• Une base de données pour les #arbres_méditerranéens

    Grâce à la collaboration d’un réseau international de 30 scientifiques, coordonné par INRAE et l’Institut européen des forêts (EFI) et impliquant Aix-Marseille Université, l’Université de Montpellier, l’ONF et le MNHN, 496 #espèces et 147 #sous-espèces d’arbres de la région méditerranéenne ont été inventoriées. Ces données, librement accessibles, renseignent notamment sur le risque d’#extinction et la #diversité_génétique des arbres, et représentent un outil clé pour mieux protéger et restaurer les #forêts.

    Alors que les forêts doivent relever le double défi de s’adapter au #changement_climatique et de contribuer à en limiter les effets, les arbres méditerranéens restent encore insuffisamment intégrés aux politiques de #protection et de #gestion_durable.

    L’#inventaire s’étend sur 39 territoires botaniques. Les chercheurs ont montré que le nombre d’espèces d’arbres endémiques varie fortement d’une région à l’autre : on recense 150 espèces en #Espagne, 139 en #France continentale, 277 en #Turquie, 57 en #Algérie et 102 en #Sicile.

    Le #risque_d’extinction, quant à lui, reste mal documenté, près de la moitié des espèces n’ayant pas encore été évaluées dans la #Liste_rouge de l’#UICN. Bien qu’aucune tendance géographique claire n’ait été observée, la richesse en espèces est positivement liée à la superficie des territoires botaniques et à leur hétérogénéité géomorphologique.

    En ce qui concerne la #diversité_génétique, elle n’est connue que pour un tiers des espèces inventoriées, principalement celles présentant un intérêt économique. Parmi les 169 espèces pour lesquelles ces données existent, 43 % sont utilisées au moins pour l’#alimentation ou comme ressource en #bois.

    Ces résultats mettent en évidence les #lacunes dans la connaissance des arbres méditerranéens et soulignent l’importance d’une collaboration renforcée, comme le recommande le Plan stratégique de recherche pour la forêt méditerranéenne 2030, pour assurer leur conservation. L’ensemble des données est librement accessible sur la plateforme Recherche Data Gouv, et peut être utilisé par les scientifiques, gestionnaires forestiers et décideurs politiques pour soutenir la #conservation des ressources génétiques, la #restauration_écologique et la gestion durable des forêts.

    https://www.tela-botanica.org/2025/08/une-base-de-donnees-pour-les-arbres-mediterraneens
    #arbres #base_de_données #Méditerranée

  • Treize ans sans pluie : chronologie des sècheresses traversées par la civilisation maya
    https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/treize-ans-sans-pluie-une-chronologie-des-secheresses-de-la-civilis

    Comment a disparu la civilisation maya ? Qu’est-ce qui a poussé les habitants d’immenses villes à fuir, ce qui semble s’être produit du jour au lendemain, laissant bâtiments et temples se faire dévorer par les forêts ? Car si les conquistadors ont porté un coup quasi fatal à la culture maya, cette dernière avait déjà traversé une période de crise majeure, plusieurs siècles auparavant.

    Appelée période "Terminale classique", cette époque s’étendait de 800 à 1000 après J.-C. Elle est caractérisée par la chute de plusieurs Cités-États dans les Basse-Terre ainsi qu’un important déclin démographique et culturel pour des raisons encore mal connues. Mais comment expliquer cette période de crise ? Cet effondrement n’étant pas un phénomène généralisé, plusieurs théories sont évoquées. Parmi celles-ci, la recrudescence de périodes de sécheresse déjà caractérisées par d’anciennes études dans le Yucatán du Nord, qui aurait pu durablement mettre à mal l’agriculture locale.

    Afin d’explorer et préciser la nature de ce contexte météorologique accablant, une nouvelle étude de Cambridge, publiée dans Science Advances le 13 août 2025, s’est ainsi attelée à la datation précise des périodes de sécheresse de 871 à 1027 après J.-C. Une chronologie inespérée qui permettra une mise en perspective des données météorologiques des découvertes archéologiques de la région.

    Basse-Terre. Situées sur un plateau calcaire peu boisé, les Basse-Terre recouvraient l’actuel Nord-Est du Mexique, ainsi qu’une partie du Bélize et du Guatemala. Les Basse-Terre du Nord se trouvent sur l’actuel Yucatán.

    Les archives des stalagmites

    Pour effectuer ces datations, les chercheurs se sont appuyés sur les stalagmites de Grutas Tzabnah, une grotte située dans le Nord du Yucatan. Située près de plusieurs sites maya abandonnés pendant la période "Terminale classique", elle constitue une archive inespérée du climat de la région.

    "Quand nous sommes allés à Grutas Tzabnah en 2022, il est rapidement devenu évident que ce serait l’endroit idéal, parce que la grotte est très proche de la surface", raconte Daniel H. James, chercheur à l’université de Cambridge et premier auteur de l’étude interviewé par Sciences et Avenir. "Cela évite que les eaux de différentes saisons ne se mélangent en filtrant à travers le calcaire, ce qui a déjà été un problème pour d’autres études. Ici, il ne faut qu’un mois à l’eau pour traverser la roche, donc nous avons pu avoir des dates avec une résolution au mois près."

    Mais comment étudier le climat du passé grâce à des stalagmites ?

    Caractérisé par une saison sèche et une saison humide, le climat du Yucatan du nord influence fortement les conditions de cristallisation du calcite formant les stalagmites. En étudiant la nature des différentes couches de calcite laissées par les eaux d’infiltration, les chercheurs peuvent ainsi identifier chaque saison.

    “[Les sécheresses] ont un impact sur la formation du calcite. Pendant la saison sèche, lorsque l’apport en eau est plus limité, le calcite va se former en structures moins denses, qui ressemblent à des aiguilles, tandis que pendant la saison des pluies, la cristallisation se déroule de manière plus complète et on obtient des strates plus denses et mieux cristallisées”, explique Daniel H. James.

    Couplé à la datation par radiométrie, les chercheurs ont ainsi pu estimer précisément la date et la durée de chaque épisode de sécheresse dans la région. “Les méthodes de datation des stalagmites, la résolution des observations et les techniques de radiographie se sont toutes beaucoup améliorées ces dernières années !” souligne le directeur de l’étude.

    Résultat des courses : entre 871 et 1021, la région entourant la grotte de Grutas Tzabnah aura connu de nombreuses périodes de sécheresses, dont certaines se sont étendues sur plusieurs années : un véritable drame pour l’agriculture de l’époque.

    Une chronologie inespérée pour les archéologues

    Trois ans, cinq ans, treize ans… Les durées de certaines périodes de sécheresse livrées par les stalagmites feraient froid dans le dos à n’importe quel agriculteur moderne. Sans donner une explication directe au déclin de la période "Terminale classique", la chronologie de Grutas Tzabnah permet de remettre ces évènements dans une chronologie à échelle humaine. Une aide inespérée pour les archéologues qui pourrait notamment aider à clarifier les évènements ayant mené à l’abandon de certains sites autour de la grotte.

    “[Ces sécheresses] auraient pu être la goutte de trop, mais nous ne pouvons pas le savoir à partir de cette étude”, explique le Dr. James. “Mais à l’avenir, nous espérons que ces archives pourront être comparées à la chronologie de sites maya déjà connus, pour voir si l’historique de ces lieux correspond ou non. Nous avons maintenant accès à des résultats à échelle humaine et j’aimerais beaucoup voir comment ces périodes se sont traduites dans la vie des Mayas de l’époque.”

    Mais quelles étaient les causes de ces catastrophes ? Une fois encore, la réponse est difficile à clarifier, les stalagmites ne renfermant pas d’autres informations sur la météo de l’époque. Les indices archéologiques alentour tendent cependant à souligner une possible aggravation du phénomène par les activités humaines.

    “Les sécheresses de l’époque ont certainement été causées par des facteurs naturels et amplifiées par la déforestation massive de la région et l’agriculture intensive”, explique le scientifique. “Il y a des traces archéologiques de réserve d’eau et d’irrigation, mais les problèmes auxquels les Mayas ont fait face à l’époque ont clairement dépassé les limites de leurs techniques. De là, il n’aura pas fallu longtemps pour que des problèmes sociétaux apparaissent et contribuent à l’abandon de certaines villes.”

    Un outil pour l’avenir

    Obtenu à partir d’une seule stalagmite, la chronologie de Grutas Tzabnah ouvre également une perspective pour l’avenir. Le Yucatan comptant de nombreux systèmes de grottes peu profondes, d’autres chronologies pourraient être réalisées pour d’autres périodes, à condition de réussir à trouver des stalagmites correspondantes.

    “Il y a beaucoup de sites mayas dans la région du Yucatan : il y a aussi des ruines préclassiques (-1000 avant J.-C. à 250 après J.-C.) et postclassiques (1000 après J.-C. à 1400 après J.-C.) et tout un système de grottes qui pourraient renfermer des stalagmites correspondantes”, s’enthousiasme le chercheur. “Il pourrait être possible de créer ce genre de chronologie pour d’autres périodes de la civilisation maya !”

  • Wild beavers reintroduced after 400-year extinction

    The first ever wild beavers have been released in a #Dorset nature reserve, more than 400 years after their #extinction in Britain.

    Two pairs of the semi-aquatic animals are making a new home at Little Sea lake in #Studland, #Purbeck, unrestricted by fences or enclosures.

    This reintroduction follows the government’s decision to allow wild populations return to England’s rivers and wetlands.

    The National Trust, which is behind the licensed wild release, called it a “real watershed moment in the history of the species” in the country.

    The beavers have been brought from the Tay catchment in Scotland by the Beaver Trust.

    Head of restoration Roisin Campbell-Palmer said there was “high levels of public support” for the return of the animals to England.

    There have also been concerns about the impact of beavers flooding roads, properties and farmland, and targeting crops such as maize and cricket bat willow.

    The government announced the releases would be “well-managed” and that communities would be helped to adapt to living with beavers.

    Gen Crisford, beaver project officer at Purbeck for the conservation charity, said that by working with local landowners and putting measures in place when needed, “we are confident that in Purbeck we will be able to demonstrate how beavers can work for everyone”.

    “Getting the wetlands back into our landscape is absolutely critical in restoring our ecosystems and making sure that they function efficiently and making sure that we do not stay as the most nature depleted country in the long term,” said Tracey Churcher, general manager of Purbeck for the trust.

    “They are key for rebuilding that and always were supposed to be in this landscape. It was persecution that led to their demise.”

    The licensed release comes after two beavers appeared at Little Sea in January 2024, thought to have colonised from elsewhere in Dorset’s waterways where they are already living wild, or through an unauthorised release.

    Marian Spain, chief executive of Natural England, said it was a “historic moment for nature in England”, giving them a chance to thrive again in the wild.

    Known as nature’s architects, beavers engineer the landscape with dams, ponds and channels that help other wildlife and counter flooding and drought.

    The Beaver Trust said they were looking forward to other new wild sites being proposed.

    https://www.bbc.com/news/articles/cwygxvzpkevo

    #castors #réintroduction #UK #Angleterre

  • Bien sûr que si, la #biodiversité s’effondre en #Europe

    Un nouveau discours dénialiste émerge : la biodiversité serait saine et sauve en Europe. C’est ce qu’affirme le porte-parole d’un think tank, #Action_Écologie. Les scientifiques s’opposent à cette déclaration, car elle n’est pas scientifiquement valide.

    Nous vivons la sixième #extinction_de_masse : la biodiversité s’effondre. Mais l’Europe fait-elle exception ? C’est ce que sous-entend une interview du porte-parole du think tank « Action Écologie », #Bertrand_Alliot, dans Le Point le 20 octobre 2024 : « La biodiversité ne s’effondre pas en Europe. » Problème : cette citation est scientifiquement fausse.

    La biodiversité européenne est en #danger

    Prenons d’abord le seul cas de la #France. En 2021, l’IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature), le Muséum d’histoire naturelle et l’Office français de la biodiversité publiaient un rapport synthétique s’écoulant sur 13 ans (https://www.numerama.com/sciences/692810-biodiversite-plus-de-2-000-especes-sont-menacees-en-france-et-ca-em). Au total, 13 842 espèces évaluées (France métropolitaine et outre-mer) ont été prises en compte : sur cet ensemble, 2 430 ont été classées comme menacées et 187 ont tout bonnement disparu. En proportion, sur le nombre d’espèces étudiées, 17,6 % sont en danger. Ce même rapport montrait que cela empire.

    Et à l’échelle européenne ? « La biodiversité — la diversité essentielle des formes de vie sur Terre — continue de décliner dans chaque région du monde », indiquait l’IPBES (groupe international d’experts sur la biodiversité sous l’égide de l’ONU) en 2018. Dans ce #rapport (https://files.ipbes.net/ipbes-web-prod-public-files/downloads/spm_2b_eca_digital_20180622.pdf), elle est claire : « La biodiversité de l’Europe et de l’Asie centrale connaît un fort #déclin continu. » Les paysages terrestres et marins sont devenus « plus uniformes dans leur composition en espèces », alerte la plateforme scientifique : « Les écosystèmes ont considérablement diminué en termes de diversité des espèces. Parmi les espèces évaluées vivant exclusivement en Europe et en Asie centrale, 28 % sont menacées. »

    Il est également possible d’aller jeter un œil du côté du Muséum d’histoire naturelle. Celui-ci rappelle sur son site qu’un quart des oiseaux d’Europe ont disparu ces 30 dernières années et que 80 % des insectes ailés ont chuté en l’espace de 40 ans en Europe. Rien qu’à Paris, « 60 % des moineaux ont disparu en 15 ans ». En clair, les sources et les études sont solides quant à l’effondrement de la biodiversité en Europe, et aux enjeux de sauvegarde.

    Sur les réseaux sociaux, des scientifiques reconnus ont pris la parole pour contester la teneur de cette interview. C’est le cas de l’écologue Sophie Leguil, par exemple, dans un thread très complet et à consulter. Elle rebondit notamment sur l’indice Planète vivante (LPI) en zone tempérée, mentionné par Bertrand Alliot, lequel affirme que cet indice indiquerait un redressement de la biodiversité dans les pays riches. « Non, le LPI ne s’intéresse qu’aux vertébrés (une petite proportion du vivant) », nuance Sophie Leguil.

    Elle ajoute : « Si l’on regarde l’évolution du LPI pour l’Europe et l’Asie, on constate que l’augmentation des populations de vertébrés mentionnée précédemment n’a pas duré, malgré des succès de conservation indéniables. » En effet, la lutte pour la sauvegarde de la biodiversité n’est pas sans certaines réussites : mais il est nécessaire de ne pas désinformer sur la réalité de la crise, pour que ces politiques de conservation puissent avoir lieu et être utiles. Quelques réussites ne surpassent la crise du vivant dans son ensemble et le déclin plus global mis en avant par les travaux de recherche.

    En clair : il n’est pas « catastrophiste » d’affirmer que la biodiversité est menacée en Europe. Il s’agit au contraire d’une réalité très concrète (22 % des espèces animales européennes sont menacées d’extinction selon l’IUCN). Les macareux ont fait l’objet d’une étude publiée en 2022 dans une revue scientifique, qui montrait que les oiseaux de mer tels que les mouettes tridactyles et les macareux voient leurs habitats être de plus en plus menacés en Europe : « (…) Les menaces liées au changement climatique mises en évidence par les groupes de conservation des oiseaux de mer européens sont souvent mal comprises et (…) plusieurs menaces mises en évidence par les chercheurs et les groupes de conservation ne font pas l’objet d’actions de conservation claires. »

    Mais, selon Bertrand Alliot, ce ne serait pas grave si le macareux moine venant à disparaître d’une aire spécifique, comme en Bretagne, et il faudrait toujours parler à l’échelle mondiale. Sauf que, comme le pointe Sophie Leguil, en écologie scientifique, il y a aussi une notion fondamentale de diversité génétique locale, importante pour la bonne santé du vivant dans son ensemble. Sauver des espèces dans chaque région où elles habitent sert aussi à préserver les écosystèmes. La biologie de la conservation s’applique à des aires localisées pour de bonnes raisons.
    La désinformation sur la biodiversité

    D’ailleurs, on peut s’étonner de la publication de cette interview au premier jour de la COP16 dédiée à la biodiversité, plus grand sommet international dédié à la crise du vivant (en complément de la COP dédiée au climat — la COP29 attendue pour novembre). Le choix de la personne interviewée, qui n’est ni un scientifique ni un spécialiste reconnu sur les sujets environnementaux — au contraire –, pose question.

    Ses positions sur les réseaux sociaux ne correspondent en rien à la science et font même le jeu du climatoscepticisme. Au moment de son interview, celui-ci déclare sur X que « le récit de la crise climatique commence à s’épuiser et il faut donc nourrir une autre peur : celle de l’effondrement de la biodiversité ». L’occasion de rappeler que la crise climatique n’est pas un récit, encore moins épuisé, mais un fait scientifiquement avéré. C’est une urgence prouvée comme telle par des sources établies, et dont l’origine humaine fait consensus dans la communauté scientifique.

    Ses déclarations sont régulièrement et facilement contestées. En réponse à un rapport de la Ligue de protection des oiseaux montrant l’effondrement des populations d’oiseau, Bertrand Alliot affirmait qu’il y avait à l’inverse une « explosion » des oiseaux d’eau. Cette affirmation aura rapidement été récusée, en réponse, par des spécialistes, en raison de nombreuses confusions. On le voit aussi reposter des considérations absurdes, comme un internaute déclarant qu’« il n’y a tellement plus d’animaux que @letelegramme fait un dossier sur les collisions qui explosent », comme si les collisions avec des animaux sur les routes invalidaient le déclin des espèces.

    Pour éviter le pire, il faut agir, pas dénier la réalité.

