people into returning to places where they face harm by threatening to detain them.

      Turkey should protect the basic rights of all Syrians, regardless of registration status, and register those denied registration since late 2017, in line with the Istanbul governor’s July 22 statement.

      On July 19, the European Commission announced the adoption of 1.41 billion euros in additional assistance to support refugees and local communities in Turkey, including for their protection. The European Commission, EU member states with embassies in Turkey, and the UNHCR should support Turkey in any way needed to register and protect Syrians, and should publicly call on Turkey to end its mass deportations of Syrians at the border and from cities further inland.

      “As Turkey continues to shelter more than half of registered Syrian refugees globally, the EU should be resettling Syrians from Turkey to the EU but also ensuring that its financial support protects all Syrians seeking refuge in Turkey,” Simpson said.

      https://www.hrw.org/news/2019/07/26/turkey-forcibly-returning-syrians-danger
      #retour_volontaire

    • Turquie : à Istanbul, les réfugiés vivent dans la peur du racisme et de la police

      Depuis quelques semaines, le hashtag #StopDeportationsToSyria (#SuriyeyeSınırdışınaSon) circule sur les réseaux sociaux. Il s’accompagne de témoignages de Syriens qui racontent s’être fait arrêter par la police turque à Istanbul et renvoyer en Syrie. Les autorités turques ont décidé de faire la chasse aux réfugiés alors que les agressions se multiplient.

      Le 21 juillet, alors qu’il fait ses courses, le jeune Amjad Tablieh se fait arrêter par la police turque à Istanbul. Il n’a pas sa carte de protection temporaire – kimlik – sur lui et la police turque refuse d’attendre que sa famille la lui apporte : « J’ai été mis dans un bus avec d’autres syriens. On nous a emmenés au poste de police de Tuzla et les policiers on dit que nous serions envoyés à Hatay [province turque à la frontière syrienne] ». La destination finale sera finalement la Syrie.

      Étudiant et disposant d’un kimlik à Istanbul, Amjad ajoute que comme les autres syriens arrêtés ce jour-là, il a été obligé de signer un document reconnaissant qu’il rentrait volontairement en Syrie. Il tient à ajouter qu’il a « vu des personnes se faire frapper pour avoir refusé de signer ce document ». Étudiant en architecture, Hama est arrivé à Istanbul il y a quatre mois pour s’inscrire à l’université. Il a été arrêté et déporté car son kimlik a été délivré à Gaziantep, près de la frontière avec la Syrie. Amr Dabool, également enregistré dans la ville de Gaziantep, a quant à lui été expulsé en Syrie alors qu’il tentait de se rendre en Grèce.
      Pas de statut de réfugié pour les Syriens en Turquie

      Alors que des récits similaires se multiplient sur les réseaux sociaux, le 22 juillet, les autorités d’Istanbul ont annoncé que les Syriens disposant de la protection temporaire mais n’étant pas enregistrés à Istanbul avaient jusqu’au 20 août pour retourner dans les provinces où ils sont enregistrés, faute de quoi ils seront renvoyés de force dans des villes choisies par le ministère de l’Intérieur. Invité quelques jours plus tard à la télévision turque, le ministre de l’intérieur Süleyman Soylu a nié toute expulsion, précisant que certains Syriens choisissaient « de rentrer de leur propre gré en Syrie ».

      Sur les 3,5 millions de Syriens réfugiés en Turquie, ils sont plus de 500 000 à vivre à Istanbul. La grande majorité d’entre eux ont été enregistrés dans les provinces limitrophes avec la Syrie (Gaziantep ou Urfa) où ils sont d’abord passés avant d’arriver à Istanbul pour travailler, étudier ou rejoindre leur famille. Depuis quelques jours, les contrôles se renforcent pour les renvoyer là où ils sont enregistrés.

      Pour Diane al Mehdi, anthropologue et membre du Syrian Refugees Protection Network, ces refoulements existent depuis longtemps, mais ils sont aujourd’hui plus massifs. Le 24 juillet, le ministre de l’intérieur a ainsi affirmé qu’une opération visant les réfugiés et des migrants non enregistrés à Istanbul avait menée à l’arrestation, depuis le 12 juillet, de 1000 Syriens. Chaque jour, environ 200 personnes ont été expulsées vers le nord de la Syrie via le poste frontière de Bab al-Hawa, précise la chercheuse. « Ces chiffres concernent principalement des Syriens vivant à Istanbul », explique-t-elle.

