• « Tous ces migrants illégaux qui arrivent sur nos côtes prennent les emplois des Britanniques » : dans la station balnéaire de Jaywick, le vote pour Nigel Farage est nourri par la peur de l’étranger
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/12/tous-ces-migrants-illegaux-qui-arrivent-sur-nos-cotes-prennent-les-emplois-d

    « Tous ces migrants illégaux qui arrivent sur nos côtes prennent les emplois des Britanniques » : dans la station balnéaire de Jaywick, le vote pour Nigel Farage est nourri par la peur de l’étranger
    Par Julie Zaugg (Jaywick [Royaume-Uni], envoyée spéciale)
    Pour Michelle (qui n’a donné que son prénom), 54 ans, la décision de déménager à Jaywick, sur la côte de l’Essex, n’a pas été prise à la légère. « J’ai consulté les statistiques officielles pour trouver l’un des endroits au Royaume-Uni avec la population la plus blanche », relate-t-elle, le 5 août, assise devant le Sunspot, un minicentre commercial abrité dans des bâtiments de tôle qui a ouvert en 2023 sur le front de mer de cette station balnéaire isolée, située à un peu plus d’une centaine de kilomètres à l’est de Londres. « Je ne me sens plus en sécurité dans les grandes villes avec tous ces groupes de migrants illégaux qui rôdent », poursuit-elle.Jeudi 13 août, lorsque les résidents de Clacton-on-Sea, la circonscription dont fait partie Jaywick, se rendront aux urnes pour élire leur député, elle votera pour Nigel Farage, le dirigeant du parti d’extrême droite Reform UK.
    Les chalets bordant la plage de Jaywick, communauté fondée en 1928 comme village de vacances pour la classe ouvrière, sont progressivement devenus des résidences principales pour les personnes défavorisées fuyant la capitale. En ce mercredi après-midi de début août, des résidents sillonnent la rue principale sur des scooters pour personnes à mobilité réduite. La plage est parsemée de tentes érigées par des personnes sans domicile fixe. Trois jeunes femmes assises à même le trottoir versent de la vodka dans une bouteille de cola. Sur les balcons, des pancartes munies du slogan « Je suis avec Nigel » signalent l’allégeance politique du lieu.
    L’élection de Clacton-on-Sea a été déclenchée par la démission de Nigel Farage, qui occupe ce siège parlementaire depuis 2024. Placé sous enquête en raison d’un don non déclaré de 5 millions de livres (5,8 millions d’euros) provenant du cryptomilliardaire Christopher Harborne, il a choisi de démissionner et de se représenter à son propre poste, décrivant le scrutin du 13 août comme un vote « du peuple contre l’establishment ». Les principaux partis ont choisi de boycotter le scrutin pour ne pas rentrer dans son jeu.
    Cette décision a ouvert la voie à une série de candidats fantaisistes, dont Count Binface (« le comte à tête de poubelle »), qui a promis de maintenir le prix des croissants à 1 livre et de renvoyer à l’école les climatosceptiques. L’acteur Laurence Fox, qui représente le parti d’extrême droite Reclaim, est aussi sur les rangs. La réélection de Nigel Farage semble toutefois assurée. Un sondage de Mandate Research, publié le 3 août, lui attribue 73 % des intentions de vote.
    Les façades des hôtels à la peinture fanée ornant le front de mer témoignent des jours meilleurs qu’a connus cette station balnéaire avant que les classes ouvrières londoniennes ne découvrent les séjours tout compris en Espagne dans les années 1980. La fête foraine installée sur la jetée en bois était l’une des plus connues du pays. Des touristes journaliers en habit de plage fréquentent désormais les manèges brinquebalants et les échoppes vendant du sucre d’orge et des bulots. « Il n’y a qu’une seule personne qui aura mon vote, c’est Nigel », glisse Steve Devaux, 58 ans. Sa bête noire, ce sont les gens qui vivent de l’aide sociale. « Je possède plusieurs logements, et mes locataires ont des télés à écran plat et des meubles neufs sans avoir jamais travaillé un seul jour de leur vie », déplore-t-il.
    L’immigration l’inquiète aussi. « Tous ces migrants illégaux qui arrivent sur nos côtes prennent les emplois des Britanniques », lâche-t-il. La population de la cité est pourtant à 96 % blanche, selon le dernier recensement réalisé en 2021. Le 1er juillet, une embarcation de fortune contenant six migrants est arrivée sur l’une des plages locales, mais il s’agissait d’une première. « Clacton-on-Sea compte de nombreux retraités issus de la classe ouvrière, relève Peter Klotz, un élu travailliste au conseil municipal. On leur a vendu l’idée que tous leurs maux avaient été causés par les migrants. » Les plus de 65 ans représentent 32 % de la population, contre 19 % à l’échelle nationale.
    Le pasteur Stephen Clayden, qui prêche pour l’église Le Pain de vie, dans une halle blanche en face d’un supermarché Lidl, fait partie des orateurs affiliés à la droite dure qui ont influencé le discours politique à Clacton-on-Sea. « Les gens sont inquiets, lance-t-il. Des groupes d’hommes asiatiques ont été vus à proximité de certaines écoles. » Il dit vouloir « [se] battre pour éviter que les hôtels de la cité ne servent à héberger des demandeurs d’asile, comme ailleurs au Royaume-Uni ». Interdit de prêche dans la ville voisine de Colchester en raison du contenu homophobe et islamophobe de ses sermons, Stephen Clayden a reçu le soutien de Nigel Farage dans une vidéo mise en ligne en mai.
    Siégeant dans un ancien théâtre néoclassique, le chef (non élu) du conseil municipal de Tendring (qui comprend Clacton-on-sea et Jaywick), Ian Davidson, est préoccupé par le cirque médiatique qui s’est abattu sur la commune de 53 200 habitants. « Cette élection n’est pas une blague, soupire-t-il. Nous élisons notre représentant parlementaire. » Il a préparé une présentation d’une trentaine de pages à l’intention des candidats pour les informer des enjeux locaux. « Clacton-on-Sea souffre d’un profond dénuement, détaille-t-il. Le nombre de jeunes qui obtiennent un diplôme d’études secondaires est plus bas que la moyenne nationale. L’espérance de vie est dix-huit ans plus basse qu’à Saffron Walden [une riche commune de l’Essex]. » Il y voit un effet du manque d’emplois dans cette station balnéaire qui ne parvient guère à attirer les touristes. « C’est un cercle vicieux, poursuit-il. Comme les logements sont bon marché, les personnes défavorisées et les séniors déménagent ici, faisant pression sur les ressources publiques. »
    Sur la place centrale de Clacton-on-Sea, on sent poindre ces défis. Un groupe d’habitués sirote des canettes de bière en lançant des grossièretés aux passants. Une dame âgée en minijupe et en haut très court se promène en marmonnant, une poupée dans les bras. Un garçon d’une douzaine d’années tente d’écouler des parfums de contrefaçon qu’il trimballe dans un cabas en papier.« L’absence de perspectives pousse de nombreux électeurs dans les bras de Reform UK », juge Ben Lattimore, un résident de 39 ans qui prend le soleil dans un parc au bord de l’eau. Il pense toutefois que le scrutin déclenché par Nigel Farage va entamer sa popularité. « Nous avons bien compris qu’il cherche juste à détourner l’attention de ses problèmes financiers », dit-il. Reform UK, qui caracolait en tête des sondages il y a un an, avec 34 % des intentions de vote au niveau national, a vu cette part chuter à 26 %, selon le baromètre Ipsos de juin.

    #Covid-19#migration#migrant#royaumeuni#extremedroite#migrationirreguliere#politiquemigratoire#sante

  • ‘Anti-Greta’ climate denier Naomi Seibt seeking asylum in the US claiming political persecution in Europe
    https://www.independent.co.uk/news/world/americas/us-politics/naomi-seibt-us-asylum-appeal-climate-b2854321.html

    German climate change skeptic Naomi Seibt is interviewed by Fox News Digital on Tuesday October 28 2025, Fox News DigEurope

    Pauvres américains, après le brain drain favorable à l’économie états-unienne le courant change de composition. Sous Trump c’est l’afflux des crânes creuses en quête d’asile « politique ». Si les amerloques tombent dans le piège leur déclin est assuré. Est-ce un complot des services chinois ?

    Que fait l’anti-Greta aujourd’hui ?
    Vous trouvez la réponse plus bas.
    Vous le devinez déjà. Il n’y a pas de surprise.

    29.10.2026 by Joe Sommerlad - German climate change skeptic Naomi Seibt – who has been cast as the “anti-Greta” for expressing views diametrically opposed to those of Greta Thunberg – has filed for political asylum in the U.S., claiming she is being denied protection from persecution in her homeland.

    Speaking to Fox News Digital Tuesday, Seibt, 25, said she is currently in America legally and has submitted a petition under Section 208 of the Immigration and Nationality Act to secure permanent residence in the interests of her own safety.

    “I have now applied for asylum, which means that I’m waiting for an interview. And, in the meantime, I’m here legally,” she said. “My goal in the meantime is to become an American citizen in the future because this country has given me so much hope.”

    Seibt said tech billionaire Elon Musk is supporting her asylum appeal after he reached out to her on his platform X following her decision to vote for the far-right Alternative für Deutschland party.

    “I made a post during the European elections in June 2024, where I said, ‘My name is Naomi Seibt, and I’m voting for the AfD,’ and that was the very first time that Musk interacted with me – Elon privately messaged me on x about the AfD,” she said.

    "Over the course of last year, I was obviously retweeted a lot by Elon Musk, and I interacted with him personally in private messages just about what’s going on in Germany.”

    Discussing the political climate in Europe, Seibt told Fox: “It is illegal to damage the reputation of a politician in Germany. This law was extended under Angela Merkel, Article 188, and now people are being arrested. And their houses are being raided for just social media posts. As soon as I come back to Germany, I feel that they will try to arrest me.”

    “In 2024, I found out that I had been spied on by German intelligence for years. Simultaneously, I keep receiving death threats from Antifa,” she claimed.

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    Tech billionaire Elon Musk has befriended Seibt on X and encouraged her to seek asylum in the U.S. (AP)

    “I went to the German police, and they told me that they can’t do anything about it as long as I have not actually been raped or killed. I am not getting protection from the German government even though I am at major risk of potentially being killed.”

    Asked about being regularly juxtaposed with Thunberg, 22, Seibt said: “I had started becoming known and internationally recognized as the anti-Greta Thunberg in 2020.

    "I was barely 19 years old and never expected to be recognized as a right-wing figure. The German media called me the anti-Greta, they demonize me as the ‘anti-Greta’, like an antichrist for Greta Thunberg.

    “I’m Naomi Seibt and want to be recognized as who I am because I’m not just some puppet poster figure for the right wing.”

    Hailing from Munster in North Rhine-Westphalia, Seibt’s mother is reportedly a lawyer who has represented the AfD. The activist – who prefers the term “climate realist” to “climate denier,” which she argues invokes Holocaust denialism. She first made headlines in her homeland while a high school student when she composed a nationalist poem, “Sometimes I Keep Silent,” that was published on a right-wing blog.

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    The Swedish climate activist Greta Thunberg, to whom Seibt has regularly been compared (Reuters)

    She subsequently built up a large social media following by uploading videos to YouTube, beginning in May 2019, with titles like “Climate change – just hot air?”, “Fierce without Feminism”, and “Message to the Media – HOW DARE YOU?”

    She was first compared to Thunberg by the Suddeutsche Zeitung newspaper after she delivered a star-making address that November at the European Institute for Climate and Energy’s International Climate and Energy Conference.

    Seibt was subsequently hired by The Heartland Institute, a U.S. think-tank based in Chicago, which has previously lobbied on behalf of tobacco firms, supports fracking, and rejects the scientific consensus on climate change, to be the face of its climate denial campaign.

    The association saw her speak at events like Heartland’s International Conference on Climate Change at Caesars Palace in Las Vegas in fall 2021, which was dubbed the “anti-Cop26.”

    In addition to attacking climate “alarmism,” the YouTuber has been accused of engaging in antisemitism, white nationalism, and spreading Covid-19 misinformation during the pandemic. It has previously promoted the QAnon conspiracy theory.

    Should she become a U.S. citizen, Seibt will find her position on the environment neatly aligned with that of the Trump administration, the president himself having regularly dismissed global warming as a “scam” and a “hoax,” and backing a return to fossil fuel exploitation over investment in alternative renewable energy sources.

    AfD-nahe Influencerin Naomi Seibt will mit Geldern der US-Regierung Netzwerk aufbauen
    https://www.msn.com/de-de/nachrichten/other/afd-nahe-influencerin-naomi-seibt-will-mit-geldern-der-us-regierung-netzwerk-aufbauen/ar-AA29QxST

    12.8.2026 - Im vergangenen Jahr beantragte Influencerin Naomi Seibt Asyl in den USA. Nun plant sie offenbar den Aufbau eines eigenen Mediennetzwerks – finanziert mit Geldern der US-Regierung. Dazu soll auch der Sender „Freedom TV“ gehören.

    Die AfD-nahe deutsche Influencerin Naomi Seibt bereitet laut einem Bericht des Düsseldorfer „Handelsblatt“ die Gründung eines Netzwerks mit dem Titel „Freedom Alliance of the West (FAW)“ vor. Finanzieren will sie dieses demnach aus Mitteln der US-Regierung. Bei dem Vorhaben wolle sie „mit alternativen Medien und Umfrageinstituten“ zusammenarbeiten, zitierte sie die Zeitung.

    Seibt war durch Social-Media-Posts gegen eine angebliche Masseneinwanderung bekannt geworden. Unterstützt wird sie unter anderem durch den Tech-Milliardär Elon Musk, was der 25-Jährigen den Beinamen „Musk-Flüsterin“ einbrachte.

    Sie leugnet den menschengemachten Klimawandel und lehnt Klimaschutz demzufolge ab. In Videos wirbt sie für die AfD und weitere Organisationen der extremen Rechten. Im vergangenen Jahr beantragte sie Asyl in den USA, wo sie auch vorwiegend lebt.

    Das neue Vorhaben Seibts beinhalte nach ihren Angaben unter anderem den Aufbau eines Social-Media-Senders mit der Bezeichnung „Freedom TV“ und eine Kooperation „mit europäischen Anwälten, die Meinungsfreiheitsfälle vertreten“, hieß es weiter im „Handelsblatt“.

    Zur Finanzierung bewerbe sich die rechtsgerichtete Aktivistin um Geld aus einem Fonds von 4,9 Millionen Dollar. Mit diesem will die US-Regierung von Donald Trump europäische Organisationen unterstützen, die sich „gegen Zensur“ einsetzen sowie die „Folgen von Massenmigration“ behandeln.

    USA : Naomi Seibt von ICE-Agenten verhaftet und nach Deutschland abgeschoben
    https://www.der-postillon.com/2025/10/seibt-abgeschoben.html

     ! Attention Fake News !

    31.10.2025 Der Postillon - Washington, D.C. (dpo) - Die in den USA lebende rechtsextreme Influencerin Naomi Seibt ist heute auf offener Straße von ICE-Agenten festgenommen und auf einen Abschiebeflug nach Deutschland geschafft worden. Zuvor hatte die 25-Jährige Asyl in den Vereinigten Staaten beantragt.

    „Sie lief gerade friedlich durch Washington und nahm ein Video von sich auf, in dem sie sich darüber beschwerte, was für ein Unrechtsstaat Deutschland ist, als plötzlich ein schwarzer Van vor ihr hielt“, berichtete eine Augenzeugin, die die Festnahme miterlebte. „Da sprangen dann 14 maskierte ICE-Agenten raus, drückten sie gewaltsam zu Boden, legten ihr Handschellen an und nahmen sie mit.“

    Rund 24 Stunden später wurde Seibt ohne ordentlichen Richterbeschluss in einen Abschiebeflieger nach Deutschland gesetzt.

    „Wir brauchen hier keine dreckigen Asylanten aus Deutschland, die unser Sozialsystem ausbeuten und hart arbeitenden amerikanischen Faschisten den Job als Hetzer auf Social Media wegnehmen“, rechtfertigte die Sprecherin des Weißen Hauses Karoline Leavitt das rabiate Durchgreifen der Behörden. „Außerdem weiß jeder, dass Deutsche kriminell sind und Katzen und Hunde essen.“

    US-Präsident Donald Trump ging sogar so weit, den Bau einer Mauer zu Deutschland anzukündigen, um weitere Flüchtlingsströme aus der Bundesrepublik einzudämmen.

    Naomi Seibt soll noch im Laufe des heutigen Tages in Deutschland landen. Dort drohen der geflüchteten Dissidentin eine erfolgreiche politische Karriere als AfD-Politikerin, lukrative Buchverträge sowie Einladungen in zahlreiche Talkshore

    Dans Muskism- A Guide for the Perplexed - Quinn Slobodian et Ben Tarnoff notent sur la relation entre Elon Musk et Naomi Seibt :

    November 2023, when an X user posted that Jews “have been pushing the exact kind of dialectical hatred against whites that they claim to want people to stop using against them,” Musk replied, “You have said the actual truth.”

    But he didn’t just use X to promote opinions he already held. More importantly, he used it to acquire new ones. It has long been clear to researchers that social media platforms don’t simply reflect existing preferences—they actively generate them.

    As Musk remolded X to align with his rightward shift, he immersed himself in its feedback loops to radicalize himself further. This can be seen in his relationship with the German far-right activist Naomi Seibt, often called the “anti-Greta” for countering Greta Thunberg’s progressivism.

    Seibt spent years seeking Musk’s attention, pinging him nearly 600 times between October 2022 and January 2025. Musk responded in June 2024, after which he engaged with her over fifty times. The benefits for her are obvious—she has grown her follower count by over 300,000 since Musk bought the platform.

    More interesting is how, through his engagement, Musk was, in effect, entering a tutoring relationship—one by which he was being trained in her talking points. And he was bringing his tens of millions of followers along with him: as he responded to Seibt, her posts would appear in their feeds too. The anti-Greta had become what Politico called “the German Musk whisperer.”

    Her themes became his.