    De même, sur son site internet, Action Écologie livre un discours basé sur « le pire n’est pas certain ». Or, le dernier rapport du GIEC montrait justement l’urgence de la situation : pour que le « pire » soit évité, une action rapide et ample est justement nécessaire. Cette déconnexion de la réalité se révèle aussi dans une exploration plus poussée des comptes d’Action Écologie et de Bertrand Alliot sur les réseaux sociaux. On y trouve des interactions et des liens récurrents avec des groupes (« l’association des climatoréalistes ») et personnalités climatosceptiques.

    Si les débats sont possibles en écologie politique et scientifique, sur les solutions comme les méthodologies, ils doivent malgré tout se faire dans le cadre des faits, et en responsabilité. La publication de cette interview apparaît donc assez irresponsable tant les propos sont dénués de source et que le profil de la personne interviewée n’a pas non plus d’ancrage scientifique valide. Durant la crise du covid, nous alertions déjà sur les invitations irresponsables de pseudo-experts dans certains médias : ce constat s’applique aussi à l’environnement.

    https://www.numerama.com/sciences/1829516-bien-sur-que-si-la-biodiversite-seffondre-en-europe.html
    #effondrement #déni #fact-checking

  • #Relaxe au goût amer pour les #Scientifiques_en_rébellion : « C’est une goutte d’eau dans un océan de défaites »

    Seize personnes, dont cinq #scientifiques, poursuivies pour avoir mené une #action_militante au #Havre en 2023 ont été mises hors de cause par la justice lundi 10 février. Le chercheur #Hugo_Raguet, relaxé, n’arrive pas à y voir une victoire tant le blacklash environnemental n’épargne aucune partie du monde.

    On s’attendait à recueillir une réaction enjouée et une parole revigorée. Lundi 10 ;février, seize personnes, dont cinq scientifiques, poursuivies devant le tribunal correctionnel du ;Havre pour « entrave à la circulation » après avoir mené en ;2023 une action contre la mise en place d’un terminal méthanier de #TotalEnergies dans le port de la ville , ont été mis hors de cause par la justice. « La décision est une relaxe totale », nous a fait savoir par message leur avocate Chloé Chalot. Rare bonne nouvelle ces derniers temps en matière de lutte écologique. Lors de l’audience le 6 ;décembre, Hugo Raguet, 37 ;ans, membre des Scientifiques en rébellion , connus pour leur lutte contre l’inaction climatique et la #désobéissance_civile, avait pris la parole au nom des cinq prévenus faisant partie du collectif. « Nous pensions que les consensus scientifiques seraient correctement relayés dans les médias, éclaireraient les débats publics, et que les décideurs sauraient en tenir compte, mais malgré nos alertes, les décideurs poursuivent la même trajectoire autodestructrice. Ce terminal méthanier en est une illustration évidente. C’est un projet d’un autre temps. »

    En définitive, cet enseignant-chercheur en informatique à l’Institut national des sciences appliquées à Blois, qui avait procédé avec ses camarades au blocage d’un pont mobile tout près du chantier de l’installation portuaire le 12 ;mai 2023, n’est pas condamné pour cette action. Mais le terminal méthanier, lui, a bien fini par être mis en place. Au bout du fil, Hugo Raguet évacue très vite le sentiment de satisfaction liée à la décision judiciaire. Face au « backlash environnemental »en cours ,partout sur la planète « mais également en France », la victoire obtenue devant le tribunal du ;Havre « n’est que symbolique »,exprime-t-il .

    Comment vous sentez-vous, depuis que vous avez appris votre relaxe ; ?

    Je suis soulagé, c’est une évidence, mais cela s’arrête un peu là. D’abord, nous ne savons pas encore pour quel motif le tribunal a pris cette décision. Notre avocate a plaidé au nom de la « liberté d’expression » et de « l’état de nécessité » [principe qui reconnaît « pénalement irresponsable » toute personne qui, « face à un danger actuel ou imminent » et menaçant pour « elle-même, autrui ou un bien », n’a d’autre ressource que d’accomplir un acte défendu par la loi, ndlr],mais nous sommes encore dans le flou, donc c’est difficile de se réjouir outre mesure si finalement, nous avons gagné pour une autre raison. Si le motif de l’état de nécessité est retenu, cela pourrait faire jurisprudence et permettre de protéger les militants écologiques. Mais quand bien même cette décision irait dans ce sens, tout cela ne fait pas le poids face à la réalité du monde ; : nous assistons à un tel recul dans les domaines de la protection de l’environnement, des droits humains, et de la coopération, partout sur la planète et également en France, que c’est difficile de voir autre chose qu’une victoire symbolique.

    Que voulez-vous dire ; ?

    Nous avons gagné devant la justice pour une mobilisation qui était importante et dont je suis fier. Mais c’est une goutte d’eau dans un océan de défaites. Depuis des semaines, je constate avec effroi et une très grande colère que le mouvement pour le climat ne peut rien face au mouvement de fond. La désobéissance civile pour tirer la manche de l’opinion c’est bien, mais on est face à des ennemis beaucoup plus forts que nous. Les extrêmes droites climatosceptiques montent partout dans le monde, il semble qu’aucun des pays riches signataires de l’accord de Paris n’ait jamais eu sérieusement l’intention de le respecter, le Pacte vert européen est remis en question , la situation française est exaspérante car il ne se passe plus rien , ou plutôt, quand il se passe quelque chose cela va dans le mauvais sens… Nous basculons dans un monde dystopique dans un silence grotesque et assourdissant. Aujourd’hui, le sentiment qui me domine, c’est de l’épuisement, de l’écœurement et beaucoup de pessimisme.

    Cette victoire ne vous permet pas de donner du sens à votre engagement et l’envie de continuer ; ?

    Sincèrement, je me demande parfois pourquoi on se bat. Les Scientifiques en rébellion sont un formidable collectif. Je l’ai intégré en ;2022 et il m’a permis d’être en cohérence avec moi-même, d’aligner mes convictions avec mes connaissances scientifiques. Mon activisme m’a mené jusqu’à une garde à vue en Allemagne , je me retrouve dans plusieurs procédures judiciaires mais je ne regrette rien, parce que je sais que j’ai fait de mon mieux, à mon échelle, pour alerter. Ce que je déplore, en revanche, c’est qu’un pourcentage infime de la population s’est engagé avec nous. J’en veux au monde entier. Aux classes politiques, évidemment, les premiers responsables. Mais aussi, à un degré moindre, au reste de la société. Parce que j’ai le sentiment que les gens sont dans un déni quotidien et permanent. Est-ce que c’est parce que les scientifiques ne sont pas encore assez nombreux à sortir de leur laboratoire, pour s’engager dans le monde et prendre leur responsabilité face au chaos ; ? Ce que je sais, c’est que la lutte écologique et sociale, en l’état, ne fonctionne pas.

    Avez-vous l’intention de mettre un terme à votre engagement ; ?

    En ce début ;2025, je ressens une fatigue immense, à la fois physique et morale. J’ai besoin de repos, et d’ailleurs je me suis mis un peu en retrait des Scientifiques en rébellion. Je ne suis pas le seul au sein du collectif à être découragé. Notre organisation internationale a des antennes dans de nombreux pays et je ressens bien une baisse d’énergie globale. C’est difficile après tant d’efforts et d’implication de voir que tout cela n’a servi qu’à peu de choses, finalement. La branche française me semble moins subir cette baisse d’énergie, il y a beaucoup de projets et de débats, mais honnêtement je ne vois pour le moment rien de suffisamment engagé pour changer la tendance générale. A vrai dire, tout le mouvement climat en général semble à bout de souffle, et doit trouver des nouveaux moyens d’engagement, des nouvelles stratégies. Pour que toute la société augmente d’un cran dans son engagement et courbe le dos aux pouvoirs publics.

    https://www.liberation.fr/environnement/relaxe-au-gout-amer-pour-les-scientifiques-en-rebellion-cest-une-goutte-d
    #procès #justice #action_directe #résistance #changement_climatique #climat

    • Le tribunal du Havre reconnait l’#état_de_nécessité pour les militant·es d’#Extinction_Rebellion et Scientifiques en rébellion

      16 activistes climat relaxé·es au nom de « l’état de nécessité » : une victoire qui fait date

      En mai 2023, des activistes des mouvements Scientifiques en rébellion et Extinction Rébellion avaient bloqué une écluse au port du Havre, pour protester contre l’installation d’un nouveau terminal méthanier, qui aggrave la dépendance de la France aux énergies fossiles et augmente les émissions de gaz à effet de serre, alors même que notre pays ne remplit pas ses engagements pour lutter contre le changement climatique pris lors de l’Accord de Paris.

      Le 6 décembre 2024, 16 militant·es ont comparu au tribunal correctionnel du Havre. Le jugement a été rendu en début de semaine : tous et toutes ont été relaxé·es au motif de l’état de nécessité. La juge a donc reconnu que nous n’avons pas d’autre choix, en tant que citoyen·nes et que scientifiques, que de désobéir pour protéger la vie sur terre et que nos actions de désobéissance civile sont proportionnées et nécessaires. Ce jugement est d’une importance particulière dans le contexte actuel de reculs politiques sur la question écologique qui se font au mépris des connaissances scientifiques et en mettant en péril la survie de nos sociétés.

      Le verdict rappelle que « l’état de nécessité peut être défini comme la situation dans laquelle se trouve une personne – ou un groupe de personnes – qui n’a d’autre choix que d’accomplir un acte prohibé pour sauvegarder un intérêt supérieur. Cet état de nécessité se caractérise par un danger actuel ou imminent et une violation de la valeur protégée nécessaire et proportionnée ».

      Il souligne que « la France subit les conséquences du dérèglement climatique provoqué par l’activité humaine. Il ressort également de ce rapport [du GIEC] que la France ne pourra pas atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre qu’elle s’était fixés ». Comme l’avait plaidé la défense, il reconnaît que « la réalité et l’imminence du danger sont avérées ».

      Il en conclut logiquement que « l’entrave à la circulation apparait comme ayant été nécessaire pour attirer l’attention du public et des médias sur la construction du nouveau terminal méthanier en contradiction avec l’objectif général de diminution de recours aux énergies fossiles. Elle apparait également proportionnée face à la menace. »

      C’est la deuxième fois en quelques mois que des membres d’Extinction Rebellion et de Scientifiques en rébellion sont relaxé·es au nom de l’état de nécessité par un tribunal. Le 10 octobre dernier, le Tribunal de Police de Paris avait prononcé le même jugement à l’encontre de militant·es qui avaient réalisé une conférence-occupation au Muséum National d’Histoire Naturelle. Le parquet a fait appel, comme il l’avait fait dans d’autres jugements similaires ces dernières années (par exemple le décrochage des portraits d’Emmanuel Macron à Lyon ou l’action d’Extinction Rebellion dénonçant l’agroindustrie à La Rochelle). Dans le cadre de l’affaire du Havre, il a dix jours pour décider ou non de le faire.

      Rappel des épisodes précédents

      Le 12 mai 2023, les Scientifiques en rébellion, en coalition avec d’autres mouvements (ANV-COP21, Extinction Rebellion, Stop Eacop et Dernière Rénovation) ont ciblé TotalEnergies et son projet d’installation d’un terminal méthanier flottant au Havre. Ce projet, qui permet d’importer du gaz naturel liquéfié (GNL) par bateau et qui a été mis en service en octobre 2023, va à l’encontre des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pris par la France, qui nécessitent de stopper immédiatement le développement de toute nouvelle infrastructure fossile. Cette action avait pour objectif de rappeler que le gaz – et en particulier le GNL – n’est en aucun cas une énergie propre ou « de transition », mais bel et bien une énergie fossile qui contribue fortement au réchauffement climatique.

      En parallèle avec deux autres actions, une dizaine de scientifiques en blouses blanches et plusieurs membres des collectifs partenaires avaient bloqué le pont mobile situé sur l’écluse François Ier qui assure le passage du fret maritime, constitué en grande partie de carburant fossile. Certain·es d’entre elles et eux s’étaient pour cela enchaîné·es au pont. Ce pont est particulièrement symbolique, car il est situé à côté du chantier de construction du projet FSRU (Floating Storage and Regasification Unit) visé. Ce navire, amarré en permanence, a pour fonction de recevoir du GNL transbordé depuis des bateaux méthaniers, de le stocker, de le ramener à l’état gazeux et de l’injecter dans le réseau de transport de gaz naturel.

      Le procès des 16 activistes s’est tenu le 6 décembre 2024 au tribunal correctionnel du Havre. Iels étaient poursuivis pour entrave à la circulation des véhicules sur une voie publique. Le procès avait été marqué par les témoignages de Frank Marba, victime climatique aux Philippines et plaignant dans un recours pénal contre TotalEnergies, et de Stéphane Costa, co-président du GIEC normand. Bien que reconnaissant le caractère actuel ou imminent du danger causé par le changement climatique, la procureure avait requis de maintenir l’amende initiale de 200 euros par personne.

      https://scientifiquesenrebellion.fr/textes/presse/le-tribunal-du-havre-reconnait-l-etat-de-necessite

  • Activists Under Fire: The Rising Criminalization of Civil Movements Across Europe

    On May 22, 2024, the air outside Berlin’s Humboldt University was thick with tension. Over a hundred people had peacefully gathered at Universitätsstraße in solidarity with a group of students. The students had occupied the nearby Institute for Social Sciences and renamed it Jabalia Institute after one of the largest refugee camps in Gaza—known as a historic stronghold of resistance. Their voices rose together in steady, rhythmic chants, demanding peace and justice for people facing genocide and violence in Palestine and Lebanon.

    “When I first arrived, I was shocked by the amount of police on the street,” said Mimo, a 26-year-old engineering student at TU Berlin whose name has been changed due to his concern about possible visa issues and other legal problems that could result from his political views in Germany. Like many of his fellow students, Mimo is part of the Student Collective for Palestine at TU Berlin, an initiative committed to advocating for Palestinian rights and social justice. At Universitätsstraße, their calls for peace and equity were met with unyielding violence and hostility from the authorities.

    “I can’t breathe anymore,” Mimo recalled himself gasping, as he felt a sharp, breath-stealing blow to his chest, before he even saw it coming. A police officer from the line had hit him with Quarzsandhandschuh—weighted gloves used to illegally harm protesters—forcing him to bend his knees from the pain while his fingers slipped out of the hands of those next to him.

    As the human chain broke, the officers surged past him, dealing blows indiscriminately at the young faces around him. Cries of fear and pain erupted as the students scattered to escape the onslaught.

    “It was really chaotic. People started crying and shouting like me: ‘I can’t breathe,’” Mimo recounted.

    At the end of the day, Mimo returned home still shaken, his chest sore, and thoughts racing. Though he felt the lingering pain for weeks, he did not go to the hospital due to a fear of police retaliation. For Mimo and his fellow protesters, this was not an isolated experience but a part of an escalating pattern.

    “The abuse of power from the authorities toward peaceful protesters is increasing exponentially,” Mimo explained. “We’ve started normalizing it.”

    Mimo and the students in Berlin are not alone with their experience as governments and authorities across Germany and other European countries, including the United Kingdom, Italy, Spain, Poland, Hungary, and the Netherlands, are increasingly clamping down on civil society and student movements. Through new legal measures, intensified surveillance, and public media campaigns, the authorities actively stifle voices calling for peace, environmental justice, and human rights.

    Over the last decade, Europe has witnessed an alarming rise in the repression and criminalization of activist groups and individuals; a trend that challenges the region’s formal commitment to democratic freedoms. A 2022 report from the European Civil Forum highlights this shift, recording over 450 cases of repression against civil society actors in Europe between 2019 and 2021.
    A Shift Toward Criminalization and Its Legal Consequences

    The criminalization of activist groups and NGOs across Europe carries significant legal and political ramifications. Members of organizations such as Sea Watch, Extinction Rebellion, Fridays for Future, and Last Generation have faced charges ranging from “public disturbance” to “aiding illegal immigration,” often under laws meant to protect state security or border integrity.

    This crackdown risks undermining both the right to peaceful protest and a range of humanitarian practices protected under international human rights laws, including the European Convention on Human Rights. The legal consequences of the continent-wide trend extend beyond individual cases, creating a climate of fear and suppressing vital democratic freedoms—as seen in recent high-profile cases, especially in Germany, the UK, and Italy.

    On May 19, 2023, during a high-stakes match at the Internazionali BNL d’Italia in Rome, the 33-year-old Last Generation activist Giacomo Baggio burst onto the court, throwing a vibrant cloud of confetti into the air in a courageous act of civil disobedience. The spectators watched, frozen, as the stadium security quickly moved in to forcefully remove the activist from the ground, their hands gripping his neck. As Baggio was dragged away, his message resonated beyond the arena: it did not just interrupt a tennis match, it broke public silence on the urgent climate crisis.

    In the wake of this and other peaceful civil disobedience actions carried out by Last Generation, the Rome police have sought to place Baggio under special surveillance (sorveglianza speciale), a strict surveillance regime devised for members of organized crime. For Baggio, it meant daily check-ins, an 8 p.m. curfew, and a ban on public events, sharply curtailing his political and social life.

    “In the beginning, I felt profoundly alone,” Baggio shared. “This measure targeted me as an individual, isolating me from society.”

    His words reflect the experiences of many European activists who face heightened repression as authorities use surveillance, arrests, and intimidation to silence dissent. In mid-October 2024, the Rome court overturned the surveillance request, citing insufficient evidence for a public threat. Yet, the chill on civil freedoms lingers as a warning for organizers across Italy and Europe.

    “These disproportionate repressive acts show that the government fears losing legitimacy, clinging to power by silencing those who hold up a mirror to what it doesn’t want to see,” said Baggio.