      Le statut d’« invité » dont disposent les Syriens en Turquie est peu clair et extrêmement précarisant, poursuit Diane al Mehdi. « Il n’y a pas d’antécédents légaux pour un tel statut, cela participe à ce flou et permet au gouvernement de faire un peu ce qu’il veut. » Créé en 2013, ce statut s’inscrivait à l’époque dans une logique de faveur et de charité envers les Syriens, le gouvernement ne pensant alors pas que la guerre en Syrie durerait. « À l’époque, les frontières étaient complètement ouvertes, les Syriens avaient le droit d’être enregistrés en Turquie et surtout ce statut comprenait le principe de non-refoulement. Ces trois principes ont depuis longtemps été bafouées par le gouvernement turc. »

      Aujourd’hui, les 3,5 millions de Syriens réfugiés en Turquie ne disposent pas du statut de réfugié en tant que tel. Bien que signataire de la Convention de Genève, Ankara n’octroie le statut de réfugié qu’aux ressortissants des 47 pays membres du Conseil de l’Europe. La Syrie n’en faisant pas partie, les Syriens ont en Turquie un statut moins protecteur encore que la protection subsidiaire : il est temporaire et révocable.
      #LesSyriensDehors : « Ici, c’est la Turquie, c’est Istanbul »

      Si le Président Erdoğan a longtemps prôné une politique d’accueil des Syriens, le vent semble aujourd’hui avoir tourné. En février 2018, il déclarait déjà : « Nous ne sommes pas en mesure de continuer d’accueillir 3,5 millions de réfugiés pour toujours ». Et alors qu’à Istanbul la possibilité d’obtenir le kimlik a toujours été compliquée, depuis le 6 juillet 2019, Istanbul n’en délivre officiellement plus aucun selon Diane al Mehdi.

      Même si le kimlik n’offre pas aux Syriens la possibilité de travailler, depuis quelques années, les commerces aux devantures en arabe sont de plus en plus nombreux dans rues d’Istanbul et beaucoup de Syriens ont trouvé du travail dans l’économie informelle, fournissant une main-d’œuvre bon marché. Or, dans un contexte économique difficile, avec une inflation et un chômage en hausse, les travailleurs syriens entrent en concurrence avec les ressortissants turcs et cela accroît les tensions sociales.

      Au printemps dernier, alors que la campagne pour les élections municipales battait son plein, des propos hostiles accompagnés des hashtags #SuriyelilerDefoluyor (« Les Syriens dehors ») ou #UlkemdeSuriyeliIstemiyorum (« Je ne veux pas de Syriens dans mon pays ») se sont multipliés sur les réseaux sociaux. Le candidat d’opposition et aujourd’hui maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, étonné du nombre d’enseignes en arabe dans certains quartiers, avait lancé : « Ici, c’est la Turquie, c’est Istanbul ».

      Après la banalisation des propos anti-syriens, ce sont les actes de violence qui se sont multipliés dans les rues d’Istanbul. Fin juin, dans le quartier de Küçükçekmece, une foule d’hommes a attaqué des magasins tenus par des Syriens. Quelques jours plus tard, les autorités d’Istanbul sommaient plus de 700 commerçants syriens de turciser leurs enseignes en arabe. Publié dans la foulée, un sondage de l’université Kadir Has à Istanbul a confirmé que la part des Turcs mécontents de la présence des Syriens est passée de 54,5 % en 2017 à 67,7 % en 2019.
      Climat de peur

      Même s’ils ont un kimlik, ceux qui ne disposent pas d’un permis de travail - difficile à obtenir - risquent une amende d’environs 550 euros et leur expulsion vers la Syrie s’ils sont pris en flagrant délit. Or, la police a renforcé les contrôles d’identités dans les stations de métro, les gares routières, les quartiers à forte concentration de Syriens mais aussi sur les lieux de travail. Cette nouvelle vague d’arrestations et d’expulsions suscite un climat de peur permanente chez les Syriens d’Istanbul. Aucune des personne contactée n’a souhaité témoigner, même sous couvert d’anonymat.

      « Pas protégés par les lois internationales, les Syriens titulaires du kimlik deviennent otages de la politique turque », dénonce Syrian Refugees Protection Network. Et l’[accord signé entre l’Union européenne et Ankara au printemps 2016 pour fermer la route des Balkans n’a fait que détériorer leur situation en Turquie. Pour Diane al-Mehdi, il aurait fallu accorder un statut qui permette aux Syriens d’avoir un avenir. « Tant qu’ils n’auront pas un statut fixe qui leur permettra de travailler, d’aller à l’école, à l’université, ils partiront en Europe. » Selon elle, donner de l’argent - dont on ne sait pas clairement comment il bénéficie aux Syriens - à la Turquie pour que le pays garde les Syriens n’était pas la solution. « Évidemment, l’Europe aurait aussi dû accepter d’accueillir plus de Syriens. »

      https://www.courrierdesbalkans.fr/Turquie-a-Istanbul-les-refugies-vivent-dans-la-peur-du-racisme-et

    • En Turquie, les réfugiés syriens sont devenus #indésirables

      Après avoir accueilli les réfugiés syriens à bras ouverts, la Turquie change de ton. Une façon pour le gouvernement Erdogan de réagir aux crispations qu’engendrent leur présence dans un contexte économique morose.