    These interactions led to Musk becoming an increasingly vocal supporter of the far-right party Alternative for Germany, culminating in a live conversation on X with the party’s co-leader Alice Weidel (in which she described Hitler as a “communist”), as well as a video appearance at a campaign event in January 2025, in which Musk declared that it was time for Germans to “move beyond” their “focus on past guilt.” “It’s good to be proud of German culture and German values, and not to lose that in some sort of multiculturalism that dilutes everything,” he told the thousands of attendees. By September 2025, he was openly calling for mass repatriation of immigrants, posting that “remigration is the only way.”

    Alternative for Germany and its far-right counterparts elsewhere, from Giorgia Meloni’s Brothers of Italy to Nayib Bukele’s New Ideas in El Salvador, seemed to offer the ideal antibodies with which to defeat the woke mind virus. These parties were proving adept at mastering memetic warfare in a way that impressed Musk with their efficacy. These were the Teslas of politics, capable of applying the mindset and methods of Silicon Valley to displace legacy parties. On X, Musk helped bring them together.

    #Allemagne #USA #migration #extrême_droite #wtf

  • Gewohnheit
    https://www.jungewelt.de/artikel/527766.gewohnheit.html

    Luigi Pantisano im ZDF- »Sommerinterview« am 9. August 2026

    La trahison du projet socisliste et sa compromission par de multiplrs.mesures antisociales ont fait du parti de gauche (Die Linke) un accélérsteur de la montée du parti cryptofasciste AfD.

    12.8.2026 von Arnold Schölzel - Am Sonntag lobte Linken-Kochef Luigi Pantisano im ZDF seine Partei. Sie habe »in den letzten Jahren« gezeigt, »dass wir Verantwortung für dieses Land übernehmen«. Gemeint war: der CDU in Sachsen-Anhalt beim Regieren helfen. Das ist Gewohnheit. Die »letzten Jahre« begannen 1994 in Sachsen-Anhalt, als die PDS eine Landesregierung aus SPD und Bündnis 90/Die Grünen tolerierte. Beide Parteien hatten geschworen: Nie mit denen! Im Vergleich ist da die »Brandmauer« ein Maschendrahtzaun. Die Medien wüteten, die Mächtigen aber wussten, was sie an der PDS hatten: eine zweite Sozialdemokratie. Gut für Erpressung der SPD. So begann die Krise der alten BRD-Parteien und der Aufstieg der AfD.

    Hinzu kommt die verlässliche Passivität der PDS-Mitglieder. Allein das Verscherbeln eines Großteils der städtischen Wohnungsbestände in Berlin, das zu der heutigen Notlage mit Obdachlosigkeit und 54.000 Wohnungslosen führte, hätte für die sofortige Selbstauflösung der Partei reichen sollen. Das war den meisten der früheren Mitglieder so egal wie den damaligen Parteioberen das soziale Geschwätz von gestern. Die neu Hinzugekommenen kämpfen erst recht nicht. Das wird in Berlin zu erleben sein, wenn die Verheißung der Koparteichefin Ines Schwerdtner, mit ihrer Partei im Senat werde es Vergesellschaftung geben, sich nach den Abgeordnetenhauswahlen in Luft auflöst. Allein schon wegen Verantwortung: Denn mit der AfD steht ja der Faschismus vor der Tür, nicht etwa bei Waffenkooperation mit Bandera-Verehrern. Bodo Ramelow wollte schon auf schweren Waffen gen Osten reiten, als er 2022 noch Thüringens Ministerpräsident war.

    Er meldete sich folgerichtig am Dienstag zu Wort, um seine Partei zur Zusammenarbeit mit der CDU nach den Landtagswahlen in Sachsen-Anhalt am 6. September aufzufordern. Und er hat recht, wenn er meint: »Es ist die CDU, die rumeiert, statt zu sagen: Wir arbeiten bei Themen zusammen, bei denen wir zusammenarbeiten können.« Bei Ramelows erster Wahl zum Thüringer Regierungschef 2014 war schon von einem »Klo-Deal« die Rede: Einige CDU-Abgeordnete verschwinden einfach bei Abstimmungen. In Sachsen und in Thüringen funktioniert das mit der Linkspartei geräuschlos. Was ab 1994 richtig war, kann 2026 nicht falsch sein. Irgendwie muss die AfD doch stärkste Partei werden.

    #Allemagne #politique #gauche #extrême_droite #AfD

  • L’étrange disparition de l’extrême gauche française
    https://lvsl.fr/letrange-disparition-de-lextreme-gauche-francaise

    Jointe aux scores de la #France_Insoumise, la régularité des mouvements sociaux qui agitent le pays conduit régulièrement nombre de commentateurs à s’inquiéter d’une poussée de l’extrême gauche. L’étude des deux dernières décennies de vie #Politique française invite pourtant à formuler un constat rigoureusement différent : sous quelque angle qu’on l’envisage – organisationnel, électoral ou idéologique, l’extrême gauche semble au contraire avoir pratiquement disparue dans l’hexagone. Différentes hypothèses pourraient permettre d’expliquer l’évaporation d’un espace politique qui agrège des forces considérables au seuil des années 2000.

    #extrême_gauche #Jospin #LCR #Lutte_ouvrière #NPA #POI #PRCF #Révolution_permanente #Trotskisme

    • Content d’apprendre que que si le courant anarchiste s’est affaibli depuis 2020, une organisation, l’OCL, a été créée. Sauf que l’anarchisme prospère, en particulier chez « les autonomes », et que l’OCL est une scission, en 1976, de l’ORA, squattée par les trotskisants de ce qui deviendra l’UTCL (puis l’UCL). Bref, si la truelle convoque l’intelligence de la main, pour la plume, il n’en est pas de même.

      Aucune espèce d’analyse sociale (quid de la classe ouvrière ? d’un quelconque sujet révolutionnaire ?) ni des luttes dans ce papier. Indigent.

      Et on y chute sur la sempiternelle question « réforme ou révolution », alors même que LFI cherche, sans autre boussole qu’un populisme spectaculaire, une tension révolutionnaire qui viendrait abonder dans les urnes une sortie de son rôle vaguement patrimonial... Tout comme le font nombre d’orgas gauchistes, moins électoralistes sans doute, mais tout aussi confuses.

  • Communiqué unitaire contre le Canon français

    Comme de nombreux-ses habitant-es du territoire, nous avons appris avec une vive émotion la tenue possible, en novembre prochain, d’un « banquet basque », programmé à la halle Iraty de Biarritz par le Canon français, entreprise appartenant en partie au milliardaire Pierre-Edouard Stérin.

    Vous n’êtes pas sans savoir que ces banquets suscitent régulièrement des troubles importants à l’ordre public et de nombreux actes délictueux (insultes racistes, sexistes et homophobes, chants et saluts à la gloire du nazisme…).

    Ces faits ont été documentés à plusieurs reprises par des journalistes présent-es, comme ce fut par exemple le cas à Caen le 18 avril dernier, où plusieurs vidéos attestent d’atteintes graves aux valeurs de non-discrimination, d’égalité des droits et de solidarité qui contreviennent directement au droit français.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/03/25/ensemble-faisons-digue-contre-lextreme-droite/#comment-75334

    #extremedroite

  • La crise de Ceuta, un révélateur des divisions de l’Union européenne sur la question migratoire
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/04/la-crise-de-ceuta-un-revelateur-des-divisions-de-l-union-europeenne-sur-la-q

    La crise de Ceuta, un révélateur des divisions de l’Union européenne sur la question migratoire
    Par Anna Joubinet (Bruxelles, correspondance )
    A Bruxelles, interrompre ses vacances pour des réunions en ligne à 27 est presque devenu un rituel estival pour nombre de diplomates et de ministres. Samedi 1er août, l’Irlande, qui occupe la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne (UE), a convoqué les ministres de l’intérieur des Etats membres pour une visioconférence impromptue, mardi 4 août, en milieu de matinée.
    Objectif officiel : tirer des leçons de la crise éclair du 30 juillet, qui a vu près de 50 000 migrants venus du Maroc entrer dans l’enclave espagnole de Ceuta, avant que la plupart ne fassent demi-tour dans les vingt-quatre heures qui ont suivi. Au moins 72 personnes sont mortes, notamment par noyade, selon les autorités locales. Dublin y voit aussi une occasion d’exprimer la solidarité de l’UE avec l’Espagne.
    Il faut dire que celle-ci n’était pas franchement de mise ces derniers jours. Samedi, 22 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE – majoritairement issus de la droite – ont accusé le premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez, de ne pas en faire assez pour assurer la protection des frontières extérieures de l’UE.
    Dans leur lettre aux dirigeants des institutions européennes, ces 22 Etats – dont l’Italie, l’Allemagne, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, mais aussi le Danemark, dirigé par la sociale-démocrate Mette Frederiksen – dénoncent les « politiques susceptibles de créer un effet d’appel », faisant allusion au vaste plan de régularisation de sans-papiers lancé en avril par Pedro Sanchez – lequel ne concerne que des personnes vivant déjà en Espagne.Le même jour, le premier ministre espagnol écrivait à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour déplorer « l’attitude alimentée par les préjugés, la désinformation, l’ignorance ou des intérêts politiques » de certains gouvernements européens après la crise à Ceuta.
    Ces deux courriers, envoyés à quelques heures d’intervalle, réclamaient une rencontre ministérielle pour faire le bilan de l’épisode. La France aussi, même si Paris n’a pas signé la lettre accusatrice des 22. « Elle n’apportait aucune solidarité concrète à l’Espagne et visait avant tout à instrumentaliser la poussée migratoire à Ceuta », explique l’Elysée. Même constat du côté du Luxembourg et du Portugal, qui ne figurent pas parmi les signataires. Tout comme l’Irlande, même si, dans son cas, son rôle de présidente du Conseil de l’UE lui impose d’afficher une forme de neutralité.
    Lundi, les ambassadeurs des Vingt-Sept auprès de l’UE ont longuement préparé la visioconférence ministérielle du lendemain. Mais ils ne s’attendent pas à ce que des décisions majeures y soient prises. « La réunion sera utilisée par les ministres à des fins de politique intérieure », confie aussi une de ces sources diplomatiques. Elle leur permettra « d’adopter un ton plutôt dur pour ne pas laisser la moindre prise aux critiques de l’extrême droite ». Ces dernières années en effet, les gouvernements européens, dont plusieurs ont basculé à droite, ont durci leur position sur l’immigration pour donner des gages à un électorat de plus en plus séduit par l’extrême droite.
    La virulence des critiques formulées à l’égard de Pedro Sanchez n’est que le dernier épisode de cette évolution, à laquelle seule une poignée d’Etats européens s’oppose désormais. Lors du dernier sommet des Vingt-Sept, en juin, à Bruxelles, la première ministre danoise, Mette Frederiksen, et la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, qui s’étaient déjà alliées en 2025 pour réclamer une révision de la jurisprudence de la Convention européenne des droits de l’homme concernant les droits des migrants, ont pris à partie le dirigeant espagnol. Lors de ce sommet, 19 Etats avaient signé une lettre réclamant davantage de soutien de la Commission pour lutter contre l’immigration illégale.
    A l’époque, le chancelier allemand, Friedrich Merz, n’avait pas signé. Samedi, en revanche, il comptait parmi les 22 qui se sont dits prêts à renforcer les contrôles à leurs frontières intérieures. Devancés de 3 à 7 points par le parti d’extrême droite AfD dans les intentions de vote à l’échelle nationale, mais aussi dans deux des trois Länder d’ex-Allemagne de l’Est où se tiendront des élections régionales en septembre, les conservateurs allemands ne veulent pas laisser à l’AfD le monopole de la fermeté sur les questions migratoires.
    Depuis son arrivée au pouvoir, en mai 2025, Friedrich Merz a d’ailleurs activé une clause dérogatoire européenne permettant aux Etats de rétablir les contrôles aléatoires à leurs frontières intérieures. La France fait de même depuis 2015, alors que ces dérogations à l’accord de Schengen sont censées n’être que temporaires.
    En matière d’immigration, l’Italienne Giorgia Meloni, à la tête d’une famille politique issue du fascisme, est, elle aussi, concurrencée à sa droite par l’ex-général Roberto Vannacci, qui a récemment fondé son parti, Futuro Nazionale, en vue des législatives de 2027. Et au Danemark, le parti social-démocrate de Mette Frederiksen a adopté une ligne migratoire très stricte dès 2015, là encore pour endiguer la poussée de l’extrême droite.
    L’évolution vient de loin. Depuis la crise dite « des réfugiés », en 2015-2016, l’UE a revu structurellement sa politique migratoire, sur fond de droitisation du Conseil de l’UE et du Parlement européen. En adoptant en 2024 un ensemble de textes sous la bannière du « pacte sur la migration et l’asile », les Vingt-Sept pensaient pourtant avoir enfin trouvé un compromis.Mais à peine le pacte adopté, plusieurs Etats membres ont voulu aller plus loin, en renforçant l’externalisation de la gestion des migrants. Le développement de « centres de retour » à l’extérieur de l’UE est ainsi devenu un moyen d’éviter les débats épineux sur les relocalisations de réfugiés à l’intérieur de celle-ci. Paradoxalement, si le discours des Européens sur l’immigration se durcit, les flux vers l’UE, eux, diminuent. Le « nombre d’arrivées illégales est en chute de 55 % au cours des deux dernières années, et de 37 % depuis le début 2026 », rappelle Ursula von der Leyen dans un courrier adressé, lundi, à Pedro Sanchez, que Le Monde a pu consulter. « Quand on regarde les chiffres, on peine à expliquer certaines politiques », constate Alberto-Horst Neidhardt, responsable migration du think tank European Policy Centre. Le signe, selon lui, que la politique migratoire « est davantage dictée par les émotions que par les faits ».

    Pour l’eurodéputée conservatrice allemande Lena Düpont (CDU), ces chiffres relativement « favorables » offrent, au contraire, « une fenêtre d’opportunité pour agir » hors de tout cadre d’urgence. « Nous devons nous concentrer maintenant sur la dimension externe des politiques migratoires », affirme la coordinatrice du groupe PPE (droite) à la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen. A gauche, miser sur les pays tiers est plutôt considéré comme un facteur de vulnérabilité. Les crises comme celle de Ceuta sont « le résultat de l’externalisation, plébiscitée par la droite et l’extrême droite, qui nous rend dépendants de la volonté de régimes autoritaires tiers », déplore Mélissa Camara, négociatrice de textes migratoires pour le groupe des Verts au Parlement européen. Les eurodéputés de la commission LIBE tiendront jeudi une session extraordinaire sur la crise du week-end à Ceuta, selon les informations du Monde. Mais c’est plus probablement lors du sommet européen d’octobre que l’on saura si les événements survenus le 30 juillet dans l’enclave espagnole déboucheront sur des décisions et des réformes concrètes.

    #Covid-19#migration#migrant#UE#crisemigratoire#migrationirreguliere#politiquemigratoire#frontiere#sante#extremedroite

  • En Allemagne, l’AfD exploite la crise migratoire de Ceuta dans l’espoir de peser sur la campagne des régionales
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/04/en-allemagne-l-afd-exploite-la-crise-migratoire-de-ceuta-dans-l-espoir-de-pe

    En Allemagne, l’AfD exploite la crise migratoire de Ceuta dans l’espoir de peser sur la campagne des régionales
    Par Gwénaëlle Deboutte (Francfort, correspondance)
    Au cœur de l’été, les images de l’arrivée d’environ 50 000 migrants à Ceuta, enclave espagnole au Maroc, ont offert au parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) des images lui permettant de marteler son discours anti-immigration. Alors que des élections ont lieu en septembre dans Berlin et dans deux autres Länder de l’est de l’Allemagne, l’AfD s’est immédiatement emparée de l’événement pour mettre en cause la capacité de l’Union européenne et du gouvernement fédéral allemand à contrôler les flux migratoires.
    La salve a débuté dès vendredi 31 juillet, soit au lendemain du début de l’arrivée des migrants à Ceuta, avec un communiqué de la coprésidente du parti, Alice Weidel : « L’Allemagne doit empêcher à tout prix que d’autres migrants, en partie enclins à la violence et peu instruits, atterrissent dans nos systèmes sociaux. Les événements à Ceuta montrent combien la protection commune des frontières européennes est toujours aussi inefficace. » Le choix des mots révèle une volonté de dramatisation et illustre une rhétorique classique de l’AfD sur les questions migratoires : un événement ponctuel devient la preuve d’un dysfonctionnement structurel.
    Mais le véritable amplificateur de communication s’est joué quelques heures plus tard sur les réseaux sociaux, en particulier Instagram et Telegram. Depuis des années, l’AfD est le parti politique allemand le plus actif sur ces plateformes, où il exploite des contenus émotionnels et clivants, mis en avant par des algorithmes. Ainsi du compte Instagram de la fédération AfD du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où le parti est crédité de 36 % des intentions de vote aux régionales de septembre.
    Sur fond de vidéos montrant une foule de jeunes hommes exultant, Jan-Phillip Tadsen, spécialiste des questions migratoires à l’AfD, interroge, face caméra : « Voulons-nous continuer à accepter l’inaction de l’Europe ? Ou voulons-nous enfin mener une vraie politique qui empêche cela de manière cohérente et qui mette fin aux morts qui ont eu lieu à Trèves, à Berlin et si souvent dans nos rues ? » Une référence à des attaques perpétrées par des ressortissants étrangers vivant sur le sol allemand, comme à Berlin, en 2016, ou à Trèves, le 15 juillet, où un Afghan de 22 ans a poignardé un étudiant. A chaque événement de ce type, l’AfD se montre particulièrement réactive, en profitant pour marteler son argumentaire associant immigration et insécurité.
    En Saxe-Anhalt, où l’AfD est créditée de 41 % des intentions de vote aux élections du 6 septembre, au point de rêver à participer pour la première fois à un exécutif régional, le parti a également très vite réagi aux événements de Ceuta. Alors que sa campagne est sur le contrôle de l’immigration et l’accélération des expulsions, sa tête de liste, Ulrich Siegmund, qui s’est fait connaître par une communication très active sur les réseaux sociaux auprès d’un public jeune, n’a pas hésité à employer le terme d’« invasion » pour qualifier l’afflux de migrants à Ceuta. Au niveau national, l’affaire de Ceuta a donné à l’AfD l’occasion d’attaquer le chancelier Friedrich Merz. Après avoir prospéré sur la dénonciation de la politique migratoire d’Angela Merkel, jugée trop laxiste lors de la crise migratoire de 2015-2016, la formation accuse le gouvernement actuel de ne pas aller assez loin dans la protection des frontières, alors même que M. Merz a pris ses distances avec la politique de sa prédécesseure, pourtant du même parti que lui, en durcissant les contrôles aux frontières, en limitant le regroupement familial, en restreignant l’accès d’une partie des immigrés aux prestations sociales et en augmentant le nombre d’expulsions.
    Une passe d’armes sur Instagram, samedi, a illustré cette stratégie de l’AfD, consistant à ne pas laisser M. Merz se targuer de mener une politique de fermeté en matière migratoire. Alors que le chancelier venait d’affirmer qu’il soutenait la position espagnole visant à empêcher les migrants irréguliers d’accéder au continent européen, Alice Weidel lui a répondu : « Le chancelier ne dit rien sur la manière dont il entend protéger les frontières allemandes ; il ne se prononce pas non plus sur une suspension de l’espace Schengen », a affirmé la coprésidente de l’AfD, avec un objectif clair : transformer un événement ayant lieu à plusieurs milliers de kilomètres de l’Allemagne en enjeu électoral.