    The repression of Last Generation has intensified far beyond Italy’s borders. In May 2023, the German authorities launched sweeping nationwide raids against the climate group, charging its members with forming or supporting a criminal organization—a grave accusation usually reserved for terrorism cases. According to the activists and local media reports, the crackdown involved shutting down the organization’s website, freezing its members’ bank accounts, and invasive home raids to temporarily confiscate their personal belongings. The wave of criminalization underscored a troubling escalation of power abuse against activists that targets and undermines not only their political and organizational capacity, but also their very sense of personal space, financial stability, security, and livelihood.

    In its 2023 report on civic repression, Amnesty International documented a sharp rise in counter-terrorism measures targeting civil society across Europe. Since 2019, at least 2,000 Extinction Rebellion (XR) activists have faced legal action, many for peaceful acts like roadblocks or sit-ins, with some even charged with terrorism-related offences. The UK’s 2022 Police, Crime, Sentencing, and Courts Act intensifies this crackdown, granting the police broad authority and imposing severe penalties on protests deemed “disruptive.“ Roadblocks and business disruptions now carry severe legal risks and consequences for groups like XR.

    “In England and Wales, prison sentences for climate activists have surged dramatically,” said Charlie Holt, the European Head of Global Climate Legal Defence (CliDef). “Just a few years ago, it was rare to see climate activists jailed…now it happens routinely, and the sentences are growing longer and longer.”

    In Spain, the Public Security Law—commonly known as the “gag law”—has been used against activists under vague claims of endangering national security. In 2022 and 2023, pacifist groups such as Desarma Madrid, which protested Spain’s arms sales, faced fines and arrests for unlicensed demonstrations.

    The European Center for Not-for-Profit Law (ECNL) highlights similar legal restrictions across Poland, Italy, and Hungary. In Hungary, the far-reaching “Stop Soros” legislation specifically targets organizations providing aid to migrants and a range of other legitimate migration-related activities; making them punishable by up to one year in prison. The law has led to a significant chilling effect on the work of humanitarian groups. Although the EU Court rejected this law, the government has yet to retract it.

    In Poland, the 2022 amendments to public assembly laws have drastically curtailed protest rights, empowering authorities to shut down peaceful gatherings without substantial evidence. This has impacted protests—particularly those since the 2022 Russian full-scale invasion in Ukraine—where demonstrators have rallied for peace and women’s rights while criticizing cuts to social welfare made in favour of military spending. On March 8, 2023, several protesters were detained on public order charges as feminist groups, including Strajk Kobiet, protested in Warsaw on the International Women’s Day.

    Similarly in Italy, in September 2024, the parliament’s lower house approved a new Security Bill that targets climate activists and migrants in particular, while bearing consequences for a range of non-governmental organizations such as labor unions. If the decree also passes the Senate, protesters who block roads or railways could face up to two years in prison, while authorities would gain sweeping powers over migrants in detention centers.

    The Security Bill mirrors a decade-long European trend of framing solidarity with migrants as a security threat rather than humanitarian aid. Civic Space Watch reports that a growing number of NGOs and individuals across Europe now face prosecution for offering food, shelter, or legal assistance to migrants accused of “aiding illegal immigration.”

    “Authorities are trying to intimidate, hinder, and criminalize us to deter our rescue efforts and humanitarian actions,” said Oliver Kulikowski, the spokesperson of Sea Watch, a Mediterranean search-and-rescue NGO. He noted that Sea-Watch has faced hefty fines, legal battles, and that activists are threatened with prison terms for their life-saving work in one of the biggest graveyards in the world—the Mediterranean Sea.
    Members of Sea-Watch-3 rescue ship approach a rubber vessel full of migrants on the Tunisian and Libyan border waters.

    “This repression leads to an increasingly repressive society,” added Kulikowski. “When we see and allow people to die without rights at our borders, we erode the humanity and rights of society as a whole.”

    In February 2024, the Council of Europe’s Commissioner for Human Rights urged an end to the repression of human rights defenders assisting migrants in Europe. The commissioner warned that criminalizing rescue operations violates the UN Convention on the Law of the Sea, which mandates aid for those in distress and raises ethical concerns about the responsibility of European nation-states to protect human life.

    The repression has intensified in tandem with a surge in populist movements that frame humanitarian aid as subversive and illegal. For activists, NGOs, and civil society, mounting restrictions underscore a stark truth: defending human rights increasingly means sacrificing personal freedom as states prioritize border control over humanitarian commitments. The crackdown raises urgent questions about the EU’s commitment to its legal principles and core values in an era of escalating populism.
    The Rise of Populism, Media Stigmatization, and Polarisation

    In 2024, Amnesty International’s report on the state of the right to protest across 21 European countries highlighted a growing trend in repressive legislation, arbitrary arrests, the use of excessive force, and the rise of invasive surveillance.

    “Rather than solving the problems they claim to want to prevent and repress, these punitive norms have the sole effect of feeding public opinion with new criminal hypotheses, further sanctions, and increases in existing penalties. Criminal populism, in short,” said Vitalba Azzollini, an Italian lawyer, about Italy’s recent Security Bill. Part of a broader right-wing wave across Europe, these measures disproportionately target migrant aid organizations, environmental activists, and peace advocates, fuelling campaigns that depict dissent as a destabilizing force.

    “These narratives, often promoted in the name of protection of national security, state sovereignty, and moral values, are in fact being used to silence and repress dissent, public activism, and political participation,” said Gina Romero, the UN Special Rapporteur on the rights to freedom of peaceful assembly and association in her report presented to the UN General Assembly in October 2024.

    A 2022 study by Frontiers in Communication revealed how populist politicians have used mainstream media to amplify fear by spreading emotional narratives that sway public perception of activists as threats to stability and national security.

    Political organizations calling for climate justice and social change often face an onslaught of populist media labels—“eco-vandals,” “extremists,” “criminals”—to weaponize public opinion towards them, noted Romain Didi, the Climate Governance and Human Rights Policy Coordinator of CAN Europe. This tactic, he explained, seeks to polarize society by focusing outrage on disrupted commutes and cultural damage, rather than the urgent reasons behind the activists’ actions.

    Polls reveal a complex public sentiment about the increased criminalization of activist groups across Europe. For example, a survey conducted by More in Common Germany found that public support for radical climate actions has halved since 2021, with 55% of respondents now believing the protests are too disruptive. At the same time, support for climate action remains high, with 70% of Germans agreeing that addressing climate change requires urgent measures.

    As restrictive laws advance under populist political forces that put the right to peaceful protest at risk, the media has taken an active role in polarizing public perceptions of social movements. This media strategy therefore increases public acceptance of restrictive measures, normalizing crackdowns, and, ultimately, contributing to the erosion of civil society and democratic values.
    The Consequences of Repression

    In 2022, Amnesty International launched the Protect the Protest campaign to address the alarming increase in government repression, criminalization of dissent, and the use of excessive force against peaceful demonstrators worldwide. The campaign aims to defend and uphold the freedoms of expression, assembly, and association while advocating for the fundamental right to protest and call for peace. The Council of Europe has also warned that the escalating criminalization of non-violent protests poses a direct threat to free speech and peaceful assembly.

    Notably, the United Nations has urged governments to protect young climate and social justice activists, emphasizing their crucial role in addressing the global climate crisis and fight for social justice and peace:

    “Activists are like a fire alarm for society: essential and life-saving, even if uncomfortable to hear,” remarked Ben Mitchel, an XR protester who participated in several peaceful actions in the UK.

    Experts affirm that the rising trend of criminalizing social justice movements and their participants—fuelled by populist rhetoric—often has opposite affects. Rather than discouraging political participation, these repressive measures tend to amplify public support and drive even more activists to the streets, underscoring the urgency of their causes.

    Nottingham Trent University lecturer Heather Alberro notes that heavy-handed responses can radicalize movements in what experts call the “radical flank effect,”where activists adopt more extreme tactics as repression intensifies.

    Alberro explains that repression often pushes activists toward more radical actions, creating a dangerous cycle that may jeopardize movement goals and political stability. The pattern of criminalization and radicalization undermines public trust in democratic institutions, at the same time intensifying solidarity among the targeted activists and communities. We see this echoed in movements like Black Lives Matter, pro-Palestine advocacy, and Extinction Rebellion, where greater unity and resistance has been sparked in the face of state repression. According to Alberro, the result is a fragile balance where governments’ restrictive measures risk deepening societal divides, highlighting the need for European states to strike a fairer balance between security and human rights.

    “The more they try to silence us, the more determined we become…we are not backing down; we’re finding new ways to make our voices heard”, affirmed Mimo, his voice steady with resolve.

    Looking Forward: A Turning Point?

    As Europe steps into a pivotal decade—one defined by the need for urgent climate action, migration challenges, and rising geopolitical tensions—the criminalization and repression of social justice and peace advocates raise profound questions about how governments maintain public order while respecting civil liberties. With 64 countries going through elections this year, questions on fundamental rights have become one of the key battlegrounds worldwide.

    In Europe, the constitutional rights that once defined liberal democracy—the freedom of assembly and speech, and the right to dissent—are threatened as governments increasingly turn to restrictive laws that target civil disobedience, dissent, and protest actions. These measures reshape Europe’s societal landscape, systematically eroding the right to peaceful protest and undermining citizens’ fundamental freedoms.

    “Peaceful protest is essential to democracy; it’s the hope for future social progress. Politicians who oppose this prioritise their immediate interests over the community’s future,” said Baggio. His statement reflects a widespread call among activists and organizations for European governments to protect the rights to protest and free speech, ensuring a public space where diverse voices can engage with critical issues like climate justice, gender equality, social inclusion, and peace.

    As authorities clamp down, grassroots groups and NGOs remain resilient and interconnected in building solidarity networks across borders to amplify their demands and unify their struggles. Solidarity, in this climate, is not only a strategy but a necessity to safeguard everyone’s fundamental rights.

    “Solidarity means recognising that our struggles are linked and that the forces that try to silence us are often the same,” said Mimo with a spark of hope flickering in his eyes.“I fear the future, yes, but I also believe in the power of our voices to change it.”

    For an EU that champions human rights, democracy, and peace, the escalating crackdown on civil society casts a sharp, unsettling shadow. This shift is more than just a legal tightening: it is a warning and a call to critically scrutinize the power dynamics that allow authorities and governments to exclude, stigmatize, and repress civil society. Criminalization of protest raises urgent questions about our freedoms to voice, organize, and defend the values of peace and justice we believe in—freedoms that are not only our rights, but our collective responsibility: to protect the future of the world in which we live.

    https://turningpointmag.org/2024/11/27/activists-under-fire-the-rising-criminalization-of-civil-movements-
    #migrations #réfugiés #criminalisation_de_la_solidarité #solidarité #Palestine #Extinction_Rebellion #répression #Fridays_for_Future #résistance #criminalisation #luttes #Last_Generation #populisme #stigmatisation

    ping @karine4

  • Centre commercial #Neyrpic : des militants d’#Extinction_Rebellion mènent une action contre la «fast fashion»

    Ce samedi, vers 16h, des militants d’Extinction Rebellion ont mené une action au centre commercial Neyrpic à Saint-Martin-d’Hères (Isère). Des boules puantes ont été lancées contre des enseignes de la « #fast_fashion ».

    Ce samedi 11 janvier, vers 16h, un soixantaine de militants du mouvement Extinction Rebellion se sont introduits dans le centre commercial Neyrpic à Saint-Martin-d’Hères (Isère) et ont mené une action contre les enseignes de la « fast fashion ». D’après la Police Nationale, contactée par « ici Isère », « un mouvement de contestation » a bien eu lieu, « où ils jettent des boules puantes. » Une forte odeur a été sentie par un de nos journalistes sur place. Les activistes ont aussi répandus du liquide malodorant dans les rayons. On ne sait pas encore si des interpellations ont eu lieu, mais la police municipale est intervenue sur place.

    « La fast fashion, ça pue »

    L’action a duré une demi-heure, accompagnée d’une distribution de tracts. On peut notamment y lire : « Dans le monde, la fast fashion est responsable de 10% des émissions de gaz à effet de serre, de 20% de la pollution des cours d’eau et de 11% des pesticides répandus. » Les militants ont également accroché à un bâtiment du centre commercial une banderole avec écrit dessus la « fast fashion ça pue ». Une autre était visible à l’entrée du domaine universitaire. Cette action s’inscrit dans une campagne nationale appelée « #ode_aux_rats ».

    https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/centre-commercial-neyrpic-des-militants-d-extinction-rebellion-menent-une
    #résistance #XR #Grenoble #centre_commercial #fast-fashion #mode

    • Action « Ode Aux Rats » face à la Fast-Fashion

      Le Samedi 15 Juin les activistes de la campagne “Ode aux Rats” de Extinction Rebellion ont mené une action originale et de grande ampleur au centre commercial #Westfield la #Part-Dieu à #Lyon.

      Par des moyens visuels, sonores mais aussi olfactifs, les militant·e·s ont poussé vers la sortie des centaine d’usagers, dérangeant l’activité du site pendant toute une partie de l’après midi.

      L’action avait pour but de dénoncer l’industrie de la fast-fashion en retournant contre elle ses moyens marketing.

      Ainsi, pour dénoncer ces techniques marketing qui utilisent la musique et les odeurs pour manipuler les comportements d’achat, les activistes ont modifié l’ambiance sonore et olfactive du centre.

      Alors qu’une forte odeur d’ail et de fromage envahissait les allées du centre commercial, une fanfare a accompagné les usagers vers l’extérieur où des militant·e·s distribuaient des flyers expliquant le principe de l’action.

      Des mots ont été laissés aux employé·e·s pour s’excuser des méthodes utilisées qui ont rendu leurs conditions de travail désagréables le temps d’une demi journée.

      Argumentaire de la campagne “Ode aux rats”

      L’industrie de la fast-fashion sait parfaitement comment saturer nos sens de signaux pour nous pousser à acheter : dans les magasins il y a des lumières contrôlées, un arrangement des vêtements soignés, une musique d’ambiance pour donner le rythme et une légère odeur qui flotte dans l’air pour endormir nos dernières réticences.

      Tout cela est filmé en continue par des caméras qui enregistrent nos comportement d’achats pour améliorer la technique, comme si nous étions des rats dans une cage participant à une expérience grandeur nature.
      C’est pour dénoncer cette emprise sur les imaginaires collectifs que les rats se révoltent.

      Car tout cela a un prix. Dans le monde, l’industrie textile est responsable de 5 à 10% des émissions de gaz à effets de serre, de 20% de la pollution des cours d’eau et de 11% des pesticides épandus1.

      A l’étranger, les personnes qui produisent les vêtements sont largement sous payées voir, comme les ouïghours en Chine, travaillent dans des conditions proches de l’esclavage2.

      Chez nous, l’incitation à la consommation profite surtout aux grandes entreprises et à celleux qui les dirigent, renforçant ainsi la concentration des richesses.

      La seule solution est de réduire la quantité de #vêtements produits. Ce n’est pas aux citoyen.ne.s de porter la responsabilité morale de s’extraire d’un système où tout les pousse à acheter. C’est à nos représentants d’agir pour que l’effort soit collectif.

      Nous demandons :

      – La division par 10 du nombre de vêtements mis sur le marché en France et en Europe d’ici 2030.
      – La transparence des marques sur leur impacts et un engagement à réduire leur production.
      – Un engagement de la France sur la voie de la sobriété seule à même de limiter notre impact sur l’environnement tout en évitant la concentration des richesses.

      Par le dégoût laisser naître de nouveaux goûts c’est ce que veulent faire les rats d’égout.

      Par leur présence, briser le charme de la consommation de masse et stopper la distillation lente de faux rêves dans nos #imaginaires.

      Que chacun·e puisse rêver plus grand : de liens humains forts, de beauté, de découverte, d’aventure, de poésie. Iels continueront jusqu’à ce que leurs revendications soient écoutées.

      https://extinctionrebellion.fr/actions/2024/06/19/action-ode-aux-rats-face-a-la-fast-fashion.html

      #industrie_textile #habits

  • Plus d’une espèce d’arbre sur trois dans le monde est menacée d’#extinction - #Liste_rouge de l’#UICN

    Trente-huit pour cent des arbres du monde sont menacés d’extinction selon la première Évaluation mondiale des arbres publiée dans la mise à jour d’aujourd’hui de la Liste rouge de l’UICN des #espèces_menacées™. Également dans la mise à jour d’aujourd’hui, l’état de conservation du hérisson d’Europe s’est détérioré et l’espèce est désormais considérée comme Quasi menacée.

    La Liste rouge de l’UICN comprend désormais 166 061 espèces, dont 46 337 sont menacées d’extinction.

    « Nous publions aujourd’hui l’évaluation mondiale des arbres figurant sur la Liste rouge de l’UICN, qui montre que plus d’une espèce d’arbre sur trois est menacée d’extinction. Les arbres sont essentiels au maintien de la vie sur Terre du fait de leur rôle vital dans les écosystèmes, et la vie et les moyens d’existence de millions de personnes en dépendent. Alors que la Liste rouge de l’UICN célèbre 60 ans d’impact, la présente évaluation souligne son importance en tant que baromètre de la vie, mais aussi, de manière cruciale, en tant qu’outil unique guidant les actions visant à inverser le déclin de la nature », a déclaré la Dr Grethel Aguilar, Directrice Générale de l’UICN.

    Pour la première fois, la majorité des arbres du monde ont été ajoutés à la Liste rouge de l’UICN, révélant qu’au moins 16 425 des 47 282 espèces évaluées sont en danger d’extinction. Les arbres représentent désormais plus d’un quart des espèces présentes sur la Liste rouge de l’UICN, et le nombre d’arbres menacés est plus de deux fois supérieur au nombre total d’oiseaux, de mammifères, de reptiles et d’amphibiens menacés combinés. Des espèces d’arbres sont menacées d’extinction dans 192 pays à travers le monde.