      Les autorités avaient donné jusqu’à mardi soir aux migrants sans statut légal pour régulariser leur situation, sous peine d’être expulsés. Mais selon plusieurs ONG, ces expulsions ont déjà commencé et plus d’un millier de réfugiés ont déjà été arrêtés. Quelque 600 personnes auraient même déjà été reconduites en Syrie.

      « Les policiers font des descentes dans les quartiers, dans les commerces, dans les maisons. Ils font des contrôles d’identité dans les transports en commun et quand ils attrapent des Syriens, ils les emmènent au bureau de l’immigration puis les expulsent », décrit Eyup Ozer, membre du collectif « We want to live together initiative ».

      Le gouvernement turc dément pour sa part ces renvois forcés. Mais cette vague d’arrestations intervient dans un climat hostile envers les 3,6 millions de réfugiés syriens installés en Turquie.

      Solidarité islamique

      Bien accueillis au début de la guerre, au nom de la solidarité islamique défendue par le président turc Recep Tayyip Erdogan dans l’idée de combattre Bachar al-Assad, ces réfugiés syriens sont aujourd’hui devenus un enjeu politique.

      Retenus à leur arrivée dans des camps, parfois dans des conditions difficiles, nombre d’entre eux ont quitté leur point de chute pour tenter leur chance dans le reste du pays et en particulier dans les villes. A Istanbul, le poumon économique de la Turquie, la présence de ces nouveaux-venus est bien visible. La plupart ont ouvert des commerces et des restaurants, et leurs devantures, en arabe, agacent, voire suscitent des jalousies.

      « L’économie turque va mal, c’est pour cette raison qu’on ressent davantage les effets de la crise syrienne », explique Lami Bertan Tokuzlu, professeur de droit à l’Université Bilgi d’Istanbul. « Les Turcs n’approuvent plus les dépenses du gouvernement en faveur des Syriens », relève ce spécialiste des migrations.
      Ressentiment croissant

      Après l’euphorie économique des années 2010, la Turquie est confrontée depuis plus d’un an à la dévaluation de sa monnaie et à un taux de chômage en hausse, à 10,9% en 2018.

      Dans ce contexte peu favorable et alors que les inégalités se creusent, la contestation s’est cristallisée autour de la question des migrants. Celle-ci expliquerait, selon certains experts, la déroute du candidat de Recep Tayyip Erdogan à la mairie d’Istanbul.

      Conscient de ce ressentiment dans la population et des conséquences potentielles pour sa popularité, le président a commencé à adapter son discours dès 2018. L’ultimatum lancé à ceux qui ont quitté une province turque où ils étaient enregistrés pour s’installer à Istanbul illustre une tension croissante.

      https://www.rts.ch/info/monde/10649380-en-turquie-les-refugies-syriens-sont-devenus-indesirables.html

    • Europe’s Complicity in Turkey’s Syrian-Refugee Crackdown

      Ankara is moving against Syrians in the country—and the European Union bears responsibility.

      Under the cover of night, Turkish police officers pushed Ahmed onto a large bus parked in central Istanbul. In the darkness, the Syrian man from Damascus could discern dozens of other handcuffed refugees being crammed into the vehicle. Many of them would not see the Turkish city again.

      Ahmed, who asked that his last name not be used to protect his safety, was arrested after police discovered that he was registered with the authorities not in Istanbul, but in a different district. Turkish law obliges Syrian refugees with a temporary protection status to remain in their locale of initial registration or obtain separate permission to travel, and the officers reassured him he would simply be transferred back to the right district.

      Instead, as dawn broke, the bus arrived at a detention facility in the Istanbul suburb of Pendik, where Ahmed said he was jostled into a crowded cell with 10 others and no beds, and received only one meal a day, which was always rotten. “The guards told us we Syrians are just as rotten inside,” he told me. “They kept shouting that Turkey will no longer accept us, and that we will all go back to Syria.”

      Ahmed would spend more than six weeks in the hidden world of Turkey’s so-called removal centers. His account, as well as those of more than half a dozen other Syrians I spoke to, point to the systemic abuse, the forced deportations, and, in some cases, the death of refugees caught in a recent crackdown here.
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      Yet Turkey is not the only actor implicated. In a deeper sense, the backlash also exposes the long-term consequences of the European Union’s outsourcing of its refugee problem. In March 2016, the EU entered into a controversial deal with Turkey that halted much of the refugee influx to Europe in return for an aid package worth €6 billion ($6.7 billion) and various political sweeteners for Ankara. Preoccupied with its own border security, EU decision makers at the time were quick to reassure their critics that Turkey constituted a “safe third country” that respected refugee rights and was committed to the principle of non-refoulement.