    #migration#migrant#Covid-19#allemagne#UE#espagne#crisemigratoire#migrationirreguliere#frontiere#politiquemigratoire#sante#extremedroite

  • Que ferait la police si l’extrême droite accédait au pouvoir en 2027 ? - Basta !
    https://basta.media/que-ferait-la-police-si-l-extreme-droite-accedait-au-pouvoir-en-2027-Emmanu

    Si la question posée aujourd’hui est « Que va-t-il se passer en cas d’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen, de Jordan Bardella, ou d’Éric Ciotti ? », la réponse serait qu’on ne peut pas attendre un choc moral au sein de la police : d’une certaine façon, le terrain a été largement préparé par des ministres de l’Intérieur tels Gérald Darmanin ou Bruno Retailleau, au travers, notamment, des critiques de l’institution judiciaire ou de l’État de droit, ainsi que par l’hégémonie de perspectives exclusivement sécuritaires. La nomination potentielle de ministres, ou l’élection d’un ou d’un président de la République d’extrême droite risque d’être pensée, du point de vue policier, comme une continuité davantage que comme une rupture.

    « En cas d’arrivée au pouvoir de l’extrême droite, on ne peut pas attendre un choc moral au sein de la police »

    Comme cette arrivée au pouvoir de l’extrême droite adviendrait, vraisemblablement, dans un cadre électoral, il apparaîtrait d’autant plus logique aux cadres policiers de reconnaître la légitimité du pouvoir et des institutions. De plus, selon toutes probabilités, les politiques d’extrême droite iront dans le sens des revendications policières et remettront en cause ce qu’une partie des policiers considère comme des contraintes illégitimes et « droits-de-l’hommistes » [terme péjoratif visant à disqualifier le respect des droits fondamentaux, ndlr], comme les jurisprudences de la Cour européenne des droits de l’homme, de plus en plus décriées par les plus hautes autorités étatiques, et ce, dans de nombreux pays européens.

    #police #pouvoir #élections #extrême-droite

    • Il est mal écrit cet article (et puis c’est de la politique fiction).
      L’intro annonce des questions, mais ne les pose pas à son expert.
      L’expert dément des propositions, mais le journaliste reprend de plus belle.
      Et parfois l’expert ne répond pas à la questions (ou la question a été remplacée ensuite dans la transcription.

      C’est juste un article à se faire peur. Allez à la salle. Allez aux AG de lutte ouvrière. Arretez de regarder la télé. Commencez la résistance dès aujourd’hui. Pas besoin d’attendre des élections. Et travaillez sur votre peur, c’est tout.

  • Kann man die AfD verbieten ?
    https://afd-gutachten.de

    Quelle lutte bizarre quand les membres d’un parti neonazi (moins l’antijudaisme éliminatoire) sont accusés du méfait d ’afficher ouvertement les traits de caractère refoulés chez leurs ennemis politiques.

    C’est une lutte entre les défenseurs de l’organisation d’héritiers nazis appellée RFA ou état allemand capitaliste et leurs concurrents moins hypocritres qui aspirent ouvertement au rétablissement du bon vieux temps xénophobe et nationaliste moins l’antisemitisme historique.

    Télécharger texte complet de l’analyse
    https://freiheitsrechte.org/uploads/publications/Demokratie/GFF_AfD-Gutachten.pdf

    Unser Gutachten erklärt, warum die AfD verfassungswidrig ist.

    Die Debatte um ein Verbot der AfD bewegt sich nicht. Auch weil die Sorge groß ist, am Ende vor Gericht zu scheitern. Denn die Hürden für ein Parteiverbot sind hoch.

    Und: Die AfD agiert geschickter als rechte Parteien vor ihr – sie kommuniziert nicht so plump wie die NPD, viele ihrer Botschaften bleiben zwischen den Zeilen.

    Wenn man wissen will, wie die AfD tatsächlich arbeitet, muss man tief graben. Wir, die Gesellschaft für Freiheitsrechte, haben das getan.

    AfD ist nachweislich verfassungswidrig – Gesellschaft für Freiheitsrechte stellt nach einem Jahr Arbeit umfassendes wissenschaftliches Gutachten vor
    https://freiheitsrechte.org/ueber-die-gff/presse/pressemitteilungen-der-gesellschaft-fur-freiheitsrechte/afd-ist-nachweislich-verfassungswidrig-gesellschaft-fuer-freiheitsr

    Berlin, 25. Juni 2026 – Die Gesellschaft für Freiheitsrechte (GFF) hat heute in der Bundespressekonferenz das bislang umfangreichste und juristisch anspruchsvollste Gutachten zur „Alternative für Deutschland“ (AfD) vorgestellt. Es kommt zu dem Ergebnis: Die AfD ist verfassungswidrig nach dem Maßstab von Artikel 21 Absatz 2 Grundgesetz. Die Partei geht nach ihren Zielen und nach dem Verhalten ihrer Anhänger*innen darauf aus, die freiheitliche demokratische Grundordnung zu beeinträchtigen, insbesondere das Demokratieprinzip und die Menschenwürdegarantie. Das bedeutet: Würde ein zulässiger Verbotsantrag gestellt, hätte dieser vor dem Bundesverfassungsgericht wahrscheinlich Erfolg.

    Ein achtköpfiges Team aus Jurist*innen, Rechtsextremismus-Expert*innen und Datenanalyst*innen hat das 1.500-seitige Gutachten binnen 13 Monaten ergebnisoffen und nach wissenschaftlichen Standards erstellt. Die Ergebnisoffenheit der Untersuchung wurde durch die Staatsrechtler*innen Prof. Dr. Christoph Möllers und Prof. Dr. Sophie Schönberger bestätigt.

    „Bislang gab es keine belastbare Antwort auf die Frage, ob die AfD verfassungswidrig ist und damit verboten werden könnte. Unser Gutachten schafft nun endlich Klarheit für Politik und Gesellschaft“, betont Dr. Bijan Moini, Legal Director der GFF und Projektleiter des Gutachtens.

    Das Gutachten kommt zu dem Ergebnis, dass die AfD gegen das Demokratieprinzip und die Menschenwürde verstößt: Sie will politische Gegner*innen unterdrücken, indem sie insbesondere Politiker*innen anderer Parteien strafrechtlich verfolgt. Darin liegt die Verletzung des Demokratieprinzips. Außerdem plant sie unter anderem Muslim*innen, Menschen mit doppelter Staatsbürgerschaft und Schutzsuchende in ihrer Menschenwürde zu verletzen. Ihre Anhänger*innen verletzen auch gegenwärtig schon die Menschenwürde von trans Personen und schüchtern politische Gegner*innen auf demokratiefeindliche Weise ein. Diese und andere Entwicklungen zeigen: Die radikalen Kräfte in der AfD haben sich durchgesetzt. Auffällig ist in der Gesamtschau auch die Ähnlichkeit der politischen Konzepte der AfD und der NPD, deren Verfassungsfeindlichkeit das Bundesverfassungsgericht zwei Mal festgestellt hatte. Das Gutachten zeigt außerdem, dass die Partei planvoll an die Macht strebt und – anders als die NPD – das Potenzial hat, ihre verfassungsfeindlichen Ziele zu erreichen.

    In einigen Bereichen kommt das Gutachten zu dem Ergebnis, dass sich Äußerungen und Pläne der Partei (noch) nicht so verdichten, dass auch sie die Verfassungswidrigkeit der Partei begründen. Das betrifft z. B. die Aspekte Behindertenfeindlichkeit, Antisemitismus und die Abschaffung der parlamentarischen Demokratie. Diese Teilbeurteilungen ändern jedoch nichts am Gesamtergebnis der Verfassungswidrigkeit der Partei.

    Die Expert*innen sammelten, analysierten und bewerteten über drei Millionen Datenpunkte zur AfD. Dazu gehörten Wahlprogramme der Landesverbände und der Bundespartei, über 70.000 parlamentarische Drucksachen, über 50.000 Pressemitteilungen und 2,9 Millionen Social Media-Posts. Sie untersuchten alle Ebenen der Partei und stützen ihre Einschätzung auf mehr als 2.500 Belege. Das AfD-Gutachten ist die erste umfassende Untersuchung, die die Partei nach den Maßstäben untersucht, die auch das Bundesverfassungsgericht in einem Verbotsverfahren anlegen würde. Es füllt wichtige Lücken, die beispielsweise durch das Gutachten des Bundesamts für Verfassungsschutz offenblieben.

    “Mit diesem Gutachten müssen sich Politik und Gesellschaft jetzt auseinandersetzen. Denn, egal auf welcher Seite der Verbotsdebatte man steht: Das Argument, ein Verbotsantrag werde wahrscheinlich scheitern, ist nach unserer Einschätzung nicht mehr haltbar,” unterstrich GFF-Vorstandsmitglied Prof. Dr. Dana-Sophia Valentiner vor den Journalist*innen der Bundespresse.

    Finanziert wurde das Gutachten durch private Spenden von über 20.000 Menschen in Höhe von insgesamt über einer Million Euro, die die GFF 2025 zu diesem Zweck gesammelt hatte. Für die Spendensammlung hat die GFF mit den Organisationen Demokratie-Stiftung Campact, Volksverpetzer, innn.it, Republikanischer Anwältinnen- und Anwälteverein (RAV), Postmigrantischer Jurist*innenbund, Frag den Staat und Bleibt stabil zusammengearbeitet.

    Eine Zusammenfassung des Gutachtens und weitere Pressematerialien finden Sie hier:
    www.freiheitsrechte.org/gutachten-pressematerial

    Eine interaktive Aufarbeitung der Ergebnisse und das Gutachten im Volltext finden Sie hier:
    https://afd-gutachten.de

    Bei Rückfragen wenden Sie sich an:
    presse@freiheitsrechte.org
    Tel. 030/549 08 10 55

    #Allemagne #extrême_droite #AfD

    • Richter fordern AfD-Verbot – „Das wäre dann Befangenheit“
      https://www.berliner-zeitung.de/article/richter-fordern-afd-verbot-das-waere-dann-befangenheit-10262400

      On se souvient :

      Der Kampf geht weiter

      Die Richter und Staatsanwâlte, für wen sind sie da?
      Für die Kapitalisten und für ihren Stast.

      Ton Steine Scherben

      4.8.2026 von Sven Versteegen - Richter dürfen sich politisch äußern, sagt Staatsrechtler Volker Boehme-Neßler. Doch ihre Unterschrift unter dem AfD-Verbotsaufruf könnte zum Problem werden.

      An Amtsgerichten, Landgerichten, Sozialgerichten und Obergerichten sprechen sie Recht: Rund 40 aktive Richter unterstützen einen Offenen Brief des Republikanischen Anwältinnen- und Anwältevereins, der ein AfD-Verbotsverfahren fordert. Inzwischen haben mehr als 1000 Juristen den Aufruf unterzeichnet.

      Der Verein beruft sich auf ein Gutachten der Gesellschaft für Freiheitsrechte, das die AfD für verfassungswidrig hält und einem zulässigen Verbotsantrag wahrscheinlichen Erfolg bescheinigt. Im Gutachten selbst wird die Forderung nicht erhoben. Das machen dann aber die Anwälte, Rechtsreferendare, Staatsanwälte und eben auch Richter. Dürfen sie das überhaupt? Und können Politiker der AfD vor solchen Richtern künftig noch ein faires Verfahren erwarten?
      „Glaube nicht, dass ein Verbotsverfahren Erfolg hätte“

      „Grundsätzlich ja“, sagt der Staatsrechtler Volker Boehme-Neßler. „Die Meinungsfreiheit gilt auch für Richter.“ Sie dürften sich politisch und auch deutlich äußern. Die Grenze sei erreicht, „wenn dadurch das Vertrauen in ihre Unabhängigkeit gefährdet wird“. Bei einem sachlich formulierten Brief wie diesem sieht Boehme-Neßler diese Grenze noch nicht überschritten.

      Der RAV begründet die Forderung mit dem Schutz der Menschenwürde. Es gehöre zur Pflicht von Juristen, eine Partei wie die AfD, die zentralen Grundwerten der Verfassung widerspreche, „entschieden zu bekämpfen“, sagt die Vereinsvorsitzende Angela Furmaniak. Das Parteiverbot sei ein Instrument, „das nun endlich eingesetzt werden muss“.

      Boehme-Neßler hält diese Einschätzung für falsch. „Ich halte das Gutachten für nichtssagend und glaube nicht, dass ein Verbotsverfahren Erfolg hätte.“ Die Unterzeichner dürften aber zu einer anderen Einschätzung kommen, solange sie sich sachlich äußerten und dadurch nicht allgemein das Vertrauen in ihre Unabhängigkeit erschütterten.

      Anders könne die Lage aussehen, wenn einer der Unterzeichner selbst über einen AfD-Politiker oder einen herausgehobenen Funktionär urteilen müsse. „Dann hat man sofort Zweifel daran, dass der Richter noch unvoreingenommen ist“, sagt Boehme-Neßler. „Das wäre dann Befangenheit.“

      „Es geht um den Anschein der Unvoreingenommenheit“

      Dabei gehe es nicht darum, ob der Richter tatsächlich voreingenommen sei. Entscheidend sei, ob ein Bürger ernsthafte Zweifel an seiner Unvoreingenommenheit haben könne. „Es geht um den Anschein der Unvoreingenommenheit.“ Auch außerhalb politischer Strafverfahren schließt der Staatsrechtler Befangenheitsanträge nicht grundsätzlich aus. „Auch wenn es in einem Verfahren nicht um Strafrecht oder Politik geht, ist der Richter nicht automatisch unbefangen.“ Das müsse man sich im Einzelfall genau ansehen.

      Eine Stellungnahme einzelner Unterzeichner lag bis Redaktionsschluss nicht vor. Das Schleswig-Holsteinische Oberverwaltungsgericht verwies stattdessen allgemein auf die Rechtsprechung, wonach Richter sich grundsätzlich politisch betätigen und ihre Meinung auch öffentlich äußern dürfen.

      Außerdienstliche Meinungsäußerungen stünden unter dem Schutz der Meinungsfreiheit, solange kein unmittelbarer Bezug zu konkreten Verfahren bestehe und Richter die gebotene Sachlichkeit und Distanz wahrten, heißt es in dem vom Gericht angeführten Urteil des Brandenburgischen Dienstgerichts für Richter. „Staat und Gesellschaft können an unkritischen Richtern kein Interesse haben.“

      Slime
      https://www.youtube.com/watch?v=kz0L_Z2fyUU

      Der Kampf geht weiter

      Wie viel sind hinter Gittern
      Die die Freiheit wollen?
      Wie viel sind hinter Gittern
      Die wir draußen brauchen?
      Wie viel sind hinter Gittern
      Nach dem Gesetz

      Wer das Geld hat
      Hat die Macht
      Und wer die Macht hat
      Hat das Recht!

      Wie viel liegen in der Sonne
      Und betrügen die Welt?
      Fahren dicke Autos
      Von unserem Geld?

      Nennen uns ihre Sklaven
      Nach ihrem Gesetz

      Wer das Geld hat
      Hat die Macht
      Und wer die Macht hat
      Hat das Recht!

      Die Richter und Staatsanwälte
      Für wen sind sie da?
      Für die Kapitalisten
      Und für ihren Staat!

      Sie verurteilen uns
      Nach ihrem Gesetz

      Wer das Geld hat
      Hat die Macht
      Und wer die Macht hat
      Hat das Recht!

      Sie sind gekauft
      Um uns zu quälen
      Beschützen die Reichen
      Die uns bestehlen

      Und verurteilen uns
      Nach ihrem Scheißgesetz

      Wer das Geld hat
      Hat die Macht
      Und wer die Macht hat
      Hat das Recht!

      Sie nehmen uns aus
      Sie schmeißen uns raus
      Sie tun nichts für uns
      Doch sie leben von uns!

      Sie nennen uns ihre Sklaven
      Und wenn wir kämpfen
      Werden sie uns jagen

      Denn sie wissen
      Der Kampf geht weiter
      Und sie wissen
      Die Wahrheit wird siegen!

      Und ihr hinter Gittern
      Gebt die Hoffnung nicht auf!
      Eure Richter sind feige
      Eure Wächter sind gekauft!

      Sie fürchten sich nur
      Vor einem Gesetz
      Wer für das Volk kämpft
      Der hat das Recht!

      Ihr seit die Gefangenen
      Im Klassenkampf
      Im Kampf um unsere Zukunft
      Und für unser Land

      Und es gibt für uns
      Nur ein Gesetz
      Wir brauchen keine Sklaven
      Und keine Chefs!

      Sie nehmen uns aus
      Sie schmeißen uns raus
      Sie tun nichts für uns
      Doch sie leben von uns!