    « Cette évaluation intégrale présente la première image globale de l’état de conservation des arbres, ce qui nous permettra de prendre des décisions de conservation mieux éclairées et des mesures visant à protéger les arbres là où cela est nécessaire de toute urgence », a déclaré le Dr Malin Rivers, responsable de l’Évaluation mondiale des arbres chez Botanic Gardens Conservation International, un Partenaire de la Liste rouge. « Ce travail représente un effort mondial, impliquant plus de 1 000 experts des arbres. Nous devons continuer à travailler ensemble pour intensifier les actions locales, nationales et internationales de conservation des arbres afin de soutenir les personnes et la planète ».

    La plus forte proportion d’arbres menacés se trouve sur les îles. Les arbres insulaires sont particulièrement à risque en raison de la déforestation pour le développement urbain et l’agriculture à toutes les échelles, ainsi que des espèces envahissantes, des ravageurs et des maladies. Les changements climatiques menacent de plus en plus les arbres, en particulier sous les tropiques, en raison de l’élévation du niveau des mers et des tempêtes plus fortes et plus fréquentes. La lutte contre les menaces auxquelles les arbres sont confrontés, la protection et la restauration des habitats, ainsi que la conservation ex situ par le biais de banques de semences et de collections dans les jardins botaniques sont essentielles pour prévenir les extinctions sur les îles et dans le reste du monde. Une action communautaire a déjà abouti à des résultats positifs des îles Juan Fernández à Cuba et de Madagascar à Fidji.

    En Amérique du Sud, où se trouve la plus grande diversité d’arbres au monde, 3 356 des 13 668 espèces évaluées sont menacées d’extinction. Des approches novatrices sont nécessaires pour protéger le nombre élevé d’espèces d’arbres dans la région, où le déboisement pour l’agriculture et l’élevage constituent les menaces les plus importantes. En Colombie, les évaluations de la Liste rouge ont guidé la planification nationale des actions de conservation. Sept espèces de Magnolia considérées En danger et En danger critique ont été utilisées pour la désignation de cinq nouvelles Zones clés pour la biodiversité, qui seront utilisées par les gouvernements locaux et nationaux pour éclairer la planification spatiale.

    La Liste rouge de l’UICN montre également que la perte d’arbres constitue une menace majeure pour des milliers d’autres plantes, champignons et animaux. En tant que composante déterminante de nombreux écosystèmes, les arbres sont fondamentaux à toute vie sur Terre en raison de leur rôle dans les cycles du carbone, de l’eau et des nutriments, la formation des sols et la régulation du climat. Les personnes dépendent également des arbres, plus de 5 000 espèces sur la Liste rouge de l’UICN étant utilisées comme source de bois pour la construction, et plus de 2 000 comme source de médicaments, de nourriture et de combustibles respectivement.
    Le hérisson d’Europe Quasi menacé

    Le hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) est passé de la catégorie Préoccupation mineure à Quasi menacé sur la Liste rouge de l’UICN. On estime que les effectifs de l’espèce ont diminué dans plus de la moitié des pays où elle est présente, y compris au Royaume-Uni, en Norvège, en Suède, au Danemark, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Autriche. À l’échelle nationale, les populations ont diminué d’environ 16 à 33% au cours des dix dernières années, des études locales signalant également des diminutions allant jusqu’à 50% en Bavière (Allemagne) et en Flandre (Belgique). Les pressions humaines croissantes, en particulier la dégradation des habitats ruraux par l’intensification agricole, les routes et le développement urbain entraînent le déclin du hérisson d’Europe.

    « Une action régionale et nationale est essentielle pour soutenir les populations de hérissons, grâce à des initiatives telles que ‘Hedgehog Street’ au Royaume-Uni et ‘Danmarks Pindsvin’ au Danemark », a déclaré le Dr Abi Gazzard, Responsable de programme du Groupe de spécialistes des petits mammifères de la CSE-UICN. « L’évaluation de la Liste rouge révèle également des lacunes dans les connaissances, par exemple en ce qui concerne les limites de la répartition de l’espèce. Un suivi accru dans toute l’Europe sera essentiel pour en savoir plus sur les populations moins étudiées ».
    Citations de référence :

    « L’évaluation de toutes les espèces d’arbres a été une entreprise massive qui a pris de nombreuses années et qui doit être célébrée », a déclaré Jean-Christophe Vié, Directeur général de la Fondation Franklinia, qui a financé la majeure partie de l’Évaluation mondiale des arbres. « Elle se poursuit encore, mais nous savons maintenant où agir pour lutter efficacement contre la crise d’extinction qui frappe les arbres du monde. Il n’y a aucune excuse pour ne pas agir. Face à un si grand nombre d’espèces d’arbres menacées, la tâche est énorme, mais elle a déjà commencé. De nombreuses ONG, jardins botaniques, universités et autres font un excellent travail, et rien que celles que notre Fondation soutient protègent déjà plus de 1 000 espèces menacées. Certains pays comme le Ghana, la Colombie, le Chili ou le Kenya ont déjà mis en place des stratégies nationales. D’autres, comme le Gabon, ont identifié des zones importantes pour les arbres. Les arbres sont considérés comme une solution facile aux changements climatiques et des arbres sont plantés partout. Cependant, la façon dont ce reboisement est réalisé doit être grandement améliorée, en diversifiant les espèces et en incluant des espèces menacées dans les programmes de plantation d’arbres. Les gouvernements et leurs services forestiers, les entreprises et tous ceux qui plantent des arbres pourraient facilement intégrer cela et obtenir rapidement un impact positif en s’attaquant simultanément aux crises des changements climatiques et de la biodiversité ».

    « L’importance de l’Évaluation mondiale des arbres ne peut être surestimée, étant donné l’importance des arbres pour les écosystèmes et les personnes. Nous espérons que cette statistique effrayante d’un arbre sur trois menacé d’extinction incitera à une action urgente et sera utilisée pour guider les plans de conservation », a déclaré la Dr Eimear Nic Lughadha, Chercheuse principale responsable de l’évaluation et de l’analyse de la conservation aux Jardins botaniques royaux Kew. « Bien que la proportion d’espèces d’arbres signalées comme menacées en Amérique du Sud, le leader mondial en matière de diversité des arbres, soit plus faible (25%), ce pourcentage ne manquera pas d’augmenter, car de nombreuses espèces d’arbres d’Amérique du Sud n’ont pas encore été décrites par la science et les nouvelles espèces d’arbres pour la science sont généralement plus susceptibles d’être menacées d’extinction ».

    « Cette importante analyse des espèces d’arbres menacées souligne à quel point il est essentiel de protéger et de restaurer des écosystèmes forestiers diversifiés et sains. Plus des deux tiers des espèces d’oiseaux menacées dans le monde dépendent des forêts. Ce rapport doit être pris au sérieux pour les communautés locales et les peuples autochtones tributaires des forêts, pour la faune qui dépend des arbres et pour améliorer la résilience des forêts aux changements climatiques », a déclaré Cleo Cunningham, Responsable climat et forêts chez Birdlife International.

    « Les arbres sous-tendent directement la survie de tant d’espèces, dont beaucoup figurent sur la Liste rouge de l’UICN. Des forêts prospères et naturellement diversifiées sont essentielles pour atténuer à la fois les changements climatiques et la perte de biodiversité, et en tant que telles, les solutions à l’une des deux crises apportent souvent des avantages mutuellement bénéfiques pour l’autre. Cela rend d’autant plus troublant le nombre croissant d’espèces d’arbres menacées inscrites sur la Liste rouge. Sans écosystèmes biodivers abritant des populations d’arbres saines et diversifiées, le monde sera confronté à une menace climatique encore plus grande que celle à laquelle nous sommes déjà confrontés. La COP16 en Colombie, cette semaine, représente une excellente occasion pour les secteurs public et privé de ne pas seulement parler mais de réaliser des investissements qui profitent au climat, aux espèces et aux personnes », a déclaré le Dr. Dave Hole, Vice-président pour les solutions mondiales au Centre Moore pour la science de Conservation International.

    « Coordonnée par Botanic Gardens Conservation International et le Groupe mondial de spécialistes des arbres de la Commission de l’UICN pour la sauvegarde des espèces, l’Évaluation mondiale des arbres s’est appuyée sur un réseau mondial de plus de 100 partenaires institutionnels et de plus de 1 000 experts pour générer cet ensemble de données transformateur », a déclaré le Dr Jon Paul Rodríguez, Président de la Commission de l’UICN pour la sauvegarde des espèces. « En cette année du 60eanniversaire de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées, et en réponse aux attentes définies dans le Plan de biodiversité pour la vie sur Terre, de tels partenariats qui s’appuient sur et renforcent les capacités techniques nationales sont le meilleur moyen d’aller de l’avant dans l’évaluation d’autres groupes mégadivers d’animaux, de champignons et de plantes répartis dans le monde ».

    « La mise à jour de la Liste rouge souligne les menaces auxquelles sont confrontées des milliers d’espèces qui constituent les fondements d’écosystèmes cruciaux à travers le monde. Malgré la pression croissante pour mettre fin à la déforestation dans le monde d’ici 2030, cette année, notre projet phare SPOTT a révélé que la plupart des 100 plus importantes entreprises de bois tropicaux et de pâte à papier dans le monde n’ont réalisé que des progrès limités dans la divulgation de leurs engagements en matière de traçabilité et déforestation zéro. Nous devons tous faire plus pour sauvegarder ces écosystèmes forestiers vitaux, en particulier les fabricants de biens de consommation, les institutions financières qui financent la foresterie et les entreprises agricoles », a déclaré Sam Ross, Analyste du projet Entreprises durables chez ZSL.

    « Le rapide déclin du hérisson d’Europe, désormais considéré comme Quasi menacé sur la Liste rouge de l’UICN, reflète l’état de désespoir auquel nous sommes confrontés en ce qui concerne la conservation du hérisson en Europe et au Royaume-Uni. Le programme London HogWatch de ZSL étudie la distribution des populations de hérissons et promeut leur conservation dans la capitale. Des stratégies de conservation visant à atténuer la perte et la fragmentation des habitats ainsi que l’intensification agricole ralentiront leur déclin, et en créant des corridors d’habitats, en réduisant l’utilisation de pesticides et en promouvant des environnements favorables aux hérissons, nous pourrons fournir une protection à long terme à cette espèce », a déclaré le Professeur Chris Carbone, professeur de macroécologie et de conservation à l’Institut de zoologie de ZSL et fondateur de London Hogwatch.

    https://iucn.org/fr/communique-de-presse/202410/plus-dune-espece-darbre-sur-trois-dans-le-monde-est-menacee-dextinction
    #biodiversité #rapport #arbres #hérissons #liste

  • Plus d’une espèce d’arbre sur trois est menacée d’extinction à travers le monde
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/10/28/plus-d-une-espece-d-arbre-sur-trois-est-menacee-d-extinction-a-travers-le-mo


    Marronnier d’Inde, ou marronnier commun, au parc des Buttes-Chaumont, à Paris, en 2022. BERTRAND GUAY / AFP

    Le sorbier de Legré, endémique des Alpes-de-Haute-Provence ; le chêne Hinckley, qui appartient au groupe des chênes blancs ; plus de la moitié des essences de magnolias ; le marronnier d’Inde, pourtant largement répandu en Europe… Les arbres sont, eux aussi, frappés de plein fouet par les activités humaines qui entraînent un effondrement de la biodiversité. A Cali, les négociateurs de quelque 200 pays doivent dire, d’ici au vendredi 1er novembre, comment ils entendent mettre en œuvre leurs engagements visant à « faire la paix avec la nature ».

    La mise à jour de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), publiée lundi 28 octobre, constitue la plus vaste évaluation de l’état de santé des arbres. Pour la première fois, la majorité des quelque 64 000 espèces connues ont été inscrites sur ce registre mondial : sur les 47 282 essences évaluées, au moins 16 425 (38 %) sont en danger d’extinction, c’est-à-dire classées dans l’une des trois catégories allant de « vulnérable » à « en danger critique ». Cette évaluation, qui résulte de la collaboration d’un millier d’experts mobilisés depuis plusieurs années, confirme le résultat d’une étude publiée en 2021 par l’association britannique Botanic Gardens Conservation International.

    https://justpaste.it/b2vpn

    #arbres #extinction #biodiversité

  • Le hérisson désormais « quasi menacé » d’extinction
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/10/28/le-herisson-desormais-quasi-menace-d-extinction_6363392_3244.html

    Les hérissons ouest-européens sont en déclin, poussés hors de leurs habitats par l’expansion urbaine et fauchés sur les routes. Dans la liste rouge actualisée de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), publiée lundi 28 octobre à Cali (Colombie) lors de la COP16 sur la biodiversité, l’Erinaceus europaeus a changé de catégorie, passant de « préoccupation mineure » à « quasi menacé » d’#extinction.

    #biodiversité

    • Le hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) est passé de la catégorie Préoccupation mineure à Quasi menacé sur la Liste rouge de l’UICN. On estime que les effectifs de l’espèce ont diminué dans plus de la moitié des pays où elle est présente, y compris au Royaume-Uni, en Norvège, en Suède, au Danemark, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Autriche. À l’échelle nationale, les populations ont diminué d’environ 16 à 33% au cours des dix dernières années, des études locales signalant également des diminutions allant jusqu’à 50% en Bavière (Allemagne) et en Flandre (Belgique). Les pressions humaines croissantes, en particulier la dégradation des habitats ruraux par l’intensification agricole, les routes et le développement urbain entraînent le déclin du hérisson d’Europe.

      https://iucn.org/fr/communique-de-presse/202410/plus-dune-espece-darbre-sur-trois-dans-le-monde-est-menacee-dextinction
      #hérisson

    • Alors ça y est ça passe à la radio. Après que pour conclure, une journaliste résume ce qui suit (chez Le Monde)

      ... la survie des hérissons « va se jouer dans les jardins des maisons ». Elle invite les propriétaires à construire des « autoroutes pour hérissons », c’est-à-dire un trou dans la clôture extérieure pour leur permettre le passage la nuit, et déposer sur leur chemin une petite réserve d’eau et de déchets alimentaires.
      « La meilleure chose que vous puissiez faire est de laisser pousser votre jardin à l’état sauvage pour attirer tout ce dont un hérisson a besoin pour se nourrir : insectes, vers de terre, escargots et limaces », précise Mme Rasmussen.

      la présentatrice du journal de France cul d’enchainer avec un rassérénerait "alors, il y a des solutions".

      #écologie #déni

    • #petits_gestes #colibris (je fais ma part).

      Ceci dit, nous avons « fait notre part » également en participant à des opérations de sauvetages et de réintroductions en milieu (à peu près) naturel de hérissons blessés ou malades dans le cadre d’une association locale. Attitude très professionnelle et compétences avérées chez les membres de cette asso mais gros investissement personnel (contraintes liées au temps passé et à la place disponible pour héberger les « pensionnaires » avant de les remettre en liberté) plus beaucoup de tracas administratifs pour obtenir un agrément et des subventions.

      https://www.sosherisson49.com

  • Il dialogo spezzato tra i ghiacciai alpini e il clima. E chi fa finta di non accorgersene

    I ghiacciai al di sotto dei 3.500 metri sono oggi immersi in un clima che è incompatibile con la loro esistenza. Non essendo più capaci di conservare la neve registrano inevitabilmente bilanci negativi, avviandosi all’estinzione. Quale patrimonio si disperde e che cosa, invece, si può ancora salvare. Intervista a Giovanni Baccolo, divulgatore e ricercatore di Glaciologia e scienze della Terra negli ambienti freddi

    Ogni anno tra fine agosto e inizio settembre è il momento naturale in cui determinare lo stato di salute dei ghiacciai. “È alla fine dell’estate che si fanno i rilievi per determinare la fusione e l’arretramento dei ghiacciai, per comprendere quanto è stata negativa l’annata”, racconta Giovanni Baccolo, ricercatore che si occupa di Glaciologia e scienze della Terra negli ambienti freddi presso l’Università degli Studi di Roma Tre, divulgatore sul blog Storie minerali e autore del libro “I ghiacciai raccontano”, pubblicato da People in collaborazione con L’Altramontagna, il quotidiano online che approfondisce i temi ambientali e sociali delle Terre alte.

    Questo, racconta Baccolo, è quel momento dell’anno in cui i ghiacciai ottengono la maggiore visibilità, anche grazie alla Carovana dei ghiacciai, promossa da Legambiente insieme al Comitato glaciologico italiano, di cui il ricercatore fa parte. Nel 2024, ad esempio, la Carovana ha certificato l’estinzione del ghiacciaio di Flua, sul Monte Rosa, e preconizzato che quello della Marmolada non esisterà più nel 2040.

    Baccolo, oggi dice “quanto è stata negativa l’annata”, ma fino a cinquant’anni fa non era così, vero?
    GB Il 2001 è stato l’ultimo periodo in cui c’è stato, per i ghiacciai alpini, quelli che interessano più da vicino il nostro Paese, un leggerissimo bilancio positivo. Prima di allora, lo stesso era successo in una manciata di annate, nel corso degli anni Settanta del secolo scorso. Dal 2001, però, è assolutamente sicuro che il bilancio sarà negativo. L’unica speranza che nutriamo, da glaciologi, è che i dati lo siano il meno possibile.

    Nel libro scrive che i ghiacciai alpini “sono oggi immersi in un clima che è incompatibile con la loro esistenza”.
    GB È così, per fortuna ancora non riguarda tutti i ghiacciai dell’arco alpino, ma solo quelli al di sotto dei 3.500 metri sul livello del mare. Ed è questo il motivo per cui è ancora possibile, in alcuni casi, avere dei bilanci positivi o neutri. Il tema reale, emerso, è che non c’è più un dialogo costruttivo tra i ghiacciai e il clima, per cui quelli al di sotto dei 3.500 metri non sono più capaci di conservare la neve e inevitabilmente hanno bilanci negativi, non producendo nuovo ghiaccio. Questo significa che un ghiacciaio scompare lentamente e anche che esiste solo per inerzia, perché dal punto di vista climatico non dovrebbe più esistere.