      As Europe closed its doors, Turkey was left with a staggering 3.6 million registered Syrian refugees—the largest number hosted by any country in the world and nearly four times as many as all EU-member states combined. While Turkish society initially responded with impressive resilience, its long-lauded hospitality is rapidly wearing thin, prompting President Recep Tayyip Erdoğan’s government to take measures that violate the very premise of the EU-Turkey deal.

      Last month, Turkish police launched operations targeting undocumented migrants and refugees in Istanbul. Syrian refugees holding temporary protection status registered in other Turkish districts now have until October 30 to leave Istanbul, whereas those without any papers are to be transferred to temporary refugee camps in order to be registered.

      Both international and Turkish advocates of refugee rights say, however, that the operation sparked a wave of random arrests and even forced deportations. The Istanbul Bar Association, too, reported its Legal Aid Bureau dealt with 3.5 times as many deportation cases as in June, just before the operation was launched. UNHCR, the UN’s refugee agency, and the European Commission have not said whether they believe Turkey is deporting Syrians. But one senior EU official, who asked for anonymity to discuss the issue, estimated that about 2,200 people were sent to the Syrian province of Idlib, though he said it was unclear whether they were forcibly deported or chose to return. The official added that, were Turkey forcibly deporting Syrians, this would be in explicit violation of the principle of non-refoulement, on which the EU-Turkey deal is conditioned.

      The Turkish interior ministry’s migration department did not respond to questions about the allegations. In a recent interview on Turkish television, Interior Minister Süleyman Soylu said that “it is not possible for us to deport any unregistered Syrian” and insisted that returns to Syria were entirely voluntary.

      Ahmed and several other Syrian refugees I spoke to, however, experienced firsthand what voluntary can look like in practice.

      After being transferred from the facility in Pendik to a removal center in Binkılıç, northwest of Istanbul, Ahmed said he was pressured into signing a set of forms upon arrival. The female official in charge refused to explain the papers’ contents, he said. As Ahmed was about to sign and fingerprint the last document, he noticed she was deliberately using her fingers to cover the Arabic translation of the words voluntary return. When he retracted his finger, she called in the guards, who took Ahmed to a nearby bathroom with another Syrian who had refused to sign. There, he said, the two were intimidated for several hours, and he was shown images of a man who had been badly beaten and tied to a chair with plastic tape. According to Ahmed, an official told him, “If you don’t sign, you’ll end up like that.”

      The other Syrian present at the time, Hussein, offered a similar account. In a phone interview from Dubai, where he escaped to after negotiating deportation to Malaysia instead of Syria, Hussein, who asked to be identified by only his first name to protect relatives still in Turkey, detailed the abuse in the same terms as Ahmed, and added that he was personally beaten by one of the guards. When the ordeal was over, both men said, the other Syrians who had arrived with them were being taken to a bus, apparently to be deported.

      Ahmed was detained in Binkılıç for a month before being taken to another removal center in nearby Kırklareli, where he said he was made to sleep outside in a courtyard together with more than 100 other detainees. The guards kept the toilets locked throughout the day, he said, so inmates had to either wait for a single 30-minute toilet break at night or relieve themselves where they were sleeping. When Ahmed fell seriously ill, he told me, he was repeatedly denied access to a doctor.

      After nine days in Kırklareli, the nightmare suddenly ended. Ahmed was called in by the facility’s management, asked who he was, and released when it became clear he did in fact hold temporary protection status, albeit for a district other than Istanbul. The Atlantic has seen a photo of Ahmed’s identity card, as well as his release note from the removal center.

      The EU has funded many of the removal centers in which refugees like Ahmed are held. As stated in budgets from 2010 and 2015, the EU financed at least 12 such facilities as part of its pre-accession funding to Turkey. And according to a 2016 report by an EU parliamentary delegation, the removal center in Kırklareli in which Ahmed was held received 85 percent of its funding from the EU. The Binkılıç facility, where Syrians were forced to sign return papers, also received furniture and other equipment funded by Britain and, according to Ahmed, featured signs displaying the EU and Turkish flags.

      It is hard to determine the extent to which the $6.7 billion allocated to Ankara under the 2016 EU-Turkey deal has funded similar projects. While the bulk of it went to education, health care, and direct cash support for refugees, a 2018 annual report also refers to funding for “a removal center for 750 people”—language conspicuously replaced with the more neutral “facility for 750 people” in this year’s report.

      According to Kati Piri, the European Parliament’s former Turkey rapporteur, even lawmakers like her struggle to scrutinize the precise implementation of EU-brokered deals on migration, which include agreements not just with Turkey, but also with Libya, Niger, and Sudan.