      Sie sperren uns hinter Gittern
      Weil sie zuhause sitzen
      Und vor uns zittern

      Denn sie wissen
      Der Kampf geht weiter
      Und sie wissen
      Die Wahrheit wird siegen

      Der Kampf geht weiter
      Der Kampf geht weiter
      Der Kampf geht weiter
      Der Kampf geht weiter
      Weiter

  • Comment « l’arc républicain » pave la voie de Marine Le Pen au pouvoir, par Michel Feher
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/comment-larc-republicain-pave-la-voie-de-marine-le-pen-au-pouvoir-par-mic

    Politique migratoire, retour des pesticides, présomption de légitime défense des policiers… La droite et le macronisme font tout pour que nul ne constate de changement notable entre la fin de la mandature d’Emmanuel Macron et les éventuels premiers mois d’une présidence Le Pen, estime le philosophe.

    Du sommet de l’Etat aux formations centristes et conservatrices, le comité d’accueil est fin prêt et ne laisse rien au hasard. Loin de se borner à dédiaboliser le Rassemblement national, parti cofondé par des anciens Waffen-SS et un tortionnaire de la guerre d’Algérie, ses membres anticipent son arrivée au pouvoir et s’affairent pour que le passage de témoin s’effectue sans heurt. Mieux encore, le défi qu’ils se proposent de relever consiste à faire en sorte que nul ne décèle la différence entre l’avant et l’après.

    A défaut d’avoir fait reculer l’#extrême_droite, comme il l’avait promis au début de son premier mandat, Emmanuel Macron est parvenu à la rendre indiscernable de ce qui lui tenait naguère lieu de majorité. Pour qu’une formation politique jusque-là infréquentable cesse de détonner, ne suffit-il pas que d’autres épousent ses priorités et ses phobies ?

    Qu’on en juge : de la présomption de légitime défense accordée aux forces de l’ordre au grand retour des pesticides dans nos campagnes, en passant par le vote sur les « hubs de retour » au Parlement européen, tout est mis en œuvre pour que les parlementaires du RN se sentent pleinement chez eux au sein de ce que leurs futurs compères de la droite et du centre appellent déjà l’« #arc_républicain ».

    Cerise sur le gâteau : Sébastien Lecornu, le discret et obligeant Premier ministre, fait actuellement diligence pour que des banques accordent à Marine Le Pen le prêt nécessaire au financement de sa future campagne, en dépit de sa condamnation pour détournement de fonds publics. Si les créanciers se montrent assez généreux, peut-être pourra-t-elle s’offrir un bracelet électronique assorti aux dorures de l’Elysée ?

    Du « Front » à l’« arc » républicain

    Il faut dire que la démarche entamée par le chef du gouvernement n’aurait pas été possible si la cour d’appel n’avait préparé le terrain en réduisant la peine d’inéligibilité de la députée européenne délinquante. Usant de l’argument, cher à Bruno Retailleau, selon lequel l’Etat de droit n’est « ni intangible ni sacré », le juge s’était prononcé pour que les tribunaux n’abusent pas de leur indépendance en privant l’électorat lepéniste de sa candidate préférée. Bien que formellement maintenue, la séparation des pouvoirs ne devrait plus empêcher l’exécutif de renforcer ses prérogatives.

    Pour assurer la parfaite continuité de l’arc républicain, il importe encore de lever un obstacle rhétorique important. Car même si le président de la République l’a usée jusqu’à la corde, la litanie du « refus des extrêmes » demeure un élément structurant dans le discours des politiques qui briguent le monopole du raisonnable. Or, force est d’admettre que le renvoi dos à dos est une pratique discursive dont le RN est fondé à prendre ombrage : ne le range-t-il pas parmi les formations politiques que l’arc républicain a vocation à ostraciser ?

    L’urgence est donc de remiser le haro sur les extrêmes au bénéfice d’une union sacrée contre l’apologie du terrorisme. Celle-ci, on le sait, commence par l’usage du mot génocide pour décrire ce qui se passe à Gaza, mais peut rapidement s’étendre à la dénonciation des violences policières en France, voire à l’opposition aux mégabassines ou à un traitement autre que sécuritaire des incendies qui ravagent la Gironde, en cherchant par exemple à mettre l’accent sur l’arrestation d’éventuels pyromanes pour mieux occulter l’inaction de l’Etat en matière de prévention des feux. En contrepartie, et c’est bien normal, il appartiendra aux dirigeants lepénistes de renoncer à s’en prendre aux partis du système, comme ils avaient coutume de le faire à l’époque où le « front » républicain ne s’était pas encore mué en « arc ».

    D’où viendra la résistance

    Peut-on imaginer que le changement de régime en cours produise une vague de démissions parmi les salariés de la fonction publique ? Comparaison n’est pas raison, dit l’adage, mais on rappellera quand même qu’en 1940, les hauts fonctionnaires sont massivement restés à leur poste – pour servir la nation et nourrir leur famille, expliqueront-ils après la guerre. Pourquoi en irait-il autrement aujourd’hui, alors que tout est fait pour qu’à l’exception des populations racisées et des obsédés de l’intangibilité de l’Etat de droit, nul ne constate de changement notable entre la fin de la mandature d’Emmanuel Macron et les premiers mois d’une présidence Le Pen ?

    La transition sera même d’autant plus facile à opérer qu’à la différence des fondateurs du Front national, leurs héritiers ne rêvent ni à un Reich de mille ans ni à la restauration de l’Empire colonial français – et n’appellent même plus à rompre avec les institutions de Bruxelles. A l’instar de leurs futurs partenaires de la droite et du centre, leur seule ambition consiste à faire de l’Europe une maison de retraite fortifiée pour épargnants de souche.

    Faute de retrouver leur lustre et leur vigueur d’antan, les pensionnaires y jouiront du privilège de vieillir ensemble, les yeux dans les rides, à l’abri des regards indiscrets. Une fois les frontières fermées et les services livrés aux fournisseurs privés d’intelligence artificielle, il ne leur restera qu’à attendre patiemment la fin, en regardant les flammes dévorer les forêts et en écoutant les jérémiades des derniers éditorialistes atrabilaires.

    Longtemps, arrogance, hypocrisie, lâcheté ont été les devises du macronisme. Toutefois, à mesure que l’échéance de 2027 approche, le temps semble venu pour un choc de simplification : #collaboration, collaboration, collaboration sont les nouveaux mots d’ordre. D’où viendra la résistance ? De la jeunesse au premier chef, même si l’actuel président de la République et le potentiel Premier ministre de Marine le Pen ont déjà fait la preuve qu’il ne suffisait pas d’être jeune pour ne pas être vieux.

    Mais surtout, la démographie de la France étant ce qu’elle est, les tranches d’âge les plus menacées par le programme de l’union des droites ne sont pas assez nombreuses pour conjurer l’arrivée au pouvoir de ses maîtres d’œuvre. Aussi faut-il espérer que le pays compte assez de parents résolus à préserver leurs enfants du destin funeste que les enquêtes d’opinions leur promettent.

    Michel Feher est l’auteur de : Producteurs et Parasites aux éditions la Découverte (2024).

  • Pourquoi #Ceuta est au cœur d’une crise migratoire permanente

    L’ESSENTIEL

    - Plus de 40 000 personnes sont entrées en 24 heures à Ceuta, enclave espagnole située sur la côte marocaine.

    - Cette crise mêle enjeux migratoires, tensions diplomatiques et rivalités géopolitiques.

    - La réponse doit concilier contrôle des frontières, État de droit et protection des #droits_humains.

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    Depuis le 31 juillet 2026, Ceuta est confrontée à une crise frontalière d’une ampleur sans précédent. Selon les premières estimations des forces de sécurité, plus de 40 000 personnes seraient entrées dans l’enclave espagnole en l’espace de 24 heures. Certaines sources ont avancé provisoirement le chiffre de 49 000, mais aucun bilan officiel consolidé n’a encore été publié, et cette estimation a été retirée sans explication publique du site du Département de la sécurité nationale.

    Au moment où nous écrivons ces lignes, au moins 41 personnes ont trouvé la mort, noyées en tentant de contourner à la nage la digue frontalière.

    Le nombre d’arrivées est particulièrement difficile à absorber pour une ville qui compte environ 83 600 habitants. Les capacités d’accueil de Ceuta étaient déjà saturées avant cette nouvelle vague d’entrées. Après l’arrivée d’environ 1 500 personnes au cours de la semaine précédente, les structures destinées aux mineurs non accompagnés fonctionnaient, selon le président de la ville autonome, à 2 400 % de leur capacité. Il a qualifié la situation d’« urgence humanitaire et sociale absolue ».

    Ceuta n’est pas seulement confrontée à une crise migratoire, mais à une crise multifactorielle où se conjuguent inégalités structurelles, tensions diplomatiques, dépendance de l’Europe à l’égard du Maroc, capacités d’accueil limitées et polarisation politique. Son analyse nécessite de croiser une perspective internationale — centrée sur l’externalisation du contrôle des frontières et les alliances géopolitiques — avec une approche interne, attentive aux conséquences sur l’État de droit, les services publics, la cohésion sociale ainsi que les discours politiques et médiatiques.

    Facteurs externes : la dimension internationale de la crise

    L’utilisation des mouvements migratoires comme instrument de pression politique ne relève pas d’une simple hypothèse. La politologue américaine Kelly M. Greenhill désigne par l’expression #coercive_engineered_migration (« migration coercitive orchestrée ») l’utilisation délibérée, ou la menace, de flux migratoires afin d’obtenir des concessions de la part d’autres États.

    À Ceuta, cette dynamique doit être replacée dans une succession de crises frontalières observées depuis 2005, et ne pas être considérée comme un épisode isolé. En mai 2021, plus de 5 000 personnes étaient entrées dans la ville après un assouplissement des contrôles marocains, en pleine crise diplomatique provoquée par l’accueil en Espagne de Brahim Ghali, chef du Front Polisario.

    Cette capacité de pression est renforcée par l’#externalisation de la politique migratoire européenne, qui a transféré une partie du contrôle des frontières à des pays tiers comme le Maroc. Dans le même temps, la présentation de ces arrivées comme une menace pour la sécurité alimente le processus de « #sécurisation », qui tend à privilégier la protection de l’État au détriment de la sécurité et des droits des personnes migrantes elles-mêmes (2017).

    Le Parlement européen a d’ailleurs condamné explicitement en juin 2021 l’utilisation par le Maroc du contrôle des frontières, de la migration et, en particulier, des mineurs non accompagnés comme moyen de pression politique contre l’Espagne. Le Barcelona Centre for International Affairs (CIDOB) a qualifié cet épisode de cas emblématique de weaponisation of migration (« instrumentalisation de la migration »), c’est-à-dire l’utilisation de personnes migrantes comme instruments de coercition entre États.

    Si, en 2021, la pression exercée par le Maroc avait été expliquée par l’accueil du chef du #Front_Polisario, #Brahim_Ghali, dans un hôpital de Logroño, il ne faut pas oublier que la rupture des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie cette même année avait entraîné la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe, privant le royaume chérifien d’une source de revenus et d’un levier d’influence.

    En 2026, le contexte immédiat est différent, même si plusieurs développements diplomatiques récents sont susceptibles d’avoir contrarié Rabat. Le 20 juillet, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a ainsi effectué une visite officielle en #Algérie et annoncé la tenue d’une réunion bilatérale de haut niveau à l’automne. Le gouvernement espagnol a de nouveau qualifié l’Algérie, principal rival régional du Maroc, de « partenaire stratégique » et de « nation amie ».

    Le 23 juillet, la commission de la Justice du Congrès des députés a approuvé le texte d’une proposition de loi visant à faciliter l’accès à la nationalité espagnole pour les Sahraouis nés sous administration espagnole. Le texte doit encore être adopté par le Parlement.

    La concomitance de cette initiative avec le rapprochement diplomatique entre l’Espagne et l’Algérie, ainsi qu’avec la crise frontalière, a alimenté l’hypothèse selon laquelle Rabat chercherait à rappeler le coût que pourrait avoir, à ses yeux, toute décision espagnole contraire à ses intérêts concernant le #Sahara_occidental.

    Dépendance au Maroc

    L’externalisation du contrôle migratoire a fait du Maroc un partenaire indispensable, mais aussi une source de dépendance. En 2023, la Commission européenne a consacré 152 millions d’euros au renforcement de la gestion des frontières marocaines. Cette délégation de compétences confère à Rabat une capacité d’influence sur la coopération migratoire.

    Cette dépendance est d’autant plus problématique que la capacité à contenir les départs ne garantit pas la fiabilité démocratique du partenaire. L’ONG américaine Freedom House, dont la mission est de promouvoir la démocratie et les droits humains dans le monde, classe le Maroc parmi les pays « partiellement libres », avec un score de 37 sur 100, et souligne la prédominance politique et économique de la monarchie.

    L’ONG internationale indépendante Human Rights Watch, qui enquête sur les atteintes aux droits humains dans plus de 90 pays, relève dans son rapport 2026 une intensification de la répression contre les journalistes, les militants et les défenseurs des droits humains, ainsi que des poursuites visant les personnes qui défendent l’indépendance du Sahara occidental. Les autorités ont notamment recours à des accusations de diffamation, de diffusion de fausses informations, d’offense aux institutions ou d’atteinte à la monarchie pour restreindre l’espace de la critique politique.

    Ce contexte conduit à poser une question délicate : jusqu’à quel point l’Europe peut-elle présenter comme un garant fiable de ses frontières un régime qui restreint durablement la liberté de la presse, réprime la dissidence et utilise sa coopération internationale pour renforcer sa position sur le Sahara occidental ?

    L’alignement Maroc–Israël–États-Unis

    L’axe Maroc–Israël–États-Unis s’est consolidé en 2020 avec la normalisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv et la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté revendiquée par le Maroc sur le Sahara occidental. Il s’est encore renforcé en 2021 avec la signature d’un mémorandum de coopération militaire. Cet alignement contraste avec la dégradation des relations entre l’Espagne et Israël, ainsi qu’avec les tensions croissantes entre Madrid et Washington.

    La crise de Ceuta a mis ces tensions en lumière. L’ambassadeur israélien auprès des Nations unies a remis en cause la souveraineté espagnole sur la ville, tandis que la Maison-Blanche a imputé la responsabilité de la crise aux politiques « mondialistes » et « d’extrême gauche » du gouvernement espagnol.

    Ces déclarations témoignent d’une #instrumentalisation diplomatique de la crise et d’une convergence rhétorique à l’égard de l’Espagne, mais elles ne constituent pas une preuve de l’existence d’une action coordonnée visant à faciliter l’ouverture de la frontière.

    Facteurs internes : droit, capacités institutionnelles et fabrique de la peur

    L’arrêt rendu par la Cour suprême le 8 juillet n’interdit pas à proprement parler les « #refoulements_à_chaud » des migrants tentant d’entrer à la nage à Ceuta et Melilla. Il écarte en revanche le recours à la procédure exceptionnelle de « #rejet_à_la_frontière » pour les personnes interceptées en mer, au motif qu’elles n’ont pas franchi un dispositif matériel de contrôle, comme la clôture frontalière.

    Cette décision a toutefois fait l’objet d’une interprétation simplifiée largement relayée au Maroc, ce qui a pu encourager les traversées en faisant naître l’idée que les personnes arrivant à la nage ne seraient pas renvoyées.

    Pour le président du gouvernement espagnol, les réseaux de passeurs ont instrumentalisé cette décision de justice. L’arrêt a ainsi pu jouer un rôle de facteur facilitateur, sans pour autant expliquer à lui seul l’ampleur de la crise ni la réduction simultanée des contrôles frontaliers côté marocain.

    La construction du récit de « l’invasion »

    Les crises frontalières créent un contexte propice à la radicalisation du débat public. Une étude met en évidence un durcissement de la rhétorique politique et une banalisation des discours racistes. Lors de la crise de 2021, le parti d’extrême droite Vox a consacré plus de 70 % de ses publications à Ceuta et à la migration.

    Une autre étude a montré que 80 % des messages haineux analysés portaient sur la confrontation politique, et non sur les causes ou les solutions aux enjeux migratoires.

    Dans la crise actuelle, des expressions comme « invasion », « hommes en âge de combattre » ou « sicaires » participent à cette représentation des personnes migrantes comme une menace collective. Les #médias ne sont pas nécessairement à l’origine de ces discours, mais ils peuvent contribuer à les banaliser lorsqu’ils reprennent des cadrages alarmistes sans les contextualiser ni les mettre en perspective.

    Les droits humains comme limite et comme réponse

    Dans une crise de cette nature, les droits humains ne constituent pas un obstacle à la gestion des frontières, mais en fixent les limites juridiques et éthiques. La découverte de plus de 40 corps dans les eaux de Ceuta met en évidence le coût humain d’une politique qui fait de la frontière un espace de danger extrême.

    L’Espagne a l’obligation de protéger les vies humaines, de garantir les opérations de sauvetage et d’examiner individuellement chaque situation, en portant une attention particulière aux mineurs, aux demandeurs d’asile et aux victimes de la traite des êtres humains.

    Mais les principales victimes restent toujours les personnes migrantes elles-mêmes. Le Maroc peut les utiliser comme moyen de pression, les partis politiques comme argument électoral, et certains discours les réduire à une menace anonyme.

    Tandis que les États se disputent influence et responsabilités, ces personnes risquent leur vie et s’exposent à l’absence de protection, aux #refoulements arbitraires et à leur #déshumanisation dans le débat public. La réponse ne devrait pas opposer les droits des habitants de Ceuta à ceux des personnes qui arrivent, mais veiller à ce que ces deux populations — et en particulier les plus vulnérables — ne continuent pas de payer le prix de stratégies politiques sur lesquelles elles n’ont aucune prise.

    https://theconversation.com/pourquoi-ceuta-est-au-coeur-dune-crise-migratoire-permanente-288888
    #migrations #réfugiés #Maroc #Espagne #assaut #frontières

    • Les migrants marocains de Ceuta, victimes des politiques migratoires européennes

      Plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient parvenues à entrer dans l’enclave espagnole au cours des derniers jours, et une trentaine d’entre elles ont déjà perdu la vie. Un nouvel épisode qui illustre toute la perversité de l’#externalisation de la gestion des frontières.