    Eccoci allora di fronte, come scrive nel libro, alla scomparsa di un ecosistema naturale.
    GB Quando ci allarmiamo per le notizie legate alla deforestazione, a causa dell’aumento delle superfici coltivate, che sconvolgono ecosistemi e ambienti naturali, non teniamo in considerazione che questi episodi riguardano solo una frazione di quell’ecosistema. Per i ghiacciai, invece, non è così, perché li stiamo perdendo integralmente. E i ghiacciai non sono solo ammassi di ghiaccio ma rappresentano un habitat ancora poco studiato e poco conosciuto, che sta scomparendo in toto proprio mentre stiamo imparando a conoscerlo.

    Questa conoscenza, spiega il tuo libro, è anche una delle fotografie più accurate del clima passato. Per quale motivo?
    GB I ghiacciai, per come si formano, sono in grado di raccogliere e accumulare e conservare un sacco di informazioni metereologiche e climatiche, ma non solo. Gli strati di ghiaccio, grazie a segnali di tipo fisico e chimico, ci offrono informazioni su quanto avvenuto in passato. Oggi conosciamo il sistema climatico meglio di alcuni decenni fa e molte informazioni sono arrivate dai ghiacciai, in particolare da quelli polari che ci hanno permesso di studiare le cose andando più indietro nel tempo, avendo cumulato neve per millenni. Le carote di ghiaccio, racconto, permettono veri e propri viaggi nel tempo. Anche i ghiacciai alpini, però, sono importanti, perché trattengono storie locali, magari più circoscritte nel tempo ma dettagliate: ad esempio, abbiamo potuto ricostruire la storia dell’inquinamento atmosferico in Europa negli ultimi secoli e le variazioni del clima negli ultimi millenni e anche l’impatto delle attività umane sulla chimica del ghiaccio.

    Alcuni capitoli del libro sono dedicati ad Antartide, Artico e Groenlandia, per certi versi i veri osservati speciali quando si temono gli effetti più negativi della fusione dei ghiacciai.
    GB Per motivi geografici, riceviamo notizie relative ai ghiacciai alpini, anche grazie a iniziative come la Carovana: anche se per noi addetti ai lavori è scontato che arrivino questi dati così negativi, il lavoro di divulgazione è fondamentale. Senz’altro, però, il ritiro dei ghiacciai alpini, un glacialismo limitato, produce effetti localizzati, relativi a problemi di disponibilità idrica o di riempimento degli invasi, per la tenuta di singoli versanti. Quando si parla di Groenlandia o di Antartide occidentale, il riferimento è ad altri ordini di grandezza: in questo caso, il cambiamento climatico produce trasformazioni che hanno impatti globali, come l’innalzamento del livello del mare, che è guidato dal ritiro dei ghiacciai polari. La sola scomparsa dalla calotta antartica occidentale porterebbe a un innalzamento di cinque metri delle acque. Ci sono, cioè, centinaia di milioni di persone il cui futuro dipende da come si comporteranno questi giganteschi ghiacciai nei prossimi decenni, per questo è fondamentale limitare l’aumento delle temperature.

    Stiamo affrontando stagioni molto siccitose. Perché la fusione dei ghiacciai non è una risposta possibile e sensata alla carenza d’acqua?
    GB Quando i ghiacciai si ritirano in modo vistoso, come negli ultimi anni, ovviamente ci troviamo con una disponibilità maggiore di acqua glaciale e questo potrebbe oscurare problemi di siccità o scarsità di neve. Si tratta però di un tampone temporaneo, che sfrutta riserve che hanno occupato secoli e millenni per formarsi. Quell’acqua non tornerà più, non è una risorsa rinnovabile. Se tutto andasse in modo naturale, invece, lo sarebbe. A causa del nostro intervento, però, quell’elemento sta andando perduto completamente. Quello che accade sull’arco alpino è molto indicativo: se cade pioggia, se ne va molto più velocemente; se cade neve, si trasforma in ghiaccio ed è una riserva molto più disponibile, che viene rilasciata in estate, quando c’è un problema effettivo ed è un effetto tampone che sta andando completamente perduto.

    Ad amplificare questa dinamica, anche il fatto che gli ambienti molto freddi sono più esposti di quelli “temperati” al riscaldamento globale.
    GB Una caratteristica degli ambienti che ospitano ghiacciai è quella di essere molto più sensibile, a parità di perturbazione sul clima, all’aumento delle temperature, che è più alto rispetto alla media globale. Questo vale sulle Alpi e anche nell’Artico, un contesto che presenta determinate caratteristiche, ad esempio la maggior importanza del ghiaccio marino rispetto a quello terrestre, che caratterizza l’Antartide. Dove oggi esistono ghiacciai, i cambiamenti possono essere amplificati.

    Eppure c’è chi ancora nega i riflessi dei cambiamenti climatici sui ghiacciai, come il ministro delle Infrastrutture e dei trasporti Matteo Salvini che lo scorso anno nel corso di un comizio si espresse così: “Io adoro la montagna. E quando vai sull’Adamello e sul Tonale e vedi i ghiacciai che si ritirano anno dopo anno ti fermi a pensare, poi studi la storia e vedi che sono cicli”. Perché, a tuo avviso, accade?
    GB Da una parte agisce la propensione a non credere al mondo scientifico e a quello che da decenni ci segnala, dinamiche che nelle singole persone può dipendere dalla difficoltà di accettare un cambiamento così importante, ma anche pigrizia, perché per contrastare questa situazione e attuare uno stile di vita più sostenibile dobbiamo fare sacrifici, rinunce e mettere in discussione un certo stile di vita. C’è poi un negazionismo che fa breccia nel mondo politico o dirigenziale, guidato dagli interessi economici che stanno dietro alla transizione energetica, all’esigenza di un ripensamento del sistema economico globale. Dal punto di vista elettorale, poi, i cittadini sono più contenti quando si sentono dire dai politici che va tutto bene e che non c’è bisogno di trasformazioni.

    https://altreconomia.it/il-dialogo-spezzato-tra-i-ghiacciai-alpini-e-il-clima-e-chi-fa-finta-di
    #glaciers #montagne #Alpes #disparition #climat #changement_climatique #extinction #Giovanni_Baccolo

    • I GHIACCIAI RACCONTANO

      Siamo abituati a ricevere, al termine dell’estate, tristi notizie che arrivano dal mondo dei ghiacciai. Ritiri, crolli, scomparse. Non c’è da sorprendersi: su una Terra sempre più calda a causa della nostra influenza sul clima, lo spazio destinato ai ghiacciai è inesorabilmente destinato a ridursi. Negli ultimi anni abbiamo imparato a identificarli come vittime iconiche del cambiamento climatico, spesso dimentichiamo però che i ghiacciai sanno fare molto di più che fondere, arretrare e scomparire. Non sono soltanto un affascinante fenomeno che impreziosisce i paesaggi montani: ogni ghiacciaio è un piccolo mondo che comunica con l’ambiente in cui è immerso. Raccontare alcune delle storie custodite al suo interno è il fine di queste pagine. Perché per comprendere la portata dell’epocale cambiamento provocato dal nostro impatto sul clima, è bene conoscere quanto stiamo perdendo, insieme al ghiaccio che fonde. Vittima, strumento di conoscenza e fonte di impatto. I ghiacciai sono il simbolo più completo del cambiamento climatico, il simbolo eccellente.

      «Fino a qualche decennio fa, le oscillazioni dei ghiacciai danzavano insieme alla naturale variabilità climatica del pianeta. Come in un valzer, uno andava dietro all’altro e, come succede con le coppie più affiatate, non era facile capire chi stesse guidando i movimenti. Oggi l’armonia è però rotta. Il clima conduce una marcia forzata che ha per meta un luogo poco adatto per l’esistenza dei ghiacciai.»

      https://www.peoplepub.it/pagina-prodotto/i-ghiacciai-raccontano
      #livre

  • #The_Haunted by #Saodat_Ismailova

    The Turan tiger, a majestic symbol of the Central Asian landscape, has been extinct for several decades, but it lives on as a sacred symbol in the collective imagination of the local population. In her captivating film essay, Ismailova pays homage to this animal as she shows how firmly bound it is, in people’s minds, to the region’s history. The tiger is a spectre that emerges from the darkness and disappears again, the landscape is like a network of ruins buried under layers of the past. The collage of visual and audio fragments, accompanied by the filmmaker’s passionate commentary, shows that “real” history cannot be separated from shared ideas and dreams.

    https://www.e-flux.com/film/428158/the-haunted

    https://vimeo.com/208305625


    #film #tigre #extinction #Asie_centrale #extinction

    ping @reka

  • Europe saved its predators from the brink of extinction. So why is it killing thousands of bears, wolves and lynx? | Hunting | The Guardian

    https://www.theguardian.com/environment/2024/sep/12/europe-saved-its-predators-from-brink-of-extinction-so-why-killing-thou

    Europe saved its predators from the brink of #extinction. So why is it killing thousands of #bears, #wolves and #lynx?

    Nelly Didelot
    @nellydidelot

    A 2022 study founds #wolf_attacks were associated with #far-right gains in #German #municipal_elections of 1-2%

    via #Nelly_didelot, twitter https://x.com/nellydidelot

  • L’#anguille française victime d’un vaste #trafic_international
    https://reporterre.net/L-anguille-francaise-victime-d-un-vaste-trafic-international

    Très prisée en #Asie, l’anguille fait l’objet d’un vaste #trafic international. Chaque année, des millions d’#alevins sont #pêchés illégalement dans nos cours d’eau. Une menace de plus pour cette espèce au bord de l’#extinction.

    Vous lisez la seconde partie de l’enquête « L’anguille, énigme du vivant menacée d’extinction ». Elle est publiée en partenariat avec la #Revue_Salamandre. La première partie, sur le mode de vie étonnant de ce #poisson_migrateur, est disponible ici.

  • Nos chats sont-ils des terreurs écologiques ?

    “Les chats sont une #catastrophe pour la #biodiversité. Les chiens sont une catastrophe pour le climat” a affirmé le 13 décembre, sur TF1, le chercheur médiatique #François_Gemenne, ancien membre du GIEC et enseignant à Science Po Paris. En disant cela, il a admis lui-même aborder un sujet sensible, susceptible de déclencher la colère des téléspectateurs. Et cela n’a pas loupé : la séquence a été largement commentée sur les réseaux sociaux, beaucoup de gens – y compris d’autres écologistes – rappelant qu’il y avait beaucoup à faire, par exemple s’en prendre aux grands bourgeois et leur train de vie délirant, avant de s’intéresser à l’impact de nos chats et de nos chiens sur la biodiversité et le #climat. Oui mais ne serions-nous pas des défenseurs de la planète en carton-pâte si nous ne considérions pas honnêtement la #responsabilité des animaux les plus populaires et les plus mignons sur ce qu’il nous arrive ?

    1 – La destruction de la biodiversité a plusieurs causes

    Quand on pense à l’écologie, on pense d’abord au sujet du réchauffement climatique dû à l’impact des activités humaines carbonés. Mais il y a d’autres sujets à prendre en compte parmi lesquels la baisse très rapide de la biodiversité (quantité d’espèces différentes sur la planète). Elle est en chute libre car de nombreux êtres vivants disparaissent du fait de la transformation, par les activités humaines, de leur environnement. C’est pourquoi on parle d’une “#sixième_extinction_de_masse” : une grande partie des espèces qui peuplent la terre pourrait disparaître prochainement. Selon l’Office Français de la Biodiversité, un établissement public créé récemment pour promouvoir la sauvegarde de ces espèces, 68 % des populations de vertébrés (mammifères, poissons, oiseaux, reptiles et amphibiens) ont disparu entre 1970 et 2016, soit en moins de 50 ans. Et rien qu’en 15 ans, 30% des oiseaux des champs ont disparu, ainsi que 38% des chauves-souris. Si jamais on s’en fout royalement de ces animaux, on peut se rappeler que tout est lié et que ces disparitions ont des conséquences sur nos vies, car chacune de ces espèces jouent un rôle au sein d’un #écosystème, et que certaines peuvent ensuite prendre le dessus et devenir envahissantes…

    La France a un rôle particulier à jouer car elle est le 6e pays du monde à héberger des espèces menacées. Qu’est-ce qui, chez nous, contribue à cette #extinction_de_masse ? Comme partout, le #changement_climatique joue un rôle important en déstabilisant la vie et la reproduction de nombre d’espèces. Ensuite, la pollution de l’air, de l’eau et du sol est considérée par l’ONG WWF comme la première cause de perte de biodiversité dans le monde. On peut également citer la transformation de l’usage des #sols, avec le développement de l’agriculture intensive et l’étalement urbain : le premier transforme la végétation, par exemple en détruisant les #haies pour augmenter les surfaces cultivables par des engins de plus en plus gros, ce qui dégomme des lieux de vie pour nombres d’espèces, en particulier les insectes et les rongeurs, dont la disparition affecte ensuite les oiseaux.

    Il faut aussi mentionner la surexploitation des animaux, via la #pêche_intensive mais aussi la #chasse, bien que sur cette dernière activité, le débat fasse rage dans le cas de la France : les défenseurs de la chasse estiment qu’elle contribue à préserver la biodiversité, puisque les chasseurs “régulent” certaines espèces potentiellement envahissantes et relâchent dans la nature des animaux qu’ils élèvent le reste de l’année. Les lobbies de chasseurs dépensent beaucoup d’argent et de temps pour imposer cette réalité dans le débat public, allant jusqu’à dire que les chasseurs sont “les premiers écologistes de France”, mais les faits sont têtus : seuls 10% des oiseaux relâchés par leurs soins survivent car ils sont désorientés, incapables de se nourrir correctement et pas autonome. Quiconque vit en zone rurale connaît le spectacle navrant de ces faisans et autres bécasses qui errent au bord des routes, attirés par la présence humaine, en quête de nourriture… Quant à la “régulation” des #espèces_invasives, il semble que cela soit en grande partie une légende urbaine : “La grande majorité des animaux tués à la chasse, approximativement 90 ou 95 % n’ont pas besoin d’être régulés” explique le biologiste Pierre Rigaud au Média Vert.

    2 – Les espèces invasives, produits du #capitalisme mondialisé

    Mais dans la liste des causes de la baisse de la biodiversité, il faut mentionner l’impact très important des espèces invasives introduites par l’homme dans la nature – on arrive à nos chatons. Dans son dernier rapport, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES, qui représente 130 gouvernements et publie des rapports réguliers) établit que la “présence cumulative d’#espèces_exotiques s’est accrue de 40% depuis 1980, et est associée à l’intensification des échange commerciaux ainsi qu’à la dynamique et aux tendances démographiques”. Parce que la “#mondialisation” est passée par là, ou, pour le dire clairement, que la #colonisation et la mise sous régime capitaliste du monde entier a eu lieu au cours du XXe siècle, des espèces circulent d’un continent à l’autre et parviennent dans des endroits où elles commettent de gros dégâts sur les espèces endémiques (“endémique” : qui vit dans un lieu donné. S’oppose à “exotique”).

    Le cas du #frelon_asiatique est très symptomatique : cette espèce a débarqué en France, vraisemblablement dans un conteneur venu de Chine, il y a 20 ans et nuit depuis largement à la biodiversité, notamment aux abeilles. 2004, c’est le début de l’intensification des #échanges_commerciaux avec l’Asie du fait de la délocalisation de toute une partie de la production industrielle en Chine, au grand bonheur des entreprises européennes et de leurs profits. Au passage, ils nous ont ramené le frelon.

    Mais nos animaux préférés seraient aussi en cause : les chats sont des mangeurs d’#oiseaux et ont effectivement, comme le dit François Gemenne, une part de responsabilité dans la baisse de la biodiversité… Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’ils provoquent autant de mortalité en France et en Belgique que… nos #fenêtres, contre lesquelles les oiseaux se cognent et meurent… Selon le Muséum d’Histoire Naturelle, interrogé par France Info, les chats ne sont pas les principaux responsables de la disparition des oiseaux car ”Leur raréfaction tient avant tout à la disparition des #insectes et la perte d’habitat. Le chat représente toutefois une pression supplémentaire importante sur une population fragilisée.” Ce serait en #ville et sur les #îles que l’impact des chats serait important, et non dans les campagnes, où il est “un prédateur parmi d’autres”.

    3 – Accuser les chats pour préserver les capitalistes ?

    Lorsque l’on regarde les principaux facteurs de chute de la biodiversité dans le monde, on constate que tout à avoir des décisions humaines. Quel type d’#agriculture développons-nous ? Comment construisons-nous nos villes ? A quelle fréquence faisons-nous circuler les marchandises et les animaux entre les différentes parties du monde ? Quelles activités polluantes décidons-nous de réduire et lesquelles nous choisissons de garder ? On est donc très loin d’une simple équation scientifique : face à un problème comme la sixième extinction de masse, ce sont des décisions collectives potentiellement très conflictuelles que nous devons prendre. Qui arrête son activité ? Qui la poursuit ? Qui va continuer à gagner de l’argent ? Qui va devoir perdre une activité très rentable ?