      “In this way, the EU becomes co-responsible for human-rights violations,” Piri said in a telephone interview. “Violations against refugees may have decreased on European soil, but that’s because we outsourced them. It’s a sign of Europe’s moral deficit, which deprives us from our credibility in holding Turkey to account.” According to the original agreement, the EU pledged to resettle 72,000 Syrian refugees from Turkey. Three years later, it has taken in less than a third of that number.

      Many within Turkish society feel their country has simply done enough. With an economy only recently out of recession and many Turks struggling to make a living, hostility toward Syrians is on the rise. A recent poll found that those who expressed unhappiness with Syrian refugees rose to 67.7 percent this year, from 54.5 percent in 2017.

      Just as in Europe, opposition parties in Turkey are now cashing in on anti-refugee sentiment. In municipal elections this year, politicians belonging to the secularist CHP ran an explicitly anti-Syrian campaign, and have cut municipal aid for refugees or even banned Syrians’ access to beaches since being elected. In Istanbul, on the very evening the CHP candidate Ekrem İmamoğlu was elected mayor, a jubilantly racist hashtag began trending on Twitter: “Syrians are fucking off” (#SuriyelilerDefoluyor).

      In a statement to The Atlantic, a Turkish foreign-ministry spokesperson said, “Turkey has done its part” when it came to the deal with the EU. “The funds received amount to a fraction of what has been spent by Turkey,” the text noted, adding that Ankara expects “more robust support from the EU” both financially and in the form of increased resettlements of Syrian refugees from Turkey to Europe.

      Though international organizations say that more evidence of Turkey’s actions is needed, Nour al-Deen al-Showaishi argues the proof is all around him. “The bombs are falling not far from here,” he told me in a telephone interview from a village on the outskirts of Idlib, the Syrian region where he said he was sent. Showaishi said he was deported from Turkey in mid-July after being arrested in the Istanbul neighborhood of Esenyurt while having coffee with friends. Fida al-Deen, who was with him at the time, confirmed to me that Showaishi was arrested and called him from Syria two days later.

      Having arrived in Turkey in early 2018, when the governorate of Istanbul had stopped giving out identity cards to Syrians, Showaishi did not have any papers to show the police. Taken to a nearby police station, officers assured him that he would receive an identity card if he signed a couple of forms. When he asked for more detail about the forms, however, they changed tactics and forced him to comply.

      Showaishi was then sent to a removal center in Tuzla and, he said, deported to Syria the same day. He sent me videos to show he was in Idlib, the last major enclave of armed resistance against Syrian President Bashar al-Assad. According to the United Nations, the region contains 3 million people, half of them internally displaced, and faces a humanitarian disaster now that Russia and the Assad regime are stepping up an offensive to retake the territory.

      The only way out leads back into Turkey, and, determined to prevent yet another influx of refugees, Ankara has buttressed its border.

      Still, Hisham al-Steyf al-Mohammed saw no other option. The 21-year-old was deported from Turkey in mid-July despite possessing valid papers from the governorate of Istanbul, a photo of which I have seen. Desperate to return to his wife and two young children, he paid a smuggler to guide him back to Turkey, according to Mohammed Khedr Hammoud, another refugee who joined the perilous journey.

      Shortly before sunset on August 4, Hammoud said, a group of 13 refugees set off from the village of Dirriyah, a mile from the border, pausing in the mountains for the opportune moment to cross into Turkey. While they waited, Mohammed knelt down to pray, but moments later, a cloud of sand jumped up next to him. Realizing it was a bullet, the smuggler called for the group to get moving, but Mohammed lay still. “I crawled up to him and put my ear on his heart,” Hammoud told me, “but it wasn’t beating.” For more than an hour, he said, the group was targeted by bullets from Turkish territory, and only at midnight was it able to carry Mohammed’s body away.

      I obtained a photo of Mohammed’s death certificate issued by the Al-Rahma hospital in the Darkoush village in Idlib. The document, dated August 5, notes, “A bullet went through the patient’s right ear, and came out at the level of the left neck.”

      The Turkish interior ministry sent me a statement that largely reiterated an article published in Foreign Policy last week, in which an Erdoğan spokesman said Mohammed was a terror suspect who voluntarily requested his return to Syria. He offered no details on the case, though.

      Mohammed’s father, Mustafa, dismissed the spokesman’s argument, telling me in an interview in Istanbul, “If he really did something wrong, then why didn’t they send him to court?” Since Mohammed had been the household’s main breadwinner, Mustafa said he now struggled to feed his family, including Mohammed’s 3-month-old baby.

      Yet he is not the only one struck by Mohammed’s death. In an interview in his friend’s apartment in Istanbul, where he has returned but is in hiding from the authorities, Ahmed had just finished detailing his week’s long detention in Turkey’s removal centers when his phone started to buzz—photos of Mohammed’s corpse were being shared on Facebook.