      Une fois de plus, les frontières tuent. Une trentaine de personnes sont mortes en tentant de rejoindre Ceuta, une petite enclave espagnole située sur la côte nord de l’Afrique, depuis le Maroc. « Neuf corps ont été repêchés », a d’abord indiqué, jeudi 30 juillet, une porte-parole de la délégation du gouvernement espagnol dans ce territoire à l’Agence France-Presse (AFP), avant que le bilan ne soit revu à la hausse le matin du vendredi 31 juillet.

      Les autorités espagnoles ont d’abord compté près de 1 500 personnes qui ont réussi à gagner Ceuta au cours des derniers jours. Mais Madrid affirmait vendredi matin que 49 000 personnes seraient entrées, selon de premières estimations. Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas Lara (Parti populaire, droite), a affirmé, lors d’une conférence de presse vendredi 31 juillet, que ce nombre s’élevait même à 60 000.

      La différence de chiffres surprend et requiert pour l’heure de la prudence : « Il faut être très précautionneux. On nous parle de 1 500 personnes un jour et le lendemain de 50 000 personnes. C’est forcément très inédit et impressionnant, mais il y a toujours une exagération des chiffres sur les tentatives de passages et les passages [effectifs] », tempère Elsa Tyszler, enseignante-chercheuse à l’université Paris-8, qui suit de près l’enclave et les mouvements migratoires dans cette région.

      Elle ajoute : « Il faut se méfier des chiffres, qui sont toujours manipulés à des fins politiques, de l’ordre de “l’invasion migratoire”, dans un îlot occidental qui serait “assiégé” par des migrants racialisés. C’est toute la rhétorique d’extrême droite qui accompagne les tentatives de passage à cet endroit depuis trente ans. »
      Des drames humains qui se répètent

      Les images qui circulent depuis le jeudi 30 juillet montrent de jeunes hommes et adolescents (en majorité), certains arrivant à la nage et grimpant sur les rochers pour se hisser à terre, parfois équipés de palmes et de bouées de sauvetage ; d’autres, tout sourire une fois leur destination atteinte, laissant échapper leur joie dans des cris non dissimulés ou des accolades.

      La garde civile aurait rapidement été dépassée. Jeudi dans la soirée, le ministère de l’intérieur espagnol a annoncé l’envoi de l’armée pour « renforcer la garde civile » et « assurer la sécurité » à Ceuta, alors que plusieurs centaines d’autres personnes ont gagné le territoire en une journée. Quelques centaines de Marocains auraient aussi rejoint Melilla, une autre enclave espagnole.

      « Le gouvernement d’Espagne est entièrement mobilisé pour donner une réponse immédiate à la situation à Ceuta, a fait savoir jeudi après-midi, sur le réseau social X, Pedro Sánchez, le premier ministre espagnol. Nous mobilisons toutes les ressources nécessaires, en travaillant avec les autorités marocaines et internationales. […] Je viens de transmettre [le message] au président [de l’enclave] Juan Jesús Vivas Lara. C’est le moment de construire des solutions, avec responsabilité et coopération. »

      En visite sur place vendredi 31 juillet, le premier ministre a dénoncé « une attaque, une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Le président de Ceuta, qui a mis en avant une « crise migratoire extrêmement grave », a appelé à une « réponse immédiate, ferme et coordonnée », demandant au gouvernement de déclarer l’état d’urgence nationale.

      « Il est temps de passer à l’action. Ceuta a besoin de plus de moyens, d’infrastructures, de coordination et de limites objectives à sa capacité d’accueil. Nous ne demandons pas de privilèges, mais une réponse juste, responsable et conforme à notre condition de frontière de l’Europe en Afrique », a-t-il écrit sur X jeudi 30 juillet après-midi. Selon lui, les personnes sont arrivées à un rythme de deux cents par jour en moyenne cette semaine. « Une urgence humanitaire et sociale absolue », a-t-il déploré.

      Pour Ceuta comme pour Melilla, une telle situation de chaos, menant à de véritables drames humains, n’est pas nouvelle. En 2021, à Ceuta, près de 8 000 personnes étaient parvenues à rejoindre l’enclave – un chiffre alors inédit, et largement dépassé aujourd’hui. Le Maroc avait été accusé d’avoir fait pression sur l’Espagne dans le dossier sensible du Sahara occidental, en instrumentalisant les personnes migrantes et leur détresse.

      En 2022, à Melilla cette fois, vingt-sept exilés subsahariens avaient perdu la vie (soixante-dix autres ont été portés disparus) alors qu’ils tentaient de gagner l’Espagne, toujours depuis le Maroc, dans un mouvement de foule provoqué alors que des centaines, voire des milliers de personnes tentaient le passage.
      Le bal des instrumentalisations est ouvert

      De manière très prévisible, les images ont vite été reprises sur les réseaux sociaux, par la droite et l’extrême droite, pour laisser croire à une « invasion migratoire ». Chacun et chacune y va de sa petite déclaration : la leader du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, parle d’« entrées massives et coordonnées de migrants en Espagne, encouragées par le gouvernement espagnol ».

      Le patron du parti Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, évoque quant à lui une « vague migratoire massive à Ceuta » et une « politique irresponsable du gouvernement socialiste espagnol », en référence à la campagne de régularisation des sans-papiers mise en œuvre en début d’année 2026 en Espagne.

      En résumé, ce serait parce que Madrid régulariserait (sous de nombreux critères restrictifs, notamment la durée de séjour dans le pays) que plus d’un millier de migrants marocains auraient tenté de rejoindre Ceuta (plusieurs mois après l’annonce de ladite régularisation).

      Le ministre de l’intérieur français, Laurent Nuñez, a annoncé sur X « renforcer sans attendre les contrôles à la frontière espagnole », répondant indirectement à une demande formulée par Marine Le Pen une heure plus tôt. « Par ailleurs, j’active la Force frontière d’intervention rapide pour des contrôles en profondeur », a-t-il ajouté, comme si la France était sous la menace de dangereux envahisseurs.

      Côté italien, Giorgia Meloni n’a pas manqué de pointer une « immigration clandestine hors de contrôle [qui] représente une menace concrète pour la sécurité des frontières européennes », suggérant la suspension de l’espace Schengen avec l’Espagne ; alors même que Ceuta, comme Melilla, fonctionne comme une exception de la zone européenne de libre circulation et que des contrôles d’identité sont effectués pour les personnes qui entrent ou sortent du territoire…

      Dans un autre style, Danny Danon, ambassadeur d’Israël aux Nations unies, a cherché à tacler l’Espagne, osant le parallèle entre la politique de colonisation d’Israël en Palestine et la guerre génocidaire menée à Gaza avec la situation de cette enclave.

      « L’Espagne, qui ne manque jamais une occasion de faire la leçon à Israël, a déclaré l’état d’urgence à Ceuta à la suite de la crise liée à sa politique d’immigration. Peut-être qu’avant de continuer à nous faire la leçon, il serait temps qu’elle explique au monde pourquoi elle maintient encore des enclaves coloniales en Afrique », cingle-t-il.

      Si l’on peut interroger le passé colonial espagnol, la comparaison est pour le moins osée. Une journaliste hispano-marocaine, Leyla Hamed, lui a répondu : « Je suis de Ceuta, et l’Espagne ne nous a jamais opprimés. Vous, maniaques génocidaires, n’avez pas le droit d’instrumentaliser notre identité ou de parler en notre nom. »
      L’effet boomerang de l’externalisation

      Dans ce flot de réactions, le Maroc semble avoir gardé le silence. Plusieurs observateurs et observatrices accusent le pays, en pleine célébration du vingt-septième anniversaire de l’intronisation du roi Mohammed VI, d’avoir sciemment réduit les effectifs au niveau de la frontière avec Ceuta en réponse à la visite de Pedro Sánchez en Algérie, le 20 juillet.

      Mais tout le monde ou presque oublie de préciser la nature du « problème ». La crise n’est pas « migratoire », mais politique et humanitaire : dès lors que l’Union européenne choisit de donner les pleins pouvoirs à des États tiers pour gérer ses frontières contre rémunération, ces mêmes États n’ont parfois aucun scrupule à jouer avec des vies humaines pour servir leurs intérêts.

      Par le biais de l’externalisation des politiques migratoires, « le Maroc a été le premier pays à accepter d’aider l’Espagne et l’UE à défendre ses frontières, à collaborer dans la lutte dite contre l’immigration irrégulière vers l’Europe » dès le début des années 1990, rappelle Elsa Tyszler.

      Cela donne lieu à des « patrouilles de la marine marocaine dans les eaux du détroit de Gibraltar, pour protéger des frontières que, par ailleurs, le Maroc conteste », souligne-t-elle, expliquant que l’occupation de ces territoires par l’Espagne revient régulièrement dans le débat public. C’est tout le paradoxe. « Il y a toujours un jeu de vérité entre les deux pays. Les frontières de Ceuta et Melilla sont un théâtre de luttes diplomatiques. »

      Beaucoup d’exemples viennent l’illustrer et « montrent que dès qu’il y a un différend entre le Maroc et l’Espagne, comme ce fut le cas pour le Sahara occidental en 2021, cela se concrétise par la métaphore du robinet », poursuit la chercheuse. Ici, « on peut penser que la visite de Pedro Sánchez en Algérie » a conduit à ce pic d’entrées exceptionnel à Ceuta. « Lorsque le pouvoir marocain n’est pas satisfait de ce que fait l’Espagne, il y a un mécanisme de vengeance », ajoute-t-elle.

      Officiellement, les autorités des deux pays ne le diront pas et salueront leur collaboration commune. Si le Maroc ne s’est pas encore exprimé publiquement sur la situation à l’heure où nous écrivons ces lignes, le premier ministre espagnol s’est arrangé pour déclarer que le Maroc était un « allié » malgré le contexte.

      « Le Maroc agit en sous-traitant de la gestion des frontières européennes et opère le contrôle migratoire, il manie donc la question migratoire en fonction de ses propres intérêts » lorsque bon lui semble, nuance Elsa Tyszler. C’est le retour de bâton d’une politique régulièrement dénoncée par les chercheurs et chercheuses ainsi que par les ONG internationales.
      Une situation économique et sociale compliquée

      Enfin, d’autres facteurs doivent être pris en compte, tels que l’enjeu racial et le racisme présent à cette frontière à la fois « très militarisée et sophistiquée », qui ont fait des migrants – les musulmans ou perçus comme tels et les personnes noires venues d’Afrique subsaharienne – la « figure de l’ennemi », en réaction aux différentes arrivées observées ces dernières décennies. Il y a aussi la colère de la jeunesse marocaine et le désespoir d’une partie de la population qui cherche à fuir son pays.

      À ce propos, Khadija Anani, membre de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et d’EuroMed Droits au Maroc, souligne la situation « très compliquée » au niveau économique et social : « La jeunesse est en détresse et ne voit pas de perspectives au Maroc. Près de 1 million et demi de jeunes âgés entre 14 et 24 ans ne font rien – ni études, ni formation, ni travail. »

      Plus de 2 millions de Marocain·es vivent en dessous du seuil de pauvreté, poursuit-elle, regrettant que la priorité soit donnée à l’organisation de grands événements internationaux plutôt qu’à l’éducation, au travail, à la santé, au logement ou à la lutte contre la corruption. « Toutes ces thématiques sont négligées, c’est d’ailleurs pour ça que la “GenZ” est sortie dans la rue [en septembre 2025] et a revendiqué ses droits », explique Khadija Anani.

      Dans le même temps, la liberté d’expression des citoyen·nes est régulièrement entravée. Le rappeur El Mahdi Lyoubi a été arrêté et se voit imposer un procès vendredi 31 juillet. Tout cela explique, selon la représentante associative, qu’autant de personnes aient tenté le passage de la frontière à Ceuta ces jours-ci.

      Mais selon El País, des milliers de personnes rebroussent chemin vers le Maroc, faute de pouvoir être accueillies correctement dans l’enclave. Selon le ministère de l’intérieur espagnol, 25 000 personnes seraient déjà rentrées. Dans toute cette histoire, conclut Khadija Anani, « gardons en tête les dégâts humains, car le bilan des morts risque encore de s’alourdir ».

      https://www.mediapart.fr/journal/international/310726/les-migrants-marocains-de-ceuta-victimes-des-politiques-migratoires-europe
      #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #chiffres #statistiques #afflux #invasion #Melilla #instrumentalisation #extrême_droite #racisme #jeunesse #jeunesse_marocaine

    • Drame de Ceuta : jusqu’où ira l’#indignité ?

      Plus de 70 personnes officiellement décédées, sans doute plus de 130 selon les associations. De ce qui s’est passé à Ceuta ces derniers jours, on aimerait d’abord que l’on retienne cela : ces vies brisées, ces histoires, ces noms et ces visages. Mais comme bien souvent, la plupart des réactions et des polémiques effaceront cette dimension humaine. Alors il faut le redire, sans relâche, contre l’indifférence et la banalisation.

      Au-delà de la situation historique et géographique spécifique de l’enclave espagnole de Ceuta sur le continent africain, au-delà de la crise sociale et des inégalités particulièrement prégnantes au Maroc, les événements de la semaine dernière sont venus une nouvelle fois rappeler comment les personnes migrantes peuvent être aujourd’hui l’objet de bien des instrumentalisations géopolitiques, une dimension renforcée par les logiques d’externalisation des politiques migratoires européennes ; et comment l’obsession de ces politiques pour la fermeture aux « indésirables » ne peut que conduire à de telles situations de tensions, de marchandage, tant rien ne peut faire complétement obstacle à l’espoir d’une autre vie pour celles et ceux qui sont prêts à tout pour partir.

      Mais ce à quoi nous assistons autour du drame de Ceuta est surtout sidérant d’escalade dans l’indignité.

      Escalade dans le degré de #mensonges et de #contre-vérités véhiculés par des responsables politiques, bien au-delà des rangs de l’extrême droite, par divers influenceurs et relais médiatiques : alimentation irraisonnée de l’existence d’un risque « d’arrivée massive » de personnes migrantes sur le continent européen, alors que l’enclave n’est pas dans l’espace Schengen et qu’il n’est pas possible de rejoindre l’Espagne sans contrôle ; prétendu lien avec la politique de régularisation conduite par le gouvernement espagnol, procédure qui n’est pourtant plus ouverte aujourd’hui, dont les critères ne pouvaient en aucun cas concerner les personnes arrivées à Ceuta ces derniers jours.

      Escalade dans la mécanique, désormais si bien rodée, d’instrumentalisation au service de l’agenda politique de celles et ceux qui entretiennent les peurs pour vanter leurs propositions autoritaires et xénophobes : alimentation du fantasme de la « submersion », à coup d’images et de commentaires haineux ressassés jusqu’à la nausée, précipitation sur le terrain pour alimenter les paniques identitaires, dénonciation d’une « menace existentielle » … Un retournement d’analyse bien pathétique quand on pense aux vraies menaces existentielles (drames climatiques, conflits armés…) que nous vivons en cet été 2026…

      Escalade enfin dans la surenchère répressive et sécuritaire qui a été la réponse de la plupart des pays européens : priorité au renforcement du contrôle des frontières, alors qu’il était bien impossible aux personnes migrantes arrivées à Ceuta de gagner facilement le continent européen ; aucune considération pour les questions humanitaires et le respect des droits fondamentaux. Et lundi 3 août, la lettre des 22 pays amenés par l’Italie et le Danemark, demandant de nouvelles mesures de contrôle et de fermeture, dénonçant la politique espagnole de régularisation, a été un nouveau signe plus qu’alarmant d’une dérive sans fin de l’Union européenne, sous l’impulsion d’une alliance droite et extrême droite qui la guide désormais sur les questions migratoires.

      Jusqu’où cela va-t-il aller ? Après le pacte asile et migration en application depuis juin dernier, après le règlement retour et ses « hubs de retour » en dehors de l’UE, renforçant encore les logiques d’enfermement, d’expulsion, d’externalisation et d’atteintes aux droits, quelle va être la prochaine étape ?

      La réunion des ministres de l’Intérieur tenue ce mardi 4 aout, si elle n’a fait l’objet d’aucune véritable annonce nouvelle, tant les dispositifs de contrôle et de répression sont déjà présents, a néanmoins confirmé le registre de la menace et de l’obsession, notamment via les technologies de surveillance, du contrôle et de la fermeture.

      Alors qu’en France comme dans d’autres pays européens s’ouvrent de cruciales séquences électorales risquant d’être autant de prétextes à de nouvelles instrumentalisations et surenchères, il y a urgence, sous peine de basculer demain dans un avenir encore plus cauchemardesque, à dénoncer sans faillir ces mécaniques toxiques. Et à opposer à l’incapacité aujourd’hui dramatique de l’Union européenne et de ses Etats à concevoir des politiques migratoires, hors du paradigme de la répression et de la logique de « la forteresse assiégée » servant principalement ses intérêts ; des politiques fondées sur le respect des droits humains, l’égalité de traitement, les coopérations d’égal à égal et les solidarités internationales. Les seules à même de pouvoir garantir notre avenir collectif, dans un monde où, plus que jamais, les migrations en seront demain le cœur battant.

      https://www.lacimade.org/drame-de-ceuta-jusquou-ira-lindignite

    • Ceuta ou la consécration des politiques migratoires racistes et sécuritaires

      Contrairement aux discours qui ont majoritairement circulé dans les médias ces dernières semaines, les événements survenus à Ceuta à partir du 30 juillet 2026 ne doivent pas être considérés comme une « crise migratoire » exceptionnelle, mais plutôt comme la conséquence prévisible d’un modèle de « gestion » des mouvements migratoires fondé sur la dissuasion, l’externalisation des frontières, la normalisation progressive de la #violence, et l’instrumentalisation des questions migratoires. La militarisation des frontières, la cruauté envers les personnes en migration, la violation du droit international, et l’#impunité institutionnelle organisée sont autant d’éléments qui démontrent chaque jour l’impasse des politiques et stratégies migratoires actuelles.

      Entre le 30 et le 31 juillet, entre 40 000 personnes [1] (selon le Maroc) et 70 000 [2] (selon l’Espagne) auraient franchi depuis le Maroc, principalement par la mer, la frontière de Ceuta - résidu colonial européen sous contrôle espagnol situé sur le territoire marocain -, arrachant ainsi leur liberté de circulation. Entre 83 personnes (chiffre officiel) et 141 (chiffre des associations) seraient décédées ce faisant, et presque la majorité des personnes arrivées ont été renvoyées au Maroc en 48h, en violation du droit international (principe de non-refoulement), du droit européen (Pacte européen asile et migration), et de la législation espagnole (arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026).