    Puisque le pouvoir, en France comme dans le monde, appartient aux défenseurs du capitalisme, la décision est pour l’instant la suivante : ce qui génère du profit doit continuer à pouvoir générer plus de profit. L’#agriculture_intensive doit donc continuer et se développer. C’est pourquoi, depuis 50 ans, 70% des haies et des #bocages, refuges de biodiversité, ont disparu, et le phénomène s’accélère. Car les lobbies de l’#agriculture_industrielle ont sévi et, encore récemment, ont obtenu de pouvoir continuer leur jeu de massacre. La #pollution des sols et de l’air ? Elle continue. Le #glyphosate, cet #herbicide qui dégomme les insectes et rend les animaux malades, a été autorisé pour 10 années de plus par l’Union Européenne, pour continuer à produire davantage sur le plan agricole, une production qui sera en grande partie exportée et qui contribuera au grand jeu des profits de l’#agroalimentaire

    Les villes et les villages peuvent continuer de s’étendre et c’est flagrant en zone rurale : puisque le marché du logement est dérégulé et qu’il est plus profitable de construire sur terrain nu que de réhabiliter de l’ancien dans les centre-bourgs, les périphéries des petites villes s’étendent tandis que les centres se meurent… L’#étalement_urbain, qui fait reculer la biodiversité, s’étend sous la pression du #marché_immobilier. Là encore, c’est un choix en faveur du capitalisme et au détriment de la biodiversité… Et inutile de parler du réchauffement climatique : la COP 28, dont la délégation française comprenait Patrick Pouyanné, le patron de TotalEnergies, s’est soldée par un “accord pitoyable”, pour reprendre les mots de Clément Sénéchal, spécialiste du climat, dans Politis. Mais François Gemenne, lui, s’en est réjoui avec enthousiasme.

    Le consensus des dirigeants du monde entier est donc le suivant : il ne faut donner aucune véritable contrainte aux marchés qui prospèrent sur la destruction des espèces vivantes sur cette planète. Et en France, puissance agricole, ce constat est encore plus flagrant.

    Alors, que nous reste-t-il ? Les #décisions_individuelles. Ce pis-aller de l’#écologie_bourgeoise qui consiste finalement à dire : “bon, on a tranché, on ne va pas toucher au train-train du capitalisme qui nous plaît tant mais par contre on va vous demander à vous, citoyens, de faire des efforts pour la planète”. Mais attention : sans trop mentionner la consommation de #viande, le seul “#petit_geste” qui a un impact très significatif parce que la consommation de viande est en moyenne la troisième source d’émission carbone des Français (avant l’avion). Les industriels de la viande veillent au grain et ne veulent surtout pas qu’on se penche là-dessus.

    Parler des animaux domestiques s’inscrit dans cette veine-là. Bien sûr que, dans l’absolu, les chats et les chiens ont un impact sur la biodiversité et sur le climat. Car tout a un #impact. Mais d’une part cet impact reste marginal et d’autre part il est non systémique. Certes, le capitalisme a trouvé un bon filon pour faire du profit sur le dos de nos amours pour ces animaux qui apportent de la joie et du bonheur chez de nombreuses personnes, il suffit d’entrer dans une animalerie pour cela : la diversité des aliments, des jouets, des accessoires, le tout dans des couleurs chatoyantes pour appâter le maître bien plus que le chien… Mais lorsque l’on parle des chats qui mangent des oiseaux, on ne parle pas du capitalisme. Pire, on en profite pour masquer l’impact bien plus significatif de certaines activités. Les chasseurs, qui dépensent de lourds moyens pour influencer le débat public et ne reculent devant aucun argument ne s’y sont pas trompés : #Willy_Schraen, le président de la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) a tenté d’orienter, en 2020, l’attention du public sur l’impact des chats, qu’il accuse, ironie du sort, de trop chasser et qu’il a appelé à piéger. Aucune solidarité dans la profession !

    4 – Sortir du discours écolo bourgeois : un mode d’emploi

    Les chats sont bel et bien des chasseurs mais il existe des solutions pour limiter leur impact sur la biodiversité : stériliser le plus souvent possible pour éviter leur prolifération, les faire sortir uniquement à certaines heures de la journée ou… jouer davantage avec eux durant la journée. Pas sûr que les mêmes solutions fonctionnent pour réduire l’impact de la FNSEA, de TotalEnergies, de Lactalis, de la CMA CGM et de tous les milliardaires français : le patrimoine de 63 d’entre eux, en France, émettent autant de gaz à effet de serre que la moitié de la population française.

    Pour amuser vos petites boules de poils, la rédaction de Frustration recommande l’arbre à chat. Pour amuser vos petits milliardaires on recommande la visite de l’épave du Titanic dans un sous-marin peu étanche

    Comment utiliser efficacement son temps d’antenne quand on est un scientifique médiatique comme #François_Gemenne ? On peut se faire mousser en se payant un petit bad buzz par la #culpabilisation des individus possédant un chat. Ou bien on peut prioriser les sujets, étant entendu que dans l’absolu, oui, toutes les activités humaines polluent et ont un impact sur la biodiversité. Comment procéder ?

    - Aller du plus systémique au moins systémique : critiquer le capitalisme (ou ses sous-catégories : marché immobilier, #agro-industrie, industrie pétrolière etc.), qui conduit les entreprises et les individus à chercher la production permanente et l’exploitation permanente dans un monde aux ressources finies, plutôt que les chats, qui se contentent de vivre et de paresser sans chercher à performer ou faire preuve de leur respect de la “valeur travail”.
    - Aller du plus impactant au moins impactant : oui, la nourriture des chiens pollue, mais l’industrie de la viande dans le monde est une bombe climatique. Mais peut-être est-il moins gênant de vexer Frolic et Royal Canin que Fleury Michon et Fabien Roussel ?
    – Aller du plus superflu au moins superflu : dans l’ordre, commencer à interdire les yachts et les vols en jet privé avant de s’en prendre à la voiture individuelle serait une bonne chose. Sans quoi, personne ne comprend la demande d’un effort à forte conséquence sur son mode de vie quand, pour d’autres, ce sont les loisirs qui seraient visés.

    Ensuite, puisqu’il faut trancher, que ces choix se fassent démocratiquement. Pour préserver la biodiversité, préfère-t-on interdire la chasse ou limiter le nombre de chats par personne ? Veut-on sortir du modèle agricole productiviste orienté vers la production de viande ou interdire les chiens ? Et si on rappelait au passage que les #animaux_de_compagnie sont parfois la seule famille des personnes seules et fragilisées, notamment parmi les personnes pauvres, et qu’ils fournissent des services à la population, non quantifiable sur le plan financier ?

    Bref, préférez-vous en finir avec les chatons ou avec la bourgeoisie ? De notre côté, la réponse est toute trouvée.

    https://www.frustrationmagazine.fr/chats-ecologie

    #chats #chat #écologie #animaux_domestiques #industrie_agro-alimentaire #priorité #à_lire

  • BLOOM Association Les mensonges gouvernementaux sur les chalutiers géants - BLOOM Association
    https://bloomassociation.org/le-mensonge-ehonte-du-secretaire-detat-a-la-mer-devant-les-francai

    Le 28 novembre dernier, une digue de plus a lâché.

    Sur le plateau de l’émission « Les super-pouvoirs de l’océan » présentée par Léa Salamé et Hugo Clément, le secrétaire d’État à la mer Hervé Berville a menti aux Françaises et Français de façon répétée et délibérée.

    Il a osé affirmer plusieurs fois que les navires-usines géants et les chalutiers étaient interdits dans les aires marines protégées (AMP) ! Alors qu’il est lui-même l’artisan de cette réalité française aberrante : NON, les engins de pêche destructeurs et la pêche industrielle ne sont pas interdits dans les aires marines protégées.

    Fact-checking d’une parole gouvernementale qui a perdu attache avec la forme la plus élémentaire d’intégrité.

    • Reçu de Bloom, par mail :
      Les lobbies ont gagné
      Oui, le temps d’une manche, les lobbies de la pêche industrielle ont gagné.
      Les temps leur sont particulièrement favorables, on ne va pas se raconter d’histoires, mais ce gouvernement est loin d’être le premier à obéir fidèlement au diktat des lobbies industriels, notamment bretons. La différence aujourd’hui, c’est qu’on est justement en 2023 et que la société tout entière parle de transition, mais la pêche industrielle a réussi à obtenir un passe-droit de l’Élysée lui évitant de remettre en cause ses pratiques destructrices. Deux jours avant le début de la COP28, c’est ce qu’Emmanuel Macron a confirmé à un parterre d’industriels exultant de joie.

      Le Noël des industriels

      Le 28 novembre, c’était Noël avant l’heure pour les partisans des pêches destructrices : alors que le soir, le secrétaire d’État à la mer Hervé Berville protégeait les chalutiers géants en mentant en toute impunité sur les plateaux de télévision, le Président de la République en personne s’adressait l’après-midi même à Nantes aux ardents défenseurs du chalut et de l’économie maritime extractive.
      Dans un discours-fleuve de plus d’une heure aux « Assises de l’économie de la mer », Emmanuel Macron a tenu aux industriels et aux élus le discours de leurs rêves. En substance, il leur a garanti que rien ne changerait jamais, que la recette du désastre pourrait se poursuivre ad vitam aeternam, que les aides au gasoil continueraient à pleuvoir, que le secteur de la pêche industrielle n’aurait jamais à se remettre en question et que la « transition » ne serait ni écologique, ni sociale.
      En somme, le chef de l’État a assuré qu’il n’était nul besoin de remettre en cause le modèle industriel dès lors que celui-ci résumait sa « transition » à la seule décarbonation. Le discours d’Emmanuel Macron était surréaliste. Chez BLOOM, on a dû se pincer pour y croire.
      Aucune mention de la mauvaise santé des écosystèmes marins, de l’extinction de masse des espèces vivantes, de l’impact à proprement parler délirant des pêches industrielles sur la biodiversité (les chaluts sont responsables à 93% de l’ensemble des animaux rejetés morts à la mer par les navires de pêche chaque année en Europe), de la nécessité de restaurer les habitats, de laisser repousser les forêts sous-marines composées de coraux, d’algues corallifères, d’éponges et d’organismes calcaires menacés par l’acidification et le labour des chaluts.
      Aucune mention, cela va sans dire, de la resuspension du carbone stocké dans les sédiments marins par le passage constant des bulldozers sous-marins que sont les chalutiers ni de l’absolue, incontournable, urgentissime nécessité de maintenir les fonctions de régulateur climatique de l’océan.

      Ce que l’Élysée défend : l’importation du poisson par avion

      De justice sociale aussi, nulle mention. Même si en pulvérisant les écosystèmes marins, les pêches industrielles conduisent inévitablement à la ruine sociale et économique.
      Il faut avoir à l’esprit l’histoire récente pour prendre la mesure du modèle que le pouvoir défend : après avoir anéanti les populations de poissons proches des côtes, les chalutiers industriels sont allés plus au large. Ayant fait péricliter les poissons au large, ils sont allés les chercher dans les eaux distantes d’Afrique. Simultanément, ils ont aussi « enfoncé » leurs filets jusqu’à 2000 mètres de profondeur. Ils ont massacré des écosystèmes de coraux d’eau froide aussi vieux que les pyramides d’Égypte et des animaux profonds à la longévité extrême qui avaient jusque-là toujours été épargnés par les filets géants des chalutiers. Ils ont pillé les ressources des pêches vivrières du continent africain et mis en péril des pans indispensables de la sécurité alimentaire du Sud.
      Les pêches industrielles reposent sur une surexploitation séquentielle : la logique financière qui préside à leur modèle impose d’aller chercher toujours plus loin, plus profond, de nouvelles espèces à commercialiser, peu importe le chaos social, peu importe la destruction de masse du vivant et la déforestation sous-marine à grande échelle.
      La pêche industrielle est irresponsable, vorace et immorale. Osons le mot.
      Voyez ce que le port de Lorient s’apprête à faire pour comprendre que le drame ne prendra fin qu’avec la disparition de la pêche industrielle.
      Lorient, premier port industriel de France, premier responsable de la ruine des pêcheurs artisans français et du siphonnage des eaux de l’Atlantique Nord-Est, est en train d’investir au Sultanat d’Oman dans la construction d’un port immense pour piller les eaux encore intactes de la Mer d’Arabie et importer à terme du poisson… par avion !
      Voilà le modèle ahurissant que soutient notre gouvernement.
      Il arrive que les lobbies gagnent la bataille, mais ils doivent perdre la guerre

      Le 10 décembre 2013, il y a exactement dix ans, lors d’un vote cataclysmique à Bruxelles, le Parlement européen se prononçait en faveur de la destruction des océans profonds. Toutes les magouilles avaient été déployées contre la mobilisation citoyenne et scientifique orchestrée par BLOOM en vue d’interdire le chalutage en eaux profondes. L’ordre de vote avait été changé à la dernière minute, certains députés s’étaient sincèrement trompés, d’autres avaient fait semblant de se tromper pour être fidèles aux lobbies…
      Après quatre ans de campagne contre l’aberration du chalutage en eaux profondes, nous perdions le vote à neuf voix près. C’était un coup terrible.
      On aurait pu s’avouer vaincus. C’était très mal engagé, les lobbies avaient rallié à leur cause les États membres et le Parlement européen, l’horizon était bouché. Mais ce n’était pas juste. Ce n’était pas acceptable. Si nous jetions l’éponge, alors qui allait défendre les écosystèmes profonds ? Qui allait dénoncer ce modèle de ravages et de ruines de la pêche industrielle ? Qui se battrait pour l’intégrité physique et biologique de l’océan face au changement climatique et à la disparition des espèces ?
      La raison disait « c’est impossible à gagner ». Le cœur disait « plutôt mourir que d’abandonner ».
      Nous avons poursuivi le combat. Avec vous à nos côtés. Vous avez mis une telle pression à Intermarché, dont les flottes étaient les acteurs dominants de la pêche profonde, que nous avons fini par gagner. Il a fallu trois ans de plus, mais en juillet 2016, le chalutage en eaux profondes était interdit dans toutes les eaux de l’Union européenne.
      Voilà ce que nous devons recommencer. Gagner coûte que coûte.
      C’est notre persévérance à toute épreuve et votre mobilisation indéfectible à nos côtés qui peuvent et qui DOIVENT façonner le monde pour nous protéger des dégâts irréparables causés par une poignée d’individus et de corporations sans foi ni loi.

  • [pub] Les extraits du « Côté obscur de la force » : « Pendant la crise des “gilets jaunes”, jamais une surveillance aussi massive n’avait été déployée »

    Dans un livre qui paraît chez Flammarion mercredi 11 octobre, le journaliste Vincent Nouzille propose une enquête très fouillée sur ce qu’il appelle les « dérives du ministère de l’intérieur et de sa #police ». « Le Monde » publie en avant-première des extraits concernant le mouvement social qu’a connu la France en 2018.
    Par Vincent Nouzille

    Bonnes feuilles. C’est un secret d’Etat jusque-là bien préservé que nous dévoilons ici : en pleine crise des « #gilets_jaunes », les services de renseignement français ont mis sur #écoute et géolocalisé des milliers de #manifestants. Jamais une #surveillance aussi massive n’avait été déployée. Jamais autant d’individus en même temps n’avaient été concernés. Jamais de tels moyens techniques n’avaient été combinés pour savoir où des citoyens allaient se rendre, et tenter d’interpeller en amont ceux qui étaient suspectés, à tort ou à raison, de s’apprêter à commettre des violences.

    Selon les témoignages de plusieurs responsables de la police et du #renseignement, si le cadre légal a été formellement respecté, certaines de ces surveillances ont été décidées et avalisées sur la base de critères flous et dans la précipitation. « C’était la panique au sommet du pouvoir et dans les services, explique une source au ministère de l’intérieur. Le mouvement des “gilets jaunes” se transformait chaque samedi en insurrection. Il fallait sauver la République. Nous avons donc ratissé large1. »
    Au lendemain de la journée du 1er décembre 2018, où la violence est montée d’un cran, notamment à Paris avec le saccage de l’Arc de triomphe et au Puy-en-Velay avec l’incendie de la préfecture, le ministre de l’intérieur, #Christophe_Castaner, et son secrétaire d’Etat, #Laurent_Nuñez, décident de changer de stratégie. Ils exigent que le dispositif de sécurité soit plus mobile et demandent davantage d’interpellations en amont. Ils souhaitent surtout une surveillance ciblée de toute personne présumée violente. (…)

    Les services de renseignement ont déjà dans leurs radars des individus classés à l’ultragauche et à l’ultradroite, beaucoup étant « #fichés_S » (pour « sûreté d’Etat »). En revanche, la plupart des « gilets jaunes » sont inconnus. Dans les premiers temps, les services peinent à repérer des « leaders » d’un mouvement aussi éruptif que peu organisé. (…) Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, s’inquiète des activistes provinciaux que ses équipes ne connaissent pas et qui risquent de « monter » à Paris pour y semer des troubles chaque samedi.
    Face aux risques de désordre qui se propagent, les « gilets jaunes » étant insaisissables et se déplaçant sans arrêt, la donne change. « Nous allons maintenant travailler sur cette nouvelle population », glisse, de manière elliptique, Laurent Nuñez à propos des « gilets jaunes », lors d’une audition au Sénat le 4 décembre. Durant la seule journée du 8 décembre 2018, 724 personnes sont placées en garde à vue dans toute la France, souvent avant même qu’elles ne commencent à manifester. Les samedi 15 et 22 décembre, le même dispositif se reproduit. Les différents services ont commencé leur surveillance de certains manifestants considérés comme potentiellement dangereux. Et cela avec l’aval des plus hautes instances, qui ont donné leur feu vert à l’emploi massif des « techniques de renseignement », les « TR » dans le jargon des initiés. (…)

    L’emploi des #techniques_de_renseignement ne peut être justifié que pour la défense nationale, la protection des intérêts majeurs du pays, la lutte contre l’espionnage économique et scientifique, la prévention du terrorisme, du crime organisé et de la prolifération d’armes de destruction massive. Mais elles sont aussi autorisées pour la prévention des « atteintes à la forme républicaine des institutions », de la « reconstitution de groupements dissous » ou des « violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique ». C’est principalement ce dernier motif – appelé « 5-C » par les spécialistes, et déjà employé lors de l’évacuation de la #ZAD_de_Notre-Dame-des-Landes au printemps 2018 – qui va être utilisé à grande échelle lors de la crise des « gilets jaunes ».