      “I know him!” Ahmed screamed, clasping his friend’s arm. Mohammed, he said, had been with him in the removal center in Binkılıç. “He was so hopeful to be released, because he had a valid ID for Istanbul. But when he told me that he had been made to sign some forms, I knew it was already too late.”

      “If I signed that piece of paper,” Ahmed said, “I could have been dead next to him.”

      It is this thought that pushes Ahmed, and many young Syrians like him, to continue on to Europe. He and his friend showed me videos a smuggler had sent them of successful boat journeys, and told me they planned to leave soon.

      “As long as we are in Turkey, the Europeans can pretend that they don’t see us,” Ahmed concluded. “But once I go there, once I stand in front of them, I am sure that they will care about me.”

      https://www.theatlantic.com/international/archive/2019/08/europe-turkey-syria-refugee-crackdown/597013
      #responsabilité

  • America’s Forgotten History of Illegal Deportations

    In the late 1920s and early 1930s, the country carried out a wave of unconstitutional raids that affected as many as 1.8 million people. Is it on the verge of doing so again?

    It was a time of economic struggle, racial resentment and increasing xenophobia. Installed in the White House was a president who had never before held elected office. A moderately successful businessman, he promised American jobs for Americans—and made good on that promise by slashing immigration by nearly 90 percent.

    He wore his hair parted down the middle, rather than elaborately piled on top, and his name was Herbert Hoover, not Donald Trump. But in the late 1920s and early 1930s, under the president’s watch, a wave of illegal and unconstitutional raids and deportations would alter the lives of as many as 1.8 million men, women and children—a threat that would seem to loom just as large in 2017 as it did back in 1929.

    What became colloquially known as the “Mexican repatriation” efforts of 1929 to 1936 are a shameful and profoundly illustrative chapter in American history, yet they remain largely unknown—despite their broad and devastating impact. So much so that today, a different president is edging towards similar solutions, with none of the hesitation or concern that basic consciousness would seem to require.

    Indeed, in the last several weeks, President Trump ordered the Department of Homeland Security to greatly increase not only the scope of potential deportees, but the speed at which they are being sent out of the country—a bid at “stabilization” borne of many of the same nationalist anxieties that plagued his predecessor nearly a century ago.
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    In his address to a joint session of Congress last week, the president painted a dark portrait of America’s immigrant population: “As we speak tonight,” he intoned, “we are removing gang members, drug dealers and criminals that threaten our communities and prey on our very innocent citizens.” It was the same foreboding message that Trump has espoused since he announced his candidacy, and yet there remains very little evidence to support it.

    Several weeks ago, Trump’s White House circulated a draft executive order aimed at “protecting U.S. jobs,” one that would shut America’s doors to immigrants most likely to require public assistance (including reduced school lunches) as well as tightly control who is able to enter the American workforce. It was very nearly Hoover’s rallying cry—American jobs for Americans—heard once again.

    In his speech on Tuesday, the president repeated this plan:

    Protecting our workers also means reforming our system of legal immigration. The current, outdated system depresses wages for our poorest workers and puts great pressure on taxpayers. Nations around the world, like Canada, Australia and many others, have a merit-based immigration system. It’s a basic principle that those seeking to enter a country ought to be able to support themselves financially. Yet in America we do not enforce this rule, straining the very public resources that our poorest citizens rely upon.

    Back in Hoover’s era, as America hung on the precipice of economic calamity—the Great Depression—the president was under enormous pressure to offer a solution for increasing unemployment, and to devise an emergency plan for the strained social safety net. Though he understood the pressing need to aid a crashing economy, Hoover resisted federal intervention, instead preferring a patchwork of piecemeal solutions, including the targeting of outsiders.

    According to former California State Senator Joseph Dunn, who in 2004 began an investigation into the Hoover-era deportations, “the Republicans decided the way they were going to create jobs was by getting rid of anyone with a Mexican-sounding name.”

    “Getting rid of” America’s Mexican population was a random, brutal effort. “For participating cities and counties, they would go through public employee rolls and look for Mexican-sounding names and then go and arrest and deport those people,” said Dunn. “And then there was a job opening!”

    “We weren’t rounding up people who were Canadian,” he added. “It was an absolutely racially-motivated program to create jobs by getting rid of people.”

    Why, specifically, men and women of Mexican heritage? Professor Francisco Balderrama, whose book, A Decade of Betrayal: Mexican Repatriation in the 1930s is the most definitive chronicle of the period (and, not coincidentally, one of the only ones), explained: “Mexican immigration was very recent. It goes back to that saying: Last hired, first fired. The attitude of many industrialists and agriculturalists was reflected in larger cities: A Mexican is a Mexican.” And that included even those citizens of Mexicans descent who were born in the U.S. “That is sort of key in understanding the psychic of the nation,” said Balderrama.