      La fabrique de la « crise migratoire », stratégie récurrente des politiques européennes
      Face à ce qui a été présenté comme une énième « crise migratoire », il convient de relativiser les chiffres. Les chiffres annoncés des arrivées dans l’enclave semblent conséquents au regard du confetti de 20 km2 (85 000 habitants) que constitue l’enclave de Ceuta. Mais ils sont en réalité dérisoires au regard de la population des 27 États membres de l’UE, qui compte plus de 450 millions d’habitant·es. Il y a en l’espèce un effet de zoom, amplifié dans ce cas précis par le fait que Ceuta, l’une des deux seules frontières terrestres entre le Maroc et l’Espagne (l’autre étant Melilla), se trouve sur le continent africain et ne fasse pas partie de l’espace Schengen.
      A chaque fois que l’Europe a connu des épisodes d’arrivées importantes sur des territoires insulaires ou enclavés, a été utilisée la rhétorique de la « crise migratoire ». Cette formule permet de rejeter la responsabilité sur les personnes migrantes et de détourner l’attention des enjeux politiques et du système imposé par les anciennes puissances coloniales. Ce procédé a été utilisé régulièrement, à Lampedusa (Italie) en 2011 pendant les révolutions arabes et en 2023 lorsqu’entre 6000 et 13 000 personnes sont arrivées en quelques jours sur l’île, à Ceuta en 2021 lorsqu’environ 10 000 personnes sont entrées en deux jours dans l’enclave après un relâchement du contrôle frontalier marocain, ou encore à Melilla en 2005 ou 2022 lors de tentatives de franchissement de la barrière-frontière.
      Lors de tous ces précédents, les personnes en quête de protection ou d’opportunités – et contraintes d’emprunter des voies alternatives en raison de la fermeture des frontières et des régimes de visa imposés - ont été brutalement réprimées par les forces de l’ordre, avant d’être sommairement renvoyées, en violation de leurs droits. Nombre d’entre elles ont de plus péri en Méditerranée, laissant des familles entières en deuil.

      La même répression brutale a été déployée à Ceuta après le 30 juillet. Face à ce mouvement migratoire, le discours de l’Espagne a consisté à dénoncer une « violation de [son] intégrité territoriale par des réseaux criminels », pointant du doigt une instrumentalisation par des « mafias », qui auraient partagé des informations mensongères sur les réseaux sociaux - notamment une « interprétation extensive » de l’arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026 [3] ou une ouverture de la frontière maroco-espagnole. En réponse à cette situation, l’Espagne a immédiatement déployé l’armée sur place pour venir en appui à la Guardia Civil, tandis que l’UE offrait le soutien de l’agence Frontex pour « reprendre le contrôle » des frontières européennes dites « menacées ».

      Récupération politique tous azimuts
      La récupération politique a été immédiate à l’échelle de l’UE. Les images des arrivées d’exilé·es à Ceuta diffusées en boucle ont immédiatement été exploitées et instrumentalisées par les droites européennes et les extrêmes droites, y compris au-delà de l’espace Schengen, pour construire un récit de « l’invasion ». Décrites comme un problème de sécurité publique, ces arrivées ont déclenché discours décomplexés de haine et protestations indignées, ainsi qu’une crise diplomatique qui a eu tôt fait d’éclipser la crise humanitaire.
      Le prétendu « laxisme » du gouvernement espagnol a ainsi été pointé du doigt, du fait du processus de régularisation extraordinaire mis en place sur son territoire entre avril et juin 2026 [4]. Or, ce programme, qui répondait à des critères stricts – notamment celui d’être arrivé en Espagne avant le 1er janvier 2026 - est clos depuis le 30 juin 2026.
      Qu’à cela ne tienne, l’Espagne est accusé d’avoir envoyé « un mauvais message » aux ressortissant·es des pays tiers, et d’avoir créé un « appel d’air » – mythe fantasmé largement relayé par l’extrême droite [5]. Cet argument fallacieux ne fut cependant pas retenu contre l’Italie un an plus tôt, lorsqu’en besoin de main d’œuvre, ce pays a lui-même émis un décret pour régulariser 500 000 personnes étrangères sur son territoire entre 2025 et 2028 [6]. Dans l’épisode Ceuta, il y a sans nul doute la volonté d’isoler et de décrédibiliser la politique migratoire de l’Espagne – rare pays européen qui dans certaines de ses pratiques et propos tenus à l’échelle nationale va à rebours des discours et politiques uniquement sécuritaires en matière migratoire. L’objectif est de contrer au plus vite la possibilité d’élargissement d’un narratif positif et inclusif sur les migrations face au discours anti-immigration qui prend de l’ampleur au niveau européen.
      Nul ne peut cependant ignorer qu’en parallèle l’Espagne a mené ces dernières années une politique d’externalisation en Afrique de l’Ouest, bien loin de chercher à attirer les immigré-es : construction de centres de détention offshore, déploiement de la police espagnole et de la Guardia civil, et soutien de plusieurs millions d’euros aux forces de sécurité ouest-africaines pour le contrôle des migrations. Ces politiques d’externalisation ont notamment eu pour conséquence de faire de la route atlantique vers les îles Canaries l’une des plus meurtrières ces dernières années (avec 1300 décès à la mi-2026 [7]).

      Les États membres voisins n’ont pas manqué d’appeler au renforcement des contrôles aux frontières externes de l’Union. Certains pays (Italie, Danemark) ont dans la foulée appelé à suspendre de l’espace Schengen une Espagne qui soi-disant ne jouerait pas le jeu du tout-sécuritaire et qui ne contrôlerait pas efficacement ses frontières. D’une part, cette suspension n’est pas prévue par les textes européens en vigueur, et d’autre part il est de notoriété publique que les enclaves de Ceuta et Melilla disposent d’un régime dérogatoire dans l’espace Schengen qui ne permet pas la libre circulation vers la péninsule espagnole du fait d’un double contrôle à l’entrée et à la sortie de l’enclave, qui fonctionne comme un sas fermé. Les pays européens voisins de l’Espagne se sont également empressés d’indiquer qu’ils allaient renforcer les contrôles aux frontières internes de l’Union... Alors même que huit États membres, dont la France et l’Italie, ont de fait rétabli totalement ou partiellement ces contrôles depuis 2015 [8]. .
      Quant au Maroc, qui célébrait le 30 juillet les 27 ans de règne de Mohamed VI, il s’est tu pendant quatre jours avant de finalement renvoyer la balle vers l’Espagne, l’accusant de ne pas avoir anticipé les conséquences de l’arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026 [9]…

      L’instrumentalisation des exilé·es au profit d’enjeux géopolitiques, effet boomerang de l’externalisation
      Malgré cela, l’Espagne s’est empressée de rappeler que le Maroc est avant tout un allié, tant il est un collaborateur zélé de la politique migratoire sécuritaire européenne. En effet, l’Espagne, pour entraver les mouvements migratoires à sa frontière, a besoin du Maroc qui sait le lui rappeler en différentes occasions. Ce dernier n’a jamais hésité à utiliser les exilé·es comme monnaie d’échange pour servir ses intérêts économiques ou politiques, peser dans le débat géopolitique, ou exprimer ses mécontentements, notamment face au rapprochement entre l’Espagne et l’Algérie [10], comme il l’a déjà fait par le passé (2021, 2023). Les pays partenaires de la politique d’externalisation de l’UE utilisent ainsi les mêmes armes que l’UE, à savoir le marchandage, pour se retourner occasionnellement contre elle. Cela a été le cas pour la Turquie avec la Grèce en mars 2020, le Maroc avec l’Espagne en mai 2021, et la Biélorussie avec la Pologne dès août 2021. Les exilé·es deviennent alors une monnaie d’échange : le marchandage se fait sur leur dos – voire sur leurs vies – dans tous les cas en violation de leurs droits. Car en déléguant la gestion des migrations à des pays tiers, souvent autoritaires, l’UE se défausse des conséquences de cette sous-traitance, et transforme les personnes qui souhaitent rejoindre son territoire en pions entre les mains de gouvernements qui disposent d’un levier de pression politique face à une Europe gangrenée par un racisme croissant, prête à tout pour maintenir les exilé·es loin de ses frontières.

      Des violations massives des droits au nom de la protection des frontières européennes
      Comme lors de précédents impliquant des arrivées dites « massives » dans l’Union, l’Espagne a procédé très rapidement (48h) au renvoi des personnes arrivées à Ceuta. Et ce en violation de leurs droits fondamentaux. En effet, les personnes interceptées à Ceuta auraient en principe dû faire l’objet du filtrage - prévu par le règlement éponyme du Pacte européen asile et migration entré en application en juin 2026 -, avant toute orientation vers une procédure d’asile ou de retour. Situation qui souligne que cet instrument est mort-né un mois et demi après son entrée en application... De plus, les personnes arrivées par la mer auraient dû - avant « remise » (refoulement) au Maroc - faire l’objet d’un examen individuel de leur situation en vertu de la récente jurisprudence de la Cour Suprême espagnole. Or, Pedro Sanchez a clairement indiqué que celle-ci ne s’appliquerait pas au cas d’espèce. Faut-il pourtant rappeler que nul ne peut faire l’objet d’un renvoi forcé sans avoir vu sa situation individuelle examinée, ou avoir pu déposer le cas échéant une demande de protection internationale en vertu du principe international de non-refoulement ?
      Dans une surenchère sécuritaire, le ministère de l’Intérieur espagnol a par ailleurs annoncé le 1er août la mise en place d’une barrière pneumatique de 500 mètres de long en cours d’installation dans la mer pour empêcher les migrant·es de traverser à la nage entre le Maroc et Ceuta. Dans la volonté a priori de se « conformer » à la jurisprudence de la Cour Suprême espagnole évoquant la nécessité d’un « élément physique de contention » en mer pour pouvoir procéder à des « refus d’admission à la frontière ».

      Les événements de Ceuta auront donc uniquement permis de justifier la doctrine ultra-sécuritaire de l’UE en matière migratoire, et de réaffirmer qu’elle est la seule politique possible.
      A l’issue de cinq jours de crise diplomatique, après avoir été vilipendé par ses voisins européens, le président du gouvernement espagnol aura finalement reçu leur soutien pour sa gestion rapide de la crise politique et diplomatique [11], qui sera vite oubliée. Tout comme les personnes décédées pour avoir voulu exercer leur droit à la mobilité et braver les politiques migratoires européennes répressives, racistes et mortifères.

      La #nécropolitique assumée de l’UE
      Les évènements de Ceuta nous montrent, s’il le fallait encore, que les politiques migratoires répressives tuent. Et que l’externalisation des frontières, quel qu’en soit le coût humain et financier, est un pilier de ces politiques migratoires. La preuve en est les partenariats toujours en vigueur entre l’UE et des pays comme le Maroc, la Libye, la Tunisie, l’Égypte ou la Mauritanie, qui bafouent notoirement les droits de leurs citoyen·nes et des personnes exilées sur leur territoire.
      Le renforcement des dispositifs de contrôle et de sécurité tout au long du parcours migratoire comme la complicité des pays d’origine ou de transit dans ce tout sécuritaire ont de lourdes conséquences. Du fait de la multiplication et de la technologisation des obstacles, la route pour l’Europe est devenue un véritable cimetière, et les morts et les blessés se comptent par milliers [12].
      S’il n’existe pas encore de bilan en ce qui concerne l’épisode Ceuta, l’association marocaine des droits humains fait état d’au moins 140 décès. A ce jour, l’UE et les États partenaires qui endossent le rôle de gendarmes de l’Europe n’ont jamais assumé leur part de responsabilité dans ces tragédies, considérées comme des « dommages collatéraux » d’une stratégie de dissuasion dans laquelle la violence, en tant que moyen corrélé à l’objectif de non-accueil et de mise à distance, est érigée en norme [13]. Quid de l’identification de ces personnes ? Quid des enquêtes qui devront être menées pour établir vérité, justice et réparation pour les familles de ces victimes des politiques migratoires européennes ? Jusqu’à quand les autorités européennes éluderont ainsi leur part de responsabilité alors que ce sont elles qui ont coupé tout accès légal à l’Europe aux personnes en migration, et qui ont par conséquent failli à leur devoir de secours et de solidarité ? [14]

      La militarisation des frontières n’empêche pas les mouvements migratoires
      Ceuta nous montre également que si les entraves sur le parcours migratoire contraignent les exilé·es à utiliser des voies alternatives plus dangereuses, elles ne les dissuadent pas de franchir les frontières. Aucune barrière ne pourra étancher la soif d’émancipation et de liberté de circulation des populations, notamment du Sud global, injustement assignées à résidence dans un monde inégalitaire et ultra-connecté.
      Au Maroc, la situation précaire (37 % de chômage chez les jeunes, pauvreté rampante, manque de perspectives), les refus de visas à répétition, et le fossé socio-économique qui sépare ce pays d’une Espagne située à 14km révoltent la jeune génération, qui clame que la liberté de circulation ne peut plus être réservée aux seul·es privilégié·es. Pour en finir avec la rupture de l’égalité des chances, au nom du principe d’égalité entre tou·te·s, et du principe d’émancipation, les personnes exilées se saisissent du droit à la mobilité qui leur est nié, rappelant que toute personne a le droit de quitter tout pays y compris le sien, et que ce droit est internationalement reconnu [15]. Et internationalement bafoué.

      Loin de constituer un échec politique, les morts aux frontières, les renvois sommaires et les violations répétées des #droits_fondamentaux observés aux frontières de l’Europe sont devenus des caractéristiques structurelles d’un système dans lequel la migration est avant tout perçue comme une menace pour la sécurité plutôt que comme une réalité humaine. Le coût humain n’est pas fortuit : il est intrinsèque à un modèle qui privilégie l’exclusion plutôt que la protection, et la dissuasion plutôt que la solidarité.
      Tant que la mobilité restera largement inaccessible, les personnes continueront de risquer leur vie à la recherche de sécurité, de dignité et d’opportunités. Aucun degré de militarisation des frontières ne peut éliminer la migration ; ces politiques ne peuvent que la rendre plus dangereuse. Une approche fondamentalement différente est donc nécessaire — une approche qui place les droits humains, l’égalité, la responsabilité internationale et la liberté de circulation au cœur des politiques migratoires.

      https://migreurop.org/article3609.html
      #racisme #militarisation_des_frontières

    • Ceuta, la frontiera coloniale che l’Europa usa per alimentare la paura

      Oltre cinquantamila persone hanno tentato di raggiungere l’enclave spagnola in Marocco. Dietro la narrazione dell’«invasione» ci sono disoccupazione, crisi sociale, ricatti geopolitici e un sistema di esternalizzazione delle frontiere che produce morti, autoritarismo e propaganda. La destra europea, guidata da Meloni, ha scelto ancora una volta di rispondere con la militarizzazione e la chiusura.

      Le immagini arrivate da Ceuta hanno fatto il giro del mondo. Migliaia di persone che nuotano attorno ai frangiflutti, giovani che attraversano il mare con una bottiglia di plastica come unico galleggiante, famiglie intere che tentano di raggiungere pochi metri di costa europea separati da una barriera di filo spinato, pattuglie della Guardia Civil, militari dispiegati nelle strade e decine di corpi recuperati in mare. Almeno cinquantasette persone sono morte annegate. Secondo il governo spagnolo, in poche ore oltre 50 mila persone avrebbero tentato di raggiungere l’enclave di Ceuta, mentre il ministero dell’Interno ha sostenuto che la quasi totalità sarebbe poi rientrata spontaneamente in Marocco, circostanza che molti osservatori ritengono difficilmente verificabile.

      Come sempre accade quando le frontiere europee vengono attraversate da grandi movimenti di persone, il dibattito pubblico si è concentrato quasi esclusivamente sulla sicurezza. Le immagini sono state immediatamente trasformate nella rappresentazione plastica dell’ennesima «invasione». Le destre europee hanno parlato di assedio, di difesa della civiltà occidentale, di emergenza senza precedenti. Giorgia Meloni ha sospeso Schengen nei confronti della Spagna per i cittadini extraeuropei provenienti dal territorio spagnolo, Matteo Piantedosi ha convocato il Comitato Immigrazione e Frontiere, Antonio Tajani ha aperto uno scontro diplomatico con Madrid, mentre da Berlino Friedrich Merz, Alice Weidel, Manfred Weber e gran parte della destra continentale hanno chiesto respingimenti immediati, rafforzamento di Frontex e chiusura delle frontiere.

      Ancora una volta, però, la politica ha preferito discutere di muri piuttosto che interrogarsi sulle ragioni che spingono decine di migliaia di persone a mettere in gioco la propria vita.

      Per comprendere quanto accaduto bisogna anzitutto ricordare che Ceuta non è una qualunque città di frontiera. È una enclave spagnola di appena diciotto chilometri quadrati incastonata sulla costa marocchina. Insieme a Melilla rappresenta uno degli ultimi residui del colonialismo europeo nel continente africano. La Spagna considera entrambe parte integrante del proprio territorio nazionale; il Marocco continua invece a rivendicarle come territori da decolonizzare. Questa contraddizione storica non è un dettaglio geografico: è il cuore stesso della vicenda. Mentre in Europa si parla di difesa dei confini, si dimentica sistematicamente che quei confini sono stati tracciati dalla storia coloniale e che due città europee continuano a trovarsi sulla costa africana.

      È difficile comprendere perché migliaia di giovani marocchini rischino la morte per raggiungere Ceuta se non si parte da questo dato. La domanda corretta non è perché vogliano entrare in Europa, ma perché un pezzo d’Europa continui a trovarsi in Africa e quale eredità abbia lasciato quella storia.

      Le persone che hanno tentato l’attraversamento non sono mosse da una misteriosa pulsione migratoria. Arrivano soprattutto da Casablanca, Kenitra, El Jadida, Sétif e dalla stessa Fnideq, città frontaliera precipitata in una profonda crisi economica dopo la chiusura nel 2019 del cosiddetto «contrabbando di sussistenza», il commercio transfrontaliero che garantiva il reddito a migliaia di piccoli commercianti, lavoratori e famiglie. A questo si aggiungono un tasso di disoccupazione giovanile che supera il 29%, quasi tre milioni di giovani che non studiano e non lavorano e una diffusa sensazione di assenza di futuro che attraversa un’intera generazione marocchina.