    En décembre 2018, les requêtes de « TR » affluent brutalement (…). Même si les données publiées dans les rapports annuels de la CNCTR [Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement] sont imparfaites, elles donnent un aperçu de cette montée. Les demandes motivées par la « prévention des violences collectives » passent de 6 % de l’ensemble des requêtes en 2017 à 14 % en 2019, ce qui représente une augmentation de 133 % et un cumul de plus de 20 000 demandes en trois ans2 ! Dans le détail, le compteur des « géoloc », déjà en forte croissance les années précédentes, s’affole, passant de 3 751 demandes en 2017 à 5 191 en 2018, puis à 7 601 en 2019, soit un doublement en deux ans et la plus forte progression des techniques de renseignement. Quant aux écoutes, elles se multiplient aussi sur la même période, passant de 8 758 en 2017 à 12 574 en 2019, soit une croissance de 43 % en deux ans. Globalement, cette surveillance a concerné au moins 2 000 personnes entre fin 2018 et fin 2019. (…)

    La pression est telle que le centre d’écoute, basé aux Invalides, doit faire appel à des renforts d’effectifs pour les week-ends. De plus, le nombre de lignes téléphoniques écoutées simultanément a rapidement atteint le maximum autorisé3, ce qui a conduit Matignon à rehausser ce contingent en juin 2019 pour atteindre 3 800 lignes, dont 3 050 réservées au ministère de l’intérieur. Les « grandes oreilles » sont employées à grande échelle.
    Au siège de la CNCTR, un bâtiment sécurisé caché au fond d’un jardin de la rue de Babylone, dans le 7e arrondissement, la tension est maximale chaque fin de semaine à partir de décembre 2018. (…) « C’était l’enfer. Tous les services voulaient un feu vert dans la soirée de vendredi. La Commission n’avait pas forcément le temps de vérifier les motivations indiquées dans les centaines de demandes », précise un de ses membres, qui n’a pas eu son mot à dire sur ces décisions.

    (…) Beaucoup de manifestants ciblés sont ainsi repérés en direct, dans leurs déplacements en voiture, en train, jusqu’à Paris, ou vers d’autres grandes métropoles où se déroulaient des rassemblements importants. Ignorant qu’ils sont géolocalisés grâce à leur téléphone, certains sont interpellés sur les routes, aux péages, dans les gares ou près des lieux de leur résidence. Seize personnes, présentées par la police comme des « black blocs » ou des « ultrajaunes », seront arrêtées à 12 h 30 le samedi 7 décembre 2019, dans une maison louée avenue du Général-Leclerc, au Bouscat, près de Bordeaux, et les locaux perquisitionnés.
    Leur localisation a été rendue possible, affirmeront les enquêteurs, grâce à la découverte faite dans la nuit de tags anti-police peints dans le quartier et sur la foi d’« investigations d’environnement » effectuées le matin même. Mais les détails de ces « investigations d’environnement » ne seront pas versés en procédure, car, selon l’officier de police judiciaire chargé de l’enquête, elles « provenaient d’informations classifiées ». Ce qui correspond à des renseignements de surveillance émanant des services.

    La #géolocalisation permet également de suivre le parcours des « cibles » durant les manifestations. Les trajets sont visualisés en direct sur des écrans. (…) Chaque cible est alors colorée selon son appartenance présumée : rouge pour des cibles de l’ultragauche, bleu pour l’ultradroite. (…)

    D’autres « gilets jaunes » font l’objet d’un traçage en direct hors des manifestations habituelles du samedi. Le dimanche 14 juillet 2019, juste avant le défilé traditionnel des armées sur les Champs-Elysées, les services reçoivent des alertes sur la présence de « gilets jaunes » dans les parages, alors que le périmètre a été interdit à toute manifestation sur ordre du préfet de police. Plus grave : ils soupçonnent une attaque contre le président de la République, Emmanuel Macron. Au vu du risque de « trouble grave à l’ordre public », des surveillances téléphoniques sont aussitôt autorisées, pour quelques jours, sur plusieurs cibles, avant d’être levées faute de menaces avérées. Coïncidence ? Ce jour-là, parmi les près de 200 personnes interpellées dans Paris en marge du défilé, trois leaders connus des « gilets jaunes », Eric Drouet, Maxime Nicolle et Jérôme Rodrigues, sont arrêtés dès le matin aux alentours des Champs-Elysées et placés en garde à vue, avant d’être relâchés dans l’après-midi, une fois les procédures lancées ou classées sans suite. Les techniques de surveillance sont également utilisées de manière intensive pour repérer les manifestants contre le sommet du G7 qui se tient à Biarritz du 24 au 26 août 2019. (…)

    La fin du mouvement des « gilets jaunes » en 2020, suivie de la longue crise sanitaire, n’a pas stoppé cette surveillance ciblée. Au contraire. Selon les données de la CNCTR, chargée de filtrer les requêtes des services, les demandes d’écoutes et de poses de balises pour tous types de motifs sont restées stables à un niveau élevé depuis 2020. Celles portant sur des intrusions dans des lieux privés ont fortement augmenté, tout comme celles sur la captation de données informatiques. Quant aux demandes de géolocalisation en temps réel , très prisées lors des manifestations, elles ont continué leur irrésistible ascension, de 7 601 en 2019, jusqu’à 10 901 en 2022 , un nouveau record.

    Notes de bas de page :
    1- Entretiens avec l’auteur. La plupart des sources de ce prologue ont requis l’anonymat, vu le caractère sensible des informations livrées ici. Les dates des entretiens ne sont pas précisées.
    2 - Nombre des requêtes de TR motivées par les motifs de prévention des violences collectives : 4 226 en 2017 (soit 6 % du total des 70 432 demandes) ; 6 596 en 2018 (soit 9 % des 73 298 demandes) ; 10 296 en 2019 (soit 14 % du total des 73 543 demandes). Source : rapports annuels de la #CNCTR.
    3 - Le contingent d’écoutes était de 3 040 depuis 2017, déjà passé à 3 600 en juin 2018.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/10/09/les-extraits-du-cote-obscur-de-la-force-pendant-la-crise-des-gilets-jaunes-j
    les (...) du texte sont du journal

    edit #police_politique #solutionnisme_technologique #écologie_radicale #SLT #extinction_rebellion ...

    #manifestations #livre

    • « Le Côté obscur de la force », enquête sur la part d’ombre des pratiques policières
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/10/09/le-cote-obscur-de-la-force-enquete-sur-la-part-d-ombre-des-pratiques-policie

      L’enquête de Vincent Nouzille qui paraît le 11 octobre chez Flammarion fait la lumière sur deux tendances de fond aux lourdes conséquences sur les libertés publiques : la multiplication des entraves au droit de manifester et le développement de la surveillance de masse.

      Livre. Depuis P… comme police, d’Alain Hamon et Jean-Charles Marchand (Alain Moreau, 1983), les livres d’enquête sur une institution aussi décriée que propice aux fantasmes n’ont pas fait défaut. Il manquait toutefois, dans ce catalogue, un ouvrage consacré aux plus récentes années, un livre qui serait à la fois une mise en perspective de maux endémiques (comme la difficulté à admettre l’existence de violences policières, fussent-elles répétées et objectivées) et un exercice d’analyse prospective sur des pratiques policières renouvelées, bien souvent inquiétantes. Vincent Nouzille, journaliste rompu aux investigations documentées, comble cette lacune en explorant Le Côté obscur de la force (Flammarion, 512 pages, 23 euros).
      Si elle n’oublie pas les figures imposées et traite notamment de la persistance de réseaux d’influence souterrains au sein du ministère de l’intérieur, son enquête aide avant tout à mettre en lumière deux tendances de fond aux lourdes conséquences sur les #libertés_publiques. La première tient à la multiplication des entraves au #droit_de_manifester grâce à la mobilisation de toutes les ressources judiciaires possibles, parfois au moyen de procédés à la limite du dilatoire. La seconde tendance concerne la mise en œuvre de techniques de surveillance de masse.
      Noyés dans les rapports officiels et les interventions des autorités policières, les chiffres exhumés par l’auteur montrent que des milliers d’individus ont fait l’objet d’une surveillance étroite, une vaste entreprise de « renseignement » décidée au plus haut sommet de l’Etat lors de la crise des « gilets jaunes » et prolongée depuis. La pérennisation de ces techniques fait craindre une extension du domaine panoptique, rendue probable par le test grandeur nature des Jeux olympiques et paralympiques de Paris en 2024. « Il est assez vraisemblable, prévient Vincent Nouzille, que les enseignements qui en seront tirés inciteront ses promoteurs, notamment toute la filière de la sécurité qui piaffe d’impatience, à vouloir en tirer parti pour passer à la vitesse supérieure. » Et accélérer un mouvement, manifestement déjà bien engagé, de surveillance généralisée.

      "Ils ne peuvent plus s’en passer" : un livre révèle une "flambée" des écoutes depuis les "gilets jaunes"
      https://www.radiofrance.fr/franceinter/ils-ne-peuvent-plus-s-en-passer-un-livre-revele-une-flambee-des-ecoutes-

      (...) il y a eu au moins 2.000 personnes écoutées ou géolocalisées pendant la crise des « gilets jaunes ». Jamais on n’avait écouté autant de monde en même temps lors d’une crise sociale. Cela a permis aux services de renseignement et services de police, d’une part d’écouter, mais surtout de suivre les #mouvements de ces manifestants et d’en interpeller certains en amont des manifestations. Cela a été, selon eux, extrêmement efficace. Les [représentants] officiels me disent que tout a été fait dans les règles. Mais vu le nombre de demandes et vu, surtout, l’afflux soudain des demandes, nous pouvons nous poser des questions sur les contrôles qui ont pu être exercés en la matière."

      Vous montrez également que cette surveillance n’a pas pris fin après cet épisode des « gilets jaunes »...

      "On aurait pu croire qu’avec la fin de la crise des « gilets jaunes », début 2020, cette surveillance diminue. Or, ce n’est pas du tout ce qui s’est passé, au contraire. En fait, les responsables du service de renseignement m’ont confié qu’ils y avaient pris goût et ne pouvaient plus se passer des écoutes, et surtout des géolocalisations en temps réel, qui permettent de savoir où sont les personnes que l’on veut surveiller. Le nombre des personnes qui ont été surveillées "au titre des violences collectives", comme on dit dans le jargon, a atteint 3.500 en 2021, c’est à dire trois fois plus qu’en 2017. Nous avons donc bien eu une extension de la surveillance à un nombre beaucoup plus grand de personnes.

      Il y a ensuite eu un léger repli en 2022, mais, début 2023, je révèle qu’il y a eu un nouvel accord de la Commission nationale des techniques de renseignement pour élargir les critères de la surveillance et des possibilités d’écoutes à des personnes qui font partie des mouvements de l’écologie radicale. C’est le cas de certains membres des Soulèvements de la Terre, d’Extinction rébellion et d’autres, notamment toutes les personnes qui ont lutté contre les méga-bassines. Cette commission a décidé fin 2022, début 2023, de changer les critères et d’accepter un certain nombre de demandes des renseignements qu’elle avait jusqu’alors refusées. Par exemple, lorsqu’a eu lieu la première manifestation à Sainte-Soline, en octobre 2022, les services de renseignement avaient fait des demandes d’écoute d’un certain nombre de leaders des mouvements, et cela n’avait pas été accepté par cette commission. Mais vu la violence et les incidents qui ont eu lieu fin octobre, l’intrusion ensuite dans la cimenterie Lafarge, près de Marseille, qui a eu lieu en décembre, et d’autres incidents de ce type, cette Commission de contrôle des techniques de renseignement a décidé d’élargir les critères d’écoute en acceptant désormais des cas de demandes de personnes qui sont susceptibles de commettre des violences non pas physiques, mais des #violences_matérielles, de destruction, de #sabotage."

      #justice #enquêtes_judiciaires #JO #gendarmerie #Service_central_de_renseignement_territorial #RT

  • 🛑 Un militant d’Extinction Rebellion passe 24 heures en garde à vue après avoir dénoncé deux projets de Total

    Une dizaine de militants d’Extinction Rebellion a réalisé une performance devant le tribunal judiciaire de Strasbourg mardi 3 octobre pour dénoncer des projets du groupe pétrolier Total. Un militant a été interpellé et placé en garde à vue (...)

    #écologie #GAV #ExtinctionRebellion #Total #répression

    https://www.rue89strasbourg.com/militant-extinction-rebellion-garde-vue-mise-en-scene-tribunal-deno

  • Des militants européens venus manifester en France se retrouvent bannis du territoire

    Cinq #antifascistes italiens ont été arrêtés mardi 6 juin. Ils avaient participé à la manifestation en hommage à Clément Méric et risquent l’expulsion. Avant eux, un Suisse, une Allemande et un Belge ont subi le même sort, avant d’être placés en rétention et renvoyés dans leur pays.

    DepuisDepuis plusieurs mois, le ministère de l’intérieur multiplie les obligations de quitter le territoire français (OQTF) et les interdictions administratives du territoire (IAT) à l’égard de militantes et militants européens venus manifester en France, au prétexte qu’ils représentent une « menace réelle » pour le pays.

    Chaque fois, le procédé est le même : les personnes sont interpellées avant, pendant ou après une manifestation organisée sur le sol français, placées en centre de rétention administrative (CRA) puis expulsées lorsque le juge des libertés et de la détention ou le tribunal administratif ne décide pas de leur libération.

    Les militant·es ont alors interdiction de revenir en France, même lorsqu’ils y ont des attaches ou des liens familiaux. Pour les manifestant·es concerné·es comme pour les acteurs associatifs, ces pratiques du ministère s’apparentent à une nouvelle façon de mater les mobilisations dans le cadre de luttes politiques, sociales ou écologistes, à l’heure où l’« ultragauche », l’« écoterrorisme » et le « terrorisme intellectuel de l’extrême gauche » sont largement pointés du doigt par Gérald Darmanin.

    « Les services de renseignement anticipent la participation à la journée nationale d’action de mardi de membres de l’ultragauche venus de l’étranger », avait ainsi annoncé le ministre de l’intérieur dans un tweet le 4 juin, se targuant d’avoir déjà pris dix-sept interdictions administratives du territoire pour « empêcher ces individus de rejoindre les cortèges et le cas échéant de faciliter leur interpellation ».

    Interrogé sur les cas spécifiques que nous documentons dans cet article, le ministère de l’intérieur ne nous a pas répondu.

    Parmi eux, plusieurs ressortissantes et ressortissants italiens venus participer à la manifestation en hommage à Clément Méric, le week-end dernier à Paris, ont été interpellés mardi 6 juin au soir dans une pharmacie d’Aubervilliers. Cinq de ces militant·es antifascistes ont été embarqué·es au commissariat, et deux ont été depuis libérés. Les trois autres, deux femmes et un homme, ont été placé·es aux CRA de Vincennes (Val-de-Marne) et du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) avec l’objectif de les expulser vers l’Italie.

    Mais leur audience devant le juge des libertés et de la détention jeudi 8 juin est venue contrarier la décision du ministère de l’intérieur et permettre leur sortie du CRA ; le juge estimant que la mesure, qui ne correspond pas à une mesure d’éloignement classique et reste limitée dans le temps, « visait à les évincer de la tenue d’une manifestation » et qu’il y avait eu là « un détournement des conditions ouvrant au placement en rétention administrative ».

    Selon nos informations, tous les trois font ainsi l’objet d’une interdiction administrative du territoire. Mais, fait surprenant, il s’agit d’une IAT temporaire, prise le 2 juin et allant jusqu’au 11 juin, ce qui est peu courant. La mesure, qui permet d’empêcher un étranger d’entrer en France lorsque sa présence constitue un danger grave comme des activités terroristes, peut concerner tous les étrangers, y compris les Européens. La personne concernée ne peut demander son retrait qu’au bout d’un an. Le ministère de l’intérieur doit réexaminer les motifs de l’IAT tous les cinq ans et peut l’abroger à tout moment.

    « Le ministère de l’intérieur tente sans avoir besoin de se justifier et voit ce qu’il se passe ensuite. On dépose des recours, mais les délais en justice sont longs », estime Me Camille Vannier, avocate particulièrement engagée sur ce type de dossiers. Des recours visant à contester l’IAT de ces militantes et militants antifascistes italiens devraient être déposés dans les jours qui viennent devant la justice. « Cela remet encore plus en question le droit de manifester en France et de circuler au sein de l’Union européenne », ont dénoncé leurs soutiens dans un communiqué.

    C’est aussi le cas de Lou*, 24 ans, originaire de Suisse et venu le 23 mars en France en vue de participer à des conférences sur l’accès à l’eau et « éventuellement » à la manifestation contre la mégabassine à Sainte-Soline le 25 mars. Il a été interpellé à Melle (Deux-Sèvres), la veille de la manifestation, lors d’un contrôle du véhicule qui le transportait, suivi d’un contrôle d’identité qui a tout fait basculer. « Les policiers ont dit qu’il y avait un souci avec moi. Ils m’ont dit : “Vous, vous vous écartez, vous savez pourquoi.” »

    Le jeune homme affirme ne pas savoir ce qui lui est reproché à ce moment-là. Les gendarmes finissent par lui expliquer qu’il est « interdit de territoire » en France. Lou tombe alors des nues et se voit contraint de les suivre au commissariat. « Au départ, raconte-t-il, je pensais que je sortirais dans la soirée. » Ses amis, qui n’ont pas été ennuyés après le contrôle d’identité, décident de l’attendre. Il passe finalement la nuit en cellule, après un échange avec une agente de police judiciaire qu’il juge « extrêmement cassante », dans le cadre d’une retenue administrative.