    The so-called repatriation effort was, in large part, a misnomer, given the fact that as many as sixty percent of those sent to “home” Mexico were U.S. citizens: American-born children of Mexican-descent who had never before traveled south of the border. (Dunn noted, “I don’t know how you can repatriate someone to a country they’ve not been born or raised in.”)

    “Individuals who left at 5, 6 and 7 years old found themselves in Mexico dealing with process of socialization, of learning the language, but they maintained an American identity,” said Balderrama. “And still had the dream to come back to ‘my country.’”

    The raids, as detailed in Balderrama’s chronicle, were vicious. With national concerns over the supposed burden that outsiders were putting on social welfare agencies, authorities targeted those Mexicans utilizing public resources. “In Los Angeles,” explained Balderrama, “they had orderlies who gathered people [in the hospitals] and put them in stretchers on trucks and left them at the border.”

    The efforts were equally chaotic. “The first raid in Los Angeles was in 1931—they surrounded La Placita Park near downtown L.A.,” Dunn recalled. “It was a heavily Latino area. They, literally, on a Sunday afternoon, rounded everyone up in park that day, took them to train station and put them on a train that they had leased. These people were taken to Central Mexico to minimize their chances of crossing the border and coming back to the U.S.”

    Dunn continued, “It was not like there was a master committee mapping out blocks. It was more fly-by-the-seat-of-the-pants. As in, Here’s a park where Mexicans go, okay let’s go there.”

    Mexicans in the United States—and Americans of Mexican descent—had little understanding of what was happening, and what their rights were. Elena Herrada, one of the founders of the oral history project, “Los Repatriados: Exiles from the Promised Land,” is the grandchild of Mexican-Americans who were targeted in the raids. Her grandparents, she recalled, lived in a “mostly Mexican neighborhood” in Detroit, known as Court Town.

    “It was the welfare officials who were doing it. A worker came to the door,” Herrada said. “My father remembered his father being asked by the worker, Where are you from?”

    “My dad was really puzzled,” she said. “Because his father didn’t want to say ‘Mexico’. My father was confused because he had always been a proud Mexican.”

    The family, Herrada recounted, was “de-patriated” to Mexico.

    “My grandfather didn’t have work at the time, and they were forcing them to leave. There was no gun put to his to head, but [they said he] wouldn’t be eligible to receive assistance—and he would starve.”

    “Many people didn’t believe they had a choice,” Herrada explained, “so they didn’t resist. My family didn’t believe they had a choice.”

    Herrada’s father and uncle would spend two years in Mexico before his parents were able to bring him back to the United States—after her grandfather, a veteran of the U.S. Army, returned to the country and once again found work.

    If American deportees made it back to America, according to Dunn, it was often because a friend or family member back in the States managed to obtain a copy of their birth certificate, proof of citizenship. And if they weren’t U.S. citizens, by the onset of World War II and the departure of much of the able-bodied workforce to the front, Mexican labor was back in demand: bodies were needed for low-paying agricultural work, and the xenophobia subsided under the auspices of the Bracero Program (a bilateral agreement between the U.S. and Mexico, the program brought Mexican workers to the states for short-term labor).

    But some never made it back to America. “We are who we are because of what people did in that moment,” said Herrada.

    Each state handled the raids differently—sometimes federal agents were involved, sometimes it was social workers and local law enforcement who targeted people for removal. Hoover’s precise role in directing the deportation efforts is unclear, but, according to Professor Kevin Johnson, Dean of the UC Davis School of Law, and a specialist in public interest law and Chicano studies, “There was a lot of correspondence between the different levels of government, and there was logistical support.” This support included reimbursing states for the chartering of busses and trains to transport people to Mexico.

    Deportations took place across the country: Los Angeles had the largest concentration of Mexicans and Mexican-born Americans, but communities in Detroit were also targeted in large number. “America’s most industrial city was in many ways the promise of the age in terms of economic prosperity,” according to Balderrama, and because of this, its Mexicans and citizens of Mexicans-descent were not exempt from deportation. “The archival evidence points to a full map, across the nation,” said Balderrama. There were deportations in states as far flung as Alaska, Alabama and Mississippi.

    And yet, confirming the precise number of people who were deported during this era is difficult, said Balderrama. “Both governments”—Mexico and the United States—“weren’t very interested in keeping records about what happened. It was a problem and they wanted to get rid of it. That’s why the numbers are very difficult.”

    Dunn, however, spent nearly three years doing archival research, enlisting his state senate staff to comb through federal, state and local records in a bid to reconcile California’s tortured legacy. He feels confident in his citation of 1.8 million people deported. “That number came out of several documents we got from the federal government,” he told me.