      È in questo contesto che sui social si è diffusa la falsa convinzione che la frontiera fosse stata aperta dopo una sentenza della Corte Suprema spagnola che aveva dichiarato illegittimi alcuni respingimenti immediati praticati negli anni precedenti. Migliaia di ragazzi si sono dati appuntamento a Fnideq e hanno tentato insieme l’attraversamento. Molti raccontano di essere stati convinti che una volta arrivati a Ceuta sarebbero stati accolti. Hanno trovato invece una città militarizzata, strutture di accoglienza già sature e una pressione crescente delle forze di polizia affinché tornassero indietro.

      Ridurre tutto questo all’azione dei trafficanti di esseri umani significa ignorare la dimensione sociale e politica dell’esodo. Come ricorda la Croce Rossa, le persone non attraversano il mare perché sia facile farlo, ma perché la prospettiva di rimanere nel proprio paese appare ancora più insostenibile.

      Naturalmente la crisi di Ceuta non può essere letta soltanto attraverso la condizione sociale del Marocco. Da anni Rabat utilizza il controllo delle frontiere come leva negoziale nei rapporti con l’Unione Europea. Era già accaduto nel 2021, quando la Spagna accolse per cure mediche Brahim Ghali, leader del Fronte Polisario, provocando un improvviso allentamento dei controlli marocchini e l’arrivo di migliaia di persone a Ceuta. Anche questa volta diversi osservatori collegano quanto accaduto al riavvicinamento diplomatico tra Madrid e Algeri e alle tensioni regionali sul Sahara Occidentale. Le stesse fonti della Guardia Civil hanno riferito che nelle prime ore le autorità marocchine avrebbero sostanzialmente lasciato aperta la frontiera, salvo poi intervenire con lacrimogeni, idranti e arresti quando la situazione è sfuggita di mano.

      È il paradosso dell’esternalizzazione delle frontiere. Da oltre vent’anni l’Unione Europea delega il controllo migratorio a paesi come Marocco, Libia, Tunisia o Turchia, finanziandone gli apparati di sicurezza affinché blocchino le partenze. In questo modo Bruxelles ha rafforzato il potere negoziale di governi autoritari, che possono utilizzare i movimenti migratori come strumento di pressione diplomatica ogni volta che ritengono opportuno farlo. Più l’Europa esternalizza il controllo delle frontiere, più diventa ricattabile dai paesi cui affida questo compito.

      Le riflessioni dello psicologo tunisino Wael Garnaoui aiutano a comprendere la profondità di questo processo. Secondo Garnaoui, la nascita dello spazio Schengen ha inaugurato una nuova forma di controllo postcoloniale della mobilità. Se il colonialismo governava direttamente i territori, la «Schengenizzazione» governa le persone attraverso la limitazione della libertà di movimento. Si produce così quello che definisce il «trauma dell’immobilità»: milioni di giovani crescono sapendo che il loro passaporto li condanna a non poter circolare liberamente, interiorizzando un senso di esclusione, umiliazione e impotenza che alimenta il desiderio di partire a qualsiasi costo. La mobilità diventa così non soltanto un progetto economico, ma una forma di liberazione individuale.

      L’Europa continua invece a leggere tutto questo esclusivamente attraverso la lente dell’ordine pubblico. Le persone che aspirano alla libertà di movimento diventano masse indistinte da contenere. Le loro storie vengono cancellate e sostituite dalla categoria dell’«invasione».

      È esattamente su questo terreno che la destra europea ha costruito la propria offensiva politica.

      Le immagini di Ceuta sono diventate il pretesto per rilanciare la richiesta di sospendere Schengen, rafforzare Frontex, aumentare i respingimenti e irrigidire ulteriormente il nuovo Patto europeo su migrazione e asilo. Meloni ha colto immediatamente l’occasione per proporsi come punto di riferimento della destra continentale, trovando piena sintonia con l’AfD tedesca, con Vox in Spagna, con il governo danese e con gran parte del Partito Popolare Europeo. Perfino Donald Trump, Nigel Farage e il ministro israeliano Itamar Ben-Gvir sono intervenuti alimentando la medesima narrazione sull’«assedio» dell’Europa.

      La crisi di Ceuta dimostra così come la questione migratoria sia ormai diventata uno dei principali terreni di competizione politica internazionale. Non importa se i numeri siano controversi o se gran parte delle persone sia già rientrata in Marocco. Non importa che molti dei migranti siano giovani senza lavoro, famiglie o minorenni. Ciò che conta è alimentare la percezione di una minaccia permanente.

      La realtà è molto diversa.

      Quelle migliaia di persone raccontano il fallimento di un modello economico incapace di offrire prospettive ai giovani del Nord Africa, ma raccontano anche il fallimento di un’Europa che continua a investire miliardi nella militarizzazione delle frontiere senza affrontare le cause profonde delle migrazioni. Guerre, diseguaglianze, rapporti economici neocoloniali, cambiamenti climatici e compressione delle opportunità di vita restano fuori dal dibattito pubblico.

      Ceuta, allora, non è l’inizio di un’invasione. È il sintomo di una crisi molto più profonda.

      Per quanto alte possano diventare le recinzioni, per quanto sofisticati siano i sistemi di sorveglianza, per quanto si rafforzino Frontex, gli accordi con i paesi terzi e i dispositivi di respingimento, milioni di persone continueranno a cercare una via d’uscita da condizioni di vita che percepiscono come senza futuro.

      La libertà di movimento non nasce da un decreto, né può essere cancellata da una barriera di filo spinato. È una tensione storica che attraversa il nostro tempo. Ed è destinata a entrare sempre più in conflitto con una Fortezza Europa che continua a difendere privilegi costruiti anche attraverso secoli di dominio coloniale.

      Ceuta ci pone dunque una domanda che nessuna propaganda securitaria può cancellare: non perché migliaia di marocchini abbiano cercato di raggiungere un’enclave europea in Africa, ma perché, dopo secoli di colonialismo, continuiamo a considerare scandaloso il movimento delle persone e naturale quello delle frontiere che il colonialismo ha lasciato in eredità.

      https://www.osservatoriorepressione.info/ceuta-la-frontiera-coloniale-che-leuropa-usa-per-alimentar
      #colonialisme #frontière_coloniale

    • A Ceuta, l’Europe a encouragé la violation des droits des migrants par l’Espagne

      On pouvait croire qu’en adoptant le pacte de l’Union européenne (UE) sur la migration et l’asile, entré en application en juin 2026, les pays membres avaient enfin réussi à surmonter leurs dissensions en matière de gestion des mouvements migratoires. Rappelons que ce pacte était censé apaiser les tensions révélées par la crise migratoire de 2015, lorsqu’un million d’exilés, parmi lesquels un grand nombre fuyait la Syrie en guerre, ont afflué en Europe par l’Italie et la Grèce, déstabilisant fortement la coopération entre les Etats membres.

      Après quatre ans d’âpres négociations, la présidente de la Commission européenne n’avait-elle pas salué « un énorme pas en avant pour l’Europe » ? Parmi les mesures adoptées, le pacte prévoit notamment un nouveau régime de réponse aux situations de crise, permettant, en cas d’afflux massif et exceptionnel de migrants dans un Etat de l’UE, le déclenchement d’un mécanisme de solidarité en faveur du pays concerné.

      Pourtant, les réactions ayant, fin juillet, accueilli l’arrivée à la nage depuis les côtes marocaines de 72 000 personnes dans l’enclave espagnole de Ceuta – seul territoire européen, avec la ville de Melilla, sur le continent africain – ont pris l’exact contrepied des engagements contenus dans le pacte.

      Si ceux-ci avaient été respectés, tous les Etats membres auraient dû s’organiser pour aider l’Espagne à traiter le cas des personnes qui venaient de franchir la frontière dans le respect des droits prévus par les lois européennes, et le cas échéant à se répartir l’accueil de celles qui pouvaient être éligibles à rester en Europe.

      A contrepied de la « solidarité » européenne

      C’est tout le contraire qui s’est passé : d’abord, la première ministre italienne d’extrême droite Giorgia Meloni s’est dite « prête à agir » pour empêcher une (improbable) vague migratoire en Italie, au besoin en excluant l’Espagne du système Schengen (ce qui est juridiquement impossible). Plusieurs responsables politiques, dont son homologue sociale-démocrate danoise, lui ont emboîté le pas en dénonçant l’incapacité de l’Espagne à protéger ses frontières.

      La France, de son côté, a fait savoir qu’elle renforçait les contrôles à ses frontières avec l’Espagne – un affichage inutile puisque les étrangers qui se trouvent à Ceuta étant soumis à un régime spécifique qui les empêche de rejoindre l’Espagne continentale, il n’y avait aucun risque d’afflux aux frontières françaises.

      Une réunion extraordinaire a été organisée le 4 août entre les ministres de l’intérieur des 27, pour conclure que « la migration nécessite une réponse européenne unie ». Mais cette réponse n’a été envisagée que sous l’angle d’un nécessaire renforcement des frontières. Et si les participants ont témoigné de leur solidarité avec l’Espagne, c’est pour saluer ses efforts rapides pour régler le problème à Ceuta et se féliciter que la plupart des personnes ayant franchi illégalement la frontière aient été renvoyées, sans conséquences pour les autres Etats membres.

      Une réaction résumée par l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve dans Libération le 4 août pour qui « cette crise migratoire n’était pas une crise en Europe, mais une crise contenue au sein de l’enclave espagnole de Ceuta », qui a pu être résolue grâce à « l’attitude ferme, courageuse et déterminée des autorités espagnoles ». Circulez, il n’y a plus rien à voir à Ceuta…

      Bilan tragique

      Il y aurait pourtant à dire à propos de cet épisode. On a beaucoup parlé des possibles causes de ces arrivées, spectaculaires par leur mode opératoire et leur nombre : chantage exercé par les autorités marocaines accusées d’avoir sciemment laissé passer les exilés, « appel d’air » créé par la récente opération de régularisation des sans-papiers en Espagne, exploitation par des réseaux de passeurs d’une information erronée sur l’ouverture de la frontière à Ceuta… Mais quelle que soit l’origine de ces événements, il est nécessaire d’en faire le bilan, tragique à bien des égards.

      Car il y a un bilan humain, d’abord : à ce jour, les autorités espagnoles dénombrent 72 personnes décédées, la plupart par noyade, quand les ONG, qui réclament une enquête, parlent de plus de 100 morts.

      Pendant plusieurs jours, des milliers de personnes ont erré dans les rues de Ceuta, privées d’eau, de nourriture, de soins et d’accès à l’hygiène, alors que les dispositifs d’accueil étaient saturés et les associations d’aide aux migrants débordées. Deux semaines après la crise, plusieurs centaines de mineurs isolés étaient encore abandonnés à eux-mêmes, faute de place dans les structures supposées les prendre en charge. N’y avait-il pas là matière à ce que les partenaires de l’Espagne, au nom de la « solidarité », dépêchent en urgence des moyens logistiques et humains pour faire face à cette urgence humanitaire ?

      Chasse à l’homme

      Il faut aussi parler des conditions de « départ » des personnes qui sont retournées au Maroc, en très grand nombre, quelques jours après leur arrivée à Ceuta. Ceux qui se réjouissent de ce rapide règlement du problème ne disent rien de la façon dont les migrants ont été « accompagnés » jusqu’à la frontière par les militaires et les quelque 400 agents supplémentaires de la garde civile et de la police nationale envoyés en renfort par le gouvernement espagnol, ni de la chasse à l’homme qui a eu lieu dans l’enclave pour les contraindre à prendre le chemin du retour.

      Pour effectuer ces renvois, les autorités espagnoles s’appuient sur des accords migratoires passés avec le Maroc, et sur une loi d’exception qui permet les « refoulements à chaud » depuis les enclaves de Ceuta et Melilla, sans examen individuel de situation ni prise en compte des éventuels besoins de protection. Des refoulements qui s’apparentent aux pushback prohibés par le droit européen. Les maigres garanties que cette loi contestable prévoit pour garder une apparence de conformité avec le respect du droit international et du droit d’asile – comme l’attention aux personnes vulnérables – ne semblent même pas, à Ceuta, avoir été respectées.

      Il y a donc tout lieu de penser que de nombreuses violations des droits ont été commises à Ceuta, au mépris des règles européennes prévues pour faire face aux situations de crise. En laissant l’Espagne gérer seule les frontières de ses enclaves au Maroc, comme s’il s’agissait d’un enjeu national et non d’un symbole de la politique d’externalisation de l’UE, les gouvernements européens encouragent sciemment la perpétuation de ces violations.

      https://www.alternatives-economiques.fr/a-ceuta-l-europe-a-encourage-la-violation-des-droits-des-mi

  • Afflux de migrants à Ceuta : la droite et l’extrême droite françaises mettent en cause le gouvernement de Pedro Sanchez, la gauche dénonce « des mensonges »
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/07/31/afflux-de-migrants-a-ceuta-la-droite-et-l-extreme-droite-francaises-mettent-

    Afflux de migrants à Ceuta : la droite et l’extrême droite françaises mettent en cause le gouvernement de Pedro Sanchez, la gauche dénonce « des mensonges »
    Par Marie Pouzadoux et Corentin Lesueur
    Il a suffi de quelques heures pour que les images inondent les réseaux sociaux et enflamment la droite et l’extrême droite françaises. Celles de dizaines de milliers de personnes traversant la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta dans la nuit de jeudi 30 à vendredi 31 juillet, après plusieurs jours d’arrivées en continu, ayant causé la mort d’au moins 34 personnes. Vendredi à 17 heures, plus de 37 500 migrants étaient déjà rentrés au Maroc, selon le gouvernement espagnol.
    Face à l’inflammabilité du sujet migratoire et une situation difficilement maîtrisable sur place, le gouvernement français a rapidement réagi vendredi. A l’instar des autres Etats membres de l’Union européenne (UE) redoutant des répercussions politiques et sécuritaires, Emmanuel Macron a déclaré avoir exigé le « renfort des contrôles à la frontière avec l’Espagne », peu après que le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé avoir « donné des instructions » en ce sens « dès [jeudi] soir ».Soucieux de se montrer en alerte sans s’avancer, pour l’heure, sur les causes de ces arrivées massives du Maroc, Emmanuel Macron a affiché la solidarité de la France envers l’Espagne. Se disant prête « à apporter aux autorités espagnoles tout l’appui nécessaire », y compris au travers de l’agence de l’Union européenne chargée du contrôle des frontières (Frontex).
    La ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, s’est aventurée plus loin. Interrogée au micro d’Europe 1 en début de matinée, elle a déploré des « autorités qui ne savent pas réguler et qui ont permis à ce flux massif [d’]arriver en Espagne », semblant cibler en creux le Maroc, comme la responsabilité des réseaux de passeurs clandestins. Mais elle a estimé que c’était aussi « la politique qui est menée par le gouvernement espagnol en matière migratoire » qui a conduit à cette situation. Dès vendredi matin, une partie de la droite ne s’est pas embarrassée de précautions pour accuser avec virulence le gouvernement espagnol d’être responsable de cet afflux migratoire, en raison de « ses choix laxistes ».
    Le premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, est devenu à leurs yeux une figure honnie depuis son annonce, en avril, d’un plan de régularisation exceptionnel de 500 000 personnes pour soutenir l’économie du pays. « La décision (…) que j’avais dénoncée crée un formidable appel d’air qui menace de déstabiliser l’Europe entière », a ainsi conspué sur X le candidat à la présidentielle des Républicains (LR) Bruno Retailleau. L’ex-ministre de l’intérieur, qui avait prôné « la mise au ban de l’Espagne » lors de l’annonce de la mesure, a appelé vendredi à un « électrochoc » européen.
    Dès la diffusion des premières images, l’extrême droite française s’est précipitée pour dénoncer une « invasion migratoire », usant de champs lexicaux guerrier ou animalisant, ou de références à la théorie raciste et complotiste du « grand remplacement ». L’eurodéputée Marion Maréchal a décrit des « hordes de jeunes Marocains », à qui le président de Reconquête ! Eric Zemmour, lui, a promis la « remigration, sinon nos peuples seront balayés par ce tsunami ». « Ils seront demain dans nos rues », a pour sa part alerté le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, sur X, déplorant une « submersion sans précédent ». En tant que président du groupe des Patriotes pour l’Europe (PFE), il a réclamé la tenue en urgence d’une session plénière exceptionnelle du Parlement européen.
    Plus que le rétablissement des contrôles à la frontière espagnole déjà annoncés, des responsables politiques de droite et d’extrême droite ont réclamé la suspension des règles de libre circulation dans l’espace Schengen, en soutien à la position de présidente du conseil italien, Giorgia Meloni. Quand bien même ces règles ne s’appliquent pas à l’enclave espagnole située au nord du continent africain.
    Dans un message posté sur X, la candidate du RN à la présidentielle, Marine Le Pen, en a même profité pour rappeler sa promesse de réserver le libre passage des frontières aux seuls citoyens européens. De quoi faire réagir, de l’autre côté du spectre politique, Jean-Luc Mélenchon : « Marine Le Pen voudrait présider une grande puissance européenne, mais ne sait pas que Ceuta (…) est déjà exclue de l’accord Schengen. » Le candidat de La France insoumise a plaidé a contrario pour que le France ne « laiss[e] pas [l’Espagne] seule face à l’épreuve » et « d’éventuelles manipulations », exigeant une « coordination européenne pour de l’aide humanitaire ».
    Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a lui aussi dénoncé « les mensonges », de « la droite et l’extrême droite [qui] se concurrencent chaque jour en matière de désinformation ». Il a témoigné de son soutien « aux autorités espagnoles pour lutter contre ce qui ressemble à s’y méprendre à une opération de déstabilisation de leur territoire », en pleines tensions diplomatiques entre l’Espagne et le Maroc. Au sein du bloc central, Edouard Philippe (Horizons), plus précautionneux dans son discours que Bruno Retailleau, a pressé la convocation d’une réunion en urgence des ministres de l’immigration des Vingt-Sept, tout comme le déploiement des forces de Frontex. Mais il a aussi incité l’UE à faire acte de plus de fermeté dans sa discussion avec les pays africains pour « prot[éger] ses frontières » et a renvoyé la balle à l’Espagne, jugeant qu’il « n’est pas acceptable qu’un pays [membre de l’UE] puisse seul décider de régularisations massives qui créent un appel d’air pour tout le continent ». Son concurrent dans la course à l’Elysée Gabriel Attal a lui aussi évoqué un « drame » qui « déstabilise tout un territoire », encourageant l’UE à « engage[r] un rapport de force inédit vis-à-vis des pays tiers et des réseaux criminels de passeurs qui sont à l’origine des événements ».