    « Dès le départ, quand je suis entré dans son bureau, j’ai été traité comme un ennemi et une personne dangereuse. Elle ne m’a pas laissé appeler mes proches. J’ai pu appeler une avocate mais elle a précisé que si elle ne répondait pas, je n’en aurais pas. » Le jeune homme, qui envisageait de participer à la manifestation de Sainte-Soline, avait pris soin de mémoriser le numéro de téléphone d’une avocate spécialisée – comme beaucoup de manifestant·es aujourd’hui. « Heureusement, elle a répondu alors qu’il était tard le soir. Elle était là le lendemain matin. »

    Il découvre qu’il fait l’objet d’un arrêté ministériel portant interdiction administrative du territoire « en raison de son comportement personnel », qui lui est alors notifié en présence de l’avocate. Sur le document que nous avons pu consulter, daté du 23 mars – soit le jour de son entrée en France et deux jours avant la manifestation de Sainte-Soline –, il est indiqué qu’il « constituerait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société » et « qu’il y a urgence à [l’]éloigner du territoire français » vers la Suisse. Puis, plus loin : « Le suivi dont il a fait l’objet à ce titre a mis en évidence la gravité de la menace sur l’ordre et la sécurité publics qu’il représente. »
    « Le CRA et les joyeuses procédures qui vont avec »

    Lou raconte son transfert ultra-sécurisé jusqu’au CRA de Bordeaux le samedi soir, menotté durant tout le trajet, « à 160 km/heure sur l’autoroute » et avec un changement de véhicule sur un parking, de nuit, comme s’il était « au milieu d’un trafic de drogue ou pire encore ». « Ensuite, j’ai eu la chance de découvrir le CRA et les joyeuses procédures qui vont avec », ironise-t-il.

    Il y passe trois nuits avant de découvrir le mardi, lors de son passage devant la juge des libertés et de la détention (qui refuse de le libérer), qu’il est également fiché S. Sa quatrième nuit au CRA sera la dernière : il est renvoyé en Suisse mercredi 29 mars par avion.

    À ce jour, Lou ne comprend toujours pas pourquoi il fait l’objet de cette interdiction administrative d’entrée et de séjour en France. Il affirme n’avoir « jamais eu affaire à la police » sur le sol français. Celui qui se décrit comme un militant écologiste explique avoir commencé à participer à des actions de désobéissance civile en 2019 uniquement en Suisse, notamment avec Extinction Rebellion. Il dit avoir relayé, sur les réseaux sociaux, des appels à manifester à Sainte-Soline, mais aussi, depuis environ deux ans, des informations sur les violences policières.

    Le jeune homme a fait l’objet d’une condamnation en 2021, pour opposition aux actes de l’autorité et insoumission à une décision de l’autorité, après avoir bloqué une place publique dans le cadre d’une action et avoir refusé d’évacuer les lieux lorsque les forces de l’ordre le lui ont demandé, en septembre 2020. Des faits qui lui ont valu une amende et devraient être effacés de son casier le 15 juin prochain. « Des choses pas très graves », balaie-t-il, précisant que l’action était « pacifique ».

    Me Vannier, l’avocate de Lou, pointe une « chasse aux militants » et aux manifestants, de manière « totalement aveugle ». « Son cas en est emblématique. Il n’y a aucun détail, aucune motivation derrière cette interdiction de territoire, ce qui est très inquiétant. C’est un laboratoire de répression qui est réutilisé pour d’autres. » Le cas de son client serait le premier d’une longue série à venir, craint-elle.

    « C’est déjà en train de s’étendre, constate Paul Chiron, chargé du soutien et des actions juridiques à La Cimade, association de défense des droits des étrangers. On était surpris pour le Suisse et on retrouve le même schéma pour les Italiens. C’est un détournement du droit des étrangers et de la lutte antiterroriste. »

    Dans un registre très similaire, deux autres militant·es, un Belge et une Allemande, Julia*, ont aussi fait l’objet d’une interpellation dans le cadre d’une manifestation organisée en France et ont été placé·es en CRA en vue de leur éloignement vers leur pays d’origine, en mars et mai derniers. Bien qu’ils ne soient pas visés par une IAT, ils ont aussi eu l’interdiction de circuler sur le territoire français – depuis annulée par la justice dans le cas de Julia.

    Vivant entre la France et l’Allemagne depuis son enfance, Julia a pour coutume de manifester, où qu’elle se trouve, pour la journée internationale des travailleurs et des travailleuses. Ce 1er mai, elle est à Paris en vacances et participe avec des ami·es au rassemblement qui prend la direction de la place de la Nation.

    D’après son récit, il est 16 heures lorsqu’elle est interpellée après une charge policière : « Au moment où les CRS foncent vers nous, tout le monde commence à fuir. Je trébuche et me fais matraquer au sol, avant de me faire menotter, retrace-t-elle. J’ai eu l’impression que c’était complètement arbitraire, ça aurait pu être moi comme la personne à côté. » Elle est interpellée en possession d’une bombe de peinture, de pétards et d’une paire de lunettes de piscine, et n’est pas connue des services de police.

    Elle est ensuite embarquée dans un fourgon qui doit la conduire au commissariat. Dans le véhicule, elle affirme avoir assisté à une scène cocasse, où un fonctionnaire de police s’agace en découvrant que la fiche d’interpellation est incomplète. « Ceux qui m’ont interpellée n’avaient pas coché les faits qui m’étaient reprochés, raconte Julia. Les policiers débattent dans la voiture pour décider quelle case cocher : “On ne va pas noter port d’armes ?”, interroge celui qui tient la fiche d’interpellation. “Par contre, on lui met jet de projectiles”. » Des faits qui apparaissent sur sa fiche d’interpellation que nous avons pu consulter, mais pour lesquels elle n’est finalement pas poursuivie.
    Refus de signer pour un avertissement pénal

    Au commissariat, elle est immédiatement placée en garde à vue et passe la nuit dans une cellule « immonde », jonchée de déchets, et équipée d’un petit matelas et d’un seul plaid, qu’elle doit partager avec une autre gardée à vue. Le lendemain, Julia est conduite au tribunal de Paris et passe de longues minutes enfermée sans être fixée sur son sort.

    Elle est finalement présentée à un substitut du procureur qui lui propose de signer un avertissement pénal probatoire (APP), une procédure qui vaut reconnaissance de culpabilité, mais permet d’échapper aux poursuites.

    Il lui est reproché les infractions suivantes : « rébellion », « participation à un groupement en vue de commettre des actes de violence et de dégradation », « dissimulation volontaire du visage » et « outrage » envers un agent de police pour avoir craché à ses pieds. Elle indique seulement avoir voulu expulser les fumées de gaz lacrymogène inspirées pendant son interpellation.

    Julia refuse de signer l’APP, car elle ne s’estime coupable de rien. « Le substitut du procureur était pressé et contrarié, mais il finit par m’indiquer que je vais pouvoir sortir libre », se remémore-t-elle. Au bout de trente minutes d’une interminable attente, enfermée dans un box vitré, elle s’étonne de n’avoir toujours pas été libérée. On l’informe alors qu’elle est désormais visée par une OQTF et qu’elle va être transférée vers le CRA du Mesnil-Amelot. « J’étais complètement choquée et abasourdie », se souvient-elle.

    Sur le document que nous avons pu consulter, daté du 2 mai, le lendemain de l’interpellation, il est indiqué, comme pour Lou, que Julia « constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société » et « qu’il y a urgence à l’éloigner du territoire français » sans « lui accorder aucun délai de départ volontaire ». Elle est par ailleurs visée par une interdiction de circuler en France (ICTF) pendant trois ans.

    La préfecture de police de Paris justifie le placement en CRA par le risque que Julia se soustraie à son obligation de quitter le territoire, alors même qu’elle dispose d’un billet retour pour l’Allemagne, d’un logement fixe à Berlin et d’un travail stable outre-Rhin.
    1 500 euros de dédommagement pour une semaine en CRA

    Elle retient de son séjour d’une semaine en CRA une leçon de vie sur « la formidable solidarité entre femmes, qui se serraient les coudes dans la précarité » et « l’absurdité de la menace à la sécurité publique construite autour d’elles, alors qu’elles sont mères de famille, travaillent et essayent simplement de s’en sortir ». Au cours de sa semaine d’enfermement, elle est présentée à deux reprises à un juge qui confirme son maintien en rétention.

    Le 9 mai, elle quitte, menottes au poignet, le CRA du Mesnil-Amelot et se voit conduite au tribunal administratif de Melun pour une audience. Son avocate, Me Vannier, conteste devant le juge l’OQTF dont elle fait l’objet et demande l’annulation de son interdiction de circuler en France. Le tribunal satisfait entièrement à ces demandes et oblige l’État à verser à Julia 1 500 euros pour ses frais d’avocat.

    « 1 500 euros pour une semaine en CRA, je n’appelle pas ça un dédommagement », fustige Julia. Au cours de l’audience, le juge administratif inflige un camouflet au ministère public en concluant que la menace à l’ordre public n’était pas fondée.

    L’épilogue de cette semaine cauchemardesque ne rassure pas pour autant Julia, qui réfléchira désormais « à deux fois avant d’aller manifester en France ». Celle qui avait déjà participé à des rassemblements à Marseille pour le droit au logement assure toutefois qu’elle ne se laissera pas impressionner par ces décisions administratives, « qui sont faites pour intimider ». « Je continuerai à manifester avec mes amies en France », déclare-t-elle.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/090623/des-militants-europeens-venus-manifester-en-france-se-retrouvent-bannis-du

    #arrestation #manifestation #France #OQTF #IAT #interdiction_de_territoire #CRA #rétention #détention_administrative #expulsion #antifa #ultragauche #Clément_Méric #droit_de_manifester #menace #Extinction_Rebellion #chasse_aux_militants #répression

  • [Émissions spéciales] Environnement : un #climat d’insurrection
    https://www.radiopanik.org/emissions/emissions-speciales/environnement-un-climat-dinsurrection

    Un débat radio de l’Agence Alter en collaboration avec Bruxelles Nous Appartient.

    À moins d’avoir passé ces vingt dernières années dans une grotte, personne ne peut dire aujourd’hui qu’il/elle n’est pas au courant des menaces écologiques qui planent au-dessus de notre bonne vieille planète. Changement climatique, déforestation, effondrement de la biodiversité, acidification des océans, la coupe est pleine et les effets de l’anthropocène sur la terre sont chaque jour de plus en plus évidents.

    Face à ces événements, les militants environnementaux ont multiplié les manifestations, les actions de sensibilisation. Mais alors que l’horloge tourne et que rien ne semble vraiment bouger, certains s’interrogent. Faudrait-il passer à quelque chose d’autre, quelque chose de plus tranché, de plus radical comme la (...)

    #agence_alter #activisme #bna-bbot #code_rouge #antispécisme #extinction_rebellion #agence_alter,climat,activisme,bna-bbot,code_rouge,antispécisme,extinction_rebellion
    https://www.radiopanik.org/media/sounds/emissions-speciales/environnement-un-climat-dinsurrection_15713__1.mp3

  • Insectes, un déclin silencieux
    https://www.youtube.com/watch?v=BCYUzjLiNqE

    Les insectes sont indispensables ! De nombreuses études menées à l’échelle nationale et internationale mettent en évidence le déclin alarmant des espèces. Souvent considérés à tort comme « nuisibles », les insectes représentent plus de deux tiers des espèces vivantes, et sont essentiels au bon fonctionnement des écosystèmes.

    Pour expliquer ces chutes de population, les systèmes de production agricoles actuels sont largement pointés du doigt mais s’agit-il de l’unique facteur ? Que dire de la relation qu’entretient l’humain à ces autres vivants ? Quelles pourraient être les solutions pour ralentir ou stopper ce déclin annoncé qui menace l’équilibre de la biodiversité ?

    Avec ---
    – Stéphane Foucart, journaliste sciences de l’environnement au journal Le Monde, auteur de l’ouvrage « Et le monde devint silencieux - Comment l’agrochimie a détruit les insectes » ;
    – Philippe Grandcolas, écologue, systématicien et biologiste de l’évolution, directeur de recherche du CNRS au Muséum national d’Histoire naturelle ;
    – Grégoire Loïs, ornithologue, directeur adjoint du programme Vigie Nature, Muséum national d’Histoire naturelle.

    Rencontre « Insectes, un déclin silencieux » du 21 novembre 2022 à l’Auditorium de la Grande Galerie de l’Évolution.
    Dans le cadre de l’exposition « Mini-Monstres » au Jardin des Plantes.

    (pas encore vu)
    #insectes #andropocène #extinction

  • #Capitalocène Quand la petite-bourgeoise se mobilise, ça implore les gestionnaires du capitalisme en bloquant la circulation ou en jetant de la purée sur des vitres. Le grand capital et ses agents s’en contrefoutent, mais pas Libération — qui leur consacre 4 pages.

    On ne va pas se mentir, on se ressemble tous. On est issus de milieux plutôt favorisés, mais c’est assumé. Nous, on peut se permettre de faire ce genre d’action, de prendre un ou deux jours de congé et d’aller en garde à vue. […] C’est pas révolutionnaire ce qu’on fait. C’est même la moindre des choses.

    C’est le moins qu’on puisse dire.

    Vivement une contagion de grèves dans toutes les entreprises pour réveiller les consciences ! Pour rappeler que le capital, on ne le rénove pas, mais on l’abat — ou bien on disparaîtra avec lui.

    #dernière_Rénovation #Just_Stop_Oil (« arrêtez le pétrole ») #Renovate_Switzerland (« rénovez la Suisse ») #Ultima_Generazione (« dernière génération ») #Extinction_Rebellion #diversion

  • Addressing Climate Change Will Not “Save the Planet”
    https://theintercept.com/2022/12/03/climate-biodiversity-green-energy

    « Sauver la planète » c-à-d freiner l’extinction des espèces

    Mainstream climate activism of the Bill McKibben variety points toward a grandly hopeful end within the confines of acceptable capitalist discourse: decarbonization of the global economy, with technologies driven by profit-seeking corporations subsidized by governments. Taking up this banner of optimistic can-do-ism, the environmental movement has convinced itself, and sought to convince the public, that with a worldwide build-out of renewable energy systems, humanity will power its dynamic industrial civilization with jobs-producing green machines while also — somehow — rescuing countless species from the brink.

    “But this happens to be a lie,” Ashe told me. “The lie is that if we address the climate crisis, we will also solve the biodiversity crisis.”

    […]

    Yes, a warmed atmosphere is projected to be a significant factor in the #extinction crisis in future decades, but what’s destroying species today is habitat fragmentation and loss, overhunting and overexploitation, agricultural expansion, pollution, and industrial development. It isn’t climate change that caused a 69 percent loss in total wildlife populations between 1970 and 2018, according to a World Wildlife Fund study published this year. The cause is too many people demanding too much from ecosystems, or human overshoot of the biophysical carrying capacity of the Earth.

  • Certaines espèces de tortues, de lézards et d’amphibiens ne vieillissent pas, révèle une étude - Géo.fr
    https://www.geo.fr/environnement/certaines-especes-de-tortues-et-damphibiens-ne-vieillissent-pas-revele-une-etude

    […] divers mécanismes de protection peuvent réduire le taux de mortalité des animaux, car ils ne se font pas dévorer par des prédateurs. Ils ont donc davantage de chances de vivre plus longtemps, ce qui les pousse à vieillir plus lentement ", explique le Pr Beth Reinke, autrice principale de l’étude et biologiste à l’université de Northeastern Illinois (Etats-Unis), citée dans un communiqué.

    Un raisonnement que l’on peut mettre en perspective avec la survenue de cancers chez les animaux, et à la surprenante résistance de l’éléphant vis-à-vis de cette maladie. « Les animaux qui ont plus de risque de mourir d’autre chose - en particulier de l’attaque d’un prédateur - ne vont pas présenter autant d’adaptations anti-cancer », observait Frédéric Thomas, interrogé par GEO.fr.

    […]

    […] malheureusement, ni la longévité ni le faible vieillissement ne protègent du risque d’#extinction. Au contraire, les animaux à longue durée de vie ont tendance à atteindre leur maturité sexuelle plus tardivement, ce qui signifie que la mortalité des individus - notamment celle d’origine humaine, avec le braconnage par exemple - a un impact plus fort sur la survie de l’espèce.

  • #April_2022 … Posters and Banners – #Scientist_Rebellion
    https://scientistrebellion.com/posters-for-april-rebellion

    We are #activists from a variety of scientific backgrounds, calling on our communities to stand in resistance to the genocidal direction of our governments, before it’s too late. If we scientists don’t act like we’re in an emergency, how can we expect the public to do so?

    We believe scientists should be resisting on the front lines, but the #resistance must be bigger than any one group. If you are not a scientist, you are welcome – behind every action is a whole community of people supporting, creating and organising. When scientists rebel it is powerful because it inspires others to rise up. By bringing scientist and activist communities together, both are empowered.

    Where We Fit Within #Extinction_Rebellion

    We work within the framework of Extinction Rebellion, following the principles and values, but adopt some new forms of organising and mobilising.

    1) Technological decentralisation. We use open source and secure technology to connect activists with others in their areas, so they can plan and carry out actions locally, with all action details fully in the hands of activists.

    2) Facilitated horizontalism. We provide action resources, guides and trainings to facilitate actions. This allows activists to completely own their actions, take initiative, and ultimately creates “mini-leaders” everywhere. It also allows for rapid growth of the movement, since there are no organisational bottlenecks.

    3) The right to act. Action is how we make our voices heard, therefore we support any non-violent action unequivocally. Strategic disagreements can tear a movement apart: we refuse to be so divided. No one knows with certainty the impacts of any action. Through application of the scientific method to activism we will discern the most effective courses. Some efforts will backfire, and we will support those unsuccessful attempts as vigorously as we support the successful, secure in the knowledge that we are working to the same goal.