    Beyond the travesty inflicted upon hundreds of thousands of U.S. citizens, the Mexican deportations of the 1920s and 1930s are also shocking—and at this moment, particularly enlightening—for the illegalities visited upon non-citizens. Trump is unlikely to willfully deport American citizens, but he appears perilously close to replicating many of the mistakes Hoover did as it concerned the undocumented. And given the number of mixed-status families in the U.S.—as of 2015, 16.6 million Americans lived in residences with at least one undocumented immigrant—these deportations will affect citizens and non-citizens alike.

    Johnson said that in hindsight, it is clear Hoover’s deportations were a violation of “several constitutional rights,” including the Fourteenth Amendment’s due process clause and the Fourth Amendment, which prohibits unreasonable search and seizure.

    “Now it’s very clear that some of those provisions apply to immigrants in the U.S. The Supreme Court has made very clear that as long as you’re in the U.S., you have a right to due process and hearing. That doesn’t mean you can’t be removed,” said Johnson. “But you have the ability to retain counsel.”

    Johnson said that many immigrants—especially those who have been here for any extended amount of time, may have “deep community ties—to citizens, churches, employers.” The longer someone is in the U.S., he explained, “the more of those ties you have, and the deeper your rights are.”

    He pointed out that this legal reality, “is an issue right now because the White House is making efforts to expedite and expand deportations. But it means no hearing, no judicial review; it could be ready as a summary deportation.”

    Further, the expedited deportations can now occur beyond one hundred miles of the U.S.-Mexico border, and can target people who have been here for as many as two years. “Imagine what can happen in two years,” said Johnson. “All kinds of relief you might be eligible for, but you might not even have a hearing. The reason you have hearings is to try and avoid mistakes: If you don’t … you are probably going to have some mistakes tolerated and accepted.”

    Perhaps more than anything, the humanitarian cost of the Hoover-era deportations are the specter that looms largest over Trump’s immigration policy of today. Given the burden mass deportations would have placed on the federal bureaucracy, Hoover’s administration outsourced the raids, targeting and deportation to local and state officials—persons not particularly well versed in constitutional law, nor the sensitivities surrounding deportation.

    Trump appears ready to do the same: while the administration has directed the hiring of 10,000 new Immigration and Customs Enforcement (ICE) officials to oversee the dramatic increase in deportations, the administration has also revived the controversial 287(g) program, which recruits local law enforcement and sheriff’s deputies to assist in deportations.

    “It’s frightening and terrifying,” said Johnson. “We have a recent history—one not limited to the 1930s—of law enforcement engaging in excess in the name of law enforcement.”

    “I may be suspicious of ICE officials and how they apply the law,” he added, “but I do think they are trained to enforce the laws. And it’s the job of state and local police to enforce criminal laws—they don’t have the training, expertise or sensitivity to enforce accurate immigration decisions.”

    And yet it’s unclear if federal agents are the ones who intend on showing any particular restraint, given the new guidelines. According to the New York Times, ICE agents have already been targeting church shelters, airports and other areas where immigrants are known to convene.

    Two officials in Washington said that the shift [in policy]— and the new enthusiasm that has come with it — seems to have encouraged pro-Trump political comments and banter that struck the officials as brazen or gung-ho, like remarks about their jobs becoming “fun.” Those who take less of a hard line on unauthorized immigrants feel silenced, the officials said.

    Brazen behavior by those tasked with deportations, Johnson said, “is opening the door to the kinds of excesses that happened ... across the nation during the Depression—when state and local law enforcement made mistakes and rounded up brown people as their way of general relief reduction. I understand why immigrant communities are very frightened about what could happen.”

    In the meantime, only a limited number of Americans seem to even be aware of the gross mistakes their country made in the name of security. While still a state senator, Dunn successfully sponsored the Apology Act, an official mea culpa from the state of California to its Mexican residents—it passed in 2006. He also led efforts to have a memorial erected in La Placita park, the site of the first raids on L.A.’s Mexican community, where it now stands in memoriam.

    And yet, when Dunn took his apology proposal to members of the U.S. Congress, no one was interested. “They would say, ‘Immigration is really volatile right now. We’re gonna look like we’re only fighting for Latinos.’ We couldn’t convince anyone to pick it up.”

    As for all the records and material unearthed during his research? Dunn said, “Those documents are still sitting in my garage. Nobody really wanted them.”

    Those whose families were affected by the deportations—in some cases forever changed—appear no more eager to delve into the sins of the past. “They never talked about it,” said Herrada, “there was a lot of shame associated with it … They didn’t know why they got deported. They didn’t know what they did to bring that on. The only thing they knew was that they were Mexicans—and this only happened to Mexicans.”

    She added, “My grandfather still didn’t want to say he was deported. And my father, on his deathbed, said to me, You know, I never liked that word. He was really angry that I had used it.”

    https://www.theatlantic.com/politics/archive/2017/03/americas-brutal-forgotten-history-of-illegal-deportations/517971
    #histoire #USA #Etats-Unis #renvois #expulsions #migrations #Mexican_repatriation #Mexique

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