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#maroc#ceuta#migrationirreguliere#UE#frontex#frontiere#crise#droit#politiquemigratoire#extremedroite

  • Non à la garantie par l’État d’un prêt bancaire au profit du RN
    https://bellaciao.org/Non-a-la-garantie-par-l-Etat-d-un-pret-bancaire-au-profit-du-RN

    Nous, citoyens français, nous opposons fermement à tout projet consistant à faire garantir par l’État un prêt bancaire destiné au financement du Rassemblement National. L’argent des contribuables n’a pas vocation à couvrir le risque financier d’un parti politique. Les Français ne doivent pas être les garants des emprunts contractés par une formation politique, quelle qu’elle soit. Cette opposition est d’autant plus forte que plusieurs responsables du Rassemblement National ont été (…) #Contributions

    / #Extrême_droite, #Gouvernements, #Présidentielle_2027

  • Crépol : la #Justice donne-t-elle raison au RN ?
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/crepol-la-justice-donne-t-elle-raison-au-rn-3MHoYSdnRLyQsQAFVrHPpw

    Plus de deux ans après le drame de Crépol, la justice retient finalement la circonstance aggravante de racisme, estimant que les victimes auraient été ciblées parce que « blanches » et appartenant à la « nation française ».

    #Extrême_droite

  • 16_07_26 E state male
    https://radioblackout.org/podcast/16_07_26-e-state-male

    Fleming e De Forest hanno soltanto stabilizzato un’operazione ben più antica in cui, dal tripode di Delfi ai tubi fonici di Athanasius Kircher, fino agli esperimenti metafonici di Friedrich Jürgenson e Marcello Bacci, ricorre sempre la stessa intuizione: le voci prediligono mezzi già saturi di rumore. Riflessione ionosferica, adattamento d’impedenza, risonanze di Schumann, fondo cosmico, […]

    #cut_up #estate #EXTREME #humo #jazz #noise #smerdificazione
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/07/160726_ESTATEMALE_2.mp3

  • Zschäpe-Freundin Susann E. kommt mit Bewährung davon
    https://www.spiegel.de/panorama/justiz/nsu-beate-zschaepe-freundin-susann-e-kommt-mit-bewaehrung-davon-a-d40b9cb4-7

    Clémence ! Le soutien du réseau terroroste NSU reste sans suite.. Si dans ma prochaine vie je me découvre des talents terroristes je m’amuserai avec les extrémistes de droite. C’est moins risqué qu’à gauche. Avec un pei de chance je pourrai même participer à un petit génocde. On l’a dans le sang du côté droit du Rhin et à l’Ouest d u fleuve Jourdain, vous savez. Faites moi confiance. Parole de barbare !

    17.7.2026 DER SPIEGEL - Sie lieh der verurteilten Rechtsterroristin Beate Zschäpe ihre Identität. Jetzt ist Susann E. verurteilt worden. Ins Gefängnis muss sie aber nicht, trotz einer Forderung der Bundesanwaltschaft.

    Laut Anklage der Bundesanwaltschaft hatte E. der verurteilten Rechtsterroristin Beate Zschäpe mehrfach ihre Identität geliehen, als diese im sächsischen Zwickau im Untergrund lebte. Sie soll Zschäpe unter anderem ihre Krankenkassenkarte für Arztbesuche überlassen und bei der Anmietung eines Wohnmobils geholfen haben, das der NSU bei seinem letzten Raubüberfall nutzte.

    Das Gericht blieb mit seinem Urteil unter der Forderung der Bundesanwaltschaft, die eine Freiheitsstrafe von vier Jahren gefordert hatte. Die Verteidigung plädierte auf Freispruch, weil es keine Beweise dafür gebe, dass E. von den NSU-Taten gewusst habe. Susann E. ist die Ehefrau von André E., der bereits wegen seiner Unterstützung des Terrornetzwerks verurteilt wurde.

    #Allemagne #extrême_droite #terrorisme #impunité

  • Trump Administration Unleashes Global Campaign to Crush Radical Left Terrorism – The White House
    https://www.whitehouse.gov/releases/2026/07/trump-administration-unleashes-global-campaign-to-crush-radical-left-ter

    Today, the Trump Administration convened senior officials from governments around the world to launch an unprecedented global offensive against the transnational threat of Radical Left terrorism. Under the leadership of President Donald J. Trump, far-left extremism will be treated with the same seriousness and ferocity the world has long reserved for jihadist terrorism.

    • U.S. Hosts Conference on ’Far-Left Terrorism’: What to Know
      https://time.com/article/2026/07/16/far-left-terrorism-conference-us-rubio

      Which countries were represented at the conference?

      In attendance at Thursday’s event were 66 nations, according to a State Department spokesperson, who provided the list of attendants to TIME.

      The countries with officials present were Albania, Argentina, Australia, Austria, Belgium, Belize, Bolivia, Bosnia and Herzegovina, Bulgaria, Canada, Chile, Costa Rica, Croatia, Cyprus, Czechia, Denmark, Dominican Republic, Ecuador, Estonia, Finland, France, Georgia, Germany, Greece, Guatemala, Honduras, Hungary, Iceland, India, Indonesia, Ireland, Israel, Italy, Jamaica, Japan, Korea, Kosovo, Latvia, Lithuania, Luxembourg, Malaysia, Malta, Moldova, Montenegro, Netherlands, New Zealand, North Macedonia, Norway, Panama, Paraguay, Peru, Philippines, Poland, Portugal, Romania, Serbia, Slovakia, Slovenia, Spain, Sweden, Switzerland, Trinidad and Tobago, Türkiye, Ukraine, United Kingdom, and Uruguay.

    • Craig Mokhiber sur X :
      https://x.com/CraigMokhiber/status/2078501802753114419

      La conférence dystopique de l’administration Trump sur le prétendu « terrorisme politique de gauche » (c’est-à-dire, exprimer des points de vue antifascistes ou antigénocidaires) semble être une tentative de poser les bases d’une sorte d’« internationale fasciste ».

      Il est décidément question de tout sauf de « terrorisme », ce terme amorphe utilisé par les États-Unis, le Royaume-Uni et d’autres pays pour criminaliser même les dissidences non violentes.

      Le ton fascisant des remarques des hôtes d’#extrême-droite Rubio et Miller, conjugué à une liste d’invités qui comprenait le régime israélien, presque la totalité du monde blanc de (44) pays européens et occidentaux, des pays de droite d’Amérique latine et d’Asie, une poignée d’autres pays contraints d’assister pour préserver leurs relations commerciales et sécuritaires avec les États-Unis (honteusement, par exemple, l’Indonésie et la Malaisie), et AUCUN pays africain (même ceux qui étaient invités ont à juste titre boycotté ce carnaval de pas d’oie) semble être une preuve suffisante.

  • Berlin auf X : Projektionsfläche für Rechtsextreme
    https://taz.de/Berlin-auf-X/!6196376

    Je n’utilise guère Twitter/X alors je trouve intéressant ce texte sur les ramifications des tentatives de penser des extrémistes de droite sur cette plateforme. Si j’étais obligé de passer davantage de temps dans cet univers ce serais très ennuyeux.

    17.7.2026 vin Erik Peter - Elon Musks Netzwerk zeichnet die Stadt in einem Zerrbild. Vor allem Rassisten können hier in ihrem Berlin-Hass baden.

    Auf der Suche nach Themen verschlägt es Jour­na­lis­t:in­nen mitunter auch auf unseriöse Seiten, wie dem Netzwerk X, ehemals Twitter, das von Elon Musk zu einem rechten Hetzmedium umgebaut wurde. Diese Geschichte ist natürlich längst auserzählt und X als Informationsmedium gestorben. Wer etwas auf sich hält, bespielt längst die Konkurrenz. Und dennoch lohnt ein Blick durch die X-Brille, um zu wissen, wie Algorithmen den Blick auf Berlin formen; Algorithmen, die anders als etwa bei Tiktok kaum von dem tatsächlichen Userverhalten abhängen.

    Man muss also mit dem Schlimmsten rechnen, wenn man in das Suchfeld das Schlagwort „Berlin“ eingibt. Und dann ist man doch überrascht, dass es noch schlimmer kommt. Als prominentester Beitrag erscheint zunächst ein Thread von Jens Winter, gerade noch Propagandist des rechtspopulistischen Blogs Nius, der den neuen CDU-Spitzenkandidaten Stefan Evers aufgrund seiner Homosexualität in die Nähe von „Kindesmissbrauch“ rückt. Extra ausgegraben hat Winter ein Bild von Evers auf einem CSD-Truck. Na dann. Wenigstens interessiert es keinen: Die Likes bewegen sich im zweistelligen Bereich.

    Deutlich besser läuft da schon ein Bild von einem AfD-Direktkandidaten in Mitte, Julian Adrat. Der postet ein nichtssagendes Foto aus der S-Bahn, schreibt dazu über verschleierte Mädchen und eine Personengruppe „enthemmtes Woke-Volk, darunter Kurzgeschorene (sic!) Frauen mit Regenbogensocken“. Der Mann, der Berlin im Parlament vertreten will, fühlt sich wie in einer „Freakshow“. Selbiges würde er vermutlich auch über an einem See tanzende schwule Männer sagen, wie sie in einem Video eines tschechischen Pornoduos zu sehen sind.

    Gleich mehrere anonyme Accounts verbreiten eine Polizeimeldung, die es sogar bis in seriöse Medien geschafft hat. Tenor: „Kind misshandelt Welpen. Polizei rettet ihn.“ Ein User fragt ganz harmlos: „Was sollen wir nur mit Berlin machen?“ Dem Rassismus in den Kommentarspalten ist damit Tür und Tor geöffnet, da geht es dann um „Kulturkreise, in denen Tierquälerei völlig in Ordnung geht“. Andere fühlen sich in ihrem Berlin-Hass bestärkt: „Berlin muss eingeschläfert werden. Nur Welpen dürfen übrig bleiben“, schreibt einer.
    Man versteht nur „Ausländergewalt“

    Als Projektionsfläche wird die Stadt auch von ausländischen Rechtsextremisten missbraucht, wie dem Briten Tommy Robinson, dem 2 Millionen Menschen folgen. Ein Video mit einem Mann, der oberkörperfrei und latent aggressiv durch die U-Bahn tanzt, wird von ihm überschrieben mit: „In der Zwischenzeit in der Weimarer Republik, ich meine Berlin …“ Ob die 500.000 Menschen, denen es ausgespielt wurde, wissen, was Robinson meint, sei dahingestellt, aber irgendwas mit „Ausländergewalt“ mögen sie verstanden haben.

    Berlin ist einfach die weltweit größte forensische Psychiatrie mit offenem Vollzug X-User

    Was man sonst noch findet: Bilder vom Karneval der Kulturen oder Grillwiesen, die suggerieren, dass Berlin die Deutschen ausgegangen sind: Spott über Pali-Demonstant:innen oder die Meldung über eine Geiselnahme in einem Supermarkt.

    5 Minuten X und das Berlin-Bild ist fertig: Eine Stadt versinkt im Chaos, voll von marodierenden Ausländerhorden und schwulen Politikern. Oder wie einer schreibt: „Berlin ist einfach die weltweit größte forensische Psychiatrie mit offenem Vollzug.“ Ein Satz, der richtig wird, wenn man Berlin durch X ersetzt.

    #extrême droite #twitter-x #wtf

  • Culture, associations, travail attaqués : les 100 jours des maires d’extrême droite

    Depuis qu’ils ont été élus, les maires d’extrême droite retirent les subventions aux associations qui leur déplaisent, tentent d’imposer leur vision de la culture ou encore s’attaquent aux libertés syndicales. Bilan provisoire.

    https://basta.media/culture-travail-et-associations-attaquees-les-100-jours-des-maires-extreme-

    #extremedroite

  • Le #Brexit a laissé entrevoir à l’UE ce que pourrait être son propre avenir
    https://lvsl.fr/le-brexit-a-laisse-entrevoir-a-lue-ce-que-pourrait-etre-son-propre-avenir

    Le 23 juin 2016 est souvent présenté comme le jour où le Royaume‑Uni s’est écarté du courant dominant en votant pour la sortie de l’Union européenne. Mais, dans les faits, la #Politique britannique avait simplement de l’avance, l’UE devenant petit à petit l’outil de l’extrême-droite pour mener leur politique anti‑immigration.

    #Extrême-droite #Immigration #Union_Européenne

  • Aktuelle Umfrage : AfD bleibt mit 27 Prozent stärkste Kraft
    https://www.berliner-zeitung.de/article/afd-bundestagswahl-umfrage-10195988

    93 ans après la Machtergreifung nazie le parti le plus fort d’Allemagne est un revenant du DNVP qui a porté au pouvoir les nazis minoritaires. Le défilé triomphal de janvier 1933 après la nomination d’Adolf Hitler comme chancelier du Reich a anticipé le résultat du putsch parlementaire de la même année

    Aujourd’hui nous ne somme plus très loin d’un développement comparable. Cette fois on craint une dictature parlementaire de l’extrême centre qui transforme l’état suivant une ligne d’extrême droite tout en conservant une apparence démocratique.

    Le fascisme italien a donné l’exemple : À la différence avec le nazisme il a conservé l’état de droit et n’a pas été dominé par les antisemites les plus fanatiques.

    Deutsch-nationale Volkspartei
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_populaire_national_allemand

    Machtergreifung
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Machtergreifung

    14.7.2026 von Eva Maria Braungart - Die AfD bleibt weiterhin stärkste Kraft, der Abstand zur Union wird aber geringer. Das Vertrauen der Wähler in die Regierung ist weiterhin niedrig.

    Wäre am kommenden Sonntag Bundestagswahl, wäre die AfD weiterhin stärkste Kraft in Deutschland. Dies geht aus einer aktuellen Umfrage des Meinungsforschungsinstituts YouGov hervor. Die AfD würde 27 Prozent der Stimmen erreichen, die CDU/CSU kommen aktuell mit 20 Prozent auf Platz zwei. Der Abstand zwischen AfD und CDU/CSU liegt somit bei sieben Prozentpunkten.

    Die Grünen liegen auf Platz drei und stehen unverändert bei 14 Prozent. Die SPD und Die Linke liegen gleichauf bei 12 Prozent. Keine Veränderung gibt es auch bei FDP und BSW: Die FDP bleibt bei 5 Prozent, das BSW kommt unverändert auf 4 Prozent. 6 Prozent der Wähler würden für eine andere Partei („Sonstige“) stimmen.
    Umfrage: Nur wenige glauben an Reformpaket der Regierung

    Drei von vier Bundesbürgern (74 Prozent) denken, dass sich Deutschland generell in die falsche Richtung entwickelt. Besonders Wähler der AfD (93 Prozent) und Die Linke (84 Prozent) sind dieser Überzeugung. Aber auch unter Wählern der Grünen (69 Prozent), der SPD (63 Prozent) und der Union (58 Prozent) ist jeweils eine Mehrheit der Meinung, dass die Richtung der Entwicklung in Deutschland nicht stimmt.

    Jede und jeder Zweite (55 Prozent) in Deutschland findet, dass das Land tiefgreifende Reformen benötigt. In allen Wählergruppen ist eine Mehrheit dieser Meinung (AfD: 67 Prozent, CDU/CSU: 57 Prozent, Die Linke: 55 Prozent, Die Grünen: 50 Prozent, SPD: 49 Prozent).

    Trotzdem: Die Unterstützung für das Reformpaket der Bundesregierung ist gering. Nur jede und jeder Zehnte (13 Prozent) ist der Meinung, dass das Reformpaket notwendig ist und Unterstützung verdient. 27 Prozent finden, dass die Reformen grundsätzlich notwendig sind, aber haben Zweifel an der Umsetzung. Fast die Hälfte der Bundesbürger (45 Prozent) ist der Meinung, dass die Reformen in die falsche Richtung gehen. 9 Prozent können die Reformen noch nicht beurteilen und 5 Prozent sind unentschieden bzw. machen keine Angabe.

    Besonders AfD-Wähler(65 Prozent) und Linke-Wähler (64 Prozent) sind der Meinung, dass das Reformpaket in die falsche Richtung geht. Unter Wählern der Grünen (44 Prozent) und SPD (40 Prozent) ist die Ablehnung geringer, unter Wählern von CDU/CSU (30 Prozent) glaubt knapp jede und jeder Dritte, dass die Reformen in die falsche Richtung gehen.

    Die Umfrage ist das aktuelle Ergenis einer Befragung, für die 1827 von insgesamt 2230 wahlberechtigten Befragungsteilnehmer ihre Wahlabsicht angegeben haben. Die Befragung fand zwischen dem 10. und 13. Juli 2026 statt.

    #Allemagne #politique #sondage #extrême_droite

  • Le retour du fujimorisme au Pérou
    https://laviedesidees.fr/Le-retour-du-fujimorisme-au-Perou

    La victoire électorale au #Pérou de Keiko Fujimori, la fille de l’ancien autocrate des années 1990, doit s’apprécier au regard d’une modification institutionnelle : le retour du bicamérisme.

    #International #extrême_droite

  • Le leader des Chicago boys
    https://laviedesidees.fr/Le-leader-des-Chicago-boys

    Ministre de l’Économie puis des Finances (1975-1982) d’Augusto Pinochet, Sergio de Castro a été l’un des principaux cadres civils de la dictature chilienne. Il est l’artisan de la première application des mesures néolibérales à l’échelle internationale.

    #International #néolibéralisme #extrême_droite #Chili